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Full text of "Riemann Humbert Dictionnaire de musique 1899"

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MUSIQUE 



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Hugo RIEMANN 

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Privat-tont ;'i ri'iiiversitf tk Leijtfijj. 



TRADUIT D'APRES LA QUATRIEME EDITION 

REV IT ET AUGMEINTE FAR 

GEORGES HUMBERT 

PROFESSKUR 

d'hISTOIRE DE LA Ml SI^TE At: CONSERVATOIRE 

L>E r;E\KVR 



*O<E>l0frO< 



PARIS 

L1BRA1RIE ACADEM1QUE DIDIER 
PERRIN ET (X LIBRA IRES-ED ITEURS 

35, QUAI DES CHAXDS ATOUSTINS, 3i> 



1899 

Tons droits reserves* 



by Google 



Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



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C* *\C\c%\i^ Original from 

by VjUU^IC UNIVERSITY OF MICHIGAN 



' [fTELimp] 



AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR 



Tous ceux qui s'occupent d'histoire, de science, d'esth^tique ou 
simplement de pratique musicale conneissent depuis longtemps le 
nom de M. Hugo Riemann, Pun des musicographes les plus Srudits 
de notre temps. Les musieiens et les savants de tous pays ont lu les 
ouvrages fortement pens<5s de cet esprit en quelque sorte universel ; 
Thistoire tant g6n6rale que sp<Jciale, la notation, la th^orie du rythme, 
celle de Tharmonie, Tanalyse des formes musicales, Testhtitique. la 
pgdagogie du piano lui ont fourni mati6re a des etudes d'une valeur 
incontestable, et ses innovations thgoriques sont appetees a jouer un 
rdle important dans le dtSveloppement de Tart musical moderne. 

Mais Poeuvre de M. Hugo Riemann qui paralt avoir 6t6 accueillie 
avec le plus de faveur soit par la presse. soit par les musieiens ama- 
teurs et professionnels du monde entier. est sans aucun doute le 
Dicttonnatre de musique. 

Lorsque, il y a quelques annties, nous apprimes k connaitre cette 
admirable encyclopgdie musicale, nous eumes aussit6t Pintention de 
la rendre accessible au public de langue francaise. tantelle nousparut 
rgpondre au but d'une publication de ce genre : condenser, en un 
volume relativement restraint, le plus grand nombre possible de ren- 
seignements exacts sur toutes les disciplines de la musique. Notre 
d&sir se realise aujourd ? hui seulement ; ma is nous esptfrons que, 
remante par Pauteur en une s6rie d^ditions successives, traduit, revu, 
*J by V^OOgle UNIVERSITY OF MICHIGAN 



TI AVANT-PR0P08 

augments et rigoureusement tenu h jour, le Dicttonnaire de muszque 
comblera d'autant mieux un vide r6e\ dans notre literature musicale 
fran<jaise. 

Nous nous sommes efforc6 de conserver 6 Pouvrage son caract^re 
propre : unite de conception et de tendances, richesse du fond, con- 
cision de la forme. Mais il va de soi que nous n'avons point n^gligg, 
d'autre part, d'y aj outer soit des renseignements nouyeaux de toutes 
sortes, soit d'importantes notices biographiques. Ge travail minutieux 
et de longue haleine nous a 6t6 facility du reste, tant par M. Hugo 
Riemann lui-mSme qui a bien voulu s'interesser h notre version de 
son ouvrage, que par un grand nombre de confreres dont les indica- 
tions et les temoignages de sympathie nous ont 6t& infiniment 
pr6cieux. Nous leur adressons & tous Fexpression de notre vive gra- 
titude. 

Puisse cette nouvelle edition gveiller parmi nous Tint6r6t que m6- 
rite l'ouvrage assur^ment unique de M. Hugo Riemann, et faire affluer 
de toutes parts les renseignements destines h am&iorer ce que la 
pr^sente publication peut avoir encore d'imparfait. Nous recevrons 
avec reconnaissance les communications de tous genres (historiques, 
th6oriques, techniques et, surtout, biographiques et bibliographiques) 
qu'on voudra bien nous faire parvenir et qu'une edition future nous 
permettra sans doute d'utiliser, pour le plus grand bien de tous les 
amis de notre art. 

Georges Humbert. 
Lausanne, mai 1899. 



(^rtrtrtL- Original from 

byV^UUglL UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DIGTIONNAIRE DE MUSIQUE 



A est le nom da premier son de l'&chelle fon- 
damentale des Allemands et des Anglais (A B 
[H]CDEF6);il correspond an la des Fran- 
cis, des Italiens et des Espagnols. 

Les A des diffftrentes octaves, da grave & 
Taiga, sont indiqu6s, dans la pi apart des ouvra- 
ges theoriques allemands, de la mani&re sui- 
vante : *A t A A a a 1 a* a 3 a 4 , les chiffres 
pouvant £tre remplac^s par des indices ou des 
traits places au-dessus oa au-dessous des lei- 
tres. Mais, si Ton compare ces indications avec 
celles que contient l'article la, on verra que 
le a 1 des Allemands, par ex., correspond & 
noire lap et ainsi de suite. — La lettre A 
placfe en tele des parlies s£par£es d'anciennes 
ceuvres vocales signifle Alius (c.-4-d. alto). 
Dans les partitions et parties modernes, les 
lettres (A-Z, Aa-Zz) sont employees comme 
points de repdre, pour faciliter les reprises 
pendantles repetitions. Certains theoriciens alle- 
mands modernes (Goltfried Weber, M. Haup- 
mann, E.-F. Richter etc) se servent de lettres 
pour designer les accords, ainsi A — accord 
de la majeur, a --» accord de la mineur, etc. 
Dans les anciens antiphonaires ou autres re- 
caeils de chant gr£gorien, el principalement 
dans ceux qai sont notes en neumes, un A, 
placi au d&but de la meiodie, signifle que celle- 
ci appartient au 1" ton d'dglise. 

Aaron, 1. abbe des convents de St-Martin et 
de St-Pantaieon a Cologne, m. le 14 dec. 1052; 
aateur de deux trails : De utiiitate cantus vo- 
talis et de modo cantandi atque pscUlendi 
qai se trouve A la bibliotb£que St-Martin, et 
De regulis tonorum et symphoniarum (d'apres 
Trithemius). — 2. Pietro, s'ecrit aussi Aron, 
illastre theoricien, n6 A Florence vers 1490, m. 
enlre 1545 et 1562; chanoine k Rimini, puis 
moine, Apartirde 1586,etsuccessivement A Rer- 
game, A Padoue etenfin a Venise, il edita : / ire 
UbrideW istituzione armonica (1516, £d. latine 
deG.-A Flaminio);// Toscanelto inmusica (1523, 
1525, 1529, 1539 et 1562); Trattato delta natura 
e cognitione di tutti gli tuoni di canto figurato 
(1525); Lucidario inmusica di alctme opinumi 



by V_ 



*L 



[C 



cmtiche e moderne (1545) et Campendiolo di 
molti dubbi segreti et sentenze intorno at canto 
fermo e figurato (sans date). 

Abaco, EvARiSTA-FELicBdalT, natif de Verone, 
vers 1725 maitre de chapelle da prince eiecteur 
de Baviere, A Munich; publia des sonates et 
des concertos pour instr. A archet avec continuo, 
qui sont parmi les meilleures oauvres de F6- 
poque. 

Abb., abr. de abbassamento (di rnano) signi- 
fle, dans les compositions pour piano ou poor 
orgue, lors d'an croisement de mains, que la 
m&iu en question doit passer sons l'autre. 
Cf. Alz. 

Abbandono (ital.) abandon. 

Abbatini, Antonio-Maria, compositeur de 
l'ecole de Rome, n6 & Tiferno ou (d'apres Rami) 
A Castello, en 1595 ou 16115, m. A Castello, en 
1677, fut d'abord maitre de chapelle de St- 
Jean-de-Latran, en 1626, puis successivement 
dans d'autres eglises de Rome (del Gesu,S. 
Lorenzo in Damaso, S. Maria Maggiore et 
N. D. di Loreto). A. composa beaucoup de mu- 
sique d'eglise, en partie pour un grand nombre 
de voix; 4 livres de psaumes, 3 livres de Mes- 
ses, des antiennes & 24 voix (1630-33, 1677) et 
5 livres de motets (1685) ont 6te imprint. D fit 
executer A Rome un opera : Del male in bene 
(1654), et aida Alb. Kircher dans la redaction 
de sa Musurgia. 

Abbe l'ain6, cadet et flls. Cf. Saikt-Sevin. 

Abbellimento, abbellitura (ital.) ornement 
(v. ce mot). 

Abbey, John, ceiebre facteur d'orgues pari- 
sien, ne A Whilton (Northampton) le 22 d6c. 
1785, m. A Versailles le 19 fevr. 1859. A. 
conslruisit entre autres, en 1827, Torgue pour 
l'Exposition nationale, de m6me l'orgue expres- 
sifdes Tuiieries qui fut malheureusement de- 
limit en 1880 (lous deux d'aprds les projets de 
S. Erard) et en 1881 l'orgue de rOp6ra, detruit 
par l'incendie de 1873. 

A. B. C. musical, v. Leitres. 

Abd-el-Kadir (Abdolkadir), Ren IsA,ecrivain 
musical arabe du xiv« s., est Fauteur de trois 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



ABD EL MIJMIN 



ABR&VIATIONS 



ouvrages conserves jusqu'4 ce jour: Le Col- 
lectionneur des melodies, Les buts des melodies 
dans la composition des tons et des mesures 
et Le tresor des melodies dans la science des 
cycles musicaux. Gf. Kiesewettkr, Die Musih 
der Araber (1842) p. &). 

Abd el Mumin ( Abdolmumin). Of. Ssaffieddin. 

Abeille, J.-Cil-Ludwio, n6 4 Bayreuth le 20 
ttvr. 1761,m. 4 Stuttgart lea mars 1838, fut direc- 
teur de musique el organiste de la cour t excel- 
lent pianiste et organiste, compositeur fecond 
(op&ras, musique de chambre, etc.). Des chants 
de sa composition sont encore en usage dans 
les 6coles allemandes. 

Abel, 1. Clamor-Hkinrich, musicien de la cour 
ducale de Hanovre, publia, de 1674 4 1677, trois 
recueils de musique instrumental : Erstlinge 
musxkaliscker Blumen (Allemandes, Gouran- 
les, Sarabandes, etc.) qui furent reMites en 
1687, sous le titre de:3 Opera Musica. — 2. 
IjBOP.-Auoust, ne en 1720 4 Coethen, excellent 
violoniste, Steve de Benda, lit partie de l'orches- 
tre des cours de Brunswick, Sondershausen 
(1758), Schwedl et Schwerin (1770) et publia 
six concertos de violon. — 8. Karl-Friedrich, 
fr&re du precedent, n& en 1725, in. 4 Londres le20 
juin 1787; le dernier virtuose sur la gambe, 
compositeur tres estim6 de scs contemporains. 
De 1748 4 1758 il fut membre de Torchestre 
v royal de Dresde, puis il til des tourn&es de con- 
certs et sAjourna de 1759 4 1782 a Londres, ou 
il gtait tr£s tete et ou il vint mourir apr&s un 
court sSjour en Allemagne. Notons, parmi ses 
(Buvrea, de nombreuses sonates, des concertos 
pour piano et instr. 4 archet, des quatuors, des 
ouvertures, des symphonies. 

Abela, 1. Karl-Gottlob, n& 4 Borna (Saxe) 
le 29 avr. 1803, m. 4 Halle le 22 avr. 1841, etant 
alors cantor alafondation Francke; a publie 
un recueii de chants pour les ecoles et une 
quantity de chceurs d'hommes. — 2. Dom Pla- 
cido, prieur du couvent du mont Gassin, m. le 
6 juil. 1876, organiste de renom et compositeur 
de musique d'Sglise. — 8. Pedro de, professeur 
de chant renomme, le maitre de Tamberlick, m. 
4 Barcelone en mars 1877. 

Abell, John, c&l&bre castrat anglais, n6 vers 
1660, probablement 4 Londres oil il 6tait, en 1679 
d&ja, membre de la chapelle vocale de la cour, 
m. apr&s 1716, annee dans le courant de laquelle 
il donna encore des concerts. La revolution de 
1688 lui fit perdre son poste (et son gage de 740 
livres),mais,apres de longs voyages sur le con- 
tinent, il re vint en 1700 4 Londres ou il remporta 
de nouveaux triomphes. A. publia deux recueils 
de chants. 

Abenheim, Joseph, n6 4 Worms en 1804, 
membre devout de Forchestre de la cour 4 
Stuttgart (violoniste), nomm£ directeur de mu- 
sique en 1854, a 6crit un grand nombre d'en- 
tr'actesjd'ouvertures^tc.; d'agreables morceaux 
de piano et de chant ont seuls et£ &dit£s. 

Abert, Johann-Joskph, n6 4 Kochowitz (BohS- 
me) le 21 sept 1882, apprit les elements de la 
musique comme enfant de chceur 4 Gastdorf 
et au couvent de Leipa, mais s'enfuit du cou- 



vent et devint, gr4ce 4 la protection d'un parent, 
Sieve de Kittl et Tomaczck au Conservatoire de 
Prague. EngagS en 1852 comme contrebasse 
dans Torchestro de la cour 4 Stuttgart, il rem- 
pla$a Eckert, en 1867, comme chef d'orchestre, 
et se retira, pensionng, en 1888. A. s'esl crSeune 
bonne reputation par sa symphonie en ut min. 
(1852), son podme sympbonique Colomb (1864), 
ainsi que ses operas : Anna von Landskron, 
Kcenig Enzio, Astorga (ed. franeaise par V. 
WUder), Ekkehard, die Almohaden (1886) et 
plusieurs ouvertures, quatuors, lieder, etc 

Abesser, Edmund, n6 4 Margoelitz (Saxe) le 
18 janv. 1887, m. 4 Yienne le 15 juil. 1889, 
ttcond compositeur de salon; op£ra:Dte lieh- 
licheFee. 

Abo8, Girolamo (aussi Avos, Avossa), com- 
positeur de l'ecole napolitaine, n6 au commen- 
cement du xvm« s. 4 Malte, m. 4 Naples vers 
1786; k\b ve de Ijeo et Durante, il Scrivit, de 1740 
4 1758, pour les thS&tres de Naples, Venise, 
Rome et Londres, des operas tr&s estimes par 
les contemporains, ainsi que, aprds sa nomina- 
tion comme professeur au conservatoire della 
Piet4 de'Turchini 4 Naples (1758), un grand 
nombre d'oeuvres religieuses (7 Messes, des 
litanies, etc). Son 61dve le plus c£16bre fut 
Aprile. 

Abraham, 1. Gf. Braham. — 2. Dr. Max. Gf. 
Peters. 

Abr6g6s. Paiiies du mScanisme de l'orgue 
qui agissenl par traction, par opposition 4 ceUes 
qui agissenl par pression. 

Abrogations. Les a, sont employees en grand 
nombre, soit dans la notation, soit dans les 
indications de nuances et de mouvements. Les 
a. les plus usuelles dans la notation sont: 

l.L'emploi du signe de reprise (v.cemot),au 
lieu de noter deux fois un m&me passage ou 
une m£me partie ; on encore, 4 sa place, sur- 
tout lorsqu'il s'agit de quelques mesures settle- 
ment, Vindication bis ou due volte (deux fois). 

2. En cas de r&p£tition d'une m^me figure, 
courte, le signe /, ou •/• f ou •§§• : 



mz^=£*E^i 



8. Lors de la r6p6tition d'une m&me note de 
courte durSe, l'emploi d'une valeur de note 
sup&rieure, avec indication de la mani&re dont 
eile doit Stre divisSe : 




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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



ABRKVIATIONS — AIM 



» 



$mm 






Execution : 






4. Ud silence prolonge pendant plusieurs 
mesures s'indique au moyen du chiffre cor- 
respondant au nombre des mesures, plac£ au- 
dessus de traits horizontaux : 



^ 



10 



i 



— # 



5. L'arpe^to,indiquant que l'accord devant 
lequel U est plac£ doit 6tre bris£ de la m£me 
fa^on que les pr£c£dents : 



(Bach) 






T 



&*±— 



-j 



w^m 




6. Ij octavo, evitant l'etnploi d'un trop grand 
nombre de lignes suppl&nentaires, pour les 
notes trAs aigues ou tr&s graves : 



8va 



au lieu de: 




Apres quoi, le retour A la signification habi- 
tuelle des notes est indiquS par le mot loco. 
7. Vindication c. 8va... (au-dessus ou au-des- 
80U8 d'une senle note, simplement S), c.-&-d. 
con (coU) ottava ou con ottava ba$$a, au lieu de 
suites d'octaves not£es: 



conSva — 



ij. frrfrfr *j?i 



m 



con 8va bassa^- — - 

8. Dans les partitions, lorsque divers instru- 
ments jouent le m&me passage, Tannotation 
col basso (c avec la contrebasse », c.-&-d. les 
m&mes notes que celle-ci), col violino, etc.: 



Fktuti 

m 



^ 



c. Viol. 



i 



Viotinl 



^E^fe 



5-3 

m 



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au lieu d'ecrire deux fois les mdmcs notes. De 
m£me autrefois, dans les opuvres pour piano, 
lorsque les deux mains ex£cutaienf le m6me 
passage A une certaine distance Tune de l'au- 
tre, une fois cetto distance fix£e, on se conten- 
tait de noter le passage poor une main et Ton 
remplacait Fautre par all' vnisono ou simple- 
ment unisono : 



j^lpigg 



ta 



m 



& 



^ 



aW unisono 



9. L'articulation mdine n'est souvent pas 
Acrite d'une maniere continue, lorsqu'elle reste 
la mdme dans une s£rie de figures analogues ; 
on remplace alors Tensemble des signes par 
simile ou segue: 



ktr. iT t?=X- 



nimile 




m 



Les divers signes du trille, du double, du 
mordant, etc., sont aussi des a. de la notation ; 
Of. ornements et signks. Les a. dans les indica- 
tions de nuances ou de mouvements, ainsi que 
cclles des noms d'instruments, se trouvent sous 
leur initiale respective, par ex. : B. C (Basso 
continue) sous B., m. s. (ntanu sinistra) sous 
M., etc. 

Abt, Franz, ne a Eilenbourg le 22 dec. 181*.), 
m. A Wiesbaden le 81 mars 1885 ; fut £leve de 
l'^cole de St-Thomas a Leipzig el devait etu- 
dier la theologie, mais bientdt, son gout pour la 
musique prenant le dessus, il dirigea une so- 
ctete « philharmonique » d'etudiants et s'essaya 
avec succ£s dans la composition. Nomine direc- 
teur de musique au th&Ure de Bernbourg, en 
1841, A. accepta la m&ne annee des f one lions 
analogues au th&ltre de Zurich qu'il ne quitta 
qu'en 1852,appel6 comme chef d'orchestre A la 
cour du due de Brunswick. En 1872, il parcou- 
rut FAmerique du Nord, sur Tinvitation des 
plus grandes soci6t£s de chant du pays, et y rem- 
porta d'immenses triomphes. Les lieder et qua- 
tuors pour voix d'hommes d f A. ont fort peu de 
valeur musicale, mais la melodic en est souvent 
bien venue. Quelques-uns sont devenus en Alle - 
magne de vrais chants populaires; plusieurs 
ont ete publics aussi avec texte frangais, entre 
autres 40 melodies (poemes de Wilder),* chez 
Durand et Scluenewerk. A. fut pensionne en 
1882 et se retira a Wiesbaden.— Son iils Alfred, 
ne A Brunswick le 25 mai 1855, m. A Geneve lo 
29 avr. 1888, fut chef d'orchestre des theatres 
de Rudolstadt, Kiel, Rostock, eU*. et mourut 
phtisique. 

* Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



AOAD&MIE — ACCENT 



Academie etait, k Ath&nes, le nom d'une pro- 
menade dans laquelle Platon avail coutume de 
reunir ses disciples et de faire ses cours ; le 
meme nom devint plus tard celui de l'ecole de 
Platon et ful repris en 1470 par une societe de 
savants qui s'etai I formee a la courde Laurent 
de Medicis, k Florence, et s'appelait « A. plato- 
nienne». Des lors de nombreuses soci6l£s de 
savants et d'artistes ont pris le nom d'A. La plu- 
part des A. europ£ennes sont des institutions 
d'Etat, telles, par ex., celles de Paris et de 
Berlin qui sont fornixes d*un nombre fixe de 
membres effectifs. L'A. de France se subdivise 
en A. franchise, A. des inscriptions et belles- 
lettres, A. des sciences, A. des beaux-arts, A. 
des sciences morales et politiques. L'A. des 
beaux-arts est richement dotee;ellea chaque 
ann£e un certain nombre de prix importants a 
decerner et la science musicale est redevable 
4 ces concours de maint encouragement L'A. 
des beaux-arts, de Berlin, est aussi une insti- 
tution de i'Etat, mais independante de FA. des 
sciences, et ayant sous son patronage FEcoie de 
composition musicale (Ah. Meisterschule), 
l'Ecole royalc de musique (KgL Hochschule 
f. Musih) et l'Ecole de musique religieuse. 
Ct Conservatoire. L'A. royale de Bruxelles 
possede, elle aussi, une section des beaux- 
arts; a Boston, il existe depuis 1780 une A. 
des sciences et des beaux-arts. — Nous enten- 
dons souvent, de nos jours, par A. un etablis- 
sementd'instruction superieure, soit university, 
soit ecole superieure d'une branche sp£ciale. 
G'est parmi ces derni&res que les ecoles de 
musique, c-a-d. les conservatoires preten- 
dent pouvoir prendre rang, quoique peu 
d'entre elles portent le nom d'A. (Royal Aca- 
demy of Music a Londres, Ah. Institut f. 
Kirchenmusik a Breslau, etc.). Cf. LycfcK. — 
Oiverses ontrcpriscs musicales ou theatrales 
ont aussi pris le nom d'A., ainsi 1* Academy 
of ancient Music (1710-1792) a Londres, n'etait 
qu'une societe de concerts ayant pour but l'ex6- 
cution d'cpuvres anciennes ; VA. (nationals 
imperiale, royals, suivant le gouvernement au 
pouvoir) de musique a Paris, n'est autre chose 
que le Grand-Opera fonde en 1665) et qui, par 
rinterrafediaire d'une ecole de chant dramati- 
que (1784), engendra le Conservatoire actuel; 
Y Academy of music de New- York n'est m&me 
que TOp^ra, servant le plus souvent de salle de 
concerts. On sait que 1'Op^ra i tali en qui floris- 
sait k Londres, au temps de Haendel, portait le 
nom d' Academy. En Italie, accademia est un 
nom common servant a designer toute esp^ce 
de concert ou d'audition musicale. 

A cappella (ital.), en style de chapelle, c.-a-d. 
pour voix seules, sans aucun accompagnement 
instrumental. 

Accademia degli Arcadi, cf. Arcadiens. 

Accarezzevole (ital.), flatteur, syn. de lusin- 
gando. 

Accelerando (ital.), en pressant, en accele- 
rant, peu a peu (pas tout a coup) plus vile. 

Accent, 1. Renforcementdonnant une impor- 
tance sp6ciale a certains sons ou accords. La 



theorie traditionnelle de la m£trique et de la 
rythmique donne le nom d'accent (a. gramma- 
tical ou metrique, r6gulier, positif) au renforce- 
ment des notes essentieiles d'une phrase ou 
d'un motif, lorsque ces notes tombent sur la 
partie forte du temps ou de la mesure. Gepen- 
dant, comme il ne s'agit pas d'un renforcement 
anormal, mais bien du regultat logique des con- 
tinuelles variations dynamiques (crescendo et 
diminuendo) qui sont a la base de l'expresaion 
musicale, son assimilation aux accents ne sau- 
rait qu'amener des malentendus. A. signifiepiu- 
tdt, en r£alit£, le renforcement accidentel qui 
contrarie le cours logique des d£veloppements 
dynamiques, le renverse parfois totalement, et 
que le compositeur note lui-m£me,au moyen de 
signes speciaux ($/".,=■-, a). L'un des a. les plus 
frequents et les plus importants est 1* a. initial, 
sur la premiere note d'une phrase ou d'un mo- 
tif ; il a l'avantage de faire ressortir clairement 
la structure thematique, mais son emploi trop 
frequent deviendrait a la longue importun. 
Gertaines formules rythmiques, et tout particu- 
lierement les anticipations syncopees de sons 
dont la valeur hannonique n'apparait que sur 
le temps fort suivant, exigent une accentuation 
(a. rythmique) ; de meme les harmonies com- 
pliquees, les fortes dissonances, les notes mo- 
dulatoires (a. harmonique) ; de mftme encore 
les sommets de la meiodie, lorsqu'ils ne sont 
pas deja renforces par le fait de la place qu'ils 
occupent dans la mesure (a. melodique). Par 
contre, le contrasts dynamique de figures qui ne 
se peuvent ramener a une unite simple, tel 
qu'il se presente le plus frequemment dans les 
amvres orchestrales , emanation directe de 
1'imagination creatrice, ne pent etre soumis k 
aucune classification, a aucune regie. On ob- 
tient une sorte d'a. negatif par le piano subiio, 
employe comme conclusion d'un crescendo, 
moyen dont Beethoven rechercha avec predi- 
lection les puissants effets. — 2. Ornement 
inusite de nos jours (ital. accento), autrefois in- 
dique par des signes speciaux et correspondant 
a peu pr6s k notre port de voix. L'a. etait note 
de diverses manieres et consistait en une se- 
conde dialonique, superieure ou inferieure, pre- 
cedant la note pourvue de l'a. : 



Execution : 




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iL 



IC 



Dans un mouvement rapide, avec des notes 
breves, la note ecrite perd la moitie de sa va- 
leur ; elle en perd moins de la moitie, lorsqu'elle 
est plus longue. Walther (1732) signale encore 
rexistence d'un double a. (accento dopfdo), 
dont l'usage constate a raccourcir la premiere 
note, pour prendre la seconde d'avance par une 

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AGCENTUS — ACOUSTIQUE 



sorte de portamento, c'est alors absolument le 
port de voix : 

Execution : 
-+I 1— +h 




Le signe * • est cependant assez rare, tandis 
qn'on se sert des signes pr&c£dents tant6t dans 
un sens, tantot dans l'autre, et qn'on emploie 
indiff&remment les termes a., chute, port de 
voix. Cf. Aspiration. — a On a era voir, 
k diverses reprises, dans les a. et surtout 
dans les a. de la langue hSbraique, des signes 
musicaux, et Ton a cherche k les dechiffrer 
(v. Anton). II est presque indubitable que 
1'accentuaiion des psaumes fut une sorte de 
notation musicale, mais uniquement dans le 
genre des neumes (qui sont apparemment issus, 
eux aussi, des accents grecs), c.-a-d. une indi- 
cation approximative des rapports des sons 
entre eux, un moyen offert au musicien de se 
rem6morer telle ou telle m&lodie que la tradi- 
tion orale lui a transmise. II est ais6 de voir 
que les trois a. grecs, suivant le sens litteral de 
leurs noms, fournissent les Elements de la no- 
tation en neumes ( ' oooyionon = elevation de 
la voix = virga* ; ' barytonon = abaissement 
de la voix = jacens, punctus • - - ; -*** ou *• 
perispornenon, = oscillation de la voix, 
crochet = plica). Cf. Neumes. — 4. A. agogique, 
v. Agogique. — 5. Partie du rituel catholique, 
v. Acckntus. 

Accentus, une partie de la liturgie catho- 
lique, le contraire de concentus. Les an- 
ciens trait£s de chant liturgique comprennent 
sous le nom de concentus tout ce que le chceur 
execute c-i-d. les hymnes, psaumes, rSpons, 
alleluias, sequences etc, sous celui d'a., au con- 
traire, la collecte, FSpitre, l'Gvangile, les prteres 
qui sont chantees, ou pluldt r£cit6es par le 
prttre ou Tun des diacres. L'a. se chante pres- 
que continuellement sur une m6me note et ne 
fkit qu'indiquer la ponctuation du texte, par des 
cadences ascendantes (interrogation) ou des- 
cendantes (point). 

Acciacatura (ital.) 1. Cf. Pracft, fcrouFFfe. — 
2.Le mot a. est employ* aujourd'hui comme 
synonyme d'appogiature, surtout lorsque la pe- 
tite note est br6ve. 

Accident, signe d'alt&ration (v. ce mot) que 
Ton rencontre passagerement devant une note, 
dans le courant d'une composition musicale. 

Accolade, signe dont on se sert pour r£unir 
olusieurs porties, dans les oeuvres pour piano 
ou orgue, dans les partitions, etc. 

Accompagnato (ital.), « accompagu6 », terme 
technique servant k designer le r£citalif k ac- 
compagnement continu, par opposition au 
recilativo secco dans lequel les harmonies ne 
sont que sommairement indiqu£es. Gf. Accom- 

P^GNATEUR. 

Accompagnateur, executant, plus speeiale- 
ment pianiste, qui accotnpague un chantenr ou 
on instrumentiste ; anciennement, claveciniste 



by \j 



iL 



IC 



on organiste r6alisant k vue la basse chiffrSe 
d'un recitatif ou de quelque autre morceau. 

Accompagnement (ital. accompagnamento, 
all. Begleitung), d^signe la partie instrumentale 
subordounee au chant ou k Tinstrument solo, 
par ex., dans les morceaux de concert, la partie 
d'orchestre, dans les melodies pour chant, la 
partie de piano. 

Accord (du latin chorda, corde). 1. Sonorit6 
compos£e resultant de la simultaneity de plu- 
sieurs sons de hauteur diff&rente; on divise 
les a* on deux groupes principaux : les a, con- 
sonants et les a. dissonants. Of. Majeur, Mi- 
neur. Consonance. Dissonance. — 2. A. d 
Pouvert, a. produit, sur les anciens instruments 
polycordes tels que la gambc, par des cor- 
des k vide. — 8. Du xv» au xvn e s., si- 
gniflait un groupe d'instrnments de la m£me 
famille, mais de dimensions difT6rentes (en 
all em. aussi Stimmwerk), par ex. un quatuor 
de flutes, de cromomes ou de trombones ; les 
instruments eAaient autrefois construits dans 
des formats diff&rents et g&n£ralementau nom- 
bre de quatre, chacun d'eux correspondant k 
Tun des registres de la voix humaine (soprano, 
alto, tenor, basse). Cf. Instrumentale. 

Accordion, le plus petit des instruments de 
la famille de Torguo, c-d-d. un instr. k vent 
possedant un clavier et une soufllerie; invents 
en 1829 par Damian, a Vienne (Autriche), et 
issu en quelque sorte du tscheng chinois et de 
Tarmonica k bouche. On construit des a. de di- 
verses grandeurs ; les plus grands et les meil- 
leurs, habilement manies, ne sont pas tout k 
fait depourvus de valeur artistique. Des anches 
libres (comme celles de rharmonium) sont dis- 
posers sur les faces extremes d'un double 
soufllet fortement plisse, de telle sorte que les 
unes r^pondent lorsqu*on ouvre le soufllet, les 
autres lorsqu'on le ferme. Les petits a. n'ont 
qu'une echellede sons diatonique pour la main 
droite, et, pour la gauche, une ou deux notes 
de basse qui reurient toute modulation libre 
impossible ; les grands, par contre, tels qu'ils 
furent introduits dans le commerce par Wheat- 
stone (melophone, concertina), ont pour chaque 
main une se>ie d'octaves chromatiques. 

Accordo, Cf. Lyre. 

Accordoir, la clef dont on se sert pour met- 
tre au diapason les cordes de piano et, dans la 
facture d'orgueSjl'lnstrument de metal (conique 
d'un c6t6, en entonnoir de l'autre) au moyen 
duquel on accorde les jeux a bouche m^talli- 
ques. Pour les jeux 4 anches, on a un a. spe- 
cial en forme de lisse. 

Accrescendo (ital.) syn. de crescendo. 

Achard,LftoN, illustre chanteur (t^norlyrique), 
n6 k Lyon le 16 f6vr. 18JJ1, eleve de Bordogni 
au Conservatoire de Paris, debuta en 1854 au 
TheAtre lyrique, fit partie de 1856 si 1862 de la 
troupe du Grand-TheAtre de Lyon, de 1862 si 
1871 de (vile do rOpera-C-omiipic, a Paris, et 
en Ira en 1871, apres un nouveau temps d'etudes 
k Milan, k l'Opera de Paris. 

Acoustique (grec), au sens propre du mot, la 
science des phenom&nes sonores, c-si-d. la theo- 

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6 



ACTE — ADAM 



rie de la nature du son, dos conditions de sa 
formation, de sa propagation et enfin de sa per- 
ception par Foreille. On distingue Fa. physique 
et Fa. physiologique, cette derni&re ne s'occu- 
pant sp6cialcment que de la perception du son. 
Ua. musicale ne consid&re qu'une partie des 
problemes de Fa. generate, ceux qui ont trait 
aux sons que, pour les differencier des sons non 
d^nnissahles ou des bruits, Ton appelle sons 
musicaux. Ceux-ci peuvent £tre produite : 1° par 
, des cordes frott£es, pinches ou frapp£es ; 2° par 
^ des instr. k vent (y compris la voix) ; 3° par des 
baguettes 61astiques (diapason, armonica m6- 
tallique, xylophone); 4° par des plaques de m£- 
lal recourbees (cymbales, tamtam, cloches); 
5«par des membranes iendues,c.-&-d.despeaux 
(timbales, tambours, etc.). Leson musical est, en 
son essence physique, le r£sultat de la dilata- 
tion et de la contraction alternantes, r&guli&rcs 
et rapides, d'un corps £lastique (vibrations); 
c'cst do la rapidity des vibrations que depend 
la hauteur du son, de leur amplitude, Finten- 
sit£ du son. Les vibrations du corps elastique 
qu'un choc a fait vibrer se transmettent k Fair 
ambiant (ou anparavant k des corps solides 
qui sont en contact avec lui ; v. Resonance), 
tit se propagent en lui avec une vitesse de 340 
metres a la seeonde, k une temperature de 16° 
centigrades. Cependant on prend, en g£n6ral, 
comme base des demonstrations acoustiques, 
la vitesse de 105G pieds a la seeonde, chifFre 
qui est en plus simple rapport avec la designa- 
tion en pieds de Felevation d'un son. Comme le 
chiffre de la vitesse du son, divis£ par lenombre 
de vibrations, fournit in£vitablement la longueur 
de chaque vibration (vibration double, somme 
des deux mouvements de dilatation et de con- 
traction), nous trouvons pour Fw*- 1 avec 33 vi- 
brations (1056 : 33), une longueur de vibration 
de 38 pieds, c.-a-d. que, puisque la longueur 
d'un tuyau k bouche, ouvert, ne correspond ja- 
mais qu'a une demi- vibration, le ttPseradonn^ 
par un tuyau a bouche, ouvert, de 16 pieds. On 
compte aisement le nombre de vibrations dans 
un espace de temps donne (la seeonde) au 
moyen de la sirene (v. ce mot), perfectionn£e 
par Cagniard de la Tour, Dove et Helmholtz. 
Les objets les plus int£ressants des recherches 
acoustiques sont les phenoni&nes connus sous 
les noms de : sons harmoniques, sons concomi- 
tants, sons combines, mouvements vibratoires 
(v. chacun de ces mots). 

Acte (ital. atto), nom que Fon donne ordinai- 
rement a chacune des divisions principales 
d'une u'uvre dramatique (drame, op£ra, ballet) 
ou d'un oratorio, Fappellation c partie » 6tant 
cependant pref£r£e pour ce dernier. Le rideau 
se baisse entre les diffSrents actes, s6par£s 
Fun de Fautre par des •entr'actes* plus ou 
moins longs. Souvent Facte se divise lui- 
mdme en tableaux, c.-A-d. en scenes principales 
avec changement de decors et separ£es par des 
entr'actes plus courts pendant lesquels le ri- 
deau est baisse. Le nombre des actes ne varie 
que de 1 a 5, celui des tableaux est naturelle- 
inent plus grand. 



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Action (angl.), signifie m6canique (de Forgue, 
du piano, etc.). 

Acuta (ital. ripieno; allem. scharf; angL 
sharpmixture), jeu mixte de Forgue contenant, 
en gindral, une tierce et plus petit que la four- 
niture, c-d-d. qu'il commence par des sons plus 
61ev6s (triple a quintuple, de 1 %' et 1 '). 

Adagio, Fune des plus anciennes indications 
de mouvement, que Fon trouve dijk au com- 
mencement du xvn° s.; a. signifie en italien : 
commod&ment, confortablement, mais peu k 
peu il a pris en musique le sens de lentement, 
ou m&me tr&s lentement (mais pas aussi lente- 
ment que largo); en Italie cependant, gr&ce au 
sens primitif du mot, Fa. 6quivaut encore a peu 
pr&s k notre andante, L'indieation a, est em- 
ployee soit dans le courant d'un morceau, pour 
quelques notes, soit au d&but d'une partie, 
comme indication du mouvement g£n6ral, de 
telle sorte qu'on entend g6n&ralement mainte- 
nant par a. toute une partie de sonate, de sym- 
phonic, de quatuor ou d'une oeuvre analogue. 
En r&gle generate, Fa. est la deuxi^me partie, 
mais les exceptions sont nombreuses (9« symph. 
de Beethoven et d£s lors fr6quemment); une 
partie d'eeuvre s'appelle a., m£me si elle con- 
tient un fragment plus rapide (andante, piu 
mosso, etc.). Le superlatif adagissimo « exces- 
sivement lentement » est rare; le diminutif ada- 
gietto signifie : assez lentement, c.-4-d. moins 
lent qu'a.; on s'en sert aussi comme titre d'un 
morceau lent de courte dur6e (petit a,). 

Adam, 1. Louis, n& k Mieltersholtz (Alsace) 
le 3 d£c. 1758, d'origine allemande,m. a Paris le 
11 avr. 1848; excellent musicien, 6tudia k fond 
les oeuvres de Bach et Haendel, fut, de 1797 a 
1843, professeur de piano au Conservatoire de 
Paris, maltre de Kalkbrenner, Harold, etc., au- 
teur d'une « Methode de piano » (1812) tr&s es- 
tim6e, (M. all. par Gzerny, 1826), de sonates, 
de variations pour piano, etc. — 2. Adolphb- 
Gharles, fils du pr£c6denU compositeur d'op6ras 
connu, n£ k Paris le 24 juil. 1813, m. le 3 mai 
1856; devait primitivement embrasser une car- 
ri&re liberate, mais montra trop peu de gout et de 
perseverance; comme musicien m&me (admis 
au Conservatoire en 1817), il ne travailla que 
n£gligemment et sans suite, jusqu'au jour ou 
Boieldieu, d£couvrant sa verve m£lodique, le 
prit dans sa classe de composition; d&s lors les 
progr6s furent rapides. Apr&s s'Gtre fait con- 
nattre par toutes sortes de morceaux de piano 
(transcriptions, lieder), il donna k FOp6ra-Co- 
mique, en 1829, son premier acte « Pierre et 
Catherine »; encourage par la riussite de celui- 
ci, il fit suivre 13 oeuvres jusqu'en 1836, ann£e 
ou il remporla avec le Postilion de Lonfumeau 
un succ&s ddcisif. Ala suite d'un difftrend avec 
le directeur de FOp6ra-Comique, A. fonda une 
entreprise th£atrale particultere (Th6&tre natio- 
nal, 1847) ce qui pour un temps (1846-1849) Fem- 
p&cha de se livrer Ala composition; mais, ruin£ 
par la revolution de 1848, il recommen^a k cr6er 
de plus bellfe. Apr^s la mort de son p^re (1848), 
il fut nomm6 professeur de composition au 
Conservatoire. Parmi les 53 oeuvres th&Hrales 

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ADAM DE FULDA — ADLRR 



d'A^ nous pouvons noter Jes operas : Le fidele 
berger 9 La rose de Feronne, Le roi cTYvetot, 
Giralda, La poupee de Nuremberg, ainsi que 
les ballets : Gisele, Le Corsaire, etc. Gertes, au- 
cttue des ceuvres d'A. ne saurait prStendre au 
litre de classique, mais la grdee rythmique et 
la richesse m&odique de plusieurs d'entre elles 
leuT assurent une longue vie. A. Pougin a pu- 
blic en 1877 one courts biographie d'A.; cf. 
aussi les « Derniers souvenirs d*un musicien » 
(notices autobiographiques, articles de journaux 
d'A. Itti-mfcme, 1857-1859, 2 vol.). - 3. Karl- 
Fhrdinaxd, compositeur favori de choeurs 
dTiommes,n6 le 22 d£c. 1806, m. lo 28 d6c. 1868, 
k Leisnig (Saxe) ou il £tait cantor. 

Adam de Fulda, ne en 11*10, Tun des plus an- 
ciens compositeurs allemands, fort estimS par 
ses contemporains, auteur d'un traits th6orique 
reproduit par Gerbert dans le troisieme volume 
des Scriptores. 

Adam de la Hale (on Halle), surnomm6 le 
Bossu d' Arras, n6 k Arras, vers 1240, m. k 
Naples en 1287; po£te et compositeur (trouv^re) 
de g£nie dont les oeuvres, en grande partie con- 
servtes,onl 616 6dit6es par Coussemaker en 1872. 
{(Etwres completes dutrouvereA.delaH.,etc.) 
La plus importante est le Jeu de Robin et de 
Marion, sorte d'op6ra-comique dont le lexte 
et la musique sont enti&rement conserves; puis 
viennent d'aulres Jetix (Jeu d'Adam, Jeu du 
pelerin), des rondeaux, des motets et des chan- 
sons. Les ceuvres d'A. (Cf. Notice sur A. par 
Bottle de Toulmon) sont d'une importance 
capitale pour l'histoire musicale de son temps. 

Adamberger, Valentin (non pas Joseph), t6- 
nor iUustre, n6 k Munich le 6 juil. 1743, m. A 
Vienne le 24 aoftt 1804 ; Sieve de Valesi, rem- 
porta en Italic de vrais triomphes, sous le nom 
d'Adamonti A. chanta ensuite k Londres et fut 
engage en 1780 A l'op£ra imperial de Vienne, 
en 1789 comme chantre de la chapelle royale. 
Mozart 6crivit pour lui le role de Belmonte et 
quelques airs de concert Sa fille fut fiancee k 
Th&xL Kcerner. 

Adami de Bolsena, Andrea, n6 a Bolsena en 
1668, m. k Rome le 22 juil. 1742, fut maitre de 
la chapelle pontificate et ecrivit un ouvrage, 
riche en donn&es historiqnes de tous genres : 
Osservaaioni per ben regolare il coro dei can- 
tori delta CapeUa PonHfica (1711). 

Adamonti, Gf. Adamberger. 

Adams, Thomas, excellent organiste et com- 
positeur d'oeuvres pour son instrument, n& k 
Londres le 5 sept 1785, m. dans la m&me ville 
le 15 sept. 1858; ce fut lui qui dirigea, entre au- 
tres, les executions musicales sur Tapollonicon 
de Flight et Robson. Parmi les oeuvres qu'il 
publia, citons : des fugues pour orgue, des in- 
terludes, des variations (aussi pour piano), de 
petites ceuvres chorales a cappella, etc. 

Adcoek, James, n6 k Eton (Bucks) en 1778, 
m, & Cambridge le 80 avr. 1860; fut enfant de 
ehceur de la chapelle de St-George, & Windsor, 
puis & Eton, entr£ dans le clerg6 en 1797, il fit 
partie ensuite de plusieurs chapelles k Cam- 
bridge, oti il fut enfin nomm6 maitre du ehceur 



by t^ 



iL 



du King's College. A. publia une mSthode de 
chant et un certain nombre de glees de sa com- 
position. 

Addison, John, compositeur anglais, n£ vers 
1770, m. k Londres le 80 janv. 1844, eut une vie 
agit£e, comme contrebassiste, maitre de cha- 
pelle (A Dublin), manufacturer dans la branch*; 
des cotons (Manchester), marchand de musique 
(avec Kelley, k Londres) et enfin compositeur, 
professeur de chant et de contrebasse. Sa femme 
(miss Willems) 6tait une cantatrice d'opAra 
fort appr6ciee. Les Singspiele d'A. eurent un 
temps de vogue (1805-1818). 

Addolorato (ital.) dolent, lamentable. 

Adelboldus, 6veque d'Utrecht, m. le 27 nov. 
1027, auteur d'un traits thSorique reproduit par 
Gerbert, dans le l w vol. des Scriptores. 

Adelburg, August (chevalier de), violoniste, 
n6 k Constantinople le l w nov. 1830, m. fou, k 
Vienne le 20 oct. 1878; 6tait destine k la car- 
riere diplomatique, mais fut dej& de 185041854 
l*616ve de Mayseder qui en fit un remarquabh* 
virtuose. Vers 1860, A. se faisait surtout remar- 
quer par la puissance du son qu'il tirait de son 
instrument; il composa des senates et des con- 
certos pour violon, des quatuors k cordes, etc., 
ainsi que trois operas : Zrinyi (1868, k Buda- 
pest), Wallenstein et Martinuzsu 

Adelung, v. Adluno. 

Adgio, Ado, abr6v. pour Adagio. 

Adiaphone (le « non-desaccordable ») un in- 
strument, invente par Fischer et Fritzsch de 
Leipzig, patents en 1882 et prSsente l'ann6e sui- 
vante,avecsucces,& TassemblSe de 1' Association 
generate des musiciens allemands, k Leipzig ; 
sorte de piano dans lequel les cordes sont rem- 
placees par des diapasons accordSs. La sono- 
rity 6th6ree, mais un peu vide de l'instrument 
a 6t6 rScemment am61ior£e par l'adjonction, 
pour chaque note, d'un second diapason accorde 
k l'octave. 

Adirato (ital.) emport£, col&rique. 

Adler, 1. Georg, compositeur hongrois, n6 a 
Bude en 1806, violoniste, pianiste et professeur 
de talent, publia une s6rie d'oeuvres de musi- 
que de chambre bien Serites, des variations 
pour piano, des lieder et des choeurs. — 2. Vin- 
cent, pianiste cel^bre et compositeur, n6 k Raab 
en Hongrie le 3 avr. 1826, m. k Geneve le 4 janv. 
1871; Mudia le piano k Budapest avec son 
beau-fr&re Fr. Erkel, puis, k Vienne, l'har- 
monie et la composition. A. fit de nombreuses 
tournees de concerts, v6cut longtemps k Paris 
oil il se lia avec Wagner, Biilow, Ernst, Lalo. 
puis alia se fixer k Geneve ou il fut, pendant six 
annees, professeur au Conservatoire. II composa 
entre autres d'excellentes 6tudes pour piano et 
une quantity de morceaux de salon Merits avec 
goAt. — 8. Georges, fils du pr6c6dent, n6 a 
Paris le 22 nov. 1863, etudia le piano a Geneve, 
puis k Francfort s/M. (B. Roth, Raff, H. de 
Biilow) ou il est actuellement professeur, au 
Conservatoire Raff. — 4. Guioo, ne a Eiben- 
schiitz (Moravie) le l« r nov. 1855, fils d'un m£de- 
cin apr^s la mort duquel (1856) la jeune m^re 
alia habiter Tglau. En 1864, A.entra au gymnase 

OriginaTfrorn 
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8 



ADLGA8SER — AFFRETTANDO 



acad£mique de Vienne, dont il dirigea pendant 
quelque temps le choeur d'616ves, et au Conser- 
vatoire oft il eut Bruckner et Dessoff comme 
professears. Sorti couronn6 du Conservatoire, 
en 1874, A. ehtra A Tuniversit^ et fonda avec 
F. MotU et K- Wolf la Soctete acadSmique 
wagn6rienne, qui se developpa rapidemenL En 
1878, il prit le grade de Dr. juris, en 1880 celui 
de Dr. phil. (dissertation : Die historischen 
Grundhlassen der christlich aJbendldndischen 
Musik bis 1600, parue dans YAUg. Af. Z. 1880, 
n°* 44-47) et se prlsenta en 1881 comme privat- 
docent A l'universite de Vienne (Discours d'ou- 
verture : Studie sur Geschichte der Harmonie, 
paru dans le Bulletin de CAcacL des sciences 
[classe de philosophic et d'histoire], Vienne 
1881, aussi tir6 A part). A. fut d&6gu6 au con- 
gr6s liturgique international de 1882, A Arezzo, 
et en donna un compte- rendu d&taill6; en 
1884, il fondait avec Chrysander et Spitta la 
Vterieljahresschrift fur Musikwissenschaft et 
en r&digeait la premiere annee; en 1885 enfin, 
il etait nomm& professeur des sciences musi- 
cales A TUniversitS allemande de Prague. Le 
di cours d'ouverture d'A. est une monographie 
sur le faux-bourdon (v. ce mot) et le traits de 
Guilelmus Monachus; il fonnule cette th&se, 
fort bien congue, que le contrepoint et Fhar- 
monie sont nes ind&pendamment Tun de l'autre 
et se sont pendanUongtemps d6velopp6s d'une 
mantere paralidle. A. re^ul en 1893 le titre de 
professeur ordinaire; il edite depuis plusieurs 
ann£es lee ceuvres musicales des empereurs 
Ferdinand III, Leopold I" et Joseph l w d'Au- 
triche. 

Adlgasser, Anton-Cajetan, ne a Inzell pr6s 
Traunstein (Baviere) le 3 avr. 1728, 616ve d'E- 
berlin, A Salzbourg, m. en cette ville le 21 d6c. 
1777, comme premier organiste de la cath&drale 
(depuis 1851). Ses ceuvres de musique dVglise 
6taient tr&s appr6ciees et furent encore execu- 
tes A Salzbourg, longtemps apres la mort de 
leur auteur. 

Adlung (Adelung), Jakob, ne A Bindersleben 
pr6s Erfurt le 14 jauv. 1699, m. le 5 juil. 1702; 
6ludia la philologie el la tMologie A Eifurt, 
puis a I6na, travaillant la musique, A cot£ de 
cela, avec une ardeur telle qu'il put 6tre nomme 
organiste de la ville (1727), et professeur de 
gymnase (1741) a Erfurt, oil il cteployait une 
viveactivite comme maitre de musique. A. nous 
a laissS trois ceuvres importantes pour l'his- 
toire de la musique : Anleitung stir musihali- 
schen Gelahrtheit (1758, 2°" 6d. en 1783, par les 
soins de J.-A. Hiller); Musica mechxmica or- 
ganoedi (1768) el Musihalisches Siebengestirn 
(1768, toutes deux £ditees par L. Albrecht). 

Adoliati, Andrea, n6 A Venise en 1711, m. 
vers 1760, Steve de Galuppi, fut maftre de cha- 
pelle a Venise (S. Maria della Salute) et,& partir 
de 1750 environ, A G&nes (dell' Annunziazione). 
A. fit repr6senter 5 operas et composa une 
quantity de musique d'6glise. 

Adrastos, philosophe p£ripat£ticieu, vers 330 
av. J.-C, 61£ve d'Aristote, Scrivit un traits mu- 
sical |AVmoi"x£v Bt'Bxuc rpiotjqoi n'est malheu- 



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reusement conserve qu'en extraits, dans V Har- 
monic de Manuel Bryennius. 

Adriansen (Hadrianius), Emmanuel, exquis- 
virtuose sur le luth, au xvi* s., n6 A Anvers, 
publia en 1592 un Pratufn musicum, etc., 
collection d'oeuvres de Cyprien de Rore, Or- 
landus Lassus, Jachet van Berchem, Hubert 
Waelrant et autres, arranges el mises en. ta- 
blature pour le luth (preludes, fantaisies, ma- 
drigaux, motels, chansons, danses). 

Adrien (propr. Andrien), Martin-Joseph, dit 
La Neuville ou A. l'aine, n£ A Lidge le 26 mai 
1767, basse de l'Op^ra de Paris de 1785 A 1804, 
puis r&petiteur au mdme th6&tre, m. le 19 nov. 
1822, comme professeur au Conservatoire; au- 
teur de VHymne a la liberie compost pour ce- 
tebrer la retraite des Prussiens (1792) et de 
VHymne anx Martyrs de la liberie. 

Aegidius 1. A. Zamorensis (Jean)/ moine 
franciscain espagnol de Zamora, vers 1570, au- 
teur d'un traite de theorie musicale reproduit 
par Gerbert {ScHptores, vol. IE). — 2. A. db 
Murino, thforicien du xv° s. dont le traits de 
musique proportionnelle a $16 reproduit par 
Coussemaker (Scriptores, vol. IE). 

Alrophon*, cf. Harmonium. 

Aeris. 1. Eolde, flutiste virtuose, n6 4 Boom 
pr£s An vers le l or mars 1822, enlra AY Age de 
douze ans auConservatoire de Bruxelles et exci- 
tail en 1837 d£j& l'admiration de tout Paris. A. 
fut nomm£, en 1847, professeur de flute au Con- 
servatoire de Bruxelles, mais mourut poi trinaire^ 
dans la force de l'&ge, le 9 juin 1853. Ses compo- 
sitions (symphonies, concertos de fltite, etc) 
ne sont pas gravees. — 2. FfeLix, n& A St-Trond 
le 4 mai 1827, 61dve du Conservatoire de Bruxelles 
(C. Hanssen), fut engage pendant quelque temps 
comme violoniste A Bruxelles, puis comme chef 
d'orchestre A Tournay, s£journa ensuite A Pa- 
ris et se voua A l'enseignement depuis 1822,. 
& Nivelles. A. a publi6 deux dissertations sur le 
plain-chant, un recueil de chants d'ecole, des 
litanies, une theorie el&mentaire de la mu- 
sique, ainsi que toute une s^rie de fantaisies 
pour orchestre, de variations pour violon, etc 

AEYIA ou Aevia, aeuia est une abreviation 
frequente du mot alleluia (les consonnes sup- 
primees), dans les anciennes notations du chant 
gr^gorien. 

Aif etto (ital.), mouvement de YAjne ; con a., . 
affetluoso, avec dme, ti'es expressif. 

AMlar (ou tilar) il tuono (ital) signifie, dans • 
la methode de chant italienne, la tenue ^gale 
d'un son de longue dui^e, a peu pr6s syno- 
nyme de metier la voce, messa di voce (v. 
ce mot), si ce n'est cependant que la der- 
niere de ces expressions sous-entend un 
crescendo puis un diminuendo, pendant la duree 
du son. 

Affilard, Michel d', chantre (tenor) de la cha- 
peUe de Louis XIV, de 1683 A 1708, Sdita une 
m&thode de lecture a vue (Principes tres fad- 
les 9 etc^ 1691, 1705, 1710 et 1717). 

Afflitto (ital.), afflig6, abattu. 

Affrettando(ital:),en acc^l^rant, syn.de strin- 
gendo ; affrettato, acc&ere, syn. de piumosso. 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



AFRANIO — AGRELL 



9 



Afranio degli Alboneii,chanoine de Ferrare, ne 
41a fin du xv« s. A Pavie, l'inventeur du basson. 

Aiielius, Ahvid- Auguste, n6 le 6 mai 1785, m. 
le 25 sept 1871, A Enkoeping, en Suede, oft 
il Stall pasteur ; a publie deux recueils de chan- 
sons popnlaires suedoises (avec les melodies) : 
Somsha folkvisor (1814-1816,3 vol.; 2* ed. 1846) 
et Afshed ofsvenska folksharpan (1848). 

Agassaxi, Agostino, ne A Sienne le 2 dec. 
1578; m. dans la m&me ville le 10 avr. 1640 ; 
d'abord musician au service de Tempereur Ma- 
thias, pais pendant quelque temps, mai tre de cha- 
pelle du collie allemand, de l'eglise d'Apol- 
line, et plus tard du Seminaire ronmin, a 
Borne, ou il entra en relations avec Viadana 
dont il adopta les innovations ; en 1630, il fut 
appeie aux fonctions de maitre de chapelle de 
la cath&irale de Sienne. A. etait un des com- 
positeurs les plus apprecies, ses ceuvres fu- 
rent r^imprim^es en Allemagne et en Hollande 
(madrigaux, motets, psaumes et autres oeuvres 
religieuses dont plusieurs A 8 voix) ; il est un 
des premiers qui donnerent des Indications 
pour la realisation pratique des basses chif- 
fr6ea, dans la preface de son troisieme . livre de 
motets (1605). 

Agelaos de T6g6e fut le premier vainqueur 
dans l'agon musical des jeux pythiens (559 av. 
J.-C, &** pythiade) ; il doit s'&tre presente le 
premier, comme virtuose de la citharistique. 

Agilita (ital), agilite, mobilite. 

Agitato (ital.), agite. 

Agnelli, Salvatoke, ne a Palerme en 1817 fit 
ses eludes au Conservatoire de Naples, sous la 
direction de Furno, Zingarelli et Donizetti ; il 
dtimta par une serie d'operas, pour des thea- 
tres italiens (Naples et Palerme) mais s'etablit 
en 1846 A Marseille ou il vit encore el oil il fit 
repr^senter : La Jaequerw (1849), Leonore de 
Medicis (1855), Les deux avares (1860) et plu- 
aieurs ballets. II 6crivit en outre un Miserere, 
imStabat mater ; une cantate (Apotheose de 
Napoleon V\ executee en 1856, dans le jardin 
des Tuileries, par trois orchestres), ainsi que 
Irois operas (Cromwell, Stefania, Sforza) en- 
ore manuscrits. 

Agnesi, 1. Maria-Theresia d', excellent© pia- 
niste, n£c a Milan en 1724, m. vers 1870, com- , 
posa un grand nombre d'omvres pour piano et j 
quatre operas : (Sofonisbe, Ciro in Armenia, 
Nitocri et Insubrta Consolata). — 2. Louis- 
Ferdinand-Leopold Agnirz, dit Luioi A., ne A 
Krpent (Namur) le 17 juiL 1833, m. A Londres, 
le 2 f£vr. 1875, excellent chanteur (basse), 
eieve du Conservatoire de Bruxelles, fut pen- 
dant un certain temps maitre de chapelle de 
l'eglise de Ste-Catherine et directeur de plu- 
sieurs societes bruxelloises. Le peu de succes 
de son opera Earmold le Normand (1858) l'en- 
gagea A se vouer au chant et, apres de nouvel- 
ies etudes aupres de Duprez, A Paris, il entre- 
prit des tourn^es de concerts, puis sejourna pen- 
dant les dernieres annees de sa vie A Londres, 
odilavait la reputation d f un excellent inler- 
prtte de Hsendel. On pourrait encore citer 
parmi ses ceuvres, des lieder, des motets, etc. 



by \j 



*L 



\V 



Agniei, cf. Agnesi 2. 

Agnus Dei (laL) f « Agneau de Dieu •, cf. 
Messe. 

Agobardus, archevfeque de Lyon, m. en 1840, 
en Saintonge ; auteur de trois trails musicaux : 
De divina pscUmodia, De ecclesice officii* et 
De correctione Antiphonarii (reproduit dans la 
BibL Pair. XIV). 

Agoge est le terme grec correspondant au 
mot tempo. A. rythmique, v. Agogique. 

Agogique, ensemble des legeres modifica- 
tions de tempo que necessite Vcxecution vivante 
d'unc oeuvre (appelees aussi rubato ou tempo 
rubato). L'auteur de ce dictionnaire a, le pre- 
mier, cherche A donner une theorie systemati- 
que du jeu expressif (Musthalische Dynarmk 
and Agoffik, 1884). JSn general, Tagogique mar- 
che paraUelement avec la dynamique, c-^-d. 
qu'une 16g&re acceleration de mouvement s'al- 
lie au crescendo, que les notes essentielles sont 
un peu prolongees et que les terminaisons f6mi- 
nines, moins prolongees, tendent A retablir la 
duree normale (diminuendo) ; cette remarque 
s'applique surtout sur un espace restreint,tan- 
dis que, fr£quemment, dans les passages plus 
d£velopp£s, l'eiargissement agogique, le ralen- 
tissement de Tallure s'imposent pour augmen- 
ter reflet de la progression. — Accent a., nom 
donne par H. Kiemann, dans ses editions, A 
la legere prolongation de duree qu'exige le si? 
gne **+ place au-dessus d'une note; ce signe doit 
indiquer d'une maniere certaine la note essen- 
tielle du motif, lorsque le rythme se trouve en 
disaccord avec la mesure; on s'en sert,du reste, 
surtout pour les retards et il facilite de la sorte 
rinterpretation claire de la phrase. 

Agon (grec), syn. de lutte ; Fa. musical for- 
mait une partie essentielle des « jeux » de Tan- 
cienne Grece, particulierement des jeux py- 
thiens. 

Agostini, 1. I^udovico, n6 A Ferrare en 1534, 
m. dans la meme ville le 20 sept 1590, etait 
maitre de chapelle de la calhedrale et d*Al- 
phonse II d'Kste; il a ecrit des madrigaux, 
des messes, des motets, des vepres etc., qui fu- 
rent Imprimes les uns A Venise (Gardano), les 
autres a Ancone (Landrini). — 2. Paolo, ne A 
Vallerano en 1593, eieve et beau-fils de Bern. 
Nardini, m. en 1629, alors qu'il etait directeur 
de la chapelle pontificale ; excellent contrapun- 
Uste, ecrivit un grand nombre d'ceuvres de mu- 
sique d^glise (jusqu'& 48 voix) qui sont, en par- 
tie, conservees dans les bibliotheques de Rome, 
2 livres de psaumes (1619), 2 livres de magnifi- 
cats et d'antiennes (1620), et 5 livres de Messes 
furent imprimes. — 3. Pietro-Simone, n6 A 
Rome en 1650, fut maitre de la chapelle du due 
de Parme ; un opera de sa composition fut exe- 
cute A Venise : 11 ratio delle Sabine. 

Agrell, Johann, ne A Lceth le l er fevr. 1701, 
m. A Nuremberg le 19 janv. 1769 ; de 1723 A 
1746, musicien de la cour (violoniste) A Cassel, 
d'oii il sut se faire une reputation aussi 
comme pianiste virtuose, fut nomme chef d'or- 
chestre a Nuremberg, en 1746. Un certain nom- 
bre d'eeuvres, non sans valeur, (symphonies 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



10 



AGKEMENTS — AGUIARI 



concertos, sonatas) ont ete gravies a Nurem- 
berg; d'autres sont restees manuscrites. 

Agr&nents, tenne vieilli, presque hors d*u- 
sage, designe plus specialement les ornements 
(v. ce mot) de courte duree. 

Agricola, 1. Alexander, Tun des plus remar- 
quables compositeurs du xv° s., etait, d'apres 
les dernieres recherches (van der Straeten), 
d'origine allemande. A. fut, jusqu'au 10 juin 
1474, chantre de la chapelle ducale de Milan, 
sejourna ensuite avec sa famille dans Tltalie 
meridionale, entra en 1500, a Bruxelles, comme 
chapelain et chantre, au service de Philippe le 
Bel avec la suite duquel il se rendit, en 1505, en 
Espagne ou il mourut, probablement en 1506, a 
Tage de 60 ans (il serait done n6 en 1446). Sa 
reputation de compositeur etait telle que Pe- 
trucci donne de lui, dans ses trois plus ancien- 
nes impressions (1501 a 1508), 81 lieder et mo- 
tets, et imprima en 1504 toul un volume de ses 
Messes (Missce Alexandri Agricolw : Le Servi- 
teur, Je me demande, Malheur tne bat, Primi 
toni 9 Secundi toni). On peut encore juger de la 
celebrite d 1 A. par le fait qu'il n etait souvent ap- 
pel6 que « Alexander ». — 2. Martin, ne a Sorau 
en 1486, m. a Magdebourg le 10 jonv. 1556; 
ecrivain musical important du xvr» s., dont 
les ecrits sont, avec ceux de Seb. Virdung, la 
source principalederenseignements pour This- 
toire des instruments de l'epoque. A. fut auto- 
didacle, a parlir de 1510 mattre de musique a 
Magdebourg et nomine, en 1524, cantor de 
Tecole lutherienne ; il vecut ioute sa vie dans 
tine position assez precaire. Ses cpuvres princi- 
pales sont: Musica figuralis deudsch ; Von der*, 
l*roportionitms (toutes deux sans date, mais reu- 
nies et relmprimees en 1532); Musica instru- 
rnentalis deudsch (1528, 1529 et 1582, Toeuvre la 
plus imporlante); Rudimenta musices (1589, 
2 m « edit 1548, sous le litre de Quazstiones vxd- 
gariores in musicam) ; Duo Ubri musices (1561, 
reunion des Rudimenta et de De jrroportio- 
nilrus); Scholia in musicam planam Wenceslai 
de Nova J)omo (1540). H publia aussi quelques 
cahiers de compositions (Bin kurz deudsch 
Musica, 1528 ; Musica cJioralis deudsch^ 1583 ; 
Deutscfie Musica wnd Gesangbiichlein, 1540; 
Kin Sangbuchlein alter Sonntags-Evangelien, 
1541,), ainsi que la Musica getutscht de Virdung, 
avec les memes planches, mais mise en vers. 
Oontrairement a l'usage du temps, A. se serl 
dans sa Musica instrumental de la notation 
proportionnelle, au lieu de la tablalure alle- 
mande. — 3. JoriANN, ne a Nuremberg vers 
1570, professeur au gyninase des Augustins, a 
Erfurt, publia de 1601 a 1611 une quantity de 
compositions religieuses (motels, cantiques,etc.) 
— 4. Wolpano-Ghristoph, publia en 1651, a 
Wurzbourg et a Cologne, deux recueils : Fasci- 
culus musicalis (8 Messes) el Fasciculus va~ 
riarum cantionum (motets). — 5. Gkorg-Lud- 
wio, ne a Grossfurra pres de Sondershausen 
Je 25 oct 1643, fut en 1670 maltre de cha- 
pelle a Gotha ou il mourut, le 20 fevr. 1676 ; 
il fit editer a Mulhouse plusieurs cahiers de 
sonales et preludes, des danses pour instru- 



by \j 



*L 



\V 



ments a archet, quelques chants de repentance 
et des madrigaux. — 6. Johann-Frtedrich, ne 
a Dobitschen pres d'Altenbourg le 4 janv. 
1720, m. a Berlin le 12 nov. (suivant Forkel), 
ou le 1 OT dec. (suivant L. Schneider) 1774; 
etudia le droit a Leipzig, fut en meme temps 
eleve de J.-S. Bach, puis de Quanz, a Berlin 
(1741) ; dix ans plus tard, il fut nomine com- 
positeur de musique de la cour (1751) et 
succeda a Graun, en 1759, comme directeur de 
la chapelle royale. Aucune des oeuvres d'A., 
thealrale ni religieuse, ne fut gravee ; mais 
ses ecrits polemiques contre Marpurg (sous 
le pseudonyme d'Olibrio) lui assignent une 
place dans la litterature musicale, de meme 
que sa traduction de YEcole de chant de Tosi, 
sa collaboration a la Musica mechanica or- 
ganoedi d'Adlung et, d'apres Fetis, a la 
Theorie der schonen Kiinste, de Sulzer. Sa 
femme, Emilia, nee Molteni, (nee a Modene en 
1722, m. a Berlin en 1780) etait une cantatrice 
tres estimee et fit pendant longtemps partie de 
la troupe d'opera italien de Berlin. 

Agthe, 1. Karl-Christian, ne a Hettstaedt 
(MansfeW), en 1762, m. a Ballenstedt le 27 
nov. 1797, etait alors organiste de la cour du 
prince de Bernbourg ; ecrivit cinq operas, un 
ballet et quelques compositions chorales depe- 
tites dimensions. — 2. Wilhelm-Joseph-Al- 
brecht, flls du precedent, ne a Ballenstedt en 
1790, fut successivement maltre de musique et 
membre de Torchestre du Gewandhaus a Leip- 
zig (1810), maltre de musique a Dresde (1823), 
puis a Posen (1826) od il eut Theod. Kullak 
comme eleve, a Breslau (1830) ou il s'etait re- 
fugie lors des troubles politiques, et enfln a 
Berlin (1882) oil il dirigea jusqu'en 1845 un nou- 
vel institut de musique. A. a fait editer un cer- 
tain nombre d'oeuvres de tendances serieuses, 
pour piano. — 3. Friedrich-Wilhelm, ne a 
Sangerhausen en 1794, eleve de Muller et de 
Riemann a Weimar et de Weinlig a Dresde, 
fut cantor a la « Kreuzschule » de cette dernifre 
ville (1822-1828), et mourut, le 19 aotit 1880, a 
Sonnenstein pres Pirna, od des acces de folie 
Tavaient fail interner en 1828 deja, 

Aguado, Diontsio, celebre virtuose sur la 
guitare, ne a Madrid le 8 avr. 1784, m. le 20 dAc. 
1849 ; publia en 1825 une methode de guitare 
qui eut les honneurs de trois editions espa- 
gnoles et d'une francaise (1827), ainsi que 
diverges oauvres pour son instrument (etudes, 
rondos, etc.). 

Aguiari, Lucrezia, cantatrice douee d'une voix 
phenomenale, nee a Ferrare en 1743, m. le 
18 mai 1783 ; connue sous le nom de La Bastar- 
delta (elle etait fille naturelle d'un grand sei- 
gneur qui avait confie son education a I'abbe 
Lambertini). Elle excita Tenthousiasme, non 
seulement de l'ltalie (Florence, Milan; etc.), 
mais de tout Londres, en 1775, puis se retirade 
la scene en 1780, et epousa, a Parme, le chef 
d'orchestre Colla dont elle aimait particuliere- 
ment a chanter les oeuvres. A. etait remarquable 
surtout par Tetendue incroyable de sa voix : elle 
chantait jusqu'a Tut 6 et trillait encore sur le fa 5 . 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



AGUILERA 



AIH 



11 



Aguilera de Heredia, Sebastian, eccl&siasti- 
que et maitre de chapelle a Saragosse, au 
commencement da xvm s.; pablia en 1618 one 
collection de magnificats, change encore de nos 
jours a Saragosse. 

Ahle y 1. Joil-Rodolf, ne a Mulhouse, en 
Thuringe, le 24 d6a 1625, m. dans la meme 
YiUe, le 8 juil. 1678; cantor de l'eglise de 
St-Andr£ a Gcettingue, en 1654 organiste de 
l'eglise de St-Blaise a Mulhouse, en 1656, 
membre du conseil et meme, cinq ans plus tard, 
bourgmestre de la ville.Ses oeuvres principales 
«ontles suivantes: Oetstliche Dialoge (chants 
a plosieurs voix, 1648) Ihuringischer Lustgar- 
ten (1657) et Geistiiche Fest-imd Commimion- 
andachten ; deplus, deux ouvrages th&mques : 
Compendium pro tonellis (1648; 2™ ed, en 
1678, sous le titre : Brevis et perspicua intro- 
duetto im artem musicam ; &** et 4«"» ed. en 
1690 et 1704, sous le titre : Kurze dock deutli- 
che Anleitung, etc.), et Be progressionibus 
consonantium. — 2. Joh.-Gkorg, ftls et Sieve 
da prScMent, n* en 1650, m. le 1«' d6c. 1706, 
a Mulhouse ; succ£da a son pere comme orga- 
niste, devint aussi plus tard conseiller et re^ut 
de l'empereur Leopold I er la couronne de poke 
(Pbeta laureatus). A peu prds l*£gal de son p6re, 
A. torivit toute une s6rie d'eeuvres de musique 
d'eglise fort estim£es, mais qui furenten grande 
partie delruites par un incendie; ses Alusicali- 
scheFriihlings-Somtner-Herbst-und Wtnterge- 
sprdche (1695-1701) sont une sorte de traits de 
composition en quatre parties. Citons encore 
son InstrumenUilische Fruhlingsmusik (1695- 
1696) et Anmutige zehn vierstimmige Viol-di- 
Cambo-Spiele (1681). 

AUstrtim, A.-J.-N., n6 en Su&le en 1762, or- 
ganiste de St-Jacob, a Stockholm, et accompa- 
gnateur de la cour, publia des senates pour 
piano, des sonates pour violon (1788-1786), r£- 
digea deux ans plus tard un journal de musi- 
que: Musikalisk lidsfosrdrife et 6dita un re- 
cuefl de danses et de chansons populaires sue- 
doises. — 2. Johann-Niklas, peut-£tre le flls du 
pr6c£dent, n6 a Wisby, en Sudde, le 5 juin 1805, 
m. a Stockholm le 14 mai 1857; auteur d'op£ras, 
de lieder, etc. 

Ahna, v. De Ahna. 

Aibl, Joseph, importante maison d'&dition 
musicale k Munich (fondle en 1824) ; proprie- 
Urire aciuel, Ed. Spitzweg (depuis 1886), et ses fils 
Eugen et Otto. 

Aiblinger, Joel-Kaspar, n6 a Wasserbourg 
8ur linn le 23 f6vr. 1779, rii. a Munich le 6 mai 
1867; fit ses etudes musicales a Munich, 
puis en 1802 aupres de S. Mayr, aBergame, v6- 
cut de 1803 a 1811 a Vicence, fut nomm£ se- 
cond chef d'orchestre du vice-roi, a Milan, en 
1819, s6journa ensuite k Venise od il fonda la 
society YOdeotiy et remplit, a partir de 1825, les 
functions de second chef k 1'opSra de Munich. 
En 1833, nous le retrouvons k Bergame. On 
vante beaucoup la musique d'6glise d'A., (Mes- 
ses, litanies, requiems, psaumes, offertoires, 
etc) ; par contre, le succ&s ne lui sourit point au 
theatre, ni avec l'opfoa Sodrigue et Chimene 



(Munich 1821), ni avec les ballets Bianca et 
I Titani (tous deux a Milan, 1819). 

Aichinger, Gregor, n6 (a Augsbourg?) vers 
1565, m. en cette ville le 21 janv. 1628. 
comme vicaire du chceur du ddme et chauoine 
de Ste-Gertrude ; il a 6crit un grand nombre de 
compositions religieuses : trois livres de Sa- 
cra? cantiones (1590 a Augsbourg et a Venise, 
1595 a Venise et 1597 a Nuremberg), Iricinia, 
Dvoince laudes, Ghirlanda di canzonette spiri- 
ted^ etc. 

Jigner, Enoelbkrt, n6 a Vienne le 23 f6vr. 
1798, in. aprSs 1851, fut pendant un certain 
temps directeur de ballet a I'opftra imperial de 
Vienne (1835 a 1837), fonda en 1839 une grande 
fabrique de machines qu'il abandonna en 1842, 
et vexut sans emploi a Vienne. A. 6crivit plu- 
sieurs op6ras-comiques et vaudevilles pour le 
theatre de K&rntnerthor, a Vienne (1826 a 1829), 
, puis des Messes, un requiem, des choBurs pour 
voix d'hommes, un quintette avec flftte, etc. 

Aimo, v. Haym 2. 

Air (ital. aria; allem. Arie), 6tait autrefois, 
dans son acception la plus generale, synonyme 
de m&odie instrumental ou vocale et servait a 
designer de petits morceaux, certain es danses 
m6me, dont l'essence 6tait particulierement m6- 
lodique. Aujourd*hui le mot a. est plus sp&cia- 
lement r6sen r 6 aux morceaux d'une certaine 
i dtendue pour une voix, avec accompagnement 
d*orchestre, que ce morceau soit un fragment 
d'op^ra, de cantate, d'oratorio ou bien 6crit iso- 
l^ment et destin6 au concert (a. de concert). 
L'a. de concert se distingue de la ballade, qui, 
parfois, a un accompagnement orchestral, par 
le fait qu*il est lyrique, qu'il rtcprime des senti- 
ments a la premiere persoune, tandis que la 
ballade est narrative (epique-lyrique) ; Texpres- 
sion peut s^lever jusqu'au dramatique le plus 
intense, lorsque le texte passe de la simple 
description ou reflexion a Tinterpellation. (Test 
pourquoi il existe des a. qui sont de vrais mo- 
nologues mis en musique, tandis que d'autres 
i sont comme des fragments d'un ensemble plus 
important Les a, dCigltse (aria da chiesa), for- 
ment un groupe a part, consistant en pridres, 
en meditations pieuses qui peuvent exprimer, 
du reste, les 6tats d f Ame les plus divers (humi- 
liation, angoisse, reconnaissance, joie, plain- 
te, etc.). L'a. ne diff^re du lied que par les plus 
grandes proportions de chacune de ses parlies 
et surtout par le fait tout ext&rieur que le lied 
n'est accompagn^ que par un seul instrument 
ou un tr&s petit nombre d'instruments. 1a*h a. 
de petites dimensions, qui ont beaucoup d'ana- 
logie avec le lied, et dans lesquels raccompa- 
gnement d'orchestre est remplac£ par le piano 
(comme e'est le cas dans les salons), prennenl 
le nom de cavatine, d'arielle ou m6me de lied 
(couplet, chanson). — L'a. s'est &lev6 au rang 
d'une forme musicale de haute importance, 
sous le nom de grand a. ou a. da capo, com- 
pos&e de deux parties principales, contrastant 
entre elles par le fond, comme par la forme. La 
premiere partie donne au chanteur l'occasion 
de d£ployer toute sa virtuosity, ne redoute ni 



by t^ 



*L 



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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



12 



AIRETON 



ALBANI 



les repetitions de texte, ni le travail themati- 
que ; dans la seconde, au contraire, la partie de 
chant est plus essentiellement tn&odique, mais 
elle est soutenue par des harmonies plus riches 
et par lesratfinements d'un habile contrepoint; 
la seconde partie est suivie dn da capo, c.-&-d. 
de la repetition textuelle, ou quelqne peu orne- 
mentee par le chanteur, de la premiere partie. 
Un des elements constitutifs du « grand air » 
est encore la ritourneUe instrumentale, qui sert 
d'inlroduction el contient la m£lodie principale. 
I^a vhrtuosite des chanteurs, angmentant k me- 
sore qu'augmentaient les exigences, prit une im- 
portance telle, dans l'opera i tali en, que le compo- 
siteur devait avant tout songer k ecrire pour le 
chanteur des morceaux k effet; ainsi le grand su 
se transforma-en air a fi oritur es ou air de bra- 
voure. L*a. da capo apparut d6j& dans le cou- 
rant du xvn« a (v. Scarlatti, 1), et se main tint 
jusque vers la fin du xvm* a; hors d'usage au- 
jourd'hui, il a fait place k une forme d'a. plus 
libre et plus variee. En lant que peu dramati- 
que, le da capo est abandonne, la ritournelle 
n'apparait plus qu'& titre d'exception, la struc- 
ture thematique est soumise aux exigences du 
texte, en sorte que Ta. prend parfois la forme 
du rondo, ou celle d'un allegro encadre de deux 
inouvenuents lenls, ou d'autres encore. — Au 
point de vue esthetique, Fa. correspond, dans le 
drame musical (opera), a une suspension mo- 
mentanee de Taction, pour le plus grand deve- 
loppement de l'£16ment lyrique ; Wagner et ses 
partisans regardent ce principe comme non 
justifie et contraire au style dramalique, tan- 
dis qu'un autre parti, nombreux, considere 
precisement Ta. comme la plus belle manifes- 
tation de la musique dramalique. Ce sonl des 
questions de principe, au sujet desquelles il ne 
saurait y avoir entente ; il n'est guere possible 
que de prendre parti pour Tun ou Tautre cote. 
I/a. de bravoure, creA pour le virtuose exclusi- 
vement, est certainement une oeuvre nulle au 
point de vue esthetique ; il y a cependant quel- 
que difference enlre celui-ci et le grand a. de 
Fidelio, difference suffisante pour que celui qui 
raeprise Fun admire Tautre. 

Aireton, Edward, ceiebre luthier anglais de 
la seconde moiti£ du xvm* a, k Londres, m. 
en 1807, a TAge de 80 ans ; copia avec succes 
les violons et violoncelles des Amati. 

AIs (all.) — la diese; aisis = la doxMe-dikze. 

Ajahli Keman, instrument turc 4 archet et 
muni d'un pied, un peu plus petit que le vio- 
loncelle. 

Ajolla, v. Layolle. 

Akeroyde, Samuel, compositeur anglais fe- 
cond et tres populaire k la fin du xvri* s. ; 
on trouve des compositions de lui dans nombre 
d'anthologies musicales anglaises de ce temps, 
par ex., dans le troisieme recueil de melodies 
d'Urfey (1685), dans le Theatre of music (1685- 
1687) Comes amoris (1687-1692), Thesaurus 
musicus (1698-96), etc 

Al (ital.), contract., pour a il (jusqu*4),parex. 
crescendo al forte. 

Ala, Giovanni-Battista, organiste de Teglise 



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des Servites k Monza, au debut du xvn* a; 
on publia de lui des chansons et madrigaux 
(1617, 1625), Concerti ecclesiastici (1616 k 1628, 
4 livres) ; le Pratum musicum de 1634 contient 
aussi des motets de sa composition. A. doit 6tre 
mort fort jeune (32 ans), en 1612 dejA, d'aprta 
Gerbert. 

Alabiev, Alexandre, ne k Moscou le 80 aotit 
1802, m. en cette ville, en 1852; compositeur 
russe dont les melodies jouirent d'une grande 
popularite (Le Ro$su/not « Salawei »). 

Alard, 1. Delphin, violoniste, ne a Bayonne 
le 8 mars 1815, m. k Paris le 22 fevr. 1888, 
eieve (Habeneck), et, de 1843 k 1875, professeur 
de violon, au Conservatoire de Paris, od il sue- 
cedait k Baillot. A. fut un des plus ceiebres vio- 
lonisles francais etun excellent pedagogue (Sa- 
rasate est son eieve) ; son jeu etait extraordi- 
nairement degage et brillanU 11 a publie un 
grand nombre de compositions pour son ins- 
trument (fantaisies sur des themes d'operas ou 
des themes originaux, concertos, etudes, duos 
pour piano et violon, etc), ainsi qu'une excel- 
lente Ecole du violon qui eut les hon- 
neurs de la traduction en espagnol, en ital i en 
eten allemand. — 2. Cesar, excellent violon- 
celliste, ne k Gosselies (Belgique), le 4 mai 1887, 
eieve de Servais. 

Alary, Giulio-Euoenio-Arano, ne k Mantou«> 
en 1814, m. k Paris le 17 avr. 1891, eieve dn 
Conservatoire de Milan ou il fut aussi pen- 
dantquelques annees fliiliste au theatre de la 
Scala. En 1833, il se rendit k Paris pour se 
vouer au professorat et sut s'y cr6er un certain 
renom comme compositeur d'oeuvres superfi- 
cielles, au gout du jour. A. est aussi Tauteur de- 
neuf operas et d'un oratorio : La Redemption 
(1850). 

Alayrac, v. Dalayrac. 

Albanese, ne k Albano, dans TApulie, en 1729,. 
m. k Paris en 1800; premier chantre (o astral) 
des Concerts spirituels, de 1752 k 1762, fut 
un des compositeurs de romances les plun 
courus de son temps. 

Albani, 1. Mathias, nom de deux excellent* 
luthiers (phre et fils) ; le premier, ne k Bozen 
en 1621, fut eieve de Steiner et mourut k Bozen 
meme, en 1673. Quant au fils, il travail la pen- 
dant quelques annees aupres des mattres de 
son art, k Cremone, puis s'etablit k Rome ; sen 
instruments, dates des annees 1702 k 1709 sont 
estimes presque k legal des Amati. — 2. Marie- 
Louise-Cecile LAJEUiNEssK (nom de thesHre : A.), 
ceiebre cantatrice dramalique. nee k Chambly 
pres Montreal, en 1850, chanta pour la pre- 
miere fois en public k Teglise d* Albany 
(st New- York), fit ensuite ses etudes chez Du- 
prez, k Paris, et chez Lamperti, puis deimta en 
1870, a Messine, dans la Somnantnde et fut enga- 
gee pendant quelque temps k la Pergola do 
Florence. Entree en 1872 dans la troupe d'opera 
italien de Londres ((iovent-Garden), elle a con- 
tinue jusqu'4 ce jour, malgre ses tournees a Pa- 
ris, St-Petersbourg, en Amerique, etc., k en etre 
Tune des principles etoiles. A. chante du resU* 
fort bien aussi les parlies d'oralorios (soprano* 

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ALBENIZ — ALBERTI 



13 



dans la plupart dee festivals de TAiigleterre) et 
possdde on joli talent de pianiste. Elle dpousa 
en 1878, l'entrepreneur da Covent-Garden, 
Mr. Ernest Qye. 

Albenis, 1. Don Pedro, moine espagnol, n& 
a Biscaye en 1755, m. A St-Sebastien en 1821 ; 
fat maltre de chapelle de la cath£drale de St- 
S6bastien, oil il Mita en 1801 une thforie musi- 
cale tres estitnge par les Espagnols. Un grand 
nombre de Messes, motets, vilhancicos, etc., t6- 
moignent de son z&le comme compositeur, et lui 
cr&rent on certain renom, dans sa patrie du 
moins. — 2. , protagoniste de la techni- 
que moderne du piano, en Espagne, ne A 
Logrono (Vieille Castille), le 14avr. 1795, m. a 
Madrid le 12 avr. 1855; 616ve de H. Herz, pen- 
dant quelques ann£es organistedela cathMrale 
•de St-S£bastien, puis, en 1880, professeur de 
piano an nouveaa Conservatoire royal de Ma- 
drid; en 1834, organiste de la cour etcombte 
d*honueors de tons genres. A. a publie un 
grand nombre d'ceuvres pour piano (variations, 
rondos, fantaisies, etudes, etc.) et une mMhode 
de piano A l'usage du Conservatoire de Ma- 
drid. 

Albergati, Pietro-Capacelli, comte d', 6tait 
de 1688 A 1782, un compositeur trte en vogue A 
Bologne (dcrivit: 2 operas, 15 oratorios, des 
Messes, motets, psaumes, cantates, des sonates 
pour deux violons avec basse chiffr^e, des airs 
de danse, etc). 

Albert, prince de Saxe-Cobourg-Gotha, nede 
26 aout 1819, m. le 14 die . 1861, apr&s avoir 
6pous6,en 1840, la reine d'Angleterre; futun 
amateur de musique distingue, protecteur de 
Fart, et composa lui-m&me di verses ceuvres 
vocales (Messes, un op£ra Hedwig van Linden, 
lieder, etc.). 

Albert, 1. HsiNRiCH,n6 ALobenstein en Vogt- 
knd le 28 juin vieux style, c-A-d. le 8 juil. 
1604, m. A KJnigsberg le 6 oct 1651, sui- 
vit les coutb du gymnase de Gera, puis se 
rendit en 1622 A Dresde, aupr&s de son oncle 
H. Schutz (cf. ce nom) ; mais il dut abandonncr 
bient6t les etudes musicales, et, sur l'ordre de 
ses parents, 6ludier le droit a Leipzig. De Ko- 
nigsberg oil il 6tait all6 en 1626, il fut envoys en 
mission A Varsovie et fait prisonnier, en route, 
par les Su&iois; il ne revint qu'en 1628 A K6- 
nigsberg, apr&s avoir endure bien des souffran- 
ces. En 1632, il fut nomm£ organiste du dome 
et reprit ses Atudes musical es sous la direction 
de StobAus. A. ne se contentait pas d'etre un 
excellent musicien, il dtait aussi po&e et com- 
posa la plupart des textes de ses lieder (d'au- 
tressont de son contemporain et ami Simon 
Dach). Ses ceuvres les plus importantes sont: 
8 cahiers d'airs (1698-1650, les sept premiers 
plusieurs fois rWdiWs), ell* Krirbsfottle (1645), 
des recueils de chants A une ou pi isieurs voix, 
des lieder, des chorals, etc. — 2. Max, n6 A 
Munich le 7 janv. 1883, virtuose sur la cithare 
etinventeur de divers perfectionnemen's ap- 
portes A eel instrument, mourut A Berlin le 4 
sept 1884. — 8. Eug^ne-Francis-Charles d', 
pianiste hors ligne et compositeur de talent, n£ 



A Glasgow le 10 avr. 1864, (son p6re, Charles 
d'A., musicien et maltre de danse, 6tait ne A 
Nienstetten pr£s Altona, le 25 f£vr. 1809, et 
mourut a Londres le 26 mai 1886), £leve (New- 
castle Scholar) de la National Training School, 
A Londres <E. Pauer, D p Stainer, E. Prout et 
Sullivan), obtint en 1881, le prix Mendelssohn, 
qui lui permit de faire des voyages deludes sur 
le continent. Apr&s avoir travail!^ pendant 
quelque temps sous la direction de H. Richter, 
a Vienne, et de Liszt, A Weimar, il alia a Lon- 
dres ou il ex£cutait d6jA le 5 fevr. 1881, au 
Cristal Palace, le concerto de Schumann, et 
an mois d'octobre de la m$me ann&e, un con- 
certo de sa composition, dans Tun des concerts 
Richter. AujourcThui d'A. est sans contreditTuii 
des meilleurs pianistes (Tausig redivhms) et 
ses compositions lui ont cr£e un renom des plus 
honorables [concertos de piano en si min. et 
mi maj., deux ouvertures Hyperion et Esther, 
une symphonic en fa maj., une suite pour 
piano, trois quatuors A cordes, deux operas : 
Der Rubin (Carlsruhe, 1893) et Ghismonda, 
une ceuvre chorale A 6 voix Der Mensch und 
das Leben, de jolis lieder, etc]. D'A. ha- 
bite l'AUemagne depuis quelques ann£es, il 
a Spouse en 1892 la c£l&bre pianiste Teresa 
Carreno. 

Albertazxi, Emma, n£e Howson, nee A Londres 
le l" mai 1814, m. en cetle ville en sept 1847, 
tres f6t£e comme cantatrice (alto), dSbuta 
en 1880 a Londres, fut engag£e ensuite A 
Plaisance, Milan, Madrid, Paris et Londres, 
puis, lorsque sa voix commenca a s^alt^rer, re- 
tourna en Italic pour rentrer plus tard encore 
A Londres. Sa voix n'avait, du reste, ni vie, ni 
passion. 

Alberti, 1. Johann-Fribdrich, ne A Tdnning 
(Schleswig) le 11 janv. 1642, m. le 14 juin 1710, 
6t idia d'abord la tMologie, puis la musique au- 
pr6s de Werner Fabricius A Leipzig, fut nomme 
organiste de la cath£drale de Mersebourg, mais 
dut, en 1698 d£ja, r^silier ses fonctions, a la 
suite d'une attaque d'apoplexie. II 6tait tr6s es- 
tim6 comme compositeur de musique d'&glise 
et comme savant contrapuntiste. — 2. Giuseppr- 
Matteo, n6 A Bologne en 1685, violoniste de ta- 
lent et auteur d'un certain nombre d'ceuvres 
instrumentales (concertos, symphonies, etc.). 
— 3. Domenico, n6 au commencement du 
xviii« s., A Venise, amateur de musique pas- 
sionn£, chanteur, pianiste, puis compositeur 
(sonates, etc. et trois operas), tr£s admire par 
les gens de son entourage (cf. Bassks d'Al- 
berti). — 4. Karl-Edmunt>-Robert, n£ a Dan- 
tzig le 12 juil. 1801, m. A Berlin en 1874, £tudia A 
Berlin la thSologie et la philosophic, travail- 
lant en m&me temps la musique avee beaucoup 
de z&e (Zelter). Quoique ccclSsiastique, il fonda 
A Dantzig une soci£t£ d'amateurs, dramatique 
et musicale, et resta, m6me aprds avoir 6te 
nomm^ Schulrat en 1854,a Stettin, un ardent pro- 
tecteur de l'art. A. n'a compost que quelques 
cahiers de lieder, par contre, il s'est fait con- 
naitrepar plusieurs 6critsmusicaux : Die Musih 
in Kirche und Stoat (1843) ; Andeututyjen zur 



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ALBEKTINI — ALCOOK 



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Geschtchte der Oper (1845) ; Richard Wagner 
(1856) ; Raphael und Mozart (1856) ; Beethoven 
als dramatischer Totidiehter (1859). n se retira 
en 1866 A Berlin et collabora A la Neue Berli- 
ner Musik-Zeittmg. 

Albertini, 1. Giovacckino, ne en 1751, ra. en 
avr. 1811, A Varsovie, chef d'orchestre royaJ 
polonais vers 1784, compositeur d'operas ita- 
liens trds applaudi par ses contemporains ; on 
donna de lui, A Hambourg, en 1785, avec grand 
succes : Circe ed Ulisse, A Rome, en 1786: Virgi- 
nia. — 2. Michael, dit Momoletto, celebre cas- 
trat de la cour de Gassel, au commencement du 
xviit* s. ; sa scaur Giovanna, surnommee « Ro- 
manina », etait fetee comme cantatrice, A la 
meme cour. 

Albicastro, Henrico (de son vrai nom Weis- 
senburg), d*origine Suisse, fit la guerre de suc- 
cession d'Espagne (1701-1714) et publia une 
s£rie d'oeuvres de musique de chambre (sonates 
pour violon, les unes avec violoncello et con- 
trebasse, les autres, avec Tun des instruments 
seulement). 

Albinoni, Tommaso, compositeur d'operas 
italienstresfecond, n£4Venise en 1674, m.dans 
la meme ville en 1745, ecrivit 49 operas (la 
plupart pour sa ville natale) et un grand nom- 
bre d'oeuvres instrumentales de valeur (sona- 
tes, symphonies, concertos, balletti [suites] pour 
instr. A archet, etc.). J.-S. Bach a compost deux 
fugues (la maj. et fa min.) sur des themes d' A. 

Alboni, Marietta, celebre cantatrice (alto), 
n6e A Cesena (Romagne), le 10 mars 1823, m. A 
Ville-d'Avray le 22 juin 1894; eleve deBertolotti 
et de Rossini, A Bologne, debuta en 1848 a Milan, 
dans le role d'Orsini de Lucrece Borgia^ de 
Donizetti, remporta d'immenses succes A Lon- 
dres et A Paris en 1847, parcourut en triompha- 
trice les deux Ameriques (1858), et epousa Fan- 
nie suivante le comte Popoli. En 1863, A. quitta 
le theatre, $n pleine possession de sa voix mer- 
veilleusemenl souple, chaude et sonore, et ne 
chanta plus que deux fois en public, en 1869, 
dans la petite Messe solennelle de Rossini et en 
1871, A Paris, dans un concert donn6 par Wvxx- 
vre de la liberation du territoire. 

Albrecht, 1. Johann-Lorenz (Magister A.), 
n& A GSrmar pres Mulhouse (Thuringe) le 
8 janv. 1732, m. A Mulhouse meme en 1773 ; 
s'occupasi serieusement de musique, tout en 
faisant ses etudes philologiques, qu'il fut 
nomme en 1758, a la fois maitre au gymnase et 
organiste de Ste-Marie, A Mulhouse. G'est la 
publication de la Musica mechanica organoedi 
de J. Adlung et du Mnsihalisches Siebengestirn 
qui ont rendu A. celebre ; il n'en a pas moins 
fourni cependant toute une serie de travaux ori- 
ginaux : GruncUiche Einleitung in die Anfangs- 
grunden der Tonkunst (1761); Abhandlung 
fiber die Frage: ob die Musihbeim Gottes- 
dienst su dulden $ei oder nicht (1764); puis 
quelques articles dans les Kritische Beitrage, 
de Marpurg, etc. A. avait ele nomme juge dans 
la celebre dispute entre Marpurg et Sorge. D 
a en outre publie quelques compositions mu- 
sicales (des cantates, une passion et des eludes 



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de piano).— 2. Johaxk-Matth&us, n6 A Oster- 
behringen pres Gotha le l* r mai 1701, organiste 
de l'eglise de Ste-Gatherine, puis de celle des 
Cannes dechaussSs, A Francfort-s/M., ou il 
mourut, en 1769. Ses concertos de piano dont on 
faisait grand cas n'ont pas el£ graves.— 3. Euokx- 
Maria, n6 A St-Petersbourg le 16 juin 1842, 
(son pere, originaire de Breslau, fut pendant 
douze ans chef d'orchestre de l'opera imperial 
russe) ; fut de 1857 A 1860 eleve de David, au 
Conservatoire de Leipzig, de 1860 a. 1867, pre- 
mier violon a l'opera italien de St-Pelersbourg, 
de 1867 A 1873, chef de l'enseignement musical 
dans les elablissements destruction militaires. 
En 1877, A. fut nomme inspecteur de la musi- 
que des theatres imperiaux de St-Petersbourg ; 
il fonda et presida une society de musique de 
chambre, enseigna le violon A plusieurs princes 
imperiaux, etc. A. est un excellent violoniste et 
un musicien de merite. 

Albrechtsberger, Johaxx-Georo, ne A Kloster- 
neubourg pres Vienne le 3 fevr. 1736, m. le 7 
mars 1809; excellent theoricien et compositeur, 
le maitre de Beethoven, devint, aprea avoir 
occup£ divers postes peu importants de petites 
villes, «regens chori» au couvent des Car- 
melites, A Vienne, organiste de la cour (1772) 
et enfin maitre de chapelle de St-Etienne (1792). 
Quelques-unes de ses oeuvres seulement ont e!6 
gravees (preludes d'orgue, fugues pour piano, 
quatuor, quintette, sextette et octette A cordes* 
un quatuor avec piano, un Concerto Uger pour 
piano, deux violons et basse), tandis que 26 
Messes, 6 oratorios, 4 grandes symphonies, 
42 quatuors A cordes, 38 quintettes, 28 trios A 
cordes, une quantite d'hymnes, d'offertoires, de 
graduels, etc, sont restes manuscrits. Mais les 
ouvrages theoriques (FA. sont ce qu'il a laisse 
de plus important : Griindliche Anweisung zur 
Komposition(Y1VO et 1818) £d. fran^.par Choron 
(1814) sous le litre : MHhode Slementaire de 
composition; Kursgefasste Methods den Gene- 
ralbass su erlemen (1792) ; KUwierschnle fur 
Anf anger (1808), etc. Une edition complete des 
oauvres d* A. a e!6 publiee par L von Seyfried. 

Albrici, Yincekzo, n& A Rome le 26 juin 1631, 
vers 1660 maitre de chapelle de la reine Chris- 
tine de Suede A Stralsund, puis maitre de cha- 
pelle du prince electeur, A Dresde (1664), orga- 
niste de l'eglise de St-Thomas, A Leipzig (1680), 
et maitre de chapelle A Prague ou il mourut en 
1696. Ses ceuvres, autrefois fort eatimees, 
avaient ete achetees pour la bibliotheque de 
Dresde, mais furent detruites par le bombarde- 
mentde 1760; quelques-unes seulement sont 
conservees, mais non gravees (un Te Deum A 
dix voix, le psaume 150, etc.). 

Alcarotti, Giov.-Frangesco, publia deux li- 
vres de madrigaux A cinq et A six voix (1567 et 
1569). 

Alcock, Johx, ne A T^ondres le 11 avr. 1715, 
eleve de l'organiste avengle Stanley, 6tait en 
1731 dej& organiste de deux eglises A Londres, 
fut nomm4 plus tard A Plymouth, A Reading et 
enfin organiste de la cath&Lrale A Lichfield ou il 
mourut en 1806. En 1761, A. avait e!6 promu D»^ 

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ALDAY — ALKAN 



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mas. de 1* university d'Oxford; il publia un 
grand nombre d'anthems, glees, psaumes, hym- 
nes, etc^ des etudes poor piano, des lieder, etc, 
et ecrivit line nouvelle : The life of miss Fanny 
Brawn. Son fils, portant exactement le mSme 
nom, a publie de 1773 k 1776, quelques an- 
thems. 

Alday, famille de musiciens fran$ais, origi- 
naire de Perpignan.Le pdre, n6 en 1737, mando- 
tiniste virtuose, fut le maltre de ses ills : 1'alne, 
en 1763, k Paris, parut comme mandoliniste 
anssi, puis comme violoniste aux Concerts spi- 
rituels et publia une m&hode de violon ; le ca- 
det, n* en 1764, eleve de Viotti, se fixa k Edim- 
bourg comme maltre de musique et edita un as- 
ses grand nombre d'oeuvrettes pour le violon. 

Aldo vrandini , Giuseppe-Antonio- Vixcenzo, 
ne en 1665 environ, k Bologne, membre de l'Aca- 
demie pbilharmonique et, en 1702, president de 
celle-ci (Principe dei filarmonici), 6crivit 
(1696-1711) 15 operas, 6 oratorios, des chants 
religieux avec violons et des sonates de cham- 
bre a tre (op. 5). 

Aldricb, Henry, ne k Londres en 1647, m. k 
Oxford le 19janv. 1710; entra en 1662 au college 
de T^glise du Christ, k Oxford, fut professeur de 
th£ologie et, en dernier lieu, doyen. A.ne fut pas 
settlement savant theologien et historien, il fut 
encore architecte et musicien ; il a 6crit, outre 
ses travaux dans d'autres domaines : Les de- 
buts de la musique greeque; Theorie de la 
construction de Corgue; Thearie des instru- 
ments modemes. Diversea compositions de 
lui se retouvent dans les recueils de l'6poque 
(Boyce, Arnold, Page), d'autres sont conser- 
ves dans les eglises d'Oxford. 

Alembert, Jban le Rond d',le c616bre math6- 
maticien qui donna une forme scientinque au 
systeme musical de Rameau, nk k Paris le 16 
nov. 1717, m. en cette vill$ le 29 oct. 1784. 
Celles de ses oeuvres qui ont trait k la mu- 
sique sont les suivantes: Elements de musi- 
que theorique et pratique suivant lesprincipes 
de M. Rameau (1752 et d£s lors souvent r6&- 
dit£ ; 6dit allemande de Marpurg en 1757) ; en 
outre — dans les annales de l*Acad6mie de 
Berlin — Untersuchungen uber die Kurve 
emer schwingenden Saite (1749 et 1750), Uber 
dieSchwingungenttinender Ktirper (1761 et s.) 
Uber die Fortpftansungsgeschidndigkeit des 
Ions, etc. 

Alessandri, Felice, n£ k Rome en 1742, m. k 
Berlin en 1811, devint, apr&s avoir fait des etu- 
des k Naples, chef d'orchestre k Turin; eut une 
vie assez agit&e, successivement k Paris, Lon- 
dres, St-Petersbourg et dans diverses villes ita- 
liennes; remplit, de 1789 a 1792, les fonctions de 
second chef d'orchestre k l'op&ra de Berlin, 
qu'il dut quitter k la suite d'une cabale dirigce 
contre lui. Ses 26 operas n'ont eu partout qu'un 
soccds eph6mere ; son caractere semble avoir 
Hk pen digne d'eloges. 

Alessandro Romano, surnomme delta Viola, 
chantre de la chapelle pontificate vers 1560, et 
plus tard moine olivStain, a 6crit des mo- 
tets, des madrigaux et m&me, d'apr&s F6tis, des 



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oeuvres instrumentales (pour viole) ; seules, les 
compositions suivantes ont 6t6 conserves: 
Canzoni alia Neapolitana (deux livres, 1572 et 
1575), le second livre de ses madrigaux (1577), 
un livre de motets k 5 voix (1579), et divers 
morceaux d6tach6s, dans Tanthologie: Delle 
muselibri 111, etc. (1555-1561). 

Alexandre, Edouard, n6 en 1824, m. k Paris, 
leOmars 1888, facteur d'orgues, succ£da k son 
p&re, comme directeur de la maison A. p£re et 
fils, k Paris. D inventa, en 1874, Y « orgue 
Alexandre » dont le systeme est presque iden- 
tique a celui de 1'orgue amgricain. 

Alfarabi, ou mieux El Farabi (Alpharabius), 
ou encore simplement Farabi, d'apres le norn 
de son lieu d'origine Farab ( aujourd'hui 
Otrar, sur le Sihoun); c£16bre theoricien arabe, 
n6 en 900 environ apres J.-C, m. vers 950. 
Son vrai nom est Abou Naszr Mohammed 
Ben Tarchan. A. connaissait k fond les oeuvres 
des theoriciens grecs et s'elTor^a, sans y r&ussir 
toutefois, d'introduire le systeme musical des 
Grecs dans sa patrie. H est vrai que, selon 
toute apparence, les Arabes n'avaient nulle- 
nient besoin de recourir k un systeme Stran- 
ger. Cf. Arabes et Peases. 

Alfieri, abb6 Pietro, moine de l'ordre des Ca- 
maldules, puis professeur de chant au college 
anglais k Rome, n6 k Rome le 29 juin 1801, m. 
dans la m6me ville le 12 juin 1863 ; publia une 
methode d'accompagnement polyphonique du 
plain-chant ( Accompagnamento coWorgano, 
itc.,1840); des conseils pour la restauration du 
chant grSgorien (Ristablimento del canto, etc., 
1843); une m&thode de chant gregorien (Saggio 
storico, etc., 1855); un Prodromo suila restau- 
razione, etc., 1857; des notices biographiques 
sur Bern. Bittoni, Jomelli et d'autres; plusieurs 
collections d'oeuvres des maitres du xvi° s. 
(Raccolta di musica sacra) parmi lesquelles il 
faut citer surtout la premiere Edition des oeuvres 
de Palestrina, dont parurent 7 forts volumes; 
enfin, une traduction italienne de la Theorie 
dharmcmie, de Catel (1840). 

Algarotti, Francesco, comte, ne k Venise 
le 11 d6c. 1712, m. a Pise le 3 mai 1764; un 
homme du monde d'une culture k la fois solide 
et vartee, appele par Fred6ric-le-Grand, en 
1740, k Berlin, oil il resta pendant neuf annees 
comme chambellan el ou il acquit ses titres de 
noblesse. En 1749, Fetat de sa sante Tobligea k 
retourner en Italic; Fr6d6ric-le-Grand lui fit 
elever un monument k Pise. A. a 6crit entre 
autres : Saggio sopra V opera in musica (1755, 
r66dit6 plusieurs fois et traduit en frangais, an- 
glais et allemand). 

Aliquot Systeme a., v. Bluthner. 

Alkan, Charles-Henri- Valentin (Morhange, 
dit A.), x& k Paris le 30 nov. 1818, m. k Paris le 
29 mars 1888; admis k l'dge de 6 ans comme 
61&ve du Conservatoire de Paris, remporta une 
annee et demie plus tard le premier prix de 
solf&ge et, k dix ans d£j&, le premier prix de 
piano (Sieve de Zimmermann). En 1831, A. con- 
courut pour le prix de Rome et obtint une men- 
tion; des lors, il se voua k la composition et k 

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16 



ALIA BREVE — ALLITERATION 



l'enseignement, paraissant de temps a autre 
eomme virtuose dans les concerts du Conser- 
vatoire ou ailleurs. A. &ait trds estime a Paris; 
il publia un assez grand nombre d'ceuvres bien 
ecrites pour le piano (preludes, Etudes, mar- 
ches, un concerto, une sonate, etc.).— Son fr^re, 
NAPOLfeoN Morhange A,, n6 le 2 favr. 1826, a 
Paris, est aussi un excellent pianisle; il a fait 
6diter quelques ceuvres pour piano. 

Alia breve (Mesure a. b., ou aussi alia cap- 
pella) 9 eBt une mesure a 4 /i ou plutdt a a / f , dans 
laquelle on ne bat ou ne compte pas les noires, 
mais seulement les blanches ; elle est indiqu6e 

par un j^. La grande mesure a. b., indiqu£e 
par le signe E|SI (anciennemeut (|) , signe 
quidonnaitalabrevelavaleurde 8 rondes et qui 
indiquait pour la mesure la division en breves) 
ou »/ f , se compte 6galement en blanches, mais 
avec quatre blanches par mesure. Cf. Ba&m 

Allacci (Allatius), Leo, n6 en 1586, de parents 
grecs, dans Tile de Chios, m. a Rome le 19 janv. 
1669 ; vint, encore enfant, en Calabre, puis a 
Borne oil, apr&s de sinenses Etudes, il fut 
nomm6 maitre au college grec et, en 1661, bi- 
bliothdcaire du Vatican. A. a public une oeuvre 
d'archeologie musicale trds importante pour 
rhistoire : Drammaturgia (1666), catalogue de 
tons les drames et operas executes en Italie 
jusqu'a cette £poque. 

Aliargando (ital.), c-a-d. en 61argissant (en 
ralentissant), employ^ a la place de riiardando 
(rallentando), surtout dans les passages od la 
sonority doit en mfeme temps augmenter (elar- 
gissement agogique). 

Allegramente (ital.), syn. de Allegro (mode- 
rator 

Allegretto (ital., abr6v. : AM 1 **, dimin. de Al- 
legro), modere, vif ; indication de mouvement 
tri&s peu precise ; il y a des a. dont Failure se 
rapproche beaucoup de celle de Tallegro (p. ex. 
dans la sonate op. 14, n° 1, de Beethoven), tan- 
dis que d ? autres ont tout a fait le caract&re 
d'andante (dans la symphonic en la maj.). 

Allegri, 1. Gregorio, n6 a Rome en 1584, ori- 
ginaire de la familleCorregio,616ve de Giov.-M. 
Nanini,chantre dela chapelle pontificale a partir 
de 1629, m. le 18 ftvr. 1652 ; est l'auteur du c6- 
lebre Miserere a 9 voix, que la Chapelle Sixtine 
chante pendant la semaine sainte. Cette oeuvre, 
dont la copie 6tait autrefois interdite, fut un 
jour notee par Mozart pendant l'execution, et, 
d&s lors, fr&quemment 6ditee (enlre autres par 
Burney et Choron). On conn ait en outre d'A. : 
2 livres de Concerli a 2-4 voix et 2 livres de 
motets a 2-6 voix, ainsi qu'un grand nombre 
d* ceuvres manuscrites reposanl dans les archi- 
ves de Santa-Maria in Valicella, et dans celles 
de la Chapelle pontificale. — 2. Dombnico. Tun 
des premiers compositeurs qui ait donne au 
chant un accompagnement instrumental ind6- 
pendant, c-a-d. autre que Tunisson ; il fut 
maitre de chapelle de Ste-Marie-Majeure a 
Bome, de 1610 a 1629. Quelques-unes de ses 
ceuvres settlement, des motets, ont £U* conser- 
ves jusqu'a aujourd'hui 



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Allegro (ital., abr6v. : AW>) $ Tune des plus an- 
ciennes indications de mouvement, signifie en 
r£alit& « gai », « joyeux », mais a pris, au cours 
des temps, le sens de « rapide », de telle sorte 
qu'on Temploie aujourd'hui dans des associa- 
tions de mots, comme par ex.: a. giqjoso (gai- 
joyeux), a. irato (gai-colere). De m6me qu'ada- 
gio serl a designer, d'une raani&re generate, un 
mouvement lent, de m£me le mot a. a pris la si- 
gnification g£n6rale de partie rapide d'une oeu- 
vre. Ainsi le premier mouvement d'une sym- 
phonie s'appelle a., lors mfcme qu'ii serait indi- 
que vivace ou con fuoco. Le superlatif altegris- 
simo est rare, il est a peu pres synonyme de 
presto. 

Alleluia (Alleliyah, abr£v. Aeuia), l'expres- 
sion de joyeuses actions de grace emprunt£ par 
l*6glise chretienne a la musique du temple, chez 
les H6breux (A. signifie en h^breu : t louez le 
Seigneur »). Dans les canliques de louanges, ce 
mot est place soit au commencement, soit a la 
fin, soit encore entre les strophes. Si Ton eu 
croit St-Augustin, FA. 6tait d6ja introduiten 
Italie dans le courant du v* s. Lorsque le chant 
d'^glisecommengaa perdre son rythme precis, 
vivant, pour se figer, en quelque sorte, en 
t plain-chant », les longues p£riodes musicales 
sur chacune des voyelles et surtout sur la der- 
ntere syllabe de 1'A. furent regardees comme 
des successions de notes d£sagreables et vides 
de sens ; aussi eut-on, dans le courant du ix* a. 
d£ja, l'id6e de disposer un texte sous les neumes 
qui forment la conclusion de l'A. (v. Sequence). 

Allemande, c-a-d. « danse allemande », Tune 
des parties essentielles de Tancienne suite (cf. 
ce mot) frangaise; sorte de prelude habilement 
travailte, d'un mouvement mod6r6, commode, a 
4 / 4 avec un lev6 d'une croche ou d'une double- 
crocbe. C'est au d6but du sidcle pass£ que les 
compositeurs alleuiands l'adopt&rent sous ce 
m&ne nom et la cultiverent par une sorte de 
patriotisme naff. L'a. a */ 4 , comme danse veri- 
table, est de date plus r£cente ; une danse ra- 
pide a 3 / 4 , connue surtout en Suisse et en 
Souabe, porte aussi le nom d'a. 

Allen, Hrnrv-Robinson, chantenr dramatique 
(basse) anglais, fort appr£ci£, n6 en 1809, a 
Cork, m. a Shepherds Bush le 27 nov. 1876, 
616ve de la Royal Academy of Music. 

Allentando (ital.), v. Ballentando, 

Allihn, Heinrich-Max, n6 a Halle le 31 ao&t 
1841, archidiacre a Weissenfels (1876), puis 
pasteur et inspecteur d'Scoles a Athenstedt, pr&s 
Halberstadt (1885), r^visa la 2* M. (188 <) du 
Lehrbuch der Orgelbaukunst, de Tcepfer, et 
ecrivit quelques articles int£ressants sur la 
construction de Torgue, dans Y Inslrumenten- 
bauzeitung de P. de Witt. 

Alliteration, emploi frequent, dans un vers 
ou une suite de vers, de consonnes analogues; 
proc6d6 usuel, de m£me que Tassonance (v. ce 
mot), dans l'ancienne versification. Ce proc£d6 
remis en usage derni&rement par Wagner 
(Anneau du Niebeluny), a 6t6 imit6 par quel- 
ques pontes contemporains, mais sans grand 
succ&s. 

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ALL - ALTERATION 



17 



AU°,abr. pour Allegro ; All*° pour Allegretto. 

Almeida, Fernando d' f n6 A Lisbonne vers 
1618, m. le 21 mars 1660; entra en 1688 dans 
l'ontre du Christ, au convent de Thomar, et 
devint, en 1556, visitenr de l'ordre. A., Tun des 
meiUeurs fl&ves de Dnarte Lobo, 6tait tr6s ap- 
pr£ci6 par le roi Jean IV. II ne reste de sea 
CBuvres qu'un volume in-folio, mannscrit : La* 
mentagbes, responsorios e misereres dos tree 
officios da IV, Ve Vlferia da semana santa. 

Almenrftder, Earl, n£ k Bonsdorf, pr&s Dus- 
seldorf, le 8 oct 1786, m. k Biebrich s/B. le 
14 sept 1843 ; devint, k force de travail et 
sans avoir regu d'enseignement proprement 
dit, un excellent virtuose sur le basson. II fut 
snccessivement maltre de basson k l'6cole de 
musique de Cologne (1810), basson de l'orches- 
tre du th&tre A Francfort-s/M. (1812), maltre 
de musique an S™ regiment de landwehr, pen- 
dant la seconde campagne francaise (1815), puis 
an 34 aM regiment de ligne, k Mayence (1816), ou 
U abandonna la carrtere militaire. B 6tait,dans 
eette derniAre ville, en relations tr6s suivies 
avec Gottfried Weber. En 1820, A. fonda k Co- 
logne une fabrique d'instruments k vent qu*il 
abandonna en 1822 d6jA; il entra alors dans la 
chapeile du due de Nassau, k Biebrich, sur- 
veillant en m&me temps la fabrication des bas- 
sons dans la maison Schott, de Mayence. A. a 
sensiblement perfection^ la construction du 
baason, au sujet de laquelle il a mdme publie 
one brochure; de plus, il est l'auteur d'une me- 
thode de basson, de plusieurs concertos, fantai- 
«es, etc. pour basson et instr. k cordes, ainsi 
que d'eeuvres vocales, parmi lesquelles une 
ballade, Des Hauses letzte Stunde, eut son heure 
de popularity. 

Aloi, alliage m&tallique resultant du melange 
d'une partie de cuivre avec 99 detain, et employ^ 
pour la fabrication de certains tuyaux d'orgue. 

Alphabet musical, v. Lettrbs. 

Alpbarabius, v. Alfarabi. 

Alphorn, instrument k vent assez primitif, 
d'origine reculee, dont les bergers se servent 
dans les Alpes; le tube droit, conique, long de 
5 & 6 pieds, est fait d*ecorces fraiches avec une 
embouchure de bois dur. 
Alquen, Peter-Corn elils-Joh ann d\ ni k Arns- 
berg (Westphalie) en 1795, m. k Mulheim s/B. 
Ie27 nov.1863; etudia simultanfrnent a Berlin 
la medecine et la musique, sous la direction 
de Klein et de Zelter, et, lorsqu , il fut medecin 
pratiquant A .Mulheim, s'occupa beaucoup de 
composition. Ses lieder Font rendu populaire. 
— Son frtre cadet, Fribdrich.-A.-E.- A., n6 en 
1810, m. k Londres le 18 juin 1887, se destinait 
au barreau (D* jur.), mais devint un excel- 
lent violonisteen travaillant avecFerd. Bies. En 
1827, il se fixait a Bruxelles comme professeur 
de musique, puis, en 1880, k Londres, od il 6tait 
fort estime et oil il publia quelques oeuvres 
pour violon et pour piano. 

Alschalabi, Mahomet, Arabe espagnol, du 
commencement du xv« s., a laiss£ un ouvrage 
sur les instruments de musique de son temps ; 
le manuscrit en est conserve k l'Escuriai . 



dictio.nnairp de musique. — 2 



ic 



Alsleben, Julius, n& k Berlin le 24 mars 
1832, m. dans la m£me ville le 8 d6c. 1894 ; 
il avait 6tudi6 d'abord les sciences orientales et 
pris ses grades k Funiversite de Kiel, mais il se 
voua ensuite enticement k la musique. Leuch- 
tenberg et Zech dirig£rent ses Etudes de piano, 
S. Dehn celles de thSorie, et, apr£s avoir fait 
valoir dans quelques concerts son talent de 
pianiste, 11 d6ploya une grande activity comme 
professeur de piano et directeur de plusieurs 
soci£t£s ; il fut nomm6, en 1865, president du 
t Berliner Tonk&nstlerverein »; en 1879,membre 
fondateur et president de Y Association des mai- 
tres de musique, et re$ut, en 1872, le titre de 
professeur. A. collabora k plusieurs revues mu- 
sicales, rMigea pendant un certain nombre 
d'ann6es (A partir de 1874) YHarmonie, publia 
un Abriss der Musikgeschichte (douze legons, 
1862), et Licht-imd Wendepunkte in der Ent- 
wickelimg der Musik (1880). 

Alstedt, Joh.-Heinrich, n£ k Herborn (Nassau) 
en 1588, professeur de th&ologie et de philolo- 
gie en cette ville, puis k Weissenbourg (Sie- 
benbfirgen), oti il mourut en 1688: s'occupa, a 
diverses reprises, de musique, dans son Ency- 
klopadie dergesammten Wissenschaften (1610), 
£dita en 1611 un Elementale mathematician, 
dont une partie, Elementale musicum, parut 
sSparement en anglais (1644, trad, par J. Bir- 
chensha); enfin, la 8»» partie de ses Adiniranda 
mathematica (1613) traite de la musique. 

Altenburg. 1. Michael, n6 k Alach, pr£s Erfurt, 
le 27 mai 1584, His d'un forgeron aisi, mai- 
tre d'ecole k partir de 1600, pasteur k Trdchtel- 
born en 1611, k Gross-Sommerda en 1621, se 
r£fugia pendant la guerre k Erfurt, y devint 
diacre en 1687, et mourut le 12 f6vr. 1640. A. fut 
un compositeur de musique d'eglise, f&cond et 
des plus estim£s ; il faut citer, entre autres, des 
chants pour l'Sghse et pour la famille, des 
chants de fete et des Intraden pour violon, 
luth, etc. avec un choral comme t cantus fir- 
mus ». — 2. Joh.-Ernst, n6 k Weissenfels en 
1734, m. en 1796, comme organiste k Bitterfeld ; 
c616bre virtuose sur la trompette, et trompette 
de bataillon dans la guerre de sept ans. D pu- 
blia une methode d'instrumentation pour trom- 
pettes et timbales, intitule : ArdeUung zur 
heroisch-musikalischen Trompeter- und Paw- 
ker-Kunst (1795). 

Alteration. 1. Dans la notation proportion- 
nelle (v. ce mot), le redoublement de valeur de 
la seconde de deux notes egales (deux br&ves 
ou deux semi-braves); ce redoublement se faisait 
toutes les fois qu'^tait indjquee une mesure ter- 
naire, dela valeur imm^diatement supfo-ieure a 
celle de la note en question, lorsque les deux 
notes se trouvaient entre d*autres notes plus 
longues (par ex. deux breves entre deux ton- 
gues), ou £taient s6par6es des suivantes, Egales 
ou plus courtes, par un point (ptmclum divi- 
sionis). (Test ainsi que, avec Tindication du 
temps parfait (O), la succession fcsj^^ps} 
devra A tre interpr^t^e (toutes les valeurs re- 
duites de moitie, en notation moderne) : 

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18 



ALTfcRfc — ALTO 



— 2. Signes d'616vation, d'abaissement ou de 
retablissement des sons primitifs de 1'echelle 
tonale (v. ce mot); ce sont :? (bfrnol), % (dtese), 

5 (bScarre), ty (double b.), X ou rf£ (double d.), 

S?, t#, t|k|- Le simple t> abaisse la note d'un 
demi-ton, le $ la hausse d'un demi-ton, le tj 
lui rend sa hauteur normale. Le 
donble-bftnol $?) abaisse la note 
de deux demi-tons, par ex. : 
se joue au piano sur la m&ne louche que la> 
mais s'appelle si W- Meme si le b&nol a d6jd 
paru ou fait partie de l'armure, la note double- 
ment b£molisee (si double-b£mol, mi double- 
bemol, etc.) exige l'emploi du p?. Le signe ty 
fait d'une note doublement bemolisee, une note 
(simplement) bemolisee ; le J| J[ r&ablit le son dou- 
blement b6molis6 k sa hauteur normale. Le dou- 
ble-di&se (X) hausse la note de deux demi-tons. 





est repr^sente au piano 



par la m£me touche que sol (fa jt$). Si le diese 
fait partie de l'armure, on se servira egalement 
du X pour la note doublement dtesee. Le signe 
5 2f fait d'une note doublement di£s&e une note 
(simplement) di£see ; le t) Jj r£tablit le son dou- 
blement di£s6 k sa hauteur normale. Un grand 
n ombre de compositeurs se servent dans tous 
les diffSrents cas du simple fi pour detruire 
Feffet du t?, du ? i?, du $ et du Jf § ; de mtane ils 
emploient le $ sans \ apres le (?, et vice-versa, 
lorsque r£ Jf et r^ J?, par ex., se suivent de pr&s. 
Pour la signification des a, plac£es au commen- 
cement d'un morceau, d'une partie, d'une ligne 
ou apres une double barre, cf. Armure. 

Jj et $ &aient k l'origine des signes identi- 
ques ( v. B), le typ et le X sont d'origine beau- 
coup plus r£cente et n'apparaissent guere que 
vers 170(). Tout le syst£me d'a. (Cantus trans- 
positusy transforniatus ; Musica ficta, falsa) 
s'est d6velopp£ petit a petit, issu de deux formes 
primitives de la lettre B, deuxteme son de 
lechelle tonale, lettre qui, dej& au x 6 s., 6tait 
tantdt arrondie (B.rotundum,molle [!?]), tantdt 
angulaire (B. quadratum, durum j~ b ]) i e ^ e 
correspondait alors, dans le premier cas k notre 
si fy (B), dans le second k notre si naturel (II), 
la lettre h ne fut, du reste, introduite comme 
nom de note chez certains peuples que dans le 
courant du xvi« s., k la suite d'une confusion 
entre le signe jj et cette lettre (cf. Tablature). 
Pendant le xm° s. dejd, le b avait P ri8 ' P ar * e 
fait de l'6criture courante, les deux formes £ et 
J qui, par simple analogie, devinrent pour d'au- 
tres degree que le B, (E A), le signe de la plus 
elevee de deux notes portant le m6me nom ; le 
7, par contre, indiquait la plus basse des deux. 
Ainsi (? devint signe d'abaissement et j| signe 
d'elevation, de telle sorte que jj devant fa signi- 
tiait fa diese et {? devant fa, non pas fa bemol, 
mais simplement fa naturel, par opposition k 
fa di£se. Jusque fort avant dans le xvni e s., le 
? servait a annuler le ^ et le Jj ou jj a annuler le 



by v^ 



*L 



IC 



fc il faut done bien se garder d'interpreter ces 
signes de la m£me facon que de nos jours. Re- 
marquons aussi que l'usage d'un seul £ ou 7 pour 
toutes les notes de m£me nom, dans line m&me 
mesure, ne s'introduisit que vers l'an 1700 ; jus- 
qu'alors le signe ne conservait sa valeur que 
si les repetitions d'une m&ne note n'&aient s6- 
par^es par aucune autre note, par aucun si- 
lence. Cf. Riemann, StudimsurGeschickteder 
Xotenschrift, p. 32-63 (Die « Musica ficta *). 
— 8. On donne enfln le nom d'A. soit aux notes 
^trang^res Ala tonality que Ton rencontre dans 
une m61odie (a. niilodique), dans une suite 
d'harmonies (a. hartnonique), soit aux modifi- 
cations passages de rythme, telles'que syn- 
cope, retard sur un temps, division ternaire 
opposAe k une division binaire, etc. (a. ryth- 
mique). 

Alt6r6. On nomme accords ALTfeRfes les dis- 
sonances (v. ce mot) obtenues au moyen de 
F&evation ou de Tabaissement chromatiques 
d'un des sons de l'accord majeur ou mineur. Ce 
sont surtout : Voce, de quinte augmentte que 
produitl'el6vation de la quinte d'un ace. majeur 
ou rabaissement de la fondamentale d'un ace 
mineur, ut :mi: sol-la b :ut: rni; Yacc. de 
quarte-sixte augmentte et l'acc. de sixte aug- 
menUe que produit Tabaissement de la quinte 
d'un ace. majeur oul'616vation de la fondamen- 
tale d'un ace. mineur [de la quinte interieure, 
cf. Mineur (accord)],$o/ (7: ut : mi (« utimi: 
solb),ut:mi:la$( — la$:ut : mi). 

Alternative (ital.), sert i designer de petits 
morceaux en mani^re de danses, alternant avec 
un trio (Menuetto a.); le trio lui-m^me porte 
aussi parfois, dans ces morceaux, le nom d'a. 

Altfs, Joseph-Henri, n6 k Rouen le 18 janv. 
1826, en 1840 &6ve du Conservatoire de 
Paris, excellent flutiste virtuose, membre de 
l'orchestre de 1'Op^ra, puis, en 1868, suceesseur 
de Dorus au Conservatoire; a publie un assez 
grand nombre de compositions pour flute, 
parmi lesquelles une excellente Mtthode. —Son 
fr£re, Ernest-Eugene A., n6 k Paris le 28 mars 
1830, excellent violoniste, fut de 1880 k 1887 se- 
cond chef d'orchestre k l'Opera. 
Althom, cf. Bugle. 

Altnikol, Joh.-Christoph, ^16ve et beau-fils 
de J.-S. Bach (epousa, le 20 janv. 1749, Elisa- 
beth-Juliane-Friederike Bach), organiste a 
Naumbourg en 1748, m. en cette ville en juil. 
1759. Malgr^ Testime dont jouissaient ses 
o?uvres, aucune ne fut gravee. Quelques ma- 
nuscrits sont conserves k la biblioth&pie de 
Berlin. 

Alto. 1. (anc. haute-contre, ital. contr'alto ou 
alto, all.Att, dans les indications latines : alius, 
vox alta ou con tratenor). La plus grave des deux 
categories de voix de femme et d'enfant, celle 
qui repose surtout sur le registre de poitrine. 
A l'tyoque oil la musique proportionnelle etait 
fort compliquee et ne pouvait ^tre execut^e par 
des enfants, k cause de l'extrtone difficult^ des 
regies qui la re^issaient, on confiait les parties 
elevees (a. et dessus, resp. soprano) k des hom- 
ines chantant en voix de fausset (Alti naturali) 

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ALVSLEBEN — AMATEUR 



19 



cm A des castrats, car il n'&tait point pormis aux 
femmes de chanter A l'£glise (mutter taceat in 
ecdesia); c'est pour cette raison que les parties 
de soprano et d'alto de l'6poque sont bien plus 
el endues au grave qu'a\ l'aigu. L'£tendue nor- 
male de la vraie voix d'alto va du Za* — celle 
de contr'alto du fa * (exceptionnellement du wit* 
on r&*) — au mi *, fa k ou plus haut, lorsqu'il 
s'agit d'une voix tr£s Stendue. — Historique- 
ment, la partie d'alto, dans les oeuvres chorales, 
est Tune des deux dernteres introduces par les 
compositeurs ; en effet, on opposa d'abord A la 
Toix d'homme normale qui chantait le cantus 
firmas (t£nor), une voix plus 61ev6e qui prit le 
nom de discantus (dessus), puis — dans le but 
de completer l'harmonie — on ajouta une troi- 
sieme voix, le contratenor, qui, suivant les exi- 
gences du morceau,6tait tant<M plus 61ev6e,tan- 
UM plus basse que le t£nor. Le contratenor reprfr- 
sentait done A la fois les deux parties que nous 
nommons aujourd'hui alto et basse, cette divi- 
sion des voix s*£tant impos&e par le fait de 
Tetendue de voix extraordinaire que nScessitait 
leur reunion primitive. — 2. Instruments a. 
Lorsque, au xv« et au xvi* s„ pendant la grande 
periode de la musique polyphonique, l'usage 
s*£tablit de renforcer (ou m£me de remplacer) 
les voix par des instruments jouant A l'unisson 
dechaque partie, on eut l'id^e de construire, 
presque pour chaque instrument, trois ou qua- 
tre modules de dimensions differentes et corres- 
pondant aux quatre categories de la voix. (Test 
ainsi qu'on avait des violes, des trombones, des 
fltites, des cromornes, etc., de dessus, haute- 
contre, taille et basse, c.-&-d. soprano, alto, \&- 
nor et basse ; parmi les instruments A vent plu- 
siears esp&ces se sont conserves jusqu'd nos 
jours; quant au quatuor A coirdes, la base de 
notre orchestre, sa division est analogue, mais 
le fait de l'Schelle sonore extraordinairement 
etendue que produit cet ensemble d'instru- 
ments, a engage A assigner la troisteme partie 
a Tinstrument-alto originel (alto, viola). L'in- 
strument-ba6se (violoncelle, toujours compris 
du reste sous le terme de Bassi) a la seconde 
partie A partir d'en bas. — 3. (ital. viola alta, all. 
Bratsche). L'instr. A archet, bien connu, qui joue 
la troisteme partie dans l'orchestre A cordes 
actuel et dont l'origine remonte au xti* s. De 
dimensions quelque peu sup6rieures A celles du 
violon, Fa. a quatre cordes aussi : ut *, sol *, rS 3 , 
la 3 ; on 6crit pour lui, A l'orchestre, jusqu'au 
sol* ou au to 4 , et, dans les solos, plus haut en- 
core : la partie en est principalement not£e en 
clef d'td-S™ ligne. La table et le dos de l'a. 
sont plats, comparativement A la grandeur de 
rinstrament, ce qui en explique le son quelque 
peu nasillard, mais du reste aussi peu desa- 
greable que celui du hautbois. L'essai, dej& 
tente, par divers changements dans les propor- 
tions de l'instrument, d'enlever A celui-ci ce 
genre de sonority ne semble pas avoir rencon- 
tre un accueil favorable (v. Vuillacme, Hitter, 
ct Violotta). 

Alvsleben, Melitta, cf. Otto-Alvsleben. 

Alypius, Scrivain musical grec, vers 3(50 apr. 



by {j 



*L 



\V 



J.-C, dont Y Introduction a la musique fut 
publi£e d'abord par Meursius (Aristox£ne,Nico- 
maque, A., etc 1016), puis par Meibom (Anti- 
ques musicce auctores septem, 1652). Ce traite 
contient toutes les £chelles de transposition 
des Grecs,en notation grecque vocale et instru- 
mentale; c'est A lui principalement que nous 
devons la connaissance de la notation grecque. 

Alz. (alzamento « £l£vation •), signifie le con- 
traire de Abb. (v. ce mot). 

Amabile, con amabilita (ital.), aimablement, 
gentiment. 

Amad6, Ladislaw, baron d', n6 A Kaschau 
(Hongrie) le 12 mars 1708, m. A Felbar le 22 d£c. 
1764, etant alors Conseiller aulique ; 6tait un 
po£te national tr£s estim6 et, de plus, auteur de 
chansons populaires qui furent publics en 1886, 
par Thadd^eus, comte d'A. Celui-ci, n6 A Press- 
bourg le lOjanv. 1783,m. A Vienne Iel7mail845, 
fut £galement au service de l'Ktat ; il 6tait excel- 
lent pianiste et ce fut lui qui d£couvrit le g A nie 
de Liszt, A l*£ducation duquel il contribua du 
reste largement. Th. d'A. fut nomm6 « Hofmu- 
sikgraf », en 1831. 

Amalia (Amalie), nom de trois artistes prin- 
ci£res : 1. Anna- A., princesse de Prusse, sceur 
de Frederic-le-Grand, n6e le 9 now 1723, m. le 
30mar8l782; composa une s£rie d'excellents 
chorals, ainsi qu'un oratorio, sur le m&me texte 
que La mort de Jt&us, de Graun.— 2. Ann a- A., 
duchesse de Weimar, m^re du grand-due Ernst- 
August, n£e le 24 ocl. 1739, m. le 10 avr. 1807 ; 
composa une op£rette Erwin und Elmire 
(poeme de Goethe). — 3. Marie-A.-Friederike, 
princesse de Saxe, scput du roi Jean, n&e A 
Dresde le 10 aotit 1794, m. en cette ville le 
18 sept. 1870 ; se fit une certaine reputation 
comme auteur de comedies, sous le pseudonyme 
« Amalie Heiter • et composa quelques oeuvres 
de musique d'£glise, ainsi que plusieurs operas 
(Una donna ; Le tre cinture ; Die Sief/esfahne; 
Der KanonenschusSj etc.). 

Amarevole, con amarezza (ital.), avec amer- 
tume, douloureusement. 

Amateur (ital.: dilettanti, all.: Dilettant), 
lorsqu'il s'agit de musique, contraire de « musi- 
cien de profession ». Le terme d'a. n'avait point 
autrefois le sens quelque peu d£daigneux qu'on 
lui pr A te aujourd'hui. Boccherini d^dia, par ex., 
en 17(58, ses premiers quatuors A cordes c ai 
veri dilettanti e cognoscitori di musica ». Le 
goilt des a. ne fut pas toujours aussi mauvais, 
ni aussi gen£ralement porte vers les fadaises 
musicales que de nos jours: la musique de 
chambre surtout etait bien plus eultiv£e dans 
les salons, on s'occupait de musique plus s^- 
rieu8ement et Ton jouait aussi mieux que main- 
tenant. Malheureusement, ce que nous appe- 
lons « amateurisme » (n^ol. syn. de dilettan- 
tisme), correspond A l'exercice superficiel, peu 
consciencieux d'un art, tant au point de vue de 
1'interpr^tation que de la composition. Est a., 
celui qui n'a rien appris de bien, qui ne sait 
rien a fond ; e'est le devoir des a. de chercher 
eux-m^mes A donner un nouvel £clat au nom 
qu'ils portent. 

Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



20 



AMATI — AMBROSIEN 



Amati. 1. c&£bre famille de lathiers (Gr6- 
mone, xvi« et xvn*' s.), dont les instruments 
sont encore, de nos joars, d*ane valeur inesti- 
mable. Le plus ancien des A. qui fabriqua des 
violons, fut Andrea (1585-1611 env.); il fabriquait 
du reste encore des violes de dlverses grandeurs. 
Son frere cadet, Nicola, qui Stait son associfi, 
conslruisit surtout, de 1568 k 1586, d'excellentes 
basses de violes. Antonio A. (n6 en 1550, m. en 
1635), fils aln6 d' Andrea, fabriqua plus specia- 
lement des violons (1589-1627), dont les dimen- 
sions sont, k cette 6poque, encore fort varia- 
bles ; il fut associd quelque temps k son fr£re 
Geronimo sen. (ni vers 1556, m. le 2*nov. 1630) 
qui ne Vegalait cependant point en habilet£ et 
dont les violons sont tons un peu grands. Le 
plus c£l£bre de tous fut Nicola A., fils de Gero- 
nimo, ne le 3 sept. 1596, m. le 12 avr. 1684, le 
maltre d' Andrea Guarneri et d* Antonio Stradi- 
vari. (Test moins le volume du son que sa qua- 
lit£ et sa puret6 qui font l'excellence des vio- 
lons Amati. Nicola A. eut pour successeur son 
fils Geronimo jun., n£ le 26 f6vr. 1649, m. le 21 
ttv. 1740, dernier repr£sentant de la famille, de 
beaucoup infSrieur k son pdre. Peut-6tre Giu- 
seppe A., lutbier k Bologne, au commencement 
du xvn* s., est-il encore un membre de la m&nie 
famille ? Ses violons et ses basses se distin- 
guent, dit-on, par la beatrtS et la puretS de leur 
son. — 2. Vincenzo (Amatus), D r theol et, vers 
1665, maltre de chapelle de la cath6drale de 
Palerme, ne k Cimmina (Sicile) le 6 janv. 1629, 
m. k Palerme le 29 juil. 1670; publia de la 
musique d'eglise et un op£ra (LIsawro, 1664). 
— 8. Antonio et Angelo, deux fibres, facteurs 
d'orgues, k Pavie, aux environs de 1830. 

Ambitus (lat.), syn. de t £tendue » ; on parte 
de 1'a. d'une m£lodie (c-A-d. de l'espace com- 
pris entre le son le plus grave et le son le plus 
aigu de cette m£lodie), — on dit aussi :l'a. d'un 
ton d'eglise, ce qui signifie l'espace de I'tehelle 
musicaleque parcourt ce ton: de la kta i f de 
ut k ut \ etc* 

Ambon (lat.), designait, dans les anciennes 
dglises chr6tieimes une petite chaire, placee a 
Fentrie du chceur, sur les marches de laquelle 
(ingradibus ambonis) sechantait le graduel 
(Responsorium graduate ou simplement gra- 
duate). 

Ambroise (St-A.), 6vdque de Milan k partir 
de 374, vA k Treves en 333, m. a Milan le 4 avr. 
397 ; a fortement contribu6 au d6veloppement 
du chant dans l'eglise chretienne, en introdui- 
sant en Italie divers modes de chant liturgique 
entre autres les antiennes et les hymnes, telles 
qu'elles 6taient en usage dans les Sglises d'O- 
rient (v. Ambrosien). II est plus que probable 
que St-A. emprunta en m&me temps k l'Eglise 
grecque ses quatre tons d'eglise qui, plus tard, 
par leur dedoublement en tonalitSs authenti- 
ques et plagales, parvinrent au nombre de huit 
Par contre, il ignora sans doute completement 
l'emploi des sept premieres lettres de Talphabel, 
pour designer les sons (v. Lettres). On attri- 
bue k St-A. lui-m&me un grand nombre d'hym- 
nes. Le magnifique Te Deum laudamus est 



by \j 



iL 



IC 



connu sous le nom d'Hymne de St-A., il n'est 
toutefois pas impossible que celui-ci l'ait em- 
prunta k l'Eglise grecque et se soit born* a en 
traduire le texle. — L'abb6 Baunard a donn£ 
une Histoire de St- Ambroise (Paris, 1871). 

Ambros, August- WiLHELM,historien musical, 
n6 k Myto, pr6s Prague, le 17 nov. 1816, m. a 
Vienne le 28 juin 1876, neveu du cel&bre musi- 
cographe R. Kiese wetter; 6tudia k la fois le 
droit et la musique, et, quoique juge assesseur 
au tribunal de Prague (1850), d£ploya une 
grande activity comme critique musical et pre- 
senta au public un certain nombre de composi- 
tions originates. Sa renomm6e de musicogra- 
phe date de l'apparition d'une 6tude : Die Gren- 
zen der Pbesie und Musik (1856, 2« 6<L 1872), 
rfponse k Hanslick, qui venait de publier Vom 
Musikalisch-Schdnen ; c'est alors qu'A. entra 
en relations avec Liszt L'6diteur Leuckart 
(Constantin Sander), i Breslau, le chargea, en 
1860, d'6crire une Geschichte der Musik (His- 
toire de la musique), t&che k laquelle il voua le 
reste de sa vie et qu'il accomplit, en grande par- 
tie du moins, d'une maniere remarquable ; mal- 
heureusement l'auteur mourut avant d'avoir 
achev6 le 4 m * volume, qui embrasse l'6poque de 
Palestrina et les debuts de la musique moderne 
[vol I k IV, 1862-1878; 2« ed. du voL I (revise 
d'une maniere plus que douteuse par B. von 
Sokolovsky) 1887, 2« 6dit du vol. II (revu par 
D* H. Reimann) 1892]. Les vol II et III sont 
d'une grande valeur; l'un, traitant la musique 
du moyen &ge, Tautre, celle de l'6poque n£er- 
landaise ; O. Kade a publie un cinqui&me vo- 
lume (1882), en se servant des mat&riaux amas- 
ses par A., pour une collection d'exemples 
musicaux se rapportant au vol in ; W. B&umker 
a dress* un index alphabetique de Fouvrage 
entier (1882) ; enfin, W. Langhans (v. ce mot) 
a continue l'ceuvre, un peu superficiellement, 
jusqu'a nos jours. A. recut, en vue des longs 
voyages deludes qu'il dut faire pour r&tliser 
son oeuvre, non settlement les congas n^ces- 
saires, mais des subventions de 1' Academie de 
Vienne. En 1860, Tuniversite de Prague le 
nommait professeur extraordinaire de musique, 
et le Conservatoire de la mdme ville Telisait 
membre du comity de direction et lui offrait la 
chaire d'histoire de la musique. Trois ans plus 
tard (1872), A. 6lait appete k Vienne pour y rem- 
plir simultanement les fonctions d*employ& au 
miuistere de la justice, professeur du prince he- 
ritier Rudolf et professeur au Conservatoire. 
Comme compositeur, A. ne fut pas sans merite; 
il a 6crit de La musique d'eglise (Messe, Stahat 
mater, etc.), des morceaux de piano en style 
schumannien, un op£ra national boheme : Bre- 
tislaw a Jitha, des ouverfures, des lieder, etc. ; 
cependant, l'importance historique d'A. reside 
tout entiere dans ses travaux de musicographie 
qui, s'ils ne sont point exempts d'erreurs, sont, 
en tous cas, dignes d'admiration. Citons encore 
de lui, des Kulturhistorische Bilder aus dem 
Musihleben der Gegenwart (1860). 

Ambrosien, chant a., le chant d'eglise tel que 
St-Ambroise, eveque de Milan, l'mtroduisit 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



AME — ANACKER 



21 



dans les eglises de son diocese. Le chant a. 
forme nn des chapitres leg plus enigmatiques 
de Vhistoire de la musique, car nous sommes 
plonges dans une ignorance presque complete 
a son sujet. Un fait est certain, c'est que St-Am- 
broise transplanta deGrece en Italic le chant des 
alleluias et des antiennes, on le considere meme 
corame le createur du chant en repons ; cepen- 
dant, comme il ne se contents point d'introduire 
en Italie le chant des hyranes, mais qu'il en 
eomposa lui-meme un grand nombre, le chant 
a. parait differer a peine du chant gregorien, 
d'autant plus que, d'apres un temoignage au- 
tlientique de St-Augustin, les « jubilations » for- 
maient l'essence du chant a., comme plus tard 
celle du chant gregorien. Selon toute appa- 
renee, le chant gregorien n'est point, en prin- 
cipe, different du chant a.; il est bien plutdt le 
resultat d'une revision du chant d'eglise, im- 
portante et faisant loi dans toute l'Eglise catho- 
lique, revision necessitee par le grand nombre 
d'innovations introduites dans le chant, depuis 
la mort de St-Ambroise (897). II faut ajouter 
que, malgre les decisions pontificates, la litur- 
gi«* du diocese de Milan (ainsi que bien d'an- 
tres encore) conserva longtemps certalnes 
particularites ; peut-etre s'agissait-il de chants 
speciaux auxquels se rapporteraient alors les 
remarques que font les ecrivains du moyen 
age, lorsqu'ils parlent du chant ambrosien? 
(Cf. Gr&oorien.) 

Ame. 1. On appeHe a. d'un instrument a ar- 
chet,le petit cylindre de bois qui relie le dos et la 
table de rinstrument. L'a. ne se place pas exact e- 
tnent au milieu, mais plutdt sous un des pieds 
du chevalet ; de cette facon, l'appui de Tun des 
pieds donne a l'autre la faculty de se mouvoir 
legerement et de se rapprocher ou s'eloigner 
alternati vemen t de la table de resonance, en 
suivant les vibrations de la corde. — 2. On ap- 
pelle a. de la clarinette, un petit trou qui, pra- 
tique non loin de l'embouchure, donne une 
plus grande egaliie au chalumeau. 

Amerbach (Ammerbach),ELiAS-NicoLAus, ex- 
cellent musicien du xvi* s., organiste de St- 
Thomas, a Leipzig, vers 1570 ; publia une tabla- 
ture : Orgd* vwd Instrumenttabulatur (1571), 
tpuvre d*une grande valeur historique, conte- 
nant des indications de doigte pour divers ins- 
truments, Implication des ornements, etc. Fetis, 
dans la deuxieme edition de sa « Biographic 
universelle » , cite une seconde tablature d'Am- 
merbach (sic) : Bin neu kimstHch Tabulatur- 
buchy etc. (1575), qui ne doit pas etre identique 
a la premiere, puisque la seconde edition de 
celle-ci parut en 1583. 

Americain, Oroub a. Gf. Oroue 3. 

Amiot, le Pere A., missionnaire jesuite en 
Chine, n6 a Toulon en 1718, m. a Peking le 
8 oct 1793, a traduit en fran^ais une oeuvre chi- 
noise de theorie musicale (de Li-Koang-Ti), re- 
produite et annotee par l'abbe Roussier, dans 
les Mtmoires concemant Vhistoire... des Chi- 
nou (vol vi). 

Ammerbach, v. Amerbach. 

Amnion, Blasius, contrapontiste du xvi« s., 



by K: 



iL 



[C 



originaire du Tyrol, comme le prouvent les ti- 
tres et dedicaces de ses oeuvres ; eleve, comme 
soprano, dans la chapelle du grand-due Ferdi- 
nand d'Autriche, envoye a Venise aux frais de 
son protecteur, entra plus tard dans l'ordre des 
Franciscains a Vienne, oil il mourut en juin 
1590. Sa premiere oeuvre, un volume d'introlts 
a 5 voix, parut a Vienne, en 1582; vinrent 
ousuite un volume de Messes a 4 voix, 1588, 
ibid., et un volume de motets, de 4 a 6 voix, 
1590, a Munich (une partie de 1'edition annonce 
la mort d'A. survenue pendant la publication). 
Apres la mort de l'auteur, parurent encore un 
volume de motets (Munich, 1591) et un second 
volume d'introlts (a4voix, 1601), editespar son 
frere Stephan Amon {sic). La Bibliotheque de 
Munich possede, en outre, encore un certain 
nombre de motets manuscrils d'A.,transcrits en 
partie en tablature d'orgue. Les dates donnees 
par Fetis (reproduites dans la l n edit du Musih- 
Lexikon, de Biemann) et generalement admises 
jusqu'a present, sont absolument insoutenables. 

Amner, John, organiste et maltre de cha- 
pelle de l'eglise d'Elie, a Londres, de 1610 a 
1641, promu en 1613 D r mus. de Tuniversite 
d'Oxford, fut un bon compositeur de musique 
d'eglise (Sacred hymns, de 3 a 6 voix, 1615). -^ 
Son fils Ralph fut, de 1633 i'1663, chantre 
(basse) de la chapelle royale de Windsor. 

Amon, Johann- Andreas, ne a Bamberg en 
176% m. le 29 mars 1825; etudia le chant et di- 
vers instruments, puis finit par se vouer plus 
particulierement a l'etude du cor. Eleve de 
Giov. Punto (Stich), il suivit celui-cia Paris 
et prit les cours de composition de Sacchini. 
Apres avoir accompagne Punto dans de lon- 
gues tournees de concerts, A. prit la place de 
directeur de musique de la ville de Heilbronn. 
n mourut comme maltre de chapelle du prince 
•d'GEttingen-Wallerstein. A. fut un compositeur 
feco.nd : des symphonies, un concerto de piano, 
un de fltite et un d'alto, des sonates pour divers 
instruments, des trios, des quatuors, des quin- 
tettes, des variations, des lieder, etc. onl ete 
graves, tandis que deux Messes, un requiem et 
deux < Singspiele » sont rentes mamiscrits. 
Gf. Ammon. 

Amorevole, amoroso (ital.), aimable, flatteur. 

Amplitude. L'a. d'une vibration est la dis- 
tance que parcourt le corps mis en mouvement, 
du point d'equilibre aux extremites de la vibra- 
tion; l'a. des vibrations determine l'intensite du 
son, leur nombre, le degre d'elevation du son. 
C'est le pendule d'une horloge qui nous fournit 
la preuve la plus elementaire de ce fait, en effet, 
que, par suite d'un choc plus vigoureux, le pen- 
dule decrive une courbe (amplitude) plus 
grande, le nombre des battements, dans un es- 
pace de temps donne, n'en sera pas moins 
grand ; il restera exactement le meme. 

Anacker, August-Ferdinand, ne a Freiberg 
(Saxe) le 17 oct. 1790, m. dans la meme ville 
le 21 aoiit 1854 ; devint a Leipzig, od il s'etait 
rendu pour faire d'autres etudes, un excellent 
musicien, et fut nomme, en 1822, cantor et di- 
recteur de musique, puis, peu apr^s, maltro de 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



i& 



ANACROUSE — ANCOT 




WM 



musique au seminaire de sa ville natale. II or- 
ganisa alors de grandes executions chorales 
religieuses et fonda une societe de chant mixte 
(Singakadetnie). En 1827, il fut encore nomm£ 
chef d'un corps de musique. Citons parroi les 
compositions d'A.: les cantates Bergmanns- 
gruss, Lebens Blume und Lebens Unbestand ; 
des morceaux de piano, des lieder,des choeurs, 
un recueil de chorals, 7 cliants pour un drame 
national de Do?ring,2ter07rtamisfr*ue(Dresde). 
Anacrouse (all. Auflakt), nom que Ton donne 
k la mesure apparemment incomplete qui se 
trouve souvent au d£but d'un morceau (lev£) 
ou d*une phrase musicale : par ex. dans 



la croche isol£e, au commencement Par le fait 
que notre £criture musicale place la barre de 
mesure imm^diatement avant le temps fort, 
tous les motifs qui commencent sur un temps 
faible sont « anacrousiques », autrement dit, 
la barre de mesure les partage en deux frag- 
ments. Cependant, rien ne serait plus faux que 
de s^parer une telle a. de la mesure qui suit et 
de considerer les sons places entre deux barres 
de mesure comme un « motif ». On pourrait 
pr£tendre au contraire que, dans la plupart des 
cas ou un morceau commence sur le temps 
fort (sur « un »), notre premier soin doit 6tre 
de voir quel fragment de la mesure sera d£- 
tach6, en maniere d'a., et r£uni k la mesure 
suivante. La forme anacrousique n'est pas seu- 
lement possible, elle est en somme le veritable 
point de depart, Fetat primitif de toute forma- 
tion musicale. (Cf. M£trique.) C'est k Mathis 
Lussy que revient le merits d'a voir restitue le 
veritable sens de Fa. Cf. son TraiU de Vexjtres- 
sion musicale (Paris, 1873). 

Analyse. 1 A. des sons par Foreille, terme em- 
ploy^ dans Facoustique moderne pour designer 
la faculte de distinguer les harmoniques de Fun 
quelconque des sons d'un instrument de musi- 
que. La formule de vibrations d'un son est de- 
composee par Foreille, d'une maniere k peu 
pr£s inexpliqu£e jusqu'd ce jour, de telle sorte 
que celle-ci pent percevoir les harmoniques 
contenues dans le son. On se sert, en general, 
de r£sonateurs, pour renforcer les diflerentes 
harmoniques; une bonne oreille musicale pourra 
cependant s'en passer le plus souvent. — 2. A. 
dVeuvres mcsicales, c.-A-d. F£tude de leur 
forme, tant au point de vue de la division des 
th&mes en phrases et en motifs, de leur enchai- 
nement ou de ieurs transformations, qu'd celui 
de la succession des periodes, des modula- 
tions, etc. Cettc sorte d'a. devrait dtre une des 
branches principales de Fenseignement dans 
les ecoles de musique; c'est, helas! Fune des 
plus negligees, lorsqu'elle n'est pas entierement 
supprimee. On a pris Fhabitude, depuis quel- 
ques anuees, suivant Fexemple de FAngleterre 
(analytical programmas), de faire imprimer 
sur les programmes de concerts de courtes no- 



tices analytiques et historiques concernant les 
oeuvres ex£cut£es. 

Anapeste. Pied rythmique, compose de deux 
braves suivies d'une longue, ou aussi de deux 
temps faibles suivis d'un temps fort, par ex. : 



r* u ° u R u ° u fl u. 



etc. 



resp. 



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Anche (lat lingua ; M.Zunge; angL reed). 
Nom que Fon donne k une lamelle de metal ou 
de roseau, piacee k Fembouchure d'un tuyau 
que, sous la pression de Fair, et par le fait 
m&me de son £lasticite, elle ouvre et ferme al- 
ternativement Dans nombre d'instruments 
(instr. & anches), Fa. sert de medium sonore. 
Lorsqu'elle est de metal, ses dimensions (lon- 
gueur, largeur, £paisseur) dtterminent le degre 
d'elevation du son ; lorsqu'elle est plus molle, 
plus £lastique, ses vibrations sont en rapport 
direct avec une colonne d'air par laquelle elle 
communique avec Fair ext£rieur. La premiere 
alternative se Irouve realisee dans les jeux a 
anches de Forgue, la seconde dans les hautbois, 
clarinettes et bassons. On peut encore conside- 
rer comme une sorte d'anches. certaines mem- 
branes, telles que : les cordes vocales, qui 
determinent toujours le degr£ d'elevation du 
son, ou aussi les levres de Finstrumentiste 
(cor, trompette, trombone, etc.), dont la ten- 
sion ne peut determiner le son que combinee 
avec la longueur du tuyau (cf. Pavillon). — 
II y a deux sortes d'a. de metal : Fa. libre et 
Fa. battante ; la premiere, piacee sur une ou- 
verture qu'elle ne louche que par le cote ou elle 
est fixee, depasse & chaque vibration et dans 
les deux sens le niveau du chassis (harmo- 
nium); la seconde vient s'appuyer, k chaque 
pression du vent, sur une rigole par ou Fair 
s'echappe <orgue). II y a de mfone deux sortes 
d'a. de roseau : Ya. simple (clarinette), Ya. dou- 
ble (hautbois et basson), cette derniere, formee 
de deux lamelles de roseau qui, au moyen de 
ligatures, s'adaptent au tuyau de Finstrument 
et dont Feffet est regie par la pression des le- 
vres. 

Ancora (ital. « encore une fois » ), syn. de 
da capo. 

Ancot, 1. Jean, n£ a Bruges le 22 ocl. 1779, 
m. en cette ville, le 12 juiL 1848; sejourna de 
1779 k 1804 k Paris, oil il travaiila le violon 
avec Kreutzer et Baillot et Fharmonie avec 
Catel, puis il se fixa, comme maltre de musique, 
dans sa ville natale. Quelques-unes de ses u»u- 
vres seulement fureut gravees (4 concertos de 
violon, de la musique d'eglise, des ouverturrs, 
des marches, etc., dont une partie pour musique 
d'harmonie). A. tit de ses deux fils d'excellents 
musiciens. L*aln£ — 2. Jean, n&le 6 juil. 171W, 
m. k Boulogne, le f> juin 1829, suivit les cours 
sup£rieurs du Conservatoire de Paris, avec 
Pradher (piano) et Berton (composition) pour 
malt res, alia en 1823 a Londres, ou il fut uom- 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



ANDAMENTO — ANDRE 



2H 



me professeur a TAlh^nee et pianiste de la du- 
chesse de Kent, quitta cependant l'Angleterre 
en 1825 deja, fit une tournSe de concerts en Bel- 
gique et s'£tablit enfin a Boulogne. Compositeur 
d'une fecondit6 extraordinaire, il avait, a peine 
age de 30 ans, d£ja fourni 225 ceuvres ; citons 
entre autres : des sonates, un concerto, un grand 
nombre de variations, Etudes, fugues, fantaisies 
a 4 mains, etc pour piano, plusieurs concertos 
de violon, des scenes pour chant et orchestre, 
des ouvertures, etc. Le cadet — 8. Louis, n6 le 
& juin 18TJ8, m. a Bruges en 1886 ; se fixa, apr£s 
de tongues tournees sur le continent, egalement 
a Londres, oil il devint pianiste du comte de 
Sussex, vecut ensuite pendant quelque temps a 
Boulogne et a Tours, se vouant a l'enseigne- 
ment, puis rentra dans sa ville natale. Loin 
d'etre aussi fecond compositeur que son f r£re, A. 
s'essaya cependant dans presque tous les gen- 
res musicaux. 

Andamento (ital. = promenade), sert a desi- 
gner, dans la fugue, les intermedes libres (mais 
composes en g£n£ral de motifs du sujet ou du 
contre-sujet) qui apparent les diff&rents d£ve- 
loppements. On emploie aussi : divertimento. 

Andante (ital.), Tune des plus anciennes indi- 
cations de mouvement, signifie en italien « mar- 
chant » (c.-a-d. d'un mouvement mod£re, assez 
lent), et il faut bien se garder de Interpreter 
eomme synonyme de « lent », ce qui fausserait 
entierement le sens des expressions suivantes : 
pro a. ou un jh>co a. veut dire « plus vite », et 
non « plus lentement » comme le croient beau- 
coup de musiciens (et de compositeurs, mal- 
heoreusement !) ; mem a. — moins « marchant », 
c-a-d. plus lentement. Le diminutif andantino 
indique un mouvement plus lent qu'a., mais fut 
fr&juemment employ^, i tort, dans le sens con- 
traire, au siecle pass£ deja. D est vrai que le 
plus souvent, le mot andantino se rapporte au 
pen d'etendue du morceau (cf. Adaoietto). On 
entend, de nos jours, par un A., de m&me que 
par un Ado^o, la partie lente d'une symphonie, 
d'une sonate ou d'une autre oeuvre analogue. 

Andantino, v. Andante. 

Ander, Aloys, celebre chant eur d' opera (tenor 
lyrique), n£ a Liebititz en Boheme, le 18 fev. 
1817, m, aux bains de Wartenberg le 11 dec. 
1864 ; tres estime a l'Op£ra imperial de Vienne, 
il fit partie de la troupe depuis 1845, jusqu'au 
moment odapparurent les signes precurseurs de 
Falie nation mentale qui devait assombrir les 
dernieres ann6es de sa vie. 

Anders, Gottfried-Engelbert, ne a Bonn en 
1795, m. a Paris le 22 sept. 1866 ; fut pendant 
longtemps archiviste et conservateur de la sec- 
tion musicale de la Bibliotheque Ste-Genevieve, 
a Paris. II ecrivit des monograpbies sur Paga- 
nini (1831) et sur Beethoven (1889), 

Anderson, Lucy (nee Philpot), pianiste an- 
glaise, nee en d£c. 1790. m. le 24 d6c. 1878 ; avait 
£pons& en 1820 le violoniste G.-Fr. Anderson. 

Anding, Johann-Michael, n£ a Queienfeld, 
pres Meiningen, le 25 aout 1810, frequenta le 
s6minaire pedagogique de Hildburghausen et, 
apres avoir occupe difftrents postes d'institu- 



by K: 



iL 



IC 



teur dans d'autres villes, fut nomme, en 1843, 
maitre de musique au seminaire de Hildburg- 
hausen, oil il mourut,le9 aottt 1879. Des recueils 
de chants pour les £coles, des chceurs, des mor- 
ceaux d'orgue, ainsi qu'un recueil de chorals a 
4 parties (1868) et un Handbuchlein fur Orgel- 
spieler (&*• M. 1872) furent tous graves. 

Andre 1. Jouann, fondateur de la celebre 
maison d edition musicale, a Offenbach, n£ a 
Oflfenbach le 28 mars 1741, m. le 18 juin 1799; 
£tait primitivement destine a suceeder & son 
p&re, dans la direction d'une fabrique de soie- 
ries, mais ne put resister a son goftt prononee 
pour la musique et, fortement dou£ du reste, 
il embrassa la carriere artist ique. De bonne 
heure il s'essaya a la composition et fit repre- 
sentee vers 1760, a Francfort s/M., un opera- 
comique: Der Tcepfer (texte d'A. Iui-m6me), 
et le « Singspiel » Erwin vmd Elmire (Goethe), 
qui tous deux eurent un certain succes. En 1777, 
A. accepta les fonctions de chef d'orchestre au 
theatre Doebbelin, a Berlin, et s'adonna avec 
z£le a la composition pendant les sept annees 
qui suivirent (un grand nombre de « Sing- 
spiele », des entr'actes, un ballet, des lieder, 
etc.). Enfin, il rentrait, en 1784, a Offenbach, 
oil il avait deja etabli auparavant, a c6t£ de 
la fabrique de soieries, un atelier de gravure 
musicale. Get atelier, de plus en plus agrandi, 
se transforma bientot en une importante maison 
d'&lition. Parmi les ceuvres d'A., la plus con- 
nue est le RJieinweinlied (Claudius) : les operas 
sont tombes dans Toubli. — 2. Johann-Antox, 
troisieine fils du precedent, n$ a Offenbach le 
6 oct. 1775, m. le 6 avr. 1842; fit d'excellemVs 
etudes musicales a Mannheim, de 1793 a 179t>, 
sous la direction de Vollweiler, les contihua a 
Iena, fit de longs voyages et reprit ensuite. a la 
mort de son p£re, la maison d'&dition. La m£me 
ann£c deja, A. se rendait a Vienne pour acheter 
a la veuve de Mozart les manuscrits laisses par 
le maitre; ainsi, d'un seul coup, la maisonA.de- 
venait l'une des plus importantes du monde. Tia 
technique de Timpression musicale regut une 
vigoureuse impulsion, grAce a l'usage de la li- 
thographic, que Franz Gleissner introduisit en 
grand. Mais, comme compositeur (entre autres, 
2 operas) autant que comme th^oricien, Anton 
A. fut plus remarquable encore que son pere. 
Tn Lehrbuch der Tonsetzhunst (1832-184;*), 
reste inacheve, est l'oeuvre la plus importante 
de Tauteur ; les deux volumes parus traitent de 
l'harmonie, du contrepoint, du canon et de la 
fugue (nouvelle Edition recente, revue par 
II. Henkel). Quatre des fils d'A. se sont voues a 
la musique : — 3. Karl-Auoust, ne le 15 juin 
18()6, m. le lo fevr. 1887, proprietaire de la suc- 
cursale de Francfort et d'une fabrique de pia- 
nos (ecrivit : her KUivierbau und seine Ge- 
sdiichte, 1855).— 4. Julius, ne a Franc fort-s/M. 
j le 4 juin 18(18, m. le 17 avr. 1880; excellent or- 
ganiste et pianiste, eleve d'Aloys Schmitt (lui- 
meme eleve d'Anton A.), puhlia des morceaux 
d'orgue bien ecrits. - 5. J ohann- August, ne le 
2 mars 1817, m. le 29 oct. 1887, proprietaire de 
la maison d'edition A Offenbach, pour la direc- 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



24 



AXDREOLI — ANEHIO 



lion de laquelle il s'associa son flls Karl (ne en 
1853), qui, k son tour, prit la succession. — 
6. Jean-Baptoste, n£ k Francfort s/M.le 7 mars 
1823, m. le 9 dec. 1882, pianiste, eleve d* Aloys 
Schmitt, Taubert (piano), Kessler et Dehn (thro- 
ne), chef d'orchestre du due de Berobourg, ve- 
cnt nombre d'annees k Berlin ; il a public plu- 
sieurs oeuvres pour piano et pour chant. 

Andreoli, I.Giuseppe, ne k Milan le7juil. 
1757, m. dans la m&ne ville le 20 dec 1832 ; ex- 
cellent contrebassiste de Torchestre de la Scala, 
professeur de son instrument au Conservatoire 
de Milan, fut en outre un bon harpiste. — 2. Gu- 
olielmo, ni le 22 avr. 1885, m. k Nice le 13 mars 
1860; ele>ve du Conservatoire de Milan, pianiste 
renomm£, dont on prisait fort le jeu net et ex- 
pressif, remporta de grands succ£s en Angle- 
terre oh il parut dans differents concerts (Cris- 
tal Palace, etc.), de tt*56 k 18)9. Son fr£re — 
8. Carlo, n6 k Mirandola le 8 janv. 1840, (son 
pere Evangelist* A., ne. en 1810, m. le 15 juin 
1875, 6tait organiste et maitre de musique en 
cette ville); excellent pianiste, comme son frere, 
il enseigna son instrument, k partir de 1875, au 
Conservatoire de Milan dont il avait &6 l'el6ve. 
I.»e6 concerts qu'il donna 4 Londres, k Ykge de 
18 ans dejd, eurent un grand retentissement 

Andreoxzi, Gaetano, n£ k Naples en 1763, m. k 
Paris le 21 dec. 1826; compositeur d operas des 
plus fSconds, £crivit 27 operas pour les thedtres 
dltalie^autrespour St-Pelersbourg et Madrid, 
ainsi que 3 oratorios. A. sejourna successive- 
ment dans les diverses villes oil il remportait 
des succ£s, flifit cependant par s*e4ablir k Naples 
o& il se voua dTenseignement; mais, devenu 
pauvre Ala fin de sa carriere, il dut se resoudre 
k aller k Paris, pour y implorer la protection 
de la duchesse de Berry, son ancienne ele-ve. 
— Sa femme, Anna A., nee k Florence en 1772, 
avait 6t6 engager, de 1801 k 1802, comme prima- 
donna k Dresde, mais elle mourut Je 2 juin 1802, 
au cours d'une excursion de Pillnitz k Dresde. 

Andrevi, Francesco, l'un des plus remar- 
quables compositeurs espagnols,n6 k Sanabuya 
pr&s Lerida (Catalogne) le 16 nov. 1786, de 
parents italiens, m. k Barcelone le 23 nov. 1853; 
etait pretre et remplit successivement les fonc- 
tions de maitre de chapelle dans differentes 
cathedrales (Barcelone, Valence, Seville, etc), 
puis fut nomm£ directeur de la chapelle royale. 
Pendant la guerre des carlistes, A. se refugia k 
Bordeaux ou il trouva aussi une situation, y&cut 
k Paris, de 1845 k 1849, puis rentra k Barcelone 
et y resta jusqu'a sa mort, en quality de maitre 
de chapelle de l^glise de Notre-Dame. II faut 
citer parmi ses oeuvres principales : un oratorio 
• Le jugement dernier », un requiem pour Fer- 
dinand VH et un Stabat mater. Un ouvrage 
theorique du meme auteur, sur Tharmonie et la 
composition, parut en francais, k Paris, en 1848. 
Andrien, v. Admen. 

Andries, Jean, n£ k Gand le 25 avr. 1798, m. 
en cette ville le 21 janv. 1872; professeur des 
classes de violon et d'ensemble au C-onserva- 
toire de Gand (1835), succeda, en 1851, k Mengal, 
comme directeur de cet etablissement et remplit 



by \j 



iL 



\V 



en meme temps (jusqu'en 1855) les fonctions 
de violon-solo de l'orchestre du th&tre; il fut 
nomme en 1856 directeur honoraire du Conser- 
vatoire. A. a public quelques travaux hislo- 
riques : A/jer^u historique de tous les instru- 
ntents de musitjue, actuetletnent en usage; 
Precis de Vhistoire de la musique depuis les 
temps les plus reculis, etc. (1862); Instruments 
a vent : la flute (1866); Remarques sur les do- 
ches et les carillons (1868). 
And u , c-A-d. Andante. 
And Uno , c-A-d. Andantino. 
Anlmocorde (c.-&-d. un instr. k cordes pneu- 
matique), ingejiieuse invention du facteur de 
pianos J.- J. Schnell, de Paris (1784); rinstru- 
ment consistait en une sorte de piano, dont les 
cordes 6taient mises en vibration au moyen de 
Fair fourni par des soufflets. Schnell avait pour 
but la realisation de l'effet de la harpe 6olienne 
et son emploi dans la musique artistique. 
Cf. Allgemeine Musikalische ife#iwi#,1798,p.8& 
et Gazette musicale, 1886, p. lia — L'id£e fut 
reprise plus tard par Kalkbrenner et par Henri 
Herz; celui-ci appelait Instrument qu'il cons- 
truisit, en 1851, piano Mien. 

Anerio. 1. Felice, Tun des plus remarquablea 
compositeurs romains de Tepoque de Pales- 
trina, ne, k Borne en 1560, m. en cetle ville en 
1680; elere de G.-M. Nanini, succeda k Pales- 
trina, le 8 avr. 1594, comme compositeur de la 
chapelle pontificals (la place de maitre de cha- 
pelle 6chut k Huggiero Giovanelli). Plusieurs 
oeuvres d'A. furent attributes, pendant long- 
temps, k Palestrina (Adoramus te, Chrtste et un 
Stabat mater k trois chceurs).Un certain nombre 
de compositions furent imprimees, de 1585 k 
1622; plusieurs livres de madrigaux k 5-6 voix, 
deux livres d'hymnes, de cantiques et de motets, 
des chansons et des madrigaux k 3-4 voix, des 
Concerti spirituali k 4 voix, des litanies k 4-8 
voix, enfin des motets parus separement dans 
les recueils de Tepoque. Une quantity conside- 
rable de manuscrits sont conserves dans les 
diverses biblioth&ques de Rome, — 2. Giovanni- 
Francesco, peut-etre un fr&re du precedent, 
etait ne, d'apr A s les quelques rares donnfos 
fournies par les titres ou dedicaces de ses oeu- 
vres, k Rome vers 1567; de 1575 k 1579, enfant 
de choeur de Feglise de St-Pierre, sous Pales- 
trina; appele vers 1609 k la cour de Sigismond 
III de Pologne; en 1610, maitre de chapelle de 
la cath£drale de Verone; en 1611, second maitre 
de cha»ur au college des jeauites de St-Ignace; 
de 1613 k 1620, maitre de chapelle de Ste-Marie 
des Monts, k Rome: en 1616, (a l'&ge de 49 ans) 
consacr^ pretre. I^a premiere ceuvre d'A^un 
Hvre de madrigaux k 5 voix, parut en 1599 k 
Venise; les oeuvres parues apres 1620 ne sont 
pas pubises par Tauteur lui-meme, en eorte 
que celui-ci est sans doute mort en cette annee. 
A. fit de la Missa Papae Marcelli k 6 voix, de 
Palestrina, une reduction k 4 voix qui fut publiee 
un nombre incalculable de fois. Ses propres 
compositions (madrigaux, motets, litanies, chan- 
sons, psaumes, etc. ) suivent les traditions du 
XYI m« g^ tout en adoptant une partie des inno- 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN . 



ANET — ANNIBALE 



25 



rations du xvn me (chant solo avec basse 
rhiffr£e). 
Anet, Bafitste, t. Baptiste. 
Anfot si, Pasqualr, compositeur d*op6ras qui 
eut son heure de celebrity n6 k Taggia pr6s 
Naples le 25 avr. 1727, m. k Rome en tevr. 1797 ; 
eleve de Piccini, 6crivit son premier op&ra, 
O^o Mario, pour Venise (1769), 6tahlit sa repu- 
tation par V incognita perseguitaia donn£e k 
Rome, en 1778> et fat d6s lore d'autant plus fttA 
qu'ond&irait, en portant ses oeuvres aux nues, 
rabaisser celles de son mattre Piccini. A. Scrivit 
en tout (de 1769 k 1796) 54 operas. D n'eut pas 
grand succes k Paris (1780) ; apr£s avoir dirig£ 
pendant deux annees (17814788) l'op6ra italien 
de Londres, il fit repr&enter ses oeuvres k 
Prague, Dresde et Berlin, puis rentra en Italie. 
Nomm£ maitre de chapelle de St-Jean-de- 
Latran, en 1791, il se voua, pendant les der- 
ni£res ann£es de sa vie, principalement k la 
musique religieuse (4 oratorios, des Messes, 
des psamnes, etc.). 

Angelet, Charlks-Fran$ois, n6 k Gand le 
18 nor. 1797, m. le 20 d6c 1832; Steve du Con- 
servatoire de Paris, devint, grAce aux lemons 
de Zimmermann, un excellent pianiste et 6tudia 
la composition avec F6tis, apres s'&tre fix6 k 
Brnxelles comme maitre de musique. II fut 
nomme pianiste de la cour, en 1829. Ses oeuvres 
sont, pour la plupart, 6crites pour le piano 
(fantaisies, variations, etc.); on a cependant 
aussi de lui un trio, et une symphonie qui fut 
couronn&\ 

Angelica (Vox a., voix d'ange), jeu d'orgue 
gen&ralement de 4* et, de m&me que la vox hvr 
mana (8 f ), construit de mani&res trds diverses ; 
c'est le phis souvent un jeu & anche libre et k 
court pavilion. 

Angeloni, Luioi, n& k Frosinone (Etats de 
TEglise) en 1758, m. k Londres en 1842; fit 
partie, en 1799, du comity de proclamation de 
la r£publique romaine et dut se r£fugier k Paris, 
mais, compromis dans l'affaire de la conjura- 
tion Oracchi et Topino-Lebrun (1801), il suhit 
dans cette ville une peine de dix mois de pri- 
son. En 1828, A.,convaincu d'accointances avec 
W Carbonari, fut expuls6 de Paris et se rendit 
a Londres. II est, entre autres, l'auteur d'un ou- 
trage musical important : Sopra la vita, le 
opere ed il sapere di Guido dCArezso (1811). 

Angerer, Gottfried, n£ k Waldsee (Wftrtem- 
btTg), avait primitivement l'intention de se 
vouer a la carrtere pedagogiqne, mais frequenta 
ensnite le Conservatoire de Stuttgart puis celui 
du I> Hoch, (J. Raff, J. Stockhausen, etc) k 
Francfort-s/M. Apres avoir termini ses 6tudes, il 
dirigea k Francfort, Mannheim et Zurich di- 
verses soci&te chorales de premier ordre et 
remporta des succ&s considerables dans les fetes 
de chant de Fribourg en Brisgau (1886), de 
(Karlsruhe, etc A. est actuellement flx6 k Zurich 
oft il dirige deux importantes soci6t6s cliorales 
d*hommes (« Harmonie », « M&nnerchor Enge »), 
et professe le chant k FScole de musique de la 
ville. On connaft de lui sp&ialement des bal- 
lades chorales pour voix dliommes : Der letzle 



by K: 



iL 



\V 



Shalde, Des Geigers Heimhehr, Kbnig Sigurds 
Brautfahrt, Die Vatergruft, mais aussi une 
legends pour voix de femmes (Sonnenblick),VLU 
morceau, Schulleben, pour choeur d'enfants, etc 
Anglaise (c danse anglaise *), nom primitif de 
la danse appelee aujourd'hui frangaise (v. ce 
mot). Une quantity d'autres danses, usitees en 
Angleterre, ont aussi re$u le nom d'anglaises 
(Ballads, Hornpipes, etc.). 

Anglebert, Jean-Henri d', musicien dela 
cour de Louis XIV, publia, en 1689, un volume 
de PiSces de clavecin, contenant entre autres 22 
variations sur les * Folies d'Espagne » dont 
Gorelli se servit aussi comme th&me, en 1700. 
A. est un des meilleurs, parmi les anciens mat- 
tres du piano ; on trouve, dans la preface de 
Fceuvre sus-nomm^e, de pr6cieuses indications 
pour Tex6cution des ornements (tremblement 
simple et appuyS, cadence, double, pinc&, chute, 
port de voix, coul6, arp£ge). 

Angoscioso (itaL), angoissS, anxieux. 

Anima (ital.), &me ; con a., animato, animan- 
do = avec vie, avec chaleur, avec feu. 

Animuccia, Giovanni, n6 vers la fin du xv« 
ou au commencement du xvi« s., m. k Rome en 
1570 ou dans les premiers mois de 1571 ; veri- 
table devancier de Palestrina, non settlement 
dans ses fonctions (A. pr£c£da imm^diatement 
Palestrina. comme maitre de chapelle de St- 
Pierre), mais encore dans son style car, de 
mtone que Palestrina, il chercha k obtenir la 
clart£ des successions harmoniques, tout en fai- 
sant usage de tous les raffinements du contre- 
point Cependant le nom d'A. est plus fr^quem- 
ment m£16 k d'autres faits historiques, k la 
creation de Toratorio (v. ce mot) ; les Laudi 
qu'il composa pour Y « oratorio » de Neri, n'onl 
toutefois rien de commun avec cette forme 
musicale, ce sont plutdt de simples chants de 
louanges, sortes d'hymnes. A. fut nomm&, en 
1555, maitre de chapelle du Vatican. Un assez 
grand nombre de compositions d'A. furentgra- 
vees, on connatt de lui : un livre de Messes 
(1567), deux livres de magnificats, un Credo k 
4 voix, ainsi que plusieurs volumes de motets, 
psaumes, madrigaux spirituels, hymnes, etc. — 
Son frere Paolo, egalement contrapontiste de 
grand m^rite, fut, de 1550 k 1552, maitre de cha- 
pelle de St-Jean-de-Latran et mourut en 1563. 
On ne connalt cependant que quelques-unes de 
ses oeuvres, conserv^es dans les anthologies 
musicales. 

Ankerts, d*, v. Bankers. 

Anna Amalia, v. Amalia 1. 

Annibale, conh*apontiste du xvi* s., n6 k 
Padoue (d'od son surnom Patavinns ou JVido- 
vano), fut nomme, en 1552, organiste du second 
orgue de St-Marc, k Venise ; son successeur, A. 
Gabrieli, entra en fonctions en 1556. Les ueuvres 
d'A., conserves jusqu'd ce jour, sont : un livre 
de motets k 6 voix et un k 5 voix (1567), un livre 
de madrigaux a 5 voix (1583), un livre de mo- 
tets k 4 voix (151)2), ainsi que deux Messes et 
quelques madrigaux &pars dans des antholo- 
gies (1566 et 1575). Les dates de sa naissance et 
de sa mort sont incommes. 

Original from 

UNIVERSITY0F MICHIGAN 



26 



ANSCHUTZ — ANTIQUUS 



Anschutz, 1. Joh.-Andreas, n6 k Goblence le 
19 mars 1772, petit-fils et eleve d'A., organiste et 
maltrede chapelledela courdu prince-£lecteur, 
a Treves ; etudia le droit k Mayence et moumt 
a Goblence, en 1858. A. fonda k Goblence, en 
1808, une society de musique avec ecole de mu- 
sique instrumental et vocale, subventionnee 
par l'Etat C'etait un excellent pianiste, et les 
quelques ceuvres qu'il a publiees sont assez 
reussies. — 2. Karl, fils du precedent, excellent 
chef d'orchestre, ne k Goblence en 1815, m. k 
New- York en dec. 1870 : eleve de Fr. Schneider, 
succfrla, en 1844, a son pere, comme directeur de 
Tlnstitut de musique, fonde par ce dernier. 
Parti peu d'annecs apres pour TAngleterre 
(1848), puis pour FAmenque (1857), il devint 
chef d'orchestre k New- York, sous la direc- 
tion Ullmann, et entreprit enftn lui-meme, en 
1864, une saison d'opera allemand, dans la 
meme ville. A. semble n'avoir compost que de 
petites ceuvres pour piano. 

Anselme de Parme ( Anselmius-Georgius 
Parmensis), savant du xv e s., dont la culture 
fut d'une etendue et d'une diversity extraordi- 
naires ; auteur d'un traits musical : De harrnonia 
dialogic qu'on avait cru perdu, mais qui fut 
retrouve, en 1824, k Milan. 

Antegnati, facteur d'orgues, organiste et com- 
positeur, k Brescia, n£ vers 1550, m. vers 1620. 
A. a publie des Messes, des motets, des psaumes, 
des chansons, ainsi queplusieurs ceuvres ins- 
trumeutales (Canzoni da sonar). 



Anthem, forme musicale exclusivement an- 
glaise, tenant k la fois de la cantate d'eglise et 
du motet. Le mot a. doit venir de anti-hymne 
ou antienne, la forme devraitdonc etre celie 
d'un chant alterne ; cependant, meme les plus 
anciennes ceuvres du genre (Tye, Tallis, Byrd, 
Gibbons) ne portent aucune trace de cette 
forme. L'a. fut introduit vers 1559 en Angle- 
terre, comme partie essentielle du service 
divin; les compositions de Purcell, puis de 
HaendeL, donnerent k cette forme une impor- 
tance considerable. On distingue entre full an- 
ihems et verse anthems ; les premiers consis- 
tent specialement en choeurs, les autres en 
solos, duos, etc. (verse, c-A-d. morceau solo ) ; 
il y a parfois, dans Tune comme dans l'autre 
espece, accompagnement d'orchestre. Les textes 
sont des psaumes ou des versets bibliques. 

Anthropoglossa (grec), syn. de Vox hutnana 
(jeu d'orgue). 

Anthropophonique (grec), science de la na- 
ture de la voix humaine. 

Anticipation, nom que Ton donne, dans la 
theorie d'harmonie, k une sorte d'indication de 
Tharmonie k venir, produile par l'entree anti- 
cipee d'un ou plusieurs sons de 1'accord du 
temps fort suivant. Ges sons forment generale- 
ment dissonance avec l*harmonie pendant la 
duree de laquelle ils entrent; ils ne sont, du 
reste, nullement concus comme faisant partie 
de celle-ci, mais comme a. de 1'accord suivant; 
par ex. : 



P 






% 






-^. — i 



z%=z 



L'a. k la lettre b. est presque stereotype pour la 
cadence parfaite, surtout dans la litterature an- 
cienne ; elle peut, sans que le sens en soit mo- 
difie, s'etendre k toutes les notes de 1'accord (c). 

Antienne (lat. antiphona, angl. antiphon, 
cf. aussi Anthem), nom donne primitivement 
au chant alterne de deux choeurs (demi-choeurs), 
Tun des plus anciens modes de chant du rituel 
catholique. Les a. furent, selon le temoignage 
d'Aurelien de Reome (rx 6 s.), empruntees a 
l'Eglise d'Orient et transplants en Italie par 
St-Ambroise ; d'autre part, St-Ghrysostome est 
cense les avoir introduites dans l'Eglise grecque 
elle-meme. De nos jours, l'a. n'est plus qu'une 
sorte de prelude au psaume dont elle determine 
la tonalite et le caractere. 

Antler, Marie, celebre cantatrice dramatique, 
nee k Lyon vers 1687, m. k Paris le 3 dec. 1747 ; 
eleve de Marthe La Rochois, elle debuta, en 
1712, k TOpera ou elle se fit un grand renom 
par ses interpretations des ceuvres de Lulli et 
par la creation d'un certain nombre de r6les 
des derniers operas de Campra et de Rameau. 

Antiphonaire, servit a designer d'abord Ten- 
semble des antiennes de l'Eglise catholique, 
puis, d'une maniere generate, ie recueil de tous 



by \j 



iL 



[C 



les chants de Toffice liturgique (antiennes, re- 
pons, ofFertoires et communions, alleluias, 
hymnes, heures, etc.), classes suivant l'ordre 
des fetes de l'annee ecclesiastique. 

AntiphoneL appareil invent^ en 1849 par le 
facteur d'instruments Debain. Applique a l'or- 
gue ou k l'harmonium, l'a. permettait, au 
moyen de cylindres piques d'avance et d'une 
manivelle,d'accompagner une melodie de plain- 
chant quelconqne. 

Antiphonie (grec antiphon). etait, chez les 
anciens Grecs (Aristote dej&), le nom donne a 
1'intervalle d'octave, le seul dont il fut, fait 
usage harmoniquement. Gf. Paraphonie. 

Antiquis, Johannes de, maitre dechapelle de 
St-Nicolas, a Bari (Naples), dans la seconde 
moitie du xvi e s.; pul)lia une anthologie des 
compositeurs de Bari : Villanelle alia Xapole- 
tana (1574), contenant aussi quelques-unes de 
ses propres teuvres, et une collection de chan- 
sons (1584). La meme ann6e, paraissait un vo- 
lume de madrigaux de sa composition. 

Antiquus, Andreas (de Mondona), imprimeur 
de musique, 4 Rome, peut-etre identique k An- 
dreas de Antiquis, dont Petrucci publia quel- 
ques frottoles (1504-1508); £dita un recueil de 

Original from 
UNIVERSITY0F MICHIGAN 



ANTISTROPHE — APPOGGIATURE 



21 



Messes des grands mattres ( Josquin, Brumel, 
Pipelare, etc.) : Liber XVmissarum (1516). 

Antistrophe, v. Strophe. 

Anton, Konrad-Gottlob, professeur de lan- 
gues orientales A Wittemberg, depuis 1775, m. 
leSjuiL 1814; publia plusieurs essais sur la 
metrique des H£breux et essaya de dSchiffrer 
les accents de lenr langue, en les prenant pour 
des signes musicaux (il trouvait m&ne la poly- 
phonie t ) ; ses ecrits n'ont de valeur, pour This- 
toire de la musique, qu'& titre de curiosit£s. 

Antony, Franz-Joseph, n£ a Mttnster (West- 
phalie) le 1 OT f6vr. 1790, m. en cette ville, en 1837; 
fat directeur du choeur de la cathSdrale, A Mttn- 
ster (1819), puis succ^da A son p£re, en 1832, 
comme organiste de la cathedrale. Outre un 
certain nombre de compositions religieuses, A. 
a publie deux cpuvres de litterature musicale : 
Archaologisch - liturgisches Gesangbuch des 
Gregorianischen Kirchengesangs (1829) et Ge- 
schichtlicke Darstellung der Entstehtmg t*nd 
YervoUkatnmnimg der Orgel (1832). 

Apel, Joh.-August, n6 A Leipzig en 1771, m. 
*n cette ville, le 9 aout 1816 ; prit, en 1795, le 
grade de D* jur. et devint plus tard membre du 
Conseil de la ville. H a public deux Merits int6- 
ressants sur la rythmique, en maniere de r£- 
ponse aux Elementa doctrines metricce, de 
<?ottfried Hermann, et consistant en une serie 
d'articles, dans YAUg. musihalische Zeitung 
<1807 et 1808), et en un ouvrage assez conside- 
rable : Metrik (1814-1816, 2 vol.). 

Apell, Joh.-David von, n£ A Cassel le 23 fevr. 
1754, m. en 1833, dans la m£me ville, oil il 
etait conseiller secret de la cour et intendant 
du thMtre. A., membre des Academies de 
Stockholm, de Bologne ( Filarmonici ) et de 
Home (Arcadiens), fut un compositeur des plus 
feeonds et publia, en m&me temps que de la 
musique d'eglise (une Messe, dediee A Pie VII, 
lui valut l'^peron d'or, etc.), des operas, des 
cantates et de la musique instrumentale. n pu- 
blia aussi, en 1806, une Galerie der vorsiig- 
lichsien Tonkimstler und inerkwwrdigen Mu- 
sihdilettanten in Kassel vom Anfang des XVI. 
Jahrhunderis bis auf gegenvodrtige Zeiten. 

Aphonia (grec), extinction de la voix, £tat 
maladif du larynx, qu'il ne faut point confon- 
dre avec Yalalie (mutisme) et dont les causes 
peuvent &tre multiples (inflammation, abc£s, 
paralysie, etc.). L'a. ne prive pas de l'articula- 
tion, mais seulement du son, elle permet done 
de chuchoter. 

Apollon, dans la mythologie grecque, le dieu 
du soleil, qui 6veille les bruits de la nature, r&- 
gle la marche des planetes, l'harmonie des 
spheres, qui est, par consequent, le dieu de la 
po&ie et de la musique, dont les Muses forment 
la suite (Musagtte). On c&ebrait, A Delphes, 
tons les quatre ans, en l'honneur d'A., les jeux 
pythiens, dans lesquels les concours musicaux 
occupaient la toute premiere place. 

Apollonicon, instrument construit par Flight 
et Robson, A Londres, de 1812 A 1816, et de- 
mont£ en 1840 ; c'Stait, a la fois, un orchestrion 
monstre et un orgue A cinq claviers. 



c 



Apotome correspondait , chez les anciens 
Grecs, A rintervalle que nous nommons aU- 
jourd'hui * demi-ton chromatique » ; le demi- 
ton diatonique s'appelait Lirnma (la -sip «* 
limma, sip-si= a.). Mais, tandis quedenos 
jours, d'apr&s les calculs de l'acoustique, le de- 
mi-ton diatonique (15 : 16) est plus grand que 
le chromatique (24:25, resp. 128 : 135), e'etait, 
chez les anciens, exactement le contraire ; on 
regardait, en effet, le limma comme le reste 
de la quarte (3 : 4) moins deux tons entiers 
(chacun 8:9), ce qui donnait pour rSsultat 

A : / r -5-Y=|^; Ta. 6tait le reste du ton 
4 \9/ &)6 

(8:9) auquel on avait retranche le limma 

243\ , . 2048 ne Q 

246> C ^ d 2l87 GfS ° N - 

Appassionato (ital.), passionn£, c.-&-d. a^ec 
mouvement et tr£s expressif. 

Appel,KARL, n6 a Dessau le 14 mars 1812, oil 
il vit encore; s'est fait connaitre par des qua- 
tuors, surtout humoristiques, pour voix d'hoin- 
mes. 

Appoggiature (ital. appoggiatura, all. Vor- 
schlag), nom que Ton donne A certains orne- 
ments de la m&odie, ou plus specialement du 
chant (Gf. Port de voix et Accent 2), ou encore 
de Tharmonie (Cf. Retard). L'a. de la meiodie 
est caract&ris&e par le fait qu'elle est secon- 
dare, non essentielle (ce qu'indiquent les pe- 
tites notes que Ton emploie pour sa notation) 
et qu'elle ne compte pas dans la mesure. Dya 
deux sortes d'a. : la longue et la br&ve. 1. L'a. 
longue n'est autre chose que l'expression d'un 
rapport liarmonique au moyen de la notation 
(Ca)nbiata,Notacambiata, note de change) ;l*a. 
est au point de vue harmonique un retard, de 
telle sorte que ce nom pourrait ais&nent se 
substituer A celui d'a. longue. On avait ancien- 
nement recours dla petite note pour la notation 
du retard, afin de faire ressortir plus claire- 
ment Tharmonie r6elle; cet usage est, de nos 
jours, entterement aboii. Comme l'a. ne comp- 
tait pas dans la mesure, la valeur de la note (le- 
vant laquelle avait lieu le retard 6tait d£termi- 
nee par le total de la dur£e de cette note et du 
retard; quant A l'a., elle 6tait not6e avec la va- 
leur correspondant exactement a sa duree 
r^elle. L'execution est des plus simples, lorsque 
sur les deux notes on donne A la petite sa va- 
leur ecrite, A celle qui suit la difference des 
deux valeurs : 

Notation : 



^ ^^t^m ^m 



Execution : 



Notation : 
NB. a. b. 



Execution : 

NB. c. non pas : 



-k 



i^argtesi^ 



by^_ 



i^ 



e 



Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



28 



APPUN — ABABES ET PEBSES 



Settle la mesure composee k deux temps 

(Aft \ 

rr, t, etc. ) offre parfois qnelque difficult^, 

lorsqu'on rencontre au lieu de la notation cor- 
recte (nb. a), une notation inexacte (b. par ex.). 
De toute fagon, nous aarons comme resolution 
nb. c. Par contre, la phrase : 

a. b. 




l^££Ssg 



ne se r£sout gen&ralement pas comme a., mais 
comme b., quoique ici encore on puisse ad- 
mettre ['inexactitude de la notation. 

2. I/a. br£ve se distingue de la premiere 
(dans la notation du xix« s. du K 



=P 



moins) par le fait que la note, g6- 
neralement une croche, est barree : 
Dans la musique ancienne, l'a. br6ve ne dififere 
de la longue que par la valeur qui lui est at- 
tribute dans la notation. Malheureusement F6- 
criture musicale de la plupart des compositeurs 
manque k tel point d'exactitude, que fr6quem- 
mentle choix entre les deux sortes d'a. est laiss£ 
au bon gout de l'ex6cutant, guid6 par l'examen 
attentif de Tensemble de la phrase. Mais l'a. 
br6ve en elle-m^me offre un autre probl£me : sa 
valeur doit-elle Hre retranch£e de la note prin- 
cipal (devant laquelle elle est plac£e) ou de la 
pr£c£dente? Chacune de ces manidres a eu, a 
m&me encore ses d£fenseurs tout comme ses 
d&tracteurs, cependant les meilleurs maltres ont 
toujours demande Fex6cution de Ta., brdve ou 
longue, sur le temps, sa valeur etant prise sur 
celle de la note principale; Ph.-E. Bach (1753) 
d6j& bldme Tautre et la taxe d'extaution d'ama- 
teur. On aura done : 



m 



& 



non pas : 



mais: 




-0 s - 



£e 



L'a. doit avoir la m&me intensity de son que la 
note principale. Of., par contre, Petite note. 
Lorsque plusieurs notes sont plac£es en ma- 
nure d'a., comme e'est le cas dans le flaiU (a) 
et dans la double a. (b), toutes doivent avoir la 
m£me intensity que la note principale, par ex. : 



l^MM^^£g^ 



Execution : 



E^Spffpjp 



De m&ne, lorsque Ta. est plac£e devant Tune 
des notes d'un accord: 



s'execute : 

K 




byGoogle 



Appun, Georg-Adoust-Ionaz, n£ k Hanau le 
1** sept 1816, m. en cette ville le 14 janv. 1885; 
&£ve d*A. Andr6 et Schnyder von Wartensee 
(th£orie), de Suppus et Al Schmitt (piano), de 
Binck (orgue) et de Mangold (violoncello). A, 
poss£dait une culture musicale des plus va- 
rices, jouait de presque tous les instruments, et 
d£ploya, jusqu'en 1860 environ, une grande ac- 
tivity, comme maitre de th&me, de chant et 
d'inslruments divers, a Hanau et k Francfort 
s/M. II se voua ensuite, exclusive™ ent, k des 
travaux d'acoustique scientifique et k la con- 
struction de certains appareils de son invention* 
tel, rharmonium k £chelle de 96 k 53 degr&s 
(accord math&natique, fcf. Sox) etc. ; il entra 
ainsi en relations suivies avec les c&lebrit&s de 
la science :Helmholtz, von CEttingen, Engel, etc., 
et se fit une reputation fort honorable. 

April*, Giuseppe, c£tebre contr'alto et pro- 
fesseur de chant, n& a Bisceglia le 29 oct. 1788, 
m. k Martina en 1814; fut tet$ pendant plu- 
sieurs ann£es (k partir de 1763) sur diflferentes 
scenes d'opSra (Stuttgart, Milan, Florence, Na- 
ples) et v^cut ensuite k Naples, ou il se voua k 
l'enseignement A. fut £l£ve d'Avos et maitre de 
Cimarosa et de Manuel Garcia fils. On a cher- 
ch6 k faire d'A. deux personnages distincts, 
parce qu'en 1804 tin tenor de ce nom rempor- 
tait de grands triomphes k la Pergola de Flo- 
rence, mais cette supposition paralt jusqu'sk 
present peu fondle. La m£thode de chant (avec 
solteges) d'A. parut, en premier lieu, k Londres, 
chez Broderip : The Italian method of singing, 
with 36 solfegges. 

Aptommas, nom de deux fr£res, excellents 
harpistes, virtuoses et compositeurs pour leur 
instrument. L'un est n6 en 1826,1'autre, en 1829* 
k Bridgend ; tons deux vivent k Londres, oil 
Us enseignent la harpe. 

Arabes et Parses. La musique des A. et des 
P. a fait Vobjet d'une £tude monographique 
(1842) de R.-G. Kiesewetter. Les recherches de 
celui-ci prouvent que la culture musicale des 
A. £tait presque nulle avant l'islamisme, mais 
que, par contre, une p£riode d'art florissante 
s'ouvrit k la suite de la conqu&te de la Perse 
(vn« 8.), l'antique culture persane reprenant ra- 
cine, en quelque sorte, chez les conqu&rants. Le 
plus ancien £crivain musical est Chalil (m. en 
776 aprta J.-G.), qui composa un ouvrage sur 
les rythmes (m£trique) et un sur les sons. Au 
x* s., Alfarabi (v.cemot) chercha k acclimater 
dans son pays les theories grecques, mais sans 
succ£s. Ce n'est gu6re qu'au xrv« s. qu'apparais- 
sent les premiers £crivains de la Perse, alors 
que d£livr6 de Tempire des Turcomans (xi* au 
xm s.), ce pays passa aux Mongols, sous la 
domination desquels (Tamerlan) les arts et les 
sciences prirent un nouveau d£veloppement. 
Le fondateur de la nouvelle 6cole est, il est 
vrai, un Arabe, du nom de Ssaffieddin, dont 
Toeuvre principale : Schereffije est 6crite en lan- 
gue arabe. Mais on pent citer ensuite : Mah- 
moud Schirafi (m. en 1315), Mahmoud el Amoul 
(m. en 1340), et Abdolkadir Ben Isa (en langue 
perse). — Le systeme musical de tous ces 6cri- 



■_| 1 1 I ■.! I I I '_■ I 1 1 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



AB.Uk — ARBUTHNOT 



29 



vains, inaugure en Perse, sons la domination 
arabe, contient, sans aacun donte, les anolens 
elements arabes contre lesquels luttait d6j& 
Alfarabi. La caract&ristique de ce systeme est 
la division de l'octave en 17 parties (tiers de 
ton) ; si nous partons de Yut, comme son \ 
nous anrons — d'apres le monocorde d'Abdol- 
kadir — : 3 ri fy, 8 mi fy?, 4 ri, 5 mi t>, 6 fa fy, 
1 mi, 8 fa, 9 solfy, 10 laW,llsol,12 lab, 
13* W>, 14 la, losifr, lQutfy,llri?, \%ut\ 
c.-4-d., en laissant de c6t6 les differences abso- 
lument inappreciables et en remplacant certai- 
nes notes par lenrs enharmoniques : ut, ut $, 
ri, ri, ri Jf, mi, mt\fa, fa fl, soL sol, sol $, la, la, 

sify, si, %u, ut. Ce n'est point le hasard, sans 
doute,qui prodait dans ce systeme nnesi grande 
abondance de tierces majeures, quasi parfaites : 
utmi,ri fa #, mi sol #, fa la, sol si, la ut #, 

si fy ri, si ri ff (cf. Messel). Si nous conside- 
Tons la base solide et pratique de ce syst&me, 
nous admettrons sans peine que les douze to- 
nalites principales (Makamat), elablies par les 
theorieiens, ne sont que des theoremes ; la mu- 
sique pratique, en eflfet, ne construit pas des 
gammea, mais des melodies Voici les gammes 
de ces 12 tonalH6s (en prenant comme base le 
schema ci-dessus) : Uschak = ut, re,mi,fa, sol, 
la,si p, ut; Newa = td, ri, mify,fa, sol, lap, sty, 
ut; Buselik = ut, re fy, unify, fa, sol fy, la fy, si fy, 
u<;Bast = ut f ri,mi,fa,sol, U^sify.ut; Irak = 
ut, re, mi, fa, sol, sol jf, la, si, ut; Iszfahan = ut, 
ri, mi, fa, sd, la fy, ut ; Zirefkend = ut, ri, mify, 
fa,fa$> sot%,la, si,ut; Bttsttrg=:td, re, mi, 
fa,fa$, sol, la, s^ut ; Sengule = ut, ri, mi, fa, 
fajfhla n sify,tU; Rehawi = ut, ri fy, mi, fa, sol K 
lafy, si?,ut; Husseini= wt,r4 fy, m%fy,fa, solfy, 
la, fy, si P, ut( = Buselik); Hidschas =ut, ri fy, 
mi p,solP,la fy, si P, ut. — Au cours du xiv« s. 
d£j£, les Perses apprirent a connailre le sys- 
teme occidental de sept sons principaux et cinq 
sons interm&liaires, systeme qui s'introduisit 
surtout dans la pratique, tandis que, jusqu'& 
nos jours meme, les theorieiens conserverent 
leur theorie du « messel » (v. ce mot). 

L'instrument par excellence des A 6tait, se- 
lon Alfarabi, le luth (v. ce mot). Les A. l'avaient, 
an dire d'Scrivains arabes eux-memes, em- 
prnnt£ k la Perse, avaitf la periode de l'isla- 
misme ; les P., k leur tour, l'avaient sans doute 
adopts k Fepoque de leur domination en 
Bgypte (525 k 323 av. J.-C.), t. Egypte. Le tam- 
bourah 6tait un d6riv6 du luth, avec un man- 
die plus long, une table de resonance plus pe- 
tite et seaiement trois cordes accor^ees k 
l'unisson. Les ecrivains perses du xiv° s. par- 
lent encore d'instr. k cordes analogues k la ci- 
thare de nos jours : le hanoun (dont l'origine 
remonte apparemment au canon, au mono- 
corde grec), le tchenk et le nushet, ainsi que des 
instr. k archet : le kemantsche et le rebab (ru- 
beb), que Ton considere g£n6ralement comme 
les ancetres de nos instr. k archet modernes. 



Cependant, deux f aits semblent contredire cette 
assertion : la construction primitive de ces ins- 
truments rest£e la meme jusqu'A aujourd'hui 
(la table de resonance du kemantsche consiste 
en une peau de poisson tendue sur une moitiS 
de noix de coco, celle du rebab, en une sorte 
de caisse quadrangulaire, se retrecissani vers 
le haut), puis cette circonstance frappante que 
la ftdula (Fiedel, viola, vielle), est dej& connue 
des ecrivains occidentaux du ix« s., que les 
plus anciennes reproductions nous la montrent 
d6j& sous une forme tr6s d6velopp6e, tandis que 
les Orientaux ne mentionnent aucun instr. de 
ce genre avant le xrv« 8. — Les instr. k vent 
etaient de deux sortes principales : Ney (fltite k 
bee) et arganum (organum? sorte de corne- 
muse). Le nombre des noms d'instr. arabes- 
perses, employes par les diff^rents auteurs, est 
immense ; mais, comme il est facile de le prou- 
ver, plusieurs de ces noms d£signent un seul et 
meme instrument. Cf. Kibsewetter, Die Musik 
der A. und P., p. 90 et s. 

Araja, Francesco, compositeur d*operas, ita- 
lien, ni k Naples en 1700, m. k Bologne vers 
1770; fit repr&enter son premier ouvrage : 
Berenice, k Florence (1730), acquit rapidement 
une grande renommee et accompagna, en 1785, 
une troupe d'op6ra k St-P^tersbourg, od il 6cri- 
vit, avec succ^s, un assez grand nombre d f ope- 
ras italiens et russes. L'un d'eux, Ciphale et 
Procris (1755), est le premier opera 6crit sur un 
texte russe. A. revint en Italic en 1759, et le 
projetqu'il formait d'un nouveau voyage (1701) 
en Bussie, ichoua k la suite de l'assassinat de 
Pierre UT. On connatt, du meme auteur, un ora- 
torio de Noel. 

Aranda. 1. Matthieu de, musicien portugais, 
professeur de musique k l'universiti de Coim- 
bre (1544), 6crivit un Tratads de canto llano y 
contrapuncto per Matheo de A., maestro de la 
capilla de la Side Lixboa, etc, ( 1533). — 2. Del 
Sessa d'A., compositeur italien du xiv* s., ctt£ 
par M. Praetorius, qui semble en faire grand 
cas. Un volume de madrigaux k 4 voix, de sa 
composition, parut en 1571, chez Gardano, k 
Venise. 

Arauxo(Araiyo),FRANCi8Co-CoRRftAde,moine 
espagnol, de i'ordre des Dominicains, m. le 
13 janv. 1663, comme eveque de Segovie, B est 
Tauteur de Tientos y discursos musicos y fa~ 
cultad organica (1626), et Casos morales de la 
musica (manuscrit). 

Arbeau, Thoinot, pseudonyme de Jean Ta- 
bourot, official k Langres, vers la fin du xvi« s.; 
publia une Orchisographie, etc (1589 et 1596), 
curiosite litteraire dans laquelle la danse, Tart 
de jouer de la flute, du tambour, etc. sont en- 
seignes, sous la forme de dialogues, et au 
moyen d'une sorte de tablature. Gf. Chor£gra- 
phle. 

Arbitrio (ital.),. a suo a., c.-&-d. d'apres son 
bon plaisir, syn. de ad libitum. 

Arbuthnot, John, m^decin anglais, attache 
au service de la reine Anne (1709), m. le 27 fevr. 
1735; prit ouvertement parti pour Hamdel,lors 
des disputes qui s'eleverent entre le maltre et 



by K: 



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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



30 



ARC — ARENSKY 



les membres de sa troupe d*op6ra, et publia 
d*int£ressants details sur diverges personali- 
ty, dans ses Miscellaneous works. 

Arc., abr6v. pour arco, arcato. 

Arcadelt, Jakob (s'&srit aussi : Jacket Arha- 
delt, Archadet, Harcadelt, Arcadet), composi- 
teur n£erlandais remarquable, ne vers 1514, se 
rendit k Rome, oil il devint maitre de chant au 
parvisium de la chapelle pontificate (1539), puis 
chantre de cette chapelle (1540) et plus tard 
abb6 chamberlain (1544). A. suivit le due de 
Guise, en 1555, k Paris, oil nous le trouvons 
avec le titre de Musicus regius (1557). Parmi 
ses oeuvres, conserves en assez grand nombre, 
nous citerons en premier lieu 6 livres de ma- 
drigaux k 5 voix (1538-1556), — un genre dans 
lequel A. excella tout particuli&rement, — un vo- 
lume de Messes de 3 k 7 voix (1557) ; les mai- 
sons les plus r£put£es d'alors s*6taient char- 
gees de l'&dition de ses oeuvres : les Gardano, 
Scoto, k Venise, les Le Roy et Ballard, k Paris. 
En outre, les anthologies musicales contiennent 
un grand nombre de motets, de chansons, etc. 

Arcadians (Soci£t6 arcadienne, Accademia 
degli Arcadi), association d'artistes (pontes et 
musiciens) fondle k Rome, en 1690. Les mem- 
bres de 1'association portent, chacun, le nom 
d'un berger grec 

Arcais, Francesco, marquis d\ n6 k Gagliari 
le 15 d£a 1830, (Sardaigne), m. k Castel-Gan- 
dolfo le 15 aout 1890, pr&s Rome ; fut pendant de 
longues ann£es chroniqueur musical de YOpi- 
nione, Scrivait fort bien, mais reprSsentait mal- 
heureusement des tendances quelque peu ar- 
rives : il avait en horreur, non settlement 
Wagner, mais tout ce qui d^passait les limites 
de Top£ra italien du bon vieux temps. Lui- 
m£me s'essaya dans la composition, mais ses 
operas n f eureni aucun succ£s. II se fixa en der- 
nier lieu k Rome, oil il avait suivi YOpinione, 
dont le siege fut successivement k Turin, Flo- 
rence et Rome. 

Archadet, v. Arcadelt. 

Archambeau, Jean-Michel d', compositeur 
beige, n£ le 3 mars 1823, k Herv6 ; etait, k l'dge 
dt> 15 ans d£jA^ maitre de musique k P6cole de 
sa ville natale, fut nomm£ plus tard organiste a 
Petit-Rechain. A. a ecrit des Messes, des lita- 
nies, des motets, des romances et des morceaux 
de salon. 

Archer, Frederick, excellent organiste an- 
glais, n6 k Oxford le 16 juin 1838; etudia la 
musique k Londres et k Leipzig, fut d'abord di- 
recteur de musique, puis, k partir de 1881, orga- 
niste k Brooklyn (New- York). II a publte des 
ecritfl sur Torgue, des compositions pour son 
instrument, et r£dige, en outre, un journal de 
musique: The Key-Note, 

Archet (ital. arco, all. Bogen, angl. fiddle- 
stick), accessoire important servant a mettre en 
vibration les cordes des instruments dits a 
cordes frottees. L'a. se compose d'une baguette 
en bois tres dur (bois du Br&sil, bois de Fer- 
nambouc) sur laquelle est tendue une meche de 
crins de cheval; la tension de cette derniere, 
fixee d'une part a la pointe, de l'autre au talon, 



by \j 



iL 



\V 



peut 6tre r6gl6e au moyen d'un bouton et d'une 
vis k pression deplacant la hausse. Les indica- 
tions a punto d'arco (avec la pointe) et « avee 
le talon > sollicitent : la premiere un jeu parti- 
culi&rement 16ger, la seconde au contraire un 
jeu rude, fortement accentu&. Les diverses ma- 
nitres de se servir de l'a. sont connues sous le 
nom de coups d % archet (v. ce mot). 

Archi... et Arci..., employ^ comme pr^fixe, 
avec le nom des divers instruments anciens* 
servait k designer un module special de l'ins- 
trument, soit k cause de sa grandeur, soit a 
cause de son Vendue : par ex. articembalo* 
Tinstrument k six claviers, construit par Vin- 
centino, au xvi« s. (cet instrument avait une 
touche speciale et une corde speciale, pour cha- 
cun des sons des trois modes antiques — dia- 
tonique, chromatique, enharmonique — ) ; ar- 
chiluth (arciliuto, Erstaute); cf. Luth et 
Theorbe ; arciviola di lira, syn. de lirone, ac- 
cordo, lira da gamba, — la plus grande sorte 
de lyre (violes pourvues d'un grand nombre de 
cordes). 

Archytas, homme d'Etat et philosophe grec 
(pythagoricien), de 400 k 365 env. av. J.-C., k 
Tarente; remarquable math£maticien, le pre- 
mier, sans doute, dont les divisions de t£tra- 
cordes donnent pour la tierce le rapport 5 : 4 
(qui nous a 6t£ transmis par Ptolfrnee). R n'a 
£t6 conserve que des fragments de ses oeuvres. 
Arco (ital.), archet; coVCarco (abr.: c. arc.)* 
arcato, c-A-d. « avec l'archet », terme indiquant, 
apr&s un passage en pizsicatu le moment oil 
rinstrumentiste doit de nouveau se servir de 
l'archet. 

Arditi, 1. Mighklb, marquis d\ n6 k Persicca 
(Naples) le 29 sept 1745, m. le 23 avr. 1838 ; 
savant arch£ologue et compositeur, directeur du 
Musee Bourbon (1807), inspecteur general des 
fouilles dans le royaume de Naples (1817): 
ecrivit un op6ra : Olimpiade, ainsi que nombre- 
de cantates, d'airs et d\euvres instrumentales. 
— 2. Litkii, n6 k Crescentino (Verceil) le 2£ 
jail. 1822, 616ve da Conservatoire de Milan, vio- 
loniste ; fut chef d'orchestre a Verceil, Milan. 
Turin, puis k la Havane, k New- York, Constan- 
tinople et, enfin, k Londres, ou il dirigea pen- 
dant plusieurs annees Top^ra italien, et ou il 
v£cut d6s lors, se vouant a l'enseignement et k 
la composition. A. s'est fait connaitre principa- 
lement par une s£rie de danses chanties, dont 
11 bacio, entre autres, fit litt^ralement le tour du 
monde. II ecrivit aussi 3 operas et quelques 
oeuvres de musique instrumentale (fantaisies 
pour piano, Scherzo pour deux violons, etc). 

Arensky, Antoink, ne k Novgorod le 30 juiL 

1861, fit preuve, des son enfance, de disposi- 

| tions toutes speciales pour la musique, et ecri- 

I vit, k iMge de neuf ans dejd, un quatuor instru- 

; mental ; deux ans apr^s, son pere qui etait m£- 

decin k Novgorod, Tenvoya k St-Peterebourg- 

I ou il suivit les cours d*un gymnase classique^ 

puisentraau Consenatoin 1 (Johansen, Rimsky- 

Korsakow). Apr6s avoir obtenu, en 1882, la 

medaille d'or, il se fit remarquer bientot par 

une symphonic et un concerto de piano, et fut 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



ARfcTJNES — ARMINGAUD 



31 



nomm£ professeur de contrepoint au Conser- 
vatoire de Moscou (1888). A titer en outre, 
panni see oeuvres, deux operas : Un songe sur 
le Volga et Raphaet^el one certaine quantity de 
musique de chambre (trio avec piano, en ri 
min., etc). 

Arftines. Stllabbs a Nom donn6 parfois aux 
syUabes (ut, re, mi, fa, sol, la) adoptees par 
Guyd'Arezzo poor la solmisation. GL Solmisa- 
tion. 

Argine, Costantino dalT, n6 a Panne le 12 
mai 1842, m. a Milan le 1« mars 1877; 6tait, en 
Italie, on compositeur de ballets estim£, et fit 
ex£cuter aussi plusieurs op6ras. 

Anton (Aribo scholastigus), vers 1078, 6cri- 
Titun pr&cieux ouvrage de thSorie musicale, 
De nrnsica, sorte de commentaire des oeu- 
Tres de Guy d'Arezzo. Reproduit par Gerbert, 
Script. IL 

Aria (itaL), air, « lied >, melodie. 

Arienso, Nicola d', n6 a Naples le 24 d6c. 
1842, el£ve de V. Fioravanti, G. Moretti et Sav. 
Mereadante ; fit repr&enter a Naples, a l'age de 
19 ans, son premier opdra : La fidansaia del 
perucchiere, suivi, jusqu'en 1887, de huit au- 
tres, parmi lesquels La FigUa del Diavolo 
(1879), mal accueilli par la critique, qui le trou- 
va trop realiste et d'une original ite excessive. II 
ecrivit, en outre, plusieurs ouvertures et pu- 
blia, en 1879, un ouvrage th£orique : ■ L'in- 
troduction du systdme des t£tracordes dans 
la musique moderne », dans lequel il defend le 
principe de l'accord matb£matique des sons, 
contre celui de l'accord temp£r6 ; il cherche A 
etablir A c6t& de nos deux modes, majeur et 
nrineur, un troisienie mode avec la seconde mi- 
neure. Gf. Mineur. 

Arietta, c-a-d. petit air (v. ce mot). 

Arion, cbanteur de l'antiquite grecque, dont 
la 16gende se plut A agrfonenter la vie de faits 
merveilleux ; v£cut vers Tan 600 av. J.-C. 

Arioso (itaL), courte phrase m&odique surve- 
nant dans le cours ou A la fin d'un r£citatif. 
I /a. differe de l'air, parle fait qu'il n'a point de 
structure th£matique: on pourrait dire que 
c'est l^bauche d'un air, un moment lyrique de 
courte duree. 

Ariosti, Attilio, n£ a Bologne en 1660, com- 
positeur d'operas, autrefois fort en vogue, d6- 
buta a Venise, en 1686, avec 1'opera Dafne; 
Mtdt d'abord partisan d6elar6 de la mantere de 
Lnlli, mais imita plus tard celle d'Alessandro 
Scarlatti. En 1696, A. 6tait maitre de chapelle 
de la cour a Berlin ; il se rendit en 1716 a Lon- 
dres et y remporta, avec Buononcini, de nom- 
breux triomphes, jusqu'au jour ou ia gloire de 
Haendel, alors dans tout son 6clat, fit palir la 
leur. En 1728, A. publia, par souscription, un 
volume de cantates, afin cTam£liorer quelque 
pen sa situation financiers, puis il rentra a Bo- 
logne, sa ville natale. 

Aristide Quintilien, musicographe grec du i" 
aa n e s. apr&s J.-C.; son ouvrage : « De la mu- 
sique », a £te reproduit par Meibom (Antujuce 
musicce auctores septem, 1652). 

Ariston, instrument de musique automatique, 



by C^ 



t 



IC 



a anches et A soufilet Le mecanisme consiste en 
une serie de pet its leviers mis en mouvement 
par une feuille mobile de carton perfore, et 
permettant a l'air de faire vibrer au moment 
voulu une anche* d6termin£e. Une manivelle 
sert generalement a faire tourner le carton per- 
form, en m&me temps qu'elle actionne le soufilet 

Aristote, 1. philosophe grec, £16 ve de Platon, 
v6cut de 384 a 822 av. J.-G.; ses Merits ne con- 
tiennent que peu de cbose sur la musique, 
mais les renseignements qu'ils donnent sont de 
la plus grande importance pour ce qui concerne 
1' essence m&ne de la musique grecque. II faut 
citer particulierement le chapitre II des Pro- 
blemata, 6crit en forme de dialogue et ne trai- 
tant que de musique ; puis quelques cbapitres 
de la Politique et un ou deux passages de la 
Poitique. — 2. Pseudonyme d'un auteur ay ant 
6crit sur la musique proportionnelle, au xn» ou 
xm* s.; serait, d*apr£s divers indices, identique 
A l'auteur du traite faussement attribu6 a B6de 
le V6n6rable (vn« s.) et publid parmi les ceu- 
vres de ce dernier. 

Aristoxene, el£ve d* Aristote, le plus ancien 
et le plus important musicographe grec (si Ton 
fait abstraction des quelques apergus de Platon 
et d' Aristote), n6 en 854 env. av. J.-G. Seuls, 
parmi ses oeuvres, Les tttments harmoniques, 
nous sont parvenus en entier, tandis qu'il n'a 
6\& consent que des fragments des Elements 
rythmiques. Les deux oeuvres ont &t& pubises 
en grec et en allemand, avec commentaire cri- 
tique par M. Marquard (1868). M. Gh. Ruelle a 
donne, en 1871, une Etude sur Aristoxene, et 
une traduction des c Elements harmoniques ». 

Armbrust, Karl-F., excellent organiste-vir- 
tuose, n6 a Hambourg le 30 mars 1849, Sieve 
du Conservatoire de Stuttgart et particuliere- 
ment de Faisst, dont il epousa la fllle, en 1874 ; 
succSda A son p£re, Georg A., en 1869 d6ja, 
comme organiste de St-Pierre et directeur du 
« Bach-Verein », a Hambourg. II est, en outre, 
professeur d'orgue et de piano au conservatoire 
de cette ville et critique musical. 

Armbruster, Karl, chef d'orchestre et pia- 
niste, n^a Andernach-s'Rhin le 13 juil. 1846, 
eteve de Hompesch, a Gologne, se fit connaitre 
de bonne heure comme pianiste et se fixa a 
Londres en 1863. Admirateur enthousiaste de 
Wagner, il sut se creer rapidement une position 
trte en vue, parmi les partisans du progr£s mu- 
sical. II conduisit, en 1872, les representations 
de Tristan A t Coventgarden », fut nomme 
chef d'orchestre du. Theatre Royal, puis de 
t Haymarket » (1881), et prit part, comme se- 
cond chef, aux representations wagn£riennes 
organisees a Londres, en 1882 et 1884, sous la 
direction de Hans Richter. A, est actuellement 
chef d'orchestre au « Drury-Lane ». 

Armer la clef, c.-a-d. placer entre la clef et 
Tindication de la mesure, les di&ses ou les be- 
mols que comporte l'armure (v. ce mot). 

Armingaud, Jules, excellent violoniste, n£ a 
Bayonne le 3 mai 1820, s'etait forme dans sa 
ville natale et voulut, en 18JJ9, achever ses tHudes 
musicales au (iOnsenatoire de Paris, mais fut 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



32 



ARMONIE — ARNOLD 



refus6, comme Slant deja trop avanc£. Des lors 
il fit partie de l'orchestre de l'Op&ra ; il avait 
fond6, avec Lion Jacquard, Ed. Lalo et Mas, un 
qualuor a cordes qui jouissait d'une grande re- 
nomm£e et se transforma plus tard, sous le nom 
de SociiU dassique, par l'adjonction de quel- 
ques instr. k vent. A. a aussi publie quelques 
ceuvres pour violon- 

Armonie (Harmonie), nom donn& a un in- 
strument des mgn&riers du xn« et xin* 8., sans 
doute syn. de vieUe (organistrum, orgue de 
Barbarie) et de chifanie (symphonie). 

Armure, ensemble des dieses ou des bemols 
places au d£but d'un morceau ou d'une partie 
de morceau, entre la clef et Indication de me- 
sure, ayant pour effet de hausser ou d'abaisser 
d'un demi-ton toutes les notes correspondantes 
du morceau; les sons alt£r£s remplacent ainsi, 
sans aucune autre indication sp&ciale (acci- 
dents), les sons primitifs de l'6chelle fondamen- 
tale (ut,ri, mi, fa, sol, la, si). I/a. permet de 
nos jours de determiner la tonality mais non 
le mode de l'oeuvre, de telle sorte qu'on emploie 
la m&me armure pour une tonality majeure et 
pour sa relative mineure. Elle ne contient que 
tr&srarement des doubles-dieses ou des doubles- 
bemols, cependant le cas pent se presenter, par 
ex. dans le ton de sol Jf majeur (avec 6 $ et 
un X devant le fa), ou dans celui de ri ty mi- 
neur (avec 6 V, et un W devant le si) etc. Tant 
que les tonalitto d'6glise furent encore en usage 
(c-a-d. jusque fort avant dans le xvn* s.), Tem- 
ploi de Fa. fut des plus restreints et Ton trouve 
souvent ut mineur avec 2 t? (dorien) k la clef, 
ou encore si majeur avec 4 $ settlement Le 
xvi* s. ne connaissait du reste. en fait d'armure 
proprement dite, qu'un seul v ou un seul $ ; 
celui-ci indiquait la transposition de l'6chelle 
fondamentale k la quinte sup£rieure (Cantus 
durus), l'autre la transposition a la quinte in- 
terieure (Cantus mollis). Mais, de meme qu'au- 
jourd'hui avec un $ ou un i? la tonality peut 
Gtre aussi bien majeure que mineure, de m&me 
alors elle pouvait §tre aussi bien dorienne que 
phrygienne ou lydienne, mixolydienne ou 
6olienne, etc. (Cf. Tons d'6glise). Lorsque l'a. 
faisait difaut, les tons d'6glise conservaient leur 
position naturelle (Cantus naturalis). On ne 
trouve que tr6s exceptionnellement, dans le cou- 
rant du xvi« s., deux 1? a la clef (ce qu'on ap- 
pelait la transposition de la transposition); 
qu'on se garde bien d'interpr£ter dans ce sens 
et comme deux / difterents la presence du 
b£mol k la clef devant les deux si d'une m6me 



portie, p. ex. : 




; on rencontre aussi 



fr6quemment, en clef de sol, un V devant le fa, 
b6moi qu'il ne faut point s'imaginer devoir 



m 



appartenir au mi 

(Gf. CfflAVETTE). 

Arnaud, 1. Abb6 Francois, ne a Aubignan, pr&s 
Garpentras, le 27 juiL 1781, m. le 2 dec. 1784; 



by \j 



iL 



IC 



arriva en 1752 a Paris, devint, en 1765, abbe de 
Grandchamps, puis lecteur et biblioth6caire du 
comte de Provence et membre de I'Acad&me. 
A. a 6erit toute une sine de dissertations musi- 
cales que Ton trouve, pour la plupart, dans de 
plus grands ouvrages ; ses oeuvres completes, 
en trois volumes, ont 6t6 pubMes a Paris, en 
1808. G'&ait un cbaud partisan de Gluck; ses 
lettres, au sujet des riformes de ce dernier, sont 
contenues dans les Memoires pour servir a 
Fhistotre de la revolution operie dans la musi- 
que par M. Is chevalier Gluck. — 2. Jean- 
Etienne-Guillaume, n£ a Marseille le 16 mars 
1807, m. en cette ville, en janv. 1868, composi- 
teur favori de romances, dont la reputation 
s'&endit m£me quelque pen k l'Stranger. 

Arne. 1. Thomas-Augustine, n6 k Londres 
le 12 mars 1710, m. en la m&me viUe le 5 mars 
1778 ; Fun des compositeurs anglais les plus 
importants, auteur de la m£lodie du Rule Bri- 
tannia. Sa femme, Cecilia A., fille de l'orga- 
niste Young, 6tait c&ebre comme canlatrice 
dramatique, Sieve de GeminianL A. a ecrit eri- 
ron 80 operas, y compris la musique de plu- 
sieurs tragedies de Shakespeare et d'autres 
auteurs, deux oratorios (Abel, Judith), des lie- 
ders, glees, catchs, sonates pour piano, con- 
certs pour orgue, etc L'universitS d'Oxford lui 
avait conf£r6 le titre de D* honoris causa. — 
2. Michael, fils du pr£c6dent, n6 a Londres en 
1741, m. vers 1806 ; composa egalement quel- 
ques operas qui furent repr£sent£s avec suc- 
c£s, mais fut pris d'une idee fixe, vers 1770, el 
se fit construire un laboratoire a Chelsea, pour 
la recherche de la « pierre philosophale ». Apres 
s'dtre ainsi ruin6, il se voua de nouveau a la 
musique et ^crivit de 1778 a 1783, un certain 
nombre de petits ouvrages pour les theatres 
londoniens. 

Arneiro, Jos£;-Augusto-Ferreira-Veiga, vi- 
comte d y , compositeur portugais, n& k Macao, 
en Chine, le 22 nov. 1888, issu d'une famille no- 
ble de Portugal (sa m£re ^tait^d'origine sue- 
doise) ; ^tudia le droit a Coimbre, puis, a partir 
de 1859, rharmonie sous la direction de Manoel- 
Joaquim Botelho, le contrepoint et la fugue 
sous celle de Vicente Schira, le piano sous celle 
d' Antonio-Jos^ Soares ; il s'adonnait en m&me 
temps avec ardeur a la composition. A. donna, 
en 1866, au theatre San-Carlos, de Lisbonne, 
un ballet intitule Gina ; son ceuvre capitale est 
cependant un Te Deum, execute pour la pre- 
miere fois, en 1871, a l^glise St-Paul de Lis- 
bonne, et plus tard, a Paris, sous le titre alors 
tres r6pandu de « symphonie-cantate >. Le thea- 
tre San-Carlos representa encore, du m A me au- 
teur, deux operas : « L'^lixir de jeunssse » (1876) 
et La derelitta (1885), A. est eonsid^re comme 
le plus important des compositeurs portugais 
modern es. 

Arnold. 1. Georg, compositeur de musique 
d'^glise, au xvii* s. t n6 a Weldsberg (Tyrol) ; 
fut d'abord organiste a Innsbruck, puis orga- 
niste de l'^v^che de Bamberg, et publia, de 
1652 a 1676, des motets, des psaumes et deux 
livres de messes a 9 voix. — 2. Samuel, n6 a 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



ARNOULP — ARPEGGIO 



Londres le 10 aoftt 1740, m. le 22 oct. 1802; fut 
£lev$ dans la chapelle vocale de la cour, sous 
la direction de Gates et Nares, et recut, A 
peine £g6 de 23 ans, la commande d'un opera 
pour le « Coventgarden i : The maid of the mill 
fat represent*, en 1765, avec succ^s. 43 oeuvres 
th&Urales et 5 oratorios suivirent ce premier 
essai. En 1773, A. conquit le titre de D* mus. de 
ITniversitS d'Oxford ; il devint ensuite, et suc- 
cessivement, organiste et compositeur de la cha- 
pelle royale (1783), directeur de r « Academy of 
ancient music » (1789), organiste de Fabbaye de 
Westminster(1793). Parrai ses oeuvres, cellequi 
rendit le plus de services est peut-6tre la 
Cathedral music, anthologie de musique reli- 
gieuse des meilleurs maltres anglais (1790, 
4 vol), continuation de l'anthologie de mtone 
nom de Boyce, r&dit£e en 1847, par E.-F. Rim- 
bault. L'Sdition qu'il fit des oeuvres de Handel 
(1786 et suiv., 86 voL) n'est malhenreusement 
pas exempte d'erreurs.— 3. Johann-Gottfried, 
ne A Niedernhall pr£s Oehringen (Hohenlohe),le 
15 fevr. 1773, excellent violoncelliste et compo- 
siteur; 6tudia pendant longtemps aupr&sdes 
premiere maltres de son art (M. Willmann, 
B. Romberg) et fut nomm6, aprts de nombreu- 
ses tourn£es de concerts en Suisse et en Alle- 
magne, violoncelle-solo au theatre de Franc- 
fort-s/M., otx il mourut d£jA le 26 juil. 1806. A 
citer parmi ses oeuvres : 5 concertos pour vio- 
loncelle, 6 themes et variations pour violon- 
celle, une Symphonie concertante pour deux 
fltites et orchestre, etc — 4. Ignaz-Ernst-Fkr- 
MNAND,n6 a Erfurt le 4 avr. 1774, avocat en 
cette ville, m. le 13 oct. 1812; publia (1812 et 
suiv.) de courtes esquisses biographiques de 
Mozart, Haydn, Cherubini, Cimarosa, Paesiello, 
Dittersdorf, Zumsteeg, Winter et Himmel, qui, 
Annies en 2 volumes, para rent de nouveau en 
1816, sous le titre de Galerie der beriihmtesten 
Tbnkunstler des XVIIL u. XIX. Jahrhun- 
derts. En outre, il 6crivit un petit ouvrage inti- 
tule : Der angehende Mwihdirector, oder die 
Kunst ein Orchester zu bilden (1806). — 5. Karl, 
n$ A Neukirchen, pr£s Mergentheim, le 6 mars 
1794, m. A Christiania le 11 nov. 1878, fils de 
Johann-Gottfried A., aprte la mort duquel il fut 
elevS A Offenbach ; Aloys Schmitt, Vollweiler 
et J.-A. Andr6 furent ses maltres. Aprds avoir 
roenS une vie assez agitie, comme pianiste, il 
se fixa, en 1819, A St-Petersbourg, oh il 6pousa 
la cantatrice Henriette Kisting ; il alia ensuite, 
en 1824, A Berlin, en 1885, A Mflnster, et en 1849 
A Christiania, oil il avait &6 nomm£ directeur 
de la Socteta philharmonique et organiste de la 
cath6drale.H faut citer, parmi ses compositions, 
toute une s6rie d'ceuvres de musique de cham- 
bre (sextuor pour piano et cordes, sonates, 
fantaisies* variations), un opSra, lr&ne, donni A 
Berlin, en 1832, etc. Son fils Karl, n6 A St-P6- 
tersbourg, en 1820, Steve de M. Bohrer, est vio- 
loncelliste de la chapelle royale, A Stockholm.— 
6. Fmedrich-Wilhklm, n6 A Sontheim, pr&s 
Heilbronn,lel0 mars 1810, ra. AElberfeld le 13 
teyr. 1864, oh il 6tait marchand de musique; pu- 
blia dix livraisons de c chansons populaires », 



33 



WCnONXAIRB DE MUSIQUE. — 3 



>gle 



puis le Lochheimer Liederbuch, YArs organi- 
sandi,de Conrad Paumann (tous deux dans les 
Jahrbiicher de Chrysander), des morceaux de 
piano, des arrangements pour piano et vio- 
lon, des symphonies de Beethoven, etc. — 
7. Yourij von, n6 A St-P6tersbourg le 1«* nov. 
1811, son p£re Stant alors conseiller d'Etat; 6tu- 
dia les sciences sociales A rUniversitS de Dor- 
pat, entra, en 1831, dans l'arm^e russe et fit la 
guerre de Pologne, maisquitta FarmSe en 1838, 
pour se vouer enticement A la musique. A. 
composa des operas russes : La Bohtmienne 
(1853) et Stmtlana (1854, couronnS), puis des 
ouvertures, des lieder,des oeuvres chorales, etc.; 
il donna des conferences sur Thistoire musicale 
et Tacoustique et se fit connattre comme criti- 
que trSs s<W6re. De 1863 A 1868, vivant A Leipzig, 
il se fit l'ardent dSfenseur de la nouvelle 6cole alle- 
mande et r6digea un journal de musique qu'il 
avait fonde lui-mfime, Nomme, en 1870, profes- 
seur de th«kme de Tenseignement du chant, au 
Conservatoire de Moscou, il se fixa dans cette 
ville et publia, en 1878, un ouvrage intitute : 
Die alten Kirchenmodihistorick wnd akustisch 
enturickelt. — 8. Gustav, n6 A Altorf (Suisse) le 
1" sept. 1831 ; suivit les cours du Gvmnase de 
Lucerne, etudia la philosophie A l ; Universit6 
d'Insbruck puis A celle de Louvain, travaillant 
en m£me temps la musique et tout particulie- 
rement le piano. II s^journa successivement A 
Lancaster (Angleterre) ou il fut nomm6 orga- 
niste et maltre de chapelle (1850), puis A Man- 
chester, oh il se lia avec Charles Halle et 
occupa le poste d'organiste de la cath£drale de 
r£v£ch6 a Salford (1854). Enfin, en 1865, A. se 
fixa A Lucerne, apr£s avoir 6pous6 une An- 
glaise, et y dSploya une grande activity musi- 
cale. Maltre de musique dans les ecoles de 
l'Etat, directeur de la society c Ste-Cecile », de 
T « Harmonie », puis des concerts d'abonne- 
ment fond£s vers 1875, etc., il renonca petit A 
petit A toutes ces fonctions et se retira enti&re- 
ment, il y a quelques ann^es, de la vie ac- 
tive. Citons parmi ses (euvres : Siegesfeier 
der FreAeit (1886), Der Rutlischumr (1891), 
TeU-Cantate (1894), cantates pour chcpur d'hom- 
mes et orchestre, et de nombreuses composi- 
tions vocales de moindres dimensions. 

Arnoulf de St-Gilles (xv* s.), auteur d'un 
traite : De differentiis et generibus cantorum, 
reproduit par Gerbert (Script. III). 
Arpa (ital), harpe; arpanetta, v. Harpe. 
Arpdgement, v. Arpeggio. 
Arpeggio ou arpeggiato, autrement dit : « en 
mani^re de harpe », indication signifiant que 
les sons d'un accord ne doivent pas 6tre frap- 
p6s simultan^ment, mais l'un apr^s l'autre, 
comme sur la harpe (arpegSs, brisks). L'a. est 
indiquo soil par le mot lui-mGme, abr£g6 en 
arp. 9 soit par une ligne festonn^e, soit par un 
arc de cercle plac4 devant Faccord, soit encore 
par un trait transversal sur l'accord ou sur la 
queue des notes. Dans ce dernier cas, la direc- 
tion du trait indique la direction de Tarp&ge. 
Lorsque, dans la musique ancienne, Ta. est 
applique A une blanche ou une ronde, on arpftge 

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34 



ARPEGGIONE 



ARSIS 



generalement Faccord deux fois (en mouve- I c£e devant l'accord qui doit Hre arp£g£, est in- 
ment ascendant, puis descendant), ou plusieurs trod uite dans la.: 
fois dans le mfrne sens. Une appogiature, pla- | 



1. Dans la musique ancienne (Bach, Rameau, etc.): 
Execution : ^. Ex6c. : 



Execution: ; 




2. Dans la musique mode me : 

Execution : 



Execution : 






m 



Iffi 




3. Plus rarement 

du grave a l'aigu : 



de l'aigu au grave : 



**#**< 




Arpeggione (guitare-violoncelle), instr. k ar- 
chet, analogue k la gambe, construit en 3823 
par Slanfer k Vienne; F. Schubert 6crivit une 
sonate pour a. et Vine. Schuster une methode. 
Les six cordeB £taient accord^es de la mani&re 
suivante : mi ! , la *, re\ sol *, si *, mi 3 . 

Arpicprdo (Hal.) v. Harpsichord et Piano. 

Arquier, Joseph, compositeur d'op^ras fran- 
cais, n6 a Toulon en 1763, m. k Bordeaux en 
oct. 1816: £crivit 15 operas, parmi lesquels 6 
furent executes a Paris. A. devint, en 1798, chef 
d'orchestre du theatre des < Jeunes eleves •, k 
Paris ; il se rendit quelques annees plus tard, 
avec une troupe d'op^ra, k la Nouvelle-Orleans, 
mais revint en 1804 dejA, Fentreprise avant fait 
faillite. 

Arrangement, c.-a-d. adaptation d'une opuvre 
aux conditions techniques d'autres instruments 
que celui ou ceuxpour lesquels elle a etc ecrite; 
par ex., la reduction au piano d'une ceuvre 
orchestrate est un a., de meme la transcription 
pour orchestre (instrumentation, orchestration) 
d'une oeuvre de piano; on « arrange* pour 
piano k deux mains une composition a quatre 
mains, etc. Le contraire d'a. est • composition 
oriyinale ». 

Arriaga y Balsola, Juan-Crisostomo-Jacobo- 
Antonio, compositeur espagnol, ne k Bilbao le 
27 janv. 1806, m. k la fin de fevr. 1825; eleve 
de F&is, au Conservatoire de Paris (1821), puis 
repetiteur pour Fharmonie et le contrepoint au 
meme conservatoire (1824). A. promettait aussi 
beaucoup comme violoniste, mais une mort 



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prematuree brisa la glorieuse carrtere qui s'ou- 
vrait devant lui. Parmi ses a»uvres, 3 quatuors 
a cordes furent graves (1824). 

Arrieta, Don Juan-Emilio, compositeur espa- 
gnol, nh k Puente la Reina (Navarre) le 21 
oct 1823, m. k Madrid en fevr. 1894 ; el£ve, de 
1842 k 1845, du Conservatoire de Milan, ou il fit 
ex^cuter, pen apr6s, son premier opera : Ilde- 
yonda; renlra en Espagne en 1848, et fit repre- 
senter a Madrid un grand nombre (89 jusqu'en 
1888 !) d*op6ras et d'op^rettes (zarzuelas). A. % 
iiomme professeur de composition au Conser- 
vatoire de Madrid, en 1857, succeda plus tard a 
Eslava, comme conseiller aunrinist&re de l'ins- 
truction et directeur du Conservatoire (1875) : il 
conserva ce poste jusqu*& sa mort 

Arrigoni, Carlo, n6 k Florence, au commen- 
cement du xvin* s., excellent virtuose sur le 
luth, maitre de chapelle du prince de Carignan, 
fut appele k Londres en 1782, par les ennemis 
de Hsendel, dans le but de repousser celui-ci, 
avec Faide de Porpora ; comme on le pense, le 
plus grand des trois n'eut pas de peine k vain- 
cre les autres et A. dut bien vite plier bagage. 

Arrigo Tedesco (c.-&-d.« Henri i'Allemand»), 
nom que lesltaliens donnerent k Heinrich Isaac 
(v. ce nom). 

Arsis (grec), c.-&-d. Elevation, par opposition 
k thesis (abaissement) ; ces expressions ser- 
vaient a distinguer, chez les Grecs, les temps 
forts (accentues)des temps faibles (sans accent), 
de telle sorte que le temps fort s'appelait thesis 
et le temps faible a. — abaissement et £l£va- 

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ARTARIA. — ART6T 



35 



tioii du pied, dans la danse — . Les grammairiens 
latins da moyen Age inlervertirent Fordre des 
termes, donnant A a. le sens d'616vation de la 
voix (accented), A thesis celui d'abaissement de 
la voix (sans accent). C'est dans ce dernier sens 
que la metrique emploie aujourd'hui les deux 
termes, tandis qu'en musique. l'ancienne signi- 
fication a repris sa vfdeur, interpretSe comme 
afoaissement (thesis) et Ovation (arsis) de la 
main on da b&ton de mesure. Nous avons 
done: 



¥^£ 



m 



A. 


Th. A. 


Th. 


A. Th. 


A. 


Th. A. 



Metrique antique .... Th, 

Metrique du moyen dge / * 
Metrique moderne. . . . * 

Musiqne moderne .... Th. 

Artaria, maison de commerce viennoise trds 
reputee, fondle par Carlo A., comme etablisse- 
ment pour la rente et l'6dition d'objets d'art 
<1769), transformee plus tard en maison d'6di- 
tion musicale (1780) ; d6s le debut, les trois cou- 
sins Francesco, Ignazio et Pasquale A. entr6- 
rent comme associes. Une succursale, etablie A 
Mayence, fut abandonee en 1793 dej&, tandis 
■que deux fr£res de Pasquale, Domenico el Gio- 
vanni-Maria A., fondaient A Mannheim une 
maison similatre, a leur compte, sous la raison 
« Domenico A. » qui de^int plus tard, par suite 
de sa fusion avec la librairie Fontaine, « A. et 
Fontaine ». En 1798, la maison de Vienne s'ad- 
joignit deux nouveaux associes : Giovanni 
<^ppi et Tranquillo Mollo. Cependant, Cappi 
se retira en 1796 deja et sfc crea un propre fonds 
d^dition (plus tard : Tobias Ilaslinger), de 
ni&me, Mollo, en 1801 (plus tard : Diabelli). 
L n£ritier de la maison principale, Domenico A., 
beau-fils de Carlo, mourut en 1842: son fils 
Acoust est le proprietaire actuel. 

Arteaga, Stefano, jesuite espagnol, ne a Ma- 
drid, m. A Paris le 30 oct. 1799; serenditen 
Italie, lorsque Fordre dont il faisait partie fut 
<expuls& d'Espagne, et v^cut pendant plusieurs 
annees dans la maison du cardinal Albergati, A 
Bologne. II entra *alors en relations intimes 
avec le Pere Martini, qui l'encouragea vive- 
ment A ecrire son hisloire ceiebre de ]*op£ra en 
Italie. A. alia ensuite A Borne oft il se lia d'ami- 
tie avec Fambassadeur d*Espagne, Azara; il 
suivit ce dernier a Paris et mourut dans cette 
ville. Son ouvrage est intitule : Le rwoluzioni 
4el teatro musicale italiano (1783, puis, en- 
tierement revu, 1785, 3 vol.; ed. allemande par 
Forkel, 1789, 2 vol). Une ceuvre manuscrite 
sor la rythmique antique est perdue, ou du 
moins egar^e. 

Articulation, dans le langage : prononciation 
distincte de chaque syllabe, dans la musique: 
Amission des sons et leur enchalnement, au- 
trement dit le legato, le staccato et leurs de- 
rives (Cf. Toucher). La confusion ou seulement 
la distinction insuffisanie des deux tennes 
« articulation » et « phras^ologie » est TecueiL 
le plus redoutable A la juste solution des pro- 



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blemcs que comporte cette derniere. I/a. est 
avant tout quelque chose de purement techni- 
que, mecanique ; la phraseologie au contraire 
quelque chose d'abstrait, de transcendant. J'ar- 
ticule bien, si par ex., dans la phrase suivante 
(Brahms) : 




je lie les notes placees sous un m£me arc et si 
je separe bien la derni&re note de chaque 
groupe de la premiere du groupe suivant. Je 
phrase bien, si je comprends que justement la 
derni&re note du premier groupe forme un 
motif avec la premiere du second groupe, etc. : 




M=3:= 



(Cf. PHRASfeOLOGIE). 



»"^ 



M\ 



Artdt, nom ou surnom d'une famille de mu- 
siciens distingu£s, dont le nom veritable est 
Montagney ; l'ancetre de la branche musicale 
de cette famille est — 1. Maurice Montagnev, 
dit A., ne A Gray (Haute-Sadne) le 3 fevr. 1772, 
m. le 8 janv. 1829 ; chef de musique d'un regi- 
ment fran^ais, pendant la Revolution, se rendit 
ensuite a Bruxelles, oft il fut premier cor au 
theatre de la Monnaie et maltre de chapelle du 
couvent des Beguines. A. etait en outre excel- 
lent virtuose sur la guitare et le violon, ainsi 
(fue professeur de chant — 2. Jkax-Desire 
Montagnev (A.), fils du precedent, ne A Paris le 
23 sept. 1803, m. A St-Josse-ten-Noode (Bruxel- 
les) le 25 mars 1887, eieve de son p£re et son 
successeur au th&Mre de la Monnaie, premier 
cor du regiment des « Guides » (garde du corps). 
A. fut nomine, en 1843, professeur de cor au 
Conservatoire de Bruxelles, en 1849, premier 
cor de la chapelle particuli^re du roi; il fut pen- 
sionne en 1878. Un certain nombre de composi- 
tions pour son instrument (fantaisies, etudes, 
quatuors pour quatre cors chromatiques ou 
comets A piston) furent Mitres. — 3. Alexan- 
dre-Joseph Montagney (A.), frere du precedent, 
n6 A Bruxelles le 25 janv. 1815, m. A Ville- 
d'Avray,pres Paris,le 20 juil. 1845; eieve de son 
pere, puis de Snel a Bruxelles, et, de 1824 a 1831, 
de Rodolphe et d' August e Kreutzer au Conserva- 
toire de Paris, devint un excellent violoniste et, 
sans jamais accepter de poste fixe, parcourut 
en tous sens l'Europe et TAmerique (1843). II a 
publie diverses compositions pour violon (con- 
certo en la min., fantaisies, variations, etc.), 
tandis que des quatuors A cordes, un quintette 
avec piano et d'autres choses encore sont res- 
tees manuscrites. — 4. Maroueritk-Josephine- 
Desiree Montagney (A.), fille de Desire A., nee 
A Paris le 21 juU. 1835, pendant un voyage que 
firent ses parents ; eievede M m * Viardot-Garcia, 
de 1855 a 1857, chanta pour la premiere fois 
en public a Bruxelles, en 1857, dans diflcrents 

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36 



ARTUSI — ASIOLI 



concerts, puis fut engagee Fannee suivante, sur 
la recommandation de Meyerbeer, A i'Op£ra de 
Paris. Elle remporta d A s le debut d'eclatants 
succ A s. Cependant, au bout de peu temps, elle 
quitta Paris pour faire face A une foule d'enga- 
gements, daus les principales villes de Prance, 
de Belgique et de Hollande, puis elle partit 
pour lltalie oh elle desirait se perfectionner 
dans le chant italien. L'apogee de sa gloire date 
de son retour, alors qu'elle apparut A Berlin, en 
1859, dans la troupe d'op A ra italien de Lorini ; 
durant plusieurs ann£es elle chanta surtout en 
Allemagne, A Berlin principalement, fit en 1866 
une tournee en Russie, trouvant A cdt6 de cela le 
temps d'aller se faire entendre A Londres, A Co- 
penhague, etc. En 1866, A. £pousa le chanteur 
espagnol Padilla y Ramos (n6 A Murcie 
en 1842,#lfrve de Mabellini A Florence) qui, 
dou6 d'une fort belle voix de baryton, partagea 
d&s lors ses sncc&s. La voix de M» B A., mezzo- 
soprano sonore et vibrant de passion au d A but, 
devint par l' A tude, d'une grande etendue vers 
le haut, ce qui lui permit de s'attaquer aux 
plus grands roles de soprano dramatique. 

Artusi, Giovanni-Maria, chanoine du cou- 
vent de San-Salvatore A Bologne, vers 1600, 
publia : Arte del contrapunto (1586-1589, 2 par- 
ties ; 2' 6d. 1598) ; V Artusi, owero delle im- 
perfedoni detta modema musica (1600-1608, 
2 parties), ainsi que d'autres Merits de moindre 
importance (Considerazioni musically 1607,etc.) 
et un volume de chansons A 4 voix (1598). A. fut 
un excellent contrapontiste, mais ne sut jamais 
tirer parti des innovations d'un Monteverde ou 
d'un Guesaldo de Venosa, que dis-je, d'un N. 
Vincentino, d'un Cyprien de Rore, d'un A. Ga- 
brieli, etc.; ce fut une de ces natures, telles 
qu'on en rencontre toujours aux p A riodes de 
transition, devolution, aboutissant A la creation 
de nouvelles formes d'art. 

As (all.) = la V; asas = la W. 

Asantschewski , Michel d% compositeur 
russe, n6 A Moscou en 1888, m. le 24 janv. 1881, 
dans la m A me ville ; 6tudia la composition au 
Conservatoire de Leipzig, del861 A 1862, sous la 
direction de Hauptmann et de Richter, vScut de 
1866 A 1870 A Paris, n fit dans cette ville l'acqui- 
sition de la pr6cieuse biblioth&que d' Anders, 
qu'il donna, apr£s l'avoir r£unie AAb. sienne, au 
Conservatoire de St-P6tersbourg. En 1870, A. 
succ£dait A Zaremba, comme directeur de cette 
institution ; mais il se retira d6j& en 1876, et 
se voua jusqu'd sa mort A la composition 
(morceaux de piano, quatuors A cordes, ouver- 
tures). 

Aschenbrenner , Chbistian-Heinbich, n& A 
Altstettin le 29 d£c. 1654, m. A I6na le 18 d£c. 
1732 ; fut d'abord l'61dve de son p A re qui avait 
A t A maltre de chapelle A Wolfenbfittel, et 6tait 
alors directeur de musique de la ville d'Altstet- 
tin, travailla ensuite (1668) sous la direction de 
Theile A Mersebourg, puis sous celle de Schmel- 
zer, A Vienne. A. 6tait un excellent violoniste et 
remplit successivement, avec des intervalles 
pendant lesquels il retombait toujours dans la 
misere, les fonctions de premier violon A Zeitz 



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(1677-1681), A Mersebourg (1688-1690), directeur 
de musique du due de Saxe-Zeitz (1695-1718) et 
maitre de chapelle du due de Saxe-Mersebourg- 
(1718-1719). Puis il v&cut ensuite A lena, sans, 
poste fixe, d'une petite pension et du produit de 
quelques lemons qu'il 6tait oblige de donner, 
malgr& son grand Age. On n'a conserve de ses 
compositions que : Gast-jind Hochzeitsfreude 
bestehend in Sonaten, Prdludien, AUemanden r 
Couranten, BaUetten, Arien, Sarabanden mil 
drei 9 vier und fimfStimmen, nebst dem basso 
continuo (1673). 

Ascher, Joseph, n£ A Londres en 1881 de pa- 
rents allemands, m. le 20 juin 1869, dans la 
m A me ville; fut A l&ve de Moschel&s dans sa 
ville natale, puis au Conservatoire de Leipzig 
oh il avait suivi son maitre, en 1846. Trois an& 
plus tard, s'&ant rendu A Paris, il fut nomme 
pianiste de la cour de l'imp A ratrice Eugenie. 
Connu comme compositeur de musique 16g A re,. 
dite de salon. 

Ashton, Algernon, n6 A Durham en Angle- 
terre, le 9 d£c. 1859, fils d'un chantre de la ca- 
th A drale ; se retidit A Leipzig apr A s la mort de- 
son p&re (1863), fut 61 A ve du Conservatoire de 
cette ville (1875-1879), etudia encore, de 1880 A 
1881, aupris de Raff et sNHablit ensuite A Londres. 
oh il fut nomm A , en 1885, professeur de piano- 
au • Royal College of music ». A.' est un compo- 
siteur de talent (oeuvres chorales et orchestrates,, 
concerto de piano, musique de chambre, lieder 
et morceaux de piano [danses anglaises, A cos- 
saises et irlandaises]). 

Asioli, Bonifazio, ne A Correggio le 30 avr~ 
1769, m, en cette ville, le 18 mai 1832 ; fut trte 
pr£coce comme compositeur (on raconte qn'A 
YAge de huit ans, et sans avoir fait aucune- 
£tude de th A orie musicale, il avait compost trois 
Messes, toute une sSrie d'autres cpuvres de mu- 
sique d*6glise, etc.). Apr6s avoir etudie la com- 
position pendant quelques annees a Panne,, 
sous la direction de Morigi, il fut nomm& chef 
d'orchestre A Correggio. 11 se rendit, en 1787, A 
Turin od il v&cut, composant avec z£le, jusqu'en 
1796 ; il accompagna alors la marquise Gherar- 
dini A Venise, puis se fixa A Milan en 1799. 
Nomme, eu 1801, maitre de fchapelle du vice-roi 
d'ltalie et censeur (directeur des etudes) du 
Conservatoire, il conserva ses fonctions jus- 
qu'en 1813. II se retira alors dans sa ville na- 
tale et, pendant sept annees encore, se voua 
sans rel&che A la composition. A. a laisse un 
grand nombre de cantates, de Messes, de mo- 
tets, de chants A une ou deux voix avec piano, 
de concertos pour divers instruments ; des noc- 
turnes A 3-5 voix avec et sans accompagne- 
ment; 7 operas; un oratorio « Jacob », etc,, 
ainsi que quelques oeuvres thforiques : iVtn- 
cipi elementari di musica (1809, plusieurs fois 
r6£dites; ed. fran^aise en 1819); L'allievo at 
cembalo; Primi elementi per il canto; Ele- 
mentiper il contra&asso (1823); Trattato <Ear~ 
mania e d'accompagnamento ; Dialoghi sut 
trattato d'armonia (questionnaire avec r A pon- 
ses sur Tharmonie, 1814) ; Osservazioni sut 
temperamento proprio degli stromenti $ta- 

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ASOLA - 

Mi, etc.; Distngarmo suite osservazumi, etc.; 
enfln : II maestro di composizione (suite du 
IraJUalo cTarmonia, 1886). 

Asola, (Asula), Giovanni-Matteo, composi- 
leur Wcond de musique d'£glise, n£ k V6rone, 
m. k Veiiise le 1** oct 1609 ; Tun des premiers 
musiciens qui adopt£rent le basso continuo 
pour 1'accompagnement, a l'orgue, de la musi- 
<jue d'&glise. On a de cet auteur de nombreuses 
Messes, des psalmodies et deux livres de ma- 
-drigaux (1587, 1596). 

Aspa, Mario, f&cond compositeur d'operas, 
italien, n£ a Messine en 1806, m. en 1861 (?), 
lerivit 42 operas, parmi lesquels un surtout, 
II muratore di Napoli, jouissait d'une grande 
popularity. 

Aspiration, ornement ancien, actuellement 
hors d'usage, correspondant k la plique (v. ce 
not) qui, elle, est encore plus ancienne. L'a. 
^onsiste en l'intervention tr6s breve et k la fin 
de la valeur d'une note, delaseconde supfrrieure 
ou interieure : 

Execution : 



ATTAQUE 



37 



tfrrr+rm g r 5j 



u-+=?i 



C'est la definition que Rousseau donne de l'ac- 
-cent (Cf. Accent 2). 

Assai (itaL assez, passablement), terme ser- 
vant a renforcer one indication de mouvement 
ou de nuance, par ex.: allegro a., tout k fait vite. 

Assmayer, Ionaz, n6 k Salzbourg le 11 fevr. 
1790, m. k Vienne le 31 aout 1862; 616ve de 
Brunmayr et de M. Haydn, organiste de l'£glise 
St-Pierre k Saizbou*g (1808-1815), se rendit 
«n 1815 A Vienne ou il continuases Etudes mu- 
sicales sous la direction -d'Eybler. II fut nomm£ 
maitre de chapelle de Tlnstitut 6cossais (1824), 
organiste de la cour (1825), second chef d'or- 
chestre suppl&nentaire (1838), et enfin succes- 
seur de Weigl comme second chef d'orchestre 
de la cour (1846). Parmi 15 Messes, non sans 
valeur, une senle fut publtee; il ne panit de 
m6me qu'une petite partie de ses graduels, 
offertoires, etc. Les oratorios Saids Tod et David 
und Saul ont paru chez Haslinger (Vienne). 

Assoluto (ilal.) absolu ; primo uomo a., pre- 
mier rdle (chanteur). 

Assonance, proc6d£ usuel de l'ancfenne ver- 
sification, consistant dans le retour frequent 
<Tune m A me voyelle ou diphtongue. C'est l'a. k 
la fin du vers, ei appuy6e par une alliteration, 
qui est en somme l'origine de la rime dite riche. 
Cf. Alliteration. 

Astaritta, Grnnaro, compositeur d'opfras 
italien, n6 k Naples vers 1750, 6crivit de 1772 k 
1798 plus de vingt operas, la plupart pour les 
Ih&Ures de Naples. L'un d'eux, Circe ed Ulisse 
(1777) jouit d'une grande vogue et fut m&me 
donnA aussi en Allemagne. 

Attorga, EMANUBLEd', ne k Palerme le 11 d£c. 
1681, m. k Prague le 21 aout 1736; fils d'un no- 
ble sicilien decapit£ en 1701, k la suite d'une 
conjuration dont il avait fait partie. Une grande 



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dame s'occupa de l'enfant et le confia aux fibres 
du couvent espagnol d* Astorga, ou il eut l'occa- 
sion de dSvelopper ses facuites musicales, et, 
trois ans plus tard, lui procura le nom et le titre 
de baron d'A. D&s lors il rentra dans le monde 
et fut charge par la cour d'Espagne d'une mis- 
sion diplomatique aupr£s de la cour de Panne. 
Ses chants et sa voix lui attir&rent bientdt la fa- 
veur de chacun, k tel point que le due crut pru- 
dent, dans l'int£r6t de sa fille Elisabeth Farn&se, 
de charger le chanteur dangereux d'une mission 
diplomatique k Vienne. A. continua k mener 
une vie pleine d'aventures, retourna visiter sa 
protectrice en Espagne, parcourut le Portugal, 
I'ltalie (a l'exception de sa patrie qui devait lui 
rester ferm£e), l'Angleterre, revint a Vienne et 
passa les derniers temps de sa vie dans un 
couvent, k Prague. Les ceuvres d'A. se distin- 
guent par l'originalite de l'invention ; le charme, 
la simplicity, l*intensit6 du sentiment en sont 
les traits caract^ristiques. Un assez grand nom- 
bre de cantates (airs d6tach&8, avec piano), 
des duos, un opftra : Dafne, et, de toutes les 
amvres, la plus connue, un Stabat mater k 
quatre voix avec accompagnement instrumen- 
tal sont parvenus jusqu'd nous. 

Attacca (ital.), indication fr6quente lors d'un 
changement de mouvement on entre deux par- 
ties d'une mdme oeuvre ; a. signifie que l'ex^cu- 
tant doit prendre subitement le nouveau mou- 
vement, ou continuer apres un tr£s court silence 
seulement. 

Attaignant (Attainonant, Atteiqnant, lati- 
nise : Atttngens) Pierre, le plus ancien impri- 
meur de musique parisien qui se soit servi de 
caracteres mobiles (Ct Petrucgi); les caract&- 
res d'A., gracieux et nettement dessin&s, sortent 
de la fabrique de Pierre Hautin (v. ce nom) qui 
livra ses premiers poingons en 1525. A. tra- 
vailla de 1526 k 1550 el imprima entre autres 
20 livres de motets; il publia plus particuli&re- 
ment les ceuvres d'auteurs frangais, ce qui rend 
ses impressions d'autant plus int£ressantes ; 
celles-ci, malheureusement, sont devenues tr&s 
rares. 

Attaque. 1. Dans le jeu de certains instr. k 
vent (ceux dont 1-instrumentiste n'introduil pas 
l'embouchure dans sa bouche, mais se contente 
de la mettre en contact avec ses l&vres), la po- 
sition des l&vres que necessite la formation du 
son. L'a. est tout autre pour la flute que pour 
les instr. de cuivre, dans le jeu desquels les li- 
vres remplissent le r<Me de languette et l'a., par 
consequent, doit varier infiniment suivant le 
degri d'616vation du son que Ton veut pro- 
duire. — 2. Dans le chant, le moyen dont on se 
sert pour mettre en vibration les cordes voca- 
les ; il y a deux sortes d'a. : 1° l'a. par le coupde 
glotte, dans laquelle, au moyen de Fair accu- 
mul& derrtere la glotte et du pincement de 
celle-ci, chaque son est immSdiatement precede 
d'un 16ger coup dont 1'effet est analogue k celui 
d f une consonne explosive tr^s att£nu£e, l'aleph 
desH^breux; 2° l'a. par ejepiration, dans la- 
quelle la glotte entr'ouverte laisse passer avant 
chaque son un l£ger souffle (spiritus lenis). 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



38 



ATTBNHOFER — AUBER 



Atteshofer, Karl, 116 A Weltingen pr£s Baden 
(Suisse) le 5 inai 1887, flls d'un hdtelier; 6teve 
de Dan. Elster (mattre de musique au semi- 
naire de Baden) et de Kurz A NeuchAtel, puis 
de Kichler, Papperitz, Dreyschock, R6ntgen et 
Schleinitz an (kmservatoire de Leipzig (1857- 
1858), fut nomme. maitre de chant et de musique 
A Muri (Argovie) en 1859. Qnatre ans pins tard 
il accepta la place de directeur d'nn cboeur 
d*hommes A Rapperswyl et se fit si avantageu- 
sement connaltre A la fdte federate de chant de 
1866, qn'on lai offrit simuluinement la direc- 
tion de trois societ£s zurichoises ( c Zurich *, 
« Studentengesangverein », « Aussersihl » ). H se 
flxa A Zurich en 1867 et dirigea mAme pendant 
nombre d'annees plusieurs societes des villes 
voisines ( Winterlhour, Neumunster, etc.). 
Nomme en 1879 organiste et maitre de chapel le 
de 1'eglise des Augustins a Zurich, il abandonna 
r&cemment ces fonctiona, conservant parcontre 
celles de maitre de musique a l'Ecole de jeunes 
fillea et de professeur de la methode du chant 
& l'Ecole de musique. A. est un des composi- 
teurs les plus populaires de la Suisse alle- 
mande, grace surtout a ses omvres pour chceur 
d'hommes avec ou sans accompagnement; il a 
Acrit ausai nombre de chopurs mixtes, et de 
choBurs pour voix de femmes, des chansons 
d'enfants, des lieder, 8 Messes (avec orgue), des 
morceaux de piano et des etudes faciles pour 
le violon. 

Attrup, Karl, compositeur et organiste da- 
nois, n£ A Copenhague le 4 mars 1848, eteve de 
Gade et successeur de son maitre, en 1800, 
comme professeur d'orgue au Conservatoire de 
Copenhague; fut nomm£ en 1871 organiste de 
1'eglise St-Frederic, en 1874 organiste de 1'eglise 
du St-Sauveur et professeur d'orgue a l'lnstitut 
des aveugles. A. a public des (euvres pedago- 
giques de valeur pour orgue, des lieder, etc. 

AUwood, Thomas, ne. A Londres le 23 nov. 
1765, m.en son domaine de Gheyne Walk pres 
Chelsea le 24 mars 1888; entra k Ykge de neuf 
ans comme enfant de chceur dans la Chapelle 
vocale du roi, y req ut des lemons de musique de 
Nares et Ayrton, et se fit remarquer bien vile du 
prince de Oalles qui Tenvoya terminer son 
Education en Italie. 11 etudia a. Naples, de 1783 
A 1784, aupres de Filippo Cinque et de Gaetano 
Latilla, puis A Vlenne aupres de Mozart qui 
estimait fort son talent; de retour en Angle- 
terrc (1787), il ne tarda pas A remplir di verses 
fonctions. A. devint organiste de St-Paul et 
compositeur de la Charlie vocale (1795), orga- 
niste de la chapelle privee du roi Georges IV A 
Brighton (1821), puis organiste de la Chapelle 
vocale (185*1). GrAce aux relations qu'il entre- 
tint avec Mozart et Mendelssohn, A. est en 
quelque sorte un intermediaire entre ces deux 
natures musicales. On peut diviser son activite 
de compositeur en deux periodes : la premiere 
consacree plus particulierement A l'opera, la 
seconde A la musique d'eglise. II travailla sans 
cesse et le success recompensa du reste son zele 
(IN operas, un grand nombre d'anthems, de 
services et d'autres chants, des senates pour 



by \j 



iL 



\V 



piano, etc). A. compte parmi les compositeurs 
les plus important* de l'Angleterre. 

Aubade(du provengal alba, aujourd'hui aube) r 
chant — du matin — auquel les troubadours don- 
naient comme sujet la separation des amants 
au lever du jour, antrement dit, le contraire de 
serenade. De mftme que pour celle-ci, le nom de 
l'a. a passe, comme titre de morceaux de musi- 
que instrumentale (surtout au xvm« s.). 

Auber, Daniel-Fran^ois-Esprit, ne A Caen 
(Normandie) le 29 janv. 1782, m. A Paris le 12/1& 
mai 1871, pendant la Commune. Cf. Daniel. Les 
parents d'A., Normands d'origine, avaient £lu 
domicile A Paris ; le pexe, oflicier des chasses- 
du roi, etait peintre, chanteur et violoniste 
amateur, c'est seulement apr£s la Revolution 
qu'il semble avoir entrepris un commerce d'ob- 
jets d'art (estampes, etc.); le grand-pdre £tait 
meme « peintre du roi ». A. est done issu non 
pas d'une famille de commergants, mais d'une 
famille d*artistes. Tout enfant, A l'Age de onze 
ans dejA, il exrivait des romances qui faisaient 
le tour des salons du Directoire. Son p6fe, qui 
le destinait A la carrtere commerciale, l'envoya 
en Angleterre, mais A. revint, en 1804, plus ma- 
sicien qu'il n'£tait parti. Reeu membre de la 
society des < Enfants d'Apollon » (1806), dont 
faisait aussi partie son pere, nous le trouvons 
alors dejA d^signe sous le nom de « composi- 
teur ». Cependant, ce n'est qu'en 1812 qu'il 
aborda le genre auquel il devait vouer toute sa 
vie : la musique scenique; il Acrivit la mu- 
sique d'un vieux libretto, intitule Julie, pour un 
theatre d'amateurs n'ayant A sa disposition 
qu'un orchestre A cordes tr&s peu nombreux. 
Cherubini, qui assistait A l'audition, sut, malgr& 
la d^fecluoeite de Tex^cution et la pauvret^ des 
moyens, reconnaftre le talent extraordinaire de 
1'auteur, et engagea celui-ci A se livrer A de se- 
rieuses etudes de composition, sous sa direc- 
tion. Des lors l'aimable talent d'A. se d&veloppa 
rapidement et parvint sans peine A maturity 
line Messe, dont un fragment devint plus tard 
la pri&re de la « Muette », fut suivie de pr&s par 
le premier opera, execute publiquement, de 
1'auteur : Le sijour mUitaire (thMtre Feydeau^ 
1818): mais celui-ci, comme le snivant du reste: 
Le testament et les billets doux (1819), ne rem- 
porta qu'un demi-succes. Par contre, en 1820^ 
La bergtre chatelaine parvint A lui concilier 
les faveurs de la critique et, A partir de cette 
epoque, la reputation d'A. s*affermit de phis en 
plus. On voit se succeder, apr£s Emma ou la 
l*romesse imprudente (1821), toute une serie 
d'operas pour la plupart desquels Scribe, de* 
venu Tami d'A., fournit le libretto : Leicester 
(1822); La neige (ou Le nonvel Eginhardy 1828); 
Vendome en Espagne (en collaboration avec 
Herold, 182tf>; Les trois genres (avec Boieldieu* 
1824): Le concert a la cour (1824): Uocadie 
(1824): Le ma^on (1825). Cette demtere oeuvre 
marque un pas decisif dans la carriere de 1'au- 
teur et nous montre en lui le principal repre- 
sentant de fopera-comique ; les qualites bien 
j francaises d'A., la grAce, le charme, la l^gert i t^ 
j ne se retrouvent A un si haut degre que cher 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



AUBERT — AUDRAN 



39 



Boleldieu. Dans un seal de ses outrages ( « La 
Neige »), A., convaincu sans doute que entail le 
seul moyen de parvenir an succes, se rattacha 
a l'^cole rossinienne et fit un usage surabon- 
dant des vocalises ; dans le < Macon », rien de 
pareil, mais au contraire des melodies toujour** 
fralches, joyeuses et d£barrass6es de tout atti- 
raii inutile et du reste non national. Apres deux 
ouvrages de moindres dimensions : Le Timide 
et Fiorella (tous deux en 1826), paint le pre- 
mier € grand-opera » d'A., ainsi parvenu A l'a- 
pogee de sa gloire : La Muette de Portid (1828;, 
la premiere des trois oeuvres qui, se succ£dant 
rapidement,ameu^rent une transformation com- 
plete du repertoire de TOpira (les deux autres 
sont : c Guillauine Tell >, de Rossini, en 185$ et 
€ Robert le diable » de Meyerbeer, en 1831). Le 
maitre de l'opera-comique fit preuve ici d'une 
grandeur de conception, d'une puissance dra- 
matique, d'une vie, d'une passion dont on ne 
l'eut point cru capable et qui du reste, en reality 
ne s'accordaient gu&re avec son temperament 
naturel. Le sujel de l'oeuvre est en rapport im- 
mediat avec l'etat de fermentation dans lequel 
etaient alors les esprits, et la « Muette » acquit 
m£me une certaine importance historique par 
le fait que son execution a Bruxelles, en 1890, 
fut le signal des troubles qui se termin&rent par 
la separation de la Belgique et de la Hollande. 
Vinrent ensuite : La Fiancte (1829), morceau 
de genre bourgeois comme le c Macon », puis, 
en 1830, Fra Diavolo ou YHotellerie de Terra- 
cine, flpuvre plus 616gante, l*op£ra le plus popu- 
iaire d*A., tant en France qu'a retranger. A. 
parvint a se maintenir pendant bon nombre 
ffannees encore a la hauteur de sa situation, et 
donna successivement : Le dim et la bayadere 
(1831); de m£me que la € Muette » avec un 
personnage principal muet, — un mime ); La 
marquise de Brinvilliers (1831), en collabora- 
tion avec huit autres compositeurs : Batton, 
Berton, Bhtngini, Boleldieu, Carafa, Cherubini, 
Harold et Paer); Le philtre (1831); Le serment 
(18-12) ; Gustave III (ou le « Bal masque •, 1833) ; 
Lestocq (1834); Le cheval de bronze (1835; trans- 
forme en grand ballet : 1857); Action, Les cha- 
jterans blancs, Vambassadrice (18%); Le Do- 
mino noir (1887); Le lac des Fdes (1839); Les 
diamants de la couronne (1841); Le due d'O- 
lonne (1842); La i>art du diable (1843); La Si- 
rine (1844); La barcarolle (1845) ; Haydte (1847;. 
Les derni&es oeuvres d'A. sont sensiblement 
plus faibles que les precedentes et portent les 
traces indeniables de l'&ge avance de leur 
auteur. Cetai-ci ecrivit encore : L'enfant prodi- 
gue (1850); Zerline ou la Corbeille (T Orange, 
(1851); Marco Spada (1852; transforms en 
ballet : 1857); Manon Lescaut (1855); Jenny 
BeU (1856); Magenta (1850); La Circassienne 
(1861); La fiancie du roi de Garbe (1864); Le 
premier four de bonheur (1868) ; Reve d' amour 
(1869); et quelques cantates de circonstance. 
Dans les derniers jours de sa vie, il composa 
plusieurs quatuors a cordes encore inedits. A. 
avail succ^de A Gossec, en 1829, comme mem- 
bre de l'Academie; nomme directeur du Con- 



by \J 



iL 



IC 



servatoire, en 1842, apr£s la moil de Cherubini, 
il recut en outre de Napoleon m, en 1857, le 
titre de maitre de chapelle de la cour impMale. 

Aubert, 1. Jacques, illustre violoniste, ne en 
1678, m. a Belleville pies Paris le 19 mai 17o3, 
membre de l'orchestre de l'Op&ra et des Con- 
certs spirituels, puis chef des premiers violons 
du m6me orchestre et surintendant de la mu- 
sique du due de Bourbon (1748) ; edila 3 livres 
de sonates pour vioion avec basse (l er livre, en 
1719) et ecrivit, de 1718 a 1746, six ballets pour 
l'Opera. —2. Son tils Louis, ne en 1720, fut, a 
l'&ge de onze ans deja, violoniste a l'Opera, 
puis succeda A son p^re comme chef des pre- 
miers violons (1755) et se retira en 1771. — 
3. Pierre-Franoois-Olivier, ne A Amiens en 
1763, m. vers 1830; violoncelliste remarquable, 
fut pendant vingt-cinq ans membre de l'or- 
chestre de rOp£ra-Comique. On a de lui, outre 
une quantity de morceaux pour son instrument, 
deux methodes de violoncelle, et un essai histo- 
rique sans grande valeur : Histoire abrigie de 
la musique..... (Paris, 1827). 

Aublry du Boulley, Prudent-Louis, compo- 
siteur francais, ne A Verneuil (Eure) le 9 d£c. 
1796, m. en cette ville, en fevr. 1870; eieve de 
Momigny, MShul et Cherubini, au Conserva- 
toire de Paris (jusqu'en 1815). Le nombre de ses 
oeuvres est considerable (156 num6ros); on con- 
nait entre autres toute une s£rie de morceaux 
de musique de chambre (avec piano, vioion, 
flute, alto, etc.) dans lesquels la guitare fait une 
partie. A. semble avoir eu, du reste, une prefe- 
rence marquee pour cet instrument II existe 
aussi du m&me auteur une Grammatre must- 
cale (1830). 

Audiphone, nom donne par Greydon et 
Rhodes (Am^rique) a un appareil de leur in- 
vention, dont le but est de remplacer l'activite 
des nerfs auditifs par celles des nerfs dentaires, 
au moyen de la transmission de vibrations 
mol6culaires aux dents elles-memes. 

Audran, 1. Mariub-Pierre, chanteur distingue* 
nh A Aix (Provence) le 26 sept 1816, ra. A Mar- 
seille le 9 janv. 1887; eieve d'Arnaud, puis du 
Conservatoire de Paris oil il ne put cependunt, 
malgre les revers de fortune de ses parents, 
obtenir une bourse (Cherubini et Leborne 
Etaient d'avis qu'il manquait de talent), en sorte 
qu'Arnaud le reprit comme eieve et acheva son 
Education musicale. Sept ans plus tard, A. qui, 
sur ces entrefaites, avait remporte des succes a 
Marseille, Bruxelles, Bordeaux et Lyon, etait 
engage comme premier tenor a FOpera-Comi- 
que de Paris, soliste des Concerts du Conserva- 
toire et membre du jury du Conservatoire. A. 
mena a partir de 1852 une vie assez agitee, 
acceptant des engagements divers et faisant 
des tournees, puis, en 1861, il se fixa a Marseille 
od il fut nomme, en m^me temps que profes- 
seur de chant, directeur du Conservatoire (1868). 
H a ecrit un certain nombre d'agreables ro- 
mances. — 2. Edmond, Ills du precedent, ne a 
Lyon le 11 avr. 1842; fit ses etudes musicales a 
l'ecole de musique religieuse fondee a Paris 
par Niedermeyer, puis s'etablit en m£me temps 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



40 



AUER — AUTOMATIQUES 



que bod p£re, en 1861, A Marseille ou il fut 
nomme maitre de chapelle de St -Joseph. Outre 
une Messe (1878), etc., A. a fait ex^cuter, tant A 
Paris qu'gn province, un grand nombre d'op£ras 
et d'op^rettes, panni lesquels pe Grand Mogol 
(1877), la Mascotte (1880), etc., et plus r6cem- 
ment la Cigale et la Fourmi f Gillette de Xar- 
bonne, Miss Helyett, La duehesse de Ferrate 
(1895) qui tous parurent chez Choudens, A 
Paris. 11 vit A Paris depuis 1877, s'adonnant 
exclusivement a la composition d'oeuvres le- 
geres. 

Auer, Leopold, n£ A Veszprim (Hongrie) le 
38 mai 1845, el A ve des Conservatoires de Pesth 
(Ridley Kohne), puis de Vienne (Dont, 1857- 
1858) et enfln de Joachim a Berlin; Fun des 
plus distingues violonistes contemporains. II fut 
successivement violon-solo a Dusseldorf (1863), 
A Hambourg (1866) et, k partir de 1868, violo- 
niste de Tempereur a St-P£tersbourg, ou il rem- 
plit en m A me temps les fonctions de profes- 
seur de violon au Conservatoire. 

Auflflsungaieichen (all.) = becarre, ll. 

Augener et C le , importante maison d'edition 
anglaise, fondle par Georg Augener, en 1853; 
il ne s f agissait primitivement que d'un d£pdt de 
certaines maisons allemandes ( G.-F. Peters en 
particulier), mais A. lan^a, en 1867, une Augener s 
iWtYion. Celle-ciprit rapidement une tr&s grande 
extension, A tel point ni6me qu'elle s'etendit r6- 
cemment, et sur une grande £chelle, aux ouvra- 
ges th&mques (Prout, Riemann, etc.). A. ont 
leur propre atelier de gravure et leur propre 
imprimerie, cette dernidre sous la direction de 
William A., fils de 6. A. L'edition comprend 
d'excellentes collections de classiques revues 
par Ernst Pauer, La m&me maison 6dite aussi, 
depuis 1871, un journal de musique : Monthly 
Musical Record (collaborateurs : E. Prout, Fr. 
Niecks, E. Pauer, D p Shedlock, etc.). 

Augmentation, 1. Prolongation de dur£e de 
chacune des notes d*un th^me, dans la fugue 
ou dans un fragment contrapontique quelcon- 
que (Cf. Diminution 1.). — 2. Dans la musique 
proportionnelle, le contraire de diminution (v. 
ce mot 2.), c-dL-d. dans la r A gie, le simple r A ta- 
blissement de la valeur normale des notes. Cf. 
Proportion. 

Augustin (St-A., Aurelius Augustinus), p&re 
de FEglise, ni A Tagaste (Numidie) le 13 nov. 
354, m. A Hippo (auj. Bone, en Alg&rie) le 28 
aoftt 480, alors qu'il 6tait A v6que de cette ville. 
Les oeuvres de St-A. conliennent de pr£cieux 
renseignements sur l'etat de la musique dans 
FEglise primitive, et tout particuli&rement sur 
ce qu'on appelle le « chant ambrosien ». St-A. 
fut baptise en 387 par St-Ambroise lui-m6me et 
fut d^s lors intimement li A avec lui. D a aussi 
&crit un ouvrage De musica, mais n'y traite que 
de m A trique. 

Aulos, instr. A vent de la Gr&ce antique, ana- 
logue, A ce qu'il paralt, a la flute A bee (v. Flute) 
qui fut si r A pandue jusque vers le milieu du 
si&cle passe. Le joueur d'a. s'appelait « auletes*, 
d'ou le mot c aukHique * qui signifie le jeu de la 
flute ; on d A signe par contre sous le nom d' « au- 



bydC 



ie 



lodie », le chant avec accompagnement de flute. 
I/a. A tait conslruit dans diverses tonalites et de 
diverses grandeurs, correspondant aux princi- 
paux registres de la voix humaine'. 

Aurilien de R6om6 (Aurelianus Reomensis), 
moine de R6om A (Moutier de St-Jean, pres 
Langres) au ix« s., a £crit un traits de tb£orie 
musicale, De musicce discipline^ reproduit par 
Gerbert (Script. I). 

Auspitx-Kolar, Augusta, n£e A Prague en 
1843, m. le 23 aout 1878, fllle du trag A dien et 
auteur dramatique J.-G. Kolar, avail £pous£ en 
1865 H. Auspitz, A Prague. A. fut une exceilente 
pianlste, A leve de Smetana, plus tard de J. 
Proksch et enfln de M m « Clauss-Szarvady A 
Paris; elle publia aussi quelques compositions 
pour le piano. 

Auteri-Manxocchi, Salvatore, compositeur 
italien, n A A Palerme le 25 dec. 1845, ecrivit les 
operas suivants : Dolores (execute pour la pre- 
miere fois A la Pergola de Florence en 1875^ 
puis a Milan, Palerme, etc.), II negriero (1878), 
Stella (1880) et 11 Conte di Gleichen (1887). 

Authentique, v. Tons d'eguse. 

Auto (esp., « acte > ) d&signe en Espagne tout 
acte publique ou judiciaire (par ex. A. da Fe\ 
c.-d-d. actus fidei, acte de foi), mais plus sp6- 
cialement encore des representations dramati- 
ques de Thistoire biblique, des myst£res (Autos 
sacramentales) dont la musique n*£tait point 
exclue. Les plus grands poetes espagnols (Lope 
de Vega, Calderon) ont A crit des a., mais, en 
1765, ceux-ci furent frappta d'interdiction par 
le roi Charles UL 

Automatiques, Instr. de musique a. (m A ca- 
niques), c-i-d. des appareils permettant d'ex A - 
cuter divers morceaux de musique A Faide de 
moyens purement m£caniques (manivelle, res- 
sort) et n'exigeant par consequent aucune cul- 
ture musicale de Fexecutant. On distingue, 
suivantle system e moteur:a) des instr. A ressort 
ou A poids ; b) des instr. A manivelle ; suivant 
la mati A re sonore ; c) des instr. A cloches, clo- 
chettes, lames d'acier ou cordes ; d) des instr. 
avec tuyaux A bouche ou A ancbe. Tous les an- 
ciens instr: a., de quelque esp£ce qu'ils soient, 
ont:e)un rouleau de m A tal coupill£, comme in- 
term&diaire entre le systdme moteur et la ma- 
ture sonore; il y a quelques ann£es settlement 
que le rouleau fut remplac£ par : f ) une feuille 
de carton ou de m A tal perfore. Dans les caril- 
lons, qui sont peut-6tre les plus anciens instr. 
a., les coupilles du rouleau soulivent les mar- 
teaux et ceux-ci, retombant imm^diatement, 
frappent les cloches ; la maison Gillet et Bland, 
A Croydon (Angleterre), a cependant introduit 
r^cemment un nouveau syst&me dans lequel 
les coupilles ne font que d&crocher une m£ca- 
nique A ressort qui met les.marteaux en mou- 
vement. Dans les pieces a musique (a -p c), les 
coupilles servent A faire vibrer des lames m£- 
talliques disposees comme les dents d'un pei- 
gne. Dans les orgues mecaniques, ja coupille 
ouvre la soupape qui correspond A chacun des 
tuyaux (b + d); mais comme la soupape se 
refermerait immediatement et que, par conse- 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



AUVKRGNE — B 



41 



qoent, le Ron cesserait aussi tot apr6s le pas- 
sage de la poinle, on a remplac£ celle-ci par 
une 80rte d'arc en fll de fer • ; qui tient la 
soupape ouverte aussi longtemps qu'on le de- 
sire et dont la longueur se r&gle d'apr^s la du- 
nk de la note. Les cartons performs qui rem- 
plaeent ce syst£me d^crochent, comme dans les 
nouveaux carillons, une micanique k ressort. 
Dans l'orgue m£canique, la manivelle tourne 
beaucoup plus yite que le rouleau, car elle doit, 
tout en mettant celui-ci en mouvement, gonfler 
ahernativement les deux soufflets. Le plus 
grand instr. a. est Vorchestrion, un orgue 
d'assez grandee dimensions, compost de jeux 
a bouche et de jeux k anche, avec poids, en- 
grenage et rouleau coupille (a + d). L'ariston, 
l'HfcROPHox et le manopan ont, par contre, une 
manivelle et des cartons perfores (en forme 
de rubans dans le manopan); toustrois ont des 
anches semblables a celles de l'harmonium 
ib + d + f ). Les pi&ces k musique suisses (k 
manivelle ou k ressort) sont munies d'un rou- 
leau, tandis que les nouvelles pieces alleman- 
des (symphonions) ont des feuilles de mttal 
rondes et performs (patente Lochmann). Le 
jeu du piano mecanique (orgue-piano), orph£e, 
de Paul Ehrlich, repose sur un syst&me ana- 
logue. 

Auvergne, Antoine d', n6 k Clermont-Fer- 
rand le 4 oct. 1713, m. k Lyon le 12 ftvr. 1797, 
fils et £l£ve d'un violoniste, arriva k Paris en 
1789, y fut nomm£ violoniste k l'OpSra et s*61eva 
petit k petit jusqu'4 la charge de surintendant. 
A. fit reprfeenter, de 1759 a 1771, onze operas- 
comiques et ballets; Les troqueurs (1753), en 
un acte, sont un des premiers veritables op£ras- 
eomiques frangais (avec dialogue parle). 

Ave (Ave Maria), salut de l'ange Gabriel k 
Marie, lors de l'annonciation, sujet de predilec- 
tion des compositeurs de musique d'eglise; le 
texte complet de l'A. comprend outre le salut 
de l'ange, les paroles d'Elisabeth k Marie puis 
une pri&re & la sainte Vierge. 

Aventinus, Johannes, historien bavarois, de 
son vrai nom Joh. Turmair, avait pris le nom 
d'A d'apr&s sa ville natale Abensberg (Bavi&re), 
n£ le 4 juil. 1477, m. le 9 janv. 1534; Scrivit les 
Annates Boforum qui, en ce qui concerne la 
musique, ne doivent $tre utilises qu'avec pre- 



caution et apres comparaison avec des annates 
anterieures. Les Musica? rudimenta admodum 
brevia, etc. ont £te publics, non pas Merits, par 
lui; Nikolaus Faber en est Tauteur. 

Avison, Charles, n6 k Newcastle sur la Tyne 
en 1710, m. en 1770; 6tudia en Italie et k Lon- 
dres sous la direction de Geminiani, fut orga- 
niste dans sa ville natale k partir de 1736 et 
publia un trait6 de peu de valeur, An essay on 
musical earirression (1752), qui fut fortement 
attaqu£ par W. Hayes, ainsi que quelques 
o?uvre8 pour orchestre et de la musique de 
chambre. A. 6dita avec J. Garth, en 1757, les 
psaumes de Marcello, avec texte anglais. 

Ayrton, 1. Edmund, n& a Ripon en 1784, m. en 
1808: fut pendant nombre d'annees maitre des 
enfants de choeur de la Chapelle royale, k 
Londres, et Scrivit de la musique d'eglise (deux 
services complete du matin et du soir, un cer- 
tain nombre d'anthems). — 2. William, fils du 
prudent, u£ k Londres en 1777, m. en 1858; 
critique musical distingue, membre de societes 
musicales k Londres, pendant un certain temps 
membre du Comity de laSoci&e philharmonique, 
k diverses reprises chef d'orchestre du th&ttre 
royal et, comme tel, favorisant sp£cialement la 
reprise des operas de Mozart. A. r6digea, de 
1832 a 1884 (avec Clowes) un journal de mu- 
sique mensuel : Harmonicon, ainsi que deux 
anthologies musicales pratiques : Musical li- 
brary (1834, 8 vol.), el Sacred Minstrelsy 
(2 vol.). 

Asevedo, Alexis-Jacob, musicographe fran- 
Cais, n6 k Bordeaux le 18 mars 1813, m. k Paris 
le 21 d£c. 1875; fut d'abord collaborateur de la 
France musicale et du Steele, puis rMacteur 
d'un journal fond£ par lui, La critique musi- 
cale, qui n'eut pas longue vie, et enfin, apres 
avoir encore quelque peu collabor£ k la Presse, 
devint feuilletoniste kY Opinion no/ionafe( 1859- 
1870). A. 6tait un adorateur passionne de Ros- 
sini et de l'ecole italienne et les critiques qu'il 
infligeait aux oeuvres d'un autre genre n'6taient 
rieu moins qu*am£res. II s'&rigea aussi, dans 
plusieurs brochures, en d^fenseur de la reforme 
de la notation (notation chiffr£e) propos£e par 
ChevS. 

A&one sacra, (ital.), s'emploic dans le sens 
d' t oratorio ». 



B 



B 6tait primitivement le nom du deuxi&ne 
son de l'&helle fondamentale (v. ce mot) des 
Allemands et des Anglais; mais k la suite d'un 
malentendu,il devint en Allemagne simple signe 
<f alteration fr) et fut remplac£ par la lettre H. 
Par contre le B repr£sente aujourdliui encore, 
en Hollande et en Angleterre, le son plac6 un 
ton entier au-dessus de A, c.-&-d. le H des Alle- 



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mands ou notre si naturel, tandis qu'il est de- 
venu en Allemagne le nom du H abaiss6 d'un 
demi-ton, c.-k-d. si bemol (v. Alteration 2). 
Dans les anciens ecritsthforiques,le 2? </wadra- 
tum (quadrum 9 durum; b£carre) correspond a 
H (fc[) c-d-d. a si naturel, et on l'emploie comme 
signe de retablissement (v. BfeCARRE); le B ro- 
fundum (molle; beniol) correspond au contraire 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



42 BA — BACH 

k B (!?) c-A-d. k si bemol, et on IVmploie comma 
signe d'abaissement (d'ou, en allemand, le mot 
jlfollsignifiant mineur, avec la tierce abaissee 1 . 
Le B cancellation (jf) etait k 1'origine, et jusqne 
dans le conrant du xvii* s., identique k jj. 
Cf. Alteration. 2. — L'ancien nom de solmisa- 
liondu B etait B fa mi, c-&-d. ou bien B fa 
(= si bemol), ou bien B mi (= si naturel). 

Ba, v. Bobisation et Solmisation. 

Babbi, Christoph, ne k Gesena en 1748, vint 
a Dresde en 1780, comme concertmeister du 
prince-electeur,et mourut en cette ville en 1814; 
il composades concertos de violon, dee sym- 
phonies, des qnatuors, etc. 

Babbini, Matteo, Tun des tenors lee plus 
fetes du siecle passe, ne k Bologne le 19 fevr. 
1754, m. en cette ville le 22 sept 1816 ; se desti- 
nait primilivement k la medecine, mais, reste 
sane ressources k la mort de ses parents, il 
fut recueilli par un des membres de sa famille, 
le maitre de chant Oortoni, qui tit son education 
vocale. En 1780, B. debutait avec un succes tel 
que, aussitot apres, il fat engage k Berlin, St- 
Petersbourg, Vienne (1785) et Londres. A Paris, 
il chanla un duo avec Marie-Antoinette. La 
revolution l'obligea k rentrer en Italie, mais 
en 17U2 nous le retrouvons k Berlin. 11 chantait 
encore en 1802 et mourut comble de fortune. 
Cf. 1)» Brighenti : Elogio di Matteo Babbini 
(Bologne, 1822). 

Baboracka et Baborak, danses bohemiennes 
k mesure changeante. 

Bacchius O'Axcihn), musicographe grec (150 
env. apr. J.-C.) dont on a consent deux traites 
theoriques, intitules tons deux Elvxyvyii W%w? 
m«u*j**? (Introduction k Tart musical). Le pre- 
mier fut publie par Morel, Mersenne, Meibom 
[trad, en francais par le Pere Mersenne, dissi- 
mule sous le pseudonyme de S r de Sermes, sous 
le tit re de Trait <* de Charmonie universelle 
(Paris, 1627), et par G.-A. Villoteau] ; le second 
par Fr. Bellermann ftrad. en francais par Vin- 
cent, dans ses Not et extr. des mannscrits etc, 
T. XVI, 2* partie (Paris, 1847)]. C. von Jan en a 
donne une analyse detail lee (1891). 

Bacfart (BACFARRE,de son vrai nom Griew), 
Valentin, celebre luthisto, ne en Siebenburgen 
en 1515, vecut alternativement a la cour inipe- 
riale de Vienne et k la cour de Sigismond- 
Auguste de Pologne; il mourut k Padone le 
18 aont 1576. B. publia deux auivres en tabla- 
ture de luth (1564 et 1565). 

Bach, nom d'une famille deThuringe dans la- 
quelle, comme en aucune autre, la vocation mu- 
sicale fut, pendant lexvn* et le xvm« s.,heredi- 
taire et favorisee du reste des Tenfance. Lorsqur 
plnsieurs membres de la famille se rencon- 
traient, ils faisaient de bonne musicjue, echan- 
geaient leurs vues sur les (euvres nouvelles, 
improvisaient, developpant ainsi mutuellement 
leur savoir et leurs capacites, de telle sortr 
que les B. jouissaienl dans le pays d'un grand 
renom et fournissaient aux diverses villes d«* 
Thuringe un fort contingent de chantres et 
d'organistes. On trouve des organistes d;i 
nom de B. k Erfurt, Eisenach, Arnstadt, Gotha, 



by \j 



A 



IC 



Muhlhausen et, encore k la fin du xvni* s., 
le corps de musiciens de la ville s'appelait 
k Erfurt • les Bach », quoiqu'il ne s'y trouvAt 
plus un seul B. La famille est originaire de 
Thuringe, comme l'a prouv& Spitta dans sa 
biographie de J.-S. Bach, et non de Hongrie, 
comme on l'avait era jusqu'alors. Le meunier 
Vett B. qui, arrivant de Hongrie, s'etablissait 
k Wechmar, pres Gotha, vers 1590, etait juste* 
menl originaire de ce village. Veit B. etait sett- 
lement amateur de musique (il jouait du luth); 
son fils ILln8 B. (rarriere grand-pere de J.-S. 
Bach) etait par contre dej& musicien de profes- 
sion et avait fait son education musicale au- 
pres de Nicolas B., k Gotha. Les B.. semble-t- 
il, etaient alors dejA « du metier ». Parmi les 
fils de Hans B., il faut mentionner Johann B., 
l'aieul des « Bach d'Erfurt », Hkinrich B.> 
organiste k Arnstadt, le pere de Jean-Christo- 
phe et de Jean-Michel B„ et Ghristoph B., 
organiste et musicien de ville k Weimar, le 
grand-pere de J.-S. Bach. Vers 1660, les B. 
etaient pour ainsi dire titulaires de droit des 
different* postes k Weimar, Erfurt et Eisenach. 
G'est ainsi, par exemple, qu'un fils de Christo- 
phe B., Ajcbrosius B. (le pere de J.-S. Bach) 
changea de domicile, allant d'Erfurt k Eise- 
nach, jK)nr reprendre les fonctions d'un autre 
B. (Johann-Bernhard, ne k Erfurt le 23 nov. 
1676, m. a Erfurt le 11 juin 1749). 

Les compositeurs les plus celebres de cette 
famille sont les suivants: 

1. Johann-Ghristoph, fils d'Henri B. et oncle 
de J.-S. B., ne k Arnstadt le 8 dec. 1642, orga- 
niste k Eisenach k partir de 1665, jusqu'4 sa 
mort survenue le 31 mars 1708; fut le plus re- 
marquable des anciens B., principalement 
comme compositeur de musique vocale. On 
connatt de lui une sorte d'oratorio : Jfo erhob 
sick ein Streit (Apoc xn, 7-12), quelques mo- 
tets, 44 preludes de chorals pour orgue et une 
sarabande avec douze variations pour piano. 
— Son fils, Xikolaus, ne en 1669, m. le 4 nov. 
1753, fut pendant cinquante-huit annees conse- 
culives directeur de musique de TUniversite 
dleua, excellent connaisseur de la facture in- 
strumentale. Parmi ses (euvres, une Messe 
ecrite de main de maitre et un c Singspiel • 
comi({ue Der Ienaische Wein- und JBtrr- 
Rufer nous sont parvenus. 

2. Johann-Michakl, frere du precedent, ne k 
Arnstadt le 9 aout 1649, k partir de 1673 orga- 
niste k Gehren, pres Arnstadt, ou il mourut en 
1694. Sa fille cadette, Maria-Barbara, devint la 
premiere femme de J.-S. Bach, la mere de W.- 
Friedemann et de Ch.-Ph.-Emanuel B. Jean- 
Michel fut plus remarquable (jue son frere 
comme compositeur de musique instrumentale ; 
quoique consents en tres petit nombre, ses 
preludes de chorals nous devoilent les hautes 
capacites du maitre. Quant k ses (puvres voca- 
les, k en juger d*apres les quelques motets qui 
nous sont parvenus, elles attestent une consi- 
derable routine technique, mais sont inferiea- 
res a celles de son frere. 

3. Johann-Sebastian (Jean-Sebastien>, n^ k 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BACH 



43 



Eisenach le 21 mars 1685, m. A Leipzig le 28 
jail 1750; Tnn dee plus grands mattres de tous 
lee temps, Tun de ceux qui ne peurent etre 
surpasses, parce qa'ils personnifient en quel- 
qae sorte la science et le sentiment mnsicaux 
d'une epoque (Palestrina, B., Ibradel, Gluck, 
Haydn, Mozart, Beethoven, Wagner). Cepen- 
dant B. acqniert en plus one importance spe- 
cials une grandeur incomparable, parce qu'il 
eert de point de contact anx styles de deux 
epoques diff^rentes qui, simultan&nent, par- 
viennent en ses ceuvres A leur plus haute ex- 
pression. Semblable A un phare projetant an 
loin et en tons sens sa vive clarte, B. repr£- 
sente aussi bien la p^riode anterieure de la 
musique polyphonique, du style imitatif et con- 
trapontique, que celle de la musique harmoni- 
que et du rtgne de la tonality. L'activite de B. 
**e manifeste dans une periode de transition : 
tandis que l'ancien style imitatif n'a point en- 
core eess£ de vivre, le nouveau style, qui n'en 
est qu'd ses premiers debuts, porte encore des 
traces d'imperfection. Mais son genie sut allier 
d'une fe?on si magistrate les particularity des 
deux styles, que 1'ensemble ainsi forme doit 
Hre consider comme digne de servir encore 
de base aux evolutions d'une periode future. 
II est done certain que la musique de B. ne 
pent vieillir; tout au plus pourrait-on dirt* 
que certaines formules, certaines terminaisons, 
certains ornements dont B. fait le m6me usage 
que ses conteroporains, nous rappellent le 
passe. Par contre, son invention meiodique est 
d'une abon dance et d'une puissance si extraor- 
dinairee, ses rythmes d'une variete et d'une vie 
si intense, ses harmonies si ^purees, si auda- 
tieuses m^me, quoique toujours clairement de- 
veloppees, que ses ceuvres sont un sujet non 
settlement d'admiralion, mais d'etude approfon- 
die et d'emnlation pour les musiciens de nos 
jours. Elles le seront, saus doute, pour bien des 
generations encore. 

La destinee de B. fut celle d'un homme eim- 
ple et modeste. Son pdre, Ambrostus B. (ne le 
28 tfvr. 1645, m. le 28 janv. 1695), etait musicien 
de ville, sa mere, Elisabeth, nee L&mmerhirt, 
venait d'Erfurt. A 1'dge de neuf ans, il perdit sa 
mere et, une an nee plus tard, son p^re, en sorte 
que son education fut confine aux soins de son 
fr£re Jean-Ghristophe (ne le 16 juin 1671, m. le 
22 fevr.l?21),organisteaOhrdruf. Celui-ci, ettve 
de Pacbelbel, lui donna le premier enseigne- 
ment musical, mais en 1700 d£j&, B. entra (apres 
avoir obtenn une bourse) A T£cole Saint-Michel 
de Lunebourg. n se rendit plusieurs fois A pied 
A Hambourg, pour y entendre des organistes de 
ivnom, Reinkens et Lubeck. La premiere place 
qu'il occupa fut celle de violoniete dans la cha- 
pelle priv^e du prince Jean-Ernest de Saxe, a 
Weimar (1706), mais il ne la conserva que pen 
de mois et ac^epta les fonctions d'organiste du 
Temple-Neuf d'Arnstadt. C'est alors que, de 170") 
A 1706,' il fit A pied le voyage d'Arnstadt A Lu- 
beck pour entendre le ceiebre organiste Dietrich 
Buxtehude;ayant inconsid^rdment prolong^ son 
conge, il re^ut de vives r£primandes du Consis- 



by t^ 



iL 



IC 



toire d'Arnstadt, mais il n'y eut pas encore rup- 
ture, on tenait trop aux services de ce jeune 
homme de genie. Le poste d'organiste de 
l^glise St-Blaise A Muhlhausen devenu vacant 
en 1706 par la'mort de Joh.-A. Ahle, B. l'ob- 
tint et vint se fixer A Muhlhausen en 1707, 
peu apres son mariage avec sa cousine Maria- 
Barbara, fille de Jean-Michel B., de Gehren. 
Quoique le milieu musical de Mulhausen ne fut 
pas sans offrir quelques jouissances, plus 
grandee en tons cas que celui d'Arnstadt, B. n'y 
resta qu'une ann6e et accepta en 1 70Bles fonctions 
d'organiste de la cour et musicien de la cham- 
bre du due regnant, A Weimar, oh il devint en 
outre directeur de l'orchestre ducal (1714). Mais 
en 1717 d6j&, il partait pour Cdthen en quality 
de maitre de chapelle et de directeur de la mu- 
sique dechambre du prince Leopold d'Anhalt.11 
se trouvait ainsi dans une situation toute diflft- 
rente de celles qu'il avait eues jusqu'alors, sans 
orgue A jouer, ni choeur A diriger, entterement 
r£duit A l'orchestre et A la musique de cham- 
bre. Les diverses fonctions qu'il avait A rem- 
plir exerc^rent toujours sur B. une influence 
considerable, donnant une direction speciale A 
son activity creatrice, aussi pendant son s£jour 
A Cothen ecrivit-il surtout de la musique de 
chambre. Cependant, e'est A Leipzig settle- 
ment, oft il fut nomnie chanlre A Yicoie St- 
Thomas et directeur de musique A l'Universite 
(snecesseur de Johann Kuhnau) en 1728, que 
B. deploya sa plus grande activite. tl mourut 
apres avoir occup6 pendant vingt-sept ans ce 
meme poste ; les trois dernieres annees de sa 
vie avaient ete attristees par une grave ophtal- 
mie qui affaiblit sa vue et finit par Ten pri- 
ver tout A fait. B. se maria deux fois ; Maria- 
Barbara etait morte en 1720 et, quelque heu- 
reuse qu'etH ete leur vie commune. B. crut 
devoir donner une seconde mere A ses enfants 
et epousa, en 1721, la fille d'un musicien de la 
chambre, A Weissenfels, Anna-Magdalena 
Wftlken, qui lui surv^cut. B. laissa six tils et 
quatre lilies; cinq fils et cinq filles etaient 
morts avant lui. 

Le nombre des ceuvres de J.-S. Bach est 
tr£s considerable. II faut citer en premier lieu 
les Cantates cTfylise, dont il £crivit cinq series 
annuelles completes (pour tous les dimanches 
et jours de fete), mais qui sont loin d'etre 
toutes conservees. De meme, sur cinq Pas- 
sions, deux seulement nous sont parvenues, 
celle selon St-Matthieu (une oeuvre geante) 
et celle selon St-Jean (I authenticity d'une troi- 
sieme, selon St-Luc, est fortement mise en 
doute). A ces deux (Puvres de tres grandes di- 
mensions vient s'adjoindre dignement la Messe 
en stmineur qui est, avec quatre Messes plus 
courtes, le seul reste d'un beaucoup plus grand 
nombre de Messes du maitre. Le grand Magni- 
ficat A cinq voix est aussi l'une de ses onivres 
les plus importantes, et Y Oratorio de Noel 
(Weinachtsoratorium),ce\ix de V Ascension et 
de Pdques ont quelque analogie avec les Pas- 
sions. Quant aux wuvres instrumentales, leur 
nombre est peut-etre plus imposant encore, sur- 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



44 



BACH 



tout pour piano, orgue, ou pour piano et un 
autre instrument : preludes et fugues, fantaisiea, 
sonates, toccatas, parties, suites, concertos, va- 
riations, preludes pour den chorals, etc. Men- 
tionnons surtout : Das voohltemperierte Klavier 
(« Le clavecin bien tempore » ; 48 preludes et 
fugues, deux dans chaque tonality majeure et 
mineure, une ceuvre qui devrait servir de vade 
mecum A ctiaque pianiste), et Die Kunst der 
Fuge (« L*art de la fugue » ; 15 fugues et 4 canons 
sur un m&ne th£me),Pour violon seul : 8 parties 
et 3 sonates, dont on chercherait en vain l'dqui- 
valent dans la literature rausicale; A elle seule, 
la grande chaconne de la partie en ri mineur 
suffit pour donner une id£e de l'immense sa- 
voir de J.-S. B. Kn outre, celui-ci Gcrivit plu- 
sieurs amvres pour des instruments aujourd'hui 
hors d'usage : 8 sonates pour la gambe,3 parties 
pour le luth et une suite pour la viola pom- 
posa, instrument qu'il avait lui-m£me imaging 
et construiL Quelques <puvres seulement paru- 
rent pendant la vie de leur auteur : Klavier- 
tibung (Exercices de clavecin), Das musika- 
lische Opfer (L'offrande muaicale), les Gold- 
bergsche Variatianen (Variations de Gold- 
berg), des Chorals, etc. La publication de l'« Art 
de la fugue » commencee dans la derntere an- 
n£e de la vie de J.-S. B„ fut aehev£e par PU.-E. 
B. en 17.V2. TomWes dans Toubli pendant 
pr£s de cinquante an 6, les u?uvres de B. fu- 
rent ensuite de plus en plus estimees A leur 
juste valeur, quelques-unes d'entre elles fu- 
rent impdmees ou reimprim£es. Mais c'est A 
Mendelssohn que Ton doit d'avoir ressuscit£ 
l'cpuvre de B. dans toute sa grandeur, par 
une execution de la Itossion selon St-Mat- 
thieu, A Berlin, en 1829. D&s lors un cou- 
rant se forma, contribuant A la diffusion ra- 
pide des (euvres de B., en sorte que T&iiteur 
Peters entreprit, en 1837, une edition complete 
des oHivres instrumeutales, auxquelles s'adjoi- 
gnirent plus tard les (euvres vocales. De plus, 
en 1851, la Bach-Geseltschafl, fondee l'ann6e 
auparavant A Leipzig par les deux Haertel, 
K.-F. Becker, M. Hauptmann,O.Jahn et Robert 
Schumann, commenca la publication d'une Edi- 
tion critique complete, vraiment monumentale. 
< lette Soci6te publie chaque annde un fort volume 
in-folio, que chacun des membres recoit contre 
une souscription annuelle de 15 marks. Des 
Bach-Xereine (« Associations Bach ») se don- 
nant tout sp6cialement pour t&che l^tude et 
Fexecution des teuvres du maltre, existent A 
Berlin, Leipzig, Londres, Kdnigsberg, etc. Un 
monument fut elev£ A la memoire de B. dans 
sa ville natale, Eisenach, le 38 sept. 1884; c*est 
le seul jusqu'sk present avecle buste que tit 6ri- 
ger Mendelssohn a Leipzig. II existe un assez 
grand nombre de biographies de J.-S. Bach. 
La plus ancienne est celle de Ch.-Ph.-Emanuel 
B. et J.-Fr. Agricola, parue dans la Mustha- 
lische BMioiheh de Mizler, voL iv, 1 (1754); 
viennent ensuite celles de Forkel (Ueber J.-S. 
Backs Leben* Kunst und Kunsticerke^ 1803; 
traduite en francais par Felix Grenier, Paris 
1874), Hilgenfeldt (1850), Bitter (J.-S. Bach, \ 



by \j 



*L 



[C 



2« 6d. 1881, 4 vol), Ernest David (La vie et les 
centres de J.-S. Bach, Paris 1882). Ph. Spitta 
a publie une biographie detaillee, tree documen- 
ted et digne du maitre, sous le titre J.-S. Bach 
(1873-1880, 2 vol.). Signalons enfin, en francais, 
une remarquable etude du D r William Cart 
(Un maitre deux fois centenatre, Paris 1885). 
— 4. WiLUELM-FRiEDBM4KN(Guillaume-Friede- 
mann; appel£ souvent « B. de Halle »), fils alne 
du pr£c£dent, n& A Weimar le 22 nov. 1710, m. 
A Berlin le 1" juiL 1784; £tait le favori de son 
p£re, grdce A son talent exceptionnel, mais ne 
r£alisa gu&re les esp&rances qu'on avait cru 
pouvoir fonder sur loi; il menait un genre de vie 
des plus dissolus qui ne lui laissait que rare- 
ment la capacity de s'adonner A un travail s&- 
rieux. II fut organiste de l'£glise Ste-Sophie a 
Dresde (1733-1747), puis de l'6glise Ste-Marie a 
Halle, jusqu*en 1764. Ses extravagances de tout 
genre l'ayantoblig£ A abandonner ses fonctions, 
il v£cut d£s lors sans poste fixe, tantdt ici, tan- 
t<H 1& (Leipzig, Berlin, Brunswick, Gottingue, 
etc.) et mourut, lui, homme de genie, dans un 
etat de d£gen£rescence et de pauvretf com- 
pletes. Les manuscrits de ses ceuvres se trou- 
vent en assez grand nombre A la Bibiiothdque 
de Berlin; 1 'auteur de ce dictionnaire a pu- 
blic un choix d'cpuvres (concertos, sonates, 
fantaisies, une suite, etc. pour piano) digues du 
plus vif int£r6t. C'est sans doute par la faute 
de Guillaume-Friedemann B. qu'une grande 
partie des amvres de son p&re fut perdue ; car, 
pour autant qu'on le sait aujourd*hui, les ma- 
nuscrits echus A Ch.*Ph.-Emanuel, lors du 
partage entre les deux fils aln£s, nous sont 
seuls parvenus. — 5, Karl-Phiupp-Emanuel 
(Charles -Philippe -Emanuel; appele souvent 
< B. de Berlin » ou « B. de Hambourg »), le 
second des fils de J.-S. Bach, qui surv^curent 4 
leur p6re, n6 A Weimar le 8 mars 1714, m. A 
Hambourg le 14 dec. 1788; devait primitive- 
ment se vouer A l'6tude du droit, ce qui expli- 
que pourquoi son pere le laissa donner libre 
carriere A ses dispositions muskales pour le 
genre 16ger, le style « galant ». C'est du reste 
cette tendance particuliere qui fit toute sa 
grandeur, car il devint ainsi le p^re de la mu- 
sique insirumentale moderne, le pr^curseur de 
Haydn, Mozart et Beethoven dans le domaine 
de la sonate, de la symphonic, etc., auxquelles 
il donna des apparences plus attrayantes, plus 
modernes. I>a c&rri^re de Ch.-Ph.-Emanuel B. 
est assez uniforme. H alia A Francfort-s/1'Oder 
dans l'intention d'y dtudier le droit, mais 
il changea d'idee et fonda en cette ville une 
soci6t£ de chant. En 1788, il se rendit A Berlin, 
ou il fut nomra£ deux ans plus tard musicien 
dechambre de Fr^d^ric-le-Grand; on sait ce 
que valait comme musicien cet amateur royal 
et combien il tortura souvent le pauvre B., 
lorsqu'il jouait de la flute et que celui-ci devait 
Taccompagner au clavecin. La guerre de sept 
ans refroidit sensiblement le zele artistique 
du roi, aussi B. demanda-t-il son cong£ en 
1767, pour accepter la succession de Telemann, 
A Hambourg, comme directeur de musique 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BACH — BACHE 



45 



d*£glise. C'est en cette ville qu'il mourut, d'une 
maJadie de poitrine, entourS de Testime g6- 
n&rale. B. &crivit an trait6 sur le jeu du cla- 
vecin, dont Timportance est grande encore 
de nos jours : Versuch iiber die toahre Art, das 
Klavierzuspielen (1753-1762,2parties);ce traite 
est la principale source de renseignements sur 
relocation des ornements musicaux et de cer- 
tains effets sp£ciaux, au si&cle pass£. Le nombre 
de ees oeuvres est considerable, pour piano sur- 
tout (210 morceaux divers, 52 concertos, une 
quantity de sonates, etc.); il fut moins remar- 
quabie, mais tr&s f£cond aussi dans le douiaine 
de la musique religieuse (22 Passions, nombre 
de cantates, 2 oratorios, etc.). La vie des fits de 
J.-S. Bach a &6 dScrite par K-H. Bitter: 
K.-Ph.-Emanuel B. und WUhelm-Friedemann 
B. und deren Bruder (1868, 2 vol.; 2« £d. en 
1880). IL deBfilowet H.-M. Schletterer ont r66- 
dit£ chacun 6 sonates pour piano de Ch,-Ph.- 
Emanuel B., et C.-F. Baumgart toute la collec- 
tion des Sonaien fur Kenner und Liebhaber. 
Le D r Hugo Riemann, a publie un grand choix 
de concertos, de sonates, etc. du m^me auteur.— 
ft. Johann-Christoph-Friedricii (appel6 aussi 
« B. de Buckebourg »), le troisteme des fils do 
J.-S. Bach qui se vou&rent k la musique, n6 a 
Leipzig le 21 juin 1732, 6tudia aussi d'abord le 
droit puis devint finalement musicien et fut, k 
partir de 175)6, maltre de chapelle du comte de 
Lippe, k Buckebourg, oil il mourut le 26 janv. 
1795. n fut un compositeur z61£, sans atteindre 
toutefois Timportance d'un Ch.-Ph.-Emanuel 
on d'un Guillaume-Friedemann (oeuvres de 
musique d'6glise et de musique de chambre; 
one cantate, Pygmalion; un op£ra, Lie Ame- 
rikanerin; une sonate pour piano a 4 mains, 
des variations pour piano, etc.). — 7. Johann- 
Christian (appel£ aussi « B. de Milan » ou € B. 
d'Angleterre »), le cadet des tils de J.-S. Bach, 
n£ & Leipzig (baptise le 7 sept) en 1735, m. a 
Londresle l« p janv. 1782; 6tait, de m£me que 
Friedemann, plein de talent, mais d'un carac- 
t£re tr£s 16ger. Apr£s la mort de son p&re, il 
fit son Education aupr£s de Ch.-Ph.-Emanuel, 
puis devint, en 1755, organiste k Milan, ott il se 
cr6aune renommte comma compositeur d'op6- 
ras* H accepta, en 1759, une place de chef d'or- 
chestre de th&ltre a Londres, et toute une s6rie 
d'op£ras italiens de sa composition remport£- 
rent des succte aussi grands qu'6ph6m£res. 
Ses oeuvres pour piano ont plus de valeur (so- 
nates, concertos, etc.). — 8. Wilhelm-Fribd- 
rich-Ernst, petit-flls et dernier descendant 
bomme Je J.-S. Bach, flls du B. de Buckebourg 
t% n£ k Buckebourg le 27 mai 1759, m. k Ber- 
lin le 25 d*c. 1845; £l&ve de son p£re et du B. 
d'Angleterre (7) aupr^s duquel il s'&ait rendu k 
Londres, devint excellent organiste et clave- 
cmiste* II Stait tr&s recherche comme profes- 
seur a Londres, alia, apr£s la mort de son 
onde, donner des concerts 4 Paris, puis se 
fixa a Minden. En 1792, B. se rendit k Berlin, 
oh il fut nomm6 claveciniste de la reine, avec 
le litre de maltre de chapelle; il devint plus 
tard claveciniste de la reine Louise et maltre de 



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musique des princes royaux,mais fut pensionn6 
apr&s la mort de la reine. Des lors il v£cut 
dans la retraite la plus complete. Quelques- 
unes seulement de ses compositions furent im- 
primis (morceaux pour piano et pour chant). 

Bach. Parmi les musiciens n'appartenant pas 
k la famille de J.-S. Bach, ou peut-6tre appa- 
rent^ a un degr6 quelconque, il fkut ciler : 
1. Auoust-Wilhelm, n6 k Berlin le 4 oct. 1796, 
m. le 15 avr. 1869; fils d'un secretaire d'ad- 
ministration, Gottfried B., qui remplissait en 
mkie temps les fonctions d'organiste de la 
Trinity ; il fut lui-m6me organiste de diverses 
£glises de Berlin, maltre a lTnstitut royal de 
musique religieuse (1822) et succeda k Zelter 
comme directeur de ce m£me institut (1832). II 
avait et6 £lu membre de TAcad^mie et regut le 
titre de c professeur » en 1858. B. publia des 
oeuvres de musique d eglise, des morceaux de 
piano et des lieder; Mendelssohn fut son 61&ve 
pour Torgue. — 2. Otto, n6 a Vienne, oh son 
p£re £tait avocat, le 9 fevr. 1833, m. en cette ville 
le 3 juil. 1893, £teve de Sechter a Vienne, de 
Marx k Berlin et de Hauptmann k Leipzig ; fut 
d'abord chef d'orchestre de quelques thiktres 
allemands, puis, en 1868, directeur artistique du 
« Mozarteum » et maltre de chapelle de la ca- 
th6drale k Salzbourg,et enfiii k partir du 1** avr. 
1880 maltre de chapelle de la « Votivkirche », 
k Vienne. H faut mentionner parmi ses oeuvres : 
les operas Die Liebesprobe (ou Der L6voe von 
SalamanJta, 1867), Leonore (1874), Die Argo- 
nauten, Medea, Sardanapal; un Requiem, 
4 symphonies, une ballade pour chceur et or- 
chestra Der Blumen Rache, une ouverture 
Etehtra, des opuvres de musique de chambre, 
des choeurs, des Messes, un TeDeum, etc., dont 
un grand nombre furent imprim£es. — 8. Lbon- 
habd-Emil, ne k Posen le 11 mars 1849, pia- 
niste, 616ve de Kullak (piano), de Wtterst et de 
Kiel (thAorie); fut pendant quelques ann&es 
professeur k l'Acad^mie dirig^e par Kullak, k 
Berlin. 

Bache, 1. Francis-Edouard,^ k Birmingham 
le 14 sept 1833, m. en cette ville le 24 aoitt 1858 ; 
616ve de A. Mellon k Birmingham pour le vio- 
lon, puis de Bennet pour la composition, et 
entin de Hauptmann et Plaidy au Conservatoire 
de Leipzig (1853-1855). B. 6tait un compositeur 
plein de talent; atteint malheureusement de 
phtisie, il v6cut de 1855 k 1856 k Alger et en 
Italie, passa l'et6 de 1856 k Leipzig et k Vienne, 
et rentra en Angleterre vers le milieu de 1857. 
Un certain nombre de morceaux de piano, des 
lieder, un trio et des romances pour violon fu- 
rent graves; un concerto de piano et deux 
op&ras (Rubezahl; Which is which) sont rest&s 
manuscrits. — 2. Walter, n6 k Birmingham le 
19 juin 1842, m. k Londres le 26 mars 1888 ; 
616ve de Torganiste Stimpson k Birmingham, 
puis de Plaidy, Moschelds, Hauptmann et Rich- 
ter au Conservatoire de Leipzig (1858-1861) ofi 
il avait comme collogues ses compatriotes Sul- 
livan, Dannreuther, C. Rosa, Fr. Taylor, etc. 
Apr&s un court s^jour k Milan et k Florence, il 
alia en 1862 k Rome, ou il se lia d'amitie avec 

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46 



BACHELIER — BADER 



G. Sgambati et iravailia peudant trois ans sous 
la direction de Liszt. Rentr6 en Angleterre en 
1865, il v£cut des lors a Londres, comme direc- 
teur et maitre de musique. B. etait grand admi- 
rateur de Liszt; il dirigea k Londres des execu- 
tions de la plupart des « Po&mes symphoni- 
ques », de la « L£gende de Ste-Elisabeth » et du 
« Psaumer XIII », et joua les deux concertos de 
piano en mi b£mol maj. et en la maj. 

Bachelier (all. Bakkalaureus ou aussi Bac- 
calarius; angl. Bachelor), grade universitaire 
d'nn usage autrefois general, n'est plus conf6r6 
que par les universites anglaises et quelques 
university fran?aises et allemandes. Ce grade, 
inftrieur k celui de t docteur », doit aussi dans 
la r&gle £tre obtenu avant ce dernier. Cf. Doc- 

TKUR £8 MUSIQUE. 

Bachmann, 1. Anton, musicien de la cour et 
lulhier k Berlin, ne en 1716, m. le 8 mars 18()U. 
Son lils el successeur Karl-Ludwig, n& en 
1748, m. en 1809, £tait un bon altiste et faisait, 
comme tel, parti e de la chapelle royale. Sa 
femme Charlotte-Karoun*i>Wilhelmine, n£e 
SUewe, nee k Berlin le 2 nov. 1757, m, le 19 aout 
1817, etait une bonne cantatrice, membre d£- 
vouee de la Singakademie, sous la direction de 
Fasch. — 2. Le Pere Sixth, ne k Kettershausen 
(pr£sBabenhausen) le 18 juil. 1754, m. en 1818; 
moine de Tordre des Pr£montr6s k Marchtlial, 
fut un compositeur tecond de musique instru- 
mentale et vocale, mais un petit nombre seule- 
ment de ses (euvres furent gravies. A rage de 
neuf ans, B. soutint fort honorablement une 
sorte de lutte musicale avec le jeune Mozart ; il 
possedait dej& alors une memoire des plus re- 
marquables. B. collabora k la confection des ca- 
talogues de musique de Hofmeister.— 8. Georg- 
Christiax, celebre clarinettiste virtuose, n6 a 
Paderborn le 7 janv. 1804, m. k Bruxelles le 
18 aout 1842; fut pendant nombre d'annees cla- 
rinette-solo de la chapelle royale de Bruxelles 
et professeur au Conservatoire, ou il forma 
beaucoup d^leves excellents. B. etait en in6me 
temps un fabricant de clarinettes des plus re- 
nommes. 

Bachoien, Joh.-Kaspar, compositeur de mu- 
sique d'£glise, n6 a Zurich en 1697, m. en 1755; 
.devint en 1718 maitre de chant k l'Scole latine 
de Zurich, organiste et plus tard directeur de 
la society des chantres. Ses ceuvres autrefois 
aimees et r£pandues en Suisse, consistent sur- 
tout en musique religieuse : Musikalisches 
Halleluja, Irdisches Yergnugen in Golt (d'a- 
pr£s Brookes), Psalmen, la Passion (de Brockes), 
etc.; on a aussi de lui un ouvrage pedagogique, 
Musihalisches Xotenbiichlein. 

Bachrich, Sigismond, ne a Zsambokrelli 
<Hongrie) le 23 janv. 1841 ; 61eve du violoniste 
B<ehm au Conservatoire de Vienne (1851-1857), 
fut pendant quelque temps chef d'orchestre 
d'un (petit theatre viennois, puis alia k Paris 
(1861) ou il gagna peniblement sa vie comme 
chef d'orchestre de troupes de troisieme ordre, 
comme journaliste,et m&me comme pharmacien. 
Quelques annees plus tard, de retour k Vienne, 
il entra comme altiste dans le quatuor Hell- 



inesberger dont il fit partie pendant douze ans. 
B. a compost des <euvres de musique de cham- 
hre, des morceaux de violon, des lieder et deux 
operas-coraiques repr6sentes avec succ£s : 
Muzzedin (1888), et Heini von Steir (1884). On 
avait d£ja donne a Vienne, en 1866^ deux op6- 
rettes de sa composition ; une troisieme Der 
Fuchsmajor suivit en 1889. Un ballet intitule 
Sakuntaia vit aussi le feu de la rampe. B. est 
actuellement professeur au Conservatoire de 
Vienne, membre de Torchestre philharmonique 
et de l'orchestre de FOpSra imperial; il fait en 
outre partie du quatuor Rose. 

Backer-Grandahl, Agathe, pianiste-compo- 
siteur norv^gienne, n6e k Holmestrand le l« r 
dec. 1847; eleve de Kjerulf, de Lindemann, de 
Tacadfrnie Kullak, k Berlin (1863), et de Billow, 
a Florence (1867), epousa en 1875 le professeur 
de chant Grondah£& Christiania. B. a publie 
des lieder, des morceaux de piano, des Etudes 
de concert (op. 11), etc. 

Backers, Americus, v. Broadwood. 

Baclofen, Joil-G.-Heinrich, virtuose sur la 
harpe, la clarinettc et d'autres instruments, ne 
a Durlach en 1768, m. a Darmstadt en 1839; se 
lit remarquer dans ses toum£es artistiques par 
la diversite de ses talents, deviut en 1806 musi- 
cien de la chambre du due de Gotha, puis se 
lixa a Darmstadt, en 1815, comme fabricant 
^instruments. B. puhlia des ceuVres pour la 
harpe, une m&thode de harpe, une m£thode de 
cor, de basset et de clarinette. 

Bacon, Richard-Mackenzie, critique musical 
de valeur, ne a Norwich le l« p mai 1776, m. en 
cette ville le 2 nov. 1844; Sdtfa la Quarterly 
musical Magazine and Review (1818-1828), 
ainsi que des Elements of vocal science (1828). 
II fut aussi le fondateur des festivals musicaux 
qui ont lieu tous les trois ans k Norwich. 

Badarcsewska, Thekla, nee a Varsovie en 
1838, m. en cette ville en 1862 ; auteur de mor- 
ceaux de salon connus (La jyriere d'unevierge). 

Bader, Karl-Adam, celebre chanteur sc£ni- 
que (tenor), n6 k Bamberg le 10 janv. 1789, m. 
k Berlin le 14 avr. 1870; re^ut la premiere edu- 
cation musicale de son pere, organiste de la 
cathSdrale de Bamberg, succeda k celui-ci en 
1807, voulait entrer dans le clerg£ mais, sur le 
conseil de T.-A. Hoffmann, se voua au theatre 
en 1811. II chanta des lors, avec un succes tou- 
jours croissant, a Munich, Br^me, Hambourg, 
Brunswick et fut enfin engage, en 1820, comme 
premier tenor a TOp6ra de Berlin dont il fut 
pendant vingt ans Tune des plus grandes gloi- 
res. Quoique ayant cesse de chanter riguliere- 
ment en 1845, il resta attache a TOpera comme 
r£giB8eur jusqu'en 1849, et joua encore cette 
annee-ci le rtile de Blondel dans « Richard 
CcNir-de-Lion ». n fut ensuite maitre de chapelle 
a TegUse catholique de Ste-Hed wige et consena 
ce poste pendant nombre d'annees. B, se rendit 
surtout celebre comme fort tenor dans les oeu- 
vres de Spontini; il etait du reste un des rares 
tenors qui soient autre chose et mieux que de 
simples chanteurs ; sa stature etait remarqua- 
blement imposante. II s'essaya dans la coniposi- 



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BADIA — BAILLOT 



47 



lion, on a de lai un Vent creator pour 4 voix et 
orchestra ainsi qu'un recueil de lieder. 

Badia, 1. Carlo- Aoostino, n6 4 Venise en 
1**72, m. a Vienne le 28 sept. 1738: ful deja 
nomme le 1" juiL 1696 compositeur de la cour 
imperialea Vienne, fonction qui venait du reste 
d'etre creee et qu'il inaugura.Il exrivit 17 operas 
et serenades, 15 oratorios, 12 cantates pour une 
voix avec ace. de piano (Tributi artnonici, im- 
prime) et #3 autres cantates pour 1 a 3 voix 
(rest£es manuscrites). B. n'etait en somrae que 
mediocrement done et sa maniere d'ecrire n'a- 
tait rien de nouveau. (Jne cantatrice Anna- 
Lisi B. fut engager, de 1711 a 1725, dans la cha- 
pelle imperiale de Vienne. — 2. Luigi, ne a 
Tirano {Naples) en 1822, auteur de 4 operas et 
de deux romances qui lui valurent certains 
sucees. 

Baermann, 1. Heinrich-Joseph, celebre cla- 
rinettiste, ne a Potsdam le 17 fevr. 1784, m. a 
Munich le 11 juin 1847; fut clarinettiste d'un 
regiment de la garde a Berlin jusqu'en 1806, 
puis musicien de la cour a Munich. B. etait en 
relations d'amitie avec Weber, Meyerbeer et 
Mendelssohn (qui ecrivit pour lui son op. 113) et 
fut, au cours de ses voyages, plus fete (fu'au- 
cun autre clarinettiste. Ses compositions pour 
clarinette jouissent encore aujourd'hui d'une 
grande vogue aupres des instrumentistes. — 
2. Karl, tils du precedent, ne a Munich en 1820, 
m. en celte ville le 24 mai 1885, accompagna son 
pere dans ses dernieres tournees et se lit aussi 
remarquer comme excellent clarinettiste. Aprte 
la mort de son pere, il lui succeda comme pre- 
mier clarinettiste de la chapelle royale. Outre 
qaelques compositions pour clarinette, B. a 
laisse une ceuvre durable et de grande valeur, 
one methode de clarinette. 

Baehr (Baer, Beer), Johanx, concertmeister 
du due de Weissenfels, ne a St-(ieorges sur 
FEns (Autriche) en 1652, m. des suites d'une 
hlessure recue dans une fete de tir en 1700; s'est 
fait un norn par ses libelles musicaux satiri- 
ques, dans lesquels il latinisait son nom en 
Casus (Baer, ours). Ursus murmuraU U.saltat, 
V. triumphat, etc. (1697 et suiv., diriges contre 
le rectetur du gymnase de Gotha, Hartnoth), 
puis Bellum musicum (1701), et Musikalische 
Disburse (1719, tous deux post hum es). 

Baeumker, Wilhklm, musicographe distin- 
gue, ne a EU>erfeld le 25 oct 1842, eludia la 
theologie et la philologie a Munster et a Bonn, 
fut ordonne pr&tre en 1867 et nomme chapelain 
a Niederkruchten (1869), puis inspecteur sco- 
laire (1880) et enftn cure a Rurich (district 
d'Aix-la-Chapelle) en 1892. B. est en ses heures 
de loisir un zele musicographe; en recompense 
de ses travaux d'histoire musicale, TUniversit6 
de Breslau lui offrit en 1889 le litre de D p 
theol. hon. c. II est collaborates de YAUge- 
meine dexUsche Biographie, des Monatshefte 
fur Musikgeschichte, etc.,et U a 6crit les ouvra- 
ges suivants : FoUeslrina, einBeitrag etc. (1877), 
(Mandus de Lassus, ein historisches Bild- 
niss(187$), Zur Geschichte der Tonkunst in 
Deutschiand (1881), Der Totentans, une etude 



by \j 



iL 



IC 



(1881), Das hatholische deutsche Kirchenlied in 
seinen Singtceisen von den friihesten Zeiten 
bis gegen Ende des XV II. Jahrhunderts (1888- 
1891, continuation [vol. II et III] de Twuvre 
commenced par K. Meister [vol. I, en 1862]; B. 
publia une nouvelle edition, enticement refon- 
due, du vol. I en 1886), et enftn Niederlanr 
dische geistlicJie Lieder nebst ihren Singweisen 
aus Handschriften des XV. Jahrhunderts 
(1888). 

Bagge, Selmar, n£ a Cobourg le 80 juin 1823, 
el6ve de Dionys Weber au Conservatoire de 
Prague (18-17), puis de S. Sechter a Vienne; fut 
nomme en 1851 professeur de composition au 
Conservatoire de Vienne et, en 1854, organiste a 
Gumpendorf pres Vienne. En 1855 il abandonna 
son poste du Conservatoire et, dans des articles 
polemiques publies par la Monatsschrift fur 
Theater und Musih et la Deutsche Musik- 
seitung (1860), critiqua Torganisation de cette 
institution. II resta longtemps des lors critique 
musical et redacteur, prenant en 1863 la re- 
daction de YAUgemeine Musikalische Zeitung f 
de Breitkopf et iltprtel, qui avait cesse de pa- 
raitre en 1848; la maison Rieter-Biedermann 
ayant achete cette publication en 1866, il con- 
tinue a la rediger pendant deux aiis. (cf. Rb- 
vues). Depuis 1868, B. est directeur de l'Ecole 
de musique de Bale. Outre ses nombreux arti- 
cles de journaliste et quelques essais musicaux, 
il a public de la musique de chambre, une 
symphonie, des lieder et un Lehrbuch der 
Tonkunst (1873). 
Balm, Martin, v. Tral t twein. 
Ball, Jkan-Antoine de, poete et musicien, ne 
a Venise en 1532, m. a Paris le 19 sept. 1589 ; 
publia deux ceuvres en tablature de luth, douze 
chants religieux et deux livres de chansons a 
quatre voix. 

Baillot. 1. Pierre-Marie-Francois i>e Sales, 
ne a Passy pres Paris le l #r oct. 1771, m. le 
15 sept. 1842; Tun des plus celebres violonistes 
francais, recut les premieres lecons de violon 
d'un Florentine Polidori, a Passy, puis, ses pa- 
rents s'etant fixes a Paris, il continua avec 
Sainte-Marie, qui reclamait avant tout Texac- 
titude parfaite du jeu. Apres la mort de son 
pere (1783), il fut envoye a Rome pour y com- 
pleter ses eludes sous la direction de Pollani, 
un Sieve de Nardini,qui, a ce qu'il paralt, insis- 
tait surtout sur la beaute et Tintensite du son. 
En 1701, il revint a Paris et joua devant Viotti 
qui lui procura une place de premier violon au 
Theatre Feydeau. Cependant, quelque avance 
que fut son developpement artistique, il ne 
semble pas encore avoir choisi la carri^re de 
musicien, car il accepta peu apres une place 
inferieure dans les bureaux du ministere des 
finances. II se fit de plus en plus connaltre en 
jouant dans nombre de concerts, et fut appele 
en 1795 aux fonctions de professeur de violon 
du Conservatoire nouvellement organise. C'est 
alors qu'il chereha a combler les lacunes de 
son education musicale. en travaillant la theorie 
aupres de Catel. Reicha et Cherubini. En 1802 
seulement, il entreprit sa premiere tournee et 

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BAILLY — BALALAIKA 



parcourut laRussie; de nouvcaux engagements 
le conduisirent en France, dans les Pays-Bas, 
en Angleterre et en Italie. n fut nomm6 en 
1821, premier violon k rOp£ra, en 1825 violon- 
8olo de la chapelle royale, et mourut combl£ 
d'honneurs et pleur£ par un grand nombre 
d'ei^ves remarquables. L'oeuvre capitale de B. 
est son Art du violon (1884) que Ton consid&re 
comme excellent et sans egal; il publia, en 
collaboration avec Rode et Kreutzer une M&- 
thode du violon, m&hode officielle du Conser- 
vatoire de Paris, plnsieurs fois r6£dit6e et tra- 
duite en diverses langues. De plus, il r£digea 
la MHhode de violoncelle du Conservatoire, 
compos6e par Levasseur, Catel et Baudiot, et 
ecrivit plnsieurs opuscules, parmi lesquels une 
Notice sur Gritry (1814) et une Notice sur 
Viotti (1825). Ses compositions, dont la plupart 
offrent de grandes difficulty d'ex6cution, sont 
les suivantes : 10 concertos de violons, #0 themes 
avec variations, une Symphonie concertante 
pour deux violons et orchestre,24 preludes dans 
tons les tons, des caprices, des nocturnes, etc. 
pour violon, 3 quatuors k cordes, 15 trios pour 
deux violons et basse, etc. Son tils — 2. Rene- 
Paul, n£ k Paris le 28 oct. 1818, m. en cette ville 
le 28 mars 1889, 6tait professeur des classes 
d'ensemble instrumental au Conservatoire de 
Paris. 

Bailly, Henri de, surintendant de la jnusique 
de Louis XIII, roi de France, en 1625, m. k 
Paris le 25 sept. 1639; composa quelques ballets 
et des motets qui furent publics et lui cr£erent 
un certain renom. 

Baini, Abb£ Giuseppe, n£ k Rome le 21 oct. 
1775, m. en cette ville le 21 mai 1844; ei£ve 
d'abord de son oncle, Lorenzo B. (maltre de 
chapelle de 1'eglise des Douze-Apdtres k Rome), 
bon musicien de l'^cole romaine, fermement 
attache aux traditions du style palestrinien, 
puis ensuite de Jannaconi, maitre de chapelle 
de St-Pierre, dont il devint rami et qui lui pro- 
cura en 1802 une place de chantre dans la cha- 
pelle pontificate. II succ£da k Jannaconi, en 
1817, comme maitre de chapelle, et conserva 
ces fonctions jusqu'd. sa mort. B. est pour notre 
si&cle un £tre Strange; il fut £lev£ et vecut 
compl&tement dans la musique du xvi* s., k tel 
point qu'il fut incapable de comprendre la 
puissante Evolution musicale qui s^tait pro- 
duite depuis cette Spoque. Selon lui, Tart mu- 
sical avait continuellement retrograde depuis 
la mort de Palestrina ; aussi ses propres com- 
positions sont-elles entierement congues dans 
Tesprit du xvi« s. et doivent-elles £tre jug£es k 
ce point de vue. On sail qu'un Miserere de B. 
fut admis (1821) au nombre des ceuvres 
qu'execute r^gulierement la Chapelle sixtine 
pendant la semaine sainte (changeant annuel- 
lement avec les Miserere d'Allegri et de Baj). 
L'oeuvre capitale de B., oeuvre k laquelle il 
consacra une grande partie de sa vie, est une 
biographic et une caracteristique de Palestrina : 
Memorie storico-critiche della vita et delle 
opere di Giovanni Pierluigi da Palestrina, 
etc. (1828). Une traduction allemande de Kandler 



by dC 



IC 



parut en 1834, avec des annotations de Kiese- 
wetter. II Ecrivit en outre un essai sur le 
rythme, Sagio sopra Videntita de 9 ritrni musi- 
cale epoetico (1820), dont parut la m£me ann£e 
une traduction francaise par le comte de Saint- 
Leu, et une critique mordante sur un motet k 
quatre ctumirs de Santucci, dont l'oeuvre avait 
6te couronn£e. 

Baj, Tommaso, n£ k Crevalcuore pr£s Bolo- 
gne en 1650, fut chantre (tenor), puis en 1713, 
maitre de la Chapelle pontificate, mais mourut 
d&jk le 22 d£c. 1714. B. est l'auteur du cetebre 
Miserere qui, dans les chants que la Chapelle 
execute pendant la semaine sainte, alterne avec 
ceux d'Allegri et de Baini (v. ce nom) ; Tceuvre 
a £t£ publiee dans les recneils de Burney, Cho- 
ron, Peters. Un certain nombre d'autres com- 
positions de B. sont conserves en manuscrit,. 
dans les biblioth£ques de Rome. 

Bajetti, Giovanni, compositeur italien d'op£- 
ras et de ballets, n£ a Brescia vers 1815, m. 
k Milan le 28 avr. 1876. Operas: Gonzalvo* 
Lassedio di Brescia, Uberto da Brescia; 
ballets: Faust, Gisella, Caterina et Rosadegli 
Abruzzi 

Baker,GEORGE, compositeur anglais renomm^, 
ne k Exeter en 1773, m. le 19 tevr. 1847; Steve do 
W. Cramer et de Dussek k Londres, plus tard or- 
ganiste a Stafford, obtint en 1801 le grade de 
D* mus. de l'Universit6 d'Oxford. Ses ceuvres 
principales sont des anthems, des glees, des pre- 
ludes pour orgue (Voluntaries), des sonates 
pour piano, etc. 

Balakirew, Mily-Alexejewttch, n£ k Nijny- 
Novgorod en 1836/ se fit entendre en public 
alors qu'il £tait encore un tout jeune gargon, 
mais suivit les cours du Gymnase et de FUniver- 
sit6 de Kasan ou il Studia les math&natiques et 
les sciences naturelles. Des relations suivies 
avec Oulibischeff Tengag&rent d£flnitivement a 
se vouer k la musique. II remporta de grands 
succ£s comme pianiste, en 1855, k St-P6ters- 
bourg; en 1862, il fonda avec Lomakine 
T « Ecole de musique gratuite », plac£e sous le 
protectorat du grand-due h&rilier. Trois ans 
plus tard il se rendit k Prague pour conduire 
au thMtre tch£que les repetitions de « Russian 
et Ludmilla » de Glinka ; puis, k partir de 1867„ 
il dirigea seul TEcolc de musique gratuite et 
conduisit, de 1867 k 1870, les concerts de la 
Soctete de musique russe. H se retira en 1872 
d£j& dans la vie privee. B. est un partisan 
convaincu des tendances de Berlioz et de Liszt. 
Ses ceuvres principales sont: des ouvertures 
sur des themes russes, espagnols et tch&ques* 
un poeme symphonique Tamara, la musique du 
Roi Lear, une fantaisie orientale pour piano 
(Slamey), des morceaux de piano, des arran- 
gements pour piano d'ouvertures de Glinka 
et de Berlioz, etc., ainsi qu'un recueil de chants 
populaires russes. 

Balalaika, instrument primitif r£pandu dans 
l'Ukraine, ou il sert k accompagner les chan- 
sons populaires ; il offre quelque analogie avec 
la guitare et on le rencontre aussi parfois entre 
les mains des Tziganes. 

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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BALANCEMENT 



BALLADE 



49 



Balancement (all. Bebvmg), effet propre au 
jeu da clavicorde, devenn impossible sur le 
pianoforte (piano actuel), et consistent en un 
petit balancement da doigt sur la touche, au- 
qael correspondait an teger frottement de la 
corde pa r la t angente. Le b. 6tait indiqu£ par 
le eigne TTITl plac6 aa-dessas de la note. Le 
tremblement da son dans les instr. k archet, la 
cithare et la guitare n'est pas sans analogie 
avec le b. ; il consiste en de tr&s petites varia- 
tions de hanteor da son et se prodaitau moyen 
d'nn tremblement acc£16r6 da doigt sur la corde 
(vibrato). Le chevrotement (qae les cbanteurs 
pr6f£rent appeler aussi b. oa vibrato) est an 
effet absolament analogue, poor la voix. L'em- 
ploi exag£r£ de ce genre d'effets devient fasti- 
dieux et donne k Interpretation on caractere 
de mollesse. 

Balanqnl, chantear sc6nique fran^ais, ni en 
1880, m. vers 1875; el&ve du Conservatoire de 
Parts, il d6buta en 1856 an Th&tre Lyriqae. B., 
a la fois excellent com&lien et cbanteur de ta- 
lent, avait &6 choisi poor cr6er le rdle de M6- 
phistoph61£s dans le Faust de Gounod. 

Balatka, HANs,direeteur et violoncelliste, ni 
k Hoffnungsthal, pres Olmutz, le 5 mars 1827, 
&&ve de Sechter et de Proch k Vienne ; partit 
en 1849 poor l'Am6rique et fonda k Milwaukee 
one society de musique qui se d£veloppa rapi- 
demenl et existe encore aujourd'hui; fut appele 
en 1869 k la t£te de la Soctetf philharmonique 
de Chicago, oh il finit par se fixer, apr&s un 
nottveau s£jour forc£ a Milwaukee, lors du 
grand incendie, puis k St-Louis oh il ne resta 
que pen de temps. B. est surtout renomm£ 
comme directeur de soci6t6s chorales d'hommes 
(fMe des cbanteurs k Chicago, 1881), mais il a, 
d'une mani&re generate, beaucoup contribu6 au 
d£veloppement de la vie musicals en Am£rique. 

Balbi. 1. Ludovigo, compositeur de musique 
d'Sglise, vers 1600, maitre de chapelle de l'6glise 
St-Antoine k Padoue, puis du grand convent 
des Franciscains k Venise; publia, avec 6. Ga- 
brieli et Orazio Veccbi, le graduel et l'antipho- 
naire qui parurent en 1591 chez Gardano k 
Venise. On a conserve du mdme auteur quel- 
ques Messes (1584), des Cantiones (1576), des 
motets (1578), Ecclesiastici concentus (1606).— 
MKLcmoRx,Cavaliere, n6 k Venise le 4 juin 1796, 
m. k Padoue le 31 juin 1879, thSoricien et com- 
positeur, 616ve d* Antonio Calegari (m. en 1828), 
dont il edita et annota le Sistema armonico 
(1829): 6crivit en outre une Gratnmatica ragio- 
nata delta musica sotto Vaspetto delta lingua 
(1845) et une Nuova scuola sul sistema semi- 
tonato equabile (1™ partie en 1872; il 6tait done 
un cchromatique*). B. fut, de 1818 k 1858, pre- 
mier violon des deux thMtres municipaux de 
Padoue, puis k partir de ce moment, maitre de 
chapeUe de la basilique St-Antoine. H publia 
encore trois operas (1820-1825). 

Baldewin, v. Bauldewijn. 

Balfe, Michel-William, Tun des composi- 
teurs anglais modernes les plus importants, n£ 
k Dublin le 15 mai 1808, m. k Howney Abbey 
(Hertfordshire) le 20 oct 1870. B. fut Fun des 



DICTIONNAIBK DE MUSIQUE. — \ 



IC 



rares Anglais qui se vou£rent au genre de 
Fop6ra, sans toutefois y introduire la moindre 
innovation, car B. ne fut qu'un compositeur 
d'opgras italiens, d*origine anglaise. A Ykge de 
dix-sept ans d&jk (1825), B. se rendit en Italie 
en compagnie d'un riche protecteur et tra- 
vailla le contrepoint k Rome, sous la direction 
de Frederici, plus tard le chant k Milan, sous 
celle de Filippo Galli. Son premier essai 
de composition de quelque importance fut un 
ballet, La P&rouse, donn£ k Milan en 1826. 
Apr&s avoir travaili6 quelque temps encore 
aupr&s de Bordogni, il se fit entendre aux Ita- 
liens k Paris, sous Rossini, comme premier 
baryton. II chanta jusqu'en 1885 sur differentes 
sc&nes italiennes, faisant mdme representor ses 
propres operas k Palerme, Pavie et Milan, 
puis il £pousa une cantatrice allemande, 
M 11 * Rosen (m. k Londres le 8 juin 1888). De 
retour en Angleterre, il y remporta un double 
succes, comme compositeur et comme chanteur. 
Un certain nombre d'op£ras se succ£d£rent ra- 
pidement: La prise de la Rochelle, La fiUe 
(FArtois, Catharina Grey, Jeanne d'Arc, Fal- 
staff, enfin Keolanthe dont la femme de B. 
remplissait un des rdles. Falstaff fut donn£ au 
t Her Majesty's Theatre » ; les autres au c Dm- 
ry-Lane », k l'exception du dernier que B. donna 
alors qu'il 6tait lui-m&me entrepreneur de 
theatre au « Lyceum ». L'entreprise n'ayant pas 
r£ussi, B. se d£cida bientdt apr&s k aller k Paris 
oh il fit reprSsenter avec grand succ£s, k 1*0- 
pira-Oomique, Le putts cTamour, et Les quatre 
fils Aymon. En 1848, le c Drury-Lane » donna La 
Boh&mienne qui fit le tour de toutes les grandes 
scenes d'Europe et resta FopSra le plus c£16bre 
de Fauteur; suivirent en 1844 La fiUe de la 
place St-Marc 9 en 1845 La sorci&re, puis pour 
TOpSra de Paris L'&oile de Seville. Toute une 
s£rie d'autres operas succeda encore k ceux 
que nous avons cit^s, mais Fitoile de B. p6- 
lissait de plus en plus, n visita Vienne (1846), 
Berlin (1849), Sl-P6tersbourg et Trieste (1852- 
1856), repr^sentant des operas et encaissant de 
Targent En 1857, sa fiUe Victoria se fit entendre 
pour la premiere fois comme cantatrice dl'op^ra 
italien du « Lyceum » ; puis, en 1864, B. se re- 
tira dans son domaine de Rowney Abbey. Son 
buste (par Mallempre) fut plac^ en 1874 dans le 
vestibule du « Drury-Lane u Outre ses operas, il 
a 6crit des cantates, des ballades, etc B. pos- 
sidait une facility extraordinaire de conception 
et une verve m&odique naturelle et abon- 
dante ; malheureusement, il manquait de s^v^« 
rit6 enverssoi-mdme et ignorait le recueillement 
qui doit prec£der la creation de toute oeuvre 
durable. 

Ballabile, sorte de ballet (v. ce mot) tr&s court, 
compost de quelques pas de danse settlement: 
on l'introduit parfois dans une cpuvre sc^- 
nique pour augmenter, k un moment donn£, 
TintensitS de la couleur locale ou le pittoresque 
de Taction. 

Ballade (ital. Ballata, all. Ballade, angl. Bat- 
lad) 9 primitivement synonyme d'air k danger 
(de Tital. ballo, « danse »); c*est en Ecosse et en 

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50 



BALLAD-OPERA — BALTHAZAR-FLORENCE 



Angleterre que le mot b. a pris le sens de poeme 
epique-lyrique de couleur legendaire ou fan- 
tastique. Les b. ecossaises servirent de point de 
depart aux b. des grands poetes de la fin da 
siecle passe, sans toutefois que ces derniers 
aient etabli une distinction precise entre la 
romance et la b. La forme musicale de la b. est 
encore moins determine que sa forme po6- 
tique. Les compositions vocales prennent le 
nom de b. lorsqu'elles sont narratives; cer- 
tains po&nes que les litterateurs classeraient 
sans doute parmi les romances n'en sont pas 
moins, mis en musique, de v^ritables b. La b. 
est de nos jours nn poeme narratif mis en mu- 
sique pour une voix seule avec accompagne- 
ment de piano ou d'orchestre; lorsque Tcpuvre 
musicale est tres d^velopp^e et comporte par 
ex. des choeurs, divers solos, etc., ce n'est dej& 
plus une b. (quoique certains auteurs, Schu- 
mann entre autres, aient meme en ce cas con- 
serve le nom de b.). Comme pour rendre moins 
claire encore la signification de ce mot, la mu- 
sique instrumentale pure s'eu est cmpar£e et 
nous avons eu des lors des ballades pour 
piano, pour violon, pour orchestre, etc.; celles- 
ci cependant doivent etre plus ou moins classees 
dans la musique descriptive, car elles ont, en 
somme, la pretention de faire croire que Tau- 
teur a voulu exprimer une idee precise et de- 
ttni< fc . II serait toutefois peu aise de prouver 
pourquoi les Ballades de Ghopin, par ex., por- 
tent ce nom. Que les compositeurs reservent 
done le titre de b. aux ballades poetiques mises 
en musique (k celles aussi qui sont ecrites pour 
choeurs avec ou sans accompagnement), et 
qu'ils Tetendent tout au plus aux oeuvres de 
musique instrumentale descriptive, munies d'un 
programme. 

Ballad-opera, chez les Anglais, un opera 
compose en majeure partie sur des airs popu- 
lates ; John Gay, dans son beggars opera (1727), 
donna le premier exemple de ce genre dVeuvre. 

Ballard, ceiebre famille d'imprimeurs de 
musique fran^ais, apres P. Attaignant, la plus 
ancienne maison parisienne de cette esp^ce. 
Attaignant mourut, semble-t-il, k peu pres au 
moment oft Robert B. commenca k imprimer; 
Henri II accorda a ce dernier et k son beau- 
frere et associe, Adrien Le Roy, en 1552, le pri- 
vilege de « seul imprimeur de la musique de la 
chambre, chapelle et menus plaisirs du roi ». 
Soutenus par un tel privilege, renouvele du 
reste pour chaque successeur (Pibrhe 1638, 
Robert 1639, Ed.-Ohristophk 1673, Jea^-Bap- 
tiste-Christophe 1695, Christophe-Jean-Fran- 
gois 1750, Pierre-Robert-Christophe 1763), les 
membres dela famille ne crurent jamais devoir 
tenir compte des progres de rimprimerie, de 
telle sorte qu'ils se servaient en 1750 encore 
des m£mes caracteres qu'au debut, caracteres 
fabriques en 1540 par Guillaume le Be (v. ce 
nom) et dont Pierre B. avatt achete les poin- 
<;ons pour le prix de 50,000 livres. Ces carac- 
teres sont pour Tepoque elegants et nets, mais 
il faut avouer qvCk la tin du siecle dernier dej&, 
ils paraissent quelque peu antiques a c6te de 



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IC 



ceux d'un J. Breitkopf. Le retrait du privilege 
en 1776 mit fin aux avantages des B. et la mai- 
son disparut 

Ballata, v. Ballade. 

Ballet (ilal. Balletto, de baUo y * danse »). 
nom que Ton donne aujourd'hui soit aux danses 
intercaiees dans un opera, sans avoir toujours 
de rapport bien direct avec Taction, et consis- 
tant en divers pas du premier danseur ou en 
evolutions du corps de ballet, soit k une oeuvre 
entiere dans laquelle il n f est pas ou presque 
pas parie ni chante; Taction n'est exprim£e. 
dans ce dernier cas, que par des pantomimes 
et des danses. Les deux sortes de b. remontent 
k une epoque assez eioignee, meme si Ton fait 
abstraction des evolutions rythmees du chtpur 
dans Tancienne tragedie grecque. Les panto- 
mimes avec musique, sur des sujets generale- 
ment empruntes a la mythologie grecque et 
agrementes d'allusions aux personnaliles prin- 
cieres presentes, etaient chose fort repandue au 
xv e s. deja, dans les cours de France et dltalie; 
et e'est a peine si Ton pourrait decouvrir une 
difference fondamentale entre ces cpuvres et le 
« grand » ballet de nos jours. Mais des les pre- 
miers temps de Texistence de Topera, le ballet 
prit Tetrange caractere de ballet d'entr'acie (in- 
tennede), sorte de seconde action intercaiee par 
fragments dans Taction meme de Topera, avec 
laquelle elie n'a aucun rapport direct. Le nom 
de balletto pour designer un opera-ballet com- 
plet, meme avec chant, fut employe en 1625 deja 
(La dilivrance de Ruggiero de Vile d'Alcine, 
poeme de Saracinelli, musique de Francesca 
Caccini). Les b. ont joui d'une vogue toute spe- 
ciale a la cour de France; non seulement la 
haute noblesse, mais les rois eux-memes pre- 
naient part k 1'execution (Louis XIII en 1625 ; 
Louis XIV Ires frequemment).Sous Louis XIV. 
e'etaient surtoutles ballets de Topera Quinault- 
Lully qui remportaient les suffrages de la cour. 
On doit k Noverre (v. ce nom) Tune des evolu- 
tions les plus importantes du b. 

Balletto (Hal.) syn. de ballet (v. ce mot); ce- 
pendant on appelait aussi b„ au xvn* et au 
xvin 8 8., les sonates de chambre (Sonate de 
camera) composees de plusieurs danses de 
differents caracteres, par ex. : les Balletti a 3 
d'Albinoni, pour deux vicious et basse continue. 
Of. Suite. 

Baltaxarini, musicien italien du xvi* s., vint 
en France vers 1560 et entra au service de Ca- 
therine de Medicis. II composa sur Tordre de 
celle-ci, en collaboration avec La Chesnaye, 
Beaulieu et J. Patin, le ceiebre Ballet comitate 
dela Reitie (15 oct. 1581) qui parut en 1583 chez 
Le Roy et Ballard. 

Balthasar- Florence , Henri-Mathias (Bal- 
thasar, dit B.-F.), ne a Arlon (Belgique) le 
21 oct. 1844, eieve de Fetis au Conservatoire de 
Bruxelles; epousa en 1863 une fille du fabri- 
cant d'instruments Florence, dont il prit une 
succursale k Namur. B.-F. est un compositeur 
plein de zele et de talent (operas, symphonies, 
Mtssa Solemnis, cantates, etc.). Fondateur et 
directeur du Cercle musical deXamur.ila beau- 

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BALTZBR — BARBEDETTE 



51 



coup contribue a la diffusion du gout musical 
<en cette ville. 

Battier, Tbomas, celebre violoniste, n6 a Lu- 
beck en 1630, m. a Londres le 27 juiL 1663: in- 
troduisit Tart du violon en Angleterre, oil il se 
fit entendre pour la premiere fois en 1656. II fut 
«chef de la King's band de Charles II et com- 
posa nombre de morceaux pour son instru* 
ment; quelques-uns out 6te publics par Play- 
ford, dans sa Division violin (1688). 

Banchieri, Adriano, (A. di Bologna), n£ a 
Bologne vers 1667, m. en 1634; fut d'abord or- 
ganiste a Imola, puis moine oliv^tain au convent 
St-Micliel, a Bologne.On a consent bon nombre 
d'opuvres qui, de son vivant, Tavaient fait esti- 
mer com me compositeur: des Messes, des ma- 
drigaux, des Cansoniper sonar, des concertos 
d'eglise, etc.; mais ses ouvrages th£oriques 
sont bien plus important^ pour nous: (kirtella 
musicale sul canto figurato (2« £d. 1610), Lor- 
gano suonarino (1611), Direttorio monastico 
di canto fermo (1615), etc. (if. aussi Bobisations. 
Banck, Karl, ne a Magdebourg le 27 mai 
1809, m. a Dresde le 28 dec. 1889, £leve de 
B. Klein, L. Berger et Zelter a Berlin, de 
Fr. Schneider a Dessau; fit en compagnie du 
peintre et po£te Gh.-Alexandre Simon un long 
voyage en Italie (1830-1831), v£cut ensuite a 
Magdebourg, Berlin et Leipzig, puis a partir de 
1840 a Dresde. II £pousa en 1861 une Am£ri- 
caine et fit aussi un s£jour d'une ann^e aux 
Etats-Unis. B. fut un des critiques musicaux 
les plus renommte de l'Allemagne et jouit d'une 
certaine reputation comme compositeur de 
lieder ; il publia, en outre, des morceaux de 
piano, des ceuvres chorales, etc. et donna d'ex- 
eellentes Editions de toute une s6rie d'ceuvres 
anciennes jusqu'alors inedites (sonates de Scar- 
latti et Martini, airs de Gluck, etc.). 

Banda (ital.), franc, bande, angl. band, terme 
servant a designer autrefois un corps de mu- 
sique, plus specialement d'instr. a vent, sans 
ancune allusion meprisante; les 24 violons de 
Louis XIV portaient le nom de bande, de 
m A me les 24 fiddlers de Charles II d' Angleterre 
celui de King's private-band, etc. Lesltaliens 
donnent aujounfhui le nom de B. aux fanfares 
ou musiques d'harmonie, ou a l'ensemble des 
cuivres et des instr. a percussion d'un orchestre 
d'opera, ou encore a la musique de sc£ne. 

Banddla (esp. Bandolon, Bandora, Ban- 
dura), instr. a cordes pinches, de la famille 
du luth, mont£ d f un nombre plus ou moins 
grand de cordes d'acier ou de boyau. 

Banfi, Giuuro, luthiste renomm6, ne a Milan 
vers le milieu du xvn* s., m. en Espagne, ou il 
etaitdevenu lieutenant-general d'artillerie; au- 
leur d'une methode El maestro de chitarra 
(1658). 

Banister. 1. John, excellent violoniste, ne a 
St-6illes (in the Fields) pr&s Londres en 1630, 
nule 3 oct.1679; fut envoyS en France par Char- 
lea II pour sV perfectionner, et nomm6 a son 
retour maitre de la chapelle privee du roi 
(Kings 9 band). B fut plus tard congedi£, pour 
avoir parte avec mfpris de certains violonistes 



by \j 



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\V 



fran?ais proteges par le roi (son suceesseur fut 
un Francais, nomme (Irabu); il vecut a Londres . 
jusqu'a sa mort, comme directeur d'une £cole 
de musique et entrepreneur de concerts. B. 
6crivit la musique de Circe de Davenants, el, 
en collaboration avec Pelham Humphrey, celle 
de la Tempite de Shakespeare, enfin des ro- 
mances, des lemons de violon, etc. — 2. JoirN, 
n6 vers 1663, m. en 1735, tils du precedent; fut 
premier violon au theatre de « Drury-Lane », 
£crivit de la musique de sc£ne pour diverses 
oeuvres et collabora a la methode de violon 
Division violin (1684) de J. Playford. 

Banjo, instrument favori des negres amW- 
cains qui l'import£rent d'Afrique ou on le trouve 
sous le nom de Bania. Le b. est une sorte de 
guitare a long manche et a table de resonance 
form£e par une membrane tendue sur un cadre 
circulaire. H a de 5 a 9 cordes ; la chanterelle se 
joue avec le pouce, elle est a c<Me de la plus 
basse des autres cordes. Comme pour la gui- 
tare, on 6crit pour b. a l'octave au-dessus du 
son r6el. 

Bannelier, Charles, ecrivain musical, ne a 
Paris le 15 mars 1840 ; eleve du Conservatoire 
de Paris, collaborateur assidu puis, pendant les 
annees qui pr£cederent immediatement sa dis- 
parition (fin de 1880), r£dacteur en chef de la 
Revue et Gazette musicale. Outre un grand 
nombre d'articles excellents parus dans cette 
revue, B. publia la traduction franchise du c£- 
l£bre opuscule de Hanslik, Du beau dans la 
musique (1877), celle du texte de la Passion $e- 
lon St-Matthieu de Bach et un arrangement 
pour piano a quatre mains de la Symphonic 
fantastique de Berlioz. 

Banti, Brigitta, n£e Giorgi, cantatrice, nee a 
Crema (Lombardie) en 1759, m. a Bologne le 
18 f£vr. 1806; fut d£couverte dans un cafe chan- 
tant de Paris, et remporta d'immenses succ&s a 
Paris et a Londres, grace a sa voix merveil- 
leuse, mais elle ne parvint point a completer 
son Education musicale rudimentaire et resta 
toute sa vie simple cantatrice par intuition. Ses 
tourn£es en Allemagne, en Autriche et en Italie 
furent une suite ininterrompue de triomphes; 
elle fut engagee de 1799 a 1802, comme prima 
donna a Londres, puis retourna vivre en Italie. 

Baptiste (proprement Baptiste Anet), violo- 
niste celebre vers 1700, 616ve de Corelli, fit 
beaucoup parler de lui a Paris; il alia plus tard 
en Pologne ou il mourut comme chef d'orches- 
tre. B a £crit quelques sonates pour violon et 
des sonates pour deux musettes. 

Bar (all.) v. Strophe; (angl.) mesure; bar 
line, barre de mesure. 

Barbacola (Barbarieu, Barbereau) v. Bar- 

BIREAU. 

Barbarini, Manfredo-Lupi, compositeur du 
milieu du xvi e s. dont on trouve quelques motets 
dans les anthologies de T£poque, sous le simple 
nom de Lupi (v. ce nom), nom de toute une 
s£rie d'autres maltres du temps. 

Barbedette, Hippolyte, ne a Poitiers en 
1827, publia des ceuvres pour piano et de la 
musique de chambre, mais se lit surtoiit con- 

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52 



BARBEREAU — BARBLAN 



naltre comme musicographe en m&me temps 
que comme homme politique. On a de lui dee 
essais sur Beethoven, Chopin. Weber, Schu- 
bert, Mendelssohn et Stephen Heller. B. coila- 
bore depuis nombre d'annees au Minestrd. 

Barbereau, Mathtjrin-Augustr-Baxthasar, 
ne a Paris le 14 nov. 1799, m. en celte ville le 
18 juil. 1879; eieve de Reicha au Conserva- 
toire, obtint en 1824 le grand prix de Rome et 
fut pendant quelque temps chef d'orchestre au 
Theatre fran^ais. H se voua ensuite a l'ensei- 
gnement, tout en faisant des recherches histo- 
riques, et fut nomme en 1872 professeur de 
composition au Conservatoire de Paris; il 
changea plus tard cette chaire contre celle de 
professeur d'histoire de la musique, qu'il dut 
cependant abandonner aussi faute de talent 
oratoire (il eut pour successeur E. Gautier). B. 
a publie un TraiU hisiorique et pratique de 
composition musicale (1845, inachev6) et une 
Etude sur I'origine du syst&me musical (1852, 
de mdme inachev6). 

Barbier, Fntoaiuc-ETiENNE, ne a Metz le 15 
nov. 1829, m. a Paris le 12 f6vr. 1889, eteve de 
l'organiste Darondeau a Bourges, oil il rem- 
porta son premier succ£s au theatre, avec Le 
mariage de Colombine (1852). H d&buta a Paris, 
en 1855, par Une nuit a S&cille, que monta le 
Theatre lyrique, puis il fit representee a partir 
de celte epoque, un grand nombre d'autres ceu- 
vres, la plupart en un acte et se rapprochant 
de plus en plus du genre de ropirette-bouffe. 

Barbieri. 1. Cablo-Emanuele di, n£ a Genes 
le 22 oct. 1822, m. a Budapest le 28 sept. 1867, 
eieve de Mercadante a Naples; fut chef d'or- 
chestre de diverses scenes d'op6ra italiennes, 
puis du theatre de K&rnthnerthor a Vienne 
(1845), de celui de Kdnigsstadt a Berlin (1847), 
a Hambourg (1851), a Rio-de-Janeiro (1858). 
II se retira pendant quelques ann^es (1856-1862) 
dans la vie priv&e, a Vienne, puis accepta et 
conserva jusqu'a sa mort les fonctions de chef 
d'orchestre du Theatre national de Budapest 
B. ecrivit des operas dont un surtout, Perdita, 
ein Wintermarchen (1865), fit le tour des thea- 
tres allemands, des ballets, des farces, etc. — 
2. Francisco- Asenio, n£ a Madrid le 8 aoiit 
1828, m. en cette ville en f&vr. 1894; avait etudie 
le piano, la clarinette, le chant et la composition 
au Conservatoire de sa ville natale. II fut d'a- 
bord clarinettiste dans un corps de musique 
militaire et dans un orchestre de petit theatre, 
devint directeur des choeurs et soufQeur d'une 
troupe d'op^ra italien qui parcourait le nord de 
l'Espagne (Pampelune, Bilbao, etc.) et entreprit 
un jour de chanter a la place de l'artiste indis- 
pose le rtile de Basilio du * Barbier de Seville » ; 
son sneers fut assez grand pour qu'il restat un 
certain temps chanteur sc^nique. De retour a 
Madrid en 1847, il fut nomme secretaire de la 
Societe pour la fondation d'un theatre de zar- 
zuela (op^rette), chroniqueur musical de V Il- 
lustration et, tout en composant avec ardeur, 
il parvint a se crter une certaine reputation 
comme mattrejde musique. C'est en 1850 qu'il 
fit repr£senter sa premiere zarzuela en un 



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*L 



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acte, Gloria y peluca ; il devint rapidement dte 
lors le hiros du jour, surtout aprta qu'il eul 
donne, en 1851, une zarzuela en trois actes* 
Jugar con fueyo. B. n'est pas seulement le 
* zarzuelero » le plus aim& de Madrid, il est 
membre de plusieurs associations artistiquea* 
excellent chef d'orchestre et savant distingue 
en matures musicales. II donna en 1859, dans 
la salle du theatre de zarzuela, construit sur 
ces entrefaites, des Concerts spirituds* arran- 
gea en 1866 des concerts p£riodiques de musi- 
que classique, d'oii sortit l'annee suivante la 
Societe de concerts de Madrid (il donna 50 
concerts en 1868). En 1868, il refusa le poste 
de professeur d'harmonie et d'histoire de la 
musique au Conservatoire, acceptant par con- 
tre, l'annee suivante, de diriger l'orchestre du 
Theatre royal. II fut nomme, en 1878, membre 
de l'Academie des beaux-arts de Madrid. B. 
trouva le loisir, malgr6 cette activite multiple, 
d'6crire un grand nombre d'ueuvres orchestra- 
tes, d*hymnes, de motets, de chansons, et pu- 
blia des articles musicaux soit dans les revues- 
speciales, soit dans les journaux politiques. 

Barbireau, Barbiriau, Barbereau, Barba- 
rieuy Barbf/rianus 9 Barbingant 9 Barbacota* 
Jacques, maitre des enfants de choeur a Notre- 
Dame d'Anvers en 1448, m. en cette ville le 8 
aout 1491; contrapontiste Ires renomme, ami 
de K Agricola, et cite comme autorite par 
Tinctoris. La Bibliotheque imperiale de Vienne 
et la bibliotheque de Dijon possMent une ou 
deux de ses ceuvres manuscrites. 

Barbitos (barbiton), instr. a cordes de la 
Grece antique (rinstrument favori d'Alcee, de 
Sapho et d'Anacreon qui s'en senaient pour 
accompagner leurs chants), dont nous ne sa- 
vons qu'une chose, c'est qu'il etait monte d'un 
plus grand nombre de cordes que la cithare et 
la lyre (une harpe?). 

Barblan, Otto, ne a Scanfs, dans la Haute- 
Engadine (Suisse), le 22 mars 1860; re$ut le 
premier enseignement musical de J.-A. Held ei 
Grisch a l'Ecole cantonale de Coire (1874-1878) 
et fut ensuiie eieve de J. Faisst, Alwens, Seyer- 
len et Doppler au Conservatoire de Stuttgart 
(1878-1884). En 1883 deja, il donna un concert 
d'orgue a Lausanne, mais rentra a Stuttgart 
oil il remplit, pendant l'annee 1884-1885, les 
fonctions de maitre suppleant au Conserva- 
toire, allant entre temps donner des concerts a 
Augsbourg, Lausanne, Aigle et Coire. Aprea 
un sejour de deux ans dans cette derniere ville* 
on il avait ete nomme maitre de musique a 
TEcole cantonale et directeur du chceur mixte 
et du choeur d'hommes, il fut appeie, en 1887, a 
la suite d'un brillant concours, au poste d'or- 
ganiste de la cathedrale de St-Pierre, a Geneve. 
II est en outre professeur d'orgue et de compo- 
sition au Conservatoire de musique et direc- 
teur de plusieurs societes chorales ( « Chant 
sacre » , etc.). B. a publie quelques ceuvrea 
(chez Rieter-Biedermann) qui toutes font preuve 
d'une haute culture musicale : un Andante et 
variations (op. 1), 5 pieces (op. 5) et un Fassa- 
caglio (op. 6) pour orgue, des pieces pour piano 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BARBOT — BARGIEL 



53 



fop. % 8 et 4), etc. ; d'autres sont encore ma- 
nuscrites. 

Barbot, JosEPH-TafcoDORB-Dftsiafe, uh ArTou- 
louse le 12 avr. 1824, re$ut la premiere educa- 
tion musicale dans sa ville natale, A la maltrise 
de la cath6drale, pais entra an Conservatoire 
de Paris, oil il fat YUAxe de Garcia. Entr* A 
rOpAra en 1848, it n'y resta que peu de temps, 
At de nombreases tonrn&es A l'&ranger et re- 
vint ensoite crfer le rdle de Faust dans l'oauvre 
«Ie Gounod, au ThdAtre-Lyrique. En 1875, B. fat 
XH>mm6 professeur de chant au Conservatoire 
de Paris. — Sa femme, Caroline B., cantatriee 
distingufe, n6e A Paris vers 1880, partagea ses 
succ£s A l*6tranger et fit aussi partie pendant 
<juelque temps du personnel de l'Op£ra (1859). 

Barcarolle (ital. Barcaruola, de barca, bar- 
que), nom que Ton donne aux chants de bate- 
lielrs italiens (gondoltera). 

Bardes, nom que Ton donnait aux chanteurs 
<po£tes) qui, en Angleterre, en Ecosse, en Ir- 
lande et dans les Gaules, formaient chez les 
anciens Celtes une caste tout particulterement 
priviltgiee, v6n£r£e et protegle par des lois. 
Syst£matiquement poursuivis par les Romains 
qui voyaient en eux les instigateurs du senti- 
ment patriotique, les b. disparurent rite de la 
Gaule et des parties de la Bretagne soumises 
aux Romains. ^institution des b. se perp£tua 
en Irlande jusqu'd la bataille de Boyne (1690), 
en Ecosse jusqu'A l'abolition de la justice patri- 
monial (1748). Les Germains n'eurent jamais 
de classe privilegi6e de chanteurs, tandis que 
les Scandinaves connurent fort bien cette insti- 
tution. L'instrument dont les b. se servaient 
pour accompagner leurs chants s'appelait 
chroUa (crout; en irlandais cruit). 

Bardi, Giovanni, comte Vernio, gentilhomme 
florentin, riche et de haute culture, a la fin du 
xvi« s. B. rfrinissait dans son palais les artistes 
et les savants les plus remarquables de Flo- 
rence, et ce fut lui qui, peut-Mre m&me direc- 
tement, donna la premiere impulsion a la 
composition dramatique (op&ra) sous forme 
d'imitation de la tragMie antique (cf. Opfciu). D 
£tait du reste lni-m&me un compositeur habile, 
comme le prouve un madrigal a cinq voix qui 
nous est parvenu. B. est Tauteur d'un opuscule 
intitule : Discorso sopra la musica antica e'l 
cantarbene. 

Bardit, nom que Ton donne aux cliants des 
bardes. Le mot b. est dti a une fausse interpre- 
tation d'un passage de Tacite (barditus au lieu 
de barritus, d'oii Ton conclut que les Germains 
avaient aussi leurs bardes); il fut introduit par 
Klopstock dans la langue po£tique allemande. 

Bardone, Viola di b., syn. de baryton, (ins- 
trument), simple corruption italienne, sans 
doute, de ce dernier mot; tandis que l'expres- 
sion viola di bordone, que Ton rencontre aussi, 
dfeigne les cordes tendues A c6ti de la touche, 
mises en vibration indirectement par les autres 
cordes, ou simplement pinches. 

Barem, nom d'un jeu bouch£ de l'orgue, en 
g&n&al de 8*, et d'une intonation particuliere- 
raent douce. 



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Barge, Johann-Hkinrich-Wilhelm, Mtiste 
remarquable, n£ A Wulfsahl, pr6s Dannenberg 
(Hanovre) le 33 nov. 1886; autodidacte, fut, de 
sa dix-septidme A sa vingt-quatri&ne annfo, 
Artiste an regiment hanovrien dela garde, 
puis premier fl&tiste de l'orcbestre de la cour A 
Detmold et, A partir de 1867, premier fhttiste 
£galement de l'orchestre du Gewandhaus, A 
Leipzig. B. a public une m£thode de flftte (chez 
Forberg), quatre cahiers deludes (Orchester- 
studim, collection des passages principaux 
des operas, symphonies, etc.) pour fhtte, et des 
arrangements pour fHMe et piano d'une quan- 
tity d'oeuvres classiques et modernes. 

Bargheer. 1. Karl-Louis, violoniste, n6 A 
Buckebourg, oil son pdre §tait membre de la 
chapelle de la cour, le 81 d6c. 1881; travailla le 
violon, de 1848 a 1850, sous la direction de 
Spohr, a Cassel, puis entra dans la chapelle de 
la cour, A Detmold. II employa les cong6s qu'on 
lui avait g£n6reusement accord&s a completer 
ses Etudes aupr&s de David (Leipzig) et de 
Joachim (alors A Hanovre) puis, en 1868, il fut 
nomm£ chef d'orchestre de la cour a Detmold. 
B. se fit aussi remarquer comme virtuose (so- 
liste et quartettiste) dans de nombreuses tour- 
n6es de concerts. Lorsque, en 1876, l'orchestre 
de Detmold fut dissous a la suite du change- 
ment de rtgne, B. devint violon solo de la So- 
ci6t6 philharmonique et professeur au Conser- 
vatoire de Hambourg, fonctions qu'il conserva 
jusqu*en 1889. D fut plus tard encore concert- 
meister des concerts d'abonnement dirig&s par 
H. de Billow. — 2. Adolf, frtre du prudent, 
n6 A Bfickebourg le 21 oct 1840; fut le dernier 
tt&ve de Spohr (1857-1858) et termina ses etudes 
aupres de Joachim. Comme son frtre, il fut 
pendant deux ans musicien de la cour, A Det- 
mold, remplit ensuite les fonctions de concert- 
meister a Munich on il resta cinq ann6es con- 
secu lives. II est depuis 1866 violon solo et 
premier professeur de violon a l'£cole de musi- 
que de Bale. 

Bargiel, Woldevab, compositeur de musi- 
que, n£ a Berlin le 8 oct 1828. Son p£re, Adolf 
B., qui 6tait maltre de musique, mourut en 
1841 ; sa m6re, Marianne, n6e Tromlitz, avait 
epous6 en premieres noces Fr. Wieck. B. est 
done beau-fr&re de Clara Schumann (v. ce 
nom). D fut d'abord l'61£ve de ses parents, puis 
entra au Conservatoire de Leipzig, oil il tra- 
vailla sous la direction de Hauptmann, Mo- 
schetes, Rietz et Gade. Apr&s avoir v6cu pen- 
dant quelque temps A Berlin, oft il donnait des 
lemons particuli&res, il fut nomm6 professeur 
au Conservatoire de Cologne, puis successive- 
ment directeur des diverses institutions de la 
Maatschappy tot bevordertng van toonkunst, 
A Amsterdam (1865), professeur a l'Academie 
royale de musique (Hochschule) A Berlin (1874), 
membre du s£nat de l'Acad&mie des beaux- 
arts et directeur d'une 6cole academique de 
composition musicale (Akademische Meister- 
schule; 1875). B. est un compositeur remarqua- 
ble de musique instrumentale et represente 
comme tel les tendances de Robert Schumann; 

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54 



BARKER 



BARRE 



plusieurs ouvertures (Prometheus, Medea, Zu 
einern Trauerspiel), une sympbonie, des sona- 
tes, des trios, des quatuors, on octette, des 
suites, etc. nous moutrent une faculty cr^atrice 
originale dont les id£es sont presentees avec 
esprit et habilete. En outre, quelques oeuvres 
chorales du m^me auteur, ainsi que des psa ti- 
mes pour choeur et orchestre ont 6te publics. 
Barker, Charles-Spackmann, n6 4 Bath le 

10 oct. 1806, m. k Maidstone (Angleterre) le 26 
nov. 1879; c61£bre facteur d'orgues d'abord k 
Londres, puis, k partir de 1837, k Paris. D fut 
nomme, en 1840, directeur des ateliers Dau- 
blaine et Callinet (v. Merklin), et fonda lui- 
nieme, en 1860, une maison sous la raison so- 
dale Barker et Verschneider. La guerre de 
1870 le fit rentrer en Angleterre. B. est Tin- 
venteur du levier pneumatique et de la m&ca- 
nique 61ectrique (v. Electricity), dont l'usage 
amena une transformation complete du jeu 
de 1'orgue. 

Baraby, Joseph, n6 k York le 12 aout 1888, 
&l&ve de la Royal Academy of Music ; direc- 
teur d'une societe chorale qui porte son nom, 
des Concerts sacr£s (oratorios), du choeur royal 
de l'Albert Hall et, depuis 1875, directeur de 
Tenseignement musical k YEton College de 
Londres. En 1886, il succeda k W. Shakespeare 
comme chef d'orchestre des concerts de la 
Royal Academy of Music. B. s'est ausssi fait 
connaltre comme compositeur par un oratorio 
Rebecca, un psaume YEternel est Rot (Leeds, 
1885) et quelques omvres instrumentales et 
chorales de moindres dimensions. 

Barnett. 1. John, n£ k Bedford le 1" juil. 
1802, m. k Cheltenham le 17 avr. 1890, fils d'un 
bijoutier allemand immigre et de son vrai nom 
Bernhard Beer; re^ut de bonne heure une forte 
Education musicale et fit representee au c Ly- 
ceum », en 1825 d£j&, sa premiere operette, 
Avant le dejeuner. D devint rapidement Tun 
des compositeurs les plus f£conds et donna une 
foule de petites ceuvres thMtrales soit au « Ly- 
ceum », soit k « TOlympic Theatre »,soit enfin au 
« Drury-Lane »; mais ce fut en 1884 qu'il rem porta 
son premier succ&s decisif, avec La Nymphe 
de la montagne, qui fut suivie bientoH de Belle 
Rosemonde (1837) et Farinelli (1888). B. se 
flxa en 1841 a Cheltenham, comme maitre de 
chant, et il publia peu apres une etude sur les 
methodes d'enseignement du chant : Systems 
and singing masters, etc. (1843). Le nombre 
de ses romances on chansons separees doit 
atteindre 4,000 environ. — 2. John-Francis, 
neveu du pr£c6dent, n6 a Londres le 16 oct 
1887, compositeur de talent et bon pianiste ; 
obtint une bourse de la Royal Academy of 
Music et joua, en 1858 dejd, k la nouvelle So- 
ci£t£ philharmonique, le concerto en rt min. 
de Mendelssohn, sous la direction de Spohr. 
B, fut ensuite £leve du Conservatoire de Leipzig 
(1857-1860) et joua en 1860 au Gewandhaus. 

11 faut mentionner parmi ses urnvres : une 
symphonic, une ouverture symphonique, ou- 
verture pour Conte dhiver, des quatuors et 
quintettes pour instr. a archet, des trios avec 



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piano, une sonate pour piano, des impromptus,, 
un oratorio (La resurrection de Lazare), deux 
cantates pour les festivals de Birmingham (Le 
vieux marin, Le Paradis et la P&ri) et un 
Tantum ergo pour choeur k 8 parties, n £crivit 
en outre un morceau d'orchestre, Lied du 
dernier Menestrd, pour le festival de Liver- 
pool (1874); une cantata, Le bon berger, pour 
ceiui de Brighton (1876); La construction du 
vaisseau, pour Leeds (1880); The Harvest 
Festival, pour Norwich (1881); puis une scene 
pour alto, The golden Gate, un concerto pour 
flute, une sonate pour flute egalement, etc. 

Baron, Ernst-Gottlieb, cel&bre luthiste et 
historiographe du luth, n6 k Breslau le 27 ftvr. 
1696, m. a Berlin le 20 avr. 1760; fut nomm£ en 
1727 luthiste de la cour de Gotha et, en 1734* 
theorbiste de la chambre du prince heritier de 
Prusse, le futur roi Fr£d£ric IL Son ouvrage 
principal, k la fois historique, theorique et pra- 
tique, est intituW : Historisch- theorische und 
jrrahtische Untersuchung des Instruments 
der Lauten, etc. (1727); il publia en outre 
quelques notices suppl£mentaires (Bettrage) 
sur le luth dans les Historisch- kritische Bei- 
trdge de Marpurg (2° volume), ainsi qu'uno 
Stude, Abhandlung von dem Notensystem der 
Laute und der Theorbe. Quelques autres Merits 
de sa plume (Abriss einer Abhandlung von 
der Melodic, ZufaUige Gedanken uber veer- 
schiedene Materien, Von detn uredten Adel und 
dem Xutjsen der Musik) sont de moindre im- 
portance. D a public en outre la traduction alie- 
mande de YEssai sur le beau du P&re Andre, et 
celle du Discours sur Vharmonie, de GresseL 

Baroxiton, (grec, litt£ralement : t qui sonne 
au grave et k Taigu »), instr. k vent en cuivre„ 
invent^ et construit en 1853 par Cerveny, k 
K6niggr&tz, k tuyau conique large, et d'une 
Stendue fort respectable (de rd* k UP). 

Barpip (Barpipe, Barpfeife, etc.) jeu k an- 
ches que Ton trouve dans d'anciennes orgues* 
ainsi d6nomm6 peut-6tre d'apr&s un instr. a veut 
oublte de nos jours. Le pavilion d'une construc- 
tion toute particulidre, et presque bouche a son 
orifice superieur, donne au son un timbre a la 
fois sourd et nasillard. Le b., dit Praetorius,. 
sonne « en dedans » (in sich hinein). 

Barra, Hottinet, compositeur francais du 
xvi« s., dont quelques opuvres furent imprim6es> 
dans les recueils de l*£poque : Moltetti libro 
primo (Veilise, 1521), Mottetti del Fi ore (Lyon,. 
1559), etc. Une Messe manuscrite est conserve 
dans les archives de la Ghapelle pontificate. 

Barrage, nom que Ton donne, dans la facture 
instrumentale, il'ensemble des barres dispo- 
ses au fond du piano et supportant en majeure 
partie Teffort du tirage des cordes. Le b. est en 
bois, ou plus generalemenU suivant le systeme 
des facteurs americains, en metal. 

Barre. 1. B. de mesure (all. Taktstrich; angL 
bar), trait vertical que Ton tire au travers de la 
porlee pour marquer un pied metrique, de telle 
sorte qu'il precede toujours immediatemenl la 
note accentuee de celui-ci (Cf. MferoiQUK). Quel- 
qu<; indispensal)le que nous paraisse aujour- 

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BARR& — BARTBL 



i)0 



d'hui la b., elle n'etait point en usage dans la 
notation proportionnelle, du moins avant 1600 
et dans les parties destinies aux chanteurs; 
par contre, elle &ait natturellement indispensa- 
btoaui compositeurs, qui s'en servaient comme 
point de rep&re (nous la trouvons, m6me apr&s 
1600, tir£e simplement A travers une ligne de la 
portte) dans les partitions, comme le demon- 
trent les quelques rares exemplaires qui soient 
conserves. II faut cependant remarquer que, 
longtemps auparavant d^ja, la b. etait employee 
soit dans les tablatures d'orgue, soit dans celles 
de luth. — 2. B. d'harmohie, terme de lutherie, 
designant une pi£ce de bois rectangulaire, fbtee 
sur la face interne de la table de tous les instr. 
a archet et de la plupart des instr. a cordes 
pincees. C'est la b. qui permet A la table de 
supporter le poids resultant du tirage des cor- 
des ; elle egalise le son et en augmente l'inten- 
site. 

Barr6. 1. Leonard, contrapontiste du xvi« s. 
(appele aussi Barra), 61&ve de Willaert, n& a 
Limoges ; nomra£ chantre de la chapelle ponti- 
ficate en 1537, fut membre de la commission 
musicale envoyee par le pape au Goncile de 
Trente (1545). Des madrigaux et des motets de 
8a composition nous sont parvenus. — 2 Ax- 
toink, contemporain et peut- A tre parent du 
precedent, auteur de madrigaux et proprietaire 
d une maison d'impression musicale a Rome, 
de 1555 A 1670 environ, puis plus lard a Milan. 

Barret, Apollon-Marie-Rose, hautboi'ste re- 
marquable, d'prigine franraise, ne en 1804, m. 
a Londres le 8 mars 1879; el£ve de Vogt au 
Conservatoire de Paris, membre de Torchestre 
<le rOdeon, puis de l'Opera-Comique, et enfin 
deTOp^ra italien de Londres, jusqu'en 1874, 
B. est l'auteur d'une excellente MUhode com- 
plete de hautbois, A laquelle sont annexees 
toate une serie de sonates et d'£tudes pour cet 
instrument. 

Barrett. 1. John, mattre de musique a l'hos- 
pice da Christ et organiste de Ste-Marie at Hill, 
vera 1710, A Londres; auteur de romances au- 
trefois tres aimees en Angleterre, et dont Tune 
fat introduce dans la Ballad-opera de Gay. 
n composa, en outre, des ouvertures et des 
entr'aetres. — 2. William-Alexandre, musico- 
graphe anglais, ne a Hackney le 15 oct 1836, 
in. a Londres en oct. 1891, vicaire du clxeur de 
Teglise St- Paul, A Londres, D r mus. de FUni- 
versite d'Oxford en 1870, publia, en collabora- 
tion avec le D* Stainer,un Dictionary of musi- 
cal terms (1875). II &crivit, en outre, des mono- 
grapbies sur les compositeurs anglais de glees, 
de madrigaux et de musique d'eglise en gene- 
ral, sur Balfe, etc.; fut critique musical de la 
Morning-Post, redigea auparavant le Monthly 
Musical Record et, en dernier lieu, le Musical 
Times. 

Barrington, Daines, ne A Londres en 1727, 
m. en cette ville le 11 mars 1800; maire de 
Bristol et, plus tard, juge de la principaute de 
Galles, auteur de plusieurs petits essais musi- 
caux, parroi lesquels une lettre sur l'apparition 
de Mozart A Londres (1764) et une description 



des deux anciens instruments gallois : le 
Crewth (v. Chrotta) et le Pib-Corn. 

Barry, Charles-Ainslik, n& le 10 juin 1880, 
6teve de Walmisley et, plus tard, des Conser- 
vatoires de Leipzig et de Dresde; redacteur du 
Monthly Musical Record (1875-1879), secre- 
taire de la Fondation Liszt (1886), musicogra- 
pbe progressiste et compositeur (marches de 
f&e, lieder, morceaux de piano). 

Barsanti, Francesco, n£ a Lucca, vers 1690, 
arriva en Angleterre en 1714 avec Geminiani, 
entra comme fluiistedansTorchestre de FOp^ra 
italien et se voua plus tard au hautbois. E oc- 
cupa pendant longtemps une place lucrative en 
Ecosse, mais revint a Londres en 1750, et fut 
engage comme alto dans les orchestres de 
TOpera et du Vauxball. B. a publie un recueil 
d'anciens chants ecossais avec basse, 12 con- 
certos de violon, 6 solos de flftte avec basse, 6 
sonates pour deux violons avec basse et 6 an- 
tiennes en style palestrinien. 

Barsotti, Tommaso-Gasparo-Fortlnato, ne, A 
Florence le 4 sept. 1786, m. a Marseille en avr. 
1868; fonda A Marseille, en 1821, une Ecole de 
musique gratuite qu'il dirigea jusqu'en 1852. 
Les cpuvres qu'il publia sont les suivantes : des 
variations pour piano, un Salt urn far regem 
et une MUhode de musique pour Tecole gra- 
tuite (1828). 

Bartay, 1. Andreas, ne a Sceplak, en Hon- 
grie, en 1798, m. A Mayence le 4 oct. 1856; fut 
directeur du Theatre national hongrois (1888), 
donnait des concerts a Paris en 1848 et vecut 
plus tard A ilambourg. B. est l'auteur de plu- 
sieurs operas hongrois (Aurel, Csel, Les Hon- 
grois a Naples), d'un oratorio, Le sidge de 
Bude 9 de plusieurs Messes, ballets, etc. Son 
fils — - 2. Ede, ne le 6 oct. 1825, est directeur de 
F Academic nationale de musique, A Budapest, 
fondateur de la caisse de ret mite des musiciens 
hongrois; compositeur (ouverture de Pericl&s). 

Battel. 1. Johann-Christian, ne A Plauen 
(Saxe) le 19 avr. 1776, m. le 10 juin 1831 ; di- 
recteur de musique a Greiz, puis organiste de 
la cour, A Altenbourg (successeur de Krebs) ; 
a £crit une grande quantity de musique reli- 
gieuse (104 psaumes, une cantate pour PA- 
ques), des morceaux d'orgue, etc., mais, seules, 
quelques danses pour piano ont ete publiees. 
— 2. August, n6 A Sondershausen en 1800, 
m. en cette ville en 1876, fils du hautboi'ste 
Heinrich B., dont la renommee de virtuose 
sur la trompette fut grande; etait musicien 
de ville A Sondershausen et membre de la 
chapelle de la cour, dont faisait aussi partie 
son frere Adolf (ne en 1809, m. en 1878). II 
forma une quantile d'excellents musiciens, 
entre autres H. Frankenberger, Al. Mackenzie, 
et ses deux tils, qui tous deux devinrent vio- 
t loncellistes. L'alne — 3. Ernst, ne ei> 1824, fut 
| directeur de musique A Riga (1853), sejourna a 
] Paris et A St-Petersbourg et devint ensuite di- 
recteur de musique a Remscheid, oil il mourat, 
en 1868. Le cadet — 4. GrNTHKR, ne en 1883, 
compl6la ses etudes A Paris et A Berlin (S. 
Dehn) et fut d'abord maitre de musique en 



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56 



BARTH 



Russie,en Ecosse, etc. D vit depuis 1866 k Dus- 
aeldorf.B. a public de jolis lieder, dee morceaux 
de piano et de violoncelle et a donn£ k diverses 
reprises, aux. journaux de musique, des articles 
Merits avec beaucoup d'esprit 

Barth, 1. Christian-Samuel, h&utbofste vir- 
tuose remarquable et compositeur pour son 
instrument, n6 k Glauchaa (Saxe) en 1785, m. k 
Gopenhagne le 8 juiL 1809; fut tldvedeJ.-S. 
Bach k Ncole St-Thomas. D appartint succes- 
sivement, comme hautbolste, aux chapelles de 
Rudolstadt, Weimar, Hanovre, Gassel et Go- 
penhague. — 2. F.-Pmupp-C-A., fils du pr6c£- 
dent, n& k Gassel en 1773, succ&la k son p£re 
comme hautbolste de la chapeUe de la cour, k 
Gopenhague; publia des recueils de lieder da- 
nois et allemands, ainsi qu'un concerto de 
fltite; des concertos de hautbois, etc sont rest£s 
manuscrits. — 8. Joseph-Joh.-Aug., n6 k Gross- 
lippen (Botome) le 29 d£c. 1781, &ait, de 1810 k 
1880 environ, membre de la chapelle vocale de 
la cour, k Vienne, et chanteur de concert (tenor) 
tr£s repute. — 4. Gustav, ne k Vienne en 1818, 
flls du pr£c£dent, pianiste et compositeur d'oeu- 
vres vocales; fut pendant longtetnps, k partir 
de 1848, directeur de la Soci&6 chorale d'hom- 
mes, k Vienne ( Wiener Mdnnergesangverein), 
vit retirG raaintenant k Fransfort-s/M. II 
avait 6pous£ la c61£bre cantatrice Wilhelmine 
Hasselt. — 5. Karl-Hehirich, n6 k Pillau, pr6s 
KSnigsberg, en Prusse, le 13 juil. 1847, fils d'un 
instituteur qui lui enseigna les premiers 616- 
ments de la musique ; fut ensuite 616ve de L. 
Steinmann, k Potsdam (1856-1862), puis de Bil- 
low, k Berlin (1862-1864), de Bronsart et, pen- 
dant quelque temps, de Tausig. II fut nomm£, 
k Berlin m£me, professeur au Gonservatoire 
Stern en 1868, puis k l'Acad&nie royale de mu- 
sique en 1871. B. est un excellent pianiste, 
surtout remarquable dans la musique de cham- 
bre; il a fait k diverses reprises des tourn£es 
de concerts en Allemagne et en Angleterre, 
entre autres avec Joseph et Amalie Joachim. 
Le trio B., de Ahna, Haussmann jouissait d'une 
excellente reputation. 

Barthel6mon, Fhanqois-Hippolytk, ne k Bor- 
deaux le 27 juil. 1741, m. a Dublin le 20 juiL 
1808; remporta A Londres de grands succ&s 
comme compositeur d'op&ras : FUopidas (1766), 
Le fleiece Scamandre (en fran?ais, Paris, 1768), 
The judgment of Parts, The enchanted girdle, 
The maid of the oaks, Ihe election, Belphegor 
(1778). II fut nomm£, en 1770, violon solo au 
Vauxhall et, apr&* de longs voyages en Alle- 
magne, en Italie et en France, accepta un poste 
k Dublin (1784). B. £crivit aussi un oratorio 
Jtffte (1776) et publia un grand nombre d'eeu- 
vres instrumentales (pour violon, orgue, piano). 

Bartoli, 1. Le P&re Erasmo, n£ k Gaete en 
1606, v6cut a Naples, ou il £tait connu sous le 
nom de Pere Raimo, entra finalement dans 
Tordre des Oratoriens et mourut de la peste le 
14 juil. 1656. Ses ceuvres (manuscrites) sont 
conserves dans la biblioth£que des Oratoriens 
(Messes, psaumes, motets, etc.). — 2. Danielo, 
n6 k Ferrare le 12 tfvr. 1608, in. k Rome le 18 



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BASEVI 

janv. 1685; jesuite italien, auteur d'un traits d'a- 
coustique, Del suono, de'tremori armonici e 
del? udilo (1681). 

Baryton (ital. Baritono), 1. Voix d'homme, la 
plus belle et la plus commune parmi les chan- 
teurs, alliant k la noblesse et i la puissance de 
la basse l*6clat du t6nor, sorte d'intermMiaire 
par consequent entre le t£nor et la basse. Lors- 
que le b. s'6tend surtout k Faigu, on le dit « t£- 
norisant » (le Heldentenor des Allemands); 
lorsqu'il extend au grave, il correspond k la 
basse chantante. Le mot b. signifie littlralement 
t qui sonne bas », fut done e%idemment choisi 
par rapport au t6nor qui est plus 61eve. On 
l'appelait du reste autrefois (et parfois encore 
de nos jours) basse-taUle, c-i-d. tenor bas, ou 
encore concordant, sans doute parce qu'ii occupe 
k peu pr&s la mgme place dans r&chelle tonale 
que la basse et le tenor k la fois (fa 1 — fa fcj*, 
resp. sol 1 — sol 3). Les compositeurs d f op£ras 
ecrivent fr6quemment de nos jours des rdles 
principaux pour b., ce dont on ne s'6tonnera 
point si Ton songe k la raret£ des voix de tenors 
bien styltes. — 2. Instr. k archet, Tun des instr. 
favoris du sidcle pass£, aujourd'hui hors d'u- 
sage (itaL Viola di Bordone ou Bardone\ Le b. 
avait la taille du violoncelle (gambe) et sa con- 
struction sp&ciale lui assignait dans la famille 
des violes la place de basse de la viole d'amour ; 
il &tait en effet monte de sept cordes, mais un 
certain nombre d'autres cordes (9 k 24 cordes 
d'acier) 6taient tendues au-dessous des pre- 
mieres, sous la touche. Ces cordes d'acier r&- 
sonnaient sympathiquement ou £taient peut-^tre 
pincees avec le pouce de la main gauche. L'ac- 
cord des sept cordes sup£rieures 6tait le sui- 
vant ; si A , mi 1 , la\ rt*, fa*, si* 9 mi*. Le prince 
Nicolas Esterhazy, protecteur de Haydn, elait 
grand amateur de cet instrument, aussi Haydn 
£crivil-il un grand nombre de compositions 
pour b. (175, parmi lesquelles 125 divertisse- 
ments pour b., alto el violoncelle, 6 duos pour 
deux b., 12 sonates pour b. et violoncelle, 17 
cassations, etc.). Aucune de ces ceuvres ne fut 
grav6e, et laplupart d£truites dans un incendie. 
Plusieurs autres compositeurs, contemporains 
de Haydn, ^crivirent ^galement pour b. : F. Paer, 
Weigl, Eyble,Pichel,etc. Les luthiers, A. Stainer 
par ex. (1660) construisaient des b. d£j& dans le 
courant du xvn* 8.-8. Instr. k vent en cuivre 
(de son vrai nom : saxhorn tenor ou baryton; 
connu en Allemagne sous celui de Barytonhorn 
ou Tenorhom in B, en Autriche sous celui de 
Bass-Fliigdhorn), de la famille des saxhorns 
(bugles, tubas) et appele parfois aiusi eupho- 
nium. Gf. Bugle et Saxhorn. — 4. Combine 
avec un nom d'instrument quelconque, indique 
approximativement la partie de l'^chelle tonale 
que produit ce dernier : clarinette-baryton, v. 

GULRINBTTE, etc. 

Bas-dessus, terme vieilli, hors d*usage, pour 
mezzo-soprano. 

Baser!, Abramo, musicographe italien, ne k 
Livourne le 29 dec. 1818, in. k Florence en nov. 
1885 ; fut d*abord mldecin a Florence, puis se 
voua ensuite a la musique et fit representee 

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BASILE LB GRAND — BASSE 



57 



mais saiiB succ£s, plusieurs operas (Romilda 
sd Essdino, 1840; Enrico Howard, 1847). U 
fonda on journal de musique, Armonia, qui 
cessa de paraitre en 1859; la m^me annee en- 
core, U organisa des Matinees beethoveniennes 
qui jouirent d'une grande reputation et se trans- 
form&rent plus tard en Societa del QuarteUo. 
H institua aussi, k partir de ce moment, un prix 
annuel pour la composition d*un quatuor k 
cordes. B. 6tait un z£16 collaborateur du jour- 
nal de musique Boocherini et Scrivit en outre : 
Studio sulle opere di G. Verdi (1859), Intro- 
duzione ad un nuovo sistema cTarmonia (1862) 
et Conipendio delta sloria della musica (1866). 
D s'occupa encore, vers la fin de sa vie,d'6tudes 
philosophiques. 

Basil* le Grand, ne k C6aar6e (Cappadoce) 
en 829, m. dans la mdme ville, dont il 6tait 
l**vfcque,en 879; passe pour avoir beaucoupcon- 
tribue au ddveloppement du chant d'£glise, en i n- 
troduisant l'usage des antiennes, que son con- 
temporain, St-Ambroise de Milan, n'aurait fait 
que lui emprunter pour les r6pandre a son 
tour dans son dioctee. 

Basili, Francesco, ne a Lorette en fevr. 1766, 
m.4 Rome le 25 mars 1850, &*ve de Jannaconi, 
mattre de la chapelle pontificale, k Rome. II 
remplit d'abord les fonctions de maltre de cha- 
pefle dans diverse* petites localitea, Foligno, 
Macerata et Lorette, tandis que toute une s£rie 
d operas (14) de sa composition faisaient le 
tour des principales scenes dltalie: Milan, 
Rome, Florence et Venise. En 1827, i) fut 
nomine directeur des Etudes (censeur) au Con- 
servatoire royal de Milan et, enfin, appel£ en 
1837, aux fonctions de maltre de chapelle de 
St-Pierre, k Rome. B. a £crit une quantity 
d'ceavres de musique religieuse (Messes, offer- 
toires, magnificats, motets, etc), de m&me un 
Requiem (pour les fun&railles de Jannaconi) et 
un oratorio, Samson (1824). 

Basis, (grec = base, fondement), nom que 
Ton dounait k la voix de basse pendant l'epo- 
que de gr^comanie du xvi* 8. 

Basque, Tambour db, (ou, autrefois, bedon de 
Biscay e; les Allemands l'appellent Tamburin, 
les gitanos pandsro, v. ce mot) instr. k percus- 
sion forme d'une membrane tendue sur un 
cadre circnlaire garni de grelots ou de plaques 
m£talliques accoupl£es. On s'en sert en Espa- 
gne, dans l'ltalie m£ridionale et en Orient, pour 
accompagner les tarenteUes ou d'autres danses; 
le danseur lui-mftme tient le tambour de b. 
d'une main et le frappe de l'autre ou l'agite 
implement Son emploi est frequent dans l'or- 
ehestre moderne. 

Bassa (itaL = grave, interieur), r6uni & 8 ou 
8?a (ottava bassa) signifie l'octave inferieure. 

Of. ABBREVIATIONS. 

Bassanollo, instr. k vent en bois, hors d f usage, 
analogue au basson. L'anche double est recou- 
verte d'une embouchure en forme d'entonnoir, 
etle bocal recourW(s);onleconstniisaitdetrois 
grandeurs diff&rentes, comme basse, taUle et 
dessus.On trouve comme jeux d'anches,dans les 
anciennes orgues, des Bassanelli de 8' et de 4*. 



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Bassani, 1. Giovanni, maltre de musique au 
seminaire de l'6glise St-Marc, k Venise, en 1600 
env.; on a de lui deux livres de Concerts eccle- 
siastici (1596 et 1599) et un livre de Canzonette 
k quatre voix (1587). — % Giovanni-Battista, 
ni k Padoue vers 1657, m. k Ferrare en 1716; 
616ve de Gastrovillari k Venise, fut d'abord or- 
ganiste d'un convent k Moddne, mattre de cha- 
pelle de St-Petrone k Bologne, et depuis 1685 k 
Ferrare; excellent violoniste (maltre de Corelli) 
et compositeur f6cond dont les oeuvres 6taient 
fort estim^es. II 6crivit des sonates (suites) pour 
violon (op. 1 et op. 5), une quantity de morceaux 
de chant pour une voix settle, des motets, des 
psaumes, des Messes, etc., ainsi que six operas. 
— 3. Gbronimo, n6 k Venise, 616ve de Lotti, 
chanteur et profesaeur de chant remarquable; 
a laiss& de la musique d'6glise (Messes, motets, 
vftpres) et des operas (Bertoldo, 1718: Amor 
per forza^ 1721 ; tons deux k Venise). 

Basse (itaL basso; all. Bass), 1. La plus grave 
des voix d'homme. On distingue des b.-contre 
ou profondes (secondes b.) et des bMaille ou 
chantantes (premieres b.), cf. baryton; l'elendue 
habituelle de la b. est de fa* kfa\ La b. pro- 
fonde s'etend da vantage au grave, parfois jus- 
qu'au si fr ou plus bas, la b. chantante ne d6- 
passe gu&re le la x ; k l'aigu, la limite des deux 
voix est k peu pr6s la mfrne ou ne diff&re gu£re 
que d'un ton ou un ton et demi (la seconde b. 
montant jusqu'A mi f? 3 , la premiere b. jus- 
qu'd /Jx Sf 3 . Les b. se divisent en outre, selon 
leur timbre, en b. sbrieuses, dont le ton est k la 
fois mo?lleux et puissant, et en b. bouffes dont 
les sonorit£s gr A les ont quelque chose de moins 
noble et chez lesquelles la netted de la diction 
est la chose essentielle. — 2. Les instruments 
qui ex£cutent la partie instrumentale la plus 
grave portent aussi le nom de b.; on donne 
parfois ce nom k la contrebasse (en Allemagne 
surtout) ou encore anciennement, au violoncelle 
(v. ces mots), tandis que Bassi signifie l'ensem- 
ble des violoncelles et des contrebasses. On 
appelle de m6me b. cFfiarmonte l'instrument le 
plus grave d'une musique d'harmonie (basson, 
trombone, bass-tuba, etc.). — 8. Nom que Ton 
donne k la partie la plus grave d'une composi- 
tion musicale (cf. basis). La b., comme support 
ou base des harmonies, doit £tre traitee d'une 
mani&re sp£ciale (v. conduite); dans la grande 
p£riode du style imitatif (v. Neerlandais) il n'y 
avait,& Texceplion de simples airs de danse,au- 
cune musique instrumentale independante, la 
partie de b., dans le sens que nous lui accor- 
dons aujourd'hui, n'existait pas, quoique l'ob- 
servation de quelques conditions sp^ciales se 
fixi d$}k imposee (sauts de qnarte et de quinte 
dans les cadences). L'inventeur de la partie de 
b. moderne est Viadana (v. ce nom); son Basso 
continuo est une veritable base pour l'edifice 
harmonique.il faut bien se garder de confondre 
Basso continuo (all. (ieneralbass) ou Basse 

CHIFFREE (V. CHIFFRE) SVeC BASSE FONDAM EXTALE 

( v. fondamentale ). — 4. Adjoint A un nom 
d'instrument (p. ex.: bass-tuba, trombone-basse, 
trompette-basse,clarinette-basse, basse de viole, 

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58 



BASSE-CONTRAINTE 



BASTIAAXS 



basse de cromorne, etc.), le mot b. indique le 
fragment de r£chelletonale que parcourt l'instr. 
Cf. chacun des noms d'instr. Dans l'orgue, on 
appelle jeux de b. (Geinshornbass, etc.) les jeux 
qui appartiennent au pedalier. 

Basse-contrainte (Basso oswxato), nom que 
Ton donne au mode d'ostinato le plus r^pandu, 
k Yostinato (v. ce mot) dans la partie de basse. 
La ch a con Tie et la passacaille reposent tou- 
jours sur une b.-c, autrement dit sur une s£- 
rie de quelques notes dont le retour continuel 
forme la basse. 

Basse-contre, terme vieilli, servant k desi- 
gner autrefois la partie de seconde basse, de 
m£me que hautk-oontre correspondait k la 
plus basse des voix elevees (de femmes), c-A-d. 
a Talto (ital. contr'alto). 

Basse d' Alberta. L'emploi continu, k la main 
gauche, d'accords brises toujours de la m6me 
facon, land is que la main droit e joue la m£- 
lodie, donne lieu k ce qu'on a appelle b. d'Al- 
berli (v. AlbertiS), d'apres le nom de celui qui 
generalisa le premier ce mode d'ecriture pour 
le piano. Les b. d'A. se rencontrent encore fr6- 
quemment dans la musique de piano du genre 
leger. Ex. (Mozart, sonate en fa maj.) : 




gd^ 12 



fi 



Basse double, terme vieilli, autrefois syno- 
nyme — comme double bass en anglais — de 
contrebasse. 

Basset, 1. (Basset, Bassettl,oxk encore Bassl) 
Ancien nom allemand du violoncelle (v. Mozart, 
ViolinschtUe, p. 8). — 2. Combine avec le nom 
d'un autre instrument, le mot b. indique que ce 
dernier represente le milieu de Fechelle to- 
nale (tenor), par ex. cor de b., (v. Cor. 2), t Basset- 
pommer » (v. Bombardk), flute de basset, etc. — 
3. Jeu d'orgue dont on rencontre quelques 
i»xemplaires (B. 4\ jeu de flute au ptdalier). 

Basse-taille, terme vieilli, servant k designer 
autrefois la partie de premiere basse. Cf. Bary- 
tox et Basse. 

Bassevi, v. Cervktto. 

Bassi, Luicsi, n£ k Pesaro en 1766, m. k Dresde 
en 1825; excellent baryton, fut de 1784 k 1806 a 
league, vecut eusuite a Vienne sans engage- 
ment k cause de la guerre, rentra k league 
(sous la direction de Weber) en 1814 et devint 
plus tard directeur de TOp£ra de Dresde. (Vest 
pour B. que Mozart avait ecrit le role de Don 
Juan. 

Bassi (plur. de Basso), nom sous lequel on 
comprend Tensemble des violoncelles et des 
contrebasses, dans un orcliestre symphonique. 

Bassiron, Philippe, compositeur neerlandais 
du xvr # s., dont quelques Messes furent impri- 
mees par Petrucci (dans les Missas diverso- 
rum, 15U8). 

Basson (itaL fagotto; aW.Fat/ott; angl. bas- 



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soon), Tun des inslr. k vent, en bois, de l'or- 
chestre symphonique actuel, descendant de la 
bombarde (v. ce mot) en usage au xvi e s.; les 
dimensions et l'aspect informe de celle-ci don- 
nerent l'idee k un cbanoine de Ferrare, en 1525* 
Afranio degli Albonesi (v. ce nom), de replier le 
tube sur soi-m6me et d'en disposer les replis en 
faisceau, en fagot (ifto^of ttf). Cependant les dis- 
positions des premiers b. etaient si loin d'dtre 
parfaites, que l'usage de la bombarde se per- 
petua, k cdt6 de celui du b., pendant tout un 
siecle encore. Le b. fut pendant tr&s longtemps 
appele aussi dofcian (dulcian, doulcine), a cause 
de son intonation tres douce. II appartient au 
groupe des instr. a vent k ancbe double (comme 
le bautbois et le cor anglais); l'ancbe est fix^e k 
Texlr^mite du bocal en forme d'S. Mais, tandis 
que dans le chalumeau et la bombarde l'anche 
n'entrait pas en contact avec les levres de l'in- 
strumentiste et £tait introduite dans une sorte 
d'embouchure en forme de bassin, celle-ci fait 
defaut dans le bautbois et le basson ; Tinstru- 
mentiste prend l'anche directement entre les 
levres et se trouve ainsi absolument maitre 
de Texpression du son. Le b. n'est done pas 
simplement une bombarde k corps replie, k me- 
canisme de clefs et de trous perfectionne, mais 
presuppose ^galement Tinvention qui lit du 
chalumeau le bautbois actuel. Almenrader et Th. 
Boh in out apport£, dans notre si&cle, d'impor- 
tants perfeclionnements dans le mecanisme du 
b. L'etendue normale de celui-ci est la suivante : 
si T x & m' 1 ; les instruments les plus recents 
vont m£me a l'aigu jusqu'A mi p* et certains 
virluoses donnent encore le mi 4 et le fa *, mais 
la limite ordinaire a Torchestre est si p 3 . Une 
anche tendre facilite la production des sons 
graves, une anche forte au contraire celle des 
sons aigus; e'est pourquoi le compositeur doit 
maintenir dans la mesure du possible la dis- 
tinction etablie de premier et de second basson. 
Le basson-ouinte (all. Quintfagott on Tenor- 
faffott), aujourdlmi presque entierement dis- 
paru, reproduit exactement l'£chelle du b. a la 
quinte sup^rieure, le ton le plus grave est par 
consequent fa 1 . Le coxtre-basson (v. ce mot> 
reproduit Kechelle du b. a Toctave inferieure. 
— II manque de bonnes methodes de b. (Ozu 
Xouvelle mithode^ etc., 1787 et 181)0, et plus re- 
cemment en allemand; Cugnier, Blasius, Fro- 
licb, Kuffner): on se tire gen£ralement d'affaire 
avec unetablature (Almenrader), abandonnant 
le reste k la pratique. 

Bastardella, v. Agliari. 

Bastiaans J.-G.,n6 k Wilp (Gueldre) en 1812^ 
m. A Harlem le 16 fevr. 1875, £leve de F. Schnei- 
der k Dessau et de Mendelssohn k Leipzig* 
s*etablit k Amsterdam ou il devint organiste de 
la Zuiderkerk et professeur d'orgue a l'lnstitut 
des aveugles. Tr^s renomm^ c^mme organiste 
et pedagogue, il fut nomme en 1868 organiste 
des c£lebres grandes orgues de St-Bavon k 
Harlem. B. a publie quelcjues lieder et un re- 
cueil de chorals. — Son tils et succeseur 
Johaxn B, ne en 1854, mourut a Harlem le 
7 dec. 1885. 

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BASTON — 

Barton, Josquix, compositeur neerlandais 
(vers 1556) dont on trouve des chansons et des 
motets dans plusieurs anthologies imprim£es A 
An vers, Louvain et Augsbourg, de 1S42 A 1561. 

Bates, Joah, amateur de musique des plus ir- 
ritants, n£ A Halifax le 19 mars 1741, m. A Lon- 
dres,od il 6tait directeur de l'hdpital Greenwich, 
Ie8juinl799; possedait iui-m£me une culture 
musicale s£rieuse (composa un op£ra Phar~ 
naces, des « Singspiele » , des sonates pour 
piano, etc), n fonda en 1776, en compagnie 
d'autres amateurs, les Concerts of ancient music 
qu'il faut bien se garder de confondre avec 
X Academy of ancient music fondle par Pe- 
pusch et dissoute en 1792 dejA, tandis que 
cette premiere institution dura jusqu'en 1848. 
Ce fut lui aussi qui prit l'initiative des grands 
festivals en memoire de Haendel (1784, 1785, 
1786, J 787 et 1791); il les dirigea en personne, 
de m£me que les Ancients Concerts. 

Bateson, Thomas, organiste A (Chester en 
1599, puis vicaire du chceur (1609) et plus tard 
organiste et directeur du chcpur d'enfants de la 
cathedrale A Dublin; fut le premier bachelier 
es musique de l'Universit6 de Dublin. On a de 
lui deux livres de madrigaux. 

Bathyphone (grec, < qui donne des sons gra- 
ves*), nom d'un instr. A vent en bois const ruit 
par Skorra A Berlin, en 1829. Le b. qui occupait 
dans lechelle des sons une place analogue a 
celle de la contrebasse, allait du r6 * au siy*\ il 
semble avoir eu une certaine analogie avec le 
serpent et le basshorn, mais ne fut en usage 
que tres pen de temps, dans certaines musiques 
militaircs. 

Batiste, Axtoine-Edouard, ne A Paris le 28 
mars 1820, m. en cette ville le 9 nov. 1876; se- 
cond prix de Rome en 1840, organiste de renom, 
accompagnateur puis professeur au Conser- 
vatoire de Paris (chant, harmonic et soltege), 
organiste de St-Nicolas-des-Champs et plus tard 
de St-Eustache. B. publia des morceaux d'orgue 
de valeur, un Petit solfege harmonique (Traits 
(Fharmonie 61£mentaire), ainsi qu'une Edition 
annotee des Solfeges (officiels) du Conserva- 
toire. (12 vol.) 

Batistin, v. Struck. 

Baton, I. Trait vertical, epais, dout on se sert 
pour noter des silences prolonges : 



B.VTTEMENT 



59 



HEei 



On sait que de nos jours les silences de plus de 
deux ou trois mesures s'indiquent au moyen 
de chiffres. Cf. Silence. — 2. B. de mesJre, 
cylindre de bois, de dimensions variables et 
servant A battre la mesure. Cf. Diriger. 

Baton, Henri, virtuose sur la musette (corne- 
muse), tandis que son fr£re, Charles (B. le 
jeune) etait un maltre sur la vielle; ce dernier 
a public quelques compositions pour vielle et 
musette, ainsi qu'un M&moire sur la vielle en 
Dlare, paru dans le Mercurede France de 
VannSe 1757. 

Batta, 1. Pierre, n£ A Maastricht le 8 aout 



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1795, m. A Bruxelles le 20 nov. 1876, fut profes- 
seur de violoncelle au Conservatoire de Bruxel- 
les. Ses fils — 2. Alexandre, n& A Maestilcht le 
le 9 jail. 1816, £leve de son p£re, puis de Platel 
au Conservatoire de Bruxelles, obtint en 1834 
le premier prix ex aequo avec D^munk. II se 
crea plus tard un certain renom A T&tranger, 
surtout A Paris, ou il se fixa en dernier lieu: son 
jeu, calculc tout entier en vue de l'effet, manque 
de grandeur et dWvation. B. a public des ro- 
mances pour violoncelle, des fantaisies, des 
variations, etc. — 8. Jean-Laurknt, h£ A Maas- 
tricht le 80 d6c. 1817, pianiste de talent; vecut A 
Paris, puis (A partir de 1848) s'etablit comme 
professeur de musique A Nancy, oil il mourut 
en d6c. 1879. — 4. Joseph, n£ A Maastricht le 
24 avr. 1820, violoniste et compositeur; obtint 
en 1845 le grand prix de composition (Prix de 
Borne) A Bruxelles, et fut engage en 1846 d6j& 
comme violoniste A l'Opera-Comique, a Paris. 

Battaille, Charles-Amable, chanteur distin- 
gue (basse), ne A Nantes le 80 sept. 1822, m. A 
Paris le 2 mai 1872; apres avoir ete medecin,B. 
fit partie, de 1848 A 1857 ; de la troupe de l'Op£ra- 
Comique a Paris, mais dut alors renoncer A la 
scene A la suite d'une affection du larynx. B 
avail ete nomme en 1851 professeur de chant au 
Conservatoire et ne parut plus qu'exceptionnel- 
lement, en 1860, au Theatre lyrique et a l'Op^ra- 
Comique. B. est 1'auteur d'une volumineuse 
methode : De Venseignetnent du chant, dont la 
premiere partie, intitulee Nouvelles recherches 
sur la phonation (1861), contient d'importantes 
etudes physiologiques. 

Battanchon, FfeLix, ne A Paris le 9 avr. 1814, 
m. dans la mtone ville en juil. 1893, violoncel- 
liste distingue et compositeur remarquable 
pour son instrument, eleve de Vaslin et Nor- 
blin au Conservatoire de Paris; fit partie de- 
puis 1840 de rorchestre de l'Op£ra. n avail 
essaye en 1846-1847 de faire de la propagande 
pour une sorte de petit violoncelle qu'il nom- 
mait baryion, mais il ne parvint A susciter 
qu'un inter£t tr£s passager pour son invention* 

Battement, 1. (all. Schvoebung, Stoss). Aug- 
mentation d'intensite se reproduisant A inter- 
valles reguliers, lorsque deux sons A peu pres 
egaux, mais non identiques, resonnent simul- 
tanement Si, par ex., Tun des sons fait 486, 
l'autre 438 vibrations A la seconde, la difference 
sera exactement d'une vibration par demi- 
seconde, ce qui revient a dire que la premiere 
de chaque groupe de 218 vibrations d'un son 
tombera en m£me temps que la premiere de 
chaque groupe de 217 de l'autre, ou encore que 
les maxima d'intensite (les plus grandes am- 
plitudes) reviennent toutes les 217, resp. 218 vi- 
brations et se font remarquer par un notable 
renforcement du son. Lorsque leur nomhre 
atteint a la seconde celui des vibrations du son 
le plus grave que puisse percevoir l'oreille 
(c.-a-d. environ 30 vibrations A la seconde), les 
b. passent del'etat de bruit rauque et desagreable 
a celui de bourdonnement tr&s grave et devien- 
nent ainsi la source de sons resultants (v. ce 
mot). Les b. moins frequents, de leur cote, ceux 

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60 



BATTEN 



que Ton peut aisement compter (c-a-d. 2 a 4 par 
seconde) sont d'un puissant secours pour tem- 
p6rer Vaccord des instr. a clavier. V. Tempera- 
ment et Temp^rA. Gf. Scheibler. — 2. Ancien 
ornement dont l'usage a disparu sans que Ton 
puisse en indiquer la raison. D consiste en un 
trille avec la seconde inftrieure (commen^ant 
par celle-ci, ce qui le distingue du mordant). II 
n'y a pas de signe d'abrSviation pour le b., on 
I'&crit entier, en petites notes : 




Les petites valeurs de notes pr6c6d6es d'un b. 
sont complement absorb£es parcelui-ci. Nous 
ne voyons aucune raison de laisser tomber en 
d£su£tude cet ornement qui, oppos£ au trille 
avec la seconde sup£rieure, n*en est pas moins 
l'4gal. 

Batten, Adrian, vicaire du chceur de l'ab- 
baye de Westminster en 1614, puis a la fois vi- 
caire et organiste de l'eglise St-Paul a Londres 
en 1624, mourut en 1637. II a compose d'excel- 
lents anthems, chant£s encore de nos jours, de 
la musique pour un service du soir, un service 
du matin, une communion, etc. Quelques-unes 
de ses oeuvres se trouvent dans les anthologies 
musicales anglaises (Barnard, Boyce). 

Batterie, 1. Nom que Ton donne a toutes 
sortes de figures fornixes d'accords brisks ou 
arpeg£s et confiees en g&n&ral A des instru- 
ments dont la technique permet le d£veloppe- 
ment d'une certaine agility : 



$^5^ : "^^s= 



t La b., dit Rousseau, dans son Did. de must* 
que, n'est qu'un arpege continu, mais dont 
toutes les notes sont detachSes au lieu d'Mre 
li£es comme dans l*arp£ge. »(*?) — 2. Terme dont 
on se sert parfois pour designer l'ensemble des 
instr. a percussion (v. ce mot) dans l'orchestre 
sympbonique. 

Battishill, Jonathan, claveciniste a « Covent- 
garden » de Londres, n£ a Londres en mai 1788, 
m. le 10 dec. 1801 ; ecrivit plusieurs operas pour 
le theatre oi\ il 6tait engag£, le premier, Almena 
<1764), en collaboration avec Arne. II se voua 
pjus tard a la musique d'eglise et employs les 
derni£res ann£es de sa vie a la formation d'une 
biblioth£que musicale de valeur. On trouve des 
glees, des anthems et des fugues de sa compo- 
sition dans les anthologies musicales (Warren, 
Page); 6 anthems et 10 cantiones parurent se- 
parement, en 1804. 

Battista, Vincenzo, ne A Naples le 5 oct. 1823, 
m. en cette ville le 14 no v. 1878; £leve du Con- 
servatoire de Naples, a fait repr&senter avec 
un succ£s eph6m£re onze operas, sur differentes 
scenes italiennes. II mourut presque dans 
Foubli. 

Battmann, Jacques-Louis, n£ a Munster (Al- 
sace) le 25 aoCit 1818, m. A Dijon le 7 jail. 1886; 



BAUDIOT 

organiste A Belfort en 1840, plus tard a Vesoul, 
a publie un grand nombre d'ceuvres pour le 
piano et pour Forgue, parmi lesquelles une 
quantity d'6tudes, une m£thode de piano, un 
traits d'harmonie (pour l'accompagnement du 
plain-chant), une mSthode d'harmonium et 
beaucoup de morceaux pour harmonium. On 
connalt en outre, du m£me auteur, quelques 
Messes, des motets, diverses oeuvres chora- 
les, etc. 

Bation, Dfisntfi-ALEXANDRE, ne A Paris le 
2 janv. 1797, m. le 16 oct. 1855; £teve du Con- 
servatoire (Cherubini), prix de Rome en 1817, 
6crivit 5 operas qui n'eurent que peu de succ^s, 
et collabora en 1831 a la Marquise de Brxnvil- 
Iters avec Auber, Carafa, Harold, Berton, etc. 
Aprds avoir dirig6 pendant nombre d'annees la 
fabrique de fleurs artificielles fondle par son 
pAre, B. fut nomm£ en 1842 inspecteur des suc- 
cursales du Conservatoire, puis en 1849 profes- 
seur d'une classe d'ensemble vocaL 

Battu, Pantaloon, n£ A Paris en 1799, m. le 
17 janv. 1870; £l£ve de R. Kreutzer, membre de 
l'orchestre de l'Op&ra et de la chapelle royale 
(jusqu'en 1880), fut nomme en 1846 second chef 
d'orchestre de l'Opera. B. publia deux concertos 
de violon, quelques romances pour violon, des 
variations et trois Duos concertants. 

Battuta (ital. de battere, battre [la mesure]); 
a batt. (en mesure), indication fr£quente dans 
les parties d'accompagnement d'un morceau de 
chant (par opposition a colla parte qui signifie 
que les instrumentistes doivent r6gler leur 
mouvement d*apr£s celui du chanteur), s'em- 
ploie de m6me dans une partie de chant pour 
faire savoir a l'exfcutant qu'il doit chanter 1* 
passage en question exactement en mesure. 
\Jarioso ou accompagnato (v. ces mots) qui in- 
terrompt parfois un rfoitatif est d£sign£ pour 
cette raison par les mots a bait. Au sens 6troit 
du mot, b. signifie le temps frapp&, c.-A-d. le 
commencement de la mesure; c'est pourquoi 
Ton apelle rittno ditreoa diquattro battute, les 
rythmes formes de 8 ou 4 mesures (ce qui re- 
vient A dire que ce nombre de mesures forme 
une unit£ d'ordre sup£rieur; Cf. MftTMQUK). — 
Dans la thSorie ducontrepoint, on entend par 
b. une marche interdite par les anciens mal- 
tres, marche des parties extremes de la dixieine 
A l'octave, lorsque celle-ci tombe sur le temps 
fort, ex.: 




'SHI 



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Cette marche et d'autres analogues ne furent 
d£jA plus interdites par J. Fux (vers 1725). 

Baudiot, Charles-Nicolas, violoncelliste vir- 
tuose, n£ a Nancy le 29 mars 1778, m. a Paris le 
26 sept. 1849; el£ve de Janson, puis son suc- 
cesseur, en 1802, comme professeur de son 
instrument au Conservatoire de Paris, de- 
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BAUDOIN — BAZZINI 



61 



Tint en outre premier violoncelliste de la 
chapelle royale (1816) et fut pensionn& en 
1882. B. a public one quantity d'ceuvres poar 
violonceile, la in&hode de violoncelle da Con- 
servatoire en collaboration avec Levasseur et 
Baillot, puis tine autre Mithode complMe de 
violoncelle (op. 25) et one Instruction pour lei 
compositeurs, ou notions sur le micanisme et 
le doigtt du violoncelle et la maniere cTecrire 
pour cet instrument. 

Baudoin (Baudoyn), v. Bauldewun. 

Btudoux et C le , maison d"6dition musicals A 
Paris; le chef de cette maison, Emile Baudoux, 
est ne A Paris en 1844. Entr* A-l'Age de dix-sept 
an* dans le commerce de musique, comme mo- 
drarte employe, 11 se fit bientdt remarquer par 
ses brillantes aptitudes commerciales et passa 
quelques annees dans une des principales mai- 
sons d'edition. E quitta cependant le commerce 
pour faire du journalisme, mais revint A sa 
premiere carrtere en fondant un bureau de co- 
pie musicale qui ne tarda pas A 6tre le rendez- 
vous de toute la jeune 6cole frangaise. Enfin en 
1894, A l'aide de J. Bordier (v. ce nom), de J.Bel- 
Ion, ses assoctea, et de quelques amis, il put 
realiser son r6ve en errant une importante 
maison d'edition specialement destin&e A pro- 
pager la musique des jeunes auteurs et A leur 
faciliter le chemin de la gloire. 

Bauer, Chrysostomus, facteur d'orgues wur- 
tembergeois an d£but du si£cle dernier, in- 
Iroduisit l'usage des soufflets de grandes 
dimensions, A la place des soufflets petits mais 
nombreux dont on se servait jusqu'alors. 

Bauldewijn (Baldewin, Balduin, Baulduin, 
Baudoin, Baudouyn), Noel (Natalia), maltre de 
chapelle de l^glise Notre-Dame, de 1518 A 
1518, A Anvers, m. en cette ville en 1529. On 
trouve des motets de sa composition dans di- 
verges anthologies musicales (par ex. dans les 
Motetti delta corona de Petrucci) et des Messes 
manuscrites A Rome et A Munich (Missa « M\jn 
Hefhms brujjn oghen », et un Da pacem connu 
et passant pour 6tre de Josquin). 

Baumann, v. Paumann. 

Baumbach, Fribdricu-Auoust, ne en 1753, 
m. A Leipzig le 80 nov. 1818; fut de 1778 A 1789 
directeur de l'Op^ra de Hambourg et vecut 
ensuite A Leipzig, s'adonnant exclusivement A 
la composition. Outre un grand nombre d'eeu- 
vres instrumentales et vocales (pour piano, 
violon, guitare, etc), il 6crivit les articles sur 
la musique dans Kurz gefasstes Handw6rter- 
buch uber die schonen Kiinste, paru en 1794. 

Baumfelder, Friedrich, compositeur de mu- 
sique de salon, ne A Dresde le 28 mai 1886, 
fl£ve de Joh. Schneider et du Conservatoire de 
Leipzig (1851). B. est Tauteur, non seulement 
(Ton tr6s grand nombre de morceaux brillants, 
mais encore de plusieurs recueils d'&udes (A 
eitersurtout un Tirocinium rnusicw, op. 800), 
d'tme sonate pour piano (op. 60) et d'une suite 
(«p.l01). 

Bauagart, E.-Frikdrich, n£ A Grossglogau 
(Saxe) le 12 jam. 1817, m. A Warmbrunn le 14 
tepi 1871; etait D r phil., directeur de musique 



de rUniversitd et professeur A llnstitut royal 
de musique religieuse A Breslau. Tr6s expert 
en mati&res musicales, B. s'est fait connaltre 
principalement par une Edition des sonates 
pour piano de Phil.-Em. Bach. 

Baumgarten, 1. Gotthilf von, n6 A Berlin le 
12 janv. 1741, m. A Grossstrehlitz (Sil&sie), ou il 
&ait « Landrat », en 1818; composa quelques 
operas qui furent represent 6s (Zemire und 
Azor, Andromeda, Das Grab des Mufti; la 
reduction de piano de ce dernier fut grav£e en 
1778). — 2. Karl-Friedrich, n£ en Allemagne, 
arriva tout jeune encore A Londres, oil il rem- 
plit pendant longtemps (1780-1794) les fonctions 
de chef d'orchestre A « Coventgarden >. Ses ope- 
ras, Robin Hood et Barbe-Bleue y furent plu- 
sieurs fois repr£sent£s. 

Baumgartner, August, ne A Munich le 9 nov. 
1814, m. dans la m A me ville le 29 sept .1862; 
maltre de chapelle de l'6glise Ste-Anne, pu- 
blia, en 1852, dans la Stenographische Zeit- 
schrift des essais de stenographic musicale, 
puis une Kurz gefasste Anleitung zur Musi- 
kalischen Stenographic oder Tonzeichenhunst 
(1858) et une Kurz gefasste Geschichtedermu- 
sihalischen Notation (1856). II 6tait aussi tr& 
estim& comme compositeur (Messes, psaumes, 
etc.) 

Bausch, Ludwio-Ghristian-Auou8t, n£ A 
Naumbourg le 15 janv. 1805, m. A Leipzig le 26 
mai 1871 ; facteur d'instruments A Dresde 
(1826), Dessau (1828), Leipzig (1889), Wiesbaden 
(1862) et de nouveau A Leipzig (1868). II s'ttait 
surtout cr£6 une renommta par la fabrication 
d*archets de violon et les reparations d'anciens 
instruments. II travailla pendant les derni&res 
annees avec son fils Lcdwio, n6 en 1829; ceiui- 
ci, apr£s un long sejour A New- York, s*£tablit 
d'abord ponr son propre compte A m Leipzig et 
mourut pen avant son p&re (le 7 avr. 1871). Le 
fils cadet, Otto, qui succeda A son p£i$ et A 
son frAre, £tait n& en 1841; il mourut d£j& le 80 
d6c. 1874. Le commerce passa aux mains d'A. 
Paulus, A Markneukirchen. 

Baxoncello (espagnol) signifie « principal » 
(jeu d'orgne). B. de 13 = principal 8", B de 26 
= principal 16'. Par contre, principal 32* = 
flauto de 52, principal 4' = octava, principal 
2' = quincena, principal 1' = flauto en 22 
(triple octave). 

Basin, Fraxqois-Emanuel-Joseph, n£ A Mar- 
seille le 4 sept. 1816, m. A Paris le 2 juil. 1878; 
Steve du Conservatoire de Paris, second prix de 
Rome en 1840, devint, apr£s son retour d'ltalie 
(1844), professeur de solfege, puis d^armonie, 
et succeda, en 1871, A A. Thomas (nomm& di- 
recteur) comme professeur de composition au 
Conservatoire. L'anuee suivante, il succ£dait A 
Carafa, A V Academic des beaux-arts. Aucun 
de ses neuf operas ne s'est maintenu au reper- 
toire. H a public un Cours (Tharmonie thiori- 
que et pratique. 

Baxuin (hollandais), trombone. 

Baxzini, Antonio, remarquable violoniste 
virtuose et compositeur, ne A Brescia le 11 
mars 1818, £l£ve du maltre de chapelle de cette 



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UNIVERSITY 0.F MICHIGAN 



62 



BAJZZINO — BECHER 



ville, Faustino Camisani, se fit entendre, en I 
1836, de Paganinl, qui lui conseilla de voya- 
ger. Apres quelques courtes tournees, B. par- 
courut VAllenmgne (1841-1845), sejouraa sur- 
tout A Leipzig qui etait alors Tun des centres 
les pins important de culture musicale et 
sVnthousiasma pour Tart allemand, particulie- 
rement pour Bach et Beethoven. II passa en- 
suite plusieurs annees en Italie puis partit 
pour FEspagne et la France (1848) et se ftxa A 
Paris en 1852. Douze ans plus tard (1868) il se 
retira de nouveau a Brescia, pour s'adonner 
entierement A la composition. II accepta, en 
1878, le poste de professeur de composition au 
Conservatoire de Milan, dont il fnt enfin 
nomine direcleur en 1880. B., en tant que com- 
positeur, occupe une place A part parmi ses 
compatriotes; la legerete et la gr&ce de ses 
melodies sont tout italiennes, le soin apporte a 
la facture et la richesse harmonique trahissent 
les influences allemandes. II faut citer comme 
les plus remarquables parmi ses teuvres, cinq 
quatuors et un quintette pour instr. A archet, 
ma is il a produit aussi des cpuvres chorales et 
orchestrates de valeur (La rizurrezione di 
Crista, une symphonie-cantate.Ve>wr^m6^o,les 
psaumes 51 et 56, des ouvertures pour le Saul 
d'Aliieri et le Roi Lear de Shakespeare, un 
poeme symphonique Francesca da Rimini). 
Son opera Turandot (1867, A la Scala de Mi- 
lan), par contre, n'eut auctin succes. 

Bazsino, 1. Franoksco-Maria, celebre theor- 
biste, n$ A Lovero (Venetie) en 1598, m. A Ber- 
game le 15 avr. 1660; ecri vit surtout des ceuvres 
pour theorbe, mais aussi des « canzonette », un 
oratorio, etc. — 2. Natale, m. en 1689, a pu- 
blie des Messes, des motets, des psaumes, etc. 

BB (Doppd-b* all.) double-bemol, ??. 

B6, Gi:ii«laume le, v. Le Be. 

B6ard, John, ne en 1716, m. A Hampton le 
5 f£vr. 1791; celebre chanleur anglais, inter- 
prete favori de Hjpndel qui ecrivit pour lui la 
partie de tenor d'un grand nombre de ses 
ceuvres,entreautres « Israel en Egypte», « Judas 
Macchabee » et le t Messie ». 

Beauchamps, Ptrrre-Fran<;ois-(»odart de, 
ne A Paris en 1689, m. dans la meme ville le 22 
mars 1761 ; publia un ouvrage historique pre- 
cieux : Recherches sur les thddtres de France 
depuis Vannde 1161 jusqiCa present (Paris, 
1735) et une Bibliothtque des Theatres (1746; 
lisle complete detous les drames, operas, etc. re- 
present es,avec des notices sur les auteurs,etc). 

Beaulieu, Marik-Dksirk-Martin dil B., ne A 
Paris le 11 avr. 1791, m. A Xiort en dec. 1863 ; 
eleve de Mehul, prix de Rome en 1810, re- 
nonra cependant aux avantages que lui procu- 
rait celte distinction. II se maria peu de temps 
apres et se retira A Niort, 011 il fonda une so- 
ciety de musique et s'adonna a Tetude et A la 
composition. Plus tard il deploya dans d'autres 
villes de TOuest une activite musicale qui 
donna de precious resultats et amena la crea- 
tion, en 1885, de X Association musicale de 
tOuest; celle-ci, reunissant un assez grand 
nombre de societes, organise chaque annee, et 



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altemativement dans chacune des principales 
villes, une fele musicale. (rest A cette associa- 
tion qu'il legua une somme de 100,000 francs: 
en outre, il est le fondateur d'une societe de 
musique classique A Paris. B. a public un nom- 
bre respectable de compositions (operas : Ana- 
crdon, Philadelphia ; des scenes lyriques : 
Jeanne cTArc, Sapho, l*syehd et V Amour 
[poeme de Corneille]; des oratorios, un Re- 
quiem, des Messes, des hymnes, divers mor- 
ceaux pour orchestre, fan t aisles pour violon, 
morceaux de chant, etc.), ainsi que plusieurs 
ecrits theoriques : Du rythme y dei effets qu'il 
produit et de leurs causes (1852); Mhnoire sur 
ce r/ui reste de la musique des anciens (Wees 
dans les premiers chants de VEglise; Du veri- 
table car act fore de la musique d*^gl ise (1858): 
Les tonalite's d^glise dans les vitlodies popu- 
lates (1858); De torigine de la musique (1859). 

Beaumarchais, Pderre-Auoustin-Caron de, 
ne le 24 janv. 1782, m. A Paris le 19 mai 1799; 
celebre poete francais, dont les comedies Le 
Barbier de Seville et Les Noces de Figaro. 
transformers en librettos, servirent de base 
aux plus eclatantes manifestations du genie de 
Rossini el de Mozart 

Beauquier, Charles, joumaliste, critique 
musical et surtout homme politique francais, 
ne A Besancon le 19 dec 1838. II collabora pen- 
dant de longues annees A la Revue et Gazette 
musicale et publia une Philosophie de la mu- 
si(/ue (1865) de valeur tres relative, et un opus- 
cule sur la Musique el le Drame (1877). II est 
en outre Fauteur du livret de Fiesque, le pre- 
mier opera de Lalo. B. fit partie, depuis 1870 
et A diverses reprises, de la Ghambre des de- 
putes. 

Btoarre (B quadrat urn; all. Auflosungs- 
zeichen), {j, signe servant A relablir A sa hau- 
teur normale un son altere. Cf. B et Altera- 
tion 2. 

Becher, 1. Alfred-Julius, ne a Manchester, 
de parents allemands, le 27 avr. 1803; etait en- 
core enfant lorsqu'il Vint en Allemagne, fut 
pendant quelque temps avocat A Elberfeld, 
puis s'adonna A la musique et plus speciale- 
ment A la composition. II vecut ensuite, com- 
me redactenr de revue, A Cologne, puis elut 
successivement domicile A Dusseldorf, La 
Haye et enttn A Londres, oil il fut nom- 
me professeur d'harmonie A la « Royal 
Academy » (1840). Plus tard il se rendil A 
Vienne, ou il prit part A l'organisation de la 
revolution: il fut condamne et fusill^ le 28 no- 
vembre 1848. Tn grand nombre d'epuvres de sa 
composition, pour piano et pour chant, ont ete 
gravees et Ton a de lui quelques ecrits : Das 
niederrheinische Musikfest, dsthetisch und 
historisch betrachiet (1886) et Jenny Lind 9 eine 
Shizze ihres Lebens (1847). — 2. Joseph, ne A 
Neukirchen (Baviere) le l" aoftt 1821: fut 
d'abord surveillant au seminaire et directeur 
de cho?ur a Amberg; plus tard cur£ a Min- 
traching, pr^s Ratisbonne. II a compost on 
nombre considerable d'eeuvres de musique 
d'eglise (entre autres plus de 60 Messes). 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BEGHSTEIN — BECKER 



6:t 



Bechstain, Fr.-W.-Karl, facteur de pianos, 
n£ A Gotha le 1 OT juin 1826;travailla d'abord 
dans diverses fabriques allemandes de pianos, 
fut, de 1848 a 1852, premier commis chez G. 
Peran, A Berlin, et lit ensuite des voyages d'6tu- 
des a Londres et A Paris, ou il travailla chez 
Pape et Kriegelstein ; enfin, en 1856, il s*&ablit 
modestement a Berlin. En peu de temps, la 
fabrique prit un developpement tel que les 
pins grands virtuoges commenc&rent & s'intS- 
resser aux produits de la maison B. ; celle-ci, 
des lors, tourna plus particuli£rement ses ef- 
forts vers la fabrication des grands pianos A 
queue. L'etablissement prit des proportions de 
plus en plus grandes; il occupe actuellerhent 
plusieurs centaines d'ouvriers et livre sur le 
marche plus de 1000 instruments par an. Les 
pianos de B. sonl parmi les plus renommSs en 
Allemagne et A l'ttranger. 

Beck, 1. David, facteur d'orgues a Halber- 
stadt vers 1590, construisit Torgue de Grunin- 
gen, pres Magdebourg (1592-1596), orgue qui 
fut restaure en 1705 (Cf. A. Wkrckmeister), ce- 
Itii de l^glise St-Martin, A Halberstadt, elc. — 
2. Reichardt-Karl, publia a Strasbourg, en 
1554, un livre de danses (allemandes, ballets, 
elc.) pour deux violons et basse. — 8. Johann- 
Philipp, publia, en 1677, un volume de danses 
pour viole de gambe. — 4. Michael, professeur 
de th£ologie et de langues orientales A Ulm, n£ 
en cette ville le 21 janv. 1653; auteur d'un opus- 
cule Ueber die musikalische Bedeutung der 
hebrdischen Accente (1678 et 1701). — 5. Gott- 
fried-Joseph, n£ A Podiebrad (Boh A me) le 15 
now 1723, m. A Prague le 8 avr. 1787; orga- 
niste A Prague, enlra plus tard dans l'ordre des 
Dominicains, devint professeur de philosophie 
a Prague et enfin chef provincial de son ordre. 
^crivit une quantity de musique d^glise, ainsi 
que quelques ceuvres instrumentales. — 6. 
Franz, ne A Mannheim en 1730, bon violoniste; 
quoique prot&ge par la cour, il dut s'enfuir A 
la suite d'un duel doxit Tissue avait £t6 mortelle 
pour son adversaire. II choisit la ville de Bor- 
deaux comrae retraite, y prit la direction des 
concerts (1780) et y mourut le 31 dec. 1809. B. a 
publie d'excellentes o?uvres instrumentales 
(entre autres 24 symphonies) et vocales. — 7. 
Christiax-Frikdrich, v£cut A Kirchheim et 
publia, de 1789 a 1794, diverses compositions 
instrumentales (sonates pour piano, concertos, 
variations, elc). — 8. Friedrigh-Adolf, fit pa- 
raltre A Berlin, en 18^5, D r Martin Lathers 
Gedanhen iiber die Musik. — 9. Karl, n6 vers 
1814, chanteur sceniqne, cr£ateur du r61e de 
Lohengrin {A Weimar), m. A Vienne le 8 mars 
1879. — 10. Joiiann-Nepomur, n6 A Pesth le 5 
mai 1828, m. A Vienne en sept. 1898, excel- 
lent baryton, fut engage successivement a 
Vienne, Ilambourg, Br6me,Cologne, Dusseldorf, 
Mayence, Wurzbourg, Wiesbaden et Franc- 
fort-s/M., puis revint A Vienne, oil il fut, a 
partir de 1853> Tun des membres les plus re- 
marquables de FOp£ra imperial. II fut pen- 
sions en 1885. — 11. Joseph, fils du prece- 
dent, n£ le 11 juin 1850, excellent [baryton 



by t^ 



iL 



IC 



comme son pere; chanta d'abord sur diff&ren- 
tes scenes de second ordre en Autriche, puis 
fut engage A Berlin (1876) et, plus tard, a 
Francfort-s/M. (1880). 

Beckd, Joh.-Baptist, n6 A Nuremberg le 24 
aout 1743, fut d'abord adjudant du general 
von Roth pendant la guerre de Sept ans, puis 
musicien de la cour A Munich(1766). C'etait un 
flutiste d'une virtuosity remarquable; il a pu- 
blic des concertos pour son instrument de pre- 
dilection. 

Becken (all.) = cymbales. 

Becker, 1. Dietrich, publia a Ilambourg, en 
1668, deux recueils : Sonaten fiXr eine Violine. 
eine Viola di Gamba und Generalbass iiber 
Ckoratlteder, et Musikalxsche Frvidvngsfruchte 
(une s£rie de morceaux de musique instrumen- 
tale, de deux a cinq parties, avec basso conti- 
nwo). — 2. Johann, ne A Helsa le l w sept. 
172(5, m. en 1803; organists de la cour a Gas- 
sel, auteur de diffSrentes (puvres de musique 
d'eglise, parmi lesquelles un recueil de chorals 
fut seul public. — 3. Karl-Ferdinand, ne 
A Leipzig le 17 juil. 1804, m. le 26 oct. 1877; fut 
d'abord organ iste de l'^glise St-Pierre (1825), 
puis de l'eglise St-Nicolas (1887), devint, en 
1843, professeur d'orgue au Conservatoire, 
mais se retira en 1856. D lit don de sa bibliothe- 
que a la ville (Beckers Stiftung, riche en ou- 
vrages th£oriques) et vecut le reste de ses 
jours A Plagwitz. L'umvre la plus meritoire 
de B. consiste en une Edition revue et compl£- 
tee du catalogue dresse par Forkel, Systetna- 
tisch-dironologische Darstellung der Musik- 
litteraUir (1836, un supplement parut en 1839). 
De plus, il faut citer: Die Hausmusik in 
Deutschland im XVL $ XVII. mid XV III 
JaJirhundert (1840), Die Tonwerke des XVI 
und XVII. Jahrhnnderts (1847), etc. II a aussi 
publie quelques compositions instrumentales 
(morceaux de piano et d'orgue) et plusieurs re- 
cueils de chorals. B. fut un chercheur infati- 
gable, mais nullement un savant. — 4. Kons- 
tantin- Julius, ne A Freiberg le 3 fevr. 1811. 
m. le 26 f6vr. 1859; el6ve du prec&lent, prit, en 
1837, la redaction de la JSeue Zeitschrift fur 
Musik, puis s etablit A Dresde en 1843 comme 
professeur de musique et v£cut, A partir de 
1846, a Oberlossnitz. II a ecrit des operas, des 
oeuvres chorales et orchestrales, ainsi qu'une 
Mdmiergesangschule (1845), une Harmonie- 
lehre fur Dilettanten (1844) et un roman A ten- 
dances Die Neuromantiker (1840). — 5. Va- 
lentin- Kduard, ne A Wurzbourg le 20 nov. 
1814, m. en cette ville le 25 janv. 1890; fut, a 
partir de 1833, fonctionnaire civil a Wurz- 
bourg. Connu surtout comme compositeur de 
choeurs d'hommes (Das Kirchlein), B. n'en a 
pas moins &crit des Messes, des operas (Die 
Bergknappen, Der Deserteur), des lieder et 
une quantite de musique instrumentale. Un 
quintette pour instr. A cordes et clarinette fut 
couronn^ dans un concours. — 6. George, ne a 
Frankenthal (Palatinat) le 24 juin 1834, musico- 
graphe et compositeur, el&ve de Kuhn et de 
Prudent, vit a Lancy, pres Geneve; il publia : 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



64 



BECKMANN — BEGVAHOWSKY 



La musique en Suisse, depuis les temps les 
plus reculis jusqu'&la fin du XVIII 9 s. (1874); 
Aperpi sur la chanson frangatse; Pygmalion 
de J. -J. Rousseau; Eustorg de Beaulieu; 
GuiUaume de Gu&roult, etc. U fait paraltre de- 
puis plusieurs ann&es, mais sans date fixe, un 
Questionnaire de ^association Internationale 
des musiciens-farivains et collabore k un cer- 
tain nombre de revues musicales, entre autres 
les Monatshefte fur Musikgesckichte. B. s'est 
fait connaltre comme compositeur par des 
morceaux de piano et des melodies. — 7. Al- 
bert-Ernst-Anton, compositeur remarquable, 
n£ k Quedlinbourg le 18 juin 1884, £l£ve de 
Bonicke dans sa ville natale et de Dehn k Ber- 
lin (1858-1856); il vit k Berlin et y enseigne la 
composition musicale, depuis 1881, au Conser- 
vatoire Scharwenka. En 1891, B. fut nommA 
directeur du Ohoaur du D6me (Domchor) k 
Berlin et refusa, en 1892, sur les instances de 
Tempereur GuiUaume n, la succession de Rust 
qu'on lui offrait, A l'eglise St-Thomas de Leip- 
zig. Une sympbonie en sol min. de B. fut cou- 
ronnee, en 1861 d6j&, par r Association des 
amis de la musique, A Vienne, mais ce fut seu- 
lement en 1877 qu'il parvint k attirer definiti- 
vement Tattention du public, avec ses lieder 
sur des poemes c£16bres de Wolff (Rattenfan- 
ger et Wilder Jdger). Sa grande Messe en si 
b£mol min. (ex£cut£e pour la premiere fois en 
1878, k l'occasion du %&*• anniversaire de fon- 
dation du « Riedel-Verein », k Leipzig, et pu- 
blic chez Breitkopf et HaRrtel) est une opuvre 
de baute valeur. II faut noter aussi : Reforma- 
tionshantate (pour le 4"» e centenaire de Luther, 
188^), un oratorio Selig aus Gnade (1890), 
Geistlicher Dialog aus dem XVI. Jahrh. pour 
alto solo, choeur et orgue, Vigilien et Schnitter 
Tod pour choeur d'hommes et orchestre, des 
motets, des psaumes, un quintette pour piano 
et cordes (op, 49), une ballade pour violon (op. 
47), une fantaisie et fugue en sol min. pour or- 
gue, etc. — 8. Jean, n6 a Mannheim le 11 mai 
1888, m. en cette ville le 10 oct 1884, 6teve de 
Eettenus et de Vincent Lachner, excellent vio- 
loniste; fut concertmeister k Mannheim, mais 
abandonna ces fonctions en 1858 d£j& et entre- 
prit de grandes tournees comme virtuose. D se 
fit entendre entre autres avec un £norme suc- 
c£s k Paris et k Londres, puis 61 ut domicile a 
Florence en 1866. (Test alors qu'il fonda avec 
Masi (3 d violon), Ghiostri (alto) et Hilpert (vio- 
loncelle) le quaTuor florentin, dont la renom- 
m£e fut europ&enne ; l'association subsista 
jusqu'en 1880 (LuSpitzer-Hegyesi avait succ£d£ 
en 1875 k Hilpert). A part quelques voyages, 
B. v£cut les derni^res ann&es de sa vie k 
Mannheim, ou il avait Tintention de creer une 
6cole de violonistes. Sa fille Jeanne Groh£ 
(n6e B.), nee k Mannheim le 9 juin 1859, m. en 
cette ville le 6 avr. 1898, etait excellente pia- 
niste; l'un de ses fils, Hans, ne a Strasbourg 
le 12 mai 1860, el&ve de Singer, est professeur 
de violon au Conservatoire de Leipzig; un au- 
tre, Hugo, n6 k Strasbourg le 18 tevr. 1864, 
61£ve de Fr. Grtttzmacher, Tun des plus re- 



by \j 



A 



IC 



marquables violoncellistes actuels, professeur 
au Conservatoire Hoch, k Francfort-s/M. — 9. 
Reinhold, n& k Adorf (Saxe) le 11 aotit 184£» 
v£cut pendant longtemps dans le midi de la 
France, ou il se fit connattre comme violo- 
niste, mais un accident k la main l'obligea k 
abandonner la carri&re de virtuose. D se fixa k 
Dresde et se voua d£s lors k la composition; 
on a de lui un concerto de violon, un po£me 
symphonique, Prins von Homburg, une suite 
pour piano et orchestre k cordes, un choeur 
d'hommes, Waldmorgen, un opera, Frauenlob 
(Dresde, 1892), et une quantite de lieder. — 
10. Karl, n£ k Kirrweiler (distr. de Treves) le 
5 juin 1853, maitre de musique au s&ninaire 
d'Ottweiler (1881), puis k celui de Neuwied 
(1885); a public un Bheinischer Volkslieder- 
born (1892), et des recueils de chants d'ecole. 

Beckmann, Joh.-Fh-Gottlieb, n£ en 1737, 
m. le 25 avr. 1792; organiste k Celle, etait aussi 
pianiste de talent; on vante surtout ses impro- 
visations. II publia 12 sonates, 6 concertos et 
un solo pour piano; un op6rade sa composi- 
tion, Lukas und Hannchek, fut donn& a Ham- 
bourg en 1782, avec un r6el succes. 

Beck with, John, n6 k Norwich le 25 d£c. 
1750, m. le 3 juin 1809; fut organiste de Teglise 
St-Pierre (1794) puis de la cath£drale (1806) de 
sa ville natale. H avait obtenu en 1808 le grade 
de D r mus. de TUniversit6 d'Oxford. B. a 6crit 
un grand nombre d'anthems, de glees, de lie* 
der qui eurent un temps de popularity il pu- 
blia en outre des sonates pour piano et un 
concerto d'orgue. Son fils, John-Charles, nf 
en 1788, m. le 5 oct 1828, lui succ&da dans ses 
fonctions d'organistc. 

Blcourt, violoniste dans divers theatres de 
Paris, a la .fin du xvm« s.; auteur d'un assez 
grand nombre d'airs de danse, parmi lesquels 
le Carillon national. C'est sur cette sorte de 
contredanse qu'un chanteur de la rue, nomme 
Ladr6, disposa les paroles du fameux Ca ira 
(1792). 

Becquil (ou Becquier), J.-M., nik Toulouse 
vers 1800, m. a Paris, oh il etait premier flu- 
tiste de TOp^ra-Comique, le 10 no v. 1825; Steve 
de Tulou, au Conservatoire de Paris. Ses oeu- 
vres pour fliite avec piano ou orchestre (ron- 
dos, variations, fantaisies) sont des plus bril- 
lantes. — Son Mre ain£, Jean-Marie, dit B.de. 
Peyreville, n6 k Toulouse en 1797, m. en 
1876, se fit un nom comme violoniste (61£ve de 
Rodolphe et d'Auguste Ereutzer). D fit partie 
pendant nombre d'ann£es de Torchestre du 
ThMtre italien et publia quelques ceuvres pour 
son instrument. 

Becvarowsky (Beczwarzowsky), Antowe- 
FfeLix,ne k Mlada Boleslava (Boh£me)le 9 avr. 
1754, m. k Berlin le 15 mai 1823; devint en 1777 
organiste de l'egHse St-Jacob, k Prague et, en 
1779, organiste de la cath£drale de Brunswick. 
H abandonua ses fonctions en 1796 et v£cut dks 
lors k {Bamberg (jusqu'en 1800), puis k Berlin. 
B. a public des sonates et des concertos pour 
piano, ainsi que des lieder et quelques compo- 
sitions vocales de plus grandes dimensions. 

Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BEDON — BEETHOVEN 



65 



Bedon, autrefois, sorte de tambour; B. de 
Biscaye, syn. de tambour de basque. 

Bedos de Gelleg , Dom Fbanqois (ou simple- 
ment Dom Bedos), ni A Caux, pr&s B6ziers f en 
1705, entra en 1726 dans l'ordre des B&iedic- 
tins a Toulouse et mourut en cette ville le 25 
nov. 1779. B. est l'auteur d'un ouvrage de 
grande valeur: VArtdufacteur dorguesiyitib- 
1778, 3 yoI. ; divis£ en quatre parties, dont la 
derni&re est coftsacr6e A une histoire de Tor- 
gue, malheureusement bien insignifiante [trad, 
en allemand par Vollbeding, en 1793J). L'im- 
portance de cette o?uvre la fit admettre dans la 
c Collection des Arts et Metiers », publiee par 
l'Acad&nie des sciences et, en majeure partie 
du moins, dans celle des • Manuels Horet » 
<1849); c'est elle qui servit de base A tous les 
ouvrages post6rieurs sur l'orgue (surtout A ce- 
lui de Topfer), les excellents dessins eux-me- 
mee ont 6t£ reproduits. B. a public, en outre, 
dans le « Mercure de France • (janv. 1762), un 
Examen du nouvel argue construit a St-Mar- 
tin de Tours et son article se trouve au com- 
plet dans la Musica mechanica, etc., d'Adlung. 

Beecke, Ignaz von, n6 vers 17-JO, m. A Wal- 
lerstein en janv. 1808; oflkier de l'armee wur- 
tembergeoise et, plus tard, intendant de la 
mosique du prince d'Ottingen-Wallerstein, B. 
4tait un pianiste de talent, il fut rami de Gluck, 
de Jomelli et de Mozart. B. a 6crit sept operas, 
des oeuvres instrumentales, des lieder et un 
oratorio (Auferstehung). 

Beellaerts, v. Bellerb. 

Beer. 1. Joseph, n6 A Grttnwald (Boheme) le 
18mai 1744, m. en 1811; fut d'abord trompette 
d'ordonnance dans un regiment autricbien et, 
plus tard, au service de la France. D devint en 
m&ine temps Tun des premiers virtuoses sur 
la clarinette et, apres une vie agitee (en tour- 
nfee de concerts), il vint mourir A Potsdam, 
oil il remplissait les fonctions de musicien de 
la cbambre du rot de Prusse. B. Iui-m6me 
perfectionna le syst£me de la clarinette par 
l'adjonction d'une cinquieme clef; il publia 
diverges oeuvres (concertos, etc.) pour son in- 
strument — 2. Jules, ne vers 1885, neveu de 
Meyerbeer, amateur et compositeur des plus 
zeles (operas, lieder, psaume avec orchestre, 
etc), mais dont les oeuvres ne semblent avoir 
rfoasi ni A Paris, oil vit l'auteur, ni A Bru- 
xelles. — 3. Max-Joseph, ne A Vienne en 1851, 
re^ut les premieres lemons de piano de son 
p&re, puis, apr&s avoir obtenu un subside du 
gouvernement, fit des Etudes de composition 
anpres de Dessof. Ses oeuvres consistent sur- 
tout en morceaux lyriques pour le piano A 
deux et A quatre mains (Eichendorffiana, 
Spielmcmnsioeisen, Abendfeier, Haidebtlder, 
Wiw sich der Wold erzkhlt\ et en lieder; 
mats il publia aussi une suite pour piano (op. 
%Derunlde J tiger (soli, choaur et orchestre), 
une op&rette-parodie, Las Stelldichein auf 
der Pfahlbrucke (couronn6e et grav6e). Deux 
operas, Otto der Schutz et Der Pfeifferktinig, 
•out rest&s manuscrits. 

Beethoven, Ludwig van, fut baptise a Bonn 



le 17 d£c. 1770, ce qui permet de supposer qu'il 
naquit le 16 dec, m. A Vienne le 26 mars 1827. 
Son p&re 6tait tenor dans la chapelle du prince 
electeur oft son grand-p&re avait 6te basse, 
puis maltre de chapelle; la musique pouvait 
done etre consid6r&e comme une vocation de 
famille depuis plusieurs generations. B. re^ut 
les premieres leyons de musique de son p£re; 
il eut ensuite pour maltres un hauboTste de 
g£nie, Pfeiffer, auquel il vint en aide plus tard, 
alors qu'il habitait Vienne, puis Torganiste de 
la cour, van der Eden (m. le 29 juin 1782) et son 
successeur Chr.-Gottl. Neefe. En 1785 d£ja, B. 
tr£s pr6coce, fut nomm£ organiste de la cha- 
pelle du prince Electeur. C'est A l'influence du 
comte de Waldstein, son premier et, A tous les 
points de vue, son plus important protecteur, 
que B. dut cette place ainsi que plus tard son 
s6jour A Vienne. Le comte de Waldstein fut 
chevalier, puis commandeur de TOrdre teuto- 
nique et chambellan de Tempereur; il £tait non 
seulement grand amateur de musique, mais lui- 
mfcme pianiste de talent (on sait que B. lui d£dia 
la grande sonate pour piano, en ut maj., op. 58). 
Lorsque, A son retour d'Angleterre, en 1792, 
Haydn passa a Godesberg, il fut invite A une 
agape de Torchestre de Bonn ; B. eut alors l'oc- 
casion de lui montrer une cantale de sa com- 
position qui l'int£ressa vivement. Ce fut A ce 
moment sans doute que se decida le voyage de 
B. A Vienne. Le comte Waldstein £crivait A son 
jeune protege au mois d'octobre de la m&me 
ann£e : « Mon cher B. ! Vous partez pour 
Vienne, afin de r&aliser Tun de vos voeux si 
longtemps caresses. La Muse de Mozart est 
encore endeuillee et pleure la mort de son dis- 
ciple. Elle s'est r£fugi£e chez Haydn, le compo- 
siteur tecond entre tous, mais elle y reste silen- 
cieuse, ne d£sirant par lui que d£couvrir un 
nouveau disciple. C'est par un z£le continu 
que, des mains de Haydn, vous recevrez l'es- 
prit de Mozart. Votre ami veritable, Wald- 
stein. » En 1787d£j&, B.,munie d'une recomman- 
dation du prince Electeur A son frere, Fempe- 
reur Joseph II, avait fait un court s£jour A 
Vienne. On raconte que Mozart Tentendit alors 
et lui pr^dit un brillant avenir. LorsquHl revint 
A Vienne pour la seconde fois, et d^finitive- 
ment, B. £tait &g£ de vingt-deux ans. D ne pou- 
vait manquer, chaleureusement ' recommand^ 
comme il T&ait, d'etre re^u d'emblee dans les 
cercles artistiques de la haute society vien- 
noise (prince Carl Lichnowski, comte Moritz 
Lichnowski, comte Rasumowski, etc.). Les 
Etudes que B. s'&ait propose de faire aupres 
de Haydn ne donn£rent pas grand r£sultat; 
Haydn n'avait point le don du professorat. 
B. suivit, il est vrai, un cours de composition 
chez Haydn, mais il travaillait en m^me temps, 
et A Yinsxi de ce dernier, avec Schenk, l'auteur 
du « Barbier du village » et ne faisait que sou- 
mettre A Haydn les travaux d£ja corrig£s par 
Schenk. Cette mystification, d£pourvue du reste 
de toute mauvaise intention, dura deux annees. 
B. y gagnait par le fait qu'il £tudiait avec 
Schenk le style s£v£re et profitait des lemons et 



DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. —15 



IC 



u I I I '.' I I I 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



66 



BEETHOVEN 



des conseils de Haydn an point de vue de son 
dfrveloppement artistiqae general, H etudia 
plus tard encore le contrepoint avec Albrechts- 
berger et la composition dramatique avec Sa- 
lieri. La premiere periode de l'activite cr^atrice 
de B., jusqu'en 1800, comprend les ceuvres de 
Top. 1 a Top. 18 compris, entre autres : 6 trios 
avec piano, 9 sonates pour piano, 4 trios pour 
instr. a archet, un quintette pour instr. a archet, 
plusieurs themes varies, le grand air Ahperfido 
et les trois premiers quatuors pour instr. ^ 
arcbet, dont le num^ro d'op. sup&ieur A 18 pro- 
vient d'une nouvelle Edition. Quant a la cri- 
tique (v.Allg.MusikalischeZeitung de Leipzig), 
elle ne doutait nullement de la valeur de 
Fbomme, mais repoussait energiquement ses 
audaces tant barmoniques que rythmiques. Le 
cercle des grands, v6ritables amis de Tart, qui 
se groupaient autour de B., s'eiargit de plus en 
plus;' on y voit figurer des lors le comte Franz 
von Brunswick, le baron von Gleichenstein et 
le baron Etienne de Brunning ancien ami et 
protecteur de Bonn. Mais bientdt les deux 
fr£res de B., Carl B (commis de banque) et 
Jobann B. (pharmacien) vinrent s'etablir a 
Vienne, jetant sur la vie du maitre une ombre 
de tristesse et de degout, par le vil trafic qu'ils 
men&rent avec ses manuscrits. B. vivait dans 
une certaine aisance; il n'accepta plus aucune 
place et s'adonna, depuis son arriv^e a Vienne, 
uniquement k la composition. Ses ceuvres 
etaient bien payees et le prince Lichnowsky 
lui accordait un traitement annuel de 600 flo- 
rins; de 1809 a 18J1 m£me, I'archiduc Ro- 
dolpbe, avec les princes Lobkowitz et Kinsky, 
lui servit une pension annuelle de 4000 florins. 
Malgre les multiples relations qu'il entretenait 
avec des archiducs et des princes, B. n'etait 
rien moins qu'un courtisan ; bien plus, il resla 
toute sa vie un d6mocrate et un republicain 
qui, dans cbaque souverain, voyait un tyran. 
On sait qu'il avait d'abord dedie sa symphonic 
heroique a Napoleon qu'il considerait comme 
un vrai r^publicain ; mais, lorsque celui-ci ac- 
cepta la dignity d'empereur, B. decbira la dedi- 
cace. Lorsque, pendant le congr&s de Vienne 
(1814), les monarques etrangers etaient invites 
cbez I'archiduc Rodolpbe en m£me temps que 
B., ce dernier (selon sa propre expression) se 
laissait faire la cour par les haute perso images 
et se comportait toujours d'une facon tres dis- 
tinguee. II avait conscience, et avec raison, 
qu'il etait Tun des rois de son art La periode 
la plus agitee, la plus sombre de la vie de B. 
fut celle qui suivit la mort de son fr£re Carl 
(1815), alors qu'il accepta la charge de tuteur 
de son neveu. Celui-ci fut une cause de soucis 
perpetuels pour le maitre. Pour plus de ren- 
seignements sur les circonstances de la vie 
quotidienne de B., le lecteur voudra bien s'en 
rapporter aux biographies detainees. Une affec- 
tion ancienne mais de plus en plus grave des 
organes de 1'ouie, affection qui rendit B., en 
1800 deja, tres dur d'oreille, puis petit a petit 
completement sourd, eut une influence consi- 
derable sur son etat dVime et par consequent 



by t^ 



iL 



IC 



sur son activity cr^atrice. B. avait bonte de soa 
etat; il cherchait a le dissimuler et, s'il est cer- 
tain que la nature rude, rev&che et taciturne du 
maitre fut une suite inevitable du mal qui le 
tourmentait, il n'en est pas moins vrai qu'elle 
etait, au debut et en partie du moins, plus ap- 
parente que reelle. Sa sante jusqu'alors vigou- 
reuse devint, & partir de 1825, de plus en plus, 
chancelante et I'ann&e suivante parurent les- 
premiers symptdmes inquietants d'hydropisie* 
En decembre 1826, un fort refroidissement 
obligea B. a garder le lit; les forces diminue- 
rent graduellement a la suite d'une douloureuse 
operation, et, le 26 mars 1827, k 6 h. du soir, B. 
rendit le dernier soupir. 

Nous venerons en B. le plus grand maitre 
de la musique instrumentale moderne et le 
createur de quelques oeuvres vocales (Fiddio 
et Missa solemnis) qui ne le cedent en rien a 
ses ceuvres instrumental^. Si d'une part le 
sentiment religieux a rev£tu sa plus parfaite 
expression dans les opuvres de Bach, d'autre 
part l'eiement purement humain, fait de joie et 
de douleur et parlant le langage de la passion, 
a trouve dans B. son plus grand interprete. La 
subjectivite, cet agent caracteristique de notrfr 
epoque, occupe dans les oeuvres de B. une 
place de plus en plus importante, s'y incorpore 
enfln, tout en Relevant au rang de classicisme 
par la beaute de la forme. Non surpasse, non 
egaie mgme dans la variete des developpementa 
thematiques, B. atteint, dans la derniere pe- 
riode de son activite creatrice surtout, un rafli- 
nement de details tel que l'essence meme de 
ses opuvres commence seulement aujourd'hui a 
se reveler au grand public On peut en dire- 
autant de la rythmique beetbovenienne. La 
derniere periode de B., le t dernier B. », date a 
peu pros du moment od le maitre recueillit 
son neveu (1815), od, se cr£ant un propre foyer, 
il organisa sa vie d'une fa^on tout autre qu'au- 
paravant. C'est A cette periode qu'appartiennent 
les cinq dernieres sonates pour piano (op. 101,. 
106, 109, 110 et 111), les grands quatuors pour 
instr. a arcbet op. 127 [mi ? maj.), op. 180 
(si fy maj.), op. 181 (ut fc min.), op. 132 (la min.> 
et op. 185 (fa maj.) et la grande fugue op. 133 
pour quatuor egalement, la neuvieme sym* 
phonie, la Missa solemnis et les deux ouver- 
tures op. 115 et op. 124. 

Le nombre des ceuvres de B., compare k celui 
des opuvres d'autres maltres, n'est pas tres con* 
siderable; il 6crivit : 2 Messes (ut maj., op. 86 t 
et la Missa solemnis en re maj., op. 128) ; un 
opera, Fidelio; un oratorio, Le Christ au mont 
des Oliviers ; neuf symphonies (n° 1 ut maj.,, 
op. 21; n° 2 H maj., op. 36; n° 8 mi |? maj. 
(Eroica), op. 55; n° 4 si ? maj., op. 60; n° 5 ut 
min., op. 67; n° 6 fa maj. (Pastorale), op. 68; 
n° 7 la maj., op. 92; n° 8 fa maj., op. 98; n° 9 re 
min. op. 125, avec choeur (Hymne a la Joie de 
Schiller); la BataUle de Vittoria (fantaisie or- 
chestrate) ; la musique de Promtthte et d'Eg- 
mont; les Ruines d'Athenes (ouverture et 
marche avec clueurs) ; sept autres ouverlures 
(Coriolan, 3 ouv. de Leo/iore, Le rot Etienne* 

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BEETHOVEN — BEFFARA 



67 



Namensfeier op. 115 et Zur Weihe des Hauses 
op. 134): un concerto de violon (re maj., op. 61); 
einq concertos de piano (ut maj., op. 15; si y 
maj., op. 19: ut min., op. 87; $o< maj., op. 58; 
mi ? maj., op. 78, et en outre Varrangement 
poor piano du concerto de violon); un triple 
concerto pour piano, violon, violoncello et or- 
chestra (op. 56); une Fantaisie pour piano, 
orchestre et chceurs ; un rondo pour piano et 
orchestre; deux romances pour violon et or- 
chestre; un fragment d'un concerto de violon; 
un allegretto, deux marches, douze menuets, 
douze danses allemandes et- douze contredanses 
pour orchestre; une cantate sur la mort de 
Joseph II (1790) et une autre pour le couronne- 
ment de Leopold II (1792); Der glorreiche Au- 
genMick (cantate); Meeresstille und glvckliche 
Fahrt (quatuor solo avec orchestre) ; Ah per- 
fido (soprano solo et orchestre); Opferlied (id.); 
Tremate empj (soprano, t6nor et basse avec 
orchestre); Bundeslied (deux solos, chow A 
trois voix, deux clarinettes, deux cors et deux 
bassons) ; Elegischer Gesang (quatuor solo et 
orchestre a cordes) ; soixante-six lieder et un 
duetto avec piano, dix-huit canons vocaux ; 
Gesang der M&nche (troix voix a cappella); 
sept cahiers de chants anglais, £cossais, irlan- 
dais et gallois avec piano, violon et violon- 
celle; trenle-huit sonates pour piano ; dix so- 
nates pour piano et violon ; un rondo et des 
variations pour violon et piano ; cinq sonates 
pour violoncello; trois cahiers de variations 
pour violoncelle et piano; sept cahiers de va- 
riations pour flute et piano ; vingt et un th&mes 
varies pour piano seul; une sonate, deux the- 
mes varies et trois marches pour piano a quatre 
mains; quatre rondos, trois cahiers de baga- 
telles, trois preludes, sept menuets, treize 
lindler, un andante (fa maj.), une fantaisie 
(sol min.) et une polonaise pour piano seul ; 
une sonate pour cor et piano; huit trios pour 
piano, violon et violoncelle; deux themes varies 
pour trio; un trio pour piano, clarinette et vio- 
loncelle; des arrangements pour trio (piano, 
clarinette et violoncelle) de la symphonic n° 2 
et du septuor; quatre quatuors avec piano 
(trois ceuvres de jeunesse posthumes et un 
arrangement du quintette avec piano); un quin- 
tette pour piano et instr. A vent ; deux octuors 
et un sextuor (op. 71) pour instr. a vent : un 
septuor et un sextuor pour instr. A vent et A 
archet; deux quintettes pour instr. A archet; 
un arrangement pour quintette d'instr. A archet 
du trio avec piano en ut min.; seize quatuors 
pour instr. A archet (op. 18, 1-6, appartenant A 
la premiere periode; op. 59 1-3; op. 74, 95 et les 
grands « derniers quatuors • : op. 127, 130, 181, 
1S2, 185); une fugue pour quatuor et une pour 
quintette d'instr. A archet ; cinq trios pour instr. 
A archet ; un trio pour deux hautbois et cor 
anglais; trois duos pour clarinette et basson; 
deux quatuors de trombones. La premiere Edi- 
tion complete des ouivres de B. (revue par 
Rietz, Nottebohm, Reinecke, David, Haupt- 
inann, etc.) parut en vingt-quatre series, de 
1H54 A 1867, clieas Breitkopf et Hwrtel. 



by GoO^lc 



Les principales Etudes biographiques et cri- 
tiques sur le maitre sont celles de F.-G. We- 
geler et Ferd. Ries, Biographische Notizen 
uber Ludwig van B. (1838; trad, en fran?ais, 
par Legentil, 1865); A. Schindler, Biographie 
von Ludwig van B. (1848, 2<« ed. en 1845, 
3 m * &d. en 1860; trad, en fran^ais par Sowinsky, 
1865); W. de Lenz, B. et ses trois styles (1854, 
2 vol.), 2?., eine Kunststudie (1855-1860, 6 vol.; 
2* 16 6d. du volume I [biographie], sous titre 
special, 1869); L. Nohl, Beethovens Leben (1864- 
1877, 3 vol.), R nach den Schilderungen seiner 
Zeitgenossen (1877); A. Oulibischeff, B. f ses cri- 
tiques et ses glossateurs (1857 ; £d. allemande 
par Bischoff, en 1859); A.-B. Marx, Ludwig van 
B. Leben und Schaffen (1859, 2 vol.; 2<« M. en 
1868; 3»« M. en 1875); J. von Wasielewski, 
Ludwig van B. (1888,2 vol.); M™ A. Audley, 
L. v. B., sa vie et ses oeuvres (1867) ; V. Wilder, 
B., sa vie et son ventre (1883). La biographie 
la plus d£taillee et la plus exacte est celle de 
A.-W. Thaver, Ludvrig van Beethovens Leben 
(allemand de H. Deiters, 1866-1879, vol. I A HI ; 
le dernier volume, vol. IV, n'a pas encore paru). 
Gerhard von Breuning (m. A Tage de soixante- 
dix-neuf ans, le 6 mai 1892) a fourni d'int6res- 
sants renseignements dans son ouvrage Ans 
dem Schwarzspanierhaus (1874). Des lettres de 
B. furent publiees par : Nohl, Brief e Beethovens 
(1865, contenant 411 lettres), Neue Brief e Beet- 
hovens (1867, contenant 322 lettres, toute une 
partie avait dej& paru dans les deux recueils 
suivants); Kochel, 83 neu aufgefundene Origi- 
nalbriefe Beethovens an den Erzherzog Ru- 
dolph (1865); Schone, Brief e von B. an Grafin 
Erdtidy und Marg. Brauchle (1867); on en 
trouve aussi quelques-unes dans les biogra- 
phies et dans Touvrage de Pohl, Die Gesell- 
schaft der Musihfreunde zu Wien (1871), etc, 
II convient enfin de citer quelques-uns des in- 
nombrables ouvrages, plus ou moins impor- 
tants, parus sur B. : Ignaz von Seyfried, Lud- 
wig van B. Studien im Generalbass, Kontra- 
punkt, und in der Kompositionslehre (1832; 
trad, en fran?ais par Fetis, 1833; nouvelle 
edition par Nottebohm, 1878); Nottebohm, 
Beethoveniana (1872), Neue Beethoteniana 
(1878; parut d'abord dans le € Musikalisches 
Wochenblatt »), Thematisches Verzeichniss der 
Werhe Beethovens (1868; 2 m « edition, annot^e, 
d'un Index paru en 1855); Th. Frimmel, Neue 
Beethoveniana (1888); Jiuipuc, Chronologisches 
Verzeichniss (1865), etc. Des statues furent 
£lev£es A B. dans sa ville natale, Bonn, en 
1845 (par Hahnel), et A Vienne, en 1880 (par 
Zumbusch). 

Beifara, Louts-Franc,ois, n6 A Nonancourt 
(Eure)le 23 aout 1751, m. A Paris, le 2 fevr. 1838, 
ou il fut commissaire de police, de 1792 A 1816. 
B. est Tauteur de plusieurs ouvrages encyclo- 
p£diques : Dictionnaire de VAcadtrnie royale 
de musique (7 vol.) plus sept autres volumes 
contenant des ordonnances et diflerents actes 
se rapportant a TAcad^mie (c.-A-d. A l'Opera) ; 
Dictionnaire des acteurs, actrices, dansenrs et 
danseuses de VAcadet/iie(&\o\.) : Tableau chro- 

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68 



BEFFROI — BELLERMANN 



nologique des representations journali&res de 
VOpera, depuis 167 1 ; Dictionnaire des trage- 
dies, ballets, operas, pantomimes non repre- 
sentis a I'Acadbnte royale de musique (5 voL) 
et enfin tine grande Dramaturgie lyrique etran- 
ffdre, etc. (17 vol.). Get £rudit fit don de sa riche 
bibliotheque et de toutes lea oeuvres (manuscri- 
tes) cities plus haut A la ville de Paris ; mal- 
heureusement ces tresors devinrent la proie 
des flammes, lors de la destruction de l'hotel- 
de-ville en 1871, pendant la Commune. 

Beffroi, sorte de cloche d'alarme ; nom que 
Ton donne parfois aussi au tamtam. 

Beffroy de Reigny, Lours- Abel, (connu sous 
le pseudonyme Cousin Jaques), ne A Laon le 
6nov. 1757, m. A Paris le 18 d£c 1811; 6tait 
un original dont les oeuvres sc£niques, des plus 
abstruses, ne rfussirent jamais. H £tait A la fois 
poete et musicien. Deux oeuvres seulement, ses 
deux Sicodeme (Nicodhne dans la lime, 1790 
et Nicodeme «uo? enfers, 1791) eurent un cer- 
tain succ&j : elles durent m$me 6tre interdites, 
parce qu'elles excitaient les d£mocrates. 

Belcke, Friedrich-August, n6 A Lucka (Al- 
tenbourg) le 27 mai 1795, m. en cette ville le 10 
d6c. 1874 ; celebre tromboniste virtuose et com- 
positeur pour son instrument. B. fut de 1815 A 
1858 musicien de la cbambre du roi A Berlin, 
puis se retira dans sa ville natale. — Son fr&re, 
Christian-Gottlieb, u6 A Lucka le 17 juil. 1796, 
m. en cette ville le 8 juil. 1875; flutiste renomme. 
II fit partie, de 18)9 A 1832, de l'orchestre du 
Gewandhaus A Leipzig et apres quelques an- 
n£es de repos accepta de nouveUes fonctions A 
Altenbourg (1834-1 841). Ses concertos de flute et 
ses fantaisies sont connues. 

Beldomandis, (Beldemandis, Beldemamdo), 
Prosdocimus de, professeur de philosopbie A 
Padoue, sa ville natale, vers 1422 ; auteur d'in- 
t&ressantes Etudes sur la musique proportion- 
nelle, Etudes reedit£es par de Coussemaker 
(Scriptores, HI). B. £tait non seulement l'adver- 
saire de Marcbettus de Padoue en matidre d'es- 
thetique musicale, mais encore son contradic- 
teur sur bien des points de pratique musicale. 

B61icsay, Julius von, n6 A Komorn en Hon- 
grie le 10 aout 1835, m. A Pesth le 30 avr. 1893 ; 
fut d*abord ingenieur puis embrassa plus tard 
la carri&re musicale. B. fut r£l£ve de Joachim 
Hoffmann et de Franz Krenn a Vienne ; il v£- 
cutalternativement A Pressbourg et A Vienne 
et fut nomine professeur d'harmonie en 1888, a 
l'Acadfrnie nationale de musique A Budapestb. 
Citons parmi ses teuvres : trois quatuors pour 
instr. A archet, un trio op. 30 (mi t? maj.), an- 
dante pour orchestre A cordes op. 25, une s6r6- 
nade pour instr. A archet op. 36, deux sympho- 
nies, un Ave Maria op. 9 pour soprano solo, 
chcpur et orchestre, des morceaux de piano A 
A deux et A quatre mains (etudes), des lieder, 
une Messe (manuscrite) ex£cutee A diverses re- 
prises, des antiennes. etc. B. publia aussi la pre- 
miere partie d'un traite de composition musi- 
cale (1891, en hongrois). 

Belin (Bellin). 1. Glillaumb, t£nor de la cha- 
pelle du roi, A Paris, vers 1547; auteur de can- 



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tiques A quatre voix (1560) et de chansons. On 
trouve un certain nombre de ses oeuvres dans 
les anthologies d'Attaignant, de 1543 et 1544. — 
2. Julien, n£ au Mans vers 1530, c&dbre lu- 
thiste, publia en 1556 un livre de motets, des 
chansons et des fantaisies en tablature de luth. 

Bella. 1. Domenico dell a, publia A Venise, en 
1705, un concerto pour violoncelle et en 1704 
douze sonates pour deux violons, violoncelle 
oblige et clavecin. — 2. JoH.-LfeopoLD, n6 A 
St-Nicolas (Haute-Hongrie) en 1843, pr&re et 
pr6bend£ du d<5me de Neusohl; auteur d'oeuvres 
de musique d'eglise, d'oeuvres chorales em- 
preintes de couleur nationale et de quelques 
morceaux de piano. 

Bellasio, Paolo, n£ A Venise, publia A Venise 
m£me, en 1579, un livre de madrigaux et en 
1595 des Vilanelle alia Romana; une antholo- 
gie de l'aunee 1568 (Bold affetti) contient aussi 
quelques madrigaux de sa composition. 

Bellasxi, Francesco, n£ a Venise, £l£ve de 
G. Gabrieli, publia A Venise, de 1618 A 1628, des 
psaumes, des motets, des litanies, des faux- 
bourdons, une Messe, des chansons, etc (pour 
la plupart A huit voix). 

Belldre (Bellerus), Jean, de son vrai nom 
Bellaerts, libraire A Anvers, s'associa en 1579 
avec Pierre Phal^se (ills); ils imprimerent sur- 
tout des oeuvres de compositeurs italiens (jus- 
que vers 1600). — Son tils, Balthasar, transfers 
le commerce A Douai, aprAs la mort de son 
p£re ; il publia de 1603 A 1605 le catalogue des 
cpuvres £dit£es par la maison, catalogue que de 
Coussemaker trouva A la bibliotheque de Douai. 

Bellermann. 1. Johann-Friedrich, n6 a Er- 
furt le 8 mars 1795, m. A Berlin le 4 fevr. 1874; 
professeur en cette derni^re ville depuis 1819, 
il fut,de 1847 a 1868, % directeur du gymnase 
< zum granen Kloster ». B. s'est fait un nom 
comme historiographe musical par ses recher- 
ches precieuses dans le domaine de la musique 
antique (grecque). Son ceuvre capitale : Die 
Tonleiter tmd Musiknoten deriiriechen (1847), 
traite du systfrne musical des Grecs; deux au- 
tres opuscules : Die Hymnen des Dionysios 
und Mesomedes (1840), Anonymi scriptio de 
musica et Baechii Sent'oris introductio, etc. 
(1841) 6tudient les quelques restes d'ancienne 
musique grecque not£e.— 2. J.-Gottfried-Hein- 
rich, n£ le 10 mars 1832, fils et el£ve du prece- 
dent, suivit les cours du gymnase « zum grauen 
Kloster » puis entra A Tlnstitut de musique d'e- 
glise et fut pendant longtemps Tel£ve particu- 
lier de E.-A. Grell. B. fut nomme en 1858 mallre 
de chant au « graues Kloster », recut en 1861 le 
titre de ■ directeur de musique royal » et suc- 
c£da A A.-B. Marx, en 1866, comme professeur 
de musique a TUniversite de Berlin. 11 est de- 
puis 1875, membre de TAcad£mie des Beaux- 
Arts. Les compositions gravees de B. consis- 
tent exclusivement en oeuvres vocales (motets, 
psaumes, lieder, choeurs, une opuvre chorale 
avec accompagnement d*orchesire: Gesang der 
Geister uber den Wassern) ; d'autres ceuvres 
de grandes dimensions (entre autres, un op£ra) 
sont restees manuscrites mais ont 6te en partie 

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BELLEVILLE-OURY — BEMETZIUEDER 



69 



execnteee ; il convientde citer surtout les choeurs 
d'Ajax, du Rai Oedipe et d'Oedipe a Colovme 
de Sophocle. L'ecrit de 8. sur la notation pro- 
portionnelle, Die Mensuralnoten und Taktzei- 
chen imXV. %md XVI Jahrhwndert (1858), est 
tine oeuvre de mertte, la premiere qui permit 
l'Mnde de la musique proportionnelle A ceux 
que l'ignorance de la langue emp&chait de lire, 
dans l'original, les traites des theoriciens latins. 
Quant a son traits de contrepoint, Der Kontra- 
punht (1862 ; »■• ed., 1887), il se fait le defenseur 
d'un systeme vieilli, celui du Gradus ad Par- 
nassum de J.-J. Fox, systeme arriere dejd a 
l'lpoque od il parut (1725). Une brochure, Die 
Grdsse der mtisikalischen Intervene als Grund- 
lage der Harmome (1878), est une audacieuse 
tentative d'accord entre son systeme de contre- 
point et l'acoustique moderne. UAttg. Musiha- 
lische Zeitung (1868-1874) contient d'intlressan- 
tes contributions de B. 

Belleville-Oury, Emilie, nee a Munich en 
1808, m. en cette ville le 22 jail. 1880 ; pianist e 
remarquable, ^leve de Czerny, fit de grandes 
tournees de concerts puis epousa, a Londres, le 
rioloniste Oury. Elle publia des compositions 
pour piano. 

Bell' Haver, Vincenzo, ne a Venise vers 1580, 
eieve d*A. Gabrieli ; succeda, en 1556, A son 
tnaitre comme organiste du second orgue de 
St-Marc. II mourut probablement en 1588, car 
Giuseppe Guarni, son successeur, entra en fonc- 
tions le 80 oct. de la m£me an nee. B. s'etait fait 
un grand renom comme compositeur de madri- 
gaux dont il parut plusieurs livres (1567-1575); 
on en trouve d'autres dans diverses antholo- 
gies. 

Belli. 1. Girolamo, n£ a Argent a, chantre de 
la chapelle du due de Mantoue, publia un livre 
de motets A six voix (1586), un livre de madri- 
gaux A six voix( 1587), des motets A huit voix 
(1589), des motets et des magnificats A dix voix 
(1594) ; l'anthologie De 9 floHdi virtuosi dC Italia 
(1586) contient quelques madrigaux A cinq voix 
du m£me auteur. — 2. Giulio, n£ A Longiano vers 
1560 ; etait vers 1600 mallre de chant du clueur d e 
St-Antoine A Padoue, et remplit ensuite (en 1620 
environ) les fonctions de maltre de chapelle de 
la eathedrale a Imola. B. est un compositeur de 
musique d'eglise des plus feconds : Messes A 
cinq voix (1507), Messes a quatre voix (1599), 
Messes et motets a huit voix (nouv. edition, avec 
basse chiffree, 1607), Messes de quatre a huit 
voix (1608). psaumes a huit voix (1600,1604,1615, 
les derniers avec « continuo »), des motets A dou- 
ble ch<*»ur, des litanies, etc. (1605, 1607), des Con- 
certi ecclesiastici A deux et trois voix avec basse 
d'orgue (1613 et 1621) et des canzonette A quatre 
voix (1586 ; 2"» ed. 1505). — 3. Domenico, musi- 
cien de la cour de Parme, publia : Arie ale 2 
voci per sonare con il chitarrone (1616), et Or- 
feo dolente (1616, cinq intermddes pour YAmin* 
ta du Tasse). 

Bellin, v. Bblin. 

Bellini, Vincenzo, ceiebre compositeur d'ope- 
ras, ne A Catane (Sicile), le 1** nov. 1801, m. A 
Puteaux, pr£s Paris, le 24 sept. 1885; eieve du 



by \j 



iL 



\V 



Conservatoire de Naples, sous la direction de 
Zingarelli, commen$a par publier des composi- 
tions instrumentales et de la musique d'eglise. 
Son premier opera, Adelson e Salvini, fut re- 
presents en 1825 au theatre du Conservatoire, 
Fannie suivante, Bianco e Fernando etait ac- 
cueilli si favorablement au the&tre San Carlo, 
que l'auteur recut, en 1827, des commandos pour 
la Scalade Milan. H ecrivit alors 11 Pirata, dont 
le succ£s considerable fut encore surpass^ par 
celui de La Straniera (1828), puis, pour Parme, 
Zaira, qui fit fiasco ; pour Venise, Montecchi e 
Capuletti, et, pour Milan, La Sonnambula (La 
Somnanbule, all. Die Nachticandlerin). La cri- 
tique reprocha a B. la simplicity excessive de 
ses accompagnements et l'exiguite de forme de 
ses morceaux de chant ; l'auteur, qui reconnut 
le bien-fonde de ces reproches, se remit au tra- 
vail et donna A Milan, en 1831, la Norma, une 
ceuvre plus soigneusement £crite, mieux finie et 
qui fit fureur, surtout avec la Malibran dans le 
r<Me principal. Beatrice di Tenda eut moins de 
succ£s aupr£s du public. En 1833, B. transftra 
d6finitivement son domicile a Paris, od il cueil- 
lit, pendant bien peu de temps il est vrai, de 
nombreux lauriers.il n 'ecrivit plus qu'un opera, 
1 Puritani, donne en 1835 aux Italiens. La mort 
premature de B. et les regrets unanimes qu'elle 
causa, donn^rent naissance A une quantity d'6- 
crits sur l'auteur et ses oeuvres. Cf. A. Pougin, 
Bellini, sa vie, ses ceuvres (1868); Florino, Bel- 
lini, memorie e lettere (1885).— Un fr£re de Bel- 
lini, Carmelo B., ne a Catane en 1802, m. en 
cette ville le 28 sept 1884, se fit une modeste re- 
putation comme compositeur de musique d'e- 
glise. 

Bellmann, Karl-Gottfried, ne a Schellen- 
berg (Saxe), le 11 aoitt 1760, m. a Dresde, ofi il 
6tait facteur d'instruments, en 1816 ; construisit 
des pianos dont la renommee fut tr^s grande et 
fut en m£me temps virtuose sur le basson. 

Belloli. 1. Lumi, ne a Castelfranco (Bologne), 
le 2 fevr. 1770, m. le 17 nov. 1817 ; corniste vir- 
tuose, fut nomme, en 1812,professeur de cor au 
Conservatoire de Milan, ecrivit plusieurs ope- 
ras et une methode de cor posthume. — 2. Aoos- 
tino, ne a Bologne, egalement corniste virtuose, 
a publie plusieurs recueiis d*et tides pour cor et 
fait representer quatre operas a Milan, de 1816 
a 1823. 

Belloni. 1. Giuseppe, compositeur de musique 
d'eglise, ne a Lodi, publia des Messes a cinq 
voix (1608), des psaumes a cinq voix (1605), des 
Messes et des motets a six voix (1606). — 
2. Ptetro, de Milan, professeur de chant au 
« Conservatory di Sant'Onofrio », a Naples, od 
il ecrivit plusieurs ballets (1801-1804), et publia 
une methode de chant (1822). II professa plus 
tard a Paris. 

Bemetsrieder, theoricien musical, ne en Al- 
sace en 1743, entra dans l'ordre des Benedic- 
tins, qu'il ne tarda pas a quitter, pour se rendre 
a Paris. Diderot s'occupa de B. sans parvenir A 
lui creer une situation ; B. se rendit, en 1782, a 
Londres, ou sa trace se pprd en 1816. II a publie 
plusieurs ouvrages theoriques : Lemons de da- 

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70 



BEMOL — BENEDICT 



vecin et pHndpes d'harmonie (r6dig6s par Di- 
derot, 1771; id. anglaise, lllS);Traitede mu- 
sique, concernant les tons, les harmonies, etc. 
(1776); Nouvel essai sur Vharmonie (1779); 
New guide to singing (1787) : General instruc- 
tion of music (1790); A complete treatise of 
music (1800). On pourrait ajouter A cette liste 
quelques ouvrages de moindres dimensions et 
quelques ecrits philosophiques. 

Bemol, Brotundum, mode ; all. Be ; angl. flat ; 
holl. betnoll), 7, signe servant A abaisser un son 
d'un demi-ton. Le double-bSmol t#, abaisse le 
son de deux demi-tons. Cf. B. et Alteration 2. 

Benda. 1. Franz, n6 A Stare-Benatky (Bo- 
Mme) le 25 nov. 1709, m. A Potsdam le 7 mars 
1786; fut enfant de choeur de l'Sglise St-Nicolas 
A Prague, puis musicien errant, et acquit une 
virtuosity telle sur le violon, qu'il obtint un 
poste A Varsovie et plus tard A Berlin (1732). n 
fut nommS concertmeister du roi en 1771 ; Fex- 
pression intense 6tait la qualite principale de 
son jeu. B. forma un grand nombre d'£16ves ; 
ii ne publia que quelques morceaux de violon 
et un solo de flute: mais des Etudes, etc., paru- 
rent apres sa mort — 2, Johann, frere du prece- 
dent, n£ A Star£-Benatky, en 1713, m. A Pots- 
dam, ou il etait musicien de la chambre, en 
1752 ; violoniste de talent, a laiss£ trois concer- 
tos de violon manuscrits. — 3. Georg, fr£re des 
precedents, ne A Stare-Benatky le 30 juin 1722, 
mort A Costritz le 6 nov. 1795 ; fut musicien de 
la cbambre a Berlin (1742 A 1748), puis a Gotha. 
Le due de Gotha Fenvova en Ttalie pour y ache- 
ver son Education musicale, et le nomma A son 
retour, en 1750, maStre de chape) le de la cour. 
B. se cr£a une grande renomm£e par la com- 
position de m£lodrames, parus depuis 1774 
(Ariadne auf Naxos — donn& aussi a Paris, en 
1781, mais sans succes, — Medea, Almanzor et 
Nadine). Se croyant moins en faveur, il de- 
manda son cong& en 1778 et vecut des lors A 
Hambourg, Vienne, etc.; il se retira plus tard A 
Georgenthal, pr&s Gotha, et enfin A Costritz, oft 
il abandonna enti&rement la musique. B. a£crit 
un grand nombre d'eeuvres, dont la plupart, 
manuscrites, sont conservees A la Bihlioth&que 
royale de Berlin (cantates d'£glises, Messes, so- 
nates pour piano, etc.) ; il a compose quatorze 
ouvrages sc&niques (operas et m£lodrames). — 

4. Joseph, fr6re cadet et el£ve de Franz B., n6 A 
Stare-Benatky, le 7 mai 1724, succeda A son 
fr&re comme concertmeister, fut pensionn6 en 
1797, et mourut A Berlin, le 22 fevr. 1804. — 

5. Friedrich-Wilh>Heinr., n6 A Potsdam le 
15 juil. 1745, m. en cette ville le 19 juin 1814, 
fils aln£ de Franz B.: excellent violoniste, pia- 
niste et organiste, musicien de la chambre du 
roi, de 1765 A 1810. 11 composa des operas (A I- 
ceste, Orpheus, Das Blumennuidchen), deux 
oratorios, des cantates et des ceuvres instru- 
menlales. — 6. Friedrich-Ludwig, tils de Georg 
B., n£ A Gotha en 1746, mort le 27 mars 1793 , 
chef d'orchestre d*op£ra, A Hambourg, en 1782, 
puis virtuose de la chambre a Schwerin, et en- 
fin directeur de concerts A Konigsberg. B. est 
Tauteur de plusieurs concertos de violon et de 



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quatre operas. — 7. Karl-Herm.-Heinr., fils 
cadet de Franz B., n£ A Potsdam le 2 mai 1748, 
m. le 15 mars 1836 ; fut pendant nombre d'an- 
n6es concertmeister de I'orchestre de FOpSra 
royal, A Berlin, et composa quelques oeuvres de 
musique de chambre. 

Bendel, Franz, ne a Schonlinde pres Bum- 
burg le 23 mars 1883, m. A Berlin le 3 juil. 1874 ; 
£l£ve de Proksch, a Prague, et de Liszt, A 
Weimar, fut pendant un certain temps profes- 
seur A Tacademie fondle par Kullak, A Berlin. 
Pianiste remarquable, B. a compost un grand 
nombre de morceaux de piano appartenant A la 
bonne literature de salon ; quelqueft romances 
eurent un temps de grande vogue. 

Bendeler, Johann-Philepp, n£ a Riethnord- 
hausen pr&s Erfurt en 16(50, m. a Quedlimbourg, 
ou il etait cantor, en 1708 ; ecrivit : Mdoposia 
practica (1686); Aerarium melopoeticum(H$&); 
Organop(£ia(W&; r£edite en 1739, sous le titre de 
Orgelbaukunst); Directorium musicum (1706); 
Collegium musicum de compositione (manus- 
crit; cite par Mattheson dans son « Ehren- 
pforte*). 

Bender, Valentin, ne A Bechtheim, pres 
Worms, le 19 sept. 1891, m. a Bruxelles le 14 
avr. 1873; fut maitre de musique dans un regi- 
ment n£erlandais puis directeur de YHarmonie 
d'Anvers. II ceda ce dernier poste A son frere, se 
tit connaltre comme virtuose sur la clarinette et 
fut enfin nomme directeur de musique de la mai- 
son du roi et chef des Guides (gardes du roi). II 
composa plusieurs oeuvres pour clarinette et 
pour musique militaire. - Son fr£re Jacob, n6 A 
Bechtheim en 1798, maitre de musique dans un 
regiment neerlandais, mourut A Anvers, oil Va- 
lentin lui avail c£d£ les fonctions de directeur de 
YHarmonie; e'etait un bon clarinettiste. La plu- 
part de ses oeuvres sont ecrites pour musique 
militaire. 

Bendl, Karl, compositeur boheme, ne a Pra- 
gue le 16 mars 1838 ; fut en 1864 chef d'orches- 
tre d'opera, A Bruxelles, puis chef des choeurs A 
l'opera allemand d' Amsterdam et enfin, en 
1865, directeur de la soci£t6 chorale « Hlahol », 
a Prague. II ecrivit des operas nationaux (tch&- 
ques) : Ley la, Bretislavo, Cernahorci, Stary 
zenich, Kalel Skreta ; un morceau d'orchestre, 
Svanda dudlth (Soir de Noel), des lieder (melo- 
dies tziganes), des oeuvres chorales, etc. B. est 
membre de TAcad^mie des Beaux-Arts de 
Boh&me. 

Bene, ben (ital), bien. 

Benedict, Julius, n6 a Stuttgart le 27 nov. 
1804 (fils d*un banquier isra&ite), m. A Londres 
leSjuin 1885, el£ve d'Abeille, Hummel (Weimar, 
1819) et K-M. de Weber (1820); fut nomm£ chef 
d'orchestre au th^Atre de Karnthnerthor, A 
Vienne (1823), puis au th&Ure San Carlo, A 
Naples (1825), oil il donna son premier op£ra : 
Giacinta ed Ernesto. Cette oeuvre, ainsi que la 
suivante, / Vvrloghe&i in Goa, donn£e A Stutt- 
gart en 1830, n'eurent que peu de succes. De 
Naples, B. se rendit en 1835 A Paris et, la meroe 
annee encore, a Londres. II devint alors An- 
glais, 4 tel point que Ton en oublia bien sou- 

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BfiNfcDICTINS — BENNETT 



71 



vent son origine allemande. Chef d'orchestre de 
rop^m-bonffe au « Lyceum », en 1836, il donna 
un acte Un anno ed un giorno; puis, apr&s 
avoirpass£au«Drury-Lane »,en 1888, il fit repr6- 
senter son premier op£ra anglais, The gypsy 9 s 
warning, suivi A son tour de la Fiancee de Ve- 
nise et des Oroisfe. En 1850, B. alia en Am&ri- 
-que avec Jenny Lind ; peu aprds son retour, il 
fat nomm& chef d'orchestre de Tentreprise 
th&Urale de Mapleson (au dler Majesty's 
theatre*, puisau « Drury-Lane») et donna entre 
autres V « Ob£ron » de Weber, avec des r£cita- 
tifs de sa composition. B. fut ensuite chef d'or- 
chestre des « Monday popular Concert » (1859), 
dirigea plusieurs festivals de Norwich, devint 
chef d'orchestre du t Covent Garden » et enfin,de 
1876 A 1880, chef d'orchestre de la Soci6t6 phil- 
harmonique de Liverpool, La fortune et les 
honneurs r£compenserent largement les efforts 
de B. qui fut nomm6 chevalier (Sir) en 1871 et 
d£core d'un grand nombre d'ordres Strangers. 
II convient de citer plus specialement parmi ses 
cravres : The Lilly of Killarney (1862, op6ra 
connu en Allemagne sous le titre : Die Rose von 
Erin); des cantates, Undine (1860, Norwich), 
Richard Cozur-de-Lion (1868, Norwich) et Gra- 
zieila (1882, Birmingham); des oratorios, Ste- 
Cieile (1866, Birmingham), St-Pierre (1870, Bir- 
mingham); deux symphonies (1878-1874, au 
(irystall Palace). B. r£digea en outre une courte 
biographie de Weber pour les Great musicians 
de Hueffer. 

B6n6dictins. L'histoire et la th£orie de la mu- 
sique doivent en grande partie leurs d^couver- 
tes et le developpement qu'elles prirent dans le 
courant du moyen Age A Tordre des B., dont les 
convents Maient alors les principaux foyers de 
lumieres scientifiques. Presque tous les hommes 
dont l'histoire musicale du moyen Age a con- 
serve les noms, a commencer par Gr6goire le 
Grand (v. ce nom), firent partie de Fordre de 
St-Benolt : Aurttien de R6om6, R6mi d'Auxerre, 
Regino de Pram, Notker Balbulus, Hucbald de 
St-Amand,Odon de Clugny,Guy d*Arezzo,Berno 
de Reichenau, Hermann Contract, Wilhelm de 
Hirschan, Aribon, Bernard de Clairvaux, Eber- 
hard de Freising, Adam de Fulda, etc. Parmi 
les modernes, citons specialement Martin Ger- 
bert de St-Blaise (m. en 1798), Dom Bedos de 
€elles, Jumilhac, Schubiger, Dom Pothier. Les 
Annales ordinis S. Benedicti (1703 A 1789, 6 vol.) 
sont, avec le De cantu et les Scriptores de 
Gerbert, Tune des sources principales pourl'6- 
tude de l'histoire de la musique au moyen Age. 

Beaedictus,(lat.beni), une partie du Sanctus ; 
v. Mbsse. 

Benedictas Appenzelders, (Benoit d*Appen- 
?eU) contrapontiste du xvi« s., maitre des en- 
fants de chomr de la chapelle royale A Bruxel- 
les, de 1589 A 1555. II faut se garderdele confon- 
dre avec Benedict Duos, quoique Ton ne puisse 
sonvent pas distinguer les ceuvres de Tun de cel- 
ies de l'autre. une quantity d'entre elles etant 
inscrites sous le simple nom de c Benedict », 
dans les anthologies de chansons, de motets, 
etc. parues de 1540 A 1569. 



Benelli. 1. ALEMANNO,pseudonyme de Bottri- 
gari (v. ce nom). — 2. Antonio-Perbgrino, n* 
A Forli (Romagne) le 5 sept. 1771, m. A Boerni- 
chau en Saxe (oil il s'&ait retir£ en 1829) le 16 
aout 1880, fut cTabord engage comme t6nor au 
thSAtre San Carlo, A Naples, puis A Dresde de 
1801 A 1822, et professa plus tard le chant A T6- 
cole royale de chant sctoique, A Berlin. B. pu- 
blia une m£thode de chant (1819), des solfeges, 
de la musique d'6glise, de la musique de cham- 
bre, etc. 

Benesch, (Bbneh), Joseph, n6 A Batelow (Mo- 
ravie) le 11 janv. 1798, m.... ; violoniste, mem- 
bre de Torchestre de Presbourg, fit des tour- 
n£es de concerts en Italie, puis accepta en 1828 
la place de concertmeister ALaibach et entra en 
1882 dans la chapelle de la cour A Vienne. B. 
a public diverses compositions pour violon. 

Benevoli, Orazio, ne A Rome en 1602, m. le 
17 juin 1672; fut maitre de chapelle de diverses 
eglises, A Rome, en dernier lieu au Vatican 
(1646). II avait et£ aussi, pendant deux ann6es 
(1643-1645) musicien de la cour d'un archiduc, 
A Vienne. B. 6tait un contrapuntiste hors ligne 
(£16ve de Vincenzo Ugolini) ; ses oeuvres (Mes- 
ses, motets, psaumes, etc. A 12, 16 et 24 voix) 
sont conserves en grande partie dans les ar- 
chives du Vatican ; un ou deux fragments seu- 
lement ont 6t£ publics, dans les trails de con- 
trepoint et de fugue du P. Martini, de F6tis et 
du P. Paolucci. Une Mease de B., A 48 voix, r6- 
parties en douze cheeurs, fut execute en 1650, 
en TSglise Santa-Maria-Sopra-Minerva, A Ro- 
me. 

Benfey, Theodor, c£l£breprofesseurde scien- 
ces orientates et de linguistique, n£ A Norten 
pr£s Gottingue le 28 janv. 1809, m. a Gdttingue 
m6me le 26 juin 1881 ; deploya une certaine 
activity comme amateur de musique eclair^ et 
comme musicologue (dans la t Neue Zeitschrift 
fur Musik »). 

Benincori, Angelo-Maria, n6 A Brescia le 28 
mars 1779, se fixa en 1808 A Paris, ou il mourut 
le 30 d£c. 1821 ; violoniste virtuose el composi- 
teur, publia des quatuors pour instr. A archet et 
et des trios avec piano. Ses cpuvres de musique 
d'eglise rest&rent manuscrites. B. £tait Fauteur 
des trois derniers actes et d*une marche du pre- 
mier acte d'Aladin ou la lampe merveilleuse, 
Top6ra inachev£ de Nicolo Isouard. Cette o?u- 
vre obtint A Paris, en 1822, un succds enthou- 
siaste et parvint en quatre ann^es A sa centi- 
me representation, tandis que trois operas an- 
terieurs de B. n'avaient r^ussi qu'd demi. 

Bennett. 1. William-Sterndale, n^ A Sheffield 
le 18 avr. 1816, m. A Londres le 1« f£vr. 1875; 
descendant d'une famille de musiciens et d'or- 
ganistes, entra A Y&ge de huit ans, comme en- 
fant de cho?ur, dans la chapelle du college royal 
de Cambridge: il y fit preuve d'aptitudes remar- 
quables et fut admis en 1826 d£jd A la Royal 
academy of music, A Londres, ou il eut pour 
ma!tre8 : Lucas, Crotch, W.-H. Holmes et C.Pot- 
ter. II joua en 1883, dans un concours public de 
TAcad^mie, un concerto de piano en rd min. de 
sa composition : Foeuvre fut editee aux frais de 



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72 



BENNEWITZ — BENOIT 



rAcad&nie, et Mendelssohn qui avait assists & 
l'audilion, donna de pr&cieux encouragements 
au jeune auteur. B. fit en 1887 un premier s£- 
jour k Leipzig, grdce k la g6n&rosit6 du facteur 
de pianos Broadwood, et se lia d'amitte avec 
Mendelssohn et Schumann; de 1840 a 1841, H 
s6journa de nouveau dans la m£me ville. Si 
d'une part Ton ne peut nier Hnfluence de Men- 
delssohn snr le style des oeuvres de B., 11 faut 
reconnaitre d'autre part que la nature m£me de 
B. offrail une grande analogie avec celle de 
Mendelssohn. B. fonda k Londres, en 1849, la 
Bach Society qui donna entre autres, eh 1854, 
la « Passion selon St-Matthieu ». D fut nomm6, 
en 1856, chef d'orchestre de la Society philhar- 
monique, mais abandonna cette situation apr&s 
avoir 6t6 61u, en 1866, directeur de la « Royal 
academy ». B. occupait aussi depuis 1856 la 
chaire de musique k rUniversitS de Cambridge 
et re^ut le titre de « docteur » (en 1867, t Master 
of arts »; en 1870, « D* honoris causa » de l'Uni- 
versitS d'Oxford). B.fut 61ev6 au rang de cheva- 
lier (Sir), en 1871. Ses oeuvres principales sont 
les suivantes : quatre concertos de piano, quatre 
ouvertures (les Naiades, la Nympkede la foret, 
Parisina, le Paradis et la P&ri\ une sympho- 
nie en sol min., une cantate (May-Queen, la 
Heine de Mai),un oratorio (Woman of Samaria, 
la Samaritaine), la musique d'Ajax, des sonates, 
caprices, rondos, etc. pour piano, des lieder, 
une sonate pour violoncelle, un trio, etc. Les 
Anglais consid^rent B. comme le fondateur 
d'une « foole musicale anglaise »; il est, sans 
aucun doute, Tun des musiciens les plus 
remarquables qu'ait fournis TAngleterre. — 
2. Theodore (v. Bitter 8). — 3. Joseph, musico- 
graphe et auteur des livrets des meilleurs ope- 
ras de Barnett, Mackenzie, SuHivan, Go wen, etc., 
n6 k Berkeley (Gloucestershire) en nov. 1831. 
B. r£dige les programmes analyliques des con- 
certs philharmoniques, des Monday- et Satur- 
day-Popular-Concerts; il collabore d'une ma- 
niere tr£s active au Musical Times et r£dige la 
chronique musicale du Daily Telegraph, etc. 

Bennewitz. 1. Wilhelm, n6 k Berlin le 19 
avr. 1833, m. dans la m£me ville en janv. 1871, 
membre de Torchestre du the&tre royal. II £tait 
616ve de Fr. Kiel, composa un op&ra : Die Rose 
von Woodstock (1876) et publia des morceaux 
pour piano et pour violoncelle. — 2. Anton, 
violoniste, n£ k Privat (Boh£me) le 25 mars 
1833, est directeur du Conservatoire de Prague 
depuis 1882. 

Benois, Marus, pianiste de grand talent, nee 
k St-P&ersbourg le l mr janv. 1861 ; Steve de son 
p&re (lui-m&me el<He de H. Herz) et de Lesche- 
titzky au Conservatoire de St-P£tersbourg, oil 
elle obtint en 1876 la medaille d'or. EUe se fit 
entendre d£s lors (entre autres k Vienne) avec 
beaucoup de succ^s et epousa en 1878 son cou- 
sin, le peintre Wassily Benois. 

Benoist, Francois, n& k Nantes le 10 sept 
1794, m. en avril 1878 ; entra au Conservatoire 
de Paris en 1811 et fut, en quality de grand prix 
de Rome, pensionnaire du gouvernement fran- 
Cais de 1815 a i819. A son retour d'ltalie, B. fut 



nomme premier organiste de la chapelle du roi 
et, peu apres, professeur d'orgue au Conserva- 
toire ; il remplit en mfeme temps, k partir de 
1840, les fonctions de chef de chant k TOp^ra et 
se retira, pensionn£, en 1872. Ses oeuvres d'or- 
gue parurent sous le titre de Bibliotheque de 
V organiste (12 cahiers) ; il ecrivit en outre une 
Messe k trois voix avec orgue ad libitum, deux 
operas : F&lix et Lfonore (1821, grav6), L f Ap- 
parition (1848), et plusieurs ballets : La Gipsy 
(1839, en collaboration avec Marliani et A.Tho- 
mas), Le Diable amoureuw (1840, avec Reber)^ 
Nisida ( « Die Amazonen der Azoren », 1840) et 
Pdquerette (1851). 

Benoit, Pierre-Leonard-Leopold, changea 
vers sa vingtteme ann£e son nom de Pierre en 
celui de Petkr, n6 A Harlebeke (Flandre occi- 
dental) le 17 aotit 1834 ; £l£ve du Conservatoire 
de Bruxelles, de 1851 k 1855, ecrivit la musique 
de plusieurs m£lodrames flamands et un petit 
opera pour le theatre du Pare, dont il fut nom- 
ine chef d'orchestre en 1856. 11 obtint, l'ann6e 
suivante, avec sa cantate Le meurtre a" Abel, le 
grand prix de composition (prix de Rome) et 
employa la subvention du gouvernement k 
d'importants voyages d'6tudes en Allemagne 
(Leipzig, Dresde, Munich, Berlin) ; e'est de 14 
qu'il adressa a 1'Academie de Bruxelles une 
brochure sur T6cole de musique ilamande et 
son avenir. En 1861, B. se rendit k Paris et pr£- 
senta k la direction du ThMtre Lyrique un 
op£ra, Le roi des Aulnes ; il attendit, inutile- 
men t du reste, et pendant ce temps prit la direc- 
tion de l'orchestre des Bouffes-Parisiens. De 
retour k Bruxelles, il y fit executer une Messe 
solennelle de sa composition, qui fit grand 
effet et £veilla Tattention publique sur la per- 
sonne de son auteur. B. est Flamand, c.-4-d. 
Germain de corps et d'&me; directeur du Con- 
servateur royal d'Anvers depuis 1867, il est le 
chef du parti oppose k Tecole franco-belgedont 
Gevaert est Tun des reprfeentants les plus im- 
portants. II fut 61u, en 1880, membre correspon- 
dant, puis, en 1882, membre effectif de TAcad6- 
mie de Belgique. Les oeuvres principales de 
B. sont, outre celles mentionnSes plus haut : 
un Te Deum (1863), un Requiem(l$ti8); un con- 
certo de piano; un concerto (Poeme) de flftte ; 
Lucifer (1866, oratorio tlamand); deux operas 
flamands : Het dorp in't gebergte et Isa (1867); 
un oratorio flamand, De Schelde\ Drama* 
Christi, drame religieux pour soli, choeurs, 
orgue, violoncelles, contrebasses, trompettes et 
trombones ; De Oortog (La Guerre), cantate pour 
double choeur, soli et grand orchestre (1878) ; 
un oratorio pour voix d*enfants ; De Mcuziers 
(Les Faucheurs), symphonie avecchoeurs; la 
musique de Charlotte Corday (1877, Bruxelles); 
celle de la trag£die WiUem de Zvryger, de EL 
von Goethems( 1876); Vlaanderens Kunstroem 
(Cantate de Rubens), pour double chceur et or- 
chestre (1877); Antvrerpen, pour triple choeur 
d'hommes et orchestre (1877) ; Jongfrou Kathe- 
lijne, sc&ne pour alto solo et orchestre ; Muse 
des Geschiedenis , pour choeur et orchestre 
(1880): Mucbald, pour barylon solo, harpe^ 



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BERARDI — BERG 



73 



choeur et orchestra (1880) ; Trionfmarsch (pour 
Imposition de 1880); De Rhijn (Le Rhin), ora- 
torio pour double cho?ur et orchestre (1889) ; 
Het Melief(3 actes, Iseghem, 1893): Les derniers 
jours de ifa9iptft(d v aprta Bulwer; r£cemment 
termine), Sagen en BaUaden, pour piano : Liefde 
<- int leven (lieder); Liefdedrama (id.); des motets 
avec orgue, one Messe, etc: B. a public en outre 
on grand nombre d'&crits, principalement sur 
des questions d'actualite ; De vCaamsche 3fu- 
ziehschool van Antwerpen (1873) ;Z, 1 institution 
de Festivals en Belgique (1874); Verhandeling 
oner de nationale Tonkunde (2 vol., 1875-1877); 
De Muzihale Opvoeding en Opleiding in 
Belgie ; Bet droombeeld eener Muzihale We- 
reldkunst; De Oorsprong van het Cosmopoli- 
tism* in de Muzieh (1876); Over Sch\jn en 
Blyh en onze Muzihale VlaamscheBeweging; 
Onze Muzihale Bexoeging op dramatisch Ge- 
bied; Een honingligk Vtaamsch Conservator 
Hum te Antwerpen ; Onze Nederlandische 
Muzihale Eenheid; Brieven over Noord-Ne- 
derland; enfln divers articles dans des jour- 
naux tels que Vlaamsche Kunstbode, De Een- 
drachL Le Guide musical, et dans le bulletin de 
FAcademie des Beaux- Arts de Belgique. 

Berardi Angelo, maltre de chapelle k Vi- 
terbe, puis a Spoilt e (1681), chanoine a Viterbe 
(1687), puis maltre de chapelle de la basilique 
Ste-Marie in Trastevere, k Rome (1693); auteur 
d'un certain nombre d'ouvrages th6oriques re- 
marquables : Ragionamenli musicali (1681), 
Documenti armonici (1687), Miscellanea musi- 
cole dirisa in tre parte (1689), Arcani musicali 
(1690), 11 perche musicale ovrero staff etta armo- 
nica (16118). B. a laiss£ en outre : une Missa pro 
defunctis k cinq voix (1663), des motets k deux, 
troiB et quatre voix (1665), des psaumes divers 
(1668, 1675, 1698), des offertoires (1680), etc. 

Berbiguier, Benoit-Tranquille, n6 k Cade- 
rousse (Vaucluse) le 21 d6c. 1782, m. k Pontle- 
voy, pres Blois, le 20 janv. 1838 ; excellent flu- 
tiste, Sieve de Wunderlich et de Berton au 
Conservatoire de Paris, entra dans Tarm^e en 
1813, mais se retira d6ja en 1815 pour se livrer 
exdusivement k la composition. D Scrivit toute 
one s6rie d'cenvres pour flute (10 concertos, 7 
cahiers de sonates, etc.). 

Berceuse (all. Wiegenlied; angl. lullaby), 
m&odie que Ton chante pour endormir un en- 
fant, tantot emprunt£e au repertoire populaire, 
tant6t oeuvre d'un compositeur connu. La b. 
d£j& fort repandue dans Fantiquite s'introdui- 
sit au moyen Age dans la poesie religieuse et 
attira, petit k petit, Inattention des musiciens 
de profession, temoin le recueil que publia Rei- 
chardt, a Leipzig : Wiegenlieder furgute deuU 
sche Mutter (1798). De nos jours, les composi- 
teurs donnent souvent le titre de b. k des 
OBuvres de petites dimensions, r£pondant plus 
ou moins au caractSre qu'exige la destination 
primitive de la b. 

Berchem (Berghem), Jachet de (Jaquet, Jac- 
quet, Giachetto di Mantova) 9 Tun des contra- 
pontistes les plus cetebres du xw s., attache de 
1585 k 1565 environ, au service du due de 



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Mantoue, etait probablement originaire de Ber- 
chem, pr&s Anvers. Ses o?uvres nous sont par- 
venues en tres grand nombre (162, d'apres R. 
Eitner) : des Messes, des motets, des madri- 
gaux (1532-1567). Gf. Buus. 

Berens, Hermann, n£ k Hambourg en 1826, 
m. k Stockholm le 9 mai 1880, tils d'un chef de 
musique militaire k Hambourg, Karl B. (n6 
en 1801, m. en 1857), qui se fit surtout con- 
naltre comme flutiste et auteur d'oeuvres pour , 
la flute. II ful 61&ve de son p&re d'abord, puis 
de Reissiger k Dresde et, apr&s avoir fait une 
tourn6e artisque avec TAlboni, revint pour 
quelque temps dans sa ville natale ; il se fixa, 
en 1847, k Stockholm, et participa au d6veloppe- 
ment musical de cette ville par l'organisation 
de stances de musique de chambre, etc. Direc- 
teur de musique k (Erebro, de 1849 k 1860, B. 
fut ensuite nomm6 chef d'orchestre du theAtre 
Mindre k Stockholm, puis mattre de chapelle de 
la cour et mattre de composition k l'Acad&mie ; 
il recut le titre de « professetir » et fut 61u mem- 
bre effectif de l'Academie des Beaux- Arts. B. a 
compose la musique de Kodros, un opdra : 
Violetta, trois op£rettes : Vn songe tfune nuit 
d'&6, Lully el Quinault et Riccardo, qui furent 
toutes bien accueillies, quelques morceaux de 
piano et de la musique de chambre bien 6crite. 
C'est sans doute k ses excellentes &ude£ pour 
piano: Neueste Schule der Gelduflgheit (op. 61), 
que B. doit d'etre, maintenant encore, avantageu- 
sement connu. 

Beretta, Giovanni-Battista, n6 k V6rone le 
24 ttvr. 1819, m. k Milan le26 avr. 1876; simple 
amateur, riche d'abord, il devint, apr&s avoir 
perdu sa fortune, directeur du Conservatoire 
(Liceo musicale) de Bologne. II n'occupa cepen- 
dant ce poste que # peu de temps, car il alia se 
fixer k Milan pour y travailler a la continuation 
du grand dictionnaire de musique commence 
par Americo Barberi (Dizionario artistico- 
scientifico-storico-tecnologico-musicale, Milan, 
chez Gir. Polani); B. lui-m^me ne parvint qu'k 
la lettre G. 

Berg. 1. Adam, celebre imprimeur de musi- 
que k Munich, de 1540 k 1599, d&ploya une ac- 
tivity extraordinaire et publia entre autres, aux 
frais de la cassette des dues de Baviere, la ma- 
gnifique anthologie musicale connue sous le 
nom de Patrocinium musicum. Gette collection 
se compose de dix volumes, dont les cinq pre- 
miers sont exdusivement consacr£s k Toeuvre 
d'OrlanduR Lassus. — 2. Johann von, autre im- 
primeur de musique cel^bre, n6 k Gand, s'^ta- 
blit k Nuremberg ou il s'associa, en 1550, avec 
Ulrich Neuber ; les litres des livres sortis de ses 
presses ne portent jamais que son nom lati- 
nise : Johannes Montaxus. U. Neuber s'associa 
en 1556 avec Gerlach ; on peut done supposer 
que B. mourut k cette epoque. — 8. Konrad- 
Mathias, ne k Golmar (Alsace) le 27 avr. 1875, 
£l&ve du violoniste Franzl k Mannheim, puis 
(de 1806 k 1807) du Conservatoire de Paris, m. 
k Strasbourg le 13 d£c. 1852. II s'etait ftahli en 
1808 comme professeur de piano dans cette 
derni&re ville. B. est l'auteur d'un certain nom- 

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BERGAMASOA — BERGSON 



bre cTopuvres pour piano (8 concertos, sonates, 
variations, 10 trios avec piano, etc., et divers 
morceaux A quatre mains), 4 quatuors pour 
instr. A archet, etc. II est l'auteur de : Ideen zu 
einer rationellen Lehrmethode der Musik mit 
Anwendung auf das Klavierspiel, dans la « Oa»- 
cilia » (vol. V) de Weber, et d'un Aperguhisto- 
rique sur I'etat de la musique a Strasbourg 
pendant les cinquante demieres annees (1840). 

Bergamasca, ancienne danse italienne (de 
Bergame);Zettl demande au due, dans le « Songe 
d'une nuit d'ei£ », sMl desire voir une b.; cette 
danse etait done certainement connue au xvr* 8. 
dejd, en Angleterre. 

Berger. 1. Ludwig, ne A Berlin le 18 avr. 
1777, m. dans la meme ville le 16 fevr. 1889 ; flls 
d'un architecte, il fut eleve A Templin puis A 
Francfort s. l'Oder, etudia l'harmonie et le con- 
trepoint en 1799, sous la direction de J.-A Oiirr- 
lich, A Berlin el se rendit A Dresde en 1801, 
dans Fintention d'y suivre les cours de J.-G. 
Naumann, mais celui-ci venait de mourir lors- 
qu'il arriva. C'est en sa memoire que B. ecrivit 
une « Cantate funebre ». II avait fait la connais- 
sance de Clementi A Berlin el le suivit en 1804 
a St-Petersbourg, oil il devint son eleve ; il se 
lia d'amitie avec A. Klengel, tandis que Steibelt 
et Field, en m£me temps que son maitre, lui 
servirent de modeles. II epousa A St-Peters- 
bourg la cantatrice Wilhelmine Karges, mais 
son bonheur fut de courte dur£e et il perdit A 
la fois femme et enfant ; il se rendit alors, en 
1812, A Stockholm puis rejoignit Clementi A 
Londres oil il entra en relations avec J.-B. Cra- 
mer. De retour A Berlin en 1815, il y resta jus- 
qu*& sa mort et forma toute une serie d'eleves 
remarquables (Mendelssohn, Taubert, Henselt, 
Fanny Hensel, II. Kuster, etc.). B. publia un 
grand nombre d'excellentes oeuvres pour piano, 
des lieder, des quatuors pour voix d'hommes, 
des cantates, etc. II fonda en 1819, avec B. Klein, 
G. Reichardt et son futur biographe L. Rellstab, 
la nouvelle « Liedertafel ».— 2. Francesco, ne 
A Londres le 10 juin 1835, £leve de L. Hicci, C. 
Lickl et M. Hauptmann, fut directeur de la So- 
ciety philharmonique de Londres ; il en est au- 
jourd'hui le secretaire honoraire. Auteur de 
Messes, d'opuvres chorales, d'un opera, etc. 

Berggreen, Andreas-Peter, ne A Copenha- 
gue le 2 mars 1801, m. dans la m£me ville le 9 
nov. 1880 ; etudia cTabord le droit puis se voua 
A la musique et devint en 1838 organiste de Te- 
glisedela Trinite, en 1843 maitre de chant a 
Tecole metropolitaine de Copenhague, enfin, en 
1859, inspecteur du chant dans les etablisse- 
ments d'instruction publique. II avait ecrit, en 
1829, la musique de la Cantate nuptiale d'Oeh- 
lenschlager, et plus tard un opera BiUedet og 
bustan, la musique de plusieurs drames d'Oeh- 
lenschlager, des morceaux de piano et des lie- 
der. B. publia en outre une collection de chan- 
sons populai res de diverses nations, en onze 
volumes, redigea a partir de 1836 un journal de 
musique, Musikalisk Tidende, et ecrivit la bio- 
graphie de Weyse (1875). 

Berghem, v. Berchkm. 



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Bergkreyen (Bergreihbn, ronde montagnar 
de), airs de musique profane, ou meme, comme 
le nom Tindique, airs a danser sous lesquels 
on disposa des textes religieux A l'epoque de 
la reforme. Des collections de B. profanes et re- 
ligieux (sans les melodies) parurent en 1511, 
1533, 1587 et 1547. Le nom iter.^reihen vient 
sans doute de ce que ces airs sont originates 
de rErzgebirge, comme semble l'indiquer le ti- 
tre de la 3™« partie des B. de Daubmann (1547) : 
Etsliche schone Bergrej/en vom Schneeberg, 
Annaberg, Marienberg, Freiberg und St-Joa- 
chimsthal 

Bergmann, Earl, ne a Ebersbach (Saxe) en 
1821, m. A New-York le 10 aout 1876, violoncel- 
liste et chef d'orchestre, eleve de Zimniermann, 
A Zittau et de Hesse, a Breslau. H partit en 
1850 pour les Etats-Unis, comme membre de 
Torchestre c Germania » qu'il dirigea au bout 
de quelques mois, et parcourut ainsi toute TA- 
merique du Nord: il conserva ce poste jusqu'A 
la dissolution de Torchestre en 1854. L'annee 
suivante, il entra dans Torchestre philharmo- 
nique de New- York, dont il dirigea les concerts 
alternativement d'abord avec Th. Eisfeld, puis 
seul a partir de 1862 et jusqu'a sa mort. B. di- 
rigea aussi pendant plusieurs annees le choeur 
d'hommes allemand « New-York-Arion > ; il 
rendit personnellement de grands services A la 
cause du developpement musical aux Etats- 
Unis. (Homme compositeur, B. ne se fit guere 
connaitre que par un ou deux morceaux d'or- 
chestre. 

Bergner, Wilhelm, organiste, ne a Riga le 
4 nov. 1837, eleve de son pere qui etait lui- 
meme organiste de Teglise St-Pierre, puis 
d'Agthe, organiste de la cathedrale de Riga, et 
de Kuhnstedt A Eisenach. II fut d'abord maStre 
de musique dans un pensionnat en Livonie, 
puis en 1861 organiste de l'Eglise anglaise a 
Riga et en 1868 organiste de la cathedrale de la 
meme ville. B. contribua A elever fe niveau mu- 
sical de la ville de Riga, en fondant le t Bach- 
verein » et le « Cho?ur du drtme »; ce fut lui 
aussi qui donna l'idee de la construction du 
grand orgue de la cathedrale (construit par 
Walcker de 1882 A 1883). 

Bergonzi, Carlo, excellent luthier a Cre~ 
mone, de 1716 a 1755 environ, le meilleur eleve 
d'A. Stradivari. Son tils Michelangelo et ses 
deux petits-fils Niccold et Carlo B. furent moins 
remarquables. 

Bergson, Michael, compositeur et pianiste, 
nh A Varsovie en raai 1820, eleve de Fr. Schnei- 
der a Dessau, partit en 1846 pour Tltalie et fit 
representer avec succes A la Pergola de Flo- 
rence un opera intitule Luisa di Man fort (1847; 
plus tard A Livourne et, en 1849, trad, en alle- 
mand, A Hambourg). H passa plusieurs atmees 
A Berlin et A Leipzig puis se fixa a Paris, ou il 
donna au concert, en 1859, une operette en un 
acte : Qui va a la chasse perd sa place; un 
opera en deux actes presents A la direction du 
Theatre lyrique ne fut pas mont£. B. fut ensuite 
appele aux fonctions de professeur supeneur 
de piano au Conservatoire de musique de Ge- 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BERGT 



BERLIOZ 



/;> 



n£ve (1863), dont il devint pea apres directeur; 
mais il n'y resta que pen d'ann&B et se rendit 
A Londres. C'est dans la capitate anglaise qu'il 
a elu d&initivement domicile, il s'y voue au- 
jourd'hui encore A l'enseignement. B. a 6crit 
une quantite deludes, un cahier d'exercices, des 
morceaax de genre, un concerto pour piano, etc. 

Berg^GHRisTiAN-GoTTLOB-AuousTjn^ aOede- 
ran pr£s Freiberg le 17 juin 1772, m. a Bautzen 
le 10 fevr. 1837 ; fut organiste (A partir de 1802), 
maltre de musique au s&minaire et directeur de 
la Societe de chant a Bautzen. D a ecrit une 
quantity dVeuvres, pubises en grande partie : 
un oratorio de la Passion, un Te Deum, des 
cantates et di verses cenvres de musique reli- 
giense, des symphonies, des quatuors, des trios, 
des variations pour piano, plusieurs operas, 
des duos, des ballades et des lieder de moin- 
dres dimensions. 

B6riot LC^HARLEs-AuaosTEde, violoniste vir- 
tuose de grand talent, ne A Louvain le 20 f&vr. 
1802, m. a Bruxelles le 8 avr. 1870; n'eut A vrai 
din* aucun professeur de renom et ne dutsa 
virtuosity qu'A un don special, a un zele infati- 
gable et aux solides notions elementaires que 
lui inc alqua son tuteur, Tiby, maltre de musi- 
que a Louvain. Lorsque Viotti entendit le jeune 
B.. en 1821, celui-ci 6tait dej& en possession d'un 
talent personnel et fort d£veloppe; il entra bien 
au (tonservatoire de Paris dans la classe de 
Baillot, mais ne tarda pas a s'apereevoir que 
l'enseignement de ce maltre ne faisait que re- 
retarder la parfaite eclosion de son individua- 
lity Son premier concert A Paris reussit A mer- 
veille, ce qui permit A B. d'entreprendre aussitcH 
en Angleterre une tournee de concerts, egale- 
ment couronnee de succes. De retour dans sa 
patrie, il fut nomme premier violon-solo du roi 
des Pays-Ban, avec un traitement annuel de 
2000 florins. Mais la revolution de 1880 le priva 
brusquement de cette source de revenus et il 
dut entreprendre de nouveaui voyages, cette 
fois en compagnie de M me Garcia-Malibran 
dont la methode de chant ne fut peut-£tre pas 
sans influence sur son jeu. B epousa enfln 
M«« Garcia-Malibran, mais celle-ci mourut, en 
1896, peu apr&s la naissance d'un flls (v. B. 2). 
B. vecut un certain temps dans la retraite, puis 
entreprit, en 1840, une nouvelle tournee en Al- 
kmagne. Trois ans plus tard il fut nomme pro- 
fesseur de violon au (Conservatoire de Bruxel- 
les, mais, devenu aveugle et atteintde paralysie 
du bras gauche, il dut se retirer definitivement 
en 1852. Ses ceuvres principales sont : sept con- 
certos de violon, une Mithode de violon en trots 
parties (1858), plusieurs sonates, des th&mes va- 
ries, un grand nombre d'&tudes pour violon, 
quelques trios et d'innombrables arrangements 
(en partie en collaboration avec Osborne) et 
fantaisies sur des airs d'operas. — 2 Charles- 
Wilfribd de, ftls du precedent, ne A Paris le 
12 &vr. 1838, pianiste et compositeur de talent. 
Professeur A l'Ecole de musique classique, fon- 
dle par Niedermeyer, A Paris (188B) puis titu- 
laired'une classe sup£rieure de piano au (Con- 
servatoire de Paris (1887). B. a public des Opt- 



by K: 



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ras sans paroles pour piano et violon, une 
Mithode d'accompaynementpour piano et vio- 
lon et Lart de Vaccompaynement appliqu4 au 
piano (les deux demiers ouvrages en collabora- 
tion avec son pere). B. est chevalier de l'ordre 
de Leopold (1855) et officier d'Acad^mie (1886). 

Berlijn, Anton, ne a Amsterdam le 2 mai 
1817, m. le 16 janv. 1870; eleve de L. Erk, fut 
directeur de musique A Amsterdam, composa 
9 operas, 7 ballets, un oratorio (Mo'ise), des sym- 
phonies et un grand nombre d'ceuvres moins 
importantes. Son nom ne se repandit point hors 
des frontieres de la Hollande. 

Berlioz. Louis-Hkctor, ne a la Cote-Saint- 
Andre (Is&re) le 11 decembre 1803, mort A Paris 
le 8 mars 1869 ; tils de m^decin, devait se vouer 
lui-m£me A la carridre medicate, mais passa 
vite, malgre l'opposition de ses parents, de l'u- 
niversit£ au conservatoire. Son pere lui refusa 
alors la pension mensuelle qu'il lui avait tou- 
jours servie, et le jeune musicien dut gagner 
peniblement sa vie, comme choriste au th^Atre 
dn Gymnase dramatique. II quitla cependant 
le Conservatoire au bout de peu de temps ; les 
lois d'une forte education musicale ne con- 
venaient point A son imagination surchauflee, 
A laquelle il entendait du reste donner libre car- 
riere. B. avait deja compose une Messe avec 
orchestre, executes pour la premiere fois A Y6- 
glise Saint-Roch, les ouvertures de Waverley 
et des Francs-Juyes, les Huit scenes de Faust 
et la Symphonie fantastique (fcpisode de la vie 
d'un artiste), lorsque, en 1830, sa cantate Sar- 
danapale lui valut le premier grand prix de 
Rome. R etait rentre auparavant au Conser- 
vatoire, dans la classe de Lesueur, atin de pou- 
voir se presenter au concours et concourait 
alors pour la quatrieme fois. L'ouverture du 
Roi Lear et le poeme symphonique avec chant, 
Lelio ou le Retour a la vie, sorte de pendant A 
la « Symphonie fanfastique », datent du sejour 
de Vauteur A Rome, ainsi que l'ouverture de 
Rob-Roy (detruite), une Messe dans le Resur- 
rexit de laquelle M. J. Tiersot a retrouve (1895) 
les premieres esquisses du celebre « Tuba mi- 
rum » du R€»quiem. B. se faisait en ineme temps 
une reputation d*6crivain A la plume facile, 3pi- 
rituelle et mordante, par des feuilletons musi- 
caux du Correspondant, de la Revue europS- 
enne, du Courrier de C Europe, du Journal des 
Dtbats et, a partir de 1&*4, de la Gazette musi- 
cale de Paris, qui venait d'etre fondee. II cher- 
chait ainsi, par la parole et par les actes, A in- 
troduce un nouveau genre auquel s*adaptait 
par consequent un nouveau style, genre tres dis- 
cnte de nos jours encore mais dont les princi- 
pes sont en majeure partie admis : la musique 
dite descriptive, ou plus exactement program- 
matique. A Tetranger, ce fut Franz Liszt qui le 
premier embrassa les idees du novateur fran- 
cais, se les appropriant et leur imprimant A son 
tour un cachet personnel. En 1H48, B, se decida 
a voyager, il parcourut l'AUemagne puis l'Au- 
triche (1845) et la Russie (1847), faisant enten- 
dre ses o*uvres dans les principales villes : et 
si parfois Topposition fut vive, toujours du 

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BERMUDO — BERNARD 



moin8 l'int£r£t se manifesta r£el et profond. 
G'est en vain que B. avait esperS obtenir une 
place de professeur de composition au Conser- 
vatoire de Paris; il dut se contenter du poste de 
conservateur (1839), puis de celui de bibliothe- 
caire (1852) qu*il conserva jusqu*& sa mort. La 
consecration de la gloire devait etre refus6e A 
B.durant toute sa vie, A Paris du tnoins, et c r est 
tout r^cemment que Ton commenga A com- 
prendre, A exagerer merne Timportance de son 
oeuvre. Ce vaillant lutteur contribua certes A 
l'an&antissement de maint prejuge ; mais son 
plus grand m&rite est d'avoir enrichi la palette 
orcheHtrale de nouveaux effete, d'avoir ineuffle 
une vie nouvelle A Tart de Torchestration. Son 
Traite d 'instrumentation et d orchestration 
modernes (1844 ; £d. allemande par Dorffel, 
1864, et par Grunbaum, s. date) etait rest£, en 
d6pit de diverses tentatives plus recentes, le 
meilleur du genre (cf. Gev^rt). II faut encore 
mentionner, outre les cpuvres dejsfc citees : le 
grandiose Requiem (£crit pour les funerailles 
du general Dam rem on t en 1887, au dome des 
Invalides) ; Harold en Italie (symphonie, 1834) ; 
Romio et Juliette (symphonie avec chceurs et 
solos, 1881)); le Te Deum A triple clueur avec or- 
chestre et orgue ; les op&ras Benvenuto Cellini 
(1838), Beatrice et Benedict (Bade, 1802); les 
Troyens, tragedie lyrique en deux parties : La 
prise de Troie (Karlsruhe, 1890) et Les Troyens 
a Carthage (Paris, 1863) ; une legende drama- 
tique, la Damnation de Faust (1846); une Tri- 
logte biblique, Lenfance du Christ (1. Le songe 
d*H6rode, 2. La fuite en Egypte, 3. L'arrivee A 
Sais, 1854) ; Symphonie funebre et triomphale, 
pour musique d'harmonie, orchestre A cordes 
et clupurarf libitum. (exrite en 1840, pour Inau- 
guration de la colonne de Juillet) ; Le cinq Mai, 
pour solo de basse, chceurs et orchestre (pour 
Fanniversaire de la mort de Napoleon; (Carna- 
rat romain (seconde ouverture pour « Benve- 
nuto Cellini »); un certain nombre de melodies 
avec piano ou orchestre, entre autres les Nuits 
de"l£ (si x melodies), La Captive, etc. II faut 
ajouter A cette longue liste d*o?uvres, les Merits 
suivants : Voyage musical en Allemajpie et en 
Italie (1844, 2 vol.), les Soirees de Uorcliestre 
(1853), les Grotesques de la musique (1862), A 
trovers chants (1862), et d'autres encore ; tous 
furent traduits en allemand par R. Pohl et pa- 
rurent reunis en quatre volumes en 1864. Les 
Memoires (1870, 2»« ed. 1878 ; 2 vol.) qui con- 
tiennent un certain nombre de lettres ecrites 
par B. au cours de ses voyages, et la Corres- 
p<mdance inedite (1878) sont des ouvrages pos- 
thumes. Cf. Ad. Jullien, Hector B. (1882, un 
ouvrage de valeur) ; Kdm. Hippeau, B. Vhomrae 
et Vartiste (1883-1885 ; 3 vol.) ; id., B. et son 
temps (1892) ; Ernst, U oeuvre dramatique 
d Hector B. (1884) ; Ehlert, Lettres sur la mu- 
sique a une amie (trad, par Grenier, 1878); 
Pohl, Hector B. Studien und Erinnerungen 
(1884). Deux monuments furent eleves A la m£- 
moire de B., Tun A Paris en 1886, Tautre dans 
sa ville natale en 1890. 
Bermudo, Juan, ne pres d'Astorga (Espagne) 



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vers 1510, r&ligea une encyclop6die descriptive 
des instruments de musique, Declaracion de 
instrutnentos, dont un volume settlement parut 
(1545) ; le reste du manuscrit se trouve A la Bi* 
blioth&que nationale, A Madrid. 

BernabeS 1. Giuskppe-Ercole,ii£ A Caprarola 
(Etats de TEglise) en 1620 env., m. A Munich en 
1687 ; £l£ve de Benevoli, mattre de chapelle de 
St-Jean-de-Latran (1662-1667), de St-Louis-des- 
Franeais, du Vatican ou il succ6dait A Benevoli 
(1672), puis successeur de Kerl, A Munich (1674), 
eu quality de maitre de chapelle et de conseiller 
du prince electeur de Bavi£re. B., comme com- 
positeur, se rattache A T£cole de Home. A part 
cinq operas, tous repreaentes A Munich, il £cri- 
vit surtout de la musique d'eglise : des Messes, 
des psaumes, des offertoires de 4 A 16 voix sont 
consents dans les archives du Vatican; de» 
motets (1660) et des madrigaux (1669 ; 2 livres 4 
3 et A 5 et 6 voix) furent seuls publies. — 2. Giu- 
seppe- Antonio, tils du pr6c6dent, n£ A Rome en 
1659, m. A Munich le 9 mars 1732 ; second maitre 
de chapelle A Munich (1677), puis successeur de 
son p£re comme maitre de chapelle de la cour 
de Baviere (1688). II a ecrit quinze operas pour 
le the&tre de Munich, et un certain nombre de 
Messes. 

Bernacchi, Antonio, ne A Bologne en 1690,. 
m. en mars 1756; c£lebre sopraniste, eleve de 
Pistocchi, chanta de 1716 A 1717 d£jd A Londres 
puis A Munich, A Vienne et de nouveau A Londres 
ou Haendel le pr£senta en 1729 A la place de 
Senesino, comme le chanteur italien le plus re- 
nomme. II acquit une certaine c£16brite par la 
maniere toute speciale dont il ornait son chant. 
En 1736, il rentra A Bologne pour y fonder une 
ecole de chant Le Conservatoire de Paris pos- 
sede de lui quelques compositions manuscrites 
pour chant. La methode publiee en 1834 par 
Manstein, sous le litre : Grosse Gesangschuie 
des B. ton Bologna, nVst pas de B. lui-meme, 
mais a pour but de remettre en honneur sa me- 
thode, pour autant du moins que la tradition en 
avait M conservee. 

Bernard. 1. Emery, n6 A Orleans, publia une 
methode de chant (1541, 1561, 1570).— 2. Moritz, 
ne en Courlande en 1794, m. A St-Petersbourg le 
9 mai 1871 ; eleve de J. Field et de H&ssler A 
Moscou, maitre de la chapelle du comte Potocki 
en 1816, puis maitre de musique A St-Peters- 
bourg en 1822, fonda dans cette derniere ville 
un commerce de musique (1829) qui acquit une 
grande reputation. II a publie des morceaux de 
piano et compose un opera russe, Olga* — 
8. Paul, ne a Poitiers le 4 oct 1827, m. A Paris, 
ou il etait maitre de musique, le 24 fevr. 1879 ; 
eleve du Conservatoire de Paris, publia une 
quantite de morceaux de piano, de melodies, etc 
II se fit connaitre aussi comme critique musical 
du Menestrel et de la Revue et Gazette musi- 
cale. — 4. Daniel, ne en 1841, musicographe et, 
comme le precedent, collaborates du Minestrel> 
mourut A Paris en juin 1888. — 5. Emilr, orga- 
niste et compositeur distingue, n£ A Marseille 
en 1845, lit toutes ses etudes musicales au (Con- 
servatoire de Paris, ou il remporta successive- 

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BERNARD DB CLAIRVAUX — BERNUTH 



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ment les prix de piano, de contrepoint et d'or- 
gue. II fat jusqu'en 1885 titalaire de l'orgue de 
Xotre-Dame-des-Champs, A Paris. B. se voue 
aetuellement toot entier A la composition; on 
toenail d*ja de lui : deux cantates, deux suites 
poor orchestra, an concerto de violon (d£di£ A 
Sarasate), nne Fantaisie et un Concertstiick 
poor piano et orchestre, un Andante et Rondo 
pour violoncello et orchestre, un Divertisse- 
ment pour instr. A Tent, de la musique de 
chambre, des morceaux de piano, dee melodies, 
des choeurs, etc. II vient de terminer une Can- 
ute, Guillaume le Conquerant, pour baryton, 
choeurs et orchestre et une sonate pour piano 
et violoncello 

Bernard de Clairvaux, Saint, n£ A Fontaines 
{Bourgogne) en 1091, m. A Clairvaux, oft il etait 
abb*, le 20 aotU 1153; Scrivit une lettre, Decor- 
rectione antiphonarii, comme introduction A 
un ouvrage : Prcefatio seu tractatus in Anti- 
phonarium Cistercensie, public sous son pa- 
tronage. Un Tonarius ( Tonale, sous forme dia- 
loguee), connu sous le nom de ■ Tonale de B. », 
ne fut £galement public que sous son patro- 
nage. Ces trois Merits sont reproduits dans une 
anthologie parue a Leipzig en 1517 (cf. F£tis, 
Bibliographic uniterseUe, art. « Bernard » ) ; 
Gerbert (Scriptores II) ne donne que le « To- 
nale » ; dans son Edition des oeuvres de saint 
Bernard, Mabillon donne la lettre seulement 

Bernardi.l.STEFFANo, chanoine de Salzbourg 
vers 1684, publia plusieurs livres de madri- 
gaux, des Messes, des motets, des psaumes 
(1611-1687), ainsi qu'un traits de contrepoint : 
Lehre vom Kontrajnmkt (1634). — 2. Fran- 
cesco, sopraniste, dont la reputation fut quasi 
universelle, sous le nom de Senesino, n6 A 
Sienne en 1680, fut d'abord engag& A Dresde, 
od Haendel vint le chercher en 1720, pour Tem- 
mener A Londres : il se brouilla avec Haendel 
en 1729 et passa dans la troupe th&Urale de 
Bononcini. Dix ans plus tard il rentraen Italic. 
— 3. Enrico, n£ A Milan le 11 mars 1838, chef 
d*orr hestre de th&Ure dans sa ville natale, ecri- 
vit toute une s£rie d'operas, d'op£rettes et de 
ballets, qui furent representee, nmis sans grand 
succes, sur les principales scenes de l'ltalie 
septentrionale. 

Bernardini, Marcello, n£ A Capoue (Mar- 
cello i>i Capua), vers 1762, composa de 1784 A 
1794, une vingtaine d'op£ras (comiques pour la 
plupart) donn& sur diverses scenes italiennes. 
Le succes fut assez grand mais de courte dur£e. 
II ecrivit lui-meme la majeure partie de ses 
livrets. 

Bernasconi, Andrea, n£ A Marseille en 1712, 
nt A Munich le 24 janv. 1784; il avait £t£"ap- 
pete, en 1753, au poste de second mattre de 
chapelle et, en 1755, A celui de mattre de cha- 
pelle de la cour de Bavi6re. B. composa une 
vingtaine d'operas pour les theatres de Vienne, 
Rome et principalement Munich ; un grand 
nombre d f oeuvres de musique d'6glise sont res- 
tkes manuscrites. 

Berner, Frusdrigh-Wilhelm, n6 A Breslau le 
16 mai 1780, m. dans la meme ville le 9 mai 



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le 



1827; organiste del^glise Ste-Elisabeth, maiire 
de musique au s&minaire et plus tard directeur 
de rinstitut royal de musique religieuse. B. fut 
excellent organiste (le maitre d'Ern. Kdhler et 
d'Ad. Hesse) et compositeur de talent (oeuvres 
de musique d'6glise, dont la plupart sont res- 
t£es manuscrites). 

Bernhard, Christoph, n6 A Dantzig en 1627, 
m. A Dresde le 14 no v. 1692; 61£ve de SchtUz, A 
Dresde, fut envoy£ A deux reprises en Italie par 
le prince Slecteur de Saxe, pour y recruter des 
chanteurs. B. fut nomme second maitre de cha- 
pelle A Dresde (1655), puis cantor A Hambourg 
(1664-1674) et succ£da enfln A Schiitz comme 
maitre de chapelle de la cour de Saxe. C&tait 
un excellent contrapuntiste. DesGeistliche Har- 
monien ( 1665 ) et Pmdentia Prudentiana 
(hymnes, 1669) furent imprimis, tandis que son 
Tractatus compositionis et un ouvrage sur le 
contrepoint sont resits man user its. 

Bernicat, Firmin, n6 en 1841, m. A Paris en 
mars 1883 ; composa toute une s£rie d'op£ret- 
tes (13) pour les theatres parisiens. 

Bernon, abbe du couvent de Beichenau (en 
lat Augiee, d'oft son nom Bemo Augiensis) 
depuis 1008, m. le 7 juin 1048 ; outre un grand 
nombre d'ouvrages non musicaux, il rfdigea un 
Tonale avec preface (Prohgus ), De varia 
psalmorum atque cantuum modtUatione, et 
De consona tonorum diver sitate (tous repro- 
duits par Gerbert, Scriptores II); d'autre part, 
Trithemius parle encore d'un traits, De instru- 
tnentis musicalibus. W. Brambach a donne une 
excellente monographie (1881) sur le syst&ne 
musical de Bernon. 

Bernouilli, Johann, ne A B&le le 27 juiL 1677, 
m. dans la meme ville le 2 janv. 1747, et son tils 
Daniel, n6 A Groningue le 9 f£vr. 1700, m. A 
Bdle le 17 mars 1781,professerent tous deux les 
sciences naturelles A FUniversite de B&le. lis 
publi&rent d'importants mfrnoires sur l'acous- 
tique. 

Bernsdorf, Edcard, n£ A Dessau le 25 mars 
1825, £leve de Fr. Schneider, A Dessau, et d\A.- 
B. Marx, A Berlin ; professeur de musique et 
critique musical (dans les Signale) A Leipzig. II 
termina et publia YUniversallexihon der Ton- 
kunst (8 vol. avec supplement, 1855-1856), com- 
mence par J. Schladebach. B. se fit connaltre 
comme compositeur par quelques morceaux de v 
piano et des lieder. 

Bernuth, Julius von, n6 A Rees (prov. rh6- 
nane) le 8 aoitt 1830 ; Studia le droit A FUniver- 
sit6 de Berlin, tout en s'occupant de musique 
sous la direction de Taubert et de Dehn, puis 
enlra en 1854 au Conservatoire de Leipzig, 
apr&s un stage de deux ans comme r£f£ren- 
daire a Wesel. II fonda A Leipzig la soci£t£ 
Aufschtrung (1857) et le Dilettanten-Orches- 
terverein (1859), dirigea momentanement les 
concerts de V Euterpe (successeur de Langer), 
ceux de la Singahademie (successeur de Rietz), 
et le chceur d*hommes, Mannergesangrerein. 
En 1863, il fit encore des Etudes de chant au- 
pr^s de Garcia A Londres ; de retour A Leipzig 
il reprit la direction de YEuterjye et remplit ses 

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BERR — BERTINI 



fonction8 avec le plus grand succ£s pendant 
plusieurs anuses. II fut appele, en 1867, an 
poste de directeur des concerts philharmoni- 
ques (qu'il ahandonna en 1894), et de la Sing- 
akademie de Hambourg, et fonda dans cette 
ville, en 1878, un Conservatoire de musique 
dont le developpement a 6t6 des plus satisfai- 
sants. C'est A B. que revienten grande partie le 
merite d'avoir suscit6 un nouveau mouvement 
musical A Hambourg. II re$ut, en 1878, le titre 
de « professeur ». 

Berr, Frtedrich, cetebre clarinettiste et bas- 
soniste, n£ A Mannheim le 17 avr. 1794, m. A 
Paris le 24 sept. 1888 ; fut d'abord simple mu- 
sicien dans plusieurs regiments fran^ais, puis 
premier clarinettiste A l'Op&ra italien, A Paris 
(1823), professeur de clarinette au Conserva- 
toire (1881), clarinettiste de la musique du roi 
(1882) et directeur du Gymnase de musique mi- 
litaire qui venait d'etre cre£ (1886). II publia, en 
1836, un Traile complet de la clarinette a 14 
clefs et laissa en outre line quantite de compo- 
sitions pour musique mililaire et pour divers 
instruments A vent. B. avait et£ nommS cheva- 
lier de la Legion d'honneur en 1835. 

Bertali, Antonio, n£ A Venise en 1605, m. a 
Vienne le l* T avr. 1669; musicien de la cour 
A Vienne depuis 1637, il succeda A Valentini, 
en 1649, comme maltre de chapelle. On avait 
dejd ex6cut& a Vienne, de 1631 A 1646, plusieurs 
cantates de sa composition, mais ce n*est que 
plus tard que furent donnas ses operas: 
Linganno cTamore (1653, avec grand suce£s), 
Teti (1656), II rd Gelidoro (1659), Gliamoridi 
Apollo (1660), II Oiro crescents (1661), UAl- 
cindo (1665), Cibele e Atti (1666), La contesa 
deWaria e detCacqua (1667), et ses oratorios : 
Maria Magdalena (1663), Oratorio sacro (id.), 
La strega delVinnocenti (1665). 

Bertelmann, Jan-Georo, n£ A Amsterdam le 
Hi janv. 1782, m. dans la mfane ville le 25 janv. 
1854; £leve de rorganisteaveugleB.Brachthuij- 
zer, et lui-m6me professeur recherche (Stumpflf 
et Hoi sont ses £l£ves)et compositeur de merite. 
11 publia un Requiem, une Messe, un quatuor A 
cordes, divers morceaux pour piano et pour 
violon; d'autres opuvres, telles que cantates, 
etudes de violon, concertos de clarinette, de 
contrebasse, etc., et un Trait6 d'harmonie sont 
restes manuscrils, 

Bertelsmann, Karl-August, ne A Gtitersloh 
en 1811, m. le 20 nov. 1861 ; eteve de Rinck, A 
Darmstadt, puis maitre de chant au seminaire 
de Soest, il se fixa ensuite A Amsterdam oil il 
prit, en 1839, la direction d'une society nouvelle- 
ment fondee, YEutonia. Ce fut lui qui dirigea 
le festival d'Arnheim, en 1853. II ecrivit des 
choRurs pour voix d'hommes, des melodies avec 
piano, et quelques morceaux de piano. 

Berthaume, Isidore, n£ A Paris en 1752, m. A 
St-Petersbourg le 20 mars 1802; fut premier 
violon A TOpera (1774) puis directeur des « Con- 
certs spirituels • (1783). II tit des tournees de 
concerts A l'etranger, pendant la revolution, 
fut nomme en 1793 concertmeister de la cour 
du due d'Oldenhourg, a Eutin, et quelques an- 



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nees plus tard violon solo de la chapelle pri- 
v£e de Tempereur, A St-P£tersbourg. B. publia 
des sonates et un concerto de violon. 

Berthold, K.-Fr.-Thbodor, n6 A Dresde le 1& 
d£c. 1815, m. dans la m6me ville le 28 avr. 1882; 
£l£ve de Fr. Schneider et de J. Otto, v£cut en 
Russie de 1840 A 1864 et fonda A St-P&ersbourg 
la soci£t£ Ste-Anne (pour Tex^cution d'orato- 
rios). II succeda en 1864 A Fr. Schneider, comme 
organiste de la cour, A Dresde. B. etait un com- 
positeur fort estimable (Missa solemnis; un 
oratorio, Petrus; des symphonies, etc.); il Ecrivit 
un petit ouvrage, en collaboration avec M. 
Furstenau : Die Fabrtkation musikalischer 
Instrumente im Voigtlande (1876). 

Berlin, LouisE-ANOfcLiQue, compositeur, pein- 
tre et po&te, n6e aux Roches, pr£s Bi&vre, le 15 
tfvr. 1805, m. A Paris le 26 avr. 1877; Ecrivit un 
certain nombre d'operas, sans jamais avoir fait 
d'etudes musicales serieuses ; Guy Afannering, 
Le lovp garou (1827), Faust (1831) et Esme- 
ralda (1836, sur un livret tir£ par Victor Hugo 
lui-m A me de t Notre-Dame de Paris » ). Le der- 
nier fut m&me donn£ A Munich, roais sans 
grand succ^s, en sorte que Fauteur ne fit plus 
parattre que des romances, des oeuvres cho- 
rales, des quatuors pour instr. A archet, des 
trios, etc 

Bertim. 1. L*abb£ Giuseppe, n£ A Palerme en 
1756, maitre de chapelle royal dans la m6me 
ville, publia en 1814 un Dhionario storico-cri- 
tico degli scrittori di musica ; il vivait encore 
en 1847. — 2. BknoIt-Augijste, n6 A Lyon le 5 
juin 1780, £16ve de Clementi a Londres, en 1798, 
sejouraa a Paris, puis a Naples et de nouveau 
A Londres, ou il se vouait A Tenseignemenl du 
piano. B publia deux ouvrages : Stigmatogra- 
phie, ou Cart d'icrire avec des points, suiride 
la mdlographie, etc. (Paris, 1812) et Monologi- 
cal system for acf/uiring extraordinary faci- 
lity on all musical iyistruments as tcell as m 
singing (Londres, 1830). —3. Henri- Jerome (le 
Jeune), frere cadet et el£ve du precedent, n6 & 
Londres le 28 oct 1798, m. a Grenoble le l^oct 
1875; vint A Paris A TAge de six ans et y passa 
pendant une cinquantaine d'annees tout le 
temps que lui laissaient ses tournees de con- 
certs. En 1859, il se retira pr&s de Grenoble, 
en sa villa Meylan, ou il mourut. Ses Etudes 
sont trAs r£pandues et se distinguent des ceu- 
vres didactiques du m£me genre par leurs con- 
tours m^lodieux et leur harmonisation distin- 
guee ; leur valeur comme exercices techniques 
n'en est pas diminuee, surtout si Ton consid^re 
les op. 100, 29 et 32, qui, dans cet ordre, peu- 
vent servir de preparation A Top. 299 de Czerny* 
Un choix de 5^) etudes, pourvues d'excellentes 
annotations et de doigtes moderne, par Gius. 
Buonamici, a paru chez Schott, A Mayence. — 
4. Domenico, ne a Lueques le 26 juin 1829, m. 
A Florence le 7 sept. 1890 ; eleve de l'ecole de 
musique de sa ville natale et de Piccini ; fut 
nomme en 1857 maitre de chapelle et directeur 
de VEcole de musique de Massa-Carrara, puis 
s'etablit en 1862 a Florence, ou il se crea un 
certain renom comme directeur de la Societd 

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BERTON — BESOZZI 



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ChertUnni et comine critique musical. Quelques 
morceaux de chant, des fragments de deux 
oplras, non encore executes, furent publies, de 
m^me qu'un traits d'harmonie : Compendio de' 
principii di musica secondo un nuovo sistema 
(1866). 

Berton. 1. Pierre-Montan, n£ a Paris en 
1727, m. dans la merae ville le 14 mai 1780 ; il 
remplissait les fopctions de maltre de chapelle 
da roi et chef d'orchestre de l'Op^ra. B. £tait un 
excellent chef et s'est acquis une certaine repu- 
tation par lVxecution des oeuvres de Gluck ; il 
composa lui-meme divers operas et en arrangea 
plusieurs de Lully. — 2. Henri-Montan, fils du 
precedent, ne a Paris le 17 sept. 1767, m. dans 
la meme ville le 22 avr. 1844; auteur d*op£ras 
favoris, fut nornrn^, en 1795, professeur d'har- 
monie an Conservatoire, qui venait d'etre fonde, 
puis chef d'orchestre de 1' « opera buffa » (Ita- 
liens, 1807), membre de TAcad^mie (1815), et 
professeur de composition au Conservatoire 
(1816). B. ecrivit quarante-huit operas, par mi 
lesquels il convient de citer Montana et Ste- 
phanie (1799), Le dHire (1799), et Aline (1803), 
quatre ballets, puis cinq oratorios, des canta- 
tes, etc., qui furent executes dans les concerts 
spirituels. — 3. Henri, fils naturel du prece- 
dent, n£ k Paris le 3 mai 1784, m. le 19 juil. 
1842 ; remplit, de 1821 & 1827, les fonctions de 
professeur de solfege au Conservatoire de Paris. 
H ecrivit £galement quelques operas. 

Bertoni, Fbrdinando-Giuseppe, ne dans Tile 
de Salo, prhs Venise, le 15 aoftt 1725, m. k De- 
senzano le 1« d6c. 1813; fut noinme en 1752 
premier organiste de St-Marc et accepta, en 
outre, en 1757, le poste de directeur des chceurs 
du Conservatoire « de* Mendicant! ». II succeda, 
en 1784, & Galuppi, comme premier maitre de 
chapelle de St-Marc, mais se retira, en 1810, k 
Desenzano, ou il mourut. B. a beaucoup ecrit de 
musique d'6glise, cinq oratorios, trente-quatre 
operas et plusieurs oeuvres de musique de 
ehambre. 

Bertrand, Jean-Gcstave, n£ k Vaugirard, 
pres Paris, le 24 d£c. 1834 ; £crivain savant, cri- 
tique musical et feuilletoniste de divers jour- 
naux parisiens, publia une Histoire ecdteiasti- 
que de Coryue (1859); Essai sur la musique 
dans VantiquiU ; Les origines de Vharmonie 
(1866); De Ui rtforrne des etudes du chant au 
Conservatoire (1871); Les nationalites must- 
cales etudiies dans le drame lyrique (18?2). 

Berwald. 1. Jouann-Friedrich, n& a Stock- 
holm le 4 dec. 1787, m. dans la m&me ville le 
28 juin 1861 ; enfant prodige, il jouait du violon, 
en public, k Ykge de cinq ans d£j«L II fit execute r, 
k peine Age de neuf ans,sa premiere symphonie 
et enlreprit un grand nombre de tourn&es de con- 
certs, n fut, pendant longtemps, 61&ve de l'abb6 
Vogler,re$ut en 1806, le titre de musicien de la 
ehambre du roi et fut nomm£ chef d'orchestre 
k Stockholm en 1834. Plusieurs de ses compo- 
sitions, du reste sans importance, parurent d6j& 
avaut 18003.— 2. Franz, neveu du precedent, n6 
a Stockholm le 23 juil. 1796, m. dans la inline 
ville le ;J0avr. 1868; fut directeur du Conser- 



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vatoire de sft ville natale, ecrivit des sympho- 
nies et quelques o»uvres de musique de eham- 
bre, restees manuscrites pour la plupart, de 
m&ne qu'un op&ra ; Estrella de Soria (Stock- 
holm, 1862). 

Berwin, Adolf, ne k Schwersenz, pr&s Po- 
sen, le 30 mars 1847, fr6quenta le Gymnase de 
Posen, re^ut des lemons de piano de Lechner, 
des lecons de violon de Frohlich, puis etudia 
plus tard le contrepoint aupres de Rust, k Ber- 
lin, et la composition aupr&s de Dessof, k 
Vienne. B. est professeur acad£mique et mem- 
bre effectif de l'Acad£mie Ste-C6cile, & Rome ; 
il est en outre premier bibliothScaire de cette 
Academic et du Lyc6e musical, et fut nomm& 
chevalier en 1889. B. fut promu par d£cret 
royal datant de 1882, directeur des biblioth^- 
ques royales reunies k I'Acad&mie Ste-Cecile. II 
est Tauteur d'une traduction italienne de la 
m£thode Lebert et Stark, et prepare en ce mo- 
ment une histoire de la « musique dramatique 
en Italie pendant le xvni* s. ». 

Besard, Jean-Baptiste, n6 k Besangon, lu- 
thiste et compositeur pour le luth, publia : Jhe- 
saurusharmonicus;(l&)S; arrangements divers 
pour le luth); Novns partus (1617 ; id.); TraiU 
de luth, dont la seconde Edition parut sous le 
titre : Isagoge in arlem testudinariam (1617). 

Beschnitt, Johannes, ne k Bockau (Silesie), 
le 30 avr. 1825, m. k Stettin le 24 juil. 1880; en- 
tra en 1842 au S£minaire de Breslau et, en 
1844, k rinstitut royal de musique religieuse od 
il resta une ann&e. II fut appel£, en 1848, aux 
fonctions de cantor et de maitre k T6cole ca- 
tholique de Stettin ; il dirigea une societe cho- 
rale d'hommes et composa un grand nombre 
de chtt*urs faciles et melodieux, dont plusieurs 
sont devenus populaires. 

Besekirskij , Wasil- Wasile witch, violoniste, 
n£ k Moscou en 1896, se rendit en 1858 k 
Bruxelles pour y 6tudier avec Leonard, rem- 
porta de grands succes a Bruxelles et k Paris, 
puis rentra en 1860 k Moscou, ou il avait pr6c6- 
demment dej& fait part ie de Torchestre du th&i- 
tre. Des lors, il a fait de nombreuses tourn£es 
de concerts, entre autres si Madrid (1866), a. 
Prague (1869), etc. B. a publie quelques oeuvres 
pour son instrument. 

Besler. 1. Samuel, ne a Brieg le 15 d^c. 1574, 
cantor (1599) puis recteur (1605) de Tecole du 
Saint-Esprit, a Breslau, mourut de la peste le 
19 juil. 1625. On a conserve de lui toute une s&- 
rie de compositions religieuses datant de 1602 
si 1624. — 2. Simon, sans doute de la mfane fa- 
mille que le precedent, fut de 1615 k 1628 can- 
tor de Teglise Ste-Marie-Madeleine a Breslau ; 
on ne possede de lui que quelques oeuvres vo- 
cales si quatre parties, pubises en partition. GL 
pour les deux B. le catalogue des (euvres mu- 
sicales conserves a Breslau jusqu'en 1700, par 
Em. Bohn. 

Besozzi, Louis-DfesiRE, ne a Versailles le 3 
avr. 1814, m. k Paris, apres une longue carriere 
vouee a renseignement, le 11 nov. 1879. B. etait 
issu d'une famille de musiciens dont plusieurs 
membres, si partir dc 1750 dejA, s'etaient fait 

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BESSEMS — BIANCHI 



connaitre A Turin, Panne, Dresde et Paris, 
comrae virtuoses sur le hautbois, le basson et 
la fl&Le. El£ve des classes de composition de 
Lesueur,au Conservatoire de Paris, il obtint 
en 1887 le grand prix de Borne. B. a £crit prin- 
cipalement des morceaux de piano et des exer- 
cices de solf&ge encore en usage dans un 
grand nombre de soci£t£s chorales. 

Bessems, Antoine, n6 A Anvers le 6 avr. 
1809, m. dans la mAme ville le 19 oct 1868 ; en- 
tra en 1826 dans la classe de violon de Baillot 
au Conservatoire de Paris ; il fit partie pendant 
quelque temps de Torchestre du Theatre italien, 
puis entreprit des tournees de concerts. En 
1850, il se fixa d6flnitivement A Anvers. B. a 
6crit des oeuvres instrumentales et un certain 
nombre de compositions religieuses. 

Besson, Gustave-Auocste, ne A Paris en 
1820, m. dans la mSme ville en 1875; inventeur 
de diverses formes nouvelles d'instruments de 
cuivre ; il perfectionna le m6canisme des ins- 
truments a vent A pistons, et fonda la maison 
connue aujourd'hui sous la raison de commerce 
« Fontaine-Besson et C io ». 

Best, William-Thomas, n6 A Carlisle le 13 
aotit 1826, organiste virtuose des plus remar- 
quables ; fut d'abord organiste de Pembroke 
Chapel A Liverpool (1840), puis organiste de 
Feglise des aveugles (1847) et de la soci£t£ phil- 
harmonique (1848), occupa ensuite le banc de 
l'orgue c£lebre du Panopticum et celui de l f £glise 
St-Martin & Londres (1852). B. accepta plus tard 
la place d'organiste d'Inn Chapel A Lincoln (1854) 
et enfln celle de St-George's Hall A Liverpool 
(1855); il est en outre organiste de la Musical 
Society (1868) et de la Philharmonic Society 
(1872). n a public non settlement des anthems 
et d'autres oeuvres de musique d'£glise, mais 
surtout des fugues, des sonates, divers mor- 
ceaux d'orgue et de piano, ainsi que deux ou- 
vertures. Ses oeuvres ca pi tales sont cependant : 
The modern school for the organ (1853) et The 
art of organ playing (1870, parties I et II ; deux 
autres parties sont encore manuscrites). B. r£- 
dige depuis un certain nombre d'ann£es une 
quantit^ d'oeuvres classiques et modernes pour 
orgue, publiees dans la « Cecilia » de Tediteur 
Augener de Loiidres. 

Bets, Franz, n& A Mayence le 19 mars 1835, 
Tun des meilleurs chanteurs sc£niques contem- 
porains (baryton), fut engag£ successivement, 
de 1856 A 1859, A Hanovre, Altenbourg, Gera, 
Bernbourg, Kothen et Rostock. II fait partie 
aujourd'hui encore de TOp^ra de Berlin ou il 
avait d£but£ en 1859, dans le rdle de Don Car- 
los d'« Emani ». B. compte parmi les plus ex- 
cellents chanteurs wagneriens ; il chantait en 
1876, A Bayreuth, le rdle de Wotan. 

Bevin, El way, organiste de la cathedrale de 
Bristol en 1589 et membre extraordinaire de la 
cbapelle royale en 1605, perdil les deux places 
qu'il occupait en 1687 par suite de son d^voue- 
ment A la cause catholique-romaine. II publia 
de la musique d'£glise (anthems, etc.) et un 
ouvrage intitule : Brief and short introduc- 
tion to the art of musique (1681). 



by \j, 



iL 



lc 



Bexfield, William-Richard, n6 A Norwich 
le 27 avr. 1824, m. A Londres le 29 oct, 1858; 
fut d'abord organiste A Boston (Lincolnshire) 
puis, A partir de 1848, organiste de l^glise Ste- 
H61£ne, A Londres. L'Universit£ d'Oxford le 
nomma bachelier en 1846, celle de Cambridge 
D r mus., en 1849. D a 6crit un oratorio : Israel 
restored, une cantate : La mort <T Hector, ainsi 
que des fugues pour orgue et des anthems. 

Beyer. 1 Johakn-Samuel, ne A Gotha en 
1669, m. a Carlsbad le 9 mai 1744; fut cantor 
A Freiberg en Saxe (1697) et a Weissenfels 
(1722), puis directeur de musique a Freiberg de 
nouveau (1728). II a publie : Prinue linece mu- 
sicee vocalis (m&hode 616mentaire de chant, 
1703), Musikalischer Vorrath neu variirler 
Festchoralgesange, etc. (1716) et Geistlich-mu- 
sikalische Seelenfreude, bestehend axis 72 
Ronzertarien, etc. (1724). — 2. Rudolf, n£ A 
Wilthen pr A s Bautzen le 14 fevr. 1828, m. A 
Dresde le 22 janv. 1853 ; compositeur et maitre 
de musique estim£, ancien £l£ve de Weinlig et 
Hauptmann (1840), puis du Conservatoire de 
Leipzig ; B. ecrivit de jolis lieder, de la musique 
de chambre, la musique de « Macchab6es » 
d'O. Ludwig, etc. 
Bi, v. Bobisatiox. 

Bial, Rudolf, n£ A Habelschwerdt (Sil£sie) 
le 26 ao6t 1834, m. A New-York le 13 nov. 1881 ; 
musicien d'orchestre, violoniste, A Breslau, fit 
avec son frere, le pianiste Karl B. (n£ le 14 juil. 
1833, m. A Steglitz pr£s Berlin), le 20 d£c. 1892 
une tourn&e de concerts en Afrique et en Aus- 
tralie, il s'£tablit ensuite A Berlin oil il fut 
d'abord chef d'orchestre du th&ttre Kroll, puis 
du « Wallnertheater » (1864). B. donna alors 
une quantity d*op£reltes et de vaudevilles Ires 
amusants de sa composition ; il prit ensuite la 
direction d*un opera ilalien, a Berlin, et finit sa 
carriere comme entrepreneur de concerts A 
New- York. 
Biarica (ital.), « blanche » (note). 
Bianchi. 1. Francesco, n6 A Cr£mone en 1752, 
m. A Bologne le 24 sept 1811 ; arriva en 1775 A 
Paris, ou il occupa le poste de claveciniste au 
Thtetre italien, sejourna A Florence (1780), A 
Milan (S. Ambrogio et la Scala, 1784), puis A 
Venise oil il fut nomm6 second organiste de 
l^glise St-Marc (1785); destitu6 de ses fonctions 
en 1791, pour cause d'incapacit£, il fut r&abli 
Tannee suivante grace a Tappui de protecteurs 
influents. Appele en 1793 aux fonctions de chef 
d'orchestre du Kings theatre A Londres, il y 
£pousa en 1800 la cantatrice miss Lucy Jackson. 
B. avait fourni jusqu'en 1795 en moyenne un 
opera par an (en tout 47 operas, jusqu'en 1800); 
il est en outre Tauteur d'un traits th£orique 
rests manuscrit. — 2. Valentine, cantatrice 
scenique tr&s f<H£e (soprano d'une grande eten- 
due au grave et A l'aigu), n£e A Wilna en 1839, 
m. A Candau (Courlande) le 28 fevr. 1884; fit ses 
6tudes au Conservatoire de Paris et debuta en 
1855 A Francfort s/ M. et A Berlin. Elle fut en- 
gagee ensuite A Schwerin (1855-1861), Stettin, 
St-P£tersbourg (1862-1865) et Moscou (jusqu'en 
I 1867), donnaut en outre pendant les quelques 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBELREGAL — BILLROTH 



81 



amines qui suivirent, des representations et des 
concerts dans une quantity de villes. B. 6pousa 
en 1865 un intendant des domaines imp&riaux, 
von Fabian; elle se retira dfiflnitivement de la 
sc&ie en 1870. — 8. Bianca (de son vrai nom 
Schwarz), cantatiice sc£nique dou£e d'une voix 
de soprano aigu, n6e dans un village des bords 
du Neckar le 27 juin 1858 ; fit sa premi&re Edu- 
cation musicale aupr&s da directeur de musique 
Wilczek, puis se rendit A Paris et suivit les 
cours de M™ Viardot-Garcia, aux frais de Pol- 
lini qui l'avait engagee pour une pdriode de dix. 
annees. Elle d6buta a Carlsruhe, en 1878, dans 
le rdle de Barbarina de Figaro ; apr&s avoir 
chants A Londres, pour le compte de Pollini, 
elle accepta un engagement A Mannheim (1876) 
puis d Carlsruhe de nouveau et & Vienne (1880). 

Bibelregal, nom que les Allemandsdonnaient, 
du xvi« au xvm* s., a un petit orgue portatif 
n'ayant que des jeux d*anches. 

Biber. 1. Hbinrich- Johann-Franz (von), n£ a 
Wartenberg (Bohtone) en 1644, m. A Salzbourg 
le 3 mai 1704; violoniste virtuose, re^ut ses 
titres de noblesse de Fempereur Leopold I«* et 
s£journa plus tard A la cour de Bavi&re. D pu- 
blia : 6 sonates pour violon (1681), 7 parties A 
trois voix, 2 sonates « tarn aris quam aulis 
servientes » (1676) et un livre Vespern vmd Li- 
taneien tnit Instrumentenbegleihmg (1693). — 
1 Aloys, n£ A Ellingen en 1804, m: A Munich 
le 13 d6c. 1858 ; facteur de pianos renomm& 

Bicinium (lat.), c.-A-d, composition A deux 
parties, sp£cialement pour le chant. Cf. Tri- 
cikicm. 

Biedermann, ,percepteur d'impdts A Beich- 

lingen en Thuringe vers 1786, fut un des der- 
niers virtuoses sorla vielle, dont il perfectionna 
la construction. 

Bierey, Gottlob-Benedict, n6 A Dresde le 
25juiL1772, m. A Breslau le 5 mai 1840 ; Sieve 
de Weinlig, fut d'abord chef d'orchestre de 
troupes d*op£ra qui voyageaient, donnant des 
representations un peu partout,puis fut nommS 
cbef d'orchestre du th&Atre de Breslau, a la 
suite du succ&s que remporta a Vienne, en 1807, 
son opera Wladimir. II succ£dait ainsi A Ch.-M. 
de Weber et prit en outre en 1824 la direction 
m£me du theatre; il se retira en 1828, s^journa 
successivement dans diverses villes de TAlle- 
magne, mate retourna au bout de quelques an- 
nees A Breslau. Outre un grand nombre de 
« Singspiele »,B. a dcritdes can tales, des Messes, 
des oeuvres pour orchestre et de.la musique de 
chambre ; un traite d'harmonie, Harmonielehre, 
est rest£ manuscrit. 

Biese, Wllhelm, ne A Rathenow le 20 avr. 
1822, est etabli depuis 1851 A Berlin, oft il a 
fond£ une fabrique de pianos (specialite de 
pianos droits) qui jouit d'une certaine re- 
nomm&e. 

Bifara (Bifra, ou encore Pifpara, Pipfaro, 
autrement dit Tibia bifaris = fltite A double 
son), Tun des jeux d'orgue qui peuvent rempla- 
cer le « tremblant » (v. ce mot) et qui impriment 
an son une sorte de tremblement constant 

Bigaglia, Diooenio, n6 A Venise ou il fit 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 6 

D oy^OOQle 



partie de l'ordre des B6n6dictins; publia en 
1725 douze sonates pour violon ou fldte seule.' 
D'autres oeuvres du m6me auteur sont restSes 
manuscrites. 

Bignio, Louis von, excellent chanteur sc£ni- 
que (baryton), n6 A Budapest en 1889, fils d'un 
fonctionnaire sup£rieur; acheva ses Etudes 
gymnasiales puis entra A Tuniversit6, mais se 
voua bientdt a la musique; il suivit les cours 
du Conservatoire de Budapest et 6tudia ensuite 
le chant et la miroique avec Rossi et Genta- 
uomo, A Vienne. D d£buta avec succSs en 1858 
au th£&tre allemand de sa ville natale, et fut en- 
gage peu de mois apr&s au Th££tre national 
hongrois. L*Op6ra imperial de Vienne se l'atta- 
cha en 1868 et lui confia sp£cialement les par- 
ties de tenor lyrique dans lesquellesilexcellait; 
il resta A Vienne jusqu'en 1883 et fit valoir ses 
droits A la pension de retraite. B. retourna alors 
A Budapest od il se fit encore entendre, au 
ThMtre national ; il s'&ait aussi cr£6 une grande 
reputation comme chanteur de concert (A Lon- 
dres entre autres). 

Bigot, Marie, (n£e Kiexe), n£e A Golmar le 3 
mars 1786, m. le 16 sept. 1820 ; pianiste remar- 
quable, tr6s estimee de Beethoven lui-m&me, 
v£cut de longues annees A Vienne ou son mari 
6tait biblioth6caire du comte Rasumowski. Elle 
se fixa en 1809 A Paris od elle organisa, A par- 
Mr de 1812, des cours de piano tr6s suivis. 

Bilhon, (Billon), Jean de, chantre de la cha- 
pelle pontificate ; plusieurs Messes, motets, etc. 
de sa composition se trouvent dans les antho- 
logies musicales de 1534 A 1544. 

Billert, Karl-Fr.-August, n6 A Altstettin le 
14 sept. 1821, m. A Berlin le 22 dec. 1875 ; pein- 
tre et musicien, compositeur et collaborates 
du dictionnaire de musique Mendel-Reissmann. 

Billeter, Aqathon, compositeur favori de 
choeurs d'hommes, ne A Maennedorf, au bord 
du lac de Zurich, le 21 nov. 1834: 616 ve du Con- 
servatoire de Leipzig, organiste et directeur de 
musique A Burgdorf (Suisse). 

Billington, Elisabeth, (u£e Weichsel), *i6e a 
Londres vers 1768, m. A Venise le 25 aout 1818; 
fille d'un musicien allemand, 616ve de J.-Chr6- 
tien-Bach, cantatrice de grand lalent. Elle 6tait 
d'une beauts remarquable. Elle epousa le con- 
trebassiste Thomas B. et se rendit avec lui en 
1784, A Dublin, od elle dSbuta dans la carrtere 
the&trale. La m£me ann£e cependant, elle ren- 
trait A Londres od l'appelait un brillant enga- 
gement (1000 livres sterl.) au « Drury-Lane ». 
Elle remporta ensuite de grands succes en Italie, 
perdit son mari A Naples, se remaria peu aprds 
(Felissent) mais se s6para bientdt de son se- 
cond mari. De retour A Londres en 1801, elle y 
chanta encore jusqu'en 1811. En 1817, elle se 
reconcilia avec son mari et se retira dans ses 
domaines, pres de Venise, od elle mourut 

Billroth, Johann-Gustav-Friedrich, n£ a 
Hall, pres Lubeck, le 17 fevr. 1808, m. A Halle s/ 
la S. le 28 mars 1886 ; professeur de philosophic, 
collabora A diverses revues musicales et pu- 
blia avec R.-Ferd. Becker des chorals du xvi e 
et du xvii e s. 

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82 



BILSE — BISGHOFF 



Bilse, Benjamin, ne k Liegnitz le 17 aoAt 1816, 
destine des son enfance k la carridre musicale ; 
il 6tait en 1840 directeur de la musique de sa 
ville natale k laquelle il fit r^aliser de grands 
progr&s. En 1867, il conduisit son orchestre k 
Imposition Internationale de Paris, donnant k 
Taller et au retour de nombreux concerts dans 
les principales villes et recoltant partout des 
lauriers. II avait dej& perdu sa place avant son 
depart, gr&ce k des intrigues, et devint le propre 
entrepreneur de son orchestre avec lequel il 
voyagea beaucoup. En 1868, il eiut domicile k 
Berlin, oh il organisa des concerts (au Concert- 
haus) qui jouirent d'une grande reputation. D 
s'est retir^ dans sa ville natale en 1884; l'em- 
pereur lui a conter6 le titre de « directeur de 
musique de la cour ». 

Binchois, Gillbs(Aegu>ius), Tun des plus an- 
ciens compositeurs de recole neerlandaise pri- 
mitive, disciple de Dunstaple et, quoique plus 
Age que lui, contemporain de Dufay, ne k Bins 
(Binche) en Hainaut vers 1400 ; il etait en 1452, 
second maitre de chapelle k la cour de Philippe 
le Bon de Bourgogne et mourut k Lille vers la 
fin de sept. 1460. On ne connait jusqu*& ce jour 
qu'une tr&s petite parti e de ses ceuvres. H. Rie- 
mann a public, avec la chanson &ejk transcrite 
par Kiesewetter, Ce mois de May, 6 rondeaux 
de B. d'apr^s un manuscrit de la bibliotheque 
de Munich ; cette Edition comprend k la fois 
une transcription en notation moderne et la 
description du codex. Un grand nombre [d'oeu- 
vres profanes et religieuses du m&me auteur 
sont encore manuscrites, dans les bibliath£- 
ques de Bologne et de Vienne ( precede mment 
Trente). Leur publication sera accueillie avec 
un vif int^r^t 

Binder. 1. K.- Wilh.-Ferd., ne \k Dresde en 
1764, etait un constructeur de harpes renomme, 
etabli k Weimar vers 1797. — 2. Karl, n6 a 
Vienne le 29 nov. 1816, m. dans la meme ville 
le 5 nov. 1860, fut premierement chef d'orches- 
tre du theatre de Josephstadt, dans sa ville na- 
tale, puis chef d f orchestre k Hambourg, k Pres- 
bourg et de nouveau k Vienne; auteur d'op6- 
rettes, de meiodrames, etc 

Biniou, instr. breton k anche double avec re- 
servoir d'air, analogue k la musette. V. ce mot 
et Cornemuse. 

Bioni, Antonio, ne k Venise en 1698; fit repre- 
sentor quelques operas en Italie puis se rendit 
en 1726 k Breslau, comme chef d'orchestre d'une 
troupe d'opera italien. Quatre annees plus 
tard if devenait lui-m6me impresario thedtral et 
se mettait k composer avec une ardeur infati- 
gable (26 operas italiens). Son Endimione(ll%7) 
eut un certain succes. Le prince eiecteur de 
Mayence le nomma en 1781 compositeur de la 
cour. L'Opera de Breslau cessa d'exister en 
1788, des lors toute trace de B. est perdue. 

Birckenstock, Johann-Ajdam, violoniste, Tun 
des plus anciens compositeurs pour le violon en 
Allemagne, ne k Alsfeld (Hesse) le 19 fevr. 1687, 
m. k Eisenach le 26 fevr. 1733 ; eieve de Rug- 
giero Fedeli k Cassel, de Volumier k Berlin, de 
Fiorelli k Bayreuth et de de Val k Paris. II fut 



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de 1725 k 1730 chef d'orchestre k Gassel, et rem- 
plit plus tard les m&mes fonctions k Eisenach.. 
B. a publie 24 sonates pour violon avec conti- 
nuo et 12 concertos pour quatre violons avec 
alto, violoncelle et contrebasse. 

Bird. 1. William, v. Byrd.— 2. Arthur, compo- 
siteur de talent, ne k Cambridge pr6s Boston le 
28 juil. 1856 (Carnaval pour orchestre, sympho- 
nic en la maj., ballet Rubezahl, etc.) 

Birkler, Gboro-Wilhelm, ne k Buchau (Wur- 
temberg) le 23 mai 1820, m. k Ehingen, ou il 
etait professeur au gymnase, le 10 juin 1877; 
ecrivil divers articles sur l'ancienne musique 
(Teglise, dans les journaux de musique reli- 
gieuse catholique et composa lui-meme des. 
Messes, des psaumes, etc. qui sont publies. 

Birnbach, 1. Karl-Joseph, ne k Kopernick 
pres Neisse en 1751, m. a Varsovie, oil il rem- 
plissait les fonctions de chef d'orchestre du 
Ihedtre allemand, le 29 mai 1805; a compose un 
grand nombre d'ceuvres de genres tres divers,, 
dont quelques-unes seulement furent publiees- 
— 2. Joseph-Benjamin-Heinrich, filfi du prece- 
dent, ne k Breslau le 8 janv. 1793, m. k Berlin 
le 24aotit 1879; il possedait dans cette derniere 
ville un institut de musique et mourut compie- 
tement aveugle. B avait compose et publie une 
quantite d'oeuvres instrumentales; il est en ou- 
tre l'auteur d'un traite de theorie musicale: Der 
vollkommene Kapellmeister (1845). 

Bis, (lat.) deux fois. Gf. Abbreviations 1. 

Bischoft.1. Georo-Friedrigh, ne a Ell rich dans 
le Harz le 21 sept 1780, m. k Hildesheim le 7 
sept 1841 ; fut id'abord cantor et maitre d'eco- 
le k Frankenhausen, puis en 1816, directeur de 
musique k Hildesheim. Cest k lui que revient 
Thonneur d'avoir organise le premier festival 
de musique thuringien (20 et 21 juin 1810, k 
Frankenhausen, sous la direction et avec le 
concours de Spohr) ; il contribua aussi pour 
une large part k Tarrangement de plusieura 
festivals posterieurs. — 2. Ludwig-Friedrich- 
Ghristian, ne k Dessau le 27 nov. 1794, m. k 
Cologne le 24 fevr. 1867 ; fut de 1823 k 1849 di- 
recteur du gymnase k Wesel, fonda en 1850 la 
Rheinische MusikseUt^ng paraissant a Cologne 
et qui fut remplacee trois ans plus tard par la 
Niedetirheinische Musikseitung. B. la redigea 
jusqu'a sa mort ; il traduisit encore Touvrage 
d'Oulibichef sur Beethoven (1859). — 8. Kaspar- 
Jakob, ne k Ansbach le 7 avr. 1828, m. a Mu- 
nich le 26 oct. 1893, fit ses etudes musicales A 
Munich, sous la direction de Ett, Stunz et 
Franz Lachnef, obtint le prix de la fondation 
Mozart et se rendit a Leipzig. H fonda a Franc- 
fort s/M., en 18oO f une societe de chant evange- 
lique et vecut des lors comme professeur de 
chant dans cette ville. B. ecrivit au grand nom- 
bre de compositions religieuses, des symphonies, 
etc., et recemment encore un volumineux traite 
d'harmonie, Harmonielehre (1890). — 4. Justtn 
(B.-Ghiliona), ne k Lausanne en 1845; etiuiiu 
d'abord les mathematiques et ne se voua qu*a 
Tage de dix-neuf ou vingt ans k la musique. £1 
fit toutes ses etudes au Conservatoire de Stutt- 
gart puis rentra a Lausanne, ou il fut nomine 

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BISHOP — BIZET 



88 



professeur A llnstilut de musique. B. voue A la 
composition tout le temps que lea devoirs de 
son professorat n'absorbent pas ; on connait de 
lui, A e6t£ d'une Messe en la min. poor choeurs, 
soli et orchestre (parae chez Breitkopf et Haer- 
tel) : des cantates, Le Proscrit et La GathMrale 
de Lausanne, diverges ceuvres chorales avec ou 
sans accompagnement, une ouverture, one 
suite, un entr'acte, trois Danses rustiques, une 
LSgende pour orchestre, une quintette pour 
instr. A archet, des melodies (Voioo des Alpes), 
etc. — 5. Hans, pianiste et musicographe, n6 A 
Berlin le 17f6vr. 1852, xxl A Niederschdnhausen. 
prte Berlin, le 12 juin 1889 ; Steve de Th. Kul- 
lak et Rich. Wuerst, etudia A Berlin, de 1868 A 
1872, la philosophic et la philologie moderne, 
obtint le grade de D r phiL (dissertation « Ber- 
nard von Ventadorn » 1878) et fut nomm6, la 
m&me ann&e, professeur de piano (et, A partir 
de 1879, professeur de « p6dagogie du piano ») 
4 rAcadfonie Kullak et plus tard au Con- 
servatoire Stern. B. remporta de grands suc- 
eke dans les concerts de musique de cham- 
bre et conduisit, avec Hellmich, les concerts' du 
kmdi, a la Singakademie de Berlin. D faut ci- 
ter principalement, au nombre de ses publica- 
tions*: la revision de l'ouvrage d'Ad. Kullak 
Aesthetik des Klavierspiels (1876), un choix 
d'ceuvres pour le piano de Hsendel (paru [chez 
Steingr&ber), une Edition critique des ceuvres 
pour le piano de J.-S. Bach (6 vol., Steingrft- 
ber), etc; B. collabora A I'&dition des ceuvres 
de Chopin par Kullak et 6crivit en outre deux 
eBsais: Ueber die altere franstisische Klavier- 
schule, Ueber Joh. Kuhnaus < Biblische[Ge- 
schichten*. 

Bishop, Henry-Rowley, n£ a Londres le"18 
nov. 1786, m. le 80 avr. 18f)5 ; 6lfrve de Fran- 
eesco Bianchi, compositeur et chef d'orchestre de 
« Covent Garden » (1810), directeur de la Society 
philharmonique qui venait d'etre fondee (1818), 
directeur des concerts d'oratorios A cj Covent 
Garden » (1819), chef d'orchestre du Vauxhall 
(1880), bachelier 6s musique de l'Universite 
d'Oxford (1889), professeur de musique A l'Uni- 
versit& d'Edimbourg (1841-1843), nomm£ tsir», 
e.-4-d. chevalier (1842), et enfin successeur du 
D* Crotch comme profeseur de musique &l'Uni- 
Tersit* d'Oxford (1848), puis D f musr(1858). 
B. conduisit les Ancient Concerts, de 1840 A 
leur disparition, en 1848. L'Angleterre peut le 
compter parmi ses plus f&conds compositeurs : 
82 operas et comedies lyriques; quelques bal- 
lets; des arrangements d'anciens oplras; un 
oratorio, Lange dechu; une cant ate, Le sep- 
t&me jour (de la creation); une Odetriom- 
phale, etc.; un volume de Melodies of various 
nations et trois volumes de melodies natio- 
nales, avec texte de Th. Moore. — Sa femme, 
Anna (Riviere), n£e a Londres en 1814, m. A 
New-York en 1844, 6tait une cantatrice de' con- 
cert tr&s remarquable ; elle partit pour l'Aihfoi- 
qne en 1889, en tourn£e de concerts avec le 
harpiste Bochsa, s£journa en 1855 en Australie, 
oh mourut Bochsa, et &pousa enfin, en 1858, un 
Am&rkain du nom de Schulz. 



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Bisogna (ital.), il faut, il est nAcessaire ; si b. 
d. c. dcd segno = il faut r6p£ter a partir du 
signe (cf. Sbono). 

Bitter, Karl-Hermann, ministre des finances 
de Prusse, de 1879 A 1882, n£ A Schwedt s/O. le 
21 ftvr. 1818, m. A Berlin le 12 sept 1885. Ses 
remarquables ouvrages de litterature musicale 
m6ritent d'etre nomm6s : J.-S. Bach (biogra- 
phie, 1865, 2 vol.; 2« 6d. 1881, 4 vol.); Mbzarts 
Don Juan und Glucks Iphigmia in Thuris, 
ein Versuch neuer Uebersetsungen (1866); 
K.-Ph.- Rund W.-Friedemann Bach und deren 
Bruder (1868, 2 vol.; l'oeuvre la plus mfoitoire 
de B., n'6puise pourtant point le sujet); Ueber 
Gervinus* « Hosndd und Shakespeare » (1869); 
Bextrdge zur Geschichte des Oratoriums (1872) ; 
Studie zum Stabat Mater (1888) ; Die Reform 
der Oper durch Gluck und Wagner (1884). II 
publia en outre l'autobiographie de K. Ldwe 
(1870). 

Bittoni, Bernardo, n£ A Fabriano en 1755, m. 
le 18 mai 1829, dans la m&me ville qu'il avait 
quitt£e une seule fois, pour se fixer pendant 
quelques ann£es comme maitre de musique A 
Rieti; musicien d'un z£le infatigable et doue 
d'un talent transcendant, auteur d'un grand 
nombre d'ceuvres de musique d'6glise dont les 
manuscrits sont conserves A Rieti et Fabriano. 
Alfieri a donne une biographie de B. 

Bizet, Georges (baptist en r£alit£ sous les 
noms ALEXANDRE-GfeSAR-LfeopOLD B.), composi- 
teur fran$ais des plus remarquables, n£ A 
Paris le 25 oct 1888, m. A Bougival, pr^s Paris, 
leBjuin 1875;fils d'un professeur de chant, 
entra au Conservatoire A l'&ge de neuf ans 
d^jd, et remporta, pendant les dix annees qu'il 
y resta, recompense sur recompense. II eut 
pour maltres Marmontel (piano), Benoist (or- 
gue), Zimmermann (harmonie) et Hal^vy (com- 
position). B. obtint, en 1857, le grand prix de 
Rome, apr&s avoir remporta peu auparavant et 
en mdme temps que Lecocq, le prix dans un 
concours d'op^rette ouvert par Offenbach ; Foeu- 
vre de B. portait comme titre : Le docteur Mi- 
racle. De Rome, ou il fit le s^jour traditionnel, 
B. envoya, comme preuve de son zele, un op^- 
ra-bouffe italien, Don Procopio y deux mouve- 
ments de symphonie, une ouverture : La chasse 
cTOssian, et un op6ra-comique : La guMa de 
Vbmir. A son retour il donna, en 1868, au Thea- 
tre lyrique, un grand op6ra : Les picheurs de 
perles qui, de m£me que Lajolie fille de Perth 
(1867), fut accueilli assez froidement par le pu- 
blic ; son desir de lutter avec Wagner, en Timi- 
tant, ne lui porta point bonheur. Un acte inti- 
tule Ljfamileh (1872) eut encore moins de 
8ucc£s, tandis que l'opinion se montra plus fa- 
vorable pour les parties de symphonie (Roma) 
et pour une ouverture intittri£eitarie,qui farent 
executes aux concerts Pasdeloup. Du reste, B. 
ne se laissa point d&courager par l'attitude du 
public et ne renon^a pas au th£4tre; il fit pa- 
rattre au bout de peu de temps la musique 
pourledrame de Daudet, UArlesienne, dont 
deux suites de morceaux, reunis en vue du 
concert, contribuerent pour une large part a 

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84 



BLA.ES — BLANGINI 



repandre le nom de Fauteur. Enfin, en 1875, 
parut Carmen, op£ra en quatre actes, le chef- 
d'oeuvre du jeone maltre. On fondait en B. leg 
plus belles espSrances, quand il fat enlev£ su- 
bitement, k la fleur de Fige, par une maladie de 
cceur. B. avait £pous6 Genevteve Hal6vy, la fille 
de son mattre. D Jaissa, outre les oeuvres d6jd 
mentionntas, un certain nombre de melodies et 
trois cents transcriptions pour le piano, dont 
] 'ensemble forme la collection du Pianiste chan- 
teur, parue chez Heugel, k Paris. Cf. Ch. Pigot, 
B. et son ceuvre (1886). 

Blaes, Arnold- Joseph, n£ k Bruxelles le 
!•* d6c. 1814, m. dans la m&me ville en janv. 
1892; excellent clarinettiste,61£ve de Bachmann, 
fit partie en m&me temps que celui-ci, de la 
chapelle royale et du personnel du Conserva- 
toire, puis succ£da k son maltre, en 1842, comme 
premier clarinettiste et professeur au Conser- 
vatoire. 

Blagrove, Henry- Gamble, n£ k Nottingham 
en oct 1811, m. le 15 d6c. 1872 ; violoniste re- 
marquable, fut d'abord 616ve de Francois 
Cramer k la Royal Academy of Music, qui ve- 
nait d'etre fondle (1823). II se rendit ensuite 
(1888-1834) auprds de Spohr, k Cassel, et fit 
partie jusqu'a sa mort des meilleurs orchesires 
de Londres. 

Blahag, Joseph, n£ k Raggendorf (Hongrie) 
en 1779, m. *le 15 d6c. 1846; chantait en 1802 
ies rdles de tenor au th&ttre de Leopoldstadt 
k Vienne, ou il succ&da, en 1824, k Preindl, 
comme maltre de chapelle de l'£glise St-Pierre. 
Compositeur ftcond de musique religieuse 
(Messes, offertoires, etc.). 

Blahetka, Marie -L^opoldine, n£e k Gun- 
tramsdorf, pr6s Vienne, le 15 nov. 1811 ; 61£ve 
de Czerny, Kalkbrenner et Moschel&s, pianiste 
de grand talent, virtuose sur le physharmonica 
et compositeur notable (elle avait travaill£ avec 
S. Sechter). Elle est Stablie depuis 1840 k Bou- 
logne. Une quantity de morceaux de piano, des 
morceaux de concert, des sonates, rondos, etc., 
furent gravis ; le th&ltre de K&rntnerthor 
donna aussi, en 1830, un petit opira de sa com- 
position (Die Rauber und die Sanger). 

Blainville, Charles-Henri, n6 a Tours en 
1711, m. a Paris, ou il itait violoncelliste et 
mattre de musique, en 1769 ; publia deux sym- 
phonies pour orchestre et quelques oeuvres de 
moindres dimensions, ainsi que les sonates de 
Tartini, arranges sous forme de grands con- 
certos. H icrivit en outre : IS esprit de Fart mu- 
sical (1754, paru aussi en allemand, dans les 
Nachrichten de Hiller), Histoire generate, cri- 
tique et philologique de la musique ( 1767), Essai 
sur un troisihne mode (1751). C'est dans cet 
o uvrage d'un,in t6rftt totft special que B. consi- 
"d£re le renversement de la gamme majeure, 
c.-4-d. la gamme mineure pure, comme base 
d'un troisiime mode (« mode hellinique »), dont 
Texistence lui paralt aussi justifiie que celle 
des modes majeur et mineur. Une symphonie 
congue dans ce mode fut exicutie au Concert 
spirituel du 30 mai 1751 et (excita 1'admiration 
de J.- J. Rousseau. Serre, par contre, combattit 



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la thiorie de B. et celui-ci se difendit dans le 
Mercure de France (1751), mais itouffa la dis- 
cussion* Cf. MlXEUR. 

Blamont, Franqois-Colin de, n£ a Versailles le 
22 nov. 1690, m. dans la m&me ville, oil il &ait 
surintendant de la musique du roi, le 14 f6vr. 
1760; 61&ve de Lalande pour la composition, il 
a 6crit un certain nombre d'opSras et de ballets, 
soit pour l'Opira, soit pour les fMes de la cour, 
des cantates, des motets, des romances et un 
Essai sur les gotits anciens et modemes de la 
musique frangaise (1754). 

Blanc, Adolphe, n£ k Manosque (Basses-Al- 
pes) le 24 juin 1828> Tun des rares musicietts 
fran$ais qui se vou&rent plus particuli&remeni 
k la musique de chambre; entra en 1841 au 
Conservatoire de Paris, oil il devint plus tard 
61£ve des classes de composition d'Haldvy. D 
obtint, en 1861, le prix Chartier, pour services 
rendus k la culture de la musique de chambre. 
B. fut pendant quelque temps chef d'orchestre 
du Theatre lyrique, sous la direction Carvalho. 
A c6t6 d'un grand nombre de sonates, trios, 
quatuors, quintettes, etc., il a donn£ des melo- 
dies, deux operettas el un opera-comique en un 
acte, Une aventure sous la Ligue. 

Blanchard, Henri-Louis, ne k Bordeaux le 7 
fevr. 1787, m. k Paris le 18 d6c. 1858; Sieve de 
R. Kreutzer (violon), Beck (harmonie), Water, 
M6hul et Reicha (composition) ; il fut de 1818 k 
1829 chef d'orchestre du Th&ttre des Vartetes 
a Paris, puis du Theatre Molidre, k partir de 
1830. Ses quelques oeuvres de musique de 
chambre font preuve d'un talent plus reel et 
d'une facture plus solide que tous ses operas ; 
il a d£ploy6, ear tout pendant les dernteres an- 
n£es de sa vie, une certaine activity comme 
critique musical et a donn£ a divers journaux 
des esquisses biographiques de musiciens (Fr. 
Beck, Berton, Cherubim, Garat). 

Blanche (all. halbe Note, ital. bianco, angL 
minim), P , note dont la dur6e 6quivaut k la 
moitte de ' celle de la c ronde > (Cf. Note). 

Blangini, Gicseppe-Margo-Maria-Felice, n£ 
k Turin le 18 nov. 1781, m. k Paris le 18 d6c 
1841 ; entra a l'dge de neuf ans comme &£ve 
dans la chapelle du ddme de Turin, sous la 
direction de l'abbe Ottani. II composait des 
chants d'6glise et jouait bien d£j& du violoncelle 
k Ykge de douze ans. Au debut de la guerre de 
1797, sa famille se rtfugia dans le midi de la 
France et B. s'y fit entendre avec succ&s dans 
les concerts. Venn k Paris en 1799, il s'y fit 
connaitre d'abord comme compositeur de. ro- 
mances, puis, a partir de 1802, comme auteur 
de plusieurs operas et au bout de peu de temps 
devint un des professeurs les plus recherchls. 
L'Op£ra de Munich donna en 1805 une de ses 
oeuvres et le nomma chef d'orchestre de la cour ; 
Fann&e suivante, la princessc Borgh£se, sceur 
de Napoleon, lui conterait le titre de maitre de 
sa chapelle particuli&re, enfin, en 1809, le roi 
J6rdme Tappelait a Cassel B. rentra k Paris en 
1814 et fut aussitdt nomme surintendant de la 
musique du roi, compositeur de la cour et pro- 
fesseur de chant au Conservatoire ; cette der- 

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BLANKENBURG 



BLAZE 



83 



ni£re place lui fat cependant retiree an bout de 
quelque temps. Le sort semble du reste lui avoir 
&6 de moins en moins favorable ; il perdit vers 
1890 one grande partie de la fortune qu'il avait 
amass&e, ses operas cessment de plaire an 
public et ses succes d'autrefois furent desormais 
oubli6s. B. ecrivit 174 romances pour tine voix, 
170 nocturnes pour deux voix, 4 Messes avec 
orchestra, 80 operas, etc 

Blankenbmrg. 1. Qcirin van, ne A Gonda en 
1654, m. A La Haye, ou il etait organiste, vers 
1740; ecrivit: Elements musica, etc. (1789) et 
ClatrictmM en orgelboeh der gereformeerde 
psalmen en herkgezangen, etc. (1772). — 2. 
Ghristtan-Frisdrich, von, n6 aux environs de 
Colberg le 24 janv. 1744, m. le 4 mai 1796; offl- 
cier de l'armee prussienne, fut promu capitaine 
el pensionne en 1777. H publia quelques sup- 
plements, concernant principalement la mu- 
sique, A la Theorie der schbnen Kimste de 
Sulzer: ces supplements furent adjoints du 
reste a lYeuvre dans sa seconde edition, parue 
de 1792 A 1794. 

Blaramberg, Paul, compositeur russe, ne A 
Orenbourg le 26 sept 1841 ; il etudia A St-Peters- 
bourg, en mftne temps que le droit, la musique 
aapres de Balakirew, entra comme fonction- 
naire an bureau central de statistique, qu'il 
qmtla en 1870 pour se vouer A la carri&re de 
journaliste ( redact eur de la Russische Zeitung 
de Moscou). II convieni de citer parmi ses 
ceuvres : les operas Marie Tudor et Le premier 
camique russe, la musique du Wojewode d'Os- 
trowski, une cantate Le D&moti d'apr^s un 
po&me de Lermontoff (les danses tartares de 
cette cantate eurent un grand succes). B. est 
partisan declare des tendances modemes (Ber- 
lioz-Liszt). 

Biasing, Matthibu-Fakderic, ne a Lauler- 
bourg (Alsace) le 28 avr. 1758, m. a Versailles 
en 1829; fut professeur des classes d'instr. a 
vent an Conservatoire de Paris (1795), puis chef 
d'orchestre A rOp6ra-€omique (1802) et se re- 
tira, pensionne, en 1816. C'etait un excellent 
virtuose sur la clarinette et le basson et ses 
compositions pour instr. a vent furent tr^s 
goutees (suite pour instruments A vent, con- 
certos de clarinette, de basson, Nouvelie me- 
thod* pour la clarinette, 1796, etc); il jouait 
anasi du violon et ecrivit 8 concertos pour cet 
instznment, 12 quatuors pour inslr. A archet, 
des sonates pour violon avec basse, etc. ; on 
connalt enfin deux op6ras-comiques du m£me 
aateur. 

Blaamann , Adolf - Joseph - Maria , n& a 
Dresde le 27 oct. 1828, m. A Bautzen le 80 juin 
1891 ; ptaniste de talent, 616ve de Charles Mayer 
et de Liszt, fut d'abord mature de piano au 
Conservatoire de Dresde. II dirigea de 1862 A 
1864 les concerts de V Euterpe A Leipzig, rentra 
A Dresde, accept* ensuite le poste de chef d'or- 
chestre de la cour a Sondershausen (1866-1867) 
et revbat une demure fois A Dresde ou il fut 
ftonim^ directeur de la Dreissigsche Sing- 
akademie. B. n'a public que des oeuvrettes pour 
piano. 



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Blatt, Fhanz-Thadd jeus, n& A Prague en 1798, 
fut d'abord eieve de l'Academie de peinture A 
Vienne, puis entra en 1807 au Conservatoire de 
Prague que dirigeait alors Dionys Weber; il 
devint excellent clarinettiste et fut nomme pro- 
fesseur suppliant (1818), puis professeur titu- 
laire des classes de clarinette au meme Conser- 
vatoire. II a compost plus specialement des 
oeuvres pour son instrument, une m£thode de 
clarinette (1828), et une methode de chant 
(1830). 

Blauwaert,EMiLE, chauteurde concert remar- 
quable (basse), ne a St-Nicolaas le 18 juin 1845, 
m. A Bruxelles le 2 ttvr. 1891 ; eieve du Conser- 
vatoire de Bruxelles (Goossens el Warnots), 
debuta en 1865, dans le Lucifer de Peter Be- 
noit, et se cr6a rapidement un renom europten. 
D chanta aussi A Bayreuth avec grand suc- 
ees le rdle de Gurnemanz, dans Parsifal, de 
Wagner. B. fut professeur de chant, depuis 
1874 jusqu'a la demission d'Huberti, dans les 
Conservatoires de Bruges, Anvers et Mons. 

Blaze. 1. Franqois-Hknri-Joskph, dit Casttl- 
Blazb, ne A Cavaillon (Vaucluse) le l er dec./ 
1784, m. A Paris le 11 dec. 1857 ; recut les pre- 
mieres logons de musique de son p£re, H.-Se- 
baslien B. (ne en 1768, m. le 11 mai 1883), qui, 
a cdte de ses fonctions de notaire, se vouait 
avec zeie A la composition (operas et sonates) 
et A la literature (un roman, Julien, ou le pre- 
tre). B. devint avocat, niais tout en faisant ses 
etudes A Paris, il suivit les cours du Conserva- 
toire ou il acquit une forte culture musicale. En 
1820, il abandonna son etude et se rendit avec 
femme et enfant A Paris, ou il r^ussit bien vite 
A se faire un nom comme musicographe et cri- 
tique. n publia d'abord Uop&ra en France 
(1820, 2* 6d. avec un essai sur le drame lyrique 
et sur le rhythme) et redigea les com pies ren- 
dus musicaux des D6bats. Parurent ensuite : 
Dictionnaire de musique moderne (1821 ; 2« ed. 
1825; reedite en 1828, avec un resume de l'his- 
toire de la musique et un supplement : Biogra- 
phic de musidens flamands, par M£es); Cha- 
petie-musique des rois de France ; La danse et 
les ballets depuis Bacchus jusqu'a Mademoi- 
selle Taglioni (tirage a part, de m^me que les 
deux ouvrages suivants, d 'articles fournis A la 
Revue de Paris) ; Memorial du Grand Optra 
(de Cambert, 1668, 41a Restauration, comprise); 
Histoire du piano (pas original) ; Moliere musi- 
cien (1852) ; Ihedtres lyriques de Paris (1847 A 
1856, 8 vol.; histoire de l'Op£ra et de l'Op£ra 
italien). Les traductions fran$aises que B. fit de 
divers po£mes d'op&ras : Don Juan, Figaro, 
Freischuts, Le Barbier de Seville, etc., ont 
rendu momentan6ment quelques services, ma is 
elles sont d'une infid&ite sans pareille et d'un 
gottt detestable. — 2. Henri, baron i>e Bury, 
fils du precedent, ne A Avignon le 19 mai 1818, 
m. A Paris le 15 mars 1888; fut pendant un 
certain temps attache d'ambassade et re$ut 
alors ses titres de noblesse, puis il se voua, 
comme son pere, a la litterature musicale et 
donna a la Revue des Deux-Mondes toute 
une serie d'essais esthetiques et d'esquisses 

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86 



BLETZAGHER — BLOW 



biographiques (il signa le premier « Hans 
Werner » et nombre d'autres « Lagenevais »). 
Son ouvrage, Musiciens contemporains (1856), 
n'est qu'un recueil d'articles con$us & an point 
de vue 6troit et arrier6, landis que dans Musi- 
cians du poxse, du present et de Vavenir (1880), 
il chercha A rendre quelque pea justice A 
Wagner, qu'il avait jusqu'alors combattu sans 
merci. H a publi6 en outre une brochure sur 
Meyerbeer et son temps (1864). 

Bletxacher, Joseph, n£ A Schwoich, dans le 
Tyrol, le 14 aoiit 1885, m. A Hanovre le 16 juin 
1895; suivit les cours du Gymnase de Salz- 
bourg, etudia pendant qualre annees la juris- 
prudence A Vienne, et se voua ensuite exclusi- 
vement au chant B. a fait parlie, pendant 
vingt-quatre ans, comme premiere basse, du 
personnel du Theatre royal A Hanovre ; il fut, 
en outre, chanteur de concert remarquable et 
tres estime. Plusieurs soci&es musicales, la 
Maatschai>pij tot bevordering van toonkunst 
d 1 Amsterdam entre autres, Tavaient nomme 
membre d'honneur. 

Blewitt, Jonathan, ne A Londres en 1782, m. 
dans la meme ville le 4 sept. 1853 ; fils de l'or- 
ganiste Jonas B. (in. en 1805), qui avait public 
une method? et divers morceaux d'orgue, fut 
lui-meme organ isle de plusieurs eglises de Lon- 
dres et plus tard de Havervill (Suffolk), de Bre- 
con et de Teglise St-Andre A Dublin. II devint 
successivement, dans cette deruiere ville, chef 
d orcheslre et compositeur du Theatre royal, 
organiste de la grande loge franc-maconnique 
irlandaise et directeur des plus grandes socte- 
tea de concerts. En 1825, nous le trouvons de 
nouveau A Londres, oh le « Drury-Lane » etd'au- 
tres scenes importantes donneut des operas et 
des pantomimes (Lhomme dans la tune, 1826) 
de sa composition. Ses ballades pour une voix, 
avec accorapagnement, Tont plus particuliere- 
meut rendu populaire. 

Blied, Jacob, ne a Brtthl-sRhiu le 16 mars 
1844, m. le 14 janv. 1884; frequenta le s6minaire 
dlnstituleurs de sa ville natale, y devint lui- 
meme maltre, puis, en 1874, professeur de mu- 
sique. II s'est fait connaltre par une quantity 
d'ouvrages pedagogiques pour le piano, le vio- 
lon et le chant, et par quelques Messes, motets, 
etc. 

Bloch, Gkorg, ne a Breslau le 2.nov.-1847, 
eleve de Hainsch et de J. Schubert, dans sa ville 
natale, puis de Taubert et FL Oeyer A Berlin ; 
fondateur (1879) et directeur de YOpern-Verein 
de Berlin et professeur au Conservatoire 
Breslaur. II a publie un certain nombre d'arn- 
vres vocales. 

Blocks, Jan, compositeur et chef /Torchestre, 
ne a Anvers le 25 janv. 1851, 6Wve de Benoit 
(composition) el Callaerts, A TEcole de musique 
flamande de sa ville natale, puis de L. Brassin, 
A Bruxelles, et du> Conservatoire de Leipzig. B. 
fut nomme, en 1886, professeur a l'Ecole de 
musique d' Anvers et directeur du « Cercle ar- 
tistique ». Ses oeuvres principales sont les sui- 
vantes : Vredesang (double clueur, solos et or- 
chestre), Op den spootn (id.), Jets vergeten 



by t^ 



*L 



\V 



(opera en un acte, Anvers 1877), Milenka (bal- 
let en un acte, donn6 A Bruxelles en 1888 et 
dont une suite d'orchestre, extraite par 1'auteur, 
a fait le tour des salles de concerts), McUtre 
Martin (op6ra-comique, Bruxelles, 1892), JBti- 
bens-Ouverture, etc. 

Blodek. 1 . Pierre- Auoustb-Louis, n£ a Paris le 
15 aoftt 1784, m. en 1856 ; 616ve du Conserva- 
toire de Paris (Baillot, Gossec, Mehul), obtint 
en 1808 le grand prix de Rome (cantate : Marie 
Stuart) et fut nomm£, a son retour d'ltalie, 
altiste de l'orchestre de l*Op6ra; il y resta jus- 
qu'en 1842. II a 6crit, outre un grand nombre 
d'oeuvres de musique de chambre, de mor- 
ceaux de piano, de melodies, (2 grands Te 
Deuniy 1 Messe a double chceur, 8 ouvertures, 
1 op£ra et 1 ballet; toutes ces ceuvres furent 
ex6cut£es. n publia aussi quelques essais th6o- 
riques, une m£thode de chant, un traits de mu- 
sique 616mentaire, un traits d'harmonie, de 
contrepoint et de fugue, et une histoire de la 
musique. — 2. Wilhelm, fliitiste et pianiste, n6 
a Prague le 8 oct 1834, m. dans la m&me ville 
le l** mai 1874 ; fut Sieve du Conservatoire de 
Prague, ouil devint A son tour professeur, en 
1860, apres avoir 6t6 maltre de musique a Lu- 
bycz (Pologne) pendant trois ans. B. est mort 
fou dans un £tablissement de sant£ oil il avait 
passe quatre annees. Son op£ra-comique tch£- 
que, Dans la fontaine, fut donne en 1867 a Pra- 
gue avec un succ£s considerable, puis grave, 
tandis qu'un second op£ra, Zideh, resta ina- 
cheve. n a compost en outre un grand nombre 
de quatuors pour voix d'hommes, des lieder. 
des morceaux de piano, une grande Messe et 
une ouverture. 

Bloomlield-Zeitler, Fannie, Tun des pianistes 
les plus remarquables de notre temps ; d'origine 
hongroise, mais elevee A Chicago. Eleve de 
Leschetizky, A Vienne, elle se fit connaltre d'a- 
bord en Amerique et ne deJbuta en Allemagne 
qu'en 1898. B, n'est pas seulement une virtuose, 
c'est une artiste, dans la plus grande et la plus 
belle acception du mot. 

Blow, John, ne probablement a Londres en 
1648, m. le 1« oct. 1708; entra en 1(560, comme 
enfant de choeur, dans la chapelle vocale de la 
cour, Chapel Royal, sous la direction de Henry 
Cooke ; il composait deja, en 1668, des anthems 
et devint plus tard l'&leve de J. Hingeston et 
Ch. Gibbons. B. obtint, en 1669, le poste d'or- 
ganiste de l'abbaye de Westminster, dut ce- 
pendant ceder la place a Purcell, en 1680, mais 
la reprit quinze ans plus tard, a la morl de ce 
dernier. II avait et6 nomm^ membre ( « lay- 
gentleman*) de Chapel Royal (1674), et succ&da 
peu apr^s a Humphrey comme c Master of 
children », c.-a-d. cantor, puis organiste et 
enfin compositeur de la chapelle (1699). L'Uni- 
versite d*Oxford ltd contera le titre de D*" mu8. 
I^e nombre des ceuvres de musique religieuse 
de B. est 6norme (anthems, services, chants de 
nouvelle annee, odes a Ste-C^cile, etc), mais 
quelques -unes seulement ont ete imprim^es. 
Par contre, des fugues, des exercices de piano 
(Lessons for harpsichord) parurent, et un re- 

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BLUM — BOBISATIONS 



87 



cueil de melodies, Amphion Anglicus, fut pu- 
blie par sou8cription (1700). 

Blum, Kahl-Ludwig, poete et compositeur, 
n* k Berlin en 1786, m. le 2 juil. 1844 ; fut pen- 
dant de longues annees regisseur de l'O- 
p£ra royal k Berlin. C'etait un musicien bien 
doue ef de grand savoir (eieve de Fr.-A. Hiller 
a Konigsberg et de Salieri k Vienne) ; il com- 
posann grand nombre d'ceuvres sc£niques (des 
operas, des ballets et surtout des vaudevilles, 
genre qu'il introduisit en Allemagne) et d'ceuvres 
instrumentales, mais, en depit de leur succ^s 
immediat, le peu d'originalite de ces ceuvresles 
empdcba de s'affirmer d'une mani^re durable. 

BlumenthaL 1. Joseph von, n6 k (Bruxelles 
le 1" nov. 1782, m. a Vienne le 9 mai 1850 ; eieve 
de l'abbe Vogler a Prague, suivit ce dernier 
en 1808 k Vienne, oil il devint musicien d'or- 
chestre, puis directeur du chceur de l'eglise des 
Piaristes. B. etalt un violoniste de talent, il a 
beancoup ecrit pour son instrument (methode 
de violon, duos, Etudes, etc.) et s'est essaye 
avec un certain bonheur dans la composition 
sympbonique et dramatique. — 2. Jakob, ne k 
Hambourg le 4 oct 1829, pianiste remarquable, 
*l£ve de F.-W. Grund a Hambourg, de Bocklet 
etde S. Sechter k Vienne et enfin de Herz k 
Paris; il vit depuis 1848 a Londres. B. a public 
beaucoup de morceauxj brillanls de salon et 
quelques ceuvres de mnsique de chambre.— 
& Paul, ne k Steinau s/TOder (Siiesie) le 13 aout 
1843, 6teve de l'Ecole royale de musique de 
Berlin ; organiste, a partir de 1870, des prin- 
cipales eglises de Francfort s/FO., recut en 1876 
le titre de < Kgl. Musikdirektor ».B. est Fauteur 
dVuvres symphoniques, de Messes, de la mu- 
sique des Karolinger de Wildenbrucb (1884), 
etc. Diverses oeuvres pour piano et pour orgue, 
des lieder, des motets et des cboeurs d'hoin- 
mes ont 6t£ graves. 

Blumer, Fritz, pianiste, ne k Glaris le 81 
aout 1860; fut eieve de }871 a 1874 du College 
et du Conservatoire de musique de Geneve et 
se rendit en 1875 a Leipzig, pour y continuer 
ses Etudes musicales. II passa i'et6 de 1878 a 
Weimar, aupr6s de Liszt qu'il suivit m&me k 
Rome. B. fut d'abord directeur de musique k 
Colmar, puis k partir de 1884 entreprit de nom- 
breuses toum^es de concerts et se fit entendre 
k Paris, k Londres, k Leipzig, a Berlin. (II est 
depuis 1886 professeur superieur de piano au 
Conservatoire de Strasbourg. 

Blumner, Martin, compositeur et directeur, 
n6 k Furstenberg (Mecklenbourg) le 21 nov. 
1827; etadia k partir de 1845, a Berlin, la theo- 
logie puis la philosophie et les sciences natu- 
reUes, mais s'adonna, en 1847 dejii, comple- 
ment k la musique et travailla sous la direction 
de S.-W. Debn. H fut nommS sous-directeur 
(1853) puis directeur (1876) de la Singakademie 
de Berlin, dont il faisait du reste partie depuis 
1815. D dirigea aussi pendant longtemps la 
Liedertafel fondle par Zelter. B. est un compo- 
siteur de musique vocale de tendances conser- 
vatrices ; ses oratorios : Abraham (1859) et Der 
Fall JerusaUms (1874), un Te Deum k 8 voix, 



des psaumes, des motets, etc. ainsi que des lie- 
der et des duos r6veient un musicien d'une so- 
lide culture. L'Acad6mie royale des Beaux-Arts 
Fa nomme membre effectif en 1875, et plus ri- 
cemment membre du Senat ; le gouvernement 
lui a confer les titres de « Kgl. Musikdirektor » 
et de t professeur » et Fa nomme directeur d'une 
« akademiscbe Meistercbule », k FAcad6mie 
royale. 

Blutbner, Julius-Ferdinand, n6 k Falken- 
bain pr6s Mersebourg le 11 mars 1824, fonda- 
teur et directeur d'une fabrique de pianos k Leip- 
zig (depuis le 7 nov. 1853); re$ut en 1856 un 
brevet pour des perfectionnements dans la 
construction du piano et utparvenir son etablis- 
sement en peu de temps a une grande renom- 
mie. Les machines de la fabrique fonctionnent 
depuis longtemps k la vapeur ; le 1« janv. 1880, 
elle occupait 500 ouvriers et 15000 instruments 
etaient sortis de la maison jusqu'i cette date. 
Les instruments de B. obtinrentles plus hautes 
recompenses dans une quantity d'expositions 
(Paris 1867, Vienne 1873, Philadelphie 1876, 
Sydney 1880, Amsterdam 1883, Melbourne 1889). 
L* Aliquotflugel (piano, systeme aliquot) est 
une speciality de la maison ; le son y est nota- 
blement renforc6 par Fadjonction d'une seconde 
serie de cordes tendues au-dessus de la pre- 
miere, r^sonnant sympatbiquement et accor- 
d6es k Foctave sup£rieure. B. publia en 1872, en 
collaboration avec le IX H. Gretschel,un traits 
de la construction du piano. 

Bobisations, nom collectif dont on se sert 
pour designer Fensemble des diverses denomi- 
nations du septi^me son de F&chelle fondamen- 
tale,~au moyen d'une syllabe de solmisation. 
Ces denominations furent proposes par toute 
une serie de compositeurs et de theoriciens du 
xvi e et du xvn« s. jusqu'au jour ou le c$i» fat 
definitivement adopte. L'ltalie et la France ne 
connaissaient les lettres, dont Fusage etait ge- 
neralement repanduen Allemagne, en Hollande 
et en Angleterre, que par leur emploi simul- 
tan£, avec celui des syllabes de solmisation (c 
sol fatU;f fa ut; etc.). On trouva bientdt ce 
systeme fort encom brant et surtout insuffisant 
(pour Fappellation des sons cbromatiques) et 
Fon assigna a chacune des syllabes ut, re, mi, 
fa, sol, la une signification fixe, immuable, afin 
de pouvoir indiquer les sons intermediaires 
par de simples dieses ou bemole. C'est alors 
qu'on remarqua qu'un des sons de Fechelle (le 
h des Allemands) n'avait encore point de nom ; 
en lui en donnant un, on supprima d'un coup 
le systeme des muances et la solmisation, ba- 
see tout entiere sur celui-ci, en ful grave- 
ment compromise. B eut ete plus naturel, k vrai 
dire, d'en revenir au simple alphabet musical, 
tel qu'il est en quelque sorte sous-en tendu dans 



les clefs 



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notre 



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notation. C'est en lieu et place des lettres que, 
vers 1550, un compositeur beige, directeur 
d'une ecole de musique a Anvers, Hubert 
Waelrant, doit avoir propose et introduit le 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



88 



BOCCA — BOCHSA 



system e de solmisation dit beige, bas£ sur lee 
syllabes : bo, ce, di, ga, to, ma, ni (boc&disa- 
tion). Vers le m&ne temps, un musicien de la 
oour de Bavidre, Anselme de Flandres, choi- 
sissait la syllabe si pour le septieme degr£ (h) f 
tandis que ce dernier abaiss6 d'un demi-ton (b) 
s'appelait bo; ces deux sons faisaieut tous 
deux partie, selon les id6es de l'epoque, de 1*6- 
chelle tonale'fondameutale. Henri van de Putte 
(Puteanus, Dupuy), dans sa Modulaia Pallas 
(1599), donne au septi&me degre le nom .de bi ; 
Adriano Banghieri, dans Cartella musicals 
(1610), celui de ba et Don Pedro d'URENNA, un 
moine espagnol (vers 1620), celui de ni. Daniel 
Hitzler (1628) se servait d'un systeine de syl- 
labes totalement different, bas6 sur Talphabet 
musical ajlemand a, b, c, d, e, f, g, soit : la, be, 
ce, de, me, fe, ge (bebisation ) ; et Graun lui- 
m&me croyait agir pour le bien de Tart en pro- 
posant en 1750, les syllabes da, me, ni, po, lu, la, 
be (damenisation). La plupart de ces syst&nes 
n'eurent qu'une importance locale. G'est sans 
doute a tort que Ton attribue & un Francais du 
nom de Lemaire 'la creation du systeme qui 
pr£domina bientot partout, dans lequel la syl- 
labe si repr6sente le septieme d6gr6 (h). Mer- 
senne en effet rapporte seulement (Harm, wnt- 
verselle, p. 342) qu'un certain Lemaire propose 
za comme septieme syllabe, et Brossard attri- 
bue k tort a Lemaire un ouvrage de Nivers, in- 
titule La gamme du Si, nouveUe mithode pour 
apprendre a chanter en musiqm sans muan- 
ces (1646). II semble presque qu'Anselme de 
Flandres est parvenu lui-meme a r£pandre 
l'emploi du si ; car Seth Calvis, le cantor de 
l'Eglise St-Thomas a Leipzig, est, en 1594, dans 
son Compendium musicae praticae pro inci- 
pientibus, partisan de la boc&iisation, tandis 
qu'en 1611, dans YExercitatio musicae tertia, 
etc., il defend le si et en parle comme d'une 
chose g£n£ralemenl connue. II ne s'agit du 
reste plus, dans ce dernier ouvrage, de savoir 
comment on doit nommer le septieme degr6, 
mais lequel des deux syst£mes est le plus ra- 
tionnel, de la solmisation avec si (c.-a-d. sans 
muances) ou de celle avec muances. L'une des 
causes qui ont contribu£ a faire admettre en 
dernier lieu la syllabe si, plutdt qu'une autre, 
est que, comme les autres syllabes de solmisa- 
tion, eile est empruntee a THymne a St-Jean 
bien connue; elle est formee des initiates des 
deux premiers mots du dernier vers, Sonde 
Johannes. Cf. Solmisation. 

Bocca, (ital.) bouche ; a b. chiusa, bouches 
ferm6es. Gf. Fermees. 

Bocal, nom que Ton donne a la piece du bad- 
son et du cor anglais A laquelle s'adapte Tan- 
che double. 

Boccherini, Luiai, compositeur italien de 
merite, auteur d'oeuvres de musique de cham- 
bre remarquables, ne a Lucca le 19 fevr. 1743 
(toutes les autres dates sont fausses), m. a Ma- 
drid le 28 mai 1805; fils d'un contrebassiste, fut 
eldve de l'abb& Vannucci, maltre de cbapelle de 
l'archevfechS, a Lucca, puis alia se perfectionner 
a Home. Pen apr6s son retour a Lucca, B., de- 



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venu un excellent violoncelliste, entreprit avec 
le violoniste Filippo Manfredi, une grande 
tourn&e de concerts qui dura plusieurs annees 
et les amena en 1768 a Paris. G'est 1& que 8. pu- 
blia ses premiers quatuors pour instr. a archet 
(op. 1:6 sinfonie o sia quarlettiper dueviolini, 
alto e violoncello dedicati a veri dilettanti e 
conoscitori di musica), ainsi que deux cahiers 
de trios pour deux violons et violoncello. Le 
succes fut 6norme et durable. En 1769, nos deux 
artistes (Manfredi etait en somme devenu rim- 
presario, bien plus que le coll&gue de B.) se 
rendirent a Madrid, ou IJ. elut domicile; il y fut 
nomm6 d'abord virtuose de la chambre de Tin- 
fant Luiz et apres la mort de ce dernier (1785) 
chef d'orchestre du roi. Fred6ric-Guillaume II 
de Prusse, auquel B. avait dedie Tune de ses. 
ceuvres, lui confera, en 1787, le titre de compo- 
siteur de la cour, mais le monarque mourut dix 
ans plus tard et B. perdit ainsi une source de 
revenue dont il avait grand besoin. II semble 
qu'il ait en outre perdu, dans la suite, sa place 
de chef d'orchestre, car il mourut dans la plus 
profonde misere. Ses ceuvres lui etaient mal 
payees, malgre la vogue dont elles jouissaient 
aupr&s des musiciens et des amateurs de musi- 
que. B. n'a pas publie moins de 91 quatuors et 
125 quintettes (113 avec deux violoncelles, 12 
avec deux altos) pour instr. a archet, 43 trios 
avec piano, 54 trios pour instr. a archet (42 
pour deux viplons et violoncelle, 12 avec alto), 12 
quintettes avec piano, 18 quintettes pour qua- 
tuor a archet, flute ou hautbois, 16 sextettes, 2 
octettes, des sonates pour violon, des duos, etc., 
20 symphonies, une suite d'orchestre, un con- 
certo pour violoncelle ; il ecrivit en outre de la 
musique d*6glise (Messe, Stabat Mater, Gantate 
de Noel, Vilhancicos, etc.) et un op£ra. L. Pic- 
quot (1851) et D.-A. Geru(1864) ontfourni d'excel- 
lentes monographies sur la vie et les oeuvres 
deB. 

Bocedisation, v. Bobisations. 

Boch, Franz de, violoncelliste, ne a Poten- 
slein (Boh6me)le 14 fevr. 1808, el&ve du Conser- 
vatoire de Prague, a fait partie depuis 1835 de 
Fbrchestre royal de Stuttgart el, depuis 1856, da 
personnel enseignant du Conservatoire de la 
m6me ville. 

Bochkoltz-Falconi, Anna (de son vrai nom 
Bockholtz), cantatrice, nee a Francfort's/M. 
en 1820, m. a Paris le 24 dec. 1879; dSbuta en 
1844 dans un concert du Conservatoire, k 
Bruxelles, et l'ann&e suivante, a Paris, dans Tun 
des « Concerts de musique ancienne » organises 
par le prince von der Moskwa( Joseph-Napoleon 
Ney). Chassee par la revolution de 1848, elle se 
rendit a Londres et plus tard en Italie et & Co- 
bourg, ou eile fut engagSe pendant quelque 
temps. En 1856 enfin, elle rentra a Paris et s'y 
etablit comme professeur de chant B. a publie 
des melodies et des solfeges. 

Bochsa. 1. Karl, hautboiste au Grand-Thea> 
tre de Lyon, et a celui de Bordeaux; vint a 
Paris en 1806, y fonda un commerce de musi- 
que et mourut en 1821. H publia un certain 
nombre de quatuors pour clarinetle, violon, alto 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BOOKLET — BOfcCE 



89 



et violoncelle, 6 Duos concertants pour deux 
hautbois, etc de sa composition, ainsi que des 
mftbodes de fltite et de clarinette. — 2 Robert- 
Nicolas-Charles, harpiste, fils du precMent, n£ 
a Montm&dy (Meuse) le 9 aout 1789, m. a Syd- 
ney (Australie) le 6 janv. 1856; £leve de Franz 
Reek a Bordeaux, se voua de bonne heure a la 
composition (il 6crivit un op£ra a Fage de seize 
ans) et entra en 1806 au Conservatoire de Paris, 
ou Catel et Mehul (composition), Nadermann 
et Marin (harpe) furent ses professeurs. II 
troova bien vite sa voie, fut nomme, en 1818, 
harpiste de rempereur.Napoteon, conserve son 
poste sous Louis XYUl, mais dut s'enfuir en 
1817, pour &chapper a une condamnation pour 
faux. II ae rendit a Londres oh il devint l'un des 
maltres les plus recherch£s ; Parish-Alvars et 
Chatterton sont ses £l£ves. D entreprit avec 
Smart, en 1822, et l'ann£e suivante a son propre 
compte, des concerts sacr6s, pendant les jours 
de carftme. U Academy of music lui offrit en 
1822, l'annte m&me de sa fondation, le poste de 
professeur de harpe ; mais, dans l'impo8sibilit6 
de se ddfendre contre les attaques que lui valait 
son caractfre, il dut accepter, en 1827, la ini- 
tiation de ses fonctions. II dirigea, de 1826 a 
1832,l'op£ra italien de « King's theatre ». Enfin, 
en 1889, il s'enfuitavec la femme d'H. Bishop, fit 
en sa compagnie de grandes tourn&es de con- 
certs et mourut, au cours de Tune d'elles, en 
Australie. B. a public des oeuvres diverges pour 
harpe, ainsi qu'une methode ; en outre, 7 operas 
(fran^ais) de sa composition furent repr6sent&s 
de 1813 a 1816 a i'Op^ra-Comique de Paris, un 
haiti&me (anglais) fut donn6 a Londres (1819), 
oil il fit £galement ex£cuter quatre ballets et un 
oratorio (1887). 

Booklet, Karl-Maria von, n6 a Prague en 
1801, m. a Vienne le 15 juil. 1881 : Alive de Za- 
mora (piano), Pixis (violon) et Dionys Weber 
(composition), 6tait en 1820 violoniste au theatre 
t an der Wien », mais se voua peu apr&s exclu- 
sivement au piano. II se fit d'abord connailre 
eomme virtuose, puis se borna a la carrtere de 
Fenseignement Beethoven s'int&ressa a lui et 
Schubert compta au noinbre de ses amis. 

Bockmfihl, Robrrt-Emil, violoncelliste et 
compositeur z61£ d'oeuvres pour violoncelle, n6 
a Frapcfort s/M. en 1820, m. dans la mime ville 
le 8 nov. 1881. 

Bockshom(CAPRicoRNUs),SAHUBL,ni en 1629, 
fut directeur de musique d'une eglise de Pres- 
bourg et, a partir de 1659, maitre de chapelle a 
Stuttgart oil il mourut le 12 nov. 1665. B. publia 
de la musique d'igltse (Messes, motets, etc.), 
ainsi que des oeuvres profanes vocales et ins- 
tromentales. 

Bocquillon-Wilhem, v. Wilhbm. 

Bode, Johann-Joachdi-Chuistoph, ni a Barum 
(Brunswick) le 16 janv. 1780, m. a Weimar le 
18 dec. 1793; fils d'un pauvre briquetier, se d£- 
veloppa petit a petit, et grace a ses efforts per- 
sonnels. D commenga sa carri6re musicale en 
1745 comme apprenti-musicien chez le « Stadt- 
mnsicus » Kroll de Brunswick, devint vers 1755 
hautbolste a Celle, puis en 1762 ou 1768, mal- 



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iL 



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tre de musique et r£dacteur du Hamburger 
Correspondent, a Hambourg. Dix ans plus tard 
il fonda dans la m6me ville, en compagnie de 
Lessing, une maison d'imprimerie et d'idition 
(c'est chez lui que parut la Hamburgische Dra- 
maturgic). II vecut a Weimar a partir de 1778 
seulement. B. a £crit et publte un grand nombre 
d'oeuvres instrumentales (symphonies, concer- 
tos de basson, de violoncelle, de violon, solos 
pour viole d'amour, etc.). Traducteur habile de 
l'anglais, il donna et Mita lui-mfcme (1778) une 
traduction allemande du Voyage en Allemagne 
de Burney. 

Bodenschata, Erhard, n£ a Lichtenberg (Erz- 
gebirge) en 1570, m. en 1638; 6tudia la thSologie 
a Leipzig et devint magister, puis cantor a 
Schulpforta (1600), pasteur a Uehhausen (1608) et 
a partir de 1608, pasteur a Gross-Osterhausen 
pres Querfurt Ce ne sont pas tant les propres 
compositions de B. qui Font rendu c£lebre 
(Magnificat sampt Benedicamus, 1599; Psalte- 
rium Davidis, 1605; Harmonia angelica, 1605! 
Bicinia, 1615), que les anthologies musicales 
qu'il publia. II faut citer avant tout Florilegium 
Portense (2 parties; la 1" parut en 1608, 2™ M. 
en 1618, en huit parties de chopur, la 2 d « parut 
en 1621, en dix parties de cha»ur); cette collec- 
tien contient 115 et 150 chants, de quatre a dix 
voix, de 98 compositeurs vivant vers Tan ItiOO. 
Une collection de moindres dimensions, a Tu- 
sage des 6coles de Schulpforta et, par cette rai- 
son m^rae, plusieurs fois r&ditee (la dernidre 
fois en 1713), porte le titre de Florilegium seleo- 
tissimorum hymnorunu 

Bodin, Franqois-Etienne, th&oricien musical, 
n6 a Paris le 16 mars 1795, m. dans la meme 
ville le 18 aout 186*2 ; entra au Conservatoire 
de Paris en 1806 et fit en meme temps des Etudes 
de mathematiques et de philologie.il fut nommA 
repetiteur au Conservatoire et devint plus tard 
professeur libre d'harmonie et de piano. B. a 
public entre autres un Traitd complet et ration- 
net des principes Hhnentaires de la musi- 
que etc. (1850). 

B0^C6(Bo€tiU8),ANICIUS-MANLIUS-TORQUATi;S- 

Severinus, ii6 a Rome vers 475 apres J.-C, issu 
d'une ancienne famille de la noblesse romaine, 
il fut nomme consul en 510 puis, pendant de 
longues annees, conseiller secret de Theodoric, 
roi des Ostrogoths. Celui-ci neanmuins, le soup- 
gonnant a tort d'entretenir des relations de 
traltre avec la cour de Byzance, le fit decapiter 
en 524 (ou 526). B. fut a la fois philosophe et 
matheraaticien remarquable ; il 6crivit en outre 
un ouvrage, De musica (en 5 livres), traitant 
avec une competence et un z&le des plus rares 
du syst&me musical des Grecs, alors sur son 
declin. Tout ce que le moyen Age savait de 
musique grecque, B. qui 6tait du reste pytha- 
goricien et par consequent opposd aux id£es 
d'Aristoxene, le connaissait a fond. Plusieurs 
bibliothdques possedent des manuscrits de la 
Musica de B.; elle fut imprimee, dans les edi- 
tions des oeuvres completes de B., a Venise 
(1491-1492; 2™- ed. 1499^ [Gregorii]), puis a Bale 
(1570, Glarean). Une edition separee du meme 

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BCECKELER — BCEHMER 



ouvrage (avec celui sur Y c arithmetique » seu- 
lement) parul k Leipzig, en 1867, et peu d'ann&es 
aprds (1872) une traduction allemande du 
D r Oscar Paul. Une traduction frangaise de 
Toeuvre de B., par F6tis, est restee manuscrite. 
L'opinion tr£s r£pandue que B. anrait rem place 
la notation grecque par la notation alphab&i- 
que latine est absolument fausse ; l'expression 
« notation boetienne » pour designer la nota- 
tion, usit£e parfois du x e au xu* s., au moyen 
des lettres a k p % ou a a p, est, par consequent, 
erron6e. 

Boockeler, Heinrich, ne a (Cologne le 11 jail. 
1836; fut ordonn£ prdtre en 1860 el nomm£ deux 
ans plus tard « Stiftsvikar » et directeur du 
ch(Bur du d6me a Aix-la-Chapelle. 11 r£dige de- 
puis 1876 la revue de musique catholique Ore- 
goriusblatt, a publi6 les opuvres de Mangon 
(1575), et compos& lui-mfcme quelques cpuvres 
de musique d'6glise. 

BoBckh, August, savant philologue et archeo- 
logue, ni k Carlsrube le 24 nov. 1785, m. a Ber- 
lin, ou il 6tait professeur a r University, le 
3 aotit 1867 ; tcrivit pour son Edition de Pin- 
dare (1811, 1819 et 1841) une importante intro- 
duction, De metris Pindari, dans laquelle il 
parle avec une science et une sagacite remar- 
quables de la musique des Grecs (harmonie, 
m£lopee, svmphonie, instruments de musique, 
etc.). 

Bcodecker, Louis, compositeur, n£ a Ham- 
bourg en 1845; el&ve de Marxsen, vit k Ham- 
bourg comme maltre de musique et critique. II a 
public des lieder, des morceaux de piano ( Va- 
riations, op. 6 et $,Rhapsodie, op. 9, Friihlings- 
idyU [k 4 mains] ), une Fantaisie-sonate, op. 15, 
pour piano et violon, un Trio-fantaisie, op. 18, 
etc., soit en tout une trentaine d\**uvres. De la 
musique de chambre, des ouivres symphoni- 
ques et chorales sont encore manuscrites. 

Boahm. 1. Georg, organiste et pianiste de grand 
talent, n£ a Goldbach (Thuringe) en 1661, m. k 
Lunebourg en 1734. n fut, k partir de 1698, or- 
ganiste de lVglise St-Jean. Ses suites sont par- 
mi les ineilleures de l'cpoque. — 2. Theobald, 
n£ a Munich le 9 avr. 1794, m. dans la mfcme 
ville le 25 nov. 1881 ; fut pendant nombre d'an- 
n6es membre de la chapelle royale (t Hofmusi- 
kus»), flutiste virtuose, compositeur pour son 
instrument et inventeur d'ing£nieux perfection- 
nements dans la construction de la fmte. Le 
t syst&me B. » a amen 6 une vraie revolution 
dans la construction des instr. a vent en bois. 
B., marchant sur les traces de l'Anglais Gor- 
don, partit de Tidee que la place des trous ne 
doit pas d&pendre de la commodity du doigt£, 
mais bien des principes acoustiques regissant 
la meilleure resonance; aussi fixa-t-il d'abord 
les dimensions et la perce de l'instrument, pour 
chercher ensuite seulement l'arrangement le 
plus appropri£ de la mecanique. II agrandit les 
trous, autrefois tr&s petits, au point que Textre- 
mite du doigt ne suffit plus a les boucher, il 
adopta pour la t6te une forme conique, tandis 
que le corps de rinstrnment etait cylindrique, 
etc. Le son de la flute Bcphm diflVVe essentiel- 



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\V 



lement de celui de l'ancienne flCtte ; il est plus 
plein, plus rond, se rapprochant de celui d'un 
jeu principal. Les adversaires de ce syst&me 
pr£tendenl qu'il d£truit le caract6re propre au 
son de la flute. B. eut pour conseiller scientifi- 
que le professeur von Schafh&utl (v. ce nom). II 
a laissS un traits intitule : Ueber den FWten- 
bau und die neuesten Verbesserungen dessel- 
ben (1847). — 3. Joseph, n£ k Budapest le 4 mars 
1795, m. a Vienne le 28 mars 1876, excellent 
violoniste, virtuose et pedagogue ; 616ve de 
Rode, il d&buta en 1815 A Vienne avec grand 
succ£s.parcourut ensuite l'ltalie et, a son retour 
(1819), fut nomm6 professeur de violon au Con- 
servatoire de Vienne et membre de la chapelle 
imp^riale (1821). De 1823 a 1825, il fit k diverses 
reprises des tourn6es de concerts. Comme mal- 
tre, B. acquit une grande renomm&e: Ernst, 
Joachim, Singer, Hellmesberger (p£re). L. 
Strauss, Rappoldi et d'autres encore sont ses 
616ves. II r£silia ses fonctions au Conservatoire 
en 1848, mais cessa de faire nartie de l'orches- 
en 1868 seulement. B. n'a public que quelques 
oeuvres pour le violon. 

BoBhme. 1. Johann-August, fonda en 1794 
une maison d'6dition musicale et un commerce 
de musique a Hambourg; son Ills, Justus- 
Eduard B., lui succ£da en 1839, et son petit-fils, 
August-Eduard B m en 1885. — 2. August-Ju- 
lius-Ferdinand, n6 a Gandersheim (Bruns- 
wick) le 4 f6vr. 1815, m. dans la m&me ville le 
80 mai 1883 ; eteve de Spohr, fut chef d'orches- 
tre des theatres de Berne et de Geneve, puis di- 
recteur de TEuterpe et de TEcole de musique 
de Dordrecht (1846). Une affection de la vue 
l'obligea a se retirer en 1876 ; il v6cut des lors k 
Leipzig. B. a compost un grand nombre d'cen- 
vres pour orchestre, de la musique de chambre 
et des pieces vocales. — 3. Franz-Magnus, n£ k 
Willerstedt, pr£s Weimar, le 11 mars 1827; 
&l&ve de G. Topfer et plus tard de Hauptmann 
et Rietz, a Leipzig, fut pendant onze anuses 
maltre d'ecole, puis, pendant plus de vingt ap- 
n6es maltre de musique k Dresde, ou il re^ut 
du roi de Saxe le titre de t professeur ». En 
1878, il fut appel£ aux fonctions de professeur 
de contrepoint et d*histoire de la musique au 
Conservatoire Hoch, qui venait d'etre fond^ k 
Francfort s/M., mais il abandonna cette place 
en 1885. n vit de nouveau a Dresde depuis 
1886. B. a publie : Altdeutsches Liederbuch 
(collection m^ritoire et sinon tout a fait digne 
de coniiance, du moins peniblemenl amass^e, 
de textes et de melodies) ; Aufgabenbuch sum 
Studium der Harmonie (1880); Kursus der 
Harmonie (Mayence, 1882); Gesdxichte des 
Tames in Deutschland (Leipzig, Breitkopf und 
Hartel, 1886), ainsi qu'un certain nombre de ca- 
hiers de chants a plusieurs voix (chcBurs reii- 
gieux, chants populaires pour chceurs d'hom- 
mes). 

BoBhmer, Karl, violoniste remarquable et 
compositeur fecond, n£ a la Haye le6 nov. 1799, 
m. a Berlin le 20 juil. 1884. B. ^crivit un grand 
nombre de morceaux de violon et deux petits 
operas. 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BCKHNER — BOHHER 



91 



" tohimr, Johann-Ludwig, n A a Tottelstedt 
prfeGothale8janv. 1787, m. A Gotha le 28 
mars 1860; compositeur de talent, dontla desti- 
nte n'est pas sans analogic avec celle de Friede- 
mannBach. B. fat pendant quelques ann&es, 
vers 1810, chef d'orchestre de thiAtre A Nurem- 
berg, mais n'occupa plus dans la suite de poste 
fixe. II mena une vie toujours errante, donnant 
ici ou Id des concerts et se flxant, souvent m&- 
me pour plusieurs ann£es, oh le hasard le por- 
tait et oil il se trouvait bien ; malheureusement 
fl d£g£n A ra ainsi graduellement et s'adonna A 
la boisson. Ses ceuvres consistent en sonates et 
concertos de piano, fantaisies, ouvertures, mar- 
ches et danses pour orchestre, divertissements, 
elc^ ainsi qu'un op&ra : Der Dreiherrnstein. 
Ce doit A tre B. que R-T.-A Hoffmann prit pour 
tvpe de son t Kapellmeister Kreisler ». 

Bakelmann, Bbrnardus, pianiste et maltre 
de musique, n6 le 9 juin 1838 ; A l A ve de son p6- 
re, le directeur de musique A.-J. Boekelmann, A 
Utrecht, suivit ensuite les cours du Conserva- 
toire de Leipzig (1857-1860) et fut A Berlin (1861- 
1862) F A l A ve particulier de Kiel, Weitzmann et 
Hans de BtUow. En 1868, B, se rendit A Mexico 
et joua plusieurs fois A la cour. 11 est A tahli A 
New-York depuis 1886 et s*y est fait coimaitre 
comme professeur et pianiste, surtout dans les 
soirees de musique de chambre qu'il a fondles 
sous le nom de « Trio-Club de New-York >. En 
1884, la direction d'une des plus grandes insti- 
tutions de Farmington Fa appele au poste de 
professeur de musique. 

Boftllmann, LftON, organiste et compositeur, 
ne en Alsace en 1862 ; £l£ve d'Eug. Gigout A 
l'exole Kiedermeyer, A Paris, est aujourd'hui 
organiste du grand orgue de St-Vincent-de- 
Paul, dans la m6me ville. Laurfot de FAcad A - 
mie des Beaux-Arts (prix Chartier) et de la So- 
ciety des Compositeurs, B. a 6t6 nomm£ en outre 
offtcierde l'lnstruction publique. Ses cenvres 
principales, pubises et ex A cutees en partie 
dans les grands concerts symphoniqnes de 
Paris, sont les suivantes : une symphonie, des 
Variations symphonifjues pour violoncelle et 
orchestre, une vingtaine de melodies, des pie- 
ces pour piano, pour orgue, deux Suites pour 
orgue, 100 pieces br&ves (Heures mystiques) 
pour orgue ou harmonium, des motets, etc. 

BoMy, Ausxandre-Pierrb-Fran<?ois, n A A 
Versailles le 19 avr. 1785, m. A Paris le 27 d A c. 
1818; pianiste et violoniste de talent, fut pen- 
dant quelque temps 61 A ve du Conservatoire de 
Paris (Ladurner). C'etait un musicten s^rieux, 
ik\£ et de tendances classiques ; il a publie des 
sonates de piano, des sonates de violon, des 
trios pour instr. A archet, des morceaux d'orgue, 
etc 

Bttnicke, Hermann, n A A Endorf le 26 nov. 
1821, organiste et maltre de musique A Quedlin- 
boorg, m. A Hermannstadt (Siebenbtirgen), ou 
il A tait directeur de la Soci A t A de musique, le VI 
d£c 1879 ; a publie de jolis clueurs d'hommes 
etdeux m£thodes Tune de chant choral, Chor- 
gesangschtde, 1'autre d'orgue. Die Kunst des 
freien Orgelspiels. 



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Bossendorfer, celgbre fabrique de pianos A 
Vienne, fondle en 1828 par IonazB. (n A A Vien- 
ne le 28 jail. 1796, 61 A ve de J. Brodmann, m. le 
14 avr. 1859) et dirigee, apr^s la mort de ce der- 
nier, par son fils Ludwio B. (n A A Vienne, en 
avr. 1885). 

Bodsset, Antoine, Sieur de iVilledieu, surin- 
tendant de'la musique de Louis XIII, n A vers 
1585, m. en 1048; composa des ballets pour les 
fetes de la cour. Son fils, Jean-Baptiste (1613- 
1685) et son ' petit-fils, Claude-Jean-Baptiste 
(n6 le 8 aotit 1665) occup£rent successivement 
les m&mes fonctions de surintendant de la mu- 
sique du roi. 

Bofttel, Heinrich, l6nor, n A A Hambourg le 6 
mars 1858 ; A tait cocher de fiacre, lorsque Pol- 
liui dfaouvrit son ut de poitrine ! D est depuis 
lors premier t6nor 16ger du thMtre de Ham- 
bourg. 

Bohm, Karl, pianiste, n A A Berlin le 11 sept 
1844 : Sieve de Bischon, Fl. (ieyer et Heissmann, 
v A cut A Berlin. Quelques lieder de sa composi- 
ont remport A un certain succes. 

Bohn, Emu ne A Bielau pr A s Neisse le 14 
janv. 1839, fr A quenta le gymnase de Neisse puis 
6tudia A Breslau, de 1858 A 1862, la philologie 
classique et orienlale. Comme ttudiant deja, il 
dirigea la « Soci6t A acad£mique de musique » 
et finit par se vouer entierement A la musique, 
sous la direction de J. SeMfler (th A orie) et d'E. 
Baumgart (orgue). En 1868, il fut nonim A orga- 
niste de Teglise de la Croix, A Breslau et fonda 
la m6me ann A e la soci A t£ de chant qui porte 
son nom, « Bohn'scher Osangverein ». Cette 
soci^tf afaitbeaucoup parlerd'ellecesdernteres 
annees par les concerts historiques qu'elle a or- 
ganises. B. fut promu en 1884 par I'Universiti 
de Breslau, D r . phil. hon. c. ; il acoepta alors la 
direction de la « Societe uni versitaire de chant », 
fut nommS maltre de chant au « Mathias-Gym- 
nasium » et professeur de musique A TUniver- 
sit6. La m A me an nee encore, il devint critique 
musical de la Breslauer Zeituny. En 1887, 1'Aca- 
d^mie philharmonique de Florence et, en 1891, 
rAcademie Ste-(i6cile de Rome Font nommS 
membre honoraire; ilrecut enlin en 1895 le litre 
de t professeur*. B. ne se fit connaltre comme 
compositeur que par des lieder et des (euvres 
chorales. Ses ecrits par contre sont des plus 
m£ritoires: Bibliographie der Musihdruckwer- 
he bis HOOy welche auf der UniversiUits-biblio- 
thek, StadtbibliotheK etc. su BresUm auf be* 
toahrt trerden (1888) et Die musikalischen 
Handschriften des XVI. und XVII. Jahrhun- 
derts in derStadtbibliothek su Breslau ( 1890). II 
a publie en outre une edition des (euvres de pia- 
no de Mendelssohn el de Chopin. Depuis nom- 
bre d annees, B. prepare une ceuvre monumen- 
tale, une collection de toutes les chansons pro- 
fanes A plusieurs voix, de 1550 a 1630, en par- 
tition. 

Bohrer 1. Anton, ne a Munich en 178:1, vio- 
loniste virtuose, ^leve de sou pere puis de It. 
Kreutzer, A Paris, et son fr A re — 2. Max, n6 
dans la m A me ville en 1785, violoncelliste, eleve 
de Schwa nc, furent tres jeunes encore engages 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



92 



BOIE — BOIELDIEU 



dans l'orchestre de la cour de Baviere, ou leur 
p&re etait contrebassiste. lis firent ensemble de 
tongues tourn6es de concerts el parcoururent 
FAutriche, la Pologne, la Russie, la Scandina- 
vie et TAngleterre (1810-1814), la France (1815), 
l'ltalie (1820), etc. Anton B. se fixa en 1884 
comme concertmeister a Hanovre ou il mourut 
en 1852. Max B. devint en 1832 premier violon- 
celliste et concertmeister k Stuttgart; il y mourut 
le 28 f6vr. 1867. Tous deux ont public des con- 
certos et des morceaux pour leur instrument 
respectif, ainsi que de la musique de chambre. 
Tandis que Max l'emportait sur son Mre com- 
me virtuose, Anton 6tait sup£rieur comme com- 
positeur. 

Boie, les fr£res John, n6 k Altona le 8 mars 
1822, et Heinmch, n6 dans la in£me ville le 
16 sept, 1825, violonistes, 61£ves de C. Muller, k 
Brunswick, vivent k Altona. Jobn £tait autrefois 
tres estim6 dans les concerts de musique de 
chambre; Heinrich a compost entre autres plu- 
sieurs operas. 

Boleldieu, 1. Franoois-Adrien, n£ a Rouen 
le 15 d£c. 1775, m. en son domaine de Jarcy, 
pres Grosbois le 8 oct 1834 ; flls d*un secretaire 
de Tarchev^que de Rouen, il devint enfant de 
chceur de l^glise melropolitaine et recut en 
m&ne temps des lecons de musique de l'orga- 
niste Broche, qui le traitait si grossi£rement et 
en faisait k tel point son domestique, "que B 
s'6chappa un beau jour et s'enfuit a Paris. 11 
fut recueilli dans la capitate par une dame 
Mollien qui s'occupa de lui pendant deux ans 
environ. B. rentra alors k Rouen et y fit repre- 
sentee k Ykge de dix-huit ans, son premier ou- 
trage, un petit op£ra, La fille coupable (1793), 
pour lequel son p£re avait fourni le livret Un 
second op£ra, Rosalie et Myrza, donue en 1705 
rem porta un certain succ£s et encouragea B.* 
k retourner k Paris pour y tenter fortune. II 
trouva alors un excellent accueil dans la mai- 
son Erard, ou il fit la connaissance des plus 
grands maitres de son art: Mtfiul, Cherubini, 
etc. C'est \k aussi que le chanteur Garat fit en- 
tendre les premieres romances de B. ; le succes 
fut grand et un 6diteur se trouva sans peine. 
Deux op6ras-comiques, Les deux leltres (Ope- 
ra-Comique, 1796) et La famille Suisse (id. 1797) 
recurent un excellent accueil du public, gr&ce a 
leurs melodies fralches et gracieuses. Mais c'est 
avec Zoraime et Zidnare (1798) que B. rempor- 
ta un succ&s d£finitif et montra le mieux toute 
l'etendue de son talent; plusieurs reuvrettes 
qui avaient pr£c£d£ avaient du reste £t£ froide- 
mentaccueillies. Le Calif e de Bagdad (1800) 
eut de nouveau un heureux sort et, a la m&ne 
6poque, Tauleur se fit connattre comme compo- 
siteur dVeuvres inst rumen tales (sonales pour 
piano, un concerto, morceaux pour harpe). La 
carriere de B. est assez simple. Ce fut la prati- 
que seule qui lui servit d'^cole de composition 
et il ne se soucia jamais beaucoup du contre- 
point ou de la fugue. II avait appris l'indispen- 
gable dans les lemons de Broche, avait su profiler 
de quelques conseils de M&hul et de Cherubini 
mais n'avait jamais M leur 61£ve. Peut-£tre 



by \j 



*L 



\V 



m&me sa naivete premi&re, son invention frai- 
che et naturelle n*en eussent-elles 6t6 qu'om- 
barrassees. En 1802, B. 6pousa la danseuse 
CLOiiLDB-Auguste Mafleuroy, mais son choix 
ne fut guere heureux et pour 6viter des querel- 
les de oienage, il se resigna en 1803 deji k un 
voyage k St-P6tersbourg ou il resta jusqu'en 
1810. B. fut nomm£ compositeur de la cour de 
Russie, mais aucun des operas qu'il fit alors re- 
presenter n'eut de succes durable ; par con t re 
le premier ouvrage qu'il donna k Paris, apr&s 
son retour, Jean de Paris (1812), fut une victoi- 
re. En 1817, B. fut appele a succeder k M&hul 
comme professeur de composition au Conser- 
vatoire ; aussi, comme pour justifier ce choix 
aux yeux du monde, voua-t-il un soin tout spe- 
cial (c^tait du reste chez lui affaire de con- 
science) k la composition de son Chaperon rou- 
ge. La premi&re eut lieu en 1818 et fut pour Tau- 
teur un veritable triomphe. Aprta un long in- 
tervals (pendant lequel parurent seulement 
deux ouvrages en collaboration avec Cherubi- 
ni, Kreutzer, Berton et Paer), vint enfin, en 1825, 
La dame blanche qui couronne dignement Ten- 
semble des oeuvres de B. Celui-ci ne donna 
plus qu'un seul op£ra, Les deux Nuits (1821)), 
dont le succes dYstime s'adressait k l'auteur 
de La dame blanche. B. le sentit si bien lui- 
m£me qu'il reuonca desormais au theatre. Cne 
annee apres la mort de sa femme (1825), il 
epousa en secondes noces la cauta trice Phillts, 
hoput de Jeannette Phi His. II resilia ses fonctious 
au Conservatoire en 1829 et recut une forte pen- 
sion, mais qui fut sensiblement diminu&e dejA 
I'annee suivante. I^e roi lui servait bien une 
pension extraordinaire, ainsi que le directeur 
de rOpera-Comique, mais il les perdit toutes 
deux £galement en 1830, en sorte que les der- 
nieres aunees de sa vie ne furent pas exemptes 
de soucis et qu'il dut demander sa reintegra- 
tion au Conservatoire. I*a demande fut agreee, 
mais B. mourut peu apres d'une pharyngite tu- 
berculeuse. Ce fut aux Invalides qu'eut lieu, en 
grande pompe, la cer&nonie funebre au cours 
de laquelle on ex&uta le Requiem de Cheru- 
bini. Les eleven les plus celebres de B. sont 
Fetis, Adam et Zimmerraann. 

II faut ajouter aux ouvrages dej& nommes les 
suivants : Lheureuse nouvelle (1797), Mom- 
breuil et Merrilte (ou Le pari, 1797), La dot de 
Suzette (1798), Les meprises espoffnoles (1799), 
La prisonnibre (avec Cherubim, 1799), Beniou>- 
shy (1800), Ma tante Aurore (1803), Le baiser 
et la quittance (avec Mehul, Kreutzer, etc*, 1808). 
A St-P&ersbourg : Aline, reine de Golconde 
(1804), La jeune femme colere, Amour et mp$~ 
ttre (vaudeville), Abderkan, Calypso (ou Tile- 
maque), Les voitures rersees (vaudeville trans- 
form^ plus tard en opera-comique pour Paris), 
Un tour de soubrette (vaudeville), La dame 
invisible, Rien de trop (ou Les deux para- 
rents, vaudeville, 1810), des choeurs pour 
Athalie. Enfin, a Paris, apres 1810 : Le nou- 
veau seigtieur du village (1813), Bayard a Me- 
zieres (avec Cherubini, Catel et Nic^olo Isooard 
qui fut longtemps son rival), Les Bearntu* (ou 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BOIS — BOLCK 



93 



Henri IV en voyage, avec Kreutzer, 1814), An- 
gtia (onL'ateh'er de Jean Cc>M*tn,avec M m6 Gail, 
&eve de Fetis, 1814), La Fete du village voisin, 
Charles de France (avec Harold), La France et 
rEspagne (intermede), Blanche de Provence 
(ou La cour des fees, avec Cherubim, Ber- 
ton, etc, 1821), Les trots genres (avec Auber), 
Pharamond (avec Cherubini, Berton, etc.). La 
marquise de Brinvilliers (avec Berton et d'au- 
tres, 1831). La meilleare biographie de B. est 
eeUe d*A. Pougin, 2?., sa vie, ses ceuvres, son 
earacUre 9 sa correspondence (1875). Une statue . 
hii fat elev^e A Rouen, sa ville natale, en 1889. 
— 2L Adrisn-Louis, fils du precedent, n6 a Paris 
le 3 nov. 1815, nu A Quincy pr&s Paris le 9 juil. 
1883* s'est cree un certain renom par toute une 
s£rie d'op^ras et par une Messe qui fut executee 
i Rouen, en 1875, lors des fetes du centenaire 
de la naissance de son p£re. 

Boil. On a coutume d'appeler b. ou instr. 
de b., le groupe des instr. a vent dont le corps 
est en bois, y compris la flftte primitivement en 
bois, quoique de nos jours frequemment en 
m&al. Le buis dont on se servait anciennement 
pour la construction des flfttes, des clarinettes 
et des hautbois a 6te remplace par l*6b&ne et la 
grenadille ; pour les bassons, on choisit de pre- 
ference r^rable ou le palissandre. Le b. occupe 
une place considerable dans la facture instru- 
mentale; son essence et sa quality ont une 
grande importance au point de vue de la sono- 
rity et de la resistance de l'instrument. 

Boisdaffre, Ren£ de, n£ A Vesoul le 3 avr. 
1888, fut emmene A Paris en 1843 d£j& par son 
p&re qui s'y fixa deflnitivement Le talent mu- 
sical qu'il herita de sa m&re se manifesta tr^s 
tot et, tout en faisant des etudes litteraires puis 
en commencant son droit, B; recut des lemons de 
musiquede Charles Wagner, un ancien premier 
prix du Conservatoire de Paris, et de Barbereau. 
Ses premieres oeuvres publiees datent de 1864 
(des romances sans paroles pour piano et des 
melodies); en 1865, il se fit recevoir du cercle 
de F t Union [artistique » (Les Mirlitons), oil il 
donna successivement les premieres auditions 
de toutes ses oeuvres. C'est dans son domaine 
de Vezelise, en Lorraine, que B. ecrivit la plu- 
part de ses compositions; il convientde citer 
parmi ces dernieres : des pieces pour piano et 
pour violon, alto, violoncelle, clarinette, haut- 
bois, fl&te et piano, de la musique de chambre 
(trio en mi bemol, op. 10 ; quintette en ri min., 
op. 11; quatuor en sol min.,* op. 13; quintette 
en ri maj., op. 95; 2"»* trio en sol min., op. 32; 
sextuor en si bemol, op. 48; tons pour piano et 
instr. A archet), des Seines champitres pour 
orchestra, diverses scenes chorales avec soli, 
Le Gmlique des Cantiques, op. 16 ; Moise sauvi 
des eaux, op. 18; etc.), des odes pour soli et 
chcBurs, Bans la forit, op. 41 ; Les lendemams 
de la vie, op. 46), une quantite de melodies, etc. 
Cf. H. Imbert, Nouveauw profits de musiciens 

am). 

Boise, Otis-Bardwell, ne dans l'Ohio (Etats- 
Unis d'Amerique) le 13 aoftt 1845, eieve du 
Conservatoire de Leipzig (1863-1864) puis, pen- 



by \J 



iL 



IC 



dant quelque temps, de Kullak A Berlin. B vit 
depuis 1868 A New- York, oil il est tres estime 
comme professeur de musique et compositeur. 
B. a ecrit une symphonie, deux ouvertures, un 
concerto de piano, un trio, des melodies et des 
choeurs. 

Boisselot, Jean-Louis, ne A Montpellier vers 
1785, m. A Marseille en 1847; fut d'abord luthier 
A Montpellier, puis transf6ra en 1833 son com- 
merce A Marseille, ou il ne tarda pas A echanger 
la lutherie contre la fabrication des pianos. Ses 
instruments parvinrent A une grande reputa- 
tion. — L'aine de ses fils, Louis, n6 A Montpel- 
lier en 1809, m. A Marseille en 1850, devint di- 
recteur de la fabrique. de pianos, aujourd'hui 
encore propriete de la famille et dirigee par un 
petit-fils du fondateur, Franz B. Le cadet, 
XAviER-FRftDfewc, ne A Montpellier le 3 dec 
1811, m. & Marseille en avr. 1893, se crea un cer- 
tain renom comme compositeur (une cantate, 
Yelleda 9 1836; plusieurs operas : Ne touches 
pas d la reine, Paris 1847; Mosquita la sor- 
ci&re, Paris 1851 ; L'ange (Uchu, Marseille 1869). 

Boite expressive, terme dont on se sert pour 
designer, dans la facture d'orgues, une sorte de 
chambre separ6e dans laquelle sont enfermes 
un certain nombre de jeux. Les cloisons de 
cette chambre sont, en partie du moins, formees 
de jalousies dont Torganiste regie l'ouverture 
au moyen d'un registre ou d'une pe,dale spe- 
ciale. Le son parvient A son maximum d'inten- 
site, lorsque les jalousies sont entierement ou- 
vertes. La b. s'adapte en general au clavier de 
recit, cependant les orgues de grandes dimen- 
sions en ont parfois une pour chaque clavier. 

Boito, Arrtoo, ne A Padoue le 34 fevr. 1842, 
eieve de Mazzucato, au Conservatoire de Milan, 
compositeur d'operas de talent et poete; visita, 
de 1863 d 1869, Paris, TAUemagne etla Pologne 
(la patrie de sa mere, comtesse Josephine Ra- 
dolinska) et se familiarisa avec la musique 
allemande et les reformes dramatiques et musi- 
cales de Wagner. Apres s'etre fait connaitre par 
de simples cantates : Le 4 juin (1860) et Le 
sorette d' Italia (avec F. Faccio, 1862), B. donna 
en 1868, A Milan, un opera intitule Mefistofele 
(d'apres la 1™ et la 2™« partie du « Faust » de 
Goethe); Toeuvre tomba alors complement, 
mais $e releva petit A petit de ce premier echec, 
fut reprise en 1875 A Bologne avec un succes 
considerable et cinq ans plus tard a Hambourg. 
Un ouvrage anterieur, H6ro et Lfandre, et deux 
plus recents : N&ron et Orestiade n'ont pas en- 
core ete representes ; de mfeme YOde d I* Art 
(1880). Comme poete (sous l'anagramme t To- 
bia Gorrio»), B. est presque plus estime en Ita- 
lie que comme compositeur (Libro dei versi 9 Re 
Orso; plusieurs livrets d'operas: Gioconda, 
Alessandro Famese, Zoroastro, Tram, OteUo, 
Falstaff; un grand nombre de nouvelles). B. vit 
A Milan ;le roi dltalie l'a nomme «cavaliere» 
puis « uffiziale • et « commendatore », mais B. 
ne fait aucun usage de ses differents titres. 

Bolck, Oskar, ne A Hohenstein (Prusse orien- 
tale) le 4 mars 1839, m. a Breme le 2 mai 1888; 
6ieve du Conservatoire de Leipzig, vecut alter- 

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94 



BOLERO 



BOXOXCIXI 



nativement comme maltre de musique a Leipzig 
et dWiborg (Finlande), Liverpool, Wfirzbourg, 
Aix-la-Chapelle et Riga, ou il remplit diverges 
fonclions. Apres 1870, il fat pendant nombre 
d'ann6es chef des chceurs an thi&tre de Leip- 
zig, puis au th&Ure de Hambourg et k celui de 
Brdme. Sans compter an certain nombre de 
petites oeuvres (morceaux de piano, melodies, 
etc.), B. a £crit trois operas : Gudrun, Pierre 
Robin et Der Schmied von Gretna-Green. 

Bolero, danse espagnole, invent£e en 1780 par 
le danseur Zerezo; mouvement mod£r6&J t 
mais tolerant aussi des changements de mesa- 
re. Le danseur accompagne ses pas du bruit 
des castagnettes. Le rytbme en est earact£ris- 
tique: 



**j+ 



i- 

Bolichu, v. Woluck. 

Bombarde (Bomhart, Bommert, Ponimer, 
corruptions du mot frangais B.), 6tait un instr. 
k vent en hois, d'assez grandes dimensions, 
rinstr.-basse de la famiUe des chalumeaux. 
Mais la b. elle-m^me '£tait constraite selon 
divers modules de dimensions diflferentes: 
comme instr.-basse ordinaire (appelee simple- 
ment 6.), comme contrebasse (Bombardone, 
grosser Bassbomhart, Doppelquintboynhart, 
comme t6nor (Sicolo ou Basset-bomhart) et 
comme alto (Botnbardo piccolo); le chalumeau 
g'appelait aussi alors bombardino. L*extr£me 
longueur des plus grands modeles de b. amena 
l'invention du basson par Afranio degli Albo- 
nesi qui eutTidee de replier letube sur lui-m£- 
me. — Comme jeu d'orgue, la b. correspond k 
celui que les Allemands appellent « Posaune >, 
c-&-d. trombone ; par contre le Bomhart est un 
jeu k anche pourvu de grands pavilions en for- 
me d'entonnoirs, de 16' ou de 82* et d'une into- 
nation forte. 

Bombardon, nom que Ton donne frequem- 
ment k un instrument de cuivre k perce large 
et k pistons, invente vers 1848. B. est, suivant 
son Schelle, synonyme de saxhorn-basse grave 
ou de saxhorn-contrebasse. V. ces mots et Tuba. 

Bombo, (ital.), ancienne denomination du 
tremolo, r£p£tition acc£l£r£e d'une m£me note. 

Bombyx (en allemand Brummer?), ancien 
instr. k vent des Grecs, tr&s long et probable- 
ment pourvu d'une anche de roseau. 

Bomtempo, Jaao-Domingos, n6 a Lisl>onne en 
1775, m. le 18 aout 1842: se rendit en 1806 k 
Pans, pour y achever ses etudes et y v&cut, 
apr£s un court s£jour k Londres, jusqu'en 1820. 
B fonda alors k Lisbon ne une « Soci6te philhar- 
monique » qui ne tarda pas a se dissoudre 
(1823) et, dix ans plus lard, fut nomme directeur 
du Conservatoire de cette ville. B. 6tait un com- 
positeur remarquable et un pianistede talent; 
il &crivit deux concertos pour piano, des so- 
nates, des variations, des Messes, un Requiem, 
d&die k la memoire de Camoens, un opera et 
une m&hode de piano. 

Bona, Giovanni, ne k Mondovi (Piemont) le 



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12 oct. 1609, m. a Rome, ou il avait £te £lev£ au 
cardinalat, le 25 oct. 1674. II £crivit un oavrage, 
De dirina psalmodm (1658 et depais frSquem- 
ment), riche en donn^es sur l'anclen chant d*£- 
glise. 

Bonawitz (Bonkwitz), Johann-Heinrich, ne k 
Durkheim sur le Rhin le 4 dec 1889, pianiste 
remarquable; fr&juenta le Conservatoire de 
Li&ge, mais &migra en Am£rique avec ses pa- 
rents, en 1852 deji. D revint plus tard en Europe 
pour y parachever ses Etudes musicales, rfeida 
k Wiesbaden de 1861 k 1866, puis fit quelques 
tommies de concerts k Paris, Londres, etc De 
1872 k 1878, il organisa k New-York des con- 
certs symphoniques populaires et donna en 
1874, k Philadelphie, deux operas de sa compo- 
sition : The Bride of Messina et Ostrolenka* U 
v6cut ensuite plusieurs ann&es A Vienne, d'ott il 
entreprit des tourn&es de concerts; il habite 
actuellement Londres et prend une part active 
k la vie musicale de la capitale. 

Boniventi, Giuseppe, nl k Venise vers 1660, 
auteur d'onze operas donnas, de 1690 k 1727, 
dans sa ville natale, et d'un op£ra (Venceslao) 
represents k Turin. 

Bonnet 1. Jacques, n6 k Paris en 1644, m. en. 
1724 dans la m&me ville, ou il remplissait les 
fonctions de tr&sorier du parlement U a public 
une Histoire de la musique et de ses effets de- 
puis son originejusqu'a present (1715; 3"»» ed. 
s. date; 3" 1 * WL 1725; 4" &L 1745) commences 
par son oncle Bourdelot et son fr£re, Pierre 
Bonnet, et une Histoire de la danse sacrie et 
profane (1723). — 2. Jean-Baptiste, n6 k Mon- 
tauban le 28 avr. 1768; organiste de sa ville na- 
tale (1802), violoniste virtuose et auteur de 
duettos et de morceaux concertants pour deux 
violons. 

Bonno, Josef, n6 k Vienne en 1710, m. dans 
la m&me ville le 15 avr. 1788 ; fut nomm£ en 
1789, en m£me temps que Wagenseil, composi- 
teur de la cour impSriale. n a 6crit pour Vienne, 
de 1732 k 1762, vingt operas, des serenades et 
des oratorios. On a encore de lui quelques 
psaumes k quatre voix et on Magnificat ma- 
nuscrits. 

Bonometti, Giovanni-Battista, publia k Ve- 
nise, en 1615, une anthologie intitulee Parnas- 
sus musicus Ferdinandceus et d£di£e k Far- 
chiduc Ferdinand d'Autriche; elle contient des 
motets k 1-5 voix de compositeurs inconnus. 
B. est confondu par F6tis et d'autres avec Buo- 
namente (v. ce nom). 

Bononcini. 1. Giovanni-Maria, n£ a Modene 
en 1640, m. dans la mdme ville le 19 nov. 1678; 
compositeur ftcond, auteur de morceaux pour 
divers instruments^ de sonates de chambre et 
de quelques cantates (solos de chant) et madri- 
gaux. II a £crit en outre un traits de centre point: 
Musico pratico etc. (1678; une traduction alle- 
mande de la seconde partie a 6t£ publi&e £l 
Stuttgart, en 1701). Ses deux fils se voue- 
rent 6galement k la musique. — 2. Giotanni- 
Battista, n6 k Modene en 1672, s'tarivait 
g6n£ralement Buononcini. Compositeur dont 
les operas eurent en leur temps une grande c&- 

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BONTEMPI — BORDESE 



95 



tebrite, Mve de son pere et de Colonna k Bolo- 
gne, 6crivit d'abord des Messes ei de la musi- 
que instrumentale. H se rendit k Vienne en 
1691, comme violoncelliste dans la chapelle de 
la cour et dcrivit pour Rome, en 1693, deux ou- 
trages: Tullo Ostilio etSerse. De 1699 (La fede 
pubUica) k 1703 (Proteo sul Reno), il donna 
fix operas au fh&ttre de Vienne, et la represen- 
tation de son Polifemo k Berlin (1703) lui valut 
leposte de compositeur de la reine Sophie- 
Charlotte qui accompagnait elle-m&neau piano, 
le soir de la premiere. Aprte la mortde la reine, 
E rentra k Vienne et y donna successivement : 
Ibtntrt, H ritorno di Cesdre, II fiare delta eroi- 
ne(Vm)y Endimione (1706), UEtearco, Turno 
Aricino (1707), Mario fugitive R sacrifizio di 
Bomolo (1708), Abdolonimo (1709), Muzio See- 
vola (1710), etc En 1716, B. fut engage k Lon- 
dres, au nouyeau « King's theatre,* e'est de cette 
ipoque que date la calibre rivalitS entre Haen- 
del et B. La cour prot&geait Hsendel, le due de 
Malborough favorisait au contraire B., en sorte 
que cette rivalit£ artistique ne fut pas loin de 
prendre un caract£re politique. B. forivit pour 
Londres toute une s6rie d'operas: A$tarto( 1790), 
Gro, CrispOy Griselda (1722), Farnace, Ermi- 
nia(l?23), Calpurnia (1724), etAstaniatte (1727). 
L'issue dtait facile k pr6voir, mais la chute de 
B. fut d'autant plus complete que Ton d^couvrit 
lliabile supercherie au moyen de laqueile il 
avail fait ex&cuter sous son propre nom, et 
comme £tant de lui, un madrigal de LottitB. 
partit en 1783 pour Paris, en compagnie d*un 
alchimiste qui le depouilla en peu de temps de 
toute sa fortune, en sorte qu'il dut songer de 
nouveau k gaguer sa vie au moyen de la com- 
position. II &crivit alors pour Vienne Alessan- 
droin Sidone et un oratorio Ezechia (1737) ; la 
date de sa mort est inconnue, mais il doit avoir 
atteint quatre-vingt-dix ans. Son frere — 3. 
Mahco- Antonio, n£ k Modene vers 1675, mattre 
de chapelle de la cour en 1721, dans sa ville na- 
tale, m. le 8 juiL 1726. II ecri vit aussi plusieurs 
operas, entre autres Camilla ; la plupart Cen- 
tre eux, ainsi qu'un oratorio, Jean-Baptiste di- 
capiti, et une cantate de Noel, sont conserves 
en partitions k la biblioth£que da Berlin. Le P. 
Martini vante chez B. le style distingu£ et tr6s 
£lev6 et le place au-dessus de la plupart de ses 
contemporains. 

Bontempi, Giovanni-Andrea, de son vrai 
nom Anoelini (il avait pris le nom de B. sur le 
desir de son tuteur), n£ k Perouse en 1624, m. 
dans la m A me ville le l* p juin 1705 ; devint en 
1647 membre de la chapelle du prince-61ecteur 
& Dresde et rentra en 1694 k PSrouse. II Scrivit 
plusieurs traites : Nova quatuor vocibus com- 
ponendi methodus (1660), Tractatus in quo de- 
monstrantur convenientiae sonorum systema- 
tic participati (1690), Istoria musica nella 
auale si ha piena cognizione delta teoria e del- 
ta pratica antica della musica armonica (1695), 
et fit representor quelques operas k Dresde : 
Paride (1662, d£die au margrave Christian- 
Ernst el imprim£ k Dresde), Apollo and Daphne 
(1671) et Jupiter und lo (1673, avec Perandi). 



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B. £tait d'une culture rare et extraordinairement 
vartee (philologue, chanteur, directeur, compo- 
siteur, historien, architecte, m6canicien, etc.). 

Boom van. 1. Jan, ne k Rotterdam le 17 avr. 
1783, flfttiste virtuose et compositeur, v£cut k 
Utrecht Ses flls, musiciens 6galement sont : — 
2. Jan, n6 k Utrecht le 15 oct. 1807, m. k Stock- 
holm en avr. 1872. II §tait alld se fixer a Stock- 
holm en 1825, apr&s une tourn£e de concerts en 
Danemark, et y remplissait depuis 1849 les 
fonctions de professeur de piano k l'Acadimie. 
B. est l'auteur d*un concerto de piano, de plu- 
sieurs quatuors, trios pour instr. k archet, sym- 
phonies, etc. — 3. Hermann-M. n<& k Utrecht le 
9 ttvr. 1809, m. dans la m&me ville le 6 janv. 
1883, excellent fltitiste, 616ve de Tulou k Paris, 
v6cut longtemps k Amsterdam, k partir de 
1830. 

BooseyandC Y , importante maison d'6dition 
de Londres, fondle vers 1835 par Thomas Boo- 
sey. Le fonds important de la maison consis- 
tait surtout en editions, originales pour l'Angle- 
terre, d'op£ras italiens (Rossini, Mercadante, 
Bellini, Donizetti, Verdi), mais la loi de 1854 
fit perdre aux B. leur droit exclusif de vente. D£s 
lors V&lition B. consista surtout en amvres po- 
pulaires anglaises et en collections d'oouvres. 

Borde, de la, v. Laborde. 

Bordes, Charles, ne. k Vouvray-sur-Loire 
(Indre-et-Loire) le 12 mai 1863; £teve de Cesar 
Franck, fut de 1887 k 1890 maltre de chapelle a 
Nogent 8/ Marne et charge, d'une mission au 
Pays Basque par le Ministre de l'lnstruction 
publique (1889-1890), pour recueillir les tradi- 
tions populaires et plus particuli&rement les 
chansons et les danses. II a public ces docu- 
ments (200 themes populaires), sous le titre 
d' Archives de la tradition basque. Nomme 
maltre de chapelle de St-Gervais de Paris en 
1890, il y fit ex^cuter pour la premiere fois en 
France la « Messe » de Schumann (op. 147) et le 
« Stabat mater » de Palestrina. En 1892, il en- 
treprit la serie des « Semaines Saintes de St- 
Gervais », dont le succ&s considerable I'engagea 
k fonder, sous le nom d' Association des Chan- 
teurs de St-Gervais, une society de musique 
chorale ancienne pour l'execution des oeuvres 
des maltres de l'&cole polyphonique (xv% xvi e 
et xvn* s.). B., qui travaille en ce moment k un 
drame musical en trois actes, Les trots Vogues, 
s'est deja fait connaitre comme compositeur 
(oeuvres orchestrales executees k la Soci A t£ na- 
tionale; pieces de piano; melodies, etc.). Mais 
son principal tilre de gloire est sans doute la 
publication d'une Anthologie des maitres reli- 
gieux primitifs, collection congue a un point 
de vue eminemment pratique et comprenant k 
l'heure actuelle quatre volumes avec 14 Messes 
et plus de 100 motets. O fut lui aussi l'initia- 
teur de la nouvelle Schola cantorum, fondee en 
1894, pour la restauration de la musique d'£- 
glise. 

Bordese, Ludovic:o, ne a Naples en 1815, m. 
k Paris le 17 mars 1886; eleve du Consena- 
toire de Naples, til representer un opera k Tu- 
rin en 1834 et pari it pour Paris oil, malgre de 

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m 



BORDIER — BORTNJANSKI 



frequenles tentatives, il ne parvint jamais k 
remporter de sneers au theatre. H renon^a au 
theatre vers 1850 et n'ecrivit plus que de pe- 
tites ceuvres vocales, en nombre considerable, 
ainsi qu'une Messe, un Requiem, une methode 
de chant, une methode eiementaire de chant, 
des solfeges, etc 

Bordier, 1. Louis-Charles, n&'k Paris en 
1700, m. en cette ville en 1764; Acrivit une m6- 
thode de chant (1760 et 1781) et un traite de 
composition (1779». — .3. Jules, dit B. d* An- 
gers, ne k Angers le 33 dec. 1846, prit ses pre- 
mieres lemons d'harmonie avec Delaporte, 
maltre de chapelle de la cath6drale. Des qu'il 
fut bachelier, il alia se fixer 4 Paris oft il comp- 
tait faire son droit, mais il abandonna bientdt 
les etudes universitaires pour la composition 
musicale. B. revint k Anvers, pour y diriger 
la maison de son p£re, fonda en |1875 une so- 
ciety de musique de chambre et bientdt apr^s, 
de concert avec Michel et de Romain, un or- 
chestre complet, sous le nom d' Association ar~ 
Ustique <T Angers. Cette society donna pendant 
les dix-sept annees de son existence pr&s de 
cinq cents concerts. Mais 6c<Bure-par Tindiff6- 
rence de ses compatriotes (la petite subvention 
municipale fut mftme retiree k FAssociation), 
B. s'est retire a Paris et y a fonde une impor- 
tante maison d'6dition musicale (v. Baudoux 
et O). Les oeuvres principales de B. sont les 
suivantes : Nadia, opera-comique (Braxelles, 
Geneve, etc.); Chanson nouvelle, comedie musi- 
cale; Vendee! drame lyrique en 8 actes (encore 
inacheve); Le fiance de la mer, petit drame ly- 
rique (Royan, 1895); de la musique de scene 
pour Chatter ton d'A. de Vigny ; plusieurs suites 
et morceaux divers d'orchestre; des ceuvres 
d'orchestre ; des oeuvres chorales avec ou sans 
accompagnement (Un rive d'Ossian ; David; 
Loreley, etc.); des melodies, des pieces pour 
piano et pour d'autres instr., etc., etc. 

Bordogni, Marco, ne k Gazzaniga pres Ber- 
game le 23 janv. 1789, m. a Paris le 31 jail. 1&36 ; 
excellent maitrede chant, eieve lui-meme de Si- 
mon Mayr, fut engage comme tenor a Milan 
(18»8-1815)puis an The&tre italien, k Paris (1819- 
lSiiQ) et se voua ensuite exclusivement a Ten- 
seignement. II fut^a partir de 1820, avec une 
interruption de plusieurs annees (1828) profes- 
seurau Conservatoire de Paris. La Sontaget 
d*autres etoiles de premiere grandeur sont ses 
eieves. H publia un grand nombre d'excellen- 
tes vocalises et la mort seule Tempecha de termi- 
ner une methode de chant k laquelle il avait 
longtemps travailie. 

Bordoni, Faustina, v. Hassb 3. 

Borghi, Lraoi, violoniste, eieve de Pugnani, 
s'etablit en 1780 k Londres ou il remporta de 
grands succes comme compositeur (sonates de 
violon, concertos, etc.) et virtuose. G. Jensen a 
publie deux sonates de B. dans sa collection de 
t Klassische Violinmusik ». 

Borghi-M amo, Adelaide (nee Borghi), can- 
tatrice scenique (alto) de grand talent, nee k 
Bologne le9aoftt 1829; se forma pourlacarriere 
theatrale sur les instances de la Pasta, debuta 



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en 1846 k Urbino, chanta avec un succes crois- 
sant sur diverses scenes italiennes et se maria 
en 1849, dans Tile de Malte. Quelques annees 
plus tard, elle remporta de veritables triomphes 
k Vienne (1858) puis aux Italiens, k Paris (1854- 
1856) et fut enfln, en 1856, engagee k I'Op^ra. 
Elle fit sa rentree aux Italiens en 1860; et se 
retira de la scene apres quelques tournees de 
representations. Pacini, Mercadante et Rossi 
ont ecrit des roles specialement pour elle. Une 
fiUe de B. — Eriunia B., donee d'nne voix de 
soprano claire et facile, remporta de grands 
succes k Bologne en 1874, etplus tard au Thea- 
tre italien, k Paris. 

Borodine, Alexandre, ne k St-Petersbourg 
le 12 nov. 1884, m. dans la m&me ville le 29 fevr. 
1887; etudia la medecine et la chimie k i'Aca- 
demie medieo-chirurgicale de sa ville natale, 
devint medecin militaire puis embrassa la car- 
riere du professorat. D fut nomnie professeur 
ordinaire k l'Academie medieo-chirurgicale, 
membre de l'Academie, conseiller d'etat impe- 
rial, chevalier, etc. A cote de son activite scien- 
tifique, B. fut un musicien plein de zeie, Fun 
des prin^ipaux representants de la jeune ecole 
russe; ami de Balakirew, aux conseils duquel il 
devatt sa culture musicals, B. fut aussi presi- 
dent de la Societe des amis de la musique, dSt- 
Petersbourg, etc. II voyagea beaucoup, princi- 
palement en Allemagne, ou Liszt lui donna de 
preeieux encouragements. Ses ceuvres princi- 
pales sont: deux symphonies (n° 1, en m* pmaj., 
n° 2, en si min.), un poeme symphonique, Dans 
les Steppes de UAsie centrale, des morceaux de 
piano, de la musique de chambre (quatuors k 
archet), etc. Son opera inacheve, Lejnrince Igor, 
termine par Glazounow et Rimsky-Korsakov, 
a ete donne k St-Petersbourg, en 1890. 

Boroni (Buroni), Antonio, ne en 1788, m. k 
Rome en 1797; eieve du P. Martini etplus tard 
de Gir. Abos, fat de 1770 k 1780 maltre de cha- 
pelle de lacour, k Stuttgart, puis maltre de 
chapelle de St-Pierre, k Rome. H a ecrit quatre 
operas pour Venise (1760-1764), un pour Pra- 
gue (1765), trois pour Dresde (1769), huit pour 
Stuttgart (1771-1778) et le dernier pour Rome, 
(Enea net Lazio, 1778). 

Bortnianski, Dimitri-Stefanowitch, ne k 
Gloukhow (Ukraine) en 1751, m. k St-Petersbourg 
le 9 oct. 1825 ; travailla d'abord k St-Peters- 
bourg sous la direction de Galuppi qu'il put 
suivre k Venise, gr&ce k la protection de Cathe- 
rine II et acheva ses etudes k Bologne, Rome 
et Naples. II fit representor k Modene, en 1778, 
un opera intitule Quinto Fabio y rentra Fannee 
suivante k St-Petersbourg oil il fut aussi UH 
nomme mattre de chapelle de la cour. Son me- 
rite est d'avoir considerablement rehausse le 
niveau de la chapelle vocale, par Tengagement 
de nouveaux membres ; puis il ecrivit pour Tex- 
cellent choeur qu'il avait forme 35 psaumes k 
quatre voix et 10 k huit voix, une Messe dapres 
le rite grec, etc. Ses compositions occupent 
dans Tensemble des ceuvres de m$me genre un 
rang tres eieve. Tchaikowsky revisa une edi- 
tion complete des oeuvres de B. (10 vol). 

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BOTE BT BOCK 

Bote et Bock, importante maison d'edition 
musicale A Berlin, fondee en 1888 par Eduard 
Bote et Gustav Bock qui achet&rent le com- 
merce de musique de Frohlich et Weslphal. E. 
Bote se retira au bout de peu de temps; apres 
la mort de G. Bock (27 avr. 1863), ce fut le f rere 
de ce dernier Esul Bock qui lui succeda. Emile 
Bock moarut A son tour, le 31 mars 1871 ; un 
fils du fondateur, Hugo Bock, prit alors la di- 
rection du commerce. 

Botgorschek, Franz, cel&bre flutiste, ne A 
Vienne le 23 mai 1812, m. 41a Haye en 1882; sui- 
vit les cours du Conservatoire de Vienne et fut 
pendant de longues annees professeur a FEco- 
le de musique de la Haye. B. a publie toute une 
serie d'ceuvres pour ttiUe. 

Bott, J ban- Joseph, n& A Cassel le 9 mars 
1836, m. A New- York le 30 avr. 1895, fils d'un 
masicien de la Cour, A. Bott, qui fut son pre- 
mier maitre et le prepara a l'enseignement 
de Moritz Hauptmann et Ludwig Spohr. II 
recat en 1841 le prix de la fondation Mozart 
et fut nomme successivement violon-solo de la 
chapelle da prince £lecteur A Cassel (1846), con- 
certmeisler (1848) et second chef d'orchestre 
avec Spohr (1852. D fut ensuite appelS comme 
chef d'orchestre de la cour A Meiningen (1857) 
pais A Hanovre (1865). PensionnS en 1878, il v&- 
cut comme maitre de musique A Magdebourg 
et s'etablit enfln, en 1884, A Hambourg d v oii il 
partit l'ann£e suivante pour visiter rAmerique. 
B. etait un violoniste de talent, tr6s estime de 
Spohr; il a publie des concertos, des morceaux 
pour piano et violon, deslieder, une symphonie 
etdeux operas : Der Unbeltannte (1854) et Aktaa, 
das Madchen von Korinth (1862). 

Bottle de Toulmon, Auouste, n6 A Paris le 15 
mai 1797, m. le 22 mars 1851) ; lit des Etudes de 
droit, mais n'accepta jamais aucune charge, 
pref&rant s'adonner librement&ses distractions 
favorites, surtout A la musique qu'il pratiqua 
d'abord comme violoncelliste. D£s l'apparition 
de la Revue musicale (1827), il s'occupa plus 
specialement de literature musicale. En 18.11, 
il offrit de remplir A titre gracieux les fonctions 
de bibliothecaire du Conservatoire; sa propo- 
sition fut acceptee. II devint fou A la suite de la 
revolution de 1848. B. 6crivit enlre autres : De 
In chanson en France au moyen dge (1836), 
Notice biographique sur les travaux de Guido 
dArezzo (1837), Des instruments de musique 
au moyen dge (1833 et 1844) ; tons ces travaux 
parurent dans YAnnuaire historique y et furent 
aussi tires A part. 

Bottesini, Giovanni n6 A Crema (Lombardie) 
le 24 dec 1823, m. A Parme le 7 juil. 1889 ; entra 
en 1837 au Conservatoire de Milan ou il eut 
pour maitres principaux Rossi (contrebasse), 
Bastli et Vaccai (theorie), se fit entendre en 
Italie de 1840 A 1846, comme virtuose sur la con- 
trebasse, puis fut engage comme chef d'orches- 
tre A la llavane d'ou il partit pour parcourir le 
continent Americain. En 1855, il rentra en Eu- 
rope en passant par l'Angleterre ; il occupa 
pendant deux ans le pupitre de chef d'orchestre 
au Theatre italien, A Paris, puis reprit sa vie 



BOUCH& 



97 



DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. 7 



byL^iC 



IC 



errante. II Stait en 1861 chef d'orchestre du 
theatre Bellini a Palerme, en 1863 A Barcelone. 
plus tard A Florence oh il fonda la Societd del 
quartetto pour la culture de la musique classi- 
que allemande, en J871 directeur d'op£ra au 
•Lyceum » deLondresetenfin.deretourenltalie, 
directeur du Conservatoire de Parme. B. fit alors 
repr£senter deux operas, A Turin: Era e Lean- 
dro (1879) et La regina del Nepal (1880); un 
certain nombre d autres ouvrages avaient 6te 
donn6s pr^cedemment dej&: Christoforo Co- 
lombo (la Havane, 1847); L'assedio di Firenze 
(Paris, 1856), II diavolo delta notte (1858), Ma- 
rion Delorme (1862), Vinciguerra (1870), Ah'- 
Baba (Londres, 1871). Son oratorio Gethsemane 
fut execute en 1887, a Norwich. B. a Scrit en ou- 
tre une quantity de compositions pour la con- 
trebasse. 

Bottrigari, Ercole, n6 A Bologne en aout 
1531, m. en son chateau, dans la mdme ville, le 
30 sept. 1612; issu d'une famille riche et tr6s 
estimee, il recut une education excellente. U est 
l'auteur de plusieurs ouvrages : 11 Patrizio, ov- 
vero de' telracordi armonici di Aristosseno etc. 
(1593), // Desiderio, owero de* concerti di varii 
stromenli musicalu dialogo, etc. <!594, sous le 
nom d'Alemanno Benelli), It Melone, discorso 
armonico etc. (1602). On possede encore de lui 
quelques travaux (des traductions sp£cialement) 
manuscrits. Le debut du titre de chacun de ses 
trails a rapport au nom d'un des amis de l'au- 
teur: Francesco Patrizio, Grazioso Desiderio, 
Annibale Melone; le deuxi£me traits parut 
m^me sous l'anagramme de ce dernier. 

Bouche,TuYAux a, (all. Labialpfeiften) nom 
que Ton donne aux tuyaux dans lesquels le 
son est produit par une colonne d'air qui vi- 
bre apr^s s'dtre brisee contre une levre ; les 
mouvements de dilation et de contraction en- 
gendrds dans le corps du tuyau repoussent et 
attirent alternativement la colonne d'air. tJf. 
Instr. a vent. Parmi les instruments de l'or- 
chestre, la tlute seule est assimilable aux tuyaux 
a b. ; le hautbois, la clarinette, le basson et les 
instr. de cuivre sont des tuyaux A anche. Dans 
l'orgue, un certain nombre de jeux sont formes 
de tuyaux A boiiche: principal, gambe, flute, 
flute creuse, etc. ; ces jeux a bouche different 
les uns des autres soil par leur diapason (v. ce 
mot), soit par les rapports de hauteur et de lar- 
geur de la bouche ; d'autres encore sont carac- 
terises par une conformation speciale du corps 
du tuyau: gemshorn, pyramidon, bifara ou 
double-flute (cf. les articles respectifs). Les jeux 
bouches ou demi-bouches (flute A chemin£e) 
forment une subdivision A part dans l'ensemble 
des jeux A bouche. Quelques jeux de mutation, 
tels que fourniture, cornet, progression har- 
monique, sesquialter, tertia (v. mutation) dif- 
ferent des autres jeux A bouche par leur usage, 
plus encore que par leur construction. 

Bouch6. 1. Jeux b, terme dont en se sert g£- 
n6ralement pour designer, dans l'orgue, les jeux 
A bouche dont les tuyaux sont fermes A leur 
extremite sup£rieure (all. Gedakt; angl. 'Cove- 
red slops). Les principaux jeux b. sont les sui- 

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98 



BOUCHER — BOUSQUET 



vants: sous-bourdon (all Gedakt 32', Unter- 
satz, Majorbass, Grossubbass, Infrabass, Sub- 
kontrabass; lat. Pileata maxima; angl. Great 
bourdon; esp. Tapada de 52); bourdon out 
sous-basse (all. Gedakt 16\ Grobgedakt, Gro«a- 
gedakt, Bourdon, Bordun, Perduna, Subbass ; 
lat Pileata magna ; angl. Double stopped dia- 
pason ; esp. Tapada de 26) ; grosse flute (all. 
Mittelgedakt 8' ; lat. Pileata major ; angl. Stop- 
ped diapason, Union covered; esp. Tapada de 
13) ; flute (all. Kleingedakt4' ; laL Pileata minor) 
etc. On ne rencontre de jeux b. de plus petites 
dimensions que dans d'anciennes orgnes (Tibia 
rurestris, ou Bauernflote Feldflote d2'et T). La 
double flute et le quintaton sont aussi des jeux 
b. Le tuyau b. donnaut approximativement Toc- 
tave interieure du tuyau ouvert de mdme lon- 
gueur, on l'emploie par economic surtout pour 
les registres graves ; mais sa sonority un peu 
mate et sourde est loin d'atteindre celle d'un 
principal. Gf. Inst, a vent. — 2. Son b. se dit, 
dans le jeu du cor (v. ce mot), des sons pro- 
duits avec l'aide de la main que Ton introduit 
dans le pavilion. Le son b. est un demi-ton 
(rarement un ton entier) au-dessous du son 
r6el. 

Boucher, Alexandre-Jean, n£ a Paris le 11 
avr. 1778, m., apres une vie tr&s agitee, dans la 
mfeme ville le 29 dec. 1861 ; 6tait un violoniste 
virtuose inl£ressant et de la plus haute origina- 
lity H fut de 1787 d 1805 violon-solo de Charles 
IV d'Espagne. B. a publie deux concertos de 
violon. 

Bourdon (ital. Bordone; all. Bordun, ou 
aussi par suite de di verses corruptions, Bar- 
duen, Perdona, Portunen), terme servant en 
general d designer, dans Torgue, un jeu bouche 
de 16'. L'origine de ce mot est douteuse et Ton 
ne sait trop lequel est anterieur de ce mtft lui- 
m&me ou du nom d'insecte (bourdon, faux-bour- 
don). Au xm 1 s., on donnait le nom de bordu- 
nus aux cordes de basse de la vielle, tendues d 
c6t£ de la touche ; de m£me,dans Torganistrum, 
les cordes qui vibrent continuellement et sont 
placees sur les deux edt£s de la touche por- 
taient le nom de b. qui fut enfin donne d la 
quinte servant de basse (p&dale) d la corne- 
muse. D'apr£s ce qui precede* il est Evident 
qu'on pourrait faire venir le mot b. de « bordo » 
(ital. bord.). Gf. Faux-bourdon. 

Bourgault-Ducoudray, Louis- Albert, 116 d 
Nantes le 2 f£vr. 1840, fit d'abord des Etudes de 
droit et fut re$u avocat avant sa vingtteme an- 
nee ; mais il avait &tudi6 en m^uie temps la 
musique avec M. Champommier, dans sa ville 
natale, et partit pour Paris, dans le bat de se 
vouer exclusivement d cet art Apres avoir pris 
des lemons preparatoires de L. Giranl, il entra 
en I860 dans la classe d'A. Thomas, au Conser- 
vatoire. I/annee suivante, il rem porta it le prix 
de fugue et un peu plus tard le grand prix de 
Bome (cant ate : Louis de Mezu^res.poeme d'Ed. 
Monnais). B. tit le sejour traditionnel a la villa 
M6dicis et envoya de la force travaux au Con- 
servatoire : les fragments d'nu drame lyriqne 
en 3 actes (paroles et musique), un Stabat ma- 



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ter, Noel pour soprano et choeurs, Hymne d la 
ioie et PrometMe (cantates pour choeurs, soli 
et orchestre), des melodies, des motets, etc. De 
retour d Paris, il fonda une soci&te chorale,, 
pour l'exexution des oeuvres de Bach (1869), 
Haendel, etc. Bless6 dans une attaque des in- 
surges de la Commune, d Versailles, il dut son- 
ger d se reposer et partit pour la Grdce oft il 
s'int6res8a vivement aux chants populaires; 
1'annee suivante il y retourna avec une mission 
du gouvernement, continua a recueUlir ses 
chants et publia le resultat de ses deux voyages 
dans : Souvenirs (Tune mission musicale en 
Grkce et en Orient ; Etudes sur la musique ec- 
clteiastique grecque ; 30 melodies populaires 
deGrdce et a" Orient. B. est depuis quelque* 
annees professeur d'histoire de la musique au 
Conservatoire de Paris, ou ses cours sont sui vis 
par un auditoire nombreux qu'il sait d la fois 
instruire et charmer. Parmi les compositions de 
B., il convient de citer surtout, outre le SUtbat 
dejd nomm£, une Cantate en Thonneur de la 
Bienh. Frangoise d'Amboise, diverses oeuvres 
chorales religieuses et profanes, La Conjura- 
tion des fleurs (choeurs et soli), des duos pour 
soprano et mezzo-soprano (Hymne a la mer ; la 
Temp&e; Chant des picheurs), dee pieces or- 
chestrates (Camaval dCAthhves; Rhapsodie 
cambodgienne ; L'enterrement cTOpMlie) et 
deux operas : Thamara (Paris, 1890 ; Nantes 
1894) et Bretagne (non encore represent^). 

Bourgeois, Loys, Tun des premiers musiciens 
qui harmoniserent d plusieurs parties les psau- 
mes frangais (dans la traduction de Clement 
Marot), auteur de quelques-unes des melodies 
de ces psaumes, n6 d Paris, vers ir>10, vexut d 
Geneve de 1545 d 1547, puis probablement d 
Paris. Trois recueils de psaumes de 4 a 6 voix 
parurent a Lyon (1547) et d Paris (1561) D pu- 
blia aussi, en 1550, a Geneve: Le droict chemin 
de musique, etc.,un traite dans lequel il propose 
une r£forme dans la denonination des sons 
(cf. Mutation). 

Bourges, Jean-Maurice, ne d Bordeaux le 2 
dec. 1812, m. a Paris en mars 1881; s'est fait un 
nom comme critique musical et surtout comme 
redacteur a la Revue et Gazette musicale. Un 
opera de sa composition, Sultana, fut donne d 
rOpera-Comique en 1840 : un Stabat Mater et 
plusieurs romances out ete publiees. 

Bounce, vieille danse franchise d'ailure 
joyeuse, d 4 / 4 avec un leve d'un temps et de fr&- 
quentes syncopes sur le deuxieme et le troisieme 
temps. Rousseau dit que la b. est originaire de 
TAuvergne. 

Bousquet, Georges, ne d Perpignan le 12 
mare 1818, m. d Si-Cloud le 15 juin 1854; elait 
un compositeur de talent, prix de Rome en 1838^ 
chef d'orchestre au Thedtre national en 18*7, 
puis d l'Opera ilalien. II fut pendant quelque 
temps membre de la commission d'etudes du 
Conservatoire et s'etait fait connaitre comme 
critique musical (dans le Commerce, Y Illustra- 
tion et la Gazette musicale de Paris). II 6crivit 
qutlques operas : Lhotesse de Lyon (1844), Le 
Mottsqnetaire (1844), Tabnrin (1852). 

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BOUTADE — BRAHMS 



99 



Bontade, c-A-d. improvisation, tenne em- 
ploy^ surtout poor designer de petite ballets im- 
provises, des fantaisies instrumentales, etc. 

Bovery, Jules (de son vrai nom: Antoine- 
Nicolas-Joseph Bow), n6 A Ltege le 21 oct 
1808, m. A Paris le 17 juil. 1868; fut chef d'or- 
chestre da thMtre de Gand, puis de plusieurs 
th&tres parisiens d'opSrette (Folies nouvelles, 
Folies St-Germain). II a &crit douze operas et 
opfrettes, des ouvertures, etc. 

Boricelli, GiovAirca-BATnsTA, originaired* As- 
sise, membre de la maltrise da ddme de Milan, 
publia en 1594 an recueil, Regole passagi di 
musica etc., contenant des madrigaux et dee 
motets dont la m&odie est surcharges des trilles, 
des ornements de tous genres qui £taient alors 
a la mode. Of. Monaishefie fur Musik-Ge- 
schichte, 1891 n<> 7). 

Bovy, v. Lysberg; cf. Bovery. 

Bowman, Edward-Morris, n£ A Barnard- 
Vermouth (Amforique) le 18 juil. 1848; 616ve, de 
1872 A 1874, de Franz Bendel, Haupt et Weitz- 
raann, est actuellement organiste A Newark 
(New-Jersey, Am6rique), president de plusieurs 
societes musicales, etc. B. a public en anglais, 
d'apr&s ses notes, le syst&me d*harmonie de 
Weitzraann. 

Boyce, William, ne a Londres en 1710, 
m. le 7d6c.l779; enfant de choeur de l'6glise 
St-Paul, £l&ve de Maurice Greene et plus tard, 
eomme organiste de la ehapelle d'Oxford, de 
Pepusch. II fut nomme en 1736 organiste de 1*6- 
glise St-Michel et peu apr£s, successeur de 
Weldon, en quality de compositeur de c King's 
chapel ». En 1737, il entreprit la direction des 
festivals de Gloucester, Worcester et Hereford 
(Three-Choirs = reunion de trois chcpurs) ; il 
accepts un second poste d'organiste a l'eglise 
• All Hallows*, en 1749 et fut nomm£ six ans 
plus tard compositeur de « King's band ». Quand 
il fut appele, en 1758, aux fonctions d'organiste 
de « King's chapel », il abandonna ses deux 
autres postes et seretira A Kensington pour s'a- 
donner avec zele A la publication prepare par 
Greene, sous le titre de Cathedral music (recueil 
de compositions religieuses anglaises des deux 
derniers siecles, mises en partition). B. devint 
gourd A la suite d'une ancienne affection des 
oreilles. Les ceuvres principales de B. sont les 
soivantes : Cathedral music (1760-1778, 3 vol., 
comprenant des vfcpres et des matines, des an- 
thems, sane tus, etc. de Aldrich, Batten, Bevin, 
Bird, Blow, Bull, Child, Clarke, Creyghton, 
Croft, Farrant, Gibbons, Gold win, Henri Vm, 
Humphrey, Lawes, Lock, Morley, Purcell, Ro- 
gers, Tallis, Turner, Tye, Weldon, Wise) ; Lyra 
britannica (m&odies, duos, cantates, etc. de B. 
publiees en plusieurs cahiers) ; 15 anthems, Te 
Deum and Jubilate (publie en 1780 par la 
veuve de Tauteur) ; diverses musiques de sc6ne 
(Masques, Dirges pour « Romeo et Juliette », 
« Cymbeline », «La temp£te», etc.); douze so- 
nates de violon, un concerto de violon, des 
symphonies (musique instrumentale A plusieurs 
parties), un oratorio, Noah, etc. 

Braccio, (ital.), bras ; viola da b., v. viole. 



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Bradsky, Wenzfx-Thbodor, ne A ttakonitz 
(Boh£me) le 17 Janvier 1833, m. dans la m&ne 
ville le 9/10 aout 1881 ; fit son Education musi- 
caie A Prague (Caboun et Pischek) et entra 
comme chanteur dans le chopur du ddme a 
Berlin, oil il deploya en m£me temps une 
grande activity comme maitre de chant et com- 
positeur. Le prince George de Prusse, dont il 
mit une Yolanthe en musique, le nomma en 
1874 compositeur de la cour. Ce sont les lieder 
et les choeurs (dont plusieurs boh A mes) de B. 
qui ont le plus rSpandu le nom de Tauteur ; ses 
operas n'eurent que peu de succ£s : Roswitha 
(Dessau 1860), Jarmila (Prague, 1879), Der 
Rattenfdnger von Hameln (Berlin 1881). Trois 
operas plus anciens (Der Heiratsswang, Die 
Braut des Waffenschmieds, Das Krohodil) ne 
furent pas represents. 

Braehmig, Julius-Berxhard, n£ A Hirsch- 
feld pr£s Elsterwerda le 10 nov. 1822, m. A Det- 
mold, oil il Stait maitre de musique dans un 
s&minaire, le 23 oct. 1872 ; publia : ChoraWuch 
(1862), Ratgeber fur Musiker bei der Auswahi 
geeigneter Musikalien (1865), des recueils de 
chants d'^cole, des morceaux pour piano et 
pour orgue, des m£thodes de piano, de violon 
et d'alto. 

Braga, Gaetano, n£ A Giulianova (Abruzzes) 
le 9 juin 1829, 61eve du Conservatoire de Naples, 
violoncelliste virtuose estirne et compositeur, A 
Florence. II a fait paraitre des romances et 
donn6 huit op&ras dont Tun La Reginella (Lec- 
co, 1871) fut particulterement bien accueilli. 

Braham (de son vrai nom : Abraham), John, 
n& a Londres, de parents isra&ites, en 1774, m. 
dans la mSme ville le 17 f6vr. 1856 ; chanteur de 
grand talent, fut engage par les directeurs de 
diverses scenes lyriques de la capitale (Covent 
garden, Drury-Lane, Royalty Theatre). II fut le 
premier Huon de YOberon de Weber; on sait 
en effet que cette oeuvre avait 6t6 6crite pour 
Londres. B. avait coutuiye de composer lui- 
m&me la musique de certains de ses r61es et se 
rendit populaire par maint intermede dont il 
Mait l'auteur. II perdit la fortune considerable 
qu'il avait amass£e, dans l'entreprise du Kolos- 
seum (1831) et du thtotre St-James (1836). 

Brah-Muller, Karl-Friedrich-Gustav (Mcl- 
ler, connu comme compositeur sous le nom 
de B.), ne A Kritschen pres Oels (Sitesie) le 7 oct. 
1839, m. A Berlin le 1" nov. 1878 ; fr£quenta le 
s6minaire de Bromberg s/ la Braa, oil il publia 
ses premieres ceuvres (d'oii le nom de Brah), 
fut pendant quelques temps maitre A Pleschen, 
puis A Berlin. 11 acheva ses Etudes musicales 
dans cette demtere ville, sous la direction de 
Geyer et de Wtterst et fut nomni6, en 1867, 
maitre a Tlnstitut de musique Wandelt. B. com- 
posa des morceaux de piano, des lieder, quel- 
ques operettes, etc ; un quatuor dp sa compo- 
sition fut couronn£ en 1875, a Milan. 

Brahms, Johannes, le plus grand des Mai- 
tres contemporains, n£ A Hambourg le 7 mai 
1833. Son pere, contrebassiste dans Torchestre 
de la ville, lui donna les premieres lemons de 
musique puis confia le reste de son education 

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100 



BRAHMS 



musicale a Edouard Marxseu. La chaude re- 
commandation de Schumann, dans la Neue 
Zeitschrift fur Musik du 23 oct. 1858, attira 
1'attention des musiciens, du public et des 6di- 
teurs sur le jeune homme qui, dans la suite, 
parcourut lentement mais surement le cbemin 
qui conduit a une gloire artistique durable. 
Apr6s une activity de plusieura ann£es comme 
chef d'orchestre a la cour du prince de Lippe, 
a Detmold, B. se retira dans sa ville natale, 
r adonnant avec zele a retude des maitres an- 
ciens et compliant serieusement sa culture ge- 
nerate, II se rendit ensuite, en 1862, a Vienne 
qui devint sa seconde patrie, car, s'il est vrai 
qu'il quitta cette ville en 1864 deja, apr£s y 
avoir dirige pendant une ann&e seulement la 
« Singakademie », il est certain d'autre part 
qu'il ne 'se trouva jamais bien ailleurs (Ham- 
bourg, Zurich, Baden-Baden, etc.)- U revint aux 
bords du Danube en 1869 et conduisit (1871 a 
1874) les concerts de la Society des amis de la 
musique (« Gesellschaftskonzerte ») jusqu'au 
moment ou Herbeck, qui avait entre temps 
donn£ sa demission de chef d'orchestre de la 
cour, les reprit ; le jeune maltre quitta de nou- 
veau Vienne, pour aller habiter non loin de 
Heidelberg, mais y rentra definitivement vera 
1878. B. recut de TUniversite de Cambridge 
(1877) et de celle de Breslau (1881) le titre de 
D v phiL hon. c. ; le gouvernement prussien le 
nomma en 1886 chevalier (pourvu du droit de 
vote) de Fordre « pour le m^rite » et membre de 
TAcademie des Beaux-Arts de Berlin, enfin sa 
ville natale lui offrit en 1889 la bourgeoisie 
d'honneur. 

C'est le sentiment profond et sincere, se ma- 
nifestant toujours sous la forme la plus choisie 
de rexpression, qui classe B. au rang des artis- 
tes immortalises par leurs oeuvres. Toutes ses 
compositions (a l'exception de quelques-unes 
seulement, dans lesquelles 1' em phase et la ru- 
desse exag^ree trahissent un talent encore en 
formation) gagnent a etre connues de pr^s et 
etudiees a fond. Les harmonies en sont riches 
et nouvelles, ce qui est un obstacle sans doute 
a la comprehension immediate des diverses 
ipnvres, mais leur assure du moins un inte- 
ret durable ; la rythmique de B. pent etre consi- 
d6ree a juste titre comme la continuation di- 
rect e de celle de Beethoven, pour autant qu'elle 
s eioigne de la maniere de Schumann (rythme 
marque, maintenu pendant toute la dur^e d'un 
morceau qui, naturellement, ne peut etre que 
de dimensions restreintes) et recherche de nou- 
veau la variete organique et le raffinement de 
iiguration dans le travail thematique. La syn- 
cope dont l'emploi, chez B., etait au debut quel- 
que peu exagere, semble se retirer de plus en 
plus dans les parties secondares d'accompa- 
gnement. (Test de main de maitre que B. peint 
ou mieux crde un etat d'ame, et sa riche palette 
possede plus qu'aucune autre, non seulement 
les teintes sombres qui sont la caracteristique 
du grand art de not re epoque, mais aussi les 
teintes doucement harmonieuses, reflets d'une 
clarte surnaturelle qui penetre Tame jusqu'en 



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ses plus intimes profondeurs et la remplit a la 
fois de paix et d'adoration. 

Grace a la recommandation de Schumann, B. 
fut immediatement remarque, mais le grand 
public ne commenca a comprendre son impor- 
tance que iors de l'execution, en 1868, de son 
• Requiem allemand » (op. 4§). Gette oeuvre a la 
fois grandiose et cliarmante fut une veritable 
revelation pour tous ceux qui jusqu'alors 
avaient consider B. comme un simple cher- 
cheur raflin£ et subtiL A partir de ce moment, 
chaque cpuvre du mattre a ete attendue avec 
interet et accueillie avec une joie toujours crois- 
sante. En France et en Belgique B. n'est pas 
encore connu comme il devrait retre, cepen- 
dant, grace aux efforts persev£rants de quel- 
ques critiques en vue (H. Imbert et d'autres), 
les chefs d'orchestre et les virtuoses ont com- 
mence ces dernieres ann£es a reveler au public 
les o?uvres les plus remarquables du maitre. 
Nous donnerons ici une liste complete des oeu- 
vres de B. publiees jusqu'a ce jour (1895), en 
laissant naturellement de cote lee nombreux 
arrangements : 

A. Orghestre: 2 Serenades (op. 11, r£maj., 
pour grand orch. ; op. 16, la maj., pour petit 
orch.) ; 4 symphonies (op. 68, ut min. ; op. 73, re 
maj. ; op. 90, fa maj. ; op. 98, mi min.) ; varia- 
tions sur un theme de Haydn (op. 56) ; Ouver- 
ture de Fete academique (op. 80, ecrite en ma- 
niere de remerciements a TUniversite de Bres- 
lau, pour sa nomination de D r phil. hon. c.) ; 
Ouverture tragique (op. 81). — B. Concertos : 
2 concertos de piano (op. 15, ri min. ; op. 83, $t 
bemol maj.) ; un concerto de violon (op. 77, ri 
maj.) ; un double-concerto pour violon et vio- 
loncelle (op. 102, la min.). — G. Chant et or- 
chkstrb : Ave Maria pour voix de femmes et 
orchestre ou orgue (op. 12) ; Begrdbnissgesang 
pour voix d'hommes et instr. a vent (op. 18); 
Ein deutsches Requiem pour soli, chceurs et 
orchestre (op. 45) : Triumphlied, pour chceur k 
8 voix et orchestre (op. 55) ; Schicksalslied, pour 
choeur et orchestre (op. 54) ; Gesang der Par- 
zen, pour cho?ur a 6 voix et orchestre (op. 89) ; 
RinaldOi pour choeur d'hommes, tenor solo et 
orchestre (op. 50) ; Rhapsodie, pour alto solo, 
choeur d'hommes et orchestre (op. 53); Naenie. 
pour chaw et orchestre (op. 82) ; Das Lied vom 
Herrn von Falhenstein, pour choeur d'hommes 
et orchestre (op. 43, iv). — D. Musique de cham- 
bre : deux sextuors pour instr. a archet (op. 18, 
si bemol maj. ; op. 36, sol maj.) ; deux quintettes 
id. (op. 88, fa maj. ; op. Ill, sol maj.) ; un quin- 
tette pour instr. a archet et clarinette (op. 115) ; 
trois quatuors pour instr. a archet (op. 51, ut 
min. et la min. ; op. 67, si bemol maj.); un quin- 
tette avec piano (op. 34, fa min.); trois quatuors 
avec piano (op. 25, sol min. ; op. 26, la maj. ; op. 
60, ut min.) ; quatre trios avec piano (op. 8, si 
maj. [entieremenl refondu en 1891] ; op. 40, mi 
bemol maj. [avec cor ou violoncelle ad lib.] ; 
op. 87, ut maj. ; op, 101, ut min.) ; un trio pour 
piano, clarinette et violoncelle (op. 114) ; 2 so- 
nates pour violoncelle (op. 88, mi min. ; op. 99, 
fa maj.); 8 sonates pour violon (op. 78, sol maj.; 

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BRAMBACH 



BRANDES 



101 



op. 100, la maj. ; op. 108> r^ min.) ; 2 sonates 
pour clarinette (op. 120, fa min. et mi b6mol 
maj.). — E. Piano : a.) k quatre mains : varia- 
tions sur on theme de Schumann (op. 23); Val- 
ses(op.39) ; Danses hongroises (quatre cahiers); 
b.) a deux mains : trois sonates (op. 1, ut maj. ; 
op. 2, fa dieze rain. ; op. 5, fa min.) ; quatre bal- 
lades (op. 10); Scherzo (op. 4) ; deux RhapsodieB 
(op. 79) ; pieces pour piano (Capricci el Inter- 
me* si, op. 76): fantaisies (deux cahiers, op. 
116); Intermezzi (op. 117); six pieces pour 
piano (op. 118), quatre id. (op. 119); des varia- 
tions (op. 9 [th&me de Schumann], op. 21, op. 24 
[theme de Haendel], op. 35 [etudes sur un 
theme de Paganini]) et des Etudes (sur une 
etude de Chopin, le Perpetuum mobile de 
Weber, un Presto de Bach [deux fois], la Cha- 
conne en rb min. de Bach [pour la main gau- 
che seule) et 5 exercices. — F. (Euvres cho- 
rales: a. religieuses : Geistliches Lied (op. 
30, avec orgue) ; Der 23. Psalm (op. 27, pour 
voix de femmes et orgue) ; Marienlieder (op. 
22); deux motets (op. 29, A cinq voix); deux 
motets (op. 74, a quatre voix); trois chceurs 
pour voix de femmes (op. 37) ; trois motets (op. 
110, k quatre et k huit voix); b. profanes : op. 31 
(trois quatuors avec piano) ; op. 42 (trois chceurs 
a six voix) ; op. 62 (sept lieder) ; op. 64 (trois 
quatuors avec piano) ; op. 92 (quatre quatuors 
avec piano) ; op. 93 a (six lieder el romances a 
quatre voix); op. 98 b (Taffellied, k six voix); 
Liebeslietiertcaher (op. 52 et 65, avec ace. de 
piano k quatre mains) ; Zigeunerlieder (op. 103 
etll2, a quatre voix avec piano); op. 105 (a 
cappella pour choeur mixte); op. 17 (quatre 
chants pour voix de femmes, deux cors et 
harpe) ; op. 44 (douze lieder et romances pour 
voix de femmes et piano ad lib.) ; op. 41 (cinq 
lieder pour voix d'hommes) ; Deutsche Fest-und 
Gedenkspriiche (op. 109, pour double choeur). — 
0. Duos : op. 20 (trois, pour soprano et alto), 
op. 28 (quatre, pour alto et baryton), op. 61 
(quatre, pour soprano et alto), op. (56 (cinq, pour 
soprano et alto), op. 75 (Ballades et romances). 
/—M. LiEDffR : op. 3, 6, 7, 14, 19, 32, 33 ( Magel- 
fUmenromanzen), 43, 46, 47, 48, 49, 57, 58, 59, 
63, 69, 70, 71, 72, 84, 85, 86, 91 (avec viola alta), 
94, 95, 96, 97, 105, 10(5, 107, 108, 109, des Volks- 
hmdertieder (avec piano) et Mondnacht. — 
J. Orgue : pr&lude et fugue en la min., fugue en 
la b&nol min. - 

H. Deiters a puhlie en 1880 une interessante 
caraeteristique de Brahms; cf. aussi B. Vo- 
gel, Johannes Brahms ; L. Kohler, Johannes 
Brahms et les Etudes de H. Imbert et Leonce 
Mesnard (Essais de aritujuemusicale HI, 1892). 
Brambach. 1. K. Joseph, ne a Bonn le 14 juil. 
1833, Sieve du Conservatoire de Cologne (1851 a 
1&4), obtint le prix de la fondation Mozart de 
Francfort et devint alors P£l£ve particulier de 
FenL HUler, k Cologne. D fut de 1&58 k 1861, 
maitre au Conservatoire de (Cologne, puis k 
partir de 1861 directeur de musique de la ville 
de Bonn ; en 1869, il abandonna ses fonctions 
et se voua d6s lors exclusivement a Tenseigne- 
ment et a la composition. B. s'est fait connaitre 



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IC 



surtout par de grandes oeuvres chorales: Trost 
in Tonen, Das eleusische Fest (avec solos,), 
Fruhlingshymnus , Morgensehnsucht , pour 
choeur mixte et" orchestre ; Die Macht des Ge- 
sangs, Velleda 9 Alceslis, Prometheus (coxxronn^ 
en 1880 par la societe des Chanteurs du Rhin), 
Columbus (1886) et Loreley (alto solo) pour 
choeur d'hommes et orchestre. 11 a publie en 
outre un certain nombre d'umvres chorales de 
moindres dimensions : Germanischer Sieges- 
gesang, Das Lied vom Bhein, etc, des lieder 
avec piano, des duos, un quintette pour instr. 
k archet. un sextuor avec piano, deux quatuors 
avec piano, un concerto de piano, une ouver- 
ture de concert (Tasso), etc. — - 2. Wilhelm, 
philologue de m6rite, n£ k Bonn le 17 dec. 1841 ; 
fut nomine en 1866 professeur extraordinaire et, 
en 1868, professeur ordinaire de philologie a 
rUniversit£ de Fribourg en Brisgau. D est de- 
puis 1872, biblioth£caire en chef de la » Hof- 
und Landesbibliothek » de Carlsruhe. En plus 
de ses travaux philologiques, B. a public de 
precieuses monographies musicales : Das Ton- 
system und die Tonarlm des christlichen 
Abendlandes im Mittelalter, etc. (1881), Die 
Musihlitteratur des Miltelatters bis sur Blxite 
der lieichenaiier Sangerfchule (1883), Her- 
manni Contracti musica (1884), Die Reiche- 
nauer Sangerschule (1888j. 

Brambilla. 1. Paolo, ne a Milan en 1786, lit 
represeuter quatre operas-eomiques, de 1816 a 
1819, k Milan et a Turin et neuf ballets, de 1819 
a 1833, k Milan. — 2. Marietta, nee k Cassa- 
no d'Adda en 1807, m. a Milan le 6 nov. 1875; 
£l&ve du Conservatoire de sa ville natale, de- 
buta a Londres, en 1827, dans le role d'Arsaces 
de la « S6miramide » de Rossini. Elle remporta 
un grand succes et fut pendant nombre d'an- 
nees Tune des etoiles des theatres de Londres, 
Vienne et Paris. B. fut k la fin de sa carriere 
Tun des professeurs de chant les plus reeher- 
ch£s de Milan ; elle a public des vocalises, des 
melodies, etc. 

Brancaccio, Antonio, ne a Naples en 1813, m. 
dans la ra&me ville le 12 f&vr. 1846 : eleve du 
Conservatoire de Naples, cVst en cette ville 
qu'il debuta comme compositeur sceuique, avec 
J Pfunduri (1843), suivis bientot de: II morto 
ed il vivo ; Lassedio di Constantina ; 11 pun- 
tiglione ; L f incognita (Doppo 15 anni) ; Un 
nuitrimonio in accademia ; La loita di duje 
vastase, etc. Trois operas poslhumes sont en- 
core connus, dont Tun, Lilla, fut donne k Ve- 
nise, en 1848. 

Brandeis, Friedrich, pianiste et composi- 
teur, ne a Vienne en 1832 ; eleve de Fischhof et 
Czerny pour le piano, et de Rufinatscha pour 
la composition. II se rendit en 1848 k New- York, 
ou il occupe une situation importante, comme 
maitre de piano. B. a publie des ceuvres pour 
piano (entre autres une sonate), des melodies, 
un andante pour orchestre et une ballade pour 
chceurs, solos et orchestre. 

Brandos, Emma, nee dans les environs de 
Schwerin le 20 janv. 1854 ; pianiste de talent, 
eleve d 'Aloys Schmitt et du pianiste de la cour 

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102 



BRANDL 



Goltermann, a £pous6 le cetebre physiologiste 
Engelmann, a Utrecht 

Brandl. 1. Johann, ne au convent de Rohr, 
pr&s Ratiabonne, le 14 nov. 1760, directeur de 
musique de la cour A Carlsruhe, m. le 96 mai 
1837. II a compost des Messes, des oratorios, 
des symphonies, un opera et une quantity 
d'oeuvres de moindre importance. — 2. Johann, 
n£ en Bohdme le 30 aofit 1835, fit representor A 
partir de 1869, a Vienne, six op£rettes-bouffes. 

Brandstetter, v. Garbrecht. 

Brandt, Marianne (de son vrai nom Marie 
Bischof), n&e A Vienne le 12 sept. 1842; fut 616ve 
de M ro « Marschner,au Conservatoire de Vienne, 
eut son premier engagement en 1867 A Graz et 
fit partie, de 1868 A 1886, de l'Op^ra de Berlin, 
dont elle 6tait Tune des cantatrices (alto) les 
plus estimees. Elle 6tudia de nouveau pendant 
les vacances de 1869-1870, aupr£s de M m « Viar- 
dot-Garcia, A Paris. Wagner l'avait choisie pour 
cr6er le role de Sundry, A Bayreuth, en 1882; 
elle faisait encore partie en 1886 de la troupe 
d'opera allemand, A New- York. 

Brandts-Buys, famille de musiciens n£erlan- 
dais; le p£re, Cornelius-Alexander, n£ A Zalt- 
Bommel le3avr. 1812, fut A partir de 1840, orga- 
niste et directeur de "musique A Deventer (aussi 
-compositeur). Ses fils : Marius-Adrianus, n6 A 
Deventer le 31 oct. 1840, depuis 1864 A Zutphen 
(methode d*orgue,etc): Lud^ig-Fklk, ne A De- 
venter le 20 nov. 1847, organiste et directeur de 
musique A Botterdam (auteur de grandes 
oeuvres vocales); Henry, ne a Deventer le 
20 avr. 1851, depuis 1878 directeur de V « Amstels 
Mannenkoor », A Amsterdam (a ecrit un opera, 
Albrecht Beyling-, donne A Amsterdam en 1891, 
un grand nombre de choeurs pour voix d'hom- 
mes, etc.). 

Brand us, Duiour et C le , important^ maison 
d'6dition de Paris, fondle par Maurice Schle- 
singer (v. ce nom) en 1834 et reprise en 1846 
par les freres Louis B. (m. le 30 sept 1887) et 
Gemmy B. (ne en 1823, m. le 12 tevr. 1873). 

Branle (bransle), ancienne danse frangaise 
d'un mouvement mod6r£ et de rythme binaire. 
Comme toutes les danses anciennes, le b. est 
pourvu de chant, chaque strophe 6tant suivie 
d'un refrain (en all. « Biugelreihen » ). 

Brant, Jobst ou Jodocus vom, le Jeune, capi- 
taine si Waldsachsen et gouverneur A Lieben- 
stein. Son ami Georg Forster (1549 et 1556) l'ap- 
pelle un compositeur tout A fait charmant, 
« ein fein liebiicher Komponist ». 54 chants alle- 
mands harmonises et un motet A 6 voix nous 
sont parvenus et nous prouvent en effet que B. 
6tail non-seulement un contra puntiste remar- 
quable, mais un musicien a Inspiration sin- 
cere et profonde. (Cf. Eitner, Bibliographie der 
Mnsiksnmmelicerke, etc, 1877). 

Brassin. 1. Louis, ne A Aix-la-Chapelle le 24 
juinl840,m a St-P£tersbourg le 17 mai 1884; 
pianiste distingue, £l£ve de son pere Louis B. 
(chanteur scenique, baryton au thedlre de 
Leipzig, de 1847 A 1859), puis de Moscheles au 
Conservatoire de Leipzig. II fut d'abord (1866) 
mattre de piano au Conservatoire Stern, A Ber- 



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IC 



BREIDENSTEIN 

lin, puis de 1869 A 1879 au Conservatoire de 
Bruxelles et A partir de ce moment A celui de 
St-P6tersbourg. II convient d'accorder une men- 
tion sp^ciale, parmi les nombreuses composi- 
tions pour piano de B. aux douze Etudes parues 
sous le titre d'Ecole moderne du piano. B. a 
aussi 6crit la musique de deux operettes, Der 
Thronfolger (Bruxelles, 1865) et Der Mission- 
nar. VL eut deux fr&res, 6galement musiciens.— 
2. Leopold, n£ A Strasbourg le 28 mai 1843, 
m. A Constantinople en 1890, fut pianiste de la 
cour du due de Cobourg, mattre de piano A F£- 
cole de musique de Berne et v&cut aussi un cer- 
tain temps A St-P6tersbourg. — 3. Gerhard, ne 
A Aix-la-Chapelle le 10 juin 1844, violoniste de 
talent: fut mattre de violon A l'&cole de musi- 
que de Berne (1863), puis concertmeister A Go- 
tenburg (Sudde), mattre au Conservatoire Stern 
a Berlin (1874) et directeur de la Society des mu- 
siciens A Breslau (1875 a 1880). n v£cut ensuite 
A St-P6tersbourg. B. a public des morceaux de 
valeur pour violon seul. 

Bratsch, Johann-Georg, n£ A Zell le 18 f£vr. 
1817, m. A Aschaffenbourg le 30 sept. 1887 ; fut 
pendant nombre d*ann£es directeur de l'Ecole 
royale de musique A Wtlrzbourg, devint en 
1872 directeur de musique de l'lnstitution 
rovale A Aschaffenbourg et fut pensionn£ en 
1883. 

Bravo, (ital.), terme usuel d'appobation, au 
superlatif : bravissimo. Les Italiens crient bravo 
bravissimo (plur. bravi) A un artiste, bravo, 
bravissima, (plur. brave) A une artiste. 

Bravoure, (ital. Bravura), terme dont on se 
sert pour indiquer une ceuvre od abondent les 
difficult&s techniques ; air de bravoure, mar- 
ceau de b. % allegro di bravura, valse de b. 9 etc. 

Brebos, Gillbs, v. Gilles. 

Bree, Jean-Bernard van, n6 A Amsterdam le 
29 janv. 1801, m. dans la m&ne ville le 14 fevr. 
1857; £l£ve de Bertelmann, fut nomm6 en 1829 
directeur artistique dela soci&e c Felix mentis », 
fonda en 1840 la soci£t£ Ste-C6cile qu'il dirigea 
jusqu'a. sa mort et fut en m£me temps directeur 
de l'Ecole de musique de la soci&6 pour Ten- 
couragement de Tart musical. B. est 1'auteur 
d'un grand nombre d'eruvres instramen tales et 
vocales (opera ; Sapho, 1834). 

Breidenstein, Hkinrich-Karl, ne a Steinau 
(Hesse) le 28 fevr. 1796, m. A Bonn le 13 jail. 
1876: &tudia le droit, puis, A Heidelberg, la phi- 
lologie et entra en relations avec Thibaut. II fut 
d'abord instituteur chez le comte Wintzingerocle 
A Stuttgart, puis mattre sup^rieur A Heidelberg. 
En 1821, il se rendit A Cologne ou il fit des con- 
ferences sur la musique et fut appel6, en 182H, 
aux fonctions de directeur de musique de l'Uni- 
versit£ de Bonn; il donna, en quality de privat- 
docent, un cours de musique et fut nomm£ plus 
tard professeur ordinaire. B. fut le premier 
instigateur de Erection du monument de Bee- 
thoven, A Bonn; il publia. du reste, un petit 
ouvrage A Toccasion de Inauguration de ce mo- 
nument et fit ex£cuter une cantate de sa com- 
position. Les plus connues de ses oeuvres sont 
quelques chorals: sa methode de chant, Stn//- 

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BREITKOPF ET H-ERTEL — BRENET 



103 



schule, etait autrefois tr£s r&pandue. De pr£- 
cieux mat&iaux pour un trait* de l'orgue sont 
actuellement en possession de M. Hugo Bie- 
mann. 

Breitkopf et Hsertel, tr&s importante maison 
Sedition musicale k Leipzig, fondle en 1719, 
■comme imprimerie d'abord, par Bernhard- 
€hristoph Breitkopf de Klausthal dans le 
Harz (n£ le 2 mars 1695, m. le 26 mars 1777). 
Son fils, Johann-Gottlob-Immanuel Breitkopf 
<ne le 23 nov. 1719, m. le 28 janv. 1794) entra 
dansle commerce en 1745; la raison de com- 
merce ^tait en 1765 deja: «B.-C. Breitkopf u. 
Sohn ». A la mort de son pere, Immanuel Breit- 
kopf prit k ltd seul la direction de la maison. 
Son nom a une importance capitate dans l'his- 
toire de l'impression mnsicale; ce fut lui en 
effet qui mit k la hauteur des besoins moder- 
nes le syst&me d' impression musicale typogra- 
phique de Petrucci. (v. impression). Cette in- 
vention que Ton pent consid^rer comme abso- 
loment nouvelle trouva de nombreux adeptes 
et imitateurs , cependant c'est bien k son au- 
teur qu'elle rapporta le plus. Celui-ci donna 
aossi une vive impulsion au commerce de mu- 
sique, en amassant un fonds considerable 
d'ceuvres manuscrites et imrprimees ainsi que 
d'ouvrages de literature musicale, et en pu- 
bliant des catalogues im primes. Immanuel 
Breitkopf est Tauteur de diverges Etudes: 
Ueber die Geschichte und Erfindung der 
Buchdruckerhunst (1779); Versuch, den Ur- 
sprung der Spielkarten, die Einfiihrung des 
Leinenpapiers und den Anfang der Holz- 
schneidehunst in Europa zu erforschen (1784) ; 
Ueber Schriftgiessereitmd Stempelschneiderei; 
Ueber Bibliographic und Btbliophilie (1798). A 
sa mort, ce fut son fils Christoph-Gottlob 
Breitkopf, n& le 22 sept. 1750, qui entreprit le 
commerce ; mais il 1'abandonna bientdt entte- 
rementd son ami, associ£ et hSritier G.-C. 
Haertel, et mourut dejA le 7 avr. 1800. — Gott- 
FRffiD-GHRi^roPH-HiERTEL (n6 k Scbneeberg le 
27 janv. 1763, m. le 25 juiL 1827) transforma 
l'ancienne raison de commerce en B. et H. ; il 
augmenta encore l'importance de la maison 
par l'adjonction d'une fabrique de pianos qui 
parvint k une tr& grande renommSe. D publia 
& partir du mois d'octobre 1798 YAllgemeine 
musxhalische Zeitung, le premier journal de 
mosique dont la r6ussite fut de quelque dur6e, 
fit une edition complete des oeuvres de Mozart 
et de Haydn, in troduisit l'impression au moyen 
de planches detain et, d'accord avec l'inventeur 
de la lithographic (Senefelder), se sen-it de 
celle-ci, a partir de 1805, pour 1'impression des 
litres de morceaux. Ce fut aprds lui, son neveu 
Florenz Haprtel qui dirigea la maison pour le 
compte des heritiers, jusqu'au jour ou le fils 
aln6 de Gottfried, D F Hermann Haertel (ne le 
27 avr. 1803, m. 4 Leipzig le 4 aout 1875) en de- 
vint le chef, en 1885. Ce dernier avait 6pous6 
la pianiste Louise Hauffe (n6e k Dftben le 
2 janv. 1837, m. k Leipzig le 20 mars 1882) ; son 
frere, le conseiller municipal Raimund Haertel 
(n61e9 juin 1810, m. k Leipzig le 10 nov. 1888) 



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partageait avec lui la haute direction des affai- 
res. Ces deux hommes, longtemps k la tete du 
commerce de librairie k Leipzig, ne se conten- 
tment pas demaintenir les bonnes traditions de 
la maison, ils en firent encore grandir la repu- 
tation. C'est k eux que nous devons les Editions 
critiques monumentales des oeuvres completes 
de Beethoven, Mozart et Mendelssohn, et c'est 
chez eux que furent imprimSes et gravies cel- 
les de Bach et de Palestrina. Leur fonds d'6di- 
lion d^passe 16000 num&ros. Derni&rement en- 
core B. et H. ont entrepris la publication d'oeu- 
vres classiques k bon march* (Volhsausgaben). 
L'6dition d'ouvrages de literature musicale a 
pris aussi un dSveloppement considerable en 
ces dernteres annees. Apr£s la mort de Her- 
mann H*ertel et la retraite de Bairn und (3880), 
les fils de leurs deux soeurs prirent la succes- 
sion : Wilhelm Volkmann (n£ k Leipzig le 12 
juin 1887, fils du c£l£bre physiologiste de Halle) 
et D r Oskar (von) Hase (ne k lena le 15 sept 
1846, fils d'un historien de l'6glise, professeur 
a l'universit* de cette ville). Le D r Hase est 
Tauteur d'une interessante monographie sur 
l*etat de la librairie au xvi« s. : Die Koberger 
(2™ £d. 1885). 

Brendel, Karl-Franz, n* k Stolberg le 26 
nov. 1811, m. k Leipzig le 25 nov. 1868; 6tudia 
la philosophic k Leipzig, travaillant en mtane 
temps le piano avec Fr. Wieck, prit ses grades 
k Berlin et se voua k la musique k partir de 
1848 seulement. B fit, k Freiberg d'abord, puis 
k Dresde et k Leipzig, des conferences musica- 
les ; il prit, en 1844, la redaction de la Neue 
Zeitschrift fur Musih, fondle en 1884 par Schu- 
mann et continua k y difendre les id6es de 
l'^cole n*o-allemande. Une publication men- 
suelle qu'il avait cr£6e, avec B. Pohl, Anre- 
gungen fur Kunst, Leben und Wissenschaft 
(1856 k 1860), poursuivait les m&mes tendances. 
II devint, peu apr6s, professeur d'histoire de la 
musique au Conservatoire de Leipzig; mais 
cette situation arrMa, pour ainsi dire, son d6ve- 
loppement et Tempgcha de suivre d'une manure 
cons^quente la marche de Liszt et de Wagner. 
B. etait membre fondateur de YAllgemeiner 
deutscher Musikverein (1861), il le pr£sida 
pendant nombre d'ann£es. TL a public, en plus 
de ses nombreux articles de journaux : Grund- 
zuge der Geschichte der Musik (1848; 5»» 6d. 
1861 ; 6»« 6d., rem par le D' W. Kienzl, 1887) ; 
Geschichte der Musih in Italien, Deutschland 
und Franhreich von den ersten christlichen 
Zeiten an, etc. (1852, 2 vol. ; 7 m « &i. revue par 
F. Stade, 1888) ; Die Musih der Gegemoart und 
die Gesamthunst der Zukunft (1854) ; Franz 
Liszt als Symphoniker (1859); Geistund Tecli- 
nih im Klavienmterricht (1867). 

Brenet, Michel, musicographe francais de 
grand m^rite, n6 k Lun6ville le 12 avr. 1858, 
fix6 k Paris depuis 1871, a public : Histoire de 
la Symphonic a orchestre, depuis ses origines 
jusqu* a Beethoven inclusivement(l&&) ; Gritry, 
sa vie et ses oeuvres (1884; couronn£ par 1' Aca- 
demic royale de Belgique) ; Deux pages de la vie 
de Berlioz (1889); Jean de Ockeghem (1893), 

UNIVERSITY0F MICHIGAN 



104 



BRESLAUR — BRICGIALDI 



d'apr&s des documents inedits,ouvrage des plus 
remarquables). II a fourni des articles d'his- 
toire et de critique musicales au MSnestrel, aux 
Archives historiques t artistiques et Utteraires 
(1889-1891), et collabore au Guide musical, k 
la Grande Encyclopedic, au Correspondent 
(Gounod et la musique sacree, 10 dec. 1893; 
Palestrina, 10 mai 1894), k la Gazette musicale 
de la Suisse romande y etc. 

Breslaur, Emil, n£ k Cottbus le 29 mai 1886, 
fr£quenta le gymnase de sa ville natale et le 
s&ninaire de Neuzelle, puis fut nomm6 maltre 
de religion et prMicateur de la commuuaute 
israelite de Cottbus, apres avoir subi un exa- 
men avec grand succ&s. En 1863, il transfera 
son domicile k Berlin pour s'y vouer enttere- 
ment k la musique; il suivil, pendant quatre 
ann6es, les cours du Conservatoire Stern, ou 
il eut pour maltre Jean Vogt, H. Ehrlich (piano), 
Fl. Geyer. Fr. Kiel (composition), H. Schwant- 
zer (orgue) et J. Stern (jeu des partitions, direc- 
tion). De 1868 k 1879, B. fut maltre de piano et 
de th£orie, puis de p&dagogie du piano k Taca- 
d£mie fondle par Kullak. II succ&da k Stern, en 
1888, comme directeur des choeurs de la syna- 
gogue r£form£e. 11 se fit aussi connattre comme 
critique musical (Spenersche Zeitwng, Frern- 
denblatt) et fonda en 1879 la « Society des 
raaltres et mattresses de musique de Berlin ». 
Gette society, grAce aux efforts de B. et k Tin- 
fluence de son organe (Der Klavierlehrer), se 
transforma,sept ansplus tard (1866), en « Asso- 
ciation des maitres de musique allemands*. 
B. est k la fois fondateur et directeur d'un 
conservatoire avec s£minaire pour la formation 
de maitres et de mattresses de musique. II re?ut 
le titre de « professeur », apr&s la publication 
de son ouvrage intitule : Die technische Grund- 
lage des Klavierspiels (1874). L/Acad^mie phil- 
harmonique de Bologne lui conf&ra, en 1889, 
le titre de membre honoraire. Mais c'est comme 
rSdacteur de son journal p£dagogique, Der 
Klavierlehrer (depuis 1878), et comme auteur 
d'une Noten-Schreibschule parue chez Breitkopf 
et Hiertel, que B. s'est surtout cr£e un renom. II 
a, en outre, ecrit un certain nombre de choeurs, 
de lieder, de morceaux de piano, une methode 
de piano (Klarierschule) et un guide de pia- 
niste (Fiihrer durch die Klavierunterrichtslit- 
teratur), etc. II a public quelques brochures : 
Zur methodischen Uebung des Klavierspiels ; 
Der entwichelnde Unterricht in derHarmonie- 
lehre; Ueber die schddlichen Folgen des un- 
richtigen Uebens, et une collection d'articles de 
divers auteurs, sous le titre : Methodik des Kla- 
vierunterrichts in Einselaufsdtsen (1887). B. a 
r&iige la onzieme edition du Musikalisches 
Konversationslexikon de Schubert (1892). 

Breunung, Ferdinand, ne k Brotterode, dans 
le Harz, le 2 mars 1830, m. & Aix-la-Chapelle 
le 22 sept. 1883; £16ve du Conservatoire de 
Leipzig, succ£da k Reinecke, en 1855, comme 
professeur de piano au Conservatoire de Colo- 
gne. D fut nomm6 plus tard, en 1865, directeur 
de musique de la ville, & Aix-la-Chapelle. 

Breval. 1. Jean-Baptiste, ne dans le departe- 



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ment de l'Aisne en 1756, m. k Chamomile prte 
Laon en 18&>; premier violoncelliste de l'or- 
chestre de 1'Opera et professeur au Conserva- 
toire de Paris. II fit valoir ses droits k la pen- 
sion de retraite en 1802, lors de la reorganisa- 
tion du conservatoire. B. a 6crit beaucoup de 
musique instrumentale, surtout des concertos^ 
et de la musique de chambre pour instr. k ar- 
chet, ainsi qu'un opera : Ines et Leondre (1788). 
— 2. Lucienne, de son vrai nom Brennwald, 
nee k Geneve le 5 d6c. 1870, £l£ve du Conser- 
vatoire de Paris oil elle remporta en 1890 le 
premier prix d'op£ra. Cantatrice des plus re- 
marquables, elle a d£but6 a FOpSra en 1892 et 
y cr^ait tout r£cemment le role de Yamina dans 
la Montagne Noire d'A. Holmes (fevr. 1895). 

Breve (Brevis), — j, la troisieme valeur de 
note dans la musique proportion nelle, *~ V* on 
Va de longue, suivanl la proportion indiqu£e au 
debut ; cf. proportionnelle. On ne rencontre la 
br&ve dans notre notation actuelle que dans la 
gra'nde mesure alia breve (f); elle prend alors 
la valeur de l'unite de mesure, c.-A-d. de deux 
semibreves ou rondes. Pour ce qui concerne la 
b. dans les ligatures cum irroprietate et sine- 
perfectione, v. ligature, propriktas, wpkr- 
fectio. I^a br£ve est le plus souvenl not£e de 
nos jours comme suit : '<sl . 

Br^ville, Pierre de, n6 a Bar-le-Duc (Meuse> 
en 1861, fit son droit en vue de la carriere di- 
plomatique k laquelle le destinaient ses parents,, 
mais suivit en m£me temps les cours de Th. 
Dubois au Conservatoire de Paris et ne tarda 
pas k abandonner complement les affaires 
6trahg&res. II devint alors 61&ve de C6sar 
Franck dont il est rest6 Vun des plus fervents 
admirateurs. B. a £crit surtout de la musique 
religieuse (une Messe, des motets k une ou plu- 
sieurs voix, des choeurs liturgiques, une scene 
mystique Sainte Rose de Lima, pour chceur de 
femmes, solo et orchestre, et Bemadette pour 
une voix seule), mais aussi des pieces orches- 
trales (Nuit de De'cembre ; ouverture pour la 
Princesse Maleine de Maeterlinck : introduction 
et musique de sc£ne pour les Sept Princesses* 
du m£me; musique de scene pour Sakountala* 
de Kalidasa), des (puvres pour voix et orchestre 
(La tile de Kenuxirch [Leconte de Lisle Jr 
Mideia [F. H£roldj), une fantaisie ainsi que di- 
vers morceaux pour piano, des melodies, une 
suite pour orgue, etc. B. est membre du comite 
de la t Soci£t£ Nationale », ou la plupart de ses 
oeuvres ont et£ executes. 

Briard, Ktienne, fondeur de caract&res d'im- 
primerie, k Avignon, vers 1530. Ses caract£re& 
donnaient aux notes, habituellement quadran- 
gulaires, une forme ronde et rempla^aient les 
ligatures compliqu6es par les valeurs r^elles 
des diff^rentes notes. Les oeuvres de Carpen- 
tras (v. ce nom), parues k Avignon en 1532, 
furent imprim^es par Jean de Channay avec 
des caracteres de B.; mais cette tentative resta 
isolee. 

Briccialdi, Giulio, n^ k Terni (Etats de 
l'Eglise, le 2 mars 1818, m. k Florence le 17 d£c» 
1881; excellent ttutisle virtuose, fit de longa 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BRIDGE 



BRODSKY 



105 



voyages et vecut nombre d'annees k Londres. 
Ses cBavres pour flute sont estimees. 

Bridge, 1. John-Frederich, ne a Oldburg 
(Worcester) le 5 dec. 1844 ; eteve de J. Hopkins 
et J. Goss, fut d'abord organiste de l'eglise de 
la Trinite k Windsor (18GT)), puis organiste de 
la cathedrale de Manchester (1868), suppleant 
(1875), et enfln premier organiste de l'abbaye 
de Westminster (1882). B. est en outre maitre 
de theorie au « Royal College of Music », direc- 
tear de la « Western Madrigal Society » et 
t examinator » pour la musique k J'Universit6 
d'Oxford (lui-meme avail obtenu, en 1874, le 
grade de D r mus. de lTniversite- d'Oxford, avec 
sou oratorio : Mount Moriah). B. a ecrit des 
hymnes, des cantates, des anthems, des cpuvres 
orchestrates et des catechismes (jtrimers) du 
contrepoint, du canon et de raccompagnement 
a l*orgue. — 2. Joseph-Cox, frere et eleve du 
precedent, n6 k Rochester le 16 aout 1858; etu- 
dii aussi sous la direction de J. Hopkins et de- 
vint un excellent organiste. II est, depuis 1877, 
organiste de la cathedrale de Chester, oil i) a re- 
tabli en 1879 les festivals de musique trien- 
naux qui avaient disparu une quinzaine d'an- 
nees auparavanL II obtint, en 1875, le grade de 
D r mus. de FUniversite d'Oxford. B. est Tau- 
teur d'un certain nombre d'oeuvres chorales de 
grandes dimensions (Daniel). 

Briegel, Wolfgang -Karl, ne le 21 mai 1626. 
cantor de la cour de Gotha (1650); maitre de 
chapelle k Darmstadt (1670), mourut dans cette 
ville le 19 now 1712 ; compositeur tres fecond 
d'ceuvres religieuses pour voix avec accompa- 
guement instrumental et d'oeuvres instrumen- 
tales profanes (padouanes k 4 voix ; ballets et 
courantea, 1652; intraden k 4-5 voix et senates 
pour cornets et trombones, 1669; caprices pour 
un violon, deux violes et basse, 1680; etc.). 

Brillante (ital.), brillant, edatant. 

BrillenMsse (all.), terme ironique servant k 
designer les figures de croches ou de doubles- 
eroches, abregees dans la notation comme suit : 



m 



JBt 



Brink, Jules ten, compositeur, ne k Amster- 
dam en now 18:58, m. k Paris le 6 few 1889 ; 
eleve de Heinze, dans sa ville natale, de Dupont 
i Bruxelles et d'E.-Fr. Richler k Leipzig. U fut, 
de 1860 k 1868, directeur de musique k Lyon, et 
se fixa ensuite k Paris, ou il se crea un bon re- 
nom comme compositeur. Ses oeuvres (suite 
d'orchestre, poeme symphonique, symphonie, 
concerto de violon, etc.) furent ex^cutees soit 
tux Concerts spirituels, soit dans un concert 
particulier(1878).Un opera-comique en un acte, 
Cahnice, recut un accueil favorable au theatre 
de l'Athenee (1870); un grand opera en cinq 
actes est rested manuscrit. 

Brindsmead, John, fondateur de la fabrique 
de pianos de Londres connue sous la marque 
tB. and Sons », ne k Wear-Giffard (North-De- 
von) le 18 oct. 1814, s'etablit en 1835 et prit, en 
1863, ses deux tils, Thomas et Edgard, comme 



by \j 



iL 



ic 



associes. Le cadet Edgard B. ecrivit une his- 
toire du piano (1868, refondue en 1879). 

Brio, (ita), vivacite; con b., brioso. vivement 

Brissler, Fhiedhioh-Ferdinaxd, ne a Inster- 
bourg lel8 juin 1818, m. a Berlin le 6 aout 18&3; 
elere de l'Academie de Berlin (Rungenhagen, 
A.-W. Bach, J. Schneider) et de R. Schumann, 
fit d'abord des tournees de concerts (1888-1845) 
comme pianiste, puis fut pendant nombre d'an- 
nees professeur de piano au Conservatoire 
Stem. B. s'est fait surtout connaftre par de 
nombreuses et pratiques transcriptions d'operas, 
de symphonies, etc. pour piano k deux et a 
quatre mains. 

Bristow, Georoe-F., pianiste et violoniste, 
ne a New- York en 1825 ; eleve de son pere, B. 
jouit d'une grande renominee dans sa ville na- 
tale comme pedagogue, executant et directeur. 
U est aussi estime comme compositeur (deux 
symphonies ; un opera, Rip van Winkle ; des 
oratorios, Daniel et St-Jean ; de nombreux 
morceaux de piano, des melodies, etc). B, est 
actuellement maitre de chant dans les ecoles 
de l'Etat k New- York. 

Brixi, Franz-Xavkr, compositeur remarqua- 
ble de musique d'eglise,ne a Prague en 1732, m. 
dans la meme ville le 14 oct. 1771; orphelin k 
Vkge de cinq ans, il fut eleve k ("osmanos par 
un parent ecclesiastique. Pendant le temps qu'il 
frequentait runiversiti de Prague, Segert se 
chargea de son education musicale. II fut d'a- 
bord organiste k St-Gallus, puis, en 1756, maitre 
de chapelle du dome de Prague. B. a ecrit 52 
grandes Messes, 24 Messes breves, un grand 
nombre de psaumes, de litanies, de vepres, plu- 
sieurs oratorios, requiems, etc. Ses Messes sont 
aujourd'hui encore executees en Boheme. 

Broadwood and Sons, celebre fabrique de 
pianos k Londres, fondee en 17CJ2 par un immi- 
grant suisse, Burkhard Tsciiudi (Shidi), dont 
les harpsichords furent vite renommes; on peut 
encore en voir des exemplaires aux chateaux 
de Windsor et de Potsdam. Tschudi eut comme 
associe, puis comme successeur, son gendre 
John Broadwood qui etait ebeniste de son me- 
tier. La « mecanique anglaise » du piano cons- 
truite en premier lieu en 1770 par Americus 
Backers qui, k sa mort,en l781,larecommanda 
a Broawood, n'esl autre qu'un perfectionne- 
ment de celle de Christofori-Silbermann (v. 
Piano). John Broadwood (n& en 1782) mourut 
en 1812; il eut pour successeurs James Shudi et 
Thomas Broad wood, puis Henry-Fowler Broad- 
wood, qui mourut lelOjuil. 18W. La fabrique 
a pris peu a peu une extension considerable, en 
sorte que plusieurs milliers d'instruments sor- 
tent chaque anuee des ateliers B. 

Brod, Henry, ne k Paris le 4 aout 1801, ,m. 
dans la meme ville le 6 avr. 18&), excellent 
hautboiste, professeur au Conservatoire de 
Paris. 

Broderies, syn. d'agrements, ornemenls (v. 
ces mots). 

Brodsky, Adolf, violoniste distingue, ne a 
Taganrog (Russie) le 21 mars 1851, se fit en- 
tendre en 18W deja a Odessa et attira ratteen- 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



106 



BROER — BROUCK 



tion d'un riche bourgeois de la ville qui lui 
foumit les moyens d*6tudier a Vienne aupres 
de J. Hellmesberger, puis au Conservatoire 
qu'il frSquenta de 1862 a 1863. B. joua alors 
dans le quatuor Hellmesberger et, tout en se 
faisant connaltre eomme soliste, fit parlie du 
thtatre de la cour (1868-1870). A la suite d'une 
longue tournee de concerts, il arriva en 1873 A 
Moscou, ou il se remit A travailler sous la di- 
rection de Laub ; il fut nomm6 en 1875 profes- 
seur au Conservatoire et succeda A Hrimaly, 
auquel £tait 6chue la place laissee vacante par 
la mort de Laub. En 1879, B. quilta Moscou, 
dirigea d'abord des concerts symphoniques A 
Kiew, puis recommence en 1881 sa vie errante 
de virtuose ; il joua avec un grand succ&s A 
Paris, a Vienne, A Londres et A Moscou. La di- 
rection du Conservatoire de Leipzig l'appela, 
au cours de lhiver 1882-1883, aux fonctions de 
professeur de violon, comme successeur de 
Schradieck. A partir de 1892, B. sSjourna A 
New- York, puis A Berlin ; il a accept^ en 1895 
la place de concertmeister de l'orchestre de- 
Manchester, puis celle de directeur du « Royal 
College of music ». 

Broer, Ernst, n6 A Ohlau (Sitesie) le 11 avr. 
1809, m. A Tarnopol le 25 mars 1876, violoncel- 
liste, organiste (vers 1840, A TSglise Ste-Doro- 
thee, a Breslau), maitre de chant (de 1843 A 
1884, au lycee St-Matthieu, dans la m£me ville) 
et compositeur. 

Bromel, v. Brumel. 

Bronsart de Schellendorf, Hans (Hans von 
Bronsart), pianiste et compositeur, n£ a Berlin 
le 11 tt\r. 1830 ; fils aine du lieutenant-g£n6ral 
von Bronsart. II suivit de 1849 A 1852 les cours 
de rUniversitS de Berlin, travaillant en mAme 
temps la th^orie musicale aupres de Dehn ; il 
v£cut ensuite plusieurs annees a Weimar on il 
fut r£16ve de Liszt, puis donna des concerts A 
Paris, A St-P£tersbourg et dans les principals 
Tilles d'AUemagne. B. dirigea de 1860 A 1862 
les concerts deTEuterpe A Leipzig et de 1865 A 
1866, comme successeur de Bulow, ceux de la 
« Societe des amis de la musique » A Berliu. II 
fut nomme, en 1867, intendant du ThMtre royal 
de Hanovre et, en septembre 1887, intendant 
de la musique de la cour A Weimar ; des intri- 
gues Font oblige cette aimee m£me (1895) A 
donnersa demission. Un trio enso/mineuret un 
concerto de piano en fa dteze mineur sont les 
plus r£pandues de ses oeuvres ; sa Friihlings- 
Phantasie pour orchestre a et£ aussi souvent 
ex£cut£e. Notons en outre : de nombreux mor- 
ceaux de piano, une cantate, Christnacht (ex£- 
cut6e par le • Riedelverein » de Leipzig) et un 
sextette pour instr. A archet B. a epous6 en 
1862 la pianiste Lv.erorg Starck, l'une des 
plus remarquables eleves de Liszt, nee A St- 
Petersbourg, de parents suedois, le 24 aout 
1840. Tous les deux se sont cr£6 un excellent 
renom comme compositeurs pour le piano. M me 
v. B. a ecrit en outre trois operas (Die Gottin 
zu Sals; Jery utid Bastely; Hjarne, 1891) 
ainsi que des lieder, des morceaux de violon, etc. 

Bros, J can, n£ a Torlosa (Espagne) en 1776, 



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m. A Oviedo en 1852; successivement maitre de 
chapelle des cath£drales de Malaga, Leon et 
Oviedo, etait un compositeur r£put6 de musi- 
que d'6glise. 

Broschi, Carlo, v. Farinelll 

Brosig, Moritz, n£ A Fuchswinkel (Haute- 
Sil£sie) le 15 oct 1815, m. a Breslau le 24 janv. 
1887 ; suivit les cours du « Matthias-Gymna- 
sium » A Breslau, et fut en m£me temps Tun des 
elfrves les plus z£16s du directeur de musique et 
organiste de la cath£drale Franz Wolf. D suc- 
ceda A ce dernier en 1842, fut nomm6 mattre de 
chapelle de la cath6drale en 1853, conquit le 
grade de D' phil. et fut appel6 aux fonctions de 
second directeur de VInstitut royal de musique 
d'eglise catholique, il donnait en outre un cours 
a i'Universite de Breslau. L'Acad£mie Ste- 
Cecile de Borne l'avait 61u membre honoraire. 
B. 6tait un compositeur fort respectable de mu- 
sique d'Sglise; il a public quatre grandes Messes 
et trois Messes brfrves avec orchestre, sept re- 
cueils de graduels et d'ofTertoires, vingt cahiers 
d'oeuvres pour orgue, un c livre d'orgue » eu 
huit parties, un recueil de chorals, et deux 
ouvrages th£oriques : Modidationsiheorie et 
Harmonielehre (1874). 

Broasard, 1. S£bastiex de, ne en 1660, m. A 
Meaux le 10-juin 1790;pr£tre, il fut d'abord 
prebend^ puis, en 1689, maitre de chapelle A la 
cathedrale de Strasbourg. En 1700, il fut nomme 
maitre de musique et grand chapelain A la ca- 
thedrale de Meaux; il y resta jusqu'd. sa mort. 
B. est l'anteur du plus ancien lexique musical 
(si Ton excepte le Definitorium de Tinctor 
[Naples, sans date; vers 1475] et la Clavis ad 
thesaurum magnae arlis musicae, etc., de 
Janowka [1701] ); sou ouvrage est intitule : 
Dictionnaire de musiqne cantenant une expli- 
cation des termes grecs, italiens et frangais les 
plus usitis dans la musique, etc. {1708: 2 m « 6dit. 
1705, S™ Mit. sans date). II a £crit en outre une 
Lettre en forme de dissertation a M. Demote, 
sur sa nouveUe mithode dUcrire le plain-chant 
el la musique (1729). B. fit don de sa biblioth&- 
que A Louis XIV; les ouvrages qui la formaient 
sont aujourd'hui A Ik Biblioth&que nationale. 
On possede du m£me auteur quelques ceuvres 
de musique d^glise. — 2. Nokl-Mathurin, n6 A 
GhAlon-sur-Sadne le 28 d6c. 1789, m. dans la 
m£me ville, ou, apr^s avoir pris le grade de 
D r iur., il dtait entr^ dans la magistrature. A 
cot6 de ses ouvrages de droit, il publia des 
etudes de theorie musicale. Dans sa Thforie 
des sons musicaux (1847), il attire l'attention 
des savants sur les diverses valeurs acousti- 
ques possibles des sons et en compte 48 dans 
Tespace d'une octave. II a publie en outre une 
table des tonalites (1843) et un guide pour l'em- 
ploi de cette derniere dans l'enseignement (1844X 

Brouck, Jakob de, aussi de Prugg, musicien 
n^erlandais, fit partie de 1578 A 1576 de la cha- 
pelle royale A Vienne, dans laquelle il chantait 
une partie d'alto. B a public A Anvers en 1579 
un recueil de motets et l'anthologie de Joanel- 
lus (1568) contient trois autres motets de lui. Cf. 

BRUCK. 

Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BROUILLON-LACOMBE 



BRUCKNER 



107 



Brouillon-Lacomhe, v. Lacombe. 

Bruch, Max, n6 A Cologne le 6 Janvier 1888, 
re? at les premieres lemons de masique de 8a 
mire (n6e Almenr&der), mattresse de musique 
tr& estim£e, qui, elle-m6me, avait A diverses 
reprises, dans sa jeunesse, chants les parties de 
soprano solo dans les festivals rhSnans. A l'Age 
de onze ana dSjd, B.. qui 6tait alors YSLixe de K. 
Breidenstein, s'essaya dans la haute composi- 
tion musicale et fit ex6cuter A Cologne, en 1852, 
une symphonie pour grand orchestre. H obtint, 
l'ann&e suivante, le prix de la fondation Mozart 
(v. Fondations), et fut, de ce fait, l'6l£ve parti- 
culier de Ferdinand Hiller pour la th6orie et la 
composition, de Karl Reinecke <ju$qu'en 1854) 
et Ferdinand Breunung pour le piano. Apr&s 
un court s£jour A Leipzig, il se fixa, de 1858 A 
1861, com me mattre de musique A Cologne, oil 
il donna, en 1858 d6j&, sa premiere oeuvre sc£- 
nique ecrite sur le teste de Goethe, Schers, List 
und Backs. La mort de son p£re, en 1861, le 
decida A entreprendre de nouveaux voyages 
d'ftudes; il sejourna quelque temps A Berlin, 
Leipzig, Vienne, Dresde, Munich et Mannheim, 
ou a s'arr&ta et fit reprSsenter son opSra Lorelei 
(1863, d'aprto le texte de Geibel, 6crit pour Men- 
delssohn). C'est A Mannheim (1862-1864) queB. 
fcrivit see celebres oeuvres chorales : Fritly'of, 
Rihnischer Triumphgesang, Gesang der heili- 
gen drei K(mige f Flttcht der heiligen Familie, 
etc. De 1864 A 1865, il voyagea de nouveau 
(Hambourg, Hanovre, Dresde, Bresiau, Munich, 
Bmxelles, Paris, etc.) et donna son « Frithjof » 
i Aix-la-Chapelle, Leipzig et Vienne, avec un 
mcces considerable. B fut ensuite directeur de 
musique A Coblence (1865-1867), puis chef d'or- 
chestre de la cour A Sondershausen (1867-1870); 
il ecrivit entre autres, a Coblence, le premier 
concerto de violon, devenu promptement c£l&- 
bre, a Sondershausen deux symphonies, des 
fragments de Messe„ etc. L'op6ra Hermione 
(JEiVt Wintermdrchen) repr£sent£ en 1872 A 
Berlin, oil B. sejourna de 1871 A 1873, n'eut 
qu'un succes d'estime. UOdyssie date aussi 
d»* la mAme 6poque. Apr&s avoir v£cu pendant 
cinq ann&es (1878-1878) A Bonn, se vouant entie- 
rement A la composition (Arminius, Lied von 
der Gioche, concerto de violon n° 2) et ne quit- 
tant que deux fois sa retraite pour aller faire 
entendre ses oeuvres en Angleterre, il fut appel£, 
en 1878, A succ£der A Stockhausen comme df- 
recteur du « Sternscher Gesangverein ». En 1880, 
B. succ£da A Benedict en qua lite de chef d'or- 
chestre de la Soci£te philharmonique de Liver- 
pool et 6poosa, Fannie suivante, une cantatrice, 
M"* Tuczek, de Berlin. En 1888, il abandonna 
ses fonctions A Liverpool et prit la direction de 
la Society de Torchestre A Bresiau, ou il succe- 
dait A Bernhard Scholz; il conserva ce poste 
jusqu'en 1890 et succ£da enfin A H. von Herzo- 
genberg en 1892, comme directeur d'une classe 
de t maftres » (Akademische Meisterschule) 
dans la section de composition de l'Acad£mie de 
Berlin. B. est un des compositeurs allemands 
les plus remarquables dans le doraaine de la 
masique chorale. Ses ceuvres les plus impor- 



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tantes sont celles pour cha*ur mixte, soli et or- 
chestre : Odysseus* Arminius, Lied von der 
Gloche, Achilleus (1885) et Moses (1895), et celles 
pour choeur d'hommes : Frithfof, Salamis, 
Normannenjrug et Leonidas (1894). Son pre- 
mier concerto de violom est Tune des oeuvres 
favorites de tous les violonistes. La mantere de 
B. est tout particul&rement caracterisee par 
l'amour de l'auteur pour les belles sonorites, 
par la simplicity et le naturel de son inspira- 
tion. H convient de noter encore, en terminant, 
quelques-unes de ses oeuvres : 8"* symphonie 
(mi b&nol, op. 61); Kol Nidrei, m61odie hSbral- 
que pour violoncello et orchestre; une oeuvre 
chorale d£j& ancienne, Schon Ellen ; une can- 
tate, Das Feuerkreuz (op. 52), et deux Chopin's 
d'hommes avec orchestre : Thermopyloe, Tyr- 
toeos (op. 53). 

Brack (Brouck), Arnold von, probablement 
originaire de la Suisse allemande, etait en 1534 
d£jd premier mattre de chapelle de Vempereur 
Ferdinand 1% et mourut en 1545. Une m£daiUe 
en son honneur fut grav£e en 1586. B. est un 
des compositeurs les plus importants du xvi 6 s.; 
les anthologies de l'6poque (v.. Bibliographic 
etc., d'Eitner) renferment de lui une quantity de 
morceaux profanes et religieux, avec texte alle- 
mand, A plusieurs voix, des motets, des hymnes, 
etc. Cf. Brouck. 

Bruckler, Hugo, compositeur de lieder de 
grand talent, malheureusement mort tr&s jeune, 
n6 A Dresde le 18 f£vr. 1845, m. dans la m£me 
ville le 4 oct. 1871; a FAge de dix ans, comme 
membre du chcpur d'enfants de l'^glise £vange- 
lique, il fut il&ye de Johann Schneider, et 
entra plus tard au Conservatoire de Dresde od 
il eut pour maitres Schubert (violon), Krebs, 
Armin Fruh et Ilietz. II publia (op. 1 et 2) des 
lieder du « Trompette de Sftkkingen » de Schef- 
fel (1° cinq lieder, Jung Werner am Rhein; 
2° Gesange Margareths). A. Jensen publia, 
apr£s la mort de Tauteur, sept nouveaux lieder, 
et Beinhold Becker une ballade intitule Der 
Vogt von Tenneberg. 

Bruckner, Anton, compositeur et organiste, 
ne A Ansfelden (Flaute-Autriche) le 4 sept. 1824; 
fils d'un mattre dVcole de village qui lui ensei- 
gna les premiers ^ments de la musique. Apr^s 
la mort de son pere, il fut admis comme en- 
fant de choeur dans le chapitre de St-Florian. 
Presque entierement autodidacte, B. est devenu 
un contrapuntiste distingue et un excellent or- 
ganiste, maltfr£ les difficultes contre lesquelles 
il eut a lutter, gagnant peniblement sa vie 
comme maitre suppleant A Windhag pres Frei- 
stadt, et plus tard coinme maitre et comme or- 
ganiste provisoire au chapitre de St-Fiorian. 
En 1855, A la suite d'un brillant concours, d*ou 
il etait sorti vainqueur, B. fut nomm£ orga- 
niste de la cath£drale de Linz. Comme il l'avait 
d^jA fait de St-Florian, il alia souvent de Linz 
a Vienne, pour s*y perfectionner aupres de 
Sechter, dans Fart du contrepoint ; en outre, de 
1861 A 1863, il etudia la composition sous la 
direction d'Otto Kitzler. Lors de la mort de 
Sechter, B., sur la recommandation de Herbeck, 

Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



108 



BRUCKNER — BKUXEAU 



ful appel& au postc d'organiste de la chapelle 
de la cour en m&me temps que de professeur 
d'orgue, de contrepoint et de composition au 
Conservatoire de Vienne: il ajouta m£me plus 
tard a ces fonctions, en 1875, celles de lecteur 
sur lamusique a l'Universite de Vienne. Celle- 
ci le nomma, en 1891, D* phil. honoris causa. 
B. a &erit, jusqu'A ce jour, huit symphonies; la 
deuxteme (ut mineur) fut execute en 1876, et 
la troisieme (r& mineur) en 1877 a Vienne, 
sans grand succ£s. I^a troisieme a ete gravee. 
Ce n'est guere qu'& Tapparitiou de la septieme 
symphonie {mi tnajeur), lancee avec un vrai 
luxe de reclame, que le nom de B. se repandit 
dans le monde (1885; gravee); inais les avis 
sur cette musique furent partout tr£s partages. 
Le trait caracteristique de la musique de B. est 
la multiformity des harmonies, frappanles, 
mais sou vent aussi cahotees, s'expliquant par 
la tendance de l'auleur a adapter le style sceni- 
que de Wagner a la musique pure; son or- 
chestration, extraordinairement brillante, se 
rapproche aussi de celle du maitre de Bavreuth. 
A cote de cela, B. est un maitre du contrepoint 
(levant lequel on ne peut que s'iucliner, tout en 
regrettant que les developpements ne soient 
pas d'une unite, d'une continuity d'une logique 
plus grandes. Xotons encore, en plus des u»u- 
vres sus-menlionnees : un grand Te Ihmtn; un 
quintette pour inslr. a archet; tine cantate 
pour cho?ur d'hommes, Germanenzug ; quel- 
ques graduels et ofFertoires.; cnitin, outre les 
8)Tnphonies, trois grandes Messes et divers 
clueurs d'hommes, inanuscrits. 

Bruckner, Oscar, violoncelliste distingue, ne 
a Erfurt le 2 Janvier 1857; eleve de Fr. Oriitz- 
macher sen. et de Felix Draeseke (th^orie) au 
Conservatoire de Dresde, fit avec succes de 
grandes tournees de concerts en Allemagne, en 
Kussie, en Hollande et en Pologne. II fut en- 
suite noinm£ violoncelle solo a Strelitz (vir- 
tuose de la chambre du due), puis, en 1881), 
violoncelle solo au theatre royal et professeur 
au Conservatoire de Wiesbaden. B. a ecrit quel- 
ques moreeaux de concert pour violoncelle, des 
lieder et des moreeaux de piano. 

Bruhns, Nikolaus, n6 &Schwabstadt(Schles- 
wig) en 1665, violoniste remarquable, organiste 
et compositeur d\euvres pour orgue et pour 
piano; el£ve de Buxtehude a Lubeck, nl fut 
d'abord nomm£, sur la recommandation de son 
maitre, organiste & Copenhague, puis a llusum, 
oil il inourut en 1607. 

Brail, Ignaz, ne a Prossnilz (Mora vie) le 7 
now 1840, travailla le piano sous la direction 
d'Epstein a Vienne, et la composition sous 
celle de Rufinatscha, puis de Dessoff. Devenn 
un excellent pianiste, il se lit entendre d'abord 
a. Vienne oil il joua queiques ouivres de sa 
composition (concerto de piano, etc.) et entre- 
prit plus tard queiques tournees de concerts. 
Une serenade pour orchestre de B. fut execute* 1 
A Stuttgart en 18t>4. De 1872 k 1878, il fut maitre 
de piano dans Tlnstitut Horak, a Vienne ; mais 
le succes croissant de son opera, Das goldene 
KreuZy l'engagea a se vouer entierement a la 



byG< 



le 



composition. II a ecrit jusqu'a present les ope- 
ras suivants : Die Bettler von Samarkayid 
(1864), Das goldene Kreuz (1875), charmant 
opera-comique dont la vogue se r£pandit rapi- 
dement; (il fut traduit en plusieurs langues); 
DerLandjriede (1877); Bin nca (1879) ;K6nigin 
Marielte (1888); Das steinerne Hers (op&ra 
teerique, 1888); Schach dem Ktinige (1898); 
Gloria (opera romanlique, 1895; livret de Tar- 
gioni-Tozzetti). On connait en outre, de lui, 
une ouverture de Macbeth (op. 46), deux con- 
certos de piano, un concerto de violon, une 
sonate pour deux pianos, une pour violoncelle, 
deux pour violon, un trio, une Suite pour piano 
et violon (op. 44), des moreeaux de piano, des 
lieder, etc. 

Brumel, Anton, celebre contrapontisle n£er- 
landais, contempoVain de Josquin et eleve 
d'Okeghem ; vecut d'abord a la cour du due de 
Sora, Sigismond Cantelme, qu il quitta en 1505, 
pour se rendre a la cour d'Alphonse I« r , due de 
Ferrare. (Vest ici qu il semble etre resit* jusqu'A 
la fin de ses jours (v. les documents dans les 
« Monatshefle fur Musikgeschichte • XVI, 11). 
Petrucci imprima, en 151)8, cinq Messes & quatre 
voix de B„ une autre (dringhs) dans le pre- 
mier livre des Misses diver sorum (1508), des 
parties de Messes dans les Fragmenla missa- 
nun, des motets dans : Motetti XXXIII (13te) 9 
Canti CL (1501), Mottetti C (1504), Moitetti delta 
corona (1514). On trouve trois Messes du meine 
auteur dans Liber XV missarum d'Andreas 
Antiquus (1516), une dans Missce XIII de 
Grapheus (1539) et deux dans Liber XV mis- 
sarutn de Petrejus (1588). Entin, la bibliothe- 
que de Munich possede une Messe a. douze 
voix (!) et trois Credos a quatre voix de B.; la 
bibliotheque du Conservatoire de Paris ren- 
ferme aussi une copie de cette derni&re Messe, 
qu'avait commandee Bottee de Toulmon. 

Brummstimmen (all.), tenne correspondant a 
l'expression italienne a bocca chiusay c.-a-d. 
bouches fermees. Cf. FERMfeES. 

Bruneau, Alfkkd, ne si Paris en 1857, est en- 
tre au Conservatoire en 1874 et remporta deux 
ans plus tard le premier prix de violoncelle. I^e 
premier second grand prix de Rome, pour la 
composition musicale, lui fut decern^ en 1881. 
B. a sueeede a V. Wilder en 1892, comrae criti- 
que musical du Gil Bias, et & Gh. Darcours, en 
1895, comme critique musical du Figaro; la 
m£me annee, il a 6t6 fait chevalier de la Legion 
d'honneur. B. a compose un certain nombre 
d'eeuvres de concert — Ouverture h&roique y 
Ltda (poeme antique). La Belle au bois dor- 
mant et PenthdsiUe (poemes symphoniques) — 
ainsi que les Lieds de France et les Chansons 
a danser sur des paroles de Catulle Mendes, 
mais e'est au theatre quMi a atnrme son talent 
de la facon la plus eclatante, rev^lant un leni- 
I perament dramatique remarquable et unissant 
dans ses onivres la sinc^rite de Texpression a 
la maitrise absolue de la facture. Trois dranies 
lyriques out ete representes jusqu*a ce jour: 
Kerira, trois actes. poeme de P. Milliet et H. 
I^vedan (Theatre-Lyrique, 1887), Le Revc* qua- 
Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BRUNELLI — BUCK 



109 



tre actes, poeme de L. Gallet iTapr£s le roman 
d'E. Zola (Op£ra-Comique, 1891), LAttaque du 
Moulin, quatre actes, po&me de L. Gallet d'a- 
pres la nouvelle d*E Zola (Op A ra-Oomique, 
1893); un qaatrieme, Messidor, sur un po A me 
d'E. Zola, sera donne k rOp A ra de Paris, au 
cours de la saison 1896-1897. 

Bnwelli, Antonio, maitre de chapelle de la 
caihedrale de Prato, puis de celle de Florence, 
ou il re^ut a la fin de sa carri A re le titre de 
maitre de chapelle de la cour grand-ducale ; 
compositeur de musique d*£glise, publia, de 
1605 a 1021, des motets, des cantiques, des ma- 
drigaux, etc., ainsi qu'un traits de contrepoint : 
Regole e dichiarasiotii di alnmi contrapunti 

doppi..... e maggiormente contrapunti all 9 

improviso, etc. (1610). 

Brunetti, Gaetano, violoniste virtuose et 
compositeur, n A k Pise en 1753, m. en 1808 
des suites de la terreur qui Tavait saisi lors de 
la prise de Madrid par Napoleon I« r ; £ieve de 
Xardini, il fut attir£ a Madrid en 1766 par 
Boccherini en la compagnie duquel il se deve- 
loppa rapidement Mais B. so raontra pour 
son protecleur, d'une ingratitude sans pareille 
et pan inU k force d'intrigues, k le remplacer 
comme mattre de chapelle et compositeur de la 
cour. 31 symphonies pour orchestre et nombre 
d'ceuvres de musique de chambre, pour la plu- 
part manuscrites, sont actuellement en posses- 
sion du biographe de Boccherini (Picquot). 

Brum, Ajttonio-Bartolommeo, violoniste vir- 
taose, n A k Coni (Ptemont) le 2 fevrier 1759, 
m. dans la m6me iocalite en 1823; el A ve de 
Pngnani et de Spezziani, il se rendit, en 1781, 
a Paris, ou il fut d'abord violoniste a la Com A - 
die italienne, puis chef d'orcheslre du th&ltre 
de Monsieur, de rOp A ra-Comique et enfin des 
Italiens. D fit representee de 1786 k 1815, vingt 
et un op&ras-comiques francais de sa composi- 
tion. D se retira, en 1801, k Passy pr&s Paris; 
en 1816 il fit une demi&re tentative en donnant 
Le mortage par commission, qui tomba k plat, 
et rentra alors dans sa ville natale. B. a public 
une Mithode de violon, une Mithode de viola 
oUa et quelques duettos pour deux violons. 

Bttraner, Chistian-Trauoott, n6 k Brfinlos 
presStollberg,danB l'Erzgebirge, le 12 dec. 1792, 
m. k Chemnitz le 14 avr. 1874. II remplissait, k 
(ihemnitz, les fonctions d'organiste et de direc- 
teur des soci A t£s chorales; il s'est fait connaitre 
par un certain nombre dVpuvres pour piano, 
potpourris, etc., k Tusage des commencants. 

Bruyck, Karl-Debrois van, musicographe et 
compositeur, n A k Briton le 24 mars 1828, suivit 
les cours d'un gymnase de Vienne oh ses pa- 
rents s' A taient d£jd fix£s en 1890, puis Atudia le 
droit (Test a Tdge de vingt-deux ans seulement 
qn'il se voua k la musique et se mit k l'&tude de 
la theorie, sous la direction de Rufinatscha. 
H fut bientdt Fun des collaborateurs les plus 
zetes de plusieurs revues musicales et publia, 
jnsqu'en 1860, une trentaine d'ceuvres. Apr A s 
s'fctre adoune, pendant plusieurs annees, a des 
etudes philosophiques, il fit paraitre deux ex- 
cellentes monographies : Technische und asthe- 



by\j 



*L 



IC 



tische Analyse des wohltrm]>erierlen Klaviers 
(1867 ; 2™ ed. 18-<9) et Robert Schumann (1868 
dans la revue Stimmen der Zeit de Kolatschek), 
et se remit a composer avec ardeur. Sa der- 
ni A re publication est une etude sur la litera- 
ture du piano : Die Entwxchelung der Klavier- 
musik von J.-S. Bach bis ft. Schumann (1880). 

11 a en portefeuille un grand nombre de com- 
positions importantes. B. vit k Waidhofen sur 
lTbbs. 

Bryennius, Manuel (d'apr&s F A tis, originaire 
d*une anctenne famille franchise qui s*£tait Sta- 
bile en Gr&ce k Tepoque des Croisades), le der- 
nier musicographe grec (vers 1320). Son Har- 
monik* dont il existe plusieurs manuscrits, 
n'est point une oeuvre personnelle, mais une 
simple compilation, un r A sum6 d'ecrits ant£- 
rieurs sur la musique de la Gr A ce antique; elle 
contient des citations plus ou moins importan- 
tes d'Adrast, Aritox A ne, Euciide, Ptol6m A e, Ni- 
comaque, Th6o de Smyrne, etc. L'explication 
des nouvelles tonalites d' A glise grecques est 
emprunt A e k Pachym^re (1242-1810). L'ouvrage 
de B. a A te reproduit par Joh. Wallis, dans 
le troisi A me volume des Opera mathematica 
(1699). Of. Byzantink. 

Buccine (buccina; du grec byhane % ou du la- 
tin bucca, joue, et canere, chanter), instrument 
k vent romain, sans doute une trompette droite, 
sorte de tuba, qui a donn A naissance k notre 
trombone (en all. Posaune) actuel. 

Buchholz, anciens facteurs d'orgues renom- 
m^s, a Berlin. La maison fut fondle en 1799 par 
Joh.-Simox B., n A k Schlosswippach pr6s Er- 
furt, m. k Berlin le 24 fevrier 1825. Son fils et 
successeur, Karl-August B., ne k Berlin le 
13 aout 17^Mi, mourut dans la m£me ville le 

12 aout 1884, suivi de pres dans la tombe par 
son propre fils, Karl-Friedrich B., n A en 1821, 
m. le 17 f A vr. 1885, dernier rt»presentant de la 
famille. Les B., qui construisirent un grand 
nombre d'instruments importanis k Berlin et 
ailleurs, out aussi introduit quelques perfec- 
tionnements dans le m A canisme de Torgue. 

Buchner, Emii^ ne a Osterfeld pres Naum- 
bourg le 25 d A c. 1826; A l A ve du (Conservatoire 
de Leipzig, fut nomm6 en 1866 maiCre de cha- 
pelle de la cour k Meiningen, dirige actuelle- 
ment le t Sollersche Musikverein » d'Erfurt. 
B. est un compositeur plein de zele (operas : 
Lancelot et Dame Kobold; ouvertures; sym- 
phonies; musique de chambre, etc.). 

Buck, 1. Zachariah, ne k Norwich le 9 sept. 
1798, m. k Newport (Essex) le 5 aout 1879; fut 
pendant de longues ann A es organiste de la ca- 
th A drale de Norwich, D r mus. (nomm^ par 
1'archev^que de ("antorbery), composileur me- 
diocre mais pedagogue estime. -2. Dudley, or- 
ganiste et compositeur, ne k Hartford (Connec- 
ticut) le 10 mars 1839; fut d'abord, pendant 
quelques annees, organiste suppleant dans sa 
ville natale, puis travailla au Conservatoire de 
Leipzig, 1858 k 1859, sous la direction de Haupt- 
mann, Richter et surtout Rietz. II suivit ce der- 
nier en 1860 k Dresde, ou il prit aussi des le- 
mons d*orgue de Joh. Schneider, passu ensuile 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



110 



BUFFO — BULOW 



une ann&e a Paris et fut nomine en 18ti2 orga- 
niste a Hartford. Apres la mort de ses parents, 
il accepta le poste d'organiste de l'eglise St-Ja- 
kob & Chicago, mais le grand incendie de la 
ville (1871) l'obligea & se rSfugier A Boston ou 
il devint organiste de la Salle de musique et 
de Feglise St-Paul. En 1874, il echangea cette 
situation contre celle d'organiste de leglise St- 
Anne & Brooklyn et de second chef de Torches- 
tre Thomas, A New- York. Enfin, en 1877, il fut 
appele au poste d'organiste de Feglise de la 
Trinite a Brooklyn. B. a surtout compost de la 
musique d'eglise et de la musique d'orgue, le 
psaume 46 pour chceurs, soli et orchestre, puis 
des scenes threes de la Golden legend de Long- 
fellow (couronneesd. Cincinnati), plusieurs ou- 
vertures, des lieder, des chcBurs, des cantates : 
Don Munto, Matin de Pdques, JubiU (Centen- 
nial Meditation of Columbia, 1876;, The light 
of Asia, Colomb (pour voix d*hommes), l'ou- 
verture de Marmion ; un concerto pour quatre 
cors; deux quintettes pour instr. A archet; une 
symphonie, etc. 11 est enfin Tauteur d'une op6- 
rette burlesque et a public une methode d'or- 
gue (Illustrations in choiracconipainment), 
ainsi que des etudes speciales pour la pedale. 

Buffo, (Hal.), comique, bouffe. Opera buffa, 
c.-£-d. opera- comique ou pluWt opera-bouffe 
(v. OpftRA). Basse-boutfe, basse chantant les 
r61es comiques ; v. basse. 

Bugle, (all. Biigelhorn, Signalhorn), instru- 
ment generalement en usage pour les signaux 
d'infanterie ; le son plein mais pluUH sourd, 
brutal et manquant de noblesse provient de la 
perce large et du pavilion peu evase. Le b. (cor- 
net A bouquin) fut pourvu de clefs vers 1820- 
1835, de maniere & pouvoir fournir une echelle 
chromatique, on eut le b. & clefs (all. JfUappen- 
horn) sous deux formes : b. sojtrano, en ut, 
si J? et la, allant de Yut* au sol A ou tout au plus 
a Yut 5 , et le petit b. (sopranino) en mi ^ dont 
l'echelle reelle va de mifr* A si? A . Muni de pis- 
tons k la place des clefs, le b. correspond exac- 
tement au group? superieur de la famille des 
saxhorns (v. ce mot). On emploie pour toutes 
les sortes de b. la notation dite de cornet (v. ce 
mot). Pour ce qui conceme les b. de plus gran- 
des dimensions, & 4 ou 5 pistons (avec emploi 
du premier son naturel), v. Tuba. 

Buhler, Franz (P. Gregoire), ne a Schneid- 
heim pres Nordlingen le 12 avr. 1760, ra. a 
Augsbourg le 4 fevr. 1824, moine de Fordre de 
Saint-Benoit & Donawert, puis maitre de cha- 
pelle de la cathedrale d'Augsbourg (1801). B. a 
compose de la musique d'eglise et un opera 
Die fatschen Verdachte; il est aussi Vauteur de 
petits ecrits theoriques. 

Bull. 1. John, n£ A Sommersetshire en 1563, 
m. a Anvers le 12 mars 1628; fit son educa- 
tion musicale dans la chapelle vocale de la 
cour (Chapel Royal) sous la direction de Wil- 
liam Blitheman. II fut nommS, en 1582, orga- 
niste, et plus tard « master of children » de la 
cathedrale d'Hereford; il obtint, en 1586, le 
titre de bachelier es-musique de 1' University 
d'Oxford et, en 151)2, celui de D r mus. des Uni- 



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versit£s de Canibridge et d'Oxford. Devenu, ea 
1591, chantre de la chapelle royale, il accepta, 
en outre, en 15*.)6, le poste de professeur de 
musique au « Oresham College » et fut dis- 
pense, exceptionnellement, de faire ses coura 
en latin. D se maria en 1607 et dut, pour se 
soumettre aux statuts du college, donner sa de- 
mission de professeur. En 1617 enfin, il fut 
appele aux functions d'organiste de la cathe- 
drale d'Anvers. B. etait un organiste des plus- 
renommes et un contrapuntiste de merite: on 
n'a conserve de ses oeuvres que des pieces di- 
dactiques, des variations pour virginal, un an- 
them et quelques canons. Clark (1822) attribue 
& B. la melodie du God save the Queen. — 2. Ole. 
(Bornemann), ne a Bergen en Xorvege le 5 fevr. 
1810, mort en sa villa Lysoen pr6s Bergen le 
17 aout 1880; violoniste virtuose celebre, mais 
quelque peu excentrique, ce qui le fit accuser 
frequemment de charlatanisme. Parti pour 
Cassel en 1829, contre la volonte de ses pa- 
rents, B. devint 1'eleve de Spohr, mais sentit 
au bout de peu de temps que son caractere 
ne pourrait jamais s'accorder avec celui du 
maitre; il pr6f£ra suivre Paganini k Paris, et 
s'appropria petit A petit la maniere de ce der- 
nier. Un jour, k Paris, tout ce qu'il poss&iaiV 
meroe son violon, lui fut vole ; aveugle par la 
delresse, il voulut se noyer, se precipita dans 
la Seine, mais fut sauve. H fut alors recueilli 
par une dame de la haute societe qui le pa- 
tronna et lui fit don d'un nouveau Guarnerius. 
G'est de cette epoque que date la vie errante, 
vagabonde de B.: il parcourut Fltalie, FAllema- 
gne, la Russie, la Scandinavie, TAmerique du 
Nord (1844), la France, l'Algerie et la Belgique. 
II rentra a Bergen en 1848 et y fonda un theAtre 
national, mais des differends ne tarderent pas 
& s'elever entre les autorites municipales et 
l'artiste; celui-ci repartit en 1852 deja. H re- 
tourna dans TAmerique du Nord et acheta cette 
fois-ci des districts entiers en Pensylvanie ou 
il voulut fonder une colonie norvegienne; mal- 
heureusemenl, cette entreprise le ruina. B. re- 
pritle chemin de TEurope, parcourut la France, 
l'Espagne et TAllemagne, puis se retira & Ber- 
gen d'ou il fit encore plusieurs voyages en 
Amerique. B. a enrichi la litterature du violon 
de quelques oeuvres d'une originalite piquanle r 
entre autres des fantaisies sur des themes du 
nord. Cf.les notices biographiques publiees par 
Sarah Bull (Londres, 1886; ed. allemande, par 
Ottmann) et O. Vik (Bergen 1890). 

Bulow, Hans-Guido von, musicien genial, 
pianiste eminent et chef d'orchestre, ne a Dresde 
le 8 janv. 1830, m. au Caire (Egypte) le 12 fevr. 
1894, etait dans sa ville natale, a r&ge de neuf 
ans deja, £leve de Fr. Wieck pour le piano et 
d'Eberwein pour Tharmonie ; il entra en 1848 A 
TUniversite de Leipzig, pour y etudier le droit 
et travailla en meme temps le contrepoint sous 
la direction de Hauptmann. L'annee suivante* 
excite par les evenements pohtiques, il se ren- 
du a Berlin et devint, comme redacteur 4 
YAbendposty Tun des defenseurs des id^ea de 
Wagner, dont la brochure sur « TArt et la Re- 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BULSS 



BUNUERT 



111 



volution » venait de paraitre. L'impression qu'il 
regutd'une representation de Lohengrin k Wei- 
mar, fat decisive ; il r6solut de se vouer entie- 
rement k la musique et, malgre Topposition de 
ses parents, partit pour Zurich ou s'6tait refugie 
Wagner, banni de VAllemagne k cause de ses 
opinions politiques- De 1850 k 1851, B. jouit des 
conseils du maitre qui lui enseigna Tart de la 
direction, puis il fit ses debuts de chef d'or- 
cheslre aux theatres de Zurich et de St-Gall. 
Quelque temps apres, il se rendit a Weimar 
aupres de Liszt qui acheva de former son mer- 
veilleux talent de pianiste. II parcourut l'AHe- 
magne et 1'Autriche en 1858 et le succes de cette 
premiere tourn£e de concerts, sans etre positi- 
Tement brillant, fut de plus en plus grand ; une 
seconde tournee, en 1855, se termina a Berlin 
par la nomination de B. au poste de premier 
professeur de piano (successeur de Kullak) au 
Conservatoire Stern. B. epousa en 1857 une 
fille de Liszt, Cosima : il fut nomine en 1858 
pianiste de la cour du roi et, en 1868, D r phil. 
hon. c. de l'Universite dleua. Sur ces entrefai- 
tes Wagner avait trouve un auguste protecteur 
en la personne du roi Louis II de Bavi&re ; il 
fitappelerB. k Munich, d'abord comme pia- 
niste de la cour, puis, en 1867, comme chef 
d'orchestre de la cour et direcleur de l'Ecole 
de musique royale qu*il avait pour mission de 
r£organiser d*apres les plans de Wagner. 
Enlre temps, B. avait sejourne k Bdle, donnant 
des lecone et des concerts. Son activity dans la 
capitate de la Baviere fut de courte dur£e, mais 
elle n'en eut pas moins une importance consi- 
derable sur la vie musicale de Munich. Des 
dissensions de families amenerent le divorce 
en 1869 et B. quitta Munich. II vecut alora pen- 
dant plusieurs amines k Florence, ou il devint 
le champion de la musique allemande en Ita- 
lie, organisant avec le plus grand succes des 
concerts symphoniques et des seances de 
musique de chambre. A partir de 187*2, B. chan- 
gea frequemment de domicile, parcourant TEu- 
rope entiere comme interprete des classiques 
du piano, partout accueilli avec le m&me en- 
thousiasme ; )'Am£rique aussi eut sa part de 
jouissances musicales. car B. \\\ donna pas 
moins de cent trente-neuf concerts dans la 
seule saison 1875-1876. Le 1« janv. 1878, le 
jeune maitre fut appele aux fonctions de chef 
d'orchestre du th&Ltre de la cour, k Hanovre 
(successeur de K.-L. Fischer), mais de desa- 
gr£ables competitions avec Tintendance Tobli- 
gerent a rompre son contrat au bout de deux 
ans deja. II devint alors (l« r oct. 1880) Inten- 
dant de la musique du due de Meiningeu, trans- 
fonna rapidement Torchestre de la cour en un 
orchestre modele de tout premier rang et entre- 
prit avec lui des tournees de concerts qui firent 
sensation dans toute l'Allemagne. Les qualites 
de cet orchestre residaient moins dans Texcel- 
lence de chacun de ses membres que dans leur 
subordination absolue et digne d'imitation a 
l'autorite du chef ; B. pouvait ainsi mettre en 
lumi£re toutes les beautes que son genie d'in- 
terprete lui faisait decouvrir dans leschefs- 



by \j 



*L 



\V 



d'oeuvre classiques. Malheureusement il aban- 
don n a ses fonctions en automne 1885 ; Torches- 
tre fut reduit de nouveau et B. fit profiter 
d'autres villes de ses incomparables qualites 
de chef d'orchestre, St-Petersbourg (concerts 
philharmoniques), Berlin (id.), etc. II deploya 
en outre une grande activite pedagogique au 
Conservatoire Raff k Francfort s/M. el au Con- 
servatoire Klindworth k Berlin, dans chacun 
desquels il donnait des lecons pendant un mois 
de Tannic En aout 1882, il avait £pous6 en se- 
condes noces une actrice de la cour de Meinin- 
gen, M»« Marie Schlanzer ; k partir de 1888, il 
vecut k Hambourg ou il dirigeait depuis 1886 
les nouveaux concerts d'abonnement, qui ob- 
tinrent bientdt la premiere place et refouWrent 
dans Tombre les anciens concerts philharmo- 
niques. Un temperament nerveux et Texc&s 
de fatigues obligerent B., k diverges reprises, k 
abandonner tout ou partie de ses fonctions ; au 
debut de l*ann6e 1894, il dut se decider k aller 
au Caire pour y chercher quelque soulagement 
k ses maux, mais il y mourut au bout de quel- 
ques semaines. B. ne fut pas un de ces innom- 
brables pianistes qui traversent le monde en 
triomphateurs ; iln'en imposaitpas seulement, il 
instruisait; e'etait un missionnaire de Tart pur 
et vrai et il jouait de preference les oeuvres de 
musique classique. Cependant son repertoire 
etait Tun des plus riches que Ton connut et 
comprenait tout ce que la jeune generation pro- 
duisait de remarquable. II etait pour celle-ci le 
critique le plus influent, en ce sens que les 
ceuvres joules par lui etaient immediatement 
lancees. B. jouait toujours par occur, de mdine 
qu'il dirigeait par cuhit (mode qu'il intro- 
duisit lui-menie); il etait doue d'une me- 
moire exceptionnelle. Les parti cularites specia- 
les de son jeu etaient Inexactitude absolue et 
presque inimitable, jusque dans les moindres 
details, Interpretation penetrante et toujours 
logique de lVeuvre, rinfaillibilite technique et, 
par lA-meme, Taisance; par contre, il lui man- 
quait un peu de cette puissance, de cette gran- 
deur qui en imposent aux masses. C'omme com- 
positeur, B. s'est reveie dans des morceaux de 
piano, des lieder et quelques ceuvres d'orches- 
tre, musicien habile et des plus cultives. Les 
editions qu'il a redigees d\euvres classiques 
(ceuvres pour piano de Beethoven, k partir de 
Top. 58: etudes de Cramer et de Chopin accom- 
pagnees d'excellentes notices instructives, etc.) 
ont une haute valeur artistique. Cf. Bernh. 
Vogel, H. von B. et les lettres que vient de pu- 
blier, ehez Breilkopf et llsertel, M m « de Bulow. 

Bulss, Paul, chanleur seeuique de renom 
(baryton), ne dans le domaine de Birkholz 
(Priegnitz) le 19 ilee. 1847 ; eleve de C. Engel, 
il fut d'abord engage par les theatres de l,u- 
beck (18B8), Cologne, Cassel vi Dresde (18/6- 
188*.)). B. fait aujourd'hui partie du personnel 
de l'Opera de Berlin. 

Bungert, August, \\v a Miilheim sur la Ruhr 
le 14 mars 184ti, re^ul. dans sa ville natale, des 
lemons de piano de F. Kufterath, frequenta de 
I860 a 1862 le Conservatoire de Cologne, puis 

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112 



BUNTING — BURGH 



se rendit k Paris ou il resta jusqu'en 1868 et 
ou Mathias s'inleressa beaucoup k lui. II fat 
norame, en 1869, directeur de musique k Kreuz- 
nach, v6cut ensuite k Carlsruhe, puis de 1878 k 
1831, k Berlin (ou il retravailla le contrepoint 
avec zele sous la direction de Kiel) et, k partir 
de 1882, k Pegli pr6s G6nes. B. est un composi- 
teur de talent. Son quatuor avec piano, op. 18, 
a &ie couronne en 1878, dans un concours ou- 
vert par le Quatuor florentin. II a publi£, en 
outre, des morceaux de piano (variations op. 
13); des lieder ( parmi lesquels un grand nom- 
bre sur des vers de Carmen Sylva : Lieder 
einer Ktinigin, etc.); des quatuors pour voix 
d'hommes; une ouverture, Tasso; Hohes Lied 
der Liebe, pour chant et orchestre ; un po&me 
symphonique, Aufder Warlbury, etc. B. a fait 
repr^senter k Leipzig, en 1884, un opera-comi- 
que, Die Studenten von Salamanka; il a fait 
graver la troisieme partie d'une grande t£lra- 
logie dramalique et musicale : Homerische Welt 
(1. Kirke, 2. Odysseus, 3. Nausikaa, 4. Odys- 
seus's Heimkehr). II est aussi Tauteur d'un 
drame (Hutlen und Sickingen) represents k 
Kreuznach et k Bonn. 

Bunting, Edward, n£ k Arnagh en Irian de 
en fevr. 1773. m. k Belfast le 21 d£c. 1848; pu- 
blia en 1796, 1809 et 1840 des recueils de melo- 
dies des bardes irlandais. 

Bnonamente, Giovanni-Battista, Tun des 
plus anciens compositeurs pour le violon, Tun 
des protagonistes de la technique du violon, 
matt re de chapelle au couvent des Franciscains 
d* Assise. II publia a, Venise, en 1636, des Sonate 
e canzoni a 3-6 voci (violons, altos [ad. lib. bas- 
sonj et basse continue ; en partie aussi pour 
cornets el trombones). Des trios pour deux vio- 
lons et basse, parus en 1623 et attribute par 
F£tis k G.-B. Bonometti, sont egalement de B. 

Buonamici, Giuseppe, pianiste italien distin- 
gue, n6 k Florence le 12 fevr. 1846; recut les 
premi&res lemons de musique de son oncle Gius. 
Ceccherini, puis entra, en 1868, an Conserva- 
toire de Munich oil il etudia avec un tel zele, 
sois la direction de Btilow et de Rheinberger, 
qu'au bout de deux ans et detni il fut nomme 
professeur superieur de piano dans le mAme 
(Conservatoire. En 1873, B. rentra a Florence, 
prit la direction de la society chorale « Oheru- 
bini » et fonda plus tard Tassoeiation florentine 
de trios. Pendant son sejonr k Munich, B. avail 
ecrit une ouverture de concert, un quatuor k 
cordes (qui remporta les suffrages de Wagner), 
des pieces pour piano et quelques-unes pour 
chant, qui furent gravees.Le choix de cinquante 
etudes de Bertini (v. ce nom) par B. merite une 
mention speciale et peut servir d'exceilente 
preparation k l^dition Biilow des Etudes de 
Cramer. 

Baononcini, v. Boxoncini 2. 

Buranello, v. Galuppi. 

Burbure, Leon-Philippe-Marie, chevalier 
de B. de Wksembeek, ne k Termonde (Flandre 
orientale) le 16 aotit 1812, m. a Anvers le 8 dte. 
1889; noble beige fortune, entra dans Tordre de 
Saint-Benoit et tit partie, depuis 18t*2, de l'Aca- 



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demie de Bruxelles, en sa quality d'amateur 
d'art telairS. D 6tait, du reste, lui-m&me excel- 
lent musicien et composa une quantity d'ceu- 
vres de musique d'£glise, divers morceaux d'or- 
chestre, de la musique de chambre, etc., en 
partie publiees. II terivit aussi un certain nom- 
bre de monographies sur l'ancienne confr6rie 
des musicienfc de Saint-Jacob et de Sainte- 
Marie-Madeleine a Anvers, sur les facteurs de 
luths et de pianos d'Anvers k partir du xvi* s., 
sur Ch.-L. Hanssens, C.-F.-M. Bosselet et Jan 
van Okeghem, enftn sur Tassociation beige 
de Sainte-C£cile. Toutes ces publications sont 
des travanx de valeur. B. a aussi r£dig6 un ex- 
cellent catalogue du Musee historique d' Anvers. 

Burci, v. Burtics. 

Burck, v. Burok. 

BArde-Ney, Jenny, can tat rice sc£nique dis- 
tingu&e (soprano dramatique). nee k Graz le 
21 dec. 1826, m. k Dresdele 17 mai 1886 ;sa m£re, 
cantatrice elle-mfcme, lui donna les premieres 
lecons de chant et la fit d£buter k Olmtitz en 
1847. Elle chanta ensuite k Prague, Lemberpr, 
Vienne (1850, th£Atre de K&rntnerthor), Dresde 
(l& r >3) et Londres (1855 k 1856) et donna quel- 
ques representations a Berlin, Hanovre, etc. 
Elle avait Spouse, en 1855, l'acteur E. B&rde, 
et abandonna le th&dtre en 1867. 

Burette, Pierre-Jean, n6 k Paris le 21 nov. 
1665, m. dans la m£me ville le 19 mai 1747; pro- 
fesseur de m&lecine k TUniversite, membre de 
TAcad^mie, etc., auteur de plusieurs monogra- 
phies interessantes sur la musique des Grecs 
qui, toutes, parurent dans les m£moires de l'Aca- 
d£mie des inscriptions (tomes i, in, iv, v, vm, 
x, xm, xv et xvu). B. est d'avis que les anciens 
iguoraient entierenient la musique polyphoni- 
que; on sait que de nos jours encore, quel- 
ques savants cherchent, sans grands succte, k 
donner la preuve du contraire (Rud. Westphal, 
Gevaert). 

Burgel, Konstaxtin, ne k Liebau (Silteie) le 
24 juin 1837; eleve de M. Brosig a Breslau et 
de Fr. Kiel k Berlin, fut, de 1869 k 1870, pro- 
fesseur de piano k l'Acad6mie fondle par Kullak, 
k Berlin, puis se fixa dans cette ville comme 
professeur particulier. Ses oeuvres (musique 
de chambre, ouvertures, etc.) ne sont pas sans 
valeur. 

Burger, Siomund, violoncelliste, ne k Vienne 
le 8 f6vr. 1856; £16ve de Popper, fit partie des 
orchestres d'operas de Vienue, Baden-Baden et 
Munich (vibloncelle-soio de 1876 k 1880), puis 
entreprit des tourn^es de concerts. II est, depuis 
1887, violoncelle-solo de l'orchestre de TOp^ra 
roval et professeur au Conservatoire de Buda- 
pest. 

Burgh, de son vrai nom Joachim Mollkr 
(MiIller), dit Joachim aus B. (Burg, Burck), n6 
k Burg pres Magdebourg vers 1540, etait orga- 
niste k Muhlhausen (Thuringe) vers 1566, et 
mourut dans cette ville le 24 mai 1610. B. est 
un des plus reraarquables compositeurs d'an- 
cienne musique d'£glise protestante. Ses oeu- 
vres, conservees pour la plupart dans les im- 
primes de 1560 k 1626, consistent en : Passions, 

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BURME1STER — BCSI 



418 



Symbole de Nic£e, Te Deum (A 4 voix), Sainte- 
C£ne, cantiones (en maniere de villanelles), lie- 
der allemands et odes sacr^es (6galement en 
maniere de villanelles) snr des po&mes dn su- 
perintendant Helmbold de Mtlhlhausen. 

Buraeister, Richard, pianiste de talent, n6 
* Hambourg le 7 d£c. 1860; 61£ve d'Ad. Mehr- 
kens et plus tard de Liszt, fut nomm£, A la suite 
de tongues toumees de concerts, professeur de 
piano au Conservatoire de Hambourg, mais 
ichangea cette place au bout d'une ann6e d£j& 
(1885) contre une place analogue au Conserva- 
toire Peabody, A Baltimore. Sa femme, Dory B. 
nte Petersen, n6e A Oldenbourg le 1" aoftt 
1860, est aussi une pianiste distingn£e, 616ve 
de Liszt B. a debute avec succ6s, comme com- 
positeur, dans un concerto en rk mineur pour 
piano et une fantaisie orchestrale {Die Jagd 
nach dem Gluche), donnSe pour la premiere 
fois A Berlin en 1894. 

Burgmfiller. 1. Joh.-Friedrich-Franz, ne A 
Ratisbonne en 1806, m. A Beaulieu (Seine-et- 
Oise) le 13 fevr. 1874 ; compositeur favori de 
musique facile pour piano (Etudes enfantines). 
- 8. Xorbert, n6 A Dusseldorf le 8 ftvr. 1810, 
frtre du pr£c6dent ; £l£ve de Spohr et de Haupt- 
mann A Cassel, auteur de quelques amvres 
d'orchestre et de musique de cbambre qui tra- 
hissaient un r£el talent 11 mourut d£j& le 7 mai 
1836, A Aix-la-Chapelle. 

Burkhard, Joh.-Andr.-Christian, pasteur et 
inspecteur des 6coles A Leipheim (Souabe), pu- 
blia a Ulm, en 1827, un traits de basse chiflWe 
et, en 1882, un petit lexique musical. 

Burla (ital.), dr61erie. 

Buriesca, Burletta (ital.), composition bur- 
lesque, humoristique ou m£me absolument co- 
mique. 

Barney, Charles, bistorien musical de m6- 
rite, n6 A Schrewsbury le 7 avr. 1726, m. le 12 
avr. 1814; 616ve de Baker a Chester, de son 
frere James B. A Schrewsbury, puis d'Arne A 
Londres. II fut nomm6 organiste de t St-Dionys- 
Backchurch » A Londres, en 1749, et icrivit en 
1750 la musique de trois drames (Alfred* Robin 
Hood et Reine Mob) pour le thMtre de « Drury- 
Lane ». Mais l'etat de sa sant6 ne lui permit pas 
de deployer longtemps une aussi grande acti- 
vate, et il accepta en 1751 une place d'organiste 
iLynn Regis (Norfolk). Tl rentra A Londres en 
1760 et fit entendre avec grand succ£s, dans des 
concerts de piano, plusieurs de ses oeuvres; il 
donna en plus un nouvel ouvrage sc£nique A 
« Drnry-Lane » : The cunning many adaptation 
da Deem du village de Rousseau. En 1769, 
rUniversitA d'Oxford lui conf£ra les grades de 
bachelier, puis de D* mus. Sa cantate de pro- 
motion (anthem) fut longtemps apr&s fr6quem- 
ment r£p£t£e A Oxford et donn£e plusieurs fois 
i Hambourg, sous la direction de Ph.-E. Bach. 
B. avait commence, d&s son s£jour A Lynn 
Regis, A amasser des materiaux pour une his- 
toire de la musique; la continuation de ses re- 
cherches l'engagea A faire un voyage d'Studes 
*n France et en Italie (1770) et un autre dans 
les Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche 

mcrnoxxAiRB de musique. — - 8 



(1772). II consigna toutes les remarques que 
lui avait sugg6r£es l'Atat de la musique A cette 
Spoque, dans deux joumaux de voyage : The 
present state of music in France and Italy 
(1771, 2 vol.; 3-« 6d. 1773) et The present state 
of music in Germany, the Netherlands and 
United Provinces, etc. (1773, 2 vol. ; »*• 6d. 1775). 
Ces deux ouvrages furent traduits en fran^ais. 
Quant A sa General History of music, le pre- 
mier volume en parut en 1776, en m&me temps 
que Toeuvre complete de Hawkins (v. ce nom); 
les trois autres successivement en 1782, 1787, 
1789. En 1783, B. fut nomme organiste de « Chel- 
sea College » ; il demeura dans cet institut jus- 
qn'A sa mort Notons, en plus des ouvrages d£j& 
cites : Plan of a public music school (1767) ; 
Account of the musical performances in West- 
minster Abbey in commemoration of Handel 
(1785) ; les articles concernant la musique dans 
la Cyclopedia de Rees et quelques autres tra- 
vaux de moindre importance. B. publia La 
Musica che si canta annualmente neUe fun- 
siotii delta settimana santa ndla cappdla Pon- 
tifica, composta da Palestrina, Allegri e Bey 
(1784), et fit graver des sonates pour piano, pour 
violon, des duos pour fltites, des concertos de 
violon, des cantates, etc., de sa composition. 
Miss B. (M m » d'Arblay), l'auteur du roman 
Evelina, £tait sa fille. 

Buroni, v. Boroni. 

Burtius (Burci, Burzio), Nicolaus, n6 A 
Parme en 1450, m. dans la m£me ville vers 1520; 
auteur du Musices opusculum imprime A 
Bologne en 1487, par Ugone de Ruggerii, Toeu- 
vre la plus ancienne qui cbntienne de la musi- 
que proportionnelle imprim£e (grav6e sur 
bois). 

Busby, Thomas, n6 A Westminster en d6c. 
1755, m. le 28 mai 1838: organiste de plusieurs 
6glises de Londres, nomme D p mus. de TUni- 
versitS de Cambridge en 1801. B. fut un compo- 
siteur z616 et ftcond autant dans le domaine de 
la musique dramatique que dans celui de la 
musique vocale de concert, mais sans aucune 
originality. Son Histoire de la musique n'est 
qu'une compilation des ouvrages de Burney et 
de Hawkins. II £crivit, en outre : A dictionary 
of music (1786), A grammar of music (1818), 
A musical manual, or technical directory ( 1828), 
Concerts room and orchestra anecdotes (1825), 
The mounthly musical journal (1801, quatre 
nnm6ro8 settlement), etc. 

Bu8i J. Giuseppe, organiste et thSoricien ita- 
lien renomm£, n6 A Bologne en 1808, m. dans 
la mSme ville le 14 mars 1871 ; fit son education 
musical e aupres de Palmerini (harmonie) et de 
Tomm. Marchesi (contrepoint), mais se d6ve- 
loppa aussi beaucoup par lui-m6me, en copiant 
toute une collection d'epuvres de compositeurs 
bolonais des xvi% xvn e et xvra^s. Quoique son 
premier essai de musique sc^nique lui eiU fort 
bien r^ussi, il delaissa le theAtre et se voua de 
preference A la musique d'£glise; il fut pendant 
longtemps professeur de contrepoint au « Liceo 
musicale » de Bologne. Son ouvrage, Guida 
alio studio del contrapunto fiy/ato, est rest6 



ie 



_■ I I L| 1 1 I Q I 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



114 



BUSNOIS — BUTHS 



manuscrit. — 2. Alessaxdro, flls da precedent, 
n£ a Bologne le 28 sepL 1838, fut 6galement on 
excellent contrapunliste, el, A la mort de son 
p6re, lui succeda comme professeur au « Liceo 
musicale ». 

Busnois, Antoine, de son vrai nom de Busne, 
remarquable contrapuntiste de la premiere 
6cole n6erlandaise, etait, en 1467, chantre de la 
chapelle de Charles le Tem£raire, et mourut en 
1481. On n'a consent qu'un petit nombre de 
ses oeuvres : trois chansons dans les Canti CL 
(1508) de Petrucci, puis deux magnificats, une 
Messe (Ecce ancitta) et quelques petits mor- 
ceaux dans un manuscrit de Bruxelles, plu- 
sieurs Messes dans la bibliolh6que de la cha- 
pelle pontificate A Rome, enfin, quelques motets 
et chansons epars dans diverses bibliotheques. 
Busoni, Ferruccio-Benvenuto, pianiste et 
compositeur remarquablement dou6, n6 A Em- 
poli pr&s Florence le l* r avr. 1866; sa m£re 6tait 
allemande. El&ve de W.-A. Remy (D p Mayer) A 
Graz, il fut re^u membre de FAcad6mie philhar- 
monique de Bologne, en 1882 d&ja, A la suite 
d'un brillant examen. D se fit d'abord connaltre 
comme pianiste en possession d'une excellente 
technique et comme improvisateur sur des the- 
mes donnas; en 1888, il accepta un poste de 
professeur au Conservatoire d'Helsingfors, 
mais Fechangea en 1890, apres avoir remportS 
le prix Rubinstein, contre un poste analogue au 
Conservatoire de Moscou. En 1891, d6jd, il partil 
pour FAmerique, se llxa en 1893 A Boston, et 
fait actuellement de nombreuses tourn£es de 
concerts. Les premieres oeuvres de B. autori- 
saient les plus belles esperances qui se sont,en 
grande partie, d^jd rSalis&es. On connatt de lui : 
deux quatuors pour instr. a archet, une sonate 
pour piano, une suite d'orchestre, un morceau 
de concert pour piano et orchestre, un po6me 
symphonique, un grand nombre de pieces pour 
piano (variations et fugues, op. 22), des melo- 
dies, etc., etc. 

Busshop, Jules-Auguste-Guillaume, n6 de 
parents beiges, A Paris, le 10 septembre 1810. 
Ses parents retourn£rent en 1816 dej& A Bru- 
ges, oil Fenfant grandit et se prepara a la com- 
position musicale par Fetude des ouvrages 
cFAlbrechtsberger et de Reicha. Sa cantate pa- 
triotique, La Banntere beige, fut couronnee en 
1884. Ii a publie de nombreuses compositions 
de musique d'eglise, des oeuvres chorales avec 
ou sans accompagnement, et il a ecrit en plus 
des symphonies, des ouvertures, un op6ra, 
La Toison (Tor, etc. Un grand Te Deum de sa 
composition fut ex£cut£ avec succ^s en I860, A 
Bruxelles, et les « Concerts nationaux* organi- 
ses peu auparavantdaus cetteville donnerent, 
du meme auteur, une symphonic en fa maj., 
plusieurs ouvertures, etc. 

Bussler, Ludwio, theoricien estime, ne A 
Berlin le 26 nov. 1888, tils d'un conseiller au- 
lique, Rob Bussler, qui etait a la fois peintre 
et Scrivain ; K.-A. Bader (v. ce nom) £tait son 
grand-p6re maternel. Eieve du clwpur du dome 
royal, il regut les premieres lemons de musique 
de von Hertzberg, et travailla plus tard sous la 



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direction de Grell, Dehn (thSorie) et Wieprecht 
(instrumentation). II fut nomm£, en 1865, maitre 
de th&orie A F6cole de musique Ganz (plus tard 
Schwantzer, aujourd'hui Blank), A Berlin, fut, 
pendant un certain temps, chef d'orchestre (au 
the&tre de Memel, en 1869), devint ensuite pro- 
fesseur au Conservatoire Mohr (1874) et rentra, 
en 1877, au Conservatoire Schwantzer. D est, 
en outre, depuis 1879, professeur de th&orie au 
Conservatoire Stern et, depuis 1888, l'un des 
r6dacteurs musicaux de la t Nationalzeitung ». 
Les ouvrages de B. sont aim£s et tr&s r£pandus, 
gr&ce aleurs tendances absolument pratiques; 
ce sont iMusikalische Elementarlehre (1867; 
3* 6d. 1882); Praktische Harmonielehre m 
Aufgaben (1875 ; fr 6d. 1885) ; Der strenge Sat* 
(1877); Harmonische Uebungen am Klavier 
(sans date); KontrapunfU und Fuge im freien 
Tonsatz (1878); Musikalische Formenlehre 
(1878); Praktische musikalische Kompositions- 
lehre: L Lehre vom Tonsatz (1878), IL Frets 
Komposition (1879); Instrumentation und 
Orchestersatz (1879) ; Elementarmelodik (1879) ; 
Geschichte der Musik (6 lecons, 1882); Parti- 
turenstudium[A[odulationslehre] (1882) ;Lan- 
hon der Harmonie (1889). 

Bussmeyer. 1. Hugo, n£ A Brunswick le 26 f£vr. 
1842; 6teve de Littolff et de Methfessel, partit 
en 1860 pour FAmSrique du sud, se fit entendre 
comme pianiste a Rio-de- Janeiro, publia quel- 
ques morceaux de piano, parcourut le Chili, le 
Perou, etc. En 1867, il visita New- York et Paris, 
oil son talent de pianiste lui valul certains suc- 
ces ; de retour en Am&rique, il se iixa a New- 
York. B. est Fauteur d'un buvrage intitule : Das 
Heidenthum in der Musik (1871). — 2. Hans, 
n£ A Brunswick le 29 mars 1858, frere dupr6c£- 
dent, £teve de F6cole royale de musique a Mu- 
nich, et, pendant quelque temps, de Liszt. D 
fit, de 1872- A 1874, des tourn6es de concerts 
dans FAmerique du sud, sejourna longtemps a 
Buenos-Ayres et fut iiomnie A son retour, en 
1874, professeur A F6cole royale de musique, a 
Munich. B. 6pousa, en 1878, une cantatrice, 
Math. WeckerUn. II dirige, depuis 1879, la 
« Societe munichoise de musique chorale » 
(Mimchener Chorverein) qu'il a fondee lui- 
mdme. 

Buths, Julius, pianiste de talent et chef d'or- 
chestre, n6 A Wiesbaden le 7 mai 1851, fils de 
Karl B., qui fut pendant cinquante annees mem- 
bre de Forchestre de la cour (hautbois). B. recut 
les premieres lemons de piano de son p&re, 
celles de theorie de W. Freudenberg; il suivit 
ensuite, de 1860 a 1870, les cours de Ililler et de 
Gernsheim au Conservatoire de Cologne, entre- 
prit, en 1871, la direction de la societe « Ste- 
Cecile » A Wiesbaden, qu'il abaudonna bien- 
tdt, apr6s avoir obtenu la mfone ann£e le prix 
de la fondation Meyerbeer. II travailla quel- 
que temps encore aupres de Kiel, A, Berlin 
(1872), et fit le voyage qui lui 6tait impost (1873, 
en Italie). Malheureusement, Fetal de sa sante 
le forga d'interrompre ses 6tudes: il sejourna 
en 1874 a Davos, mais put reprendre ses Etu- 
des, A Paris, au d£but de Fanuee 1875. B. d&- 

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BUTTSTEDT 



BYRD 



115 



ploya line grande activite A Breslau, de 1875 a 

1879, comme pianiste et directeur de soci&6s 
chorales; il dirigea, de 1879 A 1890, la c Soci6t6 
de concerts » d'Elberfeld et remporta sur de 
nombreux concurrents, en 1890, la place de di- 
recteur de musique de la ville, A Dtisseldorf. 
D partagea avec Hans Richter, en 1890, la di- 
rection du 67 HM festival dea provinces du Bas- 
Rhin, A DOsseldorf, et dirigea, en 1893, le 70™ 
de ces festivals. B. a pris part, comme pianiste, 
an festival Beethoven A Bonn. II a public quel* 
ques pieces pour piano. 

Buttstedt, Joh.-Hklnrich, n6 A Bindersleben, 
pr& Erfurt, le J35 avr. 1666, m. A Erfurt mSme, 
ou il Stait organiste de la cathMrale, le 1« d£c. 
1727 ; organiste remarquable, Sieve de Pachel- 
bel. B. a compost de la musique d'Sglise, des 
fugues, dee preludes pour piano, etc., mais il 
doit surtout sa c£l£brite A un ouvrage intitule 
Vt rl mi fa sol la, tota musica et harmonia 
aeterna ou Neu ertiffnetes aites, uxihres, einzi- 
ges und ewiges Fundamentum musices, dans 
lequel il cherchait a r£futer le t Neu erdffnetes 
Orchester » de Mattheson, tout en defendant 
avec une certaine habilete le syst£me de solmi- 
sation. Get ouvrage parut vers 1716, mais Tan- 
n& suivante d£jd Mattheson fit fagon de toutes 
les theories qu'il contenait, en leur opposant 
celles de son € Beschtttztes Orchester » (1717). 

Bans, Jaques (Jachet) de, contrapuntiste 
n^erlandais, au xvi* s., n6 probablement A Bru- 
ges ou Ton rencontre le nom de Boes vers 1506. 
II fat nomm§ en 1541 second organiste del f 6glise 
St-Marc A Venise, mais quitta ce poste qu'il 
trouvait trop pen r£tribu6 (80 ducats), se rendit 
a Vienne et y remplit de 1553 A 1564 les fonc- 
tions d'organiste de la chapelle de la cour. 
Parmi les oeuvres de B., on n'a conserve que 
deux livres de Ricercari, deux de Canzoni 
francesi et on livre de Moteiti (imprimes de 
1547 A 1550). Les nombreuses compositions que 
Ton trouve dans diverses anthologies sous les 
Doms de Jachet, Jacques, Jaccbes, Giaccbe, Ja- 
quet, Giachetto ne sont pas de B., mais de Ber- 
chem (v. ce nom). 

Buxtehude, Dietrich, c£16bre organiste, n6 A 
Elseneur en 1687 ; il eut pour maitre son p&re 
Jobasn B. qui £tait lui-m$me organiste et mou- 
rot le 22 janv. 1674. En 1668 d£j&, B. obtint le 
poste important d'organiste de Feglise Ste- 
Marie A Lubeck, il le conserva jusqu'au jour 
de sa mort, le 9 mai 1707. II organisa pour la 
premiere fois en 1678 les c Abendmusiken », 
aortes de grands concerts de musique d'£glise, 
dont la renomm£e s'accrut rapidement; ces 
concerts, pour lesquels il 6crivait toujours de 
nouvelles oeuvres, avaient lieu apr&s le culte de 
rapres-midi de chacun des cinq derniers di- 
manches avant la Noel. On sait que J.-S. Bach 
se rendit a pied d'Amstadt A Lubeck afin d'en- 
tendre B. et de profiter de ses conseils. Ph. 
Spitta a donne r6cemment une Edition critique 
complete des oeuvres d'orgue de B. Quelques 
fantaisies sur des cborals avaient bien 6t6 pu- 
bises separement par S. Dehn, Commer et 
d'autres, mais bien plus que dans celles-ci, le 



g£nie de B. se manifesto dans ses compositions 
libres pour orgue. Ses oeuvres vocales manus- 
crites sont rSparties entre plusieurs bibliothi- 
ques : vingt-six cantates A la biblioth&que de la 
ville de Lubeck, quelques autres cantates A la 
biblioth&que royale de Berlin (deux d'entre 
elles ont 6t6 publics dans les « Monatshefte f. 
Musikgeschichte », ann&es xvn et xvm), enfin 
une centai ne d'oeuvres environ A la bihlioth&que 
de l'UniversitS d'Upsal (v. les • Monatshefte f. 
M.-G. », 1889, n° 1). Les compositions dites 
« Abendmusiken » doivent avoir 6t6 imprim&s 
de 1673 A 1687, mais elles sont restAes introu- 
vables jusqu'd ce jour. Les quelques oeuvres 
imprimSes de B., actuellement connues, sont 
les suivantes : cinq airs pour des ceremonies 
nuptiales ; sept sonates pour violon, gambe et 
cembalo (op. 1 et 2, Lubeck 1694 et 1696; A la 
bibl. de rUniversit6 d'Upsal) ; Die fried - und 
freudenreiche Heimfahrt des alien Simeons 
(1674 ; compost a l'occasion de la mort de son 
p£re); Die Hochzeit des Lammes (1681); Cos- 
trum doloris et Templum honoris (1705). 

Buuola, Antonio, n6 A Adria en 1815, m. A 
Venise le 20 mars 1871 ; fils du maitre de cha- 
pelle de sa ville natale, il apprit d'abord aupr&s 
de son p&re le jeu de divers instruments et les 
616ments de la composition, puis il devint T616ve 
de Donizetti, A Naples. Apr^s s f 6tre fait avan- 
tageusement connaitre par quelques operas 
donnes A Venise (Faramondo 9 Mastino, Gli 
awenturieri, Amleto et Elisabelta di Valois 
[=zDon Carlos]) et,apr£s un long voyage d*6tu- 
des, il fut appele en 1855 au poste de maitre de 
chapelle de l'eglise St-Marc, a Venise, comme 
successeur de Perotti. En plus des operas sus- 
mentionn£s (un sixi&me ouvrage est rest6 ina- 
chev6), B. a 6crit plusieurs Messes, un Requiem, 
des cantates et des oeuvres vocales de moindres 
dimensions. 

Byrd (s'Scrit aussi Bird, Byrd, Byred), Wil- 
liam, n6 A Londres vers 1588, m. le 4 juil. 1623 ; 
devint en 1554 enfant de chceur de l'6glise St- 
Paul et 61^ve de Tallis, en 1568 organiste A Lin- 
coln, en 1569 chantre de la chapelle royale et 
porta A partir de 1575 le titre d'organiste de 
cette mdme chapelle, sans jamais remplir ses 
fonctions. B. et son maitre Tallis re$urent en 
1575 une patente valable pour vingt et un ans, 
comme seuls imprimeurs et marcbands de mu- 
sique ; apr^s la mort de Tallis (1585), B. resta 
seul propri^taire de la patente. B. est peut-6tre 
le compositeur de musique d'eglise le plus re- 
marquable de TAngleterre, F^tis le nomme 
m^me le Palestrina ou FOrlandus Lassus an- 
glais. On a conserve un nombre assez conside- 
rable de ses oeuvres imprim^es, ^dit^es pour la 
plupart chez lui-m6me ou chez Thomas Est, au- 
quel il avait entre temps donne sa procuration : 
Cantiones (sacrce) (1575, publiees dans le 
mdme volume que des oeuvres analogues de 
Tallis) ; Psalmes etc. (1587) ; Songs of sundrie 
natures etc. (1589); deux livres de Sacrae can- 
Hones (1589, 151)1) ; deux livres de Gradualia 
ac sacrce cantiones (1607, 1610): Psalmes etc. 
(1611). Trois Messes du m£me auteur, 6gale- 



by \j 



*L 



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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



116 



ment imprimies, ont et6 retrouvees en exem- 
plaires uniques ; Tone d'elles, r^imprim^e en 
1841 par les soins de la • Musical Antiquarian 
Society >, est pr6c6d£e, dans cette nouvelle Edi- 
tion, d'une biographie de B. par E.-F. Rim- 
bault En outre, quelques anthologies anglaises 
du xvi* 0. renfennent des compositions de B. 
Le Virginal-Book de la reine Elisabeth (au 
c Fitz- William-Museum > de Cambridge) con- 
sent 70 pieces et celui de lady Nevill 26 pieces 
du m^me auteur, pour piano et pour orgue. 

Byiantine, Musiqub b., c-d-d. musique de 
reglise catholique-grecque. La musique b. s'6- 
tant developpee sur les bases de la musique de 
la Gr&ce antique, son histoire, ses evolutions 
offrent un intent tout particulier aux amateurs 
etaux connaisseurs de la musique grecque. 
Mais d'autre part aussi, l'influence r^ciproque 
des musique8 d*6glise orientale et occidentale 
a une importance toute sp£ciale. (cf. Tons d'b- 
glise). D est etonnaut que les historiens et les 
musicographes ne se soient occupes que tout re- 
cemment de la musique b. ; 1'accEs de la litera- 
ture du sujet est naturellement peu commode 
et la notation n£o-grecque, tr£s singuli£re et 
difficile & d6chiffrer, n'est point faite pour faci- 
liter les recherches. Cette notation dont Tori- 
gine est peut-etre commune A celle en neumes 
(v. ce mot) se d£veloppa d'une manidre tout & 
fait ind£pendante; elle a des signes sp^ciaux 



BYZANTINE — GABO 

pour chaque intervalle ascendant ou descen- 
dant, pour la dur^e des sons, pour les orne- 
ments, enfln pour indiquer la hauteur absolue 
d*un son et pour les changements chromati- 
ques. Elle est, en son extraordinaire complica- 
tion, bien 61oign6e de notre notation occidentale 
avec son m&canisme & la fois simple & com- 
prendre et facile k manier. Les ouvrages prin- 
cipaux traitant de la musique b. sont les sui- 
vants:ChryBanthos. E***v«yw fft ri Sivpnruth 
%a$ wfotxnn** TW IxaOwrtxmxif M*wxJ$ (Pa- 
ris, 1821); Philoxenos, Af&xi» rife ihXnuxif 
£xxXx? tocmxns movjixjk (Constantinople, 1868; 
jusqu'A. et y compris la lettre M seulement); 
Kiesewetter, Die Musxk der neueren Grieehen, 
(1838); J. Pitra, Hymnographiede VigUse grec- 
que (Rome, 1867); W. Christ, Beitrdge zur 
kirchlichen Litteratur .der Byzaniiner (1870) ; 
et Ueber die Harmonik des Manuel Bryen- 
nios (Munich, 1870) ; W. Christ et M. Paranikas, 
Anthologia grceca carminum christianorum 
(1871); Joh. Tzetzes, Ueber die altgriesckische 
Musik in der grieschischen Kirche (Munich, 
1874); H. Biemann, Die Mocfrvflou der byzanti- 
nischen liturgischen Notation (Munich, 1882) ; 
Heinr. Reimann, Zur Geschichte und Theorie 
der byzantinischen Musik (Leipzig, 1889). Cf. 
J. Damascene, Brykxnius, Lampadabius, Chry- 

8ANTH08. 



C est le nom du troisi&me son de l^chelle 
fondamentale des Allemands et des Anglais ; il 
correspond au doactuel des Ttaliens, des Espa- 
gnols, etc., et & Yut ou do des Frangais. T^e C 
est un des sons qui, depuis l'invention des li- 
gnes de la portee (x« s.), servirent de clefs pour 
la signification de ces lignes. On choisit comme 
clef la note sup£rieure de chacun des demi-tons 
(semitonium) de l'^chelle tonale, aulrement dit 
fa (f) et ut (c), afin d'attirer toujours Tattention 
du chanteur sur la difference entre le ton en- 
tier et le demi-ton. Cette demarcation 6tait en- 
core accenlu^e par la coloration des lignes ros- 
pectives de fa et d'ut en rouge et en jaune. Du 
xi 6 au xm« s., la signification des clefs de fa 
et d'ut ne se bornait pas au fa* et & Yut? seu- 
lement, mais s'etendaitparfois aussi au /a 3 et & 
Yufi; la couleur n*£tait alors plus placee sur la 
ligne, mais dans un inlerligne. La forme ac- 

tuelle de la clef d'ut: £j s'est d£veloppee gra- 
duellement d*un veritable C : 



by^_ 



^ 



\C 



La lettre C placee en tete des parties s£parees 
d'anciennes oeuvres vocales, signifie Cantus 
(discantus), c-A-d. soprano; CI, G2 = premier 
soprano, second soprano. — A propos de C sol 
faut y faut, cc solfa, v. Solmisation. 

Ei Ip> ou encore dans les impressions an- 

ciennes 3, sont des indications de mesure 
(v. ce mot); le C est en r£alit£, dans ce cas, un 
demi-cercle (C). 

C M employ^ comme abr£viation, signifie— L 
con 9 avec ; c, b. = col basso, avec la basse ; c. 
8 va = coWottara, avec Toctave ; — 2. vintus 
(c. /. = cantus firmus) ; — 8. capo (a\ c. = da 
capo, depuis le commencement). 

Cabaletta, ou mieux CamlineUa (itaL), signi- 
fie « petit air ». 

Caballero, Manuel-Fernandez, ne & Murcie 
le 14 mars 1885, eieve de Fuertes et d'Ealava 
au Conservatoire de Madrid; Tun des composi- 
teurs de zarzuelas (operettes) les plus ceiebres 
de l'Espagne. 11 a compose aussi de la musique 
d'eglise. 

CaJbo, Francisco-Javier, ne & Naguera, pres 
Valence, en 17(58, m. en 1882; fut nomme en 

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CAGCIA — CAFFARELLI 



117 



1810 chantre, en 1816 organiste et en 1880 mal- 
tre de chapelle de la cath6drale de Naguera. €L 
est Fun des plus remarqoables compositeurs 
modemes de musique d'eglise, en Espagne ; 11 
a 6crit des Messes, des vfcpres, etc. 
Caccia, chasse ; d'oii corno di a, oboe di c, v. 

COR, HAUTBOIS, etC 

Caccini, Giolio, n6 k Rome (d'ofr son nom de 
Grouo Romano) vers 1550, 616ve de Scipione 
della Palla pour le chant et pour le luth, se ren- 
du k Florence vers 1565 et y mourut en 1615 
environ. G. est l'un des fondatenrs du nouveau 
style musical, du style de notre epoqae dont 
l'essence m&me est la melodie accompagn^e; 
ses Nuove musiche (1602) donn6rent k' ce style 
8a premiere denomination speciale. Les acade- 
mies qui si&geaient dans les palais Barm et 
Oorsi (t. ces noma) avaient bien decouvert le 
nouveau style par la voie du raisonnement ; 11 
s'agissait des lore d'assurer au texte, ecrasA 
par les nombreuses complications harmoni- 
ques, la place importante k laquelle il a droit 
et de rehausser son expression pathetique par 
one simple declamation musicale. G*est ainsi 
que naquit le rtcitoAif qui, par l'accentuation 
etl'amplification de Texpression musicale de- 
vint air k son tour ; ces deux formes servlrent 
de base k tout un genre qui venait de se cr6er : 
l'opera. Yiadana (v. ce nom) fut l'introducteur 
da nouveau style dans la musique d'eglise. Les 
premieres ceuvres de C. consistaient en madri- 
gaux de peu de valeur, dans l'ancien style po- 
lyphonique ; ce furent settlement ses relations 
avec Galilee et Peri, chez Bardi et Corsi, qui 
en firent l'initiateur de nouvelles tendances ; il 
parvint alors rapidement k une tr6s grande c6- 
lebrite. Sa premiere oeuvre de la nouvelle pe~ 
riode fut : 11 combattimento cTApollinecol ser- 
pente (1500), d'aprts un poeme de Bardi ; puis 
vinrent : Dafne, po&ne de Rinuccini (1594, en 
collaboration avec Peri); Euridice (tragedia 
per musica, 1600) d'apres un po£me de Rinuc- 
cini egalement et que Rob. Eitner publia (1881) 
avec la basse chiflWe entierement realises ; 11 
rapimento di Cafalo (1597, imprimee en 1600); 
Le nuove musiche (madrigaux pour une voix 
avec basse, 1602) ; Nove arte (1608) et Fuggi- 
lotio musicale (madrigaux, sonnets, etc., 1614). 

Cachoucha, danse espagnole analogue au 
bolenKv. ce mot). 

Cadaux, Justin, n6 k Alby (Tarn) le 18 avr. 
1813, m. k Paris le 8 nov. 1874; compositeur 
d'operas-comiques, el6ve du Conservatoire de 
Paris d'oh il fut renvoyS pour manque d'exac- 
titude. II v6cut de longues annees k Bordeaux, 
puis k Paris et pendant quelque temps aussi k 
Londree. 

Cadeac, Pierre, contrapnntiste francais du 
xvi« s., maltre des enfants de chow k Auch. 
Des Messes el des motets de cet auteur ont et6 
publies separement de 1555 k 1558 par des im- 
primeurs parisiens (Le Roy et Ballard) ; quel- 
ques autres ceuvres sont eparses dans des an- 
thologies de T^poqiie. 

Cadence, (ital. Cadenza ; all. Kadens), du la- 
tin cadere, tomber, — 1. nom que Ton donne k 



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une succession d'harmonies qui produit I'im- 
pression d'un repos ou d'une terminaison. On 
pent diviser les c en deux grandes categories : 
G. parfaites, celles qui ont un caractere de con- 
clusion absolue, definitive; G. imparfaites, 
celles qui ont un caractere de repos seulement, 
simples interrogations ou suspensions. Les 
principaux types de c. adoptes par les theori- 
ciens sont les suivants : Cparfaite (dominante- 
tonique), C. plagale (sous-dominante-tonique ; 
oh la considere souvent comme c. imparfaite, 
pourlaisserA la formule tonique— sous-domi- 
nante— dominante— tonique seule la denomina- 
tion de parfaite), Cdla dominante (toniqne-do- 
minante), C. interrompue (on demi-cadence, ou 
c imparfaite, dans laquelte la basse del'accord 
servant de resolution est une note autre que la 
tonique), C. rompue (dans laquelle Taccord 
de dominante est suivi d'un degre quelconque, 
sauf la tonique). Pour plus de details, v.lemol 
Conclusion. — 2. On appelle aussi c, ou point 
d'orgue (en all. aufgehaltene Kadenz\ dans les 
concertos avec orchestre, les sonates, etc., un 
arret au milieu de la c. elle-meme presque tou- 
jours sur un accord de quarle-sixte de la toni- 
que, suivi d'un passage brillant plus ou moins 
long, dans lequel le virtuose trouve generale- 
ment accumuiees les plus grandes difflcultes. 
Autrefois, jusque vers la fin du siecle dernier, 
Texecutant improvisait librement le fragment 
en question sur les themes principaux de l'oeu- 
vre qu'ii jouait. Beethoven pretera indiquer 
exactement au virtuose ce qu'il devait jouer et 
ecrivit pour ses premiers concertos des c ca- 
dences » (c'est ainsi que Ton nomma des lors le 
fragment tout entier) speciales: il introduisit 
meme la c, dans son concerto en mi bemol ma- 
jeur, comme partie organique de l'oeuvre. Les 
pianistes n'en preferent pas moins, de nos 
jours encore, Unites les fois que la chose est 
possible, intercaler leurs propres cadences (as- 
sur6ment plus improvisees) dans les concertos 
de maltres;Moscheles, Reinecke, Saint-Saens, 
etc., ont publie de semblables cadences. Dans 
le concerto de Schumann et dans d'autres com- 
positions modemes, la c. fait partie integrante 
de l'oeuvre. 

Cafaro, Pasquale, compositeur italien estime, 
n6 k S^n Pietro in Galantina, pres Lecre (Na- 
ples), le 8 fevr. 1706, eidve de Leonardo Leo au 
Gonsenatoire « della Piet&», k Naples, ou il 
mourut le 28 oct. 1787. II a ecrit des oratorios, 
des cantates et d'autres ceuvres de musique 
d'eglise, ainsi que des operas ; parmi ses ceu- 
vres, il faut citer surtout un Stabat mater (ca- 
non k deux voix, avec accompagnement d'or- 
gue). Cf. Caffarelli. 

Caffarelli, de son vrai nom Gaetano Majo- 
rano, surnomme G., ceiebre castrat, ne k Bari le 
16 avr. 1703, m. a S. Dorato pres Naples le 
30 nov. 1783 ; il fut decouvert et forme par Ca- 
faro (v. ce nom), en Thonneur duquel il prit le 
nom de G. Plus tard, Gafaro l'envoya chez Por- 
pora qui le garda pendant cinq ans et en fit un 
chanteur de premier ordre. Apres s'etre cree en 
Italie une grande reputation, il se rendit k Lon- 

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118 



CAFFI — GALLCOTT 



dres en 1737, mais n'eut pas le succes qu'il 
avait esp6r£ ; il n'en f&ta pas moins d son re- 
tour, en Italie, d Vienne et d Paris de v6ritables 
triomphes. C. 6tait avide de richesses, il amassa 
une grosse fortune avec laquelle il acheta le 
duch£ de S. Dorato et porta d&s lors le titre de 
due ; le splendide palais qu'il fit construire d 
son usage portait {'inscription suivantc : Am- 
phion Thebas, ego domum. C. excellait dans le 
genre pathetique,mais il possAdait aussi d fond 
la technique de son art; toules les floritures lui 
£taient familieres et plus particuli6rement les 
passages chromatiques qu'il doit avoir le pre- 
mier cultivAs. 

Caffi, Francesco, musicographe italien, n6 d 
Venise en 1786, m. dans la mdme ville en 1874: 
fut conseiller d la cour d'appel de Milan jus- 
qu'en 1827, vecut ensuite & Venise od il s'6tait 
retir6 pour se vouer d des etudes dliistoire mu- 
sical e. Son oeuvre priucipale, d'une grande 
importance, a pour titre : Stpria delta musica 
sacra netla gia cappeUa ducale diSan Marco 
in Venezia dal 1318 al 1797 (1854-1855; 2 vol.). 
On lui doit aussi des monographies sur Zarlino 
(1896), Bonaveutura Furnaletto (1820), Lotti, 
Benedetto Marcello (dans les Venesiani ins- 
crizionide Gicognia) et Giammateo Asola(1862). 
Une « hiBtoire du th£dtre » est restee inachev&e. 

Caffiaux, dom Philippe-Joseph, b6n£dictin de 
la congregation de St-Maur, n6 d Valenciennes 
en 1712, m. dans l'abbaye de St-Germain-des- 
Pr6s, d Paris, le 26 dec. 1777 ; auteur d'une his- 
toire de la musique assez volumineuse, dont la 
publication fut annonc£e en 1756, mais ne se 
fit pas. F&tis en a dScouvert le manuscrit d la 
Bibliotheque nationale, d Paris ; il ne manage 
point les 61oges d Pceuvre de G. 

Cagniard de la Tour, Charles, baron de, 
n£ d Paris le 31 mai 1777, m. dans la m&me 
ville le 5 juiL 1859 ; physicien et mfcanicien de 
m6rite, membre de PAcad£mie, etc., fit d'ing6- 
nieux perfectionnements d la sir^ne (v. ce mot) 
qu'il transforma en compteur exact de vibra- 
tions. 

Cagnoni, Antonio, compositeur d'operas fa- 
voris en Italie, n6 d Godiasco (Voghera) le 
8 f£vr. 1828 ; £16ve du Conservatoire de Milan 
et depuis 1888 chef d'orchestre d Bergame. Son 
Don BucefcUo, £crit en 1847 alora qu'il 6tait 
encore au conservatoire, fit partie du repertoire 
de toutes les scenes italiennes. II a ecrit jusqu'd 
ce jour une vingtaine d'opdras. 

Cahen, Ernest, n£ d Paris le 18 aoflt 1828, 
61&ve du Conservatoire, pianiste et professeur d 
Paris, auteur de quelques op£rettes, etc, 

Caillot, Joseph, acteur et cbanteur francais 
(baryton haut) des plus distingu£s, n6 d Paris 
en 1732, m. dans la mftme ville le 30 sept. 1816; 
il fit partie du personnel de la Comedie ita- 
Uenne, d Paris. 

Caimo, Joseffo, compositeur de madrigaux 
de la seconde moitte du xvi« s., publia de 1568 
d 1585 : quatre livres de madrigaux d cinq voix, 
un livre de madrigaux de cinq d buit voix, et 
deux livres de canzonette d quatre voix. 

Gaisse roulante, sorte de tambour de dimen- 



sions moyennes, entre la grosse caisse et le 
tambour militaire (caisse claire) ; v. tambour. 

Calamus (lat.), ou aussi Calamellus, signifie, 
par une sorte de m&onyinie, flute (de roseau). 
C'est de c. qu'est d£riv6 en francais « chalu- 
meau», en allemand « Schalmei ». 

Calando, en se reldchant, en diminuant d la 
fois la sonority et la rapidity. Autrement dit, 
Pexpression c. r^unit en un seul et m£me terme 
le diminuendo et le ritardando. 

Calandrone, instr. de la famille desMtes, 
dont se servent les paysans, en Italie. 

Calascione, instr. de PItalie m£ridionale; 

V. COLACHON. 

Calata, ancienne danse italienne, d l'allure 
tranquille et au rythme binaire. 

Caldara, Antonio, compositeur fScond tr£s 
estim6 de son temps, n£ d Venise, en 1670; 
s&journa pendant plusieurs ann6es d Bologne 
et d Mantoue, fut nomm£ en 1714 compositeur 
de la cbambre de Pempereur d Vienne, puis le 
l ep janv. 1816 second maltre de cbapelle (le pre- 
mier maltre de chapelle 6tait J.-J. Fux) et mou- 
rut d Vienne le 28 d6c. 1736 a l'dge de 66 ans. 
C. n'6crivit pas moins de66op6ras et serenades, 
29 oratorios (presque tons d Vienne) et une 
quantity de musique d'&glise et de musique de 
cbambre. 

Calegari, 1. Francesco-Antonio (Callegari), 
moine de Pordre de St-Fran^ois, n6 d Venise, 
vers 1702 maltre de chapelle du grand couvent 
des Minorites d Venise, puis de 1703 d 1?24 maltre 
de chapelle d Padoue, oh G. Binaldi et, en 1729, 
Vallotti prirent sa succession. A partun certain 
nombre d'eeuvres de musique d'eglise, C. a 
6crit: Ampia dimostrazione degli armoniati 
musicali tuoni. Vallotti et Sabbatini ont connu 
le manuscrit et y ont largement puis£. - 2. An- 
tonio, n6 d Padoue le 18 oct. 1758, m. dans la 
m&ne ville le 22 juil. 1828; fit repr^senter 
quatre operas, de 1779 d 1789, d Modene et d 
Venise, et passa les premieres ann&es de notre 
siecle d Paris, oil il publia une Edition frangaise 
de sa th&orie de la composition d l'usage des 
dilettantes (le cel&bre jeu de combinaisons : 
Lart de composer, etc. 1802, 2« 6d. 1803; paru 
en 1801 d£jd en Italie sous le titre de Gioco 
pittagorico). U retourna ensuite d Padoue, et il 
y devint organiste titulaire et maltre de cha- 
pelle de San Antonio. C. a &crit six pennies 
dans le style de B. Marcello (mais sans son 
g£nie), comme suite d YEslro poetico de ce der- 
nier. Melch. Barbi a publie apres la mort de C. 
son ouvrage intitule : Sistema armonico, et 
Pa accompagn£ d'annotations personnelles 
(1829) ; sa methode de chant (Modi generaii del 
canto), d'apr^s Pacchiarotti, ^galement pos- 
thume, parut en 1836. 

Caletti-Bruni, v. (Ravalli. 

Callcott, John- Wall, n^ d Kensington le 
20 nov. 1766, m. a Bristol le 23 mai 1821 ; fut 
organiste de diverses eglises d Londres, bache- 
lier et D p mus. de PUniversit* d'Oxford et d 
partir de 1805 lecteur de musique d la Boyal 
Institution, ou il succ^da d Crotch. C. a £crit 
surtout un grand nombre de glees, de catches, 



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CAXLINET — GAMPAGNOLI 



119 



d'anthems, d'odes, etc. Son beau-fils Horsley en 
publia on recueil en 1824. C. avait en l'intention 
d'ecrire on dictionnaire de musique et s'etait 
procure le manuscrit laiss6 par Boyce, il avait 
lui-m&meamasse de nombreux materiaux,mais 
l'ouvrage n'en arriva qu'au prospectus, paru 
en 1797. L'unique oeuvre theorique de C. est 
une Musical grammar (1806). Un fits de C., 
Whxiam-Hutchins C, ne en 1807, m. a Londres 
le 4 aout 1882, est Tauteur d'un certain nombre 
d'ceuvree Tocales (melodies, anthems, etc.) 

Callinet, v. Doublaine & GK 

Calmato (itaLJ, calm£. 

Calsabigi, Raniero da, c6iebre poete, auteur 
des libretti de Gluck, ne k Livourne en 1715, 
&ait destine & la carriere commerciale ; il vecut 
un certain temps a Paris, se rendit en 1761 a 
Vienne qu*il dut quitter a la suite d'un scandale 
iheatral et rentra en Italic C. mourut a Naples 
en 1795. (Test & lui que Gluck attribuait la plus 
large part dans la rSforme de l'op^ra. Gf. Heinr. 
Welti, Gluck und Calsabigi (« Vierteljahres- 
sehrift fur Musikwissenschaft », 1891). 

Calvisius, Sbthus, de son vrai nom Seth 
Kallwttz, fils d'un journalier de Gorscheleben 
(Thuringe), ne le 21 f6vr. 1556, m. a Leipzig le 
$4 nov. 1615; amassa, comme chanteur des 
rues a Magdebourg, la somme qui lui etait n6- 
cessaire 'pour suivre les cours du gymnase et 
donna plus tard des lemons particulieres pour 
pouvoir frequenter les Universes de Helmstedt 
(1579) et de Leipzig (1580). G. fut nomm6 en 1581 
directeur de musique de l'eglise St-Paul a Leip- 
zig, en 1582 cantor a Schulpforta et en 1504 cantor 
de recole St-Thomas et directeur de la musique 
des eglises principales de Leipzig. II conserva 
ce poete d'honneur jusqu'a sa mort. G. posse- 
dait une culture theorique considerable et ses 
oimrages nous donnent aujourd'hui les rensei- 
gnements les plus importants sur retat de la 
theorie musicale A cette epoque. Ge sont : Melo- 
poeia seu melodice condendce ratio (1582); 
Compendium musicas practices pro incipien- 
tibus (1594, 8* 6d. sous le titre Musicce artis 
prweepta ncva et facillima, 1612),- Exercita- 
tiones musicae duce (1600) ; Exercitatio musi- 
cae tertia (1611). cf. Bobisattons. Un certain 
nombre de ses compositions nous ont £te con- 
8err£es: Auserlesene teutsche Lieder (1608); 
Biciniorum libri duo (1612) ; Der 150. Psalm, 
a douze voix ; un recueil, Harmoniae cantionum 
ecclesiasticarum a. M. Luthero et aliisviris 
pits Germanic? composilarum (1596), et Thar- 
monisation a quatre parties des melodies des 
psaumes de Gorneiius Becker (1602, 1616, 1618, 
1621). Les manuscrits de plusieurs motets, 
hymnes, etc., se trouvent encore a la biblio- 
theque de St-Thomas. 

Calvoer, Kaspar, savant theologien, ne a 
Hildesheim en 1650, m. a Clausthal, ou il etait 
snrintendant general, en 1725 ; auteur d'un ou- 
trage De musica ac singillatim de ecclesiastica 
wque spectantibus organis (1702) et d'une pre- 
face a la Temperatura practica (1717) de Sinn. 

Cambert, Robert, n6 a Paris vers 1628, m. a 
Londres en 1677; eieve de Chambonni6res, fut 



pendant quelque temps organiste de F£glise 
St-Honore puis devint en 1666 intendant de ty 
musique de la reine mere, Anne d'Autriche. 
G. est le veritable createur de Topera francais. 
Les representations d'operas italiens que Ma- 
zarin avait fait organiser en 1647, donn6rent a 
Perrin l'idee d'ecrire le livret d*une scene lyri- 
que qu'il intitula La Pastorale et que G. mit en 
musique (1559); Texecution au chateau d'Issy 
eut du succes et Louis XIV s'int6ressa vivement 
a la nouvelle entreprise. La premiere oeuvre de 
G. fut bientdt suivie d'Ariane, ou le mariage 
de Bacchus (1661) puis d' Adonis (1662) qui ne 
fut jamais execute et dont le manuscrit a tout 
entier disparu. En 1669, Perrin recut une pa- 
tente pour l'orgauisation de representations 
lyriques permanentes et donna a son entreprise 
le titre:d' Acad&mie royale de musique; il s'as- 
socia avecG.et monta en 1671, le premier op6ra 
veritable, Pomone. Un autre opera, intitule Les 
peines et les plaisirs de V amour y ne put etre 
represente, carLully etait parvenu en 1672 d6ja 
a faire retirer la patente de Perrin et G. pour 
Texploiter a son profit. Aigri et decourage, G. 
quitta Paris, se rendit a Londres oil il mourut, 
apres avoir ete chef de musique militaire puis 
maltre de chapelle de Gharles n. Quelques 
fragments de « Pomone » ont ete imprimes par 
Ballard ; une nouvelle edition de Touvrage en- 
tier ainsi que des « Peines et des plaisirs de 
Tamour » a paru dans les Chefs-d'ceuvreclassi- 
ques de Vopera franqais, chez Breitkopf et 
Haprtel. 

Cambiata (Hal.), note d'appogiature, note de 
change (v. ces mots). 

Cambini, Giovanni-Giuseppe, ne a Livourne 
le 13 fevr. 1746, m. a Paris en 1825 ; eieve du 
P. Martini, arriva a Paris en 1770 apres une 
jeunesse semee d'aventures. II remporta quel- 
ques succes comme compositeur de ballets et 
remplit les fonctions de chef d'orcheslre dans 
divers theatres, mais tomba dans la mis^re la 
plus noire et mourut a Thospice de Bicetre. 
G. avait une facility de travail extraordinaire ; 
il ecrivit en quelques annees 60 symphonies, 
plusieurs oratorios, 144 quatuors pour instr. a 
archet, etc. U collabora de 1810 a 1811 au jour- 
nal de musique de Geraude, Tablettes de Po- 
lymnie. 

Camera (Hal.), chambre. Gf. Musique de 
chambre. 

Camidge, nom de trois organistes anglais 
reputes, qui, Tun apres Tautre, occuperent le 
banc de l'orgue de la cathedrale d'York : John, 
ne vers 1735, m. le 25 avr. 1803 (auteur de Six 
easy lessons for the Harpsichord) ; son Ills, 
Mathew, ne en 1764, m. en 1844 (auteur d'une 
Method of instruction in Music) et son petit- 
fils John, m. en 1859. 

Campagnoli, Bartolommeo, ne a Gento pres 
Bologne le 10 sept. 1751, m. a Xeustrelitz le 
6 nov. 1827 ; violoniste, eieve de Dall'Occa (lui- 
meme eieve de Lolli) a Bologne, de Quasta- 
robba (lui-meme eieve de Tartini) a Modene 
puis, apres avoir fait plusieurs annees d'or- 
chestre a Bologne, eieve encore de Nardini, a 



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130 



CAMPANA — CANDEILLE 



Florence. II se fit connaitre par une serie de 
concerts dang difF&rentes villes, fut nomm6 
concertmeister du prince-6v6que de Freising et 
plus tard directeur de la musique du due de 
Courlande, A Dresde, d'oii il entreprit de gran- 
des tourn£es de concerts. II fut ensuite concert- 
meister A Leipzig (1797-1818), puis chef d'or- 
chestre de la cour, A Neustrelitz. C. a 6crit des 
sonates pour violon avec basse, des duos pour 
flftte et riolon, des duos pour deux violons, des 
concertos de fltte, uu concerto de violon et une 
m6thode de violon. 

Gamp an a, Fabio, compositeur d*op£ras ita- 
lien, n6 A Livourne le 14 janv. 1819, m. A Lon- 
dres le 2 f6vr. 1883. Son op6ra Esmeralda (Nos- 
tra dama di Parigi) fut represent avec succ&s 
A St-P6tersbourg,en 1869; U donna en outre six 
autres operas en Italie et un ballet A Londres, 
od il v6cut assez longtemps. 

Campana (itaL), cloche; campanella, clo- 
chette. 

Campenhout, Francois van, n6 A Bruxelles le 
5 ttvr. 1779, m. dans la m^rne ville le 24 avr. 
1848; fut d'abord violoniste au theAtre de la 
Monnaie, puis devint chanteur et fut engage 
comme t£nor au m&me th6Atre et sur d'autres 
scenes beiges, hollandaises et frangaisesjus- 
qu'en 1827. A partir de cette date, il se retira A 
Bruxelles et se voua entterement A la composi- 
tion (dix-sept operas, des Messes, un Tedeum, 
une symphonie, etc.). C. est l'auteurdel'hymne 
national beige, la Braban$onne. 

Campion (ou aussi Campian). 1. Thomas, m6- 
decin, po&te et musicien, m. A Londres en 1619; 
publia en 1595 un volume de po&sies et Scrivit 
en outre, en 1602, Observations on english 
poetry, Two books of aires (avec luth et violes, 
1612; le troisi&me et le quatrteme livre suivi- 
rent en 1617), un traits de l'harmonie A quatre 
parties (s. date, plusieurs fois r£edit£ jusqu'en 
1664). C. est l'auteur d'un grand nombre de 
masques et d'eeuvres de circonstances. — 
2. Francois, th6orbiste de l'Op^ra, A Paris, 
(1703-1719), publia: Nouvelles decouvertes sur 
la guitar e (1705); Traiti d'accompagnement 
pour le theorbe (1710); Traite de composition 
selon les regies de V octave (1716) et des supple- 
ments A ces diiftrenls ouvrages (Adc£ttiVm$,ete., 
1789). 

Campioni, Carlo-Antonio, n£ A Livourne en 
1720, m. A Florence, oil U £tait chef d'orcheslre 
de la cour, en 1793; violoniste et compositeur 
renomme de musique d'£glise. 

Campos, JoAo-Ribeiro de Almeida de, n6 A 
Viseu (Portugal) vers 1770, £tait vers 1800 
maitre de chapelle, professeur et inspecteur 
du chant d'eglise A Lamego; pul>lia deux ou- 
v rages : Elementos de musim (1785) et Elemen- 
tos de cantochao (elements de plain-chant, 1800; 
plusieurs fois reedite), 

Campra, Axdr£, le plus remarquable compo- 
siteur d'operas franyais durant la periode qui 
s£pare Rameau de Lully, n6 A Aix (Provence) le 
4d6c. 1660,m. A Versailles Ie29juill744; fut d'a- 
bord maitre de chapelle des cathedrales de Tou- 
lon (1679), Aries (1681) et Toulouse (1683), arriva 



A Paris en 1694 et remplit les m&mes fonctions 
d'abord A l'6glise des Jesuites, puis A l'&glise 
Notre-Dame. Mais, comme sa situation lui inter- 
disait tout rapport avec le th£Atre, il fit reprt- 
senter deux operas de sa composition sous le 
nom de son.frlre, Joseph C. (alto dans l'orches- 
tre de l'Op£ra); le succ^s que remport&rent ces 
deux ouvrages le d£cida A abandon ner son 
poste de maitre de chapelle. H devint alors, en 
1722, directeur de la musique du prince de 
Conti, et en 1742 maitre de la chapelle royale et 
directeur des pages de la chapelle. Ses ouvrages 
sceniques, congus dans un genre special auquel 
on a donn£ le nom d'op&ra-ballet, sont les sui- 
vants : L Europe galante et Le Carnaval de 
Venise (1697 et 1699; tous deux representee sous 
le nom de son frere), Hdsione (1700), ArMhuse 
(1701), Tancrede 1702), Les Muses (1703), lphi- 
genie en Tauride (1704; en colloboration avec 
Desmarets), T&Umaque, Alcine (1705), Le triom- 
phe de V amour, Hippodamie (1708), Les fetes 
vSnitiennes (1710), ldom&nte (1712), Les amours 
de Mars et Vtnus, TiUphe (1713;, Camille (1717), 
Les dges (1718), Achille et Diidamie (1735). II 
faut ajouter A cette liste un grand nombre de 
divertissements et de petits operas pour les 
f &tes de la cour de Versailles, ainsi que 3 livres 
de cantates (1708 et suiv.) et 5 livres de motets 
(1706 et suiv.) qui furent imprimis. L' « Europe 
galante », < Tancrede » et « les F6tes venitien- 
nes • ont hik reed i les chez Breitkopf et Hsertel; 
cf. Gambert. 

Camps y Solar, Oscar, n£ A Alexandrie 
ffigypte) le 21 nov. 1837, de parents espagnols 
avec lesquels il vint A Florence. II fut £l£ve de 
Ddhler, se fit entendre en 1850 d6jA comme pia- 
niste et termina ses etudes A Naples aupres de 
Mercadante. Apres de longues tourn&es de con- 
certs, il s'etablit A Madrid. C. a public diverses 
compositions, des melodies, des pieces pour 
piano, une grande cantate A trois voix, etc., et 
quelques ouvrages theoriques ou de literature 
musicale : Teoria musical Ulustrada, Metodo 
de solfeo, Estudios filosoficos sobre la musica 
et une traduction espagnole du t traits d'instru- 
mentation » de Berlioz. 

Cancricans (lat <qui va d reculons »), Canon 
c, comme une 6erivisse, canon dans lequel la 
partie imitante n'est autre que la partie princi- 
pal, ex&culee en commen^ant par la derniere 
note pour finir par la premiere. 

Canarie, A l'epoque de Louis XIV, danse fa- 
vorite analogue A la gigue, d'un mouvement ra- 
pide A 3 / 8 ou 6 / 8 ; Taccentuation en est forte et les 
notes piquSes vigoureusement detach6es. 

Candeille, Am&lie-Julie (Simons-G.), canta- 
trice, actrice et compositeur, n6ele31 juil. 1767, 
m. A Paris le 4 fevr. 1834, fille de Pierre- 
Joseph G. (n6 A Estaire le 8 dec. 1744, m. a 
Chantilly le 24 avr. 1827), auteur de quelques 
operas donnes avec succes. G. d^buta en 1782 
A rOp£ra de Paris, dans le role principal de 
1' « Iphigenie en Aulide » de Gluck; elle rem- 
porta un succes considerable, mais echangea 
1'annee suivante d^>jA la scene de TOp^ra contre 
celle du TlieAtre fran^ais, auquel elle appartint 



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GANGE — CA.NTATE 



121 



jusqu'en 1796. Elle epousa en 1798> A Bruxelles, 
an grand carrossier nomm£ Simons, qui fit 
feillite en 1802. Elle v6cut alors A Paris, s£pa- 
rte de son man, courutle cachet pendant quel- 
que temps puis epousa en secondes noces, en 
1831, le peintre Pi6ri6 (m. en 1833) auquel elle 
fit attribuer le poste de directeur de T6cole de 
dessin de Ntmes. M*« C. fit reprteenter avec 
sneers au Theatre firancais, en 1793, une sorte 
de comldie lyrique, La belle fermikre, dont elle 
avait ecrit le texte et la musiqne ; elle y joua 
da reste le rile principal et y chanta en s'ac- 
compagnant au piano ou A la harpe. Par con- 
Ire, un opera-comique, Ida, Forpheline de Ber- 
lin, donne en 1807, fit fiasco complet. On a 
publie de M"» C. : 3 trios avec piano, 4 sonates 
poor piano, une sonate A deux pianos, des me- 
lodies de La belle fermikre, quelques romances 
et one fantaisie pour piano. 

Cange, du, t. Ducange. 

Cannabich. 1. Christian, n& A Mannheim en 
1781, m. A Francfort s/M., au cours d'un voyage, 
en 1798; fils d'un fltitiate de la chapelle du 
prince eiecteur, Matthias C, eieve de Stamitz, 
pais de Jomelli, en Italic, oit le prince eiecteur 
i'avait envoy£ k ses frais. D fut nomm£ en 1765 
concertmeister, et en 1775 directeur de la cha- 
pelle de Mannheim A laquelle il parvint A don- 
ner la renomm£e d'un orchestre de premier 
ordre, Les nuances, sptaialement le crescendo 
*ei le diminuendo, dans les executions orches- 
trales se sont pour la premiere fois develop- 
pees sous la direction de G. A Mannheim. La 
coar de Charles-Theodore et avec elle la cha- 
pelle fut transferee en 1778 A Munich. Les 
compositions de G. consistent en operas, bal- 
lets, symphonies, concertos de violon, musique 
de chambre, etc.); elles furent accueillies avec 
faveur.— % Karl, fils du precedent, n6 A Mann- 
heim en 1769, m. A Munich le 1" mars 1805; il 
arait succ£d£ A son p^re, en 1800, comme 
maltre de chapelle de la cour A Munich. G. fut 
comme son pdre excellent chef d'orchestre, 
violoniste et compositeur. 

Canon (all. Kanon). 1. Nom que Ton donne de 
dos jours A la forme la plus severe de limita- 
tion musicale; il y a c, lorsque deux ou plu- 
sieurs voix marchent suivant une succession 
d'intervalles identiques et erntrent non pas si- 
moltanement, mais l'une apr&s l'autre. On dis- 
tingae plusieurs sortes de c. : le c. a l'unisson, 
dans lequel les diff6rentes parties chantent 
exactement les m£mes notes, mais entrent A une 
distance qui varie suivant les cas (une demi- 
memire, une mesure ou plus, ou m£me moins 
encore) ; le a a l'octave, dans lequel % ou les 
consequents (partie qui unite) reproduisent note 
pour note, mais a une octave de distance. Van- 
tMdent (partie imit&e) ; le c a la quintb supe- 
rieure ou inf&rieure, dans lequel l'antec^dent 
est transpose par les autres voix A une distance 
de qninte. ce qui pent donner lieu A deux alter- 
natives: ou bien le ou les consequents repro- 
duisent exactement les intervalles, ou bien ils 
les arrangent selon les rapports de la tonalite 
principale. On construit de m6me des c. a la 



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quarte supirieure ou inf6rieure, A la seconde 
8up6rieure ou inftrieure, etc. II existe enfin 
quelques variantes dont voici les principales: 
le c. par augmentation ou par diminution (per 
augmentationem ou dimimUionem ) de la va- 
leur de chacune des notes, dans le ou les conse- 
quents; le C. PAR MOUVEMBNT CONTRAIRB OU G. 

RENVKRflfe (al inverso, per motum contrarium), 
obtenu par le renversement de tons les inter- 
valles de I'ant6c6dent, en sorte que ceux qui 
etaient ascendants deviennent descendants et 
vice-versa; enfin, le c. retrograde ou a a i/fc- 
crbvi8se(c. cancricans; all. Krebskanon), dans 
lequel le ou les consequents commencent la m6- 
lodie ar la demi&re note et la poursuivent pour 
ainsi dire A reculons. Lorsque le c, d'une ma- 
niere generate, u'est pas perpMud ou ouvert, 
c-A-d. lorsqu'il ne doit pas se reprendre A l'in- 
fini sans interruption, on ajoute A la meiodie 
dans une ou plusieurs des parties quelques no- 
tes servant A former cadence ; ce petit fragment 
prend alors le nom de coda et le c. lui-mfcme 
est dit c. fermk. L'art du c. atteignit son apogee 
sous les contrapuntistes nierlandais du xv* et 
et xvi* s. Gf. Ambros, Qeschichte der Musik, 
vol.m; O. Klauwell, Die historxsche Entwicke- 
lung des tnusikaltscken Kanons (1877). — Le 
mot c. signifie en grec: instruction, indication; 
les anciens contrapontistes avaient en effet pris 
pour habitude de n'ecrire les c. ni en partition, 
ni en parties, mais de les noter comme uneseule 
meiodie, en indiquant par des signes sp^ciaux 
les entries des differentes voix et par des for- 
mules enigmatiques (c. £niqmatique) les divers 
modes d v imitations. Ge sont ces inscriptions qui 
portaient le nom de c, tandis que le morceau 
lui-m&me s'appelait Fuga ou Conseguenza. Les 
denominations employees parfois encore de nos 
jours dans la fugue (une forme d'imitation regie 
par des regies severes, mais tres libre en com- 
paraison du c): dux (sujet), comes (reponse) 
s'appliquaient alors aussi au c. Elles ont ete rem- 
placees en frangais par les ternies correspon- 
dants: antecedent, consequent. La premiere 
partie prenait aussi le nom de Guida, Proposta* 
Antecedent ou Precedence, et les autres Conse- 
guente, Risposta. Lorsque les voixentraienti la 
distance d'une demi-unite de mesure (minime), 
le c. prenait le nom de Fuga ad minimam (cf. 
Texemple au mot entire). — 2. Nqiu que les 
Grecs donnaient au monocojrde dont ils se ser- 
vaient pour fixer les rapports mathematiques 
des intervalles (octave = V* longueur de corde, 
etc.). De \A le nom de canonistes donne parfois 
aux pythagoriciens dont les theories musicales 
reposaient sur le c, par opposition aux harmo- 
nistes (Aristoxene et son ecole) qui negligeaient 
presque compietemenl reiement mathematique, 
dans la musique. 

Gantabile (Hal. « en maniere de chant » ), ex- 
pressif, A peu pr£s syn. de con espressione. 
Lorsqu'un passage porte l'indication a, la me- 
lodie principale doittoujours etre executee avec 
plus de force et d'intensite que les parties d'ac- 
compagnement. 

Cantata (ital. Cantata), « piece vocale », de me- 

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122 



CANTIUfeNE — CANTIQUE 



me que sonate ne signifie an fond rien antre que 
c pilce instrumentale ». De m£me aussi que so- 
nate, le mot c. prit pen k peu une signification 
precise: mais, tandis que toutes les formes an- 
ciennes de la c ont conserve jusqu'd nos jours 
et leur titre et leurs particularity il ne vien- 
drait k Yid&e de personne aujourdliui d'appeler 
sonate un court et simple prelude. Nous enten- 
dons actuellement par c. une oeuvre vocale d'as- 
sez grandes dimensions comprenant des soli, 
duos, etc., et des choeurs avec accompagnement 
instrumental Lac. se distingue del'oratorio et de 
Topera, par l'exclusion de tout Element epique 
ou dramatique: il va cependant sans dire que, le 
pur lyrisme s*eievant parfois jusqu'au pathetique 
le plus intense, l'616ment dramatique ne saurait 
en etre absolument banni. C'est dans le do- 
maine de la musique d'^glise (c. d'eglise) que 
cette forme s'est dlveiopp^e de la fa^on la plus 
evidente et la plus claire: J.-S. Bach en a cr£6 
de nombreux types d'une beauts artistique 
transcendante et dont il est ais£ de donner une 
definition. Nous pouvons dire, en les prenant 
pour base, que la c. est la manifestation d'un 
sentiment, d'un eta td'dme, au moyen de formes 
diverses mais r^unies en un tout ideal par 
1' unit6 m6me de la conception. Les soli chantes 
par different^ voix ne represented point, dans 
la c. d'eglise, differents personnages dont cha- 
cun contribue k Fensemble par Tapport de ses 
propres idees, mais des personnages qui eux 
aussi parlent au nom de la communaute; leur 
subjectivity a bien une teinte d'individualisme, 
elle n'en est pas moins la subjectivity d'une 
foule. G'est pourquoi Ton doit considererles en- 
sembles, les choeurs et surtout les chorals, 
comme l'essence propre de la c. d'eglise; les 
differents caracteres de voix d'un duo, d'un trio 
ne s'y opposent pas les uns aux autres, mais 
se neutralised en quelque sorte. 

Si nous maintenons notre definition de la c. 
aussi pour la c. profane, il ne manquera pas 
d'oeuvres intitul&es c. par leur auteur et que 
nous ne pourrons considerer comme apparte- 
nant k ce groupe de compositions. Nous trou- 
vons d'une part des ceuvres entierement dramati- 
ques, ne different de Top^ra que par leurs dimen- 
sions plus restreintes et le manque de mise en 
sc^ne, et pour lesquelles on a recemment adopte, 
avec beaucoup de raison, le titre de scenes lyri- 
ques; d'autre part, des ceuvres tout a fait epiques 
dans lesquelles l'a'ction se deroule principale- 
ment sous forme narrative. Lorsque des com- 
positions de cette derniere categorie sont suffi- 
samment vastes et qu'elles sont ecrites sur des 
8ujets bibliques, heroiques ou antiques, c'est le 
titre d'oRATORio qui semble le meilleur et le plus 
repandu, ou encore celui de legende quand le 
texte est biblique ou tout au moins religieux. 
Par conlre, les sujets romantiques, surtout lors- 
que les dimensions de Teen* re sont restreintes, 
donnent lieu k des denominations tres flottan- 
tes et incertaines; les compositeurs eprouvent 
toujours quelque embarras dans ce cas et finis- 
sent par renoncer k placer leur oeuvre sous une 
rubrique quelconque. Le terme de ballade, 



qui seul conviendrait, est malheureusement 
hors d'usage pour des ceuvres de forme com- 
posite. H ne reste pas grand* chose, dira-t-on au 
premier abord, pour la c. elle-meme; mais si 
Ton considere la question de plus pres, on 
verra qu'il existe encore une quantite de gran- 
des ceuvres vocales portant k juste titre le nom 
de c. : An die Kimstler de Schiller, mise en 
musique par Liszt, le Iriumphlied et le Schick- 
salslied de Brahms, YHymne a la Joie, de 
Beethoven, servant de dernier mouvement 
k la neuvieme symphonic, et beaucoup d* autres 
parmi lesquelles surtout des c. de fetes, II est 
certain que des ceuvres teiles que les nombreu- 
ses compositions de La Cloche de Schiller sont 
tres difficiles k classer; elles n'appartiennent k 
aucune des formes pr&citeee et sont composees 
d'eiements divers empruntes k chacune d'elles; 
de meme que les Passions de Bach sont k la 
fois des oratorios et des cantates, elles sont des 
scenes, des ballades et des cantates. 

Historiquement, le mot Cantata servit, peu 
apres l'invention de la monodie accompagnee 
(1600), k designer un solo de chant assez etendu 
dans lequel les passages arioso alternent dra- 
matiquement avec les recitatifa Mais cette al- 
ternance n'avait sans doute aucun rapport avec 
le nom de c: elle n'etait que le resultat naturei 
de la longueur du morceau et, pendant toute la 
premiere moitie du xvn« a., il serait inutile de 
chercher k distinguer nettement un air (aria) 
d'une cantale (cantata). Carissimi introduisit 
le nom de cantata di camera (c. de chambre) 
par opposition 41a cantata di chiesa (c. d'eglise) 
qui venait de faire son apparition; mais tons 
deux conserverent pendant longtemps leur ca- 
dre etroit: elles etaient ecrites k deux ou trois 
voix, au lieu d'une, avec continuo, avaient 
comme accompagnement une ou deux parties 
obligees, mais ne possedaient aucun des traits 
caracteristiques de la grande c. moderne pour 
chceur et orchestre. Dietrich Buxtehude (m. en 
1707) a encore ecrit plusieurs cantates k une 
seule voix. Tandis que la grande c. profane se 
formait petit k petit comme c. de fete, pour des 
ceremonies nuptiales, pour des hommages, etc> 
la c. d'eglise se developpait, non pas encore 
sous sen nom mais sous celui de concerto d'e- 
glise. J.-S. Bach a intitule « concertos d'eglise » 
la plupart de ses c. dont le titre n etait pas for- 
me des premiers mots du texte ; il a par \k me- 
me indique le rdle important qu'y jouent les 
instruments. Cf. anthems, vilhancicos. 

Cantiiene (lat < cantilena »), c-d-d. meiodie 
de genre vocal. Cf. aussi canzone. 

Cantines (sacrae) (lat « chants religieux » ; 
ital. canzoni spirituali »), du xv« au xvm* s. 
syn. de motets. 

Gantique (lat « Canticum *), c-a-d. chant de 
louanges. Les trois c. dits evangeiiques (em- 
pruntes au Nouveau Testament), les Cantica 
majora de reglise catholique romaine, sont : le 
Canticum Maria? (annonciation) : « Magnificat 
anima mea» que Ton nomme general em en t 
Magnificat : le Canticum Zachariae : •Bene- 
dicts dom in us deus Israel *, et le Canticum 



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CANTOR — GAPOUL 



123 



Shneonts : « Nunc dimittis servum luum ». — 
Les Cantica minora, au nombre de sept, sont 
emprunt£s k l'Ancien Testament. Tons les can- 
tiques font partie intSgrante da chant des psau- 
mes; les psaumes eux-m£mes sont aussi appe- 
1& Cantica (Davidis). — Canticum gradtmm, 
v. oradoel; Canticum canticorwm, le Cantique 
dee Cantiques (all. « das hohe Lied Salomonis »). 

Cantor (chanteur), nom que Ton donne, en 
Allemagne, au chantre d'une communaut£ reli- 
gieuse et, dans les 6glises principales qui ont 
une mattrise, au maitre de chant et directeur 
du choeur (maitre de chapelle), surtout lorsque 
celui-ci est fonn6 par les 61frves internes d'un 
lyc& attach^ k l'6glise, comme a r^glise St- 
fhomas de Leipzig par exemple. Les maitrises 
correspondaient k peu pr6s en France k ce 
qn'etaieni en Allemagne les choeurs de ces 
lydses, et le titre de maitre de chapelle k celui 
de t cantor ». 

Cantus (laL; itaL canto) = chant, m&odie, 
d'ofc la partie essentiellement melodique d'une 
ceuvre, le soprano (au xvi« s., le terme de c. 
remplace petit k petit celui de Discantus). Les 
contrapuntistes du xv» et du xn° s. confiaient 
bien la melodie, la partie principale, au tenor 
qui ex&cutait en mani&re de theme (CI firmus) 
on motif de choral ou une chanson populaire, 
sur laqueUe les autres voix brodaient des con- 
trepoints figures (C. figuratus); mais parmi 
ceiles-ci, c'6tait assortment au soprano qu'ils 
attribuaient le rdle preponderant au point de 
vue melodique. Au reste, les notes confines au 
tenor etaient sourent d'une dur6e telle que leur 
succession ne pouvait plus donner l'idee d'une 
melodie, au sens propre du mot 

Cantus durus, mollis, naturalis (lat.); cf. ma- 

JKUR, MINEUR, SOLMISATION et MUTATION. 

Canzone (itaL « chanson »; all. Kanzone). — 1. 
Nom que Ton donnait principalement au xv 6 et 
j usque dansle courant du xvi« s. k un chant pro- 
tone k plusieurs voix de facture populaire, d'oti 
les subdivisions en Canzoni Ivapoletani, Sicv- 
Wont, Francesi, etc Les compositions de ce 
genre portaient en Allemagne le nom de Lieder, 
frische deulsche tiedlein, Gassenhawerlin, etc. 
Les villotbs et les villanelles appartiennent 
au m$me groupe que la c, avec cette seule dif- 
ference que la structure en est encore plus sim- 
ple (note contre note, avec peu de mouvement 
dans les parties intermediates). Parmi les oeu- 
vres de l'6poque de floraison du style polypho- 
nique s6v£re, ce sont celles du genre des c. qui 
8e rapprochent le plus de notre goilt moderne, 
parce que d'une part la structure en est nette- 
ment accus£e et que d'autre part elles pr6sen- 
tent des formations p£riodiques, correspondant 
i la disposition des rimes dans les strophes 
g£n6ralement k petits vers.Ilfaut chercher Tori- 
gine de la a, dans la chanson populaire; on peut 
frequemment observer que le tenor en reparalt 
identiqne chez diffe rents compositeurs, ce sont 
done des melodies populaires ou en style po- 
pulaire arrangees k quatre voix. Des maltres 
habiles (tel Heinrich Isaak, dans • Inspruck, ich 
mussdich lassen » 1475) ont parfois superpose k 



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la melodie contenue dans le tSnor une partie de 
soprano plus belle qui, plus tard, a 6t6 prise 
pour la melodie principale. Jean de Muris (xrv» s) 
qui rapporte la predilection de ses contempo- 
rains pour la composition de Cantilenas sim- 
plement arrangees, nous donne ainsi, sans au- 
cun doute, le premier renseignement sur la c. 
et son premier nom. Pour ce qui concerne la c. 
fran<?aise, la chanson, v. ce mot. — 2. Dans la 
musique instrumental, le nom de c. apparait 
pour la premiere fois dans les ceuvres des deux 
Gabrieli (v. ce nom), pour designer un morceau 
instrumental imitant le style vocal (pour orgue: 
Canzoni alia francese per Yorgano, 1571). On 
reconnait Torigine du mot c. jusque dans les 
ceuvres pour orgue auxquelles J.-S. Bach a 
donne ce titre. Au bout de peu de temps ce m£- 
me terme fut appliqu6 aussi k des ceuvres pour 
plusieurs instruments (violons, etc.) et devint 
m6me absolument synonyme de sonate (chez 
Biionamente, 1636; Uccellini, 1649, etc.). La mu- 
sique instrumentale moderne elle-mfcme n'a pas 
abandonne les termes Canzone et Canzonnetta 
(chants sans paroles). 

Canzonetta (itaL), dimin. de canzone 9 petite 
chanson. 

Capella, Martianus-Minneus-Kelix, po£te et 
savant latin du commencement du v e s. de l'£re 
chretienne, k Carthage. Le livre 9 de son Saty- 
ricon traite de la musique; R6mi d'Auxerre, 
(Remigius Altisiodorensis) a ecrit un commen- 
taire sur cet ouvrage, reproduit par Gerbert, 
Scriptores, L Les deux premiers livres du 
mdme Satyrtcon, intitules : De nuptiis Philo- 
logice et Mercurii contiennent des 'extraits 
d'Aristide Quintilien (reproduits par Meibom, 
« Antique musicae auctores VII » et dans di- 
verses Editions du Satyricon, entre autres la 
derntere de F. Kopp, 1836). 

Capo (itaL), chef, tete, commencement; da 
capo (abr. d. c), k partir du commencement, 
indication de reprise dans un morceau de mu- 
sique; la r6p£tition se fait jusqu'au mot fine 
(fin). 

Capocci, Filippo, organiste italien des plus 
remarquables, ne k Home le 11 mai 1840, Ills 
de Gaetano C, maitre de chapelle de St-Jean- 
de-Latran. D fut nomm£ en 1875 organiste de 
la mSme 6glise et a compost un certain nom- 
bre d'eeuvres fort recommandables pour orgue. 

Capotasto(itaL), terme de lutherie servant k 
designer, dans les instr. a cordes pourvus d'une 
touche, Textr6mit6 de cette touche la plus rap- 
proch^e de la volute et qui, l£g&rement sur&e- 
v^e, sert de point d'appui aux cordes. Le c. que 
Ton appelle parfois en frangais une barre, est 
mobile dans quelques instr. k cordes pincees, 
la guitare surtout ; plac6 k la hauteur du pre- 
mier ton par ex., il raccourcit toutes les cordes 
et l'accord de l'instrument tout entier se trouve 
aussitOt hauss^ d'un demi-ton. 

Capoul, Joseph-Am£d£;e- Victor, tenor, n6 k 
Toulouse le 27 f6vr. 1839, A leve de Moreau- 
Sainti au Conservatoire de Paris; fit partie 
de 1861 a 1872 du personnel de TOpera-Comi- 
que, puis se fit entendre k New- York, k Lon- 

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124 



CAPPELLA — CARILLON 



dres (avec Christine Nilsson) et dans d'autres 
villes, remportant partout un succ£s immense. 

Cappella (ital.) v. chapelle. Cf. alla breve. 

Capriccio (ital., = caprice), nom que Ton 
donne k une piece instrumental sans forme 
d6flnie, mais dont le rythme est piquant et 
dont la structure harmonique ou melodique 
est pleiue d'imprfvu et d'originalite. On voit 
done que le C ne diflfere en rien du Scherzo; 
une ceuvre telle que le Scherzo en si bemol 
min. de Chopin pourrait tout aussi bien porter 
le titre de C.-A c, syn. de ad libitum, indique 
que Interpretation du passage en question 
doit etre libre, personnelle. 

Capricornus, v. Bockshorn. 

Caraccio, Giovanni, n£ k Bergame vers 1550, 
m. k Rome en 1626 .• fut d'abord chantre k la 
cour de Munich, puis maltre de chapelle de la 
cath6drale de Bergame et enfin de l^glise Ste- 
Marie-Majeure, k Rome. On a conserve de lui : 
2 livres de magnificats, 5 livres de madrigaux 
(le troisi6me a disparu), des psaumes, des can- 
zoni, des Messes de requiem, etc 

Caractftre des toxaltt£s. Le c. propre k cha- 
que tonality n'est point une vaine illusion, mais 
il ne provient pas, comme on serait tente de le 
croire et comme on peut le lire parfois, du tem- 
perament inegal des sons (la gamme d'ut ma- 
jeur etant cens^ment la plus exactement accor- 
d^e). Le c. repose sur une impression estheti- 
que dont il faut chercher la cause determinate 
en grande partie dans la structure de notre sys- 
t&me musical. Celui-ci est base sur une fahelle 
de sept sons fondamentaux la k sol (A — G) et 
les deux tonalit6s qui emploient surtout cette 
6chelle, ut majeur et la mineur, nous parais- 
sent simples et communes parce que nous nous 
les representons le plus facilement Les hearts 
vers les tons sup6rieurs (dieses) nous apparais- 
sent comme une gradation, les tonalites sont 
plus claires, plus brillantes ; les Pearls vers les 
tons inf£rieurs (Mmolis^s) comme une detente, 
les tonalites sont voices, sombres; 1'impres- 
sion que produisent les premieres a un earac- 
t£re majeur, celle que produisent les secondes 
un caract&re mineur. A cela vient s'ajouter la 
difference d'effet esthetique des tonalites ma- 
jeures et des tonalites mineures elles-memes, 
qui prend sa source dans la diversity des prin- 
cipes de leur consonance (v. Harmonie); le 
mode majeur est lumineux, le mode mineur 
sombre. Aussi les tonalites majeures di£s6es 
ont-elles un eclat renforce, et les tonalites mi- 
neures b&nolisees une matite exageree ; le clair- 
obscur des tonalites majeures bemolisees et la 
blAme clarte des tonalites mineures diesees sont 
comme des melanges des deux impressions pri- 
mitives. L'impression augmente, dans un sens 
comme dans l'autre, avec le nombre des altera- 
tions que comporte Tarmure. L'influence de la 
hauteur absolue des sons est presque nulle sur 
le c. des tonalites. 

Carafa (de Colobrano), Michkle-Enrico, ne k 
Naples le 17 now 1787, m. le 26 juil. 1872; se- 
cond fils du prince de Colobrano, due d'Alvito, 
offkier de Tarmee napolitaine, fut k partir de 



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1807 adjudant personnel de Mural, avec lequel 
il fit la campagne de Russie. A la chute de Na- 
poleon, C. abandonna la carriere militaire et se 
voua entierement k la musique qu'il avait du 
reste serieusement cultivee auparavant. II avait 
meme fait representor k Naples, en 1802 puis 
en 1811, de petits operas. C. ecrivit un grand 
nombre d'operas pour les theatres de Naples, 
Milan et Venise, et donna quelques ouvrages au 
Theatre Feydeau, k Paris, ou il s*etablit en 
1827. Dix ans plus tard il succ&da k LeSueur 
comme membre de l'Academie et en 1840, 
comme professeur de composition au Conserva- 
toire. A c6te de ses 36 operas, de quelques can- 
tates el ballets, C. a ecrit un certain nombre 
d'oeuvres religieuses de grandes dimensions 
(Messe, Requiem, Stabat Mater, Ave verum\ 

Caramuel de Lobkowitx, Juan, ne a Madrid 
le 23 mai 1606, m. k Vigevano (Lombardie), ou 
il etait eveque, le 8 sept. 1682 ; a publie : Arte 
nueva de musica, inventada anno de 600 por 
S. Gregorio, desconcertada (!) anno da 1026 
por Guidon Aretino restituida a su primera 
perfection anno {620 por Fr. Pedro de 
Urenna. etc. (1644). Cf. Bobisations. 

Carestini, Giovanni, castrat, connu sous le 
nom de Cusanino qu'il avait pris en Thonneur 
de la famille Cusani de Milan, qui l'avait pro- 
tege au debut de sa carriere, alors qu'il etait k 
peine Age de douze ans, ne k Monte Filatrano 
pres Ancrtne vers 1705, m. dans la meme loca- 
lite vers 1760. D chanta k Rome, Prague, Man- 
toue, Londres (de 1733 k 1735 sous la direction 
de Hapndel, dont les ennemis avaient engage 
Farinelli), Venise, Berlin et St-Petersbourg 
(1755-1758). 

Carey, Henry, ne vers 1690, m. k Londres le 
4 oct 1743, fils naturel de Georges Savile, mar- 
quis d'Halifax, compositeur anglais favori de 
ballades, d'operettes et de ballad-operas. II a 
publie en 1737 un recueil de cent ballades, sous 
le titre The musical century. C, comme l*a 
prouve Chrysander (Jahrb. I), eat Tauteur de la 
meiodie de God save the king, que Clarck, en 
1822, cherchait k attribuer k John Bull. 

Carexzando (ital.), en caressant, en flattant ; 
genre de toucher special dans le jeu du piano 
(en caressant les touches). 

Carezievole (ital.), en caressant doucement 

Carillon (all. Glockenspiel). Les carillons 
etaient autrefois tres en faveur ; le genre le plus 
grand se trouve dans les clochers d'eglises, oil 
un certain nombre de petites cloches sont mises 
en mouvement par un mecanisme d'horlogerie 
avec un rouleau, comme celui d'un orgue de 
barbarie ou d'une bolte k musique. C'est en 
Hollande et dans les Pays-Bas qu'ils furent le 
plus repandns et qu'on en trouve encore le plus 
grand nombre ; Tusage ne s'en implanta en An- 
gleterre que tout recemment, maisle mecanisme 
du c. y fut notablement perfectionne. Cf. Auto- 
matiques. Les c. de petites dimensions sont 
joues au moyen d'un clavier (tels, ceux qui cor- 
respondent dans d'anciennes orgues k la region 
superieure du clavier), ou au moyen de petits 
marteaux de bois (comme retaient, dans les 

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CARISSIMI — CARTER 



125 



musiques militaires, les c. portatifs remplac6s 
aujoord'hui par la « lyra » A lames d'acier). 
L'idde due. est trds ancienne ; il est possible que 
les Hollandais iaient empruniee aux Cbinois 
qui l'avaient r6alis£e depuis fort longtemps. 
V. aussi Glockenspiel et Jeu de timbres.— Ob 
donne encore le nom de carillon A des pieces 
pour piano ou pour orchestre qui doi vent imi- 
ter Teffet du c. (m&odie A la tierce, avec une 
note aigui et une note grave obstin£es), 

Carissimi, Giacomo, n6 A Marino (Etats de 
rEglise) vers 1604, fut d'abord maitre de cha- 
pelle de l'eglise d* Assise puis, A partir de 1628 
maitre de chapelle de Teglise St-Apoliinaire de 
la congregation allemande, A Rome, ou il mou- 
rat le 12 janv. 1674. C. est un des compositeurs 
qui eurent direclement le plus d'influence sur le 
developpement du style monodique dont le d£- 
but du xvn* 8. avait vu l'apparition ; il a prin- 
cipalement perfection^ le r6citatif et donne 
plus de vari&te et d'attrait A l'accompagnement 
instrumental II passe aussi pour le cr6ateur de 
la cantate de chambre, mais cetle assertion 
pent devenir une source de malentendus, d'au- 
lant plus que ses cantates sont toutes ecrites sur 
des textes religieux. Malheureusement un grand 
nombre de ses ceuvres ont ete 6gar£es, lorsque 
la bibliothdque de la congregation allemande. 
fat vendue, par suite de la suppression de Tor- 
dre des jesuites. Meme les ceuvres imprimees 
(motets A 2-4 voix, 1664-1667 ; Arte da camera, 
1667) n*fexistent plus qu'd un tr6s petit nombre 
d'exemplaires. La Bibliotheque nationale de Pa- 
ris possMe le manuscrit de dix oratorios de C, 
celle du Conservatoire de Paris et celle du Bri- 
lisch Museum de Londres ont quelques oeuvres 
delach^es ; mais la collection la plus riche est 
celle d'Aldrich, A la bibliotheque de l'eglise du 
Christ, A Oxford. Un petit traite de C, Ars can- 
tandi, n'existe plus que dans une traduction 
allemande, comme appendice a un ouvrage 
intitule Vermehrter Wegvoeiser (Augsbourg, 
chez Jak. Knoppmayer, 2* ed. 1692, 3« ed. 1696). 

Carnicer, Ramon, n6 pr£s de Lerida (Catalo- 
gne) le 24 oct. 1789, m. le 17 mars 1855, fut de 
1818 A 1820 cbef d'orchestre de l v Op£ra italien 
deBarcelone,en 1827 chef d'orchestre deTOpSra 
royal de Madrid et de 1880 A 1854 professeur de 
composition au Conservatoire de cette ville. 
C est l'auteur de neuf operas; il a ecrit un 
grand nombre de symphonies, de la musique 
d'&glise, des melodies, etc. 

Garolan, v. O'Carolan. , 

Carole, ancienne ronde frangaise, qui, de 
m&me que toutes les anciennes danses, etait 
chant^e. Le nom de c. s'est conserve en Angle- 
terre pour designer certains chants de fete, mi- 
religieux mi-profanes, surtout des chants de 
Koei (Christmas-Carol). 

Caron. L Firmin, contrapuntiste remarquable 
da xv* s., contemporain des Okeghem, Bus- 
nois, etc., eieve de Binchois et de Dufay. Ses 
ceuvres sont toutes perdnes, A Texception de 
qoelques Messes contenues dans un manuscrit 
des archives dela Chapelle poutificale, etd'une 
chanson A trois voix dont la Bibliotheque natio- 



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nale de Paris possede le manuscrit. — 2. Rose- 
Lucile Meuniez, ceiebre cantatrice scenique, 
n6e A Monerville (Seine-et-Oise) le 17 no v. 1857; 
fit ses etudes au Conservatoiie de Paris et fut 
engagee successivement 4 la Monnaie de 
Bruxelles (1882-1885), A l'Opera de Paris (1885- 
1887), et de nouveau A la Monnaie (1887) pour 
rentrer definitivement A l'Opera en 1890. EUe a 
cr6eentre autres Sigurd eiSalammbode Beyer, 
et Jocelyn de Godard. 

Carpani, Giuseppe, n6 A Briansa (Lombar- 
die) en 1752, m. A Milan le 22 janv. 1825. II etait 
poete de la cour imperiale et se fit connaltre 
surtout par deux ouvrages de litterature musi- 
cale : Le Haydtne, owero Letters su la vita e 
le opere del ceiebre maestro Gitcseppe Haydn 
(1812) et Le Rossiniane, ossia Lettere musico- 
teatrali (1824). C. fit representer plusieurs ope- 
ras, A Milan. 

Carpentras (itaL il Carpentrasso, de son vrai 
nom Eleazar Genet), ne A Carpentras (Vau- 
cluse) vers 1475, etait en 1515 premier chant re 
de la Chapelle pontificate dont il devint pen 
apres le directeur. En 1521, C. fut envoye A 
Avignon avec mission d'y r6gler certaines 
affaires concernant le trdne pontifical, il doit y 
etre mort apres 1532. C. fit paraftre A Avignon, 
en 1582, chez Jean de Channay un livre de Mes- 
ses, un de lamentations, un d'hymnes, et un de 
magnificats, imprimes en notes rondes (!) et 
sans ligatures (tt Briard). Quelques-unes de 
ces ceuvres ont ete reproduites dans des antho- 
logies de repoque et un certain nombre de mo- 
tets du meme auteur font partie des Motetti 
delta corona de Petrucci (vol. I et III, .1514 et 
1519). 

Carre, Louis, ne A Clofontaine (Brie) en 1663, 
m. A Paris le 11 avr. 1711 ; mathematicien,mem- 
bre de l'lnstitut, auteur de plusieurs ouvrages 
sur 1'acoutisque. 

Carreno, Teresa, nee A Caracas (Venezuela) 
le 22 dec. 1853, fille d'un haut fonctionnaire, 
eieve de L. Gottschalk, puis de Mathias, A Pa- 
ris; pianiste contemporaine renommee, elle 
debuta d£j4 de 1865 A 1866 en Europe, mais ne 
reussit A se faire connaltre que lorsqu'elle 
revint en 1889. M mo C. est aussi cantatrice et 
compositeur (Hymne national de Venezuela) ; 
elle fut m6me obligee, comme impresario d'une 
troupe d'opera italien, de tenir momenlanement 
le b&ton de chef d'orchestre d'opera. M m6 C. fut 
pendant quelques amines l'epouse du violoniste 
Sauret ; en 1892, elle s'etait flxee A Dresde et 
avait epouse, en troisiemes noces, le pianiste 
E. d* Albert, mais elle divorga en 1895 dej&. 

Carrodus, John-Tiplady, ne A Keighley( York- 
shire) le 20 janv. 1836, m. A Londres le 13 jail. 
1895, violoniste virtuose, eieve de Molique A 
Londres et A Stuttgart (1848 A 1853), vecut A 
Londres A partir de 1854 comme violon solo 
de Forchestre de t (Movent Garden ». II remplis- 
sait encore ses fonctions la veille de sa morL 
C. a publie deux soli et des morceaux de snlon 
pour violon. 

Carter, Thomas, ne A Dublin vers 1735, m. le 
12 oct. 1804; etudia la musique en Italie, fit 

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126 



CARTIER 



CASTE L 



representor plusieurs operas au theatre de 
« Drury-Lane > (1775 k 1782) et fut nomm6 en 
1787 directeur musical du t Royalty theatre ». 
U Scrivit alore de la musique de sc^ne pour 
divers drames. On connalt aussi de lui des 
concertos et des exercices de piano, ainsi que 
des ballades dont plusieurs sont devenues tr6s 
populaires. 

Gartier, Jean-Baptiste, violoniste, n6 k Avi- 
gnon le 28 mai 1765, m. k Paris en 1841 ; Sieve 
de Viotti, plus tard accompagnateur de la reine 
Marie-Antoinette, de 1791 k 1821 violoniste a 
rOp6ra, en 1804 membre de la chapelle impfr- 
riale, de 1815 k 1830 membre de la chapelle 
royale, et d&s lors pensionnS. C. a £crit non 
seulement des variations pour violon, des Etu- 
des, des sonates, des duos, etc., mais encore 
deux operas ; il a de plus public une prScieuse 
mSthode de violon : IS art du violon (1798 et 
1801). 

Caruso, Luigi, n£ a Naples le 25 sept. 1754, 
m. k PSrouse en 1822; fut un des compositeurs 
d'opSras et de musique d'6glise les plus feconds 
de son temps (61 operas, pour toutes les gran- 
des scenes italiennes). 

Carvalho, Caroline F^lix-Miolan, n£e k 
Marseille le .& d6c. 1827, m. k Paris le 10 juil. 
1895, cantatrice sc^nique fran^aise des plus 
distingu£es (soprano lyrique), avait £pous6 en 
1858 LfeoN Carvaille, dit G. (n6 en 1825, chan- 
teur sc^nique jusqu'en 1855, directeur du Th£&- 
tre lyrique [1855-1869] dont il rehaussa consi- 
d£rablement le niveau, a partir de 1876, direc- 
teur de rOp6ra-Gomique). M m « G. fut d'abord 
engagee k rOp£ra-Comique, puis passa au 
Th64tre lyrique et en 1869 k FOp6ra ; elle ren- 
tra en 1872 k rOp6ra-Comique, puis en 1875 de 
nouveau k TOp£ra, et quitta la sc^ne en 1885. 

Gary, Annie-Louise, cantatrice am£ricaine 
remarquable (alto), n£e k Wayne, Kennebec 
Country (Maine) en 1846, fille d'un medecin ; fit 
sa premiere Education k Boston puis, apr£s un 
voyage deludes k Milan, d6buta k Stockholm. 
EUe travailla encore, avec M m « Viardot-Garcia 
(Baden-Baden), et fut engag£e k Hambourg, 
puis en 1868 (par Strakosch) k Stockholm de 
nouveau. Plus tard, elle se fit entendre k 
Bruxelles, Londres, New- York (1870), SI-P6- 
tersbourg (1875) et se maria en 1882 k Cincin- 
nati, oil elle avait ete engagee comme soliste 
pour le festival musical de mai. 

Casali, Giovanni-Battista, maitre de cha- 
pelle de St-Jean-de-Latran de 1759 a 1792; 
compositeur de musique d'eglise, continua avec 
succes les traditions de l'£cole romaine. 

Casaxnorata, Luigi-Fernando, ne k Wurz- 
bourg, de parents italiens, le 15 mai 1807, m. k 
Florence le 24 sept. 1881 ; vint en 1813 k Flo- 
rence, avec ses parents, et re^ut de bonne 
heure un enseignement musical suivi. II etudia 
cependant le droit et prit ses grades tout en 
redigeant la Gazette musicale de Florence et 
en collaborant activement au journal du meme 
nom, k Milan. H fit aussi representer un opera 
et des ballets, mais le peu de succes qu'il rem- 
porta,l'engagea k se tourner du cot£ de la mu- 



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sique d'eglise et de la musique instrumentale. 
G. fut nomm£ en 1859 vice-president du comity 
pour la fondation de 1'Institut royal de musique 
k Florence, et fut charge plus tard de Torgani- 
sation puis de la direction de l'6tablissement. 
Outre un grand nombre d'oeuvres vocales et 
instrumental, G. a £crit un Manuale di armo- 
nia (1876) et une brochure : Ortgini, storia e 
ordinamento del R. Institute musicale fioren- 
tino. 

Caseila, Pietro, n£ APieve (Ombrie) en 1769, 
m. k Naples, ou il £tait professeur au Conser- 
vatoire royal, le 12 d£cembre 1848 ; fut maitre 
de chapelle de diverses 6glises de Naples et 
6crivit un grand nombre de Messes, de Vdpres, 
etc., ainsi que plusieurs op&ras. 

Caserta, Philipp de,tb<k>ricien de la musique 
proportionnelle, k Naples (xv« s.) ; Goussema- 
ker a reproduit un traits de cet auteur (Scrip- 
tores, HI.) 

Cassa (itaL) tambour, caisse roulante ; gran c, 
grosse caisse. 

Cassation (itaL < Gassazione »), signifie r6el- 
lement depart. Nom que Ton donnait au Steele 
pass£ k un morceau de musique determine, k 
plusieurs parties, pour un certain nombre 
d'instruments soli ; l'ex^cution avait lieu en 
plein air, genAralement le soir, en nianiere de 
serenade. Gf. ce mot et Divertimento. 

Cassiodore (Gassiodorius), Magnus- Aurelius, 
n6 k Scyllaceum (Schillazzo, en Lucanie) vers 
470 ; fut chancelier des rois Odoacre et Th£odo- 
ric, puis en 514 consul k Rome. Congedte par 
Vitiges en 537, il se retira dans le convent de 
Vivarium ( Vivarese, en Galabre) ; e'est \k qu'il 
6crivit son ouvrage De artibus ac disciplinis 
liberalium litterarum, dont une partie traitant 
de musique (lnstitutiones musicae) a £t6 re- 
produite par Gerbert (Scriptores I). Gf. Bram- 
bach, Die Musiklitteratur des MittelaUers. 

Castagnettes (esp. castanudas) instr. primitif 
k percussion, r£pandu surtout en Espagne et 
dans lltalie meridionale ; il se compose de deux 
morceaux concaves de bois dur, relics k Tune 
de leurs extrSmites par une attaclie que Ton 
fixe au pouce. tandis que les autres doigts ser- 
vent k agiter Tun contre Tautre les deux mor- 
ceaux de bois. Le bruit sec et strident que pro- 
duisent les c. se pr£te particulierement a 
Tindication de rythmes fortement accentute. 
Les c. sont,dan8 le ballet acluel, une des carac- 
t&ristiques indispensables de toute danse espa- 
gnole ou napolitaine. Pour plus de details, v. le 
Nouveau trailed! instrumentation de Gevaert. 
Gf. BoLfeRo, Fandango, etc. 

Gastel, Locis-Bertrand, P6re j^suite, ne a 
Montpellier le 11 nov. 1688, m. k Paris le 11 
janv. 1757 ; partit de Tidee de l'harmonie des 
couleurs, 6mise par Newton, pour eiablir, theo- 
riquement puis pratiquement, une gamme, un 
clavecin des couleurs, dout il exposa le systeme 
dans le « Mercure de France » (1725), puis le 
plan complet dans le « Journal de Trevoux ■ 
(1735). Une traduction allemande de ces articles 
a 6te publtee en 1739, par Telemann. L'id&e fut 
reprise tout recemment et perfectionn£e par un 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



CASTELLI — CATEL 



127 



Anglais, Wallace Remington, dans son colour 
organ (v. ce mot). G. est eusbi l'auteur des Let- 
ires d?un acad&nicien de Bordeaux sur le 
fond de la musique (1754) et d'une r£ponse k 
ses propres lettres : R&ponse critique d'vm aca- 
demicien de Rouen, etc. (1754). H 6tait en rela- 
tions avec Rousseau et on lui attribne m£me 
une part dans les Merits th^oriques de ce der- 
nier; mais e'est une assertion dont il serait 
difficile de fournir la preuve. Tandis que G. 
etait un esprit des plus fantasques (Voltaire 
l'avait surnomm£ le « Don Quichotte des ma- 
th&natiques »!), Rousseau 6tait un musicien 
d'un instinct harmonique delicat 

Castelli, Ignjiz-Franz, n£ k Yienne le 6 mars 
1781, m. dans la mfrne ville le 5 f6vr. 1862; 
anteur du libretto de la » Famille suisse » de 
Weigel, et de plusieurs autres operas favoris. 
II traduisit aussi en allemand une quantity de 
testes d'op£ras strangers, fut nomme en 1811 
po£te de la cour an service du thedtre de 
K&rntnertlior, fonda et publia de 1829 a 1840 
YAUgemetner musikalischer Anseiger. 

Castrate. On a donn£ ce nom k des chanteurs 
aoxquels une operation chirurgicale a permis, 
en emptahant la mue, de conserver leur voix 
d f enfant (soprano ou alto). Les c. occupent une 
place considerable dans l'histoire de Tart du 
chant, du xn* au xvm* s. ; e'est k eux que Ton 
doit en majeure partie le developpement de 
Fart du bel canto* pendant les xvu« et xvm* s. 
Les plus c£l£bres d'entre euxfurent,auxvn°s.: 
Vettori, LandL, Allegri, Grossi (dit Siface), 
Ferri, etc ; au xvm« s.; Broschi (dit Farinelli), 
Caffarelli, Conti, Bernardi (dit Senesino), Ga- 
restini, Bernacchi, Pacchiarotti, Marchesi, etc. 
Les deax derniers c. furent : Grescentini (m. en 
1846) et Velluti (m. en 1861). Gf. chacun des 
noms precedents. 

Castrucci, Pietro, ni k Rome en 1689, m. k 
Londres en 1769 ; violoniste, £lfrve de Gorelli, 
vint en 1715 k Londres, en quality de concert- 
meister de Torchestre d'opira dirig6 par Ham- 
del. Son jeu n'^tait point exempt de recherche 
prftentieuse et visait k l'effet. G. eut une cer- 
taine renomm&e surtout comme virtuose sur la 
Violelta marina, un instr. k archet de son 
invention et qu'il avait construct lui-m6me. On 
salt que Hsendel a £crit, dans c Orlando » et 
dans « Sosarme », des soli pour violetta marina, 
C est mort presque dans la misere. II a publie 
deux cahiers de sonates pour violon et douze 
concertos pour violon 6galemeni 

Catalani, Angelica, n6e k Sinigaglia en oct. 
1779, m. du cholera k Paris le 12 juin 1849 ; 
Tune des plus grandes cantatrices du com- 
mencement du Steele, fit d6j& beaucoup parler 
d'elle pendant son enfance et 6tait regard£e 
comme une enfant prodige. Elle fut 61ev£e au 
convent de Sainte-Lucie, k Gubbio pr6s Rome, 
et fat pour l'£tablissement une source de grands 
^vantages p&uniaires. C. n'eut de lemons d'au- 
cun grand maitre et ne put du reste jamais se 
d£barrasser de quelques habitudes defectueu- 
ses que Grescentini lui reprocha dans la suite. 
Elle cultiva d'abord la cantil£ne,mais la chaleur 



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\V 



intime et communicative lui faisait dSfaut et 
elle n'attint sa veritable grandeur que lors- 
qu'elle se fut vou6e au chant k fioritures. EUe 
d6buta en 1795 au ThS&tre Fenice, k Venise, 
chanta en 1799 k la Pergola de Florence et en 
1801 k la Scala de Milan, puis k Trieste, k 
Rome et k Naples. La intone annSe encore, elle 
accepta un engagement A l'Opgra italien de 
Lisbonne, ou M. Portugal lui faisait travailler 
ses r61es ; elle &pousa dans cette ville un atta- 
ch^ de l'ambassade frangaise, Valabr&gue, qui, 
en homme d'affaires qu'il 6tait, fit une question 
de commerce avant tout de la carri&re de sa 
femme. C. se dirigea d'abord sur Paris, ou elle 
ne donna que des concerts, mais r£ussit k 6ta- 
blir d£finitivement sa renomm£e. Un brillant 
contrat l'appela en 1806 k Londres, ou elle 
resta pendant sept ann^es, utilisant les vacan- 
ces thMtrales k parcourir TEcosse et Vlrlande. 
En 1807 seulement, elle n'encaissa pas moins 
de 16,700 livr. sterl. En 1814, apr£s la chute 
de Napoleon, elle rentra k Paris, ou le roi 
Louis XVHI lui confia la direction du Thea- 
tre italien, avec une subvention de 160,000 fr. 
Pendant les cent jours elle se retira de nou- 
veau devant Napoleon, parcourut l'Allemagne, 
la Scandinavie et les Pays-Bas, et ne rentra k 
Paris que lorsque Pempereur eut 6t6 fait pri- 
sonnier. Gette sorte de frayeur qu'elle avait 
de Napoleon datait de 1806, alors qu'elle avait 
refuse l'engagement qu'il lui oflrait k Paris, 
pour accepter celui de Londres. Gomme direc- 
trice de theatre, elle n'etH pas grande chance ; 
elle abandonna la direction en 1817 et mena 
pendant les dix annees suivantes une vie des 
plus errantes, jusqu'au moment ou elle arriva 
k Berlin, en 1827. G. passa le reste de ses 
jours dans un domaine pr£s de Florence, 
enseignant le chant, dit-on, k des jeunes filles 
bien douses. A des moyens vocaux extraordi- 
naires, s'unissaient chez G. une beauts sculp- 
turale et les grandes allures d'une reine. 

Catch (angl. « attraper »), genre essentielle- 
ment anglais de composition musicale, sorte de 
fugue vocale sur un texte comique et surchar- 
gee de difficult^ de tous genres qui font de 
Texecution des catches un art special et com- 
pliqu£ (repartition du texte, ou m£me des sylla- 
bes d'un mot entre diff£rentes parties, etc.). Les 
plus anciens recueiis de catches sont : Pamme- 
lia (1609), Deuteromelia (1609) et Melismata 
(1611). Les textes des catches etaient souvent 
des plus lascifs. Un Catchclub a &6 fond£ a 
Londres en 1761 pour l'Stude sp^ciale et le 
tnaintien des traditions de cette forme musicale. 

Catel, Charles-Simon, n6 k L'Aigle (Orne) le 
10 juin 1773, m. k Paris le 29 nov. 1830; arriva 
tout jeune k Paris, oil Sacchini s'intSressa k lui 
et le fit admettre k l'Ecole royale de chant (plus 
tard le Conservatoire). Gobert et Gossec y furent 
ses maitres. Nomme en 1787 dej& accompagna- 
teur et maitre suppliant, il obtint en 1790 le 
poste d'accompagnateur k TOp^ra et celui de 
second chef du corps de musique de la Garde 
nationale (Gossec £tait premier chef). En 1795 il 
fut nomme professeur d'harmonie et charge de 

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128 



CXTELANI — CAVALtERI 



la redaction d'un Traiti cTharmonie qui parut 
en 1802. II devint enfin, on 1810, inspecteur du 
Conservatoire, en m£me temps que Go3sec, 
Mehul et Cherubini ; mais il se retira de toutes 
8es fonctions en 1814, lorsque son ami Sarrette 
donna sa demission. G. a ete eiu membre de 
l'lnstitut en 1815. n s'est essaye au theatre sans 
grand bonheur (Simiramis, Les Bayad&res, Les 
aubergistes de qualify etc.); ses oeuvres de cir- 
constance pour les fetes rationales et quelques 
oeuvres de musique de chambre sont bien faites, 
maisdepourvuesde toute id6e g6niale. L'ouvrage 
capital de G. reste bien son Traite cTharmonie 
qui pendant vingt ans a fait regie au Conserva- 
toire de Paris; il a collabor6 en outre & la 
redaction des Solfiges du Conservatoire. 

Catelani, Anoblo, n£ a Guastalla le 80 mars 
1811, m. & Mod6ne le 5 sept. 1866, etait en 1881 
eieve de Zingarelli au Conservatoire de Naples 
et eieve particulier de Donizetti et Grescentini ; 
devint en 1884 chef d'orchestre au theatre de 
Messine, en 1887 directeur de musique a Co- 
reggio et v^cut & partir de 1888 a Modene, oh il 
fut nomme successivement directeur de musi- 
que de la ville, mattre de chapelle de la cour et 
des eglises principales et, en 1859, second 
biblioth£caire de l'ancienne biblioth^que de la 
maison d'Este. C. a 6crit quelques operas, mais 
c'est comme historiographe musical qu'il a le 
plus de m£rite. II a public des notices biogra- 
phiques sur Pierre Aaron et Nicolas Vincentino 
(dans la Gazetta musicate di Milano, 1851), 
et des lettre8 de musiciens ceiebres (1852-1854), 
donne une etude sur les deux impressions les 
plus anciennes de Petrucci, relrouv£es a Bo- 
logne par Gaspari (1856) ; entln, il a fourni 
deux monographies sur la vie et les oeuvres 
d'Orazio Vecchi (1858) et de Qaudio Merulo 
(1860). 

Catrufo, Giuseppe, ne a Naples le 19 avr. 
1771, m. a Londres le 19 aoftt 1855 ; se mit au 
service de la France d&s le debut de la revolu- 
tion a Naples, fut officier jusqu'en 1804, puis 
s&journa & Geneve. En 1810, il se rendit a Paris 
qu'il quitta de nouveau en 1885, pour alter 
vivre & Londres. C. 6tait un compositeur d'ope- 
ras ttcond mais peu original ; il a public aussi 
un certain nombre d'airs, d'ceuvres de musique 
d'eglise, de morceaux pour piano ou pour d'au- 
tres instruments, ainsi qu'une Mffliode de vo- 
calisation (1890). 

Cauda (lat « queue », designe dans la termi- 
nologie des theoriciens de la notation propor- 
tionnelle, le trait vertical descendant partant 
de la droite d'une maxime (ss| ou d'unelongue 
C ou plac^ soit au com ' mencement, soit 
I a la fin d'une ligature (v. ce mot). Le 
terme dec. se rencontre plus rarement pour de- 
signer le trait vertical ascendant (sursum c.) de 

la minime , de la semiminime !, etc. pour 

Yopposita projirietas des ligatures. La pliqub 
(v.ce mot) aussi, a la fin des ligatures de la mu- 
sique proportionnelle primitive, recoil souvent 
le nom de c. 
Caurroy, Franvois-Eustache du, sieur de 



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Saint-Fremin, n£ a Gerberoy pr6s Beauvais en 
ttvr. 1549, m. a Paris le 7 aoftt 1609 ; fut a partir 
de 1569 chantre, puis directeur de la chapelle 
du roi, qui le nomma en 1598 surintendant de 
sa musique, & Paris. C'&tait un compositeur des 
plus estim&s; il a laisse une Messe des morts ; 
deux livres de prieres, Preces; des Melanges 
(chansons, psaumes, nodls) et des fantaisies. 

Cavaill6-Coll, Aristidb, ne a Montpellier le 
2 f^vr. 1811, originaire d'une famille dont les 
membres etaient depuis plusieurs generations 
facteurs d'orgue, arriva a Paris en 1838 et fut 
prime dans un concours pour la construction 
d'un nouvel orgue a St-Denis. II s'etablit alors 
a Paris et construisit en plus des orgues de 
St-Denis, dans lesquelles il employa pour la 
premiere fois le levier pneumatique de Barker 
(v. ce nom), les instruments ceiebres de St-Sul- 
pice, de la Madeleine et une quantite d'autres a. 
Paris et en province, en Belgique, enHollande, 
etc. Plusieurs de ces orgues ont ete decrites en 
details par La Fage, Lamazou, etc. La facture 
de l'orgue est redevable & C d'importants per- 
fectionnements, tels que l'emploi de magasins 
& air separes, a pression differente et corres- 
pondant aux regions inferieures, moyennes ou 
superieures du clavier ; les flutes octaviantes, 
etc. cl a ecrit lui-m6me un certain nombre 
d'ouvrages : Eludes exp6rimentales sur les 
tuyaux & orgue (« Bulletin de l'Academie des 
sciences », 1849) ; De l'orgue et de son architec- 
ture (« Revue g6n6rale de Tarchitecture et des 
travaux publics », 1856); Prqjet d'orgue monu- 
mental pour la basilique de St-Pierre de Rome 
(1875). 

Cavalieri, Emilio del, ne & Rome, de famille 
noble, vecut nombre d'annees a Rome, puis fut 
appeie a Florence par Fernand de Medicis, en 
qualite d'inspecteur general des arts et des ar- 
tistes (intendant). II mourut probablement a 
Florence, en 1599, car son ouvrage le plus c£- 
lebre, Rappresentasione di anima e di corpo, 
fut publie en 1600, avec une introduction et 
des notes, par Alex. Guidotti. C. est, sans aucun 
doute, l'un des fondateurs du style musical 
moderne (monodique, accompagne) et celui 
d'entre eux qui mourut le premier. II n'a pas 
encore ete possible de decouvrir si les reunions 
artistiques qui avaient lieu dans les palais de 
Bardi et de Corsi (v. ces noma) avaient pousse 
C. dans la voie nouvelle (on ignore si C. ftv- 
quentait ces academies) ou si, au contraire, ces 
reunions avaient ete organisees sur son initia- 
tive. Quoi qu'il en soit il se declarait, lui aussi. 
ennemi du contrepoint, et si C. n'etait pas d'ac- 
cord avec les academies existantes, il faut en 
rechercher la cause ailleurs que dans la musi- 
que. C. ecrivit deja dans Tomvre sus-mention- 
tionnee un Basso continucUo (continuo) chiffre, 
dont Guidotti expliqua la signification ; il ac- 
corda aussi une certaine importance aux for- 
mations melodiques et, le premier peut-etre, il 
oraa la meiodie d'agrements divers (empruntes 
au style du luth et du clavecin) dont Guidotti 
explique les signes dans sa preface. Les com- 
positions de C. nous paraissent aujourd'hui 

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CAVA.LLI — CELUER 



129 



seehes et monotones ; il ne faut pas oublier ce- 
pendant qu'elles sont lee premiers essals d'un 
style tout noaveau . La Rappresentasione, dej& 
citee, passe pour etre le premier oratorio (v. ce 
nom), de meme que Disperasione di Filene, 
Satire (1590) et Giuoco delta cieca (1596) comp- 
tent parmi les premiers operas (v. ce mot). 
L'oeuvre la plus ancienne de C. n'est connue 
qne de nom, e'est un recueil de plus de quatre- 
vingts madrigaux; il a done ecrit d'abord, 
coinme Gaccini, en « stilo osservato ». 

Cavalli, Francesco (de son vrai nom Pier- 
Francisco Galetti-Broni), ne k Gretna en 1599 
on 1600, — son pere, Giambattista Galetti, dit 
Brnni, etait maitre de chapelle — m. k Venise 
le 14 Janvier 1676. Son talent musical le fit re- 
marquer par un noble Venitien, Federigo G., 
alors podestat k Crema, qui l'emmena k Ve- 
nise pour qu'il y achev&l sk culture artistique. 
Saivant one mode tres repandue en Italic, il 
prit plus tard le nom de son protecteur. En 
1617, nous le trouvons parmi les chantres de 
l'eglise St-Marc, sous le nom de Bruni, en 1628 
sons celui de Galetti, en 1640 coinme second or- 
ganiste sous le nom de Galetti dit G. II fat 
noinme enfin premier organiste (1665), puis 
maitre de chapelle (1668) de l'eglise St-Marc 
On executa, le jour de ses fanerailles, un Re- 
quiem de sa composition, termine peu aupara- 
vanL G. etait estime comme organiste, et sa 
musique d'eglise n'est pas sans valeur, mais 
e'est avant tout comme compositeur d'operas 
(42 ouvrages) que son importance est conside- 
rable; il est l'eieve et le digne continuateur de 
Monteverde. Ses ceuvres marquent un reel 
progres sur celles du maitre de Gremone, par 
le fait que les divers morceaux de chant y pren- 
nent dej& de plus grandes proportions, et que 
('expression en devient plus intense et plus vi- 
vaute. La vigueur du rythme et la robustesse 
delamelodie leur donnent une valeur autre 
que simplement historique. La renommee de G. 
^taii telle, que ce fat lui qui composa les operas 
de fete pour le manage de Louis XIV (Serse, 
1660) et pour la celebration de la paix des Py- 
renees, an Louvre {Ercole amante, 1662). Un 
autre ouvrage de G M Oiasone, fit, avec le plus 
grand succes, de 1649 k 1662, le tour des scenes 
de l'ltalie; il a ele publie recemment par Eitner, 
dans le V&** vol des publications de la « Ge- 
sellschaft far Musikforschung ».Gf. H. Kretsch- 
mar. Die venetianische Oper, dans la t Viertel- 
jahresschrift far M. W. », 1892. 

Cavatine (Cavatina, Gavata), dans l'opera, 
morceau lyrique pour chant solo, se distingue 
de Vair par sa plus grande simplicity qui la 
rapproche du lied; la c. n'a qu'un mouvement, 
elle evite les repetitions de texte et les tongues 
fioritures. Quoique, dans la regie, bien plus 
courte que l'air, la c. a souvent un texte plus 
long. Tandis que, dans Topera moderne, elle 
forme en general un numero special, elle ser- 
Tait souvent autrefois de final lyrique A un re- 
cilatif. 

Gavos, Catterino, ne a Venise en 1775, m. k 
St-Petersbourg le 28 avr. 1840 ; eleve de Bianchi, 

MCnONNAJRB DE IfUSIQUU. — { X 



se rendit en 1798 k St-Petersbourg, ou il donna 
avec succes son opera Ivan Sussantna, com- 
pose sur un texte russe. II fat alors nomme chef 
d'orchestre de la cour imperiale et conserva ces 
fonctions jusqu'A sa mort G. a ecrit treize 
operas russes qui tons ont re$u un accueil fa- 
vorable et lui ont valu de hautes distinctions 
honorifiques; il a donne en plus un opera fran- 
cais, plusieurs operas italiens et six ballets (en- 
tre autres Z&phir et Flore). 

Caylus, AKNB-GLAUDB-Philippe de Tubieres, 
comte de, ne k Paris le 81 oct. 1692, m. dans la 
meme ville le 5 sept 1765; a consacre k la mu- 
sique des anciens plusieurs fragments de son 
Recueil dCantiquUis tgyptiennes, 6tru$que$, 
ffreegues, romaines et gauloises (1752 et suiv.; , 
7 vol.) et un article dans les Memovres de PAca- 
dAmiedes inscriptions (vol.21). 

Cebell, ancienne denomination anglaise(chez 
Purcell entre autres) d'une gavotte k mouve- 
ment rapide. 

C6dle, Saintb-G., noble Romaine, martyre 
chretienne m. en 177. L'histoire de samort a ete 
peu k peu ornee de legendes diverses et Ton 
attribua meme k Ste-G. Hnvention de l'orgue. 
Ste-G. est la palronne des musiciens et plus 
specialement des musiciens d'eglise; son anni- 
versaire est le 22 novembre et plusieurs com- 
positeurs importants ont ecrit pour ce jour des 
ceuvres speciales de musique religieuse (les 
« odes k Ste-Gecile » de Purcell, Clark, Hsen- 
del, etc.). D'innombrables associations portent 
le nom de « Societes Ste-Gecile »; la plus an- 
cienne est sans doute celle que fonda Pales- 
trina, k Borne, et qui fat d'abord une sorte 
d'ordre jouissant d'une quantite de privileges 
de la part des papes. Pie IX la transforma, en 
1847, en une Academie Ste-Q6cHe y qui rend de 
grands et constants services k l'art musical re- 
ligieux. La Ccecilian Society de Londres (1785- 
1861) se fit connaltre par des executions d' ora- 
torios de Haendel et de Haydn surtout. Le 
Ccecilienverein fur Loender deutscher Zunge, 
fonde en 1867 par Franz Witt, k Batisbonne, 
pour le relevement de la musique d'eglise catho- 
lique, a ete confirme en 1870 par un bref pontifi- 
cal ; il a pour president M. Schmidt, mattre de 
chapelle du d6me de Miinster (cf. Socifrrfcs). 

Celestina, v. trehblant; cf. Bifara* 

Celestino, Elioio, au dire de Burney, le meil- 
leur violoniste italien de son temps, ne k Borne 
en 1737, s'etablit k Londres en 1799 et y publia 
une oeuvre pour violon et violoncelle. 

Celler, Ludovic, pseudonyme de Louis Le- 
clerq, ne k Paris le 8 fevr. 1828, publia entre 
autres, sous le nom de G., un certain nombre 
d' ouvrages de literature musicale : La semaine 
sainte au Vatican (1867); Lesorigines de V Optra 
etle* Ballet de la reine » (1868); Moli&re-LiUly: 
Le mariage forci [le Ballet du Rot] (1867). 

Cellier, Alfred, compositeur anglais d'ori- 
gine francaise, n6 a Hackney (Londres) le 
l« r dec. 1844, eleve de Th. Helmore comme en- 
fant dechoeur de la chapelle royale de St- James, 
fat nomme organiste en 1862 deja, puis direc- 
teur dos concerto de nJlsfer-Hall et de la So- 



- ■ I 1 1- 1 1 1 I :i I I I ' . ' 



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CELLO — CESTI 



©ttti philharmonique de Belfast en 1866. II di- 
rigea de 1871 & 1875 le • Prince's theatre » de 
Manchester, de 1877 & 1879 rOp&ra-Comique A 
Londres, ainsi que de moitte avec Sullivan, les 
promenades-concerts de « Covent Garden »; il 
v6cut ensuite pendant iongtemps en Am&rique 
et en Australie, mais rentra & Londres en 1887. 
Cm. a £crit un tr6s grand nomhre d'op&rettes : 
Charity begins at home (1870), The Sultan of 
Mocha, The Tower of London, Nell Choynne, 
BeUa Donna, The Foster brothers, Dora's 
dream, The Spectre Knight, After aU, In the 
Sulks (1880), The carp (1886), Mrs Jarramies 
Qenie (1887), un grand op^ra Pandora (Boston, 
1881), une suite symphonique, etc. 

Cello (ital.), violoncelle. 

Cembal d'amour, sorte de clavecin construit 
par Gottfried Silbermann, dans lequel les cor- 
des, de longueur double, eta ient di vis&es en deux 
raoities 6gales par un chevalet, de telle sorte 
que les deux moiti&s donnaient le m6me son 
(arec un 16ger battement). La tangente frottait 
la corde plus ou moins pr£s du chevalet, sui- 
vant le degr6 de force du toucher. Mais cette 
tentative d'obtenir ainsi le piano et le forte tant 
dtoirte fut bientdt abandonnee. Of. Puno. 

Cembalo (ital.), v. piano. 

Ceaton. 1. L'antiphonaire de Gr^goire le 
Grand (v. ce nom), autrement dit le recueil des 
chants liturgiques en usage dans les diverges 
egiises de lltalie. — 2. Nom que Ton donne en 
musique & un op6ra potpourri, ou & toute 
grande composition formfa de fragments d'au- 
tres OBuvres (pasticcio). Le verbe centoniser, 
que Ton en a dexiuit, signifie done compiler, le 
plus souvent dans un mauvais sens (en all. 
zusammenstoppdn\ 

Cercar la nota (ital.,chercher la note), c-A-d., 
dans Tart du chant, attaquer 16g£rement d'a- 
vance la note qui torobe sur la syllabe suivante, 
corame on a coutume de le faire dans le porta- 
mento : 

au lieu de : | ainsi : ^*g I 




Cernohorsky, v. Czbrnohorsky. 

Cerone, Domenico-Pibtro, n6 a Bergame en 
1566, se rendit en 1592 en Espagne, oil il devint 
chantre de la chapelle de Philippe II puis 3e 
celle de Philippe HI, au service duquel il passa, 
en 1608, dans la chapelle de Naples. D vivait en- 
core dans cette ville en 161& G. a 6crit : Regole 
peril canto fermo (1609), et El melopeo y maes- 
tro, tractado de musica theorica y pratica 
(1618) qui n'est peut-6tre que la publication 
<Tun manuscrit, aujourd'hui perdu, de Zarlino 
(cf. F6tis, Biogr. tmiv.). 

Cerreto, Scipione, n6 A Naples en 1551, sem- 
ble avoir v£cu et dtre mort dans cette intone 
ville. II a 6crit trois Jouvrages thSoriques im- 
portants, dont deux ont 6t& imprimis : Delia 
pratica musica vocale e stromentale (1601) et 
Arbore musicale, etc. (1608> tr&$ rare); le troi- 
steme, sous diverses formes (1628 et 1681) est 
conserve & l*6tat de manuscrit. 



by t^ 



*L 



\V 



Carton, PiERRB,maItre de chceur de la Sointe- 
Ghapelle du Louvre, etait un des premiers con- 
trapontistes frane-ais de la premiere moiti£ du 
xvi* s. Les imprimis de Paris et des Pays-Baa 
(Attaignant, Susato, Phalese, etc), de 1527 & 
1560, contiennent des Messes, des magnificats, 
des motets, des psaumes et une quantity de 
chansons. 

Ceru, Domenico-Aqosttno, n6 & Lucca le 
28 aoftt 1817, ingenieur et amateur de musique 
dans sa ville natale, a public en 1864 une bio- 
graphie de Boccherini, en 1870 une lettre & 
A. Bernardi ni sur la musique allemande com- 
parer & la musique italienne, et en 1871 de 
precieuses recherches historiques sur la musi- 
que et les musiciens & Lucca. 

Cerveny (Czbbvenv), VaxxaY-Franz, remar- 
quable fabricant d'instr. dfc cuivre, n6 4 Dubec, 
(Boheme) en 1819, m. & Koniggrfitz le 19 janv. 
1896. Fondee dans cette ville en 1842, sa maison 
est connue depuis 1876 sous la raison de com- 
merce * V.-F. G. und Sohne » ; elle a une exploi- 
tation considerable, entre autres une fonderie 
de cloches. Les instr. de G. jouis&ent d'une ex- 
cellente renommee, ils ont obtenu des recom- 
penses dans un grand nombre ^expositions (cf. 
le compte rendu detaille de Schafh&utl sur les 
instr. de musique & l'Exposition industrielle de 
Munich, en 1854). On compte parmi ses inven- 
tions : divers modules de mecanique A cylin- 
dres, etc., puis, parmi les instr.de cuivre gra- 
ves : le phonikon, le baroxyton, le cornon, la 
contrebasse, le contrebasson, la soufr-eontre- 
basse et le sous-contrebasson. 

Cervera, Francisco, th&mcien espagnol du 
xvi 6 8., auteur de Declaracion de to canto llano 
(1593), etc. 

Cervetti, v. Gelinbk. 

Cervetto, Giacomo (Bassrvi, dit C), violon- 
celliste distingue, n£ en Italie vers 1682, se ren- 
dit & Londres en 1728 et entra dans Torches! re 
du th&Ure de € Drury Lane » dont il fut plus tard 
directeur, pendant quelques annees ; il mourut 
le 14 janv. 1783, &g£ de plus de cent ans, et 
legua d son fils un capital de 20,(XX) livres ster- 
ling. Son fils, qui portait egalement le nom de 
Giacomo (en anglais, James C), m. le 5 tevr. 
1837, etait aussi un excellent violoncelliste et 
se fit entendre dans un certain nombre de con- 
certs; mais il abandonna la carri&re pratique, 
apr&i la mort de son pere. D a public des soli 
pour violoncelle, des duos etdes trios pour vio- 
lon et violoncelle. 

Ces (all.) = ut {?. 

Cast, Bbnjajono, n6 & Naples le 6 nov. 1845, 
£16ve de Mercadante et de Pappalardo (compo- 
sition) au Conservatoire de Naples et 61&ve par- 
ticulier de Thalberg; pianists remarquable, 
donna des concerts non seulement en Italie, 
mais & Paris, k Alexandrie, au Gaire, etc II est 
depuis 1866 professeur de piano au Conserva- 
toire de Naples. Des pieces pour piano et des 
melodies de sa composition ont 6t6 publiees ; 
une methode de piano et un op^ra, Vittor 
Pisani, sontrest^s manuscrits. 

Cesti, Marc- Antonio, n6 k Arezzo vers 1020 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CfeSURE — CHAMPEIN 



131 



m. i Venise en 1660: eleve de Garissimi, k 
Rome, devint maitre de chapelle k Florence 
(1646^ tenor de la chapelle pontificate (1660) 
puis second maitre de chapelle de I'empereur 
Leopold I", k Vienne (1666-1669). C. fut Fun 
des plus importants compositeurs d'operas dn 
xftp s.; il transporta k la scene la cantate per- 
fectionnee par Garissimi (alternance de recitatif 
et d'arioso). On ne connalt les titres que des 
operas suivants: Orontea (1649), Cesar e amante 
(1651), La Dori (1668; public rScemment par 
Eitner, dans le 12* vol. des publications de la 
• Gesellschaft Mr Mnsikforschung »), U prm- 
cipegeneroso(lW6\ II porno cT oro (1666), Net- 
tuno e Fiora festiggianti (1666), Semiramide 
(1667), Le disgrazie cTamore (1667), La schiava 
(ortunata (1667), Argene (1668), Argia et Gen- 
serico (16H9). En outre, quelques Arte da ca- 
mera nous ont et£ conservees. Ge fut La Dori 
qui remporta le succes le plus considerable. 

Cesure, stgnifie en musique le temps d'arret 
que, pour donner un sens k la phrase musicale, 
l'executant doit faire sentir par une legere se- 
paration des dififerents membres de la phrase. 

Cetera (ital.), cithare. 

Ghabrier, Alexis- Emanuel, n6 a Atnbert 
(Puy-de-Ddme) le 18 janv. 1842, m. k Paris le 
13 sept. 1894: arriva en 1856 k Paris oh il fit son 
droit, pour entrer ensuite au ministere de l'in- 
terieur (1862). En meme temps il travailla le 
piano avec Ed. Wolff, la composition avec 
Semet et Aristide Hignard. G. debuta au theatre 
par une operetta en trois actes, L'&otte (1877, 
Bonffes-Parisiens), suivie deux ans plus tard de 
V Education manqute. En 1881, G. entra chez 
Lamoureux comme chef des chceurs et prit une 
part tres active k l'execntion de c Tristan et 
Iseult », au Ghdteau-d'Eau. En 1888, sa rhapso- 
die espagnole Espahaf fruit d'un voyage recent 
en Espagne, fut executee par Lamoureux avec 
on succes considerable et le langa definitive- 
ment. II donna depuis lors: une scene pour 
ehceurs, soli et orchestre, LaStUamite (1885); 
an opera en trois actes, Gwendoline (poeme de 
G. Mendes ; Bruxelles, 1886); Le rot malgr6 lui 
(Opera-Gomique de Paris, 1887); et travailla k 
un nouvel opera, Briseis y jusqu'au moment 
06 se declare la maladie de langueur dont il 
mourut G. avait aussi public entre temps quel- 
ques ceavres de moindres dimensions: Valses 
romantiques pour deux pianos, Fantaisie pour 
cor et piano, Dix Pieces pUtoresques pour 
piano, Ode & la musique pour voix de femmes et 
soprano solo, etc. II excellait entre autres dans 
le genre bouffon: une Marche joyeuse pour 
orchestre, la Pastorale des cochons roses, la 
VUlanetle des petits canards, la Ballade des 
gros dindons, etc., etc. Cf. H. Imbert, Profits de 
musiciens 7. 

Chaconne (ital. dacona), morceau instru- 
mental construit en maniere de variations, de 
meme que le passecaille (v. Passacaoua), sur 
une basse contrainteftwttnato) de huit mesures 
au plus, & 3 / 4 et d'un mouvement lent. J.-S. Bach 
a ecrit, dans sa sonate en re min. pour violon 
solo, une G. celebre et d'une tres grande beauts. 



by t^ 



iL 



\V 



Chadwick, George- Whitfield, ne k Lowell 
(Massachusset) le 13 nov. 1854, eleve dn Con- 
servatoire de Leipzig, compositeur (oeuvres or- 
chestrales et chorales), directeur et organiste a 
Boston. 

Chalumeau (du lat. calamus, tuyau, tige; en 
all. Schalmet). 1. Ancien instr. k vent, k anche 
double inseree dans une sorte de bassine, l'an- 
cetre du hautbois obtenu par la simple sup- 
pression de la bassine et l'obligation pour 
rinstrumentiste de pincer l'anche entre ses le- 
vres. Le c. etait l'espece la plus petite et la plus 
ancienne des bombardbs (v. ce mot), de Ik le 
nom qu'on lui donna plus tard de bombardmo. 

— 2. Nom que Ton donne au registre le plus 
grave de la clarinette (v. ce mot), de mi* a mi 3 . 

— 3. Le tuyau de la musette sur lequel on joue 
la melodieet qui n'est autre qu'un c. d*ancienne 
construction. — 4. Jeu d'orgue, k anche, aujour- 
d'hui presque hors d'usage (identique k la mu- 
sette); on le construit de 4' on de 8', il doit imi- 
ter le son du c. et dans ce but est pourvu de 
pavilions de forme speciale. 

Challier, Ernst, ne k Berlin le 9 juil. 1848, 
est etabli dans sa ville natale comme marchand 
de musique et a rendu de signales sendees par 
la publication de catalogues speciaux (catalogue 
de lieder, 1886 ; catalogue de duos et de trios 
comiques, etc.). 

Chambonnieres, Jacques (Champion de), de 
son vrai nom Jacques Champion, de meme que 
son pere et son grand-pere qui etaient des or- 
ganistes tres estimes ; fut premier claveciniste 
de la chambre de Louis XIV et maitre de clave- 
cin de Couperin l'aln£, de d'Anglebert et de Le 
Begue. On a conserve deux cahiers de pieces 
pour clavecin de sa composition (1670). 

Chaminade, CficiLE, pianiste-compositeur de 
talent, nee k Paris d'une famille de marina; 
travailla sous la direction de Le Couppey, Sa- 
vart,Marsick et Godard et composait, k l'Agede 
huit ans dejA, des morceaux reiigieux. Dix ans 
plus tard, elle donnait son premier concert et 
des lors elle n'a cesse de produire des oeuvres 
qu'elle a presentees pour la plupart elle-meme 
au grand public, dans une serie de tournees de 
concerts, en France et k T&ranger. II faut citer 
parmi ses (Buvres, qui toutes sont empreintes 
d'un grand charme et font preuve d'une reelle 
habilete: Les Ama tones, symphonic lyrique 
pour choeurs et orchestre; La Sfoillawne, ope- 
ra-comique (inedit); plusieurs Suites d' orches- 
tre; deux trios pour piano, violon et violoncelle ; 
douze etudes de concert pour piano; un Con- 
certstuck pour piano et orchestre ; un ballet, 
Callirhoe (Marseille, 1888) ; enfin, une quantite 
considerable de melodies et de pieces pour piano 
dont la majeure partie ne depasse malheureu- 
sement pas le niveau de la bonne musique de 
salon. 

Champ ein, Stanislas, n&& Marseille le 19 nov. 
1753, m. k Paris le 19 sept. 1830 ; etait k Ykge de 
treize ans dej& maitre de chapelle de l'eglise de 
Pignon (Provence). B vint k Paris en 1770 et s'y 
fit connaltre d'abord par quelques oeuvres de 
musique d'eglise puis par deux petites comedies 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



132 



CHAMPION — CHANTRE 



lyriques, donnees au Theatre Italien. A partir 
de 1770, C. ecrivit plus de quarante comedies 
lyriques et operas pour le Theatre Italien, le 
Th&Ure de Monsieur et POpera. Parmi ces ceu- 
vres, Mdlomanie (1781) et le NouveauDon Qui- 
cfiotie (1789) semblent avoir remporte le plus 
grand succ£s, mais il n'en resta pas moins 
lt> ouvrages qui ne furent jamais executes. 

Champion, v. Chambonni&res. 

Ghannay, Jean de, imprimeur de musique 
a Avignon, au xvr* s. ; cf. Briard et Garpbn- 
tras. 

Chanot, Franqois, nk A Mirecourt en 1787, m. 
A Brest en 1823, ills d'un luthier, entra dans la 
carrtere militaire comme ing£nieur de la ma- 
rine, mais fut mis A la retraite en demi-solde et 
place sous la surveillance de la police, A Pepo- 
que de la Restauration, pour avoir publie une 
pasquinade, n profita de ses loisirs pour s'oc- 
cuper de questions d'acoustique et de lutherie 
et presenta aux Academies des sciences et des 
beaux-arts un module de violon de son inven- 
tion; le nouvel instrument etait A plusieurs 
points de vue comme un retour aux anciennes 
formes de la lutherie: echancrures latSrales 
supprimees, pas de cordier, ouies presque droi- 
tes dans le m&me sens que les cordes, table et 
dos dune seule pi£ce dans le sens de la lon- 
gueur, etc. Les acadSmiciens declarerent le vio- 
lon de 0. Pegal des Stradivari et Guarneri 
(Moniteur tmiversel, 22 aout 1817). Tandis que 
(i. lui-m£me etait remis en activity par le gou- 
vernement qui Penvoya A Brest, son frere, un 
luthier parisien, se mit A construire des violons 
sur le nouveau module. Leur succ&s cependant 
ne fut que de courte dur^e et la fabrication dut 
bien vite cesser. 

Chanson (itaL Canzone, Canzonetta; alL Kan- 
zone). C'est aux chants des trouvires et des 
troubadours qu'il faut sans doute faire remon- 
ter Porigine de la c. francaise, de m&me que les 
canzoni napolitaines et v6nitiennes sont sans 
doute de simples chants de matelots. A Tin verse 
de l'ancienne canzone (v. ce mot) A plusieurs 
voix, la c francaise actuelle est, comme la can- 
zonetta italienne, g6n£ralemenl pour une voix 
(avec accompagnement fnstrumental); son ca- 
ract£re est cependant reste le m&me, le rythme 
A la fois naturel et nettement dessinc corres- 
pond bien a Pesprit de la nation et la distingue 
avantageusement de la romance doucereuse et 
sentimentale a la Loisa Puget Lorsque la forme 
de la c, en quelque sorte epuree, est transpor- 
ts dans le domaine du grand art, elle prend le 
nom de lied (v. ce mot), emprunte A Pallemand, 
ou simplement celui de mttodie. 

Chant. Le c. n'est autre chose que la parole 
devenue musique par Pexageration des diverses 
inflexions de la voix. Plus Pemolion, A laquelle 
le c. sert d'expression, est faible, plus celui-ci se 
rapprochera de la simple parole: tel est le cas 
dans le parlando, le r^citatif et,en general, tous 
les passages concus dans un style essentielle- 
ment narratif ou descriptif. Au contraire, plus 
Pemotion est forte, plus la m£lodie s'emancipera 
du mot et de son rythme, plus elle prendra des 



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iL 



1C 



formes caracteristiques et purement musical ee ; 
ainsi dans les jubilations de Palieiuiade Peglise 
chretienne primitive, dans les jodler sans pa- 
roles de certains chants populaires suisses ou 
tyroliens, dans le chant artistique fleuri, orne 
et surtout dans les airs d'operas A fioritures. II 
est naturellement impossible d'assigner une li- 
mite exacte au developpement que peuvent 
prendre les elements musicaux de la parole, la 
vocalisation (inflexions) et le rythme. Hien n'est 
plus arbitraire que de bannir du c. toute flori- 
ture, tout ornement; mais il ne faut point ou- 
blier que leur emploi trop frequent ou exag£re 
doit etre au point de vue estheiique enticement 
r6prouve. L* ornement est la forme la plus haute 
que rev A te Paccentuation, il doit Gtre traite 
comme tel; chez Wagner, qui Pa fort bien com- 
pris, le melisme caraclerise toujours le point 
culminant d'une situation. Quant A la question 
de savoir si la nouvelie theorie de Pexpression 
musicale (v. expression, agogique, phraser, etc.), 
formulae par H. Biemann dans son ouvrage 
Musikalische Dynamxk und Agogik (1884), 
porte ses consequences jusque dans la pedago- 
gie du chant et d'une facon g&n&rale dans le 
c. lui-m&me, il faut sans contredit la r£soadre 
affirmativement H serait par contre tout A fait 
erron6 de transporter purement et simplement 
sur une m&lodie chanter les lois etablies pour 
la formation des phrases et des motifs et pour 
la fixation de leurs limites dans la musique 
pure ; bien plus, il est bon de rappeler qu'en 
mati&re musicale la distinction entre les p6- 
riodes, les phrases, les motifs primaires et se- 
condaires, est chose analogue A la division du 
discours en phrases, propositions, mots et syl- 
labes, que par consequent, dans le chant, deux 
manures analogues de phraser se r^alisent si- 
multan£ment au moyen de deux m&hodes diffe- 
rentes. II est possible jusqu'4 un certain point 
d'unifier ces deux mani^res; il le faut mfrne en 
divers endroits de la phrase, — qu'entendrait-on 
par « faute de prosodie», si cette necessity 
n'existait pas ? La regie essentielle de toute pro- 
sodie (v. ce mot) musicale consisle A faire coin- 
cider, en petit comme en grand, tous les « som- 
mets», toutes les accentuations de la musique 
avec ceux du texte et vice-versa. Quanta la 
coupe des phrases et des motifs, le sens du mot 
et celui de la phrase font loi dans la musique 
d'une mantere absolue, m6me s'il en rtaulte un 
conflit des plus aigus avec la structure de la 
phrase, au point de vue purement musical. 
Cf. vocal (art), prosodie, diction. 

Chant sur le livre (ital. Conirapunto alia 
mente) dechant improvise par les chanteurs, en 
usage du xin« au xvi° s., et consislant en une 
sorte de contrepoint place note contre note au- 
dessus (!) d'une meiodie extraite de Pantipho- 
naire. Cf. d6chant et vocal (art). 

Chantre, nom que Pon donne en pays fran- 
cais, soit au chanteur charge de Pexecution des 
melodies liturgiques, dans Peglise, soit A cha- 
cun des membres d'une mattrise ou d'un choeur 
d'eglise. Dans le premier cas, le c. ou bien exe- 
cute seul la meiodie (eglise catholiqne), ou bien 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



CHANTERELLE — CHELARI) 



133 



serf de guide a Tassembl^e des fid&les (e,glise 
protestante). Cf. cantor, precentor. 

Chanterelle, nom que Ton donne k la corde 
la plus aigue d'un instr. k archet ou k cordes 
pinches, et principalement a la premiere corde 
(mi) du violon. 

Chapel Royal, King's Chapel (angl), v. 

C.HAPELLE. 

Chapel and C°, importante maison angiaise 
d'6dition musicale, fondee en 1812 par Samuel 
CI., Jean-Baptist e Cramer (le c£lebre pianiste et 
compositeur) et F.-L. Latonr. Cramer se retira 
en 1819, Latonr en 1836. A la mort de Samuel 
C. (1834), son file William (n$ le 20 nov. 1809, 
m. k Londres le 20 aotit 1888) lui succeda, k la 
tete de la maison. William C. fonda en 1840 la 
Musical Antiquarian Society, pour laquelle il 
pnblia les chants de Dowland(v. ce nom) etune 
collection d'anciens airs anglais qui sen it de 
base k Popular music of the olden time (1855- 
1859 ; 2 vol.). II a laisse aussi le manuscrit ina- 
cheve d'une History of music. Un de ses freres 
cadets, Thomas C, fonda les concerts populaires 
da dimanche et du lundi qui devinrent, sous la 
direction du plus jeune des fr&res, Arthur C, 
Tan des facteurs les plus importants de la vie 
musicale de Londres. 

Chapelle (ital. Cappella), ne d£signait primi- 
tivement qu'une partie (niche) d'une grande 
eglise, specialement consacr£e k un Saint, ou 
une petite eglise, ou encore la partie de l'eglise 
ou se pla?ait en general le choeur, et de Ik le 
choBur lui-m$me. Les plus anciennes CI sont 
exclusivement vocales et la plus ancienne de 
toutes, qui porte aujourd'hui encore le nom de 
c;. (sixtine), est sans doute la C. pontificate 
{Cappella pontifica) MSainte-ChapeUe, k Paris, 
etait une institution analogue, de m£me que de 
noe jours le choftur du dome k Berlin, les C. de 
la cour k Munich et k Vienne, le Kinp's Chapel 
(Chapel Royal) k Londres, etc. dont le fond au 
moins est form£ par un certain nombre de 
chantres pay£s. L'ancienne musique d'eglise 
(juaqu'en 1600) etant toujours ecrite pour des 
votx sansaucun accompagnement instrumental, 
on a attribue, aux mots a cappella (alia cappella) 
le sens de musique vocale polyphonique non 
accompagn£e. C'est seulement k partir du xvn« 
8. que l'accompagnement instrumental parvint 
k s'introduire dans les ceuvres de musique 
d'6glise, il devint alors indispensable de joindre 
an groupe de chanteurs un groupe dMnstru- 
mentistes qui, petit k petit, prit aussi le nom de 

d Cf.ORCHBSTRB. 

Charpentier. 1. Marc- Antoine, ne, k Paris en 
1684, m. en mars 1702; partit k Ykge de quinze 
ans pour Tltalie dans le but d'6tudier la pein- 
ture,mais les ceuvres de Carissimi I'enthousias- 
mdrent k tel point pour la musique, qu'il se 
voua entitlement k cet art et travailla la com- 
position avec Carissimi lui-m A me, k Rome. A 
son retour, C. fat nomme maltre de chapelle du 
Dauphin, mais Lully sut par ses intrigues lui 
faire retirer cette place ; on comprend deA lors 
son animosity contre Lully, dont il evitait 
mtaie d'employer le style seen i que, malgre tous 



by t^ 



iL 



\V 



les avantages qu'il aurait pu en retirer. O. de- 
vint maitre de chapelle de Mademoiselle de 
Guise et mattre de musique, puis intendant du 
due d'Orfeans, maltre de chapelle de l'eglise et 
du convent des J£suites et enfin directeur de la 
Sainte-Chapelle. C. 6tait superieur k Lully par 
sa culture g6n&rale et mdme musicale, mais le 
gSnie lui faisait enti&rement defaut II a £crit 
quince operas, dont un seul, Med&e (po£me de 
Thomas Corneille), fut repr&sente; des trage- 
dies spirituelles pour Tinstitut des Je>suites,quel- 
ques pastorales, des airs k boire et de la mu- 
sique d'eglise (Messes, motets, etc,). — 2. Gus- 
tave, ne k Dieuze (Alsace-Lorraine) en I860, 
obtint le prix de Rome, en 1887 avec sa cantate 
Didon. L'omvre la plus repandue de C. est une 
suite d'orchestre intitulee Impressions dltalie; 
le melange attrayant d'impressionisme et de 
sentimentalisme qui la caract£rise se retrouve 
aussi dans les ouvrages suivanls : La vie du 
PoMe (8ymphonie-drame en 4 parties, pour or- 
chestre, soli et chcpurs, texte et musique, 1898); 
Louise (drame en 4 actes, texte et musique 6ga- 
lement, 1898), les Fteurs du Mai de Baudelainc 
(petits poemes musicaux dont quelques-uns 
avec chanirs), 2™* Suite d'orcJiestre (1894), 
Imj>ressions fausses (pour orchestre et chant, 
1896). 

Chausson, Ernest, ne k Paris en 18.V), el&\e 
de Cesar Franck;arempli pendant une dizaine 
d'ann£es les fonctions de secretaire <le la « So- 
ciety nationale de musique », dont il est un des 
plus chauds protagonistes. Les o»iivres de C. 
revelent pour la plupart une nature delicate, 
raffinee, bien personnelle et, par l&-meme, in- 
texessante au plus haut degre. Tl a eerit des ceu- 
vres orcheslrales : Vina he (poeme symphoni- 
que), Caitrices de Marianne, Symphonic en *t 
bexnol, Hymne vidupte (avec clueurs), Pohne- 
de V Amour et de la Mer (chant et orchestre); 
de la musique de chambre : trio en sol min.. 
Concert pour piano, violon et quatuor k cor- 
des; de la musique seenique : musique de scene 
pour la Tempete de Shakespeare et la Ugende 
de Ste-CtcUe de Maurice Bouchor; Hfitene % 
drame en deux actes de Leconte de Lisle; Le 
Rot Arthus (paroles et musique), drame lyri- 
que en trois actes. Tous ces ouvrages sont pu- 
blics, a Fexception des deux derniers. 

Chauvet, Ciiarlks-Alexis, organiste remar- 
quable qui malheureusement mourut fort jeune, 
ne, k Mamies (Seine-et-Oise) le 7 juin 1887, m. a 
Argentan (One) le 28janv. 1871; entre en 18T»() 
au Conservatoire de Paris, dans la classe d'or- 
gue de Benoist, et dans celle de composition 
d'Ambroise Thomas, il obtint en 18CK) le pre- 
mier prix d'orgue. 11 fut d'abord organiste de 
quelques petites communautes a Paris, puis, en 
1869, nomm^ titulaire du nouvel orgue de la 
Trinity. Mais il fut terrasse, en pleine gloire, 
par un de ces maux qui ne pardonnent point. 
Toute une serie d'onivres pour orgue de sa 
composition ont ele publiees. 

Chdlard, HrPPOLYTK-ANDRft-JEAN-BAin-lSTi:, 

n6 k Paris (ou son pere etait clarinettiste k TO- 
p^ra) le 1« fevr. 178^), in. a Weimar le 12 fivr. 

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134 



CHELLERI — GHBRUBINI 



1861; 616 ve de F6tis, qui etait alors Age de 
seize ans settlement, au pensionnat Hix, il fat 
admis au Conservatoire en 1808 comme eleve 
de Dourlen et de Goesec. En 1811, il*obtint le 
prix de Rome, travailla le style palestrinien 
sous la direction de Baini, la musique d'eglise 
avec accompagnement sous celle de Zingarelli 
et sejouma quelque temps & Naples ou Pae- 
siello lui enseigna Tart d'ecrire pour le theatre. 
Son premier opera, La cam a vendere, fut re- 
presents k Naples en 1815; l'annee suivante, 
<;. rentra a Paris et accepta un poste de violo- 
niste A l'Opera. Ce ne fut qu'en 1827 qu'il par- 
vint a faire representer a Paris un ouvrage de 
sa composition, Macbeth (livret de Rouget de 
l'lsle), dont le succes fut du reste si mediocre 
que C. partit pour TAUemagne. En 1828, Mac- 
beth auquel l'auteur avait fait suhir de nota- 
bles transformations, remporta un succes con- 
siderable A Munich, ou G. fut immediatement 
engag6 comme chef d'orchestre de la cour. 
Mais en 1829 deja^de retour A Paris, il fit fiasco 
avec La table et le logement ; il fonda alors un 
commerce de musique dont la revolution de 1880 
amena presque aussitAt la mine. De nouveaux 
succes attendaientC. a Munich, ou il donna deux 
operas (Der Student et Mitternacht) et une 
Messe. II dirigea, de 1832 a 1833, l'Opera alle- 
mand de Londres, mais l'entreprise fit faillite, 
en sorte que C. en fut r6duit a regagner Mu- 
nich; c'est Id qu'en 1835 il donna son meilleur 
ouvrage : Die Hermannsschlacht. Nomme chef 
d'orcheslre de la cour a Weimar, en 1886, il fit 
representor dans cette ville deux operas-comi- 
ques : Der Scheibentoni (1842) et DerSeekadett 
(1844) et conserva ses fonctions concurremment 
avec Liszt, qui y avait 6te appel£ plus tard, 
jusqn'en 18TX). De 1852 a 1854, C. vecut de nou- 
veau a Paris. Un opera posthume de C, La- 
(juila Romano, a ete donne en 1864, A Milan. 

Chelleri, Fortunato, ne A Panne en 1686, m. 
a (tassel en 1757, d'origine 'allemande (Keller), 
recut les logons de son oncle Fr. Mar. Bassani, 
mattre de chapelle du ddme de Plaisance, et 
ecrivit de 1707 (Griselda) a 1722 (Zenobia e Ra- 
damisto) seize operas pour les scenes du Nord 
dul'Italie et principalement de Venise. T^es suc- 
ces qu'il remporta le firent appcler en 1725 aux 
fonctions de maftre de chapelle de la cour a 
Cassel el, a la mort d<* Charles !•«•, il suivit a 
Stockholm Frederic r* r , qui 6tait aussi roi de 
Suede. Mais il ne put supporter un clrmat si 
rigoureux et levint a Cassel. C. semble n'avoir 
plus compost d'op£ras apres son depart d'lta- 
lie; par coutre, il a public a Londres, en 1726, 
un volume de can tales et d'airs, et a Cassel, en 
1725), un volume de sonates et de fugues pour 
piano et pour orgue. II a ecrit des Messes, des 
psaumes, des oratorios et des morceanx de 
chambre. 

Cheng ( Tschkxg ), ancien instr. a vent des 
(Illinois. Ta» o. se compose d'une calebasse se- 
chee, video et tronquee, comme magastn a air, 
d'un tuyan reconrbe (S) qui sert d'embouchure 
et d'une serie de 12 a 24 tuyaux a anche libre, 
disposes sur la partie tronqnee de la calebasse. 



by t^ 



iL 



\V 



(Teat le c qui a fait connaltre en Occident Tan- 
che libre en usage, depuis la fin du si&cle der- 
nier, dans l'orgue et le physharmonica (har- 
monium). 

Cheri, Victor (Gizos, dit C), ne a Auxerre le 
14 mars 1880, s'est suicide A Paris le 11 nov. 
1882; Aleve du Conservatoire de Paris, eiait un 
excellent chef d'orchestre et passa successive- 
ment au pupitre des Vari6tls, du Ch&telet et 
du Gymnase, oh il resta quelques anneee. U 
est Tauteur de gracieuse musique de ballets et 
d'un op£ra-comique : Une aventure sous la 
Ligue (1857, Bordeaux). 

Cherubini, Maria-Luigi-Zknobio-Gablo-Sal- 
vatorb, n6 A Florence le 14 sept 1760, m. A 
Paris le 15 mars 1842. Ses premiers maftree 
furent son pere, maestro al cembalo au theatre 
de la Pergola, puis Bartolommeo et A. Felici et, 
apres leur mort, Bizarri et Gastrucci. En 1778, 
le futur empereur Leopold in, alors grand-due 
de Toscane, Fenvoya a Bologne auprea de 
Sarti avec lequel il travailla pendant plusieurs 
annees le style severe ; e'est A lui sans doute 
que G. doit sa maltrise absolue dans Tart poly- 
phonique. Jusqu'en 1779 (A Florence comme A 
Bologne), G. n'ecri vit que de la musique d'eglise ; 
il deimta au theatre en 1780 par Qumto Fabio 
(represents A Alexandrie, en Piemont). Les ou- 
vrages qui suivirent de pres sont: Armida 
(Florence, 1782), Adriano in Siria, 11 Mesen- 
zio, Lo sposo di tre (Venise, 1783), IdaUde, 
Alessandro nelC Indie (Mantoue, 1784). A Lon- 
dres, ou il avait 6te appele en 1784, G. 6crivit 
La finta principessa et Giulio Sabino et fut 
nomme compositeur de la cour royale. Sa re- 
nommee etait desormais etablie et lorsqu'il 
passa a Paris l'annee 1787, il y fut deji trte 
fete. II sejouma pendant l'hiver 1787-1788 A 
Turin, ou il eerivit Ifigenia in Aulide et se 
fixa Fannee suivante (1788) deflnitivement & 
Paris. L'opposition des Gluckistes el des Pic- 
cinistes, qui passionnait alors le monde musi- 
cal franca is, etait bien de nature k faire r£fl6- 
chir un homme de Intelligence de C. Ses ope- 
ras avaient £t^ concus jusqu'alors dans le style 
italien le plus leger ; une transformation com- 
plete s'opera en lui du jour ou il se fut etabli a 
Paris. On ne saurait pr£tendre qu'il marcha 
sur les traces de Gluck, mais il mit mieux 4 
profit son propre talent et donna plus de soin 
a la facture de chacune de ses oeuvres. G'est 
ponrquoi celles-ci parurenl nouvelles A la 
fois aux Gluckistes et aux Piccinistea Lea 
premiers ouvrages qu'il ecrivit A Paris sont les 
suivante : Demophon (1788), Lodotska (1791), 
Elisa (1794), Mtdie (1797), LhoteUerie portu- 
gaise (1798), La punition 11799), Emma (ou La 
))risonni^re^ 1799), Les deux Joum&es (en all. 
Der \Vassertrdger 9 1800), Epicure (1800), Ana- 
creon (1808) et le ballet Achille a Scyros (1804). 
Toutes ces ceuvres, a Texception de Dtmophon 
(poeme de Marmontel) ^crit pour TOpera od il 
ne produisit du reste aucun effet, furent don- 
nees au theatre de la Foire St-Germain; ce pe- 
tit the&tre dont C eut lui-meme la direction de 
1789 A 1792, avait ete fond£ par I^eonard, le 

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CHEVALET — CHIARAMONTE 



135 



coiffeur de Marie-Antoinette. En 1795, C. fut 
Domini inspecteur da Conservatoire qui venait 
d'etre organise. Toutes les autres distinctions 
lui furent refuses et les portes de TOp6ra lui 
resterent mAme fermees, grace a la forte anti- 
pathie que le premier consul, dont l'influence 
grandissait de jour en jour, eprouvait pour lui. 
C ne savait point flatter et ne s'elait point gfcne de 
blamer le jugement musical du g6n6ral Bona- 
parte; l'empereur memene put jamais le lui par- 
donner. C.recutde Vienneen 1805 la commande 
cfun opSra, qu'il accepta d'autant plus volon- 
tiers que ses revenus a Paris etaient des plus 
modes tes; il partit done pour Vienne et, apres 
avoir fait monter Lodo'isha, donna en fevr.1806 
un nouvel ouvrage, FaniskOj au theatre de 
Karatnerthor. Haydn et Beethoven ne cache- 
rent point leur admiration pour Tceuvre de G M 
et Napoleon que les evenements de 1806 avaienl 
amene a Vienne, engagea l'auteur en vogue 
comme chef d'orchestre des concerts de la cour 
aSchdnbrunn; mais C. ne sut pas profiter de 
Foccasion pour rentrer en grace* aupres de 
Tempereur. De retour a Paris, il fit cependant, 
en composant Pimmatione, une derniere tenta- 
tive pour s'attirer les faveurs de Napoleon; 
tout fut inutile, aussi, entierement decourage, 
abandon na-t-U la composition pendant plu- 
sieurs annees. De 1806 a 1808, G. n*a pour ainsi 
dire rien 6crit; il s'occupait surtout de dessin 
et de botanique. Un henreux hasard changea le 
cours de ses idees : on devait inaugurer une 
eglise a Ghimay et G. qui sejournait pour sa 
sante dans le chateau du prince de Ghimay, 
re^utlacommanded^uneMesse.G'estlarorigine 
de la merveilleuse Messe en fa, dans laquelle 
le inattre d^ploya Tart contrapontique le plus 
grand et le plus pur, et qui le fit rentrer dans 
une voie qu'il avait abandonnee depuis dix- 
hnit ans. II ne renonca pas encore entierement 
an theatre el donna successivement : Crescendo 
(1810); Les Abenc&rages (1818, Opera de Paris; 
insucces absolu); deux ouvrages de circons- 
lance, en collaboration avec d'autres auteurs, 
Bayard a M&siires (1814) et Blanche de Pro- 
renc«(1821); enftn sa derniere grande ceuvre, 
Ali-Baba(l83&; arrangement d'un opera ant6- 
rieur, Koukourffi, reste manuscrit). Cependant 
le gacces que rem porta sa Messe, meme a Te- 
tranger, engagea G. a vouer ses forces a la 
mosique d'eglise. En 1815, il passa quelques 
mois a Londres et 6crivit pour la Societe phil- 
hannonique une symphonie, une ouverture et 
un t Hymne au printemps » a quatre voix, avec 
orchestre. La suppression du Conservatoire, au 
debut de Tere de la Restauration, fit perdre a G. 
sa place d'inspecteur; mais en 1816 deja il fut 
nomine professeur de composition et surinten- 
dant de la musique du roi. II composa des lore 
avec zele des Messes et des motets pour la cha- 
pelle royale. Nomm6 directeur du Conserva- 
toire en 1821, C. eut bien vite relev£ cette 
institution qui avait quelque peu d£clin£ sous 
son pr&d&cessenr. Une annee avant sa mort, le 
inattre s'etait completement retire et avait aban- 
donee toutes ses fonctions. C. a dress6 lui- 



by \j 



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meme la liste de ses oeuvres, en un catalogue 
que Bottde de Toulmon publia en 1848; on y 
voit figurer : 11 Messes (dont 5 furent gravees); 
2 Requiems ; de nombreux fragments de Mes- 
ses (en partie graves); 1 Credo a huit voix, 
avec orgue; 2 Dixit ; 1 Magnificat; 1 Miserere; 
1 le deum avec orchestre; 4 litanies; 2 lamen- 
tations; 1 oratorio; 88 motets, graduels, hym- 
nes, etc. avec orchestre ; 20 anliennes; 15 operas 
italiens; 14 operas fran$ais; un grand nombre 
d'airs, de duos, etc. comme intermedes pour 
des operas frangais ou italiens; 1 ballet; 17 
grandee cantates et autres oeuvres de circons- 
lance avec orchestre; 77 romances, chants ita- 
liens, nocturnes, etc. ; 8 hymnes et chants de la 
Revolution avec orchestre ; des canons, des boI- 
feges, etc.; 1 ouverture; 1 symphonie; plu- 
sieurs marches, contredanses, etc.; 6 quatuors 
pour instr. a archet; 1 quintette; 6 sonates pour 
piano; 1 sonate pour deux orgues; 1 grande 
fantaisie pour piano, etc. — Les principaux bio- 
graphes de G. sont : un anonyme (all. 1809), 
Lom6nie (sous le pseudonyme : « Homme de 
rien»; 1841), Miel (1842), Place (1842), Ro- 
chette (1848), Picchianti (ital. 1844), Gamucci 
(ital. 1869), BeDasis (angl. 1876), Growest (angl. 
1890). La ville de Florence lui a elev6 un mo- 
nument en 1869. Le Cours de contrepoint qui 
parut sous le nom de G. a et6 redig6 et com- 
pose en grande partie par Tun de ses eleves, 
Halevy. 

Chevalet (ital. ponticello, all. Steg). On ap- 
pelle c, dans les instr. a archet, la petite piece 
de bois dur delicatement ouvre, par-dessus la- 
quelle les cordes sont tendues. Les deux pieds 
du c. reposent sur la table de Tinstrument; Tun 
d'eux, se trouvant directement au-dessus de 
Tame (v. ce mot), est plus fortement appuye 
que Taut re, dont les imperceptibles mouve- 
ments de va-et-vient transmettent au corps de 
Tinstrument les vibrations de la corde. Gf. 

TABLE D'HARMONIE et TRUM8GHEIT. 

Cheve, Emile- Joseph-Maurice, ne a Douar- 
nenez (Finistere) en 1804, m. le 26 aoftt 1864;«e 
voua d'abord a la m&Jecine puis, apres avoir 
epous£ Naninc Paris (m. le 28 juin 1868), publia 
avec elle toute une serie d'ecrits sur la notation 
musicale et la methode (meloplaste) de P. Ga- 
lin. H fonda aussi une ecole de musique dans 
laquelle il appliqua ces principes et provoqua 
le Conservatoire a diverses reprises, mais tou- 
jours en vain, a une sorte de concours ou de 
debat public. 

Chiaramonte, Francesco, ne a Gastrogiovanni 
(Siciie) le 20 juil. 1809, m. a Bruxelles le 15 oct. 
1886; chantre a Palermo, eleve de Donizetti a 
Naples, composa des operas et de la musique 
d f eglise et fut plus tard professeur de chant au 
Conservatoire de Naples; mais, compromis 
dans les troubles de 1848, il passa deux annees 
en prison et fut banni en 1850, au moment me- 
me oil Tun de ses operas, Caterma di Cleves, 
remportait un reel succes. II se rendit d'abord 
a Genes, oil le succes de ses ouvrages diminua 
petit a petit, puis a Paris comme r£p£titeur du 
Theatre italien et a Londres oil il fut noinm£ 

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186 



CHIAVETTE 



CHIFFRE 



chef des cboeurs de l'Op^ra italien. Enfin, il 
s'etablit comme maltre de chant k Bruxelles, 
oh la direction da Conservatoire l'appela en 
1871 aux fonctions de professeur. II fit alors 
executer plosienrs grandee ceuvres de musique 
d'6glise ainsi que, au Conservatoire m^me, on 
opera biblique intitule Biob (1884). C. publia en 
oatre une M&hode de chant 

Chiavette (Chiavi trasportate, < clefs trans- 
poshes »), nom que les musicologues modernes 
ont donne aux clefs transposes, en usage dans 
le courant du xvf s. On employait k la place 
des clefs ordinaires 



IF 



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&m 



on bien celles qui haussent d'une tierce la signi- 
fication de la port6e 



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3— $« _ 2 



(C. sup6rieure), on bien celles qui l'abaissent 
d'une tierce 



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#1^ 



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(C. DiFfeRtEURE). Le compositeur exigeait par Id 
que l'oeuvre fut execute plus haut ou plus bas, 
autrement dit, en se servant de notre tenninologie 
moderne : la C. sup^rieure indique que la ligne 
de notes en question doit etre execute comme 
si elle etait pr6c6d6e de la clef habituelle, mais 
avec 8 bemols ou 4 di£zes (mi b^mol maj. ou 
mi maj. k la place d'ut maj.; ut min. ou ut dieze 
min. k la place de la min.); la C. interieure 
(plus rare), que cette m£me ligne doit etre ex6- 
cutee comme si elle etait prec6dee de la clef ha- 
bituelle, mais avec 3 diezes ou4 bemols {la maj. 
ou la b^mol maj., fa dieze min. ou fa min., k la 
place d'ut maj. ou la min.). On chantait par con- 
sequent les notes en question k peu pr£s k la 
hauteur qu'aurait eue la notation, si au lieu des 
C. on avait fait usage des clefs habituelles, c.-&-d. 



ipjH " SSI °° mm ° ^t 



mais la C. r^glait, comme aujourd'hui l'armure 
de la clef, la disposition des tons et des demi- 
tons de l'echelle transpose. Comme, en outre, 
la transposition rielle k la quinte interieure 
(au moyen du j? place k l'armure sur la ligne 
du si) etait d'un usage general, et que le b s'em- 
ployait aussi avec les deux sortes de C, on 
avait, malgre l'apparence du contraire, la possi- 
bility de faire executer un morceau dans pres- 
que toutes les 6chelles transposes et d'indiquer 
la tonalite desir6e au moyen des clefs et du fr. 
En effet, les clefs habituelles, sans t?, correspon- 
daient A notre ut maj. (resp. la min.), avec t?, 
k fa maj.; la C. superieure sans U, k mi maj. 
(mi Mmol 1 maj.), avec ft k la maj. (la b£mol 
maj.); la C. inferieure sans {?, kla maj. (la Mmol 



byG< 




maj.), avec p, k ri maj. (ri bemol maj.). Si sim- 
ple que puisse parattre le syst&me de la G. d'a- 
pr6s ce qui precede, il n'en est pas moins par- 
fois fort compliqu£ dans la pratique. Le choix 
d'une autre clef que la clef habituelle n'impli- 
quait pas n6cessairement l'emploi de la C, il 
n'avait souvent d autre but que d'6viter l'usage 
de lignes suppiementaires, en raison de l'eten- 
due de la partie qui devail etre notee. Fr6quem- 



ment aussi, l'emploi de la clef de 



pour la partie superieure indiquait une trans- 
position k la quinte superieure ( = sol maj.), 
par opposition k Varmure j? pour celle k la 
quinte inferieure; le fa dieze (au lieu de fa na- 
turel) etait alors sous-entendu, c'est pourquoi, 
lorsque la clef de sol etait employee pour eviter 
simplement le trop grand nombre de lignes 
suppiementaires, on etait oblige de placer k 
Tarmure un 7 sur la ligne du fa. 

Chickering and Sons, ceiebre fabrique de 
pianos k Boston (et New-York) fondee en 1828 
par Jonas C. (ne en 1800, m. a Boston en 1853), 
rivalise avec Steinway de New- York dans la 
construction d'instruments dont le son est d'une 
beaute incomparable. Le jury de l'Exposilion 
internationale de 1867, k Paris, decerna a la 
fabrique C. le premier prix, et son chef fut 
nomme chevalier de la Legion d'honneur. 

Chiffrage. 1. C. d'un accord, ensemble des 
abreviations dont on se sert pour indiquer les 
accords au-dessus d'une partie de basse chif- 
free. V. CHIFFRfeE (basse). —2. C. d'une mAlodie, 
notation d'une meiodie au moyen de simples 
chiffres. V. chtffre 5. 

Ghitfre. Le c. est employe en musique dans 
des acceptions tr£s diverses : — 1. Dans les ta- 
blatures de luth,de theorbe,etc.(v. tablaturb), 
comme indication de cordes ou de touches, 
c-A-d. comme note. — 2. Dans la basse- chiffree 
(qui ne fut k l'origine qu'une tablature d'orgue 
italienne), comme indication d'intervalles, autre- 
ment dit pour representer des accords. — 8. 
Dans les nouvelles theories d'harmonie, les c 
romains servent k designer les degres de la 
gamme et, par leurs dimensions (I, i, etc.), le mode 
de l'accord de trois sons qui repose sur chacun 
d'eux (v. suites harmoniques). — 4. L'auteur de 
ce dictionnaire, M. Hugo Riemann,donne aux c 
arabes et romains une nouvelle signification, 
dans le chiffrage qu'il emploie k la place de la 
basse chiffree (v. clef harmonique). — - 5. On 
a voulu, k diverses reprises, remplacer entiere- 
ment notre notation usuelle par une notation 
chiffree (cf. souhaitty, j.-j. rousseau); cette no- 
tation chiffree n'est pas sans utilite aucune, 
lorsqu'on se borne il'employer pour l'enseigne- 
ment eiementaire du chant dans les ecoles (ct 
natorp et hainroth), car elle represente chaque 
modulation comme une simple transposition de 
la tonalite, analogue en ceci k l'ancienne sol- 
misation avec les muances(cf. aussi tonic solfa). 
La majeur est aussi bien represente par les c. 
1284 5 671 qu'ut majeur; mais il est natural* 
lement indispensable d'avoir des signes sp4- 



le 



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CHIFFRtiE 



137 



ciaux pour les changements chromatiques. — 
6. Dans le doigte des instr. k archet, des instr. k 
▼ent en bois, etc. et dans celui du piano, en 
Angleterre, le c. 1 signifie Findex, 2 le majeur, 
3 Fannulaire, 4 l'auriculaire. Gf. doigtjG. 

Chiffr6e, Basse (all. Generalbass). La b. c. 
apparue en Italie dans la seconde moitie du 
xvi* 8. et dont l'usage se g£n£ralisa rapidement 
vera 1600, consiste en une serie de chiffres pla- 
ces au-dessus on au-dessous d'une partie de 
basse notee et indiquant les accords auxquels 
elle serl de fondement Ces indications rempiis- 
saient k l'origine le mdme but que de nos jours 
les reductions pour piano. Attn d'6viter au cla- 
veciniste ou a Forganiste accompagnateur la 
recherche p£nible des harmonies n&cessatres 
pour soutenir ou completer le chceur (les par- 
titions telles que nous en avons aujourd'hui 
etaient encore i neon n nee, cf. partition et ta- 
BLATURB),on inscrivit au-dessus des notes de la 
partie la plus basse et plus tard au-dessus d'une 
partie de basse sp&ciale, continue (Basso conti- 
nuo), des chiffres (2-9, ou encore 10, 11, 12 et 
mtote 18) correspondant aux degrts sur les- 
quels sont places les diff6rents sons de Fac- 
cord, calcules k partir de la basse et en tenant 
compte de Farmure de la clef. D£s le debut, les 
abr^viations du chiffrage se form^rent, telles 
que nous les possedons encore aujourd'hui. La 
realisation pratique, le jeu de la b. c. exigeait 
de Fexecutant des connaissances musicales ap- 
profondies; c'etait un veritable art, car les har- 
monies d6tennin£es par les chiffres devaient 
etre enchaln^es suivant les regies d'une bonne 
marche des voix et le rausicien habile devait 
en outre orner la phrase de toutes sortes de 
traits, trilles, appoggiatures, etc. 

Aujourd'hui, l'usage d'ecrire pour chaque com- 
position une b. c. a enticement disparu et, par 
l£-m6me, l'habitude de r6aliser praliquement 
cette basse. Malheureusement toute une litte- 
rature importante d'une p^riode de 200 ans en- 
viron est ainsi devenue presque inexecutable; 
senles, les b. c. de quelques ceuvres tres r^pan- 
dnes des anciens maltres out ete realises et 
transformees en accompagnement d'orgue ou 
de piano par des artistes de valeur (H. Franz, 
etc). La b. c ne s'emploie plus communement 
que comme moyen d'enseignement de l'harmo- 
nie. Les exercices de nos traites d'harmonie 
courants sont notes en b. c, pour lesquelles on 
fait usage des signes suivants : 

a) L'absence de tout signe indique la tierce 
et la quinte, telles qu'elles resultent de Far- 
mure, autrement dit l'harmonie (v. ce mot 3) de 
trois sons, acc. de tierce et quinte; un simple 
jJL J?, etc se rapporte toujours k la tierce de l'ac- 
cord; si c'est la quinte que Ton desire alt6rer, il 
faut placer 1'alteration k c6te du cbiffre 6, tou- 
tefois on indique souvent la quinte haussee 
d f un demi-ton, au moyen du m A me chiffre 
barre, s. Par contre, un 3 ou un 5 (de meme 
qu'un s) sans signe d'alteration, indique que la 
tierce, ou la quinte (ou l'octave) de la basse 
doit se trouver k la partie superieure. Lorsqu'il 
s.'agit de retards et de leur resolution seule- 



ment,les chiffres (par ex. : * 3, e 6, 9 s) ne se rap- 
portent pas expressement k la partie supSrieure; 
on emploie alors aussi un chiffre to k la place 
du 3, quand par ex. la septieme et la neuvieme 
marchent vers l'octave et la dixieme, $ * 8 °, ou 
vice-versa. — b) Le 6 indique la tierce et la 
sixte, Face de tierce et sixte ou acc. de stxte ; 
un signe d'alteration place au-dessous du 6 se 
rapporte k la tierce; le chiffre barre, *, indique 
Feievation de la sixte d'un demi-ton, mais Feie- 
vation comme Fabaissement peuvent etre notes 
au moyen de Falteration correspondante placee 
k c6t6 du e. — c) * indique 4 la quarte et la sixte, 
Facc. de quarte-sixte; Feievation de la quarte 
ou de la sixte s'indique au moyen de la barre 
transversale ou, comme Fabaissement, au moyen 
du signe d'alteration. Ex. (tous ces chiffrages 
ont pour resullat Facc. d'ut majeur) : 

at h I 5 



l^^lgfe^l 




in 

— d) Le chiffre 7 indique la tierce, la quinte et 
la septieme, autrement dit une harmonie (v. ce 
mot 3) de quatre sons, un acc. de septie&me, tel 
qu'il resulte de Farmure de la clef; les accords 
les plus divers peuvent etre chiffres au moyen 
d'un simple 7: 

d) 77777 






3. 4. 5. 



= 1. acc. de sol maj. avec septieme min M 2. acc. 
de re min. avec sous-septieme min., 3. acc. d'ut 
maj. avec sixte maj., 4. acc. d'ut maj. avec sep- 
tieme maj., 5. acc. de septieme diminuee (acc. de 
tierce et neuvi6me, cf. dissonance), 6. acc. de 
mi maj. avec sixte min. Le chiffrage ne donne 
aucune idee des diverses acceptions de ces ac- 
cords, pas plus que les differents signes enu- 
m£r&s plus haut (a-c) ne montrent qu'il s'agit 
toujours du meme accord d'ut maj. Les altera- 
tions de l'harmonie de quatre sons sont notees 
comme celles de l'harmonie de trois sons, ex. 
(acc. de septieme sol. si. re. fa): 



e) 



7 



^Ss^r 




by^_ 



.jl 



ic 



% ou J indique la tierce, la quinte et la sixte de 
la basse, c-a-d. le premier renversement de 
Facc. de septieme, nomine suivant son chiffrage 
acc de quinte-sixte: quant aux alterations, 
leur indication se comprend naturellement d'a- 
pres ce qui precede. 3 ou 4 indique le deuxieme 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



188 



OHIFONIB — CHIROPLASTE 



renversement de Face, de septi&ne, Yack. db 
ttkrgb-quartb-sixte. a ou t indique la seconde, 
la quarte et la sixte, Tacc. de seconde-quarte- 
sixte ou Aca db seconds, troisi6me renverse- 
ment de Face de septteme (harmonie de 
trois sons sur la seconde). On ne fait usage dans 
la b. c. d'aucune autre abrfrviation chiflree, mais 
chaque chiffre dSsigne le son correspondant au 
degr£ qull reprSsente, ex. : g , quarte et quinte 
sans tierce; $, neuvi&me en plus de Vacc. de 
septteme, soit un acc. de NEUviEME,etc, etcDes 
traits horizontaux places au-dessus de la note 
de la basse signifient que les sons de l'harmonie 
pr6c6dente sont maintenus, ce qui revient k 
dire, si la basse elle-m&ne ne change pas, que 
l'harmonie reste la m6me; dea traits obliques 
indiquent la r£p6tition des chiffres ce qui, le 
cas Ich&ant (si la basse change), d^signe une 
nouvelle harmonie. Un z6ro (o) indique un si- 
lence g6n6ral de toutes les parlies sup6rieures 
(Tasto solo). Les premieres explications des 
signes de la b. c. ont 6t& donn6es par Gavalieri 
(1600), Viadana (1608), Agazzari (1606), Michel 
Praetorius (1619), et d'autres ; il suffira de men- 
tionner parmi les trails plus rtcents de b. c, 
jusqu'A nos jours, ceux de: Heinichen (1711), 
Mattheson (1751), Ph.-E. Bach (1752), Marpurg 
(1755), Kirnberger (1781), Ttirk (1781), Choron 
(1801), Gatel (1802), Fr. Schneider (1820), F6tis 
(1824), Jelensperger (1880; 6d. alL 1833), Dehn 
(1840), Barbereau (1843-1845), Bazin, Savard 
(1858), E.-F. Richter (1860; 6d. franc, par Sandr6), 
Reber (1862), S. Jadassohn (1883), E. Durand et 
Th. Dubois.— Comme le chiffrage par lui-m6me 
ne donne aucune indication sur la nature et la 
signification des harmonies (consonantes ou dis- 
sonantes, etc.), diverses tentalives ont £t6 faites 
d'introduire dans le chiffrage des 616ments Stran- 
gers, par ex. un |? k c<U6 du s, lorsque la quinte 
(quoique tonale) est diminu£e ; une barre au e (ft) 
lorsque la sixte (quoique tonale) est augmentee, 
etc., ce qui du reste ne pouvait que nuke k 
la clart& de la b. c. L/usage exclusif de la b. c. 
siipprime pour TSleve d'harmonie toute occa- 
sion d'apprendre une des choses les plus diffi- 
ciles: 6crire une bonne partie de basse; il Stait 
done indispensable de trouver une autre mani&re 
d'indiquer, au moyen d'abrSvialions, les accords 
les plus divers, toul en Svitant cette f&cheuse 
lacune. Gottfr. Weber (v. ce nom) a posS les 
premisses de ce nouveau systSme, E.-Fr. Rich- 
ter Ta perfectionne et Tauteur de ce dictionnaire, 
H. Riemann, Ta complelS en le poursuivant 
jusqu'en ses consequences les plus extremes. 

Cf. CLEF HARMONIQUB. 

Comme nous Favons dejk fait remarquer, la 
disparition de la b. c. datis les compositions du 
xix» s. a entrainS celle de la coutume d'accom- 
pagner d'aprSs une simple parlie de b. c; et 
ceci est regrettable k un double point de vue: 
d'une part parec que Texecution de Tancienne 
musique de chambre est devenue des plus prS- 
caires (v. ci-dessus), d'autre part parce que les 
exercices d'harmonie pratique, au piano, doi- 
vent former la continuation logique et des plus 



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importantes des travaux Scrits d'harmonie i 
quatre parties. Quelques institutions, telles que 
le Conservatoire de Paris et celui de Bruxelles, 
n'ont jamais enticement aboli le cours d* « har- 
monie pratique rSalisSe sur le clavier *. V. l*ou- 
vrage excellent d* Ad. Samuel, Cours cTharmonie 
pratique et de basse chiffree (Bruxellee, Schott 
frSres). En Allemagne, e'est Tauteur de ce dic- 
tionnaire qui, par son Katechismus des Qene* 
ralbasspiels (1889), a donnS la plus vigoureuse 
impulsion a cette discipline de Tart musical, 
dont la pratique Stait autrefois considSrSe 
comme sous-entendue et indispensable k toul 
musicien. 

Ghifonie (cyponds), mot vieux fran$ais, cor- 
ruption de Symphonic nom de la vielle (v. ce 
mot) que Ton rencontre encore dans le courani 
du xv« B. 

Child, William, organiste distinguS, Dr mus. 
(Oxford), n6 k Bristol en 1606, m. k Windsor le 
23 mars 1697; organiste et • chantre » de la cha- 
pelle vocale de la cour, ainsi que musician de la 
chambre du roi ( t private musician » ). G. a pu- 
blic des psaumes (1639; 8-* 6d. 1656) et 1'od 
trouve quelques anthems, catches, etc de lui 
dans les anthologies musicales (Hilton, Play- 
ford, Boyce, Arnold, Smith). 

Chilesotti, Oscar, nS k Bassano (Vicence) le 
10 juiL 1848; tout en faisant ses Studes de droit 
(promu D* jur. en 1871), s'est toujours occupy 
de musique tant au point de vue de la pratique 
qu'd celui de la theorie et de Thistoire, puis a 
ftni par se vouer entiSrement k Tart musical 
C. cherche a remettre en honneur le luth anti- 
que; il a donnS sur ce sujet plusieurs confSren- 
ces(Venise, 1888;Rome,1889; Trieste et Padoue, 
1895) dans lesquelles U a exScutS sur l'instru- 
ment de TSpoque des ceuvres de luth du xvi« 8. 
Ses principals publications ayant trait k la 
musique, sont des transcriptions en notation 
modeme ou pour piano et chant, avec prefaces, 
de diverses ceuvres profanes des xvi«, xvii* et 
xvm* s. : Capricci armonici, etc. (1881), BibUo- 
teca di rarita musical* (4 vol., 1888-1886), Da 
un Codice Lauten-Buch del Cmvuecanto (1890), 
Horatio Vecchi, Balli 9 Arie et Cansoni, etc. 
(1892), Lautenspieler des xvi. Jahrhunderts, 
etc. (1895), Cansonette del secolo xvi, etc. (1896), 
et quelques intSressants essais : I nostri maes- 
tri del passato (1882), SuUa Lettera-a-itica dd 
Benedetto Mar cello contro Antonio LoM*(1885), 
Di Giov.-Batt. Besardo e del suo Thesaurus 
harmonious (1888), Sutta melodia popolare del 
Cinquecento (1890). C. a donne en outre de 
nombreux articles k la « Gazetta musicale di 
Milano » et k la « Rivista musicale italiana ». 

Chipp, Edmund-Thomas, nS k Londres le 
25 dSc 1823, m. k Nice le 17 d6c 1886, organiste 
de grand mSrite, depuis 1867 organiste et direc- 
tor du choeur de la cathedrale d*Blie, k Edim- 
bourg. C est Tauteur d'un oratorio, Job, et 
d'une idylle biblique, Naomi : il a publie vm 
recueil de pieces d'orgue et quelques autres 
morceaux divers. 

Chiroplaste (grec, « qui forme la main »)• &p- 
pareil invent^ par J.-Bernard Logier, k Jjom? 

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CHITARRA — CHOPIN 



139 



dree (brevete en 1814), destine dans le jeu du 
piano A empftcher I'abaissement du poignet, 
tool en favorisantl'attaque perpendiculaire A la 
touche. Le c a souievi de nombreases discus- 
sions, il a M imit6 par Stopel, simplify par 
Kalkbrenuer et repris, rtaemment encore, avec 
divers perfectionnements, sous la forme du 
€ guide-main de Bobrer ». Mais sous aucune 
de ses transformations le c. ne r£ussit A avoir 
un succ6s durable; il ful cbaque fois bientdt 
mis ad acta, car l*616ve pour lequel de tels expe- 
dients sont nfoessaires, retombe dans l'erreur 
passAe, aussitdt que l'aide mfcanique est sup- 
prim6e. Le meilleur c. est encore un bon mal- 
tre. L'appareil invents par Seeber, dont le but, 
il est vrai, n'est que d*emp£cher la phalan- 
gette de se replier en dedans au moment de 
l'attaque, est de beaucoup sup^rieur au c, 
parle fait qu'il n'impose de contrainte qu'aux 
doigts et non A la main toute entire. 

Chitarra, v. guitare et cithare. 

Ghitarrone (itaL « grande cithare », « cithare- 
basse »), Fun des gros instr.-basse des xvn« et 
xvm e 8., de la famille des luths et dont on se 
servait pour l*ex6cution de la basse chififr6e; 
sorte de grosse guitare a cordes d'acier pin- 
ches au moyen d'un plectre. Cf. th&orbe. \ 

C hladni , Ernst-Florbns-Friedrich, n& A 
Wittenberg le 80 nov. 1756, m. A Breslau le 
3 avr. 1827; Stadia le droit dans sa ville natale 
et A Leipzig, fut promu D F jur.en 1780 et pro- 
fessa A Wittenberg, mais apr£s la mort de son 
p&re (professeur de droit) s'adonna enti&rement 
A l'6lude des sciences natu relies, dont il s'6tait 
d6j& beaucoup occupe en amateur. Les sciences 
et sartout l'acoustique lui doivent de grandee et 
importances dScouvertes ; il s'occupa particulid- 
rement des vibrations des plaques de verre el 
des figures sp£ciales, reguliAres et en forme d'e- 
toiles, que prend une couche de sable depos^e a 
leur surface, lorsqu'on les frotte avec un archet. 
Ces figures portent anjourd'hui encore le nom 
de C. II const ruisit aussi deux instruments : Yeu- 
phone (harmonica A baguettes de verre) et le cla- 
vicylindre (piano A baguettes de verre), qu'il 
pr&enta un peu partout dans une s£rie de con-- 
terences scientifiques. Ses principaux Merits sur 
l'acoustique sont les suivants : Die Ahustik 
(1802: paru en francais sous le titre : Traiti 
cTacoustique, 1809); New Beitrage zur Ahustik 
(1817); Beitrage zwr praktischen Ahustik (1821); 
Kurze Uebersicht der Schall-wnd Klangiehre 
(1827). Quelques autres ouvrages anterieurs sont 
de moindre importance : Entdechungen uber 
die Thecrie des Klanges (1787); Ueberdie Lon- 
gitudmaUchvnngungen der Saiten und Stabe 
(1796); ainsi que diverses communications dans 
des revues : Musikalischer Monatsschrift (ie 
Beichardt (1798), Neue Schriften der Berliner 
Naturfarscher (1797), Magasin, etc., de Voigt 
Atmalm, de Guilbert (1800) et Allg. musika- 
Usche Zmtung, de Leipzig (1800-1801). Cf. Bern- 
hardt, &E. Chladni, der Ahustiker (18Ttf>). 

Chamr (grec Choros, danse, ronde; all. Cfwr). 
1. Dans la trag£die greccjne de la grande epo- 
que class i que 12 A 15, dans la comedie 24 clian- 



by t^ 



iL 



\V 



teurs qui ex6cutaient sur la partie de la sc&ne 
r6serv6e A cet effet (orchestre) et autour de la 
thym&le, des danses dont le mouvement etait 
mesur£ et indiqu£ par le chor^ge (chef du cbceur) 
frappant le sol du pied; le chant rythmique qui 
accompagnait la danse et portait aussi le nom 
de c. 6tait A une voix et sans accompagnement. 
Les principales categories de c. etaient la pa- 
rados, les stasima et Yexodos. Lee. ne pre- 
nait pas une part directe A Taction, il planait en 
quelque sorte au-dessus d'elle et se bornait A 
exercer une influence, par ses reflexions et ses 
raisonnements, sur les decisions des divers per- 
sonnages de la pi£ce. — % D'une mani&re g6n6- 
rale, on entend par c. une reunion de chanteurs 
group£s en vue d'une execution artistique d'en- 
semble. Les plus anciens c. de l'6glise chr6- 
tienne chantaient, comme les c. antiques, tou- 
jours A runisson, ou, lorsque des voix d'enfants 
se m&aient aux voix d'hommes, A l'octave. C'est 
sans doute du x« au xu* s. qu'on aura etabli 
la distinction entre les divers registres (voix 
d'hommes graves etaigues, voix d'enfants graves 
et aigues), afin de permettre l'ex6cution des dif- 
terentes parties de Yorganum (v. ce mot). Les 
compositeurs de musique proportion nelle du 
debut du xh* s. 6crivaient d6jA des triples et des 
quadruples, c.-a-d. des morceaux pour trois ou 
quatre voix ind£pendanles. Les voix de femmes 
semblent n'avoir pu s'introduire dans les c. que 
dans le courant du xvn« s.; pendant longtemps, 
r^lise catholique interdit aux femmes de chan- 
ter A l^glise (mulier taceat in ecclesia). Sur les 
divers registres de la voix humaine,cf. soprano, 
alto, TfeNOR, BASSE. On distingue, selon la com- 
position du c, des c. d'hommes, des c. de fem- 
mes (ou d'enfants) et des c. mixtes. Un double- 
choeur (v. ce mot) est gen£ralement compost de 
deux c. A quatre parties. — 8. Les Allemands 
donnent le nom de c. (Chor) : a) aux cordes du 
piano correspondant A une m£me louche (zwei- 
ch&rig, dreichtirig), A chacun des groupes de 
deux cordes A l'unisson dans le luth ou le 
theorbe ; b) aux tuyaux d'un jeu inixte de l'or- 
gue r^pondant A une m£me touche;c) A un 
groupe d'instruments de m^me timbre, mais de 
dimensions et de diapason difl^rents, v. ac- 
cord 8. 

Choir organ (angl.), nom que Ton donnaitpri- 
mitivement en Angleterre A un petit orgue com- 
prenant tr£s peu de jeux forts et destine A 
accompagner les choBurs. De nos jours, le c. o. 
correspond, dans un orgue A trois claviers, a 
notre positif,tandi8 que le grand orgue s'appelle 
great organ et le clavier des bombardes swell 
organ. 

Chopin, FRtoftRic-FRANcoiH, Tun des pianis- 
tes les plus remarquables de tous les temps, 
compositeur d'eeuvres delicates et originales 
pour son instrument, ne A Zelazowa-Wola, pr^s 
Varsovie, le l er mars 1809, m. A Paris le 17 oct. 
1849. Son pere, un Francais immigre, Nicolas 
il., ful d'abord comptable dans une fal>rique de 
cigares puis success] vement precepteur chez le 
cointe Skarbek, maitre au gymnase de Var- 
sovie, directeur d'une ecole particuliere avec 

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140 



CHOPIN 



CHORAL 



internal et enfln professeur A T6cole militaire; 
sa m&re, Justine Kryzanowska, 6tait Polonaise. 
A l'dge de neuf ans d6j&, C. se faisait entendre 
en public et admirer comme enfant prodige. II 
out pour mattres un Tch6que, Albert Zywny, 
et Joseph Eisner, le directeur de TEcole de 
musique de Varsovie. En 1828, en possession 
de la virtuosite la plus parfaite, il quitta sa 
ville natale et se rendit A Paris, apres avoir 
donn£ sur son passage des concerts A Yienne 
et A Munich. II parut alors A Thorizon artist i- 
(pie, semblable A un m&eore qui ne brille du 
plus vif 6clat que pour s'&teindre au bout d'un 
temps toujours trop court. G. avait comple- 
ment achevS son education artistique lors- 
quMl arriva A Paris, et il avait d6j£ en porte- 
feuille une grande partie de ses cpuvres, entre 
autres les deux concertos de piano. La premiere 
ceuvre qu'il publia, les variations sur un lh£me 
de « Don Juan » (op. 2) enthousiasm&rent Schu- 
mann au plus haul degr£ et ce fut un veritable 
jour de f&te que celui ou G. arriva a Leipzig et 
s'y fit entendre. A Paris, G. trouva bien vite un 
cercle d'amis tels qu'il pouvait les dfoirer: Liszt, 
Berlioz, Heine, Balzac, Ernst, Meyerbeer, des 
hommes qui, tous, le comprenaient et furent 
pour lui plus et mieux que d'insipides admira- 
teurs. II devint, aussitrtt qu'il se fut presents 
comme pianisteet compositeur, Tun des mattres 
les plus recherches et les plus A la mode dans 
la haute soeiete parisienne. Malheureusement, 
la maladie vint bientot jeter un voile sombre 
sur son Ame sensible, il est vrai, mais point m£- 
lancnlique du tout par nature. Les symptdmes 
d'une affection des poumons devinrent alar- 
mants et C. dut se decider, en 1888, a faire une 
cure dans Tile Majorque. George Sand, pour 
laquelle il avait une vraie adoration, l'ac- 
compagna et le soigna avec d&vouement, mais 
elle Tabandonna pendant les dernieres annees 
ile sa vie. Le mal h&ast Hail incurable et pro- 
gressait rapidement. Au prin temps 1849 cepen- 
ciant, comme il semblait y avoir une l£g&re 
amelioration dans son etat, (I realisa un vwu 
longtemps caress^ et se rendit A Londres, ou il 
donna plusieurs concerts. Sans s'inqui£ter de 
sa sant£, il accepta invitation sur invitation, alia 
mftme visiter TEcosse et rentra A Paris dans un 
£tat de eomplet &puisement. II mourut dans le 
courant de I'automne ; le Requiem de Mo- 
zart, selon qu'il en avait exprimS le d&sir, fut 
execute pendant la c6r6monie fun&bre et sa 
tombe fut creus£e entre celles de Gherubini et 
de Bellini. G. £tait une rare nature poetique; 
comme Heine en paroles, il 6crivait des poemes 
en musique, tres librement et sans aucun souci 
des formes etablies et reconnues. Et ce n'est 
pas seqlement en grand, mais dans les plus pe- 
tits details, que 6a musique est neuve et origi- 
nate; il est le cr&ateur d'un genre particulier, 
d'un style de piano que Liszt a adopts et r£- 
pandu, sans reellement le perfectionner. Le style 
de G. ne parait pas plus susceptible de perfec- 
tionnement que l'auleur ne le fut lui-m£me A par- 
tir de sa vingt ou vingt-deuxi&me annee. Une ou 
deux fois, il a copi£ Schumann, dans de petits 



by \j 



iL 



\V 



raorceaux ; on sait comment Liszt de son cdt6 
savait i miter la mani&re d'improviser de G., au. 
point de faire illusion m£me$ ses amis intimes, 
— limitation laisse bien vite reconnaltre le style 
de C, mais elle reste, A vrai dire, imitation et 
rien de plus. II n'en faudrait point conclure que 
Tinvention de G. soit borate et restreinte A 
quelques manures sp^ciales oil A quelques 
tournures originates; bien au contraire, c'est 
justement dans la richesse des idees et la va- 
riety de la facture qu'il faut sans doute recher- 
cher la clef du myst&re qui entoure Toeuvre 
de C. — Ses compositions, au nombre de 86 
(dont 74 pourvues de num£ro d'op.), toutes pour 
le piano ou avec piano, sont les suivantes: 
2 concertos (op. 11, mi min. ; op. 21, fa min.), 
Krakowiak (op. 14; avec orchestre), Fantaisie 
sur Don Juan (op. 2; avec orchestre), Polonaise 
en mi b£mol maj. (op. 22; avec orchestre), Fan- 
taisie sur des th&mes polonais (avec orchestre), 
Duo concertant pour piano et violoncelle (the- 
me de « Robert-le-Diable » ), Introduction et 
Polonaise pour piano et violoncelle (op. 3), une 
sonate pour violoncelle (op. 65), un Trio (od. 8, 
sol min.), un rondo pour deux pianos (op. 7H; 
ut maj.); puis, pour piano seul: 8 sonates (ut 
min., si b£mol min., si min.), 4 Ballades, 1 Fan- 
taisie, 12 Polonaises, une Fantaisie-Polonaise 
(op. 61), 56 Mazurkas, 25 Preludes, 19 Noctur- 
nes, 15 Valses, 4 Impromptus, 3 Ecossaises, 
Bolero, Tarentelle, Barcarole, Berceuse, 3 Ron- 
dos, 4 Scherzi, 3 suites de variations, 1 Marche 
fun&bre, 1 Allegro de concert et 27 Etudes de 
concert; enfin 17 lieder polonais. — La vie 
de G. a 616 decrite d'une maniere tout A fait 
fantaisiste par Liszt (ed. francaise originate, 
18o2 ; 2™« ed. 1871) ; ed. polon. par A. Schulz, 1873; . 
angl. par W. Gooke, 1877 ; all. par La Mara, 1880), 
tandis (pie Karasowski (Chopin, sein Leben, etc.; 
2« ed. 1878 : 3» 6d. 1881 ; ML polon., 1882) et Niecks 
( Fr. Chopin as a man and musician* 2 vol., 
1888 ; ed. all. par W. Langhans, 1889) ont fourni 
des biographies critiques d'une conscience re- 
marquable. V. aussi Kleczynski, Chopin, de 
V interpretation de ses ventres (1880) et Willeby, 
Fr. C. (Londres, 1892). Une plaque commemora- 
tive a ete posee en 1880 dans Teglise du Saint- 
Esprit, A Varsovie, et un monument a 6t£ Sieve 
au maitre a Zelazowa-Wola, en 1895. 

Choral. 1. Ghaut choral (cantus choralis, can- 
tus planus), terme que les mnsicographes alle- 
mands idenlifient A celui de plain-chant V. ce 
mot, oRfeooRiKN et ambhosirn. — 2. Le choral 
protestant a un historique analogue A celui du 
plain-chant catholique. Lorsqu'il s'agit de se 
procurer pour la jeune 6glise reform£e des 
chants nouveaux, ne rappelant en rien la rigi- 
dite du dogme romain, Luther songeai la chan- 
son populaire et aux oeuvres polyphoniques 
tr£s en vogue, de caract^re populaire &galement, 
(Frische Liedlein, etc.); il leur empninta direc- 
tement mi^lodie et parfois harmonie et se borna 
A leur adapter un texte religieux. Un certain 
nombre de chorals, par ex. Ein 9 feste Burg, ont 
bien &t6 composes express^ment pour TSglise, 
mais toujours dans une forme qui se rapproche 

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r.HORAL PI(iUR& — CHOKO.V 



141 



de celle d'une piece de vers a strophes, di- 
visees elles-memes en strophe, antistrophe et 
epode. On emprunta du reste aussi A l'eglise 
catholiqne quelques hymnes de structure ana- 
logue. Tous ces c. £taient vigoureusement ryth- 
mes, mais leur rythme a disparu petit A petit, 
comme celui du chant gregorien, pour faire place 
A une succession de sons absolument egaux. 
Toutes les tentati ves faites pour retablir le c. ryth- 
mique ont 6chou6 jusqu'4 ce jour. C'est aux 
contrapontistes sans doute qu'il faut attribuerla 
destruction du rythme; ce que les chantres 
avaient fait pour le chant gregorien, les organis- 
tes allemands le ftrent pour le c. protestant Mais 
il faut ajouter a cela que, dans le courant du 
xvi* s. deja, les fideles se mirent A chanter, sur- 
tout dans les eglises qui n'entretenaient pas de 
chapelle vocale; il est naturel que la m£lodie 
devait peu A pea s'adapter A ce mode d'exe>u- 
tion et par consequent s'alourdir. D'autre part, 
plus cette melodie devenait lente et non ryth- 
mee,plus on sentit le besoin d'un accompagne- 
ment vivant et vartf : le choral figuri (v. ce 
mot) se develop pa, dejd dans le courant du 
xvir* s., par n£cessit6 esth6tique jusqu'aux plus 
extremes raffinements. Cf. sur l'origine et les 
evolutions du c. protestant : Winterfeld, Der 
erangelische Kirchengesang (1843-1847 ; 3 vol.). 
Parmi les compositeurs protestants de musique 
d'egllse, qui ont particulierement enrichi le 
tresor de c, il faut citer : Luther, J. Walther, 
(Seorg Rhau, Martin Agricola, Nikolaus Sel- 
neccer, Johann Eccard, Ehrhardt Bodenschatz, 
Melchior Franck, Heinrich Albert, Thomas 
Selle, Johann Rosenmflller, Johann Grttger, 
Georg Neumark, Andreas Hammerschmidt, 
Joh.-Rud. Able, Joh.-Hermann Schein et J.-S. 
Bach. On donne en Allemagne le nom de Cho- 
ralbucn (v. ce mot) aux recueils de chants d'£- 
glise harmonises, A 1'usage des organistes. 
Cf. aussi Tucher, Schatz des evangelischen 
Kirchengesangs im ersten Jahrhundert der 
Reformation (1848; 2 vol.). L'eglise r6form£e 
n'admit que longtemps apres l'eglise luthS- 
rienne le chant des chorals, et ce fut en 
Suisse que commenca le mouvement, par la 
publication de 50 psaumes traduits par Clement 
Marot, pourvus de melodies par Guillaume 
Frank (1545) et harmonises plus tard (1562) par 
Claude Goudimel (v. ce nom), dont l'exemple 
fut bientdt suivi par Bourgeois et Glaudin Le- 
jeune. L'e'glise anglicane, en Angleterre, adopta 
aussi le chant des c. (psaumes A une voix) dans 
le courant du xvr* s. 

Choral figurf (all. figurierter Choral). Au 
lien d'etre simplement harmonise a quatre par- 
ties (ou A un plus grand nombre) note contre 
note, le choral sert souvent de sujet, de cantus 
firmus, A un travail contrapontique plus ou - 
moins complique* et donne lieu A diverses com- 
binaisons : a) le c. p. proprement dit, dans le- 
quel toutes les parties ou plusieurs d'entre elles 
executant des contrepoints fleuris autour du 
choral pris comme cantus firmus; b) le choral- 
canon, avec d6 veloppement sous forme de canon 
soit de la melodie meme du choral, soit des 



by K: 



iL 



IC 



voix libres; c) le choral-fugue, ou choral fugue, 
qui apparalt sous deux formes, comme fugue 
au-dessus d'un choral, servant de cantus firmus 
ou comme fugue ayant pour sujet un fragment 
du choral lui-meme. Toutes ces formes du c. f. 
se rencontrent aussi bien dans la musique vo- 
cale que dans la musique instrumentale. Le 
c. f. proprement dit convient fort bien A l*ac- 
compagnement des chants de rassemblee, mais 
il a et6 plus souvent encore utilise comme pre- 
lude a un choral. Le plus grand maltre dans 
Tart du c f. est J.-S. Bach. 

Choralbuch (all. « livre de chorals »), recueil 
de chorals, g£n£ralement harmonises A quatre 
parties ou simplement pourvus d'une basse 
chiffree, a 1'usage des organistes, pour 1'accom- 
pagnemenl du chant commun dans l'eglise pro- 
testante. Le nom de G. se rencontre pour la 
premiere fois en 1692, mais cela n'empeche de 
compter dejd au nombre des « Ghoralbticher » 
le recueil que J. Walther fit paraftre en 1584, 
sous le titre : Geystlich Gesangh-Buchlein. Jus- 
que dans la seconde moiti£ du xvnr* s. le re- 
cueil des chants d'eglise servait aussi de G., la 
melodie elant imprimee avec basse chiffree au 
d6but de chaque cantique. Le G. le plus consi- 
derable au xvm* s. est celui de Joh.-Balthasar 
Kdnig, Harmonische Liederschatz (1™ id., 
1788; 2 de 4d.. 1776 ;contenant 2000 chorals pour 
9000 textes differents). B convient de noter 
aussi, parmi les plus importants C., ceux de : 
Doles (1785), J.-Ghr. Kiihnau (1786), J.-Ad. Hil- 
ler (1793), G.-G. Umbreit (1811), Schicht (1819), 
J.-Chr.-H. Rinck (1829), C.-F. Becker (1844), 
Erk (1863), Kade (1869), Jakob et Bichter (1878) 
et J. Faisst (1876). 

Chorlgraphie (grec), la notation des danses 
au moyen de signes conventionnels pour les 
divers pas et evolutions. Elle fut d'abord em- 
ployee par Arbeau (v. ce nom) qui lui don- 
nait le nom d' < orchesographie ». Lefeuillet 
et Beauchamps introduisirent plus tard le nom 
de c. 

Chorley 1. Henry-Fothekgill, n& A Blackley 
Hurst (Lancashire) le 15 dec. 1808, m. le 16 fevr. 
1872; de 1830 a 1868 critique musical de 1'cAthe- 
maeum » de Londres, est aussi connu comme 
poete dramatique, nouvelliste et auteur de li- 
bretti pour des compositeurs anglais (Wallace, 
Bennet, Benedict, Sullivan, etc.). D etait tres es- 
tim£ pour son impartiality, quoique ses idees 
fussent parfois tres 6troites; ainsi il ne par- 
vint jamais A comprendre la valeur de Schu- 
mann. Ses ouvrages appartenant specialement 
A la literature musicale sont : Music and man- 
ners in France and North-Germany (1841, 3 
vol.); Modern Germany music (1854, 2 vol.); 
Thirty years musical recollections (1862, 2 
vol.). Parmi ses oauvres posthumes, citons son 
inte>essante autobiographie (Autobiography 
pmd letters) publiee par Hewlett (1873, 2 vol.) 
et National music of the world (1879). 

Choron, Alexandre-Etiknne, n6 A Gaen le 
21 oct. 1772, m. A Paris le 29 juin 1884, theori- 
cien musical erudit; eludia la philologie, puis 
les mathematiques auxquelles il s'etait int6- 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



142 



OHOUDKNS — CHROMA 



resse, gr&ce au systeme musical dont Bameau 
avait base latheorie surlesphenomenes acous- 
tiques; il fit ensuite, contre la volonte dc son 
p&re, de serieuses Etudes de lh£orie musicale. A 
l'Age de vingt-cinq ans, il se voua entieremenl 
a la musique, 6tudia les theoriciens ilaliens et 
allemands et devint, au dire de Fetis, le theori- 
cien le plus erudit que la France ait poss^de. 
Ses Editions d'anciennes ceuvres pratiques et 
theoriques, ainsi que de nombreux travaux ori- 
ginaux sont la preuve de son zele infatigable. 
En 1811, G. devint membre correspondant de 
l'Acad&nie des Beaux-Arts, et fut charge par 
le minietere de la reorganisation des maltrises. 
Peu apr£s, G. fut nomme directeur de la musi- 
que des fetes religieuses et autres ; il lui man- 
quait bien un peu la routine de la direction, 
mais il parvint k se tirer d'affaire. Appele en 
1816 k la direction de l'Op£ra, il provoqua la 
r^ouverture du Conservatoire, ferme depuis 
Fann&e pr^c^dente, sous le nom de « Ecole 
royale de chant et de declamation ». Congedi£ 
sans pension (1817) k cause du trop grand nom- 
bre d'innovations qu'il tentait, C. fonda et diri- 
gea T « Institution royale » connue aussi sous le 
nom de « Conservatoire de musique classique et 
religieuse ». Gette institution prit un grand de- 
veloppement, mais ne subsista que jusqu'd. la 
Revolution de juillet(cf. Niedermeyer); sa chute 
causa la mort de C. Parmiles nombreux ouvra- 
ges de C., mentionnons particuli^rement : Die- 
tionnaire historique des musicians, en collabo- 
ration avec Fayolle (1810-1811,2 vol.); Principes 
(Taccompagnement des tooles dCItalie (1804); 
Principes de composition des icoles ctltalie 
(1808; 8 vol.; 2*> Edition 1816, 6 vol.); Mtthode 
AUmentairede musique et de plain-chant (1811); 
une Edition revue et augment&e du TraiUgene- 
ral des voix et des instruments d'orchestre de 
Francoeur (1813); une edition fran^aise des trai- 
tes d'Albrechtsberger (Griindliche Anweisung 
zur Komposition et Generalbassschutey 1814 
et 1815; reunis en 1836) et d'Azopardi (Musico 
pratico, 1816) ; Methods concertante de musi- 
que a plusieurs parties (1817; son conservatoire 
etait base sur cette methode), M&thode de plain- 
chant (1818), Liber choratis tribus vodbus ad 
usum colletjii Sancti Ludovici (1824), et enfin, 
en collaboration avec Lafage : Manuel complet 
de musique vocale et instrumentale, ou Ency- 
doptdie musicale (1886-1888; 8 vol.). 

Choudens, importante maison d'edition musi- 
cale, fondee k Paris en juin 1845 par Antoine 
dm Choudens. La premiere publication de G. fut 
une anthologle de plus de 200 morceaux de 
chant parus sous le litre 1 canti d? Italia. A la 
mort du fondateur (1888), ce fut son fils Paul 
qui reprit le commerce. Le fonds de la maison 
C. est considerable : la plupart des ceuvres de 
Gounod et une quantite d'oeuvres de Berlioz, 
Saint-Saens, Reyer, Offenbach Godard, Bru- 
neau, Lalo, Coquard, Audran, etc., etc. 

Chouquet, Adolphb-Gustavb, ne au Havre le 
16 avr. 1819, m. a Paris le 80 janv. 1886, v6cut 
en Amerique de 1840 k 1860 comme professeur * 
de musique, et depuis lors k Paris ou il s'occu 



pa de tra\aus historiques. En 1864, il obtint le 
prix Bordin pour une histoire de la musique du 
xiv 6 au xvm°s., et, en 1868, le m&me prix pour 
un travail sur la musique dramatique en France, 
qu'il publia en 1873, sous le titre de Histoire de 
la musique dramatique en France depuis ses 
origines jusqu'd nos jours. Depuis 1871, G. fut 
conservateur de la collection d'instruments du 
Conservatoire, il en publia un catalogue en 1875. 
G. a ecrit en outre le texte de plusieurs cantates 
connues (entre autres un Eymne de la Paix 
qui obtint le prix k Imposition de 1867). 

Christian! 1. Lisb-B., femme violoncelliste, 
nee k Paris en 1827, m. a Tobolsk en 1858, rem- 
porta de 1840 k 1850 de grands succes. Mendels- 
sohn ecrivit pour elle la romance sans paroles 
bien connue, pour violoncelle. — 2. Adolf- 
Friedrich, pianiste et maitre de musique, n6 
k Gassel le 8 mars 1886, m. k Elisabeth, pres 
New-York, le 10 fevr. 1885; partit pour Lon- 
dres en 1855, comme professeur de musique, 
retourna plus tard en Amerique, et, apres des s£- 
jours plus ou moins prolonges k Poughkeepsie, 
Pittsbourg et Cincinnati, se fixa deflnitivement 
k New- York, en 1877. Pendant les cinq derni6- 
res annees de sa vie, il fut directeur de 1* « Ecole 
de Musique » & Elisabeth. G. a ecrit un int£res- 
sant ouvrage sur Texpression musicale : The 
principles of musical expression in pianoforte 
playing, (New- York, 1886; parut en allemand 
sous le titre de Das Verstdndniss im Ckcoier- 
spiel, Leipzig, 1886), mais il mourut avant l'ap- 
parition de Touvrage. 

Christmann. 1. Franz-Xaver, remarquable 
fabricant d'orgues autrichien ; m. a Rottenmann 
le 20 mai 1795, pendant la construction d'un 
orgue. — 2. Joh.-Frikdrich ne k Ludvigsbourg 
en 1752, m. a Heuligsheim, od il etait membre 
du clerge evangelique en 1817; compositeur de 
musique d'eglise et de musique de chambre. II 
publia aussi un Elementarbuch der Tonhunst 
(1782; 2*»partie, 1790). 

Chroma (grec, c couleur »). 1. Syn. de demi-ton 
chromatique, c-A-d. l'intervalle qui separe un 
son de rechelle fondamentale (son non allure) 
du son de meme nom mais diese (hausse) ou 
bemolise (baisse) ou encore un son simplement 
diese du meme doublement diese, un son sim- 
plement bemolise du meme doublement bemo- 
lise: 



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-%J-XT- 5* 



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by^_ 



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IC 



L'evaluation mathematique des intervalles (cf. 
la table des rapports) distingue un grand et un 
petit c. : le grand c. (128-135) existe entre deux 
sons qui se trouvent dans le rapport d'un triple 
interv. de quinte et d'un interv. de tierce, ex. : 
fa : fa_$ (fa-ut-soUri-fa $); le petit c.(24: 25) 
existe entre deux sons qui se trouvent dans le 
rapport d'un double interv. de tierce et d'un 
interv. de quinte en sens contraire, ex. : sol ; 
sol § (sol-u ^mi - sol^ ). Ex. : 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



CHROMATIQUE — GHRYSA.NTHK DE MADYTE 



148 



grand c. 




II va de soi que cette distinction perd toute va- 
leur pratique par suite de Tidentification enhar- 
monique de ri et ri (par l'interm6diaire du la) ; 
mais les formules acoustiques restent lee 6qui-« 
Talents de diverses conceptions hartnoniques, 
que determine non pas la hauteur absolue des 
sons mais l'enchainement des harmonies. — 
2. Nom d'une association qui s'est donn6 pour 
liche de reformer notre eysteme musical en 
supprimant l'echelle fondamentale (v. ce mot), 
pour prendre com me base la division de l'oc- 
tave en douze parties 6gales ( syst^me chroma- 
tique TKMPfeRfe). Les partisans de ce syst&ne 
exigent, par exemple,queles touches inferieures 
et sup&rieures du piano alternent d'une maniere 
continue et qu'en outre chaque touche supe- 
rieure soit pourvue d'un nom special, non d6- 
riv& de celui d'une touche inferieure (cf. Vin- 
cent 2, Hahn 2, Sachs 2 et Loqutn). Le mouve- 
ment provoque par cette association s'accentua 
pendanl un certain temps, au moment de la 
construction des premiers claviers chromati- 
ques de P. von Janko. 

Chromatique. 1. Gamme c„ l'Schelle des douze 
demi-tons du systeme tempere. Cette echelle 
est not6e de diverses manieres, suivant la tona- 
hte dans laquelle on la rencontre et suivant 
rharmonie qu'on lui suppose comme base. Si 
r6chelle diatonique doit etre considered comme 
composes d'un accord majeur ou mineur avec 
des notes de passage (v. oammb) et si le choix 
de ces notes de passage, surtout de la tierce A la 
quinte etde la quinte k 1'octave, peut varier se- 
lon le ton dans lequel paraft l'accord, il va de 
soi que la gamme c. devra etre considered de 
m&me, puisqu'elle n'est qu'une sorte de remplis- 
sage de la gamme diatonique au moyen de sons 
intermexliaires chromatiques. La gamme c. 
ascendante emploie generalement les sons 
hausses, la gamme c, descendante les sons 
baisses. II est utile de remarquer & ce sujet que 
quelques compositeurs anciens (Mozart) aiment 
k remplacer dans la gamme c. ascendante, la 
seconde, la quinte et la sixte augmented par la 
tierce, la sixte et la septieme mineures euhar- 
moniques; le sens des harmonies en est sou vent 
Irts obscurci. — 2. Sons chromatiques (alteres). 
Nom que Ton ne donne, dans un accord, qu'aux 
sons qui peuvent 6tre considered comme sim- 
ples Elevations ou abaissements d'une des notes 
de l*harmonie primitive (fondamentale, tierce, 
quinte de l'accord maj. ou min.), par ex. : sol $ 
etantla quinte haussee d'un demi-ton deut, mi, 
sol; la t> 6tant la tonique abaissee d'un demi- 
ton de la, uly mi; et tout aussi bien sol dans 
Tacc d'ttf $ maj., la dans celui de ri fc> maj., etc. 
Gf. altkubs (accords). — 8. Genre c. des Grecs, 
v. grecque (musique); & propos du c. au xvi* s., 
cf. Vicbntino et Gesualdo. — 4. Instruments c. 
Instruments qui disposent d'une echelle chro- 



by V_iOOgle 



matique complete, autrement dit sur lesquels on 
peut donner les douze demi-tons que comprend 
1'octave du systeme temper^. On emploie ce 
terme surtout pour les instr. k vent en cuivre, 
munis de pistons (autrefois de clefs), par oppo- 
sition aux instr. naturels, qui ne disposent 
que de l'echelle des harmoniques du son reel 
le plus grave de leur tuyau. Gf. cor, trompette, 
cornet, etc. 
Chronomttre (grec, « qui mesure le temps »), 

V. METRONOME. 

Ghronos protos (grec, « le premier temps », 
c-A-d. la plus petite unit6 de temps), nom que 
Ton donne, dans la m£trique antique, A la duree 
de la simple breve. 

Ghrotta, l'un des plus anciens, sinon le plus 
ancien des instr. europ6ens A archet, dej& men- 
tionne par Venantius Fortunatus (609), dans le 
distique suivant : « Homanusque lyra plaudat 
tibi, Barbarus harpa, Graecus achilliaca, chrotta 
Briianna canil ». Ne pas confondre c. avec rotta 
(v. ce mot). V. crouth. 

Chrysander , Friedrirh , n6 A ■ Lttbtheen 
(Mecklembourg) le 8 juil. 1826, eludia la philo- 
sophic et prit son doctoral a Rostock. Aprea 
avoir change fr&juemment de domicile et avoir 
v6cu entre autres assez longtemps en Angleterre, 
C. s'est fix6 d6flnitivement & Bergedorf, pres 
Hambourg. II compte au nombre des musico- 
graphes allemands les plus militants. Sa bio- 
graphie encore inachev^e de Hsendel (1858- 
1860, jusqu'4 la fin de la premiere moitii du 
vol. m) est un ouvrage 6crit avec un zele veri- 
table, une grande science historique et une sin- 
cdre veneration pour le maltre; la pAriode la 
plus importante de la vie de Handel, celle qui 
vit nattre les grands oratorios, n'a pas encore &6 
abord6e par lauteur. G. est 1'an des fondateurs 
dela]«SociMeH*ndel »de Leipzig;ils'occupede 
la redaction, voire meme de la gravure de l'edi- 
tion monumentale des oeuvres de Haendel, que 
publie cette association. En 1863 et en 1867, pa- 
rurent sous le nom de C. deux Jahrbucher fur 
musikalische Wissenschaft, contenant de pre- 
cieuses contributions de divers auteurs (entre 
autres le Locheimer Liederbuch et VArs orga- 
nisandi de Paumann,edites par F.-W. Arnold). 
De 1868 a 1871 et de nouveau en 1875 jusqu'au 
moment od elle cessa de paraltre (fin 1882), G. 
r^digea YAUgemeine musikalische Zeitimg, qui 
contient de nombreux et interessants articles de 
lui, entre autres une esquisse de l'histoire de la 
typographic musicale (1879), des recherches sur 
TOpera de Hambourg sous la direction de Kei- 
ser, Kusser, etc, (1878-1879). II publie depuisl885 
avecSpitta (m.en 1894) etG. Adler un periodique 
du plus haut int^r^t: Vierteljatiresschrift fur 
Musikwissenschaft (Leipzig, Breitkopf et Hser- 
tel). Deux brochures : Ueber die MoUtonart in 
Volhsgesangen et Ueber das Oratorium out 
paru en 1853. Enfln C. a public une edition des 
oeuvres pour piano de J.-S. Bach (1856) et les 
DenkmUler der Tonkunst (oratorios de Garis- 
simi ; sonates et concertos de Corelli [Joachim]; 
pieces de clavecin de Gouperin [Brahms], etc.). 

Chrysanthe de Madyte. archeveque de Du- 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



144 



CHUTE — CIS 



razzo (Dyrrachium), en Albanie, etait aupara- 
vant (1815) professeur de chant d'eglise k Cons- 
tantinople, Tun de ceux qui ont simplifie la 
notation liturgique de l'eglise byzantine, par la 
suppression d'une quantite de signes superflus. 
D est l'auteur d'un trait* intitule : Introduction 
a la theorie etdln pratique de la musique eectt- 
siastique, etc. (EiV«yw>»...... 1821; redig£ en 

majeure partie par Anastase Thamyris), dont 
une seconde Edition parut en 1832, sous le titre: 
Grande thdorie de la musique composts par 

(X de M. t etc. (®$&>Qntudf uiyot ). Bourgault- 

Ducoudray a traduit en francais, en collabora- 
tion avec E. Bumouf, un Abrigi de la theorie 
dela musique byzantine, de Chrysanthe (v. 
Bourgault-Ducoudray, Etudes sur la musique 
ecolisiastique grecque, etc.). 

Chute, ornement (v. ce mot) vieilli qui s'est 
transform* en appoggiature longue notleen pe- 
tites notes; les anciens compositeurs frangais 
pour le clavecin indiquaientla c. aumoyen d'un 
petit crochet place avant la note <% (d'Angle- 
bertl689,ainsiqueRameau)oupar ' un trait 
incline : ^*. La seconde superieure qui pre- 
cedaitalors' la note reelle prenait generale- 
ment k celle-ci la moitie de sa valeur. Cf. port 
dk voix. 

ChwataL 1. Fraj^z-Xavkr, n£ k Humbourg 
(Boheme) le 19 juin 1808, m. aux bains d'Elmen 
le 24 juin 1879; se rendit en 1822 k Mersebourg 
comme mailre de musique, et partit de 14 pour 
Magdebourg, en 1885. II a ecrit un grand nom- 
bre d'oeuvres pour piano, surtout des morceaux 
de salon et plusieurs ouvrages d'enseignement, 
parmi lesquels deux methodes de piano; des 
quatuors pour voix d'hommes, etc — % Joseph, 
frere du precedent, nk k Humbourg le 12 janv. 
1811, constructeur d*orgues k Mersebourg (G. et 
flls), a apporte quelques petites mais notables 
ameliorations dans la mecanique de i'orgue. 

Giacona (ital.), v. chaconnb. 

Cifra, Antonio, ne dans les Etats de l'Eglise 
en 1575, jn. a Lorette - en 1638; eleve de Pales- 
trina et de Nanini, fut d'abord maltre de cha- 
pelle du College allemand a Rome, puis k Lo- 
rette. En 1620 il fut nomme mat tre de chapelle 
de St-Jean-de-Latran, mais entra, en 1622, au 
service de l'archiduc Charles d'Autriche; il 
rentra, en 1629, k Lorette.C. fut un des meilleurs 
compositeurs de l'ecole de Rome; toute une 
serie d'oeuvres imprimees ont ete conaervees 
et nous en foumissent une preuve evidente : 
cinq livres de Messes ; sept livres de motets, de 
deux k quatre voix (avec basse d'orgue) ; des 
motets k douze voix; des psaumes ; des scherzi 
et des airs avec cembalo ou chitarrone; des 
madrigaux, ricercari, canzoni, Concerti eccle- 
siastici, etc.; le tout conserve dans des impri- 
mis de 1600 a 1688. 

Cimarosa, Domenigo, ne k Aversa (Naples) le 
17 dec 1749, m. a Venise le 11 janv. 1801 ; 
flls d'un macon, devenu tdt orphelin, frequenta 
Tecole des pauvres des Minorites, a Naples. 
IiC» pere Polcano, organiste de la congregation 
des Minorites, decouvrit le talent musical de 
lVnfant; il donna les premieres lemons k C, 



by L^OOgle 



puis le lit entrer, en 1761, au Conservatoire 
Santa Maria di Loreto, ou il eut successive- 
ment pour maltres : Manna, Sacchini, Fenaroli 
et Piccini. En 1772, il fit ses debuts dans la 
composition scenique en donnant au theatre de 
t Fiorentini », k Naples, Le Stravaganae del 
conte; quoique Paesiello fut alors k l'apogee 
de sa gloire, C. parvint rapidement k se creer 
un nom k cdt6 de lui. Les ceuvres se succede- 
rent, des lors, avec une rapidite inouie. II ecri- 
vit, en 1779, pour Rome, L'ltaliana inLondra, 
et vecut, pendant un certain temps, tantot a 
Naples, tantdt k Rome, composant toujours sea 
operas, suivant la mode d'alors, dans la localite 
ou Us devaient etre executes. En 1781, il donna 
un opera dans chacune des villes de Rome, 
Venise, Turin et Vicence, et continua de meme 
pendant nombre d'annees. De brillantes pro- 
positions l'engagerent k se rendre, en 1789, k 
St-Petersbourg, oil auparavant dejd (1776 a 
1785), Paesiello avail ecrit pour i'Opera italien 
de nombreuses nouveautes. II choisit la route 
de Florence et de Vienne, et fut accueilli par- 
tout sur son passage avec les plus grands hon- 
neurs. II ne put cependant supporter long- 
temps le climat de la Russie et se dirigea, en 
1792 dejd, de nouveau vers le sud, s'arretant 
d*abord k Vienne ou on Yetol volontiers retenu 
pour toujoum (rest \k que C. a ecrit son ou- 
vrage le plus celebre, 11 Matrimonio segreto, 
dont le succes non seulement depassa celui de 
tous ses autres operas, mais etait consider^ 
comme sans precedent C. avait compose jus- 
qu'alors pres de 70 operas, en moins de vingt 
annees. € Le Mariage secret » fut aussi joue k 
Naples (1798), oil il eut soixante-sept represen- 
tations; il fut suivi de plusieurs autres ouvra- 
ges parmi lesquels il faut mentionner surtout 
Astusie feminile (1794). C. prit part k la revo- 
lution de 1798 k Naples, il fut fait prisonnier, 
puis condamne a mort ; mais il fut grade et 
mis en liberte par le roi Ferdinand. II s'em- 
barqua pour Venise, dans Tintention de re- 
tourner en Russie, mais il tomba malade et 
mourut k Venise, empoisonnS, disait-on. L'opi- 
nion publique accusait le gouvernement de 
meurtre, et il fallut, pour dissiper les bruits 
malveillants que Ton avait repandu, une decla- 
ration officielle du medecin prive de Pie VII, 
qui residait k Venise, declaration constatant la 
mort naturelle (abces intestinaux) de C. — C. a 
compose non seulement plus de 80 operas, 
mais plusieurs Messes (2 requiems), oratorios 
(Judith, Le Triomphe de la religion), cantates, 
et 105 morceaux de chant detaches, ecrits pour 
la cour de Russie. 11 Matrimonio segreto 
apparatt, aujourd'hui encore, de temps k autre 
au repertoire des meilleures scenes ; la musi- 
que en est, selon nos idees actuelles, simple, 
mais tres fralche et pleine d'humour. Un excel- 
lent buste de (.., execute par Canova, sur Tor- 
dre du cardinal Consalvi, a ete place au Pan- 
theon, a Rome, entre ceux de Sacchini et de 
Paesiello. 

Cinelli (ital.), syn. de iriatti — cymbales. 

Gis (all.), = ut ^; cisis = i:t X . 

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GISTRE — CLARINETfE 



145 



Cistre, v. Cithare. 

Cithare. L (gr. Kithara.) Le plus important 
des instr. k cordes en usage dans la musique 
artistique de la Gr&ce antique (ct grecqce 
[musique] vi). Le cronth (v. ce mot), l'ancien 
instr. celtique k cordes, est de forme analogue k 
la c, mais il 6tait employ^ tantdt comme instr. 
a cordes pinches, tantdt comme instr. k archet. 
O'est da nom grec de la c. que sont d6riv£s les 
noms de guitars (chitarra), chitarrone et 
zither (v. cithare 2). — 2. (alL Zither.) Nom 
que Ton donne aujourd'hui k on petit instr. k 
cordes (d'environW centimetres de long, sur 25 
de large), compost d'une caisse de resonance 
plane sur laquelle sont tendues de 81 a 42 cor- 
des. L'accord de la c. varie suivant les pays et 
les instrumentistes, mais ces variantes se peu- 
vent ramener a deux types : l'accord de Vienne 
{Wiener Stimmung) et l'accord de Munich 
iM&nchener Stimmung). Dans celui-ci, le plus 
r^pando, les cinq cordes dites • ; cordes de chant » 
sont accord£es comme suit : 



p 



y- r 



i 



Biles sont tendues sur la louche flx^e an bord 
de rinstrument, dans le sens de sa plus grande 
longueur, et divis6e en 29 cases (chromatiques). 
JLes autres cordes, dites c d'accompagnement et 
de basse », sont accord£es en quintes et en 
qnartes parcourant trois fois l'6chelle des quin- 
tes de fa K k fa JJ- 1 ; elles ne passent pas sur la 
louche el ne sont pas susceptibles de raccour- 
cisBemenL Quelques instrumentistes ajoutent 
encore aux cordes de chant une sixieme corde 
donnant le mi A . Les cordes de chant sont en 
ader ou en cuivre; les cinq cordes d'accompa- 
gnement les plus aigueg sont en boyaux, les 
autres sont fil^es sur soie ou sur acier. On se 
sert d'un anneau (plectre) pour faire vibrer les 
cordes de la c. Un plus grand module de c, une 
c-basse, porte en Allemagne le nom d'Elegie* 
zither. Une vari&6 strange de c. est la c. k ar- 
chet (StreichzUher), en forme de coeur et tendue, 
comme le violon, de quatre cordes mises en vi- 
bration par un archet, ou simplement comme 
celles de la c ordinaire (Schlagsither). La c k 
archet se construit en trois modules de difte- 
rentes grandeurs (c. soprano, alto et basse), 
dont le diapason correspond k celui du quatuor 
d'instr. a archet La forme de rinstrument, 
qnoique variant beaucoup, a le plus souvent de 
ranalogie avec celle de la viole d'amour. II 
existe depuis 1877 une association des clubs 
allemands de joueurs de cithare, ayant son siege 
a Munich, oil le president, Hans Thauer, r^dige 
on organe special (CentrcUblatt deutscher Zither- 
Vereine). Cf. Albert 2. Historiquement, tant 
par son nom que par sa forme, la c. a divers 
ancdtres, et tout d'abord — 1. la Kithara (v. a- 
tharkI) des Grecs, que Ton ne posait cepen- 
dant pas k plat sur une table, mais que Ton te- 
aait verticalement;de plus elle n'avait pasd€ 
louche et sa table d'harmonie ne remplissait 



DICTIONNAIRE DE MUSI0CE. — 10. 

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IC 



pas tout l'espace occupy par les cordes ; — 2. la 
Ghitarra (esp. guitarra; all. Quintern),* qui 
6tait aTorigine un petit modele de luth,l'extf6me 
oppos6 au chitarrone (v. ce mot). Plus tard, 
pourvue d'une caisse de resonance plane, elle 
se transforma en une guitare actuelle ; — 8. le 
cistre (Hal. cetera; all. Cither; angl. Cittern, 
dthorn), autre vari6t6 de luth ou de guitare, 
toujours tendue de cordes m6talliques et jou6e 
avec un plectre. Son nom se rapproche de celui 
de rinstrument prototype par excellence de la 
c ordinaire : — 8. la citole (du laL dstella= pe- 
tite caisse; all. Cistole), instrument du moyen 
age, sorte de psalterium ou de tympanon. 

Citole, v. Cithare. 

Cisos, v. Cheri. 

CI., abr. pour clarinette (clarinetto). 

Clairon. 1. G. d'ordonnance, instr. en cuivre, 
naturel, dont la perce est si large qu'elle rend 
possible remission du son fondamentaL II est 
g6n6ralement en si {?, rarement en ut, et donne 
les harmoniqueB de si ft ou ut\ jusqu'au son 8 
(si \Hovl ut$). Le c. est le type primitif du bugle 
(v. ce mot), le bugle simple; il est en usage dans 
la plupart des armies, pour les signaux d'in- 
fanterie.— 2. G. ou Glarin (all. Oktavtrompete; 
ital. Clarino ; angl. Clarion), jeu d'orgue de 4 *; 
dans l'orgue du Panopticum, k Londres, on 
trouve en plus du Clarion 4' un Octave Cla- 
rion 2 f ;k l^glise Ste-Marie de Lflbeck, le c. 4' 
est un jeu k bouche (demi-jeu paiiant de fa 2 ). 

Clapisson, Antoine-Louis, n6 a Naples le 
15 sept. 1806, m. a Paris le 19 mars 1866 ; vint 
en France apres 1815, et travailla d'abord l'har- 
monie avec H. Sonnet, k Bordeaux, ou il fut 
premier violon au Grand-ThMtre. n entra 
en 1880 au Conservatoire de Paris et fit partie 
de l'orchestre desltaliens et de celui del'Opera. 
C. fut nommS professeur d'harmonie au Conser- 
vatoire en 1861, puis membre de Tlnstitut, de 
pr6f6rence a Berlioz qui se presentait en m&me 
temps que lui. II vendit a l'Etat sa collection 
d'instruments, et fut nomme conservateur du 
mus6e du Conservatoire dont elle forma le 
fonds. C. a 6crit une quantity considerable 
d'oeuvres sans aucune valeur (21 operas, envi- 
ron 200 romances, etc., etc.). 

Clari, Giovanni-Carlo-Maria, n6 a Pise en 
1669, m. vers 1745; Aleve de Colonna a Bologne, 
maitre de chapelle k Pistoie, auteur de musique 
d'eglise remarquable (Messes, psaumes, re- 
quiems, etc.), s'est surtout rendu cAlebre par ses 
duos et trios de chambre avec continuo, parus 
en 1720, et qui peuvent dignement prendre 
place a cdt6 de ceux de Steffani. G. est aussi l'au- 
teur d'un opAra, 11 savio delirante, donne k 
Bologne. 

Clarinette (ital. Clarinetto, dimin. de Clarino 
[v. ce mot]; all. Klarinette; angl. Clarionet ou 
aussi Clarinet). 1. Instr. k vent en bois, que 
Ton trouve dans tous les orchestres et toutes les 
musiqxies d'harmonie, compost d'un tuyau 
cylindrique r&onnant au moyen d'une anche 
simple, battante, fix£e k la partie inf&rieure de 
Tembouchure en forme de bee (le bee de la c). 
Cf. Instr. a vent. La c. st un des instruments 

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146 



CLARINETTE — CLARINO 



dont le son saute, par une plus forte pression 
du souffle, non pas d'abord k l'octave, mais k la 
douzi£me (quinle redoubl&e, d'oii le nom alle- 
mand de quintterendes Instrument); tous les 
sons pairs de la s6rie des harmoniques lui font 
d£faut (v. harmonie)* L'agencement des trous 
et des clefs en est pour cette raison plus com- 
pliqu£ que celui de la fllte et du hautbois, dans 
lesquels il n'y a que l'espace d'une octave k 
fournir, au moyen du raccourcissement du 
tnyau. Le saut k la douzi&me est facility par un 
petit trou (recouvert d'une clef) perc£ a Tendroit 
od se trouve le noeud pour la division de la co- 
lonne d'air en trois parties 6gales. C'est par 
cette invention que Gustave Denner (Nurem- 
berg, vers 1690) transforma en clarinette l'an- 
cien chalumeau fran^ais dont le jeu 6tait res- 
treint au registre grave. Le nom de clarinetto 
fut donn£ en premier lieu settlement au registre 
aigu du nouvel instrument, s£par6 du grave 
(chalumeau) par un intervalle de tierce mineure, 
et dont le timbre mordant rappelait celui de la 
trompette (clarino); plus tard, il fut adopts 
pour l'instrument lui-m&ne. L'ancien chalu- 
meau avait neuf trous, 6tait accords en fa maj. 
et donnait une 6chelle diatonique de fa* a la 3 ; 
la c. actuelle a dix-huit trous (qui fournissent, 
de la tonique k la douzi&me, une s6rie de dix- 
neuf fondamentales), dont treize sont reconverts 
de clefs. II va sans dire que le jeu virtuose d'un 
instrument aussi compliqud exige un art con- 
somm6. La c. donue une ScheUe chromatique 
dont l'6tendue est de mi* k u< 6 , mais, tandis 
que les sons les plus graves sont toujours bons, 
les plus aigus (au-dessus de sol 5 ) sont mauvais, 
d'une intonation difficile et criarde. Pour 6viter 
de faire jouer dans des tonalit6s tr£s 61oignees 
de la tonality naturelle de l'instrument, on cons- 
tant des c. de diff&rents modules, dans des tons 
differents, et tout d'abord en ut, si J? et la (an- 
ciennement aussi en si naturel), les c. dites 
grandes c, seules employees dans l'orchestre. 
Mais pour toutes les sortes de c, la tonality na- 
turelle est not&e comme ut maj., autrement dit: 
mi* (son le plus grave de la c.) sonne pour l'o- 
reille sur la c. en ut (C-Klarinette) comme mi*, 
sur la c. en si p (B-Klarinette) comme H*, sur 
la c. en la (A-Klarinette) comme ut $ 2 , sur la 
c. en mi t? (Es-Klarinette) comme sol* et sur la 
c. en r6 (D-Klarinelte) comme fa j&* Les c. ac- 
cordees plus haut que celle en ut, dites petites 
c. en re, mi \? 9 fa (vieillie) et la i?, dont le timbre 
est criard et per^ant, ne sont en usage (a de 
rares exceptions pr&s) que dans les musiques 
militaires ou, d'une manure generate, dans les 
musiques d'harmonie; elles y remplissent le 
m£me rdle que les violons dans l'orchestre. II 
semble de nos jours que la c. en si ? soit sur le 
point de refouler de l'orchestre symphonique 
les autres esp£ces de c; les perfectionnements 
extraordinaires que Stadler, Iwan Muller et 
Klose ont apport6s a l'instrument, en lui appli- 
quant en partie le mecanisme invents par Bohm 
pour la flfite, permettent en effet de jouer dans 
toutes les tonalitta avec une puret£ d'intonation 
absolue. De plus, les excellents clarinettistes 



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que po8s A dent aujourd'hui la plupart de nos 
orchestras, ne se bornent pas k vaincre les dif- 
fLcult£s de la technique pure, ils transposent k 
vue sur la c. en si J? ce qui est Scrit pour c. en 
la ou a en ut. Gependant il serait des plus re- 
grettables d'abandonner la c. en la 9 dont le tim- 
bre est d'une douceur remarquable ; c'est pour- 
quoi nous croyons devoir recommander aux 
chefs d'orchestre d'exiger de l'instrumentiste 
qu'il prenne bien une c en la, toutes les fois 
qu'elle est prescrite par le compositeur. — Font 
en outre partie de la famille des c : a) la cuk- 
rinette-alto (Altklarinette,Baritonklarinette) 
en fa et en mi (?, sonnant une quinte plus bas 
que les c ordinaires en ut et ensify; elle n'a 
jamais attaint la vogue du cor de basset, au- 
jourd'hui hors d'usage, mais diff6rant fort pen 
de la c.-allo en fa, cf. con de basset; b) la cla- 
rinette-babsk, sonnant une octave au-dessous 
de la c ordinaire de ton correspondant, gen&ra- 
lement en si t?» plus rarement en ut ou aussi, 
chez Wagner, en la. La c-basse a tout k fait le 
son, k la fois doux et nourri, de la c. ordinaire; 
elle se distingue ainsi avantageusement du bas- 
son; c) la clarinette-p&dale ou clarinette- 
contreba8se, inventee r&cemment par Fontaine- 
Besson (Paris), mais peu r A pandue encore k 
cause de la d A pense excessive de forces qu'elle 
exige de l'instrumentiste, enorme instrument 
sonnant une octave au-dessous de la c-basse et 
dont le timbre est de beaucoup plus agr^able 
que celui du contrebasson. — Les plus c&dbres 
clarinettistes anciens et modernes sont : Beer, 
Tausch, Yost, Lef&vre, Blasius, Blatt, Baermann 
(p£re et fils), Berr, Val. Bender, Iwan MOller, 
Kloee, Bachmann, Blaes ; les m£thodes les plus 
r6pandues, celles de : Klos6, Blatt, Baermann 
(iSls), Berr, Iwan MftUer, etc. 

2. Dans l'orgue, on donne le nom de c (angl. 
Clarionet) a un jeu d'anches de 8'et d'intona- 
tion plut6t douce. 

Clarino. 1. en Hal. syn. de tromba, trompette, 
nom que Ton donnait autrefois, en Allemagne* 
a la trompette-solo aigue; celle-ci ne difftrait du 
reste de la trompette plus grave (Principal- 
trompete) que par son embouchure plus petite. 
« Jouer du c.» \Clarinblasen) n'est autre chose, 
dans 1'art du trompette au Steele dernier, que 
jouer une partie de trompette-solo aigue, de 
meme que jouer une partie de principal (Prin- 
cipal blasen) signifie jouer une partie de trom- 
pette grave; la partie de basse des morceaux 
pour plusieurs trompettes (basse qui revient en 
rtalite aux timbalest) prend le nom de ioccato. 
La trompette avait autrefois une £tendue beau- 
coup plus grande k l'aigu (jnsqu'a sot*) que de 
nos jours ; nous ne prend rions plus aucun plaisir 
aux sons pergants de son registre suraigu. Cf. 
Eichborn, Die Trompete alter und neuer Zeit 
(1881) et Das alte Clarinblasen auf Trompeten 
(1894).— 2. Nom du registre moyen de la clari- 
nette (si 9 — ut 5 ), produit par le saut a la dou- 
zieme sup£rieure de chacun des sons du chalu- 
meau. Au moment ou Ton perdit l'habitude de se 
£ervir du registre suraigu de la trompette, le 
nouvel instr. k anche prit k la fois le nom et le 

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CLARK — CLAVIER 



147 



rile de l'ancien elarino. — 3. Dans l'orgue, 
trompette de 4 9 (all Ohtavtrompete) v. clai- 
ron2. 

Clark. 1. Jeremiah, ancien compositeur an- 
glais; 6tait en 1704 organiste de « Chapel Royal » 
en meme temps que Croft, et se suicida vers la 
fin d'oct. 1706, A la suite d'un amour malheu- 
reux. C. fut le premier compositeur qui mit en 
musique l'ode A Ste-C6cile de Dryden ( < Fetes 
d* Alexandre » de Htendel), en 1697 ; il a aussi 
terit des anthems, des cantates, et, en collabo- 
ration avec Daniel Purcell (le jeune) et Leve- 
ridge, plusieurs operas, des entr'actes, etc. — 
2* Richard, n6 A Datchet (Bucks) le 5avr. 1780, 
m.le5oct 1856; fr£re lai au college St-George et 
an college Eton, fut plus tard vicaire du choeur 
del'abbaye de Westminster, puis vicaire de 1'6- 
glise St-Paul.D s'est fait connaltre par quelques 
glees, anthems, etc., ainsi que par des monogra- 
phies sur le « Measie • et le « Forgeron harmo- 
nieux » de H»ndel,surle « God save the king* 
et sur T&ymologie du mot « madrigal ». C. a 
publtt en outre un recueil de textes de glees, 
madrigaux, rondos et catches favoris (1814). 

Clarke, John (C.-Whitfbld), n6 A Gloucester 
le 18 dec 1770, m. A Holmer, pr6s Hereford, le 
22 ttvr. 1896; e!6ve de Hayes A Oxford, fut suo 
eeesivement organiste a Ludlow, Armagh et 
Dublin (eglises St-Patrick et du Christ), quitta 
I'lrlande A la suite de la revolution de 1798 et 
devint organiste et directeur des choeurs des 
colleges de la Trinity et de St-John, A Cam- 
bridge. Enfin, en 1820, il accepta un poste ana- 
logue A Hereford, puis se retire d6flnitivement 
en 1883. D avail 6t6 nomine* D r mus. a Cam- 
bridge en 1799, A Oxford en 1810, et professeur 
de mosique a l'UnivereitA de Cambridge en 
1821. C. publia en 1805 quatre volumes de 
Cathedral services et d'anthems, ainsi qu'un 
recueil de compositions religieuses de maitres 
modernes. II a ecrit un oratorio, La crucifixwn 
et la resurrection, des glees, des melodies, etc.; 
ses arrangements pour piano et chant d'oeuvres 
de Haendel et d'autres maitres sont connus. 

darone (Hal.), grande clarinette, c-a-d. cor de 
basset (v. basset et cor 2). 

Clasing, Johann-Heinrich, ne A Hambourg 
en 1799, m. dans la meme ville le 22 f6vr. 1886; 
auteur de plusieurs operas (Micheli tmd sein 
Sohn; Welcher ist der Reehtel), oratorios 
iBdsasar; Jephta), ceuvres chorales (Water 
Unser), etc 

Classique. On qualifie de c. toute oeuvre d'art 
sur laquelle la puissance destructrice du temps 
n'a eu aucune prise ; comme la preuve de cette 
qualite ne pent etre fournie que par le temps 
lui-meme, il n'y a pas de c. vivants et tous les 
vrais c. ont passe en leur temps pour des ro- 
mantiques, c-A-d. pour des esprits qui cherchent 
a s'affiranchir des regies etablies, des moules 
deja fa^onnes. 

Claudia, v. Sermisy. 

Qaudin le Jeune, v. Leukine. 

Claudius, Otto, n6 a Camenz le 6 dec. 1793, 
m. a Naumbourg, oil il 6tait cantor du ddme, le 3 
aoftt 1877; auteur d'oeuvres nombreuses de mu- 



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iL 



\V 



sique d'eglise et de plusieurs operas (Der Gang 
nach dem Eisenhammer), ainsi que de lie- 
der, etc. 

Claussen, Wilhrlm, compositeur de talent 
mort tree jeune (le premier musicien qui rem- 
porta le prix de la fondation Meyerbeer; v. Fon- 
dations), n6 en 1844, m. A Schwerin le 22 d£c. 
1869; 6tait Sieve d'A. Schaffer. 

Glauss-Ssarvady, Wilhblmink, nee A Prague 
le 13 d£c 1834, pianiste tres distinguee, 61&ve de 
l'institut Proksch, vecut a Paris depuis 1852 et 
6pousa en 1857 Fr. Szarvady (m. A Paris le 
1" mars 1882). Elle est au nombre de ces inter- 
preies classique8, pour lesquels les intentions 
du compositeur sont au-dessus de toute recher- 
che d'effet 

Clausula (lat; en all. Klausel), conclusion, 
terminaison, autrement dit cadence (v. ce mot). 
Cbassizans (all. Basshlausel), marche habituelle 
de la basse dans une cadence parfaite (tonique- 
dominante). On parle aussi de C. cantizans, 
attizans, tenorizans, (Diskant-, Alt- et lenor- 
klauseln), mais ces denominations n'ont aucune 
valeur rSelle, car elles peuvent 6tre aisemeftt 
confondues. 

Clavecin, v. Piano. 

Clavicembalo (ital.), v. piano. 

Clavicorde, v. piano. 

Clavicylindre, instr. a clavier construit par 
Chladni, en 1799, compost d'un cylindre mis en 
rotation par une pedale et qui fait vibrer toute 
une serie de lames de verre que Ton abaisse au 
moyen de touches. Cf. Euphone. 

Clavicytherium,v. piano. 

Clavier (du lat. clavis, v. ce mot), nom que 
Ton donne a un ensemble, un jeu de touches 
qui, actionizes, regissent le m&canisme de cer- 
tains instr. A cordes ou a vent ; ces instruments 
sont dits instr. a clavier. D existe des c. A 
mains et des c. a pieds; ces derniers pprtent 
generalement le nom de pedaliers (v. ce mot). 
Tandis que le piano et quelques autres instru- 
ments moins rSpandus n'ont qu'un c, l'orgue 
en possede, suivant ses dimensions, de deux A 
cinq. L'existence de plusieurs c. facilite le pas- 
sage rapide d'une nuance a une autre, l'emploi 
simultan£ de plusieurs timbres pour differentes 
voix (cf. trio 3); elle rend tout particulierement 
de grands services, lorsque le mecanisme d'un 
des c. se derange subitement et que le jeu en 
devient impossible ou tres difficile. Les divers 
c. correspondent chacun a des jeux speciaux et 
les jeux analogues dans des c. diflferents sont 
toujours differemment intones; l'emploi simul- 
tan6 de tous les jeux de l'orgue sur un seul c. 
(grand orgue) se realise au moyen des pedales 
ou des registres d'accouplement. Les noms des 
c. sont, dans les orgues A deux c. : le grand 
orgue (all. Hauptmanual ; angl. Great organ) 
et le positif (all. Nebennianual ou Obervcerk ; 
angl. Choir-organ) place au-dessus du grand- 
orgue; a trois c. : le grand-orgue, plac6 au mi- 
lieu, le positif (all. Oberwerh; angl. Choir- 
organ) et le clavier des bombardes (all. Unter- 
iterh ; angl. Sirell organ). Lorsqu'il y a quatre 
ou cinq c, le quatrieme et le cinquieme sont 

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148 



CLAVIS — CLEF HARMONIQUE 



disposes au-dessus du positif; ils s'appellent 
clavier de regit (all. Soloklavier) et echo (alL 
Echovoerh, Femvoerk). On ne Irouve plus que 
tres rarement (mais en France plus encore 
qu'ailleurs) des instruments k cinq c; la piu- 
part des anciennes orgues qui avaient cinq c. 
ont 6t6 r£duites k quatre. L'itendue des c. de 
l'orgue comporte en general quatre octaves et 
demie (ut i k fa 5 ) t les anciens instruments ne 
d^passent pas Yut* f k Perception toutefois des 
orgues italiennes dont les c. sont de sol-*, fa- 1 
ou m&ne ut- A k ut* (six octaves; cf. le tableau 
donn£ au mot la). 

Claris flat « clef » ; plur. claves), nom que Ton 
donna au ddbut aux touches de l'orgue qui, en 
fait,remplissent des fonctions analogues k celles 
d'une clef, puisqu'elles ouvrent k Fair Tentree 
des tuyaux. L'usage d'Scrire les noms des notes 
(lettres A k 0) sur les touches correspondantes, 
usage repandu au x e s., fit bientot passer le nom 
de c. des touches aux notes elles-m&mes. Lors- 
qu'au xr s. la notation alphabetique fut simpli- 
fies par le systems des lignes horizontals et 
paralleled et que quelques lettres settlement 
furent maintenues comme points de rep&re au 
d£but des lignes, ces lettres gard&rent le nom 
de c. (claves signatae, nos « clefs > actuelles). 
Toutefois ce m&me nom fut conserve longtemps 
encore non seulement pour les touches de 
l'orgue, mais pour celles de tous les instr. k 
« clavier ». On appelait aussi c. les clefs (all. 
Rlappen) des inslr. k vent — Les Allemands 
donnent en outre, dans l'orgue, le nom de c. 
(Balgklavis) k la barre ou sorte de p£dale, an 
moyen de laquelle on actionne les soufflets 
ordinaires. 

Clay, Frederic, n6 k Paris de parents anglais 
le 3 aoitt 1840, m. k Oxfordhouse Great Marlow 
(Londres) le 24 nov. 1889 ; fit son education mu- 
sicale auprds de Molique k Paris, et pendant 
quelque temps aupr6s de Hauptmann, a Leip- 
zig, n se presenta dans un cercle priv£ k 
Londres, en 1859-1860, comme compositeur 
d'operas, avec deux petits ouvrages, mais il 
adonne depuis lors au « Ooventgarden » toute 
une serie d'operas et d'operettes : Court and 
cottage (1862), Constance (1865), Ages ago (1869), 
The gentleman in black (1870), Hapjn/ Arcadia 
(1872), The black crook (1872), BabUand Bijou 
(1872; de mfrne que le precedent, en partie 
seulement de C), Cattarina (1874), Princess 
Toto and Bon Quichote (1875), The merry 
duchess (1883), The golden ring (1883). n ecrivit 
en outre de la musique pour plusieurs drames 
et lescantates: The knights of the cross et 
Lalla Rookh. 

Cleemann(KLEEMANN),FR.-JosRPH-CHRisTOPu, 
n6 k Kriwitz en Mecklembourg le 16 sept. 1771, 
m. k Parchim le 25 dec. 1827; est l'auteur d'un 
Handbuch der Tonkunst (1797) et de quelques 
cahiers de lieder. 

Clef.1. (lat. Clavis; all. Schlvssel; angl. Key). 
Nom que Ton donne Ala lettre de l'alphabet mu- 
sical plac£e au commencement d'une port&e, 
parce que c'est elle qui assigne k chacune des 
notes son degr£ exact d'elevation : 



Qefde/a GefcTut C\et d'ut Clefd'a* Clef de so* 
i« ligne 3 a * ligne 4»« ligne 
(basse) (soprano) (alto) (t£nor) (violon) 
f c* c* c' g 



mm 



¥+ 



^P* 



On employait aussi, dans la musique ancienne, 
la clef de fa sur la o"" ligne (c. de sous-basse) 
ou sur la 8«* ligne (c de baryton) et la clef de 
sol sur la 1™ ligne (c. fran$aise de violon; 
dans les partitions de Lully entre autres). Cf. 
au sujet de ces differentes c. les articles sp6- 
ciaux. Des le dAbut (x«-xn s, ), on choisit 
comme c (claves signatce) les lettres qui mar- 
quaient la jflace des demi-tons dans l'echelle 
fondamentale, soit f =-fa (mi-fa) et c = ut (si- 
ut); de plus, pourrendre l'ex£culant encore plus 
attentif k l'intervalle de demi-ton, on colora les 
lignes sur lesquelles reposaient les c (le fa en 
rouge, Yut en jaune). D'autres lettres sont men- 
tionn6es au xm* s. d6jA comme claves signatm: 
T (gamma, pour notre sol ! ), g et dd (sol 3 et r&), 
mais leur usage ne s'introduisit jamais dans la 
pratique. Ge n'est gudre qu'd partir du xv* ou 
xvi* 8. que. l'usage de la c de sol devint fre- 
quent, d'abord seulement comme eigne de trans- 
position des tons d'6glise k la quinte sup6rieure, 
avec changement de fa naturel en fa $, en sorte 

marquait aussi la place du demi- 



que 



'4 



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ton, puis dans son autre signification (cf. chia- 
vette). Au xvi* s. d£j&, cette c. 6tait cependant 
d'un usage g&neral, dans son acception mo- 
derne, pour la notation de la partie sup£rieure 
des tablatures (v. ce mot). Pour ce qui con- 
cerne les Evolutions de la forme des lettres 
jusqu'A celle de nos clefs, v. les articles C, F et 
G. — 2. On donnait aussi anciennement le nom 
de c. (claves) aux touches de l'orgue, du clave- 
cin, de la vielle, etc. Cf. Clavis. — 3. (itaL chi- 
ave ; alt Klappe ; angl. Key). Dans les instr. k 
vent en bois, mecanisme au moyen duquel on 
ouvre ou Ton ferme k volonte les trous qui en 
sont recouverts. Le syst&me de clef a 6te appli- 
que aussi aux instr. de cuivre : bugle k clef 
(Klappenhom; invents en 1770 par K&lbel, a 
St-P6tersbourg), ophicl£ide, trompette k clefs 
(Klappentrompete; inventee en 1801 par Wei- 
dinger k Vienne) ; mais il fut remplac£ au bout 
de peu de temps par le systeme des pistons, 
bien plus appropriE au genre du groupe des 
cuivres (V. piston). 

Clef harmonique (all. Klangschlussel), nom 
que Hugo Biemanu donne dans ses ouvrages 
theoriques k un nouveau mode de notation abre- 
g£e des accords; ce syst£me qu'il a developp& 
et exclusivement employ^, remplace avantageu- 
sement Tancienne basse chiffree qui n'indique 
pas d'une maniere suffisante la nature et la si- 
gnification des accords (cf. chiffree [basse]). On 
emploie, dans la c h. comme dans la basse chif- 
free, les chiffres 1 k 10, mais les intervalles, au 
lieu d'etre calcules a partir de la basse, le sont 
k partir de la fondamentale de l'harmonie k 

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GLEMANN — CLEMENT 



149 



laquelle on rapporte l'accord. Les chiffres arabes 
sont utilises pour les ace maj., les chiffres ro- 
mains poor les ace min.; les premiers dfei- 
gnentles intervalles ascendants, les autres les 
intervalles descendants k partir de la fonda- 
mentale. La fondamentale elle-m&me est simple- 
ment indiqude par le nom de la note (en franc.: 
u*» re, etc; en all.: c, d, etc.). Voici done les chif- 
fres usitte et leur signification respective: 
1 (I) fondamentale; 2(11) seconde maj.; 3 (III) 
tierce nug.; 4 (IV) quarte juste ; 5 (V) quinte 
j uste ; 6 (VI) sixte maj.; 7 (VII) septteme min.; 8 
(VJJI) octave (s'emploie exceptionnellement , 
aprteO [IX] par ex., k la place de 1 [I]); 9 (IX) 
neuvidme maj.; 10 (X) dixi&me maj. (exception- 
nellement aussi k la place de la tierce). Tous les 
chiffres, k l'exception de 1, 3, 5, (8, 10) ou I, III, 
V(VIII, X),d6signent dee intervalles dissonants; 
senles, en effet, la tonique, la tierce et la quinte 
font partie int£grante de l'harmonie (maj. ou 
min.). Cf. harmonie. Les changements chroma- 
tiques des 7 resp. 10 intervalles fondamentaux 
inum^r^s plus haut sont indiqu6s par des signes 
spdeiaux : * hausse la note, > l'abaisse d'un de- 
mi-ton. La notb doublement haussee ou bais- 

SEE NE PEUT ETRE MUSICALEMENT CONgUE. On d6- 

signe Tacc. maj. (harmonie sup^rieure) par le 
simple signe +,a la place de f; Tacc. min. 

(harmonie inferieure) par °, a la place de in . 

v 
Toatefois on n'emploie le signe 4 que par op- 
position au °, ou lorsqu'il y a alternance avec 
ce dernier; l'absence de tout signe indique 
l'harmonie -supSrieure du son donnk La c. h. 
n'est point liee, corame la basse chiffWe, a une 
partie de basse, elle s'applique au contraire k 
one partie quelconque et peut m&me se passer 
entierement d'une partie donn6e. Tandis que la 
basse chiffr£e ne donne k Y&l&ve d'harmonie 
aucune occasion d'apprendreA Scrire une bonne 
partie de basse, la c. h. la lui fournit large- 
menL 

Pour la notation exacte en c. b. des ace. dis- 
sonants, cf. dissonance. Plus r6cemment en- 
core, H.Hiemann remplacerindication concrete 
de rhannonie d'aprSs sa fondamentals (ut+, 
mi, etc.) par des lettres de signification plus 
g£ii£rale, mais indiquantla fonction tonale de 
ehaque harmonie : T (tonique), D (dominante) 
et S (sous-dominante), avec les signes -+- et ° 
poor le majeur et le mineur. U d&ivre ainsi la 
signification harmonique de l'accord de toute 
consideration de hauteur absolue des sons et 
fournit un excellent moyen de d£velopper la fa- 
culty de conception harmonique. V. H. Rie- 
mann, Vereinfackte Eannonielehre (Londres, 
1893; 6d. angl. par H.-W. Bewerunge, ibid., 
1896), dont une edition frangaise .ne tardera 
sans doute pas k paraitre. Cf. fonctions. 

Glemann (Kleemann), Balthasar, musico- 
graphe vers Fan 1680; auteur d'un ouvrage sur 
le contrepoint : Ex musica didactica « tempe- 
riertes » Monochordunu 

Clemens non Papa (en fran^ais : « C, non pas 
le pape »), de son vrai nom Jakob Clemens, con- 
trapontiste n&erlandais du xvi e s., fut premier 



maltre de chapelle de Charles-Quint et Tun des 
compositeurs les plus illustres de la pSriode de 
Josquin k Palestrina. On a conserve de lui onze 
Messes et un grand nombre de motets, chan- 
sons, etc, publics s6par£ment par Pierre Pha- 
16se a Louvain (1555-1580), ainsi que quatre 
livres intitules Souter liedekens (psaumes sur 
des melodies populaires n6erlandaises) et im- 
primis de 1556 k 1557 par Tylman Susato, k 
Anvers ; de plus, une quantity de morceaux d6- 
tach£s ont paru, k partir de 1543, dans les an- 
thologies de diff&rents imprimeurs et 6diteurs. 
D'apr£s les deductions ing^nieuses mais fort 
risqueee de F&is, C. serait n6 vers 1475 et mort 
en 1558 ; il est sans doute plus exact de placer 
sa vie tout enti&re dans le xvi* s. 

Clement, Franz, violoniste virtuose, n£ k 
Vi^nne le 19 nov. 1784, m. dans la mdme ville le 
8 nov. 1842 ; se fit entendre tout jeune d£j& et 
avec grand succ&s k Londres et Amsterdam, 
fut de 1802 k 1811 chef d'orchestre au th&tre 
« an der Wien » et plus tard, sous la direction 
de Weber, concertmeister k Prague. De 1818 k 
1821, il fut de nouveau au thMtre « an der 
Wien » puis voyages pendant plusieurs ann£es 
avec la Catalani. C.a Scrit 6 concertos et 25 con- 
certinos pour violon, des concertos de piano, 
des ouvertures, des quatuors et de petits ouvra- 
ges scAniques. 

Clement. 1. Charles-Francois, n£ en Pro- 
vence en 1720, v£cut k Paris comme professeur 
de piano et publia entre autres : Essai sur I'ac- 
compagnement du clavecin (1758) et Essai sur 
la basse fondamentale (1762), deux oeuvres qui 
furent plus tard r6unies sous le titre de la pre- 
miere. II a £crit de plus deux pelits operas, re- 
pr£sent6s k Paris, un cahier de morceaux pour 
piano et violon, et il a 6dit6 un Journal de cla- 
vecin (1762-1765). — 2. Feltx, n6 k Paris le 
18 janv. 1822, in. dans la m6me ville le 23janv. 
1885: 6tait destin6 k la carri&re de l'enseigne- 
ment, mais fit tres tdt, en cachette, des etudes 
musicales. H fut d'abord prScepteur en Norman- 
die, puis k Paris, jusqu'au jour ou, en 1848, il 
prit la decision de se vouer entierement k la 
musique; e'est k partir de ce moment aussi 
qu'il s'occupa surtout de recherches historiques. 
La m6me ann£e encore, il fut nomm6 maltre de 
musique et organiste du college St-Nicolas et k 
c6t& decela,successivement, maltre de chapelle 
des £glises St-Augustin et St-Andre d'Antin. 
Enfin, il fut appel6 au poste d'organiste et 
maltre de chapelle de l'£glise de la Sorbonne et 
dirigea en 1849 les festivals de .musique reli- 
gieuse de la c Sainte-Chapelle », au Louvre. 
C. mit en partition k cet effet toute une serie de 
compositions du xin* s., qu'il publia sous le 
titre de Chants de la Sainte-Chapelle (lMfy.C est 
k lui que remonte 1'idSe de la fondation d'un 
inslilutde musique d'6glise,dontla direction fut 
confine k Niedermeyer. Parmi ses ouvrages, 
tr&s m£diocres pour la plupart, il faut mention- 
ner : Mithode complHe de plain-chant (2 me 6d., 
1872) ; Mdthode de musujue vocale et concer- 
tante ; Hisioire gindrale de la musique reli- 
giev.se (1861); Les musiciens cdUbres depuis le 



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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



150 



GLEMENTI — CLUER 



X VI* s. jusqu'a nos jours (1868 ; 3™ 6d. 1879) ; 
Dictiormaire lyrique, ou Htstoire des opiras 
(1869, avec quatre suppl&nents jusqu'en 1881 ; 
liste de toutes p] les oeuvres sc&niques repr6- 
senldes depuisla creation de l'op6ra) ; enfin, una 
Miihode dorgue, d'harmonie et d'aecompa- 
gnement (1874). 

dementi, Muzio, n6 k Home en 1752, m. en 
son domaine de Evesham (Warwickshire) le 
10 mars 1882, fils d'un orftvre, regut, d£s que 
Ton eat dScouvert ses dispositions pour la mu- 
sique, d'excellentes lemons : un parent, l'orga- 
niste Boroni lui enseigna le piano et l'harmo- 
nie, puis plus tard Garpani et Santarelli le 
contrepoint et le chant. C. occupait en mdme 
temps un poste d'organiste. A peine &g£ de 
quatorze ans, il fit parler de lui k Rome, gr&ce 
k sa technique et aux connaissances musicales 
extraordinaires dont ses compositions fournis- 
saient la preuve. Un Anglais du nom de Bed- 
ford (Beckford) obtint du p$re de C. Tautori- 
sation d'emmener le jeune gargon en Angle- 
terre pour achever son Education k ses frais. 
G. resla jusqu'en 1770 dans la maison de son 
protecteur et devint un pianiste parfait; intro- 
duit par Bedford dans la soci6t6 de Londres, il 
parvint rapidement k une grande renommte de 
virtuose et de pedagogue. De 1777 k 1780, il fut 
claveciniste (chef d'orchestre) k l'Op6ra i tali en, 
puis entreprit en 1781 sa premiere tournee sur 
le continent, passa par Strasbourg et Munich 
pour arriver enfin k Vienne oil il sortit avec 
honneur d'une sorte de concours avec Mozart 
Une nouvelle tournee le conduisit en 1785 k 
Paris. Entre temps et plus tard, jusqu'en 1882, 
il professa k Londres avecun succ^s de plus en 
plus grand et s'associa k la maison d f Edition 
musicale et k la fabrique de pianos de Long- 
mann et Broderip; puis, apr£s la faillite de 
cette entreprise,il etablit un commerce analogue 
avec Gollard, sous le nom duquel la maison 
subsiste encore aujourd'hui. A cdt& d'6tudes 
de m^cajiique sur la construction du piano, 
G. trouva le temps d'6crire toute une s6rie 
d'oeuvres importantes pour le piano et de for- 
mer des 61£ves qui devinrent c£l£bres (J.-B. 
Cramer et John Field). En 1802, C. partit en 
compagnie de Field pour Paris, Vienne et St- 
P6tersbourg et fut partout accueilli avec en- 
thousiasme. Tandis que Field restait k SUP6- 
tersbourg, od il avait trouv£ une situation avan- 
tageuse, Zeuner suivit C. auquel se joignirent 
encore, k Berlin et k Dresde, L. Berger et A. 
Klengel, tons musiciens d'avenir. Moscheles et 
Kalkbrenner furent aussi pendant quelque 
temps eleves de G., k Berlin. G'est dans cette 
ville que G. se maria pour .la premiere fois, 
mais il perdit sa jeune femme au bout d'une 
ann£e k peine de mariage et, profond£ment af- 
flig6, reprit le chemin de St-P&tersbourg avec 
ses Aleves Berger et Klengel. Enfin, en 1810, il 
rentra en Angleterre, apr&s avoir passe k 
Vienne et en Italie. II se remaria l'ann£e sui- 
vante et resta d&s lors a Londres, k l'exception 
d'un hiver (1820-1821) qu'il passa k Leipzig. G. 
a laisse une fortune assez considerable. Ses 



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princi pales osuvres sont : 106 sonates pour piano 
(dont 46 avec violon, violoncelle ou Mte); le 
Gradus ad Pamassum, recueil d'6tudes des 
plus remarquables et aiyourd'hui encore d'un 
usage g£n£ral; des symphonies; des ouvertu- 
res; un duo pour deux pianos, des caprices, 
des morceaux caract&ristiques, etc 

Clement y Cavedo, n6 k Gandia prds Va- 
lence le l« r janv. 1810; fut d'abord organiste 4 
Algamesi, puis k Valence, et v6cut de 1840 k 
1852 comme maltre de musique k Gu6ret, en 
France. II s'&ablit ensuite k Madrid, y publia 
un traits 616mentaire de musique, Grctmmatica 
musical, et fut charg6 par Espartero, en 1855, 
d'61aborer un plan de reorganisation des 6coles 
de musique. G. a collabor6 aux journaux 23 
Rubi et El Artista. H est l'auteur d'un opera- 
fSerie, d'une zarzuela et de quelques romances 
et ballades. 

Clicquot, Francois-Henri, n6 k Paris en 
1728y m. dans la m&me ville en 1791; le cons* 
tructeur d'orgues le plus remarquable de la 
France, au stecle dernier, associS depuis 1765 
avec Pierre Dalleby. Toute une s£rie d'excel- 
lents instruments, k Paris et en province, sont 
sortis des ateliers G. 

Clifford, James, n6 k Oxford en 1622, m. k 
Londres, oil il 6tait « senior cardinal » de l'6glise 
St-Paul, en sept 1698; publia en 1668 un recueil 
de textes de chants religieux, anthems, etc. en 
usage k cette 6poque (2 de 6d. 1664). 

Clifton, John-Gharles, n6 k Londres en 1781, 
m. k Hammersmith le 18 nov. 1841 ; maltre de 
musique k Bath, puis k Dublin (1802) et k Lon- 
dres (1816) oil il enseignait suivant la m£thode 
de Logier. G. a compost des glees, des chan- 
sons et un op&ra, Edwin; il a public un recueil 
de melodies bretonnes et construit, theorique- 
ment du moins, une sorte de melographe (v. ce 
mot) auquel il donna le nom d' « Eidomusicon », 
mais que son coftt trop considerable l'emp&cha 
de r£aliser pratiquement. 

Cloches. Les grandee c. ne sont que rarement 
employees (dans Parsifal par ex.) comme instr. 
de musique; mais elles jouissaient autrefois 
d'une vogue considerable, en tant qu'616ments 
importants des carillons (v. ce mot). L'esti- 
mation exacte du son que donne une cloche est 
rendue quelque peu difficile, par suite de la 
sSrie des harmoniques totalement differente de 
la s6rie naturelle (chacun des chiffres de celle- 
ci est 61eve au carr6: 1, 4, 9, 16, 25, eta); c'est 
cette raison m&ne qui s'oppose le plus k l'em- 
ploi des cloches dans la musique artistique. 
M&me les jeux de cloches de petites dimensions 
(Glochenspide) different considerablement de la 
ljrra (v. ce mot). Au th£dtre, oil les vSritables clo- 
ches seraient ou trop grandes ou trop chores, 
on se sert en g£n£ral de barres d'acier ou de 
cloches k marteau, k parois tr&s minces et en 
forme de demi-boule. 

Clotz, v. Klotz. 

Cluer, John, imprimeur de musique anglais 
de la premiere moiti6 du xvm e s.; est probla- 
blement l'inventeur de la gravure sur planches 
d'&tain (cf. i'itude de Ghrysander parue dans 

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COCCIA — COHEN 



151 



YAUg musikaliscke Zeitung, 1879, n<> 16). G. 
avail edite plusieurs oeuvres de Hsendel; ce 
fat Walsh qui racheta le fonds apr£s la mort 
deC. 

Coctia, Carlo, n£ k Naples le 14 avr. 1782, 
m. 4 Novate, oh il etait maltre de chapelle de 
la cath£drale, le 18 avr. 1878; compositeur des 
plus f£conds, auteur de 40 operas (Maria 
JStuarda; Eduardo Sluard in hcozia; Lor- 
fana delia sdva ; Caterma di Guisa; La soli- 
laria ddle Asiurie [1831] ; La Clotilde; etc.), 
<f one sdrie de cantates, de Messes et d'autres 
ceuvres de musique d^glise. 

Coccius, Theodob, ne k Knauthain pr6s Leip- 
zig le 8 mars 1824; &6ve de l'6cole St-Thomas, 
Ht son Education musicale aupr^s de G.-W. 
Finck et J. Knorr. A part un sejour k Paris 
<1844-1845) et un plus long, k Hambourg (1849- 
1855), C. v£cut dans ea ville natale, ou il suc- 
«eda k Plaidy, en 1864, comme maltre de piano 
au Conservatoire. II est tres estime comme pe- 
dagogue et a regu, en 1893, le litre de * pro- 
feaseur ». 

Goccon, Nicolo, n£ k Venise le 10 ao&t 1826, 
416ve d'E. Fabio, publia ses premieres compo- 
sitions, des motets, k l'dge de quinze ans et 
fat nomme en 1856 premier organiste, en 1873 
premier maltre de chapelle de l*6glise St-Marc, 
C est Tun des musiciens les plus estimte de 
Fltalie; compositeur tres tecond, il a ecrit sur- 
tout de la musique d'eglise (plus de 400 oeuvres 
parmi lesquelles 8 requiems, 80 Messes, etc.), 
mais aussi un oratorio (Saul), deux operas et 
des oeuvres patriotiques ou de circonstance. 

Cocchi, Gioagchino, ne k Padoue en 1720, m. 
d Venise en 1804, compositeur ftcond d'op^ras, 
£crivit toute une sArie d'ouvrages pour les sce- 
nes de Home et de Naples (1743-1752) puis pour 
cells de Venise, ou il avait &t6 nomme maltre 
de chapelle au « Conservatory degli Incura- 
bili ». B se rendit k Londres en 1757 et y fit re- 
presentor jusqu'en 1763 quelques oeuvres nou- 
velles; en 1778, il rentra k Venise, Quoique cul- 
tivant aussi bien le style s£rieux que le style 
bouffe, C ne parvint jamais k obtenir un suc- 
cds d^cisif et durable. 

Cochlaeus, Johannes, ne k Wendelstein prts 
Nuremberg en 1479, m. k Breslau, oil il etait 
ebanoine, le 10 janv. 1552; a publi6 : Iractatus 
de musicae definiiione et inventione, etc. (1507; 
para sous le nom de Job. Wendelstein, nom de 
son lieu de naissance); Tetrachordum musices 
Joannis Coclaei Norici, etc. (1511 ; r6edite en 
en 1518 et en 1526). 

Cocks and C°, Robert, importante maison 
d'6dition musicale, k Londres, fondee en 1827 
par Robert C. qui prit comme associes, en 1868, 
ses deux file : Arthur Lincoln C. et Stroud Lin- 
coln C. Le second des fils dirige aujourd'hui 
encore le commerce, avec son p£re. 

Coclaens, v. Cochlaeus. 

Coclicus ou Coclico f # ADRiEN-PErrr, n6 dans 
le Hainaut vers 1500; eieve de Josquin Depres, 
fut pendant quelque temps, malgr£ son insta- 
bility habituelle, chantre de la chapelle pontifi- 
cate et confesseur du pape. Son genre de vie le 



by t^ 



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conduisit jusqu'd la prison; mais lorsqu'il eut 
recouvre la liberty, il se rendit en 1545 k Wit- 
tenberg oti il embrassa la religion nouvelle. II 
sojourns ensuite, k partir de 1546, k Francfort 
s/O. puis k Konigsberg et k Nuremberg, oil il 
mourut probablement (deux lettres de C. ont 
paru dans les « Monatshefte fdr Musikge- 
schichte », vn p. 168). C. a pubie un Compen- 
dium musices (1552) et un Hvre de psaumes k 
quatre voix, ConsoUtiiones, etc. (1552). 

Coda (ital.,dulat Cauda, queue), fragment de 
musique ajoute en maniere de conclusion dans 
un morceau k reprises. On se sert surtout du 
terme de c, lorsqu'il y a une coupure k faire 
apr^s les repetitions, par ex. dans les scherzi oil, 
apres le trio, vient la repetition du scherzo lui- 
meme, puis la c. (Scherzo da capo e poi la c). 
On nomme aussi c. la terminaison Ubre d'un 
canon (v. ce mot) ferme. 

Coenen, 1. Johannes- Meinardus, ne k La 
Haye le 28 janv. 1824; bassoniste virtuose, eieve 
du Conservatoire de sa ville natale, sous Ch.- 
H. Liibeck, fut en 1864 chef d'orchestre du 
Grand-Theatre hoUandais d' Amsterdam, oil il 
devint plus tard chef d'orchestre du Palais 
del'Industrie et directeur de musique de la 
ville. C. a compost un certain nombre de can- 
tates (une, entre autres, pour le 600»« anniver- 
saire de la fondation d' Amsterdam, en 1875); de 
la musique de scene pour des drames hollan- 
dais; des ballets; des ouvertures; deux sym- 
phonies; un concerto de clarinette, un concerto 
de flftte; un quintette pour instr. k vent et 
piano; une sonate pour basson ou violoncelle, 
clarinette et piano; des fantaisies pour orches- 
tre, etc. — 2. Franz* n£ k Rotterdam le 26 dec. 
1826, fils d'un organiste de cette ville, eieve de 
son pere, puis de Molique et de Vieuxtemps. II 
fit, comme violoniste, des tournees de concert 
en Amerique avec H. Herz d'abord, puis avec 
E. Lubeck, et se fixa ensuite k Amsterdam. C. 
est directeur, professeur de violon et de compo- 
sition du Conservatoire qui depend de la c Maat- 
schappij tot Bevordering van Toonkunst » ; il est 
en outre virtuose de la chambre du roi des 
Pays-Bas, etc. n s'est cree une bonne renom- 
mee de compositeur, par la publication d'oeu- 
vres de tous genres : le psaume xxxu, une sym- 
phonie,des cantates, des quatuors,etc. — 8. Kor- 
nelius, ne a La Haye en 1888, violoniste qui 
voyagea beaucoup, auteur de plusieurs ouver- 
tures, d'oeuvres chorales avec orchestre, etc. II 
fut nomme en 1859 chef d'orchestre du theatre 
d' Amsterdam, en 1860 chef de la Garde natio- 
nal, k Utrecht Cf. Koenen. 

Cohen, 1. Henri, ne k Amsterdam en 1808, 
m. k Brie-sur-Marne le 17 mai 1880; arriva tres 
jeune k Paris avec ses parents et y regut des 
legons de theorie de Reicha,puis des lemons de 
chant de Lays et de Pellegrini. Apres s'etrees- 
saye k Naples, sans grand succ^s, dans la com- 
position scenique (1882-1884, 1838 et 1889), a se 
fixa k Paris comme maltre de musique et diri- 
gea, pendant quelque temps seulement, la suc- 
cursale du Conservatoire national, k Lille. C. 
avait des connaissances tres etendues de nu- 

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152 



COL 



GOLONNE 



mismate, aussi fut-il nomm^ plus tard conser- 
vateur da cabinet de numismatique de la Bi- 
blioth&que nationale. En plus de see operas et 
de quelqnes petites oeuvres, G. a public dee ou- 
vrages de thiorie musicale 61£mentaire et s'est 
fait connattre comme critique, en collaborate a 
diyers journaux sp£ciaux. — 2. LfeoNCE, n6 a 
Paris le 12 f6vr. 1829, 61eve de Leborne an Con- 
servatoire, obtint le grand prix de Rome en 
1851 et accepta ensuite an poste de violoniste 
aa Theatre italien. H est l'auteur de plosieurs 
op6rettes et a public une Ecole du musicim 
tris complete et d6taill£e. — 3. Jules, n6 k Mar- 
seille le 2 nov. 1880, £l£\e de Zimmermann, 
Marmontel, Benoist et Halevy au Conserva- 
toire de Paris. Ses parents 6taient fortunes, il 
jugea convenable de ee retirer du concours 
pour le prix de Rome; mais il fut nomme 
professeur suppliant, puis en 1870 professeur 
ordinaire d'une classe d'ensemble vocal au 
Conservatoire de Paris. Malgr6 des tentati- 
ves r6it£r6e8, C. ne reussit jamais au th&tre; 
ses nombreuses oeuvres de musique d'eglise 
(Messes, etc.), ses symphonies, ouvertures, etc 
ainsi que des cantates paraissent du reste su- 
p£rieures a ses oeuvres sc6niques. — 4. Kakl- 
Hubeht, n6 a Laurenzberg, pres Aix-la-Cha- 
pelle, le 18 oct. 1851; ordonn£ prttre en 1875, 
fat 61dve de l'Ecole de musique religiense d'Aix- 
la-Chapelle, puis de celle de Ratisbonne ou il 
fat nomm£, en 1876, vicaire de l'ancienne Cba- 
pelle et maltre a l'Ecole de musique. De 1879 k 
1887, C. fut maltre de cbapelle du ddme de 
Bamberg; il est actuellement maltre de chapelle 
et vicaire du ddme de Cologne et professeur au 
Conservatoire de cette ville. C. est membre de 
la commission des rapporteurs pour l'61abora- 
tion du catalogue du * Caecilienverein »; il a 
icrit plusieurs Messes, des motets et un Te 
Deum. 

Col', (ital), c.-4-d. con il, c avec le ». 

Colachon (ital. Calascione, Colascione), instr. 
k cordes analogue k la mandoline et joue, 
comme elle, au moyen d'un m£diateur. Son 
usage est surtout r£pandu dans le Sud de 
lltalie. 

Colasse, Pascal, contemporain et £16ve de 
Lully, n6 k Reims vers 1640, m. a Paris en 
die 1709; fit partie comme enfant du choeur 
de l'^glise St -Paul, k Paris, et recut des le- 
mons de Lully qui lui conflait l'exfcution, 
d'apros la basse chiffrSe, des parties d'accom- 
pagnement de ses operas. C. re^ut en 1688 un 
des quatre postes de maltre de musique et en 
1696 celui de maltre de musique de la chambre 
du roi. Louis XIV lui accorda plus tard un 
privilege, pour la fondation d'une entreprise 
th&Urale a Lille, mais l'immeuble et toutes les 
installations devinrent la proie des flammes. 
Jje roi lui fit donner des doromages-int£r&ts 
et lui rendit sa place de maltre de musique ; 
mais C. fut pris d'une id£e fixe, la recherche 
de la pierre philosophale se ruina enti&rement 
et mourut dans uln £tat voisin de la folie. 
Un seul de ses operas, Les noces de Thitys 
et de Pelte, remporta un succes r£el; il a £crit 



by C* 



t 



IC 



aussiun grand nombre d'oeuvres vocalesreli- 
gieuses et profanes. 

Colin (Colinus, Colonakus, connu aussi sous 
le sobriquet de Chamault), Pierre-Gilbert, 
chantre de la chapelle de Francois !•*, k Paris 
(1582-1536), puis maltre de chapelle de la ca- 
th6drale d'Autun, fut an des meilleurs contra* 
pontistes fran$ais. On a conserve de lui, en 
impressions origin ales (jnsqu'en 1567) de nom- 
breuses Messes et chansons et quelqnes mo- 
tets. 

Coll* (ital.), avant une voyelle pour colla 
(contr. pour eon la), « avec la », ou collo (contr. 
pour con lo), • avec le » ; coW arco f v. arco. 

Colla (ital.), c-i-d. con la, « avec la » ; c. parte, 
« avec la partie principale » indication que Ton 
place dans les parties d'accompagnement, lors- 
que le mouvement et l'expression doivent 6tre 
regies d'apres la partie principale (v. battota). 

Collard, c^lebre fabrique de pianos de Lon- 
dres, au d£but Longmann et Broderip (1767), 
reprise en 1798 par Muzio Clementi (v. ce nom) 
qui prit F.-W. C. comme associ6 et lui aban- 
donna la direction de la maison quelques an- 
n£es ddj k avant sa mort. Le chef actuel est Char- 
les Lukey G. / 

Collins, Isaak, excellent violoniste anglais, ne 
en 1797, m. k Londres en 1871. Ses ills, tons 
deux musiciens sont: Viorn C. (violoniste) et 
George C. (violoncelliste). 

Collo (ital.), c-A-d. con lo (v. coll'). 

Colonna, Giovanni-Paolo, ne k Bologne en 
1640, m. dans la m^me ville le 28 nov. 1695;l f un 
des fondateurs et k diverges reprises president 
de F < Accademia filarmonica », maltre de cha- 
pelle de « San-Petronio » k Bologne, fut un des 
plus iilustres compositeurs de musique d*6glise 
au xvn* 8. On a conserve un tr&s grand nombre 
de ses oeuvres: 8 livres de psaumes k huit voix t 
avec orgue (1681, 1686, 1694); Motettiavocesola 
con 2 violini e bassetto di viola (1691); des mo- 
tets & deux et k trois voix (1698); des litanies 
et des antiennes k huit voix (1682); des Messes 
k huit voix (1684): des Messes, psaumes, etc. k 
huit voix (1685); des completoria et des sequences 
k huit voix (1637); des lamentations k huit voix 
(1689); Messe e salmi concertati, de trois k cinq 
voix (1691) ; des psaumes de vdpres de trois k cinq 
voix, avec accompagnement instrumental (1694); 
neuf oratorios (1677-1690). Trois operas du m6- 
me auteur furent executes k Bologne entre 1672 
et 1692. Une quant He d'autres oeuvres sont con- 
serves en manuscrit (Vienne, Bologne). 

Coionne, ED0UARD(de son vrai pr£nom Judas)* 
n£ k Bordeaux le 23 juil. 1838, £leve au Conser- 
vatoire de Paris, de Girard et Sausay (violon), 
El wart et A. Thomas (composition), chef d'or- 
chestre de talent. Apr&s avoir £te pendant quel- 
ques amines premier violon k l'Op^ra, C. fonda 
en 1878 le Concert National, qui se transfonna 
plus tard en Association artistique et dont les 
concerts eurent lieu auth&Ltre de TOd6on, puis 
k celui du Ch&telet (d'oii leur nom de Concerts 
du Chdtelet). II s'est fait remarquer surtout par 
des executions completes des grandes opuvres 
de Berlioz (Re<fuiem; Romio et Juliette; Dam- 

Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN, 



COLOPHANE — GOMMEK 



153 



nation de Faust; Lenfance du Christ; Le 
stige de Troie). C. 6tait chef d'orchestre des 
concerts officials de l'Exposition Internationale 
de 1878; il fut en outre, en 1893, premier chef 
d'orchestre de l'Opfrra, oil il monta Salammbo, 
Samson et DaiiUi et la Walkyrie. En pins de 
ses concerts k Paris (497 concerts en vingt ans 
[1874-1894], avec 967 oeuvres de 168 composi- 
teurs frangais et Strangers), G. a 6t6 appel6 k 
dinger des concerts & Lisbonne (1881-1882), 
Strasbourg (1895), Bordeaux (1895), et en Russie 
oh il alia & sept reprises diff&rentes (1890-1891, 
1894,1895,1896). 

Colophane (all. Kotophonium ou Geigenharx), 
resine tr&s dure qui tire son nom de la ville de 
Colophon (Asie mineure) dont le territoire en 
fournissait une grande quantity; r£sidu de la 
ter^ben thine aprls extraction de l'huile de t6- 
r&enthine. On s'en sert pourenduire les crins 
de cheval dont sont form£es les m&ches des 
archets d'instr. k cordes. 

Color (lat, couleur), terme collectif, servant & 
designer, dans la musique proportionnelle, les 
notes dont la couleur differe de celle que Ton 
emploie g&neralement On comprend done sous 
ce nom, par opposition k la note noire ordinai- 
rement employee, aussi bien la note rouge (no- 
tula rubra) que la note blanche (notula alba, 
dealbata, cavata), en usage toutes deux dans le 
courant du xiv« s. Plus tard mfeme, au xv° s., 
ce terme identique s'appliqua k la note noire 
(notula nigra, denigrata), par opposition k la 
blanche dont l'usage 6tait devenu g£n6ral. A 
I'origine, le c. (couleur rouge) tenait lieu d'indi- 
cation de mesure, c.-&-d. de changement de pro- 
portion (v. ce mot); lorsque la proportion par- 
tite 6tait indiqu&e au d&but du morceau, les 
notes rouges devaient dire interpreted comme 
de proportion imparfaite, et vice-versa. Tou- 
tefois on abandonna bientdt cette derniere inter- 
pretation et le c. ne fut plus consider^ que 
comme eigne de proportion imparfaite, exclusi- 
vement (Test pour cette raison que r au xrv* s. 
la note blanche, au xv« et au xvr s. la note 
noire indiquant toujours la proportion impar- 
faite. L'usage du c. fut compl&tement abandoning 
d& le d£but du xvn e s. Gf. hemiolb. 

Colour organ, nom que W. Remington a donn£ 
4 ^instrument dont il se sert (Londres,1895)pour 
produire soit une gamme (Juxtaposition), soit 
une harmonie (melange) de couleurs. Les fais- 
eeaux lumineux, jet£s successivement ou simul- 
tanement sur un icran, sont r6gis par un cla- 
vier analogue k celui d'un orgue ou d'un piano. 
L'idee de l'harmonie des couleurs (k laquelle 
W. Remington donne le nom de colour music) 
a?ait ti& emise d£j& par Newton et reprise fr6- 
qnemment soit en th6orie, soit en pratique* 
V.Castkl. 

Colyns, Jean-Baptiste, ne k Bruxelles le 
35 nov. 1834, Sieve de Wery (violon), est depuis 
1868 professeur de violon au Conservatoire de 
Bruxelles et simultan6ment, depuis 1888, k 
l t £oole de musique d'Anvers. + 

Come (itaL « comme »); c. sopra ( « comme 
plus haut »), en manure d'abrSviation pour les 



by L: 



jL 



\V 



passages qui reparaissent deux ou plusieurs fois. 

Comes (lat.), syn. de « reponse » (v. fugue). 

Comettant, Oscar, n£ k Bordeaux le 18 avr. 
1819, 61&ve d'Elwartet Garafa au Conservatoire 
de Paris, vecut de 1852 k 1855 en Amfoique et 
des lors k Paris oil son activity d'forivain le fit 
bien plus remarquer que ses nombreuses com- 
positions (choeurs pour voix d'hommes; fantai- 
sies et etudes pour piano; quelques oeuvres vo- 
cales religieuses). C. est feuilletoniste musical 
du Steele et collaborateur de toute une s6rie 
d'autres journaux et revues musicales. II a 
en outre public : Histoire cTtm inventeur au 
XIX* s.; AdolpheSaw (I860) ; PortefeuiUe d'un 
musician, ; Musique et musiciens (1862) ; La 
musique, les musiciens et les instruments de 
musique chez les diff&rents peuples du monde 
(1869; ouvrage bas6 sur l'Exposition de 1867, k 
Paris); etc. 

Comma, nom que Ton donne k la difference 

qui resulte de la comparaison des rapports ma- 

thematiques de deux sons & pen pr6s 6gaux. 

On distingue: 1. Le c. pvthaoor6en, 581441. 

524288, dont l'intervalle de six tons entiers, 

9° 2 
dans le rapport 9 : 8, depasseToctave ~ : ^ ; — 

2. Le c. didvmique ou syntonique, 80 : 81, diffe- 
rence du petit ton entier au grand ton entier: 

9 10 

£ : -g-. Pour plus de details sur l'importance 

du c, du schisma, etc., v. la table des rapports 
des sons, au mot rapports. 

Commer, Franz. n6 k Cologne le 23 janv. 1818, 
m. k Berlin le 17 aoftt 1887 ; fut d'abord 616ve de 
Jos. Leibl et Bernh. Klein k Cologne oft il rem- 
plissait en 1828 dej& les doubles fonctions d'or- 
ganiste de l'6g1ise des Carm&lites et de chantre 
de la chapelle du D6me. En 1882, il so rendit k 
Berlin el fit de nouvelles etudes sous la direction 
de Bungenhagen, A.-B. Marx et A.-W. Bach. La 
mission qu'il re$ut de classer la bibliothdque de 
Tlnstitut royal de musique religieuse, le poussa 
k faire des eludes historiques dont le fruit 
fut la publication de plusieurs recueils d'oeu- 
vres anciennes: Collectio operum musicorum 
Batavorum saeculi XVI (12 vol.); Musica sa- 
cra xvr, xvii saeculorum (26 vol.); Collection 
de compositions pour V orgue des X VJ«, X VII; 
XVIII 9 si&cles (Blivrais.); Cantica sacra (xvi e - 
xvm e 8., 2 vol.). A cdte des travaux de revision 
et de redaction que n£cessitaient ses nombreu- 
ses publications, C. 6tait « regens chori » de 
Peglise catholique Ste-Hedwige, professeur de 
chant k V « Elisabethschule », k l'teole de chant 
sc^nique, au gymnase francais, etc. II fonda 
en 1844, avec H. Kttster et Th. Kullak, 1' t asso- 
ciation des artistes musiciens de Berlin », fut 
nomm6 la m&me ann^e t Kgl. Musikdirector » 
puis, en 1845, membre de TAcad^mie, t profes- 
seur » et enfin membre du s^nat de TAcademie 
des Beaux-Arts. C. a 6crit lui-m&me des Messes, 
des cantates, des oeuvres chorales et de la mu- 
sique pour les Grenouilles d'Aristophane et 
YElectre de Sophocle. II a 6t6 aussi president de 
la Soci^t6 d'histoire musicale (Gesellschaft fur 
Musikforschwtg). 

Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



154 



GOMMODO 



CONCERTO 



Commodo (ital.), commode ; a suo c, syn. de 
« ad libitum ». 

Compelling, Heinrich, n6 k Nordhausen vers 
1540, fabricant d'orgues et compositeur, est 
peut-Stre un frdre d'EsAJAS C. qui construisit 
des orgues c£l&bres, vers 1600, k Brunswick, et, 
selon Prsetorius (Syntagma II), 6crivit un traits 
sur la fabrication des tuyaux d'orgue. Esajas G. 
est l'inventeur de la fl&te double (Duifltite). 

Compare, Loyset, c61£bre contrapontiste n6er- 
landais,m. comme chanoine dela cath£drale de 
St-Quentin, le 16 aotit 1518. On n'a malheureu- 
sement conserve que quelques motets deC, et 
la plupart d'entr'eux (21) ne se trouvent m6me 
que dans des anthologies rarissimes, dans 
YOdhecaton de Petrucci (y. ce nom) par exem- 
ple. II faut ajouter k la li3te des oeuvres de C. 
dressSe par F6tis, un Magnificat que renferme 
la Biblioth&que de Munich. 

Completorium (angL compline), la dernidre 
des heures canoniales du soir (cf. heures), ou 
l'ensemble des chants (psaumes, hymnes, etc.) 
que l'eglise romaine present pour cet office. 

Compost, jeu, se dit, dans l'orgue, des jeux 
de mutation (v. ce mot) qui ont pour chaque 
touche plusieurs tuyaux accord£s de mani&re 
&produire un certain nombre d'harmoniques 
du son principal Les jeux c. les plus connus 
sont le cornet, le carillon, etc. 

Composition. L'art de la c. musicale est, d'une 
manidre g^nirale, Tart de crSer une oeuvre mu- 
sicale, ce qui suppose une organisation sp&ciale 
de Tesprit, un talent pour la composition ; le 
travail (th£orie de la c.) pent bien ordonner et 
d6velopper le talent existant,mais en aucuncas 
le remplacer. L'6tude de la c. commence par 
celle des Aliments de notre syst&me musical 
(thforie g6n£rale), puis viennent les exercices 
d'£criture k plusieurs voix d*harmonies donn&es 
(y. marche des voix, basse cmFFRta), auxquels 
se joint dans la r&gle l'6tude de 1'affiniU) des 
sons (v. harmonie [th&me d']). La productivity 
musicale elle-mSme se d&veloppe bien plus par 
les exercices de contrepoint (v. ce mot) et achete 
en quelque sorte la liberty, en s'imposant mo- 
mentanfrnent Jes liens serr£s du style en imita- 
tion (v. canon et fugue) ; enfin, l'oiseau devenu 
apte au vol s'elance dans 1'espace libre, le der- 
nier mais le plus vaste champ d'&tudes, celui 
que nul ne saurait 6puiser : la c. libre, (v. for- 
mes). Telle est du moins la fili&re actuelle des 
Etudes auxquelles se soumet en g£n6ral le jeune 
compositeur; deux points sont n£glig&s : les 
exercices ^invention de mUodies et T£tude de 
l'essence du rythme. D n'est possible d'inter- 
caler nulle part ces deux branches (insepara- 
bles), il faut done les Mudier separ^ment et en 
m&me temps que l'harmonie. L'ardeur indomp- 
table d'un talent juvenile respecte rarement, k 
vrai dire, la division rM£chie et progressive 
des travaux ; il arrive souvent au contraire que 
les essais les plus libres de c. pr6c&dent F6tude 
de Tharmonie et mdme du contrepoint, — plus 
d'un compositeur neglige enticement ces etudes 
logiquement ordonnees, mais aussi son talent 
reste-t-il toujours inSgal et sans mesure artisti- 



by \j 



iL 



IC 



que. Tons nos grands maltres ont fait de si- 
nenses Etudes, quoique pas pr6cis6ment selon 
les m^lhodes actuellement en cours. On entend 
g6n6ralement par Etude de la a, l'6tude de 
toute la thSorie de la facture musicale : theorie 
de Tharmonie, de la m&lodie et du rythme, con- 
trepoint, formes musicales, mais aussi plus sp6- 
cialement par opposition k l'&ude ant&rieure 
des di verses branches th6oriques, le dernier 
et le plus haut degr6 de 1'enseignement mu- 
sical, l'exercice dans la creation d'oeuvres, dont 
l'etude des formes musicales est la base. Les 
lois qui r^gissent l'6tude ainsi comprise de la c. 
sont bien plutdt de nature esth&tique, que pure- 
ment technique. C'est avec rafcon que Ton dis- 
tingue la grammaire musicale proprement dite 
et l'esth&ique musicale ; rharmonie et le contre- 
point font partie de la premiere, tandis que 
retude de la composition n*est autre chose 
qu'une application pratique de l'esth&ique. 
Cf. formes; BSTHfeTiQUB; harmonie; contre- 
point; rythme, etc. Les grands traitte de c. de 
Reicha, F6tis, Marx, Lobe, Jadassohn, Prout, 
etc., embrassent, en un certain nombre de sub- 
divisions, toutes les disciplines 6nnm6r6es plus 
haut V. aussi Riemann, Katechismus der Kom- 
position (1889, 2 parties). 

Con (ital.), avec. 

Concentus, v. accentus. 

Concert (ital. concerto ; all. Konzert). 1. Le c. 
consiste dans l'extaution, en vue d'un public, 
d'eeuvres musicales d'un genre quelconque (C. 
symphonique, d'6glise, militaire, etc.).— 2. Nom 
que les Francais donnent parfois au concerto 
(v. ce mot). 

Concertant (duo [trio] concertant), compo- 
sition musicale pour deux (trois) Instruments 
principaux, en general avec accompagnement; 
v. concerto 2. 

Concertina, v. accordion. 

Concertino (ital.), v. concerto. 

Concertmeister (all. ; angl. leader), nom que 
Ton donne au premier violon solo d'un or- 
chestre, loraqu'd ses fonctions de violoniste 
s'ajoutent celles de chef d'orchestre suppliant 

Concerto (all. Konzert). 1. Morceau de musi- 
que de grandes dimensions pour un instrument 
solo et, dans la r&gle, avec accompagnement 
d'orchestre ;le c. offre k l'ex6cutant de grandes 
difficult^ techniques et lui fournit F occasion 
de r$v61er sa virtuosi!* (concerto de piano, de 
violon, etc.). La forme du c. correspond k celle 
de la sonate (v. ce mot) et de la symphonie, 
avec les quelques modifications qu'exige son 
adaptation au but indique. A la place de la dou- 
ble execution des themes, ceux-ci sont gfrierale- 
ment pr6sentes d'une maniere concise par l'or- 
chestre et d^veloppes dans la suite par Finstru- 
ment solo. Un peu avant la fin du premier 
(parfois aussi du dernier) mouvement, un point 
d'orgue sur un accord de quarte-sixte per- 
met d'intercaler dans le c. une fantaisie libre 
sur les themes principaux de l'ceuvre (v. ca- 
dence 2). Parfois aussi le c est 6crit pour deux 
ou plusieurs instruments soli, avec accompa- 
gnement d'orchestre ; il prend alors le nom de 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



CONCERTS DU CONSERVATOIRE — CONCLUSION 



155 



double, triple ou quadruple c. Les anciens c. 
(Bach, Hsendel, etc.), qui n'ont pas encore de 
partie de developpement proprement dite, pre- 
sentent les themes vers le milieu du premier 
mouvement dans differentes tonalit^s voisines 
de la principale, ce qui donne naissance k une 
sorte de rondo. — 2. Forme musicale aujour- 
d'hui passablement d&aissee, dans laquelle 
plusieurs voix ou instruments rivalisent en 
executant chacun une partie imporlante, que 
Ton pourrait qualifier de principale (de 1&, en 
realite, le mot c, qui signifie « concurrence »). 
Les c, les plus anciens de ce genre sont les 
c d'kglise {Concerti ecctesiastici ou da chiesa) 
dont Viadana (1602) donna les premiers exem- 
ples, dans une s6rie de motets pour 1 ( I ), 2, 3 
et 4 voix avec basse d'orgue. Le c. d'kglise 
a atteint son apogee dans les cantates de J.-S. 
Bach que Tauteur d&signait toujours sous le 
nom de Concerti et qui, par le fait mdme de 
leur style concertant (si Ton fait exception des 
chorals intercal£s), meritent pleinement cette 
denomination. Le c. de ghambre (Concerto da 
camera) est d'origine bien plus recente ; le pre- 
mier compositeur qui fit usage de ce terme est 
Giuseppe Torelli, dont les ceuvres des Tabord 
revfetirent 1' aspect du double-concerto. Le pre- 
mier d'entre eux (1686) porte le titre de Concerto 
da camera, il est ecril pour deux violons avec 
basse ; les autres (1709), celui de Concerti grossi, 
ils sont Merits pour deux violons concertants et 
on accompagnement de deux violons, viola et 
basse continue. Le concerto grosso fut adapts 
par Corelli, en 1712 dej£, k trois instruments 
concertants (di concertino), nombre que consa- 
cra l'usage ordinaire, tandis que Forchestre 
d'accompagnement (concerto (prosso) s'accrut 
de plus en plus. Le c. de chambre se transforma 
en notre concerto actuel (v. plus haut) et en so- 
nate (duo, trio, quatuor, etc.). Corelli, Vivaldi et 
J.-S. Bach ont developpe ces formes jusqu'A la 
perfection. 

Concerts du Conservatoire, restitution de 
concerts la plus haut cotee de Paris, Tune des 
meilleures du monde au point de vue de l'ex6- 
cution technique. lis ont 6te fond6s en 1828, sous 
la direction de Habeneck, qui eut pour succes- 
sears, jusqu'a nos jours: Girard (1847), Til- 
mant (1860), Hainl (1864), Deldevez (1872), Gar- 
cin (1885), Taffanel (1892). Le nombre des con- 
certs fut au d6but de six par ann£e, il y en a 
neuf aujourd'hui; toutefois, depuis 1866, chaque 
concert est donne pour deux series d'abonn£s. 
L'orchestre se compose de 74 membres effectifs 
et de 10 supplementaires; les choeurs sont for- 
mes par un noyau de 36 membres effectifs. Cf. 
El wart, Histoire de la Socie'te des concerts du 
Conservatoire (1860, 2"" 6d. 1863) ; Deldevez, 
La SoeiM des Concerts (1887). 

Concerts spirituels, nom que portaient k 
Paris, au stecle dernier, les concerts organises 
les jours de fetes religieuses, alors que tous les 
th&tres etaient ferm£s. Ils furent cre6s par 
Philidor (1725), qui en organisa vingt-quatre par 
annee dans la salle des Suisses, aux Tuileries. 
Mourel, Thuret, Royer, Mondonville, d'Auver- 



by \j 



iL 



[C 



gne, Gaviniis et Le Gros les continu A rent jus- 
qu'en 1791, mais les troubles de la Revolution 
mirent un terme k cette interessante entreprise. 
Les C. s. avaient eu jusqu* alors une importance 
analogue k celle des Concerts du Conservatoire 
(v. ce mot) actuels. Aujourd'hui, a Paris, les 
G. s. n f ont lieu que pendant la semaine sainte, 
et leurs programmes se composent d'oeuvres de 
tendances religieuses; ils ont et6 retablis sous 
cette forme en 1805. Une autre institution, sous 
la direction de Gossec, fit k partir de 1770 une 
sSrieuse concurrence aux G. s. : les Concerts des 
amateurs, connus depuis 1780 sous le nom de 
Concerts de la Loge olymjnque et pour lesquels 
Haydn Scrivit six symphonies. Les Concerts de 
la rue de CUry (a partir de 1789) et les Concerts 
Feydeau (1794) parvinrent aussi k une renom- 
m£e assez grande mais temporaire. 

Concertstuck (all. Konzertstilck, morceau de 
concert), nom que Ton donne k un concerto (v. 
ce mot, 1) en un seul mouvement et de forme 
libre, le plus souvent avec des changements de 
tempo et de mesure. 

Concitato (ital), agite. 

Conclusion. L'impression d'une c, d'une fin 
r6sulte en musique de deux causes : la sym£- 
trie rythmique et la succession rigoureusement 
logique de certaines harmonies. On trouvera 
au mot « m&trique » les renseignements n£ces- 
saires sur la sym&rie rythmique. Quant k l'es- 
sence de cette succession d'harmonies, elle re- 
pose sur Texpression non equivoque de la to- 
nalite, autrement dit sur Tunit6 que forment les 
rapports des divers accords de la succession 
avec une seule et unique harmonie principale, 
celle de la lonique. Ghaque 6cart de la tonique 
est, dans le sens absolu du terme, un conflit 
dont la solution n'est possible que par le retour 
k cette tonique : dans les limites de la tonalite, 
ce conflit se trouve le plus fortement exprimg 
par Tharmonie de contre-quinte de la tonique 
(S en majeur, °D en mineur), reellement oppo- 
s£e a la tonique, tandis que la simple harmonie 
dequinte(Den majeur, °S en mineur) ou la 
eontre-harmonie (°S en majeur, D * en mineur) 
y reconduisent (v. pour plus de details, surtout 
sur la modification des rapports en mineur, la 
Vereinfachte Harmonielehre de H. Riemann, 
Londres 1893; cf. aussi enchainemext et fono 
tions). Mais il ne faut point oublier qu'une im- 
pression de c. absolue ne peut exister que quand 
la tonique finale entre sur un temps conclusif 
au point de vue rythmique, sur un temps oil 
s'acheve un membre de symetrie (cf. metrique). 
La c. de la sus-dominante (majeure) a la toni- 
que porte, comme on le sait, le nom de c. au- 
thentique, celle de la sous-dominante a la toni- 
que, le nom de c. pl.aga.le (c. d'eglise : v. ca- 
dence 1).T1 y a impression analogue de c, lors- 
que la sus-dominante entre sur un temps con- 
clusif : e'est la demi-coxclusion. La demi-c. 
donne au plus haut degre Timpression de la se- 
paration, elle marque une division importante, 
sans toutefois deranger en quoi que ce soil la 
symetrie ; la structure peut apres elle continuer 
sans inconvenient en parfaite symetrie, ce qui 

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156 



CONCLUSION — CONCONE 



s'explique par le fait que la sus-dominante, 
comme membre de la c pr^cedanl la tonique, 
fait in£vitablement attendre cette dernidre. La 
sous-dominante reparalt da reste en general 
apres la demi-c., non pas comme fin definitive, 
mais comme nouveau commencement. La sous- 
dominante produit une impression loute diffe* 
rente, lorsqu'elle tombe sur un temps rythmi- 
que com lusif du m&me genre : en sa quality 
d'accord de conflit, elle pousse & une c. pro- 
chaine, detruit par consequent d'autant plus la 
symetrie qu'elle entre sur un temps plus forte- 
ment conclusif. La sous-dominante sur la 4"" 
ou la 8 m « mesure disloque presque toujours la 
structure syraetrique, etune c. survient g^nera- 
lement au bout de deux mesures (la mesure 4 
prenant le caractere de mesure 2 ou 6; la me- 
sure 8 celle de mesure 6). Une modification par- 
Uculierement importante de l'effet de c. est la 
c dite trompeuse; elle exist e lorsque toutes les 
voix executent r^gulieremept la a, & l'exception 
de la basse qui monte d'un degre, au lieu de 
marcher de la fondamentale de l'accord de do- 
minante & celle de l'accord de tonique (D — Tp ; 
D— °T t> ). La c trompeuse est par consequent 
une veritable c., traubUe par un son etran- 
ger, et avec une forme de consonance simulee 
ob l'accord final. Le son eiranger sert natu- 
rellement de point de depart 4 de nouvelles for- 
mations, mais il n'efface point l'impression 
d'une division importante; il reclame pour 
ainsi dire une rectification, une cadence renou- 
veiee sans la contrariety finale. La c eprouve 
parfois des changementspurement rythmiques, 
lorsque par ex. Fentr^e de la tonique est differee 
par l'emploi d'un retard ; l'eftet de ce retard est 
surtout frappant, quand la sous-dominante se 
trouve immecliatement avant le temps conclusif 
et que, entrant sur ce temps lui-meme, la sus- 
dominante agit dans son en tier comme retard 
de la tonique (c. feminine : S | t5"T). De m&me, 
1'anUcipation syncopic de l'accord final n'est 
qu'une modification rythmique. 

I/etude, la connaissance des c. etait chose 
des plus importantes dans le style polyphoni- 
que des xv« et xvi« s. et d'une maniere generate 
dans l'ancienne musique, basee sur les modes 
ecciesiastiques (v. ce mot). En effet, l'harmonie, 
vague et incertaine, devait n&essairement saisir 
les quelques moyens que lui offraient les for- 
mes de c. de morceaux entiers, de leurs divi- 
sions ou subdivisions, pour obtenir 1 'impression 
d'une c. absolue, definitive. Nous savons an- 
jourd'hui que l'expression d'une tonality exige 
& la fois des accords, voisins de la tonique, su- 
p6rieurs et inferieurs & celle-ci. Or, le mode 
phrvgien par ex. (mi* — rm 3 , sans alteration), 
si Ton prend comme tonique l'accord de mi 
mineur (ce qui se fit pendant fort longtemps), 
ne poss£de aucun accord voisin superieur : 



phrygien : rt.fa.la. ut. mi . sol . si. 



tonique 



tandis qu'au contraire le mode dorien (r#— rff) 
n*en a aucun inttrieur : 

dorien: r6.fa.la.ut .mi. sol. si. 

tonique 

Les accords voisins inferieurs manquent egale- 
ment au mode lydien et les sup£rieurs aumixo- 
lydien : 



lydien : fa 



ia.ut.n 



mi. sol. si. ri. 



tonique 



mixolydien: fa.la.tti.mi.sol.si.r4. 

tonique 

Malgre tout, on s'est justement attache pendant 
des si£cles & harmoniser ces quatre modes. 
Toutes sortes de concessions en furent la suite 
inevitable, a-A-d. que des sons Strangers an 
mode furent admis, surtout dans les cadences, 
tandis qu'une certaine imprecision de mode de- 
venait la caracterislique de morceaux qui, k 
part les conclusions, etaient cependant Merits 
exclusivement d'apr&s l'tehelle primitive. Ces 
concessions peuvent se r^sumer comme suit z 
introduction du subsemitonium (note sensible* 
septieme majeure) dans le dorien ttti $)etle 
mixolydien (la $ ), introduction de la sixte mi- 
neure dans le dorien (si ty ) et de la quarte juste 
dans le lydien (si |? ). Des modes nouveaux sur* 
girent de ce syst&me : 

dorien : sol • si (?. re. fa. la. ut$. mi . (mineur). 
tonique 

lydien : tifr.re.fa.la.ut. mi. sol . (majeur). 



tonique 



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mixolydien : ut . mi . sol . si. re. fajf . la . (maj.). 
tonique 

ce qui revient & dire que les modes eccl&aiasti- 
ques se transformerent, dans les cadences, eo 
nos tonalites modernes. Seul, le phrygien re- 
sists A toute transformation; le changement de 
ri en ri Jf etait trop en dehors des vues de 
l'epoque et, du reste, on n'eiit pu obtenir de r6- 
sultat satisfaisant, sans changer 6galement 
le fa en fa$. De Id, l'incertitude regnante sur 
la c. ou cadence pbrygienne (v. ce mot). 

Concone, Giuseppe, ne & Turin en 1810, m. 
dans la intone ville en juin 1861 ; vecut a Paris, 
de 1838 a 1848, comme professeur de chanty 
puis fut nomme organiste dela chapelle royale, 
A Turin. H faut ciler parmi ses oeuvresdeux ope- 
ras, des airs, des scenes, etc., mais surtout cinq 
cahiers de vocalises, trds connues et jouissant 
d'une grande vogue aupres des chanteura. 

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CONCORDANT — GONFR&RIES 



157 



Concordant, terme vieilli, v. Baryton 1. 

Conductor (angl.), chef d'orchestre, directeur 
de musique. 

Conduit (lat conductus), Fane des formes 
]es plus anciennes de composition k plusieurs 
voix (xn^.), differant en cecide l'organum et du 
ddchant que le contrepoint n'en est pas bas6 
sur un motif liturgique (cantus firmus), mais 
que le tenor lui-meme est aussi de l'invention 
du compositeur. D y avait le c. simple (Conduc- 
tus simplex), k deux voix; le double (Conduc- 
tor duplex), k trois voix, d'oii aussi son nom 
de « Triple » (Triptum): etc 

Contraries, Corporations. H faut bien dis- 
Unguer dans la pratique musicale du moyen 
Age la musique profane de la musique reli- 
gieuse; tandis que celle-ci 6tait presque exclu- 
sivement vocale, la musique profane au con- 
traire 6tait le plus souvent instrumental. Les 
chants d'eglise 6taient executes par des ecclA- 
siastiques ou des freres instruits k eel effet dans 
desfeolesde chant sp£ciales; les instruments 
avaient bien r£ussi k s'introduire dans Feglise, 
mais ils en furent repousses, k l'exception de 
Forgue, au xm a s. deji, « propter abusum his- 
trionum » (Englebert d'Admont, dans Gerbert, 
ScripL 111). Les histrions (histriones), les jon- 
gleurs (joculatores, jug tears) n'&taient autres 
que des joueurs d'instruments, des « Spielleute », 
des men6triers errants, gens jovials et pleins 
d'entrain, se liyrant a toutes sorles de fac6ties, 
de tours de passe-passe, k la fois musiciens et 
bouflfons du people, n ne faut guere s'&onner 
que les mceurs de ces musiciens vagabonds, 
sans foyer, n'aient pas toujours 6t6 irrepro- 
chables ; les scandales qu'ils suscitaient devin- 
rent meme de plus en plus frequents. Leur mau- 
Taise renommee se repandjt et s'accrut si bien 
que les musiciens errants furent mis, par de- 
vant la loi, sur le meme pied que les gens 
sans aveu. En Allemagne,le • Sacbsenspiegel » 
comme le « Schwabenspiegel » declarent les 
€ fahrende Leute » absolument hors la loi et 
les excluent meme de toute communaute reli- 
giense. Les musiciens et l'Etat ne pouvaient 
qn'engager, en pareilles circonstances, ce peu- 
ple nomade k se resserrer, a s f unir en une sorte 
<f association dont les effets bienfaisants agi- 
raient meme sur les mceurs des individus. A 
mesure qu'ils se fixerent dans les villes, les mu- 
siciens formerent des confreries et chercherent 
a obtenir des privileges, tels que le droit exclu- 
sif d'exercer leur metier dans tel ou tel district, 
on celui de participer aux graces spirituelles de 
l'&glise, en eiant plac£ sous le regime l£gal com- 
mon. C'est ainsi que se forma k Vienne, en 
1288, la confrerie de St-Nicolas, Nikolaibriider- 
schaft, qui fut placee plus tard sous la surveil- 
lance d'un bailli (de 1354 k 1376, le chambellan 
he" r&litaire P. von Eberstorff) et transformed en 
mi tribunal civil; c'elait alors le tribunal de 
derniere instance pour tons les differends qui 
pouvaient surgir entre musiciens, il ne fut aboli 
qu'en 1782. A Paris, en 1295, Philippe le Bel 
nomtna Jean Gharmillon roy des m&nestriers, 
puis, en 1330, apparut la Confr&rie de Saint- 



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Jidien des nUnestriers qui re$ut de nombreux 
privileges du roi, en mdme temps que le droit 
de domination sur tons les joueurs d'instru- 
ments d'un vaste lertftoire. Le dernier < roi des 
menetriers » ou • roi des violons » fut Jean- 
Pierre Guignon; laconfrerie elle-meme futabo- 
Le en 1778, apres avoir &6 jusqu'A reclamer 
dans les derniers temps de son existence l f adh6- 
sion des organistes et des maitres de musique. 
Johann der Fiedler (Jean le Menetrier) fut 
nomme par Tempereur Charles IV, en 1355, rex 
omnium ht'strionum de rarchevfeche" de Mayen- 
ce; son successeur Brachte, en 1385, portait le 
titre de Kuntg der farenden Lute. H faut noter 
parmi les plus anciennes confreries de 1'Al- 
lemagne, celle « de la Sainte-Croix », Bruder- 
chafi sum heiligen Kreuz, k Uznach et celle 
« des Couronnes », Briiderschaft der Kronen, 
k Strassbourg; cette derniere 4tait placee sous 
la haute surveillance des seigneurs de Rap- 
polzstein qui confiaient les pouvoirs executifs k 
un c Pfeiferk5nig ». La Musicians' company of 
the city of London fut confirmed k Londres en 
1472-1473, par Edouard IV qui plaea sksa tete un 
marshal, nomm£ a vie, et deux « wardens » 
(custodes ad fraternitatem), elus chaque annee. 
Cette meme association exists encore de nos 
jours, apres avoir transform^ son organisation 
et obtenu de nouveaux privileges en rapport 
avec les besoins de Tepoque. En somme, Tor- 
ganisation, les droits et les devoirs reciproques 
de toutes ces confreries et de leurs chefs etaient 
k peu pres partout les memes ; « roi des men6- 
triers », « Pfeiferkonig t, « Konig der Fiedler », 
c Marshall*, etc., autant de titres diflterents pour 
designer sans doute une fonction identique dans 
les divers pays. Personne n'avait le droit de 
faire profession de chanteur ou d*instrumen- 
tiste dans la contrie attribute k une confr&rie, 
s'il n'appartenait k la dite confr&rie, en d'autres 
termes s'il ne payait pas de cotisation. 

Quant aux « faiseurs > ^instruments, il s'en 
tiraient moins ais^ment que les « joueurs ». Les 
luthiera, les fabricants de flutes et de chalu- 
meaux comme ceux d*instr. en cuivre avaient de 
frequents contlits avec les corporations des me- 
tiers dont les leurs se rapprochaient le plus: 
les tonneliers, les tourneurs et les chaudron- 
niers. Les orfevres proteslaient contre Tome- 
mentation des instruments au moyen de metaux. 
pr^cieux et de pierreries, les eb^nibtes contre 
toutes les mosaiques de bois, les peintres d f 6- 
ventails contre toute peinture agrementant un 
instrument, etc. Les fabricants de trompettes de 
Paris s'affilierent du reste en 1297 k la corpora- 
tion des chaudronniers. C'est k Rouen, en 1454, 
que nous trouvons la premiere Corporation 
des joueurs, faiseurs d'instruinents de musi- 
que et maitres de danse ; ici du moins, les fa- 
bricants d'instruments se trouvent k la place 
qui leur convient. lis obtinrent enfin, k Paris, 
en 1599, des droits de corporation sp^ciaux, 
qu'ils conserverent jusqu'au jour de l'abolition 
des corporations, en 1791. Les fabricants beiges 
entrerent en 1557 dans la Corporation de Saint- 
Luc, association de sculpteurs et de peintres. 

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158 



CONINGK — CONSERVATOIRE 



Pour plus de details Bur les menetriers, \es con- 
freries, les corporations, etc., v. Wasielewski, 
Oeschichte der Instrumentalmusik im XVI. 
Jdhrh. (1878) ; H. Lavoix, Histoire de Vinstru- 
mentation (1878); Sittard, Jongleurs tmd Me- 
nestrels (1885); Scbubiger, Musikqtische Spe- 
cilegien (1873); E. Baron, DieBriiderschaftder 
Pfeifer im Eisa$$ (1878) ; Scheid, De jure m 
musicos singulari (Kna, 1788); Fries, Vom 
sogenannten Pfeifergericht (Francfort, 1752), 
etc. 

Goninck. 1. Jacques-FAlix de, pianiste, ne k 
Anvers le 18 mai 1791, m. dans la mftme ville 
le 25 avr. 1866; 6ieve du Conservatoire de Pa- 
ris, v6cut de longues ann^es en Am6rique oil 11 
voyagea entre autres avec la Malibran, sojourns 
ensuite plusieurs annees k Paris, puis k An- 
vers od il fonda et dirigeala « Societe d'Harmo- 
nie ». (Euvres : concertos, sonates, variations 
pour piano.— 2. Franqois, ne k Lebbeke (Flan- 
dre orientale) le 20 f6vr. 1810, travailla d'abord 
k Gand puis k Paris avec Pixis et Kalkbrenner. . 
II se fixa k Bruxelles, en 1882, comme mattre de 
musique, publia une m6thode de piano et di- 
vers morceaux pour le m&me instrument — 
3. Joseph-Bernjlrd, n6 k Ostende le 10 mars 
1827, arriva tout jeune, avec ses parents, k An- 
vers oh il fit de sinenses etudes musicales sous 
la direction de Leun, mattre de chapelle de 
l^glise St-Andre. Son Essai sur Vhistoire des 
arts et sciences en Betgique fut conronne en 
1845 par la Societe pour Fencouragement de 
l'art musical. H vint k Paris en 1851, travailla 
encore au Conservatoire sous la direction de 
Leborne, puis se fixa definitivement dans cette 
ville comme maitre de musique et r6dacteur 
musical de plusieurs journaux. C. a 6crit non 
settlement une quantity d'oeuvres pour piano 
et pour chant, mais plusieurs operas. 

Conradi, August, ne a Berlin le 28 juin 1821, 
m. dans la m6me ville le 26 mai 1873; 6ieve 
de Rungenhagen k TAcadfonie, devint en 1843 
organiste de la maison des Invalides A Berlin, 
en 1849 chef d'orchestre du theatre de Stettin, 
en 1851 chef d'orchestre de l'ancien the&tre de 
Ednigsstadt k Berlin. II remplit ensuite les m6- 
mes fonctions k Dusseldorf, k Cologne et, k 
partir de 1856, de nouveau k Berlin, od il passa 
succe8sivement au pupitre des theatres Kroll, 
Eonigsstadt (nouveau), Wallner et Viktoria. C. 
legua tout son avoir k diverges institutions ou 
fondations musicales. II est surtout connu de 
nos jours par ses nombreux pot-pourris et ar- 
rangements pour concerts populaires, mais il 
eut autrefois un certain succes comme auteur 
d'une symphonie, ainsi que de plusieurs operas 
et vaudevilles. 

Conseguensa (Ital.) — canon (v. ce motj. 

Consequent (ital. conseguente), nora que Ton 
donne g6n6ralement k chacune des parlies «imi- 
tantes » du canon (v. ce mot), tandis que la 
partie « imitee • prend le nom d'ANTfccfcDENT. 

Conservatoire, (ital. Conservatorio ; all. Konr 
servatorium ; angl. Conservatory). On donne 
le nom de c. aux grandes &coles de musique 
dans lesquelles les ei6ves re^oivent gratuite- 



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ment ou contre une modeste retribution de 
nombreuses lemons de musique, et qui sont des- 
tinies k former des compositeurs, des mai- 
tres de musique, des virtuosos ou tout au moins 
des instrumentistes d'orchestre. Le mot c vient 
de l'italien conservatorio, il ne se rapports done 
nullement au fait qu'un tel etablissement serait 
cr6e en vue de la « conservation* de Tart pur 
et veritable, mais signifie simplement: asile, 
hospice, orphelinat. Et en effet, les premiers c. 
ne furent rien autre que des orpbelinats, dans 
lesquels les enfants qui faisaient preuve de dis- 
positions sp£ciale8 recevaient une Education 
musicale ; tels le Conservatorio Santa Maria 
di Loreto, fonde k Naples en 1587, et les trois 
autres c de la m£me ville : Delia Pietd de Tur~ 
chini, Dei poveri di Gesu Christo, Di SantOno- 
frio, datant egalement du xvi* s. Ces quatre 
institutions furent r&mies en 1808, par ordre 
du roi Murat, sous le nom de CoUegio reale 
di musica. Les eieves de ce c. se divisent en 
deux categories : les internes et les externes, 
les premiers recevant logement et nourriture 
dans 1'etablissement m&me. Un capital con- 
siderable permet au CoUegio reaXe de donner 
soixante-dix bourses enti&res, c.-4-d. soixante- 
dix places gratuites dans l'institut. Les limites 
d'&ge pourTadmission des eieves sont 12 et 23 
ans (sauf de rares exceptions). Les plus ancien- 
nes ecoles de musique de Venise ne portaient 
pas le nom de conservatory, mais celui d'Os- 
pedale (hdpital), Delia pietd, Dei mendicanti* 
DegC incurabili et enfln San Giovanni e Paolo 
qui s'appelait Ospedatetto, et 6tait reserve aux 
jeunes filles. Le principal c. de Venise est au- 
jourd'hui le Liceo Benedetto MarceUo (depuis 
1877) qui re$oit une subvention de la ville et de 
l'Etat Son organisation est analogue k celle des 
c. allemands (pas d'internat, tr£s petit nombre 
de bourses). Le Regio conservatorio di musica 
de Palerme est aussi parmi les anciens etablis- 
sements du m&me genre ; fonde en 1615 sous le 
nom de Conservatorio buon paslore, il chan- 
ges k la fois de nom (CoUegio di musica) et de 
statuts en 1737 et fut transform^ en 1863 en eta- 
blissement officiel, apr&s avoir verse ses fonds 
k la caisse de l'Etat. Un grand nombre de c. ita- 
liens ont ete crees plus recemment, les plus im- 
portants sont les suivants : le Liceo musicale 
de Bologne, fonde en 1864 comme etablissement 
municipal, gratuit, mais sans internat, avec 22 
professeurs et 313 eieves (1885), bibliotheque 
des plus remarquables (leguee par le P. Mar- 
tini et Gaet. Gaspari); le Regio conservatorio 
di musica de Milan, fonde par Eugene Beau- 
harnais en 1807, pouvant recevoir 24 internes, 
tranefonne en 18T)0 (internat supprime), direc- 
teurs jusqu'A cejour: Lauro Rossi, Mazzucalo, 
Ronchetti-Monteviti ; le Civico instituto di mw- 
sica de Genes, fonde en 1829 et apparlenant k 
la municipality depuis 1838, avec 19 professeurs ; 
le Regio instituto musicale de Florence, fonde 
en 1860, institution de l'Etat richement dotee, 
avec 26 professeurs et 216 eieves ; le Liceo mu- 
sicale de Turin, fonde en 1865, eut des debuts 
fort modestes puis devint municipal et gratuit, 

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CONSERVATOIRE 



159 



avec 18 professeurs et 155 elfrves (1884); enfin 
le Liceo musicale Rossini fond6 par Rossini 
qui tegua a cet effet une somme de 2,619,612 li- 
res, eiiste depuis 1883, ayec 26 professeurs et 
74 Steves (tous gratuits). La ville de Padoue a 
maintenant aussi son 6cole municipale de mu- 
sique, sous la direction de Cesare Pollini. 

Le plus ancien des c. hormis ceux d'ltalie, est 
le Conservatoire national de musique et de de- 
clamation de Paris, fond£ en 1784 sous le nom 
d' Ecole r oy ale de chant et de declamation en 
vue de la formation de chanteurs sceniques, 
agrandi et transform^ en 1793 en Insiitut natio- 
nal de musique, et portant son nom actuel de- 
puis 1795, ayec une courte interruption seule- 
ment a l'^poque de la restauration, pendant la- 
quelle il reprit son titre primltif a\ Ecole Royale 
etc Gf. C. Pierre, B.Sarrette et les origines du 
C. de musique et de declamation (1895). A en 
juger d'apr£s son organisation, le C. de Paris 
est une des institutions les plus vastes de l'Eu- 
rope et sa renommee s'6tend fort loin; un. 
grand nombre des plus hautes sommites mu- 
sicales de la France ont fait ou font partie de 
son personnel enseignant Les directeurs de- 
puis la reorganisation definitive jusqu'a ce jour 
ont ete : Sarrette (1795-1815), Perne (1815-1822), 
Cherubini (1822-1842), Auber (1842-1871), Am- 
broise Thomas (1871-1896). Les principaux pro- 
fesseurs actuels sont : Composition et harmo- 
nie : J. Massenet, Th. Dubois, Lenepveu, Pes- 
sard, Taudou, Lavignac, Leroux, Chapuis, 
Barthe. Histoire de la musique : Bourgault-Du- 
coudray. Solfege et thSorie generate : N. Alkan, 
Danhauser, Mangin, Lavignac (dictee musicale), 
etc. Chant: Sainl-Yves-Bax, R. Bussine, Mas- 
son, Crosti, Archainbaud, Warot, Edm. Duver- 
noy, Duprez. Declamation : Delaunay, Worms, 
Silvain, Dupont- Vernon, De F6raudy, Leloir. 
Opera : Giraudet, Melchissedec. Opera-Comique : 
Achard, Taskin. Orgue: Widor. Piano: Die- 
mer, de B6rioU Delaborde, Alph. Duvernoy, 
Pugno, etc. Harpe : Hasselmans. Yiolon : Ber- 
thelier, Garcin, Marsick, Lefort Violoncelle: 
Delsart, Rabaud. Alto : Laforge. Contrebasse : 
Viseur. Flute : Taffanel. Hautbois : Gillet. Cla- 
rinette: Rose. Basson: Bourdeau. Cor: Bre- 
mond. Cornet k pistons : Mellet. Trompette : 
Franquin. Trombone : Allard, etc., etc. Un Comiti 
des etudes, compost des professeurs superieurs 
de chaque division et d*un certain nombre de 
membres choisis hors du Conservatoire (entre 
autres Saint-Saens), r6gle le plan des etudes et a 
publie pour chaque branche une m^thode soi- 
gneusement redigee. II existe dans les dilTSrentes 
classes des prix pour les eleves qui se distinguent 
aux concours de fin d'annee ; le plus haut prix 
de composition est un prix de FEtat, le grand 
prix de Rome, qui fournit au laureat les moyens 
de faire en Italie un sejour de trois ans, pen- 
dant lequel il doit faire parvenir a l'lnstitut di- 
verse® oeuvres temoignant de son zele (envois 
de Rome). Le C. de Paris a des succursales 
dans les princi pales villes de province : Ce sont 
les ecoles de musique de : Lille (Ratez), Tou- 
louse (DeffSs), Dijon (Levfeque), Nantes ( Wein- 



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g&rlner), Lyon (G. Gros), Nancy (Guy Ropartz), 
Rennes (Taponnier-Dubout), Perpiqnan (Bail- 
ie). Une autre institution musicale de Paris, 
1'Ecole de Musique glassique et relioieuse 
(fondle par Niedermeyer), n'est pas sans im- 
portance ; issue de TScole de musique religieu- 
se de Choron (1817), elle s'est transform^ en 
une sorte d'6cole d'organistes, aujourd'hui sous 
la direction de Gust. Lefevre. 11 existe en France 
une quantite d'autres 6coles de musique, parmi 
lesquelles nous citerons celles de : Aix, Amiens, 
Angouleme, Bayonne, Boulogne-sur-Mer, Caen, 
Cette, Chambery, Digne, Douai, Le Mans, Mont- 
pellier, Nimes, Roubaix, Saint-Omer, Tours, 
Valenciennes ; mais leur organisation laisse en 
g£n£ral beaucoup a desirer. 

Le C. de Prague compte aussi parmi les 
institutions anciennes, mais pourvues d'une 
excellente organisation. Ouvert le l or mai 1811 
sous la direction de Dionys Weber, il eut pour 
directeurs successifs Kittl, Joseph Krejci et, ac- 
tuellement, AntBennewitz. Le programme com- 
porte deux divisions, Tune de musique instru- 
mentale, l'autre de musique vocale, et Ton y 
trouve outre l'enseignement pratique et theori- 
que de la musique, celui de la religion (catholi- 
que), de la gram mai re allemande, de la geogra- 
phic, de l'histoire, de l'arithm&ique et de la cal- 
ligraphic; differentes autres branches viennent 
encore s'y adjoindre, dans les classes superieu- 
res : style et literature, mythologie, m6trique, 
esthetique, histoire de la musique, langues 
frangaise et italienne ; la division instrumen- 
tal comprend la pratique de tous les instru- 
ments de Torchestre ; la finance est plus elevee 
pour les eleves etrangers que pour ceux du 
pays ; cf. Ambros, Das Konservatorium in 
Prog, 1858. — Le C. de la Societe des amis de 
la musique (Konservatorium der Gesellschaf't 
der Musikfreunde), k Vienne, etait lors de sa 
fondation, le l ep aout 1817, une simple ecole de . 
chant dirigee par Salieri ; deux ans plus tard, 
on lui adjoignit une ecole de violon d'ou sortit 
enfin un veritable c, organise en 1821. Le pre- 
mier directeur eftectif de cette institution (jus- 
qu'alors dirigee par un comite) fut G. Preyer 
(1844-1848) ; J. Hellmesberger (1848-1895) et J.-N. 
Fuchs lui succederent ; il faut citer parmi les 
anciens professeurs les plus celebres de ce c. : 
J. Bohm, J. Merk, S. Sechter, M m * Marchesi, 
Herbeck. L'etablissement jouit d'une excellente 
renommee, il est tres frequente et offre les 
lemons gratuitement k 104 eleves ; y professent 
actuellement : Dachs, Door, Bachrich, Blaha, 
D p Hirschfeld, Hans Schmitt, J. Ress, Epstein, 
J.-N. Fuchs, Rob. Fuchs, Simandl, etc. ; cf . K.-F. 
Pohl, Die Gesellschaft der Musikfreunde, etc, 
(1871). — Pendant nombre d'annees, le C. de 
Leipzig, fonde par Mendelssohn, occupa le tout 
premier rang parmi les c. allemands ; ouvert le 
2 avril 1843, il regut en 1876 le titre de « C. 
royal » et feta solennellement, en 1893, son cin- 
quantieme anniversaire. Les premiers profes- 
seurs de r&ablissement furent des « maitres » 
dans toute l'acceplion du terme : Mendelssohn, 
Schumann, Ferd. David, M. Hauptmann, L. 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



160 



CONSERVATOIRE 



Plaidy, E.-F. Wenzel, E.-F. Richler, K.-F. Be- 
cker, K-A. Pohlenz, et plas tard F. Hiller, Niels 
Gade, J. Moschelds, J. Rietz, K. Reinecke, Fr. 
Brendel, K-Fr. Gotze, etc. De tous ceux-ld, il ne 
reste plus aujourd'hui que K Reinecke, autour 
duquel se groupent les professeurs suivants : 
S. Jadassohn, R. Papperitz, Fr. Hermann, J. 
Klengel, O. Paul, Coccius, Fr. Rebling, H. Sitt, 
P. Homeyer, Ad. Ruthardt, G. Schreck, Au- 
guste Gotze, A. Hilf, etc. II suffira de nommer 
dans le nombre considerable d'&l&ves de l'6ta- 
blissement, devenus plus tard c&ebres : Th. 
Eirchner (Je premier 616ve inscrit), W. Bargiel, 
L. Meinardus, L. Brassin, S. Jadassohn, Rob. 
Radecke, Fr. Hoist ein, E. Grieg, A. Sullivan, 
A. Wilhelmy, J.-S. Svendsen ; cf. & ce sujet 
l'ouvrage public parE. Rnemhke, Das KgL Kon- 
servatortum su Leipzig, 1843-1893. — Le plus 
ancien c. de la ville de Berlin fut fond& le l* r 
nov. 1850 par A.-B. Marx, Til Kullak et J. 
Stern ; les deux premiers s'6tant retires, Kullak 
en 1855 et Marx en 1857, Stern continua seul 
Fentreprise qui prit son nom, Conservatoire 
Stern, et se trouve de nos jours encore en 
pleine floraison. Ge c. devint en 1888 la pro- 
priety de Jenny Meyer qui le dirigea jusqu'A sa 
mort, puis passa en 1894 aux mains de Gust. 
Hollander. Les professeurs les plus connus de 
l'&ablissement, depuis sa fondation, furent : 
Hans de Bfilow (1855-1868), Fr. Kiel, Weitzmann, 
de Ahna, L. et G. Brassin, Blumner, Brissler, 
Bussler, Ehlert, Ehrlich, W. Rust, Sauret, Barth, 
A. Kullak, A. Krug, O. Tiersch, B. Scholz, R. 
Wflerst, Gernsheim, etc La Nouvellb ACADfe- 
mie de musique (Neue Ahademie der Tonkunst) 
fondle par Th. Kullak et ouverte le I 9 * avr, 
1855, prit des proportions bien plus considera- 
bles encore ; elle compta jusqu'a, un millier d'6- 
leves et plus, suivant les cours d'une centaine 
de professeurs des deux sexes. La branche 
principale 6tait l'enseignement du piano ; l'aca- 
d&mie fut ferm&e subitement, en 1890, par 
Franz Kullak. Mais restitution musicale de 
Berlin la plus remarquable, quoique non la plus 
frequentee acluellement, est sans aucun doute 
1'AcADfcMiE royale de musique (KgL Hoch- 
schule fur Musik), sorte de triple dSpendance 
de 1' Academic royale des Beaux-arts. La plus 
ancienne de ces trois divisions est Tlnstitut 
royal de musique d'^glise (KgL Institut fur 
Rirchmmu$ik) y cr££ en 1822, acluellement 
sous la direction de R. Radecke, enseignement 
gratuit avec un maximum de vingt 61£ves. La 
division pour la composition musicale (Akade- 
mische Meisterschulen) a 6t£ inaugurte en 
1883 ; les € maltres » actuels sont : Bargiel, 
Blumner et Bruch. Enfln, la division pour la 
pratique musicale (Abteilung fur ausubende 
Tonkunst) fut ouverte le l er oct. 1869, sous la 
direction de J. Joachim ; elle ne comprenait au 
debut que des classes de violon, de violoncelle 
et de piano ; uue classe d'orgue (sous la sur- 
veillance de Rudorff) y fut ajout£e le l* r oct. 
1871, puis des classes de chant (sous la surveil- 
lance d'Ad. Schulze), d'instr. & vent et de con- 
trebasse le !•* avr. 1872, une 6cole de choeur le 



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1" avr. 1878 ; enfln, un choeur mixle organist 
en 1874 fut adjoint & l'Scole elle-mdme. Cette 
division, la KgL Hochsckule dans le sens res- 
trelnt du mot, comprend aujourd'hui quatre 
subdivisions, ayant chacune son propre direc- 
teur : instr. A archet (Joachim), thforie (Bargiel), 
instr. 4 clavier (Rudorff), chant (Schulze). La 
direction generate passa 4 tour de rdle a, cha- 
cun de ces professeurs jusqu'en 1895, puis 
Joachim fut nomme directeur a vie. B faut 
citer parmi les professeurs anciens ou actuels 
de rltablissement : Joachim, Ph. Spitta, Kiel, 
Bargiel, Wirth, Rudorff, Ad. Schulze, Wie- 
precht, Succo, de Ahna, Haupt, Barth, Krebs, 
etc — Le C. de Cologne (Rheinische Musik- 
schule), tr&s renomm A , fut fonde en 1850 par la 
ville de Cologne qui en confia l'organisation et 
la direction a Ferd. Hiller ; on compte acluelle- 
ment parmi les professeurs les plus connus, 
outre F. Wtillner qui succ£da & Hiller: J. Seiss, 
O. Klauwell, Knudson, Max Pauer, Hegyesi, 
. etc. — Le C. royal de Drbsde (C. Pudor), 
fond£ le l* r ffrvr. 1856 par un musicien de 
la chambre du roi nommS Trostler, fut repris 
trois ans plus tard par F. Pudor. Fr. Wullner 
en eut un certain temps la direction artistique, 
qui passa ensuite aux mains d'un comity com- 
pose des principaux professeurs de l'&ablisse- 
ment Eugene Krantz est aujourd'hui & la tdte 
de ce c dont il est devenu proprietaire en 1890 ; 
citons parmi les nombreux professeurs actuels : 
F. Dr-esecke, Rappoldi, Fr. Grfitzmacher, et K.- 
H. Ddring. Cette institution comprend une sec- 
tion instrumentale, une 6cole d'op^ra, une de 
declamation et un s£minaire pour la formation 
de maltres de musique. — Le C. de Stuttgart, 
fond£ en 1856 par L. Stark, J. Faisst, Lebert, 
Laiblin, Brachmann et Speidel, eut un temps 
de grande cel£brit6, surtout comme £cole de 
pianistes. II est forme de deux subdivisions ab- 
solument distinctes : Tune pour les artistes, 
l'autre pour les amateurs. — L'Ecole royale 
de musique a Munich, fondee en 1867, reorgani- 
se en 1874 et portant le titre de KgL Ahademie 
der Tonkunst depuis 1895, est une institution de 
l'Etat & la l&te de laquelle se trouve l'intendant 
de la musique de la cour ; J. Bheinberger est 
inspecteur des classes de th£orie et d'instr. h cla- 
vier, B. Walter, des classes de chant et d'instr. 
d'orchestre. II faut noter parmi les autres pro- 
fesseurs : Bussmeyer, Gluth, Hieber, Keller- 
mann, J.-M. Sachs, Thuille, Zenger, etc. L'or- 
ganisation est excellente et digne de l'Etat, 
en ce sens que, comme au C. de Prague, la cul- 
ture generale des Aleves n'est pas negligee en 
faveur de l*&ducation purement musicale. L'en- 
seignement de Thistoire de la musique y est 
illustre d'une fa?on tr6s vivante, par la cha- 
pelle vocale de la cour dont les executions sont 
accessibles a tous les Aleves du c — WOrz- 
bourg poss&de aussi une Ecole royale de musi- 
que, fondle en 1801 par J. Frohlich (v. ce nom), 
entree en possession de la ville en 1820, puis de 
l'Etat en 1875; directeur actuel: K- Kliebert — 
Le C. Hoch A Francfort s/M. de fondation r&- 
cente, est richement dote et pourvu d'un excel- 

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CONSERVATOIRE 



161 



lent personnel enseignant ; ouvert en 1878, sous 
la direction de J. Raff, grace k un legs de feu le 
D'Hoch, ce c. sembie appeie k un grand ave- 
nir. C'est en consideration de son tr^s grand 
developpement que le comite de la Fondaiion 
<v. ce mot) Mozart a deilnitivement renonc6 k 
etablir un c. Les printipaux professeurs de l'e- 
tablissement sont : Bernhard Scholz (directeur 
actuel), J. Kwast, B. Gossmann, H. Heermann, 
Hugo Becker, J. Knorr, E. Humperdinck, 
Uzielli. — Panni les autres ecoles de musique 
que possede presque chaque ville d'Allemagne, 
il suffira de mentionner celles de: Breslau, 
Institut royal de musique d*6glise (J. Sch&ffer); 
Hambouro, Conservatoire dirige par von Ber- 
nulh (professeurs : J. von Bernuth, K. von Hol- 
ten, Am. Krug, K. Armbrust, A. Gowa, W. 
Marstrand, Max Fiedler, E. Krause, etc.); 
Katisbonne, Ecole de musique religieuse (Ha- 
berl); Strasbourg, C. municipal fonde en 
1855, reorganise en 1878, directeur actuel: 
Franz Stockhausen : Weimar, Ecole grand- 
ducale d'orchestre et de musique, .ouverte en 
1872 (directeur MtQler-Hartung) ; Francfort 
fi/M^ Ecole de musique francfortoise fondle 
en 1860 par H. Henkel, Hilliger, Hauffe et 
Oppelqui dirigent l'etablissement k tour de 
role (Hilliger mourut en 1865, Hauffe en 1891) ; 
C BafT, fonde en 1888 par un groupe de pro- 
fesseurs qui se retir6rent du C. Hoch lorsque 
Bernh. Scholz en prit la direction (directeurs : 
Schwarz et Fleisch); Carlsruhe, C. grand-du- 
cal, fonde en 1884 par H. Ordenstein ; Wies- 
baden, G. fonde en 1872 par W. Freudenberg 
aujourd'hui sous la direction d'Alb. Fuchs (pro- 
fesseurs : Edm. Uhl, O. Brtickner, M. Reger, 
etc); Berlin, C. Scharwenka-Klindworth (di- 
recteurs actuels : Hugo Goldschmidt, H. Genss ; 
professeurs : Alb. Becker, D r H. Beimann, etc); 
C Schwanzer, G. de Luisenstadt, G. Breslaur 
(seminaire), etc. — A Vienne, l'institution des 
fr&res Edouard et Adolphe Horak, pour Ten- 
seignement du piano, est tr£s frequence ; elle 
comprend trois etablissements distincts k Wie- 
den, Mariahilf et Leopoldstadt, et compte au 
nombre de ses professeurs Fr. Spigl. Buda- 
pest possede une Academie nationale de musi- 
que {Landesmusikakademie) dont Liszt fut di- 
recteur honoraire, un Conservatoire national 
(directeur E. Bartay) et une Academie de mu- 
sique k Bude (Szantzner); Graz, T6cole de mu- 
sique (Musikbildungsanslatt) de J. Buwa; 
Innsbruck, recole de la Societe de musique, 
fond&e en 1818 (directeur J. Pembaur) ; Lem- 
bkrg, recole de la Societe de musique de Gali- 
cie; Salkboc^g, recole de musique du Mozar- 
teum (depuis 1880). 

Les principales ecoles de musique de la 
Suisse sont celles de Geneve (Conservatoire de 
musique [fonde en 1835 par F. Bartbolony; di- 
recteur: Ferd. Held; 1150 eieves, une quaran- 
taine de professeurs], Academie de musique 
[directeur : Ch.-H. RichterJ), Zurich (Fr. Hegar), 
Bale (S. Bagge), Berne (Munzinger), Lausanne 
(G.-A. Korila). 

Le Conservatoire royal de Bruxelles est 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 11. 

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Fun des plus grands del'Europe; fonde en 1818 
comme ecole municipale de musique, il fut re- 
organise en 1882 et devint institution de 1'Etat ; 
Fr -J. Fetis en fut le premier directeur, auquel 
succeda Fr.-A. Gevaert; Fenseignement y est 
gratuit, mais accessible aux etrangers seulement 
avec l'autorisation du ministre de l'agriculture 
et des beaux-arts de Belgique ; les professeurs 
les plus ceiebres de Fetablissement sont, outre 
le directeur lui-meme : E. Ysaye, A. De Greef, 
Gust Hubert!, etc. — Celui de Li&ge peut 
se placer dignement A cote du precedent ; fonde 
en 1837 et reorganise cinq ans plus tard comme 
Ecole royale de musique, il est actuellement 
sous la direction de J.-Th. Radoux, avec G. 
Thomson, Sylvain Dupuis, etc. comme profes- 
seurs. — Le Conservatoire de Gand, fonde en 
1888, est depuis 1879 egalement une institution 
d'Etat (premier directeur Mengai et, depuis 

1871, Ad. Samuel). — Le Conservatoire d'AN- 
vfcas, Anticerperis Vlaamsche Muzihschool, 
est subventionn6 par la ville et porte depuis 
1895 le litre de royal ; fond6 en 1867 par le di- 
recteur actuel, le ceiebre Peter Benoit, il a au- 
jourd'hui 88 professeurs (J. Blockx, etc.) et, 
gr&ce aux tendances du directeur, cultive tout 
specialement la musique allemande. — Panni 
les c. hollandais, il convientde mentionner sur- 
tout ceux d' Amsterdam (C. de la Maatschappy 
tot bevordering van toonkwnst) ouvert en 1862, 
reorganise en 1884, et de Rotterdam, fonde 
en 1845. La Ha ye possede aussi depuis 1826 
une Ecole royale de musique des plus floris- 
sanles (premier directeur : J.-H. Lubeck, actuel- 
lement: F.-G.-W. Nikolai*; enseignement gra- 
tuit). — Le Conservatoire de Luxembourg, fon- 
de en 1864, n'est pas sans importance. 

La Russie a des c. k Varsovie (depuis 1821), 
St-P£trrsbourg (depuis 1865) et Moscou (depuis 
1864 ; directeur actuel : W. Safonoff). 

En Angleterre, nous trouvons cinq c. A Lon- 
dres : Royal Academy of music, fonde en 
1822, directeur Al. Mackenzie ; London Acade- 
my of music, fonde en 1861, directeur Wylde, 
destine specialement aux amateurs et ayant 
deux succursales ; Trinity college, fonde en 

1872, societe de rapport, distribuant des di- 
pldmes, 43 professeurs ; Guildhall school for 
music, fonde en 1880 : enfln le meilleur de tous, 
Royal college of music (issu en 1883 de la Na- 
tional training school of music, fondee en 1876 
sous la direction de Sullivan), directeur actuel : 
Hubert Parry, institution de grand avenir pos- 
sedant un capital considerable : — un c. k Edim- 
bouro, un k Dublin, un k Glasgow. 

D f autres pays encore ont des c. dignes de 
mention: le Danemark aCoPENHAOus (depuis 
1867 ; 14 professeurs avec 50 eieves seulement, 
suivant les dispositions du donateur, P.-W. 
Moldenhauer) ; la Norvege k Christiania (1865) ; 
la Suede k Stockholm (fonde en 1771 comme 
institution d'Etat; enseignement gratuit) ; l'Es- 
pagned. Madrid (depuis 1830), Saragosse et 
Valence ; le Portugal k Lisbonne (depuis 1836) ; 
la Grecc k Ath^nes. 

L'Amerique enfin, gr&ce au sens pratique de 

UNIVERSITY0F MICHIGAN 



162 



CONSONNANCE — CONTINUO 



ses habitants, compte toute une s£rie de c. dans 
les principales villes : New-york (Scharwetika 
Conservatory, directeur Xaver Scharwenka. — 
National-Conservatory, directeur Ant Dvo- 
rak), Boston, Baltimore (Peabody Conser- 
vatory, directeur Asger Hamerik), Cincinnati. 

Les opinions sur la valeur du conservatoire 
en g6n6ral divergent considSrablement. U r6- 
sulte sans aucun doute des rapports journaliers 
qu'ont entre eux les jeunes musiciens, Steves 
d'une m&ne institution, une 6mulation dont on 
ne saurait nier la valeur ; mais ces m6mes rap- 
ports sont souvent aussi une cause de s^rieux 
danger pour plus d f un talent k peine 6clos. La 
plupart des hommes qui ont pu conserver un 
jugement impartial sont en tons cas d'accord 
sur ce point, que Torganisation actuelle de pres- 
que tons les c. est absolument insuffisante, par 
le fait m^rne qu'elle n*a en vue qu'une sorte de 
dressage musical. Ce qui existe k l'6tat decep- 
tion dans les c. de Prague, Vienne et Munich 
devrait £tre la rigle dans toutes les institutions 
analogues, autrement dit Venseignement des 
principales branches de la culture g6n6rale de- 
vrait £tre parlout obligatoire, k cdt£ des lemons 
de musique pure. Le c. enfin devrait s'occuper 
non seulement du futur virtuose, mais du f utur 
chef d'orchestre ou compositeur, en fournissant 
des occasions fr&quentes k Tun de s'exercer 
dans son art, k TaUtre d'entendre ses ceuvres 
ou ses simples Sbauches. 

Consonnance (lat. consonantia; all. Konso- 
nanz), fusion de deux ou plusieurs sons en une 
unit6 harmonique. La c. majeure (accord maj.) 
est la resonance simultanSe d'une fondamentale 
avec sa quinte et sa tierce supArieures ; la c. mi- 
neure (accord min.), la resonance simultanSe 
d'une fondamentale avec sa quinte et sa tierce 
inf6rieures. Des sons sont dit « consonants *, 
lorsqu'ils font partie d'une mSme harmonie, soit 
comme fondamentale, soit comme quinte ou 
comme tierce (v. harmonie). Mais il est indis- 
pensable que les sons qui peuvent Mre considS- 
res comme parties d'une seule et m6me harmo- 
nie, soient aussi rieUement interpr6t6s dans ce 
sens, par suite de l'enchainement des accords 
(cf. dissonance). Pour ce qui conceme les inter- 
vailes consonants et dissonants, v. intervalle. 

Constantin, Titos-Charles, chef d'orchestre 
•de talent, n6 k Marseille le 7 janv. 1885, m. k 
Pau (Pyr6n6es) k la fin d'oct. 1891 ; Steve d'Am- 
broise Thomas au Conservatoire de Paris, de- 
vinl chef d'orchestre des « Fantaisies parisien- 
nes > en 1866 et jusqu'aprfc* leur transfert k 
l'Athenseum, directeur des Concerts du Casino 
(1871) chef d'orchestre k la Renaissance (1872) 
puis ^l'Opera-Comique (1875). C. a ecrit quel- 
ques operas, des ouvertures,etc. 

Contano (ital., ils comptent), abr. cvnU terror 
queTon place dans les partitions au dSbut ou 
dansle courant d'une partie, pour indiquer non 
pas que le ou les instruments en question 
nejouentpas pendant cette partie (dans quel 
cas on emploierait le mot tacet, tacmt), mais 
qu'ils entreut seulement plus tard. Le a, en 
permettant la suppression momentanee d une 



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ou plusieurs portees, facilite la lecture de la 
partition ; il en rfoulte aussi souvent une nota- 
ble 6conomie de place* U va sans dire que le 
copiste qui extrait les diverses parties de la 
partition doit soigneusement tenir compte du c. 

Conti. 1. Francesco-Bartolombo, n6 k Flo- 
rence le 20 janv. 1681, th£orbiste (1701; puis 
compositeur (1718) de la cour k Vienne, ot il 
mourut le 20 juil . 1732. C. taut tr& estim6 soit 
comme compositeur, soit comme virtuose sur 
le th6orbe. Son ceuvre la plus remarquable est 
intitulAe : Don Chisciotte in Sierra morena 
(1719) ; il a Scrit en tout 16 operas, 13 morceaux 
de ffetes (s6r&iades), 9 oratorios et plus de 50 
cantates.— 2.IoNAZio (Con*tnt),fil8 du prtcMent, 
n£ en 1699, m. k Vienne le 28 mars 1759, Scrivit 
dans cette vUle toute une s6rie de s6r6nades et 
d'oratorio8. II avait moins de talent que son 
p£re, &ait d'un temperament 16ger et mourut 
dans la mis&re. — 8. Gioacchino, dit Geieltjo 
(d*apr£s le nom de son maltre Gizzi)) 1'un des 
plus c&6bres castrats du sitele dernier, n£ a 
Arpino (Naples) le 28 ttv. 1714, m. k Rome le 
25 oct 1761; dftbuta k Rome en 1729, avec un 
succ&s considerable, et y chanta jusqu'en 1731- 
D se rendit ensuite a Naples, k Londres (1736- 
1787) et plus tard k Lisbonne, Madrid, puis de 
nouveau Lisbonne. II se retira k Arpino en 
1758. — 4. Carlo, compositeur d*op£ras n6 a 
Arpino le 14 oct. 1787, m. k Naples le 10 juil. 
1868; membre de 1' Acad&nie des beaux-arts de 
Naples, professeur de contrepoint au Conser- 
vatoire de la m&me ville (1846), puis directeur 
suppleant (1862, pour soulager Mercadante de- 
venu aveugle). Parmi ses 11 op6ras, ce fut Ohm- 
pia (1829) qui remporta les meilleurs succSs. C. 
a 6crit aussi 6 Messes, 2 requiems et d'autres 
compositions religieuses. Florimo, Marchetti et 
d'autres sont ses &16ves. 

Continuo (ital.), en r&dit6 Basso c. ou conti- 
nuato, basse continue. Nom que Ton donne k 
la basse chiffr^e instrumentale, dont l'usage 
commenca en Italie vers Fan 1600; le c est 
l'ancfctre de notre style moderne accompagn6, 
qui n'en sortit qu'i la suite d'une longue s£rie 
de transformations (v. accompagnemrnt). Adr. 
Banchieri, Cavalieri, Caccini, Viadana commen- 
c6rent k peu pr£s simultan&nent k faire usage 
du c, en sorte qu'il est difficile de savoir quel 
en est Vinventeur. Un fait moins connu, mais 
digne de remarque, c'est qu'un Anglais nom- 
m£ Richard Deering, venant de Rome, publia 
k Anvers en 1597 dSja. des Cantiones (k cinq 
voix) cum basso c. Le nombre des ceuvres pour- 
vues d'un c. est considerable et leur valeur 
des plus reelles, surtout dans le dpmaine de la 
musique de chambre, n faut esp^rer que, gr&ce 
k une pratique nouvelle du jeu de la basse chif- 
fr£e, cette litterature sera bient6t rev&6e k nou- 
veau. L'execution de sonates de chambre, de 
trios, de concertos, etc., sans c. n'a aucune va- 
leur et ne peut qu^garer le jugement; quant 
au procedS de l'arrangement, on sait combien 
il est pr£caire. D'autre part, il n'y a aucune 
raison, esthetique ni autre, d'ecarter toute cette 
forme d'art. 

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GONTINUO — CONTREPOINT 



163 



Continue), Giovanni, contrapontiste italien, le 
maltre de Luca Marenzio, fut maitre de cha- 
pelle des dues Gonzague a Mantoue et mou- 
rut en 1565. II eut pour successeur Jaqnes 
de Werl. 

Contrainte, Basse c. (basso ostinato) 9 \. Basse 

CONTRAINTE et OSTINATO. 

Contr'alto, anc. haute-contre, frSquemment 
employ^ comme synonyme d'alto (voir ce 
mot l.\ d£signe en r^alite la plus grave des 
voix d'alto. 

Contrapunctus, (lai) contrepoint (v. ce mot). 
il aequalis, contrepoint 6gal ; (1 inaequalis, con- 
trepoint inegal ; C. floridus, tHminutus y contre- 
point flenri. 

Contrapunto, (ital.), contrepoint (v. ce mot) ; 
G alia zoppa, contrepoint « bolteux », syncopS 
(G sincopato); G sqpra (sotto) il soggetto, con- 
trepoint sur (ou sons) le chant donn£ (cantus 
firmus); C. alia merUe (at improviso), contre- 
point improvise, chant sur le livre, la forme la 
plus ancienne du contrepoint (v. d&chant). 

Contratenor, (lat.), v. alto 1. 

Contrario, (ital.), contraire, cf. mouvement3. 

Contrebasse. 1. Le plus grand des instru- 
ments k archet actuellement en usage (ital. con- 
trabasso ; all. Kontrabass ; angl. double bass) ; 
il fait partie de la famille du violon et n'apparut 
par consequent, comme le violoncelle, que le 
jour oil le violon eut enti&rement refoul6 les 
violes, c-&-d. au d6but du xvn* Steele (cf. ins- 
truments a archet). Les instruments graves k 
archet de l'£poque ant£rieure ne disparurent 
naturellement que pelit a petit, c'6taient des 
basses de violes appartenant k la famille de ce 
nom (grande basse de gigue, archivioia da lyra, 
basse de viole de gambe) ; la c. moderne, r6- 
pandue en Italie dans le coarant du xvn° s. 
dSjd, ne fut introduite k TOp6ra de Paris que 
vers 1707. D&s le d£but (xvn # s.), on chercha k 
en exag&rer les dimensions et Ton construisit 
des instruments grants ; le dernier essai de ce 
genre est 1" « octobasse » de Vuillaume, expose 
en 1855 k Paris, et faisant aujourd'hui partie du 
musee instrumental du Conservatoire. La c. 
etait primitivement, comme aujourd'hui, tendue 
de quatre cordes (comme tous les instruments 
de la m£me famille) accord&es jusque vera 1830 
comme suit : ut-\ soU\ r&, la A , (autrement dit, 
une octave plus bas que le violoncelle). On 
pref&ra ensuite, pendant un certain temps, ne 
faire usage que de trois cordes, dont l'accord 
£tait tanWt sol-\ re\ la* (ital.), tant6t to- 1 , re\ 
sol 1 (angl.). L'accord seul adopte de nos jours 
est le suivant : 

4. 3. 2. 1. 



chestre va de mi- x (autrefois, souvent d'u*- 1 ) a 
to*, ou tout au plus k ufi : 



S 



±=t 



— 1~ 



M* 



tti*- 1 (a- 1 r«M sol* 

La notation pour la c. se fait k l'octave supe- 
rieure du son r£el. L*£tendue de la c. k Tor- 



notation 




son r£el 



wm 



by^_ 



.jl 



IC 



Les virtuoses contrebassistes, anciens et mo- 
dernes, les plus connus sont : Dragonetti, An- 
dreoli, Wach, Aug. Muller, Bottesini, J. Hrabe, 
W. Hause, E. Storch, A. Meissl, Simandl, Laska, 
Gouflfe, C. Bossaro, Negri, Swoboda, Simon, 
Montanari, Scontrino, Abert, Sladek, Schwabe, 
Bernier, Sturm. Les meilleures mithodes sont 
celles de Bottesini, Hause, Sturm, Simandl, 
Bernier, GouffS ; on connait en outre des etudes 
de Negri, Belletti, Montanari, Hiserich, Kaiser, 
des etudes orchestrales de Schwabe et G.-G. 
Wolf, des concertos et des soli d'Ed. Stein, 
Bossaro, Gouflfe, Laska, Hegner, Scoutrino, 
Hrab6, Abert, etc. 

2. Instr. k vent en cuivre, contrebasse d'har- 
monie (bombardon ; v. ce mot et tuba). Sous le 
nom de c, Gerveny construisit en 1845 un ins- 
trument de forme circulaire en ul 9 si b, fa et 
mi J?; lem&ne, en 1873, parvint k cr£er un 
instrument plus grave encore d'une octave, 
une sous-contrerasse allant au grave jusqu'A. 

3. Dans Porgue, jeu k bouche ouvert, gambe 
de 16* ou de 32' ;on trouve cependant aussi sous 
le nom de c. des jeux d'anche de 16* (ex.: Basse- 
contre de St- Vincent de Paul, a Paris). 

Contrebasson, (all. Kontrafagott), instr. a 
vent en bois accord6 une octave plus bas que 
le basson (v. ce mot) ordinaire ; son 6tendue 
comprend toute l^chelle chromatique de rt- x k 
fa f . On construit de nos jours des instruments 
analogues en cuivre, sous le nom de Tri- 
tonikon. Comme celles de contrebasse, les 
parties de c. sont notSes k l'octave au-dessus 
du son r£el. 

Contredanse, danse d'origine anglaise (An- 
glaise), fut introduite en France au d&but du 
xvin* s. et y devint rapidement populaire. Son 
nom lui vient de cette particularity, que les 
paires dansent les unes vis-A-vis des autres au 
lieu de danser, comme k l'ordinaire, les unes k 
la suite des autres. L'£tymologie que Ton donne 
parfois de ce mot : Countrydance, danse pay- 
sanne, est fausse, quoique indiquee d£j& par 
Tflrck, dans sa m£thode de piano (1789). 

Contre -exposition, nom que Ton donne a 
Tune des parties de la fugue, celle qui suit le 
premier episode ou divertissement et dans la- 
quelle la reponse pr^cMe en general le sujet. 
Cf. Fugue. 

Contre-octave, nom que Ton donne sou- 
vent k l'octave: wM — si- 1 . Cf. le tableau au 
mot LA. 

Contrepoint, (lat. conlrapunctus ; ital. con- 
trapunto ; &H.Kontrapunkt ; angl. counterpoin I ) 
designe de nos jours, dans son acceplion la 
plus commune, Tune des grandes divisions de 

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164 



CONTREPOINT — CONTRE-TEMPS 



la technologie musicale, de la theorie con$ue 
principalement en vue de sa mise en pratique. 
Ce terme s'emploie par opposition & celui d'har- 
monie, dont on se sert pour designer l'&ude de 
la formation et de l'enchatnement d'accords 
flx6s d'avance, soit avec une partie donnSe — 
dans les m&hodes courantes, toujours la basse 
(chiffr£e) — , soit sans partie donn£e. Le c con- 
siste dans Yinvention, sans aucun autre point 
de repere que le chant donne, de mUodies pou- 
vant se superposer d ce chant. On exige de ces 
m&odies: l°qu*elles soient en harmonie avec 
le chant donn6, le sujet (cantus firmus)* 2P que 
le d6veloppement de chacune d'elles, prise iso- 
l&nent, soit normal, autrement dit qu'elles 
soient ind£pendantes. L'independance, cela va 
de soi, a des bornes ; nous ne concevons une 
superposition ou une rapide succession de sons 
que lorsque ceux-ci se peuvent ramener & une 
unite harmonique (v. dissonance et oamme), de 
m&mc il ne nous est possible de saisir les mou- 
vements independants de plusieurs parties que 
lorsque ces mouvements peuvent tous se rap- 
porter & une m6me succession d'harmonies. 
L'ancienne Scole du c reste fermement atta- 
ch^ aux maximes que d^veloppa la pratique 
musicale, A une 6poque ou l'accord n'6tait pas 
encore congu comme tel ; elle enseigne d super- 
poser lesdifiterentes parties uniquement d'apres 
les intervalles qu'elles forment deux a deux, n 
n'y a dans ce cas aucune raison pour que l'61e- 
ve ne commence pas l'&ude du c. aussitot quMl 
a acquis une certaine connaissance des inter- 
valles. La jeune Gcole au contraire ne passe 
aux exercices de c. que lorsque le champ de 
Tharmonie est absolument epuis6 ; elle reclame 
de l'61&ve une connaissance parfaite du contenu 
harmonique du chant donn6 (cantus firmus), 
en sorte que les melodies ajoutees — auxquelles 
nous donnons aussi le nom de contrepoints — 
sont d6velopp6es sous Tinfluence de cette con- 
naissance. Un degre intermediate indispensa- 
ble vient alors se placer entre Tetude de Thar- 
monie et celle du c. : des exercices de figuration 
d'harmonies donnees (cf. Hugo Riemann : 
Neue Schule der Melodik [1883] et Lehrbuch 
des einfachen, doppelten und imitierenden 
Kontrapunhtes [1888] ). 

Lorsqu'apparut le terme de Contrapunclus 
(au xiv* 8.), Tart de l^criture polyphonique 
£tait d£j& tr£s d6velopp£; les trails th6oriques 
qu'un Jean de Muris, un Philippe de Vitry ou 
d'autres encore donnerent sous le titre de Re- 
ffulae de contrajmncto, n'apportent en somme 
rien de neuf, ce ne sont que des dissertations 
sur Tart du dechant (discantus) connu aupara- 
vant dej& et dont la terminologie seule a &te 
chang6e. Ces auleurs prennent comme point de 
depart le c. note contre note (punctus contra 
punctum, nota contra notam), que de Muris 
designe du reste express&nent comme funda- 
mentum discantus (Coussemaker, Scriptores 
in, 60) ; de Vitry donne la definition suivante : 
Contrapunctus il e. nota contra notam (ibid, 
23). De Muris nommc le contrepoint « inegal » : 
Diminntio contrapunctu interpretation qui s'est 



maintenue jusqu'a nos jours ; void Tun de ses 
examples (ibid. 62): 



k & ktuumh 



r 



■<*►• ~P~* 



f 



r 



■*•• 



by^_ 



.jl 



IC 



Tandis que la plupart des th§oriciens alle- 
mands divisent le c. simple eu deux grandes 
categories : le c. egal et le c. inigal, les th£ori- 
ciens francais admettent en g£n£ral un plus 
grand nombre de subdivisons : c. de premiere 
(note contre note), de deuxi&me (deux notes 
contre une), de troisi&me (qualre notes contre 
une), de quatri&me (c. syncop6), de cinqui&me 
espece (c. vari6 ou c. fleuri). L'usage du c. en 
dotations remonte jusque dans le courant du 
xm e s. ; Walter Odington (6v&que de Canter- 
bury en 1228) donne du rondeUus (v. ce mot) 
la definition suivante: St quod unus cantat, 
omnes per ordinem recitenl (Coussemaker, 
Scriptores i, 245). I/art de limitation musicale 
fut poussS par les contrapontistes du xv* et du 
xvi« s, jusqu'auxplus excessifs rafflnements (cf. 
canon), puis il s'^pura dans le courant du xvn° 
et du xvm° s. et donna naisssance & la fugue. 
Le canon en imitations r&guli&res et senses 
n'est, en fin de compte, qu'un tdur d'adresse ou 
une amusette. Le c dit renversable ou double, 
triple, quadruple, etc. suivant les cas, est d'une 
importance bien plus considerable pour la com- 
position ; il s'£crit de facon que Ton puisse in- 
tervertir l'ordre des parties, faire de la partie 
inferieure, la partie supgrieure et vice-versa. 
On distingue le c. renversable a Toctave, k la 
diziSme, a la donzifoneetc., selon que le renver- 
sement s'obtiendrapar la transposition de Tune 
des parties 4 l'octave, a la dizieme, & la dou- 
zieme etc inf&rieure ou sup6rieure. Les Institu- 
tion* armoniche de Zarlino, parues en 1568, 
contiennent d6jd des explications claires et pre- 
cises sur le canon et les diverses esp£ces de 
double contrepoint. Les traites de c les plus 
connus, con$us suivant l'ancienne m^thode, 
sont ceux de Fux, Martini, Albrechtsberger* 
Gherubini, F^tis, Bazin, Bellermann, Bussler* 
etc. Les ouvrages de Dehn, Richter, Tiersch, 
Jadassohn, Riemann, Prout, etc. traitent au 
.contraire le c. en Vunissant d'une maniere 
^troite a Tharmonie ; celle-ci devient alors la 
veritable theorie, dont le c. est une application 
pratique. O'est par T&ude de l'harmonie que 
Thieve doit arriver a manier instinctivement le 
contrepoint. 

Contre-sujet, nom que Ton donne, dans la 
fooue, au contrepoint qu'execute la premiere 
partie, pendant que la seconde fait entendre la 
r^ponse. Le' c. est frequemment utilise au 
cours de la fugue; il est traits comme une sorte 
de second th£me et devient du reste second 
theme dans la double-fugue. 

Contre-temps, (ital. contratempo), terme dont 
on se sert pour designer Tentr£e syst&natique 

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CONVERSE — COQUAHD 



165 



d'mie partie sur les temps faibles dela mesure, 
sans qull soit n6cessaire que la note se pro- 
longe sur le temps fort (v. syncope). Ex : 



$ 



J . J , zj=W 



Le c. est d'autant plus appreciable que les 
temps forts se trouvent davantage accentu£s 
dans une ou plusieurs autres parties. Ne pas 
confondre c. avec liaison ou syncope. 

Converse, Charles-Crozat, compositeur am6- 
ricain, n6 dans le Massachusetts en 1882; an- 
eien Hive du Conservatoire de Leipzig, est 
aujourd r hui avocat A Erie (Pensylvanie). 

Cooke. L Benjamin, n£ A Londresen 1734, m. 
le 14 sept. 1793; succlda en 1752 A Pepusch 
comme directeur de Y Academy of ancient mu- 
sic, puis fut nomme successivement, apr&s que 
Gales se fut retir£, chef des choeurs (1757), 
c lay vicar » (1758) et organiste (1762) de 
l'abbaye de Westminster. Eu 1789, il c£da A 
Arnold la direction de TAcadtanie. H futpromu 
D* mus. de FUniversitS de Cambridge (1775) 
pais de celle d'Oxford (1782). C. est connu 
en Angleterre surtout comme compositeur de 
glees, de canons et de catches pour lesquels le 
Catch-Club lui accorda plusieurs fois des recom- 
penses. U a 6crit de plus des anthems, d'autres 
oeuvres de musique d'6glise, des odes pour 
V Academy of ancient music et de la musique 
instrumentale ; il jouissait du reste aussi comme 
th6oricien d'une certaine notori6t6.-~ 2. Thomas- 
Simpson (Tom C), n& A Dublin en 1782, mort A 
Londres le 26 ttvr. 1848; fut d'abord chef d'or- 
chestre de thMtre A Dublin, puis pendant 
nombre d'ann6es chanteur sc£nique (tenor) au 
«Drury Lane » A Londres. D se fit ensuite de nou- 
veau chef d'orchestre («Drury Lane* et cCovent- 
gardem), fut chef suppliant A la Soci&6 phil- 
barmonique et, A partir de 1846, directeur des 
Concerts of ancient music. De mdme que le 
pr&c6dent, C. a vu couronner frfquemment 
nes glees, catches, etc., mais il fut surtout un 
f£cond compositeur d'op&ras (pour le « Drury- 
Lane »)et un maltre de chant des plus estimate; 
il a public une methode de chant 

Cooper, George, n6 A Londres le 7 juiL 1820, 
m. le 2 oct 1876; occupa d&s sa jennesse divers 
postes d'organiste, A Londres, devint ensuite 
maltre de chant et organiste de Fhdpital du 
Christ, puis fut nommd en 1856 organiste de 
Chapel royal C. a le mirite de s'&tre occupe 
avec un z61e tout special des oeuvres pour 
orgue de Bqch; il a public un certain nombre 
demorceaux instructifs pour son instrument 
Cf. Cofkrahio. 

Coperario, (de son vrai nom Cooper), John, 
lnthiste anglais et compositeur pour le luth, 
maltre de musique de Jacob I« r ; Henry et 
William Lawes forent aussi ses 616ves. Quel- 
ques oeuvres de circonstance (odes fun£bres et 
mascarades) ont paru de 1606 A 1614. D mourut 
en 1627. 

Coppola, Pier- Antonio, n6 A Castrogiovanni 



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(Sicile) le 11 d6c. 1793, m. A Catane le 18 nov. 
1877; compositeur d'opSras, musicien de ta- 
lent, qui eut le malheur d'etre le contemporain 
de Rossini. Apres des tentatives nombreuses, 
mais dont le succ&s n'avait jamais kt& que tr£s 
mMiocro, il r^ussit A conqu6rir les suffrages du 
public avec son op6ra Nina pasza per amore 
(1885), qui fut ex6cut£ un grand nombre de fois 
non settlement sur toutes les scenes italiennes, 
mais A Vienne, Berlin, Madrid, Lisbonne et 
Mexico. Cette m6me ceuvre, compl&ement d6- 
figurta, fut representee A Paris en 1889, sons 
le titre d'JJba. Vers la m6me 6poque, C. 
accepta un engagement de chef d'orchestre A 
rOp&ra royal de Lisbonne ; mais il passa plus 
tard de nouveau quelques ann£es en Italie, 
pour y faire ex&mter de nouvelles oeuvres. Les 
oeuvres de C. qui eurent le plus de succ£s 
apr£s Nina, sont : Enrichetta di Baienfeld 
(Vienne, 1886) et Gli lllinesi (Turin). 

Copula, (lat.), dans l'orgue, syn. d'accouple- 
ment (v. pfeDALE d'accouplemeftt, rbgistrb d'ac- 
couplement, itrasse), ou encore nom de certains 
jeux de flittes : 1° principal 8', probablement 
parce que ce jeu s'accouple fort bieu A chacun . 
des autres jeux, 2° Mte creuse 8' (Koppelfltite) 
qui doit absolument £tre accoupte A un autre 
jeu. 

Copyright, (angl.), droit d'Mition. V. les ren- 
seignements que donne Grove, dans son Die- 
tionary of music, sur les rapports jnridiques 
de l'auteur et de l'6diteur d'oeuvres musicales, 
en Angleterre. 

Coquard, Arthur, compositeur fran^ais, nk 
A Paris le 26 mai 1846, d'une famille originaire 
de Bourgogne; commenga en 1866, en m&me 
temps que ses Etudes de droit, A travailler 
rharmonie avec Cesar Franck dont il avait fait 
la connaissance trois annSes auparavant. Toute- 
fois, en 1866, C. dut renoncer A Tart et, pen- 
dant pr£s de cinq ans, laissa de cot6 toute 
preoccupation musicale; il fut promu D r jur. 
en 1870, et accepta les fonctions de secretaire 
d'un membre du Sinat L'ann6e suivante, il se 
remit A la composition, encourage par C. Franck 
avec lequel il fit toutes ses Etudes musicales. II 
d6buta en 1876, avec le Chant des Epfes, bal- 
lade pour baryton et orchestre, mais ne donna 
plus rien jusqu'en 1881. Les principals oeuvres 
qui se succ6d&rent d&s lors sont: des scenes 
lyriques ou dramatiques pour chant et or- 
chestre: Cassandre, H6ro et Liandre (1881), 
Andromaque, Christopke Colomb; des oeuvres 
symphoniques : Ossian, etc.; des choeurs: Es- 
ther (trag6die de Racine), Agamemnon (sur le 
po£me d'H. de Bornier), Helvetia (tragSdie de 
G. Longhaye); une trilogie sacr6e: Jeanne 
6! Arc, Au th&ttre, il a donu6 Vipie du Roi 
(2 actes, Angers, 1884), Le Mari dun Jour 
(3 actes, Op6ra-Comique, 1886), La Jacquerie 
(4 actes, op^ra commence par Ed. Lalo qui 
n^crivit que le premier acte et en orchestra 
quelques pages seulement ; Monte-Carlo, 1895), 
Jahel, (drame lyrique en 4 actes, inSdit). De 
plus, C. est critique musical au journal Le 
Monde ou il a publie, entre autres, une ex- 
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166 



COR 



cellente etude sur Cesar Franck ; son ouvrage : 
De la musique en France depuis Rameau, a 
et6 couronne par l'Academie (prix Bordin). n 
remplit depuis 1892 les fonctions de censeur k 
l'lnstitution nationale des jeunes aveugles. Quoi- 
que professant pour Wagner une admiration 
sans bornes, G. croit au regne prochain 
d'un art « simple » : l'ideal vers lequel il tend 
pourrait etre caracterise par ces mots: simple 
et nouveau. 

Cor, 1. (ilaL corno; alL Horn; angL horn), 
instr. k vent en cuivre caracterise principale- 
ment par la douceur du son, connu soit comme 
instrument simple ou naturel (c. simple ou c. 
d'harmonie, corno di caccia, Waldhorn, French 
horn), soit comme instrument chromatique a 
pistons {Ventilhom), le seul repandu de nos 
jours. Le c. chromatique est pourvu d'un m&ca- 
nisme qui augmente la longueur du tuyau en y 
introduisant de petites rallonges ou qui, avec le 
systeme de < pistons independants » invente 
par Ad. Sax, diminue cette longueur en con- 
damnant des fragments plus ou moins grands 
du tuyau; l'echelle des barmoniques se trouve 
ainsi deplacee, transposee. Le c. est un « demi- 
instrument », autrementdit le son le plus grave 
de son echelle naturelle est, par le fait de la 
perce Stroite, d*une intonation si difficile et d'un 
timbre si defectueux que Ton n'en fait aucun 
usage ; le c. en ut par exemple, dont le tuyau 
deroule a environ 16 pieds de long, ne fournit 
pas avec securite de son plus grave que Yut de 
8 pieds (ufl). L'etendue du c. est comprise entre 
le son naturel utilisable le plus grave (le 
deuxieme de l'echelle naturelle, v. harmonie) 
et les notes ut 4 , ut £*, ou r&\ ce qui revient a 
dire que la limite au grave est, suivant le ton 
de Tinstrument (les tons de si, uty et /a£ ne 
s'emploient que tres rarement) : 

C. en styut ri ~~ u —" r " ~' '— '" -'*•-•<• 



grave 



mi? mi fa sol la? la si? ut 
aigii 



Quelle que soit 1' echelle naturelle du c, elle 
est toujours notee comine si la fondamentale 
etait ut 1 , en sorte que tous les sons limitant son 
etendue au grave devraient etre represents 



par la note 



r- 1 ] Mais une habitude 



etrange veut que les sons notes en clef de fa, le 
soient une octave plus bas qu'ils ne le seraient 
en clef de sol : 







77 

sont par consequent identlques. Tandis qu'au 
grave l'etendue du c. est toujours limitee par la 



m6me € note » (son 2 de l'echelle harmonique); 
ce son peut etre abaisse d'un ou deux demi-tons 
par l'emploi des sons bouches [v. plus loin], et 
meme de six demi-tons par l'emploi des pis- 
tons [v. ce mot], e'est k l'aigu la hauteur reelle 
des sons qui limite l'etendue dont on peut faire 
usage k l'orchestre. Le son le plus haut dont 
Tintonation soit bonne est pour chacun des c. 
le suivant : 



% 



'• —•£•£?&. 



H^- 



-rs^ssr 



C en stb t*t rl mi? mi fa sol lafy la si? ut 
grave aijcu 

Effetr6el; 



byK. 



.jl 



IC 



L'echelle des sons naturels, dits sons ouverts, 
du c. presenle des vides d'autant plus grands 
qu'on se rapproche davantage de sa partie la 
plus grave, mais ces vides peuvent etre en par- 
tie combles par l'emploi des sons boucMs. Cb*- 
que son naturel peut en effet etre abaisse d'un 
demi-ton ou k la rigueur d'un ton entier, par 
la simple intromission de la main dans le pa- 
vilion. Les sons bouches du c. ont une sonority 
etouffee dont les compositeurs se servent pour 
exprimer l'inquietude, l'angoisse, la terreur ou 
quelqu'autre sentiment analogue. Quant aux 
sons abaisses d'un ton entier (en quelque sorte 
c doublement bouches »), ils sont Apres, durs et 
d'une intonation peu sfcre, tels sty*, r&> fa* et 
surtout la!?*. II faut renoncer k l'emploi des son« 
la* et r&p, qui devraient etre triplement bou- 
ches. L'introduction du mecanisme k pistons a 
ecarte la uecessite de l'emploi des sons bouches, 
sans enlever toutefois la poesibilite de s'en ser- 
vir pour certains effets speciaux; le composi- 
teur peut done en reclamer r usage, voire meme 
pour chaque son de l'echelle chromatique du c. 
On distingue dans l'orchestre un premier et un 
deuxieme c, ou lorsqu'il y en a plus de deux, 
des groupes de deux c. chacun, dont l'un (le l* r 
et le $*•) est traile comme instrument aigu, l'au- 
tre (le 2» e et le 4««) comme instrument grave. 
Le premier c. de chaque groupe dispose des 
sons les plus aigus, le second des sons les plos 
graves ; 1'intonation en est facilitee par le dia- 
metre (petit pour le premier, grand pour le se- 
cond) de rembouchure. Quelques virtuosos 
francais se servent d'un modele en quelque 
sorte intermediaire, le cor mixte, dont le me- 
dium est d'une intonation particulierement fa- 
cile, tandis que les sons extremes en sont tou- 
jours peu stirs. Le cor de chasse du xvi« 8. (tel 
que le decrit S. Virdung) etait un instrument 
primitif et de petites dimensions. Vers 1680 ap- 
parurent en France les grandes trompes de 
chasse, dont le comte Sporck introduisit plus 
tard r usage en Allemagne. Quant au c. de 
chasse acluel, e'est en general un cor simple. 

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COR — CORDES 



167 



en riy et sans corps de rechange (v. ce mot). Ham- 
pel, de Dresde, decouvrit en 1760 les sons bou- 
ch6s et adapta an c le syst&me de tons de re- 
change de la trompette; vers la mdme 6poque, 
Haltenhof introduisit k son tour une petite 
coulisse pour ajnster le diapason (Stimrmug). 
Le premier virtuose sur le c. fut un Parisien 
Homing Rodolphe (1765). C'est k Blfihmel et 
Stolzl, fabricants d'instrnments en Sil6sie, que 
Ton doit la construction des premiers c. chro- 
matiques 4 pistons (1815).— On aime beaucoup 
le c. comme instrument solo, mats les cornistes 
virtuoses faisant des tourn£es de concerts sont 
de nos jours tr&srares; par contre les ceuvres 
symphoniques ou sc&niques contiennent sou- 
vent de longs soli pour cet instrument. Les plus 
«el&bres cornistes virtuoses, anciens et moder- 
nes, sont: Rodolphe, Mares, Stich (Pun to), Le- 
brun, Domnich, Duvernoy, J.-K. Wagner, 
Amon, Belloli, Kern, Stolzel, Artdt, Meifred, 
Gallay, Dauprat, la famille Scbunke, Lindner, 
Gumbert, Chaussier, etc. Domnich, Duvernoy, 
Dauprat et Gumberl (v. les biographies^ ont 
public d'excellentes m&hodes pour le c. La li- 
terature de cet instrument, pas particuli&rement 
riche, comprend entre autres : trois concertos de 
Mozart et un quadruple concerto (op. 86, pour 
quatre cors) de Schumann. — 3. C. de basset 
<alL Bassethorn ; ital. corno di bassetto), instr. 
k vent en bois, actuellement hors d'usage, sorte 
de clarinette-alto en fa ayant cependant quatre 
demi-tons de plus dans le grave que les clari- 
nettes (v. ce mot). Son etendue r6elle est la sui- 
vante : fa * k ut 5 (ce qui est not£ [en clef de sol] : 
ut* k sol 5 ). Le c. de b. 6tait recourbe ou replte, 
a cause de sa grande longueur ; cependant le 
corps de l'instr. 6tait g6n£raleinent droit, tandis 
que rembouchure 6tait fixee au tuyau k angle 
droit et le petit pavilion de cuivre recourb£ dans 
le sens oppos£ k l'embouchure. Mozart emploie 
dans l'orchestre de son Requten deux c. de b., 
et la partition de Tiius contient des soli pour 
ce m&me instr.; Mendelssohn encore a ecrit 
deux morceaux pour clarinette et c de b. Le 
timbre en est, comme celui de la clarinette-basse, 
surtout dans le grave, sombre et doux k la fois.— 
H & anglais (alL hnglisch Horn; ital. corno 
mglese), nom que Ton donne a un module de 
bautbois grave, un hautbois-alto (en fa) 9 per- 
fectionnement de Yoboe di caccia tr6s r&pandu 
aux xvir* et xvm e s. Cf. Hautbois. — 4. C. de 
kutt (Nachthorn, Nachtschall, Pastorita), jeu 
d'orgue bouch&, dont le timbre offre g6n6rale- 
ment une certaine analogie avec celui de la flute 
creuse. Son usage tend k disparaltre ; il est le 
plus souvent de 2' et 4', plus rarement de 8'. 

Corbett, William, violoniste anglais, mem- 
bre de l'orchestre royal (Queen's band), v6cut 
del711 k 1740 en Italic (Rome), donnant des 
concerts dans les principales villes de la p£nin- 
sule et collectionnant des ceuvres et des instru- 
ments de musique. De retour k Londres, il re- 
prit sa place dans l'orchestre et mourut en 
1748. II l&gua au c Gresham College » sa collec- 
tion d'instruments avec un capital dont les in- 
terns devaient servir k r£tribuer le conserva- 



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teur du musee ainsi formk C. a 6crit et publie 
quelques ceuvres de musique instrumentale, 
pour le violon principalement 

Corda (ital.), corde ; tma c. (sur une corde) 
indique dans la musique de piano l'usage de la 
p6dale douce (p&dale de transposition, v. ce 
mot) ; due corde (avec deux cordes), autrement 
dit la p&dale a moitte abaissee ; ire corde ou 
tutte le corde (trois cordes ou toutes les cor- 
des), sans la pMale douce. 

Cordans, Bartolombo, n& k Venise en 1700, 
m. k Udine le 14 mai 1757, compositeur des plus 
ftconds, entra fort jeune dans l'ordre des Fran- 
ciscains qu'il put cependant quitter plus tard, 
gr&ce k une dispense du pape. G. fit represen- 
tor toute une s6rie d'op£ras k Venise, mais le 
succ&s fut si mediocre que l'auteur accepta en 
1785 le poste de maltre de chapelle de la cathe- 
drale d'Udine. II Scrivit alors un nombre inoui 
d f ceuvres de musique d*6glise, et, quoique G. 
lui-m&me ait c£d£ une quantite de ses manus- 
crits k un artificier pour la confection de fusses, 
il nous reste plus de 60 Messes et de 100 
psaumes, dont une partie pour double-choeur, 
et d'innombrables motets. 

Cordelia, Giacomo, f6cond compositeur ita- 
lien, n6 k Naples le 25 juil. 1786, m. dans la 
m&me ville le 8 aoftt 1846 ; fiive de Fenaroli et 
Paesiello, chef d'orchestre de theatre, second 
directenr de la chapelle de la cour et professeur 
de conser\ r atoire, a Naples. D a Scrit pour sa 
Wile natale 17 operas, quelques cantates et 
beaucoup de musique d'6glise. 

Corder, Frederick, compositeur anglais de 
talent, n6 k Londres le 26 janv. 1852, entra 
d'abord dans le commerce, puis devint 61&ve 
de c R. Academy of Music », regut le prix de la 
fondation Mendelssohn et continua ses Etudes 
musicales sous la direction de Ferd. Hiller, a 
Cologne. A son retour en AngleJterre, il fut 
nomme chef de l'orchestre de V « Aquarium •, k 
Brighton, dont il cr£a la renomm£e. 11 faut citer 
parmi ses ceuvres : Une tempSte dans wne tasse 
de the (op£rette; 1882); Nordisa (op6ra en 8 
acles; 1887); Prospero (ouverture; 1885); La 
fiancie de Triermain (cantate; 1886); Lepee 
cCArgantyr (cantate; Leeds, 1889); The mins- 
trels curse (ballade d£clam6e avec orchestre; 
1888) ; Suite roumaine (1887) ; Danses roumai- 
nes pour piano et violon (1883), etc. 

Cordes. On a coutume d'appeler simplement 
c. ou instr. a c. tous les instr. dans lesquels le 
son est produit par la vibration de c. tendues, et 
plus sp^cialement (mais a tortj le groupe de ces 
instr. qui fait partie de l'orchestre, le quatuor 
k archets. Gf. instruments. Les c. de nos instr. 
sont ou des c. de boyau, fabriqu£es surtout avec 
des boyaux tordus d'agneau, ou des c. de mital 
(autrefois en laiton, en cuivre ou aussi en fer 
forge, de nos jours presque exclusivement en 
fonte d'acier). Ges deux especes de cordes pen- 
vent £tre artificieliement alourdies pour donner 
des sons graves, sans avoir la longueur que 
n^cessiterait r^ellement la production de ces 
sons, elles sont alors dites : c. fitees; on enroule 
pour cela autour des c. de metal un fil de cui- 

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168 



GORDIER — CORNET 



vre assez gros et scire, aotour des c. de boyaa 
an fll d'argenl ou aussi de cnivre. On se sert 
en outre de c. fiiees argent sur soie, poor la 
guitare, la cithare, etc. 

Cordier, nom que Ton donne a la piece de 
bois 4 laquelle sont fixees lea cordes des instru- 
ments 4archet, 4 l'extremite oppoeee 4 la tou- 
che. 

Corelli, Arcangelo, Tun des plus anciens vir- 
tuoses du violon, compositeur d'oeuvres deve- 
nues classiques pour son instrument, n£ 4 Fu- 
signano pr^s d'Imola en ftvr. 1658, m. 4 Rome 
lel8 janv. 1713, 616ve de Matteo Simonelli (con- 
trepoint) et de Giov.-B. Bassani (violon). On ne 
possede que peu de renseignements sur sa jeu- 
nesse ; il doit avoir occup6 vers 1680 un poste 
de musicien 4 la cour de Munich. D s'etabliten 
1681 4 Home, oh il trouva en la personne du 
cardinal Ottoboni un ami et un m£c£ne intelli- 
gent; C. v4cut jusqu*4 sa mort dans le palais du 
cardinal. On cherchad attirer G. 4 Naples; il 
se d4cida enfln 4 accepter l'invitation qu'on lui 
avait faite 4 reiterfes fois et joua 4 la cour, mais 
l'exactitude de son jeu ayant une ou deux fois 
laiss6 4 desirer, G. s'imagina avoir fait fiasco 
et rentra aussitdt 4 Borne, dans un 6tat de 
grande surexcitation. Plus tard, il fut pour un 
certain temps rel6gu6 au second plan par un 
violoniste mediocre , nomme Valentlni, et il 
tomba dans un etat de meiancolie maladive. 
Ses ceuvres, tr6s importantes au point de vue 
du d£veloppement des formes de la musique 
instrumental, sont les suivantes : 48 Senate a 
tre pour deux violons, en quatre reeueils de 
douze sonates chacun (1683-1694); la troisidme 
partie est representee dans Top. 1 par une basse 
d'orgne, dans Top. 2 par un violoncelle et une 
basse de viole ou clavecin, dans Top. 3 par une 
basse de luth (arclliuto) et une basse d'orgue, 
dans Top. 4 par une basse de viole ou clavecin; 
— 12 sonates 4 deux voix (op. 5) pour violon et 
basse de viole ou clavecin (1700), qui eurent cinq 
Editions jusqu'en 1799 et furent arrang&es en 
Concertigrossi par Geminiani (il en parut aussi 
k Amsterdam une edition pour deux fltites et 
basse); — enfin la derni^re etla plus considera- 
ble de ses oeuvres (op. 6) : douze Concertiffrossi 
pour deux violons et violoncelle soli (concertino 
obligate), deux parties de violon, une d'alto et 
une de basse comme accompagnement et pou- 
vant etre doubiees (concerto grosso). Les 48 so- 
nates, op. 1-4, et les Concertigrossi, op. 6, pa- 
rurent 4 Londres cbez Walsh, en deux volumes 
revus par Pepusch ; Chrysander et Joachim ont 
donne une edition complete (op. 1-6, Augener, 4 
Londres) soigneusement revue, dans laquelle 
les sonates de Top. 5 sont notees avec tous les 
ornements et les passages que C. lui-meme y 
ajoutait 4 rex6cution, d'apres une ancienne 
edition d'Amsterdam. Quelques sonates de Top. 
5 ont ete editees separement par Alard, David, 
Leonard, etc. (Foties d'Espagne, etc). 

Cornelius, Peter, ne 4 Mayence le 24 dec. 
1824, m. dans la m^rae ville le 25 oct. 1874; pro- 
che parent du ceiebre peintre du m£me nom, 
s'etait d'abord destine au theatre, mais apres 



une tentative malbeureuse comme acteur dra- 
matique, il se voua resolument 4 la musique. B 
travailla le contrepoint 4 Berlin, de 1845 4 1850, 
sous la direction de Dehn. En 1852, il se rendit 
aupres de Liszt, 4 Weimar, et devint, dans la 
Neue Zeitschrift fur Musih, Tun des plus ar- 
dents protagonistes de l'ecole neo-allemande. 
Un opera-comique de sa composition, Der Bar- 
bier von Bagdad , fut represente en 1858 4 
Weimar, mais il n'eut aucun succes aupres du 
public; Liszt qui tenait cette oeuvre en grande 
estime, fut si desappointe, dit-on, de son 
insucces, qu'il quitta Weimar. G. se rendit 4 
Vienne, d'ou il suivit Wagner en 1865 4 Mu- 
nich; il fut alors nomine professeur 4 FEcole 
royale de musique de cette ville. Un nouvel 
opera, le Cid, fut execute 4 Weimar en 1865. 
Le troisieme Gunltid (livret tire de < l'Edda •), 
reste inacheve, fut instrumente par G. Hofif- 
bauer et Ed. Lassen, donne 4 Weimar en 1891 
et 4 Strasbourg en 1892. Ge sont ses petite* 
oeuvres vocales qui sont les plus connues: 
des Jieder (Brautlieder t Weihnachtslieder) 9 des 
duos, des choeurs mixtes et des choeurs dTiom- 
mes. Une certaine preciosite dans la march* 
des voix et quelque 4prete dans les enchalne- 
merits harmoniques caracterisent la plupart des 
compositions de C. et s'opposent 4 leur diffu- 
sion. G. a ecrit lui-meme le texte de ses operas- 
et celui de la majeure partie de ses lieder; il a 
m£me publie un volume de vers, Lyrische Poe* 
sien (1861). Le « Barbier de Bagdad i a ete 
donne recemment avec succes sur plusieurs 
scenes allemandes (Gobourg, Hambourg, etc.). 
Gf. la biographie de C. par Ad. Sandberger 
(1887). 

Cornemuse, (itaL cornamwa), ancienne 
forme italienne du chalumeau, dont le tuyau 
etait bouche, en sorte que les ondes sonores de- 
vaient se propager par les trous ; cf. bassankllo. 
On emploie aussi frequemment, mais 4 tort, le 
mot c. pour musette (v. ce mot). 

Cornet, Julius, chanteur scenique et direc- 
teur de theatre, ne 4 Santa Candida (Tyrol ita- 
lien) en 1793, m. 4 Berlin le 2 oct. 1860, eieve de 
Salieri, 4 Vienne, se rendit ensuite en Italie 
pour y achever ses etudes musicales. II fit fu- 
reur pendant un certain temps, comme tenor,, 
puis entreprit avec Mtthling la direction du 
theatre de Hambourg, qu'il dut cependant aban- 
donner en 1843, apres le grand incendie de la 
ville. 11 fut appeie peu de temps apr£s 4 la di- 
rection de FOpera imperial de Vienne, mais 
comme il ne pouvait supporter aucun supe- 
rieur, il se retira bien vite. Engage dej4 comme 
directeur du « Viktoria-Theater > qui etait en 
construction 4 Berlin, il mourut avant Tacheve- 
ment du b4timent G. est l'auteur d'un ouvrage 
excellent surl'opera en Allemagne, Die 0p<$rm 
Deutschland ; il a fourni des adaptations alle- 
mandes tres habiles de la Muette de Portici^ de 
Zampa et du Brasseur de Preston. 

Cornet, (c.-4-d. petit cor; ital. cometto, all. 
Kornett). 1. Terme frangais correspondant 4 
cometto (all. Zink), v. ce mot. — % Dans l'orgue: 
a) Jeu d'anche, inusite de nos jours, imitant le 



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CORNET — CORRI 



169 



son da cometto (v. ce mot); il est de 8', ou, sous 
le nom de Cornettino, de 4' et de 2', ou encore, 
boos celui de Grand cornet, de 16'. Le son du 
a a quelque analogie avecun mugissement; on 
ne fait pins usage que des c. de 2* et de 4* au 
pedalier. b) Jeu compost, le plus souvent de3 a 
5 rangs de tuyaux, adapts dans la r£gle a un 
jeu de ff et rarement a an jeu de 4'. Le c. se dis- 
tingue de la mixture par la tierce (son 5 de la 
slrie harmonique) qui lui donne son caractdre 
special II donne toujours la $6rie naturelle, 
continue des harmoniqucs, commen$ant lors- 
qu'il a cinq rangs par la fondamentale, lorsqu'il 
en a quatre par l'octave, lorsqu'il en a trois par 
la douzteme et s'arr&tant toujours sur la dix- 
septi&me. D existe a Heilbronn un c a six rangs, 
mais il ne commence qu'4 la double octave 
(sur ut\ par ex., trt 3 , mt 3 , to& 9 ttf 4 , m&,$ol 4 ). — & 
c a pistons (all. Ventilkornett), instr. a vent en 
cuivre dont le diapason est encore plus aigu 
que celui de la trompetle; il est issu de l'ancien 
e. de poste auquel on a adapts le m£canisme 
des pistons. L'lchelle naturelle du cor, cellede 
la trompette et celle du c. en ut sont a une oc- 
tave de distance l'une de l'autre (le son 1 ne 
parle pas, Slant donne le petit diam&tre du 
tuyau) : 

£L 

-& — 



Cornet: 
Trompette : 
Cor: 



m 






autrement dit: si Ton notait la musique de c 
d'apr£s le m6me principe que celle de cor et de 
trompette, le c en ut sonnerait une octave au- 
dessus de la note 6crite, tandis que la trompette 
en ut donne exactement la note Scrite et le cor 
en ut (grave) sonne une octave au-dessous de la 
note ecrite. Mais au lieu de cela, on note 1*6- 
chelle du c. une octave plus haut, ainsi leg notes 
suivantes donnent, sur les trois instruments 
d§j4 cit6s, exactement le m&me son: 



Notation : 



Effet r£el: 



m 



J2~ 



te 



( Cor Trompette Cornet 
en sfy (grave) en sty (grave) enaij? 

toutefois ce $tj? 8 est le son 16 du cor, le son 8 
de la trompette et le son 4 du c. On emploie 
figalement pour la petite trompette en sty (aigu), 
en usage aujourd'hui, la notation ditede cornet. 
Si Ton fait exception de la haute virtuosity, le 
c ne monte pas plus haut que la trompette, mais 
1'intonation en est plus facile et plus stire. On 
ne construit plus de c de nos jours, que dans le 
ton de sip (avec un corps de rechange pour le 
ton de la). Get instrument, que son timbre vul- 
gaire devrait faire bannir entterement de l'or- 
chestre symphonique, doit &tre en tous cas r£- 
servS pour des effets sptaiaux. 



Cometto (ital. = cornet ; all. ZmA,*lat. littms, 
liticen). 1. Ancien instr. & vent, aujourd'hui to- 
talement disparu, appartenant, d'apr&s le sys- 
t&ne de production du son, a la m6mecat6gorie 
que nos cors, trompettes, trombones, etc., c.-a-d. 
qu'il n'a pas d'anche, mais une embouchure en 
forme de bassin contre laquelle rinstrumentiste 
applique les tevres; d'autre part ce n'est pas un 
instr. de cuivre, mais un instr. de bois, dont le 
tuyau est pourvu de trous. L'embouchure du c. 
6tait en ivoire ou en bois dur et n'avait qu'un 
trou de quelques millimetres de diam&re. Les 
petits modules de c. ttaient droits (c diritto, & 
embouchure appliqu£e ; c. muto, a embouchure 
vissee, avec une Vendue commune de IcP a to 4 ; 
corneitino [all. Quar£?mfc],accord£ala quarte 
supSrieure et allant de rfi a soP), ils portaient 
aussi le nom de o. « blancs » pour les distinguer 
des c. plus grands, recourb£s, dils « noirs ». Ces 
derniers, composes de deux pieces distinctes, 
collees l'une 4 l'autre et recouvertes de peau, 
6taient 6galement de deux sortes ; le c. curto 
(de m&ne Vendue que le c. diritto) et le c. 
torto {cornone, de r& a rd 4 ) qui avait un bocal 
en forme d'S, analogue 4 celui du basson, et 
qui se tranforma dans la suite en serpent. Les 
c jouaient au xvi* et au xvn« s. un tres grand 
rdle, mais leur origine remonte beaucoup plus 
haut, sous la forme du c. droit, et leur usage se 
maintint chez les « Stadtpfeifer » jusque dans 
le courant duxvm* s. Le timbre du c. diritto est 
clair, pergant, celui du c. muto plus doux et ce- 
lui des c. graves (Basszinhen) rude et cornant 
— 2. Dans l'orgue, v. cornet 2. 

Corno (ital), cor; c. da caccia, cor de chasse; 
c. di bassetto, cor de basset ; c. inglese, cor an- 
glais; etc. 

Cernon, 1. (ital. cornone). Grand module de 
cometto recourb6 (v. cornetto). — 2. Instr. & 
vent en cuivre, de perce tr& large, invents et 
construit en 1844 par Cerveny. 

Cornopean, ancien nom anglais du cornet, se 
rencontre dans certaines orgues anglaises 
comme jeu d'anche de 8'. 

Corona (lat. et ital.), point d'orgue (v. ce 
mot). 

Corps de rechange (all. Stimmbogen), dans 
les instr. a vent en cuivre, naturels, tuyaux 
suppl£mentaires que Ton peut facilement et 
rapidement adapter au tuyau principal et qui, 
allongeant ce tuyau, changent la hauteur de la 
s6rie harmonique. L'usage des c. de r. per- 
met done de se servir sur les instr. naturels 
de la plupart des tonalites usitees. 

Corri, Dombnico, n6 a Rome le 4 oct. 1744, m. 
k Londres le 22 mai 1825; Sieve de Porpora, ar- 
riva & Londres en 1774 et y Scrivit deux operas: 
Alessandro nell'Indie et The Travellers. Sa 
fille Spousa Dussek avec lequel C. fonda en 
1797 une maison d'Sdition musicale, qui fit fail- 
lite quelques annSes plus tard. II a compose 
une quantity de romances, de rondos, d'airs, de 
sonates, etc. et Scrit de plus les ouvrages sui- 
vants : The singer's preceptor (1798), The an 
of fingering (1799), Musical grammar et un 
Musical dictionary. 



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170 



CORSI — GOULE 



Corsi, Jagopo, gcntilhomme florentin vivant 
vers 1600, Tun des hommes dont le nom reste 
etroitement uni A l'histoire des debuts de l'op6ra 
(t. ce mot), amateur enthousiaste et 6claire. Son 
palais, comme celui de son ami, le comteBardi, 
6tait le lieu de rendez-vous des Peri,Caccini,Gali- 
lee, etc., les createurs du nonveau style musical 

Corteccia, Francesco-Bernardo di, n£ a 
Arezzo, m. A Florence, ou il £tait maitre de cha- 
pelle de la cour et chanoine de l'6glise S. Lo- 
renzo, le 7 juin 1571. Parmi ses ceuvres, des 
madrigaux (l« r livre, 1544), des cantiques, et de 
la musique de fdte pour le manage de Cosme I 
de M6dicis nous sont parvenus imprim&s; un 
kyrnnarium est reste manuscrit; quantity d'au- 
tres choses sont 6gar6es. 

Cossmann, Berkhard, violoncelliste de pre- 
mier ordre, ne A Dessau le 17 mai 1822, 616ve de 
Drechsler dans sa ville natale, puis de Theo- 
dore Mtiller (1837-1840, A Brunswick) et de 
Rummer (1840, A Dresde). II entra en 1840 dans 
l'orchestre des Ilaliens A Paris, puis en 1847 
dans celui du Gewandhaus A Leipzig, ou il sui- 
vit les cours de composition de M. Hauptmann. 
En 1849, il etait A Londres, en 1850 A Weimar 
(sous la direction dq Liszt), en 1866 a Moscou 
comme professeur de violonceile au f onserva- 
toire, de 1870 A 1878 A Baden-Baden sans situa- 
tion offlcielle. II est depuis lors professeur de 
violoncelle au Conservatoire Hoch, A Francfort 
s. M. C. est non seulement un virtuose, mais un 
bon violoncelliste de quatnor. 

Costa, 1. Michele, remarquable compositeur 
d'op6ras, ne A Naples le 4 fevrier 1810, m. A 
Brighton le 29avr. 1884: £l£ve de son p£re Pas- 
quale (I, de son grand-p&re, Tritto, et de Zinga- 
relli, remporta ses premiers succ&s de composi- 
teur sur les thMtres de Naples. II fut appel£ en 
Angleterre en 1829, par Zingarelli, dans le but 
dediriger A un festival de Birmingham une 
grande oeuvre de son maitre (le psaume Super 
flumina Babylonis), mais au dernier moment 
il dnt remplacer un t£nor absent A partir de 
cette 6poque, l'Angleterre devint sa seconde pa- 
trie; il fut depuis 1880 chef d'orchestre de thea- 
tre A Londres et £crivit lui-m^me plusieurs ope- 
ras (Malek Adhel; Don Carlo); en 1845, il ac- 
cepta la direction des concerts de la Society 
philjiarmonique ; en 1848 celle de la Sacred 
Harmonic Society. H dirigea r£guli6rement, A 
partir de 1849, les festivals de Birmingham et, a 
partir de 1858, les festivals HaendeL C. ceda A 
Richard Wagner la direction des concerts phil- 
harmoniques de 1854. II fut fait chevalier en 
1869 et nomine en J871, direcleur, compositeur 
et chef d'orchestre de « Her Majesty's Opera ». 
C. a ecrit plusieurs oratorios pour diff£rents 
festivals. — Son demi-fr&re — 2. Carlo, ne a 
Naples en 1896, m. dans la mdme ville en janv. 
1888, fut professeur de theorie musicale au Con- 
servatoire de Naples. , 

Cotta, Johaxn, ne a Ruhla (Thuringe) le 24 | 
mai 1794, m. A Willerstedt pres Weimar, oft il I 
£tait pasteur, le 18 mars 1868 : auteur d'un 
chant allemand devenu tres populaire : « Was 
ist des Deutschen Vaterland i » 



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Cotto (Cotton; Cottowius), Johannes, mu- 
sicographe, v£cut A la fin du «• et au commen- 
cement du xn« s. Son traits, Episiola Johannis 
ad Fulgentium, contient d'importantes notices 
sur les debuts de la notation musicale, de l'or- 
ganum, de la solmisation, etc (reproduit dans 
Gerbert, Scriptores II). 

Cottrau, Guillacme-Louis, n6 A Paris le 9 
aotit 1797, m. A Naples, oft il avait vecu depuis 
1806, le 31 oct 1847, compositeur populaire de 
can zone It e napolitaines (Liszt fit usage de plu- 
sieurs d'entre elles dans Venezia e Napoli).Se& 
fils, TnfeODORE (n£ A Naples le 27 nov. 1827) et 
Giulio (n6 A Naples en 1886) parvinrent A une 
grande popularity dans ce mtoe domaine. 
Th&odore est l'auteur de Santa Lucia et de 
Addio mia bella Napoli; Giulio remporta ses 
plus grands succes avec un op&ra, Griselda (Tu- 
rin, 1878). 

Coney, Regnault, chdtelain de, troubadour 
du xii* &, fit la troisi&me croisade sous la con- 
duite de Richard Cceur-de-Lion et mourut en 
1192. En expirant, il ordonna A ses fibres d'ar- 
mes de porter son coeur A la dame de ses pen- 
s6es;mais le mari jaloux saisit l*6trange envoi, 
fit griller le coeur et le servit A son 6pouse, qui 
mourut de chagrin lorsqu'elle apprit plus tard 
ce qu'elle avait mange. Telle est du moins la 1£- 
gende du « Ch&telain de C. et dame de Faiel. » 
Un certain nombre de chansons (24) de C, con- 
serves A la BibliothequeNationale a Paris, sont 
parmi les plus anciens monuments de la mu- 
sique occidentale. Elles ont et£ re£dit£esenl880 
par Francisque Michel ; les textes sont soigneu- 
sement revus d'apr£s les difiterents manuscrits 
et les m&lodies reproduites simplement dans la 
notation originate. 

Gould, 1. Terme servant A designer dans l'an- 
cienne musique francaise de clavecin (par ex. 
dans les ceuvres de Hameau, 1731), l'appoggia- 
ture longue (seconde sup^rieure) qu'exige le 
signe <*; le c. est done identique A la chute 
ou A ' l'accent sup6rieur. La tierce coutte. 
autrefois tres repandue, etait un ornement ana- 
logue mais execute du grave A l'aigu et m.te 
comme suit : 

ou : execution : 



m 



^py 



fi 



2. (all. Schleifer). Ornement consistant dans la 
succession rapide d'une s£rie diatonique de 
deux ou plusieurs sons, allant dans la r&gle du 
grave A l'aigu et precedant la note principale. 
Le c. est maintenant toujours note en entier, en 
petites notes. Ex.: 



•-*=: 



m 



$±. 



ttt 



^ 



Execution : 



**£#. 




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COUP D ARCHET 



COURANTE 



171 



U existe cependant poor le c un eigne d'ahrfr- 
vialion que Ton rencontre encore frequemment 
dans les ceuvres de Baeh : 



Execution : 




& On donne encore le nom de c. & la figure mu- 
sicale que produit la liaison de deux notes de 
hauteur diflerente, dont la premiere est accen- 
luee, la seconde non-accentu6e : 




Coup d'archet (all. Bogenfiihrung, Bogen- 
strich, Strich), nom que Ton donne aux diver- 
ges formes que rev&t le maniement de l'archet, 
dans le jeu des instr. A archet On tient en ge- 
neral l'archet de la main droite ; les mouve- 
ments qu'on lui .imprime ont pour le jeu une 
importance au moins 6gale & celle du doigt6 
que l'autre main execute, pour fixer la hauteur 
des sons au moyen du raccourciseement des 
cordes. La puret6 du son en ce qui concerne sa 
hauteur relative depend du doigt£,presque tout 
le reste, c-4-d. la douceur oula durete, 1'expres- 
sion, l'articulation, dependent des c d'a. On di- 
vise tons les c d'a. en deux grandee categories: 
le tire (du talon & la pointe ; all. Herunlerstrich) 
et le pousse (de la pointe au talon ; all. Hinauf- 
strich). Les melhodes d'instr. 6 archet et les re- 
cueils d etudes indiquent exactement les c. d'a., 
au moyen des signes suivants: |"~ ' (talon) d6- 
signe le tire: v (pointe) d£signe le pousse. 
Tons les autres systemes d'abrSviations — par 
ex: a tir£, v pousse; |__j pousse, [~~| tir6; ou 
encore indiff&remment L J et , ] pour le pous- 
se, a et v pour le tir£ — devraient etre s6v6- 
rement bannis, en tant que sources multiples de 
confusions. 

Couperin, nom de famille de toute une serie 
d'excellents organistes de St-Gervais, a Paris. 
Les CL sont originates de Chaume en Brie ; il 
taut noter d'abord les trois freres : — 1. Louis, 
ne en 1680, m. en 1665, 6tait organiste de St-Ger- 
vais et « dessus de viole » dans la chapelle de 
Louis Xm ; il a laiss6 des pieces de clavecin, 
manuscrites. — 2. Charles, n6 le 9 avr. 1688, 
organiste remarquable, occupa aussi le poste 
de St-Gervais et mourut dijA en 1669. — 8. 
Francois (sieur de Crouilly), ni en 1681, m. en 
1698, Sieve de Chambonnieres pour le clavecin, 
organiste de St-Gervais; auteur de Pteces <T ar- 
gue consistantes en deux messes, etc. — 4. Fran- 
cois, dit C. lb Grand, fils de Charles C„ n6 a 
Paris le 10 nov. 1668, m. en 1733; avait a peine 
one ann&e lorsque son pere mourut Un ami 
de ce dernier et son successeur au poste d'orga- 
niste, Jacques Thomelin, fut son maitre. II suc- 
ceda & son tour, en 1698, A C. 3 comme orga- 
niste de St-Gervais; en 1701, il fut en outre ap- 
pel& aux fonctions de claveciniste de la chambre 
et organiste de la chapelle du roi. Ses deux 



filles furent 6galement d'excellentes organistes : 
Marianne, qui entra au convent et devint orga- 
niste de l'abbaye Montbuisson, et Marguerite- 
Antoinette, claveciniste dela chambre du roi. 
Les oeuvres de C. occupent une place impor- 
tante dans l'histoire de la literature du piano : 
elles sont, il est vrai, surcharge's & l'exc^s d'a- 
gr&ments de tons genres et manquent totale- 
ment de grandeur, mais elles sont par U-meme 
caract&ristiques pour l'ancienne 6cole franc&ise 
du clavecin, dont le style est directertent issu 
de celui du luth. J.-S. Bach a souvent pris C. 
pour modele, dans ses jeunes annexes, surtout 
dans la maniere de traiter les formes de danse 
franchises (la courante tout specialement). C. a 
! ecrit : quatre livres de Piices de clavecin (1718, 
1716, 1722, 1780; le 8»« livre contient en outre 
quatre concertos) ; Lart de toucher le clavecin 
(1717); Lee gouts reunis (nouveaux concertos, 
plus un trio : L'Apothiose de Corelli, 1724) ; 
ApotfUose de I 'incomparable L. (Lully); Trio* 
pour deux dessus de violon, basse d'archet et 
basse chiffree; Legons des tSnSbres. Joh. 
Brahms a publie (Augener, & Londres) une 
nouvelle edition des quatres livres de Piices 
de clavecin (sans les concertos).— 5. Nicolas, ne 
& Paris le28 dec. 1680, fils de Francois C. I'a!n6, 
m. en 1748, comme organiste de St-Gervais. — 
6. Armand-Louis, fils du precedent, n A & Paris 
le 25 fevr. 1725, m. en 1789; organiste distingue^, 
mais compositeur de moindre valeur. Lui aussi 
fut organiste de St-Gervais, mais remplit en 
meme temps les fonctions d'organiste de la 
Ste-Chapelle du Louvre, de St-BartheJemy, de 
Ste-Marguerite, et fut un des quatre organistes 
de Notre-Dame. II £tait consider^ comme une 
autorite en matiere de facture d f orgue. Sa 
femme, Elisabeth-Antoinette, nee Blanchet, 
6tait egalement une claveciniste et une orga- 
niste remarquable. — 7. Pierre-Louis, fils du 
prudent, supplea fr&juemment son pere dans 
ses diverses fonctions d'organiste, mais mou- 
rut dejd la meme annee que lui (1789). — 8. 
Franqois-Gervais, encore un fils d' Armand- 
Louis C. ; le dernier des C. organistes de St- 
Gervais, succeda du reste & son pere dans tou- 
tes ses fonctions, mais ne meritait point tant 
d'honneurs; il 6tait mediocre organiste et com- 
positeur sans valeur. II vivait encore en 1828. 

Couplet, terme correspondant en musique & 
celui de strophe en poesie (lorsque plusieurs 
strophes sont chanties sur une m&ne melodie): 
6tait aussi dans l'ancienne musique synonyme 
de variation, retour orn6, agremente du theme 
principal (par ex. dans les rondos, passecail- 
les, etc. de Couperin). Le mot lui-meme, un di- 
minutif de c couple », provient sans doute des 
anciennes danses chanties, dans lesquelles le 
solo de danse alternait avec la ronde, le solo 
de chant avec le tutti (refrain). 

Gouppey, v. Lecouppey. 

Courante (ital. corrente), ancienne forme de 
danse k mesure ternaire, introduite dans la 
suite. Elle est caracterisee par des figures ra- 
pides en notes egales ; c'est du moins son as- 
pect chez les Italiens (Corelli), tandis que les 



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172 



COURVOISIER 



CRAMER 



Frangais et les Allemands lui ont donn£ un ca- 
ract&re plutdt passioning 

Courvoisier, Karl, violoniste et compositeur, 
n6 k B&le le 12 nov. 1846, Stait primitivement 
destine k la carrtere commerciale, mais entra 
en 1867 au Conservatoire de Leipzig corame 
616ve de Roentgen et de'David, puis se perfec- 
tionna de 1869 k 1870, k Berlin, sous la direction 
de Joachim. Aprds avoir fait partie pendant 
quelque temps de l'orchestre du « Thaliathea- 
ter>,a Francfort s/M. (1871), il sevoua dans 
cette m&me ville a la direction, tout en Mudiant 
le chant avec Gust. Earth. H fut nomm£ en 1875 
directeur de l'orchestre de la ville de Dusseldorf, 
mais reprit d6ja Fannee suivante la carriere du 
professorat et la direction chorale. En 1885, il 
alia se fixer k Liverpool, oil il enseigne parti- 
culterement le chant. G. a public un ouvrage : 
Die Violmtechnik, qui jouit d'une grande re- 
putation, et une m£thode de violon ( Augener, 
k Londres). Parmi ses oeuvres, il faut noter 
surtout une symphonic et deux ouvertures de 
concert ex£cut6es avec succes; un concerto de 
violon est encore manuscrit Seules, des oeuvres 
de moindres dimensions ont 6t6 gravies. 

Coussemaker, Charles-Edmond-Henri de, 
n6 k Bailleul (Nord) le 19 avr. 1805, m. k Bour- 
bourg le 10 janv. 1876 : fit ses Etudes de droit, 
k Paris, et travailla en mdme temps la musique 
sous la direction de Pellegrini (chant), de Payer 
et de Reicha (harmonic). II 6tudia ensuite k 
Douai, od il fit ses d&rats comme avocat, le 
contrepoint avec Victor Lefebvre. H essaya 
d'appliquer k la composition les connaissances 
musicales ainsi acquises et s'adonna aux gen- 
res les plus divers : Messes, fragments d'operas, 
Ave, Salve regina, etc. ; toutes ses oeuvres res- 
terent manuscrites, k l'exception dc quelques 
recueils de romances. Engage dans une nouvelle 
vole par la Revue musicale que redigeait Fetis, 
C. se mit k faire des Etudes d'histoire musicale 
et voua une attention toute sp6ciale au moyen 
kge ; il devint alors, grkcek ses qualitesdecher- 
cheur infatigable, Tun des historiens musicaux 
les plus meritants de notre temps. II n'en con- 
tinua pas moinscependant sa carriere juridique 
et devint successivement juge de paix k Ber- 
gues, juge au tribunal de Hazebrock, fonction- 
naire k Cambrai, puis juge a Dunkerque et k 
Lille. Ses principaux travaux d'histoire musi- 
cale sont les suivants : M&moire sur Hucbald 
(1841) ; Histoire de Vharmonie au moyen Age 
(1852) ;Drames liturgiques dumoj/endge(18tiO); 
Les harmonistes des XII 9 et XIII 9 siecles 
(1865); Vart harmonique aux XII 9 et XIII 9 
siicles (1865) ; (Euvres completes d Adam de la 
Halle (1872) ; enfin une magnifique anthologie 
en quatre forts volumes in-folio : Scriptores de 
musica medii aevi (suite des Scriptores de 
Gerbert ; 1866-1876). n faut noter en outre : No- 
tices sur les collections musicales de la biblio- 
thdque de Cambrai et dautres villes du depar- 
tement du Nord (1848) ; Essai sur les instru- 
ments de musique au moyen age (dans les 
« Annales archeologiques » de Didron; nom- 
breuses planches) ; Chants populaires des Fla~ 



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mands de France (1856); etc. C. etait membre 
correspondant de l'lnstitut de France. 

Cousser, v. Eusser. 

Coutagne, Jean-Paul-Henry, n£ k Lyon en 
1846, m. dans la m£me ville en janv. 1896, m6de- 
cin legiste de profession, s'occupa de musique 
dqrant toute sa vie et publia cTinteressanfes 
Studes : Les drames musicaux de Richard 
Wagner el le thddtre de Bayreuth (1892), Gas- 
pard Luiffoprougcar (v. ce nom) et les luthiers 
lyonnais du XVI 9 $. (1893). Un ouvrage consi- 
derable sur la musique a Lyon pendant le 
moyen age et la Renaissance est rest£ inacheve 
(manuscrit). Comme compositeur, G. a fait en- 
tendre, sous le pseudonyme de Paul Claes, plu- 
sieurs oeuvres instrumentales, inedites. 

Coward, James, organiste anglais de renom, 
n6 k Londres le 25 janv. 1824, m. dans la m6me 
ville le 22 janv. 1880; organiste du c Crystal Pa- 
lace » des son ouverture, fut de 1864 k 1872 di- 
recteur de la « Western Madrigal Society », con- 
duisit l't Abbey-Glee-Club » et le ■City-Glee- 
Club » et fut de plus organiste de la « Sacred 
Harmonic Society » et de la Grande loge des 
francs-macons. D est l'auteur d'un certain nom- 
bre d'anthems, glees, madrigaux, morceaux de 
piano, etc. 

Cowen, Frrderio-Hvmkn, n6 k Kingston en 
Jamaique le 29 janv. 185% etait k peine Ag6 de 
quatre ans, lorsque ses parents vinrent en An- 
gleterre pour lui faire donner par Benedict et 
Goss r&lucation musicale que reclamaient des 
dons aussi remarquables que pr&coces. De 
1865 k 1868, il continua ses etudes k Leipzig et 
k Berlin. TL fut nomm£ en 1882 directeur de 
l'Acad&nie de musique d'Edimbourg. C. a 6crit 
jusqu'd present: une op^rette, Garibaldi; trois 
operas : Pauline (1876, donn6 avec succes au 
t Lyceum Theatre »), Thorgrim (Londres, 1890) 
et Signa (Milan, 1893) ; des oeuvres chorales : 
Jhe Rose Maiden (1870), The Corsar (1876), 
Saint Ursula (Norwich, 1881), The sleeping 
beauty, Ruth (1887), I he Egyptian maid (Leeds, 
1892); une ouverture; cinq symphonies (dont 
Tune < scandinave, » l'autre « galloise » [n° iv], 
la v« en fa maj.) ; une suite d'orchestre : The 
language of the Flowers ; plusieurs oeuvres de 
musique de chambre. 

Cracovienne (Erakowiak), danse polonaise 
k */* qui, comme la mazurka et d'autres danses 
polonaises, hongroises ou tch&pies, est carac- 
t6ris6e par la frequente accentuation des temps 
faibles et Temploi r&t6r£ de la syncope / . =r . V 
EUe est enjou6e et gracieuse, plutot\ J~ J J^ ) 
que passionn&e. 

Cramer. 1. Karl-Friedrich, n6 k Quedlim- 
bourg le 7 mars 1752, m. k Paris le 8 dec 1807; 
6tait professeur a Kiel, mais perdit sa place en 
1794, pour avoir trop affich* ses sympathies 
pour la revolution francaise. C. a public plu- 
sieurs anthologies, pourvues ^introductions 
critiques (Flora, morceaux de piano et roman- 
ces ; Polyhymnia, operas rtduits pour le piano : 
Magazin fur Musik, 1783-1789); il a donne en 
outre une edition allemande des oeuvres de 
Rousseau et un aper$u historique : Kurze 

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GRAN'Z — CRESCENTIXI 



173 



Uebersicht der Geschichtc der franzosischen 
Musik (1786). —2. Wilhelm, violoniste remar- 
quable, ne k Mannheim en 1745 (on 1743), m. k 
Londres le 5 oct. 1799; eieve de Stamitz et de 
Cannabich, fit partie jusqu'en 1772 de la cha- 
pelle de Mannheim. 11 vecut ensuite a Londres, 
on il avait ete appeie comme chef d'orchestre 
de la cour et remplissait en mSme tempe les 
fonctions de concertmeister a rOpera, au Pan- 
theon, aox « Ancient Concerts » et aux « Profes- 
sional Concerts > ; il fat en outre premier violon- 
solo dans les festivals Haendel, de 1784 k 1787. 
(1 etait anssi trfcs estime comme soliste. — 8. 
Franz, n& k Munich en 1786, neveu du prece- 
dent, fut pendant de longues annees premier 
flutists de la chapelle de la cour k Munich. Des 
concertos, des variations, etc de aa composition, 
pour fhite, ont et£ graves. — 4. Johann-Baptist 
(Jkan-Baptiste), Tun des plus remarquables 
pianistes et pedagogues du piano de tous les 
temps, ne a Mannheim le 24 fevr. 1771, fils aine 
de Wilhelm C. (v. C. 2), m. k Londres le 16 avr. 
1858; eieve pour le piano de Schroter et de de- 
menti, qui Finitierent aux ceuvres des classi- 
ques, il fut pour la theorie presque entierement 
laisse k ses propres forces. D commen?a en 
1878 les toumees de concerts qui r£pandirent 
rapidement sa renomm6e de virtuose. Londres 
etait en somme pour lui une seconde patrie et 
c est \k qu*il venait toujours se reposer des fati- 
gues de ses nombreux voyages ; de 1832 k 1845 
settlement, il eiut domicile a Paris. En 1845, il 
se retira d£finitivement k Londres. II y avail 
fonde avec Addison, en 1828, une maison d* edi- 
tion musicale qui publia surtout des classiques 
etalatete de laquelle il resta jusqu'en 1842; 
cette maison de commerce est aujourd'hui en- 
core des plus florissantes, sous le nom de 
« C. et O ». Les oeuvres de C. (105 sonates pour 
piano, 7 concertos, 1 quintette et 1 quatuor avec 
piano, des variations, des rondos, etc.) sont 
presque entierement tomheesdans l'ouhli ; seule 
sa grande methode de piano, Orosse Pianofor- 
ie$ch%Ue,el plus specialement la 5»» partie de 
cette methode, les « 84 Etudes », a acquis une 
importance durable dans l'enseignement du 
piano. Ces etudes ne manquent pas d'un cer- 
tain souffle poetique et eieve, qui en rend le 
travail agitable pour reieve. Elles ont paru 
aussi separ£ment, comme op. 50, avec seize 
nouvelles etudes en plus ; Hans de Billow en a 
publie un choix de 50, puis de 60 (2 m# edition) 
chez Schott freres; 11. Riemann un autre choix 
de 52, en edition phrasee, chez Steingrceber; 
Ad. Henselt enftn a ajoute k un certain nombre 
d'entre elles une partie de second piano. II faut 
noter encore la Schule der Finger fertigkeit, op. 
100 (100 exercices joumaliers, formant la 2™* 
partie de la methode), trop pen repandue en 
depit de sa reelle valeur. 

Cranz, August, importante maison d'edition 
musicale a Hambourg, fondee en 1818 par Au- 
gcst-Heinrich C. (ne en 1789, m. en 1870). Le 
possesseur actuel Alwin C., ne en 1834, fils du 
precedent, reprit le commerce de son pere en 
1857, acheta en 1876 le fonds du grand editeur 



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iL 



\V 



viennois C.-A. Spina (Cf. Schheibeh) et cr6a de 
.plus, en 1888, une succursale (A. C.) k Bruxelfes. 

Craywinckel, Ferdinand-Manuel de, ne k 
Madrid le 24 aotit 1820, vit depuis 1825 k Bor- 
deaux, ou un eieve de Reicha, Bellon, s'etait 
charge de faire son education musicale. C. est 
un compositeur notable de musique d'eglise 
(six grandes Messes, un Stahat, des motets, des 
cantiques, etc.). 

Credo, (lat.), troisieme partie de la Messe, (v. 
ce mot). 

Crdmone, (Violons, violoncelles, etc. de C). 
On considere specialement comme instruments 
de C. ceux qui sortent des ateliers de lutherie 
des Amati, des Stradivari et des Guarneri; il ne 
faut pas oublier cependant que les Bergonzi, 
Guadagnini, Montagnana, Ruggieri, Storione et 
Testore sont egalement de C. Cf. Instr. a archet 

et VIOLON. 

Crequillon, (Crecquillon), Thomas, contra- 
pontiste du xvi* s., maltre de la chapelle de 
Charles-Quint a Madrid, vers 1544, fut plus 
tard chanoine k Namur, Terbonde et enfin Be- 
thune, oil il mourut en 1557. II fut un des plus 
grands maitres de la periode qui s^pare Josquin 
d'Orlandus Lassus. Un grand nombre de ses 
oeuvres (Messes, cantiones, etc.) nous ont ete 
conserves soit dans des editions speciales, soit 
dans des anthologies de l'epoque. 

Crescendo, (ital croissant), c-A-d. en aug- 
mentant graduellement de puissance. V. pour 
ce qui concerne l'emploi normal du c. dans 
Texpression musicale, les mots expression, dy- 
namique, phraser. Dans Torchestre, le c. s'ob- 
tient de deux manieres diflferentes, soit par 
Fadjonction d*un nombre toujours plus grand 
d'instruments, soit par le renforcement de la so- 
norite de chaque instrument La voix, les instru- 
ments a archet et k vent disposent entierement 
du c, ils ont m&me la faculte d'enfler un sen) 
son, autrement dit d'augmenter graduellement 
sa sonorite. Le piano par contre ne possede pas 
cette derniere qualite, le c. n'y est possible que 
dans une succession de sons, au moyen du ren- 
forcement de l'attaque. L'orgue etait autrefois 
totalement prive de c. autre que ceiui qu'on 
obtient en tirant un nombre toujours plus grand 
de registres, or ce c. ne se produisait pas in- 
sensiblement, mais par saccades. On a cherche 
de nos jours k remedier k eel etat de chosen de 
deux fa^ons : 1° au moyen de la « boite expres- 
sive* (v. ce mot); 2<> par un ingenieux meca- 
nisme, fonctionnant au moyen d'une pedale, 
qui met en jeu les divers registres de Torgue 
dans un ordre determine et eti nombre toujours 
plus grand. Le veritable c, comme celui de 
l'orchestre, est aujourd'hui encore absolument 
impraticable a Torgue; peut-6tre m6me est-ce 
un bien, car il enieverait au son de l'orgue sa 
majestueuse impersonnalite et inaugurerait 
rere du jeu d'orgue sentimental ou pathetique. 

Crescentini, Girolamo, Tun des derniers et 
des plus remarquables sopranistes (castrats) 
italiens, ne k Urbania pres Urbino (Etats de 
l'Egiise) en 1769, m. le 24 avr. 1846: debuta & 
Rome en 1783, puis fut engage successiveinent 

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174 



GRESSENT 



CROES 



k Livourne, Padoue, Venise, Turin, Londres 
(1786), Milan, Naples (1788-1789), Lisbonne, et 
Vienne (1805). Napoleon l'entendit 4 Vienne, lui 
confcra Tordre de la Gonronne de fer et le fit 
venir k Paris en 1806. H se retira tout k fait de 
la scene en 1812. Quatre ann&es plus tard, il se 
flxa a Naples et fut pendant de longues ann6es 
professeur de chant an « Real Collegio di mu- 
sica ». Fdtis le declare le plus grand chanteur 
que l'ltalie ait jamais possed&; il unissait k une 
voix d'un charme ideal, une virtuosity parfaite 
et un sentiment dramatique intense. (1 a 6crit 
un certain nombre d'oeuvres vocales d'un effet 
stir, et il a publie un recueil de vocalises 
(Raccolta di eserdqfper il canto, Paris 1811, et 
depuis lors frequemment r6£dit£) prec6d6 de 
remarques sur Tart du chant. 

Cressent, Anatole, n6 k Argenteuil (Seine-et- 
Oise) le 24 avril 1824, m. k Paris od il etait 
membre du barreau, le 28 mai 1870. G. etait plus 
qu'un simple amateur, en ce sens qu'il posse- 
dait une culture musicale tr^s Vendue, n 16gua 
par testament une somme de 100.000 francs — 
k laquelle ses heritiers en ajouterent 20.000 au- 
tres — pour l'institution d'un double concours, 
Concours C, entre poetes et musiciens pour le 
libretto et la musique d'un opera. Le prix, dont 
la valeur est determine par les intents du ca- 
pital, est deiivre tons les trois ans. Le premier 
ouvrage couronne fut un op6ra-comique, Ba- 
thylle (1875), de William Ghaumet. 

Cristofori (nomm£ aussi, a tort, Gristofali ou 
Cristofani), Bartolommeo, latinise en Bartho- 
lomaeus de Christophoris, inventeur du piano 
k marteaux ou, comme il l'appelait d6j&, piano- 
forte, n6 k Padoue le 4 mai 1655, m. k Florence 
le 17 mars 1781; fut facteur de pianos d'abord 
dans sa ville natale, puis k Florence (1690) et 
remplit en m&ne temps k partir de 1716 les 
fonctions de conservateur de la collection d' ins- 
truments de Ferdinand de M6dicis. Son inven- 
tion fut annonc£e et decrite dans le Giornale 
dei lilterati d Italia (1711) par le marquis Sci- 
pione Maffei ; cette meme description, traduite 
en allemand par Konig, parut en 1725 dans la 
Oritica musica de Matlheson et fut reproduce 
en 1767 dans la Musica mechanica organoedi 
d'Adlung. (Test ainsi sans doute que Gottfried 
Silbermann apprit k connaitre le systeme de G. 
et le perfectionna. La mecanique employee par 
G. etait, a part quelques ing^nieux perfection- 
nements plus recents, la meme que celle des 
Silbermann, Streicher, Broadwood, etc, la me- 
canique dite anglaise (cf. Piano). La ville de 
Florence organisa en 1876 une grande fete en 
Thonneur de G. et fit placer une plaque com- 
memorative dans la chapelle du couvent de 
Santa-Groce. 

Crivelli, 1. Arcanoelo, ne A Bergame, chantre 
de la chapelle pontificate (tenor) vers 1583, m. 
en 1610 ; auteur de nombre de Messes, psaumes, 
motets, etc. qui, k Texception de quelques mo- 
tets, resident manuscrits. — 2. Giovanni-Bat- 
tista, n^ a Scandiano (Modene), de 1629 k 1684 
maltre de chapelle a la cour du prince eiecteur 
de Baviere, en 1651 maltre de chapelle de 



by \j 



iL 



IC 



Francois I" de Modene, en 1654 maltre de cha- 
pelle de reglise Sainte-Marie Majeure k Ber- 
game; auteur de MoieUi concertati (1626) el 
Madrigali concertati (1683). — 8. Gaetano, ex- 
cellent chanteur sc£nique (tenor), ne k Bergame 
en 1774* m. k Brescia le 10 juil. 1836; chanta 
d'abord sur toutes les grandes scenes de lltalie, 
fit partie, de 1811 k 1817, du personnel du 
Theatre italien k Paris, chanta l'annee suivante 
k Londres, puis de nouveau en Italic. Quoique 
sa voix ffit des longtemps passee, il chanta 
jusqu'en 1829. Son fils Domenico, ne k Brescia 
en 1794, ecrivit un opera pour un theatre de 
Londres, et fut pendant quelques annees pro- 
fesseur de chant au « Real Collegio di musica*, 
k Naples, n vecut plus tard k Londres, oil il se 
voua k renseignement et publia une methode: 
The art of singing, etc 

Croce, Giovanni, ne k Ghioggia pr6s Venise 
(d'od son surnom « il Ghiozotto ») vers 1560, m. 
le 15 mai 1609; eieve de Zarlino, qui le fit entrer 
dans la chapelle vocale de reglise St-Marc, suc- 
ceda en 1603 k Donato, comme maltre de cha- 
pelle de la meme eglise. G. n'est pas settlement 
contemporain de Giov. Gabrieli, Tun des plus 
remarquables compositeurs de recole v6ni- 
tienne, il a avec lui une evidente parente 
intellectuelle. Les oeuvres de G. qui nous 
sont parvenues sont les suivantes : deux 
livres de motets k huit voix (1589-1590), dont 
le second fut reedite avec basse continue en 
1605, les deux r6unis en 1607; deux livres 
de madrigaux k cinq voix (1585-1588) ; Triacca 
musicale (1595 ■ Medecine musicale », ca- 
prices humoristiques de quatre k sept voix, 
contenant entre autres un concours entre le 
coucou et le rossignol auxquels le perroquet 
sert de juge ; madrigaux k six voix (1590) ; un 
quatrieme livre de madrigaux k cinq et six 
voix (1607); des Cantiones sacrae k huit voix 
avec continuo ; des canzonette k quatre voix 
(2« ed., 1595); Messes k huit voix (1596) ; des la- 
mentations k quatre et k six voix ; des impro- 
perie k quatre voix ; des psaumes k trois et a 
six voix; des motets k quatre voix- des magni- 
ficats k six voix ; des psaumes de vepres k huit 
voix; plus un certain nombre d'oeuvres deta- 
chees, parues dans les anthologies. 

Groche, (all. Achtet), note dont la valeur cor- 
respond au huitieme de la ronde (^, ou, lors- 
que plusieurs c. forment un groupe, avec un 
trait commun k la place des crochets J ^).L'an- 
cien nom de la c. etait fusa, dont la forme an- 

cienne $ se rencontre encore au debut du siecle 

O \ 

passe, avec la forme £ pour la noire. 

Crocheta, (lat) noire, v. ce mot et crotchet. 

Croes, Henri- Jacques de, baptise k Anvers le 
19 sept. 1705, m. a Bruxelles le 16 aoiit 1786 ; 
fut d'abord violoniste et en meme temps maltre 
de chapelle suppleant k reglise St-Jacob d'An- 
vers, puis il fut engage k Ratisbonne le 4 sept. 
1729 au service du prince de Tour et Taxis 
(probablement comme maitre de chapelle). 
Vingt ans plustard,il serendit ABruxellesoti il 

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CROFT — CROUTH 



175 



fat Domme en 1755 directear de la chapelle 
royale. G. a ecrit de la musique d'6glise et de la 
musique instrumental; on trouvera dans le 
supplement de la tBiographie universelle • de 
F6tis la liste complete de sea oeuvres. 

Croft, (Crofts), William, n6 A Nether Eating- 
ton (Warwickshire) en 1678, m. A Londres le 14 
aotkt 1727 ; fat aa nombre des enfants da chceur 
de c Chapel Royal > (St-James), devint en 1700 
membre de la chapelle, pals en 1703 organiste 
coordonne A Clark et, apres la mort de ce der- 
nier (1707), seal organiste de « Chapel Royal >. 
n succeda A Blow, en 1706, comme organiste 
de l'abbaye de Westminster, directear des en- 
fants da chceur et compositeur de « Chapel 
Royal >. Ses principales oeuvres sont : Musica 
sacra (2 vol* ; 40 anthems et one Messe des morts, 
la premiere oeuvre anglaise grav£e en partition 
[1724]); Musicus apparatus academicus (tra- 
vaux de promotion : deux odes sor la paix d'U- 
trecht); des sonates pour violon et pour flftte, 
etc 

Crogaart, J.-Ed., ne A Anvers, el^ve de Be- 
aoit, fat nomm^ en 1882 directear da « Cercle 
artistique* de sa ville natale, mais s'6tablit 
d£j4 en 1886 A Paris. II a public deux oavrages 
Iheoriqaes absolument indigestes : Le verbe de 
Chomme (1876, en flamand et en frangais); 
Traiti complex de la tonaliU (1884). 

Croisement. II y a c. des voix, dans an mor- 
ceau de musique A plusieurs parties, lorsque 
le tenor monte plus haut que Talto, ou 1'alto 
plus haut que le soprano, la basse plus haut 
que le t£nor, etc Dans les premiers exercices 
d*harmonie A 4 voix, l'616ve evitera le c des 
voix, mais il est important de le rendre atten- 
tif plus lard aux avantages que peut avoir le c, 
pour Fernploi des parties extremes de l'eten- 
dae de chaqae voix et pour Failure indepen- 
dante et melodique des differentes parties. 

Croix, +, v. trills et clef harmonique. 

Cromorne, (de Tall. : Krummhorn, Kromp- 
horn, Krumhom; ital. cormone ou cornamuto 
iorto ou simplement storto). I. Instr. a vent en 
bois, ayant quelque analogie avec les bombar- 
des et vieilli comme elles. Le c avail une anche 
double enfermee dans une sorte de bassin, il se 
distinguait des bombardes par la fornfre recour- 
se en demi-cercle de la partie interieure du 
tuyau, et par son etendue particuli£rement res- 
treinte (une neuvi&me). On construisit au xvi*s. 
trois ou quatre modules de c de grandeur diflfe- 
rente (instr. soprano, alto, [t£nor] et basse); le 
Inyau avail six trous, dans sa partie droite. 
I^e son du c. avail une teinte melancolique, 
qu'imite parfaitement — 2. le jeu d*orgue 
nomni6 c (cormome, cremona, ou aussi pho- 
tinx), autrefois tres r&pandu dans les instru- 
ments de dimensions restreintes ou au clavier 
d'echo des grandes orgue^Le c est un jeu 
d'anche (jeu de 8' ou de 4*, ou encore de 16' A 
la pedale, comme € basse de c. ») dont les pa- 
vilions sont frequemment k demi converts ou 
encore coniques dans le bas et cylindriques 
dans le haut 
Crosdil, John, remarquable violoncelliste vir- 



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tuose, n£ A Londres en 1751, m. a Escrick 
(Yorkshire) en oct 1825 ; fut de 1769 A 1787 pre- 
mier violoncelle-solo des festivals de Glouces- 
ter-Worcester-Hereford ( Three Choirs), en 1776 
soliste des < Concerts of ancient music », en 
1777 violoniste de c Chapel Royal*, en 1782 
musicien de la chambre de la reine Charlotte et 
maltre de musique du prince de Galles (George 
IV). H 6pousa en 1888 une riche lady et renonga 
A l'exercice pratique de son art. 

Crotales, instr. A percussion antique, analo- 
gue aux castagnettes et servant A marquer le 
rythme. 

Crotch, William, n6 A Norwich le 5 juil. 
1775, m. A Taunton le 29 die. 1847; fut un en- 
fant prodige de l'esp&ce la plus rare, puisqu'A 
rage de deux ans et demi d£j& il commen$a A 
jouer de l'orgue sur un petit instrument fabri- 
qu6 par son p&re. Barney fait d£j& mention de 
ce ph6nom&ne, dans les Philosophical transac- 
tions de 1779. S'il est vrai que C. ne devint pas 
un Mozart, il n'en faut pas moins admirer, 
chose si rare chez un enfant prodige, la solide 
culture musicale qu'il sut acqu£rir dans la suite 
et les quality de pedagogue dont il fit preuve. II 
se rendit en 1786 A Cambridge comme assistant 
du professeur Randall, 6tudia la thtalogie A 
Oxford, A partir de 1788, mais fut nomm£ deux 
ans plus tard organiste de FSglise du Christ, en 
cette ville. En 1794, il fut promu au grade de 
bachelier £s-mnsique et succ6da A Hayes en 
1797, comme professeur de musique A lTJni- 
versite et organiste de «St-John's College ». G. 
obtint le grade de D* mus. en 1799, puis fit des 
cours, de 1800 A 1804, A l'6cole de musique. 
Appel6a Londres en 1820, comme lecteur sur 
la musique A Fin st Ration royale, il fut nomm6 
deux ans plus tard directeur de l'Acad6mie de 
musique qui venait de se fonder et conserva ce 
poste d'honneur jusqu'A sa mort. C. est Tau- 
teur de plusieurs oratorios, dont le meilleur 
est intitule Palestine; il a 6crit des anthems, des 
glees, des odes de circonstance, Irois concertos 
pour orguo, etc. II a public en outre les ouvra- 
ges suivants: Practical thorough bass (m6- 
thode de basse chiflWe); Question? in harmony 
(1812) ; Elements of musical composition (1831)). 

Crotchet, nom anglais de la noire ( J). La 
contradiction frappante entre ce terme et celui 
de croche,auquel nous donnons le sens de hui- 

ti&me de la ronde ( N, s'explique simplement 

comme suit : le mot crocheta 6tait autrefois em- 
ploy6a la place de semi-minime, lorsque celle-ci 
etait representee par une note blanche pourvue 

d'un crochet f £\ Quand, plus tard, la semi- 
minime noircie devint d'un usage general, 
les Anglais garderent le nom pour la valeur, 
les Franrais pour la figure, la forme de la 
note. 

Crouth (Grout, ("rowd, Crwth; lat. chrotta) t 
Tun des plus ancins instr. europeens A archet, v. 
chrotta. Le c semble &tre d'origine britannique 
et ne conserva longtemps sa forme primitive 
qu'en Angleterre et en Bretagne, tandis qu'en 

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176 



<:rAger — gui 



France ei en A 11 em ague il se transforma rapi- 
dement. II se distingue des inslr. A archet en 
usage dang ces deux derniers pays A partir du 
ix° 8. (lyra, rebec, rubeba, vielle) par Fabsence 
du manche. La caisse de resonance quadrangu- 
laire se termine a Tune de ses extremites par une 
sorte d'&rier au mUieu duquel, en haul, sont 
fix£es les chevilles ; les cordes, au nombre de 
cinq, sont tendues soit au-dessus, soil a c6t6 
d'une touche 6troite et sans tons, ailant deF6trier 
jusque vers le milieu de la caisse de resonance. 
Le c. a 6galement des oui'es et un chevaleL Les 
plus anciens c. n'avaient que trois cordes (au- 
trement dit, point de bourdons). Comme on le 
Toil par cette br&ve description, le c. devint une 
vielle aussitttt que l^trier fut remplace par une 
pi6ce de bois pleine fixee sous la touche ; cette 
transformation paratt e'fctre produite tr&s tdt 
Cependanl le c. existait encore au commence- 
ment de notre siecle, sous sa forme primitive, 
dans les campagnes de Tlrlande, du pays de 
Galles et de la Bretagne. On trouvera sur le c. 
et la rotta (v. ce mot) une 6tude detaillee et 
tres savante de J.-F. Wewertem, dans la Mo- 
natsschrift fur M. G., 1881, n*>- 7-12 (Zvoei ver- 
alleie Musikinstrumente). 

Cruger. 1. Pankraz, n£ A Finsterwalde (Nie- 
derlausitz) en 1546, nomm6 recteur A Lubeck 
en 1580, m. A Francfort s/M., oft il 6tait profes- 
seur, en 1614; fut, au dire de Mattheson, un 
ennemi d£clar& de la solmisation, qu'il voulait 
remplacer par la simple 6nonciation des lettres 
de l'alphabet II fut, pour cette raison, cong^die 
de son poste de Lubeck. — 2. Johannes, n6 A 
Grossbreesen prds Guben le 9 avr. 1598, m. A 
Berlin le 28 fevr. 1662 ; fit des etudes d f instituteur 
et entra, en 1615, dans l'enseignement a Berlin. 
Cinq ans plus tard, il se rendit a Wittenberg 
pour y faire de la th£ologie, et travailla en 
m&me temps la musique. D'apr^s ce qu'il dit 
lui-m6me (1646), c'est auprts de Paulus Hom- 
berger, A Batisbonne, que C. etudia la musique; 
il fut nomme, en 1622, organiste de l'6glise 
St-Nicolas, a Berlin, et remplit ces fonctions 
jusqu'd sa morL C. est Tun des meilleurs com- 
positeurs de chants d'6glise de l'Allemagne, et 
les melodies de ses chorals se chantent par- 
tout encore aujourd'hui (Nun danket alle Gott; 
Jesus meine Zuversicht; Schmiicke dich, o 
Hebe Seele ; Jesu meine Freude, etc.) II a pu- 
•bli£ les recueils suivants : Neues vollkomliches 
Gesangbuch Augspurgischer Konfession, etc. 
(1640); Praxis pietatis melica, etc. (1644); 
Geistliche Kirchenmelodeyen, etc. (1649) ; D* M. 
Luther s icie auch andrer gottseiiger christ- 
licher Leute Geistliche Lieder wad Psalmen 
(1657); Psalmodia sacra, etc. (1658). Lang- 
becker a donne, en 1835, une monographic sur 
les chorals de Grfiger. G. est aussi l'auteur de : 
Meditationum musicarum Paradisus primus 
(1622) et secundus (1626) ; Hymni sdecti (sans 
date); Rscreationes musicce (1651) ; enfin, plu- 
sieurs de ses ouvrages th£oriques sont du 
plus haut int6r&t au point de vue de Fenseigne- 
ment de la musique a cette £poque : Synopsis 
musica [musices] (1624*?, 1630 et, augment^, 



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1684) ; Prcecepta musicce figuratts (1625) ; Quaes* 
Hones musicce practicce (1650). 

Cruvelli, deux soeurs douses d'une merveil- 
leuse voix d'allo, dont le vrai nom &ait Cntt- 
well; l'ain6e — 1. Friedbrike-Marie, n£e A 
Bielefeld (Westphalie) le 29 aoM1824, se fit en- 
tendre A Londres en 1851 et fut tr&s remar- 
qu6e grdce A sa voix d*une beaut£ extraordi- 
naire. Elle ne parvint cependant pas A tenir de 
succ&s durable, car sa voix n'&tait pas tra- 
vaillSe, et elle n'avait pass& par ancune 6cole 
serieuse. C. se retira bientdt de la sc&ne et vint 
mourir A Bielefeld, le 26 juillet 1868, du cha- 
grin que lui causait sa carri&re tnanqu£e. La 
cadette — 2. Johanke-Sophie-Gharlotte, nie A 
Bielefeld le 12 mars 1826, remporta des succee 
bien plus grands que ceux de sa sceur. Elle d6- 
buta A Venise en 1847 et triompha imm^diate- 
ment. L'ann6e suivante elle chanta A Londres 
le rdle de la comtesse des t Noces de Figaro », 
mais ne parvint pas A se mettre suffisamment 
en Evidence A c6t£ de Jenny Lind, qui avail le 
r61e de Suzanne. Son temperament passionne 
ainsi qu'une certaine insuffisance de culture de 
sa voix semblaient la designer plutcH pour 
Fop&ra italien moderne. Elle entra, en 1851, aux 
Italiens A Paris, et remporta un suce&s d6finitif 
dans r < Ernani » de Verdi. Sa gloire, d&or- 
mais elablie, lui fut d'nn grand secours pour 
gagner A Londres la renommfo A laquelle elle 
tenait; elle y chanta jusqu'en 1854 et fut alors 
engag&e A l'Op&ra de Paris, avec 100,000 fr. 
d'appointements par an. L'enthousiasme du pu- 
blic ne connaissait plus de homes, torsqu'elle 
chantait le rdle de Valentine des « Huguenots », 
mais il se calma au bout de pen de temps. On 
commenca, A Paris aussi, A remarquer les im- 
perfections de sa m&hode ; une fois settlement, 
le public lui fit encore tete, dans les « V&pres 
sicilienn€8 » de Verdi. G. ^pousa, en 1856. le 
comte Vigier (m. le 20 oct. 1882), elle se retira 
de la scene et v£cut, d6s lors, tantdt a Paris, 
tanWt A Bielefeld. 

Crystal Palace Concerts, A Londres, exis- 
tent depuis le 22 sept. 1855, sous la direction de 
Auguste Manns; ils comptent parmi les insti- 
tutions de concerts les plus considerables du 
monde entier. Les concerts ont lieu tous les sa- 
medis, depuis le commencement d'octobre jus- 
qa'A la fin d*avril, avec une courte interruption 
A Noel. Les archets seuls sont an nombre de 
61, Torchestre entier est done bien plus consi- 
derable que celui des concerts du Conserva- 
toire, A Paris. Les programmes sont 6tablis 
d'apr&s un principe uniforme (comme ceux du 
t Gewandhaus > de Leipzig) : une symphonie. 
deux ouvertures, un air ou un concerto, des 
soli de chant ou d'instruments. 

Cui, GfeSAR-ANTjpNO witch, n6 A Wilna le 
6 janv. 1885; frequenta d'aibord le lyc^e de 
sa ville natale, puis l^cole et TAcad&nie des 
ing^nieurs A St-Petersbourg. Une fois ses Elu- 
des achev^es, il fut nomm<& r^p^liteur et suc- 
cessivement maltre, professeur adjoint et pro- 
fesseur ordinaire de Tart des fortifications a la 
mdme Academic Dans ce domaine special, il 

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CUMMINGS 



CUSINS 



177 



publia un « Traits de la fortification des camps » 
(3» # &L, 1880) et un court abr6g6 de l'histoire 
de la fortification. G. s'6tait occupy de musique 
d&s les premieres ann&es de son enfance, il 
re^ut d'excellentes lemons de th£orie de Mo- 
niuszko et 6tudia avec Balakirew les partitions 
des grands mattres. II fut, de 1864 k 1868, col- 
laborates musical du journal allemand de 
St-Petersbourg et defendil avec conviction la 
cause de Schumann, de Berlioz et de Liszt; de 
1878 k 1879, ii publia, dans la t Revue et Ga- 
zette musicale », toute une s&rie d'articles sur 
la musique en Russie (r&unis en volume, Paris, 
1880). Comme compositeur, G. fait partie de la 
jeone 6cole russe (avec Rimsky-Korsakow, 
Moussorgski, Dargomyzski, etc.), U est partisan 
de la musique programmatique k condition, 
toutefois, que cette musique soit bonne, m6me 
privte de programme. Ses oeuvres principales 
sont : cinq operas (Le Pnsonmer du, Caucase; 
Le Fits du Mandarin; William Batcliff; 
Angelo [les deux derniers avec texte russe 
et allemand] ; Le Fiibustier [po6me de Riche- 
pin]); deux Scherzi et une Tarentelle pour or- 
chestra ; une suite pour piano et violon ; plus 
de cinquante melodies, etc. Gf. ComtesseMercy- 
Argenteau, Cisar Cui (1888). 

Cummin gs, William-Hayman, chanteur d'ora- 
torios (t£nor) anglais tr6s estim6, n6 k Sidbury 
(Devon) en 1885, fit d'abord partie du choeur de 
r^glise St-Paul et de « Temple Church », puis 
devint organiste de t Waltham Abbey », t£nor 
de 1'abbaye de Westminster et de la chapelle 
vocale de la cour ; mais il abandonna plus tard 
loutes ces fonctions. G. dirige depuis 1882 la 
« Sacred Harmonic Society » et redige les publi- 
cations de la soci&6 Purcell ; il a 6crit une courts 
biographie de Purcell (pour les Great musicians) 
et un traits 616mentaire de th£orie musicale 
{Rudiments of music, chez Novello). II est en 
oatre l'auteur de quelques chants religieux, 
d'une cantate : The Fairy Ring, etc. 

Curci, Giuseppe, ne k Barletta le 15 juin 1808, 
m. dans la m&me ville le 5 aoftt 1877; entra en 
1828 au Conservatoire de Naples (Furno, Zin- 
gareili, Crescentini), se cr6a d'abord un nom 
comme compositeur d'op&ras en Italie, puis 
v&ut comme professeur de chant k Vienne, k 
Paris et & Londres. II se retira ensuite k Bar- 
letta. G. a public un grand nombre d'oeuvres 
religieuses, ainsi que des sonates pour orgue, 
des cantates, des romances et des solftges. 

Curse hmann, Karl-Fribdrich, n6 k Berlin 
le 21 juin 1805, m. k Langfuhr pres Danzig le 
24 aotit 1841 ; 6tudia d'abord le droit, mais se 
voua en 1824 d6j& k la musique et devint, k 
Cassel, 1'elSve de Spohr et de Hauptmann. Le 
th&tre de Cassel donna en 1828 un op&ra en un 
acte, Abdul und Erinnieh, de sa composition. 
Depuis lore, il vecut k Berlin oil il se fit un nom 
comme compositeur de lieder et chanteur de 
talent Ses lieder, dont une edition complete pa- 
rut en 1871, peuvent se comparer k ceux d'Abt 
et leur sont peut-£tre en partie superieurs ; ils 
sont tr& populaires en Allemagne. 

Curti, Franz, n6 k Cassel le 16 nov. 1854, <Hu- 

DICTIOKKAIRB DE MUSIQUE. — 12. 

Digiiized bydi 



dia la mSdecine et l'art dentaire k Berlin et k 
Geneve, puis se voua k la musique et travailla 
aupr&s d'Edm. Kretschmer et Schulz-Beuthen, 
k Dresde, oil il vecut d&s lors. n a &crit plu- 
sieurs operas : Hertha (Altenbourg, 1887), Rein- 
hardt von Ufenau (ibid. 1889); la musique 
d'une feerie de W. Kirchbach, Die letzten Men- 
schen (donne au concert, k Dresde, 1891); Lili- 
Tsee (op6ra en un acte, 1896) ; une oeuvre cho- 
rale, Lie Oletscherjungfrau; des lieder; des 
oeuvres pour orchestre (Die Schioeiz, suite sym- 
phonique, etc.). 

Curwen, John, inventeur de la m&hode con- 
nue sous le nom de Tonic Solfa (v. ce mot), n6 
k Heckmondwike (Yorkshire) le 14 no.v. 1816, 
m. k Manchester le 26 juin 1880. II fut 61ev6 en 
vue de la m&me carri&re que son p&re, un pr6- 
tre non conformiste, et fut amen£ k l*id6e de 
cr6er une nouvelle m&lhode de l'enseignement 
du chant par les resolutions prises k Hull, en 
1841, dans une conference de maftres des dcoles 
du ddmanche. II publia deux ans plus tard sa 
Grammar of Vocalmusic, fonda en 1858 la so- 
ci6t£ Tonic Solfa et en 1879 le Tonic Solfa Col- 
lege. En 1864 d£j&, il abandonna ses fonctions 
de pr&tre, pour s'adonner exclusivement k la 
formation et k la diffusion de sa nouvelle m&- 
thode. II faut citer parmi ses ouvrages p6dago- 
giques : The standard course of Lessons and 
Exercices on the Tonic Solfa- Method (1861, &*• 
6d. 1872); Jhe teachers manual, etc. (1875); 
Eou* to observe harmony (1861 ; 2"»> £d. 1875); 
Tonic Solfa-Primer (chez Novello); Musical 
theory (1879) ; Musical Statics (1874). II a 
public en outre, depuis 1851, une feuille men- 
suelle: The Tonic Solfa-Reporter, et il a 
fourni des Editions d'un grand nombre d'oeu- 
vres classiques (oratorios, etc.) en notation de 
Tonic Solfa. 

Cusanino, v. Carestini. 

Cueine, William-George, n6 a Londres le 14 
oct. 1838, m. k Kemonchamps (Engadine) le 31 
aofit 1893; regut la premiere culture musicale 
comme enfant de choeur de « Chapel Royal », 
puis devint en 1844 61£ve de F6tis au Conserva- 
toire de Bruxelles et, en 1847, £16ve (« King's 
scholar ») de l'Acad&raie de musique de Lon- 
dres, oil il travailla sous la direction de Potter, 
Bennett, Lucas et Sainton. Nomm6 en 1849 or- 
ganiste de la cour d'Angleterre, il entra en 
m&me temps comme violoniste dans l'orchestre 
de 1'OpSra royal ; en 1851, il fut choisi comme 
professeur suppliant et plus tard comme pro- 
fesseur ordinaire k V « Academy of music ». n 
succ^da k Bennett, en 1867, en quality de direc- 
teur de la « Philharmonic Society » et en 1875 
comme jur6 au « Queen's College » ; il fut en 
outre nomm£ maltre de chapelle de la cour 
[« Master of the music of the Queen »] (1870) 
et membre du jury examinant les candidats 
aux bourses de « National training school for 
music » (1876, en m£me temps que Hull ah et 
Goldschmidt). C. s'est aussi fait connaitre en 
Allemagne (Leipzig, Berlin) comme violoniste 
virtuose. D est l'auteur d'une Serenade pour 
le manage du prince de Galles (1863), d'un 

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178 



CUZZOXI — GZERNY 



oratorio Gideon, de quelques ouvertures, d'un 
concerto de piano, etc. 

Cuzzoni, Francesca, cantatrice distingu£e, 
n6e A Parme en 1700, m. en 1770; fleve de 
Lanzi, se fit entendre A Londres, de 1722 A 1726, 
sous la direction de Haendel. Elle remporta des 
succes considerables, mais a la suite d'une dis- 
pute avec le maitre, fut remplac£e par Faustina 
Bordoni, qui devint plus tard l*6pouse deHasse 
(v. ce mot). Pendant une ann&e entire, G. ayant 
6te engagee au th&itre subventionne par les 
ennemis de Hasndel, les deux cantatrices riva- 
lis&rent avec acharnement En 1727, G. 6pousa 
le pianiste-compo8iteur Sandoni, accepta un 
engagement A Vienne, rentra plus tard en Italie, 
mais fit de mauvaises affaires et fut emprison- 
n£e pour dettes en Hollande. Elle essaya de 
nouveau en 1748 de se cr£er une situation A 
Londres, mais ne put attirer l'attention sur 
elle. C. mourut en Italie, dans la plus profonde 
mis&re; elle gagnait son pain, dans les dernie- 
res ann^es, en fabriquant des boutons de soie. 

Cylindre, v. pistons. 

Cymbales (ital. Piatti ; all. Becken), instr. A 
percussion dont le son, invariable et indMnis- 
sable, est particulterement m6tallique et se 
prolonge longtemps apres le choc en sorte de 
bourdonnement A la fois gr&e et bruyant. Lors- 
que les c. doivent seulement marquer le rythme 
de coups sees ou tr6s courts, rinstrumentiste 
est oblige d'arrtter les vibrations en appuyant 
l'instrument sur sa poitrine. Les c sont des 
plaques de m&al en forme d'assiettes, dont les 
bords larges et plats forment la partie sonore 
de l'instrument, tandis que le milieu concave 
et perc£ de trous, dans lesquels passent les la- 
nitres de cuir qui servent de poign^es, ne vibre 
pas du tout. Ces plaques sont toujours utilises 
par paires et frapples (forte) ou l£g&rement 
frottees (piano) Tune contre l'autre. H est cer- 
tain que les a furent A l'origine un instrument 
de musique militaire, ce qu'elles sont du reste 
le plus souvent encore de nos jours; elles furent 
introduites plus tard dans l'orchestre de thMtre 
et mfeme dans l'orchestre symphonique. La 
partie de c. est souvent execute par le mtone 
musicien que celle de grosse caisse, Tune des c. 
est attach£e -dans ce cas sur la grosse caisse et 
Fexecutant tient d'une main la maillocbe, de 
l'autre la seconde c. Lorsque la grosse caisse 
etlesc. ne font que marquer un rythme tr6s 
accentue, ce syst^me pent suffire, mais l'ex£cu- 
tion artistique d'une partie de c exige que rins- 
trumentiste tienne une c. dans chaque main. 

Cymbalum (lat cembal ; all. Cymbal). 1. Chez 
les Grecs et chez les Romains, sorte de cym- 
bales (instr. A percussion), d'oft le nom lui- 
m&me de cymbales et son correspondant italien, 
cinellL — 2. Sorte de petite cloche que les moi- 
nes du x 6 au xn«s. accordaient et dont ils 
fondaient toute une s£rie (£chelle de buit ou 
neuf sons) de manure a en former un jeu de 
clochetles (Glockenspiel). Un certain nombre 
de renseignements sur ce genre de fabrication 
sont parvenus jusqu'd nous (cf. (ierbert, Sort})- 
tores). — 3, (Appele aussi tympanon [v. ce 



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mot] ; all. Hackbrett). AncGtre du piano, qui 
n'est en somme qu'un c frappe au moyen d'un 
clavier. Le mot c, sour sa forme italienne cem- 
balo, fut adapts aux instruments A clavier et A 
cordes pinches (all. Kielflugd) et resta fort en 
usage jusqne vers la fin du si&cle pass£. On 
ne retrouve plus aujourd'hui le c. que dans les 
chapelles tziganes (ZimbaUm) ; il a une Vendue 
de quatre octaves chromatiques de mi 1 A m&. — 
4. Dans l'orgue, Oymbale, Cymbal, Zimbal/jen- 
mixte de tr&s petites dimensions, analogue A 
Yacuta (v. ce mot). 

Cymbelstern (all.), amosette que Ton trouve 
dans certaines orgues anciennes : la facade est 
orn£e d'uhe 6toile A laquelle sont suspendues 
de petites cloches (v. cymbalum) et qui, mise en 
mouvement par un courant d'air que r6git un 
registre special, produit un effet de sonnerie, 
sans aucune vaieur artistique. 

Czakan, canne-flftte tr£sr6pandue en Boh$me. 

Czardas, danse hongroise, se composant le 
plus souvent d'une introduction (lassu) m&lan- 
colique ou path£tique et de la veritable c. 
(appel£e aussi fris on friska) en mesure bi- 
naire (*/ 4 , 4 / 4 ) et pleine d'une agitation sauvage. 

Ciartoryska, Marceune, n?e princesse Ra- 
dziwill, n6e A Vienne en 1826, m. en son cha- 
teau prds de Cracovie le 8 juin 1894, pianiste 
de grand talent, avait &6 61eve de Gzerny et de 
Chopin et v£cut longtemps A Paris, A partir de 
1848. 

Czernohorsky, Bohuslaw. ne dNimbourg 
(Boh&me) vers 1690, m. au cours d'un voyage 
en Italie en 1740. n entra dans l'ordre des Mi- 
norites, fut « regens chori > del*£glise St-Antoine 
A Padoue, devint plus tard (vers 1715) organiste 
de l'6glise du couvent d* Assise (oil Tartini fut 
son £l£ve) et enfin, vers 1735, mattre de chapelle 
del'&glise St-Jacob, A Prague. Gluck fut son 
616ve dans cette derntere ville. G. £tait un com- 
positeur remarquable de musique d*£glise; 
malheureusement la plus grande partie de ses 
ceuvres furent detruites en 1754, lore de l'incen- 
die du couvent des Minorites. 

Gzerny, Karl,h6 A Vienne le 20 tevr. 1791, m. 
dans la m6me ville le 15 juil. 1857; fils et 616ve 
d'un excellent pianiste et pedagogue, Wenzel 
C, fut pendant un certain temps aussi l'61eve de 
Beethoven et d&veloppa si rapidement ses fa- 
culty pMagogiques, qu'd YAge de quinze ans 
il £tait dejd un maltre recherche. Si Ton excepte 
quelques voyages tres courts A Leipzig, Paris, 
Londres, etc., C. v£cut toute sa vie A Vienne, 
comme professeur de piano ; les succes de son 
enseignement £taient tr&s remarquables : Liszt, 
Dcehler, Thalberg, M m « de Belleville-Oury, 
Jaell, etc. sont ses £l£ves. Le nombre des oeuvres 
de G. d^passe le millier et Ton trouve parmi 
elles beaucoup de musique d*6giise (Messes, 
offertoires, etc.), des oeuvres pour orchestre et 
de la musique de chambre. Mais les ouvrages 
destines A l'enseignement du piano y sont le 
plus nombreux et peuvent seuls pr&endre A 
une importance durable, ce sont surtout : 160 
achttaktiye Uebungen, op. 821 ; Vorschule der 
Fingerfertigkeit. op. 636; Schule der Gelaufig- 

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GZERSKY — DAMGKE 



179 



heii (Ecole de la v&ocite), op. 299 ; SchtUe der 
Fingerfertigheit (L'art de deiier les doigts), op. 
740; 40 tagliche Studien, op .337; Schule des 
Virtuosen (La Virtuosity), op. 865: Schule der 
Imken Band, op. 399 ; loccata en ut maj., op. 
92; Schule des Legato und Staccato, op. 335; 
SchtUe der Versienmgen, op. 355 ; Schule des 
Fugenspiels, op. 400. LeB etudes de C. servent 
principalement A d6velopper la veiocite et la 
mani&re m&me dont elles sonten g6neraiecrites 
force positivement A les jouer vite (cbange- 
ments d'harmonie tr6s espac^s; figuration na- 



turelle, coulante ; difficultes de comprehension 
ou d'interpretation systematiquement ecartees). 

Ciersky, v. Tschirch. 

Czerveny, t. Cerveny. 

Criak, y. Schak. 

Cxibulka, Alphonse, ne A Scepes-V&rallya 
(Hongrie) le 14 mai 1842, m. A Vienne le 27 oct. 
1894, chef de musique de l'arm&e autrichienne, 
fut un fecond compositeur de danses. D est 
aussi Tauteur d'une op^rette : Pfingsten in Flo- 
renz (1884). 



D 



D est le nom du quatri&me son de V&chelle 
fondamentale (v. ce mot) des Allemands et des 
Anglais; il correspond au H des Fran^ais, des 
Italiens, etc. Le d de la quatrieme octave (r^ 4 ) 
- Q — i comptait A partir du xm« s. au 

fl k I — j nombre des claves signatce (clefs), 
1 \)' -* mais n'etait presque jamais em- 
ploye comme tel. Gependant on trouve dans 
les tablatures du xvi* s., dont la partie sup6- 
rieure est notee sur une portee, la clef dd em- 
ployee simultanement avec la clef gg 9 ex : 
%% Pour ce qui concerne le 

Vt m T T ^ nom de solmisation du D, 
v. Muances.— Comme abre- 



viation, la lettre d. signifle droite f deodra, des- 
tra et par consequent m. d. ou d. m. = main 
droite; ou encore Titalien da ou dal, qu'il est 
du reste preferable de ne pas abreger (d.c. = 
da capo ; d.s. = dal segno). Place en tete des 
parties d'a?uvres vocales, D (discantus, dessus) 
est synonyme de C (cantus) et S (sopranus, 
superius). 

Da (ital.), de ; da capo, v. capo. 

Daase, Rudolf, ne A Berlin le 21 fevr. 1822, 
eWve d'A. -W. Bach., A.-B. Marxet E. Wilsing, 
Tecut A Berlin comme directeur de societes et 
maltre de musique. H est Tauteur de nombreux 
morceaux d'orchestre, chceurs d'hommes, dan- 
ses, marches et morceaux de salon. 

Dachs, Josef, ne A Ratisbonne le 30 sept 
ltS5 T arriva en 1844 A Vienne ou il fut l'eieve 
de Halm el de Czerny. II est aujourd'hui Tun des 
professeurs de piano tres estimes du Conserva- 
toire de Vienne. 

Dactylion (grec), sorte de chiroplaste (y. ce 
mot) construit en 1835 par Henri Herz ; comme 
toutes les tentatives du m^me genre, le d. fut 
bien vite mis de cdt6 et oublie. 

Dal (ital.), pour da il = de le, du. 

Dalayrac, Nicolas (d'Alayrac), ne A Muret 
(Hante-Garonne) le 13 juin 1753, m. A Paris le 
27 nov. 1809; auteur, trts en Yogue A la fin du 
si£cle dernier, de comedies musicales. D. fut 
d f une fecondite extraordinaire, grdce A la faci- 



lite avec laquelle il travaillait : 61 operas en 
vingt-huit ans (1781-1809). 

Dalberg,JoHANN-FRiEDRicH-HuGo,Reich8frei- 
herr von, ne A Aschaffenbourg le 17 mai 1752, 
m. dans la meme ville le 26 jail. 1812; capitu- 
laire du ddme de Treves et de celui de Worms, 
etait excellent pianiste, compositeur respectable 
et musicographe serieux. II a compose de la 
musique de chambre, des sonates, des varia- 
tions, deux cantates d'apres Klopstock (Eva's 
Klage; Der Sterbende Christ an seine Seele) etc. 
et ecrit toute une serie d'ouvrages musicaux : 
Blick eines Tonhiinstlers in die Musik der Gets- 
ter (1777), Vom Erkennenund Erfinden(Y791), 
Untersuchungen ilber den Ur sprung der Har- 
monic (1801), Die Aeolsharfe, ein allegorischer 
Traum (1801), Ueber griechische lnstrumental- 
musik wnd ihre Wirkimg; il publia en outre 
la traduction allemande de Touvrage de Jones : 
Ueber die Musik der Inder (1802). 

Dalcroze, v. Jaques-Dalcroze. 

Ball, Roderik, le dernier « harpiste errant » 
de TEcosse, vivait encore en 1740 a Athol pres 
Blair, et parrourait le pays, allant de chateau 
en chateau. Cf. babdes. 

Dalla (ital.), pour da la, de la 

DalTArgine, v. Argine. 

Dalvimare, Martin-Pierre, cj&lfcbre harpiste 
virtuose et compositeur pour son instrument, 
ne a Dreux (Eure-et-Loire) en 1770, ne s'occupa 
d'abord de musique qu'en amateur, mais fut 
oblige par la revolution de 1789 d'en faire son 
gagne-pain. II fut nomm6 en 1806 harpiste de 
la cour imperiale, mais abandonna ses fonc- 
tions en 1812 dej&, A la suite d*un heritage qui 
Tavait place de nouveau dans une brillante 
situation de fortune. D vivait encore en 1887. 
Ses oeuvres comprennent : des sonates pour 
harpe et violon, des duos pour deux harpes, 
pour harpe et piano, pour harpe et cor, des va- 
riations, etc. 

Damcke, Berthold, ne A Hanovre le 6 fevr. 
1812, m. A Paris le 15 fevr. 1875; eieve d'Aloys 
Schmitt et F. Ries A Francfort-s/M., fut nomme 



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180 



DAMENISATION — DANCLA 



en 1887 directeur de la Soci&6 philharmonique 
et de la Soci£t6 de chant et d*op6ra, k Potsdam, 
et organisa de grands concerts (1839-1840) avec 
ces soci6t6s reunies. D. partit en 1845 pour 
St-Petersbourg, ou il se cr6a une situation des 
plus avantageuses comme professeur; dix ans 
plus tard, il s'Stablit £ Bruxelles puis, en 1859, 
k Paris. D. Stait un fervent adorateur de Berlioz 
et Fun de ses amis les plus intimes (l'un de ses 
ex^cuteurs testamentaires). Ses compositions 
t£moignent d'une certaine routine, mais de peu 
d*originalit6 (oratorios, chceurs, morceaux de 
piano, etc.). D employa les derni&res amines de 
sa vie k la revision des partitions d'op&ras de 
Gluck, pour r&Ution publtee par M u « Pelletan. 

Damenisation, v. Bobisations. 

Damm. 1. Friedrigh, ne k Dresde le 7 mars 
1831, 616ve de Jul. Otto, Kraegen et Reichel, s6- 
journa longtemps en Am&rique et vit aujour- 
d'hui k Dresde, comme professeur de piano. II 
a 6crit une quantity de morceaux brillants pour 
le piano ; des oeuvres d'un genre plus s£rieux 
sont restees manuscrites. — 2. Gustav, v. Stein- 

GR2EBER. 

Damoreau, Laure-Cinthie, nie Montalant, 
c616bre cantatrice sc&rique frangaise, n6e k 
Paris le 6 &vr. 1801, m. dans la m A me ville le 
25 f6vr. 1863; 61£ve du Conservatoire, chanta 
d'abord k l'Op£ra Italien sous le nom de Made- 
moiselle Cinti, puis k Londres en 1822 et de 
nouveau k Paris. De 1826 k 1835, elle fut Tune 
des 6toiles de TOp6ra (Rossini 6crivit pour elle 
plusieurs grands r61es); elle passa ensuite a 
TOp^ra-Gomique, ou elle resta jusqu*en 1843, et 
c'est pour elle qu'Auber, entre autres, ecrivit 
son Domino noir. Retiree de la sc&ne, elle se 
fit entendre au concert pendant plusieurs an- 
n6es encore, en Belgique, en Hollande, k St-P6- 
tersbourget m&me en Amerique. D. avait 6t6 
nomm6e en 1834 professeur de chant au Con- 
servatoire de Paris ; elle publia alors une Me* 
thode de chant et des romances de sa composi- 
tion. Elle se retira en 1856 & Chantilly. 

D&mpfer (all.) = sourdine (v. ce mot). 

Damrosch, Leopold, n& a Posen le 22 oct. 
183?, m. a New-York le 15 fevr. 1885; £tudia la 
medecine k Berlin et fut promu en 1854 D F 
med., mais se voua ensuite k la musique, contre 
la volont6 de ses parents, Ceux-ci lui ayant re- 
tire tout secours p£cuniaire, il se mit k donner 
des concerts, comme violoniste, dans de petites 
vines; il fut ensuite directeur.de musique de di- 
vers thS&tres de second ou de troisi&me ordre, 
jusqu'au jour ou il obtint un poste fixe et une 
situation assaree dans la chapelle de la cour, k 
Weimar. II entra alors en relations personnelles 
avec Liszt, Bulow, Tausig, (Cornelius, lessen 
et Raff. D. £pousa k Weimar une cantatrice : 
IIelene v. IIeimburg. Nomme en 1858 chef 
d'orchestre de la Societe philharmonique de 
Breslau, il quitta ce poste au bout de deux ans 
d6j&, pour faire des tourn£es de concert avec 
Bulow et Tausig ; toutefois il conserva son do- 
micile k Breslau, ou il arrangea des auditions 
de musique de chambre et cr£a en 1862 1* « Or- 
chesterverein », aujourd'hui bien connu. II 



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fonda egalement une soci£t& chorale, dirigea 
la soci£te de musique classique et fut pen- 
dant deux ans chef d'orchestre du th^Atre mu- 
nicipal; entre temps, il se faisait entendre 
comme soliste k Leipzig, a Hambourg, etc En 
1871, la 80ci&6 chorale € Arion » de New- York 
l'appela k sa t§te ; c'est alors que, tout en 61e- 
vant consid6rablement le niveau artistique de 
cette soci6t6, il put d6ployer tout son talent d'or- 
ganisateur. n fonda en 1873 1* t Oratorio So- 
ciety », avec laquelle il donna les oeuvres cho- 
rales les plus importantes de Haendel k Liszt, 
puis en 1878 la i New-York Symphony So- 
ciety », deux institutions de haute importance 
pour la vie musicale de New-York. Ses Con- 
certs symphoniques de « Steihway Hall » pri- 
rent la place des concerts de Torchestre Tho- 
mas, qui avaient cesBS en 1877. L'universitS de 
Columbia lui confera le titre de D r mus. hono- 
ris causa. Liszt lui a d£di£ l'un de ses po&mes 
symphoniques : « Triomphe fun^bre du Tasse ». 
D. s'est fait connattre, lui aussi, comme compo- 
siteur : douze recueils de melodies, plusieurs 
oeuvres pour violon (concerto en rS min., sere- 
nades, romances, impromptus), une ouverture 
de f£te, quelques oeuvres vocales avec orches- 
tre (BraiUgesang, pour voix d'hommes ; Ruth 
und Noemi, idylle biblique pour soli et chceurs; 
Sulamith, id.; Siegfrieds Schwert, solo de te- 
nor), des duos, etc II dirigea en 1881 le premier 
grand festival de musique de New- York. En 
1884, il crea dans la meme ville une entreprise 
d'op6ra allemand, dont, apr£s sa mort, son fils 
Walter a pris la direction. 

Danb6, Jules, n6 k Caen (Calvados) le 16 nov. 
1840, entra tr&s jeune au Conservatoire de Pa- 
ris, ou il eut pour maitres Girard (violon) et 
Savard (solfege, harmonie), puis fit partie des 
orchestres du ThSAtre-Lyrique, de TOpera-Co- 
mique et de TOp^ra. n fonda en 1871 les « Con- 
certs D. » au Grand-Hdtel et s'y fit k tel point 
remarquer, que la direction de Torchestre du 
Thedtre-Lyrique (Galt6) lui fut offerte par Vi- 
zentini, en 1876. L'ann6e suivante dfyk il passa 
k rOp&ra-Comique, ou il fut nomm6 premier 
chef d'orchestre en remplacement de Lamou- 
reux. n a fait en outre partie, pendant plus de 
vingt ans, de la Soci&6 des concerts du Conser- 
vatoire et dirige en et6 Torchestre du casino 
d'Argeles-Ghazost D. a public un certain nom- 
bre de compositions originates et d'arrange- 
ments pour le violon, entre autres: une methode 
de violon, douze grandes Etudes, des fantaisies, 
des divertissements. 

Danckerts, v. D ankers. 

Dancla, Jean -Baptists -Charles, n6 k Ba- 
gn^res-de-Bigorre (llautes-Pyr^n^es), le 19 d^c. 
1818; 61£ve de Baillot (violon), Hal6vy et Berton 
au Conservatoire de Paris, entra en 1884 dSja, 
comme second violon-solo, dans rorchestre de 
rOpera-Comique. B se crea rapidement une re- 
putation, surtout dans les concerts de la « So- 
ciety des concerts », et fut nommS en 1857 pro- 
fesseur de violon au Conservatoire. Ses stances 
de musique de chambre jouissaient d'une excel- 
lente renomm^e ; il avait pour partenaires ses 

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DANEL — DANNREUTHER 



181 



fr£res : Arnaud, n6 le 1°' janv. 1820, m; A Ba- 
gn&res-de-Bigorre en fevr. 1862, violoncelliste 
remarquable, auteur d'une m£thode pour son 
instrument, et L6opold, n6 le 1«» juin 1828, m. 
a Paris, le 29avr. 1895, qui fut comme son aln6 
un bon violoniste, publia des Etudes, des fan- 
taisies et fat pendant longtemps professeur au 
Conservatoire de Paris. D. a.ecrit cent cin- 
quante oeuvres environ, la plupart poor violon 
on pour musique de chambre (concertos de 
violon, quatuors pour instr. darchet, trios, etc.) ; 
il a recu pour ses ceuvres diverses recom- 
penses, entre autres le Prix Chartier, pour 
la musique de chambre (1861, de moiti£ avec 
Farrenc). II convient de noter surtout, parmi 
ses cBuvres destinies A l'enseignement : Me- 
thode eUmentaire et progressive de violon; 
Ecole de ^expression; Ecoie de la milodie et 
Art de moduler sur le violon. D. a public aussi 
deux Merits : Les compositeurs chefs (Torches- 
tre (1878) et Miscellanies musicales (1877). 

Danel, Louis-Albert-Joseph, ne A Lille, le 
2 mars 1787, m. dans la m£me ville, le 12 avr. 
1875; 6tait imprimeur, mais se retira en 1854 et 
s'occupa d'oeuvres de charity pendant les vingt 
derai&res annees de sa vie. D. a invents une 
notation originate pour l'enseignement 616men- 
taire de la musique; sa langue des sons indique 
par des lettres outre le nom de la note, sa dur£e 
et, all y a lieu, ses alterations, en sorte que 
chaque son est exprimS par une syllabe cor- 



respondante. Ex. : bet = 




(b=$t, 



e =:p, 1 = {;). Pour plus de details, v. la Mi- 
thode simplifiie pour l'enseignement popur 
lairede la musique vocale, par D. (4° 6d., 1859). 
D. a organist lui-m£me, A grands frais, des 
coots gratuits de musique selon sa nouvelle 
m&thode, dans plusieurs vffles et villages du d£- 
partement du Nord. D recut, en recompense de 
ses services, la croix de la Legion d'honneur. 

Danican, v. Philidor. 

Daniel, Salvador, fut en 1871, lors de la 
Commune, directeur du Conservatoire de Paris 
pendant quelques jours, comme successeur 
<T Auber. H mourn t le 28 mai de la mdme ann&e, 
dans un combat avec les troupes r6guli6res. 
Quoique peu qualifie, semble-t-il,pour les fonc- 
tions importantes de directeur du Conserva- 
toire, D. ne fut pas sans quelque m6rite. Pro- 
fesseur de musique pendant plusieurs annees 
A l'&cole arabe d* Alger, il publia en 1868 une 
monographic : La musique arabe, avec un 
appendice sur l'origine des instr. de musique. 
II fit paraltre en outre un album de chants 
arabes, mauresques et cabyles, une 6tude (sous 
forme de lettres) sur la chanson frangaise, et 
fut pendant un certain temps r£dacteur musical 
A la Marseillaise, de Rochefort. 

Danjou, Jean -Louis -FftLix, n6 A Paris, le 
21 juin 1812, m. A Montpellier, le 4 mars 1866 ; 
organiste de diverses 6glises de Paris, fut 
nomm£ en 1840 organiste du grand-orgue de 
Notre-Dame et agita le premier la question de 



byG< 



le 



la riforme du plain-chant gr£gorien, par la pu- 
blication d'un £crit : De Vitat et de Vavenir du 
chant ecclisiastique (1844). n fit d'importantes 
recherches sur l'histoire du chant ecclisiastique 
et en consigna les rSsultats dans la Revue de 
la musique relt'gieuse, populaire et classique 
qu'il publia de 1845 A 1849. Dans un voyage 
qu'il entreprit en 1847, avec Morelot, au midi de 
la France et en Italie, il dScouvrit un grand 
nombre de manuscrits musicaux tr&s impor- 
tants du moyen dge. C'est A lui que Ton doit 
entre autres la d£couverte du c£16bre antipho- 
naire digrapte (en neumes et en notation dite 
boMenne; cf. lettres) de Montpellier. D. avait 
aussi 6tudi6 A fond la facture de l'orgue, afin 
de s'aider A propager les orgues fran^aises en 
Allemagne, en Hollande et en Belgique ; il s'as- 
socia A la maison Daublaine et CaUinet (v. ce 
nom) de Paris, mais y perdit presque toute sa 
fortune. Ses tentatives de reforme du plain- 
chant lui avaient suscit6 un grand nombre 
d'ennemis, aussi, aigri et d£courag6, aban- 
donna-t-il en 1849 toute preoccupation musi- 
cale. II v6cut d'abord A Marseille, puis A Mont- 
pellier et fit du journalisme. 

Dankers (Dankerts), Ghiselin, contrapon- 
tiste n£erlandais du xvi« s., n6 A Tholen (Z6- 
lande), fut membre de la chapelle pontificale 
de 1588 a 1565 et en re^ut une pension de re- 
traite. On connait de lui : deux livres de motets 
de quatre A six voix (1559); des motets d6tach6s 
parus A Augsbourg, dans des anthologies de 
1540 et 1545; un traits manuscrit que poss^de 
la bibliotheque Vallicelliana, A Rome. Ce traits 
sur les modes antiques fut 6crit en manure de 
jugement, par D. qui avait 6te choisi comme ar- 
bitre dans la discussion entre Vicentino (v. ce 
nom) et Lusitano; Ad. de La Fage en a publie 
quelques extraits dans ses Essais de diphtbro- 
graphie musicale. 

Danneley, John-Fbltham, nS A Oakingham 
en 1786, m. A Londres en 1836, comme maitre 
de musique ; auteur d'une th£orie £16mentaire 
de la musique, Musical Grammar (1826), et 
d'un petit dictionnaire de musjque, Encyclo- 
pedia or dictionary of music (1825). 

Dannreuther. 1. Edward, n6 A Strasbourg le 
4 nov. 1844, recut les premieres lemons de mu- 
sique de F -L. Ritter, A Cincinnati oti ses pa- 
rents avaient Emigre, alors qu'il avait cinq ans. 
II fut ensuite (1859-1863) 61&ve du Conservatoire 
de Leipzig et v6cut depuis lors A Londres, oil il 
s'est fait estimer comme pianiste, pedagogue et 
musicographe. D. est un des plus chauds parti- 
sans de la cause wagn£rienne, il fonda en 1872 
I' « Association wagnerienne » de Londres et en 
dirigea lui-mdme les concerts en 1873 et 1874; 
il fut Tun des principaux initiateurs du festival 
Wagner de 1877, et traduisit en anglais quel- 
ques ecrits de Wagner : « Briefe an einen fran- 
zosischen Freund » ; « Ueber das Dirigieren » ; 
« Beethoven » (1880; avec un appendice sur la 
philosophic de Schopenhauer). I), est l'auteur 
d'un ouvrage intitule : Richard Wagner, his 
theories and tendencies, et d'une importante 
^tude sur les oruements musicaux, Musical or- 

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DANSES — DAUBE 



nammtation (1™ part 1898; 2^ part. 1896). II a 
publie dans des journaux anglais, des articles 
sur Beethoven, Chopin et les « Niebelungen » de 
Wagner, collabor6 au Dictionnaire de musique 
de Grove et fait des conferences sur Mozart, 
Beethoven et Chopin. D. compte parmi les musi- 
cians les plus estim&s de Londres. — 2. Gustav, 
violoniste, fr&re du pr6c6dent, ne a Cincinnati 
en 1852, fut de 1871 k 1873 Sieve de Joachim k 
la « Kgl. Hochschule » de Berlin. 11 est depuis 
1886 concertmeister des orchestres de la * Sym- 
phony-* et de T « Oratorio-Society », et fonda le 
Quatuor Beethoven k New- York. D. a public 
des Tonleiter und Akhord-Studien fur Via- 
line. 

Danses. Les anciennes d. en musique £taient 
k l'origine des chansons dans£es, telles les 
branles, gavottes, courantes, gigues, rigaudons, 
musettes, bourr&es, passepieds, loures, tambou- 
rins, etc. en France, les < Ringelreihen » et les 
« SpringULnze » en Allemagne, les sarabandes 
en Espagne, les padouanes, gaillardes, sal- 
tarelles, chaconnes, passamezzi, etc. en Italie. 
Les instrumentistes- s'en appropri&rent les me- 
lodies et conlribuerent a leur diffusion, en sorte 
que, avant le xvi« s. d£j&, elles furent sans 
doute souvent ex&cut£es par des instruments 
seuls, sans le concours de la voix humaine. 
C'est 6galement, au plus tard, du debut du 
xvi« s. que date Tarrangement artistique des 
d. pour plusieurs parties instrumentales; nous 
poss6dons en effet de cette ipoque une quan- 
tity de recueils de d. imprimis. Les d. en mu- 
sique entrSrent dans une nouvelle phase de 
d&veloppement, lorsqu f on eut l'id£e dVn r^unir 
plusieurs pour former une sorte de cycle, dont 
les diff&rentes parties avaient comme unique 
lien l'unite de tonalite. II en resulta la forme 
de la sonate de chambre (pour un ou plusieurs 
instr. k archet, avec basse continue; appelee 
aussi bcdletto), partie (partita) ou suite (appelee 
aussi ordre [Couperin], surtout pour le luth et 
pour le clavecin). Cette forme, tr£s cultivee de- 
puis le milieu du xvn* s., imposa aux d. d*im- 
portantes modifications : au lieu de simples 
reprises de huit mesures, on finit par avoir 
th&me principal, th&mes secondaires, d^velop- 
pement, et le rythme accents de la danse se 
perdit petit a petit — Pour les d. modernes, v, 
chacun de leurs noms en particulier. 

Danzi. 1. Franz, n6 k Mannheim le 15 mai 1763, 
m. k Garlsruhe le 18 avr. 1826: fils d'un \i0l9n- 
celliste de la chapelle du prince £lecteur, Inno- 
cenz D., 61£ve de son p&re pour le violoncelle et 
de l'abbe Vogler pour la composition. II faisait 
d6j& partie de la cliapelle du prince £lecteur, k 
Vkge de quinze ans, lorsqu'elle fut transf£r£e 
en 1778 k Munich. Son premier op6ra, Azakia, 
donn£ en 1780, fut suivi de sept autres jus- 
qu'en 1807. D. avait epouse en 1790 une can- 
tatrice, Margueiite Marchand, iille du directeur 
du th&ttre de Munich ; il obtint un cong£ illi- 
mit6, se rendit avec elle A Leipzig et k Prague 
puis parcourut toute 1'Italie. Mais, apres la 
mort de sa femme (1799), il se retira complete- 
ment pendant quelque temps, quoique il etit et& 



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nomme second maltre de chapelle en 1798 
De 1807 k 1808, nous le trouvons maltre de 
chapelle k Stuttgart; plus tard encore, il rem- 
plit les m£mes fonctions a Carlsruhe. En plus 
de ses huit operas, D. a ecrit un tres grand 
nombre de cantates, Messes, Te Deum, Magni- 
ficat, symphonies, concertos et sonates de vio- 
loncelle, quatuors, trios, lieder, etc. — 2. Fran- 
ziska, v. Lbbrun. 

Dargomyiski, Alexandre-Sergiewttch, ne 
dans les terres de son p&re (gouvernement russe 
de Tula) le 2 fevr. 1813, m. A St-P£tersbourg le 
29 janv. 1869, fit de bonne heure des essais de 
composition musicale et se fit entendre tres 
jeune, avec succes, comme pianiste. n vScut 
depuis 1835 k St-Petersbourg. II dut ses pre- 
miers succes de compositeur k un op&ra, Esme- 
ralda, termini en 1839 et reprSsente en 1847 k 
Moscou, puis en 1851 k St-Petersbourg, d'abord 
au theatre Alexandra. Sa Fits de Bacchus, bal- 
let avec chant, 6crit en 1845, ne fut repr£sente 
qu'en 1867, k Moscou. De 1845 k 1850 il publia 
une quantite de romances et de duos, qui de- 
vinrent tres vite populaires. DanB Esmeralda, 
D. s'6tait absolument tenu a la forme courante 
de l*op6ra (Rossini, Auber); sa Roussalka (La 
Nymphe, d'apr^s A. Pouschkine), £crite en 1855 
et donnee pour la premiere foiis 1'annee sui- 
vante, accorde d6ja plus d'importance au r6ci- 
tatif. Quelques scenes seulement de Rogdana, 
op6ra-comique et fantastique que D. projetait 
d'ecrire, furent esquiss^es. La Soci6t£ de musi- 
que russe choisit D. comme president, en 1867; 
des lors sa maison devint le lieu de reunion 
favori de toute la jeune 6cole russe, de cette 
6cole qui marche sur les traces de Schumann, 
Berlioz, Wagner et Liszt. D. lui-m£me s'appro- 
pria de plus en plus les principes et les id£es 
de Wagner qu'il d&passa m£me, k son grand 
desavantage. Son op6ra posthume, Uhote de 
pierre (Kamennoi gdst, orchestre par Rimsky- 
Korsakow et donn6 en 1872 au th&ltre Marie 
de St-P6tersbourg, avec un postlude de Cui), 
compost sur le texte m&me du poeme de « Don 
Juan > de Pouschkine et renonyant entierement 
aux formes musicale pures, n'est plus qu'une 
sorte de recitation en musique. Les oeuvres or- 
chestrates : Fantoisie finlandaise, Kozaczek 
(Danse cosaque), Baba-Jaza, etc., les melodies 
et les ballades de D. ont 6te aussi tres remar- 
quees. 

Daser, LuDwio, remarquable contrapontiste 
allemand de la seconde moitie du xvi* s., fut 
maltre de chapelle a la cour de Wurtemberg, 
puis k Munich (pr^d^cesseur d'Orlandus Las- 
sus). Une Passion (k 4 voix ; dans le Patrocinium) 
et quelques motets (dans le livre en tablature 
d'orgue de J. Paix) de sa composition furent 
imprimes. La bibliotheque de Munich poss^de 
en outre de D. les manuscrits de 13 Messes k 
quatre voix, 7 k cinq voix et 1 a six voix, ainsi 
qu'une serie d'oflices en musique et de motets. 

Daube, Joh.-Friedrich, n£ (k Cassel, Augs- 
bourg?) vers 1730, m. k Augsbourg le 19 sept. 
1797; musicien de la cour a Stuttgart, et plus 
tard secretaire de l*Acad6mie des sciences 

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DAUBLAINE ET CALLINET 



DAVID 



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d'Augsbourg, publia des sonates pour luth et 
plusieurs trait£s de mosique : Generalbass in 
drei Ahkorden (1756> attaqu£ par Marpurg, 
dans les Beitrage...) ; Der musikalische Dilet- 
tant (1773, traits de composition); Anleitung 
sum Setbstuntenricht in der Komposition (1788 ; 
deux parties). Le premier de ces ouvrages, 
« Traits de basse chiffrta en trois accords >, est 
tout ce qu'il y a de plus remarquable ; les trois 
accords dans lesquels D. voit la quintessence 
de toute harmonie sont: l'accord parfait de 
tonique, celui de la sous-dominante avec sixte, 
et celui de la dominante avec septteme. 

Daublaine et Callinet, c£16bres organiers pa- 
risiens, dont la maison fut fondle en 1888, sous 
la raison de commerce Daublaine A C°. Le 
chef intellectuel de la maison £tait Danjou 
(t. ce nom), tandis que Callinet (n6 k Rufifach, 
Alsace, en 1797, entr6 dans l'association en 
1889) 6tait un technicien habile, et Daublaine 
un commergant avant tout En 1848, Callinet se 
brouilla avec son assocte, brisa tout ce qu'il 
avait fait de 1'orgue de Saint-Sulpice (Paris) 
alore sur le chantier et se retira (il entra plus 
tard comme ouvrier chez Cavaill6-Goll). II fut 
remplace par Barker. Le nom de la maison, 
qui changea fr&quemment de propri&aire, 
devint en 1845 Ducrocquet & C°, en 1855 
Msrklin, Schutze & C°. L'unique chef de la 
maison est actuellement Merklin (v. ce nom) et 
son 8i£ge social k Lyon. 

Dauprat, Louis -Franqois, c61£bre corniste 
virtuose et compositeur pour son instrument, 
n6 A Paris le 24 mai 1781, m. dans la m6me 
ville le 16 juiL 1868; 61£ve de Kenn, au Con- 
servatoire de Paris, fit d'abord partie de la 
musique de la Garde nationale, puis de la 
Garde du Consul. De 1801 A 1805, il suivit 
encore les cours de th^orie deCatel et de Gossec 
au Conservatoire, fut de 1806 A 1808 premier 
cor de 1'orchestre du Grand-TM&tre, k Bor- 
deaux, puis succMa k Kenii et A Duvernoy 
dans 1'orchestre de l'Op6ra de Paris, n fut en 
outre musicien de la chambre de Napoleon I or 
et de Louis XVm, professeur suppliant (1802) 
puis professeur titulaire (1816) de cor au Con- 
servatoire de Paris. H donna sa demission en 
1831 de 1'orchestre de l'Op£ra, en 1842 du Con- 
servatoire. Les oeuvres suivantes de D. ont6t6 
publics : Mithode pour cor alto et cor basse 
(c-A-d. pour premier et denxteme cor), des 
concertos pour cor et une quantite de mor- 
ceaux de musique de chambre avec cor; d'autres 
ceuvres sont resttes manuscrites: des sym- 
phonies, un trait* d'harmonie, une Thiorie 
analytique de la musique, etc. 

Daussoigne-M6hul, Louis-Joseph, neveu et 
fils adoptif de Mehul, n6 k Givet (Ardennes) le 
24 juin 1790, m. A Ltege le 10 mars 1875; 61£ve 
de Gatel et Mehul au Conservatoire de Paris, 
grand prix de Home en 1809, rencontra k son 
retour dltalie de tr£s grandes difficultes dans 
la carrtere de compositeur sc£nique qu'il avait 
choisie et l'abandonna apres quelques m£- 
diocres succ£s. D fut nomm£, en 1827, directeur 
du Conservatoire de Ltege, k la tdte duquel il 



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resta jusqu'en 1862 et qu'il sut rendre des plus 
florissants. II a fourni une preuve de son r6el 
talent musical en achevant les ceuvres pos- 
thumes de son oncle, de telle mani&re qu'il fut 
impossible k la critique de distinguer dans ces 
oeuvres la part de chacun. D. 6tait membre de 
l'Academie des beaux-arts de Belgique; il a 
public dans les memoires de celle-ci toute une 
s£rie d'6tudes sur la musique. 

Davenport, Francis- William, n6 A Wilders- 
lowe pr6s Derby en 1847 ; £16ve et plus tard 
beau-fils de G. Macfarren, fut nomm£ en 1879 
professeur A la c Royal Academy of music » et 
en 1882 k l'ecole de musique de Guildhall. D. a 
6crit : deux symphonies (re min., couronn£e en 
1876 au concours de l'Alexandra-Palast, et ut 
maj.); une ouverture, Twelfth Night; prelude 
et fugue pour orchestre ; un trio avec piano 
(sibtmol maj.); des morceaux pour piano et 
violoncelle, deschoeurs, des melodies, ainsi que 
deux traites thtoriques : Elements of Music 
(1884) et Elements of harmony and counterpoint 
(1886). 

David. 1. FfeLiciEN-CfesAR, c£l£bre composi- 
teur fran$ais,n£ A Cadenet(Vaucluse)le 18 avr. 
1810, m. k St-Germain-en-Laye le 29 aout 1876; 
entra, gr&ce A sa belle voix d'enfant, dans la 
chapelle de l'6glise du Saint-Sauveur A Aix, 
puis obtint une bourse k l'institution des J6- 
suites. Au bout de trois ans d£j&, il s'enfuit de 
l'£cole, afln de se vouer enti&rement A la musi- 
que ; il gagna alors peniblement sa vie, comme 
copiste chez un avocat, jusqu'au jour ou il par- 
vint k se faire nommer second chef d f orchestre 
au thMtre d'Aix. En 1829, il fut de plus nomm£ 
maltre de chapelle de l'&glise du Saint-Sauveur. 
Mais le desir d'apprendre encore, de s'instruire 
musicalement, pour pouvoir donner aux pen- 
s6es musicales qui germaient en lui une expres- 
sion artistique, s'empara bientflt de lui ; il par- 
tit pour Pans, avec une maigre pension men- 
suelle de cinquante francs. Cherubini, auquel 
il soumit ses essais de composition, le fit ad- 
mettre au Consen r atoire, ou il devint l'£l&ve de 
F6tis (composition) et de Benoist (orgue); en 
m6me temps, il prenait avec Reber des lemons 
particulieres. Un peu plus tard, son oncle finit 
par lui retirer m&me sa petite pension et D. se 
vit oblige de courir le cachet pour gagner son 
pain. Le saint-simonisme naissant eut une in- 
fluence considerable sur l'avenir de D., qui s'en- 
thousiasma pour la nouvelle cause ; il 6crivit 
d'abord des choeurs pour les concerts des apd- 
tres de Saint-Simon, au nombre desquels il 
comptait lui-m6me, puis, lorsque cette secte fut 
interdite par le gouvernement en 1833, il partit 
avec quelques autres apdtres, comme mission- 
naire en Orient. Au milieu d'aventures de toutes 
sortes, ils arriverent k Marseille, puis k Cons- 
tantinople, k Smyrne et enfin en Egypte ; D. 
seul se dirigea plus tard, a travers la Haute- 
Egyp^, du c6t6 de la Mer Rouge, mais il dut 
finalement reculer devant la peste et rentra A 
Paris en 1888. D. rapportait de ses voyages 
des connaissances tree exactes sur la musique 
des Orientaux, une riche collection de melodies 

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DAVID 



orientates originates et une quantity d'impres- 
sions, dont son imagination se nourrit pendant 
longtemps. Le recueil de chants de TOrient 
qu'il poblia en 1835 n'avait pas produit cepen- 
dant l'effet qu'il en attendait, aussi D. se reti- 
ra-t-il tr&s chagrin^ chez un ami, 4 la campagne. 
G'est 14 qu'il 6crivit un grand nombre d'oeu- 
vres instrumentales, dont quelques-unes fnrent 
joules 4 Paris. H put enfin, en 1844, faire ex6cu- 
ter dans un concert du Conservatoire son ode- 
symphonie, Le Disert, Toeuvre dans laquelle 
il avait fixe musicalement les merveilleuses 
impreesipns de son voyage en Orient. Le succ£s 
fut considerable et D. iramediatement place au 
rang des compositeurs les plus illustres. II 
ne parvint pas, il est vrai, Tann^e suivante, 4 
susciter en Allemagne la mdme extase qu'4 Pa- 
ris, mais sa reputation etait faite desormais et 
chacune de ses oeuvres, ancienne ou nouvelle, 
fut accueillie avec intent. Son oratorio, Motse 
sur le mont Sinai (1846), ainsi que l'ode-sym- 
phonie, Christophe Colomb, et le myst&re, Eden, 
ne furent pas applaudis aussi chaudement que 
Le Desert, mais il ne faut point oublier que 
l'ann&e 1848 ne laissa gu^re le temps aux Pari- 
siens de §*occuper serieusement de choses d'art. 
Toutes les portes, meme celles des theatres ly- 
riques, lui etaient desormais ouvertes. II donna 
en 1857, La Perle du Brtsil (Th&ttre-Lyrique). 
La Fin du Monde fut refusSe 4 TOp^ra, 4 
cause de son strange sujet; elle fut etudiee au 
Th^dtre-Lyrique, mais non representee; c'est 
en 1859 seulement, que i'Opera donna cette 
oeuvre, sous le titre d'Herculanum. Vinrent 
ensuite : Lalla Roukh (1862) et le Saphir 
(1865J. Le Desert n'en resta pas moins l'oeuvre 
capitate de D. ; le Saphir ne fut que tr&s peu 
goftte, mais Lalla-Roukh remporta un 6clatant 
8ucc&8. D. retira de son propre chef un cin- 
quteme opera, La Captive, et renonca d£s lors 
4 ecrire pour la scene. II faut citer, parmi ses 
autres oeuvres: vingt-quatre quintettes pour 
instr. & archet (Les quatre saisons), deux no- 
nettes pour instr. A vent, une symphonic en fa 
maj., des romances, etc. D. regutde l'Acad6mie, 
en 1867, le grand prix d'Etat de 20,000 fr.; il 
succ&da 4 Berlioz en 1869, 4 l'Academie et dans 
ses fonctions de biblioth&caire du Conservatoire 
de Paris. 

2. Ferdinand, remarquable violoniste vir- 
tuose et Tun des premiers professeurs de violon 
de tous les temps, ne a Hambourg le 19 juin 
1810, m. pendant un voyage 4 Klosters (Suisse) 
lel9juil. 1873. Eteve de Spohr et de Haupt- 
mann 4 Cassel, de 1823 4 1824, il se fit entendre 
Tann6e suivante d£j4 au Gewandhaus de Leip- 
zig (avec sa soeur Louise, devenue plus tard 
M™ Ddlgkbn [v. ce nom] ) et fut consider 
comme un artiste accompli. En 1827, il entra 
dans l'orchestre du theatre de Konigsstadt 4 
Berlin, mais accepta deux ans plus tard la place 
de premier violon dans le quatuor particulier 
d'un riche amateur de musique de Dorpat (von 
Liphardt), dont il 6pousa plus tard la fille. n se 
cr^a un grand renom, comme violoniste, en al- 
lant donner, de Dorpat, des concerts 4 St-P6- 



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tersbourg, Moscou, Riga, etc. Mendelssohn qui 
avait fait sa connaissance 4 Berlin, en 1886, le 
fitvenir 4 Leipzig comme concertmeister du 
Gewandhaus ; la nature eminemment musicale 
de D. se manifesta alors de toutes manteres, 
surtout apres la fondation du Conservatoire 
(1843). Leipzig resta gr4ce 4 lui le siege de la 
haute &cole du violon en Allemagne, longtemps 
encore apr&s que le nimbe dont l'entouraient 
les noms de Mendelssohn, Schumann et Gade 
eftt disparu. On n'oubliera jamais la merveil- 
leuse cohesion de l'orchestre du Gewandhaus 
sous sa baguette. D., en qualite de concert- 
meister, devait diriger les accompagnements 
d'orchestre des solistes; il etait la terreur de 
tous les virtuosos qui s'approchaient pour la 
premiere fois du Gewandhaus. Quant 4 la va- 
leur du professeur, on peut la mesurer aisement 
aux eleves, dont un nombre considerable est en- 
core repandu dans le monde entier. Mendels- 
sohn tenait D. en graride estime et mainte fois, 
pendant le temps de leur activite simultanee 4 
Leipzig, il eut recours 4 ses conseils ; son con- 
certo de violon a 6te ecrit sous les yeux de D. 
et creeparlui Les oeuvres de D. lui-meme sont 
les suivantes : cinq concertos de violon, des va- 
riations et des morceaux divers; un opera, 
Hans Wackt; deux symphonies ; mais avant 
tout une Methods de violon, qui compte parmi 
les meilleures, et la Hohe Schule des Violin^ 
spiels (recueil d'anciennes oeuvres pour violon, 
surtout des maitres francais et italiens du xvn* 
et du xvni 6 s.). Son fils, Pkter-Paul, n6 4 
Leipzig le 1« dec. 1840, fut de 1862 4 1865 con- 
certmeister 4 Garlsruhe, et vit depuis lors 4 
Uppingham (Angleterre), comme maitre de mu- 
sique. 

3. Samuel, ne 4 Paris le 12 nov. 1836, m. dans 
lam£mevilte en oct 1895; eteve de Bazin et 
Hatevy au Conservatoire, fut 4 partir de 1872, 
directeur de la musique des Temples Israelites, 
4 Paris. D. recut en 1858 le prix de Borne (can- 
tate : Jephta) et 1'annee suivante un prix pour 
une oeuvre chorale (voix d'hommes) avec or- 
chesire : Le genie de la terre, qui fut execut&e 
par une masse de 6000 chanteurs. D. est l'au- 
teur de plusieurs operas-comiques et operetta : 
La peau de I 9 ours (1858), Les chevaliers du poi^ 
gnard (1864 ; mis 4 retude, mais non repre- 
sentee Moc^owe^Sytota (1868), Tul'asvoutu 
(1869), Le bien d 9 autrui (1869), Un caprice de 
Ninon (1871), La fie des bruykres (1878), plus 
quelques autres encore manuscrits : La ga~ 
geure, Une dragonnade, L'4ducation cCun 
prince, Absalon, Les chargeurs et / Maccabei 
(ital). B a ecrit en outre quatre symponies, une 
quantitS de petites oeuvres vocales et publie 
une etude sur Vart dejouer en mesure. . 

4. Ernest, musicographe francais, ne 4 
Nancy le 4 juil 1824, m. 4 Paris le 3 juin 1886 
se voua d'abord 4 la carriere commerciale, 
malgre son penchant pour la musique. En 1862 
seulement, force, par suite de paralysie des 
deux jambes, de mener une vie tranquille et 
retiree, il commenga 4 faire des etudes d'his- 
toire musicale sous la direction de Fetis, avec 

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DAVIDOW — DE AHNA 



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lequel il en tret en ait une correspondance suivie. 
n coilabora d'abord k la Revue et Gazette mu- 
skate, au Menestrel et au Bibliographe musi- 
cal, puis fit paraitre en 1873 une &tude : La mu- 
sique chez Us Juifs. UEistoire de la notation 
mu&icale depuis ses origines, parue en 1881, 
en collaboration avec M. Lussy (v. ce nom) 
obtint le prix Bordin et fat imprim6e aux frais 
de FEtat, malgr£ son manque absolu d'origina- 
lit6 et son caractere de simple compilation, dont 
Inexactitude laisse mdme souvent k d6sirer. D. 
est aussi l'auteur d'une biograpbie de Bacb : 
La vie et Us osuvres de J.-S. Bach (1883). 

Davidow, Karl, violoncelliste distingu£, n6 k 
Goldingen (Courlande) le 15 mars 1888, m, a 
Moscou le 26 f6vr. 1889; regut les premieres le- 
mons de violoncello de H. Schmidt k Moscou, 
ou il 6tait arriv6 tout enfant, puis continua ses 
etudes sous la direction de K. Schubert k St-P£- 
tersbourg, et se rendit k Leipzig, pour y travail- 
ler la composition aupr&s de M. Hauptmann. 
D d&rata en 1859, au Gewandhaus, avec un suc- 
c&s extraordinaire et fut engagA sur-le-champ 
comme violoncelle-solo ; peu apr&s, il prit en 
outre la succession de F. Grtttzmacher au Con- 
servatoire de Leipzig. Aprte quelques tourn£es 
dc concerts, il se d6cida cependant k rentrer k 
St-P6tersbourg. D. y fut nomm6 successivement 
violoncelle-solo de l'orchestre imperial et pro- 
fesseur au Conservatoire (1862), chef d'orches- 
tre de la Soci&6 de musique russe et enfin di- 
recteur du Conservatoire (1876). H donna sa 
demission de directeur en 1887. Ses oeuvres 
consistent principalement en concertos et en 
morceaux divers pour violoncello ; il a cepen- 
dant aussi public d'excellente musique de 
ehambre (quintette avec piano, etc). 

Davies, Fanny, pianiste distingu6e, n6e dans 
Hie de Guernesey ; Steve du Conservatoire de 
Leipzig (1882; Reinecke) et du Conservatoire 
Hoch k Francfort s/M. (1888-1885; Clara Schu- 
mann), debutaau « Crystal Palace » de Londres 
en 1885 et joua depuis lors en Angleterre et en 
Allemagne (Berlin, Leipzig) avec grand succes. 

Davison, Jambs- William, n6 k Londres le 5 
oct 1813, m. k Margate (Londres) le 24 mars 
1885; 616ve de Holmes (piano) et de G.-A. Mac- 
farren (th&me), s'essaya d'abord dans la com- 
position, mais finit par se vouer enticement 
k la critique musicale. II publia de 1842 k 1844 
one revue, Musical Examiner, de 1844 jusqu'A 
sa mort le Musical World ; en m§me temps, il 
collaborait k plusieurs journaux : Saturday 
Review, Pall Mall Gazette, Graphic, et fut de 
1846 k 1879 r6dacleur musical au Times, situa- 
tion dans laquelle il exer$a une grande in- 
fluence. D. a 6crit durant toute sa vie les pro- 
grammes analytiques des Monday Popular 
Concerts, tond6s en 1859 sur son initiative, et 
ceux des recitals de Ch. Hall6. IL avait 6pous6 
en 1859 Arabella Godard (v. ce nom), qui 6tait 
son 616ve depuis 1850. 

Davy, John, n6 prds d'Exeter en 1765, m. a 
Londres le 22 ttvr. 1824 ; 6tait de 1800 k 1819 un 
compositeur favori d'op&ras-comiques (Sing- 
spiele), k Londres. 



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Day, Alfred, n£ k Londres en janv. 1810, m. 
dans la m&me ville le 11 ftvr. 1849; etudia la 
mSdecine k Londres, k Paris et k Heildelberg 
od il fut promu au grade de D r med., et v6cut 
comme homAopathe k Londres. D. est l'auteur 
d'un int6ressant traits d'harmonie (Treatise of 
Harmony, 1845), par lequel il cherche a intro- 
duire d'intelligentes r6 formes dans la method e 
d'enseignement de l'harmonie. D remplace la 
basse chiffrSe habituelle par une basse chiffWe 
(il ne put malheureusement se d&barrasser de 
ce systeme) d'un autre genre, qui doit indiquer 
l'identit6 de signification harmonique des diff6- 
rents renversements d'un m&me accord. Le 
point faible de ce syst&ne est l'admission d'un 
accord monstrueux de treizi&ne, comme forma- 
tion harmonique d'importance essentielle. 

Dayas, William-Humphrey, n6 k New- York 
le 12 sept. 1865, remplissait les fonctions d'or- 
ganiste k FAge de quatorze ans dfyk, dans sa 
ville natale. II acheva ses Etudes sous la direc- 
tion de Haupt et d'Ehrlich, k Berlin, et succAda 
k Busoni, en 1890, comme professeur de piano 
au Conservatoire d'Helsingfors. D. est un com- 
positeur de talent (deux sonates pour orgue, 
quatuor pour instr. k archel, valses pour piano 
k quatre mains, etc.). 

D. c, abr&viation pour da capo, v. capo. 

Debain, Alexandre-Francois, 1 inventeur de 
l'harmonium, n6 a Paris en 1809, m. dans la 
m&me ville le 3 d6c 1877, travailla d'abord dans 
les ateliers d'Ad. Sax, puis de Mercier et s'6ta- 
blit en 1834 comme facteur de pianos. En aout 
1840, D. fit patenter 1' < harmonium » (v. ce mot), 
qui le rendit bientdt c£16bre. D. 6tait un m6ca- 
nicien des plus habiles, il construisit toutes 
sortes d'instr. de musique automatiques, per- 
fectionna lui-m£me l'harmonium par l'adjonc- 
tion du prolongement, apporta diverses am6- 
liorations k Taccord6on (concertina), etc 

De Ahna. 1. Heinrich-Karl-Hermann, n6 k 
Vienne le 22 juin 1835, m. a Berlin le l« r now 
1892; 616ve de Mayseder k Vienne, puis de Mild- 
ner au Conservatoire de Prague, se fit remar- 
quer k l'Age de douze ans d&jk, a Vienne, k 
Londres, etc. par ses brillantes quality de 
violoniste, puis fut nomm6 en 1849 virtuose de 
la ehambre du due de Cobourg-Gotha. Malgr6 
ces succ6s, il abandonna subitement la musi- 
que et entra le !•* oct. 1851, comme cadet, dans 
l'arm&e autrichienne ; promu en 1853 au grade 
de lieutenant, il fit en 1859 la campagne d'lta- 
lie. Une fois la paix conclue, D. sentit renallre 
en lui l'amour de Tart; il prit cong6 de l'armee 
et fit des tourn^es de concerts en Allemagne et 
en Hollande. En 1862, il s'&abliU Berlin, ou il 
fut d'abord membre de l'orchestre royal, puis 
en 1868 concertmeister et en 1869 professeur k 
l'Acad6mie royale de musique. D. £tait non 
seulement bon virtuose, mais excellent violo- 
niste de quatuor (second violon du quatuor 
Joachim). — 2. Eleonork, stpur du precedent, 
n£e a Vienne le 8 janv. 1838, &eve d'E. Man- 
tius, cantatrice remarquable (mezzo soprano), 
mourut d6j& le 10 mai 1865, a Berlin, ou elle 
6tait cantatrice a TOpera royal. 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



186 



DEBILLEMONT — DEDEKIND 



Debillemont, Jkan-Jacques s n6 a Dijon le 
12 d£c. 1824, m. a Paris le 14 ttvr. 1879; Steve 
du Conservatoire de Paris (Alard [violon], Le- 
borne et Carafa), fit d'abord repr^senter quel- 
ques operas dans sa ville natale, puis s'&tablit, 
en 1859, a Paris. II s'y fit connaltre par toute 
une s£rie d'op£rettes, de faeries, quelques op&- 
ras-comiques (Astaroth; 1861, Theatre -Lyri- 
que), des cantates, etc. D. fat d'abord directeur 
des concerts de la « Soci6t& des beaux-arts », 
puis chef d'orchestre du theatre de la Porte 
St-Martin. 

Debris, Ferdinand, n6 a Brttnn le 24 nov. 
1884, m. dans la mdme ville le 10 mai 1893; fut 
a la fois chef d'une maison de banque de sa 
ville natale et directeur d'une soci£te chorale 
d'hommes qu'il y avait fondee. Compositeur 
favori de choeurs d'hommes, D. a aussi 6crit des 
lieder, duos, morceaux de piano, etc 

Debrois van Bruyck, v. Bruyck. 

Debussy, Claude, n6 a St-Germain en 1862; 
Steve de Guiraud, au Conservatoire de Paris, 
obtint le grand prix de Rome en 1884 (can- 
tate : IS Enfant prodigue). Son envoi de Rome, 
la Damoiselle Hue (choeurs, soli et orchestre, 
d'apr&s un poeme de Dante-Gabriel Rossetti), 
fut refus6 par la section des Beaux-Arts de l'lns- 
titut, qui le jugea d'une modernity excessive. D. 
n'en continua pas moins a perseverer dans la 
voie qu'il avait choisie et donna toute une s6rie 
d'oeuvres interessantes au plus haut degr& : 
des po&mes lyriques sur des vers de Beaude- 
laire et de Verlaine, un quatuor pour instr. a 
archet, YApr&s-midi d'tvn faune (commentaire 
symphonique de l'6giogue de Stephane Mal- 
larnte), des Proses lyrupies (recueU de pteces 
vocales), Pellias et Milisandre (musique pour 
un drame de Maeterlinck) et un op£ra, encore 
inacheve : Chtmtoe (po£me de Cat. Mend£s). 

Dechant (lat. discantus). Forme de la poly- 
phonie qui apparut dans le courant du xn e s. 
et dont le principe, oppose au mouvement pa- 
ranoic de l'organum et du faux-bourdon (v. ces 
mots), repose sur Temploi rigoureux du mou- 
vement contraire. Les diverses sortes de poly- 
phonie, contrastant fortement entre elles au de- 
but, se rapprocherent de plus en plus grace a 
l'emploi des notes de passage (figuration), puis 
s'unifterent finalement pour former le veritable 
contrepoint (v. ce mot). Le d. £tait au debut ex- 
clusivement a deux voix; on pla$ait au-des- 
sus (!) de la m&lodie du cantus planus et note 
contre note, une seconde melodie, qui n'6tait 
du reste pas notee, mais improvis£e directe- 
ment par le chantre (contrapunto alia tnente, 
chant sur le livre). Plus tard on ajouta a la me- 
lodie donnee, deux ou trois autres melodies 
(triplum, quadruplum) et Ton dut naturelle- 
ment en venir a noter ces compositions, afin 
d'eviter un epouvantable charivari. Les plus 
anciennes theories du d., Regulce discantandi, 
n'admettaient dans le d. simple que les inter- 
valles d'octave, de quinte et d'unisson. 

Decima (lat.), le dixteme degre, dixieme (v. ce 
mot); dans l'orgue (Decem, Dezem. Dez, Decu- 
pla), jeu de mutation qui parle a la dixieme su- 



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p&rieure d'un jeu de 8', par consequent identi- 
que a la tierce de 8 V&* ( ,6 /s = son 5 de la s6rie 
harmonique d'un jeu de 16*). 

Deciso (ilal.), decide, rSsolu. 

Decker, Konstaktin, n£ a Fftrstenau (Bran- 
denbourg) le 29 d6c. 1810, m. a Stolp en Pom6- 
ranie le 28 janv. 1878; £teve de Dehn a Berlin, 
pedagogue de talent, pianiste et compositeur. 11 
v6cut longtemps a St-P£tersbourg, puis a Ko- 
nigsberg, od il fit repr£senter en 1852 un opera, 
Isolde; il se fixa en 1859 & Stolp. 

Daclamando (ilal.)* en dtelamant, c.-a-cl plus 
parte que chante (en mani&re de r^citatif). Cf. 

DECLAMATION. 

Declamation. On donne le nom de d., dans la 
composition vocale, a la transformation du 
rythme poetique (m&tre) en rythme musical; 
une melodie est « mal declam6e », lorsqu'une 
syllabe breve re^oit un accent musical fort ou 
une note de longue dur6e, ou qu'au contraire 
une syllabe longue, un mot important dans 
l'ensemble de la phrase, occupe dans la melo- 
die une place secondaire, sur un temps faible 
ou une note br6ve. L'accentuation metrique et 
l'accentuation musicale doivent, dans leurs 
grandes lignes, correspondre aussi exactement 
que possible, sans toulefois que la melodie de- 
vienne une simple scansion. La chanson popu- 
late, toute simple, suit en general exactement 
1'allure de la prosodie; la ntelodie artistique au 
contraire (celle que les Allemands appellent 
Kunstlied) est d'allure beaucoup plus libre, elle 
allonge ou raccourcit les p&riodes au moyen de 
prolongations de syllabes ou de successions de 
sons de courte dur6e, etc. L/auteur de ce dic- 
tionnaire, Hugo Riemann, a fourni dans son 
Kateschismus der Vokalmusik (1891) une etude 
approfondie de la d. allemande; il y convert! t 
entre autres tous les metres po&tiques en perio- 
des musicales de huit mesures. II n'existe jus- 
qu'a ce jour, a notre connaissance, rien d'ana- 
logue en fran?ais et appliqu6 a la langue fran- 
$aise. 

Decrescendo (ital.), abr. decresc. ou deer.. 
de plus en plus doux, en diminuant de sono- 
rity 

Dedekind. 1. Kenning, cantor a Langensalza 
vers 1590, plus tard pasteur dans la m^me lo- 
cality et en 1622 a Gebesee, m. en 1628; a pu- 
blte : Dodekatonon ?nusicum Triciniorum (s. 
date;2 m *^d, 1588, sous le litre: Neue auser- 
lesene Tricinia); Eine Kindermxtsik (1589, 
tlteorie £l£mentaire de la musique, par deman- 
des et r^ponses) ; Prcecursor metricus musicoe 
artis (1590); et enfin : Dodekas musiearum 
deliciarum, Soldatenleben, darinnen allerlei 
KriegshandeL etc (1628). Le dodeka grec, dans 
le litre de deux de ces ouvrages est sans doute 
un simple jeu de mol, un a peu pres (Dodeka- 
Dedekind). — 2. Konstantin-Ghristian, ne a 
Reinsdorf (Anhalt-Dessau) le 2 avr. 1628, per- 
cepteur d'impcHs, Poeta laureatus et musicien 
de la cour a Meissen, fut nomme vers 1672 con- 
certmeister allemand du prince 61ecteur de 
Saxe et vivait encore en 1694. D. est l'auteur 
d'un assez grand nombre de chants religieux 

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DEDLER — DEHN 



187 



avec accompagnement instrumental, qui eurent 
on temps de vogue : Musikalischer Jahrgang 
%md Vespergesang (120 concertos), 1674; Davi- 
discher Harfenschail; Singende Sonn - und 
Festtagsandachten, 1843; Musikalischer Jahr- 
gang, etc. (k deux Yoix, avec orgue), 1604; etc 

Dedler, Rochus, n6 k Oberammergau le 15 
janv. 1779, m. k Oberfohrning pr6s Vienne le 15 
oct. lt&2y auteur de la musique ex£cut£e de nos 
jours encore dans les representations de la 
Passion, k Oberammergau. D. 6tait maitre d*6- 
cole. 

Deering (Dbrino), Richard, d'une famille 
originaire du royaume de Kent, fit son Educa- 
tion musicale en Italic, sans doute a Rome (Ca- 
valieri, Viadana? ) ou a Florence, car il est l'au- 
teur de Yoeuvre la plus andenne qui soit con- 
nue avec continuo (c'est-a-dire avec une basse 
instrnmentale continue). Lors de son retour en 
Angleterre, il publia pendant le cours de son 
voyage, a Anvers — trois ans avant V « Euri- 
dice » de Caccini et 1' « Anima e Corpo » de Ca- 
valievi — le premier livre de ses : Canliones 
sacrce quinque vocum cum basso continuo ad 
organum (1597! 2« livre 1617, 3* livre 1619). II 
fut promu en 1610 bachelier 6s musique de 1'U- 
niversite d'Oxford; en 1617, il accepta, k la suite 
de d-marches pressantes que Ton fit aupres de 
lui, le poste d'organiste du convent des nonnes 
anglaises k Bruxelies ; en 1625, il fut nomm£ or- 
ganiste de la reine Henriette-Marie et mourut 
dejk cinq ans plus tard. D. a fait parattre un cer- 
tain nombre d'autres ouvrages : Cantica sacra 
ad melodiam madrigaliutn elaborata senis vo- 
cibus (1618); deux livres de Cansonette (Anvers, 
1690); Cantica sacra ad duos et tres voces cum 
basso continue ad organum (1662; un simple 
choix, sans doute, d'oeuvres tiroes du premier 
ouvrage cit£). On trouve en outre quelques 
morceaux de D. dans les Cantica sacra (1874) 
de Playford, et quelques manuscrits sont en- 
core conserves dans la biblioth&que de la « Sa- 
cred Harmonic Society », k Londres. 

Deferrari, v. Ferrari. 

Defffts, Louis-Pierrb, n6 k Toulouse le 25 
juiL 1819, fut d'abord 616ve de la succursale du 
Conservatoire de Paris, dans sa ville natale, 
puis passa dans celui-ci oil 11 eut Hal6vy pour 
maitre; il obtint en 1847 le grand prix de Rome. 
D. est actuellement directeur du Conservatoire 
de Toulouse. Ses compositions se font surtout 
remarquer par leur facture 616gante et le sens 
mumcal d£licat qu*elles revdlent chez l'auteur ; 
(15 operas-comiques et op6rettes; une grande 
Messe, etc.) 

Deficiendo (itaL), en diminuant d'intensitE et 
de rapidity, a pen prte syn. de mancando ou 
calando. 

Degele, Euoen, chanteur scenique (baryton), 
n£ k Munich le 4 juiL 1834, m. a Dresde le 26 
jail. 1886, petit-fils de Valesi du c6i& de sa m£re, 
£l&ve de l'Ecole de musique de Munich pour le 
violon d'abord, puis pour le chant qu'il travailla 
avec A. Bayer et Fr. Dietz. Ayant fait fiasco k 
son premier d&but, a Munich m&me, il prit de 
nouvelles lemons de chant chez W. Rauscher. 



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En 1856, il fut engag& a Hanovre apr&s y avoir 
chants avec succ£s le rdle de « Nevers » ; en 
1861, il s^tablit k Dresde, oh il fit partie de 
l*Op6ra royal jusqu'd sa mort. Marschner Tes- 
timait beaucoup et lui faisait tenir ses grands 
riles. D. s'est aussi fait connatlre avantageuse- 
ment comme compositeur de lieder. 

Degr6, nom que Ton donne a chacun des sons 
de l'&chelle fondamentale. C'est la tonique qui, 
dans la r&gle, sert de point de depart, lorsqu'on 
comptelesd. del'£chelle; e'est ainsi que Ton 
dit : l'accord parfait, l'accord de septteme, etc. 
du deuxi&me, du cinqui&me, etc. degre de la to- 
nality. De plus, on fait une distinction entre 
deux sons enharmoniques, en disant par ex. 
que ut et r6 fy se trouvent sur deux d. diffd- 
rents de l'Schelle fondamentale (v. ce mot), ut 
et ut ft par contre, sur le m6me degr& 

De Greef, Arthur, Tun des plus remarquables 
pianistes contemporains, n6 k Louvain le 10 
oct 1862, 61dve du Conservatoire de Bruxelles 
(Louis Brassin) et de Franz Liszt, a Weimar. 
D. est depuis 1888 premier professeur de piano 
(classes d'hommes) au Conservatoire de Bruxel- 
les, mais il profite de tous les conges qu'il pent 
obtenir, pour faire de nombreuses tournSes de 
concerts, n est accueilli partout avec 16 m&me 
enthousiasme : en Angleterre, en Ecosse, en Nor- 
v£ge, en France, en Allemagne, en Suisse, etc. 
D. est de plus un compositeur de m&rite, on 
connait de lui de nombreuses melodies ; une 
Suite symphonique pour orchestre; une Bal- 
lade en forme de variations sur un vieux th£me 
flamand, pour instr. k archet; une Fantaisie 
pour piano et orchestre sur de vieilles chan- 
sons terriennes, etc. II travaille en ce moment 
a une grande cantate : Les Passions humaines* 
pour Inauguration du monument Lambeau. 

Dehaan (de Haan), Willem, compositeur et 
chef d'orchestre, n6 k Rotterdam en 1849 ; 616ve 
de Nicolai, de Lauge et Bargiel a l'Ecole de mu- 
sique de sa ville natale, puis du Conservatoire 
de Leipzig (1870-1871). II sejourna l'annee sui- 
vante a Berlin, k Vienne, etc., puis fut nomme 
successivement directeur de musique k Bingen 
(1873), directeur du t Mozartverein » (1876) et 
chef d'orchestre de la cour (1878) k Darmstadt 
D faut noter parmi ses ceuvres, des composi- 
tions pour choeur et orchestre : Der Koenigs- 
sohn, Das Grab im Busento (toutes deux pour 
voix d'hommes) et Harpa (pour chceur mixte); 
un opera: Die Kaiserstochter ; ainsi que des 
lieder, des duos, des morceaux de piano, etc. 

Dehn, Siegfried-Wilhklm, n6 k Altona le 25 
fevr. 1799, a m. Berlin le 12 avr. 1858; fils d'uu 
riche banquier, eludia le droit k Leipzig, de 
1819 si 1823, mais travailla en m£me temps l'har- 
monie avec l'organiste Drobs et se perfectionna 
dans le jeu du violoncelle. D entra en 1823 au 
service de l'ambassade su£doise, a Berlin ; mais 
apres avoir perdu en 1829 toute la fortune que 
son pere lui avait l£guee, il se voua exclusive- 
ment k la musique. II devint alors £l&ve de B. 
Klein et fut au bout de peu de temps theoricien 
des plus cultivSs. Meyerbeer lui fit avoir en 1842 
la place de bibliothecaire de la section musicale 

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188 



DEI — DELDEVEZ 



de la Biblioth6que royale. D. se mit k l'ouvrage 
avec zeie,classa pour la premiere fois, catalogua 
et enrichit considerablement les collections qui 
lui etaient confines ; il fouiila toutes les biblio- 
theques de la Prusse et fit l'acquisition pour la 
Bibliotheque royale de tous les ouvrages ou 
manuscrits pr6cieux qu'il put y trouver. II mit 
aussi en partition un grand nombre d'<BUvres 
anciennes (entre autres, les « Psaumes de pe- 
nitence » d'Orlandus Lassus); D. regut en 1849 le 
titre de t professeur royal ». n avait redige, de 
1842 k 1848, la revue musicale Ccecilia y fondle 
par Gottfried Weber et pour laquelle il ecrivit 
lui-m6me beaucoup d'articles de valeur. Mais 
son ceuvre capitals est un traits d'harmonie, 
Theoretisch-praktische Harmonielehre (1840), 
dont la preface renfenne de precieuses contri- 
butions historiques ; il a publie en outre : Ana- 
lyse dreier Fugen aus J.-S. Backs Wohltem- 
perieriem Klavier und einer Vokaldoppelfuge 
G.-M. Buononctnis (1858) ; Sammhmg alter er 
Musth aus dem XVI. und XVII. Jahrhundert 
(12 cabiers); une traduction allemande de la 
notice de Delmotte sur Orlandus Lassus, etc. 
B.Scholz a redige, d'apres les notes postbumes 
de D., une Lehre vom Kontrapunkt, dem Kanon 
und der Fuge (1859; 2* ed., 1883). D. fut un des 
professeurs de theorie les plus renomm£s ; on 
compte parmi ses eieves un grand nombre de 
c&6brit6s : Glinka, Kiel, A. Rubinstein, Th. 
Kullak, H. Hofmann, etc. 

Dei (Ital.), syn. de di i, de les, des. 

Deiters, Hermann, musicograpbe, n6 a Bonn 
le 27 juin 1888, Stadia le droit et plus tard la 
pbilologie, dans sa ville natale. n fut promu 
D r jur. puis D r phil. (1858) et remplit successi- 
vement les fonctions de maltre au Gymnase de 
Bonn (1858) et plus tard a celui de Duren 
(1869), directeur du Gymnase.de Ednitz dans 
la Prusse occidentale (1874), de celui de Po- 
sen (1878) et de celui de Bonn (1888). II fut 
tranf&r6 en 1885 k Goblence, comme inspec- 
teur des ecoles de la province, et entra en 1890 
au service du minist£re des cultes a Berlin. 
Tout en d^ployant une grande activity dans le 
domaine pMagogique, D. s'est fait connallre 
tr^s avantageusement comme musicograpbe. B 
a collabore a la Deutsche Musikzeitung (1860- 
1862) de Bagge et surtout a YAllg. musihalische 
Zeitung qui renfenne entre autres les Etudes 
suivantes : Beethovens dramatische Komposi- 
tionen (1865), R. Schumann als Schriftsteller 
(1866), Otto John (1870), Beethovens Sehular- 
feier in Bonn (1871), Max Bruchs Odysseus 
(1873), et une s£rie d'articles sur Brahms, n a 
fourni aussi des articles a quelques autres re- 
vues : Ergdnzungsbldtter zur Kenntniss der 
Qegenwart, Deutsche Warte, Munchener Pro- 
pylden. D. a public une int£ressante caracte- 
ristique de Brahms, dans la Sammlung must- 
halischer Vortrdge (1880). Mais sa principale 
gloire est et restera Tadaption allemande de la 
biographie de Beethoven par a A.-W. Thayer, 
d'apr&s le manuscrit anglais original et non 
publie; il en a paru jusqu'a ce jour trois volu- 
mes (1866-1879). Le programme de Tann£e 1870 



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du Gymnase de Dfiren contient une etude de 
D. sur les sources de 1' t harmonique » d'Aris- 
tide Quintilien. Notons enfin : Ueber das Ver- 
haltniss der Martianus CapeUa zu Aristides 
Quintilianus (1881) et Ueber die Verehrung 
der Musen bet den Griechen (1868). D. est a 
tous les points de vue un 61£ve cTOtto Jahn. 

De Koven, Reginald, ne k Middletown (Con- 
necticut) en 1859, etudia la musique k Oxford, 
Stuttgart, Francfort s/M. (sous la direction de 
Hauff) et Florence; auteur d'oeuvres de musi- 
que l£g6re (romances, op^rettes, etc.). 

Del (ital.), pour di il, de le, du. 

Delaborde, E.-M ., pianiste et compositeur, n£ 
a Paris le 7 f6vr. 1889, 61eve d'Alkan et de 
Moscheies, parcourut l'Angleterre,rAUemagne, 
la Russie, puis vint se fixer a Paris. B y a 6t6 
nomme professeur de piano au Conservatoire, 
en 1878; dte lors, il se voua presque exclusive- 
ment, et avec le plus grand succ£s, au profes- 
sorat. On connait de lui quelques compositions 
originales : Attila (ouverture), La Heine dort 
(op6ra-comique, inedit), des melodies, douze 
pr61udes pour piano, un quintette pour piano 
et instr. k archct, des Etudes de concert, etc., et 
quelques arrangements ou fantaisies. 

Delfttre (Delattre). 1. Olivier, contrapontiste 
n^erlandais, dont les imprimes de Paris, Lyon 
et Anvers, de 1539 k 1555, contiennent des chan- 
sons et des motets. — 2. Claude-Petit-Jan, 
maltre des enfants du choeur de la cathedral e 
de Verdun, puis vers 1555 maltre de chapelle 
de l'6v6que de Liege; auteur de chansons et de 
motets, dont on trouve un grand nombre dans 
les imprimis de Louvain (Phatese) et d'Anvers 
(Susato, Belize), de 1546 k 1574. — a Forme 
frangaise erronie (causee par une pretendue 
d£couverte de Delmotte) du nom d'Orlandus 
Lassus (Roland Delattre); v. Lassus. 

De l'Aulnaye, Franqois-Henri-Stanislas, ne 
a Madrid, de parents frangais, le 7 jail. 1739, m. 
a Chaillot en 1830; arriva tres tdt k Versailles 
et fut nomme secretaire du Mus^e de Paris, au 
moment m&me de sa fondation. R fut congedie 
lors de la revolution et dut se tenir cache, car 
il l'avait combattue dans une serie de brochu- 
res assez vives. Apr^s avoir gaspilie toute la 
fortune de son p£re, D. gagna miserablement 
sa vie comme correcteur, et mourut a l'hdpitaL 
D. a public plusieurs etudes de theorie et d'his- 
toire musicales, parmi lesquelles : De la salta- 
tion thedtrale (1790; recherches sur les origines 
de la pantomime). 

Deldeves, Edouard- Marie-Ernest, ne k Pa- 
ris le 81 mail817, eieve de Habeneck (violon), 
Haievy et Berton au Conservatoire de Paris, oil 
il entra en 1825; organisa en 1840, au Conserva- 
toire, un concert dans lequel il fit entendre ses 
oeuvres avec le plus grand succes. 11 fut nomme 
en 1859 second chef d'orchestre de TOpera 
et de la Societe des Concerts du Conservatoire, 
en 1872 premier chef de la Societe des Concerts 
et en 1873, apres la mort de Hainl, premier chef 
de l'Opera; il fut en outre appeie plus tard a la 
direction de la classe d'orchestre au Conserva- 
toire. D. fit valoir, en 1885, pour raison de sante, 

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DELEZENNE 



DELSA.RT 



189 



ses droits a la retraite. D. a 6crit des sympho- 
nies, de la musique de chambre, des ballets, des 
scenes lyriques, des cantates, de la musique 
d'6glise, etc. fort respectables; il a publie d*an- 
ciennes oeuvres de musique inslrumentale, 
particuli&remeni de violon, ainsi que d'int&res- 
sants travaux sur la th6orie et l'histoire de la 
musique : Curiosites musiccUes (1873; examen 
critique de quelques passages difficiles ou dou- 
teux, tirds d'oeuvres classiques); La notation 
de la musique classigue comparie d la nota- 
tion de la musique moderne (traitant la ques- 
tion des ornement8); La SocitU des Concerts 
(1887), etc. 

Deleienne, Charles-Edouard-Joskph, n6 a 
Lille le 4 ocL 1776, m. dans la m&me ville le 20 
aoM 1866; professeur de malhematiques et de 
physique dans sa ville natale, a fait paraltre 
dans le bulletin (vol. I a XXXV) des seances de 
de la Soci6t6 des sciences de Lille, dont il fit 
partie depuis 1805, une s6rie de travaux sur la 
musique (acoustique, intonation, gammes, etc.) 
d'une haute valeur scientifique. 

Delbasse, FAlix, n6 a Spa le 5 janv. 1809, le 
doyen des musicographes beiges, fit la chroni- 
que musicale de plusieurs journaux beiges et 
publia, outre quelques biographies n'ayant pas 
de rapport avec la musique : un Annuaire dra- 
matique (1839-1847), contenant une quantit6 de 
notes biographiques et anecdotiques, une Ga- 
lerie de portraits (Farttetes musiciens du 
royaume de Belgique (1842-1843, in-folio; por- 
traits $t notices biographiques de Vieuxtemps, 
F&lis, Hanssens, de B6riot, Servais, Prume, etc.) 
et quelques essais de moindre importance. 

Delibes, Lfeo, l'un des compositeurs fran?ais 
modernes les plus renommes, n£ a Saint-Ger- 
main-du-Val (Sarthe) le 21 tevr. 1886, m. a Pa- 
ris le 16 janv. 1891, entra en 1848 au Conserva- 
toire de Paris, ou. il fut relive de Le Gouppey, 
Bazin, Adam et Benoist. II fut nomme en 1853 
accompagnateur au ThSAtre-Lyrique et orga- 
nise de l'6glise de St-Jean et St-Fran^ois. 
Deux ans plus tard, il donnait au theatre des 
Folies nouvelles sa premiere op£rette, Deux 
sous de charbon (un acte), qui fut suivie de 
plusieurs autres, aux Bouffes parisiens. Le 
ThMtre-Lyrique a son tour donna en 1857 et 
en 1863 deux op£ras-comiques de D. : Maitre 
Griff ard (un acte) et Le jardinier et son Sei- 
gneur (un acte). Le talent prononce de IX pour la 
musique gaie, 16g6re et gracieuse s'affirmait de 
plus en plus. II fut nomm6 en 1865 sous-chef 
des choeurs de l'Opera, mais quitta ce poste 
d£s que ses succes, de plus en plus nombreux, 
lui parurent assures (1872). L'Opera donna en 
1866 un ballet, La Source, que D. avait ecrit en 
collaboration avec un Polonais nomme Minkus 
(ce m&me ballet fut donn6 plus tard a Vienne, 
sous le titre : Naila, die Quellenfee); vinrent 
ensuite deux autres ballets : Copp&ia ou la 
Fille aux yeux dfanail (1870) qui consacra de- 
ftnitivement la reputation de l'auteur, et Sylvia 
ou la Nymphe de Diane (1876). L'Op^ra-Go- 
mique avait represents entre temps (1873) Le 
Roi Va dit, dont le succes reel se confirms plus 



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tard & l'6tranger. Quant aux op6ras-comiques 
suivants : Jean de Nivelle (1880) et Lakmi 
(1883), leur succes, celui du second surtout, ne 
prouve rien en faveur d'oeuvres coulees dans 
des moules d'une banality absolue. Pour dtre a 
peu pr£s complet, il faudrait ajouter aux ou- 
vrages d6ja mentionn£s : toute une s£rie d*op6- 
rettes; de la musique de ballet pour le Corsaire 
d'Adam (1867); la musique de sc&ne du Roi 
s* amuse (1882); une sc£ne lyrique, La Mort 
dOrph&e (1878); une cantate, Alger (1865); des 
choeurs pour voix d'hommes et d'autres pour 
, voix de femmes; une Messe pour deux voix 
• Sgales; un recueil de MHodies (Myrto, Avril, 
etc.); enfin, un op£ra en quatre actes inachev£, 
Kassia (termini par Guiraud et donnas a Paris 
le 21 mars 1893). Coppelia, Sylvia et Le Roi Va 
dit sont, sans contredit, ce que D. a fait de meil- 
leur. D. avait succ6de en 1881 & Reber, comme 
professeur de composition au Conservatoire, 
en 1884 a Masse, comme membre de l'lnstitut. 

Delicato, delicatamente 9 condelkatezza (itaL), 
avec gotlt, finement, c-a-d. transparent et doux. 

Delioux, Charles (D. dr Savionag), n6 a Lo- 
rient en avr. 1830, d£buta tr£s jeune comme 
pianiste, 6tudia ensuite la th6orie auprto de Bar- 
bereau a Paris, puis au Conservatoire, oft il fut 
de 1845 a 1849 eieve dllatevy. Le Gymnase a 
donne en 1854 un opera-comique en un acte, 
de sa composition : Yvonne et Loic. A part 
cela, D. a 6crit surtout de la musique brillante 
pour piano et un Cours complet dexercices, 
adopts dans les classes de piano du Conserva- 
toire de Paris. 

Delia Maria, Pierre-Antoine-Dom£nique, n£ 
a Marseille le 14 juin 1769, m. a Paris le 9 mars 
1800, <Hudia la musique en Italie et donna en 
1792, a Naples, un « opera buffa 9,11 maestro dt 
cappella 9 et a Trieste une cantate, Le tre Sirene. 
En 1796, il se rendit a Paris, s'y associa avec 
le po&te Duval et donna deux ans plus tard un 
op6ra-comique, Le prisonnier, qui eut du suc- 
ces. II fit representer jusqu'a sa mort, tr&s tdt 
survenue, cinq autres operas el devint Tun des 
favoris du public parisien. Un opera posthume, 
La fausse duegne, achevS par Blangini, fut 
mont£ a Paris en 1802. De la musique d'£glise 
et quelques autres cpuvres sont restSes manu- 
scrites. 

Bellinger , Rudolf, n£ a Graslitz (Boh&me) le 
8 juil. 1857, est depuis 1883 chef d'orchestre du 
thMtre « Karl Schultze * k Hambourg; auteur 
de deux opSrettes : Don Ceesar et Lorraine. 

Deilo, (ital.), pour di lo, de le, du. 

Delmotte, Hbnri-Florent, n6 & Mons en 
1799, m. dans la mfrne ville le 9 mars 1836; fils 
de l^crivain Philibert D., s*occupa de sciences 
juridiques et fut en m£me temps zel6 biblio- 
phile. II d£couvrit a la biblioth^que de Mons 
des mat£riaux pour la biographie d'Orlandus 
Lassus (cf. toutefois Delatre), qui furent pu- 
bies apres sa mort, sous le titre : Notice biogra- 
phique sur Roland Delatlre (1886). Dehn en 
donna l'annee suivante une traduction alle- 
mande. 

Delsart, Jules, violoncelliste, ne en 1844, a 

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190 



DEL VALUE DE PAZ — DEMI-TON 



fait ses Etudes musicales A l'Academie de ma- 
sique de Valenciennes puis au Conservatoire 
de Paris, oh il remporta tons les premiers prix. 
II a succede en 1884 A Franchomme, comme 
professeur de violoncelle au Conservatoire de 
Paris (entre autres el^ves : Abbiate, Schiden- 
helm, Hasselmans, etc.)..D. est chevalier de la 
Legion d'honneur et offlcier de l'lnstruction pu- 
blique. 

Del Valle de Pas, Edgar, pianiste, ne 4 
Alexandrie le 18 oct 1861, ei6ve de Cesi et de 
SerrSo A Naples; s'est etabli A Florence, comme 
professeur de musique et compositeur (mor- 
ceaux de piano, suites d'orchestre, etc.), apres 
avoir fait plusieurs tourn^es de concerts en 
Italie et en Egypte. n y a cree en 1896 un or- 
gane musical, La Nuova musica, qu'il redige 
avec une rSelle competence. 

Delprat, Charles, n6 en 1808, m. a Pau (Py- 
renees), en fevr. 1888, professeur de chant A 
Paris, 61&ve de Ponchard l'alne, a 6crit : Lart 
du chant et V&cole actueUe (2« ed. 1879), Le 
Conservatoire de musique de Paris et la com- 
mission du minist&r e des beaux-arts (1872; 
8« ed. 1885, sous le titre : La question vocale). 

D6mancher, signifle, dans la terminologie du 
jeu des instr. A archet, changer de position (v. 
ce mot), lorsque la main gauche quitte le man- 
che pour se mouvoir librement au-dessus de la 
touche, dans sa partie la plus rapproch£e du 
chevalet. 

Demantius, Christoph, ne A Reichenberg en 
1567, cantor A Zittau en 1597, puis A Freiberg 
(Saxe) en 1604, oil il mourut le 20 avr. 1648. H a 
laiss& un grand nombre d'oeuvres, les unes re- 
ligieuses : Passion nach St-Johannes (A six 
voix; 1681); Trias precum vespertinarum{des 
magnificat, psaumes, etc. de quatre A six voix; 
1602); Corona harmonica (motets A six voix; 
1610); Triades Sionice (introits, Messes et pro- 
ses de cinq £ huit voix; 1619); les autres pro- 
fanes : Weltliche Lieder (1595); Txmpanum mi- 
litare (chants de guerre et de victoire, A six 
voix; 1600); Convivalium concentuum farrago 
(canzonette et villanelles allemandes,& six voix; 
1609); deux recueils de Neue teutsche Lieder 
(1615); 72 auserleseneliebliche Polnischer und 
Teutscher Art Tanzefaxec et sans texte; 1601); 
t Conviviorum ddicice », neue liebliche Intra- 
den und Aussziige nebst kiinstlichen Gaillar- 
den und froMichen polnischen Tanzen (1609) ; 
Threnodies (chants fun£bres; 1611 et 1620); 
Fasciculus chorodiarum (danses polonaises et 
allemandes et gaillardes A quatre et cinq voix, 
vocaliter et instrumenlaliter ; 1613); Isagoge 
artis musicee, etc. ou Kurze Anleitung, recht 
und leicht singen zu lernen, nebst Erklarung 
der griechiscken WMlein, so bei neuen Musi- 
cis im Gebrauch sind (1605). 

Demelius, Christian, ne A Schlettau pr£s 
Annaberg (Saxe) le l w avr. 1643, m. A Nord- 
hausen, oil il etait cantor de la ville, le 1« nov. 
1711: auteur de motets, d'airs (1700) et d'un 
Tirocinium musicum (theorie eiementaire de 
la musique; s. date). 

Demeur, Anne-Ars£ne (nee Charton, epousa 



en 1847 le flfitiste D.), cantatrice sc£nique et 
cantatrice de concert distingu&e (soprano), nee 
A Saujon (Charente) le 5 mars 1827, eieve de 
Bizot A Bordeaux, oil elle debuta en 1848. Elle 
chanta ensuite A Toulouse et A Bruxelles (1849), 
puis A Londres, dans une troupe fran^aise d'o- 
pera-comique. Plus tard, elle passa A TOpdra 
italien et chanta en 1858, avec grand succ&s, A 
St-P6tersbourg, A Vienne, en Amerique et A Pa- 
ris (dans Beatrice et BSntdict et Les Troyens 
a Carthage [Didon] de Berlioz). Elle se fit en- 
tendre pour la derni£re fois en 1870, dans le 
r61e de Cassandre, de la Prise de Troie de 
Berlioz. 

Demi (all. Halb\ employe comme preflxe, si- 
gnifie souvent (comme le latin semi ou le grec 
hemi dans la terminologie du xvi* s. au xvra' s., 
par ex. : semidiapente = quinte diminuee) non 
pas la moitie plus petit, mats simplement de 
moindres dimensions. Ainsi un demi-violon ou 
un demi-violoncelle sont des instruments A l'u- 
sage des enfants, plus petits que ceux de gran- 
deur normale, mais depassant de beaucoup la 
moitie de ces derniers. C'est dans ce m&me 
sens qu'il faut interpreter le terme de Halbbass 
ou Halbviolon (demi-basse) que les Allemands 
employaient autrefois pour designer un instru- 
ment, non pas A Tusage des enfants, mais te- 
nant lieu, dans les petits orchestres, de violon- 
celle et de contrebasse A la fois. — Un orgue 
qui ne possede aucun jeu de 16* s*appelle demi- 
orgue (haibe Orgel) y c-a-d. orgue incomplet, 
car on sait que tout orgue veritable comporte 
au moins un 16* au pedalier; le quart d'orgue 
(Viertelorgel), instrument sans jeu de 8', etait 
une vraie monstruosite, aujourd'hui tout A fait 
disparue. On donne le nom de demi-jeux, dans 
l'orgue, aux jeux qui ne parlent que sur une 
moitie, grave ou aigue, du clavier : le hautbois 
et le basson, par ex., qui se competent recipro- 
quement dans la plupart des orgues. — K. von 
Schafhautl a encore adopte le terme de demi- 
instrument (HaWinstrument) pour tout instr. 
de cuivre dont le son le plus grave de la serie 
harmonique ne parle pas, par suite du petit 
diametre de son tuyau. 

Demi-soupir (all. A chteljxiuse), silence dont 
la duree correspond A celle de la croche : *f . On 
se servait anciennement du signe ""|,et Ton 
trouve en outre au xvi e et au xvn» s. le signe |"~". 
correspondant A la fusa (v. croche). 

Demi-ton (all Salbton), le plus petit inter- 
vals meiodique ou harmonique dont fasse 
usage notre systeme musical actuel: on sait en 
effet que les sons enharmoniques sont identi- 
fies et que le changement enharmonique n'a 
pratiquement d*autre valeur que celle d'une 
liaison, d'un son tenu. On distingue le d. diato- 
nique et le d. chromatique. Le d. diatonique ne 
se rencontre qu'entre deux sons situes sur des 
degres differents, mais contigus de rechelle fon- 
damentale, par ex. : 



* &*&*&& && 



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le 



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DEMOL — DBPRES 



191 



Le d. chromatique est form6 par deux sons 
qui, quoique diflferents, reposent sur un m&ne 
degr6 de l*6chelle fondamentale, ex. : 




Nous donnerons ft une troisieme esp&ce de 
demi-ton : 



i 



m 



s 



le nom de d. enhakmonique (tierce doublement 
diminu&e), car son existence suppose le chan- 
gement enharmonique d'une des notes de Tin- 
tervalle, ex. : 

au lieu de 




Quant aux rapports acoustiques des diffSren- 
tes esp£ces de d., cf. la table au mot rapports. 

Demol (de Mol). 1. Pierre, ne ft Bruxelles le 
7 nov. 1825, 616ve du Conservatoire de Bruxel- 
les, grand prix de Rome en 1855. D. fut nomm6 
violoncelle-solo au theatre de Besangon et pro- 
fesseur ft Fecole de musique de la m£me ville. 
Deux cantates de sa composition ont &t& ex£cu- 
t6es : Les premiers Martyrs (prix de Rome) et 
Herculanum; D. n'a, semble-t-il, rien public.— 
2. Franqois-Marie, neveu du prudent, n6 ft 
Bruxelles le 3 mars 1844, m. ft Ostende, ou il 
Stait directeur de l'Acad6mie de musique, le 
3 nov. 1883. El&ve du Conservatoire de Bruxel- 
les, il y obtint le premier prix de contrepoint et 
de fugue et le premier prix d'orgue. II fut 
d'abord organiste du convent des b&guines a 
Bruxelles, puis, sur la recommandation de F6- 
tis, organiste de l'Sglise St-Charles a Marseille. 
De 1872 ft 1875, il dirigea les concerts populaires 
de cette ville et fut nomm£ en 1875 professeur 
d*harmonie au Conservatoire. L'ann6e suivante 
d£jft, il rentra ft Bruxelles ou il devint chef d'or- 
chestre du Th^fttre national. Comme composi- 
teur, D. ne s'est fait connaitre que par des oeu- 
vres de petites dimensions. Son fr6re— 3. Wil- 
lbm, n6 a Bruxelles le 1«* mars 1846, m. ft Mar- 
seille le 7 sept. 1874, etait un compositeur plein 
d'avenir. A l'ftge de 17 ans, it etait d6jft orga- 
niste de St-Roch ft Bruxelles ; il oblint en 1871 
le grand prix de Rome, avec sa cantate Colum- 
bus' droom. D'autres cantates, ainsi que des 
melodies (Urates sur des po&nes flamands) ont 
6te ex^cutees avec succds. 

Demunck (de Mumck). 1. Francois, c£lebre vio- 
loncelliste virtuose, ne ft Bruxelles le 6 oct. 
1815, m, dans la m&ne ville le 28 tevr. 1&>4 ; fils 
d'un professeur de musique, Sieve de Platel au 
Conservatoire de Bruxelles, obtint en 1834, en 
m&me temps qu' Alexandre Batta, le 1«* prix de 
violoncelle. En 1835 dejft, il fut nomm6 moni- 
teur et la m&me ann6e, apr£s la mort de Platel, 



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premier professeur de violoncelle au Conserva- 
toire. Mais une vie de libertinage menaga au bout 
depeu d'annees son talent et ruina sa sant£. II 
fit en 1845 une longue tourn&e de concerts en 
Allemagne, avec une cantatrice, accepta en 
1848 un poste de violoncelliste au Th6fttre 
royal de Londres et v6cut de nouveau ft 
Bruxelles depuis 1853, dans un Stat de plus en 
plus lamentable. D. n'a fait graver qu'un op. 1 : 
Fantaisie et variations sur des tbSmes russes. 
— 2 Ernest, flls du prtcSdent, nA ft Bruxelles 
le 21 dSc. 1840, SISve de son pfcre et de Servais, 
se fit entendre comme virtuose en Angleterre, 
en Ecosse et en Irlande, puis s'&tablit ft Lon- 
dres. En 1868, il alia se fixer ft Paris, ou il fit 
partie du quatuor Maurin, puis, deux ans plus 
tard, fut appe!6 ft Weimar, comme violoncelle- 
solo de la chapelle de la cour. H a accepts en 
1898 le poste de professeur de violoncelle ft 
TAcad&nie royale de musique, ft Londres. D. 
souffrit pendant plusieurs ann&es d'une affec- 
tion nerveuse de la main et dut cesser de jouer, 
mais il r6ussit ft se guSrir et reprit ses occupa- 
tions. II a £pous6, en 1879, Carlotta Patti. 

Dengremont, Maurice, violoniste virtuose, 
n6 ft Rio-de-Janeiro le 19 mars 1866, m. ft Bue- 
nos-Ayres en sept 1893, se fit entendre d6jft 
comme enfant prodige et v6cut longtemps ft 
Paris. 

Denner, Johann-Christoph, n£ ft Leipzig le 18 
aout 1655, m. ft Nuremberg le 20 avr. 1707; fils 
d'un fabricant de cors qui de Leipzig alia s*£- 
tablir ft Nuremberg. D. devint tr&s habile dans 
Tart de la fabrication des instr. ft vent en bois; 
ses essais d'am&ioration de Tancien chalumeau 
fran$ais l'amen&rent ft inventer, vers 1700, la 
clarinette, qui devint rapidement Tun des 
principaux instruments de Torchestre. Les ate- 
liers de construction d'instr. ft vent, fond^s par 
D., ont et6 dirig6s apr&s sa mort par ses fils et 
sont parvenus ft une tr£s grande renomm^e. 

Deppe, Ludwio, n6 ft Alverdissen (Lippe) le 
7 nov. 1828, m. aux bains de Pyrmont le 5 sept. 
1890; eleve de Marxen ft Hambourg (1849) puis 
de Lobe ft Leipzig, s^tablit en 1857 ft Ham- 
bourg, ou il fonda une « academic de chant • 
(soci&6 chorale) qu'il conduisit jusqu'en 1868. 
II organ isa des concerts dans cette m6me ville 
et fit entendre ses oeuvres. A partir de 1874, 1). 
vScut ft Berlin et y fut nomine, en 1886, chef 
d'orcheslre de la cour; mais il abandonna bien- 
t6t ses fonctions. Cf. Amy Fay, Music Study 
in Germany (« D. comme professeur*). Ce 
fut D. qui dirigea jusqu'ft sa mort les festivals 
de musique de SilSsie, fond^s en 1870 par le 
comte Hochberg. 

Depr6s (de Prrs), Josqutn (nomm6 aussi : 
Depris, Despres, Depret, Depres, Dupreou en 
general simplement Josquin [diminutif de Jo- 
seph], en latin Josquinus ou Jodocus (Glarean), 
en italien, mais ft tort, Jacobo ; son nom de fa- 
mille 6tait aussi fr£quemment traduit en latin : 
a PratOy a Pratis, Pratensis, ou en italien : del 
Prato), le plus c£lebre de tous les contrapon- 
tistes n^erlandais, appel& par ses contempo- 
rains le « prince de la musique » et dont la 

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192 



DEPROSSE — DE RESZKfe 



gloire se perp£tua,inalter£e,jusqu'au jouroude 
nouvelles tendances musicales, un nouveau 
style s'impos&rent au point de rendre incomprS- 
hensibles les oeuvres d'une 6poque ant£rieure. 
La plupart dee oBuvres de D. ne sont plus con- 
nues aujourd'hui que dee historiens de la ma- 
sique, et encore tr6s pea d'entre eux sont-ils 
capables de se reporter en imagination A des 
temps lointains, dans lesquels la conception de 
Tart £tait si diflferente de la ndtre, et par conse- 
quent desaisirtoute Tim portance d'un tel mattre. 
Gependanton ne peut douler que le mouvement 
musical historisanl, auquel nous assistons au- 
jourd'hui, ait pour rSsultat de remettre au jour 
un grand nombre d'oeuvres de D. et de les 
faire revivre, dans toute leur beaut£, par le seul 
vrai moyen : l'ex£cution vocale. D. partage le 
sort de maint autre artiste tr& cel^bre, dont la 
destin£e nous est presque totalement inconnue. 
De m£me que pour Hom&re, les villes et les 
contrees se disputent Thonneur de lui avoir 
donne le jour; mais les recherches les plus r£- 
centes permettent d'avancer, non sans quelque 
certitude, que D. naquit dansle Hainaut. Ce que 
nous ne saurions affirmer par contre, c'est qu'il 
soit n6 justement A Gond6, ainsi que F6tis croit 
pouvoir l'admettre, parce qu'il j est mort (27 
aout 1521) proprtftaire d'immeuble et pr6vdt du 
chapitre de la cath£drale ; c'est Id une preuve 
plus que t6m£raire. D. est n6 vers 1450 environ; 
pas avant, Car J. Tinctoris ne le nomme pas 
encore dans son traits de contrepoint (6crit en 
1477), ni apr£s, puisqu'il fut chantre de la Gha- 
pelle sixtine sous le pape Sixte IV (1471-1484). 
D'autres recherches, ainsi que des renseigne- 
ments 6pars prouvent que D. fut enfant de 
choeur puis prepos6 de chceur A St-Quentin, 
que peut-£tre il occupa pendant quelque temps 
le poste de mattre de chapelle de la cath£drale 
de Gambrai (ou d f aucuns pr£tendent, non sans 
quelque apparence de v6rit6, qu'il naquit). De 
plus, on est d'accord sur le fait que D. aurait 
6t6 l'eldve d'Okeghem qui, d'apr£s le t6moi- 
gnage de Tinctoris, fut vers 147(> « premier 
chantre » de la cour de Louis XI, A Paris. II 
est bien certain que tous ces faits ont pr£c£d6 
le s£jour de D. A Rome. Quant A sa pretendue 
situation A Florence, rien n'est encore prouv6; 
mais il s'est peut-etre trouv£ A Ferrare en m£me 
temps qu'Isaac, vers 1488 (v. Monatshefte fur 
M.-G. XVII, 24), attendant qu'une situation lui 
fut offerte. Un £leve de D., Petit- Adrian Cocu- 
cus, a rapports dans son Compendium musicce 
(1532) toute la doctrine de son mattre : Regula 
contrapuncti secundum doclrinam Josquini 
de Pratis. Les opuvres de D. qui nous sont par- 
venues, sont les suivantes : 32 Messes pour la 
plupart imprimees (trois livres de 5. Get 6 Mes- 
ses, imprimes sous le litre Misse Josquin, par 
Petrucci, en 1502 [1514], 1515 et 1516, puis reu- 
nis et reedites en 1526 par Junta, A Rome; quel- 
ques-unes de ces Messes ligurent aussi dans le 
Liber XV missarum d'A. Antiquus [1516J et 
dans \e Liber XV missarum de Petrejus; par 
contre les Missoe XIII de Graphaeus [1539] 
renferment plusieurs Messes qui n'avaient pas 



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paru dans les recueils de Petrucci : Pange lin- 
gua, Da pacem [cf. Bauldewijn] el Sub luum 
prcesidium). Les archives de la Chapelle pon- 
tificate A Rome, la bibliotheque de Munich et 
celle de Gambrai poss&dent des Messes manus- 
crites. Petrucci a public des parties detachSes 
de Messes, dans ses Fragmenta missarum ;cf. 
aussi Glarean, Dodekachordon, S. Heyden, De 
arte canendi, etc. Des motets de Josquin ont 
&& publics par Petrucci, dans YOdhecatOfi 
(1501-1505) et dans les livres I, m, IV et V 
des motets A cinq voix (1503-1505), par Eonrad 
Peutinger dans le Liber selectarum cantio- 
num (1520) et par une quantity d'autres &di- 
teurs d'anthologies, au xvi« s. Pierre Attaignant 
(1533-1539 et 1549), Tylman Susato (1544), Le 
Roy et Ballard (1555) ont aussi public des edi- 
tions Jspeciales de motets de Josquin. Enfin Ton 
a conserve toute une s6rie de chansons fran- 
Caises, parues soit en editions sp&ciales chez 
Tylman Susato (1545), Attaignant (1549) et Du 
Ghemin (1553), soit dans des anthologies des 
m6mes et de quelques autres £diteurs (dans 
YOdhecaton, entre autres). Des fragments de 
Messes, des motets, des chansons, etc. ont 6te 
r£6dil£s, en notation moderne, dans la Collectio 
operum musicorum Batavorum de Commers, 
dans les ouvrages historiques de Forkel, Bur- 
ney, Hawkins, Busby, Kiese wetter, Ambros, 
dans Satnmlung etc. de Rochlitz, dans la Col- 
lection etc. de Ghoron, dans la Bibliothek fvr 
Kirchenmusth (1844), etc 

Deprosse, Anton, compositeur, n£ A Munich 
le 18 mai 1838, m. A Berlin le 28 juin 1878; fut 
jusqu'en 1855 61£ve de l'Ecole royale de musi- 
que, A Munich, puis £l&ve particulier de Stunz 
et de Herzog. II fut nomme en 1861 professeur 
de piano a l'Ecole royale de musique, mais 
quitta ce poste en 1864 d£j&, v£cut un certain 
temps A Francfort s/M., puis A Gotha ou il pro- 
fessa dans un institut de musique qui fut ferme 
en 1868. n rentra A Munich en 1871, mais alia 
se fixer quatre ans plus tard A Berlin. L'ceuvre 
la plus connue et la plus remarquable de D. est 
un oratorio, Die Salbung Davids; il a public en 
outre surtout des lieder et des morceaux de 
piano (op. 17, eludes romantiques). Quelques 
operas du m£me auteur sont restes manuscrits. 

De Resxk6. 1. Jean, n£ A Varsovie le 14 janv. 
1852, c£16bre t6nor lyrique, debuta A Londres 
en 1875, comme baryton. II entra en 1876 au 
Th£&tre-Ilalien, A Paris, tit ensuite des tour- 
n6es, puis rentra au ThSdtre-Italien en 1883, 
cr£a Tannee suivante le rdle de Jean (t£nor) 
dans Berodiade et fut engage A l'Op^ra. II 
quitta FOp&ra en 1889 et fit d&s lors de nom- 
breuses tourn^es A l^tranger. — 2. Edouard, 
fr^re du prudent, n6 A Varsovie le 23 dec. 
1855, chanteur sc£nique (basse) de grand talent, 
fit ses premiers debuts en Italie, puis tit partie 
de 1876 A 1878 du Th&Ure-Italien, A Paris. II 
chanta ensuite a Londres, Milan, Turin, Gtaes, 
Lisbonne, puis rentra A Paris au Th&ltre-ltalien 
d'abord et, A partir du 13 avr. 1885, A TOp^ra 
oix il debuta dans le r61e de M£phistopheles ^e 
Faust D. a quilte TOp^ra la m^me an nee que 

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DERING — DE8TRA.NGKS 



193 



son frere, pour faire des tourn6es a Yi\ ranger. 
— 3. Josephine, sopur des precedents, fit partie 
jusqu'en 1884, comme chanteuse l£g6re, du per- 
sonnel de di verses scenes, a Paris, Madrid, Lis- 
bonne et Londres. Rile epousa alors an noble 
varsovien, de Kronenburg, et moarut a Varso- 
yie en 1891. 

Daring, v. Debrikg. 

Des (all.) = re 7 ; desks = re W*. 

Desaugiers, Mamc-Antoine, n6 a Fr6jus en 
1742, m. a Paris le 10 sept. 1793; acquit par lui- 
mSme une forte Education musicale, arriva a 
Paris en 1774 et se fit connaltre d'abord par 
ane traduction francaise de l'ouvrage de Man- 
cini, sur le chant figur6 (1776). II lit aussi re- 
presenter sur diverses scenes parisiennes (Op6- 
ra, Th6atre-Italien, Feydeau, etc.) de petits 
operas dont le naturel et la simplicity ftrent le 
sneers. D. s'enthousiasma pour la revolution et 
feta l'assaut de la Bastille, dans une cantate 
intitule Ritorodrame. U 6 tail l'ami de Gluck et 
de Saccbini et composa un Requiem, pour les 
fuoerailles de ce dernier. 

Deshayes, Prosper-Didibr, n6 vers 1760, a 
6crit pour les theatres de Paris des vaudevilles 
et des ballets-divertissements. D est aussi l'au- 
teur de deux oratorios (Les Macchabies; Le 
sacrifice de JephU), d'une symphonic et de 
piusieurs ceuvres instrumentales de moindres 
dimensions. 

Desmarets, Henri, n£ a Paris en 1662, m. le 7 
sept 1741 ; musicien de la chambre de Louis 
XIV. II epousa en secret la fille d'un haut fonc- 
tionnaire et, sur la plainte du p£re, fut con- 
<lamn6 a mort pour enlevement et seduction. 
Mais il reussit k s'enfuir en Espagne et y devint 
maltre de chapelle de Philippe V; il ne put sup- 
porter longtemps le climat et £changea plus 
tard ce pogte centre celui d'inteudant de la mu- 
uique du due de Lorraine, a Luneville. A la 
suite de la revision de son proems, en 1722, son 
manage fut declare valable, inais D. n'en resla 
pas moins a Lun&ville. Ses operas eurent un 
temps de grande vogue. Un certain nombre de 
motets de I). ont paru sous ie nom de Goupil- 
lier, le maitre de chapelle de Versailles. 

Des Pros. v. Depbks. 

Dessau, Bernhard, violoniste, ne a Ham- 
bourg le l** mars 1861, fut eleve a Ija Haye, 
mais £tudia ensuite avec Schradieck (Ham- 
bourg et Leipzig), Joachim et Wieniawski. Q 
fut successivement concertmeister a Gdrlitz, 
<>and,K5nigsberg, Briinn, Prague et Rotterdam, 
ou il est en m&me temps professeur au Conser- 
vatoire. 

Dessauer, Josef, ne a Prague le 28 mai 1798, 
m. a Mcpdling pr6s Vienne le 8 juil. 1876; £levo 
de Tomaczek et de Dionys Weber, composi- 
teur favori de lieder, a £crit aussi des ouvertu- 
res,des quatuors a cordes, des morceaux de 
piano et piusieurs operas ; Lidwina (1836), Ein 
Besuch in Saint-Cyr (1838), Paquita (1851), 
Domingo (1860) et Oberon (non represent^). 

Des soft, FfcLix-Orro, n£ a Leipzig le 14 janv. 
1835, m. a Francfort s/M. le 28 oct. 1892; el£ve 
du Conservatoire de Leipzig, specialement de 

DIGTIONNAIBB DE MUSIQUE. — 13. 

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Moscheles, Hauptmann et Hietz, fut, de 1854 & 
1860, chef d'orchestre des theatres de Chemnitz, 
Altenbourg, Dusseldorf, Aix-la -Chapelle, Mag- 
debourg et, de 1860 a 1875, chef d'orchestre de 
rOp6ra imperial, professeur au Conservatoire 
de la Society des Amis de la musique et direc- 
teur des Concerts philharmoniques,a Vienne. D. 
fut nomme en 1875 chef d'orchestre de la cour 
a Carlsruhe et en 1881 premier chef au Theatre 
municipal de Francfort s/M. 11 a public quel- 
ques oeuvre8 de musique de chambre (sonate 
pour piano, quatuor et quintette pour instr. a 
archel et piano, etc.). 

Dessus, terme vieilli pour designer la partie 
superieure d'un ensemble de voix ou d'instru- 
ments. Premier d. = premier soprano; second 
d. = second soprano ; d. de viole = violon. etc. 

Destouches, 1. Andr£-Cardinal, compositeur 
d'op£ras, n& a Paris en 1672, m. dans la m&me 
ville en 1749; fut, de 1713 a 1731, surintendant 
de la musique du roi et inspecleur g£n6ral de 
1'Op^ra, Son opera lss4, 6crit alors qu'il ne 
poss6dait aucune notion de th6orie musicale, 
n'en resta pas moins son plus grand succes ; 
plus tard, il fit certaines Etudes, mais les id£es 
lui manquant, ses succ£s diminu&rent de plus 
en plus. Louis XIV l'estimait fort, malgre tout, 
et il le declarait le seul qui pikl lui faire oublier 
Lully.— 2. Franz-Seraph, compositeur d'op£ras, 
n6 a Munich le 21 janv. 1772, m. dans la m6me 
ville le JO d£c.l844; 61£ve de J.Haydn a Vienne, 
en 1787, fut nomm£ successivement directeur de 
musique a Erlangen (1797), deuxidme concert- 
meister(en m£me temps que Krantz) a Weimar 
(1799), premier concertmeister et maltre de mu- 
sique au gymnase de la m6me ville (1804-1808), 
professeur de th&orie musicale & Ijandshut 
(1810), chef d'orchestre a Hambourg (1826J. II 
vecut retire & Munich, a partir de 1842. D. a 
compost un op£ra, Die Thomasnacht (1791, 
poeme de son fr6re Joseph) ; une op&rette, Das 
Missverstandniss (Weimar, 1805); un op^ra- 
comique, sa derntere oeuvre, Der Teufel und 
der Schneider (po&me de son neveu, IJlrich 
von D.) ; beaucoup de musique de sc£ne (pour 
Tell, Macbeth, Jung f ran von Orleans, Wal- 
lensteins Tod, Turandot, Braut von Mes- 
sina de Schiller; Wanda de Werner: Hussiten 
vor Naumburg de Kotzebue), etc. Ont 6te gra- 
ves : quelques sonates, des fantaisies, des va- 
riations, un concerto, etc. pour piano, un trio,etc, 

Destra (ital.) = droite (main). 

Destranges, Louis- Auoustin-Etienne Kouil- 
Lfe — D., ne a Nantes le 29 mars 1863, se langa 
tout jeune dans la bataille artistique et colla- 
bora a une fouledejeunes revues. Fervent wag- 
n6rien, il a fait beaucoup pour la propagation 
du wagn6risme en France et soutient les theo- 
ries qui lui sont chores dans YOuest- Artiste, 
importante revue de musique francaise, dont il 
est, depuis 1890, le r6dacteur en chef. D. colla- 
bora a piusieurs revues musicales : Guide mu- 
sical, Monde artiste, Gazette musicale de la 
Suisse romande, etc. II a raconte dans le Monde 
artiste une entrevue qu'il eut en 1890 a G6nes 
avec Verdi et qui tit grand bruit, a cause des 

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194 



DESVIGNES — DEZfeDE 



jugements port&s par le maltre italien sur cer- 
tains compositeurs franca is. D. a public un im- 
portant ouvrage sur le ITiMtre & Nantes de- 
puts ses origines jusqvCa nos jours, ainsi que 
de nombreux travaux de critique musicale, 
parmi lesquels nous citerons : Le Chant de la 
Cloche (de Vincent dlndy), CoUot dCHerbois & 
Nantes, Dix jours a Bayreuth, Notes de voya- 
ges, L'oeuvre thidtral de Meyerbeer, Samson et 
Dalila (de Saint-Saens), Souvenirs de Bay- 
reuth, Tannhceuser, L Evolution musicale chez 
Verdi, Proserpine (de Saint-Saens), Les inter- 
prMes musicaux du Faust de Gorthe, F. Ha- 
Uvy, sa vie et ses ceuvres, Le Rive d'A. Bru- 
neau, Les oeuvres lyriques de Cesar Franch, 
Fervaal de V. d'Indy, Les femmes de Wagner. 

Desvignes, Victor-Francois, n6 k Treves le 
5 juin 1805, m. k Metz le 80 d£c. 1853; fut pen- 
dant de longues ann£es chef d'orchestre des 
th£&tres d*op£rette de diff&rentes villes de pro- 
vince, en France. II fonda en 1885, k Metz, un 
conservatoire qui parvint rapidement k une re- 
nomm£e telle que TEtat en fit l'acquisition en 
18U et l'frigea en succursale du Conservatoire 
de Paris. D. a publid de la musique de cham- 
bre ainsi que de la musique religieuse vocale; 
un grand nombre d'oeuvres importantes, parmi 
lesquelles deux operas, sont resides manus- 
crites. 

Deswert (de Swbrt), Jules, violoncelliste 
tr6s remarquable, n6 k Louvain le 15 aotit 1843> 
m. k Ostende le 24 f6vr. 1891, 61dve de Servais, 
k Bruxelles. Apr&s s f 6tre cr£e une grande repu- 
tation par de nombreuses tourntas de concerts, 
il fut engage en 1865 a Dusseldorf, comme chef 
d'orchestre suppliant, et trois ans plus tard k 
Weimar, comme premier violoncelliste de la 
chapelle de la cour. Kn 1869, D. fut appele k 
Berlin en qualite de violoncelle-solo et concert- 
meister de la chapeUe royale et de professeur 
k V Acad6mie royale de musique ; mais il aban- 
donna toutes ses fonctions en 1878, entreprit de 
nouvelles tourn&es de concerts, puis transf&ra 
son domicile k Wiesbaden. Enfln, en 1888, D. 
fut nomine simultanement directeur de TEcole 
de musique d'Ostende et professeur aux Con- 
servatoires de Gand et de Bruges. D. a compost 
trois concertos de violoncelle, un grand nombre 
de petits morceaux et d'arrangements pour 
piano et violoncelle, ainsi qu'une symphonie 
intitulee Nordseefahrt. Deux operas du m&me 
ont £te repr6sent6s : Die Albigenser (Wiesba- 
den, 1878; avec succ&s) et Graf Hammerstein 
(Mayence, 1884). 

D6tach6, dans le jen des instr. k archet, syn. 
de staccato.GRAHD d. =r rtaccato large, k grands 
coups d f archet; d. sec = staccato bref, court, k 
petits coups d'archet. 

Determinato (ital), determine, r6solu. 

D6toner, c.-&-d. laisser baisser le son, 
apres l'attaque; Tun des defauts les plus fre- 
quents chez les chanteurs peu exerc^s. Ce de- 
faut r£sulte generalemeiit d'une certaine pa- 
resse naturelle, il est alors facile k corriger; 
moins facile par contre, lorsqu*il resulte d*un 
manque de justesse d'oreille. Le fait que les 



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chceurs a cappeUa baissent facilement, autre- 
ment dit qu'ils se terminent plus bas qu'ils 
n'ont commence, provient en g£n£ral de ce que 
les choristes ont d&tonne. On a cherch6 r£cem- 
ment k en rendre responsable la multiplicity des 
rapports acoustiques des sons, mais il y aurait 
dans ce cas tout autant de raison pour que le 
choeur monte; or, ce fait est excessivement rare 
et provient en g£n6ral des efforts exag£r6s de 
quelques chanteurs pour maintenir le diapason 
primitif. 

Dettmer, WiLHBLM,chanteur sc£nique (basse) 
distingu£, ne k Breinum pr&s Hildesheim le 29 
juin 1808; fils d'un paysan, il suivit les cours 
du gymnase de Hildesheim et du seminaire 
d'instituteurs d'Alfeld, mais il s'enfuit un beau 
jour et s'associa k une troupe de com6diens er- 
rants. Apr£s avoir rempli pendant iongtemps 
des fonctions subalternes k Hanovre, Bruns- 
wick, Breslau et Cassel, il surgit tout k coup k 
Dresde, en 1842, chanteur de premier ordre. II 
n'en travailla pas moins encore aupr&s de 
Mieksch. Lorsque D. quitta Dresde pour se 
fixer k Francfort s/M„ on lui fit une pension 
k vie. II se retira de la sc£ne en 1874. D. 6tait 
remarquable aussi bien dans les riles comi- 
ques que dans les r61es s&rieux. 

Deuterus (Authbntus d.) 9 v. eccl£siastiques 
(modes). 

Deutx, V. MAGNUS. 

D6veloppement, nom que Ton donne, dans 
les formes de la haute composition musicale, k 
la partie qui suit Texposition (v. ce mot) des 
th&mes et dans laquelle th&mes et motifs sont 
Jibrement travailles, morceles ou amplifies, en 
un mot combines de fa$ons toujours nouvelles. 
On trouve en particulier dans la sonate,la forme 
la plus importante de la musique instrumentale 
moderne, le d. imm£diatement apr£s la reprise 
(r£p£tition des themes), c.-A-d.au milieu du mou- 
vement en question, entre Imposition et le der- 
nier retour des themes. Cf. Divertissement et 

DURGHFfiHRUNO. 

Devienne, Francois, n& k Joinville (Haute- 
Marne) le 81 janv. 1759, m. k Tasile d'ali£nes de 
Charenton le 5 sept 1803; virtuose sur la flftte 
et le basson, membre de la musique des Gar- 
des suisses, k Paris, entra en 1788 dans l'orches- 
tre du Th&Mre de Monsieur et fut nomm£ plus 
tard professeur au Conservatoire. II fut mis au 
b£n£fice de la pension de retraite, lore des re- 
formed de 1802. D. a ecrit onze operas et op£ras- 
comiques, une quantity de morceaux concer- 
tants pour instruments k vent et orchestra, des 
concertos de flftte et de basson, des quatuors, 
trios,sonates pour instr.dt vent et instr. k archet, 
douze suites pour 8 resp. 12 instr. k vent et uue 
grande m&hode de flAte (1795). 

Dextra (lat.), droite (main). 

Dexdde (ou aussi Desaides), n6 k Lyon vera 
1740, m. k Paris en 1792, compositeur francais 
d'operas-comiques autrefois tres aimes. II 
donna k Paris, k partir de 1772, dix-huit ouvra- 
ges d'un k trois actes, dont une partie fut m£me 
representee k T&ranger. Quatre operas de D. 
n*ont pas el£ months et sont rest&s manuscrils. 

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DEZEM — DIATONIQUE 



195 



Dexem (Dez), v. Dkctma. 
Itoxime (all.), dixieme, v. Intbrvaixer. 
IK (ital.),de, auirement dit indication du g6- 
nitif ; Tempo di minuetto, mouvement de me- 
nuet 

Diabelli, Antonio, ne A Mattsee pr£s de Salz- 
bourg le 6 sept 1781, m. A Vienne le 7 avr. 
1858; re^ut les premieres lemons de musique au 
couvent de Michaelbeurn, oil il etait enfant de 
chopur,et plus tard dans la chapelle de la cath&- 
drale, A Salzboarg. II Stadia ensuite A l'ecole 
latine de Munich et entra en 1800 au convent de 
Raichenhaslach. Lors de la secularisation des 
convents de la Bavi&re, en 1803, D. se rendit A 
Vienne oh il v£cut d'abord comme professeur 
de piano et de guitare. n s'associa ensuite A 
T&Uteur de musique Gappi et reprit en 1824 
toute la maison d'edition pour son propre 
compte (D. et Cie.). En 1854, il vendit son fonds 
d'£ditions A (I-A. Spina. D. etait un composi- 
teur des plus ftconds, ecrivant avec une facility 
inoufe, mais ses ceuvres pedagogiques pour le 
piano (sona tines, sonates a quatre mains, etc.) 
ontsenles conserve quelque renom. Ses operas, 
par contre, ses Messes, ses cantates et sa musi- 
que de chambre ne jouirent que d'une reputa- 
tion epWrn^re. D. etait le principal editeur de 
Schubert dont il payait fort mal les manuscrits 
et auquel il reprochait, par-dessus le marche, 
d>crire beaucoup trop. 

Diapason. 1* Denomination grecque de Foe- 
lave. — 2. On donne le nom de d. (all. Mensur), 
dans les instr. A vent, soit A la determination 
exacte de la distance qui s£pare les trous 
les uns des autres (flfites, hautbois, etc.), soit 
aux rapports de longueur et de largeur du 
tuyau sonore (orgue, instr. de cuivre, etc.); d. 
est dans ce dernier cas synonyme de perce (v. 
ce mot). — 8. D. normal signifie primitivement 
octave normale,par rapport A la hauteur abso- 
lue des sons, c f est pourquoi le terme de d.,pur et 
simple, a flni par designer l'accord normal de 
Fechelle fondamentale. Gomme on ne connais* 
sait autrefois aucun moyen pour compter les 
vibrations, cet accord n'avait pu etre fixe d'une 
maniere absolue et oscilla notablement dans 
le cours des temps. Le d. semble avoir ete tr£s 
eleve en Allemagne, dans le courant des xw 
et xvn* s.; e'est du moins ce que tendrait a 
prouver l'accord des anciennes orgues qui sont 
presqueun ton au-dessus de notre d. actuel. 
Mais petit A petit l'accord baissa,surtout A par- 
lir du moment oft se forma une musique ins- 
trumentale independante (all. Kammermusik) 
en dehors de Feglise, de telle sorte que celle-ci 
eat au bout de peu de temps son propre d., celui 
des orgues qui accompagnaient les choeurs, le 
d. choral (all. Chorton), ainsi nomm6 par oppo- 
sition au d. instrumental (all Kammerton). Le 
d. de cornet (all. Komeiton), celui des haut- 
bois, des c Stadtpfeifer t sans doute, etait encore 
plus haut que le d. choral (une tierce mineure 
au-dessus du d. instrumental). Le d. choral et 
le d. instrumental se main tin rent longtemps 
c6te A c6te, tanldt montant, tantdt descendant A 
peu pres paralieiement Mftme lorsque r usage 



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du premier eut entierement disparu, le d. ins- 
trumental varia soit dans un sens, soit dans 
Fautre. Enfin, en 1858, FAcademie des Sciences 
de Paiis fixa definitivement (il faut Fespercr, du 
moins) la hauteur normale du la z A 870 vibra- 
tions simples ou 435 vibrations doubles A la 
seconde. Le d. dit normal a 6t6 adopte des lors 
par tous les pays de FEurope, A Fexception de 
FAngleterre, qui a persiste dans Femploi d'un 
d. plus eiev6; toutefois un mouvement s'est 
cree recemment dans ce pays, en f&veur de Fa- 
doption du d. normal. Gf. Ellis, History of mu- 
sical pitch (1880), dont un extrait parut en 1888, 
dans la Vierteljahresschrift fur Af.- W.; cet ou- 
vrage donne des preuves multiples des confu- 
sions presqne inextricables qui existaient entre 
les different pays, aux differentes epoques, au 
sujet de la fixation de Faccord lui-meme ou de 
sa denomination. V. aussi au mot la. — 8. Par 
simple metonymie, le terme de d. a passe du 
son normal A Finstrument qui produit ce son 
(le la? generalement). Le d. est alors une sorte 
de fourchette en acier forge qui sert A contr61er 
la hauteur absolue du son ; il a ete invente en 
1711 par John Shore (m. en 1758, luthiste de la 
chapelle royale A Londres). Les sons que four- 
nissent les d. n'ont, comme les cloches, que des 
harmoniques tres eievees. On se sert aussi par- 
fois comme d. d'un petit instrument A anche 
battante, dit d. A bouche, mais son usage est 
peu recommandable. — 4. Open d. (angl.), jeu 
d'orgue correspondant A notre c principal » ; 
stopped d, jeu d'orgue correspondant A Fun de 
nos jeux bouches. 
Diapente (gr.), nom grec de la « quinte ». 
Diaphonie. 1. Terme grec signifiant disso- 
nance, par opposition ASymphonia, conson- 
nance. — 2. Ge m&me terme avait au debut du 
moyen Age (ix°-xn 6 s.) une signification identi- 
que A celui d*organum (v. ce mot), c-d-d. la 
forme la plus primitive de la polyphonie : suc- 
cession de quartes inferieures ou de quintes 
superieures A la meiodie, en mouvement paral- 
leie, interrompue en certains cas exceptionnels 
seulement par des tierces, des secondes el des 
unissons. 
Diaschisma, v. schisma.' 
Diastema, terme grec pour < intervalle ». 
Diastoiique (grec, c-i-d. ponctuation), nom 
que les anciens theoriciens (ex. : Zarlino,Leop. 
Mozart) donnent A la theorie de la ponctuation 
musicale, autrement dit du t phraser >. 
Diatessaron (gr.), nom grec de la • quarte >. 
Diatonique (grec). Une succession de sons 
est dite d., par opposition A chromatique et A 
enharmonique, lorsqu'elle se meut principale- 
ment par intervalles de tons entiers. Le tetra- 
corde diatonique antique (mi, fa, sol, la) se 
composait d'un demi-ton suivi de deux tons, le 
tetracorde chromatique (mi, fa, fafyla) de deux 
demi-tons suivis d'une tierce mineure, le tetra- 
corde enharmonique (mi, f, fa, la) de deux 
quarts de ton suivis d'une tierce majeure. Dans 
notre systeme tonal moderne, la notion du genre 
d. est etroitement unie A celle d'une echelle fon- 
damentale (v. ce mot); on qualifle de d. les suc- 

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196 



DlAtfLOS — DIES IR£! 



cessions de tons on de demi-tons d'un degre 
au degr6 voisin (alt£r6 d'un£, ?,X,I^ ou non) de 
l^chelle fondamentale. Par contre, on nomme 
chromatique la succession de deux ou plusieurs 
sons places sur un seul et m£me degr6 de T4- 
chelle fondamentale et ne differant enlre eux 
que par les alterations. Enfin, deux sons sont 
dits enharmoniques lorsque, derives de deux 
degr6s voisins ou a distance de tierce de l'e- 
chelle fondamentale, ils sont a peu pr£s de la 
ra^me hauteur et absolument identifies dans le 
syst&me tempore actuellement en usage : 



^Mi^iSl 



diatonique, chromatique, enbarmonique 

Diaulos, double aulos (v. ce mot), instr. des 
anciens Grecs, compose de deux tuyaux d'aulos 
aboutissant a une seule embouchure. L air p£- 
n&trait ainsi a la fois dans les deux tuyaux, dis- 
poses en forme d'angle. Aucune autre donn£e 
ne nous est parvenue au sujet de la d. 

Difcdin, Charles, n6 a Southampton le 15 
mars 1745, m. a Londres le 25 juil. 1814 : fut 
d'abord chanteur aux theatres de « Coventgar- 
den » et de «Drury-Lane» a Londres, puis se mit 
a composer des op&ras-comiques en tr£s grand 
nombre, ainsi que d'autres ceuvres sc£niques 
appartenant pour la plupart au genre leger et 
dont il Scrivait generalement lui-m^me le texte. 
Le projet qu'il formait d'un voyage dans les 
Indes lui servit de pretexte a une grande tour- 
n£e de concerts en Angleterre, qui devait lui 
procurer les moyens necessaires pour un pareil 
voyage; il reiata les impressions de cette tour- 
n6e, dans un ouvrage intitule Ihe musical tour 
of Mr. D. (1788). L'id£e du voyage dans les In- 
des fut ftnalement abandonnee et I), se cons- 
truisit un petit theatre particulier, sur la place 
de Leicester (1796). II revendi^ ce theatre en 1805 
mais sur ses vieux jours, cherchant encore a 
gagner sa vie, il dut ouvrir une ecole de musi- 
que, ferm£e du reste au bout de peu de temps, 
faute d*61eves. II mourut dans un etat voisin de 
la misere. I), a ecrit aussi un certain nombre de 
scenes pour une voix seule (Tabte-entertain- 
ments), un traite £lementaire de musique (Music 
epitomished), et une histoire du theatre anglais 
(1795; 5. vol.). 

Diderot, Denis, redacteur principal et Tun 
des plus zeles collaborate urs de la celebre En- 
cyclopidie (1651-1765), n6 a Langres le 5 oct. 
1713, m. a Paris le 30 juil. 1784, ecrivit entre au- 
tres des Principes d'acoustique (1748) et des 
Mimoires sur differents svjets de mathimati- 
ques (1748), 

Didyme, grammairien grec, ne a Alexandrie 
Tan 63 av. J.-C, a ecrit entre autres un ouvrage 
ayant trait a la musique, une « harmonique • 
que nous ne connaissons cependant que par 
des extraits dans Porphyre et des citations dans 
Ptolemee. Les divisions des tetracordes de D. 
sont les suivantes : 



diatonique tt # V - ~«" (ex.: si utrimi) 

1 B 2& ft 

chromatique r--— •-- (ex.: si ututik mi) 

Id a » o —— — 4* . 



enbarmonique 



32 31 5 



31 30 4 x JL 



(ex.; si*ut mi) 



by Google 



Cf. pour ce qui precede la table, au mot rap- 
ports. D semble presque que D. ait pressenti 
Timportance de la tierce 5:4, puisqu'il la main- 
tient dans les trois genres (ut mi). (Vest avec 
raison que la difference entre le grand et le 
petit ton entier ( — :— - )a recu le nom de comma 
didymique (81 : 80 ; appele du reste aussi « syn- 
tonique •). 

Dimmer, Louis, pianiste remarquable, nk a 
Paris le 14 fevr. 1843, fit ses etudes au (Conser- 
vatoire de Paris (Marmontel, Bazin, Ambr. Tho- 
mas) ou il remporta a rage de treize ans le pre- 
mier prix de piano et trois ans plus tard celui 
de fugue. D. a fait d'assez nombreuses tournees 
de concerts ; il a succ£d£ en 1888 a Marmontel, 
com me professeur de Tune des classes sup£- 
rieures de piano, au Conservatoire de Paris. La 
serie de concerts qu'il organ isa lors de l'Exposi- 
tion de 1889, dans le but de faire connaftre la lit- 
erature du clavecin, remporta un succes tel qu'il 
sevouad^sormaisprincipalement a la reconsti- 
tution de la musique ancienne (xvn°etxvin» s.); 
il a fond6, il y a quelques annees, la « Soctete 
des instruments anciens ». D. s'est aussi fait 
connaltre comme compositeur; il a public un 
Concertstuck (op. 31) et un concerto eu ut min. 
(op 32) pour piano et orchestre, un Concert- 
stuck (op.33)pour violon et orchestre, de la mu- 
sique de chambre, de la musique vocale et pres 
d'une centaine de morceaux divers, variations 
et transcriptions pour le piano. 

Dienel, Otto, ne a Tiefenfurlh (Silesie) le 11 
janv. 183N, eleve du Gymnase de Goprlilz, du 
seminairede Bunzlaiupuis de Tlnstitut royal de 
musique religieuse et de I'Academie royale de 
musique a Berlin (1863), organiste virtuose 
maitre de musique dans un s£minaire et or- 
ganiste de Teglise Ste-Marie, a Berlin. D. a re^u 
en 1881 le titre de « direct eur de musique royal ». 
II a ecrit un certain nombre de compositions 
pour orgue, des opuvres chorales et des chants 
religieux. 

Diener, Franz, excellent chanteur scenique 
(Tort tenor), n* a Dessau le 19 tevr. 1849, m. 
dans la m£me ville le 15 mai 1879; fut d'abord 
violoniste dans l'orchestre de la cour, a Dessau, 
et plus tard dans celui du theatre de « Luisen- 
stadt », a Berlin, sur la sc&ne duquel il debuta 
egalement comme chanteur. D. fut engage com- 
me premier tenor successivement a Cologne 
(187*2-1873), Berlin, Nuremberg, de nouveau Co- 
logne (1876), Hambourg et Dresde (1878). 

Dies, Albkrt-K, peintre paysagiste, ne a Ha- 
novre en 1755, m. a Vienne le 38 dec. 1832; au- 
teur de la plus ancienne biographie de Haydn : 
Biographische Nachrichten von Joseph Haydn, 
etc. (Vienne, 1810). 

Dies ira (lat.), prose de la Missa pro defunc- 
tis(v. Prose), dont l'auleur est inconnu. Le I). 
forme de uos jours la seconde partie du Re- 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



DIETER 



DIFFERENTIA 



197 



ffuiem (Messe des morts) et fournitau composi- 
teur Foccasion de dSvoiler tout le pouvoir des- 
criptif de la musique (cf. le puissant D. du 
Requiem de Berlioz). 

Dieter (Dietter), Christian-Ludwig, violo- 
niste, n6 k Ludwigsbourg le 18 juinl757, m. a 
Stuttgart, ofi il 6tait musicien de la Chambre,en 
1822; ecrivit pour la scene de Stuttgart des 
• Singspiele » : Der SchuUe im Dorf, Der Irr- 
xcischiDas Freischiessen,DerRekrutenaushub, 
Gluchtich susammengelogen, Die Dorfdepu- 
tierten, Der Luftballon, Elisinde, des operas- 
comiques : Belmont und Konstanze, Des Teu~ 
fels Luflschloss, et un grand opera : Laura Ro- 
setti. Ses concertos de violon, cor, flute, hautbois, 
hasson, ses morceaux de violon et ses morceaux 
concertants pour fliites, pour hautbois, etc.,sont 
Sous restes uianuscrits. 

Dietger, v, Theogerus. 

Dietrich. 1. Sixtus (aussi Dieterich, Xistus 
Theodoricus), contrapuntiste allemand (du x vi° 
s., probablement n6 A Augsbourg entre 1490 et 
1495, passa sa jeunesse a Fribourg en Brisgau, 
entra en 1517 au service de la maison Rudolfin- 
ger a Strasbourg et f ut nomme l'annee suivante 
mail re d'ecole a Constance. D. etait une nature 
musicale profondement douee, mais comme il 
n'avait pas fait de la musique sa profession, les 
postes en vue de cette camera lui resterent fer- 
mes. Parvenu a une reelle aisance, il alia en' 
ir>40 a Wittenberg pour y suivre certains cours. 
mais il n'abandonna point pour cela la place 
qu'il occupait a Constance. II ecrivait du reste 
a Ambr. Amerbach a Bale, en 1540 dej&, qu'il 
souflfrail de la goutte; il fallut le transporter £ 
St-Gall, lors du siege de Constance par Charles- 
Quint, en 1548, et ce fut 14 qu'il mourut le 21 
octobre de la meme annee. On ne connait de D., 
jusqu a ce jour, qu'un livre de Magnificat (1535), 
deux recueils d'antiennes & quatre voix (1541 et 
1545) publies separement. Des motets detaches, 
des lieder, etc, ont paru dans diverses antho- 
logies musicales d'imprimeurs allemands, de 
1538 a 1545. — 2. Albert-Hermann, composi- 
teur contemporain renomme, n6 dans la maison 
de forestier Golk pres Meissen le 28 aottt 1829, 
fils d'un forestier du roi ; eleve de la « Kreuz- 
achule » a Dresde, ce fut Id qu'il re^ut, de Julius 
Otto, les premieres le^ojis de theorie musicale, 
puis il continua ses etudes musicales au Con- 
servatoire de Leipzig (1849-1851; Rietz, Mosche- 
les) et snivit en meme temps les cours de l'Uni- 
versite. En 1851, il se rendit A Dusseldorf au- 
pres de Robert Schumann, dont il fut l'eleve 
zele jusqn'au debut de la maladie cerebrale du 
inaitre (1854). D. fut nomme l'annee suivante 
directeur des concerts d'abonneinent a Bonn, 
ft eu 1859 directeur de musique de la ville; en 
1861 il accepta le poste de chef d'orchestre de 
la cour, a Oldenbourg, et vit retire depuis 
quelques annees. D. est certainement Tun des 
Aleves les plus remarquables de Schumann. Sa 
Hvmphonie en r& min. (op. 20) est une oeuvre 
connue et apprectee; l'ouverture, Normannen- 
fahrt, les ceuvres chorales avec orchestre : Mor- 
ffenhj/mne, Rheinmorgen, Altchristlicher Bitt- 



gesang ont remporte" en Allemagne des succes 
marques ; enfin, il faut noter : un concerto de 
violon, un concerto de violoncelle, des trios 
avec piano, une sonate pour violoncelle, une 
sonate pour piano a quatre mains, une romance 
pour cor et orchestre, des lieder. des duos, des 
choeurs, des morceaux de piano. D. a egalement 
donn£ avec succes un opera en trois actes, Ro~ 
bin Hood (Francfort s/M., 1879). 

Dietter, v. Dieter. 

Dieupart, Charles , pianiste - compositeur 
fran^ais, arriva a Londres en 1707, remplit les 
fonctions de claveciniste a l'Opera dirige par 
Hsendel, et mourut pauvre, en 1740. On connait 
de lui : Six suites de clavecin... mises en concert 
pour un violon et une flute, avec basse deviole 
et un archiluth (s. date). 

Diez, Sophie, nee Hartmann, excellente can- 
tatrice scenique (soprano), nee a, Munich le l ep 
sept. 1820, m. dans la meme ville le 3 mai 1887 
eleve de Fr. Lachner, fit partie du personnel de 
l'Opera de la cour a Munich (1837-1878), epousa 
en 1841 le tenor Fredenc D. (membre de l'Opera 
de la cour, a Munich, de 1837 a 1849) et quitta la 
scene en 1878. 

Dieze (grec: diesis; Hal. diesi ; all. Kreuz ; 
angl. sharp), £, signe dont on se sert pour 
hausser une note d'un demi-ton. Pythagore 
donnait le nom de diesis & l'intervalle dont la 
quarte depasse une succession de deux tons en- 
tiers, c.-a-d. au demi-ton pythagorien 256 : 243, 
appele plus tard limma; ce furent ensuite les 
pycna (petits intervalles) du genre enharmoni- 
que qui recurent le nom de diesis. Le xv« s., 
tout empreint de Tesprit de la Renaissance, 
chercha a faire revivre, naturellement a sa fa- 
Con, la theorie de la musique antique ; le d. re- 
parut alors comme quart de ton et Ton pretendit 
penetrer le mystere des effets merveilleux de la 
musique antique, en introduisant au moyen du 
d. de multiples et subtiles distinctions dans l'&- 
levation relative des sons, en construisant des 
instruments pourvus de touches speciales pour 
les quarts de ton, etc. Lorsque toutes ces illu- 
sions se furent envolees, le nom de d. resta 
pour le signe Jf; mais il serait absolument faux 
d'en conclure que le signe lui-meme n'existequ'a 
partir de ce moment. Bien au contraire, le signe 
£ se trouve sous la forme et avec la signification 
actuelle, dans le courant du xiip s. deja; il 
s'appelait alors, il est vrai, sans aucune distinc- 
tion B quadratum, soit qu'il detruise Teffet 
d*un I? precedent, soit qu'il hausse un son natu- 
rel. Le xv« s. ne fit qu'adopter le terme de d. 
pour le signe £ indiquant Televation du son et 
conserver celui de B quadratum (R, becar re; 
all. Quadrat) lorsque le signe indiquait le reta- 
blissement du son primitif, non altere. La dis- 
tinction rigourense des deux formesdece signe, 
pour bien etabiir les deux significations, ne 
remonte pas meme a deux siecles. 

Diezeugmenon, v. orecque (musique) 1. 

Differentiae tonorum, (lat. differences des 
tons), nom que Ton donnait, dans la psalmodie 
gregorienne du moyen Age, aux diverses va- 
riantes des formules finales (appelees aujour- 



by K: 



iL 



IC 



j 1 1 1 .' 1 1 1 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



198 



DIFFERENZTON — DIRIGER 



d'hui siinplement « finales ») du Sceculorum 
amen (evovab). Chaque Ion de la psalmodie 
avait un trope (v. ce mot) qui supportait k son 
tour un certain nomhre de variantes, destinies 
a mieux relier Yamen avec l'antienne subse- 
quente. 

Diff erenzton, (all.) v. resultant (son). 

Dilettante, (ital. dilettante), v. amateur. 

Dilliger. Joraxn. n6 k Eisfeld en 1590, m. k 
Gobourg, ou il etait diacre, en 1H47 ; a publi£, de 
1612 k 1642, un grand nombre de compositions 
religieuses : Prodromi triciniorum sacrorum; 
Medulla ex psalmo LXVI1L deprompla el 
harmonica 6 voc. ; Exercilatio musica I, con- 
linens XIII seleclissimos concentus musicos 
variorum autorum cum basso generali ; Trau- 
erlied aufden Tod eines Kindes (k quatre voix); 
Gesprack 2> Lulhers und eines kranhen Stu~ 
diosi (k quatre voix) ; Musica votiva ; Musica 
Christiana cordialis domestica ; Musica con- 
cerlativa ou Schatzhaemmerlein neuer geist- 
licher auserlesener Konzerte; Jeremias poeni- 
tentiarius ; etc. 

Diludium, (lat), interlude. 

Diluendo, (ital.), en s'eteignant, & pen pr&s 
syn. de morendo. 

Diminuendo, (itaL), abr. dim., dimin., en di- 
minuant d'intensite, de plus en plus faible. 

Diminution, terme designant dans la mu- 
sique proportionnelle (v. ce mot) la reduction, 
en general (\e moitie, de la valeur des notes. Le 
eigne de diminution le plus ancien consiste en 
une simple barre verticale traversant le signe 
de mesure £h {£; il avait a peu prto la mdme 
signification que notre allegro, c-i-d. qu*il 
indiquait un mouvement anim&Nous avonsdu 
reste conserve le j£ > dans un sens analogue 
(v. alla brbve). On employait aussi k la place 
de la barre (qui portait le nom de medium, per 
medium, ou medietas ; cf. passamezzo) les chif- 
fres 2 ou 3, places k la suite du signe de mesure, 
O 2, 3, ou encore, dans le cours d'un mor- 

ceau - ou YVa • toutefois ces derni^res indica- 
tions s'appelaient non pas d. mais proportion 
(v. ce mot). I/usage de la d. fut aboli par l'in- 
troduction de V Integer valor, autrement dit du 
signe de la valeur ordinaire des notes ( (, O) ; 

les signes de proportion % etc. furent remplaces 

12 1 

par leur renversement : j^ij* etc. — Gf. aussi 

CANON 1. 

d'Indy, v. Indy. 

Dingelstedt, Jenny, n£e Lutxer, ne k Prague 
le 4 mars 1816, m. k Vienne le 3 oct. 1877, epousa 
en 1843 le poete Franz D. Elle se fit connaltre 
comme cantatrice sc6nique (soprano) de talent 
etfut engagee k Prague (1832) et k Vienne (jus- 
qu'en 1845). 

Diozia, (gr.), denomination grecque excep- 
tionnelle, k la place de diapente, pour la 
t quinte ». 

Dirge, (angl.), chant funebre, terme provenant 
du mot initial du texte : Dirige, deus mens. 

Dinger, c-a-d. conduire un orchestre, un 
chocur,un opera, etc. Uiu3 oeuvre musicale peut, 



selon la personnalite de 1'interprete, etre pre- 
sentee de fa?ons tres diverses, quoique toutes 
subordonnees aux indications fournies par le 
compositeur. Un opera, une sympbonie, etc. 
exigent non pas settlement un executant, mais 
tout un groupe d'ex&cutants dont l'individualite 
doit se soumettre k une autorite unique, celle 
du chef d'orchestre ou directeur qui est alore 
le veritable interprete. Les moyens par lesquels 
le chef peut faire valoir la conception de l'ceu- 
vre sont tr& restraints, du moins pendant 
l'execution publique; tandis que, dans les repe- 
titions, il peut avoir recours k la parole, chanter 
ou jouer tel ou tel passage, sur Tinstrument en 
question, frapper des rythmes avec sou baton, 
etc., toute autre indication que les mouvements 
du petit b&ton qu'il tient dans la main lui est 
absolument interdite pendant l v ex£cution. Ex- 
ceptionnellement, un regard jet6 au chanteur ou 
k rinslrumentiste, un mouvement de la main 
restee libre peuvent rendre des services inap- 
preciables ; le t b&ton de mesure • n'en reste 
pas moins l'interm&diaire principal entre le 
chef et les executants, aussi les diff£renls mou- 
vements qu'on lui im prime ont-ils pris un sens 
conventionnel absolument fixe. Comme l'in- 
dique son nom, le baton a sp6cialement pour 
but Vindication nette et precise du tempo et des 
grandes divisions de la mesure. Les principaux 
mouvements sont pour cela les suivants: le 
temps fort (premier temps,) est toujoors indiqu6 
par un mouvement descendant, lee autres mou- 
vements sont plutot horizontaux k Texception 
du dernier qui est ascendant. II est absolument 
indifferent que le second temps soit battu de 
droite k gauche ou de gauche a droite; quant 
aux temps intermediaires, ils ne sont soumis k 
aucune regie bien precise et c*est Id qu'appa- 
raissent dljd les particularites de chaque chef. 
Toutefois les principales sortes de mesures: A 
deux temps (*/ 8 , *I A , ££, *U , ou aussi «/ i6 , s / 8 , 6 / 4 , 
lorsque le mouvement et rapide et que Ton ne 
bat que deux temps), k trois temps (*/$, *l h 3 /jOU 
aussi 9 /i6, e / 8 , /4,lorsqu , on nebat que trois temps), 
k quatre temps (jg, % 4 / 8 ou aussi tt /ie» lf /* etc ) 
et a six temps (composee k deux temps, */*, %) 
se battent, dans la regie, de la mani&re suivante 
(v. mesure 2) : 



V<M>tf» 



t 



2 temps 



3 temps 



temps 






VI 



\ temps 



by^_ 



i^ 



IC 



Pour les mesures k neuf (composees k trois 
temps) et k douze (composees k quatre temps) 
temps, on bat trois fois chaque temps des me- 
sures k trois et k quatre, en ayant soin cepen- 
dant de faire le premier mouvement plus grand 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



P1RUTA — DISSONANCE 



199 



que les deux auires. Le crescendo s'indique 
gen6ralement aa moyen de mouvements de plus 
en plus larges, le diminuendo, aa contraire, an 
moyen de mouvements de plus en plus petits ; 
un sforzato, un accent, an moyen d'un mouve- 
ment sec et tr&s court, un changement de tempo 
(stringendo, ritardando) par Intervention de 
la main libre. Mais la, plus encore que dans 
la facon de battre les temps, se manifesto libre- 
ment la personnalite de chaque chef. Lorsqu'il 
y a un point d'orgue, on en indique la dur£e en 
tenant le baton en Fair el la fin en imprimant k 
celui-ci un petit mouvement en forme de cro- 
chet. On pourra consulter, pour de plus am pies 
informations sur Tart de dinger, le supplement 
an traits d'inslrumentation de Berlioz : Larl 
du chef dorchestre. Gf. aussi : Wagner, Ueber 
das Dirigieren (1860); M. Kufferath, L*arl de 
diriger TorchestreiJ. Pembaur, Ueber das Di- 
rigieren; Weingartner, Ueber das Dirigieren 
(1896). 

Diruta, 1. Girolamo, n6 k P6rouse vers 1560, 
el&ve de Costanzo Porta, de Zarlino et de Glau- 
dio Merulo qui &tait Ires tier de lui (cf. la pre- 
face de ses Canzoni a la francese in tavola- 
tura, 1598), entra en 1574 au couvent des 
Minorites de Correggio puis v6cut a Venise ou 
il fut organiste jusque vers 1598. II fut nomme 
ensuite organiste de la cathedrale de Chioggia, 
remplit en 1600 les m6mes fonctions k Gubbio, 
puis retourna k Chioggia (?, comme maitre de 
chapelle). L*ann6e de sa mort est inconnue. D. a 
public un ouvrage des plus int£ressants : II 
Transilvano (dedi& a Sigismondo Batori, prince 
de Transylvanie), o diaXogo sojrra il vero modo 
di sonar organi e siromenti da penna. La 
premiere partie de cet ouvrage, publi&e en 
1508 et dhs lore fr£quemment r66dit£e, contient 
des renseignements sur la technique et le doigt£ 
des instr. a clavier, ainsi que de courts mor- 
ce&ux d'orgue de D. Iui-m6me, de Merulo, Ga- 
brieli, etc ; la seconde partie, portant comme 
sous- litre : Sopra il vero modo di intavolare 
chiaschedun canto, parut en 1609 (2* 6d. 1622) 
et renferme un traite de contrepoint, un de 
transposition et des indications sur le choix et 
l'accouplement des registres d'orgue. Gf. l'gtude 
de K. Krebs, parue dans la « Vierteljahresschrift 
fur M. W. » 1892, p. 807 et suiv. — 2 Aoortino, 
n£ egalement k P6rouse, moine de l'ordre des 
Augustins, fut maitre de chapelle d'gglise k 
Asola, k Home et enfln k P&rouse. II est 1'auteur 
de Messes, litanies, v6pres, psaumes et Poesie 
heroiche (imprimis de 1622 k 1647). 

Ms, (all,) = r& § ; disk = re X- 

Discantus, (lat.) 1. I). ou Cantus, c,-&-d, so- 
prano ou dessus. — 2. v. d&ceiakt. 

Disdiapason, c.-&-d. double octave. 

Diskant, (all.) = dessus ou soprano. Dishant- 
schlussd = clef d'uf, premiere ligne. 

Disposition. On entend, dans la r&gle, par d. 
d'un orgue, le projet contenant les indications 
de cout, de mgcanique, de soufflerie, etc., de 
l'orgue que Ton veut faire construire ; mais on 
donne frtquemment aussi le nom de d. ila 
description sommaire d'un orgue d£jA construit 



by \j 



iL 



\V 



et particulterement k 1 enumeration des regis- 
tres, des pgdales ou des boutons d'accouple- 
ment, etc 

Dissonance (lat dissonantia; all. Dissonans). 
La d. est le r&sultat du derangement de la con- 
ception une(consonnance) des sons appartenant 
k une m&me harmonie, par. un ou plusieurs 
sons que Ton ne peut considerer que comme 
reprtaentants d'une autre harmonie naturelle. 
II n'y a done k vrai dire, musicalement, aucun 
intervalle dissonant, mais uniquement des « sons 
dissonants ». Pour savoir lequel des sons, dans 
un intervalle physiquement (acoustiquement) 
dissonant (cf. intervalle), est dissonant, il im- 
ports avant tout de connaltre l'harmonie natu- 
relle k laquelle on rapporte eel intervalle ; ainsi 
dans ut : ri, e'est re qui est dissonant si Ton a 
affaire k l'accord d'ut majeur, e'est tU si Ton 
suppose au contraire celui de sol majeur. U re- 
sults clairementdece fait que les consonnances 
acoustiques mime peuvent fclre musicalement 
dissonantes: par ex. ut: sol, comme accord de 
la bimol majeur, sol Slant un retard inferieur 
du la btmoL 11 ne faut pas oublier que le sens 
harmonique des sons dissonants comme ele- 
ments d'une autre harmonie n'apparait des 
l'abord ni totalement ni clairement; il n*est 
qu'un phenomene secondaire, en sorte qu'il pa- 
ratt tout indiqu6 d'entendre et de dgfinir tous 
les accords dissonants, comme d6riv£s d'har- 
moniesconsonnantes par addition de sons stran- 
gers a celles-ci. Les accords dissonants les plus 
importants sont les suivants : 

I. Accords de quatre sons: 1. Face, majeur 
avecsepti&me mineure (ace. maj. de septieme ; 
ace. de septi&me de dominante), la d. la plus 
importante et la plus frequente, ex. sol: si: rt: 

fa (= sol *) ; 2. race, mineur avec septteme mi- 
neure inf&rieure (ace. min. de septieme ; ace. de 
septteme sur le deuxidme degrg, en mineur), ex. 
si:r4:fa: la (= la yu ), l'accord dissonant le 

plus important apr&s celui de septieme de do- 
minante dont il est du reste exactement l'image 
renvers6e;8. Face, majeur avec sixte majeure 
(ace. maj. de sixte), ex. fa: la: ut: rt (= fa 6 ); 

4. Tacc. mineur avec sixte majeure interieure 
(ace. min. de sixte), ex. ut: re: fa:la(=la yi ), 

de formation identique a celle de l'accord pre- 
cedent (3), mais, seule consideration de valeur 
en musique, de conception diffgrente ; 5. l'acc. 
majeur avec seplieme majeure (ace. maj. do 
septieme majeure), ex. ut: mi: sol : si (— ut 7 *), 

dont le suivant ne diflfere que par la concep- 
tion ; 6. Tacc. mineur avec septiime majeure in- 
ferieure (ace. min.de septieme majeure), ex. ut : 
mi: sol: si ( = st vu * ); 7. l'acc. majeur avec 

sixte mineure ou tierce majeure inferieure (ace. 
maj. de sixte mineure) ex. ut : mi: sol : la |? 

(= u* « «) ; 8. l'acc. mineur avec sixte mineure 
inf6rieure (ace. min. de sixte mineure), ex. ul jj: 
rSjfa : la : (= la VI> ). Ces huit formes d'ac- 

cords dissonants de quatre sons resultent de 
l'adjonction k un accord parfait majeur ou mi- 

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200 



DIS80NANCK 



neur, d f un son qui detruit sa consonance. Les 
deux premieres se pr£sentent m<hne frequem- 
ment sous une forme elliptique : a) la tonique 
de Tacc. majeur est supprim£e, ex. (sot) si : ri : 

fa:(= Set 1 ), b) le son le plus aigu de Tacc 
mineur (la veritable tonique inineure, cf. har- 
monie) est supprime, ex. si : re {fa : (la) 

(=^ V11 ); la nouvelie forme qui resulte de 
l'elision de la tonique est connue sous le nom 
de : 9. ace. de qulnte diminuee (ace. de septidme 
sans fondamentale). 

IL De tout autres formes d'accords dissonants 
apparaissent, lorsque Tun des sons de i'accord 
parfait majeur ou mineur est remplac6 par un 
son voisin ; on a alors les t accords A retards » : 
1. la seconde remplace,en Iapr6c6dant, la toni- 

• i sol 
que, u<* *=] mi ; 2. la seconde remplace 
' ri y ut 



sol 



la tierce, ut* 3 = ] r4,mi: 8. la quarte rem- 
( ut 

i sol 
place la tierce, ut 4 3 = J fa, mi: 4. la quarte 



) 



ut 



\ fa l sol 
remplace la quinte, ut A h ~\ mi (il va sans 

/ ut 
dire que ces monies formes sont toutes r6alisa- 
bles avec I'accord parfait mineur). On peut 
aussi, au lieu de la seconde majeure et de la 
quarte juste, faire usage de la seconde mineure, 
de la seconde augmentee et de la quarte aug- 
mentee comme retards devant la prime ou la 
tierce ; la sixte majeure ou mineure pouvant en 
outre servir de retard devant la quinte, on aura, 
pourFaccd'u* majeur,les formations suivantes: 



( sol ( sol I fafa sol i la t>, sol [ la, sol 
<mi IrijLmi }mi > < > *»* '*»« 



>ut fut 



- l 



mt 
ut 



<'mt 
(ut 



On obtient aussi d'int6ressantes formations har- 
moniques par l'introduction de retards, dans les 
accords mentionn6s plus haut (1, 1-3) : 




Ui v " In 

w IVI1I «c n m 



la v " 
lu vi«v 




fa% 



<% 



^1% A»U 



etc. 



by^_ 



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Ic 



L'emploi simultane du retard de la quarte el de 
celui de la sixte devant la tierce et la quinte 
donne V « ace de quarte et sixte » (v. quarte 
et sixte). 

IIL D'autres formations dissonantes resultent 
encore de r61£vation ou de Tabaissement de la 
quinte de I'accord parfait majeur ou de la toni- 
que de Tacc. parfait mineur, ce sont les « ace. 
augments » (ut : mi : sol $ [= ut 5 < ] ou la!? : 
ui : mi [ = mi v * ] ) qui g£n6ralement se pr£- 
sentent dans une position limine par la sixte 
augmentee (sol? : ut : mi, ou ut: mi: la % ). 
Ces changemenls cbromaliques apparaissent 
au^si fr&quemment dans les ace. maj. ou min. 
de septitone ( 1, 1 et 2), on a alors : ut \ + = si ? : 

ut : mi : sol$; mi : ™ = la? : ulimitfa*. 

ut I > = sol fy :si?:ut : mi; mi ™ ^ s= ut : 

mi: fa$:la$. Tous ces accords re^oivent le 
nom d' « ace. allures*. 

IV. Les «acc. de neuvi&me » sont des accords 
dissonants de cinq sons. II faut noter particu- 
1 Bremen t Tacc. majeur avec la septi&me mi- 
neure et neuvidme mineure ou majeure, ex. 
sol 0> = sol : si : ri : fa : la ty, ou sol 9 = 

sol : si : r6 : fa: la, tonnes qui toutes deux res- 
tent comprfhensibles, malgre la suppression 
fr&quente de leur fondamentale (ace. de neu- 
vteme sans fondamentale) ; la premiere devient 
en ce cas, selon l'expression courante, un sim- 
ple « ace. de septieme diminuee ». On obtient en 
outre par Introduction de la dixieme mineure, 
comme retard devant la neuvieme mineure, 
« ace. d'octave diminuee », ex. 8&t f 7 ° *" 9 > un 
= (sol:) si : ri : fa : si?. H est plus rare que 
Ton doive analyser Tacc. de septieme diminuee, 
en le rapportant 4 Tacc. parfait mineur, ex. 
mi « * = re$ : fa $ : la : ut (: miyHL est ais6 

de voir, en se basant sur les definitions donnees 
plus haut, quels sont, dans toutes des formations 
harmoniques, les « sons » dissonants ; la theorie 
des accords devient infiniment plus claire par 
radmission des « sons » dissonants (en contra- 
diction avec l'harmonie naturelle ; detruisant la 
consonance), k la place de l'ancienne theorie 
des « intervalles » (et des accords) dissonants. 
En r£sum& : est dissonant, ghaque son qui ne 
peut ^tre (sans modification aucune !) ni fon- 
damentale, ni tierce, ni quinte de l' accord 
majeur ou mineur predominant dans la forma- 
TION uarmonique. Un seul et unique cas n£ces- 
site une interpretation un pen plus compliquee, 
celui de la « pedale » (v. ce mot). 11 s'agit en 
quelque sorte du maintien d'une barmonie 
donnee, a laquelle on superpose suceessivement 
d'autres harmonies voisines et completes (en 
evitant, cela va de soi, ce qui ne serait que ca- 
cophonie); deux harmonies differentes se font 
entendre simultanement, mais Tune dVlles 
(celle que represente la note-p^dale) est pr^do- 
minante, en sorte que nous avons, dans ces 
doubles formations harmoniques, implication 
pratique du principe de la tonality (v. ce mot). 
Cf. resolution. 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



DISTINCTIO — DIVOTO 



201 



Distinctio (lat.), nom que Ton donne, dans le 
chant gregorien, aux divisions du chant cor- 
respondant k la ponctuation da texte; ces divi- 
sions sont marquees chaque fois par un groupe 
de neumes plus long qu'd l'ordinaire. Dans les 
anciennes notations neumatiques des gra- 
duate, etc., un vers de psaume comporte en ge- 
neral trois distinctiones, par ex.: Domine \ libera 
animam meant |f a labiis iniquis \ et a lingua 
dolosa. Par contre on n'interrompt plus la 
phrase, de nos jours, qu'& la cadence mediane 
(mediatio, II ), d'oii Ton va, egalement sans in- 
terruption, jusqu'a la cadence finale. 

Distinto (ital.), distinctement, clairement. 

Ditonus, nom grec de la tierce majeure. 

DUson, Oliver, ne le 30 oct. 1811, m. Ie21 dec. 
1888, fondateur de la maison d'editions musi- 
cales la plus ancienne et la plus considerable 
de l'Amerique. Le siege central de ce commerce 
enorme (catalogue de musique de 50,000 nume- 
ros, id. delivres de 2000 numeros) se trouve a 
Boston; il existe des succursales k New-York 
et k Philadelphie. 

Sitters (von Dittersdorf) , Karl, celebre 
compositeur, ne k Vienna le 2 nov. 1789, m. dans 
le chateau de Rothlhotta pres Neuhaus, le 31 
oct 1799 ; recut tr&s tot d'excelleutes lemons de 
violon, ce qui lui permettait de prendre part, 
comme membre de l'orchestre, aux executions 
musicales de l'eglise des Benedictins. II entra 
rasuite comme page chez le prince Joseph de 
Hildburghausen, qui prit tr&s grand soin de 
son education et lui procura en 1760 une place 
dans l'orchestre de la cour. Plusieurs annees 
apres, O. fut nomme maitre de chapelle de 
1'eveque de Grosswardein (Hongrie) ; il succe- 
dait ainsi k Michael Haydn. II s'agissait alors de 
se mettre avec ardeur a la composition : D. 
ecrivit un grand nombre d'oeuvres d'orchestre 
et de musique de chambre, ainsi que plusieurs 
oratorios. En 1769, Teveque cong6dia sa cha- 
pelle, mais, apres avoir voyage pendant quel- 
que temps, D. trouva un engagement chez le 
comte Schaffgotsch, prince-eveque de Breslau; 
il remplissait en meme temps que les fonctions 
de directeur de la chapelle, celles de maitre 
forestier de la principaute de Neisse et avanca 
en 1778 au grade de capitaine du baillage de 
Freiwaldau. D. fut decore par le pape, en 1770, 
de Tordre de TEperon d'or et rerut de Tem- 
pereur, en 1778, aussi par l'entremise du comte 
de Schaffgotsch. ses lettres de noblesses ; il 
prit des lors le nom de D. de Dittersdorf. D. 
avait installe a Johannisberg un petit theatre 
pour lequel il composait une quantite d f ou- 
vrages, sans toutefois negliger Toratorio, la 
symphonie, ni la musique de chambre. Les 
plus importantes de ses oeuvres sont cepen- 
dant celles qu'il ecrivit k l'occasion de sejours 
reiteres a Yienne (1773, 1786), des oratorios : 
Esther. Isaac et Job, et des operas-comtques : 
Dokior und Apotheker (1786), Belrug durch 
Aberglauben, Liebe im Narrenhaus, Hiero- 
nymus Knicher et Rothkdppchen. La mort du 
prince-eveque (1795), mit D. dans une situation 
fort malaisee, il fut alors recueilli par Ignace 



by t^ 



iL 



\V 



von Stillfried en son chateau de Rothlhotta' 
ou il mourut. Des lors les operas de Mozart 
supplanterentbient<5t,& Vienne surtout, ceux de 
D.dont un seal, Doktor und Apotheker, garda la 
scene jusqu*£ nos jours ; une gaite de bon aloi, 
Tinvention fraiche et naturelle, l'ecriture facile 
et correcte sont autant de cdtes caracteristiques 
communs k toutes les cpuvres de D. II a ecrit 
en dehors de ses 28 operas, de plusieurs ora- 
torios et cantates : nn Concerlo grosso pour 
onze instruments concerlants et orchestre, 15 
symphonies sur les Metamorphoses d'Ovide 
(1785), environ 90 autres symphonies, un grand 
nombre de concertos de violon, 6 quatuors 
pour instr. k archet (recemment encore executes 
en public), 12 divertissements pour deux violons 
et violoncelle, plusieurs concertos de piano, 
12 souates pour piano k quatre mains, etc. 
D. a ecrit egalement des essais pains dans 
1' « Allg. Musikalische Zeitung » de Leipzig 
(1799) : Brief uber die Grenzen des Komischen 
und Herotschen in der Musih ; Brief uber die 
Behandlung Ualienischer Texte bei der Kom~ 
position, etc., et enftn une autobiographic pu- 
bliee en 1801, par Spazier. 

Div. v. divisi. 

Divertimento (ital.), v. divertissement. 

Divertissement (ital. divertimento). 1. An- 
cienne denomination adoptee en France sur- 
tout (ou elle s*est conserves jusqu'a nos jours) 
pour les danses intercalees dans les operas. — 
2. Reunion de plusieurs morceaux de chambre 
en un tout analogue a la suite ou a la sonate, 
mais plus libre qu'elles : le d. se compose gen6- 
ralement de cinq ou six morceaux, ou davan- 
tage encore. 11 existe des cL pour instr. a vent, 
pour instr. k vent et k archet, pour piano et 
d'autres instruments ou pour piano seul. Le d. 
se distingue de Tancien concerto par la simpli- 
city de sa facture, Temploi restreint de la poly- 
phonic et par sa plus courte duree. — 3, Syn. 
de potpourri. — 4. Nom que Ton donne k une 
sorte d'intermede libre, dans la fugue; v. Anda- 

lfENTO. 

Divisi (ital. divises ; abr. div.), place au debut 
d'un passage a deux ou k plusieurs voix, dans 
les partitions ou parties d*instr. k archet, si- 
gnifie que le passage ne doit pas etre joue en 
doubles cordes, mais que les diverses voix 
doivent etre reparties entre les instruments 
d'un merae groupe. 

Divisio modi (lat.) = PrxcniM divisioms, 
v. Point. 

Divitis, Antonius ( Antoine le Riche), chantre 
de la chapelle de Louis XII, a peu pres a l'epo- 
que de la mort de ce dernier (1515), Tun des 
plus remarquables contrapuntistes de l'epoque, 
On n*a conserve de lui que quelques motets el 
chansons, parus daus des anthologies (Moteiti 
de la corona, 1514; publications d'Attaignant. 
Petrejus, Rhaw et Duchemin, jusqu'en 1551), 
une Messe dont le nianuscrit est a Cambrai, 
un Credo et un Salve regina a cinq voix ap- 
partenant k la bibliotheque de Munich. 

Divoto, divotambntk (ital.), denotement, reli- 
gieusement. 

Original from 

UNIVERSITY0F MICHIGAN 



202 



D IVRY — DCKRFFEL 



d'lvry, v. Ivry. 

Dixidme (all. Dezime; decima vox) le dixteme 
degre de T6chelle diatonique, degre portant le 
m&me nom que le troisiMe. Cf. Intervalle. 

Dizi, Francois - Joseph, excellent harpiste 
virtuose (autodidacte), n£ a Namur le i4 janv. 
1780, parlit a l'age de seize ans pour Londree, 
mais, comrae il s'etait arr6t6 dans un port de 
la Hollande, il se- jeta un jour a Teau pour 
venir en aide a un homme qui y 6tait tomhe et, 
ne sachant lui-m&me pas nager, fut sauve par 
une troisieme personne. Pendant ce temps, le 
bateau sur lequel se trouvaient d6ja sa harpe 
et tout son petit avoir avait mis voile au vent. 
Ses effets furent bien perdus, mais, lorsqu'il 
arriva a Londres, S. Erard s'occupa de lui, lui 
donna une harpe et lui procura des Aleves, en 
sorte qu'il parvint en peu de temps a une 
grande renommee. D. introduisit lui-mfcme d'in- 
g£nieux perfectionnements dans le m£canisme 
de la harpe, 11 inventala harpe perpendiculaire 
et elablil avec Pleyel, en 1830, a Paris, une 
fabrique de harpes, dont lea affaires ne mar- 
cherent pas brillamment. Peu apres son ar- 
rive a Paris, D. avait ete oonim.^ professeur 
de harpe des princesses royales. L'ann£e de sa 
mort est inconnue (1840 ?). D. a beaucoup com- 
pose pour la harpe (romances, variations, etc.). 

Dlabaci, Gottfried-Johann, ne a Cerhenitz, 
pres Colin, le 17 juin 1758, m. a Prague le 4 f6- 
vrier 1820; 6taitdirecteur du choeur et biblio- 
thfoaire du convent des Pr6montr6s, a Prague. 
II a public un lexique biographique : AUgemei- 
nes historisches Kimstlertexihon fur B6hmen 
(1815 a 1818 ; 3 vol.) et 6crit plusieurs essais sur 
l'histoire de Tart, pour la Soci&e royale des 
sciences de BohGme et pour la « Statistik ffir 
Bohmen » de Biegger. 

Do, syllabe de solmisation italienne et fran- 
$aise, synonyme d'u*, mais posl^rieure a celle- 
ei. La syllabe do doit avoir $X& employee pour 
la premiere fois par G.-M; Bononcini, (Musico 
pratico, 1678). 

Dobrxynski, Iqnace-F&lix, pianiste polonais 
distingu6, nk a Romanow en Volhynie, le 25 
fevr. 1807, m. a Varsovie, oil son p6re etait 
maitre de chapelle du prince Ilinski, le 18 oct 
1867. II re$ut les premieres lemons de son p6re, 
puis, lorsqu'ils transparent leur domicile 4 
Varsovie, devint l*616ve d'Elsner, en mfcme 
temps que Chopin avec lequel il se lia d'une 
amitte intime. D. fit de Varsovie de fr^quentes 
tournees en Allemagne et fut particulterement 
bien accueilli a Dresde, Berlin et Leipzig. Ses 
oeuvres (une symphonie, un sextuor, deux quin- 
tettes, deuxquatuors,un trio pour instr. a archet, 
une sonate de violon, un nocturne pour piano 
et violoncelle) sont tout a fait dignes d'intSret et 
nedevraient pastomber dans Toubli. D. Scrivit 
aussi un op^ra, Le Flibustier (Varsovie, 1861). 
Sa femme, Johanna, nee Miller, 6tait une 
cantatrice de talent, mais ne se fit entendre que 
pendant peu de temps et accepta une place de 
professeur a TEcole thdatrale de Varsovie. 

Docteur en musique. Le grade de D r mus. 
n'existe qu'en Angleterre, ou de nos jours pres- 



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que toutes les university peuvent le dScerner, 
tandis qu'autrefois les university d'Oxford, 
Cambridge et Dublin en avaient, avec Tarche- 
vfcque de Canterbury, le monopole exclusif. Le 
D r mus. doit dans la rdgle avoir die nomme 
auparavant bachelier (Bachelor). Parmi les 
plus celebres d. en musique d'Oxford, nous ci- 
terons: John Bull, Arne, Burney, Calcott, 
Haydn, Crotch, Wesley, Bishop; parmi ceux 
de Cambridge: Greene, Boyce, Cooke, Bennett, 
Macfarren, Sullivan, Joachim, Brahms. Tout 
candidat doit adresser a l'universit^ dont il 
desire obtenir le grade de D r mus., une compo- 
sition (4 huit voix, fugu&e, avec orchestre , 
dur6e, 40 a 60 minutes) et subir un examen 
special que lui fait passer le professeur de 
musique attitr£. De grandes cArfononies accom- 
pagnent la proclamation du doctorat. Quant a 
l'archcvdque de Canterbury, il a le privilege de 
d£cerner le titre de Mus. Dr. au moyen d'un 
simple dipldme. Le titre de D r que portent un 
certain nombre de musiciens, sur le continent, 
est le plus souvent celui de Dr. phil. ; les uni- 
versites allemandes ont fait, dans le sein de la 
tr£s vaste faculte de philosophie, une petite 
place a la musique. Le sujet de la th£sesp£ciale 
est emprunte a Thistoire ou a la IMorie musi- 
cale, ou encore,a l'acoustique ; 1'examen se rap- 
porte surtout aux branches qui se rapprochent 
de la musique (philosophie, physique, lite- 
rature, etc.), Le titre de Dr. phil, honoris causa 
est frequenmment confer^ a des musiciens 
m&ritants. R&cemment, quelques universit&a de 
France ont introduit dans leur programme des 
cours de philosophie et d'esth&ique musicales. 

Ooahler, Theodor, pianiste, ne a Naples le 
20 avr. 1814, m. a Florence le 21 fcvr. 1856 ; fut 
eleve de Jul. Benedict a Naples, puis de Czerny 
et S. Sechter a Vienne, oil il se fit entendre au 
bout de peu de temps, comme pianiste, et re- 
colta de nombreux lauriers. II s£journa en suite 
pendant plusieurs ann£es a Naples, joua fr6- 
quemment a la cour, puis, de 1887 a 1845, par- 
courut 1'Aliemagne^ l'Autriche, la France, FAn- 
gleterre, la Hollande, le Danemark, la Russie 
et s'6tablit a St-P6tersbourg. U abandonna 
alors la carri&re de virtuose pour se vouer 
entidrement a la composition. En 1846, apr&s 
que le due de Lucca, son ancien protecleur, 
lui eut accord^ ses litres de noblesse, il 6pousa 
une comtesse russe et vecul success! vement a 
Moscou, a Paris et, a partir de 1848,a Florence. 
Pendant dix longues ann£es, il fat affiig6 d'un 
ramollissement de la moelle 6pini6re qui len- 
tement, graduellement amena la mort D. 6tait 
un pianiste 616gant et ses oeuvres sont 6gale- 
ment d'un style £16gant mais tout superficiel. D 
a ecrit des nocturnes, des variations, transcrip- 
tions, fantaisies, etc. pour piano, et un op£ra, 
Tancreda (Florence, 1880). 

D(Biifel, Alfred, n6 a Waldenbourg (Saxe) 
le 24 janv. 1821, fit des Etudes musicales tres 
completes sous la direction de G. Finck, K.-G. 
MfiUer, Mendelssohn, etc. II 6tablit a Leipzig, 
pour la literature musicale, une biblioth^que 
circulante de .grande |valeur, conteuant^beau- 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DQCRNKK — DOMINANTE 



208 



coup d'ouvrages rares et anciens sur la theorie 
et l'hisloirede la musique, les collections com- 
pletes de la plupart dee journaux de musique, 
ainsi que les grandee partitions de tons les 
classiques et d'un trta grand nombre d'ceuvres 
modernes importantes. Gelte biblioth&que, pas- 
s£e en 1885 aux mains d'un flls de D., Balduin, 
fut achetee,en 1888, par la maison ?eters,etde- 
vint le fond initial de la c Biblioth£que Peters ». 
D.succedaaK-F. Becker,comme bibliothScaire 
de la section de musique (fondation Becker) de 
la Bibliotbeque municipale, A Leipzig. 11 a tra- 
vaille pendant nombre d'ann6es, pour les 6di- 
teurs Breitkopf et Haertel, et depuis lors pour 
GL-F. Peters, A la redaction d'editions des classi- 
ques d'une correction remarquable, et publie un 
FQhrer durch die musikalische Welt, des ca- 
talogues thematiques des ceuvres de J-S. Bach 
et de Schumann, ainsi qu'une Edition allemande 
du Traiti dTinstrumentation (avec appendice) 
de Berlioz. D. s'6tait cr£6 comme critique mu- 
sical aussi une situation en vue et rSdigea en 
1881 Fouvrage de circonstance public pour le 
jubiie centenaire des concerts du Gewandhaus. 
En 1885, l'Universite de Leipzig lui avait con- 
fire le grade de D r phil. honoris causa. 

Darner, Armm-W., ne A Marietta (Ohio) le 
22 juin 1851, partit en 1859 pour Cincinnati. II 
fit ses etudes musicales, de 1871 A 1879, A Berlin 
(Knllak,Bendel,Weitzmanq), Stuttgart et Paris, 
puis fut nomm6 a son retour A Gincinnati pro- 
fesseur de piano au « College of music » qui 
venait d'etre cr£e. D. est surtout connu par les 
concerts remarquables qu'il donna, A deux 
pianos, en compagnie de St-G. Andres. II a 
publie entre autres des Technical exercises, 

Doigt*, (ou doigter ; all. Fingersatz, Applx- 
kalur ; angl. Fingering). L'usage d'un d. bien 
appropri£ est, pour tous les instruments sur 
lesquels les diflferents sons sont produits par 
l'lnlermediaire de la pression des doigts, une 
condition essentielle de leur maniement artis- 
tique. Pour ce qui concerne le d. des instr. A 
archet, v. position. Le d. le plus simple est 
celui des instr. A vent en cuivre, dont le nombre 
de clefs (pistons, cylindres, etc) est si restreint 
que les doigts d'une seule main sufftseut a leur 
maniement, sans que la main elle-m6me ait 
besoin de changer de position. II est d£j& plus 
compliqud pour les instr. A vent en bois, dans 
lesquels le nombre des trous et des clefs d6- 
passe de beaucoup celui des dix doigts :le mfone 
doigt remplit par consequent des fonctions di- 
verges et les m£mes clefs sont parfois regies 
par des doigts difl&rents. Mais le d. le plus 
complique est celui des instr. A clavier (piano, 
orgue, harmonium, etc.), il a son histoire et sa 
literature ; en somme, chaque m6thode de piano 
est pour une bonne moitie une methode de d. 
Pendant toute la p£riode anterieure A Bach, le 
pouce et l'auriculaire 6taient presque exclus du 
jeu des instr. A clavier ; la pSriode suivante, 
jasque vers le premier quart de notre si&cle, ne 
connalt guere l'emploi des deux doigts les plus 
courts que sur les touches blanches ; quant a 
TScole moderne, Liszt-Tausig-Biilow, elle fait 



totalemenl abstraction des in£galit£s du clavier 
(touches blanches et noires) et supprime toute 
restriction dans l'usage des doigts les plus 
courts. Toutefois le virtuose seul peut tirer 
profit de ces liberies; l'ex&cutant peu avanc6 
aura tout avantage a borner l'emploi du pouce 
et de l'auriculaire aux touches blanches.— L'in- 
dication du d. des instr. a clavier se fait autre- 
ment en Angleterre que dans les autres pays, 
l'index passant dans ce pays pour le premier 
doigt et le pouce 6tant marque par une +. La 
notation aiiglaise du d. correspond A l'ancienne 
notation allemande, telle qu'Amerbach la donne 
dans son ouvrage : Orgel-und lnstrument-Ta- 
bvXaXur (1571), avec cette seule difference que 
le pouce 6lait indiqu6 dans celle-ci par un 
(z6ro) : 

Pouce Index Majeur Annulaire Auriculaire 
12 3 4 5 

Angl.: 4-128 4 

Amerb.: 12 3 4 

Dolcan, (Dolkan, Dulgan, Dulzain, Dolce), 
nom que Ton donne parfois, dansl'orgue, A des 
jeux de flutes douces (v. ce mot), dont les 
tuyaux sont plus larges A l'embouchure qu'& la 
lumtere; le d. est de 4 ou de 8 pieds, avec faible 
pression d'air. Le DolcissimoW est d'une into- 
nation encore plus douce. 

Dolce, (Hal., abr. : dot), con dolcezza, douce- 
ment, avec douceur: dolcissimo, aussi doux 
que possible. 

Oolcian, (Dulcian), 1. ancien nom du basson 
(au xvi 6 et au xvn« s.). — 2. Dans l'orgue, jeu 
d'anches de 8 ou de 16 (basson) pieds. 

Dolendo, (Hal., ou aussi dolente), plaintif, la- 
mentable. 

Doles, Johann-Friedrich, ne A Steinbach 
(Meiningen) le 21 avr. 1716, m. A Leipzig le 8 
oct. 1797 ; 616ve de J.-S. Bach, fut nomme en 
1744 cantor A Freiburg puis succ&da, en 1756, 
A G. Ilarrer en qua lite de cantor de l'6cole 
St-Thomas, a Leipzig. 11 prit sa retraite en 1789, 
apres avoir occup6 ce poste d*honneur pendant 
trente-trois an nee s consecutives. En tant que 
compositeur, D. se montre sous un aspect ai- 
mable et joyeux, son style est simple et de 
comprehension facile ; maisil est pourlemoins 
etrange que D., I f el6ve et le successeur de 
J.-S. Bach, ait et6 jusqu'd plaider en favour de 
la suppression de la fugue dans la musique 
d'Sglise (v. la preface de sa cantale Ich komme 
vor dein At^restcA<,[1790], d6diee A Mozart et 
J.-G. Naumann). Des cantates, des chorals, 
des preludes de chorals et un traite, An- 
fangsgrimde sum Singen, ont et6 imprimis, 
tandis que des Passions, des Messes, un Ma- 
gnificat allemand, etc. sont restes manuscrits. 

Dolore, (Hal.), douleur ; con d, doloroso t dou- 
loureusement. 

DolzflOte (all.), v. flute douce, 

Dom Bedos, v. Bedos deGelles. 

Dominante, nom que Ton donne a la quinte 
de la gamrae qui, dans les modes ecclesias- 
Uques dejd, 6tait consider^ comme le son le 
plus important de la tonalite aprds la tonique 



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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



204 



DOMINICETI — DONI 



(finalis). Le terme d. apparut sans doute en 
France vers la fin du xvn« s.; Brossard (1703) 
en donne dejd la definition et donne egalement 
a la tierce de la gamme le nom de mediante. 
Rameau ajouta A ces denominations celles de 
sous-dominante (pour la quarte de la gamme ) 
et de sous-mediante (pour la tierce de la sous- 
dominante, c.-a-d. le 6 e degr& de la gamme), 
Rousseau proposa ensuite Ires logiquement de 
donner le nom de sous-mediante non pas au 
6«, mais au 2« degre, celui-ci se trouvant un 
degre au-dessous de la mediante, de m£me que 
la sous-dominante est un degre au-dessous de 
la d. ; le 6° degre prenait alors le nom de sus- 
dominante, tandis que, d'apres un ancien usage, 
le ?• degr£ s'appelait subsemilonium (modi). 
lVaulres theoriciens out donne a la seconde le 
nom de « change de dominante » ( Wechseldomi- 
nante), aussi dil dominante de la dominante. 
Void les noms que prennent ainsi en ut maj., 
les diffSrents degres de la gamme ; 

la = sus-dominante ou sous-sensible (ou 
sous-mediante). 

sol = dominante. 

fa = sous-dominante. 

mi -= mediante. 

re = sous-mediante (sous-tonique ou change 
de dominante). 

ut = tonique. 

si = sensible (ou subsemilonium). 
Les theoriciens modernes se servent de quel- 
ques-uns de ces ternies pour designer non pas 
un seul son, mais une harmonic entiere ; ils 
consid£rent en ut maj. (tonique) Taccord de sol 
maj. comme harmonie de la quinte superieure, 
Taccord de fa maj. comme harmonie de la 
quinte inferieure et les nomment : ace. de domi- 
nante et ace. de sous-dominante * 
Sous-dominante Dominante 

fa la ut mi sol si r6 

tonique 
Cf. MAJEUR, MINEUR et yONCTIONS. 

Dominiceti, Cesare, ne a Desenzano, sur les 
bords du lac de Garde, le 12 juil. 1821, m. a 
Sesto di Monza le 20 juin 1888, compositeur 
d'op£ras (/ begli usi di citta, 1841 ; Due mogli 
in una* 1853; La maschera* 1854; Morovico, 
1873; II logo delle fate, 1878; Hereditaria, 
1881). 

Dommer, Arrey von, ne A Danzig le 9 fevr. 
1828, etait destine a la carriere theologique et 
suivit les cours du gymnase de sa ville natale. 
En 1851, il parlit pour Leipzig afln de se vouer 
entierement a la musique et travailla la compo- 
sition avec Richter et Lobe, Torgue avec Schel- 
lenberg. II fut de m£me inscrit a l'Universite a 
partir de 1854 et frequenta pendant plusieurs 
annees les cours d'art et de litterature. II se- 
journa ensuite A Leipzig, comme maitre de 
musique, attira Tattention sur son nom par la 
publication de plusieurs ouvrages de littera- 
ture musicale, puis, en 1863, alia se fixer a 
Hambourg. II se mit alors a donner des confe- 
rences, fut pendant sept annees redacteur mu- 
sical au « Correspondant » de Hambourg, puis, 



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de 1873 A 1889, secretaire de la Bibliotteque 
municipale. D. prit sa retraite en 1889 ,• il ha- 
bite Marpurg. Les ouvrages principaux de I). 
sont : Elemente der Musih (1862); Musikali- 
fiches Lexikon (1865, bas6 sur celui de Koch ; 
ceuvre excellente); Handbuch der Musih- 
geschichte (1867, 2* 6d. 187ft, oeuvre egalement 
remarquable, au courant des decouvertes re- 
cenlesj. D. a publie en outre un psaume « a 
cappella » a 8 voix et harmonise A quatre par- 
ties les melodies de Joh.-Wolfgang Franck. 

Donati. 1. Baldassaro, contrapuntiste italien 
du xvi« s., 6tait vers 1562 directeur de la t petite 
chapelle » de Teglise Saint-Marc, A Venise, 
organisee pendant les demieres annees de la 
vie de Willaert pour faciliter la t&che de celui-ci, 
en preparant les chantres pour le service de la 
grande chapelle. Lorsque plus tard, en 1565. 
Zarlino succeda A Willaert, la petite chapelle 
fut supprimee et D. redevint simple chantre, 
mais en 1590 il obtint enfin le poste de Zarlino 
qui venait de mourir. D. mourut a Venise, en 
1603; il fut Tun des compositeurs de madri- 
gaux et de motels les plus remarquables de son 
temps. On a conserve de lui : Cansonetti villa- 
nesche alia Napolelana (1551 et 1555), plusieurs 
livres de madrigaux a 4, 5 et 6 voix (1553-1568) 
et un livre de motets de 5 a 8 voix (1597). — 
2. Ignazio, originaire de Casalmaggiore pr&s de 
Cremone, fut maitre de chapelle a Ferrare, a 
Oasalmaggiore et, A partir de 1633, au ddme 
de Milan. II a publie : un livre de motets de 1 a 
5 voix (1612), deux livres de Concerti ecctesias- 
tici de 2 a 5 voix (1617, 1619), deux livres de 
Messes de 4 a 6 voix (1618), Le fanfalage (ma- 
drigaux de 3 a 5 voix), deux livres de Motetti 
concertati de 5 a 6 voix (1626, 1627), un livre de 
Motetti a voce sola avec continuo (1628) et 
Salmi Bosarecci a 6 (1629). 

Doni. 1. Antonio-Francesco. n£ A Florence 
en 1519, m. A Monfelice pres Padoue en sept. 
1574 ; entra tout jeune au convent des Seniles 
de sa ville natale, mais le quitta en 1539 deja 
et mena des lors une vie aventureuse. Outre 
un grand nombre d'ecrits ne se rattachant pae 
a la musique, il a public un Dialogue sur la 
musique (laL 1534; itai. 1541 et 1544). Sa Li- 
braria (2« ed. 1550, puis 1551, 1560 et 1580) est 
un catalogue de valeur, pour les historiens. — 
2. (tiovanni-Battista, ne a Florence en 1593, 
m. dans la m6me ville, en 1647 ; acquit a Bo- 
logne et A Rome d'importantes connaissances 
de la litterature antique, quoiqu'il fiU destine a 
la carriere juridique. Lorsque, en 1621, le car- 
dinal Corsini partit pour Paris, comme legat 
du pape, il s'adjoignit D. ; celui-ci se mit alors a 
fouiller les bibliotheques de Paris avec une 
veritable passion, il entra en relations avec 
Mersenne et penftra dans les cercles de sa- 
vants de la capitale. T*a mort d'un de ses 
freres. survenue en 1622, rappela D. A Flo- 
rence, mais peu apres le cardinal Barberini, 
neveu d'Urbain VIII. un grand amateur de 
musique, le fit venir a Rome, Temmena dans 
ses voyages A Paris, Madrid, etc., et revint 
avec luiiaRome. Les rapports qu'iPeut avec 

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DONIZETTI — DOPPELGRIPP 



205 



cet homme d'ane haute culture Fengag^rent a 
approfondir ses Etudes sur la musique des 
Anciens, dont il s'occupait tout specialement du 
reste depuis longtemps; il construisil alors une 
sorte de double lyre, qu'il dedia au pape 
(Lyra Barberina; Amphichord). D. rentra a 
Florence en 1640, k la suite de nouveaux d£c&s 
survenus dans sa famille ; il s'y 6tablit d^fini- 
tivement, se maria et fut nomra^ professeur 
d'&loquence par Ferdinand n de Medicis. Ses 
ecrits ayant trait k la musique sont les sui» 
vants : Compendio del trattato dei generi e 
modi delta musica, etc. (1685; extrait d'un 
ouvrage plus considerable, mais inddit); Anno- 
tazioni sopra il compendio, etc. (1640, supple- 
ment au pr£c£dent); De prcestantia musica? 
veteris libri tres, etc. (1647). Fetis a retrouve 
a la Bibliotb£que nationale le manuscrit de 
trois traites que D. avait Merits en francais. 
Gori et Passeri ont publie k Florence, en 1773, 
la description de la Lyra Barberina et toute 
une aerie de petites Eludes que D. avait laissees 
manuscrites. Une quantity d'autres manuscrils 
encore sont rest6s in£dits. 

Donizetti, Gaktano, n6 k Bergame le 25 nov. 
1797, m. dans la m&ne ville le 8 avr. 1848; 
el£ve de Simon Mayr, a Bergame, puis, a partir 
de 1815, de Pilotti et de Mallei, a Bologne. II 
debuta k Venise, en 1818, comme compositeur 
scenique, avec un opera : Enrico, conte di 
Borgogna, qui rerut un accueil encourageant, 
D. prit d A s Tabord module sur Rossini, dont 
les ouvrages trouvaient acces sur toutes les 
scenes de TEurope; il lui emprunta ses for- 
mules avec beaucoup de bonheur et d'adresse, 
aid£ qu'il ^tait par sa verve melodique natu- 
relle. De 1822 k 1836, D. 6crivit chaque annee 
deux ou trois operas, sans trop s'inquteter, cela 
va sans dire, du fini ni de la mise an point des 
details. Toutefois la concurrence qui s'elablit 
entre Bellini et lui, Tobligea k se livrer de 
temps k autre k un travail plus serre ; c est 
ainsi qn'en 1831, k Milan, il opposa k * La 
Somnambnle » de Bellini son Anna Botena. 
En 1835, k Paris, le succes des « Puritains » de 
Bellini fut tel qu'il ecrasa completement Ma- 
rino Falieri que I), presentait au m£me mo- 
ment ; mais, loin de se laisser d£courager, D. 
concentra tout son talent, toutes ses forces sur 
un nouvel ouvrage : Lucia di Lamtnermoor, 
qui fut repr£sent£ k Naples et resta sa meilleure 
ceuvre. La mort de Bellini, survenue la m&me 
annee encore, laissa D. maitre de la situation, 
en m6me temps que le succto de « Lucie » lui 
faisait obtenir le poste de professeur de conlre- 
point au College royal de musique, a Naples. 
En 1839, la censure napolitaine interdit la re- 
presentation de son op6ra Poliuto (« Polyeucte » 
intitule plus tard k Paris : Les Martyrs), ecrit 
pour Adolphe Nourrit ; indignd de la ridicule 
inesure qui le frappait, D. partit pour Paris, 
ou il prit la direction d'une nouvelle entreprise 
scenique dans la salle Ventadour, le Th^Atre 
de la Renaissance. B fit alors representor soit 
sur cette sc£ne, soit sur celles de rOp&ra- 
Comique et de i'OpSra de nouvelles ceuvres, 



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parmi lesquelles des operas francais : La fille 
du R&giment et La Favorite. Mais ces deux 
ceuvres, dont la popularity devint si grande 
dans la suite, n'eurent au debut qu'un assez 
mediocre succes, en sorte que D. se d6cida k 
repartir. II sejourna k Rome, k Milan, puis a 
Vienne ou il donna, en 1842, Linda di Cha- 
mountx et re^ut en echange le titre de compo- 
siteur et maitre de chapelle de la Cour imp£- 
riale. D. passa les deux annees qui suivirent 
alternativement a Paris, Vienne et Naples. II 
6crivit pour cette ville son dernier ouvrage, 
Catarina Coronaro (1844). Rentrant k Paris, 
il ressentit pendant le trajet de Naples k Vienne 
les premieres atteintes d*ali£nation mentale, 
puis, k peine de retour eut une attaque de pa- 
ralysie qui le priva d'une partie de ses facultes. 
II passa les derni&res annees de sa vie dans un 
perpetuel £tat de m&ancolie aigue, contre la- 
quelle il &tait impossible de r&agir ; il se retira 
en 1847 a Bergame, ou il mourut Fannie sui- 
vante. D. a 6crit en tout environ soixanle-dix 
operas et operas-comiques, ainsi que quelques 
cantales. La Fitle du regiment, la Favorite et 
Lucie de Lammermoor se sont maintenues au 
repertoire de presque tous les th&Ures, tandis 
que seuls quelques airs favoris de Lucrkce 
Borgia, Linda di Chamounix, etc., survivent 
dans les fantaisies et les potpourris. 

Dont, Jakob, professeur de violon et compo- 
siteur distingu£, n6 a Vienne le 2 mars 1815, 
m. dans la m6me ville le 18 nov. 1888; ills du 
violoncelliste Joseph-Valentin D. (n6 a Geor- 
genthal en Bohfcme, le 15 avr. 1776, m. a Vienne 
le 14 d£c. 1833), £l£ve du Conservatoire de Vienne 
on il Iravailla avec Bohm et Hellmesberger 
(p&re), entra eu 1831 dans Torchestre du th£&tre 
de la Ilofburg et en 1834 dans Torchestre de la 
cour. D. Scrivit un grand nombre d'oeuvres 
pour son instrument, entre autres des Etudes 
tr&s renommAes et recueillies sous le titre de 
Gradus ad Parnassum. II professa d'abord dans 
une academic de musique, dont Feiistence fut 
de tr£s courte dur£e, puis au c Paedagogium » 
de Ste-Anne, enfin k partir de 1873, au Conser- 
vatoire de la Societe des Amis de la musique. 

Door, Anton, pianisle, 116 a Vienne le 20 
juin 1833, eteve de Czerny et de S. Sechter, se 
tit entendre en 1850 d6ja, avec succes, k Baden- 
Baden et k Wiesbaden, et plus tard en Italie, 
avec L. Strauss. De 4856 a 1857, il parcourut 
toute la Scandinavie et fut nomme k Stockholm 
pianiste de la cour et membre de 1* Academic 
royale. Une toum£e de concerts en Autriche et 
en Hongrie (1877), en compagnie de Sarasate, 
atfermit encore sa reputation: plus tard enfin, 
il remporta de grands succes a Leipzig, Berlin, 
Amsterdam, etc. D. remplit pendant dix annees 
les fonctions de professeur de piano au Con- 
servatoire imperial de Moscou, puis, en 1869, 
il accepta la place de professeur de piano qn'il 
occupe encore aujourd'hui, au Conservatoire de 
la Societe des amis de la musique, a Vienne. 

Doppelbe (all.), double b&mol, 

Doppelgriff (all.), doubles, triples, quadruples 
cordes. 

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206 



DOPPELKREUZ — DOUBLE CHCEUR 



Doppelkreuz (all.), double dieze. 

Doppelschlag (all.), gruppetto, double. 

Doppio (ital), double; d. movimento, le dou- 
ble plus vite; d. valore (rf. note), double valeur 
des notes, c.-&-d. le double plus lentement. Dans 
les denomination^ d'instruments (Lirad. etc.),<2. 
indique un instr. de dimensions doubles et par 
consequent d'intonation plus grave (instr.-bas- 
ses); Cantrabasso d., contrebasse (v.ce mot) de 
dimensions colossales, accord6e encore une oc- 
tave au-dessous de la contrebasse commune. 
Cf . Vuillaume. 

Doppler, 1. Albert-Franz, fhttiste virtuose, 
ne k Lemberg le 16 oct. 1821, m. k Baden prte 
Vienne le 27 jail. 1888, 616ve de son p6re, qui 
fut successivement hautboiste de Forchestre du 
th^Atre, k Varsovie, puis k Vienne, oh le jeuue 
D. se fit bientdt entendre comme virtuose sur 
la flfite. Apr£a avoir fait plusieurs tourn^es 
avec son frere Charles (v. plus bas), il fut en- 
gage comme premier Artiste au theatre de 
Pesth. II fit mdme, dans la suite, representor 
plusieurs ouvrages sur cette scene : Benjotcski 
(1847), Ilka et Die beiden JRusaren (1849), et 
plus tard encore Afanasia, Wanda, Erztbelh 
(ce dernier, en collaboration avec son frere et 
Erkel). En 1858, la direction de FOp6ra impe- 
rial, k Vienne, 1'appela au poste de premier M- 
tisle et de second chef d'orchestre de ballet; il 
devint ensuite premier chef de ballet et, en 
1865, professeur de flftte au Conservatoire. En 
plus des operas cites plus haut, D. ecrivit en 
1870 un opera allemand, Judith, repr6sente k 
Vienne, ainsi que des ouvertures, des fragments 
de ballets, des concertos de flftte,eta— 2. Karl, 
frere du precedent, n6 k Lemberg en 1826, ega- 
lement flutiste virtuose, remporta en m^me 
temps que son frere de grands succes k Paris, 
Bruxelles, Londres, etc., puis fut nomme direc- 
teur de musique au The&tre national de Pesth 
et, en 1865, chef d'orchestre de la cour k Stutt- 
gart II a ecrit une quantite de morceaux de fl&te 
et quelques operas hongrois. 

Doret, Gustavk, n6 k Aigle (canton de Vaud) 
en 1866, fit ses premieres etudes musicales k 
Berlin (Kgl. Hochschule), oil il travailla le vio- 
lon, puis k Paris oil, tout en continuant le vtolon 
avec Marsick, il suivit les cours de composition 
de Th. Dubois et de Massenet Les compositeurs 
de la jeune ecole fran^aise trouverent en D.un 
fervent adepte qui cheneha k repandre leurs 
opuvres k retranger, en organisant quelques 
concerts symphoniques. Nomme second chef 
d'orchestre aux Concerts d'Harcourt, k Paris 
(1893-1895), ilsucc^da ensuite k Gabriel Marie 
comme chef d'orchestre de la t Societe natio- 
nale de musique ». En 1896, il fut appele k di- 
nger les concerts symphoniques de TExposition 
nationale Suisse, a Geneve. Malgrei'exercice de 
ces fonctions, D. a irouve le temps d'ecrire un 
grand nombre d'oeuvres de tous genres, parmi 
lesquelles nous citerons,pour chant et orchestre: 
Dans les bois (voix de femmes et instr. k archet), 
Cantate du Centenaire (chopur mixte, 1891), 
Voix de la Patrie (chopur d'hommes, soli, or- 
chestre; 1891), Sonnets patens (six melodies 



pour une voix avec orchestre), Les Sept Pa- 
roles du Christ (choeur mixte, soli, orchestre; 
1898-1894), Hymne (id., 1897), puis un opera - 
comique en un acte, En Prison (poeme de Bon- 
nemere, 1892) ; pour orchestre seul : Airs de 
ballet, Marche heroiquei enfin une Berceuse et 
une Improvisation pour violoncello et piano? 
une vingtaine de chceurs pour voix d'hommes ou 
voix mixtes (IAgende, Choeur nuptial, Chant 
de Jubite, etc.) et un grand nombre de melo- 
dies pour chant et piano editees chez Baudoux 
et C 1 * et Heugel (Paris) et chez Foetisch freres 
(Lausanne). 

Dorien, nom que portait, dans le syst&me 
musical du moyen ftge, le premier mode eccie- 
siaslique, le plus important de tons, parce qu'il 
etait le plus aime. De m6me, dans le systeme 
grec antique, le ton d. etait le ton le plus re- 
cherche. Mais il ne faut pas perdre de vue que 
le ton d. des Grecs (v. grecqub) et le premier 
mode ecciesiastique (v. ce mot), appeie d. k 
partir du ix* s. environ, ne sont pas identiques. 
On emploie generalement aujourd'hui le terme 
de d., dans le sens du mode ecciesiastique qui 
portait ce nom et Ton peut dire plus particulie- 
rement que Ton nomme doriennes les tournures 
meiodiques dans lesquelles, en mineur, on in- 
troduit la sixte majeure, sans que celle-ci soit 
suivie de la septieme majeure (en la min.,/a j£ 
et sol uaturel). La sixte dorienne n'est autre 
chose que la tierce, haussee d'un demi-ton, 
de l'accord de la sous-dominante en mineur 
(S lll< ); les accords dits de la sixte dorienne 
sont, en la min. : 



S m< *™« T m ^ 



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Cf. Fonctions. 
Double (all. Doppelschlag; ital. gruppetto), 

V. GRUPPETTO. 

Double choaur, c.-d-d. un choeur divise en 
deux demi-chteurs. Chacun de ceux-ci est dans 
la regie k quatre voix, en sorte que le d. c. est 
k huit voix, ce qui ne veut point dire que recri- 
ture en soit toujours k huit parties reelles. En 
eflet, les deux chceurs ne font souvent qu'alter- 
ner, ou bien encore ne participent que partielle- 
ment k l'ensemble. On considere generalement 
Tun des chceurs comme < premier » choeur, au- 
trement dit on ecrit un choeur plus haut que 
l'autre, le soprano du « second » choeur etant 
pris comme t second • soprano, etc. La sono- 
rite du d. c. (mixte) peut £tre variee presque k 
Tinfini, gr&ce aux diverges combinaisons des 
deux groupes de quatre voix, par ex. : 

1) Soprano, alto, tenor, basse. 

2) 2 sopranos et 2 altos ( choeur d'enfants ou 

de femmes). i 

3) 2 tenors et 2 basses (choeur d'hommes)* 

4) 2 sopranos et 2 tenors fsonorite tres claire). 

5) 2 altos et 2 basses (sonorite sombre). 

6) 2 altos et 2 tenors, etc. etc. 

Le choeur mixte k cinq et k six voix permel 
aussi ces combinaisons multiples. II va sans 

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DOUBLES CORDES — DRJSSEKE 



207 



dire que, lorsque les deux chceurs sont place** 
en deux endroits difftrents d'une salle ou d'une 
eglise (Cart spezzati), la vari6t6 des groupe- 
ments ne peut plus £tre aussi grande. Les 
grands contrapuntistes ne se sont pas borate A 
l'emploi du d. c, ils ont souvent fait usage d'un 
beaucoup plus grand nombre de parlies r6elles. 
Cf. Bomb (Ecole de). 

Doubles cordes, (all. Doppelgriff). Ondonne 
le nom de passages en d. c. aux passages pour 
instr. a arcbet ou A cordes pinches, dont l'ex6- 
cution exige 1'emploi simultan£ de deux cordes. 

Double-croche, note dont la valeur corres- 
pond an seizi&me de la ronde, ^ ou, lorsque 

plusieurs d.-c. forment un groupe CE3H 

Doubles, nom que Ton donne aux repetitions 
orn6es de difftrentes parties de l'ancienne 
suite : lorsque plusieurs d. se suivent, ils cor- 
respondent tout A fait A ce que nous appelons 
des c variations » . Toutefois les auteurs de 
cette eorte de variations ne cbangeaient ni la 
mesure, ni Tbarmonie, ni la tonality, mais bien 
parfois le mode (Minore f Maggiore) du th6me ; 
de plus ils alourdiseaient celui-ci en le sur- 
chargeant d'ornements toujours renouvelte, et 
en augmentant le mouvement et la varied des 
parlies d'accompagnement. 

Doublette, jeu d'orgue, syn. de Principal 2* 
(octave 2*). 

Dourlen, Victor-Charles-Paul, ne A Dun- 
kerke le 8 nov. 1780, m. aux Batignolles, prds 
Paris, le8 janv. 1864; 61Sve du Conservatoire 
de Paris, obtint en 1805 le grand prix de Rome, 
apres avoir dej& rempli les fonctions de r£p6ti- 
teur d'une classe de cbant 61£mentaire, A partir 
de 1800. II fut nomm£ en 1812 r£p£liteur 
et quatre ans plus tard professeur titulaire 
d'une classe d'harmonie ; 11 fit valoir en 1842 
sea droits A la retraite. D. a 6crit plusieurs 
petits operas pour le theatre Feydeau, de la 
mnsique de chambre (sonates pour piano, 
violon, flute; trios, etc.); de plus il a resum6 ses 
cours d'harmonie, bas^s sur le syst&ne deCalel, 
dans deux ouvrages : Tableau synoptique des 
accords et TraiU (Tkarmonie (1834). 

Doturfdme, (duodecima $c. vox), le d. degr6 
de r&chelle tonale, degr6 qui porte le m&me 
nom que le cinquidme. Gf . Intsrvalle. 

Dowland, John, n6 A Westminster (Londres) 
en 1562, m. en 1626. En 1584, D., luthiste remar- 
quable, entreprit un voyage de plusieurs ann6es 
en France, en Allemagne et en Italie. En 1588, 
il fut promu A Oxford et A Cambridge au grade 
de B. A. II v£cut de 1600 A 1609 en Danemark, 
comme luthiste des chambres royales, puis A 
Londres comme luthiste des lords Walden; en 
1625, U devint un des six luthistes royaux. Les 
psaumes a quatre voix que Thomas Este 
publia en 1502 sont en partie arranges par lui; 
cependant son oeuvre principale est un grand 
recueil en tablature de luth, dont la premiere 
partie parut en 1507 (The first booh of Songs 
or Ayres, etc.). Re6dit6 en 1600, 1603, 1608 et 
1613, ce recueil fut publie en 1844, en notation 



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moderme, par la « Musical Antiquarian So- 
ciety ». La seconde partie parnt en 1600, la troi- 
si&ne en 1602. En 1605, il publia un nouveau 
recueil : Lachrymce, or seven leaves figured in 
seven passionate Pavanes, etc. (pour luth, vio- 
les ou violons, A cinq parties). II traduisit en 
anglais le Micrologus d'Ornithoparque. — Son 
fits Robert, £galement luthiste distingu6, suc- 
cesseur de son p&re A la cour d'Angleterre, pu- 
blia, en 1610, deux morceaux pour luth : A mu- 
sical banquet et Varieties of lessons. A ce der- 
nier ouvrage sont adjointes des remarques 
instructives sur le jeu du luth, par Jean-Bap- 
tiste Besard et John D. 

Doxologie, (gr. v chant de louanges), le chant 
du Gloria. La grande d. n'est autre que le 
Gloria in excelsis dec (Hymnus angelicus 9 le 
chant des anges dans la nuit de Noel), intro- 
duit dans la Messe ; la petite d., le Gloria 
patri et filio et spiritui sancto (sicut erat in 
principio et ntmc et semper in scecula scecu- 
lorum, amen) t que Ton ajoute au chant des 
psaumes (Cf. EVOVAE). 

Draseke, Fblix-Acgust-Bkrhhard, n6 A Co- 
bourg le 7 oct. 1835; son p£re (fils de l'6v6que 
D.) 6tait pr&iicateur de la cour. Eleve du Con- 
servatoire de Leipzig, et en particulier de Rietz 
(composition), il v6cut ensuite a Weimar. En- 
thousiasle disciple de Liszt et de toute l'6cole 
n6o-allemande,il sefit 1'ami de Bttlow.Plus tard 
il s'en alia A Dresde ; de 1864 a 1874, il fut pro- 
fesseur A TEcole de musique de Lausanne, avec 
une interruption de 1868 a 1869, pendant la- 
quelle Btilow l'avait fait venir A l'Ecole royale 
de musique, A Munich. Apr&s avoir v£cu quel- 
que temps A Geneve, il partit en 1876 d&initi- 
vement pour Dresde. En 1884, 1), devint le sue- 
cesseur de Wflllner, comme professeur de com- 
position au Conservatoire. Le roi de Saxe le 
nomma « professeur » en 1892. Les premieres 
compositions de D., entierement de l'£cole de 
Liszt, sont bizarres et sacrifient la beaute de la 
sonority a une recherche de caracteristique dou- 
teuse; de meme son activity litt&raire est con- 
sacr£e A l'extr&me gauche, comme le prouvent 
les articles parus dans la « Neue Zeitschrift fux 
Musik » et dans « Anregungen ffir Kunst und 
Wissenschaft » (1857-59). Ces derniers temps son 
enthousiasme pour Wagner et Liszt s'est un 
peu refroidi et il se rapproche du style classi- 
que. Parmi ses plus grandes compositions, il 
convient de citer:Op. 6, sonate pour piano; 
op. 12, 1 M symphonie (en sol maj.); op. 13, 
Ghaseten (morceaux de piano); op. 15, six fu- 
gues pour piano; op. 22, Ref/uiem (si min.); 
op. 25, 2 m6 symphonie (en fa maj.); op. 27, 
l« r quatuor pour instr. A archet (ut min.) ; op. 30, 
Advetitliedy'poxir soli, chceur et orchestre ; op. 35, 
2»* quatuor pour instr. A archet (mi min.); op. 
36, concerto pour piano; op. 37, 18 canons (A 6, 
7et 8 voix); op. 38, sonate pour clarinette et 
piano; op 39, sc£ne de P&ques de Faust (pour 
barylon solo, orchestre et chamr mixte); op. 
48, 3« n# symphonie (tragica); op. 42, Enigmes 
canoniques (A 6 parties) pour piano A 4 mains; 
op. 45, quintette pour piano, violon, alto, violon- 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



208 



DHAGHI — DRtiCHSLER 



celle et cor; op. 49, serenade en ri maj.pour or- 
chestra; puis les operas Merrat (I)resde, 1892), 
Sigurd (fragment joue en 1867 a Meiningen), 
Gudrun (Hmoxre, 1844), un concerto de vio- 
lon, un morceau de concert pour violoncelle ; 
des ouvertures symphoniques pour Das Leben 
tin Traum, de Calderon et Penlhesilea, de 
Kleist, une Ahademische Feslouvertiire, une 
sonate pour alto et piano, une autre pour violon- 
celle et piano, etc. II se fit en outre connaitre 
comme theoricien par diverses publications : 
Anxceisung zum hunstgerechlen Modulieren 
(1876); Die Beseitigung des Tritonus (1878) et 
un Traite d'harmonie amusant, en vers : Die 
Lehre von der Harmonie, in lustige Reimiein 
gebracht(\m). 

Draghi. 1. Antonio, ne k Ferrare en 1635, 
m. k Vienne, le 18 janv. 1700. Tres fecond 
compositeur d'operas et d'oratorios. II ecrivit 
presque uniquement pour Vienne, (ou, en 1674, 
il devint intendant du theatre de la cour de 
Leopold I er et malt re de chapelle de Timpe- 
ratrice Leonore) de 1661 k 1699, environ 159 
operas, moreeaux de circonstance et serenades, 
et 24 oratorios. L/empereur, en personnne, coi- 
labora k quelques-unes de ces ceuvres, et D. 
composa aussi lui-meme quelques libretti (en- 
tre autres: Apollo deluso, pour Leopold I"). — 
2. Giovanni-Battista, contemporain, peut-etre 
frere du precedent, vivait, vers 1667-1706, k 
Londres. Excellent pianiste, professeur de mu- 
sique des reines Anne et Marie ; il publia plu- 
sieurs moreeaux instructifs pour piano et prit 
part k la composition de quelques ceuvres sce- 
niques: la Psyche de Shad well, avec Lock, les 
Wonders in the sun d'Urfey, etc. 
- Dragonetti, Domenico, ne k Venise le 7 avr. 
1768, m. k Londres le 16 avr. 1846; un des 
plus celebres virtuoses sur la contrebasse. II 
etait principalement autodidacle et ne re$ut 
que Ires peu de lemons de Berini, contrebas- 
siste de Feglise St-Marc, dont il devint le suc- 
cesseur, en 1787, a pres avoir fait parlie pen- 
dant six ans de divers orchestra* d'operas a 
Venise. Son habilete a jouer la contrebasse 
etait extraordinaire. Souvent il jouait sur cet 
instrument la partie de violoncelle dans les 
quatuors d'instr. a archet el ses compositions 
etaient semees de difliculles que lui seal 
parvenait k vaincre. En 1794, il obtint un 
conge, pour un voyage k Londres, afin d'y 
donner des concerts. Des sa premiere produc- 
tion en public, il fut engage d'une maniere 
permanente dans Torchestre du theatre royal 
et des concerts. II y resta, si Ton en excepte 
plusieurs voyages en Italie et k Vienne, jus- 
qu'd. la fin de ses jours et, pendant 52 ans, il fit 
de la musique de chambre, particulierement 
avec le violoncelliste Lindley. En 184-">, il etait 
encore en pleine possession de sa virtuosi le et 
prit part k Bonn, k la fete d'inauguration du 
monument de Beethoven, comme chef d*attaque 
des treize contrebassistes, dans la symphonie 
en ut mineur. II legua sa richo collection de 
partitions, de vieux instruments et d'eaux-for- 
tes au Musee britannique et son instrument 



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prefere (de Gasparo da Said), qu*il avail joue 
pendant pres de soixante ans, a l'egUse St-Marc 
de Venise. F. Cam* a publie en 1846, une bio- 
graphie de D. En plus de ses concertos, so- 
nates. etc. pour contrebasse, D. ecrivit quel- 
ques oeuvrettes (canzonette) vocales. 

Dramatique, Musiqck d., v. ScfexiQUE. 

Drame musical, v. OpfcRA. 

Dramma permusica, denomination italienne 
courante de la forme musicale que nous ap- 
pelons opera. Ce terme de d. p. m. fut adopte 
des le debut, par les createurs fiorentins du 
stilo rappresentativo. L'expression italienne 
opera, opera in musica, signifie uniquement 
« oeuvre » (opus) ; seuls les qualificatifs seria 
ou buffa donnent au mot opera le sens que 
nous lui attribuons en general de nos jours. 

Cf. OpfeRA. 

Drath, Throdor, ne k Winzig (Silesie) le 13 
juin 1828. Eleve de Marx, cantor k Munater- 
berg, plus tard, professeur de musique ausenii- 
naire de Politz, actuellement au seminaire 
de Bunzlau (Kgl. Musikdirector), D. est l'au- 
teur d'une Musihtheorie ; il a aussi compose 
diverses oeuvres. 

Draud (Draudius), Gboro, ne k Davernheim 
(Hesse), le 9 janv. 1578, m. k Butzbach en 
1636. Tour k Jour pasteur k Grosskabern, Or- 
tenbourg et Davernheim, puis k Butzbach, ou 
il avail ete chercher un abri contre les horreurs 
de la guerre. II a ecrit des ouvrages de biblio- 
graphie soit generate, soit musicale, tres im- 
portants : Bibliotheca librorum germanicorum 
classica (1625), Bibliotheca classica (1611), Bi- 
bliotheca exotica (1625). Ce sont des o?uvres de 
merite, dont la diffusion n*a peut-etre ete empe- 
chee que par les titres latins que l'auteur a 
juge bon de leur' donner, quoiqu'elles fussent 
ecrites en langue vulguaire. 

Drechsler. 1. Joseph, ne AWftllisch-Birken(Bo- 
heme) le 26 mai 1782, m. k Vienne le 27 fevr. 1852, 
repetiteur k 1'Opera de la cour, a Vienne, puis 
directeur deVorchestre du the&trede Baden (pres 
Vienne) et de Presbourg, il devint plus tard 
organiste de Teglise des Servites, k Vienne, 
puis en 1816, directeur du cho?nr de Ste-Anne, 
en 1828, mailre de chapelle de Teglise de riTni- 
versile et de Teglise paroissiale de la cour. De 
1822 k 1880, il fut en outre chef d'orchestre 
du theatre de Leopoldstadt et devint, en 1844, 
mattre de chapelle du ddme de St-Elienne. 
Ainsi que sa carriere pratique, son activite de 
compositeur etait vouee et k Teglise et k la 
scene. Outre 9 operas, 25 operettes, des farces 
locales, etc., il ecrivit encore beaucoup de 
Messes, d'offertoires, un Ret{uiem, etc.de meme 
que des sonates, des quatuors, des lieder, etc. 
II a publie aussi une methode d'orgue, une 
theorie d'harmonie, ainsi qu'une nouvelle edi- 
tion de la methode de piano Pleyel, et un guide 
theorique et pratique dans Tart de preluder. — 
2. — (Charles, ne k Kamenz le 27 mai 1800, 
m. k Dresde le l» r dec. 1878, fut un excellent 
violoncelliste. Engage, en 1820, dans Torchestre 
de la cour, k Dessau, il fit de 1824 k 1826 des etu- 
des encore plus completes sous la direction de 

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DREGERT — DROBISGH 



309 



Dotzauer *t fut alors nomine concertmeister 
ducal, a Dessau. II prit sa retraite en 1871. Ses 
Sieves sont : Cossmann, F. Grutzmacher, Au- 
gusle Lindner, K. Schroder, etc. 

Dregert, Alfred, ne a Francforl s/ TO. le 
26 sept. 1836, m. a Elberfeld le 14 mars 1893; 
el£ve du Conservatoire Marx-Stern a Berlin 
(Vierling, Wiierst), fut d'abord chef d'orches- 
tre dans divers theatres, puis directeur de so- 
ciety chorales d'hommes a Stralsund, Cologne, 
Elberfeld (« Liedertafel » et « Lehrergesang- 
verein »). 11 re$ut le titre de « directeur royal 
de musique ». D. s'est fait connaitre comme 
compositeur, surtout dans le domaine special 
du chceur d'hommes. 

Dreiklang, (all.) accord de trois sons (ace. 
parfaits, ace. de quinte augmentee, ace. de 
quinte diminuee). 

Dresel, Otto, ne a Andernach en 1826, 
m. a Beverley, pres Boston, le 26 juin 1890, 
eleve de Mendelssohn et de Hiller, partit en 
1848 pour FAmerique ou, d'abord a New- 
York et depuis 1852, k Boston, il se fit con- 
naitre comme excellent pianiste et compositeur 
de talent. Ont paru de lui : de la musique de 
chambre, des lieder, des morceaux de piano, 
etc. D. a beaucoup fait en Ameri que, pour la 
propagation de la musique allemande, pour 
celle des lieder de Robert Franz entre au- 
tres. 

Dresser, Anastase, ne a Kalisch (Pologne) 
le 28 avr. 1845. Eleve du Conservatoire de 
Dresde, de 1859 a 1861, il vecut plusieurs 
annees a Leipzig, d'ou il allait, de temps en 
temps, a Paris et a Berlin. Depuis 1868, il di- 
rige une ecole musicale, fondle par lui et il est 
directeur de musique a Halle s/S. D. a publie 
deux symphonies, des sonates pour piano, des 
lieder, etc. 

Dreyschock, 1. Alexander, excellent pia- 
niste, ne k Zack, en BohSme, le 15 oct. 1818, 
m. k Venise le l er avr. 1869; 61eve de Toma- 
schek, a Prague, d'ou il voyagea k travers 
TEurope durant de longues annees comme vir- 
tuose; il recut beaucoup de distinctions et de 
nominations honorifiques , parmi lesquelles 
celle de virtuose de la cour imperiale d'Aulri- 
che. En 1862, il accepta un appel comme pro- 
fesseur de piano au Conservatoire imperial de 
St-Petersbourg, fonde par Rubinstein, et il y 
devint en m&me temps directeur de TEcole de 
musique dramatique. Mais le climat nuisit a sa 
sante d£ja pen forte, et, apr&s avoir pris a plu- 
sieurs reprises de petits conges, il partit en 
1868 pour Venise, ou il mourut bientot apr6s de 
la phtisie. Ses nombreuses compositions pour 
piano sont brillantes, mais sans valeur reelle. 
— 2. Raimond, fr^re du precedent, ne a Zack le 
20 aout 1820, se voua au violon (61£ve de Pixis, 
a Prague) et, de 1850 jusqu'sk sa mort, survenue 
le6fevr,1869, remplit les fonctions de second 
concertmeister au Gewandhaus et de maltre de 
violon au Conservatoire de Leipzig. Sa femme 
Elisabeth (Nose), n£e k Cologne en 1882, can- 
tatrice renomm£e (alto), avait fond6 un Institut 
de chant, qu'apr&s la mort de son mart elle 



DICTiONNAIRE DE MUSIQUE. — 14 

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IC 



transfera a Berlin, oil il subsiste encore, sous 
sa propre direction. 

Drieberg, Friedrich von, n6 a Charlotten- 
bourg le 10 d6c. 1780. fut d'abord officier dans 
Tarmee prussienne, puis vecut a Paris, Berlin, 
etc. et dans ses terres, en PomSranie ;il mourut 
a Charlottenbourg, ou il 6tait chambellan du 
roi, le 21 mai 1856. C'est tout k fait a tort que 
D. (dans le « Dictionnaire de musique > Men- 
del-Reissmann) a ete cit6 comme un ecrivain 
de m£rite, dans le domaine de la musique de la 
Grece antique, ses ecrits portent le sceau du 
dilettanlisme le plus pur, ils sont remplis 
d'inexactitudes, de pretentions arbitrages, de 
theories absolument insoutenables. La seule 
id£e que les ouvrages de D. ont pu serieuse- 
ment attirer Tattention du monde musical en 
Allemagne, autorise a tirer des conclusions fort 
peu edifiantes sur les connaissances historiques 
et philologiques des musiciens allemands. 
D. ne se borna pas k identifier entierement le 
systeme musical grec avec le notre, il fit de 
m6me pour l'exercice pratique de la musique ; 
il est vraiment impossible de com prendre 
comment ces travaux fanlaisistes ont pu trou- 
ver creance encore apres l'apparition de l'edi- 
tion de Pindare par Bceckh. Ce ne sont guere 
que les Merits de Fr. Bellermann et de Fortlage 
qui ont mis fin k cette com&Iie. Apr&s avoir 
sommairement expose ses idees dans YAllg. 
musihalische Zeitung (1817), D. avait public : 
Die mathematische Intervallenlehre der Grie- 
chen (1818) ; AufsMusse tiber die Musik der 
Griechen (1819); Die prahtische Musik der 
Griechen (1821) ; Die pneumatischen Erfin- 
dungen der Griechen (1822) ; Wwrterbuch der 
Griechischen Musik ( 1835 ) ; Die grtecJiische 
Musik auf ihre Grundsdtze zurxtchgefuhrt 
(1841) ; Die Kunst der musikalischen Kompo- 
sition...., nach griechischen Grundsdtzen 
gearbeitet (1858). D. a aussi 6crit plusieurs 
operas dont un, qui n'a du resle pas et6 re- 
presents, etait compose selon les principes 
soi-disant grecs. 

Dritta, v. dirttta. 

Drobisch,l. MoRiTz-WiLHELM,ne k Leipzig le 
16 avr. 1802, m. dans la m£me ville le 30 sept. 
1896, y fut, depuis 1826, professeur extraordi- 
naire et, depuis 1842, professeur ordinaire de 
philosophie. II a ecrit, outre beaucoup d'oeuvres 
meritoires de mathematiques pures et de philo- 
sophie, sur la determination des rapports de 
hauteur des sons. Ses travaux ont paru le plus 
souvent dans les ■ Bulletins de la Classe de ma- 
thematiques et de physique de la Society royale 
des Sciences de Saxe»,mais aussi separement, 
sous les titres suivants : Ueber die mathema- 
tische Bestimmung der musikalischen Inter- 
valle (1846); Ueber musihalische Tonbestim- 
mung und Temperatur (1852) ; Nachtrdge zur 
Theorie der musikalischen lonverhdltnisse 
(1855) ; Ueber ein zwischen A Item und Neuetn 
vermittelndes Tonsystem (< Allgemeine musi- 
kal. Zeitung, 1871 »); Ueber reine Stimmung 
und Temperatur der Tone (1877). Ancien de- 
fenseur systematique du systeme des douze 

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210 



DROUET — DUCIS 



demi-tons, D. a' est range en principe, dans son 
dernier ouvrage, aux opinions de Helmholtz. 
Ses ouvrages out tons une r6elle valeur. — 
2. Karl-Ludwig, frere du precedent, ne k Leip- 
zig le 24 dec. 1803, m. k Augsbourg le 20 avr. 
1854; eieve de Drobs et de Weinlig, il s f etablit 
k Munich, en 1826, comme professeur de musi- 
que et devint, en 1837, maitre de chapelle des 
eglises evangeiiques d'Augsbourg. D. a compose 
un grand nombre de Messes, trois Requiem, des 
graduels, etc., des oratorios : Des HeiLznds tetzte 
Stunden ; Moses auf Sinai. Son fits Theodor, 
n6 k Augsbourg en 1838, est egalement un mu- 
sicien de valeur. II est, depuis 1867, directeur 
de musique k Minden. 

Drouet, Louis, ne k Amsterdam en 1792, m. 
k Berne le 30 sept, 1873, flutiste fameux , eieve 
du Conservatoire de Paris, devint, en 1808, 
flutiste-solo du roi de Hollande (Louis Bona- 
parte), en 1811, flutiste-solo k la cour de Na- 
poleon I or , en 1814, premier flutiste de l'or- 
chestre de la cour de Louis XVIII. En 1815, il 
partit pour Londres, ou il fonda une fabrique 
de flutes, qui ne put tenir que jusqu'en 1819, 
puis il parcourut toute TEurope, donnant des 
concerts qui eurent un grand retentissement. 
II fut nomme chef d'orchestre de la cour, k Co- 
bourg, en 1836, partit en 1854 pour New- York, 
v£cut quelque temps k Francfort s. M., et fina- 
lement k Berne. D. a beaucoup ecrit pour flute 
(10 concertos, des fantaisies, des sonates, etc.). 

Druffel, Pkter, n6 k Wiedenbruck, en West- 
phalie, le 8 oct. 1848, etudia a Bonn, Mar- 
bourg, Wurzbourg et Berlin, la medecine et la 
musique. Actuellement il est m&decin d'etat- 
major k Treves, musicographe et compositeur. 
H ecrit de preference des lieder,des ballades, et 
a publie en outre une sorte de « Liederspiel » 
religieux, unite du vieil allemand; Der Erloser 
(pour soli, choeur et orchestre). II a donn£ ega- 
lement de nouvelles editions de chants du 
moyen kge (lieder allemands du xv e et du xvi e 
si&cles, madrigaux de Paiestrina). 

Dryden, John, ne a Northampton le 9 aout 
1681, m. le l ar mai 1700, poele anglais, auteur 
de la ceiebre ode k Ste-Cecile, mise en musique 
par Purcell, Handel et d'autres. II composa 
aussi les libretti de plusieurs operas de Purcell 
(v. ce nom). 

Dualisms harmonique, systeme admettant 
Fharmonie un base double: consonnance pour 
majeure (ascendante a partir de la fondamen- 
tale), consonnance mineure (descendante k par- 
tir de la fondamentale). Cf. Harmonie. 

Dubois, 1. Francois-Clem ent-Theodore, ne 
a Rosney (Marne) le 24 aout 1837, reyut k 
Reims les premieres lemons de musique puis 
entraau Conservatoire de Paris, ou il fut plus 
particulierement Televe de Marmontel (piano), 
Bazin (harmonie>, Benoist (orgue) et A. Thomas 
(fugue et composition). Premier grand prix de 
Rome, en 1861, D. fut nomme, a son retour 
d'ltalie, maitre de chapelle de l'eglise Ste-Clo- 
tilde puis de la Madeleine. En 1871, il fut ap- 
pele au posle de professeur d'harmonie au 
Conservatoire et k celui d'organiste du grand 



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orgue de la Madeleine. II fut mis plus tard Ala 
tete d'une classe de composition, paralieie k 
celle de Massenet, fit partie de la commission 
des etudes de composition et d'orgue, ainsi que 
du jury de concours pour le prix de Rome, et 
succeda enfin, en 1896, k A. Thomas, en qualite 
de directeur du Conservatoire de Paris. En 
tant que compositeur, D. occupe un rang res- 
pectable, sans toutefois faire preuve de reelle 
originalite. Ce sont ses oftuvres orcbestrales el 
vocales qui ont remporte les meilleurs succes, 
mais il a aussi aborde la scene avec un certain 
bonheur. Nolons en premiere ligne des orato- 
rios : Les sept paroles du Christ et Le Paradts 
perdu (ouvrage couronne par la ville de Paris, 
1878) ; puis une scene lyrique : Lenlevement 
de Proserpine ; des operas-comiqnes:Xa guzla 
de V&mir, Lepain bis (ou La Lilloise), Xaviere 
(1895); un grand opera: Aben-Hamet (1884), un 
ballet: la Farandole (1883),* enfin plusieurs 
suites d'orchestre, un concerto de piano, une 
ouverture symphonique, une aulre pour Frith- 
jof, un grand nombre de motets et de Messes, 
des morceaux pour piano et pour orgue, ainsi 
que des melodies. — 2. Leon (Du Bois), ue k 
Bruxelles le 9 janv. 1849; eieve du Conserva- 
toire de Bruxelles, obtint en 1885 le prix de 
Rome et fut nomme cinq ans plus tard second 
chef d'orchestre du Theatre de la Monnaie, k 
Bruxelles, ou il dirige egalement les concerts 
d'ete du Vaux hall. D. a ecrit plusieurs operas: 
Son excellence ma femme (1884), La revanche 
de SganareUe (1886), Mazeppa fnon encore re- 
presentee un ballet : Smylis (1891), la musique 
d'un mimodrame, Le Mort ; un poeme sympho- 
nique, A tola, etc., etc. 

Ducange (du Cange), Charles- Dufresne, 
Sieur, ne a Amiens le 18 d6c. 1610, m. k Paris 
le 23 oct, 1688. II pnblia en 1678 : Glossarium ad 
scriptores media: el infimce latinitatis (8 \o\\ 
reedite par les Benedictins de St-Maur en 1733- 
1736, en 6 vol., et encore dernierement, en 1840- 
1850, en 7 vol. Cet ouvrage contient d'impor- 
tantes descriptions "d'instruments de musique, 
ainsi que Fexplication de nombre depressions 
musicales du moyen Age. 

Ducis, Benedikt, ne probablement a Bruges 
vers 1480, contrapuntiste du xv»-xvi* s., eieve de 
Josquin,a Voccasion de la mort duquel il com- 
posa une ode funebre. En 1510 environ, il etait 
chef de la corporation des musiciens a Anvers et 
organiste de l'eglise Notre-Dame en cetle m&me 
ville. 11 doit avoir ete, en 1515, en Angleterre, 
maisaucun document authentique ne le prouve; 
il semble par contre avoir vecu plus tard en 
Allemagne, car il publia, en 1539, a Ulm, une 
ceuvre intitulee : Harmonien uber alle Oden 
des Horaz fur drei und vier Stimmen der Ul- 
mer Jugend zu gefallen in Druck gegeben. 
Plusieurs publications musicales allemandes 
contiennent en outre des motets, des psaumes, 
des lieder a 4 voix, etc., de sa composition. Mal- 
heureusement c etait alors la coutume de desi- 
gner les compositeurs seulemement par leur 
prenom, de sorte que Ton ne peut, dans plu- 
sieurs cas, distinguer les composi lions de D. de 

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DUCROGQUET — DUNSTABLE 



211 



cellcs de Benedikt d'Appenzell (v. ce nom). 

Ducrocquet, facteur d'orgue, v. Dacblainr. 

Due (ital.), deux. Les mots a due, que Ton 
trouve danB les partitions d'orcheslre, indiquent 
que deux instruments dont les parties sont Ren- 
tes sur une m§me port£e (par ex. :les deux flutes, 
les deux hautbois, les deux clarinettes, etc.) 
doivent jouer la mfcme chose ; il devient alors 
superflu de munir les notes de deux queues. 

Duetto (ital.), diminutif de dua (v. ce mot), 
autrement dit : duo de petites dimensions. 

Dufay, Guillaume (du Fay). Les dernieres 
recberches de Fr.-X. Haberl, Van der Straeten 
et Jules Houdoy, dans les archives de Rome et 
de Cambrai, ont enfin perm is de fixer les prin- 
cipals dates de la vie de D. Celui-ci ne vecut 
pas, comme Baini le pretend, grdce & une re- 
grettable confusion, de 1380 & 1432, mais de 
1400 a 1474, en sorte qu'il n'est pas l'ain£, mais 
bien le cadet des trois anciens maltres : Dun- 
stable, Binchois et Dufay. Toutes les contradic- 
tions que suscitaient les erreurs admises, et 
qui preoccuperent si longtemps les savants, se 
trouvent ainsi levies d'un seul coup (cf. Haberl, 
Bausteine fur Musikgesckichte, L Wilhelm du 
Fay, 1885 ; un ouvrage de la plus haute impor- 
tance). D. est ne vers 1400, 4 Chimay, dans 1$ 
Hainaut ; il entra, en 1428, dans la chapelle pon- 
tificate, dont il etait le plus jeune chanteur, puis 
se rendit, en 1437, & la cour de Philippe-le-Bon, 
de Bourgogne. II re<?ut l'ordination a Paris, 
passa ensuite sept annees en Savoie, puis de- 
vint chanoine a Cambrai, ou il mourut, le 27 no- 
vembre 1474. Haberl a retrouv£ dans les Bi- 
blioth&ques de Rome, Bologne et Trente (au- 
jourd'hui transf6r6e d Vienna, v. Binchois) 
cent cinquante compositions de D., dont il 
tlonne la liste dans l'ouvrage pr£cite. Parmi 
ces ceuvres, on trouve des Messes, un grand 
nombre de fragments de Messes, des magnifi- 
cats, des motets et quelques chansons franchises. 
On connaf t en outre du m&me auteur : quelques 
Messes (Bruxelles), une autre Messe et plu- 
sieurs fragments (Cambrai), des motets et des 
chansons (Biblioth6que nationale, k Paris), un 
motet & quatre voix (Munich). D. remplaga d6- 
finitivement les notes noires par les notes blan- 
ches, c-a-d. evidees, dont 1'usage etait d'ailleurs 
fort repandu dds le milieu du xv« s. ; si Ton en 
croit le tSmoignage d'Adam de Fulda (1490), 
D. aurait en tout cas introduit nombre d'inno- 
vations dans l'ecriture musicale. 

Duiffoproucart ( Duiffoprugcar ; Tieffen- 
brucker), Gaspard, luthier remarquable, origi- 
naire du Tyrol, v6cut, a parlir de 1553, a Lyon, 
ou il .itait proprietaire, mais fut exproprie en 
1564, lore de la construction de nouvelles forti- 
fications. II £tait n6 en 1514, si Ton en croit la 
legende d'un portrait grav6 en 1562 par Pierre 
Woeirot, et mourut en 1570 ou 1571. Aucun ins- 
trument de D. ne semble avoir ete conserve 
jusqu'a nos jours, ainsi que l'a prouve le D r H. 
Coutagne, dans son etude sur Gaspard Duiffo- 
proucart et les luthiers lyonnais du xvu« si'ecle 
(Paris, 1893). C'est du reste cette m&ine etude 
qui a renverse toutes les donn£es que Ton 



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avait jusqu'alors sur D., et qui a fixe les quel- 
ques dates indiquees plus haul. 

Dulcken, Louise, n6e David, pianiste, nee & 
Hambourg le 20 mars 1811, m. a Londres le 12 
avr. 1850, soeur de Ferdinand David, 616ve de 
Grund, s'etablit en 1828, avec son mari, k 
Londres, ou elle arriva, lant comme virtuose 
que comme professeur, a une tr&s grande 
renommSe. Elle fut, entre autres, professeur 
de la reine Victoria. 

Dulcimer (angl ; dulce melos = doux chant), 
expression anglaise correspondant a celle de 
« tympanon > (cembalo, Hachbrett). V. piano. 

Dulon, Friedrich-Ludwig, n6 a Oranien- 
bourg le 14 aoul 1769, m.&Wurzbourgle7juin 
1826,virtuose sur la flute,aveugle, fit de grandes 
tournees artistiques. De 1796 a 1800, il 6tait 
engag6 a la cour de Saint-P6tersbourg, puis 
vecut a Stendal el finalement, & partir de 1823, 
a Wtirzbourg. D. Gtaitdevenu aveugle peu apres 
sa naissance. Son autobiographie, qu'il dicta 
pendant son s6jour & Stendal, fut 6ditee par 
Chr. M. Wielarid sous le titre de: Dulons, 
des blinden FUftenspielers Leben und Mei- 
nungen, von ihrn selbst bearbeitet (1804-1808, 
2 vol.). D. a publie 9 duos et variations pour 
flute et violon, un concerto de flute, des duos 
pour flutes et des caprices. 

Duni, Egidio-Romoaldo, n6 a Matera (Naples) 
le 9 fevr. 1709, m. a Paris le 11 juin 1775, fteve de 
Durante, tecond compositeur d'operas. II 6cri- 
vit d'abord, pour Rome, xmNerone qui 6clipsa 
V Olympiads de Pergolese ; puis pour Naples, 
Venise, Londres, diverses oeuvres et re^ut 
enfin une place a la cour de Parme. Comme 
cette cour etait enti&rement frangaise, il se mit 
a ecrire des operas frangais, y reussit si bien 
qu'il put alors affronter le public de Paris (1757) 
et donna une belle s6rie de petits op£ras-comi- 
ques dont le succ&s fut considerable. C'est 
pourquoi on le considere en somme comme 
le fondateur de l'op6ra-comique frangais. 

Dunoyer, v. Gaucquier. 

Dunstable (Dunstaple), John, remarquable 
contrapuntiste anglais de la premiere moitiedu 
xv e s. et, d'apres le temoignage de Tinctor, le 
pere du contrepoint proprement dit, contempo- 
rain etpeut-6tre maiire de Binchois et de Dufay, 
dont il etait l'afne. D. mourut le 24 d6c. (pridie 
Natalesidus, suivant son epitaphe) 1453 et ses 
restes furent inhumes dans l'6glise St-Etienne 
a Walbroock (Londres). Les tr^sors de musi- 
que du debut du xv* s. (v. plus loin), d6cou- 
verls recemment par Haberl, donnent une tres 
grande apparence de vSrite a la supposition 
que le contrepoint severe se serait developpe 
en premier lieu en Angleterre ; les maitres de 
ee pays semblent s'Gtre repandus vers 1400 dans 
le reste de l'Europe, comme le firent plus tard 
les Neerlandais. Franchino Gafori a reproduit 
le tenor d'un petit Vent, Sancte Spiritus a trois 
voix, de D. ; une chanson, O rosa bella, egale- 
ment a trois voix, dont le manuscrit est con- 
serve en double a Rome et & Dijon, a ete mise 
en partition par Morelot, reproduite par Am- 
bros (Musikgeschichte, vol. II) et par Riemann 

Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



212 



DUNSTEDE — DUPORT 



(lllustrationen zur Musikgeschichte) avec texte 
allemand ; un canon enigmatique (encore inde- 
chifflre) existe egalement en double, m&nuscrit, 
au « British Museum » et & Lambeth : le « Bri- 
tish Museum » poss6de en outre un long mor- 
ceau & trois parties, sans texte, de D. ; le « Liceo 
filarmonico » de Bologne un Patrem, un Regim, 
cceli Uetare, un Sub Vua protections et un Quam 
pulcra est; la Bibliolheque de FUniversite de la 
meme ville renferme deux 1ft in terra (£ 3 voix) 
et un Ave maris Stella (4 deux voix). Enfln les 
anciens codex de Trente, aujourd'hui 4 Vienne, 
contiennent bon nombre de morceaux religieux 
et profanes. Ces codex, de m&me que ceux de 
Bologne, sont composes entre autres d'oeuvres 
des auteurs anglais suivants : Alani de Anglia, 
Gervasius de Anglia, Lionel Polvero, Johannes 
Benet, Bedingham, Ric. Markham, Forest, etc. 
Dunstede, v. Tuxstede. 
Duo (all Duett ou Duo), nom que Ton donne 
plus particulterement A un morceau pour deux 
voix 6gales ou in&gales, avec accompagnement 
d'un ou de plusieurs instruments. Le d. occupe 
dans Topera une place importante 'd. dramati- 
que), mais il ne s'y presente sous aucune forme 
nettement definie, revetant plutdt le caractere 
qu'exige la situation ; il se compose de deman- 
des et de r£ponses, ou bien de parties en forme 
d' « air » soit pour Tune, soit pour Tautre voix, 
soit encore pour les deux rfoinies ; ou bien il 
prend rtellement la forme d'une double melo- 
die; ou enfln il est interrompu par des recita- 
tifs, etc. Le d. i/fiGLiSK a, par contre, une forme 
plus precise et se rapproche tantot de Y « air da 
capo », tantdt, lorsqu'il est fugue, du style con- 
certant. Les concertos d^glise de Viadana, par 
exemple, contiennent des d. de ceite deroi&re 
espece ; mais les d. sans basse chiffr^e remon- 
tent encore bien plus haut et portaient, au xv s. 
le nom de Bicinia. Le « Stabat mater » de Per- 
gol6se renferme un cel^bre d. d^glise. Quant 
an d. dit d. de chambrfJI atteignit son apogee 
& la fin du xvu e et au debut du xvm e s., dans 
les oeuvres d'Agostino Steffani et de G.-C.-M. 
Clari ; sa forme ne diflfere nullement de celle du 
d. d'eglise. Un grand nombre de d. modemes, 
tels que ceux de Mendelssohn, doivent etre evi- 
demment classes dans le genre lied. On donne 
enfln le nom de d. A certaines oeuvres instru- 
mental 6crites pour deux instruments (sem- 
blables ou dififerents) obliges, avec ou sans ac- 
compagnement. Les oeuvres de cette sorte, sans 
accompagnement,sontfr6quemmentdes « sona- 
tes » ; celles avec accompagnement portent de 
preference le titre de t doubles concertos ». Le d. 
instrumental est en general polyphonique,et les 
deux parties en sont concertantes, loutefois on 
applique souvent cette meme denomination k 
des oeuvres dans lesquelles Tone des parties 
domine l'autre, qui se borne & accompagner. 

Duoiet, figure de deux notes prenant la place 
de trois notes de meme valeur, ex. : 



ifrryp 



Duolo, (ital.), douleur. 

Dupla (proportio dupla\ dans la theorie de 
la notation proportionnelle, acceleration du 
double du mouvement primitif. La p. d. est in- 

diquee par les signes ~ i ou Cp i £p» etc - Cf. DI- 
MINUTION. 

Dupont, 1. Pierre, n6 $l Lyon le 23 avr. 1821, 
m. dans la m£me ville le 24 jail. 1870; poete et 
compositeur de chansons bien connues, II vecut 
de longues annees A Paris, mais ses chants so- 
cialist es le firent exiler par Napoleon III, qui 
Fenvoya & Lambessa. II n v etait absolument pas 
musicien. — 2. Joseph (Talne), ne A Liege le 21 
aotit 1821, m. dans la metne ville, oil il etait 
professeur de violon au Conservatoire, le 13 
f6vr. 1861 ; violoniste de merite, eieve de Wan- 
son et de Prume, au Conservatoire de Liege, a 
ecrit deux operas (Ribeiro Pinto et L'ile d'or), 
quelques morceaux pour violon, de la musique 
de chambre et des pieces vocales, mais ne pu- 
blia qu'un tres petit nombre de ces ceuvres. — 

3. Alexandre, frere du precedent, ne & Liege 
en 1833, m. dans la meme ville le 4 avr. 1888, 
auteur d'un Repertoire dramatic/ue beige. - 

4. Augoste, ne a Ensival (pres Liege) le 9 f6vr. 
1828, m. A Bruxelles le 17 dec 1890; pianiste re- 
marquable, entra en 1838 dans la classe de Jal- 
heau (un eieve de Herz et de Kalkbrenner), au 
Conservatoire de Liege, fit ensuite de nombreu- 
ses lournees de concerts en Angleterre et en 
Allemagne, puis fut nomme, en 1850, profes- 
seur d*une classe de piano au Conservatoire de 
Bruxelles. D. fut egalement un compositeur tres 
fecond pour son instrument : concertos, etudes, 
fantaisies, musique de chambre, etc. — 5. Jo- 
seph (le cadet), frere du precedent, n6 k Ensival 
le 3 janv. 1838, pedagogue et chef d'orchestre 
de haute valeur, ancien eieve des Conservatoi- 
res de Liege et de Bruxelles, obtint le grand 
prix de Rome et fit ses quatre annees regle- 
mentaires de voyages d*6tudes. En 1867, il fut 
nomm6 chef d'orchestre & Varsovie et quatre 
ans plus tard passa, en cette meme qualite, au 
Theatre imperial de Moscou. II fut cependant 
rappeie d Bruxelles, en 1872, comme professeur 
d'harmonie pratique au Conservatoire royal, 
en meme temps que chef d'orchestre du Thea- 
tre de la Monnaie et des concerts de Y t Asso- 
ciation artistique ». En outre, il succeda bientdt 
& Vieuxtemps, comme chef d'orchestre des 
« Concerts populaires », mais se demit, il y a 
quelques annes, de ses fonctions & la Monnaie. 
D. est sans contredit Tun des premiers chefs 
d'orchestre de la Belgique. — 6. Joseph, le troi- 
sieme du meme nom, m. a La Have le 26 juin 
1867, fut directeur de TOpera allemand 4 Ams- 
terdam. — 7. J.-Franz, ne a Botterdam en 1822, 
m. & Nuremberg le 21 mars 1875; eieve de Men- 
delssohn et de David, fut en dernier lieu (1858- 
1874) chef d'orchestre au theatre de Nuremberg. 
H a ecrit un opera : Branca Siffredi. 

Duport, Jean-Pierre, ne & Paris le 27 nov. 
1741, m. 4 Berlin le 81 dec. 1818, y avait ete en- 
gage en 1773 comme premier violoncelliste de 
l'orchestre de la cour, plus tard comme direc- 
teur des concerts de la cour; en 1811 il fut pen- 



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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DUPRATO — DURANTR 



213 



sionne. — 2. Jean-Louis, n£ k Paris le 4 oct 
1749, in. dans la m&me ville le 7 sept. 1819, fr&re 
du pr£c£dent, 6galement violoncellist e, mais 
pins remarquable que son fr&re, d£buta comme 
soliste au « Concert spirituel », en 1768. D&s le 
d£but de la Revolution fran?aise, il s'enfuit 
chez son fr&re k Berlin; mais ii rentra ensuite 
& Paris (1806) et re^ut un emploi chez l'ex-roi 
d'Espagne (Charles IV) 4 Marseille puis, en 181% 
chez rimperatrice Marie-Louise. Finalement il 
devint violoncelle-solo de l'orchestre imperial 
et professeur au Conservatoire de Paris. H est 
vrai qu'il perdit ce dernier poste en 1815 d6j&, 
lore de la suppression du Conservatoire, mais 
il resta violoncelliste de la chapelle royale. 
Franchomme acheta son violoncelle (Stradi- 
vari) pour la somme de 35,000 francs. D. a 6crit 
des sonates, des variations, des duos, des 
fantaisies, etc. pour violoncelle, de m6me 
qu'une methode de violoncelle : Essai sur le 
doigter du violoncelle et la conduite de Far- 
chet, etc. 

Duprato, Joxes-Laurent,^ ANimesle 20 aout 
1827, m. a Paris le 20 mai 1892, 616ve de Le- 
borne au Conservatoire de Paris, obtint, en 1848, 
le grand prix de Rome, composa des lieder, des 
cantates et des op^rettes. Ses succ£s au thMtre 
farenl, dds le d£but, trop peu encourageants 
pour permettre k son talent de se d£velopper 
pieinement U devint, en 1866, r6p£titeur, en 
1871, professeur d'harmonie au Conservatoire 
de Paris. 

Duprez, Gilbbrt-Louis, ne k Paris le 6 d6c. 
1806, m. dans la m&me ville en octobre 1896 ; 
chanteur tr6s c£l£bre, dont la belle voix d'en- 
fant avait d6j& attirA l'atlention de Choron (v. 
ce nom) qui le fit entrer dans son Institut de 
musique. Pendant la mue, il fit de sinenses Etu- 
des de th£orie et de composition, puis, lorsqu'il 
fat en possession d'une admirable voix de te- 
nor, se remit k travailler le chant U d&butait 
en 1825 d£j& k l'Odeon, mais sa renommle ne 
date gu&re que du jour ou, en 1886, aprSs plu- 
sieurs annees d'6tudes en Italie, il succMa k 
Adolphe Nourrit comme fort t6nor de l'OpSra 
de Paris. D. tut en meme temps, de 1842 k 1850, 
professeur titulaire d'une classe de chant au 
Conservatoire, mais il l'abandonna pour fon- 
der une 6cole particuli&re de chant dont le 
renom se repandit tr&s rapidement. En 1855, il 
prit aussi sa retraite de la seene, pour ne plus 
se vouer qu'& la haute composition musicale 
(operas, Messe, requiem, oratorios, romances), 
maisses tentatives r£it6r6es n'eurent pas grand 
succes. Par contre, ses m&hodes de chant : 
L'art du cAan*(1845; ed. all. en 1846) et La 
melodie, etudes complimentaires, etc., jouissent 
d'une excellente reputation, fort m^ritee du 
reste. — Son Spouse, nAe Doperron, fut tres 
estimee comme cantatrice; sa fille,C arolinb (nee 
k Florence en 1882, m. k Pau le 17 avr. 1875), de- 
vint egalement cantatrice, gr&ceaux excellentes 
lemons qu'ellere<?ut.EUe futde 1850 k 1858 Tune 
des 6toiles des diverses scenes parisiennes 
(Theatre lyrique, Opira-Comique, Op6ra), mais 
elle-dut, en 1859,Jreqoncer au th^fttre et se re- 



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tira k Pau avec son mari, Vandenheuvel,qu'elle 
avait epous& en 1856. 

Dupuis, Sylvain, n6 k Li&ge le 9 nov. 1856; 
Hkve du Conservatoire de cette ville, obtint en 
1881 le grand prix de Rome. II est actuellement 
professeur de contrepoint au Conservatoire de 
Ltege, et directeur de la L6gia (soci&6 chorale 
d'hommes); en outre, il a fond£ une « Soci6t6 
des nouveaux Concerts » dont il dirige excel* 
lemment l'orchestre et les choeurs, faisant 
preuve d'intelligente initiative dans la composi- 
tion de ses programmes. D. s'est aussi fait 
connaitre comme compositeur, en 6crivant entre 
autres : deux suites d'orchestre, des operas 
(Cour (TOgnon; Mdina), des cantates (La clo- 
che de Roland; Camoens; Chant de la crea- 
tion), un pofeme symphonique (Macbeth), etc 

Dupuy, v. Puteanus. 

Dur (all.), du lat. durus (v. ce mot), signifie 
t majeur ». 

Duramente (ital.), durement 

Durand. 1. Emile, ne k St-Brieux (Cdtes du 
Nord)le 16 fevr. 1880; 6teve du Consenatoire 
de Paris, fut dejk nomm6, en 1850, alors qu'il 
6tait encore Sieve des classes de composition, 
maitre d'une classe de chant 61£mentaire. En 
1871, il fut nomme professeur d'harmonie. D. a 
6crit des. lieder et quelques bp£rettes, ainsi 
qu'un traits d'harmonie et d'accompagnement. 
— 2. Marie-Auguste, n6 k Paris le 18 juin 1880; 
6l£ve d'orgue de Benoist est, Apartir de 1849, 
successivement organiste des Iglises St-Am- 
broise, Ste-Genevi^ve, St-Roch et St- Vincent- 
de-Paul (1862 k 1874), deploya aussi une cer- 
taine activity comme critique musical. En 1870, 
il s'associa k Schonewerk et acheta le fonds 
d'Milions de Flaxland. La raison commerciale 
« 1). et Schdnewerk • (actuellement « D. et fils ») 
est tr6s connue soit en France, soit k l'Atranger 
par les nombreuses oeuvres d'auteurs frangais 
contemporains (Massenet, Saint-Saens, Lalo, 
Widor, Joncteres, etc.) qu'elle a 6dit£es. D. a 
lui-m&me beaucoup compost (Messes; lieder; 
danses en style ancien, morceaux pour harmo- 
nium, son instrument yr&l&rk, k la propagation 
duquel il contribua 6norm§ment). 

Durante, Francesco, n6 a Fratta Maggiore 
(Naples) le 15 mars 1684, m. k Naples le 18 aout 
1755, fut d'abord 61£ve de Gaetano Greco, au 
Conservatoire c dei Poveri di Gesti Cristo », 
puis, lors de la suppression de cet &tablisse- 
ment, travailla sous la direction d'Alessandro 
Scarlatti, au Conservatoire « Sant'Onofrio >.Mais 
D. ne se contenta pas de l'enseignement de ces 
deux maitres et 6tudifi avec ardeur les oeuvres 
de l'6cole de Rome. En 1718, il fut nomm£ di- 
recteur du Conservatoire « Sant'Onofrio », mais 
6changea ce poste en 174% apr&s le depart de 
Porpora pour Londres, contre celui de directeur 
du Conservatoire « Santa Maria di Loreto ». 
D. compte parmi les reprteentants les plus re- 
marquables de l'6cole dite napolitaine; mais il 
fut tres fortement influence par l'6cole romaine, 
ce que nous prouve, entre autres, le fait qu'il 
.6crivit presque exclusivement de la musique 
d'^glise, Scarlatti, Leo et .toute la jeune ecole : 

u^^Jw^ift^ I fro m 
^ERSITY OF MICHIGAN 



214 



DURRNER — DUVAL 



Jomelli, Piccini, etc. composerent au contraire 
des ouvrages sc6niques. Le style de D. r£sulte 
d*un heureux melange d'abondante melodie 
napolitaine et de travail contrapuntique serr£, 
derivant de T6cole de Rome. Le Conservatoire 
de Paris possede une collection presque com- 
plete de ses oeuvres (manuscrites) : 13 Messes et 
fragments de Messes, 16 psaumes, 16 motets, 
des antiennes, des hymnes, etc., puis 12 madri- 
gaux, 6 sonates pour piano, etc. La Bibliothe- 
que de la cour, a Vienne, possede quelques au- 
tres oeuvres du meme auteur (Lamentalions); 
mais aucune oeuvre ne semble avoir 6te impri- 
mee de son vivant. Les publications recentes 
meme (Commer, Rochlitz et d'autres) ne con- 
tiennent que tres peu d'echantillons de la mu- 
sique de D. Un recueil de morceaux de piano, 
publie par H.-M. Schletterer, a paru chez Rie- 
ter-Biedermann. 

Durrner, Ruprecht- Johannes- Julius, com- 
positeur favori de chceurs pour voix d'hommes 
et pour voix mixtes, ne a Ansbach le 15 juil. 1810, 
m. a Edimbourg le 10 juin 1859. R frequentales 
classes du seminaire d'Altdorf et fit des etudes 
musicales, sous la direction de Fr. Schneider, a 
Dessau. De 1831 a 1842, il fut cantor a Ansbacb, 
puis se perfectionna plus tard, a Leipzig, sous 
la direction de Mendelssohn et de Hauptmann. 
II devint en 1844 professeur de chant et direc- 
teur de musique, a Edimbourg. 

Durutte, FfcANQOis-CAMiLLE-ANTOiNE, comte," 
n6 a Ypres (Flandre occidentale) le 15 oct. 
1803, m. a Paris le 24 sept. 1881; etait destine 
primitivement a la carrtere d'ingenieur, mais 
cultiva la musique et s'6tablil a Metz. II a beau- 
coup fait parler de lui comme auteur d'un nou- 
veau systeme th^orique qu'il exposa d'abord 
dans son Esthetique musicale : technie ou lois 
g&n&rales du systeme harmonique (1855). Plus 
tard il compl&ta cet ouvrage par le Resumd lie- 
mentaire de la technie harmonique el comple- 
ment, etc. (1876). Cependant ce systeme n'est 
absolument pas applicable a la pratique et 
l'auteur se perd dans des speculations mathe- 
matiques. D. a aussi 6crit des operas, de la mu- 
sique d'£glise et de la musique de chambre. 

Dussek, 1. Franz, ne a Chotiebor (Boheme) 
le 8 sept. 1736, m. a Prague le 12 fevr. 1799; 
eleve de Habermann, pianiste distingue et pe- 
dagogue excellent, ecrivit des sonates pour 
piano a quatre mains, de la musique de cham- 
bre, des symphonies, des concertos, etc. — 2. 
Johann-Ladislaus, pianiste remarquable et 
compositeur, ne aTschaslau (Boheme) le 9 fevr, 
1761, m. a St-Germain-en-Laye, pres Paris, le 
20 mars 1812; etudia les langues anciennes au 
couvent des Jesuites, a Iglau, puis la theologie, 
a Prague, ou il prit le grade de bachelier. En 
meme temps, il s'Stait vou6 a la musique avec 
une telle ardeur que son protecteur, le comte 
Manner, put lui procurer une place d'organisle 
a Malines. II echangea ce poste un peu plus 
tard contre un poste analogue a Bergen op 
Zoon, puis, en 1782, a Amsterdam. Enfin il fut 
appele a la Huye, en quality de precepteur des 
lils du gouvernour. Une visite'qu'il fit a Ph.-E. 



Bach, a Hambourg, ou il ful tres bien regu, lui 
rendit confiance en sa vocation artistique. II 
se fit alors entendre a Berlin, puis a St-Peters- 
bourg, comme virtuose sur le piano et sur 
rharmonica, et accompagna pendant deux an- 
nees le prince Radziwill en Lithuanie. En 1786, 
il joua devant Marie-Antoinette, a Paris, partit 
ensuite pour lltalie, puis rentra a Paris, mais 
dut bientot fuir la Revolution et se rendit a 
Londres ou il fonda avec son beau-pere Corn, 
en 1792, une maison d'edi lions musicales. La 
faillite ne tarda pas a survenir, les dettes s'ac- 
cumulerent, en sorte que D. dut se rtfugier, en 
1800 deja, a Hambourg. (Test a partir de cc 
moment qu'il vecut dans la plus grande inti- 
mity avec une personne de famille princiere; il 
se retira pendant deux ans dans un chateau, 
pres de la fronliere danoise. En 1802, D. alia 
voir son vieux pere, en Boheme, puis il entra 
au service du prince Louis -Ferdinand de 
Prusse et, apres la mort de ce dernier, a celui 
du prince d'Isenbourg; enfin, en 1808, le prince 
Talleyrand l'engagea comme concertmeister, a 
Paris. D. passe pour etre Tun des premiers vir- 
tuoses qui surent faire • chanter > le piano; son 
jeu 6lait puissant et sonore, ce qui ne manqua 
pas de faire, a cette epoque, tres grande sensa- 
tion. Ses oeuvres pour le piano se sont bien 
maintenues jusqu'a nos jours, elles se distin- 
guent par un certain charme et une certaine 
noblesse d'allures ; leur nombre est considera- 
ble : 12 concertos, 1 double concerto, 80 sona- 
tes pour violonet piano, 53 sonates pour piano a 
deux mains et 9 pour piano a quatre mains, 10 
trios, 1 quatuor et 1 quintette avec piano, plus 
une quantity d'ceuvrettes diverses. Sa « M6- 
thode de piano » parut successivement en an- 
glais, en allemand et en francais. 

Dustmann, Mabie-Luise, n6e Meyer, canta- 
trice scenique (soprano) distinguee, n£e a Aix-la- 
Chapelle le 22 aoul 1831, fllle d'une cantatrice. 
Elle debuta en 1849 a Breslau, puis accepta 
des engagements a Cassel (sous la direction 
de Spohr), a Dresde (1858), a Prague (1854) et, 
a partir de 1857, a Vienne. De plus, elle chanta 
en representations, sur toutes les grandes sce- 
nes d'Allemagne, a Londres et a Stockholm. En 
1858, elle epousa le libraire D. et fut nominee, 
en 1860, cantatrice de la chambre imperiale. 

Duval, Edmond, ne a Enghien (Hainaut) le 22 
aout 1809, eleve du Conservatoire de Paris, dont 
il fut renvoy6 cependant a cause de Irregula- 
ris de son travail. De retour dans sa ville na- 
tale, il s'occupa parliculierement de plain- 
chant auquel il s'etait interesse apres la lecture 
des Vrais principes du chant gregorien de 
l'abbe Janssen. II fut alors charge par Tarcheve- 
que de Malines de la revision et, en partie, de 
la nouvelle redaction basee sur des recherches 
historiques, des recueils de chant de son dio- 
cese. D. fit un sejour a Rome, ou il etudia quel- 
ques ouvrages liturgiques des xv°, xvi« et xvn« 
s., puis a son retour entreprit la publication de 
divers recueils : Graduate (1848), Vesperale 
(1848), Processionale (1851), Rituale (1854), etc. 
tous destines au diocese de Malines, En.putre, 



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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DUVERNOY — D WIGHT 



215 



il fit paraitre divers essais sur ces recueils de 
chants, ainsi qu'un traite d'accompagnement du 
plain-chant A l'orgue. Toutes ces publications 
ont provoque une vive opposition de la part 
des specialisles, qui considerent les Editions de 
D. comine de nouvelles mutilations impos6es 
aa plain-chant (Fetis). 

Duvernoy (Duvernois), 1. FRtotaie, ne & 
Montbeliard le 16 oct. 1765, m. d Paris le 19 
juil. 1838; premier cor de Torchestre de l'Opera 
et professeur de cor au Conservatoire, jusqu'sk 
la fermeture momentanee de cet etablissement 
(1815). II a ecrit une quant ite de concertos pour 
cor et de la musique de chambre (avec des par- 
ties de cor). — 2. Charles, frere du precedent, 
n£ & Montbeliard en 1766, m. le 28 ttvr. 1845; 
virtuose sur la clarinette, il fit partie de l'or- 
cheslre du Theatre de Monsieur, puis du th£&- 
tre Feydeau, & Paris, et professa au Conserva- 
toire jusqu'en 1802. D. a compose plusieurs 
sonatespour clarinette. — 8. Charles-Francois, 
n£ a Paris le 16 avr. 1796, m. en nov. 1872; 
chanta pendant longtemps sur diflferentes sce- 
nes : a Toulouse, au Havre, & la Haye et & Pa- 
ris, oil il debula & TOpSra-Comique, en 1880, 
pour y revenir plus tard (1848) corame regis- 
seur en m&me temps que comme chanteur. En 
1851, il devint titulaire de la classe d'opera, au 
Conservatoire, et en 1856 directeur de l'internat 
des Aleves de chant. — 4. Henri-Louis-Ghar- 
les, fils de Charles D., ne & Paris le 16 nov. 
1820, 61eve de Zimmermann et Halevy, au Con- 
sen atoire; fut nomme en 1838 repetiteur, en 
1848 professeur d'une classe de chant au Con- 
servatoire. II a publie plusieurs ouvrages p6da- 
gogiques pour chant et une quantity de mor- 
eeaux faciles pour le piano.. — 5. Victor-Al- 
phoxse, pianiste et compositeur, n£ & Paris le 
31 aout 1842, eleve du Conservatoire (Marmon- 
tel, Bazin), puis de Barbereau. D. fit d'abord la 
carriere de virtuose, puis se voua a la composi- 
tion et devint titulaire d'une classe de piano, au 
Conservatoire de Paris. II faut noter parmi ses 
ojuvres : La Tempete, pour choeurs, soli et or- 
chestra (1880, prix de la ville de Paris); deux 
operas : Sardanapale (1882, aux concerts La- 
moureux; 1892, au Theatre royal de Li6ge) et 
HelU (1896, Opera de Paris); une scene lyrique, 
Cttopdtre; plusieurs morceaux symphoniques; 
uneouverture d'Hernani; de la musique de 
chambre qui lui valut le prix Charlier; diverses 
pieces pour piano et orchestre, etc. 

Dux (lat chef, conducteur), nom que Ton 
donne parfois, dans la fugue (v. ce mot), au 
theme lui-meme tel qu'il est presenle par la 
premiere voix; syn. de sujet ou antecedent. 

Duysen, Jes-Lewe, ne a Flensbourg le l er 
aout 1820, fonda en 1860, a Berlin, une fabrique 
de pianos, qui jouit d'une excellente renomm^e. 

Dvorak, (pron. dvorchak), Anton, ne a Mul- 
house (Nelahozeves) pr£s Kralup (Boheme) le 
8 sept. 1841, fils d'un aubergiste, devait devenir 
boucher, mais preferait de beaucoup jouer du 
violon avec le maitre d'ecole de son village. En 
1857, il partit pout Prague avec Fintention bien 
arrWe d'acquerir une solide culture musicale 



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et entra dans l'ecole d'organistes dirigee par 
Pitzsch.Pendant ce temps, il gagnaif p£nible- 
ment sa vie comme violoniste dans un orchestre 
de rang inferieur. En 1862 cependant,il parvint 
a obtenir une place d'alto dans Torchestre du 
Th&Ure national, a Prague, en 1873, il put 
meme faire executer un Bymne pour chceur et 
orchestre, de sa composition, et le succes fut si 
considerable que D., pourvu d'une subvention 
de TEtat pour plusieurs ann£es, se d6cida a 
quitter le poste qu'il avait dans 1'orchestre. Son 
nom se repandit des lors tres rapidement, 
meme en dehors de sa patrie, grdce a la haute 
protection de Liszt. Toute une serie dissocia- 
tions de son pays etdel'etranger nommerentD. 
membre d'honneur;les University de Prague et 
de Cambridge lui conferment le titre de D r hon. 
c. etc. Apres avoir et6, durant quelques annees, 
professeur de composition au Conservatoire de 
Prague, il accepta en 1892 le poste important 
de directeur du « Conservatoire' national » de 
New- York. D. est surtout un compositeur na- 
tional; les rythmes et les melodies bohdmes qui 
parfois, il faut l'avouer, frisent la banalite ou 
meme la grossierete, sont un des principaux 
elements 4e succ&s de ses ceuvres. Notons 
parmi un tres grand nombre de compositions de 
toutes sortes : Danses slaves, pour piano & qua- 
tre mains et pour orchestre (4 cahiers); Rhap- 
sodies slaves, pour orchestre; Ligendes, pour 
piano & quatre mains (aussi orchestras par 
l'aut.eur) ; Serenade (op. 44) pour instr. a vent 
avec violoncello et contrebasse; Dumka (616- 
gie), Furiante (danses nationales bohemes) 
.pour piano; Echos de Varsovie (duos); un con- 
certo de piano (op. 85); un concerto de violon 
(op. 53); un concerto de violoncello (1896); 
Mazurek (op. 49), pour violon et orchestre; 
Notturno (op. 40), pour orchestre; Scherzo 
capriccioso (op. 66), pour orchestre ; des ou- 
vertures : Mein Beim (op. 62), Hussitzka, In 
der Natur, Karnaval; cinq symphonies (n° 1 
[op. 60, ri maj.. 1882], n° 2 [op. 70, rd min., 
1885], n« 3 [op. 76, fa maj., 1888], n° 4 [sol maj., 
1890], n° 5 [dite du « Nouveau Monde »]); trois 
poemes symphoniqueB : Der Wassermann, Die 
Mittagshexe, Der goldene Spinnrad ; un ora- 
torio, Saint Ludmila (compose pour le festival 
de 1886, & Leeds); une cantate, The spectres 
bride (pour le festival de 1885, d Birmingham); 
un Stabat Mater (Londres, 1883); cinq qua- 
tuors, un sextuor (op. 48), un trio (op. 74, deux 
violons et alto), un quintette pour instr. a ar- 
chet; un quintette, un quatuor, deux trios pour 
piano et instr. a archet; une sonate pour vio- 
lon et piano (op. 57); des variations symphoni- 
ques (op. 78), pour orchestre; le Psaume gxlix, 
pour choeurs et orchestre; enfin des operas 
tcheques : Krai a uhlir (« Le roi et le charbon- 
nier»; Prague, 1874), Wanda (1876), Selma 
sedlak (« Le paysan, un vaurien » ; 1878), Twrdd 
palice (t La tele dure »: 1881), Dimitry (1882), 
Jacobin (1889). D. a en outre ecrit une quantite 
d'oeuvrettes pour chant (lieder, duos, choeurs). 
Dwight, John-Sullivan, ne & Boston le 13 
mai 1813, m. dans la m&me ville en sept. 1893; 

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DYNAMIQUE — EBRRHARD 



fit des etudes generates an < Harvard College > 
de Boston et an eeminaire de Cambridge, pnis 
fut, en 1840, consacrt pasteur d'une commu- 
naut6 d'Unitaires, a Northampton (Massachu- 
setts). II abandonna cependant hientdt la car- 
riere pastorale pour se vouer enti6rement k ses 
travaux litteraires. D* fonda en 1852 une revue 
musicale : Dwight's Journal of music, qui non 
seulement fut une des premieres, mais de bean- 
coup la meilleure de toute TAm&ique; Thayer 
y pnblia plusienrs essais historiqnes. Malheu- 
reusement la revue cessa de parattre en 1881 
&h]k. Cf. Harvard Association. 

Dynamique (grec), th6orie de la force et des 
mouvements qui en r&sultent; en musique, 
theorie de la graduation de 1'intensitS des sons. 
Toute impression musicale repose en partie sur 
l'emploi raisonne des differents degree d'inten- 
sit£ des sons ; il y a soit opposition, formant 
contraste, de forte et piano, goit augmentation 
on diminution (crescendo ou decrescendo) gra- 
duelle de sonority. Les divers effets de d. agis- 



sent avec une force 61ementaire, a laquelle 11 
est impossible de se soustraire ; le fortissimo 
produit une impression de grandeur, de puis- 
sance, de noblesse, il 61&ve,& moins que, formi- 
dable et surhumain, il unerase, n*angoisse et 
n'ipouvante. Le pianissimo, par contre, pro- 
duit une impression analogue 4 celle que nous 
ressentons en exam i nan t la nature au micros- 
cope, dicouvrant la vie organique jusque dans 
les moindres molecules. Le pianissimo est le 
symbole de tout ce qui est hors delaport^enatu- 
relle des sens de Thomme; e'est pourquoi, entre 
autres, Tapparition d'esprits est toujours 6vo- 
quee musicalement par un pianissimo, une fois 
seulement Fillusion bien Stablie, on pent faire 
usage du forte. Le forte est, de m&me que le 
majeur, 1'image du jour ;le piano, de m&me que 
le mineur, 1'image de la nuit; tous les noctur- 
nes se meuvent en majeure partie dans le piano. 
Cf. Riemann, Musikalische Dynamik und 
Agogik (1884). 



E 



E, nom du cinquteme son de l'echelle fonda- 
mentale (v. ce mot) des Allemands, des Anglais, 
etc. II correspond au mi actuel des Frangais, 
des Italiens, des Espagnols, etc. Voir, pour la 
syllabe de solmisation correspondante, le mot 

MUANGES. 

e (ital.), devanjt une voyelle ed = et; e (itai.), 
= est. 

Eastcott, Richard, pr&re anglican, m. k la 
fin de 1828, alors qu'il etait chapelain k Li- 
very Dale (Devonshire), a publi6 Sketches of 
the origin, progress and effects of music, with 
an account of the ancien bards and minstrels 
(1793). 

Ebeling, 1. Johann-Georg, n6 a Lunebourg 
vers 1620, m. k Stettin en 1676; devint en 
1662 directeur de musique de la « Haupt- 
kirche » et de la collSgiale de Saint-Nicolas, k 
Berlin, puis, en 1668, professeur au « Gymna- 
sium Carolinum », k Stettin. Son principal ou- 
vrage : Pauli Gerhardi geistliche Andachien, 
bestehend in i20 Liedern auf alle Sormtage, 
etc., (k quatre voix, avec accompagnement de 
deux violons et de contrebasse), parut d'abord 
(in-folio), en deux parties, k Berlin, en 1666 et 
1667, puis deux ans plus tard en reduction pour 
le piano et enfin (in-octavo) k Nuremberg, en 
1682,pourvu d'une preface de Feuerlein,lepr6- 
dicateur de la « Liebfrauenkirche ». C'est ce fait 
qui a induit Fetis en erreur, en lui faisant ad- 
mettre l'existence de deux £crivains du nom de 
E., dont Tun aurait 6t6 professeur au < Gymna- 
sium Carolinum », k Nuremberg, institution qui 
n'a dujreste jamais exists. On connalt parmi les 
autres ceuvres d'E. : Archaeologies orphicae 



sive antiquitates musicas (1676, sans importan- 
ce) et un concerto pour plusienrs instruments. 
— 2.CHRisT0PH-DANt£L,n6a Garnissen pr£s Hil- 
desheim, m.le 80 juin 1817; 6tudia k Goeltingue 
la th£ologie et les sciences, devint en 1769 pro- 
fesseur k l'Acad6inie de commerce de Ham- 
bourg et traduisit en allemand le « Voyage en 
Allemagne » de Burney, l'ouvrage de Chaa- 
teaux, sur < l'union de la musique et de la po6- 
sie, et, en collaboration avec Klopstock, le 
t Messie > de Haendel. En 1784, il fut nomme 
professeur au Gymnase de Hambourg et biblib- 
thecaire de la ville. E. a fourni k differents 
journaux de Hambourg et au « Magazin » de 
Hanovre, des travaux bibliographiques el his- 
toriques de valeur (Ueber die Oper; Versuch 
einer auserlesenen musikalischen Bibiiothek). 

Ebell, Heinrich-Karl, n£ k Neuruppin, le 30 
d£c. 1775, m. k Oppeln, ou il etait conseiller 
gouvernemental, le 12 mars 1824; 6tait en 
m&me temps que juriste un musicien de ta- 
lent et interrompit m£me, de 1801 k 1804, sa 
carri&re juridique pour fonctionner comme 
chef d'orchestre au th&ttre de Breslau. E. est 
l'auteur de dix op&ras et op£ras-comiques, 
d'un oratorio et d'une serie d'airs, de lieder et 
d'oBuvres instrumentales. 

Eberhard, Johann- August, n6 k Halberstadt 
le 31 aotit 1739, m. a Halle, ou il 6tait pro- 
fesseur de philosophie, le 6 Janvier 1809: 
6crivit, outre une s6rie de travaux sur d'autres 
sujets: Theorie der schbnen Kiinste (1783; 
3»« &1. 1790) ; Handbuck der Aesthetik (1803- 
1805; 4 vol.), ainsi que quelques essais de 
moindre importance (dans ses Gemischte 



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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BBERHARD — EGGLES 



217 



Schrifien,. 1784-1788, et dans le Musihalisches 
Wochenblatt 1*1805] de Berlin). 

Eberhard de Freisingen, moine b£nedic- 
tin da xi"" s., auteur de deux trails repro- 
duils par Gerbert (Scriptores, i), sur la perce 
des tuyaux d'orgue et sur la fabrication des 
jeux de timbres (Nolae), V. Ttntinnabut*a. 

Eberl, Anton, n£ a Vienne le 13 juin 1766, 
m. dans la m£me ville le 11 mars 1807 ; excel- 
lent pianiste et compositeur de talent B eul de 
1796 A 1800 une situation & St-P6tersbourg, 
mais vScut le reste du temps & Vienne, d'oii il 
entreprit a diverses reprises des tournees de 
concerts; il fut Ii6 d'amilie avec Mozart et 
freilla, tout enfant, l'attention de Gluck. E. a 
torit, outre cinq operas, toute une s6rie d*a*u- 
vres instrumentales (symphonies, concertos 
masique de chambre, variations pour piano, 
etc).Quelques-uns de ses themes varies paru- 
rent en premier lieu sous le nom de Mozart. 

Eberlin, 1. Daniel, n£ & Nuremberg, vers 
1630, m. apr&s une vie changeante et aventu- 
reuse, 4 Cassel, oft il itait capitaine de la mi- 
lice, en 1692. II fut un compositeur renomme 
de son vivant, mais on ne connalt plus gnere 
de lai que des sonates pour trois violons(1675). 
— 2. Johaxn-Ernst (Eberle), n6 a Jettingen 
(Souabe) le 27 mars 1702; m. & Salzbourg, oil 
il etait maltre de chapelle de l'archevGque, le 
21 juin 1762; fut un compositeur des plus 
ffconds, mais dont les oeuvres n'en occupent 
pas moins un rang fort honorable. On ne pos- 
sede que pen de choses gravies de sa compo- 
wtion : neuf toccatas et fugues pour orgue 
(1747), dont une fugue passa longtemps pour 
ftre de J.-S. Bach (Ed. Griepenkerl, cah. 9, 
n° 13) ; quelques sonates ; des motets ; des 
morceaux d'orgue ; et, plus r£cemment,des fu- 
gues et des toccatas) dans la Musica sacra de 
Gommer). La Biblioth&que Proske, a Ratis- 
bonne, poss&de les autographes de treize ora- 
torios, celle de Berlin un offertoire et un Mise- 
rere, l'lnstitut royal de musique d'eglise, a 
Berlin, un recueil de morceaux d'orgue. 

Ebers, Karl-Friedrich, ni a Cassel le 25 
mars 1770, m. a Berlin, dans une situation tr&s 
precaire, le 9 sept 1836; chef d'orchestre des 
th&ttres de Schwerin,Budapesth,Magdebourg, 
etc^ connu surtout par ses reductions pour 
piano. Ses compositions originates (quatre 
operas, marches, danses, rondos, sonates, va- 
riations, etc.) sont de pen de valeur. 

Ebert, Ludwio, violoncelliste, n6 a Kladrau 
(Bob&ne) le 13 avr. 1784 ; Steve du Conserva- 
toire de Prague, entra en 1852 dans Torchestre 
du th&tre& Teraesvar, fut de 1854 a 1874 pre- 
mier violoncelliste et concertmeister de la cour 
aOldenbourg, puis jusqu'en 1888,professeur au 
Conservatoire de Cologne, n fonda Tannee 
suivante, avec & Heubner, le Conservatoire 
de Coblence. E. a compost une quantite d'ceu- 
vres pour son instrument. II fit partie, de 
1875 a 1878, du quatuor Heckmann. 

Eberwein, 1. Trauoott-Maximilian, ne a 
Weimar le 27 oct 1775, m. a fludolstadt, oft il 
remplissait les fonctions de chef d'orchestre du 



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prince regnant, le 2 d£c. 1831 ; compositeur 
tr£s estim£ par ses contemporains, mais dont 
les oeuvres (onze operas, musique d'£glise et 
de chambre, musique symphonique) n'ont pas 
de valeur durable. — 2. Karl, fr^re du pru- 
dent, ne a Weimar le 10 nov. 1786, m. dans la 
m&me ville, oft il 6tait virtuose violoniste de la 
chambre du grand-due, le 2 mars 1868. Goethe 
cite souvent son nom dans ses ouvrages, a pro- 
pos de la musique de Faust La plusconnue de 
ses oeuvres est la musique qu'il £crivit pour la 
lAonore d'Holtei ; il a compost en outre trois 
operas, des cantates, un concerto pour flrtte, 
des quatuors pour instr. a archet, etc 

Eccard. Johannes, n6 k Mtthlhausen. en Thu- 
ringe, en 1553, m. a Kfinigsberg, en 1611 ; £l&ve 
d'Orlandus Lassus, a Munich (1571-1574), il eut 
d'abord, en 1578, une place aupr&s de Jakob 
Fugger, a Augsbourg. Le due de Prusse Tap- 
pela a Koenigsberg, vers 1579, comme second 
maitre de chapelle (sous Riccio), puis, en 1588, 
le fit avancer au rang de premier maltre de 
chapelle; enfin, en 1608, E. fut nommS mattre 
de chapelle du prince-£lecteur, a Berlin, mais 
le prince mourut avant que E. fut entr£ en acti- 
vity, en sorte que celui-ci ne quitta mAme pas 
Kcenigsberg. E. est Tun des plus remarquables 
compositeurs de i*AUemagned'alors,mais ce ne 
fut que K. von Winterfeld (Der evangelische 
Kirchengesang, etc.) qui, le premier, attira l'at- 
tention sur lui; a partir de ce moment, ses 
chorals furent remis au jour par Mosewius, 
Teschner, Neithardt et la « Soctete Riedel », a 
Leipzig. E. a public, d'abord en collaboration 
avec Joachim de Burck : Odae sacrae, vingt 
cantiques sacres (1754) et Orepundia sacra, 
christliche Liedlein mit vier Stimmen (2 parties, 
1578 [1589-1596], deux recueils sur des textes du 
diacre Helmbold. de Mtthlhausen ; puis, seul : 
Newe deutsche Lieder mit 4 find 5 Stimmeti 
(1578 ; d£di6 & Fugger, 24 numSros); Nevoe Lieder 
mit 5 und 4 Stimmen (1589 ; 14 numSros, 
pa ran lesquels le quolibet Zanni e Magnifico, 
que Winterfeld consid&re comme une sc£ne sur 
la place Saint-Marc, a Venise): Geisftiche Lie- 
der auf dem Choral mit 5 Stimmen (1597; 
2 parties contenanl 51 lieder; nouv. Edition 
par Teschner. Stobaeus, qui publia ce m6me 
recueil en 1634, y ajouta six autres morceaux 
du m£me auteur et quarante-quatre de sa pro- 
pre composition). Stobaeus a encore publie, 
6galement apr6s la mort de l'auteur, les Preus- 
sische Festlieder auf das game Jahr fur 5-8 
Stimmen (1642; 2*« partie, 1644), que Tesch- 
ner a rSedites, en 1858, transcrits en partition 
moderne. (Cf. Stobaeus). E. a compost une 
quantite d*oeuvres de circonstance. 

Eccles, John, n£ a Londres vers 1650, m. en 
janv. 1735 ; Sieve de son pere, Salomon E., qui 
Stait un remarquable professeur de piano et 
d'alto. II aecritla musique d'un grand nombre 
(46) de drames anglais et, en collaboration 
avec H. Purcell, un opera intitule Don Qui- 
ckotte (1694). Le recueil de chant qu'il publia 
en 1710, se compose en partie de fragments de 
ses oeuvres anterieures. — Ses deux fr^res, 

Original from 
UNIVERSITY0F MICHIGAN 



218 



ECCLfcSTASTIQUE 



Henry 6t Thomas, devinrent, comma lear p£re, 
virtuoses sur le violon; le premier entra dans 
l'orchestre du roi, A Paris (on a de lui douze 
soli pour violon, dans le style de Corelli), Fau- 
tre, que Haendel avait engagd en 1738, fut un 
ivrogne incorrigible. 

Eccldtiastiques, Modes e., nom ' que Ton 
donne aux diverges octaves que Ton pent obte- 
nir en fragmentant Tecbelle fondamentale (v. ce 
mot). Ces divers fragments 6taient .consid£res, 
soil a r&poque du style homophone, soit mdme 
A celle de la floraison du contrepoint (style po- 
lyphone), comme autant de tons on de modes 
difftrents, de fa?on analogue A nos modes ma- 
jeur et mineur. Le d£veloppement de la musique 
harmonique, la d^couverte de Timportance des 
accords consonants (ace. de trois sons) et de 
leurs rapports A l'int6rieur de la tonality (toni- 
que, dominantes) devaient infailliblement ame- 
ner la suppression des m. e. <v. le mot termi- 
NAI80N) et la formation de deux modes settle- 
ment : majeur et mineur Le nom de m. eccle- 
siastiques. donnb aux fragments de l'^chelle fon- 
damentale, provient du fait que les thAoriciens 
du moyen dge avaient coutume de rapporter A 
Tun ou A Tautre de ces modes chacune des me- 
lodies liturgiques, selon son 6tendue et sa ca- 
dence finale. Les premiers musicographes 
occidentaux qui parlerent de m. e. (Flaccus 
Alkuin, au vm° s.; Aur61ien de R^om^, au 
ix« s.) ignoraient totalement leur analogic avec 
les modes adopts par la musique grecque et se 
contentaient de les num6roter, soit comme 
modes 1 a 8, soit comme modes authentiques 
1 A 4, et modes plagaux 1 A 4 (v. plus loin). Par 
centre, les indications des musicographes by- 
zantins, de Bryennius (v. ce nom) en particu- 
lier, laissent d&xmvrir des traces de la transfor- 
mation du syst&me antique en celui du moyen 
Age. L'ancienne Eglise byzantine dislinguait 
£galement quatre m. e. ( $%ot ), mais les num6- 
rotait de Taigu au grave : 

l w mode (») = sol * — sol 3 
2»* mode (fl) = fa* — fa 3 
3 m * mode ly\ = mi* — mi 3 
4 m « mode ( J) = re* — rd 3 

En outre, ies modes plagaux de ces quatre 
m. e. principaux £taient places, comme les an- 
ciens modes secondares (hypo-\ une quinte 
(non pas une quarte) au dessous des modes 
authentiques : 

l er m. plagal =r ut* — ut 3 
2« e m. plagal = si* — si* 
&*• m. plagal = to* — la* 
4"* m. plagal = sol 1 — sol* 

Le quatrieme mode plagal de cet ancien sys- 
t&me byzantin reposait done sur le son que les 
thforiciens occidentaux, A partir d'Odon de 
Clugny,d£sign£rent sous le nom de gamma (D, 
en le consid£rant comme indispensable au 
grave du syst£me tonal; cependant le mode 
plagal occidental le plus grave (v. plus loin) ne 
descend que jusqu'au la 1 (dans les anciens 
codex, avant l'apparition du nom T, ce son 



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porte le nom de Quintus primo [!]). L'auteur de 
ce dictionnaire a fourni dans une 6tude intitu- 
16e : Die Mu^rvftou der byzanitnischen litur- 
gischm Notation ( « Sitzungsberichte der Mttn- 
chener Akademie der Wissenscbaflen », 1882, 
II, 1) la preuve presque certaine que 1'ancien 
syst£me musical de l'Eglise byzantine derive de 
1'ancien systeme grec, par la suppression des 
successions chromaliques et enharmoniques et 
la creation d'une nouvelle 6chelle fondamen- 
tale diatonique, form£e au moyen des fonda- 
mentales des principaux modes (dorien, phry- 
gien, lydien, mixolydien, hypodorien, hypo- 
phrygien, hypolydien). Les initiates des anciens 
noms ne furent sans doute conserves d'abord 
que comme indices (Ma;rt>i'*<). p'adaptant aux 
nouvelles denominations $es sons par les pre- 
mieres lettres de l'alphabet grec (invention que 
Ton fait remonter A saint Ambroise); mais elles 
se perp6tu&rent jusque dans la nouvelle notation 
grecque. En Occident apparalt (au x* s. seule- 
ment, pour autant que nous le savons, c-A-d. 
longtemps aprds Ambroise) un syst&me de no- 
tation faisant un usage, analogue au pr£c£dent, 
des premieres lettres de ^alphabet latin (v. 
LiTTREs), a savoir (Viiudique l'intervalle de 
demi-ton): 

ABCVjDEFGVjA 

correspondant A notre ut* re* mi* fa* sol* la * 
si*ut 3 ; l'ancienne notation byzantine 6tait la 
suivante : 

« B y 7* & i £ « Vi * 

ou, avec les syllabes du solfege : w A, Bow, T§ f 
Ai, nE, Zo>, vH. La signification des lettres se 
transposa plus tard en Occident d*une tierce in- 
Wrieure (A — fct 1 ), A Byzance d'un degr& sup£- 
rieur,c.-a-d.que « devint Equivalent de notre 
ri*, autrement dit le son fondamental du l* r m. 
e. du nouveausyst&me,form6d'apr6slesyst&me 
occidental. Bryennius a aussi fourni une no- 
menclature des m. e. byzantins, ancien sya- 
t&ne, au moyen des noms des anciens modes 
grecs; dans cette nomenclature chaque m. e. 
porte le nom correspondant a celui de l'an- 
cienne &chelle transpose sur la fondamentale 
de laquelle il repose (ut*— ut 3 — dorien, re*— 
re 3 = phrygien, tm*— mi 3 — lydien, /a 1 — fa 3 
= mixolydien, etc.). Une fausse interpretation 
d*un passage de Ptol6m£e (en premier lieu, 
dans les ecrits de [pseudo-] Notker et de 
[pseudo-] Hucbald) amena en Occident une 
transposition semblable,mais plus mal motiv^e, 
du sens de ces di verses denominations; la con- 
fusion pro vint de ce que Ton adapta aux modes 
tout ce que Ptolom&e dit de la difference de 
hauteur des diverges 6chelles transposes. 

Les modes eccleeiastiques du syst^me occi- 
dental sont les suivants : 1. Le premier m. e. 
ou le premier m. authentique (Autk$ntu$ pro- 
ius) DEFGajjed (= ti* mi* fa* sol* la* 
si* ut 3 re 3 ), d£nomm£ plus tard m. dorien (do- 
rius). 2. Le deuxteme m. e., ou premier m. pla- 
gal (Ptaffius proti, plagis proti, plaga proti ; 
lateralis, subjugalis jjroli) ABCDEFGa 
(= fa* si} ut* r&* mi* fa* sol* la*), m. hypo- 

Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



feCHAPPEMENT — EGK 



219 



dorijsn (hypodorius). 3. Le troist&me m. e., on 
deuxieme in. authentique (Authentus deuterus) 
EFGaJ^cde (=mi* fa* sol* la* st* ut* 
rt'mt 3 ), sc. phryoien (phrygius). 4. Le qua- 
trtemem. e. t ou deuxieme m. plagal {Ptagius, etc. 
deuteri) B G D E F G a jj (= si ' ut* rk* mi* 
fa* sol* la* si*), m. hypophryoien (hypophry* 
gius). 5. Le cinquieme m. e., ou troisieme m. 
anthentique (Authentus tritus) FGaJjcdef 
(= fa* sol* la* si* ut* ri* mi * /a 3 ), m. lydikn 
(lydius). 6. Le sixieme m. e., on troisieme m. 
plagal (Plagtus triti) CDEFGa|(c (= ut* 
re* mi* fa* sol* la* si* ut*), u. hypolydien 
(hjfpolydius). 7. Le septieme m. e., ou qua- 
Iri^me m. authentique (Authentus tetrardus) 
Gaged efg (= sol* la* si* ut* re* mi* fa* 
sol*^ m. mixolydisn (mixolydius). 8. Lehui- 
tteme m. e. t ou quatrieme m. plagal (Plagius 
tetrardi) DEFGaljcd (z=zri*mi*fa* sol* 
la* si* ut* re*), m. hypomixolydien (hypo* 
mixolydius, A partir du xf b.). On deduisait les 
modes plagaux (les 2"«, 4»«, 6»*% 8™ modes) 
des authentiques, en transportant A l'oclave in- 
Krieure la quarte plac£e au-dessus de la pre- 
miere quinle du m. authentique, ex. : D a + a d 
= authentique, AD-*- Da = plagal; le son 
fondamental (tonique; finalis) de ces modes 
n'elait pas le son extreme de l'octave, mais se 
trouvaitau milieu de celle-ci f comme quatrieme 
son de rechelle; la « finale* dulcet du2»« 
mode est par consequent D, celle du 3™ e£ du 
4*« : E, celle du 5™ et du 6«" : F, celle du 7 m « 
et du 8»» : G. Le 1« et le &** modes ne sont 
point, comme on pourrait le suppose? au pre- 
mier abord, identiques. On voit d'apres ce qui 
prfc^de qn'aucun des quatre modes authenti- 
qses n'a C (ut) ou A (la) comme finale ; il man- 
que done precis^ment les deux seuls modes que 
nous admeltions de nos jours : (ut) majeur et 
(la) mineur. C'est pourquoi le xvi 6 s., qui le pre- 
mier comprit les principes de l'harmonie (cf. 
Earuxo) et ouvrit la vole au systeme des tona- 
lity modernes, etablit deux nouveaux modes 
authentiques avec leurs correspondauts pla- 
gaux : le cinquieme m. authentique (ionben) 
ut* rl* mi* fa* sol* la* si* ut*, et le sixieme 
m. authentique (Golirn), la * si* ut*r6* mi* fa * 
sol* fa 3 (aussi nomm£ modus peregrinus), ainsi 
que le cinquieme m. plagal (hypoionien),^ 1 la* 
*i x ut* re* mi* fa* sol*, et le sixieme m. pla- 
gal (HYPOfcouBN), mi* fa* sol* la* si* ut*ri* 
mi*. H exista de la sorte douze m. e. (cf. le Do* 
dehachordon de Glarean).Le septieme m. e., le 
mode locbibn (v. ce mot) ne parvint jamais A 
one reeUe importance. Gf. le tableau suivant : 



1. Dorien 



'AtftilL 



££ 



2. Hypodorien 



±+ 



^ 



m 



3. Phrygien 

i i I 



4. Hypophrygien 



m?m ±^^ m 



by^_ 



.jl 



IC 



5. Lydien 6. Hvpolydien 



mz^^ ^g- 



P-r-+- 



m 



:t 



7. Mixolydien 8. Hypomixolydien 

#*£§££ — *£ 



=r 



— i -t— *~ 1 



9. Ionien 



10. Hypoionien 



*-*- 



^B 



as*fes=a£= 



±± 



11. Eolien 



m 



*+ 



t 



*m 



12. Hypotolien 



**£, 



e# 



^m^3 



Echappement, partie de la mecanique du 
piano dont le but est de faire retomber le mar- 
teau dans sa position initiate, aussit6t qit'il a 
frapp^ les cordes. Le DOUBLB-ftcHAPPEHENT est 
un des plus importants perfectionnements ap- 
port^s A la mecanique du piano, par S. Erard, 
en 1823, a Paris. Y. aussi mouvbment. Gf. piano. 

Echelle fondamentale, ou £chelle tonale. 

V. FOND AMENTA L. 

Echo. On sait que les ondes sonores se pro- 
pagent en ligne droite et sont r£fl6chies par les 
surfaces qu*elles rencontrent, sous un angle 
£gal A celui qu'elles formaient A leur arrivee. H 
en r^sulte naturellement que, sous certaines 
conditions faciles & determiner mathematique- 
ment, une grande partie des ondes emanant 
d*un corps sonore mis en yibration seront i*a- 
men^es vers celui-ci et qu'il y aura, dans son 
voisinage imm&liat, repercussion du son pri- 
mitif, antrement dit 6cho. II va de soi que T6. 
est toujours moins fort que l'appel. — On en- 
tend aussi par £., dans la terminologie de la 
composition musicale, la repetition, de nuance 
plus douce, d'une courte phrase ; re. apparalt 
frequemment d l'octave superieure ou infe- 
rieure. En plusieurs de ses CBUvres, Beethoven 
a tire un parti original des repetitions en manure 
d'e. (sonates op. 81 et op. 90). L'eflfet d'e. s'ob- 
tient ais6ment A l'orchestre par Temploi d*ins- 
trumenls ou de groupe d'instruments de timbres 
divers; les grandes orgues possedent A eel effet 
un clavier special, nomme lui-meme e. 

Eck, 1. Johann-Fmedrigh, ne A Mannheim 
en 1766, m. A Bamberg en 1809 ou 1810, fils 
d'un corniste de la ceiebre chapelle de la cour 
qui, de Mannheim, fut transferee en 1788 A Mu- 
nich; violoniste virtuose de talent H devint, en 
1780, musicien de la cour, puis, en 1788, con- 
certmeister et enfln chef d'orchestre de TOpera, 
A Munich. Apr£s s'etre marie en 1801, il aban- 
donna sa situation et se rendit en France. On 
connait de iui : six concertos de violon, et un 
morceau concertant pour deux violons. — 
2. Fraxz, fr6re et Sieve du precedent, ne a 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



230 



ECKELT — EGU 



Mannheim en 1774, m. A Strasbourg, dans une 
maison de santi, en 1804 ; fut de mime un vio- 
loniste distingui et fit partie pendant nombre 
d'annies de Torchestre de Munich. II dut ce- 
pendant quitter Munich, en 1801, A la suite 
d'aventures amoureuses; il se rendit A Saint- 
Petersbourg et y fut nommi violon-solo de 
l'orchestre de la cour, mais il fut atteint de 
milancolie maladive et perdit petit A petit 
complement la raison. K. fut le dernier pro- 
fesseur de violon de Spohr. 

Eckelt, Johann- Valentin, ni A Wernings- 
hausen, pris Erfurt, vers 1680, m. en 1782 ; 
organiste virtuose, devint organiste A Werni- 
gerode (1696), puis a Sondershausen (1703). H 
a laissi des morceaux d'orgue, une Passion et 
des cantates manuscrites, et il a public : Ex- 
periment musicce geometrica (1715) ; Unter- 
richt eine Fuge zu formieren (1722) ; Unter- 
richt, was ein Organist wissen soil (s. d.). 

Ecker, Karl, ni A Fribourg en Brisgau le 
18 mars 1813, m. dans cette mime ville le 31 
aoui 1879 ; ills d'un professeur de chirurgie, 
il fit son droit A Fribourg et A Vienne, mais se 
voua ensuite, contre la volonti de ses parents, 
A la musique, et itudia la composition sous la 
direction de S. Sechter. II revint en 1864 A 
Fribourg, ou il vecut dis lore estimi, comme 
compositeur. Ses opuvres les plus connues sont 
ses quators pour voix d'hommes et ses lieder ; 
par contre ses compositions pour orchestre 
n'ont iti executies que dans sa patrie. 

Eckert, Karl-Anton-Florian, ni A Potsdam 
le 7 die. 1820, m. A Berlin le 14 oct. 1879; Ms 
d'un marechal des logis, trouva de bonne 
heure un protecteur en la person ne du poile 
F. Fdrster qui le fit itudier sous la direction 
d'excellents maitres (Greulich, Hubert Ries, 
Huugenhagen). En 1826, il passait pour un 
enfant prodige et icrivait, en 1880 dijd, un 
opira, Das Fischermddchen, puis en 1883 un 
oratorio, Ruth. Apres avoir fait de longs 
voyages d'etudes que des bienfaiteurs lui faci- 
litirent, il entra au Thiatre italien a Paris, 
comme accompagnateur ; puis, apres un 
voyage en Amirique avec Henriette Sontag, il 
rentra au mime thidtre comme chef d'or- 
chestre. En 1853, E. se rendit a Vienne, comme 
chef d'orchestre, puis directeur technique de 
l'Opira; mais en 1860, il quittait ce poste pour 
celui de chef d'orchestre A Stuttgart, d'ou il fut 
subitement destitui en 1867. D vicut alors quel- 
que temps sans position A Baden-Baden, puis 
fut appele en 1869 A Berlin, comme premier 
chef d'orchestre de la cour (A la place de Tau- 
bert et de Dorn, pensionnis). Parmi ses compo- 
sitions (trois autres operas, deux oratorios, 
musique d'iglise et de chanxbre), quelques 
lieder seulement out trouve un icho aupres du 
public. 

Ecossaise, en rialite une danse ecossaise 
tournie, a 3 / t ou 3 / 4 ; la danse nominee A pre- 
sent E. est plut6t une sorte de contredanse de 
mouvement rapide, A */ 4 , tan d is que l'ancienne 
signification de l'E. a subsists dans la schottisch 
(sorto do polka). 



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Eddy, Glarence-H., organiste, ni A Greenfield 
(Massachussetts) le 80 janv. 1851, itait en 1871 ili- 
ve de Haupt A Berlin ; A son retour, il fut nommi 
organiste d'une eglise de Chicago (en 1879, A la 
cathidrale) et, en 1877, directeur de TEcole de 
musique Hershy. E. donne chaque annee une 
sirie de concerts d'orgue et fait de temps A 
autre des tournies ; il a aussi traduit le traits 
de contrepoint et de fugue de Haupt (1876) et a 
public un recueil The Church and Concert Orga- 
nist (1882 et 1885). 

Edgecumbe, Richard, Earl of Moont-E., ni 
A Londres le 18 sept. 1764, mort dans la mime 
ville le 26 sept. 1889; amateur de musique 
distingui, fit jouer en 1800, au Thiitre royal, 
un opira, Zenobia, et publia en 1825 : Musical 
reminiscences, containing an account of the 
Italian opera in England from 4773-(4 e id. 
1884), un ouvrage qui contientbeaucoup d'anec- 
dotes intiressantes sur la Catalani, Grassini, 
Billington et d'aulres cantatrices et chanteurs. 

Eeden, Jean-Baptiste van den, ni A Gand 
le 26 die. 1842; ileve des conservatoires de 
Gand et Bruxelles, il remporta en 1869 le pre- 
mier prix de composition (avec sa can tale 
Fausts laatste nacht). U succida a Huberti, 
en 1878, comme directeur de l'icole de musique 
de Mons. Parmi ses compositions, il faut citer 
les oratorios : Jacqueline de Baviire, Jacob 
van Artevelde, Brutus, Le Jugement dernier, 
une grande seine pour trois voix, Judith {=le 
stege de Bethulie), des cantates Het Woud, De 
Wind, pour solis, choeurs et orchestre, un 
poime symphonique : La lutte au xvi« siecle* 
des OBuvres pour orchestre f Suite, Scherzo, 
Marche des esclaves, etc.), des choeurs, etc. 

Egenolff (Eoenolph), Christian, un des plus 
anciens imprimeurs de musique, A Franc- 
fort-s/M., mais dont les caractires itaient par- 
ticuliirement mauvais. D fut aussi Tun des 
premiers qui ne vicut que de contrefa?ons ; 
e'est pourquoi la plupart des compositions de 
ses recueils de musique sont sans noms d'au- 
teurs. (Test aussi sans nom d'auteur que 
parurent, en 1532, les Odes d* Horace, de P. Tri- 
ton ius, que Oglin avait dijd fait paraitre en 
1507, ce qui a entralni 1'auteur de ce diction- 
naire, dans une pricidente idition allemande, A 
considerer ces Odes comme des compositions 
d'Egenolff lui-mime. En 1550, il publia de 
nouveau ces mimes odes, mais jointes A d'au- 
tres. Ce que son imprimerie nous laisse de 
plus pricieux, ce sont deux recueils de chants 
A quatre voix: Gassenhauoerlin et Reuter- 
liedlin, de 1585 (complet A Zwickau); il est 
probablement aussi lui-mime le contrefacteur 
des recueils de chants dicrits dans la Biblio- 
graphie d'Eitner p. 35 et G. 41, et qui y sont 
indiquis comme contrefa^on. 

Egghard, Jules, pseudonyme du comte Har- 
deoo, ni a Vienne le 24 avr. 1884, m. en cette 
ville le22 mars 1867; excellent pianiste, elkxe 
de Czemy et compositeur de morceaux de salon 
appriciis. 

Egli, Johann-Heinrich, ni a Seegr&ben, pris 
Wetzikon (Zurich), le 4- niars - 1742 l% m. a Zu- 

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EGUALE — EICHBORN 



221 



rich le 19 d^c 1810; c*6tait un compositeur 
hantement appr&ci£ dans sa palrie. 11 a 6crit 
surtout de la musique d'Sglise (dee chants reli- 
gieux de Klopstock, Gellert, Lavater, Cramer, 
douze cantates pour la nouvelle ann&, etc.), 
des chants guisses, des marches pour les trou- 
pes suisses et allemandes, etc. 

Eguale (ital.), Sgal ; egualmente, 6galement, 
uniment ; voci eguali (lat. voces cequales), voix 
6gales, c-a-d. voix d'hommes seules, ou bien 
voix de femmes settles. 

Ehlert, Loots, compositeur et musicographe 
distingu£, ne a Koenigsberg le 13 janv. 1825, 
m. a Wiesbaden le 4 janT. 1884 (d'une atta- 
qae d'apoplexie, pendant un concert) ; fut 
61&veen 1845 da Conservatoire de Leipzig, sous 
Mendelssohn et Schumann, Mudia ensuite a 
Vienne et a Berlin, puis se fixa a Berlin en 1860, 
comme maltre de musique et critique. A diff£- 
rentes reprises il v6cut plusieurs annSes en 
Italie, dlrigea a Florence la soctete de chant 
Societa Cherubini, que H. de Bulow reprit 
plus tard (1869), fut charg£ de Tenseignement 
superieur du piano, de 1869 a 1871, a l'Scole 
Tausig, & Berlin ; il passa aussi quelques an- 
n£es k Meiningen, comme maltre de musique 
des flls du due, et vicut en dernier lieu & Wies- 
baden. II a surtout paru de lui des morceaux 
pour piano, des lieder et des choeurs, ainsi 
qu'une ouverture, Hafis. On a joue a Berlin, 
aux concerts symphoniques de la chapelle 
royale, une Friihlingssymphonie et une ouver- 
tnre, Wintermarchen, mais elles ne furent pas 
gravies ; de m&me pour le Requiem fur ein 
Kind qui fut donne par le « Stern'scher Gesang- 
verein > et, en 1879, au festival de V « Associa- 
tion des musiciens allemands », a Wiesbaden. 
E. a 6crit, outre beaucoup d*articles pour la 
c Neue Berliner Musikzeitung » et la c Deut- 
sche Rundschau *, des Brief e uber Musik an 
einer Freundin (3« Edition 1879, traduit en 
frangais et en anglais), et Aus der Tonwelt, 
une s6rie d'essais (1877-1884, 2 vol.) 

Ehnn, (EL- Sand), Bbrtha, excellente canta- 
trice sc£niqne, n6e a Pest en 1845, 61£ve de 
M«» Andriessen, a Vienne, dSbuta en 1864, a 
Linz, chanta ensuite en representations & 
Graz, Hanovre, Nuremberg, Stuttgart, etc., 
puis fut engag£e deflnitivement a Vienne, en 
1867. En 1873, elle a chante avec un grand sue- 
ces, a Berlin, les principaux r61es de la Lucca. 

Ehrlicb, 1. Friedrich-Christian, ni a Mag- 
debourg le 7 mai 1706, m. dans la m&me ville le 
31 mai 1887; il etait maltre de chant au « Klos- 
tergymnasium », directeur de musique royal, et 
pianiste (61&ve de Humrnel) ; il a compost les 
operas Die Rosenmddchen et Kosnig Georg. — 
2. Heinrigh, pianiste et musicographe, ne a 
Vienne le 5 oct 1822, (It ses Etudes de piano 
chez Henselt, Bocklet et Thalberg, et celles de 
th&orte chez S. Sechter, puis fut pendant plu- 
sieurs ann£es pianiste de la cour du roi Geor- 
ges V de Hanovre. II v6cut de 1855 a 1857 a 
Wiesbaden, puis en Angleterre, a Francfort 
s/M^ et a parUr de 1862 a Berlin; de 1864 a 
1872 il y Atait maltre de piano, au Conserva- 



by \j 



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toire Stern, s'occupant aussi comme maltre 
particulier et 6crivain (critique musical pour 
le c Berliner Tageblatt », la t Gegenwart > et 
la « Neue Berliner Musikzeitung ») ; en 1875, 
il recevait le titre de « professeur ». E. a com- 
post un concerto pour piano, Lebensbilder ; il 
a public les Tenhcische Studien de Tausig, de 
plus un certain nombre de brochures : Schiag- 
lichter und Schlagtchatlen (1872), Aus alien 
lonarten, Fur den Ring der Niebelungen 
gegen Bayreuth et Wie tibt man am Klaviev 
(1879 ; 2* Edition 1884) ; il a encore 6crit un 
ouvrage qui, bien que court, est digne de re- 
marque : Musik-Aesthetik von Kant bis auf 
die Gegenwart (1881), puis 30 Jakre Kwnstler- 
leben (1893), et encore des Musikstudien beim 
Klariersptel (Betrachtungeniiber Ryihmik im 
Vortrag). En outre, E. est Tauteur de plusieurs 
romans. 

Eichberg, Julius, excellent violoniste, n£ a 
Ddsseldorf le 13 juin 1824, y fut 61&ve de J. 
Rietz; il alia de 1843 a 1845 au Conservatoire 
de Bruxelles, et fut nomine en 1846 professeur 
de violon au Conservatoire de Geneve. En 1857 
il se rendit a New- York, puis en 1859 a Boston, 
comme directeur des concerts du Mus6e (1866- 
1869); il a fond£ en 1867, dans cette ville, un 
conservatoire qui a pris sous sa direction une 
heureuse extension. E. a £crit un grand nom- 
bre de compositions pour violon (etudes, duos, 
morceaux de genre, etc.), ainsi que quatre op£- 
rettes anglaises : The doctor of Alcantara, The 
rose of lyrol, The two cadis et A night in 
Rome. — 2. Oskar, n6 a Berlin le 21 janv. 1845, 
£16ve de L6schhorn et de Fr. Kiel; maltre de 
musique a Berlin, a public de 1879 a 1889 un 
agenda musical assez pratique, puis redigea 
pendant un an et demi la • Neue Berliner Mu- 
sikzeitung ». II est, depuis 1888, president do 
1' Association des maltres de musique de Berlin. 
II a dirigd pendant quinze ans un choeur mixte, 
et est actuellement critique musical du • Ber- 
liner Borsen - Kourier ». Comme compositeur, 
il ne s'est fait remarquer que par des mor- 
ceaux pour piano, des lieder et des choeurs. 
Son fr£re, Richard, n£ & Berlin le 13 mai 1825, 
vit 6galement dans cette ville, comme maltre de 
musique. 

Eichborn, Hkrmann-Ludwig, musicographe 
et. compositeur, n6 a Breslau le 30 ocL 1847, 
etudia le droit et prit son doctoral, mais quitta 
la carriere juridique apr&s avoir 6t6 assesseur, 
et se voua tout entier a la musique. Son maltre 
fut E. Bohn (v. ce nom). Outre des morceaux 
pour piano et des lieder, il £crivit plusieurs 
op£ras-comiques et opSrettes (Drei auf einen 
Schlag, Zopf und Krummstab, Blaue Kinder, 
etc.). II a donne de precieuses monographies : 
Die Trompete alter und neuer Zeit; ein Bei- 
trag zur Musikgeschichte und Instrumental 
tionslehre (1881), Zur Geschichte der Inslru- 
mentalmusik; eine produhtive Kritik (1885), 
el Das alte Clarinblasen auf Trompeten (1894). 
E. est lui-m&me virtuose sur le cor et la trom- 
pette et il a invente, avec le facteur ^instru- 
ments E.-G. Heidrich, ^ne nouvelle sorte de 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



222 



EICHHORN 



cor qui repond surtout facilement au grave et 
A l'aigu (le « Oktav-Waldhorn » qui fut intro- 
duit en premier lieu dans les musiques mill- 
laires de la Siiesie). Depuis 1883, E. redige un 
journal d'hygtene : Das zwanzigste Jahrhun- 
dert, qui contient aussi beaucoup d'articles stir 
Tart, et il collabore avec z£le A la revue de 
de Witt, « Instrumentenbau ». 

Eichhorn. Les freres Johann-Gottfrikd-Er- 
nest (ne le 30 avr. 1822, m. le 16 juin 1844) et 
Johann-Karl-Eduard (ne le 17 oct. 1828), fils 
d*un musicien de la cour de Cobonrg, Johann- 
Paijl-E. (n6 le 22 f6vr. 1787, m. aprte 1835), 
firent grande sensation comme enfants prodi- 
ges, de 6 el 7 ans, et se firent entendre dans de 
grandes tourn6es comme violonistes, jusqu'en 
1885. Plus tard, ils furent engages dans l'or- 
chestre de Cobourg. 

Eingestrichen, zwmoestrichen, etc. (all.), 
denomination allemande des diverses octaves ; 
eingestrichene Ohtave == troisidme octave, etc. 
Cf. A ce sujet a et la. 

Einklang (all.) = unisson, prime. 

Els (all.) = mi dieze; eisis — mi double- 
dihze. 

Eisfeld, Theodor, ne A Wolffenbttttel le 11 
avr. 1816, m. A Wiesbaden le 2 sept. 1882; 
Steve, pour le violon, de Karl Miiller A Bruns- 
wick et, pour la composition, de K.-G. Reissi- 
ger & Dresde, fut de 1889 A 1843 cbef d'orches- 
tre du theatre de la cour de Wiesbaden, et, A 
partir de 1843, directeur des concerts Vivienne 
A Paris, oti il rendit de grands services par un 
culte intelligent de la bonne musique; entre 
temps, il etudiait le cbant A Bologne, aupr&s de 
Rossini. L'Academie Ste-Cecile de Rome l*a 
nomm£ membre d'honneur. Apr^s un court s6- 
jour en* Allemagno, il se rendit A New- York 
comme directeur de la Societe philharmonique. 
En 1865, rentrant en Allemagne, il fit naufrage 
avec r« Austria », incendi6e en pleine mer. II fut 
bien sauve, mais depuis lors presque entice- 
ment empeche, par une dangereuse maladie 
des nerfs, de continuer sa carri&re. H vecut, 
pendant les derni&res ann^es de sa vie, A Wies- 
baden. 

Eitner, Robert, bistoriographe musical dis- 
tingue, n& A Breslau le 22 oct. 1832; fut pendant 
cinq ans Sieve de M. Brosig, puis se fixa A Ber- 
lin, en 1853, comme maltre de musique; il fonda 
en 1863 une Scole de musique et a note ses ex- 
periences pedagogiquesdans le Hilfsbuch beim 
Klaviervmterricht (1871). Quelques composi- 
tions de lui ont aussi paru. Mais la principale 
activity et le vrai mSrite d'E. resident dans 
ses travaux bistoriques et bibliograpbiques,qui 
se rapportent spScialement aux oeuvres des 
xw et xvn» s. A un concours organist par la 
Societe d* Amsterdam pour Tavancement de la 
musique, en 1867, il eut le prix pour un « Dic- 
tionnaire des compositeurs hollandais » (ma- 
nuscrit); il a aussi prepare pour le compte de 
cette societe une nouvelle edition de quelques 
compositions pour orgue de Sweelinck. Ce fut 
sur son instigation que fut fondle, en 1868, la 
« Societe de recberches musical es %, dont il 



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ELEWIJCK 

redige Torgane mensuel, Monatsfiefte fur Mu~ 
sikgeschichte, paraissant depuis 1869. E. redige 
egalement la Publication dlterer prahtischen 
und theorelischeri Musikwerhe, etc. Parmi les 
autres ecrils d'E., nous noterons : Verzeichnis 
neuer Ausgaben alter Musikwerke aus der 
fruhesten Zeit bis sum Jahre 1800 (M. H.,fur 
M. G., 1871); Bibliographic der Musiksammel- 
voerhe des 16. und 17. Jahrhunderts (1877, 
avec Haberl, Lagerberg et Pobl); Verzeichnis 
der gedruckten Werhe von Hans Leo Sassier 
und Orlandus de Lassies (M. H. fur M. G., 
1873-1874) et Seelewig de S. G. Staden (M. H. fur 
M. 6r M 1881). Depuis quelques anises, il vit a 
Templin dans la Marche Ukraine. Les edi- 
tions recentes de ce dictionnaire lui sont re- 
devables de plusieurs precieuses contribu- 
tions 

Electricity L*e. est employee de nos jours 
dans la construction des orgues; des fils vonl 
des touches aux differents tuyaux des registres, 
et un eiectro-aimant ouvre la soupape aussitdt 
que, par l'abaissement de la touche, le courant 
a ete etabii. Pour de tres grandes orgues, la 
macbinerie eiectrique est un progres fort heu- 
reux, car, par elle, le danger que les tuyaux 
eioignes ne r6pondent pas surement ou trop 
tard est absolument ecarte. La machinerie eiec- 
trique rend superflu l'emploi du levier pneu- 
matiquc, et le jeu de l'instrument peut m&me 
depasser en facility celui du piano. (Test A des 
facteurs d'orgues anglais (Barker, Bryceson) 
que nous devons introduction de re. II y a 
quelques annees, on a aussi cherch6 A mettre 
des cordes en vibration, au moyen de courants 
alternes (piano eiectrique). 

Elers (Elbrus), Franz, cantor et directeur de 
musique A Hambourg, ne A Uelzen en 1500 en- 
viron, etait vers 1530 cantor et maltre de la se- 
conde classe au < Jobanneum » de Hambourg, 
oil il mourut le 22 f6vr. 1590, comme directeur 
de musique du dfane. E. a publie, en 1588, un 
grand recueil de chants, en deux parties, dont 
la premiere contient les « Coilectes » et les c Re- 
pons • (Cantica sacra, etc.), et la seconde les 
Chorals (Psalmi Dr. Martini Lutheri, etc.), 
avec indication des modes ccciesiastiques, d'a- 
pres le systeme de Glarean. 

Elewijok, Xavirr- Victor (chevalier) VAH,mu- 
sicographe, nfc A Ixelles-ies-Bruxelles le 24 avr. 
1825, m. A Thospice d'alienes de Tirlemont le 
28 avr. 1888; maltre de chapelle de la cathe- 
drale de Louvain (sans traitement, en amateur), 
organisa A Louvain, tous les dimanches et 
jours feries, des concerts d'eglise avec orches- 
tre. n a publie ailssi des motets el des oeuvres 
pour orchestre de sa composition. E. s'est fait 
connaitre par une quantite de monographies : 
Discours sur la musique religieuse en Belgi- 
que (1861); Mathias van den Oheyn, le plus 
grand organiste et carillonneur beige du 
XVI II* si&cle (1862); De la musique religieuse, 
les congr&s de Malines (1863 et 1864) et de 
Paris (1860) et la legislation de CEglise en 
cette mattere (1866); enfln, De Vet at actuel de 
la musique en Italie (1875). II a fait paraltre en 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



EL FARABI — ELTERLEIN 



223 



outre tine collection d'anciens morceaux de 
de piano, de compositeurs norlands is. 

Bl Farabi, v. Alfarabi. 

Elias Salomonis, pretre de St-Astere (Peri- 
gord) vers 1274, est l'auteur d'un traits :Scien- 
tia artis musicce, qui a 6t6 reproduil par 
Gerbert (Script III). D contient, entr'autres, 
des preceptes poor Textaution de l'organum 
(Chap. 80), ainsi que des conseils etranges pour 
l'emploi des clefs et qui n'ont, du reste, pas 6t6 
mis en pratique. 

Ella, John, ne k Thirsk (York) le 19 dec. 1802, 
m. k Londres le 2 oct. 1888, violoniste et chef 
d'orchestre de merite, eieve de Ferny pour le 
violon ; fut depuis 1822 membre de Torchestre 
da Theatre royal, puis plus tard aussi de celui 
des « Concerts of ancient music » et de la 
• Philharmonic Society », k Londres. En 1826, 
il etudia encore l'harmonie aupr&s d'Attwood 
et, en 1845, seuletitient, le contrepoint et la com- 
position auprds de F6tis, k Paris. Revenu k 
Londres, il fonda en 1845 la « Musical Union » 
(matinees de musique de chambre) qui exista 
josqu'au moment oft E. se retira, en 1880. D 
avait en outre fonde en 1850 des « Musical win- 
terevenings > (soirees de musique de chambre) 
qo'il abandomia cependant dejd en 1859. G'est 
dans ces concerts que E. introduisit les « pro- 
grammes analytiques » (avec remarques sur la 
facture des ceuvres ex£cut£es, ainsi que sur la 
earrtere et Tceuvre des compositeurs, etc.) qui 
ont ete si souvent imites. En 1855, E. avait 6t6 
nomme lecteur de musique k la « London Ins- 
titution » ; quelques-unes de ses conferences 
ont ete pubises. II a aussi ecrit, de temps a 
aatres, des articles musicaux pour des journaux 
de Londres, public une notice biographique 
sur Meyerbeer et des Musical sketches abroad 
and at home ( 1869 ; 3« id. 1878). 

EQer, Louis, excellent violoniste, n6 a Gratz 
en 1819, m. k Pau (Pyrenees) le 12 juil. 1862, a 
publie des Etudes et des fantaisies pour violon. 

EUerton, John-Lodge, compositeur amateur 
extraordinairement tecond, ne k Cheshire le 
11 jan v. 1807, m. k Londres le Sjanv. 1873; a 
6crit 7 operas italiens, 1 allemand et 8 anglais, 
puis 1 oratorio (Le Paradis perdu), 6 Messes, 
5 symphonies, 4 ouvertures de concert, 44 qua- 
tuora & cordes, 3 quintettes, 11 trios, 13 sonates, 
61 glees, 6 anthems, 17 motets, 83 morceaux 
poor deux voix. G'est assurement une produc- 
tion etonnante pour un amateur qui, du reste, 
n'avait etudie le contrepoint que pendant deux 
ana, k Rome. 

Ellis, Alexander -John, (de son vrai nom 
Sharpk), acousticien de m£rite, ne k Hoxton le 
14 juin 1814, m. k Kensington le 28 oct. 1890, 
etudia d'abord la jurisprudence, mais se tourna 
bientot vers l'acoustique (1843) et etudia la mu- 
sique aupr&s de Donaldson, k Edimbourg. Sur 
l'ingtigationde Max Mtlller, en 1863, il se plon- 
geadans la lecture du traits de Helmholtz: 
« Lehre von den Tonempfindungen », dont il 
donna en 1875 une traduction anglaise (2* £d. 
1885). En 1868 d6ja, il traduisait en anglais le 
« Geist der mathematischen Analysis > de 



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Ohm, el donnaiten 1876-1877, dans lescomptes- 
rendus des stances de la « Musical Associa- 
tion *, une edition refondue de « Ueber die 
Grenzen der Tonwahrnehmung » de Preyer. 
Toutes ces publications contiennent, dans des 
remarques et additions, les pr£cieux rteultats 
de ses propres recherches. Les supplements au 
livre d'Helmholtz parurent d'abord s^par^ment, 
dans les publications de la « Royal Society • : 
On the condition* of a perfect musical scala 
on instruments with fixed tones (1864) ; On the 
physical conditions and relations of musical 
chords (1864); On the temperament of instru- 
ments with fixed tones (1864) et On musical 
duodenes [Theory of constructing instru- 
ments with fixed tones in Just or practically 
just intonation] (1874). On peut ciler en outre, 
parmi ses travaux personnels pour la « Mu- 
sical Association » : The basis of music (1877), 
Pronunciation for singers (1877) et Speech and 
song (1878). Mais ce qui fit le plus sensation, ce 
furent ses travaux sur Thistoirc de la determi- 
nation de la hauteur des sons (History of mu- 
sical piclh> dans les comptes-rendus de stances 
de la t Society of Arts » [1877, 1880 et 1881], 
aussi separement [1880-81 Jet, en extraits, comma 
appendice k la 2* edition de sa traduction de 
l'ouvrage d'Helmholtz), pour lesquels une mS- 
daille d'argent lui fut decern£e. Notons enfln : 
Tonometrical observations on some existing 
non harmonic scales (« Royal .Society » 1884) 
et On the musical scales of various nations 
(t Society of Arts •, 1885). 

Eisner, Joseph-Xaver. n$ 4 Grotlkau (Sil6sie) 
le 29 juin 1769, m. k Varsoyie le 18 avr. 1854 ; 
entra en 1791, apr&s avoir etudie la m&fecine, 
comme violoniste, dans 1'orchestre du theatre 
de Brftnn, devint en 1792 chef d'orchestre du 
theatre de Lemberg, et, en 1799, de celui de 
Varaovie, oil il fonda en 1815 une ecole d'or- 
ganistes. C'est de cette ecole qu'est issu, en 
1821, le Conservatoire de Varsovie dont il fut 
le directeur. Les troubles de 1880 amenerent la 
fermeture de l'ctablissement qui fut rouvert en 
1834, avec Soliva comme directeur et qui florit 
encore k present. E. a beaucoup compose (19 
operas, plnsieurs ballets, des drames a deux 
person nages, de la musique de scene, des sym- 
phonies, des concertos, des cantates, de la mu- 
sique d'eglise, etc.) ; cependant ses ceuvres 
n'ont pas reussi k eveiller un interet general 
et durable. On a encore de sa plume deux dis- 
sertations sur les qualites de la langue polo- 
naise, au point de vue de la composition mu- 
sicale. 

Elster, Daniel, ne en Thuringe en 1800, m. k 
Wittingen, pres de Baden (Suisse), le 19 dec. 
1857 ; vivait vers 1835 k Schleusingen et, plus 
tard, a Baden comme maltre de musique et di- 
recteur de societes. E. a ecrit une Vollstdndige 
Volksgesangschule (3 parties), un traite de mu- 
sique eiementaire et a publie des recueils de 
choeurs d'hommes. D a compose aussi lui-meme 
divers choeurs (Psaume c, pour voix d'hom- 
mes). 

Elterlein, Ernst von, pseudonyme de Ernst 

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224 



ELVEY — ENGEL 



Gottschald, ne k Ellerlein (Saxe) le 19 oct 
1826, juriste, auteur (Tune analyse esth&ique 
populairedes sonates pour piano de Beethoven 
(1* 6d. 1857 ; 3* 6d. 1888). 

Elvey, Stephen, n6 k Canterbury le 27 juin 
1805, m. le 6 oct. 1860; il <Hait, en 1830, orga- 
niste du * New College » d'Oxford, se pr6senta 
en 1831 au baccalaur£at, devlnt en 1838 docteur 
en masique et fut, depuis 1840, direcleur de mu- 
sique de rUniversite. II ne composa que quel- 
ques lieder et de la musique d'£glise.-» Son frdre 
et son 61eve George-Job, n6 le 27 mars 1816, 
fut nomme en 1835, organiste de la chapelle 
St-George, k Windsor. II devint k son tour, en 
1838, bachelier, en 1840 docteur en musique. 
La reine Tanoblit en 1871. E. a egalement ecrit 
de la musique d'^glise (anthems, hymnes, etc.). 

Elwart, Antoink-Am able-Elib, n6 k Paris le 
18 nov. 1808, m. en cette ville le 14 oct. 1877; 
devint k l'&ge de dix ans enfant de choeur a 
St-Eustache,et fut mis parson p£re en appren- 
tissage chez un fabricant de caisses ; mais il 
s'enfuit de chez ce dernier et entra comme vio- 
loniste dans un thMtre de faubourg. Admis en 
1825 au Conservatoire, il travailla avec F&tis et 
Le Sueur. En 1828, il cr6ait avec plusieurs ca- 
marades les < Concerts d'6mulation », dans la 
petite salle du Conservatoire. En 1834, il obte- 
nait le prix de Rome, quoiqu'il fut d6j4 depuis 
deux ans r6p6titeur de la classe de composi- 
tion de Reicha. A son retour d'ltalie, E. reprit 
d'abord sa place de r6p6titeur, puis fut nomm6 
professeur titulaire, en 1840, d'une deuxteme 
classe d'harmonie qui venail d'etre fondee par 
Cherubini. Apres trente annees de professorat 
(Th. Gouvy, A. Grisar, Weckerlin etc. sont de 
ses Steves), il fit valoir ses droits k la retraite. 
E. a 6crit une quantity de grandes oeuvres : des 
Messes, des oratorios, un Te Deum> des can- 
tates, des scenes lyriques, une symphonie avec 
choeur: Le diluge, plusieurs operas dont un 
seiil (Lfes Catalans) fut represents, a Rouen. Mais 
il occupe une place bien plus importante 
comme th&oricien et musicographe. II a 6crit : 
Duprez, sa vie artistique, avec une biographie 
authentique de son maiire A. Charon (1838); 
Theorie musicale (Solf&ge progressif, etc. 
1840) ; Feuille harmonique (Trait6 des ac- 
cords, 1841) ; Le chanteur accompagnateur 
(basse chiflrSe, ornements, pSdale, etc. 1844); 
TraiU du conlrepotnl et de la fugue ; Essai 
sur la transposition ; Etudes tlementaires de 
musique (1845) ; Lart de chanter en choeur ; 
L'art dejouer impromptu de Valtoviola ; Sol- 
fege dujeune dge ; Le contrepoinl et la fugue 
appliques au style idtal ; Lutrin et Orphion 
(ouvrage thSorique et pratique sur l'6tude du 
chant); Eistoire de la societe des Concerts du 
Conservatoire (1860 ; 2* ed. 1863) ; Manuel des 
aspirants aux grades de chef et de sous-chef 
de musique dans I'armee frangaise (1862) ; t 
Petit manuel d* instrumentation (1864) ; His- 
toire des concerts populaires (1864). De 1866 k 
1870, il entreprit une edition complete de ses 
propres oeuvres, qui cependant ne d£passa pas 
le volume HI. 



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Emery, Stephak-A., n& a Paris, Oxford C. 
(etat du Maine de I'AmSrique du Nord) le 4 oct. 
1841, 616ve du Conservatoire de Leipzig, vit k 
Boston oh il est tr£s estime comme maltre de 
musique; il est aussi compositeur. 

Emmerich, Robert, compositeur, nek Ha- 
nau, oil son p&re 6tait conseiller de justice, le 
23 juil. 1836, m. k Baden-Baden le 11 jail. 1891. 
II 6tudia le droit k Bonn; mais eh m£me temps 
il travaillait serieusement la musique aupr&s 
de Dietrich. Entre en 1869 au service militaire, 
il ne prit son cong6 qu'en 1873, apr&i avoir ob- 
tenu le grade de capitaine, pour se vouer en- 
ti&rement k la musique. De 1873 k 1878, 11 v6cut 
k Darmstadt et y fit representor plusieurs ope- 
ras : Der Schwedensee, Van Dyck et Ascanio; 
il 6crivit aussi deux symphonies, une cantate : 
Huldigung dem Genius der T6ne, des lieder, 
etc. De 1878 a 1879, il 6tait chef d'orchestre au 
th£&tre de Magdebourg; des lors il v6cut k 
Stuttgart ou il dirigea, depuis 1889, le nouveau 
« Singverein ». 

Encke, Heinwch, ne k Neustadt (Bavierc) en 
1811, m. k Leipzig le 31 d6c 1859; fut un excel- 
lent pianiste, 616ve de Hummel, et composa 
beaucoup de morceaux instructifs pour piano. II 
est aussi l'auteur d'arrangements k quatre 
mains d'oeuvres classiques. 

Enckhausen, Heinmch-Friedrich, ne k Celle 
le 28 aout 1799 m. k Hanovre le 15 janv. 1855, 
comme pianiste de la cour et organiste du Pa- 
lais. E16ve d'Aloys Schmitt, il a public d'ins- 
tructifs morceaux pour piano, ainsi que des oeu- 
vres pour orchestre, de la musique d'&glise, un 
opera : Der Savoyard* (1832) et un excellent 
livre de chorals avec basse chiiFr6e (2* 6d. avec 
les 4 voix compl&ement ecrites). 

EMrgico (ital.), £nergique (vigoureux, r&- 
solu). 

Engel, 1. Johann-Jakob, xi6 k Parchim (Meck- 
lembourg) le 11 sept. 1741, m. dans la m&me 
ville le 28 juin 1802; professeur de gymnase k 
Berlin, plus tard prScepteur du prince royal 
(Fr6d6ric-Guillaume II), puis, apres l*av&nement 
au pouvoir de ce dernier, directeur de th£&tre, 
poste qu'il abandonna du reste au bout de peu 
de temps. II a 6crit un ouvrage : Ueber die mu- 
sihalische Mahlerey f an den ktiniglichen Ka- 
pellmeister Herrn Reichardt (1780), et ses oeu- 
vres completes contiennent encore divers es- 
sais ayanl trait a la musique. — 2. David-Her- 
mann, n£ k Neuruppin le 22 janv. 1816, m. k 
Mersebourg le 3 mai 1877; excellent organiste et 
compositeur, £16ve de Fr. Schneider k Dessau et 
de A. Hess k Breslau, v6cut d'abord comme mal- 
tre de musique k Berlin, puis fut appele en 1848, 
a Merseburg, comme organiste du ddme et 
maitre au Gymnase du ddme. E. a compost des 
morceaux d'orgue, des psaumes, un oratorio : 
Winfried, etc., il a Scrit : Beitrag zur Ge- 
schichte des Orgelbauioesens (1855) ; Ueber Chor 
und instruhtive Chormusik; Der Schulgesang 
(1870). — 3. Gustav-Eduard, excellent maltre de 
chant et musicographe spirituel, n6 k Koenigs- 
berg le 29 oct 1823, m. k Berlin le 19 juil. 1895; 
6tudia la philologie, entendit k Berlin les cours 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



ENGELSBERG — ENTREE 



225 



de science musicale de Marx, fit partie, comme 
chanteur, de la « Singakademie » et du « Dom- 
ctior », et, k pariir de 1848, se voua entierement 
a la musique, sp6cialement k l'enseignement 
du chant D avail cependant d6j& fait son ann6e 
d'essai, comme maitre an Gymnase du € Graue 
Kloster ». En 1862, il entra k V Academie Eullak 
comme maitre de chant, et, en 1844, k 1' Acade- 
mic royale de musique od il recut immediate- 
ment le titre de • professeur ». Parmi see eieves, 
on compte Krolop, Bulss, etc. Outre divers 
Merits philosophiques, il a fait paraitre : Sanger- 
brevier (exercices quotidiens de chant, 1860); 
Uebersetzungen und Vortragsbezeichnungen 
pour les albums de chant classique publics par 
Gumprecht ; Die Vokaltheorie von Helmholtz 
und dieKofpstimme (1867); Das malhemalische 
Harmonium (1881) et une tr&s ing&nieuse Aes- 
thetih der Tankunst (1884). En 1853, il avait Me 
appel6 a faire la chronique musicale pour la 
« Spenersche Zeitung », en 1861 pour la t Vos- 
sische Zeitung > et avait acquis de l'autorite, 
dans la critique berlinoise. — 4. Karl, historio- 
graphe musical de m^rite, ne k Thiedenwiese, 
pr£s de Hanovre, le 6 juil. 1818* m. k Kensing- 
ton (Londres) le 17 nov. 1882; son education 
musicale lui fut donn^e par l'organiste Enck- 
hausen, k Hanovre, et par Hummel et Lobe, k 
Weimar, n se fixa en premier lieu k Ham- 
bourg, puis a Varsovie et k Berlin, et alia s*eta- 
blir enfin, en 1846, en Angleterre. 11 choisit d'a- 
bord Manchester, puis, en 1850, Londres oti il 
d^ploya une grande activity litteraire et devint 
une autorite reconnue de tous, dans le domaine 
de rhistoire des instruments de musique et de 
la musique des peuples extra-europ6ens. H a 
public : The music of the most ancient nations 
(1864; 2* ed. 1870); An introduction to the study 
of national music (1866); A descriptive cata- 
logue of the musical instruments in the South 
Kensington Museum (1874); Catalogue of the 
special exhibition of ancient musical instru- 
ments (2« ed. 1873); Musical myths and facts 
<1876;2vol.); The litter ature of national mu- 
sic (1879); Ihe pianist's handbook (1853); et 
Reflections on church-music, for church- 
goers (1856). E. etait collaborates attitre du 
« Musical Times » et d'autres journaux sp6- 
ciaux. 

Engelsberg, E.-S., pseudonyme du conseiller 
ininisteriel, Dr. Ed. Schcen, k Vienne (ne k 
Deutsch-Jasnick en Silesie en 1825, m. k Vienne 
le 27 mai 1879) qui s'est fait connaltre sous ce 
nom par des quatuors humoristiques pour 
voix d'hommes (Narrenquadrille, Heini von 
Steyer, etc.). 

Engfthrung (all.), strette. V. ce mot. 

Englebert d'Admont, abbe, savant benedio 
tin, m. k Admont en 1331, est l'auteur d'un traits : 
De musica, reproduit par Gerbert (Script. II) 
et qui est int&ressant pour rhistoire 'de la mu-* 
sique du moyen Age. 

Englisch Horn (all.), cor anglais. V. cor 3. 

Enharmonic (gr.) f rapport de deux sons qui, 
d'apres Taccord rigoureusement mathematique 
et parfois aussi d'apres la notation, sont diffe- 



DICnOXNAIRB DE MUSIQUE. — 15. 

Digiliz&d byV^C 



fc 



rents Tun de l'auire, mats sont identifies dans 
la pratique musicale ; ex. : fa et mi diise, si et 
ut bSmol, etc. — Les anciens Grecs admettaient 
k cdte des genres diatonique et chromatique un 
genre enharmonique, dans lequel les deux sons 
interm&diaires du tetracorde etaient identifies, 
au moyen de l'abaissement du son le plus aigu 
{mi, fa, fa, la); telle etait du moins la forme 
primitive du g. e. (Olympe). Plus tard on diffe. 
rencia ces deux bous identiques, fix ant k un 
demi ton la distance du premier au troisieme 
son du tetracorde enharmonique et attribuant au 
second une place intermediate :mi IU^\U fa 
(v. grecqub). La grecomanie qui r£gna pendant 
ie xvi* s., ne pouvait que remettre en honneur 
le genre enharmonique, et Ton tenta d'en don- 
ner diverses interpretations mathematiques. 
Les differences minimales d'eievation des sons 
qui furent alors etablies, prirent le nom de 
DirtzES enharMoniquks (cf. diese). Le resultat 
pratique de ces recherches, fort peu fructueuses 
en elles-memes, fut la decouverte de ce prin- 
cipe : que notre musique pratique ne donne et 
ne peutdonner pourchaque son qu'une moyenne 
approximative des diverses valeurs mathema- 
tiques qui s'adapfont k lui. La theorie admit 
ainsi peu a peu le temperament (v. ce mot) au- 
quel la pratique avait depuis longtemps ouvert 
la voie et qui identifie enharmoniquement les 
sons approximativement egaux. La table qui se 
trouve au mot « rapports » donne pour chaque 
touche de notre piano un grand nombre d'esti- 
mations acoustiques diverses, dont la moyenne 
represente la valeur du son * temper », ce qui 
revient k dire que ces differents sons acousti- 
ques sont pour notre oreille enharmoniquement 
identiques. — Enfin, on entend par change*! ent 
enharmonique la transformation de certains 
sons en d'autres sons de valeur, au fond diffe- 
rente, idenliliee par Te.; ce changement a pour 
but tantdt de faciliter la lecture (on choisit pour 
un instant la notation diesee de preference k la 
bemolisee, ou vice-verSa), tantdt (surtout lors- 
qu'un son seulement est change) d« transformer 
reellement la conception harmonique. 

Ensemble, e'est ainsi qu'on nomme Taction 
simultanee de plusieurs personnes sur la scene, 
surtout dans un opera, et plus particulierement 
lorsque plus de deux personnes sont occupees 
dans une sc£ne; les trios, quatuors, quintettes, 
etc., avec ou sans chow, sont les morceaux 
d'ensemble d'un opera. Dans la musique ins- 
trumental, on entend par morceaux d'ensem- 
ble, des compositions pour plusieurs instru- 
ments, surtout pour piano et instruments k ar- 
chet ou k vent. 

Entree, 1. (Hal. Entrata; espagn. Entrada). 
Introduction, prelude; introduction instrumen- 
tal par oil debutaient pompeusement les an- 
ciens spectacles (operas, pieces de circonstance). 
Comme danse (et generalement dans une me- 
sure k 4 / 4 ), YE. jouait le rrtle de notre polonaise 
d'aujourd'hui et se trouve frequemment comme 
premiere partie d'une serenade. — 2. Nom que 
Ton donne dans le canon (lorsqu'il est note au 
moyen d*une seule ligne de notes, cf. canon) aux 

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226 



EP8TEIN — ERDMANNSDCERFFER 



signes indiquant 1'endroit ou commence cha- 
cune des voix imitantes, ex. (dans Zarlino) : 



SB j T \ H 



* 



Les signes .s. sont les e. et indiquent claire- 
ment k quelle distance les voix se suivent; 
l'ex6cution sera done : 



m 



3 



ps 



-#*- 



^ — #- 



i=f 






# — # 



fc3t 



^^ 



S 



-f^frr 



S 



~^y 



# ^ 



La forme de ces signes n'a aucune importance 
et Ton rencontre aussi bien que §, nne croix-}-, 
un ast&risque *, etc.— 3. On donne enfin le nom 
d'e. au signe qne le directeur d'une oeuvre d'en- 
semble fail k l'ex6cutant, lorsque, apr&s un si- 
lence prolong^, celui-ci recommence a avoir sa 
partie dans l'ensemble polyphonique. 

Epstein, Julius, n6 a Agram, le 14 aotlt 1832, 
£16ve de A.- Job. Bufinatscba et de A. Halm, & 
Vienne; pianiste, et, depuis 1867, professeur au 
Conservatoire de cette ville. — Ses deux fllles, 
Rudolfinb et Eugenie, se firent avantageuse- 
ment connaitre, depuis 1876, la premiere comme 
violoncelliste, la seconde comme violoniste. 

Erard, S&bastien, c61£bre facteur de pianos, 
n£ a Strasbourg le 5 avr. 1752, m. dans sa villa, 
a Passy, le5aotit 1831. Originaire d'une famille 
allemande (Erhard), fils d'un menuisier, E. en- 
tra en 1768 comme ouvrier dans l'atelier d'un 
facteur de pianos parisien; mais il dSpassa 
bientdt son cbef. II fut alors congMie; mais son 
babilet£ au travail attira bien vite l'attention 
de son nouVeau patron. Son t clavecin mecani- 
que » fit grande sensation; c'^tait un instrument 
compliqu6 dans lequel, entre autres, le raccour- 
cissement de moiti£ des cordes (transposition 
a Toctave sup£rieure) dtait obtenu au moyen 
d'un cbevalet qu'actionnait une p£dale. A Ykge 
de vingt ans, E. avait d&ja une excellente re- 
nomm£e, et la ducbesse de Villeroi, protectrice 
6clair6e de Tart, mit a sa disposition, dans son 
chateau, des locaux pom* l'installation d'un ate- 
lier. C'est la qu'E. fabriqua, en 1777, son pre- 
mier piano, le tout premier qui ait 6t£ construit 
en France (v. cependant Silbermann 5). A la 
m&me epoque, son fr&re Jean-Baptiste vint a 
Paris, et les deux freres fonderent un 6tablisse- 
ment a eux a la rue de Bourgogne; un proems 
avec des concurrents qui avaient porte plain te 
contre lui, parce qu'il ne s'6tait pas fait rece- 
voir de la corporation des « peintres d'&ven- 
tails », proces que le roi trancha en faveur 
d'E., en lui rendant pleinement justice, attira 
ratlention de tout Paris (comme les fabricants 
d'instruments ajoutaient a leur3 instruments 
des ornements, des mosai'ques de nacre, ils de- 
vaient legalement faire partie de cette corpora- 



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tion; cf. Confrkries). Son premier exploit fut 
la construction du « Piano organise » (piano-or- 
gue, combinaison d'un piano avec un petit po- 
sitif a deux claviers) et de la barpe «■ k four- 
chette ». E. fonda en 1786 une succursale k 
Londres, prit des brevets, et amena ses instru- 
ments k une grande c£16brit6. En 1811, il cons- 
truisait la barpe k « double mouvement » qui 
mettait d&sormais fin k toutes les insuffisances 
de 1'instrument ; le succes fut 6norme, et E. ven- 
dit en une ann&e pour 25,000 li\Tes sterL de 
barpes. II couronna la serie de ses inventions, 
en 1823, par celle du double 6cbappement pour 
le piano (v. Echappeiient). Son dernier ou- 
vrage fut l'ing^nieuse construction de l'orgue 
expressif des Tuileries. A la mort de S&bastien 
Erard, l'&ablissement passa k son neveu 
Pierre E. (n6 en 1796, m. le 18 aoftt 1855). Ce- 
lui-ci fit paraltre deux essais historiques : The 
harp in its present improved state compared 
with the original pedalharp (1821) et Perfec- 
tionnemmts apportSs dans le micanisme du 
piano par les Erard depuis Xorigine de cet 
instrument jusqud I* exposition de 1834 (1834}. 
Son successeur a la direction de la maison fut 
le neveu de sa femme, Pierre Scileffer (m. le 
13 d6c 1878). 

Eratostbdne, math&naticien d'Alexandrie, n§ 
k Cyr6ne en 276 av. J.-C., m. en 195 comme ad- 
ministrateur de la biblioth£que d'Alexandrie. 
II a dans ses CatasUrismes (publie en trad, 
allemande par Schaubacb, 1795; dans le texte 
original par Bernhardy, 1822), donn6 des indi- 
cations sur la musique et les instruments grecs. 
Sa division des t&racordes nous a 6t6 trans- 
mise par Ptolem£e. 

Erbach, Christian, n§ a Algesbeim (Palati- 
nat) en 1560, devint en 1600 organiste et plus 
tard conseiller municipal d'Augsbourg. C*6tait 
un des plus remarquables compositeurs alle- 
mands de son temps; il a paru de lui, de 1600 & 
1611, de la musique d'6glise (des motets de 4 k 8 
voix, Bibiiotheque d'Augsbourg). Quelques-uns 
ont 6t6 reproduits dans le Florilegium Portense 
de Bodenscbatz. La bibliotb^que de Berlin ren- 
ferme des motets manuscrits d'Erbacb. 

Erdmannsdorffer, Max, n6 & Nuremberg le 

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ERHARD 



ERNST 



227 



14 juiu 1848, 61£ve da Conservatoire de Leipzig 
ei de Rietz, A Dresde, il fut de 1871 A 1880 maitre 
de chapelle de la cour A Sondershausen, ou 
gr&ce A l'excellence de sa direction et l'execu- 
lion de nombreuses oeuvres modernes (Liszt, 
Berlioz, Brahms, Raff, Saint-Saens, etc.), il 
reussit a donner nn nouvel 61an aux « Loh- 
Konzerte » d6j& c£16bres auparavant, comma 
centre de reunions de la nouvelle 6cole alle- 
mande. E. v6cut on certain temps A Leipzig et 
prit, en 1882, la direction des concerts de la 
« Soci6t£ royale russe de mnsiqne » de Moscou, 
ou il fonda en 1885 nn orchestre d'6tudiants. 
En 1889, il prit la direction des concerts philhar- 
moniqaes et de la « Singakademie » de Breme ; 
mais il 1'abandonna d6jA en 1895, s6journa A 
Munich, puis fut nomme directeur des concerts 
de la « Soci&6 russe de musique » A St-Peters- 
hourg et rentrera cette ann£e m^me (1897) A 
Munich, cemme chef d'orchestre de la cour. 
Les compositions qu'il a 6crites juaqu'a pre- 
sent n'ontpas reussi A obtenir de succes du- 
rable (ce sont des ceuvres pour choeurs: 
Prinzessin Ilse f Schneewittchen, Traumkcenig 
und sein Lieb, Seelinde, une ouverture de Nar- 
ziss, des lieder, des morceaux de piano). — 
Sa femme, Pauline, n6e Oprawill, dite d'apr&s 
le nom de son p&re adoptif Fichtner, nle A 
Viennele28juin 1847, est une excellente pia- 
niste (pianiste des cours de Weimar et de 
Darmstadt). Elle fut, de 1870 a 1871, 616ve de 
Liszt et a £pous6 E. en 1874. 

Brhard (Erhardi), Laurentiue, n6 A Hague- 
nan (Alsace) le 5 aw. 1598, magister A Saar- 
brdcken, Strasbourg et Hanau, et A partir de 
1640 cantor A Francfort «/M; a 6crit : Compen- 
dium musices (1640; 2* 6d. 1660: nouvelle 6d. 
revue, 1669) ainsi qu'un Harmonisches Chorcd- 
und Figural-Gesangbuch (1659). 

Erk, 1. Adam-Wilhelm, n6 A Herpf pr&s de 
Meiningen le 10 mars 1779, organiste A Wetzlar 
en 1802, en 1811 a Worms, en 1812 a Franc- 
fort */M, en 1818 A Dreieichenhain pr&s Darm- 
stadt, oh il mourut le 31 janv. 1820; il a public 
des morceaux pour orgue et Scrit des chants 
d'6cole pour les recueils de son flls Louis. — 
2. Ludwio-Crristian, fils du pr£c6dent, n6 A 
Wetzlar le 6 janv. 1807, m. A Berlin le 25 nov. 
1888; fut maitre de musique dans un strain aire 
A Mors, 1826-1885, et depuis maitre de musique 
au s£minaire des £coles communales de Berlin; 
en 1836, il devint directeur du chant liturgique 
du ddme (le « Chceur du ddme », dans son 6tat 
actuel, n'existait pas encore), place qu'il aban- 
donna cependant d£j& en 1838. Apres avoir 
fond£ en 1843 le « Erkscher M&nnergesang- 
verein » et en 1852 le c Erkscher Gesangverein 
fttr gemischten Chor •, il fut nomm£ « directeur 
de musique • (1857) et, plus tard « professeur ». 
Le nom d 9 E. est tr&s avantageusement connu, 
en Allemagne, gr&ce A ses nombreux livres de 
chants d'6cole qui furent maintes fois 6dit6s 
(Liederkranz ; Singvtigelein; Deulscher Lie- 
dergarten, Musikalischer Jugendfreund, San- 
gerham, Siona, Turner lieder buck , Frische 
Lieder, etc.); plusieurs de ceux-ci ont 6t6 ecrits 



by \j 



iL 



\V 



en collaboration avec son fr6re Friedrigh et 
son beau-fr&re Greef. II a en outre fait paraitre: 
Die deutschen Volhslieder mit ihren Sing- 
weisen (1838 A 1845) ; Volhslieder, alte und neue, 
fur Mdnnerstimmen (1845-46); Deutscher 
Liederhort (chants populaires, 1856); Mekr- 
stimmige Gesdngefur Mannerstimmen (1883- 
35); Volkshlange (pour voix d'hommes, 1851-60); 
Deutscher Liedersckatz (idem, 1859-72) ; Vier- 
stimmige Choralgesdnge der vornehmsten 
Meister des XV L und XVI L Jahrhunderts 
(1845): J.-S. Backs mehrstimmige Choralge- 
sdnge und geistliche Arien ( 1850-65) ; Vierstim- 
miges Choralbuck fur evangelische Kirchen 
(1863) ; Chorale fUr Mannerstimmen (1866), et 
enfln des exercices pour piano et un Methodi- 
scher Leitfaden fur den Gesangunterricht in 
Volksschulen (1834, l r * partie). Sa pr£cieuse bi- 
blioth&que a &6 acquise par l'Acadfonie royale 
de musique. — 3. Friedrich-Albrecht, frfere du 
pr6c£dent, n£ a Wetzlar le 8 juin 1809, m. le 
7 nov. 1878; comme maitre A l'Scole reale de 
Dusseldorf il collabora A la publication des re- 
cueils de chants d'^cole de son fr^re et publia 
en outre un Kommersbuch (avec Silcher) tr£s 
r^pandu, YAllgemeines deutsches Tumlieder- 
buch (avec Schauenbergj et enfln un Freimau- 
rer-LiederbucL 

Erkel, Franz, compositeur national hongrois, 
n6 A Gyula le 7 nov. 1810, m. A Budapest le 15 
juin 1893 ; A partir de 1838, chef d'orchestre du 
Th&tre national A Budapest, directeur hono- 
raire des 8ori£t6s chorales d'hommes de la 
Hongrie. II a compose neuf operas hongrois, 
parmi lesquels il faut noter surtout : Hunyadi 
Laszlb (1844) et Bank Ban (1861) qui trouvk- 
rent un accueil chaleureux, et un tr£s grand 
nombre de chansons devenues populaires. — 
Son fils Alexius, n£ & Budapest en 1846, m. dans 
la m6me ville le 10 juin 1893. dSbuta en 1883 
A Pest par Toperette « Tempefoi », qui fut sui- 
vie de trois autres jusqu'en 1891. 

Erler, Hermann, n^ A Hadeberg pr^s Dresde, 
le 3 juin 1844, fut longtemps gerant de la 
maison Bote et Bock A Berlin ; il r£digea la 
• N. Berliner Musikzeituug » et fit des 3omptes 
rendus pour le « Berliner Fremdenblatt ». En 
1873, il fonda une maison d'£dition A Berlin 
(maintenant « Hies et Erler »). E. a publie des 
lettres de Schumann (R.Schumanns Lebenund 
Werke, aus seinen Brie fen geschildert ; 2 vol., 
1887). 

Ernst, 1. Franz-Anton, n6 A Georgentlial 
(BohSme) en 1745, m. en 1805 ; violon-solo a 
Gotha en 1778,6tait de son temps un violoniste 
tr6s renomm^. II a compost quelques oeuvres 
pour son instrument (concerto en mi bimol) et 
£crit entr'autres dans X « Allgemeine Musika- 
lische Zeitung t de Leipzig (1805) : Ueber den 
Bau der Geige. — 2. HBiNRicn-WiLiiELif, n6 A 
Briinn en 1814, m. A Nice le 8 oct. 1865; Steve 
de Bohm et de Mayseder, violoniste cil&bre, 
autant ou mfrme plus encore que ses mattres. 
D v6cut sans poste tixe, la plupart du temps en 
tourn£es, mais passa plusieurs armees A Paris. 
Son Elegie 9 sa Fantaisie sur Othello, son con- 

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228 



ERNST — ESSER 



eerio en fa di&se, etc. sont encore aujourd'hui 
dee morceaux de concert apprecies. — 3. Hkin- 
rich, chanteur, ne d Dresde le 19 sept. 1846, 
flls de la cantatrice dramatique Josephine 
E.-Kayser qui fat tres fetee de 1851 & 1861 an 
Theatre national de Budapest, neveu da pre- 
cedent E16ve du Conservatoire de Budapest, ii 
fut engage en 1872 comme baryton au Theatre 
municipal, & Leipzig; mais F. Rebling le fit , 
travailler et transforms bientdt sa voix en fort | 
t6nor. II entra en 1875 k l'Op6ra royal de 
Berlin, oft il fut tres apprecie. 

Ernst II (IV), due regnant de Saxe-Cobourg- 
Gotha, ne k Cobourg le 21 juin 1818, m. au cha- 
teau de Reinhardsbrunn le v2 aout 1898, s'est 
beaucoup occupy, des sa jeunesse, de masique 
et a compose des lieder, des cantates, des hym- 
nes, ainsi que des operas : Zaire, Toni, Casilda, 
Santa Chiara (1853), Diana von Solange (1858) 
et des op£rettes Der Schuster von Strassbwrg 
(Vienne 1871, sous ie pseud, de Otto Wernhard) 
et Alpenrosen (Hambourg 1873, sous le pseudl 
N. v. K.) qui ont ete plusieurs fois representee 
avec succ^8. 
Erolco (ital.), herolque. 
Erotica (gr.), chants d'amour. 
Erzlaute (all), archiluth; v. luth. 
Es (all.) = mi bhnol; kses = mi double- 
b&mol. 

Eschmann, Johann-Karl,^ dWinterthur en 
1825, m. k Zurich le 27 oct 1882, excellent peda- 
gogue pour le piano ; fixe d'abord k CasseL, il 
s'etablit en 1852 k Zurich. II a fait paraitre un 
Wej/xoeiser durch die Klavierlitteralur (Zu- 
rich 1879, 3»* ed. publi^e par Ad. Ruthardt) ; 
de nombreux et instructifs morceaux pour 
piano (des etudes, une methode de piano, 
[1 T% partie : pour la premiere annee de piano, 
2™ partie : pour la deuxieine et la troisidme 
annee] ; 100 Aphorismen, tires de l'enseigne- 
ment du piano) ainsi que des morceaux de 
genre, des lieder, des morceaux pour violon et 
piano, etc. II ne faut pas confondre avec lui 
— 2. Carl E.-Dumur, ne k Wadensweil, pr£s 
Zurich en 1835, professeur de piano fort ap- 
precie, k l'lnstitut de musique de Lausanne ; il 
est aussi Tauteur d'un excellent Guide du 
jeune ;uanwte(2 m# ed. 1888), ainsi que deludes 
techniques, Rythme et agilite (ed. allemande 
sous le litre Schule der Klaviertechnik, par 
Ad. Ruthardt; ed. anglaise par Gustave Tvson- 
Wolff). 

Escudier, deux freres : Marie (ne le 29 juin 
1819, m. le 17 avr. 1880) et Leon (n£ le 17 sept. 
1821, m. en juin 1881), tous deux originaires de 
Castelnaudary ( Aude), arriverent jeunes encore 
k Paris et d£ploy&rent une grande activity dans 
le journalisme. lis fonderent en 1838 La France 
musicale, ainsi qu'une maison d'edilion de 
musique (oeuvres de Verdi) ; ils etaient collabo- 
rateurs de divers journaux politiques, redjg£- 
rent de 1850 a 1858 Le Pays (Journal de l'Em- 
pire) et Scrivirent ensemble les ouvrages 
suivants : Etudes biofjraphiqites sur les chan- 
teurs contemporains( 1840);Dicttb/t naire de mu- 
sique d'apres les tJUoriciens, historietis et criti- 



by \j 



iL 



IC 



ques les plus c&Ubres (1844, 2 vol.; 2« ed. sous le 
titre : Dictionnaire de musique theorique et 
hislorique, 1854) ; Rossini, sa vie et ses oeuvres 
(1854); Vieet aventures des cantatrices c6l&- 
bres, precidies des musiciens de I'empire et 
suivies delavie anecdolique de Paganini(Wffi). 
Les deux freres se s£par£rent en 1862, et L6on, 
qui conserva la maison d'6dilion, fit paraitre un 
nouveau journal musical : LArt musical, qui 
ne cessa qu'apr£s sa mort, tandis que la France 
musicale, que Marie avait continue, avait 
dej& cesse de paraitre en 1870. En 1876, Leon 
prit pour quelque temps la direction du Theatre 
italieu. 

Eslava, Don Miouel-Hilarion, ne k Burlada 
(Navarre) le 21 oct. 1807, m. k Madrid le 28 juiL 
1878 ; sans doute le plus remarquable composi- 
teur et th£oricien espagnol de noire temps. 
Mattre de chapelle en 1828 de la cathedrale 
d'Ossuna, ii fut ordonne prMre et devint, en 
1832, mattre de chapelle de reglise metropoli- 
taine de Seville puis, en 1844, chef d'orchestre 
de la cour de la reine Isabelle. E. a ecrit une 
grande quantite de musique d'£glise, de plus 
trois operas (11 solitario ; La tregua di Ptole- 
maide ; Pedro el Bruel), une methode eiemen- 
taire de musique fort r£pandue (Metodo de 
solfeOy 1846) et un traits de composition (Es- 
cuela de armonia y composition^* ed. 1861). 
De 1855 a 1856, il fit paraitre un journal de 
musique (Gaceta musical de Madrid). Mais ses 
publications les plus dignes d'intertM sont des 
recueils: Museo organico espanol, qui con- 
tient aussi des oeuvres de lui-meme pour orgue, 
et plus specialement encore: Lira sacro-his- 
paha (1869 ; 5 vol. en 10 tomes) qui contient 
des o»uvres de musique religieuse des maitf es 
espaguols du xvi* au xix e s. ; le 8 m * tome ne 
renferme que des cpuvres d'E. 

Espagne, Franz, ne k Mfinster (Westphalie) 
en 1828, m. k Berlin le 24 mai 1878 ; fut eieve de 
Dehn a Berlin, puis apres avoir ete peu de 
temps directeur de musique a Bielefeld (1858), 
il succeda la mdme annee & Dehn, comme 
conservateur de la partie musicale de la Biblio- 
theque royale de Berlin, et comme directeur du 
chepur de la « Hedwigskirche ». En outre de sa 
grande activite comme bibliothecaire , E. a 
rendu des services par sa participation & la 
redaction des editions completes des oeuvres 
de Beethoven (compositions vocales), de Pales- 
trina (avec de Witt) etc. parues chez Breitkopf 
et HserteL 

Espirando (ital), en expirant, en moui*ant; 
syn. de morendo. 

Espressione (ital.), expression; con e$irr. % 
c. espr., espressito, espr. = avec expression, 
indications habi tuelles pour les passages en de- 
hors, dans les parties d'orchestre. 
Espringale (ital.), c.-ik-d. danse sautee (all. 
j Springtans). 

i Esser, Heinrich, ne k Mannheim le 15 juil. 
1818, m. a Salzbourg le 8 juin 1872; en 1838, il 
etait violon-solo, puis devint mattre de cha- 
pelle au Ihedtre de Mannheim. Apres avoir ete 
pendant quelques anises directeur de la « Lie- 

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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



ESSIPOFF — EULER 



229 



dertafel » de Mayence, il fut nommS, en 1847, 
chef d'orchestre au « Kdrntnertbor-Theater » 
de Vienne, puis en 1857, chef d'orchestre de la 
coor d'Autriche. II dirigea pendant quelqne 
temps les Concerts philharmouiques de Vienne 
puis vecut, apr£s avoir 6t6 admis d faire valoir 
sea droits d la retraite (1869), d Salzbourg. E. 
Itait, si ce n'est gonial, da moins Men dou6 
comme compositeur ; ses qaatuors pour voix 
d'hommes et ses lieder sont assez r&pandus en 
Allemagne et en Autriche, mais ses oeuvres 
d'orchestre et sa musique de chambre ne sont 
gu&re connues. Dans les premieres annees de 
sa carridre, il avait aussi 6crit quelques opdras : 
Silas, (Mannheim, 1840); Riquiqui, ( Aix-la-Cha- 
pelle,1843) ; Die beiden Prinzen, (Munich, 1845). 
Essipoft, Annette, pianiste remarquable, n6e 
d St-P&ersbourg le 1« fdvr. 1851 ; fille d'un 
haut fonctionnaire, dldve de Wielopolski et de 
Leschetitzki (au Conservatoire), epousa ce der- 
nier en 1880, mais obtint son divorce en 1892. 
Elle a ddbutd comme pianiste de concert dans 
sa patrie, puis a joue avec grand succ£s en 
1874 d Londres, en 1875 d Paris et en 1876 en 
Am£rique. La caractdristique de son jeu re- 
side dans une interpretation d la fois passion- 
nde et podtique. 

Este (Est, East, Easts), Thomas, cdldbre im- 
piimeur de musique anglais, vers la fin du xvf 
et le commencement du xvu* s. ; Ba premidre 
publication fut : Psalmes, sonets and songs of 
sadnes and pietie (1588) de Byrd ; vinrent en- 
suite des oeuvres d'Orlando Gibbons, Th. Mor- 
ley, Weelke, etc. On a en outre de lui une an- 
thologie, d'un intdrdt particulier : The whole 
booh of psalmes, with their monted times in 
four parts, qui contient des psaumes d quatre 
voix de Alison, Blancks, Cavendish, Gobbold, 
Dowland, Farmer, Farnaby, Hooper, Johnson 
et Kirbye (1592; nouv. dd. 1594, 1604). 

Estinto (ital.), 6teint; indication moderne 
(Liszt) pour le plus extreme pianissimo. Esttn- 
guendo, mdme nuance que la precddente, mais 
amende progressivement, 

Etouffd, indication fr£quente dans les parties 
de timbales, de cymbales ou de tamtam, faisant 
savoir d rinstrumentiste qu'il doit faire cesser 
la sonorite immddiatement apres le coup. 

Etroite. Position fe. des accords (all. enge 
Lage), le contraire de « position large » (all. 
voeite Lage ou zerstreute Harmonie), ex. : 

- * * t 



i 



zszi 



^* 



S 73 



3—1 



Position etroite. 



Position large. 



Ett, Kaspar, nd a Eresing, prds de Landsberg 
en Bavidre, le 5 janv. 1788. m. d Munich le 16 
mai 1847; il avait 6td 61dve de J. Schiett et 
J. Gratz, au sdminaire de l'dlecteur de Munich 
et fut,d partir de 1816,organiste d la • Michaels- 
kirche > de cette ville. E. a rendu de grands 
services en remettant au jour et en faisant 
executer d'anciennes oeuvres de musique d'6- 



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glise du xvi« au xvm* s., qu'il prit pour module 
dans ses propres compositions (Messes avec 
ou sans orchestre, plusieurs Requiem, Mis* 
rere, Stabat Mater, etc.). Une ou deux de ses 
oeuvres seulemenl ont dtd gravies (Graduels 
et Cantica sacra) ; un traits de composition, 
qui n'a pas £16 non plus imprimd, est conservd 
avec d'autres manuscrits d la Bibliothdque de 
la cour de Munich. 

Etude, nom que Ton donne d certains mor- 
ceaux de musique ayant pour but special le 
ddveloppement technique de l*ex6cutant, que ce 
soit pour les tout premiers debuts ou pour le 
dernier perfectionnement de la virtuosity. II est 
vrai qu'une branche de cette literature est cal- 
culde en vue de 1'exdcution au concert et que sa 
valeur musicals en est augments (fc. de con- 
cert); mais I'd. n'en reste pas moins caractdri- 
s£e par un amoncellement de difficulty techni- 
ques. L'd. se borne gdndralement d ddvelopper 
un seul motif technique (gammes, arpdges, 
sauts, staccato, liaisons poly phoniques, etc.) ou 
un petit groupe de motifs analogues ; toutefois, 
il en est qui reposent sur plusieurs themes, 
dont Fun, plus mdlodique, contraste avec l'au- 
tre en passages brillants et continus. Gf. aussi 
les noms des divers instruments. 

Euclide, mathdmaticien grec, vivait d Alexan- 
drie environ 800 ans av. J.-G. Deux traitds 
de musique ont dtd conserves sous son nom : 
KurocTQjuy xotme$ (Sedio canonis) et *Enraytoyn 
olfnonxn (Introductio harmonica), mais ni Tun 
ni Tautre ne semble provenir de lui ; eri tous 
cas, les deux traitds sont de deux auteurs dif- 
fdrents, car Tun reprdsente le point de vue des 
Pythagoriciens, le second celui d'Aristoxene. 
Quelques manuscrits attribuent ces deux ou- 
vrages d Gleonides. 

Eulenburg, Praupp (comte de), ni d Kcenigs- 
berg, en Prusse, le 12 fdvr. 1847, ambassa- 
deur du royaume de Prusse d Stuttgart, com- 
positeur de lieder (Shaldengesange, Nord- 
landslieder, Seemdrchen, Rosenlieder), pour 
lesquels il dcrivit lui-mdme le texte. 

Euler,LEONH.\RDT, mathdmaticien et physicien 
de renom,nd d Bdle le 15 avr. J707, m. d St- 
Pdlersbourg le 8 sept 1783; dldve de Bernouilli, 
puis professeur de mathdmatiques d St-Pd- 
tersbourg (1780) et Berlin (1740), ou il devint 
directeur de la classe de mathdmatiques de 
l'Acaddmie ; il rentra en 1766 d Sl-Pdtersbourg, 
mais devint, peu aprds, aveugle. E. a ecrit (en 
plus de ces travaux de mathematiques pures) 
un grand nombre de dissertations sur l'acous- 
tique, parues dans les comptes rendus des 
Academies de Berlin et de St-Peterbourg; mais 
son ouvrage principal sur la musique est un 
Tentamen novae theoriae musicae (1729) dont 
le rdsultat ndgatif demontre que les mathdma- 
tiques ne suffisent pas pour dtablir un sysleme 
musical. Comme d'aprds la thdorie mathema- 
tique, un intervalle est d'autant plus difficile d 
saisir, c'est-d-dire d'autant plus dissonant, que 
leschiffres qui le representent sont Aleves, la 
quatri^me octave (16) se place, selon E., au 
I point de vue de la sonorite, entre le son 15 et 

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230 



EUPHONIE — EXPRESSION 



le son 17 de l'&chelle des harmoniques sup6- 
rieures, autrement dit : ut 1 : ut 5 estmoins con- 
sonant que ut x : si A (!). Ce fat £. qui, le pre- 
mier, eut l f id£e de se servir des logarithmes 
pour exprimer plus clairement les rapports de 
hauteur des sons. V. Logarithmes. 

Euphonie, (gr.), action de sonnet agreable- 
ment, harmonie, 

Euphonium, 1. Eophonion, Euphon, (greet son- 
nant bien), instrument construit par Chladni 
en 1790, et compost de tubes de verre accord£s 
qu'on frottait avec les doigts mouilies. Les 
tubes de verre donnaient des vibrations longi- 
tudinales, mais en communiquaient de trans- 
versales k des barres d'acier avec lesquelles 
lis etaient mis en communication. Of. la des- 
cription du clavicylindre (1821), de Chladni 
lui-m&me. — 2. (Barytonhorn), instrument de 
cuivre k perce large, introduit dans les musi- 
ques militaires allemandes. V. Tuba. 

Evenopoel, Edhond, ne k Molenbeek - St- 
Jean, pr^s Bruxelles, le 23 mars 1846, collabo- 
rates du Guide musical, de la Revue wa- 
gntrienne, etc., a ecrit entre autres : Le 
Wagn4risme hors de CAUemagne (Bruxelles. 
1891). 

Evers, Karl, n£ k Hambourg le 8 avr. 1819, 
m. k Vienne le 13 dec. 1875, pianiste-composi- 
teur de m£rite, eieve de Krebs, k Hambourg et 
de Mendelssohn, k Leipzig; il nt de longues 
tonrnees de concerts k travers toute l'Europe, 
v6cut k Paris, k Vienne, s'&ablit en 1828 k 
Graz^comme march and de musique, mais re- 
vint k Vienne en 1872. II a compost quatre 
sonates pour piano, des Chansons d amour 
(douze romances sans paroles, caracterisant 
differents pays : la Provence, l'Allemagne, Tlla- 
lie, etc.), des lieder, etc 

Evesham, le moine de, v. Odixoton. 

Evirato (ital.), v. Gastrat. 

EVOTAE-secwlorum amen, fin du Gloria pa- 
tri qui est g^n^ralement ajoute au chant des 
psaumes, dans l'£glise catholique. Of. tropes. 

Ewer et C°, maison d f edition de musique de 
Londres, fondle en 1821) par John-J. Ewer, 
puis reprise par E. Buxton qui l'amena k un 
etat florissant par l'acquisition de la propriety 
de la plupart des ceuvres de Mendelssohn pour 
l'Angleterre. Le fonds d'edition fut vendu en 
1860 a William Witt et r6uni en 1867 k celui de 
Novello et O (Novello, Ewer et O). 

Eximeno, Antonio, j&suite espagnol, ne k 
Balbastro (Aragon) en 1732, professeur de ma- 
th^matiques il^cole militaire de Segovie, partit 
pour Rome lors de l'interdiction de son ordre 
en Espagne et y mourut en 1798. n a ecrit: 
DeWorigine delta musica colla sloria del suo 
progresso, decadenza et rinovazione (1774), 
ouvrage qui etail dirigd contre la « theorie 
grise » ; cet ecrit rencontra une vive opposition, 
entre autres de la part du P6re Martini, dont 
E. attaqua sp&cialement Touvrage principal, 
dans son : Dubbio di D. Antonio E. sopra il 
saggio fondamentale, etc. (1775). II repondit k 
di verses attaques de ses contradicteurs dans : 
Risposte al giudizio delle efemeridi di Roma 



by \j 



iL 



\V 



etc. Les deux premiers ouvrages ont et6 traduits 
en espagnol par Guturiez. 

Exposition, nom que Ton donne k la partie 
(debut) d'une oeuvre musicale, dans laquelle 
les diflerents themes sont pr6sent£s pour la 
premiere fois. V. d&vkloppehent. 

Expressif, orguee., syn. d'harmonium; v. ce 
mot. 

Expression, 1. (ital. espressione 9 all. Aus- 
druck). L v e. musicale est Tensemble des nuan- 
ces deiicates qu'exige Interpretation d'une oeu- 
vre musicale, nuances que ne peut indiquer 
exactement la notation et qui comprennent tons 
les lagers changements de mouvement, toutes 
les variantes dynamiques, accentuations et di- 
versit6s de timbres obtenues par le toucher 
(piano), le coup d'archet (violon, etc.), l'attaque 
(instr. k vent, voix), etc.; e'est done de l'observa- 
tion de ces innombrables details que naltle jeu 
expressif. Si le compositeur voulait indiquer, 
au moyen de a > sf. 9 etc., tous les petits accents 
que n£cessite Interpretation artistique de son 
oeuvre, la notation deviendrait illislbie k force 
de signes ; quant k Tex^cutant, il serait telle- 
ment pr6occupe par cette surabondance d'in- 
dications, qu'il ne parviendrait m£me plus k 
conserver aucune spontaneity. Dans la musique 
d'ensemble, k Torchestre par exemple, il n*est 
gudre possible de laisser libre cours k la per- 
sonnalite de chaque instrumentiste; Yespressrvo 
doit, par consequent, etre reserve pour les pas- 
sages soli des divers instruments, tandis que 
dans les tutti chacun doit s*en tenir aux indica- 
tions donn£es par la partition ou par le direc- 
teur: Tunique interprete reel est alors le chef 
d'orchestre. II n'est point ais£ de formuler une 
theorie precise de Te, la chose n'enest pas moins 
possible ; d'ou viendrait, sans cela, que tous les 
bons artistes sont d'accord sur les principales 
modifications k apporter a Texecution morne et 
froide que donnerait Tobservation pure et sim- 
ple de la notation. (Test de nos jours seulement 
que divers theoriciens ont tente d'obtenir quel- 
ques points de vue gen£raux sur ce sujet Le 
meilleur des travaux relativement anciens est 
sans contredit celui de J.-P.-A. Schulz, a Farti- 
cle « Vortrag », dans la Theorie der schtinen 
Kimste (1772) de Sulzer. Parmi les etudes plus 
recentes, nous noterons : A. Kullak, Aesthetih 
des Klavierspiels (1861) ; Mathis Lussy, TraiU 
de V expression musicale (1873, 6« 6d. 1891; 
trad. all. parVoigt, 1886); Otto Klauwel, Der 
Vortrag in der Musik (1883); H. Riemann t 
Musikalische Dynamih und Agogih (1884); 
A.-J. Ghristiani, Das Verstdndnis im Ktavier- 
spiel (1886). Les grandes divergences qu'offrent 
les r^sultats de ces travaux, prouvent qu'il y a 
encore beaucoup a faire dans ce domaine; quel- 
ques faits g£neraux seulement peuvent etre con- 
siders comme definitivement etablis. Remar- 
quons tout d'abord, pour ce qui concerne les 
petits changements de mouvements, que Facce- 
leration est le signe d'une progression ascen- 
dante, le ralentissement celui d'une progres- 
sion descendante, que, par consequent, dans la 
regie, Tacceieration de mouvement conviendra 

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EYBLER — EYKENS 



231 



a la partie de Toeuvre dans laquelle le deve- 
loppement musical est ascendant, positif; le 
mouvement sera par contre tegerement relache, 
lorsque le developpement aura atteint son but 
(la terminaison feminine est alors d'autantplus 
prolongee que la tension precedente a £t6 plus 
forte), n va sans dire qu'a l'interieur d'une 
m^me phrase musicale ces changements doi- 
vent 6tre tr&s petits: ils auront plus d'impor- 
tance dans un theme quelque peu developp6, et 
atteindront, dans un morceau entier, une inten- 
sity telle que la notation en tiendra presque 
toujours compte. I/augmentation ou la diminu- 
tion d'intensite sonore correspond egalement a 
une progression ascendante ou descendante; 
l'expression dynamique d'une phrase musicale 
sera par consequent le crescendo (jusqu'au 
point culminant de la phrase) suivi d'un dimi- 
nuendo (jusqu'a la fin). Ajoutons que genSrale- 
ment la flexion meiodique suit le mouvement, 
ascendant puis descendant, de la phrase musi- 
cale. Le compositeur devra, par consequent, 
indiquer le plus souvent les hearts de ces regies 
g£n£rales, par ex. : le diminuendo lorsque la 
melodie est ascendante ou lorsqu'il y a « strin- 
gendo »; le ritardando lorsque la melodie est as- 
cendante et qu'il y a t crescendo >; dans tous les 
cas, le compositeur commettrait une omission 
graye en ne designant pas ce qu'il y a d'anor- 
mal comme tel. En outre, on peut considerer 
comme regie generate Taccentuation de tout ce 
qui est irregulier, de tout ce qui sort du cours 
normal de la melodie, du rythme, de Tharmo- 
nie ; on entend par la, au point de vue harmo- 
nique, l'apparition d'accords tout a fait Stran- 
gers a la tonique ou celle de sons fortement 
dissonants. La modulation se fait normalement 
en crescendo, et les accords ou les sons qui l'in- 
troduisent regoivent des accents plus forts que 
ne l'exigerait leur valeur m&rique ou rythmi- 
que. Lorsque, croyant Tadoucir, on prive une 
forte dissonance de son accent, on ne fait que 
Tattenuer et distraire d'elle Tattention de 
Vauditeur, d'ou il resulle inSvitablement une 
conception imparfaite, insuflisante, et un man- 
que de clarte dont Teffet pourrait 6tre compart 
a celui de la fausse relation (v. ce mot). Le 
compositeur n'en est pas moins libre, cela va 
de soi, de faire un usage artistique et conscient 
des nuances opposees a toutes celles qui yien- 
nent d'etre indiqu6es ; il peut s'aventurer dans 
les modulations les plus extraordinaires, en 
diminuendo, oser les dissonances les plus for- 
tes en pianissimo. La musique prendra, par le 
fait m&me du manque de clarte, un caract&re 
etrange, anormal, legendaire, sinistra ou sim- 
plement surnaturel. Mais toute exception aux 
regies generates £tablies devra, comme nous 
l'ayons d6ja dit, Stre indiqu^e d'une fagon pre- 
cise et absolue par le compositeur lui-m6me. — 
2. Registre qui, dans Tharmonium, permet d'ob- 
tenir le t crescendo » ou le « decrescendo » au 
moyen de la pression du pied sur les pedales. 
Eybler, Joseph (anobli en 1834, Edler von 



E.), ne a Schwechat pres de Vienna ou son 
pere 6tait maitre d'6cole, le 8 tevr. 1765, m. a 
Schonbrunn le 24 juil. 1846. II regut son Educa- 
tion musicale a Vienne, dans le seminaire de 
jeunes gargons et sous la direction d'Albrechts- 
berger (1777-79); il etait cependant destin6 a la 
jurisprudence et n'embrassa la carriere musi- 
cale que le jour ou ses parents, a la suite de 
revers de fortune, ne se virent plus dans la 
situation de l'entretenir. Ses relations d'amiti£ 
avec Haydn et Mozart lui furent alors d'un 
grand secours, car tous deux le recommande- 
rent a l'6diteur Artaria et firent connaitre ses 
capacites musicales. E. a soign6 Mozart pen- 
dant sa derniere maladie. En 1792, il devint 
directeur du choeur de T6glise des Carmelites, et 
en 1794 aussi de celui du « Schottenstift >. En 
1804 il devenait yice-maitre de chapelle de la 
cour, en 1810, maitre de musique des princes 
de la maison impGriale et enfin, en 1824, apres 
la retraite de Salieri, premier maitre de cha- 
pelle. En 1833, au moment ou il dirigeait le 
« Requiem » de Mozart, il fut frapp£ d'une 
attaque de paralysie et dut depuis lors renoncer 
soit a dinger, soit a composer. Comme auteur de 
musique d'£glise, E. occupe un rang honorable 
(32 Messes, dont 7 ont et6 gravees, 1 Requiem, 
2 oratorios, 7 Te deum, 30 offertoires dont 7 
Egalement graves, etc.);un grand nombre de 
ses ceuvres sont encore au repertoire des mai- 
trises de Vienne. Ses symphonies, quatuors, 
sonates, concertos, lieder, etc , sont par contre 
enlierement oubliSs. 

Eyken, 1. (Eycken, Du Chesne) Simon yak, 
v. Uuebcu. — 2. (Eijken) Jan-Albert van, ne 
a Amersfoort (Hollande) le 26 avr. 1822, m. a 
Elberfeld le 24 sept. 1868; fils d'un organiste, il 
6tudia l'orgue et la composition de 1845 a 1846, 
au Conservatoire de Leipzig et, sur le conseil 
de Mendelssohn, encore quelque temps aupres 
de Jojh. Schneider, a Dresde. II fit, avec grand 
succ£s, des tournees de concerts en Hollande 
en 1847, devint l'annes suivante organiste a 
Teglise des Remontrants, a Amsterdam, puis 
en 1853 a la t Zuyderkirke » et maitre d'or- 
gue a TEcole de musique de Rotterdam. De 
1854 jusqu'a sa mort, il a 6t6 organiste de T6- 
glise reformee d'Elberfeld. C'est surtout par 
ses morceaux d'orgue qu'E. s'est fait un nom 
comme compositeur (trois sonates, 150 chorals 
avec preludes, 25 preludes, une toccata et une 
fugue sur le nom de BACH, des variations, des 
transcriptions, des arrangements pour orgue 
des fugues de piano de Bach, etc.). II a aussi 
ecrit des ballades, des lieder, des quatuors pour 
\oix mixtes, une sonate pour violon, de la mu- 
sique pour la trag^die Lucifer, etc. — Son fr6re 
Gerhard-Isaac, ne le 5 mai 1832, est aussi or- 
ganiste; il est, depuis 1855, professeur de mu- 
sique a Utrecht. 

Eykens, Dan.-Simon, ne le 13 oct. 1812, m. a 
Anvers le 9 oct. 1891, compositeur (operas, 
Messes, choeurs d'hommes, fantaisies pour 
piano sur des themes d'operas, etc.). 



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232 



F — FACGIO 



F 



F. 1. Nom du sixi&me son de Techelle fonda- 
mentale (v. ce mot) des Allemands, des An- 
glais, etc., le premier dont on fit usage comma 
clef (clavis signata) au d£but d'une ligne de 
notes ; il correspond au fa des Italiens, dee 
Frangais, etc. (pour ce qui concerne les noms 
de solmisation, v. muances). L'usage de la clef 
de F {fa) remonte jusque dans le courant du 



! x« s.; du xi # au xm« s., la ligne du fa 6tait g£- 

1 nSralement colorize en rouge (minium), celle 

j de Yut en jaune (crocum), pour faciliter leur 

j diflterenciation. La clef de fa avait au d&rat et 

conserva pendant piusieurs si&cles la forme de 

l'F ou f; elle n'a pris que graduellement son 

aspect acluel : 



r/r* HH ' ♦ C i t i f 



y> -a; or, t» 



— 2. Abr. pour forte ;it= fortissimo ; f f f = for- 
tissimo possibile. — 3. Nom que les Allemands 
donnent k ce que nous appelons, avec beaucoup 
moins de raison, les S du violon, du violon- 
celle, etc. Gf. S. 

Fa, nom que Ton donne en Italie, en France, 
en Belgique, en Espagne, etc., au sixteme son 
de l'6chelle fondamentale (v. ce mot) de notre 
syst&ine actuel; il correspond au / des Alle- 
mands, des Anglais, des Hollandais, des Su6- 
dois, etc. Cf. F, solmisation et muances. 

Faber, 1. Nikolaus, le plus ancien facteur 
d'orgues allemand dont le nom soit connu, a 
construit de 1859 k 1861 Forgue du d6me de 
Halberstadt, d£crit par Praetorius (Syntagma, 
II). — 2. Nikolaus, a public en 1516 : Rudi- 
menta musicce (2 e 6d*, sous les auspices d'A- 
ventinus). — 3. Magister Hrinbich, ni k Lich- 
tenfels, m. k (Elsnitz en Y. le 26 ttvr. 1552; fut 
nomme en 1588 recteur de Ncole du convent 
de St- George, pr&sde Naumbourg; il en fut 
chass6 en 1545, k la suite de la publication de 
quelques chansons satiriques sur le pape, 
donna alors des cours sur la musique d Wit- 
tenberg et fut, en dernier lieu, recteur k Bruns- 
wick. F. est l'auteur du Compendiolum musi- 
cce pro'tncipientibus(\h^ et dtelora de nom- 
breuses Editions; trad, en allemand par Chris- 
tophe Rid, 1572, et par Joh. Gothart, 1605, Editions 
r£&dit£es toutes deux; en latin et en allemand 
par M. Vulpius, 1610 [avec des additions, 7 Edi- 
tions] ; la traduction de Rid fut encore revis^e 
par A. Gumpeltzhaimer et parut en 1591, 1600, 
1611, etc.) ; il a aussi 6crit le Ad musicam prac- 
ticam introductio (1550, 1558, 1563, 1568, 1571, 
etc.) dont le Compendiolum n'est en somme 
qu'un extrait. — 4. Benedikt, qui eut de 1602 k 
1631 un poste a Gobourg, composa des psau- 
mes k 8 voix, des Cantiones sacras de 4 k 8 
voix, une cantate de Pdques, une cantate de 
circonstance, etc. (le tout publiS a Cobourg). 

Fabio, v. Ursillo. 



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Fabri, 1. Steffako, maitre de chapelle au Va- 
tican de 1599 k 1601, et k St-Jean de Latran de 
1608 k 1607, a 6crit deux livres de Tricinia (1602 
et 1607). — 2. Steffano (le cadet), n6 k Rome 
en 1606 et m. le 27 aout 1658; 61eve de Nanini, 
il devint en 1648 maitre de chapelle a l'£glise 
frangaise St-Louis, et en 1657 a Santa Maria 
Maggiore; on a de lui des motets de 2 k 5 voix 
(1650) et des Salmi concertati a 5 voix (1660). 

Fabricius, 1. Wbkner, ni k Itzehce le 10 avr. 
1633, m. k Leipzig le 9 janv. 1679, 6idve de Sel- 
lius et de Scheidemann, k Hambourg, Stadia le 
droit a Leipzig ou il fut mdme avocat; il occupa 
en m&me temps le poste d'organiste k l'£glise 
St-Thomas et celui de directeur de musique k 
1'eglise St- Paul. On a de lui : Ddicue harmo- 
nica? (35 pavanes, allefnandes, etc. k 5 voix; 
1657), des airs religieux de 4 k 8 voix, des dia- 
logues et des concertos (1662). — 2. Johann-Al- 
bert, fils du prudent, n6 k Leipzig le 11 nov. 
1668, m. k Hambourg oh il 6tait professeur d'£- 
loquence, le 30 avr. 1736; bibliographe tr£s Emi- 
nent, publia : Thesaurus antiquitatum hebrai- 
carum (1713, 7 vol.); Bibliotheca latina media? 
et infimce celatis (1724-1734, 6 vol.; 2* 6d. 1754), 
Bibliotheca grceca sive notitia scriptorum vete- 
rum grascorum (1705-1728, 14 vol.). Ges trois 
ouvrages sont importants a consul ter, pour 
Thistoire de la musique. 

Faccio, Fbanco, n6 a V6rone le 8 mars 1840, m. 
dans Thospice d'alten^s de Monza, pres Milan, 
le 21 juin 1891, 616ve de Ronchetti et de Mazzu- 
cato au Conservatoire de Milan, li6 avec Arrigo 
Boi'to, marcha avec celui-ci k l'^cart de la large 
voie suivie par la musique d'opera italienne. 
De ses deux operas : 1 profughi Fiamminghi 
(1863) et Amleto (1865), le second (livret de 
Boi'to) lui a valu le tr&s louable reproche d'etre 
congu i & la Wagner »; il fut bien accueilli k 
Florence, mais par contre siffl6 k la Scala de 
Milan. En 1876, F. fit en compagnie de Boi'to 
la campagne dans l'arm&e de Garibaldi; de 

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FAGE 



FAMINZIN 



233 



1867 a 1868, ils parcoururent tons deux la 
Scandinavie. C'est alors qu'il ecrivit sa sym- 
phonie en fa majeur. F. devint en 1868 profes- 
seur au Conservatoire de Milan (d'abord pour 
Tharmonie, plus tard pour le contrepoint et la 
composition), et k cdle de cela chef d'orchestre 
au theatre Carcano, puis a la Scala; il jouissait, 
depuis la mort de Mariani, de la reputation de 
premier chef d'orchestre de lltalie. Outre ses 
operas, F. a aussi ecrit des melodies, et, en col- 
laboration avec Boito, une cantate intitulee : Le 
sarelle d Italia (1862). 

Page, v. Lafage. 

Fago, Nicola, ne a Tarente en 1674 (de la 
son Burnom it Tarentino), fut d'abord eleve 
d'A. Scarlatti, au « Conservatorio dei Poveri », 
pais de Provenzale au « Conservatorio de f Tur- 
chini >. Ses Etudes terminees, il devint maltre 
suppleant dans ce dernier conservatoire et plus 
tard succeeseur de Provenzale; Tann^e de sa 
mort est inconnue, mais on sait qu'il vivait en- 
core en 1729. Parmi ses eleves, il convient de 
noter surtout Leonardo Leo. F. a ete un com- 
positeur fecond de musique d^glise; il a aussi 
ecrit un oratorio, Faraone sommerso, des can- 
tates et plusieurs operas; Les manuscrits de ses 
ceuvres sont re'partis entre diverses biblothe- 
ques d'ltalie et celle du Conservatoire de Paris. 

Fagott (all.), basson. 

Fagotto (ital.;, basson. 

Fahrbach, 1. Joseph, ne a Vienne le 25 aout 
18*34, m. dans la meme ville le 7 juin 1883, fa- 
meux flutiste et guitariste, a ecrit de nombreux 
concertos pour flute. Son fils : - 2. Wilhelm, 
ne a Vienne en 1838, m. dans la meme ville en 
1866, fut directeur d'un orchestre qu'il avait 
fonde lui-meme, et composa de la musique de 
dause. — 3. Philipp (pere), compositeur estime 
de musique de danse et directeur de musique, 
ne a Vienne le 25 oct. 1815, m. en cette ville le 
31 mars 1885, e'leve de Lanners, essaya aussi de 
se lancer dans la carriere de compositeur sceni- 
que (Der Liebe Opfer, 1845; Das Schwert des 
Konigs, 1845). Son ftls : -- 4. Philipp (jan.) ne 
en 1843, in. a Budapest en mars 1894; fut chef 
d'orchestre militaire k Budapest et compositeur 
de musique de danse. 

Faignient, Nok, conlrapuntiste neerlandais, 
vers 1570, vecut a Anvers et ecrivit dans le 
style d'Orlandus Lassus (airs a trois voix, mo- 
tets, madrigaux, 1567; chansons de quatre a 
six voix, inadrigaux et motets, 1568; motets de 

4 a 6 voix et madrigaux, 1569; madrigaux de 

5 a 8 voix, 1595 ; de plus des morceaux deta- 
ches dans diverses anthologies). 

Faisst, Immanuel-Gottlob-Friedrich, orga- 
niste de me"rite, ne a Esslingen (Wurttemberg) 
le 13 ocL 1823, m. k Stuttgart le 5 juin 1894, etu- 
dia la theologie k Tubingue, mais s'etait en 
meme temps tellement dSveloppe dans la mu- 
sique par son propre travail, que Mendelssohn, 
auquel il soumit des compositions en 1844, k 
Berlin, lui conseilla de continuer ses Etudes 
sans maltre. 11 fut alors en rapports avec Haupt, 
Dehn etThiele,mais sans suivrede lecons pro- 
prement dites. Apres avoir donne des concerts 



d'orgue, en 1846, dans plusieurs villes, il s'eta- 
blit a Stuttgart; il y fondait en 1847 la socieHe 
pour la musique d'eglise classique, en 1849, 
avec quelques collegues, Y « Union des chan- 
teurs souabes ». Pius tard, en 1857, avec Lebert 
entre autres,il fondait le Conservatoire de Stutt- 
gart, ou il enseigna d'abord l'orgue et la compo- 
sition; en 1859, il prit la direction de cette institu- 
tion qui s'est developpSe et a pris rang parmi 
les plus importantes ecoles de musique d'Alle- 
magne. En outre, F. etait organiste a la« Stifts- 
kirche > el membre du Comite de Y « Association 
generate des chanteurs allemands ». L'Univer- 
site de Tubingue lui decerna le titre de Docteur, 
pour ses Beilrage zur Geschichte der Klavier- 
sonate (dans la Ceecilia de Dehn, vol. 25; 1846); 
le roi de Wurttemberg le nomma « professeur ». 
Parmi ses compositions, il faut noter principa- 
lement des morceaux pour orgue, une double 
fugue pour piano (dans la methode de piano 
de Lebert et Stark, dont les exercices provien- 
nent en partie de F.), des lieder, des chceurs pro- 
fanes, des motets, des cantates, etc. F. a redig£, 
avec S. Lebert, la fameuse Edition, parue chez 
Gotta, des classiques du piano (Beethoven fut 
rSdige, k partir de Top. 53 par Billow) ; ennn il 
a public en 1880, en collaboration avec Stark, 
une Elementar- und Chorgesangschule (2 par- 
ties : le Iraite et le recueil d'exercices). Plu- 
sieurs ceuvres pour chceurs d'hommes ont 
oblenudes recompenses dans les concours (Z>i« 
Macht des Gesanges, Gesang im Grimen). 

Falcon, Marie-Corn^lie, celebre cantatrice, 
nee a Paris en 1812, m. dans la meme ville en 
mars 1897;£leve du Conservatoire de Paris, de- 
buta en 1832 k l'Op£ra, mais perdit la voix cinq 
ans apres et ne reparut qu'une fois sur la scene, en 
1891. Sagloire fut telle que son nom a 6te" adopte 
pour designer les r6les analogues k ceux qu'elle 
a cre^s (Alice de « Robert-le-Diable », etc). 

Falso bordone (itaL), v. Faux-boordon. 

Faltin, Righard-Friedrich, n6 k Danzig le 
5janv. 1835; fut eleve de Markull dans cette 
meme ville, de Fr. Schneider a Dessau, puis 
entra au Conservatoire de Leipzig. H etait, en 
1856, maitre de musique dans un institut de 
Wiborg; k partir de 1869, il dirigeades concerts 
symphoniques a Helsingfors, ou il fut aussi, 
depuis 1870, organiste et directeur de musi- 
que de TUniversite, depuis 1872 directeur d'une 
societe de chant. II fut egalement, de 1873 k 
1883, chef d'orchestre de l'ope'ra finnois. F. vit 
aujourd'hui presque retire ; il a publie des chants 
populaires et un recueil de chants finnois. 

Faminzin, Alexandre-Sergiewitsch, ne a 
Kaluga (Russie) le 24 oct. ancien style (5 nov.) 
1841 ; eleve de M. de Santis et de Jean Vogt a 
St-Petersbourg, puis, de 1862 a 1864, de Haupt- 
mann, Richter et Riedel a Leipzig, et enfin, de 
1864 k 1865, de M. Seifriz k Lowenberg. II fut 
nomme en 1865 professeur d'histoire de la mu- 
sique au Conservatoire de St-Petersbourg et 
conserva ce poste jusqu'en 1872. En 1870, la 
Society russe de musique le choisit comme se- 
cretaire. F. occupe une place honorable tant 
comme compositeur (Wiapsodie russe pour 



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234 



FANDANGO — FARMER 



Tiolon et orchestra, deux quatuors k cordes, les 
operas SardanapcUe [1876] et Uriel Acosia 
[1883], des ceuvres pour piano, etc.) que comme 
musicographe; il a redig6 de 1869 k 1871 la 
Saison musicale (en russe), fut correspondant 
musical de divers journaux et traduisit en 
russe les outrages de theorie de C.-F. Richer, 
la Anleilung sum kunstgerechten Modulieren 
de Drfiseke, YAttgemeine Musiklehre de Marx, 
etc. F. a public en outre des collections de 
chants populaires russes (Recueil de chants 
(Tenfants russes f A 1 et 8 voix; Bafan, melo- 
dies de l'Europe occidentale, avec texte russe); 
une analyse detaill^e de l'ouvrage de Schafra- 
now : De la structure de la milodie, dans les 
chants populaires russes (1881); divers essais : 
Les dieucc des anciens Slaves (1 vol. 1884), Les 
bouffons populaires en Russie (1889), Lan- 
cienne gamme de rindo-Chine(V88); enfin une 
monographic sur l'instrument appeie « Gussli » 
(1890). 

Fandango (Rondeha, Malagueha), danse es- 
pagnole k 8 /a> d'un mouvement modere (alle- 
gretto), avec accompagnement de guitare et de 
casiagneltes et sur un rythme de castagnettes : 



iHbp 



+ 



*■** 



alternant avec des couplets chants, pendant 
lesquels la danse est so 8 pen due. 

Fanfare, 1. (all. Hornmusih). Corps de mu- 
sique compose exclusivement d*instr. k vent en 
cuivre. V. pour les details : Gevaert, Cours m&- 
thodique (T orchestration, p. 288 et sui v. — 2. (all. 
Fanfare.) Sonnerie de trompettes d'un carac- 
terejoyeux ou solennel, dans laquelle on ne 
fait usage que des sons de l'accord parfait et 
qui se termine ordinairement sur la quinte. Un 
exemple ceiebre de f. (se terminant, il est vrai, 
sur l'oclave) se trouve dans le deuxi&me acte de 
c Fidelio », signal annon?ant Tarrivee du gou- 
verneur. 

Finger (all,), altrape-marteau. V. marteau. 

Fantasia (ital.), fantaisie, morceau de fantaisie. 

Fantastico (ital.), fantastique, de forme tr£s 
lihre. 

Farabi, v. Alfarabi. 

Farandole, danse provengale 4 6 / 8> semblable 
k la gigue (ex. dans « Mireille » de Gounod et 
c L'Arl6sienne » de Bizet). 

Farina, Carlo, un des premiers composi- 
teurs pour le violon et le promoteur du style de 
chambre, originaire de Mantoue, etabli vers 
1625 k Dresde, comme musicien de la chambre 
k la cour electorate de Saxe. II a publie k 
Dresde, cinq volumes de pavanes de 2 a 4 voix, 
de gaillardes, bransles, Mascherate, Arte fran- 
cese, Volte, Balletti, Sonate et Cansoni (1626- 
1628), dont on trouvera la description d£taill6e 
dans l'ouvrage de Wasielewski, t Die Violine 
und ihre Meister », 8* ed., page 54 et suiv. 

Farinelli, 1. Le ceiebre chanteur (sopraniste) 
ne k Naples le 24 juin 1705, m. k Bologne le 
15 juil. 1782; il s'appelait en realite Carlo 



by K: 



iL 



\V 



Broscri et descendait d'une famille noble napo- 
litaine. C'est sous Porpora qu'il fit son Educa- 
tion artistique, et, k peine adolescent, il acqu£- 
rait d&jk une reputation considerable en Italie, 
sous le surnom de il ragaszo (l'enfant) II rem- 
porta un immense triomphe en 1722, k Rome, 
dans YEumene, de Porpora; sa messa di voce 
parait avoir ete incroyable, tant comme dur£e 
que comme Emission. II re$ut encore les con- 
seils de Bernacchi, k Bologne, apres que celui- 
ci Teut battu dans un concours. A plusieurs 
reprises, il alia k Vienne, et Ik, comme partout, 
son etonnante veiocite et son trille impeccable 
pousserent l'auditoire aux plus extravagantes 
manifestations d'enthousiasme. Puis, sur les 
instances personnelles de Fempereur Char- 
les VI, il etudia aussi Tampleur et l'expression 
dans le chant, et devint un aussi remarqua- 
ble chanteur dramatique (dans le sens eieve 
du terme) qu'il avait ete jusqu'alors un virtuose 
au m£canisme impeccable. En 1734, sur la re- 
commandation de Porpora, il fut appeie k Lon- 
dres par les adversaires de Haendel,et eut un tel 
succ&s que Haendel dut abandonner l'entreprise 
d*opEra qu'il dirigeait k Haymarket et con- 
centrer des lors ses forces sur Toratorio. Charge 
d'or, F. se dirigea en 1736 vers l'Espagne oil le 
retint un sort curieux; son chant, en effet, gu£rit 
la melancolie de Philippe V, et Ton ne voulait 
plus laisser partir F. qui, m&me aprds la mort 
de Philippe, resta encore de nombreuses ann^es 
Tun des favoris de Ferdinand VI. II parvint 
intone k avoir une influence tr£s considerable 
sur la politique du roi. Ge n'est que Tarrivee 
au trdne de Charles III (1759) qui le chassa 
d'Espagne. En 1761, il se construisait k Bologne 
un superbe palais et mourut, tres retire, k l'Age 
de soixante-dix-sept ans. — 2. Giuseppe, ne a 
Este le 7 mai 1769, m. k Trieste le 12 dec. 1836 ; 
eieve du c Conservatory della Pieta », k Naples 
(Barbiello, Fago, Sala, Tritto), compositeur ft- 
cond d'operas dans le style de Cimarosa, dont 
le « Matrimonio segreto » a ete a plusieurs re- 
prises represente avec un duo de F., sans 
qu'aucune difference dans la facture ait pu Mre 
remarquee. F. a compose 58 operas (la plupart 
comiques), plusieurs oratorios et cantates, ainsi 
que de nombreuses oeuvres de musique sacree 
(cinq grandes Messes, deux TeDeum, un Stabat 
mater, etc.). II a vecu de 1810 k 1817 comme 
chef d'orchestre k Turin, puis k Venise, et de- 
vint en 1819 chef d'orchestre k Trieste. 

Farmer, 1. Thomas, musicien d'orchestre k 
Londres, bachelier en 1684, m. avant 1696 (Pur- 
cell a compose une eiegie sur sa morl), a publie 
A consort of music in 4 parts (2 parties, 1686 
et 1690, la premiere com men cant par une ouver- 
ture, la seconde par un theme varie). — 2. John, 
ne k Nottingham le 16 aott 1836, eieve du Con- 
servatoire de Leipzig et de A. Sp&th k Cobourg, 
a ete maitre k l'Ecole de musique de Zurich, 
puis en 1862 mattre de musique k la maison 
d'education de Harrow t on the Hill », en 1885 
organiste au < Balliol College » de Londres, ou 
il organisa des concerts reguliers. F. a compose 
entr'autres un oratorio : Christ and his soldiers 



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FARRBNG — FAUSSE RELATION 



235 



(1878), un Requiem, une teerie, Cinderella(Cexi~ 
drillon), dee choeurs avec orchestre, etc.: il a 
ausai public plusieurs recueils de chants d'£cole. 
Farrenc, Jacques-Hippolvte-Arjstide, n6 4 
Marseille le 9 avr. 1794, m. 4 Paris le 31 janv. 
1865; il etait en 1815 second flutiste au Th64- 
tre italien 4 Paris, en 1816, 61dve da Conser- 
vatoire. II devint maitre de mosique et com- 
positeur, sp£cialement ponr la flute, puis 
fonda une maison d'&dition de musique qu'U 
ferma cependant en 1841. Stimuli par la Revue 
musical* et la Biographie universelle de F6tis, 
F. se voua 4 l'6tude de l'hisioire de la musique, 
si bien qu'il put prater 4 F&is un concours 
utile, lors de la redaction de la 2* Edition de ce 
grand outrage. II a &6 aussi pendant de lon- 
gues ann&es collaborateur de la France must- 
caleet d'autres p&riodiques. Son buvrage prin- 
cipal est le TrSsor des pianistes (1861-1872), un 
choix excellent d'ancienne musique de piano 
depuis le xyi* s. jusqu'4 Mendelssohn (20 
toL, avec des notes historiques par F. et F6tis 
jun.) et qui a &ii continue par M«" F. CeUe-ci — 
2l Louise, fille du sculpteur Jacques-Edme Du- 
mont et soeur du sculpteur Auguste Dumont, 
n$e 4 Paris le 81 mai 1804, m. dans la mime ville 
le 15 sept 1875, f ut une excellente pianiste et un 
compositeur de m£rite. EUe avait 6te Steve de 
Reicha, fut nomm&e en 1842 professeur de piano 
au Conservatoire, et fit valoir en 1873 ses droits 
4 la retraite,- elle a compost des symphonies, 
des variations, des sonates, trios, quatuors, 
quintettes, un sextuor, un nonette, etc. Deux 
fois l'Academie lui ddcerna le Prix Chartier 
(musique de chambre). 

Farsa (ital. ), farce, plaisanterie. Farsa in 
musica = farce en musique, sorte d'op£ra- 
bouffe. 

Fasch,l. Johann-Friedrich, n6 4 Buttelstadt, 
pr& Weimar, le 15 avr. 1688, 61£ve de Kuhnau 
4 Leipzig, m. comma chef d'orchestre 4 Zerbst 
en 1758 (1759); a compost des Messes, des 
motets, des concertos, un op6ra, etc — 2. Karl- 
Frikdricb-Ohristian, fils du pr£c£dent, fonda- 
teur de la Smgakademie de Berlin, n£ 4 Zerbst 
le IB nov. 1736, m. 4 Berlin le 3 aout 1800; fut 
appele en 1756, en compagnie de Ph.-E. Bach, 
comme deuxi&me claveciniste de Frederic le 
Grand, mais perdit aussitdt cette place, 4 cause 
de la guerre de sept ans. De 1774 4 1776, il fut 
chef d'orchestre par interim 4 l'Opera de la 
cour, puis de nouveau, comme auparavant, r£- 
duit 4 donner des lemons particulieres. B em- 
ploya son temps libre 4 une 6tude acharn£e de 
la composition et devint un grand maitre en 
contrepoint (il a 6crit entre autres un quin- 
tuple canon, 4 25 voix). D trouva enfin,en 1792, 
une occupation satisfaisante et r6mun6ratrice, 
lorsqu*U fonda la « Singakademie > de Berlin, 
institution qui fut immidiatement prospdre et 
jouit de nos jours de la meilleure renomm£e. F. 
la dirigea jusqu'4 sa mort Son successeur fut 
Zelter; celui-ci a 61ev6 4 F. un veritable monu- 
ment en publiant sa biographie. II ne reste que 
peu de compositions de F. (entre autres une 
Messe 4 16 voix, publiee par la t Singakade- 



mie ») ; il avait fait bruler, peu avant sa mort, 
la majeure partie de ses manuscrits. 

Fastoso (itaL), pompeux, solennel. 

Faugues, Vincent, contrapuntiste neerlandais 
du xv« 8., dont on a conserve des manuscrits 
dans la chapelle pontificate 4 Rome. Tinctor 
parle d'un compositeur Guillaume F. 

Faure, Jean-Baptistb, n6 4 Moulins (Allier) 
le 15 janv. 1880, fils d'un chantre d'6glise, per- 
dit de bonne heure son p&re et devint bientot, 
gr4ce 4sa jolie voix de gargon, le soutien de sa 
m&re et de ses fr4res et sceurs. II fut admis au 
Conservatoire de Paris et devint enfant de 
choeur d'abord 4 St-Nicolas-des-Cbamps, plus 
lard 4 la Madeleine, ou il trouva un professeur 
excellent, en la personne du maitre de chapelle 
Tr^vaux. Pendant que sa voix muait, F. jouait 
une partie de contrebasse dans un th£4tre de 
faubourg. Lorsque sa voix reparut sous forme 
d'un baiyton beau et sonore, sa fortune fut vite 
faite. Apr£s un cours de deux ans au Conserva- 
toire, sous Ponchard et Moreau-Sainti, F. obtint 
le premier prix de la classe d'op&ra-comique et 
fut engage en 1852 4 l'Op6ra-comique, 4 cdt6 de 
Bataille et de Bussine; mi premiers succ&s ne 
furent pas extraordinaires, mais ils furent bons 
et augmentSrent rapidement Apr A s avoir 4t6, 
pendant assez longtemps, premier baryton de 
l'Opera-comique, apr&s la retraite des chan- 
teurs susnommes, il entra en 1861 4 l'Op6ra et 
parvint 4 une c61£brite comme on n'en avait 
point vue depuis Duprez. En 1857, il fut nomm6 
professeur de chant au Conservatoire, mais il 
abandonna bientdt ce poste. F. a fait parattre, 
outre quelques recueils de romances, un ouvrage 
didactique de la plus haute importance : La 
Voix et le Chant. 

Fauri, Gabriel-Urban, compositeur des plus 
remarquables, n6 4 Pamiers (Artege), le 18 mai 
1845; 616ve de Niedermeyer, Dietsch et Saint- 
Saens, devint successivement organiste 4 Ren- 
nes (1866), organiste suppliant de St-Sulpice, 
4 Paris (1870), organiste du grand orgue de 
I'&glise St-Honor6, maitre de chapelle, et enfln 
(1896) organiste du grand orgue de la Made- 
leine. F. a &crit un grand nombre de melodies 
(entre autres un recueil remarquable, La bonne 
chanson, sur des poemes de Verlaine), des duos, 
une sonate pour piano et violon (1878), une 
Berceuse el une Romance pour violon et or- 
chestre, une Eldffie pour violoncelle, deux qua- 
tuors pour instr. 4 archet, deux autres quatuors 
avec piano, un concerto de violon, une suite d'or- 
chestre, une symphonie en re mineur, un Re- 
quiem (1888), des oeuvres chorales : Lanaissance 
de V6nus, Choeur des Djinns, etc D a recu, en 
1885,le prix Chartier, pour musique de chambre. 
Fausse relation (all. Querstand), nom que 
les thforiciens ont donn6 4 la succession im- 
mediate, d&sagr6able pour Toreille, d'un m A me 
son naturel puis alt£r6 (ou alt£r£ puis double- 
ment alt£r£) ou vice-versa, apparaissant dans 
deux voix difftrentes. L'impression d£sagr£a- 
ble que produit la f. r. provient uniquement de 
la conception insuffisante des rapports harmo- 
niques, ce dont on peut aisement se convaincre 



by \j 



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IC 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



236 



FAUSSET — FAYOLLE 



en observant que cette impression disparait 
presque complement lorsqu'on r6p£te plu- 
sieurs fois la succession harmonique qui con- 
sent la f.r. L'effet de f. r. se produira toutes les 
fois qu'il n'y aura point d'autre vois modulante 
qui emp£che Fauditeur de croire a une fausse 
intonation. Mozart et Schubert recherchent fr&- 
quemment, dans leurs oeuvres de piano, les 
effets caract£ristiques de f. r.; il suffit, pour 
faire disparaitre alors toute impression d£sa- 
gr^able, que Fex6cutant*accentue legerement le 
son qui produit la f. r. Les f. r. les plus dange- 
reuses sont celles qui apparaissent entre deux 
accords bas£s surune m6me tonique,mais dont 
Tun est majeur et Fautre mineur (a); par con- 
tre, lorsque les deux harmonies sont A distance 
de tierce majeure (b) ou mineure (c) et toutes 
deux du m£me mode, la f. r. n'a rien ^intole- 
rable: 



at ♦ J, b) . 








ipn 



Fausset (all. Falsett), v. rbgistre. 

Faustina, v. Hasse 8. 

Faux bourdon (ital. Falso bordone; angLFa- 
burden). 1. L'une des plus anciennes formes de 
lfLpolyphonie vocale, a pris naissance en An- 
gleterre ; la signification du nom lui-m&ne de 
cette forme musicale n'a pu fctre eclaircie jus- 
qu'a ce jour. Guilelmus Monachus, vivant aux 
confins du xiv« et du xv« s. a donn6 dans son 
traite De praeceptis artis musicae, etc. (repro- 
duit par Coussemaker, Seriptores HI, p. 278 
et s.) une description d£taill6e du f. b. (faulx 
bordon); il dit, entre autres, que le f. b. est 
chose apud Anglicos communis, c.-&-d. chose 
fort r£pandue en Angleterre. Le f. b. 6tait a 
deuxvoix(« Gymel », tierces supSrieures ou in- 
terieures parall&es — sans doute la forme pre- 
miere) ou A trois voix (f. b. proprement dit). 
Dans ce dernier cas, on plagait au-dessus du 
cantus firmus du chant gr£gorien (tenor) une 
voix qui marchait parall61ement A la tierce su- 
p£rieure (contrat^nor) mais commencait et finis- 
sait sur la quinte, puis, au-dessus du m£me 
cantus firmus,une troisi&ne voix A la tierce in- 
terieure (discantus), mais commen^ant et finis- 
sant sur Funisson; toutefois, cette troisi&me 
voix, toujours confine au soprano, sonnail une 
octave plus haut qu'elle n'6tait ecrite, on avait , 
done : 

Notation. j 



Bitot rtel. 

i_||4— «-g-^g *%z*ryi & * & s i 



by Google 



Guido Adler (v. ce nom) a fourni une pr6- 
cieuse monographic du t b. U est interessant 
de voir poindre si tdt chez les musiciens Fintai- 
tion de Fimportance de Fharmonie de trois sons 
(ace. parfait), A laquelle se joint comma une 
anticipation de la th£orie des renversements. 
Les premieres oeuvres Rentes au debut du 
xv« s. en veritable contrepoint A trois voix, ren- 
ferment encore frequemment des successions 
d'accords de sixte tout a fait analogues A celles 
du f. b., et ces ceuvres ne sont m&me parfois 
que des arrangements de f. b. primitifs (Dun- 
staple, Binchois, etc.). Les recherches histori- 
ques r6centes (v. duxstaple) fournissent cha- 
que jour de nouvelles preuves de Fexistence 
d'une floraison musicale remarquable en An- 
gleterre, pr^cedant celle de la grande epoque 
neerlandaise. — 2. On d6signa plus tard, sous 
le m6me nom de f. b. l'harmonisation simple 
du cantus firmus non plus en mouvements 
paralleled continus, mais presque exclusive- 
ment note contre note, en accords consonants. 
Au xvu* s., le f. b. 6tait un contra/nmto alia 
mente, improvise selon des regies analogues, 
mais orne de trilles et de fioritures diverses. 
Enfin, on donne aussi le nom de falso bordone 
A la recitation musicale de la psalmodie, dans 
laquelle des phrases entieres sont dites, A Fex- 
ception de la cadence finale, sur un seul et 
m6me son. 

Fawcett, John, n6 A Bolton le Moors (Lan- 
cashire) en 1789, m. en cette ville le 26 oct 
1867; il 6tait d'abord cordonnier, mais se voua 
ensuite A la musique et acquit une bonne re- 
nomm£e comme compositeur de musique 
d'&glise. 11 a public des recueils d'hymnes et de 
psaumes : 2fce voice of harmony; The harp of 
Zion; Miriam* s timbrel; un oratorio : Le para- 
dis. En outre, il a arrange Faccompagnement 
d'une collection de psaumes : Melodia ditrina, 
publiee par Fediteur Hart , etc.— Son fils, John 
igalement, n6 en 1824, m. A Manchester le 
l w juil. 1857, bachelier en musique (Oxford), 
6tait un organiste tr&s consid6r& 

Fay, 1. v. Dufay. — 2. Amy, pianiste, n6e A 
Bayon Goula, sur le Mississipi, le 21 mai 1844; 
61£ve de Tausig, Kullak et Liszt, puisde Deppe, 
comme elle le dit elle-m&me dans son ouvrage 
intitule : Music Study in Germany. F. vit a 
Chicago. 

Fayolle, Fran^ois-Joseph-Marie, n6 A Paris 
le 15 aoAt 1774, y vScut, A part un sejour A 
Londres de 1815 A 1829, et y mourut le 2 d£c 
1852.11 a 6crit avec Choron (v. ce nom) en 1810- 
1811 un Dictionnaire historique des musiciens 
(2 vol), pour lequel cependant Choron n'a 
redige que quelques articles et Fintroduction, 
tandis que Fayolle en tirait la plus grande 
partie de Fancien dictionnaire de Gerbert et 
ne manquait pas de laisser passer nombre 
d'erreurs de traduction. D fit paraitre en outre: 

Original from 
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PECHNER — FERRARI 



237 



Notices sur Cordti, lartini, Gavini&s, Pugnani 
et Viotti, extraittfune histoire du violon (1810) ; 
Sur les drames lyriques et leur execution ( 1818) ; 
Paganini et Btoriot (1880). 

Fechner, Gustav-Theodor, physicien et phi- 
losopher ainsi que po&te spirituel (pseudonyme : 
IV Misbs), n6 A Gross-Sftrehen (Niederlausitz) 
le 19 avr. 1801, m. A Leipzig le 18 nov. 1887; 
&ait depnis 1834 professeur ordinaire de physi- 
que A l'UniYersitg de Leipzig. F. m£rite d'etre 
mentionn&, non settlement A cause de ses ou- 
vrages sur la physique, qui traitent A fond bien 
des points touchant A la musique (Repertorium 
der Experimentalphysik, 1832, 8 vol., etc.), mais 
A cause de ses Merits philosophiques et specia- 
lement de ses Element* der Psychophysik (1860, 
2 yoI.) et de la Vorschule der Aesthetih (1876, 
2 toL), qui sont d'une importance fondamentale 
pour la constitution d'une esth&ique musicale 
rationelle. 

Fedele, v. Treu. 

Federici, Vincenzo, compositeur d*op£ras 
italiens, n£ A Pesaro en 1764, m. A Milan le 
26 sept 1826, a 6crit quatorze operas et un 
op£ra-comique (La locandiera scattra, Paris, 
1812), ainsi que plusieurs cantates. F. fut pro- 
fesseur de contrepoint et, depuis 1812, censeur 
du Conservatoire de Milan. 

Felchner, Gustav- Adolf, n6 A Kumehen 
(Prusse orientale) le 22 janv. 1882, 61£ve du 
Conservatoire de Leipzig, devint en 1864 direc- 
teur de musique A Alzey, puis remplit, A partir 
de 1874, les fonctions de directeur de musique 
de FUniversitS de Giessen, de directeur de la 
Society des concerts, et de maitre de chant au 
gymnase. 

Felttein, Sebastian von (Felsttnrnsis), ba- 
cbeiier en musique et directeur de musique 
d'£glise A Cracovie vers 1530, a 6crit un petit 
traits sur le chant gr^gorien : Opusculum mu- 
sic* (r&dit6 plusieurs fois, 2« M. 1515), et 
un autre sur la musique proportionnelle : Opus- 
culum musicee mensuralis, qui parurent r6u- 
nis en 1519. II prSpara en 1586 une Edition du 
texte des Dialogi de musica de St-Augustin, et 
publia aussi un volume d'hymnes de sa propre 
composition. 

Feltre, Alphonsb-Clarke, Comte de, n6 A 
Paris le 27 juin 1806, m. le 8 d£c. 1850; fils du 
marshal due de F., 6tait officier dans Farm6e 
francaise, mais prit son cong£ en 1829 d£ja et 
se voua compl&ement a Tart. II a compos6 plu- 
sieurs operas, des morceaux pour piano, des 
romances, de la musique de chambre, etc. 

Fenaroli, Fedele, n6 A Lanciano (Abruzzes) 
le 15 avr. 1780, m. A Naples le 1« janv. 1818; Steve 
de Durante A Naples, au Conservatoire Loreto 
(1742), il devint, aprds avoir termini ses Andes, 
maitre au Conservatoire « della Pieta » ; il a 6t6 
le maitre d'un grand nombre de compositeurs 
devenus citebres (Ctmarosa, Zingarelli, etc.). F. 
a compose dans un style simple et sans preten- 
tions (motets, Messes, hymnes, etc.); il a aussi 
publie des Etudes de contrepoint et un traits de 
la basse chiffree (liegole per princijnanti di 
cembalo). 



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Feo, Francesco, c£l&bre maitre de chant et 
compositeur A Naples, vers 1699 et jusqu'en 
1752, 616ve de Gizzi et son successeur dans Ten- 
seignemenL II Scrivit en 1718 son premier op£- 
ra : Zenobia (Lamor tirannico), qui fut suivi 
d'une longue s6rie d'autres operas, d'un ora- 
torio, de Messes, etc. L'ann6e de sa mort est 
inconnue. 

Fermate (all.), point d'orgue. 

Ferrabosco (Ferabosco), 1. Alfonso, compo- 
siteur italien de madrigaux, au service du due 
de Savoie (madrigaux A 4 voix, 1542; A 5 voix, 
1587; d6tach6s dans 1* « Harmonie celeste » de 
Pierre Phal£se, 1593). — 2. Domenico, cbanteur 
de la Chapelle pontificate, A la m&me epoque 
que le prudent, dont on trouve des madrigaux 
dans difftrentes anthologies. — 3. Constantino, 
qui fut pendant plusieurs ann£es au service de 
la cour impfriale, A Vienne, a public un livre 
de canzonette A 4 voix (1591). — 4. Alfonso, n6 
de parents italiens A Greenwich en 1580 (peut- 
A tre est-il le fils d* Alfonso F.), m. en 1652; de- 
vint en 1605 maitre de musique du prince 
Henri, auquel il d*dia en 1609 un volume $Ay- 
res; il a collabor£ A la Tears or lamentacions 
de Leigthon (1614), et compost des Fancies 
(fantaisies) pour violes. v 

Ferranti, v. Zani de Ferranti. 

Ferrari, 1 . Benedetto, po A te et compositeur, n 6 
A Reggio en 1597, m. A Mod A ne le 22 oct 1681 ; 
il acquit son instruction musicale A Rome et se 
fit remarquer d'abord comme virtuose sur le 
thSorbe, d'ofr son surnom della Tiorba. Apr A s 
avoir v6cu quelque temps A Venise et avoir 
A crit des livrete et partitions d'op6ras pour les 
theatres de cette ville, il obtint en 1645 une 
place dans la chapelle de la cour, A Modfoie, 
mais 6changea cette position, en 1651, contre 
une meilleure A Vienne. II yfit alors representee 
ainsi qu'A Ratisbonne, un certain nombre d'o- 
p£ras. En 1658, il fut rappele A Modene comme 
maitre de chapelle de la cour; mais il regut en 
1662 son cong A , lors d'un changement de gou- 
vernement, et ce n'est qu'en 1674, quand Fran- 
cois II prit le gouveroement, qu f il fut choisi de 
nouveau comme maitre de chapelle. L'opera 
Andromeda, dont F. avait £crit le livret et Ma- 
nelli la musique, et qui fut donn£ a Venise, en 
1687, au theatre « SanCassiano », est le premier 
op&ra repr A sent^ sur une scene publique (les 
frais en furent supportes par F.); toutes les re- 
presentations d'op^ras avaient StS jusqu'alors 
absolument privees. Le premier opSra compose 
par F. (texte et musique) est intitule Armida 
(1639). On n*a jusqu*^ present rien retrouvS de 
la musique des operas de F.; six livrets d'opS- 
ras ont parus en 1(>44 (et 1651), Tintroduction 
instrumental d f un ballet, Dafne, est conservee 
en autographe A Modene; en outre il existe en- 
core de lui, imprim£ : Musiche varie a voce 
sola (1688). — 2. Domenico, violoniste renmr- 
quable, nS A Piacenza, m. A Paris en 1780; 
616ve de Tartini, il v£cut d'abord A Cremone, se 
produisit avec succ^s A Paris en 1754, et fut 
pendant quelques amines concertmeister A Stutt- 
gart. II existe de lui six cahiers de sonales de 

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238 



FERREIRA DA COSTA 



FESTA 



violon avec basse. Son frdre — 8. Carlo, excel- 
lent violoncelliste, n& k Piacenza en 1780, m. k 
Panne, oil il dtait membre de la chapelle 
royale, en 1789, paralt avoir H& le premier en 
Ilalie qui introduisit la position du ponce, n a 
public dea soli de violoncelle. — 4. Jacopo-Goti- 
fredo,d6 k Roveredo (Tyrol meridional) en 1759, 
m. k Londres en d6c. 1842; il regut sa premiere 
Education musicale dans le convent de Maria- 
berg, pr&s de Coire, pins tard, sons la direction 
de Latilla, k Naples, ou il etait vena comme 
compagnon de voyage dn prince Liechtenstein. 
Campan, le chambellan de Marie-Antoinette, le 
prit avec lui pour revenir k Paris, ou il obtint 
le poste d'accompagnateur de la reine et plus 
tard celui de claveciniste au thMtre Feydeau. 
La revolution le fit f uir eU apres de longs voya- 
ges, il se flxa 4 Londres comme maitre de mu- 
sique. Outre plusieurs oeuvres pour piano, 
chant, harpe, flute, quatre operas, deux ballets, 
etc.*F. a public une m&thode de chant Ireatise 
of singing (2 vol.), Studio di musica pratica e 
teorica, et des souvenirs de sa vie (Anedotti, 
etc., 1880, 5 vol.). — 5. Serafino-Amadeo db F. 
(Dbferrari), n6 k G&nes en 1824, m. dans cette 
ville, comme directeur du Conservatoire, le 81 
mars 1885, compositeur italien d'op£ras (Don 
Carlo [1858], PipeU [1856], II menestrello, et 
d'autres). — 6. Francisga, nie k Christiania en 
1800, m. k Gross-Salzbrunn (Silisie) le 5 oct 
1828; fut une excellente harpiste. — 7. Car- 
lotta, n6e k Lodi, le 27 janv. 1837, Steve de 
Mazzucato au Conservatoire de Milan, s'est ac- 
quis en Italie le renom d'un compositeur de ta- 
lent; elle a £crit des operas (Ugo, 1857; Sofia, 
1866; Eleonore cCArbocea, 1871), une grande 
Afesse solennelle (1868), une Requiem (1868) et un 
grand nombre de melodies. C'est aussi une po&» 
tesse teeonde (les textes de ses operas et de 
ses melodies sont d'elle). 

Ferreira da Costa, Rodrigo, thtoricien por- 
tugais, docteur en droit et en math&matiques, 
et membre de FAcad&nie de Lisbonne, m. en 
1834 (ou 1837); est l'auteur de : Principios de 
musica (1820-1824, 2 vol.). 

Ferretti, Giovanni, n6 k Venise vers 1540, a 
public cinq volumes de Canzoni alia Napole* 
tana k cinq voix, et deux volumes k six voix, 
ainsi qu'un volume de madrigaux k cinq voix 
(1567 k 1591). 

Ferri, Baldassarb, cetebre castrat, n6 k PS- 
rouse le 9 dec. 1610, m. dans la m&ne ville le 
8 sept, 1680; 6tait, k l'&ge de onze ans enfant 
de chceur du cardinal Crescenzio,& Orvieto. En 
1625, le prince (plus tard roi) Ladislas (IV) de 
Pologne s'assura ses services pour la cour de 
Sigismond HI k Varsovie. Lorsque, en 1655, 
Jean-Casimir V eut supprime la cour de Var- 
sovie, F. entra au service de la cour impSriale 
k Vienne, oil, en plus de son traitement fixe, il 
re^ut plus tard encore une pension d'honneur 
considerable. En 1675, il revint dans sa patrie. 
F. a 6t6 un des plus remarquables artistes de 
chant de tous les temps, car il r^unissait k une 
virtuosity presque incroyable et une respiration 
tr&s longue, une grande intensity d'expression. 



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Fertl, v. Papillon db la F. 

Fes (all.), fa b&mol. 

Fesca, 1. Frikdrich- Ernst, violoniste et 
compositeur, ne k Magdebourg le 15 f6vr. 1789, 
m. a Karlsruhe le 24 mai 1826; il re$ut la pre- 
miere instruction dans sa ville natale, ou il d£- 
buta aussi de bonne heure comme solisle de 
concert, puis il 6tudia encore en 1805, sous la 
direction de A.-E. Mtiller, k Leipzig, et y de- 
vint violoniste de Torchestre du th&Ure et du 
c Gewandhaus ». En 1806, il obtint une place 
dans la chapelle du roi J6rdme, k CasseL Apr&s 
la chute de Napol&m et l'abandon du royaume 
de Westpbalie,F.v£eutd*abord quelque temps 
k Vienne, puis il fut engag6 comme premier 
violon dans l'orchestre de la cour de Karls- 
ruhe, oti il passa bientdt au rang de concert- 
meister. Comme compositeur, il s'est fait un 
renom surlout par des oeuvres de musique de 
chambre (20 quatuors et 5 quintettes, qui ont 
paru d*abord s6par6ment et plus tard dans une 
Edition complete, k Paris); il a en outre 6crit 3 
symphonies, 4 ouvertures,2 operas (Cantemira; 
Omar und Leila), des psaumes, des lieder, etc. 

— 2. Alexander-Ernst, fils du precedent, n6 
k Karlsruhe le 22 mai 1820, m. k Brunswick le 
22 f£vr. 1849; il fit son Education musicale k 
Berlin, sous la direction des meilleurs maitres 
(Rungenhagen, J. Schneider et Taubert), entre- 
prit avec succ£s des tourn6es de concerts, comme 
pianiste, mais succomba bientdt k la suite 
des fatigues d'une vie trop irrSgultere. Quatre 
operas : Marietta, Die Franzosen in Spanien, 
Der Iroubadour, Ulrich von Hutten (1849), 
represents k Karlsruhe et Brunswick, d£no- 
tent, bien qu'terits dans un style 16ger, un 
tr&s grand talent. Ses lieder (dont 48 ont paru, 
sous le titre de F— Album) sont trds apprtcite 
dans le grand public. 

Festa, Costanzo, contrapuntiste reinarqua- 
ble, engage en 1517 comme chanteur de la cha- 
pelle pontificate, m. le 10 avr. 1545; peut fctre 
appe!4 le pi*6curseur de Palestrina, avec le style 
duquel ses oeuvres presentent beaucoup d'ana- 
logie. C'est le premier contrapuntiste italien de 
mlrite et il fait pressentir les beaut&a qui de- 
vaient jaillir de la fusion de l'art n&erlandais 
avec le gout italien. On a conserve parmi ses 
oeuvres : des motets k 8 voix (1543), des madri- 
gaux k 3 voix (1556), des litanies (1588), ainsi 
qu'un grand nombre de motets et de madrigaux 
d&tach£s dans diverses anthologies : dans les 
Motetti delta Corona (1519) entre autres; il y a 
encore de lui un Tedeum k 4 voix et un Credo 
k 5 voix, manuscrits (Abb. Santini). Le Tedeum 
est encore execute aujourd'hui au Vatican, 
dans les grandes solennites. — 2. Guiskppe-M*- 
ria, ne k Tram (Naples) en 1771, m. k Naples le 
7 avr. 1889, comme chef d'orchestre du Theatre 
San-Carlo et chef (forchestre de la cour royale 
de Naples. F. 6tait un violoniste remarquable, 
et s'est fait entendre k Paris; on a de lui quel- 
ques oeuvres pour violon (quatuors). Sa soeur : 

— 8. Francesca, n6e a Naples en 1778, m. k St- 
P6tersbourg en 1886, 616ve d'Aprile, fut une 
cantatrice tr&s choyee, d'abord en Italie, puis 

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FESTING — FETIS 



239 



de 1809 a 1811 a Paris. Apres son mariage, elle 
continua k chanter, sons le nom de Signora F.- 
Maffki, de nouveau en Italie, puis A partir de 
1829 & St-PMersbourg. 

Festing, Michael-Christian, cetebre violo- 
niste, n£ a Londres, m. le 24 juil. 1752 (fils du 
flutiste F-, c£lebre aussi sous Hftndel [1727]); 
£leve de R. Jones et de Geminiani, puis musi- 
cien de la chambre royale, devint en 1742 chef 
d'orchestre au « Ranelagh Garden », et fonda 
(avec Greene) la Society of Musicians de Lon- 
dres, pour secourir les musiciens et leur fa- 
mille tombes dans le besoin. Ses compositions 
comprennent surtout des morceaux de violon 
(soli, sonates, concertos), mais aussi quelques 
odes et cantates. 

Festivo (ital.), solennel. 

Fetis, 1. FRANgois-JosEPH , celebre musico- 
graphe, tie a Mons (Belgique) le 25 mars 1784, 
m. a Bruxelles le 26 mars 1871, homme dou6 
remarquablement pour la musique, d'un z&e 
enorme et de capacites presque sans pr6c6den- 
tes, auquel la science de la musique au point 
de vue historique, thiorique et philosophique 
doit enormement Fils d'un organiste. il avait 
d^j4 compost des oeuvres de grandes dimen- 
sions, a T&ge de dix ans a peine, puis devint or- 
ganiste a son tour dans sa ville natale et pro- 
voquait 1'admiration par sa soif d'apprendre et 
de prod ui re. Peu apres la fin de ses Etudes spe- 
cials, au Gonservatoire de Paris (oil, de 1800 & 
1808, Rey, Boieldieu et Pradher furent ses mai- 
tres), il s'engagea dans la voie dans laquelle il 
devait r^colter les plus beaux lauriers, celle 
des recherches historiques. Son premier grand 
travail fut une histoire du chant gr&gorien, 
ecrite sur la demande d'un editeur parisien 
(Ballard) qui, apres le retablissement du culte 
catholique suspendu par la revolution, songeait 
a une Sedition des chants du rituel et avait 
charg6F. de sa preparation; les Etudes pr£- 
paratoires en prirent de si grandes propor- 
tions que Ton n'arriva pas & la publication. 
Un autre terrain sur lequel F. fut conduit de 
bonne heure, ce fut celui de l'harmonie : ses 
travaux avaient deja commence au Conserva- 
toire, lorsque Catel s'eleva contre le syst&me 
de Rameau, F. qui avait attentivement etudie 
les langues anciennes et nouvelles compara 
les ouvrages de Sabbatini et de Kirnberger et 
travailla a affermir ses opininions personnelles. 
C'est a ses meditations que nous devons la no- 
tion moderne de la « tonalite > (v. ce mot). Les 
oeuvres qui alors r6gnaient sur la scene, celles 
d'un Gimarosa, d'un Paisiello, d'un Gaglielmi, 
la gloire eclatante des maitres allem ands (Haydn, 
Mozart, Beethoven), la mani&re severe de Che- 
rabini qui reportait au temps des anciens mai- 
tres italiens,l'engag£rent a faire une 6tude prati- 
que de la literature musicale et murirenl chez 
lui une mantere de voir exempte de l'esprit de 
son temps, indispensable a tout historien et, qui 
laisse 4 chaque style ce qui lui appartient legi- 
timement. En 1806, il se mariait avec une per- 
sonne fortunee (v. plus loin), mais perdait deja 
au bout de quelques annees to ute sa fortune dans 



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la banqueroute d'une maison de banque pari- 
sienne; il se retira alors, en 1811, dans les Ar- 
dennes, a la campagne, composant avec d'au- 
tant plus de z61e et meditant sur le c6t6 philoso- 
phique de la musique. En 1818, il devient orga- 
niste de l'6glise St-Pierre,a Douai, et professeur 
d'harmonie et de chant a l'ecole de musique de 
cette ville; c'est a cette 6poque que remonte la 
preparation d'une methode^lementairede chant, 
qui a paru plus tard, et d'un systeme d'harmo- 
nie qu'il presenta a l'AcadSmie. En 1817, il re- 
iournait a Paris et fut nomme en 1821 profes- 
seur de composition au Gonservatoire. En 1826, 
F. fondait la Revue musicale, journal de musi- 
que aux tendances scientifiques, comme il n'en 
avait jusqu'alors point existe et comme il n'en 
a jusqu'a present point reparu ; il rSdigea cette 
revue lui-mAme pendant cinq ans, jusqu'a ce 
qu'on l'appel&t a Bruxelles. En outre il etait 
critique musical du Temps et du National II 
devint bibliothecaire du Gonservatoire de Pa- 
ris, organisa en 1832 des concerts et des cours 
historiques; cependant, en 1833 deja, il prenait 
la direction du Gonservatoire de Bruxelles a la 
tSte duquel il resta jusqu'a sa mort (pendant 39 
ans); il foncticmna en outre comme chef d'or- 
chestre de la cour et comme membre de l'Aca- 
demie de Bruxelles. Le grand merite de F. n'est 
pas dans ses compositions, bien qu'il en eut lui- 
m&me une tres haute opinion. II a publie des 
oeuvres pour piano (variations, fantaisies, sona- 
tes, etc a 2 et 4 mains), une sonate de violon, 
trois quintettes pour piano et quatuor a archet, 
un sextuor pour piano a 4 mains et quatuor a 
cordes, deux symphonies, une fantaisie sym- 
phonique pour orchestre et orgue, une ouver- 
ture de concert, un Requiem, des romances, etc. 
Six operas furent executes de 1820 a 1832, un 
septieme est reste non execute (Phidias); beau- 
coup de musique d'Sglise est restee a l'etat de 
manuscrit (des Messes, des Tedeum, etc.). Les 
plus importants de ses Merits sont : Mtihode 
ilementaire et abregee d'harmonie et d'accom- 
paffnement (1824, traite d'harmonie pratique, 
reedite plusieurs fois et fort repandu en Belgi- 
que et en France; traduit aussi en italien et en 
anglais); Traitt de la fugue et du contrepoint 
(1825,1846; asuvre importante); Traite de Vac- 
compagnement de la partition (1829): Solf&ges 
progresstfs (1827, reedite plusieurs fois); un 
Mtmoire sur les services des Nierlandais 
(1829, v. Kiesewetter); La musique mise a la 
porUe de tout le monde (1830, reedite et traduit 
plusieurs fois; en allemand par Blum, 1830); 
Bioyraphie universelle des musiciens et biblio- 
graphie g^nirale de la musique (1835-1844, 8vol.; 
2« ed. de 1860 a 1865; un supplement de 2 vol. 
a ete ajout6 par A. Pougin de 1878 a 1880; — 
c'est le plus vaste ouvrage de ce genre ; il con- 
tient, il est vrai, quelques faules inevitables 
etant donnee Tenorme Vendue du sujet;ilest 
cependant encore aujourd'hui la meilleure 
source de renseignements pour Thistoire de la 
musique du moyen age et celle de la musique 
en Italie, en France et dans les Pays-Bas: c'est 
aussi 1'un des ouvrages qui ont ete le plus fre- 

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240 



FEURICH — FIGHNA 



quemment piltes); Manuel des principes de 
musique (1837); Tratti du chant en chceur 
(1887); Manuel des jeunes compositeurs, des 
chefs de musique militaire et des directeurs 
d'orchestre (1837); M&thode des m&thodes de 
piano (1887, analyse des meilleures m&hodes 
de piano, traduit en ilalien [deux fois], 1841); 
Methode des m&thodes de chant; Esquisse de 
Vhistoire de Charmonie (1840, seulement 50 
exemplaires); Methode il&mentaire du plain- 
chant (1848); TraitS complet de la theorie et de 
la pratique de Vharmonie (1844, plusieurs foier 
r&dit£, traduit en italien [deux fois, par Maz- 
zucato et Gambale, 1849], en espagnol par Gil, 
etc.; malheureusement F. 6tait, en mattere de 
throne, une sorte de dictateur qui ne sonffrait 
pas de contradiction); Notice biographique de 
Nicolo Paganini (1851, avec un abr£g6 de lTiis- 
toire du violon) ; Antoine Stradivari (185B, avec 
des recherches sur le d6veloppement des ins- 
truments iarchet); Exposition universelle de 
Paris en 1855 (1856, compte-rendu sur les ins- 
truments de musique); Exposition universelle 
de I*aris en 1867 (m£me sujet); un certain 
nombre de dissertations importantes dans sa 
Revue musicale el celle qui lui succ6da, la Re- 
vue et Gazette musicale de Paris, ainsi que 
dans les comptes rendus de Y « AcadSmie de 
Bruxelles » (A partir du vol. xi), enfln YHistoire 
g&nSrale de la musique (1869-1875, 5 vol.; n'at- 
teint que le xv* s.). Beaucoup de grands ouvra- 
ges sont rest£s inachevfo, A l'6tat de manus- 
crits. — 2. Sa femme, ADftLAiDE-LooisE-CATHE- 
rine, n£e A Paris le 28 sept. 1792, m. a Bruxelles 
le 8 juin 1866; 6tait la tille du r£dacteur du 
« Mercure national », P.-F.-J. Robert (Fami de 
Danlon) et de M n » de Keralio, bien connue 
comme 1'amie de Robespierre. M m * F. a tra- 
duit en fran^ais la History of music de Staf- 
ford (1832). Les deux ills de F. furent 6galement 
musiciens: — Edouarjd-Louis-Franqois , n6 A 
Bouvignes, pr6s Dinant, le 16 mai 1812, prit 
part A la redaction de la « Revue musicale » de 
son p&re et la dirigea lui-m£me de 1833 A 1835; 
il suivit ensuite son pere A Bruxelles et se 
chargea de la redaction du feuilleton musical 
plus tard en g£n£ral du feuilleton artistique de 
Ylndependant (maintenant : « Ind6pendance 
beige »). II entra enfln, d'abord comme employ^ 
. subalterne, dans l'administration de la Biblio- 
th£que de Bruxelles ; il est depuis une quinzaine 
d'annees bibliot h£caire en titre, membre de 
TAcadSmie, etc. D a donn6 un ouvrage sur 
Les musiciens beiges (1848, 2 vol.). Le fils ca- 
det — 4. Adolphe-Lodis-Eug^ne, n6 A Paris le 
20 aottt 1820, m. dans la m£me ville le 20 
mars 1878, 61&ve* de son pere et, pour le piano, 
de Henri Herz, a compose diverses pieces pour 
piano, harmonium, etc., ainsi qu'un op£ra, qui 
n'eul pas grand succes. II vecut A Bruxelles, A 
An vers, et % depuis 1856, A Paris, comme maitre 
de musique. 

Feurich, Julius, facteur de pianos, n6 A Leip- 
zig le 19 mars 1821, s'etablit en 1851 dans sa 
ville natale, apres avoir travaille cliez de bons 
maitres, entre autres chez Pleyel, Wolff et C J «, a 



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Paris. II acquit une renomm£e sp&ciale avec ses 
pianos droits. 

Fevin, 1. Antonius de, c£l&bre contrapuntiste 
(probablement ntarlandais) contemporain et 
rival de Joaquin, mats sur la vie duquel nous 
n'avons aucune donn&e certaine (les Espagnols 
le tiennent pour un Espagnol, les Frangais 
pour un Fran^ais). On a conserve de lui : trois 
Messes, dans les Missce Antonii de F. f de Pe- 
trucci (1515); trois autres dans le Liber XV 
missarum d'Antiquis (1516) ; des Messes ma- 
nuscrites, A Munich et A Vienne; des motets, 
dans les Motetti delta Corona (1514), de Pe- 
trucci et dans d'autres recueils post&rieurs. — 
2. Bobertus, n6 A Cambrai, fut mattre de cha- 
pelle du due de Savoie. Les Missce Antonii 
de F., de Petrucci, en contiennent une de Ro- 
bertas de F. sur « Le vilain jaloux » ; une autre 
sur « La sol fa r£ mi » se trouve, manuscrite, & 
la Biblioth£que de Munich. Le rapprochement 
des deux F., soit chez Petrucci, soit dans les 
manuscrite de Munich, semble indiquer une 
parents entre ces deux auteurs. 

Fdvre, Le, v. Lepbvre. 

Ftaoco (ital.), sans £nergie, mou, flasque. 

Fiasco (ital.), en r£alit6 t bouteille » (fiascho), 
a pris le sens de *insucc£s»; fa ire fiasco.- 

Fiato (ital.) souffle. Strumenti da fiato, instr. 
A vent. 

Fibich, Zdknro, compositeur, n£ A Sebor- 
schitz, pres Tschaslau, le 21 d6c. 1850, fit son 
Education A Prague, au Conservatoire de Leip- 
zig (1865), et aupr&s de Vincenz Lachner. II fut 
nomme, en 1876, deuxi£me chef d'orchestre au 
th&Ure national de Prague, et, en 1878, direc- 
teur du chepur de l'6glise russe. F. est un des 
plus remarquables compositeurs jeunes-tche- 
ques; il faut citer, parmi ses oeuvres,des operas 
tcheques : Buhowin (1870), Blanik (1881), La 
Fiancee de Messine (1884), la trilogie intitulee 
Hippodamia (1. La demande de Peloids, 1890; 
2. Les Fils de Tantale, 1891 ; 3. La mort dHip- 
podamie, 1891); Seines de noces, La Fiancie 
du Vent et Romance printanitre (pour chceur 
et orchestre); des ouvertures: Othello, Le Juif 
de Prague, LOrage, Nuit sur le Karlstein ; des 
po^mes symphoniques : Toman et la nymphe, 
Printemps, Zaboj, Slavof, Vesna ; desmelodra- 
mes-: Le porteur d'eau, La vengeance des 
fteurs; deux symphonies sans programme; 
deuxquatuors pour instr. A archet; des chonirs: 
un quatuor avec piano (mi min., op. 11) ; des 
romances sans paroles pour piano, et des 
morceaux de piano. II a aussi ecrit une methode 
de piano. 

Fiby, Heinrtch, n6 a Vienne le 15 mai 1834, 
eleve du Conservatoire de cette ville, fut d'abord 
directeur et violon-solo au theatre de Lai bach. 
II devint en 1857 directeur de musique de la 
ville de Znaim. oil il fonda une ecole de musi- 
que et uue societe de musique qui sont deve- 
nues tr^s florissantes sous sa direction. F. s'est 
fait connaitre surtout comme compositeur de 
choeurs pour voix d'hommes, mais il a aussi 
^crit trois operettes. 

Fichna, iDA.professeur de chant, n£e A Vienne 

Original from 
UNIVERSITY0F MICHIGAN 



FJGHTNER — FINCK 



241 



<m 1853, eteve de J.-N. Fuchs et de G. Holzl, 
<exerce sa profession avec succ^s 4 Vienne. 

Fichtner, Pauline, v. Erdmannsdorffer. 

Fidel (all), equivalent de t viole » ou de t gi- 
gue » (v. ces mots). 

Fiedler, Aug.-Max, pianiste compositeur, n6 
a Zittau le 31 dec. 1850, eteve, pour le piano, de 
son pere (Karl-August F., professeur de musi- 
•que dans cette mime ville) et, pour la th£orie 
«t Torgue, de G. Albrecht. II fut ensuite, de 1877 
a 1880, Sieve du Conservatoire de Leipzig, avec 
une bourse de la « Fondation Holstein ». En 
1882, il fut appele 4 un poste de professeur au 
^Conservatoire de Hambourg. II se produisit 
avec succ£s comme pianiste et a 6crit un quin- 
tette avec piano, unquatuor pour instr.aarchet, 
une symphonie en ri min. (execute en 1886, 4 
Hambourg), des lieds, des morceaux de piano. 

Field, John, un des types de pianistes les 
plus originaux, ne 4 Dublin le 16 juil. 1782, m. 
a Moscou le 11 janv. 1887; d'une famille d'ex- 
cellents musiciens, mais lui-m&me d'une nature 
sensible et faible, il fut de bonne heure 616ve de 
dementi, avec lequel il alia en 1802 4 Paris et 
de 14 a St-Petersbourg. C'est dans cette der- 
ntere ville qu*il s'6tablit comme maitre et acquit 
une brillante renommSe. Apres de longues an- 
nees de sejqur 4 St-Petersbourg, il revint en 
1882 4 Londres, oil il donna des concerts avec 
grand succes, puis parcourut la Belgique, la 
France, l'ltalie, etc. Sa sante, £branl£e par une 
vie trop irreguliere, le forga a s'aliter 4 Naples 
<Tou une famille ruese le ramena 4 Moscou. La 
gloire de Field reside tout enttere dans ses 
Nocturnes, qui ont servi de modeles 4 Cbopin 
<des vingt morceaux intitules aujourd'hui « Noc- 
turnes », il n'y en a que douze auxquels Field ait 
lui-m&me donn£ ce nom) ; mais il a encore 6crit 
pour piano : sept concertos, quatre sonates, un 
quintette, deux divertissements (piano, deux 
violons, flftte, alto et basse), des variations 4 
deux et 4 quatre mains, des rondos, etc. 

Filar il tuono (ital.), v. affllar il tuono* 

Filippi, 1. Giuseppe de', ne 4 Milan le 12 mai 
1835, m. a Neuilly, prds Paris, le 28 juin 1887, 
fils du mSdecin de ce nom qui est mort en 1856 
<auteur d'un Saggio sultestetica musicals, 1847), 
T&cut 4 partir de 1846 4 Paris, comme ecrivain. 
II fat collaborateur de Pougin pour le supple- 
ment de la Biographie unwerselle, de F6tis, et 
publia un Guide dans les thMtres (1857, en 
commun avec l'architecte Ghaudet), ainsi que : 
ParcUUle des thidtres modemes de CEurope 
<1860). — 2. Filippo, n6 4 Vicence le 13 janv. 
1838, m. 4 Milan le 25 juin 1887; il Madia le 
droit et prit ses grades 4 Padoue, mais se voua 
bienUU entierement 4 la critique musicale. H 
prit, en 1858, apr£s plusieurs ann&es de colla- 
boration, la redaction de la Gazette musicale 
de Milan, et fut aussi chroniqueur musical de 
la Per*eceran*a. II a publie 4 part et sousle titre 
Musica e musictsti une s&rie de travaux de 
critique (1876). F. &ait disciple de Wagner; son 
ouvrage : Richard Wagner- Erne musihalische 
Reise m das Reich der Zukunft a paru, en 
traduction allemande, en 1876. 



DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 16 



e 



Fillmore, John-Comfort, n6 dans le New 
London County (Connecticut), eleve du Conser- 
vatoire de Leipzig (1866 et suiv.), musicien 
estim£ en Am&rique, actuellement directeur 
d'une 6cole de musique qu'il a fondee lui-meme 
4 Milwaukee. II a Scrit : Sistary of Piano forte 
Music (1888), Lessons on musical history, New 
lessons of harmony (On the value of certain 
modern theories; sur le systeme de Oettingen 
et Riemann),eta donnS une traduction anglaise 
de la methode de piano et de Natur der Har- 
monihj de Riemann. 

Filtsch, Karl, ne 4 Hermannstadt (Sieben- 
bfirgen) le 8 juil. 1880, pianiste pr6coce et ab- 
solument extraordinaire, 614ve de Chopin et de 
Liszt, en 1842, 4 Paris, a donne 1'annee suivante 
une s6rie de concerts 4 Londres, Paris, etc. n 
mourut d6ja le 11 mai 1845, 4 Vienne. 

Fin'al ou fino al (ital.), jusqu'4. 

Finale, 1. ou Finajl, est la derniere partie des 
compositions en plusieurs mouvements, sur- 
tout de la sonate et des oeuvres composees sur 
le m&me module (trios, quatuors, etc.) et lors- 
qu'elle n'a pas le caractere gai du rondo, mais 
une allure plus sSrieuse et plus passionn&e, ou 
encore si elle se rapproche davantage, comme 
facture, du premier mouvement. Le dernier 
mouvement d*une symphonie s'appelle tou- 
jours F. Dans un opSra, on appelle F. la sc&ne 
terminant un acte, c'est gen&ralement un en- 
semble (le plus souvent avec chceur), v. op£ra. 
— 2. (lat. finalis ; sc. nola ou clavis) note ser- 
vant de terminaison, tonique, pripcipalement 
dans la'thSorie des modes ecctesiastiques. Les 
f. (finales) des huit modes eccl&siantiques sont 
les suivants : H (l Br et 2*), mi (8™« et 4 HM ), fa 
(5 m « et 6**), sol (7™ et 8" 1 *). 

Finck, 1. Hsinrigh, un des plus remarqua- 
bles contrapuntistes allemands, fit son Educa- 
tion, selon ce que rapporte son petit neveu 
Hermann F., en Pologne (Cracovie), et fut plus 
tard 4 la cour royale de Pologne. au service de 
Jean I (1492), d'Alexandre (1501), et de Sigis- 
mond (1506). Les dates de sa naissance et de sa 
mort sont inconnues. On ne connalt plus de ses 
oeuvres que : Schbne auserlesene Lieder des 
hochberuhmten Hemrich Fmchens, etc. (1586), 
ainsi que des pieces d£tach£es dans le Concen- 
tus8,6 f 5et4 vocum, de Salblinger (1545), et 
le Sacrorum hymnorum liber J, de Rhaw 
(1542). Une s&rie de lieder, hymnes et motets 
ont 6te de nouveau Mites dans le 8™ vol. des 
publications de la « Gesellschaft fUr Musikfor- 
scbung » (cbez Breitkopf & Haertel). n existe 4 
la Bibliotheqae de Municb deux exemplaires 
manuscrits, sign6s H. F., d'une Missa d&mvni- 
calis, 4 quatre voix, qui est probablement de 
Heinricb F. — 2. Hermann, n6 4 Pirna (Saxe) 
le 21 mars 1527, petit-neveu de Heinricb F., 
dtudia en 1545 4 Wittemberg, puis remplit Fof- 
fice d'organiste, mais mourut d^j4 le 28 d&c. 
1558 4 Wittemberg, ce qui fit dire 4 Tun de ses 
contemporains : er ham ploialich elendiglich 
urns Leben. Son ouvrage th^orique, Pratica 
musica (1556), le met au rang des premiers 
musicograpbes de son temps, et le peu de com- 

Original from 
UNIVERSITY0F MICHIGAN 



242 



FINCKE — FIQUfc 



positions qu'il a laissees denote un talent s£- 
rieux. et tres remarquable (comp. dans la publi- 
cation susnommee, p. 84 et suiv.). 

Fincke, Fritz, pianiste, violoniste et maitre 
de chant, n6 A Wismar le 1« mai 1836, eleve du 
Conservatoire de Leipzig, fut quelque temps 
violoniste au theatre de Francfort s/M., puis 
organiste A Wismar, et devint, en 1879, maitre 
de chant au Conservatoire « Peabody », A Balti- 
more. Outre des compositions pour piano, F. a 
public un petit ouvrage pedagogique : An- 
schlagseletnente (1871). 

Fine, (ital. : fin). Ce mot se trouve souvent A 
la fin d v un morceau, mais surtout dans des 
compositions avec un d. c. {da capo), pour mar- 
quer l'endroit jusqu'ou la repetition doit se 
faire, c.-&-d. pour marquer la fin du morceau 
au milieu de la notation. 
Fingering (angl.), doigte. 
Fingersatx (all.), doigte. 
Fink, 1. Gottfried -Wilhklm, ne A Suiza 
(Thuringe) le 7 mars 1783, m. le 27 aout 1846; 
il etudia, A partir de 1804, la theologie A Leip- 
zig, et fonctionna en celte ville a partir de 1809, 
comme pasteur suppleant; de 1812 A 1827, il 
dirigea une maison d'education qu'il avait fon- 
dee lui-meme. Depuis son enfance, il s'etait 
beaucoup occupe de musique, avait augments 
see connaissances A Leipzig, et compost une 
quantity d'ceuvres. En 1808 parut son premier 
travail: Ueber Takt y Taktarten n etc, dans «FA11- 
gemeine Musikalische Zeilung », dont il a et£ 
depuis lors l'un des plus actifs collaborateurs ; 
en 1827, il en prit lui-meme la redaction et la 
conserva jusqu'en 1841. L'annee suivante, il fut 
nomme directeur de musique de TUniversitS, 
donna des conferences et recut le litre de Doc- 
teur en philosophie « honoris causa ». Pendant 
un voyage d'agrement, la mort l'atteignit A Halle. 
Ses compositions sont : des morceaux pour 
piano et violon, des lieder, trios et quatuors 
pour voix d'hommes,des Hdusliche Andachten; 
il a aussi donne une collection de 1000 chants, 
intitulee : Musikalischer Hausschats der Deut- 
schen (1843). II a ecrit en outre : Erste Wande- 
rung der altesten Tonkunst (1821); Musika- 
lische Grammatih (1836); Wesen und Geschichte 
der Oyer (1838) ; Der neumusikalische Lehr- 
iammer (1842, contre Marx): System der musi- 
kalischen Harmonieiehre (1846) et (posthume) 
Musikalische Kompositionslehre (1847). F. a 
collabor& a Y Universallexikon der Tonkunst % 
de Schilling, A YEncyclopddie de Ersch et Gru- 
bers, et au Conversationslexikon deBrockhaus. 
Un Handbuch der allgemeinen Geschichte der 
Tonkunst, etc., est reste manuscrit. F. a 6t6 
un travailleur acharne, mais il manque A ses 
ceuvre8 des ictees personnelles. — 2. Christian, 
ne A Deltingen (Wurtemberg) le 9 aout 1831, 
suivit les cours du seminal re d'Esslingen (sous 
la direction de Freeh), puis devint instituteur 
primaire A Stuttgart et, en 1849, maitre sup- 
pliant de musique au seminaire d'Esslingen. 
II poursuivit ses Etudes d'orgue et de composi- 
tion au Conservatoire de Leipzig et chez Joh. 
Schneider, A Dresde; puis il v£cut a Leipzig, tr6s 



by \j 



A 



\V 



estim6 comme organiste et comme maitre. Rap- 
pete A Esslingen en 1860, il fut nomme profes- 
seur superieur de musique au seminaire, ainsi 
que directeur de musique et organiste de la ca- 
thedrale. En 1862, il recevait le titre de « profes- 
seur ». F. a public un grand nombre d'oeuvrea 
excellentes pour orgue (sonates, fugues, trios, 
exercices, preludes, etc.), ainsi que des chants 
d'^glise (psaumes, motets, etc), des composi- 
tions pour piano (quatre sonates) et des lieder. 
Fino, v. Fin'al. 

Fioravanti, 1. Valentino, ne A Rome le 
11 sept 1769, m. pendant un voyage A Capoue, 
le 16 juin 1837; eleve particulier de Sala, A Na- 
ples, debuta comme compositeur d'operas avec 
Oft inganni fortunati (Naples, 1788) et Con i 
matti U savio la perde (Florence, 1791) qui 
furent suivis d'une serie d'operas-comiquea 
ecrits pour les theatres de Turin, Milan, Na- 
ples, Lisbonne, ainsi que d*un autre pour Paris. 
I virtuosi ambulanti (1807). En 1816, il fut nom- 
me, en remplacement de Jannaconi, maitre de 
la chapelle pontificate, a l'eglise St-Pierre de 
Rome, poste qui l'amena A composer un certain 
nombre d'oeuvres de musique d'eglise, des can- 
tates, etc. Celles-ci cependant sont loin de valoir 
ses operas (plus de 50), qui ne manquent ni 
d'humour, ni de fraicheur. — 2. Vincenzo, fils du 
precedent, ne A Rome le 5 avr. 1799, m. A Na- 
ples le 28 mars 1877; devint en 1833 maitre de 
chapelle d'une eglise de Naples, puis directeur 
de musique A « FAlbergo dei poveri » de la meme 
ville. F. etait aussi un compositeur d'operas- 
comiques consider^ dans sa patrie; il debut a 
en 1819 par le Pulcinella molinaro, au petit 
th&tre Carlo, de Naples; il a ecrit pres de 40 
operas, la plupart pour le « Teatro nuovo » de 
Naples. 

Fiorillo, Ignazio, n6 A Naples le 11 mai 1715, 
m. A Fritzlar en juin 1787 ; eleve de Leo et de 
Durante, debuta A Venise comme compositeur 
d'operas, en 1786, avec le grand opera Mandane 
qui fut suivi de quelques autres. II fut appele* 
en 1754, comme maitre de chapelle de la cour a 
Brunswick, et en 1762 a Cassel, puis il se retira 
en 1780, jouissant d'une pension de retraite, A 
Fritzlar. Outre huit grands operas, il a aussi 
ecrit un Requiem, trois le Deum, un oratorio : 
Isacco, etc. — 2. Federigo, fils du precedent, ne 
A Brunswick, en 1753, excellent violoniste et 
compositeur; nomm& en 1783 chef d'orchestre 
A Riga, il se produisit A Paris en 1785, alia en 
1788 a Londres ou il semble s'etre voue de pre- 
ference au jeu de Talto, car il tenait cette partie 
dans le quatuor Salomon et se produisit aussi 
comme soliste sur cet instrument dans un des- 
c Ancient Concerts • (1794). L'annee de sa mort 
est inconnue. On a consent de lui beaucoup de 
compositions pour violon et de musique d'en- 
semble ; ses 36 caprices (une oeuvre classique} 
ont ete r£6dites par Spohr (avec accompagne- 
ment d'un deuxieme violon) et plus recemment 
par Ferd. David. 

Fioritures (ital. fioriture), syn. d'ornements. 
(v. ce mot). 
Fiqu6, Carl, n6 a Breme en 1861, eleve du 

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UNIVERSITY OF MICHIGAN ■ 



FIS — FISCHER 



243 



Conservatoire de Leipzig, vit k Brooklyn (New- 
York); c'est un bon pianiste et un compositeur 
de talent (quatuor a cordes en mi min. ; mor- 
ceaux de piano). 
Fis (all.), fa diese; fisis — fa double diese. 
Fischel, Adolf, n6 k Konigsberg en 1810, ex- 
cellent violoniste, Sieve de Spohr, a compost 
plusieurs morceaux pour violon, ainsi que des 
quatuors k cordes, qui d£notent un talent saine- 
ment d£velopp£. n est neanmoins depuis de 
longues annees propri&aire d'un commerce de 
cigares k Berlin. 

Fischer, 1. Christian-Friedrich, ne k Lu- 
beck le 23 oct. 1698, m. cantor k Kiel en 1752; 
membre de la « Mizlersche Sozietfit » dont Mat- 
theson parle souvent avec 61oges, il est l'au- 
teur d'un recueil de chorals k 4 voix, pourvu 
d'une introduction sur la musique de chambre, 
ainsi que d'un £crit : ZufaUige Gedanken von 
der Komposition. On ne poss£de de ces deux ou- 
vrages que des copies. — 2. Johann-Chribtian, 
excellent hautbois te et compositeur pour son 
instrument, ne a Fribourg en Brisgau>en 1783, 
devint en 1760 membre de la chapelle de la 
cour k Dresde, fit de grands voyages d'etudes 
et des tourn£es de concerts en Italie, puis fut 
engage a Londres en 1780, comme musicien de 
la cour. II mourut le 29 avr. 1800, pendant 
Fex6cution d'un solo de hautbois, d'une attaque 
d'apoplexie. Outre dix concertos pour hautbois 
qui sont en partie encore jou£s, il a ecrit des 
soli pour fliite, des duos pour deux fltltes, des 
quatuors pour fliite et instruments k archet, etc. 
— 3. Christian- Wilhelm, chanteur scenique 
(basse-bouffe),n6 k Konradsdorf,pres Freiberg, 
le 17 sept. 1789, m. a Dresde le 3 oct. 1859; 
debuta en 1810 a Dresde, sous la direction 
Seconda, fut de 1817 k 1828 basse-bouffe et chef 
des choeurs a Leipzig, puis de 1828 a 1829 k 
Magdebourg. De 1829 k 1832, il remplit les 
fonctions de r&gisseur d'opera et de chef des 
choeurs de nouveau a Leipzig, puis k Dresde 
ou il prit chaudement parti pour Wagner. 
Marschner a 6crit pour F. le rtile de Toms 
Blunt (dans le Vampyre) et celui du frere Tuck 
(dans Tempter tmd Judiri). — 4.Ludwig, tr^sce- 
l&bre chanteur, doue d'une voix de basse extra- 
ordinairement £tendue (r^-fo 3 ), ne k Mayence 
lel8 aoiit 1745, m. k Berlin le 10 jail. 1825; 
d'abord chanteur dans la chapelle electorate 
de Mayence, il fut engage ensuite par les scenes 
de Mannheim, (Munich) et Vienne. 11 se fit en- 
tendre avec un succ^s extraordinaire a Paris, 
puis en Italie, et fut engage k vie a Berlin en 
1788; il ne fit valoir ses droits a la retraite qu'en 
1815. Le rdle d'Osmin dans U Enlevement au 
strail, de Mozart, a et6 ecrit pour F. — 5. Mi- 
chael-Gotthard, maitre de musique dans un 
s6minaire et chef d'orchestre symphonique, ne 
k Alach, pr£s Erfurt, le 3 juin 1773, m., orga- 
niste a Erfurt, le 12 janv. 1829; excellent orga- 
niste (eleve de Kittel), a compose des ceuvres 
d'orgue (qui sont encore jouees), des motets, 
des quatuors et un quintette pour instr. k archet, 
un concerto de basson, un concerto de clari- 
nette, des [symphonies, etc. — 6. Anton, ne a 



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Ried (Souabe)en 1777, mort a Vienne le 1« dec. 
1808; il avait 6t6 d'abord chef d'orchestre dans 
cette derntere ville,au « Josephst&dter Theater*, 
plus tard (en 1800) au the&tre « an der Wien » 
(sous Schikaneder). F. a Scrit de nombreuses 
operettes, une pantomime, une op^rette pour 
enfants; il a r££dit6 et retravaill£ Raoul, la 
Barbe-bleue et Les deux Avares, de Gr&ry, 
pour leur nouvelle mise en scene k Vienne. — 
7. Gottfried-Emil, ne a Berlin le 28 nov. 1791, 
m. en cette ville le 14 fevr. 1841, fils d'un maitre 
de physique au « Graue Kloster*. Ernst-Gott- 
fried F. (n6 k Hoheneiche, pres Saalfeld, le 
17 juil. 1754, m. a Berlin le 21 janv. 1831, au- 
teur d'une dissertation sur les vibrations des 
cordes tendues),a 6te de 1817 a 1825 professeur 
de mathematiques a l'6cole royale de la guerre 
et,de 1818 jusqu'a sa mort, maitre de chant au 
tGraue Klostert de Berlin. II a compose des 
motets, des chorals, des lieder, des chants 
d'£cole, des melodies pour le Minnesdnger de 
v. d. Hagen. II a collabore en outre k Y « Allge- 
meine Muslkalische Zeitung > et a £crit un 
petit ouvrage : Ueber Gesang und Gesangunter- 
richt (1831). — 8. Karl-Ltjdwig, excellent violo- 
niste et chef d'orchestre, ne a Kaiserslautern en 
1816, m. k Hanovre le 15 aottt 1877, a et6 chef 
d'orchestre de the&tre k Treves, Cologne, Aix- 
la-Ghapelle, Nuremberg, Wfirzbourg, Mayence 
(1847-ia52)et Hanovre ou ii fut nomme, en 1852, 
deuxi&me (avec Marschner), puis, en 1859, pre- 
mier chef d'orchestre. II a compost diverses 
oeuvres vocales, des choeurs. pour. voix d'hom- 
mes, etc. — 9. Adolf, n6 k Uckermtinde le 23 
juin 1827, devint en 1844, choriste k 1'OpSra 
royal de Berlin, frequenta k partir de Tann6e 
suivanteles cours de l'Tnstitut royal de musique 
d*£glise (A.-W. Bach, Grell), puis fut nomm£ en 

1847 organiste de l'eglise de la Trinity et en 

1848 de l'eglise St-Jean, k Berlin. Plus tard en- 
core il devint l'eleve de Grell et de Rungenha- 
gen a l'Acad£mie. En 1851, il fut appel6 au pos- 
te de cantor et d'organiste au « Gr. Friedrichs- 
Waisenhaus », puis en 1853 a celui d'organiste 
des deux principales 6glises de Francfort s/O., 
et de directeur de la « Singakademie ». En 1864, 
F. regut le titre de directeur de musique, puis 
devint en 1870 premier organiste de l'eglise 
Ste-Elisabeth, k Breslau, ou il fonda,en 1880, le 
Conservatoire silSsien et re^ut, en 1891, le titre 
de « professeur ». F. est Tun des organistes 
contemporains les plus remarquables; il s'est 
fait connaltre aussi comme compositeur d'oeu- 
vres orchestrales et vocales fort reussies. — 
10. Karl-August, n6 a Ebersdorf, pr6s Chem- 
nitz, le 25 juil. 1828, m. a Dresde le 25 d£c. 1892 ; 
d'abord organiste a l'eglise anglaise et a l'eglise 
Ste-Anne, puis a l'eglise des Trois-Rois, k 
Dresde, 6tait un organiste de valeur. Citons 
parmi ses compositions: quatre symphonies 
pour orgue et orchestre, trois concertos pour 
orgue (Noel, F&ques et Pentecote), une grande 
Messe solennelle, uh opera, Loreley (texte de 
Geibel), deux suites d'orchestre, ainsi que des 
morceaux pour violon et orgue, et pour violon- 
celle et orgue. — 11. Franz, violoncelliste et 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



244 



FISGHHOF — FLAUTATO 



chef d'orchestre, ne a Munich le 29 juil. 1849, 
eldve de Hippolyte Mailer, 6tait,enl870, violon- 
celle-solo da Theatre national de Pesth sous la 
direction de Hans Richter, puis a Munich et 
Bayreuth sous celle de Wagner. En 1876, il ob- 
tint le poste de chef des choeurs a Bayreuth, fut 
ensuite, de 1877 a 1879, chef d'orchestre de la 
cour a Mannheim, et depuis a Munich od il 
occupe une situation tr&s en vue. F. s'est fait 
une speciality de Interpretation au piano des 
oeuvres de Wagner. — 12. Paul, n6 a Zwickau 
le 7 d£c. 1834; nomme en 1862 cantor a Zittau, 
collabore depuis de longues annees a la « Neue 
Zeitschrift fflr Musik », et a publte une Lieder- 
sammlung fur Mhere Lehranstalien. — 18. 
Adolpke, excellent violoncelliste, n£ a Bruxelles 
le 22 novembre 1847, m. dans la m£me ville le 
18 mars 1891, dans un hospice d'ali&n&s, recut 
la premiere Education musicale de son pere qui 
tint lui-mdme une place honorable comme di- 
recteur de soci6t6s de chant et d'orchestre, il 
travailla ensuite avec Servais, au Conservatoire 
de Bruxelles. A partir de 1868, il v6cut a Paris 
d'od il entreprit de lointaines tournees de con- 
certs. — 14. Ignaz, n6 en 1828, m. a Vienne le 
7 juil. 1877, a 6t6 pendant longtemps chef d'or- 
chestre de la cour dans cette ville.— 15. Joseph, 
ne en 1828, auteur du lied allemand bien connu: 
c Hoch Deutschland, herrliche Siegesbraut », 
a 616 musicien de la chambre a Stuttgart, oft il 
est mort le 27 sept 1885. 

Fischhof, Joseph, n6 a Butschowitz (Mora- 
vie) le 4 avr. 1804, m. le 28 juin 1857, 6tudia la 
mgdecine a Vienne, mais fit en mdme temps de 
la musique avec zele (il travailla la composi- 
tion auprds d'L v. Seyfried). Plus tard, il se 
touma tout a fait vers la musique, et aprte 
s'Gtre voue plusieurs annees a l'enseignement 
particulier, il fut engag£, en 1888, comme pro- 
fesseur de piano au Conservatoire de la « So- 
ciety des amis de la musique », a Vienne. Outre 
diverses oeuvres pour piano et de la musique 
de chambre, F. a 6crit: Versuch einer Ge- 
schichte des Klavierbaues (1858); une descrip- 
tion, dans les MitteUungenaus Wien (1835), des 
collections musicales cT Aloys Fuchs, et une 
sirie d'« Etudes classiques pour le piano » (des 
xvii* et xvm« s.). 

Fistula (lat), roseau, d'oh tuyau, le terme 
geniralement employ^ par les ecrivains latins 
du moyen age pour designer les tuyaux d'orgue 
(fistula? organicas). II en rSsulte qu'il est peu 
probable que la F. des Romains fut un instr. a 
anche (ce qu'6tait par contre certainement le 
calamus). Cf. Instr. a vent. 

Flight, Benjamin, facteur d'orgues, a parti- 
cipS a la construction de YApoUanicon (v. ce 
mot) et mourut a Handsworth (pr&s Londres) 
le 81 mai 1890, a Tage de quatre-vingt-dix 
ans. 

Fitsenhaffta, Wilhelm-Karl-Friedrigh, u§ 
a Seesen (Brunswick) le 15 sept. 1848, m. a 
Moscou le 18 d£c. 1890, se fit connaltre a van- 
tageusement comme violoncelliste; il a aussi 
public un grand nombre d'oeuvres pour son 
instrument F. etait violoncelle-solo de la So- 



ciete imp&riale russe de musique, a Moscou, et 
professeur au Conservatoire de cette ville. 

Fl., abr. pour tflftte* (ital. Flauto, allem. 
FKte, angl. flute). 

Flageolet 1. Petit instr. a vent, dernier re- 
pr£sentant de la flftte a bee (v. fl&tk), encore 
employ^ a present en Belgique et en France, 
dans des orchestres de second ordre. Le f. a, & 
peu pr£s, la m&me etendue que le piccolo, e'est- 
a-dire qu'il est accorde une octave plus haut 
que la fhtte ordinaire (flftte traversi£re). — 2. 
Petit jeu d'orgue (2' et 1'), jeu de flftle a dia- 
pason plut6t etroit. — 3. Designation" des 
sons produits sur les instr. a archet par une 
vibration partielle des cordes, et qui ont un son 
gtrange et percant, quoique doux et ether6. Ges 
sons sont exempts du frottement de la corde 
qui accompagne les autres sons de ces instru- 
ments. Us sont employes surtout pour les notes 
61ev6es,souventm&meacause de la facility avec 
laquelle ils se produisent, sauf dans le registre 
suraigu. On obtient le f. en touchant legere- 
ment du bout du doigt le point de la corde qui 
en est exactement a la moiti&, au tiers, au 
quart, etc.; celle-ci ne vibre alors plus dans 
toute sa longueur mais en deux, trois, quatre, 
etc. parties, dont chacune rend d'elle-mdme le 
son 61ev6 qui lui est propre. D'autres sons que 
les harmoniques naturelles des cordes peuvent 
se produire en f., quand la corde est suffisam- 
ment raccourcie au moyen d*un doigt fortement 
appuy£, pour que la note cherchee Be trouve 
dans la sirie harmonique du son ainsi obtenu, 
par ex : ut diese sur la corde de sol* en prenant 
la et touchant 16gerement la place de Yut dUse 
(*/ 5 ). Ghaque methode d'instrument s'etend plus 
longuement sur ce sujet. Les sons en flageolets 
sortent mieux sur les grosses cordes (contre- 
basse, violoncelle), que sur les fines, mais plus 
mal sur les cordes filees, que sur les autres. 
Dans la notation, Von indique le f. des cordes 
a vide simplement par un plac£ au-dessus de 
la note que Ton doit entendre (a); le f. des cor- 
des raccourcies par le doigt, est indiqu£ par 
contre au moyen de la note fondamentale,de la 
note a effleurer seulement et de celle qui doit 
sonner (b). 



a} 



b) 



^ 



c) 



^^^m 



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La derniere manure de noter le f. peul na- 
turellement aussi 6tre employee pour les cor- 
des a vide (c). 

Flautato, flaotando (a la facon d'une ft&te), 
designation, pour les instruments a archet, du 
coup d'archet pr£s de la touche (a peu pr6s au 
milieu de la corde). La formation des sons har- 
moniques pairs est ainsi emp&chee ; le son 
prend de la sorte un timbre analogue a celui 

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FLAUTINO — FLOTOW 



245 



de la flute ou mieux encore de la clarinette. Le 
mot f. est aussi quelquefois employe pour indi- 
quer le € flageolet .». 

Flaatino, c-a-d. petite flute (piccolo) ou fla- 
geolet. 

Flauto (Hal.), flute. 

Flaxland, Gustave - Alexandre, n6 a Stras- 
bourg, eleve du Conservatoire de Paris, lui- 
m£me maltre de musique pendant plusieurs 
annees, fonda en 1847 une maison d'Sdition de 
musique qui devint bienttit Tune des plus re- 
nommees de Paris, surtout depuis que F. eut 
acquis la proprtete pour la France des oeuvres 
de Schumann et de Wagner, entreprise alors 
assez osee. En 1870, il vendit sa maison a « Du- 
rand et Schonewerk » et etablit avec son fils 
une fabrique de piano. 

Flebile (ital. pleurnicheur), melancolique. 

Flessibile (ital. souple, flexible), glissant, 
coulant. 

Fleischer. 1. Oskar, D' Phil., musicographe 
dont la Vierteljahresschrift fur Musikvcissen- 
schaft a donne en 1886 une precieuse monogra- 
phic sur le joueur de luth Denis Gaultier (les 
annees suivantes contiennent des critiques de 
F. sur des ouvrages d'histoire musicale), et qui 
prit recemment le poste de conservateur du 
musee instrumental de Berlin. — 2. Reinhold, 
ne & Dahsau, pres Herrnstadt (Sitesie), le 12 
avr. 1842, eleve de l'lnstitut royal de musique 
d'eglise et de l'Acad&mie royale, a Berlin, de- 
vint, en 1870, organiste de la calhedrale et 
directeur de la « Singakademie » de Gorlitz, et 
recut, en 1885, le litre de « directeur royal de 
musique*. II a compose des pieces pour orgue, 
des lieder, des motets, et une cantate intitulee 
Holda. 

Flemming, Friedr.-Ferdinand, ne a Neu- 
hausen, en Saxe, le 28 fevr. 1778, m. & Berlin le 
27 mai 1813, comme medecin praticien et mem- 
bre de la « Zeltersche Liedertafel ». II a mis en 
musique, pour voix d'hommes, V Integer vitae 
d'Horace. 

Florentin. 1. Quatuor florentin, v. Becker 8. 
— 2. Reforme Florentine, nom que Ton a 
donne au mouvement musical qui, se manifes- 
tant a la fois dans la theorie et la pratique, 
amena vers Tan 1600 la creation d'un nouveau 
style. Par opposition aux railinements exagSres 
du contrepoint, ce style prit pour base la decla- 
mation simple et l'expression naturelle d'une 
partie de chant solo & laquelle on adaptait un 
accompagnement instrumental. L/opSra, Tora- 
torio. la cantate et le style instrumental homo- 
phone, resultant de limitation des trois pre- 
mieres formes, en un mot toute notre musique 
actuelle a pris naissance dans le cercle d'esthe- 
tes que reunissaientchez eux les nobles floren- 
tins Bardi et Corsi. Cf. opera, Gaccini, Cava- 
lieri, etc. 

Florimo, Francesco, un des historiens de la 
musique les plus meritants de lltalie, n6 & San 
Giorgio Morgetto, pres de Reggio, le 12 oct. 
1800, m. d Naples le 18 dec. 1888; Sieve en 1817 
du « Real Collegio di musica » & Naples, ou il 
eut comme maltre Furno, Elia, Zingarelli et 



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Tritto; il a ete, depuis 1826, bibliothScaire aux 
archives de cet institut. L/oeuvre principale de 
Florimo est le Cenno storico suUa scuola musi- 
cale di Napoti (1869-1871, 2 vol. ; 2« ed. en 4 
forts vol., sous le titre : La scuola musicale di 
Napoli e i suoi Conservatorii, histoire des con- 
servatoires de Naples, de leurs professeurs et 
de leurs el&ves); en outre, il a Scrit: Riccardo 
Wagner ed i Wagnerisii (1876), Trasporto 
delle ceneri di Bellini a Catana (F. lui-m&me a 
ramene de Paris & Catane le corps de Bellini), 
Bellini, memorie e lettere (1885). Comme com- 
positeur, il a donne des oeuvres de musique 
d'eglise et d'orchestre, des cantate®, ainsi que 
quelques cahiers de chansons en dialecte na- 
politain, avec version italienne. Sa methode de 
chant (Metode di canto) est adoptee dans les 
classes du Conservatoire de Naples. 

Flotow, Friedrich, Freiherr von, composi- 
teur, ne dans le domaine de Teutendorf (Meck- 
lembourg), le 27 avr. 1812, m. a Darmstadt le 
24janv. 1*83; il etudia la* composition sous la 
direction de Reicha, & Paris, de 1827 a 1830, et 
rentra lorsqu'eclata la revolution de Juillet, en 
Mecklembourg. II revint quelques annees apr6s 
a Paris, ou ses premiers essais de musique 
scenique furent represents sur de petites sce- 
nes (1836). Son premier succes r6el date de 
1839, lorsqu'il donna au theatre de la Renais- 
sance le Naufrage de la Meduse (avec Piloti et 
Grisar), qui devait 6tre aussi reprSsente & 
Hambourg, mais disparut dans le grand in- 
cendie. F. le fit representor en 1845, apr&s 
Fa voir recompos6 & nouveau, sous le titre Les 
Matelots. Les operas qui suivirent sont : Der 
Forster (A Paris: LAme en peine, 1846; a 
Londres, en anglais, sousle titre Leoline); puis 
LEsclave du Camoens, que rOp6ra-Comique 
joua en 1843. Ses meilleures oeuvres sont ce- 
pendant Alessandro Stradella (1844, & Ham- 
bourg) et Martha (1847, a Vienne). La revolu- 
tion de Mars chassa de nouveau F. de Paris ; 
en 1850, il donna A TOp6ra de Berlin : Die 
Grossfurstin,q\i\ n'a pas eu grand succes, et, en 
1853, avec plus de bonheur : Indra, tandis que 
les operas suivants sont tons tonibes dans l'ou- 
bli : Rubezahl (1854), Hilda (1855), Albin (Der 
Miiller von Meran 9 1856). Le grand-due de 
Mecklembourg nomma F., en 1866, intendant 
de la musique de la cour. En 1863, F.retournait 
& Paris et y donnait des opSrettes : Veuve Camus 
(« Witwe Grapin », 1859) et Pianella (1860), ainsi 
que les operas comiques : Zilda (1866), et 
L'Ombre (« Sein Schatten », 1870). Zilda n'eut 
aucun succes, mais L'Ombre fut une brillante 
revanche. En 1868, F. transporta son domicile 
dans un domaine pr6s de Vienne, se trouvant 
pendant la saison tant6t k Vienne, tantot & 
Paris ou en Italic En fait de nouveautes de 
sa composition, TOpera de la cour de Vienne 
donna: Die Libelle (ballet, 1866); celui de 
Darmstadt: le ballet Tannkonig (1867); celui 
de Prague : Am Runenstein (1868, en collabo- 
ration avec Genee). II fit aussi des arrangements 
d'op^ras anterieurs qui n'avaient pas ete don- 
nes : Na'ida (1873) et 11 fior d Harlem (1876). 

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246 



FLUGRL — FLtiTE 



Ses dernieres oeuvres sont: L' Enchanter esse 
(en ital. • Alma ttncantatrice » 1878; en alle- 
mand « Die Hexe » ; un arrangement de « In- 
dra»), et Rosellana (posthume). La musique de 
Flotow est plus frangaise qu'allemande, ses qua- 
lity rSellee sont un rythme piquant et gra- 
cieux, et une melodie simple et facile A saisir. 
Martha et StradeUa sont devenus vraiment 
populaires. Outre ses operas, F. a 6crit quel- 
ques morceaux de musique de chambre et de 
petites oeuvres vocales qui n'ont, il faut l'a- 
vouer, rien de remarquable. 
Flfigel (all.), piano A queue; v. piano. 
Fl&gel. 1. Gustav, organiste et compositeur, 
n6 A Nienburg s. Saale le 2 juil. 1812, suivit 
les cours du Gymnase de Bernburg et re<?utles 
premieres notions de piano et de th^orie du 
cantor Thiele, dans le village voisin d'Alten- 
bourg; il fut ensuite 61& ve particulier de Fr. 
Scbneider A Dessau, de 1827 A 1829, et suivit 
pendant une ann&e encore les cours de l'ecole 
de musique que ce ftiattre avait fondle, F. v6- 
cut successivement a Nienbourg, Bernbourg, 
< Jothen, Magdebourg, Schonebeck, et de 1840 A 
1850 A Stettin; en 1850, il fut appel£ comme 
maltre de musique au S4 minaire de Neuwied, 
oil il recut en 1856 le titre de directeur royal de 
musique. En 1859, il rentrait A Stettin comme 
cantor et organiste de Feglise du Chateau. 
Parmi les compositions d'orgue de F., il faut 
titer particulidrement son recueil de preludes 
(112 preludes de cborals); en outre, il a 6crit 
beaucoup de morceaux d'orgue, d'ceuvres pour 
piano de tous genres (5 sonates), de choeurs 
religieux et profanes pour voix mixtes, pour voix 
dliommes et pour les 6coles, de lieder, etc. — 
2. Ernst-Paul, fils du precedent, n6 A Stettin le 
1 81 aoftt 1844, re$ut la premiere Education musi- 
' cale de son p£re, puis de 1862 A 1863, a Berlin, 
comme 616ve de l'lnstitut royal de musique 
d'6glise et de la classe de composition de l'Aca- 
dfonie; il prit aussi des lemons particuli&res de 
Btllow, Fl. Geyer et Kiel, puis v6cut comme 
maltre de musique A Treptow a. T. et A Grelfs- 
wald. En 1867, il devint organiste et maltre de 
chant au Gymnase de Prenzlau; puis, en 1879, 
cantor A la « Bernhardinkirche » de Breslau, oil 
il fonda une soci6t£ chorale, qui porte son nom. 
F. s'occupe aussi de critique musicale. Parmi 
ses oeuvres publics, citons le Psaume'CXXI 
(op. 22), Mahometsgesang (op. 24), un trio pour 
piano et instr. A archet (op. 25), des morceaux 
pour piano, pour orgue et des lieder. 

Fltigelhorn (all.), nom que les Allemands 
donnent g6n6ralement au saxhorn (ou bugle) 
soprano en si bimol. V. saxhorn et bugle. On 
nomme en Autriche Bass-Flugelhorn l'instru- . 
ment que les Allemands appellent Tenorhorn 
in B, autrement dit le saxhorn (v. ce mot) t£nor 
ou baryton en si bimol. 

Flfite (ital. flauto; all. Flcete; angl. flute). 1. 
L'un des plus anciens instr. A vent en bois, 
dans lequel la production du son est obtenue 
au moyen d'une 6troite colonne d'air se brisant 
contre un biseau (cf. Instruments a vent). Cet 
instrument a rev&tu deux formes principales : 



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dans la premiere, comme dans les jeux de fltite 
de Forgue, la colonne d'air, dirig&e par une em- 
bouchure (bee) A travers une 6troite fente, va 
se briser sur le bord sup£rieur de l'orifice pra- 
tique sur son passage, — e'est la f. a beg, /. 
droits, Ptockfkele, Blochflcete (cf. Schweoel). 
Dans la seconde forme, seule en usage de nos 
jours, Tinstrumentiste avance les l&vres en rap- 
prochant les deux coins de la bouche, de fagon 
A former une 6troite colonne d'air qit'il dirige 
contre le bord, tailld en biseau, du trou rond 
qui tient lieu d'embouchure; cet orifice 6tant 
lateral, Finstrumentiste doit tenir sa f. de biais, 
— e'est la f. TRAVER8IERE, f allemande, Quer- 
flcete, flauto Waver so, german flute. La f., sous 
sa forme actuelle, est d'origine allemande et 
le nom le plus ancien qu'on lui connaisse est 
celui de € Schweitzerpfeiff ». Les diffSrents sons 
se produisent sur la f., constitute en %U (non 
pas en re), soit par le raccourcissement du 
tuyau resultant de l'ouverture des diff^rents 
trous qui y sont pratiques, soit par l'augmen- 
tation de la pression du souffle permettant 
(grAce aux harmoniques du tuyau) de faire 
sauter chaque son fondamental A l'octave ou 
A la double-octave sup£rieure. La f. moderne 
(syst&me Boehm, v. ce nom) est* pourvue de 
quatorze trous, ferm£s par des clefs (v. clef 3); 
son etendue comprend l'^chelle chromatique 
complete de si * a ut 6 . Le mecanisme de la f . 
est celui, de tous les instruments d'orchestre, 
qui permet la plus grande agility l'ex&cution 
des plus grands sauts y est facile m&me dans 
le mouvement le plus rapide. Du xv« au xvn« 
s. on construisait en Allemangne des flfttes, 
comme tous les autres instruments du reste, 
de diff&rentes dimensions (f. soprano, f. alto, 
f. basse); de nos jours on ne fait plus gu&re 
usage, A cdt6 de la « grande » f., que de la 
< petite » f. accordee 4 Toctave suplrieure de 
la premiere (flauto piccolo, Pickelfloete). Quel- 
ques orchestres secondares emploient encore, 
en France et en Belgique, le « flageolet > (v. ce 
mot, 1); les musiques militaires adoptent aussi 
parfois des modules de petites fifties accor- 
d6es un demi-ton ou une tierce mineure plus 
haut que le modele habituel, c-d-d. en re hi- 
mol (improprement dite en mi bemol) ou en mi 
bSmol (improprement dite en fa). La « f. tierce » 
(en mi Mmol [improprement dite en fa]) et la 
« f. quarte » (en fa [improprement dite en sot}), 
sonnant une tierce mineure et une quarte juste 
au-dessus de la grande f., sont tout A fait lom- 
b&es en desuetude, de meme que la € f. d v a- 
mour • accord&e A la tierce mineure inf&rieure 
(en la). Queiques tentatives ont 6t6 faites re- 
cemment (Felix Weingartner) de remettre en 
usage la f. alto. II faut noter surtout, parmi les 
methodes et ouvrages destines sp^cialement a 
l'enseignement de la fltite : Berbiguier, Grande 
mitkode de la flute (3 parties); Hugot et Wun- 
derlich, MHhode complete de flAte (a paru aussi 
en allemand); J.-H. Alt^s, MOhode de flute (2 
parties), A.-B. FOrstenau, Flcetenschule, op. 42, 
et Die Kunst des FUxtenspiels, op. 138; Fahr- 
bach, Wiener Flcetenschule; Soussmann, Prak- 

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FOGO — FOIGNET 



247 



ttsche Floetenschule, op. 54 (5 cahiers); Tulou, 
Flcetenschule. op. 100; W. Popp, Neue prak- 
tische xmd vollstamdige SchzUe des Flceten- 
spiels; Terschak, op. 181, un recueil d'excellen- 
tes etudes; Barge, Orchesterstudien fiir Flcete 
(4 cahiers); enfin an grand nombre de mor- 
ceaux d'6tnde et de concert, de Drouet, Dop- 
pler, Briccialdi, Bcehm, etc. Mentionnons en 
outre les ecrits snr la f., de Boehm : Ueber den 
FlaUenbau (1847) et Die Flcete und das Flce- 
tenspiel (s. date). Les ouvrages de Quanlz, 
Tromlitz, Devienne, etc. n'ont plus qu'un inte- 
r&t historique. 

2. Le nom de f. a et£ adopts dans Torgue 
pour designer collectivement tous les jeux A 
bouche, ouverts; inais on le rencontre aussi, 
avec des qualificatifs divers, com me designa- 
tion de certains jeux speciaux, ex. : f. traver- 
stere, L douce, f. creuse, f. double, f. harmoni- 
que, f. octaviante, et en outre, chez les fac- 
teurs allemands : t Schweizerfloete », « Fern- 
Hoete », • Stillfloete », « Hellfloete », « Tubal- 
ilo?te », * Feldfloete », « Waldfioete », « Spiel- 
flcete », « Blockfloete », « Pyramidfloete », « Rohr- 
tloete », etc. La plupart de ces jeux sont des 
jeux de 4* ou de 8*; lorsqu'ils sont de 2' ou 1\ 
.ils portent le nom de piccolo, doubletle, etc, et 
en allemand celui de « Pfeiffe » ( « Schweizer- 
pfeiffe », « FeldpfeifFe », etc.). On construit 6ga- 
lement des jeux de flute bouchSs, de 4', 8 V , 16* 
«t32\ 

Foco (ilal ), v. fuoco. 

Fcerner, Christian, n6 a Wettin en 1610, m. 
dans la m£me ville en 1678; c&ebre facteur 
d'orgues dont il existe encore un instrument A 
Halle s/S. (« Ulrichskirche ») et un a Weissen- 
fels (« Augustusburg »). F. est Tinventeur de 
Tappareil dont on se sert pour determiner la 
density de Fair comprint dans les magasins A 
air de Torgue. 

Foerster. 1. Christophe, n6 A Bebra (Thu- 
ringe) le 30 nov. 1693, m. le 6 d£c. 1745; pendant 
nombre d'ann£es maitre de chapelle de la cour 
ducal e de Saxe, a Mersebourg, puis, en 1745, 
mattre de chapelle a Budolstadt, fut un compo- 
siteur fecond (symphonies, oeuvres pour orgue, 
pour piano, cantates, etc.). — 2. Emanuel- Aloys, 
n£ A Neurath (Sil6sie autrichienne) en 1757, 
m. A Vienne le 19 nov. 1833, apr&s avoir v6cu 
longtemps comme maitre de musique dans 
eette derntere ville; a public beaucoup de mu- 
sique instrumentale (sonates pour piano, varia- 
tions, quatuors pour instr. A archet, un quin- 
tette pour instr. A archet, un quatuor avec piano, 
un sextuor avec piano, un Notturno cancer^ 
tante pour instr. A archet et A vent), quelques 
lieder, une Huldigungshantate, etc. II a 6crit 
«n outre AnleUtmg zum Generalbass (1805). — 
3. Joseph, n6 A Osojnitz (Boh&me) le 22 fevr. 
1888; fut 616 ve de T6cole d'organistes de Pra- 
gue (1850-1852), puis devint organiste de la 
< Elosterkirche » de Vysebrod. II rentra en 1857 
a Prague ou il devint l'ann6e suivante organiste 
de l'eglise St-Nicolas, puis en 1862 directeur du 
chcear de l'eglise de la Trinity, en 1866 direc- 
teur de celui de St-Adalbert, enfin, en 1887, de 



celui du Ddme (St-Veit) Sgalement. II est en ou- 
tre professeur de th^orie au Conservatoire et 
examinateur de l'enseignement musical dans 
les 6coles secondaires. F. est un excellent con- 
naisseur du choral et cultive avec z&le la mu- 
sique polyphonique a cappeUa ; il a lui-m£me 
6crit plusieurs Messes et Requiem, ainsi que 
des oeuvres pour orgue et un traite d'harmonie. 
— 4. Alban, ne a Heichenbach dans le Voigt- 
iand le 23 oct. 1849, el£ve du Conservatoire de 
Dresde; a et6 concertmeister a Carlsbad, Bres- 
lau, Stettin, devint en 1871 musicien de la cour 
et directeur de la Singakademie de Neustrelitz, 
en 1881 professeur au Conservatoire de Dresde 
et directeur de la Liedertafel, puis retourna a 
Neustrelitz en qualite de chef d'orchestre de la 
cour. 11 a compose des oeuvres de musique de 
chambre, des morceaux mslructifs pour piano, 
deB lieder, des o?uvres pour orchestre, ainsi que 
trois operas (Das Flustem, 1875, Die Madchen 
von Schilda, 1887 [tous deux repr£sent£s A 
Neustrelitz] et 'sLorle [Dresde, 1891]) — 5. 
Adolphe-M., compositeur americain, ne a Pitts- 
burgh (Pensylvanie) le 3 fevr. 1854, el6ve du 
Conservatoire de Leipzig, vit a Pittsburgh. 

Fcertsch, Johann-Philipp, n6 a Wertheim 
(Franconie) le 14 mai 1652, m. conseiller de la 
cour a Eutin le 14 d£c. 1732 ; etudia la medecine, 
mais embrassa peu apres la carrtere musicale. 
II etait en 1671 t£nor de la Chapelle du Conseil A 
Hambourg, puis, en 1680, succMa a Theile com- 
me maitre de chapelle de la cour ducale de Schles- 
wig,aGottorp,placequ f il perdit bientdl a la suite 
d'6venements politiques. Ce m£compte le fit re- 
venir a la medecine et il fut nomme en 1694 
mGdecin parliculier de l'eveque d'Eutin. F. a 
^crit pendant sa carriere musicale douze operas 
(1684-1690, pour Hambourg), des concertos pour 
piano, etc. Mattheson fait grand eloge de son 
talent dans le Musihalischer Patriot. 

Fogliani, Ludovico, th&oricien de renom, n6 
A Mod£ne, m. dans la m&me ville vers 1539; a 
publie un ouvrage intitule Musica theoretica 
(1529). C*est dans ce traits que, pour la pre- 
miere fois, la tierce majeure fut exprim^e par le 
rapport 4 : 5 et que la difference entre le grand 
etle petit ton entier fut 6tablie. F., non pas 
seulement Zarlino, a done inaugure le systeme 
moderne dela determination des inlervalles, en 
reprenant les donnees de Didyme et de Ptole- 
mee, et en leur attribuant une importance 
qu*elles ne pouvaient avoir dans Tantiquite. On 
trouve en outre quelques compositions de F. 
dans les Frottole pubises de 1504 A 1508, par 
Petrucci. 

Foglietto (ilal.), feuillet. Nom que Ton donne, 
en Italie, a la partie de violon dans laquelle sont 
notees, enpetits caract£res,lesr£pliques des au- 
tres instruments ; cette partie peut done servir 
de c conducteur >. 

Foignet. 1. Charles-Gabriel, n6 a Lyon en 
1750, m. A Paris en 1823, maitre de chant et 
compositeur, ecrivit de 1791 a 1799 vingt-cinq 
operas-comiques, pour de petites scenes pari- 
siennes. — Son fils : — 2. Francois, n^ a Paris 
en 1780. m. a Strasbourg le 22 juil. 1845, marcha 



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248 



FOLVILLE — FONDAMENTAL 



sur les traces de son pdre et ecrivit de 1799 4 
1819 onze operas-comiques et faeries, dans les- 
quels il parut souvent lui-meme comme chan- 
teur. 

Folville, Juliette, nee & Liege le 6 janv. 
1870, compositeur de talent, violoniste et pia- 
niste (a donne l'op^ra Atala, Lille 1892). 

Fonctions tonales (de l'harmonie), nom que 
Fauteur de ce dictionnaire donne 4 l'ensemble 
des significations diverges que peut prendre 
un accord, dans le d&veloppement logique de la 
phrase musicale, suivant le rapport qu'il a avec 
la tonique etablie. Apres Favoir tente dej& dans 
sa Musikaiische Logtk (1873), Hugo Riemann 
est parvenu dans Tun de ses derniers ouvra- 
ges : Vereinfachte Harmantelehre oder Lehre 
von den tonalen Ftmhtionen der Harmonie 
(Londres, 1898, Augener et C 1 *) & determiner 
les formations dissonantes et les cadences 
rompues les plus compliquees comme de sim- 
ples modifications, plus ou moins grandes, des 
formes des trois settles harmonies essentielles : 
tonique (T), sous-dominante (S), dominante (D). 
Ges trois harmonies sont, en principe, des ac- 







-g =r 



^ 



4- 



cords majeure en majeur (T+, S+ , D + ), des 
accords mineurs en mineur i°T, °S, °D) ; toute- 
fois la sous-dominante en majeure peut etre un 
ace. mineur (°S) et la dominante en mineur 
un ace. majeur (D+). Les formes dissonantes, 
composees de plus de trois sons, des dominan- 
tes sont tout d'abord: S«,D 7 , S™, D«, (cf. les in- 
dications aux mots dissonance et clef harmo- 
nious); mats les formes de consonances feintes,. 
donnant a Fharmonie Faspect d*une harmonie 
de mode oppose, sont plus importantes encore. 
On obtient ces derni^res au moyen du rempla- 
cement soit de la quinte par la sixte (|), soit de 
la prime par la contre-seconde (harmonies pa- 
rallies : Tp, Sp, Dp, °Tp, •Sp, °Ep,et harmonies 
de sensible : *S** , <>T* > , + D n< , etc.), accords 
dont la notation depend exclusivement de Fhar- 
monie essentielle qu'ils doivent representor et 
dont ils sont derives. Les harmonies chroma- 
tiques apparaissent tout d'abord comme domi- 
nantes d'harmonies naturelles qui les suivent 
immediatement, elles sont designees en conse- 
quence ; par ex., dans Fenchalnement suivant,, 
les harmonies placees entre parentheses : 



%- 



& 



JtHM 



r 









T (D) Sp (W) 



D'autres abr^viations viennent encore s'ajouter 
aux precedentes : Findication de la dominante 

de la dominante [Q] et celle de la seconde sous- 

o 
dominante en mineur [<*$]. Les elisions (sup- 
pression d'accords attendus), fr6quentes apres 
les harmonies chromatiques, sont simplement 
indiquees par la designation entre crochets de 
Faccord qui devrait servir de resolution; ainsi 
T(T> r ) | [Tp] (S™ D 7 ) | [Sp] S v « D 7 | T repri- 
sente en ut majeur Fenchalnement harmonique 
suivant (en basse chlflr&e) : 




ft 

i . , 

Toute modulation apparatt sous la forme 
d'un accord ayant une double fonction tonale, 
ainsi : T V = °$ a > I D * * I T, repr^sente en 
ut majeur Fenchalnement harmonique suivant : 

ut + V = °« 8 * I « ! * I ** + » etc •> etc - 
Cette fa^on d'indiquer les harmonies n'6tant 



V. 



m 



nullement liee & Fidee d'une tonalite precise a 
des avantages tout particuliers pour la trans- 
position. 

Fondamental. 1. Echelle fondambntalk. 
(all Grundskala), nom que Fon donne A la 
succession des sons qui servent de base & un 
systeme musical et aupr&s desquels un certain 
nombre d'autres sons, egalement admis dans ce 
systeme, n'apparaissent que comme derives. 
L'e. f. de notre systeme musical occidental- 
europeen se compose d'une simple serie de 
sept sons, le huitieme son (octave) n*etant en 
quelque sorte que la repetion du premier, dont 
il est derive et dont il porte le nom. Ces sept 
sons portaient au debut les noms des sept pre- 
mieres lettres de Falphabet : A, B, C, D, E, F, G ; 
mais, par une etrange complication, les Alle- 
mands, qui ont conserve ce systeme de denomi- 
nation des sons, ont remplace le B par un H. 

Cf, LKTTRBS, B et ALTERATION 2. Notre e. t. r 

comme celle de Fantiquite, comporte un demi 
ton alternativement apres deux ou trois tons 
entiers : 



'^oZJOCZ 






I22=?_T^ 



JZ^Z 






X£r&-^-Zzrz — 3 



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FONDS — FORKEL 



249 



Si Ton vent reproduire k partir d'un autre 
son (transposer sur nn autre degr£) les rap- 
ports d'un fragment de VL f., de celni d f ut l k 
ul* par ex. (6. f. majeure), on devra forc&nent 
faire usage d 'alterations; ainsi pour re* — re A . 



i 



-TST-& 



3*7 



^*3& 



-& 



2 

Thi eiders. 



3 

Teis eitien. 



la succession des intervalles, si Ton ne se ser- 
vait pas des dieses serait : 1, 2 , 3, 2 , 1.— 2. Son 

fondamextal, ou simplement fondamentale 
(all* Grundton). La terminologie usuelle donne 
ce nom an son le plus grave d'un accord dont 
les notes se suivent par tierces superpos&es, 
par ex. ut dans ttt mi sol, ou sol dans sol si re 
fa. Lorsque cette nojp se trouve k la basse, l'ac- 
cord est consid£r6 comme 6tant dans sa posi- 
tion fondamentale (t. ce mot plus loin). Cepen- 
dant les thioriciens actuels prennent pour 
fondamentale (all. Hauptton) ou prime d'un ac- 
cord mineur le son le plus £ley£ de cet accord 
(v. Harmonib). — 3. Position fondamentale 
(all. Grundlage) d'un accord, dans la th£orie 
de la basse cbiffrSe, celle dans laquelle les notes 
sont disposes de facon k ce que la fondamen- 
tale soit k la basse; si Ton place une autre note 
de l'accord k la basse, on obtient un renverse- 
ment (v. ce mot). Voici par consequent sous a 
des accords dans leur p. f., sous b, des accords 
renvers&s : 



w 



a) 



V* 



* 



ST 



Cf. majbur (accord), mineur (accord) et sbptieme 
(accord de). — 4. Basse fondamentale, nom que 
J.-Ph. Rameau a donnd dans son syst£me har- 
monique k une sorle de partie de basse Active, 
composle de la serie des sons qui seraient k la 
basse, si tous les accords apparaissaient dans 
leur position fondamentale. D est important de 
ne pas confondre la b. f. avec la basse chiflWe. 
Voici un exemple de b. f : 




Sh 



=g 



^ 



Ut 



sol 



re 



Foods, terme dont on se sert en g6n6ral pour 
designer, dans l'orgue, l'ensemble des jeux k 
bouche (ouverts ou boucb£s), par opposition 
aux jeux k anche et aux jeux de mutation. On 
emploie aussi quelquefois, dans un sens plus 
large, le terme de • jeux de foods • pour indi- 
quer l'ensemble des jeux dans lesquels le son 



w/ f , p. ex., ou Tune de ses octaves (jeux octa- 
viants ou harmoniques) r£pond bien & la touch e 
ut*;les jeux de fonds sont alors uniquement 
opposes aux jeux, de mutation. 

Fontaine, 1. Mortier de, v. Mortier. — 2. 
Hendrik, n£ k Anvers le 5 avr. 1857, Steve du 
conservatoire de cette ville et, depuis 1888, 
maltre de cbant dans le mdme institut Gban- 
teur de concert (basse) de talent, s'est fait re- 
marquer surtout dans les oratorios de P. Benoit 
(Lucifer). 

Fontana, Giovanni-Battista, un des plus 
anciens compositeurs pour le violon, et un des 
initiateurs du style de musique de chambre, 
m. de la peste k Brescia en 1630; ont paru de 
lui, en 1641, des sonates pour violon avec basse, 
en partie pour deux violons et basson, et une 
sonate pour trois violons (publi£e par Reghino). 

Foote, Arthur, n6 k Salam (Massacbussets) 
le 5 mars 1853, fit son Education musicale en 
Amdrique et vit k Boston, comme maitre de 
musique et compositeur de musique lSgdre. 

Forberg, Robert, n6 k Ltttzen le 18 mai 1838, 
m. k Leipzig le 10 oct. 1880; ouvrit k Leipzig, 
en 1862, une maison d*6ducation musicale qui 
s'est acquis rapidement une excellente repu- 
tation et poss£de des opuvres de Bheinberger, 
Reinecke, Raff, Jensen, etc. 

Forchhammer, Theodor, n£ k Schiers (Ori- 
sons) le 29 juil. 1847, *14ve du Conservatoire de 
Stuttgart, succdda en 1885 k 6.-A. Ritter, comme 
organiste du ddme de Magdebourg, et devint, 
en 1888, dirccteur royal de musique. F. a pu- 
blic, avec B. Kothe, un Fuhrer durch die 
Orgel-Litteralur (1890); il a 6crit un concerto 
d'orgue (avec orchestre), differentes autres cen- 
vres pour orgue et pour piano, des lieder, etc. 

Forkel, Johann-Nikolaus, bistorien musical 
de mSrite, u& k Meeder pr&s Cobourg, le 22 tevr. 
1749, m. k Goettingue le 17 mars 1818; fils d'un 
cordonnier, il recut les premieres notions de 
musique du cantor de son village natal, puis 
trouva une place d'enfant de cboeur k la catb£- 
drale de Lttnebourg, ou il suivit en m&me temps 
les cours du gymnase. En 1766, il devint cbef 
de cbceur k Schwerin. A aUA de celi il avait 
trouv£ Foccasion de se perfectionner dans le 
jeu de l'orgue et de la harpe : il augmenta ses 
conuaissances musical eg par la lecture du « Par- 
fait maltre de chapelle » de Mattheson. En 
1769, il partit pour Goettingue, dans le but d'y 
£tudier le droit, ce dont il se procura les 
moyens en enseignant la musique; mais il 
s'approfondit de plus en plus dans ses Etudes 
d'bistoire de la musique; il fut engage au bout 
de pen de temps comme organiste, puis en 
1778, comme directeur de musique de 1'Univer- 
site et recut en 1780, le tit re de D* honoris causa. 
La succession de Pb.-E. Bacb, k Hambourg, 
que F. d6sirait vivement, ne lui fut pas oc- 
troy^, en sorte qu'il termina ses jours k Goet- 
tingue. Les services que F. a rendus k i'histoire 
et k la bibliograpbie de la musique sont impor- 
tants; ce fut le premier qui entreprit, en Alle- 
magne, d'6tudier ces vastes sujets dans leur 
ensemble, mais il avait eu en Angleterre des de- 



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250 



FORLA.NE — FORMES MUSIGALES 



vanciers, pour l'histoire du moins (Hawkins et 
Barney). Ses Merits sont les suivants : Ueber 
die Theorieder Musik, so fern sie Liebhabern 
Kennem derselben notwendig und niitzlich ist 
<1774); Musikalisch-Kritische Bibliothek (1778- 
79, 3 vol.); Ueber die beste Einrichtung tiffent- 
licher Konserte (1779) ; Genauere Bestimmung 
einiger musihalischer Begrifte (1780); Musi- 
kedischer Almanack fur Deutschland (pour 
les ann6es 1782, 88,84 et 89); AUgemeine Ge- 
schickte der Musik (1788 k 1801, 2 vol.;malheu- 
reusement cet ouvrage ne va que jusqu'en 1550 
environ. F. a laiss£ pour la suite des materiaux 
qui sont devenus la propri£t6 de Tediteur 
[Schwickert] ); Allgemeine Litteratur der Mu- 
sik oderAnleUung zurKenntnis musihalischer 
Bucher (1792; cet ouvrage fait 6po*jue, c'Stait 
le premier de son genre) ; Ueber Johann Sebas- 
tian Backs Leben, Kunsl und Kunsticerke 
(1808; trad, anglaise, 1820; trad, francaise, par 
F. Grenier, 1874). Un admirable travail de F., 
unique en son genre, consiste dans la trans- 
cription en partition moderne des Missce XIII 
de Graph&us (1589) et du Liber XV missarum 
de Petrejus (1588) contenant ensemble des Mes- 
ses d'Okeghem, Obrecht, Josquin, H. Isaac, 
Brumel, Pierre de la Rue, etc. Cette transcription 
£tait destinee k l'impression , elle etait meme 
d6j4 grav6e et les 6preuves se trouvaient entre 
les mains de F.; les Frangais qui, apres la 
bataille d'lena, entrerent dans Leipzig, nrent 
fondre toutes les planches pour en faire des 
bailee. L'6preuve, soigneusement corrigte par 
F., est depos6e k la Biblioth^que de Berlin. Ses 
compositions sont aujourdTmi oubltees (gra- 
vies : sonates pour piano, variations, lieder sur 
des paroles de Gleim;un oratorio, Hishias ;des 
cantates, Die Macht des Gesangs et Die Hirten 
an der Krippe zu Bethlehem; des trios; des 
symphonies; des chceurs; etc.). 

Forlane (du Frionl), ancienne danse ita- 
lienne, tomb£e en d6su6tude, d'allure vive et 
joyeuse, k 6 / 4 ou k 6 / 8 . 

Formes musicales. Aucun art ne peut se pas- 
ser de la forme, qui n'est pas autre chose que 
la fusion des diflferentes parties de Toeuvre 
d'art en un tout homogene; mais cette fusion, 
k moins d'etre purement ext6rieure et par con- 
sequent insuffisante, n'est possible que si les 
divers elements ont entre eux des rapports in- 
times. L'unit6 est done la condition premiere 
de toute forme, elle Test aussi de la forme mu- 
sicale; toutefois elle n'atteim la plenitude de sa 
valeur esth&ique que lorsqu'elle est basee 
sur des oppositions, des contrastes, des contra- 
dictions ou conflits. L'unitS, au point de vue 
musical, se manifesto de fa^ons fort diverses : 
accord consonant, tonality bien 6tablie, main- 
tien d'une meme mesure et d'un m6me rythme, 
retour periodique de motifs rythmiques et me- 
lodiques, formation et retour de themes com- 
plets ; les oppositions et les contradictions : 
changements d'hamonie, dissonance, modu- 
lation, alternance de rythmes et de motifs di- 
vers, opposition de themes de caractere diffe- 
rent Les oppositions doivent se fondre en une 



unite d'ordre superieur, les contradictions se 
rtooudre, autrement dit : les enchainements 
d'accords doivent donner une impression to- 
nale precise, la modulation doit se mouvoir au- 
tour d'une tonality principale et y ramener, la 
dissonance se rteoudre, les themes r6apparat- 
tre clairement apr&s Tenchev^trement des par- 
ties de developpement, etc. On voit ainsi que 
les lois de la forme musicale propreinent dite 
d£coulent tout naturellement de lois esth&i- 
ques g6n6rales. Gependant une quantity de for- 
mations diverses sont realisables,dans les limi- 
tes prescrites plus haut Les f. m. les plus fre- 
quentes, classees d'apris le groupement des 
themeSy sont les suivantes : 

1. Morceaux bas6s sur un seul th&ne (plutdt 
rares, mais admis pour les Etudes, bagatelles; 
feuillets d'album, chants sans paroles); 

2. Morceaux bas£s sur deux themes (A = 
premier thfrme; B = second tWme) : 

I. A - B - A. 

n. A — B — A — B (B £tant la seconde fois, 

dans le ton de A). 
IlLA — B — ^ — A — B (comme le prudent, 

mais avec une partie de developpement 
au milieu). 

IV. ||:A-B:?J-2-A-B (Bitanfd lafin 

dans le ton de A). 
B 



V. II: A - B : 



A 



-B-A. 



VLA-B-A (dans le ton de B) - B (dans le 
ton de A) — A. 
3. Morceaux bas£s sur trois themes (G = troi- 
si&me thdme): 

I. A — B — C — A — B (dans le ton de A). 

II. A — B-C-B— A. 

IIL A - B— A - C — A - B — A (les deux 
A interm£diaires dans d'autres tonalit&s). 
IV. A — B — C — B — G — A (le dernier C 
dans le ton de A). 
Etc., etc. 
On a donnA des noms sp&ciaux k certaines 
de ces combinaisons : 2 I = forme de lied, 
2 lV-V=forme de sonate, 2 VI (3111)= forme 
de rondo ; mais e'estune erreur de consid^rer ces 
trois formes comme seules autorisSes. La prati- 
que serait en complet disaccord avec ces prtten- 
tions, puirqu'elle admet — soit pour les mor- 
ceaux en un mouvement, soit pour chacune des 
subdivisions des morceaux en plusieurs mou- 
vements — non seulement les combinaisons in- 
diqu^es plus haut, mais encore une foule d'au- 
tres non moins justifiables au point de vue 
esth&tique. Par des considerations analogues, 
les oeuvres en plusieurs mouvements (formes 
cycliques) se composent de plusieurs morceaux 
de tonality de mesure et de caractire diflte- 
rents, par ex. (L = lent; R = rapide) : 



l.L-R. 
2.R-L-R. 
3.L-R — L-R. 



4.R-L— R — R. 
5.R — R — L-R. 
6.R-L-R-L-R 



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On n'a pas coutume de terminer une oeuvre 
de ce genre par un mouvement lent, toutefois 

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FORMES 



FORTLAGE 



251 



Beethoven par ex. a obtenu de la sorte un effet 
remarqaable (sonate en mi maj., op. 109) : 

7.L-R-L. | 8.R-L-R-L. 

L'adaption de ces formes abstraites (en un 
on plusieurs mouvements) aux divers genres 
de musique, determines par le nombre et l'es- 
pece des instraments employes, par le but et 
le style de Tceuvre ou par lea autres arts qui 
concourent a l'ensemble artistique, donne nais- 
sance a un grand nombre de formes concretes, 
Le nom de chacune de eelles-ci en donne une 
image sufli samment claire ; ce sont : A, Musi- 
que ixstrumentale pure : etude, prelude, fan- 
taisie, chant sans paroles, air, theme vari6, etc., 
airs de danses (allemande, bourree, branle, ca- 
narie, cebell, chaconne, czardas, gaillarde, ga- 
lop, gavotte, gigue, hornpipe, lrondler, loure, 
mazurka, menuet, passecaille, passamezzo, pas- 
sepied, pavane, polka, polonaise, rigaudon, sa- 
rabande, saltarelle, sicilienne, schottisch, tam- 
bourin, valse, etc.), marches (funebre, triom- 
phale, etc.), fugue, toccata, suite, partie, sonate, 
duo, trio, quatuor (quartette, quintette (quin- 
tuor), sextuor (sextette), septuor (septette), oc- 
tette (octuor), nonelte, divertissement, serenade, 
cassation, concerto, ouverture, symphonie. B, 
Musique vogale : melodie (lied), romance, bal- 
lade, legende, chanson (canzone), madrigal, 
ode, bicinium, tricinium, duo (duetto), trio, qua- 
tuor, etc.,antienne, psalmodie, sequence, hymne, 
choral, motet, messe, requiem, etc. G, Musique 

YOCALE ACCOMPAGNEE, SCENIQUE OU NON : recita- 

tif, arioso, cavatine, air, cantate, oratorio, ope>a, 
passion, etc. V. pour chacun de ces noms les 
articles speciaux. Cf. en outre les traites de 
composition de Marx, Sechter, Lobe, Jadas- 
sohn, Prout et le Katechismus der Komposi- 
iionslehre (1™ partie : Formenlehre; 2 e partie : 
Angewandte Formenlehre) de Riemann, ou Ton 
trouvera surtout des renseignements precis 
sur les details de structure de Foeuvre musi- 
cale. 

Formes, nom de deux freres qui se sont 
illustres comme chanteurs sceniques : 1. Karl- 
Johanx (basse), n6 a Molheim B /Rhin le 7 aout 
1816, m. a New-York le 15 dec. 1889, debuta en 
1841 a Cologne, dans le rdle de Sarastro et fut 
engage en 1843 a Mannheim, ou il a 6te fort 
appreeie, mais d'ou il dut fuir en 1848, pour 
avoir participe a la Revolution. De 1852 a 1857, 
il fit partie du personnel de l'opera ilalien de 
Ixmdres, puis il partagea son temps entre 
TAmerique et TEurope. En 1874, il remportait 
encore de grands succes a Berlin. — 2. Theodor 
•tenor), ne a Mttlheim le 24 juin 1826, m. a 
Endenich pres Bonn le 15 oct. 1874; debuta en 
1846 a Budapesth, puis fut engage a Vienne, 
Mannheim (1848) et a l'Opera de la cour de 
Berlin (1851-1866). D parcourut ensuite, avec 
son frere, toute FAmerique. Apres avoir ete, 
durant un certain temps, absolument aphone, 
il se produi8it de nouveau avec un brillant 
succes a Berlin et fut reengage a l'Opera; mais 
il perdit la raison et dut etre interne dans un 
hospice. Tauberf et Dorn ont ecrit des rdles 



by \j 



*L 



\V 



pour lui. — Un autre membre de cette famille. 
le baryton Wilhelm F., ne a Mulheim le 81 
janv. 1824, mourut a New- York le 12 mars 1884. 

Formschneider, v. graph\eus. 

Forster, 1. Georg, medecin a Nuremberg et 
editeur de collections de lieder et de motets, ne 
a Amberg, entra le 15 oct. 1584 a TUniversite 
de Wittenberg, et pratiqua d'abord a Amberg 
puis a Wflrzburg. II fut appele comme medecin 
a Heidelberg, par le due de Baviere et fit avec 
lui les campagnes de France. A partir de 1544, 
il s'etablit a Nuremberg, oil il mourut le 12 nov. , 
1568. Son plus grand merite consiste en ce 
qu'il a rassemble et public, en cinq parlies, des 
lieder profanes a plusieurs voix, qui ont paru a 
Nuremberg, de 1539 a 1556, et sont une source 
presque inepuisable de charmantes melodies 
(chansons populaires). — 2. Georg, pendant 
quelque temps, et en remplacement, maltre de 
chapelle de la cour de Saxe, a Dresde, devint 
en 1556, apres Walther, cantor a Zwickau puis, 
en 1564, a Annaberg. En 1568 il entra comme 
contrebassiste dans la chapelle royale de 
Dresde, devint en 1581 vice-maltre de chapelle, 
et obtint en 1586, apres le depart de Pinelli, la 
place de mattre de chapelle ; il mourut le 16 oct. 
1587. F. n'avait jusqu*a present trouve place 
dans les dictionnaires que par suite d'une con- 
fusion avec le medecin precite (v. « Monatshefte 
fur Musikgeschichte » 1, 1 et suiv.). — 8. Nico- 
laus (Fortius), contrapuntisle remarquable du 
xvi» s., a la cour de Joachim I 6P de Branden- 
bourg.Onne connalt plus delui, et encore seule- 
ment de nom, qu'une Messe a 10 voix. — 
4. Kaspar (dont le nom s'ecrit aussi Fcerster), 
n6 a Danzig en 1617, m. dans le couvent Oliva, 
pres de Danzig, le l« p mars 1673; maltre de 
chapelle a Copenhague, pendant de longues 
annees, il a v6cu aussi un certain temps a 
Venise. F. eut quelque celebrite soit comme 
compositeur, soit comme theoricien, mais au- 
cune de ses oeuvres n'a ete conservee. 

Forte, (ital.). indication de nuance, en abrege 
/. = fort; fortissimo (ff) y tres fort ; mezzoforte 
(mf), mi-fort; fortepiano (fp), fort, puis imme- 
diatement doucement : pf veut dire ou bien poco 
forte, peu fort (dans ce sens [un degre plus 
faibie que mf], tres frequent par ex. chez J.-W. 
Hassler), ou le plus souvent main tenant piu 
forte, plus fort (gradation a partir de mf, ou 
meine f); en aucun cas pf. ne doit se traduire 
comme piano forte. Cf. sforzato. 

Fortepiano, v. piano. 

Fortlage, Karl, estheticien, ne a Osnabruck 
le 12 juin 1806, m. a lena le 8 nov. 1881: devenu 
privat-docent de philosophic en 1829, a Heidel- 
berg, en 1845 a Berlin, et a partir de 1846, pro- 
fesseur de philosophic a lena, a publie, outre 
plusieurs remarquables ouvrages de philoso- 
phic : Das musikalische System der Griechen 
in' seiner Urgestalt (1847), recherches sur 
Tancien systeme musical grec, sur la theorie de 
la formation des gammes, etc. Get ouvrage se 
range a cdte de ce qui a ete ecrit de mieux sur 
le sujet, mais il passa presque inapercu a 
cause de celui de F. Bellermann (Die Tonleitern 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



252 



FORTSCHREITUNG — FRANCK 



und Mu$iknote&- der Griecheti) qui parut en 
m£me temps ei aux resultats duquel il aboutit 
presque exactement 

Fortschreitung (all.), v. marchb 2. 

Forza, (ital.), force. 

Forzato, syn. de sforsato, v. ce mot. 

Fouque, Pierre-Octave, ne k Pau (Basses- 
Pyrenees) le 12 nov. 1844, m. dans la mfcme 
ville en avr. 1888 ; arriva ti^s jeune k Paris, od 
il fut eieve de Reinhold Becker (harmonie) et 
de Chauvet(contrepoint), puis fut admis en 1869 
au Conservatoire, dans la classe de composi- 
tion d*A. Thomas. Comme compositeur, F. a 
doune des o?uvres de piano et des lieder, et de 
petites op^rettes. Comme ecrivain, son activity 
a davantage ^importance ; il a public des 
Etudes : De la musique en Angleterre avant 
Handel; J.-F. Lesueur, le precurseurde Ber- 
lioz, et M.-J. Glinka (biographie), ainsi qu'une 
Histoire du Thidtre Ventadour (1881). F. etait 
bibliothecaire du Conservatoire, chroniqueur 
musical de la « R6publique fran^aise », colla- 
borateur du « Menestrel » et de la « Revue et 
Gazette musicale », 

Fourchu. On appelait « doigtes fourchus » 
certains doigtes au moyen desquels on obte- 
nait, sur l'ancienne flute allemande (en r$), les 
sons /a 3 , sol$*,si?'\ ut* qui manquaienl k son 
-£chelle naturelle (le mt'7 3 etait obtenu par un 
trou special, pourvu d'une clef); ainsi lorsque, 
tout en ouvrant le trou de fa§ 3 , on fermait ce- 
lui de mi 3 , on produisait un son d'une justesse 
douteuse, mais se rapprochant de fa 3 . 

Founder, Pierre-Simon, fondeur de carac- 
teres pour l'impression musicale, n6 k Paris le 
15 sept. 1712, m. dans la m&me ville le 8 oct. 
1768: introduisit k la place des caracteres mu- 
sicaux cr££s par Pierre Hautin (v. ce nom) et 
dont Ballard avait acquis la patente 225 ans 
auparavant, des caracteres d'une forme con- 
cordant avec celle des notes soit Rentes, soit 
gravies (tetes rondes). Cf. Breitkopf. F. a 
d£crit cette amelioration dans un Essai dun 
nouveau caract&rede fontepour ^impression 
de la musique (1756) ;il a aussi public un Traiti 
historique et critique sur Corigine et les pro- 
gres des caracteres de fonte pour C impression 
de la musique (1765). 

Fourniture, jeu d'orgue, syn. de mixture ou 
de plein-jeu (v. ce mot). 

Framzl, Ignaz, violoniste Eminent, ne k 
Mannheim le 8 juin 1734, m. en 1803 ; il devint 
en 1750 membre de la ceiebre chapelle de la 
cour du prince-eiecteur Charles-Theodore, plus 
tard concertmeister, et enfin maltre de cha- 
pelle k Munich (apr£s le'transfert de la cha- 
pelle en cette ville, en 1778). A partir de 1784, il 
voyagea pendant plusieurs amines avec son 
flls et prit, en 1790, la direction de Torchestre 
du th^dtre de Mannheim. On a grave, parmi ses 
oeuvres : des concertos de violon, des trios, des 
quatuors, etc — 2. Ferdinand, flls du precedent, 
ne k Schwetzingen (Palatinat) le 24 mai 1770, 
m. k Mannheim en nov. 1833 ; eieve de son pere 
qu'il surpassa comme violoniste et comme com- 
positeur, donna avec lui des concerts k Munich, 



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Vienne et en Italie, etudia la composition k 
Bologne aupres du Pere Martini, puis fut 
nomme en 1791 concermeister k Francfort s/M 
et en 1794 mattre de la chapelle privSfe de Ber- 
nard, k Offenbach. En 1803, il lit un voyage en 
Russie, puis succeda en 1806 k Cannabich, 
comme maltre de chapelle de la cour et direc- 
teur de l'Op6ra allemand k Munich, d'ob il fit 
encore plusieurs voyages. Pensionne en 1827, 
il se retira d'abord k Geneve, puis k Mannheim. 
II a compose neuf concertos de violon, un 
double concerto pour deux violons, des duos et 
des trios pour violon, des ouvertures, une sym- 
phonic, plusieurs operettes : Das Heich der 
Tone (pour soli de chant, solo de violon, cho&ur 
et orchestre), etc. 

Francesco cieco, (Hal., l'aveugle), appel& 
aussi F. degli organic v. Landino. 

Franchetti, Alberto, baron, ne de parents 
fortunes, k Turin, le 18 sept. 1860; eieve du 
Conservatoire de Munich, auteur d'oeuvre»de 
musique dechambre, de musique symphonique 
et de plusieurs operas : Asraele (represente a 
Beggio d* Emilia, en 1888, ainsi qu'en Allemagne 
[Hambourg, etc.]) ; 11 Signor di Pourceaugnac 
(Milan, 1897). 

Franchinus, v. Gaforl 

Franchi-Verney, Giuseppe-Ippolito, Conte 
della Valetta, ne k Turin le 17 fevr. 1848, mu- 
sicographe et critique, etudia le droit k Turin, 
prit ses grades en 1867 et entra au service de 
l'Etat; mais en 1874, de violentes cephalagies 
l'obligerent k abandon ner la jurisprudence. II 
se voua peu apres k la litterature musicale ei 
commen$a par approfondir ses connaissances 
musicales, sous la direction de bons maltres 
(Marchisio, Stefano Tempia;. En 1872, dejd, il 
s'etait vivement inleresse k la fondation de 
Concerts populaires, k Turin, n fond ait, en 
1875, avec plusieurs amis une societe de qua- 
tuor pour l'execution d'epuvres peu connues, 
et, en 1876, avec son maltre, Tempia, V « Acca- 
demia di canto corale ». L'activite de F. comme 
critique musical est fort meritoire (1875-1877), 
pour la « Gazetta del Popolo », depuis lore 
pour # le « Bisorgimento », etc.). F. a epouse, il 
y a quelques annees, Teresina Tua (v. ce nom). 

Franchomme, Augusts, ne k Lille le 10 avr. 
1808, m. k Paris le 21 janv. 1884 ; eieve du Con- 
servatoire de Paris (Levasseur et Norblin) en 
1825, il obtint dej& l'annee suivante le premier 
prix de la classe de violoncelle et entra comme 
violoncelliste, dans Torchestre de l'Ambigu co- 
mique, puis, en 1827, dans celni du The&lre 
italien. II entreprit avec D. Alard et Ch. Halle 
des soirees de musique de chambre et fut inti- 
mement lie avec Chopin. En 1846, il fut engage 
au Conservatoire, comme professeur de son 
instrument. A la mort de Duport, F. acheta le 
Stradivarius de ce dernier, pour la somme de 
25,000 francs. F. etait considere comme un des 
plus eminents violoncellistes virtuoses de notre 
siecle. II n'a compose que peu de morceaux, 
tous pour violoncelle (un concerto, des adagios, 
des variations, etc.). 

Franck, 1. Melchior, compositeur de mn- 

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FRANGK 



253 



sique d'eglise, excessivement fecond, ne a 
Zittaa en 1573, m. k Cobourg, oil il 6tait maitre 
<le chapelle de la cour, le l* r juin 1639. II a 
pnhlie : Melodies sacrce (de 4 a 12 voix, 1600- 
1607,3 parties) iMusikalischeBergreyen (1602); 
Conirapuncii compositi (1602) ; Teutsche Psal- 
men und Kirchengesange (1602) ; Neue Pa- 
-duanen, Galliarden, etc. (1603) ; Opusculum 
■etlicher newer und alter Reuterliedlein (1603); 
Neues Quodlibet (1604) ; Farrago 4 voc. (1604) ; 
Teutsche \weltliche) Gesange und Tantze (1605); 
Geistliche Gesange wnd Melodien (1606) ; Newes 
Echo (1608) ; Cantica gratulatoria (et qaelques 
autres compositions de circonstance , 1608- 
1609) ; Neue musihalische Intraden (1606); 
Flares musicales (1610) ; Musikalische Froh- 
lichheU (1610) ; Tricinia nova (1611) ; Vincula 
natalitia (1611) ; Sechs deutsche Conzerte von 
<acht Stimmen (1611) ; Svspiria musica (1612); 
Opusculum etlicher geistlicher Gesange (1612); 
Viridarium musicum (de 6 a 10 voix, 1613) ; 
BecrecUiones musicce (1614) ; Zvoeen Grab- 
gesange (1614); Zwey newe Hochzeilsgescinge 
(1614) ; Threnodice Davtdicce (1615) ; Die trost- 
reichen Worte aus dem 54. Kapitel Esaue 
<de 7 a 15 voix, 1615) ; Delicice amoris (1615) ; 
Fasciculus guodlibeticus (1615) ; Geistlicher 
musikalischer Lustgarten (4 & 9 voix, 1616) ; 
Lilia musicalia (1616); Teutsches musikalisches 
frohliches Konvivium (1621); Laudes dei 
vespertince (1622), Newe teutsche Magnificat 
42 & 8 voix, 1622 ; 4 parties) ; Gemmulce evan- 
tfdiorum musicce (1623 et 1624; (2 parties); 
Newes hebliches musikalisches Lustgartlein 
(5 a 8 voix, 1623) ; 40 Teutsche lustige mu- 
sikalische Tantze (1624); Newes musikali- 
sches Opusculum (1624) ; Sacri convivii musica 
sacra (1628); Rosetulum musicum (1628); Ci- 
thara ecclesiastica et scholastica (sans date) ; 
Psalmodia sacra (1631) ; Bulces mundani exilii 
deliciee (ie&l); Der 51. Psalm fur vier Stim- 
men (1684) ; Faradisus musicus (1636) ; 2 neue 
Epicedia (1639). On peut trouver une descrip- 
tion detaill^e de ses oeuvres imprim6es et con- 
fiervees dans des biblioth&ques pnbliques, dans 
le vol. xvn des « c Monatshefte fur Musik-Ge- 
schichte ». Cf en outre : Aloys Obrist, Melchior 
Franck (1892, dissertation).— 2. Johann-Wolf- 
oakg, n6 & Hambourg en 1641, m£decin et chef 
d'orchestre de the&tre en cette ville,a publie des 
donates pour deux violons et basse et fait repr6- 
senter a Hambourg (1679-1686) une s£rie de qua- 
torze operas. On a conserve, parmi ses compo- 
sitions d'&glise, des Geistliche Melodien avec 
basse chiffWe (1681, aussi en 1685,1700), qui ont 
<6te reedit&es par D.-H.Engel (1857), avec un nou- 
ireau texte d'Osterwald. En 1688, il alia en Es- 
pagne, fut accueilli avec grande faveur par la 
cour, mais paratt &tre mort empoisonne. — 
B. GfcsAR-AoousTE, Tun des compositeurs les 
plus remarquables de notre Steele, ne & Li6ge 
le 10 d6c 1822, m. & Paris le 9 nov. 1890; ap- 
prit les premiers Elements de musique au Con- 
servatoire de sa ville natale, puis entra en 1837 
au Conservatoire de Paris (Zimmermann, Le- 
borne, Benoist). Lorsqu'il fut en possession de 



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son premier « grand prix » de piano (1838) et 
de ceux de fugue et d'orgue (1841), F. rentra en 
Belgique d'ou il ne revint a Paris que deux 
ans plus tard, s'y tixant deftnitivement comme 
professeur de piano. Apr&s avoir rempli pen- 
dant quelque temps les fonctions d'organiste 
de F&glise Saint-Jean- Saint -Francois, il fut 
nomme maitre de chapelle (1858), puis orga- 
niste (1859) de Sainte-Clotilde. Enfin, en 1872, il 
succedait A son maitre Benoist, comme pro- 
fesseur d'orgue au Conservatoire et obtenait 
l'annee suivante sa naturalisation. F. peut 6tre 
consid£r& comme le fondateur de la t jeune 
ecole frangaise » dont un bon nombre de mem- 
bres actuels furent ses Aleves. Ses fonctions ab- 
sorbantes de professeur et d'organiste ne Font 
point empdche d'ecrire un assez grand nombre 
cToeuvres, dans lesquelles la profondeur du sen- 
timent s'unit & la perfection absolue de la tech- 
nique. Oht paru, entre autres ; des oratorios 
pour soli, choeurs et orchestre : Ruth (1846), Re- 
demption (1872), Les Bialitudes (1870-1880), 
Rebecca (1881); une Messe (op. 12) pour trois 
voix avec accompagnement d'orgue, harpe et 
violoncelle; des po&mes svmphoniques : Les 
Bolides (1876), Le Chasseur maudit (1883), Les 
Djinns (1884, avec piano), PsycM (1887-1888, 
avec choeurs); une Symphonie en re (1889); des 
Variations symphoniques pour piano et or- 
chestre (1885); de la musique de chambre: qua-' 
tre trios pour piano, violon et violoncelle (op. 
1 et 2), un quintette pour piano et instr. a ar- 
chet (1880), une sonate pour piano et violon 
(1886), un quatuor pour instr. k archet (1889) ; 
diverses oeuvres pour piano seul {Prilude 9 cho- 
ral et fugue [1884], etc.), pour orgue et pour 
harmonium; des motets, des offertoires, le 
Psaume CL (avec orchestre); dejj melodies, des 
choeurs pour voix de femmes et pour voix 
d'hommes (Hymne, 1888); enfin deux operas 
posthumes : Hulda (1879-1885; Monte-Carlo, 
1894) et Ghiselle (1888-1889; Monte-Carlo, 1896), 
etc., etc, Un certain nombre d'autres oeuvres 
(trois grands choeurs avec soli et orchestre ; un 
oratorio, La Tour de Babel; des pieces pour 
harmonium; des melodies, etc.) sont encore 
inedites. Cf. A. Coquard, C, F.,(1891); H. Im- 
bert, Portraits et Etudes; G. Servi&res, La mu- 
sique frangaise moderne (1897); E. Destran- 
ges, Loeuvre lyrique de C. F. (1897). Son fr£re 
— 4. Joseph, maitre de musique & Pans, a pu- 
blic des Messes, des cantates, des motets, des 
lieder, ainsi qu'un Manuel de la transposition 
et de I 9 accompagnement du plainchant f un 
TraiMd*harmonie,Lart deC accompagnement 
duplainchanty une NouveUe mithode de piano 
facile 9 etc. — 5. Edouard, n6 4 Breslau le 5 d£c. 
1817, fut d'abord professeur de piano au Con- 
servatoire de Cologne, puis en 1859, & 1'Ecole 
de musique de Berne. En 1867 il entra dans le 
corps enseignant du conservatoire Stern, & 
Berlin, eten 1886, au sfoninaired'Em. Breslaur. 
F. estun compositeur remarquable (Symphonie 
op. 47, quintette avec piano op. 45, sextuor 
op. 41, sonate pour violoncelle op. 42, duos 
pour 2 pianos op. 46, six sonates pour piano 

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254 



FRANCKE — FRANKE 



op. 40, 3 id. op. 44 ; 40 [grands] morceaux de 
piano op. 43, etc.). 

Francke, Acgust-Hermann, fonda en 1865, A 
Leipzig, une fabrique de pianos devenue tr6s 
florissanle. 

Francon, (Franko, Franco), jouit dans l'his- 
toire de la musique proporlionnelle d'une excel- 
lente renomm^e, car c'est sous son nom que 
nous sont parvenus plusieurs des trails les 
plus cel&bres sur le d£chant; il r£gne une 
grande incertitude sur FSpoque de la vie, le 
lieu de naissance, et la situation qu'occupa F. 
On a cherchS A le faire passer pour un 6colAtre 
de Li£ge, au xi e s., hypoth&e absolument inad- 
missible, car sa th£orie de la musique propor- ' 
tionnelle est &e\A trop dfrveloppfo pour cette 
6poque. Un passage d'un trait6 anonyme ap- 
partenant a la premiere moitie du xm a s. et 
reproduit dans les Script. I de Coussemaker 
(Anonym us A), nous donne cependant quelques 
lumi&res A ce sujet. Le voici, en entier : « Re- 
marquons que malt re (magister) LfioxiN avait 
la reputation d'un excellent compositeur (or- 
ganistaj et a 6crit une grande oeuvre dans le 
style de l'organum et bas£e sur le graduel et 
l'antiphonaire, pour donner quelque vari£t£ au 
service divin. Cette oeuvre a 6t6 en usage jus- 
qu'au temps du grand PfinonN qui en fit un 
extrail et y ajouta lui-m6me beaucoup de com- 
positions meilleures, car il s'entendait excel- 
lemment et mieux que L£onin en Tart du 
dechant. Maltre P£rotin, lui-m&me, a fait 
d'exceLentes compositions A 3 et A 4 voix (sur 
le Cantus planus), ainsi que des conduits A' 
trois, deux et une voix. Le livre ou les livres de 
maltre P6rotin 6taient en usage dans le chceur 
de l'^glise Notre-Dame A Paris, jusqu'A l'6po- 
que de Robert, de Sabilon, et depuis celui-ci, 
de la mgme fa^on, jusqu'A ces derniers temps 
ou survinrent des bommes comma Petrcs, un 
excellent compositeur (notator), et Jean-lb* 
Grand (Primarius), et d'une mani&re g£n6rale 
jusqu'& l'6poque de maltre Francon FaInr, et 
de rautre,maltre Francon db Cologne, lesquels 
ont introduit en partie dans leurs oeuvres une 
notation transform^, et ont 6tabli des regies 
qui 6taient specialement adaptees A leurs ceu- 
vi*es >. II ressort avec Evidence de cette cita- 
tion, qu'il y eut deux F., c-A-d. F. db Paris 
et F. de Cologne, dont le premier est plus 
&g£ que le second, mais qui 6laient A peu pr6s 
contemporains et apparemment fonctionn&rent 
tons deux comme maltres du cboeur A Notre- 
Dame. II serait toutefois possible que F. de 
Cologne n'ait pas v6cu A Paris, mais y ait et£ 
c£l&bre de son vivant — et Ton pourrait alors 
admettre que celui des deux F. qui Stait n6 A 
Dortmund et 6tait en 1190 prieur de l'abbaye 
des B6n£dictins de Cologne, Ml i'auteur du 
traits commencant par « Ego Franco de Colo- 
nia » (reproduit par Gerbert, Script. II, et 
Coussemaker. Script. 1). Les moines, en eflfet, 
ne se nommaient pas d'apres leur lieu de nais- 
sance, mais d'apres le convent oft lis s6jour- 
naient. Par contre, c'est de F. de Paris que 
provient le traits dont Johann Ballox a donne 



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un abr£g£ (CI. Coussemaker, Histoire de TAar- 
manie, etc. N* V et Script. I, p. 292). 

Francosur, 1, Francois, violoniste, n£ A Paris 
le 28 sept. 1696, m. dans la m6me ville le 6 aotit 

1787, entra en 1710 A l'orchestre de l'Opera, oft 
il fit la con naissance de Francois Rebel avec 
lequel il fut lte toute sa vie d'une 6troite amitte. 
Peu A peu il motita en grade, il devint membre 
des c 24 violons du Roi », compositeur de la 
chambre, inspecteur, puis directeur de rOpSra, 
et enfin premier intendant royal de la musique. 
F. a ecrit deux volumes de sonates pour 
violoil et, avec Fr. Rebel, dix operas.— 2. Louie* 
Joseph, neveu du precedent, ni A Paris le 8 oct> 

1788, m. dans la m6me ville le 10 mars 1804 ; 
violoniste 6galement, parcourut la mfcme car- 
ri6re que son oncle, mais perdit par la Revolu- 
tion ses places de directeur de l'Opera, et de 
premier intendant de la musique du roi. n a 
aussi ecrit plusieurs operas (dont un seul a ete 
represente), ainsi qu'un bon essai sur les ins- 
truments A vent 

Frank, 1. C6sar, v. France, 8.-2. Ernst, 
excellent chef d'orchestre et compositeur, ne A 
Munich le 7 fevr. 1847, m. A Oberdobling, pres 
de Vienne, (dans une maison de sante) le 
17 aoftt 1889, fit son gymnase au convent de 
Metten et entra A TUniversite de Munich ; mais 
bient6t l'etude du piano avec Mortier de Fon- 
taine, et de la composition avec Franz Lachner, 
devinrent pour lui l'essentiel, et F. fit resolu- 
ment le premier pas dans la carriere musicale, 
comme organiste de la oour et second repetiteur 
A l'Opera de la cour. £n 1868, il devint maltre 
de chapelle A Wfirzburg, l'annee suivante chef 
des choeurs a l'Opera de Vienne, et plus tard 
directeur du c Singverein » et de 1* • Akademi- 
sch^r Gesangverein • ; de 1872 A 1877, il remplit 
d'une raaniere remarquable les fonctkms de 
chef d'orchestre de la cour, A Mannheim, oft ii 
monta la premiere representation de la « Me- 
gere apprivoisee » deGoetz (1874), ainsi que celle 
de « Franceses da Rimini > (1877), l'opera pos- 
thume (acheve par F.) du meme auteur. D fut 
alors, en 1877, appele comme preqiier chef 
d'orchestre du Theatre de Francfort s/M., oft 
une nouvelle ere artistique allait commencer 
sous Tintendance d'Otto DevrienL Malheureu- 
sement ces bonnes dispositions ne tinrent pas» 
et lorsque Devrient, devenu genant par ses 
efforts serieux, eftt ete eloigne, F. donna sa de- 
mission. A la fin de 1879, il re^ut en compen- 
sation un engagement A Hanovre, comme suc- 
cesseur de Bftlow. Parmi les compositions de 
F n celles qui sont le plus connues soht ses 
lieder et ses choeurs ( Duett inos pour deux voix 
de femmes, extraits du Am Fenster de Kate 
Greenaway et les Ratten f anger lieder, extraits 
du Singuf de Wolff, avec violon oblige) ; il a, 
de plus, ecrit trois operas : Adam de la Halle 
(Karlsruhe, 1880), Hero (Berlin, 1884), Der 
Sturm (d'apres Shakespeare, Hanovre, 1887) et 
traduit en allemand LeprophHe vaiU et Savo- 
narola de Stanford, ainsi que Colomba de 
Mackenzie. 

Franko, Hermann, ne a Neusalz s/O. le 

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FRANKENBERGER — FRENCH SIXTH 



255 



9 fevr. 1834, Steve de Marx, fut d'abord cantor 
aCrossen, et remplit depuis 1869 les monies 
fonctions a la cath6drale de Sorau (SU6sie). D a 
re$u, en 1888, le titre de « directeur royal de 
musique ». F. a compost beaucoup d'oeuvres 
vocales religieuses et profanes (un oratorio: 
Isaaks Opfertmg) dont on certain nombre ont 
obtenu des prix. II est aossi l'anteur d'un ma- 
nnel de musique (1867). 

Frankenberger, Heinrich, ni a Wfkmbacb, 
duch£ de Scbwarzbnrg - Sondersbausen , le 
20 aoftt 1824, mort a Sondersbausen, le 22 no- 
vembre 1885 ; fit son education musicale a 
Sondershausen cbez le Stadtmusikus Bartel 
(instrnments d'orchestre) et cbez son fils Ernst 
(thtorie), cbez Forganiste Birnstein (orgue) et 
le mattre de cbapelle G. Hermann (piano), puis 
plus tard a Leipzig, ou 11 eut pour mattres : 
L. Plaidy, &-F. Becker et M. Hauptmannn. D 
fut engage en 1847, comme violoniste dans la 
cbapelle princi&re de Sondersbausen, en 1852 
comme maltre de musique au s&minaire des 
instituteurs, et plus tard comme second direc- 
teur de la cbapelle de la cour. F. 6tait un ex- 
cellent harpiste. Pendant ses vacances an- 
nuelles, il fonctionnait comme chef d'orchestre 
de theatre k Erfurt, Halle, Francfort s/O. Trois 
operas de F. ont iXi reprdsent£s avec succ&s : 
Die Hochzeit jtu Venedig, Vineta, Der Gimst- 
ttng ; quelques fragments en furent m6me 
graves. De plus il a paru de lui : Anleittmg 
zur Instrumentierung, un traits d'barraonie, 
une m£tbode d'orgue, des preludes etpostludes, 
un livre de chorals, des morceaux de piano, des 
lieder, etc 

Franx, 1. Robert (de eon vrai nom Knauth, 
nom que son p6re changea en 1847, avec 
Factorisation du roi, en celui de Franz), ni a 
Halle s/S. le 28 juin 1815, m. dans la m&me 
ville le 24 oct. 1892; Tun des compositeurs de 
lieder les plus d&icats, et d v une mani&re gini- 
rale, Tun des meilleurs musiciens de notre 
6poque, rencontra d'abord cbez ses parents de 
Fopposition a son penchant pour la musique, 
mais obtint finalement de pouvoir aller a 
Dessqa completer aupr&s de Friedrich Schnei- 
der, son education musicale. II y resta deux ans, 
et fit des Etudes approfondies du contrepoint, 
bien que Tenseignement peu attrayant de 
Schneider ne lui convtnt gu6re. En 1887, il 
rentra k Halle, et, comme il ne r&ississait ni k 
obtenir un emploi, ni k trouver un Sditeur pour 
ses compositions, il voua tout son temps a 
l'&tude de Bach et de Handel dont il devait 
plus tard, par une magistrate revision de toute 
la partie instrumental, rendre les oeuvres pins 
aecessibles k notre epoque. Enfin, apr^s de 
tongues anuses d'attente, il fut nomme d'abord 
organiste k i*6glise St-Ulrich (orgue de Fdrner), 
puis directeur de la c Singakademie >, et enfin 
directeur de musique de i'UniversitS. En 1843 
paraisaait son premier recueil de lieder, qui ne 
fat appr£ci& que par un nombre restreint de 
connaisseura, parmi lesquels se trouvaient, il 
est vrai, les musiciens les plus eminents (Schu- 
mann, Liszt). D'autres recueils se succ£d&rent 



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tr£s rapidement et F. devint Tun des composi- 
teurs lyriques les plus remarquables de l'AUe- 
magne, prenant une place k part en unissant, 
dans ses oeuvres, au genre romantique de 
Schumann, une facon de se servir du contre- 
point qui rappelle frequemment Bach. H a 
public en tout plus de 250 liecjer. Malheureuse- 
ment, d£ja en 1841, £tait survenue une certaine 
duret6 d'oreille qui, accentueeen 1858 par Tap- 
proche d'une maladie g6n6rale des nerfs, 
augments k tel point qu'il fut forc6 en 1868 de 
se d£mettre de ses diflferentes charges. Les 
soucis mat&iels qu'allait lui causer l'entretien 
de sa famille lui furent 6pargn6s grtlce a une 
g6nereuse donation d'un groupe de personna- 
lit6s en vue: Freiherr Senfft von Pilsach, 
J. ScMffer,OttoDresel, Madame Magnus, Liszt 
et Joachim (30000 thaler, produit d'une toum£e 
de concerts faite en 1872, au b6n6fice de F.). 
L'un des travaux les plus m£ritoires de F. fut 
sa revision des oeuvres de Bach el de Handel, 
soit, pour Bach: la « Passion selon saint Mat- 
thieu t, le * Magnificat », Y t Ode fun&bre », dix 
cantates, ainsi que beaucoup d'airs et de duos ; 
et pour Handel : le « Messie, « Jubilate », L*« al- 
legro, il pensieroso ed il moderato », des airs 
d'op6ras et des duos. B faut en outre citer tout 
particnlidrement des arrangements du < Stabat 
mater » d'Astorga, et du « Magnificat > de Du- 
rante. Notons enfin parmi les compositions de 
F. : le Psaume cxvn pour double-choeur, un 
Kyrie pour choeur et soli, ainsi que des choeurs 
pour voix d'hommes et pour voix mixtes. B a 
paru diverses brochures surR. F. par: Ambros, 
Liszt, A. Sarah, J. Sch&ffer, H.-M. Schuster, et 
d'autres. — 2. J.-H., pseudonyme du comte 
Bolko vonHochberg (v. ce nom). 

Frederic II (Le Grand), roi de Prusse, ni k 
Berlin le 24 janv. 1712, m. a Sans-Souci (Pots- 
dam) le 17 aotit 1786, n'a pas iti seulement un 
zili amateur de musique et un assez bon flfttiste 
(v. Quanz, Graun, Ph.-E. Bach), mais aussi un 
compositeur (soli de Mte, airs, marches, un 
op£ra: Ilrepastare et une ouverture: Acts et 
Galathee). Comme musicien, il a trouv& des 
biographes en la personne de K.-F. Mtiller 
(1847) et de W. Kothe. Une Edition, en quatre 
volumes, de ses concertos et sonates pour flftte 
a paru chez Breitkopf et Haertel. 

Fredon, (vieux franc.) roulade trds br&ve, trille 

Freiberg, Otto, ni a Naumburg, le 26 avr. 
1846, oft son p£re 6tait directeur de musique 
i\i\e du Conservatoire de Leipzig (1860-1863), 
il entra en 1865 comme violoniste dans 1'or- 
chestre de la cour, a Karlsruhe, puis il 6tudia 
encore sous la direction de V. Lachner et fut 
nommS, en 1880, directeur de musique k 1'Uni- 
versit£ de Marburg, puis, en 1887, directeur de 
musique de l'Universite et professeur extraor- 
dinaire k Goettingue. 

French horn, (angl.), designation anglaise du 
cor naturel. 

French sixth (angl. sixte franchise), nom que 
les Anglais donnent a l'accord de tierce, quarte 
et sixte augments, ex. la *?. uL re. fa$. Cf. Ger- 
man SIXTH et SIXTE NAPOLITAINE. 

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256 



FRESCHI — FRIENDLAENDER 



Freschi, Giovanni-Domenico, ne a Vicence 
en 1640, m. dans la m6me ville en 1690, a ecrit 
des Messes de 3 a 6 voix, des psaumes, un 
oratorio Judith et douze operas (pour Venise ; 
1677 a 1685). 

Fresco, (ital.), frais. 

Frescobaldi. Girolamo, d'apr^s les dernieres 
recherches de Haberl (1886), fut baptist a Fer- 
rare le 9 sept. 1583 (il etait done n6 peude jours 
auparavant) et enterr6 A Rome le 2 mars 1644. 
Son maltre fut Luzzasco Luzzaschi, A Ferrare. 
F. doit avoir et£, en 1607, organiste a Malines; 
en tous cas, il paratt avoir sejourne a cette 
<*poque dans les Pays-Bas, car il a public sa 
premiere ceuvre chez P. Phal&se, a Anvers 
(Madrigaux A 5 voix, 1608). II fut nomm6 en- 
suite, en 1608, organiste de St-Pierre, A Rome 
(successeur de Ere. Pasquini) et remplit ces 
fonctions jusque peu de temps avant sa mort 
(dans la derni£re ann6e de sa vie, il jouait l'or- 
gue de « S.-Lorenzo in montibus »). De 1628 A 
1633, il etait en conge et rensplacS ; il sejourna 
pendant ce temps A Florence, comme organiste 
du due, mais dut finalement fuir la peste et les 
miseres de la guerre qui y s£vissaient. La con- 
sideration dont F. etait entoure ressort, entre 
autres, du fait que Joh.-Jak. Froberger obtint, 
de 1637 A 1641, un conge de sa place d'organiste 
de la cour a Vienne, pour venir A Rome, 6tudier 
sous la direction de Frescobaldi. F. est, d'aprSs 
le temoignage de ses contemporains, Finitia- 
teur d'une nouvelle facon de jouer de l'orgue, 
qui fut gen^ralement adoptee. Gomme orga- 
niste, on ne lui connut pas de rivaux; mais, 
comme compositeur aussi, il fut tr&s consider^, 
a juste titre du reste. 11 a principalement con- 
tribue au d£veloppement de la fugue. Outre les 
madrigaux d£j& nomm£s, il a public : Fantasie 
a quatlro (1608); Ricercari e canzoni francese 
(1615) ; Toccate e partite dCintavolatura di 
cembalo (1615-1616, qui a paru pendant la gra- 
vure en exemplaires d'6tendues diverges [de 58 
A 94 pages]; nouvelle 6d. 1687); Capricd... ed 
arte (1624; r&mprime, avec les Ricercari de 
1615, a Venise en 1606); II Hlibro di Toccate, 
Canzone, etc. (1627) ; Canzoni a 1-4 voci (1628); 
Arte musicali (1630, 2 vol.) ; Fiori musicalidi 
toccate, etc (1635, contenant en partie ce qui 
avail d£j& 6t6 imprim6 en 1627). Parmi les oeu- 
vres posthumes de Frescobaldi, Yincenti a pu- 
blic un tv* volume de Canzoni alia Francese 
(1645). Des pieces d&ach&es se trouvent dans 
des anthologies de l'6poque (1618-1625). En fait 
de manuscrits, il n'existe qu'une « Lamentation 
du Jeudi-saint », et un In te domine speravi 
pour double chceur. Les volumes n et in des 
Canzone n'ont, jusqu'a present, pas encore 6te 
retrouves. Cf. la monographic de Haberl, placee 
au commencement de son Edition (choix) des 
ceuvres d'orgue de Frescobaldi. 

Fretta (ital.), hAte; con f, frettando, syn. de 
stringendo. 

Fraudenberg, Wilhelm, ne A Raubacher- 
Hutte, pres Neuwied, le 11 mars 1838, fut pen- 
dant de longues annees chef d'orchestre de 
theatre dans differentes villes, alia, en 1865, A 



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Wiesbaden, comme directeur du « Gaecilienve- 
rein » et du € Synagogenverein », fonda dans 
cette ville, en 1870, un conservatoire florissant 
encore aujourd'hui, et fut en outre directeur de 
la * Singakademie >. En 1886, il alia s'etablir a 
Berlin ou, avec E. Mengewein, il ouvrait une 
Ecole de musique, dont il laissa la direction a 
Mengewein seul pour prendre les fonctions 
de chef d'orchestre des theatres de Ratisbonne 
et d'Augsbourg. II a publie des oeuvres pour 
piano, des lieder, la musique de Romeo et Ju- 
liette ; une ouverture : Lurch Dunkel zum 
Licht; un po£me symphonique: Ein Tag in 
Sorrent, et fait representer des operas : Die 
Pfahlbauer (1877), Die Nebenbuhler (1879), 
Kleopatra (Magdebourg, 1882), Die MvMe in 
Wisperthale (id. 1883), Der St-Katharinentag 
(Augsbourg, 1889), et Marino Faliero (Ratis- 
bonne, 1889). 

Friberth, Karl, n£ A Wullersdorf (Basse 
Autriche) le 7 juin 1736, m. le 6 aout 1816; de- 
vint, en 1759, t6nor de la chapelle de l'eglise 
des J&suites et de celle des Freres miueurs a 
Vienne. II a laiss£ de la musique d'eglise 
(Messes, offertoires, graduels, etc.). 

Fricass6, nom plaisant, en usage au xvf s., 
pour des compositions a plusieurs voix et avec 
divers textes pour chaque voix. 

Frick (Frike), Philipp-Joseph, ne A Wurz- 
bourg le 27 mai 1740, m. le 15 juin 1798; orga- 
niste de la cour A Baden-Baden, plus tard 
voyageant comme virtuose sur l'harmonica de 
verre de Franklin, s'etablit en 1780 A Londres, 
et tenta d'ameliorer l'harmonica. Outre des 
morceaux pour piano, il a public Ausioei- 
chungstabelle fiir Klavier und Orgelspider 
(1772; en anglais, The art of musical modula- 
tion, 1780; en francais, Lart de moduler en 
musique, s. date); A treatise of thorough-basse 
(1786), et A guide in harmony (1798). 

Fricke, August- Gottfried -Lud wig, excel- 
lent chanteur sc&nique (basse), ne a Brunswick 
le 24 mars 1829, elfrve du barylon Meinhardt 
dans cette ville, debuta a Brunswick en 1851, 
dans le rdle de Sarastro. II a chante plus tard, 
A Brfeme, Konigsberg et Stettin et fut, de 1856 A 
1886, premiere basse a l'Opera royal de Berlin, 
ou il etait fort appr&cie. 

Friedheim, Arthur, pianiste, ni de parents 
allemands A St-Petersbourg, le 26 oct. 1859, se 
forma de bonne heure pour la carriers de vir- 
tuose, mais termina cependant son gymnase. 
Apres avoir pendant plusieurs annees dirige 
de petits orchestres de theatres, il fnt admis 
par Liszt, comme el&ve. F. s'est fait une 
sp6cialit£ de Interpretation des oeuvres de 
Liszt. 

Friedlaender, Max, chanteur de concert 
(basse) et musicographe, n6 a Brieg (Silesie), 
le 12 oct. 1852, 61&ve de Manuel Garcia, a Lon- 
dres, et de J. Stockhausen, A Francfort s/M., 
debuta en 1880 dans les < Monday Popular 
Concerts » de Londres, et acquit bientot la re- 
nommee d*un chanteur plein de gout et de 
talent. De 1881 a 1883, il a habits Francfort s/M, 
puis Berlin, ou, sous la direction de Spitta, il 

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FRIEDERIGI — FROELIGH 



257 



s'est peu a peu adonne a des Eludes historiques 
et a dit adieu A la carri&re de chanteur. En 
1867, il prit A Rostock le grade de D r phil. 
F. a r£dig6 une nouvelle edition complete des 
lieder de Schubert (Ed. Peters), et, en pr£pa- 
rant une biographie de ce maitre, a fait de tr6s 
interessantes trouvailles: outre une s£rie de 
lieder de Schubert, encore in£dits jusqu'alors, 
il a publie des revisions de textes des lieder de 
Schubert, de Schumann et de Mendelssohn, 
•dee melodies ecossaises de Beethoven, une re- 
vision critique du Kommersbuch, etc. II a col- 
labore A la Gesangstechnik de Stockhausen, et 
donn£ un assez grand nombre de petites mono- 
graphies : Musikerbriefe(< Goethe-Jahrbuch », 
1890), Beitrdge sur Biographie Franz Schu- 
berts ; Falschungen in Schuherts Liedern, Mo- 
saris Wiegenlied, et Ein Brief Mendelssohns 
(dans la « Vierteljahrsschrift fur Mus.-Wissen- 
echaft », 1889 et 1893), Die Entstehung der 
Mullerlieder (• Deutsche Rundschau », 1892), 
Die Gedichte Gcethes in Komposition seiner 
Jfeitgenossen (« Goethe-Jahrbuch », 1897). 

Friederici (Friderici), Daniel, cantor pri- 
marius A Rostock de 1614 a 1656, epoque pen- 
dant laquelle ont paru son traits Musica figu- 
ralis (enseignement de Tart du chant, 1614; 
r&dit6 plusieurs fois), ainsi qu'une quantity 
d'excellentes compositions vocales (concertos 
pour 3 jusqu'a 5 voix, Liedlein nach VUaneUen- 
Art, Bicinien, etc.). 

Frike, v. Fkick. 

Frimmel, Theodor, ne a Amstetten (Basse- 
Autriche), le 15 d6c. 1853, etudia la medecine et 
obtint, en 1879, le grade de D r med., A Vienne, 
mais s'occupa, A cdt£ de cela, d'une manure 
approfondie de beaux-arts et de musique; il fit 
de grands voyages au cours desquels il s'atta- 
cha surtout a l'6lude de i'histoire de Tart. F. est 
conservateur-adjoint a la Bibliotheque royale 
et imp£riale de Vienne, et privat-docent d'his- 
toire de Tart a l'Universiti. II a kcrit des etudes 
«ur les peintres E.-F. Lessing (1881) et Jos.- 
Antoine Koch (1884) ; son premier ouvrage sur 
Thistoire de la musique a pour sujet Beethoven 
M Goethe (1883), mais le plus int&ressant est 
sans contredit la Neue Beethoveniana (1887. 
avec neuf portraits authentiques de Beethoven, 
et une tres fidele etude de Beethoven en tant 
qu'homme: 2* 6dit. augm. 1889). F. a donne en 
outre des etudes plus ou moins importantes, 
dans diverses revues : nous noterons seulement 
celles sur Josef Danhauser und Beethoven(W&) 
et sur les Portraits et caricatures de Beethoven 
( « Riv. mus. italiana », IV, fasc. 1). 

friska (Fris), la partie principale, rapide, 
de la czardas (v. ce mot). 

Fritze, Wilhelm, pianiste et compositeur de 
talent, mais qui mourut jeune ; ne A Br&me le 
17 fevr. 1842, m. a Stuttgart le 7 oct. 1881. H sui- 
vit le gymnase A Brdme, et fut, pour la musi- 
que, Sieve d'E. Sobolewski ; il entra en 1858 
au Conservatoire de Leipzig, puis, sur les con- 
seils de Liszt, Studia encore a Berlin aupres de 
H. de Billow et de Weitzmann. Apres plusieurs 
voyages en Italie et en France, il s'etablit en 



DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 1 7. 



ic 



1866 a Glogau, et en 1867 A Liegnitz, ou il diri- 
gea de 1867 A 1877 la • Singakademie » ; puis il 
retourna A Berlin, pour travailler encore; aupres 
de Kiel. En 1879, il s'etablit a Stuttgart (sans 
situation officielle). F. a 6crit des oeuvres de 
tous genres (une symphonie : Die Jahreszeiten; 
des oratorios : Fingal et David; un concerto 
pour violon et un pour piano, la musique de 
Faust, etc.); il a aussi beaucoup public (sonate 
de piano, op. 2; Sanctus, Benedictus et Agnus 
pour choeur mixte, soli et orchestra; des mor- 
ceaux &b piano A 2 et A 4 mains; des lieder, des 
chceurs). Gf . R. Musiol, W. Fr. (1882). 

Fritzsch, Ernst- Wilhelm, n£ a Liitzen le 
24 aout 1840, 616ve du Conservatoire de Leipzig, 
fonda, en 1866, une maison d'&dition de musi- 
que (oeuvres de Rheinberger, Svendsen, Grieg, 
Herzogenberg, Cornelius; oeuvres litteraires 
completes de Wagner), et rSdige avec une tr£s 
grande competence le Musikalisches Wochen- 
blatt qu f il a fonde en 1870. A partir de 1888, F. 
a dirig£ pendant ' plusieurs annees, avec Fis- 
cher, l'inventeur de i'adiaphone (v. ce mot), 
une fabrique d'adiaphones et de pianos. 

Froberger, Johann-Jakob, c£16bre organiste 
et compositeur, sur le lieu et la date de nais- 
sance duquel on ne salt rien. F. etudia de 1637 
a 1641, sous la direction de Frescobaldi, a 
Rome, mais il avait d6j& 6te, auparavant (sep- 
tembre 1687), organiste de la cour, a Vienne, et 
le fut de nouveau de 1641 a 1645, et de 1658 A 
1657. La cour lui facilita son voyage d'&udes 
en Italie par un don de deux cents florins. En 
1649, il paratt aussi avoir sSjourne A Vienne. 
II mourut le 7 mai 1667, A HSricourt, pres 
Montbeliard, dans le chateau de la duchesse 
Sibylle de Wurtemberg, ou il s'&ait probable- 
ment d£ja rendu en 1657. Cf. c Monatshefte far 
Musikgeschichte » xvn, 10. On a conserve, par- 
mi ses oeuvres : Diverse ingegnosissime e ra- 
rissime partite di toccate, canzoni f ricercari, 
capricci, etc. (1693 et 1696, 2 parties ; la pre- 
miere partie reimprimSe telle quelle en 1695 et 
en 1714) ; Suites de clavecin{8. date). Des manus- 
crits des oeuvres de Froberger se trouvent dans 
les bibliotheques de Berlin (autographes de 
1649 et 1656) et dp Vienne. E. Schebek a publie 
deux lettres que la duchesse Sybille adressait 
a Ch. Huygens au sujet de F. (1874). F. est une 
personnalite de la plus haute importance, dans 
I'histoire de la musique d'orgue et de piano ; 
allemand de caractere et dans le fond de ses 
oeuvres, il se rapproche de son maitre italien 
dans la facture. Franz Beier a fourni une mo- 
nographic sur F., « Samml. mus. Vortr&ge » 
de Waldersee, n°" 59-60. 

Froolich, Joseph, ne a Wtirzbourg le 28 mai 
1780, m. dans la mtoe ville le 5 janv. 1862. II 
suivit, a Wiirzbourg, les cours du gymnase et 
de FUniversite, devint en 1801 membre de la 
chapelle de la cour princtere, fonda une societe 
chorale et instrumental d^tudiants ( « Aka- 
demische Bande ») qui fut reconnue, en 1804, 
comme Institut academique de musique, et de- 
vint en mgme temps privat-docent pour la 
musique et directeur de musique de TUniver- 

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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



258 



FROMM — FUGHS 



sitk Pen k peu, l'instilution fut agrandie par 
l'entrSe d'613ves du gymnase et d'autres jeunes 
gens dou6s pour la musique ; les s&ninaristes 
furent obliges d'en suivre les cours, et Finstitu- 
tion primitive donna naissance k l'Ecole royale 
de musique. F. devenait pendant ce temps pro- 
fesseur extraordinaire d'esth&ique et plus tard 
aussi de pedagogie et de didactique. En 1820, 
on adjoignit k l'&ablissement une 6cole g6n£- 
rale de chant En 1844, F. quitta la direction 
des exercices d'orchestre et des executions, en 
1854 le professorat k rUniversitS, et abandonna 
finalement, en 1858, la direction de l'6tablisse- 
ment. Gomme compositeur, F. a donn& des 
Messes, un Requiem, des symphonies, un op£- 
r&: &njpio, des sonates, des choeurs, etc.; comme 
ecrivain, on a de lui des articles dans la c Qse- 
cilia», dans TEncyclop6die d'Ersch et Gruber, 
et dans la « Mnemosyme * (supplement de la 
< Neue Wurzburger Zeitung >), ainsi qu'une 
biographie de l'abb£ Yogler. II est, en outre, 
1'auteur dune Musiklehre mit Anweisungen 
furs Spiel alter gebrauchlichen Instruments 
(en 4 parties), de m&hodes s£par6es pour tous 
les-instruments d'orchestre, du violon au ser- 
pent et d*une m&thode de chant. 

Fromm, Emil, n6 k Spremberg (Basse-Lu- 
sace) le 29 janv. 1835 ; 616ve de Grell, Bach et 
Schneider, k Berlin, fut nomm£, en 1859, cantor 
k Kottbns, puis, en 1869, organiste k Flensbourg. 
II re<?ut en 1866 le titre de « directeur royal de 
musique ». F. a fondS un choeur mixte, et 6crit 
quelques compositions (cantates de la passion, 
morceaux d'orgue, choeurs pour voix d'hom- 
mes). 

Frosch (all.), talon (de Tarchet); am Frosch 
= au talon. V. talon. 

Froschauer, JoHANN,imprimeur k Augsbourg 
k la fin du xv« s., connu parce qu'il fut le pre- 
mier qui imprima les notes de musique (exem- 
ples) au moyen de caract&res mobiles, par 
exemple dans leLilium musicae planae (1498, 
grossidres notes chorales) de Michael Keins- 
peck. Dans tous les ouvrages ant£rieurs (mis- 
fiels, etc), les lignes 6taient imprim6es puis les 
notes Scrites k la main. Cf. aussi Burtius. 

Frottole (ital., petit fruit), sorte de chants 
populaires italiens, 61ev6s, au xv« et au xvi« s., 
presque au rang de musique artistique, tenant 
le milieu entre le madrigal plein d'artiiices et 
les villanelles et villotes par trop simplement 
harmonises, note contre note; le texte des f. 
traitait g6n£ralement de 1'amour. La po^sie a 
un refrain de quatre lignes dans l'ordrea b b a, 
pour les rimes, et dont la premiere ou la se- 
conde moitte revient apr6s chaque strophe de 
cinq lignes (ordre des rimes dans les strophes: 
abacc; mesure du vers : quatre trochees par 
ligne). Petrucci a public, de 1504 k 1509, dix H- 
vres de f. Rud. Schwartz a 6crit une interes- 
sante 6tude sur les f., dans la « Vierleljahres- 
schrift fur Musikwissenschaft » (1886, iv« fasc), 
ou Ton trouvera Findication d'autres recueils 
de frottole, du commencement du xvi« s. 

Fuchs. 1. Georg-Friedrich, ne k Mayence le 
3 dec. 1752, m. k Paris le 9 oct. 1821 ; eleve de 



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Gannabich, k Mannheim; fut d'abord maltre de 
musique militaire a Zweibrucken. D parti t, en 
1784, pour Paris, oil il fut engage en 1795, lore 
de la fondation du Gonservatoire, comme pro- 
fesseur de clarinette; il a compost un grand 
nombre d'ceuvres pour instr. k vent — 2. 
Aloys, n£ k Raase (SilSsie autrichienne) le 
6 juin 1799, m. k Vienne le 20 mars 1858, com- 
me adjoint au conseil de guerre de la cour, fut 
un connaisseur de musique remarquable et un 
collectionneur acharne de manuscrits musicaux 
et de portraits de musiciens. D a communique 
lui-mdme les r&ultats de ses recherches a di- 
verses revues sp&ciales de Vienne et de Berlin. 
Ses collections, uniques en leur genre, furent, 
apr&s sa mort, disperses par la vente. — 8. 
Karl-Dorius-Johann, pianiste gonial et spin- 
tuel musicographe, n6 k Postdam le 22 oct. 
1888, second flls de G.-L.-D.F., maltre de musi- 
que et organiste k l'6cole des cadets, qui sur- 
veilla s6v6rement le talent de son fils. F. perdit 
de bonne heure sa m6re et dut, dfyk comme 
Sl&ve du gymnase, donner beaucoup de legona 
particuli£res de piano. En 1859, il entra dans 
la faculte de theologie de rUniversitS de Ber- 
lin, mais fut en m&ne temps Sieve particulier 
de Hans de Billow qui, lorsque les ressourcea 
p&cuniaires lui manquerent, au bout d'une 
annee, lui donna encore pendant quatre ana 
des lemons gratuites. Apr£s avoir longtemps 
h6sit$ entre la theologie et la philosophie, F. 
se tourna enfin tout a fait du cdtk de la musi- 
que et Stadia l'harmonie avec K-F. Weitz- 
mann, et la composition avec Fr. Kiel, devant 
cependant toujours lutter pour subvenir k son 
existence. Pendant deux ans, il remplit les 
fonctions de prScepteur dans le domaine d'Os- 
dorf, pr&s de Berlin, et pendant six mois chez 
le peintre Steffeck,travaillanten outre d'autant 
plus ardemment a son developpement musical. 
Son premier travail littSraire fut Betrachtun- 
gen mit und gegen Arthur Schopenhauer, dans 
la « Neue Berliner Musikzeitung >. En 1868, il 
en trait comme maltre aTAcademie Kullak,mais 
se maria en 1869 et prit le poste d'organisie de 
l'6glise St-Nicolas, k Stralsund. En 1868, il 
publia Ungleiche Verwandl? unter den Neu- 
deutschen (pour la defense de Tappert), et Hel- 
las (morceaux de piano sur des th&mes greca 
modernes); en 1869, Virtuos und Dilettant 
(idees sur l'enseignement du piano), opuscule 
qui fit sensation; en 1870, F. prenait le grade 
de D r phil. et sa thSse Praliminarienzu einer 
Kritih der Tonhunst comportait une analyse 
tres philosophique de la jouissance artistique 
de la musique, que sa conception par trop phi- 
losophique empecha de se propager: une nou- 
velle redaction, en style plus simple, le prouve- 
rait aisement. En 1871, il rentrait k Berlin ou il 
se produisit plusieurs fois comme pianiste; il a 
ecrit differentes choses pour le « Musikalisches 
Wochenblatt». Un grand ouvrage d'^tudes 
techniques pour le piano, compose auparavant, 
est rest6 manuscrit. En 1875, une tourn&e de con- 
certs le fit 6chouer k Hirschberg, en Sil6sie, ou 
il fonda une Societe de musique et eut du suc- 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



FUENTES 



FUGUE 



259 



c&s comme directeur. En 1879, il echangeait 
Hirschberg contre Danzig, oil il dirigea en 
1882-1883 le * Danziger Gesangverein », devint 
maltre de mnsiqne au seminaire « Victoria », 
et fiit nomm^, en 1886, organiste de l'egiise 
St-Pierre et surveillant des orgues. A la mort 
de Markull (1887), F. devint critique musical de 
la « Danziger Zeitnng » dont le feuilleton prit, 
grace a lni, de importance. F. fut, en 1882, le 
premier qui se joignit aux efforts de H. Rie- 
mann pour Amelioration de la notation mnsi- 
cale par Vindication du phrase et il ecrivit a ce 
sujet : Die Zuktmft des musxk. Vortrags (1884, 
deux parties ; une troisieme partie sera encore 
publiee) et Die Fretheit des musikalischen 
Vortrags (1885) ; il a aussi publie avec H. Rie- 
mann : Prakti&che Anleitung sum Phrasieren 
(1886). Gomme pianiste, F. a des qualites qu'il 
partage avec peu d'autres, une intensity de- 
pression extraordinaire ; en outre il « phrase » 
reellement. F. fut aussi le premier musicien 
qui essaya d*obtenir a Vorchestre une execution 
phras^e. — 4. Johann-Nepomuk, n6 a Frauen- 
thal (Styrie) le 5 mai 1842; fils d'un maitre 
d'ecole, il etudia a Vienne la philosophie et la 
musique (Sechter), devint en 1864 chef d'or- 
cheetre de theatre, a Pressbourg, et remplit ces 
fonctions sur di verses scenes, en dernier lieu a 
Cologne, Hambourg, Leipzig (« Garolatheater*), 
et, depots 1880, 4 l'Opera de la cour, a Vienne. 
II a succede, en outre, a Hellmesberger,en 1893, 
comme directeur du Conservatoire de la « So- 
ciety des amis de la musique ». On a repr£- 
gente de lui, en 1872, a Bninn, un opera inti- 
tule Zmgara ; il retravailla aussi YAlmira de 
Hsendel, pour sa nouvelle mise en scene a 
Hambourg, ainsi qn f Alfonso und Estrella de 
Schubert, et le Belrogener Kadi de Gluck, pour 
Vienne. — 5. Robert, fr£re du precedent, n£ a 
Frauenthalle 15 f6vr. 1847, eieve du Conserva- 
toire de Vienne, et maintenant professeur d'har- 
monie dans ce meme etablissement, a publie : 
une senate de piano, deux sonates de violon, 
cinq serenades pour orchestre, une symphonie 
(op. 87, ut maj.), un trio, un quatuor, des mor- 
ceaux de piano a 2 et & 4 mains, delicatement 
travailles, des variations, etc. — 6. Albert, nd 
a Bale le 6 aoiit 1858 ; eieve du Conservatoire 
de Leipzig (1876-1879), devint en 1880 directeur 
de musique a Treves, vecut de 1883 a 1889 a 
Oberlossnitz, pres Dresde, puis acheta le Con- 
servatoire de Wiesbaden, fonde par W. Freu- 
denberg, et qui, sous son successeur W. Taub- 
mann, avait passablement periclite; F. le rendit 
bientot florissant comme par le passe. F. est 
an compositeur de talent, de tendances moder- 
nes (lieder, duos, morceaux pour piano [sonate 
en fa min.], suite hongroise pour orchestre, 
sonate pour violoncelle). 

Fuentes. 1. Don Pasquale, ne a Albaida 
(Valence), au commencement du siecle dernier, 
Mait en 1757 maltre de chapelle de la cathedrale 
de Valence, m. le 26 avril 1768; Tun des compo- 
siteurs d'eglisc les plus renommes de TEspa- 
gne (Messes, Te Deum, motets de 6 a 12 voix, 
vMancieos, etc.). — 2. Francisco de Santa 



by \j 



iL 



IC 



Maria de, moine franciscain, a Madrid, a pu- 
blie un ouvrage theorique : Dialectos musicos 
(1778). 
Fuertes, v. Soriano-F. 
Fuga (ital.), fugue. 

Fugara (Togar), jeu d'orgue ouvert de 8* et 
de 4*, compose de tuyaux tres etroits dont la 
bouche egalement etroite est placee tres bas; le 
son du f. est par consequent apre et parle diffi- 
cilemenL Toutefois, on rencontre des jeux de f. 
dont les tuyaux, plus larges, sont analogues a 
ceux de la gambe. 

Fugato (ital., fugue), travailie a la maniere 
d'une fugue, mais non comme une fugue stric- 
te ; dans les parties de developpement des so- 
nates, symphonies, concertos, etc., il arrive 
souvent que des fragments de themes sont trai- 
ls d'une maniere imitant la fugue, un pas- 
sage de ce genre prend alors le nom de F. 
Fughetta (ital.), petite fugue. 
Fugue, la forme d'art la plus dereloppee du 
style concertant, dans laquelle l^galite des 
differentes parties est poussee jusqu'a ses plus 
extremes consequences, par le fait qu'un theme 
court etcaracteristique apparait alternativement 
dans chacune des parties, et fait ressortir ainsi 
tantdt Tune, tantdt l'autre. La f. est concue par 
consequent au moins a deux voix (vocales ou 
instrumentales). Notre f. actuelle a la quinte est 
la derni A re etape d'un long developpement des 
artifices canoniques qui, des compositions vo- 
cales des Neerlandais (xv-xvi« s.), furent trans* 
portes sur 1'orgue; quant au terme fuga, il 
designait aux xv« et xvi« s. ce que nous nom- 
mons aujourd'hui canon, tandis que les formes 
plus libres qui, des le milieu du xvi* s., se rap- 
prochent parfois de notre f., portaient les noms 
de ricercare, toccata, fantaisie, sonate, etc. Les 
musiciens les plus importants qui se rattachent a 
Thistoire primitive de la fugue sont : A.etGiov. 
Gabrieli, Frescobaldi, Froberger. J.-P. Swee- 
linck, Scheidt, Pachelbel, Buxtehude; mais la 
f. a atteint le plus haut degre de son perfection- 
nement artistique dans les oeuvres de J.-S. 
Bach d'une part (f. instrumentale) et dans celles 
de Haendel de Tautre (f. vocale). Les elements 
les plus importants de la f., avec les termes 
techniques qui servent & les designer, sont les 
suivants:le sujet (theme, ou encore antecedent; 
lat dux; all. Fiihrer; ital. Guida, proposta), 
expose par Tune des parties qui entre seule au 
d^but, apres quoi une autre partie fait entendre 
la r£ponse ( ou consequent; lat comes ; all. 
Gefakrte; ital. risposta, consequente) pendant 
que la premiere lui oppose un contrepoint (con- 
tre-sujet ; all. Gegensats ou Kontrasubjekt } 
aussi interessant que possible, au point de vue 
du rythme comme a celui de la meiodie. Si la f. 
est ecrite a plus de deux parties, la troisieme 
reprend le sujet, la quatrieme la reponse, etc. 
Lorsque le sujet et la reponse ont passe dans 
chaque partie, Imposition de la f. est lermi- 
nee ; mais le nombre des reprises de cette ex- 
position est en general d'autant plus nombreux 
que Test aussi celui des parties mi ses en jeu. 
Ceci provient du reste du plus grand nombre 

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960 



FDHRER — FUHRMANN 



de permutations possibles, dans l'orfre d'entrSe 
des di verses parties, ex. (S = sujet, R = rApon- 
se ; 1, 2, 8, 4 = premiere, deuxteme, troisi&me, 
quatri&me parties, comptees de haut en bas) : 

L F. a deux parties : 1 S 2R — 2S 1R. 

II. F. k trois parties : 1S2R3S — 1S8R 2S 
— 2S1R8S -2S8R1S — 3S2R1S — 3S 
1R2S. 

HI. F. k quatre parties : 1S2R3S4R — IS 
2R4S3R-1S3R2S4R- 1S3R4S2R — 
1S4R8S2R — 1S4R2S3R-2S3R4S1R — 
2S3R1S4R-2S4R3S1R-2S4R1S8R- 
2SlR3S4R-2SlR4S3R,etc.,entoutvingt- 
quatre permutations diverses toutes obtenues 
par TentrSe du sujet, suivi du retour alternatif 
de sujet et de r£ponse. La f. k cinq parties peut" 
d6j& donner lieu a cent vingt permutations de 
ce genre. Mais k cela s'ajoute un nombre £gal 
d'autres permutations possibles dans les re- 
prises de l'exposition qui, au cours de la f., 
peuvent commencer par la reponse (la pre- 
miere reprise, appelee contre-exposition, com- 
mence m&me r^guli&rement par la reponse); 
enfln une fr&quente licence consiste k donner k 
deux parties se succedant imm£diatement ou 
bien le sujet, ou bien la reponse settlement On 
voit ainsi clairement que, sous une apparente 
rigidity la f. rec&e les ressources d'une poly- 
morphie extraordinaire ; en eflfet, le compositeur 
ne parvient k utiliser qu*un petit nombre seule- 
ment des alternatives possibles. La reponse est 
une transposition du sujet A la quinte (quarte 
inferieure, douzi&me sup£rieure, onzi&me inf£- 
rieure); cette transposition sera ou bien abso- 
lument exacte, comme dans le canon (f. reelle), 
ou bien modifiee en vue d'obtenir un ordre de 
modulations d£termin6es (f. tonale; ital. fuga 
de Umo). La loi fondamentale qui r6git la for- 
mation de la reponse, dans la f ., est la sui vante : 
la reponse doit moduler k la dominante, lors- 
que le sujet reste en entier dans la tonique, elle 
aura au contraire la modulation de retour k la 
tonique toutes les fois que le sujet lui-mdme 
aura module a la dominante. L'exposition est 
suivie d'un episode ou divertissement (all. 
Zwischenspiel; ital, divertimento, andamento) 
g£n£ralement court et bas£ sur les motifs du 
sujet ou du contre-sujet: l'episode passe au 
moyen d'une modulation simple dans un ton 
voisin, puis rentre aussitcH dans celui de la to- 
nique. Plus la f. est Vendue, plus aussi les 
parties 6pisodiques doivent offrir d'int^ret, afin 
que Teternel retour du sujet lui-mfcme ne pro- 
dulse pas une impression de monotonie. On 
peut, entre l'exposition (ou les premieres re- 
prises) et les derni&res reprises, qui sont dans 
le ton principal, intercaler une ou plusieurs re- 
prises dans des tons Strangers, en sorte que la 
f. aussi corresponds au type fundamental de 
toute forme musicale : A — B — A (cf. formes). 
II faut ajouter encore k ce qui precede un cer- 
tain nombre de combi liaisons plusiompliqu&s, 
dont les principales sont : la rSponse par ren- 
versement, par diminution ou par augmenta- 
tion (v t imitation): Temploi du double contre- 
point k la douzteme ou k la dixieme: le stretto 



by t^ 



A 



\V 



(appeie aussi en fran$ais la slrette; all. Bng- 
fiihrtmg) qui consiste k rapprocber autant que 
possible les entries successives du sujet et de 
la reponse, de sorte qu'on les entend en partie 
simultan6ment, et qui peut se faire simple ou 
aussi renversS, par augmentation, par diminu- 
tion, etc. Lorsque le contre-sujet est traits d'une 
facon continue, conjointement avec le sujet, au- 
trement dit qu*il est aussi fugu£, ii en rSsulte 
une double-fuoce. Mais on donne aussi le 
nom de double (ou de triple) fugue k une f. ba- 
sic sur deux (ou trois) sujets qui sont d'abord 
fugues s&par&nent, comme dans la f. ordinaire, 
pour &tre ensuite r£unis, coordonn£s et super- 
poses. Cf. les ouvrages sui van Is : Marpurg. 
Abhandlung von der Fuge ; F&is, Traits de la 
fugue, etc.; Hauptmann, Erl&uterungen zu 
Backs Kunst der Fuge> et ses articles sur le 
mime scget dans les « Wiener Recensionen » : 
Riemann, Katechismus der Fugen-Komposi- 
tion (analyse du c Clavecin bien tempore » 
[1891]); E. Prout, Fugue (1891), et Fugal ana- 
lysis (1892). V. aussi le mot choral figure. 

Ftthrer, Robert, compositeur boh&me de 
musique d'iglise et maltre de thiorie, n£ k 
Prague le 2 juin 1807, m. k Vienne le 28 nov. 
1861 ; itove de Vit&sek, il fut d'abord organiste 
a Strahow, puis, en 1880, premier professeur k 
l'Ecole d'organistes de Prague, et, en 1839, suc- 
cesseur de Vitasek, comme maltre de cbapelle 
du Ddme, k Prague. En 1845, il abandonnait ce 
poste, pour vivre successivement k Salzbourg 
et k Vienne. F. a 6crit vingt Messes et beau- 
coup d'autres chants d'Sgiises, des ceuvres 
pour orgue et des ouvrages techniques sur 
l'orgue. 

Fuhrmann. 1. Gborg-Leopold, a public : 
Testudo GaUo-Germanica (Nuremberg, 1615), 
ceuvre ecrite pour luth, en tablature allemande 
et fran^aise (exemplaire a la c Landesbiblio- 
thek » de Cassel). — 2. Martin-Hbinricb, atta- 
cb6 au gymnase « Friedrich Werder » comme 
cantor luth£rien, un des meilleurs th£oriciens 
et critiques de son temps, a donn6 la plupart de 
ses Merits sous ses initiales seulement ; voici les 
principaux : Musikalischer Trickier der edlen 
Sitigekunst (Francfort s/ Spree [Berlin], 1706; 
la preface en est sign£e Memes Herzens Freu- 
de) ; Musica vocalis in nuce ( imprim& selon 
Walther, en 1708, et selon Relmann [• All gem. 
Mus. Zeitg. », 1890] avant l'ouvrage precedent; 
titre signe du vrai nom, et preface comme dans 
Touvrage precedent) ; Gereckte Wag Schal 
[dans le d£bat entre J. Meyer et Mattheson] 
(Brandenbourg, 1728 ; sign* Innocentius Fran- 
ckenberg); Das in unsern Operntkeatris sie- 
chende Ckristentum und siegende Heiden- 
turn, par Liebhold et Leuthold (Canterbury 
[e'est-a-dire, dans l'endroit habits par le can- 
tor], t au quartier general musical k 96 milles 
de Uambourg » t 1728) ; Die an der Kirchen 
Gottes gebaute Satanshapelle*.... par Marco- 
Hilario Frischmuth (Cologne s/Rh., che« « Der 
heiligen drei Konige Erben » [Berlin], 1729); 
M. H. F. G. T. a Musihalische Striegel (Ulm, 
1727, ou Berlin, 1728) ; Die von dm Pforten 

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FUMAGALLI — FUX 



261 



der HtiUe bestiirmte Himmelshirche (Berlin 
1780, avec le nom de l'auteur en entier). 

Fumagalb, Adolfo, ni a Inzago (Milan) le 
19 oct. 1828, m. & Florence deja le 8 mai 1856, 
6l£ve d'Angeloni an Conservatoire de Milan, fit 
sensation 4 partir de 1848 en Italie, en France 
et en Belgiqne, eomme pianiste elegant H fat 
pendant un certain temps appr£ci£ comme 
compositeur de fantaisies d'operas, de mor- 
ceaux de salon, de danses, etc. (Concerto fan- 
tastique: Les Clochettes [avec orchestre]). 

Ftuni, Vincrslao, compositeur et directenr 
italien, n6 a Montepolciano (Toscane) le 20 oct 
1828, m. a Florence If 20 nov. 1880; 616ve de 
Giorgetti, a Florence, fonctionna comme chef 
d'orchestre d'opira dans divers th&atre italiens, 
ainsi qu'4 Constantinople, Rio de Janeiro, 
Montevideo et Buenos-Ayres. Dans cette der- 
nl£re ville, il donna un opera de sa compo- 
sition : Atala. (1862). Pendant les dernieres 
ann£es de sa vie, il vecut a Florence, 6crivit 
ptasieurs ceuvres pour orchestre, et a laisse 
one collection de chants populaires de tons les 
peoples et de tons les temps. 

Funebre (ital.), fun&bre. 

Furia (ital.), fade, impetuosity; furibondo, 
furioso = violent, furieux. 

Furiant, danse boheme rapide, aux accents 
trSs marquis et don t la mesure change (chez 
Dvorak et d'autres) ; Ttirk (dans sa m£thode de 
piano, 1789), Fappelle Furie. 

Fuoco (ital.), focOy feu; confuoco. fuocoso, 
avec feu. 

Furlanetto, Bonavrntura, surnomm6 Musin, 
n£ a Venise, le 27 mai 1788, m. dans la m&nc 
vHle le 6 avr. 1817; devint de bonne heure 
mallre de chant et directeur des representa- 
tions de « rOspedale della Pieta » (conservatoire 
oil n'etaient admises que des jeuues filles). II fit 
sensation tant comme directeur que comme 
organiste et compositeur de Messes, etc., pour 
lee productions des £l£ves (l'orcheslre £tait 
aussi compost uniquement de jeunes filles). 
Bien qu'ayant postute sans succ£s la place 
d'organiste de l*6glise St-Marc, il fut nomm£ en 
1794 provisoirement, et, en 1797, d£finitivement 
second maitre de chapelle de cette 6glise, puis 
premier maitre de chapelle, saccedant a Ber- 
toni. Enfin, en 1811, il devint maitre de contre- 
point et de fugue a llnstitut philharmonique. 
Ses ceuvres, presque toutes 6crites pour l'dglise, 
nous le montrent comme un contrapontiste de 
valenr, mais sont rest£es manuscrites. 

Furlana, v. Forlana. 

Furao, Giovanni, ne a Capoue le 1« janv. 
1748, m. a Naples le 20 juin 1887 ; fit son Educa- 
tion musicals an Conservatoire « di Sant'Ono- 
frio» (Naples) et fut, pendant nombre d'an- 
o6es> professeur de composition aux Conserva- 
toires napolitains • Sant'Onofrio » et « della 
Pieta », ainsi que, depuis 1806, au « Real Col- 
legio di Musica » auquel les deux institutions 
pr£c£dentes furent rlunies. On compte parmi 
ses &dves : Mercadante, Bellini, Costa, Lauro 
Roesi, les fr&res Ricci, etc. 

Furore (ital.), fureur. 



Ffirstenan. 1. Kaspar, n£ a Mttnster (West- 
phalie) le 26 tevr. 1772, m. a Oldenbourg, oil il 
6tait virtuose de la chambre, le 11 mai 1819; 
6tait un excellent flutiste. — 2. Anton-Bern- 
hard, file du precedent, n6 a Mdnster le 20 oct. 
1792, m. comme musicien de la chambre, a 
Dresde, le 18 nov. 1852; a ete le digne h&itier 
de son p£re, comme fhUiste et compositeur 
pour son instrument. — 8. Moritz, flls du pr6- 
c£dent, n6 a Dresde le 26 juil. 1824, m. dans 
la m£me ville le 25 mais 1889; devint en 1842 
membre de la chapelle de la cour de Dresde 
(fut aussi un flfttiste reraarquable), en 1862 
conservateur de la Biblioth&que musicale pri- 
v£e du roi, en 1858 professeur de fllite au Con- 
. servatoire de Dresde. F. avait de grandee con- 
naissances sur Thistoire de la musique; il a 
6crit: Beitrage zur Geschichte der Kimiglich 
scechsischen musihalischen Kapelle (1849) \Zur 
Geschichte der Musik und des TJieaters am 
Hof ™ Dresden (1861-1862, 2 vol.) ; Die Fabri- 
kation musihalischer Instrumente im soechsi- 
schen Vogtland (1876, avec Th. Berthold), ainsi 
qu*un grand nombre de dissertations dans des 
journaux musicaux, dans les « Mittheilungen » 
de la Soci6t6 royale d*antiquit&* de Saxe, dans 
le c Musikalisches Konversationslexicon » de 
Mendel, etc. F. a aussi collabord a « I'Allgem. 
deutsche Biographie » de Liliencron. 

Fftrstner, Adolf, ne a Berlin le 2 janv. 1835, 
a fond£ en 1868, a Berlin, la maison d'edition 
qui porte son nom. D a notablement augment^ 
son fonds en 1872, par l'acquisition de la mai- 
son d'&dition C.-F. Meser, a Dresde (Rienzi, 
Vaisseau fantotne, Tannhauser de Wagner). 



Fuse 



a. *). 



ou aussi, chez les th£oriciena 



by Google 



allemands, Fusel = croche (v. ce mot et pro- 

PORTIONNBLLE). 

Fax, Johann- Joseph, ne a Hirtenfeld, prds 
St-Marein, en Styrie, en 1660, m. le 14 fevr. 1741 ; 
devint en 1698 organiste du < Schottenstift » a 
Vienne, en 1698 compositeur de la cour imp£- 
riale, en 1704 maitre de chapelle du D6me de 
St-Etienne, en 1713 vice-maftre de chapelle et, 
en 1715, premier maitre de chapelle de la cour 
(succ6dant 4 Ziani). II fut, en outre, de 1713 a 
1715, maitre de chapelle de l'imperatrice Ami* 
lie. F. a £crit un grand nombre d'oeuvres de 
musique d^glise (50 Messes, 3 Requiem, 57 vd- 
pres et psaumes, etc.), de plus 10 oratorios, 18 
operas, 29 suites, etc.; cependanl, il n'en fut 
imprim£ qu'une petite partie : l'op£ra de cir- 
constance Elisa, Concentus musico-instrumen- 
talis (a 7 voix), une Missa canonica (veritable 
chef-d'oeuvre de contrepoint), 38 sonates A. trois 
parties (pas encore retrouv£es josqu a present) 
et, avant tout, son chef-d'oeuvre ih£orique, Grar 
dus ad Parnassum (en latin, 1725; en alle- 
mand par Mitzler, 1742; en italien par Man- 
fred!, 1761: en fran$ais par Denis, 1773; en 
anglais par Preston, 1791), qui sert encore 
aujourd'nui de r^gle a plus d'un professeur de 
contrepoint, et qui cependant 6tait deja vieilli 
lorequ'il parut, car il prend, non pas les tonali- 
t£s modernes ; mais bien les modes eccl£siasti- 

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262 



FZ — GABRIELI 



ques comme base de son systeme. L. v. Kochel 
a publie (1872) une biographie d&aill6e de F., 
ainsi qu'un catalogue thematique de sea oeu- 
vres. 



F« (forzato), ffz (fouzatissimo), identique k 
sf, sff (v. sforzato), signifiant un fort accent, 
s'applique toujours k une seule note, k un seul 
accord sur lequel tl est plae£. 



G 



6 est le nom que les AUemands et les Anglais 
donnent au septi&me son de T^chelle fond amen- 
lale (v. ce mot) de notre systeme musical ; il 
correspond au sol des Fran^ais, des Italiens, etc. 
Le G est un des signes dont on se sert comme 
clef (claves signatce), c-A-d. comme indication 
de la hauteur relative des notes placees sur la 
portee. Gette clef, qui porte le nom de clef de 
sol (all. G-ScMussel, Violinschlussel) donne a 
la note placee sur la m&me ligne qu'elle la valeur 
d'un $of 3 (cf. a etcLEF). Elle avait primitivement 
la forme d*un g ou g, et n'a pris que graduelle- 
ment son aspect actuel : 

6 g& d £ I Sj § 

Pour ce qui concerne les noms composes de 
solmisation du G, v. Muances. — En tant qu'a- 
br&vialion, g. signifie « gauche » ; m. g. = 
« main gauche ». 

Gabrieli, nom de deux compositeurs et orga- 
nistes italiens des plus eminents : 1. Andrea, 
n6 k Venise, dans le quartier de Canareggio 
(d'ou son nom de G. da Canareio), vers 1510, 
m. dans la mSme ville en 1586 ; eleve d'Adrien 
Willaert, le fondateur de TEcole v£nitienne, fut 
nomm£ en 1536 chantre de la chapelle de St-Marc, 
puis succeda en 1566 k Glaudio Merulo en qua- 
lite de second organiste de la meme e*lise. Les 
phis remarquables parmi ses Aleves sont : son 
neveu, Giovanni G. (v. plus loin), et Hans-Leo 
Hassler. On a consent un tr6s grand nombre 
de ses ceuvres: Sacrce cantiones, a 5 voix (1565, 
%• 6d. 1584) ; Cantiones ecclesiastics, k 4 voix 
(1576 ; 2* 6d. 1589) ; Cantiones sacrce, de 6 a 16 
voix (1578) ; Messes k 6 voix (1570) ; deux livres 
de madrigaux de 5 a 6 voix (1572 ; 1587-1588) ; 
trois livres de madrigaux de 3 k 6 voix (1575, 
1582, 1583) ; deux livres de madrigaux a 6 voix 
(1574, 1580; 2* 6d. 1586); Psalmi poenitentiales 
6 vocum (1583); Canzoni alia franceseper I' or- 
gano (1571 et 1605) ; sonates k 5 parties (1586). 
Giov. G. a public en outre un grand nombre 
d'ceuvres de son oncle, des morceaux d'orgue 
dans Intonazioni dCorgano (1593) et Ricercari 
per Corgano (1595, 3 vol.); des morceaux de 
chant dans les Canti concerti de 6 a 16 voix 
(1587; cf. Giovanni G.). Enfin, on trouve des 
morceaux detaches dans les recueils de P. Pha- 
lese : Harmonia celeste (1593), Symphonia an- 
gelica (1594), Musica divina (1595) ; un sonnet 
dans Corona di dodeci sonetti (158&) de Zucca- 



rini; et, dans les Gemme musicali (1587) de 
Gardane, les chants de fete qu'il composa pour 
double chceur (1574), pour la reception du roi de 
France, Henri III. — 2. Giovanni, ne k Venise 
en 1557, Sieve et neveu du precedent, succeda 
en 1585 a Glaudio Merulo comme premier or- 
ganiste de Teglise St-Marc, et mourut le 12 
aout 1612 (son poste fut confi6 a partir de ce 
jour k Savii) ou le 12 aout 1613 (comme 
Tindique sa pierre tombale). Son Sieve le plus 
cSlSbre fut Henri Schiitz. On a consent les Edi- 
tions originates des ceuvres suivantes : Madri- 
gali a 6 voci o istromenti (1585) ; Madrigali e 
ricercari a 4 voci (1587) ; Ecclesiastics can- 
tiones 4-6 vocum (1589) ; Sacrce symphonies 
(de 6 k 16 parties, pour des voix ou des instru- 
ments, 1597 ; 2" 6d., *? ) ; Symphonies sacrce lib. 
II, 6-19 vocum (1615) ; Canzoni e sonate a 
3-22 voc. (1615). Son edition des Canti con- 
certi (di Andrea e di Giovanni G.), etc., con- 
tient dix morceaux de sa composition; de m£me 
les Intonazioni et les Ricercari per Corgano 
(1593, 1595), mentionnees parmi les ceuvres 
d'AndrS G., renferment nombre de morceaux 
de Giovanni G. Presque toutes les anthologies 
de l'Spoque, depuis le Secondo Ixbro de'madri- 
gali a 5 voci, etc. (1565), jusque vers 1620, con- 
tiennent aussi des morceaux d&taches. L f un 
de ses amis publia, apres sa mort, un recueil 
de motets dont une partie etait de Giovanni G., 
et Tautre de Hassler (de 6 a 19 voix ; 1615). Gio- 
vanni G. ecrivait tres volontiers pour deux ou 
trois choeurs independants (chori spezzati) 
et parvenait de la sorte a des eflfets grandio- 
ses; celte idee, que Willaert avait eue aupa- 
ravant deja, avait sa source toute naturelle 
dans le fait que l'egliss St-Marc a deux or- 
gues plac&es, Tun vis-a-vis de Fautre, sur des 
gaieties suflisamment spacieuses pour que des 
choeurs y puissent prendre place. Gf. Karl von 
Winterfeld, Johannes G. und sein Zeiialter 
(1834, 2 vol., plus un recueil de musique). Quel- 
ques ceuvres detach6es ont ete reimprim6es, 
des morceaux d'orgue d'Andrea et de Giov. G. 
dans T « Histoire de la musique instrumental 
au xvi* s. », de Wasielewski, des ceuvres vo- 
cales dans les anthologies de Proske, Mosskwa, 
Gommer, etc. — 3. Domenigo (Menghino del 
Violoncello), ne a Bologne vers 1640, m. dans la 
m&ne ville vers 1690 ; violoncelliste remarqua- 
ble, a ecrit neuf operas pour les scenes de Bo- 
logne et de Venise (1683-1688). Plusieurs autres 
ceuvres de sa composition parurent apr£s sa 



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GABRIELLI — GA.DE 



963 



mort : Cantate a voce sola (1691) ; Vexillum 
pacis (motets pour alto solo avec ace. instru- 
mental, 1695) ; Balletli, gighe, correnti e sara- 
bande adue violini e violoncello con basso con- 
tinuo (2* ed. 1703). — 4. Catterina (Gabrielli), 
chan tense leg£re distinguSe, n6e a Rome le 12 
nov. 1780, m. dans la m&me ville en avr. 1796; 
fille d'un cuisinier du prince G. dont elle prit le 
nom, en temoignage de reconnaissance, lors- 
qu elle fut devenue c£16bre. El&ve du P. Garcia 
(to Spagnoletto) et de Porpora, elle d£buta en 
1747 a Lucca, dans « Sofonisbe » de Galuppi, 
puis se fit remarquer sur diverges scenes ita- 
liennes. EngagSe a Vienne de 1715 a 1765, elle 
passa ensuite a Parme, puis a St-P6tersbourg 
<1768), a Venise (1777), a Milan (1780). G. se 
retira de la scene en 1781, et vecut d§s lors a 
Rome. — 5. Francesca (Gabrielli), dite la Ferra- 
rese ou la QabrieUina pour la distingue r de la 
pr£c£dente, n&e a Ferrare en 1755, m. a Venise 
en 1795 ; Steve de Sacchini a Venise, dSbuta a 
Florence, puis chanta a Naples et a Londres 
<1786, en m^me temps que la Mara) les rdles de 
« prima donna buffa ■. — 6. Nigolo, Gonte (Ga- 
brielli), ne a Naples le 21 f£vr, 1814, m. a Paris 
le 14 juin 1891 ; 61£ve de Zingarelli et de Doni- 
zetti, compositeur fecond, mais sans valeur, d'o- 
p6ras (22) et de ballets (60), vecut, & partir de 
1854, a Paris. Ses ouvrages furent repr6sentes 
tantdt a Naples, tantdt a Paris, Lyon, Vienne 
(en Autriche), etc. 

Gabrielli, v. Gabrieli, 4-6. 

Gabriel ski. 1. Johann- Wilhelm, ne a Berlin 
le 27 mai 1791, m. dans la m&me ville le 18 sept. 
1846; Mtiste virtuose de grand talent, entra en 
1814 dans l'orchestre du theatre municipal de 
Stettin, puis fut nomme en 1816 musicien de la 
«hambre royale, a Berlin. 11 fit de grandes tour- 
n£es de concerts, et laissa un certain nombre de 
morceaux pour flfite seule ou avec d'autres ins- 
truments. Son frere —2. Julius, no a Berlin le 4 
dec. 1806, m. dans la mdme ville le 26 mai 1888, 
«tait egalemeut un fliUiste remarquable, et son 
fils — 3. Adolf, a fait partie, comme premier 
fitltiste, de la chapelle royale, a Berlin. 

Cade, Niels- Wilhelm, n£ a Gopenhague le 
22 fevr. (non pas oclobre) 1817, m dans la 
m&me ville le 21 dec. 1890, le plus grand com- 
positeur danois, 6tait fils d'un luthier et grandit 
sans recevoir d'enseignement theorique propre- 
ment dit, mais en travaillant beaucoup par lui- 
m§me ; il ne regut que des lemons de violon 
<Wexschall) dont il parvint a jouer fort bien, 
<de guilare et de piano. Plus tard deux maltres, 
Weyse etBerggreen,surent favoriser Teclosion 
de son remarquable talent. Admis dans la cha- 
pelle royale, G. put 6tudier de auditu les parti- 
tions des maltres classiques et devint de cette 
fagon tout empirique un maltre de Torchestra- 
tion. Ge fut son ouverture, Echos (FOssian (op. 
1) qui, prim£e dans un concours ouvert en 1841 
par la Soci6te de musique de Gopenhague (ju- 
res : Fr. Schneider et Spohr), attira pour la pre- 
miere fois sur lui les regards du monde musi- 
cal. La pension que lui servit alors la cassette 
royale lui permit de se rendre dans un centre 



dont 1 atmosphere musicale 6tait des plus vivi- 
fiantes, grace a la presence de grands maltres 
de Tart; il arrivait en 1848 a Leipzig, ou Men- 
delssohn avait su lui assurer un excellent ac- 
cueil, en executant peu auparavant son ouver- 
ture d'Ossian et sa premiere symphonie (ut 
mineur). G. se lia bien vite d'amitie avec Men- 
delssohn et Schumann et, sans rien perdre de 
sa propre personnalit£,emprunta a Tun comme 
a l'autre les formules du romantisme. Apres un 
court s£jour en Italie, le jeune compositeur 
rentra a Leipzig en 1844 et fut charge, en l'ab- 
sence de Mendelssohn, de la direction des 
concerts du Gewandhaus ; l'annee suivante, 
1845-1846, il resta m£me attach^ a Tinstitution 
dirigee par Mendelssohn, en quality de second 
chef ; puis, apr&s la mort de ce dernier (4 nov. 
1847), fut nomm£ premier chef d'orchestre. G. 
ne conserva cepeodant pas longtemps ce poste, 
car au printemps 1848 d6ja, lorsqu'Sciata la 
guerre du Schleswig-Holstein, il se hata de re- 
gagner sa ville natale ou il prit, au bout de peu 
de temps, la direction des concerts de la Soctete 
de musique, et re$ut un poste d'organiste. Les 
concerts de la Soci6t6 de musique prirent des 
lors un dSvelopperaent tel qu'on dut en organi- 
ser, comme au Conservatoire de Paris, une 
double s6rie (chaque programme etant joue 
dans deux concerts). G. remplit en outre, en 
1861, par interim, aprds la mort de Glseser, 
les fonctions de mattre de chapelle de la cour 
de Danemark. II ref ut le titre de « professeur » 
et fut cr66 D T phil. hon. c. par TUniversite de 
Gopenhague, lors du quatre centime anniver- 
saire de sa fondation ; il deploya jusqu'a sa 
mort une incessante activity comme composi- 
teur, professeur et chef d'orchestre. G. fut le 
principal representant du romantisme parmi 
les compositeurs scandinaves, mais son scan- 
dinavisme ne consiste qu'en un coloris int6- 
ressant, en un souffle po£lique etrange; les 
particularity harmoniques , melodiques et 
rythmiques de la musique populaire du Nord 
ne s'etalent point en ses oeuvres d'une fa$on 
criarde. Les oeuvres de G. consistent en : huit 
symphonies (I ut min. op. 5, II mi maj. op. 10, 
III la min. op. 15, IV si bemol maj. op. 20, V r& 
min. op. 25 [avec piano], VI sol min. op. 32, 
VII fa maj. op. 45, VIII si min. op. 47) : cinq 
ouvertures (Echos (TOssian op. 1, lm Hochland 
op. 7, en ut maj. op. 14, Hamlet op. 37, Michel 
Ange op. 39) ; Novelettes pour orchestre, op. 
53 ; un quintette, un sextuor et un octette pour 
instr. a archet; deux concertos de violon; un trio 
avec piano (fa majeur) et des Novelettes pour 
trio ; trois sonates pour violon (la maj., re min., 
si Hmol maj.) ; quelques morceaux pour piano 
seul (une sonate, Aquarelles, Volhstam^e, Nor- 
dische Tonbilder, etc.); huit can tales (Comala 
op. 12, Fruhlingsphantasie op. 23, ErIMnigs 
Tochter op. 30, Die Fruhlingsbotschaft op. 35, 
Die hm'liffe Nachl op. 40, Die Kreusfcihrer op. 
50, Calanus, Sion, Psyche) ; des lieder (alle- 
mands, scandinaves, etc.); des choeurs avec 
ace. d'orchestre (Beim Sonnenuntergang) ; des 
choeurs pour voix d'hommes et pour voix mix- 



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364 



GADSBY — GAIL 



tes, de la musique religieuse (Ps. cxxx, etc.). 
Gf. JV.-W. Qade, Aufzetchnxmgen und Brief e, 
6d. par Dagraar Gade (BAie, 1893). 

Gadsby, Henry, n6 k Londres le 15 d£c. 1842, 
fat mxe de Bayley, de 1849 k 1808, en qualit* 
d'enfant de choeur de Fegliee St -Paul, puis 
augmenta notablement ses connaissances par 
un travail personnel continu. G. compte parmi 
Ie8 meillettrs compositeurs de la jenne 6cole 
anglaise; il a public : le « Psaume cxxx », Fes- 
tival service (k huit voix), ouverture d'Andro- 
mkde, trois cantates (Alice Brandy The Lord 
of Isles, Colombus [cette derni&re pour voix 
dliommes]), un quatuor pour instr. A archet, la 
musique dAlceste, des morceaux pour fltlte et 
piano. En outre, un certain nombre d'oeuvres 
sont encore manuscrites : trois symphonies, 
plusieura ouvertures (dont quelques-unes ont 
&6 ex6cut£es au « Crystal Palace »), des melo- 
dies, des anthems, des services, etc 

Ctehrich, Wenzel, n6 k Zerchowitz (Boh&me), 
le 16 sept 1794, m. k Berlin le 15 sept. 1864; 
6tudia le droit, k Leipzig, puis embrassa plus 
tard la carri&re musicale. D entra, en 1825, 
comme violoniste, dans la chapelle de la cour 
royale, k Berlin, et fit alors la musique des 
ballets de Taglioni et d'autres (Don Quichote, 
Aladdin, Der Seerauber, etc.). Les succ&s que 
remporterent ces diverses oeuvres lui firent 
attribuer le poste de chef d'orchestre de ballet, 
k 1'OpSra de Berlin (1845-1860). G. a 6crit, en 
plus de see ballets, deux operas (non executes), 
des symphonies et diverses ceuvres instrumen- 
tales et vocales, dont quelques-unes seulement 
furent publiees. 

Oanabacher, Johann, n£ k Sterzing (Tyrol) 
le 8 mai 1778, m. k Vienne le 13 jail. 1844; 
£l£ve de l'abb£ Vogler el d'Albrechtaberger, k 
Vienne, s'6tablit comme maitre de musique, 
d'abord k Vienne, puis k Prague, k Dresde et k 
Leipzig. En 1809, il retouriia aupres de Fabbe 
Vogler, qui 6tait alors k Darmstadt, et travailla 
chez lui en m£me temps que Gh.-M. de Weber 
et Meyerbeer avec lesquels il se lia d'amitte. 
Apr&s avoir accompagn£ Weber a Mannheim 
et k Heidelberg, apr£s avoir s6journ6 de nou- 
veau quelque temps k Vienne et k Prague, G. 
trouva enfln, en 1823, une situation stable et 
satisfaisante, en qualite de maitre de chapel- 
le du ddme St-Etienne, k Vienne (successeur 
de Preindl). s'Atait engage auparavant, k 
deux reprises (1796, 1813), dans l'arm£e autri- 
chienne. En tant que compositeur, G. a H& 
d'une f£condit£ extraordinaire, mais a fait 
preuve de peu d*originalit6; il a ecrit surtout 
de la musique d'eglise (17 Messes, 4 Requiem, 
etc), dont une petite partie seulement fut gra- 
v6e, des s£r6nades, des marches, une sympho- 
nie, des oeuvres pour piano, de la musique de 
chambre, des lieder, un Liederspiel la musi- 
que des Kreusfahrer, de Kotzebue. 

Gartner, Joseph, facteur d f orgues boh&me, 
n£ k Tachau en 1796, m. a Prague le 30 mai 
1868. n existe en cette derntere ville une quan- 
tity d'instruments construits soit par lui, soit 
par ses anc&tres. G. a pablie : Kurse Beleh- 



nmg uber die innere Einrtchtung der Orgeln 
etc. (1832). 

Galori, Frakchiko (Franchinus Gafurios, on 
aouvent aussi simplement « Franchinus •), th6o- 
ricien remarquable, n£ k Lodi le 14 janv. 1451, 
m . a Milan le 24 juiL 1822 ; daetin£ k la carri*re 
ecel&siastique, il fit des Etudes de thSologie et 
de musique, puis s£journa k Mantoue et A 
V6rone. 11 entra en relations dans cette der- 
ntere ville, en 1477, avec le doge de G£nes, 
Prosper Adorno, qui 6tait en fuite, il le suivit A 
G&nes, oh il rentrait, puis s'enftrit A Naples, 
toujours avec Adorno. C'est alors que G. ren- 
contra J. Tinctor, Gamier et Bernard Hyeaert„ 
trois musiciens £minents de l'&poque, et qu'il 
tint avec Philippe de Caserta (Filippo Boro- 
nio) des conferences publiques contradictor 
res, sur la musique. Mais, aprte un s^jour de 
plusieurs ann&es, il dul fuir la peste et la 
guerre qui venaient d'eclater; il rentra d'abord 
k Lodi, puis accepta un poste de directeur de 
choeur k Monticelli. Enfin, en 1484, il fut appel& 
k Milan, en quality de cantor et de maitre des 
enfants de choftur du D4me, et de premier mai- 
tre de la chapelle du due Ludovico Sforza. On 
attribuait k ses Merits, du vivant de Tauteur 
d£j&, la plus haute importance; its ont gard6 du 
reste une tr&s grande valeur pour l'histoire de 
la th6orie musicale, ce sont : Theoricum opus 
musicae disciplines (1480, 2* Ad. 1492, sous le 
titre Theorica musicae; traite de la musique 
antique, d'apr&s Boece, et de la solmisation) ; 
Pratica musicae sive musicae actiones m IV 
libris (1496, l'oeuvre capitale de G., contient des 
exemples en notation proportioned graves sur 
bois; 2% 8- et 4* *d. 1497, 1502, 1512); Angeti- 
cum ac divinum opus musicae, etc., (1508, en 
ftalien, abr£g£ de la thAorie musicale) ; De 
harmonia musicorum instrumentorum opus 
(1518, avec une biographie de G.); Apologia 
Franchini Gafurii adversus Joannem Spata- 
rium et complices musicos Bononienses (1520). 

Gagliano, Marco-Zanobi da, Tun des plus an- 
ciens compositeurs d*op6ras, en m&me temps, 
qu'auteur de musique d'eglise remarquable, ori* 
ginaire de Florence, y fut nomm6,en 1602, maitre 
de chapelle de l^glise San-Lorenzo, m. dans la 
m A me ville le 24 f£vr. 1642. G. 6crivit, en 1607, 
un op^ra intitule Dafne, pour une c^r^monie de 
mariage princier, k Mantoue; cette ceuvre, im- 
primee l'annee suivante (1608), chez Marescotti, 
k Florence, a 6t6 r^dit^e par R. Eitner qui en- 
a realise la basse chiffr^e (< Publikationen »» 
vol. X). Un second op£ra, datant de 1624, est intt- 
tul6 : La regina Sant'Orsolo. Les autres publi- 
cations de G. consistent en Messes k cinq voix 
(1579) ; Responsori delta settimana santa a 4 
voci (1580) ; six livres de madrigaux k cinq voix 
(parus jusqu'en 1617); Musiche a I, 2 e3 voci 
(1615, avec « continuo »). 

Gail, EDiifeE-SoPHiE, n6e Garre, n6e k Paris. 
le 28 aoat 1775, m. le 24 jail. 1819 ; compositeur 
de talent et cantatrice de concerts tr&s gotd^ 
fut mariee pendant quelque temps au profes- 
seur Jean-Baptiste G. Elle a ^crit des melodies,, 
des romances, des nocturnes (pour chant), et 



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GAILLARDE — GALLENBERG 



265 



cinq petits operas (Angela [en collaboration 
avec BoiSldieuJ, La Serenade, etc.). 

GailUrde, (ital. gagliarda) 9 n'est au fond pas 
autre chose que la danse (sautSe) rapide, en 
mesure ternaire (proportion qui fonnait tou- 
jours la suite immediate de la padouane (pa- 
vane); cette danse portait, en Italie, le nom de 
saltareUo on de romanesca. Tandis que, dans 
les recueils de danses de 1500 A 1680 environ, 
la g. joue un r61e important, elle disparalt (de 
nom du moins) vers le milieu du xvn* s. pour 
faire place A la gigue, A la canarie, A la loure. 

Galandia v. Garlands. 

6alant On donnait au si&cle pass6 le nom de 
style galant, au style de clavecin qui, par op- 
position au style s£v£re d'orgue, imit£ A son 
tour du style vocal, ne se liait A aucun nombre 
fixe de voix r£elles, en introduisant tantdt plus, 
tant6t moins et restart le plus souvent homo- 
phone; il s'agit done de notre style moderne. 
Issu directement du style des compositions 
ecrites pour le luth, il se forma d'abord en 
France (d'Anglebert, Couperin, Rameau), puis 
fut adopts par Ph.-E. Bach qui le d&veloppa 
consid6rablement et en fit usage dans les gran- 
des formes mnsicales (sonate). Le style de Do- 
menico Scarlatti sert en quelque sorte de moyen 
terme entre les deux styles (s4v£re et galant) ; 
visiblement influence par la musique de violon, 
qui etait alors en pleine floraison, D. Scarlatti 
fut jusqu'i un certain point, un pr£curseur de 
leur fusion ult&rieure. 

Galeaxxi, Francesco, n6 A Turin en 1756 (ou 
en 1788), fut pendant de longues ann£es violon- 
solo au th&fttre «della Valle», A Rome, et mou- 
rut dans cette ville en 1819. G. est I'auteur 
d'une des plus anciennes m£thodes de violon : 
Element* teorico-pratici di musica con un sag- 
gio soiyra Carte di suonare il violino (1791 et 
1796, en deux parties; le vol. I parut en 2« 6d. 
en 1817). 

Galilei, (Gaulle), Vincenzo, n6 A Florence 
vers 1588, m. dans la m£me ville vers 1600, 
p£re du ctidbre Galileo G.; etait un excellent 
joueur de luth et de viole, connaissait A fond la 
th£orie mathematique grecque de la determina- 
tion des intervalles, et fut un des membres les 
plus remarquables du cercle d'esth&tes qui fr&- 
qnentaient le palais du comte Bardi. Son en- 
thousiasme pour l'antiqnit£ lui inspira des at- 
taques tr£s vives contre les maltres du contre- 
point raffing (Zarlino), qui lui apparaissait com- 
une chose grotesque, contre nature. Ses Merits, 
Irteinttoessants pour l'histoire de la musique, 
sont les suivants : Discorso delta musica antica 
e delta moderna (1581 ; 2"» M» 1602, augments 
d'une brochure de pol£mique parue d'abord en 
1589: Discorso intorno aUe opere di messer 
Qioseffo Zarlino di Chioggia) ; 11 Fronimo, dia~ 
logo sopra Carte del bene intavolare et retta- 
mente suonare la musica (1553). 

Gattn, Pierre, n£ A Samatan (Gers) en 1786, 
m. A Bordeaux, oil il remplissait les fonctions 
de professeur de math&matiques au lyc£e, le 
81 aofit 1821; ouvrit en 1817 des cours popu- 
laires dans lesquels il enseignait la musique 



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d'apr&s une m<Hhode nouvelle qu'il appela 
m&oplaste (v. ce mot) et qu'il exposa dans nn 
ouvrage, intitule: Exposition d'une nouoelle 
mUhode pour Fenseignement de la musique 
(1818). Le m&oplaste, issu pour une partie de 
la notation chiffr£e inventie par J.-J. Rous- 
seau, fit grand bruit et trouva des dAfenseurs 
ardents et des continuateurs z&Us (Chev6, Pa- 
ris, Geslin, Lemoine); dix ans encore apr^s la 
mort de I'auteur, Lemoine, son £l£ve, publia 
une 3« 6d. du trait* de G. (2» et 8« 6d. sous le 
titre : Mithode du Miloplaste, 1824 et 1881). 
Malgr6 son utility restreinte et sa simplicity 
plus apparente que r6eile, la mtthode de G.,. 
perfectionnSe, a encore de nos jours des parti- 
sans d6clar£s; les « associations galinistes + 
sont particuli&rement nombreuses en France et 
e'est sans doute A leur influence qu'il faut attri- 
buer rinsuffisance evidente de l'enseignement 
musical dans les 6coles publiques. 

Galitsin, Nicolas-Borissovitch, prince, m. A 
Koursk (Russie) en 1866, est connu du monde 
musical par le fait que sur son instigation 
Beethoven 6crivit l'ouverture op. 124 et les trois 
derniers quatuors pour instr. A archet Le com- 
positeur les lui d£dia et fut en correspondence 
avec lui, de 1822 jusqud sa mort. G. 6tait grand 
amateur de musique et violoncelliste de talent, 
sa femme une pianiste fort bien doute. — Son 
fils Georges, prince G. n£ A Saint-P&ersbourg 
en 1828, m. en sept. 1872 au cours d'une tour- 
n£e de concerts en Am&rique, Mait musicien de 
profession. II organisa, avec l'orchestre nom- 
breux qu'il avail fond£, toute une s&rie de con- 
certs en Angleterre, en France et en Amdrique, 
dans le but de ripandre les oeuvres des com- 
positeurs russes (de Glinka et de lui-m6me en 
particulier). G. est I'auteur de plusieurs Messes, 
d'oeuvres symphoniques, demorceaux pour di- 
vers instruments, de melodies, etc ; il entrete- 
nait A Moscou une chapelle vocale particultere 
de soixante-dix enfants. G. 6tail chambellan im- 
perial. 

Gallay, Jacques-Francois, n6 A Perpignan, le 
8 d£c. 1795, m. en oct. 1864 ; c^tebre virtuose 
sur le cor, devint A i'Age de vingt-cinq ans seu- 
lement 6teve de Dauprat, au Conservatoire de 
Paris. D devint, en 1825, membre de la chapelle 
royale, et entra en m$me temps dans l'orches- 
tre du Theatre italien et dans celui de FOdfon; 
il fut nomrn^ en 1882 musicien de la chambre 
de Louis-Philippe, en 1842 professeur d'une 
classe de cor, au Conservatoire. G. a ecril toute 
une 86ne d'oeuvres pour un ou pour plusieurs 
cors (concertos, nocturnes, etudes, duos, trios, 
quatuors, etc.) ; en outre il a publie une Mitho- 
de complete de cor. 

Gallenberg, Wenzel-Robert, comte de, n6 A 
Vienne, le 28 d6c. 1788, m. A Rome, le 13 mars 
1839 : £l£ve d'Albrechtsberger, avait ^pous^ en 
1803, la comtesse Julia Guicciardi, A laquelle 
Beethoven d6dia sa sonate en ut diese mineur 
(op. 27). G. Scrivit en 1805, A Naples, de la mu- 
sique de tete en l'honneur de Joseph Bona- 
parte ; apr£s avoir accept^ avec Barbaja, de 
1821 A 18*3, la direction de 1* Opera de la Cour, 

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266 



GALLET — GALUPPI 



a Vienne, il prit en 1829, pour son propre 
compte, l'entreprise du th&atre de c Ksemtner- 
thor », mais fat bientdt complement ruin£. II 
entra de nouveau en relations avec Barbaja, i 
Naples, soit comme compositeur, soit comme 
directeur. G. a 6crit environ cinquante ballets 
et une quantite de morceaux de piano de demi- 
caract&re. 

Gallet, Francois, (Franciscus Gallettds), 
contrapontiste de la seconde moili£ du xvi 9 s., 
n6 & Mons (Hainaut), v£cut a Douai. On con- 
nalt de lui : Sacrce cantiones 5, 6 et plurium 
vocum (1586), et Hymni communes Sanctorum, 
accompagn£s de quelques faux-bourdons(1596). 

Galli-Marie, C£lestcnb, c61£bre cantatrice, 
n£e a Paris en nov. 1840, fille et 61£ve du tenor 
Marii de lisle, d6buta a Strasbourg en 1859. 
Deux ans plus tard, elle chantait & Rouen, puis, 
en 1862, entrait a rOpfrra-Comique, a Paris. 
Apres y avoir cr66 nn grand nombre de rdles, 
parmi lesquels Mignon (1866), elle quitta 
rOp^ra-Comique en 1872, pour faire des tour- 
n6es en province et en Belgique. Elle y rentra 
cependant trois ans plus tard, poury cr6er Car- 
men (1875) et quelques autres rdles, fit de nou- 
velles tommies en province et en Italie, reparut 
d rOp6ra-Comique en 1884-1885, se fit entendre 
a Londres en 1886 et y remporta un succ£s 
considerable, mais abandonna alors d£flnitive- 
ment la sc&ne. G. a laiss6 son nom aux rdles 
analogues a ceux qu'elle a cr££s, autrement dit 
A l'emploi qu'elle remplissait au theatre. 

Galliard, Jean-Ernest, n£ a Gelle en 1687, fils 
d'unbarbierfrancais, Steve d'Agostino Steffani, 
a Hanovre, partit eu 1706 pour Londres od il 
devint musicien de la cbambre (bautboiste) du 
prince Georges de Danemark, succ£da ensuite 
d Giov.-Batt. Draghi comme maitre de cha- 
pelle de la reine Catberine d'Angleterre et 
mourut au commencement de 1749. G. a com- 
post des operas, des pantomimes, de la mu- 
sique de sc&nrpour divers drames, des can- 
tates, des morceaux pour flute, pour violoncelle, 
1*« Hymne matinal d'Adam et Eve » (Milton), un 
Te deum, un Jubilate* des anthems, etc. II a 
traduit en anglais, sous le tiire Observations 
on the florid songs (1742), les « Opinioni de' : 
cantori antichi e moderni » de Tosi; en outre, il 
serait d'apres Hawkins l'auteur de deux traitta 
anonymes : A comparison between tie French 
and Italian music and operas (1709, trad, du 
francais, de l'abb6 Raguenet), et A critical 
discourse upon operas in England. 

Galliculus, Johannes, contrapontiste et th£o- 
ricien de Leipzig, de 1520 & 1550 environ, a 
icrit un petit traits : Isagoge de compositione 
cantus (1520 ; 2»« et 3™ £d. sous le titre : Libel- 
lus de compositione cantus, 1588 et 1546; 
4 m « 6d. sous le m6me titre que la premiere, 
1548, avec des exemples notes en gravure sur 
bois). Les anthologies de Graphseus ( Novum 
et insigne opus musicum, 1537), de Petrejus 
Psalmi selecti, vol. I, 1538) et de Rhaw (Bar- 
moniae selectae 9 etc. 1538, et Vesperarum pre- 
cum officia, etc., 1540) contiennent des motets, 
des psaumes, etc. de G. 



Gallus. 1. Jacobus, (de son vrai nom Jakob 
HiENDL, ou Handl, ou Haknel, etc.), n6 a 
Krain vers 1550, m. a Prague le 18 juil. 1591; 
Tun des plus illustres contemporains alle- 
mands de Palestrina et d'Orlandus Lassos, fut 
maitre de chapelle de l*6v6que d'Olmfitz et plus 
tard maitre de chapelle de la cour imp6riale, & 
Prague. L'empereur Rodoiphe n lui accorda 
un privilege de dix ann&es, pour la publication 
de ses oeuvres. On connalt de lui: Missae 
sdectiones (1580, de cinq a huit voix, quatre 
vol.) ; Musicum opus harmoniarum (1 M partie, 
1586 ; 2»»« et 8™ parties, 1587 ; 4«« partie, 1590); 
Moralia 5, 6 et 8 vocibus concinnata (1586) ; 
Epicedion harmonicum... Caspari Abb. Zabr- 
dovicensis (1569) ; Harmonies variae 4 vocum 
(1591); Harmoniarum moralium [4 voc] 
(1589-1590, 3 parties) ; Sacrce cantiones de 
praecipuis festis 4-8 et plurium vocum (1597) ; 
Motettaequae praestant omnes (1610). En outre, 
le t Florilegium Portense » de Bodenschatz 
renferme dix-neuf morceaux de G. Les recueiis 
de Proske ( « Musica divina » ), Schoeberlein, 
Zahn, Becker, Rochlitz, etc. contiennent des 
r&mpressions et des transcriptions de quelques 
oeuvres du m&me auteur. — 2. Johannes 
(nomme souvent, en frangais, Jean le Gocq, 
Maitre Jean, Mbstre Jehan, etc.), contrapon- 
tiste n£erlandais, maitre de chapelle du due 
Ercole, de Ferrare, m. avant 1543; les antholo- 
gies de l*6poque renferment un grand nombre 
de ses ceuvres et Scotto a imprimS un volume 
de motets de sa composition (1543). On a iden- 
tify a tort, pendant longtemps, G. et Gero (v. ce 
nom). — 3. v. Medbritsch. 

Galop, (galoppade), danse tourn£e inoderne, 
d'allure rapide et sautillante, & *l h dont voici le 
rythme et les pas (d = droit, g — gauche) : 



9 d g 



d g d g 



gj=P^fc^m §B 



Galoubet, sorte de petite fltite en usage dans 
la Provence. Gf. tambourin. 

Galuppi, BAU>ASSARE,dit Bdranello, n6 dans 
File de Burano, prts Venise, le 6 oct. 1706, m. 
a Venise le 8 janv. 1784, Tun des compositeurs 
les plus originaux de son temps dans le do- 
maine de Top^ra comique, fils d'un barbier 
grand amateur de musique, travailla a Venise 
sous la direction de Lotti et acquit rapidement 
une grande renommee. II fit representee de 
1722 a 1772, soixante-quatorze operas de sa 
composition, la plupart a Venise, quelques 
I autres a Vienne, St-P^tersbourg et Londres. 
I G. remplit de 1762 a 1764 les fonctions de 
, maitre de chapelle de l^glise St-Marc et de 
[ directeur du Conservatoire « degi* Incurabili *; 
| il accepta en 1765 le poste de maitre de cha- 
■ pelle de la cour imperiale, a St-P4tersbourg, 
mais rentra & Venise au bout de trois annfea 
I d&j&. En plus de ses operas, G. a compost de 
nombreuses oeuvres de musique d*6glise, toute 
une s^rie d*oratorios et six sonates pour cla- 
vecin (Pauer en a publie trois; l'une d'elles, en 



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-■ I I >.| I I I >.l I II 1 ! 



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GAMBALE — GAMME 



267 



ut mineur, parut egalement dans les « Rac- 
eolta, etc. » de Haffner). 

Gambale, Emanuele, mattre de musique a 
Milan, s'est fait connaitre principalement par 
8es tentatives de rSforme de notre notation 
musicale, reforme consistant dans l'adopliou 
d'une echelle fondamentale de douze demi-tons 
<cf. chroma). Apres avoir expose son systdme 
dans La riforma musicale, etc. (1840, id. all. 
par Haeser, 1843), il essaya d'en prouver Futility 
pratique dans un autre ouvrage intitule : La 
prima parte delta riforma musicale, etc. (1846, 
avec des transcriptions d'etudes en nouvelle 
notation). G. a aussi traduit en italien le grand 
traits d'harmonie de Fetis. 

Gambe, 1. v. viole. — 2. Jeux de g., nom que 
Ton donne dans l'orgue a des jeux a bouche 
ouverls dont le diapason est 6lroit, I'ouverture 
lat£rale basse et pourvue d'oreilles transver- 
sale et lat6rales. La sonorite de ces jeux rap- 
pelle, par le bruit d*air qui accompagne chaque 
son, celle des instruments a archet; ils parlent 
difficilement et sautent par contre facilement a 
Toctave. Tous les jeux d'orgue qui portent des 
noms d'instr. a archet sont compris parmi les 
g. ; on a done, outre la gambe proprement dite 
et le salicional : violon, viola, violoncelle, vio- 
lone, contrebasse, et, surtout chez les facteurs 
allemands, Quintviola (jeu harmonique, de 
structure analogue a celle de la gambe), gam- 
bette, Spitzgambe (g. a tuyau conique), etc. Le 
violon-principal (all. Geigenprincipal) est un 
jeu tout a fait analogue aux precedents, mais 
dont les tuyaux sont moins etroits. 

Gambini, Carlo-Andrea, n6 a G6nes le 22 
oct.1819, m. dans la m&me ville le 14 f6vr. 1865; 
auteur d'un grand nombre d'operas, de Mes- 
ses, de cantates, d'une symphonie dramatique 
(Christofaro Colombo), etc. 

Gamma (D, lettre grecque correspondant a 
notre G et dont le nom fut adopte en premier 
lieu par Odon de Glugny (m. en 942) pour desi- 
gner le son Equivalent de notre sol l (all. gros- 
ses G); ce nom n'a done pas et6 invente par 
Guy d'Arezzo. Comme on faisait usage a cette 
epoque des lettres (v. ce mot) disposers dans 
leur ordre naturel, A a G (non pas comme de 
nos jours, en Allemagne de G a H), il manquait 
pour le son le plus grave du systeme (notre 
sol ') un signe distinctif ; on eut alors recours a 
l'alphabet grec. Ce m&me son resta, jusqu'au 
xiv* s., la limite extreme de Techelle fondamen- 
tale, au grave, ce qui donna l'idee d f adopter 
son nom pour toute la serie des notes, du 
grave a l'aigu (mi 4 ); plus tard seulement, en 
France, le mot « gamme » prit un sens plus res- 
treint (v. gamme). Le T faisait autrefois partie 
de la s£rie des clefs (claves signatae) ; on le 
rencontre fr&juemment, dans d'anciennes no- 



tations, en compagnie de la clef 



**»^ 



Le nom de solmisation du r 6tait Gamma ut. (v. 
mdances). V. aussi au mot ECCLfesiASTiQUES,la rai- 
son pour laquelle le sol * devint le son le plus grave 
du systeme des modes ecclesiastiques (v. gamme). 



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Gamme (all. Tonleiter), 1. o. diatonique, 
terme qui, d'aprds son ancienne definition, se- 
rait synonyme de ton (v. ce mot 2). Mais depuis 
que les thSoriciens ont reconnu le principe de 
la parents des sons et des accords (v. parent^), 
il serait purement arbitraire de considerer les 
accords de mi majeur et de la bemol majeur 
par ex. comme des harmonies n'appartenant 
pas au ton d'ut majeur La conception du ton 
s*est par consequent elargie en celle de tona- 
lity (v. ce mot), tandis que la g. est apparue 
comme le deploiement d'un accord de tonique, 
dont les sons sont relies par des notes de pas- 
sage : 



Efi 



i 



i 



Gamme majeure 

De meme que celui de la tonique, tout autre 
accord de l'harmonie tonale peut etre deploye 
et pourvu de notes de passage; il va sans dire 
que, si Ton veut indiquer fortement la tonalite, 
les notes de passage devront Mre choisies de 
preference parmi les sons appartenant a la to- 
nique. Les 6chelles qui en resultent sont tout 
d'abord les anciens modes ecclesiastiques (ou 
octaves grecques), a savoir : Techelle de la do- 
minante : 



fe^H? 




^TgE^ggjp 



avec fa naturel, mixolydien ;avec fa diese, sol majeur. 



et l'echelle de la sous-dominante : 




$w- 






-4-j 



avec at naturel lydien; avec si temol, fa majeur. 



En mineur, la gamme de la tonique est la sui- 
vante : 




uu 



avec fa et sol 
naturals, eolien; 



ou 



avec fa et sol di&ses, la mineur. 
rgchelle de la dominante superieure, mineure: 

* * 




— i - 

-4 



+-*z 



* 
J2 



phrygien 
l'ecbelle de la sous-dominanle, mineure: 




i^{%^^ 



avec si et tit 
nature!*, dorien; 



avec si naturel 
et ut diese, re mineur. 



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268 



GAMUCCI — GARAUDfc 



(Les sons apparlenant k la tonique sont indi- 
qu^s, dans chaque mode, par *.) 

Ghacune de ces echelles,ougammes,peut na- 
turellement se presenter sous la forme d'une 
s&ie de tierces ou de quintes successives; ce 
n'est point l'etendue d'une g. qui lni imprime 
sa signification propre, mais settlement l'har- 
monie qui en est consideree comme la base et 
qui est exprim&e par les enchalnements d*ac- 
cords aveclesquels elle apparait. Interpretes de 
la sorte, les modes ecciesiastiques peuvent au- 
jourd'hui encore acquerir one grande impor- 
tance, dans Tenseignement du contrepoinL 
L'auleur de ce dictionnaire a chercbe k appli- 
quter logiquement cette idee, dans ses deux ou- 
vrages : Neue Schule der Melodih (1888) et 
Vereinfachte Harmonielehre (1898). Mais la 
phipart des maitres qui adoptent encore de nos 
jours les modes ecciesiastiques, n'admettent 
pas la tbeorie modeme de la tonality alors 
que ces deux notions se laissent parfaitement 
r£unir. — 2. o. chromatique, v. chromati- 
queI. 

Gamucci, Baldassare, ne k Florence le 14 
d6c. 1822, m. dans la m&me ville le8 janv. 1892; 
fonda en 1849, dans sa ville natale, une asso- 
ciation musicale « del Carmine ». Cette associa- 
tion fut transform^ dans la suite en Institut 
royal de musique, dont G. devint direct eur. G. 
a compost des Messes, un Requiem, des canta- 
tes, des psaumes, des motets, etc.; il a^crit: 
Intorno alia vita ed alls opere di Luigi Cheru- 
bim (1869), un traits 61£mentaiie de musique 
(Rudimenti di lettura musicale; nombreuses 
editions) et divers essais qui parurent dans les 
compter rendus de l'lnstitut royal de musique, 
un, entr'autres, sur cette question : «Pourquoi 
les Grecs ne connaissaient-ils pas la poly- 
phonic? » 

Ganassi, Silvestro \dit del Fonteoo, d'apr^s 
le nom de sa bourgade natale, pr&s de Venise), 
auteur de deux ouvrages aussi importants que 
rares, une m&hode pour la flftte k bee k sept 
trous : La Fontegara^la quale insegna di suo- 
nare il flauto, etc (1585, renferme des indica- 
tions pour TexScution des ornements), et une 
m&hode pour la viole et la contrebasse de viole 
(1542, 1548) en deux parties. Ces deux ouvrages, 
imprimis par G. lui-m£me, ne sont plus con- 
nus que par un exemplaire unique appartenant 
au < Liceo filarmonico » de Bologne. 

Gandini, Alessaxdro, Cavaliere, ne k Mod6- 
ne en 1807, m. dans la m&me ville le 17 dec. 
1871 ; gldve, puis successeur de son pere (Anto- 
nio G., ne le 20 aoiit 1786, m. le 10 sept 1842) 
au poste mattre de chapelle de la cour, k Mo- 
dene. G. est l'auteur d'une histoire du theatre k 
Modfene, de 1589 k 1871; cet ouvrage, augments 
par Valdrighi el Ferrari-Moreni, fut publie 
apr&s la mort de l'auteur, sous le litre : Cronis- 
toria dei teatri di Modena, etc. (1873). D a ecrit, 
de m£me que son p£re, plusieurs operas pour 
le theatre de Moddne. 

Gang (all), passage (v. ce mot). 

Gani, nom de trois fibres, qui furent d'excel- 
lents muslciens: 1. Adolf, n£ k Mayence le 



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14 oct. 1796, m. k Londres le 11 Janvier 1870, 
etait chef d'orchestre de la cour du grand due 
de Darmstadt — 2. Morjtz, n£ k Mayence le 
13 sept 1806, m. k Berlin le 22 janv. 186% con- 
certmeister de Torcheslre royal de Pruase, etait 
un violoncelliste de la plus haute valeur. — 8. 
Leopold, n£ k Mayence le 28 nov. 1810, m. k 
Berlin le 15 janv. 1869, concertmeister de Tor- 
chestre royal de Prusse, violoniste distingue. 

Gauze Taknote (all.), ronde. 

Ganxinstrument (all.), «entier» en parlant 
d 9 un instrument. 

Ganxton (all.), ton entier. 

Garat, Pierre-Jean, ne k Ustaritz (Basses- 
Pyrenees) le 25 avr. 1754, m. k Paris le 1« mars 
1823, chanteur de concert et professeur de 
chant des plus ceiebres, eieve de Franz Beck, 
k Bordeaux ; destine k la carrtere juridique, il 
commen?a ses etudes de dro^t k Paris, mais, 
malgr6 la vive opposition de son p£re, voua 
bien plus de soUis au developpement de sa 
voix qu'A l'acquisition de connaissances juridi- 
ques. Le poste de secretaire du comte d f Artois, 
qu'il put obtenir, vint heureusement aplanir les 
difficulty de sa situation; il eut 1'occasion de 
faire de la musique avec Marie-Antoinette qui, 
k diverses reprises, paya toutes ses dettes. Plus 
tard, il se r£concilia avec son p&re. Lorsque la 
Revolution eclata et qu'il se vit oblige de ga- 
gner sa vie comme chanteur de concert, il se 
rendit avec Rode k Hambourg, et remporta 
avec lui les triomphes les plus gclatants. de- 
pendant les deux musiciens rentr^rent k Paris 
en 1794 et, 1'annta suivante, G. se fit entendre 
pour la premiere fois aux concerts Feydeau ; 
son succ£s fut tel, qu'en 1795 encore, il fut 
nomm£ professeur de chant au Conservatoire 
en ti Bremen t reorganise G. k forme toute une 
sMe d'eieves (Nourrit, Levasseur, Ponchard, 
etc.), qui sont une preuve manifeste de son ta- 
lent p£dagogique. H eiait encore, k Ykge de cin- 
quante ans, l'objet de l'admiration generate, 
pour ses moyens vocaux extraordinaires (bary- 
ton tenorisant d'une Vendue enorme), pour son 
etonnante virtuosity dans le chant k vocalises* 
et pour sa m^moire phenom^nale. G. avail en 
somme laisse agir en lui la nature, et ses con- 
naissances etaient tout intuitives, il lui man- 
cfUait meme une veritable culture musicale 
eiemenlaire; il n'en a pas moins ete Tun des 
chanteurs et Fun des pedagogues les plus re- 
marquables de tons les temps. 

Garaudl, Alexis de, ne k Nancy le 21 mars 
1779, m. k Paris le 23 mars 1852, eieve de Gam- 
bini, Reicha, Crescentini et Garat, k Paris; 
nomme chantre de la Chapelle imperiale en 
1808, conserva ce meme poste, apres la Restau- 
ration, dans la Chapelle royale, et fut nomme, 
en 1816, professeur de chant au Conservatoire 
de Paris. H fit valoir ses droits k la retraite en 
1841. G. a ecrit divers ouvrages : Mithode du 
chant (1808): Solfege ou mithode de musique, 
Mithode complite de piano ; Lharmonie ven- 
due facile (1835) et L'Espagne en 185i (notes 
de voyage). En outre, il a publie des solfdges, 
des melodies, des duos, des airs de concert, 

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GA.RBO — GARDA.NO 



269 



des soDates et des variations pour piano, diver- 
fies ceuvrea pour violon, fl&te, clarinette, violon- 
cello, trois quintettes pour instr. k archet, etc. 

Garbo, (ital.), grace, bon ton ; con g., avec grace 
(chez Haydn [Symphonie t La Poule »], Hum- 
mel, etc.). 

Garbrecht, Fr.-F.-W., m. en 1874, a fond* a 
Leipzig, en 1862, un important 6tablissement de 
gravure et d'impression musicales qui, aehetS 
en 1880 par Osk. Brandstsetter, a 6t6 depuis lors 
notablement agrandi. 

Garcia. 1. Don Francisco Saverio (P£re 6.), 
ni a Nalda (Espagne) en 1781, m. de la peste a 
Saragosse, le 26 f£vr. 1809; v6cut d'abord a 
Rome, comrae professeur de chant (cf. 6a- 
brielu), tres connu sous le nom de « lo Spa- 
gnoletto », et ful nomm£, en 1756, maltre de 
cbapelle du ddme de Saragosse. G. exerca une 
certaine influence sur le chant sacr& en Espa- 
gne, en faisant adopter nn style simple et natu- 
rel en lieu et place de F&criture fuguee. — 
2. Manuel dbl Popolo Vicente, n6 a Seville 
le 22 janv. 1775, m. k Paris le 9 juin 1832; 
chanteur trte c£l&bre (t6nor) et professeur de 
chant, en m&me temps que f&cond compositeur 
d*op£ras. 11 prit ses premieres legons auprea 
d' Antonio Ripa et de Juan Almarcha, a Seville; 
mais, a peine dg6 de dix-sept ans, sa renom- 
m6e 6tait telle qu'on 1'appela a Cadix pour le 
faire d&buter a la fois comme chanteur et 
comme compositeur. Apr£s ces heureux debuts, 
G. chanta a Madrid et a Malaga, puis se rendit, 
en 1808, a Paris, od les succ&s qu'il remporta 
au ThWttre italien 6tablirent dSfinitivement sa 
gloire. De 1811 a 1816, il se fit entendre sur les 
principales scenes de FItalie, ne cessant de per- 
fectionner son m£canisme vocal, et fut nomm£ 
par Murat, en 1812, chanteur de la Ghambre, a 
Naples, n rentra ensuite k Paris, fut accueilli 
de nouveau avec enthousiasme au Theatre ita- 
lien, mais se brouilla avec la Gatalani, a qui 
appartenaitalors ceth£Atre, et partitpour Lon- 
dres. Peu apr&s cependant, une fois que la Ga- 
talani eut &i& dSclaree en fail lite, G. chanta de 
nouveau au Th64tre italien, de 1819 k 1824. 11 
4tait alors k Fapog6e de sa carrtere et d6ploya 
pendant cette m£me periodeune activity en tous 
points remarquable comme professeur d£ chant. 
G. retouriia k Londres en 1824. en quality de 
premier tenor de FOp6ra royal; mais Fann&e 
suivante Fimpresario Price Fengagea pour 
New- York, en m&me temps que ses deux lilies, 
son fits, Crivelli le jeune, Angrisani, Rosich et 
la Barbieri. Le succte de Fentreprise fut 6norme 
et, apr&s avoir fait un s6jour de dix-huit mois 
(1827-1828) k Mexico, G. prit le chemin du retour 
en Europe ; il fut par malheur complement 
d£pouille sur la route de Vera-Cruz. Arrive a 
Paris, il embrassa courageusement la carriere 
de l'enseignement, tout en se vouant k la com- 
position. G. n'a pas ecrit moins de dix-sept 
operas espagnols, dix-huit italiens et neuf fran- 
$ais, puis une quantite de ballets ; de tout cfela 
rien ne lui a survecu. Ses Steves les plus c£16- 
bres furent ses deux lilies Marie (Malibran) et 
Pauline ( Viardot) et son flls Manuel. — 8. Ma- 



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nuel, ne k Madrid le 17 mars 1805, fils du pr6- 
c6dent, accompagna son p&re en Am6rique, 
mais quitta la seine en 1829 deja (il avait une 
voix de basse de mediocre quality ; il se voua 
dds lors exclusivement a l'enseignement et ac- 
quit k Paris une tr&s grande reputation comme 
pedagogue. G. est Finventeur du laryngoscope 
(1855), et e'est k ce titre que FUniversitA de Kce- 
nigsberg lui conftra le titre de 2> med. hon. c. 
Jenny Lind et Jul. Stockhausen furent au nom- 
bre de ses Steves. En 1840, G. avait adressS k 
FInstitut un M&moire sur la voix humaine, ne 
contenant pas de dScouverte proprement dite, 
mais resumant adroitement les r&sultals des 
recherches anterieures sur le fonctionnement 
de Forgane vocal ; ce mSmoire lui valut les feli- 
citations de la docte compagnie, ainsi que plus 
tard (1847) un poste de professeur de chant au 
Conservatoire. Ce fut alors qu'il Scrivit son 
TraUe complet du chant (1847; 6d. all. par 
Wirth). II se rendit trois ans plus tard (1850) a 
Londres, en quality de professeur de chant k la 
€ Royal academy of music »• G. vit encore k pre- 
sent (1897) k Londres. Sa femme — 4. EuofeNiE 
(n6e Mayer), n£e a Paris en 1818, m. dans la 
m&me ville le 12 aotit 1880, fut son eteve, chanta 
d'abord en Italie, puis entra, en 1840, a FOp6ra- 
Comique, k Paris. Elle se fit entendre en 1842, 
k Londres, et, separ£e de son mari, vecut en- 
suite k Paris comme professeur de chant. — 
5. Mariano, n£ k Aoiz (Navarre) le 26 juiL 
1809, compositeur de musique d'£glise fort re- 
uomme en Espagne. 

Garcia. Jules- Augusts, n£ a Bourges, de pa- 
rents artistes, le 11 juill 1880, m a Paris le 10 oct. 
1896 : 61eve des classes de violon (CiaveU Alard) 
et de composition (Bazin, Adam, Ambr. Tho- 
mas) du Conservatoire de Paris, entra en 1856 
comme simple membre, puis devint en 1871 vio- 
lon-solo et troisteme chef d'orchestre a FOpSra. 
Dix ans plus tard, il succ£dait a Alt^s en qua- 
lite de second chef de la Soctete des concerts du 
Conservatoire, puis passa en 1885 au rang de 
premier chef. II se retira en 1892 pour raisons 
de sante. En outre G. fut professeur d'une 
classe pr6paratoire (1875), puis d'une classe 
supSrieure (1890) de violon, au Conservatoire. 
II a 6crit un certain nombre d'oeuvres, surtout 
pour son instrument (concerto pour violon; 
concertino pour alto; Suite symphonique). 

Gardano, (ou Gardane, ainsi qu'il 6crivit lui- 
m6me son nom jusqu'en 1557), Antonio, Fun 
des anciens imprimeurs de musique italiens les 
plus important s, a reproduit une quantite d'oeu- 
vres d^ja parues ailleurs et public un certain 
nombre de nouveautks excellentes, parmi les- 
quelles quelques oeuvres de sa composition, 
dans les Motet ti del frutto (1589) et les Canzoni 
francese (1564). Un ouvrage date de 1539 passe 
pour 6tre le premier sorti de ses presses. On 
suppose que G. mourut en 1571, car ses deux 
fils, Angelo et Alessandro, s'assocterent a ce 
moment pour lui succeder ; mais ils se s£par&- 
rent au bout de quatre ans dejd. Vers 1584, 
Alexandre date see publications de Rome, tan- 
dis qu* Angelo resta a Venise jusqu a sa mort 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



270 



GARLANDE — GASPARINI 



(1610) et acquit une tr&s grande renomm£e ; ses 
h£ritiers continu&rentlamaison d'editions sous 
le nom de G., jusqu'en 1650. 

Garlands. 1. Jean de (Johannes Garlandia, 
ou de Gallandia, ou aussi Ghsrlandus, Go- 
landrinus), th^oricien fran$ais, yers 1210 k 
1282; a &crit un traite sur la musique propor- 
tionnelle, reproduit, en deux versions, dans les 
•Script. I» de Coussemaker. Un lexique de G. 
contient d'int&ressants renseignements sur les 
instruments anciens; cf. Documents inMits 
de Vhistoire de France, p. 611. — 2. Musico- 
graphe du xin-xiv s. (Galandia), dont un 
traits sur le Cantus planus a kt& egalement 
reproduit par de Coussemaker (« Script. !»)• 

Gamier, Francois- Joseph, c61&brehautboiste, 
ne k Lauris (Vaucluse), m. dans la m&ne loca- 
lity en 1825; el£ve de Sallantin, fut nomm^, en 
1778 second, en 1786 premier hautboiste de 
l'orchestre de l'OpSra, k Paris. II a publie des 
concertos pour hautbois, des morceaux concer- 
tants pour deux hautbois, pour Mte, hautbois 
et basson, des duos pour hautbois et violon, 
ainsi qu'une excellente m&thode de hautbois, 
qui a mftme eu les honneurs de la traduction 
(6d. all. par P. Wieprecht). 

Garrett, George-Mursell, n6 k Winchester 
en juin 1834 ,• Sieve d'Elvey et de Wesley, fut 
successivement organiste de la cath6drale de 
Madras, aux Indes (1854-1856), puis de «St-Johns 
College », a Cambridge (1857). II regut cette 
mSme ann&e le grade de bachelier, dix ans plus 
tard celui de fir mus. En 1875, G. succeda a 
Hopkins comme organiste de rUniversil£, puis 
il fut nomme, en 1878, Magister artium propter 
merita % membre de la commission d'examens, 
etc. G. est un compositeur de merite ; il a ecrit 
une cantate, The Shimammite (1882), mais sur- 
tout de la musique d'eglise et des morceaux 
pour orgue. 

Gaspar van Werbecke, n£ a Oudenaarde 
(aujoud'hui Audenarde, dans la Flandre orien- 
tale) vers 1440 ; fut maltre de chant k la cour 
des Sforza, k Milan, jusqu'en 1490, puis rentra 
dans sa patrie. G. etait un contrapontiste 
estim£, dont les oeuvres nous sont en grande 
partie parvenues, dans les publications de Pe- 
trucci: cinq Messes, Misse Gaspar 9 k quatre 
voix (1509), des parties <Je Messes dans les 
Fragmenta missarum (1509), une Messe dans 
les Missae diversorum (1508), des motets dans 
le quatrteme livre de motets (1505), dans les 
Motetti trenta tre (1502), dans le deuxieme 
livre de motets a cinq voix (1505), enfin des 
lamentations dans le deuxieme livre de lamen- 
tations (1506). La bibliotheque de la Chapelle 
pontificale renferme en outre des Messes ma- 
nuscriles de G. 

Gaspari, Gaetano, ne a Bologne le 14 mars 
1807, m. dans la m&ne ville le 31 mars 1881 ; 
entra en 1820 au « Liceo musicale », comme 
&l£ve de Benedetto Donelli, et fit sous la direc- 
tion de ce maitre des progr&s si rapides, qu'H 
obtint, en 1827, le premier prix de composition 
et fut nomme, l'annee suivante, « maitre d'hon- 
neur » de 1" Academic. II remplit pendant huit 



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ans les fonctions de chef d'orchestre de la 
ville de Cento, puis fut nomm6, en 1836, maitre 
de chapelle de la cath&lrale, k Imola ; cepen- 
dant il abandonna bientot cette situation pour 
supplier, sur sa propre demande, son ancien 
maitre Donelli dans son enseignement . La 
mort de Donelli, survenue en 1839, brisa toutes 
ses esp£rances et l'obligea k accepter, dans de 
miserables conditions, une place de professeur 
de chant au Lyc£e (1840). Ce ne fut que long- 
temps apres que G. parvint k vaincre l'envie,la 
jalousie des acad&niciens et k se creer une 
situation honorable. En 1855, il fut nomme 
conservateur de la bibliotheque duLyc^e (Fune 
des biblioth^ques musicales les plus riches du 
monde entier), en 1857, maitre de chapelle de 
l'^glise San Petronio. G. devint dans la suite 
Tune des premieres autorit£s musicales de 
ritalie. II fut appete, en 1866, k faire partie de 
la commission royale pour les recherches sur 
Thistoire de la Romagne, et c'est k lui qu'in- 
comba la t&che de rassembler les mat&riaux 
sur les musiciens bolonais. 11 abandonna d£s 
lors son poste de maitre de chapelle et renonga 
k la composition (il avait 6crit un grand 
nombre d'oeuvres religieuses d'nn style trda 
eleve), pour se vouer enticement a ses recher- 
ches historiques et bibliographiques. Les r&- 
sultats de ces travaux ont 6t6 consignee dans le 
Catalogo delta biblioteca del Liceo musicale dt 
Bologna, dont le premier volume (contenant 
des mat&riaux de grande importance), publie 
par le successeur de G., Federico Parisini,. 
parut en 1890. Quant aux etudes de G. sur les 
musiciens de Bologne du xiv° au xvn* s., ellea 
ont paru dans les comptes rendus annuels de 
la commission sus-nommee (1867-1879; et 
tirage k part). 

Gasparini. 1. Francesco (Goasparini), ne a 
Camajore, pr^s Lucca, le 5 mars 1668, m. k Home 
en avr. 1737 ; el£ve de Corelli et de Pasquini, a 
Rome, devint maitre de musique k Y* Ospedale 
della PietA », k Venise, puis fut nomme, en 
1735, maitre de chapelle de St-Jean de Latran, 
mais eut des le d&mt, a cause de son grand 
Age, un suppliant. G. etait tr&s estime de ses 
contemporains, tant comme compositeur sc6- 
nique que comme auteur de musique reli- 
gieuse ; il a ecrit, de 1702 k 1730, une quaran- 
taine d'operas pour Venise, Rome et Vienne, un 
oratorio (Mo'ise), une quantite de Messes, de 
psaumes, de motets, de cantates, ainsi qu'tm 
traits de basse chiffr^e : Larmonico pratico 
at cembalo (1688; 7" 6d. 1802), qui resla en 
usage en Italie jusque vers le milieu de notre 
si&cle. II faut mentionner tout particuli&remenl 
parmi les el&ves de G., Benedetto Marcello. 

— 2. Michfx-Angelo, n6 a Lucca, fut Steve de 
Lotti et fonda a Venise une ecole de chant 
d'ou sortit entre aulres Faustina Hasse-Bor- 
doni, G. etait lui-m^me un chanteur de grand 
talent (altiste) et Scrivil plusieurs operas pour 
les theatres de Venise. II mourut vers 1732. 

— 8. Quirino, maitre de chapelle de la cour k 
Turin, de 1749 k 1770, fut k la fois violoncel- 
liste et compositeur. II a Scrit un Stabat mater, 

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GASPARO DA SALO — GASTOLDI 



271 



des motets, des trios pour instr. a* archet. 

Gasparo da Salo, dont le nom de famille est 
Bertalotti, n6 en 1542 environ, m. a Brescia le 
14 avr. 1609, originaire de Salo, au bord du lac 
de Garde, cSl&bre luthier, fabriqua surtout d'ex- 
cellentes violes, basses de viole et contrebasses 
de viole (precurseurs de notre contrebasse). Ses 
violons, dont il n'existe plus qu'un petit 
nombre (entr'autres celui du c£lebre Ole Bull), 
sont tres estim6s.L , instrumentfavori du grand 
contrehfesaiste.Dragonetti etait une contrebasse 
de viole de G., qu'il avait fait transformer en 
contrebasse veritable. F6tis (art. « Dragonetti *) 
nomme par erreur G. le maitre d*Andr£ Amali, 
or on sait que celui-ci travailla de 1546 a 1577. 

Gassenhauer, (all), d&ignait au xvi« s., en 
Allemagne, certaines chansons populaires, ou 
pour le moins d'allure populaire, analogues 
aux < villanelle » italiennes (Gassmhawerlini 
Le mot G. a d6gen6r6 en prenant de nos jours 
le sens de * rengaine ». 

Gassier, Edouard, excellent baryton d'op£ra- 
comique, el£ve du Conservatoire de Paris, 
d£buta en 1845, a rOp6ra-Comique, et chanta 
ensuite principalement en Italie. II epousa, en 
1848, une cantatrice espagnole, Josef a Fer- 
nandez, et remporta avec elle de vrais Iriom- 
phes a Madrid, Barcelone et Seville (1849-1852). 
Plus tard, ils furent engages tous deux au 
Theatre italien, a Paris (1854), puis a Londres 
et a Moscou. G. perdit sa femme a Madrid, le 
8 oct. 1866, et mourut lui-mdme a la Havane, 
le 18 d6c. 1871. 

Gassmann, Florian-Leopold, n6 a Brtix 
(Bohdme) le 3 mai 1729, m. a Vienne le 21 janv. 
1774 ; s'enfuit a l'&ge de douze ans de la maison 
paternelle, oil on le destinait a la carriere com- 
merciale, et partit comme harpist e d'une troupe 
de musiciens ambulants, pour Bologne, ou il 
prit pendant deux ans des lemons du P6re Mar- 
tini. Apres avoir occupe, durant nombre d'an- 
nees, un poste chez le comte Leonardi Veneri, 
a Venise, G. fut appele A Vienne, en 1762, 
comme compositeur de ballets. Enfin, en 1771, 
il succMa A Reutter, comme chef d'orchestre de 
la cour. La m6me ann£e, G. fondait la « Ton- 
kfinstlersocieta?! » (actuellement « Haydn-Socie- 
taet », caisse de retraite et de secours aux 
veuves de musiciens). Ses oeuvres jouirent 
autrefois d'une grande renommee (dix-neuf 
operas italiens; une quantity de musique 
d'eglise, etc.). Deux filles de G., Maria-Anna et 
Maria-Theresia (Rosenbaum), qui recurent 
toutes deux des lemons de Salieri, l'ti&ve le 
plus remarquable de leur p£re, surent acqu^rir 
un grand renom de cantatrices d'opSra, a 
Vienne. 

Gaasner, Ferdinand-Simon, n£ a Vienne, le 
6 janv. 1798, m. a Darmstadt, le 25 fevr. 1851 ; 
arriva tr&s tdt avec sa famille a Darmstadt, ou 
son pere devint peintre de decors au theatre 
de la cour, et entra lui-mdme comme aspirant 
d'abord, puis, en 1816, comme violoniste dans 
Torchestre de la cour. G. devint ensuite, suc- 
cessivement, chef suppleant au th&Ure na- 
tional de Mayence, directeur de musique de 



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TUniversite de Giessen (1818), D T mus. avec la 
<facultas legendi » a la m&me universite (1819), 
puis il rentra dans l'orchestre de* Darmstadt 
(1826) et fut nomm£ plus tard maitre de chant 
et chef des choeurs du th&ttre de la cour. G. a 
6crit : Fartiturenkenntnis, ein Leitfaden zum 
Selbstunterrichl, etc. (1888), dont une Edition 
francaise parut en 1851. sous le titre de Traits 
de la partition ; Dirigent und Ripienist (1846) ; 
il a public a Mayence, de 1822 a 1835, le Musi- 
halischer Hausfreund (un calendrier a Tusage 
des musiciens) et r6dig6 de 1841 a 1845 une 
revue musicale intitule : Zeitschrift fur 
Deutschlands Musihvereine und DUettanten. 
Enfin, G. a fait paraitre, en 1842, un supple- 
ment a r Universalleccikon der Tonkunst de 
Schilling et, en 1849, sous le m&me titre, un 
resume de l'ouvrage de Schilling. En tant que 
compositeur, G. s'est fait connaitre par qnel- 
ques operas, ballets, cantates, etc. 

Gast, Peter, v. Kceselitz. 

Gastinel, Leon-Gustave-Gyprien, n6 A Vil- 
lers-les-Pots (Cote-d'Or) le 15 aout 1828; Steve, 
pour la composition, d'Hal£vy, au Conserva- 
toire de Paris, obtint en 1846, avec sa cantate 
intitulee Velasquez, le premier grand prix de 
Rome. II ecrit d£s lors, sans relache, des oeu- 
vres de tous genres et non sans valeur : trois 
grandes Messes (I Messe romaine; III pour voix 
de femmes seules), deux symphonies, quatre 
oratorios (Lejugement dernier ; Les Sept pa- 
roles du Christ ; Saul ; La Fie des eaux\ une 
cantate (Mexico, 1863), un Hymne a la chariU 
(1875), un morceau concertant pour deux violons 
et orchestre, deux ouvertures, de la musique de 
chambre, des m&odtes, etc. En outre, il a com- 
post toute une s£rie d'op^ras-comiques, dont 
quelques-uns furent reprSsentes : Le Miroir 
' (1853), L'Op&ra auxfenetres (1857), Titus et Be- 
renice (1860), Le Buisson vert (1861),tandis que 
d'autres rest&rent manuscrits : Bianca Capdlo, 
La Kermesse, La Dame des pris, La Tulipe 
bleue ; puis un ballet, Le Reve (Opera, 1890), et 
un opera qui, 6crit vers 1875, ne fut donnS que 
vingt ans plus tard : Le Barde (5 actes; Nice, 
1895). 

Gastoldi, Giovanni -Giacomo, contrapontiste 
notable de la seconde moiti£ du xvi* s., n6 A 
Caravaggio vers 1556, maitre de chapelle d'une 
eglise de Mantoue, puis de Milan (1592), m. en 
1622. Un grand nombre de ses oeuvres nous 
sont parvenues : Canzoni A cinq voix (1581), 
trois livres de canzonette A quatre voix (1581, 
1582, 1588), trois livres de madrigaux a cinq 
voix (1588, 1589, 1599), madrigaux de cinq a 
neuf voix (1602), quatre livres de canzonette A 
trois voix (1592-1596, et plusieurs autres Edi- 
tions), Messes de cinq a huit voix (1600), Messes 
a huit voix (1607), Messes a quatre voix (1611), 
Completorium ad usum Romanae ecclesiae 
(1589), psaumes de vSpres a quatre voix (1588), 
psaumes a quatre voix (1590, 1601), v^pres a 
cinq voix (1600, 1602), v£pres a six voix (1607), 
deux livres de Balletti da cantare, sonare e 
ballare A cinq voix (1591 et suiv., et 1593 et 
suiv.),des Concerti A huit voix (double choeur; 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



272 



GATAYES — GAUTIER 



1508, 1610), des Tricinia (1000). On peut aussi 
trouver quelques morceaux detaches de G. 
dans les anthologies de Pierre Phalese et d'au- 
tres. 

Gatayes. 1. Guillaume-Pierre-Antoine, ne a 
Paris le 20 dec. 1774, in. dans la m&me ville en 
oct. 1846: virtuose sur la guitare el sur la harpe, 
a 6crit des trios pour guitare, flute et violon, des 
duos pour deux gui tares, pour guitare et piano, 
pour guitare et violon ou flute, pour harpe et 
cor, pour harpe et guitare, des morceaux pour 
guitare seule et des sonates pour harpe. En ou- 
tre, il est Tauteur de diverses methodes : MS- 
thode de guitqre, Nouvelle mUhode de guitare^ 
Petite mithode de guitare et Mithode de harpe. 
Ses fils, tous deux musiciens, sont : — 2. Joseph- 
Lkok, n£ a Paris le 25 d£c. 1805, m. dans la 
m^rne ville le l" fevr. 1877; fat, comme son 
pere, un harpiste de grand talent et ecrivit 
quantity de morceaux, de duos et deludes pour 
la harpe. II fut pendant nombre d'annees r6- 
dacteur musical de plusieurs journaux pari- 
siens,en meme temps que chroniqueur du sport, 
pour le « Siecle ». — 3. Felix, ne a Paris en 
1809, pianiste excellent, auteur de quelques oeu- 
vres symphoniques; mena une vie tr&s agitee, 
fit plusieurs tourn&s de concerts en Am^rique 
et en Australie, puis se mit, dans le seul but de 
gagner sa vie, a £crire surlout pour musique 
militaire. 

Gathy, Augusts, n6 a Liege le 14 mai 1800, 
m. a Paris le 8 avr. 1858; entra d'abord dans le 
commerce de librairie. k Hambourg, mais tra- 
vailla ensuite, de 1828 a 1830, sous la direction 
de Fr. Schneider, & Dessau. De 1830 & 1841, il 
vecut a Hambourg et y r£digea un journal : 
Musihalisches Konversationsblatt; il publia en 
outre, en 1835, un petit dictiorinaire de musique 
habilement compose, sous le litre : Musiha- 
lisches Konversationslexihon (2" 1 * ed., 1840; 
3" 6 6d. tres superficiellement revue par Reiss- 
mann, 1873). G. 61ut domicile & Paris, en 1841, 
comme maitre de musique, et adressa de \k 
des chroniques musicales a la * Nene Zeit- 
schrift fur Musik »; mais sa sant6 tr£s debile 
l'emp£cha de donner plus d'extension a ses 
travaux. II a compose quelques oeuvrettes vo- 
cales. 

Gaucquier, Alard (Dunoyer, dit du G., ou 
aussi Nugeus), n£ & Lille (d'ou son surnom In- 
sulanus), maitre de chapelle des empereurs 
Ferdinand !•* et Maximilien II, puis de Tarchi- 
duc, le futur empereur Mathias. G. etait un 
excellent contrapontiste (Magnificat 4*6 voc. 
[1547] et Quatuor mtssae 5, 6 et 8 vocum 
[1581]). 

Gaudence, « le philosophe », musicographe 
grec, probablement anterieur a Ptolemee (n« s. 
apres J.-C). Son Introductio harmonica (*Ap- 
AwvixiJ tlvoLywyn) basee sur les travaux d'Aris- 
toxene, a ete publiee, dans le texte original ac- 
compagne de la traduction en latin, par Mei- 
bom ( Antiquae musicae auctores septem 

[1062]); 

Gaultier. 1. Jacques (Gautier), sieur de Netie, 
dit le vieux ou Vancien, n6 d Lyon en 1600 en- 



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viron, fut de 1617 a 1647 luthiste de la cour 
royale, a Londres, et mourut vers 1670 a Paris 
oil il etait venu se fixer en 1647. — 2. Denis, dit 
G. le jeune ou Mlustre* ne a Marseille entre 
1600 et 1610, cousin du pr6c£dent, m. a Pa- 
ris avant ou en 1664, luthiste virtuose des plus 
c£l£bres, donton a conserve deux recueils im- 
primis (Pieces de luth, 1660; Litre de tabla- 
ture, publie par sa veuve et par Jacques [1] G.) 
et un recueil manuscrit (Codex Hamilton) de 
morceaux pour le luth. H faut citer parmi les 
Aleves de Jacques et de Denis G. : Mouton, Du 
Faux, Gallot, Du But, etc. Cf. aussi, & propos 
des diflterents G. du xvii* s., la monographie 
d'Oskar Fleischer (tVierteljahresschrift Mr M.- 
W. », 1886, fasc. 1 et 2). — 3. Pierre, natif d'Or- 
16ans, egalement compositeur pour le luth, mais 
non apparente, a ce qu'il parait, avec le prece- 
dent; a publie en 1638 des suites pour le luth, 
de mediocre valeur. — 4. Ennemoxd, fils de Jac- 
ques G.,ne d'aprts F6tis & Vienne(Dauphine) en 
1635, fut nomm6 en 1669 luthiste de la chambre 
royale & Paris. H a publie deux recueils de 
morceaux pour luth, en tablature. G. 6tait mort 
en 1680. — 5. Pierre, ne a Cioutat, en Pro- 
vence, en 1642, m. victime d'un naufrage dans 
le port de Gette en 1697, avait achetS de Lully, 
en 1685, la patente d'entrepreneur d*op£ra pour 
Marseille et d£buta en 1687 par l'ex6cution d'un 
de ses propres ouvrages : Le triomphe de la 
paix. — 6. Aloys-Edouard-Camille, abbe G., 
n6 en Italie vers 1755, m. a Paris le 19 sept 
1818; exposa une methode nouvelle pour Ten- 
seignement 61£mentaire de la musique, dans son 
ouvrage intitule : EUments de musique pro- 
pres a faeiliter aux enfants la connaissance 
des notes, des mesures et des tons 9 au moyen 
de la nUthode des feux instructifs (1789). 

Gauthier, Gabriel, n£ dans le departement 
de Saone-et-Loire en 1808, devenu aveugle a 
T&ge d'une annee, entra en 1818 comme Sieve 
et plus tard comme professeur & restitution 
des aveugles, 4 Paris. II devint en outre orga- 
niste de l'£glise St-Etienne-du-Mont et publia 
divers ouvrages : Repertoire des maitres de 
chapelle (1842-1845: 5 vol.); Considerations sur 
la question de la riforme du plain-chant et sur 
Vemploide la musique ordinaire dans les Sgli- 
ses (1848); Le micanisme de la composition ins- 
ttumentale (1845). 

Gautier. 1. Jean-Fran(?ois-Euoene, ne A Vau- 
girard, pres Paris, le 27 tevr. 1822, m. & Paris 
le 3 avr. 1878: 61eve dHabeneck (violon) et 
Halevy (composition), au Conservatoire de Pa- 
ris. II fut nomme, en 1848, second chef d'or- 
chestre au TheiUre national (plus tard Theatre 
lyrique), et en 1864 professeur d'une classe 
d'harmonie, au Conservatoire. Cependant, en 
1872, il echangea ce poste contre celui de pro- 
fesseur d'histoire de la musique, devint chro- 
niqueur musical de divers journaux parisiens 
et, depuis 1874, du « Journal ofllciel » et rem- 
plit pendant plusieurs annees les fonctions de 
maitre de chapelle de l'eglise St-Eug&ne, G. a 
compose quatorze operas comiques, la plupart 
en un acte, qui furent represents soit au The&- 

Original from 
UNIVERSITY0F MICHIGAN 



GAVEAUX 



GEBAUER 



273 



Ire lyrique, soit A l'Op^ra-Comique, puis un 
oratorio : La mart de J tens, un Ave Maria, une 
cantate : Le 15 Aout; il revisa en outre < Don 
Juan », « Figaro » et le « Freiechtitz », pour le 
Th&Ure lyrique. — 2. ThEophile, ne A Tarbes 
le 31 aotit 1811, m. A Paris le 23 oct. 1872, po&e 
et &crivain c£l£bre, r£digea pendant nombre 
d'anntes le feuilleton th&Ural de la « Presse » 
et du « Moniteur universel >.Ha publie en ou- 
tre, dans le m6me ordre d*id£es, une Histoire 
de Cart dramatique en France, depuis vingt- 
cinq ans (1859; 6 petits volumes). Get ouvrage, 
ainsi que son Histoire du romantisme et sqp 
Portraits contemporains, renferment d*int6res- 
sants details sur les chanteurs, compositeurs, 
etc. de l'epoque. 

Gaveaux, Pierre, n6 A B6ziers (H6rault) en 
aout 1761, m. A Paris le 5 tevr. 1825; t&ior de 
la cbapelle de l'^glise St-S£verin, A Bordeaux, 
et el&ve, pour la composition, de Franz Beck, 
dans la m&me ville, passa plus tard au th&ttre 
et chanta A Bordeaux, a Montpellier et, a partir 
de 1789, A l'Op£ra-Comique (ThSAtre de Mon- 
sieur, Th&lre Feydeau), A Paris. G. a 6crit 
trente-trois operas, la plupart pour le Th&ltre 
Feydeau, par mi lesquels nous noterons seule- 
ment Lionore ou L' amour conjugal (1798), 
dont la donn£e est identique A celle de « Fide- 
lio » de Beetboven. G. eut en 1812 un derange- 
ment cerebral et, en 1819, perdit enticement la 
raison. 

Gavinita, Pierre, n6 A Bordeaux le 26 mai 
1726, m. A Paris (ou son p£re, qui Stait lutbier, 
Favait Stabli ), le 9 sept 1800; l'un des vio- 
lonistes les plus importants du sidcle dernier, 
avait acquis presque tout son savoir par lui- 
m&ne, ce qui n'emptcha point Viotti de le 
nommer le « Tartini fran$ais ». G. se fit enten- 
dre en 1741, pour la premiere fois,dans un con- 
cert spirituel, et il en imposa surtout aux con- 
naisseurs, par l'expression profonde et intense 
de son jeu. 11 fut, de 1796 jusqu'A. sa mort, pro- 
fesseur de violon au Conservatoire de Paris. 
G. a compose: Les vingt-quatre matinees (Etu- 
des dans toutes les tonalit£s), six concertos et 
trois sonates pour violon ; les difficulty qu'il a 
amoncel&es dans ses oeuvres, parfois m^me 
sans tenir compte de la nature de Instrument, 
donnent une baute id6e de ses capacity tech- 
niques. Un opera du m£me auteur : Le prtten- 
du, a et$ represents en 1760. Cf. Fayolle, Noti- 
ces sur Corelli, Tartini, G. et Viotti (1810). 

Gavotte, ancienne forme de danse frangaise 
A*lz(alle breve), d'un mouvement mod£re, et 
caractSrisee surtout par un lev6 d'une blanche, 
ou de deux noires, et par sa structure periodi- 
que de deux en deux mesures ; de plus, la g. se 
termine toujours sur le temps fort et la croche 
est la plus petite valeur que Ton y rencontre. 
La g. est une des parties les plus communes de 
la « suite* (v. ce mot) et se place g^neralement 
A la suite de la sarabande. On se sert k l'ordi- 
naire comme trio, entre les deux reprises de 
la g., d'une seconde gavotte a la Musette (v. ce 
mot). 

Gastambide, Joaquin, n6 A Tudela (Navarre), 

dictionnaire de musique. — 18 



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le 7 f6vr. 1822, m. A Madrid le 18 mars 1870; 
61&ve du Conservatoire de Madrid, devint en- 
suite directeur des Concerts du Conservatoire, 
co-fondateur de la Soci&6 de Concerts, et pro- 
fesseur honoraire du Conservatoire. G. est Tau- 
teur d*une quarantaine de zarzuelas (op^rettes 
espagnoles) qui le rendirent tres populaire et 
lui procurdrent des honneurs de tous genres. 
Un autre musicien, plus jeune et apparent^ au 
prudent, Xavier G., a 6galement Scrit des 
zarzuelas. 

Gazzaniga, Giuseppe, n& A V6rone en oct. 
1748, m. A Orema au commencement de 1819: 
616ve de Porpora et de Piccini, ami de Sacchini 
qui parvint A lui faire ouvrir les portes du 
th£&tre de Vienne, ou Ton donna, en 1770, son 
premier opSra: II finto cteco. G. a ecrit trente- 
trois operas, pour les scenes de Vienne, Na- 
ples, Venise, Bergame, Ferrare, Dresde, etc.; 
nous noterons seulement : 11 convitato di pie- 
tra (Bergame, 1788) et Don Giovanni Tenario 
(Lucca, 1792). II fut nommg, en 1791, mattre de 
chapelle de la cathSdrale de CrSmone et 6crivit 
d6s lors, principalement, de la musique d'&glise 
(Stabat mater, Te Deum), quelques cantates, 
etc. 

Gebauer. 1. Michel-Joseph, ne A La F&re 
(Aisne) en 1763, excellent hautbofete, violoniste 
et altiste, dut cependant renoncer au violon 
aprSs avoir perdu une phalange de Fauriculaire 
de la main gauche. II fut successivement haut- 
bofete de la Garde nationale (1791), professeur 
au Conservatoire (de 1794 jusqu'& la rSforme 
de 1802), maftre de musique de la Garde du 
Consul, hautboi'ste de la Chapelle impSriale, et 
mourut en decembre 1812, des fatigues de la 
campagne de Russie. G. a 6crit une quantite de 
duos pour deux violons, pour violon et alto, 
pour deux flutes, flute et cor, flute et basson, 
etc.; des quatuors pour flute, clarinette, cor et 
basson; plusde deux cents marches pour musi- 
que militaire; d'innombrables pots-pourris, etc. 
Les trois musiciens qui suivent sont tous ses 
fibres. — 2. FRANQois-RENft, n6 A Versailles en 
1773, m. en juil. 1845 ; fut de 1796 A 1802, et de 
nouveau A partir de 1825, professeur de bas- 
son au Conservatoire de Paris, et, en outre, de 
1801 A 1826, bassoniste dans Torchestre de 
I'Op&ra. II a ecrit un tres grand nombre de so- 
nates, 6tudes, duos (108), trios, quatuors, quin- 
tettes, Symphonies concertantes, etc., pour 
instr. A vent et principalement pour instr. en 
bois, des marches militaires, des pots-pourris, 
des ouvertures, enfin une methode de bas- 
son. — 3. EiTENNE-FRANgois, n& a Versailles 
en 1777, flutiste dans Torchestre de l'Opera- 
Comique (1801-1822), m. en 1823; auteur de 
duos pour flutes, pour violons, de sonates pour 
flute avec basse, de morceaux divers pour la 
flute et la clarinette, et d'exercices pour la flitte. 
— 4. Pierre-Paul, n6 A Versailles en 1775, m. 
A la fleur de l'&ge, n'a public qu'une vingtaine 
de duos pour cors. — 5. Franz- X aver, non 
apparent^ aux precedents, n£ a Eckersdorf, 
pr^s Glatz, en 1784, m. A Vienne le 13 dec. 1822; 
devint en 1804 organiste A Frankenstein, en 

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274 



GEBEL — GEISLER 



1810 maltre de musique k Vienne, en 1816 di- 
recteur da choDur de Teglise des Augustins. 
G. fat an membre tres actif de la Societe des 
amis de la musique, il fut le fondatear (1819) et 
le premier directeur des • Concerts spirituels». 
II n'a publics que quelques lieder et qaelques 
ceuvres chorales. G. etait lie d'amitie avec Bee- 
thoven. 

Gebel. 1. Georo (p^re), ne k Breslan en 1685, 
fat d'abord apprenti tailleur, mais s*enfait de 
la maison de son patron et se Toua a la carriere 
musicale ; il fut successivement organiste k 
Brieg (1709), puis k Breslan (1713) et mourat 
en cette derni^re ville en 1750. G. chercha k ap- 
porter divers perfection nements au piano (pia- 
no-pedalier, piano donnant les quarts de ton) 
et composa un nombre considerable d'opuvres 
qui toutes resterent manuscrites : morceaux 
pour piano, canons (jusqu'd trente voix), psau- 
mes, Messes, cantates. un oratorio de la Pas- 
sion, vingt-quatre concertos de piano, des cho- 
rals figures et des preludes pour orgue. - 2. 
Georg (fils), ne k Brieg le 25 oct. 1709, m. & 
Rudolstadt le 24 sept. 1753; eieve de son p£re, 
fut nomme, en 1729, second organiste de Feglise 
Sainte-Marie-Madeleine, re$ut plus tard le titre 
honorifique de maltre de chapelle da dac 
d'Oels, puis entra, en 1735, dans la chapelle du 
comte Briihl, k Dresde, oh Hebenstreit lui en- 
seigna le jeu du pantalon (v. ce mot). Enfin, en 
1745, il fut nomme violon-solo et maltre de 
chapelle du prince de Rudolstadt. O. fut un 
compositeur extr^mement fecond; il a ecrit, k 
Breslau, pour le due d'Oels, deux series annuel- 
les completes de cantates d'eglise, une Messe, 
beaucoup de musique de chambre, une sym- 
phonie, des trios, duos, concertos pour fltite, 
luth, gambe, piano, violon, etc., puis k Rudol- 
stadt (dans Fespace de six ans), plus de cent 
symphonies pour orchestre, des parties, des 
concertos, deux cantates de Noel, plusieurs 
series annuelles de cantates, deux Passions, 
douze operas, etc., etc. — 3. Georg-Sigismund, 
fr£re cadet du precedent, organiste de F6glise 
Sainte-Elisabeth, a Breslau, m. en 1775 ; a com- 
pose des preludes et fugues pour orgue. — 4. 
Franz-Xaver, n^ k Fiirstenau, pres Breslau, en 
1787, m. k Moscou en 1843; eieve de Tabbe 
Yogler et d'Albrechtsberger, devint, en 1810, 
chef d'orchestre du theatre de « Leopoldstadt », 
a Vienne, puis d'autres theatres k Budapesth 
et k Lemberg, et vecut, a partir de 1817, k Mos- 
cou, comme maltre de musique. G. est i'auteur 
de plusieurs operas, d'un grand nombre de 
morceaux de piano, d'une Messe, de quatre 
symphonies, de plusieurs ouvertures, quatuors 
et quintettes pour instr. k archet, etc. 

Gebhard, Martin-Anton, ne en Baviere en 
1770, moine du convent de Benediktbeurn, puis, 
apres la suppression de l'ordre, pretre a Steins- 
dorf, pres Augsbourg, on il vivait encore en 
1831. G. a ecrit deux ouvrages philosophiques, 
pleins d'esprit mais ne donnant naissance qu'k 
un symbolisme sterile, ce sont : Versuch zur 
Begriitidung einer Wissenschaft, Chronome- 
trie genannt (1808), et * Harmonie*, Erkla- 



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rung dteser Idee in drei Buchern und Anvben- 
dung derselben auf den Menschen in alien 
Beziehungen (1817). 

Gebharbi, Ludwig- Ernst, ne k Nottleben 
(Thuringe) le 1« janv. 1787, m. k Erfurt, ofc il 
etait organiste et mattre de musique an semi- 
naire, le 4 sept 1862; a publie des chants d'eco- 
le, des morceaux pour orgue, un recueil de 
chorals, une methode d'orgue et un traite de la 
basse chiffree (1828-1885, 4 vol.; plusieurs fois 
reedite). 

Gedackt (all.), v. Boucufc, 1. 
# Gef&hrte (all.), v. rj6ponse. 

Gegenbewegunn (all.), mouvement contraire: 

V. MOUVEMENT, 1. 

Gehring, Franz, ne en 1838, m. k Penzing, 
pres Vienne, le 4 janv. 1884; collaborateur du 
Dictionary of music de Grove, auteur de la 
biographie de Mozart dans les Great Musi- 
dans de Hueflfer, etait privat-docent de math£- 
matiques, A FUniversite de Vienne. 

Geige (all.), gigue, violon; v. ces mots. 

Geigenharz (all.), colophane. 

Geigenprinzipal (all.), jeu d'orgue; v. violon- 

PRINCIPAL el GAMBE. 

Geijer, Erik-Gcstaf, ne k Ransaetter (War- 
meland) le 12 janv. 1783, m. k Upsal, oil il pro- 
fessait Thistoire a TUniversite, le 23 avr. 1847; 
a compose et publie de charmantes melodies, 
au colons franchement national (suedois). En 
outre, il a publie, avec Lindblad, un recueil de 
melodies suedoises modernes (1824) et s'est 
occupe presque seul de la redaction musicale 
des anciennes melodies populaires suedoises 
qu'il a publiees en collaboration avec Afzelius 
(Svenska folhvisor. 1814-1816, 3 vol; 2« ed. 
1846). 

Geisler, 1. Johann-Gottfried, vecut k Zittau 
et mourut dans cette ville le 13 fevrier 1827. 
Auteur d'un ouvrage etendu sur les instruments 
de musique : Beschreibung und Geschichte der 
neuesten und vorzuglichsten Instrumente und 
Kunstioerke fur Liebhaber und Kunstler (1792 
k 1800, en douze parties, contenant entre autres 
quelques notes sur le « Bogenklavier », instru- 
ment dans lequel sont en quelque sorte combi- 
nes les deux systemes de Finstr. k clavier et de 
Tinstrument k archet). — 2. Paul, compositeur 
de talent, ne k Slolp (Pomeranie) le 10 aofct 
1856, eieve de son grand-pere, directeur de mu- 
sique k Marienbourg, puis quelque temps de 
Constantin Decker. II fut d'abord repetiteur au 
Theatre municipal de Leipzig (1881-1882), puis 
dans Tentreprise wagnerienne de Neumann 
(1882-1883), fut nomme chef d'orchestre k Brt- 
me (1883-1884; en%meme temps qu'Antoine 
Seidl), et vecut ensuite a Leipzig. G. a compose 
quatre operas: Ingeborg (Br6me, 1884), Hertha 
(Hambourg, 1891), Die Ritter von Marienburg 
(Hambourg, 1891), Palm (Lubeck, 1893); la mu- 
sique pour les drames : Schiffbriichig et Unser 
taeglich Brot gieb uns heute I (tous deux k 
Hambourg, 1890) ; des poemes symphoniques : 
Der Rattenfaenger %on Hameln (execute a 
Magdebourg, en 1880, au Festival des musi- 
| ciens allemands), Till Eulenspiegel, Aftra, 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



GELINEK 



GENEE 



275 



hfaria-Magdalena, Heinrich von Ofterdingen, 
Ekkehardt, Beowulf, Der Hidalgo, Walpur- 
gisnacht, Am Meer, Der wilde Jaeger, Der 
neue Tannhduser ; des t cycles » pour soli, 
choeurs et orchestra : Sansara et Golgatha; des 
oeuvres vocales et des morceaux pour piano 
(Monotoge, Episoden). Malgr6 sa f£condit£ ex- 
traordinaire, G. n'est pas encore parvenu A 
conqu&rir d&finitivement sa place dans Topi- 
nion dn monde musical. 

Gelinek, 1. Hermann-Anton, dit Cervetti, n£ 
A Harzeniowecs (Bohfcme; le 8 aout 1709, nu A 
Milan le 5 d6c. 1779 ; moine du couvent de Pr£- 
montres, A Seelau, s'echappa du couvent et se 
cr&a un certain renom comme virtuose violo- 
niste. II prit, en Italie, afln de n'fetre pas recon- 
nu, le nom de Cervetti, put rentrer plus tard au 
convent, mais s'enfuit bientot pour la seconde 
fois. Quelques-unes de ses oeuvres, des concer- 
tos et des sonatespour violon, ont 6t6 pubises; 
d'autres, des morceaux d'orgue et de la musique 
religieuse, sont rest£es manuscrites. — 2. Jo- 
seph, abte, n6 A Selcz (Bohfcme) le8 d£c. 1758, 
m. a Vienne le 18 avr. 1825, fut extraordinaire- 
ment en vogue, de 1800 a 1810, comme composi- 
teur de fantaisies et de variations, d&nuees de 
tout int£r£t, sur des themes connus. Ges oeuvres 
Itaient deraandees A tel point que les 6diteurs 
lui en commandaient un nombre considerable 
etque,lorsqu'il ne suffisait pas A la t&che, d'au- 
tres musiciens les fabriquaient en son nom. G. 
&ait uu ami de Mozart et obtint, grAce A sa re- 
commandation une place de pr£cepteur chez le 
prince Kinsky. G. a aussi £crit bon nombre 
d'oeuvres de musique de chambre (trios, sona- 
tas pour violon, sonates pour piano) qui, du 
reste, ne valent gu&re mieux que ses variations. 

Geminiani, Francesco, n6 A Lucca en 1680, 
m. A Dublin le 17 (d'apres Grove le 24) d£c 
1762; c£l&bre violoniste virtuose, compositeur 
et musicographe, eleve de Lunati (■ il Gobbo ») 
et de Corelli, arriva A Londres en 1714 et s'y 
cr£a une tres grande renomm£e, tout en ne se 
faisant entendre que dans les salons.H ne quilta 
plus d£s lors TAngleterre que pour se rendre 
momentan6ment A Paris, ou il tit paraitre une 
partie de ses oeuvres et ou il s&journa peut-^tre 
de 1748 a 1755. En 1761, il alia rendre visite A 
son 61eve et ami Dubourg, maitre de chapelle 
-de la cour A Dublin, mais ne rentra pas de ce 
voyage. (Test A G. que revient, en m^me temps 
qu'i Veracini, d'avoir mis en bonneur en An- 
gleterre le jeu du violon qui n*y £tait encore que 
pen d£velopp6 Son ouvrage le plus important 
est une nxkhode de violon, la plus ancienne de 
touUes les m&hodes pour cet instrument (cf. 
Mozart, Leop.), intitutee : 7 he art of playing 
the violin (1740 ; 2* £<L sous le titre : The entire 
and complete tutor for the violin* parut aussi 
en fran?ais et en allemand). Ses compositions 
pour violon sont aussi tres estim£es, quoique 
l'intensit£ de Texpression et la perfection de la 
forme n'y soient que relatives, ce sont : douze 
solos, op. 1 (1716) ; douze autres, op. 4 ; six con- 
certos, op. 6 ; douze sonates, op. 11 ; puis douze 
concertos a sept parties (op. 2 et 3; en parties 



byG< 



le 



1732 ; en partition, 1755) ; six concertos A huit 
parties ; douze trios. Six autres trios et six solos, 
pour violoncello, sont des transcriptions de 
Top. 1. Les autres ouvrages de G. sont de moin- 
dre valeur,ce sont des exercices pour le clavier 
(Lessons for the harpsichord), une m6thode de 
guitare, et des trails th^oriques : Guida har- 
monica (1742, en anglais : parut plus tard en 
traductions frangaise, puis hollandaise) ; Sup- 
plement to the guida harmonica ; The art of 
accompainment ( 1755, traits de basse chiffr^e); 
Rules for playing in taste (1739); Treatise on 
good taste (1747); Treatise on memory; The 
harmonical miscellany (1755 ; recueil d'exerci- 
ces). 

Gemischte Siimmen (all.), 1, en parlant d'un 
ensemble vocal, voix mixtes (v.ce mot). —Dans 
l'orgue, jeux composes (v. ce mot). 

Gemshorn (all.; en angL Goat-horn), jeu 
d'orgue a tuyaux ouverts, mais si fortement r&- 
trScis a leur extr£mit6 sup6rieure qu'on peut 
les consid£rer comme en partie bouch^s, et 
qu'ils sont sensiblement plus courts que des 
tuyaux cylindriques ou prismatiques donnant 
les m&mes sons. Le G. est identique a une 
quantity d'autres jeux designee par les facteurs 
allemands sous les noms de « Spitzfloete, Spill* 
floete, Spindelfloete, Tibia cuspida, Spitzgambe, 
Bockfloete, Blochflopte, Schwiegel, Pyramid- 
floete », et d'une manure generate aux jeux 
formes de tuyaux coniques ou pyramidaux. Le 
G. est le plus souvent un jeu de 8* ou encore 
de 2 */ 3 ' (Gemshomquint), on le trouve plus ra- 
rement de 16' (Grossgemshorn, et au pMalier 
Gemshombass, ou Stamentienbass) ; les sortes 
plus aigues de G. portent g6n£ralement le nom 
Me Tun quelconque des jeux de flute sus-men- 
tionnes. 

Genast, Eduard- Franz, chanteur et acteur, 
ne a Weimar le 15 jail. 1797, m. A Wiesbaden le 
4 aout 1866: fils d'un acteur, Antoine G., d£buta 
A Weimar, en 1814, dans le rAle d'Osmin, de 
« rEnl&vement au s£rail », prit en 1848 la direc- 
tion du theatre de Magdebourg et fut engag6 a 
vie, Fannee suivante, par le theatre de la Cour, 
a Weimar. II 6tait dans sa jeunesse, aussi re- 
marquable chanteur (baryton) qu'acteur; plus 
tard, il ne parut plus que comme acteur. G. a 
compost une quantity de lieder et deux operas : 
Die Sonnenmanner et Die Verrceter auf den 
Alpen ; ses m£moires ont paru sous le titre : 
Aits deni Tagebuch eines alten Schauspielers 
(1862-1866; 4 vol.). 

Genee, Franz-Fr.-Rtchard, n^ A Danzig le 7 
fevr. 1823, tils de Fnkieric G. (n^ en 1795, m. en 
1856), qui fut premiere basse, puis, pendant 
nombre d*ann£es, directeur du theatre de Danzig, 
m. a Pre8sbaum, pres Vienne, le 15 juin 1895. 
Apres avoir suivi les cours des gymnases de 
Berlin (« (Jraues Kloster »), puis de Danzig, G. 
enlra A la faculty de m6decine, mais prit bien- 
I6t apres la decision de se vouer A la musique ; 
il travaillaalors la composition sous la direction 
d f Ad. Stahlknechl, A Berlin. De 1848 A 1867, il 
fut successivement chef d'orchestre de thedtre 
a Reval, Riga, Cologne, Aix-la-Chapelle, Dus- 

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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



276 



GENERALI — GERBER 



seldorf, Danzig, Mayence, Schwerin, Prague; 
puis, en 1868, fut nomme chef d'orchesire du 
th^&tre « an der Wien », A Vienne, et se retira 
ensuite dans sa villa, A Pressbaum. G. s'est fait 
un nom comme compositeur d'oplras-comiques 
et d'op6rettes ; il £crivit lui-meme les libretti 
(quelques-uns en collaboration avec F. Zell),non 
seulement de ses propres ouvrages, mais de 
plusieurs pieces de J. Strauss, Supp6 et Millce- 
cker. Ses oeuvres les plus connues ou les plus 
rScentes sont: Der Geiger aus Tyrol (1857) 
Der Musikfeind, Die Generalprobe, Rosita, 
Der Schwarze Prinz, Am Runenstein, (en col- 
laboration avec Flotow, 1868), Der Seehadetl 
(1875), Nanon, Im Wimderlande der Pj/rami- 
den, Die letsten Mohikaner, Nisida, Rosina, 
Zwillinge, Die Piraten, Die Dreizehn (1887). 
Le talent prononc^ de G. pour le genre humo- 
ristique apparalt aussi dans ses nombreux 
cboeurs pour voix d'hommes, lieder, duos, etc. 

Generali, Pietro, compositeur d'opSras, n6 A 
Masserano (Pi6mont)le 4 oct. 1783, m. A Novare 
le 3 nov. 1832, vient de bonne heure a Rome, 
avec son p&re qui changea A ce moment son 
nom de Mercandetti contre celui de G., et y de- 
buta, en 1800 dejA, avec GU amanti ridicoli. 
II £crivit ensuite une s6rie de cinquante-deux 
operas pour les theatres de Rome, Venise, Mi- 
lan, Naples, Bologne, Turin, Florence, Lisbonne, 
etc.; citons seulement I baccanali di Roma 
(Venise, 1815) dont le succ£s fut considerable. 
Mais la gloire de Rossini eut bien vite mis dans 
l'ombre le nom de G. Celui-ci accepta, en 1817, 
le poste de chef d'orchestre du theAtre de Bar- 
celone, y fit representor ceux de ses ouvrages 
qui avaient et6 le mieux accueillis et en pr£para 
d'aulres dans lesquels il cherchait A s'appro-^ 
prier le style de Rossini. Quatre ans plus tard, 
G. reparut en Italie, mais ne parvint plus a con- 
quer de nouveaux succ&s. II mourut maitre de 
chapelle de la calh£drale de Novare. F£tis pre- 
tend que Bossini emprunta A G. plus d'une 
toumure harmonique ou modulatoire. Au debut 
et A la fin de sa carri&re, G. ecrivit aussi de la 
musique d'eglise (un oratorio : 11 voto di Jefte, 
des Messes, des psaumes, etc.); mais la vie d&~ 
r^glee qu'il mena lui rendit tout effort serieux 
absol anient impossible. 

Generalpause (all.), v. silence. 

Genet, ElSazar, v. Garpentras. 

Gegenbach, Nicolaus, cantor A Zeitz, natif de 
Kolditz (Saxe), a 6crit un trait6, intitul£ : « Mu- 
sica nova», nevoe Singekunst, soxcohl nach der 
alien Solmisation als auch neuen Bobisation 
Oder Bebisation (1626) 

Gennss, Hermann, n6 a Tilsitt le 6 janv. 1856, 
£16ve deL. Kcehler, d'Alb. Halm et de la femme 
de ce dernier, une pianiste distinguee ; puis 
apres avoir suivi les cours du gymnase, de Kiel, 
Grell et Taubert A TAcademie royale de musi- 
que, A Berlin. II s'etablit comme maitre de mu- 
sique A Lubeck (1877), puis A Hambourg (1880) 
et devinten 1890 professeur de piano etde theo- 
rie au Conservatoire de Sondershausen. L'an- 
nee suivante deja, il prenait la direction du 
Conservatoire Schumacher, a Mayence, entra 



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en 1893 dans le comite de direction du Conser- 
vatoire Klindworth-Scharwenka, A Berlin, et 
fut nomm£,la m&me ann6e,directeur de la tSo- 
ci£t6 philharmonique » de Potsdam. En 1892, G. 
avait recu le titre de membre honoraire de TA- 
cad&mie de Bologne. G. est un compositeur des 
plus zSles (musique de chambre, ceuvres chora- 
les et orchestrales). 

Genus diatonicum, chromaticum, enharmo- 
nicum, les trois genres de la musique antique ; 
v. grecque (musique) V, et les art chroma, dia- 
tonique, enharmonie. 

Gerade Bewegung (all.), mouvement paral- 
lel e; v. mouvement, 1. 

Gerard, Henri-Philippe, n6 A Liege en 176.% 
m. A Versailles en 1848; £leve de Gregorio Bal- 
labene, au College liegeois, A Rome. II s'&tablit 
A Paris en 1788, comme professeur de chant, fut 
nomm£, en 1795, titulaire d'une classe de chant 
au Conservatoire qui venait d'etre reorganise et 
conserva ce poste pendant trente annees conse- 
cutives. G. a publie divers ouvrages : Milhode de 
chant (deux paxiie8),Con$id&ration$ sur la mu- 
sique en general et particulierement sur tout 
ce qui a rapport a la musique vocale, etc. (1819) 
et un Traiti mUhodique enharmonie (1833, 
bas£ sur les principes de Rameau). 

Gerber, 1. Hkinrich-Nikolaus, n£ a Wenin- 
gen-Ehrich,pr£s Sondershausen, le 6 sept 1702, 
m. A Sondershausen le 6 aout 1775; fut, de 1724 
A 1727, etudianten droit de Y University de Leip- 
zig, en m£me temps qu'&eve, pour la musique, 
de J.-S. Bach. II fut d'abord organiste a Herin- 
gen (1728), puis, A partir de 1731, organiste de 
la cour princi6re, A Sondershausen. G. a com- 
post un tr£s grand nombre d'oeuvres pour cla- 
vecin (concertos, suites, menuets) et pour orgue 
(trios, chorals figures, preludes et fugues, con- 
certos, inventions), qui toutes rest&rent manus- 
crites. H a aussi cherch£ A apporter divers per- 
fectionnements dans la facture de l'orgue et a 
construit une sorte de xylophone a clavier. Son 
fils est le c£l£bre lexicographe allemand : — 2. 
Ern8t-Ludwig, fils du pr£c£dent, n£ A Sonders- 
hausen, le 29 sept. 1746, m. dans la m£me ville 
le 30 juin 1819 ; re^ut d'excellentes lecons de 
musique de son p&re qui, cependant, Tenvoya 
plus tard A Leipzig en vue d'etudes juridiques, 
mais Tatmosph^re musicale de cette ville ne 
fit qu'affermir en G. l'amour de Tart D se fit en- 
tendre frequemment, soil dans les cercles pri- 
ves, soit en public, comme violoncelliste ; mais 
la sante chancelante de son p^re Tobligea de 
rentrer A Sondershausen, oil il supplea d'abord, 
puis, en J.775, rempla^a son p^re. II mourut lui* 
m A me apres quarante-trois annees de services 
continus et devours. Le d^faut de ressources 
pecuniaires emp^cha G> d'entreprendre les 
grands voyages qu'eussent necessity r£ellement 
ses travaux lexicographiques commences de 
bonne heure ; il dut par consequent se borner 
presque toujours A utiliser les seules ressources 
de sa bibliotheque litt£raire et musicale parti- 
culi^re ou les quelques ouvrages que son edi- 
leur Breitkopf pouvait mettre A sa disposition. 
C^st ainsi que fut ecrit, au milieu de circons- 

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GERBEKT — GERLACH 



277 



lances particulierement difficiles, en une localite 
61oign&e de tout commerce international, son 
Historisch - biographisches Lexikon der Ton- 
Mustier (1791 et 1792 ; 2 vol.). Ge dictionnaire 
ne devait etre primitivement, dans l'idee de son 
auteur, qu'une continuation de la partie bio- 
graphique de l'ouvrage de Walter; il etait issu 
d'une s&rie de notices biographiqnes destinies 
& accompagner des portraits de musiciens dont 
le nombre avait augments graduellement. G. 
fat amene de cette fa<;on a ajouter & son ou- 
vrage divers supplements : un catalogue de 
tons les portraits de musiciens qui ltd etaient 
connus (gravure sur bois et sur acier, silhouet- 
tes, peintures, medallions, bustes, statues), des 
notices sur les orgues ceiebres dont il existe des 
croquis ou des dessins, enfin une liste des in- 
ventions modernes les plus importantes dans le 
domaine de la facture instrumental, le tout se 
rapportant plus on moins directement aux bio- 
graphies qui forment le fond de l'ouvrage. La 
publication de cet ouvrage attira les regards 
du monde musical sur G., chez lequel afferent 
de toutes parts les materiaux compiementaires 
pour une seconde Edition ; l'ouvrage bibliogra- 
phique (« Litteratur >, 1792), que Forkel publia 
alors lui fournit une quantity considerable de 
renseignements precieux. Tout ceci decida G. a 
faire paraltre, non pas une nouvelle edition, 
mais un ouvrage suppiementaire, qui du reste 
depassa de beaucoup le premier en etendue : 
Neues historisch - biographisches Lexikon der 
Tonhunstler (1812-1814 ; 4 vol.). Ce nouvel ou- 
vrage est pourvu, comme le premier, d'un ca- 
talogue de portraits et de notes sur les instru- 
ments. Sans atteindre la valeur de la « Biogra- 
phic universelle » de Fetis, les ouvrages de G. 
ont, pour l'Allemagne surtout, une tres grande 
importance, car ils n'ont ete reproduits que tres 
imparfaitement paries lexicographes ullerieurs. 
Le « Musikalisches Konversationslexicon » de 
Mendel-Reissmann ne saurait meme les rem- 
placer, le cdte bibliographique y etant trop sa- 
crifie au cdte purement biographique et la mise 
an point en etant trop inegale. II faut noter de 
G., en plus de ses dictionnaires, un certain 
nombre d'essais paras dans les revues suivan- 
tes : « Allg. Musikalische Zeitung » (annees II a 
IX), «Litterarischer Anzeiger • (1797), «Deutsche 
Jahrbttcher* (1794). En faitde compositions, G. 
n'a ecrit que des morceaux pour piano et pour 
orgue et quelques pieces pour musique d'harmo- 
nie. B vendit dej& de son vivant sa fort belle 
btbliotheque,pour la somme de deux cents louis 
d'or, a la Societe des Amis de la musique de 
Vienne : mais 11 en conserva l'usage jusqu'a sa 
mort et continua & l'enrichir d'une facon toute 
desinteressee. 

Gerbert (von hornau), Martin, prince-abbe 
de Saint-Blaise, ne & Horb s. le Neckar le 11 
aofit 1720, m. k Saint-Blaise le 18 mai 1793; 
£tait entre, en 1786, dans l'ordre de Saint- 
Benott, et etait parvenu, en 1764, au rang de 
prince-abbe du couvent de Saint-Blaise. Char- 
ge de Vadministration de la riche bibliotheque 
du convent, 6. se plongea dans les etudes 



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d'histoire ecciesiastique et plus particuliere- 
ment encore d'histoire musicale ; il prit pour 
objet special de ses recherches Thistoire du 
chant religieux au moyen age. En 1760, G. en- 
treprit un grand voyage d'etudes, parcourut 
l'Allemagne, la France et l'ltalie, fouilla prin- 
cipalement les bibliotheques de convents et 
rentra charge d'une riche collection de copies 
de traites du moyen age sur la musique. A Bo- 
logne, il noua des relations amicales avec le 
pere Martini, en sorte que les deux savants 
historiens purent echanger les tresors de leur 
riche experience. Le premier fruit de ces etu- 
des apparut sous la forme d'un recit de voyage: 
Iter allemannicum, accedit Italicum et Gatli- 
cum (1765, 2« ed. 1778; ed. all par Kcehler, 
1767) ; puis vint, en 1774, un ouvrage de la plus 
haute importance : De cantu et musica sacra, a 
prima ecclesiae estate usque ad prcesens tern- 
pus (2 vol), et enfin, en 1784 : Scriptores eccle- 
siastid de musica sacra potissimum (8 vol.). 
L'apparition de ce dernier ouvrage fit grand 
bruit et se reveia comme etant de la plus 
grande utilite pour retude de l'histoire de la 
musique, au moyen age ; cette vaste collection 
de traites permet, en effet, & tous ceux qui se 
trouvent dans Timpossibilite de profiter de 
grandes bibliotheques ou d'entreprendre de 
longs voyages, d'etudier commodement une 
grande partie des auteurs anciens. Cette antho- 
logie renferme des traites de : Isidore d'Espa- 
gne, Flaccus Alcuin, Aureiien de Reome, Remi 
d'Auxerre, Notker, Hucbald, Begino de Prum, 
Odon de Clugny, Adelboldus, Eernelinus, Guy 
d'Arezzo, Berno de Reichenau, Hermann Con- 
tract, Guillaume de Hirschau, Theogerus de 
Metz, Aribon recol&tre, Jean Cotton, Bernard 
de Clairvaux, Gerlande, Eberhard de Fleisin- 
gen, Englebert d'Admont, Aegidius de Zamora, 
Krancon de Cologne, Elias Salomonis, Mar- 
chettus de Padoue, Jean de Muris, Arnoulf de 
St-Gilles, Keck de Giengen, Adam de Fulda, 
ainsi qu'un grand nombre de petits traites ano- 
nymes, parti culierement sur les mesures des 
tuyaux d'orgue (cf. tous les noms cites plus 
haul). G. a reproduit tous ces traites avec une 
exactitude absolue, sans corriger m6me les fau- 
tes d'orthographe, ce qui ne rend cette edition 
que d'autant plus precieuse. E. de Coussema- 
ker (v. ce nom) a fourni recemroent une conti- 
nuation grandiose de la publication de G., dont 
l'utilite nous semble suffisammeitt d£montree 
par ces quelques lignes. 

Gerlach, 1. Dietrich, ceiebre imprimeur de 
musique, a Nuremberg, fut associe d'abord, de 
1566 a 1571, avec Ulrich Neuber, puis continua 
seul Tentreprise jusqu'a sa mort, survenue en 
1575. Ce fut sa veuve qui lui succeda et resta & 
la tete de la maison jusqu'en 1592. Un catalo- 
gue des ouvrages imprimis par G. a paru & 
Francfort s M, en 1609. — 2. Theodor, ne a 
Dresde le 25 juin 1861, eieve de Wiillner, au- 
teur de lieder, de morceaux de musique de 
chambre, etc. ; a ete chef d'orchestre de theatre 
a Sondershausen, Posen, etc., et vit actuelle- 
ment a Dresde. 

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278 



GERLE — GERSTER 



. Gerle, 1. Konrad, fabricant de laths de Nu- 
- remberg, d6ja ^£l£bre en 1469, m. le 4 d6c. 1521. 
— 2. Hans, probablement un fils du precedent, 
6tait c£lebre A Nuremberg, en 1523 d£j&, aulant 
comme fabricant de laths et de violons que 
comme luthiste, ul en 1570 ; il parvint, comme 
le precedent, A un Age avanc£ (on a consent 
de lni an portrait datant de 1532), et a laisse 
quelques ceuvres en tablature, tres precieuses 
au point de vue hislorique : Lautenpartien in 
der TabtUatur (1530); Musica Teusch auf die 
Instrument der grossen und kleynen Geygen 
auch Lautten, etc. (1532, renferme des indica- 
tions sur le jeu du vioion ; 2« 6d. 1546, sous le 
litre : Musica und Tabulator auff die Instru- 
ment gemert mit 9 teutschen und 38 xcel- 

schen, auch frants6$ischen Liedem und 2 Mu- 
deten); Musica Teusch* ander Teil (1533; re- 
trouv6 en 1886 seulement); enfin, Ein nexces 
sehr hunstliches Lautenbuch, darinnen etliche 
Preamel unnd Welsche TenU, etc. (1552). 

German sixth (sixte allemande), nom que 
les Anglais donnent A l'accord de quinte et 
sixte augments, ace maj. ayec sixte augmen- 
ts, ex. fa taut | reft. Cf. French sixth et sixte 

NAP0L1TAINE. 

Germer, Heinrich, pianiste pedagogue de m£- 
rite, n6 A Sommersdorf (Saxe) le 30 d£c. 1837, 
fr^quenta le s6minaire de regents d'Halberstadt 
et fut lui-m&ne regent pendant quelque temps, 
mais entra, en 1857, dans les classes de compo- 
sition de F Academie de Berlin. Apres avoir et6 
pendant deux ans instituteur dans une famille, 
en Pologne, il s'&ablit A Dresde et y d£ploie 
depuis lors une grande activity comme maltre 
de musique. G. s'est fail avantageusement con- 
naltre par quelques petits ouvrages didacti- 
ques : Die Technik des Klavierspiels (1877; 
id. angl. sous le litre : The Technics of Piano- 
forte-playing; £d. revue par 1'auteur et trad, 
en fran?ais par W. Rehberg, sous le titre : La 
technique du piano, 1890), Musihalische Orna- 
mentik (6galement traduit en frangais, comme 
supplement au precedent, mais public aussi 
s6par6ment: De Vomement musical); Rhyth- 
mische Probleme; Wie spielt man Klavier? 
II a publte en outre une m£thode de piano, 
ainsi que des Editions instructives de sonates 
classiques et d'6tudes (entre autres, un heureux 
choix d'&udes de Czerny). f^ moyen terme 
adopts par G. dans indication du phras& ne 
peut 6tre consid£r6 que comme une malheu- 
reuse tentative, dont le r£sultat, aussi imm&- 
diat que regrettable, fut de favoriser Topposi- 
tion au systSme lui-m6me. 

Gernsheim, Friedrich, ne A Worms le 17 
juil. 1839, entra en 1852 au Conservatoire de 
Leipzig, et partit trois ans plus tard pour Paris, 
dans le but d'y achever ses etudes musicales. 
II fut nomme, en 1861, directeur de musique a 
Saarbrftcken , en 1865, maitre de piano et de 
composition au Conservatoire de Cologne, et 
re^ut, en 1872, du due de Cobourg-Gotha, le 
titre de « professeur ». En 1874, il prit la direc- 
tion du Conservatoire de Rotterdam, puis entra 
enfin, en 1890, dans le corps enseignant du 



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Conservatoire Stern, A Berlin, et devint direc- 
teur du « Stern'scher Gesangverein ». G. est un 
compositeur notable de musique de chambre: 
trois quatuors et un quintette (op. 85) pour 
piano et instr. A archel; des trios, op. 28 et 37; 
Introduction et allegro, op. 38, pour piano et 
vioion ; deuxieme sonate pour vioion, op. 50 ; 
deux quatuors, un quintette pour instr.&archet, 
etc.; mais il a 6crit aussi deux symphonies, des 
ouvertures (Waldmeisters Brautfahrt),\in con- 
certo pour piano et un pour vioion, puis toute 
une s&rie (Toeuvres chorales : Salamis (pour 
voix d'hommes, baryton et orchestre), Hafis 
(voix mixtes, soli et orchestre), Wcechterlied a. 
d. Xeiyahrsnacht 1200 (voix d'hommes et or- 
chestre), Agrippina (sc£ne pour alto-solo avec 
chceur et orchestre), etc. 

Gero, Ihan, (Johann), longtemps identity par 
erreur a Johannes Gallus (v. ce nom, 2), fut* 
d'apres Fetis, maitre de chapelle de la calh£- 
drale d'Orvieto, dans la premiere moitiS du 
xw s. Les Motetti della Corona (1519), de Pe- 
trucci, conliennent quelques motets de sa com- 
position. En outre, on connalt de lui: deux 
livres de madrigaux A trois voix (1541 [1546] et 
1555 [1559}); deux livres de madrigaux et de 
chansons franchises A deux voix (1543 [1552> 
1572] et 1552 [1572, les deux volumes r£unis en 
1582]); ainsi qu'un grand nombre de morceaux 
detaches, dans les anthologies de T£poque 
(trente-deux morceaux, uniquement dans lea 
Trium vocum cantiones centun, de Petrejus,. 
1541). 

Garsbach, Joseph, n6 A Saeckingen le 22 dec 
1787, m. A Carlsruhe, ou il 6tait maitre de musi- 
que au sSminaire, le 3 d6c. 1830; a public des 
recueils de chants d'6cole: Singvoglein (30 
chants A deux voix), Wandervtiglein (60 chants 
A quatre voix). On a encore de lui deux ouvrages 
posthumes, publics par son frgre : Reihenlehre 
oder Begrilndung des musihalischen Khyth- 
mus aus der altgemeinen Zahlenlehre (1832) et 
LiedernacHlass. — 2. Anton, ne A Sseckingen 
le 21 tevr. 1801, m. le 17 aout 1848; fr6re du pr6- 
c£dent, auquel il succ£da dans ses fonctions de 
maitre de musique, A Carlsruhe, a public des 
morceaux instructifs et une methode de piano,, 
des chants d'ecole, des quatuors pour voix 
d'hommes et pour voix mixtes, un supplement 
au « Singvoglein » de son frere et un traits inti- 
tule : Tonlehre oder System der elementari- 
schen Harmonielehre. 

Gerson, Jean-Charlier de, n£ A Gerson, pr£s 
Rethel, le 14 d6c. 1363, chancelier de TUniver- 
sit6 de Paris, m. A Lyon le 12 juil. 1429; savant 
th£ologien (Doctor christianissimus), parmi 
les ceuvres (1706) duquel se trouvent quelques 
trails se rapportant A la musique : De lauds- 
musiceSy De canticorum originali ratione et 
De disciplina puerorum. 

Gerster, Etelka (M»« Giardini-G.), cantatrice 
scenique (soprano aigu) distingu^e, n^e A Caa- 
sovie (Kaschau), en Hongrie, en 1855; ^l^ve de 
M m « Marchesi au Conservatoire de Vienne 
(1874-1875), d^buta en 1876 A Venise, dans les 
r61es de Gilda(R^o/^«o), puis d'OpWlie (flam- 
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GERVASONI — GEVAERT 



279 



let\ et chanta ensuite k Marseille, Gftnes, Ber- 
lin (1877, au theAtre Kroll), Londres, etc. Elle 
epousa, en 1877, son impresario Giardini qui 
1'accompagna des lors dans loutes ses tour- 
n£es (1878, 1883 et 1887 en Amerique, etc.). 

Gervasoni, Carlo, ne k Milan le 4 nov. 1762, 
m. dans la ra^me \Ule le 4 juin 1819; pendant 
de longues ann&es maltre de chapelle d'une 
eglise de Borgo Taro, membre de l'AcadSmie 
des sciences et des arts d'ltalie, a fait paraitre 
quelqnes ouvrages theoriques ; Scuola delta 
musica (theorie 61ementaire, 1800); Corteggio 
musicale (\eitres sur l'ouvrage prudent, 1804); 
Suava teoria di musica ricercaia daW odier- 
na pratica (1812). 

(Servians, GEORG-GoTTFRiED,c£16brehistorien 
litt£raire allemand, n6 a Darmstadt le 20 mai 
1805, m. a Heidell)erg, oil il Malt professeur k 
FUniversite, le 18 mars 1871; grand admira- 
teur de Haendel, a puissamment contribu6 k 
r^rection de son monument, k Halle, et a la 
fondation de 1' « Association Hsendel », k Leip- 
zig. II exprima du reste sans reserves son ad- 
miration , dans un ouvrage intitul6 : Hamdel 
und Shakespeare. Zur JSsttietik der Ton- 
kunst (1868). Sa veuve, Viktorine, nee en 1820, 
m. a Heidelberg le 2 juin 1898, a public un 
choix de morceaux, pour chant et piano, ex- 
traits des operas et des oratorios de Hsendel et 
formant une suite .logique pour Tenseignement 
du chant et du piano (1892). 

Ges (all.), sol b&mol; geses, sol double-be- 
moL 

Gesellschaft Mr Musikforschung (Associa- 
tion POUR LE8 REGHERCHE8 MUSIGALES). A8SOCia- 

tion allemande fondle en 1868, k Berlin, par 
Franz Commer (president) et Rob. Eitner (se- 
cretaire), rend de pr£cieux services principale- 
ment par des recherches s£rieuses sur la musi- 
que des xv«, xvi* et xvn* s. L'organe mensuel 
de rassociation, r6dige par Rob. Eitner, parait 
sous le titre Monalshefte fur Musihgeschichte; 
il a fourni non seulement une quantity consi- 
derable de materiaux biographiques et biblio- 
graphiques pour l'histoire de la musique, mais 
aussi des traductions allemandes du Microlo- 
gus de Guy d'Arezzo, de la Musica enchiriadis 
dHucbald, etc. et des reproductions ou tran- 
scriptions de nombreux ouvrages des xvi* et 
xvn* s. : Spiegel der Orgelmacher und Orga- 
nisten (1511) et Orgel- und Laulentabulatur 
(1512)d f ArnoldSchlick,5^tei«>t^(1644)deStaden, 
Syntagma musicum (2 m « vol. 1618) de Prato- 
rius, etc Enfin les Publikationen cellerer prah- 
tischer und theoretischer Musihwerhe ( publi- 
cations d'ouvrages anciens de pratique et de 
theorie musicales), 6galement r6dig£es par Eit- 
ner, ont fourni de nouvelles Editions d'une quan- 
tity d'oeuvres : 115 xceliliche und einige geist- 
liche Lieder (1544), de Joh. Ott; Musica ge- 
tutscht (1511), de Virdung; Lustgarien (1601), 
de H.-L. Hasler; Liederbuch (1512), d'CEglin; 
des pieces vocales detachSes de Heinrich Finck 
et de Hermann Finck; Wittenbergisch Geisl- 
itch Oesangbuch (1524), de Joh. Walter; Neue 
geistliche und xceliliche Lieder (1589), de Joh. 



Eccard; Deutsche dreistimmige Lieder, de Jak. 
Regnart; un choix d'ceuvres de Josquin de 
Pr&s; enfin toute une serie d'anciens operas 
(Eur\dice y de Caccini: Dafne, de Gagliano; 
Orfeo, de Monteverde; Giasone, de Cavalli; 
Dori. de Gesti; Armide, de Lully; Rosaura, de 
Scarlatti). 

Gesius (de son vrai nom Gcess), Bartholo- 
mews, n6 k MCtncheberg, pres Francfort s O., 
en 1555 environ (son p&re mourut en 1557); 
<Hudia la theologie, mais fut, de 1595 jusqu'& 
sa mort survenue en 1613, cantor k Francfort 
s/O. (f. « Monatshefte ftir M.-G. » XVI, 105). G. 
&tait estim£ tant comme compositeur que comme 
theoricien. II a public : une Passion selon St- 
Jean, de deux k cinq voix (1588); Teutsche 
geistliche Lieder (1594, k quatre voix); Hymni 
5 vocum (1595); Hymni scholaslici (1597; 2"» 
6d. augments, sous le titre Melodiae scholas- 
ticae, 1609); Psalmus C (1608); « Enchiridium » 
etlicher deutscher und lateinischer Gesengen f 
etc. (1603, k quatre voix); lepsaumecvm (1606, k 
dix voix); le psaume xc (1607, a cinq voix); Me- 
lodiae 5 vocum (1598); Psalmodia choralis 
(1600); GeistlicJie deutsche Lieder D* Lutheri 
und andrer frommer Christen (k quatre voix, 
1601 [1607, 1608, 1616]; &>• partie, en deux vo- 
lumes, 1605); Hymni patrum cum cantu (1603); 
Christliche Musica (invocations, 1605); Christ- 
liche Choral- und Figuralgesasnge (1611); Can- 
tiones ecclesiasticae (deux parties, 1613); Can- 
tiones nuptiales 5, 6. 7 et plurium vocum 
(1614); Motettae latinchgermanicae (1615); Fas- 
ciculus etlicher deutscher und lateinischer 
Motetten auf Hqphseiten und Ehrtage (1616, 
de quatre k huit voix); Missae 5, 6 et plu~ 
rium vocum (1621); Vierstimmiges Hand- 
biichlein(l&&l); Teutsche und lateinische Hoch- 
seitsgesange (1624, de cinq k huit ou k un plus 
grand nombre de voix). Le traite de theorie 
musicale du m&me auteur, autrefois fort re- 
pandu, est intitule : Synopsis musicae pracU- 
cae (1609 [1615,1618]). 

Gesualdo, Don Carlo, prince de Venosa, Tun 
des musiciens les mieux dou£s el les plus in- 
telligents de l'6poquedes « Nuove musiche »,de 
la p6riode d'enfantement de la musique mo- 
derne. G. sut se placer au-dessus des regies 
pedantes des theoriciens de son temps ; il fit 
usage d'harmonies dont la richesse inouie ne 
peut s'expliquer ni par les modes ecclesiasii- 
ques alors en cours, ni par le majeur et le mi- 
neur qui s'implant£rent peu apr&s, mais seu- 
lement par le syst&me de la tonality libre 
moderne. G. fait partie du groupe dit des 
« chromatiques » (cf. Rore, Banchieri, Vicen-, 
tino); il d^couvrit sa voie en se laissant aller k 
la manie du jour qui consistait k vouloir re- 
mettre en usage les modes chromatique et 
enharmonique des Grecs. On n'a conserve de 
lui que six livres de madrigaux k cinq voix, 
dont cinq avaient paru en parties s^parees en 
1585 dej&, tandis que la collection complete, 
mise en partition, fut publiee en 1613, par Si- 
mon Molinara. 

Gevaert, Francois- A uguste, savant musico- 



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280 



GEWANDHAUS 



GEYER 



graphe de la plus haute valeur et compositeur, 
n6 AHuysse, pres Audenarde, le 31 juil. 1828; 
entra en 1841 au Conservatoire de Gand et 
devint k Ykge de quinze ans d£ja organiste de 
l'6glise des JSsuites de cette ville. En 1847, une 
cantate flamande, Belgie, de sa composition fut 
couronn&e, et la m&me ann£e encore, il obtint 
le « premier grand prix de Rome ». Le gouver- 
nement l'autorisa cependant, vu son jeune Age, 
k renvoyer jusqu'en 1849 le voyage d'etudes 
obligatoire; il en proflta pour composer avec 
z£le et donna entre autres deux operas, Tun k 
Gand (Rugues de Somerghen) sans grand sne- 
ers, l'autre k Bruxelles (La comedie d la ville) 
oix la r6ussite fut de beaucoup meilleure. G. se 
rendit, en 1849, d'abord k Paris qu'il ne quitta 
que 1'annSe suivante, emportant la commande 
d'un op£ra pour le Theatre lyrique; il v6cut 
aiors pendant une ann£$ en Espagne, d'od il 
adressa k l'Academie de Belgique un Rapport 
sur la situation de la musique en Espagne (cf. 
les annales de J'Acad6mie de Bruxelles, 1851). 
Apr&s un court s6jour en Italie, puis en Alle- 
magne, il rentra k Gand au printemps de 185% 
pour aller sMtablir peu apr£s k Paris. Le Thea- 
tre lyrique monta alors plusieurs ouvrages du 
jeune musicien : Georgette (opera-comique en 
un acte, 1853), Le billet de Marguerite (trois 
actes, 1854) dont le succes fut assez grand pour 
que l'ouvrage fit ensuite son tour de France, et 
Les lavandieres de Santaretn (1855); rOp6ra- 
Gomique donna plus tard : Quentin Durward 
(1858), Le diable au moulin (1859), Le chdteau- 
trompette (1860), La potUarde de Caux (1861, 
en collaboration avec Bazille, Clapisson, Gau- 
tier, Mangeant et Poise) etLe capitaine Henriot 
(1864); enfln le th&ttre de Baden-Baden : Les 
deux amours (1861). G. offrit un ouvrage k 
l'Op^ra, celui-ci le refusa mais nomma l'auteur, 
en 1867, directeur de musique de rOp&ra. Ce- 
pendant G. s'&tait vou6 de plus en plus k 1*6- 
tude de l'histoire et de la throne musicales, il 
avail d6j& public : Leerboek van den Grego- 
riaenschen sang (1856) et Traite (Tinstrumen- 
tation (1863), et fit paraltre peu aprds un choix 
de morceaux extraits des operas, cantates, etc. 
d'auteurs du xvh« et du xviii* s., pourvus d'un 
ace. de piano et de notes, sous le titre : Les 
gloires de V Italie (18G8), un Vade mecum de 
V organiste, des Transcriptions classiques pour 
petit orchestre et divers essais dans les jour- 
naux speciaui (entre autres une polemique con- 
tre le systeme harmonique de Fetis, dans la 
« Bevue et Gazette musicale », de Paris). Le 
si&ge de Paris, en 1870, obligea G. k rentrer 
dans sa patrie, ou il fut nomm£ lannee suivante 
d6j&, k la mort de F6tis, directeur du Conser- 
vatoire royal de Bruxelles. C'est k partir de ce 
jour que parurent les publications les plus re- 
marquables du savant musicien et, entr'autres, 
la plus importante de toutes : Bistoire et tMo- 
rie de la musique de Vantiquite (deux forts vo- 
lumes, 1875 et 1881); il faut citer en outre : Re- 
cueil de chansons du xv e s. (en collaboration 
avec G. Paris qui rSdigea le texte, tandis que G. 
s'occupait de la transcription en notation mo- 



deme, 1875); une nouvelle edition enticement 
refondue et consid£rablement augments du 
traits d'instrumentation qui parut cette fois en 
deux parties : Nouveau traite d 'instrumenta- 
tion (1885; gd. all. par Hugo Biemann, 1887) et 
Cours methodique d 9 orchestration (1890), un 
ouvrage qui tend k remplacer avantageusement 
celui de Berlioz sur le m£me sujet ; Les origi- 
nes du chant liturgique (1890; 6d. all, par Hugo 
Riemann) dont les diverses theses renversent 
entierement la tradition des nitrites de Gregoire 
le Grand, dans le domaine du chant ecclesias- 
tique; enfin la suite en meme temps que le com- 
plement, non moins important, de 1' « Histoire 
et theorie de la musique de l'antiquite » : La 
melopie antique dans le chant de CEglise la- 
tine (1895). En fait de compositions, il convient 
de noter en plus des oeuvres d£j& mentionnees 
Super flumina Babylonis, pour voix d'hommes 
et orchestre; Fantasia sobre motivos espaholes, 
pour orchestre ; Missa pro defunctis, pour voix 
d'hommes et orchestre; DenationcUe verjaer- 
dag (1857), cantate de fete; d'autres cantates: 
Le retour de Carmfe (execute k l'OpSra de 
Paris, en 1859) et Jacques van Artevelde; des 
ballades (Philipp van Artevelde), des melodies, 
des oeuvres chorales, etc. 

Gewandhaus (all. halle aux tissus). Les con- 
certs du G. (ou aussi Grosses Konzert), k Leip- 
zig, sont ainsi nomm£s par le fail que l'ancien- 
ne salle de concerts se trouvait dans le b&timent 
qui servait autrefois de halle aux tissus ; ces con- 
certs existent depuis 1781, sous leur forme actu- 
elle, et furent fond6s par le bourgmestre K.-W. 
Muller qui constitua un comity de direction de 
douze membres. La premiere s6rie se composa 
de vingt-quatre concerts en abonnement et fut 
plac£e sous la direction musicale de Joh.-Ad. 
Hiller. Aujourd'hui. ces concerts ont lieu tons 
les jeudis soirs, du commencement d'octobre k 
la fin de mars, et sont au nombre de vingt-deux 
(y compris deux concerts k b&n^fice). Les con- 
certs du G. ont 6t6 successivement diriges par 
J.-A. Hiller, J.-G. Schicht. J.-P.-C. Schulz,C.-A. 
Pohlenz, Mendelssohn, Ferd. Hiller, Gade, 
Rietz, Reinecke,Nikisch (cf. ces diflferents noma). 
Des concerts par abonnement avaient 6te d£j& 
organises, de 1743 k 1756, par Doles dans la 
salle des « Drei Schwanen » sur le Brtthl, et de 
1768 k 1778 par J.-A. Hiller au « Koenigshaus » 
(Liebhaberkonzerte) ; ces entreprises peu vent 
£tre considerees toutes deux comme des pr^cur- 
seurs des concerts du G. Alfred Doerffel a pu- 
blic un historique de ces concerts, pour le cen- 
tenaire de leur fondation (1881). Le « nouveau 
G. », un Edifice aussi luxueux que pratique, a 
iti inaugurS du 11 au 13 d£c. 1884 par un grand 
festival musical. 

Gayer, flodoard, n6 k Berlin le l w mars 
1811, m. dans la m^me ville leBO avr. 1872; £tu- 
dia d'abord la th&ologie puis, sous la direction 
de Marx, la composition. II fonda, en 1842, et di- 
rigea pendant nombre d*ann6es 1* « Akademi- 
scher Miennergesangverein » ; membre fonda- 
teur de l'Association des musiciens berlinois,il 
jouissait de la plus haute estime,autant comme 



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GHELUWE — GIANETTINI 



281 



pedagogue que comme critique musical «Spener- 
sche Zeitung »; € Neue Berliner Musikzeitung »; 
Deulscher Reichsanzeiger »). En 1851, G. fut 
nomm& maltre de thSorie musicale, an Con- 
servatoire Kullak-Stem ; il conserva son posie, 
apris le depart de Kullak, jusqu'en 1866. II avait 
recu, en 1856, le tilre de • professeur ». G. a pu- 
blic un ouvrage th&irique: Kompositionslehre 
<l w part 1862) ; il est en outre l'auteur de plu- 
sieurs operas, d'un m&odrame lyrique : Maria 
Stuart (alto solo, choeurs et orchestre), de sym- 
phonies, symphoniettes, d'ceuvres de musique 
religieuse et de musique de chambre, de lieder, 
etc, mais presque toutes ces partitions sont res- 
tees manuscrites. On en trouvera la liste com- 
plete dans l't Echo », journal de musique berli- 
nois, de 1873, 23-24. 

Gbeluwe, lodbwyk Tan, n6 a Wanneghem- 
Lede, prds Audenarde, le 15 sept. 1887, 61£ve 
du Conservatoire de Gand ; obtint, a la suite 
d'un rapport qu'il fit sur T6tat des 6coles de 
musique de Belgique, le poste d'inspecteur de 
toutes ces 6coles. En 1870, il fut nomm£ direc- 
teur du Conservatoire de Bruges. G. a com- 
post des cantates : De icind, Van E\jcky etc. 

Gheyn, Matthias van den, n6 a Tirlemont 
(Brabant; le 7 avr. 1721, m. a Louvain le 22 juin 
1785 ; fut pendant nombre d'ann£es organiste 
de l'&glise Saint-Pierre (a partir de 1741) el ca- 
rillonneur municipal (k partir de 1745), a Lou- 
vain. D a public Fondements de la basse conti- 
nue (deux lemons et douze petites donates pour 
orgue, ou clavecin, et violon, ces dernieres aussi 
&6par6ment); six divertissements pour clavecin 
(env. 1760), des morceaux pour orgue et pour 
carillon ;mais beaucoup d'autres ouvrages sont 
restte manuscrits. G. 6tait Torganiste et le ca- 
rillonneur le plus r6put6 de toute la Belgigue; 
cf. Eiewyck, M. van den Gheyn. 

Ghiaelin(GHisELiNG; Ghisblinus), jban, con- 
trapontiste n£erlandais du xv»« au xvi me s. Van 
der Straeten suppose que G. est identique a Ver- 
bonnet, mais en tous cas pas a Ghiselin Ban- 
kers (v. ce nom). Petrucci a imprim& cinq Mes- 
ses de cet auteur, dans le Missae diversorum 
(1508) et cinq motets dans le vol. iv des Motelii 
delta Corona (1505). Glarean (Dodekachordon 9 
218) donne de lui un fragment, comme exemple 
de la superposition de diflferentes esp&ces de 
mesures. 

Ghiftlanxoni, Antonio, n6 a Lecco le 25 nov. 
1824, m. k Caprino Bergamasco le 16 juil 1898; 
fut d'abord chanteur scfoiique (baryton), mais 
8e voua ensuite k la earri&re litteraire. D a r£- 
digS pendant longtemps la Gazetta musicale 
di Milano et 6crit toute une s£rie d'excellents 
libretti (Aula, de Verdi; Lituani, de Ponchielli; 
etc), ainsi que des nouvelles, etc 

Ghiieghem, v. Heyne. 

Ghiuolo, Giovanni, moine franciscain, natif 
de Brescia, fut maltre de chapelle k Ravenne, 
Milan et Venise et publia de nombreuses cpu- 
vrea : deux livres de madrigaux k cinq voix 
(1608 et 1619), quatre livres de motets k quatre 
voix; trois livres de « canzonet te • k trois voix; 
des psaumes de v A pres a huit voix (1609); des 



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v A pres et une Messe k quatre voix; des Con* 
certi k quatre voix (1611); des psaumes a cinq 
voix avec basse (1618); une Messe, des psau- 
mes, une litanie, des faux-bourdons, etc de cinq 
k neuf voix (1619), une Messe, des « completo- 
ria » et des antiennes a cinq voix (1619); des 
psaumes, des Messes et des faux-bourdons k 
quatre voix (1624), des « completoria » et des 
litanies k cinq voix. 

Ghymers, Jules-Eugene, n6 a Li&ge le 16 
mai 1885, £16ve de Ledent (piano) et Daussoi- 
gne-M&hul (composition), au Conservatoire de 
Li£ge; excellent musicien et pedagogue, pro- 
fesseur de piano au Conservatoire de Li&ge, 
chroniqueur musical de la Gazette de Likge et 
collaborates assidu du Guide musical Des 
morceaux pour piano, de sa composition, et 
une « histoire du piano » sont encore manus- 
crits. 

Ghys, Joseph, violonisle, n£ a Gand en 1801, 
m. a St-P6tersbourg le 22 aoftt 1848; 616ve de 
Lafont, fut professeur de violon a Amiens et k 
Nantes, et fit de grandes tourn£es de concerts 
en France (1882 et plus tard), en Belgique (1885), 
en Allemagne et en Autriche (1887). D mourut 
au cours d'une longue tournSe de concerts dans 
le Nord de TEurope, k St-P6tersbourg. Ses oeu- 
vres sont les suivantes : variations pour violon 
avec accompagnement de piano ou d'orchestre; 
une 6tude, Lorage y pour violon seul; un ca- 
price, Le mouvement perpituety pour violon et 
quatuor d'instr. a archet; divers morceaux de 
concert; un concerto (r6 majeur); des roman- 
ces, etc. 

Giacche, Giachetto, v. Berchem et Buus. 

Giacomelli, Geminiano, n6 k Parme en 1686, m. 
dans la m&me ville,ou il avait 6t6 nomme direc- 
teur de la musique du due, le 19 janv. 1748. Son 
premier op6ra Ipermnestra recut a Parme, en 
1704, un accueil assez favorable pour que le due 
regnant eut l'id6e d'envoyer G., k ses frais, tra- 
vailler a Naples, sous la direction de Scarlatti. 
G. devint plus tard Tun des compositeurs d'opi- 
ras les plus goftt^s de lltalie. D fut pendant 
plusieurs ann£es attach^ au service de la cour 
imp&riale de Vienne, mais 6crivit ensuite, de 
nouveau, un quantity d'ouvrages pour les th£&- 
tres de Naples, Venise et Turin. Son Cesare in 
Egitto (1735, Turin) passe pour £tre sa meil- 
leure oeuvre. G. a 6crit de plus quelques airs de 
concert avec « continuo » et le psaume vm pour 
deux tenors et basse. 

Gianelli, abb6 Pietro, n6 en Frioul vers 
1770, v£cut a Venise et mourut probablement 
en 1822. II a £crit plusieurs ouvrages : Disio- 
nario delta musica sacra e profana etc. (1801, 
3 vol. ; 2 m « £d. 1820, le plus ancien dictionnaire 
musical italien, contient aussi des biographies); 
Grammatica ragionaia delta musica (1801 ; 2 m « 
£d, 1820); enfln Biografia degli nomini illustri 
delta musica (avec portraits; la 1™ livraison 
seulement, 1822). 

Gianettini (Zanettini), Antonio, n£ a Venise 
en 1(>49, m. a Modene, comme maitre de cha- 
pelle de la cour, a la fin d'aout 1721: a ecrit 
plusieurs operas pour les theatres de Venise 

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282 



GIAXOTTT — GIBERT 



de Bologne et de Mod&ne. Deux de ces ouvra- 
ges : Medea et Hermione, traduits en allemand, 
furent aussi represents A Hambourg (1695). 
Quant A un autre ouvrage : La schiava fortu- 
nate, qui lui a £te attribue A tort, il est en rea- 
lity de Cesti et P.-A. Ziani. Quelques oratorios 
(entre autres : La morte di Christo, Vienne, 
1704) et des cantates de G. sont rest&s manus- 
crits; des psaumes A quatre voix, avec accom- 
pagnement instrumental, ont paru en 1717. 

Gianotti, Pietro, ne A Lucca, contrebassiste 
de l'orchestre de l'OpSra, a Paris, m. le 19 juin 
1765; a 6crit des sonates de violon, des duos, 
des trios, des sonates de violoncelle, des duos 
pour musettes ou vielles, etc., puis un Guide 
du compositeur (1759, traite de basse fonda- 
mentale, d'apr&s le sysl&me de Rameau). 

Giardini, Felice de, cel£bre violoniste vir- 
tuose et compositeur d'oeuvres pour son instru- 
ment, ne A Turin, m. 4 Moscou le 17 dec. 1796; 
Here de Paladini, A Milan (piano, chant, com- 
position) et de Somis, A Turin (violon), fit par- 
tie, comme violoniste, de divers orchestres de 
theatre, A Rome, puis de Torcbestre de San 
Carlo, A Naples. Un soufflet que lui administra, 
dit-on, Jomelli, le guerit pour toujours de la 
manie qu'il avait de surcharger les opuvres 
d'omements de mauvais gout. II s'&tablit A Lon- 
dres vers 1750, y regut un brillant accueil et oc- 
cupa la premiere place jusqu'au moment de 
Tarriv^e de Salomon et de Kramer. De 1748 A 
1749, il 8'&tait fait entendre avec grand succes 
d&j&, A Paris; son jeu se distinguait surtout 
par le brillant et l'absolue justesse de l'intona- 
tion. II fut appel6 A succeder A Festing, en 
1752, comme violon-solo de TOpSra italien de 
Londres qu'il prit du reste, en 1756, pour son 
propre compte. Malgre les pertes considera- 
bles qu'il eut A subir dans cette entreprise, G. 
essaya encore, de 1763 A 1765, du metier de 
c manager », mais il se voua ensuite de nou- 
veau A la carri&re de virtuose et remplit les 
fonctions de violon-solo dans les concerts du 
Pantheon et A l'Op£ra italien. n partit en 1784 
pour Tltalie, mais revint A Londres six ans 
plus tard, comme impresario d'une troupe d'o- 
p&ra-comique (Haymarket) et, le succes ne r6- 
pondantpasd. son attente,condnisit cette troupe 
A Moscou, ou il mourut Outre cinq operas don- 
nes A Londres (1756-1764) sans grand retentis- 
sement, G. a &crit un oratorio : Ruth, des soli 
pour violon, des duos, des trios et douze qua- 
tuors pour instr. a aychet, six quintettes avec 
piano, six sonates pour violon et piano et onze 
concertos de violon. 

Gibbons, 1. Edward, n£ A Cambridge vers 
1570, bachelier en musique de l'UniversitS 
de S3 ville natale et de celle d'Oxford, orga- 
nist^ de la cathedrale de Bristol, puis d'Exeter, 
etait un vieillard de quatre-vingts ans passes, 
lorsque Cromwell eut le courage de le bannir 
pour avoir offert A Charles I er une somme de 
mille livres sterl. Les biblioth^ques d'Oxford 
et du Musee britannique conservent les ma- 
nuscrits de plusieurs ceuvres de G. — 2. Or- 
lando, Tun des plus remarquables composi- 



teurs de TAngleterre, frdre du prudent, n6 A 
Cambridge en 1583, m. le 5 juin 1625; devint en 
1604 organiste de « Chapel Royal », en 1622 ba- 
chelier, puis docteur en musique de TUniver- 
sit£ d'Oxford, en 1623 organiste de l'abbaye de 
Westminster, puis mourut de la verole A Can- 
terbury od il 6tait accouru pour Tex^cution de 
Toeuvre qu'il avait ecrite* pour les ceremonies 
du mariage de Charles !•'. Ses ceuvres gravees 
sont les suivantes : Fantasies, A trois parties, 
pour violes (1610, la premiere oeuvre, en An- 
gleterre, grav6e sur cuivre; cf. Vbrovio); des 
morceaux pour virginal, dans un recueil inti- 
tule Parthenia (1611; avec Byrd et Blow) et 
r££dites, ainsi que Toeuvre pr&c£dente, en 1843- 
1844, par la « Musical Antiquarian Society » ; 
des madrigaux et des motets A cinq voix (1612); 
diverses ceuvres de musique religieuse (an- 
thems, hymnes, preces, services, etc) dans 
leaves or lamentations of a sorrowfull soule 
(1614) de Leigthon , Hymns and songs of the 
church de Wither, Church music de Barnard, 
et Cathedral music de Boyce. Ouseley a publie 
quelques autres oeuvres. en 1873, d*apr£s les. 
manuscrits conserves. Son fils — 3. Christo- 
pher, n£ A Londres en 1615, m. le 20 oct. 1676* 
devint en 1640 organiste A Westminster, entra 
quatre ans plus tard dans l'arm£e des royalis- 
tes et fut nomme, en 1660, organiste de « Cha- 
pel Boyal », de la cour de Charles II et de l'ab- 
baye de Westminster. En 1664, l*Universit& 
d'Oxford lui oflfrit, par decret royal, le titre de 
D* mus. On n*a de lui que quelques motets ma- 
nuscrits et dans les Cantica sacra (1674) de 
Playford. 

Gibel (Gibelius), Otto, n6 dans Tile Fermera 
(Schleswig-Holstein) en 1612, fut conduit tout 
jeune A Brunswick, par des parents qui le sau- 
v£rent ainsi de la peste, et regut dans cette 
ville des lemons de musique de H. Grimm. H 
devint en 1634 cantor de Stadthagen (Lippe), 
en 1642 cantor de Minden ou il mourut, comme 
recteur d'ecole, en 1682. G. a 6crit divers trails 
et de la musique : « Seminanum modulatoriae 
vocalis », das ist ein Pftanz-Garten der Sing- 
hunst (1645, 1657); Kurtser jedoch griind- 
licher Bericht von den vocibus musiccdibus 
(1659: solmisation et bobisation); Introduction 
musicae theoriae didacticae (1660); Proposi- 
tions mathematico-musicae (1666); Geistliche 
Marmonien von '1-5 Stimmen teils ohne teds 
mit Instrumenten (1671). 

Gibellini, Eliseo, ne A Osimo (Anc6ne) vers 
1526, mattre de chapelle d'6glise, a Ancdne, 
jusqu'en 1581; a fait paraltre A Yenise, chez 
Scotto et chez Gardano : Motetta super plana 
cantu, A cinq voix (1546),d'autres motets A cinq 
voix (1548), des madrigaux A trois voix(1552) > 
un Jntroitus missarum de festis, A cinq voix 
(1565). des madrigaux a cinq voix (1581). 

Gibert, 1. Paul -Cesar, n£ A Versailles en 
1717, fit son Education musicale A Naples, puis 
v£cut comme maltre de musique A Paris ou il 
mourut en 1787. On a de lui : Solf&ges ou le- 
$ons de musique (1783) et Melange musical 
(morceaux divers pour une, deux, trois voix, 



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GTDE — GILLMORE 



283 



etc.); en outre, G. icrivit plusieurs operas. — 
2. Francisco-Xavier (Gisbert, Gispert), pr A tre 
espagnol, ne k Granadella, fut successivement 
mattre de chapelle k Tarazona (1800) et k Ma- 
drid (1804) et mourut en cette derotere ville le 
27 f£vr. 1848. G. 6tait un compositeur estim£ de 
musique d'eglise. 

Gide, Casimir, ne k Paris le 4 juil. 1804, m. 
dans la m£me ville le 18 fevr. 1868; fils d'un 
libraire et, k partir de 1847, assocte k son p6re, 
a fait representor avec quelque succ&s toute 
une serie d'op&ras (Le roi de Sidle, 1830; Les 
trots Catherine; Les jumeaux de La R&ole\ 
L 9 Angelas; Belphegor, 1858) et sept ballets. 
Un autre opera, Frangoise de Rimini, ne fut 
pas mottte. 

Giga (ital.), v. gigob. 

Gigout, Eugene, n6 k Nancy le 23 mars 1844, 
fit les premieres Etudes musicales k la maitrise 
de la catb^drale de sa ville natale, puis k 
F « Ecole Niedermeyer », k Paris, n obtint, en 
1863, le poste d'organiste de l'Sglise St-Augustin, 
A Paris, donna depuis lors une quantity de con- 
certs et participa k de nombreuses inaugura- 
tions d'orgues, en France et k F6tranger. II a 
fond£, en outre, en 1885, 1* « Ecole de cours d'or- 
gue et d'improvisation » pour laquelle il a m A me 
obtenu Fappui de l'Etat. Mais tout en fonnant 
un grand nombre d'61&ves, G. a su trouver le 
temps d'ecrire soit plus particuli&rement de la 
musique d'orgue et d'harmonium (des pieces 
diverges, des preludes et fugues, des transcrip- 
tions, un recueil de Cent pieces breves dans la 
Tonality du Plain-Chant, xm' Album gregorien 
contenant 230 morceaux [deux volumes], etc.), 
soit aussi de la musique pour piano k deux et k 
quatre mains, des melodies, de la musique vo- 
cale religieuse (Chants du graduel et duvespe- 
ral romains [trois vol], k quatre voix, etc.) etc. 
De plus, il a collabor6 k plusieurs publications 
et revues musicales. 

Gigue (Giga), 1. Nom que Ton donnait autre- 
fois en France, par d&rision, aux violes (vielles, 
Fiedeln), dont l'ancienne forme rappelait assez 
exactement celle d'une gigue, et par opposition 
aux violes plus ricentes, plates, et pourvues 
d en tallies lateral es. Ce nom apparait pour la 
premiere fois dans le lexique de Jean de Gar- 
lande (1210-1232). L'ancienne forme de la viole 
fut, en Allemagne, longtemps pr6fer&e k la nou- 
velle, aussi le troubadour Adenes parle-t-il 
d&ja, dans le < Romans di Cleomades », de < gi- 
gtours d' Allemagne ». Dans ce pays m6me, le 
mot giga apparait dans le langage moyen-alle- 
mand du d&but du xm 1 s.', mais comme terme 
Stranger; il fut plus tard germanisS (Geige) et 
g£n£ralement adopts pour designer le violon. 
— 2. Ancienne danse d'allure tr6s rapide, en 
mesure ternaire ou a temps ternaires ( 3 /g, 3 / A ou 
/* % 9 /* 9 /* "I* "A* etc.) et tr£s rarement, de 
faeon anormale, k A / A (quelques fois chez Bach). 
En tant que musique k danser, la g. se compo- 
sait sim piemen t de deux groupes de huit me- 
sores, avec reprises ; dans les suites (parties), 
son Vendue est plus considerable. Cf. ca- 

MAKIB. 



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Gil, 1. (y Llaoostera) Caytan, n6 k Barce- 
lone le 6 janv. 1807, premier flutiste de Tor- 
chestre du th&Atre et de la catMdrale de cette 
ville, a compose beaucoup d'ceuvres pour flute, 
ainsi que des symphonies, des Messes, un Re- 
quiem, des danses pour orchestre, etc. — 2. 
Francisco-Assis, nd k Gadix en 1829, profes- 
seur d'harmonie au Conservatoire de Madrid, 
eteve de F6tis, k Paris, traduisit son Traite 
d'harmonie en espagnol (1850), et Scrivitlui- 
m6me un Tratado elemental teorico-pratico 
de armonia (1856) ; il a aussi fait representee 
k Madrid, quelques operas et collabora, de 
1855 k 1856, k la Gaceta musical de Madrid, 
d'Eslava. 

Gilchrist, W.-W., compositeur, ne k Jersey- 
City (New-Jersey), le 18 janv. 1846, Sieve de 
H.-A. Clark, k Philadelphie, ou il vit comme 
organiste de l'6glise du Christ, et directeur de 
plusieurs soci&^s chorales. Quelques-unes de 
ses compositions seulement ont £16 gravies; 
cependant un certain nombre de choeurs furent 
couronn&s par des soci&es de New- York et de 
Philadelphie, de meme que son « Psaume xlvi » 
(1882), par la commission du Festival musical 
de Cincinnati. 

Giles, Nathaniel, n6 k Worcester, m. le 24 
janv. 1683 ; devint, en 1559, enfant de chomr au 
tMagdalenen college* d'Oxford; en 1585, bache- 
lier en musique ; en 1595, organiste et directeur 
du chceur de la chapelle St-George, k Windsor; 
en 1597, successeur de Hunnis, comme maitre 
des enfants de chceur de < Chapel Royal » ; en- 
fin, en 1622, docteur en musique. On trouvera 
des morceaux de lui dans les Teares, etc., de 
Leighton, dans la Church music de Barnard, 
et dans YHistoire de la musique, de Hawkins. 
On a conserve en outre les manuscrits de quel- 
ques anthems du m6me auteur. 

Giiles (Maitre G., < Masigeles », en r6alit6 
Gilles Brebos), c&ebre facteur d'orgues n6er- 
landais du xvi« s., k Louvain et k Anvere, m. le 
6 juin 1584; a const ruit, entre autres, quatre or- 
gues pour les deux chceurs de l'Escurial, 

Gillet, Ernest, n6 k Paris le 13 sept 1856, 
616ve de Niedermeyer puis du Conservatoire de 
Paris, fut en premier lieu violoncelle-solo de 
Torchestre de I*0p6ra. II v6cut ensuite pendant 
quelque temps dans son domaine d'Addis- 
combe, pr&s Londres, puis rentra dans la vie 
musicale pratique et active. G. a 6crit un cer- 
tain nombre d'ceuvrettes leg&res (Loin du bad, 
etc.) qui se sont tr£s vite repandues et font ac- 
tuellement partie du repertoire de tous les ca- 
sinos. — Son fr£re, Edouard, hautboiste des 
plus remarquables, est professeur de son ins- 
trument, au Conservatoire de Paris. 

Gillmore, Patrick-Sarsfield, directeur de 
musique americain, sp£cialement de corps de 
musique militaires, n6 k Dublin le 25 dec. 1829, 
m. k St-Louis k la fin de d£c. 1892; arriva 
d'abord au Canada, puis alia de \k aux Etats- 
Unis; il se fit connaltre au loin par Torganisa- 
tion des fetes de musique monstres de Boston 
en 1869 (orchestre de 1000 musiciens, chceur de 
10,000), et en 1872 (orchestre de 2000 musiciens, 

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284 



GILSON — GIS 



chceur de 20,000). G. voyagea beaucoup avec 
son propre orchestre, il vint m&me en Europe. 

Gilson, Paul, n6 a Bruxelles le 15 juin 1865, fit 
son education musicale presque exclusivement 
par lui-m&me et remporta, en 1889, le premier 
grand prix de Rome, avec sa cantate Sinai! 
(po&me de J. Sauveniere). G. a £crit depuis un 
nombre assez grand d'oeuvres diverses qui ont 
attire snr lui l'attention du monde musical, et le 
placent parmi les meilleurs compositeurs de la 
jeune 6cole beige, ce sont : Fantaisie sur des 
chansons du Canada, pour orchestre ; Le De- 
mon, drame lyrique; Fantaisie-Scherzo et 
d'autres pieces moins importantes pour orches- 
tre; La Mer, esquisses symphoniques pour or- 
chestre, d'apr&s un po^me d'E. Levis ; divers 
morceaux pour instr. a archet : Alia Marcia, 
Mtiodies populaires (ecossaises), Elegie ; Fran- 
cesca da Rimini, pour soli, choeurs et orches- 
tre; Alvar, musique de sc£ne; plusieurs canta- 
tes de circonstance, entre autres pour Tinaugu- 
ration de l'Exposilion de Bruxelles, 1897; de 
nombreuses pieces vocales ou pour piano, dont 
quelques-unes, entre autres, ont paru dans la 
Libre critique et le Patriote, de Bruxelles. 

Ginguenl, Pierrb-Louis, historien litt&raire 
repute, n& k Rennes le 25 avr. 1748, m. k 
Paris le 16 nov. 1816.; etait membre de FAcade- 
mie, chef de section au Minist&re de rint6rieur, 
etc. D a ecrit divers ouvrages se rapportant k 
la musique : Lettres et articles sur la musique 
(1783, collection de ses articles dans divers 
journaux de 1780 & 1783, k propos de la querelle 
des Piccinistes et des Gluckistes); Dictionnaire 
de musique de I'Encycloptdie m&hodique (1" 
vol. en 1791, avec Framery ; le 2« vol. k ete 
ecrit par Framery seul, 1818); Notice sur la vie 

et les ouvrages de Piccini (1800) ; Rapport 

sur une nouvelle exposition de la notation 
musicale des Grecs (1815). Son Histoire litte- 
raire de Vltalie (1811-1835, 14 vol.; terming 
par Salfi) contient aussi beaucoup de choses 
interessant l'histoire de la musique (sur Guy 
d'Arezzo, sur les troubadours, etc.). 

Gioco80, giojoso (ital.) v en plaisantant, en ba- 
dinant, joyeusement; enjoue, gai. 

Giordani, 1. Tommaso, n6 k Naples, vers 1740 
(sa famile s'appelait en reality Carmine), se 
produisit en 1762 au « Haymarket Theatre » de 
Londres, comme chanteur boufte, et s'etablit 
ensuite en cette ville comme maltre de musique; 
en 1779, il entreprit avec Leoni la fondation 
d'un Opera italien, k Dublin, et resta, lorsque 
Tentreprise eut fait faillite, comme maitre de 
musique a Dublin, ou il vivait encore en 1816. 
II a compose un opera : Perseverance, un ora- 
torio : Isaac, cinq cahiers de duos pour flutes, 
des trios pour flutes et basse, des duos pourvio- 
loncelles, des morceaux de piano et des melo- 
dies. — 2. Giuseppe, dit Gioudaniello, ne k Na- 
ples en 1744, m. k Fermo le 4 janv. 1798, a 
ecrit vingt-neuf operas, et deux oratorios pour 
Pise, Londres, Rome, Venise, Milan, Mantoue, 
G&nes,Bergame, Turin (jusqu'en 1793) et mourut 
maltre de chapelle de la cathedrale de Fermo, 
ou il avail ete appele en 1791. G. a publie : six 



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quintettes avec piano, trois quatuors avec piano, 
trente trios, six quatuors pour instr. k archet, 
six concertos de violon, des sonates de piano k 
deux et k quatre mains, des preludes, des exer- 
cices, des duos pour deux soprani, cinq volu- 
mes de « canzonette » pour une voix. Diverses 
ceuvres encore, ainsi que de la musique d'£gli- 
se, sont resides manuscrites. 

Giosa, Nicola de, ne a Bari le 5 mai 1820, m. 
dans la m&me ville le 7 juil. 1885, 61£ve de 
Ruggi, Zingarelli et Donizetti, k Naples, f£cond 
compositeur d'operas italien. Un seul de ses 
ouvrages sur vingt-quatre : Bon Checco (Na- 
ples, 1850) a eu vraiment du succ£s; il a ete 
plus heureux avec ses chants en style popu- 
late (romances, « canzone », etc.). Ses compo- 
sitions d'£glise sont restees manuscrites. G. a 
6t6 quelque temps chef d'orchestre du the&tre 
c San Carlo » k Naples, du theatre « Fenice » k 
Venise, et des theatres italiens de Buenos-Ay- 
res, du Gaire, etc 

Giovandli, Ruggiero, ne a Velletri vers 1560, 
devint en 1587 mattre de chapelle k l'eglise fran- 
Caise de St-Louis, k Rome, plus tard k la Colie- 
giale allemande. II remplaga Palestrina, en 1594, 
comme maitre de chapelle de l'eglise St-Pierre, 
et devint, en 1599, chantre de la Chapelle pon- 
tificate. II vivait encore en 1615. G. est Tun des 
meilleurs maltres de T6cole romaine. On a con- 
serve, parmi ses opuvres : trois livres de ma- 
drigaux k 5 voix (1586, 1587 [1607], 1589 [1599]); 
deux livres Madrigali sdruccioli k 4 voix (1587); 
deux livres de motets de 5 k 8 voix ([1594] 
1592); des « canzonette * k 3 voix avec un ar- 
rangement pour luth(1593); des villanelles k 
3 voix (1593 [1624]). Beaucoup d'oeuvres reli- 
gieuses du m&me auteur sont conserves en 
manuscrits dans les archives du Vatican (Mes- 
ses, psaumes, motets), et Ton trouve en outre 
des madrigaux dans les anthologies de Gier. 
Scotto et de Pierre Phatese (1585 k 1614). G. prt- 
para, sur Tordre du pape Paul V, une nou- 
velle Edition revue du Graduel (1614-1615, 2 
vol.). 

Gique, v. Gigue. 

Giraffes, nom que Ton donne k certains spe- 
cimens d'anciens pianos k queue, dont on trouve 
encore de rares exemplaires en usage ici ou Ik 
(les cordes y sont tendues verticalement, comme 
dans l'ancien « Clavicytherium » ou le piano 
droit actuel). 

Girard, Nargisse, n& k Mantes le 27 janv. 
1797, m. k Paris le 16 janv. 1860; eleve de Bail- 
lot, au Conservatoire de Paris, fut, de 1830 k 
1832, chef d'orchestre k TOp£ra italien, passa 
en 1837 au pupitre de rOpera-Comique et en 
1846 k celui de TOp^ra, comme successeur 
d'Habeneck. En 1847, G. fut nomme professeur 
de violon au Conservatoire et directeur des 
c Concerts du Conservatoire », puis, en 1856, di- 
recteur general de la musique de l'Op&ra. II 
mourut d'une attaque d'apoplexie, pendant qu'il 
dirigeait une representation des « Huguenots ». 

Giro (Hal.), l'equivalent du « double » ou 
t gruppetto ». 

Gis (all.), sol diise; gisis, sol double-di&se. 

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GIUSTO - GLEICH 



285 



Giusto (ital.), juste, exact; allegro g. est k pea 
pr£s identique k allegro assai (mouvement d'al- 
legro bien aceentue). 
Gissiello, (v. Conti, 3). 
Gladstone, Francis-Edward, excellent orga- 
niste, n6 k Summerstown, pr&s d'Oxford, le 2 
mars 1845; 61eve de Wesley, remplit des postes 
d'organiste k Weston -super -mare, Llandafif, 
Chichester, Brighton, Norwich et Londres 
(eglise du Christ, 1881-1886), se convertit en- 
suite au catholicisme et devint directeur du 
choeur de l'eglise de < St-Marc of the Angels i, 
a Bayswater (Londres). En 1876, il fut promu 
au grade de bachelier, en 1879 k celui de doo 
teur en musique; il est membre honoraire de 
la « Boyal Academy of music », dans laquelle il 
enseigna aussi pendant quelque temps. G. est 
un compositeur consciencieux et fecond de mu- 
sique d'6glise. 

Glaeser, Karl-Gotthelf, ne k Weissenfels le 
4 mai 1784, m. a Brdme le 16 avr. 1829; fr^queri- 
ta la « Thomasschule » k Leipzig, et re$ut son 
instruction musicale de J.-A. Hiller, A.-E. Mul- 
ler et Campagnoli. 11 devint, en 1814, directeur 
de musique et plus tard marchand de musique 
k Barmen; il a public des oeuvres de piano, des 
chorals, des recueils de chants d'ecole, ainsi 
qu'une Neue prahtische Klavierschule (1817) ; 
Kurze Anwetsung zum Vnoralspid (1824); 
Vereinfachter und kurzgefasster Unterricht 
in der Theorie der Tonsetzhunst mittels ernes 
musikalischen Kompasses (1828). — 2. Franz, 
n£ k Obergeorgenthal (Boh6me) le 19 avr. 1799, 
m. k Copenhague le 29 ao&t 1861: 61£ve, pour 
le violon, de Pixis, au Conservatoire de Prague, 
devint en 1817, chef d'orchestre au « Joseph- 
st&dter Theater * de Vienne, en 1830 au « Ko- 
nigsiadtisches Theater » de Berlin, et fut nomm6 
en 1842, mattre de chapelle de la cour, k Co- 
penhague. Parmi ses nombreuses oeuvres (ope- 
ras, vaudevilles, farces, musique pour des dra- 
mes, noctures, etc.), l'op£ra Des Adlers Horst 
(Berlin, 1832) eut seul quelque succ&s et fit le 
tour de la plupart des scenes allemandes. 

Glarean, de son vrai nom Heinrich Loris 
(Henricus Loritus) de (Haris, n6 en 1488, m. le 
28 mars 1563; suivit les cours de l'6cole latine, 
£ Berne, etudia k Cologne la th£ologie et, sous 
la direction de Cochlaeus, la musique. En 1512, 
il fut couronne po&e (poeta laureatus), en 
cette ville, par Tempereur Maximilien I« r , 
fonda k Paris, en 1517, une maison d'education, 
mais transporta son domicile I'ann&e suivante 
deji k B4le ou il donna des conferences jus- 
qu'eu 1529. Enfin, au moment od 6claterent les 
troubles religieux, il evita de prendre dans la 
lutte une attitude d£termin6e et se retira k Fri- 
bourg en Br. oil il donna des cours d'histoire 
et de litterature. Aigri par toutes sortes de m6- 
comptes, il v&cut en dernier lieu dans une 
complete retraite. G. etait un homme d'une cul- 
ture et d'une science universelles ; il etait li£ 
ayec Erasme de Rotterdam, Juste Lipse et 
d'autres savants, et se fit surtout un grand re- 
nomdansle domaine de la theorie musicale. 
Son premier ouvrage : Isagoge in musicen 



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(1516), n'est qu'un petit abr£g&, tandis que son 
ouvrage principal est d'une r6elle importance : 
Dodekachordon (1547), dissertation sur les huit 
^pciens modes eccl&siastiques; preuve que 
leur nombre doit &tre port6 k douze; d&velop- 
pement du syst&me de la musique proportion- 
nelle, suivi de nombreux documents des plus 
int£ressants sur les dfrveloppements compli- 
ques de Tart contrapontique du xv« s. au xvi* s , 
d'apr£s les oeuvres des grands maltres). Un 
extrait fut publi6 par Joh.-Ludwig Wonegger, 
sous le titre : Musicae epitome ex Glareani 
Dodehachotdo (1557, 2»« ed. 1559; en allemand : 
Uss Glareani Musik ein Usszug, etc., 1557). 
Une Edition des ceuvres completes de Bo&ce, 
que G. avait pr£par6e, fut publi£e, apr&s sa 
mort, par Martianus Rota, avec des commen- 
tates de Marmelius et R. Agricola (1570). H. 
Schreiber (Fribourg en Br., 1887) et O. Fr. 
Fritzsche (Frauenfeld, 1890) ont fourni des bio- 
graphies de G. 

Glasenapp, Karl-Friedrich, ni k Riga le 3 
oct. 1847, Etudia la philologie k Dorpat et vit 
depuis 1875 a Riga, ou il est professeur dans 
l'enseignement secondaire. H a 6crit : Richard 
Wagners Leben und Wirhen (2 vol.; 2 me 6d. 
en 1882; 8»* 6d., enticement re fondue, en cours 
de publication, vol. I 1895, vol. II [1™ partie] 
1896). G. est un wagnerien dont l'enthousiasme 
d&g£nere le plus souvent en z&otisme, mais sa 
biographic du maitre renferme une quantity 
considerable de mat&riaux du plus grand inte- 
nt. G. coljabore, entre autres, aux Bayreuther 
Blotter. 

Gleason, Frederic-Grant, n6 k Middletown 
(Connecticut) le 17 dec. 1848; fit ses etudes k 
Leipzig et k Berlin. G. s'est fait avantageuse- 
ment connaltre en Am£rique par des operas 
romantiques, des oeuvres symphoniques et de 
la musique de chambre. II vit k Chicago. 

Glee, genre de composition essentiellement 
anglais, pour trois voix (soli) au moins (ordi- 
nairement des voix d'hommes) a cappella. Le 
nom de G. ne vient pas du mot anglais glee = 
joyeux, mais de l'anglo-saxon gligg = musi- 
que. Le style du G. n'est pas fugu6, mais nette- 
ment cadenc&, et l'6criture en est le plus sou- 
vent simple, note contre note ; les premiers 
glees nous viennent d'Arne et de Boyce, mais 
le plus grand maitre en cet art fut sans contredit 
S. Webbe (m. en 1816). Attwood, Battishill, Call- 
colt, Cooke, Horsley, Mornington ont cultiv6 ce 
genre. De 1787 k 1857, il a existe k Londres un 
« Gleeclub » d'une organisation analogue k celle 
du « Catchclub » (v. catch). Cf. Barret, English 
Glees and Part-songs (1886). 

Gleich, Ferdinand, ne k Erfurt le 17 d^c. 
1816, etudia la philologie a Leipzig et, sous la 
direction de Fink, la musique ; il fut quelque 
temps pr£cepteur en Courlande, vecut, apr^s de 
longs voyages, a Leipzig, puis se rendit k Pra- 
gue en 18t>4, comme secretaire de th£&tre. II 
fonda enfin k Dresde, en 1866, un bureau th6d- 
tral. G. a fourni, soil comme compositeur, soit 
comme 6crivain, des oeuvres qui ne s'elevent 
guere au-dessus d'une honn^te moyenne: Weg- 

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286 



GLEICHE STIMMEN — GLINKA 



voeiser fiir Opemfreunde (1857); Handbuch 
der modernen Instrumentierung fiir Orches- 
ter %md Militarmusihkorps (I860, reeditS plu- 
sieurs fois) ; Die Hauptfonnen der Musih, 
popular dargestellt (1862): Characterbilder aus 
der neuern Geschichte der Tonkunst (1863) ; 
Aus der Biihnenwelt (1866). 

Gleiche Stimmen (all.), voix egales (voces 
cequales). 

Gleichmann, Johann-Georg, n6 k Sleltzen, 
pris Eisfeld, le 22 d6c. 1685; devint en 1706 
organiste k Schalkau pres Gobourg, en 1717 
regent et organiste k Ilmenau oh il mourut, en 
1770, apres avoir rempli les fonctions de bourg- 
mestre; il s'est occupy de facture instrumen- 
tale, perfectionna le « Bogenklavier » (instr. k 
clavier dont les cordes sont mises en vibration 
par frottemenl), et construisit des luths-clave- 
cins. 

Gleissner, Franz, n£ k Neustadt sur la Wald- 
nab, en 1760; a compost de noinbreuses oeuvres 
instrumentales, ainsi que quelques operas. Ce- 
pendant, il est plus connu par l'introduction de 
I'impression lithographiqne des notes de musi- 
que ; car Breitkopf, k Leipzig, qai s'etait mis 
en relations avec Senefelder, l'inventeur de la 
lithograpbie, n'imprimait en lithographie que 
les titres de la musique, tandis que G., associe 
avec Falter, a Munich, lithographiait la musi- 
que elle-m&me. La premiere oeuvre de musique 
qui parut en lithographie fut un recueil de 
lieder de G. (1798). En 1799, il monta pour 
le compte de J. -Ant. Andre, k Offenbach, un 
grand atelier de lithographie, et se rendit 
ensuite k Vienne, pour y faire connaftre son 
invention. 11 v£cnt en dernier lieu k Munich, 
od il 6tait encore en 1815. 

Glinka, Michail-Iwanovitch, n6 k Novospas- 
koje, pres Selna (Smolensk), le 1" juin 1808, m. 
k Berlin le 15 fevr. 1857 ; entra en 1817 a llnsti- 
tut pour la noblesse, k St-Petersbourg, ou il se 
voua sp^cialement k l'6tude des langues, et 
obtint k plusieurs reprises des distinctions. En 
outre, il commenga de s^rieuses etudes musica- 
les, sous la direction de Bohm (violon) et de 
Charles Mayer (piano et theorie). Sa premiere 
ceuvre grav^e consiste en une serie de « Varia- 
tions sur un tWme italien » (1825). Dans le but 
de fortifier sa sante, il entreprit, en 1829, un 
voyage au Caucase, mais le r^sultat en fut si 
pitoyable que G. dut, en 1880, aller se r^confor- 
ter sous le ciel plus clement de Tltalie. H v6cut 
quatre ans k Milan, Borne et Naples, toujours 
sous la surveillance des m&decins, mais com- 
posa activement et travailla k acqu£rh* des 
connaissances theoriques de plus en plus pro- 
fondes, en profitant de l'enseignement de divers 
maitres italiens. Les resultats de son sejour ne 
lui paraissaient toutefois gu^re satisfaisants au 
point de vue musical, et ce n'est qu'en 1834, 
lorsque, saisi du mal du pays, il se dirigeait de 
nouveau vers la Bussie, qu'il trouva un mattre 
qui le comprit et que lui-m&me parvint a com- 
prendre, c'&ait S. Dehn, le theoricien renomm6 
de Berlin. Dehn avait reconnu des l'abord l'ori- 
ginalite nationale de G., et l'avait fortifle dans 



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l'id^e de composer de la musique « russe ». Le 
premier essai fut un triomphe : l'op£ra La vie 
pour le tzar (Zarskqja shisu, aussi connu sous 
le titre : lican Sussanina), represente pour la 
premiere fois, k St-Petersbourg, le 9 dec. 1886, 
remporta un succes sans precedent. Le sujet 
est si essentiellement national, les contrastes en- 
tre les Aliments polonais et russes si excellem- 
ment rendus dans la musique, les melodies 
populaires russes originales ou leurs reminis- 
cences color^es d'une fagon si particuliere, que 
cet opera est, aujourd'hui encore, un morceau 
apprecie du repertoire de toutes les scenes rus- 
ses. Encourage par ce succes, G. se mit tout 
de suite k la composition d'une autre ceuvre. 
Pouschkine lni avait offert de transformer son 
po&me fantastique : Ruslan und Ludmilla, en 
livret d'op^ra, mais il mourut malheureusement 
en 1887, el G. se vit rGduit k avoir recours k des 
gens incapables. Apres beaucoup de tAtonne- 
ments, il se decida enfin k se mettre k Tceuvre, 
et tira du texte ce qu'il etait humainement pos- 
sible d'en tirer. Le 27 nov. 1842 ent lieu la pre- 
miere representation, suivie de plus de trente 
autres dans la meme saison. Liszt, qui se trou- 
vait justement k St-P6tersbourg, etait un admi- 
rateur enthousiaste de cette ceuvre qui s'est du 
reste egalement maintenue au repertoire des 
scenes russes. En 1844, les inquietudes que lui 
occasionnait sa sante delicate, obligerent de 
nouveau G. k fuir les mdes climats du Nord; 
cette fois, il alia d'abord k Paris, oil Berlioz 
s'enflamma d'un tres grand zeie pour lui et, 
soit par Tex6cution de ses oeuvres au « Cirque 
d'ete », soit par un article enthousiaste dans le 
Journal des Debats (16 avr. 1845), fit de la propa- 
gande pour le musicien russe. De 1845 k 1847, 
G. vecut k Madrid et k Seville oil il ecrivit ses 
ouvertures espagnoles : Jota Aragonese et Sou* 
venirs (Tune nuH dett a Madrid, dont la pre- 
miere surtout est bien connue du public des 
concerts. II sejourna ensuite quelque temps a 
Varsovie, puis de nouveau k St-Petersbourg, 
entreprit en 1851 un deuxieme voyage en Es- 
pagne, mais dut, & peine arrive aux Pyrenees, 
rebrousser chemin dans la direction de Paris; 
de 1854 k 1855, il vecut k la campagne dans les 
environs de St-Petersbourg, ou il ecrivit ses 
Memoires (publies apres sa mort, par sa sceur, 
dans une revue de St-Petersbourg, puis sepa- 
rement), et tra^a quelques nouveaux plans 
d'operas, qu'il ne panint malheureusement 
pas k mettre a execution. II chercha en vain, 
pendant longtemps, la clef pour l'harmonisa- 
tion naturelle des melodies nalionales russes, 
harmonisation qu'il avait trouvee par simple 
intuition, et se rendit encore en 1856, k Berlin, 
aupres de son ancien maltre Dehn, qui chercha 
a resoudrc avec lui ce difficile probieme. G'est 
\k qu'il mourut, Tannee suivante dejA. Son 
corpB fut ramene k St-Petersbourg. Plusieurs 
ecrivaius ont consacre des etudes k la vie et 
aux cpuvres de Glinka : Serow dans le « (fur- 
rier de theatre et de musique » (1857) et dans 
son journal « Musique et Theatre » (1868), Stas- 
so w dans le « Courrier russe » (1858), Laroche 

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GLISSANDO — GLUCK 



287 



(m£me journal, 1867-1868, et s6par6ment sous 
le titre : G. et son r6le dans Vhistoire de la 
musique) et Solowiew dans le « Musikalny 
Listok » (1872), Cf. aussi : C. Cui, La musi- 
que en Russie (« Revue et Gazette musicale d'e 
Paris*, 1878-1879, puis s£par6ment, 1880); O. 
Fouque, Michel Jvanomtch G. ; Soubies, Pre- 
cis de Vhistoire de la musique russe (1893); 
A. Pougin, Essai historique sur la musique 
en Russie (1897). Le catalogue de ses oeuvres 
porte, en outre de celles d6j& indiquees : deux 
symphonies inachev6es; quelques themes va- 
ries; des valses et des rondos pour piano; deux 
quatuors pour instr. k archet; un septuor; un 
trio pour piano, clarinette et hautbois; beau- 
coup de romances; une valse et deux polonaises 
(dont une en mi maj. et l'autre avec choeurs) 
pour orchestre; une Tarentelle pour orchestre 
avec chant et danse ; La Kamarinskaia, pour 
orchestre; l'Hymne national russe (texte de 
Schoukowski) ; plusieurs scenes dramatiques ; 
des quatuors vocaux avec accompagnement, 
etc. G. est en quelque sorte le Berlioz des Rus- 
ses, un homme qui s'est efforc& de crSer du 
nouveau, en poursuivant un but k la fois 61ev6 
et tr&s precis; mais il est plus encore aux yeux 
de ses compatriotes, car il est le fondateur 
d'une 6cole de musique r^ellement nationale, 
dont l'ind6pendance s'affirme de jour en jour 
davantage. 

Ghssando (ital.), ou aussi glissato, glissicato, 
giissicando, designe : 1. Dans les instruments k 
archet, une execution uniforme, sans accentua- 
tion (dans les passages); 2. Un effet de virtuo- 
sity de peu de valeur, facile sur les anciens 
pianos, sp£cialement sur ceux qui Staient pour- 
vus de la m&canique viennoise, mais devenu 
presque impraticable sur les instruments ac- 
tuels, et qui consistait k jouer un passage en 
gammes, tres rapide, et sur les touches blan- 
ches, avec un seul doigt (glissant rapidement, 
Tongle sur le clavier) ; les passages de g. en 
tierces, sixtes ou octaves sont plus difficiles que 
le simple g. On peut facilement obtenir des 
effets de g. nouveaux et interessants (g. chro- 
matique k une ou plusieurs voix, en tierces, 
sixtes, octaves, m£me en accords de septieme. 
etc.), sur des pianos pourvus du nouveau sys- 
teme {k claviers superposes), de Jankd. 

Glockenspiel (all.) r jeu de timbres (v. ce mot). 

Gloeggl, 1. Franz-Xaver, n6 k Linz le 21 
tevr. 1764, chet d'orchestre du theatre de cette 
ville, puis aussi, plus tard, propri&aire d'un 
magasin de musique et Sditeur de plusieurs 
periodiquee sp&ciaux mais de courte existence, 
ainsi qu'entrepreneur des th&ltres de Linz et 
de Salzbourg, devint en 1790 maltre de chapelle 
du ddme et directeur de musique de la ville de 
Linz ; il put encore fdter le cinquantenaire de 
sa carridre artistique (1832). G. a £crit : Erhla- 
nmg des musikaUschen Eauptzirhels (1810); 
AUgemeines musikalisches Lexihon (1822: ina- 
chevS, n'a que 248 pages) : Der musikalische 
Gottesdienst (1822). H a laissS, en manuscrits, 
une collection de reproductions et de descrip- 
tions dlnstruments de musique. Sa propre col- 



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lection d'instruments a &6 achet£e par la « So- 
ctete des amis de la musique », en 1824. — 2. 
Franz, fils du pr£c6dent, ni k Linz en 1797, m. 
le 28 janv. 1872; fonda, en 1848, un magasin de 
musique qu'il vendit plus tard k Bdsendorfer. 
De 1850 k 1862, G. £dita la Nme Wiener Mu- 
sihzeitung; il fut plusieurs annees archiviste 
de la « Soci&te des amis de la musique », fonda 
en 1849 « l'Acad&nie de musique » qui dut se 
fermer en 1858 dejd, et plus tard encore une 
6cole de chant : t Polyhymnia ». 

Gloria, v.doxologie. 

Glotte, (du grec), ouverture du larynx qui 
sert a remission de la voix. Dans la th&orie du 
chant, l'attaque du son par le coup de g. con- 
siste k retenir Fair aspir£ en arri&re de la g., 
pinc£e a cet effet, puis a le laisser s'echapper 
brusquement lors de remission du son. II se 
produit ainsi une tr§s lSg^re explosion qui 
donne aux voyelles un appui que Ton pourrait 
comparer soit k une consonne factice, soit a 
l'aleph, k, des H^breux. 

Glover, Stephen, compositeur populaire an- 
glais, a publie des lieder, des duos, ainsi que 
des morceaux de salon pour piano, d'un genre 
16ger ; n6 k Londres en 1812, m. k Bayswater 
(Londres) le 7 d6c. 1870. 

Gluck, Ghristoph-Wilibald (plus tard Che- 
valier de), n£ k Weidenwang, pres de Berching 
(Franconie moyenne) non loin de la fronti&re 
de Bohfcme, le 2 juil. 1714 (non pas k Neustadt, 
le 25 mars 1700), m. k Vienne le 15 nov. 1787; 
fils d'un chasseur du prince Lobkowitz, k 
Eisenberg, il suivit l'6cole primaire d'Eisen- 
berg, fut de 1726 k 1732, enfant de choeur de 
l'6glise des jSsuites, k Komotau, ou il re$ut 
comme tel des lemons de chant de piano, 
d'orgue et de violon. H alia ensuite k Prague 
pour gagner sa vie comme chanteur dans les 
£glises et violoniste sur les planchers de 
danse, puis devint, sous la direction d'un 
musicien bohfcme, Gzernohorsky, un excellent 
violoncelliste. Encourage peut-6tre par le prince 
Lobkowitz lui-mfeme, il se rendit k Vienne qui 
etait d£ja alors un des centres les plus impor- 
tants de culture musicale (1736). C'est \k qu'un 
prince lombard, Melzi, Tentendit dans une 
soiree chez le prince Lobkowitz, et fut rendu 
attentif k son remarquable talent ; il l'emmena 
a Milan et en confia Education a Sammartini, 
maltre de chapelle de l'&glise « Santa Magda- 
lena », Tun des cr&ateurs reputes du quatuor 
pour instr. a archet. Apres quatre annees 
d'Studes, G. se produisit comme compositeur 
d'operas, et fit representee en 1741, son pre- 
mier ouvrage : Artaserse (Milan), suivi bientdt 
d'une quantite d'autres : Ipermnestra et De- 
metrio [Cleonice] (Venise, 1742), Denwfoonte 
(Milan, 1742), Artamene (CrSmone, 1743), Siface 
(Milan, 1743), Alessandro neW Indie [Poro] 
(Turin, 1744) et Fedra (Milan, 1744). Ces cfu- 
vres, veritables operas italiens tels que les 
ecrivaient les Sacchini, Ouglielmi, Jomelli, 
Piccini, le rendirent vite celebre, en sorte qu'en 
1745, il fut appele k Londres comme composi- 
teur d*operas pour Tentreprise du « Haymar- 

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288 



GLUGK 



ket-Theatre». D ecrivit alors La caduta dei 
Gtganti (1746), et fit reprendre Artamene; 
essaya de faire un < pasticcio *,Piramo et Tisbe, 
des meilleurs airs de ses precedents operas, 
mais echoua completement dans cet essai. Son 
voyage k Londres marque le point de depart 
d'une transformation complete dans la direction 
du talent cr&aleurdeG.Les reflexions sinenses 
que lui sugg^ra le fiasco de son « pasticcio », la 
vive impression que lui causa la musique de 
Hsendel et celle de Rameau, qu*il apprit a 
connattre k cette epoque k Paris, l'engagerent 
k approfondir son style dans le sens de 
l'expression dramatique et k donner au po£me 
une plus grande importance, k ctite de la 
musique. C'est peu k peu que s'accomplit le 
revirement complet dans sa maniere d'^crire ; 
cependant il s*annonce dej& dans l'op^ra sui- 
vant,£a Semiramide riconosciuta, qu'il ecrivit 
en 1748 pour Vienne ou il etait alie, en quiltant 
Londres, et ou il remplit, de 1754 k 1764, les 
fonctions de maftre de chapelle de l'Op^ra de 
la cour. En 1749, G. fut appeie k Copenhague, 
pour ecrire un petit opera de circonstance, 
Tetide. Puis vinrent successivement : Tele- 
macco (Rome, 1750), La clemenza di Tito 
(Naples, 1751), Leroe cinese (Vienne,1755), 11 
trionfo di Camillo et Antigono (Rome, 1755), 
La Dans a (1755, pour une fete de la cour, au 
chateau de Laxenburg), Linnocenza giusti- 
ficataet 11 re jmstore (Vienne, 1756), Don Juan 
(ballet ; Vienne, 1761), 11 trionfo di (Mia 
(Bologna, 1762) et un grand nombre d'airs 
nouveaux pour des reprises d'anciens operas 
de diflfarents compositeurs, k Vienne et k 
Schonbrunn. Entre temps, G. composait k 
nouveau, pour la cour d'Autriche, une quantity 
de petits op^ras-comiques fran$ais, sur des 
textes de Favart, Anseaume, Sedaine et Dan- 
court qui etaient k cette epoque fort en vogue 
k Paris : Les amours champitres, 1755 ; Le 
Chinois poli en France, 1756 ; Le diguisemmt 
pastoral, 1756 : La fausse esclave, 1758 ; Ltte 
de Merlin, 1758 ; Livrogne corrigi, 1760 : Le 
cadi dupi, 1761 ; On ne s'avise jamais de tout, 
1762 ; et La rencontre imprfoue, 1764 (trad, en 
all. sous le titre : Die Pilgrimme von Mehha). 
L'annee 1762 marque le debut d'une deuxieme 
periode dans la vie de G. qui, apres avoir en 
quelque sorte achev& ses annexes d'apprentis- 
sage, de tAtonnement, parvient k l'apog^e de sa 
maitrise et de sa gloire. Orphie, (Orfeo ed 
Euridice, Vienne) devait reveler au monde le 
veritable G. Ce qui avait manque jusqu'alors 
au musicien de g£nie, il le trouva cette annee-M, 
un poete qui,comme lui, comprit les defauts de 
1'opAra italien et introduisit dans ses scenes de 
Taction et de la passion, au lieu d'images et de 
sentences poetiques. Ce poete, ce fut Calsabigi 
(v. ce nom), l'auteur des poemes KOrphie. 
d*Alceste (Vienne, 1767) et de Paride ed Elena 
(Vienne, 1770). G. a clairement d£uni le but 
qu'il poursuivait, dans les prefaces de deux 
partitions : celle d'Orphee, et celle de Paris et 
Helene (gravees en 1769 et 1770). Les operas de 
moindre valeur de la m&tne epoque sent tous 



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Merits sur des textes de Metastase (jusqu*alors 
principal fournisseur de libretti de G.) et d'au- 
tres librettistes , plus m^diocres encore : Ezio 
(Vienne, 1768), 11 Pamasso confuso (Schon- 
brunn, 1765; represents et joue par la famille 
imperiale elle-m&me, k 1'occasion du manage 
de Joseph II), La corona (1765, jou6 egalement 
par les princesses) et, en 1769, plusieurs inter- 
ludes composes pour la cour de Parme: Le 
feste d Apollo, Baud e Filemone et Aristeo. 
En 1772, G. fit la connaissance du bailli Le Blanc 
Du Roullet, attache de Fambassade f ran^alse, qui 
s'enthousiasma pour ses idees r^formatrices de 
plus en plus nettement accusees, et lui fit un 
poeme d'op^ra d'apres V c Iphigenie » de 
Racine. Du Roullet usa de son influence pour 
faire accepter k TOpera de Paris le nouvel 
ouvrage (Iphig&nie en Aulide) que G. termina 
cette meme an nee ; mais il fallut encore, il est 
vrai, rintervention de la dauphine Marie-An- 
toinette, une ancienne &l&ve de G., pour vaincre 
l'opposition qui s'etait aussitot violemment 
soulevee. G.lui-m&me, (alors kg& de soixante 
ans) se rendit aussitdt a Paris, pour diriger les 
repetitions ; et la premiere representation put 
avoir lieu le 19 avril 1774. L'impression fut 
considerable et • OrphSe » , puis « Alceste » , 
furent egalement mis k la scene, apres avoir 
subi des changements assez importants. L'af- 
fluence de demandes de places fut telle que, 
pour la premiere fois, on deiivra des billets 
pour la repetition generate. G. la dirigea en 
personne, mais sans habit et sans perruque, 
son bonnet de nuit sur la tete, pour bien faire 
comprendre qu'il se considerait comme chez 
lui. Paris se divisa immediatement en deux 
camps. Les admirateurs de la musique de 
Lully et de Rameau se mirent du cdte de G. 
qui etait aussi protege pfrr la cour ; mais les 
nombreux partisans de l'opera italien obtinrent 
qu'un libretto : « Roland » confie a G. pour 
qu'il le mette en musique, fut en mdme temps 
remis k Piccini, lequel s etait rendu ceiebre en 
Italie, par plus de soixante operas. G. qui, apres 
avoir encore fait representer deux petits operas 
sans importance : Cythere assiegte et Larbre 
enchanti (1775), etait rentre a Vienne, et avait 
d'abord ecrit son Armide, fut si courrouce de 
cette perfidie qu'il refusa la composition de 
Roland et brula les esquisses qu'il en avait 
dej& faites. La dispute des Gluckistes (abbe 
Arnaud, Suard, etc.) et des Piccinistes (Mar- 
montel, La Harpe, Ginguene, d'Alembert) est 
du reste ceiebre ; une quantity de brochures et 
d'articles de journaux parurent des deux cotes. 
(Cf. Leblond, M&moire j>our servir d Chistoire 
de la revolution opbrke dans la musique par 
M. le chevalier G. [1781] ; le supplement de la 
« Biographie universelle » , de Fetis, donne 
a Farticle uluck un catalogue de ces ecrits). 
Armide n'eut guere de succes au debut (25 sept 
1777), mais, par contre, Iphiginie en Tauride 
(18 mai 1779, texte de Guillard) fit baUre en 
retraite le parti des Piccinistes. La froideur 
avec laquelle fut accueilli Echo et Narcisse 
(1779), son dernier ouvrage, ne pouvait plus 

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GNECCO — GCEPFERT 



289 



amoindrir la renommSe de G. L'auguste vieil- 
lard, averti par une 16gdre attaque qui lui fit 
perdre ses forces, revint en 1780, couvert de 
gloire, k Vienne, et passa ses derni&res ann6es 
dans la retraite ; une nouveUe attaque mit fin k 
ses jours. G. n'a 6crit que pen d'oeuvres en 
dehors de ses outrages sceniques; ce sont: 
six symphonies (a l'ancienne maniere, c*est-&- 
dire, en r6alit6, des ouyertures); sept odes de 
KIopstock,pour une voix avec ace. de piano ;un 
De profundi* pour choeur et orchestre, et le 
psaume vni a cappella. Une cantate : Das 
jungstc Gericht (« Le jugeraent dernier ») est 
rest&e inachev^e (Salieri l'a termin£e). Cf. A. 
Schmid, C&r.-W. Ritter von G. (1854),- Desnoi- 
resterres, G. et Piccini (1872) ; Siegmeyer, Ueber 
den RUter G. und seine Werhe (1825); Miel, 
Notice sur Christophe G. (1840) ; Marx, Gluck 
<und die Oper (1863), etc. Cf. Op6ra et Piccini. 

Gnecco, Francesco, n£ k G^nes en 1769, m. k 
Milan en 1810, compositeur d' operas, fecond 
inais peu original, a 6crit pour les scenes de 
Milan, G6nes, Padoue, etc. et remportS le plus 
de succes avec rop&ra-comique La prova d*una 
opera seria (Milan, 1805 : donn6 aussi sous le 
litre La prova degli Orazzi e Curiazi). 

Goathorn, (angl.), v. Gemshorn. 

Gobbaerts, Jean- Louis, n6 k An vers le 
28 sept 1835. m. k Saint-Gilles, pr£s Bruxelles, 
le 5 mai 1886. Pianiste de renom, 61&ve du 
Conservatoire de Bruxelles. Ses compositions 
de piano, la plupart du genre 16ger, ont paru 
an nombre de 1200, plus une methode de piano. 
Une grande partie de ses ceuvres ont paru sous 
le pseudonyme Streabbog (anagramme de G.), 
d'autres sous ceux de Ludovic et de Lfcw. 

Gobbi, 1. Henri, ne k Budapesth le 7 juin 
1842, 616ve de R. Yolkmann et de Liszt, a publie 
diverses cBuvres pour piano dans le style 
national hongrois, ainsi que des choeurs pour 
voix d'hommes. A Toccasion du cinquantenaire 
artistique de Liszt, il a fait exScuter & Budapestb, 
oil il vit com me maitre de musique et critique, 
une cantate de fdte. Son fr^re — 2. Aloys, n6 a 
Budapesth le 20 d6c. 1844, vit en cette ville 
od il est estime, comme violoniste. 

Godard, Benjamin -Louis-Paul, compositeur 
frangais de renom , n6 a Paris le 18 ao&t 
1849, m. k Cannes le 10 janv. 1895 ; 61&ve, au 
Conservatoire de Paris, de Reber (composition) 
et de Vieuxtemps (violon), accompagna deux 
fois ce dernier en Allemagjie, oft son talent de 
compositeur re$ut de vifs encouragements. 
G. fit d'abord paraitre, en 1865, une sonate 
pour violon, puis une s6rie d'autres oeuvres de 
musique de chambre (sonates de violon, un 
trio, des quatuors pour instr. k archet) pour 
lesquelies il recut de Tlnstitut de France le 
prix Chartier (services rendus k la propagation 
de la musique de chambre). II a fait paraitre 
en outre un nombre considerable de morceaux 
pour piano ; des Etudes ; plus de cent melodies ; 
un Concerto romantique pour violon ; un con- 
certo pour piano; une suite d'orchestre inti- 
tule Scenes po&iques, une Symphonie-ballet 
(1882), une Ouverture dramatique (1883), la 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 19 

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Symphonie gothique (1883), la Symphonie 
orientale (1884), la Symphonie ligendaire 
(avec soli et chceurs, 1886), pour orchestre; 
une sc£ne lyrique: Diane et Action, Le Tasse 
(symphonie dramatique avec soli et choeurs, 
1878; couronnS par la ville de Paris), ainsi que 
les operas : Pedro de Zatamea (Anvers, 1884), 
Jocelyn (Bruxelles, 1888), La Vivandi&re (Paris, 
1895; peu apr£s la mort de Tauteur) et la 
musique pour Beaucoup de bruit pour rien 
(Paris, 1887). Deux autres operas, Les Guelfes 
et Ruy-Blas sont restSs manuscrits et n'ont 6t6 
executes que fragmentairement, au concert. — 
La sceur de G., Madeleine G., violoniste de 
talent, vit k Paris. 

Goddard, Arabella, £minente pianiste an- 
glaise, n6e k St-Servans,pr£s St-Malo, le 12 juin 
1838, 616ve de Kalkbrenner, k Paris, puis de 
M m « Anderson et de Thalberg, k Londres, joua 
pour la premiere fois dans un concert, au 
Theatre royal, en 1850, sous la direction de 
Balfe. Elle travailla encore apr&s, sp£ciale- 
ment le style des grands maltres, sous la direc- 
tion de J.-W. Davison (v. ce nom), qu'elle 
epousa en 1860. M m « G. est reconnue pour 
Tune des meilleures pianistes de TAngleterre. 
De 1873 k 1876, elle fit une tourn£e de concerts 
autour du monde (AmSrique, Australie, Indes). 

Godebrye, v. Jacotin. 

Godefroid, nom de deux excellents harpistes: 
1. Jules- Joseph, n6 k Namur le 23 tevr. 1811, 
m. k Paris le 27 fevr. 1840 (op£ras-comiques : Le 
diadesU et La chasse royale) y et — 2. Ffcux, n6 
a Namur le 24 juil. 1818, frere du pr&s&ient, 
vecut d'abord a Paris, maintenant k Bruxelles, 
a compost un grand nombre d'oeuvres pour 
harpe et des morceaux de salon pour piano, 
ainsi que trois operas (La harpe d'or, La 
demiere bataille et La fille de Saul). 

Gcsbel, Karl, n£ k Berlin le 11 mars 1815, 
m. k Bromberg, le 26 oct. 1879, comme direc- 
teur de la Soci£t6 de chant, etc. G. avait 6t6 
auparavant chef d'orchestre du th&ttre de 
Danzig ; il a 6crit plusieurs operas (Chrysalide, 
FrithiofJ ainsi que de petites pieces et un 
Kompendium der Klavierlitteratur. 

Gcepfart, 1. Christian-Heinrich, n£ k Weimar 
le 27 nov. 1835, m. k Baltimore le 6 juin 1890, 
£l£ve de J.-G. Tcepfer, organiste et composi- 
teur ; fut a partir de 1873, directeur de musique 
dans TAm^rique du Nord. Ses fils et eleves 
sont : — 2. Karl-Eduard, n6 a Weimar le 8 mars 
1859, compositeur actif (operas, chopurs, oeu- 
vres d'orchestre, etc.), depuis 1891 directeur 
d'une society chorale a Baden-Baden, et — 3. 
Otto-Ernst, ne k Weimar le 31 juil. 1864, 
£galement compositeur (musique vocale); est, 
depuis 1888, cantor de la ville de Weimar. 

Gcepfert, Karl-Andreas, n£ a Rimpar, prSs 
Wtirzbourg, le 16 janv. 1768, m. comme mu- 
sicien de la cour de Meiningen, le 11 avr. 
1818; clarinettiste virtuose et compositeur, 
spfoialement pour instr. a vent. G. a Scrit 
quatre concertos pour clarinette, une Sym- 
phonie concertante pour clarinette et basson, 
un concerto pour cor, des duos pour deux 

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290 



GCERING — G(ETZE 



clarinettes, deux cors, guitare et flute, guitare 
et basson ; cinq quatuors pour clarinette, 
violon, alto et basse; des quintettes et des 
octettes pour instr. k vent, etc. 

GcBring, Theodor, n£ a Francfort s/M. le 
2 oct. 1844, recut de bonne heure des lemons 
de musique, etudia les sciences naturelles k 
Munich, mais se tourna toujours plus vers la 
critique musical e (dans YAugsburger Abend* 
zeitung) ; de 1880 k 1883 il v6cut k Paris, et 
depuis lors k Munich. II a 6crit entr'autres : 
Der Messias von Bayreuih (1881), a envoy6 
des correspondances de Paris k la Musihwelt 
de Goldstein, et est actuellement correspon- 
dant musical de Munich, pour la Kdlnische 
Zeitung. 

(toroldt, Johann-Heinrich, nk k Stempeda, 
pr& Stolberg (dans le Harz), le 13 dec. 1773, 
devinl en 1800 directeur de musique a Quedlin- 
bourg, oft il vivait encore en 1835; il a pubK6 
des morceaux de piano, des chorals pour voix 
d'hommes et orgue, et laisse en manuscrits des 
cantates, des hymnes, des motets, etc. II est 
plus connu par ses Merits : Leitfaden zum Un* 
terricht im Generalbass und der Komposition 
(1815-16, 2 vol.; 2« £d. 1828); DieKunst, nach 
Noten zu singen (2« 6d. 1832); Die Orgel und 
deren zxcechmdssiger Gebrauch (1835); Ge* 
danken und Bemerkungen iiber Kirchenmu- 
sih (dans « Rutonia », 1830), II est aussi l'auteur 
d'une m&thode de cor : Ausfuhrliche theore* 
tisch-prdktische Hornschule (1830). 

Goes, Damiao, de, n6 k Alemquer (Portugal) 
en 1501, m. k Lisbonne en 1553; ambassadeur 
portugais aupr&s de plusieurs cours europ^en- 
nes, passa quelque temps k Louvain, vivant de 
ses rentes et s f occupant de travaux historiques. 
G. fut un excellent musicien, dont on conserve 
des motets de trois k six voix (manuscrits), k la 
bibliotheque royale de Lisbonne. On trouve un 
motet k six voix dans les Cantiones 7*5 voc. de 
M. Kriesstein (1545). G. a aussi &crit un Tra* 
tado theorico da musica. 

Goethe, 1. Wolfgang von, le grand po&te alle- 
mand, n*6tait point aussi ignorant en musique 
qu'on le pretend souvent; c'est du reste ce 
qu'ont prouv6 dernterement Friedlander, Frim- 
mel et d'autres, parmi lesquels nous mention- 
nerons surtout Ferdinand Hiller (v. ces noms). 
Bien plus, G. etait en harmonie un « dualiste », 
et se d£clarait peu satisfait de l'explication 
courante du mode mineur. Quant k son horizon 
musical, il faut avouerqu'il semble s'6lre limits 
k Mozart. Son petit-fils — 2. Walter von, n6 k 
Weimar en 1817, m. da ns la m6me ville le 15 avr. 
1855, comme chambellan grand-ducal, Scrivit 
trois petits op&ras comiques: Ansetmo Lancia 
(ou Das Fischermadchen, 1839, texte de Korner), 
Der Gefangene von Bologna (1846) et Elfriede 
(1853), ainsi que dix recueils de lieder et quatre 
morceaux de piano. 

Gcetz, 1. Franz, n6 a Strachitz (Boh£me) en 
1755, Etudia la th^ologie catholique et prit ses 
grades jusqu'au baccalaureat, mais se tourna 
ensuite tout a fait vers la musique; il fut violo- 
niste dans l'orchestre du th&Ure de Brdnn, 



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concertmeister k Johannisberg, m afire de cha- 
pelle du thMtre de Brfinn, enfin maltre de cha- 
pelle de l'archevfcque d'Olmlitz, oil il vivait en- 
core en 1799. U a 6crit des symphonies, des 
concertos, des oeuvres de musique de chambre, 
etc., qui tous sont resits manuscrits. — 2. Her- 
mann, n6 k Koenigsberg le 7 d6c, 1840, m. k 
Hottingen, pr&s Zurich, le 8 d6c. 1876; eut ses 
premieres lecons de musique de Louis Koeh- 
ler, puisentra en 1860 au Conservatoire Stern, k 
Berlin, oil il eut pour maltres Stern, Btilow et 
H. Ulrich. En 1863, G. accepta un poste d'orga- 
niste a Winterthpur oil il succ£dait k Th. Kirch- 
ner, mais se fixa en 1867 k Zurich, et dut d6mis- 
sionner en 1870 de sa place d'organiste de 
Winterlhour, pour cause de sante; il s*adonna 
d&s lors uniquement k la composition. Malheu- 
reusement la mort vint arracher trop t6t an 
monde musical ce talent plein de vigueur et 
d'^tevation. Son op£ra Der Wiederspenstigen 
Zdhmung (« La Mtg&re apprivois&e*) est une 
des meilleures oeuvres que ces derni&res ann&es 
aient produites pourle theatre; il fit, depuis sa 
pT emigre representation en 1874, k Mannheim, 
le tour de toutes les grandes scenes allemandes, 
et fut aussi repr£sent6 en Angleterre et en Bel- 
gique (a para en angl. et en francais). II ne put 
terminer son second op£ra : Francesca da Ri- 
mini; le troisieme acte, qu'il avait simplement 
esquisse, fut instrument^ par Ernst Frank qui 
monta la premiere representation de Touvrage, 
k Mannheim, en 1877. On connait, en outre, de 
G. une symphonic {fa majeur); Naenie de 
Schiller (« Auch das Schone muss sterben ! >) 
pour choeur et orchestre; une Fruhlingsouver* 
fure; un concerto pour violon et un pour piano; 
le psaume cxxxvu pour choeur, soprano et or- 
chestre; un quintette avec piano {ut min.; avec 
contrebasse); une sonate de piano k quatre 
mains; un trio avec piano; un quatuor; des 
morceaux de piano, deux recueils de lieder (op. 
4 et 12); Es Uegi so Abendstill der See (tenor, 
choeur d'hommes et orchestre). 

GcBtze, 1. Joh.-Nikolaus-Konrad, n& k Wei- 
mar le 11 fevr. 1791, fut del826 k 1848 directeur 
de musique grand ducal et rep&iteur k l f Op6ra 
de Weimar, ou il mourut le 5 f£vr. 1861. G. fit 
son education de violoniste, aux frais de la 
grande duchesse herittere, chez Spohr (Gotha), 
A.-E. Muller (Weimar) et Kreutzer (Paris, 1813). 
Comme compositeur, il a donne des operas, des 
vaudevilles, des melodrames, des quatuors et 
un trio pour instr. k archet, etc.; cependant, 
toutes ces ceuvres manquent de souffle, de rlelle 
inspiration. — 2. Franz, n6 k Neustadt 8/1*0. le 
10 mai 1814, m. k Leipzig le 2 avr, 1888; 616ve 
de Spohr, k Gassel, pour le violon, devint en 
1831 membre de la chapelle de la cour, k Wei- 
mar, fit en cette ville ses etudes de chanteur 
sc&nique, et y fut engage, de 1836 k 1852, comme 
t£nor de grand opera. II fut ensuite nomm6 mai- 
tre de chant au Conservatoire de Leipzig, place 
qu'il quitta cependant, en 1867, pour desrai- 
sons qu'il a du reste assez clairement expli- 
quees, dans sa brochure ; Fiinfzehn Jahre 
meiner Lehrthatigheil (1868). Depuis lors, G. 

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GOGAVINUS — GOLDMARK 



291 



vicut 4 Leipzig oft il se fit grandement estimer 
comme maitre privS de chant. Le grand-due de 
Weimar loi avail confdre en 1855 d6ja le titre 
de «professeur». Sa fille et eleve — 8. Auguste, 
n6e k Weimar le 24 fevr. 1840, chanta k Wei- 
mar, k Hambourg et k Wurzbourg; elle fut ap- 
pel£e, en 1870, k enseigner an Gonser\ r atoire de 
Dresde, fonda en 1875 one 6cole de chant par- 
ticuliere ( M m# Moran-Olden est son 616ve) et 
accepta, en 1891, l'appel du Conservatoire de 
Leipzig. Elle a 6crit Ueber den VerfaU der Ge- 
sangshttnst (1884) et, sous le pseudonyme 
d* Auguste Weimar, quelques pieces dramati- 
ques (Vittoria Accorimboni; Magdalena; AU 
jtensturme, etc.). — 4. Karl, n6 k Weimar en 
1896, m. k Magdebourg le 14 janv. 1887; 616ve 
de Toepfer, de Gebhardi, et plus tard de Liszt 
r£p6titeur k TOp6ra de Weimar, en 1855, il de- 
vini ensuite chef d'orchestre de th&ttre k Mag- 
debourg, Berlin (1869 au « Residenztheater », 
autrefois « Nowacktheater » ; en 1870, au thMtre 
municipal « Friedrich-Wilhelm»), Breslau (1872) 
et Chemnitz (depuis 1875). G. 6tait excellent 
chef d'orchestre et compositeur estimable (on a 
de lui des operas : Eine Abschiedsrolle, Die 
Korsen, Gustav Wasa; un po£me symphoni- 
que, Lie Sommernacht; des morceaux pour 
piano, etc.). — 5. Heenrich, maitre de musique 
et compositeur, n6 k Wartha (Sil&sie) le 7 avr. 
1886, fils d'un maitre d'6cole, suivit les classes; 
du seminaire d'instituteurs de Breslau et re^ut 
des lemons de musique de Mosewius et de 
Baumgart. Apres avoir rempli les fonctions 
d'instituteur pendant trois ans, il entra au Con- 
servatoire de Leipzig ou il etudia le chant sous 
la direction de Franz Goetze, mais il perdit la 
voix et se voua alors k l'enseignement de la 
musique et k la composition. U partit d'abord 
comme maitre de musique dans une famille en 
Russie, puis donna quelques an nee s des lemons 
particolieres k Breslau. En 1871, G. fut appel6 
A Liebenthal, en Sil6sie, comme maitre de mu- 
sique au Seminaire, puis transf£r£, en 1885, 
dans un poste semblable A Ziegenhals, ou il a 
re^u, en 1889, le titre de « direcleur royal de 
musique >. Parmi ses compositions, il faut no- 
ter deux serenades (pour orchestre a cordes); 
six esquisses (orchestre k cordes); un trio pour 
piano et instr. k archet; une Mease a quatre 
voix avec orchestre; beaucoup de morceaux 
pour orgue et pour piano; des lieder; des 
chceurs, etc. II s'est r^vele excellent pedagogue 
dans ses Populare Abhandiungen iiber Ktq~ 
vierspiel (1879) et surtout dans les Musikali- 
sche Schreibubungen; ce dernier ouvrage est le 
premier travail en allemand sur un sujet de 
haute importance et toujours plus apprecie, la 
dictee musicale (v. ce mot). — 6. Emil, tenor 
estim£, n6 k Leipzig le 19 juil. 1856; destine 
d'abord k la carriSre commercial, puis forme 
pour celle de chanteur par Gustav Scharfe, a 
Dresde, fut engag6 au Theatre de la cour, a 
Dresde (1878-1881), puis au Theatre municipal 
de Cologne, d'od il alia chanter sur toutes les 
grandes scenes allemandes, avec un succes ex- 
traordinaire. Malheureusement, en 1885, une 



by K: 



iL 



IC 



inflammation aigue de la gorge fore* cet ar- 
tiste, aussi remarquable acteur que chanteur de 
talent, a une longue interruption dans l'exercice 
de sa vocation. 

Gogavinus, Anton-Hermann, Hollandais de 
naissance, vlcut comme mldecin a Venise oh il 
6tait li6 avec Zarlino. G. est le premier qui ait 
public (traduits en latin) les « Elements harmo- 
niques d'Aristox£ne » et l'ouvrage de Ptolemee, 
ainsi que quelques fragments d'Aristote et de 
Porphyre (1552). Un Steele plus tard seulement, 
Wallis et Meibom suivirent enfin son exemple. 

Golde, Adolphe, n6 a Erfurt le 22 aotit 1830, 
m. en celte ville le 20 mars 1880; maitre de 
piano estim£ et compositeur d'cBuvres pour 
piano de genre l&ger. 

Goldberg, 1. Johahn-Thkophilus (Gottlieb), 
pianiste, n6 a Kcenigsberg vers 1730 (cf. le cMu- 
sikal. Almanach», de Reichardt),vint fort jeune 
k Dresde, avec le baron de Kayserling, re$ut 
des lecons de musique de Friedemann Bach, et 
plus tard (1741) de J. S. Bach (qui 6crivit pour 
lui les variations qui portent son nom). G. de- 
vint musicien de la chambre du comte Brtthl 
et mourut fort jeune. II etait, paralt-il, un pia- 
niste (et improvisateur) de trls grand talent ; 
comme compositeur, il compte certainement 
parmi les meilleurs de son temps (preludes et 
fugues; vingt-quatre polonaises; deux concer- 
tos pour piano; une sonate; six trios pour 
flftte, violon et basse; un menuet avec varia- 
tions; en outre un motet et une cantate ont iti 
conserves, mais non graves). — 2. Joseph-Pas- 
OUale, maitre de chant consider^, nd k Yienne 
le !•* janv. 1825, m. dans la meme ville le 20 d6c. 
1890; fut d'abord 61£ve de Mayseder et de Sey- 
fried a Vienne, puis voyagea plusieurs antiees 
comme pr£coce violoniste. Mais il se perfec- 
tionna ensuite, sous la direction de Rubini, de 
Bordogni et de Lamperti, comme chanteur 
(basse) et debuta en 1843, k G&nes, dans la 
c Heine de Golconde » de Donizetti. II chanta 
pendant un certain nombre d'ann£es en Italie, 
puis s'6tablit a Paris comme chanteur de con- 
certs et maitre de chant. Apres de lointaines 
touroees de concert, il s'installa definitivement 
a Londres eu 1861. G. a compose diverses ceu- 
vres vocales, ainsi que La Marcia trionfale, 
marche triomphale pour Tentr6e des troupes 
de Victor-Emmanuel k Rome. Les cantatrices 
Fanny G.-Marini et Gatharina G.-Strossi sont 
ses soeurs ; la derniere fut aussi son eleve. 

Goldmark, Karl, n6 a Eeszthely (Hongrie) 
le 18 mai 1830, eleve de violon de Jansa, a 
Vienne, entra en 1847 au Conservatoire qui, 
comme on le sait, fut ferm6 d£s Tannee sui- 
vante et pendant trois ans, en sorte que G. dut 
continuer ses etudes aupres de professeurs 
particulars. D attira tout d'abord l'attention du 
monde musical sur lui, par une ouverture, Sa- 
kuntala, et un Scherzo pour orchestre (op. 19). 
L'op6ra, Die Konigin von Saba (Vienne, 1875 ; 
puis ailleurs, entre autres a Bologne), 6tablit sa 
renommee et fit que les nouvelles ceuvres de G. 
furent accueillies avec interet. La musique 
de G. est coloree et pleine de vie, au point 

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292 



GOLDNER 



GOLTERMANN 



d'en devenir parfois obstante. Les choses les 
plus remarquables que G. ait pubises sont, en 
plus de celles qui ont et& mentionnees plus 
haut : deux symphonies, Ldndliche Hochzeit et 
miMmol maj . ( 1887) ; les ouvertures Penthesilea, 
Jm Fruhling, Der entfessdte Prometheus, Sa- 
pho ; deux concertos pour violon ; un quintette 
avec piano ; un quatuor pour instr. k archet; une 
suite pour piano et violon: quelques oeuvres 
assez importantes pour piano k deux mains 
(op. 5 Sturm und Drang; op. 29 Noveletten ; 
Prceludium und Fuge); Fruhlingsnetz (pour 
choeur d'hommes, piano et quatre cors). Son 
op£ra, Der Fremdling, annonc£ depuis long- 
temps n'a pas encore £t£ donne; par contre, 
deux autres ouvrages ont encore 616 represen- 
tor Merlin ( Vienne, 1886); Heimchen am Heerd 
(Vienne, 1896). 

Goldner, Wiliielm, pianiste et compositeur 
de musique de salon, nl k Hambourg le 30 juin 
1889 ; ancien eteve du Conservatoire de Leip- 
zig, vit k Paris. 

Goldschmidt, 1. Sigmund, pianiste remarqua- 
ble, n6 k Prague le 28 sept. 1815, m. k Vienne le 
26 sept 1877, 61&ve de Tomaschek, a Vienne, tit 
sensation 4 Paris, de 1845 k 1849, par son jeu 
d'une exactitude parfaite. D a public aussi un 
nombre respectable de compositions de valeur 
(pour piano et pour orchestre), mais prStera 
plus tard reprendre les affaires de son p6re 
(banquier), et ^changer son rile d'artiste contre 
celui de m£c£ne des arts. — 2. Otto, excellent 
pianiste aussi, n6 k Hambourg le 21 aout 1829, 
616ve de Jak. Schmitt et Fr.-W. Grund ; tra- 
vaiHa en m§me temps que H. de Bulow, au 
Conservatoire de Leipzig (61£ve de Mendels- 
sohn), et, en 1848, encore k Paris, aupr&s de 
Chopin. D se rendit ensuite k Londres ou il 
joua pour la premiere fois, en 1849, dans un 
concert de Jenny Lind ; deux ans plus tard, il 
accompagna cette cantatrice en Am£rique, et 
l'6pousa en 1852. De 1852 k 1855, tons deux 
v^curent k Dresde, et, depuis 1858, k Londres. 
G. a dirigS les festivals de musique de Dussel- 
dorf, en 1868, et de Hambourg, en 1866; il fut 
nomm6, en 1868, vice-directeur de la « Royal 
Academy of Music* et fonda en 1875 le « Bach- 
Choir » qu'il a rendu tr£s prosp&re. G. a public, 
en collaboration avec Benedict, le Choral-book 
for England. Parmi ses compositions, il faut 
citer Toratorio Ruth, un concerto de piano, un 
trio, ainsi que des morceaux pour piano et des 
melodies. — 8. Adalbert von, compositeur de 
talent, ne k Vienne en 1858 ; eleve du Conser- 
vatoire de cette ville, a compost les Sieben 
Todsiinden, dont le texte avait 6te ecrit pour 
lui par Rob. Hamerling, un op£ra Helianthus 
(Leipzig, 1884), une trilogie musico- dramati- 
que, Gaea (1889),et beaucoup de lieder. — 4. 
Hooo, n6 k Breslau le 19 sept 1859, suivit les 
6coles de cette ville, 6tudia la jurisprudence, 
prit en 1844 son doctorat en droit, mais quitta 
au bout d'une annee dej& la carriere de fonc- 
tionnaire, se maria et prit la direction des do- 
maines de son p6re. Ses etudes de musique, 
qui d'abord avaient et6 une chose secondaire 



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(il avait travaill6 avec Hirschberg et Schftffer, a 
Breslau), devinrent bientrtt la chose principale, 
et, de 1887 k 1890, nous le trouvons k Franc- 
fort comme eleve de chant de Stockhausen, 
puis k Breslau ou il s'occupe d'histoire de la 
musique. sous la direction d'E. Bohn, et enfin 
k Berlin, comme co-directeur du Conservatoire 
Scharwenka-Klindworth. G. a 6crit : Die itaUe* 
nische Gesangsmethode des X VII Jahrh (1890, 
avec des notes precieuses sur Tex^cution orne- 
ment6e des oeuvres de la fin du xvi* s.) ; Der 
Vohalismus des neu-hoch deutschen Kunstge- 
sangs und der BUhnensprache (1892) ; Hand- 
buck der deutschen Gesangspcedagogik (1™ 
parti e : Das erste Studienjahr ; 1896), ainsi 
que quelques articles pleins d'mt£r&t dans des 
periodiques musicaux. 

Golinelli, Stefano, n£ k Bologne le 26 oct 
1818, m. dans la m&me ville le 8 juil. 1891; 
616ve de Benedetto Donelli (piano), et de Vaccaj 
(composition), fut, de 1840 k 1870, maltre au 
c Liceo musicale » de sa ville natale ; il se fit 
entendre aussi pendant ce temps, avec succ&s, 
en Allemagne, en Angleterre et en France, mais 
v6cut depuis ldrs tout k fait retire. G, a 6crit 
plus de deux cents oeuvres, sp£cialement pour 
piano (cinq sonates, trois loccates, quarante- 
huit preludes, etc.), estim^es dans sa patrie, 
bien qu'elles ne soient pas de grande valeur. 

Gollmick. 1. Karl, ne a Dessau le 19 mars 
1796, m. k Francfort s/M le 3 oct 1866; fils du 
t6nor Frucdrich-Kahl G. tr&s fete de son temps 
(n6 k Berlin le 27 sept 1774, m. k Francfort 
s/M. le 2 juil. 1852); il 6ludia k Strasbourg la 
th£ologie, et a cdt£ de cela la musique, avec le 
maitre de chapelle Spindler. G. gagnait d6j& de 
bonne heure sa vie, au moyen de legons de 
musique et de langues, et s*£tablit k Francfort 
s/M. en 1817, comme maitre de iangue fran- 
?aise. Spohr, alors maitre de chapelle a Franc- 
fort, l'engagea comme timbalier au thMtre 
municipal, place dans laquelle, en remplissant 
aussi les fonctions de r6p£titeur, il resta jus- 
qu*au jour ou il put faire valoir ses droits k la 
retraite (1858). En plus d*un grand nombre 
d'ceuvres pour piano k deux et k quatre mains 
(variations, rondos, pots-poums, etc.), de lieder, 
etc., G. a ecrit : Praktische Gesangschule (m&- 
thode de chant) ; Leitfaden fUr junge Musxk- 
lehrer; Kritische Terminologie ftir Musiher 
und Musikfreiinde (1833; «• ed. 1839); Mttsi- 
halische Novellen und Stihouetten(X&&)\ Karl 

Guhr (n^crologe, 1848); Herr Fetis als 

tyensch, Krit'tker, Theoretiker und Komponist 
(1852); Randlemhon der Tonkunst (1858); Au- 
tobiographic (1866), ainsi que divers articles 
dans les revues mnsicales. — 2. Adolf, fils du 
pr6c£dent, ne a Francfort s/M le 5 fevr. 1825, m. 
a Londres le 7 mars 1883 ; eleve de son pere, et 
pour le violon, de Riefsthal et H. Wolf, s'etablit 
en 1844 k Londres, ou il acquit une position en 
vue comme pianiste, violonisle et compositeur 
(operas, oanlates, oeuvres d f orchestre el de 
musique de chambre). 

Goltermann, 1. Georo-Edcard, ne k Hano- 
vre le 19 aout 1824, (son pere etait organiste 

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GOMBERT — GORDIGIANI 



293 



dans celte ville), eieve, poor le violonceUe, de 
Prell (fils) el, de 1847 4 1849, 4 Munich, de 
Menter et de Lachner (pour la composition). 
De 1850 4 1852, G. fit des tourn£es de concerts 
comme violoncelliste, et fit ex^cuter en 1851, 4 
Leipzig, une symphonic; il devint, l'ann^e sui- 
vante, directeur de musique 4 Wurzbourg, en 
1858 deuxi&me et en 1874 premier chef d'or- 
chestre du Thedtre municipal de Francforts/M., 
06 il vit encore. G. est surtout c£16bre comme 
violoncelliste et compositeur d'ceuvres pour 
son instrument (concertos, sonales, etc.); mais 
il a en outre public un certain nombre d'au- 
tres compositions de merite. — 2. Joh.-Aug.- 
Julius, ne 4 Hambourg le 15 juiL 1825, m. A 
Stuttgart le 4 avr. 1876; ce fut aussi un excel- 
lent violoncelliste. De 1850 4 1862, professeur de 
violonceUe au Conservatoire de Prague, il de- 
vint, en 1862, premier violoncelliste de la cha- 
pelle de la cour 4 Stuttgart, mais fit valoir, en 
1870, ses droits 4 la retraite. — 8. August, n6 
en 1826, m. 4 Schwerin le 2 no v. 1890, etait 
pianiste de la cour dans cette ville. 

Gombert, Nikoulus, contrapontiste n^erlan- 
dais, originaire de Bruges, Tun des plus re- 
marquables, si ce n'esl le plus remarquable 
des eieves personnels de Joaquin; fut, vers 
1580, maltre des enfants de choeur de la Gha- 
pelle imp6riale de Madrid, et devint probable- 
ment plus tard (1543), directeur de la m6me 
chapelle. Les compositions de G. se disttn- 
guent de celles de ses pr£d£cesseurs par leur 
sonority plus pleine et plus intense ; il evitait, 
d'apres le t&moignage d'Hermann Finck (v. ce 
nom), les silences dont l'abondance, chez les 
mattres precedents, reduisait trop souvent la 
polyphonies un nombre tr£s restreint de par- 
ties. Finck le designe comme un author musi- 
cm plane diverse?. G. fut un compositeur tr&s 
f&cond et un grand nombre de ses ceuvres, 
6crites avec un art consomme, nous sont 
conserves soit dans des Editions sp^ciales: 
deux volumes de motets 4 quatre voix (1** 
vol. sans date; 2* 6<L 1540; 2* voL 1541; tous 
deux plusieurs fois r£6dit&s) ; deux vol. de mo- 
tets 4 cinq voix (l or vol, 1541 [1551] ; $• vol., 
1541 [1552] ; tous deux aussi r6unis, 1552) ; un 
voL de Messes 4 cinq voix (1549) ; un vol. de 
chansons de cinq 4 six voix (1544; forme le 
vol V de l'anthologie de chansons pabliee par 
Tilman Susato, 4 Anvers) ; soit dans les antho- 
logies de l'6poque : de nombreux motets dans 
les Motetti del frutto et les Motetti del fiore, de 
Gardano, et dans un grand nombre d'autres 
recueils du xvi* s. (cf. le catalogue qu'en donne 
F6tis, et son complement, dans l'histoire de la 
musique d'Ambros, vol. Ill, p. 298). Enfin, il 
convient d'ajouter 4 cette liste quelques chan- 
sons et motets, conserves en manuscrits 4 la 
Biblioth&que de Munich (cf. le catalogue de 
J.-J. Maier). 

Gomez, Antonio-Carlos, n£ 4 Campinos 
(Brfeil) le 11 jail. 1889, de parents portugais, 
fut envoys pour son education musicale au 
Conservatoire de Milan (sous la direction Lau- 
ro Rossi), et resta en Italie jusqu'en 1895. II 



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accepta alors le poste de directeur du Conser- 
vatoire de Para et mourut dans cette ville, en 
octobre 1896. G. fut surtout un compositeur 
d*op£ra8, dont les ouvrages, relativement pen 
nombreux, se rapprochent souvent de ceux de 
Verdi. Apr&s une oeuvre de debut, en portu- 
gais: A noite de castello (Rio de Janeiro, 1861), 
il fit representee en 1867, une piece de circons- 
tance (farce de Nouvel-An) : Se sa minga, sur 
un petit th£4tre de Milan, et devint vite popu- 
late par sa « Chanson du fijsil 4 aiguille ^, en 
sorte que les portes de la Scala s'ouvrirent 
devant lui. Ses principalis ouvrages successifs 
furent: un opera-ballet, Quarany (Scala, 1870); 
un grand opera, en quatre actes, Fosca (Scala, 
1873), qui fit fiasco, ce qui du reste pourrait 
bien etre un eigne en sa faveur; Salvator Rosa 
(th64tre Fenice, 4 Genes, 1874, avec grand suc- 
ces, et depuis sur les principales scenes de 
l'ltalie); Maria Tudor (Milan, 1879); Lo Schia- 
vo (Rio de Janeiro, 1889), et Condor (Milan, 
1891). Sur la demande de l'empereur duBresil, 
G. ecrivit, pour le jubiie de la declaration de 
l'independance de l'Amerique, un hymne inti- 
tule : II salute del Bresile, qui fut execute 4 
l'Exposition de Philadelphie, en 1876. 

Gondoliera (ital.), syn. de barcarole. 

Goovaerts, Alphonse-Jean-Majue^Andr£, ne 
4 Anvers le 27 mai 1847; quoique issu d'une fa- 
mille d'artistes, il fut d'abord destine 4 la car- 
riere commerciale, mais fit ensuite de la musi- 
que avec beaucoup de zele, et, lorsqu'il devint, 
en 1866, bibliothecaire de la Bibliotheque muni- 
cipale d 1 Anvers, les motets de sa composition 
pommencaient d6j4 4 se r£pandre. Des lieder 
flamands 4 trois voix (pour les ecoles), une 
Messe 4 quatre voix avec orgue, une messe so- 
lennelle pour choeur, orchestre et orgue (1869) 
et beaucoup d'ceuvres religieuses de moindres 
dimensions (Adoramus, saliUaris 9 etc.) se 
succederent alors rapidemenL n fit, en outre, de 
serieuses etudes historiques et commen^a, en 
1874, 4 reformer la musique d'eglise de sa ville 
natale, par des executions d'ceuvres des anciens 
Neerlaudais, de Palestrina, etc. II cr6a m6me 
dans ce but un choeur special pour la cathedrale 
G. devint, en 1887, archiviste royal 4 Bruxelles ; 
il est membre de la < Societe gregorienne » de la 
Hollande, etc. Les travaux historiques de G. 
consistent en une Histoire et bibliographic de 
la typographic musicale, etc., ouvrage couron- 
ne (1880); des monographies sur Pierre Pha- 
lese, sur quelques peintres neerlandais, sur 
l'origine des journaux (Abraham Verhoeven) et 
une etude sur La musique d'&glise (parue aussi 
en flamand : De Kerkmuziek, 1876). 

Gong, (Gong-gong, Tschung), instrument 4 
percussion chinois, identique au tam-tam. 

Goria, Adolphe, ne 4 Paris le 21 janv. 1823, 
m. dans la m&me ville le 6 juil. 1860, compositeur 
de salon dont la vogue fut passagSre. 

Gordigiani, 1. Giovanni-Battista, ne 4 Man- 
toue en juillet 1795, m. 4 Prague le 2 mars 1871 
chanteur d'opera, se voua plus tard au concert 
et remplit, 4 partir de 1822, les fonctions de pro- 
fesseur de chant au Conservatoire de Prague. 

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294 



GOSS — GOTTSCHALG 



G. a beaucoup 6crit de musique d*£glise, ainsi 
que des « canzonet te », des melodies et deux 
operas : Pj/gmalion et Consuelo (Prague, 1845 
et 1846).— 2. Luioi, fr6re du precedent, n6 A Flo- 
rence le 12 juin 1806, m. dans la m&me ville le 
30 avr. 1860; a 6crit, de 1890 A 1851, sept operas 
(entre autres : Uri ereditd in Corsica, 1847), 
mais remporta ses meilleurs suce^s avec de pe- 
tites pieces vocales (duos avec piano). G. a pu- 
blic, en outre, trois recueils de chants populai- 
res toscans. 

Goss, John, n£ A Farcham (Hampshire) le 27 
d6c 1800, m. A Brixton (Londres) le 10 mai 
1880; il fut enfant de cho?ur de «Chapel Royal* 
(Londres), sous la direction de Smith, puis 616ve 
priv6 d'Attwood. G devint, en 1824, organiste 
de la nouvelle eglise Saint-Luc (Chelsea); en 
1888, successeur d'Attwood comme organiste de 
l^glise St-Paul (jusqu'en 1872), puis, en 1856, 
apr£s la mort de Knyvett, compositeur de 
« Chapel Royal >. En 1872, il reyut ses titres de 
noblesse, et, quatre ans plus tard, fut nomme 
docteur en musique (Cambridge). II a compose 
des anthems, des psaumes, des ledeum, des 
glees, des melodies, des morceaux symphoni- 
ques, et a £crit : Introduction to harmony and 
thorough-bass (1833, m£thode fort rSpandue en 
Angleterre et plusieurs fois r£6dit£e). En outre, 
G. a publiS .• Chants, ancient and modern (1841, 
avec W. Mercer) et The organist's companion 
(morceaux d'orgue). 

Gossec (de son vrai nom Gossft), Francois- 
Joseph, ni A Vergnies (Hainaut) le 17 janv. 
1784, m. A Passy, pr6s Paris, {A T&ge de 95 ans> 
le 16 ttvr. 1829 ; il re^ut sa premiere Education 
musicale comme enfant de chcpur de la oathe* 
drale d'Anvers, puis arriva en 1751 A Paris, 
muni de bonnes recommandations pour Ra- 
meau, qui lui procura la place de directeur de 
la chapelle privSe du fermier g£n6ral La Pope- 
lini&re. Ce fut pour cette chapelle qu'il 6crivit, 
en 1754, sa premiere symphonie (cinq ans avant 
la premiere de Haydn ; cf. toutefois l'article 
Sammartini) et, en 1759, son premier quatuor 
pour instr. & archet. La Popelinidre mourut en 
1762; apres la dissolution de sa chapelle, G. 
prit la direction de ceile du prince Conti, A 
Chantilly, et acquit une grande notori£t£. En 
1770, il fondait le c61£bre Concert des ama- 
teurs, rSorganisait en 1778 les Concerts spiri- 
tuds, et les dirigea, en compagnie de Gavini£s 
et de Leduc alne, ainsi que seul pendant quel- 
ques ann&es, mais fut renvoy* de cette place A 
la suite d'intrigues dirig£es contre lui (1777). 
De 1780 A 1782, G. fonctionna comme second 
directeur de l*Op£ra (« AcadSmie de musique ») 
et resta membredu comity de direction jusqu*au 
moment ou, en 1784, Torganisation et la direc- 
tion generate de « TEcole royale de chant » lui 
furent confines. Loreque celle-ci, en 1795, fut 
agrandie et convertie en « (Conservatoire de 
musique t, par le gouvemement r£publicain, 
G. en fut nomme inspecteur, en meme temps 
que Cherubini et Lesueur, et devint, la in£me 
ann&e, membre de TAcademie qui venait de se 
fonder. De 1799 A 1804, puis une seconde fois, 



de 1809 A 1815, il fut membre de la commission 
d'examen des ouvrages envoy&s A TOp^ra. A 
partir de 1815, G. vScut retir6 A Passy, pr&s 
de Paris. Comme compositeur, G. occupe uti 
rang 61ev£. Ses symphonies (au nombre de 
vingt-six, plus trois pour instr. A vent settle- 
ment) ne trouv£rent d*abord que peu d'echo, 
mais en 1777 d6j&, Tune d'elles dut £tre, dans 
un « Concert spirituel », jou6e tout entidre 
da capo; par contre, ses quatuors pour instr. a 
archet plurent tout de suite et furent A di verses 
reprises rfrmprimes A I'Stranger. Son Requiem 
(1760), qui contient des effels instrumentaux 
imposants, fit une grande impression. G. 6crivit 
encore une Symphonie concertante pour onze 
instruments, des serenades, ouvertures, trios 
pour instr.a archet, duos pour deux violons, 
quatuors pour flute et instr. A archet, plusieurs 
Messes avec orchestre, deux ledeum, des mo- 
tets, plusieurs oratorios (Saul, La nativite, 
LArche a" alliance), des chopurs pour YAthalie 
de Racine et YElectre de Rochefort, puis toute 
une serie d'op^ras qui le firent ranger parmi 
les compositeurs fran$ais les plus remarqua- 
bles, dans le domaine de la musique sc6nique : 
Le faux lord (1764), un petit ouvrage sans im- 
portance, lui servit de dttmt, puis lis pecheurs 
(1766) remporl&rent un succes complet ; vinrent 
ensuite, a l'Opera-Comique : Le double digui- 
sement (1767), Toinonet Toinette (1767), Rosine 
(1786) et Les sabots et le cerisier (1803) ; A TO- 
p6ra : Sabinus (1774), Alexis et Daphne (1775), 
Philemon et Baucis (1775), Hylas et Sylvie 
(1776), La fete du village (1778), Thlsee (1782), 
Les visitandines (avec Trial), La reprise de 
Toulon (1796) ; A TOp^ra de Bruxelles, enfin : 
Berihe (1775). En outre, il faut noter : Le Peri- 
gourdin (donne dans un cercle priv6) et Nito- 
cris (qui ne fut pas repr£sente).G.£tait partisan 
enthousiaste de la rSpublique et il a compost 
une quantite de chants, hymnes, etc., pour les 
fdtes patriotiques du temps de la Revolution. 
Citons dans le nombre, en premier lieu, le Chant 
du 14 fuillet (pour 1'anniversaire de la prise de 
la Bastille), puis des hymnes ; A la divinite, A 
f Etre supr&me, A la nature, A la liberty, A 
VhumaniU, A VigaliU ; un chant revolution- 
naire : Le Serment rdpublicain ; une Marche 
religieuse; une Marche victorieuse ; nn arran- 
gement pour orchestre de la « Marseillaise » ; 
les choeurs pour YApothiose de Rousseau ; des 
pieces sceniques de circonstance : Oflrande d 
la Patrie (1792) et Le Camp de Grand-Prt 
(1793). G. fut, pour ainsi dire, le compositeur 
offlciel de la R£publique.Gf. Gr£go\r, Notice sur 
G. (1878) et Hcdouin, G., sa vie et ses ceuvres 
(1852). 

Gottschald, v. Eltkrlein. 

Gottschalg, Alexander- Wilhelm, n£ A Me- 
chelrode, pr6s Weimar, lel4 tevr. 1827; re^utson 
instruction musicale de G. Tcppfer, a Weimar, 
comme el&ve du seminaire d'instituteurs. II eut 
aussi des lemons de Liszt, mais devint, en 1847, re- 
gent A Tief urt, pr£s Weimar, et ne succeda qu'en 
1870 A Tcepfer, comme maitre de musique au 
seminaire (jusqu'en 1881) et comme organiste 



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GOTTSCHALK — GOUNOD 



295 



de la cour. En 1875, G. 'fut, en outre, nomme 
professeur d'histoire de la musique A l'Ecole 
grand-ducale dfe musique et d'orchestre ; il fut, 
A partir de 1872, rSdacteur musical du Padago- 
gisches Jahresbericht de Dittes, et prit, en ou- 
tre, en 1885, la redaction du journal musical 
Chorgesang. G. a publie : Repertarium fur die 
Orgel (repertoire de morceaux pour orgue, en 
collaboration avec Liszt) et Kleines Handlexi- 
con der Tonkunsl (1867). 

Gottschalk, Louis-Morbau, pianiste ameri- 
cain, n6 A la Nouvelle-Orleans le 8 mai 1829, m. 
4 Rio-de-Janeiro lel8 d6c. 1869 ; eleve de Sta- 
inaty, A Paris, commen^a sa carriere de virtuose 
en 1845, A Paris, parcourut d'abord la France, 
la Suisse et l'Espagne, puis retouraa en 1858 
en Amerique, donnant des concerts surtout 
dans FAmerique du Nord. En 1865, il se rendit 
A San-Francisco et de \A dans l'Am£rique du 
Sud, joua en 1869 A Rio-de-Janeiro ou il tomba 
malade et mourut. G. ne jouait guere que ses 
propres compositions, que Ton peut classer 
dans la literature de salon (morceaux de genre, 
surtout dans le style national espagnol, brillant 
et quelquefois d'un sentimentalisme exagerej. 

Goudimel, Claude, n6 A Besan?on en 1505, 
ftjndateur de l'ecole de Rome, arriva, vers 1535 
environ, A Rome, oil Palestrina G., Animuccia, 
G.-M. Nanini et d'autres ont et6 ses eleves; mais 
il relourna plus tard A Paris ou il fut pendant 
quelque temps, en 1555, Tassocie de rimprimeur 
de musique Du Chemin.On n'a pu rlussir a 
prouver que G. ait quitte Rome parce qu'il sym- 
pathisait avec la Reforme; sa conversion ulte- 
rieure au protestantisme est meme Ires discutee. 
n est un fait, c'est qu*il a mis toute la traduc- 
tion des psaumes de Marot et de Reze [en tant 
qu'ils n'etaient pas pourvus de melodies pro- 
pres; peut-etre meme en a-t-il dote lui-meme 
quelques-uns de melodies], en musique A qua- 
tre voix, note contre note(t) et quo, dans la 
nuit du 28/29 aotit 1572, il fut tue A Lyon comme 
huguenot (presume ou veritable) et jet£ dans le 
Rhdne. Le style de Goudimel a beaucoup d*a- 
nalogie avec celui de Palestrina; il a ecrit tou- 
jours en harmonies pleines, sans artifices cano- 
niques, mais toujours en imitations et . d'une 
correction parfaite. II est curieux que les impri- 
meurs italiens (Gardano, Scoto, etc.) de son 
temps n'aient rien fait paraltre d'un mattre 
aussi celehre A Rome. Ses oeuvres probable- 
ment les plus anciennes (Messes et motets de 
cinq A douze voix) reposent, manuscrites, dans 
les archives du Vatican et dans l'oratoire de 
« Santa Maria in Vallicella t ; les oeuvres impri- 
mees ont paru, sans exception, en France et 
dans les Pays-Bas. Ce sont : quelques motets 
dans le vol. iv des motets (1554) de T. Susato; 
puis les editions separees de : Q. Horatii Flac- 
cu. odoe-.. ad rhythmos musicos redacted (1555) , 
Chansons spirituelles de Marc Anloine de Mu- 
ret (A quatre voix, 1555); MaffStificat ex octo 
modis (A cinq voix, 1557); Missce tres a Claudio 
G~. item missce tres a Claudio de Sermisy, 
Joanne Maillard, Claudio G. (1558); Les Psau- 
mes de David mis en musique... en forme de 



motets (1562, A seize voix) ; Les psaumes mis 
en rime frangais par Clement Marot et Thio- 
dore de Beze (1565) ; La fleur des chansons 
des deux plus excellents musiciens de notre 
temps , a savoir de Orlande de Lassus el de D. 
Claude G. (1574) et quelques chansons dans les 
volumes vi et vin de la collection de chansons 
de Le Roy et Ballard (1556 et 1557). 

Goudok, instr. A archet, russe, sorte de violon 
avec une seule corde et deux bourdons ; il en 
resulte que le son du g. rappelle celui de la 
vielle. 

Gounod, Charles-Francois, ne a Paris le 
17 juin 1818, m. dans la meme ville le 17 oct. 
1898, indiscutablement Tun des meilleurs com- 
positeurs fran$ais, apprit les premieres notions 
muaicales de sa mere, une pianiste accomplie. 
R eludia le contrepdint au Conservatoire, de 
1836 A 1888, sous la direction de Halevy, et fit 
des exercices pratiques de composition avec 
Paer et Lesueur. En 1837, il obtint le second, 
en 1839 le premier grand Prix de Rome, et il 
etudia, pendant le 3ejour de trois ans qu'il fit 
A Rome, le style de Palestrina ; en 1841, il 
faisait executer dans l'eglise de St-Louis des 
Fran^ais une Messe A trois voix avec orches- 
tre, et en 1842, A Vienne, un Requiem. A son 
retour A Paris, G. prit le poste d'organiste et de 
I maltre de chapelle A l'eglise de la « Mission 
I exterieure » , suivit des cours de theologie, fut 
| admis comme externe au seminaire des preires 
et fut sur le point d'entrer dans les ordres. 
Cependant un changement s'opera A cette 
6poque dans ses vues musicales; il venait 
seulement d'entendre, en Allemagne, les oeu- 
vres de Schumann et se mit A les etudier ainsi 
que celles de Berlioz; son propre talent poeti- 
que fut en quelque sorte Sveille par eux, et, de 
l'eglise, il se tourna vers le theatre. Toutefois, 
ce devait etre une ceuvre religieuse qui attire- 
rait tout d'abord sur lui l'attention generate: 
dans un concert de Hullah, A Londres (Janvier 
1851 ), des fragments de la Messe solennellede G. 
eurent un grand retentissement aupres des 
critiques et du public. La meme annee, G. 
debuta comme compositeur scenique A l'Opera, 
avec Sapho qui n'eut du reste, par le fait de 
l'insuffisauce des connaissances dramatiques 
du jeune auteur, qu'un mediocre succes; le re- 
maniement qu'il en fit ne rdussit guere mieux 
(en 1884). Le meme sort etaitreBerve&l'ouvrage 
suivant: La nonne sanglante (1854), puis un 
peu apres encore aux chceurs qu'il Scrivit pour 
YUlysse de Ponsard, et dans lesquels il cher- 
chait A imiter l'antique. Cependant, malgre son 
peu de succes, il sentait ses forces s'accroitre et 
reconnut de plus en plus nettement sa vocation 
de compositeur dramatique. Entre temps il 
avait ete nomme, en 1852, directeur de 1' « Or- 
pheon », la grande association des societes 
chorales d'hommes et des ecoles de chant de 
Paris, poste qu'il occupa pendant huit annees; 
il ecrivit alors, pour les orpheonistes, deux 
Messes et divers choeurs, et s'essaya dans le 
domaine de la musique instrumentale avec 
deux symphonies ; mais sa principale activite 



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296 



GOUVY 



demeura concenlr&e sur l'op^ra. Le midecin 
malgre lui, donn& A l'Op6ra-Comiquc en 1858, 
(puis, en Angleterre, sous le titre: The mock 
doctor) prouva que G. n'6tait pas fait pour 
Topera-comique. Et ce ne fut qu'en 1859 que le 
compositeur parvint A frapper un coup decisif, 
avec son Faust (Th&Ure lyrique, 19 mars) ; il 
Stall \A dans sa sphere et l'union des Elements 
fantastiqueet lyrique pur trouva en lui un excel- 
lent interprSte. Le « Faust » de G. n'est point, 
comme on le pretend souvent A tort, une d£figu- 
ration, encore moins une caricature de celui de 
Goethe; l'habilit& du musicien consiste pr£cis£- 
ment dans le fait qu'il n'emprunta A ce dernier 
que des scenes • musicables», des scenes qui, 
il est vrai, Spisodiques dans le drame, devin- 
rent le noyau m&me de l'op6ra. Les scenes 
populaires et la scene du jardin sont de veri- 
tables petite bijoux. Quant au style de G., il est 
avant tout d'une clarte absolue et toute fran- 
caise, mais il rappelle aussi parfois Weber et 
Wa gner. D est regrettable que Ton y rencontre 
'de temps A autre des inegalit£s choquantes, se 
traduisant surtout par des incursions dans le 
domaine de la « chanson > sentimentale ou 
comique. Le « Faust » est rests le chef-d'oeuvre 
de G. ; il a port6 son nom au loin, cheztous les 
peuples civilises, et fut le premier op£ra fran- 
cos qui d'une sc&ne parisienne secondaire 
parvint A l'Opira. Mais il ne faut pas oublier 
qu'il fut retravaill£ dans ce but et que le < parte » 
de la version primitive fut plus tard mis en 
musique ; c f est cette derntere version qui, 
seule, est connue actuellement. Les oeuvres 
suivantes sont rest£es en dessous de ce que 
Ton attendait, avec curiosity apr£s « Faust » : 
PhiUmon et Baucis (Op£ra, 1860) ; La reine de 
Saba (Op6ra, 1862 ; version anglaise : lrtote, A 
Londres) ; Mireille (ThSdtre lyrique, 1864> ; La 
colombe (OpSra-Comique, 1866 ; donnS aupara- 
vant A Baden-Baden, et A Londres sous le 
titre Pet dove). Enfin Romdo et Juliette (ThMtre 
lyrique, 1867) fut de nouveau une heureuse 
inspiration, placee par les una au-dessus, par 
les autres au-dessous de « Faust >. Le sujet en 
6tait de nouveau tr£s sympathique A G.; dans 
la facture, l'auteur s'est davantage rapproch£ 
de Wagner, en placant le centre de gravity de 
sa musique dans l'orchestre et en faisanl un 
usage abondant de dissonances resultant de 
retards. Plus tard, G. 6crivit de nouveau des 
operas de moindre valeur : Cinq-Mars (Opera- 
Gomique, 1877) et Poly mete (OpSra, 1878), 
ainsi que des entr'actes et des choeurs pour 
Les deux reines de Legouv& et la musique d'un 
ra&odrame: Jeanne d'Arc, de Barbier. Son 
dernier opSra, Le tribut de Zamora (1881), n'a 
guere r&pondu non plus aux esperances qu'on 
avait fondles sur G. La guerre de 1870 avait 
chasse G. de Paris ; il s'etait rendu A Londres 
et y avait fonde une society mixte de chant 
(Gounods Choir), avec laquelle il organisa de 
grands concerts et fit executer, pour l'ouverture 
de rExposition universelle de 1871, sa cantate 
fun&bre Gallia (d'apres des paroles des lamen- 
tations de Jeremie; une sorte de pendant au 



< Chant de triomphe » de Brahms). II faut 
encore citer parmi ses oeuvres : deux Messes* 
Angeli custodes et Messe solennelle de Ste- 
C6cile (1882) ; une Messe A Jeanne d'Arc (1887); 
une quatri&me Messe solennelle (1888); deux 
Tedeum ; Les sept paroles du Christ ; un Pater 
noster 9 un Ave verum, et un salutaris ; Jisus 
au lac de libbriade ; un Stabat mater avec 
orchestre;les oratorios: lobie, The redemption 
(anglais, 1882) et Mors el vita (1885); une sym- 
phonic: La reine des apotres; Marche ro- 
maine; Chant de guerre aragonais (1882); 
Marche fundbre (Tune marionnette ; les can- 
tates : A lafrontitore (1870, A 1'OpSra), Le vin, 
des Gaulois et la danse de Cepde; plusieurs 
oeuvretlres vocales de moindre importance; 
des lieder en francais et en anglais : la Medita- 
tion tres connue sur le premier prelude du 
c Clavecin bien temp£r£ », de Bach (pour so- 
prano solo, violon, piano et harmonium); des 
morceaux a deux et quatre mains pour piano- 
seul (douze morceaux, Berceuse, etc*) et une 
Mithode de cor a pistons. A noter enfin, un* 
recueil d'oeuvres posthumes d'une nullite mu- 
sicale absolue. G. etait membre de llnstilut de 
France (Acad6mie) et commandeur de la Legion 
d*honneur. G. a aussi £crit dans diverses revues > 
publie un essai sur le Don Juan, de Mozart et 
(posthume) les Memoires (Tun artiste (autobio- 
graphie, etc.). Cf. entr'aulres l'excellente &tude 
de Rene de R6cy (« Revue Bleue », 1887) et Paul 
Voss, Cfi. G., ein Lebensbild (1895). 

Gouvy, Louis-Theodore, n6 A Gaffontaine > 
pres Saarbrficken, le 21 juil. 1822, suivit les 
classes du gymnase de Metz, puis alia, en 1840,. 
a Paris pour y 6tudier le droit, qu'il abandonna 
du reste bientAt, afin de se vouer enticement Al 
la musique. II fit ses Etudes de contrepoint chez 
Ehvart et celles de piano chez un 616ve de 
Herz, mais ne frequenta pas les cours du Con- 
servatoire . Ses moyens lui permettant de se 
rendre compte de la vie musicale allemande en 
Allemagne m&me, il y passa l'annee 1843; il 
s'y lia avec K. Eckerl et entreprit, en sa com* 
pagnie, un voyage detudes en Italie. De retour 
A Paris, il fit executer, dans un concert organist 
par lui, ses premieres grandes oeuvres, la 
symphonie en fa majeur, deux ouvertures, etc*; 
le succes fut notable. Cette premiere symphonie 
a £t£ sui vie de cinq autres, plus une Sinfonietta. 
en remaj., deux ouvertures de concert, des 
lieder, des chceurs, des scenes de concert (Le 
dernier chant d'Ossian, pour baryton et or- 
chestra), ainsi qu'un grand nombre d'oeuvres 
de musique de chambre (un quintette avec 
piano ; cinq trios ; une sonate de violon et une 
de violoncelle ; des morceaux de violoncelle ; 
cinq quatuors et un quintette pour instr. A 
archet ; une serenade pour cinq instr. A archet ; 
un sextuor pour flCite et quintette d'archels ; un 
octetto pour fltite, hautbois, deux clarinettes,. 
deux cors et deux bassons [op. 71] ; des sonates 
de piano ; vingt serenades [en une partie] ; des 
variations, des morceaux de genre, etc. a deux 
et A quatre mains). Mais les oeuvres princi- 
pales de G. sont de la musique vocale: Missa 



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GRAAN — GRAMMANN 



297 



brevis (soli, chcear et orchestre); Messe de 
Requiem; Stabat mater; Golgotha, (cantate); 
Asiiga (sc£ne lyrico-dramatique); EXectra 
(sc£ne dramalique poor solo, choeur et orches- 
Ure; Doisbourg, 1888); Iphig&nie en lauride 
(ec&ne dramatique pour solo, choeur et orches- 
tre, op. 76) ; Oedipe a Colonne (id. op. 75) ; et le 
Reveii duprintemps (choeur dliommes, soprano 
solo et orchestre, op. 78). Un oplra, le Cid, fut 
accepts k Dresde en 1868, mais ne fat pas 
mont£. L'influence de Mendelssohn sur G. est 
indeniable ; sa musique est m£lodique, facile k 
saisir et plutcM doucereuse. G. vit, sans poste 
Axe, tantdt k Paris, tantdt k Leipzig, voyageant 
da reste beaucoup. 

Graan, Jean de, n6 k Amsterdam, le 9 sept. 
1852, m. k La Haye le 8 janv. 1874, 616ve de 
Joachim, violoniste dou6 d'un grand talent, 
malheureusement mort Ms jeune. Cf. Knep- 
pelhout, Een bercemde Knaap. 

Graben-Hoffmann, (Hoffmann dit G.-H.), 
Gustav, n& k Bnin, pr£s Posen, le 7 mars 1820, 
destine k la carridre p6dagogique, entra d'ahord 
aus&ninaire d'instituteurs deBromherg, et fat 
quelque temps institatear k Posen ; mais, en 
1843, il alia k Berlin et y fit des Etudes de chant 
et de pedagogic du chant. II v6cut alors k Pots- 
dam d'ahord, comme maltre de chant, puis 
travailla encore k Leipzig, sons la direction de 
Hauptmann, et, en 1858, alia demeurer k 
Dresde. En 1858, il 61nt domicile k Schwerein, 
mais v6cut, k partir de 1869, k Berlin, tr&s 
6stim& comme maltre de chant. Outre an grand 
nomhre de lieder (parmi lesquels « 500.000 
Teufel * est devenu populaire), de duos, de 
choears et quelques morceaux poor piano, G. 
a 6crit : Die Pftege der Singstimme, etc, (1865); 
Das Studium des Qesangs (1872); Praktische 
Method* als Grundlage fur den Kunstgesang 9 
etc (1874); des solteges, etc. 

Graces, (angL), c.-d-d. ornements (all. Ver- 
zierungen). 

Graduale (lat. Responsorium graduate ou 
gradate) — 1. Le chant en r£pons qui suit la 
lecture de l'6pitre et de l'6vangile, nomm& G. 
parce que le pr&tre qui l'entonnait se tenait 
debout sur les marches (in gradibus) de l'am- 
bon (v. ce mot). Le G. est d'origine romaine, 
mais ancien, car il occupait d6j& dans 1* « anti- 
phonaire gr6gorien » un rdle principal. A l'ori- 
gine, le G. se composait de tout un psaume qui 
etait chant* par le < precentor » auquell'assem- 
bl£e repondait ensuite. Cependant le pape 
Gelase I* d£j& (m. en 496) introduisit, k la 
place du psaume, le Versus selecti; les G. de 
l'antiphonaire gr£gorien se com posen t de deux 
vers dont le premier 6tait r6p&6 apres le se- 
cond. Plus tard cette r6p6tition aussi disparat. 
— 2. Employ* de nos jours soit comme syn. 
d'antiphonaire (v. ce mot), soit pour designer 
une partie de ce vaste recueil. 

Graedener, 1. Kabl-G.-P., ne k Rostock le 
14 janv. 1812, m. k Hambourg le 10 juin 1883, 
compositeur et th&oricien, fit ses Etudes gymna- 
siales k Altona et k Lubeck, et entra k l'Uni- 
versite de Halle puis k celle de Goettingue ; 



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mais il se voua ensuite enticement k la musi- 
que. H fut d'abord violoncelliste k Helsingfors 
et se fit entendre soit comme soliste, soit dans 
des stances de musique de chambre ; puis il 
remplit pendant dix ans les fonctions de direc- 
teur de musique, k l'UniversitS de Kiel, oil il 
dirigea diverses soci£t£s et oh il fonda, en 1851, 
une c Acadfonie de chant » k la tele de laquelle 
il resta une dizaine d'annees. De 1862 k 1865, 
maltre de chant et de thdorie au Conservatoire 
de Vienne, et k partir de 1863. maltre de cha- 
pelle de f la Soci6t6 chorale &vang£lique, il 
v^cut depuis 1865 k Hambourg, comme maltre 
au Conservatoire. En tant que compositeur G. 
n'est pas sans importance et fait preuve d'une 
certaine originality ; il frappe moins cependant 
par la richesse m&odique qu'il n'int6resse par 
son harmonie distingu&e et la parfaite conduite 
des voix ; ses morceaux de piano peuvent 6tre 
ranges parmi les meilleurs qu'ait produits 
l^cole schumanienne . Outre beaucoup de 
lieder, duos, choeurs, etc., il a public : un con- 
certo de piano, deux quintettes avec piano, deux 
trios, une sonate, des variations,. Fliegende 
Blatter (op. 5, 27, 31), Fliegende Blattchen 
(op. 24, 83, 43), Fhantastische Studien, Trau- 
mereien (op. 52) pour piano ; trois sonates de 
violon et une de violoncello; trois quatuors, un 
trio, et un octette pour instr. k archet ; une 
romance pour violon et orchestre, deux sym- 
phonies, une ouverture (Fiesco), etc. II a aussi 
public un inginieux Traiti dCharmonie (1877 ; 
un extra it en a et6 fait par Max Zoder), des 
Oesammelte Aufsdtze fiber Kunst, vorzugs- 
xoeise Musih (1872), etc. Son fils — 2. Hermann, 
n£ k Kiel le 8 mai 1844, 616ve de son p&re et du 
Conservatoire de Vienne, devint en 1862 orga- 
niste k Gumpendorf, en 1864 membre de l*or- 
chestre de la cour de Vienne (violon), et en 
1873 maltre d'harmonie k TEcole de piano 
Horak. Depuis quelques ann6es G. a pass£ au 
• Conservatoire des amis de la musique *; il a 
dirig6 les concerts de l'Exposition de musique, 
k Vienne (1895). G. est 6galement un composi- 
teur zel6 et bien dou6 (Capriccio et Sinfonietta 
pour orchestre, octette pour instr. a archet, 
quintette avec piano, trio, morceaux divers 
pour trio et pour piano et violon, sonate pour 
deux pianos, morceaux de piano, lieder, etc.). 

Graefinger, v. Grefinoer. 

Graew, v. Bacfart. 

Grammann, Karl, n6 k Lubeck le 3 juin 
1844, m. k Dresde le 30 janv. 1897, entra en 
1867 au Conservatoire de Leipzig, v6cut de 1871 
k 1884 k Vienne, et depuis 1885 k Dresde, tout 
k fait adonne k la composition, pour laquelle 
il montra des dispositions remarquables. G. 
s'est fait connaltre par trois operas: Melusine 
(Wiesbaden, 1875; r^cemment retravailte), 
Thusnelda und der Triumphzug des Germa- 
nicus (Dresde, 1881), Das Andreasfest (Dresde, 
1882) ; deux symphonies (H« : Aventiure) ; 
une cantate funebre pour choeur, soli et orches- 
tre ; une sc&ne dramatique : Die Hexe (alto, 
choeur et orchestre), ainsi que plusieurs ceuvres, 
de musique de chambre. II a termini un qua- 

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298 



GRAN — GRAUPNER 



trteme op^ra, NeutrcUer Boden, pas encore 
repr6sent6. 

Gran, grande (ital.), grand ; grandezza, no- 
blesse,grandeur. 

Grand chceur, dans l'orgue, comme « grand 
jeu », la reunion de tous les jeux. 

Grand jeu, est le nom donn6, dans l'harmo- 
nium, au registre qui ouvre tous les jeux A la 

foiS, V. GRAND CHCEUR. 

Grand orgue, clavier principal de l'orgae. 

Grandena, (ital.), grandeur, gravity. 

Grandi, Alessandro de, c&ebre compositeur 
i tali en de musique d'£glise, de l'ecole veni- 
tienne, 61&ve particulier de Giovanni Gabrieli. 
II devint en 1617 chantre de la chapelle de 
Saint-Marc, a Venise, en 1620 vice-maltre dq, 
chapelle dans cette rafeme £glise, et en 1627 
maltre de chapelle de « Santa Maria Maggiore », 
A Bergame, ou il mourut de la peste, en 1630. 
On a de lui : Madrigali concertati (3 # 6cL en 
1619); des psaumes de v6pres, des litanies, un 
TeDeum et un lanlumergo (1607; six vol. de 
motets de 2 a 8 voix (1619-40); Messe concer- 
tate 8 voc., Missa e salmi a 2, 3 e 4 voci can 
basso e rtpieni, Salmi brevi a 8 voci (1623) ; 
Celesli fiori (d'une A quatre voix), trois vol. 
de Motetti a 1-4 voci con 2 violini 9 des Motetti 
ale 2 zoci per cantor e e sonar e net chitarrone 
(1621) ; Missa e salmi concertati a 3 voci (1630); 
Motetti concertati a 2> 3 e 4 voci (1632, pos- 
thume). 

Grandioso (ital.), sublime, grandiose. 

Grandval, de, v. Reiset. 

Granjon, Robert, c61£bre fondeur de carac- 
tdres frangais et imprimeur de musique, A Avi- 
gnon (1532), plus tard a Rome (1582!). 

Graphaus, Hiebonymus, c61£bre fondeur de 
caracteres de Nuremberg et imprimeur de mu- 
sique (depuis 1533), m. le 7 mai 1556, s appelait 
en r6alit6 Resch (selon d'autres Andrew); mais 
il prit, A cause de son metier, le nom de Form- 
Schneider, qu*il hell&nisa plus tard en G. 

Gratiani, v. Grazianl 

Graumann, Mathilde, v. Marcrksi, 3. 

Graun, 1. Karl-Heinrich, n6 A Wahrenbruck 
(Province saxonne) le 7 mai 1701, m. a Berlin le 
8 aout 1759, suivit, de 1713 A 1720, les cours de 
TEcole de la Croix, A Dresde, et fut bientdt en- 
gag^ comme soprano dans la « Ratskapelle*. 
Pendant la ptriode de mue de sa voix, il etudia 
avec ardeurla composition, sous la direction du 
maltre de chapelle J.-K. Schmidt, et parfit son 
Education surtout en suivant les representations 
de TOpSra de Dresde. Apres que sa voix se fut 
transform^ en un agreable tenor, il fut engagS 
comme chanteur d'op&ra a Brunswick, mais il 
se r6v61a bient6t lui-m A me compositeur dra- 
matique et fut nomme second maitre de cha- 
pelle. Fr6d6ric-le-Grand, alors prince royal en- 
core, fit sa connaissance A Brunswick et le de- 
manda au due pour sa propre chapelle, A 
Rheinsberg (1735), ou G. dut momentan&nent 
abandonner la composition scenique, mais ecri- 
vit par contre un grand nombrede cantates sur 
des textes du prince-artiste. Lorsque son pro- 
tecteur monta sur le trdne, G. fut nomme maitre 



de chapelle et charg£ de monter a Berlin un 
Op£ra pour lequel il devait engager les chan- 
teurs en Italie; G.lui-m&me etHasse fournirent 
longtemps, presque seuls, les ouvrages pour 
TOp^ra de Berlin. Bien que sa carrtere soit si 
6troitement li£e avec les choses de theatre, G. 
n'atteint sa r£elle valeur, pour nous qui le ju- 
geons a distance, que dans les couvres Rentes 
pour l'6glise. Avant tout, il faut citer un ora- 
torio de la Passion : Der Tod Jesu (1755) qui 
aujourd'hui encore, en suite d'une fondation, 
est execute une fois Fan & Berlin; puis encore : 
son TeDeum (1756), pour Tanniversaire de la 
bataille de Prague; deux cantates de la Passion; 
beaucoup d'autres cantates et motets; la mu- 
sique pour les fun6railles du due Auguste-Guil- 
laume de Brunswick (1738) el pour le roi Frfe- 
d6ric-Guillaume I» de Prusse (1740). G . a 6crit 
pour le prince h6ritier, plus tard pour le roi, 
quelques concertos pour flute qui n f ont pas &6 
graves; au reste, ses compositions instrumen- 
tales (concertos de piano, un concerto pour 
flute, violon, gambe et violoncelle [pour la fa- 
raille royale], trios, fugues pour orgue, etc.) 
sont d'un int£rdt mediocre et sont resides ma- 
nuscrites. Suivent les litres des operas, qu'il 
Scrivit pour Brunswick : Polydor (1726), Sancio 
undSinilde (1727), Iphigenie in Aulis, Scipio 
Africanus. Timareta (en italien, 1733), Pharao 
(avec des airs italiens), Lo specchio delta fe- 
delta (Potsdam, 1733); pour Berlin (en italien) : 
Rodelinda (1741), Cleopatra (1742;, Artaserse 
(1743), Catone in Utica (1744), Alessandro nelC 
Indie, Lucio Papirio (1745), Adriano.in Stria, 
Demofoonte (1746), Cajo Fabrizio (1747), Le 
feste galante, Galatea (pastorale, en collabora- 
tion avec Frederic II, Quanz et Nicheimann), 
Cinna (1748), Europa galante, lfigenia in Aw- 
lide (1749, v. plus haut), Angelica e Medoro, 
Coriolano (1750), Fetonte Milridate (1751), Ar- 
mida 9 Britannico (1752), Orfeo, II giudizio di 
Paride, Silla (1753, texte de Fr6d6ric II), Semi- 
ramide (1754), Montezuma (1755), Ezio (1755), 
J frateUi nemici (1756), Metope (1756). — 2. Jo- 
hann-Gottlieb, fr£re du precedent, n£ 4 Wah- 
renbruck en 1698, violoniste, membre de la 
chapelle de Dresde jusqu'en 1726, puisconcert- 
meister a Mersebourg ou Friedemann Bach fut 
son 616ve; m. comme concertmeister k Berlin, 
le 27 oct 1771. G. semble avoir en quelque sorte 
complete Charles-Henri G., car il se fit connai- 
tre surtout par ses compositions instrumen- 
tales (40 symphonies, 20 concertos de violon. 
24 quatuors et des trios pour instr. & archet, etc). 
Graupner, Ghristoph, ne A Kirchberg (Erz- 
gebirge de Saxe) en janv. 1683, m. A Darmstadt 
le 10 mai 1760; £l£ve de Kuhnau, A Leipzig, A 
T£cole St-Thomas, devint en 1706 accompa- 
gnateur a l'Opera de Hambourg, sous la direc- 
tion de Keiser, en 1709, second, puis premier 
maltre de chapelle de la cour de Darmstadt, et 
fut aveugle les dernieres ann£es de sa vie. Parmi 
ses cruvres, il faut citer des operas Merits pour 
Hambourg : Dido (1707), Die lustige Hochzeit 
(1708, avec Keiser), Herhules und Theseus 
(1708), Antiochus und Stratonice, Bellerophon, 



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GRAVE — GREGQUE 



299 



Simton (1709) et, poor Darmstadt : Berenice 
und Lucio (1710), Telemach (1711), Bestandig- 
keit besiegt Beforug (1719) ; puis un certain nom- 
bre de compositions pour clavecin, gravies par 
)ui-m£me: Acht Parthien fur Klavier (1718), 
MonatHche Klavierfriichte (1722), Acht Par- 
thien fur das Klavier (1726), Die vier Jahres- 
zeiien (1738) et un Hessendarmstadtisches 
Choralbuch. Un grand nombre d'oeuvres instru- 
mental sont rest^es manuscrites. 

Grave (ital.), lourd, s£rieux, sert souvent d'en 
t&te aux introductions path&tiques et soutenues 
de la premiere partie de symphonies ou de 
sonates: mais c*est en m&me temps Vindication 
d'un tempo, analogue k largo (tres lentement). 

Graves (ss.-ent. voces: les sons graves) est 
le nom que donnait dej& Hucbald (plus tard 
Guy d'Arezzo, etc.) aux sons inttrieurs de l'&en- 
due qu'embrassait autrefois le syst^me tonal. 
Ces sons correspondaieut k ceux que nous 
nommons aujourd'bui sol 1 — ut*, c'&aient par 
consequent les quatre sons places en dessous 
des quatre finales (re^soP) des modes eccl6- 
siastiques. 

Gravicembalo (Hal.), syn. de « clavicembalo » 
(clavecin) et probablement Tune de ces d£figu- 
rations de noma $ifr£quentesau xvi« siecle,bien 
que rallusion k « grave » ne paraisse pas 
contradictoire, puisque cet instrument fenc- 
tionnait k cdt6 du th6orbe, de 1* « archiviola da 
Lyra » et du < violone », comme instrument 
basse. Cf. piano. 

Granani, 1. Padre Tommaso, n6 k Bagnaca- 
vallo (Etats de FEglise) et maftre de cbapelle 
du couvent de Franciscains de Milan, a public : 
des Messes k cinq voix (1569), des psaumes de 
vfcpres a quatre voix (1587), des madrigaux k 
<nnq voix (1588), des « completoria » k huit voix 
(1601), Sinfonie, partenici, litanie a 4,5,6 e 8 
voci (1617), et des r£pons k Saint-Francois, avec 
€ Salve » (1627). — 2. [Gratiani] Bonifazio, n6 
k Marino (Etats de FEglise) en 1605, maitre de 
ehapelle de l'6glise des J6suites k Home, m. le 
15juinl664; ce fut un compositeur Kcond de 
musique d'&glise, bautement apprecte de son 
temps, et dont les oeuvres ont et6 en partie pu- 
bli&es apr&s sa mort, par son fr^re : sept livres 
de motets de 2 k 6 voix; six livres de motets 
pour une seule voix; un livre de psaumes k 5 
voix, avec orgue ad libit; un livre de Salmi 
concertali k 5 voix; deux livres de Messes de 
4 & 6 voix; un livre de psaumes de v&pres k 
deux choeurs concertants ; un livre de r6pons k 
A voix, pour la semaine sainte ; un livre de lita- 
nies de 3 k 8 voix; un de Salve et d'autres an- 
tiennes k Marie, de 4 k 6 voix; un d'antiennes 
pour fetes de 2 k 4 voix; un de concertos 
d'&glise de 2 k 5 voix ; un d'bymnes de v£pres 
de 2 k 5 voix; un de Musiche sacre et morali 
de 1 k 4 voix, avec accompagnement d'orgue ; 
enfin un de motets de 2 a 3 voix, arranges 
d'apres <;eux de 2 k 6 voix. D'autres ceuvres 
sont restees manuscrites. — 8. Ludovico, excel- 
lent chanteur sc&nique (t6nor), n£ k Fermo en 
aout 1823, m. dans la m&me ville en mai 1885, a 
surtout chants sur des scenes italiennes, mais 



aussi, avec grand succes, k Paris (1858), k Lon- 
dres et k Vienne (I860).— 4. Francesco, frtre du 
precedent (baryton), n6 k Fermo le 16avr. 1829, 
a chants avec succSs sur des scenes italiennes, 
a Paris (1854, et de 1856 a 1861 au Theatre Ita- 
lien), k New York (1855), k Londres et k Saint- 
PStersbourg (1861 k 1864). 

Graxioso (ital.), con grazia, gracieux, avec 
grAce. 

Grazzini, Reginaldo, nS a Florence le 15 oct. 
1848, £l£ve de Teodulo Mabellini, au Conserva- 
toire de sa ville natale, fut d'abord chef d*or- 
chestre de thMtre, k Florence et ailleurs, puis 
fut appelS, en 1881, comme directeur du Con- 
servatoire el chef d'orchestre du thSfttre muni- 
cipal, k Reggio d'Emilia. Mais, FannSe suivante 
deja, il accepta la place de professeur dethrone 
musicale, ainsi que celle de directeur artistique 
du c Liceo Benedetto Marcello », k Venise. G. 
est un musicien d61icat, qui s'est crhb aussi 
comme compositeur un certain renom (Cantata 
biblica, 1875 ; un Mease a 8 voix, 1882 ; des sym- 
phonies, des morceaux de piano, un opera 
[manuscrit]). 

Great organ (angl.;, grand orgue, clavier 
principal. 

Greco (Grecco), Gaetano, n6 k Naples en 
1680, 61&ve d'Alessandro Scarlatti, au Conser- 
vatoire « dei Poveri », succ£da k son maitre, 
puis passa plus tard au Conservatoire c di 
Sant' Onofrio » oil il fut le professeur de Per- 
gotese et de da Vinci. On a conserve de lui, en 
manuscrits (k Borne), des litanies avec accom- 
pagnement instrumental et des morceaux d'or- 
gue. 

Grecque, Musique g. Les renseignementsque 
nous poss&dons sur la musique de la Gr&ce an- 
tique nous sont presque exclusivement fournis 
par des ouvrages th^oriques, conserves en assez 
grand nombre. C'est un fait bien connu que la 
musique, k l'6gal des autres arts, etait lenue en 
haute estime dans l'antiquild et qu'elle etait 
loin d'etre exerc£e, comme au moyen Age, par 
des vagabonds et des gens sans aveu.Les joutes 
po&iques et musicales occupaient une place 
importante dans les jeux olympiques, pythiens, 
n&meens et isthmiques des Grecs. A Torigine 
m£me, les jeux qui se c£16braient k Delphes en 
Thonneur d* Apollon pythien etaient exclusive- 
ment musicaux, le vainqueur 6tait couronn£ de 
laurier dont on avail cueilli les rameaux, en 
grande pompe, dans la valine du Temp6. L'his- 
toire primitive de la musique grecque est tene- 
ment m&lee de legendes qu'il est presque im- 
possible d'en extraire une s£rie de fails certains; 
^invention des instruments de musique, de 
mSme que celle de Tart musical en general, est 
attribute aux dieux (Apollon, Mercure, Minerve, 
Pan). B va sans dire qu'Amphion, Orphee ani- 
mant les rochers et domptant les animaux sau- 
vages, que Linus et Marsyas tu6s par Apollon 
jalonx de leur talent, sont des personnages pu- 
rement mythologiques. La musique grecque 
ignorait tout systeme harmonique analogue au 
n6tre, puisqu'elle n'avait pas la notion de 
la polyphonie; toutefois, les instruments ne 



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300 



GRECQUE 



se bornaient pas exclusivement k accompagner 
les voix k l'unisson ou k l'octave, mais pou- 
vaient executer certains omements et certaines 
figures d'accompagnement composes de ce que 
nous nommons aujourd'hui des appogiatures et 
des notes de passage, ou bien encore ne faire 
entendre, au contraire, que les sgns accentu6s 
de la meiodie vocale. La th6orie grecque dela 
musique n'en est pas moins tr^s d6velopp£e et 
ses conslatations ont 6pargn6 aux th6oriciens 
occidentaux une somme enorme de travail, tout 
en encombrant leur science, il est vrai, pendant 
nombre de si&cles, d'un bagage considerable de 
connaissances tout k fait superflues. Voici, 
aussi bri6vement exposes que possible, les 
principaux points de celte theorie : 

I. Le systAme. Tandis que notre systeme mu- 
sical moderne est base tout entier sur une con- 
ception majeure, C.-&-& dans le sens de la gam- 
ine majeure et de Taccord majeur — k tel point 
que le theoricien le plus sagace de notre temps, 
Maurice Hauptmann (et apres lui toute la s^rie 
de ses 616ves), ne considdre Taccord mineur que 
comme la negation de l'accord majeur, — celui 
des Grecs r^pond k une conception naturelle 
absolument oppos6e. Le centre de leur systeme 
est forme d'une 6chelle de sons qui est exacte- 
ment Tin verse de notre gamme majeure; les 
Grecs consid^raient cette echelle comme allant 
de Vaigu, au grave (descendante), alors que 
nous avons coutume de nous representor 
r^chelle majeure ascendante. L'ordre dans le- 
quel les lettres de l'alphabet ont ete choisies, 
dans les deux cas, pour indiquer la s^rie des 
sons, vient absolument k l'appui de cette these. 
Si Ton fait abstraction de sa hauteur absolue 
que, en d£pit d'essais nombreux et ing6nieux, 
il est impossible de fixer exactement, l'octave 
moyenne correspondra k noire mi % — mi 2 : 



m 



gg 



ce qui, comme l'indiquent les liaisons sur les 
demi-tons, n'est autre chose que l'image reu- 
vers^e de notre gamme majeure actaelle 
(ufl— uf 3 ): 



s 



p^ 



Gette echelle portait le nom d'echelle do- 
rienne. Mais il ne faut pas perdre de vue que 
Interpretation d'une s£rie de sons dans le sens 
d'accords (harmonies, ace de trois sons, v. in- 
•mRPRftTATiON habmoxique) etait une notion 
etrang^re aux Grecs, en sorte que tous leurs 
th£orlmes sont bases sur l'etude des rapports 



des sons au point de vue strictement m61odi- 
que. Les Grecs consid£raient par consequent 
cette echelle, lorsqu'ils l'analysaient de plus, 
pres, comme composee de deux tetracordes 
(groupes de quatre sons) semblables et juxta- 
poses: 

£ * ♦ 



m 



f r > 1 

-i ! 1 



Le tetracorde ainsi forme, autrement ditla suc- 
cession descendante de deux tons et un demi- 
ton, portait le nom de tetracorde dorien. Le 
systeme dit complel (Systema teleion) compre- 
nait deux octaves ; on l'obtenait en ajoutant aux 
deux extremites, k l'aigu et au grave, de rechelle 
ci-dessus un tetracorde dont le dernier ou le 
premier son correspondait aux sons extremes 
de rechelle (tetracordes conjoints), et en pre- 
nant en outre au grave un son suppiementaire 
(Proslambanomene) qui donnait l'octave inf6- 
rieure de la note midiane ou la double-octave 
inferieure de la note la plus eievee du systeme* 
Les limites de celui-ci (ia 1 — fa 3 ) et la position 
centrale du la* (cf. aussi plus loin I, dernier para- 
graphs) indiquent d'une fa$on evidente que les- 
Grecs entendaient leur echelle fondamentale 
comme une gamme de la mineur, Les differents 
tetracordes portaient les noms suivants : 



Tetracorde aigu (Tetrachor- 
don hyperbolBon} 



ry i / - m-4 




Tetracorde disjoint (T. 
zeugmenonj 



die- 



(Diazeuxis = division) 



as 



E^S 



Tetracorde moyen (T. meson) 



Tetracorde grave (T. hypaton} 



la * Proslambanomene. 



Les deux tetracordes intermediates etaient 
done disjoints ; toutefois on faisait usage, pour 
moduler dans le ton de la quinte inferieure (le 
plus voisin* au point de vue grec, de m&me que 
pour nous celui de la quinte superieure), du sou 
place un demi-lon au-dessus du son le pluseieve 
du tetracorde moyen, et Ton formait ainsi un 
tetracorde conjoint (synemmenan) k c6t6 du 

tetracorde disjoint : r^ 3 . u* 3 . sty* la*. Les noms 
entiers de chacun des degres de tout ce systeme 
etaient les suivants : 



( 



la 9 le dernier (le plus aigu) du tetracorde aigu = nete 



$oP l'avant-dernier 
I fcP le troisieme 
y mi 3 le dernier du tetracorde disjoint = nete f 



= paranete[ hyperbolceon 



• = trite 



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GRECQUE 



301 



. rfi Favant-dernier » » = paranete( dieseugmenon 

A (ou le dernier du t&racorde conjoint) i , . . = nete 

1 . ufi le troisi&me du t&racorde disjoint = trite / j 

J (ou Favant-dernier du t£tracorde conjoint) = paranete synemmenon 

I si* le voisin de la m£diante = paramese \ 

I [sip* le troisi&me du t£tracorde conjoint] •..,....= trite 

> U* la mMiante = mese 

) sol* Findex du t£tracorde moyen = lichanos 

f fa* Favant- dernier du t6tracorde moyen. = parhypate \ meson 

» mi* le plus grave du t&racorde moyen. . = hypate 

\ ri* Findex du t&tracorde grave = lichanos 

I ut* Favant-dernier du t&racorde grave . = parky pate [ hypaton 
si 1 le plus grave du t&racorde grave . . = hypate 



la 1 le degr6 additionnel = proslambanommos. 



Les th£oriciens attachaient une importance 
toute sp£ciale au son le plus aigu du t&racorde 
moyen, qui portait le nom de mSdiante (mese) 
el remplissait le rile d'une tonique. Ce syst&ne 
est a la base des speculations th6oriques, non 
seulement des Grecs, mais aussi de tous les sa- 
vants du moyen age. On rencontre partout ces 
m&mes denominations de sons, et Fetendue du 
eyst&me indique ci-dessus ne fat pendant long- 
temps pas d&pass&e (cf. gamma); le chant eccli- 
siastique, au d£bnt du moyen age, se meut ex- 
clusivement dans ces limites, et la notation en 
lettres romaines, qui apparalt du ix* au x« s., se 
rapporte entterement i cette 6chelle diatonique 
de deux octaves, a tel point m&me qu'elle adopte 
la marche cbromatique du milieu du syst&me 
ilrite-synemmenon- paramese; cf. lettres). 
Sous la forme la plus complete, tel qu'il est de- 
velopp6 plus haut, le syst£me portait le nom de 
syst&me complet (systema teleion) ou encore de 
systeme changeant, c.-a-d. modulatoire (syste- 
ma metaboUm), pour autant que Fusage du t£- 
tracorde conjoint indiquait une modulation a la 
quinte inffrieure; il prenait le nom de syst&me 
invariable (systema ametabolon), lorsqu'il &ait 
privS du t6tracorde conjoint. 

II. Modes (tons ou octaves). La notion ac- 
tuelle de lTiarmonie 6tant reside complement 
etrang&re aux Grecs, ceux-ci se firent du ton 
et du mode une conception de nature purement 
m£lodique.On a adopts le termede modes pour 
designer les divers fragments (octaves) qu'ils 
tiraient d'une seule et m^me echelle fondamen- 
tale, celle de deux octaves £tablie plus haut, et 
qui devaient repr6senter pour eux ce que sont 
pour nous les deux modes. Le t£tracorde con- 



joint n'entre dans aucune de ces combinaisons. 
Le mode dorien, Foctave mP — mi*, fut pris 
comme centre du systdrae ; Foctave r#* — r& 
re$ut ensuite le nom de mode phrygien, uP — 
ut* celui de mode lydien, si?-~si x celui de mode 
mixolydien. Ces qiiatre modes furent consid£- 
r6s par les Grecs comme modes principaux, et 
leurs denominations rest&rent (avec une signi- 
fication tout autre) celle des quatre modes ec- 
clesiastiques (v. ce mot) authentiques. Quant 
aux modes secondaires qui en dependent et 
dont les denominations sont caract6ris6es par 
le pr£flxe hypo, il faut se les reprisenter de la 
fagon suivante : la quinte et la quarte dont se 
compose Foctave tahangent leur position res- 
pective, ainsi par ex. : m* 3 .. la*., mi* = dorien, 
si Fon transporte la quinte mt 3 la* a Foctave 
interieure, ou la quarte la* mi* a Foctave su- 
pferieure, on obtiendra la*., mi*.. la x ou la?..mfl.. 
la* = hypodorien. (Dans les modes eccl£sias- 
tiques, le point de depart est juste oppose, par 
ex. : le mode phrygien [mi* — mt 3 ] comporte 
une quinte mi*si* 9 suivie d'une quarte si* mt 8 ; 
si Fon change la position de ces deux frag- 
ments de Foctave, on aura tf 1 ..ml*..*£ t — hypo- 
phrygien. II r£sulte done de celle constatation 
que chaque mode secondaire grec se place une 
quinte au-dessous du mode principal corres- 
pondant, tandis que chaque mode plagal se 
place une quarte au-dessous du mode authenti- 
que correspondant. Mais ilne faut point oublier 
que les modes ecclesiastiques sont des echelles 
ascendantes, dans la formation desquelles cer- 
taines conceptions harmoniques jouent d£ja 
leurrdle.) 
Les sept modes des Grecs sont : 



1. Dorien (mi* — mt*) 

£ + ♦ 



f>. Hypodorien (la* - la 1 ) 



^ ^^ C^ ^jB ^^ 



m 



2. Phrygien (ri* — ri*) 



-# — 0- 



S-+-. 



6. Hypophrygien (sol*-sol*) 




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302 



GREGQUE 



3. Lydien (ut* — ut*) 



7. Hypolydien (fa* — fa*) 



m 



•i t- 



i+^£ 



4. Mixolydien (si* — si 1 ) 



8. Hypomixolydien (= dorien, mi* — mi*). 



\ 2L LL 



£ 



^ 



=& 



Les distinctions, qui ont fait coaler des flots 
d'encre, de thesis (position) et de dynamis (va- 
leur, signification) des sons (Ptol£m6e, Harmo- 
nik II, 5-11) doivent &re interpr6t6es tout d*a- 
hord de la mtfniere suivante : le terme de th&sis 
se rapporte & la hauteur absolue des sons, 
celui de dynamis, par contre, est l'Squivalent 
de fonction tonale. Ainsi, le changement de 
thesis ne fait que transposer une m£lodie qui 
conserve du reste entterement son caractdre 
primitif ; le changement de dynamis est l'6qui- 
valent d'une modulation, puisque l'nsage que 
Ton fait du t&racorde conjoint a pour resultat 
de cr6er un lien plus 6troit entre la mediante 
la* et r^qu'entre le rafcme la* et wit* et que le 
r& devient lui-m&me mediante. Ptol6m6e peut 
done parler de facon toute logique d'un chan- 
gement th£tique de dynamis, c.-£-d. d'un accord 
entidrement different des instruments (par ex.: 
les deux octaves du systeme, en mi mineur au 
lieu de la mineur, mi* — mi A au lieu de la 1 — 
la% Toutefois, il serait tout & fait erron£ d'ad- 
mettre la possibility d'un displacement de la 
signification des mots mese, paramese, etc., 
par lequel on obtiendrait dans chaque mode 
une autre mese que la mese dorienne. Sur ce 
point, le chap, xi du deuxieme livre de PtolemSe 
qu'un examen quelque peu attentif rend dune 
clarte absolue, a 6t£ faussement interprets par 
Westphal, O. Paul, etc. Sur une cithare accor- 
d£e en dorien (la mineur), la mese {la*) xxroc 
0foiv est en m&me temps la mese xxrx Jo'vxiu* 
de r&chelle dorienne ; la paramese xxrx SUw 
(c-d-d. de Taccord adopte), si*, est la mese 
xotrroc twxtuv du mode phrygien, autrement dit 
le degr6 sur lequel se trouve la tonique de l'e- 
chelle phrygienne transpose (si mineur) ; la 
mese kxtx ciuvx/uui du mode lydien (ut diese) 
se trouve alors & la place de la trite diezeug- 
menon xotrx Wo-iv ; mais, comme Tajoute fort 
justement Ptol6m£e, si le fragment du milieu 
(mi— mi) est accords dans la seconde octave 
(lydien), on a non pas ut, mais bien ut di&se. II 
resulte logiquement de ce qui precede que les 
sons xxtoI Wtfiv,donl on ne pourra changer Tac 
cord, sans porter une atteiiite regrettable & la 
hauteur absolue des sons, sont les suivants (si, 

sans alteration, au systeme 

avec un di&se > 

> deux di&ses » 

» trois » • 

• quatre » » 
» cinq » • 

• six » » 
» un b£mol » 

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comme le desire Ptol6m£e, on fait abstraction 
des tons bemolis&s) : 

la* st 1 mi* la 2 st* m& la 9 
&-&-d. la mese, la paramese, Thypate meson et 
leurs octaves, les mdmes qui restent egalement 
invariables dans les trois genres (v. plus loin 

V) - *, 

III. Echblles TRA^NSPOsfiBS (v£ri tables tona- 
lity, dans le sens que nous donnons aujour- 
d'hui a ce terme). Si, dans Toctave re*—r£, on 
fait usage du t£tracorde conjoint au lieu du t£- 
tracorde disjoint, autrement dit du si bhnol au 
lieu du si natural, on aura non plus le mode 
phrygien mais le mode hypodorien; et ceci 
n'est que nature], pnisque c*est la place des 
demi-tons dans l'£chelle qui caract£rise seule le 
mode (v. le tableau des modes, au paragraphe 
II). Mais, comme d'autre part le mode hypodo- 
rien est consid&r£ comme allant de la mese 
dorienne au prosiambanom&ne, Toctave r& — 
r«*avec un sib&mol corresponds a un systeme 
hypodorien transpose, dont le proslambano- 
mene sera r£ au lieu de la*. En r6alit£, la mu- 
sique grecque n*£tait nullement liee, comme 
l'ancien chant d'&glise, 4 l'6cheUe diatonique et 
sans alteration la* — la 3 ; elle faisait au con- 
traire un usage abondant de tous les degr£s 
chromatiques interm£diaires et d'un certain 
nombre de degres plus aigusou plusgravee.De 
m&me que nous reproduisons nos gammes ma- 
jeure et mineure sur douze degres diffSrents ou 
plus, de mdme les Grecs avaient imaging des 
transpositions du systeme decrit plus haul (I), 
dont le nombre alia finalement jusqu'd quinze. 
Les plus anciennes de ces echelles transposees 
portaient les m&mes noms que les sept modes. 
Comme on le voit, d'apres le tableau que nous 
donnons plus loin de la notation grecque, Te- 
chelle fondadentale des Grecs 6tait l f 6cheile do- 
rienne : mv* r& ut? si* la* sot* fa* mt*;\e systeme 
la K — la?, sans alteration, porte par consequent 
le nom de dorien. Les syst&mes transposes 
prennent le nom du mode auquel correspond 
le fragment mi—mi que Ton en extrait, ainsi: mt 3 
r& up si 9* la* sol* fa* mi* = mixolydien, le 
systeme H* — r6 A avec un b6mol s'appellera 
par consequent systeme mixolydien. L'octave 
mi 3 



la* - 

mi* — 

si* - 

W - 

soty — 

r6$* - 

rS* - 



— wi s appartient done 

la 3 = dorien 
mi* -= hypodorien 

si 3 = phrygien 
faf = hypophrygien 
uty — lydien 
sol*p =z hypolydien 
r^J 4 = (hyper) mixolydien 

re* = mixolydiorci. 

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GRECQUE 



303 



Mais la notation grecque proave en outre 
que Ton prenait le son fa (note sensible sup£- 
rieure) comme point de depart, & l'aigu, de l'&- 
cbelle dorienne de si (ABr pour fa* mi 3 ), el la 
eithare & neuf cordes disposait par consequent 
sans changer d'accord, non seulement d'une 
&chelle dorienne (mi 3 — mP), mais aussi d'une 
6chelle hypolydienne : fa 3 mi 3 r&ut 3 s%* la* sol* 
fa*, ce qui a engage Bellermann et Forilage d 
consid&rer cette derni&re 6chelle comme fonda- 
mentale du syst6me grec (cf. les notices sur ce 

avec 2 bemols, au systeme sol* 

• 3 » » ul* 

• 4 » » fa x 
» 5 » » si(? ! 
» 6 » » wtV 1 

Le systeme mit?* — mi?\ avec six bemols, 
est enharmoniquement identique au systeme, 
rdfr — rtff, avec six dieses; tous deux ont 
re$u le nom d'hypermixolydien, et c'est \k que 
s'arr&te l'gchelle des quintes. Les uoms adop- 
ts pour les sons b£molis£s, d'origine 6videm- 
ment plus r£cente, se retrouvent plus tard 
parmi ceux des modes eccl£siastiques dont le 
nombre fut port£ & douze dans le courant du 
xvr» s. (cf. Glarean) ; ce sont les modes ionien 
et hypoionien, 6olien et hypoeolien. 



sujet dans les trois premieres editions allem an - 
des de ce dictionnaire). Ce mode hypolydien se 
transformait,par l'usage du trite synemmenon, 
en mode lydien (fa* — fa*, avec un b&mol = 
hyperlydien ; cf* m& — mi\ ayec quatre dieses). 
D'autres changements d'accord, par d£place- 
ment de la synaphe (liaison), donn&rent, mal- 
gr6 les contradictions des anciens theoriciene, 
pour l'octave fa* — fa 3 , les tons b6molis6s 
plus r£cents ; cette octave appartient 

— sol 3 = hypoeolien 

— ut* =z £olien, ou hyperphrygien 

— fa 3 = hypoionien 

— sip 3 = ionien , ou hyperdorien 

— mlp 4 = hyperionien. 

IV. Notation -musicals. Les Grecs posse- 
daient deux sortes de notations distinctes : Tune, 
anterieure et, au d£but, settlement diatoni- 
que, se maintint plus tard comme notation 
instrumental ; l'autre, plus recente, et d&s le 
debut enharmonique-chromatique, fut adoptee 
comme notation vocale. En void le tableau 
complet : 



Partie sup^rieure (octave) : Partie interm£diaire : 

\T A'B' r A' E'Z' H'SM' K'/< M' N'S'O' IIXJL-e- * AV 

T Y /'N' TJX'yvrV^'T )Ta*'K f ll\/ M >^^V 2 
fa$ 4 fa* mi 4 rt$ 4 re* utftut* si* la§* la* sol§* sol* fa%* 

Partie m6diane (enneacorde) : 

ABT AEZ HelKAMNSO TTPCTY<t> XHT2 
\/M TJI t >V<^1 ^KOoCIjF \tA 
fa* mi* r&§* ri* ut^* ut* si* la%* la* sol§* sol* fa** fa* mi* 

Partie interieure : 

VRTVF7H^-kVw HW9 JbJ H h j» 
LLrHlh3wE H-Lh Htffl 3w£ T -J a- 
rt$ri*ut$*ut* si 1 la» x la* sol$} sol 1 fa$ l fa 1 mi 1 

Non usit6 ; 

MO- Ja 

(rifr) 



La rang£e superteure de ces signes comprend 
la notation vocale (la plus recente), la rang£e 
inf&ienre la notation instrumentale (la plus 
ancienne). On remarquera que, dans cette der- 
ni&re, le troisi&me signe de chacun des groupes 
de trois est un signe primitif de l'ancienne no- 
tation diatonique et qu'il sert en quelque sorte 
de racine aux deux autres. Quant & l'usage pra- 
tique de ces signes, il 6tait etabli par les quel- 
ques regies tr6s simples que voici : 1° le rap- 



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port de demi-ton diatonique (rapport de sensi- 
ble) 6tait toujours exprime par deux signes se 
suivant immMiatement; 2° le pyenon (v. plus 
loin V) des genres enharmonique et chromati- 
que l'6tait par trois signes se suivant immedia- 
tement; 3° le signe intermWiaire de chacun des 
groupes de trois n'Stait employe que pour les 
parhypate et trite (en tant que notes sensibles 
sup^rieures du son fondamental indiqu6 par le 
troisidine signe). On pourra done aisement se 

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804 



GRECQUE 



faire ane id6e de l'esprit de cette notation, d'a- 
pr6s le tableau suivant — en notation vocale, 
d'apr&s Alypius — des pycna des pins anciens 



modes (dorien, phrygien, lydien et les trois mo- 
des « hypo » correspondants) : 





DORIBN | 


la min.) : 




a b r 


K A M 


Non 


x*n 


fa* mi* 


ut* si* 


si?* la* 


fa* mi* 



Kb M 



Ut* 



*t J 



Hypodorien (mi min.) 

TYO X v*TZ 

sol* fajf* fa* mi* 
Phrtoien (<t min.) 



H m — 

ut* si 1 



X/KU He I KAM TT4> 

sol* fa^* ri* ut$* ut* si* sol* fa$* 



He i 



Htpophryoikn (fa diese min.) 

TT PC TYO V F 7 



re* tttjt* la* 



"*V 



sol* fa$* re* ut$* 



la* 



sol»* 



Lydien (ut diise min.) 

AEZ H 9 I TTPC 

mi* rt£* H* ut%* la* sol$* 
Hypolydien (sol diese min.) 

AEZ NZO TTPC VM 

r&$* si* lap la* sol* * mi* r6$* 



mi 



L'interpr6tation que nous venons de donner 
des signes de la notation grecque a, sur celle 
de Bellermann et de Fortlage, entr'autres, 
l'avantage de garder com me tahelle fondamen- 
lale la seule qu'il soil en somme possible de 
d&sirer, 1'echelle dorienne (= la mineur). Si 
Ton adopte, au contraire, comme base le mode 
hypolydien, le dorien « simple et viril » se trouve 
charge de cinq bfonols ou de sept dieses. L'in- 
terpr£tation que nous avons choisie a 6t6 d&ve- 
lopp£e par C. von Jan, dans son analyse criti- 
que de YHistoire, etc., de Gevaert (Phttologi- 
scher Anseiger de Leutsch, 1878), et en 1760 
d6j&, dans les Philosophical transactions du 
baron Stiles. 

La dur£e des sons ti f 6tait pas indiquee dans 
la notation vocale et se basait exclusivement 
sur le m£tre du texte. Pour la musique instru- 
mentale, la notation avait recours k des signes 
sp^ciaux: — (valeur double de l'unitS de temps), 
«— (triple), «— ' (quadruple), uj (quintuple), Tab- 
sence de tout signe de duree indiquait Funite 
de temps (breve). Quant au silence, il £tait indi- 
qu6 par le signe \ et sa duree 6tait tout natu- 
rellement exprimee par la reunion de ce signe 
avec Tun des signes de dur£e -^, ^, etc. II ne 
nous reste malheureusement que quelques 
fragments sans importance de compositions 
grecques antiques, en sorte que la connaissance 
de la signification de tous ces signes n'a que 
pen de valeur pratique. 



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V. Les genres des Grecs ne reposaient pas 
sur des distinctions harmoniques, comme nos 
modes (majeur et mineur), mais sur de simples 
distinctions m&odiques. Les Grecs, ainsi que 
nous l'avons dit plus haut, divisaient leurs 
6chelles en t^traco^es; le t£tracorde normal 
£tait dit dorien et se composait de deux tons 
entiers suivis d'un demi-ton, ex. : wt 8 r& nfijP 
= THAM. Ge genre, le genre diatoniqiie, estle 
plus ancien. Mais k cdt6 de lui apparut, dans 
Tantiquite la plus recul£e (puisque la l£gende 
en attribue Tinvention & Olympe), le genre en- 
harmonique (ancien) caract6ris£ par la suppres- 
sion du lichanos, resp. de la paranete, ex. : mi 3 -. 
ut* si* (cf. primitive [feCHELLE]). Enfln,on ajouta 
aux"^pr£c£dents un troisi&me genre, le genre 
chromatique, dans lequel le lichanos ou la pa- 
ranete n f £taient point supprim6s, mais seule- 
ment abaisses d'un demi-ton ; on obtenait ainsi 
une succession immediate de deux intervalles 
de demi-ton, ce qui d'apres la terminologie ac- 
tuelle est 6galement chromatique :§uFirt*si*.. 

Plus tard encore, le genre enharmonique (nou- 
veaa) partagea le demi-ton du t&racorde dia- 
tonique,ou (plus exactement peut-Mre *?) adopts 
a c<Ue de la tierce pythagorienne, la tierce 
pure : mv*„ ut z up si 1 (cf. quixte). La notation 
exprime cette succession de trois sons £troite- 
ment unis, par trois signes se succ^dant imm6- 
diatement (v. plus haut IV); mi*., ut* ut* si* = 

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GREGQUE 



305 



T...KAM. Le t&racorde chromatique, mi*. 
qui* ut % si*, 6tait exprimeparlesmftmessignes, 

mais le K &ait barrS pour indiquer qu'il 6tait 
hausse d'un demi-ton. Suivant leur rdle dans les 
divers genres, les Grecs divisaient les sons du 
t&racorde en sonschangeants (paran&te, trite ou 
lichanos, parhypate; xurovfttm) et en sons in- 
variables (lrr&Ttc) 9 ces derniers 6tant les sons 
^xtrSmes an t&racorde (n&e et hypate, resp. 
m&se, param&se et proslambanom^ne). Cf. 
plus haut, II, vers la fin. En plus de ces trois 
genres, les th6oriciens 6tablirent un grand 
nombre d'autres divisions des tetracordes, et 
leur donn^rent le nom de colorations (%poou), 
sans toutefois leur donner Equivalent dans 
la notation. Ces divisions sont pour la plupart 
fort etranges, mais peut-6tre n'est-ce point par 
un simple hasard que nous y rencontrons cel- 
les qui correspondent exactement a nos deter- 
minations actuelles 15 : 16 pour le demi-ton et 
4 : 5 pour la tierce majeure (Didyme et PtolS- 
m6e). On sait du reste que Ramos, Fogliano et 
Zarlino Stablirent dSfinitivement ces rapports, 
«n s'appuyant sur Ptol6m6e. La theorie de la 
formation des 6chelles tonales et de la division 
des tetracordes, chez les Grecs, est d6velopp6e 
plus longuement dans Touvrage d'O. Paul, Die 
absolute Harmonih der Griechm (1866); elle 
a 6t6 exposSe entterement par d'autres auteurs : 
F. Bellermann, Die Tonleiler und Musihno- 
ten der GHechen (1847),K.Fortlage, Das musi- 
kalische System der Griechm in seiner Urge- 
stalt (1847), enfin F.-A. Gevaert, Hisloireet 
thSorie de la musique de VantiquiU (1875 & 
1881), dans lequel la notation grecque est 6ga- 
lement expliquGe dans tous ses details. Quant aux 
Merits de R.Westphal,int6ressants au plus haut 
degr6, leurs conclusions n'en sont pas moins 
<dangereuses sous bien des rapports; on fera 
bien, dans tous les cas, de consulter les articles 
-qui s'y rapportent de K. von Jan, dans le Phi- 
lologischer Anzeiger. 

VI. La pratique musicale, chez les Grecs, 
consistait en musique vocale non accompagnSe, 
en musique vocale aecompagnGe d'instr. & cor- 
des (cilharodie) ou d'instr. k vent (aulodie) et 
en musique instrumental pour cordes (citha- 
ristique) ou pour flutes (auUtique). Les instru- 
ments les plus importants, presque seuls en 
usage dans la musique artistique, 6taient la 
lyre, la cithare et l'aulos. La lyre et la cithare 
furent toutes deux, pendant longtemps, ten- 
dues de sept cordes, mais ce nombre augmenta 
considerablement dans la suite ; par contre la 
table de resonance de la lyre etait voutee, celle 
de la cithare au contraire 6tait plane. La ma- 
gadis 6lait un instr. A cordes de dimensions 
plus grandes (vingt cordes) et sur lequel on 
jouait en octaves. Tous les instr. a corden des 
Grecs, mfeme les barbiton et pedis remontant 
4 une epoque plus reculee et pourvus d'un 
tr&s grand nombre de cordes, 6taient pinces 
avec les doigts; l'usage du plectre ne s'intro- 
duisit qu'a une Spoque relativement recente. 
ISaulos, sorte de flute & bee, 6tait construit sur 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 20. 

Digitized by GoOSle 



plusieurs modeles de dimensions diff&rentes. 
La syringe (flute champetre, flute de Pan) 6tait 
un instrument d'ordre inf&rieur, comparable & 
celui de Papageno, dans la < Flute enchantee ». 
Quant aux melodies, inventus par les compo- 
siteurs, elles recevaient chacune un nom spe- 
cial, comme plus tard au temps des mattres- 
chanteurs; en outre, elles etaient comprises 
dans leur ensemble sous le terme g£n£ral de 
nStne (v/*t©$, loi, r6gle). L'un des ndmes les 
plus c61£bres, par exemple, Mait le ndme « py- 
thien » du joueur de flute Sacadas (585 av. J.-C.) 
qui, le premier, parvint & faire admettre l'au- 
los au m&me titre que la cithare, dans les jeux 
pythiens.Quatre-vingt-dix ans anparavant dej£, 
Terp andrk (676 av. J.-C.)avait donn£ l'essor & 
la citharodie, et Ton peut le considerer comme 
le cr£aleur des vgritables formes arlistiques 
musicales des Grecs. Notons enfin, parmi les 
protagonistes de la composition musicale : Clo- 
nas, qui v6cut entre Terpandre et Sacadas et 
trouva diverses formes importantes de Taulo- 
die; Archiloche, encore antSrieur au pr6c6dent 
(688), qui rempla^a les hexam&tres dactyliques 
habituels par des rythmes lyriques d'une allure 
plus populaire (iambes); AlcGe, le grand 
lyrique; Sapho, la po&esse, etc. Plutarque, dans 
Thistoire dela musique qu'il 6crivit sous forme 
de dialogue, fait dater une nouvelle pSriode de 
Thaletas (670 av. J.-C), le createur des gym- 
nopedies ou choeurs danses, et de Sacadas; 
e'est & cette Epoque qu'apparut sans doute le 
nouveau genre enharmonique (v. plus haut V). 
La musique grecque a d6ploye ses ressources 
les plus riches dans la tragedie qui, analogue 
en ceci au drame musical moderne, consistait 
en l'union de la po6eie, de la musique et de la 
mimique; du moins les chceurs y 6taient-ils en- 
ticement chantSs, ainsi qu*un grand nombre 
de monologues. Nous n'avons malheureuse- 
ment pu retrouver jusqu'A ce jour aucun docu- 
ment de musique de tragedie, en sorte que 
nous ne pouvons %ullement nous en faire une 
image concrete. 

VII. Musicographes. Un tr6s grand nombre de 
traites grecs de th&me musicale sont parvenus 
jusqu'a nous; le plus ancien, et en m&me temps 
Tun des plus int^ressants, forme le chap. XIX 
des « Probl^mes » d'AnisTOTE (m. en 828 av. 
J.-C), puis le chap. V du huiti&ne livre de la 
« Republique » du m&me auteur; les ceuvres de 
Platon (m. en 347 av. J.-C.) ne renferment que 
des notes eparses sur la musique. Par contre 
les Merits qui sont conserves d'AnisTox^NE 
(el^ve d'Aristote) sur Tharmonique et la rylh- 
mique sont de la plus haute importance: beau- 
coup d'ouvrages de cet auteur, le plus remar- 
quable de tous les theoriciens grecs, sont mal- 
heureusement egares. Un extrait de divers 
ecrits d'Aristoxene nous est parvenu sous le 
nom d'Euclide, tandis qu'une theorie des inter- 
valles (divisions des cordes) doit 6tre rSelle- 
ment attribuee au mathimaticien Euclide 
(in e s.). L*ouvrage que nous avons deja men- 
tionne, de Plutarque, date du i« r s. de notre 
ere; notons ensuite, au u» s., les traites du py- 



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306 



GREEF — . GRSGOIR 



hagorien Claude Ptol^m^e, d'AnisTiDE Quin- 
tilien, de Gaudence, de Bacchius, de Th&o de 
Smyrne, de Nicomaque; an ra« s. le commen- 
taire de Ptol&nSe par Porphyrias, le tableau 
des 6chelles tonales d'Ai/mus. En outre, le li- 
vre xiv d'ATHENEUS et le chap.xxvi dlAMBLicus 
conliennent diverges notices ayant trait k la 
rnusique. Le « Syntagma » de Psbllus date du 
xl* s., T « Harmonik » de Bryennius ainsi que 
le supplement k PtolemSe par NicAphore Gre- 
qoras et le commentaire de Barlaam du xiv« s. 
La th&orie de la rnusique grecque a &t& retra- 
vaill^e enticement dans un ouvrage, devenu 
elassique, de Boece (m. en 524): De musica; 
la traduction allemande qu'en a donn£e O. Paul 
en 1872, n'offre qu'une s£curiL6 tr&s relative. 
Par contre, P. Marquard a fourni une exellente 
Edition (1868) des textes d'Aristox&ne. Les an- 
thologies de Meibom (1652) et de Wallis (1682) 
se trouvent dans la plupart des grandes biblio- 
th&ques ; des trails de moindre valeur, sur la 
rnusique grecque, ( Anonyme et un second traits 
de Bacchius) ont &k publics par Fr. Beller- 
mank (1840). Le mdme auteur a 6galement pu- 
blic dans Hymnen des Dionysios und Mesome- 
des (1840), des restes de compositions musicales 
grecques, datant du II* s. environ de notre tore ; 
enfin, il convient d'ajouter A|ces courts frag- 
ments les deux hymnes rteemment retrouvSs 
par le directeur des fouilles de l'«Ecole fran- 
caise d*Ath£nes » et publics dans le « Bulletin de 
correspondance hellSnique » (1894 et 1895) et 
dans diverges autres revues spdciales. Ces deux 
hymnes, quoique assez long, n'ont subi que 
fort peu de mutilations et paraissent dater du 
n m « 8. av. J.-C. Cf. aussi sur ee vaste sujet les 
travaux de Deiters, & von Jan, etc. (V. ces noms.) 
Greet, Wilhelm, ni k Kettwig a. d. Ruhr le 
18 oci 1809, devint en 1883 organiste et maltre 
de chant k Moers od il mourut le 12 sept. 1875; 
est connu comme collaborateur de son beau- 
frtre L. Erk* pour la publication de recueils de 
chants d^cole. II a r£dig£, # en outre, de nou- 
velles Editions des pr&ludes et postludes de 
Rinck et du recueil de chorals du m6me. 

Green, Samuel, n£ k Londres en 1730, m. k 
Isleworth le 14 sept 1796, fut le plus c£l£bre 
facteur d'orgues anglais de son temps et cons- 
truisit des instruments non seulement pour 
beaucoup de villes anglaises, mais aussi pour 
St-P&ersbourg et les Indes orientales. G. a 
transports du piano k Torgue le sysldme de la 
bolte expressive. Cf. du reste Grent&. 

Greene, Maurice, n£ k Londres en 1696, m. 
dans la mAme ville le l #r sept. 1755; enfant de 
choeur k l'^glise St-Paul sous la direction de 
King, a pouss£ plus loin ses Etudes musicales 
sous celle de Richard Brind, et devint en 1716 
organiste de l'6glise St-Dunstan puis £galement, 
Fannie suivante, de l'egliee St-AndrG. H suc- 
c£da en 1718 a Brind, comme organiste de 
l^giise St-Paul et en 1727 si Croft, comme or- 
ganiste et compositeur de « Chapel Royal > ; en 
1730 il 6tait nommM la place de Tudway, pro- 
fesseur de rnusique k TUniversite de Cambridge 
qui lui confSrait, en m&me temps, le titre de 



docteur. G. recut en outre, en 1735, le litre de 
compositeur de l'orcbestre priv6 du roi. 
Ayant fait un riche heritage (1750), il entreprii 
une vaste collection d'ancienne rnusique d*e* 
glise anglaise, dont la publication a 6t£ entre- 
prise par Boyce (Cathedral music). Ses oeu- 
vres principals sont : 40 select anthems (1743), 
qui comptent parmi les meilleures composi* 
tions d'6glise du si&cle dernier; des oratorios : 
Jephtah (1737), The farce of truth (17 44); pin- 
sieurs morceaux de thMtre (une pastorale: 
Florimel, une mascarade : The judgement of 
Hercules, un op£ra pastoral : Phoebe); des cat- 
ches; des canons; des sonates; des cantatas; 
des preludes et des exercices pour piano. G. a 
6t& Tun des fondateurs de la Soci6t6 de rnusi- 
que de Londres; admirateur et ami de Haendel, 
il se brouilla plus tard avec lui, k cause de 
Tamiti^ qui le liait 6galement k Buononcini. 

Grefinger (Graefinoer), Joh. -Wolfgang 
(Wolf), contrapontiste allemand du xvi« s., 
eldve de Hofhaimer, v6cut a Vienne. On a de 
lui: Aurelii PrudentU Cathemerinon (1515, 
odes mises en rnusique k quatre voix); des mo- 
tets d£tach6s dans la deuxieme partie du No- 
vum opus musicum (1538), de Grapheus, et 
dans le Sacrorum hymnorum liber J, de G. 
Rhaw (1542). G. est aussi l'auteur du Psalte- 
rium Patavieme cum tontiphonis, responso- 
riis, hymnisque in notis musicalibus (1512). 

Grlgoir, 1. Jacques-Matrieu-Joseph, ne k 
Anvers le 18 janv. 1817, m. k Bruxelles le 2£ 
oct 1876; vivait dans cette derni£re ville 
depuis 1848, comme maltre de rnusique et com- 
positeur. G. £tait un excellent pianiste, 616ve de 
Henri Herz et de Rummel; il a publie un grand 
nombre d'oeuvres de piano, entr'autres un 
concerto pour piano (op. 100), une s6rie d'^tu- 
des, puis une quantity de fantaisies et de duos 
pour violon ou violoncelle et piano, Merits en 
collaboration avec Vieuxtemps, Leonard et 
Servais. — 2. Edouard-Georges-Jacques, frSre 
du prudent, n6 a Turnhout, pr&s Anvers, le 
7 nov. 1822, m. k Wyneghem, pr6s Anvers, le 
28 juin 1890: 616ve en 1837, en mfeme tempa 
que son fr^re, de Chr. Rummel, k Biebrich, se 
produisit aussi comme pianiste, et voyageaentre 
autres avec les soeurs Milanollo (1842); mais il 
se voua davantage a la composition et aux re- 
cherches sur l'histoire de la rnusique, et, apres 
avoir enseign4 quelque temps k TEcole norma- 
le de Lierre (1850), s'^tablit difinitivement k 
Anvers. G. a 6crit la rnusique de plusieurs 
drames : De Belgen en 1848 (Bruxelles, 1851), 
La derniere nuit (TEgmont (ibid.), Leicester 
(ibid. 1854); des operas : WiUem Beukels (op6- 
ra flamand en un acte; Bruxelles, 1856), La 
belle Bourbonnaise (non execute), el Margue- 
rite d'Autriche (Anvers, 1850); de plus, une 
symphonie historique en quatre parties : Les 
croisades; des oratorios: Le dtiuge (Anvers, 
1849), et La me (Anvers, 1848) ; une ouverture : 
Hommage a Henri Conscience; une autre ou- 
verture en ut maj. ; une Mithode- thiorique 
d'orgue, une Mithode de rnusique, des chceurs 
pour voix d'hommes, des morceaux pour piano, 



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GR&GOIRE — GREGORIEN 



:i07 



orgue et violon, pour harmonium, des lieder, 
etc Ses travaux historiques et bibliographic 
ques sont (outre beaucoup d'articles dans des 
journaux parisiens et beiges) : Etudes swr la 
nicessUi (Tintroduire U chant dans Us ecoles 
primaires de la Belgique; Essai historique 
sur la musique et Us musiciens dans Us Pays- 
Bas (1861) ; Histoire de Vorgue (1865, avec des 
notices biographiques sur des organistes et des 
facteurs d'orgues beiges etnferlandais); Qale- 
rie biographique des artistes-musiciens beiges 
du XVllfi et du XIX* sUcles (1862; nouvelle 
6d. 1885); Notice sur Vorigine du ceiebre com- 
positeur Louis van Beethoven (1868); Les ar- 
tistes musiciens nierlandais (1864): Du chant 
choral et des festivals en Belgique (1865) : 
Schetsen van neederlandsche tonkunstenaars 
meest alien wenig of tot hiertoe niet geekend; 
Notice historique sur les societes et icoles de 
musique cTAnvers (1869); Recherches histori- 
ques concernant les joumaux de musique de- 
puis Us temps les plus reculis jusqu'a nos 
Jours (1872); Notice biographique £ Adrian 
Willaert; inflexions sur la r&g&ntration de 
Fancienne ecoUde musique flamande et sur U 
thidtre flamand ; Les artistes musiciens beiges 
au XIX 9 siecle; Riponse d im critique de Pa- 
ris (1874) ; Documents historiques relatifs d 
Vart musical et aux artistes musiciens (1&72 & 
1876, 4 vol); Panthion musical populaire 
(1876-1877, 6 vol.) ; Bibliotheque musicals po- 
pulaire (1877-1879, 8 voL); Notice biographique 
sur F.-J. Gosse, dit Gossec (1878) ; 1830-1880, 
tart musical en Belgique sous Us regnes de 
Leopold i" et Leopold II (1879); Des glovres 
de COpera et la Musique d Paris (8 vol.; Ie 1", 
1880, embrasse la p£riode de 1892 A 1750). Tous 
ces ouvrages contiennent une masse de rensei- 
gnements nouveaux, specialement sur les mu- 
siciens et les questions musicales beiges et 
n&rlandais, en sorte que les travaux de 6. sur 
Thistoire de la musique peuvent etre conside* 
res comme fort precieui, sans toutefois que 
Ton puisse s'en remettre absolument & ses as- 
sertions. 6. a 16gu6 sa bibliotheque & l'Ecole de 
musique d'Anvers. 

6r6goire I", le Grand, pape de 290 & 804, 
auquel la tradition attribue une place impor- 
tante dans Fhistoire de la musique, car le chant 
rituel de l'6glise catholique, employe encore 
aujourd'hui, porte son nom (v. qr&oorien). 
Mais ce n'est pas G. qui a compose ces nom- 
breux morceaux liturgiques: antiennes, r^pons, 
offertoires, communions, alleluias, tractus, etc., 
pas plus du reste qu'il ne les a le premier in- 
troduits dans reglise romaine. Son m£rite, ou 
celui d'un des premiers papes porteurs du nom 
de Gregoire (selon Gevaert, qui dement, avec 
de bonnes raisons, le rdle donnd par la tradi- 
tion k Gregoire I", — cf. son ouvrage : Lesori- 
gmes du chant liturgique, 1890 — , probable- 
ment Gregoire II [715 4 731], ou bien son suc- 
cesseur Gregoire III [m. en 741]), est plutdt 
d'avoir rassembie les chants qui, dans le cou- 
rant des si£cles precedents etaient entres en 
usage dans divers pays, de les avoir repartis 



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sur les diverses epoques de l'annee ecciesiasti- 
que, et de les avoir ainsi sanctifies pour loute 
la chr6tiente catholique-romairie. Par ce fait, 
aucun autre changement n'y a ete fait depuis 
lors, que ceux que le temps y a apportes peu & 
pen et con t re la volonte de l'Eglise (la vie ryth- 
mique primitive, par ex., s'est pour ainsi dire 
fig6e, et a fait place petit & petit au chant cho- 
ral en notes d'egale daree). Le systeme des 
quatre modes ecciesiastiques et de leurs pla- 
gaux peut bien etre attribue A ce meme Gre* 
goire, ou en tous cas & son epoque, car, si Cas- 
8iodore(vi« s.) n'en sait encore rien, Flaccus 
Alcuin (vm« s.) en a connaissance. Par contre, 
la supposition queGregoire (I, II ouIII) aurait 
introduit la notation en lettres latines (A-G) est 
erronee ; bien plus, l'antiphonaire gregorien 
etait note en neumes (v. ce mot). 

Gregorien, chant o, le chant rituel de l'Eglise 
chretienne, dont la tradition (fortement ebran- 
iee recemment par Gevaert) attribue la reorga- 
nisation au pape Gregoire I" le Grand (peut- 
etre doit-elle pluMt retre 4 Gregoire II [715- 
731] ou & Gregoire HI [781-741]), et qui forme 
aujourd'hui encore la base du chant eoclesiasti- 
que catholique. On distingue historiquement le 
chant ambrosien du chant g., sans cependant 
savoir au juste qu'elle etait la difference entre 
les deux; la fable d'apr&s laquelle le chant am- 
brosien aurait eu un rythme anime et accentue 
que le chant g. aurait fige, en faisant toutes les 
notes d'egale duree et en leur imposant un 
mouvement solennel, repose sur une grave er- 
reur chronologique. Le chant d*6glise n'est en 
effet devenu cantus planus (plain-chant, en 
notes d'egale duree), qu'apres l'apparition de 
la musique proportionnelle, ainsi que nous le 
prouvent differents passages des ecrivains du 
debut du moyen Age. Le chant des antiennes 
qui forme la partie essentielle de l'antiphonaire 
gregorien est certainement d'origine ambro- 
sienne ; d'ailleurs, ce que les ecrivains rappor- 
tent sur l'execution du chant gregorien, et sur- 
tout du chant des alleluias, s'accorde si bien 
avec ce que disent les peres de l'Eglise ante- 
rieurs & Gregoire ( Augustin) sur le chant sacre 
de leur temps, qu'on est en droit d'admettre la 
similitude presque complete du chant ambro- 
sien et du chant g. Celui-ci ne serait par conse- 
quent que le resultat d'une revision generate 
du chant rituel, ordonnee par un des premiers 
papes du nom de Gregoire. Le chant des hym- 
nes, appeie plus particulierement ambrosien, 
n'etait pas plus anime, mais au contraire plus 
pose, plus tranquille que celui des antiennes et 
des alleluias, avec ses vocalises jubilatoires. La 
notation musicale de l'antiphonaire dit grego- 
rien n'etait point, comme on le pretendait au- 
trefois & tort, la notation alphabetique latine, 
mais la notation en neumes (v. ce mot); il faut 
done rejeter, comme basee sur une erreur his- 
torique, la denomination de « lettres gr£go- 
riennes » adaplee aux lettres ABCDEPGH 
employees comme notes. L'antiphonaire de la 
bibliotheque de St-Gall (cod. 390) passe pour 
une copie de l'original, lequel u'a pu etre re- 

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308 



GRELL — GRfeTRY 



trouv£. Une Edition facsimile, avec des notes 
historiques et critiques, en a 6t6 publiSe en 1851, 
par le P6re Lambillote. Depuis l'invention de la 
port&e et des clefs (xi» s.). on note gen6ralement 
le chant g. en notation dite chorale (v. nota- 
tions). Gf. les trails de chant g. d'Antony, 
Maslon, Haberl, Kienle, Dpm Pothier, etc. 

Grell, Eduard-August, n§ k Berlin le 6 nov. 
1800, m. a Steglitz, pr6s Berlin, le 18 aout 1886 ; 
ftls d'un organiste, il suivit le gymnase du 
« Graues Kloster*, et regut son instruction mu- 
sicals de son p6re, de Torganiste J.-G. Kauf- 
mann, du « collaborator* (plus tard Svftque) 
Ritschl, puis finalement de Zelter. D6ja en 
1817, il fut nomm6 organiste de l'eglise St- 
Nicolas et entra la mfcme ann6e a la « Singaka- 
demie » dont il devint, en 1832, second direc- 
teur (avec Rungenhagen). Puis il fut nomme 
successivement : en 1839, organiste du Ddme 
de la cour; en 1841, membre de l\Acad6mie 
des Beaux-Arts; en 1843, maitre de chant du 
choeur du Ddme (jusqu'en 1845), et succeda 
enfin k Rungenhagen (k la mort de celui-ci, 
1851), comme maitre a Tecole de composition 
de TAcad£mie, membre du senat de l'Acad£- 
mie des Beaux-Arts, et premier directeur de 
la « Singakademie ». G. recut, en 1858, le titre 
de professeur (d6ja vingt ans auparavant, il 
avait ete nomme « directeur royal de musi- 
que*) et, en 1864, la plus haute distinction, 
c-a-d. l'ordre «pour le m6rite». II abandonna, 
en 1876, la direction de la « Singakademie », 
mais remplit ses fonctions k TAcad^mie jus- 
q\x*k sa mort. L'Universite de Berlin lui d61i- 
vra, en 1883, le dipldme de docteur en theolo- 
gie hon. c. G. etait un habile contrapontiste 
et un savant connnaisseur de la musique an- 
cienne ; ses merites sont grands, comme peda- 
gogue aussi bien que comme directeur, et il 
s'est fait, en tant que compositeur, un nom 
estim6. Outre une ouverture et des morceaux 
pour orgue, il n'a ecrit que de la musique 
vocale; avant tout une grande Messe k seize 
voix, puis des psaumes a huit et k onze voix, 
un Te Deum, un grand nombre de motets, des 
cantates, des hy nines, des chants de Noel, un 
oratorio : Die Israelites, in der Wiiste, des lie- 
der, des duos et un arrangement k quatre voix 
des Choralmelodien samtlicher Lieder des Ge- 
sangbuchs sum gottesdienstlichen Gebrauch 
fur evangelische Gemeinden (1833, pour voix 
d'hommes). G. etait un dSfenseur des plus ar- 
dents de cette opinion que la musique vocale 
est la vraie musique, et que Tavenement de la 
musique instrumentrale a marque le d£but de 
la decadence de Tart pur; cf. Aufsatze und 
Gutachien (1887) de G., publies par Beller- 
niann. 

Greni6, Gabriel- Joseph, ne a Bordeaux en 
1756, m. a Paris le 3 sept. 1837; employe admi- 
nistratis qui, s'etant occup6 k ses heures de 
loisir d'experiences sur l'acoutisque, est Tin- 
venteur (1810) de l'orgue expressif, c.-a-d. d'un 
instrument k anches libres et dont on peut 
varier l'intensit^ du son, par la simple pres- 
sion des pieds sur des pedales qui actionnent 



les soufflets. L'orgue expressif de Grenie n*est 
rien autre que l'harmonium employe mainte- 
nant partout et qui ne se distingue du pre- 
mier que par i'adjonQtion de plusieurs regis- 
tres. Un progr&s essentiel dans la facture de 
cet instrument a £t6 obtenu par Erard (v. ce 
nom), qui construisit un orgue expressif dans 
lequel, l'intensit£ du son &tant r£gl£e par le 
toucher (enfoncement des touches), chaque son 
pouvait diflferer k ce point de vue du son im- 
m6diatement voisin (v. harmonium). 

Gresnick, Antoine-Fr£d£ric, ne k Ltege le 2 
mars 1752, m. & Paris le 16 oct. 1799; fit son 
Education au College li£geois de Rome, lermi- 
na ses 6tudes musicales k Naples, sous la di- 
rection de Sala, et se faisait connaltre deja en 
1780, comme compositeur sc£nique. En 1784, 
un op£ra de sa composition: 11 Francese bi- 
zarro, fut reprSsente k Sarzano ; mais de 1785 
a 1791, G. vecut a Londres ou il avait deja 
debute avant 1784, comme compositeur sceni- 
que, et 6crivit dans cetle ville: Demetrto, Ales- 
sandro nell'lndie, La donna di cattivo umore 
(qui lui procura le poste de directeur de musi- 
que du prince de Galles) et Alceste (pour la 
Mara). II eut, en 1793, un grand succ&s au Grand 
Thedtre de Lyon, avec L amour exile de Cy- 
there, puis les theatres de Paris lui ouvrirent 
leur scene; il £crivit d'abord quelques op&ras 
pour le the&tre de la rue Louvois, puis d'autres 
pour le th&ttre Favart et le the&tre Montansier. 
En 1799, rOp^ra donna Leonidas ou les Spar- 
tiates (de G. et Persuis) qui ne reossit guere, 
tandis que La foret de Brahma fut retournee 
k son auteur, en vue de remaniements. La dou- 
leur que lui causa cet insucces le tua. En plus 
de ses operas, G. a fait graver quelques mor- 
ceaux de chant et un morceau concertant pour 
clarinette et basson. 

Gr^try, ANDRfe-ERNEST-MoDESTE, n6 k Li&gc 
le 8 (el non le 11) fevr. 1741, m. & Montmoren- 
cy, pr6s Paris, le 24 sept. 1813 ; fils d'un pau- 
vre musicien, il re^ut sa premiere Education 
musicale comme enfant de choeur, puis aupres 
de divers maltres de sa ville natale. Mais lors- 
qu*arriva pour lui le moment de T6tude se*ere 
de la th6orie,G. perdit toute patience et, comme 
il avait d&ja fait depuis longtemps des essais 
de composition, il sentit le besoin de se mesu- 
rer a de plus grandes formes. Une Messe, qui 
fut ex6cutee a Liege, lui procura une bourse 
de la part du chapitre du ddme, laquelle lui 
permit d'aller en 1759 continuer son education 
a Rome ou il fut cinq ans eleve de Gasalis, 
sans pouvoir pour cela se decider a se mettre 
k de serieuses etudes de contrepoint. II com- 
prit bientdt que le champ ou il devait cueillir 
des lauriers etait non point T£glise, mais le 
thMtre. Apr^s un heureux essai (1765), un inter- 
lude La vendemmiatrice pour une petite sce- 
ne romaine, il se rendit a Geneve, aupres de 
Voltaire (1767), dans Tespoir d'obtenir de luiun 
libretto d'opera-comique; il n'y reussit pas, il 
est vrai, mais il arrangea pour Geneve un an- 
cien libretto: Isabelle et Gertrude, qui eut quel- 
que succes. II se rendit alors, sur le conseil de 



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X5REULICH 



GRIEG 



309 



Voltaire, a Paris ou il se heurta d'abord a de 
grosses difficultes et ou son premier ouvrage, 
Les mariages samnttes, ne depassa pas la pre- 
miere repetition d'orchestre (Opera, 1768). Mais 
le second opera dej&, Le Huron, remporta un 
joli succ^s (Opera, 1768), en sorte que d*au- 
tres suivirent rapidement : Lucile (1769) et 
l'un de sesmeilleurs operas-comiques: Le ta- 
bleau parlant (1769) qui le rendit vraiment po- 
pulaire. H deploya k partir de ce moment une 
activity etonnante, et l*on vit se succ£der, en 
fflO:Sylvain 9 Les deux avares et U omitted 
Vepreuve; en 1771: Z&mire et Azor et L'ami 
de la maison ; en 1773 : Le magnifique ; en 1774 : 
La rosiere de Salency; en 1775 : Cephale et 
Procris (Opera) et La fausse magic; en 
1776: Les mariages samnttes (remaniement) ; 
en 1777: Matroco el Les tenements imprevus; 
en 1778: Lefugement de Midas et Lamantja- 
ht*x;en 1779: Aucassin et Nicolette; en 1780: 
Andromaque (Opera); en 1781: Emilie (La 
belle esclave, k l'Op6ra, comme cinquieme acte 
d'un ballet : La fete de Mirza) ; en 1782: La dou- 
ble ipreuve (Colinette a la cour) et L'embarras 
des richesses (tons deux k l'Op6ra); en 1784: 
Thtodore et Pauline (L'tpreuve villageoise), 
Richard Cceur-de-Lion et La caravane du 
Caire (Op6ra, teste du comte de Provence, plus 
tard, Lonis xvm, repr£sente 506 fois) ; en 1785: 
Panurge dans Vile des lanternes ; en 1786: Les 
rrUprises par ressemblance, Le comte & Albert, 
La suite du comte <T Albert; en 1787: Lepri- 
sonnier anglais (Clarice et Belton);en 1788: 
Amphitryon (Opera), Le rival confident ; en 
1789 : Raoul Barbe-bleue et Aspasie (Opera) ; 
en 1790: Pierre le Grand ; en 1791 : Gutliaume- 
Tell ; en 1793: Basile (A trompeur 9 trompeur 
et demi) et Les deux couvents (Ctcile et Der- 
manci) ; en 1798: La rosiere rtpublicaine ; en 
1794: Joseph Barra 9 Callias, Denys le tyran 
(Opera), La file de la raison, toutes des pieces 
revolutionnaires ; en 1797 : Lisbeth, Le barbier 
de village et Anacr&on chez Polycrate; en 
1799: Elisca;en 1801: Le casque et les colom- 
bes eten&a en Iffi&i Delphis et Mopsa et Le 
menage. G. occupe dans les annales de l*op6ra- 
comique un rang important et sa personnalite 
a fait epoque. Dans ses AUmoires ou essais sur 
la musique (1789,8 vol.; traduit aussi en alle- 
mand, avec annotations, par Spazier), G. s'est 
explique avec beaucoup de vigueur et de clar- 
te sur les principes de la composition dramati- 
que ; ceux-ci sont fort rapproches de ceux de 
Glnck, mais Gretry va bien plus loin, il ne 
veut presque pas entendre parler du chant 
proprement dit et reclame la declamation pure. 
Son influence sur le develdppement de l'op£ra- 
comique a ete tr£s durable; Isouard, Boieldieu, 
Auber, Adam sont des h£ritiersde Gretry. « Bar- 
be Bleue » et c Richard Cceur-de-Lion • se sont 
longtemps maintenus sur les scenes de la 
Prance et de l'Etranger;le dernier est mftrne 
encore au repertoire k Paris. G. n*a plus quitte 
Paris. II n*a jamais rempli de fonctions officiel- 
les, si ce n'est pendant quelques mote, en 1795, 
celles d'inspecteur du Conservatoire qui venait 



d'etre fonde. II voulait etre libre, pour pouvoir 
Be vouer uniquement k ses travaux sc^niques. 
Par contre des honneurs de toutes sortes lui 
furent prodigues. D6j4 en 1785, une des rues 
voisines du The&tre italien fut baptisee de son 
uom et son buste erige dans le foyer de TOpera. 
Le comte Livry lui fit eriger en 1809 une statue 
de marbre dans le vestibule de l'Op6ra-Comi- 
que, le prince-6v&que de Liege le nomma en 
1783 conseiller intime ; en 1796, lors de la fon- 
dation de l'lnstitut de France, il fut nomm£ 
membre de la section de musique, et Napoleon le 
promut parmi les premiers chevaliers de la L6~ 
gion d*honneur(1808). La revolution amoindrit 
momentan^ment sa fortune et ses pensions, et 
Cherubim, ainsi que M6hul, flrent oublier quel- 
que temps ses operas. Mais le c£l&bre chanteur 
Elleviou releva sa gloire (1801) et Napoleon ac- 
corda k G. une pension considerable. II passa 
les dix dernieres ann^es de sa vie dans 1* « Ermi- 
tage » de Rousseau, a Montmorency, qu'il avail 
achete ; en 1811, un assassinat commis dans le 
voisinage le fit rentrer k Paris, mais losqu'il 
sentit la fin approcher, il se fit de nouveau 
transporter dans sa propriety pour y rendre le 
dernier soupir. Outre ses operas, G. a 6crit un 
Requiem, un De profundis, un Confiteor, quel- 
ques motets, six symphonies (1758), deux qua- 
tuors pour piano, flute, violon et basse, six qua- 
tuorsA cordes et sonates de violon, quelques 
prologues ou Epilogues (a l'occasion del'ouver- 
ture ou de la fermeture de scenes parisiennes) 
et quelques divertissements pour la cour, II a 
lais&e enfin les operas suivants, non represen- 
tes : Alcindor et Zdide, Zimeo, Zelmar, Etectre, 
Diog&ne et Alexandre et Les Maures en Espa- 
gne. En 1842, une statue lui fut erigee a Liege, 
sa ville natale. On n'a pas encore ecrit de bio- 
graphie complete de Gretry, mais par contre 
une quantite de courtes notices : A.-J. Gretry 
(neveudu compositeur): G. enfamille(lSld); Li- 
vry : Recueil de lettres Sorites a G. (1809) ; F. 
van Hulst : Grttry (1842) ; L.-D.-S. (de Saegher) : 
Notice biographique sur A. G. (1869); Ed. Gre- 
goir: Gr#ry (1883); M. Brenet: Gritry (1884). 
Une edition complete de ses oeuvres a ete r6- 
cemment commencee (1883) par la Commission 
pour la publication des oeuvres d*anciens mu- 
siciens beiges (Breitkopf et HaerteJ). 

Graulich, 1. Karl-Wilhelm, ne k Kunzen- 
dorf, pres Lowenberg (Siiesie), le 13 fevr. 1796, 
m. comme maltre de musique k Berlin en 1837; 
a compose et publie des oeuvres de piano et des 
lieder. — 2. Adolf, ne a Posen en 1819, m. comme 
maitre de musique k l'institut Ste-Catherine, a 
M08COU; a de meme publie des morceaux de 
piano.-— 3. Adolf, successeur de Brosig comme 
maltre de chapelle du D6me de Breslau (1884), est 
ne k Schmiedeberg en Siiesie (ou son pere etait 
Cantor) en 1836, et m. a Breslau le 20 juil. 1890. 
II fut eieve de Brosig, Mosewius, Baumgart et 
Pierre Lustner; en 1857, il devint chanteur du 
choeur et basse solo du D6me, et en 1870, orga- 
niste du D6me ; il a compose beaucoup de mu- 
sique d'Aglise. 

Grieg, Edvard-Haoerup , ne a Bergen, en 



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310 



GRIEPENKBRL 



Norvege, le 15 juin 1843, regut de bonne heare 
les premieres notions de musique de sa mere, 
nne femme fort dou6e poor la musique et ex- 
cellente pianiste ; en 1858, snr les instances de 
OleBull, on l'envoyaitcontinuer son Education 
au Conservatoire de Leipzig, oil il fut 6ieve de 
Moscheles, Hauptmann, Bichter, Beinecke et 
WenzeL En 1868, 11 alia k Gopenhague pour- 
suivre ses etudes auprds de Gade. Celui-ci, 
ainsi qu'E. Harlmann, ne sont pas rest£s sans 
influence sur le developpement de son talent de 
compositeur. Sa rencontre avec Richard Nor- 
draak, un jeune et gonial compositeur norve- 
gien, mort pen de temps apr&s, fut de courte 
dur£e, mais d'autant plus lourde de consequen- 
ces ;elle exer?a un ascendant considerable sur le 
developpement de G. Lui-mftme en fait le rtcit 
suiyant : «I1 me tomba des ecailles des yeux; 
c'est par lui que j'appris k connaitre les chants 
populaires du Nord et m&me ma propre nature. 
Nous nous conjur&mescontre lescandinavisme 
efif6min6 de Gade, m&tine de Mendelssohn, et 
nous nous engageAmes avecenthousiasme dans 
la voie nouvelle sur laquelle marche k present 
l^cole du Nord ». G. fonda en 1867, k Christia- 
nia, une Societe de musique qu'il dirigea jus- 
qu'en 1880. En 1865 et en 1870 il visita lltalie 
et eut des relations avec Liszt k Borne ; il fit 
aussi de frequentes visites en Allemagne, sur- 
tout k Leipzig ou il fit de longs s&jours et fit 
entendre ses compositions, entr'autres, en 1879, 
son concerto de piano (op. 16), qu'il joua lui- 
mftme au cGewandhaus ». Depuis 1880, il vit de 
nouveau k Bergen. G. est sans contredit un 
compositeur d'un talent original et sain, il a 
6crit des oeuvres pleines de po&sie (surtout ses 
trois sonates de violon en fa majj. op. 8, en sol 
min. op. 13 et en ut min. op. 45); il est done 
regrettable qu'il s'impose les limites de la ca- 
racteristique nationale et que, au lieu de la 
langue musicale universelle, il parle plus ou 
moins un dialecte local ! Notons surtout parmi 
ses oeuvres : Vor der Klosterpforle, pour so- 
prano solo, choeur de femmes et orchestre (op. 
20); Landerhennung , pour baryton, choeur 
d'hommes et orchestre (op. 31) ; Der Bergent- 
riickte pour baryton, orchestre d'archets et 
deux cors (op. 46) ; des scenes d'Olaf Trygva- 
son; la musique de Peer Qynt d'Ibsen (op. 23) ; 
Aus Holbergs Zett (op. 40), suite d'orchestre a 
cordes; Etegische Melodien (orchestre k cor- 
des) ; une ouverture de concert 1m Herbst ; un 
concerto pour piano en la min.: le quatuor 
pour instr. k archet en sol min. (op. 27) ; la so- 
nate pour violoncelle (op. 86) et avant tout ses 
compositions pour piano (op. 1, 8, 6 [Humores- 
ques] 9 7 [sonate], 9, 11, 12, 14, 15, 17, 19 [Bilder 
aus dem Volhsleben], 22 [4 ms, Sigurd Jorsal- 
far], 24 [Ballade], 28, 29, 35 [Danses norve- 
giennes], 37, 38), trois romances avec variations 
pour deux pianos et des lieder(op. 2,4,5, 10, 18, 
44, 48, 49, la plupart r6unis dans le Grieg-album 
[£d. Peters]). Gf. E. Ciosson, B. Orieg et la mu- 
sique scandinave (1892, tirage & part du « Guide 
musical *). 
Griepenkerl, 1. Friedrigh - Konrad , ne k 



GRIMM 

Peine (Brunswick) en 1782, enseigna longtemps 
(jusqu'en 1816) k llnstitut Fellenberg a Hofwyl 
(Suisse), m.comme professeurau t Carolinum* 
de Brunswick le 6 avr. 1849 ; il a fait parattre 
un Lehrbuch fiir Aesthelik (1827, s'appuyant 
sur les theses de Herbart) et edite, en collabo- 
ration avec Boitzsch, les ceuvres instrumentales 
de J.-S. Bach. — 2. Wolfoang-Bobbrt, fils du 
precedent, ne k Hofwyl le 4 mai 1810, devint 
privat-docent d*histoire de Tart en 1839, au 
« Carolinum » et, en 1840, maltre de litterature a 
l'Ecole des cadets de Brunswick (jusqu'en 
1847), m. en cette ville, dans une situation pre- 
caire, en 1868. G. s'est acquis dans le domaine 
musical la reputation d'un veritable progres- 
siste, par quelques articles dans la « Neue 
Zeitschrift fttr Musik » et par les ouvrages sui- 
x finis: Das Musikf est oder die Beethovener (nou- 
velle), Bitter Berlioz in Braunschweig (1843) 
et Die Oper der Qegenxoart. 

Griesinger, Georo-Augdst, secretaire de le- 
gation de rambassade de Saxe, k Yienne, lie 
d'amitie avec Haydn, m. a Leipzig le 27 avr. 
1828 ; est Tauteur de la plus ancienne biogra- 
phie de Haydn (1810), celie qui servit de base k 
la biographie ecrite par Framery (1810) 

Griffbrett (all.), touche (v. ce mot). 

Grill, 1. Franz, m. k Oldenbourg vers 1796, a 
publi6,de 1790 k 1795, douze sonates pour piano 
et violon, douze quatuors pour instr. k archet et 
un caprice pour piano, le tout con?u dans le style 
de Haydn. — 2.Lfto,n6& Budapesth le 24 f6vr. 
1846, 61eve de Franz Lachner, k Munich, et, de- 
puis 1872, maltre de th&orie et de chant choral 
au Conservatoire de Leipzig ; il est aussi connu 
comme compositeur. 

Grimm, 1. Frisdrich-Melchior, baron de, 
ne k Batisbonne le 24 dec. 1728, m. k Gotha le 18 
dec. 1807; arriva en 1747 k Paris od il entra en 
relations avec Bousseau, d'Alembert, Diderot, 
etc., et prit aussi part plus lard k la publication 
de la Grande Encyclopedic. G. possedait un 
certain jugement musical, et dans la vive que- 
relle qui s'eieva k Paris, en 1752, entre les par- 
tisans de Fancien opera francais serieux et 
ceux de Topera (buff a) italien qu'on venait 
d'inaugurer, prit fait et cause pour ce dernier 
et ecrivit quelques brochures en sa favour (il a 
memo ouvert la lutte avec sa Lettre sur Om- 
phale, 1752). Nomme en 1758 correspondant de 
la duchesse de Gotha, il lui ecrivit, snr Tetat de 
la musique et de la litterature a Paris, un 
grand nombre de lettres detailiees, qui ont ete 
publiees de 1812 k 1814 (Correspondence litU- 
ratre, philosophique et critique, 17 vol.) et con- 
tiennent beaucoup de renseignements interes- 
sants sur les operas de Monsigny , Philidor, 
Gretry, Gluck, etc La revolution le chassa de 
Paris. — 2. Karl, ne k Hildburghausen le 28 
avr. 1819, m. k Fribourg en Siiesie le 9 janv. 
1888, connu par un grand nombre de composi- 
tions interessantes pour violoncelle: il a ete 
environ pendant cinquante ans premier violon- 
celliste de l'orchestre du Theatre de la cour, k 
■Wiesbaden. — 8. Karl-Konstantin-Ludwig, ex- 
cellent harpiste, ne k Berlin le 17 fevr. 1820, m* 



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GKIMMER — GROSS 



311 



dans la m&me ville le 23 mai 1882 ; 6tait virtuose 
de la Ghambre royale, concertmeister ei mem- 
bra de la chapelle royale. — 4. Julius-Otto, n6 
A. Pernau,en Livonie, le 6 mars 1827; etudia la 
philologie A Dorpat, mais aprds avoir obtenu 
son brevet d'instituteur sup6rieur,entra comme 
*l&ve an Conservatoire de Leipzig (1851). II 
T&sut qaelque temps A Goettingue, oft il fonda 
une sociit* de chant. G. est, depuis I860, direc- 
tear da « Csecilienverein • de Munster (West- 
phalie), et fat nomm£, en outre, en 1870, direc- 
teur royal de musique A l'Acad6mie de cette 
ville. Parmi ses compositions, ce sont ses deux 
suites en forme de canon (pour orchestre A 
cordes) qui ont rencontrd l'accueil le plus sym- 
phatique;notons aussi une symphonie (ri min.), 
des morceaux pour piano, des lieder, etc. 
' Grimmer, Christian-Friedrich, n6 A Mulda, 
pr&s de Freiberg en Saxe, le 6 ttvr. 1800, m. en 
juin 1850, 6tudia la th^ologie A. Leipzig, mais se 
voua ensuite 41a musique et s'est fait connaltre 
par des lieder et des ballades que Robert Franz 
jugea dignes, en 1878, d'etre r£edit£s. 

Grisar, Albert, nd A Anvers le 26 d£c. 1808, 
m. A Asnteres, pr£s Paris, le 15 juin 1869, etait 
d'abord destine a la carrtere commerciale; mais 
il se sauva de cbez son chef A Liverpool et 
comment sous la direction de Reicha,a Paris, 
•en 1890, des etudes de composition qu'il dut 
dependant bientdt abandonner pour revenir A 
Anvers aupr&s de ses parents. 11 a d£but£ A 
Bruxelles en 1883, comme compositeur sc6ni- 
que, avec Le Mariage impossible qui lui valut 
one bourse de l'Etat, pour la continuation de 
«es 6tudes A Paris. En 1886, rOp£ra-Comique 
donnait sa Sarah ; vinrent ensuite : Van 1000 
<1837) ; La Suisse a Trianon (Varies, 1888; ; 
Lady MelvU (Renaissance, 1888) ; L'Eau mer- 
veiUeuse (id. 1889) ; Les Travestissements (Op6- 
fa-Gomique, 1889) ; et L Opera a la cour (1840, 
avec Boieldieu). Malgr6 ses succ&s, il rSsolut de 
continuer ses etudes sinenses et se rendit en 
1840 A Naples, aupr&s de Mercadante. RentrS A 
Paris, en 1848, il donna encore : Gilles ravisseur 
<1848); Les Porcherons (1850); Bonsoir, Mon- 
sieur Fantalon (1851); Le CariUonneur de 
Bruges (1852; tons A l'Opera-Comique) ; Les 
Amours du diable (ThSAtre lyrique, 1858) ; Le 
Chien du jardinier (Op6ra-Gomique, 1855); 
Voyage autour de ma chambre (1859) ; Le 
ioaiUer de St-James (id., 1862, remaniement de 
« Lady Melvil ») ; La chatte merveiUeuse (Thea- 
tre lyrique, 1862) ; Bigaiements d 'amour (id., 
1864), et Douse innocents (Bouffes parisiens, 
1865). D a en outre laiss6 onze operas, dont 
quelques-uns settlement esquiss£s, les autres 
presque terminus. On lui a 6rig6, en 1870, une 
statue, model£e d'aprte Brackeleer, dans le 
vestibule du theatre d* Anvers. G. a aussi pu- 
blic de nombreuses romances et d'autres petits 
morceaux de chant. 

Qrisi, 1. Giuditta, n*e A Milan le 28 iuil. 
1805, m. A Cr6mone le 1» mars 1840, dans la 
villa de son mari, le comte Barni; excellente 
cantatrice sc£nique (mezzo-soprano), a bdll6 
jusqu*en 1884 sur la plupart des scenes italien- 



ne3 et A Paris ; Bellini a £crit pour elle le rdle 
de € Romeo » et pour sa soeur celui de « Julia* 
de MonteechieCapuletti. —2. Giulia, soeur de la 
pr£c£dente, n£e A Milan le 28 juil. 1811, m. pen- 
dant un voyage A Berlin le 29 nov* 1869; *l£ve 
de Giacomelli A Bologne, et, plus tard, de la' 
Pasta et de Marliani,& Milan, fut une cantatrice 
de tout premier ordre ; elle se fit applaudir de- 
puis 1832 A Paris et fut engagde de 1884 A 1849, 
comme prima donna, simultanement A Londres 
et A Paris, G. epousa en 1836 le comte Melcy, 
et plus tard le tenor Mario, avec lequel elle 
parcourut, en 1854, l'Am6rique. 

Groningen, S. van, pianiste, n£ a Deventer le 
28 juin 1851, fut d'abord technicien, mais ensuite 
61£ve de Raif et de Kiel, A l'Acad6mie royale de 
Berlin ; il s'6tablit d'abord A Zwolle, puis A La 
Haye comme maltre de musique, donnant sou- 
vent des concerts, soit dans son pays, soit A 
l'6tranger. II habite actuellement Lcyde et s'est 
fait appr£cier comme compositeur (quatuor 
avec piano, suite pour deux pianos, etc.). 

Grosheim, Georo-Ghristoph, n£ A Cassel le 
l w juiL 1764, v6cut en cette ville oil il occupa 
des situations fort diverses, et mourut en 1847. 
Ses compositions sont restSes, pour la plupart, 
manuscrites. On a grav£ cependant des prelu- 
des pour orgue, des fantaisies pour piano, des 
variations, etc., des chants d'6cole, une collec- 
tion de chants populaires, deux operas (Tua- 
nia et Das heilige KleeMatt), Hektors Abschied 
(pour deux voix seules et orchestre), et les 
t dix commandements » (Die zehn Gebote) n de 
une a quatre voix avec accompagnement d'or- 
gue. R a en outre public un recueil de chorals 
pour les £glises r6form£es de la Hesse; un 
journal de musique: Euterpe (1797 A 1798); une 
reduction pour piano, une traduction allemande 
de YIphig6nie en Aulide, de Gluck, etles Merits 
suivants : Das Leben der Kimstlerin Mara 
(1823) 7 Ueber Pflege %md Amoendung der 
Stimme (1830); Chronologisches Verzeichnis 
vorziiglichen Befbrderer und Meister der 
Tonkunst (1831) ; Fragmente aus der Ge- 
schichte der Musik (1832); Ueber den Verfall 
der Tonkunst (1835); Generalbass-Katechis- 
mus. B a aussi collabor£ a diverses revues : 
■ Elegante Zeitung >, «FreimMger >, € Amphion* 
(hollandais), «Csecilia» et A 1 1'Universallexicon 
der Tonkunst » de Schilling. 

Grosjean, 1. Jeak-Romary, nA a Rochesson 
(Vosges) le 12 janv.1815, m. a Sl-Dtt le 13 fcvr. 
1888; fut en 1807 organiste A Remiremont, et 
en 1839 A la cath6drale de St-Di6; excellent vir- 
tuose sur Torgue, s'est rendu utile aux orga- 
nistes fran^als par la publication de plusieurs 
collections de morceaux d'orgue des grands 
maitres. — 2. Ernest, neveu du prudent, n6 
A Vagney le 18 d^c. 1844, organiste A Verdun, a 
publie de nombreuses compositions pour orgue 
et pour piano, ainsi qu'une Theorie et prati- 
que daccompagnement du plain-chant. 

Gross, Johann-Benjamin, n6 A Elbing le 12 
sept. 1809, excellent violoncelliste, fit partie, de 
1834 A 1835, du quatuor von Liphardl,a Dorpat 
(v. David), m. comme premier violoncelliste 



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312 



GROSSE CAISSE — GRUPPETTO 



k l'orchestre imperial de St-Petersbourg, le 1" 
sept. 1848; a public une donate pour violoncelle 
avec basse et une autre avec piano, un concer- 
tino, des duos et beaucoup de soli pour violon- 
celle, quatre quatuors pour instr. k archet, des 
lieder, etc. 

Grossa caisse (all. Grosse Trommel; ital. 
Gran tamburo ; angl. bass drum), v. tambour. 

Grossi, 1. G.-F., v. Siface. — 2. Garlotta 
(Charlotte Grosmuck), excellente chanteuse 
legere, nee k Vienne le 23 dec. 1849, eleve du 
Conservatoire de cette ville, fut engage en 1868 
a Vienne, et de 1869 k 1878 k l'Opera de la cour, 
k Berlin. Elle rentra cependant, en 1878, k 
TOpera de Vienne. 

. Grove, sir George, n6 k Clapham (Surrey) le 
13 aout 1820, m. a Londres le 2 aout 189§, musi- 
cographe anglais de valeur; etait en realite in- 
genieur, et a fait comme tel une belle carriere; il a 
Mti des ph ares, dee ponts, etc. G.succMa en 1840 
k Scott Russel, comme secretaire de la « Society 
of arts » ; il devint en 1852 secretaire, et en 1878 
membre de la direction de la society du Palais 
de Crista!. Depuis cette epoque, il etait aussi 
attache comme redacteur a la maison d'edition 
Macmillian et C'«; ilr&ligeait le MacmiUans 
Magazin, et a publie, de 1879 k 1889, un excel- 
lent Dictionary of music and musicians (a 
partir de l'an 1450 [4 vol. et un supplement]), 
qui contient des etudes originates dltaillees, en 
parties de G. lui-meme (celles sur Schubert, en- 
tre autres). Lors de la fondation du Royal col- 
lege of Music (1882), G. en fut nonime directeur 
et fut annobli (Sir); il avait abandonne cette si- 
tuation en 1895. G. jfut aussi le principal collabo- 
rates de W. Smith pour son Diclionnary of 
the Bible, il a dans ce but explore deux fois la 
Palestine et participe personnellement a la 
creation du « Palestine Exploration Fond » ; il 
etait li^ avec le celebre theologien Stanley, 
1'accompagna, en 1878, en Amerique, et fut Tun 
des editeurs de ses ceuvres postfcumes. Le dic- 
tionnaire de musique de Grove, qui compte 
parmi ses collaborateurs les savants musicaux 
les plus en vue des diverges nations, tire aussi 
une valeur speciale du grand nombre d'excel- 
lentes reproductions graphiques d'instruments 
anciens quMl renferme. 

Grua, Paul, n6 k Mannheim le 2 fevr. 1754, 
m. k Munich le 5 juil. 1833; Uses etudes aux 
frais du prince-electeur Charles-Theodore, chez 
le Pere Martini, a Bologne et chez Traetta, a 
Venise. n revint en 1779 k Munich ou, entre 
temps, la cour de Charles-Theodore s'elait trans- 
porter, et avanca jusqu'au rang de maitre de 
chapelle de la cour (successes de son pere), et 
de conseiller ducal. A part un opera : Tele- 
macco, G. n'a ecrit que des oeuvres de musique 
d'eglise ou symphonique (31 Messes avec or- 
chestra, 6 vepres, 29 offertoires et motets, 6 
Miserere, 3 Stabat mater, 8 Te Beam, 3 Re- 
quiem, des psaumes, des repons, etc., et des 
concertos pour piano, clarinette, flute, etc.). 

Gruber, Johann-Sigismund, ne k Nuremberg 
le 4 dec. 1759, m. dans la meme ville, comme 
avocat, le 3 dec. 1805; a publie Litteratur der 



Musik (1783* ouvrage bien inferieur a celui, do 
meme riom, de Forkel), Bet'trcige sur Littera- 
tur der Musik (1785), et Biographim einiger 
Tonkimstler (1786). 

Gran, Frbederike, excellente cantatrice scd- 
nique (soprano), nee k Mannheim le 14 join 
1836, commenca sa carriere thMtrale en cette 
ville comme choriste, chanta d'abord k Franc- 
fort les parties de solo, puis fut engagee k Cas- 
sel (1863), et k Berlin (1866-1869), ou elle fut 
fort appreciee. En 1869, elle epousait un Russe, 
le baron de Sadler. Apres avoir continue avec 
succes k travailler aupres de Lamperti, k Mi- 
lan, elle chanta k Bologne le r61e d'Elsa, dans 
« Lohengrin » et joua encore sur diverses sce- 
nes avec grand succes. 

Grunberg, Paul-Emilb-Max, violoniste de 
talent, n£ k Berlin le 5 dec. 1852, fut membre de 
la chapelle de la cour k Meiningen, puis con* 
certmeister k Sondershausen et plus tard ait 
c Landestheater > de Prague; il est actuelle- 
ment maitre de musique k Berlin. 

Grunberger, Ludwio, ne k Prague le 24 avr. 
1839, pianiste-compositeur, m. a Prague le 12 
dec. 1896, d'abord eleve de Franz Skroup et 
de Jos. Kisch, puis, en 1855, de Rietz et de 
Reichel, a publie de nombreuses compositions i 
des morceaux de piano a deux et k quatre mains, 
des lieder, des choeurs, deux quatuors pour 
instr. k archet, une suite pour violon et vio- 
loncelle, une Nordische Suite et une Humo- 
resque pour orchestre. 

Grand, Frxedrich-Wilkelm, n£ k Hambourg 
le 7 oct. 1791, m. dans la meme ville le 24 nor. 
1874 ; excellent musicien et pedagogue estimg, 
fonda en 1819 la « Singakademie » de Ham- 
bourg, et dirigea, de 1828 k 1862, les Concerts 
philharmoniques de cette ville. G. a ecrit des 
symphonies, des quatuors, des sonates pour 
piano et violoncelle ou violon, un quatuor pour 
piano et instr. k vent, une Messe k huit voix* 
plusieurs operas, des etudes pour piano (re- 
commandees par Schumann), etc. 

Grunfeld, 1. Alfred, pianiste notable, n£ k 
Prague le 4 juil. 1852, eleve du Conservatoire 
de Prague, et de Kullak, k Berlin ; vit comme 
virtuose de la chambre imperiale, a Vienne. — 
2. Heinrigh, frere du precedent, excellent vio- 
loncelliste, ne k Prague le 21 avr. 1855, eleve 
du Conservatoire de Prague, vit depuis 1876 k 
Berlin, ou il a enseignl pendant huit ans a 
r Academic Kullak et ou il a donnS des soirees 
de musique de chambre (trios), avec X. Schar- 
wenka et G. Hollander (plus tard avec Sauret). 
II fut nomme, en 1886, violoncelliste de la cour 
imperiale. 

Gruppetto (ital. ; franc. doubU, all. Doppel- 
schlag, ang. turn), ornement (v. ce mot) bien 
connu, indique par le signe *° place sur la 
note et compose d'une appogiature double, su- 
perieure ou inferieure, d'ou son nom de « dou- 
ble », et en allemand de «Doppelschlag». Les 
sons secondaires dont on entoure le son ecrit 
sont les secondes superieure et inferieure, telles 
qu'elles se trouvent dans la gamme du ton 
dans lequel on est ; si Tun des sons secondai- 



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GRUPPETTO — GRUTZMAGHBH 



res doit fctre altere chromatiquement, on l'indi- 
que an moyen d'unfl, b, ty, etc., plac6 au-dessus 
on au-dessous da signe, suivant que l'alt&ration 
se rapporte an son sup&rieur on an son infe- 
rieur, ainsi : 



i 



* 



d I T signifle : 



*3m 



j+^^y 



Dans le cas ou le signe du g. ne serait pas 
plac6 de fa$on a indiquer clairement la partie 
A laquelle il se rapporte, on se rappellera que 
les ornements sont presque toujours adapts & 
la voix qui a la m&odie. Lorsque le signe «« 
est place sur la note, le g. s'extaute au com- 
mencement de sa valeur dont le reste, s'il y a 
lieu, est sim piemen t tenu : 



9* 



ainsi 



ou : 




313 

La formule suivante, qui apparalt dans les 
mesures a % 6 / 8 et autres semblables, & la 
place du rythme pointy doit se rfeondre d'une 
fagon analogue (ex. Mozart, sonate en ri maj., 
rondo) : 

ainsi : 



gjlig 



? Pfa+ t I ff 



ffc 



I 



Le g. additional d'un mordant renverse s'ex6- 
cute dans 1'ordre suivant : le mordant puis le 
g. ordinaire, ainsi (Mozart, sonate en fa maj.) : 



$ 



-l>— pT 



CS9 . 

*v ainsi: 



*-J*JJ* J ^i 



1 



-*-* 



ou frequemment simplify comme suit : 



P3 



Seulement lorsque la note qui porte le g. est 
precedee d'une note identique, celui-ci s'ex6- 
cute avant le temps, autrement dit, il est ajouW 
a la note pr£cedente : 




Le g. renverse (ang. black turn) 6tait autrefois 
d'un usage rare, il est aujourd'hui tout & fait 
oublte. On se servait, pour l'indiquer, du signe 
primitif dress6 g ou renversS t**> ; lorsque cette 
formule se pr&sente de nos jours, on la note 
enti&rement, soit en petites notes, soit avec les 
valeurs exactes ; 




Lorsque le signe du g. se trouve apres la note, 
l'ornement ne s'ex&cute que vers la fin de la 
valeur de celle-ci : 



H tPrmtf 



Lorsqu'un rythme points J "J est orne d'un g. 
(apr&s la premiere note), on peut ou bien con- 
server & la seconde note sa valeur pleine (a\ 
ou bien, pour ne pas effacer entierement le ca- 
ractSre du rythme primitif, la ridnire de moitie 




Toutefois, I'interpr&ation suivante sera sou- 
vent plus gracieuse et prSterable : 




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J.-Nep. Hummel fit, dans sa methode de piano, 
la tentative bldmable et du reste manquie, 
d'6changer la signification des deux signes ^ 
et <**% ; Spohreut lamalheureuseid^e de Timi- 
ter, dans sa methode de violon. 

Grfitnnacher, 1. Fmedbrich-Wilhelm-Lud- 
wio,n6 a Dessau le 1« mars 1882; son p£re 
itait musicien de la chambre ducale et lui en- 
seigna les premieres notions de thSorie musi- 
cale, tandis que Karl Drecbsler lui donnait des 
logons de violoncelle et que, plus tard, Fr. Schn ei- 
der lui enseigna la composition. II partit en 
1848 pour Leipzig, comme membre d'un petit 
orchestre; c'est \k qu'il fut «d6couvert» par 
David et nomm£, en 1849, comme successeur 
de Cossmann, premier violoncellists de l'orches- 
tre du Gewandhaus,en m^me temps que maltre 
de violoncelle au Conservatoire. II conserva 
ces deux postes jusqu'au moment oil, en 1860, 
Rietz l'attira a Dresde. II y vit encore aujour- 
d'hui, avec le titre de virtuose de la chambre 
royale, et Tune des gloires de l'orchestre de la 
cour. G. n'est pas seulement l'un des plus re- 
marquables virtuoses du violoncelle, c'est aussi 
un compositeur fecond et estime pour son 
instrument, et un pedagogue tr&s distingu6; 
parmi ses Aleves citons entre autres son fr6re 
Leopold (v. ce nom), F. Hilpert, E. Hegar, W 

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314 



GUARNERIUS — GUERMERO 



Fitzenhagen, 0. Bruckner. En plus de ses con- 
certos, morceaux divers et Etudes pour violon- 
celle, G. a 6cril de la musique symphonique et 
de la musique de chambre, des morceaux pour 
piano et des lieder. — 2. Leopold, fr£re du pr6- 
cedent, n6 k Dessau le 4 sept. 1835, regut aussi 
des lemons de K. Drechsler pour le violoncelle 
et de Fr. Schneider pour la th&>rie, continua 
ses Etudes k Leipzig, aupres de son frere, fut 
quelque temps membre de l'orchestre du thea- 
tre et du Gewandhaus k Leipzig, devint en- 
suite premier violoncelliste de la chapelle de la 
cour k Schwerin, puis an « Landestheater » de 
Prague d'ou il fut appete, apr&s le depart des 
jeunes freres Muiler, comme membre de la cha- 
pelle de la cour, a Meiningen. Depuis 1876, G. 
est premier violoncelliste a Weimar, avec le ti- 
tre de virtuose de la chambre; il est, lui aussi, 
un compositeur z616 pour son instrument — 8. 
Friedrigh Jan., nls de Leopold G., violoncellis- 
te de talent, 616ve de son plre et de son oncle, 
fut quelque temps premier violoncelliste de la 
chapelle de la cour, a Sondershausen, d'ou il 
partit en 1890 pour Budapest, comme membre 
de l'orchestre du theatre et comme maStre au 
Conservatoire de cette ville. 

Guarnerius, (Goarneri) nom de Tune <les 
trois plus c61&bres families de lulhiers de Cr6mo- 
ne (v. Amati et Stradivarius). 1. Andrea, 61eve 
de Nicolo Amati, travailla de 1650 k 1695 en- 
virons ; ses intruments sont tr&s inferieurs A. 
ceux de sou neveu (v. plus loin). — 2. Giuseppe, 
nls du prtcMent, travailla entre 1600 etl780; 
ses instruments, imites en partie de ceux de 
Stradivarins, en partie de ceux de son cousin 
du meme nom, sont g6n£ralement appr£ci6s. — 
3. Pietro, Mre du prudent, travailla entre 
1690 et 1725, d abord k Cr&none, plus tard a 
Mantoue; il manque k ses instruments, qui 
d'ailleurs sont assez apprectes, un peu de bril- 
lant — 4. Pietro, nls de Giuseppe G., petit-fids 
d'Andrea G., travailla entre 1725 et 1740 ; il 
construisait absolument d'aprto les donnees de 
son p6re. — 5. Giuseppe- Antonio, neveu d' An- 
drea G., Burnomm6 G* del Gbsu, parce que sa 
marque porte souvent le eigne J.-H.-S., ni a 
Crdmone le 8 juin 1683, est le plus c£l$bre dela 
famille. Les instruments provenant de la bonne 
periode (1735) de son activity peuvent lutter 
avec les meilleurs Stradivarins (il travailla de 
1725 a 1745), tandis que ceux de la fin de sa 
carriere sont de moindre valeur, ce qu'on cher- 
che k expliquer par toutes sortes de legendes 
sur sa vie. 11 mena, dit-on, une vie dteordon- 
n6e et, apr&s avoir pay6 son tribut a l'ivrogne- 
rie, mourut en prison. Ses plus mauvais instru- 
ments dateraient du temps qu'il passa en prison, 
ou Ton ne lui procurait naturellement pas les 
meilleurs mater iauxt 

Chtdehus, Heinrich, excellent chanteur de 
th&Ltre (t6nor), n6 k Altenhagen, pre* de Gelle 
(Hanovre), le 90 mars 1845, fils d'un regent de 
village, choisit d'abord aussi la carridre peda- 
gogique et fut successivement nommi k l'Ecole 
des jeunes filles de Kleinlehnen, aux Ecoles su- 
perieures de jeunes filles de Gelle, puis a celles 



de Goslar, ou il remplit, en meme temps, les 
foncUons d'organiste a la « Marktkirche ». De 
Goslar, G. se rendait k Brunswick, pour y pren-i 
dre des lemons de chant de M»* Schnorr de Ka- 
rolsfeld, laquelle reconnut bientdt sa remarqua-* 
ble voix; elle le recommanda a l'intendant ge- 
neral von Hulsen, qui engagea 6. immMiate- 
ment pour trois ans, k partir du l« r sept. 1870, 
pour TOpera de la cour.C'est en janv. 1871 qu'ir 
debuta avec succes dans le rdle de Nadori ( Jea-* 
sonda), mais il abandonna la scene au bout de 
six mois, pour continuer ses etudes aupres de 
Louise Hess, k Dresde. En 1875 settlement, G. 
reparut sur les planches et chanta d6s lors suo 
cessivement a Riga, Lubeck, Fribourg en B», 
Breme (1878); il fut de 1880 a 1890 k i'OpSra de 
la cour de Dresde (chanteur de la chambre 
royale) et devint ensuite Tun des membres les 
plus apprecies de l'Opera de la cour, k Berlin. 
H a chants, pendant l'hiver 1890-1891 k TOpAra 
allemand, k New-York. G. a cvte Parsifal & 
Bayreuth (1882) et a pris part depuis lors k tou- 
tes les series de representations wagnerien- 
nes. 

Gutain, Marie-Alexandre, n6 k Maubeuge 
(Nord) le 90 fevr. 1744, m. en 1814 ; arriva en 
1760 k Paris qu il fut £leve de Capron (violon) 
et de Gossec (composition). G. devint en 1777 
intendant de musique du prince de Condi, en 
1778 membre de la chapelle royale; il fut de 
1780 a 1800, violon-solo de Torchesle de TOpSra, 
et vecut depuis lors dans une situation pr&cai- 
re. II a donne un grand nombre de compositions 
instrumentales qui,lorsqu 9 elles parurent, furent 
places sur le meme pied que celles de Haydn ; 
erreur du reste assez tdt reconnue, car G. pos- 
sedait bien du talent et de la routine, mais point 
de genie. G. a 6crit: 14 symphonies (2 violons, 
alto,bas8e, 2 hautbois,2 cors; les premieres 
ont paru en 1770), 6 quatuors pour instr . a 
archet, 18 duos pour violons, 6 sonates pour 
violon et un second violon accompagnateur, un 
concerto pour alto, 8 duos pour violoncelles et 
8 sonates pour piano et violon. 

Gutrin, Emmanuel, n6 k Versailles en 1779, 
pendant de longues annees violoncelliste au 
th&Ltre Feydeau, fut pensionne en 1824 ; il a 
publie des sonates, des duos, des variations, etc. 
pour violoncelle. 

. Guerrero, Francisco, n£ k Seville en 1528, fut 
quelque temps eleve du c&ebre Morales, devint 
en 1246 maltre de chapelle de la cathedrale de 
Jaen, en 1550 chantre de la chapelle dela cathe- 
drale de Seville, ou il mourut en 1600 environ. 
G. a publie : Psalmorum 4 voc. liber J, acoedii 
Missa defunctorum 4 voc. (1559 ; 2>"« 6<1 avec 
titre en italien, 1584) ; Canlicum beatas Marias 
quod magnificat nuticupaiur per octo mustcce 
modos variatum (1563) ; Liber I missarum 
(1566) ; Libro di motti (!) a4,5 9 6,et8 voc. Es- 
lava a 6dit6 en outre, dans la Lira Sacro-His- 
pana, deux Passions k cinq voix, de G. En 1588, 
G. avait fait k Jerusalem un pelerinage qu'il a 
raconte dans El viage de Jerusalem que hi\a 
Francesco G. etc. (1611). 

Guerriero, (ital.), guerrier. 



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GUEYMARD — GUI d'aREZZO 



815 



Gueymard, 1. Louis, excellent chanteur sceni- 
que (fort tenor), n6 a Ghapponay (Isere) le 17 
aout 1822, m. iCorbeil, pres Paris, en juil. 1880; 
eleve du Conservatoire de Paris, k la sortie du- 
quel il fut engagS k l'OpSra ou il chanta de 
1848 k 1868.— 2. Paui jne, (n6e Lauters), Spouse 
du precedent, nee a Bruxelles le l« p dec. 1834; 
fllle d'un peintre, professeur a I'Academie des 
Beaux-Arts de Bruxelles, elle fut eleve du Con- 
servatoire royal de cette ville et debuta en 1855 
au ThSdtre lyrique, a Paris. L'annee suivante 
d&ja, elle passa a l'Opera, oil elle resta nombre 
d'annees. Elle avait une voix de mezzo-sopra- 
no gen ere use et 6tendue qui lui permettait de 
chanter le role de Fides, aussi bien que celui de 
Valentine. M me G. avait epouse en premieres 
noces un M. Delione. 

Guglielmi, 1. Pietro, ne a Massa-Carrara en 
raai 1727, m. dRomele 19 nov. 1804 ; fut d'abord 
eleve de son p&re (maltre de chapelle du due de 
Modene), puis de Durante au Conservatoire 
« di san Loreto », a Naples. Les archives roya- 
les de cette ville renferment le livret d'un opera, 
Chichibio, que G. doit avoir mis en musique en 
1739 d6ja. II fut pendant un certain temps le 
compositeur scenique le plus en vogue de toute 
I'ltalie. Apr6s avoir debul6 en 1755, a Turin, G. 
remporta succes apres succ&s, sur toutes les • 
grandes scenes de la peninsule. Cependant il 
partit en 1762 pour Dresde ou il remplit pen- 
dant quelques ann&es les fonclions de maitre 
de chapelle de la cour, se rendit de la a Bruns- 
wick puis, en 1772, a Londres, pour rentrer en- 
fin cinq ans plus lard en Italic Cimarosa et Pai- 
siellos'etaient cr^esentre temps un grand renom; 
mais G. parvint, grace k un travail acharne, a 
maintenir sa gloire k cote de la leur.il fut appele, 
en 1798, au poste de maltre de chapelle de 1'6- 
glise St-Pierre, de Rome, et se voua d&s lors en- 
ticement a la composition d'oeuvres religieu- 
ses. II faut noter parmi les quatre-vingt cinq 
operas, dont les tilres sont connus (cf. Riemann, 
Opem-Handbuch, art. « Guglielmi »), comme les 
plus importants: I due gemelli, I viaggatori, La 
seroa innamoraia, I tratelli Pappa Mosca, La 
pastorella nobile, La bella pescatrice, La Du 
done, Enea e Lavinio. On connalt de plus, du 
mgme auteur, des oratorios : La morte d'Abele, 
La Betulia liber ata, La distruzzione di Gervr 
salemme, Debora e Sisara et Le lagrime di San 
Pietro; une Messe a cinq voix avec orchestre ; 
un psaume k huit voix ; un Miserere a cinq 
voix ; des motets ; 6 divertissements pour piano, 
violon et violoncelle ; 6 quatuors pour piano, 
deux violons et violoncelle ; des soli pour piano, 
etc. — 2. Pietro-Carlo, Ills du precedent. n6 a 
Naples k 1763, m. a Massa-Carrara le 28 fevr. 
1827, 616ve du Conservatoire de « S, Maria di 
Loreto*, fut egalement un compositeur sce- 
nique notable (6crivit pour les scenes de Naples 
et de Milan) et remplit en dernier lieu les fonc- 
tions de maltre de chapelle de la duchesse de 
Massa-Carrara. 

Goi d'Areuo (Guido d' Arezzo, G. Aretinus), 
n6 vers 995. On considSrait gSneralement la 
bourgade d* Arezzo, enToscane, comme son lieu 



de naissance ; mais des recherches plus recen- 
tes (Dom Germain Morin, dans la « Revue de 
1'Art Chretien », 1888, III) semblent prouver que 
G. est originaire des environs de Paris, qu'il fut 
61eve dans le couvent de St-Maur-des-Foss6s, 
pr&s Paris, (d'ou le fait que ses Merits sont sou- 
vent cites sous le nom de G. de Sancto Mauro ; 
cf. t Vierteljahresschrift fur M.-W. » 1889, p. 490) 
et se rendit de \k d'abord k Pomposa, pres Fer- 
rare, puis a Arezzo. G. est un des moines ben6- 
dictins les plus meritants, parmi ceux qui se 
sont occup^s de theorie et de pratique musi- 
cales; Tetendue remarquable de ses connais- 
sahces eveilla la jalousie de ses confreres qui, 
le calomniant aupr&s de son abb£ (portant ega- 
lement le nom de G.), Tobligerent linalement k 
quitter le couvent de Pomposa. II doit alors 
s*6tre retir£ dans un autre couvent de B6nedic- 
tins, a Arezzo, d'ou se r£pandit au loin la re- 
nommee que lui cr&erent sa science et ses in- 
ventions destinies a faciliter Tenseignement du 
chant. En 1026 (1028?), le pape Jean XIX Tap- 
pela a Rome et le pria de lui exposer les prin- 
cipes de sa nouvelle methode. II fut bien vite 
persuade de ses avant&ges r£els et il ne paratt 
pas douteux que les ameliorations apportees k 
la notation par G. ne furent d&s lors recom- 
mandees a toutes les autorit£s eccl£siastiques. 
L'abbe de Pomposa etait en sejour a Rome au 
m&me moment, il se reconcilia avec G. et 1'invita 
a rentrer dans son couvent, mais G, semble n*en 
avoir rien fait, car il ressort des notices de dif- 
terents annalistes de T6poque qu'il devint en 1029 
prieur du couvent de Camaldules. a Avellano, 
oil il mourut le 17 mai 1050 (?). Le plus grand 
mSrite de G., merite dont 1'importance indiscu- 
table n'a que peu d'6quivalents dans Thistoire 
musicale, est d'avoir invente l'emploi, encore 
en usage de nos jours, des lignes horizontals 
qui forment notre portee. II va sans dire toute- 
fois que G. n'inventa pas d'un coup ni de toutes 
pieces notre systeme actuel de notation ; il en 
trouva les Elements tout pr6par£s et laissa aux 
generations suivantes un travail encore consi- 
derable. L' usage d'une ou m&me de deux lignes 
horizontales et paralieles (In ligne du fa et celle 
de Yut) remonte a la fin du x* s., Tepoque de la 
naissance de G ; mais l'incertitude que laissaient 
encore lesneumes (v. ce mot), pour l'indicatioii 
de la hauteur relative des sons, ne disparut 
reellement qu'avec Tintioduction des quatre 
lignes, par G.Ce dernier conserva la ligne rouge 
pour le fa, la ligne jaune pour Yut, mais en in- 
tercala une troisieme, noire, pour le la; les sons 
1 intermediates &taient places dans les inlerii- 
gnes. De plus, suivant T6tendue du chant qu'il 
avait a noter, G. ajoutait a ce systeme une 
quatrieme ligne, tantot en haut, tantdt en bas 
( rouge, jaune): 



i) — (mi) — ■ ut 



3) 



fa- 



4)- 



ut (la/- 

{la} fa ut- 

fa (H) — — 



fa- 



ut 



Outre les lignes rouge et jaune, on trouve aussi 



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316 



GUI Dti CHAIJS 



GU1LMANT 



l'espace rouge (3) pour le fa sup6rieur quand 
ce chant s'61&ve au dessus du sysleme (I), et res- 
pace jaune (4) pour Yut inferieur, quand le 
chant descend au dessous du syst^me 2). Apres 
avoir, pendant longtemps, cherch6 & attribuer 
a G. toutes lee inventions imaginables, celle 
du piano, celle de la musique tn&me, on se plait 
de nos jours a les lui enlever les unes aprds 
les autres. ^amelioration, expos^e plug haut, 
de la notation lui revient dans tous les cas ; 
mais il convient d'ajouter que G. n'a pas 
trouv£ la note proportionneUe (v. ce mot) 
et qu'il pla^a simplement sur son syst&me 
de lignes paralteles, ou bien des lettres (dont 
1'usage remonte tr&s loin) comme dans ses trai- 
tes, ou bien des neumes. Quant a l'invention 
de la solmisation (v. ce mot), on s'accorde gen£- 
ralement A la lui retirer aussi ; cependant un 
fait est certain, d*apr£s la lettre qu'il ecrivit au 
moine Michel, c'est que G. se servait des vers 
mnemoniques : * ut queant taxis, etc » pour 
expliquer les rapports rSciproques des sons 
(intervalles) d'une melodie quelconque. De plus, 
nous n'avons aucune raison pour douter qu'il 
en fit usage 6galement pour l'echelle transpose 
partant de fa (avec un bemol) ; et, en admettant 
que G. n'ait pas invente lui-m6me le systeme 
de la transposition (muances), il est de toute 
Evidence que l'auteur de ce system e aurait 
acquis une reputation aussi grande que celle 
de G. Jean Cotton, qui ne v6cut gu£re qu'un 
demi-si&cle apr&s G., attribue d^ja a ce dernier 
l'invention des muances et de la « main harmo- 
nique » (v. cemot). Parcontre,il est absolument 
certain que G. ne songea point a remplacer la 
denomination alphabetique des sons par les 
syllabes ut, re, mi, etc. Ce dernier pas ne fut 
que le resultat de l'accoutumance generate aux 
muances. Les ecrits de G. sont les suivants : 
Microhgus de discipline artis musicce, avec une 
lettre a l'6v&que d'Arezzo, precSdant la preface 
(publi£e en trad, allemande par Raym. Schlecht 
[ « Monatshefte fiir M.-G. ■ V, 135 ] et par 
Hermesdorff) ; RegtUae de ignoto cantu (prolo- 
gue a l'antiphonaire note avec le systems de 
qualre lignes de G.); Epistola Michaeli Mona- 
eho de ignoto cantu directa. Ces trois trait&s 
ont 6te tous trois transcrits par Gerbert, dans 
les « Scriptores » II, 2-50. D'autres ouvrages 
sont sans doute apocryphes, mais de tres peu 
postSrieurs a G., ce sont : Musicae Guidonis 
regulce rhythmicce; Tractatus correctorius 
multorum errorum, qui fiunt in cantu Grego- 
riano ; enfin Quomodo de arithmetica procedit 
musica (ces trois derniers egalement dans les 
t Scriptores » de Gerbert). Parmi les monogra- 
phies qui ont paru sur G., on peut citer celles 
d'Angeloni, de Ristori, de Kiesewetter, el plus 
recemment de M. Falclii, Studi su Guido Mo- 
naco (1882; travail remarquable) et de J.- A. 
Lans, Der Kongress von Arezzo (1882); cf. en 
outre l'essai deja, mentionne de Don Germain 
Morin (1888). Un monument de Salvini a £te 
&eve a G., dans la ville d'Arezzo, et inaugure le 
2 sept. 1882. 
Qui de Chalis (Guido, abbe du couvenl des 



Cistersiens de Chillis, en Bourgogne, de Ca~ 
roli tod), mnsicographe de la fin du xii* s., 
dont on a consent un traits sur le plain-chant 
(De cantu ecclesiastico) et une th&orie du d£- 
chant {Discantus ascendit duos voces). Ces 
deux essais ont 6t3 publics par de Coussemaker, 
le premier daus les « Scriptores » (II, 163), le se- 
cond dans l'c Histoire de l'harmonie au moyen 
&ge (p. 225). 

Guida (ital.), sujet (de la fugue). 

Guidetti, Giovanni, n6 a Bologne en 1532, m. 
& Rome le 30 nov. 1592; el&ve de Palestrina, a 
Rome, devint en 1575 chantre de la Chapelle 
pontificals et b6n6ficier. II etait occupe avec 
Palestrina, sur i'instigation de Gr^goire XIII, 4 
preparer une uouvelle Edition du graduel et de 
l'antiphonaire, lorsque celle de Leichtenstein 
parut & Venise (1580). G. donna alors a ses re- 
cherches une autre direction, et publia, sur la 
base des experiences acquises : Directorium 
chori ad usum sacro-sanctae basilicae Vatica- 
nae (1582) ; Cantus ecclesiasticus passtonis Do- 
mini nostriJesu-Christi secundum Mathaeum, 
Marcum, Mucam et Johannem (1586) ; Cantus 
ecclesiasticus officii maforis hebdomadae (1587) ; 
et Praefationes in cantu firmo (1588). 

Guilmant, Alexandre, organiste et composi- 
» teur, n6 & Boulogne-sur-Mer le 12 mars 1837, 
fut d'abord 61£ve de son p£re (Jean-Baptiste G., 
n& en 1793, m. A Boulogne en mai 1890, apr&s 
y avoir £td organiste pendant cinquante ans) 
puis de Garulli (pour l'harmonie). D obtint A 
l'&ge de seize ans la place d'organiste de l'6glise 
St-Joseph, dans sa ville natale, et fut nomm£, 
quatre ans plus tard, maltre de chapelle de St- 
Nicolas (ou sonp&re 6tait organiste), professeur 
de solf&ge d l'Ecole communale et directeur 
d'une society de musique. Mais, pendant un 
sejour qu'il fit k Paris, il eut l'occasion d'en- 
tendre le c£l£bre organiste beige Jacques Lem- 
mens; il se rendit aussitot a Bruxelles et y 
devint, au Conservatoire, l'61eve pr^f^re du 
maitre qu'il avait 61u. Une Meditation (op. 20, 
la maj.), qu'il avait 6crite pour Inauguration 
des orgues de Saint-Sulpice, k Paris (1862), 
avait dejd attire sur lui I attention du monde 
musical, en sorte qu'en 1871 il fut nommS sans 
difficult^ successeur de Chauvet, au poste d'or- 
ganiste de la Trinite. D^s lors, la reputation de 
G. ne fit que grandir ; les concerts qu'il donna 
au Trocad&ro, pendant l'Exposition de 1878, et 
qu'il continua annuellement avec le concours 
de l'orchestre et des choeurs, les diverses touj> 
nees de concerts qu'il fit en Angleterre, en 
Italie, en Russie (Riga) et en Am£rique, r^pan- 
dirent son nom dans les milieux les plus divers. 
Les compositions de G. sont interessantes au 
point de vue special de l'orgue ; l'auteur a su 
tirer de l'orgue moderne des eflfets de sonorite 
charmants et absolument nouveaux. Ses oeuvres 
principales sont : une symphonie pour orgue et 
orchestre, plusieurs autres morceaux pour orgue 
et orchestre, cinq sonates, une quantity de mor- 
ceaux de concert, des fantaisies, des transcrip- 
tions, des recueils de pieces braves, etc.; de plus, 
on peut noter une oeuvre chorale: Belsazar, etc 



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GUIRAUD 

Suiraud, Ernest, ni k la Nouvelle-Orteans le 

23 join 1887, m. k Paris le 6 mat 1892, fat «6ve 
de son p£re (Jean-Baptiste G. f prix de Rome de 

1897, professenr de masiqae 4 la Nouvelle-Or- 
16ans), puis Tint en Europe k l'Age de qutnze 
ans el entra an Conservatoire de Paris, dans les 
classes de Marmontel (piano), Barbereau (har- 
monic) et HalAvy (composition). Sa cantate,£a- 
jazet et le joueur de flute, lai valut k son tour 
le premier grand prix de Rome, en 1859. Aprte 
son retoor dltalie, G. se voua pins specials- 
ment k la scdne el donna tonte nne s&rie d'o- 
peras-comiques : Sylvie (1864, OpAra-Comique), 
En prison (1869, Th&tre lyrique) et Le kobold 
(1870, OpSra-Comique). La guerre franco-alle- 
mande interrompit ses travaux, il s'engagea 
dans un corps de volontaires, mais se remit k 
la composition aussiUH apr^s la fin de la guerre. 
G. donna alors: Madame It*Wupm(1872,Op6ra- 
Gomique); un ballet, Qretna Green (1878, Op6- 
ra); Piccolino (1876, Op&ra-Comique) ; et La 
galante aventure (1882, Op6ra-Comique). En 
1876, G. avait 6t6 nomm6 professeur d'harmo- 
nie au Conservatoire, il succ6da quatre ans 
plus lard A V. Mass6 comme titulaire d'une 
classe de composition. On a de lui, en plus de 
ses ouvrages sc6niques : une suite pour orches- 
tra, une ouverture de concert et quelques ceu- 
vres de moindres dimensions, des melodies, etc, 
enflnun T^iU pratique (Finstrwmentation. 

Guitars (autrefois^tutem?; ail. Guttarre ;ital. 
chitarra; esp.^ui(arra),instr.4 cordes pinches, 
appartenant k la famille dulnth, mais de dimen- 
sions moindres et, de nos jours, de forme diffd- 
rentes de celle du lulh. La g. joue en Italic le 
rdle d'instrument accompagnateur de la man- 
doline, celle-ci joue la mllodie et la g. Taccom- 
pagnement Virdung (1511) donne le nom de 
Quintem k un instrument qui correspond en- 
tidrement au luth, mais est plus petit que ce 
dernier et n'a que cinq cordes. Pwetorius (1618) 
par contre attribue k la Quinterna ou Chiterna 
une table de rtaonnance presque plane (kaum 
zween odev drey Finger hoch) et quatre ou cinq 
cordes. II faut conclurede tout ceci que Thistoire 
de la g. n*est autre, au d&but, que celle du luth; 
elle fut import£e on Espagne par les Maures, 
passa de \k dans lltalie m£ridionale od com- 
mencdrent k se former diverges variantes de 
l'instrument primitif (v. bandola). La g. se r£- 
pandit assez rapidement dans tous les pays, 
sauf en Allemagne oiielle semble n'avoirgu£re 
&& goftt£e, car elle rtapparut k la fin du si&cle 
dernier, comme quelqne chose d'absolument 
nouveau. L f accord actuel de la g. est analogue 
k celui de tous les instruments de l'ancienne 
famille des luths : mi* la* r& soP si* mv* 9 mais 
la notation, en clef de sol, se fait k V octave ai- 
gu§ du son r&el. Enfin, on pent, en changeant 
de place le capotasto (v. ce mot) ou barre, 
hausser simultan£ment toutes les cordes d'un 
demi-ton. Pour plus de details sur Temploi de 
la g., voir le t Trait6 d'instrumentation • de 
Berlioz. 

fiuitare-violoncelle, v. arpeowone. 

fiumbert, Ferdinand, n6 k Berlin le 22 avr. 



GUMPERT 



317 



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1818, m. dans la mdme ville, oil il 6tait maltre 
de chant, le 6 avr. 1896. Eldve du Gymnase du 
c Graues Kloster », dans sa ville natale, il re- 
gut des lemons de musique d'E. Fischer et de 
Glaepius ; il derail entrer dans le commerce de 
librairie, mais prit en . 1889 la decision de se 
vouer k la sc£ne. G. fut d'abord engage comme 
amateur k Sondershausen, puis, de 1840 A 1842, 
k Cologne, oh il chanta les rdles de baryton. 
Gependant il renonga au theitre, sur les conseils 
de Kreulzer, et se voua dte lors exclusivement 
k la composition et k l'enseignement du chant. 
Son nom est devenu tr&s populaire en AUema- 
gne, grace aux lieder qu'il publia par centaines. 
B a donn£ en oulre toute une s£rie de pieces 
th&trales populaires, avec musique : Die schti- 
ne Schusterin, Die Ktmst geliebt zu werden, 
Der hleine Zeigenhirt, Bis der rechte kommt, 
Karolina, etc G. a aussi traduit en allemand 
les libretti de plusieurs operas frangais, et col- 
labor6 k diverses revues musicales. On a de lui 
un ouvrage intitule : Musik. Oelesenes %md Ge- 
sammdtes (I860). 

Gumpeltxhaimer, Adam, n6 k Trostberg (Ba- 
viAre) en 1559, cantor k Augsbourg k partir de 
1581, m. k Augsbourg en 1695, fut k la fois ex- 
cellent compositeur et th£oricien. Nous avons 
de G. un ouvrage theorique, consistant en une 
simple refonte de la traduction faite par Bid de 
Touvrage de H. Faber; son tilre a, dans les di- 
verses Editions, de 16g6res variantes, en sorte 
que certains bibliographes (F6tis) ont pu croire 
k 1'existence d'un ouvrage original de G., k c<M6 
de la revision de celui de Faber. L'identit6 ab- 
solue des deux trails supposes a ii& prouv^Q 
par B. Eitner (« Monatshefte fttr M.-G », 1870 et 
1873). La premiere Edition, de 1591, a pour titre : 
Compendium musicee, pro Ulius artis tvronu 
bus a M. Heinrico Fabro latine conscriptum 
et a Christophoro Rid in vemaculum sermo- 
nem conversum nunc praeceptis et exemplts 
aucium studio et opera Adami Gumpeltshai- 
tneri T. [Trossbergensis] (1591 et d£s lore fr6- 
quemment). On a conserve parmi les composi- 
tions de G. : Erster et plus tard Ztoeiter TeU 
des Lustgcertleins teutsch und lateinischer 
Lieder von 3 Stimmen (1591 et 1611, plusieurs 
Editions); Erster (zweiter) TeU des Wurtz- 
gcertlein 4 stimmiger geistlicher Lieder (1594 
[1619] et 1619) ; Psalmus Locto vocum (1604) ; 
Sacri concentus octonis vocibus modiUandi 
cum duplici basso in organorum usum (1614 
et 1619; deux parlies) ; lOgeistliche Lieder mit 
4 Stimmen (1617); 2 Geistltche Lieder mtt 4 
Stimmen; 5 geistliche Lieder mit 4 Sttmmen 
von der Himmelfahrt Jesu-Christi ; Newe 
teutsche geistliche Lieder mit 3 und 4 Stim- 
men (1591 et 1592). Le Ftorilegium Portense de 
Bodenschatz renferme en outre un certain nom- 
bre de motets de G. 

Gumpert, Friedrich- Adolf, corniste vir- 
tuose, n6 k Lichtenau (Thuringe) le 27 avr. 
1841 ; 6tudia son instrument k Iena, chez le 
« Stadtmusicus » Hammann, et fut ensuite cor- 
niste a Nauheim, k St-Gall, et, apr&s avoir fait 
a Eisenach son service militaire (1862-1864), k 

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318 



GUMPREGHT — GURRLTCH 



Halle s/S. (Test de cette derniere ville que Rei- 
necke le fit venir, en 1864, comme premier cor 
de l'orcbestre du Gewandhaus, A Leipzig. G. a 
publi£ une m&hode de cor (Praktische Horn- 
schtUe ) qui eut un grand retentissement ; puis 
une foule de transcriptions pour cor; une Solo- 
buch (contenant les passages les plus impor- 
tants pour le cor, des symphonies, operas, etc.) ; 
des etudes d'orchestre pourclarinette, hautbois, 
basson, trompette, violoncelle; des quatuors 
pour quatre cors (deux recueils) et des etudes 
de cor. 

Gumprecht, Otto, n£ a Erfurt le 4 avr. 1828, 
etudia le droit a Breslau, Halle et Berlin, et 
prit son doctorat en droit. Mais, en 1849 d£j&, 
il se chargea du feuilleton musical de la « Na- 
tionalzeitung » et compta bientdt parmi les 
meilleurs critiques musicaux de l'Allemagne. 
Toute une s6rie de ses articles furent reunis en 
volumes, ce sont : MusiHalische Charakterbil- 
der (1869)'; Neuemusikalische Charakterbilder 
(1876) : Richard Wagner und dessen Buhnen- 
festspid « Der Ring des Niebdungen » (1878 ); 
Unsere kldssische Meister (2 vol. 1888, 1885) ; 
Neuere Meister (2 voL 1883), les deux demiers 
etant des amplifications des « Charakterbilder ». 
G., qui est aveugle depuis un certain nombre 
d*ann£es, vit aujourd'hui a Meraune. 

Gungl, 1. Joseph, n* A Zsambek (Hongrie) le 
!•* dec. 1810, m. a Weimar oft il passa les der- 
ni&res ann£es de sa vie, le 31 jauv. 1889 ; fut 
d'abord haubofete, puis maltre de musique du 
4« regiment d'artillerie autrichien et entreprit 
avec une chapelle militaire de grandes louro6es 
de concerts dans lesquels il exScutail plus par- 
ticuli&rement des danses et des marches de sa 
composition. En 1848, G. fonda A Berlin un 
corps de musique avec lequel il se rendit entre 
autres en Am&rique (1849); il re$ut en 1850 le 
litre de « directeur royal de musique », accepta 
en 1858 le poste de chef de musique du 28* regi- 
ment d'infanterie, A Brfinn, v6cut A partir de 
1864 A Munich, puis se retira en 1876 A Franc- 
fort s/M., et plus tard encore A Weimar. Les 
danses de G. jouissent, de mftme que celles des 
Strauss, d'une popularity de bon aloi. — 2. 
Virginia, fille du prudent, can la trice se^nique 
de talent, debuta en 1871 a i'Op^ra de la cour, a 
Berlin et chante depuis lors A Francfort s/M. 
— 3. Johann, n6 A Zsambek le 5 mars 1828, m. 
A Pecs (Hongrie) le 27 nov. 1883, compositeur 
de danses egalement populaire, donna des con- 
certs A St-P6tersbourg, A Berlin, etc., puis se 
retira en 1862, a Funfkirchen, en Hongrie. 

flunn, John, n& a Edimbourg vers 1765, maltre 
de musique a Londres (1790-1795) et plus tard 
a Edimbourg, a publie : 40 scotch airs arran- 
ged as trios for flute, violin and violoncello 
(1798, avec un essai sur les instr. A archet) ; 
The art of playing the german flute on new 
principles (1794) ; Essay theoretical and prac- 
tical on the application of harmony, thorough- 
bass and modulation to the violoncello (1801) ; 
An historical inquiry respecting the jjerfor- 
mance on the harp in the highlands of Scotland 
(1807). 



Gunther-Bachmann, Kaboline, cantatrice et 
actrice de grand talent, n6e a Dusseldorf le 13 
fevr. 1816, m. A Leipzig le 17 janv. 1874 ; fille du 
basse-bouffe et comique Gtinther, qui occupa 
une place en vue a Brunswick, fut 61ev£e en 
quelque sorte sur la sc£ne et fit partie, de 1834 
jusqu'a sa mort, du personnel du thS&tre de 
Leipzig. Elle remplit dans sa jeunesse les r61es 
de soubrette et futaussi tr^saim^e comme come- 
dienne, puis, a partir de 1859, ceux de du£gne* 
Elle avait &pous£ en 1844 le D r jur. Bachmann. 

Guns, Gustav, n£ A Gaunersdorf (Basse- Au- 
triche) le 26 janv. 1831, m. A Francfort 8/ M. le 
11 dec. 1894, etudia la mAdecine et prit le grade 
de docteur, puis devint £l&ve de chant d'Ed. 
Hollub, a Vienne, de Fr. Delsarte et de Jenny 
Lind. II fit partie, de 1864 A 1888, en quality de 
tenor, du personnel de TOp6ra de Hanovre* 
et dirigea. apr£ssaretraite,les classes de chant 
du Conservatoire Hoch,^ Francfort s/M. 

(Sura, Eugex, n£ A Pressern, pr&s Saatz 
(Bohfcme) le 8 nov. 1842, fr£quenta successive- 
ment les cours de FEcole polytechnique et de 
l'Academie, A Vienne, ceux de l*Ecole de pein- 
ture d*Anschfitz etdu Conservatoire de Munich. 
Apres d'heureux debuts dans le rdle du comte 
Liebenau (« Waflenschmied »), en 1865, G. fut 
engage au theatre de la cour, a Munich. D chanta 
ensuite a Breslau (1867-1870). Leipzig (1870- 
1876), Hambourg ( 1876-1883 ) et de nouveau 
Munich (1883-1894). G. a maintenant abandonee 
la sc£ne, mais s'est aussi r£vel£ comme un 
chanteur de concert (baiyton) d'une rare intelli- 
gence. — Son fils s'est aussi fait connaltre 
comme chanteur, sous le pseudonyme d* An- 
drew. 

Gurickx, Camille, n£ A Bruxelles le 28 dec 
1849, eleve d'Aug. Dupont, pianiste distingue, 
fut d'abord professeur de piano au Conserva- 
toire de Mons, puis succ£da A son maltre, en 
1890, comme professeur des classes de jeunes 
filles, au Conservatoire royal de Bruxelles. 

Gurlitt, Cornelius, n& a Altona le 10 fevr. 
1820, £leve de Reinecke (pere), puis de Weyse, 
a Copenhague, fut nomme, en 1864, organiste 
de la cathedrale d' Altona et vit encore dana 
cette ville. II remplit les fonctions de directeur 
de musique de l'arm&e, pendant la campagne 
du Schleswig-Holstein. G. a publie des oeuvrea 
symphoniques, de la musique de chambre (un 
quatuor pour instr. A archet, trois sonates de 
violon, une de violoncelle, deux sonatines pour 
violoncelle, des sonates pour piano a 2 et a 4 
mains, etc.), une quantity de morceaux de piano 
destines a l'enseignement, des lieder, etc. ; il a 
ecrit, en outre, deux op£rettes : Die rOmische 
Mauer et Rafael Sanzio, et un op£ra en 4 actes : 
Scheick Hassan. La musique de G., ecrite avec 
une tres grande facility, manque de profondeur. 
En 1874, G. a re<;u le litre de t directeur royal 
de musique ». 

Gurrlich, Joseph-Augustin,^ a Mfinsterberg 
(Silesie) en 1761, m. A Berlin le 27 juin 1817 ; 
fut nomme successivement organiste de TAglise 
catholique Ste-Hedwige, a Berlin (1781), contre- 
bassisle dans Torchestre de la cour (1790), ee- 



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GUSLA — HABERBIER 



319 



cond chef a 1'Opera (1811) et chef d'orchestre de 
la cour (1816). G. a ecrit des operas, des ballets, 
de la musique pour divers drames, un oratorio: 
Lobedienzadi Gionata 9 de& variations et divers 
morceaux pour piano, des lieder, etc. 

Gusla, instr. A archet tr&s rSpandu en Serbie. 
Le dos est vout£, la table de resonnance formee 
par une peau, et l'instr. n'est tendu que d'une 
senle corde de crin tordu. 

Gusli (Gussel), instr. russe a cordes pincees, 
sorte de cithare. Cf. Faminzin. 
" Gutmann, Adolf, ne A Heidelberg le 12 janv. 
1819, m. a la Spezia le 27 oct. 1882 ; pianiste et 
compositeur des plus feconds, 61&ve et ami de 
Chopin. 

Gyro wets, Adalbert, ne a Budweis (Boh6- 
me) le 19 fevr. 1763, m. A Vienne le 19 mars 
1850: vint & Vienne en quality de secretaire du 
comte Filnfkirchen, et y fit ex£cuter ses sym- 
phonies avec grand succ£s. II travailla cepen- 
dant encore & Naples, sous la direction de Sala, 
se rendit & Paris, apr&s s'£tre arr6te sur son 
passage & Milan, puis fit un s£jour de trois ans 
A Londres, oil il donna un op£ra de sa compo- 
sition : Semiramide (1792). Enfin, il rentra a 
Vienne, apr&s une absence de sept annees con- 
s£cutives. G. parlait couramment six langues, 



il possedait en outre des connaissances juridi- 
ques Vendues, en sorte qu'il remplit pendant 
quelques annees les fonctions de secretaire de 
legation imperiale, aupres de diff&rentes cours 
allemandes. Enfin, en 1804, il fut nomm£ mai- 
tre de chapelle de la cour et chef d'orchestre de 
TOpera, a Vienne, et consent ce poste jusqu'en 
1831. G. surv£cut malheureusement k ses oeu- 
vres; en 1843, ses amis durent organiser & son 
benefice une execution de sa cantate, Die Dorf- 
schule. Sa f£condil£ depasse m6me celle de 
Haydn, il n'a pas ecrit moins de trente operas 
et petits operas comiques (Singspiele), quarante 
ballets, dix-neuf Messes, soixante symphonies, 
soixante et quelques quatuors et deux quintet- 
tes pour instr. & archet, trente morceaux pour 
piano, violon et violoncelle, quarante sonates 
pour piano, et une quantity de serenades, ou- 
vertures, marches, danses, nocturnes, cantates, 
choeurs pour voix mixtes et pour voix d'hom- 
mes, lieder, etc. Ceux de ses operas qui reussi- 
rent le mieux sont les suivants : Agnes Sorel, 
Der Augenarzt (1811, & Vienne), Die Priifung; 
le deuxieme s'est maintenu le plus longtemps 
au repertoire. G. a ecrit son autobiographie : 
Biographie des Adalbert G. (1848). 



II 



H est le nom du deuxieme son de l'echelle 
fondamentale (v. ce mot) des Allemands. II cor- 
respond au si des Frangais, des Italiens, etc. 
^explication du fait singulier que ce ne soit 
pas B, mais H qui prenne la place entre A et G 
comme son naturel, interrompant ainsi la serie 
des premieres lettres de Talphabet, a d£j& 6te 
donnee au mot B. 

Habeneck, Francois- Antoine, «e a M6zieres 
(Ardennes), le l e ' juin (ou le 23 janv., d'apres 
« THistoire de la Society des concerts » d'El- 
wart) 1781, m. a Paris le 8 fevr. 1849; son 
pere, natif de Mannheim, mais qui 6tait entr6 
au service de la France comme musicien de 
r6giment, lui enseigna le violon. H. composa 
de bonne heure des oeuvres assez importantes, 
sans avoir re^u aucune instruction theorique ; 
il avait dej4 vingt ans passes lorsqu'il entra au 
(Conservatoire de Paris, dans la classe de Bail- 
lot, et remporta en 1804 le premier prix de vio- 
lon. H. entra d'abord a Torchestre de TOpera- 
Comique, mais il obtint bientot une place de 
premier violon a l'Op6ra, et avanca au rang de 
violon-solo, lorsque Kreutzer prit la direction. 
De 1806 jusqu'd la fermeture momentanee du 
Conservatoire (1815), H. dirigea presque seul 
Jes concerts du Conservatoire; enfin, lors de la 
reorganisation de la « Soci6t6 des Concerts du 



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Conservatoire », il en prit definitivement la di- 
rection et c'est a lui que ces concerts doivent 
leur reputation universelle. Le plus grand 
merite de H. est sans contredit, d'avoir, le pre- 
mier, par des executions modeles, mis en hon- 
neur, a Paris, la musique symphonique de 
Beethoven. De 1821 & 1824, il accepta les fonc- 
tions de directeur de TOpera; il fut nomm£ 
ensuite professeur de violon et inspecteur ge- 
neral au Conservatoire, puis enfin, a la retraite 
de Kreutzer, chef d'orchestre de TOpera, poste 
qu'il occupa jusqu'en 1846. H. fut aussi bon 
pedagogue que chef d'orchestre; parmi ses 
Aleves il eut, entre autres, Alard et Leonard. II 
n'a publie que pen de compositions : deux con- 
certos de violon, trois duos concertants pour 
deux violons, un theme vari6 pour quatuor 
d'instr. a archet et un autre pour orchestre, un 
nocturne pour deux violons sur des motifs de 
la * Pie voleuse », trois caprices pour violon- 
solo avec basse, une polonaise pour violon et 
orchestre, et une fantaisie pour piano el vio- 
lon. 

Haberbier, Ernst, excellent pianiste, ne a 
Kcenigsberg le 5 oct. 1813, m. a Bergen (Nor- 
vege), au piano pendant un concert, le 12 mars 
1869; il se rendit, en 1832, a St-Petersbourg oil 
il eut un grand succes, soit comme virtuose, 

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320 



HABERL 



HJENDEL 



soit comme maitre (il fut entre autres professeur 
de la grande princesse Alexandra). En 1850, H. 
entreprit de grandes toum^es de concerts et fit 
sensation surtout par son habilete k r£partir 
aux deux mains des passages d'agilk& compli- 
qu&s; il rentra deux ans plus tard en Russie, et 
v6cut d6s lors tant6t k St-P6tersbourg, tant6t k 
Moscou. Parmi ses compositions, il convient de 
noter surtout ses Etude$-Fo6$ie$. 

Haberl, Fra.nz-Xa.ver, n6 k Oberellenbach 
<Basse-Bavtere) le 12 avril 1840; son p&re, qui 
6tait maitre d'ecole, le fit entrer au seminaire 
Episcopal de gar$ons, a Passau, puis, en 1862, il 
fut ordonnS pr6tre. De 1862 k 1867, H. fut mai- 
tre de chapelle du d<5me et pr6fet de musique 
du seminaire de Passau, de 1867 k 1870 orga- 
niste de l'6glise S. Maria dell' Anima, a Rome, 
de 1871 k 1882 maitre de chapelle du dome et 
inspecteur de la pr£bende de la cathedrale de 
Ratisbonne. En 1875, il avait fond£ dans cette 
ville une * Ecole de musique religieuse » qui y 
attire des el&ves de toutes les parties du mon- 
de. H. est Tun des meilleurs connaissenrs ac- 
tuels de la musique d*6glise catholique et de 
son histoire; il a su employer ses difle rents 
scours en Italie, a des recherches litteraires et 
bibliographiques s6rieuses et Vendues. II a pu- 
blic : Anweisung sum harmonischen Kirchen- 
gesang (1864), Magister choralis (traite theori- 
que et pratique pour l'etude et Fex6cution du 
chant choral romain authentique, 9 editions 
depuis 1865, ainsi que des traductions en ita- 
lien, en frangais, en anglais el en espagnol), 
Lieder - Rosenkranz (1866), Cdcilienhalender 
(1876-1885, a continue k parattre annuellement, 
sous une forme plus 6tendue, sous le litre : 
Kirchenmusihalisches Jahrbuch, et contient 
de precieuses Etudes sur l'histoire musicale), 
Bertalottis Solfeggien (1880), Officium hebdxh 
madce sanctce (1887, en allemand), Psalterium 
vespertinum (1888) ; il a aussi ecrit dans la 
« Vierteljahresschrift fur Musikwissenschaft » 
<s6par6ment aussi sous le titre Bausteine [I et 
III] zur Musihgeschichte) : Wilhelm Dufay 
(1885), et Die romische Schola cantorum und 
die papstlichen Kapellsanger bis zur Milte des 
16. Jahrhunderts (1887), et dans les t Monats- 
hefte ffir Musikgeschichte » (s6par6menl aus- 
si sous le titre Bausteine, etc. II) : Bibliogra- 
phischer und thematischer Musihkatalog des 
papstlichen Kapellarchivs im Vatikan zu Rom 
(1888). A la mort du maitre de chapelle de la 
cathedrale, Schrem, H. entreprit de continuer 
la .publication de l'anthologie connue sous le 
titre de Musica divina, et, depuis la mort de 
Witt (1888), il redige le periodiqne Musica 
sacra. En collaboration avee Torganiste du 
Ddme, Hanisch, il a ecrit un accompagnement 
d'orgue pour YOrdinarium Missce, Gradate et 
Vesper ale (H. est membre de la commission 
pontificate pour la revision authentique des 
livres de chorals officiels). En 1879, il a fond6 un 
« Palestrina-Verein » et redig£, depuis le vol. ix 
Vedition deS ceuvres de Palestrina (chez Breit- 
kopf et Haertel), commence en 1862 par Th. 
de Witt, J.-N. Rauch, Fr. Espagne et Fr. Gom- 



mer. Comme H. a rassembte toutes les oeuvres 
de Palestrina qui, jusqu'alors inconnues, se 
trouvaient dans les archives de Rome, cette 
collection est devenue une edition complete 
mouumentale, dont le dernier volume (xxxm) a 
paru pour le troisidme centenaire de la mort 
de Palestrina. En 1889, H. a 6t6 nomm6 par 
TUniversit6 de Wurzbourg Dr. theol. hon. c. ; 
il est membre d'honneur de maintes societes 
savantes de son pays et de l'6tranger, porteur 
de grands ordres, etc. 

Habermann, Franz-Johann, n6 a Koenigs- 
wart, (BohGme) en 1706, m. k Eger le 7 avr. 
1788, comme directeur du choeur de l'6glise de 
D&canat; il avait 6t6 auparavant maitre de 
chapelle du prince de Conde, k Paris (1731), 
puis maitre de la chapelle grand-ducale, k Flo- 
rence, et enfin directeur de chceur de differen- 
tes 6glises de Prague. On a de lui douze Messes 
et six litanies ; des symphonies, des oratorios, 
des sonates, etc., sont rest£s man user its. 

Habert, Johannes-Evangelista, n6 a Ober- 
plan (Boh&me), le 18 oct. 1838; depuis 1861, or- 
ganiste a Gmunden, ou il est mort le l er sept. 
1896. H. est k la fois musicographe et composi- 
teur (Messes, Offertoires, morceaux pour orgue, 
etc.). La quality de ses oeuvres n'est, malheu- 
reusement, pas en rapport avec leur quantity ; 
elles sont, il est vrai, habilement ecrites, mais 
manquent de profondeur. 

Hackbrett (all.), v. tympanon. 

Hadrianus, v. Adriansex. 

Haeffner, Johann-Christian-Friedric6, n£ a 
Oberschonau, pres Smalkalde, le 2 mars 1759, 
m. k Upsal le 28 mai 1833; eleve de Vierling, a 
Smalkalde, devint en 1776 correcteur chez Breit- 
kof et Haertel, et plus tard chef d'orchestre 
d'une troupe th&atrale en tournees, puis s'eta- 
blit en 1780 k Stockholm. II y trouva d'abord 
une place d f organiste,puis devint accompagna- 
teur et, apres le succes de ses operas Eieklra y 
Alhides et Rinaldo (ecrits dans le style de 
Gluck), maitre de chapelle du th&tfre de la 
cour. En 1808, H. se retira a Upsal, oil il rem- 
plit encore, jusqu'en 1820, les fonctions d'orga- 
niste. H. a rendu des services signales k la mu- 
sique nalionale su£doise ; il a publie des chants 
suedois avec accompagnement de piano, rema- 
ni^ les melodies de la collection de chants 
populaires de Geijer-Afzelius, public un livre 
de chorals suedois (Svensk choralbok), avec la 
reconstitution des anciennes melodies de cho- 
rals du xvn« s. (1819 et 1821, 2 parties); de plus, 
il a ecrit des preludes pour ces chorals (1822), 
et fait paraitre une Messe su&loise, en style 
ancien (1817), puis un arrangement a quatre 
voix d'anciens chants suedois (1832-1833, seule* 
ment deux cahiers, publication interrompue 
par la mort de Tauteur). 

Htthnel, v. Gallus. 

Hsndel (orthographie Handel par les An- 
glais), Georg-Friedrich, ne a Halle s/S. le 23 
fevr. 1685 (autrement dit quatre semaines a 
peine avant J.-S. Bach),m. aLondres le 14 (non 
pas le 13) avr. 1759. Son p£re etait « Ghirur- 
gus », c.-a-d. barbier, mais il avait rSussi k 



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HAENDEL 



321 



obtenir son avancement jusqu'au litre de 
«ehambellan et de * Leibcbirurg » du prince de 
Saxe et de l'Electeur de Brandebourg ; il avail 
-soiiante-trois ans passes, lorsqn'il 6pousa la 
fille da pasteur Faust, Dorothee de Giebichen- 
stein. Les remarqaables disposi lions de H.pour 
la musique se monlr£rent trds t6t, mais se 
butterent contre la resistance du p6re qui ne 
se laissa vaincre que le jour oil leduc de Saxe- 
Weissenfels s'en mMa, apr&s avoir enlendu 
le jeune garcon de buit ans jouer de l'orgue. 
H. re$ut alors des lecons suivies de Torganiste 
F.-W. Zacbau et, en 1696, son p6re se vit en 
mesure d'entreprendre avec le petit composi- 
teur de onze ans un voyage A Berlin, oil il le 
pr£senta A la cour. Giovanni Bononcini et 
Attilio Ariosti fureut £merveill6s de son habi- 
let£ a improviser et A r£aliser la basse chiffr6e. 
Le prince electeur (devenu plus tard le roi 
Frederic I«) offrit de se charger des frais de 
TMucation musicale du jeune H., en Italie, 
mais son p£re pr6f6ra le garder aupr&s de lui, 
dans Tintention de lui faire Studier le droit en 
m&me temps que la musique. Mais l'annee 
.suivante d6j& (1697), H. eut le cbagrin de 
perdre son p£re ; il tint a respecter le voeu du 
-defunt et se fit inscrire en 1702, comme stud, 
jwr.y A TUniversite de sa ville natale, ou il fut 
egalemenl nomm& pour une annee organisle 
-de l'eglise r6form6e du Ch&teau. Qe poste lui 
•£tait offert comme une sorte de compensation 
aux services d6sint6ress£s qu'il avait rendus 
•en remplacant auparavant l'organiste Leporin, 
ndonn6 A la boisson et qui finalement avait 6t6 
-destitue. Une fois l'ann£e 6coul6e, H. sentit le 
besoin de se xendre dans une ville plus impor- 
tante; il choisit Hambourg qui 6tait alors le 
premier centre musical de l'Allemagne et oil, 
le 2 janv. 1678, une entreprise stable d'op£ra 
allemand avait et6 inaugur&e par Tex^cution 
-de « Adam und Eva », de Theile <le tout pre- 
mier op£ra allemand, si Ton fait abstraction de 
t Daphne », de H. Schutz et de < Seelewig », de 
Staden). B est vrai qu'au moment ou H. arriva 
A Hambourg (1703) Fentreprise d'opSra d6g6- 
nerait d£j& au point de vue artistique, car jus- 
tement Keiser (v. ce nom), qui avait 6te jus- 
qu'alors le plus fecond et le plus remarquable 
compositeur scenique de Hambourg. venait de 
s'associer aux entrepreneurs et faisait des con- 
cessions de plus en plus grandes au gout 
•deplorable de la foule; mais Hambourg n'en 
jouissait pas moins d'une tr§s grande renom- 
mee. H. n'avait nullement l'intention de cher- 
cher un maitre dans cette ville, il y trouva 
cependant bientdt un conseiller sur et bien- 
veillant, en la personne de Mattheson qui ne 
tarda pas A reconnaitre son genie. L'amiti^ des 
deux musiciens eut une brusque fin, H. ayant 
un jour froissS Torgueil excessif de Mattheson ; 
un duel s'en suivit, dans lequel H. faillit 6tre 
tuk Le jeune maitre 6crivit pour Hambourg 
-quatre operas allemands mais pourvus, sui- 
vant la mode du temps, d*interm£des italiens : 
Almira (1706 ; repris en 1878, A Hambourg, par 
Fuchs), Nero (1705), Daphne (1708) et Florindo 

DICTIONNAIKE DE MUSIQUE. — 21. 

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(1708); les partitions des trois derniers ont dis- 
paru. Ce fut « Almira » qui remporta le meilleur 
succ&s, mais Keiser, jaloux de son rival, mit en 
musique les deux texles de « Almira » et de 
«Nero», apr&s les avoir l£g6reirient transfor- 
ms el supprima du repertoire les ouvrages 
de H. Keiser avait fait faillite en 1706, et ce fut 
son suceesseur, Saurbrey, qui commanda A H. 
« Daphne » et « Florindo » (les deux ne devaient 
primitivement former qu'une seule ceuvre,ils 
furent detaches a cause de la longueur excessive 
de Touvrage) ; l'auteur 6tait depuis longtemps 
en Italie lorsqu'ils furent reprfoentes. C'est au 
d&but de 1707 que, sur Tinvitation spSciale du 
prince Giovanni Gaston de M&dicis qui avait 
assists A la representation de « Almira », H. alia 
visiter la veritable patrie de l'op£ra ; son s£jour 
en Italie dura trois ann£es. II se rendit d'abord 
a Florence, puis a Rome (d'avril A juillet), et de 
nouveau A Florence ou il monta un op6ra, 
Rodrigo (avec la Tesi comme prima donna); A 
Venise, ou il se trouvait les premiers jours de 

1708, il donna son deuxidme op£ra italien : 
Agrippina. Le prince Ernest-AugustedeHano- 
vre avait alors une loge A TOp^ra de Venise, 

' en sorte que H. entra en relation avec plusieurs 
i Hanovriens et Anglais, personnages influents 
1 de sa suite. De Venise, noire musicien retourna 
a Rome ou il recut un excellent accueil: il fr&- 
quenta TAcademie des Arcadiens, logea chez le 
marquis Ruspoli (prince Cerveteri) et put faire 
executer deux oratorios de sa composition : La 
resurrezione et 11 trionfo del tempo e del 
disinganno (le premier A l'«Arcadia », Tautre 
chez le cardinal Oltoboni). Tandis qu'& Venise 
il avait fait la connaissance d'Ant Lotti, H. se 
lia d'amitiS, A Rome, avec les deux Scarlatti et 
Corelli. II accompagna m£me les Scarlatti A 
Naples, en juil.1708, et y resta jusqu'4 Tautomne 

1709, s*appropriant A merveille le style des 
cantates d'A. Scarlatti. Sur son voyage de re- 

, tour, H. s'arrSta encore A Venise, pour le carna- 
val de 1710, y renouvela les connaissances qu'il 
avait faites auparavant, puis partit pour Hano- 
vre en compagnie de 1'abbS Steffani. Celui-ci 
pria le prince-llecteur d'accepter sa demission 
du poste de maitre de chapelle de la cour et lui 
proposa en m&me temps de prendre H. pour 
son suceesseur. II. fut imm6diatement nomme, 
mais demanda, avant d'entrer en fonctions, un 
cong6 pour se rendreen Angleterre, ou il arriva 
encore en 1710, apr&s avoir rendu visile A sa 
famille, A Halle. L'op&ra national qui avait flour i 
passag&rement A Londres, sous Purcell (m. en 
1695) n'avait pas tard£ A c&der le pas A l'op6ra 
italien. H., d^ji cel&bre en Italie, fut accueilli 
avec une r6elle faveur, qui devint de l'enthou- 
siasme A la suite de la representation de son 
op6ra Rinaldo, ecrit (ou plutdt form^ d'une s6- 
rie d'airs ant^rieurs) en quinze jours. Le devoir 
rappela le jeune maitre A Hanovre, au prin- 
temps de 1711 ; il y Scrivit quelques duos de 
chambre A la facon de Steffani et quelques 
concertos de hautbois. Mais au nouvel-an 1712, 
il Mail de nouveau en route pour Londres. Le 
premier opera qu'il donna' cette fois, R pastor 



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322 



HAENDEL 



fido, n'eut qu'un mediocre succ^s, Teseo n'en 
eut guSre davantage ; par contre, le Te Deum 
qu'il composa pour la calibration de la paix 
d'Utrecht (1713) lui gagna le coeur de tous les 
Anglais, qui voyaienten quelque mani6re revi- 
vre en sa personne lew grand Purcell.Lareine 
Anne lui accorda uno rente annuelle de deux 
cents livres sterL,mais e'en etait fini pourH.de 
la protection du prince-eiecteur, car ce dernier, 
quoique heritier pr£somptif du trdne d'Angle- 
terre, n'avait que des rapports assez tendus 
avec la reine. Lorsqu'en 1714, apr^s la mort de 
la reine, le prince-eiecteur arriva A Londres, 
il commenga par ignorer complement Fexis- 
tence deH. et ne sereconcilia aveclui qu'apr£s 
l'audition d'une serenade (dite Wassermusik) 
que le musicien avait composee et fait ex^cuter 
en son honneur. En 1716, H. accompagna le roi 
Georges I" (ci-devant prince-eiecteur) a Hano- 
vre et se rendit de IA dans sa ville na tale, pour 
y voir sa mere. C'est A Hanovre que H. com- 
posa sa derni&re oeuvre allemande, la Passion 
de Brokes, que Keiser et Telemann avaient dejd 
mise en musique avant lui ; un autre oratorio 
allemand de sa composition, Passion, d*apr£s 
Postel, date de 1704 d£j&, A Hambourg. A peine 
rentre a Londres, il accepta Tinvitation du due 
de Ghandos en son chateau de Gannons, non 
loin de la capitale ; il ecrivit dans cette retraite, 
pendant les trois annees qui suivirent, toute 
une s£rie d'eeuvres nouvelles : les deux Chan- 
dos-Te Deum, douze Chandos-Anthems, un ora- 
torio profane : Acts et GalaihU (qu'il avait d6ja 
mis en musique une fois, A Naples) et son pre- 
mier grand oratorio : Esther (en anglais). Une 
nouvelle phase de la vie du maitre date de 
1719, annle de la fondation de la c Royal aca- 
demy of music », grandiose entreprise issue de 
la speculation priv6e dans le monde de la 
cour et honor^e par le roi d'une subvention de 
mille livres sterl. H. fat charge du recrutement 
du personnel et parti t sur le champ pour Dresde 
oil U etait certain de trouver rtunies, grAce aux 
importantes ceremonies de mariage du prince- 
eiecteur, toutes les ceiebrit6s vocales de l'epo- 
que. Le choix ne fut pas difficile A faire et les 
representations de TAcademie purent com men - 
cer en 1720 par Numitore, de Porta ; le second 
opera fut Radamisto, de H. Celui-ci ecrivit 
alors successivement, en 1731 : Muzio Scevola, 
Floridante ; en 1723 : Ottone, Flavio ; en 1724 : 
Qtulio Cesare, Tamer lano, Rodeltnda; en 1726 : 
Scipione, Alessandro ; en 1727 : Admetto, Ric- 
cardo I; en 1728 :Siroe, Tolemeo. Tous ces 
operas se r6pandirent dans FEurope enti&re, et 
la France elle-meme ne leur ferma pas com- 
pletement ses portes. Quant au repertoire de 
l'« Academie », il se composait a cdte des ouvra- 
ges de H., surtout de ceux de Bononcini qui 
rivalisaient de eucces avec les premiers ; on 
sait qu'en 1728 Bononcini (v. ce nom) g&ta sa 
situation A Londres et dut regagner sa patrie. 
G'est cette meme annee 1728 que le mattre ecri- 
vit 1'Anrtem du couronnement, pour Tascension 
au trdne de Georges n, et cette m&me annee 
encore que l'« Academie* dut se dissoudre, dla 



suite de revers financiers et peut-etre aussi du 
ridicule et du discredit qu'avait jetSs sur elle„ 
aupr^s du gros public, le • ballad opera > de 
Gay. Le directeur technique de Tentreprise, 
Heidegger, acheta alors Timmeuhle et les ac- 
cessoires, puis il chargea H. de Fengagement 
d'un nouveau personnel, A la fin de septembre 
1729. La seconde Academie donna de lui : Lo- 
tario (1729), Partenope (1790), Poro et Eiio 
(1731), Sosarme et Orlando (1732). La nouvelle 
entreprise croulait A son tour en 1732; H. avait 
signifie son conge au c£lebre sopraniste Sene- 
sino, sans songer que celui-ci entralnerait avec 
lui d'autres membres du personnel et qu'ainst 
le champ serait ouvert A la concurrence que les 
adversaires de H. ne tarderent du reste pas A 
exploiter (1733), avec Porpora, puis Hasse 
comme directeurs et comme compositeurs. Une 
fois encore H. alia recruter de nouvelles forces 
en Italie ; la premiere annee fut passable, avec 
Arianna et une nouvelle version d'll pastor 
fido (1734). Mais lorsque le clan ennemi entra 
en rangs avec Senesino et Farinelli A la fois,. 
Heidegger perdit courage ; H. loua le « Govent- 
garden » et y continua Tentreprise pour son 
propre compte , tandis qu'Heidegger cedait 
« Haymarket » A l'Opera concurrent. H. fit A ce 
moment des efforts inouis pour echapper A un 
desastre financier. B donna, pendant les annees 
qui suivirent, plusieurs operas nouveaux : Ter- 
psichore, Ariodante (1734,) ; Alcina (1735) ; Ata- 
lanta, Giusiino, Arminio (1786); Berenice 
(1737); puis des oratorios. En 1732 dejA, Acts et 
Galotttfe et Esther, qu'il avait retravailies, 
avaient fait sensation ; l'annee suivanle, H. fit 
executer, aux fetes de l'Universite d*Oxford,qui 
devaient marquer une sorte de reconciliation 
avec la nouvelle famille regnante, toute une se- 
rie de ses oeuvres: Acts et Galathie, Esther, De- 
borah,\e Te Deum d Utrecht et Athatie, puis, en 
1734, aux ceremonies de mariage de la princesse 
Anne, un Anthem de mariage. Vinrent ensuite, 
pendant le careme de 1787, de nouveau Esther, 
une nouvelle version du Trionfo del tempo e 
delta veritd et la File d' Alexandre. Malgre sa 
nature de fer, H. ne pouvait register A la longue 
a eel exces de fatigue; une attaque lui paralysa 
le cdt6 droit et troubla pour un temps sa rai- 
son. U fallut abandonner l'Opera, congedier les 
chanteurB avec une demi-paie ; puis H. se sou- 
mit A une cure si energique A Aix-la-Ghapelle, 
qu'il fut retabli au bout de pen de jours. De 
retour A Londres, il ecrivit, en m£moire de la 
reine Caroline qui venait de mourir, un An- 
them de deuil des plus saiRissants.Entre temps 
Tentreprise scenique de ses concurrents avait 
aussi sombre; mais Tinfatigable Heidegger eut 
le courage de rassembler les debris des deux 
entreprises et d'ouvrir, dans le courant de Pan- 
tonine 1737, un nouvel Opera, avec Faramondo 
et Serse de H.; il dut s'en tenir \A\ H. lui-meme 
organisa plus tard encore, de 1739 A 1740, quel- 
ques representations, mais sans avoir de per- 
sonnel fixe et avec les seules ressources du 
moment; il donna ainsi, de sa composition, 
quelques operas nouveaux : Jove in Argo, 



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HjENEL DE CHRONENTHAL — HiEKTEL 



323 



l%eneo et Deidamia, et des oratorios : Saul, 
Israel et UaUegro> ilpensieroso ed il moderate. 
(Test aussi d'avant 1740 que datent la plupart 
des oeuvres instrumental du mattre, entr'au- 
tres : douze sonates pour violon (ou fliite) avec 
basse chiffrSe, treize sonates pour deux violons 
(hautbois ou Mtes) avec basse, six Concerti 
, grossi (dits concertos de hautbois), cinq autres 
ceuvres orchestrates, vingt concertos cTorgue, 
douze grands concertos pour instr. A archet et 
un tr&s grand nombre de suites, de fantaisies 
, et de fugues pour clavecin et pour orgue. Enfin, 
/ en 1741, la reputation de H. semble dMnitive- 
ment etablie,bien que peu auparavant encore le 
sort Tait maltraite,* c'est cette ann^e \A 9 en effet, 
qn'en vingt-quatre jours il 6crivit le Messie, 
puis qu'il le fit ex6cuter pour la premiere fois,& 
Dublin. Cette ceuvre lui valut Tann6e suivante, 
A Londres, un succ^s considerable, et, A partir 
de 1749, il put la donner chaque ann£e au bene- 
fice de l'Hospice de Tenfance abandonnee (cette 
institution encaissa, en vingt-huit auditions, 
plus de dix mille livres sterl.). A partir de ce 
moment, le maltre s'adonna entierement A 
{ Toratorio, et Ton vit se succeder rapidement : 
Samson (1742), Semele (1743). Herahles et Bel- 
sazar (1744), l'oeuvre dite Occasional oratorio 
pour feterla victoire de Gulloden (1745), Judas 
Macchabee et Joseph (1746), Josue et Alexan- 
dre Bolus (1747), Salomon el Suzanne (1748), 
Theodora (1749), et enfin Jephta (1751). H. <!rea 
done ses plus grands chefs-d'oeuvre de cin- 
quante-six A soixante-six ans. En 1751 deji, 
sa vufe s'etait affaiblie au point de lui ren- 
dre tout travail difficile ; il n'en continua pas 
moins A donner sans cesse des concerts et A 
jouer lui-m£me la partie d'orgue, dans ses ora- 
torios. Le dernier concert qu'il dirigea (Messie)^ 
eut lieu juste huit jours avant sa mort. C'est* 
avec raison que les Anglais considerent H. 
comme « leur » plus grand compositeur. II va 
sans dire que nul ne peut songer A nier la 
nature allemande du maltre, et meme s'il fttt 
arrive tout enfant en Angleterre, les cdtes plus 
particulierement germains de son genie ama- 
teur ne se seraient sans doute effaces que diffi- 
cilement. Mais il ne faut pas oublier non plus 
que la direction et le developpement de son 
activite creatrice furent determines pour une 
part par les circonstances exterieures de sa vie, 
par le milieu dans lequel il vecut, par les gouts 
et les besoins artistiques de son public Aujour- 
dTiui encore, les oeuvres de H. occupent, en 
Angleterre, le premier rang dans le repertoire 
des concerts. Et, s'il est vrai que le musicien fit 
sa veritable education, non pas en Angleterre, 
inais A Hambourg et en Italie, on ne saurait 
nier chez lui, d'autre part, l'influence conside- 
rable de Purcell; tout ce que ses oeuvres, com- 
pares A celles d'un Bach, ont de plus facile, de 
plus agreable, de plus aisement comprehensi- 
ble, provient de recole anglaise. II est possible, 
probable meme que s'il eftt fait la meme car- 
riere severe d'organiste que J.-S. Bach, il serait 
devenu lui aussi un phenomenal contrapon- 
tiste, dont les qeuvres n'auraient guere plus 



aisement que celles de Bach livre le secret de 
leur enigme. Ces deux grands maltres, quoique \ 
exactement contemporains, ne se sont jamais 
rencontres et n'ont jamais echange de corres- 
pondance (cf. J.-S. Bach). Du vivant du maltre 
dej&, RoubUliac avait sculpte le baste de H., et~ 
ce fut lui qui, en 1762, fit la statue qui orne son 
tombeau A l'abbaye de Westminster. Une autre 
statue tres belle et de tres grandes dimensions, 
par Heidel, lui a ete eievee en 1859, dans sa 
ville natale, Ualle s/S. Mais le plus beau mo- 
nument qui ait ete consacre A la memoire de H. 
est sans contredit redition moumentale de ses 
oeuvres, redigee par Chrysander et entreprise 
en 1856 par » 1* Association Haendel » alleman- 
de (Haendel-Gesellscfiaft). Le premier volume 
parut en 1859; redition complete en compren- 
dra cent! L'edition que publia S. Arnold, A par- 
tir de 1786 dej& (86 vol.), sur l'ordre du roi 
Georges I er , est tres peu correcte. Une Handel- 
Society, A Londres, commenga en 1843 la publi- 
cation d'une nouvelle edition complete, mais 
ne poussa pas son entreprise jusqu'au bout; 
elle n'est du reste point exempte de fautes non 
plus, en sorte que les anciennes editions origi- 
nates de Walsh, Meare et Cluer sont en tout 
cas preferables. Plusieurs auteurs ont ecrit sur 
la vie et les oeuvres de H., voici les principaux : 
Mattheson, dans son Ehrenpforte (1740^; Main- 
waring, Memoirs of the life of the late G-F. 
Handel (1760); ed. all. pourvue de notes, par 
Mattheson, 1761 ; ed. frang. par Arnault et 
Suard, 1778); J.- A. Hiller, dans les Woechentli- 
che Nachrichten (1770), et Lebensbesckreibim- 
gen (1784); Hawkins, dans son Histoiredela 
musique (1788), etc. Parmi les travaux plus re- 
cents, notons encore : Foerstemann, G.-F. Haen- 
del* s Stammbaum (1844); Schoelcher, The life 
of H. (1« vol. 1857); Chrysander, G.-F. H, 
l'oeuvre capitale sur le maltre, encore inache- 
vee (1858-1867, jusqu'd la premiere moitie du 
vol. HI, et allant jusqu'en 1740); Gervinus, H 
und Shakespeare (1868); enfin, E. David, G.-F. 
H. sa vie, ses travaux et son temps (1884). 

Haenel de Chronenthal, Julu, apres son ma- 
riage : Marquise d'HfeRicouRT de Valincoort, 
nee A Graz en 1839, fit son education A Paris et 
r6v61a un reel talent pour la composition. Elle 
a ecrit quatre symphonies, vingt-deux sonates 
pour piano, un quatuor pour instr. a archet, des 
nocturnes, des romances sans paroles, des dan- 
ses, des marches, des arrangements pour or- 
chestra de melodies chi noises (primes A Paris, 
en 1867). 

Hsrtel, 1. (editeur) v. Brettkopf et H. — 
2. Gustav-Adolph, n6 A Leipzig le 7 dec. 1886, 
m. comme chef d'orchestre A Hombourg, le 28 
aotit 1876, vioioniste et compositeur, chef d'or- 
chestre A Br6me (1857), A Roslock (1863) et, A 
partir de 1873, aux bains de Hombourg. H. a 
ecrit un Trio burlesque pour trois violons et 
piano, des variations et fantaisies pour violon, 
un opera : Les Carabiniers, trois operettes, etc. 
— 3. Benno, ne A Sauer (Siiesie) le 1« mai 1846, 
eieve de Fr. Kiel, depuis 1878 professeur de 
theorie A l'Academie royale de musique, A Ber- 



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324 



HiESER 



lin, a fail paraltre des morceaux pour piano et 
pour chant — 4. Luise, v. Breitkopf et H. 

Haeser, 1. August-Ferdinand, n6 A Leipzig 
le 15 oct. 1779, m. comme chef d'orchestre du 
th&Ure, directeur de musique a l^glise, et 
maltre de musique au seminaire, A Weimar le 
1«* nov. 1844. II etait arrive A Weimar en 1817, 
en quality de chef des choeurs de l'Opfoa de la 
cour ; il a compose de nombreuses ceuvres d*6- 
glise et d'orchestre (Requiem, Te Deum, Notre 
Pere, Miser erodes Messes, un oratorio: Triumph 
des Glaubens [execute en 1817, A Birmingham], 
trois operas, des ouvertures, etc.), des morceaux 
pour piano, des lieder, etc. De plus, H. a £crit : 
Versuch einer systematischen Vebersicht der 
Oesanglehre (1820) et une m&hode pour le 
chant en choeur (1831). — 2. Charlotte-Hen- 
RiETrE, soeur du pr6c6dent , nee A Leipzig le 24 
janv. 1784, excellente cantatrice ; elle chanta 
d'abord A l'OpSra de Dresde, puis a Vienne et 
en Italie et se maria A Rome, en 1813, avec un 
avocat nommS Vera. La date de sa mort n'est 
pas connue. — 8. Heinricii, fr&re du pr6c£dent, 
n6 A Rome le 15 oct. 1811, professeur de mede- 
cine A I£na, a 6crit : Die menschliche Stimme, 
ihre Organe, ihre Ausbildung, Pflege und 
Erkcdtung (1839). 

Haessler, Johann-Wilhelm, un des plus int6- 
ressants compositeurs de piano de T&poque qui 
sSpare Bach de Beethoven, n£ A Erfurt le 29 
mars 1747, m. A Moscou le 29 mars 1822; fils 
d f un fabricant de casquettes, metier que lui- 
m6me continua A pratiquer longtemps apres 
s' A tre fait connaltre comme musicien, neveu et 
616ve de Kittel, 6tait A T&ge de quatorze ans 
d6j A organiste de l*£glise des « Carmes d&chaus- 
sis » , A Erfurt. II donna des concerts avec 
grand succ A s, et, dans les principales villes al- 
lemandes, au cours de son traditionnel voyage 
d'apprenti de son metier. En 1780, H. fondait A 
Erfurt une entreprise permanente de concerts, 
en m A me temps qu'un magasin de musique; 
dix ans plus tard, il se mit A parcourir l'Angle- 
terre, puis la Russie, et fut, en 1792, engage a 
St-P6tersbourg comme maitre de chapelle im- 
perial. En 1794, il quittait ce poste pour aller A 
Moscou oh il fut fort apprecie comme profes- 
seur. Un de ses el&ves lui a fait Sriger un mo- 
nument en cette ville. H. appartient aux meil- 
leurs compositeurs de son epoque, dans le 
domaine de la musique d'orgue et de piano; 
mais il fut, cela va sans dire, eclipse par Haydn, 
Mozart et Beethoven, et bientot oubli£ plus que 
de raison. Les parties lentes de ses oeuvres, 
quoique peut-Atre un peu vieillies, sont d'une 
grande intensity d'expression et de plus notees 
avec une exactitude etonnante ; les rondos en 
sont pleins de fratcheur et de gaiete. II. a ecrit 
des sonates de piano, des concertos, des fantai- 
sies, des variations, des morceaux d'orgue et 
des lieder. On a r£edite de lui, outre la grande 
gigue en ri min. bien connue, six sonatines da- 
tant de 1780 (chez Litolff), six autres de 1788 
(chez Augener), quelques fantaisies, rondos, 
de charmantes variations, etc. (dans la « Schule 
des Vortrags » de II. Riemann [J. Schubert 



- HAGEN 

& O]). Cf. les articles de L. Meinardus Ar 
H., dans r«Allg. mus. Zeitung» (1865). La 
femme de H., Sophie, fut une cantatrice de 
merite; elle prit part aux concerts d'Erfurt de- 
puis leur fondation. Elle resta meme, apres le 
depart de son mari (1790), A la ttte des concerts 
ainsi que du magasin de musique, jusqu'en 
1797, moment ou la defaveur les fit cesser. Elle 
rejoignit alors son mari, mais revint bientdt et 
vScut dds lors comme professeur et directrice 
d un pensionnat, A Erfurt. 

Has user, Johann-Ernst, n£ A Dittchenroda, 
prds Quedlinbourg, en 1803 ; maltre au gymnase 
de Quedlinbourg, a Scrit : Musihalisches Lexi- 
kon (1828, 2 vol. ; 2' ed. 1833 ; seulement la ter- 
minologie) ; Der musihaXische GeseUschafter 
(1830, Anecdotes), Elementarbuchfur die alter- 
ersten Anf tinge des Pianofortespiels(W&; 1886 
sous le litre : Neue Piano forteschule); Musiha- 
lisches Jahrbiichlein (1833); Geschiehle des 
christlichen , insbesondere des evangelischen 
Kirchengesangs (1834). 

Hagemann, 1. Francois- Wilhelm, n£ A Zfit- 
phen le 10 sept. 1827 ,• devint en 1846 organiste 
royal a Appeldoorn, en 1848, mattre de cha- 
pelle A Nijkerk, £tudia encore quelque temps, 
en 1852, A Bruxelles, puis v£cut comme maltre 
de musique A Wageningue. En 1859, il devint 
de nouveau organiste A Leuwarden, en 1860 di- 
recteur de musique de la ville de Leyde ; enfin, 
depuis quelques annees, il est organiste de la 
t Wilhelmskirche », A Batavia. — 2. Maurits- 
Lkonard, fr£re du precedent, n£ A ZtUphen le 
25 sept. 1829, £l£ve des conservatoires de La 
Haye et de Bruxelles (Fetis, Michelot, de B6riot), 
laurSat de ce dernier en 1852; rempiit de 1853 a 
1865 les fonctions de directeur de musique a 
Groningue, puis, de 1865 A 1875, celles de direc- 
teur dela Soci6t6 philharmonique et du Conser- 
vatoire de Batavia. Depuis lors, il sejournadans 
sa patrie comme directeur de musique A Leu- 
warden, fondateur et directeur du Conserva- 
toire municipal de cette ville et Tun des meil- 
leurs musiciens actuels de la Hollande. II a 
publie des morceaux pour piano, des lieder, 
plusieurs (puvres pour chaws et orchestre 
(Trost der Nacht, Wandervdglein, Abendge- 
sang 9 et une cantate de fete pour voix de 
femme8) ; un oratorio de sa composition, Daniel, 
est reste manuscrit. 

Hagen, 1. Friedrich-Heinrich vox der, ne 
A Schmiedeberg, dans la Marche Ukraine, le 
19 fevr. 1780, m. A Berlin lell juin 1856, comme 
professeur ordinaire de literature allemande a 
TUniversite. Ses Minnesinger (1838-1856, 5 vol.) 
contiennent, dans le troisieme volume, des no- 
tations d*airs de t Minnesinger », d'apres le 
manuscrit de I£na et d f autres, ainsi qu'une dis- 
sertation sur leur musique. II a aussi fait pa- 
raltre : Melodien zu der Sammlung deutscher, 
rlamischer und franzdsischer Volhslieder 
(1807, avec Bttsching). — 2. Johann-Baptiste, 
ne a Mayence en 1818, fut de 1836 A 1841 chef 
d'orchestre de Iheatre A Detmold, de 1841 A 1856 
a BrtW (ou il donna son opera, Hinko, en 
1845), de 1856 a 1865 A Wiesbaden, de 1865 a 



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HAGER — HAL&VY 



325 



1867 a Riga, puis se retira k Wiesbaden ou il 
mourut le 13 aout 1870. Son ftls — 3. Adolf, n£ 
a Br6me le 4 sept. 1851, enlra en 1866 comme 
violoniste dans la chapelle du Th6Atre royal de 
Wiesbaden, fut, de 1871 k 1876, directeur de 
mnsique k Danzig et k Br&ne, de 1877 k 1879, 
chef d'orchestre an Th&ttre municipal de Fri- 
boarg en Brisgau, et de 1879 k 1882, k c6t£ de 
Sucher, aa Th£&tre municipal de Hambourg. II 
fit ensuite une saison an Th&Ltre de Riga d'ou 
il fut appel£, en 1883, k Dresde, comme maltre 
de chapelle de la cour ; en 1884, il succSdait k 
Wullner comme directeur artistique du Conser- 
vatoire. H. a 6crit un op6ra-comique : Zwei 
Komponisten (Hambourg) et uneop&rette en un 
acte : Schioarznaschm. — 4. Theodor, n6 k 
Hambourg le 15 avr. 1823, m. k New- York le 21 
d£c. 1871; compromis dans la revolution de 
1848, il v£cut d'abord en Suisse, puis k Londres 
et depuis 1854 a New- York, comme maitre de 
musique et critique. II fut en dernier lieu r6- 
dacteur de la New-York weekly review. II a 
fait paraltre des lieder, et deux ouvrages (sous 
le pseudonyme Joachim Fels) : Zivilisalion 
und Musih (1845) et MustkaXische Novellen 
(1848). 

Hager, Johannes, pseudonyme du conseiller 
aulique J oh. v. Hasslinger - Hassingen , k 
Vienne, ne k Vienne le 24 tevr. 1822, et qui 
publia sous ce nom une serie d'excellentes 
ceuvres de musique de chambre, des operas: 
Jolantha (Vienne, 1849), Marfa (Vienne, 1886; 
mais 6crit longtemps auparavant)et un oratorio : 
Johannes der Taufer. 

Hahn, 1. Bernhard, n6 k Leubus (Sitesie) le 
17 dec. 1780, m. comme maltre de chapelle de 
la cathedrale de Breslau, en 1852 ; a compost 
des (puvres de chant sacre et des chants d*6- 
cole, et public : Handbuch zum Unterricht im 
Gesang fUr Schiller auf Gymnasien und Bur- 
gerschulen (1829, puis plusieurs fois) et des 
Gesdnge zum Gebrauch beim sonn-und wo- 
chentdgigen Gottesdienst auf katholischen 
Gymnasien (1820). — 2. Albert, n6 k Thorn 
le 29 sept 1828, m. k Lindenau, pr&s Leipzig, le 
14 juil. 1880; dirigea, de 1867 k 1870, le «Mu- 
sikverein » et la < Liedertafel » de Bielefeld, 
v6cut ensuite alternativement k Berlin et k 
Koenigsberg, et fonda en 1876 une revue musi- 
cale : Die Tonkunst, dans laquelle il prit parti 
pour le mouvement connu sous le nom de « r6- 
forme chromatique ». 

Hainl, Franqois-Georgb, n£ k Issoire (Puy 
de Ddme) le 19 nov. 1807, m. k Paris le 2 juin 
1873 ; 61£ve, en 1829, du Conservatoire de Paris 
(Norblin),il prit, en 1840,apr6s avoir longtemps 
voyag£ comme violoncelliste-virtuose, la place 
de chef d'orchestre du Grand-Th&Ure deLyon, 
puis en 1863 celle de premier chef d'orchestre 
del'Op&ra, k Paris (avec Gevaert comme second 
chef d'orchestre). H. dirigea aussi momentane- 
ment les concerts du Conservatoire ; puis, avec 
le titre de chef d'orchestre de Tempereur, les 
concerts de la cour et, en$n, les representations 
de gala de l'Exposition universelle de Paris, en 
1867. n a ecrit quelqnes pieces pour violoncelle, 



ainsi qu'un essai historique : De la musique 
& Lyon depuis 1713ju$qu 9 a 1852 (1852). 

Haiiinger, Anton, excellent t&ior d'opera, 
ne k Wilfersdorf (Lichtenstein) le 14 mars 1796, 
m. k Vienne le 31 dSc. 1869; fut d'abord maltre 
k Vienne, puis engag6, en 1821, par le comte 
Palflfy au th£dtre * An der Wien » et quelques 
ann&es plus tard, k vie, au Theatre de la cour, 
a Karlsruhe.il chanta aussi en representations, 
avec grand succes, k Paris et k Londres. H. 
avait fait son Education artistique pendant son 
engagement k Vienne, sous la direction de Sa- 
lieri. En 1850, il se retira k Vienne. 

Halb (all.), v. demi. 

Halbe Taknote (all.), blanche. 

Halbschluss (all.),demi-cadence. 

Halbton (all.), demi-ton. 

Hflle (Halle), v. Adam de la H. 

Hal6vy, Jacqoes-Fromental-Elie, ne k Paris 
le 27 mai 1799, m. dans la m£me ville le 17 
mars 1862 ; fut £l£ve, au Conservatoire de Paris, 
de Cazot (classe elementaire, 1809), Lambert 
(piano, 1810), Berton (harmonie, 1811), et Che- 
rubini (composition). Admis en 1816, pour la 
mi&re fois, au concours pour le prix de Rome, il 
obtint, en 1819, le grand prix (pour sa can tat e 
Rerminie) et passa, selon la rdgle, pr&s de trois 
ans k Rome. D6j& auparavant il avait 6t6 
chargS de la composition, sur le texte h6brai- 
que, du De profundus pour la c6r6moniefun£bre 
du due de Berry (oeuvre gravee). A son retour 
d'ltalie, il essaya de faire representor un op£ra; 
mais ses trois premiers ouvrages : Les BoM- 
miennes, Pygmalion, et Les deux pavilions, 
furent refuses. Enlin, en 1827, un op6ra-comique 
en un acte, L artisan, voyait le feu de la raiupe 
(Th6&tre Feydeau), suivi, en 1828, (au ui&me 
th6dtre) d'une pi&ce de circonstance : Le roi et 
le hotelier (en Thonneur de Charles X et en 
collaboration avec Rifaut). Le premier succ&s 
notable qull remporta date de Clari (ThMtre 
italien, 1829) ; puis vint la m£me ann£e Le di- 
lettante d Avignon (Op6ra-Comique) qui se 
maintint en repertoire, et, en 1830, Attendre et 
courir, ainsi qu'k I'OpSra : le ballet Manon 
LescauL Yelva, £crit pour l'Op^ra-Comique, fut 
abandon^ par suite de la faillite de ce th&Ure. 
II donna ensuite : La langue musicale (Op6ra- 
Vomique, 1831), La tentation (op£ra-ballet, k 
FOp&ra, en collaboration avec Gide), Les sou- 
venirs de Lafleur ( Op&ra-Comiqne, 1834, pi&ce 
de circonstance), Ludovic (1834, un op6ra-co- 
mique laisse inachev6 par Herold et que H. 
termina), enfin La Juive, son chef-d'oeuvre, 
(Op6ra, 23 tevr. 1835). H. 6tait porte par sa na- 
ture m A me au genre s6v^re, pousse parfois 
m^me jusqu'& l'Apret^ ; il aime aussi les con- 
trastes vifs, les transports passionnes. Dans la 
« Juive », il se donna toot entier, tel qu'il &ait ; 
de Ik, sans doute, son succes. II est done d'au* 
tant plus ^tonnant de le voir cr£er, k peine six 
mois plus tard,une ceuvre d'un tout autre genre 
un opera - comique frais, joyeux et elegant : 
Lfolair. Sa reputation de compositeur grandit 
extraordinairement apres ces deux ceuvres; 
Tann£e suivante, il ^tait elu membre de FAca- 



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326 



HAUR 



HALLEN 



demie, en reniplacement de Reicha. A cdte de 
Factivite deploy^e k la scene, IL fonctionnait 
di)& depuis plusieurs annees comme maitre au 
Conservatoire. En 1816, alors qu'il etait encore 
eieve, il avait ete nomm6 rep^titeur ; en 1827, il 
devint « Maestro a] cembalo • (accompagnateur) 
au The&tre italien, puis, k la place de Daussoi- 
gne, maitre d'harmonie et d'accompagnement 
au Conservatoire. De 1880 k 1845, H. remplit ies 
fonctions de chef de chant k l'Op6ra ; il obtint, 
au depart de Felis pour Bruxelles, la place de 
professeur de contrepoint et de fugue, puis, 
en 1840, de composition, au Conservatoire. 
De simple membre qu'il 6tait, il devint en 1854 
secretaire perp&uel de TAcadfrnie des Beaux- 
Arts, Les operas qui suivirent pass^rent un peu 
inapergus, en face du succ^s croissant de 
Meyerbeer qui donnait Tann6e suivante les 
c Huguenots ». H. lui-mdme ne pouvait r£sister 
k la tenlation d'imiter Meyerbeer. II 6crivit en- 
core une quantity d'ceuvres, mais, k Vexception 
de la Reine de Chypre, aucune n'eut un succ6s 
comparable k celui de la « Juive » ; ce furent : 
Guido et Ginevra (« La Peste k Florence*, 
Op6ra, 1888); Le shiriff (ibid. 1889); Les treize 
(Opera - Comique, 1839) ; Le drapier (Op6ra, 
1840) ; La reine de Chypre (ibid, 1841) ; Le gui- 
iarero (Opera - Comique, 1841); Charles VI 
(Op£ra, 1843); Le lazzarone (ibid. 1844); Les 
mousquetaires de la reine (Opera- Comique, 
1846); Les premiers pas (pour Touverture de 
« TOp6ra national », en collaboration avec 
Adam, Auber et Carafa); Le vol cTAndorre 
(Op6ra-Comique, 1848) ; La fie aux roses (ibid. 
1849); La dame de pique (ibid. 1850) ; La tern- 
pesta (opera italien, pour Londres, 1850) ; Le 
Juif errant (Op6ra, 1852); Le Nabob (Op6ra- 
Comique, 1853); Jaquarita (Theatre lyrique, 
1855); U inconsolable (ibid. 1855, sous le pseu- 
donyme Alberti) ; Valentine (tAubigny (Op^ra- 
Comique, 1856), etLamagidenne (Opera, 1857). 
H. a laisse deux grands operas presque termi- 
nus : Vanina cFOrnano (achev6 par Bizet) et 
Noi (ou « Le Deluge »). Citons encore : des 
Scenes du PromethSe dechaint (1849, aux con- 
certs du Conservatoire), des cantates : Les pla- 
ges du Nil et Italic (Op6ra-Comique, 1859), 
ainsi que des choeurs d*hommes, des romances, 
des nocturnes, une sonate pour piano a 4 mains, 
etc. Ses Legons de lecture mu$icale(18o1) furent 
introduces dans les ecoles de la ville de Paris, 
pour l'enseignement du chant. Comme secretaire 
de F Academic, il eut k prononcer plusieurs fois 
les eloges consacres a des membres decides 
(Onslow, Adam, etc.); ces discours ont paru 
riunis, sous les titres : Souvenirs et portraits 
(1861) et Derniers souvenirs et portraits (1863). 
H. est le veritable auleur du Cours de contre- 
point et de fugue mis en circulation sous le nom 
de Cherubini. Divers auteurs ont fait paraitre 
des biographies de H. : son frere Leon Haievy 
(1862), E. Monnais (1863) et A. Pougin (1865). 

Halir, Karl, violoniste remarquable, ne k 
Hohenelbe (Boheme)le 1« fevr. 1859; eieve du 
Conservatoire de Prague (Bennewitz), puis, de 
1874 k 1876, de Joachim, il joua d'abord quelque 



temps le premier violon k Torchestre Bilse, puis 
il fut appeie k Weimar, comme premier concert- 
meister de Torchestre de la cour et maitre k 
l'Ecole de musique. H a succed£ en 1893 k De 
Ahna, en qualitl de concertmeister k FOpera 
royal et de professeur a 1' Academic royale de 
musique, a Berlin. Sa femme, Th£r£se Zerbst, 
n6e a Berlin le 6 nov. 1859, mariee k H. depuis 
1888, est une excellente cantatrice de concerts 
(soprano); elle avait ete eieve d'Otto Eichberg. 

Halle, 1. Johank-Samuel, ne k Bartenstein en 
Prusse, en 1730, m. k Berlin comme professeur 
d'histoire 4 l'Ecole des cadets, le 9 janv. 1810 ; 
outre beaucoup d'ecrits n'ayant pas trait k la 
musique, on a de lui : Theoretische und prah- 
tische Kunst des Orgelbaus (1779 ; paru aussi 
comme sixieme volume de Werhstatte der 
Kunste, 1799). — 2. Karl, v. Hall6. 

Halle, Charles, (de son vrai nom Karl Hal- 
le), ne k Hagen (Westphalie) le 11 avr. 1819, m. 
k Manchester le 25oct. 1895; excellent pianiste 
et bon chef d'orchestre. II re$ut sa premiere 
instruction musicale de son pere, qui etait 
maitre de chapelle, puis, en 1885, de Rinck a 
Darmstadt; il alia, en 1836,4 Paris ou il fit la 
connaissance de Cherubini, Chopin, Liszt, Ber- 
ton, Kalkbrenner, etc., et fut Ires recherche de- 
puis comme maitre de piano. En 1846, H. fon- 
dait avec Alard et Franchomme les soirees de 
musique de chambre du Conservatoire, qui ac- 
quirent une grande reputation. Lorsqu'eclata la 
revolution de 1848, il alia a Londres, et attirait 
sur lui, en mai 1848 d6j£, l'attention du monde 
musical, par Texecution du concerto en mi b6- 
mot maj. de Beethoven, dans un concert de 
« Coven tgarden ». 11 sut acquerir aussi k Lon- 
dres une grande renommee comme professeur, 
et prit, en 1850, la direction des Gentlemen's 
Concerts, de Manchester. En 1857, il fonda a 
Manchester des concerts d'abonnement, avec 
un orchestre particulier (Charles Halle's Or- 
chestra) qui passe pour avoir ete Tun des meil- 
leurs du monde. L'Universite d'Edimbourg lui 
a confere, en 1884, le litre de !> mus. ; de plus, 
en 1888, H. fut anobli (Sir). C'est cette m6me 
annee qu'il epousait M m « Neruda (v. ce nom). 
H. , malgre ses occupations k Manchester, 
comptait toujours parmi les plus importantes 
notability musicales de Londres, ou, depuis 
1861, il donnait annuellement a St-James'Hall 
une serie d'auditions de piano (piano-recitals) 
pour lesquelles il a inaugure la mode des pro- 
grammes analytiques (v. analyse, 2). II prenait 
part assez regulierement aussi aux concerts 
populaires du samedi et du lundi (musique de 
chambre). 

Halien, Andreas, ne k Gotenburg le 22 dec. 
1846, 6ieve de Reinecke, au Conservatoire de 
Leipzig (1866-1868), de Rheinberger k Munich 
(1869) et de Rietz k Dresde (1870-1871), a dirige 
les concerts du c Musikverein » de Gotenburg 
de 1872 k 1878, et de nouveau de 1883 k 1884, 
vivant entre temps generalement a Berlin. EL 
dirige depuis 1884 les concerts philharmoniques 
de Stockholm, ou il est en outre, depuis 1892 
chef d'orchestre de TOpera royal. 11 a publie 



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HALLER - 

jusqu'a present : un op6ra, Bar aid der Wihing 
<texte de H. Herrig, represents en 1881 A Leip- 
zig et en 1884 A Stockholm); deux Rhapsodies 
suidmses (op. 17 et 23); des ballades pour 
-choeur, solo et orchestre : Vom Pagen und der 
Ktinigstochter, TraunMmig und sein Lieb, 
Das Schloss im Meer f Styrbjdrn Starke, Das 
JShrenfeld (voix de feinmes et piano) ; des 
po£mes symphoniques : Sim Sture, et Aus der 
Waldemarsage ; Vineta (choeur et piano) ; une 
romance pour violon et orchestre; plusieurs 
recueils de lieder allemands et su£dois. 

Haller, Michael, n& a Neusaat (Haut Palati- 
nat bavarois) le 18 janv. 1840, fit son Education 
gymnasiale an couvent de Metten, ou il fit en 
m£me temps des etudes musicales serieuses, 
puis entra au seminaire de prdtres de Ratis- 
bonne. Ordonne pr&tre en 1864.. il fut d'abord 
pr£fet de la pr&bende de la cath6drale (institut 
d'enfants de choeur) A Ratisbonne, et se livra 
en mdme temps, sous la direction de Schrems, 
a des Etudes approfondies dans le domaine de 
la musique d'6glise. II succMa en 1866 a Wesse- 
lack, en quality d'inspecteur de l'lnslitut r6al 
et de maltre de chapelle de 1' « ancienne Cha- 
pelle ; > il remplit en outrfc les fonctions de pro- 
fesseur de contrepoint et de composition vocale 
■a llnstitut de musique religieuse. H. est un com- 
positeur respectable de musique sacrSe, il a 
ecrit entre autres, avec beaucoup de savoir- 
faire, le troisi&ne choeur egar& de six composi- 
tions A 12 voix de Palestrina (vol. xxxi, de l*6di- 
tion complete). En fait d'oeuvres originates, il 
faut citer quatorze Messes (2 A 6 voix, avec ou 
sans instruments ou orgue), plusieurs volumes 
de motets de 3 A 8 voix, des psaumes, des lita- 
nies, un Te deunty ainsi que des melodrames, 
des quatuor pour instr. A archet, etc. H. a aussi 
donn£, comme ecrivain et pedagogue, des arti- 
cles dans les Kirchenmusihalische Jahrbucher, 
de Haberl, une Kompositionslehre fur den 
polyphonen Kirchengesang, et Modulationen 
in den Kirchentonarten. 

Hailing, danse populaire norv£gienne A */ 4 et 
d'un mouvement mod£re, accompagn£e dans la 
r6gle par la vielle de Hardang (sorte de viole 
d'amour tendue de huit cordes, dont quatre ne 
resonnent que sympathiquement). 

Hallstroem, Ivar, n6 a Stockolm en 1826, 
&udia le droit, fut bibliolh£caire priv6 du 
prince hSritier, le roi de Su&de actuel, et prit, 
«n 1861, la direction de l'Ecole de musique 
qu'avait eue jusqu'alors Lindblad. H., dans ses 
compositions, poursuit des tendances natio- 
nals, aussi bien dans le choix de ses sujets 
que dans le travail harmonique et rythmique ; 
son premier op£ra, Le due Magnus (Stock- 
holm, 1867), regut un accueil assez froid, et Le 
chat enchants (1869) ne r^ussit gu&re mieux; 
par contre Le roi de la tnontagne (1874) eut un 
plein succ&s, que partagerent aussi les operas 
suivants zLa fiancee du gnome (1875), Le voyage 
de Wihing (1877), Nyaga (1885) et Per Swina- 
herde (1887). SonidyUe pour soli, choeurs et or- 
chestre : Les Fleurs, a 6t6honor6e d'un prix en 
1860, par la Soci6t6 de musique de Stockholm. 



HAMERIK 



337 



Hals (all.), manche (d'un instr. a cordes pin- 
ches ou A archet). 

Hamel, 1. Marie-Pierre, n6 A Auneuil (Oise) 
le 24 f6vr. 1786, m. apres 1870, conseiller muni- 
cipal de Beauvais, plus tard membre de la 
Commission des arts et des monuments, fonc- 
tions dans lesquelles il devait faire un rapport 
au ministre des cultes, sur toutes les orgues 
nouvelles ou re$taur£es aux frais de l'Etat. H. 
avait appris uniquement par lui-m6me la facture 
des orgues ; il restaurait d&ja, a l'age de qua- 
torze ans, l'orgue de son village et construisit 
plus tard l'orgue de la cath6drale de Beauvais 
(64 jeux). II ne fut cependant jamais facteur 
d'orgues de profession. Son Nouveau manuel 
complet du facteur d f orgues (1849, 3 vol. et des 
planches, avec, comme introduction, une histoire 
de l'orgue et des biographies des principaux 
facteurs d'orgues) est un excellent ouvrage qui 
redresse nombre d'erreurs de celui, bien connu, 
de Dom Bedos. H. est aussi fondaleur de la 
Soci6t6 philharmonique de Beauvais, une des 
premieres, en France, qui ex6cuta des sympho- 
nies de Beethoven. — 2. Eduard, n6 a Ham- 
bourg en 1811, longtemps violoniste a l'Opera 
de Paris, depuis 1846 maitre de musique et 
critique estim£ A Hambourg, a public des 
oeuvres de musique de chambre, des morceaux 
de piano et des lieder, et a aussi 6crit un op£ra: 
Mcilvina. Sa fille, Julie, est un compositeur de 
talent (lieder, improvisations symphoniques 
sur un th&me original, etc.). — 3. Margarethe, 
v. Schick. 

Hamerik, Asoer, n6 a Gopenhague le 8 avr. 
1843, fils d'un professeur de th£ologie qui 
d'abord ne se montra pas favorable au pen- 
chant du jeune gar^on pour la musique, 
arriva par son travail personnel assez loin 
pour composer, a l'Age de quinze ans, une 
cantate qui attira sur son talent l'attention de 
Gade et de Hartmann. II re<?ut alors des lemons 
de Matthison-Hansen, de Gade et de Haber- 
bier. En 1862, il partit pour Berlin, pour se 
perfectionner dans 1'etude'du piano, sous la 
direction de H. de Bulow, et s*y adonna en 
m6me temps A de serieuses Etudes musicales. 
U se rendit ensuite, en 1864, a Paris, aupr&s de 
Berlioz qui 1'accueillit avec bienvcillance, fit 
avec lui, en 1866-67, un voyage a Vienne, et 
obtint l'ann&e suivantequ'il fut nomme membre 
du jury de musique de l'Exposition universelle 
de Paris. H. remporta a cette epoque une m6- 
daille d'or, pour son Hymne de Paix qui fut 
execute avec un choeur tr6s nombreux, orches- 
tre, deux orgues, quatorze harpes et quatre 
cloches (I). 11 ecrivit encore a Paris des operas: 
Tovelille et Bjalmar et lngeborg, ainsi que la 
Trilogie juive (oeuvre chorale) qui est plus 
connue, et, pendant un court s&jour qu'il fit 
alors a Stockholm, une cantate pour fMer l'av6- 
nement de la nouvelle constitution de Suede 
(1866). En 1869, H., au cours d'un voyage en 
Italie, fit reprisenter A Milan un op6ra italien : 
La vendetta (1870). Depuis 1871, il est directeur 
de la section musicale de l'institut Peabody, A 
Baltimore ; il a puissamment contribu6 a d6ve- 



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328 



HAMILTON — HANDEL AND HAYDN SOCIETY 



lopper la vie musicale de cette ville. Les « Con- 
certs Peabody », dirig£s par lui, se distinguent 
par de riches programmes qui font line part 
aussi bien aux classiques qu'aux romantiques 
des diff&rentes nations. Citons encore, parmi 
les principales oeuvres d'Hamerik : l'op^ra : Le 
voyageur (1872) ; cinq symphonies : I, fa maj., 
S. poetique op. 29 (1880) ; II, id min., S. tragique, 
op. 82 ; HI, mi maj., & lyrique, op. 83; IV, ut 
maj., 5. mqjestueuse, op. 35 ; V, sol min., S. si- 
rieuse, op. 86 (1891); la Trilogie chrMenne 
(chceurs, sorte de pendant A la « Trilogie 
juive », v. plus haat) ; un quatuor avec piano 
(op. 6); cinq Suites du Nord pour orcheslre; 
une fantaisie pour violoncelle et orchestre ; plu- 
sieurs cantates; des morceaux de chant; un 
Optra sans paroles (1883), etc. En 1890, le roi 
de Danemark conftra a H. le titre de chevalier. 

Hamilton, James-Alexander, nd A Londres 
en 1785, m. le 2 aoftt 1845 ; fils d'un antiquaire, 
thSoricien distinguS, dont les Merits ont He 
r66dit£s un grand nombre de fois. On a de lui : 
Modem instruction for the piano-forte; Gate- 
chism of singing ; Catechism of the organ ; 
Catechism of the rudiments of harmony and 
thorough-bass ; Catechism of counterpoint , 
melody and composition ; Catechism of double 
counterpoint and fugue;. Catechism on art of 
writing for an orchestra and of playing from 
score (instrumentation et jeu des partitions) ; 
Catechism of the invention, exposition, deve- 
lopment and concatenation of musical ideas; 
A new theoretical musical grammar; Dictio- 
nary comprising an explication of 3500 ita- 
lian f french etc. terms (3* ed.l848).H. a traduit 
entr'autres, en anglais : le « Contrepoint » de 
Gherubini, la « M&hode de violon » de Baillot, 
la « Kontrabassschule » de Frohlich, V • An- 
leitung zum Preeludieren » de Vierling. 

Hamma, 1. Benjamin, n& A Friedingen s/Da- 
nube le 10 oct. 1831, 61&ve de Lindpaintner, 
vecut quelque temps A Paris et A Rome, 
s'6tablit ensuite comme maltre de musique A 
Koenigsberg et dirige actuellement une 6cole 
de musique, A Stuttgart. H. a surtout £crit beau- 
coup de chceurs pour voix d'hommes, ainsi 
que des chceurs pour voix mixtes, des lieder, 
des morceaux pour piano, et un op£ra : Zarrisko. 
Son fr6re : — 2. Franz- Xaver, ne A Wehingen 
( Wurtemberg) le 3 d6c. 1835, maltre de musique 
au s&minaire de Metz, compositeur vocal et 
auteur de livres de chants d*£cole. 

Hammerklavier (all), ancienne denomina- 
tion allemande de notre piano actuel, invente 
au commencement du xvm* 8. (dans lequel les 
cordes sont frapp6es par de petits marteaux), 
par opposition au clavecin et au clavicorde. 
V. piano. 

Hammerschmidt, Andreas, n6 A Brix (Bo- 
hfeme) en 1611, devint organ is te en 1635 A Frei- 
berg (Saxe), puis en 1639 a Zittau,ouil mourutle 
29 oct. 1675 ; a ete Tune des personnaliies les 
plus remarquables du xvu e s., dans le domaine 
de la musique d'efjlise, en Allemagne, car il 
ne fut pas un stmple imitateur habile, mais le 
createur conscient de nouvelies formes musi- 



cales. L'« oratorio » de Hsendel, la t Passion » de 
Bach, ont leurs plus fortes racines dans les- 
« Dialogues » de H. A certains £gards, on peut 
consid£rer H. comme le successeur de H„ 
Schtitz, mais il est beaucoup trop independant 
pour figurer au nombre de ses 6pigones. Le* 
oeuvres de H. parvenues jusqu'A nous sont : 
Instrumentalischer erster Fleiss(16&6) ; Musi- 
kalischer Andachten 1. Theii, das ist: Geist- 
liche Concerten mit 2, 3 und 4 Stimmen mit 
Generalbass (1638) ; idem, 2 e partie : Geistliche 
Madrigalien mit 4, 5 und 6 Stimmen mit 
Generalbass (1641); idem 3e partie: Geistliche 
Symphonien fur 2 Vokalstimmen mit lnslru~ 
menten (1642) ; idem, 4« partie : Geistliche 
Motetten und Konzerte von 5, 12 und mehr 
Stimmen mit Generalbass (1646) ; « Dialogi » 
oder Gesprache zwischen Gott und einer 
gldubigen Seele (l er vol., 2 A 4 voix avec con- 
tinuo, 1645 [1652] ; 2« vol. [le Canlique des can- 
tiques, dans la traduction d'Opitz], A 1 et 2 voix 
avec deux violons et continuo, 1645 [1658]) ;. 
XVII missas sacrce, de 5 A 12 voix (16^3); 
Paduanen, Gaillarden, Balletten, etc. (1648 et 
1650, 2 parties) ; Weltliche Oden (1650, 2 par- 
ties) ; Lob-und Danftlied aus dem 84. Psalm % 
A 9 voix (1652); Chormusih, funfter Theil 
(1652) ; Motettceunius et duarum vocum (1646); 
Musikalisches Bethaus (in-folio); Musikalische 
(2 m « partie; Geistliche) Gesprdciie uber die 
Evangelia, de 4 a 7 voix, avec continuo (1655- 
1656, 2 parties), Fest-, Buss-, und Danklieder 
(5 voix et 5 parties instrumental, avec conti- 
nuo, 1659) ; Kirchen und Tafdmusik (concerts, 
sacres, 16(52), et Fest- und Zeitandachten (k 
6 voix, 1671). 

Hampel, Hans, compositeur et pianiste nota- 
ble,n6 k Prague le 5 oct. 1822, m. dans la m&n* 
ville le 80 mars 1884, 61dve de Tomaczek, fat 
organiste A Prague. Ont paru de lui : des mor- 
ceaux pour piano (op. 10, Lieb Aennchen ; op. 
16, trois Rhapsodies: op. 26, Variations pour la 
main gauche seule ; Valse de concert, etc.). 

Hanboys (Hamboys), th6oricien musical an- 
glais vers 1470. Son traits : Summa super mu- 
sicam continuam et discretam, a &6 reproduit 
dans les « Scriptores »♦ I, de Goussemaker. 

Hand, Ferdinand-Gotthelf, ne A Piauen 
(Vogtland) le 15 fevr. 1786, m. AI£na, oti il 6tait^ 
avec le titre de conseiller secret de la cour r 
professeur de litterature grecque, le 14 mars 
1851 ; a public entr'autres une Jisthetik der Ton- 
kunst (1837-1841; 2 vol.). 

Handel, 1. (KLkndel, Handl), v. Gallus. — 
2. Orthographe anglaise de Handel (v. ce- 
nom). 

Handel and Haydn Society (Association 
Hsendel et Haydn), la plus grande association 
de concerts de FAm^rique, fondee en 1815 a 
Boston ou elle organise r^guli^remeut depuis- 
lors de grandes auditions d'oratorios surtout 
(1815 A 1878: 610 concerts). Elle entreprit en 
outre en 1857 un grand festival de musique,. 
puis un autre en 18t>5 et, A partir de cette date,, 
tous les trois ans. Les concerts d'abonnement 
ordinaires ont lieu le dimanche soir, d'octobre- 



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HANDL 



HANSSENS 



329 



a avril: ils sont actuellement dirig^s par C. 
Zerrahn. 

Handl (Haexdl, KLehnel), v. Gallus. 

Handlo, Robert de, musicographe anglais, 
vers 1326, a ecrit : Regulce cum maximis ma- 
ffistri Franconis cum additionibus aliorum 
musicorum, reproduit dans les « Scriptoree », 
I, deCoussemaker. 

Handrock, Julius, n6 k Naumburg le 22 juin 
1890, m. k Halle s/Saale le 5 janv. 1894, maitre 
de musique distingue et compositeur de nom- 
breuses oeuvres pour piano, surtout deslinees k 
Tenseignement, vecut k Halle s/Saale. 

Hanistangl, Maris (nee Schgeper), excel- 
lente cantatrice scenique, nee k Breslau, le 
80 avr. 1848; el A ve de M»« Viardot-Garcia k 
Baden-Baden, fut engagee en 1866 au Th&dtre 
lyrique k Paris, rentra en Allemagne lors- 
qu'&clata la guerre de 1870 et fut engagee en 
1871 a VOp^ra de la cour de Stuttgart Deux 
ans plus tard, elle epousait le photographe H., 
puis, en 1878, faisait de nouvelles Etudes de 
chant k Florence, aupr&s de Vannucini. Elle 
accepta ensuite, en 1882, un engagement au 
Theatre municipal de Francfort s/M. 

Haniach, Joseph, n£ k Hatisbonne le 24 mars 
1812, m. dans la m&me ville le 9 oct 1892, 
re^ut i'enseignement de son p£re (organiste k 
Y « Ancienne chapelle ») et de Proske qui, de 
1884 k 1836, le prit avec lui en Italic, comme 
aide et collaborates. H fut nomme, en 1839, 
organiste k la cath&drale de Batisbonne, poste 
qu'il conserva jusqu'A la fin de ses jours avec 
un entrain toujonrs egal. n etait en outre 
organiste et maitre du choeur de la « Nieder- 
munsterkirche », et, depuis 1875, maitre k 
l'Ecole de musique religieuse. H. etait passe 
maitre dans le jeu d*orgue d'eglise et dans 
I'improvisation libre. U a ecrit des Messes, des 
motets, des psaumes, des preludes d'orgue, et 
un accompagnement d'orgue pour le Graduate 
et le Vesperale Romanum. 

Hanke, Karl, n6 k Bosswalde (Schleswig) en 
1754, m. k Hambourg en 1885; devint, en 1777, 
maitre de chapelle du comte Haditz, puis 
epousa la cantatrice Stormkin qu'il suivit sur 
diffe rentes scenes comme directeur de musique 
et compositeur d'op^ras. II prit, en 1786, le 
poste de maitre de chapelle de la cour de 
Schleswig, en 1791, celui de cantor et direc- 
teur de musique k Flensbourg, et devint en 
dernier lieu directeur de musique k Hambourg. 
H. a compost des operas, des ballets, de la 
musique pour diff&rents drames, des sympho- 
nies, de la musique d'eglise, des duos pour 
cors, etc. 

Hanslick, Edouard, l'un des meilleurs criti- 
ques musicaux de notre 6poque, ne a Prague 
le 11 sept. 1825, fils du bibliographe boh&me 
Joseph-Adolf H. (m. le 2 tevr. 1859), re^ut sa 
premiere education musicale de Tomaschek, k 
Prague, mais etudia dans cette ville, puis k 
Vienne, le droit, prit en 1849 son grade de D r en 
droit et entra au service de TEtat. A c6t6 de 
cela, il comment d&jk en 1846 a s'occuper de 
journalisme, et fut d'abord (jusqu'en 1849) criti- 



que musical de la « Wiener Zeitung » et colla- 
borates de plusieurs journaux de musique. H. 
ne tarda pas k s'apercevoir qu'il avait trouv£ 
\k sa vraie vocation ; ses comptes rendus, temoi- 
gnant d'une rare penetration et d'un juste 
sentiment du beau, furent imm&diatement 
traites avec la consideration qu'ils meritaient 
Mais son nom se repandit au loin, d'une ma- 
ni^re definitive, apres la publication de : Vom 
Musikalisch-Schonen. Ein Beiirag zur Revi- 
sion der jEsthetik der Tonkunst (1854, 7 m » 6d. 
1885; traduit en frangais par Ch. Bannelier 
[1877; 3™ ed. 1893], en espagnol [1879], etc.); 
cet essai, bien que de peu d'etendue, a acquis 
une importance capitale dans l'esth&tique mu- 
sicale moderne. H. avait eu du reste un pr&cur- 
seur en la personne de Chabanon qui, un si&cle 
auparavant, enon$ail sous une forme analogue 
des principes identiques (cf. la < Gazette musi- 
cale de la Suisse romande » 1896, n° 7). Bien 
que H,, en niant energiquement la possibility 
pour la musique de representor quelque chose, 
soit evidemment alie trop loin, il a cependant 
mis fin d'un coup k loutes les divagations sen- 
timentales d'autrefois sur les effets et sur le 
but de la musique. En 1855, H. se chargea de 
la redaction de la partie musicale de la 
« Presse » ; il se fit agr£er Tannee suivanle 
comme privat-docent d'esthetique et d'histoire 
de la musique a TUniversite de Vienne, et fut 
nomme, en 1861, professeur extraordinaire et, 
en 1870, professeur ordinaire de sciences musi- 
cales. II quitta, en 1864, la chronique musicale 
de la « F*res$e », pour prendre celle de la 
« Neue freie Presse » , dont le feuilleton joue 
depuis lors un certain role dans le monde 
musical Aux trois expositions internationales 
de Paris 1867 et 1878 et de Vienne 1873> H. rem- 
plit les fonctions de jure pour la section musi- 
cale. II re^ut, en 1886, le titre de conseiller de 
la cour imperiale et royale ; puis, en 1895, 
abandonna ses cours a l'Universite, oil il n*a 
pas encore de successeur. Au « Beau dans la 
musique t ont succede toute une serie d'6crits 
interessants, quoique assez etroits d'idee et 
formes en partie d'articles detaches : Geschichte 
des Konzertwesens in Wien (1869 ; tome 2 : Aus 
dem Konzertsaal,l%70); Die moderne Oper (1875, 
9— ed, 1892) ; Musikalische Stationer* (1880) ; 
Aus dem Opernlebm der Gegenvoart (8** ed., 
1885) ; Suite. Aufsdtze uber Musik und Mu~ 
siher (1885) ; Concerte, Componisten und Vir- 
tuosen der letzten 15 Jahre (2»« ed. 1886) ; Afw- 
sikalisches und Litter arisches (1889); Aus dem 
Tagebuch eines Musihers (1892); Aus meinen 
Leben (1894, 2 vol.). H. est egalement Tauteur 
du texte de deux ouvrages illustres : Galerie 
deutscher Tondichter (1878) ; Galerie franzti- 
sischer und italienischer Tondichter (1874). 

Hanssens, 1. Charles-Louis-Joseph (l'aine), 
n6 k Gand le 4 mai 1777, m. k Bruxelles le 
6 mai 1852; re$ut les premieres legons de mu- 
sique k Gand, suivit ensuite un cours d'har- 
monie de Berton, k Paris, puis commen^a sa 
carriere de chef d'orchestre dates un the&tre 
d'amateurs de sa ville natale. II fut ensuite 



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330 



HARCADELT — HARMONIQUES 



nomme chef cTorchestre de la troupe d'op6ra 
qu'entretenaient en commun leg villes d* Am- 
sterdam, Rotterdam et Utrecht; passa de la 
a Anvers (1804), a Gand, et, en 1827, au The&tre 
de la Monnaie a Bruxelles, ou il fut charge en 
meme temps de la direction du Conservatoire. 
En 1830, il perdit, & la suite des evenements 
politiques, ces deux places; mais il remplit 
encore une fois, de 1835 a 1838, les fonclions de 
chef d'orchestre de la Monnaie (la direction du 
Conservatoire avait 6le confine en 1833 a 
F6tis), y rentra m£me une troisieme fois en 
1840, comme chef d'orchestre et co-directeur, ce 
qui le ruina fmancierement H. a compose plu- 
sieurs operas, six Messes et quelques autres 
ceuvres vocales pour l'Eglise. — 2. Charles- 
Louis (le cadet), ne a Gand, le 12 juil. 1802, m. 
A Bruxelles le 8 avr. 1871; Tun des composi- 
teurs beiges les plus remarquables du milieu 
de notre siecle, fut entierement autodidacte. 
11 entra deja en 1812 (A YAge de dix ans) comme 
violoncelliste dans Torchestre du Theatre na- 
tional, A Amsterdam. En 1822, il fut nomme 
deuxieme chef d'orchestre, passa deux ans 
plus tard a Bruxelles, ou il remplit les memes 
fonctions et devint, en 1827, professeur d'har- 
monie au Conservatoire. Comme H. l'aine, il 
perdit en 1880 ces deux postes, vecut d'abord 
en Kollande, puis en 1834 a Paris, comme 
deuxieme chef d'orchestre du the&tre Venta- 
dour, en 1835 A l'Opera fran^ais de La Haye, 
puis de nouveau A Paris et a Gand, jusqu'a ce 
qu'enfin, en 1848, il fut appelS comme premier 
chef au Theatre de la Monnaie, a Bruxelles. II 
conserva ces fonctions jusqu'en 1869, et fut en 
outre lui-meme directeur de la Monnaie, de 
1851 A 1854. Le nombre de ses oeuvres est tres 
grand ; il a ecrit quelques operas, beaucoup de 
ballets, des symphonies, des ouvertures, des 
fantaisies d'orchestre, un concerto de violon- 
celle, un de violon, un de piano, deux de clari- 
netle, une Sympkonie concertante pour clari- 
nette et violon, des Messes, un Requiem, etc. 
Cf. L. B&rwolf, Ch.-L. Eanssens (1896). 

Harcadelt, v. Ahgadelt. 

Harcourt, Eugene d', ne A Paris, fit en 1880 
son baccalaureat es lettres, puis entra deux ans 
plus tard au Conservatoire de Paris (Savard, 
E. Durand, Massenet); il obtint en 1883 le 
brevet de professeur de chant de la ville de 
Paris, en 1886 celui de capacite en droit, et partit 
ensuite pour Berlin oil il frequenta les cours de 
l'Academie rovale de musique (F. Schultz, Bar- 
giel) jusqu'en 1890. De retour a Paris, d'H. fit 
construire, en 1892, la salle qui porte son nom 
et y fonda les « Concerts eclectiques popu- 
lates ». Ces concerts, tres modestes au debut, 
etaient, dans la pensee du fondateur, exclusive- 
ment reserves a la classe populaire ; ils devie- 
rent malheusement un peu de leur but initial, 
et c'est en partie a ce fait que Ton peut attribuer 
la cause de leur existence ephemere. Ils cesse- 
rent en effet, au bout de trois annees a peine. 
En tant que compositeur, d'H. avait debute en 
1876 deja, par une Messe (en mi), executee a 
Bruxelles ; il ecrivit plus tard : de nombreux 



motets, des cantates, deux ballets (en collabora- 
tion avec dell'Era et Germain), deux sympho- 
nies, deux quatuors pour instr. a archet, des 
melodies, etc. II a donne en outre des traduc- 
tions frangaises de Genevieve (Schumann) et, en 
collaboration avec Ch. Grandmougin, de Frei- 
schutz (Weber), puiB une brochure : Quelques 
remarques sur Cexecution de lannhauser a 
VOpera (1895). 

Harknes, v. Senkrah. 

Harmonica, 1. (Appel6 plus recemmenl, en 
allemand, Glasharmoniha) , instrument com- 
pose d'une serie de cloches, de baguettes ou 
de tubes de verre, accordes et mis en vibration 
par frottement. Le plus repandu de tous fut 
sans doute celui de Franklin (1763) dans lequel 
toutee les cloches de verre, fixees a un m&me 
arbre, Etaient mises en rotation au moyen 
d'une pedale et de courroies de transmission ; 
les cloches, humectees auparavant, resonnaient 
aisement sous le simple attouchement des 
doigts. Dussek avait pousse l'execution sur cet 
instrument jusqu'd la virtuosite. On eut aussi 
plus tard l'idee de pourvoir Fh. d'un clavier 
(Klavierharmonika) et les instruments de 
Hessel, Wagner, Roellig, Klein eurent une cer- 
taine vogue. L'euphonium et le clavicylindre, 
de Chladni, et l'harmonica de Quandt sont des 
derives de Instrument type. Cf. C.-F. Pohl, 
Zur Geschichte der Glasharmonika (Vienne, 
1862). — 2. Jouet musical consistanl en une 
serie de minuscules tuyaux a anche que Ton 
promene enlre les levres, en soufflant pour 
faire vibrer les anches (h. a bouche). On em- 
ploie assez souvent, improprement, le terme h. 
pour accordion (v. ce mot). 

Harmonie (gr.), c.-a-d. assemblage, ajuste- 
ment,d'ou les signifiations : 1. Chez les anciens 
Grecs : gam me, succession logique de sons. — 
2. Dans la musique du moyen dge et la musi- 
que moderne: accord, autrement dit combi- 
naison de sons ayant entre eux certaines 
affinites et resonnant simultanement. — 3. 
Dans un sens plus restreint : accord de trois 
sons, consonnant, resultant directement de la 
serie des harmoniques d'un son fondamental 
quelconque (v. son), ce qui permet de dire d'un 
son qu'il est Stranger ou qu'il appartient a 
l'harmonie. — 4. Enfin, dans le sens le plus 
general: science de la formation et de l'enchal- 
nement des accords, que regit une theorie 
(t. theorie d' harmonie). — Le mot h. est em- 
ploye en outre pour designer un ensemble 
d'instr. a vent : musique d'harmonie. II 6tait au 
moyen Age F Equivalent de vielle ; v. ce mot et 

ARMONIE. 

Harmoniques, Sons h. (ou sons partiels). La 
theorie moderne admet deux categories distinc- 
tes de sons h. : 1. Les « sons h. superieurs » (all. 
Oberlone, Aliquottone, Partialtime, Teilt&ne) 
dont la resonnance simultanee produit le son 
(v. ce mot) musical. L'existence de cette serie de 
sons partiels fut d'abord prouvee par Mer- 
senne, puis expliquee par Sauveur (1701); ce 
dernier insista meme deja sur leur importance 
dans la recherche des principes de l'harmonie, 



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HARMONISTES — HARMONIUM 



331 



et Bameau (1722) s'en servit pour edifier tout 
son systeme musical. Les sons h. ne sont pas 
un simple ph^nomdne de perception des sons, 
ils ne sont pas engendr&s par notre organe au- 
ditif, mais ont une existence propre, tout aussi 
r&He que celle des sons d'apres lesquels ont 
ete denommes les diff6rents degr6s de l'echelle 
tonale. Le fait qu'on ne les remarqua pas plus 
tdt, ou qu'on ne leur attribua du moins aucune 
importance, provient de ce que, dans la plupart 
des timbres (v. ce mot), les h. sont beaucoup 
plus faibles que le son fondamentaL La th£orie 
mathematique explique la necessite de la for- 
mation des h. par l'impossibilite dans laquelle 
nous nous trouvons de faire vibrer*un corps 
sonore assez r&guli&rement, pour que la vibra- 
tion revete une forme simple, unique, sur toute 
l'etendue du corps. La forme vibratoire compli- 
qu^e qui resulte de la sonority d'une corde mise 
en vibration par frottement, pincement, percus- 
sion, ou d f une colonne d'air .mise en vibration 
dans un tjiyau, ne peut se representor mathe- 
matiquement que comme la somme des vibra- 
tions simples d'une fondamentale et d'une serie, 
allant k l'infini, des sons qui (au point de vue du 
nombre des vibrations) correspondent aux sim- 
ples multiples du son fondamentaL — 2. Les 
c sons h. inf&ieurs » (all. VnterUme) forment 
une serie qui, par rapports inverses de ceux de 
la serie superieure, s'etend de Taigu au grave ; 
cette s6rie interieure est tout aussi n^cessaire 
pour replication delaconsonnance de l'accord 
mineur, que la serie superieure pour celle de 
Taccord majeur (v. son). L'auteur de ce diction- 
naire, H. Biemann, a tente k diverses reprises 
de prouver une existence r6elle des sons h. in- 
f^rieurs qui corresponds k celle des sons h. 
superiears; apr£s avoir d6montre, dans son 
ouvrage Musikalische Logih (1873), leur forma- 
tion « subjective ■ dans notre organe auditif, il 
erut, en se basant sur diverses indications, 
pouvoir conclure k leur existence positive et 
rfelle (cf. Die objektive Existent der Undertone 
in der SchaUwelle, 1876; Musikalische Syntaxis, 
1877). Enfin, il semble avoir definitivement r6- 
solu la question, en donnant, dans son Kale- 
chismus der Musihwissenschaft (p. 79), les 
raisons scientifiques pour lesquelles un son ne 
peut, malgre la commensurabilite des formes 
vibratoires, donner la serie des h. inf&ieurs au 
moyen de l'addition de ses vibrations partielles. 
Ghaque son donne necessairement naissance k 
toute la serie des sons inf^rieurs, mais cbacun 
des degree de cette s6rie est repete un nombre 
de fois egal a son numero d'ordre : le second 
deux fois, le troisieme trois fois, etc., de telle 
sorte que ces degrts s'annulent les uns les au- 
tres, par un phenomena analogue a celui de 
interference dans la theorie des vibrations lu- 
mineuses. 

Barmonistes, nom que Ton donne aux th6o- 
riciens de la musique qui prennent comme 
point de depart la pratique musicale m6me, 
tandis que les canonistbs, au contraire, partent 
de l'etude des rapports mathematiques des 
sons. Chez les Grecs, cette demise m6thode 



etait representee par Pythagore et ses disci- 
plesj la premiere par Aristox6ne et ses disci- 
ples. On parle done indiff&remment d'aristoxe- 
nien ou d'h., de pytbagoricien ou de canoniste. 
Harmonium, nom g6n£ralement adopte de 
nos jours pour designer les instr. a clavier et k 
anches libres, d^pourvues de pavilions, qui ap- 
parurent au d6but de notre si6cle. Ces instru- 
ments ont quelque analogie avec les anciennes 
regales (v. ce mot), mais s'en distinguent par 
l'usage d'anches libres, k la place d'anches bat- 
tantes, et par la possibility de rendre le jeu ex- 
pressif (crescendo). C'est un facteur d'orgues 
de St-Petersbourg, Kirsnik, qui, au dire de 
Schafh&utl, a invents, vers 1780, les jeux d'or- 
gue k anches libres ; son el£ve, un Su&dois 
nomme Racknitz, en introduisit dans « l'orches- 
trion » de l'abbe Vogler. Quant au premier fac- 
teur qui etablit un instrument exclusivement 
au moyen d'anches libres, ce fut Grenie (1810) ; 
il appela son instrument argue eocpressif, tan- 
dis que d'autres facteurs d'instruments analo- 
gues ou perfection's adoptdrent les denomi- 
nations d'eoline (clav^oline), 6olodicon y phys- 
harmonica (Haeckel, 1818), aerophone, m6lo- 
phone, etc. Le nom d'h. fut donne tout d'abord 
par A. Debain, de Paris, a Instrument pour 
lequel il prit un brevet en 1840 et qui, le pre- 
mier, se compose de la reunion de different^ 
jeux. Les ameliorations qui suivirent, n'ayant 
pas transforme le piincipe meme de l'instru- 
ment, sont d'importance secondaire : introduc- 
tion de la « percussion » des anches, pour obte- 
nir une plus grande precision d'attaque; <pro- 
longement », permetlant de maintenir mecani- 
quement l'enfoncement de la touche obtenu 
par la pression du doigt; « double touche » dont 
['application permet de graduer l'intensite du 
son au moyen de la pression du doigt sur la 
touche, etc. Par contre, les Americains ont 
amene une revolution complete dans la facture 
de l'h., par Introduction d'un systeme d'ebran- 
lement vibratoire des languettes, au moyen 
d'air non plus refouie, mais aspire. Of. orgubs 
AMfiRicAiNEs. Le genre de sonorite des jeux 
d'anches permet de percevoir facilement et tres 
distinctement les harmoniques, sons resultants, 
battements, etc., aussi l'h. est-il devenu Tins- 
trument de predilection pour toutes les recher- 
ches acoustiques, tandis qu'il n'a ete admis 
qu'avec beaucoup de reserve dans la musique 
pratique ; des dissonances telles que l'accord 
de septieme diminuee sonnent reellement mal 
sur Fharmonium. Ce n'est done pas par un 
simple hasard que l'h. a servi de base aux pre- 
mieres realisations pratiques de l'accord ma- 
thematique des sons, et qu'il en a prouve la 
possibilite. Un h. dont chaque octave compreud 
cinquante-trois degr&s difierents, produit assu- 
rement des effets sonores plus agreables que 
celui dont l'octave temperee n'a que douze de- 
gres. V. Helmholtz, Lehre von den Tonemp- 
findungen (4« ed. p. 669; h. de Bosanquet); 
puis Engel, Das mathematische Harmonium 
(1881); S. Tanaka, Studien aufdem Gebiete der 
reinen Stimmung (1890) : Riemann, Katechis- 



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:m 



HARMSTON — HARTMANN 



mus der Musikwissenschaft (189H, etc. Cf. en 
outre les tables aux mots rapports et tempe- 
rament. D n'en faut pas moins renoncer, pour 
des raisons d*esth6tique, A Tid6e, belle en soi, 
de ne plus faire de cette favon que de la musi- 
que absolument juste (cf. enharmonique et tem- 
perament). L'£diteur Karl Simon, A Berlin, a 
publie un nombre considerable d'ceuvres pour 
h., dont il s'est fait une speciality. 

Hannston, Joh.-Wuxiam, n6 a Londres, en 
1823, m. A Lubeck le 26 aout 1881; £l£ve de St 
Bennett, s'6tablit en 1848, A Lubeck, comme 
maltre de musique. H. a ecrit des pieces pour 
piano, des lieder, des morceaux pour violon- 
celle. 

Harpe (ital. arpa; all. Harfe; angl. harp), 
Tun des plus anciens instruments A cordes, pa- 
ra! t avoir 6t6 en usage en Egypte, il y a des 
milliers d'ann6es, sous une forme dejd toute 
pareille A celle qu'il rev6t de nos jours. La h. 
est le plus grand des instr. A cordes pinches au 
moyen des doigts ou d*un plectre. L'accord de 
ses cordes, par degr6s diatoniques, rendait la h., 
jusqu'au d&but du Steele dernier, tout A fait 
impropre aux modulations m&me les moins 
£loign6es; les degr&s chromatiques interm&- 
diaires ne pouvaient 6tre obtenu qu'au moyen 
d'une sorte de crochet agissant sur chaque 
corde isotement et changeant son accord en la 
raccourcissant L'usage de ce crochet etait du 
reste un progr&s d6jd sur Tancienne h., intro- 
duit dans le Tyrol vers la fin du xvn« siecle, 
Ce ne fut qu'en 1720, qu'un facteur, Hochbruc- 
ker, inventa un mecanisme A pedales, permet- 
tant de changer simultan6ment l'accord de tons 
les sons de m&me nom, sans Intervention des 
mains de Fex&cutant (cf. toutefois Ooinski). 
Enfln, juste un stecle plus tard, en 1820, Erard 
commenca A constmire des h. a double mouve- 
ment, dont les pedales, pourvues de deux crans, 
haussent chaque corde deux fois d*un demi- 
ton. Cette h. actuelle, la plus" parfaite, est ac- 
cord6e normalement en ut bimot majeur et 
comprend toute r^chelle diatonique d'ut V - * A 
sol ? 6 ; si Ton abaisse d'un cran les sept peda- 
les, les sept b&mols seront supprim&s et la h. 
sera accord&e en ut majeur, puis il suffira de 
lesabaisser une seconde fois pour obtenir ut 
diese majeur. Ces braves indications suffisent 
pour faire comprendre qu'anjourd'hui encore 
les passages chromatiques rapides sont impos- 
sibles sur la h., de m6me que les accords ou 
arp&ges renfermant un m&me son naturel et 
alt£r£, a moins toutefois que Ton ne puisse 
remplacer Tune des notes par son enharmoni- 
que. Les principales formes, anciennes ou r£- 
centes, de la h. sont : Tancienne h. qalloise 
(clairseach, clarsach, claasagh) et la h. gimdre 
(telyn, telein, telen) qui 6taient en usage chez 
les bardes de la Grande-Bretagne; la h. dou- 
ble, A table d'harmonie verticale et tendue de 
cordes des deux cGtes; Tarpanetie (all. Harfe- 
nett ou Spitzharfe), construite sur le m£me 
modele que la precedente, mais de dimensions 
moindres; la h. chromatjque de Pfranger, peu 
pratique A cause du trop grand nombre de cor- 



des; le h.-luth (Dital Harp) d'Edward Light 
(1798), combinaison heureuse de la harpe et da 
lath (cf. Grove, Dictionary, etc.) 

Harpeggio, v. arpeggio. 

Harper, Thomas, virtuose remarquable sur 
la trompette, n6 A Worcester le 3 mai 1787, m. 
A Londres le 20 janv. 1853, ou il occupait de- 
puis 1821 toutes les premieres places < Ancien 
Concert », « Italian Opera », festivals de musique,. 
etc.). II eut pour successeur son fils Thomas ; 
deux fils plus jeunes, Charles et Edouard sont 
des cornistes de m£rite. 

Harpsichord (angl.), v. piano. 

Harriers- Wippern, Luise (n£e Wippern), c£- 
l&bre cantatrice scenique, n&e A Hildesheim en 
1887, m. A Gcprbersdorf (Sitesie) le 5 oct. 1878 ^ 
dttmta en 1857 A TOp^ra royal de Berlin (rdle 
d'Agathe) et y chanta des lors, avec un succ£s» 
&gal, les roles de forte chanteuse et de chan- 
teuse d*op^ra-coraique, jusqu'au moment ou^ 
en 1868, une laryngite aigu£ l'obligea A prendre 
sa retraite. 

Hart, 1. James, 6tait en 1670 chantre de la 
chapelle de la cath£drale d'York, fit partie plus, 
tard de la chapelle royale de Londres, et mou- 
rut le 16 mai 1718; il a public plusieurs collec- 
tions d'opuvres musicales de son temps (Choice 
Ayres, Songs and Dialogues, 1676-84; Theater 
of music. 1685-87; Bamjuet of Music, 1688-92. 
Le musicien suivant est probablement son fils. 
— 2. Philipp, organiste de diverses £glises de 
Londres, m. vers 1749; a public une anthologie 
de fugues pour orgue, ainsi que, de sa compo- 
sition, « THymne matinal » du « Paradis perdu », 
de Milton. — 3. John-Thomas, luthier anglais,. 
n6 le 17 d6c. 1805, m. A Londres le l« p janv. 
1874, lit un grand commerce de vieux instru- 
ments italiens, dont il fut Tun des connaisseurs 
les plus renomm&s; son fils et son successeur 
dans le commerce : — 4. Georges, n£ A Lon- 
dres le 28 mars 1829, m. dans la m£me ville le 
25 avr. 1891, est l'auteur d'un des ouvrages les 
plus connus sur la lutherie : The violine, it* 
famous makers and their imitators (Londres, 
1875). 

Hartmann, 1. Johann-Pkter-Emtl, Tun des- 
compositeurs dauois les plus remarquables, n& 
A Copenhague le 14 mai 1805; il etait d'origine 
allemande, mais son grand-p^re d£jA (Johann 
H., n£ A Grossglogau) mourut comme musicien 
de la chambre du roi, A Copenhague (1763). 
H. regut sa premi&re instruction musicale de 
son p£re, qui fut, de 1800 A 1850, organiste de 
l'Eglise de la garnison, A Copenhague; mais, a 
cdtl de la musique, il £tudiait le droit, et suivit 
m^me un certain temps la carriere juridique. 
Son talent pour la composition, qui, de bonne 
heure dej&, atlira sur lui l'attention de Weyse,. 
ne tarda cependant pas A le pousser de plus en 
plus vers la vocation musicale. En 1882, il de- 
butait A Copenhague comme compositeur sce- 
nique, avec Raxmen (t Le corbeau » ou « L'*- 
preuve du fr^re »), puis en 1834 suivaient Les 
Comes (Tor, et en 1835 Les Corses. L'ann£e 
suivante, H. enlreprit un voyage d'6tudes mu- 
sicales en Allemagne,et fit ex^cuter entre autres 



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HARTOG — HASLER 



333 



£ Cassel, une symphonie (n° 1, sol mi*. ; d£di6e 
£ Spohr). En 1840, il fut nomm6 directeur du 
Conservatoire de Copenhague. Le cinquante- 
naire de sa carrtere artistique fut c61&br6 en 
1874, par an grand concert dont le b£n6fice fat 
destine k cr6er une fondation portant son nom; 
le roi lui contra k cette occasion Tordre de 
Danebrog. L*Universit6 de Copenhague, qui 
c616brait son jubil£ en 1879, donna k cette 
occasion, k H., le titre de Dr. pht'L Aon. c. 
H. devint le beau-p&re de Gade. H a 6t6 le premier 
repr&entant de l'leole romantique k tendances 
-scandinaves (ses premiers operas ont paru dix 
ans ans avant les premieres oeuvres de Gade). 
II a 6crit, en plus des operas d6j4 cites : Liden 
Kirsten (< La petite Christine », 1846), de la 
musique pour plusieurs drames, des ouvertu- 
res, des symphonies, des cantates (entr'autres 
ceUe pour les fun&railles de Thorwaldseu 
1848), on concerto pour violon, des lieder (des 
cycles de ljeder : Salomon et la Sulamite, 
Hjortens Flugt, etc.), de jolis morceaux de 
piano (Novelettes), etc — 2. Emil, fils du pr£- 
«£dent> 6galement composileur remarquable, 
nk k Copenhague le 21 f6vr. 1836, &£ve de son 
p£re et de Gade (son beau-frere), fut en 1861 
organiste d'une Sglise de Copenhague, et en 
1871 organiste du Chateau; mais il se retira en 
1878, pour raison de sant£, k Sollerod, pr£s Co- 
penhague, oil il s'est vou6 k la composition. 
Parmi ses oeuvres qui trouvent de l'Scho aussi 
k l'6lranger, il convient de citer : Danses popu- 
lates du nord, pour orchestre; Lieder und 
Weisen im nordischen Volkston; une ouvertu- 
reiEine nordische Heerfahrt; trois sympho- 
nies (mi b&mol maj., la min. [Aus der Ritter- 
zeit, op. 84] et H maj.); une suite d'orches- 
tre : Shandinaxrische VoUtsmusik; un chceur : 
Ewer etprvntemps; plusieurs operas (Die Er- 
ienmadchen, 1867; Die Nixe; Die Korsika- 
ner); un ballet (Fjeldstuen); un concerto pour 
violon et un pour violoncelle, un trio avec pia- 
no, une serenade pour piano, violoncelle et cla- 
rinette, etc. — *3. Ludwig, n6 en 1836 a Neuss, 
pr£s Dusseldorf; entra au Conservatoire de 
Leipzig en 1851, puis fut eleve de Liszt k Wei- 
mar, de 1856 a 1857. Pianiste, compositeur, et, 
«n son temps, critique influent a Dresde. 

Hartog, 1. Edouard de, ne a Amsterdam le 
15 aout 1828, re<?ut sa premiere Education mu- 
sicale de Bertelmann et de Litolff, suivit peu de 
temps a Paris l'enseignement d'Eckert et £tu- 
dia finalement, de 1849 a 1852, sous la direction 
de Heinze et de Damcke. En 1852, il s'etablis- 
sait k Paris pour se vouer a la composition et 
chercha a r£pandre ses oeuvres, la m£me annee 
ainsi qu'en 1857 et 1859, au moyen de concerts 
qu'il organipa lui-m£me. Citons parmi ses com- 
positions: des op£ras-comiques en un acte: 
Le mortage de Don Lope (1868, Theatre lyri- 
que), et U amour et son h6te (Bruxelles, 1873); 
le Psaume xlhi pour soli, chceur et orchestre ; 
deux quatuors et une suite pour quatuor d'instr. 
k archet; plusieurs meditations pour violoncelle 
(violon), orgue (harpe) et piano; des lieder; de 
jolis morceaux de piano, etc. ; un certain nom- 



bre d'ceuvres plus consid6rables sont resides 
manuscrites (des operas: Lorenzo Aldini et 
Portici; des preludes symphoniques : Macbeth, 
Pompee, La Pucelle d!OrUans\ six esquisses 
pour orchestre, etc.). H. a collaborS au supple- 
ment de Pougin k la c Biographie universelle », 
de Fetis; il est en outre cdlaborateur du « Gui- 
de musical » et d'autres revaes. — 2. Jacques, 
n£ a Zalt-Bommel (Hollande) le 24 oct. 1837, 
Steve de Karl Wilhelm a Crefeld, de Ferd. Hil- 
ler k Cologne, etc., vit comme compositeur et 
musicographe k Amsterdam, ou il est maltre 
d'histoire de la musique, a l'Ecole de musique. 
H. a traduit en hollandais la Miihode de piano 
de Lebert et Starck, Tabr6g6 de YHistoire de la 
musique de Langhans, la Miihode pour Fen- 
seignement du piano de Breslaur, et il a donn£ 
des articles au « Mus. Centralblatt » (Leipzig), 
k la cNeue Zeitschrift ftLr Musik» et a la tMu- 
sikwelt » (Bonn). Ses compositions (ouvertures 
de concert, concertino pour violon, Messe, op£- 
rette, etc.) sont peu repandues. 

Hartvigson, Frits, nk k Grenaa (Jutland), le 
81 mai 1841, &£ve de Gade, de Gebauer et d'A. 
Bee, puis de 1859 k 1861, de Bulow, k Berlin. 
B vit depuis 1864 k Londres (sauf un s&jour k 
St-P&ersbourg, de 1873 k 1875), oil il est tr£s 
estimS comme pianiste. B a St 6 nommSen 1878 
pianiste de la cour de la princesse de Galles, 
en 1875 professeur k restitution d'aveugles, et 
en 1887 professeur au Crystal Palace. De 1879 
k 1888 une affection nerveuse, au bras gauche, 
i'empgcha de se produire en public. Son frdre, 
Anton, ne a Aarhus le 16 oct. 1845, el&ve de 
Tausig et d'Edm, Neupert, est Sgalement irks 
apprScie k Londres, comme pedagogue et com- 
me pianiste. 

Harvard Association, a Boston, Tune des 
plus auciennes et des plus importantes soci£t£s 
de musique amSricaines (fondee en 1837), pos- 
s&de une riche bibliothSque musicale et doime 
chaque annee une s£rie de concerts dans Ja 
celSbre « Salle de musique » (grandes orgues de 
Walcker). Dwight (v. ce nom) a 6t6 president 
de cette soci&6 pendant de longues annees; le 
directeur actuel est Karl Zerrahn (v. ce nom). 

Base, Oskar, D p , v. Breitkopf et IIabrtel. 

Hasert, Rudolf, pianiste, ne k Greifswald le 
4 f6vr. 18*26, m. k Gristow, pr^s Greifswald, le 
4janv. 1877; 6tudia d'abord le droit, mais fut 
tellement enthousiasm6, k Halle s/S., par Bob. 
Franz, qu'il etudia la th^orie et le piano, de 1848 
k 1850, sous la direction de Dehn et de Kullak. 
B se fatigua la main par un exces de travail 
et dut revenir k la jurisprudence. BienUH Ta- 
mour de Tart le saisit de nouveau, et il donna 
avec succ£s des concerts en Su&de, en Dane- 
mark et a Berlin, ou il s^tablit en 1861, comme 
professeur de piano. D&s 1865, il se prSpara k 
la carri^re theologique, lit en 1870 son exam en 
d^lat, occupa d'abord un petit poste de pasteur 
k Strausberg (maison de correction) et devint 
enfin pasteur k Gristow «n 1873 ; ce dernier 
posle 6tait d^jd depuis longtemps rempli par 
des membres de sa famille. 

Hasler (Hassler), Hans-Leo (von), ne a Nu- 



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334 



HASLINGER — HASSE 



remberg en 1564, m. k Francfort s/M. le 8 juin 
1612; fat le premier musicien allemand qui 
alia faire en Italie son instruction musicale 
(jusqu'alors,et pondant pr6s de deux cents ans, 
les Pays-Bas avaient 6te la veritable haute 
ecole de composition et avaient repandu la cul- 
ture musicale en Italie, en Allemagne, en Es- 
pagne et en France). En 1585, H. 6tait nomrae 
organiste du comte Octavianus Fugger, k Augs- 
bourg; mais il etudia plusieurs ann^es encore 
sous la direction d'Andr£ Gabrieli, ayant com- 
me camarade le fameux Jean Gabrieli. G'est 
pourquoi son style a une grande ressemblance 
avec celui des deux Venitiens, les petites ceu- 
vres travaill^es en detail, comme les chanson- 
nettes et les madrigaux, rappelant plutdt Andr6, 
et les grandes ceuvres, Writes pour deux choeurs 
ou plus, Jean Gabrieli. Cependant H. est plus 
qu'un imitateur, et ses contemporains le tenaient 
en haute estime. H v6cut de longues annees k 
la cour de Tempereur Rodolphe n, k Prague, 
et fut anobli; de 1601 k 1608, il etait de nou- 
veau k Nuremberg, puis entra en 1608 au 
service du prince-electeur de Saxe et mourut 
au cours d'un voyage k Francfort s/M. Les 
ceuvres de H. qui ont ete conservees sont : 
Canzonette a 4 voci (1500) ; Cantiones sacrae.... 
4, 8, et plur. voc. (1591, 1597, 1607); Madri- 
gali a 5-8 voci (1596) ; Newe teutsche Gesang 
nach Art der welschen Madrigcdien unci 
Kanzonetten (de quatre Ahuit voix, 1596, 
1604, 1609); Missae 4-8 vocum (1599); Lustgar- 
ten newer deutscher Gesang, Balletti, Galliar- 
den und Intraden mit 4r8 Stimmen (1601, 1605, 
1610); Sacri concentus 5-12 voc. (1601, 1612); 
Psalmen, und c/tristliche Gesdnge (k quatre 
voix, t fugweis » ,• 1607, nouvelle Edition, en par- 
tition, 1777); Kirchengesange, Psalmen und 
geistliche Lieder (k quatre voix, « simpliciter » ; 
1608, 1687) ; Litaney deutsch Berrn Br. Martini 
Lutheri(k sept voix, pour double choeur, 1619),' 
Venusgartenoderneue lustige liebliche Tdntze 
teutscher tmd polnischer Art (1615). L'antholo- 
gie publiee par H M sous le titre : Sacrae $ym- 
phoniae diversorum (1601, 2 parties) conUent 
aussi plusieurs motets de sa composition ; mais 
on en trouve un plus grand nombre encore dans 
le Fiorilegium Portense de Bodenschatz et 
dans le Promptuarium musicum de Schad. 
Of. le catalogue chronologique des ceuvres im- 
primees de H.-L. von H. et d'Orlandus Lassus, 
par Robert Eitner, dans les « Monatschefte far 
Mus. Gesch. » 1874, supplement. — Ses freres, 
Jakob (vers 1601 organiste k Hechingen) et 
Kaspar (ne en 1570, m. comme organiste k Nu- 
remberg), ont egalement transmis leur nom k 
la post^rite, par des compositions de merite. 

Haslinger. Tobias, n6 k Zell (Haute- Autriche) 
le l or mars 1787, m. le 18 juin 1842: arriva en 
1810 k Vienne, entra comme comptable dans le 
magasin de musique Steiner, devint plus tard 
associe et, lorsqu'en 1826 Steiner se relira, 
seul proprietaire de la maison k laquelle il 
donna son nom. Apres sa mort, son fils Karl, 
n6 k Vienne le 11 juin 1816, m. le 25 dec. 1868 
(compositeur, a ecrit plus de 100 ceuvres), prit 



la succession sous la raison de commerce : 
« Karl H., quondam Tobias », qui existe encore 
aujourd'hui/bien que le fonds ait passe par 
voie d achat, en 1875, k Schlesinger (Rob. Lie- 
nau), k Berlin. 

Haste, 1. Nikolaus, organiste de l'6glise 
Sainte-Marie, k Rostock, en 1650, a publid : De- 
liciae musicae (allemandes, courantes et sara- 
bandes pour instruments k archet el clavecin 
ou theorbe, 1656; 2 parties et un appendice). — 
2. Johann-Adolf, n6 k Bergedorf, pr£s Ham- 
bourg. le 25 inai 1699, m. k Venise le 16 d6c 
1788; Tun des compositeurs les plus feconds du 
siecle passed a surtout recolte des lauriers dans 
le domaine de la composition scenique. H. com- 
ment sa carrtere comme chanteur de the&tre 
(t6nor) k Hambourg (1718), Bruxelles (1722, 
grdce k la protection du roi Dlrich) et k Bruns- 
wick; c'est dans cette derniere ville qu'il se fit 
connaitre, en 1728, par son premier opera : 
Antigvnus. 11 ne comprit que trop bien qu'il lui 
manquait encore beaucoup pour devenir com- 
positeur d'operas, et il partit en 1724 pour 
l'ltalie oil il etudia, k Naples, sous la direction 
de Porpora d'abord, puis sous celle d* Alexandre 
Scarlatti; il remporta en 1726, avec II Sesos- 
trate, k Naples, son premier succes comme 
compositeur dramatique. H. devint rapidement 
celebre en Italie, sous le surnom d*t? Sassone 
(le Saxon), n avait dejd, fait k Venise, en 1727, 
la connaissance de la c&ebre cantatrice Faus- 
tina Bordoni (v. plus loin); il l'epousa en 1730 
et lia d£s lors son avenir au sien. En 1781, H. 
fut nommS maitre de chapelle de l*Op£ra italien 
que Ton allait rouvrir k Dresde et oh Faustina 
etait en meme temps engagee comme jeune 
premiere ; mais tous deux, apres la representa- 
tion de Cleofide, de Hasse(18 sept. 1781) retourn&- 
rent en Italie oil ils remporterent de nouveaux 
triomphes pendant trois annees cons^cutives. 
Ge ne fut qu'apres la mort d'Auguste-le-Fort 
que la rSouverture de TOp^ra, k Dresde, devint 
une rialite, et les deux H. se rendirent k Dresde. 
H. obtint souvent pendant les annees suivan- 
tes des congas prolong&s, pour se rend re en 
Italie oh il Scrivit, pour les scenes les plus di- 
verses, de nouveaux operas el tint encore pen- 
dant longtemps le premier rang dans les reper- 
toires. II se laissa aussi decider une fois d'aller 
k Londres monter son Artaserse (repre*ent6 
d'abord en 1790, k Venise), mais il se retira 
bientdt devant la superiority de Haendel. Par 
conlre, il paralt, depuis 1740, avoir sejourne 
d*une mani^re permanente k Dresde et y avoir 
rempli ses fonctions de maitre de chapelle. En 
1750, H. fut nomme premier maitre de chapelle; 
l'annee suivante, Faustina se retira de la£C&ne, 
mais put conserver son titre et son traitemenL 
La bibliotheque de H. et une quantity de ma- 
nuscrits de ses op&ras, etc., devinrent la proie 
des flammes, pendant le bombardement de 
Dresde, en 1760. En 1768, le maitre fut remercte, 
ainsi que Faustina, sans pension, par simple 
raison d'6conomie ; tous deux se rendirent d'a- 
bord k Vienne, oil H. ecrivit encore divers ou- 
vrages pour l'Opera de la Cour, puis plus tard 



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HASSELT-BARTH — HAUPT 



335 



a Venise ou il mourut. H. a ecrit, outre une 
centained'opSras, dix oratorios, cinq Te Deum 
avec orchestre, un grand nombre de Messes, 
un Requiem (pour August e-le-Fort), puis des 
fragments de Messes, des Magnificat, des Mi- 
serere (celui qu'il a ecrit en 1728, pour deux 
soprani et deux alti avec instruments a archet, 
est Tune de ses plus belles oeuvres), des litanies, 
des motets, des psaumes, des cantates, des so- 
nates pour piano (dont quelques-unes ont £t£ 
rSeditees par Pauer et par Miiller), des con- 
certos pour flute, pour piano, etc. (La biblioth6- 
que de Dresde conserve de lui 9 Messes, 22 
motets, 11 oratorios, 42* operas, 6 sonates pour 
piano, etc.). Gf. sa biographie dans les Mus. 
Charakterkdpfe (1), de Riehl. — 3. Faustina, 
n£e Bordoni, nee a Venise d'une famille noble, 
en 1693, fit son Education aupres de Gasparini, 
debuta en 1716 avec un succes phenomenal et 
fut bientdt Tune des plus c61dbres cantatrices 
d'ltalie. EngagSe en 1724, avec 15000 florins de 
gage, a Yienne, elle fut bientdt accaparee par 
Hsendel pour Londres (2000 livres sterl.) ou 
elle rivalisa aisSment, de 1726 a 1728, avec la 
Cuzzoni. Mais cette rivaiite ne fut pas sans 
amener quelques difficultes, que les deux can- 
tatrices r£gl£rent en en venant aux mains, 
jusqu'a ce que le sang coulat (v. Arbuth-^ 
not). RentrSe a Venise, elle y fit la connaissance 
de J.-A. Hasse qui etait alors tr&s fet6; elle 1'6- 
pousa et fut engag£e en m6me temps que lui 
a la cour de Dresde (1731, resp. 1734, v. plus 
haut). Admiree, choySe comme artiste de tout 
premier rang, F. chanta jusqu'en 1751, puis se 
retira de la sc&ie en conservant son traitement 
entier. En 1763, elle fut cependant cong&diee, 
ainsi que son mari, sans pension, sur quoi tous 
deux se rendirent A Vienne. L'annee de sa mort 
est inconnue. Gf. A. Niggli, Faustina BordonuH. 
(1880). — 4. Gustav, ne a Peitz (Brandebourg), 
le 4 sept 1834, 61eve du Conservatoire de Leip- 
zig, puis plus tard de Kiel et de F. Kroll, a 
Berlin; il vit en cette ville, comme maitre de 
musique, et s'est fait connaltre avantageuse- 
ment par des lieder. 

Hasselt - Barth , Anna - Maria - Wtlhelmine 
(nee van Hasselt), cantatrice renomm^e (so- 
prano), nee a Amsterdam le 15 jail. 1813, fit son 
education a Francfort s/M., a Carlsruhe chez 
Jos. Fischer, puis a Florence chez Romani, 
en 1829. Elle d£buta a Trieste, en 1831, chanta 
d'abord sur diff&rentes scenes italiennes, puis 
fut de 1833 a 1838 a Munich et enfin a Vienne, 
au « K&rntnerthortheater », jusqu'au jour ou 
elle se retira. 

Hassler, v. Hasler. 

Hasslinger-Hassingen, v. Hager. 

Hastreiter, Helens, cantatrice scenique ame- 
ricaine fort estim£e,n6e a Louisville (Kentucky) 
le 14 nov. 1858; eteve de Lamperti, a Milan, et 
mariee depuis quelques ann6es a un medecin 
it alien, D r Burgunzio. 

Hatton, John-Liftrot, n6 a Liverpool le 
20 oct. 1809, m. a Margate, pr6s de Londres, le 
20 sepL 1886; etabli a Londres depuis 1832, de- 
vint en 1842 chef d'orchestre au « Drurylane- 



theatre » oil il reprSsenta, la m6me annee, sa 
premiere op&rette : La reine de la Tamise; en 
1844, il donnait a Vienne un opera : Pascal 
Bruno. En 1848, H. parcourut l'Amerique, puis 
il fut, de 1853 a 1858, directeur de musique du 
« Princesstheatre » el ecrivit la musique d'une 
quantity de drames. II a donn6 d'autres oeuvres 
encore : Rose ou Love's ravison (op6ra, repr6- 
sente en 1864, au Govent Garden); Robin Hood 
(cantate, festival de musique, a Bradford, en 
1856) ; Hezekiah (drame biblique, Crystal-Pa- 
lace, 1877); ainsi que beaucoup de lieder, en 
partie sous le pseudonyme de Czapek. 

Hauck, Minnie, nee a New-York le 16 nov. 
1852, excellente cantatrice d'opera (soprano), 
debuta en 1868 a New- York et a Londres, puis 
fut engagee en 1869, pour trois ans, a l'OpSra 
de la cour, a Vienne. Depuis lors, elle s'est fait 
un nom sur les princi pales scenes de Berlin 
(oil elle fut engagee deux ans), Paris, Bruxelles, 
Moscou, Saint-P&ersbourg, etc. Son repertoire 
6tait m61ang6, mais apparlenait cependant da- 
vantage au genre iyrique. Apres avoir epouse, 
il y a un certain nombre d'annSes, le diplomate 
bien connu von Hessen-Wartegg, elle accomplit 
en sa compagnie de nombreuses et parfois 
lointaines (Japon, etc.) tourn£es de concerts. 

Hauer, Karl-Heinrich-Ernst, ne a Halber- 
stadt le 28 oct. 1828, m. a Berlin le 16 mars 1892, 
flls d'un cantor, suivit le gymnase a Halber- 
stadt jusqu'en 1844, puis fut deux ans Sieve 
privS de Marx, a Berlin, et les trois annSes 
suivantes 61£ve de TAcademie royale (Rungen- 
hagen, Bach, Grell), ou il remporta une distinc- 
tion dans les classes de composition. En 1856, 
il devint maitre de chant au gymnase Saint- 
Andr6, et en 1866 organiste de l'eglise St-Marc, 
a Berlin. H. a compost beaucoup de lieder, des 
quatuors pour voix d'hommes et voix mixtes, 
des chanta religieux, des motets, un Ave Maria 
a six voix « a cappella », un Pater nosier pour 
choeur et soli, un hymne a Luther, etc. ; son 
dernier travail d'eleve, un psaume a huit voix, 
avec orchestre (1853), lui valut une medaille 
d'argent. 

Hauff, JoHANN-GHRisTiAN,ne a Francfort s/M. 
le 8 sept. 1811, m. dans la m6me ville le 80 
avr.1891 ; distingu6 theoricien musical, Tun des 
fondateurs de l'Ecole de musique de Francfort, 
a compose des oeuvres d'orchestre et de mu- 
sique de chambre, et public une Theorie der 
Tonsetskunst (1863 a 1869; 3 vol. en cinq par- 
ties). 

Hauffe, Luise, v. Breitkopf et Haertel. 

Haupt, Karl-August, ne a Kunern, en Silesie, 
le 25 aout 1810, m. a Berlin le 4 juil. 1891 ; fut, 
de 1827 a 1830, eleve de A.-W. Bach, B. Klein 
et S. Dehn, a Berlin, puis devint successive- 
ment organiste de diverses eglises de Berlin, 
et, a partir de 1849, de 1' « Eglise paroissiale ». 
II acquit la renomm6e d'un des grands mal- 
tres de l'orgue, en Allemagne, en sorte qu'en 
1854 on lui confia, ainsi qu'a Donaldson, Ou- 
seley et Willis, l'Slaboration de la disposition 
des grandes orgues du Crystal-Palace, a Lon- 
dres. En 1869, H. succeda a A.-W. Bach comme 



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336 



HAUPTMANN — HAUSE 



'directeur de r t Institut royal de musique d'6- 
glise », dans lequel il avait d6j& fonctionnfc 
quelqucs annees com me maltre de theorie et 
d'orgue; il re<?ut en m6me temps le titre de pro- 
fesseur et devint, de par ses fonctions mfimes, 
membre de la section de musique du S6nat de 
F Academic. H. n'a fait paraltre de lui que des 
lieder et un recueil de chorals (1869) ; mais il a 
publie une s6rie de morceaux d'orgue d'auteurs 
difterents, destines A I'enseignement, et les ceu- 
vres posthumes de Thiele. 

Hauptmann, Monrrz, Tun des plus remar- 
quables theoriciens modernes, n£ A Dresde le 
14 oct 1792, m. A Leipzig le 8 janv. 1868; fils 
de l'inspecteur general des Edifices publics, H., 
A Dresde, et destine lui aussi d'abord A la 
carrtere d'architecte, il n'en re$ut pas moins de 
bonne heure une solide instruction musicale 
aupres de Scholz (violon), de Grosse (piano et 
harmonie)et deMorlacchi (composition). Comme 
son talent paraissait de plus en plus Evident, 
son p&re lui permit de se vouer A la mu- 
sique. En 1811, il se rendit a Gotba, chez 
Spohr, sous la direction duquel ii &udia avec 
ardeur le violon et la composition ; l'ann£e sui- 
vante d&j&, il putentrer, comme violoniste, dans 
la chapelle de la cour A Dresde, fit A plusieurs 
reprises des tourn^es de concerts et accepta 
en 1815 la place de maltre de musique dans la 
maison d'un prince russe, Repnio, qu'il suivit 
A Saint-Petersbourg, A Moscou,puis A Poltawa. 
An bout de cinq ans qu'il em ploy a A des Eludes 
approfondies de theorie, il revint a Dresde, 
puis entra, sous la direction de son ancien mal- 
tre Spohr, dans la chapelle de la cour A Gassel, 
en 1822. G'est de 14 que sa cel£bril£, comme 
thforicien et comme compositeur, s'&tendil peu 
A peu, et qu'il fut appele en 1842, sur la reconv 
mandation de Spohr et de Mendelssohn, comme 
successeur de Weinlig, an poste d'honneur de 
cantor de l'Ecole St-Thomas, A Leipzig. L'annSe 
suivante vint s'ajouter A ce poste celui de mal- 
tre de theorie, au Conservatoire qui venait d'etre 
fond&. Un grand nombre de musiciens devenus 
c61£bres lui doivenl leur education th£orique. 
Les compositions de Hauptmann se distinguent 
par la justesse extraordinaire de leurs propor- 
tions, par la puretS de leur structure harmoni- 
que et melodique et par l'adaptation parfaite au 
caractere vocal. II faut noter tout d'abord des 
motets que n'ignore aucun choeur d'eglise alle- 
mand, puis deux Messes, des clueurs pour voix 
mixtes, des canons A trois voix pour soprani, 
enfin des duos et soli de chant qui appartien- 
nent pour la plupart A la deuxieme p&riode de 
son activity cr6alrice (Gretchen vor dem Bilde 
der Mater dolorosa); dans ses jfeunes annees, 
il avait ecrit des sonates de violon (op. 5, 6, 23), 
des duos de violons,quatuors pour instruments 
A archet, etc., ainsi qu'un op6ra : Mathilde 
(Gassel, 1826). Cependant l'importance capitale 
de H. reside dans ses ouvrages theoriques. II a 
presents son syst£me, sous une forme philoso- 
phique parfaite, dans Die Nalurder Harmonik 
nnd der Metrik (1853,- 2* £d. 1873): ses autres 
Merits ne aont que des complements ou des ap- 



plications'du premier, ce sont : Erlauterungen 
zu J.-S. Backs Ktmst der Fuge (Peters), Ueber 
die Beantwortimg des Fugenthemas (dans les 
« Wiener Rezensionem » ) et d'autres essais, 
dans des revues sp&ciales. En 1868, O. Paul a 
publie un travail posthume du m£me auteur : 
Die Lehre von der Harmonik, et le fils de H. 
un certain nombre d'articles, r&unis sous le ti- 
tre : Opuscula (1874). Une partie de la corres- 
pondance de H. a 6galement paru : Brief e an 
Franz Rau&er (publte par A. Schone; 1871. 
2 vol.) et Brief e an Ludvcig Spohr u. a. (publte 
par F. Hiller; 1876). La base du syst&me th6o- 
rique de Hauptmann reside tout entiere dans 
I'opposition absolue des deux consonances ma- 
jeure et mineure. Trois siecles auparavantdejA, 
Zarlino (1558) avait 6mis Tid6e que la conso- 
nance mineure n'est autre chose que 1'image 
renvers^e de la consonance majeure, et peut- 
£tre m&me cette id£e lui avait-elle &6 transmise 
par quelque theoricien ant&rteur; H. la reprit 
enticement, mais recula devant les consequen- 
ces qui, seules, pouvaient la faire fructifier : la de- 
nomination de 1 accord mineur d'apres la note la 
plus &lev6e (mi par ex., dans la, ut, mi). Aucun 
eldve personnel de H. ne risqua non plus ce 
pas d&cisif, peut-6tre par un exces de piet6 pour 
la mSmoire du maltre, dont il n'aurait fait ce- 
pendant que continuer et ameliorer le syst&ne. 
Ge progr£s ne fut fait dans la th6orie que par 
A. von Oettingen (Harmoniesyslem in dualer 
Bntwichelung, 1866), dans la pratique par l'au- 
teur de ce dictionnaire (v. Rikmann 3.) qui in- 
venta de toutes pieces un nouveau chiffrage el 
une nouvelle terminologie. 

Hauptmanual (all.), positif (v. ce mot). 

Hauptner, Thuiskon, n6 A Berlin en 182;% m. 
dans la m&me ville le 9 fevr. 1889; eteve de la 
classe de composition de l'Academie royale, fut 
ensuite un certain temps chef d'orchestre de 
theatre, et £crivit alors beaucoup de vaudevil- 
les, d'op£rettes, de farces, etc. D s'oceupa de 
1854 A 1858, a Paris, de l'&ude de l'enseigne- 
ment du chant, puis revint A Berlin ou il publia 
une Deutsche Gesangschule (1861); en 1863, H. 
fut nomm£ maltre de chant A l'Ecole de musi- 
que de B&le et fut enfin, pendant nombre d'an- 
n£es, maltre de chant et directeur de la « Sing- 
akademie », a Potsdam. 

Hauschka, Vikzenz, n6 A Mies, en Boheme, 
le 21 janv. 1766, m. a Vienne en 1840, comme 
conseiller de 1'administralion des biens de la fa- 
mille imperiale et royale; fut un excellent vio- 
loncelliste et barytoniste, et fit a diverses re- 
prises des tournees de concerts. Quelques-unes 
seulement de ses nombreuses compositions 
(pour violoncelle, baryton, etc.) ont ete publiees : 
neuf sonates pour violoncelle avec basse et un 
cahier de canons pour chant, A trois voix. 

Hause, Wenzel, professeur de contrebasse 
au Gonsenatoire de Prague, a publie a Dresde, 
en 1828, une excellente Methode de contrebasse 
(parue aussi a Mayence en 1829, en fran?ais et 
en allemand) et, comme suite a cet ouvrage, 
une s£rie de cahiers d'excellents exercices pour 
contrebasse. 



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HAUSEGGER — HMJTBOIS 



337 



Hausegger, Friedrich von, n§ A Vienne, le 
96 avr. 1837 ; fit ses 6tudes de musique dans sa 
ville natale, chez Salzmann et Otto Dessoff, 
tout en travaillant le droit. II 6tait avocat de la 
cour et du tribunal, A Graz, lorsqu'il se pr6- 
senta A FUniversit6 de celte ville, comme pri- 
vat-docent pour Fhistoire et la th&me de la 
musique. Son ouvrage Musik als Ausdruch 
(Vienne, 1885) compte parmi les travaux les 
plus remarquables, dans le domaine de Festh6- 
tique mnsicale. II a ecrit en outre : Richard 
Wagner und Schopenhauer \ Vom Jenseiis des 
Kimstlers (1898), et collabore A divers p^riodi- 
ques musicaux. 

Hauser, 1. Franz, ne A Krasowitz, prds de 
Prague, le 12 janv. 1794, m. A Fribourg en Br. 
le 14 aoftt 1870; 61&ve de Tomaczek, fut pendant 
de tongues annees un chanteur sc&nique (basse 
chantante) fort apprecte, A Prague (1817), Cas- 
sel, Dresde, Vienne (1828), Londres (1832, avec 
M«* Schroder-Devrient, etc.), Berlin (1835) et 
Breslau (1836). En 1837, il renonga A la sc£ne et 
s'etablit, apris un long voyage en Italie, 
comme maftre de chant A Vienne; en 1846, 11 
fat appele A Munich comme directeur du con- 
servatoire que Ton allait y fonder, dirigea 
celui-ci jusqu'en 1864, en y reinplissant en 
m&me temps les fonctions de maltre de chant 
et en formant de nombreux £16ves. En 1865, 
lors de la transformation du Conservatoire de 
Munich (qui prit le nom d' « Ecoie de musique 
de Munich »), H. fut pensioning et se retira 
alors A Karlsruhe d'abord, puis A Fribourg en 
Br. oil il v£cut depuis 1867. H. a expose ses 
experiences dans l'enseignement du chant, dans 
une excellente Gesanglelire fUr Lehrende und 
Lernende (1866). II fut un enthousiaste de J.-S. 
Bach et poesedait une collection de ses oeuvres 
d'une rare richesse, contenant beaucoup d'au- 
tographes; e£tait, du reste, un homme d'une 
instruction peu commune et il 6tait en corres- 
dance avec un grand nombre dTiommes emi- 
nents (v. Hauptmann). — 2. Miska (Michel), n6 
h Pressl)ourg en 1822, m. A Vienne le 8 dec. 
1887 ; el£ve de K. Kreutzer, de Mayseder et de 
Sechter, A Vienne, fitdds 1840 un grand nombre 
de lointaines tournSes de concerts, comme vio- 
loniste, et parconrut non seulement tous les 
pays d'Europe, mais aussi les deux Ameriques, 
TAustralie, la Turquie, etc. II remporta de 
grands triomphes, gr&ce A sa brillante techni- 
que et A son talent de virtuose, Ses composi- 
tions n'ont pas de valeur; les r6cits, sous 
forme de lettres, de ses grands voyages en 
Am&ique, parus d'abord dans la « Ostdeutsche 
Post* (Vienne), furent rassembl6s plus lard 
par lui en un volume : Wanderbuch eines 
cesterreichischen Virtuosen (1858-1859 ; 2 vol.). 

Haussmann, 1. Valentin, nom de cinq mu- 
siciens en descendance directe, dont cependant 
aucun n'a fourni une carri&re extraordinaire : 
l'alne, n£ A Nuremberg, en 1484, £tait lid d'ami- 
tie avec Luther et Jean Walther (compositeur 
de chorals) ; son flls, organiste A Gerbst&dt, a 
compose des motets, des « canzonette » et des 
danses (preludes, pavanes, etc.). Le flls de 

DICTIONNAIRE DE MCSIQUE. — 22. 

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celui-ci, organiste A Lobejun, 6tait le p£re et le 
grand-p&re de deux autres H., que Ton croit 
avoir 6t6 les plus remarquables et dont Tun 
devint directeur de musique de la cour prin- 
ctere de Goethen et fut momentan&nent orga- 
niste du ddme de Alsleben (1680), tandis que 
l'autre, Valentin-BartholomjKds, n6 en 1^78, 
fut organiste des cath£drales de Mersebourg et 
de Halle et mourut organiste et bourgmestre 
A Lauchstadt Les deux derniers doivent, 
d'apr&s Gerbw et Mattheson, avoir aussi 6crit 
des trails thioriques. —.2. Robert, excellent 
violoncelliste, n£ A Rottleberode, dans le Harz, 
le 18 aoftt 1852 ; fut jusqu'en 1869, pendant 
qu f il &tait au gymnase de Brunswick, llfrve de 
Theodore Muller (violoncelliste de Fancien qua- 
tuor Muller), -puis travailla de 1869 A 1871 A 
l'Acad6mie royale de Berlin, et enfln aupr&s de 
Piatti, A Londres. De 1872 A 1876, H. fut violon- 
cellists du Quatuor Hochberg, A Dresde ; il est 
depuis lors professeur A FAcademie royale de 
musique, A Berlin et, depuis 1879, membre du 
Quatuor Joachim. 

Hausse, partie du talon de Farehet sur la- 
quelle sont fix£s les crins. 

Haut, haut-dessus, soprano 61ev6 ; haute- 
faille, t6nor £lev£ ; haute-contre, contralto. 

Hautbois (all., ital., angl., etc. : Oboe), autre- 
nient dit instr. A vent en bois t aigu », par op- 
position au basson,in8tr. A vent en bois < grave*; 
ce mot ayant passe du frangais dans toutes les 
autres langues (Forthographe seule en 6tant 
chang6e), on en a conclu que Finstrument lui- 
m&me 6tait d'origine francaise. Sous sa forme 
actuelle, le h. date d'environ deux siecles, si 
Fon fait abstraction, cela va sans dire, des per- 
fectionnements apportGs A la mensuration et 
de Faugmentation du nombre des clefs. Aprds 
avoir eu deux clefs seulement, le h. en fut 
pourvu de quatre par Gerhard Hoffmann, 
bourgmestre de Rastenbourg, en 1727 pour la 
premiere fois ; aujourd'hui, divers systemes 
existant concurremment, le h. a de neuf A qua- 
torze clefs. Le h. est 6videmment issu de Fanti- 
que chalumeau (v. ce mot, 1), de meme que le 
basson est issu de la bombarde; tous ces ins- 
truments font partie de la mdme famille, celle 
des instr. A anche double. L'&endue du h. 
est actuellement (I) : i. 8va 

mais il est preferable 
de ne pas d6passer A 
Forchestre les limites 
indiquees sous II, car v P"*" 
le si\t grave manque A beaucoup d'instruments 
et les sons les plus aigus sont d'une Amission 
difficile. V. aussi, au mot < basson », ce qui a 
6t6 dilsurFinfluence deTanche dans remission. 
La sonority du h. est un peu nasillarde, mais 
bien plus mordante que celle de la clarinette ; 
elle a dans le chant li6 un caractere de naiveti, 
de puret6 tel qu'on Fa adoptee g&neralement, 
dans la musique scenique ou descriptive, pour 
6veiller Fidee de virginity. La musique d'eglise 
pr^fere, de nos jours encore, le h. A la clarinette. 
Un derive du h., tres repandu actuellement, ou, 
pour mieux dire, dont la vogue renalt de 

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fcr 



8va 



^ 



338 



HAUTIN — HAYDN 




fe 



plus en plus, le h.-alto. est connu sous le nom 
de cor anglais; son etendue est la suivante : 
£l c'est-a-dire une quinte au-des- 
sous du hautbois. Le cor an- 
glais est traits comme un ins- 
trument transpositeur et not6 
(comme le cor en fa) a la quinte 
aigue de la sonorite reelle, par consequent : 
Le corps de l'instrument est re- 
plie sur lui-meme, a cause de sa 
longueur; aux xvn« et xvin® s., 
alors qu'il elait tres r6pandu sous 
le nom d'oboe da caccia,\e cor an- 
glais avait la forme d'un croissant, comme le 
« cornetto » et etait recouvert de cuir. — Une 
autre forme du h., le hautbois d' amour (oboe d'a- 
more) est tout a fait tombS en desuetude; il etait 
accorde une tierce mineure au-dessous du h. or- 
dinaire, autrement dit en la majeur, mais se dis- 
tinguait deYoboebassa (grand hautbois) uhique- 
ment par la forme spherique de son pavilion, 
dont Torifice 6troit a pour resultat d'6touffer le 
son. Les facteurs d'instruments ont reconstitu6 
le hautbois d'amour, en vuedes executions d'oeu- 
vres anciennes. \Joboe piccola n'Stait autre 
chose que le h. ordinaire. Les virtuoses les plus 
connus, sur le h., passes ou presents, sont : 
Sallantin, Lebrun, J.-Ch. Fischer, Gamier, 
Barth, G. Vogt, Sellner, Barret, Thurner, Lavi- 
gne, Gillet, Guide, etc. ; parmi les meAhodes il 
convientde ciler ceiles de Seller, Barret, Gamier 
(ed. all. par Wieprecht), puis les quarante-huit 
etudes (op. 81) de Ferling, les concertos de 
Rietz (op. 88), d'Ed. Stein (op. 10), de Klughardt 
(op. 18), etc. La plupart des hautbo'istes cites 
plus haut ont du reste fourni leur contingent 
d'etudes, de morceaux divers, de concertos, etc. 
pour leur instrument. 

Hautin, (Haultin), Pierre, le plus ancien 
fondeur de caracteres musicaux en France, m. 
a Paris en 1580, a un age avanc6. II frappa en 
1525 ses premiers poin^ons (pour Attaignant) 
destines a l'impression simple (cf. Oeglin). 

fiawes, William, n6 a Londres en 1785, m. 
le 18 fevr. 1846 ; devint en 1814 mailre de choeur 
a Teglise St-Paul, en 1817 maitre des enfants de 
chceur de « Chapel Royal », et plus tard direc- 
teur de TOpera anglais du « Lyceum », ou il 
monta les premieres representations, a Lon- 
dres, de: Freisckutz (1824), Cost fan tutte 
(1828), Vampyr (1829). II ecrivit lui-meme des 
operas-comiques anglais et publia des glees, 
des madrigaux, ainsi qu'une nouvelle edition de 
The Triumphs of Oriana, de Morley, etc. 

Hawkins, JoHx,ne a Londres le 80 mars 1719, 
m. le 21 mai 1789 ; il etudia le droit et devint 
avocat, mais, ayant acquis une situation inde- 
pendante a la suite d'un manage riche, il s'a- 
donna a des Etudes sur 1'histoire de la musique 
qu'il resuma en sa celebre General history of 
the science and practice of music (1776 ; 5 vol., 
avec 58 portraits de musiciens). Get ouvrage, 
fruit d'un travail de seize annees, fut d'abord 
relegue au second plan par celui de Burney, 
bien que celui-ci se fut servi pour les volumes 
II a IV de sa « General history of music » de 



Touvrage de H. (le vol. I pamt en meme temps 
que Touvrage complet de H.); mais il fut 
r6edite en 1875. H. n'etait pas musicien, bien 
qu'on le compte parmi les fondateurs de la 
« Madrigal Society » (1741) ; aussi dut-il en 
realite confier la partie vraiment musicale de 
son travail a des musiciens de profession : a 
Boyce, par exemple, le choix des nombreux 
morceaux de musique intercales, a Cooke la 
transcription des anciennes notations, etc. Le 
merite personnel de H. reside surtout dans la 
compilation consciencieuse et raisonnee de 
citations, qui donnent a son ouvrage la valeur 
d'une riche collection de materiaux pour This- 
toire de la musique. En outre, il faut rappeler 
une monographic du meme auteur sur Gorelli 
(dans le « Universal Magazine of knowledge 
and pleasure », avr. 1777). En 1772, H. avait ete 
anobli (Sir). 

Haydn, 1. Franz-Joseph, n6 a Rohrau s'Lei- 
tha, dans la nuit qui precede le l« r avr. 1732, 
m. a Vienne le 31 mai 1809; le deuxieme des 
douze enfants d'un charron peu fortune, qui 
etait lui-meme bon musicien, il montra de tres 
bonne heure des dispositions extraordinaires 
pour la musique, et fut initie par un cousin, 
l'instituteur Frankh a Hainburg, homme tres 
severe, d'abord au chant, puis au jeu de divers 
instruments. En 1740, Reutter, maitre de cha- 
pelle de Teglise St-Etienne et compositeur de la 
cour, decouvrit le jeune gar^on, qui etait alors 
dou6 d'une jolie voix de soprano, et il rem- 
mena avec lui a Vienne comme enfant de 
chceur a l'6glise St-Etienne ; c'est la que H. re- 
gut, a cote de Tenseignement du chant, du piano, 
et du violon, une bonne instruction primaire, 
mais, fait curieux, il n'eut aucune lecon de 
theorie musicale. Une ou deux fois seulement, 
Reutter le fit venir aupres de lui et lui expliqua 
plusieurs choses interessantes. Mais le petit 
homme n'en composait pas moins deja avec 
entrain et s'essayait a des devoirs dithciles. En 
1745, son frere Michael (v. plus loin) vint aussi 
a Vienne comme enfant de choeur, et Joseph re- 
gut la mission de lui enseigner les elements de 
la musique; Michael le remplaga complete- 
ment comme soprano-solo, et, comme sa voix 
commengaif a muer, H. fut simplement ren- 
voye a la premiere occasion. Quelques legons 
particulieres procurerent au jeune homme, a 
peine age de dix-huit ans, les moyens de se 
louer une petite mansarde, et il se remit avec 
un zele toujours croissant a Tetude de la com- 
position. II remplit quelque temps, chez Por- 
pora, le poste d'accompagnateur, y fut traite 
tout a fait comme un domestique, mais regut 
quelques lemons de composition el fut mis, par 
Porpora, en relations avec Wagenseil, Gluck et 
Ditlersdorf. G'esl a cette epoque que ses com- 
positions, en premier lieu des sonates mantis- 
critespour piano, commencerent a se repandre. 
La premiere idee de composer des quatuore 
pour instr. a archetlui fut donnee par K.-J. de 
Furnberg qui donnait de petites auditions mo- 
sicales, dans son domaine de. Weinzieri. H. 
ecrivit son premier quatuor (si maj.) en 1750. Le 



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HAYDN 



339 



baron de Fftrnberg lui procura, en 1759, la place 
de directeur de musique de la chapelle privSe 
dn comte Morzin, k Lukavec, pr6s de Pilsen, et 
H.,avec un traitement de 200 florins, put songer 
k se crter un foyer ; son choix, h&as ! fut tr6s 
malheureux, car sa femme, Marie-Anne, fille 
du coiffeur Keller, k Vienne, 6tait imp^rieuse, 
querelleuse, bigotte, et n'avait pas le moindre 
sens musical. Pendant. quarante ans (1760-1800) 
H. subit avec resignation le joug de cette 
femme detestable qui, de plus, ne lui donna 
pas d'enfants. G*est k Lukavec, en 1759, que H. 
ecrivit sa premiere symphonic (H maj.), et s'il 
n'a pas 6t6 le premier qui ait 6crit des quatuors 
et des symphonies, aucun de ses pr6d6cesseurs 
du moins (cf. Sammartini, Gossec, Gr6try) n'a 
cultiv6 cette forme musicale sur une aussi 
grande gchelle, ni 6crit des oeuvres d'une fral- 
cbeur et d'une jeunesse aussi imp£rissables. 
Malheureusement le comte dut, au bout de 
quelque temps, cong£dier son orchestre; H. 
resta done ainsi quelques mois sans place, 
puis fut appeie, encore en 1761, par le prince 
Paul-Antoine Esterhazy (m. en 1763), comme 
second maltre de chapelle (avec Werner), k 
Eisenstadt, oh le prince entretenait une cha- 
pelle particuli&re de seize musiciens, laquelle 
fut ensuite port6e par le prince Nicolas- 
Joseph jusqu'4 trente musiciens (sans compter 
les chanteurs). Werner mourut en 1766 et H. 
devint seul directeur ; en 1769, Torchestre fut 
transfer^ dans le luxueux ch&teau d'Esterhaz, 
au bord du lac de NeusiedeL H. s'Stait achet6 k 
Eisenstadt une petite maison qui brflla deux 
fois, mais fut reMtie par le prince. Le 28 sept 
1790, le prince Nicolas-Joseph mourut, et son 
flls et h^ritier, le prince Antoine, licencia l'or- 
chestre, mais conserva k H. le titre de maltre 
de chapelle, en m£me temps qu'il augmentait 
de 400 florins la rente annuelle de 1000 florins 
que lui avait seme le prince d£c6d£. H. vendit 
sa maison d'Eisenstadt et 61ut domicile k Vien- 
ne. Se trouvant ainsi dans une position inde- 
pendante, car le prince Antoine lui avait de 
lui-m&me accords un cong6, H. r£poudit enfin 
k plusieurs invitations qui lui 6taient adressees 
d'Angleterre. Ses deux voyages en Angleterre 
(1790-1792 et 1794-1795; sont aussi mSmorables 
dans l'histoire de la vie du maltre, par le fait 
que ce furent les deux seules et uniques fois 
qu'il franchit la fronttere de l'Autriche. La 
direction des « Professional Concerts » ( W. 
Cramer) avait d6jA cherchS en vain, en 1787, k 
attirer H. k Londres ; ce fut le violoniste Salo- 
mon, qui organisait k Londres des concerts 
d'abonnement, qui rtussit k persuader H., en 
lui parlant personnellement, et k l'emmener 
tout de suite avec lui (15 d£c. 1790). II garantis- 
sait k H. 700 livres sterl., pour lesquelles H. 
s'engageait k diriger personnellement six nou- 
velles symphonies, k Londres. Le succ£s rSpon- 
dit enticement k l'attente ; H., extraordinaire- 
ment f£t£, nona d'avantageuses relations avec 
divers 6diteurs et se trouva amen£ k signer 
avec Salomon un contrat encore plus avanta- 
geux pour 1792. II passa l'6t6 et l'automne dans 



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les propri&es de hauts personnages anglais, qui 
rivalislrent de prevenances et detentions de 
tout genre et combl^rent le maltre de presents 
de valeur. H. n'Schappa point non plus k la 
promotion au titre de « Docteur • de l'Universit6 
d'Oxford (8 juiL 1791); e'est pendant cette c6r6- 
monie que fut ex6cut£e la symphonie qui a 6te 
nomm£e depuis « Oxford Symphonies. Lase- 
conde saison se passa aussi de la manure la 
plus brillante. Les « Professional-Concerts » de 
ieur crtti prirent part, avec entrain, en 1791 
comme en 1792, au culte de H., en executant 
celles des oeuvres du maltre qui avaient paru, 
et rivalisdrent ainsi fort bien avec les concerts 
de Salomon. D est vrai qu'en 1792, on appela k 
Londres Pleyel, l'£l£ve de Haydn, dans le but 
de faire concurrence k ce dernier ; mais il nV 
eut pas de conflit. A la fin de juin 1792, sur les 
instances du prince Esterhazy et sur celles de 
sa femme, qui voulait absolument acheter une 
maison k Vienne, H. se d£cidait enfin k rentrer 
chez lui ; k Bonn, oil, sur son passage, Torches- 
tre de l'Electeur lui offrit un dejeuner, il fit la 
connaissance du jeune Beethoven qui devint 
peu apres son 61£ve. De Bonn, H. se dirigea 
sur Francfort ou le prince Esterhazy lui avait 
ordonnS de se rendre, pour le couronnement de 
Tempereur Francois IL A la fin de juillet, il 
rentra avec le prince, k Vienne, oil Mozart, 
avec lequel il 6tait li6 d'amitte, 6tait mort pen- 
dant son absence (5 d6c. 1791). Beethoven arriva 
k Vienne en novembre 1792 et suivit l'enseigne- 
ment de Haydn pour la composition, jusqu'au 
deuxi£me voyage du maltre en Angleterre.H., 
qui avait 6t£ f6t£ k l'&tranger, fut alors aussi 
combl6 d'honneurs dans sa palrie. Le 19 janv. 
1794, il entreprit cependant, sur de nouvelles 
instances de Salomon, le second voyage k Lon- 
dres et passa de nouveau deux saisons de con- 
certs dans la capitale anglaise, et Tintervalle 
dans des domaines, etc.; il repartit en aoftt 
1795 pour Vienne, en passant par Hambourg, 
Berlin etDresde.Entre temps, le comte Harrach 
avait fait 6riger k Rohrau, la patrie de H., un 
monument portant le buste du musicien. Le 
retour de H. avait, du reste, 6t6 pr6cipit6 par 
le prince Nicolas Esterhazy (le prince Paul- 
Antoine 6tait mort le 22 janv. 1794) qui r6tablit 
Torchestre et confia de nouveau k H. les fonc- 
lions de maltre de chapelle. Toutefois, celui-ci 
n'itait pas encore rirriv6 k TapogSe de sa gloire 
artistique : il avait soixante-cinq ans passes, 
lorsqu'il ecrivit La Creation et Les Saisons, 
ses deux plus grandes oeuvres. Toutes deux 
sont composes sur des traductions de po£mes 
anglais, La Creation d'aprte un po6me de Lid- 
ley, tir6 du «Paradis perdu* de Milton; Les 
Saisons d'apr£s un po&me de Thomson ; tra- 
duits en allemand par van Swieten. La Crea- 
tion fut ex6cut6e pour la premiere fois les 29 et 
80 avr. 1798, Les Saisons le 2i avr.1801 (dans le 
palaisdu prince Schwarzenberg). Mais peu dpeu 
lesatteintes deluge se faisaient sentir chezH.;sa 
force de travail se rel&cha et, dans les dernidres 
annSes, il ne put plus que rarement quitter sa 
chambre. H mourut peu de jours aprds l'entr£e 

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340 HAYDN 

des Francais a Vienne pour ce coeur attache 
fldeiement a l'empereur et a son pays, l'occu- 
pation ennemie fut une douleur am^re. L'im- 
portance extraordinaire de H. dans l'histoire 
de la musique reside dans le fait qu'il perfec- 
tionna les formes modernes de la musique ins- 
trumentale, pour laquelle il avait eu,il est vrai, 
dans les flls de J.-S. Bach, des precurseurs tres 
entreprenants. L f on sent palpiter dans la muni- 
que de H. toute la vie viennoise, depuis la ten- 
dresse la plus naive jusqu'aux joies les plus 
follement extravagantes ; mais, mfcine lorsqu'il 
fait vibrer des cordes plus graves ou plus pas- 
sionnSes, il d^passe de beaucoup ses contem- 
porains et conduit directement a Beethoven. 
Son m6rite, en outre, est d'avoir individualist 
les instruments d'orchestre et de les avoir dotes 
chacun de leur langage propre. Dans ses sym- 
phonies, nous entendons non settlement des 
successions de sons, des accords, mais aussi 
un dialogue expressif entre des Moments vi- 
vants, de caractere et de temperament divers. 
Le nombre des oeuvres de H. est immense ; il 
n'existe pas encore d'edition complete. H. n'a 
pas ecrit moins de 125 symphonies (y compris 
les ouvertures) ; les premieres sont d'une or- 
chestration rudimentaire : outre les cordes, deux 
hautbois et deux cors settlement, tandis que les 
grandes symphonies anglaises comprennent 
l'orchestre a cordes, une flule, deux hautbois, 
deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux 
trompettes et des timbales. Certaines sympho- 
nies sont connues sous des noms sp£ciaux: 
celle du « coup de timbale » (1791), celle du 
troulement de timbales* (1795), l'« Oxford- 
Symphonie* (1788), 1' « Abschiedsymphonie » 
(1772), « La Chasse» (1780), la «Militaire», la 
i Reine»,la « Symphonie enfantine » et d'autres. 
Sa Passion inslrumentale : Les sept paroles du 
Christ (6crite pour Madrid) appartenait origi- 
nairement aux symphonies (elle a ete plus tard 
transcrite pour quatuor d'instr. a archet et ar- 
rang^e par Michael H. en oratorio) ; H. comp- 
tait, en outre, lui-meme parmi ses symphonies 
ses nombreux (66) divertissements, cassations, 
sextuors, etc. De plus, il faul encore noter 20 
concertos pour piano et divertissements avec 
piano, 9 concertos pour violon et 6 pour violon- 
celle, enfln 16 concertos pour d'autres instru- 
ments (contrebasse, baryton, lyre, flute, cor), 
77 quatuors pour instr. a archet, 35 trios pour 
piano, violon et violoncelie,3 trios pour piano, 
flute et violoncelle,30 trios pour instr. a archet 
ou d'autres combinaisons, 4 sonates pour vio- 
lon, 175 morceaux pour baryton (v. ce mot), 6 
duos pour violon et alto, 58 sonates et divertis- 
sements pour piano, des variations (a remar- 
quercelles en fa min., presque du Beethoven), 
des fantaisies, etc., pour piano seul (v. Tedition 
la plus complete des oeuvres pour piano de 
Haydn, redigSe par II. Riemann, en 6 volumes, 
chez Augener «fc O, a Londres), 7 nocturnes 
pour lyre (v. ce mot), puis des menuets, alle- 
mandes, marches, etc. En tete des (puvres vo- 
cales sont les deux oratorios : La Creation et 
LesSaisons; mais II. a ecrit en outre un ora- 



torio : It ritorno di Tobia, 14 Messes,27fe€teum, 
13 offerloires, un Stabat mater, plusieurs Salve, 
Ave, des chants religieux, des motets, etc , quel- 
ques cantates de circonstance, entre autres : 
Deutschlands KJLage aufden Tod Friedrichs d. 
Gr., pour une voix seule, avec baryton. H. a 
aussi compose 24 operas, la plupart d'entre 
eux destines, il est vrai, a Eisenstadt et en rap- 
port avec les modestes proportions du theatre 
de marionnettes des Esterhazy. L'auteur lui- 
m£me ne desirait pas qu'ils vissent le feu de la 
rampe. Un seul, La vera constanza (1776), fut 
ecrit pour le theatre de la cour, a Vienne, 
mais la representation en fut alors empechee : 
la partition autographe, que Ton croyait perdue, 
a ete retrouvee en 1879, parmi les manuscrits 
que le Conservatoire de Paris acquit a la dis- 
solution du Theatre italien (il avait ^t^ donne a 
Paris, en 1791, sous le titre de Laurette; v. Rie- 
mann, Opernhandbuch)). En 1794, H. avait 
commence a Londres un Orfeo, mais il le laissa 
inacheve. Un autre opera, Lo spezicUe, donne 
en 1768 chez les Esterhazy et en 1770 a Vienne, 
a 6tc» exhume de nos jours par le D r Hirschfeld, 
a Vienne (1895), qui l'a traduit en allemand 
(Der Apdtheher) et de deux actes l'a condense 
en un seul; il a ete donne pour la premiere fois, 
sous cette forme, au Theatre de la cour. a 
Dresde, le 25 juin 1895. Outre ses operas, H. a 
ecrit encore une quantite d'airs de concert, une 
scene pour une voix seule (Ariadne auf Na- 
xos) y 36 lieder, une collection de lieder ecos~ 
sais et une autre de lieder du pays de Galh*s 
(trois voix avec piano, violon et violoncelle), 
les Dix Commandements (connus aussi sous le 
titre : Die zehn GeselzederKtmst, canons pour 
chant) et, de plus, des duos et des chants a 
trois et a quatre voix. Dans ses jeunes annees 
surtout, H. s'est fort peu inquiete de redition 
de ses oeuvres, et beaucoup d'entr'elles ont ete 
imprimees sans m^me qu'il le sache : c'est ce 
qui explique aussi que, surtout a retranger, 
des o?uvres dauteurs quelconques ont pu pa- 
rattre sous 3on nom, sans qu'il formulat la 
moindre reclamation. La vie et les oeuvres de 
H. ont fourni matiere aux ouvrages suivants : 
S. Mavr, Breri notizie storiche delta vita e 
delle opere di Gius. R. (1809); A.-K. Dies, Bio- 
graphische Nachrichten von J. H. (1810); G.-A. 
(iriesinger, Biofjraphxsche Notizen uber J. H., 
(1810); G.Carpani, Le Haydine (1812 et 1823: 
ed. franc- par Mondo); Th.-G. Karajan, J. H. in 
Londm 1791 und 1792 (1861); K.-F. Pohl, Mo- 
zart und H. in London (1867). Une biographie 
plus vaste du maltre a ete commencee par 
K.-F. Pohl ( Joseph #., 1 vol. 1™ moitie 187r> ; 
2 e moitie 1882) ; l'achevement de cet ouvrage a 
ete eutrepris par E. v. Mauduczewski). Le 31 
mai 1887, la ville de Vienne a inaugure un mo- 
nument, de Natter, erige en memoire de II. — 
I 2. Johann-Michael, frere du precedent, ne a 
| Rohraule 14 sept. 1737, m. a Salzbourg le 10 aout 
I 1806; de 1742 a 1745, il fut enfant de chceur et 
I soprano-solo de Teglise St-Etienne, a Vienne, 
j devint en 1757 maltre de chapelle de reveche, a 
j Grosswardein, et, en 1762 maltre de chapelle 



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HAYES — HEBENSTREIT 



341 



de 1'archevAque, k Salzbonrg, oil il fat nomm6 
ensaite concertmeister et organiste de la ca- 
thMrale. II garda jusqu*& sa mort cette situa- 
tion tr&s honorable et refiisa toutes les offres 
d'ailleurs. H s'&ait mari^, tres heureusement, 
avec la fllle da rnaitre de chapelle de la cathS- 
drale, Marie-Madeleine Lipp, excellente canta- 
trice (soprano) ; il avail, en outre, en la personne 
da cur6 Rettensteiner an excellent et fidele ami. 
H. v£cat ainsi pendant quarante-quatre ana, 
heurenx et hautement estim6 comme composi- 
teur, k Salzbourg. Michael H. s'est surtout dis- 
tingue dans le domaine de la musique d'^glise ; 
il a compost 24Messes en latin et 4 en allemand, 
2 Requiem, 114 graduels,67 offertoires, ainsi que 
beaucoup de r£pons, de cantiques de v^pres, de 
litanies, etc. Ajoutons encore k cela: des canons 
& 4 et a 5 voix, des lieder, des chceurs, des can- 
tates, des oratorios et plusieurs operas. £n fait 
d'oeuvres instrumentales (qui restent bien loin 
en arri&re de celles de son fr£re), on a conserve 
de lui : 80 symphonies, quelques s6r6nades, des 
marches, des menuets, 8 quatuors pour instr. 
k archet, un sextuor, plusieurs parties (suites) 
et 50 preludes pour orgue. Quelques-unes de 
ses compositions ont paru sous le nom de son 
fr&re Joseph. Du reste, il s'opposait 6nergique- 
ment k Timpression de ses oeuvres et refusa 
m&ne les offres de Breitkopf et H&rtel, en sorje 
que la plupart de ses compositions sont rest&es 
manuscrites. En 1888, un b£n£dictin de Salz- 
bourg, Martin Bischofsreiter, publia sous le 
titre : Partitur-Ftvndamente, des exercices de 
basse chiffree que H. avail 6cril pour ses 61£ves. 
Parmi ces defniers,il faut titer particuli&rement 
C.-M. de Weber el Reicha. 

Hayes. 1. William, n6 k Hescham en 1707, m. 
& Oxford le 27 juil. 1777; fut d,'abord organiste 
k Schrewsbury, puis devint en 1781 organiste 
de la cath&drale de Worcester, en 1784 orga- 
niste et maltre de chceur au « Magdalenencol- 
lege » d'Oxford. Promu en 1735 bachelier £s 
musique, il succ£da, en 1742, k Goodson, comme 
titulaire de la chaire de musique, k Oxford et 
fut nomme docteur &s musique en 1749. H. a 
compose des psaumes, des glees, des catches, 
des canons (couronn£s plusieurs fois par le 
« Catchclub »); il fut le collaborates de Boyce, 
pour sa Cathedral music et a £crit : Remarks 
on Af* Avison's Essay on musical expression 
(1762) et Anecdotes of the five music-meetings 
(1768). — 2. Philipp, fils du prudent, n6 k 
Oxford en avr. 1738, m. k Londres le 19 mars 
1797; fut nomm£ bachelier 6s musique en 1768, 
devint en 1767 membre de « Chapel Royal » 
(chapelle vocale royale de St-James) ; succ£da, 
en 1777, k son p&re, comme organiste et profes- 
seur, et fut promu en m&me temps au grade de 
docteur. D mourut k Londres, oh il s*6tait rendu 
pour une f6te de musique, et fut enseveli en 
grande pompe, dans F6glise St-Paul. H. a com- 
post des anthems; des psaumes ;un oratorio: 
Prophecy; une ode k Ste-C6cile; une masca- 
rade : Telemachus ; Harmonia Wiccamica 
(chante au meeting de Wykehamistes); publie 
une anthologie de musique d'eglise et terming 



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les «M6moires du due de Gloucester », com- 
mences par Lewis. 

Haym, 1. (Hennius), Gilles, chantre de la 
chapelle et chanoine, k Ltege, plus lard maltre 
de chapelle de TElecteur, k Cologne, et, en der- 
nier lieu, du due de Pfalz-Neubourg, a public : 
Hymnus & Casimiri (k 4 et 8 voix, 1620); 
Motetta sacra (k 4 voix, avec continuo, 1640) ; 
quatre Missce solemnes (k 8 voix, 1645) et six 
Missce 4 vocum (1651). — 2. (Aimo) Niccolo- 
Francesco, n6 de parents allemands, k Rome, 
vers 1679, m. k Londres le 11 aotit 1720, re$ut 
une excellente Education et etudia sp^cialement 
la poSsie et la musique. En 1704, il vint^ Lon- 
dres oix il s'associa avec Clayton et Dieupart, 
pour Tintroduction k Londres de Fop£ra italien. 
En 1706, on put entendre de lui un op6ra, Ca- 
milla ; en 1711, un second : Etearco; il arrangea 
en outre quelques autres operas italiens (d'A. 
Scarlatti, Bononcini, etc.). A la representation 
d' « Arsinoe », de Clayton, H. jouait une partie 
de violoncelle. Tous ces operas 6taient cbant6s 
moitte en anglais, moiti6 en ilalien. L'arrivee k 
Londres de Haendel (1711) donna k l'entreprise 
un coup mortel ; la protestation contre le nou- 
veau style de < Rinaldo » n'eut pas de r£sultat. 
Apr£s avoir v6cu quelque temps en Hollande, 
H. revint k Londres, entra en rapports avec 
Haendel et 6crivit pour lui toute urfc serie de 
libretti d'op&ra; il en livra du reste aussi 
quelques-uns k Ariosti et k Bononcini. H. 6tait 
excellent numismate ; il a public une descrip- 
tion de monnaies rares (1719-1728, 2 vol.). II a, 
de plus, £crit : Notizie de librirari nella lingua 
italiana (1726 [1771]), et publte deux cahiersde 
sonates pour deux violons avec basse, ainsi que 
le prospectus d'une < Histoire de la musique >. 

Heap, Charles-Swinnerton, n6 k Birmin- 
'gham en 1847, boursier de la fondation Men- 
delssohn de Londres ; fut, de 1865 k 1867, 61dve 
du Conservatoire, de Leipzig (Moscheles, Rei- 
necke) puis, en 1867, encore £16ve de Best, k Li- 
verpool, pour Torgue. II habite depuis 1868 Bir- 
mingham, oil il est estimS comme chef d'or- 
chestre et comme pianiste. H. fut nomm£ en 
1870 D* mus. (Cambridge) ; il a 6crit des oeu- 
vres de musique de chambre, des ouvertures, 
des cantates, des anthems, des morceaux pour 
orgue, des lieder, etc. 

Hebenstreit, Pantaleon, n6 k Eisleben en 
1669, m. k Dresde le 15 nov. 1750 ; violoniste et 
maitre de danse, connu comme inventeur de 
Tinstrument nomm6 d'apr£s lui • Pantaleon » 
ou t Pantalon » (v. ce mot), sorte de tympanon 
agrandi et perfection^. H. construiBit cet ins- 
trument k Mersebourg, oil il s'6tait r6fugi6 
apr&s avoir quitte Leipzig pour cause dedettes; 
il fit d6s 1705 des tourn^es de concerts avec le 
< pantalon » et fit sensation k la cour de Louis 
XIV (ce fut ce dernier qui baptisa Tinstrument) 
et ailleurs. En 1706, il £tait engag6 k Eisenach, 
comme directeur de musique et maitre de cha- 
pelle de la cour, puis en 1714 k Dresde, comme 
musicien de la chambre. L'instrument de H. 
disparut naturellement, lorsque le piano se fut 
d£velopp6 sur ses donnees. 

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342 



HECHT — HEIDINGSFELD 



Hecht, Eduard, excellent pianisle, n6 a Dtirk- 
heim (Palatinat rhenan) le 28 nov. 1832, m. a 
Didsbury, pr6s de Manchester, le 7 mars 1887, 
fit son Education musicale a Francfort s/M. et 
fut, pendant de longues ann&es, directeur de 
choeur A Manchester et A Bradford, puis, A 
partir de 1875, professeur d'harmonie au 
« Owen College » ; il a aussi compost. 

Heckel, Wolff, maitre de luth A Strasbourg, 
a public en 1562, A Strasbourg, un Lautenbuch 
qui compte parmi les plus interessants monu- 
ments de Tancienoe musique instrumentale 
(exemplaire A la Bibliotheque municipale de 
Hambourg). 

Heckmann, Georg-Julius-Robert, excellent 
violoniste, ne a Mannheim le 3 nov. 1848, m. A 
Glascow (pendant une tournee) le 29 nov. 1891 ; 
de 1865 A 1867, eieve du Conservatoire de Leip- 
zig (David); de 1867 A 1870, violon-alto del't Eu- 
terpe » A Leipzig. H voyagea quelque temps 
ensuite et v^cut des 1872 a Cologne, comme 
concertmeister (jusqu'en 1875, et une seconde 
fois, peu de temps, en 1881) et chef d'un quatuor 
A cordes renomm6. Peu avant sa mort(l891), il 
avait accepte le poste de concertmeister A Br&- 
me. — Sa femme, Marie, n6e Hebtwig, n6e A 
Greiz en 1843, m. A Cologne le 23 juil. 1891, etait 
une excellente pianiste. 

H6douU, Pierre, ne A Boulogne le 28 juil. 
1789, avocat A Paris, m. en d6c. 1868 ; poete et 
auteur d'un grand nombre de livrets d'op£ras, 
textes de romances, etc., collaborates des 
Annates Romantiques, des Annates Archeolo- 
giques et de plusieurs journaux de musique, 
compositeur d'une foule de romances, a &crit : 
ELoge historique de Monsigny (1821) ; Gossec, 
sa vie et ses ouvrages (1852) ; De t 'abandon des 
anciens compositeurs ; Ma premiere visite & 
Gretry; Richard Cceur-de-Lion 9 de Gr&try; 
Lesueur; Meyerbeer a Boulogne- sur - Mer ; 
Paganini; Joseph Dessauer; Trois anecdotes 
musicates (sur Lesueur, M 116 Dugazon et Gluck), 
les huit derniers Merits ont paru dans la collec- 
tion de ses articles divers, publics sous le titre 
de Mosaique (1856); puis il faut ajouter : Gtuck y 
son arrivte en France (1859), etc. 

Heeringen, Ernst von, n6 A Grossmehlra, 
pr6s de Sondershausen, en 1810, m. A Washing- 
ton le 24 d6c. 1855 ; tenta, en 1850, une r£forme 
de la notation musicale (suppression des p et 
des $ ; notes blanches pour les sept sons fonda- 
mentaux, noires pour les cinq sons interme- 
diaires ; simplification des indications de mou- 
vement, de Tarmure, etc.). Navre de Tinsucces 
de ses projets, il partit pour TAm^rique ou il 
mourut. 

Heermann, Hugo, ne a Heilbronn le 3 mars 
1844; sa m&re etait tres bien donee pour la mu- 
sique, en sorte qu'il se pr^para de bonne heure- 
A la carriere de musicien (violoniste). II suivil 
pendant cinq ans les cours du Conservatoire 
de Bruxelles, sous la direction de Meerts, de 
Beriot et Fetis, et sejourna encore trois ans A 
Paris, pour son perfectionnement. Aprds des 
tourn£es de concerts couronnees de succes, il 
fut appele en 1865, comme concertmeister A 



Francfort s/M. oil, depuis la fondation du Con- 
servatoire Hoch (1878), il est en outre premier 
maitre de violon de cet etablissement. H. est un 
interpr&te consciencieux et deiicat plutdt que 
passionne. Le quatuor d'instr. A archet qu'il 
dirige (Narel-Koning, Welcker, Hugo Becker) 
est Tun des meilleurs de notre epoque. 

Hegar, 1. Friedrigh, nh A BAle le 11 oct 1841 ; 
son pdre etait marchand de musique et l'envoya, 
de 1857 a 1861 au Conservatoire de Leipzig. II 
fut ensuite quelque temps concertmeister de 
l'orchestre Bilse ; puis, apr£s un court s£jour a 
Baden-Baden et A Paris, directeur de musique 
a Gebweiler (Alsace). H. vit depuis 18(33 A Zu- 
rich oil il fut d'abord concertmeister, puis, a 
partir de 1865, directeur des concerts d'abonne- 
ment, et depuis 1868 premier chef de l'orchestre 
de la ■ Tonhalle >.Ua rempli en outre pendant 
vingt ans (1876-1896) les fonctions de directeur 
de l'Ecole de musique de Zurich, dont il est au- 
jourd'hui directeur honoraire. De 1875 A 1877 
et de nouveau de 1886 A 1887, H. a dirige la 
societe chorale d'hommes «Harmonie»; il a 
conduit du reste A diverses reprises plusieurs 
autres soci&t&s chorales d'hommes et a su ac- 
querir dans ce domaine une tr6s grande popu- 
larity. Le Choeur mixte qu'il dirige encore au- 
jourd'hui, A Zurich, donne chaque ann£e des 
executions hors ligne des chefs-d'oeuvre de la 
literature ancienne ou moderne; et e'est en 
majeure partie A II. que Zurich est redevable 
de son bon renom musical De plus H. a 
donn£ des lemons de chant A l'Ecole cantonale, 
et public lui-m&me des Gesangsiibungen und 
Lieder fur den Unterricht. Parmi ses compo- 
sitions, il faut citer : un oratorio Manasse ; une 
Ouverture de t$te y pour orchestre; un con- 
certo pour violon, en re maj.; de la musique 
de chambre; el tout particulterementdeschceurs 
pour voix d'hommes (Totenvolh et d'autres) 
d'un tr6s grand effet — 2. Emjl, fr^re du pre- 
cedent, n^ A B&le le 3 janv. 1843, 616ve du Con- 
servatoire de Leipzig, devint en 1866 premier 
violoncelliste A l'orchestre du Gewandhaus et 
maitre de violoncelle au Conservatoire, mais il 
dut, A cause d'une affection nerveuse, renoncer 
A son instrument, sur lequel il etait trto remar- 
quable, et etudia le chant D vit A present 4 
B&le, ou il remplit les fonctions de maitre de 
chant A l'Ecole de musique. — Un troisi&me 
fr^re, Julius, est premier violoncelliste de l'or- 
chestre de la c Tonhalle », A Zurich. 

Hegner, Otto, ne A B&le le 18 nov. 1876, fils 
d'un musicien, 616ve de Franz Fricker, Hans 
Huber et Glaus, en cette ville, se fit entendre de 
bonne heure, comme pianiste, A Bruxelles, Ba- 
den-Baden, puis a partir de 1888 aussi en An- 
gleterre et en Amerique, et a la fin de 1890 aux 
concerts du Gewandhaus, a Leipzig. II a aussi 
debute tres jeune comme compositeur (avec 
quelques pieces de piano). Sans avoir donne 
tout ce que semblait promettre l'enfant prodige, 
H. est actuellement un pianiste de talent 

Heidingsfeld, Ludwig, compositeur de talent, 
ne A Jauer le 24 mars 1854 ; 616ve du Conserva- 
toire Stern, il devint directeur de musique A 



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HEINEFETTER 



HEINTZ 



343 



Glogau en 1878, et i Liegnitz en 1884. II est 
maintenant maitre au Conservatoire Stern, k 
Berlin (H. a 6crit des oeavres d'orchestre et de 
piano, de jolis lieder, etc.). 

Heinefetter, Sabinb, c£l&bre cantatrice sdtai- 
que, n6e k Mayence le 19 aotlt 1809, m. dans la 
maison de sant6 d'lllenau le 18 tevr. 1872 ; elle 
fat c decouverte », alors'qu'elle 6tait petite har- 
piste d'ane troupe ambnlante, d£buta en 1825 
A Francfort s/M., puis chanta k Gassel sous la 
direction de Spohr. Plus tard elle &udia chez 
Tadolini, k Paris, ainsi qu'en Italie la m&hode 
de chant italienne, et, apr£s de brillantes re- 
presentations k Paris (Op6ra italien), Berlin 
etc., fut engagfo 4 Dresde en 1885; mais elle 
reprit ddjd l'ann6e suivante ses voyages. En 
1842, II. se retira de la sc£ne et 6pousa en 1853 
on M. Marquet, k Marseille. Ge ne fut que peu 
de temps avant sa wort que se d£clara sa ma- 
ladie mentale. Sa sceur Klaka. (de son nom de 
femme: St8kel), n6e le 17 ttvr. 1816, elle aussi 
cantatrice excellente, mourut 6galement dans 
une maison de sant6 (k Yienne, le 28 f6vr. 
1857.) — Une troisi&ne sceur, Kathinka, n6e en 
1820, m. le 20 die 1858, se produisit aussi com- 
me cantatrice, k Paris et k Bruxelles, avec suc- 

Heinemeyer, Ernest- Wilhklm, ni k Hano- 
vre le 25 tevr. 1827, m. k Vienne le 12 ttvr. 1869; 
fils du il^tiste Christian H. trds avantageuse- 
ment connu(n6 k Gelle en 1796, m. a Hanovre, 
comme musicien de la chambre royale, le 6 
d6c 1872), fut engage comme flfttiste en 1845, k 
cote de son p6re, dans la chapelle de la cour, 
puis en 1847 comme premier fl filiate de la cha- 
pelle imp6riale k St-P6tersbourg. En 1859, H. 
fit valoir ses droits k la retraite et retourna vi- 
vre k Hanovre; mais la haine qu'il avait contre 
la Prusse lui fit 61ire domicile, apr&s 1886, k 
Yienne. H. a 6crit des concertos, des soli, etc 
pour flMe, qui sont fort estimfe des instrument 
tistes. 

Heinichen, Johann-David, n& k Erossuln, 
prte de Weissenfels, le 17 avr. 1688, m. k 
Dresde le 16 juil. 1729; fit son Education musi- 
cale, en m&me temps que son instruction secon- 
daire, k l'6cole St-Thomas, k Leipzig, sous la 
direction de Schelle et de Kuhnau, mais il 6tu- 
dia aussi le droit et remplit quelque temps, k 
Weissenfels, les fonctions d'avocat. H. aban- 
donna bienidt son 6tude pour rentrer k Leipzig, 
debuta en cette ville comme compositeur d'op6- 
ras et publia une m£thode de basse chiffr6e 
(Neu erfundene und griindliche Anvoeisung, 
etc, 1711; 2« &L sous le litre Der Oeneralbass 
in der Komposition, oder Neu erfundene, etc. 
1728). L'ouvrage fit parler de lui, et un conseil- 
ler de Zeitz, Buchta, s'offrit k prendre gratuite- 
ment H. avec lui en Italie, afin qu'il put y 6tu- 
dier encore le genre sc£nique. II v£cut en Italie, 
de 1718 k 1718, sijournant surtout k Venise ou 
il fit jouer plusieurs operas (il avait £t6, entre 
temps, engage k la cour de Goethen, et avait 
voyag6 avec le prince en Italie). D accepta, en 
1718, un engagement comme mattre de chapelle 
de la cour d'Auguste-le-Fort, de Saxe et Polo- 



gne, et v6cut depuis lors et jusqu f a sa mort, k 
Dresde. Cependant, il n'eut k diriger FOp6ra 
que pendant peu de temps, car il se brouilla en 
1720 avec Senesino, et le roi dut dissoudre la 
troupe, en sorte qu'il ne resta k H. que les fonc- 
tions de directenr de musique d'6glise. Ge ne 
fut qu'en 1784 que l'Op&ra se rouvrit (v. Hassb, 
2)..H. 6tait un excellent contraponti3te. La col- 
lection royale de musique, k Dresde, renferme 
de lui 7 Messes, 2 Requiem, 6 s6r£nades, 57 
cantates, 11 concertos et 8 operas. 

Heinrich, Joh.-Georo, n£ k Steinsdorf, prds 
Hainan (Siltaie), le 15 d6c. 1807, m. k Sorau le 
20 janv. 1882, fut organisle k Schwiebus et k 
Sorau, et devint directeur royal de musique en 
1876. II a 6crit une Orgeltehre (1861) et Der Or- 
gerlbau-Revisor. 

Heinrichs, 1. Johann-Christian, n£ a Ham- 
bourg en 1760, v6cut de nombreuses ann6es k 
St-P6tersbourg, oil il publia : Entstehung, 
Fortgang und jetzige Beschaffenheit der rus- 
sischen Jagdmusih (1796). — 2. Anton-Philipp, 
(Pere H.), ni k Schdnbiichel, en Boh&me, le 11 
mai 1781, m. k New-York le 8 mai 1861, a com- 
post de nombreuses oeuvres instrumental, 
qui ont en parlie paru k Londres et k Boston. 

Heinroth, Joh.-Augcst-Gunther, n6 a Nord- 
hausen le 19 juin 1780 (son p&re 6tait orga- 
nisle), succeda en 1818 a Forkel, comme direc- 
teur de musique de l'Universit6 de Goettingue 
et mourut en cette ville le 2 juin 1846. H. s'ef- 
forca de supplanter la musique chiffr6e, telle 
qu'elle avait &t& adoptee dans les 6coles popu- 
laires, par une veritable notation simplifl£e; 
cet essai lui rSussit complement, a Hanovre. 
En outre, il a rendu des services, pour la r6- 
forme du chant d'6glise israSlite (avec Jacob- 
son). H. donna de la vie au mouvement musi- 
cal de Goettingue, par la fondation de Concerts 
acadfrniques. Comme compositeur, il n'a pro- 
duit que peu de chose (169 melodies de chorals 
arranges a quatre voix [1829], 6 lieder a trois 
voix, et 6 chceurs a quatre voix d'hommes. Ses 
Merits sont : Gesangunterrichtsmethode fur 
htihere und niedere Schulen (1821-1828 ; 8 par- 
ties); Volksnoten oder vereinfachte lonschrift, 
etc. (1828) ; Kurze Anleitwng das Klavierspiel 
zu lehren (1828); Musihalisches Hilfsbuch fur 
Prediger, Kantoren und Organisten (1888); 
ainsi que des articles dans la « Cfpcilia » de 
G. Weber, le < Universallexikon » de Schilling, 
etc. 

Heinti, Albert, n£ a Eberswalde le 21 mars 
1822, connu par ses etudes sur le d£veloppe- 
ment des motifs dans les drames de Wagner et 
par des paraphrases k deux et k quatre mains 
sur des Ih&mes de Wagner. Ses etudes ont 6t6 
reunies en volumes sous les titres suivants: 
Wegweiser durch die Motivenvcelt der Musih 
zu R. Wagner's Buhnenfestspiel, Der Ring des 
Niebelungen; R. Wagner* s Buhneniceihfest- 
spielj Parsifal, etc. H. est organiste de l'6glise 
St-Pierre, k Berlin, et professeur au Conserva- 
toire Klindworth-Scharwenka. D est un des 
collaborateurs assidus de « l'Allg. Musikzei- 
tung » de Lessmann. 



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344 



HEINZE — HELLER 



Heinze, 1. Gustav-Adolf, n£ k Leipzig le 
1«* oct. 1880 (son p£re etait clarinettiste k l'or- 
chestre da Gewandhaus), fat engage dfyk en 
1885 dans cet orchestre (clarinette), et fit de 
grandes tourn6es de concerts, comme virtuose. 
D accepta en 1844 le poste de second chef d'or- 
chestre au th6Atre municipal de Breslau, et y fit 
reprteenter ses op&ras: Lorelei (1846), et Die 
Ruinen von Tharandt (1847), dont sa femme 
Henruette H.-Berg (nee k Dresde en 1813, m. 
k Nuiderberg, pr£s Amsterdam, en juil. 1892), 
avait 6crit les po&nes. n ripondit, en 1850, &*un 
engagement comme chef d'orchestre de 1'Opera 
allemand, k Amsterdam, et prit dans cette ville, 
en 1853, la direction de ■ l'Euterpe », en 1857 
celle des « Vincentius-Concerte », et en 1868, 
celle de la soci6t6 de chant religieux < Excel- 
sior >. Parmi ses compositions qai jouissent 
d'une certaine notorize, il faut encore citer des 
oratorios : Auferstehung, Sankta Ccecilia, Der 
Feenschleier, Vincentius von Paula; trois Mes- 
ses, trois ouvertures, de nombreuses cantatas, 
des hymnes, des lieder et des choeurs pour voix 
d'hommes. — - 2* Sarah, n6e Magnus, n6e k 
Stockolm en 1899, excellente pianiste, 616ve de 
Kullak, Al. Dreyschock et Liszt, v£cut k Dres- 
de, plus tard k Hambourg, et sejourne, depuis 
1890, de nouveau k Dresde. 

Heise, Peter-Arnold, n6 k Copenhague le 
11 tevr. 1880, m. dans la m£me ville le 16 sept 
1879; fat de 1852 k 18o8 616ve du Conservatoire 
de Leipzig, de 1858 k 1865 mailre de musique k 
Soroe, pais v6cut de nouveau k Copenhague. 
H. &ait un compositeur vocal remarquable; il 
a 6crit surtout des lieder, pais une ballade: 
La Belle au bois dormant, et fit repr^senter 
avec succ&s deux operas : La fille du pacha 
(1869), et Rot et tnartchal (1878). 

Heiser, Wilhelm, compositeur populaire de 
lieder, n& a Berlin le 15 avr. 1816, &tait d'abord 
chanteur sc£nique, puis vecut k Stralsund, k 
Berlin, et k Rostock, remplit de 1858 k 1866 les 
fonclions de maltre de musique au regiment de 
fusiliers de la garde, et s'est depuis lors de 
nouveau enticement consacre k l'enseigne- 
ment du chant. 

Helicon, 1. L'une des montagnes de B6otie, 
consacr6e aux Muses (d'ou le terine de < Muses 
de l'H61icon »), — 2, Chez les Grecs, instr. k 
cordes quadrangulaire, tendu de neuf cordes, 
mais qui cependant, comme le monocorde, ne 
servait qu'aux demonstrations accoustiques et 
n'6tait pas employe dans la musique pratique. 
— 3. Nouvel instrument de cuivre, introduit 
sp£cialement dans la musique militaire, de tr6s 
grandes dimensions (tuba-contrebasse). Son 
tuyau, de perce tr&s large, rev6t une forme cir- 
culate qui permet de porter rinstrument au- 
tour du corps, reposant sur une &paule. II est 
accorde en fa, mi \>, ut et si ty. 

Heller, Stephen, n6 k Budapest le 18 mai 
1818, mort k Paris le 13 janv. 1888 (selon d'au- 
tres, n6 le 15 mai 1814, m. le 15 janv. 1888; les 
nombreux 13 de la premiere version sont en 
effet suspects!): donna de bonne heure des 
preuves de capacity* musicales extraordinai- 



res, en sorte que son p6re l'amena en 1824 A 
Yienne, aupr&s de Anton Halm qui 6tait fori 
appreci£ comme maltre de piano. En 1827, le 
jeune H. 6tait as6ez avanc£ pour pouvoir plu- 
sieurs fois donner des concerts, comme pianiste* 
k Vienne. Deux ans plus tard, il entreprit avec 
son p&re une grande tournee de concerts k tra- 
vers l'Allemagne et jusqu'A Hambourg; mais 
il tomba malade au retour, k la fin de 1830, k 
Augsbourg. II fut da reste si bien accaeilli 
dans cette ville, par quelques families amies 
des arts, qu'il prolongea son sejour aa-del& de 
toute attente; il ne quitta Augsbourg qu'en 
1848, dans la force de l'4ge, et apr£s avoir 
beaucoup travaille k son perfectionnement A 
parlir de cette 6poque, H. v£cut k Paris od il 
entra bientcH en relations amicales avec les 
grands pianistes de Npoque (Chopin, Liszt), 
avec Berlioz, etc.; il acquit aussi rapidement 
une grande reputation soil comme soliste, soit 
comme professeur. Ses compositions, par con- 
tre, ne r£ussirent que lentement k se faire jour, 
bien que Schumann, alors qae H. 6tait encore 
k Augsbourg, eut deji pris fait et cause pour 
elles, dans sa « Neue Zeitschrifl ffir Musik ». 
Les ceuvres de Heller (plus de 150 op., toutes 
sans exception pourle piano) prennent, dans la 
literature moderne du piano, une place k part 
et tr&s importante. Sauf quelques compositions 
faciles et instructives, ou d'autres, musique de 
salon 6crite sur commands dans les premiers 
temps du s6jour de H. k Paris, cette centaine 
de morceaux detaches sont autant de po£nies 
empreints de pure et sincere po£sie. H. ne sau- 
rait atleindre ni l'intensit^ ^'expression pas- 
sionnte, ni Taudace de facture d'un Schumann, 
mais, par contre, il s'616ve au-dessus de Men- 
delssohn par la distinction, l'originalit^ et la 
caractfrristique des id£es; il diff&re, en outre, 
de Chopin par une plus grande clart6 harmo- 
nique et ane plus grande netted de structure 
rythmique. Sa quality propre est le nature], 
plein de fraicheur et de sant£; comme un po&le 
veritable, il s'enivre de la scnteur des bois et 
de la solitude des champs. Le supplement a la 
« Biographie universelle », de F£tis, donne un 
catalogue presque complet des ceuvres de H. ; 
la plupart de ces compositions n'ont que quel- 
ques pages (parfois une ou deux seulement), et 
portent des titres caract&ristiques tels que : 
Dans la foret (op. 86, 128 et 136), Nuits blan- 
ches (op. 82), Promenades dun solitaire (op. 
78 et 89, fen all. Spaziergange eines Einsamen] 
et op. 80 [en alL Wandersiunden], Voyage aw- 
tour de ma chambre (op. 140), Esquisses cTun 
solitaire (op. 152), etc.; en outre, plasiears ta- 
rentelles (op. 53, 61, 85. 137), d'excellentes Etu- 
des (surtout les op. 125, 47, 46, 45, 90, 16 [ran- 
ges ici par ordre de difficult^ progressive j, 
des preludes (op. 81, 119 et 150), quatre somi- 
tes pour piano, trois sonatines, des scherzos, 
caprices, ballades, romances sans paroles, va- 
riations, valses, tyroliennes, mazurkas, etc. 
H. Barbedette a ecrit une esquisse biographi- 
que de Heller (1876); cf. aussi Tart de il flart- 
mann, dans les « Monatshefte » (1859) de Wes- 



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HELLMESBERGER — HELMHOLTZ 



345 



termann (et dans ses Bilder und BUsten). 
Hellmesberger, 1. Gboro (p&re), excellent 
professeur de violon, n6 k Vienne le 24 avr. 
1800, m. k Neuwaldegg, pr6s Vienne, le 16 ao&t 
1873; fit sa premiere Education musicale com- 
me soprano k la Chapelle de la cour imp£riale, 
puis entra, en 1820, au < Conservatoire des amis 
de la masique » (Boehm). En 1821, il y 6tait nom- 
m6 maitre suppliant, puis en 1825 titulaire de 
la classe de violon ; enfin, en 1883, il re$ut le 
titre de « professeur » (il a 6t6 le maitre de H. 
Ernst, M. Hauser, J. Joachim, L. Auer, et de ses 
fills Georg et Joseph). H. fut nomine, en 1829, 
chef d'orchestre de TOp6ra de la cour ; il de- 
vint, en 1830, membre k la chapelle de la cour 
et fut pensionne en 1867. II a public un quatuor 
pour instr. k archet, deux concertos pour vio- 
lon, et quelques variations et morceaux de 
concert pour violon (avec piano, quatuor ou 
orchestre). — 2. Gboro (ills), n6 d Vienne le 27 
Janvier 1830, m. comme concertmeister a Hano- 
vre le 12 nov- 1852; il a donn6 deux operas: 
Die Burgschaft et Die beidm K&niginnen, k 
Hanovre, et laiss£ de nombreux manuscrits. — 
3. Joseph (p£re), fr^re du pr6c£deflt, n£ k Vien- 
ne le 3 nov. 1829, m. k Vienne le 24 oct. 1893; 
fut nomm6, en 1851, directeur artistique de la 
t Soci6t6 des amis de la musique », c'est-4-dire 
chef d'orchestre des concerts et directeur du 
Conservatoire entretenu par cette soci&6, mais, 
lorsqu'en 1859 ces fonctions furent separ&es, 
H. consent seulement la direction du Conser- 
vatoire, tandis que Herbeck prit celle des con- 
certs. H. remplissait, en outre, depuis 1851, les 
fonctions de professeur de violon au Conserva- 
toire (jusqu'en 1877). En 1860, il fut encore ap- 
pel£ au poste de concertmeister de 1'orchestre 
de TOpera de la Cour, puis devint, en 1863, 
violon-solo de la Chapelle de la cour (pour les 
executions de musique d'&glise), et finalement, 
en 1877, mattre de chapelle de la cour. Le qua- 
tuor qui portait son nom et qu'il conduisait de- 
puis 1849, jouissait d'un excellent renom. H. 
6tait membre du jury pour les instruments de 
musique, k l'Exposilion de Paris, en 1855. II 
avait fait valoir ses droits k la retraite, peu de 
temps seulement avant sa mort. — 4. Joseph, 
fUs du pr£c£dent, n6 k Vienne le 9 avr. 1855; 
membre, depuis 1870, du quatuor de son p6re 
(2* violon), fut nomm£, en 1878, violon-solo de 
la chapelle de la cour et de celle de l'Opfra, 
ainsi que professeur de violon au Conservatoi- 
re. II devint plus tard chef d'orchestre pour 
l'op6ra-comique, passa au • Karltheater », puis, 
en 1884, fut nomm£ directeur de la musique de 
ballet et premier concertmeister de FOp6ra de 
la cour, et enfin, en 1886, chef d'orchestre k 
l'Op£ra de la cour. On a execute de lui, de 1880 
k 1890, k Vienne, Munich et Hambourg, six 
op&rettes ((Kapitan Ahlstrdm, Der Graf van 
Qleichen, Der schtine KurfUrst, Rikiki, Das 
Orahd et Der bleiche Gast), ainsi qu'un ballet: 
Fata Morgana. — 5. Ferdinand, frdre du pr6- 
c6dent, ni k Vienne le 24 janv. 1863; nomme 
en 1879 violoncelliste k la chapelle de la cour, a 
fait partie, depuis 1883, du quatuor de son pere. 



H est, depuis 1885, professeur au Conserva- 
toire, et, depuis 1886, violoncelle-solo k 1'OpAra 
de la cour. — Une fille de Georg H. jwnior, 
Rosa, a d£but6 en 1883, comme cantatrice, k 
l'Op6ra de la cour, k Vienne. 

Hellwig, K.-Fr.-LuDwia, n6 k Kunersdorf, 
pr6s Wriezen, le 23 juil. 1778, m. k Berlin le 
24 nov. 1888; Steve de Gfirrlich, G.-A. Schnei- 
der et Zelter, k Berlin, devint en 1793 membre, 
et en 1803 second directeur de la « Singakade- 
mie », organiste du ddme, et maitre de chant 
dans plusieurs 6coles municipales.il a compost 
des operas : Die Bergknappen et Don Sylvio, 
des choeurs pour voix d'hommes (pour la «Lie- 
dertafel », fondle en 1809 par Zelter), de la mu- 
sique d'£glise, etc, 

Helm, Theodor. n£ k Vienne le 9 avr. 1843, 
fils d'un professeur de fnedecine, £tudia le droit 
et entra d'abord au service de l'Etat, mais se 
voua en 1867 k la critique musicale, et a colla- 
bor6 d&s lors k divers journaux musicaux 
(Tonhatte 1868, Mu*ikalisches Wochenblatt de- 
puis 1870). II est, depuis 1876, r6dacteur du 
Musih-j Theater- wnd Litter aturjoumal, criti- 
que musical du Wiener Fremdenblait (1867), 
du Pester Uoyd (depuis 1868), de la Deutsche 
Zeitung (depuis 1885), et, depuis 1874, maitre 
d'histoire de la musique et d*esth£tique ATEco- 
le de musique Horak. H. est l'un des meilleura 
critiques de Vienne. Parmi ses travaux, il faut 
noter surtout : Beethovens StreichquarteUe, 
Versuch einer technischen Analyse im Zusam- 
menhang mit ihrem geistigen Gehati (1885; a 
paru auparavant [1873] dans le « Musikal. Wo- 
chenblatt »). 

Helmholti, Hermann-Ludwio-Ferdinand, n£ 
k Potsdam le 31 aout 1821, m. a Charlotten- 
bourg, pr£s Berlin, le 8 sept. 1894: 6tudia la m6- 
decine, k Berlin, puis devint successivement 
assistant k la Charity (1842), mgdecin militaire 
k Potsdam (1843), maitre d'anatomie k l'Ecole 
des beaux-arts et assistant au mus6e anatomi- . 
que (1848), professeur de physiologie k Koenigs- 
berg (1849), professeur d'anatomie et de phy- 
siologie k Bonn (1855), professeur de physiolo- 
gie k Heidelberg (1858), et finalement professeur 
de physique a Berlin (1871). Quelques ann£es 
avant sa mort, convert de gloire et d'honneurs, 
il s'etait retire k Charlottenbourg ou il conti- 
nual t k se livrer k ses recherches favorites. Ce 
savant de premier ordre, auquel les sciences 
physiques sont redevables de tant de travaux 
ing&iieux et fouilWs ( Ueber die Brhalttmg der 
Kraft, 1847; Beschreibung eines Augenspie- 
gels, 1851 ; Handbueh der physiologischen Op- 
tthy 1859-1866, etc.), a ouvert des voies toutes 
nouvelles dans le domaine de l'acoustique et 
de la physiologie de Tome; ses recherches, 
aussi minutieuses que vastes, Font amen6 k 
tenter, le premier, la demonstration absolu- 
ment scientifique des lois musical es. La theorie 
musicale entra d£s lors dans une £re nouvelle : 
le syst^me de simple dialectique, introduit par 
Hauptmann (1853), fut remplace par un syst&- 
me strictement scientifique, presents et en 
grande partie d6velopp6 d6ja par H., dans son 



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346 



HBMI0L1A — HENNES 



ouvrage: LeJirevon den Tonempfindtvngen als 
physiologische Grundlage der Musih (1863, 4' 
ed. 1877; 6d. fran^aise par Gu6roult, sous le 
titre: Thlorie physiologique de la musique, 
fondie sur VHude des sensations auditives, 
1868; 6puis6). Le systeme de Rameau (1722) etait 
di)k base sar l'experience que la consonance ma- 
jeure s'explique par le fait que chaque son, 
produit par la voix ou par un instrument quel- 
conque, se compose d'une serie de sons par- 
cels simples ; H. tira les consequences de cette 
observation et la precisa, en ce sens que la pa- 
rents des sons repose uniquement sur l'exis- 
tence de ces sons partiels et que tel assemblage 
de sons successifs ou simultan^s n'est normal, 
comprehensible, que par suite de l'identit£ par- 
Uelle de ces sons. H. emploie une grande par- 
tie de son ouvrage A consigner le r&sullat de 
ses recherches sur les diflf&rents timbres des 
instruments de musique et sur les troubles qui 
sunriennent dans la i^sonnance simultan^e des 
sons (sons resultants, battements); l'etude ge- 
nerate du systeme musical de l'antiquite, de 
celui des Arabes, etc., l'examen des indications 
qui nous sont parvenues sur les rapports des 
sons dans les differentes echelles, et l'essai 
d'une justification scientifique des lois qui re- 
gissent la marche des voix d*un ensemble mu- 
sical sont autant de sujets du plus haut intent, 
traites dans ce meme ouvrage. Toutefois, quels 
que soient ses merites et son enorme valeur 
historique, la Thiorie pkysiologiqu>e 9 £*c.,n'est 
point un code infaillible de la science musicale. 
A. von Oettingen (Earmoniesysiem in dualer 
Entwichlung, 1866), et H.Lotze (GeschuAte der 
Aesthetih in Deutschland, 1868) ont reconnu 
d'une fagon tres nette les defauts du systeme 
de H.; la consonance mineure n'y trouve, en 
effet, de mfeme que la dissonance, qu*une expli- 
cation negative. Oeltingen a recours au sys- 
teme de Hauptmann (opposition du majeur et 
du mineur), pour expliquer la consonance mi- 
neure, mais illui donne une base scientifique; 
quant A la dissonance, il en trouve Implication 
dans la dualite d'interpretation harmonique 
des sons. L'auteur de ce diclionnaire, H. Rie- 
mann, s'est associe, dans ses ecrits theoriques, 
A ces critiques du systeme de H. et a cree une 
methode d'enseignement de l'harmonie, entie- 
rement nouvelle. 

Hemiolia ou hemiola (proportio hbmiolia), 
nom que Ton donnait,dans la musique ptopor- 
tionnelle, aux groupes plus ou moins longs de 
notes naireSy intercaies dans la notation A signes 
evides (notes blanches) telle qu'elle etait re- 
pandue partout depuis le xv* s. (cf. propor- 
tionnelle et color). La note noire vaut les 
deux tiers de la note blanche de meme forme, 
d'ou son nom de h. (du grec fl*M«Aio* = 2:8; 
\*i>sesquialter); dans certains cas speciaux, elle 
pouvait aussi vaioir les trois quarts de la note 
blanche. Lorsqu'il y a mesure parfaite (men- 
sura perfecta). Th. donne lieu A des syncopes ; 
ex., dans la prolatio major Q : 



♦ ♦ ♦ 



-© 



a p I p o 



Lorsqu'il y a mesure imparfaite {mensura im- 
perfecta), il en resulte des triolets ; ex., dans la 
prolatio minor C • 

Le cas suivant nous fournit un exemple de 
notes noires valant les trois quarts de la note 
blanche. O • 

i . . i . = a) r • ft r p 

Hemitonium, nom grec du demi-ton flat. se~ 
mitonium). 

Henkel, 1. Michael, ne A Fulda le 18 juin 
1780, m. le 4 mars 1851, comme cantor de la 
ville, musicien de la cour episcopale et maltre 
de musique au gymnase; il a compose de la 
musique d'eglise, des morceaux pour orgue et 
pour piano, et publie plusieurs livres de cho- 
rals et de chants d'ecoles, etc. Ses deux fils : — 
2. Georg-Andreas, ne A Fulda le 4 f6vr. 1805, m. 
dans la meme ville le 5 avr. 1871, comme mal- 
tre de musique au seminaire et D* phil; il a, 
de meme, compose beaucoup de musique d'e- 
glise, des ouvertures, des marches, etc. — 3. 
Heinrich, ne A Fulda le 16 fevr. 1822, eieve de 
Antoine Andre et de Ferd. Kessler pour la theo- 
rie, etc., excellent pianiste, vit depuis 1849 
comme maltre de musique A Francfort s/M. 
D fut Tun des fondateurs de « l'Ecole francfor- 
toise de musique* (et alterna avec d'autres 
professeurs pour la direction). H. a publie, ou- 
tre des morceaux de piano (surtout pour l'ensei- 
gnement)etdes lieder, une methode eiementaire 
de piano, une Vorschule des Klavierspiels (etu- 
des techniques), et des morceaux instruclifs 
pour un ou plusieurs violons. On a aussi de lui 
une biographie d'Aloys Schmitt, une nouvelle 
edition abregee du Lehrbuch der Tonsetzkunst 
de A. Andre (1875), et des Mitteilungen aus der 
mus. Vergangenheit Fuldas. En 1888, H. re$ut 
le titre de directeur royal de musique. Son fils 
Karl, eieve de l'Academie royale de Berlin, vit 
A Londres, ou il est tres estime comme maltre 
de violon (exercices pour le violon). 

Hennen, trois fibres: 1. Arnold, pianiste, ne 
A Heerlen (Limbourg) en 1820, eieve du Con- 
servatoire de Liege, vecut longtemps A Lon- 
dres, et habite maintenant Anvers. — 2. Fre- 
derik, violoniste, ne A Heerlen, le 25 janv. 
1830, eieve de Prume, A Liege; occupa de 1850 
A 1871, A Londres, differents posies de violon- 
solo. II vit actuellement dans sa ville natale 
(a compose des morceaux pour violon). — 3. 
Mathias, pianiste, a aussi fait ses etudes A 
Liege. 11 est, depuis 1860, maltre au Conserva- 
toire d'Anvers (a compose des trios, quatuors, 
etc.). Un fils de Frederik H., Charles, ne A 
Londres le 3 dec. 1861, est egalement violoniste 
et vit A Anvers. 

Hennes, Aloys, ne a Aix-la-Chapelle le 8 
sept. 1827, m. A Berlin le 8 juin 1889; fut em- 
ploye de poste, de 1844 A 1852, suivit ensuite 



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HENNIG — HENTSCHEL 



347 



quelque temps, k TEcole rh£nane de musique, 
a Cologne, les lemons de Hiller et de Reinecke, 
et v6cut depuis lore, comme maitre de piano, k 
Krenznach, Alzey, Mayence, Wiesbaden, et de- 
puis 1872 k Berlin oil il devint, en 1881, maitre 
an Conservatoire X. Scharwenka. H. s'est fait 
connattre par ses Klavierunterrichtsbriefe, un 
ouvrage dans lequel il se r6v&le aussi compo- 
siteur habile de morceaux pour l'enseignemenL 
— Sa fiUe, THfeadsE H., n6e le 21 d£c. 1861, 
s'est produite d6ja de bonne heure et pendant 
longtemps comme enfant prodige, fut depuis 
1873 616ve de Kullak, et se pr£senta avec succes 
A Londres, en 1877 et 1878. 

Hennig, h Karl, n6 k Berlin le 23 avr. 1819, 
m> dans la m A me ville le 18 avr. 1873, Mail or- 
ganiste de l'eglise Ste-Sophie. II a compost des 
cantates {Die Sternennacht), des psaumes, des 
lieder, beaucoup de quatuors pour voix d'hom- 
mes (Froschhantate), etc II regut, en 1863, le 
litre de « directeur royal de musique ». — 2. 
Karl-Rafael, fils du precedent, n& le 4 janv. 
1845, etudia le droit, mais se tourna ensuite 
vers la musique (616ve de Richter, k Leipzig, et 
de Kiel, k Berlin). En 1868, il accepta une place 
de maitre k l'lnstitut de musique Wandelt, k 
Berlin; il fut, de 1869 k 1875, t organiste de 
l'6glise St-Paul, k Posen, et y fonda, en 1873, le 
«Hennigscher Gesangverein » qui a pris un 
heureux d6veloppement De 1877 k 1890, H. fut 
maitre de musique au s6minaire d'institutriceq, 
prit en 1888 la direction de la soci6t6 de chant 
dee instituteurs, et fonda en 1890 un orchestre 
philharmonique. II regut, en 1883, le titre de 
directeur royal de musique, et, en 1892, celui de 
professeur. H. a icrit: Methodik des Schul- 
gesangunterridits; une analyse d6taill6e de 
la 9« sympbonie et de la « Missa solemnis > 
de Beethoven; Deutsche Oesangschule ; Die 
Gesangsregister auf physiologischer Grund- 
lage, et a compose une cantate (psaume cxxx), 
une sonate de piano, des lieder, ainsi que des 
choeurs pour voix d'hommes et pour voix de 
femmes. 
Hennius, v. Havm. 

Henrion, Paul, n£ a Paris le 20 juil. 1819, 
compositeur frangais de romances populaires, 
a public plus d'un millier de romances et de 
chanxonnettes. Ses op6rettes : Une rencontre 
dans le Danube (1854), Une envie de clarinette 
(1871), et La chanteuse par amour (1877) n'ont 
eu qu'un maigre succes. A. Pougin appelle 
Franz Abt le EL des Allemands. 

Henschel, Georg, n6 k Breslau le 18 f6vr. 
1850, excellent chanteur de concert (baryton) 
et compositeur de goitt; &l&ve de Goetze (chant) 
et de Richter (thlorie), au Conservatoire de 
Leipzig (1867-70), continua ses Etudes chez A. 
Schulze (chant) et Kiel (composition), k Berlin. 
II fut, de 1881 k 1884, directeur des Concerts 
symphoniques de Boston, et s'&tablit en 1865 k 
Londres, ou il dirigea d'abord les « London 
Symphony Concerts » (jusqu'en 1886). De 1886 
k 1888, il fut maitre de chant au c Royal Col- 
lege of Music ». Parmi ses compositions, nous 
signalerons : une suite canonique pour orches- 



tre k cordes; une Serenade tzigane pour or- 
chestre; le psaume cxxx pour choeur, soli et 
orchestre; une quantity de lieder (du < Troni- 
pette de Sickingen », etc.); des choeurs, etc. — 
Sa femme, Lilian, n£e dans l'Etat d'Ohio ( Am£- 
rique) en janv. 1860, 61&ve de son oncle, Char- 
les Hayden, de M w * Viardot et enfin de G. 
Henschel. Elle 6pousa cc dernier en 1881 et 
l'accompagne depuis lors dans ses tourn£es de 
concerts, ou elle a su se cr6er la reputation 
d'une excellente cantatrice de lieder (soprano). 

Hansel, Fanny-Ccecilia, n£e k Hambourg, le 
14 nov. 1805, soeur de F61ix Mendelssohn, m. le 
14 mai 1847, avait 6pous£ en 1829 le peintre H. 
G'&tait une excellente pianists et un composi- 
teur non sans talent (romances sans paroles, 
lieder [cinq n°» d'op.], un trio); elle vi vait dans 
une communion incessante de pens£e avec son 
fr A re, aussi sa mort subite 6branla-t-elle la 
sant6 de celui- ci au point qu'il suivit, k peine 
six mois apr&s, sa soeur dans la tombe. 

Henselt, Adolf (von), n6 k Schwabach (Ba- 
vtere) le 12 mai 1814, m. k Warmbrunn, en Sild- 
sie, le 10 oct. 1889 ; pianiste Eminent, fit sa pre- 
miere Education musicale k Munich, aupr&s de 
M« v. Fladt, 6tudia ensuite, avec une bourse 
du roi, un certain temps (1831) sous la direc- 
tion de Hummel, ^ Weimar, et deux ans sous 
celle de Sechter (th6orie), k Vienne oh il resta 
encore les ann£es suivantes. Gardant une cer- 
taine ind6pendance vis-&-vis de ses mattres, 
H. se cr6a un jeu personnel, analogue k celui 
de Liszt, mais base davantage sur un legato 
rigoureux; il attribuait surtout une grande im- 
portance k la faculty d'extension de la main et 
in ventait pour son propre usage les exercices 
d'extension les plus raftings. II entreprit sa pre- 
miere tourn£e de concerts en 1886, k Berlin, se 
maria en 1887 k Breslau et se fixa d^finilivement, 
l'ann£e suivante, k St-P&tersbourg oil il avait 
remport£ des succes si 6clatants qu'il avait £t£ 
comme virtuose de la chambre de FimpGra- 
trice et maitre de musique des jeunes princes. 
Plus tard, il fut encore nomml inspecteur de 
Fenseigtiement musical dans les Institutions de 
jeunes filles de Vampire; Fempereur l'anoblit 
en lui conterant Tordre de Wladimir. Dans le 
nombre de ses compositions, il faut citer parti- 
culi&rement : un concerto (fa min.) pour piano 
et des etudes de concerts de valeur (op. 2 et op. 
18 [n° II] La Gondola ; Poeme d' amour, op. 8; 
FrufUingslied, op. 15; Impromptu, op. 17; Bal- 
lade, op. 81). comparables aux romances sans 
paroles de Mendelssohn, mais plus richement 
flgurees et plus sonores; il a 6crit en outre un 
certain nombre de morceaux d&icatement tra- 
vailles pour piano, des paraphrases de concert 
(89 ceuvres num£rol6es et 15 sans num6ro d'or- 
dre), un trio, une partife de second piano pour 
un choix deludes de J.-B. Cramer. H. a rSdige 
aussi avec beaucoup de talent, une Edition des 
ceuvres de piano de Weber (avec variantes), 
etc. Cf. La Mara, Mus. St\idienk6pfe, 111 el 
Klassisches und Romantisches a. d. Tonmelt, 
puis G. v. Amyntor: Lens und Rauhreif. 

Hentschel, 1. Ernst-Julius, ne k Langen- 



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HERBART — HERBECK 



waldau le 26 juil. 1804, m. comme maitre de 
musique au semi na ire de Weissenfels le 4 aottt 
1875 ; l'un des fondateurs et redacteur du jour- 
nal musical Euterpe, editeur de livres de chant 
d'ecole et d'un recueil de chorals, — 2. Franz, ne 
A Berlin le 6 nov. 1814, eleve de Grell et A.-W. 
Bach, chef d'orchestre de theatre A Erfurt, Al- 
lenbourg el Berlin (« Liebhabertheater »), a com- 
pose un opera : Die Hexenreise, des marches, 
des concertos pour instruments A vent, etc. 
n vit A Berlin, comme maitre de musique. — 3. 
Theodor, ne A Schirgiswalde (Haute-Lusace 
saxonne) le 28 mars 188ty m. A Hambourg le 19 
dec. 1892, fit ses etudes A Dresde (Reissiger, 
Ciccarelli) et A Prague (Conservatoire), devint 
chef d'orcheslre de theatre A Leipzig, puis A 
Breme (1860-1890), et enfin A Hambourg. II a 
compose plusieurs operas : Matrose xmd San- 
ger (Leipzig, 1857), Der Kimigspage (1874), Die 
Braut von Lusignan (Melusine, 1875), Lance- 
lot (1878) et Des Kcenigs Schwert (1890); une 
Messe pour double choeur, des lieder, etc. 

Herbart, Johann-Friedrich, celebre philo- 
sophe, ne A Oldenbourg le 4 mai 1776, m. pro- 
fesseur A l'Universile de Goettingue, le 14 aotit 
1841. II fit de la musique l'objet de speculations 
philosophiques d'autant plus etendues qu'il 
croyait retrouver, dans les rapports des sons, 
certaines lois generales de la philosophic. Mal- 
heureusement, H. ne se pla^a pas au point de 
vue physico-physiologique, seal admis de nos 
jours pour Interpretation des phenomenes fon- 
damentaux de I'audition musicale ; de fausses 
premisses, il ne put tirer autre chose que de 
fausses conclusions. Tous les ecrits de ce phi- 
losophe, el tout particulierement les Psycholo- 
gische Bemerkungen sur Tonlehre (1811), n'en 
sont pas moins du plus haut interet pour tout 
musicien cultive, mais ils n'ont eu, en fin de 
compte, qu'une influence indirecte sur le pro- 
gres de nos connaissances des lois qui regis- 
sent la creation musicale. F.-W. Drobisch (v. 
ce nom) marcha d'abord sur les traces de H., 
mais il finit par admettre en principe que les 
lois de Tart dependent de celles de la science. 

Herbeck, Johann, ne A Vienne le 25 dec* 1881, 
m. dans la meme ville le 28 oct. 1877 ; fils d'un 
pauvre tailleur, il entra, apres avoir termine 
l'ecole primaire au gymnase du cloitre • Heili- 
genkreuz » (Basse- Autriche), oil il trouva de 
l'occupation comme soprano-solo. II re^ut en 
meme temps et A deux reprises, pendant les 
vacances d'ete, des lecons de composition de 
Louis Rotter, A Vienne, auquel Hellmesberger 
l'avait recommande ; pour le reste, il etait ab- 
solument autodidacte. En 1847, H. retourna A 
Vienne, fit les classes supeneures du Gymnase 
et entra en 1849 A TUniversite, subvenant A son 
entretien par le produit de leyons de musique. 
En 1852, il fut nomme « Regens chori » A l'e- 
glise des Piaristes el acheva son droit ; cepen- 
dant il perdit sa place dejd l'annee suivante, et 
ce ne fut qu'en 1856 qu'il obtint celle de chef de 
chef de chceur du « Wiener M&nnergesangve- 
rein », dont il etait membre. L'excellente renoin- 
mee de cette societe est pour une grande part 



l'ceuvre de H., qui lui-meme se fit connaltre 
fort avantageusement, entre autres en tirant de 
l'oubli les ceuvres chorales pour voix dTiom- 
mes, de Schubert. En 1858,1a « Societe des amis 
de la musique > lui confia la formation d'une 
societe chorale mixte, et le nomma maitre de 
chant choral au (Conservatoire ; il abandonna 
ce dernier poste en 1859, lorsqu'il eut ele nom- 
me directeur artistique (directeur des < Gesell- 
schaftskonzerte ») de la societe (cf. Hellmes- 
bbrobr). H. donna aux « Gesellschaf tskonzerte » 
un interet particulier, soil par l'exeeution des 
oeuvres classiques et modernes les plus remar- 
quables (aussi Berlioz et Liszt), soil par l'in- 
troduction aux programmes d'ceuvres chorales 
de dimensions restreintes. Les marques d'ap- 
probation ne lui manquerent pas; il fut nomm^ 
en 1866, apres avoir dej& fonctionne comme 
second maitre de chapelle supplemental pen- 
dant trois ans, premier maitre de chapelle de 
la cour (Directeur des executions religieuses de 
la chapelle de la cour), en remplacement de 
Randhartinger qui venail d'etre penstonne, et 
sans qu'on tienne compte des droits de privaute 
de Preyer. II abandonna alors la place de di- 
recteur du « M&nnergesangverein >, mais resta 
directeur honoraire (pour les grandes solenni- 
tes). En 1869, on lui confia enfin le poste de 
premier chef d'orchestre A l'Opera de la cour, 
en suite de quoi il renonga aussi A la direction 
des « Gesellschaftskonzerte ». A la fin de 1870, 
l'empereur lui confia la direction de l'Opera de 
la cour qui, gr&ce A son initiative, enrichit son 
repertoire d'un grand nombre de nouveautes 
(«Mignon», tDie Meistersinger*, tFeramors», 
cAida>, «La reine de Saba», tDer Wider- 
spenstigen Z&hmung », puis de Schumann : 
« Genovefa » et < Manfred », etc). Mais des in- 
trigues le lasserent bientdt de ce poste difficile ; 
il donna sa demission en 1875, et, deux ans 
avant sa mort, renlra A la « Societe des amis de 
la musique » qui le re$ut de nouveau A bras 
ouverts, comme directeur. La recette d'une exe- 
cution du < Requiem » de Mozart, organisee en 
memoire de H. fut consacree A un fonds pour 
l'erection d'un monument H. A Vienne. A Port- 
schach, au bord du lac de Worth, le cM&nner- 
gesangverein » de Klagenfurt lui en a erige un. 
Ge sonl ses choeurs, ceux pour voix d'hommes 
surtout (Volkslieder aus Kamten, lm Wald 
[avec quatuors de cors], Wanderlust et Maien- 
zeit) y qui out repandu le nom de H. en pays 
allemand. Quelques choeurs aussi sont pour- 
vus d'un accompagnement d'orchestre (Lands- 
knechty Waldssene); d'autres pour voix mixtes 
(Lieder und Reigen). H, a ecrit quelques oeu- 
vres pour l'eglise,cependantil n'a paru qu'une 
grande Messe, apres sa mort, et auparavant 
une Messe pour choeur d'hommes. Ses sympho- 
nies n'ont pas ete non plus publiees, sauf la 
quatrieme (avec orgue), en reduction pour pia- 
no. Parmi les opuvres editees, nous ne noterons 
que le quatuor pour instr. A archet (n° 2), des 
Symphonische Variationen, et Tanzmomeni 
pour orchestre. Son tils, Lud wig IL, a publie en 
1885: Joh. Herbeck, ein Lebmdsbild, biogra* 



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HERING — HERMANN CONTRACT 



349 



phie, avec un portrait et le catalogue de ses ceu- 
vres. 

Bering, 1. Karl-Gottlieb, n& k Schandau, 
en Saxe, le 35 oct. 1765, m. comme maitre se- 
condaire et professeur de musique a l'Ecole 
municipale de Zittau, le 3 janv. 1853, a 6crit : 
PrakHsches Handbuch rur Erlernung des 
Klavierspielens (1796); Neue praktische Kla- 
vierschule ftir Kinder (1805); Neue sehr er- 
leichterte Generalbassschule ftir junge Musi- 
her (1805); Neue> praktische Singschule ftir 
Kinder (1807 k 1809, 4 livraisons); Praktische 
Violinschule (1810); Praktische Praeludien- 
schule (1810); Kunst, das Pedal fertig zu 
spielen (1816); Gesanglehre ftir Volksschulen 
(1830); puis plusieurs Hvres de chorals, des 
morceaux instructifs pour piano (variations, 
exercices), etc. II avait fond& en 1830 un Musi- 
halisches Jugendblatt ftir Gesang, Klavter 
und Flote, dont son flLs a continue plus tard la 
publication. — 2. Karl-Edoard, ne k Oschatz 
le 13 mai 1809, m. comme organiste et maitre 
de musique au s&ninaire de Bautzen, le 25 nov. 
1879; el&ve de Weinlig, a compost des orato- 
rios : Der Erlfiser (execute plusieurs fois), Die 
Heilige Nacht, David, Salomo, Christi Leid 
tind Herrlickkeit, une Messe (execute k Pra- 
gue), et d'autres grandes oeuvres (2 operas) 
dont aucune n'a 6te grav6e. II n'a paru que des 
morceaux pour piano, des lieder, des chceurs, 
un traite d'harmonie (1861), et un recueil de 
chorals a l'usage des ecoles. — 3. Karl-Frib- 
drich-August, n6 k Berlin le 2 sept. 1819, m. k 
Bourg, pr£s de Magdebourg, le 2 tevr. 1889; 
£l&ve de H. Ries et de Rungenhagen tf" Berlin, 
de Lipinski k Dresde, et de Tomatschek a Pra- 
gue, fut peu de temps violoniste A. la chapelle 
royale & Berlin, fonda en cette ville un Institut 
de musique (1851-1867) et re^ut le litre de « di- 
recteur royal de musique ». H. a public quel- 
ques chceurs, ainsi qu* une m&thode elementaire 
de violon, un Methodischer Leitfaden ftir Vio- 
linlehrer (1857) et Ueber R. Kreutsers Etuden 
(1858). 

Heritte-Viardot, Louise-Pauline-Marie, nie 
a Paris le 14 dec. 1841, fllle de Louis Viardot et 
de Pauline Garcia, marine en 1862 au consul 
general Heritte, fut d'abord maltresse de chant 
au Conservatoire de St-P6tersbou'rg, puis, pen- 
dant quatre ans, au Conservatoire du D r Hoch, 
k Francforl s/M. Elle vit k present a Berlin, 
comme maltresse de chant et comme composi- 
teur (opera : Lindoro [Weimar, 1879], des can- 
tates, deux quatuors avec piano, des exercices 
de chant, etc.). 

Hermann, 1. Matthias, contrapontiste neer- 
landais, originaire, probablement, de Warkenz 
ou Warkoing, en Flandre (d'oii les noms Ver- 
recoibnsis, Verrecorbksis), fut,de 1538 a 1555, 
maitre de chapelle du ddme de Milan (ne pas 
le confondre avec Mathieu Le Maistre [v. ce 
nom]). II est l'auteur d'une sc&ne de bataille : 
La bataille de Pavie (Battaglia Taliana [Ita- 
liana]) qui a £te imprimee dans plusieurs an- 
thologies (Guter, seltsamer und hunstreicher 
Gesang, etc., de Petrejus, 1544; La Battaglia 



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Taliana.,. can alcune mllotte, etc., de Gardane, 
1549; etc.), de quelques motets d6tach£s et d'un 
livre de Cantuum 5 vdc., quos motetta vocant 
(1555). Cf. Monatshefte fur Musihgeschichte. 
1871 et 1872. — 2. Johann-David, maitre de 
piano de la reine Marie-Antoinette de France, 
vers 1785, de nationality allemande, a public 6 
concertos pour piano, 15 sonates,des pots pour- 
ris, etc. — 3. Johann-Gottfried-Jacob, n£ k 
Leipzig le 31 d6c. 1848, professeur d'eloquence 
et de poesie. Philologue tr&s repute, il s'occupa 
sp6cialement d'heltenisme. Ses Merits sur la 
m&rique sont fort consid6r6s : De metris poe~ 
tarum Graecorum et Romanorum (1796); 
Handbuch der Metrik (1798): Elementa doc- 
trinae metricae (1816) ; Epitome doctrinae me- 
tricae (1816 et 1844) et De metris Pindari 
(1817). — 4. Friedrigh, violoniste, n6 a Franc- 
fort s/M. le 1" ttvr. 1828; fut, de 1848 k 1846, 
el£ve du Conservatoire de Leipzig, entra d&ja 
en 1846 comme premier violon a Forchestre du 
< Gewandhaus » et du thedtre, et devint en 1847 
maitre au Conservatoire. En 1878, H. abandon- 
nait le premier de ces postes pour concentrer 
toute son activity soit sur le professorat, soit 
sur la composition et la transcription. En 1883, 
H. re^ut du roi de Saxe le titre de c professeur ». 
Son activity comme maitre a et£ extraordinaire 
et ses Editions d f oeuvres classiques pour instru- 
ments k archet (la plupart dans V£d. Peters) 
sont r6put6es. Comme compositeur il a, entre 
autres, publie quelques morceaux tr&s r&ussis 
pour violon (trios pour 3 vtolons, etc.). 

Hermann Contract (Hermannus Contractus, 
Hermann, comte de Behringen, nomme H. C. 
ou Hermann der Lahme, parce qu'il £lait pa- 
ralyse depuis son enfance), n£ a Sulgau, en 
Souabe, le 18 juil. 1013, 61ev6 k St-Gall, fut 
moine du convent de Reichenau et mourut le 
24 sept. 1054. dans le domaine de la famille 
Alleshausen, pr£s de Biberach. H. a Scrit une 
chronique de valeur (depuis la fondation de 
Rome jusqu'a 1054; reproduit^ dans les Monte- 
menta, de Pertz, vol. V), qui contient aussi des 
renseignements pr6cieux pour rhistoire de la 
musique. On a en outre de lui plusieurs petils 
trait£s sur la musique, reproduits par Gerbert 
(Script 11). H. occupe une certaine place dans 
Thistoire de la notation musicale, car il imagina 
une notation unique en son genre. Le seul 
avantage qu'elle eut sur la notation neumati- 
que consistait dans Tindication de Tintervalle 
qui s^parait chacun des sons du son suivant. 
Les signes dont H. faisait usage sont: e — unis- 
son (aequal) s = demi-ton (semitonium), t = 
ton (tonus), ts = tierce mineure (tonus cum 
semitonio; dans quelques manuscrits, ce signe 
est remplac6 par un /allonge = semidilonus), 
tt = tierce majeure (ditonus, aussi indiqu6 par 
$), d = quarte (diatessaron), A = quinte (dia- 
pente), el les combinaisons suivantes : A $> A '• 
A d- Un point, plac^ au-dessus ou k c5t6 du 
signe, indiquait de plus que l'intervalle ^tait 
descendant; Vabsence de point signifiait inter- 
valle ascendant; ainsi a ou A. = quinte des- 
cendante. II existe k la Bibliotheque de Munich 

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HERMES — HAROLD 



quelques manuscrits des xi« et xn s., dont la 
notation en neumes est surmontee des signes de 
la notation de H. 

Hermes, Edcard, compositeur de chceurs 
d'hommes, ne k Memel le 17 janv. 1818, a com- 
post des lieder et des choeurs pour voix 
d'hommes; il est negotiant k Kcenigsberg, en 
Prusse. 

Hermesdorff, Michael, ne k Treves le 4 mars 
1888, m. dans la m&me ville le 17 janv. 1885, 
fut ordonne pretre en 1859 et remplit les fonc- 
tions d'organiste du ddme de sa ville natale. 
H. s'est acquis des titres de gloire, par ses 
recherches consciencieuses et remontant aux 
sources, sur l'ancien chant gr^gorien ; pour se 
procurer les ressources n^ceesaires k la publi- 
cation de ses travaux, il cr6a une societe 
chorale. A c6t£ des supplements mensuels du 
journal Caecilia de H. et Bdckler (k Aix-la- 
Chapelle), il commenca la publication du Gra- 
duate ad usum romanum cantus S. Gregorii 
(Leipzig 1876-1882, 10 livraisons), mais il ne 
vecut pas assez longtemps pour en voir l'achd- 
vement. II a public egalement les graduels, 
antiphonaires et prefaces pour le sendee du 
diocese de Treves, un Kyriale et Harmonia 
cantus choralis (k quatre voix), puis une tra- 
duction allemande du Micrologics, de Gui 
d'Arezzo et, enfln, trois Messes de sa propre 
composition ; 11 s'est aussi occup4 de la 2 me Edi- 
tion de l'anthologie de compositions remar- 
quables pour reglise (4 vol ), de Stephan L&ck. 

Hermstedt, Johann-Simon, n6 k Langensalza 
le 29 dec. 1778, m. comme maltre de chapelle de 
la cour k Sondershausen, le 10 aotkt 1846; 
excellent clarinettiste, il joua d'abord dans les 
corps de musique militaire de Langensalza, 
Dresde et Sondershausen. Spohr a 6crit pour 
lui un concerto dje clarinette ; lui-meme com- 
posa quelques pieces pour clarinette (concertos, 
variations) et pour musique militaire. 

Hernandez, Pablo, ne k Saragosse le 25 
janv. 1884, etait d£j& k l'Age de quatorze ans 
organiste de reglise des Egides, dans sa ville 
natale. II etudia ensuite encore au Conserva- 
toire de Madrid, sous la direction d'Eslava, et 
fut engage comme maltre dans cet etablisse- 
ment H. a 6crit une methode d'orgue, six 
fugues pour orgue, une Messe k 8 voix avec 
orchestre, ainsi qu'un Miserere et un Ave, un 
Te deum avec orgue, des lamentations, des 
motets, une symphonie, une ouverture, etc. ; il 
fit en outre representor quelques .« zarzuelas » 
(op6rettes espagnoles). 

Hernando, Rafael-Jos6-Maria, ne k Madrid 
le 81 mai 1822, ei6ve du Conservatoire de 
cette ville, alia en 1843 k Paris, dans le but de 
s'y perfectionner. n put faire executer par la 
societe Ste-Cecile un Stabat mater, tandis 
qu'il chercha en vain k faire passer un opera 
au Theatre lyrique. Bevenu k Madrid, il se fit 
rapidement connaltre et, de 1848 k 1853, donna 
quelques « zarzuelas ». (Las sacordotisas del 
sol, Palo de ciego, Colegiales y soldados, El 
duende, Bertoldo y comparsa, Escenas de 
Chamberi et Don Simplicio Bobadilla, les deux 



derniers avec Barbieri, Oudrid et Gaztambide 
qui le supplant erent bientdt).Ce fut lui qui donna 
la premiere impulsion pour l'exploitation de ce 
genre de compositions, auxquelles le Theatre 
des Varietes fut abandonn6; H. fut nomme 
directeur et compositeur de ce dernier. En 
1852, H. devint secretaire du Conservatoire, et, 
quelques annees plus lard, premier professeur 
d'harmonie. U a, en outre, fonde une societe de 
secours pour les musiciens. Comme composi- 
teur, il s'est aussi fait connaltre par des 
hymnes, des cantates, une grande Messe 
votive (executee en 1867), etc. H. compte parmi 
les plus notables repr&sentants acluels de la 
musique, en Espagne. 

H6rold, Louis-Joseph-Ferdinand, ne k Paris 
le 28 janv. 1791, m. le 19 janv. 1838, fils de 
Franz-Joseph H., ne k Seltz, en Alsace, le 
10 mars 1755, m. k Paris, le 1«* sept 1802, eieve 
de Ph.-E. Bach, maltre de piano estime, ainsi 
que compositeur de sonates); il fut d'abord 
eieve de son pere, puis du Pensionnat Hix oh 
Fetis (alors encore eieve du Conservatoire) 
fonctionnait comme maltre suppliant. Admis 
en 1806 dans la classe de piano d'Adam, aa 
Conservatoire, plus tard dans celle de Catel et, 
en 1811, dans la classe de composition de 
Mehul, il obtint au bout d'un an et derai dejd le 
prix de Borne. A l'expiralion des trois annees 
de sejour k Borne, H. se rendit k Naples oil sou 
premier opera remporta un joli succes (La 
Gioventu di Enrico Quinto ; 1815). Peu apr&s 
son retour k Paris, Boi'eldieu le prit comme 
collaborateur pour une piece de circonstance : 
Charles de France ; le succes en fut bon, et 
cette meme annee encore (1816) l'Opera-Comi- 
que representait le premier grand ouvrage de 
H. : Les Rosier es, dont la reussite fut complete. 
L'opera-comique suivant : La Clochette, main- 
tint le bon renom de l'auteur. Malheureusement, 
H. eut, dans la suite, beaucoup de mal k se 
procurer de bons livrets et se vit force, pour 
ne pas rester inactif, d'ecrire de petites pieces, 
des fantaisies pour piano, etc,«t finalement de 
prendre des textes mauvais on dej& mis en 
musique par ses precurseurs. C'est ainsi que 
parurent: Le premier venu (1818), Les IVo- 
queurs (1819), L Amour platontque (1819, re- 
tire), LAuteur mort et vivant (1820), dont 
aucun ne reussit, lors meme que de jolis mor- 
ceaux de musique les preserverent d'un veri- 
table fiasco. Quelque peu decourag6, H. prit* 
en 1820, la place d'accompagnateur k l'Opera 
italien et ses occupations ne lui laisserent 
guere le temps d'ecrire que des oeuvrettee sans 
importance (pour piano: caprices, rondos, etc). 
B fut, en 1821, envoye en Italie pour y engager 
de nouveaux chanteurs, puis, apres trois an- 
nees de silence, tenta de nouveau le sort avec 
un opera-comique : Le Mtdetier (1823). La 
meme annee l'Opera donna de lui : L'Asthenie 
et un ouvrage de circonstance : Venddme en 
Espagne (en collaboration avec Auber); ces 
operas, de meme que les ouvrages suivants, en 
un acte (1824) : Le Roi Reni (piece de cir- 
constance), et Le Lapin blanc (tons deux A 



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HERRMANN — HERV£ 



351 



rOpSra-Comique) , n'arriv6rent A remporter 
qu'un mediocre suce&s. H. s'y 6tait peu avanta- 
geusement rapproch6 de la maniere de Ros- 
sini. Entre temps (1824), il avait ^change son 
poste d'accompagnateur a TOp6ra ilalien 
contre celni de chef des choeurs; en 1827 il 
abandonna celte derntere place et devint r6p£- 
titeur A rOp£ra. Ses fonctions ne lui permet- 
taient pas de produire autant que son talent en 
eat 6te capable ; cependant il eut encore la 
main heureuse, en 1*&6, avec Top^ra-comique : 
Marie, qui est beaucoup au-dessus de ses 
anciennes partitions et qui est rest6 du reste 
Tune de ses meilleures oeuvres. Comme r6p£ti- 
teur de l'Op&ra, H. 6crivit quelques ballets: 
Astolphe et Joconde, La Somnarnbule (1827); 
Lydie, La FUle mai garcUe, La Belle au Bois 
dormant (1828), ainsi que pour l'Od6on, la mu- 
sique pour le drame Missolonghi. Apr£s deux 
essais encore malheureux : V Illusion (1829) et 
Emmeline (1880), ainsi que YAuberge dCAurey 
(1830) ecrite de moitie avec Carafa, vint enfin 
l'cBuvre qui ale plus contribue A la c616brit6 du 
nom de H. et qui a conserve jusqu'aujourd'hui, 
surtout en Allemagne, une grande force d'at- 
traction sur le public : Zdmpa (Opera-Comique, 
1881). Si Ton excepte la Marquise de Brinvil- 
liers (un produit de fabrique de pus moins de 
9 collaborateurs: Harold, Auber, Batton, Ber- 
ton, Blangini, Boieldieu, Carafa, Cherubini et 
Paer) et certaine petite pi&ce en un acte : % La 
Midecinesans Midecin, H. n'a plus 6crit apr£s 
« Zampa » qu'une ceuvre, consid6r£e en France 
comme le couronnement de la carri&re de l'au- 
teur : Le Pre aux Clercs (Op6ra-Comique,1832, 
jou6 en 1871 pour la 1000* fois). La sant£ de H. 
£tail d&ja depuis longtemps chancelante, mais 
son ambition ne lui avait pas laiss£ le temps 
de cbercher, sous un ciel plus element, un sou- 
lagement A la maladie de poitrine A laquelle il 
devait succomber, dans sa villa des Thermes, 
pr£s Paris. Un op6ra posthume, inachevS : 
Ludotric, fut termini par Hal6vy et represents 
en 1884. M.-B. Jouvin a ecrit une courte biogra- 
pbie de H. (1868). 

Herrmann, Gottfried, n6 A Sondershausen, 
le 15 mai 1808, in. A Lubeck le 6 juin 1878 ; 
el&ve de Spohr, A Cassel, puis violoniste a 
Hanovre oil il devint aussi, par ses relations 
avec Aloys Schmitt, un excellent pianiste. II 
v£cut ensuite A Francfort s/M., ou il organisa 
un quatuor avec son fr&re (violoncelliste, plus 
tard musicien de la cbambre A Sondershausen), 
devint en 1831, organiste de l'iglise Ste-Marie, 
a Lubeck, en 1844 mattre de cbapelle de la cour 
A Sondershausen, en 1852 directeur de musi- 
que de la ville A Lubeck et de plus, momenta- 
nement, chef d'orchestre du Theatre municipal 
de Lubeck et du c Bach-Verein » de Hambourg. 
D a compost plusieurs operas reprteent^s A 
Lubeck, ainsi que des ceuvres pour orchestre, 
de la musique de chambre, des lieder, etc. — 
La fllle de son fr6re Karl (violoniste, m. A 
Stuttgart le 12 nov. 1894), Klara H., £16ve du 
Conservatoire de Leipzig, puis de son oncle, vit 
a Lubeck ou elle est estimee comme pianiste. 



Herschel, Friedrich- Wilhelm, c£l£breastro- 
nome et inventeur du telescope qui porte son 
nom, n6 A Hanovre le 15 nov. 1788, m. A Slough, 
pr£s Windsor, le 23 aout 1822. R fut d'abord 
musicien et arriva, comme musicien dans la 
garde hanovrienne, en 1757, A Durham (Angle- 
terre); il devint plus tard organiste A Halifax 
et, en 1766, A la « chapelle octogone » A Bath ou 
il commen^a A faire des Etudes d'astronomie 
approfondies et abandonna bientdt tout A fait 
la musique. H. a 6crit une symphonie et deux 
concertos militaires (graves en 1768). 

Hertel, 1. Johaxn-Chibtian, nA a Oettingen 
en 1699, m. A Strelitz en oct. 1754, concert- 
meister de la cour ducale (avait auparavant 
rempli un poste analogue A Eisenach); virtuose 
excellent et fort admir£, sur la gambe, &6ve de 
Hess A Darmstadt, il a &crit un grand nombre 
d'eeuvres d'orchestre et de musique de cham- 
bre qui sont cependant rest6es manuscrites, A 
l'exception de six sonates pour violon avec 
basse. —2. Johann- Wilhelm, fils du precedent, 
n6 A Eisenach le 9 oct. 1727, m. le 14 juin 1789; 
en 1757 concertmeister et plus tard maitre de 
chapelle de la cour, A Strelitz, devint en 1770 
secretaire de la princesse Ulrike et conseiller 
aulique A Schwerin. n a compost huit oratorios 
sur diflferents moments de la vie du Christ 
(naissance, J6sus dans les fers, Jdsus devant 
le tribunal, etc.), et public : 12 symphonies A 
huit parties, 6 sonates et un concerto de piano, 
des lieder et une Sammlung mimkalischer 
Schriften, gr6sstenteils aus den Werken der 
Italiener und Franzosen, etc. (1757-1758, 
2 parties). — 8. Pkter-Ludwig, n6 A Berlin le 
21 avr. 1817, AlAxe de Greulich, J. Schneider et 
Marx, compositeur de la cour et directeur de 
ballet A i'Op£ra royal de Berlin, fut pensionn6 
en 1893. II a 6crit une quantity de ballets tr&s 
connus en Allemagne (la plupart sur des sce- 
narii de P. Taglioni) : Satanella (1852), Flick 
und Flock, Sardanapal, Ellinor, Fantaska, 
Die Jahresseiten (1889), etc. 

Herther, F., pseudonyme du D* m6d. Her- 
mann Gunther (fr6re du D r Otto Gunther), nA 
A Leipzig le 18 f£vr. 1845, m. dans la m6me 
viUe le 18 ttvr. 1871 ; auteur de l*op6ra Der Abt 
von St-Gallen (1863). 

Hertxberg, Rudolf von, n& A Berlin le6 janv. 
1818, m. dans la m&me ville le 22 nov. 1893 ; 
616ve de L. Berger et de S. Dehn, devint en 
1847 maitre de chant et, de 1861 A 1889, direc- 
teur du choeur du d6me. II avait re^u, en 1858, 
le titre de « directeur royal de musique », et plus 
tard celui de « professeur ». 

Herunterstrich (all), tir6, coup d'archet in- 
diqu£ par le signe p^L 

Herv6 (Florimond Ronoer, dit H.), n6 A 
Houdain, prSs Arras, le 30 juin 1825, m. A Paris 
le 4 nov. 1892, le pere de l'op6rette frangaise, 
commenca sa carri^re comme organiste de 
di verses eglises de Paris. II se presenta pour 
la premiere fois enr 1848, avec son inseparable 
compagnonKelm, comme chanteur, au Theatre 
national, dans une sorte d'interm&de de sa 
propre composition : Don Quichotte et Sancho 



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HERZ — HEKZOGENBERG 



Pansa ; devint en 1851, chef d'orchestre du 
Th&ttre du Palais-Royal, et reprit en 1854 un 
petit thd&tre du boulevard du Temple, auquel 
il donna le nom de Folies concertantes. Ce fut 
alors qu'il inaugura .cette sorte de diminutif de 
compositions sc£niques, k tendances soit sar- 
castiques, soit seulement burlesques ou fri- 
voles, et que nous connaissons d6s lors de 
reste. H. avait du reste le don d'invention 
musicale exactement adapts k ce genre special. 
A. Pougin parle avec raison de la musiquette de 
H. et de la « musette » (diminutif de Muse) qui 
Tinspire. En 1856, H. abandonna la direction 
de ce petit th&Ure (qui s'est appele ensuite 
Folies-Nouvelles, et plus tard Folies dramati- 
ques), avec lequel il resta cependant en rela- 
tions, tant comme compositeur que comme 
acteur. Plus tard il se produisit k Marseille, k 
Montpellier, au Gaire, et ailleurs, dirigea de 
1870 k 1871 des concerts k la Strauss au thMtre 
de « Govent garden », k Londres, et fut en der- 
nier lieu chef d'orchestre k Y « Empire Theatre » 
de cette ville. H. a 6crit plus de cinquante 
operettes qui furent cependant toujours plus 
refoulees k l'arri&re-plan par les ouvrages plus 
artistiques et mieux concus d'Offenbach. Les 
plus connues sont bien : ISCEil crev6, Le petit 
Faust, Le nouvel Aladin, et les demi&res : 
Fla-Fla (1886), La noce a Nini, La Roussotte 
(en collaboration avecLecocq)etZ,es Bagatelles 
(1890). Notons pour terminer que H. faisait 
aussi lui-m&me la versification de ses libretti 
Outre ses operettes, H. a 6crit une symphonie 
h£roique ou cantate : La Querre des Ashantis 
et des ballets : La Rose d Amour (1888), Diane 
(1888) et CUopdtre (1889). Le fils d'Herv<S dit 
Gardel, a donn£ aussi une opSrette . Ni ni f 
c'estfiniQ&n). 

Hers, 1. Jacques-Simon% n6 k Francfort s/M. 
le 81 d6c. 1794, m. k Nice le 27 janv. 1880; il 
arriva jeune k Paris, entra en 1807 au Conser- 
vatoire, comme 61£ve de Pradher, fit ses Etudes 
de pianiste, et fut a Paris un maltre de musique 
fort estim£. II v6cut plusieurs ann^es en Angle- 
terre, revint en 1857 k Paris et prit les fonc- 
tions de maltre suppliant de son fr£re Henri, 
au Conservatoire (il a compose une senate 
pour cor, d'autres pour violon, un quintette 
avec piano, et plusieurs pieces pour piano). — 
2. Henri, n6 k Vienne, le 6 janv. 1803, m. k 
Paris le 5 janv. 1888, fr£re du prudent, 
d'abord 616ve de Hflnten (p£re), k Coblentz, 
entra en 1816 au Conservatoire de Paris 
(Pradher, Reicha), se perfectionna encore plus 
tard aupr^s de Moscheles, et fut, de 1825 k 
1835, le pianiste et le compositeur de piano le 
plus en vogue du monde entier. Sa participation 
ii r&ablissement d'une fabrique de pianos (Klep- 
fer) l'entraina dans des pertes financieres ; il 
se retira de ('association, mais l'etablissement 
d'une propre fabrique, avec salle de concerts 
(« Salle Herz »), ne suftlt pas pour le remettre 
k flots. II entreprit alors, en 1845, une grande 
tourn£e de concerts k travers les deux Ameri- 
ques, et, a son retour (1851), s'occupa avec tant 
de zele de sa fabrique qu'il la rendit tr£s 



prospere. Ses pianos remporterent a TExposi- 
tion universelle de 1855 le premier prix et la 
maison H. devint, k cdt6 de celles d'Erard et 
de Pleyel,. la plus renomm£e de Paris. En 1842, 
H. avait £t6 nomm£ professeurde piano au Con- 
servatoire ; il abandonna ce poste en 1874. Ses 
cBuvres sont : 8 concertos de piano, une quan- 
tity de th&mes varies (qui, k Yen croire, 6taient 
un regal pour le public parisieo), des sonates, 
rondos, sonates de violon, nocturnes, danses, 
marches, fantaisies, etc. (le tout ecrit d'une 
plume brillante et facile, mais sans fonds 
s£rieux, et pour cette raison d£j& aujourd*hui 
enticement oubli£), une Mithode compute de 
piano (op. 100), beaucoup d'&udes, d'exercices, 
etc. II a d§crit son voyage en Am£rique,dans le 
• Moniteur universel » (tirage k part sous le 
titre : Mes voyages en Ambrique, 1866). 

Heraberg, Anton, pianiste et compositeur de 
salon, n£ k Tarnow en Galicie le 4 juin 1825 ; 
616ve de Bocklet et de Preyer k Vienne, s'&a- 
blit en 1866 k Moscou, apres une tournfe cou- 
ronn&e de succ^s a travers la Hongrie, la 
Pologne et la Hussie. H vit encore aujourdTiui 
dans la m&me ville, honor6 de toutes sortes de 
titres et de decorations. 

Herzog, 1. Johank-Georo, n£ k Schmoelz (Ba- 
viere) le 6 sept. 1822, fit son Education au s£- 
minaire d'instituteurs d'Altdorf (Baviere); ii 
fut, de 1841 k 1842, maltre a Bruck pr£s Hof, 
devint en 1842 organiste et en 1848 cantor de 
rSglise 6vang&ique de Munich puis, en 1850, 
maltre d'orgue au (Conservatoire de cette ville. 
En 1854, H. fut nomme directeur de musique 
de rUniveroili d'Eiiangen, oil il recut en 1866 
le titre de D* phil. et quelques annees plus tard 
celui de professeur extraordinaire. H. est un 
excellent organiste et compositeur pour orgue, 
il a6crit: Ptaeludienbuch. Das kirdiliche Or- 
gelspiel (8 parties), Choraelemit Vor-, ZwiscJien- 
und Nachspielen. Evangetisches Qtoralbuch, 
8 cahiers de Chorgesdnge f. & hirchliclien 
Gebrauch, Geistliches und Weltliches (au- 
thologie, 5 vol.), une Mithode d'orgue, des 
fantaisies, etc H. prit sa retraite en 1888 et vit 
depuis lors k Munich. — 2. Emilie, n£e k 
Diessenhofen (Thurgovie) en 1860, fit son edu- 
cation musicale dans les conservatoires de 
Zurich (1876-1878, K. Gloggner) et de Munich 
(1878-1880, Ad. Schimon), cbanta d'abord dans 
les concerts en 1878, debuta en 1880 comme 
page dans les « Huguenots » et se revela 
immediatement excellente soubretle et chan- 
teuse leg&re. En 1889, elle echangea Munich 
contre Berlin, ou TOp^ra de la cour lui offrait 
un engagement k de brillantes conditions, et 
oh elle 6pousa plus tard un critique musical, le 
D f . H. Welti. Sa reputation n'a fait d^s lors que 
grandir, aulant au concert qu'au th^dtre. 

Herzogenberg, IIeixrich vox, n6 k Graz le 
10 juin 1848; fut, de 1862 k 1864, eleve du Con- 
servatoire de Vienne, sous la direction de F.-O. 
Dessoff. II vecut ensuite jusqu'en 1872 a Graz, 
puis alia s'etablir k Leipzig oil, avec Spitta, F. 
v. Holstein et Volkland, il fonda en 1874 le 
« Bach-Verein » dont il prit lui-m&me la direc- 



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HESES — HEUBNER 



353 



tion, apres le depart de Volkland, en automne 
1875. En octobre 1885, H. repondit k un appel 
flatteur qui lui venait de Berlin, pour succSdpr 
a Ft. Kiel, comme membre de TAcad^mie, 
directeur d'une 6cole academique de composi- 
tion et de la division de composition de l'Aca- 
-demie royale de musique, avec le titre de « pro- 
fesseur ». En 1892, H. se retira pour eause de 
maladie, mais il accepta de nouveau, en 1896, 
la succession de Bargiel k la t&le d'une classe 
de composition (< Meislerschule ») de l'Acade- 
mie. Comme compositeur, H. occupe un rang 
tres honorable, el, tout en ayant peut-6tre un 
penchant trop grand pour les artifices de 
contrepoint, il possede cependant un sens suffi- 
sant de la sonorite, pour ne pas succomber aux 
dangers resultant de ceite maniere d'Scrire. II a 
■ecrit: deux trios avec piano; deux trios pour 
instr. a archet (op. 27); cinq quatuors pour 
instr. a archet ; un quintette, un quatuor et un 
trio pour piano et instr. a vent ; un po6me 
symphonique : Odysseus ; deux symphonies 
{ut min. 1885, et si bem. maj. 1890) ; Deutsches 
Liederspiel (pour soli, chceur et piano k 4 in.) ; 
Der Stern des Liedes (chceur et orchestre; 
Die Weihe der Xacht (alto solo, choeur et or- 
chestre) ; les psaumes xcvi (op. 84), cxvi (pour 
double choeur et orchestre), xciv (op. 60, pour 
soli, chceur et orchestre ; Nannas Klage 
<op. 59); la cantate Kolumbus; des ceuvres 
pour piano a deux et aquatre mains ; des varia- 
tions pour deux pianos (themes de Brahms); 
des lieder, des duos et des choeurs. — Sa 
femme, Elisabeth, n£e von Stockhausen (n6e 
en 1848, m. a San-Remo le 7 janv. 1892), 6tait 
une excellente pianiste. 

Heses (all. ), si double bemol. 

Hess, Joachim, fut, de 1766 k 1810, organiste 
■et carillonneur de l'eglise St-Jean, a Gouda 
(Hollande); il a 6crit : Korte en eenvoudige 
handleiding tot het leeren van clavecimbel off 
orgelspel (1766 et plus, autres £d.); Luister van 
hetorgel (1772); Korte schetsvan de allereerste 
uitvindingenverdere voortgang in het vervaar- 
digen der orgeln (1810) ; Dispositien der merk- 
waardigste herh-orgeln (1774) et enfln Vereis- 
chten in eenen organist (1779). 

Hesse, 1. Ernst-Christian, ne k Grossgot- 
tern (Thuringe) le 14 avr. 1676, m. k Darm- 
stadt le 16 mai 1762, comme conseiller de la 
guerre; tout d'abord employe de la chancel- 
lerie de Hesse-Darmstadt, & Francfort et & 
Giessen, puis envoys a Paris aux frais du 
prince, pour s'y perfectionner sur la viole de 
gambe, aupres de Marin Marais et de Forque- 
ray, il passait pour le virtuose sur la gambe 
le plus remarquable que l'Allemagne ait 
jamais possed£. Ses compositions (beaucoup 
de musique d'eglise, des sonates pour gambe, 
etc.) sont restees manuscrites. — 2. Adolf- 
Fri£DR1ch, n6 a Breslau, le 80 aout 1809 (selon 
d'autres il serait ne en 1802 et aurait fait sa 
premiere tournee artistique en 1818), m. dans 
la mgme ville le 5 aout 1863 ; fils d'un facteur 
d f orgues, et Sieve des organistes F.-W. Berner 
et E. Koehler, a Breslau, il devint en 1827 

DICTIONNAIRB DE MUSIQUE. — 23. 

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deuxteme organiste de FSglise Ste-Elisabeth, 
puis, en 1831, premier organiste de TSglise St- 
Bernardin, a Breslau. H. ftait un excellent vir- 
tuose, fori admire, et dont les concerts d'orgues 
k Teglise St-Eustache, a Paris, et au Cristai- 
Palace de Londres, entre autres, furent fort 
remarques. II dirigea aussi pendant longtemps 
les concerts symphonigues donnas par Tor- 
chestre du thMtre de Breslau. Les plus impor- 
tantes de ses oeuvres sont ses compositions, 
pour orgue (preludes, fugues, fan taisies, etudes, 
etc.); majs il a aussi ecrit un oratorio : Tobias, six 
symphonies, des ouvertures, des cantates, des 
motets, un concerto pour piano, un quintette et 
deux quatuors pour instr. k archet, ainsique des 
morceaux pour piano. — 3. Julius, n6 k Ham- 
bourg le 2 mars 1823, m. a Berlin le 5 avr. 1881, 
a public un System des Klavierspiels et invente 
une nouvelle mesure des touches du piano, qui 
eut un certain succes. — 4. Max, 6diteur de 
musique, ne a Sondershausen le 18 f6vr. 1858, 
fonda en 1880 a Leipzig la maison d'edition de 
musique qui porte son nom, puis, en 1883, avec 
A. Becker, une imprimerie et un £tablissement 
de gravure de musique (Hesse et Becker). La 
maison d'edition s'est rapidement developp£e 
eta repandu, entre autres, la Preishlaviersckule 
de Urbach, les ceuvres chorales de Palme, 
TopSra Auf hohen Befehl de Reinecke, le 
Musiklexicon de Biemann, et une grande quan- 
tity de « Catechismes musicaux ». 

Hetsch, Louis, ne k Stuttgart le 26 avr. 1806, 
m. k Mannheim le 26 juin 1872; fut jusqu'en 
1846 directeur de musique de FUniversite, a 
Heidelberg, puis directeur de musique a Mann- 
heim. II a compost des oeuvres pour orches- 
tre, pour chcqprs, et de la musique de chambre; 
son psaume cxxx et un duo pour piano et 
violon furent couronnes. 

Heuberger, Richard- Franz -Joseph, n6 a 
Graz, le 18 juin 1850, se voua d'abord a la 
carriere d'ingenieur, passa en 1875 Texamen 
d'Etat, et ne se voua definitivement a la mu- 
sique qu'a l'&ge de vingt-six ans. II devint 
directeur de 1* « Akademischer Gesangverein », 
k Vienne, et en outre, en 1878, directeur de la 
« Singakademie ». Depuis 1895, il remplit les 
fonctions de second redacteur musical de la 
■ Neue Freie Presse ». H. a publie un certain 
nombre de lieder; des choeurs ;une Nachtmusik 
pour orchestre (op. 7) ; des variations orches- 
trales sur un theme de Schubert ; une suite en 
ri maj. pour orchestre; une ouverture pour le 
Kain de Byron; une rhapsodie d'apres le 
Liebesfruhting de Riickert (choeur mixte et 
orchestre) ; une cantate : Geht es dir wohl, so 
denk an mich, pour soli, choeur d'hommes et 
orchestre, extraite de Des Knaben Vtunder- 
horn ; puis trois operas : Abenteuer einer 
Neujahrsnacht ( Leipzig, 1886), Manuel Vene- 
gas (Leipzig, 1889) et Mirjam (Vienne, 20 janv. 
1894) ; une symphonie, etc. 

Heubner, Konrad, ne a Dresde en 1860, ou il 
suivit les cours de la « Kreuzschule », fut, de 
1878 k 1879, eleve du Conservatoire de Leipzig 
(ainsi que de Riemann,a TUniversite), puis il 



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354 



HEUGEL — HEYDEN 



alia aupr6s de Notlebohm 4 Vienne, et en 1881 
aupr£s de WtLllner, Nicode et Blassmann, 4 
Dresde. H devint en 1882 directeur de la « Sin- 
gakademie » de Liegnitz et, en 1884, second 
directeur de la « Singakademie » de Berlin. II 
succeda enfin en 1890, 4 Raphael Masskowski 
comme directeur de musique de la ville et 
directeur da Conservatoire de Coblentz. H. a 
un talent de compositeur (ouvertures, oeuvres 
de musique de chambre, etc.) qui promet beau- 
coup. 

Heugel, JACQUKS-Lfcopou>, nHLa Rochelle 
en 1815, m. 4 Paris, le 12 now 1883, fondateur 
et chef de la maison d'edition € H. et fils », 
editeur et r6dacteur du journal musical Le 
Minestrel (fonde en 1834). C'est chez lui qu'ont 
paru les ceiebres Mithodes du Conservatoire, 
pour toutes les branches de l'enseignement, 
par Cherubini, Baillot, Mengozzi, Grescentini, 
Catel, Dourlen, ainsi que de plus recentes par 
Garcia, Duprez, M m « Ginti-Moreau, Nieder- 
meyer, Stamaty, Marmontel, etc. — Son fils, 
Henri, lui a succ£d£ et participe activement 4 
la redaction du Minestrel, sous le pseudonyme 
H. Moreno. 

Heures canoniales, nom que Ton donne 4 
Tensemble des offices liturgiques d'un jour, 
offices pendant lesquels se chantent divers psau- 
mes, cantiques, hymnes determines. Les h. c. 
sont au nombre de sept: nocturne, matines, 
tierce, sexte, none, vepres, complies. 

Hexacorde, echelle de six sons. Les Grecs 
(v. grecque) divisaient leur systeme en tbtra- 
cordes (fragments de quatre sons); ce systeme 
de tetracordes fit du reste de nombreuses ap- 
paritions jusque fort avant dans le moyen Age 
(v. Hucbald) et se maintint m&ige apr&s que 
Gui d'Arezzo (v. ce nom) eut pris l'h. comme 
base de toute la th£orie de la solmisation (v. ce 
mot et muances). La tli^orie moderne ne con- 
nalt que des echelles diatouiques de sept sons 
(heptacordes , improprement dits octocordes, 
puisque le huitieme son de la gamme est iden- 
tique au premier). La conception de l'identite 
des sons places a distance d'octave est du 
reste ancienne, car Yirgile parle dej4 des 
« septem discrimina vocum ». 

Hey, Julius, maitre de chant que Richard 
Wagner plagait au-dessus de tous les autres, 
n6 4 Irmelshausen (Basse-Franconie) le 29 avr. 
1832. Le jeune gargon, doublement done, fut 
destine 4 la carri&re de peintre, il suivit les 
cours de l'Acad&mie de Munich et fit preuve 
comme paysagiste d'une certaine personnalite ; 
cependant il se voua ensuite 4 la musique, 
etudia rharmonie et le contrepoint sous la 
direction de Franz Lachuer et le chant sous 
celle de Fried. Schmitt, qui attachait une im- 
portance toute sp^ciale 4 l'etude de remission. 
Par rinterm&liaire du roi Louis II, H. fit la 
connaissance de Wagner ; il s'enflamma pour 
les idees du grand innovateur et choisit comme 
but special de ses efforts : la r£forme de l'en- 
seignement du chant dans le sens national 
allemand. C'est 4 cette t4che qu'ii a consacre 
sa vie, et dans cet esprit qu'il professa dej4 



comme premier maitre de chant 4 1'Ecole de 
musique de Munich, fondle en 1867 par Louis 
n, sous la direction de H. de Bulow et d'apres 
les plans de Wagner. Mais, peu apr&s le depart 
de Bfilow (1869), H. se vit dej4 contrecarre dans 
la realisation de ses projets, en sorte qu'apr^s 
de longues anuses de luttes, il se decida, 4 la 
mort de Wagner (1883) 4 abandonner son 
poste. Enfin, en 1887, il alia s'6tablir 4 Berlin. 
Cependant, en 1875, H. avait amasse un riche 
tr^sor d'experiences aux repetitions des « Nibe- 
lungen », 4 Bayreuth, repetitions pour les- 
quelles Wagner se retait attache comme assis- 
tant pour la technique du chant Ges expe- 
riences le fortifierent dans son idee — qui etaft 
celle de Wagner aussi — que seule une ecole 
de style, pr£parant les jeunes chanteurs 4 
Interpretation des oeuvres musicales dramati- 
ques allemandes et dirigee avec un esprit de 
suite, pourrait affermir et amplifier les resul- 
tats obtenus avec une rapidite aussi surpre- 
nante, 4 Bayreuth. Le projet qu'avait forme 
Wagner d'envoyer dej4 en 1877 un appel 4 tous 
les chanteurs de l'AUemagne, echoua contre 
recueil des difficultes financieres ; mais H. con- 
sidera comme un devoir sacre de tout essayer 
pour la realisation finale de cette grande pen- 
see. G'est ainsi qu'il se mit aussitdt 4 la 
preparation d f un grand ouvrage pedagogique 
sur le chant : Deutscher Gesangsunterricht, 
qui a paru en 1886 en quatre parties (I. Etude 
du langage ; II. Etude de remission vocale, 4 
l'usage des voix de femmes; III. Id. 4 1* usage 
des voix d'hommes; IV. Texte [definitions, 
explications, etc]). La haute valeur de cet 
ouvrage ne tardera pas 4 elre reconnue en 
Allemagne ; il presente, dans un expose d'une 
tres grande clarte, les idees de Wagner sur 
l'education rationnelle des chanteurs allemands, 
non pas d'une fagon purement theorique et uni- 
forme, mais en poursuivant les etudes pas 4 
pas, des premiers elements d*une emission nor- 
male jusqu'aux loip qui regissent l'execution 
artistique absolument parfaite. Et dans lout 
cela, on sent continuellement les fruits d'une 
grande experience pratique de l'enseignement 
De nombreux chanteurs, eieves de H., comptent 
parmi les plus apprecies des premieres scenes 
allemandes. H. a publie en outre des lieder et 
des duos, ainsi qu'une collection de seize melo- 
dies enfantines, faciles et appreciees pour 
l'etude elements ire du chant. 

Heyden (Heiden, Haiden), 1. Sebald, ne a 
Nuremberg en 1498, fut en 1519 cantor de 
Fecole de l'H6pital, et plus tard recteur de celle 
de Sl-Sebald en cette m£me ville ; il mourut le 
9 juil. 1561. H. a ecrit : Musicae, t. e. artis 
canendi libri duo (1587 ; 3° ed. sous le litre : 
De arte canendi, etc. 1540), petit traite fort 
precieux, 4 cause de sa clarte extraordinaire, 
sur la musique proportionnelle ; il est malheu- 
reusement tr6s rare. On cite encore un petit 
traite de contenu analogue, portant le titre : 
Stichiosis musicae, $eu rudimenta musicae 
(1529) ou : t Musicae Stichiosis », worin vom 
Ursprung und Nutsen der Musik, etc., ou 



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HEYMANN — HILDAGH 



355 



encore Institutiones musicae (1535); mais il 
est probable, A en juger d'apr6s les dates de 
publication, qu'il est identique au premier. -— 
% Hans, A Nuremberg, inventa vers 1610 un 
instrument connu sous le nom de « Niiren- 
bergisck Geigenwerk, sorte de combinaison du 
clavecin et du violon. II d6crivit son invention 
dans un ouvrage : Musicals instrumentum 
reformatum (1610). 

Heymann, 1. (H.-Rheineck), Karl- August, 
pianiste et compositeur, ne au chateau de Rhei- 
neck, sur le Rhin, le 24 nov. 1852, 616ve du 
Conservatoire de Cologne puis de 1* Academie 
royale de Berlin, ou il fut nomme maitre de 
piano en 1875 ; il a public des morceaux pour 
piano et des lieder (Einen Brief soil ich 
schreiben). — 2. Karl, excellent pianiste, n6 A 
Filehne (Posen) le 6 ocL 1854 (son p6re, Isaac 
H., 6tait alors cantor A Filebne ; il alia plus 
tard A Graudenz puis A Gnesen ; il est main te- 
nant « cantor sup6rieur » A Amsterdam), 616ve 
du Conservatoire de Cologne (Hiller, Gerns- 
heim, Breunung), puis 616ve particulier de 
Kiel A Berlin, il 6veillait d6ja comme pianiste 
l'attention du inonde musical et avait deja fait 
paraitre plusieurs pieces int6ressantes pour 
piano, lorsqu'une surexcitation nerveuse le 
forga A consacrer plusieurs ann6es au retablis- 
sement de sa sante. En 1872, H. rentra dans la 
vie active, d'abord comme pianiste accompa- 
gnateur de Wilhelmy, puis il accepta la place 
de directeur de musique A Bingen, afin de ne 
pas se laisser enlrainer A reprendre avec trop 
d*ardeur la vie de virtuose. Gependant il joua 
peu A pen plus souvent, fut nomm6 pianiste de 
la cour du landgrave de Hesse, et regut du 
reste A diverses reprises d'autres distinctions 
encore. De 1879 A 1880, il enseigna au Conser- 
vatoire Hoch, A Francfort s/M. ; mais il ne put 
8'habituer A ce genre d'activite et se voua de 
nouveau tout A fait a la carri&re de virtuose. 
Malheureusement, ce ne fut pas pour long- 
temps ; l'affection nerveuse reparut bientdt 
plus intense encore que la premiere fois. Ses 
compositions (Elfenspiel, Mummenschanz \ 
fantaisies, etc., ainsi qu'un concerto de piano) 
sont brillantes, mais leur valeur musicale n'en 
souffre point. 

Heyne(HAYNE,AYNE,c'est-d-dire «Heinrich ») 
van Ghizbohem, g6n6ralement nomme seule- 
ment H., chanteur de la chapelle de la cour de 
Charles -le-Temeraire de Bourgogne, vers 
1468, contrapontisle n6erlandais dont quelques 
motets ont paru dans le Odiiecaton, de Pe- 
trucci. 

Hiebsch, Joseph, n6 A Tyssa (Boh6me) le 
7 oct. 1854, m. A Carlsbad en mai 1897 ; devint, 
en 1866, enfant de choeur de la Chapelle 
royale de Dresde, entra en 1869 au s6minaire 
de Leitmeritz, fit ensuite des etudes de violon 
sous la direction de Dont, A Vienne et profes- 
sait depuis lors la musique A l'lnstitut peda- 
gogique imperial et royal de Vienne. II a 6crit : 
Leitfaden fUr den elementaren Violinunter- 
richt (1880; 6d. augments en 1884), une col- 
lection de duos pour le violon (douze cahiers), 



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Methodik des Gesangsunterricfits (1882 [1898]), 
Methodik des Violinunterridils (1887; une 
t methode compare » de violon comme la 
« m&thode comparee » de piano, de Riemann), 
AUgemeine MusifUehre (1890) et Lehrbuch der 
Harmonie (1893). 

Hientzsch, Johann-Gottfried, n6 A Mo- 
krehna, pr6s Torgau, le 6 aout 1787, m. A 
Berlin le 1** juil. 1856 ; fit ses etudes generates 
A Leipzig, et enseigna plusieurs annees en 
Suisse, pour s'assimiler la m6thode de Pesta- 
lozzi. n devint, en 1817, maitre de musique au 
S6minaire de Neuzelle, en 1822 directeur de 
celui de Breslau, en 1833 maitre a Potsdam et 
fut enfin, de 1852 A 1854, directeur de l'lnstitut 
des aveugles A Berlin. H. a public des recueils 
de chants d'eglise A 1'usage des ecoles, il r6di- 
gea de 1828 A 1837 YEutonia, journal p6dago- 
gique de musique, et commenga encore en 
1856 la publication d'un nouveau journal de 
musique: Das musikaliscfie Deutschtand, dont 
sa mort arr&ta la publication d6s le troisieme 
num6ro. II a 6crit en outre : Einige Worte sur 
Veranlassung eines grossen fdhr lichen Musik- 
festes in Schlesien (1825) ; Ueber den Musih- 
unterricht, besonders im Gesang, auf Gym- 
nasien unit Universitaten (1827) ; enfin Metho- 
dische Anleitung %u einem moglichst natur- 
und kunstgemdssen Unterricht im Singen filr 
Lehrer und Schuler (1" partie, 1886). 

Hilronyme de Mora vie, th&oricien de la 
musique proportionnelle (dominicain, en 1260, 
au couvent de la rue St-Jacques, A Paris) ; son 
traits De musica a 616 reproduit par Cousse- 
maker (« Scriptores », I). 

Hignard, Jean-Louis-Aristide, ne A Nantes 
le22mai 1822; devint, en 1845, 616ve deHal6vy, 
au Conservatoire de Paris, et remporta en 
1850 le deuxi6nie prix de Borne. C'est en 1851 
que fut represents, a Nantes, son premier op6ra, 
Le visionnaire ; vinrent ensuite, et avec suc- 
c6s, au Th6&tre lyrique de Paris : Colin-Mail- 
lard (1853); Les compagnons de Marjolaine 
(1855) ; L'aubergedes Ardennes (1860) ; et, aux 
Bouffes-Parisiens : Monsieur de Chimpanze 
(1858) ; Le nouveau Pourceaugnac (1860) et 
Les musiciens de Vorckestre (1861). Tous ces 
ouvrages appartiennent au genre de l'op6ra- 
comique. Une tragedie lyrique : Hamlet (H. 
donne, dans une preface A la partition, Implica- 
tion de cet essai d'un genre nouveau) 6tait de- 
puis longtemps terminee (elle a 6t6 analysee 
par E. Gamier, en 1868), mais ne fut 1 donn6e 
qu'en 1888, A Nantes. Parmi les autres oeuvres. 
il convient de citer des Valses concertantes et 
des Valses romantiques, pour piano (a quatre 
mains), des lieder, des choeurs pour voixd'hom- 
mes, pour voix de femmes, etc. 

Hildach, 1. Euoen, n6 a Wittemberge, sur 
TElbe, le 20 nov. 1849, 6tait destinS aux travaux 
du bAtiment et suivit l'Ecole d'architecture de 
Holzminden ; ce ne fut qu'i VAge de vingt-qua- 
tre ans qu'il lui fut possible de faire ses Studes 
de chant. II 6tait 616 ve de M m « El. Dreyschock 
a Berlin, et fit alors la connaissance de celle 
qui devint peu apr6s sa femme : — 2. Anna, n6e 

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356 



HILDEBRAND 



Schubert, nee k Komigsberg (Prusse) le 5 oct 
1852. lis all&rent s^tablir k Breslau ; mais, en 
1880, Fr. Wllllner lee appela tous deux comme 
maitres de chant au Conservatoire de Dresde, 
ou ils restSrent jusqu'en 1886. Depuis lore, lis 
se sont absolument consacr6s k la carriere de 
chanteurs de concert Eugen H. est baryton, 
Anna H. posside une belle voix de mezzo-so- 
prano. 

Hildebrand, Zachahias, n£ en 1680 t m. en 
1743, cStebre constructeurd'orgues, a fait, entre 
autres, les orgues de l*6glise catholique de 
Dresde ; son fils Joh. Gottfried H., a construit, 
entre autres, celles de la grande 6glise St-Mi- 
chel, k Hambourg. 

Hiles, 1. John, n6 k Schrewsbury en 1810, m. k 
Londres le 4 ttvr. 1882, organiste A Schrews- 
bury, Portsmouth, Brighton et Londres, a icrit, 
outre des morceaux pour piano et des melodies, 
une s6rie de traites, abr&g&s sur diflterents su- 
jets musicaux (piano, orgue, harmonium, basse 
chifftae, chant en choeurs) et un Dictionary of 
musical terms (1871). Son frSre et 616ve — 2. 
Henry, n6 k Schrewsbury le 8 d6c. 1826, remplit 
6galement plusieurs postes d'organiste. II fit, de 
1852 k 1859, pour cause de sant£, un voyage 
autour du monde ; il prit en 1862 le grade de 
bachelier k Oxford, et en 1867 celui de D*mus., 
puis il quitta ses foiictions d*organiste (il fut en 
dernier lieu, de 1864 k 1867, k l'eglise St-Paul, 
k Manchester). En 1880, H. fut nomm6 lecteur 
pour Tharmonie et la composition au • Owens 
College » ;il prit part, en!882,alafondation dela 
« National Society of Professional Musicians ». 
II a r£dig6 depuis 1885 la Quarterly-Musical 
Review, a Scrit Grammar of Music (2 vol. 1879), 
puis Harmony of Sounds (1871; 8* 6d. 1879), 
First lessons in singing (1881), et enfin Part 
Writing or Modern Counterpoint (1884). H. 
est l'auteur d'un oratorio (The Patriarches), 
de cantates (Fayre pastorel, The crusaders)^ 
de psaumes, d'anthems, de services et de 
choeurs, ainsi que d'un petit op£ra : La guerre 
domestique. 

Hill, Arno, excellent violoniste, ne aux bains 
d'Elster le 14 mars 1858 (neveu de Christian 
Wolfgang H., ne k Elster le 6 sept. 1818 et, de 
1850 k 1892, directeur de 1'orchestre de ces 
bains), 614ve de son p6re, Chr.H., puis, k partir 
de 1872, de David, Roentgen et Schradieck, au 
Conservatoire de Leipzig. En 1878, H. fut nom- 
mk second concertmeister et maitre au Conser- 
vatoire de Moscou ; il passa en 1888 dans les 
m&mes fonctions, mais comme premier concert- 
meister, k Sondershausen. Mais en automne de 
cette m&me annee encore, il fut appel6 k succe- 
der k Petri, comme concertmeister de Torches- 
tre du Gewandhaus, k Leipzig. II a abandonn£ 
ce poste lorsqu'il a 6t6 nomme, en 1891, mattre 
de violon au Conservatoire de cette ville, afln 
de se vouer specialement k l'enseignement et 
aux tourn&es de concerts, car il a toutes les 
quality d'un Eminent virtuose. 

Hill, 1. William, facteur d'orgues, m. le 18 
d6c. 1870, a fait adopter, avec Gauntlett, dans 
les orgues anglaises, l'etendue jusqu'a I'm*- 1 . 



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— HILLER 

— 2. Thomas-Henry- Weist, violoniste, ni k 
Londres le 8 janv. 1828, m. dans la mftme ville 
le 26 d6c 1891, fut directeur de l'6cole de mu- 
sique de « Guildhalls — 3. Karl, excellent 
chanteur de theatre et de concert (baryton) n£ 
k Idstein (Nassau) en 1881, m. dans l'asile d'a- 
Ii6n6s de Sachsenberg (Mecklembourg) le 21 
janv. 1893, fut primitivement employ^ postal, 
mais en 1868 il passa k la scdne et fit d&s lors 
partie du personnel du Theatre de la cour, a 
Schwerin. H. a chants le rdle d'Alberich, k 
Bayreuth, en 1876. — 4. Wilhelm, pianiste et 
compositeur, n£ a Fulda le 28 mars 1838, vit 
depuis 1854 a Francfort s/M. (61£ve de H. Hen- 
kel et de HaufT). Son op£ra Alona remporta en 
1882, au concours pour Inauguration du nou- 
vel op£ra de Francfort, un deuxieme prix (le 
premier 6chut a Kcitchen von Heilbronn f de 
Rheinthaler). Parmi les oeuvres gravies deH., 
nous citerons-.les sonates de violon op. 20 et 28, 
les trios op. 12 et 43, un quatuor avec piano 
(op. 44), des lieder, des morceaux pour piano, 
etc. 

Hille, Eduard, ni k Wahlhausen (dans la 
province de Hanovre) le 16 mai 1822, m. k Gcet- 
tingue le 18 d£c 1891; dtudia de 1840 a 1842 a 
Goettingue la philosophie, et la musique sous 
la direction du directeur academique de musi- 
que Heinroth. II embrassa ensuite tout k fait la 
carrtere musicale et v6cut plusieurs ann6es, 
comme maitre de musique, a Hanovre, oil il 
fonda la « Neue Singakademie > et dirigea une 
soci£t£ chorale d'hommes. H. entra \k en rela- 
tions avec Marschner entre autres, et fut aussi 
en correspondance avec M. Hauptmann. Nom- 
mk en 1855 directeur de musique a Goettingue, 
il y fonda, apr&s un long voyage deludes a 
Berlin, Leipzig, Prague, Yienne, etc, la • Singa- 
kademie » et ressuscita les Concerts acad£mi- 
ques. Comme compositeur, H. s'est surtout fait 
connaitre par des lieder et des choeurs pleins 
de sentiment. Cf. AUg. Mus. Zeiiung, 1879. 

Hiller, 1. Johann-Adam (HOller), n£ a Wen- 
disch-Ossig, prte Goerlitz, le 25 d£c. 1728 (son 
pdre y 6tait cantor), m. k Leipzig le 16 juin 1804 : 
pen aprds la perte pr£matur£e de son p£re, il 
obtint, grace a sa jolie voix de soprano, une 
bourse au Gymnase de Goerlitz et, plus tard, k 
la « Kreuzschule », a Dresde, oh il £tudia le 
piano et la basse chiffrSe, sous la direction de 
Homilius. II entra en 1751 a lTniversil6 de 
Leipzig et gagna son pain en donnant des le- 
mons de musique; il pr&tait aussi son concours, 
tantdt comme flfttiste, tant6l comme chanteur 
dans les «Grands Concerts », sous la direction 
de Doles. En 1754, il devint pr&cepteur chez le 
comte Brtihl, a Dresde, accompagna en 1758 
son £ieve a Leipzig etfixa d£s lors son domicile 
en cette ville, refusant m&me des offres tentan* 
tes du dehors. En 1763, H. fit revivre, k ses 
risques et perils, les concerts d'abonnement qui 
avaient ete entravSs par la guerre de Sept ans, 
et les dirigea sous les noms de «Liebhaber- 
konzerte » et de t Concerts spirituels > (sur le 
module de ceux de Paris) jusqu'en 1781. K.-W. 
Mueller fonda alors la cKonzertgesellschafU, 

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HILLBR 



357 



qui prit un caractdre plus g£n6raleldont les con- 
certs furent transport's au Gewandhaus. D£j& 
en 1771, il avait organist une 6cole de chant qui 
ne fut pas sans importance pour la formation 
d'un bon choeur pour les concerts. En 1789, il 
succMa k Doles, comme cantor de Vecole St- 
Thomas; mais il abandonna ces fonctions en 
1801, lorsqu'il sentit les atteintes de TAge. En 
tant que compositeur, H. a acquis de Timpor- 
tance par ses « Singspiele » (op6rettes), qui ont 
marque le d£but d'un genre essentiellement 
allemand, celui du « Spieloper », qui, bien que 
simultan£ment, s'est d£velopp6 independem- 
ment de Y « opera buffa > italien et de r«op6ra 
comique » frangais. II. avait pour principe, 
dans ces pieces, de ne faire chanter par les 
gens du peuple que de simples lieder, tandis 
qu'il meltait dans la bouche des personnages 
de qualite de v^ritables airs ; les lieder de ses 
op&rettes sont devenus extraordinairement po- 
pulaires. Voici les titres de ces ouvrages : Der 
Teufel ist los (l'« partie : Der lustige Schuster, 
1765 ; 2* par lie, Die vervoandelten Weiber, 1765), 
Ltsuart und Darioletle (1766), Lottchen am 
Hofe (1767), Die Liebe auf dem Lande, Der 
Dorfbarbier, Die Jagd, Die Musen, Der Em- 
tekranz, der Krieg, Die Jubelochzeit, Das 
Grab des Mufti (ou Die beiden Geizigen) et 
Das gereUete Trqfa (1777, toutes k Leipzig). H. 
a aussi cultiv6 le lied en dehors de la scene. 
II a publte les Lieder fUr Kinder, de Chr.-Felix 
Weisse, puis 50 geistliche ftir Kinder, Cho- 
ralmelodien zu Gellerts- geistlichen Oden, 
Vierstimmige Chorarien, un Ckvraibuck, des 
can ta tea, etc.; d'autres ceuvres sont restees 
mannscrites : le psaume C, une cantate de la 
passion, de la musique funebre en m6moire de 
Hasse, etc., ainsi qu'une symphonie et des 
suites. La literature musicale a 6t6 aussi enri- 
chie par lui d'un certain nombre d'6crits, sur 
des sujets fort divers : W6chenttiche Nachrich- 
ten und Anmerhungen, die Musih betreffend 
(1766 a 1770, la plus ancienne revue musicale 
proprement dite ; cf. presse musicale) ; Lebens- 
beschreibungen beruhmter Musikgelehrtenund 
Tonkunstler (1784, biographies de Adlung, J.-S. 
Bach,Benda,Fasch, Graun, Hsendel, Heinichen, 
Hertel, Hasse, Jomelli, Quanz, Tartini et d'au- 
tres; contient aussi une autobiographie); Nach- 
richt von der Auffuhnmg des Hcendelschen 
« Messias » in der Domhirche zu Berlin, 19 
Mai 1786 ; Ueber Metastasio und Seine Wer- 
ke (1786); Anweisung zum musikalisch rich- 
tigen Gesang (1774) ; Amoeisung zum musika- 
lisch zierlichen Gesang (1780); Anweisung 
zum Violinspiel (1792). H a en outre prepare 
une deuxieme edition de Anleitung zur musi- 
halischen Gelahrtheit (avec annotations, 1783) 
de Adlung, arrange le Stabat mater de Pergo- 
l&se pour choeur k quatre voix, et public le 
Jubilate de Haendel, le Stabat mater de Haydn, 
Tod Jesu de Graun, et Pilgrime auf Golgotha 
de Hasse. Comme pedagogue H. obtint de bril- 
lants rfoultats; Corona Schroeter a et6 son 
&k\e (cf. Mara). Deux Polonaises, les soeurs 
Podleski, 1'engagdrent en 1782 k venir k Mitau 



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ou il en imposa tellement au due de Courlande, 
que celui-ci le mit k la t&te d'un orchestre et 
lui servit une pension annuelle. Cf. Karl Pei- 
ser, J.-4. Hitler (1894). Son fils : — 2. Frie- 
brich-Adam, ne a Leipzig en 1768, m. k Kcenigs- 
berg le 23 nov. 1812, fut 6galement un excellent 
musicien, chanteuret violoniste; en 1790 il 6tait 
maitre de chapelle du tb&Ure, k Schwerin, en 
1796 k Altona et en 1803 k Koenigsberg. On a 
de lui quatre op£rettes,six quatuors pour instr- 
a archet, ainsi que de plus pelites ceuvres voca- 
les et instrumentales. -4 3. Ferdinand (von), 
pianiste, compositeur et musicographe spiri- 
tuel, n6 k Francfort s/M le 24 oct. 1811, m. k Co- 
logne le 11 mai 1885; n6 d'une famiile ais6e, il 
fut d'abord 1'iUve d' Aloys Schmitt et de Voll- 
weiler k Francfort, puis, en 1825, de Hummel k 
Weimar; il rendit m£me visile k Dehn,en 1827, a 
Vienne et y fut presents k Beethoven. Apres un 
court s6jour dans la maison paternelle, il passa 
sept ans k Paris (1828-1835) ou il entra en rela- 
tions suivies avec les principaux musiciens de 
l^poque (Cherubini, Rossini, Chopin, Liszt, 
Meyerbeer, Berlioz) : il rempli t quelque temps les 
fonctions de professeur k Tlnstitut de musique 
Choron, et se fit un nom comme pianiste, soit 
dans ses concerts particuliers, soit dans des 
soirees avec Baillot H. 6tait r6put£ comme in- 
terpr&e de Beethoven. La mort de son p6re le 
rappela a Francfort oti il dirigea,.en 1836, le 
« Csecilienverein » enremplacement de Schelble; 
il partit ensuite pour Milan et, avec l'aide de 
Rossini, fit donner en 1839, k la Scala, un 
op£ra : Romilda, qui n'eut qu'un mediocre sne- 
ers. II passa l'hiver 1839-1840 k Leipzig, aupr£s 
de Mendelssohn avec lequel il etait d&jk depuis 
longtemps lie d'amitie; il termina alors un ora- 
torio commence k Milan : Die Zerst6nmg Je- 
rusalems et le fit ex£cuter en 1840, au Gewand- 
hans. H. se rendit encore une fois en Italie, de 
1840 k 1841, etudiant cette fois les maltres de la 
grande p^riode vocale, A Rome, sous la direc- 
tion de Baini ; mais il revint en Aliemagne en 
1842, prit en 1843-1844 la direction des concerts 
du Gewandhans, a la place de Mendelssohn 
qui passait l'hiver k Berlin, et fit repr6senter k 
Dresde les deux operas : Iraum in der Christ- 
nacht (1845) et Konradin (1847), En 1847, H. 
fut appel6 k Dftsseldorf, en quality de directeur 
de musique de la ville, mais trois ans plus tard, 
il accepta a Cologne les mdmes fonctions avec, 
en plus, la charge d'organiser le Conservatoire. 
Depuis cette 6poque, H. a exerc6 simultan^- 
ment les fonctions de directeur de la Soci&t& 
des concerts et du choeur des concerts, associa- 
tions qui toutes deux prenaient part soit aux 
concerts du « Gtirzenich • , soit aux Festivals 
rh£nans,et celles de directeur du Conservatoire 
dans lesquelles il se rendit fort utile. H. devint 
de la sorte la personnalit& musicale la plus en 
vue de V Aliemagne occidentals II ne prit s 
retraite que le l 6r oct. 1884. II est int£ressant de 
noter que H. avait dirig£, de 1851 k novembre 
1852, FOpSra italien de Paris. Excellent pianiste, 
chef d'orchestre et pedagogue, compositeur 
connaissant a fond son metier et maniant ha- 

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358 



HILLMER — HIMMEL 



bilement les formes musicales, H. r6ussit encore 
& se creer un nom comme feuilletoniste aima- 
ble et de bon gout. II est juste d'ajouter cepen- 
dant que, comme compositeur, H. ne se rendit 
entierement mattre que des petites formes; 
s'appuyant sur Schumann et sur Mendelssohn, 
il fut peut-Mre trop fecond et manqua parfois 
de s6verit£ vis-&-vis de lui-m&me, mais sut tou- 
jours captiver par une certaine gr&ce, une cer- 
taine d&icatesse de touche, jointes a quelque 
p6danterie qui, parce qu'elle est voulue, ne 
manque pas d'esprit Quant k sa carrtere d'6- 
crivain, il la commenca par des feuilletons tr6s 
attrayanls qui parurent dans la < Gazette de 
Cologne > et qui, rassembl6s en partie, ont 6t6 
publics sous les litres suivants : Die Musih 
und das Publikum (1864) ; i. van Beethoven 
(1871); Ausdem lonleben unsrer Zeit (1868, 2 
vol. ; nouvelle suite 1871). Gitons encore d'au- 
tres Merits provenant de la plume linemen t 
taillSe de Hiller : Musikalisches und Personli- 
ches (1876); Brief e von M. Hauptmann an 
Spokr und andre Komponisten (1876); Felix 
Mendelssohn- Bartholdy. Brief e und Erinne- 
rungen (1876); Brief e an eine Ungenannte 
(1877); Kunstlerleben (1880); Wie hdrenwir 
Musih? (1880), Gosthes musikalisches Leben 
(1883) et Erinnerungsblatter (1884). Le nombre 
de ses oeuvres musicales atteint 200; parmi 
celles-ci se trouvent six operas : Der Advohat 
(Cologne, 1854), Die KataJwmben (Wiesbaden, 
1862), Der Deserteur (Cologne, 1865), et les trois 
operas d£ja mentionnes plus haut ; deux orato- 
rios : Die Zerstorung Jerusalems (1840) et 
Saul (1858) ; des cantates : Lorelei, Nat und 
Damajanti, Israels Siegesgesang, Prometheus, 
Rebehha (idylle biblique), Prinz Papagei (con- 
te dramatique), Richard Loswenherz (ballade 
pour soli, choeur et orchestre, 1833) ; des psau- 
mes ; des motets (Sanctus dominus, pour voix 
d'hommes, op. 192 ; Super flumina Babylonis, 
Aus der Tiefe ruf'e ich y pour une voix seule 
avec piano); Palmsonntagmorgen (pour voix 
de femmes, solo et piano); des choeurs pour 
voix d'hommes, voix mixteset voixde femmes; 
beaucoup de lieder ou de duos ; des oeuvres de 
piano ou de musique de chambre (qui sont bien 
les plus r£pandues et sont remarquables par 
leur Elegance et leur charme) parmi lesquelles 
nous citerons : un concerto (fa di&se mineur), 
des sonates, des suites, une quantite de recueils 
de petits morceaux (Reveries [4 cahiers], ca- 
prices, impromptus, rondos, ghas&les, marches, 
valses, variations, etc.), des Etudes, une Ope- 
rette ohne Text (a quatre mains), des sonates 
de violon, une suite canonique pour piano et 
violon, une sonate de violoncelle, cinq trios et 
cinq qualuors avec piano, cinq quatuors pour 
instr. darchet, plusieursouvertures, trois sym- 
phonies, etc. Les stances sur Thistoire de la 
musique, avec illustrations au piano, que H. 
donna k Vienne, a Cologne, etc., eurent un suc- 
cess considerable. L'Universite de Bonn lui con- 
tra en 1868 le litre D T hon. c. -I 4. Paul, n6 a 
Seifersdorf, pres Liegnitz, le 16 nov. 1830 ; fut 
nomme en 1870 second organiste et en 1881 



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premier organiste de l'6glise Ste-Marie-Made- 
leine, k Breslau. A public des morceaux pour 
piado, des lieder, etc. 

Hillmer, Friedrich, n6 k Berlin vers 1762, 
m. dans la mdme ville le 15 mai 1847 ; entra en 
1811 comme alto dans l'orchestre de la cour; 
et fut pensionne au bout de vingt ans. II fit des 
experiences pour la construction ou le perfec- 
tionnement d'instr. k archet ou k clavier, mais 
ne r&issit k faire approuver aucun de ces ins- 
truments ( * Alldrey » ; « Tibia » ; « Verbessertes 
Polycbord »). Un fils de H. est maltre de chant 
estim£, k Berlin. 

Hilpert, W.-Kasim.-Friedrich, n6 a Nurem- 
berg le 4 mars 1841, m. k Munich le 5 fevr. 1896, 
Tun des violoncellistes allemands les plus con- 
nus, 616ve de Fr6d6ric Grfttzmaeher, au Con- 
servatoire de Leipzig. H. fut Tun des fondateurs 
et resta membre pendant huit ans (1867-1875) 
du c£16bre < Quatuor florentin » (v. Becker, 8) ; 
il devint ensuite violoncelle - solo de l'Opera 
imperial, k Vienne, passa au m&me titre dans 
l'orchestre de la cour, k Meiningen, puis a 
Munich ou il fut en outre nomme, en 1884, 
professeur de violoncelle k l'Ecole royale de 
musique et violoncelle solo de la Chapelle 
Royale. 

Hilton, John, compositeur anglais de chants 
religieux et profanes, devint en 1626 bachelier 
&s musique (Cambridge) et, en 1628, organiste 
de T6glise Ste-Marguerite, k Westminster (Lon- 
dres) ; il fut enseveli le 21 mars 1657, en sorte 
qu'il est probablement mort le 19 ou le 20 mars. 
H. a public : Ayres or fa-las for three voyces 
(1627, derailment r66dit6 par la t Musical 
Antiquarian Society ») et Catch that catch can 
(1652; collection de catches, rondeaux et ca- 
nons). On trouve des morceaux d6tHch£s du 
m&me auteur, dans les Triumphs ofOriana, 
dans Cathedral music de Bimbault, et dans 
Choice psalmes de La we: d'autres oeuvres, ma- 
nuscrites, sont encore au « British Museum ». 

Himmel, Friedrich-Heinrich, n6 k Tretten- 
brietzen (Brandenbourg) le 20 nov. 1765, m. k 
Berlin le 8 juin 1814 ; etudia d'abord la th&olo- 
gie, puis, avec une bourse royale, la composition 
chez Naumann, k Dresde. Fr6deric-Guillaume 
II Tenvoya encore poursuivre son Education 
musical e en Italie, et H. y fit representer deux 
operas : II primo navigator e (1794, a Venise) 
et Semir amide (1795, k Naples). En 1795, il fut 
nomm£ maitre de chapelle de la rour, comme 
successeur de Reichardt ; il fit ensuite, de 1798 
k 1800, un voyage en Russie (donna un op£ra, 
Alessandro, k St-P6tersbourg) et en Scandina- 
vie, se rendit en 1801 k Paris, k Londres et k 
Vienne, puis reprit ses fonctions k Berlin. A la 
suite des ev&nements de 1806, il partit d'abord 
pour Pyrmont, alia ensuite k Cassel, k Vienne, 
et revint finalement a Berlin. Ses op&ras ont 
joui, en leur temps, d'une grande faveur; il 
donna k Berlin : Vasco de Gama (1801, ital.) et 
les opSrettes Frohsinn und Schwarmerei (1801 ), 
Fanchon (1804, son oeuvre la plus connue), Die 
Sylphen (1806); k Vienne : Der Kobold (1811). 
Ses premieres grandes compositions &taienl un 

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HINRIGHS — HISTOIRE DE LA. MUSIQUE 



359 



oratorio : Isaacco figura del redentore (1791) et 
une cantate La danza (1792). Quelqaes lieder 
aussi furent fort en vogue, entre autres : An 
Alexis et Es kann fa nicht immer so bleiben. 
Enfin il a Scrit encore : des psamnes : an Pater 
nosier ; des chants de vfipres; une Messe: on 
concerto de piano; nn quatuor pour piano, flute, 
violon et violoncelle; un sextuor pour piano, 
deux altos, deux cors et violoncelle ; etc 

Himichs, Franz, n6 & Halle s/Saale, vfcrs 
1880, m. a Berlin, comme conseiller sup6rieur 
<Je la cour royale, le 25 oct. 1892; ami et beau- 
fr^re de Robert Franz, a compost des lieder 
de genre analogue a ceux de Franz et 6crit : 
R. Wagner und die neue Musik (1854, tr6s 
mod£r6). Sa soeur — Maris II. qui avait epous£ 
Rob. Franz, n6e en 1828, m. a Halle le 5 mai 
1891, s'est fait connaltre aussi comme compo- 
siteur de lieder. 

Hinke, Gustav-Adolf, hauboiste distingue, 
n6 a Dresde le 24 aout 1844, m. a Leipzig le 5 
aout 1898, fils de Gottfried H. (m. en 1851) qui in- 
troduisit & Dresde le tuba-basse ; eleve du Con- 
servatoire de Dresde (hautbois : Hiebendahl), 
fut,apartir de 1867, premier hautbois de Torches- 
tre du Theatre et du Gewandhaus, a Leipzig. 
. Hipkins, M.-A.-J., Tun des principaux colla- 
borateurs de Grove pour son Dictionary of 
.Music, et, depuis 1894, conservateur de la col- 
lection d'instruments du t Royal College of 
Music », a publie divers catalogues descriptifs 
de valeur : celui de la collection Loan d*ins- 
truments de musique, etc., k V Albert-Hall, a 
Londres (1885), puis Old keyboard instruments 
(1887). II a 6crit en outre : Musical instruments, 
historic, rare, unic (1888 ; avec 50 planches d'il- 
lustrations) ; A description and history of the 
pianoforte, etc., (1896). 

Hirn, Gustav-Adolph, physicien de merite, 
n6 a Logelbach, pr6s Colmar (Alsace) le 21 
aout 1815, m. a Colmar le 14 janv. 1890; v£cut 
dans sa ville natale, comme directeur d'un 
institut m6t£orologique. L'un de ses nombreux 
ouvrages de physique a trait a la musique: 
La musique et Vacoustique (1878). H. y exprime 
l'opinion que le beau musical peut s'expliquer 
physiquement. 

Hirsch, D p Rudolf, ne a Napagedl (Moravie) 
le l* r tevr. 1816, m. a Vienne le 10 mars 1872, 
compositeur, po&e et critique musical, a 6crit 
entr'autres: Mozarts Schauspieldirektor (1859;, 
sorte de plaidoyer en faveur de Mozart. 

Hirschbach, Hermann, n6 a Berlin le 29 fevr. 
1812, m. a Gohlis, pres Leipzig, le 19 mai 1888; 
£16ve de Birnbach, publia a Leipzig, de 1843 a 
1845, une revue musicale : Musikalisch-kriti- 
sches Repertorium, dont les jugements d'une 
«&v6rite excessive lui susciterent un si grand 
nombre d'ennemis qu v il finit par vivre absolu- 
ment retire. H. fut aussi compositeur original 
et fecond ; il a 6crit treize quatuors pour instr. 
a archet (Lebensbilder, op. 1, etc.), deux quin- 
tettes (avec deux altos), deux autres quintettes 
(avec deux violoncelles), deux quintettes (avec 
clarinette et cor), un septuor, un octette, qua- 
torze symphonies (Lebenskampfe ; Erinnerun- 



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gen an die Alpen; Fausts Spaziergang; etc., 
des ouvertures (Goetz von Berlichingen; Ham- 
let ; Julius Caesar, etc.) et deux operas (Das 
Leben ein Traum et Othello). H. reclamait de 
toute musique qu'elle exprimat d'une fagon ca- 
ract£ristique une id6e precise et d6termin£e. 

Hirschfeld, Robert, musicographe, n6 en 
Moravie en 1858; fit ses Etudes dans les gym- 
nases de Breslau et de Vienne, puis a l'Univer- 
site de Vienne, ou il fr6quenta en m§me temps 
les cours du Conservatoire. II prit en 1884 le 
grade de D r phil. (monographie sur Jean de 
Muris) et fut nomm£la meme annee professeur 
d'esth&ique musicale au Conservatoire de Vien- 
ne ; il avait du reste d6ja donn6 des cours a 
parlir de 1882, dans ce m&me 6tablissement. 
Notons encore un petit ouvrage de pol&mique, 
dirig6 contre Hanslick : Das hritische Verfah- 
ren Banslichs (1885) ; H. y prend la defense 
del'ancienne musique « a cappella » qu'il a du 
reste cherchd a ressusciter, dans les c Soirees 
renaissance » organises par ses soins. 

His (all.), si dtise. 

Histoire de la musique. C*est au si&cle der- 
nier seulement que Ton congut l'idSe d'Scrire 
une histoire g£n6rale de la musique, mais la 
tentative se r£p£ta d6s le debut, a intervalles 
rapproch^s, et Ton eut les ouvrages du Pere 
Martini {Storia delta musica; 3 vol. 1757, 
1770, 1781), de Hawkins (A general history of 
the science and practice of music; 5 vol. 1776), 
de Burnby (A general history of Musik; 4 vol. 
1776-1789). de Laborde (Essai sur la musique 
ancienne et moderne, 3 vol. 1780 ; superflciel) 
et de Forkel (Allgemeine Geschichte der Musik; 
2 vol. 1788, 1801;. A ce groupe ancien sont venus 
s'ajouter, dans notre si&cle, les ouvrages d'Aii- 
bros {Geschichte der Musih ; 4 vol. 1862-1878, 
avec un volume d'exemples musicaux [public 
par O. Kade], 1882, et un index alphab£tique 
par W. Baumker, 1882) et de Ffrris (Histoire 
g^n&rale de la mu&ique ; 5 vol 1869-1875). 
Seuls parmi ceux que nous venons de citer, les 
deux ouvrages anglais ont ete terminus; Martini 
n*a pas d£pass£ l'histoire de la musique grecque, 
F6tis s'arrfete au xv« s., Forkel au xvi« s., Am- 
bros enfin au xvn« s. Ce triste resultat s'ex- 
plique du reste par l'abondance £crasante des 
materiaux qui s'accumulent de plus en plus 
devant l'historiographe, a mesure qu'il se rap- 
proche de l'histoire contemporaine. Cependant. 
comme l'histoire de la musique moderne, de la 
musique actuellement sonore et vivante, ren- 
contre de beaucoup 1'interM le plus soutenu, 
quelques auteurs se sont bornSs a en dormer 
un apercu plus ou moins etendu, ce sont sur- 
tout : Kiesewetter (Geschichte der europasi- 
schen abendloendischen oder unserer heuligen 
Musih, 1834 ; 2* ed. 1846), Brendel (Geschichte 
der Musik in ltalien, Deutschland und Frank- 
reich, 2 vol. 1852; 7* ed. 1888), Marcillac (His- 
toire de la musique et des musiciens, etc.,1 vol. 
1879 ; tr&s superficiel) et Lanohans (Geschichte 
der Musih des X VIII. und XIX. Jahrhunderts, 
2 vol. 1882-1886 ; formant la suite de Touvrage 
d'Ambros). Un troisteme groupe d'ouvrages 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



360 



HISTOIRE DE LA MUSIQUE 



HOBRECHT 



d'histoire generate de la musique, 6crits de se- 
conde main, et ne reposant pas, comme les ou- 
vrages savants cit£s plus haul, sur des recher- 
ches persbnnelles, comprend entre autres les 
trails de Busby (1819), Reissmann (1863) et, en 
francais,H. Lavoix (1885; ouvrage de vulgarisa- 
tion, el&gamment ecrit, mais de mediocre va- 
leur). Enfin, parmi les innombrables « manuels* 
d'h. de la musique, nous noterons seulement 
ceux de Dommers (Handbuch der Musikge- 
schichte , 1867 ; 2° ed. 1877 ; recommandable 
comme excellente source de renseignements, 
car les resultats des recherches modernes y 
sont consignes avec conscience et ulilis&s avec 
tact; malheureusement il s'arr&te a la inort de 
Beethoven), de H.-A. Kcestlin (Musikgeschichte 
im Umris$,$* ed. 1884); puis, pour comparer 
des id£es opposees, ceux de Meinardus (Die 
deutsche Tonhunst, 1888; conservateur enraci- 
n6) et de R. Pohl (Die Hohenzuge der musika- 
lischen Entvcickelung, 1888; progressiste radi- 
cal); enfin, comme complement a ceux qui 
^ pre cedent le Kateckismus der Musikgeschichte 
^^*"fl888-1889) de H. Riemann. Les Anglais aussi 
ont leurs manuels d'h. de la musique, imites 
plus ou moins de l'allemand; la literature 
musicale frangaise ne possede malheureuse- 
ment encore aucun ouvrage de ce genre. Le 
principe moderne de la division du travail, de 
la concentration des efforts sur une sphere 
restreinte, a &k applique r^cemment, sur une 
tres grande echelle,a Tetude de Thistoire musi- 
cale. Les biographes surtout, en concentrant 
toute leur attention sur une personnalite re- 
marquable, parviennent a donner une image & 
la fois exacte' et vivante d'une phase de This- 
toire musicale qui, si courte soit-elle, sera tou- 
jours interessante; notons particultereinent ici 
les noms de Baini (Palestrina), Winterfeld 
(J. Gabrieli), Spitta (Bach), Chrysander (Hsen- 
del),PoHL (Haydn), O. Jahn (Mozart), Thayer 
(Beethoven), M.-M. von Weber et Jjbhns (We- 
ber), L. Ramann (Liszt), Niecks (Chopin), Ad. 
Jullien (Berlioz), Glasenapp (Wagner), etc. 
Tous ces ouvrages donnent non seulement la 
biographie d'un maitre pris isotement, mais le 
tableau de toute une 6poque, un veritable mor- 
ceau d'histoire musicale. D'autres specialistes 
ont choisi une pSriode plus ou moins etendue, 
comme stijet de ieurs recherches : de Cousse- 
maker, le moyen Age ; Westphal et Gevaert, 
Tantiquit^ ; etc. D'autres enfin poursuivent 
l'etude historique d'un genre special ou d'une 
branche speciale de l'art musical, ce sont : Ar- 
teaga (l'opera), Gerbert (la musique d'eglise), 
Kiesewetler (Schiksale und Beschaffenheit des 
weltlichen Gesangs im Mittelalter, 1841), Wa- 
sielewski (Geschickte der Instrumentalmur 
sikim XVI. Jahrh.; Die Violine und ikre 
Meister), Ghouquet (Histoirede la Musique 
dramatiqueen France, 1873), Lavoix (Histoire 
de V instrumentation, etc., 1880), Brenet (His- 
toire de la symphonie a orchestra 1882), etc., 
etc. II s'en faut encore de beaucoup, cela va 
sans dire, que le domaine infiniment vaste de 
l'h. de la musique n'ait ete totalement explore 



by Google 



jusqu'a ce jour: mais les musicographes de* 
tous pays y travaillent avec ardeur. Des publi- 
cations periodiques recueillent du reste conti- 
nuellementde pr^cieux mat&riaux pour Th.de 
la musique, ce sont entre autres : Monatshefte 
fur Musikgeschichte (fondes en 1869 et r6dig6s- 
par Rob. Eitner); Vierteljahresschrift fur Mu- 
sikwissenschaft fparaissant depuis 1885, chez 
Breitkopf et Haertel et fondSs par Guido Adler^ 
Ph. Spitta etFr. Ghrysahder) ; Kirchenmusika- 
lisdieJahresbucher(r&d\geap*r Fr.-X. Haberl,. 
issus en 1886 du t Csecilienkalender ») ; Rivista 
musicale italiana (revue trimestrielle, parais- 
sant depuis 1894,\shez les fr£res Bocca, a Turin). 

(Voir p. 362 et suiv. un tableau synchronique 
de Thistoire de la musique, et, pour les details,, 
soit les divers articles du dictionnaire, soit les 
ouvrages historiques cit6s plus haut.) 

Hiteler, Daniel, ne a Haidenheim (Wurtem- 
berg) en 1576, pr£v<3t et conseiller eccl&siasti- 
que a Stuttgart, m. le 4 sept. 1635, a ecrit r 
Newe Musica oder Sing Kunst (1628). D defend 
dans cet ouvrage la bebisation (la, be, ce, etc> 
contre la bocedisation et son partisan, Calvi- 
sius; cf. bobisations. H. a aussi publiS un 
recueil de chorals figures (1634). 

Hobrecht (Obrecht, Obreht. Obertus, Ho-, 
bertus), Jakob, Tun des plus grands contra- 
pontistes neerlandais, contemporain de Jos- 
quin, ne a Utrecht vers 1430, devint en 1465- 
maitre de chapelle de la cathedrale de sa villa 
natale, succeda en 1492 a Jacques Barbireau 
en qualite de maitre de chapelle de Notre-Dame 
d'Anvers, prit sa retraite, avec les avantages 
d'une chapellenie, en 1504, et mourut environ 
deux ans plus tard. On a conserve de ce maitre 
un lr£s grand nombre de Messes, de motets et 
de chansons ; Petrucci a imprim6 de lui un 
volume de Messes : Misse Obreht (1503 ; conte- 
nant les Messes : Je ne demande ; Grecorum ; 
Fortuna desparata ; MaUieur me bat ; Salve 
diva parens) et le premier livre des Missar 
diversorum renferme une Messe de H. : Si 
dedero. En outre, les Missce XIII de Gra- 
phaeus (1539) contiennent les Messes : Ave 
regina ccelorum et Petrus Apostolus, de H. 
D'autres Messes encore, du m6me auteur, sont 
conserves en manuscrits dans les archives de 
la Chapelle pontificale, a Borne, et lemanuscriL 
n« 3154 de la Bibliotheque royale de Munich 
renferme, en plus de deux Messes citees plus 
haut (Si dedero et Jene demande), deux Messes 
connues par ce seul manuscrit : Sccen lief et 
Beata viscera. On trouve des motets de H.dans 
les livres hi et iv (1503 et 1505) de YOdhecaton 
de Petrucci, dans le livre i des motets a cinq voix 
(1505) de Petrucci, et dans le Liber selectarum 
cantionum (1520) de K. Peutinger ; une Passion 
a quatre voix, dans les Selectee harmonice 
(1538) de G. Rhaw ; des hymnes & quatre voix, 
dans le Liber primus sacrorum hymnorum 
(1542) du m&me; des chansons dans OdJtecaton> 
Canti B et Canti C de Petrucci ; quelques 
morceaux detaches, dans Glarean et S.Heyden. 
Cf. le premier « Kyrie » de la Messe Ave 
regina, de H„ au mot proportionnelle. 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



HOGHBERG 



HOFFMANN 



361 



Hochberg, Hans-Hetsrich XlV.BoLKO,cotQte 
de H., baron de Furstenstein (connu comme 
compositeur, sons le pseudonyme H. Franz), 
ne au ch&tpau de Furetenstein le 28 janv. 1848, 
auteur de plusieurs operas : Claudine vonVilla 
belia (1864), Der Wahrwolf ou die Falken- 
sterner (.1876), de symphonies, etc. H entretint 
pendant de longues ann^es, A Dresde, un qua- 
tuord'instr. a archet(«Hochberg'schesStreich- 
quartett »), fonda en 1876 les festivals musicanx 
de Sitesie (chefs d'orchestre : Deppe, D r Muck) 
et fat nomm£, apres la mort de von Hulsen 
(1886), intendant g6n6ral des th&tres royaux 
de Prusse. 

Hodges, Edward, 116 A Bristol, le 20 juiL 
1796, m. a Clifton le 1«* sept. 1867 ; devint en 
1819 organiste a Bristol, en 1825, D r 4s musique 
de rUnrversit6 de Cambridge, en 1888 organiste 
A Toronto, en 1889 organiste de la chapelle 
St- John de New- York et, en 1846, titulaire du 
nouvel orgue de T^gliBe de la Trinity. H. dut 
abandonner ce poste en 1859, pour cause de 
maladie, et rentra en Angleterre en 1868. n 
avait conlribuS pour une large part au d£ve- 
loppement de la vie musicale, A New-York. H. 
a ecrit : An essay on the cultivation of church 
music (1841) ; ii a collabor£ pendant longtemps 
au < Quarterly musical Magazine » et au « Mu- 
sical World », et compose des services, des 
anthems, etc. — Sa fille, Faustina-Hasse H., est 
organiste de deux eglises, A Philadelphie, et 
s'est fait connaltre aussi comme compositeur; 
son fQs, John-Sebastian-Bach H., recteur de 
l'&glise St-Paul A Baltimore, est 6galement un 
organiste de talent 

Hceck-Lechner, Frieda, n£e A Rastatt (Bade) 
le 5 avr. 1860, Steve de M m « Schrceder-Hanf- 
stasngl, se voua d'abord A la sc&ne et dcbuta 
A Detmold, a la fin de 1888, dans le rdle de 
Gabrielle (Nachtlager von Granada). EUe 
renonca A la sc£ne lors de son marfage (1884), 
mais acquit rapidement une excellente renom- 
mee, comme cantatrice de concert. 

Hoslsel, 1. Karl, compositeur favori de lieder, 
n£ A Linz le 8 avr. 1808, m. A Budapest, ou il 
6tait maitre de chant, le 14 janv. 1888. — 2. 
Guotav, chanteur et compositeur de lieder tr&s 
estim£, n* A Budapest le 2 sept 1818, m. A 
Vienne, oh il avait 6t6 engag& comme basse- 
bouflfe et ou il resta apr£s avoir pris sa retraite 
(1869), le3 mars 1888. 

HcbIzI, Fraxz-Severin, n& A Malaczka (Hon- 
grie) le 14 mars 1808, m. a Cinq-Eglises, ou il 
Itait devenu maitre de chapelle du ddme, le 
18 aout 1884 ; £l&ve de J.-Chr. Kessler et de 
Seyfried, A Vienne, a compost beaucoup de 
musique d'eglise et un oratorio, Noah. 

Hoffmann, 1. Eucharius, n§ A Heldbourg en 
Franconie, cantor et plus tard « conrector » A 
Stralsund, a publi6: Doctrina de tonis seu 
modis musictSf etc. (1582) ; Musicce preecepta 
ad usum juventutis (1584), etc. ; puis quelques 
compositions : Deutsche Spriiche aus den 
PsaXmen Davids mit vier Slimmen (1577) et 
Geistliche Epithalamia (1577). — 2. Ernst- 
Theodor-Amadeus (de son vrai nom Wilhelm 



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H.), ne A Kcenigsberg le 24" janv. -1776, m. A 
Berlin le 25 juin 1822 ; le po£te fantaisiste 
bien connu, aimait passionn£ment la musique 
et fut m6me longtemps musicien de profession. 
II avait 6tudi61e droit et devint en 1801 asses- 
seur a Posen ; mais 1'annSe suivante d£j£, A 
la suite de la publication de caricatures ren- 
fermant des allusions trop directes, il fut envoys 
A Plozk, en quality de conseiller de justice, 
puis, en 1808, fut encore transf6r6 A Varsovie. 
Lorsqu'en 1806 la guerre 1'eut privA do son 
gagne-pain, H. se mit a donner des lemons de 
musique et obtint m&me, en 1809, 1c poste de 
chef d*orchestre au thS&tre de Bamberg. Mai- 
heureusement le thidtre dut fermer ses porkes ; 
H. se vit de nouveau riduit A courir le ca- 
chet et se mit A £crire des articles fantaisistes 
pour 1' . c Allgemeine Musikatische Zeitung », 
sous le nom de < Kapellmeister Johannes 
Kreisler » (On sait que cette figure caracteristi- 
que — le portrait de H. par lui-mdme — qui 
joue 6galement le rdle principal dans Kater 
Murr, inspired. Schumann son op. 16 [« Kreis- 
leriana »]). En m&me temps, de 1813 A 1814, H. 
dirigea l'orchestre de la troupe dramatique 
Sekonda, A Leipzig et A Dresde. En 1816 enfin, 
il fut de nouveau nomm£ conseiller A la cour 
d'appel, a Berlin. H. £tait un homme excep- 
tionnellement dou6 pour tout, a la fois juriste 
distingul, dessinateur habile, compositeur ori- 
ginal et po&te de g6nie. II donna ses oeuvres 
dans les diverses villes ou il s^journa, A Posen: 
Scherz, List und Sache (de Goethe, 1801); A 
Plozk : Der Renegat (1808) et Faustine (1804) ; 
A Varsovie : Lustige Musihanten (deBrentano, 
1805) puis deux op&ras, Der Kanonicus von 
Mailand (1805) et Sclicerpe und Blume (texte 
de H. Iui-m6me, 1805) ; A Bamberg : Der Trank 
der Unsterblichkeit(im) 9 DasGespenst (1809), 
Aurora (1811) et un m&odrame, Diana (1809); 
A Berlin : Undine (d'apr£s Fouqu£, 1816), dont 
la partition fut cUtruite, de m&me que les 
projets de decors dessines par II. Iui-m6me, 
dans Tincendie de l'OpSra de Berlin, et enfin la 
musique de Kreuz an der Ostsee, de Werner. 
D'autres oeuvres encore sont rest6es manuscri- 
tes : un op6ra, Julius Sabinus (le l« p acte seul 
termini) ; un ballet, Harlekin ; une Messe ; un 
Miserere; une symphonic; une ouverture; 
plusieurs autres oeuvres vocales ; des sonates 
pour piano et un quintette pour harpe et qua- 
tuor d'instr. a archet Les ouvrages litteraires 
de H., et plus particuli&rexnent Pkantasiestuche 
in Callots Manier (1814) et Kater Murr (1821 
A 1822), renferment une foule d'aper?us ing6- 
nieux sur la musique. Cf. Hitzig, Hoffmanns 
Leben und Nachlass (1823), Funk, Aus dem 
Leben jtvoeier Dichter (H. et Fr.-G. Wetzel, 
1836), et Rochlitz, FUr Freunde der Tonhunst 
(n). — 3. Heinrich-Augu8t (IL von Fallersle- 
ben), n& A Fallersleben (Hanovre) le 2 avr. 
1798, m. au chAteau de Korvei le 29 janv. 1874 ; 
po&e et philologue connu, devint en 1823 
bibliothecaire, en 1830 professeur extraordi- 
naire et en 1835 professeur ordinaire de langue 
allemande, A TUniversilS de Breslau. II fut 

Original from 
UNIVERSITY0F MICHIGAN 



362 



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366 



HOFPMEISTER — HOFMEISTER 



destituS plus tard, en 1842, et banui a cause de 
ses opinions politiques subversives, puis devint 
en dernier lieu bibliothecaire du prince de 
Lippe, a Korvei. H. a public : Geschichte des 
deutschen Kirchenliedes (1832; 2™ 6d. 1854); 
Schlesische Volkslieder mit Melodien (1842); 
Deutsche Gesellschaftslieder des XVL u. X VU. 
JaJirhunderts (1844) ; Kinderlieder (1843). — 
4. Richard, pianist e, n£ a Manchester le 24 mai 
1881, arriva a New- York en 1847, y debuta 
avec la fantaisie sur la « Somnambule », de 
Thalberg, el se fit entendre frequemment d6s 
lors dans les concerts philharmoniques. II est 
estim6 comme pedagogue et a publie des mor- 
ceaux de piano, dans un style de salon distin- 
gue*. 

Hoffmeister, Franz-Anton, nS a Rotenbourg 
s/Neckar en 1754, m. a Vienne le 9 fevr. 1812 ; 
maitre de cbapelle d'6glise et marchand de mu- 
sique, a Vienne, fonda en 1800, avec Kiihnel, le 
Bureau de musique (actuellement C.-F. Peters), 
mais quitta Tassociation et retourna a Vienne. 
H. a 6crit: 9 operas (Telemach); plusieurs 
centaines d'oeuvres pour flute (concertos, duos, 
trios, quatuors, quintettes) ; 42 quatuors pour 
instr. A archet ; 5 quatuors avec piano ; 11 trios 
avec piano; 18 trios pour instr. a archet ; 12 so- 
nates pour piano ; des symphonies ; des sere- 
nades ; un « Notre P6re », etc. Ses ceuvres, 
Writes avec facility mais sans originalite et 
sans profondeur, eurent un moment de grande 
vogue. Gf. Riehl, Musikalische Charakterkopfe, 
i, 249 et suiv. 

Hofhaimer (Hofheimer,Hofheymer), Paulus 
(von), ne a Radstadt (Salzbourg) le 25 janv. 
1459, fut nomine en 1480 organiste de l'archi- 
duc Sigismond, a Innsbruck, puis, a partir de 
1490, alors que TempereurMaximilien I or eut 
annexe le pays, organiste de l'empereur, qui 
Tanoblit, mourut a Salzbourg en 1537. H. pas- 
sait en Allemagne pour Mre un organiste sans 
rival et jouissait 6galement d'une grande re- 
nommee comme compositeur ; il est en effet 
l'un des anciens compositeurs allemands les 
plus remarquables. On a conserve de lui : 
Harmonice poeticce (odes d'Horace et d'autres 
poetes latins, mises en musique a quatre voix, 
par H. [83] et par L. Senfl [11 J, 1539; nouvelle 
edition, par Achtleitner, 1868) ; des lieder alle- 
mands, a quatre voix, tr£s gracieux pour 1'6- 
poque et 6videmment Merits dans Tesprit des 
lonalites modemes, dans les anthologies de 
Erh. Oeglin (1512), Chr. Egenolff, (Gassen- 
hawerlin, 1535; Reutterliedlein, 1535) et G. 
Forster (Auszug, etc, 1" part., 1539). On n'a 
d6couvert que quelques-uns de ses morceaux 
d'orgue, dans un manuscrit de Kleber, datant 
de 1515 environ (Bibl. royale de Berlin) ; Tun 
d'eux a 6te publie dans un supplement (das 
deutsche Lied, vol. n, p. 171) des « Monats- 
hefte fur Musik-Geschichte >. 

Hofmann, 1. Christian, cantor a Krossen 
vers 1668, a publie : Musica synoptica (traits 
de Tart du chant, 1670 et des lors plusieurs 
fois r^edite, avec de legeres modifications du 
titre). — 2. Heinrich-Kakl-Johann, n6 a Berlin 



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le 13 janv. 1842, 616ve du Conservatoire Kullak 
et plus particuligrement de Grell, Dehn et 
Wuerst, Tun des compositeurs allemands les. 
plus en vue. II se voua a l'enseignement jus- 
qu'en 1873, mais donne depuis lors tout son 
temps a la composition. Ses premiers succes. 
reels datent de l'apparition de sa « Suite hon- 
groise » et de sa c Symphonic de Frithjof ». 
Ses oeuvres tr&s nombreuses font preuve, sinon 
d'une grande originality, du moins d'un sens, 
d&licat des sonoritSs, toujours agr&ables etbien 
equilibr£es ; nous noterons ici des morceaux 
pour piano A quatre mains : Italienische Liebes- 
novelle (aussi pour piano et vioion), Liebes- 
fruhling, Trampeter von Scechingen, Ecke- 
hard, Steppenbilder, Aus meinem Tagebuch,. 
etc. ; des oeuvres chorales avec orchestre : 
Nornengesang, Die sdi&ne Melusine, Asdien- 
broedel, Editha (1890), Prometiieus, Festgesang 
(op. 74), ftornengesang (pour solo, choeur de 
feinmes et orchestre), Lieder Raouls le Preux 
an Jolanthe von Navarra (baryton et or- 
chestre), Cantate (alto solo, choeur et orchestre,. 
op 64), Johanna von Orttans (soli, choeurs et 
orchestre), Harold (choeur d'hommes et or- 
chestre), etc. ; des choeurs pour voix mixles et 
pour voix d'hommes ; des morceaux de piano ; 
des lieder; des duos; un concerto de violon- 
celle; un trio et un quatuor avec piano; un 
quatuor et un octette (op. 80) pour instr. a 
archet ; lm ScJdosshof (suite pour orchestre,. 
op. 78) ; Serenade (pour orchestre a cordes et 
flute, op. 65) ; Serenade (orchestre a cordes, 
op. 72); Concertstuck (pour flute, op. 98); 
Irrlichter und Kobolde (scherzo pour or- 
chestre, op. 94); une sonate pour vioion (op. 67); 
une serenade pour violoncelle (op. 63), etc. 
Dans le domaine de la musique sc&nique, H. a 
debute par Cartouche (1869), suivi bientdt de r 
Der Matador (1872), Armin (1872), Aennchen 
von Tharau (1878), WiUtelm von Oranien 
(1882) et Donna Diana (1886). — 8. Richard, ne 
a Delitzsch le 30 avr. 1844, eleve de son percv 
qui £tait directeur de musique de la ville, puis- 
de Dreyschock et de Jadassohn, vit a Leipzig 
en qualite de professeur de musique. II a 
ecrit toute une s£rie de methodes pour les 
divers instruments de Torchestre, un traite 
abrege d'instrumentation et un traits d'or- 
chestration, puis une quantity de morceaux 
instructifs pour le piano et pour des instr. a 
archet et a vent. 

Hofmeister, Friedrich, n& a Strehlen s/Elbe 
le 24 janv. 1782, m. a Reudnitz, pr£s Leipzig, le 
30 sept 1864, fonda a Leipzig, en 1807, une 
maison d f edition musicale qui porte son nom 
et publia, a partir de 1830, un organe mensuel,. 
contenant le catalogue de toutes les oeuvres. 
musicales parues en Allemagne pendant le 
mois Scoule : Musikalisch-litterariscJier Mo- 
natsberichL Son fils et successeur, Adolf H. 
(m. le 26 mai 1870), a fourni une nouvelle 
edition du Handbucli der musikalischm Litte- 
ratur (aliant jusqu'en 1845; contenant les. 
oeuvres musicales proprement dites, les ecrits 
sur la musique, les revues musicales, les por- 

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HOGARTH — HOLLANDER 



367 



traits, etc), pour lequel il a depuis lors publie 
toute une s6rie de supplements, compiles d'a- 
pres plusieurs amines des Monatsberichte. 
Cette entreprise est da reste conlinuee par les 
propri&taires aotuels de la maison d'edition 
qui, A partir de 1852, publia egalement des 
bulletins annuels (Jaiiresberichte). Le chef 
actuel de ce commerce important est : Albert 
Rothing, n£ A Leipzig le 4 janv. 1845. 

Hogarth, George, n£ A Londres en 1783, m. 
le 12 tevr. 1870 ; fut d'abord employ6 au tri- 
bunal d'Edimbourg et simple amateur de mu- 
sique, mais se voua plus lard A la critique et A 
l'histoire musicales. Collaborateur dds 1830 de 
YHarmonicon, il devint successivement A 
Londres, en 1834, redacteur et critique musical 
au Morning Chronicle, de 1846 A 1866 critique 
musical du Daily News, en 1850 secretaire de 
la Soci6t6 philharmoniqne. H. a ecrit : Musical 
history, biography and criticism (1835 ; 2 m6 
ed. 1838, 2 vol.) ; Memoirs of tfie musical 
drama (1838 ; 2°»« 6d. sous le titre : Memoirs 
of the opera) ; The philharmonic society of 
London, 1813-1862 (1862). Tl a aussi compost 
quelques glees et autres pieces vocales. 

Hohlfeld, Otto, violoniste distingu6, ne a 
Zeulenroda (Vogtland) le 10 mars 1854, m. A 
Darmstadt le 10 mai 1895; re^ut les premieres 
lemons de musique du cantor Solle, dans 
sa ville natale, puis d*Urban et de Regener 
au s^minaire de Greiz, et fr&quenta enfin, 
pendant trois ans. le Conservatoire de Dresde 
(Rietz, Lauterbach, Kretschmer). II fit partie 
pendant quelque temps de l'orchestre de la 
cour, A Dresde, puis accepta en 1877 le poste 
de concertmeisler de la cour, a Darmstadt ; il a 
fait de Id de nombreuses mais courtes tour- 
n6es de concerts. H. a public un quintette pour 
instr. A archet (op. 1), des lieder, des morceaux 
pour violon, des fantaisies pour cor et piano 
et des morceaux pour piano (Zigeunerklange). 

Hoi, Richard, n£ A Amsterdam le 23 juil. 
1825, re^ut des T4ge de cinq ans des legons de 
musique d'abord de l'organiste Martens, puis 
A l'Ecole royale de musique . Apr&s avoir 
voyage pendant quelques annees, il se Qxa 
A Amsterdam comme malt re de piano et fut 
nomme en 1856 directeur de Y « Amstels Man- 
nenkoor » et de la society chorale mixte de la 
« Maatschappy tot bevordering van Toon- 
kunst ». Enfin, en 1863, H. fut appele a succSder 
a J.-H. Kufferath, en qualite de directeur de 
musique de la ville, organiste de la cathedrale 
et directeur de TEcole de musique d'Utrecht, 
il prenait en m&me temps la direction des 
concerts de la « Diligenlia », a la Haye et des 
concerts classiques du « Palais du peuple », A 
Amsterdam. H. a &t£ decor6 et combl£ d'hon- 
neurs de tous genres, il fut m&me nommS, en 
1878, membre correspondant de l'lnstitut de 
France. II est non seulement Tun des chefs 
d'orchestre et pedagogues les plus remarqua- 
bles de la Hollande, mais aussi un compositeur 
dont le nom s'est r£pandu en dehors des fron- 
ti£res de son pays natal et dont les ceuvres 
ont nieme des tendances modernes assez accen- 



tufes. H. a public plus de 125 oeuvres, parmi 
lesquelles : deux symphonies (une troisi&me 
est encore manuscrite), plusieurs ballades pour 
soli, choeur mixte et orchestre (entre autres t 
Le Hollandais volant, op. 70), un oratorio t 
David (op. 81), un opSra : Floris V (represent* 
A Amsterdam), des Messes, une quantity de 
lieder (la plupart sur des textes hollandais,. 
d'autres en allemand), de la musique de cham- 
bre, des morceaux pour piano, etc. H. a Egale- 
ment acquis un certain renom comme musico- 
graphe, soit par ses articles de critique dans la 
Cecilia (revue musicale hollandaise), soit par 
une monographie sur J.-P. Sweelinck : Svoe- 
lingh, jaarboefye aan de toonkunst in Neder- 
land gewijd (1859-1860), etc. 

Holder, William, n6 dans le Nottingham- 
shire en 1614, m. A Londres le 24 janv. 1696; 
dtait D r theoL, chanoine de l'6glise St-Elie et 
resident de l^glise St-Paul. II a 6crit un ou- 
vrage sur la physiologie du langage (Elements 
of speach, 1669) et une thGorie d'harmonie 
(A treatise of the natural grounds and prin- 
ciples of harmony, 1694 ; 2™ ed. 1701 ; 3™ Ed. 
[avec les Rules for playing a thorough bass, 
de Gottfr. Keller] 1731); ce dernier ouvragfr 
contient entre autres la plus ancienne de- 
monstration du fait que la division de l'octave 
en 53 fragments permet la representation la 
plus claire de tous les rapports musicaux. CL 
Riemann, Kateciiismus der Ahuslih, p. 58. 

Hollander, 1. Alexis, pianiste, ne A Ratibor 
(Sil6sie) le 25 fevr. 1840, entra, apres avoir ter- 
mini A Breslau ses etudes secondaires, dans 
les classes de composition de l'Acad6mie 
royale de Berlin, prit en m6me temps des 
legons particulteres de H. Boehmer et fut 
nommS, en 1861, maitre au Conservatoire 
Kullak. En 1864, H. prit la direction d'une 
soci6t£ chorale, puis en 1870 celle de la « Cae- 
cilia »(grandes ceuvres chorales avec orchestre)* 
II a fait paraitre une cinquantaine d'oeuvres, 
parmi lesquelles un quintette avec piano, des. 
morceaux pour piano, des lieder, des choeurs 
(A cinq voix, t a cappella » ). On peut noter en 
outre ses exercices d'intonalion, c$mme prepa- 
ration au chant en chceur (2 me cahier : exer- 
cices m&hodiques pour la tenue de parties 
graves!) et une Edition instructive des ceuvres 
pour piano de Schumann (Schlesinger). H. 
refill en 1888 le titre de « professeur ». — 2. 
Gustav, violoniste de m&rite, n6 a Leobschtitz. 
(Haute-Silesie) le 15 fevr. 18o5, fut d'abord 
61&ve de son pere, un medecin m£lomane, et 
parut en public alors qu il 6tait encore enfant.. 
II fr^quenta ensuite le Conservatoire de Leip- 
zig (David; 1867-1869), puis l'Academie royale 
de musique de Berlin (Joachim et Kiel ; 1869- 
1874) et fut nomm£ en 1874 membre de l'or- 
chestre de la cour, avec le titre de musicien de 
la chambredu roi, en m$me temps que premier 
professeur de violon, au Conservatoire Kullak. 
Cette m&me ann6e, H. fit une tournee de con- 
certs en Autriche, avec Carlotta Patti, puis, de 
1878 A 1881, il organisa avec X. Scharwenka et. 
H. Grfinfeld des seances de musique de cham- 



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HOLLANDER — HOLMES 



bre par abonnement. En 1881, H. accepta la 
succession d'O. von Koniglow, comme concert- 
meister des concerts du Gurzenich et profes- 
seur au Conservatoire de Cologne ; trois ans 
plus tard, il etait en outre nomme premier 
concertmeister au Theatre municipal. Lors de 
la retraite de Japha, H. prit la direction du 
« Professoren-Slreichquartett » dont il avail 
du reste fait partie auparavant, en alternant au 
pupitre de premier violon avec Japha lui-meme. 
Enfin, en 1895, H. acheta le Conservatoire 
Stern, a Berlin, et en prit la direction. II a fait 
de nombreuses tournees de concerts en Belgi- 
que, en Hollande et en Allemagne, et publie 
loute une serie d'oeuvres pour le violon (con- 
certo, suite, etc.).— 3. Viktor, ne a LeobschCHz 
le 20 avr. 1866, eleve de Kullak, compositeur 
de genre leger (operettes, morceaux pour 
piano, etc.). 

Hollander, 1. Jans (de Hollanders), nomme 
aussi Jean de Hollande, contrapontiste dont 
on trouve des chansons de quatre a six voix, 
dans les iivres i et xn de Fanlhologie de chan- 
sons publiee par Tylman Susato (1543 et 1558). 
— 2. Christian- Janszone, fils du precedent, 
etait chantre de la chapelle de Ste-Walburge, a 
Audenarde (1549-1557), puis devint chantre 
de la chapelle de Tempereur Ferdinand I" 
(1559-1564), mais apres la mort de ce dernier 
toute trace de H. disparalt. L'assertion de Li- 
powski, d'apres laquelle il serait alors devenu 
mailre de chapelle a Munich, est erronee. Son 
ami J. Ptihler, a Schwandorf (Baviere), a pu- 
blie des recueils de ses oeuvres et parle en 1570 
de l'auteur defunt ;ces recueils ont pour titres : 
Neue teutsche geistlicheund iceltliche Liedlein 
(de quatre a huit voix, 1570; 2 me ed. 1575) et 
Tricinia (1573). Les anthologies du xvi e s. ren- 
fermenl en tout quarante motets du meme 
auteur;Commeren a reedite un certain nombre 
ainsi que des lieder. 

Holly, Franz-Andreas, Tun des plus anciens 
et des plus favoris parmi les compositeurs alle- 
mands de « Singspiele »,ne a Luba (Boheme) en 
1747, fut directeur de musique chez Brunian, a 
Prague, chez Koch a Leipzig et enfin chez 
Wjeser a Breslau,ou il mourut le 4 mai 1783. 
II a mis en musique toute une serie (15) des 
textes de c Singspiele » le plus en vogue a 
cetteepoque: Der Bassa von Tunis (Berlin, 
1774), Die Jagd, Das Gespenst, Der Waaren- 
hamdler von Smyrna, Der lustige Schuster, etc. 

Holmes, 1. Edward, ne en 1797, m. le 28 aout 
1859; maitre de musique a Londres et redac- 
teur musical du journal The Atlas, fut un musi- 
cographe de merite, dont la biographie de 
Mozart etait aux yeux d'O. Jahn la meilleure 
qui eut paru avant la sienne. II a ecrit : The 
life of Mozart (1845 ; 2™ ed. par Eb. Prout, 
1878); A ramble among the musicians of Ger- 
many (18*28, compte rendu d'un voyage d'etu- 
des en Allemagne) ; une biographie de Purcell, 
pour la Sacred music de Novello ; un catalogue 
analytique et thematique des oeuvres pour 
le piano, de Mozart ; enfin une quantite d'essais 
divers, parus dans le Musical Times et dans 



d'autres revues speciales. — 2. William-Henry, 
ne a Sudbury (Derbyshire) le 8 janv. 1812, m. a 
Londres le 23 avr. 1885, Tun des premiers ele- 
ves de la « Royal Academy of music », fit des 
etudes de pianiste, fut nomme en 1826 maitre 
suppleant, plus tard professeur titulaire de 
piano et enfin € senior » du personnel ensei- 
gnant de V Academic. Bennett, les freres Mac- 
farren et Davison furent ses eleves. H. est 
l'auteur d'une foule d'oeuvres instrumentales et 
vocales : symphonies, concertos, sonates, un 
opera, des melodies, etc. ; mais tres peu d'entre 
elles sont publiees. — 8. Les freres Alfred, ne 
a Londres le 9 nov. 1837, m. a Paris le 4 mars 
1876, et Henry, ne a LondreB le 7 nov, 1839, 
violonistes virtuoses, eurent uniquement des 
lecons de leur pere, fort bien doue pour la mu- 
sique qu'il avait apprise par lui-meme, d'abord 
d'apres la methode de violon de Spohr, puis 
d'apres les recueils d'etudes de Rode, Baillot et 
R, Kreutzer. lis se firent entendre pour la 
premiere fois, en juil. 1847, au theatre de 
Haymarket, mais ne reparurent en public 
qu'en 1853, apres avoir continue a travailler 
avec zele. En 1855, ils quittaient Londres tous 
deux et se dirigeaient sur Bruxelles. Apres un 
sejour prolonge dans cette ville, ou leurs con- 
certs remporterent un grand succes, ils entre- 
prirent en 1856 une tournee de concerts en 
Allemagne, pousserent jusqu'a Vienne, puis 
allerent s'etablir successivement en Suede 
(deux ans), a Copenhague (1860), a Amsterdam 
(1861) et finalement a Paris (1864). Alfred se 
fixa ensuite definitivement a Paris, oil il reve- 
nait apres chaque tournee de concerts; notons, 
parmi ses compositions, des symphonies : 
Jeanne d*Arc, La Jeunesse de Shakespeare, 
Robin Hood, Le Siege de Paris, Charles XII 
et Romto et Juliette; des ouvertures : Le Cid 
(1874) et Les Muses; un opera : Inks de Castro. 
Son frere Henry quitta Paris en 1865 et, apres 
une nouvelle tournee de concerts en Suede et 
en Norvege, rentra a Londres. II y fut nomme 
plus tard professeur de violon au • Royal Col- 
lege of music » (1883) et jouit d'une grande 
reputation, tant comme soliste que comme 
quartettiste. II a ecrit : cinq symphonies, une 
ouverture de concert, un concerto de violon, 
deux quintettes pour instr. a archet, des soli 
pour violon, deux cantates (Praise ye the Lord : 
Christmas) et des melodies. En outre, H. a pu- 
blic les sonates pour violon de Gorelli, Tartini, 
Bach et Hjendel. — 4. Augusta-Mary- Anne 
(connue aussi comme compositeur, sous le 
pseudonyme Hermann Zenta), nee a Paris, de 
parents irlandais, le 16 dec. 1847, se fit entendre 
de bonne heure comme pianiste (enfant pro- 
dige) et travailla avec zele la composition, sous 
la direction de Lambert, Klose et Cesar Franck, 
De plus, elle fit preuve des sa jeunesse d'un 
remarquable talent poetique et ecrivit elie- 
meme les poemes de la pluparl de ses oeuvres. 
H. a beaucoup compose et son talent, tres virii; 
s'est manifesto surtout dans des ouvrages de 
grandes dimensions, nous citerons parmi eux: 
Hero et Liandre (opera), un psaume : In exitu 



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HOLSTEIN — HOMILIUS 



369 



<1878), Orlando furioso, Lut&ce (3™ prix de la 
Ville de Paris, 1878), Les Argonautes (mention 
honorable de la Ville de Paris, 1880), Irlandeet 
Pologne (po&nes symphoniques), Ludus pro 
patria (chceurs et orchestre, 1888), Ode triom* 
phale (chceurs, soli et orch., 1889), Hynme & la 
.Paix (id., Florence, 1890), une suite symphoni- 
<jue : Au Pays bleu (1891), La Montagne noire 
<Op6ra, 1895), un cycle de melodies : Les Sept 
ivresses, enfin des melodies diverses, etc. Cf.H. 
Imbert, Nowoeaux profils de musiciens (1892). 

Holstein, Franz yon, n& k Brunswick le 
16 fevr. 1826, m. k Leipzig le 23 mai 1878; fils 
<Tun officier supSrieur et destine lui-meme a, 
la carrtere militaire, il suivit les cours de 
1'Ecole des cadets de Brunswick mais trouva 
en m&me temps, en la personne de K. Richter, 
un excellent professeur de th^orie musicale. En 
1845 d^jd, tout jeune lieutenant, il donna dans 
un cercle prive un petit op6ra de sa composi- 
tion : Zwei Xachte in Venedig. De Seesen, oti 
11 avait 6te transfers comme adjudaut, il 
adressa la partition d'un grand op£ra, Wa- 
•verley (d'apr&s W. Scott), k M. Hauptmann 
qui l'encouragea k se vouer aussitdt a. la musi- 
que. H. quitta Karaite en 1853 et se rendit k 
Leipzig, 6d il entra dans les classes de Haupt- 
mann, au Conservatoire. Apr&s de longs voya- 
ges et des scours k Rome (1856), Berlin (1858) 
•el Paris (1859), il se fixa definitivement k Leip- 
zig, pour s'y adonner tout entier k la composi- 
tion. Sa sante pr&caire lui imposa la necessity 
•de manager ses forces, et, malgr6 tons les 
Boins, la maladie Tenleva k Ykge de cinqnante- 
trois ans k peine. La fondation qu'il a institute, 
par un legs important en faveur des jeunes 
musiciens pauvres, est le monument le plus 
<digne qu'ait pu s'elever cet aimable artiste. Les 
oeuvres de H. ne sont pas dSpourvues d'origi- 
nalit£, mais la part n'en est guire suffisante 
pourleur permettrede rfoister aux attaques du 
temps. Trois operas semblent avoir fait p6n6trer 
-son nom un peu partout: Der Batdeschacht 
<Dresde, 1868); Der Erbe von Morley (Leipzig, 
1872) et Die Hochldnder (Mannheim, 1876) ; H. 
•ecrivit toujours lui-m^me les poemes de ses 
<euvres,il etaitdu restenon settlement bonpo^te, 
mais aussi dessinateur habile. Notons en outre 
«deux ouvertures : Lorelei et Frau Aventiure 
<poslhume) : une scene pour une voix seule, 
-extraite de la « Fiancee de Messine ■ , de Schil- 
ler: Beatrice (soprano et orchestre); une quan- 
tity de lieder(WaW/i#fer,op. 1 et 9, etc.); des 
-chceurs pour voix d'hommes et voix mixtes ; de 
la musique de chambre (trio); quelques mor- 
ceaux pour piano (sonate). H. a laiss& en tout 
•environ cinquante oeuvres ; des f Poemes pos- 
thumes » ont paru en 1880. 

Holten, Karl von, n6 k Hambourg le 26 juil. 
1886, pianiste-compositeur, Sieve de J. Schmitt, 
Ave Lallemant, Grsedener puis, de 1854 k 1855, 
•de Moscheles, Plaidy et Rietz,au Conservatoire 
de Leipzig ; vit k Altona, comme professeur de 
iQusique estim6, et professe en m&me temps, 
depuis 1874, au Conservatoire de Hambourg. 
H. a publie une sonate de violon, un trio, un 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 24. 

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concerto de piano, une symphonie enfantine, 
des morceaux pour piano, des lieder, etc. 

Holzbauer, Ionaz, ne a Vienne en 1711, m. k 
Mannheim le 7 avr. 1788; devait etudier le 
droit, mais fit en secret de sSrieuses Etudes mu- 
sicales et obtint d'abord la place de mallre de 
chapelle du comte Rottal, en Moravie. H fut 
nomm6 en 1745 directeur de musique du thea- 
tre de la cour, k Vienne (ou sa femme 6tait 6ga- 
lement engagee, comme cantatrice), parcourut 
en 1747 toute lltalie, accepta en 1750 le poste de 
maltre de chapelle de la cour k Stuttgart, puis 
en 1758 le m&me poste k Mannheim. H., avec 
Gannabich (p6re) comme concertmeister, fit 
faire des progrSs considerables k l'orchestre de 
cette ville et se crea ainsi une grande renom- 
mee ; de Mannheim, il se rendit k diverses re- 
prises en Italie et y fit representor des operas 
de sa composition. II devint, pendant les der- 
nieres ann6es de sa vie, absolument sourd. 
Mozart le prise trds haul comme compositeur. 
Ses oeuvres principales sont: toute une sSrie 
d'opSras italiens (le premier, 11 figlio delta 
selve, fut donnS en 1776 au theatre de la colli- 
de Schwelizingen); un op6ra allemand, Giln- 
thervon Schwarzburg (Mannheim, 1776); 196 
symphonies instrumentales; 18quatuors pour 
instr. k archet ; 18 concertos pour divers instru- 
ments; 5 oratorios; 26 Messes k quatre voix, 
avec orchestre (dont une en allemand); des 
motets, etc. 

Holxblasinstrument (all.), instrument k vent 
en bois. 

Homeyer, Paul- Joseph-Maria, organiste vir- 
tuose des plus remarquables, n6 k Osterode, 
dans le Harz, le 26 oct 1858 (fils de Heinrich H., 
organiste k Lamspringe, n£ en 1882, m. le 81 
dec. 1891, et petit-fils de Joh.-Just.-Adam H., 
auteur d'un livre de choral catholique : Cantus 
gregorianus) 9 suivit les classes du gymnase 
t Josephinum », a Hildesheim, puis les cours 
du Conservatoire et de rUniversitS de Leipzig. 
II se fit entendre avec grand succ£s dans cette 
ville, mais se livra encore k de s&rieuses eludes, 
aupres de son oncle J.-M. Homeyer, k Duder- 
stadt; il parcourut ensuite lltalie et l'Autriche, 
donnant un peu partout des concerts, puis, k 
son retour, fut nomm6 organiste du Gewand- 
haus et professeur d'orgue et d'harmonie, au 
Conservatoire de Leipzig. 

Homilius, Gottfried-August, n6 k Rosen- 
thal (Saxe) le 2 fevr. 1714, m. k Dresde, le 2 
juin 1785; 61eve de J.-S. Bach et maltre de J.-A. 
Hiller, avait 6te nomme en 1742 organiste de la 
« Frauenkirche », k Dresde, puis en 1755 cantor 
de TEcole do la Croix et directeur de la musi- 
que des trois principales £glises de la mfeme 
ville. II fut tres estime de son temps, comme 
compositeur de musique d'£glise,et ses ceuvres 
ne sont mSme pas enticement oubli^es. II a 
public : une cantate de la Passion (1775), un 
oratorio de Noel (Die Freude der Hirten, etc., 
1871) 9 SecJis deutsche A Wen (1786); on a conser- 
ve les manu8crits suivants : une Passion selon 
St-Marc, une s^rie annuelle de musique d^glise, 
une quantity de motets, des cantates, des cho- 

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370 



rals fugues, une methode de basse chiffree, un 
recueil de chorals, etc. La plupart de ces ma- 
nuscrits sont deposes k la Bibl. royale de Ber- 
lin. 

Homophone (gr), nom que Ton donne sou- 
vent k la facture d'une ceuvre dans laquelle 
une seule voix fait entendre distinctement la 
meiodie, tandis que les autres sont abaissSes 
au simple r61e d'accompagnatrices ; h. est done 
Toppose de polypbone. Get emploi du terme h. 
est du reste faux, au point de vue etymologi- 
gue, puisque h. signifie en realite « qui donne 
le mdme son » et ne devrait s'appliquer par 
consequent qvCk la musique de l'antiquite ou 
des premiers siecles de l'ere chretienne qui, 
comme on le sait, ne comportait que des suc- 
cessions d'unissons ou d'octaves. La musique 
dite de nos jours h. devrait s'appeler de prefe- 
rence « musique accompagn&e ». Helmholtz, 
dans sa «Th6orie physiologique de la musi- 
que ■, distingue avec beaucoup de raison les 
trois periodes homophone, polyphone et hat- 
monique de la musique. 

Hongrois, musique et style h. Etant donn£e 
la quantity considerable d'eeuvres instrumen- 
tal de toutes dimensions qui, de nos jours, 
sont ecrites en style h., il nous parait n£ces- 
saire de d£ftnir approximativement au moins 
ce style. Une definition exacte serai t du reste 
d'autant plus risquee que la musique est sou- 
mise en Hongrie, comme partout ailleurs, k 
Tinfluence continue d'6iements Strangers. On 
peut admettre d'une mani&re generate, dans le 
style h*, les traits caracteiistiques suivants: 
liberie tr£s grande et polymorphic du rythme ; 
ornementation raffinee de la meiodie au moyen 
d'appogiatures, de mordants, coutes, gruppetti, 
ports de voix, etc.; harmonisation resultant d'un 
melange d'eiements majeure et mineurs, plus 
compliquee encore que le mode mineur moderne 
(tel que le represente la gamme mineure dite 
harmonique). D faut croire que la musique h. 
n'est le resultat, dans la libre configuration, ni 
de la reflexion, ni du simple caprice, mais 
qu'elle est au contraire l'achevement d'une evo- 
lution naturelle; peut-etre nous donne-t-elle 
une image de ce que furent la musique grec- 
que antique, la musique arabe, etc. k l'epoque 
de leur floraison. La musique des Hongrois, 
presque identique k celle des bohemiens, est, 
de par sa nature et au sens propre du mol, ho- 
mophone ; elle a, pour le moins, conserve jus- 
qu'A present le caractere de musique < accompa- 
gnee» dans laquelle une seule partie meiodique 
domine, tandis que les autres se borneut k 
accompagner. C'est k ce fait qu'il faut attribuer 
la frequence des basses peu meiodiques et sous 
forme de pedales, du tremolo comme seul sou- 
tien d'une m61odie aux courbes changeantes. 
Involution rythmique de la musique h. ne fut 
pas entravee, comme celle de la musique artis- 
tique occidentale, par un amas de regies et de 
combinaisons scolastiques (contrepoint), pas 
plus du reste que ne le fut son evolution meiodi- 
que par l'adoption d'un dogme etroit (modes ec- 
clesiastiques). Tandis que notre musique instru- 



HOMOPHONE — HONGROIS 

mentale artistique, issue d'une musique vocale- 
en majeure partie religieuse, dut reconquerir pe- 
tit k petit la mobilite et la polymorphic rythmi- 
ques qu'elle possedait sans doute, alors qu'au de- 
but du moyen Age elle etait encore homophone, 
celle des bohemiens et d'aulres peuples primi- 
tifs se developpa sans entraves et n'empruntaa 
notre art occidental que ce qu'elle pouvait s'assi- 
miler, sans porter atteinle k son essence propre. 
Mais de Vk aussi l'analogie des musiques des 
divers peuples qui ne se sont pas laissl entrai- 
ner dans le courant de la musique artistique 
occidentale ; nous rencoutrons des particulari- 
tes rythmiques identiques, ou pour le moins- 
analogues, dans la musique des montagnards 
ecossais, des Norvegiens, des' Busses, etc La 
donnee est en tout cas interessante et fournirait 
I matiere a une importante monographie. Bor- 
nons-nous ici k signaler encore quelques parti- 
, cularites de la musique hongroise, telle que 
I Schubert, Brahms et d'autres compositeurs an- 
ciens et modernes nous Ton rendue familiere : 
la syncope d'un usage courant, aussi dans la 
meiodie; les frequents changements de mesure; 
les themes de 3, 6 (5,7) mesures, au lieu de 2,4 

ou 8; la formule rythmique g P , sur le pre- 
mier temps d'une mesure forte; l'introduction 
d'un court silence au debut d'un temps fort de 
la mesure ; enfin, et plus specialement encore,, 
les ornemenls en maniere de gruppetti sur la 
note finale : 




On etablit souvent une t gamme hongroise » 
ou « gamme bohemienne », consistant en une 
echelle mineure avec un second rapport de sen- 
sible du quatrieme au cinquieme degre (a.) ; il 
serait plus exact de la noter, en observant son 
veritable caractere mineur (v. ce mot), de fonda- 
mentale k fondamentale mineure (b.) : 




by \j 



*L 



[C 



L'adoption du fa diese k la place du fa nalureC 
n'a pas d'autre raison que le desir d'obtenir, 
comme par si naturel k la place de si bhnol> 
un rapport de sensible (fa diese-solK Les ac- 
cords de sixte augmentee font partie integrante 
de cette echelle (c.) : 
D va sans dire qu'en 
principe, cette echelle 
n'a pas pas plus de va- 
leur que, par exemple, 
le mineur-majeur de Hauptmann, ou le majeuf 
mineur de quelques autres theoriciens; elle 

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HOOK — HORNPIPE 



371 



pent, par contre, nous faciliter la conception 
des 6chelles si diverses de certains peuples, les 
Arabes, par exemple. 

Hook, James, n6 a Norwich en 1746, m. A 
Bologne en 1827; fut organiste et. compositeur, 
de 1769 A 1773, de « Marylebone Gardens », A 
Londres, puis, de 1774 A 1820, de t Vauxhall 
Gardens », et, en mfrne temps, pendant de lon- 
m gues anntes organiste A l^glise St-Jean, A 
Horsleydown. II &ait un compositeur fecond 
de musique vocale, £crivit vingt-cinq opSras- 
comiques et operas anglais, de la musique 
pour plusieurs drames et des catches qui fu- 
rent primes A diverses reprises. On a de lui, 
en outre, environ 2000 morceaux de chant (!), 
quelques concertos d*orgue ou de piano, des 
sonates et une m&hode de piano : Guida di 
musica (1796). 

Hopffer, Ludwig-Bbrnard, compositeur, n6 
A Berlin le 7 aout 1840, m. dans le domaine de 
Niederwald, pr*s Rudesheim, le 21 aout 1877; 
Steve de FAcademie Kullak jusqu'en 1860, il 
Scrivit des oeuvres orchestrales (s3rmphonies, 
ouvertures), deux operas (Frithjof [Berlin, 
1871] et Sakuntala), un festspiel (Barbarossa), 
des oeuvres chorales (Pharao ; Darthulas 
Grabgesang; der XXI IL Psalm), de la musi- 
que de chambre, des lieder, etc. 

Hopkins, Edward-John, n6 a Westminster 
(Londres) le 30 juin 1818, devint en 1826 enfant 
de chceur de c Chapel royal », sous la direction 
de Hawes, puis en 1833 Steve particulier de 
Walmisley. II occupa ensuite diflferents posies 
d'organiste, A Londres, en dernier lieu (depuis 
1848), celui de « Temple Church », et rendit c6- 
tebres les executions musicales places sous sa 
direction. H. a compose des anthems, des psau- 
mes el d'autres morceaux religieux, mais il est 
surtout connu par ses travaux sur Torgue : The 
organ, its history and construction (avec, en 
guise de preface, une histoire de Torgue par 
Rimbault; 1855; 5« £d. 1887). H. publia encore, 
pour le compte de la « Musical Antiquarian 
Society », une nouvelle edition des madrigaux 
de John Bennet et de Weelke; il rSdigea en ou- 
tre la partie musicale de Temple church choral 
service. — Son fr6re, John, organiste A Ro- 
chester, n6 A Westminster en 1822, et son cou- 
sin, John-Larson H„ organiste a Cambridge, 
n6 A Weslminster le 25 nov. 1819, m. A Ventnor 
le 25 avr. 1878, 6crivirent £galement des an- 
thems, etc. 
Hoplit, v. Pohl (Richard). 
Hoquetus, v. Ochetus. 
Hor&k, 1. Wenzel-Emanuel, n6 A Mcheno- 
Lobes (Bohtone) le l^janv. 1800, m. a Prague 
le 5 sept 1871 ; Steve de Turk et d'Albrechts- 
berger, A Vienne, fut directeur de chceur A 
Prague et jouit dans sa patrie d'une certaine 
renomntee, comme compositeur de musique 
d eglise. — 2. Les fibres Eddard, ne A Holitz 
(Boh&ne) en 1839, m. A Riva, sur les bords du 
lac de Garde, le 6 dec. 1892, et Adolf, n6 A Jan- 
kovic (Bolteme) le 15 tevr. 1850, crWrent A 
Vienne des ecoles de piano («Horak'sche Kla- 
vierschulen >) dans lesquelles ils profess^rent 



by \j 



iL 



eux-memes et qui parvinrent A une grande re- 
putation locale (trois divisions : A Wieden, Ma- 
riahilf et Leopoldstadt). Ils ont public ensem- 
ble une m£tbode de piano, en deux volur 
mes; Adolf seul: Die technische (rrundlage 
des Klavierspiels , et Edouard, en collabo- 
ration avec Fr. Spigl : Der Klavierunterricht 
in neue natiirliche Bahnen gebracht (1892: 
2 vol.). 

Horn. 1. Karl-Friedrich, m§ A Nordhausen 
en 1762, m. A Windsor le 5 aout 1880; Steve 
de Schroter, arriva A Londres en 1782, et 
fut introduit dans la haute soctete, en quality 
de professeur de musique, par rambassa- 
deur de Saxe, le comte Briihl. II devint nteme 
bientdt professeur de la reine Charlotte et 
des jeunes princesses (jusqu'en 1811), puis 
fut nommS, en 1823, organiste de la chapelle 
St-George, A Windsor. H. a publte : des sonates 
pour piano, douze th&mes varies pour piano 
et flute ou violon, Military divertimentos et 
une methode de basse chiffree; il donna en ou- 
tre, en 1810, une Edition du « Clavecin bien tem- 
pers*, de Bach (en collaboration avec Wesley). 
— 2. Charles-Edward, fils du prudent, n6 A 
Londres en 1786, m. A Boston le 21 oct. 1849; 
v6cut d'abord pendant plusieurs annSes A Lon- 
dres, comme chanteur et compositeur scSnique, 
puis partit ep 1833 pour New-York ou, apr£s 
avoir perdu sa voix, il se voua A Tenseigne- 
ment et ouvrit un commerce de musique. II 
donna, en 1842, un op6ra: The maid of Saxo- 
ny; v6cut de nouveau, de 1848 A 1847, A Lon- 
dres et se rendit ensuite A Boston ou il devint 
directeur de la « Handel and Haydn Society ». 
On connalt de lui vingt-six op£ras-comiques 
anglais (1810 A 1830) ; des oratorios :Le pardon 
despechds (New- York), Satan (Londres, 1845), 
La prediction de Daniel (ibid., 1848) ; une can- 
tate: Christmas bells ; des « canzonette »; des 
glees; des melodies, etc. — 3. August, n6 A 
Freiberg (Saxe) le 1« sept. 1825, m. A Leipzig 
le 23 mars 1893; 6teve du Conservatoire de 
Leipzig, s'est fait connaltre par ses excellentes 
transcriptions de symphonies, d'op6ras, etc., 
pour piano A quatre, A huit mains, etc. II a lui- 
nteme compost quelques morceaux d'orchestre, 
un op6ra : DieNachbarn (Leipzig, 1875), et des 
morceaux de piano, des lieder, des chceurs qui 
seuls, avec les transcriptions mentionnSes plus 
haut, furent 6dit6s. 
Horn (all.), cor; Hornmusih, fanfare. 
Hornemann, Johan-Olb-Emil, n6 A Copen- 
hague en 1809, m. dans la m&ne ville le 29 mai 
1870; compositeur de melodies tr&s populaire 
dans sa patrie (Der tappere Landsoldat). Son 
fils, Emil-Christian, n6 a Copenhague 17 d6c. 
1841, 6galement compositeur de m&odies, vit A 
Copenhague ou il dirige une £cole de mu- 
sique. 

Hornpipe, ancienne danse anglaise, ainsi 
nominee d'apr£s un instrument qui n'est plus 
connu que de nom. Les compositeurs cultiv6- 
rent cette sorte de danse, surtout dans le con- . 
rant du si&cie dernier; elle Stait 6crite en me- 

sure k 8/2, ou aussi C> dans le premier cas avec 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



372 

une formule syncopic continue 



HORNSTEIN — HUBER 



-isrrii 



rj-irr r 



etc* 



elans le dernier avec le rythme 

Hornstein, Robert von, ne k Stuttgart le 8 
d6c. 1833, m. k Munich le 19 juil. 1890; 616 ve du 
Conservatoire de Leipzig, fut professeur k 
l'Ecole royale de Munich. II a 6crit des operas: 
Adam und Eva et Der Dorfadvohat, de la mu- 
sique pour les representations deWas ihrwollt, 
de Shakespeare, et pour celle de Deborah de 
Mosenthal, ainsi que des lieder, des morceaux 
pour piano, etc. 

Horsley, 1. Wilhelm, n6 k Londres le 15 nov. 
1774, m. le 12 juin 1858; fondateur du club 
t Concentores Sodales* (1798 k 1847; analogue 
au tCatchclub» et au tGleeclub»), devint en 
1800 bachelier 6s musique (Oxford), et fut orga- 
niste de diverses Sglises de Londres. H a pu- 
blic : cinq cahiers de glees, quarante canons, 
des chants d'Sglise et des interludes, des sona- 
tes, des morceaux pour piano, des m&odies, 
etc.; il a aussi pr6par6 l^dition des Glees, de 
Calcott (avec biographic et analyse), et r£dig6 
la nouvelle Edition des Cantiones sacrae* de 
Byrd. — 2. Charles-Edward, fils du prudent, 
ne k Londres le 16 dec. 1822, m..& New-York le 
28 fevrier 1876 ; Steve de son pere et de Mos- 
cheles k Londres, plus tard de Ilauptmann k 
Cassel, et flnalement de Mendelssohn, k Leip- 
zig, il v6cut longtemps k Melbourne (Australie), 
puis dans FAmferique du nord. Panni see com- 
positions, les oratorios suivants sontconnus, 
pour avoir 6t6 exScutfe dans des festivals de 
musique, etc., en Angleterre : Gideon, David et 
Joseph ; il a 6crit en outre une ode : Euterpe 
(soli, cho?ur et orchestre), la musique pour 
Comics, de Milton, des oeuvres pour piano, etc. 
II a paru, du m&me auteur, apres sa mort, un 
Text-book of Harmony (1876); 

Horwiti, Benno, n6 k Berlin le 17 mars 1855; 
Steve de l'Acad&nie royale de musique, puis 
de Kiel et d'Alb. Becker, violoniste et composi- 
teur (musique de chambre, lieder, chceurs, com- 
positions vocales de grandes dimensions). 

Hostinsky, Ottokar, musicographe et esttte- 
ticien, nS k Martinores, en Bolteme, le 2 janv. 
1847; suivit les coure du Gymnase de Prague, 
puis se mit a 6ludier d'abord le droit, puis la 
philosophies Prague, et, de 1867 k 1868, a Mu- 
nich. II prit 1'annSe suivante son grade de 
docteur en philosophic, a Prague, puis vScut a 
Salzbourg et a Munich, parcourut en 1876 
toute l'ltaiie, entra en 1877 comme privat-docent 
pour TesthStique et Thistoire de la musique k 
lTJniversite de Prague, et fut nommS enfin, en 
1884, professeur d'estltetique. II a publiS : une 
petite biographie de R. Wagner, en langue bo- 
hdme (1871), puis Das Musikalisch-Schone und 
das Gesamtkunstwerk vom Standpunkt der 
formalen JSsthetik (1877, en allemand), Die 
Lehre von den musihalischen Klasngen (1879, 
en all.), Ueber die Entwichelung und denjetzi- 
gen Stand der tschech'ischen Oper (1880), et 
Ueber die Bedeutung der pi m ahtischen Idem 



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Eerbarts fUr die aUgemeine jEsthetik (1883). 
Comme harmoniste, H. se declare partisan des 
progres les plus rScents, dans la connaissance 
de la nature de 1'harmonie (Hauptmann, Helm- 
holtz, von (Ettingen, etc.). 

Hothby (Hothobus, Otteby, Fra Ottow), 
Johannes, compositeur et thSoricien du xv s., 
d'origine anglaise, m. k Londres au commen- 
cement de nov. 1487, vScut de 1467 a I486, com- 
me maitre tres estim6 au convent des Carmeli- 
tes de St-Martin, k Lucca. Son traite CaUiopea 
leghale (en italien) a && reproduit dans t THis- 
toire de Fharmonie » de Coussemaker, et un 
second traite De proportionibus et cantu figu- 
rato, etc., dans les « Scriptores, III » du nteme ; 
deux autres traites Ars musica et Dialogue, 
ainsi que des essais moins importants, ont 6t6 
conserves en manuscrils (Florence). Le P&re 
Martini a laiss£ une copie de quelques compo- 
sitions k trois voix, du nteme auteur. Cf. Kir- 
chenmus. Jahrbuch, 1898 et A.-W. Schmidt, 
Hothby's « CaUiopea legale », 1897 (dissertation 
inaugurate). 

Hotteterre, Louis, surnomme LeRomain, mu- 
sicien de la chambre (flutiste) k la cour de 
Louis xiv et de Louis xv, descendant d*une 
famille fran^aise d'excellents musiciens (son 
p6re, Henri H., etait musicien de la chambre, 
lulhier tr6s habile et virtuose sur la musette), a 
6crit ; Principes de la flute traversi&re ou flute 
d'AUetnagne, de la flute dbecou flute douce et 
du haut-bois (sans date, problablement 1699 ; 
plusicurs fois edite et imite, publte en hoi Ian - 
dais, sous le titre: Grondbeginselen over de 
behandeling van de dvcars-fluiten (1728); Afd- 
thode pour la musette (1738) ; Lart de prMuder 
sur la flute traversidre, sur la flute a bee, etc. 
(1712; 2« 6d. sous le titre: MUho&epour appren- 
dre, etc., 1765); de plus, toute une s6rie de mor- 
ceaux, sonates, duos, trios, suites, rondes (chan- 
sons k danser) et menuets pour flute. 

Hoven, J., pseudonyme de Vbsquk von PftTr- 
lingen (v. ce nom). 

flrimaly, Adalbert, compositeur et chef 
d'orchestre bohGme, ne k Pilsen le SOjuiL 1842: 
Sieve du Conservatoire de Prague, devint gr&ce 
auxleconsde M. Mildner, un excellent violoniste; 
il remplit depuis lesfonctions de chef d'orches- 
tre k Gotenburg (1861), au Thedtre national 
bolteme k Prague (1868), au Theatre allemand 
de la nteme ville (1873) et, k partir de 1875, k 
Czemowitz en Bukowine. Son op6ra Le prince 
enchante est une des pteces du repertoire du 
Th&ltre national bolteme, k Prague. 

Hubay, v. Htmsa 3 et 6. 

Huber, 1. Ffcux, m. a Berne le 23 tevr. 1810, 
cetebre poele et compositeur de lieder (Schwei- 
zer lieder, Lieder filr eidgentissische Krieger, 
Lieder ftir Schiceizer Junglinge, etc.).— 2. Fer- 
dinand, n£ le 31 oct 1791, m. k St-Gallie9 janv. 
1863, fut aussi un compositeur Suisse de lieder 
tr&s apprecte.— 8. Karl (Hubay), n6 a Varjas 
(Hongrie) le 1** juiL 1828, m. k Budapest le 
20 dec. 1885, comme professeur de vioion et 
chef d'orchestre au ThMtre national de cette 
ville, a ecrit des operas: Ssekler Maddien 

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HUBERT — HUCBALT) 



373 



(1858), Lustige Kumpane et Des Koenigs Kuss 
(1875). — 4. Joseph, compositeur original, n£ A 
Sigmaringen le 17 avr, 1887, m. A Stuttgart le 
28 avr. 1886, fut d'abord 61£ve de L. Ganz (vio- 
lon) et de Marx (th6orie), au Conservatoire 
Stern A Berlin, puis plus lard d'Edouard Singer 
et de Peter Cornelius, A Weimar, ou Liszt eul 
sur lui une grande influence. H fut ensuite un 
certain temps membre de la chapelle du prince 
de Hechingen, A Lowenberg, puis devint, en 
1864, concertmeister de l'orchestre Euterpe, 
A Leipzig, et, en 1865, membre de la chapelle 
royale, A Stuttgarl. Ses relations personnelles 
avec Peter Lohmann, A Leipzig, £veillerent 
alors en lui les idees A la realisation desquelles 
il travailla d&s lors constamment, dans le 
domaine de la forme musicale ; il r£prouvait 
les formes stereotypies, toutes faites (dites 
« architecturales ») et voulait que Fomvre mu- 
sicale se d^veioppit librement, en rapport avec 
le po&me ou l'id£e qui lui servait de base (forme 
dite « psychologique »). H. a public deux ope- 
ras : Die Rose von Libanon et Irene (d'apr^s 
dee testes de P. Lohmann); quatre symphonies 
en une partie ; des melodies vocales et instru- 
mentales, etc. II d£daigne l'indication de Tar- 
mure des tonalit A s, ce qui donne A ses ceuvres' 
l'apparence d'etre toujours Rentes en ut maj. 
ou la min. — 5. Hans, n6 A Schcenewerd, pres 
Olten (Suisse), le 28 juin 1852; frSquenta, de 
1870 A 1874, le Conservatoire de Leipzig (Richter, 
Reinecke, Wenzel), puis fut ensuite, pendant 
deux ans, maltre de musique A Wesserling et 
maltre A 1 Ecole de musique de Thann (Alsace). 
Plus tard, il fut appel£ comme premier profes- 
seur de piano, a l'Ecole de musique de B&le, 
dont il est devenu directeur en 1896. L'Univer- 
site de Bile avait nomm6 IL, en 1892, D T phil. 
Hon. c. Le talent sain et robuste de H. n'est pas 
sans analogic avec celui de Schumann et celui 
de Brahms; cependant l'iniluence de Wagner et 
de Liszt ne saurait &tre niee dans la plupart de 
ses oeuvres, et sa propre personnalit£ se mani- 
feste par un rythme nerveux et un puissant 
eian poetique. H. s'est essaye presque dans 
tous les domaines: morceaux pour piano, sona- 
tas et suites A deux et A quatre mains, fugues, 
lieder, choeurs; Pandora pour soli, chceur et 
orchestre, op. 66; Aussohnimg pour chceur 
d'hommes et orchestre ; sonates de violon op. 
18, 42, 67 ; suite pour piano et violon op. 82 ; 
trios op. 30 et 65 ; fantaisie-trio op. 84 ; suite 
pour piano et violoncelle op. 89; sonate de vio- 
loncello op. 88; concerto pour piano (ut min. 
op. 86); concerto pour violon op. 40; des ouver- 
tures; Lulspielouverture op. 50; Tellsympho- 
nie op. 68 ; Sommernachle, serenade, op. 87 ; 
Carnaval pour orchestre ; fugues et preludes 
pour piano A quatre mains (un nouveau < Cla- 
vecin bien tempore »), des quatuors pour instr. 
A archet, etc., enfin deux operas : Weltfriihling 
(BAle, 1894) et Kudrun (Bslle, 29 janv. 1896), 
puis la musique d'un Festspiel represent^ A 
Bile 6galement. — 6. Eugen (Jeno Hubay), 
violoniste remarquable, ni A Budapest le 
14 sept 1858, fils et 6l£ve de KarlHuber (v. plus 



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haut 8.) et plus tard (1871) 61£ve de Joachin, A 
Berlin ; doiina des concerts en 1876 d'abord en 
Hongrie, puis, recommand6 par Liszt, se pro- 
duisit en 1878 A Paris, chez Pasdeloup. Le 
grand succ&s qu*il remporta lui permit d'entrer 
en relations amicales avec les musiciens pari- 
siens les plus en vue, surtout Vieuxtemps. En 
1882, il accepta le poste de premier professeur 
de violon au Conservatoire de Bruxelles, mais 
changea, en 1886, cette place contre une place 
analogue au Conservatoire de Pesth, ou il 
succ£dait ainsi A son p&re. Comme compositeur, 
II. s'est aussi fait d£j& un nom (plus'de cin- 
quante ceuvres, parmi lesquelles un concerto 
pour violon [Concerto dramatique, op. 21], 
Sonate romantique pour piano et violon, sept 
Scenes de la Czarda [op. 9, 18, 18, 82-34, 41] 
pour piano et violon, ainsi que d'autres mor- 
ceaux de violon, puis des lieder, une symphonie 
et plusieurs operas: Alienor [1891], Le luthier 
de Orbnone et Le vagabond du milage). 

Hubert, Nicolai-Albertovitch, n6 le 7 
mars 1840, m. le 26 sept. 1888; fut professeur 
de th6orie au Conservatoire de Moscou, et, 
apres la mort de R. Rubinstein (1881), directeur 
de cette institution. H. B'est rtv&6 6crivain 
spirituel,dans les feuilletons musicaux du jour- 
nal : Nouvelles moscovites (Wedomosti). 

Huberti, Gustave-Leon, n6 A Bruxelles le 14 
avr. 1848, Steve du Conservatoire, sous la di- 
rection de F6tis, remporta en 1865 le prix de 
Rome et voyagea ainsi en Allemagne, en Italic, 
etc. II devint, a son retour (1874), directeur de 
l'Acad6mie de musique de Mons; mais il se 
retira de ce poste en 1877 et v6cut en quality de 
chef d'orchestre et de maltre particulier A An- 
vers et Bruxelles, jusqu'au jour ou il fut ap- 
pele, en 1886, au poste de professeur d'harmo- 
nie pratique au Conservatoire royal de Bruxel- 
les. II dirige en outre, depuis 1898, l'Ecole de 
musique de St-Josse-ten-Noode, et, grdce A la 
creation d'un cours permanent de chant d'en- 
semble, est parvenu A cr6er un chceur mixte 
nombreux et aguerri. H. a £crit des oratorios 
profanes : Een laatste Zonnestraal (1874), Ver~ 
lichting (1884), des oauv res chorales: La mort 
de Guillaume d Orange, Blcemardinne, deux 
oratorios pour voix d'enfants, des ballades, des 
hymnes, une symphonie, une suite d'orchestre, 
un concerto pour piano, une vingtaine de me- 
lodies, etc., etc. II a, de plus, 6crit une Histotre 
de la musique religieuse des Italiens et des 
Nterlandais et collabore A diverses revues par 
des articles de critique et d'esth&ique fort in- 
teressants. 

Hucbald (Huobaldus, Ubaldus, Ughubaldur), 
moine du couvent de St-Amand, pr6s Tournay, 
n6 vers 840, ordonnS pr&re en 880, m. A St- 
Amand le 25 juin ou le 21 oct. 930. ou encore 
le 20 juin 932; eleve de son oncle Milo, qui 
dirigeait T£cole de chant de Tournay, il fut 
ensuite, pendant quelque temps, directeur 
d'une ecole de chant A Nevers, et succeda plus 
tard A son oncle. Gerbert a reproduit, dans les 
« Scriptores, I », les trails suivants, sous le 
nom de 11. : De harmonica institutione Mu- 

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374 



HUEFFEtl — HULLAH 



sica enchiriadis (ou Enchiridion musicae, ou 
Liber enchiriadis); des fragments, sous le 
titre Alia musica ; enfin Commemoratio bre- 
visdelonis et psalmis modulandis. On trouve 
d'interessantes variantes dans la publication 
de Musica enchiriadis, d'apres d'autres ma- 
nuscrits, par Coussemaker (Scrip tores, II). 
Coussemaker a publie en outre une mono- 
graphic delaillee sur 11. (1841). Les recher- 
ches du D r Hans Muller (Hucbalds echteund 
unechte Schriften Uber Musik, 1884) ne per- 
mettent d'attribuer A H. lui-meme, de tous 
ces ouvrages, que V Harmonica institutio (inti- 
tule aussi Liber de musica), mais on peut ad- 
mettre que la Musica enchiriadis est d'un 
autre moine, homonyme de H., vivant environ 
un siecle plus tard. Ce serai t par consequent A 
tort que les historiens auraient mele le moine 
de St-Amand d l'histoire des debuts de lamusi- 
que polyphonique(v. organum) ou meme A celle 
de la notation dite du ■ dasia ». Gette notation, 
dont la valeur a et£ longtemps debattue, a £te 
interpreter par Spitta dune facon tres satisfai- 
sante (cf. « Vierteljahresschrift f. M.-W. » 1889, 
p. 448-482, et 1890, p. 293-809): elle etait basie 
sur les signes 



r ft 



t 


li/ 


t ec 


Isra / 


s \ re / 


\ he / 


t ^xvere / 


t 



designant les quatre finals (finales): ri, mi, fa, 
sol, des modes ecclesiastiques, et exprimait, 
au moyen de leurs transformations, les quintes 
superieures ou inferieures de ces sons fonda- 
mentaux. On fera bien, tant que l'auteur de la 
Musica enchiriadis (traits dans lequel se trou- 
ve la definition de l'organum et l'emploi de la 
notation du t dasia ») n'est pas connu d'une 
facon certaine, de le designer sous le nom 
de Pseudo-Hucbald (ou encore H. le jeuue). 
Mais il reste par contre a H. le merite d'une 
autre invention, consistant dans l'emploi d'un 
systeme de lignes horizontals, paralleles et 
superposees, entre lesquelles il place les syila- 
bes du texte A chanter; ce systeme indique 
d'une maniere Ires claire les mouvements as- 
cendants ou descendants de la melodie, mouve- 
ments dont l'amplitude (intervalles) est deter- 
minee au moyen de ieltres, placees au debut de 
chaque interligne ( s .= semitonium ; t =. to- 
nus): . 

ita 



Hueffer, Francis, ne a Muuster en 1843, m. 
& Londres le 19 janv. 1889; etudia a Londres, 
Paris, Berlin et Leipzig, les langues modernes 
et la musique, puis s'etablit en 1869 a Londres 
comme musicographe: il est, depuis 1878, criti- 
que musical du limes. En 1869, H. avait pris 



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I & Goettingue son grade de D* phiL, en presen- 

tant une edition critique des ceuvres du trouba- 

i dour Gillem de Cabestanh; suivirent, en 1874: 

I Richard Wagner and the Music of the Future 

• (enthousiaste pour Wagner), et en 1878 : Tlie 
troubadours. H. a aussi rassemble en volumes 
ses articles du Times ; il a traduit en anglais 
la correspondance de Wagner et Liszt, etc., et 
fourni a Mackensie le libretto de Colomba et 
celui du Troubadour , A Co wen celui de Slee- 
ping Beauty. 

Hugo de Reutlingen, surnomme Spechshart, 

ne en 1285 ou 1286, m. en 1359 ou 1360. Un 

traite de lui parut en 1488 a Strasbourg, chez 

Prijss, avec commentaires : Flores musice om- 

nis cantus Gregoriani <ed. all. en 1868, par 

Carl Beck, dans les publications du < Littera- 

rischer Verein », & Stuttgart; cf. « Monatshefte 

ffir Musik-Gesch.», II, 57, et une rectification de 

la nouvelle edition, ibid. II, 110). 

Hullah, John-Pyke, n6 A Worcester le 27 juin 

I 1812, m. A Londres le 21 fevr. 1884 ; eieve, en 

1829, de W. Horsley, entra en 1832 & la c Ro> al 

] Academy of music », comme eieve de Crivelli, 

pour le chant 11 fit representor, de 1836 a 1838, 

I trois operettes (The village coquette. The Bar- 

| bers of Bassora et Ihe outpost); etudia en 

! 1840, a Paris, la methode de Wilhem pour 

| l'enseignement du chant populaire, et fonda en 

; 1841, a t Exeter Hail », a Londres, une ecole 

I de chant a l'usage des regents, d'apres le sys- 

, teme Wilhem (v. Wilhem). Cette entreprise 

! renconlra bientot de vives sympathies et prit 

I de grandes proportions ; on construisit meme 

en 1847 une salle de concerts speciaJemeiU des- 

tinee aux concerts donnes par ses eieves: 

I « Martins Hall », inauguree en 1850, detruite 

' dix ans plus tard par un incendie. De 1840 a 

I 1860, les classes d'enseignement de H. furent 

| frequentees par 25,000 personnes au moins. 

I H. fut engage en 1844 comme maitre de chant 

I au « King's (College », poste dont il se retire en 

• 1874, tandis qu'il conservait des fonctions ana- 
' logues au c Queen's College » et au c Bedford 

College ». De 1870 & 1873, il dirigea les concerts 
I de 1' Academic, comme il le faisait depuis 1841 
I deji, pour ceux des enfants des ecoles metro- 
, politaines, au « Cristall Palace ». 11 fut nomme, 
I en 1872, inspecteur de l'enseignement musical 
dans les ecoles populaires.L'universite d'Edim- 
I bourg lui confera le grade de D T iur. en 1876; 
| il etait aussi membre des academies de Floren- 
ce (philharmonique), et de Home (Santa Ceci- 
lia). En 1858, H. avait en outre succede a son 
I maitre, Horsley, comme organiste du « Charter 
House », Comme compositeur, II. n'a laisse que 
, des chants dont un certain nombre sont deve- 
■ nus populaires ; par contre, il a redige de nom- 
I breux recueils de compositions vocales, entre 
, autres : The psalter (psaumes & 4 voix, 1843), 
The booh of praise hymnal (1868), The xchole 
book of psalms with tunes, Part music (2* ed. : 
Vocal music), Vocal scores, Sacred music 
(1867), The singer r s library, Sea songs. II a 
fait paraltre en outre une adaptation anglaise 
de la methode d'enseignement du chant de 

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HL'LLER — HUMMEL 



375 



AVilhem et 6crit une s6rie d'ouvrages th6ori- 
<jues et historiques : A grammar of music, A 
grammar of harmony, A grammar of coun- 
terpoint, The history of modern music (1862), 
The third, or transition period of musical 
history (1865), The cultivation of the speaking 
■voice, Music in the house (1877), ainsi que dee 
articles pour diverses revues. 

Holler, v. Hiller, 1. 

Hullmandel, Nikolaus-Joskph, ne A Stras- 
bourg en 1751, m. A Londres en 1823, neveu du 
<cel£bre corniste Rodolphe, et 616ve dePhil.-Em. 
Bach, A Hambourg; excellent pianiste (et vir- 
tuose sur Tharmonica [v. ce mot]), il alia en 
1775 A Milan, en 1776 A Paris ou il v6cut dix 
ans comme professeur de piano, tr&s en vogue 
<il transplanta en France la manure de jouer 
allemande et y prepara le gout pour la musi- 
que de piano allemande). H. epousa tine riche 
hSritiere, mais perdit par la revolution toute 
«a fortune, car il 6tait all6 A Londres (1790), 
etsesbiens furent confisques; il en recouvra, 
sous Napoleon, une partie. II. a public, A par- 
tir de 1780: 12 trios avec piano (op. 1-2; les 
-chiffres des op. d'apr&s les Editions de Paris); 
14 sonates de violon et piano (op. 3, 4, 5, 8, 10, 
11); puis 6 sonates (op. 6); un divertissement 
<op. 7) et deux airs varies (op 9) pour piano 
seul. Toutes ces oeuvres comptent parmi les 
meilleures de l'£poque. 

Hullweck, Ferdinand, n£ A Dessau le 8 oct. 
1824, m. A Blasewitz, pr&s Dresde, le 24 juil. 
1887; 616 ve de Fr. Schneider, fut nomm6 A 
Dresde, en 1844, second concertmeister de la 
chapelle royale. H. £tait un excellent violonis- 
te, autant comme virtuose que dans la musique 
•dechambre; il futaussi maltre au Conserva- 
toire de Dresde (il avait pris sa retraite en 
1886). H a publi6 quelques oeuvres instructives 
pour violon. 

Hulskamp, Henry (en r6alile Gustav-Hejn- 
righ), originaire de Westphalie, fonda en 1850 
a Troy (Etats-Unis d\Am£rique, New- York) une 
fabrique de pianos, qui eut bient6t une grande 
reputation. Ses pianos A queue, symStriques, 
remport£rent des medailles en 1857 A New-York, 
el en 1862 A Londres. En 1866, H. transf&ra sa 
fabrique A New- York. 

Humbert, Georges, auteur de l'edition fran- 
•caise de ce dictionnaire, n6 A Ste-Croix (canton 
<de Vaud) le 10 aoftt 1870; fit ses humanites A 
Geneve, tout en apprenant les Elements de l'art 
musical, et poursuivit avec succ^s ses etudes 
musicales dans les conservatoires de Leipzig, 
Bruxelles (Huberti, de Greef) et Berlin (Wold. 
Bargiel, etc.). De retour a Geneve, H. fut nom- 
m6 professeur d'bistoire de la musique au 
Conservatoire; il obtint peu aprds le poste 
d'organiste et de maltre de chapelle de Feglise 
Notre-Dame (1892-1896), et dirigea plusieurs 
soci6l£s chorales. Enfin, en 1898, la « Society de 
Torchestre » de Lausanne lui confia la direction 
de ses concerts symphoniques. La m£me ann6e 
<15 dec.) H. fondail, avec Adolphe Henn, la Ga- 
zette musicals de la Suisse romande, orgaue 
bi-mensuel qu'il r£digea jusque vers la fin de 



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1896; il a fait, en outre, des conferences sur 
des sujets d'histoire musicale, collabor6 A di- 
vers journaux et revues, et entrepris, tout en 
poursuivant sa carrtere de chef d'orchestre, la 
publication, en franrais, du Dictionnaire de 
musique de Hugo Biemann. 

Humirey, (Humphry, Humphrys), Pelham, n£ 
A Londres en 1647, m. dans la m£me ville le 14 
juil. 1674; enfant dechoeur de t Chapel Royal* 
en 1660, sous la direction de H. Cooke, il fut en- 
voye en 1(564, avec une bourse du gouverne- 
ment, en France et en Italie. II etudia surtout 
auprSs de Lully, A Paris, el devint, en 1666 
(1667), membre (gentleman) de cChapel Royah, 
puis succ£da en 1672 a Cooke, comme « Master 
of children » et compositeur de Torchestre prive 
du roi (« Violins to His Majesty », d'aprgs le 
module des « 24 violons du Roy » de Louis 
XIV). H. fut un des plus remarquables compo- 
siteurs anglais du xvii* s. ; on trouve des an- 
thems de lui dans Cathedral music de Boyce, 
d'autres compositions d'egliso dans Harmonia 
sacra (1714), enfin des chants profanes dans 
Ayres, songs and dialogues (1676-84) et dans 
Musica anliqua de J.-S. Smith. 

Hummel, 1. Johann-Nepomuk, n£ A Press- 
bourg le 24 nov. 1778, m. A Weimar le 17 oct. 
1837 ; fils du chef de musique a l'lnstitut mili- 
taire de Wartberg, Joseph H. qui,apres la sup- 
pression de cet etablissemenU devint maitre de 
chapelle du theatre Schikaneder, a Vienne. C'est 
de cette man i ore que IL fit la connaissance de 
Mozart, qui s'interessa A lui et lui donna pen- 
dant deux ans des lecons. De 1788 A 1793, il 
faisait d6j& des toum&es de concerts, accompa- 
gn6 de son p6re, jusqu'en Danemark et en An- 
gleterre ; puis il se remit a des etudes serieuses 
sous la direction d'Albrechlsberger et de Sa- 
lieri. Apres avoir rempli, A titre provisoire, de 
1804 a 1811, le poste de maitre de chapelle du 
prince Esterhazy, devenu vacant A cause du 
grand Age de Haydn, il v&cut quelques annees 
sans place, A Vienne, comme maitre de musique 
et compositeur. En 1816, II. fut appel6 A Stutt- 
gart, comme maitre de chapelle de la cour, mais 
6changea ce poste, en 1819, contre un poste 
analogue A Weimar. De Weimar il alia, entre 
autres en 1822, avec la suite de la grande-du- 
chesse Marie-Paulowna, A St-Petersbourg oil il 
re^ut un accueil extraordinairement flatteur. B 
donna A plusieurs reprises, gr&ce aux conges 
qui lui etaient largement octroy6s, des concerts 
A T&ranger, en Angleterre et ailleurs, jusqu'a. 
ce que, dans les dernieres annees de sa vie, il 
devint maladif et se vit oblige de faire des cures 
prolong£es dans diverses villes d'eaux. Le style 
des compositions de H. est l'image fiddle de sa 
man i ere de jouer ; le manque de passion et de 
sentiments intenses y est dissimnle autant que 
possible sous les guirlandes de passages A effet. 
L* influence de son maitre, Mozart, sur samaniere 
d'ecrire est indiscutable ; mais son invention 
melodique est loin d'atteindre la vari6t£ et la 
noblesse de celie de Mozart, et les passages 
composes de simples formules techniques oc- 
cupent dans ses oeuvres une place trop pr£pon- 

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376 



HUMPERDINCK — HUXTEN 



durante, defaut dont il faudrait peut-6tre attri- 
buer la cause k la facility du jeu des pianos de 
Vienne. Parmi les compositions de II., nous 
noterons d'abord celles qui sont encore r6pan- 
dues: les n°« m (la min.), iv (si min.) et \i(la ty 
maj.) de ses sept concertos; le septuoren ri 
min., op. 74 (pour piano, flute, hautbois, cor, 
alto, violoncello et contrebasse) ; les sonates. en 
fa dikse min. op. 81, la t? maj. op. 92 (k quatre 
mains), et r& maj. op. 106 ; les rondos op. 125 
(Rondo villageois), 55 (La delta capricciosa),ll 
(mi j? maj.) et 109 (si min.), ainsi que les baga- 
telles op. 107. Le nombre total de ses oeuvres 
est de 124, dont : 5 sonates a deux, trois et qua- 
tre mains ; 8 sonates de violon ; 6 trios ; beau- 
coup de rondos ; des caprices ; des fantaisies 
(op. 18, 49); des variations (op. 8, 9, 10, 21, 40, 
57);des 6tudes; etc.; une Symphonie concer- 
tante, pour piano et violon ; une fantaisie pour 
piano et orchestre (Oberons Zauberhorn) ; un 
Septuor militaire (avec trompette, op. 114); un 
quintette avec piano (op. 87) ; une serenade 
pour piano, guitare, clarinette et basson; 3 
quatuors pour instr. k archet; une ouverture 
(ut maj.) ; 8 Messes k quatre voix, orchestre et 
orgue; un graduel et un offertoire: enfin 4 
operas (Mathilde von Guise, 1810), 5 ballets et 
pantomimes et quelques cantates. Le grand ou- 
vrage pSdagogique de H. : Anweisung sum 
Pianoforlespiel (1828) est Tune des premieres 
m&hodes rationnelles de doigt£, mais elle parut 
malheureusetnent k une £poque ou le jeu 16ger 
et £16gant commencait a ceder la place k un jeu 
d'un caractere plus ferme etplus grandiose, en 
sorte qu'elle ne put plus Mre appreciee & sa 
juste valeur. CI. la n^crologie de C. Montag, 
dans la Neue Zeitschrifl f\ Musih (1837), ainsi que 
les articles sur H., par Kahlert, dans la Deut- 
sche Musiher Zeitimg (1860) et par K. Richter 
dans la Neue Zeilschrift far Musik \ 1883). — 
L'&pouse de IL, Elisabeth, nee Rceokl, nee en 
1793, m. k Weimar en mars 1883, avait 6t6,dans 
sa jeunesse, cantatrice scenique. — 2. Joseph- 
Friedrich,d£ & Innsbruck le 14aout 1841, £l&ve 
du Conservatoire de Munich; fut successive- 
ment, de 1861 a 1880, chef d'orcbestre des th£A- 
tres de Glaris, Aix-la-Chapelle, Innsbruck, 
Troppau, Linz, Brtlnn et Vienne; il est, depuis 
1880, directeur du Mosarteum, k Salzbourg, 
maltre de musique au Seminaire et directeur 
de la « Liedertafel ». — 3. Ferdinand, composi- 
teur f&cond, n6 k Berlin le 6 sept. 1855, fils d*un 
musicien qui dirigea de bonne heure le talent 
du jeune gar^on et fitde lui, k l'&ge de sept ans 
d£j&, un petit virtuose sur la harpe. Ses etudes 
furent du reste facilities par une allocation 
de la cassette royale. De neuf k onze ans, H. fit 
avec son p&re des tourn£es de concerts, puis il 
commen^a ennn k prendre des lemons r^gulie- 
res de composition, d'abord, de 1868 a 1871, k 
l'acad&nie Kullak, puis de 1871 k 1875, a l'Aca- 
demie royale de musique et dans Tune des 
t Meisterschulen • de l*Acad£mie. Pour le piano, 
il fut 61£ve de Rudorff et de Grabau, pour la 
composition de Kiel et de Bargiel. Le catalogue 
des oeuvres de H. porte, enlre autres, quatre 



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sonates pour violoncelle ; des fantaisies pour 
violoncelle et piano (Marchenbilder et Wald- 
leben) ; un nocturne pour violoncelle, harpe et 
harmonium ; un quintette et un quatuor avec 
piano ; une sonate de violon ; une sonate pour 
cor ; une suite pour piano k quatre mains; une 
ouverture (op. 17); Columbus (pour soli,choeur 
mixle et orchestre); Jung Olaf {id.) ; des lie- 
der; un morceau de concert pour piano (op. 1); 
deux polonaises de concert pour piano et d'au- 
tres morceaux pour piano seul H. 6crivit aussi 
quelques oeuvres d'un genre special, des po&mes 
feeriques pour choeur de femmes a trois voix et 
solo : Rumpelstittchen, Frau Holle, Hcensel 
und Gretel, Die Meerhtinigin, Die Najaden* 
etenfin des operas: Mara (Berlin, 1893), Angla 
(Berlin, 1894), Ein treuer Schelm (Prague, 1894). 
Une fantaisie de concert pour harpe et orches- 
tre et une symphonie sont encore manuscrites^ 
quoique toutes deux aient 6t& ex£cut6es plu- 
sieurs fois. 

Humperdinck, Exgelbebt, n6 k Siegburg; 
sur le Rhin, le l ep sept. 1854, £16ve du Conser- 
vatoire de Cologne, puis, apr&s avoir obtenu la. 
bourse de la Fondation Mozart (1876), de TEcole 
royale de musique, k Munich. II obtint encore,, 
en 1879 et 1881, les bourses des Fondalions 
Mendelssohn et Meyerbeer et voyagea pendant 
un certain temps. II fut ensuite, de 1885 k 1887,. 
professeur au Conservatoire de Barcelone, v6- 
cut de nouveau k Cologne et enseigne la theorie 
musicale, depuis 1890, au Conservatoire Hoch,. 
k Francfort s/M. H. a rempli egalement, pen* 
dant longtemps les fonctions de critique musi- 
cal de la c Gazette de Francfort ». Les premieres 
oeuvres qui contribu&rent k repandre son nom 
so nt des ballades pour choeur et orchestre r 
Das Glitch von Edenhall, Die Wallfahrt nach 
Kevlaar, et des melodies pour chant et piano. 
Mais sa reputation universelle date settlement 
de la representation, k Weimar, d'un op£ra- 
feerie de sa composition : Hcensel und Grelet 
(31 mai 1894) qui doit la plus grande partie 
de son succ6s aux melodies enfantines, popu- 
lates en Allemagne, dont Tauteur a su faire 
un usage aussi habile que frequent L'ouvrage 
qui suivit: Die Konigshinder (1896) est loin 
d'avoir rem porte le m6me succ&s que le premier ; 
se rapprochant du genre melodramatiqne, il 
peut &tre consid6r6 comme un rejeton d£ge- 
n£r£ du drame wagn6rie». Cf. k ce sujet lea 
articles pleins d'inter&t, parus dans YAUg* 
Musihzeitung (Berlin, 1897). 

Hunke, Joseph, n6 k Josephsladt(Boh£me) en 
1801, m. k St-P6tersbourg le 17 dec. 1883, maitre 
de chant de la chapelle (vocale) de la cour, a 
St-Petersbourg, a compost de nombreuses oeu- 
vres de musique d'eglise et public un traits 
d'harmonie ainsi qu'un traite de composition. 

Hunten, Franz, compositeur pour piano ap- 
precis, n£ k Coblence le 26 d6c. 1793, m. dans la 
mSme ville le 22 tevr. 1878; fils d'un orgamste, 
il entra, apres que son p&re Teut suffisamment 
prepare, en 1819, au Conservatoire de Paris et 
• fut eleve de Pradher, de Reicha et de Cherubini. 
II sejourna pendant longtemps dans cette ville, 

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HURDY-GURDY 



HYPATE 



37? 



ou il devint un mattre de piano fort recherche et 
an compositeur k la mode. Ses oeuvres de piano, 
qui portent facilement sur le public, lui f urent 
£tonnamment bien payees. Outre des rondos, 
des divertissements, des fantaisies, etc., il a 
£crit un trio, deux sonates de violon et une m6- 
thode de piano. A partir de 1837, il v6cut de 
nouyeau dans sa ville natale. Cf. son autobio- 
graphie, dans le dictionnaire de Schilling. — 
Deux fr&res de H., Wilheiai, maitre de piano k 
Coblentz, et Pister-Ernst , exer^ant la m&me 
profession k Duisbourg, ont pabli^ aussi de la 
musique de piano d'un genre leger. 

Hurdy-Gurdy (angL), c.-4-d. orgue de Barba- 
ric 

Hurel de Lamare, Jacques-Michel, excellent 
violoncellisle, n6 k Paris le 1" mai 1772, m. a 
Caen le 27 mars 1823, 61&ve de Duport cadet, 
fut engage en 1794 au thMtre Feydeau, parcou- 
rut, de 1801 k 1809, l'Allemagne et la Russie, 
puis se retira en 1815 dans la vie priv6e. Les 
compositions 6dit6es k Paris sous son nom 
(4 concertos pour violoncelle)8ont toutes de son 
ami Auber. 

Hutschenruijter, Woutkr, n6 k Rotterdam 
le 28 d6c. 1796, m. dans la m&me ville le 18 
nov. 1878 ; il se voua d'abord au violon, puis, 
plus tard, au cor et fit en m£me temps de si- 
nenses etudes th£oriques, en sorle qu'il d£buta 
de bonne heure dans la carri&re de compositeur. 
En 1821, il fonda le corps de musique de la 
garde civique qui resta d£s lors sous sa direc- 
tion, en 1826 la soci6t6 de musique c Eruditio 
musica », Tune des meilleures des Pays-Bas, et 
devint, peu k peu, k la fois maitre si. l'Ecole de 
musique de la « Maatschappij tot bevordering 
van Toonkunst > , directeur des concerts de 
1' «Eruditio musica », directeur de la musique 
de la ville de Schiedam, pr6s Rotterdam, et di- 
recteur de diverses soci£tes du m6me endroit; 
il organisa en outre a Schiedam un choeur 
d'£glise et regut le titre honorifique de maitre 
de chapclle de Delft II Stait membre de 1'Aca- 
dtanie « Sainte-Ctecile », k Rome, etc. H. a 6t6 
l'un des musiciens hollandais les plus actifs et 
les plus m£ritants. Parmi ses nombreuses com- 
positions, il faut signaler un op£ra : Le roi de 
BohSme, quatre symphonies, deux ouverturesde 
concert, une ouverture pour instr. k vent, plus 
de 150 morceaux, originaux ou arrangements, 
pour musique d'harmonie (entre autres un roor- 
ceau de concert pour 8 timbales et orchestre), 
plusieurs Messes, des cantates, lieder, etc. Son 
fils — 2. Wiixem, n6 le 22 mars 1828, &ait 6ga- 
lement un excellent corn is te. 

Huttenbrenner, Anselm, n6 k Graz le 13 oct. 
1794, m. k Ober-Andritz le 5 juin 1868 ; fils d'un 
riche propri&taire de domaines, il kudia la 
composition k Vienne, sous la direction de Sa- 
lieri et Tut li6 d'amiti£ avec Beethoven (aupr&s 
du lit de mort duquel il se trouvait) et Schubert. 
H a compost 5 symphonies, 10 ouvertures, 3 
operas, 9 Messes, 3 Requiem, une quantite de 
quatuors et de lieder pour voix d'hommes, 2 
quatuors et un quintette pour instr. k archet, 
des fugues, des sonates et des morceaux pour 



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piano. La plus grande partie de ces ceuvres est 
reside manuscrite. Schubert estimait fort les 
compositions de H., mais elles n'en son! pas 
moins d£j& oubltees. Une esquisse biographi- 
que (uScrologie) sur H., par le chevalier Gottfr. 
von Leitner, a para k Graz, en 1868. 

Hydraulis (all. Wasserpfeife; la t Organum 
hydraulicum; fran$. orgue hydraulique), ins- 
trument de la famille de l'orgae, construit (180 
ans av. J.-C.) par CtAbisius d'Alexandrie, qui 
eut l'idie d'employer l'eau pour la r£gularisa- 
tion de la pression de l'air. Cet instrument a 6t6 
d^crit par Hero d'Alexandrie (Spiritalia seu 
Pneumatica; reproduit avec une traduction 
allemande, dans l'6dition de Vollbeding de 
1* • Histoire de l'orgue », de Bedos de Celles, 
1793). 

Hykaert, Bernhard (Ycaert), compositeur 

et thloricien (Forigine nSerlandaise, dans le 

dernier quart du xvi« Steele, k Naples. On a 

conserve de lui deux lamentations (imprimSes 

| par Petrucci, en 1806) et, en manuscrit, un 

I Kyrie et un Gloria, ainsi que trois chants pro- 

; fanes. 

Hymenaeos (grec), chant de manage. 

Hymne (lat. hymnus ; itaL inno), terme dont 
la signification 6tait au d£but tr£s g£n6rale, 
syn. de chant de louanges, sans qu'il s'y rat- 
tache aucune id£e de forme po&ique ou musi- 
cale d&termin£e; il suffit, pour s'en convaincre, 
de comparer les h. dits homeriques avec ceux 
de Pindare : les premiers sont ecrits en hexa- 
m&tres r^guliers, les autres en rythmes libres ei 
compliqu6s. Le mot h. ne commenga k prendre 
une signification sp£ciale que dans l'Eglise 
d'Occident Le chant des h. est altribu6 k St- 
Hilaire (m. en 868), mais son usage dans l'Eglise 
remonte sans doute encore plus haut. 11 se dis- 
tinguait des alleluias et du graduel, par le fait 
qu'il ne comprenait aucune vocalise dite jubi- 
latoire, qu'il 6tait plus simple, plus compass^ 
et n'avait pour chaque syllabe qu'une ou deux 
notes au plus. Le chant des h. de l'Eglise ca- 
tholique se rapproche par consequent beau- 
coup de celui des proses et des sequences, dont 
il ne difltere que par le texte (celui des sequen- 
ces n'a pas de m&re proprement dit, mais 
simplement un nombre de syllabes determi- 
ne). Quelques h. portent des noms sp6ciaux, 
p. ex. Hymnus angelicus : « Gloria in excelsis 
deOy etc, » ; Hymnus iriniiatis (le Trishagion 
du Vendredi saint): *Sanctus deus, sanctus for- 
tt's, sanctus immorlalis, miserere nobis*; 
Hymnus Iriomphalis : « Sanctus dominus 
deus Sabaolh » ; etc. Les h. k plusieurs voix 
de la grande p6riode du contrepoint sont egale- 
ment d'une grande sobri6t6 rylhmique. Parcon- 
tre, on donne fr&quemment de nos jours le titre 
d'h. k des oeuvres vocales de grande envergure, 
pour une masse chorale avec accompagnement 
d'instr. de cuivre, par exemple, toujours desti- 
nies k produire un grand effet et dont le con- 
tenu est tantot profane, tantdt religieux. 

Hymnus Ambrosianus, c-A-d. chant de louan- 
ges de St-Ambroise (v. ce nom). 

Hypate (gr.), la plus cprofonde», la plus 

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378 



HYPER — IMBERT 



« basse » (la corde la plus grave d'un tetra- 
corde), v. grecque [musiqueJ. 

Hyper - (gr.), prefixe, signifie : sur, au-dessus 
de ; Byperdiapente. qninte superieure ; Hyper- 
diatessaron, quarte superieure, etc.; dans la 
denomination des echelles transposees des 
Grecs, A. - signifie une quarte plus haut, ex. : 
phrygien = soP-sol 3 , hyperphrygien = ufi-ut\ 
Seule, rechelle hypermixolydienne se trouvait 
(selon Ptolem6e) un ton seulement au-dessus 
de Techelle mixolydienne. La terminologie la- 
tine a remplace h. par super (superdiapente, 
etc.). 

Hypo - (gr.), pr6fixe, signifie : sous, au-des- 
sous de; hypodiapente, quinte inf6rieure ; hypo- 
diapason, octave inferieure, etc. Les modes 



grecs d&sign&i par le prefixe hypo sont toujours 
une quinte au-dessous des modes de m&me nom 
mais sans prefixes; les echelles transposees, 
par contre, et les modes ecclesiastiques du 
moyen Age une quarte seulement au-dessous ; 
par ex.: dorien (mode) = mi*-mi 3 , hypodorien 
= ta*-la 3 ; dorien (echelle transpos^e) = /a 3 -/^ 4 
(avec cinq bemols), hypodorien = ut*-ut A (avec 
quatre bemols) ; dorien (!•» mode ecciesiasti- 
que) — r^-r^ 3 , hypodorien (2" # mode) =la l -kfi. 
La terminologie latine a remplace /*. par sub 
(subdiapente, etc.). 

Hzbl., abr^viation frequente, dans les parti- 
tions allemandes, pour Holsblisinslrumente, 
c.-&-d. instr. a vent en bois. 



I (ital.), article masculin pluriel ; au singulier 
it. Gf. ou. 

i, denomination empruntee k r alphabet, dont 
Kirnberger fit usage pour designer la septieme 
naturelle (son 7 de la serie harmonique) qu*il 
essaya d'introduire dans la composition musi- 
cale et dans la notation. Getle idee n'6tait du 
reste pas neuve,car, en 1754 dejd, Tartini l'avait 
£mise d'une fa^on toute semblable (Traitato, 
etc. p. 18) et avait propose comme signe de ce 
mdme intervalle un w : 



S 



te!^3 



y* < -y- 



m 



7 



T: 



H va sans dire qu'il est tout & fait indifferent 
que Ton se serve d'un % ou d'un w, pour desi- 
gner la septieme naturelle. Dans le systeme 
tempore, une indication quelconque, par la 
notation, de la septieme naturelle sera du reste 
toujours vide de sens, puisque, comme tout au- 
tre son de Taccord (tierce, quinte) elle est sou- 
mise au temperament (Cf. la table au mot 
rapports). Par contre la theorie est en droit 
d'admettre la septieme au m6me titre que la 
tierce et la quinte, comme intervalle fondamen- 
tal (v. sEPntiME [accord dej). La distinction de 
la septieme, de meme que celle de la tierce et 
de la quinte, est en tous cas necessaire dans les 
experiences sur des instruments accordes selon 
Taccord inathematique (non tempere) ; on peut 
alors faire usage soit du signe de Tartini, soit 
de celui de Kirnberger, soit d'un autre signe 
quelconque (par ex. d'un 7 place a ctile de la 
note en question). 



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las (gr.), employe parf ois comme syn. d'lONiEN. 

Ibach, Johannes- Adolf, ne le 20 oct 1766, 
m. le 14 sept. 1848 ; fonda en 1794, a Barmen, 
une fabrique de pianos et d'orgues. II prit 
comme raison de commerce, A partir du mo- 
ment oil, en 1834, son fils C.-Rudolf entra dans 
la fabrique : Ad. Ibach et fils, puis cinq ans 
plus tard, apres que son second fils, Richard, 
se fut egalement associe a eux : Ad. Ibach et 
ses fils. Le troisieme fils, Gustav-J., ay ant 
fonde en 1862 un autre etablissement analogue, 
l'ancienne maison prit comme nouvelle raison 
de commerce: G.-Rud. et Rich. Ibach. G.-Rudolf 
mourut en 1862; Richard enlreprit en 1869, 
pour son propre compte, la fabrique d'orgues, 
tandis qu'un fils de G.-Rud. I, Rudolf, continua 
seul la fabrique de pianos, sous le nom Rudolf 
Ibach fil& n 6tabl\t une succursale a Cologne 
et sut creer un veritable renom & sou etablisse- 
ment. Rudolf I. mourut & Herrenalb (Foret 
noire) le 31 juil. 1892. 

il (ital.), article masculin et neutre devant 
une consonne, A Texception d's suivi d'une 
consonne. Gf. to. 

Ilinski, Jean-Stanislas, comte, ne dans le 
ch&teau de Romanow, en Pologne, en 1795 ; 
etudia la composition A Vienne, sous la direc- 
tion de Salieri et de Kauer, et ecrivit: trois 
Messes, deux Requiem, un Te deum % De pro- 
fundis, Stabat mater, une symphonie, trois 
ouvertures, deux concertos pour piano, huit 
quators pour instr. a archet, etc. I. fut nomme, 
en 1853, conseiller prive de la cour, chambellan 
et membre du senat de TUniversite de Kiew. 

Imbert, Hugues, ne a Moulins-Engilbert 
(Nievre)le 11 janv. 1842, petit-fils d'un officier 
superieur sous le Premier empire, qui avait 
epouse, pendant les guerres d'Allemagne, Mile 
de Brockhausen, de Breslau. R re^ut de son p£re 



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IMBROGLIO — IMPERFECTION 



379 



fort verse dans les branches diverges de Tart 
musical, les premieres lecons de musique et de 
violon. En 1854. il entra A Ste-Barbe, k Paris, 
pour y achever ses Etudes litteraires, et prit des 
lemons de violon de Faucheux, puis de Rich. 
Hammer. Bien qu'entre tr^s t6t dans la carriere 
administrative, I. se livra avec ardeur a retude 
de Tart musical, en compagnie d'amis et d'ar- 
tistes de valeur (L.Mesuard, Chabrier, etc., etc.). 
II parcourut lltalie, l'Allemagne, la Belgique, 
la Hollande et rapporta de ses voyages des ma- 
terial et des documents qui servirent de base 
A ses critiques d'art. Car I. ne s'est pas occup6 
de musique exclusivement, il a etudi6Tart sous 
ses manifestations les plus diverses, el e'est ce 
qui donne justement a ses travaux de critique 
musicale un interet special et une valeur gen6- 
raie que Ton ne saurait trop apprecier. C'est en 
1886 qu'I. debuta dans la critique musicale, par 
les premiers « Profils de musiciens », parus 
dans F « Ind£pendance musicale » f dirigee par 
E. Thomas. II a collabor£ depuis lors successi- 
Tement a « La musique populaire », ■ La Revue 
d'art dramatique », « La Liberty », « La Revue 
d'art ancien et moderne », * The Musician » (de 
Londres), etc., et publie une s^rie d'ouvrages 
donl voici les titres : Profils de musiciens ; Sym- 
phonie ; Nouveaux profils de musiciens ; Por- 
traits et etudes; Etude sur J oh. Brahms ; Pro- 
fils & artistes contemporains; Rembrandt et 
Wagner («Du clair-obscur dans Tart»); Char- 
les Gounod, — V Autobiographie et les M6moi~ 
res. I. est actuellement redacteur du Guide mu- 
steals auquel il a reserve la primeur d'une 
grande partie de ses ecrits, et dont il a fait, avec 
M. Kufiferath, une revue inlernationale de Tart 
musical. 

Imbroglio (ilal.), designation de certaines 
complications rythmiques qui troublent le sen- 
timent de la mesure, ex. : 




l ^^mm 



Imitatif, contrepoint, v. contrepoint, imita- 
tion et canon. 

Imitation (all. Nachahmung). L'i. est Tune 
des lois fondamentales qui regissent la forme, 
dans Tart musical. De m6me que, dans Tarchi- ( 
ture, un chapiteau, une rosace et,en fin de comp- 
te, tout redifice artislique d'une cathedrale ri- , 
suite de la mise en oeuvre d'un nombre restreint \ 
de motifs, de m£me, en musique, un theme 
nettement dessine, une phrase entiere appa- 
raissent dans la regie comme le r^sultat de la 
repetition d'un petit nombre de courts motifs 
<v. ce mot). La repetition n'esl, il est vrai, pas 
une simple reproduction, comme cela se pr6- 
sente fr^quemment dans Tarchitecture ou la 
rosace ou le chapiteau sont formes de huit ou 
de quatre parties toutes egales, oil des douzai- 
nes de colonues, de tourelles, de fenetres, etc. 



ont les m&mes dimensions; on a, plutdt que 
regalite, une similitude plus ou moins frappante, 
plutot que la repetition, limitation. Gomme la 
forme musicale est regie par un grand nombre 
de lois esthetiques simultanees, l'i. apparalt 
sous des aspects tres varies. Le motif melodique- 
rythmique peut etre reproduit exactement, mais 
il peut aussi subir une transformation par les 
changements de Tharmonie qui l'accompagne, 
ou bien etre r^p6t6 fideiement mais avec une 
accentuation differente (surtout lorsque celle-ci 
concordait avec celle de la mesure), ou encore 
etre reproduit sur un autre degre de rechelle 
tonale, etc. Ce dernier mode, retour du motif 
sur divers degr&s, est de beaucoup le plus fre- 
quent; il a donn6 naissance soit aux formes 
artistiques consacrees du canon et de la fugue 
(v. ce mot), soit aux rosalies (v. ce mot) con- 
damnees comme marques de dilettantisms ou 
de vulgaire metier. A repoque de la grande 
floraison (xv° ou xvi 6 s.), Tart de l'i. s'etait deve- 
lopp£ & un point incroyable, malheureusement 
trop souvent aux depens de l'expression et de 
la sonorite (cf. Nj&erlandajs). Quoi qu'il soit 
rare qu'un compositeur bien style renonce aux 
combinaisons imitatoires qui se presentent & 
son imagination, l'i. n'est plus aujourd'hui, mfc- 
me chez des maltres lels que Lachner, qu'un 
accessoire interessant, non pas, comme autre- 
fois, la racine ou le but d'une oeuvre d'art. Les 
formes principales de l'i. sont : 1. l'i. en mouve- 
ment parallele, 2. l'i. en mouvement contraire 
(renversee), 3. l'i. par augmentation^ 4. l'i. par 
diminution ; chacune des deux dernieres for- 
mes peut en outre se combiner avec chacune 
des deux premieres. Les contrapontistes du xv* 
an xvn* s. faisaient aussi usage de l'i. retrograde 
(lat. cancricanSf un jeu d'esprit sans grande 
valeur, en ce sens qu'il est impossible k l'audi- 
teur de reconnaitre une i. retrograde) et de 
toute une serie d'amusettes analogues (suppres- 
sion des silences ou des notes de courte duree 
[noires] du motif, lecture retrograde ligne par 
ligne, etc.). 

Immyns, John, (date et lieu de naissance in- 
connus) m. & Cold Bath Fields (Londres) le 15 
avr. 1764 ; f ut d'abord avocat, en m£me temps 
qu'excellent joueur de fltite, de violon, de gam- 
be et de piano, mais dut quitter le barreau pour 
avoir trahi le secret professionnel et devint co- 
piste de r Academic et scribe du D r Pepusch. 
D fonda en 1741 la t Madrigal Society » et 
devfnt un connaisseur et un colleclionneur 
distingue de musique ancienne. Enfin, en 1752, 
il fut nomme luthiste de « Chapel Royal », apres 
avoir appris & jouer du lulh a l'&ge de quarante 
ans passes. 

Imperfection (lat. imperfeclio), 1. Valeur bi- 
naire d'une note, dans la musique proportion- 
nelle (v. ce mot). Cette valeur etait d'un usage 
regulier, lorsque la mesure imparfaite (mensu- 
ra imperfecta) etait indiquee par un signe de 
mesure, mais elle apparaissait aussi dans cer- 
tains cas speciaux, lorsque la mesure parfaite 
(mensura perfecta) etait indiquee au debut du 
morceau. Toute note d'un morceau k divisions 



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380 



IMPETUOSO 



IMPRESSION 



ternaires subissait 11., lorsqu'elle etait suivie 
d'une seule note de valeur imntediatement inte- 
rieure (ex.: une semi-br&ve apr6s une breve) et 
que celle-ci Tetait a son tour d'une note de 
valeur superieure on d'un point de division 
(punctum divisionis), ou encore lorsqu'elle 
etait suivie de plus de trois notes de la valeur 
imntediatement interieure : 

c.-a-d.: . | J J Ml : * ! 
(Les valeurs r£duites de moitte.) 

2. Dans les ligatures (v. ce mot) de la notation 
proportionnelle, valeur de la note finale equi- 
valente a la brdve, toujours r£clantee par Tem- 
ploi de la figura obliqua (v. ce mot) pour les 
deux dernteres notes. 

Impetuoso (ital), impetueux. 

Impression (kt gravure) de ia musiquk. Ce 
n'est que quelques dizaines d'annees apr6s Tin- 
vention de l'imprimerie que Ton commen^a a 
imprimer de la musique. Les premieres tenta- 
tives d'impression des chants d'un missel, au 
moyen de caracteres coules, r£ussirent parfai- 
tement ; elles sont dues a Jorg Reyser, de Wiirz- 
bourg (1481, 8 nov.) et a Octavianus Sixtus 
(pere), a Venise (1481, 29 d6c). Tous deux im- 
primaient la musique en deux lirages successifs, 
le premier pour les quatre lignes rouges, le se- 
cond pour les notes elles-ntemes, Reyser en 
caracteres gotbiques, un peu gros mais tr6s 
nets, Sixtus en caracteres romains. A partir de 
Tann6e suivante, un grand nombre d'impri- 
meurs suivirent Texemple des deux initialeurs 
et Ton peut afflrmer qu'une centaine environ de 
missels, graduels, processionnels, obs£quiels 
divers 6taient dejA liyr£s a la circulation le jour 
od Ottaviano de Petrucci, a Venise, aborda 
Timpression de la musique polyplionique (chan- 
sons a quatre parties, motets, Messes, etc., k 
partir de 150i).Petruccise servait d'un proc£de 
identique a celui de Reyser et de Sixtus, en ce 
sens qu'il imprimait au moyen de tirages suc- 
cessifs le texte, les portees, puis les notes; mais 
il ne faisait plus usage du rouge pour les lignes 
de la portee et les signes, ceux de la notation 
proportionnelle de T£poque, 6taient tous d'une 
netted incomparable. Ce fut Petrucci le premier 
qui contribua k la diffusion des ceuvres des 
grands contrapontistes, autrement que par de 
simples copies manuscrites. Quant a la gravure 
sur bois, elle ne fut employee a la fin du xvi« s. 
que pour quelques exemples de musique, dans 
les traites theoriques de Bartolomeo de Ramos 
(1482), Nic. Burtius (1487), Franchino Gafori 
(1496), etc.; Tapplication de ce proced6 a la mu- 
sique ne parait du reste pas Hre anterieure a 
Timpression a double tirage, au moyen de ca- 
racteres mobiles, de Reyser. Mais ce fut la gra- 
vure sur bois qui, durant tout le xvi # s„ servit 
a Timpression des exemples notes, dans les ou- 
vrages de musique, bien que Melchior Lotter 
eut fait usage, dans ce m&me but, en li>14 deja et 



en 1517, de caracteres mobiles. D'autre part. 
Petrus Sambonettus, a Naples, commenca en 
1515 a graver sur cuivre, ou sur un autre metal* 
de la musique proportionnelle. Erhard Oegiin 
d'Augsbourg (1507) et Pierre Schcefler jun. de 
Mayence(1512; execution remarquable) suivi- 
rent les traces de Petrucci ; de nteme, le Liber 
selectarum cantionum, de Conrad Pentinger 
(Nuremberg, 1520), est non pas grave sur bois, 
mais imprime au moyen de deux tirages succes- 
sifs. 11 resterait a constater si les publications 
d*Andre Antiquus (1516) sont gravies sur bois. 
ou sur un metal quelconque. Des 1525, Pibrrr 
Haultin, a Paris, r£ussit enfln k graver des ma- 
trices pour caracteres k tirage simple, compre- 
nant a la fois notes et lignes de la portee; ces 
caracteres, dont Pierre Attaignant le premier* 
Sgalement a Paris, fit usage, supplanterent fina- 
lenient partout ceux de Petrucci. Mais la typo- 
graphic ne permettait toujours pas de super- 
poser plusieurs voix sur une nteme portee, sys- 
teme indispensable pour Timpression de la 
musique d'orgue, de clavecin, etc., en « tabla- 
ture » (les publications d'Attaignant renferment 
quelques exemples de deux voix sur une portee 
unique), aussi Tusage de la gravure sur bois et 
sur ntetal se maintint-ii a partir d'Andre Anti- 
quus (1516). Pour les tablatures de luth, ltalietl- 
nes (espagnoles ) et fran^aises, on parvint rapi- 
dement a bonne fin, au moyen de caracteres 
mobiles (vers 1550). A Tissue du xvi« s. enfin, 
Simon Verovio (1586) introduisit de notables, 
ameliorations dans les proc^des de gravure sur 
cuivre. D&s lors la gravure et Timpression typo- 
graphique de la musique snbsistent simultan£- 
ment et continueront a subsister. La gravure se 
perfectionna de plus en plus gr&ce k Temploi 
d'outils r^glant exactementles dimensions dela 
tAte des notes et facilitant notablement la t&ehe 
de Touvrier, ^usqu'a ce qu'enfin, apr&s Tintro- 
duction de la gravure sur Stain puis sur zinc^ 
on put arriver a se servir de poincons pour 
frapper les signes de la notation (progr&s rea- 
list, vers 1730, par deux Anglais, Cluer et 
Walsh). Mais, apres £tre restes stationnaires 
pendant pr&s de deux cent cinquante ans, les- 
proc&des de typographic musicale se d&velop- 
p£rent aussi; ce fut, en 1775, Gottlod-Imma- 
nuel Breitkopf (cf. ce nom) qui resolut le pro- 
bteme de Tadaplation de Timpression typogra- 
phique a la musique d'orgue et de piano et, d'une 
mantere g6n6rale, a la disposition de plusieurs 
voix simultaitees sur une nteme portee. Ses ca- 
racteres mobiles et divisibles se distinguent des 
anciens caracteres, egalement dits mobiles 
(caralteri mobili), par le fait que chaque signe 
se divise en plusieurs fragments, correspon- 
dant chacun a un caractere propre (ainsi, la 
croche : P i / ), et que les lignes elles-ntemes de 
la portee se composent d'une serie de petites 
lignes partielles. II va sans dire que la compo- 
sition d'un texte musical, au moyen de ces carac- 
teres, est difficile et coi^teuse, mais, bien execu- 
tee, elle peut concourir avec la gravure. En 
somme, on reserve de nos jours Timpression 
typographique pour les exemples de musique 



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IMPROMPTU — INFRABASS 



381 



dans les ouvrages litteraires, tandis que les 
ceuvres musicales proprement dites sont gra- 
vees; la gravure, execute sur zinc, est reportee 
sur pierre puis imprim&e au moyen de presses 
lithographiques. 

Impromptu (du lat. in promptu, s'offrant k 
Vesprit), au fond syn. d'i improvisation, mais 
employe surtout comme titre de morceaux pour 
piano ou pour un autre instrument, en forme 
de lied d£velopp& La structure A-B-A (v. for- 
mes) sert de base, comme dans le lied ; cepen- 
dant chacune de ces subdivisions est plus ou 
moins developpee separ^ment, comme dans le 
menuets et les marches de concert, mais sans 
rythme particulier. Schubert, Chopin, Heller, 
etc., etc., ont £crit des i. 

Improperia (lat. reproches), la plainte de 
1* Amour souffrant sur la croix, antiennes et r6- 
pons chantes le jour du Yendredi-saint, en lieu 
et place de la Messe habituelle, sur d'anciennes 
melodies gr£goriennes. Ce n'est qu'A la Cha- 
pelle sixtine, k Rome, que les i. sont chantes, 
depuis 1560, dans l'arrangement de Palestrina 
<faux-bourdons a plusieurs voix, harmonisation 
dimple, note contre note). 

Improprietas (lat.), dans les ligatures (v. ce 
mot) de la musique proportion nelle, valeur de 
la note initiale equrvalente k la longue (non 
pas k la breve), et indiqu^e, lorsque I'intervalle 
de la premiere k la seconde note est ascendant, 
au moyen d'une queue descendante plac&e a 
droite ou k gauche, ou, lorsque le m&me inter- 
vals est descendant, au moyen de la suppres- 
sion de toute queue. Cf. proprietas. 

Improvisation (du lat. ex improviso, sans 
preparation), execution musicale non prepare, 
ni not£e prealablement. La plupart des grands 
maitres de Fart musical passent pour avoir 
ete des improvisateurs remarquables, au piano 
ou k l'orgue. II y a deux sortes d'i: celle qui 
est bas£e sur une forme precise, telle autrefois 
l'i. d'une fugue sur un theme donne, un art qui 
etait consider comme l'6preuve de la parfaite 
maltrise et danslequel J-.S. Bach doit avoir £16 
particuli&rement Pennant; et celle qui se d6ve- 
loppe librement, sous l'impulsion directe de 
^imagination, le theme varie etant la forme la 
plus courante de cette seconde sorte d*i. Quel- 
ques auteurs se servent du mot i. comme syno- 
nyme d'impromptu. 

Incalzando (ital.), en pressant, en animant 
(le mouTement), syn. de stringendo. 

Indy, Paul-marie-Vincknt d', ne k Paris le 
27 mars 1851, £l£ve, des le plus jeune Age, de 
Diemer, Marmontel et Lavignac, puis, apres le 
siege de Pans, pendant lequel il s'engagea 
comme volontaire, de C£sar Franck qui lui en- 
seigna le contrepoint, la fugue et la composi- 
tion; en outre, il entra en 1878 k la classe d'or- 
gue du Conservatoire, ou Franck venait d'etre 
nomme professeur. Deux ans plus tard, il de- 
vint organisle k St-Leu, pr^s Paris, puis chef 
des chcBurs de « l'Association artistique » (Co- 
lonne) ou il 6tait deja timbalier. II conserva ces 
fonctions pendant cinq ans, mais lit entre 
temps un voyage en Allemagne, ou il etait deja 



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entre auparavant (1873), a Weimar, en rela- 
tions intimes avec Liszt, et assista avec deux 
de ses compatriotes aux premieres representa- 
tions de t TAnneau du Niebelung *, a Bayreuth 
(1876). Depuis lors, dT. fut secretaire, puis pre- 
sident de la Society nationale de musique; il 
dirigea, en 1887, les etudes chorales qui abon- 
tirent k l'unique representation de t Lohen- 
grin » (8 mai, sous la direction de Lamoureux), 
conduisit un grand nombre de concerts en 
province, en Belgique, en Hollande, etc., puis k 
Barcelone (1895) ou il donna une sorte « d'his- 
toire de la musique en cinq programmes*. 
D'L a fait partie de la c commission de refor- 
me » du Conservatoire (1892), mais il a refuse 
la place de professeur de composition qui lui 
etait offerte ; il est inspecteur de l'enseignement 
musical de la villede Paris et enseignela com- 
position, depuis 1896, k la Schola cantorum 
qu'il a fondee avec Bordes et quelques autres 
musiciens. En tant que compositeur, d'L a ac- 
quis une situation tres en vue, ses tendances 
tres avancees et son incomparable talent d'or- 
chestrateur le font considerer k juste titre com- 
me le chef de la jeune ecole frangaise, dans le 
domaine de la musique symphonique. Apres 
avoir debute en 1874, aux Concerts Pasdeloup, 
par une Ouverture des Piccolomini (devenue 
plus tard le n° 2 de la trilogie « Wallenstein »), 
il donna de la musique d'orchestre : une sym- 
phonic (1875, manuscrite), La ForSt enchantte 
(symphonie-ballade, 1878), Wallenstein (trilo- 
gie, ecrite de 1879 k 1881, executee en 1888), 
Saugefleurie (legende, 1885), Symphonfe avec 
piano, sur un theme montagnard (1887), Islar 
(variations symphoniques, 18P7), un Lied pour 
violoncelle et orch. (1885), une Fanlaisie pour 
hautbois et orch. (1889) ; des ceuvres vocales : 
La chevauchde du Cid (baryton, choeur et orch., 
1888), Le chant de la cloche (legende dramati- 
que pour choeur, soli et orch., grand prix de la 
Ville de Paris, 1886); des oeuvres sceniques: 
Attendez-moi sous Vorme (un acte, Opera- 
Comique, 1882, sans grand succes), Fervaal 
(drame en trois actes et un prologue, represen* 
te, avec un succes artistique considerable, k 
Bruxelles, le 12 mars 1897) ; de la musique de 
chambre : quatuor avec piano (1878). Suite en 
re pour deux flutes, trompette et instr. k ar- 
chet ( 1886), trio pour piano, clarinelte et violon- 
celle (1887), quatuor pour instr. k archet (1890); 
des morceaux pour piano : Poeme des monta- 
gnes (suite en trois parties, 1881), Helvetia 
(trois valses, 1882), Tableaux de voyage (treize 
pieces, 1889); des ceuvres chorales profanes et 
religieuses : Sur la mer (voix de femmes, 1888), 
Lart et le peuple (voix d'hommes, 1894), Deus 
Israel conjungatvos (a cappella, k quatre et six 
voix^en deux parties, 1896): un Lied maritime 
(chant et piano, 1896), etc. II a fait paraitre en 
outre un petit volume de Chansons populaires 
recueillies dans le Vivarais et le Vercors. 

Infrabass (all.), nom que les facteurs alle- 
mands donnent parfois a un jeu d'orgue, syno- 
nyme de Subbass (sous-bosse), c.-a\.-d. jeu del6' 
ou de 32' au pedalier et, dans la regie, bouche. 

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382 



INCJANNO — INSTRUMENTS 



Inganno (ital., trompelte), cadence rompue, 

V. CADENCE. 

Ingegneri, M arco-Antonio, ne a Venise vers 
1545, etait en 1576 d£ja maitre de chapelle de la 
cath£drale de CrSmone, entra plus tard au ser- 
vice du due de Mantoue (il fut maitre de Mon- 
teverde), et publia : un livre de Messes de cinq 
a huitvoix, (1573); un de Messes a cinq voix 
(1587); quatre de madrigaux de quatre a cinq 
voix (1578, 1579, 1580, 1584); Sacrae cantiones 
(a cinq voix, 1576); Sacrae cantiones (de sept a 
seize voix [!], 1589); Responsoria hebdomadae 
sanctae (1588). On trouve, en outre, des madri- 
gaux d6tach£s dans les anthologies : Sympho- 
nia angelica (1594) de Hubert Waelrant, Ma- 
drigali pastorali a sette (1604) et Madrigati a 
otto voci (1596) de Pierre Phal£se. Dehn a pu- 
blie un motet du m&me auteur, daus Samm- 
lung celterer Musih aus dent XVI. undXVIL 
Jafirhimdert (1837). 

Ingressa (ital.), v. introit. 

Inno (ital.), c-a-d. hymne. 

Innocente (ital., innocent), simple, naif. 

Insangnine, Giacomo, compositeur sc£nique 
napolitain, ne a Monopoli (Naples) en 1744, m. 
a Naples en 1796; fut £l£ve, puis, pendant 
quelque temps, professeur au Conservatoire 
« di Sant'Onofrio*, mais se voua ensuite exclu- 
sivement a la composition, n donna, de 1772 a 
1782, neuf operas (la plupart du genre opera 
seria: Didone, Arianna, Adriano, etc.) et 
6crivit aussi quelques morceaux de musique 
d'eglise, des pieces pour orgue et pour piano, 
mais sans aucune originality. 

Insensibilmente (ital.), insensiblement, petit 
a petit. 

Institut de France, nom que Ton a coutume 
de donner a la reunion des cinq sections ou 
academies de France (cf. Acadeuie). Le Prix 
de VI. de F. (d6cern6 entre autres a Felicien Da- 
vid, en 1867) n'a rien de rommun avec le prix 
de Rome que l'Etat accorde annuellement a un 
el&ve du Conservatoire; fond6 en 1869^ par 
Napoleon III, il est d£cerne tous les deux ans 
(20.000 fr,) alteraativement par chacune des 
cinq sections de llnstitut, en sorte que l'Aca- 
d&nie des beaux-arts en dispose tous les dix 
ans et peut i'attribuer a un po&e, un peintre, 
un sculpteur ou un musicien. Ce prix est d£- 
cerne, sans concours, a Fauteur des travaux 
les plus remarquables dans le domaine de Tart 
ou de la science. 

Instrumentale (musique i.), v. musique. 

Instrumentation, repartition des diflterentes 
parties d*une ceuvre orchestrate aux divers 
instruments, dontla combinaison doit former 
l'ensemble instrumental. II faut se repr^senter 
d'abord que le compositeur esquisse simplement 
son oeuvre, qu'il la concoit au point de vue pu- 
rement musical, sans songer aux conditions 
mat£rielles de son execution; e'est settlement 
ensuite que, l'achevant dans ses moindres de- 
tails, il attribue a chaque instrument la partie 
qui lui convient. C'est dans ce sens que Ton 
parte de l'i. d'une sonate de Beethoven, par 
ex,, lorsque celle-ci doit &tre transcrite pour or- 



chestre ; les anciennes OMivres orchestrales que 
Ton veut faire revivre doivent dtre en partie 
r&nstrument£es, car un certain nombre d'ius- 
truments en usage au xvn« et au xvm e 6. 
(th£orbc, gambe, etc.) sont tombes en desuetude. 
II va sans dire que, depuis le moment ou, grace 
a Haydn, chaque instrument de l'orchestre a 
acquis une individuality et parle un langage 
qui lui est propre, il n'a plus 6te logique de d£- 
doubler le travail de creation d'une oeuvre 
d'art ; le compositeur en est arrive a se repre- 
senter mentalementtoutl'appareil instrumental 
dans lequel il compte livrer son ceuvre au pu- 
blic, et Fesquisse n'est plus qu'une notation 
abrigee de la composition. Quant a la thiarie 
de ft., elle enseigne al'ilfrve l'Stendue, les par- 
ticularity de timbre ou de technique, et les 
combinaisons normales des divers instruments; 
on trouvera de pr6cieu»es indications dans les 
trait£s de composition de Marx (vol.111 et IV) et 
de Lobe (vol. II), mais surtout dans les trait£s 
speciaux d'L de Berlioz et de Gevsert, ainsi que 
dans les ouvrages de moindres dimensions de 
Guiraud, de Prout et de Biemann (Katedtismus 
der Musikinstrumente ; 1888, 2™* ed. 1897). Cf. 
Lavoix, Histoire de V Instrumentation (1878 ; 
ouvrage couronn&). V. orchestre. 

Instruments. On divisele* i. de musique en 
trois grandes categories : I. instr. a cordes, II. 

INSTR. A VENT, III. INSTR. A PERCUSSION, chaCUHe 

d'entre elles se subdivisant en un certain nom- 
bre de classes distinctes. 

I. Les i. a cordes se subdivisent, suivant le 
mode de production du son, en trois classes : 
1. 1- & cordes frottSes, 2. t. d cordes pinctes, 3. 
t. d cordes percutSes. 

1. Les i. a cordes frottees peuvent A tre & leur 
tour r£partis en trois sections : a*, pourvus de 
tons (demod£s : violes, lyres), i. sans tons 
(rebec, vielle, gigue, violox, alto, violon- 

CELLE, CONTREBASSE, TRUMSCHEIT), I*, d clavier 

(vielle fa cylindrej, etc.). Dans les i. des deux 
premieres sections, la corde est mise en vibra- 
tions d'une fagon continue par un archetenduit 
de colophane et permettant de varler a volont& 
l'intensit£ du son ; dans ceux de la derntere sec- 
tion, la corde vibre sous l'impulsion d'un cy- 
lindre enduit de colophane et mis en moave- 
ment par une manivelle. Mais les seuls i. a 
cordes frottees, en usage de nos jours dans la 
musique artistique europeenne, sont des i. a 
archet : le violon, 1'alto, le violoncelle et la 
contrebasse. Ce» quatre i. sont, dans leur etat 
actuel, le resultat d'une lente Evolution dont les 
Stapes se repartissent sur un millier d'ann£es 
peut-&tre ; ils sont tous constructs d'apres les 
monies principes, comme le prouve l'examen 
mdme le plus superficiel de leurs contours. Ges 
principes, dont la realisation favorise la forma- 
tion d'une sonority noble et pleine, datent de la 
fin du xv« s. environ et furent adapt&s en pre- 
mier lieu au violon ; ils se transmirent ensuite 
aux especes plus grandes d'i. a archet, en sorte 
que le violoncelle, l'alto et la contrebasse ne 
parvinrent que beaucoup plus lard a refouler 
les anciens i. a archet qui portaient le nom de 



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INSTRUMENTS 



383 



tvioles* (viola da braecio, viola da gamba et vi o- 
Ume). Cf. a ce sujet 1'arL violon. II n'a pas &6 
possible jusqu'a present de determiner d'une 
fa$on certaine F&ge des i. k archet ; mais aucun 
document quelconque n'autorise k en faire re- 
monter l'origine k l'antiquite. Aucnn monument 
que nous connaissions, antSrieur k l'6re chre- 
tienne, ne porte de traces d'un i. k archet. L'O- 
rient passe gen&ralement pour A tre le berceau 
de ce groupe d'i. ; mais le fait que les musico- 
graphes arabes (v.- ce mot) du xiv e s. connais- 
sent des i. k archet, sous le nom de rebab ou 
erbeb, et de kemantche, n'est qu'ane preuve 
insuffisante de cetle assertion. Bien qu'il n'existe 
aucune indication de l'existence notablement 
anterieure de ces i., on en a conclu que l'Occi- 
dent les a h&rites des Arabes, a la suite de Tin- 
yasion de l'Espagne (710-714); or, un grand 
nombre de documents permettent d'autre part 
de certifier l'existence en Occident, d&s le ix« s. 
sinon plutdt, d'i. de ce genre. Ge n'est point ici 
le lieu de dresser une liste detaill&e des sources 
sur lesquelles s'appuie notre dire ; qu'il nous 
suffise d'indiquer que la plus ancienne repro- 
duction graphique connue d'un i. a archet (v. 
Gerbert, De mttsica sacra, II), une « lyra » mo- 
nocorde, date du vm* ou du ix # s. et monlre une 
grande anaiogie de forme avec la gigue ult6- 
rieure, que les mentions du crouth (v. ce mot) 
remontent jusque dans le courant du tii* s. et 
que, du xf au xn e s. dej&, les i. k archet rev A - 
taient diflterentes formes dont l'usage 6tait si- 
multane. Et s'il est possible (ce que Ton ne 
saurait nier) de faire d£river les mots rubeba 
ou rubella, ou encore le terme plus ancien de 
rebec de l'arabe rebab, pourquoi l'inverse ne le 
serait-il pas aussi, du moment qu'il existe des 
indices d'une transmission inverse des i. eux- 
m&mes ? Le crouth d«*s Geltes n'est, apres la 
suppression de l'6trier, autre chose qu'une viole 
k caisse de resonance angulaire, telle qu'on en 
rencontre au xn« s. Deux formes essentielle- 
ment differentes d'i. a archet se maintinrent 
c6te a cdte pendant des stecles : Tune (proba- 
blement la plus r6cente), dont la caisse de re- 
sonance 6tait plane, issue du crouth, l'autre k 
dos votite, comme celui de la mandoline, et 
vraisemblablement d'origine allemande (l'an- 
cienne fidtda allemande). II est aussi possible 
que le trumscheit(\. ce mot), i. Strange etproba- 
blement d'origine allemande, qui s'est maiutenu 
presque jusqu'a nos jours, ait conserve la for- 
me premiere des i. k archet ; mais il convient 
d'ajouter que nous ne possSdons sur lui aucun 
renseignement anterieur au xv e s. Le fait que 
l'apparition de la vielle k cylindre remonte 
assez haut vient ggalement k l'appui de notre 
these de l'origine occidentale des i. a archet. 
Les plus anciens i. k archet n'etaient pas pour- 
vus de tons (v. ton 3, rebec et vielle) ; l'usage 
n'en apparalt qu'au moment oil le luth, certai- 
nement imports par les Arabes, commence a se 
repandre en Occident, autrement dit au xrv* s. 
L'influence du luth sur les i. k archet se mani- 
festo du reste par toute une s6rie de transfor- 
mations extSrieures (cordes nombreuses, rose, 



etc. ; cf. luth), plus nuisibles qu'utiles et mar- 
quant un recul evident dans le d^veloppement 
de ces i., car la rose, pour le moins, s'oppose 
enticement a la production d'une sonorite 
puissante (cf. ouIes). Pendant le xv« et une par- 
tie du xvi« s., des i. a archet de toutes formes 
et de toutes dimensions se disputent la priority 
mais la plupart d'entre eux ne firent qu'une 
courte apparition et tons furent refoulea par les 
i. construits sur le modele du violon. Quant a 
la diversity extraordinaire des contours de ces 
L, elle s'explique par le fait que les entailles 
latSrales deviennent n^cessaires pour tous les 
i. tendus de plus de trois cordes et dont le che- 
valet est par consequent plus arrondi : on alia 
m A me si loin dans cette voie qu'on vit apparai- 
tre des i dont, gr&ce aux entailles profondes, 
la caisse de resonance revfctait la forme d'un ~ G 
Les i. tendus de trois cordes au plus (la rubeba 
n'en avait mAme que deux, plus un bourdon) 
n'ayant pas besoin d'entailles lat£rales, conser- 
v A rent longtemps leur caisse de resonance en 
forme de poire (v. gigue). 

2. Les i. k cordes pincees, dans lesquels la 
corde vibre sous l'impulsion directe du doigt 
ou par l'interm6diaire d'un plectre, d'un anneau 
ou d'un clavier, Be r6partissent en deux sec- 
tions : les t. sans louche (dont ctiaque corde ne 
produit par consequent qu'un seul son ; si Ton 
fait exception, du moins, de quelques types 
speciaux, tels que la harpe a p6dales) et les 
i*. pourvus d'une louche (dont chaque corde, 
raccourcie k volont6, peut fournir toute une 
s£rie de sons diff&rents). La sonority de tous ces 
i. est caract6ris6e par le fait que l'intensitA du 
son diminue progressivement, mais rapide- 
ment, aussit6t apres l'attaque. La section des 
i. sans touche comprend:les i. a cordes les 
plus importants de l'antiquite grecque (lyre, 

GITHARE, PHORMYNX, MAGADIS, BARBITOS, etc.), les 

i. de la famille des lyres et des harpes des 
Egyptiens, le che et le kin des Chinois, le ga- 
lempoung des Hindous, le canon et le santir 
des Turcs, puis, en Occident, le crouth (cithare 
primitive, psalterion), la harpe et les i. a clavier 
tels que le monocordr, le clavicorde (se rap- 
prochant cependant de la troisieme section de 
la classe 1, par le fait que les cordes sont plus 
frott£es que pincees, et de la deuxieme section 
de la classe 2, par Texistence des tangentes [v. 
ce mot]), le clavicytherium, le clavecin, 1'epi- 
nette, etc. Gelle des i. pourvus d'une louche : le 
nable, et d'autres i. analogues au luth et con- 
nus seulement par des reproductions graph i- 
ques, des Egyptiens ; la vina des Hindous; le 
canon (monocorde) des Grecs; le luth, import^ 
en Occident par les Arabes, et ses nombreux 
d6riv6s : la guitare, (quintema), la mandore 
(mandoline, pandore, etc.), le theorbe, le chi- 
tarrone, le grand luth-basse, enfin la cithare 
moderne. 

8. Les i. a cordes percut£es, dans lesquels le 
son est produit au moyen d'un choc imprim& a 
la corde par un petit marteau k la fois resistant 
et 61aslique, forment le groupe le moins nom- 
breux, mais non le moins repandu; il comprend 



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384 



INSTRUMENTS 



le piano (a marteaux) moderne et le zimbalon 
(i. national hongrois). 

II. La deuxieme categorie, celle des i. a vent, 
comprend tous les i. dans lesquels rimpulsion 
vibratoire est fournie par un courant d'air corn- 
prime (vent) et l'eiement sonore par une colonne 
d'air mise en vibration dans un espace clos. 
Certains i. d'un genre intermediate, dans les- 
quels des « cordes » sont mises en vibration au 
moyen d'un courant d'air (harpe eolienne, an6- 
mocorde), sont exclus de cette categoric ; d'au- 
tres, par contre, dont une s^rie d'anches (libres 
6t sans pavilions) ferment l'unique element so- 
nore, sont compris parmi les i. a vent (harmo- 
nium, eoline, acgordeon, etc.). On a coutume, 
dans la pratique, de subdiviser les i. a vent en 
deux classes : les i. de dot's (flute, hautbois, cla- 
rinette, basson et leurs derives: petite flute, cor 
anglais, clarinette basse, cor de basset, contre- 
basson, etc. ; construits dans la regie en bois, 
mais parfois aussi en argent [flute] ou en cui- 
vre [clarinette basse]) et les i. de cuivre (cors, 
trompettes, trombones, tubas, ophicleides, etc. 
l'orgue prenant une place a part. Gependant il 
sera plus logique de «r£partir les i. de cette 
grande categorie, sui van t le mode de production 
duson, en deux classes distinctes,correspondant 
aux deux grandes subdivisions des jeux de 
l'orgue. L'orgue, cet instrument des instru- 
ments, est le r&sultat du groupement de toutes 
les esp&ces imaginables d'i. a vent ; mais cha- 
cun de ces i. ne donnant qu'un son, ils sont 
tous des types de construction primitive, dans 
ieur genre. Les jeux d'orguc, et, comme nous 
venons de le proposer, les i. a vent se divisent 
en : 1 jeux (ou i.) a bouches, 2. jeux (ou i.) a 
anche8. Le mode de production du son, quoique 
entterement different dans ces deux classes, se 
laisse ramener, en fin de compte, aux mdmes 
principes fondamentaux. 

1. Les jeux a bouches sont ainsi denommes, 
par le fait que chacun de leurs tuyaux est 
pourvu d*une ouverture laterale portantle nom 
de bouche. L'air, penetrant par le pied du 
tuyau, est pousse a travers une fente etroite 
contre la 16vre sup^rieure, laill^e en biseau, de 
la bouche ; il est ainsi divise en deux courants 
dont Tun p^netre dans le corps du tuyau, tan- 
dis que l'autre en sort L'air qui se trouvait 
deja dans le tuyau est comprime par celui qui 
y penetre; mais, grace a son eiasticite, il refoule 
<je dernier vers son point de depart avec d'au- 
tant plus de facility qu'il avai t pen£tr6 sous forme 
de ruban ; l'air ainsi ref ouie entrain e avec lui, gra- 
ce aux lois de Fadberence,une partie de l'air pri- 
mitivement contenu dans le tuyau, en sorte qu'il 
s'etablit une tegere rarefaction dans la partie su- 
p^rieure du tuyau et que l'air d'abord refouie 
y est attire de nouveau. Le degre de vitesse avec 
lequel se produit le retour des mouvements de 
condensation et de dilatation (vibrations) de- 
pend de la longueur de la colonne d'air enfermee 
dans le tuyau ; en d'autres termes, plus le tuyau 
sera long, plus le chemin que parcourra Fair 
avant d'etre r£fl£chi sera long et plus le son, 
par consequent, sera grave, et inversement 



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plus le tuyau sera court, plus le son sera aigu. 
Dans les tuyaux ouvcrts, le point de reflexion 
se trouve au milieu; dans les tuyaux bouches a 
I*extr6mit6 superieure du tuyau, ce qui revient a 
dire qu'un tuyau bouche donne a pen pr^s l'octa- 
ve grave d'un tuyau ouvert de m£me longueur. 
— Les i. a vent qui font partie de cette classe 
sont les flutes, dont il existe plus particuli&re- 
ment deux formes : la flute a beg (droite) et la 
flute travbrbiere (seule en usage dans la 
musique artistique de nos jours). 

2. Les jeux a anches tirent leur nom du fait 
que chaque tuyau est pourvu d'une anche (v. 
ce mot). L'air dirig& vers le tuyau rencontre sur 
son passage une lamelle eiastique qu'il est 
oblige de fiechir, pour se creer un passage et 
p6netrer dans le tuyau ; mais, grace a son elas- 
ticite,la lamelle revient en arriere, aussitdt que, 
par l'entree de l'air, l'egalite de pression est 
retablie, etle mouvement de va-et-vient se re- 
pete aussi longtemps que l'air est pr6cipite sur 
i'anche. La frequence de ces mouvements pe- 
riodiques (vibrations) depend en premier lieu 
du degre d'eiaslicite et de la grandeur de la la- 
melle ; la hauteur du son resulte m£me, dans 
les i. a anche libre et sans pavilion, unique- 
ment de la constitution de I'anche (v. plus haul). 
Quant aux anches pourvues d'un pavilion, elles 
agissent tout differemment, en ce sens que la 
lamelle ne joue plus qu'un rdle analogue a 
celui du courant d'air en forme de ruban, dans 
les tuyaux a bouche ; la frequence des mouve- 
ments de la lamelle est alors determinee par 
les dimensions du pavilion. L'air qui a penetre 
par Touverture de I'anche, comprime la colonne 
d'air contenue dans le pavilion, suscite les mft- 
mes phenomenes que dans un tuyau & bouche 
et permet ainsi a la lamelle de reprendre sa po- 
sition primitive. L'effet n'est ni aussi frappant 
ni aussi complet avec les anches metalliques 
qu'avec les anches en roseau, moins rigides, ou 
les simples membranes dont les vibrations se 
r6glent absolument sur les vibrations de la 
colonne d'air. — Les i. a vent qui font partie 
de cette classe se repartissent i leur tour en 
deux groupes : 1° les t. d anche, divisibles eux- 
memes en i. a anche double : hautbois, bassox, 
cor anglais et contrebasson (cf. aussi sarruso- 
phone), et en i. a anche simple : clarinette, 
cor de basset et saxophone ; 2° les t. sans an- 
che proprement dite, mais dans lesquels les 1£- 
vres de l'instrumentiste font office d'anche (i. a 
embouchure, improprement dits i. de cuivre) : 

COR, TROMPETTE, TROMBONE, CORNET, BUGLE et 
TUBA. 

Les i. a vent n'ayant ni trous, ni clefs, ni 
pistons, ni systeme analogue, ne peuvent pro- 
duire des sons differents qu'au moyen d'atta- 
ques (intromission de l'air) differentes. Dans un 
i. sans anche, plus la tension des levres sera 
grande, plus la pression de l'air sera forte, plus 
aussi le son, emprunte a la serie des harmoni- 
ques naturels de l'i., sera aigu; dans un i, a 
anche, ainsi que dans les flutes, la position des 
levres n'est a ce point de vue que d'une impor- 
tance secondaire, et la production des differents 

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INTA.VOLARE — INTERPRETATION HARMONIQUE 



385 



sons de l'£chelle harmonique depend unique- 
ment da degr6 de force de la pression. Mais 
<;omme T&chelle naturelle ne se compose que 
«Tun nombre tr£s restreint de sons, imparfaite- 
ment suffisants poar Texecution de musique 
artistique, on eut Tidee de raccourcir la colonne 
•d'air en pratiquant des trous sur diffe rents 
points da tuyau. II va sans dire que ces trous 
<Ioivent etre bouches ou non, suivant que Ton 
•d£sire utiliser telle ou telle longueur de la co- 
lonne d'air. Ce systeme est actuellement en 
usage pour tous les i. k vent en bois. Par contre, 
on emploie de nos jours, pour les i. de cuivre, 
presque exclusivement le systeme oppose, con- 
sistant k allonger le tuyau de l*i. au moyen de 
tubes suppiementaires qui, au repos, ne com- 
muniquent pas avec le tube principal, mais 
peuvent etre mis en communication avec lui 
par an mecanisme tr^s simple, regi par Tins- 
trumentiste (piston, cylindre). Cf. cependant, 
au mot cor, le systeme de § pistons indepen- 
<dants » d*Ad. Sax. Dans le trombone k cou- 
lisse, l'allongement du tuyau s'obtient (comme 
l'indique le nom de VI) au moyen d'un systeme 
£ coulisse. Cf., pour les diflferentes sortes de 
jeux d'orgue, jeux d'orgue. 

III. Les i. a percussion (lat. instrumenta 
pulsatilia, percussa ; nomm£s aussi i. crousti- 
-qces, da grec wjoJeiv, frapper, bien que nfoiirif 
-designe aussi chez les Grecs le jeu des i. k cor- 
des) se subdivisent en deux classes : 1. les i. a 
sons diterminis : timbales, gymbales et noles 
•de Tantiquite et du moyen £ge, carillons, glo- 

•CRENSPIELE, XYLOPHONE ; le TYMPANON et tOUtCS les 

^speces modernes de piano rentrent egalement 
<en partie dans cette categorie d*i., mais on les 
-classe plutdt dans la categorie des i. k cordes 
(percutees); 2. les i a sons indetermints : tam- 
bours, tamtam, gymbales, triangle, castagnet- 

TES, CLOCHETTES, etc. 

Un certain nombre d'i., plus ou moins musi- 
•caux, ne peuvent gu£re se placer dans les cate- 
gories qui precedent, ce sont : Tadiaphone, la 

JHARPE feOLIENNE et SOU d^l'iv^ 1'ANfeMOCORDE, 

puis des i. dont . Texistence fut tr6s eph&n&re : 
T harmonica, le clavicylindre,Teuphonium et le 
pyrophone. D'autres i. encore sont exclusive- 
ment destines aux experiences d'acoustique : 
le monocorde, le diapason et la sir^ne. Cf. tous 
les mots de cet article imprimes en petites capi- 
iales, et en outre, actomatique. 

Intavolare(ital.),signifie «mettre en tablatu- 
re », c.-d-d. transcrire une ceuvre de la notation 
ordinaire ( proportionnelle ) dans la notation 
sp£ciale autrefois en usage pour Torgue, pour 
le lulh. etc Cf. tablature. 

Integer valor (notarum), signifie, dans la 
musique proportionnelle, le mouvement moyen, 
la valeur ordinaire des differentes esp^ces de 
notes, par opposition aux changemeuts que su- 
bit cette valeur par la diminution, Taugmenta- 
tion ou les proportions (v. ces trois derniers 
mots; la prolatio maior changeait aussi le 
mouvement). Les indications courantes de nos 
jours : allegro, adafjio, etc. apparurent seule- 
ment vers Tan 1600, le metronome dans le cou- 

dictionnaire de musique. — 25. 

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rant du xvm« s.; on n'avait autrefois, par con- 
sequent, aucune indication exacte de mouve- 
ment. L7. v. a considSrableraent varie depuis 
Tinventionde la note proportionnelle (v. ce mot) 
jusqu'en 1600. autrement dit la breve avait au 
xni° s. k pen pr£s la m&me valeur que la mi- 
nime au xvi« s. et lasemiminime (noire) k partir 
du xvn* s. Michel Pnetorius (1618) fixait IV. v. 
(dur^e moyenne) de la breve k V 10 de minute 
environ, ce qui revient k dire que la nojre 6qui- 
valait a 80 du metronome M&lzel ; or, cette du- 
ree peut bien etre consid A ree aujourd'hui encore 
comme moyenne. 

Interlude (lat interludium), nom que Ton 
emploie plus particulterement pour designer le 
passage d'orgue qui relie deux versets d'un 
m A me choral. 

Intermtdes (intermezzi), denomination des 
divertissements musicaux qui, a la fin duxvi«s., 
en Italie, furent intercaies dans les representa- 
tions de tragedies, d'abord, puis dans celles des 
grands operas (opera seria). Les i. des divers 
actes n'avaient au debut aucun lien quelconque 
entre eux, ils reposaient sur des histoires my-, 
thologiques differentes. Cependant, peu a peu, 
ces i. multiples donn A rent naissance a un inter- 
mede, autrement dit k une seconde action, plus 
ou moins gaie et comique, dont les fragments 
alternaient et formaient contraste avec ceux de 
Taction principale. La serva padrona, de Pergo- 
16se, n'etait pas autre chose qu'un intermede de 
cette sorte. Mais ce petit op6ra d'un genre 16- 
ger qui, d'une facon tout arlificielle, avait pris 
naissance dans Top^ra s A rieux, ne devait pas 
tarder a se detacher de lui : on eut Y opera buff a. 
Au reste,le8 premiers i. n'6taient absolument pas 
congus dans le stilo rappresentativo du drame 
musical florentin ; ils se composaient d'une s^- 
rie de madrigaux vocaux ou, parfois, transcrits 
pour un groupe d'instruments. Plus tard, le 
ballet-divertissemenf remplaca l'ancien inter- 
mede. De nos jours, Tunite de style des i. et de 
Taction principale est consid£r6e comme une 
condition essenlielle de la realisation d'une 
ceuvre d'art, et la seule forme que revetent en- 
core les i. (dans le drame) est celle des bal- 
lets, intercaies dans Taction, ou de la musique 
d'entr'acte. 

Intermezzo (plur. intermezzi), c.-&-d. inter- 
mede (v. ce mot). Le titre d*i. a sans doute ete 
choisi en premier lieu par Schumann, pour de- 
signer une serie de morceaux de piano (op. 4), 
etroitement unis entre eux ; peut-etre a-t-il voulu 
indiquer par \k qu'il considerait cette oeuvre 
comme simple intermede dans un programme 
de concert? Heller, J. Brahms et d'autres se 
sont aussi servi du mot i". comme titre. 

Interpretation harmonique, notion de la 
theorie moderne de Tharmonie, relative k la si- 
gnification speciale que prend un son ou un 
intervalle, suivant Tharmonie *\ laquelle on le 
rapporte, dans le sens de laquelle il est «inter- 
prete » ; le son ut, par exemple, a une tout au- 
tre valeur pour le developpement logique de la 
phrase musicale, suivant que je le con^ois 
comme tierce de Taccord de la bemol majeur,ou 

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386 



INTERVALLE 



comme tierce de Faccord de la mineur (°mi; 
cf. clef harmonique) : dans le premier cas, ll 
sera voisin de rk bemol et de Faccord de ri bemol 
majeur, dans Fautre cas de si et de Faccord de 
mi majeur ou mi mineur. Chaque son pent faire 
partie integranle de six harmonies ou accords 
parfaits differents (cf. harmonie) ;ainsi f par ex., 
le son ut appartient A Fharmonie superieure 
d'ut (ace d'ut maj.)» comme fondamentale maj., 
A Fharmonie superieure de fa (ace. de fa maj.) 
comme quinte superieure, A Fharmonie supe- 
rieure de la bSmol (ace. de la bimol maj.) com- 
me tierce superieure, A Fharmonie inferieure 
d'ut (ace. de fa min.) comme fondamentale mi- 
neure, A Fharmonie inferieure de sol (ace. d'ut 
min.) comme quinte inferieure, A Fharmonie 
inferieure de mi (ace. de la min.) comme tierce 
inferieure : 




Sile son ut est ajoute, en tant que son disso- 
nant, A quelque autre harmonie, ou s'il rempla- 
ce, A titre de retard ou d'alteration, un son de 
Faccord (v. dissonance), il n'en doit pas moins 
etre toujours interpret^ dans lesens de Fun des 
six accords susnomm^s, de celui que Fenchal- 
nement harmonique permettra de concevoir 
comme le plus voisin. 

Intervalle, nom que Fon donne au rapport 
de deux sons entre eux, au point de vue de la 
hauteur, du nombre de vibrations ou de la lon- 
gueur des ondes vibratoires (longueur des cor- 
des). On distingue deux categories d'intervailes : 

leS I. C0NS0NNANT8 et leS I. DISSONANTS. 

1. Sont C0NS0NNANT8, tous les i. que peuvent 
former entre eux les sons d'une meme harmonie 
(accord majeur ou mineur), A savoir : a) Fcnis- 
son (double emission d'un m6me son), exprime 
par le rapport 1:1; Foctave (repetition du 
meme son immediatement au-dessus ou au- 
dessous du point de depart; rapport du son 
fondamental au son 2 de Fechelle des harmoni- 
ques, v. harmoniques) exprimee as. point de 
vue du nombre des vibrations par le rapport 1: 
2, A celui de la longueur des corps sonores par 
le rapport 2:1 (les rapports des vibrations et de 
longueur des corps sonores sont toujours exac- 
tement Finverse Fun de Fautre) ; la double oc- 
tave, 1 : 4 (4 : 1) ; la triple octave, 1 : 8 (8 : 1) 
et, d'une maniere generate, tous les redouble- 
ments de Funisson ; b) la quinte, rapport du 
premier au cinquieme son de la gamme, 2 : 3 
(3 : 2) ; la DOuznfcME (redoublement de la quinte, 
rapport de la fondamentale au son 3 de la serie 
harmonique), 1 : 8 (8 : 1) ; la quarte (renverse- 
ment de la quinte, obtenu par la transposition 
de la quinte A Foctave inferieure ou de la fonda- 
mentale A Foctave superieure), rapport du pre- 
mier au quatrieme son de la gamme, 3 : 4 (4 : 3) ; 
la onzi£mb (redoublement de la quarte), 3 : 8 
(8 : 3),et tous les redoublements de la onzieme 
et de la douzieme ; c) la tierce (majeure), rap- 



port du premier au troisieme son de la gamme 
majeure, 4 : 5 (5 : 4) ; la dixieme (majeure ; re- 
doublement de la tierce majeure), 2 : 5- (5 : 2) ; 
la dix-septieme ( majeure : deuxieme redouble- 
ment de la tierce majeure, rapport de la fon- 
damentale au son 5 de la serie des harmoni- 
ques), 1:5 (5 : 1) ; la sixte mineure (renverse- 
ment de la tierce majeure, cf. quarts), 5:8(8:5); 
la treizi&me mineure (redoublement de la sixte 
mineure, 5 : 16 (16 : 5) et tous les autres redou- 
blements de la dix-septieme majeure et de la 
treizieme mineure ; d) la tiercb mineure, rap- 
port du premier au troisieme son de la gamme 
mineure, 5 : 6 (6 : 5) ; la sixte (majeure : renver- 
sement de la tierce mineure ; rapport du son 3 
au son 5 de la serie des harmoniques), 3:5(5:3); 
la treizieme (majeure; redoublement de la sixte 
majeure), 3 : 10 (10 : 3); la dixieme mineure (re- 
doublement de la tierce mineure), 5 : 12 (12 : 5) ; 
la dix-septieme mineure (deuxieme redouble- 
ment de la tierce mineure), 5 : 24 (24 : 5) et tous 
les autres redoublements de la sixte majeure et 
de la tierce mineure. Void, en notation musicale, 
les i. consonnants : 



a) 



gva 



J ! 



r 



I I 



LAJL iM 






^TT 



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2. Sont dissonants, tous les intervalles com- 
poses de sons qui ne peuvent faire partie d'une 
meme harmonie (accord majeur ou mineur) ; on 
trouve aisement les rapports des nombres de 
vibrations (resp. des longueurs de corps sonore) 
de ces i., lorsque, partant de Fun des sons don- 
nes, on execute une serie de quintes ou de tier- 
ces jusqu'A ce que Fon parvienne A Fautre son, 
puis que Fon supprime les redoublements su- 
perflus, en divisant le ehiflfre le plus eleve une 
ou plusieurs fois par 2. Le procede le plus pra- 
tique consiste A prendre le facteur 3 pour chaque 
quinte et le facteur 5 pour chaque tierce; on ob- 
tient alors, en premier lieu, le nombre qui re- 
presente les vibrations du second son, et Fautre 
nombre sera egal A la puissance de 2 immedia- 
tement inferieure ou superieure (suivant que le 
second son est au-dessous ou au-dessus du 
premier) au premier nombre. L'i. determine de 
la sorte est toujours plus petit que Foctave, 
mais il suffit pour le redoubler de multiplier le 
plus grand nombre par 2. Par ex : ut : ri, se- 
conde majeure; partant d'u*, on atteint re au 
moyen de deux quintes successives (ul-$ol-re\ 
on aura done les facteurs 33 = 9; le 9 repre- 
sente le nombre des vibrations de ri 9 la puis- 
sance de 2 immediatement inferieure etant 8,. 

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INTONATION — INVITATOIRE 



387 



on aura pour la seconde majeure le rapport 
8 : 9 ; si, au contraire, on prend la puissance de 
3 immediatement superieure k 9, on aura 9 : 16 
= septieme mineure (renversementde la secon- 
de majeure). De merne, la seconde augmentee 
ut : rtdiese, par ex., nous est fournie par Te- 
chelle ut-sol-si-r6 diese(\ine quinte, deux tierces 
= 3.5.5,) et nous obtenons le rapport 64 : 75 : 
puis, pour son renversement : la septieme di- 
minuee, le rapport 75 : 128. Le nombre des i. 
dissonants est considerable, car beaucoup d'en- 
tre eux peuvent etre determines de differentes 
fa?ons,ainst: ut: r6 di&se comme provenant de 
lU-sol'Si-rddieseon de nt-sol-rd-la-mi-si-rd didse 
(une quinte, deux tierces ou cinq quintes, une 
tierce). Les plus importants sont les suivants : 
1. la seconde chromatique, 24 : 25 ou 128 : 135 
(le rapport des longueurs de corps sonore est 
toujours l'inverse de celui des nombres de vi- 
brations) ; 2. son renversement, 1'octave dimi- 
nuee, 25 : 48 ou 135 : 256 ; la seconde mineure 
(diatonique, murche de sensible), 15 : 16 ; 4. son 
renversement, la septieme majeure, 8 : 15 ; 5. 
la seconde majeure, 8 : 9 ou 9 : 10 ; 6. son ren- 
versement, la septieme mineure, 9 : 16 ou 5 : 9 ; 
7.1a seconde augmentee, 64 : 75; 8. son renver- 
sement, la sEPTifeME diminuee, 75 : 128; 9. la 
quarts diminuee,25 : 32 ; 10. son renversement, 
la quinte augmentee, 16 : 25 ; 11. la tierce 
augmentee, 512 : 675; 12. son renversement, la 
sixte diminuee, 675 : 1024; 13. la quarte aug- 
mentee, 18 : 25 ou32 : 45; 14. son renversement, 
la quinte diminuee, 24 : 36 ou 45 : 64. Voici, en 
notation musicale, les intervalles designes ci- 
dessus (ut pris comme point de depart = 1) : 



1. 



2. 3. i. 5. 



6. 



i 



42*- 



*■" 



ft*> r w r r q ' r 



m 



Jfcr 



7. 8. 9. 10. II. 12. 13. 14. 

L'octave augmentee n'est que le redoublement 
de la seconde cbromatique, la neuvieme mineu- 
re celui de la seconde mineure diatonique, etc. 

Les i. consonants sont ou bien justes (unis- 
son, octave, quinte, quarte et leurs redouble- 
ments) ou bien majeurs ou mineurs (tierces, 
sixtes, dixiemes, treiziemes, dix-septiemes) ; les 
i. dissonants sont ou bien majeurs ou mineurs 
(secondes, septiemes, neuvidmes), ou encore 
augmentes ou diminues. L'i. juste reste dans 
son renversement egalement juste, par contre 
Ti. majeur devient mineur et vice-versa, l'i. 
augments devient diminue et vice-versa. 

Intonation, 1. Dans le chant ecclesiastique, 
sorte d'introduction chantee par le pretre au 
debut de I'antienne, du psaume, etc. L'i. fixe le 
ton dans lequel la meiodie entiere se meut; elle 
varie suivant les jours de l'annee ecclesiasti- 



que. On dit: entonnerun psaume; le pretre en- 
tonne le gloria, etc. — 2. L'i. d'un instrument 
est le dernier stade de sa fabrication, elle con- 
siste k supprimer les petites inegalites de tim- 
bre que la fabrication la plus meticuleuse ne 
peut empecher de se produire; il s'agit, dans 
l'orgue, par ex., de legeres transformations de 
la bouche des tuyaux k bouche, de la lamelle 
des tuyaux d anche, etc.; dans le piano, de la 
disposition minutieusement exacte des mar- 
teaux, de la revision des feutres, du reglage du 
toucher, etc. — 8. Dans Tart vocal, l'i. est a peu 
pres synonyme demission, mais se rapporte 
plus particulierement k la hauteur des sons 
emis (i. pure, incertaine, fausse, etc.); de \k, le 
verbe « detoner » pour dire « chanter trop bas ». 

Intrade, v. entree. 

Intreccio (ital.), intrigue, ceuvrette scenique. 

Introduction, terme employ^ tout speciale- 
ment pour designer la petite partie lente : lar- 
go, adagio, andante, etc., qui precede souvent 
1 exposition des themes de la symphonie, de la 
sonate, etc. On rencontre aussi le terme d'i. 
comme titre du premier morceau d'une suite 
(moderne), ou comme designation du redtatif 
qui precede un air de concert ou un morceau 
de concert (/. et rondo, etc.). 

Introlt <lat. introitus), nomme aussi, dans 
le rite ambrosien (milanais), ingressa, primi- 
tivement un psaume entier chante par le choeur 
pendant que le pretre officiant se rendait de la 
sacristie a l'autel, fut plus tard abrege. Le 
psaume etait suivi tout d'abord du Gloria 
patri et filio, dont le Gloria etait chante par 
Tofficiant, tandis que le patri et filio, etc. 
l'etait par le choeur, puis venait I'antienne. L'i. 
est de nos jours de nouveau adopte g6nerale- 
ment en entier. 

Inventions, k peu pres synonyme de fantai- 
sie ou d'impromptu. Gf. les • inventions k deux 
voix» de J.-S. Bach ; celui-ci intitulait par con- 
tre « symphonies » les morceaux que nous 
connaissons sous le titre t d'inventions k trois 
voix ». 

Inventionshorn (all.), nom du cor perfec- 
tion^ vers 1760 par J. Werner, facteur d'ins- 
truments, k Dresde, sur les indications d'un 
musicien de la cour nomme A.-J. Hampel ; le 
nouveau systeme permettait de deplacer, de 
transposer toute l'echelle naturelle du cor, au 
moyen de tubes additionnels plus ou moins 
longs (corps de rechange). Ce systeme fut ap- 
plique egalement k la trompette (Inventions- 
trompete). On ne fait plus qu'un usage tres 
restreint des corps de rechange, depuis l'adop- 
tion des pistons. 

Inversion, transformation etrange d'un the- 
me musical, particulierement en usage dans la 
fugue et les autres formes basees sur Pimita- 
tion; elle consiste k imiter en sens inverse (les 
intervalles ascendants devenant descendants 
et vice-versa) tous les intervalles du theme. 
Cf., pour les differentes sortes d'i., le mot ren- 
versement. 

Invitatoire (lat. invitatorium), antienne qui 
se chante au debut du nocturne (v, heures ga- 



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388 



10XIEN — I80t:ARD 



nonialks) et par laquelle commence roffice du 
jour suivant. 

Ionien, nom d'une tonalite grecque et d'un 
mode eccl&riaetique; v. grecque et e*:cl£sia8- 
tiques. 

Irgang, Friedrich - Wilhelm, 116 k Hirsch- 
berg, en Silesie, le 23 tevr. 183G, 616ve des 
classes de composition de l'Acad6mie royale 
de Berlin (Grell et Bach), se perfectionna en- 
suite sous la direction de Proksch, k Prague. 
II ouvrit k Gofirlitz, en 18GB, une ecole de mu- 
sique,et devint, en 1808, organiste de l^glise de 
la Sainte-Trinit£, dans la m&me ville; en 1881, il 
fut appel£ k Zullichau, en quality d'organiste 
et de maltre de musique au «Pa»dagogium». 
I. a public, outre divers raorceaux pour piano, 
une Allgemeine Musiklefire (plusieurs fois r6- 
£dit£e), et une Harmonielelire. 

Isaak, Heinrich (Isaac, Izac, Ysach, Yzac; 
nomine aussi en Italie, Arrioo tedesco [Henri 
l'Allemand], ou en latin barbare, Arrhious), Tun 
des contrapontistes les plus remarquables de 
la fin du xv° el du d£but du xvr» s., probable- 
ment contemporain de Josquin, c.-&-d. ne en 
1450 environ. Malgre sa denomination de 
Tedesco ou Gertnanus (chez Glarean), I. sem- 
ble etre, non pas allemand, mais neerlandais, 
car son testament le designe comme Ugonis de 
Flatidria.'Sous savons, par des documents cer- 
tains, que I. sejourna quelque temps a Ferrare 
et qu'il fut ensuite organiste, de 1477 a 1489 en- 
viron, sous Lorenzo le Magnifique, de Medicis. 
II se rendit plus tard a Home, et recut enfin un 
poste de « Musikus > (les documents le nom- 
ment Symphonista regis, peut-dlre etaiUil cbef 
des instrumentisles?) k la cour de Tempereur 
Maximilien !•% ou il mourut vers 1517: son 
el£ve, L. Senft, obtint en effet sa place et l'oc- 
cupa jusqu'a la mort de Maximilien I« r (1519). 
On a conserve de ce musicien les ceuvres sui- 
vantes: des Messes : Charge de deuil, Miseri- 
cordia doming Quant jay au cor, La Spagna, 
Comt/ie fetnme (publiees les cinq par Petrucci, 
en 1506, sous le litre: Misse Henrici lsac), 
Salva nos, Fnelich Wesen (dans les Missae 
XII 1 de Graphams, 1539), prteclara (dans 
le Liber XV missaru/n de Petrejus, 1539), 
Alissa soley nnis 9 De Apostolis (« Magne Deus, 
Kyrie » ; dans le Qiorate Constantinum, 
d'Isaak, 1550), Canninum, et enfin Une musi- 
que de Biscay (dans Opus decern missarum, 
de Rhaw, 1541); des Messes manuscrites, con- 
serves dans les bibliothequtfs de Munich, 
Vienne et Bruxelles, dont dix non encore gra- 
vees; des motets dans Odhecaton, Canti B f 
Canti C (1501-1505), et le livre I des motets k 
cinq voix (1505) de Petrucci, dans les Selectissi- 
mae... cantioaes (1540) de Kriesstein et une 
quantity d'antres anthologies, plus particuliere- 
ment allemandes, du xvi e s. Les petits chcpurs 
d'L sont aussi des modeles du genre et plus 
d'un pourrait 6lre execute tel quel, de nos 
jours, avec succes; on en trouve un certain 
nombre dans 115 guler neirer Liedlein (1544) 
d'Ott, el Auszug guter teutscher Liedlein (1539) 
de Forster. La bibl. de la Cour et de l'Ktat, a 



I 571 



Munich, poss£de une collection particuliere- 
ment riche de manuscrits d'L; il est probable 
qu'ils auront £t6 transmis par Senft aux archi- 
ves musicales de la chapelle de la Cour. 

Isidore, S 1 1. d'Bspaone (Isidorus hispalen- 
sis) 9 eveque de Seville, n6 a Carthag&ne vers 
570, m. le 4 avril 636; a donn£, dans son ou- 
vrage Originum sive etytnologiarum libriXX, 
une quantite de renseignements pr£cieux sur 
la musique. Ces passages ont ete collationn&a 
par Gerbert et publics dans les Scriplores, J, 
sous le titre Sententiae de musica. 

Isnardi, Paolo, ne k Ferrare, moine, et, plus 
tard, superieur du couvent du Mont Cassin, 
mattre de chapelle a Ferrare, a compost de 
nombreuses Messes, psaumes, faux-bourdons, 
motets et madrigaux qui parurent en editions 
speciales de 1561 a 1594. 

Isnardon, Jacques, chanteur scenique, ne le 
15 f6vr. I860, el6ve du Conservatoire de Paris, 
debuta k TOp^ra-Comique en 1885. II passa 
ensuite k la Monnaie, a Bruxelles, chanta en 
representations k Londres, a Monte-Carlo, a 
Milan, puis rentra a rOp6ra-Comique, k Paris, 
en septembre 1894. 1, a ecritun ouvrage Ires do- 
cumente sur l'histoire du ThtetredelaMonnaie. 

Isouard, Niccolo (uomme aussi simplement 
« Niccolo de Malte »), n£ dans Tile de Matte en 
1775, in. k Paris le 23 mars 1818 ; se voua a la 
muBique, contre la volontS de son pere qui 
voulait faire de lui un banquier, travailla a 
Palerme, sous la direction d*Amendola, et a 
Naples, sous celle de Sala et de Guglielmi, tout 
en etant commis dans une banque. En 1795, 1, 
abandonna d6finitivement les affaires el debuta 
a Florence, sous le nom de Niccolo, parun 
opera : L'avviso at maritati, dont le succes fut 
tr6s mediocre. Apres avoir ecrit pour Livourne 
un Ar laser se auquel le public fit meilleur ac- 
cueil, L fut nomine organiste de l'eglise Si-Jean 
de Jerusalem, a 1^ Valette, et plus tard maitre 
de chapelle de Ford re de Malte. I^a suppression 
de Tordre Tobligea a se toumer de nouveau du 
c6te de la musique scenique, il 6crivit alors 
toute une serie d operas pour un theatre ^tabli 
a La Valette, puis partit, en 1799, pour Paris 
ou il trouva un ami devoue en la personne de 
R. Kreutzer. La meme annee encore, I. reussit 
a donner a rOpera-Comique un ouvrage: Le 
tonnelier, qui fut suivi de pres par beaucoup 
d'autres ; cependant, il ne paWint k se faire une 
veritable renommee (ju'avec Michel- Ange, en 
1802, et atteignit Tapogee de ses succes avec 
Cendrillofi, en 1810. Le retour de Russie de 
Boieldieu (v. ce nom) suscita entre les deux 
compositeurs, egalement en vogue, une vive 
concurrence dont reffet fut du reste excellent 
sur le developpement artislique d*I. ; c'est 
alors que celui-ci crea ses deux meilleures oeu- 
vres: Jeannot et Colin et Joconde. Une vie 
dereglee et le chagrin que lui causa Telection 
de Boieldieu au fauteuil d'academicien, pour 
lequel il se presentait aussi, haterent sa tin. 
I. a laisse en tout une cinquanlaine d'operas, 
puis des Messes, des motets, psaumes, canta- 
tes, «canzonette», romances, etc. 



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ISRAEL — JADASSOHN 



389 



IsraSl, Karl, musicograpbe de m&rite, n£ & 
Heiligenrode (61ectorat de Hesse), le 9 janv. 
1841, m. A Francfort s/M. le 2 avr. 1881; Stadia 
d'abord la th^ologie, A Marburg, mais entra 
ensuite au Conservatoire de Leipzig, puis se 
flxa A Francfort ou il ne tarda pas A occuper 
une situation en vue, comme critique musical. 
I. a public deux catalogues volumineux et im- 
portants pour la bibliographie musicale : Must- 
kalisclie Schalze..... in Frankfurt ajM. (1872), 
et Musihalien der stdndischen Landesbiblio- 
thek zu Kassel (1881), puis une Frankfurter 
Konsertchronik von 1713-1780 (1876); de 
plus, il a fourni A « l'Allgemeine mueikalische 



Zeitung » (1873-1874) d'importantes contribu" 
tions sur la bibliographie musicale. 

Istesso (Hal.), le m6me; Fi. tempo, le mdme 
mouvement. 

Istromento (ital.), instrument. 

Ivry, marquis Richard d*, n6 a Beaune 
(C6te-d'Or) le4 tevr. 1829, amateur de talent, vit 
A Paris depuis 1854. II a £crit des operas: 
Fatma, Quentin Metsys, La maison du doc- 
teur, Omphale et Pindlope, Les Amants de 
V&rone (1864; sons le pseudonyme de Richard 
Yrvid; r^cemment refondu en entier); des me- 
lodies, des hymnes, etc 

Izac, v. Isaak. 



Jachet (Jaquet), v. Berchem. 

Jachmann-Wagner, v. Wagner 9. 

Jackson, 1. William, n£ A Exeter en mai 
1780, m. dans la m6me ville le 12 juil. 1803; 
eteve de John Travers, A Londres, fut pendant 
longtemps maltre de musique A Exeter ou il 
fut nomm6, en 1777, organiste et maltre de cha- 
pelle de la cath6drale. II a compost plusieurs 
operas: Lycidas, Ihe Lord of the Manor, The 
methamorphosis, de nombreuses sonates pour 
piano, des melodies, des « canzonette », des 
madrigaux et de la musique d'eglise (sans im- 
portance); de plus, il a public les ouvrages sui- 
vants : 30 letters on various subjects (1782; 
quelques lettres ont trait A la musique), Obser- 
vations on the present state of music (1791), 
et Four ages, together with essays on various 
subjects (1798) — 2. William, ne A Masham le 
9 janv. 1816, fils d'un meunier et enlierement 
autodidacte, m. le 15 avr. 1866; 6tait organiste 
de la chapelle « Hortonlane » et de l^glise St- 
Jean, en mfcme temps que direcleur du « Choral 
Union* (choeur d'hommes) et du « Festival 
Choral Society », A Bradford. Auteur de nom- 
breuses ceuvres vocales profanes et religieuses, 
a pubiie en outre une mSthode de chant : Ma- 
nual of singing, qui eut plusieurs Editions. 

Jacob, 1. Benjamin, ne A Londres en 1778, 
nomme en 1794 organiste de « Surrey Chapel », 
m. le 24 aout 1829; Tun des organistes les plus 
r&put&s de son temps, auteur de psaumes (Na- 
tional psalmody) et de glees. — 2. Fr.-Aug> 
Leb., v. Jakob. 

Jacobs, Edouard, violoncelliste, n6 A Hal 
(Belgique) en 1851; 61£ve de J. Servais, au 
Conservatoire de Bruxelles, fit ensuite partie 
de Torchestre de la Cour, A Weimar, et fut en- 
gage, en 1885, comme professeur de violoncelle 
au Conservatoire royal de Bruxelles. 

Jacobsohn, Simon-E., violoniste de talent, n6 
dMitau (Courlande) le 24d6c. 1839; *14ve du 
Conservatoire de Leipzig, devint successive- 



ment concertmeister A Br£me (1860), concert, 
meister de Torchestre Thomas, A New-York 
(1872), et professeur au Conservatoire de Cin- 
cinnati. D vit actuellement A Chicago. 

Jacobsthal, Gustav, n6 A Pyritz (PomSranie) 
le 14 mars 1845, fit ses Etudes universitaires de 
1863 A 1870, se fit agr£er privat-docent A l'Uni- 
versitS de Strasbourg pour les sciences ntusica- 
les (1872), et fut nomm&, trois ans plus tard, 
professeur extraordinaire puis, en 1897, profes- 
seur ordinaire. Sa publication sur la notation 
proportionnelle : Die Mensuralnotenschrift des 
XII. und X1IL Jahrhunderts (1871), est un 
ouvrage serieux et int£ressant. 

Jacotin, de son vrai nom Jacob Godebrye, 
contrapontiste n£erlandais, chapelain de Notre- 
Dame d'Anvers, vers 1429, m. le 24 mars 1529. 
On trouve des motets de sa composition dans 
Motetti delta Corona (1519), de Petrucci, dans 
Concentus octo, sex, etc. (1545), de Salblinger, 
et Novum opus musicum (1537) d'Ott; des 
chansons dans Bicinia (1545) de Rhaw, dans 
les anthologies d'Attaignant (1530-1535; livr. V, 
VI et IX), et de Leroy et Ballard (Chansons 
nouvellement composees, livr. VI, 1556, et Re- 
cueil des recueils, 1563-1564); des Messes ma- 
nuscrites, A Rome. 

Jacquard, Leon-Jean, n6 A Paris le 3 nov. 
1826, m. dans la m6me ville le 27 mars 1886, 
violoncelliste distingu6; eteve de Norblin, au 
Conservatoire de Paris, puis A son tour profes- 
seur, d6s 1877, dans cet £tablissement. 

Jadassohn, Salomon, n£ a Breslau le 18 aout 
1831; 616ve du gymnase de sa ville natale, puis 
du Conservatoire de Leipzig (1848), il se rendit 
ensuite aupr&s de Liszt, A Weimar (1849-1851), 
et devint enfin, aprds un nouveau sSjour A 
Breslau (1852), Sieve particulier de Hauptmann, 
A Leipzig, pour la composition. Une fois ses 
etudes achevSes, J. se fixa a Leipzig, en qualite 
de maitre de musique; il devint directeur de la 
soci£t6 chorale « Psalterion * (1866), chef d'or- 



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5190 



JADIN — JAELL 



chestre de « l'Euterpe » (1867-1869) et fut nom- 
ine, en 1871, maitre de th^orie, de composition, 
et plus particuli&rement d'instrumentation au 
Conservatoire royal de Leipzig. 11 est actueile- 
ment encore, avec Beinecke, le professeur le 
plus en vue de Fetablissement ; TUniversite de 
Leipzig lui a confSre en 1887 le titre de D r phil. 
hon. c. II faut noter surtout panui ses compo- 
sitions, une serenade pour orchestre, (op. 35), 
£crite en forme de canon, une serenade pour 
piano (op. 8), des scenes de ballet pour piano A 
quatre mains (op. 58), et des duos vocaux, en 
forme de canons (op. 9, #6, 38, 43). Mais en tout 
J. a £crit plus de cent ceuvres de tous genres , 
quatre symphonies, deux ouvertures, cinq se- 
renades, deux concertos de piano, trois trios 
avec piano, deux quintettes et un quatuor (op. 
77) avec piano, deux quatuors pour instr. A 
archet, des preludes et des fugues pour piauo, 
etc.; des cpuvres pour chceur mixie et orchestre: 
Psaume C (a huit voix, alto solo, op. 60), Verge- 
dung (avec soprano solo, op. 54), Verheissung 
(op. 55), Trostlied (avec orgue ad. lib., op. 65); 
pour choeur d'hommes et orchestre : An den 
Sturmwind (op. 61); puis le Psaume XIII pour 
soprano, alto et orgue (op. 43), des motels, des 
choeurs, des morceaux de genre pour piano, etc. 
En tant que thiWicien, J. est un bon observa- 
teur; il a consign*'* le resultat de ses experien- 
ces dans renseignement, dans Unite une serie 
de manuels pratiques, dont Tensemble forme 
un traite complet de composition: Lehrbuch 
der Harmonie (1883, 8» ed. 1891 ; 6d. frang. par 
Ed. Brahy, sous le titre Traiti cTharmonie, 
1893; 4« ed. angl., 1892>, Lehrbuch des Kontra- 
jntnkts (1884, 2* £d. angl, 1892), DieLehre vom 
Kanon und von der Fuge (1884; ed. angl. 
1888), Die Formen in dem Werken der Ton- 
hunst (1889; a* ed. 1894), Ldirbucli der Ins- 
trumentation (1889) ; puis Die Kunst 2U modu- 
liren und su praeludiren (1890), Allgemeine 
Musihlehre (1892), Elemenlarische Harmonie- 
lehre (1895). L'epouse de J., Helexe (m. le 31 
d£c. 1891), £tait un professeur de chant tres es- 
time. 

J a din, 1. Louis-Emmanuel, n£ A Versailles 
le 21 sept. 1768, m. A Paris en juil. 1853; fils 
d'un violoniste du roi, Jean J., etait page de la 
musique de Louis XVI. Elevc, pour le piano, 
de son frere Hyacinthe, il devint, en 1789, ac- 
compagnateur au Th&Ure de Monsieur (jus- 
qu en 1792) lit partie, pendant la Revolution, de 
la musique de la Garde nationale, et composa 
pour elle des marches, des hymnes, etc., puis 
succeda en 1800 A son fr6rc, comme professeur 
au Conservatoire. D fut nomine en outre, en 
1806, maitre de chapelle du The&tre Moliere, et, 
en 1814, gouverneur des pages de la musique 
du roi; il conserva ses fonctions jusqu'au mo- 
ment oil, en 1830, il put faire valoir ses droits a, 
la retraite. J. est Tauteur d'une quarantaine de 
petits operas-comiques et d'operas, represents 
sur les divers Ih&Hres de Paris; il a ecrit, en 
outre, plusieurs chwurs patriotiques (Ennemis 
de tyrans; Citoyens, levez-vous. etc.), des sym- 
phonies, des ouvertures, des morceaux concer- 



tants, des sextuors pour instr. a vent, des quin- 
tettes, quatuors el trios pour toutes sortes d'ins- 
truments, des concertos de piano, un morceau 
concertant pour deux pianos, des sonates, des 
morceaux pour piano, des romances, elc. — 2. 
Hyacinthe, n6 A Versailles en 1769, frdre du 
precedent, nomm£, en 1795, professeur au Con- 
servatoire de Paris, mort en 1802; a ecrit quin- 
ze quatuors et six trios pour instr. a archet, 
quatre concertos pour piano, cinq sonates de 
violon et cinq de piano, dont une a quatre 
mains. 

Jaehns, Friedrich-Wilhelm, n6 a Berlin le 
2 janv. 1809, m. dans la mSme ville le 8 aout 
1888; professeur de chant tres recherche, a 
Berlin, dirigea de 1845 a 1870 une societe cho- 
rale qu'il avail fondee et qui porta it son nom. 
J. s'est acquis une reputation durable par Fen- 
thousiasme qu'il manifesta pour Ch.-M. de 
Weber et dont les resultats furent pr£cieux 
pour Fhistoire et la literature musicale. En 
efTet, il collectionna avec un z£le infaligable 
tout ce qui, de pr£s ou de loin, se rapportait & 
la personne de Weber ou A ses amvres (impri- 
mes, manuscrits, esquisses, let tres, etc.), et ven- 
dit, en 1883. cette importante collection a la Bi- 
blioth&que royale de Berlin, oil elle est exposee 
A part. (Test d'apres ces documents et de s&- 
rieuses etudes preparaloires, que J. £crivit 
deux ouvrages : K -M. von Weber in seinen 
Werhen (1871), ce qui a ete ecrit de mieux sur 
Weber et, d'une maniere gen&rale, le meilleur 
catalogue th6matique qui ait jamais ete publie 
(oeuvres par ordre chronologique, remarques, 
critiques excellentes, etc.), puis K.-M. von We- 
ber U873, esquisse biographique), et de nom- 
breux articles de journaux. J. avail re^u, en 
1849, le titre de « directeur de musique », il 
recut en 1870 celui de « professeur », et ensei- 
gna la rh£lorique, A partir de 1881, au Conser- 
vatoire de X. Scharwenka. II sufllt de mention- 
ner parmi ses compositions un trio avec piano 
(op. 10) et des « chants ecossais ». 

JaSll, Alfred, n£ a Trieste le 5 mars 1832, 
m. a Paris le 27 ttvrier 1882, fils d'un violo- 
niste, Eduakd J., qui jouissait d*un certain re- 
nom A Vienne et qui lui enseigna d'abord le 
violon, puis le piano, n debuta comme pianiste, 
en 1843, au theatre « San Benedetto », a Venise, 
parcourut en suite une carriere tres agit£e de 
virtuose et changea frequemment de domicile 
(Paris, Leipzig, Bruxelles, etc.); il cut partout 
du succes grace a son jeu brillant, pur et flat- 
teur plus que puissant ou emouvant. En tant 
que compositeur, J. n'a fourni que des para- 
phrases de concert et des morceaux brillants 
pour piano. II avait epouse, en 1866, Marie 
Trautmann, une pianiste de grand talent qui 
voyagea avec lui, mais se fixa, apres sa mort, 
definitivement a Paris. M me Jaell a acquis une 
excellente reputation comme pedagogue du 
piano; elle a public, outre un certain nombre de 
compositions (concerto en rk majeur, quatuor 
avec piano, valses A quatre mains, etc.), des 
ouvrages interessants, dans lesquels elle expose 
les resultats de ses experiences pedagogiques : 



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JAHN — JAN 



391 



Le toucher (3 vol.), La musique et la psycho- 
physiologie (1890), Le nUcanisme du toucher 
<1897). 

J aim, 1. Otto, celebre archeologue, philolo- 
gue et critique d'art allemand, n6 k Kiel le 16 
juin 1818, m. a GiPttingue le 9 sept. 1809; eleve 
de l'ecole du couvent de Pforta, frequenta en- 
suite lea universites de Kiel, Leipzig et Berlin, 
puis fit, de 1830 a 1839, des voyages deludes 
en France et en Italic II debuta, en 1839, dans 
la carriere universitaire, comme privat-docent 
de philologie a TUniversite de Kiel, puis fut 
nomme successivement : professeur extraordi- 
naire (1842), puis ordinaire (1845) d*arch6olo- 
gie, k Greifswald; professeur d'archeologie k 
Leipzig (1847-1851, destitue a cause de ses 
Tues politiques) ; professeur d'antiquites et di- 
recteur du « Musee acad£mique des arts » 
<1855), puis directeur du seminaire de philolo- 
gie, k Bonn; professeur a Berlin (1807), et 
mourut, apres une longue maladie, k Gcettin- 
gue. En plus de ses nombreux et precieux tra- 
vaux de philologie et d'arch£ologie, J. a public 
la biographie ciassique par excellence de Mo- 
zart (1856-1859, 4 vol.; 2* ed. 1867, 2 vol.; 3* ed. 
[revue par H. Deiters], 1" vol. 1889, 2® vol. 
1891 ,• £d. angl.par P. Townsend, 1882), un ou- 
trage non seulement excellent en soi, par le 
fait qu'il epuise enti&rement le sujet, mais en- 
core de la plus haute importance au point de 
vue de revolution de la literature musicale, 
car on y trouve, adaptees pour la premiere fois 
a l'etude historique de la musique, les ressour- 
ces de la method© critique-philologique ; Ta^u- 
vre de J. a fait epoque et bien evidemment 
servi de inodele aux historiens et aux biogra- 
phes musicaux ulterieurs (Chrysander, Spitta). 
J. a encore publie : Ueber Mendelssohns Pau- 
ins (1842), et, pour la revue « Die Grenzboten », 
des articles pol&miques sur Berlioz et Wagner, 
des comptes rendus des festivals musicaux du 
Bas-Hhin de 1855 et 1850, une etude sur l'edi- 
tion complete des oeuvres de Beethoven, par 
Breitkopf et Haertel, etc., qui parurent reunis, 
sous le litre : Gesammelte Aufsdtse tiber Mu- 
sik (1866). J. a prouve qu'il 6tait lui-m6me un 
musicien fort bien dou6, par la publication de 
trente-deux lieder (en quatre cahiers ; le 3* et le 
4* sur des textes en bas-allemand, extraits du 
Quichborn, de Klaus Groth), et d'un recueil de 
choeurs a quatre voix mixtes, de sa composi- 
tion. On a aussi de lui une edition critique de 
la reduction pour piano et chant du « Fidelio », 
<le Beethoven. Ajoutons enfin, que c'est pres- 
que contre son gre que J. ecrivit sa biographie 
de Mozart, issu6 d'une s&rie de travaux prepa- 
ratoires toujours plus vastes, et d'un amas de 
materiaux toujours plus considerable pour une 
biographie de Beethoven; il avait du reste 
amasse aussi une quantite de materiaux pour 
une biographic de Haydn. La mort l'emp^cha 
<le realiser ces grands projets ; mais les etudes 
pr£paratoires de J. furent heureusement utili- 
sees et completees par des homines de talent : 
Thayer (Beethoven), et Pohl (Haydn). — 2. 
Wilhelm, chef d'orchestre distingue, ne a Hof 



(Moravie) le 24 nov. 1835, devint successive- 
ment cbantre k Temesvar (1852), puis chef 
d'orchestre k Pesth (1854), Agram, Amsterdam 
et Prague (1857-1804). II reinplit ensuite, de 
1864 k 1881, les fonctions de chef d'orchestre du 
The&lre royal de Wiesbaden, et fut nomme, en 
1881, premier chef d'orchestre et directeur de 
l'Op&ra de la cour, a Vienne. Une grave mala- 
die des yeux Vs. oblige de se relirer momenta- 
nement,puis definitivement deses fonctions, en 
1897. II re?ut alors le titre de conseiller de la 
Gour. J. a public un certain nombre de lieder 
de sa composition. 

Jakob, Friedrich-August-Lebereght, n& k 
Kroitzsch, pr£s Liegnitz, le 25 juin 1803, m. k 
Liegnitz le 20 mai 1884; fut, de 1824 k 1878, 
cantor k Konradsdorf, pres Hainan (Sil£sie), et 
publia des recueils de chants d'ecole, des qua- 
tuors pour voix d'hommes, des lieder, une 
Fassliche Antceisung sum Gesangunterricht 
in Volksschulen (1828), et un recueil de cho- 
rals pour l'Eglise r£formee, son ouvrage le 
plus important, ecrit en collaboration avec Er- 
nest Richler (Berlin, 1873; 2« M. 1877). II a et6 
pendant longtemps l'un des redacteurs de YEu- 
terpe et a fourai des articles a diverses revues 
pedagogiques. Apres avoir fait valoir ses droits 
a la retraite, en 1878, J. alia vivre a Hohen- 
wiese, pres Greiffenberg (Sil^sie ). 

Jaleo, danse nationale espagnole (executee 
par une seule personne), d'un mouvemenl nio- 
dere, k 3/8, et basee sur le rythme de casta- 
gnettes suivant : 




Jalousieschweller (all.), v. boIte expressive. 

Jan, Maisthe J., v. Gallus 2. 

Jan, Karl von, philologue, ne k Schweinfurt 
le 22 mai 183(5, prit son doctorat a Berlin, en 
1859, avec une dissertation sur les instruments 
a cordes des Grecs: De fidibus Graecorutn. 
II fut d'abord maltre au « Graues Kloster », a 
Berlin, sous Fr. Bellermann, puis fut transfer^ 
a Landsberg s/\V. oil on lui contia l'enseigne- 
ment du chant; il abandouna cependant ses 
fonctions, en 1875, k la suite d*une discussion 
avec les autorites de l'endroit, au sujet d'un 
orgue qu'il avait fait construire pour l'aula du 
Gymnase, avec le produit de concerts organi- 
ses par ses soins. 11 prit un poste analogue a 
Saargemiind, s'occupant toujours de musique 
en ses heures de loisir, puis fut enfin appel6, 
en 1883, au Lycee de Strasbourg. J. a ecrit plu- 
sieurs essais tres precieux d'histoire musicale, 
qui parurent soil dans « rAllgenieine musika- 
lische Zeitung » (1878, sur les modes des au- 
ciens Grecs; 1881, sur la diaidos), soit dans 
des revues philologiques. Le programme du 
gymnase de Saargenuind, en 188*2, contient de 
nouvelles recherches sur les instr. a cordes des 
(irecs, et TEncyclopedie de Halli, au mot Ki- 
tharodikj des renseignements tout nouveaux 
sur la cithare et sur la lyre. J. a publie en ou- 



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392 



JANISSAIRES — JANSA 



tre des Etudes sur Ylsagoge de Bacchius (pro- 
gramme du Lyc6e de Strasbourg, 1891), sur la 
Mttrique de Bacchius (« Rheinisches Museum 
fflr Philologie », vol. XL VI); puis Hymnen des 
Dionysios und Mesomedes (« Jahrbuch der 
Philologies de Fleckeisen, 1890), Harmonie 
der Sphdren (t Philologus », vol. L1I), Rous- 
seau als Musiker (« Preussische Jahrbiicher », 
vol. LVI). Enfin, T6dtion critique, pourvue de 
notes et digressions importantes, qu'ii a donn£e 
des principaux auteurs grecs sur la musique 
(Musici scriptores Graeci, etc. [Leipzig, Teub- 
ner, 1895J) m£rite d'etre appelee son chef-d'ceu- 
vre et peut remplacer FSdition de Meihom (v.ce 
nom). 

Janissaires, Musique de j., corps de musi- 
que dans lequel sont represents les instr. k 
vent et les instr. k percussion (grosse caisse, 
cymbales, triangle, etc.). 

Jankb, Paul von, n6 k Totis (Hongrie) le 
2 juin 1856, fils du directeur des domaines de 
la familie Esterhazy, Michel von J., 616ve du 
Polytechnicum et du Conservatoire (Hans 
Schmitt, Jos. Krenn et Antoine Bruckner) de 
Vienne, puis, de 1881 k 1882, inscrit & la faculty 
des sciences (math£matiques) de rUniversit6 
de Berlin, oft il prit en m&me temps des lecons 
de piano d'H. Erlich. J. inventa, en 1882, un 
nouveau syst^me de clavier, que Ton peut con- 
sider comme un perfectionnement du clavier 
chromatique dont Vincent avait eu Tid6e;le 
progr&s r£alis6 par J. est tr&s sensible, en ce 
sens que le nouveau clavier ne d£truit pas 
pour l'oeil l'image de l'&chelle fondamentale (ut 
majeur). Ce clavier se compose de six rang£es 
de touches superposees et formant un plan in- 
cline, mais ne repr&entant qu'une seule 6chel- 
le chromatique, par le fait que les quatre ran- 
ges sup6rieures sont de simples reproductions 
des deux rang&es inferieures ; chaque levier 
correspond done k trois touches r£parties sur 
trois ranges diffSrentes. Le syst^me de J. a 
Svidemment des avantages tr&s attrayants 
(Textension n£cessaire pour l'octave e6t r£duite 
de */ 7 , sur celle qu'exigent les claviers ordinai- 
res) et donne naissance k une quantity d'eflets 
nouveaux. Cf. glissando. Son defaut capital 
reside dans la difficult^ qu'il y a k jouer sur les 
rangGes sup&rieures de touches. J. a d£crit 
son invention dans une brochure assez consi- 
derable et la presente, depuis 1886, dans des 
tourndes de concerts. Hans Schmitt a ecrit des 
Etudes, etc. pour ce nouveau piano, et quel- 
ques pianistes (M»« Gulyas, Karl Wendling, 
etc.) se sont fait une speciality du jeu des pia- 
nos J. 

Jannaconi (Janacconi), Giuseppe, n£ k Borne 
en 1741, m. le 16 mars 1816; Tun des derniers 
reprdsentants des traditions de 1'Ecole romaine 
(v. Palestrina), ami de Pisari, el&ve de Baini 
et de Basili; succeda k Zingarelli, en 1811, 
comme maltre de chapelle de la eath£drale de 
St-Pierre, k Rome, lorsque celui-ci prit la di- 
rection du Conservatoire de Naples. J. occupe 
un rang 61ev£ parmi les compositeurs de mu- 
sique dVglise, mais ses ceuvres sont restees 



manuscrites (k Rome), ce sont : une Messe, un 
Te Deutiiy un Magnificat, un Dixit Dominus 
et un Tu es Petrus k 16 voix ; trente autrea 
Messes jusqu'd 8 voix, avec et sans orgue ou 
instruments; quarante-huit psaumes, avec et 
sans accompagnement instrumental; une quan- 
tity de motets, d'offertoires, d'antiennes; enfin,. 
des canons, dont un k 64 voix, un k 24 voix, 
deux k 16, un k 12, et plusieurs k 8 et k 4 voix,. 
avec plusieurs sujets. 

Jannequin (Janequin, Jexnekin), Clement,. 
remarquable contrapontiste beige ou francais,, 
sur la vie duquel nous ne possedons aucun 
renseignement quelconque, eldve de Josquin de 
Pr&s. On a conserve de lui : des Messes ma- 
nuscrites (k Rome); Sacrae canliones sen mo- 
tectae 4 voc. (1538); des chansons (le plus 
souvent les m£mes, tantdt plus, tanWt moins 
nombreuses) dans des Editions sp£ciales d'At- 
taignant (1583, 1587), Jacques Moderne (1544), 
Tylman Susato (1545), Le Roy et Ballard (1559) : 
Proterbes de Salomon mis en canliques et 
ryme francais (1558); Octante psaumes de 
David (1559). On trouve en outre des morceaux 
d£tach£s,du meme auteur,dans les anthologies 
de Gardane: Di CUment J. et cCaltri ecclen- 
tissimi authori vinticinque cansoni francesi 
(k quatre voix, 1538), Seiectissimae necnon fa- 
miliarissimae canliones ultra centum (k qua- 
tre voix, 1540), Irium vocum canliones cen- 
tum (1541), et d'Attaignanl : livr. xi 4 xvn de 
la grande anthologie de chansons (1542-1545), 
livr. vn et vin des Qiansons nouvellement 
composes (1557 k 1558), livr. x du Recueil des 
recueils (1564). Voici les titres des chansons 
(Inventions) les plus cetebres de J., chansons 
quil'ont fait appeler le «musicien descriptif » 
du xvi* 8. : La bataille (de Marignan [1515], 
primitivement k quatre voix, auxquelles Ver- 
delot en ajouta une cinqui&me ; nouv. £d. par 
J.-B. Weckerlin), La guerre, Le coquet des 
femmes, La jalousie, Le chant des oiseaux* 
La chasse au lievre (deux morceaux), La chas- 
se au cerf, L'alouette, Le rossignol, La prise 
de Boulogne. 

Janowka, Thomas-Balthasab, n& k Kntten- 
berg, en Boh£me, vers 1(560; licenci6 en philo- 
sophic et organiste k Prague, est Tauteur du 
plus ancien diclionnaire de musique, si Ton 
fait exception du Diffinitorium de Tinctor. Son 
ouvrage est intitule : Clams ad thesaurum ma- 
gnae artis musicae (1701). 

Jansa, Leopold, ne a Wildenschwert (Boh£- 
me), en 1794, m k Vienne le 25 janv. 1875; fit 
son droit a Vienne, mais se voua ensuite a la 
musique et travailla stirtout le violon. D fut 
nomm^ en 1824, membre de l'orchestre de la 
cour et, dix ans plus tard, directeur de musique 
de rUniversit£, k Vienne; de plus, il organisa 
des soirees de musique de chambre rSguli&res. 
11 fut expulse plus tard de Vienne, pour avoir^ 
en 1849, prete son concours k un concert orga- 
nise a Londres au b6n£fice des insurrection- 
nistes hongrois, bannis de leur patrie. II resta 
k Londres jusqu'en 1868, tr£s estim£ comme 
maitre de violon, puis proflta de l'amnistie 



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JANSEN — JA.QUES-DALCROZE 



393 



pour rentrer k Vienne oil il recut m6me une 
pension de T£taL J. est 1'auteur d*un grand 
nombre d'oeuvres pour violon: fantaisies, va- 
riations, rondos, plusieurs concertos, sonates ; 
il a ecrit, en outre, des qaatuors et des trios 
pour instr. k archet, des duos pour deux vio- 
lons, un Rondeau concertant pour deux vio- 
lons et orchestre et quelques morceaux de 
musique d'6glise (offertoire pour tenor, violon 
solo, choeur et orchestre). 

Jansen,<5usTAv-F., n£ k Jever le 15 dec. 1831, 
directeur de musique et organiste du d6me, k 
Verden, a ecrit : Die Davidsbimdler ; aus R. 
Schumanns Sturm-und Drangperiode (1883), 
r^cit quelque peu fantaisiste de la p&riode la 
plus interessante de la vie artistique de Schu- 
mann. J. von Wasielewski s'est attache, dans 
sa Schumanniana, a r£futer d'une facon peul- 
etre trop s&che les assertions de J. Ge dernier 
a publie, en outre, des lettres de Schumann : 
R. Schumanns Brief e, neue Folge (1886). 

Janssen, 1. N.-A., organiste k Louvain, et, 
pendant quelque temps, moine chartreux, a 
ecrit : Les vrais prxncipes du chant gregorien 
(1845 ; 6d. all. par Smeddinck, sous le titre : 
Wahre Qrundregeln des Gregorianischen 
oder Choralgesangs, 1847). — 2. Julius, n£ k 
Venloo (Hollande) le 4 juin 1852; eieve du 
Conservatoire de Cologne, fut, de 1872 a 1876, 
maltre de musique dans la Bussie septentrio- 
nale, puis, de 1876 k 1882, directeur de la « So- 
ci&6 de musique* de Minden. II est depuis 
lors directeur de la < Societe de musique • et du 
c Choeur d'hommes » de Dortmund ; il a re<?u, 
en 1890, le titre de « directeur de musique de la 
viUe», et dirige les festivals de musique de 
Westphalie. J. s'est aussi rev616 compositeur 
de talent par quelques lieder. 

Janssens, Jka.n-Fran$ois-Joseph, composi- 
teur de renom, ne k Anvers le 29 janv. 1801, 
m. dans la m£me ville le 3 f£vr. 1835 ; eieve de 
son p&re, qui etait directeur de musique d*6gli- 
se, et, pendant deux ans, de Lesueur k Paris, 
fit ensuite son droit, sur le d£sir de sa famille, 
et devint, en 1826, notaire k Hopoken, pros An- 
vers. II attira les regards sur lui par l'ex£cu- 
tion de grandes ceuvres musicales et fut bien- 
tdt mis k la tete d'une « Societe de musique ». 
II transfera son etude de notaire en 1829 k Ber- 
chem, en 1831 k Anvers; mais le siege d' An vers 
l'obligea, l'ann^e suivante, k se r^fugier en Al- 
lemagne. A peine arrive k Cologne, il eut le 
malheur de perdre tons ses manuscrits et tous | 
ses effete, dans un incendie de l'hdtel oil il 
etait descendu; la frayeur et le chagrin que lui 
causa cet accident troubl&rent sa raison et 
amenirent, apr&s une longue et p^nible agonie, 
le denouement fatal. J. 6tait en son temps Tun 
des compositeurs les plus remarquables de la 
Belgique; ses (Buvres principals sont: cinq 
Messes k quatre voix, avec orchestre ; un Te 
Deum; des motets; des psaumes, hymnes, etc., 
avec orchestre; plusieurs cantates (Missolon- 
yhi; Le rot); une symphonie couronnee dans 
un concours, k Gand ; une autre intitulee : Le 
lever du soleil ; deux operas-comiques (Le pere 



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rival et Lajolie fiancee); des fantaisies pour 
musique d'harmonie ; des romances, etc. 

Japha, 1. Georo- Joseph, n6 k Koenisberg le 
28 aout 1835, m. k Cologne le 25 Kvr. 1892 ; eie- 
ve de Ferd. David et Bairn. Dreyschock (vio- 
lon) au Conservatoire de Leipzig (1850-1853), 
puis d'Edm. Singer qui sejourna, en 1853, quel- 
que temps a Konigsberg, et enfin d'Alard, k 
Paris. II fit partie, de 1855 k 1857, de Torches- 
tre du Gewandhaus, a Leipzig, se fit entendre 
frequemment comme soliste, entreprit, en 1857 
et 1858, une tourn&e de concerts en Hussie, puis 
v^cut, de 1858 k 1863, comme maitre de musi- 
que a Koenigsberg od il fonda une association 
de musique de chambre (1863, avec Adolf Jen- 
sen). Enfin, il rem porta k Londres, en 1863, de 
grands succ^s comme soliste et quartettiste et 
fut appeie, la mfrme annee, au poste de con- 
certmeister de Torchestre du Gurzenich, et de 
professeur au Conservatoire de Cologne. — 2. 
Luisb (Langhans-J.), nee k Hambourg le 2 
f6vr. 1826, y re^ut ses premidres lemons de mu- 
sique de Fritz Warendorf (piano), G.-A. Gross 
et Wilh. Grund (thSorie et composition), puis 
travailla le piano et la composition, k Dussel- 
dorf, en 1853, aupr£s de Bob. et de Clara Schu- 
mann. Elle epousa, en 1858, W. Langhans (v. 
ce mot), et se cr&a une excellente reputation, 
soit comme pianiste, soit comme auteur deiicat 
de morceaux de piano, de quatuors pour instr. 
a archet, de lieder, etc. ; elle passa meme,4 Pa- 
ris, 1863 k 1869), pour Tune des meilleures inter- 
pretes de la musique allemande, et plus parti- 
culi^rement de celle de Schumann. Louise J. 
se fit du reste entendre aussi en Allemagne, k 
diverses reprises, et vit depuis 1874 a Wiesba- 
den. 

Jaques-Dalcroze, Emile, ne k Vienne (Autri- 
che), de parents suisses, le 6 juil. 1865, arriva 
en 1873 a Geneve, et y prit dix ans plus tard 
son baccalaur£at 6s lettres, tout en travaillant 
dej& la musique au Conservatoire de Geneve. 
Apres avoir debute, en 1882, par un op6ra- 
comique represente k Geneve: La soubrette > 
J. se rendit en 1884 a Paris, dans le but de s'y 
perfectionner, et y composa une operetle : Ri- 
quet a la houppe (non representee). D accepta 
l'ann£e suivante le poste de chef d'orchestre au 
theatre d'Alger, et ecrivit alors une nouvelle 
piece en un acte: LEcolier (non representee); 
mais, une fois son engagement termine, il par- 
tit pour Vienne oil il travailla surtout la com- 
position, sous la direction de B. Fuchs et de 
Bruckner. Entre temps, il faisait entendre, a 
Geneve, une charmante petite piece en un acte: 
Par les bois. De Vienne, J. se rendit de nou- 
veau k Paris, oft il suivit les classes de L. Deli- 
bes, et travailla principalement Torcheslration; 
puis il rentra k Geneve et y fit, k plusieurs re- 
prises, de captivantes causeries sur toutes sor- 
tes de sujets d'histoire et d'estheiique musica- 
les. Enfin, en 1892, il fut appeie, par la direction 
du Conservatoire, au poste de professeur d'har- 
monie, et plus tard, de solfege superieur. Des 
lors, J. consacra de plus en plus le temps 
que lui laissent les devoirs du professoral a la 

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394 



JAQUET — JEHIN 



composition, ainsi qu'a la diffusion soit de ses 
propres oeuvres, soit de celles qui lui sont sym- 
pathiques et se raltachent particulterement a la 
jeune 6cole francaise. Son talent, k la fois auda- 
cieux et sincere, se manifeste dans un melange 
de poesie et d'humour, dont les Chansons r<h 
mandes et Ches nous (nouvelles chansons ro- 
mandes) surtout, fournissent, dans les petites 
formes, l'exemple le plus exquis. J. a donn6 
successivement : La veillee (choeurs, soli et or- 
chestra), et des fragments d'un drame lyrique 
en trois actes, Le violon maudit (1893);* Jante 
(comedie lyrique, poeme de Godet; Geneve, 
1893; trad. all. par F. Vogt, Stuttgart, Franc- 
fort s/M., 1895) ; Poeme atpestre (cho?urs, soli 
et orchestre; Exposition de Geneve, 1890; trad, 
angl. par E. Combe, Londres, 1897); enfin, 
Sancho Panca (comedie lyrique en quatre 
actes, poeme dTve Plessis; sera representee k 
Geneve, 1897). II a publie, en outre, chez 
Fritzsch (Leipzig), Hatzfeld (Stanley Lucas, 
Londres), Baudoux (Paris;, et Henn (Geneve) : 
deH pieces pour piano, piano et violon, piano 
et violoncelle, des lieder (texte allemand) et des 
melodies (une trentaine), puis, chez Eggimann 
(Geneve) : des Exercices pratiques d'intonation. 
J. redige, depuis la tin de 1890, la Gazette mu- 
sicale de la Suisse romande, a laqueile il avait 
fourni auparavant, comme a. d'autres jour- 
naux et revues, de nombreux articles de po- 
lemique artistique toujours mordante et spiri- 
tuelle. 

Jaquet, v. Buus. 

Jarnowic (Giornovichi), Giovanni-Mane, vio- 
loniste et compositeur, ne a Palerme en 1745 
(mais certainement d'origine polonaise), in. a 
St-P6tersbourg le 21 nov. 1804; eleve de Lolli, 
se fit entendre, en 1770, dans un concert spiri- 
tuel, el devint bientot le heros du jour, tant 
comme virtuose que comme compositeur, (de- 
pendant, il dul quitter Paris, a la suite de que- 
relles sur des questions d'honneur; il arriva en 
1779 a Berlin, partit de la, quatre ans plus tard, 
pour Vienne, Varsovie, St-P&lersbourg, Stock- 
holm ou il fut tres f&le, mais fut ecarte par 
Viotti, a Londres, en 1792. De 1790 a 1802, J. 
vecut sans situation a. Hambourg, pais se ren- 
dit, en passant de nouveau par Berlin, k St- 
Petersbourg. Ses oeuvres sont d'aliure agreable 
et facile, ce sont : seize concertos de violon 
(avec orchestre k cordes, 2 hautbois et 2 cor3), 
dout quelques-uns passent pour Hre en realite 
de Saint -George; six quatnors pour instr. k 
archet; une quantite de duos pour violons et un 
cahier de sonates de violon avec basse. 

Jean (Joao) IV, roi de Portugal, ne k Villa- 
Vicosa le 19 mars 1004, monte sur le trone en 
1040, m. a Lisbonne le nov. 1050; a ecrit : 
Defensa de La musica moderna contra la 
errada opinion del obispo Cyrillo Franco 
(anonyme, 1649), et Respuestas a las dudas 
que se puzieron a la missa « Pants quern 
ego dabo » de Palestrina (1054), ouvrages qui 
tous deux furent traduits en italien. De plus, 
il a compose: douze motets (1057), Magnificat 
k quatre voix, Dixit dominus a buit voix, Lau- 



I date dominum a huit voix, Crux fldelis k qua- 
tre voix, etc. 

Jean Damascene (Johannes Damascenes), de 
son vrai nom Jean Chrysorrhods, de Damas, 
n£ vers Tan 700 de l'&re chretienne, m. au con- 
vent de Saba, pres Jerusalem, vera 700; pre- 
mier dogmaticien de TEglise grecque, organi- 
sateur du chant ecclesiastique et reformateur 
de la notation byzantine, il fut canonise par 
TEglise grecque, puis par TEglise romaine. II 
n'existe jusqu k ce jour aucune etude appro- 
fondie et d£taillee du systeme de notation by- 
zantin, de m£me que la liturgie byzantine est 
loin d'avoir 6t6 etudiee k fond. Citons cepen- 
dant, parmi les contributions a la connais- 
sance de Tune comme de Tautre, les ouvra- 
ges suivants : Cyriakos Philoxenos, A£?*x©> nrj 
tXXwixw lxKX£<Tix<rrix>i$ fAQvrDws ( 1808 ) ; W. 
Christ, Beit rage sur kirchlichen Littera- 
tur der Byzantiner (1870, tirage a part des 
comptes rendus des seances de TAcademie 
royale des sciences, de Baviere); M.-C. Parani- 
kas, Beitriige sur bysantinischen Litteratur 
(1870, id.); H. Biemann, Die M«pn>f*«i der by- 
santinischen liturgischen Notation (1882, id.); 
Tzetzes, Die altgriechische Musik in der grie- 
chischen Kirche (1874, dissertation); Gardt- 
hausen, Bextrdge sur griecJiischen Palaogra- 
phie (1880; dans les cotnptes rendus des sean- 
ces de la Societe royale des sciences, de Saxe 
[classe d'histoire et de philologiej). Cf. byzan- 
tine. 

Jean le Coq, v. Gallus 2. 

Jehan, v. Gallus 2. 

Jehin, L Lfcox-NoE l- Joseph, n& k Spalel7 
juil. 1853, commence ses etudes musicales sous 
la direction de son pere, directeur de TEcole 
de musique de Spa, puis entra en 1804 au Con- 
servatoire de Liege, et, en 1805, a celui de 
Bruxelles ou il travailla sous la direction de 
Leonard (violon), Michelot (piano), Bosselet 
Ku lie rath et Gevaert (theorie et composition). 
Tout en faisant deja partie, comme premier 
violon, de Torchestre du Tliedtre de la Mou- 
naie (1870-1880), il suivit encore pendant deux 
ans le cours de perfectionnement organise par 
Vieuxtemps. II fut nomine, en 1881, professeur 
adjoint d'harmonie au Conservatoire royal de 
Bruxelles et chef d'orchestre du Theatre d'An- 
vers, mais passa Tannee suivante deja au 
The&tre de la Monnaie, a Bruxelles, et y rem- 
plit avec la plus grande distinction, de 1882 a 
1888, les fonctions de second chef d'orchestre. 
II dirigea en mdme temps les concerts du 
Vauxhall et ceux de TAssociation des artistes 
musiciens. Enfin, il fut appele a la direction de 
Torchestre du Theatre et des concerts de 
Monte-Carlo, tandis que, pendant les saisons 
d'ete, il remplissait les m&mes fonctions d'abord 
a Koyan 9 puis a Aix-les-Bains. Entre temps, il 
conduisit pendant deux saisons (1892), l'or- 
chestre de Covent-Garden, a Londres. J. avait 
epouse. en 1891, M n ° Blanche Deschamps, 
cantatrice scenique remarquable, et qui fait 
partie du personnel de TOpera de Paris. En 
tant que compositeur, J. a fait preuve d'habi- 



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JELENSPERGER 

let6 et de bon gout, on a de lui : une Suite de 
toilet (quatre parties) et une Marche jubilaire 
pour orchestre, un Minuetlo pour petit orches- 
tre, une EUgie pour instr. a archet, une Ro- 
mance pour violon et orchestre, et plusieurs 
melodies pour chant et piano. — 2. Franqois 
J.-Prume, n6 k Spa le 18 avr. 1839; 6galement 
eteve du Conservatoire de Bruxelles, est un vio- 
lonisle de talent. II vecut, de 1875 a 1888, k 
Montreal (Canada), et depuis lors a Bruxelles. 

Jelensperger, Daniel, ne dans les environs 
<de Mulhouse (Alsace), en 1797, m. dans la 
mdme locality le 31 mai 1831; arriva a Paris, 
en qualite de simple copiste pour Vimpression 
musicale lithographique, etudia la theorie mu- 
sicale sous la direction de Reicha, dont il de- 
Tint r6p&iteur, puis professeur suppliant, au 
Conservatoire. En 1820, il accepta la direction 
d'une entreprise d'editions, fondee par un cer- 
tain nombre de professeurs du Conservatoire, 
pour la publication de leurs propres oeuvres 
(Reicha, Dauprat et d'autres). C'est alors que 
J. ecrivit le traits d'harmonie qui fut public 
apr&s sa mort : Lharmonie au commencement 
du dix-neuvietne siecle et mithode pour l&tu- 
dt'er (1830; <ki. all. par Hseser, 1833). II publia 
en outre FSdition francaise de la « Mithode de 
piano* de J. Hummel, et de la « Mithode de 
chant choral », de Haeser. 

Jelinek, Franz -Xaver, n6 k Caurins, en 
Boh6me, le 3 d£c. 1818, m. a Salzbourg le7fevr. 
1880; £leve du Conservatoire de Prague, devint 
en 1841, professeur de hautbois et archiviste 
du t Mozarteum », a Salzbourg, ou il fut nom- 
m6 plus tard directeur du chceur du Ddme. 
J. a £crit de la musique vocale religieuse, des 
chceurs pour voix d*hommes, etc. 

Jenkins. John, ne k Maidstone en 1592, m. k 
Kimberley (Norfolk) le 27 oct. 1678; virtuose 
sur le luth et la viole, musicien de la chambre 
des rois Charles I et Charles II, auteur d'un 
grand nombre de Fancies (fantaisies) et de 
Hants («folles idees», caprices) pour orgue, 
violes, etc. La plupart de ces oeuvres sont con- 
serves, en manuscrit, a Oxford; seuls, quel- 
ques rants ont paru dans les anthologies sui- 
Tantes, de Playford : Courtly mashing ayres 
<18G2), Mustek's handmaid (1678), Apollo's 
banquet (1690). Mais J. publia lni-meme un 
certain nombre d'autres oeuvres : Twelve sona- 
tas for violins and a base with a thorough 
basse for the organ or theorbo (1660 et 1664); 
Theophila (airs pour un poeme de Benlowe, 
1652); une 61egie sur la mort de W.Lawes, im- 
primee a la fin des Choice psalmes de ce der- 
nier (1648); deux rondels, dans Catch that catch 
can, de Hilton (1652); des melodies, dans Select 
ayres and dialogues (1650) et The musical 
companion (1672), etc. 

Jennekin, v. Jannequin. 

Jensen, 1. Adolf, n£ a Koenigsberg (Prusse) 
le 12 janv. 1837, m. a Baden-Baden le 23 janv. 
1879. En majeure partie autodidacte, il ne fut 
que pendant deux ans 61&ve d'Ehlert et de 
Marpurg, alors que son exquis talent de com- 
positeur de lieder s'etait deja manifeste en par- 



JENSEN 



395 



tie. En 1856, J. v6cut en Russie, comme maitre 
de musique, puis il accepta, Tannee suivante, 
le poste de chef d'orchestre du theatre de Po- 
sen; cependant, en 1858 d£j&, il se rendit a Co- 
penhague, aupr&sde Gade, pourlequel il avait 
de grandes sympathies artistiques, rentra au 
bout de deux ans k Kcenigsberg et y acquit 
rapidement une haute notoriete, tant comme 
compositeur que comme professeur. De 1866 k 
1868, J. professa k TEcole superieure de piano, 
fondee par C. Tausig, a Berlin, mais sa sante 
chancelante l'obligea k se retirer; il se rendit 
en premier k Dresde, puis en 1870 a Graz, et 
passa les dernieres amines de sa vie a Baden- 
Baden. II succomba, a la fleur de Tdge, a la 
phtisie, qui, lentement, mais surement, avait 
accompli son ceuvre. On doit considerer J., 
bien plus encore que Rob. Franz, comme llie- 
ritier de Schumann, dans Tart de la composi- 
tion du lied, d'ou il ne faudrait cependant pas 
conclure k une servile imitation de la part de 
J.; Tintensite du sentiment, la transfiguration 
du poeme par la m£lodie sont choses qui ne se 
peuvent contrefaire. Les uombreux recueils de 
lieder de J., du premier (op. 1) au dernier (op. 
61), renfermenl un veritable tresor de senti- 
ments poetiques et musicaux; la plupart d'en- 
tre eux ont paru sans autres titres que : 6 Lieder 
(op. 1), 7 Lieder (op. 11), etc. D'autres, par con- 
tre, forment des cycles ayant chacun un titre 
general: Dolorosa (d'apres les «Larmes» de 
Chamisso, op. 30) ; Gaudeamus (12 po£mes de 
Scheffel, op. 40) ; deux recueils de 7 lieder cha- 
cun, extraits du Spanisches Liederbuch 9 de 
Geibel et de Heyse (op. 4 el 21); Romanzen 
wnd Balladen (poemes de llamerling, op. 41), 
etc. J. a aussi ecrit quelques series de cho?urs 
(op. 28 et 29) ; deux chceurs pour voix mixtes, 
avec deux cors et harpe (ou piano, op. 10), elc; 
enfin, un choix de lieder, en deux volumes, a N 
paru sous le titre Jensen- Album. J. a aussi J 
6crit pour piano, surtout de petites pieces lyri- 
ques qui lui assignent un rang elev6 parmi les 
repr£sentants de cette forme d'art, ce sont 
entre autres : Innere Stimmen (op. 2), Wan- 
derbilder (op. 17), Idyllen (op. 43), Eroticon 
(op. 44), Hochzeitsmusik (a quatre mains, op. 
45), une sonate (op. 25), une suite allemande 
(op. 36), Romanlisdie Sludien (op. 8), des etu- 
des (op. 32), des fantaisies, danses, romances, 
nocturnes, etc. II a enfin publie : Jephthas 
Tochter, pour chcrur, soli et orchestre, her 
Gang der Jilnger nach Emmaus, pour orches- 
tre, et laisse la partition manuscrite complete 
d'un opera intitule Turandot. Cf. A. Niggli, 
Adolf Jensen (1894). — 2. Gustav, ne a Koenigs- 
berg (Prusse) le 25 dec. 1843, m. a Cologne le 
26 nov. 1895; eleve, a Berlin, de S. Dehn, F. 
Laub et J. Joachim, violoniste et compositeur, 
fut nomine, en 1872, professeur de contrepoint 
au Conservatoire de Cologne; a publie de la 
musique de chambre (suite, op. 3, pour piano 
et violon ; trio, op. 4 ; sonate de violon, op. 7; 
quatuor pour instr. a archet, op. 11), des mor- 
ceaux pour piano, des lieder, des chuuirs, etc. 
II a edite, en outre, des ueuvres anciennes pour 



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396 



JEU — JOACHIM 



le violon (Klassische Violinmusik, chez Auge- 
ner, k Londres), et laisse en manuscrit une Edi- 
tion allemande du traits de contrepoint de Che- 
rubim {6dit6e par O. Klauwell, 1897). 

Jeu, 1. Terme dont on se sert pour designer, 
dans l'orgue, une serie complete de tuyaux de 
meme timbre et disposes sur un ou, dans les j. 
de mutation (v. ce mot) plusieurs rangs corres- 
pondant aux touches du clavier et du p£da- 
lier. Le j. est ajoute ou retranche de l'ensem- 
ble au moyen d'un registre (v. ce mot) que, par 
un simple bouton, l'organiste manie avec faci- 
lity. Les j. dont le nombre augmente conti- 
liuellement, grdce aux inventionB toujours plus 
rafRnees des facteurs d'orgue, se laissent ce- 
pendant ramener k deux grandes categories 
determinees par le mode de production du son: 
a. J. a bouches, v. ixstr. a vent et bouche; b. 

J. A AXCHES, V. INSTR. A VENT et ANCHE. LeS j. A 

anches de l'orgue ne different au fond que tr&s 
peu les uns des autres, si Ton fait abstraction 
de quelques j. doux, k anches libres, tels que 
l^oline, le physharmonica, etc. Selon l'epais- 
seur, la resistance de l'anche, la pression de 
Fair est plus ou moins forte et le son par con- 
sequent plus ou moins puissant; de plus, le 
pavilion 6vas£ k l'extr6mite sup£rieure (en 
forme d'enlonnoir) renforce la sonority, tandis 
que le pavilion r6tr£ci k l'extremite superieure 
(demi-bouche; coniquejramoindrit. C'est ainsi 
que Von peut obtenir un certain nombre de j. de 
caract6res plus ou moins divers : trombone 
(serpent, bombarde, tuba, ophicieide), trompette 
(clarino), basson (duleian), hautbois, clarinet- 
te, chalumeau, cornet (Zink), cor de basset, cor, 
etc. On avail en outre, autrefois : « sordun », 
« Rackett », « B&rpfeife », < Bassanelli », et tous 
les j. dont le nom etait combine avec celui de 
< regale. » Cf. orgue et les noms des diflerents j. 
— 2. On se sert aussi du mot j. pour designer 
Tensemble des cordes tendues sur un instr. k 
cordes ou aussi l'assortiment de cordes neces- 
saire pour Tun quelconque de ces instruments; 
ainsi, un jeu de cordes complet, pour le violon, 
comprend une corde de sol 4 , une dere 3 ,unede 
/a 3 et une de miK Le jeu de cordes d'un piano 
se compose d'un plus grand nombre, une ving- 
taine environ, de cordes de diverses grosseurs ; 
il est de % toute importance de remplacer la cor- 
de qui a saute par une autre d'egale grosseur, 
afln que la sonorite de Instrument reste bien 
egale el homogene. — 3. C'est dans un sens 
analogue k celui qui precede, que Ton parle de 
jeu de timbres, c.-&-d. d'une serie de lames 
d'acier, accordees et dispones sur un cadre en 
forme de lyre (v. ce mot, 3). Frapp6es au 
moyen d'un petit marteau de bois (ou d'une 
serie de marteaux, lorsque le j. de timbres est 
pourvu d'un clavier), les lames ont une sono- 
rite claire et metailique qui fit adopter le j. de 
timbres dans la plupart des musiques militai- 
res, et plus tard, en vue de certains effete ca- 
racteristiques, dans l'orchestre de theatre et de 
concert. 

Joachim, Joseph, le violoniste classique ac- 
tuellement sans rival, ne k Kittsee, pres Pres- 



bourg, le 28 juin 1881, fut un enfant prodige et 
se fit entendre k l'Age de sept ans deji avec 
son premier maitre Szervaczinski, concertmeis- 
ter au theatre de Budapest. En 1838, il entra au 
Conservatoire de Vienne et travailla si bien,, 
sous la direction de Bohm, qu'il put jouer en 
1843 k Leipzig, dans un concert de M rae Viardot- 
Garcia d'abord, et, peu apres (au mois de no- 
vembre de la meme annee), au « Gewandhaus »; 
y remporta, aupres d'un public difficile, lea 
plus briUants succes. J. resta k Leipzig pen- 
dant les six annees qui suivirent ses debuts ; 
repoque Mendelssohn-Schumann brillait alors. 
dans tout son eclat, et le jeune musicien se de- 
veloppa surtout sous l'influence de Mendels- 
sohn. H se fit entendre au « Gewandhaus », en 
1844, dans le concerto de Maurer pour quatre 
violons; ses partenaires etaient Bazzini, de 
passage k Leipzig, Ernst et David. II est cer- 
tain que les tendances artistiques distinguees 
du monde leipzicois d'alors eurent une influence 
decisive sur le jeune musicien, dont les idees 
furent ainsi dirigees vers tout ce qu'il y a de 
plus eieve et de plus noble dans Tart. C'est de 
Leipzig -que se repandit d'abord la renommee 
de virtuose de J.; il entreprit quelques tournees- 
de concerts, joua en 1844 dejd k Londres, sur 
la recommandalion de Mendelssohn, y retourna 
en 1847, en 1849, et des lors frequemment, jus- 
qu'au jour oft, acceptant les brillantes proposi- 
tions qu'on lui faisait, il s'engagea k y jouer 
chaque annee. En 1849, il fut nomme concert- 
meister k Weimar, mais ses sympathies pour 
les tendances neo-allemandes personnifiees k 
cetle epoque d^jd par Liszt, furent de courte 
duree; il echangea ce poste en 1854 contre celui 
de concertmeister et de virtuose de la chambre 
du roi, a Hanovre. II epousa, en 1863, Amalir 
Weiss (de son vrai nom Sgmneeweiss, nee k 
. Marbourg, en Styrie, le 10 mai 1839), cantatrice 
douee d'une voix d'allo superbe, et qui, apres 
avoir ete engagee k Hermannstadt, puis au 
the&tre de Karntnerthor a Vienne, faisait partis 
depuis 1862 du personnel de 1'Opera de Hano- 
vre. M"* Joachim renonca au theatre et se 
voua exclusivement au concert ; sa renommee 
de cantatrice de lieder est k peine infeheure k 
celle de violoniste de J. Iui-m6me. On ne lui 
connait point de rivale comme interprete de 
Schumann. Peu apres les evenements de 1866, 
leB epoux s'etablirent k Berlin, ou J. prit en 
1868 la direction de YAcad&mze royale de mu~ 
sique qui venait d'etre fondee, et qui prit d'an- 
nee en annee une plus grande importance. 
L'organisation de l'etablissement fut ensuite 
transformee et la direction confiee k tour de 
rdle k chacun des professeurs super ieurs; en 
1895 seulement, par decret imperial, J. fut reta- 
bli seul directeur de YAcadimie royale de 
musique. Un groupe nombreux de violonistes 
s'etait rapidement forme autour du maitre ; la 
grande ecole de violon fut ainsi transferee, 
apres la mort de David, de Leipzig k Berlin. 
J. possede une technique des plus remarqua- 
bles ; tandis que l'eclat et le coloris du jeu de 
certains virtuoses, tels que Sarasate, captivent 



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JOBST BRANT 



JOMMELLI 



39? 



de prime abord m6me le musicien, le calme 
r£fl6chi,r616vation classique des interpretations 
de J. s'imposent en fin de compte victorieuse- 
ment II est un des maitres de son art qui m6- 
prisent la recherche de Teffet, et pour lesquels 
les intentions du compositeur sont Tid6al le 
plus61ev6; plus encore qu'il ne ravit et n'en- 
thousiasme, il impressionne fortement et il ins- 
trait Rien de plus instructif en eftet que de 
comparer, dans les concertos de Beethoven et 
de Mendelssohn par exemple, Vinterpr&ation 
de J- avec celle d'autres virtuoses en vogue. 
Le talent du maltre se r£v£le avec la mfcme in- 
tensity dans la musique de chambre que dans 
la musique de concert; les derniers quatuors 
de Beethoven, enparticulier, n'ont peut-6tre ja- 
mais eu de meilleurs interpretes que J. et ses 
partenaires de Ahna (Kruse, puis Halir), Wirth 
«t Haussmann, A Berlin. Depuis un certain 
nombre d'ann£es, J. est l'hdte annuel de Lon- 
dres pendant la season ; il y joue soit dans les 
concerts du Palais de crista!, soit dans ceux de 
la Soci&6 phiiharmonique, soit encore dans les 
seances de musique de chambre du samedi ou 
du lundi. Gomme "compositeur, il ne s'est fait 
connaltre que par un tr&s petit nombre d'oeu- 
vres, dont le style rappelle celui de Schumann: 
trois concertos pour violon (op. 3. en sol min. ; 
op. 11 A la hongroise; en sol maj., paru en 
1890), des variations pour violon et orchestre, 
un Andantino et allegro (op. 1) pour violon et 
orchestre, six morceaux pour violon et piano 
(op. 2 et 5), un Nocturne pour violon et orches- 
tres, des melodies hebraiques (op. 9) et des va- 
riations sur un th6me original pour alto et 
piano, plusieurs ouvertures (Hamlet, Deme- 
trius, A la mfonoire de Kleist, etc.), quelques 
marches et la Scene de Marfa (de Demetrius), 
pour alto solo et orchestre. 

Jobst Brant, v. Brant. 

Jodler (all. jodeln), c.-d-d. chanter d'une fa- 
£on particuli&re aux montagnards des Alpes de 
la Suisse et du Tyrol, consistant en une sorte 
de vocalise sans paroles, et qui passe frequem- 
roent, sans transition, de la voix de poitrine A 
la voix de t&te. Le terme lui-m6me n'est sans 
doute pas autre chose qu'nne onomatopee. 

JoBCher, Christian-Gottlieb. n6 A Leipzig, 
le 2o juil. 1694, professeur de philosophic et bi- 
bliothecaire dans sa ville natale, m. le 10 mai 
1758; a publte un AUgemeines Gelehrtenlexi- 
kon (1750, 4 vol.; augments par Dunfeel, 1755 A 
1760; continue par Adelung, 1784 a 1787; r£e- 
4U6 et continue par Rotermund, 1810 A 1822, 
6 vol.), qui renferme aussi des biographies de 
musiciens. La dissertation doctorale de J. parut 
sous le titre de : Effectus mmicae in hominem 
<1714). 

Johannes Cotto, v. Cotton. 

Johannes Damascenus, v. Jean Damascene. 

Johannes Gallus, v. Gallus. 

Johannes de Garlandia, v. Garlande. 

Johannes de Muris, v. Muris. 

Jommelli (Jomelli), Nicola, Tun des compo- 
siteurs sc^niques les plus importants de TEcole 
napolitaine, n6 a A versa, pi'es Naples, le 10 



sept. 1714, m. dans la m&me localite le 25 aout 
1824; re^ut les premieres lemons de musique du 
cfcanoine Mozzilo, A Aversa, devint, A l'dge de 
seize ans, 61&ve de Durante, an Conservatoire 
t Sant' Onofrio », A Naples, mais passa au bout 
de peu de temps au Conservatoire t delta Pie- 
la » ou Leo et Feo eurent une heureuse influen- 
ce sur le d£veloppement de son talent pour la 
composition. Ses premieres ceuvres, de petites 
pieces vocales et de la musique de ballet, n'eu- 
rent que peu de success. Ce fut en 1787 settle- 
ment qu'il donna son premier essai de musi- 
que scenique : Uerrore amoroso, sous le nom 
d'un musicien de second ordre, Valentino ; le 
succ&s fut, cette fois-ci, excellent, et J. donna 
l'annee suivante, et sous son nom, son premier 
op6ra: Odoardo. Sa reputation grandit rapi- 
dement et se r£pandit, en sorte que nous 
trouvons le jeune auteur, en 1740, a Rome 
(Rtctmero, Astianasse), et l'annee suivante a 
Bologne (Esio); il sejourna du reste assez 
longtemps dans cette derniere ville, et y fit de 
nouvelles Etudes de contrepoint, sous la direc- 
tion du P£re Martini. La reussite de son opera 
Merope, a Venise (1747), lui fit octroyer la place 
de directeur du Conservatoire « deir Incura- 
bili», dans cette ville: il £crivit alors plusieurs 
ceuvres pour double-choeur. En 1749, J. fut ap- 
pel6 au poste de suppleant de Bencini, maitre 
de chapelle de St-Pierre de Rome, et il con- 
serva ce poste jusqu'au jour ou il accepta, a la 
fin de 1758, celui de maitre de chapelle de la 
Cour, a Stuttgart. Pendant les quinze ann&es de 
son sejour dans cette ville, J. se familiarisa 
avec la musique allemande et apprit a traiter 
avec plus de soin Tharmonie et surtoui Tor- 
chestration de ses operas. Mais si, d'une part, 
cette transformation le fit monter dans Testime 
des Allemande, elle lui fit d f autre part un tort 
enorme aux yeux de ses compatriotes ; lors- 
qu'en 1769, peu apr£s la dissolution de TOpSra 
de Stuttgart (29 mars 1769), il rentra A Naples, 
il ne fut plus pour les Italiens qu un etranger, 
incapable de reconqu£rir la gloire pass£e. Ses 
derniers ouvrages, les meilleurs peut-dtre : 
Armida (1770), Demofoonte (1770), et Ifigenia 
in Aulide (1773), ne firent aucune impression 
sur le public du the&tre « San Carlo ». J. s'etait 
retire avec sa famille dans Tendroit ou il elait 
ne et vivait lantol A Aversa m6me, tanl6t dans 
les environs immediats de Naples. L'insucces 
de ses derniers ouvrages Tattrista profonde- 
ment et ne tarda m£me pas A amener sa mort, 
survenue peu apres qu'il eut achev£ son Mise- 
rere, pour deux soprani et orchestre, devenu 
celebre. On connait de nom environ cinquante- 
cinq operas et divertissements de J.: mais la 
plupart de ceux qui elaient entreposes A Stutt- 
gart, disparurent dans Tincendie de 1802. II a 
ecrit, en outre : une Passion, des oratorios 
(lsaceo ; Betulia liber ata ; Santa Elena al cat- 
vario; La nativita di Maria Yergine) % plu- 
sieurs cantates, Messes, psaumes, graduels, 
repons et autres morceaux de musique d'eglise 
parmi lesquels un certain nombre pour double 
choeur : Dixit (huit voix), Miserere (huit voix), 



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398 



JONAS 



JOURET 



Laudate (quatre soprani el double clueur), In 
convertendo (six voix soli et double clueurj, 
Magnificat (avec effets d'echo), et un hymne a 
St-Pierre. 

Jonas. Emile, n£ a Paris le 5 mars 1827, en- 
tra en 1841 au Conservatoire (Lecouppey et 
Carafa), obtint diverses recompenses et finale- 
men t, en 1849, le second prix de Home. II se 
voua a Toperette (genre Offenbach) et d£buta 
en 1855, aux Bouffes-Parisiens, avec Le duel 
de Benjamin, suivi bientcH de : La parade, Le 
rot boit, Les petits prodiges, etc. Pes lors, J. 
donna du reste une quantity considerable de 
musiquette. J. fut, de 1847 A 1866, professeur 
d'une classe de solf&ge el£mentaire, puis, de 
1859 A 1870, professeur d'une classe d'harmo- 
nie a Fusage des musiciens militaires, au Con- 
servatoire de Paris. Le comitS de direction de 
l'Exposition de Paris, en 1867, lui avait confix 
l'organisation de loutes les auditions de musi- 
que militaire. Enfin, en sa quality de directeur 
de musique de la synagogue portugaise, J., qui 
est d'origine israelite, a public en 1854 nn Re- 
cueil de chants hdbra'iques (A 1'usage dn culte). 

Joncidres, Fftux-LuooER Rossionol, dit Vio 
torin de J., n& A Paris le 12 avril 183$), entra 
au Conservatoire dans les classes d'Elwart, 
puis de Leborne, mais quitta Fetablissement a 
la suite d'une discussion qu'il eut avec Lebor- 
ne, au sujet de Rich. Wagner. J. fut en eflfet 
pour ce dernier Tun des enthousiastes de la 
premiere heure (il assistait en 1868, A Munich, 
A la premiere des « Maltres chanteurs »). II 
remplit, A c<Me de son activity de compositeur, 
les fonctions de chroniqueur musical de la 
• Liberty ». H convient de noter parmi ses o?u- 
vres, tout d'abord: la musique d' Hamlet: des 
operas : Sardanapale (1867), Le dernier jour 
de PompH (1869), Dimilri (1876; totis troiR au 
Thedtre lyrique), La reine Berthe ( 1878, Op£ra), 
Le chevalier Jean (1885, Op£ra-Comique); puis 
une Symphonie romantujue, une ode-sympbo- 
nie La mtr % une s£r£nade hongroise, une suite 
d'orchestre : Les Nubiennes, une Marche slave, 
un concert de violon, une ouverture de concert, 
etc. Si les opuvres de J. ne sont pas denuees 
d'attrait, gr&ce aleur allure moderne, elles man- 
quent trop d'unit& de style pour pouvoir Hre 
considerees comme des opuvres d*art parfaites. 

Jones, Robert, virtuose anglais sur le luth, 
tr£s en vogue au debut du xvn« s., a public : 
The first book of ayres (1601), The second book 
of songs and ayres (1601), « Ultimum ra/e», or 
the third book of ayres (1608), A musical 
dreame, or the fourth book of ayres (1609), 
The Muses gardin for delight, or the fift book 
of ayres (1611, en partie de une a quatre voix, 
en partie pour luth, gambe on basse de viole); 
puis un livre de madrigaux de trois A huit voix 
(avec violes « ad libitum »). On trouve en outre 
des morceaux detaches, du m A me auteur, dans 
Triumphes of Ariana (1601), Teares and la- 
mentations* de Leighton (1614), et Mnsica an- 
tica, de Smith (1812). — 2. John, m. A Londres 
le 17 fevr. 1796, organiste de l'^glise St-Paul, 
de « Middle Temple* et de • Charter House », a 



public : 60 chants single and double (1785). On 
sail que Haydn avait et£ profondement emu 
par la simplicity et l'intensit6 m£lodique d'un 
de ces chants. — 3. William (J. of Nayland), 
n6 A Lowick (Northamptonshire, le 3 juil. 1726, 
m. A Xayland (Suffolk) le 6 janv. 1800; auteur 
d'un Treatise of the art of music (1784), de six 
morceaux pour orgue et de quatre anthems 
(1789). II a publie, de plus, une quantite d'au- 
tres ouvrages sur d'autres sujets n'ayant pas 
trait a la musique. — 4. William, celebre orien- 
taliste, ne a Londres le 28 sept 1746^ m. le 27 
avril 1794 ; fut pendant nombre d'annees juge 
A Calcutta, oil il eut le loisir d'&udier les us et 
coutumes de l'lnde. Le vol. VI de ses «*uvres 
completes est consacre a une etude On the 
musical modes of the Hindus (1799), qui a 
servi de base A l'ouvrage de Dalberg, sur le 
m A me sujet. — 5.. Edward, n£ A Henblas, pr A s 
Llanderfield (Pays de Galles), en 1752, m. A 
Londres le 18 avril 1824 ; issu d'une famille de 
bardes gallois, arriva A Londres en 1775, et y 
devint, en 1783, barde du prince de Galles (de- 
venu plus tard Georges IV). A public : Musical 
and poetical relicks of the icelsh bards, uHth a 
general history of the bards and druids, and 
a dissertation on the musical instruments of 
the aboriginal Britons (1786 [1794 j: 2« part.: 
The bardic museum, 1802 ; la 3 e part, etait en- 
train de pandtre au moment de la mort de 
l'auteur, et fut terminee peu apres; l'ouvrage 
entier renferme 225 melodies gailoises); puis 
d'autres recueils : Lyric airs (1804; melodies 
populaires grecques, albanaises valaques, tur- 
ques, arabes, per ses, etc.); The minstrels sere- 
nades; Terpsichores banifuet (pendant des 
• Lyric airs»); The musical miscellany; Musi* 
cat remains of Handel, Bach, etc.; Chotce col- 
lection of Italian songs; The musical portfo- 
lio (m&lodies populaires anglaises, £cossaises 
et iriandaises) ; Popular Cfteshire melodies; 
Musical trifles calculated for beginners on the 
harp; The musical bouquet (melodies popu- 
laires). — 6. Griffth, ecrivain anglais du com- 
mencement du si£cle, a ecrit pour X Encyclo- 
paedia Londinensis un abr A g£ d'histoire de la 
musique, qui a ete tir£ A part, sous le titre 
Music, et r6edit& en 1819, sous celui de : A his- 
tory of the origin, progress of theoretical and 
practical music (1819 ; trad. all. par Mosel ; 
Geschichte der Tonkunst, 1821). 

Jongleurs (lat. joculatores; en realite: bouf- 
fons; v. fv.ijoglars. jougleors), instrumentistes 
errants du moyen Age, assimiles parfois aux 
menestrels, m£netriers, etc. Gf. troubadours* 
coxfr&ries. 

Joseffy, Rafael, n6 A Pressbourg en 1852, 
pianiste doue d'une technique remarquable, 
£l£ve de Tausig. II est l'auteur de quelques 
morceaux pour piano et vit actuellernent A 
New- York. 

Josquin de Prds, v. Depres. 

Jouret, 1. THfeoDORE, n6 A Alh (Belgique), le 
11 sept. 1821, m. aux bains de Kissingen le 16 
juil. 1887, professeur de chimie A l'Ecole mili- 
laire de Bruxelles, auteur de melodies, de qua- 



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JUBILUS — JUMILHAG 



399 



tnors pour voix d'hommes et d*un opera-comi- 
que en un acte (Le mddecin turc* 1845; en 
collaboration avec Meynne). II fut egalement, k 
partir de 1846, correspondant musical de divers 
journaux et revues de la Belgique et de retran- 
ger (Guide musical, L'Art). — 2. Lfcox, fr^re 
du prudent, ne a Ath le 17 oct. 1828, eldve du 
Conservatoire de Bruxelles oil il fut nomm^en 
1874, professeur d'une classe d'ensemble vocal. 
H s'est fait connaitre, a partir de 1850, par un 
grand nombre de melodies, de chcpurs, de can- 
tates et quelques ceuvres de musique d'eglise. 
Le « Cercle artistique et litteraire » de Bruxelles 
a donn£, en outre, de J., deux operas : Quentin 
Metsys et Le tricorne enchante* accueillis avec 
faveur. 

Jubilus(lat.), au debut du moyen dge, syn. de 
neume, longue phrase meiodique sur une 
voyelle du texte (vocalise). 

Judenkunig, Hans, natif de Gmund, en 
Souabe, v6cut k Vienne ou il etait luthiste vir- 
tuose; a publie: Am schone kwnstiche under- 
weisung... auf der Lautten und Geygen, etc. 
(1523), un petit ouvrage du plus haut intgr&t 
pour Thistoire des instruments en question 
(BibL de Vienne). 

Jue, Edouard, ne k Paris en 1794, eigve du 
Conservatoire de Pails, puis de Galin (v. ce 
nom) dont il adopta la m&thode (meloplaste) 
pour son enseignement. II est l'auteur de : La 
musique apprise sans maUre (1824 et, des 
lors, frequemment) ; Solfdge meloplaste (1826) ; 
Tableau synoptique des principes de la musi- 
que (18:36). 

Jula, etait autrefois le nom d v un jeu harmo- 
nique de quinte, de 5 Va\ dans Torgue. 

Julien (Jullten), Louis-Antoine, ne k Siste- 
ron (Basses- Alpes) le 23 avril 1812, m. k Paris 
le 14 mars 1860 ; eidve de Haievy, an Conser- 
vatoire de Paris, ne sut jamais se soumettre k 
un travail assidu et fut finalement expulse de 
retablissement, k cause de son penchant de- 
clare pour la musique de danse. Ses danses, 
inarches, pots-pourris, etc , x devinrent du reste 
bien vitepopulaires, et J. joaissait d'une vogue 
considerable, en tant que directeur des concerts 
et des bals du cJardin turo. H ne dut pas 
motns s'enfuir, pour cause de dettes; il se ren- 
du en 1838 k Londres, y engagea un excellent 
orchestre et organisa des concerts-promenades, 
puis parcourut avec son orchestre TAngleterre, 
TEcosse, Tlrlande, voire mgme TAmerique. II 
fonda aussi un commerce de musique, k Lon- 
dres, pour pouvoir exploiter avec plus de pro- 
fit ses propres compositions. Cependant, il flnil 
par se ruiner entitlement, dans une entreprise 
d'opgra qu'il avait etablie pour repr^senter son 
op&ra : Pietro il grande. Fuyant de nouveau 
ses crganciers, il se dirigea sur Paris oil il fut 
arrdte et emprisonn6 pour dettes. II perdit la 
raison peu apres qu'il eiit ete remis en liberte. 

Jullien, 1. Marcel-Bernard, ne k Paris le 2 
f£vr. 1798, m. dans la meme ville le 15 oct. 1881 : 
secretaire general de la « Society des methodes 
d'enseignement », k Paris, r^dacleur en chef de 
la « Revue de Tlnstruction publique » et colla- 



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borateur principal de Littre pour le Diction- 
naive de la langue fran^aise, a ecrit : De quel- 
ques points des sciences dans rantiquite : phy- 
su/ue, m&rique, musique (1854), Theses sup- 
ptementaires de metrique et de musique an- 
cienne, etc. (1861), De Fttude de la musique 
instrumental dans les pensions de demoiselles 
(1848). — 2. Jban-Lucien-Adolphe, fils du pre- 
cedent, ne k Paris le 1 0P juin 1845, musicogra- 
phe, fit ses etudes litteraires au lycee Charle- 
magne, prit son grade de licencie en droit et 
acheva ensuite seulement ses etudes musicales, 
sous la direction de Bienaime, ancien profes- 
seur relraite du Conservatoire. II a collabore 
tres activement, depuis 1869, k la « Revue, et ga- 
zette musicale », au « Menestrel », Ala « Ghroni- 
que musicale », au * Guide musical », k V • Art », 
etc., ainsi qu'a la plupart des grandes revues 
francaises. D redige depuis vingt-cinq ans le 
feuilleton de critique musicale du « Moniteur 
universel » (avec lequel le « Fran^ais » fusionna 
en 1888); de plus, il est charge depuis 1898, en 
parlage avec Reyer, du feuilleton musical des 
« Debats ». J. a ecrit, en outre : Lopera en 
1788 (1873); La musique et les phitosophes 
au XVI II* s. (1873), Histoire du thddtre de 
fifm* Pompadour, dit tfUdtre des petits cabi- 
nets (1874), La com6die a la cour de Louis 
XVI, le thddtre de la reine a Irianon (1873), 
Les spectateurs sur le theatre (1875), Le thtd- 
tre des demoiselles Verrieres (1875), Les gran- 
des nutts de Sceaux, le theatre de la duchesse 
du Maine (1876), Un potenlat musical (1870), 
Leglise et F opera en 1735 ; M ll * Lemaure et 
Fboeque de Saint-Papoul (1877), Weber a Paris 
(1877>, Airs variis: histoire, critique, biogra- 
phie musicales et dramatiques (1877), La cour 
et Fopira sous Louis XVI, Marie-Antoinette 
et Sacchini, Salieri, Favart et Gluch (1878), 
La comddie et la galanterie au XV 111* s. 
(1879), Histoire du costume au thddtre (1880), 
Goethe et la musique (1880), Lopera secret 
au XVII I* s. (1880), La ville et la cour au 
XV 111* s. (1881, compilation de quelques-uns 
des ouvrages precites), Mozart et Richard 
Wagner a Fegard des Frangais (1881, repro- 
duit en tete de « Rich. Wagner »), Hector Ber- 
lioz, la vie et le combat, les ceuvres (1882), 
Paris dilettante au commencement du siMe 
(1884), La comedied la Cour... pendant le sidcle 
dernier (1883), Richard Wagner, sa vie et ses 
ceuvres (1886), Hector Berlioz (1888, avec et 
plus encore que le precedent, le meilleur ou- 
vrage de J., biographie excellente, presentee 
sous une forme k la fois riche et attrayante), 
Un vieil h6lel du Marais (1891), Musiciens d'au- 
jourdliui (deux series, 1892 et 1894), Musique 
(melanges, 1896), Le Romantisme et F&diteur 
Renduel ( 1897, renferme des details inedits sur 
Meyerbeer). 

Jumilhac, Dom Pierre- Benoit de, ne au 
ch&teau de St-Jean de Ligour, pr£s de Limo- 
ges, en 1611, m. comme adjoint au general de 
Tordre de St-Benoit (congregation de St-Maur), 
le 21 avril 1682 ; a ecrit, sous le titre La science 
et la pratique du plain-chant (1673; nouv. ed. 

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400 



JUNCK 



KADE 



par Nisard et Leclerc, 1847), un ouvrage plein 
de science et pourva d'un grand nombre 
d'exemples notes tres precieux. 

Junck, Benedetto, compositeur italien fort 
bien dou6, ne k Turin (d'un p&re alsacien), le 
24 aout 1852, 6tait d'abord destine k la carrtere 
commerciale, malgr& son talent evident pour la 
musique, et entra dans un commerce k Paris. 
Mais, son p&re £tant mort en 1872, il se voua k 
la musique et devint £16ve de Mazzucato et de 
Bazzini, a Milan, oft il vit depuis lors. Les ceu- 
vres qu'il a pubises jusqu'fL ce jour promet- 
tent beaucoup, ce sont: op. 1, La Stmona, 
douze chants (po£mes de Fontana) pour so- 
prano et t6nor (1878); op. 2, huit romances; 
op. 3, deux chants (comme le pr6c£dent, poemes 
de Heine et de Panzacchi); op. 4 et 5, sonates 
pour le violon en sol maj. et en ri maj.; op. 6, 
quatuor en mi maj. pour instr. k archet (1886). 

Jungmann, 1. Albert, ne k Langensalza le 
14 nov. 1824, m. k Pandorf, pres Krems, le 7 
nov. 1892; administrateur du commerce de mu- 
sique de Spina, k Yienne, auteur de nombreux 
morceaux de salon, lieder, etc. — 2. Louis, n& a 
Weimar le \* T Janvier 1832, m. dans la m&me 
ville le 20 sept. 1892; 616 ve de Topfer et de 
Liszt, mattre de musique au « SophieninstituU, 
k Weimar, a ecrit des morceaux pour piano, 
des lieder, etc. 

Jungst, Hugo, n£ k Dresde le 26 fevr. 1853, 
616ve du Conservatoire de cette ville (1871- 
1876); fondateur, en 1876, et directeur de la 
« Society chorale d'hommes», de Dresde, ainsi- 
que directeur du « Julius -Otto -Bund »» II a 
compose un grand nombre de choenrs pour 
voix d'hommes, etc. 

Junker, Karl-Ludwig, n£ k Oehringen vers 



1740, m. k Rupertshoven, pr£s Kirchberg, ou 
il Stait pasteur, le 80 mai 1797; a compost 
trois concertos de piano, une cantate : Die 
Nacht (avec violon et violoncelle), un m£lo- 
drame : Genoveva im Turm* etc., et 6crit : 
Zwanzig Komponisten, eine Shizze (1776; 2* 
6d. sous le titre : Portefeuille fur Mustklieb- 
haber, 1790), Tonkunst (1777), Betrachtungen 
uber Maler-, Ton-und Bildhauerkunsl (1778), 
Einige der vornehmsten Pflichten eines Kapell- 
meisters oder Musihdirektors (1782), Ueber 
den Wert der Tonkunst (1786), Mmikalischer 
Almanack (1782, 1783, 1784), et Die musikali- 
sche Geschichte eines Autodidakts in der Mu- 
sik (1783). J. a.fourni en outre des contribu- 
tions aux t Miszellaneen » et au « Museum 
fur Kunstler », de Meusel. 

Jupin, Charles-Francois, n£ k Chamb£ry le 
30 nov. 1805, m. k Paris d6j4 le 12 juin 1839; 
violoniste virtuose distingu6 et pr^coce, £leve 
du Conservatoire de Paris (Baillot), fut pen- 
dant plusieurs ann£es chef d'orchestre k Stras- 
bourg. D a Scrit un concerto de violon, un 
trio pour instr. k archet, un trio avec piano, 
une fantaisie. pour piano et violon et plusieurs 
themes varies. 

Jurgenson, Peter, n£ k Reval en 1836 : fonda 
en 1861, k Moscou, Timportante maison d'edition 
musicale qui porte son nom et y ajouta, en 
1867, un etablissement special de gravure mu- 
sicale. II a public sp£cialement des ceuvres de 
compositeurs russes : Tschaikowsky et d'au- 
tres. 

Juste, qualificatif que Ton applique k un cer- 
tain nombre d'intervalles (v. ce mot). Les u*- 
tervalles j. sont : l'unisson, la quarte, la quin- 
te, l'octave et tous leurs redoublements. 



K 



Kaan, Henri de (Alb&st K.), ne k Tarnopol 
(Galicie) le 29 mai 1852, eldve de Blodek et de 
Skuhersky, sit Prague ; pianiste-compositeur 
(musique de chambre, concertos de piano, 
poeme symphonique : Sakountala), vit a Lon- 
dres. 

Kade, Otto, ne k Dresde en 1825 ; eleve de 
J. Otto et de J.-G. Schneider, fit ensuite un se- 
jour d'un an et demi en Italie, puis fonda k son 
retour, en 1848, la soci£t£ Sle-Cecile (pour la 
culture de la musique d'eglise ancienne), de 
Dresde, ou il devint egalement directeur de 
musique del'^glise « Neustadt ». En 1860, il suc- 
ceda a Sch&fTer, comme directeur du « Chceur 
du chateau », a Schwerin, avec le titre de « di- 
recteur grand-ducal de musique » ; il deploy* 
alors, soit comme directeur, soit comme com- 



positeur, une activite considerable. L'Universit£ 
de Leipzig lui a conf£r£, en 1884, le litre de 
D r 2>hiL hon. c. K. a ecrit, pour le culte evange- 
lique, une foule de morceaux liturgiques bases 
sur d'anciennes melodies gregoriennes (Cantio- 
nale en trois parties ; 3 mo part. 1880), un recueil 
de chorals pour le Mecklembourg-Schwerin 
(1869), etc. II s'est fait k cote de cela un nom 
par des recherches historiques sur la musique ; 
on a de lui, non settlement d'excellents articles 
dans les « Monatshefte ftir Musikgeschichte », 
T • Allg. musikalische Zeitung », etc., mais un 
ouvrage : Der neunufgefundene Luther-Kod&r 
von Jahr 1530 (1872), des monographies sur 
Le Maistre et Henri Isaak, puis la traduction 
allemande du Chewlier Sarli, de Scudo. K. a 
redige egalement les exemples musicaux ras- 



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KjESSMEYER — KALBECK 



401 



sembles par Ambros, pour le vol, III de son 
« Histoire de la musique » (1881, formant le 
vol. V de cet ouvrage important). Enfln, en 
1890, K. a annonce la publication de toute une 
s&rie d'anciennes « Passions en musique » (84 
nnm£ros, d'Obrecht 4 H. Schutz), qui, esp&rons- 
le, ne restera pas 4 l\Hat de simple projet. 

K&ssmeyer, Moritz, violoniste et composi- 
teur, n6 4 Vienne en 1831, m. dans la m6me 
villele9nov.l884; 6Wve du Conservatoire de 
Vienne (& Sechter et Preyer), fit partie de l'or- 
chestre de FOpSra de la Cour. II a ecrit des 
Messes et difftrents morceaux de musique d'6- 
glise, des lieder et des chceurs, ainsi ■ que cinq 
quatuors pour instr. 4 archet (graves). K. fut en 
outre un humoriste musical du meilleur genre. 

Kaffka, Johann-Cbristian, n6 4 Ratisbonne 
en 1759, 61&ve de Riepel, acteur, chanteur et 
compositeur, fut engagd successivement 4 Bres- 
lau, St-P^tersbourg, Dessau, puis s'etablit a 
Riga, en 1808> comme libraire. K. a 6crit toute 
une a6rie d*op£rettes, de ballets, puis deux ora- 
torios, des symphonies, des Messes, des canti- 
ques de V&pres, un Requiem, etc. 

Kafka, Johann-Nbpomuk, compositeur de sa- 
lon, n6 4 Neustadt a. la Metau (Boh£me) le 17 
mai 1819, m. 4 Vienne le 23 oct. 1886 ; 6tudia 
d'abord le droit, mais se voua ensuite 4 la mu- 
sique et Scrivit un grand nombre de pieces 
brillantes et faciles, pour le piano. K. 6tait un 
eollectionneur passionnS d'autographes. 

Kabt, Hbinrich, n6 4 Munich le 31 janv. 1840, 
m. 4 Berlin le 6 aout 1893; frequenta les 6coles 
secondares et le Conservatoire de Munich, fut 
61eve de l'orehestre de la Cour et devint ensuite 
concertmeister de l'orehestre royal, 4 Wiesba- 
den (1857 4 1866), puis chef d'orchestre des 
th64tres de Riga, Stettin, Aix-la-Chapelle. En 
1872, il accepta le poste de chef des choeurs 4 
TOpera de Berlin, et fut nomm6 en 1880 chef 
cl'orchestre royal. 

Kahlert, August-Karl-Thimotheus, musico- 
graphe notable, n6 4 Breslau le 5 mars 1807, m. 
dans la mfeme ville le 29 mars 1864 ; fit d'abord 
son droit et 6tait d6j4 r6f£rendaire, lorsqu'il se 
d£cida 4 6tudier la philosophie. II acheva sa 
carriere comme professeur de philosophie, 4 
rUniversitS de Breslau. Ayant,d6s sa jeunesse, 
re$u d'excellentes lecon3 de musique, K. devint 
un collaborates assidu de la < Csecilia », de 
Dehn, et de 1* « Allg. musikalische Zeitung » ; il 
publia en outre : Blatter aus der Brief tasche 
eines Musikers (1832). Tonleben (1838) et quel- 
ques lieder qui repandirent son nom. 

Kahn, Robert, ne 4 Mannheim le 21 juil. 1865, 
eiSve de Vine. Lachner, de Kiel et Rheinberger, 
fut d'abord directeur d'un choeur de dames, 4 
Leipzig (1891 4 1894) et vit actuellement 4 Ber- 
lin. K. s'est r6vel6 compositeur de talent, dans 
une s6rie de chceurs pour trois et quatre voix 
de femmes, de lieder (op. 22, 23, 27, etc.), 
de morceaux pour piano (Nocturne, etc.) et 
d'oeuvres de musique de chambre (quatuor pour 
instr. 4 archet, quatuor avec piano, trio avec 
piano, deux sonates pour piano et violon). 

Kahnt, Christian-Friedrich, n6 le 10 mai 



1823, m. 4 Leipzig le 5 juin 1897; fondateur 
et, jusqu'en 1886, propri£taire de la maison 
d'6dition musicale qui porte son nom, a Leip- 
zig, n fut, 4 partir de 1857. 6diteur et, apr&s 
la mort de Brendel (1868), redacteur respon- 
sabie de la Neue Zeitschrift filr Musik; il 
6tait en outre caissier de 1' « Association g£n6- 
rale de musique allemande », conseiller de com- 
merce grand-ducal de Saxe, etc. K. a public entre 
autres toute une s6rie d'oeuvres de Liszt. La 
maison de commerce, ainsi que la redaction de 
la Neue Zeitschrift, pass&rent le l« r juil. 1886 
en mains d'Osc. Schwalm (v. ce nom), qui re- 
vendit le tout, 4 son tour, en 1888, au D p Paul 
Simon (n£ 4 Koenigsberg le 22 janv. 1857). La 
raison de commerce fut, 4 partir de 1886: « C.-F. 
Kahnt Nachfolger ». 

Kaiser, 1. Karl, n£ 4 Leipa (BohSme) le 12 
mars 1887, m. 4 Vienne le l« r dec. 1890; Studia 
la philosophie, 4 Prague, fut dans l'arm£e (oifl- 
cier) de 1857 4 1868, puis se voua enfin 4 la mu- 
sique. 11 fonda 4 Vienne. en 1874, une Ecole de 
musique qui prit un dSveloppement rapide et 
passa ensuite aux mains de son fils, Rudolf.— 2. 
Emil, n6 4 Cobourg le 7 tevr. 1850, directeur de 
musique militaire,4Prague, auteur de plusieurs 
operas : Die Kavaliere des Kdnigs (Salzbourg, 
1879), Der Trompeter von Scehhingen (Olmfitz, 
1882), Andreas Hofer (Reichenberg, 1886), Der 
Kornet (Leipzig, 1886), Rodenstein (Brtinn, 
1891), Das Hexenlied (Berlin, 1894). 

Kalamaika, danse nationale hongroise, d'alln- 
re rapide et 4 */ 4 . 

Kalbeck, Max, n6 4 Breslau le 4 janv. 1850, 
montrade bonne heure des dispositions pour la 
po6sie, la musique et la peinture, cultiva plus 
particuli6rement la poesie et publia, de 1870 4 
1872 d6j4, par l'intermSdiaire de Holtei, des 
pieces de vers (Aus Natur tmd Leben). Apr&s 
avoir commence des Etudes de jurisprudence, 
il se lanca dans la philosophie, mais ne fit au 
bout de quelque temps, 4 Munich ou il £tait all6 
continuer ses Eludes, plus que de la po£sie ; il 
entra alors en conflit avec son p&re, 4 ce sujet, 
et se mit 4 6tudier la musique (61&ve du Con- 
servatoire de Munich). En 1875, K. prit le poste 
de redacteur musical et feuilletoniste de la 
Schlesische Zeitwng, en mSme temps que celui 
d'assistant de la direction du Musle sil^sien, 4 
Breslau ; il ne tarda pas cependant 4 se brouil- 
I ler avec le directeur du Mus6e, abandonna cette 
| derniere place et 6changea la premiere contre 
I une autre analogue, 4 la Breslauer Zeitung. II 
I fut appel6 ensuite, en 1880, sur la recomman- 
! dation de Hanslick, 4 faire partie de la r£dafc- 
tion de la Wiener AUgemeine Zeitung. Actuel- 
lement, il remplit les fonctions de chroniqueur 
| musical de la Wiener Montags-Revue et de chro- 
niqueur des representations du« Burgtheaier » 
pour le Neues Wiener TageblatU Le nom de K. 
p£nelra dans les cercles musicaux (si Ton fait 
abstraction de ses chroniques), apres la publi- 
cation de ses Etudes sur les drames musicaux 
de Wagner : Niebelungen ( 1876), Parsifal (1880); 
de plus, K. fit paraitre, en 1881, une collection 
de ses articles : Wiener Opernabende. II a fait 



DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 26, 



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po** *>%*%+,%,% pzr m ** ir*% & :.*r*r ; Am* o***r 

laHadbar, A:*****, nl a 7Wn k 4 man 
1M4^ fit 4** £*vj** 4* pr,.,'^'*/.^ H pnl v-f 
fra/l*n A I>r:f//j/ rf p**;* a* *Mia A la muffiq*]*-. 

#»*r, * IWI ft, '/<J »l *;t <tepui* low omro- 
muttr* 4* m i»i/jw *t mn*ir'pttrmA&. 11 a r£dij^% 
**i !#//*, la Seus BefUner Mu*ik$eUung m oi>a- 
I^/r4 nrUwmtnt an * Kfa* writ-hrer • et A la 
# NVrtu* Z*it*<hrift far MuAik », et public en ou* 
tr* j Jieethwen* Be*iehungm $u Berlin ; Lur 
ther* fiedsutung fur die Tvnkuntt; Letting ale 
MuMiharthetiher ; ilutik und Moral; eit. 

KalkbrtaMT, 1, f^fmrm*, n6 4 Mind en le 
» a*pt 17<V>, m, A Pari* la In aofit 1806 : arriva 
(//«t Jean* 6 Ca*«*l, ofi *on pAre avait el£ engage 
€4rmm* mmteten de la rllle, <*i y vecut nombre 
d'rtnn^'* cornme simple choriate A l'Opfra, 
qrtolqu'll #?fjt d£jA public de notnbreusea com- 
|K>Mlt^rin *»t re/ii, **n 1784, le titre de membre 
d'liomieur d« I'AcadAmie philharmoniqne de 
liologne, Enfln, i*n 1788, II fat nomm6 tnaltre 
d* c\\n\)«\\** de la r«ine f A Berlin, et en 1790, 
maltri* da chapelle du prince Henri, & Kheins- 
b#*rg; malM il almndonna eette situation en 
I7W, pour den rnolifn rcnUm inconnus, v^cut 
d'abord un certain temp* & Napleo, pui» A 
I'arlfl, oh, en 17iJ9, II oblint une place de chef 
du ciinnt, A TOpAra, K. n'a gu^re de m^rite, ni 
comma compositeur, nl comma Acrivain. Ses 
op^rriM, Acntu \t»n unn pour Hheinsberg, leg 
autr^M pour 1'arin, n'eurent aucun eucces. En 
fait de mtiMlqun lnntrumi*ntale, il publia quel- 
quen trloNf iUw noiiattM pour violon, dee varia- 
IIoiim pour piano, etc. Hen Acrita Aont : Kurzer 
Abrii* der (lenchichts der Tonkunst (1798; 
rofondtt pltm turd en franyalii : Histoire de la 
mutitjUft WW, « petitN vol.); 'Jheorieder Ton- 
$0tskun$( (17HU) ; IVatit d'harmonie el de com- 
position, \mr i*V.-,X. Rivhter* public d*aprAs le 
timmiMcrlt orlginnl [mrK.(lH(>4),~2 t FRiEDRicH- 
WtMiicr.M-MiciUKL, flU du prAcAdent, nA au 
count il'un Yoyiign de («it^ol A Berlin, en 1788, 
m. A KiiKhlen-lon-Haiim, prAn Paris, le 10 juin 
1819, KnlrA on 17W au Conservatoire de Paris, 
il tut (MtWc d*Adam (piano), puis de Catel (har- 
monle), nmls, quatre ans plus tard, son p^re 
Teii\oya A Vtonue. ntln de le soustraire aux 
dangers de la vie parisienne. 11 fut alors un 
certain temps Al^ve de (-iementi. I^a mort de 
mn\ pt^re, en IHOll, le rappela A Paris, oh il 
remporta d'immensea succ« v s, tant comme pia- 
nisto que comme compositeur , et ne tarda pas 
A Aire Tun dos profesaeurs lea plus recherchea 
de lacapltalo. De 181 1 A 18D8, K, vecut A tandrea; 
il s'aHHiH'ia axec Logier, |H»ur IVxploitation du 
eliiiMplaste (v, ce mot) inxent^ p*r ce dernier, 
patvourul rAUemagius de 18^8 A ItfcM, en ct»ni- 



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foe. iajE. *-»."*- i*r IL <«;c-*-<a.: a ->rT.-"._;-p*raa- 
tatt q-* pr«**.r**r Ia«"I..>' *?^ 4 ^*. aaa» 
fa.rt 5*ai^ «i-r la f:rr* i* rras : c'*?*c A loi 
eepetda&t «|^*u la-: fa.r* rccrxt *r ia t^chuiqn^ 
Bhodf ixi« da ; *q d><tar*a «ia p»: .z'--?*. . D attri- 
baait aosai an* \*i.\rx\%xbtK i»«qi^ sfMctale au 
d^Te>/ppemeDt de ia m%«o macbe ct a «crit. 
dans ce bit, plum-irs ^e*tie« <ooale, op. 42 
« poor la main gauche prtn^ipale • ; fusnie a 
quatre tosi poir la main gaach^ sealemenU 
danjf sa « Method? •; : la teoLcique de ia pedale 
avail ausM a ses yeux une haute valeur. La 
plus granil^ partie de sea ^euvres poor le piano 
appartiennent au genre de salon tfantaisiesu 
caprices, variations, etc.i. cependant il a ecrit 
auasi un grand nombre de pieces d*un genre 
plus releve et done forme plus paruile : 
quatre concertos <dont un pour deux pianos^ 
rondoa, fantaisies et variation* avec orcheatre; 
un septuor, un sextette, un quintette, un qua- 
tuor et des trios avec piano ; des sonates pour 
violon ; dix sonates pour piano A deux mains 
et troia A quatre mains, qui Talent la peine 
d'etre encore jouees ; des eludes (op. 20, 88 et 
148, ayant encore une certaine valeur); enfin^ 
une Methods pour apprendre le pianoforte a 
I'atde du guide-mains (1830; cf. chiroplaste)^ 
contenant encore dix etudes excellentes, et un 
TraitS cThannonie du pianists (1849). Son fils 
— 3. Arthur, m. le 24 janv. 1869, etait connu, A. 
Paris, plus encore par son genre de vie ex- 
centrique et prodigue, que paries morceaux de 
salon qu'il avait publies. 

KaUiwoda, 1. Johannes -Wenceslaus, violo- 
niste-virtuose de talent et compositeur notable, 
ne A Prague le 21 fevr. 1801, m. A Garlsruhe le 
8 dec. 1806; eleve de Dyonis Weber et de Pixis^ 
au Conservatoire de Prague, fut, de 1828 A 1858, 
maltre de chapelle du prince de Fttrstenberg^ 
A Donaueschingen, puis se retira A Carlsruhe. 
II a ecrit sept symphonies, plusieurs ouverturea, 
des concertos et des morceaux de concert pour 
violon, trois quatuors pour instr. A archet, un 
morceau concertant pour deux violons (op. 20),. 
le Deutsckes Lied des Autrichiens, une quantity 
de pieces pour piano, etc. Cf. les notices de 
Tottmann (//• Encydopidie de Ersch et Gruber, 
vol. XXXII) ; Hiller {ErinnerungsbUUter f p. 110 
et suiv.) et Gathy (Neue Zeitschrift fur Musik* 
1849). — 2. Wilhelm, ills du precedent, ne A Do- 
naueschingen le 19 juiL 1827, m. A Garlsruhe le 
8 sept 18118, une annee apres sa mere, Therese^ 
nee Brunetti, cantatrice de merite (m. A TAge de 
quatre-vingt-neuf ans) ; eleve de son pere, puis 
du Conservatoire de Leipzig, fut un pianiste- 
compositeur (lieder, pieces de piano) de merite. 
II avait succede A son pere, en 1858, en qoalite 
de chef d'orchestre de la Cour, A tlarlsruhe, et 
prit sa retraite en 1875. 
Kallwitx iKalwitzk v. Calvtsics. 
Kamianaki, Matthias. ne AOedenbourg ( Hon- 
grie) le 18 oct 1734, m. A Varsovie le %t> janv. 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



KAMMERLANDER — KASTNER 



403 



1821 ; le plus ancien compositeur polonais d'o- 
peras; son ouvrage : Nendaa Uszeslivziona 
(« Heur et malheur») fut represents en 1775, 
au Thedtre national de Varsovie. II a 6crit en- 
core cinq autres operas polonais, deux operas 
allemands (non repr6sent6s), de la musique 
d'eglise et une cantate pour .^inauguration du 
monument de Sobieski. 

Kammerlander, Karl, ne a Weissenhorn le 
30 avr. 1828, m. k Augsbourg, ou il &tait maltre 
de chapelle du Ddme,le 24 aout 1892 ; auteur de 
lieder, dont il ecrivit paroles et musique. 

Kammermusik (all J, musique de chambre. 

Kammerton (all.), diapason normal. 

Handler, Franz-Sales, ne a Klosterneuburg 
(Basse-Autriche) le 23 aout 1792, m. A Baden, 
pr6s Vienne, ou il 6tait secretaire du departe- 
ment imperial et royal de la guerre, le 26 sept. 
1831 ; avait regu une education musicale s£- 
rieuse (soprano de la Chapelle de la Cour, a 
Vienne, el plus tard 616ve d'Albrechtsberger, de 
Salieri et de Gyrowetz), et eut Toccasion, en 
prenaut du service a Venise et k Naples (1815 
k 1826), de faire des recherches sur la musique 
italienne et son histoire. Nous lui devons, en 
plus dun grand nombre d'articles dans les 
revues : «Musikalische Zeitung* (1816-1817), de 
Vienne; cAllg. musikalische Zeitung* (1821),de 
Leipzig ; « Qecilia » (1827) ; « Revue musicale 
(1829), elc, plusieurs ecrits de valeur : Cenni 
storico-critici intorno alia vita ed al opere 
del celebre compositore Qiov. - Adolf o Basse, 
deito il Sassane (1820) ,• Ueber das Leben xmd 
die Werhe des G. - Pierluigi da Palestrina y 
genannt der Fiirst der Musik (1834 ; extrait de 
Touvrage de Baini, publie et annot£ par Kiese- 
wetter); Cenni storico-critici suite vicende e lo 
stato attuale delta musica in Italia ( 1836 , 
d'apres divers manuscrits laisses par l'auteur 
et des articles de la « Gsecilia »). 

Kapelle (all.), chapelle vocale (maitrise, v. ce 
mot) ou chapelle instrumentale (orchestre, 
harmonie, fanfare). Kapellhnaben, enfants de 
chceur. Kapellmeister , maltre de chapelle (v. ce 
mot). 

Kaps, Ernst, fabricant de pianos estime, n& 
k Dobeln le6 dec. 1826, m. k Dresde le 11 ftvr. 
1887, fournisseur de la Cour et conseiller royal 
de commerce. II construisait plus particuiiere- 
ment de petits pianos k queue, a triple croise- 
ment de cordes. 

Kapsberger, Johann-Hieronymus von, d'ori- 
gine allemande, v£cut d'abord a Venise (1604), 
puis a Borne ou il fit sensation tant comme 
virtuose sur le theorbe, le luth, le chitarrone, 
que comme compositeur partisan du nouveau 
style (florentin); il parvint meme, par de basses 
flatteries, a entrer en graces aupres de la Cour 
pontificate (Urbain VIII). II doit 6tre mort en 
1650 environ. K. 6tait extraordinairement vani- 
teux, mais au reste un musicien bien done. 
Sa tablature pour les instruments de la famille 
du luth diff&re avantageusement de celle de 
ses contemporains, en ce sens qu'elle est consi- 
derablement plus simple et d'une lecture plus 
aisee. Les principales oeuvres de K. sont : Inta- 



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volatura di chitarrone (3 livres : 1604, 1616, 
1626) ; Villanelle a 1, 2 e 3 voci (en tablature 
pour chitarrone et guitare, 6 livres : 1610, 1619 
[2«e et 3™], 1623, 1630, 1632); Arie passegiate 
(en tablature, 8 livres : 1612, 1623, 1630) ; Inta- 
volature di lauto (2 livres : 1611, 1623) ; madri- 
gaux k cinq voix, avec continuo (1609); Motetti 
passegiati (1612); Balli, gagliarde e correnti 
(1615); Sinfonie a 4 con il basso continuo 
(1615); Capricci a due stromenti, tiorba e 
tiorbino (1617) ; deux livres de poemes latins 
du cardinal Barberini (pape Urbain VTII), mis 
en musique pour une voix, avec basse chiffr6e 
(1624, 1633) ; Die Hirten von Bethlehem bei der 
Geburt des Herrn (rtaitatif dialogue, 1680) ; 
Missce Urbance (de quatre a huit voix, 1631) ; 
Apotheose des heiL Ignatius von Loyola (K. 
elait tres lie avec les Jesuites et A % Kirchner 
comptait parmi ses fervents admiraleurs ) ; 
plusieurs cantates de mariage et un drame 
musical, Fetonte (1630). De plus, K. a laiss£ en 
manuscrits une quantity d'oeuvres des divers 
genres Snumeres ici. 

Karajan, Theodor-Georg von, n£ k Vienne 
le 22 Janvier 1810, m. dans la m6me ville le 28 
avr. 1873 ; directeur de la BibliothSque de la 
Cour et president de TAcademie des Sciences, a 
Vienne. K. etait k la fois germaniste et historien 
litteraire remarquable ; il a laiss£ entre autres 
une interessante monographic : J. Baydn in 
London 1791 und 1792 (1861), qui renferme la 
correspon dance de Haydn avec Marianne von 
Genzinger. 

Karasowski, Maurice, n£ k Varsovie le 22 
sept. 1823, m. k Dresde le 20 avr. 1892; eleve, 
pour le piano et le violoncelle, du directeur de 
musique Val. Kratzer, entra en 1851, comme 
violoncelltste dans Torchestre de TOpera de 
Varsovie, fit, del858 a 1860, un voyage d'etudes 
k Berlin, Vienne, Dresde, Munich, Cologne, 
Paris, puis s etablit, en 1864, k Dresde, en qua- 
lite de violoncelliste de la chambre du roi. K. 
a publie, k cdte d'un petit nombre de pieces 
pour violoncelle et piano, plusieurs travaux 
d'histoire musicale,les uns en polonais : Bistoire 
de C opera polonais (1859), Vie de Mozart (1868), 
La jeunesse de Chopin (1862; 2™ ed. 1869); un 
autre en allemand : Friedrich Chopin, sein 
Leben, seine Werhe und Brief e (1877, 2 me ed # 
revue 1878, 3™ ed. 1881 ; ed. polonaise, 1882). 

Karow, Karl, ne a Alt-Stettin le 15 nov. 
1790, m. k Bunzlau (Silesie), ou il etait maltre 
de musique au Seminaire, le 20 dec. 1863 ; peda- 
gogue tres estime,, a ecrit des motets, des pieces 
pour orgue et pour piano, un recueil de cho- 
rals et un manuel d'enseignement du chant 
dans les exoles. 

Kastner, 1. Johann - Georo, compositeur, 
thSoricien et musicologue, ne a Strasbourg 
(Alsace) le 9 mars 18J0, m. k Paris le 19 dex. 
1867,- destine a la carriere theologique, quoi- 
qu'il eut fatf preuve tout jeune de remarqua- 
bles facilites pour la musique, il suivit les 
cours du seminaire de theologie protestante, a 
Strasbourg, tout en s'interessant vivement, il 
est vrai, k ce qui touchait la musique de pros 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



404 



KATE — KAUER 



ou de loin. En 1830, il fut choisi coramc chef de 
musique d'une division de la garde civique de 
sa ville natale, puis deux ans plus tard, aban*- 
donna compl&ement la th£ologie; enftn, en 
18:15, grdce au succ£s de see operas allemands, 
il regut du conseil communal de Strasbourg 
une allocation qui lui permit de se rendre a 
Paris et d'y completer ses eludes musicales, 
sous la direction de Berton et de Beicha. Son 
Iraitt general (^instrumentation (le premier 
ouvrage de ce genre qui parut en France) ou- 
vrit, en 1837, la longue s£rie de ses ouvrages 
didactiques, approuv£s par l'Academie et intro- 
duits dans les classes du Conservatoire : Cours 
^instrumentation consid&re sous les rapports 
po&tiques et philosophiques de Vart ; Gram- 
maire musicals; Thtorie abr&gee du contre- 
point et de la fugue; M&thode ilementaire 
dharmonie appliqude au piano ; Methodes 
elementaires de chant, piano, violon, flageolet, 
flute, cornet k pistons, clarinette, cor, violon- 
cello, ophiclelde, trombone, hautbois ; Methode 
compUte et raisonnee de saxophone; Biblio- 
theque chorale ; Mdihode complete et raisonnee 
de timbales ; Manuel gdndral de musique mi- 
litaire. Ces deux derniers ouvrages renferment 
6galement des renseignements historiques sur 
le sujet. Les ouvrages de K. sur Tinstrumenta- 
tion ne furent que trop t6t condamnes k Toubli, 
par le fait de Tapparition du traits de Berlioz, 
qui 6tait bas6 sur eux. Une ceuvre assez consi- 
derable : De la composition vocale et instru- 
mental puis un Cours dharmonie moderne 
et un Traite de Vorihographe musicale sont 
rested manuscrits. Mais k crtte, de cela, K. fut 
un compositeur fecond et bien inspire ; il aexrit, 
en plus de cinq operas allemands composes k 
Strasbourg, un autre, intituled Beatrice (1839, 
texte de G. Schilling, d'apr&s Schiller), puis un 
ope,ra-comique represented k Paris : La Maschera 
(1841), un grand op6ra biblique : Le dernier roi 
de Juda (1844, poeme de M. Bourges ; Toeuvre 
la plus importante de K.), un opcra-comique : 
Les nonnes de Robert-le-Diable (poeme de 
Scribe, 1845), puis toute une serie d'ceuvres 
instrumentales et vocales de toutes dimensions, 
et particulierement des chamrs pour voix 
d'hommes. Les creations les plus originates 
de K. sont, sans contredit, ses Livres-Parti- 
tions, grands po&mes symphoniques, unis k 
une £tude approfondie, k la fois historique et 
philosophique, du sujet qui leur sert de base : 
Les danses des morts (Paris, 1852), Les chants 
dela vie (collection de chamrs d'hommes, 1854), 
Les chants de Varmte franqaise (1855), La 
harpe dEoleetla musique cosmupie (1856),L*s 
voix de Paris (1857), Les Sirrnes (1858), Pare- 
miologie musicale de la langue fran^aise (1866). 
K. coilabora enfin k divers journaux de musi- 
que fran^ais et allemands, ainsi qu'au diction- 
naire de musique de Schilling. L'activite de K., 
qui s'est manifestee dans toutes les branches 
de Tart musical, fut largement recompenses 
par toutes sortes de distinctions honorifiques: 
D* hon. c. de l'Universiti de Tul)ingue, membre 
de rinslitut de France et de plusieurs Acad§- 



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mies 6trangeres, membre de la commission 
deludes du Conservatoire de Paris, oflftcier de 
la Legion d'honneur, etc Ellea porte, le plus de 
fruits dans le domaine de la musique orphSo- 
nique et militaire; K. fut, entre autres,rinstiga- 
teur du c concours europ^en de musiques mili- 
taires » A TExposition universelle de 1867, k 
Paris. II 6lait parmi les membres fondateurs et 
devintplus tard vice-president del' « Association 
des artistes musiciens ». L'originalite artistique 
de K., jointe k un heureux melange de quality 
franchises et allemandes, lui a permis de don* 
ner des oeuvres musicales pour la plupart sin- 
c^res et naturelles et de mettre au point des 
ouvrages historiques de valeur. La bibliothdque 
de K. fut malheureusement diss£minee. Quant 
k ses ouvrages, ils sont encore sufllsamment 
int£ressants pour me,riter les honneurs d'une 
Edition allemande qui paraitra prochainement 
Cf. Hermann Ludwig (von Jan), /.-G.-2C., ein 
elsdssischer Tondichter, Theoretiker und Mu- 
sikforscher (Leipzig, Breitkopf et Haertel, deux 
parties en 3 vol.).— 2.Gboro-Frikdrich-Ecoex, 
fits du prudent, ne, k Strasbourg le 10 aoui 
1852, m. k Bonn le 6 avr. 1882; physicien, in* 
venteur du pyrophone (v. ce mot). Ses recher- * 
ches sur les lois qui r6gissent les vibrations 
sont interessantes, il les a en partie consignees 
dans deux ouvrages : Theorie des vibrations et 
considerations sur I'dlectriciU (3* £d., Paris, 
1876 ; 6d. all. Strasbourg, 1881) et Le pj/rophone. 
Flammes chantantes (4* 6d. Paris, 1876). Cf. la 
biographie de J.-G.-K., [dernier chapitre du 
vol. III]). — 3. Emmerich, n£ a Vienne le 29 
mars 1847, Steve de Bibl, de Pirkert, etc., vit k 
Vienne et s'occupe de musicographie. H a r6- 
dig£ pendant quelque temps la Wiener musi- 
kaliscJie Zeitung et pnblie, une revue, Parsifal^ 
destinee k remplacer la pr£c£dente,un Richard 
Wagner-Katalofj, un Richard Wagner-Kalen- 
der et un Chronologisches Verzeichnis der 
ersten AuftUhrungen von R. Wagner's drama- 
tischen Werken (2« £d. 1897). La publication de 
son Neuestes und vollstandigstes Tonkiinstter 
und Opernlexikon (1889, A. — Azzoni) a £t£ 
interrompue. 

Kate, AndrA ten, violoncelliste et composi- 
teur, n£ k Amsterdam en 1796, m. k Haarlem le 
27 juil. 1858; Sieve de Bertelmann, auteur de 
plusieurs operas, parmi lesquels Seid e Pal- 
mira (1831) et Constantia (1835), represented k 
Amsterdam, eurent du succ&s. II a Scrit, en ou- 
tre, de la musique de chambre, des chceurs, etc, 
et grandement contribuS au dSveloppement de 
la musique en Hollande. 

Kauer, Ferdinand, ne k Klein-Thaya (Mora- 
vie) le 8 janv. 1751, m. a Vienne le 18 avr. 1881; 
compositeur de « Singspiele » viennois, qui eut 
un temi>8 de grande vogue et remplit alterna- 
te ement les fonctions de chef d'orchestre des 
theatres de « Josephstadt » et de « Leopoldstadt » 
et de celui de Graz. II dqt, sur ses vieux joure, 
alors que ses (puvrcs ^taient d^jd tombeesdans 
Toul)li, accepter une place d'altiste, dans Tor- 
ches Ire du theAtre de c Leopoldstadt ». K. a 
ecril environ deux cents operas et * Singspiele »♦ 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



KAUFFMANN — KEISER 



405 



mais deux settlement furent graves : Das Do- 
nauvoeibchen et Die Stemenkfmigin (le pre- 
mier s'est m&me maintenu jusqu'A aujourdlmi 
au rtpertoire de qaelques petits th^tres). Une 
quantity d'autres ceuvres du mdme aateur : des 
symphonies, do la musique de chambre, des 
concertos, plus de vingt Messes, plusieurs 
Requiems et d'autres morceaux de musique 
d'&glise, des oratorios, des cantates, des lieder, 
etc., ont disparu en majeure parlie lors du 
d£bordement du Danube, le 1» mars 1890. 

Kauftoann, 1. E.-F., professeur de gymnase 
a Heilbronn, de 1850 a 1865 environ, composi- 
teur notable de lieder de style simple, mais 
distingu£ et expressif. Un choix (36 lieder, en 
six cahiers) en a paru chez E. Ebner, k Stutt- 
gart. Son fits, EifiL,est depuis plusieurs anntos 
directeur de musique de I'Universite de Tu- 
bingue. — 2. Fritz, n6 k Berlin le 17 juin 1855, 
616ve de Mohr, fut d'abord droguiste k Ham- 
bourg, mais entra ensuite k l'Acad6mie royale 
de musique, k Berlin (Kiel), obtint le prix de la 
fondation Mendelssohn et 6tudia encore k 
Vienne. H succ£da k Rebling, en 1889, comme 
directeur de musique & Magdebourg. K. a 6crit 
des sonates de piano, un trio, un quatuor en 
sol min. pour instr. k archet, des variations 
pour quatuor, une symphonie en la min., un 
opgra comique : Die Herzkranhheit, etc. 

Kaufmann, 1. Georg-Friedrich, n6 k Ostra- 
mondra, pr&s Coelleda (Thuringe) le 14 ffrvr. 
1679, m. k Mersebourg, ou il 6tait organiste et 
directeur de la chapelle vocale de la Gour, au 
debut de mars 1735 ; a £crit un grand nombre 
de pieces d'orgue et de piano, de la musique 
d'lglise et un traits : Introduzione alia musica 
antica e moderna, d. A. Eine ausfuhrliche 
Einleitunff zur alien wnd neuen Wissenschaft 
der edlen Musik. Toutes ses ceuvres sont res- 
tees manuscrites, k l'exception d'une s6rie de 
preludes pour des chorals : Harmonische See- 
lenslust (de deux a quatre parties, en plusieurs 
livraisons, 1735-1736). — 2. Johann-Gottfried, 
n6 k Siegmar, pr6s Chemnitz (Saxe), le 14 avr. 
1751, m£canicien k Dresde, m. k Francfort s/M. 
en 1818, au cours d'un voyage quMl avait entre- 
pris pour faire connaitre ses inventions, entre 
autres une harpe et une flute automaliques.— 
3. Frikdrich, flls du prudent, ne k Dresde en 
1785, m. dans la m&ne ville le l« r dec. 1866; fit 
surtout sensation avec son automate jouant de 
la trompette (1808). Le • belloneon », Y t harmo- 
nicorde a clavier » et le <chordaulodion », cons- 
truits en collaboration avec son p6re, furent 
autant d'apparitions 6ph6m£res dans le do- 
maine de la facture instrumentale. Le « sym- 
phonion », qu'il construisit en 1839, est, par 
contre, Tanc£tre direct de V c orchestrion » in- 
vent* en 1851, par son flls, Friedrich-Theo- 
dor (n£ A Dresde le 9 avr. 1823, m. dans la 
mdme ville le 5 fevr. 1872), et qui s'est depuis 
lors repandu et dSveloppe considerablement, 
tenant lieu (?) de petit orchestre dans plus d'un 
gtablissement public. 

Kayser (Kaiser), 1. Philipp-Christoph, com- 
positeur et pianiste virtuose, n6 k Francfort 



s/M. le 10 mars 1755, m.k Zurich le 23 dte. 18328; 
flls de Torganiste Matthieu Kayser (m. k Franc- 
fort s/M., k TAge de quatre- vingts ans, le 18 f6vr, 
1810), 6taitli6 d'amitte avec Goethe (cf. Goethe 
und der Komponist Ph.-Chr Kayser; Leipzig, 
1879).— 2.Heinrich-Ernst, pedagogue musical 
de mSrite, n6 k Allona le 16 avr, 1815, m. k 
Hambourg le 17 janv. 1888; fit partie, de 1840 k 
1857, de Torchestre du th6dtre de Hambourg. 
Ses ouvrages p£dagogiques, pour le violon 
(6tudes op. 20 et 30, 6tude des positions op. 28, 
exercices journaliers, m£thode de violon), sont 
tr&s r^pandues en Allemagne et d'un r6el m6- 
rite. 

Kazynski, Victor, n£ k Wilna le 18 d6c. 
1812; £16ve d'Elsner, a Varsovie, fit representor 
en 1840, a Wilna, un premier op6ra intituW 
Fenella, puis, en 1842, k Varsovie et k Wilna 
un autre intitule Le Juif errant II s'6tablit 
Fannie suivante k St-P6tersbourg, d'oii il en- 
treprit, en compagnie du general Lwoflf, un 
voyage d'6tudes k travers TAllemagne : le r6cit 
tr4s attrayant qu'il publia de ce voyage parut 
en 1845. Peu apr6s, K. fut nomm6 chef d'or- 
chestre de rOpSra imperial, n 6crivit encore un 
opera, Mari et femme, dont le succ£s fut du 
reste mediocre (1848), puis de nombreuses ceu- 
vres instrumentales, des cantates et des mor- 
ceaux de salon pour piano. 

Keck de Giengen, Johann, moine de l'ordre 
de St-Benoit, vers 1450, k Tegernsee; auteur 
d'un Introductorium musica?, public par Ger- 
bert (« Scriptores », III). 

Keinspeck (Keinsbeck, KUnspeck ; par erreur 
Reinspeck), Michael, de Nuremberg, auteur de 
Tun des ouvrages tMoriques imprimis les plus 
anciens, sur la musique et, plus particultere- 
ment, sur le chant gregorien : Lilium musicce 
plana: (B&le, 1496 ; Ulm, 1497 ; Augsbourg, 
1498 et 1500; Strasbourg, 1506). K. se nomme 
lui-m^me, dans le litre du livre : Musicus Ale- 
xandrinus (?). 

Keiser,REiNHARD, n^ k Teuchern, prte Weis- 
senfels, le 9 janv. 1674, m. k Hambourg le 12 
sept. 1739 ; fit son Education k Leipzig (Ecole 
St-Thomas et University, et avait d6j£ 6crit, 
pour la Gour de Brunswick, une pastorale : 
Ismene (1692) et un grand op6ra : Basilius 
(1693), lorsqu'il se rendit, en 1694, a Hambourg 
qui devint sa seconde pa trie. K. devint, soit au 
point de vue de la quantity, soit m6me (si Ton 
fait abstraction de quelques operas Merits par 
Haendel, k Hambourg) a celui de la quality le 
compositeur le plus important de TOpSra de 
Hambourg, la plus ancienne (1678) entreprise 
publique d'opera, en Allemagne. H ^tait extra- 
ordinairement bien dou^, surtout en ce qui con- 
cerne Tinvention m^lodique ; mais la perseve- 
rance et la force morale, qui seules permettent 
de murir Tceuvre d'art, lui faisaient entierement 
defaut. II dut s'enfuir de Hambourg k diflf^ren- 
tes reprises, pour cause de dettes ; cependant, 
il n'ecrivit, pour cette ville, pas moins de 116 
operas dontle dernier ne denote du reste aucun 
progres quelconque sur le premier ; leur gran- 
de qualite fut de n'&tre pas de pures et simples 



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K^LER b6l,A — KELLNER 



contrefagons d*op6ras italiens. Les sujets en 
sont, il est vrai, le plus souvent emprunt&j, 
suivant la mode italienne, A la mythologie et A 
l'histoire antique, et ce n'est qu'a titre decep- 
tions que nous y trouvons des scenes populai- 
res (parfois d'une obsc£nit6 inouie) du temps 
de Tauteur (St&rtebecker und Goedje Michel ; 
Die Leipziger Messe ; Der Hamburger Jahr- 
marht;Die Hamburger Schlachtseit). En 1700, 
K. organisa, avec un orchestra excellent et les 
solistes les plus en vue de F6poque, une s6rie de 
concerts d'hiver qui 6taient pour les amateurs 
un r&gal A la fois artistique et... culinaire, car 
on y servait d'exquis diners. Trois ans plus 
tard, K. s'associa a Drtisicke, pour l'entreprise 
de l'Op£ra, mais ils flrenl de mauvaises affaires, 
Drflsicke prit la fuite et K. fut obligS de garder 
la direction, A lui tout seul, jusqu'eu 1706. D 
passa ensuite plusieurs ann£es A Weissenfels, 
mais reparut en 1709, le portefeuille garni d'o- 
p£ras nouveaux ; il fit alors un riche manage 
(sa femme et, plus tard, sa fille furent d'excel- 
lentes cantatrices) et ne repritses concerts qu*en 
1716. De 1719 A 1721, K. s£journa A la Cour de 
Stuttgart oh il esperait obtenir un poste de 
maltre de chapelle : son attente 6tant vaine, il 
accepta, en 1722, celui de maftre de chapelle 
de la Cour royale, A Copenliague, puis rentra A 
Hambourg, en 1728, en quality de cantor et de 
chanoine de TSglise Ste-Calherinc. D fut enga- 
ge, de 1729 A . 1730, comme chef d'orchestre 
d'op6ra A Moscou et A St-PMersbourg ; v6cut 
ensuite un certain temps A Gopenhague, oh sa 
fille 6tait engag^e et passa les dernteres annSes 
de sa Tie de nouveau A Hambourg. K. a 6crit, 
en plus de ses operas, de la musique d'6glise 
(Passions, motets, psaumes), des oratorios, des 
cantates, etc.; ont 6t£ graves : Gemuts-Ergti- 
tzungen (1698), Divertimenti serenissimi (1718), 
Musikalische Landlust (1714), Kaiserliche 
Friedenspost (1715), etc. 

K61er B61a, de son vrai nom Albert von 
KfeLER, n6 A Bartfeld (Hongrie) le 18 tevr. 
1820, m. A Wiesbaden le 20 nov.1882, commenca 
des Etudes de droit, puis d'6conomie rurale, et 
se voua enfin, en 1845, a la musique, qu'il tra- 
vailla A Vienne,sous la direction de Sechter et de 
Schlesinger. II fit partie pendant quelque temps, 
comme violoniste, de Forchestre du Th&Ure 
• an der Wien », et r&ussit d6j4 a se faire con- 
naitre par ses danses et par ses marches 
(quelques-unes des « Danses hongroises* ar- 
ranges par Brahms seraient. dit-on, de K.); il 
dirigea ensuite, en 1854, mais peu de temps, 
l'ancien orchestra Gungl, A Berlin, puis rentra 
A Vienne, oh il prit la direction de Torchestre de 
Lanner qui venait de mourir (1855). K. devint 
ensuite chef de musique miiitaire, a Vienne 
(1856 A 1863), puis A Wiesbaden jusqu'au jour 
od, en 1873, il fit valoir ses droits A la retraite. 

Keller, 1. Gottfried, professeur de piano A 
Londres, mais d'origine allemande, a pnblid : 
A complete method of attaining to playing a 
thorough - bass upon cither, organ, harpsi- 
chord or theorbo-lute (methode de basse chif- 
fr£e, 1707 ; plusieurs editions), puis six sonates 



pour deux fHHes et basse et six autres pour 
deux violons, trompettes ou hautbois, alto on 
basse. — 2. Max, n6 a Trossberg (Bavtere) en 
1770, m. A Allotting, oil il 6tait organiste, le 15 
d6c. 1855; publia un grand nombre de Messes, 
litanies, chants de l'Avent, et plusieurs recueils 
de morceaux d'orgue (preludes, cadences, etc.). 
— 3. Karl, n6 A Dessau le 16 oct. 1784, m. A 
Schaffhouse le 19 juil. 1855; flutiste de talent, 
fut successivement musicien de la Cour A 
Berlin (jusqu'en 1806), A Cassel (jusqu'en 1814), 
a Stuttgart (jusqu'en 1816), fit une tourn6e de 
concerts, puis fut engage, en 1817, comme mu- 
sicien de la cour et plus tard chef d'orchestre de 
thMtre, A Donaueschingen, od sa femme ( Wil- 
hblmine Mbibrhofer) 6tait en m&me temps 
cantatrice, A l'Op6ra. K. se retira A Schaffhouse 
en 1849, apr&s avoir 6t6 pensionne. II a surtout 
compost pour la flllte : concertos, solos, duos, 
variations, polonaises avec orchestra, divertis- 
sements, etc.; mais quelques-uns de ses lieder 
aussi sont devenus presque populaires. — 4 
F...-A...-E..., Tun des m&caniciens qui cherch&- 
rent a r^soudre le probldme de la notation 
m£canique des improvisations au piano (melo- 
graphe, etc.). II a donn£ A son appareil le nom 
de « pupitre improvisateur » et public une M6- 

thode d improvisation fond&e sur les pro- 

prtette du pupitre improvisateur (1839). 

Kellermann, Christian, n6 & Banders (Jut- 
lande) le 27 janv. 1815, m. A Gopenhague le 8 
d6c. 1866 ; violoniste virtuose distingu6, £16ve 
de Merk, A Vienne. II devint, en 1847, apres de 
nombreu8es tournees de concerts, violoncelle- 
solo de l'orchestre royal, A Gopenhague ; mais, 
en 1864, A Mayence, oh il 6tait en tournee de 
concerts, une attaque d'apoplexie le paralysa. 
K. n'a public que quelques morceaux pour son 
instrument favori. 

Kelley, Edoar-S., n6 A Sparta (Wisconsin) le 
14 avr. 1857, 61£ve de Clarence Eddy et, plus 
tard, de Krfigeret Speidel, A Stuttgart, remporta 
quelques succ&s en Am&rique, gr&ce A ses com- 
positions chorales et orchestrates. 

Keilner, 1. David, directeur de musique de 
l'Eglise allemande, A Stockholm, publia : Freu- 
licJier Unterricht im Generalbass (1732; neuf 
editions jusqu'en 1792; trad, en su6dois par 
Miklins, 1782). — 2. Johank- Peter, n£ A Grfifen- 
roda (Thuringe) le 24 sept. 1705, m. dans la 
m&me viile,ofc il &ait organiste, A quatre-vingts 
ans passes ; auteur de : Certamen musicum 
("preludes, fugues et danses pour le piano, 1748- 
1749) ; de Manipulus musices \morceaux d'or- 
gue) et de quelques cahiers de chorals figures, 
qui furent publics, tandis qu'un oratorio du 
vendredi-saint, des cantates (toute une s^rie 
annuelle), des trios d'orgue, etc. rest&rent ma- 
nuscrits. — 3. Johann-Christoph, fils du prece- 
dent, organiste, n6 A Grafenroda le 15 aoftt 
1736; el£ve de son p^re et de George Benda, A 
Gotha, sejourna longtemps en Hollande, avant 
d'etre nomm^ organiste de la Cour, A Cassel oti 
il mourut en 1803. Ont paru de lui : sept con- 
certos de piano, des trios, des sonates pour 
piano, des morceaux d'orgue, des fugues, etc, 



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KELLOGG - 

puis un Grundriss des Generalbasses (1783; 
plusieurs Editions). Un opera du mdme auleur, 
Die Schadenfreude, fut represents a Cassel.— 
4. Gborg-Christoph, Scrivain et professeur k 
Mannheim, m. en sept. 1888, a 6crit des romans 
historiques et diverses choses se rapportant k 
la musique : Ueber die Charakteristik der 
Tartar ten (1790) ; Idem zu einer neuen Theorie 
der schdnen Kimste iiberhaupt und der Ton~ 
kunst insbesondere (dans le t Deutsches Maga- 
zin> d'Egger, 1800); puis une m&hode de 
piano k l'usage des commengants, des mor- 
ceaux d'orgue, des lieder, etc. — 5. Ernst-Au- 
<just, descendant de Joh.-Peter K.(v. plus haut, 
2), n6 k Windsor le 26 janv. 1792, m. k Lon- 
dres le 18 juil. 1899 ; Tun des enfants prodiges 
les plus precoces dont l'histoire fasse mention, 
joua d£j& a. l'Age de cinq ans, devant la cour 
(son p6re 6tait violoniste de la reine), un con- 
certo de piano de HsendeL II se d&veloppa en- 
suite normalement et devint aussi un excellent 
chanteur ; il se rendit, en 1815, en Italie, tra- 
Tailla a Naples, sous la direction de Grescentiui, 
remporta de grands triomphes, autant comme 
pianiste que comme chanteur, k Vienne, Lon- 
dres, St-P6tershourg et Paris, puis s'6tablit en- 
fin k Londres, ou il fut nomm£ organiste de la 
Chapelle bavaroise. Une notice biographique 
sur K. a paru a Londres, en 1833 (Case of pre- 
cocious musical talent, etc.). 

Kellogg, Clara-Louisk, n6e k Sumterville 
(Caroline du Sud) en juil. 1842, c£l&bre canta- 
trice sc^nique, d£buta en 1861 a New- York, 
dans le rdie de Gilda ( « Rigoletto » ) et, en 1867, 
k Londres, dans celui de Marguerite (« Faust »). 
Elle chanta depuis lore fr&quemment a Lon- 
dres et organisa, en 1874, une entreprise d'o- 
pera anglais qui r&ussit k merveille ; elle chanta 
elle-m&me cent vingt-cinq fois, pendant la sai- 
eon 1874-1875. 

Kelly, Michael, n6 a Dublin vers 1764, m. k 
Margate le 9 oct. 1826, se nommait en reality 
Michael O'Kelly, ce que les Italiens transcri- 
virent en Occhelli ; cel^bre chanteur anglais et 
compositeur f6cond, 616ve des meilleurs profes- 
seurs de chant italien, k Londres, travailla en 
oulre a Naples (k parti r de mai 1779) sous la 
direction d'Aprile, et s'y fit entendre, en 1781, 
avec grand succ&s. K. fut engage ensuite, de 
1784 a 1787, au Th&ttre de la Cour, a Vienne, et 
devint rami de Mozart II rentra k Londres en 
1787, y remporta de r6els triomphes, soit au 
1he4tre, soit au concert et debuta deux ans plus 
tard, comme compositeur de petits operas co- 
miques, &vec False appearances el Fashionable 
friends. K. a 6critj pendant les quarante annees 
qui suivirent, la musique de plus de soixanle 
ouvrages sceniques et une quantity de roman- 
ces anglaises, francaises et italiennes. En 1802, 
K. fonda un commerce de musique, mais fit 
faillite en 1811, se retira au m6me moment de 
la sc&ne et devint finalement marchand de vins. 
K. publia ses memoires en 1826 (Reminiscences 
of the Kings Theatre, etc.; v. un extrait de cet 
ouvrage dans 1' « Allg. musikalische Zeitung », 
1880). 



KEMPTER 



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by Google 



Kemangeh (ouKemantche), ancien instr. 
arabe,pourvud'une petite caisse de resonance, 
(noix de coco 6vid6e et tronqute, tendue d'une 
peau de serpent), mais d'un pied et d'un man- 
che Sgalement longs, el mont£e d'une seule 
corde. Gf. J. Rflhlmann, Geschichte derBogen- 
instrumente (1882), p. 16 et 17. 

Kemp, Joseph, n6 k Exeter en 1778, m. k Lon- 
dres le 22 mai 1824; £ldve de William Jackson, 
fut organiste k Bristol (1802), puis k Londres 
(1809) et obtint en 1808 le grade de bachelier, 
l'ann£e suivante celui de docteur 6s musique, de 
rUniversite de Cambridge. K. fut Vun des pre- 
miers k introduire k Londres le systeme de 
l'enseignement collectif de la musique (v. Lo- 
qier) ; il donna des conferences sur Futility de 
cetle m&thode et l'exposa dans un petit ouvra- 
ge : The new system of musical education. K. 
a 6crit des anthems, des psaumes, des roman- 
ces, des duos, quelques m&odrames, des Musi- 
cal illustrations of tlxe beauties of Shakespeare, 
des Musical illustrations Sgalement pour la 
< Dame du lac » de W. Scott, enfin une anlho- 
logie : The vocal magazine. 

Kempis, Florentino a', organiste de Ste- 
Gudule, a Bruxelles, vers le milieu du xvn* s., 
a publie a Anvers : Symphonies i, 2, 3 violino- 
rum (1644; selon Israel, « Catalogue de la bibl. 
de Cassel », l'auteur s'appellerait Nikolaus a 
K.); Symphonice 1-5 instrumentorum, adjunc- 
toe 4 instr. et 2 voc. (deux livres, 1647 et 1649); 
un livre de Messes k huit voix et de motets 
avec continuo (1650). 

Kempter, 1. Karl, n6 k Limbach, pr A s Bur- 
gau (Bavi6re) le 17 janv. 1819, m. k Augsbourg, 
ou il 6lait mailre de chapelle du dome, le 11 
mars 1871 ; auteur de Messes, graduels, orato- 
rios (Johannes der Taufer; Maria; Die Hir- 
ten von Bethlehem; Die Offenbarung) et publia 
en outre un livre de chant ecclesiastique : Der 
Landchorregent. — 2. Lothar, n£ k Lauingen 
(Bavierc) le 5 tevr. 1844; fils d'un maltre de 
musique de s&ninaire, Frederic K., regut d6s sa 
plus tendre enfance des lecons de musique et 
continua, tout en suivant les cours du gymnase 
et de l'Universite de Munich, k se familiariser 
avec la technique de divers instruments. Enfin, 
en automne 1868, il dit adieu k la jurisprudence 
et entra k TEcole royale de musique que diri- 
geait H. de Billow. De 1869 k 1871, il remplit en 
m&me temps les fonctions de r£p&titeur des 
choaurs et des chanteurs au The&tre de la Cour, 
et fut engage successivement a Magdebourg 
(1871) et k Strasbourg en A. (1872), comme chef 
des choeurs et directeur de musique de theatre. 
En oct. 1875, K. obtint le poste de premier chef 
d'orchestre du ThMtre municipal de Zurich, 
qu'il occupe encore aujourd'hui avec succes. II 
conduisit, en outre, de 1879 a 1895, les concerts 
populaires de la < Tonhalle » et professe, de- 
puis 1885, Tharmonie et la composition au Con- 
servatoire de la m£me villa. K. a remporte des 
succes de compositeur, principalement avec des 
choeurs pour voix d'hommes < a cappella > et 
avec ace. d'orchestre (Murtenschlacfit-Kantate, 
couronn^e), des morceaux d*orchestre, des lie- 
Original from 

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KENN 



der et un op£ra : Das Fest der Jugend. H a 
r6duit, en oulre, d'une la$on tr6s habile et 
aussi artisttque que possible, Torchestre enorme 
de la T&tralogie, de Wagner, pour an orchestre 
de the&tre de proportions ordinal res. 

Kenn, J , corniste virtuose distinguS, d'ori- 

gine allemande, arriva k Paris en 1782, devint 
l'ann£e suivante deaxi&me cor k l'Op6ra, entra 
en 1791 dans la musique de la Garde nationale 
et fut nomm£, en 1795 (avec Domnich et Duver- 
noy), professeur de cor au Conservatoire qui 
venait d'etre r£organis£. Mais il fut congedie en 
1802, lors de la reduction du nombre des pro- 
fesseurs. Ce fut Dauprat qui, en 1806, lui suc- 
c6da k l'Op&ra. F6tis consid&re K. comme Tun 
des plus remarquables cornistes (-basses) qui 
aient jamais exists. K. a publie des duos et des 
trios pour cors, ainsi que des duos pour cor et 
clarinette. 

Kent, Jambs, n6 k Winchester le 13 mars 1700, 
m. dans la m&ne ville le 6 mai 1776; enfant de 
choeur de « Chapel royal », sous la direction de 
Croft, k Londres, devint organiste k Cambridge 
puis, en 1737, a Winchester. II prit sa retraite 
en 1774. K. 6tait d6jd trds dg£, lorsqu'il publia 
douze anthems; un Morning service, un Eve- 
ning service et huit autres anthems parurent 
apr^s sa mort. II collabora a la publication de 
Cathedral music, de Boyce. 

Kent-Horn, instrument identique au bugle k 
clefs, introduit dans la musique militaire an- 
glaise par le' due de Kent. 

Kepler, Johannes, c£16bre astronome, n£ k 
Weil (Wurtemberg) le 21 dec. 1571, m. k Ratis- 
bonne le 15 no v. 1630; traite longueraent de la 
musique, en philosophe, dans les livres IH et V 
de ses Harmonices mundi libri V(1619). 

K6raulophone (gr. cor-flute),jeud , orgue an- 
glais de 8', dont les tuyaux k bouche et de 
perce large donnent une sonorite pleine, mais 
16g6rementvoil6e; demi-jeu (dessus). Le tuyau, 
ouvert, est perfor6 lateralement pr£s de son 
extr£mit£ sup£rieure. Gf. hornpipe. 

Kerle, Jacob VAN,contrapontiste n&erlandais 
contemporain d'Orlandus Lassus dont il 6tait 
Taln6, n& k Ypres, fut maitre de chapelle et cha- 
noine k Cambrai, entra ensuite au service du 
cardinal Otto von Truchsess, prince -6v6que 
d'Augsbourg, sejourna k Rome en compagnie 
de son maitre et rentra avec lui a Augsbourg 
(1562-1575). II est tr£s douteux que K. ait et6, 
comme on Fadmet g6neralement, au service de 
Tempereur Rodolphe II. K. doit &tre d6ced6 
vers 1583. Les opuvres que Ton a conserves de 
lui sont les suivantes : Sex missce (de quatre k 
cinq voix, 1562) ; Sex missce 4 et 5 vocum et 
Te Deum (1576),* Quatuor missce (plus un Te 
Deum, 1583) ; un livre de njotets de cinc^ k six 
voix (1571, paru aussi sous le tilre : Selectee 
qucedam cantiones) ; Moduli sacri (de cinq k 
six voix, plus un Cantio contra Turcas. 1572) ; 
Moteiti a 2,4 e 5 voci et Te Deum laudamus 
a 6 voci (1573); MuteUe 5 et 6 voc. (plus quel- 
ques hymnes, 1575); Sacrce cantiones (motels 
decinq k six voix, plus quelques hymnes, 1575); 
un livre de madrigaux a quatre voix (1570) ; le 



by K: 



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KCSSLER 

chap. I de Trionfo <Famore 9 de P&rarque (mis 
en musique, k cinq voix, 1570) ; «Prieres en fa- 
veur d'une bonne issue du Concile de Trente » 
(1569); chants de louanges en l'honneur du 
seigneur Melchior Lincken (a six voix, 1574). 
Deux Messes manuscrites de K. se trouvent a la 
Bibl. de Munich. 

Kerll (Kerl, Kherl, Chsrle), Johakn-Kas- 
PAR,n^ a Gaimersheim,pr6s Ingolstadt,en 1628y 
m. k Munich le 13 fevr. 1693 ; Tun des premiers 
maitres de l'orgue reellement remarquables, 
fut d'abord Thieve de Valentini, maitre de cha- 
pelle de la Cour de Vienne, mais fut envoys 
ensuite en Italie, par Tempereur Ferdinand III 
et travailla k Rome, sous la direction de Caris- 
simi et de Frescobaldi (probablement en m6me 
temps que Froberger). D remplit les fonetions 
de maitre de chapelle de la Cour (etfinalement 
celles de conseiller effectif du prince-^lecteur), 
k Munich, de 1656 k 1673, mais abandonna cette 
situation k la suite des intrigues qu'ourdirent 
contre lui les chantres de la chapelle, tons Ita- 
liens; on pretend qu'il fut ensuite organiste de 
la cathedrale St-Etienne, k Vienne (?), mais il 
mourut k Munich. On n*a consei*v6 de ses oeu- 
vres d'orgne que : Moduiatio organica super 
magnificat octo tonis (preludes, interludes et 
postludes, 1686), mais on a de lui des sonates 
et des suites pour clavecin etun trio pour violon 
et basse de viole manuscrits.Ses ceuvresvocales 
nous sont parvenues en plus grand nombre : 
Sacrce cantiones {k quatre voix, avec basse 
d'orgue, 1669); deux livres de Messes (1669, de 
deux k cinq voix, et 1669, de quatre k six voix; 
entre autres un Requiem k la m^moire de Tern- 
pereur Leopold l« r ) ; plusieurs Messes ou frag- 
ments de Messes manuscrits, parmi lesquels 
une Missa nigra, Scrite tout enti&re en notes 
noires (petites dur6es, k partir de la semimini- 
me, et hemioles), et que K. doit avoir compos&e 
pour se venger des chantres de la chapelle, 
lors de son depart de Munich, carceux-ci furent 
incapables de la chanter. Ennn,la Bibl. de Mu- 
nich renferme un Requiem k cinq voix, qui n*a 
pas et£ imprime, mais qui, compost en 1669, 
avait £te relev6 la m£me ann&e par le copiste 
du manuscrit en question. 

Keg, Willem, chef d'orchestre de talenl, n& 
k Dordrecht le 16 fevr. 1846, &leve de Nothdurft, 
Tyssens et Ferd. Rohm, dans sa ville natale, 
puis, k partir de 1871, de David, k Leipzig, de 
Wieniawski ( avec une subvention du roi de 
Hollande) k Bruxelles et, enfin, de Joachim, a 
Berlin ; violoniste de m&rite, K. fut nomme, en 
1876, concertmeister de Torchestre du Pare et 
de la societe « Felix mentis »*,*& Amsterdam. II 
devint ensuite directeur dela «Soci6t6 Mozart », 
k Dordrecht, et, en 1883, chef d'orchestre des 
concerts de « Parkschouwburg » d'Amsterdam, 
vecut de nouveau quelque temps k Dordrecht 
et dirigea, avec un succ&s considerable, les 
concerts et l'«Ecole d'orchestre* du «Concert- 
gebouw », k Amsterdam. D est, depuis 1895, chef 
d'orchestre des concerts symphomques de Glas- 
cow. 

Kessler, 1. Ferdinand, n6 k Francfort s/M. 

Original from 
UNIVERSITY0F MICHIGAN 



KBTTEN 



KIEL 



409 



en janv. 1793, m. dans la m6me ville le 28 oct. 
1856: violoniste et maltre de musique capable, 
616ve de son p£re, qui 6tait contrebassiste, et 
de Vollweiler poor la thSorie. II se fit surtout 
un nom comme professeur d'harmonie (Wftll- 
ner est son 61&ve) et pnblia des sonates, des 
rondos de piano, etc. D'autres oeuvres, de gran- 
des dimensions, sont resides manuscrites. — 
2. Fribdrigh, nommd pasteur, en 1819, A Wer- 
dohle (Sauerland), a public en notation chif- 
fr6e, avec Natorp, le recueil de chorals de 
Rinck (1829, 1836) : de plus, il a public : Der 
rnusikalische Gottesdiensi (1882), Kurze tmd 
fassliche Andeutungen einiger Mcengel des 
Kirchengesangs (1832) et Das Gesangbuch von 
seiner musikalischen Seite aus belrachtel(l$88). 
— 8. Joseph-Cjuustoph (de son vrai nom Kcetz- 
ler), n£ A Augsbourg le 26 aout 1800, m. A 
Vienne le 14 janv. 1872; 61evA A Prague (1808- 
1807), Feldsberg (1807-1811), Nicolsburg (1811- 
1816) et Vienne (1816-1820), ne recut,ensomme, 
que de sept A dix ans, des lemons de piano (de 
l'organiste Bilek, A Feldsberg) et fut pour le 
reste enti&rement autodidacte ; il n'en devint 
pas moins excellent pianiste et pedagogue du 
piano. D fut, de 1820 A 1826, maltre de musique 
chez le comte Potocki, A Lemberg et A Lands- 
hut, puis v6cut successivement A Vienne (jus- 
qu'en 1829),Varsovie (1829-1830), Breslau (1830- 
1835), Lemberg (1835-1855, abstraction faite 
d'un s^jour au ch&teau de Gr&tz et d'un voyage 
A Carlsruhe) et, enfin, de nouveau A Vienne, A 
partir de 1855. Les Etudes de K. (op. 20 [1825], 
51, 100) ont une valeur durable ; Kalkbrenner 
et Moscheles les ont incorpor£es dans leurs 
m&hodes de piano. Elles n6cessitent un d£ve- 
loppement technique d6j& fort respectable (plus 
difficiles que l'« Ecoledu virtuose » de Czerny), 
et, musicalement, tiennent le milieu entre Hum- 
mel et Chopin. Les autres ceuvres de K. furent 
plus eph6in£res : des nocturnes, des themes 
varies, des preludes, bagatelles, etc. ; il en est 
cependant qui m£riteraient de n'&tre pas tout a 
fait oubli£es(op.29,30,38,et aussi 104 [Bluthen 
und Knospen]). Cf. la communication de Fr. 
Pyllemann, d'aprds des notes autobiographi- 
ques de K., dans l*«Allg. rnusikalische Zei- 
tung », 1872. 

Ketten, Henri, pianiste-compositeur, n6 A 
Baja (Hongrie) le 25 mars 1848, m. A Paris le 
1«» avr. 1888 ; fit de nombreuses tourn^es de 
concerts et composa de la musique de salon 
distingu&e. Son fr&re , Leopold , fut d'abord 
chant eur scdnique et professe le chant, depuis 
nombre d'aun£es au Conservatoire de Geneve, 
oil il dirige en outre une society de chant 
mixte ; il a public quelques melodies fort habi- 
lement Rentes pour la voix. 

Kettenus, Aloys, n6 A Verviers le 22 tevr. 
1823 , m. A Londres le 3 oct. 1896; 61eve du 
Conservatoire de Liege , fut nonime, en 1845, 
concertmeister A Mannheim et vit, depuis 
1855, en Angleterre. K. est l'auteur d'un op6ra, 
Stella, de plusieurs morceaux pour le violon, 
etc. 

Ketterer, Eugene, pianiste et compositeur 



by CiOOgle 



favori de morceaux de salon, ni A Rouen en 
1831, m. A Paris le 17 d£c. 1870. 

Keurvels, Edward -H.-J., n6 A Anvers en 
1853, 616ve de P. Benolt, remplit en premier 
lieu les fonctions de r6p£titeur au Theatre 
royal d' Anvers, et dirige depuis 1882 l'orches- 
tre du Th&ttre national flamand ( c National 
vlaamsche Schouwburg»),dans le repertoire du- 
quel il r6us8it A introduire, en 1890, le dramely- 
rique (op6ra avec parl£),entre autres : « Pacificatie 
van Gent* et (Charlotte Corday»,de P. Benoit; 
c Stella ».de Waelput; «Fidelio», de Beethoven, 
etc.K.lui-mAme a beaucoup 6crit pour la scdne 
(des operas: Parisina, RoUa, Hamlet; plusieurs 
petits operas comiques), puis des cantates, une 
Messe avec orgue, des ballades, des melodies, 
etc. 

Kewitsch, Theodor, n£ A Posilge (Prusse 
occidentale) le 3 tevr. 1834, fit partiede la musi- 
que du 21* regiment d'infanterie, puis devint 
successivement maltre d'£cole et organiste A 
Wabcz, Schwetz et Graudenz, mattre de musi- 
que au seminaire de Berent (1866), maltre 
sup6rieur (1873), administrateur directorial 
(1884-1885) et se retira avec une pension, en 
1887. n vit depuis lors A Berlin, oil il fut, de 
1891 A 1892, r&dacteur du Musikkorps et r£dige 
actuellement la Hannover scheMusiherzeitung ; 
il col la bore en outre A plusieurs autres revues. 
K. fut pendant nombre d'ann£es president de 
1' « Association Ste-C&cile » du diocese de Culm; 
il a 6crit de la musique d'6glise, etc. 

Key (angl., clef), terme auquel les Anglais ont 
attribute les significations les plus diverses, 
telles que « louche » (du piano, de l'orgue, etc.), 
«clef» (des instr.A vent en bois), « lettre » (fixant 
l'&tendue de la port^e), < armure », « tonality ». 
Key-note signifie tonique; keyboard, clavier, 
et, dans les anciens instr. A archet (violes), la 
guitare, etc., louche pourvue de tons. 

Kiel, Friedrich, Tun des compositeurs mo- 
demes les plus remarquables, ne A Puderbach, 
prfc* Siegen, le 7 oct. 1821, m. A Berlin le 14 
sept. 1885 ; reyut les premieres lemons de musi- 
que de son p£re, le maltre d f 6coie du village, 
mais travailla aussi par lui-m£me le piano et 
la composition, en sorte que, de 1832 A 1834, il 
ecrivit d6j& plusieurs recueils de danses et de 
th&nes varies. Le prince Charles de Wittgen- 
stein -Berleberg s'occupa alors de l'enfant si 
bien dou6 et lui donna lui-m&me des lecons 
de violon (1835). Au bout d'une annee, K. 
jouait d£j& un concerto de Viotti et prenait part 
aux executions de Torchestre du prince. Ses 
premieres compositions de grandes dimensions 
consistent en deux themes varies pour violon et 
orchestre. II prit ensuite des lemons de th6orie 
aupr^s de Caspar Kummer, A Cobourg (1838- 
1839), et devint, l'ann^e suivante, concertmeis- 
ter de l'orchestre de la Couret maltre demusique 
des jeunes princes, a Berleberg. De 1837 A 1842, 
un nombre lr£s respectable d'aMivres diverses 
virent le jour : deux ouvertures (si mineur, ut 
majeur), des variations et fantaisies pour piano, 
violon, hautbois avec orchestre, une cantate, 
qua tie sonates pour le piano, des pieces pour 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



410 



KIEXE 



KIESEWETTER 



piano, deslieder et des choeurs. K. obtint A ce 
moment, sur la recommandation du prince, et 
apres avoir soumis des compositions A Fr6d6- 
ric-Guillaume IV, une subvention du monarque 
qui lui permit de se livrer pendant deux an© et 
demi (1843-1844), sous la direction de S.-W. 
Dehn, aux exercices contrapontiques les plus 
s6v&res. K. conserve des lors son domicile A 
Berlin et, en 1850, se pr&senta au public avec 
ses premieres ceuvres gravies : quinze canons, 
op. 1, et six fugues, op. 2. La reputation de K. 
s'accrut rapidement, surtout apres l'ex^cution 
(8 ttvr. 1862), par la t soci&6 chorale Stern », de 
son premier Requiem (op. 20, 6crit de 1859 A 
1860, retravaiM et recite en 1878); un autre 
Requiem du meme auteur (op. 80, la b&mol 
maj.) parut peu de temps avant sa mort. Ge fut 
la meme sociele chorale qui donna aussi, pour 
la premiere fois, les deux autres grands ouvra- 
ges de K.: la Missa solemnis (21 mars 1876; 
composed en 1865) el Toratorio Christus (4 avr. 
1874 ; compose^ en 1871-1872 et execute six fois 
jusqu'en 1878,). Bien que ces qualre grandes 
ceuvres ne denotent pas une originality artis- 
tique resile, que le compositeur, au contraire, 
s*y rattache souvent, inconsciemment peut-etre, 
A Bach et A Beethoven, nous ne pouvons re- 
noncer A leur attribuer une place importante 
dans la literature musicale moderne,tant est 
grande la maltrise de la facture, jointe A un 
esprit critique toujours en eveil et a un instinct 
esthelique d'une delicatesse eiounante. En 1865 
d6j&, K. avait6t6 elu membreeffectif de l'Acade- 
mie des Beaux- Arts, & Berlin; l'ann6e suivanle, 
il accepta le poste de professeur de composi- 
tion au Conservatoire Stern et contribua pour 
une large part a la renommSe del'&lahlissement. 
Apres avoir regu, en 1868, le titre de « profes- 
seur », K. fut nomm6,le l« r janv. 1870, professeur 
de composition A l'Academie royale de musique 
qui venait d'etre fondle, et membre du s<mat 
de l'Academie. II a form6, A partir du moment 
ou il quitta les cours de Dehn, un grand nom- 
bre d'el&ves remarquables, mais il n'enseigna 
le piano que jusqu'au jour de son entree au 
Conservatoire Stern. Le nombre des composi- 
tions pubises de K. atteint un peu plus de 
quatre-vingts ; il convient d'ajouler tout d'a- 
bord aux ceuvres mentionnees plus haut : un 
Stabat Mater (op. 25; 1862), le Psaume CXXX 
(op. 29, 1868; tons deux pour voix de femmes, 
soli et orchestre), un Te Deum (op. 46 ; 1866) et 
deux choeurs pour voix mixtes et orchestre (op. 
88). Quant A la musique instrumental de K, 
elle est aussi tout a fait digne de mention et 
comprend de nombreuses pieces (rappelant ici 
et Id Chopin) pour piano a deux mains (d noter 
surtout : variations op. 17 et 62, trois gigues, op, 
86 et des morceaux divers op. 55, 59, 71, 79) et A 
quatre mains, un concerto de piano (op. 80), 
quatre marches pour orchestre (op. 61), quatre 
sonates pour violon, une pour violoncelle (op. 
62), une pour alto (op. 67), sept trios (op. 3, 22, 
24, 33, 84, 65 ; le dernier opus contenant deux 
trios), trois quatuors avefc piano (op. 43, 44,50), 
deux quintettes (op. 75, 76), deux quatuors 



by t^ 



*L 



IC 



pour instr. A arch. (op. 53) et deux series de 
valses pour quatuor d'instr. A archet (op. 78 et 
78). Cf. les etudes de Bungert (t Neue Zeitschrift 
f. M. », 1875),Saran («Allg. musikalische Zei- 
tung », 1862) et Gumprecht ( c Westermann's 
Monatschefte », 1886), sur K, et sur ses oeuvres. 

Kiene, v. bigot. 

Kienle, Ambrosius, ne" dans les environs de 
Siegmarigen le 8 mai 1852, entra en 1873 dans 
Tordre de St-Benolt, au convent de Beuron 
(Hohenzollern) et s'occupa tout particuliere- 
ment du choral gregorien. U a public, en plus 
de ses nombreux articles dans les revues spe- 
ciales, une ChorcUschule (1890), Kleines kir- 
chenmusikalisches Handbuch (1892) et une 
traduction allemande (1881) des MUodies gr&- 
goriennes de dom Pothier. 

Kiemi, Wilkelm, n6 A Waitzenkirchen (Hau- 
te-Autriche) le 17 janv. 1857, travailla la musi- 
que (piano : Ignace Uhl et Mortierde Fontaine; 
composition : D r W. Mayer [W.-A. R6my]) en 
meme temps qu'il fr&juentait les cours du 
Gymnase de Graz, fit ensuite des Etudes univer- 
sitaires A Graz (1874), Prague (1875), Leipzig 
(1876) et Vienne (1877) ou il fut promu D' phiL 
Sa dissertation, Die musikalische DeMamalion, 
parut en 1880. En 1879, K. s'etait rendu A Bay- 
reuth, aupres de Wagner; il fit l'annee suivante 
des conferences sur la musique, A Munich, 
puis fut nomme chef d'orchestre de theatre A 
Amsterdam. 11 passa ensuite au theatre de Cre- 
feld, accepta en 1886 le poste de directeur du 
t Steierm&rkischer Musikverein », A Graz, de- 
vint trois ans plus lard chef d'orchestre aa 
TheAtre municipal de Hambourg, puis, en 1894, 
au Theatre de la Cour, A Munich. En plus de 
ses articles dans diverses revues musicales 
(reunis en 1886, sous le titre de Miscelten), K.n'a 
fourni qu'une revision tres superficielle de la 
MusihgeschichUy de Brendel. Ses oeuvres musi- 
cales, quoique de plus de valeur, sont d'une 
facture un peu rel&chee : musique de chambre, 
pieces pour piano, lieder, et plusieurs operas 
(paroles et musique): Urvasi (Dresde, 1886), 
Heilmar der Narr (Munich, 1892), Der Evan- 
(jetimann (Berlin, 1895). K. a, en outre, mis au 
point l'op6ra posthume, Turandot, d'Ad. Jen- 
sen. 

Kiesewetter, Raphakl-Georo (anobli plus 
tard : Edler von Wiesenbrunn), musicographe 
de renom, n6 A Holleschau (Moravie) le 29 aout 
1773, m. a Baden, pr£s Vienne, le 1«* janv. 1850; 
elev6 en vue de la carriere de fonclionnaire, 
devint en realite employe au ministere impe- 
rial de la guerre et changea, de par ses fonc- 
lions memes, tres frequemment de domicile, 
jusqu'd ce qu'il recut, en 1845, sa pension, avec 
le titre de conseiller de la Courimperiale. D6s 
son enfance, K. aima ardemment la musique ; 
il entreprit de collectionner les ouvrages an- 
ciens sur la musique et fut conduit ainsi, petit 
a petit, A faire des recherches historiques. II 
travailla encore, en 1808, la basse* chiffree et le 
contrepoint, sous la direction d'Albrechtsber- 
ger et de Hartmann, et devint une autorite 
dans le domaine de l'histoire musicale. Ses m6- 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



KIN — KIRCHER 



411 



rites furent largement reconnus, car il fat 
nomm£ membre effectif ou honoraire de plu- 
sieurs Academies (Berlin, Vienne) et soci6t6s 
eavantes. K. 6tait l'oncle de A.-W. Ambros. Ses 
principaux oavrages son! : Die Verdienste der 
Niedertamder \wn die Tonhunst (couronn6 par 
l*Acad6mie des Pays-Bas, 1826 ; trad, en holl., 
1829) ; Geschichte der euro^weisch-abentflcendi- 
schen oderunserer heutigenMusih (1834 ; 2« 6d. 
1846) ; Ueber die Musik der neuern Griechen, 
nebst freien Gedankenuber aUcegyptischeund 
<Utgriechische Musik (193S); Guido von Arez- 
zo, sein Leben und Wirken (1840); Schicksale 
und BescJiaffenfieit des weltlichen Gesangs 
xom fruhm Mittelalter bis zur Erfindung des 
dramatischen Stils und den Anfangen der 
Oper (1841); Die Mmih der Araber (1842; cf. 
A ce sujet Riemann, « Stadien zur Geschichte 
der Notenschrift », p. 77 k 86) ; Der neuen Aris- 
toxener zerstreute Aufsdtze (1846) ; Ueber die 
Oktave des Pythagoras (1848) ; Galerie alter 
Kontrapunktisten (1847; catalogue des ancien- 
nes partitions, contenues dans les collections 
de rauteur, qui les 16gua a la Bibl. de la Cour, 
k Vienne). De plus, K. a fourni une s6rie d'arti- 
cles de valeurs, & 1'cAllg. musikalische Zei- 
tung», de Leipzig (1826-1845; sur la notation 
de (ir^goire I #p , sur Francon de Cologne, les 
anciennes lablatures, Compare, Josquin, le 
Petrucci de Schmid, etc.); il a publie le Pales- 
trina, de Kandler, et laiss£ les manuscrits de 
plusieurs ouvrages de th&orie musicale. 

Kin, instrument chinois remontant a la plus 
haute antiquity ; il office une certaine analogie 
avec la cithare et les cordes (de 5 a 25) sont en 
soie tordue. 

Kindermann, 1. Johann-Erasmus, ne a Nu- 
remberg le 29 mars 1616, organ iste de r&glise 
St-Egide en cette ville, m. le 14 avr. 1655; a 
publie jusqu'en 1652 une foule de morceaux 
de chant religieux (v. «Monatshefte ftlr M.- 
G. », XV, 37 et 138) .— 2. August, n6 a Potsdam 
le 6 f6vr. 1817, m. a Munich le 6 mars 1891, 
excellent chanteur scenique (baryton), debuta 
dans la carrtere k r&ge de seize ans, comme 
choriste k l'opera de Berlin, puis chanta, sous 
la direction de Spontini, quelques petits rdles. 
B fut engage, de 1839 a 1846, a Leipzig, ou sa 
Toix se transforma de basse noble en bary- 
ton, et depuis lors, au Theatre de la Cour, a 
Munich, oft il fut grand favori du public. — 
& Hedwio (Rkicher-K.), v. Reicher-Kjndsr- 

MAKN. 

King, instr. a percussion chinois, compost de 
lamelles de pierre accord&es. 

King, 1. Robert, musicien de la chambre du 
Toi Guillaume III d'Angleterre, bachelier 6s 
musique de l'Universite de Cambridge (1696), a 
public : Songs for 1, 2 and 3 voices composed 
to a thorough-bass for the organ or harpsi- 
chord 9 et des morceaux d6tach6s dans les an- 
thologies anglaises de son temps (Choice ayres, 
1684; Comes amoris 9 1687-93; The banquet of 
musich f 1688-92; The gentleman's journal, 
1692-94; Thesaurus musicus, 1695-96). — 2. 
Charles, n6 en 1687, enfant dechceur del'eglise 



St-Paul, sous la direction de Blow et de Clark, 
bachelier 6s musique de l'UniversitS d'Oxford 
(1707), m. le 17 mars 1748; une fois ses etudes 
termin6es, il 6tait devenu aum6nier et maitre 
de choeur de T^glise St-Paul (1707), organiste 
de St-Bennet-Fink (1708) et, en dernier lieu, vi- 
caire du choeur de l^glise St-PauL K. a com- 
post une quantity de musique d'6glise, services, 
anthems, etc., qui parurent soit s£parement, 
soit dans Cathedral music d' Arnold et Harmo- 
nia sacra de Page, ou resterent manuscrits. — 
3. Matthew-Peter, n6 en 1773, m. a Londres 
en janv. 1823: a 6crit toute une s£rie d f operas 
anglais, pour le theatre du « Lyceum », et pu- 
blil des sonates de piano, des romances, une 
cantate, etc. II fit aussi exteuter un oratorio de 
sa composition : The intercession, puis 6crivit 
des ouvrages th^oriques : General treatise on 
music (1800 [1809]) et Thorough-bass made 
easy to every capacity (J 796). 

King's Chapel (Chapel Royal), v. chapelle. 

Kinkel, Johanna, Spouse du po£te allemand 
bien connu (n6e Mockel, divorcee Matthieux), 
n6e a Bonn le 8 juil. 1810, m. a Londres le 15 
nov. 1858; Spousa, en 1832, un libraire du nom 
de Matthieux qu'elle abandonna au bout de 
quelques jours k peine, puis fit son education 
musicale k Berlin et 6pousa, en 1843, Gottfried 
K. ; eile suivit ce dernier en Angleterre apr&s 
son Evasion des prisons de Spandau. Ses oeu- * 
vres les plus connues sont la « Cantate des 
oiseaux »(op. 1) et une op£relte, Ottoder SchUtz. 
Elle a 6crit, en outre, Acht Briefs an eine 
Freundin uber Klavierunlerricht (1852). 

Kinnor, ancien instr. k cordes hebreu, de la 
famille des cithares ou des harpes. 

Kipke, Karl, n6 k Breslau le 20 nov. 1850, fit 
ses Etudes musicales a Leipzig, ou il vecut de- 
puis lors, abstraction faite de quelques armies 
d'activit^ pratique, comme directeur de musique, 
a Pilsen;correcteur extraordinairement capable 
et tr&g occupy, rSdacteur de la Sdngerhalle, etc 

Kipper, Hermann, n£ a Coblentz le 27 aout 
1826, 61&ve d' Anschtttz et de H. Dorn, maitre de 
musique et critique musical, a Cologne, K. s'est 
fait connaitre par une s6rie d'op&rettes humo- 
ristiques allemandes , pour voix d'hommes 
seulement : Der Quacksalber ( Doktor Sage- 
bein und sein Famulus), Inhognito (Der Fiirst 
wider Willen), Kellner und Lord, 

Kircher, Athanasius, n6 a Geisa, dans Tan- 
cien <W6ch6 de Fulda, le 2 mai 1602, m. k Rome 
le 28 nov. 1680 ; savant j^suite, professeur de 
sciences naturelles a rUnivei'sit6 de Wftrz- 
bourg se r^fugia en 1635 a Avignon pour fuir 
les horreurs de la guerre de Trente ans, puis 
s'etablitdeflnitivementa Rome, en 1637. Parmi 
ses nombreux ouvrages, quelques-uns traitent 
de la musique et de Facoustique : Musurgia 
universalis sive ars magna consoni et dissoni, 
etc, (1650, 2 vol. [1654?, 1662?, 1690] ; extraits 
trad, en allemand par Hirsch, 1662) et Phonur- 
gia nova, sive conjugiwm m mechanico-phy$icum 
artis et natures, etc, (1673; 6d. all., sous le 
litre : Neu Hall-und Tonhunst, par Agathos 
Cario). Ges deux traites offrent le melange le 



by t^ 



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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



412 



KIRCHL — KIRKMAN 



plus extraordinaire de demonstrations scientift- 
ques et de naive credulity, mais ils n'en ren- 
ferment pas moins d'intSressantes notions 
d'histoire de la mtisique et d'acoustique. Enfin, 
deux autres ouvrages du m£me auteur contien- 
nent quelques particularity musicales, ce sont : 
Ars magnetica (1641, plusieurs Editions) et 
Oedipus Aegypliacus (1652-1654 ; 3 vol.). 

Kirchl, Adolf, compositeur de cbomrs pour 
voix d'hommes, n6 k Vienne le 16 juin 1858, vit 
dans cette ville en quality de directeur du 
« Schubertbund » (society chorale d'hommes). 

Kirchner, 1. Theodor, n6 a Neukirchen, pres 
Chemnitz, le 10 d£c. 1823, compositeur gonial 
pour le piano et plus particulierement daus le 
genre que Ton pourrait designer sous le nom 
de « miniature » et qu'il d^veloppa d'une fa$on 
tout originale. II arriva en 1838 k Leipzig et, 
sur le conseil de Mendelssohn, prit des lemons 
de C.-F. Becker (orgue et thSorie) et de J. Knorr 
(piano). De 1842 k 1843, il travailla l'orgue a 
Dresde, sous la direction de Joh. Schneider, 
puis entra, en 1843, au Conservatoire de Leip- 
zig (y fut le premier £l&ve inscrit, mais n'y 
resta que six mois a peine). K. remplit ensuite, 
de 1843 k 1862, les fonctions d'organiste a 
Winterthour, puis, pendant les dix ann^es qui 
suivirent, celles de directeur de societes et 
maltre de musique, a Zurich. II se rendit de \k 
k Meiningen, comme professeur de musique 
de la princesse Marie (1872-1873) et accepta en- 
suite le poste de directeur de l'Ecole royale de 
musique de Wiirzbourg, qu*il ponserva jusqu'en 
1875. Aprte un s6jour de huit ans k Leipzig, 
K s'6tablit k Dresde, en 1883, et y devint pro- 
fesseur au Conservatoire, mais changea encore 
de domicile et, en 1890, se retira k Hambourg. 
K. 8 f est cr66 un nom soit par ses morceaux de 
piano, soit par quelques lieder tr&s connus en 
Allemagne (Sie sayen, es ware die Liebe), soit, 
enfin, par ses transcriptions tres adroites, 
pour le piano, d'une foule de lieder de Brahms, 
Jensen, etc. Void une lisle complete de ses oeu- 
vres originates : op. 1, dix lieder ; op. 2, dix 
morceaux de piano; op. 3, 6 Mieddtenlieder ; 
op. 4, quatre lieder; op. 5, Gruss an meine 
Freunde; op. 6, quatre lieder; op. 7, Album- 
bicetter ; op. 8, Sdterzo ; op. 9, preludes (2 ca- 
hiers); op. 10, Zvcei Keenige (ballade pour bary- 
ton); op. 11, Skizsen (3 cahiers); op. 12, Adagio 
quasi fantasia ; op. 13, Lieder ohne Worte ; 
op. 14. Phantasiestuche (8 cahiers); op. 15, Ein 
Gedenkblatt (serenade en si maj., pour piano, 
violon et violoncelle ) ; op. 16, Kleine Lust 
und Trauerspiele ; op. 17, Neue Davidsbiindler- 
laenze ; op. 18, Legenden ; op. 19, dix morceaux 
de piano (d'apr&s des lieder de sa composition, 
5 cahiers); op. 20, quatuor pour instr. a archet; 
op. 21, Aquarellen(2 cahiers); op. 22,Romances 
(2 cahiers); op. 23, valses (2 cahiers); op. 24, 
Stilt und bewegt (2 cahiers); op. 25, Nachtbilder 
(2 cahiers); op. 26, album; op. 27, caprices (2 
cahiers) ; op. 28, nocturnes ; op. 29, Aus meinem 
Skivzenbuch (2 cahiers) ; op. 30, Studien und 
Stucke (4 cahiers); op. 31, Im Zwielicht; op. 
32, Aus trtiben Tagen ; op. 33, Ideate ; op. 34, 



by \j 



*L 



ic 



valses (2 cahiers); op. 35, Spielsachen ; op. 36> 
Phantasien am Klavier (2 cahiers); op. 37, 
quatre Elegies; op. 38, douze Etudes; op. 39, 
Dorfgeschichten ; op. 40,trois lieder (po£mes de 
Fr. von Holstein); op. 41, Vertoehte Bicetter ; 
op. 42, mazurkas (2 cahiers) ; op. 43, quatre 
polonaises ; op. 44, Blumen sum Strauss ; op. 
45, six morceaux de piano ; op. 46, 30 Kinder- 
und Kiinstlertcenze ; op. 47, Fedsneichnun- 
gen; op. 48, Humoreshen; op. 49, Neue Album- 
bicetter (2 cahiers); op. 50, six lieder; op. 51, 
An Stephen Heller ; op. 52, Ein neues Klamer- 
buch (3 cahiers); op. 53, Florestan und Euse- 
bius ; op. 54, Sclierzo ; op. 55, Neue Kinder- 
szenen ; op. 56, In stillen Stunden ; op. 57, 
douze morceaux pour une seule main ; op. 58, 
trios enfantins (pour piano, violon et violoncel- 
le) ; op. 59, Novelettes pour trio ; op. 60, Plau- 
dereien am Klavier ; op. 61 , six morceaux 
caracteristiques (3 cahiers) ; op. 62, Miniaturen ; 
op. 63, romance et berceuse pour piano et 
violon ; op. 64, gavottes, menuets et morceaux 
lyriques; op. 65, soixante preludes; (op. 66, 
manque); op. 67; Liebeserwaelien (m&odie); 
op. 68, Ncehe des Geliebten (id.) ; op. 69, quatre 
poemes de Goethe, mis en musique pour quatre 
voix d'hommes ; op. 70, cinq sonatlnes ; op. 71, 
cent petites etudes; op. 72, Stilts Lieder und 
Tcenze (2 cahiers); op. 78, Romantische Ge- 
scfiichten (4 cahiers); op. 74, Alts Erinnerun* 
gen ; op. 75, neuf morceaux de piano ; op. 76, 
Eeflexe (six valses); op. 77, polonaise, valse et 
l&ndler; op. 78, Les mois de Canrtfe (Edition 
illustree); op. 79, huit morceaux pour violon- 
celle et piano ; op. 80, neuf feuillets d'album ; 
op. 81, six lieder ; op. 82, Gedenhblcetter (pour 
inauguration du nouveau Conservatoire de 
Leipzig) ; op. 83, Bunte Bicetter (douze trios) ; 
op. 84, quatuor avec piano ; op. 85, variations 
pour deux pianos. Quelques autres ceuvres out 
parusans numero d'opus,ce sont : une seconde 
serenade pour trio (v. op. 15) en mi maj., une 
polonaise pour deux pianos, deux Etudes deta- 
ches (ut majeur et ri mineur ; la derni&re dans 
la « M6thode de piano », de Lebert et Stark), 
Lieblinge der Jugend (30 petites Etudes ), 
Alte Bekannte im neuen Geicande (k quatre 
mains) et quelques lieder, plus les transcrip- 
tions cities plus haut et de date recente. Cf. 
A. Niggli, lit. Kircitner (1880). — 2. Fritz, n6 
k Potsdam le 3 nov. 1840, £leve de l'Acad£mie 
Kullak (Kullak, Wuerst, Seyffart), devint lui- 
meme professeur de cet etablissement, en 1864, 
et y resta jusqu'A sa dissolution, en automne 
1889. Compositeur zete de morceaux de piano 
et de chant, plus particulierement ecrits en vue 
de renseignement. — 3. Hermann, n6 k Wol- 
fis (Thuringe) le 23 janv. 1861 , chanteur de 
concert (tenor) et compositeur, k Berlin. 

Kirkman, 1. Jakob (de son vrai nom Kirch- 
mann), fondateur de la fabrique de pianos « K. 
andSons»,de Londres,etait d'origine allemande 
et arriva a Londres vera 1740. D entra comme 
ouvrier dans Fatelier de Tabel, oil travaillait 
aussi Shudi (Tschudi), le fondateur de la mai- 
son BroadwoocL K. epousa la veuve de Tabel 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



KIRNBERGER — KISTNER 



et laissa A sa mort, en 1778, tine grande fortune. 
Ses pianos A queue (« harpsichords ») 6taient 
trte renorom£s. K. n'ayant pas d'enfant, ce fut 
son neveu Abraham K. qui Mrita le commerce 
de pianos, dirig6 aujourd'hui encore par un 
descendant de ce dernier, Joseph K. Le « melo- 
piano», invent6 par Caldera, et consistant en 
une percussion des cordes r6p<H6e a intervalles 
tr6s rapproch6s au moyen de petits marteaux 
sp£ciaux, fut employe avec succ&s par K. et fut 
Tune des solutions les plus ing&nieuses du 
probleme de la prolongation du son, au piano. 
— 2. Johann, natif de la Hollande, devint, en 
1782, organiste de TEglise lutherienne, A Lon- 
dres, m. en 1799 : a laisse des trios, des sonates 
pour violon et pour piano, des pieces d'orgue, 
etc. 

Kirnberger, Johann-Philipp, n£ A Saalfeld, 
en Thuringe, le 24 avr. 1721, m. A Berlin le 27 
juiL 1788, Tun des thforiciens les plus estim£s 
du Steele pass&, dont le nom doit 6tre plac6 A 
c6t£ de ceux de Rameau et de Tartini, mais 
dont les mforites sont cependant sou vent m£- 
connus. K. fut 616ve de Kellner (p6re) A Gr&fen- 
roda, de Gerber (p£re) a Sondershausen et, 
quelque temps aussi, de J.-S. Bach, A Leipzig; 
il remplit, de 1741 A 1750, les fonctions de mai- 
tre de musique et de directeur de musique 
chez divers nobles Polonais , puis au Couvent 
des nonnes de Lemberg. Rentre en Allemagne 
en 1751, il se mit encore A 6tudier le violon, A 
Dresde, entra comme violoniste dans la chapel- 
le de la Gour, A Berlin, puis devint, en 1754 
professeur de composition et maftre de chapelle 
de la princesse Amalie (v. ce nom), situation 
qui lni permit de vouer de nombreux loisirs 
A des travaux importants. Les compositions de 
K. sont aujourd'hui complement oubliees 
(exercices, morceaux, suites, fugues, etc., pour 
piano et pour orgue ; douze menuets pour deux 
violons, deux hautbois, deux flutes, deux cors 
et «continuo »; morceaux pour Utile; trios pour 
deux violons et basse ; lieder; odes ; motets, etc.). 
L'ouvrage le plus connu et le plus important 
de l'auteur est intitule : Die Kunst des reinen 
Satzes (1774-1779; 2 vol.), mais sa premiere 
publication thforique avait 6te : Konstruktion 
der gleiciischwebenden Temperatur (1760, cf. 
temperament) et un autre ouvrage : Wakre 
Grundscetze sum Gebrauch der Harmonie, 
parat en 1778 sous son nom (cf. toutefois J.-A.- 
P. Schulz). Les accords fondamentaux sont, 
d'apres K. : l'acc. parfait majeur, Tacc. parfait 
mineur, Tacc. de quinte dirainu£e, l'acc. majeur 
avec septi6me majeure et avec septieme mi- 
neure, l'acc. mineur avec quinte diminuee et 
sepltememineure; l'afiirmation par K. de l'exis- 
tencede «deux» accords fondamentaux settle- 
ment (ace. de trois sons, ace. de septi&me) ne 
peut par consequent &tre interpr&ee que cum 
grano salts. K. a 6crit en outre : Grundscetze 
des Generalbasses als ersle Linien der Kom- 
position (1781 ; plusieurs Editions) ; Gedanken 
Oder die verschiedenen. Lefirarten der Kom- 
position als Vorbereitung sur Fugenhenntniss 
(1782) ; Anleitung sur Singkomposition (178*2). 



by C* 



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413 

Quant au petit ouvrage intitule : Der Allzeit 
fertige Menuetten-und Polonaisenkomponist 
(1757), il faut le consid&rer plut6t comme une 
plaisanterie musicale, sorte de precurseur des 
jeux de d&s muslcaux connus de nos jours. K. 
a collabore A la Iheorie der schonen KUnste, 
de Sulzer, et public de nombreuses oeuvres vo- 
cales de Hasler et de Graun. Cf., au sujet des i 
de K., Tart. i. 

Kist, Florknt-Gorneille, n6 A Arnhem le 
28 janv. 1796, m. A Utrecht le 23 mars 1883, 
musicien hollandais de merite. II avait 6tudi£ 
la medecine, qu'il pratiqua m£me A la Have 
jusqu'en 1825, mais fut de tout temps grand 
amateur de musique, excellent flhfrtiste et cor- 
niste, et travailla le chant et la composition. 
En 1821 d6j£, nous tro\ivons K. parmi les fon- 
dateurs de la society de musique « Diligentia », 
A La Haye, et lorsqu'il eut abandon n 6 la mede- 
cine, pour se vouer entterement A la musique, 
il d£ploya une activity inoui'e d'organisateur, 
fondant A Delft une association chorale et une 
sucenrsale de la « Maatschappij tot bevordering 
van ToonkunsU, A la Haye la soci£t£ « Goecilia>, 
et pr£sidantle « Collegium musicum* de Delft 
en m&me temps que 1' t Harmonie » de La Haye. 
Plus tard, en 1841, K.61ut domicile a Utrecht, r£- 
digea pendant trois ans la Nederlandsch muzi- 
haal Tydscltrifty puis fonda la Ccecilia qui est 
aujourd'hui encore la revue musicale la plus im- 
portante de la Hollande. K. fit aussi partie, pen- 
dant plusieurs ann6es.de la soci&6 de concerts 
d'Utrecht (« Collegium musicum Ultrajecli- 
num »), fonda des concerts d'amateurs ( t Sym- 
pbonie ») et une soci£t6 chorale «Dulce Apolline ». 
K. a fourni de nombreux articles, non seulement 
aux revues qu'il r£digea, mais encore A divers 
periodiques allemands (« Signale »; « Teutonia » 
c Zeitschrift fur Diletianten », de Gassner); de 
plus, il a 6crit : De tcestand van het protestant- 
sche kerkgesang in Neederland (1840), Levens- 
geschidenis van Orlando de Lassus (1841), et 
une trad, hollandaise des « Grundztige der 
Geschichte der Musik », de Brendel (1851). On 
a grav^ de lui des compositions vocales (a une 
et plusieurs voix) et un recueil de variations 
pour flute ; des cantates et d'autres ouvrages 
de grandes dimensions sont rest£s manuscrits. 

Kistler, Cyrill, n£ A Gross-Aitingen, pr6s 
Augsbourg, le 12 mars 1848, fut d'abord r&gent, 
de 1867 A 1876, puis travailla la musique a 
Munich (Rheinberger) et fut nomm6, en 1883, 
professeur au Conservatoire de Sondershau- 
sen. II vit, depuis 1885, a Kissingen, en quality 
de maitre de musique. Un opera romantique 
de sa composition, Kunihild, a et6 reprSsente 
A Sondershausen (1884), un opera - comique, 
Eulenspief/el, A Wurzbourg (1889), tandis que 
deux autres sont rest£s manuscrits. K. est Tau- 
teur d'un traite de theorie el^mentaire de la 
musique et d'un traite d'harmonie; il publie, 
sous le litre Musikalische Tagesfragen, des 
feuilles volantes contenant des notices criti- 
ques, des petites nouvelles, etc. 

Kistner, Friedrich, ne a Leipzig le 3 mars 
1797, m. dans la m£me ville le 21 dec. 1844 ; 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



414 



KIT — KLAUSER 



prit en 1831 la succession du commerce de mu- 
sique Probst, auquel, en 1836, il donna son 
nom. La maison d*6dition se d^veloppa rapide- 
ment sons sa direction et sons celle de son ftls 
Julius (m. le IB mai 1868), mais surtout encore 
sous celle de K.-F.-L. Gubckhaus (n6 le 17 janv. 
1821, m. A Leipzig le 22 mai 1884), qui reprit le 
commerce, pour son propre compte, en 1866. 

Kit (atigl.), nom que les Anglais donnent a 
l'ancienne • pochette > (v. ce mot). 

Kitchener, William, riche m&Lecin anglais 
et c£l&bre gourmet, mais aussi amateur de mu- 
sique, possSdant de r6elles connaissances tech- 
niques, m. A l'Age de cinquante ans, le 26 f£vr. 
1827. K. a 6crit : Observation on vocal-music 
(1821) et r£dig6 plusieurs anthologies : The 
loyal and national songs of England (1823), 
The sea songs of England (1828), el A collection 
of the vocal-music in Shaksp&re's plays.. M a 
compost en outre une op£rette : Lowe among 
the roses, or the master Key. 

Kittel, Johann-Christian, n£ & Erfurt le 18 
tevr. 1732, m. dans la m&me ville le 9 mai 1809; 
dernier £l£ve de J.-S. Bach, fut d'abord orga- 
niste A Langensalza, puis, A partir de 1756, A 
la «Predigerkirche » d'ErfurL Ses honoraires 
6taient si maigres qu'il n'£chappa A la mis&re 
que grAee A une allocation du prince-primat 
\ on Dalberg et aux recettes de quelques tour- 
n£es de concerts, dont la derni&re, en 1800, le 
conduisit A Hambourg et A Altona, ou il s£jour- 
na une ann6e enttere. K. jouissait d'une excel- 
lente reputation, non seulement comme orga- 
niste, mais aussi comme compositeur, thSoricien 
et pedagogue: son 6l6ve le plus cM&bre fut K.- 
H. Rinck. Quelques ceuvres de K. seulement ont 
£t£ gravies, notons ici : Der angehende prak- 
tische Organist, oder Anweisung sum ziceck- 
mcessigen Gebrauch der Orgel beim Qottes- 
dienst (1801-1808, 3 parties; nouv. 6d., 1831); 
Neues Choraibuch (pour la principality de 
Schleswig-Holstein, 1803); Grosse Prceludien, 
pour orgue ; deux chorals varies, pour orgue, 
six sonates pour clavecin (op. 1): vingt-quatre 
chorals (pourvus chacun de huit basses chif- 
fr£es); Eymne an das Jahrhundert (1801, A 
quatre voix); enfln, un recueil de variations 
pour clavecin. 

Kittl, Johanx -Friedrich, ne au chAteau de 
Worlik (Bohfrne) le 8 mai 1809, m. A Lissa, de 
Pologne, le 20 jail. 1868; flls d'un offlcier de 
justice, Mudia le droit, mais s'occupa, avec 
une predilection toute sp£ciale, de musique, 
sous la direction de Tomascheck, a Prague. 11 
se voua, en 1840, enti&rement A la musique, et 
obtint, a la mort de Dionys Weber, le poste de 
directeur du Conservatoire de Prague. Apr&s 
une activity tr6s meritoire de vingt ann£es, K. 
se retira, en 1865, A Lissa. K. s'est fait un nom 
grAce A plusieurs operas de sa composition, 
represents A Prague : Daphnis' Grab , Die 
Franzosen vor Nizza (= Bianca und Giusep- 
pe 9 texte de Richard Wagner !), Waldblume* et 
Die Bildersturmer ; il a ecrit en outre un trio 
(op. 28), un septuor (piano, instr. A vent et con- 
trebasse), des lieder, plusieurs symphonies, etc. 



by \j 



A 



IC 



Kitsler, Otto, ne A Dresde le 16 mars 1834, 
61£ve de J. Otto, Joh. Schneider et F.-A. Kum- 
mer (violoncelle), puis, apr6s un court stage A 
Eutin, comme directeur de musique, de Ser- 
vais, au Conservatoire de Bruxelles. II fut vio- 
loncelliste des orchestres de th&Ure de Stras- 
bourg et de Lyon, puis chef d'orchestre d'opira 
A Troyes, Linz, Konigsberg, Temesvar, Her- 
mannstadt et Brttnn. Enfln il est, depnis 1868, 
directeur de la « Soci£t6 de musique » de Brttnn 
et de l'Ecole de musique qui en depend, ainsi 
que de la soci£t£ chorale d'hommes. K. a publiA 
des pieces pour piano et pour orchestre, et des 
lieder qui r£v£lent un musician de bonne 6cole. 
Kjerulf, Halfdan, compositeur norvegien, 
n6 en 1818, m. A Christiania le 11 aoftt 1868. 
Ses melodies et ses chceurs sont dcvenus 
populaires dans sa patrie et se sont un pea 
repandus A l'Stranger, en m^me temps que de 
charmantes pieces pour piano (publiles par H. 
Hofmann et Arno Kleffei). Un monument lui a 
et£ 61ev6 A Christiania. 

Klafsky, Katharina, cantatrice sc6nique re- 
marquable (soprano dramatique), n6e a St- 
Jean, dans le Comitat de Wieselburg (Hongrie), 
le 19 sept. 1855, m. A Hambourg le 22 sept 
1896; fille d'un cordonnier qui, de m£me 
que sa femme, 6tait assez bien dou6 pour 
la musique pour pouvoir prendre part aux 
executions de musique d'&glise, perdit sa m&re 
de bonne heure et, lorsque son pire se re- 
maria, quitta la maison paternelle et se 
rendit A <Edenbourg,puis A Vienne.Sa voix y 
fut bien vite remarqu&e et, grAce A rinlerven- 
tion de Hellmesberger, la jeune fille put obtenir 
des lemons gratuites de M tt « Marches i. Elle d6~ 
buta, en 1875, A Salzbourg,dans de petits rdles, 
mais 6pousal'ann£e suivante d£jA un commer- 
cant de Leipzig et rentra dans la vie priv£e. 
Des revers de fortune l'oblig&rent A reprendre 
la carri&re th&Atrale, A Leipzig, d'abord, dans 
des riles secondares, puis avec un succes 
toujours croissant dans la troupe wagnfoienne 
ilin&rante d'Angelo Neumann, oil elle succeda 
A Hedwige Reicher-Kindermann. Elle parvint 
ainsi au faite desa gloire, fut engagta ABreme, 
par Neumann, puis A partir de 1885, A Ham- 
bourg. Elle 6pousa, en secondes noces, en 
1887, le baryton du th£Atre de Hambourg, 
Franz Greve, qui mourutA Hambourg, le 12 
mai 1892., et en troisi£mes noces, K. Lohse, chef 
d'orchestre A Hambourg, M m# K. 6tait remar* 
quable surtout dans le rdle de « Fidelio ». 

Klang (all.), son, harmonie ; Klangfarbe, 
timbre ; Klang folge, marche (enchainement); 
Klangschliissel, clef harmonique; Klangver- 
tretung, interpretation harmonique. V. tous les 
mots fran^ais. 
Klappe (all.), clef (v. ce mot 8). 
Klau8er,l. Karl, ne A St-P&ersbourg le 24 
aotlt 1828, partit en 1850 pour New- York, puis 
v£cut A partir de 1855 & Farmington (Etats- 
Unis) ou il se fit estimer comme professeur 
de musique. K.doit son renom aux nombreuses 
transcriptions qu'il fit pour le piano d'oeuvres 
d'orchestre classiques et rom antiques et aux 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



KLAJJWELL — KLEIN 



415 



Editions, tr&s soigneusement r6dig£es, qu'il 
donna des oeuvres classiques du piano, chez 
Schuberth&CKSon fils et son 616ve — 2. Julius, 
n6 a New- York le 5jnil. 1854, fut eleveen outre 
dti Conservatoire de Leipzig (Wenzel, 1871- 
1874), puis 61ut domicile k Milwaukee et y pro- 
fesse la musique. II a publie, sous le litre 
The Septonate and the Centralization of the 
Tonal System (1890), un traits d'harmonie de 
tendances tr&s modernes. 

Klauwell, 1. Adolf, n6 k Langensalza (Thu- 
ringe)le 31 dec. 1818, fut pendant nombre 
d'annSes maitre de la troisi^me, puis de la 
quatrieme 6cole municipale de Leipzig, ou il 
mourut le 21 nov. 1879 ; pedagogue et auteur 
de manuels 616mentaires bien connu, a public 
des morceaux de piano destines k Tenseigne- 
ment, entre autres un Goldenes Melodien- 
Album tr&s rSpandu en Allemagne. Sa fille, 
Marie (Lano-K.), n6e le 27 janv. 1853, fut tres 
estim£e comme cantatrice de concerts (soprano). 
— 2. Otto, compositeur et musicographe, n6 a 
Langensalza le 7 avr. 1851,neveu du precedent, 
sui vit les cours du Gymnase de Schulpforta, puis 
apr&s avoir fait la guerre de 1870-1871, entra a 
l'UniversitS de Leipzig, avec Tintention d'y faire 
des mathematiques; cependant, en 1872, il mit k 
l'execution le projet longtemps caress^ de se 
vouer a la musique et entra au Conservatoire de 
Leipzig pour y travailler la theorieetla compo- 
sition, sous la direction de Richter et de Rei- 
necke. De plus, en 1874, il prit son grade de D e 
phiLk TUniversitede Leipzig. L f an nee suivante, 
K. fut engage par la direction du Conservatoire 
de Cologne, en quality de professeur de piano, 
de th6orie et d'histoire de la musique. II fut en 
outre charge, en 1884, de la direction du semi- 
naire organise par Wullner, k l'usage des 
futurs maitres de piano. K. est un compositeur 
de talent, et nous pouvons citer de lui : des 
ouvertures, de la musique de chambre, des 
pieces pour piano, des lieder, un op&ra : {Das 
Masdchen vorn See, Cologne, 1889), etc. II con- 
vient de noter aussi ses ecrits : Die historische 
Entwickelung des musikalischen Kanons (1874, 
dissertation ) , Musikalische Gesichtspunhle 
(aphorismes, 1881 ), Der Vortrag in der Musik 
(1882), Der Fingersatz des Klavierspiels (1882). 
Klavier (all.), piano. 

Klee, Ludwio, n6 a Schwerin le 13 avr. 1846, 
Steve (1864-1868) et ensuite maitre (1868-1875) a 
l'Academie Kullak, a Berlin. II a fond6 ensuite 
lui-m&me une « Ecole de musique », a Berlin, et 
public toute une serie d'ouvrages pedagogiques 
pour le piano, parmi lesquels il faut mention - 
ner : Die Ornamentik der hlassischen Kla- 
viermusik. 

Kleeberg, Clotilde, n6e k Paris le 27 juin 
1866, 61£ve du Conservatoire de cette ville (M mo « 
R6tyet Massart),sefit entendre en public, pour 
la premiere fois, au courant de l'hiver 1878 ; 
elle debutait aux Concerts populaires de Pasde- 
loup en jouant le concerto en ut mineur de 
Beethoven. Depuis lors sa reputation de pia- 
niste a la technique delicate, au gout distingue, 
s'est repandue k travers toute TEurope, qu'elle 



by \j* 



i 



le 



a parcourue dans de nombreuses tourn&es de 
concerts. 

Kleemann, Karl, n6 k Rudolstadt (Thuringe) 
le 9 sept. 1842, £tait destine a la carri&re de li- 
bra ire, mais travailla la musique h Rudolstadt 
aupr&s du maitre de chapelle de la cour Mul- 
ler et debuta dans la carriere de musicien, 
comme directeur d'une soci6t6 chorale, en 
Westphalie. En 1878, K. se rendit en Italie ou 
il passa plusieurs ann£es et se voua tout entier 
k la composition ; il fut nomm6, k son retour, 
second chef k l'Opera et directeur de musique 
de la Cour ducale, k Dessau. II convient de 
mentionner, parmi ses ceuvres : la musique 
pour Der Traum ein Leben, de Grillparzer, 
une fantaisie symphonique : Des Meeres und 
der Liebe Wellen, deux symphonies, des lieder, 
de la musique chorale, des pieces pour piano, 
etc. 

Kleffel, Arno, ne k Possneck (Thuringe) le 4 
sept 1840, suivit pendant quelque temps les 
cours du Conservatoire de Leipzig, mais fut 
surtout el&ve particulier de M. Hauptmann. II 
dirigea, de 1863 k 1867 la <SocuH6 de musique* 
de Riga, puis fut successivement chef d'orches- 
tre de theatre a Cologne, Amsterdam, Gcerlitz, 
Breslau, Stettin, etc. De 1873 k 1880, il remplit 
les m&mes fonctions au theatre de Friedrich- 
Wilhelmstadt, k Berlin, passa ensuite a Augs- 
bourg, a Magdebourg et k Cologne (1886-1892). 
II accepta alors une place de professeur de 
thSorie au Conservatoire Stern, a Berlin, mais 
rentra en 1895 de nouveau au th&Ure de Colo- 
gne. K. est Tauteur d'un op6ra : Des Meermanns 
Harfe, repr^sente k Riga en 1865 ; il a 6crit en 
outre la musique d'une f&erie de Noel : Die 
Wichtetmcennchen, du Faust de Goethe, et des 
ouvertures, des ceuvres chorales, des lieder, des 
morceaux de piano, un quatuor pour instr. k 
archet, etc. 

Klein, 1. Johann-Joseph, n6 k Arnstadt le 24 
aoul 1740, m. a Kahla, pr£s I6na le 25 juin 
1823; avocat a Eisenberg (Allenbourg), a 6crit: 
Letirbuch der praktischen Musik (1783), Lehr- 
buch der theoretischen Musik (1801), Neues 
vollstamdiges Choralbuch (1785, avec une pre- 
face sur la musique du choral), el divers arti- 
cles parus dans l'« Allg. musikalische Zeitung» 
(1799-1800). — 2. Bernhard, ne k Cologne le 6 
mars 1793, m. k Berlin le 9 sept. 1832; compo- 
siteur remarquable de musique d'eglise, fit sa 
premiere education musicale k Cologne, ou 
son pere 6tait contrebassiste, puis partit, en 
1812, pour Paris, y travailla quelque temps 
sous la direction de Cherubini et profita large- 
ment des ressources que lui offrait la Bibl. du 
Conservatoire. II fut nomme a son retour di- 
recteur de musique du Dome de Cologne, mais 
appel6 en 1818 a Berlin, par le ministere des 
Beaux-Arts, qui le chargea d'y etudier le fonc- 
tionnement des institutions musicales, il se fixa 
d&initivement dans cette ville. K. professa la 
composition,^ partir de 1820, a l'lnstitutde musi- 
que religieuse qui venait d'etre fonde et accepta 
en m6me temps les fonctions de directeur de mu- 
sique et professeur de chant a TUniversite. Les 



UNIVERSITY OF MICHIGAN 



416 



KLEINE OKTAVE — KL1NDWORTH 



ceuvres capitales de K. sont : des oratorios : 
Jephtah, David, Hiob ; une Messe; un Pater 
nosier a huit voix; un Magnificat k six voix 
(avec triple fugue) ; des r£pons k six voix ; 
puis huit recueils de psaumes, hymnes et mo- 
tets pour voix d'hommes (tr£s r£pandus et 
estim&s) ; des son ales de piano ; des variations, 
des lieder, et des ballades ( Erlh&nig) ; une 
cantate : Worte des Glaubens (Schiller) ; deux 
operas : Dido (1823) et Ariadne (32 janv. 1825), 
et deux actes d'un troisi&me op&ra, Irene, rests 
inacheve ; la musique de Erdennacht, de Rau- 
pach, etc. — 8. Joseph, fr&re cadet du pr6c6- 
dent, n6 k Cologne en 1802, m. dans la mdme 
ville en 1862 ; egalement compositeur, v6cut k 
Berlin et k Cologne. — 4. Bruno-Oskar, n£ k 
Osnabrftck le 6 janv. 1856, 61&ve de son p6re, 
le directeur de musique Carl. K., et de l'Ecole 
de musique, k Munich. II fut nomm£, en 1879, 
organiste de l'6glise St-Francois-Xavier,& New- 
York, et se fit connattre comme compositeur, 
par des pieces orchestrates, une sonate de 
violon, une suite pour piano et violon, etc. 

Heine Oktave (all.), deuxteme octave (up — 
uP) de l'6chelle tonale ; v. le tableau de cette 
6chelle a Tart. (a. 

Kleinmichel, Richa.ro, compositeur et pia- 
niste, ne k Posen le 81 d6c. 1846, regut les 
premieres lecons de piano de son p&re, qui 
6tait chef de musique militaire, et, de Posen, 
fut transfer^ a Potsdam, puis a Hambourg, oil 
K. continua k travailler s£rieusement. II fut, 
de 1868 k 1866, 616ve du Conservatoire de 
Leipzig, puis s'£tablit k Hambourg comme 
maltre de musique; en 1876, il se rendit de 
nouveau k Leipzig et y fut nomm&, six ans 
plus tard, directeur de musique au Th&Ure 
municipal. II passa ensuite au Th&Ure de 
Magdebourg et vit depuis quelques annees k 
Berlin. Sou Spouse, Klara Monhaupt, est can- 
tatrice de concert. K. remporta quelques sne- 
ers comme pianiste, mais il a surlout fait 
parler de lui, r^cemment, comme compositeur; 
il a £crit differentes pieces pour piano (d'ex- 
cellentes Etudes), des lieder, de la musique de 
chambre, deux symphonies et deux op&ras : 
Manon (ou Schloss de Lorjne, Hambourg, 1888) 
et Der Pfeifer von Dusenbach (ibid., 1891). K. 
est en oulre 1'auteur des reductions • facilities », 
pour piano, des grands drames wagn&riens, 
reductions qui, malheureusement, ne valent 
pas davantage que les fantaisies surdes motifs 
wagneriens, du m A me auteur. 

Klengel, 1. Aikiust-Alexander, n& a Dresde 
le 27 janv. 1788, m. dans la m£me ville le 22 
now 1852; fils du paysagiste K.,eleve de Milch- 
mayer et de Clementi (1803), qu'il accompagna 
jusqu'a St-P6tersbourg ou il resta jusqu'en 
1811. Apr&s un s£jour de deux ans k Paris, il 
rentra a Dresde qu'il ne quitta plus, si Ton 
fait abstraction d'un voyage, l'annee suivante, 
k Londres. En 1816, K. fut nomme organiste 
de la Cour, a Dresde. K. est surtout connu 
comme un maitre dans Tart de l'ecriture cano- 
nique ; il tit paraitre , daus les dernieres an- 
nees de sa vie, sous le titre : Les avant-cou- 



by \j 



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reurs, une s6rie de vingt-quatre canons, mais 
l'ouvrage auquel ils servaient en quelque sorte 
d'introduction ne fut publie qu'apr&s la mort 
de 1'auteur, par M. Hauptmann (Kanons und 
Fugen, 1854; 1'auteur cherche k surpasser, 
dans son genre, le « Clavecin bien temp£r6», 
mais la tentative est d'autant plus condamna- 
ble que ces pieces sont toutes d'une pedanterie 
et d'une pauvretS d'invention inconcevables). 
K. avait 6crit auparavant : deux concertos de 
piano : une polonaise de concert pour piano, 
fluie,clarinette,alto, violoncelle et contrebasse; 
un trio; une fantaisie pour piano k quatre 
mains ; plusieurs sonates et diverges pieces de 
piano. Un concerto et un quintette sont rest£s 
manuscrits. Les deux musiciens suivants, sans 
6tre des descendants directs, ont une parents 
61oign6e avec K. : — 2. Paul, n6 k Leipzig le 
18 mai 1854, violoniste et pianiste de talent, au- 
teur de lieder charmants, prit son grade de 
D*phiL (dissertation : Zur Aesihetik der Ton- 
kunst) k l'UniversH6 de Leipzig, puis dirigea, 
de 1881 k 1886, les concerts de la soci&6 « Eu- 
terpe*. II occupa ensuite, pendant quelques 
ann£es, le poste de second chef d'orchestre de 
la Cour, k Stuttgart, mais dirige, depuis 1893, la 
soci6t6 chorale academique « Arion », a Leipzig, 
ainsi que la <Sing-Akademie » (society chorale 
mixle) et la « Liedertafel > (society chorale 
d'hommes). — 3. Julius, fr&re du pr£c6dent, n6 
k Leipzig le 24 sept 1859, violoncelliste de tout 
premier ordre, violoncelle-solo de l'orchestre 
du < Gewandhaus » et professeur au Conser- 
vatoire de Leipzig ( concerto op. 10, concertino 
op. 7, quatuor pour inslr. k archet [sol maj.], 
suite pour deux violoncelles et diversmorceaux 
pour violoncelle). 

Kliebert, Karl, n£ k Prague le 18 d6c. 1849, 
fit son droit k l'UniversitS de Vienne oft il fut 
promu D T jur., mais se voua ensuite entiere- 
ment k la musique et travailla a Munich, sous 
la direction de Rheinberger et de WuUlner. 
Apres avoir s£journo quelque temps a Augs- 
bourg, comme chef d'orchestre de theatre, il 
fut appete, en 1875, a Wiirzbourg, avec charge 
d'y reorganiser 1'Ecole royale de musique. II 
succeda l'annee suivante a Kirchner, comme 
directeur de cette institution, qui prosp£re d'une 
maniere tr6s r£jouissante depuis sa nomina- 
tion., 

Klindworth, Karl, n6 k Hanovre le 15 sept. 
1830 ; pianiste distingue, £l£ve de Liszt, k Wei- 
mar, v£cut de 1854 k 1868 a Londres et s'y fit 
un nom tant comme pedagogue que comme 
executant; il y organisa aussi,de 1861 k 1862, 
des concerts de musique de chambre et d'or- 
chestre qu'il dut malheureusement interrompre 
k cause d'un deficit considerable. De 1868 & 
1884, K. fut professeur de piano au Conserva- 
toire de Moscou, puis il alia s'6tablir k Berlin, 
ou il dirigea, avec Joachim et Wtillner, les 
Concerts philharmoniques. D fonda k Berlin 
une Ecole de piano, dont les debuts furenl 
brillants, grace a la collaboration de Billow 
(un mois par an), mais qui, en 1898, fut reunie 
au Conservatoire Scharwenka. K. a dirige 

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KLING — KXEGHT 



417 



aussi pendant quelqaes annees les concerts 
du « Wagner- Verein »; il vit actuellement k 
Potsdam. En tant que compositeur, K. ne s'est 
fait connaltre que par quelques morceaux de 
piano et quelques lieder agreiables ; par conlre 
ses reductions pour piano de la Tetralogie de 
Wagner sont excellentes, ainsi que ses editions 
de Chopin, des sonates de Beethoven, etc. 

Kling, Henri, n6 k Paris lel7 ftvr. 1841, de 
parents allemands ; corniste distingue, actuel- 
lement maltre de musique k l'Ecole secondaire 
de jeunes lilies, professeur de theorie eiemen- 
taire et de cor, au Conservatoire de Geneve, a 
£te prec^demment aussi chef de musique mili- 
taire. K. a ecrit des operas-comiques (repre- 
sents k l'ancien the&tre de Gen6ve), une quan- 
tity considerable d'oeuvres instrumentales et 
Tocales populaires et de facture 16gere, des 
methodes eiementaires pour tous les instru- 
ments imaginables,mais surtout une tree bonne 
MUhode de cor et des etudes pour le mftme 
instrument K. est aussi l'auteur de plusieurs 
ouvrages de vulgarisation, tels qu'un traite 
^'instrumentation, un traite de direction, etc. 

EUngenberg, Friedrich-Wilhelm, ne k Su- 
lau (Siieeie) le 6 juin 1809, m. k Gorlitz le 2 
janv. 1888; etudiait la theologie k Breslau, 
lorsqu'il se d£cida k embrasser la carriere 
musicale. D prit la direction de la Societe aca- 
demiquede musique, puis celle de l'Association 
artistique, k Breslau, et fut appeie, en 1840, au 
poste de cantor de reglise St-Pierre, k Gorlitz. 
II regut, en 1844, le titre de « directeur royal de 
musique ». En 1885, il fut oblige, k la suite 
d'une blessure grave au pied, d'abandonner 
ees fonctions de directeur. K. a rendu, soit 
comme cantor, soit aussi comme directeur 
d'une importante societe chorale ( « Gorlitzer 
Musikverein >), des services signals k la cause 
de la musique k Gorlitz. II a publie un certain 
nombre d'oeuvres chorales profanes et religieu- 
ses. 

Klitzsch, Karl-Emanuel, ne a Schonhaide 
<Erzgebirg saxon), m. k Zwickau le 5 mars 
1889 ; prit son doctorat en philologie k Leipzig, 
puis fut nomme professeur au Gymnase de 
Zwickau. II fit valoir, en 1886, ses droits k la 
retraite. Mais K. s'etait developpe aussi au 
point de vue musical et avail, en majeure partie 
par lui-meme, serieusement travailie; il put 
done remplir le poste de directeur de musique 
des deux eglises principales de Zwickau et 
prendre egalement la direction des concerts de 
la Societe de musique et de la Societe chorale 
c a cappella ». K. a collabore activement, pen- 
dant nombre d'annees, a la «Neue Zeitschrift 
fur Musik » ; il publia en outre, sous le nom 
d'EuANUEL Kronach, des lieder, le psaume 
xevi, etc. 

Klose, Hyacinths -ELfcoNORE, ceiebre clari- 
nettiste, ne dans Tile de Corfou le 11 oct. 1808, 
m. k Paris le 29 aoAt 1880 ; vint tres jeune en 
France et fit d'abord partie d'une musique de 
regiment. II succeda, en 1889, k son malt re 
Berr, comme professeur de clarinette au Con- 
servatoire de Paris, et fit valoir, en 1868, ses 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 27. 

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droits k la retraite. K. est d'autant plus connu 
que ce fut lui qui, le premier, adapta k la clari- 
nette (1848) le systeme de clefs k anneaux mobi- 
les invente par Bohm. II a aussi ecrit des mor- 
ceaux de concerts et des ouvrages pedagogiques 
pour la clarinette (soli, duos, fantaisies, etudes, 
et surtout une : Grande mithode pour la cla- 
rinette a anneaux mobiles), des marches et des 
morceaux de parade pour musique militaire, 
et trois methodes pour les diverses sortes de 
saxophones. 

Klotx, (Clotz), nom de famille de toute une 
serie de luthiers estimes, de Mittenwald (Alpes 
bavaroises) ; le plus ancien representant de 
cette famille paralt etre ^Egidius K., dont le 
fils, Matthias, crea, de 1668 k 1696 environ, la 
reputation de ce nom. Deux fils de ce dernier 
ont k leur tour pratique la lutherie : Sebastian 
et Joseph ; quant a Georo, Karl, Michael et 
jEoidius K. (au xvm e s.), ce sont des descen- 
dants directs ou indirects de cette m6me famille. 
Un grand nombre de violons de K. passent, 
dans le commerce, pour des Stainer. 

Klughardt, August-Friedrich-Marttn, ne k 
Cothen le 80 nov. 1847 ; suivit les cours du 
gymnase de Dessau puis devint eieve de Blass- 
mann et d'Ad. Reichel, k Dresde. II debuta dans 
la carriers musicale k l'&ge de vingt ans, 
comme chef d'orchestre de the&tre k Posen 
(une saison), puis k Ltibeck (une saison) et k 
Weimar (quatre ans) oh il regut le titre de di- 
recteur de musique grand-ducal. II devint en- 
suite chef d'orchestre de la Gour k Neustrelitz 
(1873), puis k Dessau (1882). Son sejour k Wei- 
mar et les rapports qu'il y eut avec Liszt eurent 
une heureuse influence sur le developpement 
des facultes creatrices de K. et lui firent adop- 
ter les tendances de l'ecole neo-allemande, ce 
que prouve, entre autre, sa symphonie de 
Leonore. U faut citer parmi ses ceuvres, outre 
cette symphonie : des ouvertures: lm Friihling, 
Sophoni$be r SiepesouvertQre , Festouverture ; 
des symphonies : Wcddleben et op. 37 (rS maj.) ; 
une suite d'orchestre (op. 40, la min., 6 parties); 
un concerto dehautbois; de la musique de cham- 
bre : quintette avec piano (op. 43, sol min.), trio 
(op. 47, si bemol maj.),un sextuor et deux qua- 
tuors(en/aet re maj.) pourinstr. k arche\,Schilf- 
lieder (fantaisies d'apres Lenau, pour piano, 
hautbois et alto) ; huit recueils de lieder ; un 
oratorio : Die Grablegung Christi; des operas : 
Mirjam (Weimar, 1871), Iwein (Neustrelitz, 
1879), Gudrun (ibid. 1882) et Die Hochseit des 
Monchs (Dessau, 1886 ; donn6 en 1888 k Pra- 
gue, sous le titre : Astorrc). 

Knecht, Justin -Heinrich, ne k Biberach 
(Wurtemberg) le 30 sept. 1752, m. dans la 
m^me localile le l* r dec. 1817; fut nomme en 
1792 organiste et directeur de concerts, dans sa 
ville natale, puis, en 1807, chef d'orchestre de 
la Gour a Stuttgart. Mais, au bout de deux ans 
deja, il quitta ce poste que des intrigues lui 
rendaient intolerable et rentra k Biberach. K. 
jouissait, comme organiste, d'une tres grande 
renommee et Vogler seul passait pour lui etre 
i superieur. Ses compositions n'ont pas eu de 

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418 



KNIESE — KXYVETT 



valeur durable, contentons-nous de noter : une 
symphonie : Tongemdlde der Natur (dont le 
programme est identiqae a celui de la « pasto- 
rale » de Beethoven ; K. reprit du reste encore 
le mdme sujet dans une sonate d'orgue : Die 
unterbrochene Rirlenwonne), un duo de con- 
cert : Mirjam tmd Deborah (extrait du « Mes- 
sie », de Klopstock), des psaumes, un Te Deum 
pour double choeur, des Messes, plusieurs 
operas et petits op£ras-comiques, un m£lo- 
drame : Das Lied von der Gloche (Schiller), des 
pieces d'orgue, des variations et des sonatines 
de piano, des duos pour flutes, des airs, des 
hymnoB, deux recueils de chorals (pour le 
Wurtemberg et pour la Bavi&re protestante), 
etc. Comme th£oricien, K. repr&ente les ten- 
dances, pouss£es a leur extreme limite, du sys- 
t&ne de construction des accords par superpo- 
sition de tierces ; ii va jusqu'A la formation 
d'acc. de douzidme, sur tons les degree de la 

gamme (t). B a 6crit : Erkl&rung einiger 

nichtverstandenen Grunds&tzeaus der Vogler- 
schen Theorie (1785); GemeinnUtzlicfies Ele- 
mentarwerh der Harmonie tmd des General- 
basses (1792-1798; quatre parties); Kleines 
alphabetisches Wdrterbuch der vornehmsten 
tmd interessantesten Artihel aits der musika- 
lischen Iheorie (1795); Vollstandige Orgel- 
schulefUr An f anger und Geubtere (1795-1798, 
trois parties ; J.-P.-E. Martini a public A Paris 
un plagif t de cet ouvrage) ; Theoretisch-prak- 
tische Generalbasscltule (s. date) ; Kleine Kla- 
vierschule fiir die ersten Anf anger (1800 et 
1802, deux parties ; %*• &L, sous le litre : Be- 
vxihrtes Methodenbuch , etc); AUgemeiner 
musihalischer Katechismus (1803, plusieurs 
Editions); Lulhers Verdiensi um Musik und 
Poesie (1817). K. a public en outre des articles 
lh£oriques, dans les premieres ann£es de 
1' « Allg. musikalische Zeitung » , de Leipzig, 
et dans la « Musikalische Realzeituiig » de 
Speier. 

Kniese, Julius, n6 a Roda (Altenbourg) le 
21 d£c. 1848, alia A l^cole a Altenbourg, ou W. 
Stade lui enseigna la musique, puis, de 1868 a 
1870, continua ses Etudes musicales sous la 
direction de Brendel et de Riedel, a Leipzig. 
Aprds s'6tre fait connaltre, dans diverses tour- 
n6es de concerts, comme pianiste et organiste, 
il dirigea la « Singakademie » de Glogau (1871- 
1876), puis la « Soci£t6 de chant Rfthl » et 
T « Association Wagner • de Francfort s./M. 
(1876-1884) et accepta ensuile la place de direc- 
teur de musique de la ville (successeur de 
Breunung), a Aix-la-Chapelle. B vit depuis 1889 
A Bayreuth, ou il dtait depuis 1882 d£j& chef 
des chceurs du Theatre Wagner, et y dirige, 
en m&me temps que la Soci6t6 chorale mixte, 
T « Ecole pour la formation de chanteurs wag- 
n£riens ». K. a public quatre recueils de lieder 
et fait exScuter un po6me symphonique : Frith- 
fof et le prelude d'un opdra ; Kimig Wittichis 
(Festival des musiciens allemands, a Wies- 
baden, 1879), tous deux man user its. 

Knight, John-Pkilipp, n& A Bradford s./Avon 
le 26 juil. 1812, m. A Great- Yarmonth le l^juin 



1887; £l£ve ded'organiste Corfe, A Bristol, au- 
teur de melodies populaires anglaises, v6cut de 
1889 A 1841 dans FAm^rique du Nord, remplit 
ensuite, pendant deux ans, les fonctions de 
pasteur A St-Agn^s, dans les lies Scilly, mais 
rentra aussit6t apr&s en Angleterre. 11 a publie 
plus de deux cents melodies, duos, trios, etc, 
qui jouissent d'une grande popularity (entre 
autres Last rose). De plus, K. a 6crit un orato- 
rio : Jephtas Tochter. 

Knorr, 1. Julius, pianiste-p6dagogue illustre, 
n& A Leipzig le 22 sept. 1807, m. dans la m6me 
ville le 17 juin 1861 ; fit en premier lieu des 
Etudes de philologie, a Leipzig, mais se voua 
bientdt enticement A la musique et debuta 
comme pianiste, en 1831, dans un concert du 
Gewandhaus. B rem porta un r6el succes et 
resla A Leipzig, comme professeur de piano; 
il 6tait M d'amitte avec Schumann et rldigea 
la premiere ann£e de la Neue Zeitschrifl fUr 
Musik. Les ouvrages de K., concernant la 
p6dagogie du piano, sont les suivants : Neue 
Pianoforteschule in 184 Uebungen (1885 ; 2»» 
6<L sous le titre : Die Pianoforteschule der 
neuesten Zeit; ein Supplement zu den Werken 
von Cramer, Czerny, Rerz> Hummel, RUnten t 
Kalkbrenner, Moscheles, etc, 1841); Das Rla- 
vier spiel in 280 Uebungen (Materialien zur 
Entwicketung der Fingertechnik) ; puis: Ma- 
terialien fUr das mechanische Klavierspiel 
(1844); Methodischer Leitfaden fUr Klavier- 
lehrer (1849 ; plusieurs Editions) ; Wegvoeiser 
fiir den Klavierspieler im ersten Stadium 
(m&hode elfonentaire, vers 1858) ; Ausfiihr- 
liche Klaviermethode (l* part : Methode, 1859 ; 
2»* part : Schule der Mechanik, 1860, Leipzig, 
Kahnt) ; Fiihrer auf dem Felde der Klcmier- 
unterrichlsiiUeratur (1861 ; les Editions subs&- 
quentes ont moins de valeur); Erkldrendes 
Verzeichnis der hauptsdchlischten Musik- 
hunstvo&rter (1854). B a r£dig6 en outre de 
nouvelles editions des methodes de J.-G. Wer- 
ner (1830) et de A.-E. Muller (1848). K. fut le 
premier pedagogue qui consid&rat les € exer- 
cices techniques preparatoires » comme une 
parlie importante del'enseignement qui, depuis 
lors, se r£ part it en trois categories d'eeuvres : 
exercices techniques, Etudes, morceaux. — & 
IwxN,n6 a Me we (Prusse occidentale) le 3 janv. 
1853 ; 61dve du Conservatoire de Leipzig (Rei- 
necke, Richter), devint, en 1874, maltre de 
musique dans un institut priv6 A Charcow 
fRussie meridionale) et fut charge quatre ans 
plus tard de la direction de l'enseignemeut 
th£orique A la succursale de la Soctete impe* 
riale russe de musique, dans la m6me ville. 
B passa plus tard, en 188H, au Conservatoire 
Hoch, A Francfort s./M., comme professeur de 
theorie et de composition. K a public des ceu- 
vres symphoniques, de la musique de chambre 
et des Ukrainische Liebeslieder pour quatre 
voix mixtes et piano. 

Knyvett, 1. Charles, m. A Londres, ou il 
£tait organiste de « Chapel Royal », en 1822 ; 
avait et£ dans sa jeunesse (1780-1790) un chan- 
teur de concert repute (t^nor) et avait fonde> 



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KOBELIUS — KCEHLER 



419 



avec S. Harrison, les Vocal Concerts (1791- 
1794). Son fils ain£ — 2. Charles, n6 en 1773, 
m. k Londres le 2 nov. 1852 ; 616ve de Webbe, 
rforganisa en 1801 les Vocal Concerts, en col- 
laboration avec Greatorex, Bartleman et son 
fr&ro William (v. plus bas), et publia un choix 
de melodies de psanmes (1828). II fut pendant 
longtemps organiste de l*6glise Si-George, k 
Londres, et tr&s estim6 comme professeur de 
piano et de thforie. — 3. William, fr&re du 
pr£c6dent auquel il est du reste de beaucoup 
sup&rieur, n6 le 21 avr. 1779, m. k Londres le 
17 nov. 1856; obtint en 1797 d6j& une place de 
gentleman (chantre k solde) k « Chapel Royal > 
et succSda, en 1802, k Arnold comme composi- 
teur de cette chapelle. II fut, pendant nombre 
d*ann£es, le meilleur chanteur de concert 
(tSnor) de Londres, dirigea les Concerts of 
ancient music (1832-1840), les festivals de mu- 
sique de Birmingham (1834-1843) ct un festival 
d'York (1835). II ne se fit connaltre en somme, 
comme compositeur, que par quelques glees 
et les anthems des couronnements de George 
IV et de la reine Victoria. 

Kobelius, Johann-Auoustin, n6 k W&hlitz, 
pr£s Halle, le- 21 f6vr. 1674, m. k Weissenfels le 
17 aoftt 1731, eldve de Schiefferdecker et de 
J.-Phil. Krieger, musicien de la chambre a 
Weissenfels, puis organiste et maitre de cha- 
pelle a Sangerhausen et k Querfurt et, en der- 
nier lieu, maitre de chapelle du due de Weis- 
senfels. II a dcrit, de 1716 k 1729, vingt operas 
pour la Cour de Weissenfels, la plupart sur des 
sujets antiques et mythologiques. 

Kobsa, instrument primitif, analogue au luth, 
de la Petite-Russie ; il sert k accompagner la 
dumka (v. ce nom). 

Koch, 1. Hed^rich-Christoph, n£ k Rudol- 
stadt 16 10 oct. 1749, m. dans la m6me ville le 
12 mars 1816 ; son p&re 6tait membre de l'or- 
chestre princier et put, gr&ce k une allocation 
du prince, faire etudier la musique k K. qui 
Iravailla d'abord a Rudolstadt, puis k Weimar, 
sous la direction de Goepfert. D entra en 1768, 
comme violoniste, dans Torchestre de Rudol- 
stadt et fut nomme, en 1777, musicien de la 
chambre. Les compositions de K. (cantates 
pour les festivity de la Cour, recueil de cho- 
rals pour musique d'harmonie, etc.) n'ont au- 
cune valeur, ses ouvrages tWoriques, par 
contre, sont rdellement importants. II a publie : 
Musikalisches Lexikon (1802, deux parties: 
ceuvre de m6rite ; un extrait, par K. lui-m&me, 
en a paru en 1807, sous le titre : Kurzgefasstes 
Handwdrterbuch der Musih; un autre extrait 
de main Strangle, date de 1828 et, enfln, Arrey 
von Dommer en a public en 1865 une nouvelle 
edition excellente) ; Versudi einer Anleitwng 
zur Komposilion (1782-1793, trois parties ; un 
ouvrage 6galement remarquable mais qui sem- 
ble avoir pass£ inapercu de son temps) ; Hand- 
buck bet dem Studium der Harmonie (1811) : 
Versuch am der harten und weichen Tonart 
jeder Slufe der diatonisch - chromatischen 
Letter vertnittelst des enharmonischen Ton- 
wechsels in die Dur-wnd Molltonart der Ubri- 



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gen auszuweictien (1812). II essay a de publier, 
en 1795, un Journal der Tonhwnst, mais dut 
l'abandonner au bout de peu de temps. On 
trouve en outre des articles th6oriques de sa 
plume dans les revues suivantes : « Musika- 
lische Realzeitung », de Speier (1788-1791), 
t AUg. musikalische Zeitung » de Leipzig et 
t Jenaer Litteraturzeitung ». — 2. Eduard- 
Emtl, hymnologue, n£ dans le ch&teau Solitude, 
pr£s Stuttgart, le 20 janv. 1809, m. a Stuttgart le 
27 avr. 1871, fut d'abord pasteur k Gross- 
Aspach (1837), pasteur de la ville (1847) puis 
superintendant (1853) k Heilbronn, et se retira 
en 1864, pour se vouer exclusivement a ses 
Etudes historiques. Son ouvrage capital, auquel 
il Iravailla toute sa'vie, est intitule : Oeschichte 
des Kirchenliedes und Kirchengesanges, ins- 
besondere der deutschen evangetischen Kirche 
(1847 ; 3»« 6d. [huit vol.] 1866-1876, le dernier 
volume public par R. Lauxmann). 

Kocher, Konrad, n6 a Ditzingen, prds Stutt- 
gart, le 16 d£c. 1786, m. k Stuttgart le !*2 mars 
1872; travailla k St-P&ersbourg le piano (Elen- 
gel, Berger) et la composition (J.-H. Muller), fit 
un voyage en Italie, en 1819, pour y Studier la 
musique vocale a cappella, et fonda k sou 
retour a Stuttgart une soci&6 de musique vo- 
cale religieuse.il fut nomm£, en 1827, directeur 
de musique de la Coll£giale de Stuttgart et 
reyut, en 1852, de TUniversitd de Tubingue, le 
titre de I> phil. hon. c. K. a 6crit :JXe Ton- 
kunst in der Kirche (1823), public un recueil 
de chorals de tons les temps : Zionsharfe, et 
compost deux operas, un oratorio, etc. 

KoBchel, Ludwig (plus tard Rittbr von), n6 a 
Stein sur le Danube (Basse-Autriche) le 14 jan. 
1800, m. k Vienne le 3 juin 1877 ; fit son droit 
puis devint pr£cepteur des princes imp£riaux 
(1829-1842), fut nomm£ conseiller imperial 
(1832), re<?ut ses lettres de noblesse (1842) et 
remplit, de 1850 k 1852, les fonctions de con- 
seiller de l'instrnction publique, a Salzbourg. 
II v6cut ensuite, et jusqu'a sa mort, k Vienne. 
K. 6tait botaniste et min£ralogiste passionn6, a 
mais il poss6dait en outre une culture musicale 
s6rieuse et sut enrichir la literature musicale 
d'ouvrages de valeur : Ueber den Umfang der 
musikalischen Produktion W.-A. Mozarts 
(1868), sorte de preambule a un catalogue impor- 
tant : Chronologisch-thematisches Verzeichnis 
s&mmtlicher Tonwerke W.-.A. Mozarts (1862: 
v. les supplements par K. lui-mfeme, dans 
T t Allg. musikalische Zeitung », 1864) ; puis : 
Die kaiserliche HofmusthhapeUe zu Wien von 
1543 bis 1867 (1868) et Johann-Joseph Fux 
(1872). 

Kcehler, 1. Ernst, n6 k Langenbielau (Sil6- 
sie) le 28 mai 1799, m. k Breslau le 26 mai 1847; 
etait depuis 1827 premier organiste de l'6glise 
Ste-Elisabeth, k Breslau. K. fut un organiste et 
un pianiste de grand talent et ses oeuvres, 
gravies, pour l'orgue et pour le piano, ne sont 
pas connues comme elles m£riteraient del'£tre; 
il a 6crit aussi douze cantates d'£glise, douze 
grandes ceuvres vocales avec orchestre, neuf 
ouvertures, deux symphonies, etc. — 2. Cur..- 

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UNIVERSITY OF MICHIGAN 



420 



KCEMPEL 



KCESELITZ 



Louis-Heinrich, n6 k Brunswick le 5 sept. 
1820, m. k Koenigsberg, en Prusse, le 16 f£vr. 
1886; futd'abord elive d'A. Sonnemann (piano), 
de Chr. Zinkeisen sen., J.-A. Leibrock (thforie) 
et de Chr. Zinkeisen jun. (violon) k Brunswick, 
puis alia se perfectionner, de 1889 k 1843, k 
Vienne, sons la direction de S. Sechter, J. v. 
Seyfried (th^orie, composition) et K.-M. von 
Bocklet (piano) auquel il avait 6t6 recommandS 
par Czerny. Apr&* avoir rempli, pendant quel- 
que temps, les fonctions de chef d'orchestre de 
thMtre k Marienbourg, Elbing et Koenigsberg, 
K. s'etablit dMnitivement, en 1847, A Koenigs- 
berg et, tout en se vouant k l'enseignement et & 
la critique musicale, prit la direction de la 
« Soci6t6 des cbanteurs »' et d'une 6cole de 
piano et de th£orie. II re^ut, en 1880, le titre de 
professeur. Les oeuvres de K. ont joui de quel- 
que estime, en Allemagne : musique poor 
YHeldne d'Euripide, trois operas (Prinz und 
Maler; Maria Dolores [Brunswick, 1844] et 
Gil Bias), un ballet (Der Zauberhomponist, 
Brunswick, 1846), un « Notre p&re » pour quatre 
voix de femmes el qnatre voix d'hommes 
(op. 100), etc. ; mais ses ouvrages destines k 
Fenseignement ont incontestablement plus de 
valeur et K. est, apres Czerny, Tun des pedago- 
gues les plus z616s de notre epoque. Sa m6- 
thode : Sysiematische Lehrtnethode fur Kla- 
vier spiel und Musik (1«* part.: Die Meclianik 
als Grundlage der lechnik, 1856 ; 2*»« 6d. 1872 ; 
3™ 6d., r£vis£e par Riemann, 1888 ; a»« part : 
Tonschriflwesen, Harmonik, Metrik, 1858) 
£tait tr&s rSpandue en Allemagne, ainsi que ses 
nombreuses Etudes pour tous les degree de 
l'enseignement technique, mais ces derniers 
ont £t6 abandonn^s de nos jours par la plu- 
part des professeurs, k cause de leur trop 
grande aridity ; le Fukrer durch den Klavier- 
unterricht (1858 et plus tard fr£quemment) n'a 
qu*un tort, celui de reserver une trop grande 
place aux oeuvres de son auteur. Notons encore 
les ouvrages suivants, de K. : Der Klavier fin- 
gersalz (1862); Der Klavierunterricht, Slu- 
dien, Erfahrungen tmd Ratschldge (1860 et 
plusieurs Editions) ; Die neue Richtung in der 
Musik (1864) ; Leichlfassliche Harm onie- und 
GeneralbassleJire (8« 6d. 1880); Brahms und 
seine Stellung in der neuern Klavierlitleratur 
(1880); Der Klavierpedaizug (1882); Allge- 
meine Musiklehre (1888). K. fut aussi un colla- 
borates assidu de diverses revues ; v. entre 
autres ses articles int£ressants pour l'histoire 
de la litterature du piano, dans la « Neue Zeit- 
schrift far M. » 1867, 1869, 1872, 1875, 1878 et 
dans la t Neue Berliner Musik-Zeitung », 1871, 
1875, 1876. 

KoBmpel, August, violoniste de talent, n£ k 
Brtickenau le 15 aoitt 1831, m. k Weimar le 7 
avr. 1891 ; el6ve de TEcole de musique de Wfirz- 
bourg et plus tard de Spohr, David et Joachim, 
entra en 1844, comrne violoniste, dans Torches- 
tre de la Cour, k Cassel, fit partie, de 1852 k 1861, 
de celui de Hanovre, puis, apr£s de longues 
tournees de concerts, fut nommA, en 1863, con- 
certmeister k Weimar. D fut pensionneen 1884. 



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Kosnen, Friedrich, n6 k Rheinbach, prfcs 
Bonn, le 30 avr. 1829, m. k Cologne le 6 jail. 
1887; fils d'un regent, fut ordonn£ pr&tre en 
1854, fut 616ve de Haberl, de 1862 a 1863, k Ra- 
tisbonne et fut nomm£, en 1863, maitre de cha- 
pelle du ddme et professeur de musique au 
S&ninaire de prfctres de I f archev6ch6 de Colo- 
gne. B fonda, en 1869, une association de 
Ste-C6cile, pour son dioc&e, et en resta presi- 
dent jusqu'A sa morL K. re^ut, en 1880, en re- 
compense des services qu'il avait rendus k la 
musique d*£glise, le titre de chanoine honoraire 
de Palestrina. Ses oeuvres (au nombre de 58) 
comprennent des Messes, des motets, des psau- 
mes, des litanies, un Te deum, des preludes 
d'orgue, deux cantates religieuses et vingt-cinq 
lieder pour une voix avec accompagnement de 
piano. 

KcBnigsloew, 1. Joh.-Wilh.-Cornelius von, 
n£ k Hambourg le 16 mars 1745, m. k LObeck 
le 14 mai 1833 ; 6talt, depuis 1773, organiste de 
l^glise Ste-Marie, dans cette derntere ville, et 
compositeur z&16 de « Abendmusiken » (v. Bux- 
tshudr). — 2. Otto - Friedrich von, n£ k 
Hambourg le 13 nov. 1824, violoniste virtuose 
de m£rite, fut d'abord elfrve de son p£re qui 
n*6tait cependant pas musicien de profession, 
puis quelque temps de Fr. Pacius et de Karl 
Hafner et fut enfin, de 1844 k 1846, Steve de 
David (violon) et de Hauptmann (thtorie), au 
Conservatoire de Leipzig. De 1846 k 1858, K. fit 
de nombreuses tournees de concerts, puis il fut, 
de 1858 k 1881, k la fois concertmeister du 
Gilrzenich, professeur de violon et sous-direc- 
teur du Conservatoire, k Cologne. U re^ut le 
titre de « professeur royal » et vit actuellement 
retire, k Bronn. 

Earner, 1. Christian-Gottfried, n£ k Leip- 
zig le 2 jail. 1756, m. k Berlin, com me grand 
conseiller aulique intime, le 13 mai 1831; le 
p&re du po£te allemand, Th. Koerner. II entre- 
tenait k Dresde, oil il fut longtemps fouction- 
naire sup£rieur, une soci£t6 de chant priv£e, 
pour laquelle il composa un certain nombre 
d'ceuvres; de plus, il fit paraltre, dans les 
« Horen » de 1775, une £tude intitule : Ueber 
den Chdrakter der T6ne oder Uber Charakter- 
darstellung in der Musik. — 2. Gotthilf- 
Wilhelm, n£ k Teicha, pr£s Halle s/S, le 8 juin 
1809, m. k Erfurt le 8 janv. 1865; 61&ve du S^- 
minaire d*£rfurt, fut ensuite instituteur, pen- 
dant plusieurs ann£es, et fonda en 1838, dans 
la m£me ville, la maison d^dition musicale 
qui porte son nom. Son fonds, particuli^rement 
riche en cruvres d'orgue, a passe en 1886 aux 
mains de la maison C.-F. Peters. K. fonda en 
outre, en 1844, une revue musicale, Urania y qp\ 
subsiste encore aujourd'hui (destin£e aux amis 
de 1'orgtie, r6dacteur : Gottschalg). 

Kceselitx, Hf^nrich, n& k Annaberg (Saxe) en 
1854, £leve du Conservatoire de Leipzig (Rich- 
ter), se rendit en 1875 k BAle, aupres de Nietz- 
sche, et vecut depuis lors le plus souvent en 
Italic K. est un compositeur d'op£ras fort bien 
doue, mais on n'a donne de lui, jusqu'a present, 
que Die heimliche Ehe (Danzig, 1891 ; sous le 

Original from 
UNIVERSITY0F MICHIGAN 



KCESTLIN — KOKIXG 



421 



psendonyme : Peter Gast.) Cf. l'analyse th£- 
matique de cet ouvrage, par le D r Carl Fachs. 

KoBstlin, 1. Karl-Reinhold, professear d'es- 
th&ique el d'histoire de Tart a rUniveraitft de 
Tubingue, n6 a Urach ( Wurtemberg) le28 sept. 
1819, m. aTubingue le 12 avr. 1897; an homme 
d'une culture musicale tr&s Vendue, ainsi que le 
prouve non seulement son Aesthetik (1868- 
1869, 2 vol.), mais encore les parties, concer- 
nant plus spfaialement la musique, qu'il a 
rMig&es dans le vol. m du grand ouvrage de 
F.-Th. Vischer sur l'estbetique, et sa brochure 
sur Wagner. — 2. Heinrich- Adolf, musicogra- 
phe, n6 le 4 oct 1846 ; son p£re 6tait le c£l&bre 
criminaliste et poete, Ghristian-Reinhold K., 
professear a rUniversilS de Tubingue, et sa 
m&re, Josephine Lang-K. (v. ce nom) avait 
compost des lieder d'une r6elle valeur. K. re<?ut 
de bonne heure d'excellentes lecons de musi- 
que, mais, apr&s la morl pr&matur£e de son 
p£re (1856), se d£cida a Studier la th£ologie. D 
partit en 1869 pour Paris, en qualite de pr6- 
cepteor, dans la famille de l'ambassadeur de 
Wurtemberg, fit la guerre de 1870, comme au- 
mdnier, puis devint r6p£titeur au Seminaire 
theologique de Tubingue (1871-1873) ou il 
donna £galement des conferences sur l'histoire 
de la musique. De 1873 a 1875, K. fut diacre a 
Sulz 8./N. et organisa cette derntere aim&e le 
« Dreist&dtebund » (association de societ^s 
chorales religieuses de Sulz, Kalw et Nagold 
qui, en 1877, fut transform&e et 61argie en t As- 
sociation de chant 6vang£)ique du Wurtem- 
berg >) dont il dirigea les executions pendant 
plusieurs anneee ; il fat transf£r6 k Maulbronn 
(1875) puis a Friedrichshafen ou, de 1878 a 
1881, il remplit les fonctions de pasleur et de 
directeur de la Societe de chant sacr6. H alia 
s'6tablir en 1881 a Stuttgart, fut appel6, en 
1883, au poste de professear au S&minaire de 
pr&licateura de Friedberg (Hesse), et de nou- 
veau transf6r£, en 1891, a Darmstadt, en qua- 
lit& de conseiller eccl&iastique sup6rteur et de 
superintendant. Enfin, en 1894, K. fut nomm£ 
professeur ordinaire de th6ologie a TUniver- 
sit£ de Marbourg. Ses comptes rendus analyti- 
ques d'ouvrages musicaux (dans : « Deutsches 
Litteraturblatt » et dans V « All. Zeitung » 
d'Augsbourg) sont remarquables, de m&me que 
ses Merits originaux : Qeschichte der Musik im 
Umriss (1875: 3* 6d., notablement augments, 
1888) ; Die Tonkunst, Einfiihrung in der Aes- 
thetik der Uusik (1878) et Josephine Lang-K. 
(biographie de sa m£re). 

Kcettliti, Adolf, n£ k Treves le 27 sept. 1820, 
violonistede m£rite,v6cut plusieurs annSes a 
Cologne, puis, grace a la protection de Liszt, 
trois ans a Paris, devint ensuite concertmeister 
k Kcenigsberg (1848-1856) et, pendant une tour- 
n6e de concerts en Siberie, se flxa a Uralsk en 
quality de directeur de musique. II mourut d*un 
accident de chasse, le 27 oct. 1860. On peut 
noter, parmi ses oeuvres, deux quatuors pour 
instr. a archet. — Son Spouse, Klotilde, n6e 
Ellbndt (m. en 1867), 6tait tr6s estim£e a Koe- 
nigsberg, comme professeur de chant. 



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Kohut, Adolf, n£ a Mindszent (Hongrie) le 
10 nov. 1847, musicologue, vit a Berlin et a 
publtt : Weber - Gedenhbuch ; Fr. Wiech ; 
Leuchtende Fackeln; etc 

Kolbe, Oskar, n6 a Berlin le 10 ao&t 1896, m. 
dans la mSme ville le 2 janv. 1888 ; Sieve de 
l'lnstitut royal de musique d'Sglise et de l'6cole 
de composition de l'Acad6mie, a 6t6 professeur 
de th6orie au (Conservatoire Stern (1859-1875) et 
re?ut, en 1872, le titre de directeur royal de 
musique. II a public quelques recueils de 
lieder, fait ex£cuter un oratorio : Johannes der 
T&ufer (1872) et 6crit deux trails : Kurzye- 
fasstes Handbuch der Generalbasslehre (1862; 
2« 6d. 1872) et Handbucfi der Harmonielehre 
(1873). 

Kollmann, August -Friedrich -Karl, ni k 
Engelbostel (pro v. de Hanovre) en 1756, m. 4 
Londres le jour de Paques 1829 ; fit son Educa- 
tion musicale k llanovre, puis partit, en 1778, 
pour Londres, en quality de prScepteur dans 
une famille hanovrienne. H devint, en 1782, 
sacristain et cantor de la chapelle allemande de 
St-James, et, dix ans plus tard, aussi organiste 
du petit orgue dont George 111 avait fait don a la 
chapelle. K. 6tait d'un naturel port6 aux specu- 
lations th£oriques et la plupart de ses composi- 
tions nous le confirment, ce sont : Le naufrage 
(symphonie descriptive), douze fugues avec 
leur analyse, rondo sur le motif de la sepli&me 
diminude, la m£lodie du psaume c pourvue de 
cent harmonisations diverses, des concertos de 
piano, etc. Quant a ses^tmvrages didactiqaes, ce 
sont : une mMhode de piano (First beginning 
on ttie pianoforte, 1796) ; un lrait6 de modula- 
tion (Introduction to modulation) : puis Essay 
on practical harmony (1796) ; Essay on prac- 
tical musical composition (1799); Practical 
guide to thorough-bass (1801); et la defense 
d'une thdse de ce dernier ouvrage : Vindica- 
tion, etc. (1802); New theory of musical liar- 
mony (1806); A second practical guide to 
thorough-bass (1807) ; Remarks on Logier 
(para dans la < Quarterly Musical Magazine 
and Review », 1818; extrait dans 1' « Allg. inu- 
sikalische Zeitung », de Leipzig, 1822). K. fit 
paraltre aussi Quarterly Musical Register 
(1812), mais celui-ci ne d£passa pas le deuxi&ne 
fascicule ; quelques articles n'en ont pas moins 
une valeur r£elle. Ce fut enfin K. qui r6digea 
la premiere Sedition du < Clavecin bien tem- 
p6r6 », de J.-S. Bach. 

Koloratur (all.), vocalise. 

Kombinationston (all.), son resultant 

Koning, David, n^ a Rotterdam le 19 mars 
1820, m. a Amsterdam le 6 nov. 1876; composi- 
teur et pianiste notable, £16ve d'Aloys Schmitt, 
d Francfort s./M. (1834-1838), remporta en 1889, 
pour une ouverture (op. 7), un prix de la « So- 
ciete neerlandaise de musique », puis s*6tablit 
Tannee suivante a Amsterdam ou il prit la di- 
rection de la soci£t6 chorale « Musse ». II v^cut 
aussi quelque temps a Londres, a Paris el k 
Yienne, mais rentra toujour a Amsterdam ; il 
fut du reste pendent dix ans secretaire et, plus 
tard, president de la societe * Cecilia » et 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



422 



KONRADIN — KOSSAK 



jouissait d'une excellente reputation comme 
professeur. II faut noter encore, parmi sea ceu- 
vres : Domine, salvurn fac regent avec orches- 
tre (op. 1) ; plusieurs quatuors pour inslr. k 
archet ; des sonates et des etudes pour piano ; 
des melodies (Sule'ika): des choeurs pour voix 
d'bommes, voix de femmes et voix mixtes ; des 
scenes vocales de concert ; un opera-comique : 
Das Fischerm&dctien (couronn6): Elegie auf 
den Tod eines KUnstlers (op. 22) ; des chorals k 
quatre parties, etc. De plus, K. traduisit de 
l'anglais un ouvrage de C.-C, Spandler : Be- 
hnopte handleiding tot de hennis van de leerstel- 
lingen der toonkunst. 

Konradin, Karl-Ferdinand, n£ k St-Hele- 
nenthal, pr^s Baden (Basse-Autriche) le l 9f 
sept 1833, m. k Vienne le 31 aotit 1884 ; auteur 
d'operettes favorites au public autrichien (1860 
k 1867 : onze op&rettes pour Vienne). 

Kontrabass (all.), contrebasse. 

Kontrafagott (all.), contrebasson. 

Kontraoktave (all.), designation de Foctave 
comprenant les sonsuf- 1 k si-*; cf. le tableau 
de l'^chelle tonale au mot la. 

Kontrapunkt (all.), contrepoint. 

Kontski, 1. Antoinb db, n6 & Cracovie le 
27 oct. 1817, pianiste distingue, qui r^colta de 
grands succ£s dans ses nombreuses tournees, 
grdce k limpidite et a la delicatesse de son jeu. 
II T^cut quelques annees a Paris, puis & Berlin 
od il re$ut le titre de pianiste de la Cour, et, de 
1854 k 1867, k St-Petersbourg. K. s'est fix6 
depuis lors k Londres. Le plus connu de ses 
morceaux de salon est sans contredit Le riveil 
du lion ; un opera de lui, Les deux distraits, a 
ete represents k Londres, en 1872. — 2. Apol- 
linary db, frtre du precedent, ne k Varsovie le 
23 oct. 1825, m. dans la m&me Title, le 29 juin 
1879; violoniste virtuose tr&j fete de son temps, 
etait eieve de son fr6re alne, Charles de K. (v. 
plus loin), et se d£veloppa tr£s tdt D regut 
aussi plus tard, k Paris, quelques lemons de 
Paganini. Apr6s avoir rempli, de 1853 k 1861, 
les fonctions de virtuose de la chambre imp£- 
riale, k St-Petersbourg, il fonda le Conserva- 
toire de Varsovie et en conserva la direction 
jusqu'd sa mort Ses oeuvres pour violon n'ont 
aucune valeur. Deux autres fibres de la m&me 
famille m^ritent encore d'etre mentionn^s : — 3, 
Charles de, ne k Cracovie le 6 sept. 1815, de- 
venu dans la suite profeaseur de piano k Paris, 
m. en cette vllle le 27 aotit 1867. — 4. Stanislas 
de, ne k Cracovie le 8 oct. 1820, professeur de 
violon, k Paris, a public de meme que le pre- 
cedent de la musique l£g£re pour piano et pour 
violon. 

Kopecky, Ottokar, excellent violoniste, ne k 
Chotebor (Boheme; le 29 avr. 1850 ; eieve du 
gymnase de Pilsen, puis, de 1864 k 1876, du 
Conservatoire de Prague. II fit partie des or- 
chestres de Brunn, Vienne, Sondershausen, 
etc. et remplit actuellement les fonctions de 
concertmeister de la Societe philharmonique, 
professeur de violon au Conservatoire et direc- 
teur de la societe orcliestrale Scbseffer, k Ham- 
bourg. 



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Korganoff, Jennadi-Osipovitch, ne k Cache- 
tin (Caucase) le 30 avr. 1858, m. A Roetoff s. le 
Don, en coupe de cbemin de fer, le 23 fevr. 
1890; pianiste-compositeur (fantaisie, Bajati, 
but des motifs du Caucase), 6tait eieve de Rei- 
necke, k Leipzig, et de L. Brassin, k St-Peters- 
bourg. 

Kornmuller, Utto, maltre des novices, prieur 
et directeur du chceur du convent de Benedic- 
tins de Metten, ne k Straubing le 5 janv. 1824, 
ordonne pretre le 16 juil. 1847, prononga les 
vobux le 30 nov. 1858. K. a compose des Messes, 
des motets, publie plusieurs ouvrages de litur- 
gie et de theorie musicale, ainsi que des arti- 
cles nombreux dans les t Eirchenmusikalische 
Jahrbticber > et les * Monatshefte fflr M.-G. * ; 
il est actuellement president de V « Association 
Ste-Cecile » du diocese de Ratisbonne. 

Koschat, Thomas, compositeur, ne k Viktring, 
pres Klagenfurt, le 8 aotit 1845 ; suivit les 
classes du gymnase regional de Klagenfurt 
puis commenca, k Vienne, retude des sciences 
naturelles, mais 11 devint bientdt choriste k 
TOpera de la Cour et ee voua entierement k la 
musique. II entra, comme chantre, dans la 
chapelle du ddme 11874), puis dans celle de la 
Cour (1878). Ses premiers quatuors pour voix 
d'hommes avaient paru en 1871 ; congus dans 
le style populaire des cbansons de la Carin- 
thie, ils eurent un succes considerable et fa- 
rent suivis de toute une serie d'autres oeuvres 
analogues. K. ecrit k la fois le texte (eo dialecte 
carintbien) et la musique de ces lieder qui don- 
nent une image exacte de la vie spirituelle et 
sentimentale du peuple carintbien, mais donl 
la facture est d'une absolue simplicite. II a 
aussi publie deux volumes de poesies, sans 
musique (Hadrich ; Dorfbilder aus K&rnten). 
Une piece scenique du meme auteur, Am 
*W6rther See, a aussi ete representee souvent 
k Vienne et ailleurs. 

Kosleck, Julius, ne k Neugrad (Pomeranie) 
le 3 dec. 1835, virtuose sur la trompette et le 
cornet k pistons, entra en 1852 dans la musique 
du second regiment de la garde, k Berlin, fat 
nomine quelques annees plus tard membre de 
Forchestre royal et devint, en 1873, professeur 
de trompette et de trombone k I'Academie 
royale de musique. K. est le fondaleur et le 
chef du quatuor d'instr. de cuivre devenu 
ceiebre sous le nom de * Kaiser-Kornettquar- 
tett » et qui, en 1890, fut transforme Bur une 
base plus large en < Patriotiscber Bl&serbund ». 
K. a publie de nombreux arrangements pour 
le quatuor en question et une methode pour 
trompette et cornet k pistons. 

Kossak, Ernst, ne k Marienwerder le 4 aoikt 
1814, m. k Berlin le 3 janv. 1880 ; fit a Kcenigs- 
berg et k Berlin des etudes de philologie et 
prit son grade de D r pbil., mais se voua en- 
suite entierement au journalisme et fut surtout 
un feuilletoniste musical remarquable. La 
« Neue Berliner Musikzeitung * a publie un 
grand nombre d'articlcs de K., mais celui-ci 
fonda et redigea lui-meme pendant longtemps 
une revue musicale : Echo, puis, en 1847, la 

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KOSSMALY 



KOTZOLT 



423 



Zeitungshalle (devenue plus lard : Berliner 
Feuersprilze, puis Berliner Montagspost), 
qui toates deux out et6 fortemeni aliment£es 
par K. 

Kossmaly, Karl, n& A Breslau le 27 juil. 
1812; 61£ ve de L. Berger, Zelter et Klein, A 
Berlin (1828-1880), devint chef d'orchestre de 
th&tre A Wiesbaden, puis a Mayence, Amster- 
dam (1888), Br6me (1841), Detmold et Stettin 
(1846-1849). II v£cut ensuite a Stettin, en quality 
de professeur de musique et de directeur de 
concerts, et se fit un certain renom comme 
•compositeur de lieder et de quelques oeuvres 
instrumentales. Son activite litteraire fut cepen- 
dant bien plus importante, il a publie : Schle- 
sisches TonkUnstler - Leccihon (en fascicules, 
1846-1847) ; Mozarts Opern (1848, d'aprte Ou- 
libicheff); Ueber die Anwendung des Pro- 
gramme zur Erhldnmg musikalischer Kom- 
positionen (1858); Ueber Richard Wagner 
<1874, anti-wagn6rien). De plus, diverses revues 
(« Neue Zeitschrift fur Musik » ; « Neue Berli- 
ner Musikzeitung » ; t Stettin er Zeitung ») ont 
public des articles dus A sa plume. 

Kotek, Joseph, n£ a Camenez*Podolsk (gou- 
ver. de Moscou) le 25 ocL 1855, m. a Davos le 
4 janv. 1885; 616 ve du Conservatoire de Mos- 
cou, puis de Joachim, A Berlin ou il fut nomm£, 
en 1882, maitre de violon A l'Acad&nie royale 
de musique. K. a ecrit des etudes, des soli et des 
duos pour violon. 

Kothe, 1. Bbrnhard, n6 A Grobnig (Sitesie) 
le 12 mai 1821, m. A Breslau le 25 juil. 1897; 
61&ve de l'lnstitut royal de musique d'e'glise, 
A Berlin, puis, pendant un certain temps, 
d*A.-B. Marx, fut nomm6, en 1851, directeur 
de musique d'eglise et maitre de chant dans 
les 6coles, A Oppeln. II fut appele de Id, 
en 1869, comme maitre de musique au Semi- 
naire de Breslau. K. fonda en cette ville l f As- 
sociation Ste-C6cile pour la musique d'eglise 
catholique, et publia : un recueil de chants 
d'eglise pour choeur d'hommes : Musica sacra, 
des pieces d'orgue, un Praeludienbudt pour 
orgue, des motets, une methode de chant, de 
Singlafeln (tableaux pour l'enseignement dans 
les icoles publiques). De plus, il a ecrit : Die 
Musik in der katholischen Kirche (1862), 
AbrissderMusihgeschichte filr Lehrersemina- 
re und Dilettanten (1874), et, en collaboration 
avec Forchhammer, Fuhrer durch die Orgel- 
tilteratur (1890). II a publie aussi, en 1887, une 
4 # &L de Die orgel und ihr Bau 9 de Seidel. Ses 
deux fr&res — 2. Aloys, n6 le 8 oct. 1828, m. A 
Breslau, ou il 6tait maitre de musique au Semi- 
naire, en 1868, et — 8. Wilhelm, n6 le 8 janv. 
1881, maitre de musique au S6minaire de Ha- 
belschwerdt, et nomm6 en 1891 « directeur 
royal de musique », se sont aussi fait connailre 
par la publication d'oeuvres religieuses et de 
recueils de chants d'&cole. 

Kotzeluch (Kozbluch), 1. Johann- Anton, n6 
A Wellwarn (Boheme) le 18 dec. 1788, m. A 
Prague ou il etait maitre de chapelle de l^glise 
St-Veit, le 8 ttvr. 1814; fit son education au col- 
lege des Jesuites de Brzeznitz, puis A Prague 



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(61eve de Seegert et chantre A St-Veit), et a 
Vienne (^leve de Gluck et de Gassmann), de- 
vint en premier lieu directeur fie musique 
d'une 6glise de Vienne et passa ensuite A Pra- 
gue, A F6glise des « Kreuzherren », et finalement 
a Feglise metropolitaine. K. a 6crit plusieurs 
operas, des oratorios, des Messes, etc., qui 
etaient tres estim&s de son temps, mais ne fu- 
rent pas graves. H eut comme Aleves : Leo- 
pold K. (v. plus loin), S. Sechter et Proksch. I- 
2. Leopold-Anton, cousin du pr&c£dent, com- 
positeur fecond, ne* A Wellwarn le 9 dec. 1752, 
m. A Vienne le 7 mai 1818 ; fit ses etudes secon- 
dares et son droit A Prague, mais resolut de 
se vouer A la composition, A la suite du succes 
que remporta en 1791, au ThMtre national de 
Prague, un ballet de sa composition. 11 donna 
alors, dans les six annees qui suivirent, une 
serie de vingt-quatre ballets, trois pantomimes 
et quelques autres intermedes sceniques. En 
1778, K. se rendit A Vienne et y devint, bientdt 
apres, professeur de musique de la grande du- 
chesse Elisabeth ; il refusa, en 1781, l'offre de 
remplacer Mozart comme concertmeister de 
Tarcheveque de Salzbourg, mais lui succeda 
par contre, en 1792, en quality de compositeur 
de la Cour imperials K. ecrivait avec une faci- 
lity inouie, mais sans un sens critique bien 
prononcd ; ses oeuvres, celles pour piano sur- 
tout, ftaient fort appr6ci6es en Allemagne, et 
furent gravies, pour la plupart, par un frere de 
Tauteur, qui habitait A Vienne. Citons, en plus 
des ballets sus-inentionnes : plusieurs operas 
(Didone abbandonata; Judith; Deborah el Si- 
sara); un oratorio (Moses in Aegypten); de 
nombreux airs, cantates, choeurs, etc. : 'environ 
trente symphonies (dont une partie seulement 
furent gravees), treize concertos de piano (gra- 
ves; un A quatre mains, un autre A deux pia- 
nos); cinquante-sept trios avec piano; trois 
Symphonies concertantes pour trio d'instr. A 
archet; une foule de sonates (A 2 et a 4 mains) 
et de pieces diverses pour piano; six concertos 
de violoncello (dont deux graves); deux de cla- 
rinette; deux pour cor de basset, etc. 

Kotzolt, Heinrich, fondateur (1849) et, jus- 
qa'A sa mort, directeur de la Society chorale 
a cappella, qui porte son nom, a Berlin, ne a 
Schnellwalde, pres Neustadl (Haute-Silesie), le 
26 aout 1814, m. A Berlin le 8 juil. 1881; fit 
d'abord des Etudes de philologie, A Breslau 
(1884-1886), puis passa A la musique et travailla 
la throne, a Berlin (1886-1888), sous la direction 
de Dehn et de Rungenhagen. II fut engage, en 
1888, comme premiere basse A TOp^ra de Dan- 
zig, resta dans cette ville, de 1889 a 1842, en 
qualite de professeur de chant, puis fut nomm£, 
apres d'assez longues tournees de concert, pre- 
miere basse-solo (1843), et plus tard second di- 
recteur (1862) du Choeur du d6me, a Berlin, n 
fut en outre, A partir de 1865, maitre de chant A 
l'ecole r6ale c Kdnigstadt », et, A partir de 1872, 
au gymnase « Joachimsthal •. K. recut,en 1866, 
le titre de directeur royal de musique, en 1876 
celui de professeur. II 6tait excellent professeur 
de chant et directeur de societes chorales, elil a 

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424 



KRAFT — KRAUSE 



publi& une « M6thode de chant a cappella ». 

Kraft, 1. Anton, n6 4 Rokitzan (Boh§me) le 
80 d£c. 1752, m. k Vienne le 28 aoM 1820; vio- 
loncelliste distinguS, fit partie des chapelles des 
princes Esterhazy (1778-1790), Graseakovitch 
(1 790-1795), et Lobkowitz (1795-1820), k Vienne. 
H regut pendant quelque temps des lemons de 
composition de Haydn et ecrivit : an concerto 
et six sonates de violoncelle, trois «duos con- 
certants » poar violoncello et violon, deux duos 
pour violoncelles, un divertissement pour vio- 
loncelle et basse, plusieurs trios pour deux ba- 
rytons (instrument favori du prince Esterhazy, 
dont K. jouait du reste aussi) et violoncello. — 
2. Nikolaus, fits et &leve du precedent, 6gale- 
ment un violoncelliste remarquable, n6 k Es- 
terhaz le 14 d6c. 1778, m. k Stuttgart le 18 mai 
1858; membre du cllebre quatuor Schuppan- 
zigh, fit de bonne heure des tourn£es de con- 
certs, en compagnie de son pere, puis fut nom- 
m6, en 1796, musicien de la chambre du prince 
Lobkowitz. En 1801, aux frais du prince, il 
travailla de nouveau sous la direction de Du- 
port, k Berlin, puis entra en 1809 dans Torches- 
tre de TOpera de la Gour, en cette ville, et passa 
en 1814, dans celui de Stuttgart. K. fit valoir en 
1884 ses droits k la relraite. La literature du 
violoncelle lui est redevable de quelques ceu- 
vres de valeur, entre autres : cinq concertos, 
une fantaisie avec quatuor d'instr. k archet 
(op. 6), trois divertissements et six duos pour 
deux violoncelles, des pieces caracteristiques, 
une polonaise, unbolero, etc. Sonfils. 8. Frie- 
drich, n6 le 12 f£vr. 1807, fut pendant de noin- 
breuses anuses, violoncelliste dans l'orchestre 
de la Gour, k Stuttgart. 

Krantz, Euoen, directeur actuel du Conser- 
vatoire royal de Dresde, n6 k Dresde le 18 sept. 
1844; filsd'un peintre, fut d'abord £16 ve de G, 
Funke et de R. Reichardt, pour le piano, puis 
entra au Conservatoire de Dresde, ou, de 1858 
k 1865, il travailla sous la direction de H. Do- 
ring, E. Leonhard, Ad. Reichel, J. Rietz, M. 
Ffirstenau, etc. II fut d'abord professeur parti- 
culier de piano et de thdorie, k Dresde, mais 
entra en 1869 k TOp^ra de la Cour, comme chef 
du chant (jusqu'en 1884), et, en m&me temps 
au Conservatoire ou il enseigna d'abord le 
piano, mais remplit aussi, k partir de 1877, les 
fonctions de maitre d'ensemble vocal, de chant 
sc£nique et cellesd'inspecteur du serainaire. En 
1884, K. prit la direction de Tensemble choral 
superieur, puis, en 1890, acheta l'&ablissement 
qu'il dirige actuellement encore. K. a d6ploy6, 
en outre, une certaine activity comme critique 
musical (de 1874 k 1876, dans la « Presse», de 
Dresde ; de 1886 k 1887, dans les « Dresdner 
Nachrichten»). Pianiste de m£rite, il est tr&s 
estim6 comme accompagnateur dans les con- 
certs de Dresde (depuis 1862), et comme inter- 
pr&e de Bach (k V* Association des artistes *). 
K. n'a public que quelques lieder, mais il a 
6crit beaucoup de grandes ceuvres resides ma- 
nuscrites. Son Lehrgang im Klavierunterricht 
(1882) est une cpuvre s^rieuse. K. recut du roi 
de Saxe, en 1882, le litre de « professeur ». 



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Krause. 1. Christian-Gottfried, n£ (d'apr&s 
Ledebur) k Winzig en 1719, m. a Berlin le 
21 jail. 1770; son p&re 6tait musicien de ville, 
mais il Ten voya AT University de Francforts/O, 
puis en 1747 k Berlin, oil, six ans plus tard, il 
devint avocat K fut compositeur, 6crivain, 
collectionneur et Sditeur des Lieder der Deut- 
schen; il collabora en outre k tl'AUg. deutsche 
Bibliothek >, et Ecrivit: Von der musihalischm 
Poesie (1753, 484 p. in 8°, ouvrage ing£nieux et 
profond qui n v a que bien peu d*6quivalent* 
dans 1'ancienne literature) et Vermischte Ge- 
danken Uber Musih (dans les *Kritische Bei- 
trSge », de Marpurg, vol. II et III, 523 p.). — 2. 
Karl-Christian-Friedrich, philosophe, n6 k 
Eisenberg (Altenbourg) le 6 mai 1781, m. k Mu- 
nich le 27 sept 1832; s£journa d*abord long- 
temps k Goetlingue, od il attendit en vain une 
chaire de professeur, puis se rendit k Munich^ 
dans le but de s'y faire agr§er privat-docent k 
rUniversit6, mais mourut avant d'avoir r&a- 
lis6 son projet. II a public non seulement d*in- 
t&ressants Merits philosophiques (Urbild der 
Menschheit ; Logik als phiiosophische Wissenr 
schaft; Phitosophie des Rechts, etc.), et des 
travaux historiques sur la franc-maconnerie, 
mais encore : Darstellungen aus der Qeschich- 
te der Musih (1827), AnfangsgrUnde der cUlge- 
meinen Theorte der Musih (1838, ouvrage pos- 
thume), Abriss der Aesthelih (1837, public par 
G. Leutbecher) et un ouvrage technique pour 
renseignement'du piano (VoUstdndige Anwei- 
sung, etc., 1808). — 8. Theodor, n6 k Halle le 
l« r mai 1833, 61eve de Fr. Naue, E. Hentscbel, 
M. Hauptmann, E. Grell (th£orie), Ed. Mantius 
et M. Blummer (chant), fondateur de la cba- 
pelle vocale de St-Nicolas et Ste-Marie, k 
Berlin, directeur de la «Societe de chant (a 
capfwUa) Seiffert», chroniqueur musical de 
plusieurs quotidiens (< Deutsche Rundschau », 
€ Reichsbote », * Berliner Zeitung »), remplit en 
outre les fonctions de recteur. K. cherche k fa- 
ciliterrenseignement du chant dans les ecoles, 
au moyen d'un syst&mfe de son invention et 
auquel il a donne le nom de Wandernote U 
s'est fait connaltre aussi comme compositeur, 
par des lieder et des choeurs profanes et reli- 
gieux; il recut, en 1887, le titre de « directeur 
royal de musique*. — 4. Anton, pianiste peda- 
gogue de grand renom, chef d*orchestre et 
compositeur, n& k Geithain (Saxe) le 9 nov. 
1834, el&ve de Fr. Wieck, Spindler et Reissiger, 
puis, de 1850 a 1853, du Conservatoire de Leip- 
zig. II prit, en 1859, la direction de la Social© 
des concerts, de la Soci6t6 chorale de la ville et 
de la « Liedertafel » de Barmen, ofr il organisa 
aussi des stances periodiques de musique de 
chambre; il quitta d'abord la direction de la 
« Liedertafel », puis, en juin 1897, se retira d£fi- 
nitivemenl pour cause de sant£. La plupart 
des cpuvres de K. rentrent dans le genre didac- 
tique (sonatines et sonates pour piano k deux 
et a quatre mains, d* autres pour deux pianos, 
des etudes, etc.) et sont tr&s estim&es k cause 
de leur facture simple mais int6ressante; ce- 
pendant K. a aussi public des lieder; un Kyrie, 

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KRAUSHAAR — KBEBS 



425 



Sanchis et Benedictus pour soli, choeurs et or- 
chestra; en tin, deux operas. — 5. Emil, egale- 
ment pianiste-pedagogue estime, ne k Uam- 
bourg en 1840, eleve du Conservatoire de Leip- 
zig (Hauptmann, Rietz, Moscbeles, Plaidy, 
Richter), vit depnis 1860 k Hambourg, en qua- 
lile de professeur de piano et de theorie. n 
remplit, en outre, depuis 1864, les fonctions de 
critique musical et, depuis 1885, celles de pro- 
fesseur au Conservatoire. II faut noler s or tout, 
parmi ses publications : Beitr'dge zur Technik 
des Klavierspiels (op. 88 et 57; le dernier opus., 
sous le titre : Grundlage der hdheren pianis- 
tischen Ausbildung) et Aufgabenbuch fUr die 
Earmonieiehre; mais il a ecrit aussi de la mu- 
sique de chambre, trois cantates, un Ave Ma- 
ria pour double choeur de femmes k six voix, 
des lieder, etc. — 6. Eoouard, ne k Swinemu* n- 
de le 15 mars 1887, m. k Berlin le 28 mars 1892; 
prit son doctorat es sciences, tout en travail- 
lant le piano et la theorie, aupres de Kroll et de 
Hauptmann, k Leipzig, puis s'etablit en 1862 k 
Stettin ou son activite de pianiste, compositeur 
et pedagogue porta d'heureux fruits. K. rem- 
plit ensuite pendant nombre d'annees les fonc- 
tions de professeur de piano, au Conservatoire 
de Geneve, puis seretira pour raisons de sante. 
D s'est fait connaitre, en outre, par plusieurs 
essais philosophico-musicaux. — 7. Mahtin, ne 
k Lobst&dt (Silesie) le 17 juin 1853 ; frequenta le 
seminaire d'institnteurs, puis le Conservatoire 
royal (1874-1876) de Leipzig et s'etablit en 
Suisse puis k Breme, comme pianiste et pro- 
fesseur de piano. En 1882, K. elut domicile k 
Leipzig et y fonda, trois ans plus tard, avec 
Friedheim, Siloti, Kikisch, Dayas, F. Stade, 
Fritzsch, etc., le Liszt-Verein qui devint, sous 
son energique impulsion, Tun des facteurs les 
plus importants de la vie musicale de Leipzig. 
IL sut en outre se creer une situation tres en 
vue, soit comme pedagogue (d'apres les princi- 
pes de Liszt, que K. s*etait appropries par une 
longue intimite avec le maltre), soit comme cri- 
tique musical progressiste* Le due d'Anhalt lui 
a confere, en temoignage de reconnaissance 
pour les services rendus surtout k la cause de 
Liszt, le titre de professeur et la croix de pre- 
miere classe de chevalier de l'ordre d'Albrecht. 
Kraushaar, Otto, ne a Cassel le 81 mai 1812, 
m. dans la memo ville le 28 nov. 1866; eleve 
de M. Hauptmann, dont il repiit et developpa 
l'idee de l'opposition des consonnances majeu- 
re et mineure, avant la publication de t Natur 
der Harmon ik und der Metrik» de Hauptmann, 
dans un petit ouvrage intitule : Der akhordi- 
sche Gegensatz und die Begriindung der Skala 
(1852). Le developpement qu*il donna k celte 
idee fondamentale est bien plus logique que 
celui de l'auteur lui-meme, en ce sens que K. 
etablit en opposition a la gamme majeure, la 
gamme mineure pure, en sorte que le repro- 
cbe de plagiaire que Hauptmann lui adresse 
dans la preface de l'ceuvre sus-mentionnee 
n'est nullement merite. K. a fourni de nom- 
breux articles k diverses revues musicales alle- 
mandes et 6erit en outre : Die Ktmstruklion der 



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gleidtschwebenden Temperatur ohne Schei- 
blersche Slimmgabeln (1888); il a publie quel- 
ques recueils de lieder et de romances sans 
paroles. 

Krauss, Gabriellb-Marie, cantatrice sceni- 
que (soprano), nee k Vienne le 24 mars 1842, 
eleve, au Conservatoire de Vienne, de M m » Mar- 
ches!, debuta k l'Opera de la Cour, en 1860 (rdle 
de Mathilde, de « Guillaume Tell »), passa plu- 
sieurs annees en Italie, puis se fit entendre, en 
1868, au Thedtre-Italien, k Paris. EUe debuta 
ensuite k l'Opera dont elle fut, jusqu'en 1887, 
Tune des cantatrices les plus renommees (y 
crea, entre autres: tPolyeucte», «Aida», «Le 
tribut de Zamora», t Henri VHI», «Patrie»). 
Elle s'esl vouee depuis lors k l'enseignement et 
a forme toule une serie d'eleves remarquables. 
M me K. re^ut, en 1870, le titre de membre ho- 
noraire de la Societe des Concerts et, en 1880, 
celui d'officier d'Academie. 

Krebs, 1. Jouakn-Ludwio, ne k Buttelst&dt, 
pres Weimar, le 10 fevr. 1718, m. k Altenbourg 
dans les premiers jours de janv. 1780; son pere 
Joh.-Tobia8 Krebs (ne en 1690, eleve de Bach, 
k Weimar), cantor et organisle k Buttelst&dt, 
l'envoya k l'ecole St-Thomas, de Leipzig (1726- 
1735, eleve de Bach). B fut ensuite organiste 
successivement k Zwickau (1 787), Zeitz (1744) 
et Altenbourg (1746). Bach declarait que K. 
etait son meilleur eleve pour l'orgue. Ses obu- 
vres comprennent: Klavierilbungen (1748-174U), 
sonate8 pour clavecin et flute, trios pour flu- 
tes, concerto et preludes pour clavecin; une 
edition complete de ses ceuvres, qui se distin- 
guent par la purete absolue du style, a paru 
chez Heinrichshofen, A Magdebourg.— 2. Karl- 
August, ne k Nuremberg le 16 janv. 1804, m. k 
Dresde le 16 mai 1880; chef d'orchestre, com- 
positeur et pianiste de talent, s'appelait de son 
vrai nom Miedcke, mais prit celui de son pere 
adoptif, J.-B. Krebs, qui etait chanteur sceni- 
que et lui inculqua une bonne partie de ses 
connaissances musicales. Apres une an nee 
d'etudes aupres de Seyfried, il debuta, en 1826, 
dans la carriere de chef d'orchestre, comme 
troisieme chef de l'Opera de la Cour, k Vienne; 
mais Tannee suivante dej&, il passa au Theatre 
municipal de Hambourg, et contrihua puissam- 
ment au developpement de la vie musicale de 
cette ville. Engage en 1850 k Dresde, comme 
chef d'orchestre de la Cour, il deploya aussi 
dans ses nouvelles fonctions une activite fruc- 
tueuse, jusqu'au jour oil, en 1872, il prit sa re- 
traite. Des lieder de sa composition eurent un 
temps de vogue; il fit aussi representer des 
operas (Silva, 1880 ; Agnes Bernauer, 1835 et, 
entitlement refondu, 1858) et ecrivit un Te 
Deum, des Messes, des pieces pour piano, etc. 
Sa femme — 8. Aloysia-K.-Michalesi (nee k Pra- 
gue le 29 aout 1826, mariee a K. en 1850), fut 
une cantatcice scenique tres fetee (Hambourg, 
Dresde). Leur iille — 4. Mary (M me Brenning), 
nee k Dresde le 5 dec. 1851, pianiste dislinguee, 
eleve de son pere, debuta en 1865 dej&, dans un 
concert du Gewandhaus, k Leipzig. Elle fit en- 
suite de longues tournees de concerts, puis 

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426 



KREBSKANON — KRETSCHMER 



s'6tablit A Dresde oil elle regut le litre de vir- 
tuose de la cbambre da roi. — 5. Earl, musi- 
cographe, n& A. Hanseberg, prds Koanigaherg 
(Westphalie), le 5 ttvr. 1857; £16ve du Gymnase 
de KoenigBberg, commenga ensuite des Etudes 
de sciences naturelles, mais entra bientot A 
\ l'Acad&nie royale de musique, & Berlin, tout en 
suivant des cours de philosophic et de sciences 
musicales (Spitta) A r(Jniversit6. II obtint pen 
apr&s le grade de D 1 " phiL de rUniversitS de 
Rostock, avec son 6tude sur Girolamo Dirutas 
Transsilvano, puis, rentrS A Berlin, se chargea 
peu A peu de la chronjque musicale de plu- 
sieurs joumaux (tVossische Zeitung*; cMo- 
derne KunsU; « Deutsche Rundschau*, de Ro- 
denberg). D succ£da en outre A Ph. Spitta, 
comme professeur d'histoire de la musique, A 
l'Acad6mie royale de Musique. K. a publi6 jus- 
qu'& present de tr6s pr£cieuses etudes d'his- 
toire musicale, dans : « Vierteijahresschrift fttr 
M.- W. » ; t Preussische Jahrbftcher » et « Vossi- 
sche Zeitung » (supplement consacr6 aux arts et 
aux sciences). 

Krebskanon (all.), canon retrograde, lat. ca- 
non cancricans. V. canon. 

Krehl, Stephan, n6 A Leipzig le 5 juil. 1864 ; 
eidve des conservatoires de Leipzig et de 
Dresde, a 6t6 nomm£, en 1889, maltre de piano 
et. de th£orie, au Conservatoire de Carlsruhe. 
II est Tauteur de quelques oeuvres charmantes 
(morceaux pour piano, lieder, etc.). 

Kreipl, Joseph, auteur d'un chant devenu 
populaire dans toute l'Allemagne (Mailiifterl, 
texte de A. von Klesheim), n6 A Vienne en 1805, 
m. dans la m&me ville en mai 1866. 

Kreisler, Johannes, v. Hoffmann 2. 

Kreissle von Hellborn, Heinrigh, biograpbe 
m£ritoire de Schubert, ne A Vienne en 1812, m. 
dans la m6me ville, ou il etait employ^ au mi- 
nistdre des finances, le 6 avril 1869; membre 
du comit6 de direction de la « Soci&6 des amis 
de la musique*. Ses deux ouvrages sont: F. 
Schubert, eine biographische Skizze (1861), et, 
quelques annSes plus tard, la biographie d^tail- 
16e : Franz Schubert (1865; trad. angl. par Al- 
bert Duke Coleridge, 1869; extrait, par Wilber- 
force, 1866). 

Krejci, Joseph, n6 A Milostin (Boh£me) le 6 
f6vr. 1822, m. A Prague le 19 oct. 1881 ; organiste 
distingud, &16ve de Witassek et de Proksch, A 
Prague, devint successivement organiste de 
Teglise des « Kreuzherren * (1844), directeur du 
choeur de l'Sglise des Minorites (1848), direc- 
teur du choeur de l'6glise des « Kreuzherren • 
(ia r >8), directeur de l'Ecole d'organistes (1858), 
et enfhi du Consen'atoire de Prague (1865). 
K. a 6crit des pieces d*orgue, des Messes et di- 
verses oeuvres instrumentales et vocales. 

Krempelsetxer, Georg, n6 A Vilsbiburg 
(Basse-Bavifrre) le 20 avril 1827, m. dans la 
m&me locality le 9 juin 1871; &tait, depuis nom- 
bre d'annees d6jd, fabricant de draps, lorsqu'il 
r£solut de se vouer A la musique vers laquelle 
Tattiraient A la fois ses goats et son talent. 
F. Lachner devint son maitre, et, au bout de 
peu de temps, K. fut un compositeur d'operet- 



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tes A succte (Der Onhel aus der Lombardei; 
Der Vetter auf Bestcch; Die Kreusfahrer; 
Das Orakd in Delphi; Die Geister des Weins; 
Der Rotmantel). II remplit pendant un certain 
temps les fonctions de chef d'orchestre au 
TWAtre par actions, de Munich (1865), et plus 
tard A Gcerlitz (1868), puis 4Kamigsberg (1870). 

Kremser, Eduard, ne A Vienne le 10 avril 
1838; fut nommS, en 1869, directeur du * Wie- 
ner M&nnergesangverein», auteur de pieces 
pour piano, de lieder, de choeurs et d'opSrettes 
qui, toutes, furent representees A Vienne: Eine 
Operate (1874), Der Botschafter, Der Schlos- 
serkdnig, Der hritische Tag (1891). 

Krenn, Franz, n£ A Dross (Basse- Autriche), 
le 36 fevr. 1816, m. A Vienne le 18 juin 1897; 
organiste et compositeur, £l&ve de Seyfried, 
occupa divers postes d'organiste A Vienne, 
puis devint maltre de chapelle de I'eglise 
St-Michel (1862), et professeur d'harmonie 
au Conservatoire de la « Society des amis 
de la musique » (1869). Ses oeuvres compren- 
nent surtout de la musique vocale, profane et 
religieuse: quinze Messes, un Te Deum, un 
Salve Regina, plusieurs Requiem, cantates, 
oratorios (Bonif actus ; Die vier letzten Dinge), 
des cbceurs et des lieder; mais il a aussi £crit 
des pieces d'orgue et de piano, des quatuors, 
une symphonie, une method e d'orgue et une 
m&thode de chant A V usage des 6coles. 

Eretschmann (Krecmak), Theobald, n6 A 
Vinos, pr£s Prague, en 1850 ; violoncelle solo 
de Torchestre Ue TOp6ra de la Cour, A Vienne, 
directeur des concerts de la chambre et de la 
soci£t6 chorale de la « Votivkirche*. 

Kretschmer, Edmund, n£ A Ostritz (Haute- 
Lusace saxonne) le31 aoftt 1830; son p^re, qui 
^tait directeur d'une 6cole r6ale, Tenvoya a 
Dresde od K. fut l^leve de Jul. Otto et J. 
Schneider et se d^veloppa beaucoup, gr&ce A. 
son travail personnel. II fut nomm^, A Dresde, 
organiste de I'eglise catholique de la Cour 
(1854), puis organiste dela Cour (1868); deplus, 
il dirigea, de 1850 A 1870, un certain nombre de 
soctetls chorales, fonda la soci&6 Ste-C^cile 
(dissoute depuis lors), et conduisit jusqu'en 
1898 le € Lehrergesang\erein ». K. est un com- 
positeur notable et tris avantageusement con- 
nu ; il re$ut plusieurs distinctions, fut prim£ en 
1865 pour sa GeisterschlacfU Qnry : Rietz, Abt 
et J. Otto), en 1868 A Bruxelles (concours inter- 
national) pour une Messe, puis fut honore en 
1892, par le roi de Saxe, du titre de « profes- 
seur >. En plus des deux oeuvres mentionnees, 
K. a 6crit: trois Messes; Pilgerfahrt, pour 
choeurs, soli et orchestre; Festgesang, pour 
choeur et orchestre; Musikalische Dorfgescliich- 
ten 9 pour orchestre; et surtout des operas : Die 
Folhunger (Dresde, 1874), Hemrich der Ldtoe 
tpo&me et musique ; Leipzig, 1877), qui firent le 
tour de toutes les scenes importantes de TAUe- 
magne, et un opera-comique : Der Fliichtiing 
(Ulm, 1881). Ses dernteres oeuvres sont : ScIUm 
Rothraut (op^ra romantique; Dresde, 1891), et 
Sieg itn Gesang (choeurs, soli et orchestre). 
J. Rietz, qui apprecia immediatement A leur 

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KRETZSGHMAR — KREUTZER 



427 



juste valeur les t Folkunger», et Fr. Lachner, 
avec lequel il entretenait une correspondance 
active, et qui, A c6t6 de F6tis, faisait partie da 
jury du poncours de Bruxelles, eurent une in- 
fluence decisive sur le d6veloppement da talent 
<ieK. 

Kretsschmar, Aug.-Ferd.-Hbrmann, ne a 01- 
bernhau (Erzgebirge saxon) le 15 janv. 1849; 
re?ut les premieres legons de musique de son 
p£re, qui 6tait cantor et organiste, entra & 
l^cole de la Croix, & Dresde (lecons de musi- 
que de J. Otto), puis fit des Etudes de philolo- 
gie A lTJniversitS de Leipzig, et obtint, en 1871, 
le grade de J> phiL, en pr6sentant son 6tude 
sur les notations musicales avant Gui d'Arezzo. 
II fut nomm6 la m&me ann£e maitre au Con- 
servatoire, od il avait &t& auparavant l'61£ve de 
Paul, Richter,Papperitz et Reinecke. II deploya 
enmdme temps une activity de directeur (tOs- 
sian », • Singakademie *, t Bach-Verein », « Eu- 
terpe ») telle, que, au bout de cinq ans a peine, 
il dut abandonner toutes ses places et se repo- 
ser un certain temps. Cependant, en 1876 en- 
core, il accepta la place de chef d'orcheslre du 
theatre de Metz,et fut nommS, en 1877, directeur 
de musique de l'Universit6 de Rostock ou, trois 
ans plus lard, il devint en outre directeur de mu- 
sique de la ville et sut en Clever tr£s rapi- 
dement le niveau musical. En 1887, l'Univer- 
sit£ de Leipzig lui offrit la succession de Her- 
mann Langer, comme directeur de musique et 
chef de la soctetS chorale universitaire t Pau- 
las » ; il fut en outre nomme membre de la 
commission des examens th£ologiques, de la 
commission offlcielle des experts musicaux, du 
comity de direction de la c Bach-Gesellschaft » 
et enfin, en 1888, directeur de la Soci6t6 chorale 
fondee par Riedel (jusqu'en 1897). D re<?ut en 
1890 le titre de t professeur », et fonda la m&me 
ann£e les « Concerts academiques d'orchestre » 
(avec programmes historiques), qu'il dut cepen- 
dant abandonner au bout de quelques saisons. 
Les quelques compositions que K. a pubises 
(pieces d'orgue, choeurs profanes et religieux) 
r6v£lent Fexcellent musicien ; mais K. est de plus 
organiste de grand talent, critique (dans le 
« Masikalisches Wochenblatt », les « Grenzbo- 
ten », etc.) et musicographe hantement estimS. 
Ses travaux litteraires les plus importamts 
sont: Chorgesang, Sanger ch&re, etc.; Peter 
Cornelius (tous deux dans la collection de 
Waldersee; Breitkopf et H&rtel); Fiihrer durdi 
den Konzertsaal (8. vol. 1887 [2* £d. 1890], 1888, 
1890), ouvrage tr&s repandu; puis des Etudes de 
valeur, dans les t Grenzbolen » : Das deutsche 
Lied sett Schumann, 1881 ; Die deutsche Kla- 
viermusik seii Schumann) 1884; Brahms, 1884; 
et dans le « Jabrbuch der Musikbibliothek Pe- 
ters* (1896): RQckblick auf das Jahr 1896. 
K. a r6dig£ en outre une nouvelle Edition de la* 
< Th^orie de la composition musicale » de Lobe 
(1884-87). H travaille actuellement a une vaste 
monographie de l*op6ra, dont il a public un 
court fragment (sur l'6p6ra v6nitien et,plus par- 
ticuliirement Cavalli et Cesti) dans la « Viertel- 
jahresschrift fttr M.-W. » (1892). 



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Kreub6, Chajiles-Fk&d&ric, xA & LunSville 
le 5 nov. 1777, m. dans sa villa, pr6s de St- 
Denis, en 1846; 616ve de Rod. Kreutzer, fut, de 
1816 & 1828, premier chef d'orchestre de l'Op£- 
ra-Comique, a Paris, et n'6crivit, de 1813 £ 1828, 
pas moins de seize op&ras comiques. 

Kreutzer, 1. Rodolphjs, n6 a Versailles le 16 
nov. 1766, m. k Geneve le 6janv. 1831 ; fils d'un 
violoniste de la chapelle royale, il devint lui- 
m&ne, sous la direction de son p&re puis 
d'Ant. Stamitz, un excellent violoniste et 6crivit 
A Y&ge de treize ans, avant d'avoir eu la moin- 
dre le^on de th6orie, son premier concerto de 
violon. Trois ans plus tard, il perdit son p6re 
et lui succ£da comme membre de la chapelle 
royale, puis, nomm$ en 1790 violon-solo de l'or- 
chestre du Th&ttre-Italien, il fit des relations 
qui lui valurent Fhonneur de se voir jouer; son 
premier op£ra, Jeanne dCArc aOrUans, ouvrit 
en 1790 la s&rie de pr6s de quarante ouvrages 
qu'il £ciivit jusqu'en 1823, soit pour l'Op6ra, 
soit pour rOp^ra-Comique. La plupart de ces 
ouvrages trouv^rent un accueil favorable au- 
pres du public, mais sont tous oubli£s. Par 
contre, la gloire de K., comme virtuose et pro- 
fesseur de violon, est encore des plus brillautes. 
K. fut nomme, en 1795, professeur de violon au 
Conservatoire qui venait d'etre fond6 et acquit 
l'ann6e suivante une renomm6e europienne, 
grdce & la tournee de concerts qu'il entreprit 
en Italie, en Allemagne, en Hollande etc Lors- 
que Rode partit, en 1801, pour la Russie, K. prit 
sa place de violon-solo a Torchestre de l*Op6ra, 
puis il avan^a au rang de second (1816) et enfin 
de premier (1817) chef d'orchestre. 11 remplis- 
sait en outre, depuis 1802, les fonctions de vir- 
tuose de la chambre de Napoleon, puis, & partir 
de 1815, de Louis XVIII. K prit sa retraite en 
1826, mais les demises annSes de sa vie fu- 
rent attristSes par le d£daigneux refus qu'a- 
dressa la direction de l'Op£ra & sa demande de 
monter son dernier ouvrage : Mathilde. L'oeu- 
vre qui maintiendra le plus longtemps le re- 
nom de compositeur de K. est un recueil clas- 
sique de 40 Etudes ou Caprices pour violon 
seul, dont il existe actuellement un nombre 
considerable d'6ditions diverses ; mais K. a 
6crit en outre : dix-neuf concertos et deux 
doubles concertos pour violon, un pour vio- 
lon et violoncelle, quinze quatuors et quinze 
trios pour instr. a archet, plusieurs sonates 
de violon avec basse chiffr^e, des duos pour 
violons, des variations pour violon avec or- 
chestre, pour deux violons, pour trio et pour 
quatuor. 11 a public, en collaboration avec 
Rode et Baillot, la grande Mtthods de violon 
du Conservatoire de Paris. C'est a Rod. K. que 
Beethoven dMia sa sonate op. 47, pour piano et 
violon. — 2. Augusts, n6 a Versailles en 1781, 
m. a Paris le 81 aotit 1832; fr^re du prudent 
dont il fut l'^ldve au Conservatoire ; £galement 
violoniste et pedagogue remarquable, entra, en 
1798, dans Torchestre de TOp6ra-Comique puis 
fit partie, de 1802 a 1823, de celui de l'Opera, 
tout en 6tant membre de Torchestre de la Cour 
de Napoleon, Louis XVIII et Charles X (jus- 
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428 



KREUZ — KRIEGER 



qu'en 1830). II succ£da en 1836 k son trite, 
comme professeur au Conservatoire. K. fit pa- 
rattre, ponr violon : deux concertos, deux duos, 
trois sonates "avec basse, quelques soli et des 
themes varies. — 8. Charles-L6on-Franqois, 
fils du pr£c6dent, n6 k Paris le 23 sept. 1817, 
m. k Vichy le 6 oct. 1868; critique musical spi- 
rituel mais rigoriste au del& de toute mesure, 
£crivit parliculi&rement pour « La Quotidien- 
ne », « L'Union », la « Revue et Gazette musi- 
cale » (en 1841, une s6rie de bons articles sur 
Lopira en Europe), la « Revue contemporai- 
ne» (essai sur Meverbeer). II publia en outre, 
en 1845, sous le titre : Essai sur i'art lyrique 
au theatre ijusqu'd Meyerbeer), un tirage k 
part des articles qu'ii avait Scrit pour «TEucy- 
clop6die du xix« 8. » de Fournier. & 6tait aussi 
bien dou£ pout la composition et il a pub}i6 
des sonates pour piano, des quatuors et un trio 
pour instr. k archet, des romances, un prelude 
pour la Tempile de Shakespeare, ainsi qu'un 
Traili de la modulation; deux symphonies, 
deux operas, etc., sont rest£s manuscrits. Gf. la 
notice biographique que lui a consacr£e A. 
Pougin (1868). — 4. Konradin (Kreuzer, d'a- 
pr6s son acle de bapteme), n6 k Mosskirch, 
prte Baden, le 22 nov. 1780, m. a Riga le 14 d6c. 
1849; fils d'un meunier, n'en re$ut pas moins 
de bonne heure des lemons de musique suivies. 
H etait primitivement destine k la th^ologie, 
mais entra, en 1799, dans la faculty de droit de 
TUniversite de Fribourg en B. et ne se voua k 
la musique qu'apr£sla mort de son p6re (1800). 
Mais la m A me ann£e d£jd, le th&ttre de Fri- 
bourg donna son premier «Singspiel» (petit 
op6ra-comique) : Die lacherliche Werbung ; 
l'auteur partit ensuite, avec l'intention de se 
rendre k Vienne, mais il s'arrfcta plasieurs an- 
n£es k Constance, et ne devint qu'en 1804 616ve 
d'Albrechtsberger, k Vienne. Son talent pour 
la composition porta bienUtt de beaux fruits et 
son nom se repandit rapidement, apr&s qn'ileut 
execute lui-m£me en public un concerto de sa 
composition. L'ex6cution de ses deux operas : 
Konradin von Schwaben et Der Taucher fut 
emp£ch£e, mais il remporta par contre de jolis 
succ^s avec ses petits op£ras-comiques : Aesop 
in Phrygien (1808) et Jery und Bcetely (1810). 
Enfin, le thedlre de Stuttgart monta Konradin 
von Schwaben (1812), ce qui lui valut le poste 
de maitre de chapelle de la Cour, en cette ville; 
il £crivit alors encore plusieurs operas, mais 
accepta en 1817 la place de maitre de chapelle 
du prince de Ffirstenberg, k Donaueschingen. 
II rentra k Vienne en 1822, y donna un nouvel 
ouvrage : Libussa, puis remplit pendant nom- 
bre d'annees les fonctions de chef d'orchestre 
du tht&tre de t Karntnerthor » (1825, 1829-1832, 
1837-1840); cntre temps, de 1883 k 1837, il rem- 
plit les m&mes fonctions au th&ltre de « Joseph- 
stadU. De 1840 a 1846, K. fut chef d'orchestre 
k Cologne, de 1846 k 1849 de nou\eau k Vienne, 
k la place d'O. Xicolai, puis il accompagna sa 
fille C£cile k Riga, ou elle 6tait engag^e comme 
cantatrice d'opera, et mourut dans cette ville. 
K. avait un talent melodique naturel et un sens 



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tr&s d£licat des sonorit£s qu'il aimait belles 
plutdt que caract£ristiques, mais retementde 
grandeur lui faisait enticement defaut D a 
6crit en tout trente operas, de la musique pour 
plusieurs ouvrages sc£niques el un oratorio : 
Die Sendung Mosis, mais le Nachtlager in 
Granada (Vienne, 1834) et Der Verschwender 
se sont seuls maintenus au repertoire; ses ceu- 
vres instrumentales aussi (septuor; quintette; 
quatuor avec piano; trois concertos de piano; 
des trios pour piano, flftte et violoncelle; un 
autre pour piano, clarinette et basson; des fan- 
taisies, des variations, etc.) et ses lieder sont 
tout k fait oubliSs. Par contre, quelques qua- 
tuors pour voix d'hommes sont devenus popu- 
laires, dans la plus belle acception du mot, 
mfcme en dehors de TAllemagne (Der Tag des 
Herm; Die Kapelle, etc.). Cf. Riehl, Musiha- 
lische Cfiarakterktipfe, I. 

Kreus (all), dtese. 

Kreuzer, v. Keutzbr 4. 

Krieger, 1. Adam, n6 k Driesen (Nouv. Mar- 
che) le 7 janv. 1634, 61 A ve de S. Scheidt a Halle, 
m. k Dresde, oh il 6tait organiste de la Cour, le 
30 jnin 1666; a 6crit des airs de une k cinq voix, 
avec ritournelles instrumentales, dont un parut 
en 1656, et seize autres, apres sa mort, en 1667. 
— 2. Johann-Puilipp, nl k Nuremberg, le 26 
f6vr. 1649, m,a Weissenfels le 6 tevr. 1725; fut 
organiste k Copenhague (1665-1670), mais ren- 
tra k Nuremberg, sur le d&ir de ses parents, et 
remplit pendant quelques ann£es, k partir de 
1672, les fonctions de compositeur de la cham- 
bre et de maitre de chapelle, k BayreutlL de- 
pendant, la guerre de France le priva de ses 
occupations, il parcourut, en conge, toute Tlta- 
lie, puis eut des postes plus ou moins definis k 
Cassel, a Halle s/S, et devint, en 1685, maitre 
de chapelle de la Cour de Weissenfels. L'empe- 
reur Leopold l'anoblit k Toccasion d'un concert 
de la Cour, k Vienne. K. a 6crit des operas 
pour Dresde, Brunswick et Hambourg; on a 
conserve de lui : vingt-quatre sonates pour 
deux violons avec une basse (op. 1, 1687; op. 2. 
1693); Lustige Feldmusik (morceaux pour qua- 
tre instr. k vent) ; Musikalische Seelenfriede 
(vingt airs religieux avec violon et basse, 1697; 
2« £d. 1717).— 3. Johann, n6 k Nuremberg le 1«* 
janv. 1652, m. k Zittau le 18 jail. 1785; Sieve et 
fr&re du precedent, auquel il succ£da k Bay- 
reuth, devint ensuite maitre de chapelle de la 
Cour k Greiz (1678), puis quelque temps k Ei- 
senberg, et finalement directeur de musique 
et organiste k Zittau (1681). On a de lui : Musi- 
kalische Ergbtzlickkeit (1684, airs de cinq & 
neuf voix); Musikalische Partien (1697, dan- 
ses pour clavecin); Anmutige KlavierQbungen* 
(1699; preludes, fugues, ricercari, etc.); puis des 
motets et des parties de Messes dont la Bibl. 
de Berlin possede des manuscrits. K. avait la 
renommee d'un excellent contrapontiste — 4. 
Ferdinand. n6 k Waldershof (Haute-Franco- 
nie) le 8 janv. 1843, 616ve du seminaire d'Eich- 
sUldt, puis du Conservatoire de Munich, est* 
depuis 1867, maitre de musique k TEcole pre- 
paratoire de Ratisbonne ; il a publie : Die Ete- 

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KRIESSTEIN — KRUG 



429 



mente des Musiktmterrtchis (1869); Die Lehre 
der Harmonie nach einer bew&hrten prakti- 
schen Methode (1870) ; Studien fUrdas Violin- 
spiel; Technische Studien im Umfang einer 
Quinte fUr das Pianofortespiel; Der ration- 
nelle Musihunterricht, Versuch einer musiha- 
lischen Pcedagogik undMethodih (1870). 

Kriesstein, Mklchior, imprimeur de musi- 
que dn xvi« 8., A Augsbourg, a fait paraitre 
deux anthologies de Siegmund Salblinger : Se- 
lectissimce nee non familiarissimw cantiones 
ultra centum (1540) et Cantiones 7, 6 et 5 vo- 
cum (1545). 

Krigar, Julius-Hermann, n£ A Berlin le 3 
avril 1819, m. dans la m&me viile le 5 sept 
1880; fit d'abord des Etudes de peinture et se 
d&cida en 1843 settlement A embrasser la car- 
riere mosicale. II fr6quenta le Conservatoire 
de Leipzig, puis s'&ablit A Berlin et s'y voua A 
l'enseignement; il fonda en outre une soci6t6 
de chant, dirigea pendant quelques ann&es la 
tNeue Berliner Liedertafel » et fut nomm6 « di- 
recteur royal de musique » (1857), puis « pro- 
fesseur* (1874). II ne publia qu'une petite par- 
tie de ses ceuvres, des morceaux de dimensions 
restreintes. K. fit paraitre en 1873-1874 un Mu- 
sikerkalender, chez Bote et Bock, A Berlin. 

Krisper, Anton, D r phiL A Graz, auteurde: 
Die Kunstmusik in ihrem Prinsipe, ihrer 
Entwickelung und ihrer Konsequenz(l$82,p&- 
ru aussi sous le titre : Die Musiksysteme in 
ihren Prinzipien, etc.), 6tude historico-th6ori- 
que trto interessante, basee sur les principes 
harmoniques dualistes. 

Kriskowsky, Paul, compositeur notable de 
musique nationale tch&que et de musique 
d*£glise, n6 le 9 janv. 1820, m. A Brfinn le 8 mai 
1885; 6tait moine de Tordre des Augustins et 
conseiller ecclesiaslique archi6piscopal. 

Eroll, Franz, ne A Bromberg le 22 juin 1820, 
m. A Berlin le 28 mai 1877 ; eleve de Liszt, a 
Weimar et A Paris, v6cut A partir de 1849 a 
Berlin, od il se fit entendre avec succ^s, comme 
pianiste. De 1863 A 1864, il enseigna le piano 
an Conservatoire Stern, mais une maladie ner- 
veuse lui interdit tout travail pendant les der- 
nitres ann&es de sa vie. K. s'est fait sur tout 
connaltre par une excellente Edition critique du 
Clavecin bien tempere, de J.-S. Bach (chez Pe- 
ters et vol. XIV de Tedition de la « Bach-Ge- 
sellschafl), par un recueil intitule : Bibliotheh 
dlterer und neuerer Klaviermusik (Dresde, 
Ffirstner, vers 1871), et quelques compositions 
originates. 

Krolop, Franz, chanteur scenique (basse) de 
grand m£rite, n6 A Troja (Boh6me) en sept. 
1839, m. A Berlin le 30 mai 1897; fit son droit A 
Prague et enlradans la carri&re d'auditeur de 
Tann^e, mais l'abandonna en 1861, pour se 
livrer A des Etudes de chant scenique, sous la 
direction de Richard Lfrvy, A Yienne. II d£buta 
A Troppau, en 1863, dans le role d'Ernani, et 
devint peu A pen Tune des basses les plus re- 
marqnables de l'Allemagne; il fut engage suc- 
cessivement A Troppau, Linz, Br£me, Leipzig 
et finaiement Berlin ou il fut, de 1872 jusqu'a 



sa mort, Tun des membres les plus estimes du 
personnel de l'OpSra de la Cour. Son repertoire 
£tait d'une richesse extraordinaire, aussi K. 
remplissait-il avec beaucoup de talent, les 
fonctions de professeur de chant scenique, que 
lui avait confines la direction de l'Academie 
royale de musique. K. avait 6pous6, en 1868, la 
cantatrice Vilma von Voggenhuber (v. ce nom). 

Krommer, Franz, n6 A Kamenitz, en Mora- 
vie, le 17 mai 1760, m. A Vienne le 8 janv. 1831 ; 
excellent violoniste et compositeur, re<?ut en 
outre des lemons d'orgue, d'un oncle qui etait 
«regens chori> A Turin, et occupa un poste 
d'organiste avant d'entrer comme violoniste 
dans la chapelle particulidre du comte Styrum, 
A la Tour-Simon (Hongrie). II devint ensuite 
directeur de choeur A Cinq-Eglises, maltre de 
chapelle du regiment Caroly, puis partit pour 
Vienne en quality de mattre de chapelle du 
prince Gassalcovitch. La mort de ce dernier 
1'obligea A se vouer quelque temps A l'ensei- 
gnement, jusqu'A ce qu'il eut obtenu la place 
d'huissier de la chambre, qu'il quitta enfin, en 
1814, pour prendre le poste de maltre de cha- 
pelle de la Cour, laisse vacant par la mort de 
Kotzeluch. La musique de chambre de E., et 
particulierement ses soiiante-neuf quatuors 
pour instr. A archet, est ecrite avec grAce, avec 
aisance et m&me quelque originalite; elle ne 
peut cependant parvenir A se faire apprScier A 
sa juste valeur, A une 6poque ou Haydn, Mo- 
zart et Beethoven en £crivaient aussi. En plus 
des quatuors, K. a compost: dix-huit quintettes 
et un trio pour instr. a archet, des duos pour 
violons,cinq concertos de violon, cinq sympho- 
nies, de la musique pour harmonie, des mar- 
ches, etc., des concertos de fluie et de clarinette, 
des quatuors et des quintettes pour instr. A 
vent, et des morceaux concertants pour diver- 
ses combinaisons instrumentales. Cf. Riehl, 
M us. Charahterhtipfe, I. 

Kronach, Emanuel, v. Klitzsch. 

Krfickl (KrCIkl), Franz, D r jur, 9 chanteur 
scenique de m6rite (baryton), n£ A Edlspitz 
(Moravie) le 10 nov. 1841 ; 6tait d6j& au service 
de l'Etat, lorsqu'il prit la decision de se vouer 
A la sc£ne et se mit A travailler sous la direc- 
tion de Dessoff. II d&buta, en 1868, A Brfinn, et 
appartint depuis lors au personnel des scenes 
de Cassel, Augsbourg (1871), Hambourg (1874), 
Cologne (1875), etde nouveau Hambourg (1876- 
1885). II devint ensuite professeur de chant au 
Conservatoire Hoch, A Francfort s/M., et prit 
finaiement, en 1892, la direction du ThS&tre de 
Strasbourg. K. est Tauteur de deux ouvrages 
de droit en mattere de th£&tre : Das deutsche 
Theater und sein gesetzlicher Schuts et Der 
Vertrag ztcischen Direktor und Mitglied der 
deulschen Btihne (1889). 

Krug, 1. Friedrich, n& a Cassel le 5 jail. 
1812, m. A Carlsruhe le 3 nov. 1892; fut chan- 
teur scenique (baryton) et plus tard directeur 
de musique de la Cour, a Carlsruhe. Auteur de 
plusieurs operas : Die Marquise (Cassel, 1843), 
Meister Martin der Kilfer und seine Gesellen 
(Carlsruhe, 1845), Der Nachtxcdchter (ibid. 



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430 



KRllGER — KRUMPHOLTZ 



1846). — 2. Dietrich, n6 a Hambourg le 25 mai 
1821, maltre de musique en cetle ville, m. le 7 
avril 1880; a 6crit un grand nombre d'oeuvret- 
tea faciles et melodieuses, des Eludes et une 
m£thode pour piano. — 8. Arnold, fils et Steve 
du pr6c£dent, n6 k Hambourg le 16 oct 1849, 
fut en outre 616ve de Gurlitt, puis, en 1868, du 
Conservatoire de Leipzig, n obtint Fannie sui- 
vante le prix de la fondation Mozart et devint 
616ve de Reinecke, de Kiel (1871) et, pour le 
piano, d'E. Frank. K. remplit, de 1872 k 1877, 
les fonctions de professeur de piano au Conser- 
vatoire Stern, puis, avec la bourse de la fon- 
dation Meyerbeer, se rendit de 1877 k 1878, en 
Italie et en France. II vit depuis lors k Ham- 
bourg et y dirige une soci&e chorale mixte 
qu'il a fondle lui-mSme; il est en outre, depuis 
1885, professeur au Conservatoire de Ham- 
bourg et directeur de la « Singakademie » d'Al- 
tona. K. est un compositeur agrSable, 6vitant 
avec soin toute recherche d'effet ext^rieur. On 
peut noter parmi les oeuvres qu'il a pubises : 
une symphonie; un prologue symphonique: 
Othello; une suite; Romanische Tdnze, pour 
orchestre ; Liebesnovelle et Italienische Reise- 
skizzen, pour orchestre d'archets, un concerto 
de violon ; Sigurd, pour choeurs, soli et orches- 
tre ; An die Boffnung* pour choaur et orchestre ; 
Italienische* Lieder spiel; un quatuor et un trio 
avec piano; des valses pour piano k quatre 
mains; de la musique de piano; des lieder; 
des choeurs; un psaume, etc. — 4. Wenzel,- 
Joseph (Krug-Waldsee), n6 k Waldsee (Haute- 
Souabe) le 8 nov. 1858, 6l6ve du Conservatoire 
de Stuttgart; devint directeur du t Neuer Sing- 
verein* de Stuttgart (1882-1889, chef des choeurs 
du Th6Atre de Hambourg (1889-1892), puis chef 
d'orchestre du ThA&tre de Brdnn. K. a publie 
des lieder, des choeurs et des oeuvres chorales 
(mixtes) avec orchestre, fr£quemment ex6cu- 
t6es : Harold, Der Qeiger zu Grniind et surtout 
Kimig Bother, puis un op£ra-comiqne en un 
acte : Der Prokurator von San Juan ( Mann- 
heim, 1893). 

Krfiger, 1. Eduard, th£oricien musical, n6 k 
Lunebourg le 9 d6c. 1807, m. k Goettingue le 9 
nov, 1885; suivit les cours des gymnases de 
Lunebourg, Hambourg el Gotha, puis 6tudia la 
philologie k Berlin et k Goettingue, mais tra- 
vailla en m6me temps sArieusement la musi- 
que. II fut d'abord, pendant longtemps, mattre 
de gymnase puis directeur de seminaire k Em- 
den et k Aurich, rSdigea ensuite la « Neue Han- 
noversche Zeitung*, el fut appel£ enfin, en 
1861, k la chaire de sciences musicales de 
rUniverslte de Goettingue. K. fut un des musi- 
ciens allemands les plus savants et les plus 
consciencieux; ses critiques (dans: «Goettinger 
gelehrte Anzeigen») et ses comptes rendus de 
nouveautes musicales (« Neue Berliner Musik- 
zeitung», «Allg. musikalische Zeitung») sonl 
Merits avec une science et une exactitude de 
renseignements tres rares de nos jours. Ses 
ouvrages, 6galement, sont le r6sultat de patien- 
tes recherches et d'efforts de pensee considera- 
bles: (Wundriss der Metrik (1888), Beitrdge 



fur Leben wnd Wissenschaft der Tonkunst 
(1847), Musikalische Brief e aus der neuesten 
Zeit (1870), et, plus particuliSrement encore, 
System der Tonkunst (1866); on connalt aussi 
de lui un grand nombre de brochures, parmi 
lesquelles sa thSse de doctoral: De musicis 
Grcecorum organis circa Pindari tempora 
(1880). Quelques-unes de ses compositions seu- 
lement ont &6 gravies. — 2. Wilhelm, n6 k 
Stuttgart en 1820, m. dans la m&me ville le 17 
juin 1888; fils de Gottlieb K (flutiste virtuose, 
musicien de la chambre royaledeWurtemberg, 
ne k Berlin en 1790), pianiste de talent et com- 
positeur de musique de salon, pour piano, 616- 
gante et parfois m&me caract6ristique, dans la 
meilleure acception du mot n v6cut, de 1845 k 
1870, k Paris, et depuis lors de nouveau k Stutt- 
gart oh il fut nomm6 pianiste de la Cour et pro- 
fesseur au Conservatoire. Son fr&re — 8. Gott- 
lieb, ne en 1824, m. k Stuttgart le 12 oct 1895, 
6tait un harpiste virtuose distingu6 et fit partie 
de l'orchestre de la Cour, k Stuttgart 

Kruis, M.-H. van, n6 k Oudewater le 8 mars 
1861, re$ut les premidre lemons de piano de son 
p&re, puis devint, en 1877, 616ve de Nicolai, k 
La Haye. H fut nomm6, en 1881, organiste et 
directeur de musique a Winterswyk, se rendit 
trois ans plus tard k Rotterdam, ou il devint 
organiste et professeur k l'Ecole de musique, 
et y fonda, en 1886, un organe mensuel : Bet 
Orgel. K. a compost des pieces pour piano et 
pour orgue, des choeurs, huit ouvertures, trois 
symphonies et un opera hollandais : De bkem 
van Island, W s'est fait connaitre aussi comme 
fcrivain par un apercu d'histoire musicale: 
Beknopt Overzieht der Muziekgeschiedenis 
(1892). 

Krummhom (all.), cromorne. 

Krumpholti, 1. Johann-Bapttst, illustre har- 
piste virtuose, uh k Zlonitz, prds Prague, vers 
1745, m. k Paris le 19 tevr. 1790; fut 61ev6 a Pa- 
ris ou son p&re 6tait chef de musique d'un regi- 
ment frangais. II donna des concerts k Vienne, 
en 1772, et s'y Stablit comme maltre de son ins- 
trument ; de plus, il fit partie, de 1778 k 1776, de 
la chapelle du prince Esterhazy, et regut des 
legons de composition de Haydn. Entre temps, 
sa renomm£e s'£tait rSpandue et il put entre- 
prendre une grande tournSe de concerts a tra- 
vers TAUemagne et la France. II 6pousa k Metz 
une de ses 61&ves, M lu Meyer, excellente har- 
piste, et se rendit k Paris ou il remporta de 
vrais triomphes, surtout apr&s que, sur ses 
indications, Nadermanneut coustruit desharpes 
avec pSdales pour le forte et le piano (sour- 
dine). Ce fut aussi K. qui donna k Erard 1'idee 
de la harpe k double mouvement. L'infid6lit6 de 
sa femme, qui prit la fuite en eompagnie d'un 
jeune homme, le mit dans un tel d£sespoir, 
qu'il se noya dans 1* Seine. Ses oeuvres pour 
harpe (six concertos ; cinquante-deux sonates ; 
variations; quatuors avec violon, alto et violon- 
celle; duos pour harpes; symphonies avec 
deux violons, flute, deux cors et violoncello, 
elc.) n'ont pas perdu toute leur valeur. — 2. 
Wbnzel, frere du precedent, n6 vers 1750, en- 



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KRUSE — KUFFERATH 



431 



tra en 1796 dans 1'orchestre de l'Op6ra de la 
Cour, A Vienne, et fut lie d'amitie avec Beetho- 
ven, m. le 2 mai 1817. Beethoven d6dia A sa 
m&moire le « Chant des moines», et Ton a de 
lui-m&me : Abendunterhaltunf/, pour violon 
solo, puis Eine Vierlelstunde fur et'ne Violine. 

Kruse, Johann-S., violoniste, ne A Melbour- 
ne (ou son pere avait 6migr6 de Hanovre)le 
28 mars 1859, entra en 1876 dans la classe de 
Joachim, A l'Acad6mie royale de musique, a 
Berlin, et devint plus tard concertmeister de 
1'orchestre philharmonique, en m&me temps 
que maitre de violon A l'Acad^mie royale. Joa- 
chim le choisit, A la mort de De Ahna, comme 
second violon de son quatuor. D remplit en- 
suite, A partir de 1892, les fonciions de concert- 
meister, a Br&me, et vient d'etre engage, A la 
suite de ses succes de virtuose, comme premier 
violon du quatuor d'instr. A archet des « Con- 
certs populaires du lundi », A Londres. 

Kucharcz, Jran-Baptiste, n6 A Chotecz (Bo- 
h6me) le5 mars 1751, m. apr6s 1815; organ iste 
distingu£, 61&ve de Seegerts, A Prague, fut 
d'abord organiste de l'£glise St-Henri, puis de 
la Coll&giale de Strahow (1790) et enfin, chef 
d'orchestre de l'Op6ra italien (1791), A Prague. 
K. 6tait un compositeur estime de pieces d'or- 
gue, d'op£ras, de ballets, etc. ; ce fut lui qui re- 
digea les premieres reductions pour piano des 
op&ras de Mozart et qui Scrivit les recitatifs 
pour la < Flute enchantee ». 

Kucken, FRiEDRicH-WiLHELM,ne a Bleckede, 
pr6s Hanovre, le 16 nov. 1810, in. A Schwerin 
le 3 avril 1882 ; fils d'un paysan, recut les pre- 
mieres lefcons de musique d'un beau-frere de 
son p&re, Lurss, Torganiste de la Cour de 
Schwerin, puis fit partie de 1'orchestre de la 
Cour, A Schwerin,et y joua successivemeut di- 
vers instruments. Mais a cette epoque d6ja il 
attira l'attention sur lui par la publication de 
quelques melodies qui, gr&ce A leur simplicity, 
devinrent tr£s vites populaires (le lied populai- 
re de la Thuringe : Ach wie war's moglich 
dann) et lui valurent le poste de maitre de mu- 
sique des jeunes princes. En 1832, K. se rendit 
A Berlin, afin d'y travailler sous la direction de 
Birnbach, et y fit representer un opera : Die 
Flucht nach der Schxceiz, dont le succes fut 
durable. Le jeune auteur alia cependant 6tu- 
dier encore A Vienne (Sechter, 1841), puis A Pa- 
ris (Half vy, 1843) ; mais tout son zSle ne par- 
vint pas a l'£lever au-dessus du niveau des 
productions d'un art facile et flattant les gouts 
de la foule. K. accepta en 1851 l'appel qui lui 
etait adress6 de Stuttgart, en qualite de chef 
d'orcheste de la Cour, a cdt6 de Lindpaintner, 
puis seul, apres la mort de ce dernier ; il donna 
sa demission en 1861 et se retira a Schwerin. 
Le nombre des oeuvres, surtout des lieder et 
des duos de K. est considerable, et plusieurs 
sont devenus tres populaires en Allemagne; 
mais il faut noter aussi : un opera, Der Free- 
iendent (Stuttgart, 1849); des sonates de violon 
et de violoncelle; des quatuors pour voix 
d'hommes, etc. 

Kudelski, Karl-Mathias, ne a Berlin le 17 



nov. 1805, m. a Baden-Baden le 3 oct. 1877; 
violoniste dans un quatuor (1830), puis maitre 
de chapelle d'un prince russe (1893), A Dorpart, 
il fut ensuite chef d'orchestre au Theatre impe- 
rial de St-Petersbourg (1841-1851), puis vecut 
longtemps A Baden-Baden. K. est l'auteur d'un 
traite de composition, d'un concerto de violon- 
celle, d'un autre de violon, de trios et de qua- 
tuors pour instr. A archet. 

Kufferath, 1. Johann-Hermann, ne A Muhl- 
heim s/Ruhr le 12 mai 1797, m. a Wiesbaden 
le 28 juil. 1864; violoniste de talent, 616ve de 
Spohr et de Hauptmann A Cassel, devint en 
1823 directeur de musique a Bielefeld, puis, en 
1830, directeur de musique de la ville d'Utrecht, 
professeur de chant A l'Ecole de musique et 
directeur do plusieurs societes de musique. K. 
a puissamment contribu£ au developpement 
musical de la ville d'Utrecht, et ne se retira 
qu'en 1862 A Wiesbaden. 11 a ecrit plusieurs 
cantates de fete, des ouvertures, des motets, 
etc., et publie, en 1836, une m&hode de chant A 
l'usage des 6coles (couronn^e par la Soci6t6 de 
musique des Pays-Bas). — 2. Louis, n6 A Mtihl- 
heim le 10 nov. 1811, m. dans les environs de 
Bruxelles le 2 mars 1882, fr6re du prudent; 
pianisle, Sieve de Fr. Schneider, a Dessau, fut 
ensuite, de 1836 A 1850, directeur de l'Ecole de 
musique de Leeuwarden, en mdme temps que 
des soctetes : «Euphonia-Crescendo» et «Tot 
nut van t'algemeem puis «Groote Zang ve- 
reeniging* qu'il avait fond6 lui-m&me. 11 s'eta- 
blit en 1850 a Gand et s'y voua entterement 
A la composition et A l'enseignement. On a de 
lui : une Messe A quatre voix, avec orgue et or- 
chestra; 250 canons; une cantate, Artevelde; 
une quantite de pieces de piano; des melodies; 
des chceurs, etc. — 3. Hubert-Ferdinand, n6 A 
Muhlheim le 11 janv. 1818, m. A St-Josse-ten- 
Noode, pr&s Bruxelles, le 23 juin 1896; fr^re 
des precedents, travaillade 1833 A 1836 sous la 
direction de Fr. Schneider encore, A Dessau, 
puis sous celle de Mendelssohn et de David, a 
Leipzig. II fut d'abord, de 1841 a 1844, directeur 
du « Chceur d'hommes* de Cologne, puis s'eta- 
blit en 1844 a Bruxelles ou il professa, de 1872 
jusqu'A sa mort, le contrepoint et la fugue, au 
Conservatoire royal. K. 6tait un excellent peda- 
gogue et forma un grand nombre d'elSves re- 
marquables ; il a publie : une symphonie, un 
quatuor, un trio, des chceurs, des melodies, di- 
verses pieces pour piano , et une Ecole de cho- 
ral tres repandue en France et en Belgique. Ce 
fut lui qui nota et harmonisa les concertos de 
violon de de Beriot. — 4. Maurice, fils et el&ve 
du precedent, ne a Bruxelles le 8 janv. 1852, 
etudia aussi le violoncelle sous la direction des 
deux Servais, mais entra ensuite a TUniversit6 
et y fit du droit et de la philologie. En 1873, 
L Independence beige l'invita a entrer dans 
la redaction (politique ext£rieure), et il devint 
en m6me temps r6dacteur en chef, plus tard 
aussi proprietaire du Guide musical qui est 
devenu, sous son impulsion, le meilleur or 
gane musical progressiste de langue fran- 
caise. K. est du reste ardent partisan du pro- 



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432 



KUFFNER — KUHNAU 



gr&s musical et defend ses opinions avanc&es, 
dans de nombreux et intSressants articles 
(c Guide musical », «Ri vista musicaleltaliana*, 
etc.) et dans desouvrages dont void les princi- 
paux : Vart de diriger Vorche$tre y Rich. Wag- 
ner et H. Richter, la 9* symphonie de Beetho- 
ven; Henri Vieuxtemps, $a vie, son oeuvre; 
Hector Berlioz et Schumann; Le Thidtrede 
Richard Wagner, de Tawnhceuser a Parsifal 
(essais de critique littSraire, esth6tique et mu- 
sicale; 5 vol. parusjusqu f & present; l'ouvrage 
le plus complet et le mieux documents que la 
literature frangaise ait fourni sur ce sujet); 
en fin, un rapport sur les instruments de musi- 
que A l'Exposition de Bruxelles (1880). K. a 
fourni aussi des traductions de fragments d*ou- 
vrages et de lettres de Wagner, de po&nes de 
melodies de Wagner, Brahms, etc. (en partie 
sous le pseudonyme: Maurice Reymont). Sa 
sceur cadette, Antonia, 61£ve de Stockhausen, 
se fit connaltre tr6s avantageusement, comme 
interpr&te de lieder (Brahms); elle a 6pous6, & 
Francfort s/M., Ed. Speyer, compositeur de 
lieder connu. — 5. Friedrich-Wilhelm, pia- 
niste et compositeur, pedagogue appr6ci£, m. A 
Cologne en avril 1885. 

Kfiffner, Joseph, n& A Wurzbourg le 31 mars 
1776, m. dans la m&me ville le 9 sept. 1856; a 
6crit sept symphonies, dix ouvertures, une 
quantity de morceaux pour musique militaire 
et musique d'harmonie, des quatuors pour 
instr. A archet, un concerto pour alto, un quin- 
tette pour fl&te et instr. A archet, des duos et 
des trios pour fl&tes, des duos pour clarinettes, 
etc. Ge sont ses ceuvres pour musique militaire 
qui ont eu le plus de succds. 

Kugelmann, Hans, premier trompette du due 
Albrecht de Prusse, a publie, en 1540, un re- 
cueil de chants religieux A trois voix, k l'usage 
des Aglises de Prusse, A la fin duquel il a ajout6, 
en mani&re de supplement, toute une s^rie de 
chants artistiques de deux A huit voix. K. mou- 
rut en 1542. Gf., au sujet de l'importance de E. 
dans l'histoire du chant d'6glise : Winterfeld, 
Der evangelische Kirchenge$ang 9 I, p. 205. V. 
aussi les Monatshefte far Af.-G., VIII, p. 65 et 
suiv. 

Kuhe, Wilhelm, n£ A Prague le 10 d&c 1828, 
61&ve de Tomaschek, dans sa ville natale ; pia- 
niste et compositeur de gracieuses pieces pour 
piano, vit depuis fort longtemps A Londres, oh 
il professe, depuis 1886, A la « Royal Academy 
of music >. 

Kuhlau, Friedrich, n6 A Ulzen (prov.de Ha- 
novre) le 11 sept. 1786, m. A Lyngbye, pr&s Co- 
penhague, le 12 mars 1832 ; arriva A Hambourg 
vers 1800 (apr&s un court s^jour A Brunswick) 
et y travailla Tbarmonie, sous la direction de 
Schwencke. A la fin de 1810, il s'enfuit A Go- 
penhague, pour 6chapper A la conscription 
franchise, et y re^ut en 1813 le litre de rausi- 
cien de la chambre royale (sans appointe- 
menls); il enseigna alors le piano et la th£orie, 
fut nomm£, cinq aus plus tard, compositeur de 
la Gour (avec des honoraires), et recut, en 1828, 
le titre de c professeur ». K a £crit pour Copen- 



hague des operas : Le chdteau des brigands 
(1814), Elisa, Lulu, La harpe enchantte, Hugo 
et Adelaide, puis une sc£ne dramatique : Euri- 
dice t et la musique de ErlenhUgel (de Heiberg, 
1828), etde Shahespeare(deBoye, 1826) ; tous ces 
ouvrages furent accueillis avec une grande fa- 
veur et ne sont m£me pas tout A fait ouhli£s en 
Danemark. Ses autres ceuvres se sont aussi en 
partie maintenues, A l'exception toutefois des 
lieder et des quatuors pour voix d'hommes, ce 
sont: trois quatuors pour flfttes; des Trios 
concertants, duos, solos pour fltite; deux con- 
certos de piano; huit sonates de violon; des 
sonates et des sonatines pour piano A deux et A 
quatre mains; des rondos, variations, divertis- 
sements, danses, etc. Les sonatines comptent 
aujourd'hui encore parmi les contributions les 
plus pr£cieuses A la literature de piano, A 
l'usage des commengants (op. 55, 20 et 59). Gf. 
K. Thrane, Fr. Kuhlau (pour le centenaire de 
sa naissance, 1885). Un parent de K, Friedrick 
K., violoncelliste appr6ci6, nhourut A Copenha- 
gue en aoftl 1878. 

Kuhmstedt, Friedrtch, n6 A Oldisleben 
(Thuringe) le 20 d6c. 1809, m. a Eisenach le 10 
janv. 1858; 6tait destine a la carri&re th&ologi- 
que, mais s'enfuit, A Page de dix-neuf ans, du 
gymnase de Weimar, et fut pendant trois ans 
£16ve de K.-H. Binck, A Darmstadt, pour la 
composition. II dut par contre abandonner son 
projet de devenir pianiste-virtuose, A la suite 
d'une paralysie dela main gauche. Apr&s avoir 
v6cu quelque temps A Weimar, en qualite de 
maltre de musique, K. fut nomm6, en 1836, 
maltre au s6minaire d'Etsenach, puis regut le 
titre de « directeur de musique » et enfin celui 
de « professeur ». II a 6crit des oratorios (Auf- 
erstehung ; Triumph des G&ttlichen) ; une 
Messe A quatre voix, avec orchestre; des mo- 
tets ; des choeurs religieux et profanes ; des lie- 
der; des concertos; des rondos de piano, etc; 
mais tout est tombe dans l'oubli. Quelques ou- 
vrages, plutdt didactiques, ont consent par 
contre une certaine vadeur : Gradus ad Par- 
nassum (preludes et fugues, destines A servir 
de preparation aux ceuvres de piano et d'or- 
gue de J.-S. Bach); de nombreuses composi- 
tions pour orgue (preludes, postludes, fugues, 
double fugue de concert, Fantasia erdica, etc.); 
Die Kunst des Vor spiels fiir Orgel (op. 6); 
TheoretiscJi~f>rahtische Harmonie-und Aus- 
vceichungslehre (1838 ; a Tusage des autodidac- 
tes). 
Kuhnau, Johann, n6 A Neugeising (Saxe) le 
| 6 avril 1660, m. a Leipzig le 5 juin 1722; etait 
1 616ve de TEcole de la Groix et soprano de la 
chapelle du Gonseil,& Dresde, mais dut fuir la 
peste en 1680 et se refugier dans son village 
natal. Alors qu'il etait encore au Gymnase, il 
remplaga temporairement le cantor de Zittau, 
mais entra en 1682 A TUniversite de Leipzig 
(philologie el droit) et succ&da en 1864 a Kfih- 
nel, comme organiste de St-Thomas, en 1701, A 
Schelle, comme directeur de musique de TOni- 
versitS et cantor de St-Thomas. Ge fut J.-S. 
Bach qui lui succ£da dans toutes ces fonctions. 



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KUHNER — KUMMER 



433 



K. n'etait pas seulement excellent musicien, 
mais encore philologue et avail fait une etude 
speciale du grec, de l'hebreu, etc. On a con- 
serve les compositions suivantes, de K. : Neue 
Klavierubung (1689 et 1685; deux parties), 
Frische Klavierfriichte oder sieben Sonaten 
vonguter Invention, etc. {1696) ; Mustkalische 
Vorstellungen einiger biblischen Eistorien in 
seeks Sonaten auf dem Klavier zu spielen 
<1700). K. occupe dans l'histoire de la literature 
du piano une place tr&s importante, car ce fut 
lui qui adopta, le premier, an clavecin, la for- 
me de la sonate de chamhre en plusieurs par- 
ties ; il est juste d'ajouter, cependant, que le 
style n'a encore rien du € style galant • d'un 
Ph.-B. Bach. Les Merits de K. sont : Jura circa 
musicos ecclesiasticos (1688); Der Musikalische 
Quachsalber (1700, satire contre la musique 
italienne); puis deux ouvrages rest6smanus- 
crits: Tractatus de tetraelwrdo et Introductio 
ad compositionem musicatem. 

Kfihner, Konrad, n6 k Markt-Streufdorf 
(princ. de Meiningen) le 2 mars 1851; el&ve du 
Conservatoire de Stuttgart, vit k Brunswick oh 
il s'est etabli comma professeur de piano. Au- 
teur de: Die Technik des Klavier spiels ; ro- 
mances et nocturnes pour piano ; Maria Stuart, 
po£me symphonique. 

Kuhreigen (all.), ranz des vaches (v. ce 
xnol). 

Kujawiak, ou Cujawiak, danse polonaise, de 
Cujavie, analogue & la mazurka. 

Kullak, 1. Thbodor, ne a Krotoschin (Po- 
sen) le 12 sept. 1818, m. k Berlin le 1« mars 
1882 : son p£re etait secretaire du tribunal, et 
lorsque, tout enfant, K. fit preuve de disposi- 
tions musicales remarquables, ce fut le prince 
A. Radziwiil (v. ce nom) qui se chargea de sur- 
Teiller son Education et l'envoya travailler au- 
pres de Agthe, k Posen, puis, lorsqu'il eut at- 
teint sa onzi^me annle, lui procura l'insigne 
honueur de se produire comme pianiste dans 
thi concert de la Cour, a Berlin. Mais la mort- 
du prince vint an&antir peu apr&s tous les pro- 
jets d'avenir ; K. entra au gymnase de Zfilli- 
chau, puis, en 1837, revint k Berlin, dans le but 
d'y faire des Etudes de m6decine. II retrouva k 
Berlin son ancien maitre Agthe, qui etait de- 
venu professeur et direcleur d'un institut de 
musique, et, au bout de peu de temps, rentra 
dans la carriere musicale, donnant lui-meme 
des legons de piano, tout en travaillant l'har- 
monie sous la direction de Dehn. En 1842, K. 
alia continuer ses Etudes k Vienne (Czerny, 
Sechter et Nicola'O, puis, Tann6e suivante, en- 
trcprit une tourn6e de concerts en Autriche, 
dont le succ£s fut tel, qu'il regut un appel de 
Berlin, en quality de maitre de musique de la 
princesse Anne, et peu apr£s de tous les prin- 
ces et princesses de la maison royale. II regut, 
en 1846, le litre de pianiste de la Gour. En 1850, 
K. fondait avec J. Stern et J.-B. Marx, le « Con- 
servatoire berlinois t (plus tard « Cons. Stern »), 
mais il se retira de l'association au bout de 
cinq ans d6j&, et cr£a la «Neue Akademie der 
Tonkunst» qui, en 1880, c£16brait le vingt-cin- 

DICTIONNA1RE DE MUSIQUE. — 28, 

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qui£me anniversaire de sa fondation, avec cent 
professeurs et plus d'un millier d'ei&ves. Theo- 
dore K. ne fut pas seulement excellent pianiste, 
mais aussi pedagogue de tout premier rang 
(parmi ses ei6ves: Hans Bischoff, M. Mosz- 
kowsky, X. et Ph. Scharwenka, etc.) ; sa M&- 
thode du jeu (Foctaves (op. 48) est aujourd'hui 
connue de tous les pianistes. Ses McUerialen 
fUr den Elemmtarunterricht (trois cahiers) et 
la partie pratique de la Methode de piano de 
Moschel&s et Fetis (deux cahiers ; complement 
aux etudes fournies par Moscheies) sont aussi 
des ouvrages de valeur. L'ensemble de ses oeu- 
vres, habilement ecrites et sonores, mais sans 
originality r^elle, comprend 130 num^ros ; ce 
sont pour la plupart des morceaux de salon ou 
de brillantes paraphrases, fantaisies, etc., mais 
K. a 6crit aussi une sonate pour piano (op. 7), 
Symphonic de piano (op. 27), un concerto de 
piano (op. 56), trois duos pour piano et violon 
(op. 57, en collaboration avec R. Wuerst), An- 
dante avec violon ou clarinette (op. 70), trio 
(op. 77), quelqueslieder (op. 1 et 10) et une s^rie 
de miniatures pour piano : Kinderleben (deux 
parties, op. 62 et op. 81). — 2. Adolf, n6 k Me- 
seritz le 28 fevr,1823,m. k Berlin le 25 d£c. 1862; 
fr&re du precedent, eieve du Gymnase du 
cGraues Kloster*, k Berlin, prit ensuite son 
grade de D*ph\L % mais ne tarda pas k se vouer 
enticement k la musique (Agthe et Marx 
avaient ete ses maitres), collabora k la « Berli- 
ner Mu8ikzeitung» et enseigna k l'Acad6mie 
fondle par son fr^re. K. a public quelques pie- 
ces pour piano, des lieder, etc., mais surtout 
deux ouvrages d'esthetique : Das Musihalisch- 
Schtine (1858), Aesthetih des Klavierspiels 
(1861; 2* 6d. par Hans Bischoff, 1876; travail 
remarquable). — 3. Franz, D* phil. 9 fils de 
Theodore K, ne k Berlin le 12 avril 1844; fut 
61&ve de l'Acad6mie de son p&re, et, k la mort 
de ce dernier, en prit la direction, mais, en 
1890, il licencia subitement tout son personnel 
et continua seul a enseigner le piano. K. a 
fourni de remarquables editions des concertos 
classiques pour le piano et fait representer un 
opera de sa composition : lnis de Castro (Ber- 
lin, 1877). 

Kummer, 1. Kaspab, ne k Erlau, pres Schleu- 
singen, le 10 dec. 1795, virtuose sur la flute, k 
partir de 1813,membre de Torchestre de la Cour, 
k Cobourg, m. en cette ville le 21 mai 1870; a 
publie de nombreuses compositions pour flftte 
(concertos, quatuors et quintettes avec instr. k 
archet, duos, fantaisies, variations, etc., et une 
m6thode de flute. — 2. Friedrich-August, ne k 
Meiningen le 5 aoiU 1797, m. k Dresde le 22 mai 
1879; fils d'un hautboiste de Torches tre de la 
Cour de Meiningen, qui fut appeie ensuite k 
Dresde, en sorte que le jeune K. put etudier 
(en meme temps que le hautbois) le violoncelle, 
sous la direction de Dotzauer. Aucun poste de 
violoncelliste n'etant en ce moment disponible, 
il re^ut d'abord, en 1814, un poste de hautbois- 
te et trois, ans plus tard seulement, celui de 
violoncelliste. K. ne tarda pas k se faire un 
excellent renom de violoncelliste k la fois vir- 

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434 



KUMMERLR 



KUNZEN 



tuose, quartettiste et pedagogue (Gosraann, J. 
Goltermann, etc. furent ses Aleves). Ea 1864, 
K. c£l£bra le cinquantieme anniversaire de son 
entree dans Torchestre de la Cour, puisil prit 
sa retraite, mais resta encore professeur de 
violoncelle au Conservatoire. On a de lui des 
concertos, variations, divertissements et autres 
pieces pour violoncelle, une methode de vio- 
loncelle et la musique de plusieurs drames. De 
m^me que son pere et ses fibres, ses fils et 
petits-fils devinrent d'excellents musiciens. Son 
petit-fiis, Alexander K., n6 le 10 juin 1850, est 
un violoniste de talent, 616ve du Conservatoire 
de Leipzig: il vit actuellement en Angleterre. 

Kummerle, Salomon, n& k Malmsheim, pr£s 
de Stuttgart, le 8 fevr. 1838, m. k Samaden le 28 
aout 1896; entra en 1858 au s&minaire d'insti- 
tuteurs de Tempelhof, puis devint prScepteur 
en m£me temps qu'organiste de TEglise alle- 
mande, k Nice (1860-1866). II fut ensuite, 
successivement : maltre de musique au semi- 
naire d'insti tutrices de Ludwigsbourg ( Wur- 
temberg, 1867-1868), maltre k l'Ecole supe- 
rieure des jeunes filles de Schondorf (Wur- 
temberg, 1869-1874), et professeur a l'Ecole se- 
condare de Samaden (Suisse, 1875-1890). K. a 
publie les ouvrages suivants : Musica sacra, 
chefs d'oeuvre de musique d'eglise ancienne, 
particulierement italiennc (pour choeur d'hom- 
mes; deux parties, 1869-1870); Grabgescinge 
(pour voix d'hommes, 1869); Zionsharfe, re- 
cueil de lieder religieux, motets, etc., pour voix 
mixtes (deux parties, 1870-1871); Choraibuch 
filr evangeliscke Kirchenchtire (300 morceaux 
k quatre et cinq voix mixtes. des maitres du 
xvi« et du xvn« s. ; 1"» part. 1887, 2* part. 1889); 
Encyhlopadie der evangelischen Kirchenmu- 
sik (I« vol. 1888, II* vol. 1890, HI* vol. 1898). 

Kundinger, 1. Georg-Wilhelm, n6 k Konigs- 
hofen (BaviSre) le 28 nov. 1800, devint cantor 
et directeur de musique de la ville k Nordlin- 
gen (1831), puis a Nuremberg (1838;, puis se 
retira pour cause de maladie et alia vivre k 
Furth. K . est Tauteur d'une quantite de mor- 
ceaux de musique d'eglise. Trois fils de K. sorit 
6galement musiciens: — 2. August, n6 k Kit- 
zingen le 18 fevr. 1827, violoniste et composi- 
teur d'oeuvres pour violon, membre de For- 
chestre de la Cour imp^riale, a St-P£tersbourg. 
— 3. Kanut, ne le 11 nov. 1830, violoncelliste, 
fait partie, depuis 1849, de l'orchestre de la 
Gour, k Munich. — 4. Rudolf, pianiste et peda- 
gogue distingue, ne a Nordlingen le 2 mai 1832 
el£ve de son pere, et, pour la th&me, de Blu- 
menroder, partit en 1850 pour St-P6tersbourg, 
en qualile de maltre de musique de la famille 
du baron Vietinghoff, et se fit entendre chaque 
annee dans les concerts de la Soci6t6 impe- 
riale russe de musique. II fut nomm6, en 1860, 
maltre de musique des enfants du grand-due 
Constantin-Nicolaievitch, et borna depuis lors 
son activite k l'enseignement du piano aux 
membres de la famille imperiale, qui l'a comblS 
du reste de hautes distinctions honorifiques. 
K. abandonna, au bout d'une annee k peine, 
un poste de professeur de piano que la direc- 



tion du Conservatoire lui avait octroy^ en 1879; 
parmi ses ceuvres, un trio et quelques pieces 
pour piano seulement ont paru. 

Kunkel, Franz-Joseph, n6 k Diebourg (Hes- 
se) le 20 aout 1808, m. a Francfort s/M le 31 
dec. 1880; recteur de FEcole communale el mal- 
tre de musique du s^minaire, k Bensheim, fit 
valoir ses droits k la retraite en 1854. K. est 
Tauteur d'oeuvres vocales religieuses, de mor- 
ceaux pour orgue, d'un recueil de chorals, etc., 
ainsi que de plusieurs Merits: Kletne Musik- 
lehre; Die Verurtheilung der Konservaiorim 
zu Pflanzschiden des musikaltschen Proleta- 
riats (1855); Kritische Beleuchtung des K.-F. 
Weitzmannschen Harmoniesystems ; puis Die 
neue Harmonielehre im Streit mit der alten 
(1863). 

Kuntae, Karl, n6 k Treves le 17 mars 1817, 
m. a Delitzsch le 7 sept. 1888; 61$ve de l'lnsti- 
tut royal de musique d'eglise, a Berlin (A.-W. 
Bach, Marx, Rungenhagen), organiste k Pritz- 
walk, fut nomm6 en 1852 « directeur royal de 
musique*. puis devint organiste a Aschersle- 
ben (1858) et maltre. de musique au seminal re 
de Delitzsch (1873). K. s'est fait un nom, en Al- 
lemagne par la publication de toute une s£rie 
de lieder, duos, trios, quatuors, etc. humoristi- 
ques, pour voix d'hommes. II a redige en outre 
la 3» ed. de Die Or gel und ihr Ban (1875), de 
J. -J. Seidel. 

Kunz, Konrad-Max, n6 a Schwandorf (Haut- 
Palatinat bavarois) le 30 dec. 1812, m. k Munich 
le 3 aout 1875; comment k Munich, des etu- 
des de m£decine, tout en donnant des legons 
de musique, pour gagner sa vie, puis se voua 
tout entier a la musique, dirigea la « Munche- 
ner Liedertafel* et devint, en 1845, chef des 
chopurs a l'Opera de la Gour. K.est l'auteur 
d'un nombre considerable de quatuors pour 
voix d'hommes, hautement apprecies par les 
soci£tes chorales allemandes (Elslein; Odin r 
der Schlachtengott, etc.). II a ecrit, en outre, 
une brochure satirique : Die Grundung der 
Moosgau- Briiderschaft MoosgriUia. 

Kunzen, 1. Johann-Paul, ne k Leisnig (Saxe> 
le 30 aout 1696, m. k Lubeck, ou il etait orga- 
niste, le 20 mars 1757; avait 6te successive- 
ment maltre de chapelle k Zerbst (1718), et di- 
recteur de concerts a Wittenberg (1719), puis 
vecut a Hambourg (1723-1732), avant de se fixer 
a Lubeck. Mattheson parle de K. comme de 
Tun des meilleurs compositeurs de son temps 
(plusieurs operas pour Hambourg, une Pas- 
sion, des cantates, des ouvertures, un oratorio : 
Belsazar, etc.). — 2, Karl-Adolf, fils du pre- 
cedent, ne k Wittenberg le 22 sept. 1720, m. a 
Lubeck au commencement de juil. 1781; fit 
sensation comme enfant prodige (pianiste) *L 
• l'&ge de huit ans, en Hollande et en Angleterre. 
II devint, en 1750, maitre de chapelle a Schwe- 
rin, puis suqeeda a son pere, en 1757, k Lubeck. 
K. a public douze sonates pour le piano ; ses 
autres oeuvres, tr6s nombreuses, sont resl&es 
manuscrites (symphonies; concertos de violon,. 
de flute, de haulbois; oratorios; cantates, etc.). 
— 3. Friedrigh-Ludwig-Amilius, fils du prece- 



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KUPFER-BERGER — KYRIE 



435 



dent (K. 2), n6 a Lubeck le 24 sept. 1761, m. A 
Copenhague le 28 janv. 1817; frSquenta TScole 
de Hambourg et TUniversitS de Kiel, puis par- 
tit en 1787 pour Copenhague, ou, deux ans plus 
tard, son premier op6ra : Holger Danshe (Obe- 
ron), fit sensation. II se rendit ensuite A Berlin 
et y publia, avec Reichardt, deux periodiques : 
MusikaliscJws Wochenblatt (1791) et Musihali- 
sche Monalsschrift (1792), fut pendant quelque 
temps chef d'orchestre de th&Ure, A Francfort 
s/M et a Prague, puis fut appele enfin, en 1795, 
au poste de chef d'orchestre de la Gour, A Co- 
penhague. K. a ecrit, en plus de Top6ra cite 
plus haut, douze autres op&ras danois et alle- 
mands (Holger Danshe et Das Winzerfest 
ont paru en reduction pour le piano), de la mu- 
sique pour des drames, des ouvertures, des 
oratorios, des cantates, des sonales, etc. 

Kupfer-Berger, Ludmilia, cantatrice sc£ni- 
que (soprano), nee A Vienne en 1850; fille d'un 
industriel, Berger, el6ve du Conservatoire de 
Vienne, d6buta A Linz, en 1868, dans le r<51e de 
Marguerite de « Faust » (Gounod), et fut enga- 
gee la mfcme ann£e a Berlin, pour remplacer 
M"** Harriers-Wippern qui donnait sa demis- 
sion. Elle Spousa a Berlin un riche comtner- 
cant, nomme Kupfer, mais echangea bienlot 
TOpera de la Cour de Berlin contre celui de 
Vienne, ou elle a partagS les succes de M rao Ma- 
terna, dans les r61es de soprano dramatique. 

Kurpinski, Karl-Kasi\iir, compositeur d'ope- 
ras polonais, ne a Luschwitz, pres Fraustadt 
(Posen), le 5 mars 1785, m. a Varsovie le 18 
sept. 1857; ills d'un organiste, il fut d'abord se- 
cond, puis, de 1825 A 1841, premier chef d'or- 
chestre (successeur d'Elsner), au Th&itre na- 
tional de Varsovie. II portait en m6me temps, 
depuis 1819, le titre de chef d'orchestre de la 
Cour imperiale de Russie. K. n'a pas ecrit, de 
1811 a 1826, moins de vingt-six operas polo- 
nais, pour le theaHre de Varsovie. 

Kurschmann, v. Curschmann. 

Kurze Oktave (all.), v. petite octave. 

Kusser (Cousser), Johann-Siegmund, ne a 
Pressbourg vers 1657, m. A Dublin en 1727; 
maltre de chapelle remarquablement dou6 et 
compositeur scenique appr£ci£, auquel revient 
en r£alite la gloire de TOpera de Hambourg. 
II 6tait, au dire de Walther ( « Musikalisches 
Lexikon »), un £tre inquiet, instable, et qui, a 
force de voyager, 6tait parvenu a une reputa- 
tion quasi europeenne. K. v&cut six ans a Paris, 
dans la plus complete intimile avec Lully, fut 
ensuite maltre de chapelle A la Cour de Bruns- 
wick- Wolfenbiittel, puis loua A Schott, en 1698, 
et apr£s s'Gtre associe A Jacob Kremberg, TOpe- 
ra de Hambourg. II dirigea Tentreprise, finan- 
ciSrement et artistiquement, jusqu'en 1695, avec 
uue telle distinction, que Mattheson le cite, 
dans son « Vollkommener Kapellmeister », 
comme le module du chef d'orchestre. Apres 
avoir 6t6, de 1698 A 1704, maitre de chapelle de 
TOp£ra de Stuttgart, il se rendit en Angleterve 
et y devint maitre de chapelle du vice-roi d'lr- 



lande. On a conserve de K. les operas suivants: 
Erindo (1693), Poms (1694), Pfframus und 
Thisbe (non represent^), Scipio Africanus 
(1694), Jason. K. Iui-m6me a publie : Apolton 
enfou4 (1700; six ouvertures et quelques airs); 
Helihonisclie Musenlust (1700; morceaux ex- 
traits d'un op6ra, Ariadne) ; une serenade pour 
Tanniversaire de naissance du roi Georges I** 
(1724); une ode funebre, A la mSmoire de 
Miss Arab ella Hunt. Chrysander a signal^ en 
outre («Allg. musikalische Zeitung>, 1879, 26) 
la dScouverte d'un manuscrit: Serenata tea- 
trale, 6crite en Thonneur de la reine Anne. 

Kuster, Hermann, n6 A Templin (Marche 
Ukraine) le 14 juil. 1817, m. A Her ford (West- 
phalie) le 17 mars 1878; 6leve de A.-W. Bach, 
L. Berger, Rungenhagen et Marx, A TInstitut 
royal de musique d'eglise et dans les classes de 
composition de TAcademie royale de Berlin. II 
fut, de 1845 A 1852, directeur de musique a 
Saarbrucken, et vecut depuis lors A Berlin, oil 
il fonda « T Association des musiciens berli- 
nois *, devint, en 1857, organiste de la Cour et 
du D6me, regut en m6me temps le titre de « di- 
recteur royal de musique » et, en 1874, celui de 
■ professeur*. K. a compost des oratorios et 
d'autres ceuvres vocales et instrum en tales, 
mais ces Merits leur sont de beaucoup sup&- 
rieurs : Populare Vortrdge iiber Bildung und-— 
Begriindung eines musihalischen Urteils (1870- 
1877 ; 4 vol.; ouvrage de grande valeur); Ueber 
Hcendel's Israel in Aegypten(\f£A) et une fou- 
le d'articles detaches, dans les revues musicales 
de Berlin. K. a public aussi, en 1872, une me- 
thode de chant pour les Scoles supSrieures. 

Ewast, James, pianiste distingue, ne A Nij- 
kerk (Hollande) le 23 nov. 1852, £16ve de son 
p&re et de Ferd. Bohme (lui-m6me eleve de M. 
Hauptmann), re^ut, de 1869 A 1874, une bourse 
dela « Maatschappij tot bevorderingvanToon- 
kunst* et plus tard une autre de la cassette 
royale, qui lui permit d'aller travailler A Leip- 
zig (Reinecke,Richter),Berlin (Kullak, Wuerst), 
et Bruxelles (L. Brassin, Gevaert), II succeda 
d'abord A Gernsheim, en 1874, comme profes- 
seur au Conservatoire de Cologne, el professe 
actuellement le piano, depuis oct. 1883, au Con- 
servatoire Hoch, A Francfort s/M. II avait 
Spouse, en 1877, la fille de Ferd. Ililler. K. s'est 
aussi fait connaitre comme compositeur, on a 
de lui: un trio (datant du temps de ses Etudes A 
Leipzig), une ouverture (couronnee dans un 
concours organist en Hollande, sous le patro- 
nage du roi), un concerto de piano en fa maj. 
(joue A diverses reprises par Tauteur, avec suc- 
ces), et quelques pieces pour piano seul. 

Eyrie (gr.), nom que Ton donne A la premie- 
re partie de la Messe (v. ce mot), succedant 
immediatement A TIntroit. Le texte se compose 
d'une triple exclamation: K. eleison! Christe 
Meison! K. eleison !; e'est pourquoi Ton parle 
souvent d'un « premier K. » (avant le Christe 
eleison) ct d'un * second K. » (apres le Christe 
eleison). 



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436 



L — LA 



L\ article italien (pour lo ou la) devant une 
voyelle. 

La, 1. Nom que lea Franeais, les Italiens, lea 
Espagnols donnent au premier son de l'echelle 
fondamentale (v. ce mot) de notre syst&me 
musical actuel ; il correspond au A des Alle- 
mands, des Hollandais, des Anglais. Son ancien 
nom, dans le systeme de solmisation, 6lait A 
lamiriyOxi simplement A mila ; cf. solmisation 
et mxjancbs. On distingue les la des differentes 
octaves, dans le teste des ouvrages th£oriques, 
au moyen d'indices qui assign ent k chacun 
d'eux (et k Toctave dans laquelle ils sont com- 
pris) une place d£finie dans l'ensembie des 
sons de l'exhelle musicale. L'ensembie des sons 
musicaux comprend une sSrie de neuf octaves, 
de Yut-* (double conlre-ut) k YuP (ut de la hui- 
tieme octave) ; mais les sons extremes de cette 
6chelle colossale nelrouvent d'emploi que sur 



Torgue et ne sont, en reality, pas notes, puis 
qu'ils n'apparaissent que comme renforcement 
de la sonorite (au grave : jeux de 32' ; & 1'aigu : 
jeux mixtes de tres petites dimensions, tels que 
quinte */a ou i / 3 et tierce */ 5 ; cf. pied), n est 
bien certain cependant que la notation pourrait 
exprimer ces sons (au moyen de 8v* et 8va 
bas$a,ou i5ma et 15ma baxsa), mais les limites 
habituelles de la notation coiTespondent k cel- 
les de Tetendue de nos grands pianos k queue 
de concerts, c.-&-d. : la-*k ut 7 .Cf. le tableau 
ci-dessoua qui donne, outre la s6rie complete 
de ces sons, repartis sur les clefs les plus usi- 
tees, leur designation babituelle dans le texte 
des ouvrages theoriques. [Les ouvrages alle- 
mands font usage de lettres et d'indices qui, 
partant d'une base differente, ne correspon- 
dent pas aux ncHres fainsi A =. la y ; a = Ufi; 
la 1 = te 3 ; etc, Cf. k ce sujet le mot a, p. 1)]. 



Tableau des notes, des principales clefs et de leur denomination 
2"* octave. 3* # octave. 



i 



ut* ri« mi* f«* sol* la* si* ut* re* mi* fa* sol* la' si* 



T=* 




^F^ 



5 



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2r* octave. 



3* # octave. 



Uufi est celui qui se trouve au milieu du 
clavier du piano. C'est sur le /a 3 (not6 ci-dessus 
dans toutes les clefs, au moyen d'une <s>), donne 
par le hautbois, que se base l'accord des ins- 
truments de l'orchestre. La hauteur normale 
de ce ta 3 , autrefois tres variable, a ete fixee en 
18*58, par Tlnstitut de France, k 870 vibrations 
simples ou 435 vibrations doubles k la seconde 
(diapason normal, dit aussi « grave », par op- 
position a celui, notablement plus « aigu », qui 



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elait en usage immediatement auparavant). Le 
diapason normal est adopts petit k petit dans 
tons les pays, memo en Angieterre ou Ton a 
oppose le plus de resistance k son introduction. 
La conference internationale r6unie k Vienne, 
en Autriche (du 16 au 19 nov. 1885), pour la fi- 
xation d'un diapason unique, a decided d*en 
recommander r usage officiel k tons les gouver- 
nements qui y etaient represents. Les diapa- 
sons d'apres lesquels on accorde les pianos 

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LABARRE — LACHNER 



437 



donnent, en France et en Allemagne, le to 3 (on 
parfois le lefi) tandis qu'en Angleterre Us don- 
nent Tut 4 . — 2. En italien, l'article f&minin ; 
devant one voyelle l\ 

Labarre, Th&odore, c616bre harpiste virtuose, 
n6 A Paris le 5 mars 1805, m. le 9 mars 1870; 
61&ve de Bochea et Nadennann, puis, an Con- 
servatoire, de Dourlen, F6tis et BoiSldieu, se 
fit d'abord connaitre par des tourn£es de con- 
certs et v£cut alternativement A Paris (ou il 
fit reprisenter plusiears operas) et A Londres. 
De 1847 A 1849, il fat chef d'orchestre de l'OpSra- 
Gomique, A Paris, retourna ensuite A Lon- 
dres, mais fut nomm6, en 1851 d6jA, chef de la 
musique particuli&re de Napoleon III, A Paris, 
et succ6da, en 1867, A Premier, comme profes- 
seur de harpe au Conservatoire. A c6l6 de ses 
quatre operas et de cinq ballets, L. 6crivit 
sortout pour la harpe (soli; fantaisies; noc- 
turnes, duos avec piano, violon, cor, hautbois ; 
trios avec cor et basson, etc. ; Mithode complete 
pour la harpe), mais aussi toute une s6rie de 
romances qui furent tr£s apprectees. 

Labatt, Leonard, chanteur sc^nique remar- 
quabte (fort t6nor), n6 A Stockholm en 1838, 
m. A Stockholm le 7 mars 1897; 616ve de l'Aca- 
d£mie de musique de sa ville natale, puis de 
Masset, A Paris, d6buta en 1866, A Stockholm, 
dans le rdle de c Tamino » et fit ensuite partie 
du personnel de l'Op6ra de la Cour, A Vienne 
(1868-1882). 

Labialpfeif en (all.), tuyaux A bouche; Labial- 
stimmen, jeux A bouches. 

Labisation, designation ezceptionnelle du sys- 
tAme de « b6bisation », de Hitzler. Cf. bobisations. 

Labitiky, Joseph, n6 A Schonefeld, prAs 
Eger, le 4 juiL 1802, m. A Carlsbad le 19 aout 
1881 ; compositeur de danses tr£s connues, dans 
le genre Strauss-Lanner. II fut d'abord violo- 
niste dans l'orchestre des bains de Marienbad, 
puis de Carlsbad, mais fonda dans cette der- 
ntere viUe, en 1834, un orchestre avec lequel il 
enlreprit de grandes tourn£es de concerts (St- 
PStersbourg, Londres. etc.), et joua partout avec 
succ&s ses valses, quadrilles, etc. Son fils, Au- 
gust, n6 A Petschau le 22 oct 1832, 616ve du 
Conservatoire de Prague, puis de David et 
Hauptmann, A Leipzig, lui succeda, en 1853, A 
lat&te de l'orchestre de Carlsbad. 

Lablache,LuiGi, nA A Naples le4dec. 1794, m. 
le 23 janv. 1858, chanteur illustre (basse), d'ori- 
gine fran^aise (ctftA paternel), fut Sieve du 
Conservatoire « della PietA » et commenga sa 
carriAre comme basse-bouffe au thAAtre San 
Carlino, A Naples, puis A Messine. II devint 
ensuite basse de grand opAra et fut engage, 
avec un succAs toujours croissant, A Palerme, 
Milan, Venise, Vienne, puis atteignit Fapogee 
de sa gloire, lorsqu'en 1880 il arriva A Paris. 
L. se fit entendre dAs lors, et jusqu'en 1852, A 
Paris, Londres et St-PAtersbourg, puis il se 
retira dans son domaine de Maisons-LafiHe ; 
mais il mourut A Naples, dans la villa qu'il y 
possAdait et ou il s'Atait rendu pour jouir d'un 
climat plus doux. L. a consign^ ses experiences 
de chanteur dans une Mithode de chant. 



Labor, Josef, nA A Horowitz (BohAme) le 29 
juin 1842, devint aveugle dAs son enfance et 
comme il montrait des dispositions toutes spA- 
ciales pour la musique, fut envoys par sa mire 
(qui Atait veuve et s'imposa, dans ce but, de 
lourds sacrifices) au Conservatoire de Vienne 
ou il travailla sous la direction de Sechter et de 
Pirkhert. D se fit entendre pour la premiere 
fois en public, A Vienne, en 1863, et son jeu trAs 
expressif lui valut un succAs tel qu'il putimmA- 
diatement entreprendre une grande tournAe de 
concerts en Allemagne. Le roi Georges le relint 
A Hanovre, pendant pr&s de deux ans, comme 
pianiste de la Chambre et professeur de la 
jeune princesse. L. se fit entendre ensuite A 
Bruxelles et A Londres (1865), A Leipzig (1866), 
puis A Paris, St-PAtersbourg et Moscou. II vit 
depuis lors A Vienne. II acheva, aprAs 1870, ses 
Etudes d'orgue et jouit d'une trAs grande re- 
nommAe comme organiste virtuose. L. s'est en 
outre fait connaitre comme compositeur : quin- 
tette et quatuor avec piano, pieces pour piano, 
lieder, puis un Pater Nosier (choeur et orches- 
tre) et un Ave Maria (canon pour deux voix 
de femmes), que la Chapelle de la Cour a exA- 
culAs. 

Laborde, Jean-Benjamin de,uA le 5 sept. 1734, 
AlAve de Dauvergne et de Bameau, chambellan 
de Louis XV et plus tard fermier general, guil- 
lotine A Paris le 22 jail. 1794; auteur de plusieurs 
opAras-comiques, de chansons et d'ouvrages 
surla musique : Choix de chansons mises en 
musique (4 vol., 1773); Essai sur la musique 
qncienne et moderne (1780; 3 vol.): Mtmoire 
sur les proportions musicales y etc. (1781, sup- 
plement au precedent) et Memoires historiques 
sur Raoul de Coucy (1781). 

Lac&l, Luisa, pianiste, nAe A Madrid le 9 sept. 
1874, AlAve des Conservatoires de Madrid et de 
Barcelone ; auteur d'un Diccionario de la mii- 
sica (en publication). 

Lachner, 1. Franz, nA A Bain (Haute-BaviAre) 
le 2 avr. 1803, m. A Munich le 20 janv. 1890; 
compositeur renommA, particuliArement remar- 
quable dans Tart du contrepoint. II re$ut de 
son pAre, qui Atait organiste, les premiere lemons 
de musique (1810-1815), puisentra au Gymnase 
de Neuburg s. le Danube, ou il travailla aussi 
la musique (1815-1819), aupres du recteur Ei- 
senhofer. L. abandonna le projet qu'il avait 
formA de faire des Etudes scientifiques, et, 
comme il jouait du piano, de Porgue et du 
violoncelle, et qu'il s'Atait dAjA essayA comme 
compositeur dans difFArents domaines, il se 
rendit A Munich pour y enseigner la musique, 
tout en travaillant lui-m&me sous la direction 
du chef d'orchestre K. Ett (1820-1821). L'annee 
suivante, il accourait A Vienne, qui Atait depuis 
longtemps l'objet de ses voeux et ou il obtint le 
poste d'organiste de l'Sglise protestante (jus- 
qu'en 1834) ; il devint alors Tun des intimes de 
Franz Schubert, profila largement de ses rela- 
tions avec S. Sechter et avec l'abbe Stadler, et 
re<?ut m6me des encouragements de Beethoven. 
L. fut nommi en 1826 second, en 1828 premier 
chef d'orchestre du ThAAtre de « Kftrntnerthor » 



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438 



LACKOWITZ — LAGOMBE 



et conserva ce poste jusqu'au moment ou, en 
1834 , il accepta celui de chef d'orchestre a 
Mannheim. II 6tait en route pour cette ville 
lorsque, apr6s l'execution de sa symphonie 
en r6 mineur, on lui proposa a Munich la 
place de chef d'orchestre de la Gour ; il tenait 
cependant a remplir les obligations qu'il avait 
contractus vis-&-vis de Mannheim, et n'entra 
en fonctions a Munich qu'en 1836. D&s lors, 
L. dSploya une activity considerable et feconde 
en heureux rSsultats , comme chef d'orchestre 
de VOp6ra de la Cour, directeur des executions 
religieuses de la Chapelle de la Cour et des 
concerts de F« Academie musicale », a Munich; 
de plus, annee par ann6e,il enrichissait la litte- 
rature musicale d'oeuvres de valeur. L. condui- 
sit aussi les Festivals musicaux de Munich 
(1854, 1863), Aix-la-Chapelle (1861,1870), etc.; 
mais, en 1857 d6j&, le titre de < directeur general 
de musique » lui avait 6te contere, dans le but 
de le retenir k Munich d'une facon durable. Le 
culte de Wagner, qui grandissait de plus en 
plus dans cette ville, n*6tait rien moins que 
sympathique a L. et le degouta bientot de sa 
situation : il demanda sa retraite en 1865, mais 
elle ne lui fut accord&e d'abord que sous forme 
de conge, pour fttre acceptee trois ans plus tard 
seulement a titre definitif. L'Universite de Mu- 
nich lui confera encore, en 1872, le titre de D T 
phiL hon. c. U convient de noter par mi les 
compositions que L. publia, au nombre de cent 
quatre vingt-dix environ, en tout premier lieu : 
ses suites pour grand orchestre, op. 113, 115, 
122, 129, 135, 150 et 170 (suite de bal), specimens 
de Tart contrapontique le plus merveilleux; 
puis ses huit symphonies (dont la Symphonia 
appassionata, op. 52, fut couronnee, en 1835, 
par la « Soci6t6 des Amis de la musique », k 
Vienne) ; des operas : Die Burgschaft (Buda- 
pest, 1828), Alidia (Munich, 1839), Catharina 
Caronaro (ibid., 1841), Benvenuto Cellini (\b\d„ 
1849) ; des oratorios : Moses et Die vier Men- 
schenalter; Requiem, op. 146; Messe solennelle, 
op. 52; deux Stabat McUer, op. 154 et 168; une 
sirie d'autres Messes, puis des psaumes, des 
motets, etc. ; cinq quatuors pour instr. a archet ; 
plusieurs quatuors, quintettes, sextuors, avec 
piano; nonette pour instr. a vent; Sir&nade 
pour quatre violoncelles ; Elegie pour cinq 
violoncelles ; des trios ; des sonates de violon ; 
des sonates, fugues et pieces diverses pour or- 
gue; un tr6s grand nombre de lieder, Merits 
sous Texcellente impulsion de Schubert ; des 
choBurs avec et sans orchestre, etc. L. s'est r6- 
v616 sous son meilleur jour dans ses suites 
d'orchestre, qui occupent une place k part dans 
lalittSrature musicale, en tant que continuation 
moderne,en quelque sorte, du style orchestral de 
Bach et Haendel. Une souveraine domination 
de la technique contrapontique , alli£e a une 
r6elle noblesse d'in vention, leur assure a 1'avenir 
l'estime que les musiciens eux-m ernes ne leur 
accordent de nos jours que partiellement. — 
2. Ignaz, frere du precedent, ne a Rain le 11 sept. 
1807, m. k Hanovre le 25 fevr. 1895; eleve 
du Gymnase d'Augsbourg, entra dans la car- 



riere musicale comme violoniste de l'orchestre 
du theatre « Isarthor », a Munich. II alia ensuite 
a Vienne, ou son frere aine l'appelait comme 
violoniste, et y devint rep&iteur, puis, en 1825, 
second chef d'orchestre au Theatre de «Kamt- 
nerthor ». En 1831, L. fut nomm6 directeur de 
musique de la Gour, k Stuttgart, puis il succ&Ia, 
en 1836, a son fr&re cadet comme organiste de 
TEglise 6vang61ique de Vienne et devint suc- 
cessivement : second chef d'orchestre a Munich 
{k c6t£ de son fr6re ain6, 1842), premier chef 
au Th££tre de Hambourg (1853), chef d'orches- 
tre de la Gour, a Stockholm (1858) et finalement 
premier chef a Francfort s/M. (1861). II prit sa 
retraite en 1875. Ignace L. aussi est un excellent 
musicien et a public une quantity d'oeuvres de 
tous genres, parmi lesquelles plusieurs operas: 
Der Geisterthurm (Stuttgart, 1837), Die Regen- 
bruder (ibid., 1839), Lorelei/ (Munich, 1846). — 
3. Vingenz, ne a Rain le 19 juil. 1811, m. a Carls- 
ruhe le 22 janv. 1893, le troisieme ou qualrieme 
des fr^res (l'alne : Theodor, ne en 1798, m. le 
22 mai 1877, demi-fr£re des trois autres, fut or- 
ganiste, puis r6p6liteur de TOp^ra, k Munich), 
fr6quenta en m6me temps qu'Ignace le Gym- 
nase d'Augsbourg et fut ensuite quelque temps 
pr&cepteur k Fosen. II rejoignit plus tard ses 
frSres, k Vienne, succeda k Ffanz en 1834, dans 
les fonctions d'organiste de l'Eglise evangeli- 
que, et deux ans plus tard dans celles de chef 
d'orchestre de la Cour, a Mannheim. II ne quitta 
plus cette ville, a part deux courts scours a 
Londres (1842) et a Francfort (1848), jusqu'au 
moment ou, en 1873, il prit sa retraite, apr6s 
avoir deploy^ une ties grande activity, tant 
comme professeur que comme directeur. D v6- 
cut ensuite a Carlsrulie, ou il professa encore, k 
partir de 1884, au Conservatoire. Quelques-unes 
de ses ceuvres furent primees dans des con- 
cours (ouverture, quatuor avec piano, lied) ; ses 
ouvertures : Turandot, Demetrius, etc., et ses 
quatuors pour voix d'hommes jouissent d'une 
certaine faveur, en Allemagne. — Deux sceurs 
de cette m$me famille, Thekla et Christians, 
furent pendant plusieurs ann£es organistes, 
l'une a Augsbourg, l'autre k Rain meme. 

Lackowitz, Wilhelm, n6 a Trebbin, pres 
Berlin, le 13 janv. 1837 ; entra au Seminaire 
d'instituteurs de Berlin, tout en preiiant des 
lecons de musique de son pere (qui etait musi- 
cien de ville;, L. Erk, Th. Kullak (k 1' Academie 
Kullak) et Dehn. II fut d'abord, pendant quel- 
ques ann6es, mailre d'ecole, mais accepta, en 
1877, la redaction de la Deutsche Musihertei- 
tung (jusqu'en 1897). L. a public en outre : 
BeruUmte Mensdien (2« 6d. sous le titre de 
Musikalische Skiszenblcetter) , et, comme il 
s'occupe beaucoup de botanique, une « Flore 
de Berlin. (4« ed., 1880). 

Lacombe, 1. Louis Trouillon-L. (non pas 
« Brouillon »), compositeur, ne a Bourges le 26 
nov. 1818, m. a St-Vaast-la-Hougue le 30 sept. 
1884; devint, en 1829 deja, 616ve de Zimmer- 
mann, au Conservatoire de Paris, et obtint 
deux ans plus tard le premier prix de piano. 11 
quitta le Conservatoire en 1882, puis entreprit 



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LACOME 



l.*;ndlkr 



439 



avec sa soeur, F£ltcie L., et accompagne de 
see parents, un voyage artistique a travers la 
France, la Belgique et TAllemagne ; il arriva 
a Vienne en 1834 et s'y arreta pendant huit 
moi8, pour travailler encore le piano, sous la 
direction de Gzerny,et la thSorie sous celle de 
Sechter et de Seyfried, Rentre A Paris en 1839, 
L. se voua de plus en plus exclusivement a la 
composition. II publia d'abord, en fait d'oeuvres 
importantes, un quintette pour piano, violon, 
hautbois, violoncelle et basson (op. 26), un trio 
(ri mineur) et des pieces pour piano seul; puis 
Tinrent des symphonies dramatiques (avec soli 
et chceurs) : Manfred (1847) et Arva> ou les 
Horujrois (1850), un second trio (la min.), une 
grande etude d'octaves pour piano (tr^s con- 
nue), diverses pieces de piano, une quantity de 
melodies, des chceurs a cappella et avec orgue 
(Agnus et Kyrie, pour trois voix egales), une 
Epopie Iyrique de dimensions gigantesques, 
un opera - comique en un acte : La Madone 
(Theatre-Lyrique, 1860), un grand opera en qua- 
Ire actes : Winkelried (Geneve, 18&2), un autre 
opera-comique en deux actes : Le Tonnelier 
(non encore repȣsent6), la musique de L'A- 
mour t de Niboyet, etc. Mais l'ouvrage le plus 
connu de L. est une sorte de melodrame avec 
choeurs, Sapko, couronne a 1'Exposition univer- 
sale de 1878 et execute, A plusieurs reprises, 
aux concerts du Ch&telet et du Conservatoire. 
L. atteint parfois une certaine grandeur (Win- 
kelried) ou se risque dans d'audacieuses re- 
cherches de caracteristique (Manfred), mais 
son talent est plutdt Iyrique et gracieux. Sa 
seconde femme (1869), Andr6e, n6e Favel, 
etait fort bonne cantatrice et a public une M6- 
thode de chant. Cf. Gallet, Conference sur L. 
el son ceuvre (1891). — 2. Paul, compositeur, 
ne A Carcassonne le 11 juil. 1837, travailla la 
musique dans sa ville natale, sous la direction 
d'nn ancien Sieve du Conservatoire de Paris, 
nomm£ Tesseyres. II a r^ussi a se faire un 
nom comme compositeur de musique instru- 
mental, surtout : deux sonates de violon, trio, 
pieces pour piano, ouverture symphonicrue, 
trois symphonies (la premiere en si be'mol 
maj., et la troisi^me en la maj., ont ete couron- 
ii6es), divertissement pour piano et orchestre 
< egalement couronne ) , Serenade , Scene au 
camp et Suite pastorale pour orchestre, Siri- 
node pour flute, hautbois et orchestre d'archets, 
suite pour piano et orchestre, etc. ; mais il a 
aussi 6crit une Messe, un Requiem, des melo- 
dies. L. a publie en tout plus de soixante oeuvres, 
une foule d'autres sont encore manuscriles ; il 
re^ut, en 1889, le prix Chartier (pour la musique 
de chambre). 

Lacome (d'Estalenx), Paul-Jean-Jacques, 
compositeur, 116 a Houga (Gers) le 4 mars 1838, 
fit ses Etudes musicales dans son pays natal, et 
vint a Paris lorsqu'une operette de sa composi- 
tion, fut prim&e dans un concours ouvert par la 
direction des Bouffes -Parisiens. L'execution, 
sur laquelie il avait compte n'eut pas lieu, par 
suite d'un changement de direction, mais L. 
n f en resta pas moins A Paris, ou il vit, depuis 



lors, comme compositeur et critique musical. H 
a fait repr6senter toute une serie d'operettes et 
de sayn&es et s'est fait connaitre, en outre, par 
des compositions pourinstr. A vent,un trio avec 
piano, des valses et autres pieces pour piano, 
des melodies, enfin des psaumes pour une ou 
plusieurs voix, avec orgue ou piano. 

Lacrimosa, premier mot de la huiti&me stro- 
phe dans la sequence de la Messe des morts (v. 
requiem), d'ou le nom d'un morceau special 
(generalement doux et plaintif ) dans les requiem 
de grandes dimensions. 

Ladegast, Friedrigh, ne a Hermsdorf, pr^s 
Geringswalde , le 30 aout 1818, illustre fac- 
teur d'orgues, fils d'nn menuisier, fit son ap- 
prentissage chez son fr^re aine, Christlteb (ne 
le 3 dec. 1813), qui avait alors, A Geringswalde, 
des ateliers pour la construction des orgues. II 
travailla ensuite dans divers ateliers, puis s'eta- 
blit a son compte, en 1846, a Weissenfels. La 
reconstruction du grand orgue du ddme de 
Mersebourg (1855) fut un de ses premiers tra- 
vaux importants et contribua pour beaucoup a 
sa renommee; L, a construit avec son fils Oscar, 
ne le 26 sept. 1856, plus de cent cinquante 
orgues, entre autres celui de Teglise St-Nico- 
las, A Leipzig, (construit de 1859 A 1862, quatre 
claviers et 85 jeux). 

Ladurner, Ignaz - Anton - Franz-Xaver, ne a 
Aldein (Tyrol) le 1" aoiit 1766, m. a Nancy le 4 
mars 1839; fils d'un organiste, fut eiev6 au 
convent de Benedtktbeurn. succeda a son pere 
comme organiste, mais ceda au bout de peu de 
temps sa place a un frere cadet, et partit pour 
Munich. II continua alors ses etudes musicales 
et fit la connaissance d'une comtesse Hainhau- 
sen, avec laquelie il se retira dans un domaine 
pres de Bar-le-Duc. En 1788, L. arriva & Paris et 
conquit dans celte ville une tres haute situation, 
tant comme pianiste que comme pedagogue 
(Auber fut son eieve). II se retira deiinilivement 
en 1836, dans une villa, a Massy, L. a publie 
douze sonates pour piano a deux mains et une 
a quatre mains, neuf sonates de violon, des 
divertissements, des variations, etc.; il fit, de 
plus, representor deux ouvrages, a l'Opera- 
Comique. 

Laendler (all.), ancienne denomination de la 
valse lente, telle quelle etait en usage, a l'ori- 
gine,dans le Pays au-dessus de l'Ens (Autriche), 
appele aussi « Landel ». Elle etait d'une allure 
lente, a pas egaux (a 3 / 4 ) : % 

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g. d. g. d. g. d. 

Le 1. est devenu aujourd'hui une danse carac- 
teristique, c-a-d. Tun des nombreux types ca- 
racteristiques (au point de vue du rythme, de la 
meiodie et du mouvement) de musique instru- 
mentale; v. lesl.de Beethoven, Schubert, Heller, 
Jensen, etc. La meiodie du 1. se meut surtout en 
croches egales et continues (cf. par ex. la valse 
du « Freischtitz », de Weber). La tyrolienne (v. 
ce mot) n'est pas autre chose qu'une imitation 
frangaise du 1. 

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440 



LAFAGE — LAJARTB 



Lafage, Juste-Adrien-Lenoir de, musicogra- 
phe de m6rite, n6 A Pans le 28 mars 1801, ni. A 
l'asile d'ali6n6s de Charenton, pr6s Paris, le 8 
mars 1862; 61£ve de Perne et de Choron, se voua 
d'abord A l'enseignement du chant, puis, aprds 
avoir obtenu nne allocation du gouvernement, 
Se rendit en Italie (1828 A 1829) et y Stadia, sous 
la direction de Bai'ni, le style f ugu6 des maitres 
anciens. II fut nommi, A son retour, maltre de 
chapelle de l^glise St-Etiennedu Mont, A Paris, 
mais fit un nouveau voyage en Italie, en 1838, 
et dSbuta dans la carri&re de musicographe 
par Tachdveinent et la publication du Manuel 
compiet de musique vocale et instrumental^ 
(1836-1888 ; 6 vol. en trois parties) que son mal- 
tre, Choron (m. en 1834), avait laiss£ A l'6tat 
d'esquisse. L. fit encore d'autres voyages de 
recherches en Italie, en Allemagne,en Espagne, 
en Angleterre, mais il se livra A un travail si 
excessif qu'il en perdit la raison. Ses principaux 
ouvrages sont : S6m6iologie musicals ( 1837; 
traits £lementaire de musique, d'apr£s les prin- 
cipes de Choron ; paru la m&me ann£e, abr£g£, 
sous le litre : Principes Alementaires de musi- 
que) ; De la chanson consideree sous le rapport 
musical (1840) ; Bistoireg&n&rale de la musique 
et de la danse (1844, 2 voL) ; Miscellanies mu- 
sicales (1844, notices bfographiques sur Haydn, 
Tritto, Bellini, etc.); des notices biographiques 
sur Stanislao Mattei (1839), Zingarelli (s.daie), 
Choron (1844), Bocquillon-Wilhem (1844), Ba!ni 
(1844), Donizetti, etc. ; des rapports d£taiI16s sur 
les orgues, construites par Cavailte-Coll, pour 
St-Denis (1845) et St-Eustache (1845); Quinze 
visiles musicales d C Exposition universelle de 
1855; Extrait du catalogue critique et raison- 
n6 d'une petite bibloih&que musicale; De Vuniti 
tonique st de la fixation, (fun diapason uni- 
versel (1859) ; Nicolai Capuani presbyteri com- 
pendium musicale; Essais de diphlerographxe 
musicale (1862); puis il convientde mentionner 
aussi : De la reproduction des livres de plain- 
chant romain (1853) ; Lettre icrite a V occasion 
dun mtmoire pour seroir a la restauration 
du chant romain en France, par VdbH Celeste 
Alix (1853); (Jours compiet de plain -chant 
(1855 A 1856, 2 vol.); Nouveau tratti de plain- 
chant (1859); Prise a par lie de M. Vabbi Tesson 
dans la question des nouveaux livres de plain- 
chant romain ; Routine pour accompagner le 
plain-chant. En 1J59, L. fonda encore un p6rio- 
dique : Le plain-chant. Ses manuscrits pass£- 
rent, apr&s sa mort,aux mains de Coussemaker. 
Quant aux compositions de L., elles sont pour 
la plupart (si on fait exception de quelques 
thdmes varies, fantaisies, duos pour Utile et 
piano, romances) destinies A l'£glise et portent 
des titres imites du xvi« s. : Adriani de L 
motelorum liber I (1832-1835; liber II, 1837); 
Psalmi vespertini quatemis vocibus cum or- 
gano (1837), etc. Entin, L.a public un Ordinaire 
de Coffice divin arrange en harmonie sur le 
plain-chant (1832-1835). 

Lafiert, Oskar, n£ A Breslau le 25 janv. 1850 
m. A Dresde le 17 mai 1889; fut d'abord facteur 
de pianos el marchand de musique, ACarlsruhe, 



puis, A partir de 1884, directeur de la fabrique 
de pianos « Apollo », A Dresde. L. a d£ploye 
aussi une certaine activity comme 6crivain mu- 
sical. 

Lafont, Charles-Philippe, violoniste distin- 
gue, n6 A Paris en d£c. 1781, m. le 14 aotit 1839; 
neveu et £16ve de Berthaume, puis 61&ve de 
Kreutzer, de Rode et, J>our l'harmonie, de 
Berton, entreprit d6j& dans son enfance des 
tourn£es de concerts et mena la vie errante de 
virtuose jusqu'au jour ou il fut appel£ A St- 
P&ersbourg, comme virtuose de la Chambre 
imp6riale, A la place de Rode qui ren trait eu 
France. En 1815, Louis XVIII lui octroya le 
m&me poste A Paris, mais L. ne tarda pas A se 
remettre en route, et ce fut au cours d'une de 
ses nombreuses tommies de concerts qu'il 
mourut, d'un accident de diligence, entre Ba- 
gneres-de-Bigorre et Tarbes. L, a 6crit sept 
concertos de violon, un grand nombre de fan- 
taisies, rondos, variations, etc, avec accompa- 
gnement d'orchestre ou encore de quatuor 
d'instr. A archet, de piano, de harpe, etc., puis 
environ deux cents romances et deux petits 
operas (donnas A St-P&ersbourg et A Paris). 

Lage (all.), position (v. ce mot). 

Lagrimoso (ital.), larmoyant, d'un ton plain- 
tif. 

La Harpe, Jean-Francois de, ni A Paris le 
20 nov. 1789, m. dans la mfcme ville le 11 fevr. 
1803 ; po£te et critique, Tun des antagonistes de 
Gluck dont il a frequemment altaquS la musi- 
que, dans le Journal de politique et de Utt&ra- 
ture (1777). 

Lahee, Henry, n£ A Chelsea en avr. 1826, 
fut organiste A Brompton, de 1847 A 1874, et 
compte parmi les compositeurs anglais les 
plus distingues de musique vocale : glees, 
madrigaux, cantates (The sleeping beauty). 

Lahire, Philippe de, professeur de malhtana- 
tiques A l'Universite de Paris, ne A Paris en 
1640, m. dans la m&ne ville le 21 avr. 1719; a 
6crit, entre autres : Explication des differences 
de sons de la corde tendue sur la trompette 
marine et Experiences sur le son (dans les 
annales de l'Acad£mie des Sciences). 

Lais (angl. Lays ; all. Lexche) f nom que Ton 
donnait au moyen Age A des airs ou des chan- 
sons d'allure populaire, analogues aux sequen- 
ces. Cf. A ce sujetr&ude de Ferd. Wolff: Ueber 
die L, 9 Sequensen und Leiche (Heidelberg, 
1841). 

Lajarte, Theodore -Edouabd Dufaurb db, 
n6 A Bordeaux le 10 juil. 1826, m. A Paris le 
20 juin 1890; 616ve de Leborne, au Conserva- 
toire de Paris, donna plusieurs petits operas et 
op£rettes au Th&Atre Lyrique et ailleurs, com- 
,posa des marches et des danses pour musique 
militaire et quelques choeurs avec accompagne- 
ment de musique militaire, mais m£rite avant 
tout d'etre mentionne ici comme musicographe. 
En plus de ses contributions A diverses revues 
musicales et de ses feuilletons et chroniques 
musicales dans plusieurs quolidiens, L.a 6crit: 
BiblioUxeque musicale du TM&tre de VOptora 
(1876 et suiv.; 2 vol), ouvrage de haute impor- 



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LAJEUNESSE — LAMBERT 



441 



lance, contenant le catalogue complet des ou- 
trages representee k l'Op^ra de Paris, avec des 
annotations de tous genres d'apres les archives 
de l'Opera, dont L. fut biblioth£caire k partir 
de 1873; puis Instruments Sax et fanfares ci- 
viles (1867), Traite de composition musicale 
(1880, en collaboration avec Bisson). De plus, 
il a public une anthologie : Airs & danser, de 
Lully a Mehul, et une s6rie de reductions pour 
piano et chants d'anciens operas et ballets fran- 
Cais (62 ouvragee en neuf series: Lully [« The- 
see», t Psyche*, «Armide», «Alceste»], Ra- 
meau, Campra, Piccini, etc.), sous le titre col- 
lectif: Qiefs-ticeuvre classiques de Vop&ra 
frangais. 

Lajeunesse, Emma, v. Albani. 

Lalande, 1. Michel-Richard (de), ne k Paris 
le 15 dec. 1657, tils d'un tailleur, devint inten- 
dant de la musique de la Cour de Louis XV et 
mourut le 18 juin 1726. L. est Tauteur de 
soixante morceaux de musique d'eglise, pour 
choBurs el orchestre, qui f urent publics en vingt 
fascicules, avec grand luxe, aux frais du roi; 
c'est k ces ceuyres que L. dut sa grande cei6bri- 
te, mais il a aussi 6crit la musique de Melicerte, 
de Moliere, et plusieurs ballets, parmi lesquels 
Les Elements (en collaboration avec Destou- 
ches; pubie dans les « Chefs-d'oeuvre classiques 
de Topera frangais », VI, 2). — 2. Henwette- 
Cl&mentine Mftaic-L., nee k Dunkerque en 
1798, m. k Paris le 7 sept 1867; cantatrice illus- 
tre, debuta en 1814 k Nantes, et en 1822, k Pa- 
ris, travailla encore sous la direction de Gar- 
cia, puis, k Milan, sous celle de Bonfichi et de 
Banderali, et epousa le corniste virtuose Meric. 
Elle remporta alors de grands succes en Italie, 
k Vienne et k Paris, mais ne parvint pas k ga- 
gner les faveurs du public de Londres. L. se 
retira de la scene vers 1835, en Espagne. 

Lalo, Edouard-Victor-Aktoime, ne k Lille le 
28 jany. 1823, m. a Paris le 22 avril 1892 ; regut 
une instruction generate excellente, tout en tra- 
vaillant, au Conservatoire de Lille (Baumann), 
le violon et Tharmonie. II entra ensuite dans la 
classe de Habeneck, au Conservatoire de Pa- 
ris, et etudia la composition aupres du pianiste 
Schulhoff et d'un prix de Rome de 1847, nom- 
me Crevecu&ur, puis gagna sa vie en tenant, 
des leur fondation en 1855, la partie d'alto dans 
les seances de musique de chambre d'Armin- 
gaud-Jacquard. Mais L., qui avait dej& publie 
deux melodies en 1848(dans le goiUde repoque), 
ne tarda pas k se faire connaitre par diverses 
oeuvres de musique de chambre dej& remarqua- 
bles, jnais anxquelles ne fut reserve qu'un ac- 
cueilassezfroid,et quelques melodies nouvelles. 
L. epousa, en 1865, une de ses eieves, M»« Ber- 
nier de Maligny, qui, douee d'une fort belle 
yoix de contralto, cbanta frequemment plus 
tard les oeuvres de son mari. Deux ans plus 
tard, il envoyait au concours ouvert par le 
TheAtre-Lyrique, un ouvrage en trois actes: 
Fiesuue (livret de Ch. Beauquier), qui, bien 
qu'accepte par la direction de TOpera et par 
celle de la Monnaie, k Bruxelles, n'a pas £te 
represents jusqu'A present ; Tauteur dut se re- 



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soudre k publier son ceuvre, pour la faire con- 
naitre, et se contenter de Tex6cution de frag- 
ments, au concert. 11 surmonta le decourage- 
ment que lui avait cause, au premier abord, ce 
mecompte, et cr6a toute une s6rie d'ceuvres de 
plus en plus interessantes et personnelles : un 
second opera, Le roi <TYs (le chef-d'oeuvre de 
L., joue pour la premiere fois k rOp6ra-Comi- 
que, le 7 mai 1888, mais dont Touverture et di- 
vers fragments avaient ete d6ja executes aupa- 
vant [1876 et suiv.]) ; un ballet, Namouna 
(Opera, 6 mars 1882), dont on a extrait plus 
tard trois suites d'orchestre fort captivantes; 
une pantomime, N6ron (1891, inedite); un troi- 
sieme opera, La Jacquerie (laisse inacheve par 
L., fut termine par A. Coquard et donne k 
Monte-Carlo, le 8 mars 1895); de la musique 
symphonique: Divertissement, Allegro sym- 
phonique, Rapsodie norvfyienne (ecrite primi- 
tivement pour violon et orchestre, sous le titre: 
Fantaisie norvegienne) et Symphonie en sol 
mineur, pour orchestre ; trois concertos de vio- 
lon (I«% op. 20, dedie k Sarasate; II*, op. 21, 
Symphonie espagnole: IQ«, Concerto i*usse)\ 
une Romance-serinade pour violon et orches- 
tre; un concerto de violoncelle ; un concerto de 
piano, en ut min. ; de la musique de chambre: 
un quatuor pour instr. k archet (para en deux 
versions : op. 19 [1859] et op. 45 [1888]); trois 
trios avec piano; une sonate pour piano et vio- 
lon; une autre pour piano et violoncelle; plu- 
sieurs morceaux caracteristiques pour piano 
et violon, piano et violoncelle et pour trio; 
enfin, de la musique vocale : une trentaine de 
melodies (pubises par Hamelle, Hartmann, 
Schott, etc.), et trois choeurs religieux, avec 
orgue ou piano. Cf. les notices sur L., dans : 
Hugues Imbert, Nouveaux profits de musiciens 
(1892) ; Georges Servieres, La musique fran- 
gaise moderne (1897). 

La Mara, v. Lipsius. 

Lambert, 1. Michel, ne k Vivonne {Poitou), 
en 1610, ceiebre professeur de chant, k Paris, 
beau-pere de Lully, fut nomme en 1650 maitre 
de musique de la chambre de Louis XIV, et 
mourut a Paris, en 1696 ; a publie un recueil 
d'Airs et bnmettes (1666; 2* 6d. 1689). Un autre 
recueil : Airs et dialogues (de une k cinq voix, . 
1698), parut apres sa mort et Ton trouve des 
oeuvres detachees, surcharges toujours d'or- 
nements tres divers, dans plusieurs antholo- 
gies publiees k Paris, ainsi qu'en manuscrits. 
— 2. Jean-Henri, ne k Mulhouse (Alsace) le 29 
aotit 1728, m. k Berlin, oil il etait devenu con- 
seiller superieur k la direction des travaux pu- 
blics et membre de l'Academie, le 25 sept. 1777; 
a publie dans les comptes rendus des sean- 
ces de l'Academie, des etudes prepenses sur 
l'acoustique : Sur quelques instruments acous- 
tiques (1763; ed. all. par Huth, 1796); Sur la 
vitesse du son (1768); liemarques sur le tem- 
perament en musique (1774; 6d. all. par Mar- 
purg, dans les « Historisch-kritische Beitrage, 
vol. V); Observations sur les sons de flutes 
(1775). — 3. Lucjen, pianiste et compositeur, 
ne a Paris en 1859; son pere, qui etait egale- 

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442 



LAMBILLOTTE 



IAMPERTI 



ment pianiste et compositeur, lui donna les 
premieres lecons de musique, et, tout jeune 
encore, II put entreprendre une tournee de con- 
certs en AmSrique et dans une partie de FEu- 
rope. II travailla ensuite la composition avec 
J. Massenet et Th. Dubois, et donna euccessi- 
vement: Prom6tMe enchalM (scene lyrique, 
prix de l'lnstitut), Sire Otaf (musique de scene 
pour un drame d'A. Alexandre, 1889), Broce- 
lyande (opera en quatre actes, Rouen, 1893; 
1'ouverture a fait le tour des salles de concerts), 
Le Spahi (drame lyrique, d'apres P. Loti; Paris, 
1897), puis Andante et Fantaisie tzigane pour 
piano et orchestra, Legends roumaine pour or- 
chestre, et diverses melodies pour chant et 
piano. 

Lambillotte, Louis, ne a Gharleroi (Hainaut) 
le 27 mars 1797, m. a Vaugirard, pr&s Paris, le 
27 fevr. 1855; compositeur de musique d'eglise 
et musicographe de renom, fut d'abord orga- 
niste a Charleroi, puis a Dinant, et devinl en 
1822, mattre de chapelle de l'lnstitution des 
jesuitee, a St-Acheul. II se mit alors, avec une 
reelle passion, a l'6tude des langues mortes, et 
apres etre entre lui-mGme. en 1825, dans l'or- 
dre des jesuites, vecut dans les divers couvents 
de Tordre, en dernier lieu a Vaugirard. Ses 
ceuvres musicales comprennent : quatre gran- 
des Messes, dont une dans le 5* ton d'eglise 
(lydien), des motets, des hymnes a la Vierge, 
des cantiques a deux voix; en outre, il publia 
une anthologie de musique d'orgue, fugues, 
etc. : le Muste des organistes (1842-1844 ; 2 vol.). 
Quant a ses ecrits, de beaucoup plus impor- 
tants, ce sont : Antiphonaire de Saint Grfyjoire 
(1851, facsimile de Tantiphonaire de St-Gall, 
cod. 390, note en neumes, avec des notes his- 
toriques et critiques tr6s developpees); Qiiel- 
ques mots sur la restauration du chant lilur- 
gique (1885, posthume) ; EsthUique, theorie et 
pratique du chant grdgorien, reslaure d apres 
les doctrines des anciens et les sources primi- 
tives (1855, posthume). L'editeur des deux der- 
niers ouvrages, le P. Dufour, a public aussi le 
Graduate et le Vesperale, d'apr^s les rSformes 
de L., en notation chorale, avec transcription 
en notation moderne (1856). Cf. Pothier. 

Lamentabile, lamentoso (ital.), plaintif, tris- 
te, douloureux. 

Lamento (ital.), plainte. 

Lamoureuz, Charles, violoniste et chef d'or- 
chestre de m6rite, ne a Bordeaux le 28 sept. 
1834 ; fit ses premieres Etudes musicales dans 
sa ville natale, ou il entra, a Tage de douze ans 
d6j&, dans l'orchestre du Grand-Theatre. Admis 
en 1850 au Conservatoire de Paris, dans la 
classe de Girard (violon), et dans celle de Le- 
borne (contrepoint et fugue), il obtint quatre 
ans plus tard son premier prix de violon et ne 
tarda pas a faire partie de l'orchestre du Gym- 
nase, puis de TOpSra, tout en continuant du 
reste a travailler la composition, sous la direc- 
tion de Chauvet. H crea ensuite une association 
de musique de chambre (avec Colonne, Adam 
et Rignault), puis fonda en 1873, la « Societe de 
l'Harmonie sacr£e » (premieres executions, a 



Paris, des grandes ceuvres de Bach et Haendel) 
et fut aussildt consider comme Tun des chefs 
d'orchestre les plus remarquables de Paris. 
En 1875, L. fut appeie a diriger les concerts du 
jubiie Boieldieu, a Rouen ; l'ann^e suivante, il 
remplaca Deldevez, qui avait demande un con- 
ge, puis en 1878, lui succeda comme premier 
chef d'orchestre de TOpera. II n*y resta pas 
longtemps, mais remplit une seconde fois, plus 
tard, ces mfcmes fonctions (sous la direction 
Ritt et Gailhard); il avait 6te, auparavant, pre- 
mier chef a TOpera-Comique et, de 1872 a 1878, 
second chef de la Societe des Concerts. Enfin, 
en 1881, L. cr6a les «Nouveaux Concerts* 
(Concerts L.) qui etablirent definitivement sa 
reputation, et devinrent, en m&me temps que le 
centre du wagn^risme en France, Tune des 
institutions musicales les plus importantes de 
Paris. En 1897, its fusionnerent avec rinstitu- 
tion des € Concerts de FOp6ra ». Ce fut encore 
L. qui organisa et dirigea la memorable repre- 
sentation de Lohengrin, a TEden-Theatre, le 
3 mai 1887. 

Lampadarius, 1. Johannes, compositeur ec- 
clesiastique et theoricien musical byzantin, au 
xrv« s , fut chantre de la chapelle de l'eglise 
Ste-Sophie, a Constantinople. L'ouvrage qu'il 
a ecrit sur la musique d'eglise grecque, est 
intitule : Tg%voXeyia r»f wvrtms rs%wrs (Bibl. 
de Vienne). — 2. Petrus, ne a Tripolilza, dans 
Tile de Mor^e (d'oii son surnom de « P61opon&- 
sien»), vers 1730, ecrivit egalement de la mu- 
sique pour reglise d'Orient ; son frere, Grego- 
rius L., reforma, de concert avec Chrysanthe 
de Madyte (v. ce nom) la notation liturgique 
n£o-grecque et publia, a Paris, une edition des 
Triodies (chant de car6me) d'apres Pierre L., 
en nouvelle notation (1821). 

Lampadius, Wilhelm-Adolf, eccl&siastique 
protestant, n6 en 1812, mort a Leipzig le 7 ayr. 
1892, auteur de la biographie bien connue de 
Mendelssohn (v. ce nom). 

Lamperen, Michel van, ne a Bruxelles le 
26 dec. 1826, nomme en 1859 bibliothecaire du 
Conservatoire de Bruxelles, publie, depuis 1870, 
un catalogue complet de la Bibl. du Conserva- 
toire. II a fait paraitre, en outre, quelques ceu- 
vres de musique religieuse. 

Lamport, Ernst, ne k Gotha le 3 juil. 1818, 
m. dans la m&me ville ou il etait devenu chef 
d'orchestre de la Cour, le 17 juin 1879; eieve de 
Hummel & Weimar, de Spohr et de Hauptmann 
a Cassel, a publie un grand nombre d'oeuvres 
instrumentales et vocales et fait representer 
plusieurs operas, a Gotha et a Cobourg. 

Lamperti, Francesco, ne a Savonele 11 mars 
1813, m. a C6me le !•' mai 1892 ; illuBtre pro- 
fesseur de chant, eieve du Conservatoire de 
Milan, crea sa reputation comme directeur 
(avec Masini) du « Teatro filodrammatico », a 
Lodi, puis fut nomme, en 1850, professeur de 
chant au Conservatoire de Milan, ou il reinpor- 
ta de grands succes pedagogiques. II se retira 
cependant en 1875, et ne donna plus des lors 
que des lecons particulieres. Notons parmi ses 
nombreux eleves, devenus ceiebres : M m6t Gru- 



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LAMPUGNANI — LANGER 



443 



velli, Artdt, La Grange, Albani. L. a public, 
chez Ricordi, k Milan, une m&hode de chant 
el plusieurs recueils d'6tudes, d'exercices de 
trille, etc. — Ne pas confondre avec lui M.-G.- 
B. Lamperti qui a public aussi des ouvrages 
didactiques pour le chant. 

Lampugnani, Giovanni-Battista, composi- 
teur sc^nique i tali en, n6 k Milan en 1706, m. 
vers 1772 ; a 6crit pour Milan, Londres (1744- 
1755), etc.-un grand nombre d'operas, apparte- 
nant pour la plupart au genre serieux, dans le 
style de Hasse et pourvus de r^citatifs particu- 
lierement expressifs. 

Landgraf, J.-F. Bernhardt, clarinettiste dis- 
tingue, n6 k Dielsdorf (Weimar) le 25 juin 1816, 
to. k Leipzig le 25 janv.. 1885; fut, k partir de 
1840, premier clarinettiste de l'orchestre du Ge- 
Avandhaus. 

Landi, Steffano, chantre (castrat) de la Cha- 
pelle pontificale, vers 1680, avait Me aiipara- 
vant maltre de chapelle k Padoue. L. fut un 
compositeur consciencieux de musique d'eglise 
et publia : des madrigaux k quatre voix (1619), 
des madrigaux a cinq voix (1625), Poesie diver- 
se in musica (1628), Missa in benedictions 
nuptiarum (1628), huit livres d'airs d'une k 
deux voix (1627-1699), psaumes k quatre voix 
(1629), un drame musical: SanCAlessio (1684), 
one pastorale: La morte dQrfeo (1689), et un 
livre de Messes de quatre a cinq voix (a cap- 
pella). 

Landino, Francesco, connu sous le nom de 
• Francesco Cieco » (I'aveugle), ou de « Fran- 
cesco degli Organi >, organiste et compositeur 
des plus illustres, ne a Florence vers 1825, m. 
dans la meme ville en 1390. On n'a consent de 
lui que quelques < canzone » a deux et k trois 
voix, que Fetis a retrouvees k la Bibl. nationa- 
ls a Paris, et dont Tune a ete communique 
par lui, dans sa « Revue musicale » (1827). A.-G. 
Bitter a donne dans sa « Geschichte des Orgel- 
spiels » (1884, p. 8) une appreciation fort juste 
des merites de L. 

Landolfi (Landulphus), Carlo-Ferdinando, 
luthier renommS, etabli a Milan aux environs 
de 1750 k 1760. Ses violons et, plus encore, ses 
violoncelles, sont tres estimes. L. a imit£ avec 
beaucoup d'adresse les instruments de Joseph 
Guarneri. 

Lang, 1. (L.-Kostlin), Josephine, auteur de 
lieder remarquables, nee a Munich le 14 mars 
1815, m. k Tubingue le 2 dec. 1880; fille du 
musicien de la Gour, Theobald L., et de la ce- 
16bre cantatrice Regina Higelberger-L. (pour 
laquelle P. Winter ecrivit le role de Myrrha, 
dans « Das unterbrochene Opferfest »), fut eleve 
de sa mere puis de M m « Berlingh of- Wagner et, 
pour la theorie, de Mendelssohn (1831) qui 
l'estimait beaucoup. Apres avoir enseigne le 
chant et le piano, et chants clie-meme dans la 
Chapelle de la Gour, a Munich, elle epousa, en 
1842, Chr.-Reinhold Kostlin (connu comme 
poete, sous le nom de K. Reinhold), qui etait 
professeur de droit a TUniversitS de Tubingue. 
Mais celui-ci mourut en 1856 deja, et L. dut re- 
commencer k enseigner la musique. Un grand 



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nombre de lieder et de pieces pour piano, de 
sa composition, ont et£ edites ; beaucoup d'au. 
tres sont rested manuscrits. Son fils, H.-A 
Kostlin, a ecrit sa biographie (dans « Samm 
lung musikalischer Vortrftge », 1881). — 2. Ben- 
jahin-J., n6 a Salem (Massachussets) le 28 dec 
1889; pianiste de talent, fit ses etudes en Alle 
magne, puis se rendit k Boston, ou il contribua 
beaucoup k Tam^lioration du gout musical. II 
est, depuis vingt-cinq ans, organiste de c Han- 
del and Haydn Society », en meme temps que 
directeur de « Cecilia Society » (chceur mixte), et 
de « Apollo Club » (chceur d'hommes). 

Langbecker, Emmanuel-Christian-Gottlieb, 
n6 k Berlin le 81 aout 1792, m. dans la meme 
ville, ou il remplissait les fonctions de secre- 
taire du prince Waldemar de Prusse, le 24 oct. 
1848; fit des recherches consciencieuses sur 
l'origine et le developpement du choral protes- 
tant, et ecrivit : Das deutsch-evangeliscfie Kir- 
chmlied (1830) ; Johann Criigers... Choralme- 
lodien (1835); Gesangbl&tter au$ dem XVI 
JaJirhundert (1838); Paul Gerhardts Leben 
und Lieder (1841). 

Langdon, Richard, m. k Armagh en sept. 
1803, bachelier es musique (Oxford, 1761), orga- 
niste a Exeter, a Bristol et finalement a Ar- 
magh, a public une anthologie, Divine harmo- 
ny (1774, 2 vol; psaumes et anthems), puis 
douze glees, deux recueils de melodies (songs), 
et quelques chansons de sa composition. 

Langer, 1. Otto, n6 a Graudenz en 1815, m. le 
13 f£v. 1879; se voua a la carriere pedagogi- 
que, mais fut en meme temps chroniqueur mu- 
sical de la « Vossische Zeitung », r£dacteur 
(1846-1858) de la « Neue Berliner Musikzeitung* 
et maitre de chant dans plusieurs ecoles berli- 
noises. II mourut k Cassel, ou il s'etait retire^ 
avec le titre de « professeur 6me>ite». L. a pu- 
blic plusieurs ouvrages de p£dagogie musicale, 
parmi lesquels : Die Musik als Unlerrichts- 
gegenstand in Sckulen (1841). — 2. Samuel de, 
organiste et compositeur, ne k Rotterdam le 
22 fevr. 1840; recut les premieres lecons de mu- 
sique de son pere (n& k Rotterdam le 9 juin 
1811, organiste de l'eglisc St-Laurens, et pro- 
fesseur a l'ecole de musique de cette ville, m. le 
15 mai 1884) et completa ensuite son education, 
sous la direction d*A. Winterberger (Vienne), 
Damcke et Mikuli (Lemberg). L. est un orga- 
niste virtuose de tout premier rang ; il donna, 
en 1858 et 1859, une.serie de concerts en Gali- 
cie, sejourna quatre ans k Lemberg-, puis de- 
vint, en 1863, organiste et professeur k l'ecole 
de musique de la « Maatschappij tot bevorde- 
ring van ToonkunsW, k Rotterdam. II se ren- 
dit de ]k assez frequemment en Suisse, puis k 
Leipzig, k Vienne, a Paris, etc., pour y donner 
des concerts, et se fixa m&me k B&le de 1874 a 

1876, comme professeur k TEcole de musique. 
Apres un court sejour k Paris, il accepta, en 

1877, un poste au Conservatoire de Cologne, ou 
il devint aussi directeur du « Chceur d'hommes 
de Cologne » et des choeurs du Gurzenich ; mais, 
en 1885, il rentra dans sa patrie, comme direc- 
teur de la « Societe d'oratorios » et de quelques 

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444 



LANGER — LANGHAN8 



autres soci6t6s chorales, A La Haye. Enfin, en 
1893, L. s'est rendu A Stuttgart, ou le poste de 
professeur d'orgue et de composition, et de di- 
recteur suppliant lui 6tait offert au Conserva- 
toire. U convient de noter surtout, panni les 
oeuvres de L. : cinq sonates d'orgue (op. 5, 8, 
14, 28,50); puis un concerto de piano; deux 
quatuors, un trio et un quintette pour instr. a 
archet ; une sonate de violon ; des chceurs pour 
voix d'hommes, etc. Une symphonic de sa com- 
position a Hi ex6cut6e, en 1879, a Cologne; un 
oratorio, Moses, en 1889, A La Haye. Son fr^re 
— 8. Daniel dk, n6 A Rotterdam le 11 juil. 1841 ; 
61&ve de Ganz et de Servais (violoncelle), ainsi 
que de Verhulst et de Damcke (composition), 
professa de 1860 a 1863, A l'Ecole de musique 
de Lemberg, puis travailla encore le piano, A 
Paris, sous la direction de M m « Dubois, et per- 
fectionna son talent d*organiste. II devint alors 
organiste de la paroisse 6vang61ique libre de 
Montrouge et directeur de la soci£t6 chorale 
allemande (Liedertafel). En 1870 (pendant la 
guerre), L. partit pour Amsterdam et y fut 
nomm& professeur A l'Ecole de musique, puis 
au Conservatoire dont il devint plus tard di- 
recteur. De plus, il fut ensuite secretaire de 
la c Maatschappij tot bevordering van Toon- 
kunst», remplaga longtemps Coenen A la t6te de 
• TAmstels Mannenkoor» et dirigea plusieurs 
soci&6s chorales A Leyde eld Amsterdam. II fit 
sensation entre autres, soit en Hollande, soit A 
l'6tranger (Londres, 1888; Allemagne, 1892, 
etc.), avec une association chorale, a cappella, 
qu'il avait fondle pour ex^cuter d'ancienne 
musique neerlandaiee. L. fut aussi, durant 
de longues ann6es, chroniqueur musical des 
«Niews van den Tag». Enfin, en 1895, il a ac- 
cept£ le poste de directeur du Conservatoire de 
Rotterdam. II a 6crit deux symphonies (%U et 
ri maj.), plusieurs cantates, un opera (De vol 
van Kuilenburg), une ouverture ( Willem van 
Holland), la musique d'Hernani, une Messe 
a cappella, un Requiem, le Psaume XXII (soli, 
chceur et piano), un concerto de violoncelle, 
des melodies, etc. Daniel de L. est le premier 
qui, apres C. Fuchs, ait os6 adapter a I'orches- 
tre (Amsterdam, concerts de 1886 et 1887) les 
principes du phras£, tels que H. Riemann les 
a etablis. — 4. Gustav, n6 a Rerlin le 18 aout 
1890, auteur de morceaux de salon tr&s repandus. 
Langer, 1. Hermann, n£ a Hockendorf, pres 
Tharandt, le 6 juil. 1819, m. a Dresde le 8 sept. 
1889 ,* fit a Leipzig des Etudes de philosophie et 
de musique et y devint, en 1848, directeur de 
musique de rUniversit6 et organiste. II dirigea 
aussi, pendant un certain temps, les concerts 
de d'Euterpe» et plusieurs soci&6s chorales: 
(« M&nnergesangverein » ; « Leipziger Gau-San- 
gerbund»; • Zdllner-Bund »). A I'UniversitA, L. 
fut A la t£te de Texcellente soci£t£ chorale 
d'hommes < Paulus > et, comme lector publicus, 
fit des cours sur la liturgie protestante, Thar- 
monle, etc. ; il occupait ainsi une situation hau- 
tement estimee, dans le monde musical leipzi- 
cois. H regut, en 1859, le litre de D*phiL hon. c. 
et, en 1882 (lors du &)• anniversaire de fonda- 



tion du c Paulus »), celui de < professeur •. 
Enfin, en 1887, L. fut appel£ a Dresde, comme 
inspecteur des orgues du royaume. L. a public 
un Repertorium fUr den Mannergesang, r6- 
digd la Musihalische Garterdaube et 6crit une 
m&hode £l£mentaire de chant : Der erste Un- 
terricht im Gesang (1876-1877; trois cours). — 
2. Viktor, n6 a Budapest le 14 ocL 1842; £leve 
de R. Volkmann puis du Conservatoire de 
Leipzig, deploya ensuite, dans sa patrie, une 
trds grande activity comme directeur, profes- 
seur, compositeur (parfois sous le pseudonyme 
Aladar Tisza) et r6dacteur d'un p&riodique mu- 
sical en langue hongroise. — 8. Ferdinand, 
compositeur sctaiique, nd a Leimen, pr6s Hei- 
delberg, le 21 janv. 1889; fils d'un maitre 
d'ecoie, parvint, sans avoir travaille avec au- 
cun maitre de renom, a obtenir une place de vio- 
loncelliste au theatre de la Cour, A Mannheim, 
dont il est actuellement second chef d'orches- 
tre. L. a obtenu, avec ses operas, de jolis suc- 
c£s qui cependant sont rest&s presque entice- 
ment locaux ; il a 6crit : Die gefahrliche Nach- 
barschaft (1868), Domr&schen (1873), Aschen- 
brodel (1878), MuriUo (1888), et Der Pfeifer 
von Hardt (Stuttgart, 1894). 

Langert, Joh.-Auoust-Ad., n6 A Cobourg le 
26 nov. 1886, fut successivement chef d'orches- 
tre des theatres de Cobourg, Mannheim (1865), 
Bale (1867), Trieste (1868), puis v6cut, sans 
poste fixe, a Cobourg, A Paris et a Berlin. II 
accepta, en 1872, un poste de professeur au 
Conservatoire de Geneve, mais devint, Fannie 
suivante d6ja, chef d'orchestre a Golha. L. a 
6crit plusieurs operas : Die Jtmgfrau von Or- 
leans (1861), Des Sdngers Fluch (1868), Die 
Fabier (1866, tous trois pour le theatre de Co- 
bourg), Dornrdschen (Leipzig, 1871), et Jean 
Cavalier (Cobourg, 1880 et, sous le titre : Die 
Kamisarden, ibid. 1887). 

Langhans, Fr.-Wilhelm, vioioniste et musi- 
cographe, n6 a Uambourg le 21 sept. 1832, m. A 
Berlin le 9 juin 1892; 61£ve du « Johanneiun* 
de Hambourg, entra en 1849 dans les classes 
de David (violon) et de Richter (composition), 
au Conservatoire de Leipzig, puis travailla en- 
core A Paris, sous la direction d'Alard. II fut 
successivement membre de Torchestre du Ge- 
wandhaus, a Leipzig (1852-1856), concertmeis- 
ter A Dusseldorf (1857-1860), professeur priv6 
et executant a Hambourg (1860), Paris (1863) et 
Heidelberg (1869) ou il prit le grade de D* phiL 
Enfin, a partir de 1871, L. v6cut a Berlin et 
devint trois ans plus tard professeur d'histoire 
de la musique a l'Acad&nie Kullak, puis, en 
1881, au Conservatoire X. Scharwenka qui ve- 
nait d'etre ouveri L. a public quelques compo- 
sitions : un allegro de concert pour violon et 
orchestre, des Etudes et une sonate de violon; 
d'autres sont restSes manuscrites : un quatuor 
pour instr. a archet (couronn6 en 1864, A Flo- 
rence), une symphonie, Touverture de Sparta* 
cus, des melodies (Parerga) et des soli pour 
violon; mais l*activit6 litteraire de L. est de 
beaucoup plus importante. On a de lui : Das 
musikalische Urteil (1872; 2« 6d. 1886), Die 



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IANGL£ — LAPORTE 



445 



konigliche Bochschule fitr Musik in Berlin 
(1873), Mtmkgeschichte in zwtilf Vortragen 
(1878; &d. hoi. par E. de Hartog, 1885), et une 
continuation adroitement compile de l'Histoire 
de la musique d'Ambros, sous le tilre: Die 
Geschichte der Musik des XVII. XVI1L und 
XIX. Jakrhunderts (1882-1886; 2 vol.), un ou- 
trage qui pent rendre de notables services. 
Li. 6tait membre d'honneur des academies mu- 
sicales de Florence (Ac philharmonique, 1878) 
et de Rome (S*-C6cile, 1887). II avait *pous6, 
en 1858, Lutsk Japha (v. ce nom). Leur fils, 
Julius, ni k Hambourg en 1862, vil depuis 1886 
A Sydney (Australie) o& il est tr&s estimS com- 
me maltre de musique. 

Langl6, HoNORfe-FRAN<?oi8-MARiE, n6 & Mo; 
naco en 1741, m. k Viliiers-le-Bel, pr£a Paris, le 
20 sept. 1807; 616ve de Gafaro, au Conservatoire 
« della Piete », k Naples, fut d'abord quelque 
temps directeur de musique k G&nes, puis 
arriva en 1768 & Paris, et s'y lit connaftre en 
pr£sentant une ceuvre vocale de grandes di- 
mensions. Nomm§,en 1784, professeurde chant 
k « l'Ecole royale de chant et de declamation », 
il conserva ce poste jusqu'sL la suppression de 
l'6cole, en 1791; mais trois ans plus tard, lors 
de la fondation du Conservatoire, il fut appele 
aux fonctions de bibliothScaire et de professeur 
d'une classe d'harmonie, classe qui fut suppri- 
m6e du reste, en 1802, lorsqu 9 on d6cida de r6- 
duire le nombre des membres du corps ensei- 
gnant Les compositions de L. n'ont aucune 
valeur (plusieurs operas, cantates, etc.), mais il 
convient de noter ses ouvrages th£oriques : 
TraiU (tharmonie et de modulation (1797: re- 
posant sur le principe de la formation des ac- 
cords par superposition de tierces) ; Traite de 
la basse sous le cfiant (1798), Nouvelle mithode 
pour chiffrer les accords (1801), Traite de la 
fugue (1805). 

Langsam (all.), lentement. 

Languendo, languente (ital.), languissant, 
abattu, ou encore langoureusement. 

Laniere, Nicholas, nk k Londres vers 1590, 
m. dans la m&me ville entre 1665 et 1670; fils 
d'un musicien italien qui avait &migr6 en An- 
gleterre environ vingt ans auparavant, 6tait un 
homme fort bien dou£ pour diverses branches 
de Tart: compositeur, chanteur, peintre et gra- 
veur d'estampes. C'est k lui que revient le m6- 
rite d'avoir, dans ses Masques (mascarades, 
petites pieces sceniques reposant sur une don- 
n6e alfegorique), introduit en Angleterre le 
« Stilo rappresentativo ». L. devint, en 1626. 
directeur de musique de la Cour du roi Char- 
les l or ; il perdit sa place pendant la revolution, 
mais y fut r A integr6 par Charles IT, apr A s la 
mort de Cromwell. On a conserve de lui quel- 
ques pieces de circonstance (Hymne fun A bre 
sur la mort de Charles I 6r , Chants de nouvelle 
ann£e, etc.), et des airs d6tach£s, dans les an- 
thologies suivantes : Airs and dialogues (1658, 
1659), The musical companion (1667), The trea- 
sury of music (1669), Qxoice airs and songs 
(vol. IV, 1685). 

Lanner, Joseph-Franz-Karl, c£l A bre compo- 



siteur de danses, n6 k Oberdobling, pr6s Vien- 
ne, le 11 avril 1801, m. dans la m A me ville le 14 
avril 1843. II 6tudia sans maltre, le violon et la 
composition, et d£buta dans la carri A re mu- 
sicale comme premier violon d'un quatuor 
d'amateurs (avec Joh. Strauss k la partie d'al- 
to) pour lequel il arrangeait des pots-pourris 
sur des airs d*op6ras et composait des danses; 
mais peu k peu le quatuor se transforma en un 
orchestre complet. l/orchestre Lanner ne tarda 
pas k exercer sur le public une attraction ex- 
traordinaire, et les l&ndler, valses, galops, etc. 
de L., devinrent rapidement populaires. L. a 
fait de la valse viewnoise la reine des danses, 
et l'a dot£e d'un caract&re tout special, gr&ce 
aux contours largement et agreablement on- 
doyants de ses melodies (avant lui [Beethoven, 
Clementi, Schubert], la valse 6tait un court 
morceau de musique avec une ou deux repri- 
ses et un trio). Joh. Strauss, l'ain^, marcha sur 
ses traces, mais ajouta au style de L. un 616- 
ment nouveau de pittoresque et de raffinement 
instrumental ; enfin J. Strauss le cadet r&alisa 
Theureuse fusion des 616ments divers qui ca- 
ractSrisaient ses precurseurs. L. ne d&passa 
pas, avec son orchestre, les froutteres de l'Au- 
triche. Ch. H. Sachs, J. Lanner (1889), et k titre 
de curiosite, Oetlinger, Meister Strauss und 
seine Zeitgenossen (roman comique, 1862). — 
Le fils de L., August -Joseph, n6 le 28 janv. 
1834, 6tait fort bien doti6, mais mourut peu 
d*ann6es apr A s son p A re, le 27 sept. 1885. 

Lans, Mighael-J.-A., n6 k Harlem le 18 juil. 
1845, pr&tre catholique, fut d'abord professeur 
au s6minaire de pr&res de Voorhout, pr&s 
Leyde (1869), puis, k partir de 1887, prGtre k 
Schiedam. L. a fond6, en 1876, le Gregorius- 
blad, organe de musique d'eglise catholique, 
puis, en 1878, Tassociation Gregorius. H a pu- 
blic un traits de contrepoint (s6v6re), en 1889, 
et compost lui-m&me des cantates, une Messe, 
etc. 

Lapicida, Erasmus, compositeur tres connu 
de son temps (xvi* s.), ainsi que 1'indique le fait 
qu'il est fr A quemment d^signe simplement sous 
le nom de « Rasmo » ou par ses deux initiates E. 
L. Nous ne poss6dons aucun renseignement 
quelconque sur sa carrtere; son nom paralt A vi- 
demment latinis6 (Steinschneider). On trouve 
des compositions de L. dans les anthologies de 
Petrucci : Motetti B (1503), Frottole (livre VIII, 
1507), livre IV des motets k quatre voix (1507), 
livre II des lamentations (1506) ;de Pelrejus : 
Auswg guter alter und neuer deutscher 
Liedlein (1539) ,• de G. Rhaw : Symphonice ju~ 
cundce (1538), etc. 

Laporte, Joseph de, P&re j A suite, et plus 
tard abb6, ne k Effort en 1713, m. k Paris le 19 
d6c. 1779 ; auteur de : Anecdotes dramatiques 
(1775,4 vol.; enumeration de pieces sceniques 
de tous genres), Dictionnaire dramatique 
(1776, 3 vol) et Almanack des spectacles de 
Paris, ou Calendrier historique de V Optra, 
des comidies frangaise et italienne et des foires 
(1750-1794,1799-1800, 1804; 48 vol.; continue 
par Duchesne, etc.). 



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446 



LARGA 



LARYNX 



Larga (lat.), large, terme que Von rencontre 
dans les traites de musique proportionnelle 
da xrv* au xv* s., pour designer une dur£e de 
note encore sup£rieure a celle de la maxim e, 
mais qui ne passa jamais dans la pratique. Le 
signe qui represente la 1. diflfere de celui de la 
maxime par le fait que la t£te de la note est 
pouryue de plusieurs caudce (traits verticaux), 



ainsi : 



ou 



, etc. 



Largando ((slargando, allargando ; ital.), en 
6largissant le mouvement (le I. est g6nerale- 
ment allte k un crescendo). 

Larghetto (ital., dim. de largo [v. ce mot]), 
autrement dit « un peu large », indication de 
mouvement tenant le milieu entre largo et 
andante, par consequent k peu pr&s identique 
a andantino, mais un peu pfus lent peut-6tre. 
L'indicalion L. sert frequemment de titre k la 
partre lente d'une symphonic, d'une sonate, etc.; 
on donne alors le nom de L. k la partie en 
question tout entiere. 

Largo (ital. large), indication du mouvement 
le plus lent, ne pouvant plus 6tre accentuee 
que par molto L qui, au fond, siguifie a peu 
de chose pres le m6me mouvement. On rencon- 
tre rarement des parties entieres d' ceuvres 
portant Vindication L Par contre les introduc- 
ductions de symphonies sont frequemment 
£crites en I. Ceci provient simplement du fait 
que la lourdeur d'allure qui caracterise le 1., 
et que n'attenue mfeme pas la figuration ne 
saurait convenir a un morceaud*une certaine 
Vendue, tandis qu'elle peut produire un excel- 
lent effet surune 6chelle restreinte. L'indication 
poco largo, que Ton rencontre meme dans 
Yallegro, lorsqu'il s'agit de « modSrer le mou- 
vement », est assez vague et peut fetre avanta- 
geusement remplacee. 

Larigot, denomination vieilie, dans l'orgue, 
du jeu mixte de 1 1 /3> qui porte aussi le nom de 
« petit nasard >. Le terme de 1. designait primi- 
tivement une sorte de flageolet (petite flute a 
bee). 

Laroche, Hermann-Augustovitch, n6 a St- 
Petersbourg en 1845 ; devint, en 1862, eleve du 
Conservatoire de sa ville natale et fut appele,en 
1866, a la chaire de professeur d'histoire de la 
musique, au Conservatoire de Moscou. L. est 
un critique musical tr&s appr6ei6 (article sur 
Glinka): il a aussi 6crit quelques ceuvres vo- 
cales et instrumentales. 

La Rue, Pierre de (Larue, , Iq rue, Petrus 

Platensis [dans Glarean], Pierchon, Pierson, 
Pierazzon), Tun des plus illustres contrapontis- 
tes des Pays-Bas, au xv«-xvr* s., contemporain 
de Josquin et, comme lui, £leve d'Okeghem. 
La date de sa naissance et celle de sa mort sont 
toutes deux inconnues, mais on sait qu'ilfut,de 
1492 k 1510, chantre de la Chapelle de la Cour 
de Bourgogne et qu'il obtint, en 1501, a Cour- 
tray, le benefice d'une prebende. L. n'a peut- 
£tre pas d'egal dans Tart du contrepoint en 
imitations, pousse jusqu'a ses plus extremes 
limites, mais ses ceuvres ne sont pas pour cela 
denuees de tout sentiment, ni de toute grandeur. 



Nous avons conserve les imprimes suivants de 
L. : un livre de Messes (Petrucci, 1513, conte- 
nant : Beatce virginis, Puer nobis est, Sexti 
toni, Ut Fa, Lhomme armi, Nunquam fuit 
pcena major) ; d'autres Messes ; De Sancto 
Antonio, dans les « Missce diversorum » (1508) 
de Petrucci ; Ave Maria, saliUaris hostia, 
dans le « Liber XV missarum » (1516) d' Anti- 
ques ; Cum jocunditale, gloriosa, De Sancto 
Antonio, dans les « Missce XIII » (1589); Tous 
les regrets, dans le « Liber XV missarum* 
(1538); enfin, une Messe dans le quatrieme 
mode, dans les * Missce Antonii de Fevin* 
(1515) de Petrucci. Parmi les manuscrits de 
Messes du m6me auteur, qui sont parvenus 
jusqu'a nous, il faut mentionner tout d'abord 
le luxueux codex ex£cut£ sur l'ordre de Mar- 
guerite d'Autriche (1480-1590), gouvernante des 
Pays-Bas; ilappartient A la Bibl. de Braxelles 
et renfernie sept Messes : a cinq voix : De con- 
ceptions Virginis Marias, lsta est speciosa, 
De doloribus, Faschale, De sancta cruce; a six 
voix: Ave sanctissima Maria; a quatre voix: 
De feria. Un autre manuscrit de luxe, execute 
aussi sur Tordre de Marguerite d'Autriche, se 
trouve a Malines; il renferme des Messes : a 
quatre voix : Fors settlement, Resurrexit, Sine 
nomine, De sancta cruce, a cinq voix : Super 
Alleluia. Enfin, la Bibl. de Bruxelles possede 
encore un manuscrit contenant deux Messes : 
De septem doloribus (celle, d6ja mentionnee, a 
cinq voix et une autre a quatre voix); les ar- 
chives de la Chapelle pontificale, k Rome, outre 
les Messes a quatre voix deja citees, les sui- 
vantes : L amour de moy , Pour quoy non, 
De virginibus et O gloriosa Margarita ; et la 
Bibl. de Munich , deux Messes a quatre voix : 
Cum jocunditate (trois exemplaires), Pro de- 
functis (id.) et une k cinq voix : lncessament. 
De plus, on a conserve des osuvres diverses de 
L., soit manuscrites : Credo (Munich), Stahat 
mater sur « Comme dame de r^confort »,a cinq 
voix (Bruxelles) ; cinq Salve regina, a quatre 
voix (Munich, ms. 34); plusieurs chansons 
(Munich, ms. 1508); soit imprimees : Salve 
regina, dans le livre IV des • Motelti delta 
Corona • (Petrucci, 1505) ; un motet, Lauda, 
dans le vol. Ill de l'anthologie de Nuremberg, 
de 1562 ; quelques chansons dans Odhecaton, 
Motetti A el Motetti B (1501 k 1503), de Pe- 
trucci, et dans Bicinia (1545), de G. Rhaw; 
puis des madrigaux, dans Perisone (1544), de 
Gardane. 

Laruette, Jean-Louis, ne a Toulouse le 27 
mars 1731, m. dans la m£me ville en jam*. 
1792; l'un des premiers compositeurs d'ope- 
rettes, en France, a donn6 a Paris, en 1757, La 
fausse aventuriere, puis L'heureux deguise- 
ment, Le Medecin de I' amour, etc. 

Larynx. En tanl qu'instrument de musique. 
la voix humaine rentre dans la categorie des 
instr a vent, a anche double; ce sont lescordes 
vocales qui remplissent dans le 1. les fonctions 
d'anches. Tendues entre deux lamelles thyroides 
et deux cartilages arytenoides mobiles (lei. pro- 
prement dit), elles formenl deux faisceaux oppo- 



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LA SALETTE — LASSO 



447 



s£s Tun a T autre et l£g6rement rapprochSs a leur 
extr£mit& superieure. De nombreux muscles r6- 
gissentle degr6 de tension generate ou partielle 
des cordes vocales qui formenl en quelque 
sorte les tevres de la glotte (v. ce mot) et, par le 
fait de leur dilatation ou de leur contraction 
(s'op&rantdans lesbordssurtout),permettent de 
changer les rapports de profondeur et de lar- 
geur du 1. Mais toute action consciente et r6fle- 
chie sur ou tel de ces muscles £tant impossible, 
i'Atude de la physiologie du 1. et la recherche 
des conditions dans lesquelles se produit telle 
ou telle modification de la voix n'ont aucune 
valeur pour l'6tude pratique du chant ; elles 
sont par contre d'un r6el inter^t scientifique, 
quoique les resullats obtenus jusqu'ici ne 
soient encore que tres relatifs. Le laryngoscope 
a fait faire en son temps, dans ce domaine, des 
progr^s d£ja considerables. Peut-6tre Tapplica- 
tion des rayons Roentgen, rScemment tentee, 
am&nera-t-elle, a son tour, de nouveaux eclair- 
cissements. Cf. Gougenheim et Larmoyer, 
Physiologie de la voix et du chant, D r Castex, 
Hygiene de la voix par lie el change (1894) et 
en allemand, Merkel, Anthropophonih (1857). 

La Salette, Joubert de, n6 a Grenoble en 
1762, officier, puis general de brigade dans 
Farmee francaise, m. a Grenoble en 1833 ; th6o- 
ricien et historien musical passionne, est Tau- 
teur de : Stenographic musicale (1805, tentative 
d'adaptation nouvelle, pour la France, de la 
tablature allemande [v.cemot] ; Considerations 
sur les divers systemes de la musique ancien- 
ne et moderne (1810) ; De la notation musicale 
en general et en particulier de celle du system e 
grec (1817) ; De la fixite" et de l f invariabilit6 des 
sons musicaux (1834) ; etc. 

Lasner, Ignaz, ne a Drosau (Boheme) le 8 
aout 1815, m. a Vienne le 18 aout 1888 ; eleve de 
Goltermann, a Prague, de Merk et de Servais, 
a Vienne, fut un violoncelliste de m6rite et fit 
partie des orchestres de Vienne et d'Arad. II a 
6crit des morceaux estimables pour violoncelle 
et piano. Son fils et eleve, Karl, n6 a Vienne le 
11 sept. 1865, frequenta aussi les classes du 
Conservatoire de Vienne et fait partie de Tor- 
chestre philharmonique de Laibach. 

Lassen, Eduard, n6 a Copenhague le 13 avr. 
1830; son p6re, qui, deux ans plus tard, avait 
elu domicile a Bruxelles, le fit inscrire a Tage 
de douze ans au Conservatoire royal de cette 
ville. Le jeune musicien obtint alors successi- 
vement le prix de piano (1844), celui de fugue 
(1847), et enfin celui de composition (1851 ; prix 
de Rome) ; puis il fit le traditionnel voyage de- 
ludes a traverB TAllemagne, s'arr^tant a Cas- 
sel, Leipzig, Dresde, Berlin, Weimar et en Ita- 
lie, ou il sejourna longtemps a Rome. Un opera 
de sa composition, Landgraf Ludwigs Braut- 
fahrt, fut represents a Weimar, en 1857, grace 
a la protection de Liszt, et lui fit octroyer Tan- 
n6e suivante la place de directeur de musique 
de la Cour grand-ducale. En 1861, apres que 
Liszt se fut retire, L. fut nomm6 chef d'orchestre 
dela Cour et occupa ces fonctions pendant plus 
de trente ans ; il se retira ensuite, avec le litre 



de directeur general de la musique de la Cour. 
L f Universit6 de Iena lui a confere le titre de 
Dr. phiLhon. c. L. 6crivit en outre deux operas : 
Leloge des femme$(1860); Le captif (Bruxelles, 
1868) ; puis la musique pour les Niebelungen, 
de Hebbel (douze morceaux caract^ristiques 
pour orchestre); (Edipe a Colonne, de Sopho- 
cle ; Faust et Pandora, de Goethe ; Veber alien 
Zauber Liebe, de Calderon; deux symphonies; 
plusieursouvertures; des cantates (op. 56 : Die 
Kunstler) ; Biblische Bilder (chant et orchestre) ; 
Der Schafer putzte sich zum Tanz (soprano et 
orchestre) ; enfin, toute une s£rie de melodies 
tr6s repandues et dont un certain nombre sont 
pourvues de textes fran^ais. 

Lasso, 1. Orlando di (Orlandus Lassus), n£ 
a Mons (Hainalit), en 1530 ou 1533, m. a Mu- 
nich le 14 juin 1594, occupe apr6s Palestrina, 
la premiere place parmi les compositeurs du 
xvi« s. Enfant de choeur de l^glise St-Nicolas f 
a Mons, il fut enleve plusieurs fois a cause de 
sa belle voix; enfin, en 1544, le vice-roi de 
Sicile, Ferdinand Gonzague, obtint de ses pa- 
rents l'autorisation de l'emmener en Sicile et, 
plus tard, a Milan. Lorsque sa voix commenga 
a muer, L. fut engage par le marquis Giov.- 
Batt. d'Azzia, a Naples, puis, grace a l'inter- 
vention du cardinal-archev^que de Florence, il 
fut appele a succeder a Rubino, comme maitre 
de chapelle de St-Jean-de-Latran, a Rome. II 
conserva ses fonctions jusqu'au moment ou il 
entreprit un voyage a travers la France et 
l'Angleterre, pour se rendre finalement a An- 
vers (1555; ce fut la que L. publia le livre I 
de ses madrigaux a quatre voix, en m&me 
temps que paraissait, a Venise, chez Gardane, 
le livre I de ceux a cinq voix), ou il sejourna 
un certain temps. En 1556, le due Albert V de 
Baviere le fit venir a Munich, comme membre 
de la chapelle de la Cour, dont il prit la direc- 
tion au bout de cinq ans. L, remplit son man- 
dat jnsqu*a sa mort, mais les demises ann6es 
de sa vie furent attrist^es par un 6tat de m6- 
lancolie maladive provenant d'un exc£s de fa- 
tigue cerebrale. L. fut le compositeur le plus 
fecond, non pas settlement du xvr» s., mais 
peut-Mre de tous les temps; le nombre de ses 
oeuvres d6passe en effet deux mille. Ses con- 
temporains le plagaienl au-dessus de tous les 
autres maitres et lui appliquaient les 6pithetes 
les plus flatteuses : « Prince de la musique », 
« Orphee beige », etc. Quant aux ceuvres de L., 
elles ont brave victorieusement les attaques 
du temps, et eveillent encore Tadmiration des 
historiens et des musiciens actuels. R. Eitner 
a donne, comme supplement aux ann6es V et 
VI des «Monatshefte fiir Musikgeschichte », 
un catalogue, aussi complet que possible, des 
oeuvres imprimees de L.; la Bibl. de Munich 
possede un tr£s grand nombre d'ueuvres ma- 
nuscriles du m6me auteur (cf. le catalogue dc 
J.-J. Maier, 1879). Tandis qu'Eitner indique le 
d6but de 46 Messes, la Bibl. de Munich ren- 
ferme en plus les Messes manuscrites sur : Je 
suis desh&ritie (a quatre voix), Triste depart 
(a cinq voix), On me I* a did (a quatre voix), 



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448 



LASSU — LAUBER 



Jesus ist ein siisser Name (k six voix), Domine 
Dominus nosier (k six voix), Si rore aenio (k 
cinq voix). Nous nous bomerons k mention- 
ner ensuite quelques-unes des oeuvres les plus 
importantes de L. : les < Psaumes de penitence 
de David », pour le moins aussi connus que 
les tlmproperiat de Palestrina (Psalmi Da- 
vidis poenitentiales, imprimis en 1584; r66dit6s 
en partition, par Dehn, en 1838; le manuscrit 
[1560-1570], luxueusement orn6 de miniatures, 
se trouve k Munich); Palrocinium musices 
(1573-1576, 5 vol.), publication imprimee avec 
luxe, aux frais du due de Bavi&re, et riche- 
ment ornSe, renferme : I 21 motets, II 5 Mes- 
ses, HI Offices, IV Passion, Nocturne, etc., V 
10 Magnificat. L. n'a pas 6crit moins de 100 
Magnificat (qui parurent r&unis, imprimis 
pour la premiere fois ou simplement r&mpri- 
m6s, en 1619, sous le titre: Jubilus Beaiae 
Virginis), environ 1200 motets, cantiones sa- 
crae, etc (le Magnum opus musicum, de 1604, 
en contient k lui seul 516), sans compter les 
chansons, madrigaux, lieder allemands, etc., 
qui parurent en nombre considerable, chez des 
6diteurs italiens, allemands, frangais et n6er- 
landais (en Editions originates ou en simples 
r&mpressions). Le style de L. ap par ait comme 
un progrte notable sur celui de Josquin, d'O- 
brecht, etc., dans le sens de la clari6 harmo- 
nique, et, bien que l'Scriture en imitations et 
sur un t cantus firmus » soit encore pour lui la 
r6gle, ce maitre pent 6tre considers comme un 
des grands prScurseurs de noire 6poque mo- 
derne. L'aisance avec laquelle il traite les for- 
mes diverses de la Messe, du motet, etc., 
d'une part, du madrigal, de la villanelle, de la 
chanson, etc., d'autre part, denote un talent 
d'une universality absolument etonnante. Di- 
verses oeuvres de L. ont paru, en partition, 
dans les anthologies de Proske, Commer, 
Rochlitz, Dehn, Expert (MaUres musicians de 
la Renaissance fran$aise 9 1), etc., et la maison 
Breitkopf et Haertel a entrepris, en 1894, la 
publication d'une 6dition critique (Ad. Sand- 
berger, Fr.-X. Haberl, etc.) complete des oeu- 
vres de L., qui d£sormais prendront place k 
c6t£ de celles de Palestrina. Gf. sur la vie et 
les ceuvres de L., les ouvrages de : Delmotte 
(1836; 6d. all. par Dehn, 1837), Mathieu (1838), 
Kist (1841), Baeumker (1878), 'Ad. Sandberger 
(Beilrage zur Geschichte der bayriscfien Hof- 
hapette unter Orlando Lasso, vol. 1, 1893; vol. 
II 1894; vol. Ill, 1" partie 1895), Destouches, 
Orlando di Lasso, Ein Lebensbild (1894), et J. 
de Cl£ves, Roland deL. % $a vie et ses ceuvres 
(1894). De plus, E. Van der Straeten a public 
des lettres de L. (1891). — 2. Ferdinand, fils 
a!n£ du pr£c£dent, m. k Munich, oil il etait 
maftre de chapelle de la Cour,le 27 aout 1609; 
a public un volume de motels (Cantiones sa- 
crae suavissimae, 1587), et, en collaboration 
avec soft frere Rodolphe, le Magnum opus 
musicum de son p6re. — 8. Rudolf, second 
fils d'Orlando di L., organiste en m6me temps 
que maitre de chant et de composition de la 
chapelle de la Gour, A Munich (A partir de 



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1587), m. en 1625; a publii: Cantiones sacrae 
(1606, k quatre voix), Circus symphontacus 
(1609), Moduli sacri ad sacrum convivium 
(1614, de deux k six voix), Virginalia eucha- 
ristica (1616, k quatre voix), Alphabetum Ma- 
rianum (1621, cinquante-sept anliennes). La 
BibL de Munich renferme, en outre, les ma- 
nuscrits de trois Messes et de trois Magnifi- 
cat. — 4. Ferdinand, petit-fils d'Orlando di L., 
fils de Ferdinand, fut envoy6 k Rome, en 1600, 
par le due de Bavi£re, pour qu'il y complete 
son Education musicale. II regut ensuite, en 
1716, le poste de mattre de chapelle de la Gour, 
mais fut cong£di£ en 1629, et n'obtint en com- 
pensation qu'un poste de fonctionnaire. II mou- 
rut en 1686. On n'a conserv6 qtt'un tr£s petit 
nombre de ses oeuvres, Rentes pour la plupart 
k double choeur, de huit k seize voix, suivant 
le mode tr&s r£pandu en Italie, au debut du 
xvu # 8. ; lui-m£me n'a fait paraltre qu'un re- 
cueil de motets k huit voix, pour double 
choeur : Apparatus musicus. 

Lassu, v. CZARDAS. 

Latilla, Gaetano, n6 k Bari (Naples) en 1713, 
m. en 1789 environ: 61eve de Gizzi, k Naples, 
remporta de bonne heure des succ&s avec ses 
operas, et fut nomm6, a la fin de 1738 dtj&, se- 
cond maitre de chapelle de S**-Marie-Majeure, 
a Rome. Mais une maladie grave et tenace 
i'empGcha de remplir ses fonctions, il donna 
sa demission en 1741 et retourna vivre k Na- 
ples, afin d'y rStablir sa sant£. II fut appel6 en 
1756, comme professeur de chant au Conser- 
vatoire t della Pieti », k Yenise, et oceupa, en 
outre, k partir de 17K2, le poste de second 
maitre de chapelle de l'6glise St-Marc; cepen- 
dant, k la suite d'un refus d'augmentation de 
son traitement, il rentra d^finitivement k Na- 
ples en 1772, et y profewsa avec succ£s jusqu'i 
la fin de ses jours. L. 4tait l'oncle de N. Picci- 
ni. On counatt les titres de 36 op&ras de L., 
composes presqne tone pour les scenes de 
Naples et de Yenise; ce fut Orazio (Rome, 
1788, et ailleurs) qui obtint le plus de succ£s. 
L. 6tait au fait un des meilleurs compositeurs 
sc&niques de Naples; il a 6crit aussi d'excel- 
lente musique d'£glise et un oratorio. 

Laub, Ferdinand, violoniste virtuose de re- 
nom, nh k Prague le 19 janv. 1832, m. k Gries, 
pr&s Bozen, le 17 mars 1875: Aleve de Mildner, 
au Conservatoire de Prague, sncc£da d'abord, 
en 1853, k Joachim, en quality de concertmeis- 
ter, k Weimar. D fut ensuite professeur de 
violon au Conservatoire Stern (1855-1857), k 
Berlin, oh il devint concertmeister de l'orches- 
tre de la Cour, et virtuose de la chambre roya- 
le (1857-1864). Enftn, apr£s de longues tommies 
de concerts, il fut nomm6 professeur de violon 
au Conservatoire de Moscou, et concertmeis- 
ter de la Soci^ imp£riale de musique russe; 
mais la maladie I'obligea k se retirer k Carls- 
bad d'abord (1874) puis k Gries, pr& de Bozen. 
L. n'a public que quelques morceaux de vio- 
lon. 

Lauber, Joseph, n6 k Ruswil (canton de Lu- 
cerne) )e 25 d6c, 1864; avait k peine cinq ans, 

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LAUDES — LAVIGNAC 



449 



lorsque ses parents alierent so fixer A Nouchd- 
tel et, com me il montra de bonne henre des 
dispositions remarquables pour la musique, 
devint succes8ivement eieve de Gnst Weber 
(Zurich), puis de Bheinberger (Munich). De re- 
tour A Neuch&tel, il se voua A 1'enseignement 
«t A la composition, produisant avec une rapi- 
dity inoule les ceuvres les plus diverges : melo- 
dies, choeurs pour voix de femmes avec et sans 
accompagnement, trio pour piano, violon et 
violoncelle, quatuor pour instr. A archet, mor- 
ceaux divers pour orchestre, etc. Cependant il 
s'accorda plus tard quelques mois de r6pit 
qu'il alia passer A Paris, comme auditeur des 
cours de composition de Massenet; il en rap- 
porta une Suite fran^aise, pour orchestre, et 
^crivit des lors: des cantates: Sapho (soli, 
-chceur de femmes, orchestre, 1893); Wellen und 
Wogen (soli, choeur mixte et orchestre, 1895); 
mi oratorio, Weltenddmmerung; trois sympho- 
nies (dont deux ont 6t6 ex£cutees, 1894 et 1896); 
des po£mes symphoniques : Sur VAlpe; Chant 
du soir, Le vent et la vague ,*des choeurs pour 
voix d'hommes et orchestre : En mer, Ode pa- 
Iriotique; un concerto pour piano et orchestre; 
un quintette pour piano et instr. A archet (sur 
des melodies populaires suisses); des pieces 
pour piano (Croquis alpestres, etc.); des melo- 
dies sur des textes fran$ais et allemands, etc. 
L. qui est un pianists de talent, a donne pen- 
dant plusieurs annees, A Neuch&tel, des stan- 
ces de musique de chambre fort intereesantes. 
H vient d'eiire domicile A Zurich, on il a cepen- 
dant refuse la situation qui lui etait offerte au 
Conservatoire, afln de vouer tout son temps A 
la composition. 

Laudes (lat.; ital. Laudi), chants de louanges 
(hymnes, motets de facture lr£s simple). Cf. 

HEURBS CANOX1ALES. 

Lauf, L^cjfer (all.), passage, roulade. 

Laurencin (d'Armond), Ferdinand-Pierre, 
comte, n6 A Eremsier (Moravie) le 15 oct. 1819, 
m. A Vienne le 5 fSvr. 1890; prit son grade de 
D t phil. A 1' University de Prague, fit en- meme 
temps des etudes musicales, sous la direction 
de Tomaschek et de Pitsch,puis v6cut A Vienne 
od il se fit un nom comme musicographe. On 
eonnait de lui les petits ouvrages suivants, 
ecrits par un adepte des tendances de recole 
neo-allemande : Zur Gescliichte der Kirchen- 
musik (1856); Das Parodies und die Peri von 
R. Schumann (1859) ; D r Hanslicks Lehre vom 
Mustkalisch-Sehonen (1859); Die Harmonik 
der Neuaeit (1861, ouvrage couronne, mais 
malheureusement d'allure seulement negative); 
enfin, de nombreux articles dans la «Neue 
Zeitschrift ftir Musik ». Cf. dans la meme re- 
vue, le necrologe de J. Schucht (1890). 

Laurenti, 1. Bartoloiceo- Girolamo, ne A 
Bologne en 1644, m. dans la meme ville, comme 
premier violon de reglise Ste-Petrone, le 18 
janv. 1726 ; il a publie: op. 1, Sonate per came- 
ra a violino e violoncello (1691) et op. 2, Set 
concerti a 3 cioe violino, violoncello ed organo 
<1720). Son fils — 2. Girolamo-Nicolo, m. A Bo- 
logne le 26 dec. 1752, fut egalement violoniste 



DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 



y GoOgl 



de St-Petrone, apres avoir travailie aupr£s de 
Torelli et de Vitali ; il a publie aussi six concer- 
tos pour trois violons, alto, violoncelle et orgue. 

Lauska, Franz-Seraphinus, pianiste distin- 
gue, ne A Brfinn le 13 janv. 1764, m. A Berlin 
le 18 avril 1825, eieve d'Abrechtsberger, a 
Vienne, fut d'abord au service d'un due italien, 
puis devint musicien de la chambre du due a 
Munich, et 8*6tablit enfin, en 1798, A Berlin, 
ou il acquit, comme professeur de piano, une 
situation en vue, soit A la Cour, soit dans les 
cercles priv6s. Ses compositions, dont le style 
rappelle celui de Glemeuti, sont: seize sonates 
pour piano A deux mains, une A quatre mains, 
une pour violoncelle, des rondos, des varia- 
tions, etc., une methode de piano, quelques 
quatuors pour voix d'hommes et des lieder. 

Laute (all.), lulh. 

Lauterbach, Johann-Christoph, violoniste 
virtuose remarquable, ne A Gulmbach le 24 
juil. 1882; eieve du gymnase et de recole de 
musique de Wurzbourg, travailla ensuite sous 
la direction de Beriot et de Fetis, avec un suc- 
ces tel, qu'ii put au bout de deux ans dejd 
supplier Leonard, dans son enseignement au 
Conservatoire. II fut appele A Munich en 1858, 
en qualite de concertmeister et de professeur 
de violon au Conservatoire, mais il accepta 
plus tard, en 1861, le poste de concertmeis- 
ter de Torchestre de la Cour, A Dresde, en 
meme temps que celui de professeur de violon 
au Conservatoire royal; il donna sa demission' 
de professeur en 1877 et prit sa retraite de 
Forchestre en 1889. Notons, parmi les composi- 
tions de L. : polonaise de concert, reverie, ta- 
rentelle et morceaux de concert pour violon. 

Lavigna, Vincienzo, compositeur d* operas, ne 
A Naples en 1777, ei6ve du Conservatoire t della 
Piet& », A Naples, fut pendant de longues an- 
nees professeur de chant et accompagnateur a 
la Scala, A Milan ou il mourut en 1887. Son 
premier ouvrage : La tnuta per amore (11 me- 
dico per forza), ecrit en 1802 pour la Scala, 
gr&ce A la recommandation de Paesiello, fut 
son meilleur succes. II ecrivit encore dix operas 
et deux ballets. 

Lavignac, Alexandre -Jean -Albert, ne a 
Paris le 21 janv. 1846 ; eieve de Marmontel. 
Bazin, Benoist et Ambroise Thomas, au Con- 
servatoire de Paris, fut nomme lui-meme, en 
1882, professeur de. solfege et plus tard d'har- 
monie, au Conservatoire. II est actucllement le 
doyen du corps enseignant de lVtablissement. 
L. a publie surtout des ouvrages didactiques : 
Solfiges manuscrits (6 vol.), Cours complet 
theorique et pratique de dictie musicale (1882, 
ouvrage qui sugg6ra a tons les grands conser- 
vatoires l'idee d'introduire dans leurs cours la 
dictee musicale), Cinquante legons dharmonie^ 
L'dcole de la pidale (A l'usage des pianistes), 
vingt-cinq pieces pour piano a quatre mains, 
dix preludes et une quantite de pieces deta- 
ch6es pour piano et pour divers instruments. 
II a ecrit, de plus, deux ouvrages lilteraires : 
La musique et les musiciens (1895), Le voyage 
artistique a Bayreuth (1897). 

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450 



Lavigne, 1. Jacoues-Emile, tenor fran^ais 
qui eut un temps de grande vogue, ne k Pau en 
1782, fit partie, de 1809 k 1825, du personnel de 
TOpera de Paris, se retira ensuile k Pau et y 
mourut en 1855. L. que sa forte voix avait fait 
surnommer t THercule du chant », doublait 
Nourrit dans tous sea rdjes ou chantait ceux 
que ce dernier consentait k lui laisser. II rem- 
porta, soit k Paris, soit a l'etranger ou il alia 
en representations, des succes inouis;mais des 
intrigues finirent par le degouter de la scene. 
— 2. Antotnb-Joskph, celebre hautboi'ste, ne a 
Besancon le 23 mars 1816, eleve du Conserva- 
toire de Paris, vecut k partir de 1841 en Angle- 
terre, comrae membre de Torchestre des Con- 
certs-promenades de Drurylane, puis de Vor- 
cbestre Halle, k Manchester. L. adapta au 
mecanisme du hautbois une partie du sysleme 
k anneaux de Boehm. 

Lavoiz, Henri-Marie-Franqois, dit L. Ills 
(pour le distinguer de son pere [m. k Paris en 
oct. 1892] qui portait le meme prenom et fut 
conservateur du cabinet des monnaies k la Bibl. 
nationale), ne k Paris le 26 avril 1846; suivit 
les cours de la Sorbonne et prit le grade de ba- 
chelier, tout en etudiant avec Henry Cohen 
Tharmonie et le contrepoint. II occupe depuis 
1865, un poste de bibliothecaire k la Bibl. na- 
tionale. L. s'est fait connaltre par un certain 
nombre d'ouvrages attrayants sur l'histoire de 
la musique: Les traducteurs de Shakespeare 
en musique (1869); La musique dans la nature 
(1878); La musique dans Fimagerie du moj/en 
age (1875); Histoire de F instrumentation (1818; 
couronne en 1875 par l'Acad&mie); Les princi- 
pes et F histoire du chant (en collaboration avec 
Th. Lemaire); La musique au siecle de saint 
Louis; Histoire de la musique; Histoire de la 
musique frangaise. De plus, L. a ecrit des 
feuilletons musicaux pour le « Globe » et colla- 
bora activement k la « Revue et Gazette musi- 
cale» elk diverses autres revues musicales. Cf. 
Lemaire 2. 

Lawes, 1. William, eleve de Coperario, chan- 
tre du chcpur de la cathedrale de Chichester, 
puis membre de « Chapel Royal », k Londres 
(1608), et plus tard encore music ien de la cham- 
bre du roi Charles I« r , tomba sur les rangs 
comme soldat de Tarmee royaliste, au siege de 
Chester (1645). On trouve des anthems et d'au- 
tres oeuvres vocales, religieuses ou profanes, 
de sa composition, dans Cathedral music* de 
Boyce, et dans d'autres anthologies anglaises 
de la meme epoq\xe(Catch that catch can, 1652; 
Select musical ayres and dialogues, 1658 et 
1658; The treasury of music, 1669, etc.). — 2. 
Hknry, frere du precedent, n6 k la fin de d6c. 
1595, m. k Londres le 21 oct. 1662 ; eleve de 
Coperario aussi, entra en 1625 dans « Chapel 
Royal », k Londres, occupa egalement une si- 
tuation k la Cour et fut, comme son frere, un 
bon royaliste; la chute de Charles I er lui couta, 
non pas la vie, mais sa situation, qui lui fut du 
resle rendue en 1660, par Charles II. L. a ecrit 
de la musique pour plusieurs Masques et pu- 
blie : A paraphrase upon tlie psalmes of David 



LAVIGNE — LE 

(1687); Choice psalmes put into musick for three 
voices (1648; en collaboration avec William L.); 
Ayres and dialogues (de une a trois voix; 1653* 
1655, 1658, en trois livres). Les anthologies ci- 
ties plus haut renferment egalement diverses 
oeuvres de Henry L. 

Lawrowskaja, Elisabeth-Andrrjkwna, can- 
tatrice russe, nee k Kaschin (gouv. de Tver) le 
12 oct. 1845 ; eleve de Fenzi k l'lnstitut Ste- 
Elisabeth, puis de M«» Nissen-Saloman au 
Conservatoire de St-Petersbourg, debuta eu 
1867, dans le rdle d'Orphee (Gluck), et, apres 
avoir travaille quelque temps encore k Londres- 
et k Paris, aux frais de la grande-duchesse 
Helene, fut engagee A TOpera imperial de St- 
Petersbourg. Mais, au bout de quatre ans, elle 
donna sa demission k la suite d'un disaccord 
avec la direction au sujet de ses honoraires^ 
entreprit une tournee de representations dana 
les principaux centres de TEurope, puis se 
voua au concert. Ce ne fut qu'en 1878 qu'elle 
remonta sur la scene et accepta un nouvel en- 
gagement k St-Petersbourg, ou elle devint Tune 
des favorites du public (dans les rdles de Vania 
[La vie pour le tzar], Ratmir [Rousslane et 
Ludmilla], la Princesse [Roussalka], Grania 
[WrazyTa Sila, de Seroff], etc. M» e L. a epousfc 
un prince Zereteleff. 

Layolle (La yolk, dell' Aiolle, Ajolla), Fran* 
hois, compositeur du xvi« s., k Florence, pro- 
bablement Frangais de naissance; auteur de 
motets, madrigaux, Messes, psaumes, etc., qui 
sont disperses dans les anthologies de Jacobus 
Modernus (1582 k 1548), Petrejus (1538 k 1542)^ 
Rhaw (1545), et Antoine Gardane (1588 k 1560). 

Laxxari, Sylvio, ni k Bozen en 1858, etudia 
le droit k Innsbruck et k Munich, passa meme 
ses examens d'Etat, mais ne tarda pas k se 
lancer dans la carriere vers laquelle ses gouts 
rattiraient depuis longtemps. II entra en 1882" 
au Conservatoire de Paris et debuta en meme 
temps comme compositeur de melodies voca- 
les (Vieux motif; Vamour d'aprte Ninette). 
Eleve de Cesar Franck surtout, L. a embrasge 
avec ardeur les idees de la jeune ecole; il a 
ete jusqu'en 1894, representant du « Wagner- 
Verein», k Paris, et a defendu ses opinions 
dans diverses revues musicales. Mais, depute 
plusieurs annees, L. se voue exclusivement k 
la composition. Ses oeuvres principales sont : 
Armor (drame musical, Op. 26); Lulu (panto- 
mime, op. 15); RJuipsodie espagnole y Ophttie, 
(poeme symphonique), Impressions isuite, en 
fa maj.), Marche de Fete pour orchestre; Fan- 
taisie pour violon et orchestre; Concertstuck 
pour piano et orchestre: de la musique de cham- 
bre (sonate et romance, pour piano et violon : 
trio avec piano, op. 18: quatuor pour instr. a 
archet, op. 17; octuor pour instr. k vent, op. 20); 
de la musique de piano (valses, prelude et fu- 
gue, morceaux de genre k deux et a quatre 
mains); enfin des duos, des chopurs pour voix 
de femmes (op. 10 et 27) et une vingtaine de 
melodies (op. 1, 6, 9, 19, 23). 

Le (ital.), article feminin pluriel (devant une 
voyelle : F). 



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LEADER — LEBRUN 



451 



Leader (angl.), c-a-d. premier violon-solo 
(concertmeisler). 

Le Bd, Guillaume, fut, en France, Fun des 
premiers fabricants de caract&res pour l'im- 
pression de la musique. Ses premiers caractd- 
res, datant de 1540, 6taient destines A l'impres- 
sion simultan&e des notes ef des lignes de la 
portSe, autrement dit chaque bloc portait a la 
fois nne note et un fragment de portee; d'au- 
tres plus r£cents, datant de 1555, donnaient s£- 
par£ment les notes et les lignes, en sorte qu'il 
fallait, comme dans les ouvrages de Petrucci, 
deux tirages successifs. L. a fabriquS aussi des 
caract&res pour les ceuvres not£es en tablatu- 
res. Tous ses poingons pass&rent aux mains de 
Ballard (v. ce nom). 

Le Beau, Luisb-Adolpha, n6e A Rastadt le 25 
avril 1850, 61£ve de Rheinberger et de Fr. 
Lachner, pianiste de talent et professeur de 
musique apprecie, v6cut successivement A Mu- 
nich, Wiesbaden et Berlin. Elle a 6crit des 
pieces pour piano, des lieder et de la musique 
de chambre qui d6notent un reel talent. 

Lebftgue, Nicolas- Antoine, ne A Laon en 
1680, m. A Paris, ou il 6tait organiste de la 
Cour, le 6 juiL 1702 ; auteur de pieces pour or- 
gue el pour piano, ainsi que d'Airs, de deux A 
trois voix, avec basse chiffr^e. 

Lebert, Siegmund(Levy, ditL.), n£ A Lud- 
wigsbourg (Wurtemberg) le 12 d6c. 1822, m. a 
Stuttgart le 8 d6c. 1884 ; fit ses Etudes musicales 
A Prague, sous la direction de Tomaschek, 
Dionys Weber, Tedesko et Prokscb, sSjourna 
quelques ann£es A Munich od il fut tres appre- 
cie comme maltre de musique, puis fonda en 
1856-1857, avec Faisst, Brachmann, Laiblin, 
Stark, Speidel, etc., ie Conservatoire de Stutt- 
gart. L. etait hautement estim6 comme peda- 
gogue du piano; il s'est rendu c£l£bre, en 
dehors de son professorat, principalement par 
la publication d'ceuvres destinies A Tenseigne- 
ment. II faut noter en toute premiere ligne, 
par mi celles-ci : la Grande Methode de piano, 
6crile en collaboration avec L. Stark et dont 
r&dition originale allemande a et6 traduite en 
frangais, anglais, italien et russe; mais un 
exe6s r6el de p£danterie (dans les parties I et II 
surtout) nuit de plus en plus A la diffusion de 
cet ouvrage. L. a donn& en outre une Edition 
doigtee et annotee des classifies pour piano 
(en collaboration avec Faisst, Btilow, Ignace 
Lachner, Liszt), un album pour la jeunesse 
(avec Stark), le « Gradus ad Parnassum » de 
Clementi, etc. L'Universite de Tubingue con- 
tra A L. le titre de D r phil. Hon. c, le roi de 
Wurtemberg celui de « professeur ». — Un 
professeur de piano du Conservatoire de Stutt- 
gart, Jakob-Levy, ne en 1815, m. a Stuttgart le 
19 oct. 1883, etait un fr&re de L. 

Lebeuf, Jean, n6 A Auxerre le 6 mars 1687, 
m. dans la m^roe ville le 10 avr. 1760; abb£, 
chanoine et second chantre de la cath&lrale 
d'Auxerre, 61u membre de Tlnstilut de France 
en 1740. Ecrivain z£l&, il a fait paraltre entre 
autres, sur la musique : Traiti historique el 
pratique sur le ciiant eccl&riastique (1741) et 



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ie 



une serie d'articles sur le plain-chant, dans le 
« Mercure de France », de 1725 a 1737. Ses 
grands ouvrages historiques contiennent aussi 
divers renseignements ayant rapport A la mu- 
sique, ils ont paru sous les titres : Recueil de 
divers ecrits pour servir d* eclair cissement & 
Vhistoire de France (1738, 2 vol ), Dissertations 
sur Vhistoire ecclesiastique et civile de Paris 
(1739-1745; 8 vol.). 

Leborne, 1. Aime-Ambroise- Simon, n£ A 
Bruxelles, le 29 d6c. 1797, m. a Paris le 1«* avr. 
1866 ; 6l6ve de Dourlen et de Cherubini, au 
Conservatoire de Paris, prix de Rome en 1820, 
alors qu'il 6tait depuis quatre ans d£j& rep£ti- 
teur au Conservatoire. II fut nomme, en 1820, 
titulaire d'une classe el&mentaire et succSda en 
1836 A Reicha, comme professeur et composi- 
teur. L. 6tait en outre, depuis 1834, bibliothS- 
caire de l'OpSra et remplit, sous Napoleon in, 
les fonctions de biblioth£caire de la chapelle. 
II 6tait surtout renomme comme pedagogue, 
mais il £crivit quelques operas comiques, 
entre autres, qui remport&rent un certain 
succ^s. Un traits d'harmonie de L. est rest6 
manuscrit, par contre il publia une nouvelle 
Edition du Traite d'harmonie de Catel. — 2. 
Fernand. compositeur fran^ais, 61£ve de Mas- 
senet, au Conservatoire de Paris, et plus tard 
de Saint-Saens). II a public : un poeme pour or- 
chestre (Suite intime, Scenes de ballet, Sym- 
phonie dramatique); une Symphonie-Concerto 
pour piano, violon et orchestre; Aquarelles 
(suite), Temps de guerre (tableaux symphoni- 
ques), File bretonne f Ouverture symphonique, 
Marche solennelle pour orchestre; Daphnis et 
Chloe (drame pastoral); des po&mes chantes : 
L amour de Myrto et V Amour tra}ii,Mudarra 
(drame lyrique en quatre actes); Messe solen- 
nelle; de la musique de chambre : quatuor pour 
instr. A archet, trio pour piano, violon et vio- 
loncelle, sonate pour piano et violon ; de nom- 
breuses melodies; des motets; des morceaux de 
piano, etc. De plus, L. fait de la critique musi- 
cale depuis une quinzaine d'annees. 

Lebrun, 1. Ludwio-August, hautboiste vir- 
tuose lr6s c61£bre, ne A Mannheim en 1746, m. 
a Berlin le 16 dec. 1790 ; membre de Torchestre 
de la Cour A Munich, a parlir de 1767, il n'en 
fit pas moins, gr&ce aux congas qui lui etaient 
largement accordSs, de nombreuses tournees 
de concerts dans son pays et a l'&tranger. II a 
public sept concertos de hautbois, des trios pour 
hautbois, violon et violoncello, des duos pour 
flfctcs. Son Spouse, Franziska (nee Danzi, n£e A 
Mannheim en 1756, m. a Berlin le 14 mai 1791), 
soeur de Franz Danzi, fut une des cantatrices 
les plus remarquables de son temps (soprano 
aigu) et remporta des succes toujours pareils a 
Mannheim, Munich, Milan, Vienne, Naples, 
Londres et Berlin. Elle venait d'accepter un 
engagement dans cette derniere ville, lors- 
qu'elle perdit son mari; son chagrin fut si vio- 
lent qu'il remporta a son tour quelques mois 
apr&s. Leurs deux filles, Sophie (M m « Dulken, 
nee le 20 juin 1781) et Rosine (nee le 13 avr. 
1785), se sont aussi fait un nom, la premiere 

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LE CARPENTIER 



452 

comme pianiste, Tautre comme cantatrice. — 2. 
Jean, u& k Lyon le 16 avr. 1759, corniste vir- 
tuose de talent, cSl&bre surtout par l'extraordi- 
naire facility avec laquelle il prodnisait les 
sons suraigus de l^chelle du cor ; fit partie, de 
1786 k 1792, de Torchestre de TOp6ra de Paris, 
et passa ensaite k celui de FOp6ra de la Gour, 
k Beiiin. D renlra k Paris en 1806, mais apr6s 
avoir pendant trois ann6es cherch6 en vain une 
situation quelconque,il se suicida de d£sespoir 
en s'asphyxiant. — 3. Louis-SfcBASTiEN, ne a 
Paris le 10 dec. 1764, m. le 27 juin 1829; t6nor 
d'opSra, fit partie, de 1787 A 1803> du personnel 
de TOpSra puis de I'OpSra-Comique, A Paris, 
n devint ensuite r6p£titeur k l'OpSra, tenor de 
la Chapelle impSriale (1807), maltre de chant 
de cetle m6me chapelle (1810), et fit ex&uter 
un assez grand nombre d'op6ras (entre autres, 
en 1815, Le Rossignol, qui se maintint long- 
temps k la sc&ne), un Te deum (1809), une 
Messe solenneile, etc. — 4. Paul-Henri-Joseph, j 
ne k Gand le 21 avr. 1861, e\e\e du Conserva- 
toire de cette ville, prix de Rome (de Belgique) 
en 1891, auteur de la Fiancee d'Abydos et 
d'une symphonic, couronnee par l'Acadimie 
des Beaux-Arts de Belgique, etc. 

Le Carpentier, Adolphe-Clair, ne k Paris le 
17 ffrvr. 1809, m. dans la m£me ville le 14 juillet 
1869; pianiste-compositeur, auteur d'une Me- 
thode de piano* d'exercices, de fantaisies,etc. 

Lechner, Leonhard, compositeur ze\e et fort 
bien doue du xvi* s., n$ k EUchtal, fut un cer- 
tain temps an service de la chapelle des dues 
de Bavtere, peut-6tre comme enfant de choeur. 
II occupa ensuite une place de maltre d'ecole 
k Nuremberg (1570), devint, en 1584, maltre de 
chapelle du comte Eitel-Fr£d6ric de Hohenzoi- 
lern, k Hechingen, puis se rendit k Stuttgart oft 
il fut nomm£, en 1595, maltre de chapelle de la 
Cour et mourut le 6 sept. 1604. Les • Monats- 
hefte farMusik-Geschichte » 1, 179 et X, 137, out 
public un catalogue de ses cpuvres, compre- 
nant des motets de quatre k six voix, des lieder 
allemands en maui&re de villanelles de deux k 
trois voix, d'autres lieder et des madrigaux de 
quatre a cinq voix, des Messes de cinq k six 
voix, etc. 

Leclair, 1. Jean-Marie, illustre compositeur 
pour le violon, x\e k Paris le 23 nov. 1687, as- 
sassin^ dans la mdme ville le 22 oct. 1764 ; etait 
primitivement danseur et occupa u*i poste de 
maltre de ballet k Turin, mais travailla en 
meme temps le violon avec une Snergie et un 
succ£s tel que Somis, rendu atteniif a son 
talent, le prit comme eleve. L. arriva a Paris 
en 1729, mais n'obtint qu'une modeste place 
de ripteniste k l'Opera; il entra bien en 1731 
dans Torchestre royal, cependant, comme il ne 
parvenait pas a se faire attribuer la premi&re 
place parmi les seconds violons, il se retira au 
bout de peu de temps. Des loirs, L. se voua a 
l'enseiguement et a la composition ; on ignore 
les motifs qui ont pu amener son assassinat. 
On connait de lui les cruvres suivantes : qua- 
rante-huit sonates pour violon avec basse 
chiffree (op. 1, 2, 5, 9), des duos pour deux 



LECOCQ 



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violons (op. 8, 12) ; six trios pour deux violons 
et basse chiffrte (op. 4) ; trios faciles id. (op. 6, 
8); Concertt gross* pour trois violons, alto, 
violoncelle et basse d'orgue (op. 7, 10) ; on 
op£ra : Glaucus et Scylla (op. 11, ex6cut£ en 
1747) ; des ouvertures et des sonates -trios pour 
deux violons et basse (op. 18) ; enfin, une sonate 
de violon posthume (op. 14). Ferd. David a 
remis au jour deux sonates de L., dans sa 
t Hohe Schule des Violinspiels », et sept autres 
dans le recueil preparatoire au m&me ouvrage. 
Un fr&re cadet de L. — 2. Antoike-R£ih, egale- 
ment violoniste, a publte en 1739 (non pas 1760) 
douze sonates pour violon, de sa composition. 
Leclercq, Louis, v. Celler. 
Lecocq, 1. Alexandre-Charles, n6 k Paris 
le 3 juin 1882, el6ve de Bazin (harmonie), Ha- 
16vy (composition) et Benoist (orgue) au Gon- 
servatoire de Paris, se voua, k partir de 1854, a* 
l'enseignement de la musique. Ses premiers 
debuts de compositeur datent de 1857, alors 
que, concurremment avec Bizet, il remporta 
dans un concours, ouvert par Offenbach, un 
prix pour la composition d'une op£rette : Le 
docteur Miracle. L'accueil fut froid, mais plus 
froid encore celui qui fut r&serv£, dfcux ans 
plus tard, a la deuxi&ne op6rette de l'auteur : 
Huis-Clos. Les ouvrages qui suivirent ne r$m- 
port&rent 6galement que des succ£s mgdiocres 
et peu durables : Le baiser a la porte (1864), 
Liline et Valentin (1864), Les Ondines de 
Champagne (1865), Le Myosolis (1866), Le ca- 
baret de Ramponneau (1867) et un op£ra-co- 
mique : L Amour et son carquois (1868). Ge 
n'est qu'd partir de Fleur de the (avr. 1868), 
une op6reite qui atteignit en tr&s peu de temps 
sa centieme representation et remporta des 
succ&s a FStranger, que L. devint Tun des 
compositeurs favoris du grand public ; il se 
distingue du reste avantageusement, dans le 
genre de l'op£rette d'Offenbach et de Herv£, 
par un plus grand souci de correction de la 
facture musicale. Les ouvrages qui suivirent ce 
premier grand succ£s sont : un op6ra-comique, 
Les fumeaux de Bergame (1868) ; un vaude- 
ville, Le carnaval (Tun merle blanc (1868) ; des 
op&rettes ; Gandolfo (1869), Deux porti&res 
pour un cordon, Le Rcyah de Mysore, Le 
beau Dunois (1870), Le testament deM.de Crac 
(1871), Le barbier de Trouville, Sauvons la 
catsse (1872), Les 100 merges, La fiile de Ma- 
dame Angot, Girofle-Girofla (1874), Les prte 
de St-Germis, Le pompon (1875), La petite 
marite (1876), Kosihi, La Marjolaine (1877), 
Le petit due (1878), Camargo, La petite demoi- 
selle (1879), Le grand Casimir, La joUe Per- 
sane (1880), Le marquis de Windsor, Janot 
(1881), La Roussotte, Le jour et la nuit, Le 
cceur et la main (1882), La princesse des Ca- 
naries (1883), Loiseau bleu (1884), Plutus 
(1886), Les grenadiers de Monte-Cornette (1887), 
Ali-Baba (1887), La voli&re (1888), et LEgyp- 
tienne (1890). En plus de ses oeuvres sceni- 
ques, L. a publie : Les Fantoccini (ballet-pan- 
tomime pour piano), Les mietles (24 morceaux 
caracteristiques) et une Gavotte pour piano; 

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LE COUPPEY — LEF£bURE-w£l,Y 



453 



toute line s6rie de morceaux pour chant et 
piano (MHodies, Chansons, Aubade, etc) ; des 
chants religieux pour voix de femmes: La cha- 
pelle au convent (1885) et une reduction pour 
piano de < Castor et Pollux » de Rameau (1877). 

— 2. Jules, chef d'orchestre, n6 k Toumai le 16 
aout 1852; Sieve de Dubois et de Leenders,pour 
le violon, futd'abord chef d'orchestrede th64tre& 
Calais, Angers, G and, Limoges etc. II futensuite, 
de 1890 k 1896, directeur des « Concerts classi- 
ques » de Marseille, ou il fit connaitre quantity 
d'ceuvres nouvelles et, de 1896 k 1897, chef d'or- 
chestre du Th6Atre des Arts, k Rouen. En ou- 
tre, L. dirige depuis 1885, avec grand succds, 
les concerts symphoniques de Spa (Belgique). 
II a 6crit de petites pieces pour orchestre, des 
valses, des scenes de ballet, des m&odies, etc. 

— Sa femme, Dyna (L.) -Beumer, fille d'un pro- 
fesseur de violon au Conservatoire de Bruxel- 
les, est une cantatrice des plus remarquables. 

Le Couppey, Felix, n6 k Paris le 14 avr. 
1811, m. dans la m£me ville le 5 juil. 1887, 
61&ve de Dourlen au Conservatoire, fut nomm6, 
en 1828 d&j&, rep&iteur d'une classe prlpara- 
toire d'harmonie et, en 1837, titulaire de cette 
m£me classe. II succida en 1848 k Dourlen, 
comme professeur d'harmonie puis, en 1848, 
remplaca Henri Herz qui 6tait en tournge de 
concerts et fut nomm£ peu aprds professeur 
d'une nouvelle classe de piano pour les 
femmes. Les ceuvres de L. sont 6crites princi- 
palement en vuer de l'enseignement, ce sont : 
A B Cdu piano, mithode pour les commen- 
qants, des recueils d'6tudes (op. 17, U alphabet: 
op. 24, Le progres ; op. 20, Vagiliti ; op. 21, 
Le style; op. 25, La difficuUi; classes ici par 
ordre de difficult^), une Ecole du micanisme 
du piano, L'art du piano (50 Etudes avec an- 
notations) et un petit 6crit : De Venseignement 
du piano; conseils aux feunes professeurs 
(1865). 

Ledebur, Karl, baron de, n6 a Schildesche, 
pr£s Bielefeld, le 20 avr. 1806, ftait officier de 
cavalerie k Berlin, mais prit sa retraite, en 
1852, k la suite d'une chute de cheval, el se 
voua d£s lors surtout k des Etudes musicales. 
L. a public un dictionnaire biographique local, 
redig6 avec le plus grand soin ; Tonkiinstler- 
lexihon Berlins von den dltesten Zeiten bis auf 
die Gegentoart (1860-1861). 

Ledent, Felix-Etienne, n6 k Liege le 20nov, 
1816, fit ses Etudes musicales avec Daussoigne, 
Lambert, Conrardy et Jalheau, au Conserva- 
toire de sa ville natale, et obtint le premier 
prix de piano (1882) puis le second prix deRome 
(1843). L. est, depuis 1888, professeur de piano 
au Conservatoire de Ltege ; il a publi6 aussi 
quelques compositions. 

Leduc, Alphonse, maison d'&litions musica- 
les, fondle en 1841, k Paris. Alphonse L. suc- 
e6da k son p6re en 1868; il mourut en juin 1892 
et fut remplac£ k la t&te de la maison par sa 
veuve, M m# Alph. L. (n£e Ravina).La maison L. 
s'occupe spScialement de la publication d'ou- 
vrages destines k renseignement de la musi- 
que, mais elle a 6dit6 en outre un grand nombre 



byG< 



le 



d'oeuvres de jeunes musiciens frangais et rus- 
ses. Nous noterons seulement, dans son catalo- 
gue, deux publications paraissant par fascicu- 
les : Vorgue moderns (fasc. trimestriel, sous la " 
direction de Widor et Guilmant, pour la propa- 
gation des oeuvres des jeunes) et les MaUres 
musiciens de la Renaissance franqaise (collec- 
tion r6dig6e par M. H. Expert, en cours de pu- 
blication). Quant au pdriodique, L'Art musical, 
fond6 en 1860, sa publication fut interrompue 
pendant un an, k la suite du dec&s d'Alph. L., 
puis cessa d6finitivement en 1895, par fusion 
avec le t Guide musical ». 

Lee, les fr&res Sebastian, n6 k Hambourg le 
24 d6c. 1805, m. dans la ni&me ville le 4 janv. 
1887, et Louis, n6 k Hambourg le 19 oct. 1819, 
violoncellistes distingufe, Aleves de J.-N. Prell. 
Le premier fut, de 1887 k 1868, violoncelle-solo 
de l'orchestre de l'OpSra, k Paris; il v6cut 
ensuite k Hambourg et publia des fantaisies, 
des variations, des rondos, des duos pour vio- 
loncello, ainsi qu'une m£lhode de violoncello 
trto rgpandue. Quant k Louis L., il se fit en- 
tendre k l'dge de douze ans dfyk, en Allemagne . 
et k Copenhague, fut ensuite violoncelliste au 
th&ltre de Hambourg, v£cut plusieurs annees 
k Paris, puis revint k Hambourg. II organisa 
alors des stances de musique de chambre avec 
Hafner, plustard encore avec Bole, fut pendant 
nombre d'ann£es violoncelle-solo de la Soci£t& 
philharmonique et, jusqu'en 1884, professeur au 
Conservatoire. Un certain nombre d'oeuvres de 
sa composition ont &6 6dit6es : quatuor (op. 10) et 
trio (op. 5) avec piano, sonate (op. 9) et sona- 
tine (op. 15) de violoncelle, sonate (op. 4) el so- 
natine (op. 13) de violon, pieces pour piano et 
violoncelle et pour piano seul ; d'autres sont 
rest£es manuscrites, mais ont 6t6 executes : 
des symphonies (dont une sous la direction de 
Spohr, k Cassel, deux quatuors pour instr. k 
archet, la musique de la Pucelled* Orleans et de 
GuMaume-Tell de Schiller. — Un troisteme 
frire, Maurice, n6 k Hambourg en f6vr. 1821, 
v6cut k Londres, en qualite de pianiste-compo- 
siteur, et y mourut le 28 juin 1895. 

Lefdbure, Loms-Franqois-Henri, n6 k Paris 
le 18 Kvr. 1754, m. en 1840 ; fonctionnaire fran- 
<?ais, en dernier lieu sous-pr6fet k Verdun puis, 
k partir de 1814, retir6 k Paris, auteur de : Nou~ 
veau solfege (1780), ouvrage dans lequel il pr6- 
sente une nouvelle methode de solmisation 
introduite par Gossec, k V « Ecole royale de 
chant » ; Revues, erreurs et mtiprises de diff&- 
rents auteurs cilkbres en mati&re musicals 
(1789); et de plusieurs cantates et oratorios. 

Le!6bure-W61y, Louis-James-Alfred, n6 k 
Paris le 13 nov. 1817, m. dans la mfeme ville le 
81 dSc. 1869; fils de l'organisle de l'Sglise 
St-Roch, Antoine L. (auteur de sonates pour 
piano, pour violon, d'une Messe, d'un Te deum, 
etc. ; m. en 1831), iravailla d'abord la musique 
avec son p&re qu'il suppl^ait d^jd k l'4ge de 
huit ans, dans ses fonctions d'organiste, et 
auquel il succeda en 1831. Peu apr&s sa nomi- 
nation, L. entra au Conservatoire, dans les 
classes de Benoist (orgue), Zimmermann (pia- 

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454 

no), Berton (harmonie), Halevy (composition), 
et obtint piusieurs recompenses. En outre, L. 
prenait des lecons parti cuiieres d'Adam, pour 
la compoBition, et de Sejan, organiste de Saint- 
Sulpice, pour l'orgue. En 1847, L. echangea 
l'orgue de St-Boch contre le splendide instru- 
ment de Cavailie-Coll, k la Madeleine, mais il 
l'abandonna dejk l'annee suivante, pour se 
vouer tout entier k la composition. II n'accepta 
plus que la succession de Sejan, en 18(58, k 
l'eglise St-Sulpice. L. qui n'est plus guere 
connu que par ses nombreux arrangements ou 
ses compositions pour harmonium (instrument 
dont il joualt fort bien) et par des morceaux 
de salon, pour piano (Les cloches du Manas- 
tire, etc.), n f en fut pas moms un musicien de 
reel talent et un improvisateur remarquable 
sur l'orgue. Comme compositeur, il a aborde 
presque tous les domaines : un opera, Les re- 
cruteurs (1861); une cantate, Apr is la victoire 
(1863) ; deux Messes avec orgue et une avec 
orchestre ; trois symphonies ; enfin, en plus de 
ses morceaux de salon, trois recueils d'etudes 
de piano qui ont bien quelque valeur. 

Lefebvre, 1. Jacques (Le Febvre, Jacobus 
Faber), ne k Etaples, pres Amiens (d'ou son 
nom de Stapulensts) vers 1435 ou 1455, m. k 
Nerac, ou il olait precepteur des princes au 
service des rois de Navarre, en 1537 ; auteur de 
Elementa musicalia (1496; 2" n « ed. 1510, avec 
Fen-tete : Musica libris IV demonslrata ; avec 
le meme titre encore dans un grand ouvrage 
de mathematiques de L., en 1514, puis dans un 
autre, en 1528, ce dernier contenant en outre : 
Quaestiuncula prvevia in musicam specula- 
tivam Boetii ; entln, en 1552, sous le titre : De 
musica quatuar libris demonslrata). — 2. 
Charlks-Edouard, nh k Paris le 19 juin 1843, 
fils du peintre du meme nom, fit d'abord des 
Etudes de droit puis entra au Conservatoire de 
Paris et obtint, en 1870, le grand prix de Rome. 
Apres avoir voyage quelques annees, L. se ftxa 
a Paris ou il se voua k la composition et fut 
nomm6, en 1895, professeur de la classe d'en- 
semble instrumental, au Conservatoire. Ses 
principals oeuvres sont : Judith (op6ra de con- 
cert, 1879), Melha (legende fantastique), Eloa 
(a»uvre chorale, d'apres le poeme d'A. de 
Vigny), une symphonie en re maj., Dalila (sce- 
nes orchestrates), de la musique de chambre, 
des psaumes, entln piusieurs operas : Zaire 
(1887), Le trisor (un acte), Djelma (3 actes, 
Opera, mai 1804). 

Lefevre, Jean-Xavier, clarinettiste distingue, 
ne k Lausanne le mars 1763, m. a Paris le 
9 nov. 1829; eleve de Michel Yost, k Paris, fit 
partie pendant de longues annees de l'orchestre 
de TOpera, fut en outre, de 1795 a 1825, profes- 
seur de clarinette au Conservatoire et, k partir 
de 1807, membre de la chapelle imperiale puis 
(apres la Restauration) royale. L. est l'auteur 
de la methode de clarinette du Consenatoire 
(1802, trad, aussi en allemand) ; il a ecrit de 
plus des concertos, des morceaux concertants, 
des duos, des donates, etc. pour son instrument. 
11 perfectionna du reste le mecanisme de la 



LEFEBVRE — LEGRENZI. 



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clarinette, par l'adjonclion de la sixieme clef 
mais ne voulut jamais entendre parler d'une 
augmentation plus grande du nombre des 
clefs. 

L6gati88imoj(ital.),tres lie. v. tougher. 

Legato (ligato ; abr. leg., itai. lie),se dit d'une 
execution dans laquelle les diiferents sons se 
succedent sans aucune interruption quelcon- 
que, d'ou le substantif le L Le I. vocal existe 
lorsque, sans interrompre l'expiration , on 
change le degre de tension des cordes vocales, 
de telle facon que le premier son se transforme 
reellement en un autre son suivant immediate- 
men t: la chose se passe d'une maniere ana- 
logue dans le jeu des instr. k vent, en ce sens 
que, sans interrompre le souffle, on se borne a 
changer le doigte ou la tension des levres. Sur 
les instr. k archet, le /. s'obtient de deux 
facons : 1° lorsque les sons se jouent sur une 
meme corde, Y archet ne quilte pas la corde 
pendant que le doigte change ; 2° lorsque les 
sons se jouent sur differentes cordes, 1 archet 
glisse rapidement d'une corde sur l'autre. 
Enfin, sur les instr. a clavier, le /. s'execute en 
ne laissant remonter la louche qui correspond 
au premier son que pendant que Ton abaisse 
celle k laquelle repond le second ; ainsi, dans le 
piano, les cordes du premier son rest en I librejs 
(sans elouffoir) et vibrent par consequent jus- 
qu'au moment exact ou les cordes du second 
sont frapp6es a leur tour, et, dans l'orgue (et 
les instruments de meme genre : harmonium, 
positif, regale), la soupape qui conduit le vent 
au treillis reste ouverte jusqu'au moment ou 
i'enfoncement d'une seconde louche ouvre une 
autre soupape. Cf. archet et toucher. 

Leggiero (ou aussi legyiadro y ital.), leger, 
elegant, gracieux. Dans le jeu du piano, deno- 
mination de toucher intermediaire entre le 
legato et le staccato, se distinguant du premier 
en ceci que le doigt, au lieu d'appuyer sur la 
louche, se contente de la frapper. Le L differe 
du niezzolegalo (v. ce mot) par le fait que l'ele- 
ment principal en est non pas l'attaque de la 
touche, mais la facon elastique dont le doigt se 
releve. 

Legouiz, Isidore-Edouard, ne a Paris le 
\** avr. 18&i, eleve du Conservatoire de Paris, 
auteur de toute une serie d'operettes comiques 
et la plupart en un acte, mais dont 1'allure est 
trop distinguee pour convenir aux gouts de la 
masse. 

Legrenii, Giovanni, illustre compositeur, ne 
a Clusone, pres Bergame, vers 1625, m. a Venise 
le 26 mai 1690 ; etait organiste de l'eglise Ste- 
Marie-Majeure, k Bergame, lorsqu'il fut appele 
aux fonctions de directeur du Conservatoire 
• dei Mendicanti ;k Venise. 11 devint en outre, en 
1685, maitre de chapelle de l'eglise St-Marc. L. 
augmenta uotablement l'effectif de l'orchestre de 
St-Marc et le porta k trente-quatre instrumen- 
tistes (8 violons, 11 petites violes [violeUe], 2 te- 
nors de viole, J3 gambes et contrebasses de viole, 
4 theorbes, 2 cornets, 1 basson, 3 trombones). II 
a ecrit dix-sept operas (la plupart pour Venise) 
qui,surtout an point de vue de Faccompagne- 

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LEHMANN — LEMA.IRE 



455 



inent instrumental, d6notent un r6el progres sur 
ceux de ses pr6d6cesseurs, et il a publie : Con- 
certo di me$$e e salmi a 3 e 4voci con violini 
<1654) ; motets de deux A quatre voix (1655) ; mo- 
tets A cinq voix (1660) ; Sacri e fegivi concert^ 
tnesse e salmi a due cori (1657) : Sentimenti de- 
voli (deux livres, de deux a trois voix ; 1660) ; 
Complete con litanie ed antifone delta Beata 
Virgine Maria (a cinq voix, 1662) ; CantcUe a 
voce$ola{\&lh) ; Idee armoniche (de deux A trois 
voix ; 1678) ; Echi di reverensa (quatorze can- 
tates pour une voix seule, 1679) ; Motetti sacri 
a voce sola con 3 stromenli (1692) ; Suonate 
per chiesa (1655) ; Suonate da chiesa e da 
camera a tre (1656) ; Una muta di suonate 
<1664); Suonate a due violini e viotone (avec 
continuo pour orgue, 1667) ; La cetra (sonates 
pour deux A quatre instruments, 1673) ; Suo- 
nate a 2 violini e violoncello (1677) ; Suonate 
da chiesa e da camera (de deux A sept voix, 
1693). Lotti fut l'£16ve de L. 

Lehmann, Lilly, cantatrice dramatique dis- 
tingu£e (soprano), n£e A Wurzbourg le 15 mai 
1848; fit partie pendant nombre d'ann£es du 
personnel de TOpera de la Cour, A Berlin, et y 
remporta de grands succds. Elle brisa cepen- 
dant son contrat, part it pour l'AmSrique, oil 
•elle epousa le tenor Kalisch, et ne rentra en 
Allemagne qu'en 1890. Elle chante depuis lors 
soit au concert, soit en representations. 

Leibrock, Joseph-Adolf, n6 a Brunswick le 
S janv. 1808, m. A Berlin le 8 aotit 1886; 6tudia 
d'abord la philosophic et prit son doctorat, 
mais se voua ensuite A la musique et devint A 
la fois violoncelliste et harpisle de l'orchestre 
de la Cour, A Brunswick. En plus d'un grand 
nombre de compositions diverses (musique des 
Rauber de Schiller, lieder, choeurs, une foule 
^'arrangements pour piano et violoncello, etc.), 
L. a public une Musihalische Akkordenlehre 
<1875), ouvrage int&ressant par le fait que, 
cherchant A etablir la situation rSciproque des 
accords dans le syst£me harmonique tonal, 
l'auteur en arrive A reconnaltre Timportance 
toute speciale de la sous-dominante dans la 
structure logique de la phrase musicale. L. a 
4crit aussi une histoire de la chapelle de la 
dour des dues de Brunswick (dans le « Braun- 
schweigisches Magazin », 1865-1866). II passa 
les dernieres ann6es de sa vie A Leipzig. 

Leighton, William (Sir), compositeur an- 
glais, a public, en 1614, une anthologie : Teares 
or lamentacions of a sorrowful soul, conte- 
nant cinquante-quatre psaumes et hymnes, les 
uns A quatre voix avec accompagnement de 
luth, les autres de quatre a cinq voix a cap- 
peila; huit morceaux sont de L. Iui-m6me, les 
autres de J. Bull, Byrd, Coperario, J. Dowland, 
A Ferrabosco, 0. Gibbons, Th. Weelkes, 
J. Wilbye, etc. 

Leisinger, Elisabeth, cantatrice scenique de 
talent (soprano), nee a Stuttgart le 17 mai 
1864, 616ve du Conservatoire de Stuttgart et de 
M°» Yiardot-Garcia, a Paris, est depuis 1884 
Tune des cantatrices les plus appr6ci6es de 
l'Op6ra de la Cour, A Berlin. 



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Leite, Axtonia da Silva, compositeur et 
thforicien portugais, maitre de chapelle de la 
Cathedrale de Porto, de 1787 A 1826 environ, 
auteur de: Resumo de lodas as regras e pre- 
ceitos de cantoria assim da musica metrica 
como da cantochao (1787), a public en outre : 
une m&hode de guitare (1796), six sonaten pour 
guitare avec violon (rebecca) et deux trom- 
pettes, un Tanturn ergo A quatre voix avec 
orche8tre, un Hymne pour le couronnement de 
Jean VI de Portugal, etc. 

Leitert, JoiiANN-GKORG,pianiste, n6 aDresde 
le 29 sept. 1852, se fit entendre en public A 
T&ge de treize ans deja, mais travailla ensuite 
sous la direction de Liszt qu'il suivit m§me A 
Rome. De grandes tournees de concerts (en tre 
autres en 1872, avec Wilhelmj) r^pandirent 
aussi son nom en dehors de sa patrie. II pro- 
fessa, de 1879 A 1881, a Tlnstitut de piano de 
Horak, a Vienne, et publia quelques oeuvres 
pour piano. 

Leitmotiv (all.), terme frequemment employ^ 
en francais, depuis l'apparition des oeuvres de 
Wagner, et que Ton peut du reste fort bien 
remplacer par son Equivalent ; « motif conduc- 
teur » (v. cemot)ou, dans certains cas speciaux, 
« motif caracteristique •. 

Leitton (all.), note sensible. 

Le Jeune, Claudin, contrapontiste francais, 
ne a Valenciennes vers 1530, m. A Paris le 
23 sept. 1564. Ses oeuvres ont paru de 1585 A 
1610 et comprennent des chansons, des madri- 
gaux, des airs, etc. et, plus particulterement, 
quarante psaumes de David (imprimes en 1601). 
Ne pas coufondre L. avec Claudin de Skrmisy 
(v. ce nom) qui lui est anterieur d*une trentaine 
d*ann£es environ. 

Lemaire, 1. D'apr£s Rousseau (« Dictionnaire 
de musique), et Mersenne («Harmonie uni- 
verselle », p. 1342 [1636]), le musicien qui aurait 
propose 1 emploi de sept syllabes de solmisa- 
tion au lieu des six jusqu'alors en usage, autre- 
mentdit la suppression du systdme des muan- 
ces (la septteme syllabe 6tait selon Rousseau 
si 9 selon Mersenne za). Si Ton en croit F£tis 
(« Biographie universelle »), le L. auteur de 
cette innovation serait un certain Guillaume le 
Maire, membre des t 24 violons » de Louis XIV. 
Mais comme d'autre part, d'aprds t TExerci- 
latio musicae in » (1611) de Calvisius, la de- 
nomination si, comme septi6me syllabe, semble 
avoir 6te d'un usage courant vers 1611 d£ja, 
I* ensemble des indications de Mersenne, Rous- 
seau et Fetis est difficilement acceptable. II ne 
reste qu'& enlever A L. la priori te de Innova- 
tion ou A reporter en arriere i*£poque de 
sa vie. — 2. THfeoPHiLE, n6 A Essigny-le- 
Grand (Aisne) le 22 mars 1820 ; 616 ve de Garcia 
(chant), Michelot (classe d'opera)^ et Mo- 
reau-Sainti (classe d'opera-comique) au Con- 
servatoire de Paris, renon^a a la suite d'une 
forte tluxion de poitrine A la carrtere de chan- 
teur scenique qu'il s'etait propose d'embrasser, 
et se voua a Tenseignement du chant. II fit, 
dansce but, une &tude consciencieuseapprofon- 
die de toutes les methodes de chant anciennes 

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456 



LE MAISTRE — LBMOYNE 



et modemes qu'il put trouver et fut amen6 de 
la sorte A traduire les € Opiiiioni dei canton 
antichi et modern! » (1723), de Tosi : Lart du 
chant, opinions, etc (1874). L. a de plus public, 
en collaboration avec H. La vols (v. ce noin): 
Le chant, ses principes et son histoire (1 vol. 
en deux parties; 2* partie: Histoire du chant, 
1881). 

Le Maistre (Lb MaItre), Mattheus contra- 
pontiste n&erlandais, nomm£ en 1554 maltre 
de chapelle de la Cour, A Dresde, prit sa re- 
traite en 1567 et mourut dix ana plus tard. 11 a 
publi£ : Magnificat octo tonorum (1557) ; Cote- 
chests numeris musicis inclusa et ad puero- 
rum captum accomodata tribus vocibus com- 
posita (1563 : A l'usage des enfants de choeur 
de la chapelle de Dresde) ; Geistlicke tmd welt- 
liche teutsche Ges&nge (1566, de quatre A cinq 
voix); un livre de motets A cinq voix (1570); 
Officia de nativitate et ascensione Christi (1574; 
A cinq voix) ; Schtine und auserlesene teutsche 
und lateinische geistlicke Lieder (1577); La 
Bibl. de Munich possdde les manuscrits de 
trois Messes, vingt-quatre offices et quatre 
versets qui n'ont pas 6t6 imprimis. FStis et 
d'autres encore ont confondu L. et Matthias 
Hermann (v. Hermann) ; cf. « Monatshefte f&r 
M.-G.» 1871, XII, et la monographie d'O. Kade 
sur L. (1862). 

Lemidre de Corvey, JEAN-FafeDfeiuc-AoGos- 
te, n£ A Rennes en 1770, m. A Paris le 19 avr. 
1832, officier de Vannee franchise pendant la 
Revolution et sous Napoleon, auteur de vingt- 
trois operettes et operas -comiques, dont le 
premier fut repr^senl^ A Rennes, alors que L. 
n'6tait encore qu'un simple amateur. Mais A 
partir de 1792, L. devint 61£ve de Berton et 
donna ses outrages A Paris, non sans rem- 
porter quelque succds ; il a fourni en outre des 
Editions franchises de plusieurs operas de Ros- 
sini, et public des sonates pour violon, pour 
piano, des pots-pourris, de la musique mili- 
taire, un trio pour harpe, cor et piano, des ro- 
mances, etc. 

Lemmens, Nicolas-Jacques, organiste vir- 
tuose de renom, n£ A Zoerle-Parwjjs (Belgi- 
que) le 3 janv. 1823, m. au chateau de Linter- 
port, pr£s Malines, le 30 janv. 1881; £leve du 
Conservatoire de Bruxelles, sous la direction 
F£ti8, puis, avec une allocation du gouverne- 
ment, de Hesse A Breslau (1846). Trois ans 
plus tard, il fut nomm6 professeur d'orgue au 
Conservatoire de Bruxelles, et epousa, en 1857, 
une cantatrice, H&l£ne Sherrington (n6e a 
Preston le 4 oct 1834, 616ve du Conservatoire 
de Bruxelles, tr&s appr£ci£e A Londres comme 
cantatrice d'^glise, de concert et de th£Atre, 
nomm£e en 1891 professeur de chant A la 
« Royal Academy of music »). Depuis T£poque 
du son manage, L. fit A diverses reprises de 
longs sSjours en Angleterre. Enfin, en 1879, il 
ouvrit A Malines, sous les auspices du clerg£ 
beige, une Ecole d v organistes et de maltres de 
chapelle (Ecole de musique religieuse). L. a 
ecrit un grand nombre d'excellentes composi- 
tions pour orgue (improvisations, sonates, pi£- 



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ces diverses, etc.), une grande Ecole dorgue 
(adoptee par les Conservatoires de Bruxelles,. 
Paris, etc), une m£thode d'accompagnement 
du plain-chant, diflftrentes cwrvres vocales re- 
ligieuses, des symphonies, etc 

Lemoine, 1. Antoinb-Marcel, nk A Paris le S 
nov. 1763, m. dans la mfcme ville en avril 1817,. 
guitariste virtuose, jouait une partie d'alto en 
1789, dans l'orchestre du th&tre de Monsieur 
et devint ensuite, pendant quelque temps, chef 
d'orcheslre de petites scenes parisiennes. Enfin^ 
en 1793, il fonda une maison d'6dition musi- 
cale dont son fils Henri (v. 2) prit la succes- 
sion. L. a public une m6thode de guitare. — 2. 
Henry, fils du precedent, n& A Paris le 21 oct 
1786^ m. dans la meme ville le 18 mai 1854; 
616ve du Conservatoire de Paris (1798-1809) 
puis, en 1821, 616ve encore de Reicha pour 
l'harmonie, devint Tun des maitres de piano 
les plus recherch£s de la capitale, mais prit en 
1817, la succession de son p£re A la tete de la 
maison d*6dition et parvint A en faire une des 
premieres de France. L. lui-meme est Fauteur 
d'une Petite mSthode ittmentaire pour le pia- 
no, <Tun Traiti cfharmonie pratique, d'un 
Solfege des Solfiges (dix petite voL), des Tablet* 
tes du pianiste; memento du professeur de 
piano (1844) et de toute une serie de pieces 
pour piano (6tudes, sonates, variations, etc). 
— 3. Amis, ne en 1795 (date de mort in conn ue)^ 
Sieve de Galin (v. ce nom), enseigna A son 
tour d'apr£s la m£thode de son maltre et pu~ 
blia deux nonvelles Editions de la « M&hode 
du m&loplaste ». II en revint cependant plus 
tard A la meHhode usuelle d'enseignement. — 
4 AcHiLLE-PHrLtBERT. fils d'Henry L. (2), n6 A 
Paris en 1813, m. a Sevres le 18 aoftt 1895; fut 
associe* A son p£re en 185(), puis, deux ans plus 
tard, prit seul la direction de la maison d'edi- 
tion. En 1858, il lui adjoignit un atelier de gravu- 
re et d'impression et donna d&s lors une grande 
impulsion A son commerce qu'il augmenta en- 
core, en 1875, par l'acqutsition du fonds Scho- 
nenberger. Enfin, en 1885, L, fonda une succur- 
sale A Bruxelles et s'associa ses fils Henry et 
L&on, qui, depuis sa mort, ont pris la direction 
des affaires. A signaler plus particuli£rement„ 
parmi les nombreuses publications de la mai- 
son : le Repertoire dassique du chant fran- 
gais et le Repertoire de Vancien chant dassi- 
que <r6dig£s tons deux par Gevaert), etc. 

Lemoyne, Jban-Baptiste (Moyne, ditL.), n& 
A Eymet (P^rigord) le 8 avr. 1751, m. A Paris 
le 30 dec. 1796; fut d'abord chef d'orchestre de 
divers theatres de province, en France, puia 
alia travailler A Berlin, sous la direction de 
Graun et de Kimberger, et obtint le poste de 
second maltre de chapelle de Fr£d6ric-le- 
Grand. II rentra cependant a Paris, chercha A 
se faire passer pour un eleve de Gluck, mais,, 
desavoue par ce dernier, il s'appropria absolu- 
ment le style de Piccini. Malgre son manque 
de personnalite' et la faiblesse de son caractere^ 
L. remporta certain succes avec quelques-uns 
de ses operas. II dut m£me, en 1789, lore de la 
representation de NephU, paraltre sur la scene 

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LENAERTS — LEONARD 



457 



pour remercier le public ; c'etait la toute pre- 
miere fois, & Paris, qu&le fait se prtaeutait. 

Lenaerts, Constant, n^ k Anvers le 9 mare 
1852,eieve de P.Benoit,devint A l'&ge de dix-huil 
ans d6jtk chef d'orchestre au Th6Atre flamand 
de sa Tille natale. II est actuellement profes- 
seur au Conservatoire d'Anvers, ainsi que chef 
d'orchestre dee Concerts populaires et du 
«Toonkunstenaarbond».L. a donne egalement 
quelques ceuvres, entre autres une cantate: 
De trtomf varit licht (1890; choeurs et grand 
orchestre). 

Lenepveu, Chables-Fbrdinand, n£ k Rooen 
le 4 oct. 1840; 6tait destine au barreau et fit 
dee Etudes de droit, mais travailla en meme 
temps la musique aupr&s de Servais, et, apr6s 
qu'une cantate de sa composition eut el6 cou- 
ronn6e (1865), entra au Conservatoire de Paris. 
L'annee suivante, il obtint le prix de Rome, et 
en 1869 un nouveau prix, dans un concours or- 
ganise par la direction de l'Op6ra-Comique, 
avec un ouvrage intitule Le Fl&rentin (repre- 
sents en 1874 seulement). Un opera du m£me 
auteur, Velleda, a ete represents pour la pre- 
miere fois & Londres, en 1882. Entre temps, L. 
avait ete nomme, en 1880, professeur d'une 
classe d'harmonie au Conservatoire de Paris; 
il succedait & Guiraud qui venait d'etre nomme 
professeur de composition. 

Lentando (slentando, ital.), en ralentissant, 
en tralnant un peu. 

Lento (ital., lent), 4 peu pres synonyme de 
largo; non L, sans trainer. 

Lens, Guillaumb de, ne en 1808, m. & l'h6- 
pital d St-P6tersbourg le 81 janv. 1883, conseil- 
ler d'etat imperial russe, auteur de : Beethoven 
et ses trots styles (1852 & 1855 ; 2 vol.), Beetho- 
ven f eineKtmststiidie(ld5dkWdO;cinq vol.dont 
les toI. in-v parurent aussi separement, sous 
le titre: Kritischer Katalog der s&mtichen 
Werhe nebst Analysm dersefoen, etc. [I860], de 
meme que le vol. i, sons le titre : Beethoven, 
eine Biographic [2 m « ed. 1879] ) et Die grossen 
Pianofortevrrtuosen unsrer Zeit (1872, sur 
Liszt, Chopin, Tausig, Henselt). Les ouvrages 
de L. sur Beethoven sont moins le resultat de 
recherches objectives et logiques, que d'une 
trea grande admiration pour le maltre; ils 
n'ont par consequent que peu de valeur au 
point de vue de l'histoire musicale, mais ils 
peuvent aider & la comprehension de la per- 
sonnalite artistique de Beethoven et eveiller 
l'enlhousiasme pour son genie. 

Leo, Leonardo, ne A San Vilo degli Schiavi 
(Naples) en 1694, m. a Naples en 1746; ei6ve 
d'A. Scarlatti et de Fago, au Conservatoire 
« della PietA » & Naples, puis de Pitoni, & 
Rome, fut nomme A son retour professeur au 
Conservatoire « della PietA » et remplit en 
outre* plus tard, les fonctions d'organiste de la 
chapelle royale (1716) et de maitre de chapelle 
de Ste-Marie « della Solilaria ». 11 echangea 
dans la suite son poste de professeur, contre 
un poste analogue au Conservatoire « Sant' 
Onofrio », et mourut subitement pendant qu'il 
etait A son clavecin. L. est Tun des repr6sen- 



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tants les plus illustres de l'Ecole napolitaine 
dont il fut A la fois Tun des fondateurs et Tun 
des plus ceiebres professeurs; il eut entre 
autres, comme eieves, Jomelli et PiccinL La 
liste des compositions sceniques de L. com- 
prend pres de soixante ouvrages. Son tout pre- 
mier debut date de 1712, alors qu'un oratorio 
de lui, San Alessio, fut donne au Conservatoire ; 
vinrent ensuite quelques serenades pour anni- 
versaires de naissance, ceremonies de manage, 
etc. Mais ce ne fut qu'en 1718 qu'il debuta avec 
un veritable opera, au theatre « San Bartolo- 
meo » de Naples : Sofonisbe; son dernier ou- 
vrage, 11 nuovo don Chisciotte, repr6senl6 en 
1748, avait ete acheve par P. Gomez. Quant aux 
sujets de ses autres operas, ils correspondent 
& ceux que traiterent presque tons les compo- 
siteurs d'operas italiens : Tamerlano, La cle- 
menza di Tito, Siface, Demofoonte, etc. A ces 
nombreux operas viennent s'ajouter : des ora- 
torios (La morte cCAbele, Santa Elena al cal- 
vario, Dalla morte alia vita); une Messe A 
quatre voix * alia Palestrina » ; deux Messes A 
cinq voix, avec orgue ; une autre & quatre et 
une & cinq voix, avec orchestre; plusieurs 
Credo, Dixit (un i dix voix, pour deux choeurs 
et deux orchestras), Miserere (un, entre autres, 
£ huit voix, dans le plus beau style a cappeUa), 
Magnificat, r&pons, motets, hymnes, etc. Enfin, 
notons encore six concertos pour violoncello 
avec quatuor d'archets, un certain nombre de 
toccatas pour clavecin, deux recueils de fugues 
pour orgue et des solfeges, avec basse chiffree, 
destines a 1'enseignemenL La plupart des ceu- 
vres de L. sont conserv6es, manuscrites, & 
Naples, Rome, Paris et Berlin. Lps anthologies 
modernes renferment quelques morceaux de 
L. ; on en trouve dans « Caecilia », de Braune 
(Oredidi propter, Tu es sacerdos, Miserere 
4 vocum), < Sammlung, etc. » de Rochlitz (Di 
quanta pena, Et incarnatus est) ; le Miserere 
k huit voix, une perle de la literature polypho- 
nique, a ete publie par Rochlitz (toe. ciL), Com- 
mer (« Musica sacra », vol. vra), Weber (« Kirch- 
liche Chorgesfinge » ; un fragment seulement) 
et, Apart, par Choron (Paris) et chez Schlesin- 
ger (Berlin) ; un Dixit dominus & huit voix a 
ete edite par Stanford (Londres), un autre A 
cinq voix a paru chez Kammel (« Sammlung, 
etc. » ), un grand nombre de solfeges dans les 
« Solfeges d'ltalie, etc. », de Levesque et Be- 
che, un air de La Clemenza di Tito et un duo 
de Demofoonte dans les « Gloires de l'ltalie », 
de Gevaert, etc. 

Leonard, Hubert, violoniste et pedagogue du 
violon des plus illustres, n6 & Bellaire, pres 
Liege, le 7 avr. 1819, m. d. Paris le 6 mai 1890; 
recut les premieres lemons d'un nomme Rouma, 
entra, en 1836, dans la classe d'Habeneck au 
Conservatoire de Paris et obtint en meme 
temps une place de violoniste au Theatre des 
Varietes, plus tard k TOpera-Comique et enfin 
a l'Op£ra. Au bout de trois ans L. quitta le 
Conservatoire, mais il resta A Paris jusqu'en 
1844 et se fit ensuite un nom par de nombreuses 
tournees de concerts ; enfin, en 1848, il fut 

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458 



LEONCAVALLO — LESLIE 



appel& comme premier professeur de violon au 
Conservatoire royal de Bruxelles, en remplace- 
ment de de B6riot, devenu aveugie. Trois ans 
plus tard, L. £pousa Antonia Sitcher de 
Mjendi, cantatrice de grand talent et ni&ce de 
Manuel Garcia. U abandonna plus tard, en 
1867, pour raisons de sante, la situation qu'il 
avait k Bruxelles et retourna vivre k Paris oil 
il continua cependant k former de nombreux 
&6ves. La majeure partie des publications de 
L. sont destinees a l'enseignement, ce sont : 
Gymnastique du violoniste, Petite gymnastique 
du jeune violoniste, 24 iiudes classiques, 
Etudes harmoniques, Ecole L. (m£thode de 
violon), Uancienne ecole italienne (exercices 
de doubles cordes), six sonates et le < Trille 
du diable », de Tartini, avec l'accompagnement 
realise d'aprds la basse chiffree de Tauteur; 
puis : cinq concertos avec orchestre, six mor- 
ceaux de concert avec piano, une quantity de 
fantaisies, de morceaux caracteristiques, une 
s6r6nade pour trois violons, un duo de concert 
pour deux violons, une valse-caprice, des duos 
avec piano sur des motifs d'op^ras,' parmi les- 
quels des transcriptions de thlmes de Wagner, 
quatre duos avec piano (en collaboration avec 
Litolff) et trois autres avec violoncelle (en col- 
laboration avec Servais). 

Leoncavallo, Ruggiero, n£ k Naples le 8 mars 
1858, travailla le piano sous la direction de 
Peri et de Simonelti,et 1'harmonie sous celle de 
Rula. B se rendit plus lard k Paris, dans le but 
d'y gagner sa vie comme professeur de musi- 
que, et y donna dans un cercle priv£, son pre- 
mier ouvrage scenique, un petit op6ra : Le 
songe (Tune nuit cT4U (1889); il publia £gale- 
ment a Paris ses premieres melodies. L. fit en- 
suite de longs voyages puis, entrain^ par le 
mouvement v^riste italien, il &crivit ses Pu- 
gliacci qui, des leur premiere representation, k 
Milan, le 81 mai 1892,flrent une sensation &nor- 
me.Quoique de facture plus solide que « Caval- 
leria rusticana » de Mascagni (v. ce nom), Tou- 
vrage de L, nVn disparattra pas moins bientot 
du repertoire. Les o&uvres qui suivirent ce pre- 
mier grand succ£s ne rencontr£rent du reste 
pas un accueil aussi favorable, ce furent : 
Medici (Milan, 9 nov. 1893), Chatterton (Rome, 
mars 1896), Boheme (oct. 1897). De plus, il faut 
mentionner un po6me symphonique : Sera- 
fitus-Serafita, et un ballet-intermezzo : Leben- 
de Mariorietlen, pour grand orcbestre. 

Leonhard, Julius-Emil, n£ k Lauban le 
13 juin 1810, m. a Dresde le 23 juin 1883, devint 
successive™ en I professeur de piano au Con- 
servatoire de Munich (185*2), puis k celui de 
Dresde (1859). II convient de noter parmi ses 
ceuvres : un oratorio, Johannes der Tduf'er ; 
symphonie en mi mineur; ouverture d'Ajcel 
und Walpurg, d'Oehlenschlager ; sonate pour 
piano (couronn£e); deux sonates de violon; 
trois trios et un quatuor avec piano ; trois can- 
tates pour chomr, soli et orchestre et d'autres 
ceuvres vocales. 

Leoni, Leone, maitre dechapelle d'une £glise 
de Vicence, dans les dernieres annees duxvi* 



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et les premieres du xvn* s., Tun des maltres 
qui, en 1592, presentment leure hommages a 
Palestrina, en luidediant un recueil de psaumes 
a cinq voix. L. a publie : cinq livres de raadri- 
gaux k cinq voix (1588, 1595 [2], 1598, 1602); 
un livre de motets de deux k quatre voix, avec 
basse continue (1606, 1608 ; 2° ed. sous le titre 
Sacri fiori, 1609, 1611); Omnis psalmodia 
solemnilaium 8 vocum (1613) ; enfin Prima 
parte ddt aurea corona, ingemmata d'armo- 
nici concerti a 10 con 4 voci e 6 instromenti 
(1615). On trouve en outre des morceaux deta- 
ches de L., dans Triomfo di Dori (1596) de 
Gardane, Promptuarium de Schade, Fton'le- 
gium Portense de Bodenschatz et diverses au- 
tres anthologies. 

Leonowa, Daria, cantatrice russe remarqua- 
ble (alto), n£e dans le gouvernement de Tver 
en 1825 ; entra k l'dge de treize ans k TEcole 
imp6riale d'op£ra, k St-P6tersbourg, et debuta 
cinq ans plus tard, au Theatre Marie, dans le 
role deVania de la « Vie pourle tzar» (Glinka). 
Elle fut pendant longtemps Tune des premieres 
cantatrices de St-P6tersbourg et chanta tout le 
repertoire national (« Rousslan et Ludmilla », 
« Rogneda », « William Rat cliff », « Boris Go- 
dounow », « La jeune fille de Pskov », etc.);de 
plus, elle se fitconnaltre en dehors de son pays, 
dans de longues tourn£es de representations. 
Elle enlreprit mdme, entre autres, le tour du 
| monde, en 1874. 

Le Roy, v. Ballard. 

Lesage de Richie, Philipp-Frakz, luthisle 
virtuose et compositeur, 61&ve de Mouton, a 
publie en 1685 (k Breslau ?) un Kabinet der 
Lauten, recueil de 98 pieces r&parties en douze 
suites ; ces pieces comptent parmi les meilleurs 
specimens de la literature du luth qui, comme 
on le sail, servit de modele au style francais de 
clavecin. Cf. « Monatshefte fur M.-G. t, 1889, 
XM. 

Leschetitxki, Theodore, pianiste et pedago- 
gue de piano de renom, n6 k Lemberg en 1881, 
de parents polonais, fut pendant n ombre d'an- 
n£es professeur de piano au Conservatoire de 
St-P£tersbourg, mais abandonna en 1878 cette 
situation et s'est voue depuis lors a Fenseigne- 
mest priv£, k Vienne. Ii epousa, en 1880, Tune 
de ses £l£ves, A. Essipoff (v. ce nom) mais se 
separa d'elle , en 1892, pour epouser enfln deux 
ans plus tard, en troisiemes noces, une autre 
de ses Aleves, M ,lo Benisla\vska. L. a publie des 
pieces pour piano elegantes, d'une jolie couleur 
et produisant de Teffet;un opera de sa compo- 
sition. Die ersle Falte,a et£ representee Prague 
(1867), k Wiesbaden (1881), etc. avec succ^s. A 
noter, parmi les meilleurs £l&ves de L. : Pade- 
rewski, M m « Blomfield-Zeisler, etc 

Leslie, Henry-David, directeur de talent et 
compositeur notable, ne k Londres le 18 juin 
1822, m. k Londres le 4 tfvr. 1896; fut d'abord 
violoncelliste dans Torchestre de « Sacred Har- 
monic Society », puis devint, en 1847, secre- 
taire de T « Amateur Musical Society • dont 
il prit plus tard (1855) la direction, jusqu'au 
moment de sa dissolution. De plus, L. fonda 

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LESSEL — LE SUEUR 



459 



en 1856 une societe chorale a cappella qui 
parvint d une grande renommee et obtint la 
pins haute recompense au concours interna- 
tional de 1878, a Paris. En 1864, L. avait ete 
plac^ d la tete du < National College of music », 
mais ce conservatoire fut supprime au bout de 
quelques annees d'existence. Les ceuvres de L. 
sont : un opera, Ida (1864), une operette, Ro- 
mance or Bold Dick Turpin (1857); deux ora- 
torios (Immunuel, 1853 ; Judith, festival de 
Birmingham de 1858); plusieurs cantates (Holy- 
rood, 1860; The daughter of the isles, 1861); 
un anthem de fete, Let God arise; Te Deum el 
Jubilate (1846); une symphonie (1847) et une 
ouverture : The templar (1852). 

Lessel, Franz, compositeur, n£ d Pulawy, en 
Pologne, vers 1790, m. a Petrikoff en mars 
1839; son pere, qui etait directeur de musique 
•du prince Czartoryski, l'envoya d Yienne pour 
y faire des etudes de medecine, mais le jeune 
^tudiant travailla en meme temps la musique 
avec Haydn et ne tarda pas d se vouer entiere- 
ment d Tart. Haydn l'estimait beaucoup, en 
sorte que L. ne le quitta pas jusqu'd sa mort. 
En 1810, L. rentra en Pologne, chez les Czar- 
toryski, mais apres que la revolution de 1830 
les eut chasses de leurs terres, il mena une vie 
«rrante et romanesque. L. etait maitre de gym- 
nase d Petrikoff, lorsqu'il mourut, dit-on, de 
chagrin. Quelques sonates et fantaisies pour 
piano furent seules gravees, sur l'ensemble de 
ses compositions. 

Lessmann, W.-J.-Otto, ne a Rtidersdorfer 
Kalkberge, pr6s Berlin, le 30 janv. 1844, eieve 
de A.-G. Bitter d Magdebourg et plus tard de 
ji. de B&low (piano), Kiel (composition) et 
Teschner (chant) a Berlin. Apres avoir ete, 
pendant deux ans, precepteur chez le comte 
Brfthl, d Pforten (il fut alors en relations avec 
A.-W. Ambros, & Prague), il devint professeur 
au Conservatoire Stern d'abord (1866) puis & 
1* « Ecole de piano » de Tausig (qu'il rempiaca 
a partir de 1867 et ou il resta jusqu'd la mort 
de ce dernier, en 1871), a Berlin. L. fut ensuite, 
pendant quelque temps seulement, directeur- 
proprietaire d'une « Ecole de musique », puis 
fut nomme, en 1872, directeur de l'enseignement 
musical dl'Institution de l'imperatrice Augusta, 
a Charloltenbourg. II a rempli en outre, pendant 
un certain temps, les fonctions de professeur 
de chant, au Conservatoire Scharwenka, et y 
professe actuellement un cours de pedagogic 
du piano. L. a compose un grand nombre de 
lieder, etc. fort bien venus, mais il est surtout 
eonnu comme J'un des meilleurs critiques mu- 
sicaux de l'Allemagne. II a achete, en 1881, 
YAUg&neine Musih-Zeitung et en a fait Tun des 
premiers periodiques musicaux d'avant-garde 
de l'Allemagne. 

Lesto (ital.), rapide, agile ; lesto lesto, tres ra- 
pide. 

Le Sueur, Jean-Francois, ne a Drucat-Ples- 
siel, pres Abbeville le 15 fevr. 1760 (ou, d'apres 
Chouquet, le 15 janv. 17<>3), m. a Paris le 6 oct. 
1837 ; le « precurseur de Berlioz » dans le do- 
maine de la musique descriptive, fut enfant 



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de chaeur d Abbeville et plus tard d Amiens, 
ou il entra en meme temps au lycee. En 1779, 
interrompant ses etudes secondares, L. prit 
la place de maitre de chapelle de la cathe- 
drale de Seez, mais il rechangea au bout de 
six mois dejd contre celle de second maitre 
de chapelle de reglise des Saints-Innocents, d 
Paris ; il eut d ce moment des leeons d'barmonie 
de Tabb6 Boze. Avec l'esprit instable et ambi- 
lieux qui le caracterisait dejd, L. ne pouvait se 
contenter d'une situation de subordonne, aussi 
le voyons-nous occuper successivement les 
postes de maitre de chapelle des cathedrales de 
Pijon, Le Mans et Tours puis, en 1784, celui de 
premier maitre de chapelle de reglise des 
Saints-Innocents et anftn, en 1786, de Nolre- 
Dame, a Paris. U etait du reste protege par des 
musiciens tels que Gossec, Gretry et Philidor. 
L. parvint d faire engager un grand orchestre 
a Notre-Dame et 6crivit des iors Messes, motets, 
etc. avec accompagnement d'orchestre, pour 
les services divins ; il alia meme jusqu'd faire 
preceder Tune de ses Messes d'une grande ou- 
verture instrumentale qui fit sensation et autour 
de laquelle s'eieverenl de vives discussions, 
dans le monde ecciesiastique et musical. L. 
crut devoir lui-m6me defendre ses principes, 
dans un Essai de musique sacree ou musique 
motivee et m&hodufue (1787) et,lameme annee 
encore, d la suite d'une riposte anonyme d ce 
premier, dans un second manifeste, intitule: 
Expose d'une mu$ique m une, imitative et parti- 
eulibre a chaque solennite. L'orchestre fut 
reduit malheureusement en 1787 dejd et L. de- 
manda son conge* Et comme, au meme moment, 
son opera Tilemaque lui etait refuse par la 
direction de l'Opera, il se retira d la campagne, 
a Champigny, pour y calmer son humeur cha- 
grine et se vouer exclusivement d la composition 
il y resta de 1788 d 1792, pendant que sevis- 
saient dans Paris toutes les horreurs de la 
Bevolution. En 1793 enfin,onle vit reapparaltre 
d Paris, ou il donna successivement au Th6dtre 
Feydeau, trois operas : La caverne, Paul et 
Virginie (1794) et Tdttmaque. Lors de la fon- 
dation du Conservatoire, L. recut un des postes 
d'inspecteur et fut elu membre de la Commis- 
sion des etudes ; il prit part alors, avec Mehul, 
Langie, Gossec et Catel, d la redaction des 
Principes tUmentaires de musique et des Sol- 
feges du Conservatoire. Mais un second conflit 
ne tarda pas a surgir et devait se terminer 
pourL. plus desagreablement encore que le 
premier. La direction de l'Opera, preferant la 
« r semiramis » de Catel, venait de refuser les 
ouvrages (Ossian [ou Les Bardes] et La mort 
d'Adam) que lui avait soumis L. C'en etait 
trop pour ce dernier ; il ouvrit une violente 
campagne (Lettre a Gaillard sur t Optra de la 
Mort d'Adam, 1801) qui degenera hnalement 
en une attaque dirigee contre le Conservatoire 
(Projet d'un plan g&n&ral de I* instruction mu- 
sicale en France, 1801) et le tit congedier, en 
1802, de son poste d'inspecteur. L. se vit ainsi 
pionge dans un etat voisin de la misere et la 
lutte fut apre, jusqu'au jour ou, en 1804, Napo- 

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460 



LETTRES 



teon l'appela k la succession de Paesiello, 
comme maltre de chapelle de la Cour, et lui 
donna d'un seul coup la pins haute situation 
musicale de tout Paris. Les Bardes furent alors 
repr6sentes et fort gotitte par Napoleon lui- 
m§me. Enfin, apr^s la Restauration (1814), L. fut 
nomme chef d'orchestre de TOp^ra royal, com- 
positeur de la chapelle de la (lour et, lors de la 
r^ouverture du Conservatoire, profeeseur d'une 
classe 4e composition ;une foule de distinctions 
de tous genres vinrent s'adjoindre au titre d'aca- 
demicien qu'il porlait dej^ depuis 1813. II faut 
ajouter encore, aux ouvrages drama liques d£j& 
mentionn^sde L., des divertissements: L f inau- 
guration du temple de la Victoire et Le Triom- 
phe de Trajan (tous deux en collaboration 
avec Persuis, 1807), puis des operas non repre- 
sent&s : Tyrtee, Artaxerce et Alexandre a Ba- 
bylone. On n'a grave, sur le nombre respectable 
de ses Messes (33), oratorios, motets, etc., que : 
trois Messes solennelles; des oratorios: Debo- 
rah, Rachel, Ruth et Noimi, Ruth et Booz et 
un oratorio de No£l ; trois Te Deum; quelques 
motets ; deux Passions en musique; un Stabat 
Mater et quelques pi&es de circonstance (entre 
autres une Marcke de couronnement pour 
Napol6on). L. a 6crit en outre une Notice sur 
la milopee, la rythmopee et les grands carac- 
t&res de la musique ancienne (1793) et une 
notice biographique sur Paisiello (1816). Plu- 
sieurs auteurs ont public des Etudes sur L. : 
Raoul Rochette (1837), Stephen de la Madeleine 
(1841), Octave Fouque (Lesrivolutionnaires de 
la musique, 1883). 

Lettres de l' alphabet. Les 1. de l'alphabel 
servent fr^quemment k designer des sons. II 
semble meme que la notation alphabetique est 
le plus ancien des syst&mes de notation; on la 
rencontre d£j& chez les anciens Grecs (v. Greg- 
qvb). La notation alphabetique grecque resta du 
reste en usage en Occident, pour le moins dans 
les trails des theoriciensjusque dans lecourant 
du x» s. ; cependant, la pratique musicale adopta, 
k partir du vi« s. environ, la notation neuma- 
tique (v. neome). (Test au x« s. seulement que 
nous voyons apparaitre un nouveau systeme de 
notation alphabetique, compost des sept pre- 
mieres lettres de l'alphabet latin : A B C D E F G, 
correspondant aux sept sons de l'echelle diato- 
nique (cf. ECCLftsiAsnQUES); mais il convient d'a- 
jouter que la signification de ces lettres differait 
de celle que leur donne aujourd'hui la nomen- 
clature allemande, puisqu'elles correspondaient 
k notre echelle ut ri mi fa sol la si. On conti- 
nuait l'echelle k l'aigu par A, au grave par G. 
Cette notation alphabetique servait, d'apres le 
temoignage d'ecrivains des debuts du moyen 
Age, pour les instruments k corde (psalterium, 
rotta); elle fut en outre adoptee generalement 
pour la musique d'orgue qui fit alors son ap- 
parition. Mais les moines de l'Occident ne tar- 
derent pas a transposer la signification des let- 
tres, en adaptant celles-ci a l'ancien systeme 
musical des Grecs (echelle mineure de deux oc- 
taves). (Test k ce moment que la lettre A prit la 
signification qu'elle conserve de nos jours en- 



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core dans divers pays, soit la, autrement dit : 
lee demi-tons qui, dans l'ancien systeme de no- 
tation alphabetique, se trouvaient de C k D et 
de G k A, pass&rent, dans le nouveau systeme* 
de B k C et de E k F. Nous appellerons ce nou- 
veau systeme « notation d'Odon >, d'apres lenom 
d'Odon de Clugny (m. en 942) qui en fut vrai- 
semblablement le promoteur. Dans le courani 
du x* s. dfyk, on commenca a differencier les 
lettres destinies aux differentes octaves. Le sys- 
teme grec avait ete enrichi d'un son au grave,, 
notre solK que Ton designait au moyen du gam- 
ma grec : r ; venait ensuite l'octave des lettres. 
majuscules : A B G D E F G, puis celle des lettres* 
minuscules : a b c d e f g. Si Ton avait besoiu 
de sons plus aigus encore, on avait recours soit 
aux lettres grecques (dans les ouvrages d'Odon r 
« B x $) , soit au redoublement des lettres minus- 
cules : * b c d e * ^ es minuscules de la second* 
octave sont aussi parfois remplacees par la suite 
de Valphabet :HIKLMNOP; cette notation 
alphabetique, de A jusqu'a P (improprement 
appeiee < notation bo&ienne >, du nom de Boece),. 
revet meme tantdt l'ancienne signification (K — 
ut), tantdt la nouvelle (H — la). On peut du reste 
admettre d'une maniere generate que l'ancienne 
notation alphabetique se maintint k c<5te de celle 
d'Odon, an moins jusque dans le courant du 
xn« s. Une fois 1'origine de la double significa- 
tion de la serie des lettres oubliee, il semblait 
presque naturel d'assigner k celles-ci une troi- 
sieme, une quatrieme signification, suivant Tac- 
cord de l'instrument pour lequel on ecrivail, et 
c'est justement ce qui se passa dans la pralique- 
L'arbitraire le plus absolu flnit par regner dans 
les traites theoriques du xu« et du xm« s., en 
ce qui concerne l'usage des lettres comme signes 
d'eievation des sons, ainsi A prend parfois le 
sens de notre fa, etc. La notation alphabetique 
disparait ensuite pour un temps, en tant que 
notation musicale proprement dite, dee ti nee a la 
pratique. Du reste l'usage des lettres, pour la 
notation des melodies vocales du moins, devint 
de plus en plus rare, k partir du jour oft Guy 
d'Arezzo eut invente ou organise notre notation 
moderne, sur un systeme de lignes borizontales 
et paralieies (vers 1025) ; mais cette notation elle- 
meme, ainsi que le trahissent encore les clefs, 
n'est pas autre chose qu'une notation alphabe- 
tique abregee et d'une lecture plus ais£e. 11 est 
probable cependant que les instrumentistes ecu- 
tinuerent k employer la notation alphabetique 
primitive; malheureusement les plus anciennes 
oeuvres instrumentales notees, qui nous soient 
parvenues, ne sont pas anterieures k la fin du 
xv« s. C'est k cette epoque que surgit de nou- 
veau la notation alphabetique, sous la forme 
bien connue de tablature d'orgue (v. tablatu- 
Bts 2). Des lors la signification des lettres est une 
et invariable, celle que leur donna Odon et avec 
laquelle elles passerent dans le systeme de li- 
gnes de Guy d'Arezzo et devinrent la base de la 
notation proportionnelle (v. ce mot) ; parcoatre 
nous trouvons divers ordres de succession des 
lettres, au point de vue de la division de l'echelle 

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LEUGKART — LEWY 



461 



en octaves. A c6t6 de l'ancien ordre : r, A-G, 
a-g,etc.,apparai8sent f-e, f-e, f-e, et plus rare- 
ment : G-F, g-f, etc.; enfin, au d£but du xvi« s. 
d£ja,nous voyons les commencements dela divi- 
sion en octaves actuellement en usage en Alle- 
magne etailleurs, k partirde G (— ut). II est vrai 
que cette division n'apparait entierement dfrve- 
lopp£e qu'au d6but du xvii* s., chez Michel Prseto- 
Tius(1619),cequin , emp^chenullementrancienne 

division d'octaves A-G, a-g, a-g (augments au 
grave par A-G) de se perp£tuer aussi longtemps 
que l'usage de la tablature elle-mftme, c.-&-d. 
jusque dans le courant du si&cle dernier, et k 
cdt£ d'un nouveau mode de division datant du 
xvi« s. et pla^ant le point de separation des 
octaves entre B et H (Brottmdum et quadra- 

iUm; Cf. feGHBLLE FONDAMENTALE et ALTERA- 
TION 2) :ABHCDEFGABhcdefgab 

"h c"5"ej etc. V. au mot tablature 2 ce qui con- 
eerne les signes de dur6e et de silence, dans les 
tablatures. — Tandis que,comme notation pro- 
prement dite, l'alphabet est absolument tomb£ 
en d6eu6tude, il s'est consent en Allemagne, 
entre autres, dans la nomenclature musicale, 
sous la forme : C D E F G A H = ut ri mi fa 
sol la si. Gf. k ce sujet chacune des lettres et 
notation. 

Leuckart, F.- Ernst- Christoph, fonda en 
1782, k Breslau, un commerce de musique qui 
passa, en 1856, aux mains de Gonstantin 
Sander. Celui-ci transfera son domicile en 
1870 a Leipzig et agrandit son fonds par l'a- 
chat des Editions de Weihhold et Forster k 
Breslau, Damkohler k Berlin et Witzendorf k 
Vienne. L. a public, entre autres, des ceuvres 
de Robert Franz, 1'tHistoire dela musique » 
d f Ambros, etc. 

Levaaseur, 1. Pierre-Francois, violoncellis- 
te-virtuose, n& k Abbeville le 11 mars 1753, 
\ £l£ve de Duport le cadet, fit partie de l'orches- 
tre de l'Op^ra de 1785 k 1815 et mourut peu 
apres qu'il eut pris sa retraile. L. a fait paral- 
tre douze duos pour violoncelles. — 2. Jean- 
Henri, 6galement violoncelliste-virtuose, n6 k 
Paris en 1765 ,• 616ve de Cupis et de Duport le 
eadet, fit partie, de 1783 k 1823, de l'orchestre 
de TOp6ra et ful en outre professeur de violon- 
celle au Conservatoire (1795-1823), ainsi que 
membre de la chapelle imp£ria)e , puis (1814) 
royale. II a publi6 des duos, sonates et etudes 
pour violoncelle, et collabor6 largement k la 
redaction de la M6thode du Conservatoire. — 
& Rosalie, cantatrice dont la vogue fut grande 
a l'0p6ra de Paris, de 1766 k 1785 ; elle passa 
pour la meilleure interpr&e des grands rdles 
de Gluck, jusqu'a 1'apparition de M mo Salnt- 
Huberty. — 4. Nicolas-Prosper, basse cetebre, 
n6 k Bresles (Oise) le 9 mars 1791, m. k Paris 
le7 d£c. 1871 ; 61&ve du Conservatoire de Paris, 
fut engage de 1813 k 1845 a l'Op6ra, comme 
basse de grand opSra, et professa le chant au 
Conservatoire, de 1841 k 1870. 

Levi (all. Auftakt), c.-&-d. temps lev£ f terme 
employ^ fr6quemment comme synonyme d'A- 
nacrocse (v. ce mot). 



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Levens, mattre de chapelle d'une 6glise de 
Bordeaux, auteur d'un Abregi des rigles de 
Charmonie (1743), dans lequel il oppose k la 
t progression harmonique > (s6rie des barmo- 
niques sup&ieurs) une « progression arithme- 
tique* (s&rie des harmoniques infcrieurs). II 
adbpte par consequent deux principes de con- 
sonnance et professe le dualisme harmonique, 
comme Zarlino (1558), Tartini (1754), Haupt- 
mann, etc. 

Levey, "William-Charles, n6 k Dublin le 25 
avr. 1837, fit ses etudes musicales k Paris et de- 
vint, k Londres, chef d'orchestre de th&ttre. II 
est 1'auteur d'un certain nombre d'opSrettes, 
de cantates et de musique pour des drames. 

Levi, 1. Hermann, chef d'orchestre de renom, 
n6 k Giessen le 7 nov. 1839 ; 616ve de Vincent 
Lachner, k Mannheim (1853-1855), puis du 
Conservatoire de Leipzig (1855-1858), fut suc- 
cessivement directeur de musique a Saarbrtt- 
cken (1859-1861), chef d'orchestre de l'Optora 
allemand de Rotterdam (1861-1864), chef d'or- 
chestre de la Cour, k Garlsruhe (1864-1872), 
puis k Munich (1872-1895). L. qui passe pour 
l'un des meilleurs chefs d'orchestre wagn&riens 
a dirig6, en outre, nombre de representations 
de Bayreuth, de 1882 k 1894. II s'est retirS en 
1895, avec le titre de « directeur g£n6ral de la 
musique de la Coar >. C'est k lui qu'E. Possart 
a confix la revision complete du texte des 
t Noces de Figaro » , pour les representations 
de Munich. — 2. Jacob (Levy, Lewy) v. Le- 
bbrt. 

Lewandowski, Louis, n£ k Wreschen (prov. 
de Posen) le 4 f6vr. 1823, m. k Berlin le 8 avr. 
1894; 616ve des classes de composition de 
l'AcadSmie de Berlin, fut nomm6 en 1840 direc- 
teur de musique de la Synagogue et remplit ces 
fonctions jusqu'a sa mort. II a compost une 
quantity d'ceuvres orchestrales et chorales et de 
musique de chambre. L. fut l'un des principaux 
fondateursdela tCaisse de retraite des musi- 
ciens allemands » et la dirigea avec une telle 
habilet£ qu'au bout de peu d'ann6es elle put 
disposer d'un capital considerable. 

Lewy, 1. Edouard-Constantin, corniste-vir- 
tuose, n6 a Saint-Avoid (Alsace-Lorraine) le 3 
mars 1796, m. k Vienne le 3 juin 1846; fut 
d'abord musicien dans l'arm£e frangaise, puis 
devint en 1822, apr&s de grandes tourn£es de 
concerts, premier cor k l'Op6ra de la Cour et 
professeur au Conservatoire, a Vienne en Au- 
triche. Son fr6re et son 616ve, Jos.-Rodolphe 
(L.-Hoffmann), n6 k Nancy en 1804, m. k Ober- 
15ssnitz, pres Dresde, le 9 tevr. 1881,6tait aussi 
corniste de grand talent. — 2. Karl, flls de E.- 
C. L. (1), pianiste et compositeur de morceaux 
de salon, n£ a Lausanne en 1823, mourut a 
Vienne le 3() avr. 1883. — 3. Richard (Levy), 
fr6re du pr6c6dent, ne k Vienne en 1827, m. 
dans la m6me ville le 31 dec. 1883, fut d'abord 
corniste et entra k l'Age de treize ans deja 
dans l'orchestre de l'Op6ra de la Cour. II devint 
dans la suite inspecteur des th&ttres et W»gis- 
seur de l'Op^ra de la Cour. L. fut en outre 
| maitre de chant et forma, entre autres el&ves, 

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462 



LEXIQUES — LICHTENTHAL 



MM m " Mallinger, Lucca et Sembrich. Cf. aussi 
Lebert. 

Lexiques. Les 1. musicaux sont de trois 
sortes : 1° l. tbchnolooiqubs, contenant la de- 
finition , rang^e par ordre alphabetique, des 
termes techniques en usage dans la musique, 
la description des instruments de musique et 
Implication plus ou moins d^taillee des lois de 
la composition musicale ; 2° l. biographiques 
et bibliographiqubs, contenant des biographies 
de musiciens arrang^es par ordre alphabeti- 
que; 3°l. encyclopediques, formes par la reu- 
nion des 616ments des deux premieres sortes. 
Les 1. technologiques sont de beaucoup les 
plus anciens, et c'est k cetle categorie qii'appar- 
tiennent les ouvrages de : 'finctor, Termino- 
rum Ynusicce diffinitoriutn (1474); Janowka, 
Clavis ad tJiesaurum magnce artis musicce 
( 1701 ) ; Brossard, Dictionnaire de musique 
(1703) ; Grassineau, Musical Dictionary (1740); 
Rousseau , Dictionnaire de musique (1767) ; 
puis ceux, plus r£cents, de : Koch, Musikali- 
sches Lexikon (1802 ; 2« ed., par Arrey von 
Dommer, 1865); Lichtenthal, Dizionario e bi- 
bliographia delta musica (1826, 4 vol.) ; Castil- 
Blaze.Dictionnairede musique uiodeme (1821). 
Les ouvrages suivants sont, au contraire, bio- 
graphiques : Gerber, Historisch-biographisclies 
Lexikon der Tonkunstler (1790-1792, 2 vol.); 
Choron et Fayolle, Dictionnaire historique des 
musiciens (1810-1811, 2 vol.); Gerber, Seues 
historisch - biographisches Lexikon der Ton- 
himstler (1812-1814, 4 vol.) ; Fetis, Biographie 
universelle des musiciens (1885-1844 ; 2° ed., 
1860-1865, 8 vol.: supplement par Pougin, 
1878-1881, 2 vol.). Leplusancien 1. encyclop&li- 
que eBt celui de Walther, Musikalisches Lexi- 
kon (1782) ; vinrent ensuite : Schilling, Univer- 
sallexikon der lonhunst (1825- 18 J8. 6 vol., 
suppl. en 1842) ; Gathy, Musikalisches Konver* 
sationslexihon (1885, 3« ed., 1878); les freres 
Escudier, Dictionnaire de musique, etc. (1844); 
Gassner , Universallexikon der Tonkunst 
(1845) ; Ed. Bernsdorf, Neues Universallexikon 
der lonkunst (1856-1861,3 vol. ; suppl. en 1865); 
Mendel (continue par Reissmann), Musikali- 
sches Konversationslexikon (1870-1879, 11 vol.; 
un vol. supplemental en 1883); O. Paul, 
Handlexikon der Tonkunst (1873; 2 vol.); 
Aug. Reissmann, Handlexikon der Tonkunst 
(1882) ; Riemann, Musihlexikon (1" 6d. 1882, 4« 
ed. 1894; ed. anglaise par J. Shedlock, Londres 
1893; enfin, red. fran^aise presente, par G. 
Humbert, Paris 1897); Grove, Dictionary of 
music (1879-1889, 4 vol. et un fort supplement) ; 
Luisa Lacal, Dicdonario de la Musica (Madrid, 
en corn's de publication). 

Leybach, Ion ace, ne k Gambsheim (Alsace) 
le 17 juillet 1817, m. a Toulouse le 23 mai 1891, 
lit ses etudes k Strasbourg, puis k Paris, sous 
la direction de Pixis, Kalkbrenner et Chopin, 
et fut appeie, en 1844, au poste d'organiste de 
la cathedrale de Toulouse. L. etait pianiste de 
talent ; il a publie un tres grand nombre de 
morceaux de salon et de fantaisies pour piano 
dont la vogue fut considerable, puis une Me- 



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thode d'harmonium, des morceaux de concert 
pour harmonium, Lorganiste pratique (recueil 
gradue, en trois volumes, de 130, 120 et 10O 
morceaux d'orgue), quelques recueils de melo- 
dies et des motets avec orgue. 

Liaison, nom que Ton donne,dans la notation,, 
au signe - - ^ qui indique tantflt la necessite 
du jeu legato, lant6t, lorsqu'il relie deux sons 
de meme hauteur, la tenue du son pendant loute 
la duree que represente la somme des deux 
notes liees (la seconde n'etant par consequent 
pas attaquee a nouveau). L'usage d'un signe 
unique pour deux choses differentes est regret- 
table; du moins faut-il prendre garde k ce que 
le signe de 1. (dans le sens absolu du mot) parte 
bien et aboutisse bien exactement k la tdte de la 
note. L. Meinardus, compositeur et theoricien 
allemand, remplace avec raison Tare de cercle 
de 1. par un crochet » et conserve le si- 
gne -— ^ pour le simple legato. Cf. phrasS. 

Libretto (ital, « petit livre »), livret ; nom que 
Ton donne au texte d*une ceuvre vocale de 
grandes dimensions, surtout d'un opera. L'au- 
teur de ce texte, de ce podme, porte alors le 
nom de librettiste. 

Lichanos (gr.), Tindex, v. grecqce [mcsique]. 

Licenxa (ital.), liberte, licence, ex. : canone 
con alcune licenze, canon avec quelques licen- 
ces. 

Lichner, Hbinrich, ne k Harpersdorf (Sile- 
sie) le 6 mars 1829 ; eieve de C. Karow (Bunz- 
lau), Dehn (Berlin), Mosewius,Baumgart et Ad. 
Hesse (Breslau), cantor et organiste de l'eglise 
des « 11.000 Vierges », k Breslau, en m£me 
temps que directeur d'une societe chorale 
d'hommes. L. compose avec beaucoup de zele 
des psaumes, des oeuvres chorales, des lieder, 
de nombreuses pieces pour piano ; ses sonati- 
nes sont tres repandues, mais denuees de toute 
originalite. 

Lichtenstein, Earl-August, baron de, ne k 
Lahm (Franconie) le 8 sept. 1767, m. k Berlin 
le 10 sept. 1845, successivement intendant des 
theatres des Cours de Dessau, Vienne et Berlin 
(1805), a ecrit texte et musique de plusieiwrs 
operettes et operas : Enall und Fall (1795), 
Bathmendi (1798), Die Steinerne Braut (1799), 
Ende gut, alles gut (1800), Miigefuhl (1800, 
• liederspiel »), tous representes k Dessau, puis 
Kaiser und Zimmermann (Strasbourg. 1814), 
Die Waldburg (Dresde, 1822), Der Edelknabe 
(Berlin, 182:)), Singethee und Lieder La fei (ibid., 
1825) et Die deutschen Herren vor JNurnberg 
(ibid., 1833>, 

Lichtenthal, Peter, musicographe distingue, 
ne k Presbourg en 1780, m. k Milan le 18 aout 
1853,* fit des etudes de medecine avant de se 
vouer entierement k la musique; puis elut do- 
micile a Milan. II a publie, en fait de composi- 
tions : un quatuor pour instr. k archet; un trio 
pour piano, violon et violoncelle ; un autre 
pour piano, violon et alto ; et quelques pieces 
pour piano seul. De plus, il ecrivit pour la 
Scala deux operas et quatre ballets. Quant k 
ses ecrits, ce sont : Harmonih fUr Datum 
(1806) ; Der musikalische Arzt (1807, sur les 

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LIE — LIGATURE 



463 



propri&tes th£rapeutiques de la musique : paru 
aussi en ital. y 1811) ; Orpheih oder Anweisung, 
die Regeln der Kornposition auf eine leichte 
und fassliche Art zu erlemen (1807); Cenni 
biografici intorne al celebre maestro W.-A. 
Mozart (1814); Mozart ele sice creazioni (1842, 
A propos de l'inauguration da monument Mo- 
zart, A Salzbourg); Estetica ossia dotlrina del 
bello e deile belle arti (1881). Mais son oeuvre 
capitale est, sans contredit, son JHzionario e 
bibliographia delta musica (1826, 4 vol.; les 
vol. Ill et I V contenant la bibliographie). 

Lie, Erica (de son nom de femme Nissen-L.) t 
excellente pianiste , n£e A Congsvinger, pr6s 
Christiania (Norv^ge), le 17 janv. 1845, recut 
dans sa famille les premieres lemons de musi- 
que, puis devint &l&ye de Kjerulf et, plus tard, 
de Kullak, A Berlin. Elle s'est fait connaltre sur 
tout le continent et en Angleterre, par de nom- 
b re uses tourn&es de concerts. 

Liebe, Eduard-Ludwig, n6 A Magdebourg le 
19 nov. 1819, re$ut des lemons de musique dans 
sa ville natale et devint, plus tard, 616ve de 
Spohr et de Baldewein, A Gassel. It fut ensuite 
directeur de musique A Goblentz, A Mayence, 
A Worms, professa la musique pendant plu- 
sieurs annees A Strasbourg et s*£tablit finale- 
ment aLondres.L. est Tauteur denombreuses 
ceuvres vocales et instrumentales, mais il ne 
fit graver que des pieces pour piano, des 
melodies et enfin deschoeurs pour voix d'hom- 
mes et voix mixtes qui se r6pandirent rapi de- 
ment. Un op£ra de sa composition, Die Braut 
von Azola t a £te repr6sent6 A Oarlsruhe, en 
1868. 

Liebich, Ernst, n6 a Breslau le 13 avr. 1830, 
m. dans la mfeme viile le 23 sept. 1884, luthier 
renomm£ A Breslau, ou son p6re et son grand- 
p6re s*6taient d6j& fait connaitre comme fac- 
teurs d'instruments a archet. L. avait travaill^ 
chez Villaume (Paris), Hart(Londres) etBausch 
(Leipzig). II obtint de hautes .recompenses dans 
nombre depositions. 

Liebig, Karl, fondateur de la « Berliner Sym- 
phoniekapelle •, n6 A Schwedt le 25 jail. 1808, 
m. A Berlin le 6 ocL 1872; fut d'abord clarinet- 
tiste du regiment Alexandre, puis organisa 
dans divers locaux, A partir de 1843, des con- 
certs symphoniques populaires, avec un orches- 
tre 6tabli sur le principe de Tassociation. Cette 
institution obtint un tel succ&s que Torchestre 
ne tarda pas A £tre engage par les meilleures 
societes chorales de Berlin (« Singakademie », 
t Stern'scher Gesangverein ») pour leurs con- 
certs. En 1860, L. re^ut le titre de « directeur 
royal de musique ». Mais, en 1867, l'orchestrelui 
faussa compagnie et continua sous la direction 
de Stern, tandis que L. en 6tait r&duit a former, 
sans grand succes du reste, un nouvei orches- 
tre. Son file, Julius, n6 A Berlin en 1838, ni. 
dans la m£me ville le 26 dec. 1885, fut pendant 
nombre d'ann£es directeur de l'orchestre du 
casino d' Ems. 

Lied (all.), terme adopte en francais pour de- 
signer Tunion intime d'un po&me lyrique avec 
de la musique, de telle facon que le mot parte 



fait place au mot chants et que les Elements 
musicaux du langage (rythme, cadence) sont 
transformer en veritable musique, en m&lodie 
rythmiquement ordonnee (cf. chant). Les mu- 
siciens francais emploient cependant fr&quem- 
ment le simple mot « m&lodie » pour 1. Ce qui 
caract&rise tout sp^cialement le 1., c'est la sim- 
plicity de sa subdivision en p£riodes. La forme 
musicale (v. formes) dite forme de L, en usage 
aussi dans la musique instrumentale, repose 
sur deux th&nes se succedant dans l'ordre 
suivant : I, II, I, ou encore, lorsque la forme est 
61argie et chacune des pSriodes subdivis£e A 
son tour, : I : a b a ; II : c d c; I : ab a. Lei. 
proprement dit, c-£-d. la musique vocale, peut 
6tre de deux sortes : ou bien les diverges stro- 
phes du poeme sont toutes sur la m6me musi- 
que, ou bien le po&me pris dans son ensemble 
est mis en musique d'un bout A l'autre. La 
forme musicale est A peu de chose pr&s la 
m&ne dans les deuxcas, elle est plus restreinte 
et se r6p6te dans le premier, tandis que dans 
le second, plus Margie, elle suit aussi de beau- 
coup plus pr&s le sens des paroles. Cf. melodie 
populaire. 

Lied ohne Worte (all.), chant ou romance 
sans paroles (v. romance). 

Liedertafel (all.), nom que Ton donne, en 
Allemagne, A une society chorale d'hommes. II 
correspond A peu pr&s A notre orpheon (v. ce 
mot). 

Lienau, Robert, editeur de musique, n6 A 
Neustadt (Holstein) le 28 d6c. 1838, acheta en 
1864 le fonds d^ditions de Schlesinger, A Berlin, 
et en 1875 celui de Haslinger, A Vienne, en 
sorte qu'il se trouva A la t6te d'une des plus 
grandes maisons d f Edition de 1* Allemagne. 

Ligato (ital.), v. legato. 

Ligature (lat. ligatura), syn. de liaison, d'od 
1. Dans la th^orie actuelle du contrepoint, Equi- 
valent de syncope, lorsque le contrepoint de 
deuxi£me espece (deux notes contre une) est 
6crit de telle fa^on que la note de Tesp^ce la 
plusbr&ve, r&sonnant en m&me temps que l'au- 
tre, soil toujours li6e A la note identique du 
temps pr6c6dent, ex. : 



* 



^V a sfr-w 



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2. Dans la musique proportionnelle, groupe 
de notes Stroitement liees les unes aux autres 
et dans lequel la duree relative de chaque note 
depend non plus en r6alit6 de sa forme, mais 
de la place qu'elle occupe dans le groupe. 
Lorsqu'au xn e s. la notation proportionnelle 
commen^a A se d^velopper, elle emprunla A la 
notation carr^e non settlement ses notes sim- 
ples, mais aussi les formes neumatiques (v. 
neumes) compliquees dont elle faisait encore 
usage. Celles-ci devinrent alors, sous le nom do 
ligatures, Tune des parties les plus ardues de la 
th£orie de la musique proportionnelle. Le sche- 
ma suivant permettra de se rendre compte ai- 

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464 



LILIENCRON — LIMNANDER 



s&ment de la valeur des notes initiates et finales 
des 1. : 






Par contre, les deux premieres notes de cha- 
cune des 1. suivantes sont des semi-breves: 

Chacune des notes interm&iiaires d'ane liga- 
ture est une br6ve, A l'exception toutefois de la 
seconde note des derniers groupes indiqu£s 
qui, comme nous l'avons dit, est une semi-br&ve. 
Cf. en outre les art. proprietas, improprietas, 

PERFECTION, IMPERFECTION. 

Liliencron, Rochus, baron de, n£ A Plcen 
(Holstein) le 8 dec. 1820, flls cadet d'un com- 
missaire provincial (puis g6n6ral)de la guerre, 
fr£quenta les gymnases de Plcen et de Lu- 
beck, puis 6tudia a Kiel et a Berlin d'abord la 
th£ologie, puis la jurisprudence, et finalement 
la philologie germanique. D prit son doctorat, 
en 1846, avec une th6se Ueber Neidhardts h6- 
fisctie Dorfpoesie (1848), fit des etudes a Copen- 
hague, jusqu'en 1847, sur les anciennes litera- 
tures du Nord, et se fit agrter comme privat- 
docent,aTUniversit6 de Bonn. Mais la premiere 
guerre de Schleswig-Holslein venait d'^clater 
(1848). L. se mit a la disposition du gouverne- 
mentprovisoire et fut employ^ comme secretaire 
du bureau des affaires Strangles ; a la fin de 
la mdme ann£e, le t gouvernement commun », 
qui s'£tait formS sur ces entrefaites, l'envoya, 
en quality de ptenipotentiaire officieux,a Berlin, 
oil il remplit aussi plus tard les fonctions de 
gouverneur, r&ablies lors de la reprise des 
hostility. Une fois le traits de paix sign£ entre 
la Prusse et le Danemark, L. se rendit, en 1850, 
A Kiel, et prit possession de la cbaire qui lui 
Stait offerte A FUniversite de celte ville, pour 
l'enseignement deslangues duNord. Toutefois, 
le gouvernement danois, refusant de ratifier sa 
nomination, L. accepta, en 1852, le poste de 
professeur extraordinaire de langue et de Htte- 
rature allemandes a TUniversite d'I£na. D pu- 
blia peu apr£s,avec Wilh. Stade, alorsdirecteur 
de musique de I'Universit^, une anthologie de 
Lieder und Spruche aus der letzten Zeit des 
Minnesangs (Weimar 1854), se chargeant lui- 
m&me de la preface et de la traduction des 
textes, tandis que Stade prenait sur lui 1'arran- 
gement (moderne) a quatre parties. En 1855, L. 
fut appele par le due Bernard de Saxe-Meinin- 
gen aux fonctions de chambellan et de eonseil- 
ler du cabinot (plus tard conseiller privS); il se 
chargea en outre, pendant qnelque temps, de 
rintendance de la chapelle de la Cour, mais 
echangea bientot cette situation contre celle de 
directeur de la Bibliotheque ducale. II se char- 



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gea ensuite, pour le compte de la cCommission 
historique », institute en 1858, A Munich, de 
rassembler et de publier, avec des commen- 
tates, les poemes populaires historico-lyriques 
du moyen age, en Allemagne. Cette anthologie 
parut de 1865 A 1869, a Leipzig, chez Vogel, 
sous le titre : Ristorische Vollhslieder der 
Deutschen vom XII1-XVI. Jahrhundert, et 
forme quatre volumes, plus un supplement 
qui contient surtout des melodies et une 6tude 
sur les melodies du xvi* s. Une fois cette publi- 
cation achev^e, la m&me Commission pria L. 
de se charger encore de la redaction d'une 
Allgemeine deutsche Biographic projetfe; cet 
ouvrage de la plus haute importance, aujour- 
d'hui trte avanc£, necessHail certains travaux 
prtparatoires pour lesquels L. se rendit a 
Brunswick et peu apres a Munich. L'Acad£mie 
des Sciences de Bavtere Tavait Alu, en 1869, 
membre correspondant, et it eut comme colla- 
borates pour la « biographie • le professeur 
von Wegele, de Wurzbourg. En 1876, enfin, L. 
qui appartient a la chevalerie de Schleswig- 
Holstein, fut choisi comme pr£lat et prieur du 
couvent nobiliaire de St-Jean, dans le Schles- 
wig, ou il vit actuellemenL II a passe l'hiver 
1882-1883 A Rome. — En plus de see nombreux 
travaux d'histoire litteraire, L. a 6crit : C.-R-F. 
Weyse und die dcenische Musih sett detn vori* 
gen Jahrhundert (1878) ; Ueber den Chorgesang 
in der evangelischen Kirche (« Zeit- und Streit- 
fragen», fasc. 144, 1881 ; Liturgischrmusika* 
lische Gesciiichte des evangelisclwn Goltesdiens- 
tes von 1523-1700. U convient de mentionner 
aussi la biographie de J.-B. Cramer, dans le 
dictionnaire biographique cild plus hauL L. a 
participe A la « Deutsche Nationallitteratur » 
(£dit£e par Spemann et r&Iigee par Kftrschner) 
par deux volumes, dont Tun, intitule Deutsche* 
Leben im Volhslied um 1530, contient les plus 
belles chansons populaires du xvi«8. avecleurs 
melodies harmonises en meme temps A quatre 
parties. Enfin, il a public des essais: Ueber Kir- 
chenmusik und Kirchenhonzert (2* compte 
rendu annuel du « Verein fflr evang. Kirchen- 
musik>); Ueber Entsiehung der Chormusik 
innerhalb der Liturgie ( t Evang. Kirchen- 
Zeitungt, de Magdebourg); puis lntroitus. 
Graduate, Offertorium, Communio (« Siona * 
X, 9 A XI, 4). 

Limma, v. apotome. 

Limnandar de Nieuwenhove, Arm and-Ma- 
rie-Ghislaix, n6 A Gand le 22 mai 1814, m. en 
son chateau de Moignanville (Seine-et-Oise) le 
15 aotit 181)2 : el£ve de Lambillotte, au college 
des J£suites de Fribourg, et plus tard de F£tis, 
a Bruxelles, vtaut d'abord a Malines oft il se 
maria et fonda une soctete de chant : * Reunion 
lyrique ». 11 se fixa ensuite, en 1847, A Paris, et 
y fit representor plusieurs ouvrages sc£niques. 
Ses ceuvres principales sont des op£ras-comi- 
ques : Les Montenegrins (1849, Op&ra-Comique), 
Le chdteau de Barbe-Bleue (1851, ibid), Yvon* 
ne (1859. ibid), puis un op£ra: Le tnatlre chan- 
teur (1853, Op^ra), des Scenes druidiques, un 
Te Deum, un Refjuiem, un Stabat mater, une 

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LINCKE — LINDLEY 



465 



sonate pourvioloncelle, an quatuor poor instr. 
a archet, une quantity de melodies vocales, 

€tC. 

Lincke, Joseph, n& a Trachenberg (Sil^sie) le 
$ juin 1878, m. a Vienne le 26 mars 1887 ; vio- 
loncelliste distingu6, membre du c61&bre qua- 
tuor Rasoumowski, jouait dans les soirees de 
quatuor de Schuppanzigh. II remplit ensuite 
dtverses fonctions en province, fut entre aatres 
virtuose de la cbambre de la comtesse Erdddy, 
puis devint premier violoncelliste du theatre 
< an der Wien » ei finalement de FOp^ra de la 
Hour, a Vienne. L. a public quelques themes 
varies pourvioloncelle. 

land, Jenny, nde a Stockholm le 6 oct. 1820, 
in. dans sa villa de Wynds Point, a Malvern- 
Wels (Angleterre) le 2 nov. 1887 ; fut sansdoute 
la cantatrice la plus extraordinairement dou£e 
de notre si&cle, le « rossignol su6dois » dont la 
merveilleuse voix de soprano avait un timbre 
sympathique, 616giaque, d'un charme tout par- 
ticulier, dont les vocalises, les trilles parfaits, 
ie staccato, les sauts 6tonnamment agiles fai- 
saient Tadmiration de tous, dont les interpreta- 
tions enfin d^notaient un sentiment musical et 
un gout tr&s d£velopp£s. Elle fit ses premieres 
Etudes a FEcole d'op^ra du Theatre de la Cour 
(Lindblad), dans sa ville natale, et dSbuta a 
Stockholm meme, en 1888, dans le rile d'Aga- 
the du < Freischutz • ; pendant trois annees 
successives, elle fut l f 6toile du Theatre de la 
Cour. En 1841 cependant, elle partit pour Paris 
ou elle travailla encore, sous la direction de 
Garcia, d6buta en 1842 a l'Opera, mais ne fut 
pas engag£e ; elle ne le pardonna du reste ja- 
mais aux Parisiens, car elle refusa des lors 
loutes les offres d'engagement qui lui vinrent 
•de Paris. Apr£s avoir 6tudi6 l'allemand, a Ber- 
lin, elle s'y fit entendre, en 1844, dans le rdle 
de Vielka(« Feldlagerin Schlesien ») que Meyer- 
beer avait 6crit tout expr&s pour elle, lorsqu'il 
Teut entendoe a Paris. L. remporta triomphe 
Bur triomphe a Berlin et a Stockholm (a diver- 
ges reprises), a Hambourg, Cologne, Goblence, 
Leipzig et Vienne ; enfin, en 1847, ce fut Lon- 
dres qui l'applaudit sans reserves, apr6s que 
rimpresario eut excite la curiosity du public au 
plus haut degr£,en retardant ses debuts promis, 
par toutes sortes do trues de contrats. Mais au 
bout de deux annees a peine, la jeune cantatrice 
renonga a la sc&ne, pour se vouer exclusivement 
au concert De 1850 a 1852, L. parcourut, avec 
J. Benedict et rimpresario Barnum, toute TA- 
m6rique du Nord, puis elle epousa a Boston, 
en 1852, Otto Goldschhidt (v. ce nom) et 
rentra en Europe, en rapportant de sa tourn£e 
un b6n6flce net de 770.000 francs ; mais, sur 
eette somme, elle abandonna imm£diatement 
500.000 francs a diverses oeuvres charitables 
su£doises. L. s£journa a cette 6poque assez 
longtemps en AUemagne (Dresde), puis rentra 
-en 1856 a Londres, avec son 6poux. Ce dernier 
-etant devenu directeur du « Bach-Choir », L. 
prenait r£guli&rement part a tous les exercices 
de la soci&le. Elle chanta pour la derni&re fois 
«n public, en 1870, au Festival rhenan de Dus- 



dictionnairb de musique. — 80 

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seldorf, dans un oratorio de son mari, intitule 
Ruth ; mais, de 1883 a 1886 encore, elle con- 
sents a se charger de Tenseignement du chant 
au c Royal College of music* de Londres. Toute 
une sdrie de biographes ont cel£br6 les meri- 
tes de Jenny L., comme femme et comme can- 
tatrice : anonyme, Jenny L. f die schwedische 
NachtigcUl (1845; id. su6doise, 1845) ; A. Becher, 
Jenny L. (1846) ; J.-P. Lyser, Meyerbeer und 
•7. L. (1847); Memoirs of Jenny L. (1847); Jen- 
ny L. f une artiste chrelienne (1895). Mais cf. 
aussi H. von BQlow, Ausgewahlte Schriflm 
(1896), p. 35 et 36. 

Lindblad, Adolf-Fredrick, n6 dans les do- 
maines de sa famille a Lofvingsborg, pr6s 
Stockholm, le 1« ftvr. 1801, m. dans la m§me 
locality le 23 aout 1878; el£ve de Zelter, a Berlin, 
s'6tablit en 1885 a Stockholm. L. est l'auteur 
d'un grand nombre de melodies su£doises 
qui portent une forte empreinte nationale et 
sont int6ressantes tant au point de vue de 
rharmonie qu'a celui de la melodie ; ces melo- 
dies ont 6t6 tr6s goutees et fr£quemment chan- 
ties par Jenny Lind, entre autres, qui 6tait 
l'61&ve du compositeur. Quant aux oeuvres ins- 
trumental de L., une symphonie (ex6cut6e en 
1839 au Gewandhaus, a Leipzig), une sonate de 
violon, etc, fort bien accueillies par la critique, 
elles ne se sont cependant guere r6pandues. . 

Linden, Karl van der, compositeur, n6 a 
Dordrecht le 24 aout 1889; 616ve de J. Kwast 
p£re (piano) et de F. Bdhme (thtarie), mais 
pour le reste autodidacte, fit des scours prolon- 
gs en Belgique, a Paris, puis en Allemagne, 
et fut nomme, en 1860, directeur de 1' • Harmo- 
nie » de Dordrecht. U remplit en outre, succes- 
sivement les fonctions de directeur de la « Lie- 
dertafel » (1865) et d' « Ido's Mannenkoor », de 
la Garde nationale de Dordrecht (1872) et enfin 
des grands concerts de 1' Association des artistes 
n&erlandais. L. est un des musicians hollandais 
les plus en vue ; il a conduit les festivals de 
Rotterdam (1875), puis de Dordrecht (1877, 1880) 
et fait partie du jury des grands concours 
musicaux de Gand (1873), Paris (1*877) et Bru- 
xelles (1880). Ont paru, parmi ses oeuvres, des 
cantates : De Starrenhemel, Kunstzin (les deux 
pour choeur, soli et orchestre)et de nombreuses 
melodies. II a 6crit en outre: sept ouvertures 
pour grand orchestre, deux operas, des chceurs 
pour voix d'hommes, de femmes et voix mixtes 
avec et sans accompagnement, des sonates et 
morceaux divers pour piano et une quantite de 
pieces pour musique d'harmonie. 

Under, Gottried, ne a Ehingen le 22 juil. 
1842; 616ve du Conservatoire de Stuttgart, puis 
a partir de 1868, mailre a son tour dans cette 
in&nie institution, re^ut en 1879 le litre de «pro- 
fesseur*. L. qui est partisan deFecole neo-alle- 
mande, a 6crit des operas : Dornroschen (18?2) ; 
Konradin von Schwaben (1879); Waldlegende, 
pour orchestre; Aus nordischer Heldenzeit, 
ouverture ; des trios ; des lieder, etc. 

Lindley, Robert, excellent violonceiliste-vir- 
tuose, ne a Rotherham (Yorkshire) le 4 mars 
1776, m. a Londres le 13 juin 1855 ; &l&ve de 

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UNIVERSITY0F MICHIGAN 



466 



LINDNER - LIPINSKI 



Cervetto, fit d'abord partie de I'orchestre du 
thMtre de Brighton, puis succMa, en 1794, A 
Sperati, A TOp^ra royal de Ixmdres. Ses com- 
positions pour violoncelle (quatre concertos, 
duos pour violon et violoncelle: duos pour 
deux violoncelles : soli; themes varies: trio 
pour instr. A archet), n'ont aucune valeur. 

Lindner, 1. Frikdrich, n£ A Liegnilz vers 
1540, m. A Nuremberg ou il etait devenu cantor 
de l^glise St-Gilles ; a public deux livres de 
Cantiones sacree (1585, 1588), un volume de 
Messes A cinq voix (1591) et deux anthologies: 
Gemma musicalis (madrigaux, de quatre A un 
plus grand nombre de voix, d'auteurs italiens 
pour la plupart et de Lindner lui-m6me ; en 
trois parties, 1588, 1589, 1590) et Corollarium 
cantionum sacrarum (motets, de cinq A huit 
voix et plus, de divers maitres italiens et de L. 
lui-m£me, 1590). — 2. Adolf, corniste virtuose 
distingue, ne a l^obenstein en 1806, m. A Leipzig 
le 20 avr. 1867 ; fut d*abord musicien de la 
Cour, puis musicien de la ville, A Gera, voyagea, 
de 1844 A 1846, dans i'orchestre de Gungl et fit 
ensuite partie de I'orchestre du theatre de Pots- 
dam. En 1854, enfin, il entra dans I'orchestre 
du Gewandhaus, A Leipzig. — 3. Ernst-Otto- 
Timotheus, r£dacteur de la « Gazette de Vos » 
de Berlin, pendant nombre d'ann£es, n6 A 
Breslau en 1820, m. A Berlin le 7 aoftt 1867; 
excellent connaisseur en mati&res musicales, en 
relations amicales avec Dehn, Stern et Rust, 
dirigea par interim le « Bach-Verein » de Ber- 
lin. II a 6crit de nombreux articles sur la musi- 
que, soit dans son journal, soit dans la revue 
musicale « Echo », fait des conferences musi- 
cales dans diverses societ£s et public : Meyer- 
beers « l*rophet » als Kunstwerh beurtheilt 
(1850) ; Die erste stehende deutsche Oper (1855, 
2 vol.); Zur Tonkunst. Abhandlungen (1864); 
Geschichte des deutschen Liedes im XV III. 
Jahrhundert (1871 ; posthume ; publie par L. 
Erk). — 4. August, violoncelliste de m£rite, n6 
A Dessau le 29 oct. 1820, m. a Hanovre le 15 
juin 1878 ; Al&ve de K. Drechsler, fait partie de- 
puis 1837 de Torcheslre de la Cour, A Hanovre. 
II a public un certain nombre de compositions 
pour son instrument. — Un autre violoncel- 
liste de m£me nom, autrefois membre de Tor- 
chestre du theatre de Stuttgart, est mort A Hei- 
delberg le 9 aout 1887. 

Lindpaintner, Peter-Joseph von, chef d'or- 
chestre et compositeur, n6 A Coblence le 9 
d£c. 1791, m. A Nonnenhorn, au bord du lac de 
Constance, pendant un voyage de vacances, le 
21 aoui 1856 ; remplit les fonctions de directeur 
de musique au th&Ure d^Isarthor », A Munich 
(1812-1819), puis celles de chef d'orchestre de la 
Cour, a Stuttgart. L. 6tait Tun des meilleurs 
chefs d'orchestre de son temps et sut etablir 
la renomm£e de Torchestre de Stuttgart. En 
tant que compositeur, il fut plus fecond qu'ori- l 
ginal ; il a £crit : 21 operas, plusieurs ballets et i 
m£lodrames, 6 Messes, un Stabat mater, 2 | 
oratorios, des cantates, des symphonies, des 
ouver lures (Faust), des concertos, de la musi- 
que de chambre et une quantity de lieder. 



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Liniensystem (ail.), portee. 
Linley, 1. Thomas (p£re), compositeur, n£ k 
Wells (Somerset) en 1732, m. A Ixmdres le ID 
nov. 1795; directeur artistique et co-propri6taire 
du the&tre t Drurylane », a ecrit pour cette 
sc£ne la musique d'un grand nombre de pieces: 
The duenna, Selima and Azov, The Camp, 
Ihe carnaval of Venice, The gentle shepherd, 
Robinson Crusoe, T^numph of mirth, The 
Spanish rivals, The strangers at home, Richard 
Cceur-de-Lion, Love in the east. De plus, il a 
public lui-m6me six £16gies pour trois voix 
(sa meilleure o?uvre, sans doute) et douze bal- 
lades, tandis que deux recueils de melodies, 
des cantates et dee madrigaux ont paru apres 
sa mort, en m&me temps que des compositiona 
de son fils. — Ses trois filles, Eliza- Ann, Mary 
et Maria, se firent un certain renom, comme 
cantatrices. Son fils a!n£ — 2. Thomas, n£ A 
Bath, en 1756, m. a Grimsthorpe (Lincolnshire),, 
dansun accident de bateau, le 7aoul 1778 ;vio- 
loniste remarquable, fut &leve de Boyce puis> 
A Florence, de Nardini. A son retour, il s&jour- 
na d'abord a Bath, puis fut engage comme 
violon-eolo au theatre « Drurylane ». L. a forit 
la musique de la Tempite de Shakespeare, un 
anthem avec orchestre : Let God arise, une 
Ode on the xritches and fairies of Shakespeare, 
un oratorio : T)te song of Moses, etc.— 3. George^ 
n£ en 1798, m. le 10 sept 1865; auteur d'un cer- 
tain nombre de melodies, ballades, etc., a 6crit 
aussi la musique de The Toy Maker, repr* 1 - 
sent£ en 1861 A (Movent Garden. 

Linnarx, Robert, n6 A Potsdam le 29 sept 
1851 ; &£ve de Haupt, A Berlin, devint en 1677 
mattre de musique au S6minaire de Bederkesa, 
et passa en 1888 A celui d'Alfeld s. L. II a ecrit 
une cantate de ftte (Altdeutschland), des lieder, 
des chopurs pour voix d'hommes, une m&hode 
de violon, une d'orgue et un traite melhodique 
de Tenseignement du chant. 

Lipinaki, Karl -Joseph, c£lebre violoniste- 
virtuose, n6 A Radzin (Pologne) le 80 oct. ou le 
4 nov. 1790, m. en son domaine d'Ourlow, pres 
Lemberg, le 13 d6c. 1861 ; ne recut des lecona 
de musique que de son p£re, un amateur eclai- 
rs, et fut pour le resle enticement autodidacte. 
En 1810 d6j&, il fut nomme concertmeister,. 
puis remplit, de 1812 A 1814, les fonctions de 
chef d'orchestre, au th&fctre de Lemberg. Aprte 
avoir fait de nouvelles 6tudes, L. partit, en 
1817, pour Tltalie, afin d'y entendre Paganini 
avec lequel il entra en relations intimes ; mais„ 
en 1819, les deux violonistes se rencontr^rent A 
Varsovie comme rivaux, et leur amiti£ cessa 
brusquement. L. parcourut l'Europe enti^re,en 
tournees de concerts de plus en plus triompha- 
les, puis il accepta, en 1834, le poste de con- 
certmeister de Torchestre de la Cour, A Dresde, 
et le conserva jusqu'au moment oil, en 1861, il 
fit valoir ses droits A la retraite. Son jeu etait 
caract£ris6 par la puissance de la sonorite et 
l'habilet^ extraordinaire dans les passages en 
doubles cordes. L. a £crit : quatre concertos de 
violon (le second en re maj., op. 21, se joufr 
encore en Allemagne, sous le nom de t concerto* 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



LTPSIUS — LISZT 



467 



militaire »), toute une s6rie de caprices pour 
violon seal, des rondos, des polonaises, des 
variations, des fantaisies, un trio pour instr. a 
archet, etc. ; il a publi£ en outre un recueil de 
melodies populaires de la Galicie, avec accom- 
pagnement de piano (1834; 2 vol.; 169 num6- 
ros). 

Lipsius, Marie, 6crivain musical dont les 
ouvrages tr£s connus ont paru sous le pseudo- 
nyme La Mara, n£e 4 Leipzig le 30 d£c. 1837, 
d'une famille de savants dont le notn est tr£s 
repandu ; a public Musihalische Studienk6pfe 
(1873-1880, 5 vol.; plus.. Editions); Gedanken 
beruhmter Musther iiber ihre Kunst (1877); 
Das Biihnenfestspiel in Bayreuih (1877); la 
traduction allemande du Chopin, de Liszt 
(1830); Musiherbriefe au$ fiinf Jahrkunderten 
(1886, 2 vol); Klassisches und Romantisches 
ans der Tonwelt (1892) ; enfin les lettres de Liszt 
(A vol. dont trois ont paru, 1892-1894) et d'au- 
tres volumes qui sont, particulterement sur les 
musiciens modemes, Tune des meilleures sour- 
ces de renseignements. lis sont tous Merits 
d'une mani&re spirituelle et attrayante. 

Lira, lirone, v. Lyra 2; L. tedesca, c.-4-d. or- 
gue de Barbarie. 

Lirou, Jean-Francois-Espic de, n6 4 Paris en 
1740, m. dans la mime ville en 1806; officier 
des raousquetaires du roi, amateur des plus 
zel£s t auteur d'une marche de mousquetaires 
et de plusiears libretti d'operas, a public en 
outre une Explication du systems de lliarmo- 
nie (1785). Ge dernier ouvrage est une tenta- 
tive originate de deduction des lois de la to- 
nality de la nature mftrae des corps sonores et 
de la complexity des sons. 

L'istesso tempo (Hal.), le mftme mouvement 
(que le pr£c6dent). 

Lissmann, Heinrigh-Fritz, chanteur sceni- 
que remarquable (baryton), ne 4 Berlin le 26 
mai 1847, m. 4 Hambourg le 5 janv. 1894; £16ve 
de Hillmer et de J. Stockhausen, a chante 
successivement, avec un succ£s toujours crois- 
sant, sur les scenes de Zurich, Lubeck, Leip- 
zig(en mdme temps que Gura), Br6me et Ham- 
bourg, od il avait succ£d& en 1883 4 Gura, en 
quality de premier baryton. Sa femme, Anna- 
Marie, n£e GuTzscHEBAucH (dite Gutzschbach), 
n£e 4 Dobeln (Saxe) le 22 avr. 1850, est aussi 
cantatrice ; elle a tenu avec distinction les 
parties de soprano au theAtre et au concert. 
Apr£s avoir 6t6 engagee 4 Leipzig, avant 
son mariage, elle chanta jusqu'en 1892 sur les 
m^mes scenes que son mari (Leipzig, Brfcme, 
Hambourg). 

Listemann, les frSres L., deux violonistes de 
talent, remarquables surtout dans leur facon 
de jouer ensemble: 1. Bernhard-Friedrigh- 
Wilhelm, n£ 4 Schlotheim (Thuringe) le 25 
mars 1839 et — 2. Ferdinand, n6 dans la m£tne 
locality le 28 aoftt 1841. Us furent tous deux £1£- 
ves clu Conservatoire de Leipzig puis Emigre- 
rent ensemble, en 1866, 4 New- York ; Bernhard 
y fut, de 1871 4 1874, concertmeister de l'or- 
chestre Thomas, puis il fonda lui-m^me une 
autre soci£t6 de concerts. Mais, en 1878, ils 



by \j 



iL 



\V 



quitt&rent New- York pour se rendre 4 Boston, 
oil Bernhard cr£a l'ann6e suivante V « Orches- 
tre philharmonique». De 18814 1885, Ferdinand 
fut concertmeister de Torchestre symphonique 
de Boston puis, en 1883, il accepla le poste de 
premier professeur de violon, au Conservatoire 
de Chicago. 

Lisit, Franz, pianiste gonial qui, de son vi- 
vant, n'eut aucun rival, n6 4 Raiding, pr6s 
(Edenbourg (Hongrie) le 22 oct. 1811, m. 4 
Bayreuth le 31 juil. 1886. Son p£re, intendant 
des domaines du prince Esterhazy, Stait fort 
dou6 pour la musique, il jouait du piano et de 
plusieurs instr. 4 archet et put favoriser par 
consequent le d£veloppement des facult£s mu- 
sicales qui se r6v£l&rent tr£s tdt chez son flls. 
L. re^ut les premieres lecons de piano 4 T4ge 
de six ans et, trois ans plus tard, il prGtait d6j4 
son concours dans un concert d'un jeune 
aveugle, le baron de Braun, 4 (Edenbourg ; le 
succ^s fut tel que le prince Esterhazy, d&sireux 
de Tentendre, fit venir le jeune gargon 4 Eisen- 
stadt et que son p&re decida de donner un con- 
cert 4 ses risques et perils, 4 Pressbourg. Ge fut 
4 la suite de ce deuxi&me concert que quelques 
magnats hongrois (Amad6, Apponyi, Szapary) 
s'unirent pour garantir au jeune musicien une 
pension annuelle de 600 florins, pendant six 
ans qu'il devait employer 4 completer ses Etu- 
des artistiques. Le p&re de L. abandonna alors* 
son poste de Raiding et, pour se vouer entice- 
ment 4 l'^ducation de leur fits, les parents ai- 
lment se fixer d'abord 4 Vienne (1821) oil L. eut 
Czerny,comme maltre de piano, et Salieri,com- 
me maltre d'harmonie (Randhartinger 6tait son 
collogue). Les progr^s de l'enfant 6taient inouis, 
chacun connait l'anecdote d'apres laquelle 
Beethoven se serait pr£cipil£ sur l'estrade pour 
embrasser L., 4 la fin du concert d'adieux que 
celui-ci donna 4 Vienne, avant de se rendre 4 
Paris. L. arriva en 1823 dans la capitale fran- 
$aise, accompagn£ de son p&re qui, avec une 
conscience fort louable, desirait lui faire conti- 
nuer ses ^tildes au Conservatoire; mais Cheru- 
bini,qui ne pouvait souffrir les enfants prodiges, 
refusa son admission, sous pr&exte qu'il Mait 
stranger ! Desormais, ce furent les concerts en 
public qui servirent d'6cole de perfectionne- 
ment 4 L. : comme 4 Vienne du reste, il fut 
introduit 4 Paris, gr4ce 4 la protection des ma- 
gnats hongrois, dans les hautes spheres de la 
soctete et bientdt «le petit Liszt* devint l'enfant 
g4t£ des salons les plus aristocratiques. L. 
n'eut plus aucun maltre de piano, mais Paer et 
plus tard Reicha continu£rent 4 lui enseigner 
la composition. A la suite d'un concert dans le- 
quel le public parisien, electris£, avait fait une 
ovation au jeune virtuose, le p£re r£solul 
d'aller aussi 4 Londres ; il partit aussitrtt avec 
son fils, tandis que la m£re rentrait 4 Vienne. 
Le premier voyage en Angleterre (1824) fut 
suivi d'un second, puis de deux lournees suc- 
cessives dans les d^partements fran^ais ; au 
cours de la seconde tournee, en 1827, L. eut le 
chagrin de perdre son p&re, a Boulogne-sur- 
Mer. La mere, douloureusement eprouvee, ar- 

Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



468 



LISZT 



riva en toule h&te auprds de son fits, A Paris. 
II s'agissait des lors pour ce dernier d'assurer 
l'existence de sa mere et la sienne propre, car 
la pension annuelle venait de prendre fin ; L. 
se voua A l'enseignement et, d6s le debut, fut 
tres recherche comme professeur de piano, 
dans les meilleures families. Sa reputation de 
pianiste etait du reste solidement etablie et, 
comme compositeur, il faisait d£j & parler de lui; 
l'Op6ra lui avail, en oct. 1825, fait l'honneur de 
monter un acte, Don Sancho, de sa composi- 
tion. La revolution de juillet, qu'il salua avec 
enthousiasme, et le saint-simonisme, avec le- 
quel il sympathisa quelque temps, eurent une 
influence considerable sur le singulier deve- 
loppement de son individuality. Plusieurs fois 
L. manifesta le desir d'entrer dans les ordres, 
mais la conscience de sa vocation artislique se 
reveilla toujours et l'emporta deflnitivement 
Le jeu de Paganini, qu'il entendit pour la pre- 
miere fois A Paris (1831), le plongea en extase 
et lui donna une vigoureuse impulsion pour le 
perfectionnement de la technique, A un point 
de vue nouveau (extension, sauts). La person- 
nalite de Chopin, avec lequel il se lia intime- 
ment, contribua aussi, dans une tout autre 
direction, A son developpement artistique. Mais 
ce fut, au retour dTtalie de Berlioz, Fexecation 
de T c Episode de la vie d'un artiste ■ qui em- 
poigna le plus profondement tout son etre ar- 
tistique, et donna une forme definie et lumi- 
neuse A ce qui n'avait ete chez lui, jusqu'alors, 
que persuasion latente et tout intuitive : que la 
musique doit exprimer ou representer quelque 
chose, que son but est de donner un corps A 
des idees poetiques; ainsi L. devint, avec Ber- 
lioz, le promoteur le plus en vue de l'idee de 
la musique descriptive. En outre L. s*empara 
avec ardeur des idees nouvelles de tonalite 
moderue et de son developpement futur (sup- 
pression de l'ancienne conception du ton), idees 
que Fetis avait exprimees, en 1832, dans ses 
conferences musicales ; c*est cette conception 
nouvelle qui, en la deiivrant des liens du ton 
(gamme), donne A l'harmonie de L. cette poly- 
morphic qui est un des traits caracteristiques 
communs A toutes les oeuvres de 1' « 6cole neo- 
pllemande >. A mesure qu'il en trait dans une 
nouvelle phase artistique, L. se transformait 
aussi humainement parlant ; l'enfant gftte des 
salons etait devenu un homme et le flirtage 
commencait a revetirun caractere plus serieux. 
Les rapports qu'il eut avec Ik comtesse d'A- 
goult (connue dans la litterature, sous le nom 
de Daniel Stern) firent $ur lui une impres- 
sion plus particulierement durable; la com- 
tesse, qui avait abandonne son mari pour suivre 
L M v6cut avec ce dernier (1885-1889) A Geneve 
d'abord, puis A Nohant, chez George Sand, et 
en Italie (Milan, Venise, Rome). Us eurent 
trois enfants, dont Tune, Cosima, devint plus 
tard repouse de Richard Wagner. Mais A la fin 
de 1839, L. envoya chez sa mere, A Paris, la 
comtesse et ses enfants, tandis que lui-meme 
reprenait la vie errante de virtuose et parcou- 
rait l'Europe enliere, loujours triomphant, jus- 



qu'en 1849. II avait du reste remporte en 1836 
dej&, A Paris od il s'etait rendu deux fois de 
Geneve, une brillante victoire sur son rival le 
plus dangereux, Thalberg ; aucun pianiste des 
lors ne put serieusement pretendre A lui dispu- 
ter le premier rang. C'est en 1839, en un bel 
elan de generosity que L. ecrivit au comite du 
monument de Beethoven, A Bonn, qu'il garan- 
tissait personnellement la somme considerable 
qui manqnait encore pour l'execution du mo- 
nument projete; sans lui, quelques dizaines 
d'annees peut-etre se seraient passes avant 
qu'une solution intervint. A partir de 1847, a la 
suite de 1'influence considerable qu'exerca sur 
lui, dee le debut de leurs relations, la princesse 

CaROLYNE DE SaYN- WITTGENSTEIN. L. aban- 

donna peu A pen la carriere de virtuose et ac- 
cepta le poste de chef d'orchestre de la Cour, A 
Weimar, oil il resta une doukaine d'annees. 
Weimar devint un nouveau centre de vie in- 
tellectuelle et artistique, nombre de jeunes ma* 
siciens de grand talent y accoururent (Raff, 
Bfllow, Tausig, Cornelius, etc.) et cre^rent 
une sorte de poste d'avant-garde de 1' t ecole 
neo-allemande ». Ce fut A Weimar que L. ecri- 
vit ses « poemes symphoniques » qui, avec ses 
grandes symphonies (tDante», «Faust»), repre- 
sentent le plus exactement son individuality 
creatrice. dependant, la resistance que ren- 
contrerent dans certains milieux, ses tendances 
profondement reformatric^s (cf. Cornelius) le 
lasserent A la fin et le deciderent A quitter su- 
bitement son poste. II parti t en 1861 pour Ro- 
me et y resta jusqu'au jour oil, en 1870, il fut 
appeie A dinger le Festival Beethoven, A Wei- 
mar; il renoua les relations interrompues avec 
la Cour et y passa des lors chaque ann£e une 
partie de rete. En 1865, il avait pris les ordres 
mineurs et etait devenu abbe; il jouit meme 
pendant les dernieres annees de sa vie des 
prerogatives d'une chanoinie, en sorte que le 
voeu qu'il avait forme des sa jeunesse d'entrer 
dans le clerge, se trouvait en partie du moins 
realise. Dans cette periode de sa vie, L. se 
voua, non pas exclusivement, mais tout parti- 
culierement A la musique religieuse. II passa 
les quinze dernieres annees de sa vie, tantdt ici 
tantdt Id, sans domicile fixe, partout fete 
et aduie, mais n'en continuant pas moins A 
lutter pour les plus nobles causes artistiques. 
On sait du reste avec quel desinteressement il 
prit des le debut (1850, « Lohengrin ») la de- 
fense de Wagner et avec quelle generosite il 
lui vint en aide materiellement, aussi bien que 
moralement. Les decorations et les honneurs 
de tous genres s'accumuierent sur la person ne 
de L. comme sur aucun autre musicien avant 
lui ; l'Universite de Koenigsberg lui confera le 
titre de D* phiL h. c, Tempereur d'Autriche 
l'anoblit en lui donnant Tordre de la Croix de 
fer, plusieurs villes allemandes et autrichien- 
nes le firent bourgeois d'honneur, le grand-due 
de Weimar le nomma chambellan, etc. A partir 
de 1875, il fut aussi president de 1' « Academie 
nationale hongroise de musique » qui venait 
d'etre fondee A Budapesl. Une foule d'eieves 



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LISZT 



469 



enthousiastes et d'adorateurs suivaient le mat- 
tre d'un lieu & l'autre, pendant toute sa vie. 

Les oeuvres principals de L. sont : 1. Les 
po&mes symphoniqubs (pour grand orchestra) : 
Ce qu'on entend sur la montagne (V. Hugo); 
Tasso, lamento e trionfo ; Les Preludes ; Or* 
pheus; Prometheus; Mazeppa; Festklange; 
Heroide funebre; Hungaria; Hamlet; Die 
Hunnenschlacht; Die Ideate; Von der Wiege 
bis zum Grabe (1888, d'apr^s un dessin de 
Mich, tod Zichy): des symphonies avec choeurs : 
Dante (symphonic d'apres la Divina commedia 
du Dante, pour orchestre et voix de femmes); 
Eine Faustsymphtmie (en trois tableaux carac- 
t6ristiques: Faust, Gretchen, Mephistopheles, 
pour orchestre et voix d'hommes) ; enfin d'au- 
tres pieces orchestrales : Episoden aus Lenaus 
« Faust » (Der ndchtliche Zug et deux Mephisto- 
Walzer) ; Kunstlerfestzug (pour la tete Schil- 
ler, 1859) ; Gaudeamus igitur (avec choeur et 
eoli) ; Festmarsch; Festvorspiel; Huldigungs- 
marsch; Von Fels zum Meer et toute une s£rie 
d'arrangements remarquables de inarches de 
Schubert, du Divertissement a la Hongroise t 
etc., de la marche de Rakoczy, etc. 2. Musiqdb 
de piano: deux concertos (mi bemol et la ma- 
jeure) ; Danse macabre, pour piano et orches- 
tre ; Concerto pathettque (solo de concert) ; 
quinze Rhapsodies hongroises; Rhapsodie es- 
pagnole ( Jota aragonese) ; une sonate en si 
minenr; fantaisie et fugue sur B-A-C-H; trans- 
cription pour piano de six preludes et fugues 
d'orgue de J.-S. Bach ; variations sur un th&me 
de la Messe en si mineur, de Bach ; deux bal- 
lades; Berceuse; deux l£gendes; deux 616gies 
(une pour piano, violon et violoncelle) ; Capric- 
do alia turca (sur des motifs des * Ruines 
d'Athtaes », de Beethoven) ; Lid&e fixe (motif 
de Berlioz); impromptu en fa diese majeur; 
Consolations; Apparitions; Harmonies po&ti- 
ques et religieuses ; Annies de pelerinage (26 
morceaux); Liebestrdume (trois nocturnes); 
Galop chromatique ; trois Caprices-valses ; un 
grand nombre de paraphrases, par ticulierement 
sur des motifs d'op&ra de Wagner, Meyerbeer, 
Verdi et autres; fantaisie de bravoure sur la 
ClocJtette de Paganini ; marche de Gircassiens, 
extraite de c Rouslan et Ludmilla, » de Glinka; 
marche nuptiale et ronde des Elfes, du «Son- 
ge d'une nuit d'6t£, » de Mendelssohn ; une 
foule de transcriptions pour piano seul de lie- 
der de divers auteurs (environ 60 de Schubert); 
des reductions, pour piano a deux mains, d'ceu- 
vres de Beethoven (neuf symphonies), Berlioz 
(•Symphonic fantastique », Marche des P&le- 
lerins d* • Harold », Danse des sylphes de la 

• Damnation de Faust, » « Les Francs-juges, » 

• Le roi Lear »), Wagner (ouverture de « Tann- 
hfiuser »), Saint-Saeus (• Danse macabre » ), 
etc.; Etudes d' execution transcendante; Trois 
grandes etudes de concert; Adirato (6tude de 
perfectionnement), etc.; on pourrait ajouter a 
cette rubrique, outre la «Marche des Puritains* 
et divers arrangements pour deux pianos, des 
oeuvres m£lodramatiques (Leonore de Bur- 
ger, Beiges Treys de Strachwitz, Trauriger 



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Mimch de Lenau, etc.), trois duos pour piano 
et violon, etc. 8. Musique d'oroue : fantaisie et 
fugue sur le choral Ad nos, ad salutarem un- 
dam, du € Proph&te » de Meyerbeer ; une fugue 
sur B-A-C-H; une Missa pro organo etc. ; des 
variations sur des thdmes de Bach; enfin de 
nombreuses transcriptions pour orgue et pour 
harmonium. 4. Musique vocale : Graner FesU 
messe; Ungarische Krdnungsmesse (toutes 
detfx pour choeurs, soli et orchestre); deux 
Messes avec orgue (ut et la mineurs) ; psaumes 
xm, xvni, xxih, cxxxvn; Requiem pour voix 
d'hommes et orgue ; un grand nombre de 
petits morceaux de musique d^glise (Pater 
noster, Ave Maria, Ave maris stella, Ave ve- 
rum, Tantum ergo, Osalutaris); des oratorios : 
Christus, Stanislaus (inachevS), Die Legende 
von der heiligen Elisabeth; des cantates: Die 
Glockendes Strassburger Mimsters, Die hei- 
lige Ccecilia, An die Kiinstler (voix d'hom- 
mes); d'autres cantates pour les centenaires de 
Beethoven, Herder, Goethe; Jeanne <£Arc au 
bucher, Die Macht der Musik; des choeurs 
pour YEnt/esselter Prometheus, de Herder; 
plusieurs recueils de quatuors pour voix d'hom- 
mes ; une soixantaine de lieder pour chant et 
piano; des melodies avec texte fran?ais, etc., 
etc. Quels que soient les doutes que Ton puisse 
formuler & regard du degr£ de g6nie crSateur 
d£volu A L., il est impossible de nier le cachet 
de haute originality qu'il a su imprimer & la 
plupart de ses oeuvres, gr&ce & sa culture re- 
marquable, a ses connaissances tr£s Vendues 
dela literature musicale et a son enthousiasme 
vibrant pour un id£al de progres continu (ne- 
gation de toute r&gle &roite, recherche de ca- 
ract&istique). U faut avouer aussi que, s'il a 
acquis de nouvelles ressources & la technique 
du piano, il se laisse trop fr£quemment en- 
tratner,dans ses oeuvres de virtuosity, & de purs 
jeux de sonorite, denues de sens musical. 5. 
Eciuts; De la fondation Goethe a Weimar 
(1851) ; Lohengrin et Tannliauser de Richard 
Wagner (1851, paru aussi en allemand) ; Fre- 
deric Cho)nn (1852, 2»« Sd. 1879; trad, en all. 
par La Mara, 1880); Des Bohbniens et de leur 
musique en Hongrie (1861, rWdite plus tard; 
6d. all. [par P. Cornelius] el hongroise) ; A 
propos des nocturnes de Field (1859, public 
aussi en all.); Robert Franz (1872); Keine 
Zwischenaktsmusik mehr (1879). Les « oeuvres 
completes » (Merits) de L. out et6 publics par 
L. Ramann, en allemand (1880-1883, 6 vol.); 
sa correspondance, par La Mara (1892-1894; 
3 vol., un quatrieme parattra encore). Une foule 
d'esquisses biographiques et esth&iques ont 
paru sur L. soil en brochures, soit comme cha- 
pitres sp&ciaux d'ouvrages de plus grandes di- 
mensions ; mais la seule biographie qui epuise 
le sujet, autaut que faire se peut, est celle de 
L. Ramann, Franz L., als Kiinstler und 
Mensch (deux parties en 3 vol., I 1811-1840, 
n 1839, 1840-1847, III 1848-1886; 1880-1894). 
II existe a Leipzig, depuis 1885, un « Liszt- 
Verein » dont le but est de repandre les oeu- 
vres du maltre et de ses disciples directs o i 

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470 



L1TANIE — LOBE 



indirecls, et qui, sous la presidence du prof. 
Martin Krause, a pris un developpement fort 
r&jouissant. 

Litanie (lat. litania, tetania), chanl de prtere, 
prtere ^intercession ou appcl a la grace de 
Dieu et des Saints. Les L n'6taient chanties a 
l'origine que dans les processions dont le but 
6tait d'ecarter un fleau quelconque du pays ; 
plus tard elles prirent leur place dans l'ordre 
du culte de certaines epoques determinees de 
Tannee ecclesiastique. 

Litolff, Henry-Charles, pianiste et compo- 
siteur, ne a Londres le (5 fevr. 1818, m. a Paris 
le 6 aout 1891; son pere, Alsacien de naissance, 
s'6tait 6tabli a Londres comme violoniste, mais 
hii fit travailler le piano sous la direction de 
Moscheles. A Tage de douze ans deja, il se tit 
entendre en public, au th&Ltre de «Covent-gar- 
den », mais aprSs s'Stre marie tr6s jeune (a dix- 
sept ans), contre la volonle de ses parents, il 
quitta l'Angleterre et dut peniblement gagner 
l'entretien de sa famille, dans une petite ville 
de province, en France. Cent en 1840 seule- 
ment que L. parvint a attirer sur lui, dans un 
concert de bienfaisance, l'attention du public 
parisien, mais depuis lors sa renominee de 
pianiste grandit rapidement et s'accrut surtout 
lorsqu'apres sAtre separe de sa femme, il 
commenya a voyager el se rendit en Belgique. 
De 1841 a 1844, L. remplit a Varsovie les fonc- 
tions de chef d'orchestre ; il parcourut ensuite 
de nouveau TAllemagne, la Uollande, etc.,passa 
a Vienne, au nombre des insurges, quelques- 
unes des j.ourn6es orageuses de la revolution 
de mars 1848, mais sut se retirer a temps et alia 
s'etablir a Brunswick. Des souffrances physi- 
ques et rhypocondrie Foblig&rent a renoncer, 
en 1850, a la carri&re de virtuose ; il 6pousa en 
seconder noces la veuve d'un £diteur de musi- 
que de Brunswick, nomm£ Meyer, et devint de 
la sorte le createur de la Collection L. bien 
connue. II c6da, en 1860, le commerce d*6di- 
tion a son fils adoptif (ills de sa seconde fem- 
me), Thkodor L., et rentra a Paris ou le tour- 
billon de la vie mondaine l'emporta de nou- 
veau; il demanda son divorce et epousa, en 
troistemes noces, une comtesse de Larochefou- 
cauld. En tant que compositeur, L. n'est pas 
sans valeur; ses « concertos-symphonies », sor- 
tes de duos concertants pour piano et orches- 
tre, au noml>re de cinq, ont eu beaucoup de 
succ&s, et Ton conn ait aussi de lui une Fileuse, 
a cdt6 de laquelle peuvent se placer une quan- 
tity d*autres morceaux brillants pour le piano. 
L. a £crit aussi un trio avec piano, une marche 
fun&bre a la memoire de Meyerbeer, un con- 
certo de violon, un petit oratorio ; Ruth et Booz 
(1866) et des melodies vocales. Vers la fin de sa 
carri&re, il se voua principalement a la compo- 
sition scenique; il avait du reste deja donn& en 
1847, a Brunswick, un opera : Die Braut von 
Kynast, un second, Rodrigue de Tolede, resta 
sur le carreau, tandis qu'en 1886 encore, il 
donna a Brux elles Les Templiers, Plusieurs 
petits theatres de Paris (Folies dramatiques, 
Ch:Uelet),les Fantaisies parisiennes de Bruxel- 



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les, etc., ont repr£sent£ de lui loute une serie 
d*op6rettes: La botle de Pandore, Helotse et 
Ab6lard(\e seul succ&s notable), La belle au 
bois dormant La fiancie du roi de Garbe, La 
Afandragore, Le chevalier Nahel (Baden-Baden) 
et L'escadron volant de la reine (1888). 

Litta, Giulio-Visconte-Arese, due de, n6 a 
Milan en 1822, m. a Vedano,pr£s Monza, le 29 
mai 1891 ; re$ut une forte education musicale, 
ecrivit une Passion en musique et dix operas, 
represents pour la plupart a Milan: Bianca di 
Santafiera (1843), Sardanaplo, Leoni 9 Maria 
Giovanna, Editta di Lormo, Don Giovanni di 
PortogaXtOy II viandante, 11 raggio damore^ 
11 sogno de* fiori, II violino di Cremona (1882). 

Lituus, (lat.), v. CORNETTO. 

Liverati, Giovanni, compositeur d'op&ras, ne 
a Bologne en 1772; Sieve de l'abbt Mallei, fit 
ex6cuter en 1789 d&ja quelques psaumes de sa 
composition et debuta l'annee suivante comme 
compositeur scenique. B fut engage comme 
premier t&ior, a Barcelone (1792) puis a Ma- 
drid, dirigea pendant plusieurs ann^es l*op£ra 
italien de Potsdam (jusqu'en 1800), et remplit 
encore les fonctions de chef d'orchestre a Pra- 
gue et a Trieste. En 1805, il s'&ablit a Vienne, 
en quality de maitre de chant et accepta enfin, 
en 1814, un appel adresse de Londres comme 
compositeur d'operas. Son dernier ouvrage, The 
nymphe of the grotle* en collaboration avec 
Alex. Lee, date de 1829. L. a £crit en tout qua- 
torze operas, plusieurs cantates, deux oratorios, 
une quantite de pelites pieces vocales, des qua- 
tuors pour instr. a archet, etc. 

Lloyd, 1. Gharles-Hkrford, n£ a Thornbury 
(Gloucestershire) le 16 oct. 1849, fut nomm£ 
organiste de la cathedrale de Gloucester (1876), 
puis organiste de Teglise du Christ, a Oxford 
et directeur d'une sociele chorale (1882). L. est 
un chef d'orchestre appreeie (festival des 
« Three-Choirs ») etun compositeur de mSrite; 
il a ecrit des cantates : Hero et L&andre (Wor- 
cester, 1884), Le chant de Baldur (Hereford, 
1885), Androiriede (Gloucester, 1886), de la mu- 
sique d'eglise, des choeurs, un duo concertant 
pour clarinette et piano, des sonates pour or- 
gue, etc. — 2. Edwajid, ne a Londres le 7 mars 
1845, fit son education a TAbbaye de Westmins- 
ter, sous la direction de Turle. Doue d'une fort 
belle voix de tenor, L. s'adouna enticement a 
la carriere de chanteur de concert et d'eglise. 

Lo (ital.), article masculin devant les mots 
commencant par un s suivi d'une consonne et 
devant ceux qui cornmencent par une voyelle 
tapostrophie en T). 

Lobe, Joiiann-Christian, th^oricien et com- 
positeur, ne a Weimar le 30 mai 1797. m. a 
Leipzig le 27 jail. 1881 ; re^ut les premieres le- 
mons de flute et de violon du directeur de mu- 
sique A. Iliemann, puis du chef d'orchestre 
A.-E. Mailer, et se fit entendre comme flutisle 
virtuose, en 1811 deja, au Gewandhaus de Leip- 
zig. II til partie pendant longtemps, comme 
flutiste et a la fin comme alliste, de l'orchestre 
de la Cour, a Weimar ; mais il donna sa de- 
mission en 1842, erea un instilut de musique et 

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LOBKOWiTZ 

le dirigea jusqu'au moment ou, en 1846, il par- 
tit pour Leipzig. It se voua alors plus particu- 
lierement a ses travaux theoriques et a l'ensei- 
gnement privk Les compositions de L. com- 
prennent des concertos, des variations et des 
pieces diverges pour flute, des quatuors avec 
piano, deux symphonies, plusieurs ouvertures, 
-cinq operas (Wittekind, Die Flibustier, Die 
Furstin von Granada, Der rose Domino, 
Kdnig und Pachter, tous reprSsentes a Wei- 
mar) et une foule de pelites oeuvres diverses. 
Mais ses ouvrages d ? enseignement theorique 
sont beaucoup plus connus : Die Lehre von 
der thematischen Arbeit (1846); Lehrbuchder 
musihalischen Komposition ( 1850-1867, 4 vol. : 
I Harmonie, II Instrumentation, III Fugue, ca- 
non, etc., IV Op6ra; nouv. 6d. revue par II, 
Kretzschmar , 1884 - 1887 ; edit, fran^ du vol. I, 
par G. Sandr£, sous le titre : Traiti pratique de 
-composition musicale, 2** edit. 1897); Kate- 
chismus der Musik (1851 ; 21« 6d. 1881) ; Musi- 
halische Brief e eines Wohlbekannten (1852; 
$• 6d. 1860) ; Fliegmde Blatter fur Musik (1853- 
1857, 3 vol.); AusdemLeben eines Musihers 
<1859); Vereinfachte Harmonielehre (1861); 
Katechismus der Kompositionslefire (1872, 
&• ecL 1876) ; Konsonansenund Dissonanzen 
<18t>9, melanges). L. a r£dige en outre, de 1846 
A 1848, T t Allgemeine Musikalische Zeitung ». 

Lobkowitz, v. Caramuel de L. 

Lobo, (Lopez, Lupus), Duahte, Tun des plus 
remarquables parmi les anciens compositeurs 
portugais ; 616ve de Manuel Mendes, £tait vers 
Tan 1600 maitre de chapelle a T£glise de l'Hd- 
pital, occupa ensuite les menies fonctions a la 
•cath£drale de Lisbon ne et mourut dans cette 
ville, a un age avanc£, comme recteur du S6- 
minaire de pr&tres. L. avait une predilection 
Bpeciale pour la composition a buit voix et ses 
ceurres rappellent en plus d'un point celles de 
Benevoli. On a conserve de lui : trois livres de 
Magnificat a quatre voix (1605,1611) ; un livre 
de Messes de quatre a huit voix et un autre de 
quatre a six voix (1621-1639) ; Officium defunc- 
torum [choraliter] (1603) ; Liber processionum 
et stationum ecciesioe Olyssiponensis (1607); 
puis les manuscrits (a Lisbonne) de Messes a 
huit et a un plus grand nombre de voix, d'an- 
tiennes, de psaumes, etc. Un ouvrage theorique 
-de L. est inlitule: Opuscula musica (1602). 

Locatelli, Pietro, violoniste remarquable, 
n£ a Bergame en 1693, m. a Amsterdam en 
1764; Sieve de Corelli, a Rome, paraft avoir 
beaucoup voyag6, mais 61ut finalement domi- 
cile 4 Amsterdam, ou il organisa des concerts 
periodiques. L. a contribu6 pour une large part 
an developpement de la technique du violon, 
surtout en ce qui concerne le jeu en doubles 
-cordes, aussi avec des changements de Taccord 
de rinstrument; il a en outre r6alis6 cerlains 
progr&s dans la forme de la sonate. Ses oeuvres 
eont les suivantes: douze Concerli grossi (op.l); 
donates pour flute, avec basse chiffree (op. 2) ; 
JJarte del violino (op. 3, douze concertos et 
-vingt-quatre caprices pour deux violons, alto, 
-violoncelle et basse chiffree) ; six concertos 



LODER 



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(op. 4) ; six sonates-trios pour deux violons et 
basse (op. 5); six sonates pour violon seul 
(op. 6); six Concerto a quatlro (op. 7) ; trios- 
sonates (op. 8); Larle di nuova modulasione 
(op. 9 ; paru aussi en 6d. fran^., sous le titre : 
Caprices tnigmatiques) ; Contrasto armonico 
(op. 10, concertos a quatre parties). Alard et 
David ont incorporS tous deux, dans leurs 
grands ouvrages didactiques, quelques mor- 
ceaux de L.; les sonates de Top. 6 ont paru, 
pour la demtere fois, en 1801, dans une Edition 
destinSe au Conservatoire de Paris. L'op. 6, 
n« III {si majeur) a aussi et£ publie par H. IUe- 
mann. 

Lock, Matthieu, compositeur de la Cour du 
roi Charles II d'Angleterre , ne vers 1632, m. 
en aout 1677, alors qu'il 6tait organiste de la 
reine Catherine ; fut Tun des anciens composi- 
teurs anglais les plus illustres. II a 6crit la ma- 
sique de plusieurs drames (Macbeth et La 
Tempete de Shakespeare, Psycht de Quinault, 
les deux derniers imprimes ensemble, en 1675, 
etc.), des inascarades, des anthems pour la 
Chapelle royale, et des suites a quatre et a 
trois parties pour violes ou violons (Consorts 
of 4 parts, manuscrit autographe en posses- 
sion de la « Sacred Harmonic Society » a Lon- 
dres ; Little consort 3 parts, imprimS en 1656). 
Une quantity d'anthologies anglaises du xvn* s. 
renferment en outre des morceaux du m6me 
auteur. L* a ecrit le premier traite de basse 
chiffree : Melothesia, or certain general rules 
for playing upon a continued bass (1673); il a 
public 6galement des brochures polemiques, 
dans lesquelles il combattit entre autres les 
tentatives de suppression des diff&rentes clefs, 
que fit Salmon. 

Loco (ital. f a sa place ■), indication inter- 
rompant Tenet du signe d'octava (8") qui pre- 
cede. V. abreviations. Dans les oeuvres pour 
violon, le mot L. sert aussi a indiquer, apres un 
sul G, sul D, etc., que Ton doit jouer de nou- 
veau dans la position normale. 

Locrien ( hypereolien ), 1. Chez les Grecs, 
nom d'une echelle transposee (v. musique 
orecque) qui, en faisant usage d'expressions 
modernes, serait une tonality avec quatre 
bemols. — 2. Dans le systeme des modes 
eccl^siastiques, denomination d'une Echelle 
si 1 ut* ri* mi* fa* sol* la* si* 

qu'il faut bien se garder de confondre avec 
si 1 ut* re* mi* fa* sol* la* si* 

(hypophrygien). Le mode locrien n'a jamais eu 
d'importance reelle. 

Loder, Edward-James, n6 a Bath (Angle- 
terre) en 1813, m. a Londres le 5 avr. 1865; 
eteve de Ferdinand Ries, a Francfort s.-M., 
v6cut d'abord a Londres ou il 6crivit plusieurs 
operas, pour les theatres de Drury-Lane et de 
Coven tgarden, fut ensuite chef d'orchestre a 
Manchester puis resta longtemps faible d'es- 
prit, avant de mourir. L. a ecrit des op6ras : 
The night dancers, Puck (• ballad-opera ») et 
Raymond and Agnes; des interm&ies pour 

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LCESGHHORN — LOGIER 



plusieurs autres ouvrages ; une cantate; The 
island of Calypso ; quatuors pour instr. A ar- 
chet; melodies, etc. 

Lceschhorn, Albert, pianiste et compositeur, 
n6 A Berlin le 27 juin 1819; Steve de L. Ber- 
ger (1887-1839), puis de Grell, A.-W. Bach et 
Killit8chgy, A l'lnstitut royal de musique d'6gli- 
se, 8ucc6da en 1851 au dernier de sea profes- 
seurs, comme maitre de piano de ce m6me 
institut, et recut en 1858 le titre de c profes- 
seur ». L. est un pianiste et un pedagogue de 
talent, il s'est fait un certain renom par see 
nombreuses compositions pour le piano. II a 
publie des Etudes, des sonates, des sonatines, 
des suites, des quatuors pour piano et une 
quantity de morceaux de salon brillants. D a 
fait paraltre, en collaboration avec J. Weiss, 
un Wegweiser in die Pianofortelitteratur 
(1862 ; 2° 6d. par L. seul, sous le titre : Fiihrer 
dutch die Klavierlitteratur f 1885). 

L<bw, Joseph, n£ A Prague le 28 jany. 1884, 
m. dans la m&me ville le 5 oct. 1886 ; auteur de 
morceaux de salon et d'etudes pour piano. 

Lcbwo, Johann-Karl-Gottfried, n6 a Loebe- 
jun,pr£s Coefhen, le 30 nov. 1796, m. A Kiel le 
20 avr. 1869 ; douzteme enfant d'un maitre d'6- 
cole, fut enfant de choeur A Copthen puis Steve 
du gymnase de la fondation Francke, A Halle 
s.-S, ou il eut des lecons de musique de Turck. 
II se fit remarquer comme chanteur dans le 
chceur, A tel point que le roi J£rdme de West- 
phalie lui servit une allocation annuelle de 300 
thalers, qui lui permit de poursuivre d'une fa- 
<?on plus sSrieuse ses Etudes musicales. La 
chute de Napoleon le priva de cette reseource, 
aussi L., tout en continuant A s'occuper de mu- 
sique, entreprit-il des Etudes de th£ologie. D 
fut nomml, en 1820, cantor de l'£glise St-Jacob 
et maitre de musique au gymnase de Stettin, 
puis, Vann6e suivante, directeur de musique de 
la ville. Pendant quarante-six ann£es consScu- 
tives, L. occupa cette modeste situation et ne 
se retira qu'en 1866, A la suite d'une attaque. 
II passa alors les derni&res armies de sa vie A 
Kiel. L'UniversitS de Greifswald lui avait con- 
fer6 le grade de B* phil. h. c. L. Ini-m6me £tait 
fort bon chanteur et, de Stettin, entreprit A di- 
verses reprises des tourn£es de concerts (jus- 
qu'en Angleterre) pendant lesquelles il ex6cu- 
tait ses propres ballades. Le nombre total de 
ses ceuvres est de cent quarante-cinq ; nous 
trouvons panni elles trois quatuors pour instr. 
A archet, un trio avec piano et des sonates 
pour piano (Mazeppa, op. 27 ; mi majeur, op. 
16; Sonate eltgiac/ue en fa mineur, op. 32; 
Zigewner-Sonate, op. 107). Toutefois ce sont les 
compositions vocales qui nous montrent Tan- 
teur sous son meilleur jour, et pins particu- 
li&rement les « Ballades > pour une voix avec 
accompagnement de piano (Edward [op. 1, 
1824], Erlkdnig, Heinrich der Vogler, Archi- 
bald Douglas, Der Noech, Tom der Reimer, 
Oluf, Die verfallene MUhle, etc. ; cf. les « Al- 
bums-Lcewe » de Peters [20 ballades] et de 
Schlesinger [16 ballades]). La forme musicale 
de la ballade a M de fait cr£ee par L., en ce 



sens que, par l'emploi reit&r6 d'un motif prin- 
cipal aux contours tr&s arr6t£s, il a su lui don- 
ner une veritable allure 6pique, sans nSgliger 
aucunement de souligner chaque detail, de fa- 
$on suffisamment caract6ristique. II convient 
de menlionner en outre : Die Walpurgisnacht 
(ballade pour soli, choeur et orchestre); Die 
Hochzeit der Thetis (cantate); des oratorios; 
Die Festzeiten; Die Zerst&nmg Jerusalem*: 
Die Siebenschldfer; Johann Htiss;Die eherne 
Schlange; Die ApostdvonFfiilippi (a cappella); 
Gutenberg; Palestrina; Hiob; Der Meister von 
Avis ; Das SUhnopfer des neuen Bundes ; Das 
hohe LiedSalomonis; Polus Atella: Die Hei- 
lung des Blindgeborenen (a cappella); Johan- 
nes der Taufer (a cappella) ; Die Auferxcechtmg 
des Lazarus (avec orgue). Des cinq operas que 
L. a Merits, un seul Die drei Wimsche, fut re- 
prSsente (Berlin, 1834 ; reduction de piano gra- 
v6e) ; des symphonies, des ouvertures, etc^ 
sont rest£es manuscritea Enfin L. est aussi 
Fauteur d'une Gesanglehre (1826 ; 3« &L 1884), 
d'un 6crit intitule : Musikalischer Gottesdienst, 
melodische Antoeisung zum Kirckengesang 
und Orgelspiel (1851) et d'une Klavier-und 
Qeneralbassschule (2* 6d. 1851). Son auto- 
biographie a fob publico en 1870, par K.-H. 
Bitter. Cf. Bunge, Karl L. (1884) et L.redivivus 
(1888); Weilmer, Karl L. (1886) ; puis Ambros, 
Kulturhistorische Bilder (1860) et Gumprecht, 
Neue mu&ihalische Charakterbilder (1876). 

Logarithms*. Euler est le premier qui ait 
fait usage des 1. pour representor nettement 
les differences de hauteur des sons; Drobisch 
a suivi de pr&s son exemple, et d'autres aprte 
lui. Le mieux est de faire usage de 1. A base 2 
qui donnent pour octave 1,000000* ^ n 8 <>rte <I oe 
les diff&rentes octaves du son primitif s'obtien- 
nent sans aucune modification des fractions 
decimales, par simple addition ou soustraction 
& e lioooooo ^es L se trouvent A l'aide de sim- 
ples 1. de Briggs, au moyen de la formule 2 x 

= a, ou x = t^ 1 A , x 6tant le 1. cherche* 
* log. 2' 

mais a le quotient de I'intervalle donnk Ct le 
tableau au mot rapports. 

Logier, Johann-Bernhard, n6 A Cassel le 9 
f^vr. 1777, m. a Dublin le 27 juil. 1846; issu 
d'une famille de musiciens, dont plusienr* 
membres (\es anc^tres imm^diat de L.) rempli- 
renl les fonctions d'organiste a Kaiserslautern^ 
se rendit tout jeune en Angleterre et entra 
comme flutiste dans la musique d'un regiment 
irlandais. 11 £pousa plus tard la fille du chef de 
musique, un certain Willmann, aussi d'origine 
allemande. Lors de la dissolution du regiment,. 
L. accepta un poste d'organiste A Westport (It- 
iande) ; e'est A ce moment qu'il inventa son fa- 
meux chiroplaste, m^canisme destin^ A regler 
la position de la main dans le jeu du piano, et 
qu'il s'enrichit et se rendit c£l6bre. Loreque 
son invention eut r£ellement pris pied, L. alia 
se fixer A Dublin, puis a Londres ou le gouver- 
nement allemand del^gua F. Stopel, avec mis- 
sion d'^tudier le syst&me nouveau ; peu apres,, 
L. lui-m^me fut appel^ A Berlin pour organiser 



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LOGROSCINO — LOQUIN 



473 



et surveiller Ie fonctionnement de son syst&me. 
Mais une autre idee de L. eut une portee plus 
grande encore, car elle fut tr£s appr6ciee pen- 
dant nombre d'ann&es et poss&de actuellement 
encore quelques partisans, c'est celle de Ten- 
seigneinent simultane du piano k plusieurs eie- 
ves (snr plusieurs pianos). Apr&s un sejour de 
trois ans k Berlin, L. rentra k Dublin. Ses com- 
positions n'ont pas de valeur (concerto de piano, 
sonales et pieces diverses pour piano k deux et 
k quatre mains, trios avec Mte et violoncelle, 
etc, puis une methode pour bugle); quant k ses 
Merits, ils traitent pour la plupart du chiro- 
plaste : An explanation and description of the 
royal patent chiroplast or handdirector for 
pianoforte (1&16), son premier ouvrage, trouva 
nombre de contradicteurs qui contribu^rent du 
reste k en.augmenter la renomm6e et suscite- 
rent Tapparition de diverses petites brochures 
de L. sur son syst£me. Parurent ensuite : The 
first companion to the royal patent chiroplast 
(1818, sur le jeu k Tunisson); Logier's pratical 
thorough-bass (dont une 6d. all. parut aussi, en 
1819); enfin Systems de science et de composi- 
tion musicales (paru aussi en all., 1827). 

Logroscino, Niccolo, n£ k Naples vers 1700, 
m. dans la mftme ville en 1763 ; m6rite une 
mention toute sp6ciale parmi les composi- 
teurs sc6niquesdu xvin 6 s., car il d6veloppa no- 
tablement le genre de Yopera buffa, cultiv£ 
avant lui par Leo, PergolAse et Hasse, et aug- 
menta son effet entre autres par l'adoption du 
grand ensemble k la fin de chaque acte (finale). 
Ce fut Piccini qui, le premier, marcha sur ses 
traces et,par ses premiers ouvrages d£j&, rius- 
sit k detourner de L. la fayeur du public. L. 
quitta alors Naples et alia, en 1747, s*etablir& 
Palerme, comme professeur de contrepoint 
au • Conservatorio dei figliuoli dispersi ». Vers 
la fin de sa carri&re, il rentra cependant dans 
sa ville natale. L. a ecrit plus de vingt-cinq 
ouvrages, parmi lesquels Giunio Erttio, 11 
govematore, 11 vecchio marito et Tanto bene 
che male eurent le plus de succ&s. 

Lohmann, Peter, po&te allemand, n6 k 
Schwelm (Westphalie) le 24 avr. 1888, fut d'a- 
bord libraire mais vit depuis 1856 k Leipzig et 
s'est fait connaitre par ses iddes r^formatrices 
personnelles sur la fa$on de traiter le poeme et 
la musique, dans le drarae musical. Ses po£- 
mes {Die Rose vom Libanon, Die Briider $ 
Durch Dunhel zum Licht, Valmoda, Frihjof, 
Irene, etc.; 4 vol., 8» ed. 1886) font autant que 
possible abstraction de toute. action exterieure 
et cherchent k susciter et a r^soudre des con- 
flits exclusivement dans la vie spirituelle. Jo- 
seph Huber, K. Gcetze, A.-W. Dreszer, W. 
Freudenberg, etc. sont des partisans declares 
de L. et out mis en musique plusieurs de ses 
po&mes. L. a ecrit en outre : Ueber R. Schu- 
manns Faustmusik (1860) et Ueber die dra- 
matische Dichtung mit Musih (1861, 2« 6d., 
1864); il a collabore pendant de longues ann£es 
k la redaction de V « Illustrierte Zeitung », k la 
« Neue Zeitschrift fttr Musik », aux « Anregun- 
gen, etc. > de Brendel et de Pohl. 



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Lohr, Johann, ne k Eger le 8 mai 1828, fit ses 
etudes musicales k Prague, devint en 1856 or- 
ganist e k Szegedin et vit actuellement k Buda- 
pest, oil 11 est tr£s apprecie comme organiste 
virtuose. 

Lolli, Antonio, ceiebre violoniste, ne k Ber- 
game vers 1780, m. en Sicile en 1802; fit de 
longs voyages puis remplit, de 1762 k 1778, k 
Stuttgart, en m6me temps que Nardini, les 
fonctions de concertmeister. D se rendit ensuite 
k St-Petersbourg od il jouit des faveurs toutes 
particulteres de Catherine II et resla jusqu'en 
1778; k partir de ce moment, il recommen$a k 
faire des tourn6es de concerts (Paris, Londres, 
l'Espagne et l'ltalie). Ses contemporains s'ac- 
cordent tous k louer sa technique remarquable, 
mais nient chez lui toute musicalit£; il n'etait, 
paralt-U, capable ni de jouer un adagio avec 
go&t, ni d'observer les lois les plus eiementai- 
res de la mesure. Ses oeuvres pour violon n'ont 
gu£re de valeur, ce sont : trois recueils de six 
sonates chacun avec basse chiffr£e, six sonates 
avec accompagnement d'un second violon, huit 
concertos et une methode de violon. On pre- 
tend du reste que seule la partie de violon de 
ces ceuvres serai t de L. 

Longitudinales (vibrations). Les vibrations 
1. sont par ex. celles des colonnes d'air, dans 
les instr. k vent, ou encore celles des cordes 
frott6es dans le sens de la longueur. La forme 
de vibrations oppos£e k celles-ci porte le nom 
de vibrations transversales (vibrations ordi- 
naires des cordes). 

Longue (longa), pf|, la seconde valeur de 

note; dans la musique proportionnelle, 6qui- 
vaut k la moitie ou au tiers de la maxime (v. 
proportionnelle). Le terme double-longue (du- 
plex longa) est Fancienne denomination de la 
maxime (au xn* s.), une preuve que cette der- 
ni^re n'a 6t6 adoptee qu'apres la 1. Pour ce 
qui concerne la 1. dans les ligatures sine pro- 
prietate et cum perfection*, v. ligature, im- 

PROPRIETAS et PBRFFXTION. 

Lopes, v. lobo. 

Loquin, Anatole. n6 k Orleans (Loiret) le 22 
f^vr. 1884; s'occupa de musique dds son en- 
fance, publia tr^s jeune une quantity de ro- 
mances, mais se voua plus tard exclusivement 
k la theorie musicale. Ses premiers ouvrages : 
Notions 4lementaires d'harmonie moderne 
(1862), Essai philosophique sur les principes 
constitutifs de la tonalite moderne (1864-1869; 
5 parties) eurent quelque succes et le nombre 
des brochures que l'auteur fit paraitre de 1869 
k 1895 est considerable (v. la liste d6taill£e 
dans le < Repertoire bibliographique » de Lo- 
renz, et dans le « Journal de la librairie »). En- 
fin, en 1895, L. a public un volumineux ouvrage 
prepare de longue date et intitule : Lharmonie 
rendue claire (l'auteur prend comme base une 
echelle chromatique dedouzetons; il analyse 
chaque accord isol6ment, et semble ignorer 
toutes les notions de la science harmonique 
moderne qui nous demoritre que la significa- 
tion d'un accord depend uniquement de la 

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474 



LORENTZ — LOTTI 



place qu'il occupe; cf. la refutation de l'ouvrage 
par E. Prout, dans le « Monthly Musical Re- 
cord », 1896). L. r6dig$ en outre, depuis 1862, 
le feuilleton musical de « La Gironde », sous le 
pseudonyme de Paul Lavione; il est l'auteur 
d'un ballet. La Sulamite (Bordeaux, 1889) et 
d'un po A me d'opera-comique, La Sorciere <TEs- 
pelettes (1892). Diverses soci&6s savantes Tout 
nomme membre honoraire et il preside actuel- 
lement FAcad£mie des sciences, belles-lettres 
et arts, de Bordeaux. Un outrage sur la vie de 
Moli&re, du m6me auteur, est en cours de pu- 
blication. 

Lorentz, Julius, ne A Hanovre le l* r oct. 1862, 
fut nommS, en 1884, directeur de la « Singaka- 
demie » de Glogau et succeda, en 1895, A van 
der Stucken, en qualite de directeur de l'« Arion» 
(soci&6 chorale), a New- York. II a 6crit : le 
psaume XGV (chcpur et orchestre); quatuor 
pour instr. A archet, trio en si bimol ; Messe so- 
lennelie en ri mineur ; symphonie en fa mineur; 
un op£ra : Holldndische Rekruten, etc. 

Lorenz, 1. Franz, ne a Stein (Basse-Autriche) 
le 4 avr. 1805, m. a Vienne-Neustadt le 8 avr. 
1888; 6tait D r med. mais a fourni d'excellentes 
contributions A la literature sur Mozart et sur 
Beethoven : In Sachen Mozarts (1851); Haydns, 
Mozarts %md Beethovens KircJienmusik; W.- 
A. Mozart als Klavierkomponist (1866) et un 
certain nombre d' articles de revues. Ge fut L. 
qui donna A Kochel l*id6e de son catalogue des 
ceuvres de Mozart. — 2. Karl -Adolf, n6 A 
Copslin le 13 aout 1837; prit son doctorat en 
philosophie et devint maitre de gymnase, direc- 
teur de musique et organiste, A Stettin. II est 
Vauteur de deux oratorios : Winfried (1888), 
Otto der Orosse (1890) et de plusieurs operas. 

Loris, Loritus, v. Glarean. 

Lortzing, Gustav- Albert, compositeur sc£ni- 
que de renom, ne A Berlin le 23 oct. 1803, m. 
dans la m&me ville le 28 janv. 1851; son p&re 
6tait acteur et lui fit donner quelques lemons de 
musique par Bungenhagen, A Berlin, lemons 
bien vite interrompues du reste par suite des 
exigences de la vocation du p&re, engage suc- 
cessivement a Breslau, Bamberg, Strasbourg, 
Dusseldorf, Aix-la-GhapeUe. etc. Lejeune L. 
n'en apprit pas moins A jouer de plusieurs instr. 
d'orchestre et s'essaya de bonne heure dans 
Tart de la composition; en outre, il monta tr&s 
tdt sur les planches, dans les r61es d'enfant 
d'abord, puis devint A la fois chanteur et com6- 
dien. En 1823, L. epousa une actrice, Regina 
Ahles, et donna, l*ann6e suivante, a Cologne, 
son premier petit opera : Alt Pacha von Ja- 
nina; en 1826, il accepta un engagement au 
thMtre de la Gour, A Darmstadt, et se fit un 
certain renom, comme comedien. Plus tard, en 
1833, le directeur Ringelhardt Tengagea a Leip- 
zig, comme tenor. Auparavant deja deux nou- 
veaux ouv rages (des « Liederspiele »), Der Pole 
und sein Kind et Szene aus Mozarts Leben, 
avaient fait le tour de la plupart des scenes al- 
lemandes ; puis vint, en 1837, Die beiden Schii- 
tsen auquel le grand public fit excellent accueil, 
et peu apr&s Zar und Zimmermann (« Tzar et 



charpentier ») dont le succ£s fut m&diocre au 
d6but, A Leipzig, mais par contre retentissant, 
aJBerlin. L. 6crivit ensuite une eerie d'ouvrages 
qui ne reussirent ni les uns, ni les aulres (Die 
Schatzkammer des lnka [non represents]; Das 
Fischerstechen, 1839; Hans Sachs, 1840; Casa- 
nova, 1841), mais il donna, en 1842, le Wild' 
schutz qui, bien qu'il fut Svideniment son ou- 
vrage le meilleur et le plus original, eut de la 
peine a conquerir la faveur du public. En 1844, 
L. fonctionna quelque temps comme chef d'or- 
chestre de theatre A Leipzig; il quitta son poste 
A la suite d'une discussion un peu vive avec 
le directeur et mena d£s lors, pendant plu- 
sieurs ann&es, une vie instable et aigrie par 
les difficult^ pecuuiaires qu'il renconlrait pour 
Clever sa nombreuse famille. Cependant un 
nouvel op£ra, Undine (Hambourg, 1845) ne 
tarda pas a passer sur les differ en Is th&ktres 
de 1'Allemagne; Der Waffen$chmied,A Vienne 
(th&tlre « an der Wien », 1846), Zutn Grossad- 
miral (1847) et Die Rolandshnappen (1849) A 
Leipzig, eurent du succes. L. occupa une se- 
conde fois son poste de Leipzig, mais il dut, 
comme la premi&re fois, se retirer au bout de 
peu de temps et passa les demieres anndes de 
sa vie, dans un etat de grande fatigue physi- 
que et morale, comme chef d'orchestre du thea- 
tre de « Friedrich-Wilhelmstadt » qui d&butait 
A Berlin. Les demieres pieces de L. sont : Die 
Berliner Griselte (operette-bouffe) et Die 
Opernprobe (operette); il avait, au d&but de sa 
carriere, ecrit deux oratorios : Die Bimmd- 
fahrt Christi (1828) et Petrus. Erifin, on a re- 
trouve, dans sa succession : un op6ra, Regina; 
un vaudeville, Der Weinacktsabend; la musi- 
que de Drei Edelsteine, de Beuedix, puis des 
petites pieces vocales et divers morceaux d'or- 
chestre. L'humour intarissable des operas-co- 
miques de L. leur permettra de se maintenir 
longtemps encore dans les faveurs du public 
allemand. Gf. la biographie de L., par H. Witt- 
mann (1889). 

Lossius, Lukas, ne a Yacha (Hesse) le 18 
oct. 1508, m. a Lunebourg, ou il etait devenu 
recteur, le 8 juil. 1582; auteur d'un traits dia- 
logue de valeur, mais devenu tres rare : Erote- 
mata musicae praclicae (1563 et plusieurs fois 
depuis lors). L. a public en outre une antholo- 
gie : Psalmodia 9 hoc est cantica sacra veteris 
ecclesiae setecta (1552, edU6 plusieurs fois, avec 
une preface de Melanchton). 

Lotti, Antonio, illuslre compositeur, ne en 1667 
environ (probablement a Hanovre, ou son p£re, 
Matteo L., etait maitre de chapelle de la Gour, 
ou bien a Venise avant l'6poque a laquelle son 
p&re fut nomm6 A Hanovre; il s'appelait lui- 
mSrne « Veneto », mais il serait t6meraire de con- 
sid&rer ce fait comme une preuve en faveur de 
Venise, car il arriva en tous cas tr6s jeune dans 
cette ville), m. a Venise le 5 janv. 1740; fut £leve 
de Legrenzi et donna un opera, Gittstino, A 
l'dge de seize ans d^jd, A Venise. II entra en 
1687 dans la chapelle des chantres de l'^glise 
St -Marc et devint successivement organiste 
suppleant (1690), organiste du second orgue 



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LOTTO — LUBECK 



475 



(1693), premier organiste (1704) et finalement 
maitre de chapelle (1786) de cette m&ne 6glise. 
De 1717 k 1719, il s6journa, sur l'invitation 
sp£ciale da prince-Slecteur, k Dresde oil il fit 
representor plusieurs operas et 6crivit quel- 
ques-nnes de ses plus belles oeuvres. L. est 
Tune des personnalit&s artistiques les plus 
marquantes de son temps; bien qu'il ne puisse 
se mesurer avec ses contemporains allemands 
(Bach, Hsendel), il represente tr&s dignement 
1'Italie et, plus specialement, TEcole v6nitienne, 
plus encore dans le domaine de la musique 
d'6glise que dans celui de la musique sc£nique. 
L. a Scrit dix-sept operas pour Veuise, un Con- 
stantino, en collaboration avec Fux [ouver- 
ture] et Caldara [interludes comiques]) pour 
Vienne et trois (Giove in Argo, Ascanio, Teo~ 
fane) pour Dresde; en outre, il a compost des 
oratorios pour Vienne et pour Venise : 11 voto 
crudele, Uumiltd coronata, Gioa, Giuditta. 
Apr&s son retour de Dresde (1719), L. n'^crivit 
plus que de la musique d^glise (Messes, mo- 
tets, Miserere, etc.), mais ces oeuvres ne furent 
pas imprim6es et se disperserent, manuscriles, 
dans diff&reutes biblioth&ques et collections 
priv&es. La seule et unique publication de L. 
Iui-m6me est intitulee : Duetti, tersetti e ma- 
drigaii (dedtfs k 1'empereur Joseph I« r , 1705) et 
renferme entre autres le madrigal In una 
siepe ombrosa, dont Bononcini chercha, pour 
son mainour, k s'attribuer la paternite, k Lon- 
dres. On a public, plus rScemment, de L. : qua- 
tre Messes et quelques autres morceaux, dans 
JSammlung, etc., de Luck; toute une serie d'oeu- 
vres de dimensions diverses (entre autres, un 
Crucifixus k six, un & huit et un k dix voix), 
dans Sammltmg, etc. dehochliiz, Musica dimna 
de Proske, Musica sacra de Gommer, Musica 
sacra de Schlesinger, Auswald, etc. de Traut- 
wein, etc 

Lotto, IsmoR, violoniste-virtuose, n£ k Var- 
sovie le 22 d£c. 1840; £16ve de Massart (violon) 
<et de Reber (composition), au Conservatoire de 
Paris, a fait de longues tournees de concerts 
puis accepte, en 1862, le poste de violon-solo 
cU l'orchestre de la Cour, a Weimar. Dix ans 
plus tard, il echangea ce poste contre celui de 
professeur de violon au Conservatoire de Stras- 
bourg. H remplit actuellemeot les memes fonc- 
tions, au Conservatoire de Varsovie. 

Lotse, Rudolf-Hermann, remarquable phy- 
siologiste, philosophe et estheticien, ne k Baut- 
zen le 21 mai 1817, m. a Berlin le 1" juil. 1881; 
f ut successivement professeur de philosophie a 
Leipzig (1842), professeur ordinaire et conseil- 
ler de la Cour, k Goettingue (1844), professeur k 
Berlin (1881). Parmi les uombreux Merits philo- 
8ophiques de L., un surtout est d'un tres grand 
int£r£t pour la musique: Geschichte der Aes~ 
thetih in Deutschland (1868); cet ouvrage con- 
tient non settlement des aper^us tres ingenieux 
pour la realisation d'une esthetique musicale, 
mais une critique clairvoyante des systemes 
de musique de Herbart, Hauptmann, Helmboltz, 
etc. 

Louis-Ferdinand, prince de Prusse (en rea- 



by C* 



Oi 



IC 



lite :Ludwig-Friedrich-Christian), fils du prince 
Ferdinand, fr^re de Fr6d£ric n, n6 k Friedrichs- 
felde, pr£s Berlin, le 18 novembre 1772, tointa 
sur le champ de bataille de Saalfeld le 10 oct. 
1806; etait fort bien dou6 pour la musique et 
grand admirateur de Beethoven. Ses oeuvres, 
dont la facture n'est pas toujours d'une correct 
tion parfaite, denotent un r£el talent mais 
abondent en reminiscences beethoveniennes. II a 
public : un quintette avec piano (op. 1); unoc- 
tuor pour piano, clarinette, deux cors, deux vio- 
lons et deux violoncelles ; un nocturne pour 
piano, flute et trio d'instr. k archet; un larghetto 
avec variations pour piano et quatuor d'instr. 
a archet (avec contrebasse); deuxquatuors avec 
piano (mi bemol maj., op, 5; fa min., op. 6); 
andante pour quatuor avec piano; deux trios 
avec piano; une fugue a quatre voix, pour piano; 
des variations pour piano et un rondo avec or- 
chestra* 

Loulil, Etiknne, maitre de musique de Ma- 
demoiselle de Guise vers Tan 1700, le veritable 
inventeur des metronomes (v. ce mot). Son 
chronometre £tait de construction analogue 
aux chronomMres de poche adopts de nou- 
veau de nos jours : un fil a plomb et une echelle 
divisee en soixante-douze degr6s, donnant des 
mouvements ditterenls. II construisit aussi un 
sonometre, sorlede monocorde destined faciliter 
la t&che aux accordeurs de pianos. Ces petits 
instruments oblinrent tous deux 1'approbation 
de l'Acad&nie des Sciences, k Paris. L. a ecrit: 
Elements de musique (1096, accompagnS d'une 
description, avec planche k l'appui, du chrono- 
metre); Abregd des principes de musique(\Q8fo, 
public aussi sous le titre : Elements ou prin- 
cipes de musique); enfin, Nouveau systems de 
musique (1698, avec description du sono- 
mdtre). 

Loure, 1. Nom d'un ancien instrument, ana- 
logue k la musette, en usage dans la Norman- 
die, puis de \k — 2. Nom d'une danse de mou- 
vement mod^re, en mesure ternaire, avec pre- 
mier temps sensiblement accents ; le motif re- 

v6t g6n£ralement la forme suivante : - h J M , 

et la note pointee doit 6tre tenue pendant toute 
la dur£e de sa valeur. 

Lour6, indication que Ton rencontre dans cer- 
taines oeuvres et qui reclame de la part de l'in- 
terpr£te une execution accentuee, pesanle, ana- 
logue k celle de la loure (v. ce mot 2). 

Lubeck, 1. Yincentius, l'un des maltres les 
plus remarquables de l'6cole d'organistes de 
l'Allemagne du Nord, n6 k Paddingbiittel, pr^s 
Br6me, en 1654, m. k Hambourg le 9 fevr. 1740; 
fut, de 1674 k 1702, organiste de TSglise St- 
Cosme et de l'6glise Damian, a Stade, puis de 
l*£glise St-Nicolas, a Hambourg. Son fils et suc- 
cesseur, Vincent (m. en 1755), 6tait aussi ex- 
cellent organiste. — 2. Johann-Heinrich, n6 k 
Alphen (Ilollande) le 11 fevr. 1779, m. k La 
I Have le 7 fevr. 1865; musicien qui conrtribua 
d'une facon tres meritoire au progres musical 
de sa patrie. II fit les campagnes de 1813 a 
1815, comme musicien de regiment prussien, 

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476 



LUBRICH — LULLY 



puis 86 livra, A Potsdam, A de serieuses Eludes 
thSoriques, fit partie des orchestras de theatre 
de Riga et de Stettin, acquit un certain renom 
de violoniste-virtuose et rentra enfln, en 1823, 
dans sa patrie ou il se fit connaltre d'abord 4 en 
donnant des concerts. En 1827, L. fnt plac£ A la 
t&te du conservatoire qui se fonda A La Haye, 
deux ans plus tard il Yegut le titre de chef d'or- 
chestre de la Cour, dirigea en outre les con- 
certs de la c Diligentia > et mourut apres qua- 
rante anB d'une activity riche en heureux. r6- 
sultals. L. 6tait A la fois chef d'orchestre et 
pedagogue distinguS; comme compositeur, il 
remporta en 1863, au festival de musique de 
La Haye, un succ&s considerable avec un 
psauine pour soli, choeurs et orchestre, de tr&s 
grandes dimensions. Les deux musiciens qui 
suivent sont ses tils. — 3. Ernst, n6 a La Haye 
le 24 aout 1829, m. A Paris le 17 sept. 1876; 
pianiste de haute valeur, 61£ve de son p6re, 
parcourut rAm^rique, de 1850 A 1854, en com- 
pagnie de Franz Coenen, puis se fixa A Paris et 
y organisa, avec Lalo, Armingaud et Jacquard, 
d'excellentes soirees de musique de chambre. 
II perdit la raison quelques ann&es avant sa 
mort. — 4. Louis, n6 A La Haye en 1838, vio- 
loncelliste de talent, fit ses etudes musicales A 
La Haye puis A Paris, aupres de Jacquard, et 
remplit, de 1868 A 1870, les fonctions de pro- 
fesseur de violoncelle au Conservatoire de 
Leipzig. En 1870, il Slut domicile A Francfort 
s./M. 

Lubrich, Fritz, n6 A Bfirsdorf (Posen) le 29 
jail. 1862, suivit les cours du S6minaire de Sa- 
gau (Posen), et remplit, depuis 1890, les fonc- 
tions de cantor A Peilau (Sil&sie). L. a public 
des choeurs pour voix d'hommes, des lieder, 
une m£thode de chant choral pour voix d'hom- 
mes (3« 6d.). II 6dite en outre une revue 3p6- 
ciale : Die Orgel, et, depuis 1896, les Fiiegende 
Bl&tter des evangelisdtenKirchenmusikvereins 
in Schlesien. 

Lucca, Pauline, cantatrice sc&nique de grand 
renom (soprano), n£e A Vienne le 25 avr. 1841 ; 
recut les premieres legons de chant d'Uffmann 
et de Lewy, A Vienne, puis comme elle n'avait 
pas les ressources n£cessaires pour continuer 
ses Etudes, entra dans les choeurs de l'Op£ra 
de la Cour. Elle fit sensation d&s le debut (1850), 
comme premiere chanteuse du chceur des jeu- 
nes filles, dansle « Freischtltz », aussi la m&me 
annde fut-elle d6jd engagee A Olmtitz et peu 
apr^s a Prague. En 1861, rOp£ra de la Cour 
de Berlin l'engagea A vie, et elle devint tr£s 
rapidement la favorite du public berlinois. Ses 
r61es les meilleurs etaient ceux de Zerline 
(t Don Juan » et « Fra Diavolo ») et d'autres 
analogues, mais elle n'en cr6a pas moins avec 
beaucoup de bonheur celui de Selica (« Afri- 
caine ») et celui de Carmen. L. Spousa, en 
1869, un baron de Rhaden mais demanda son 
divorce au bout de trois ans A peine et quitta 
Berlin ; elle chanta d&s lors un pen partout 
(Angletarre, Amerique, Paris, St-Petersbourg, 
etc.) avec un succes considerable, mais jus- 
qn'en 1878 6vita soigneusement de passer & 



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Berlin. Elle &pousa en secondes nocea, en Ame- 
rique, un M r . von Wallhofen et alia vivre a 
Vienne oil elle s'esl retiree avec le titre de 
membre d'honneur de TOp^ra de la Cour, 

Luck, Stephan, ne A Linz s./A. le 9 janv. 
1806, m. A Treves le 4 nov. 1883; fit ses huma- 
nity A Linz, Bonn et Treves et fut ordonnfc 
prMre le 20 sept. 1828. n devint alora successi- 
vement chapelain A Creuznach (jusqu*en 1831), 
pr&tre A Waldalgesheim (jusqu'en 1835), pro- 
fesseur de morale IhSologique au s&ninaire 
clerical de Treves (jusqu'en 1849), puis eapi- 
tulaire de la cathSdrale de cette m6me ville. L. 
a rendu de notoires services a la cause de la 
reconstitution du chant ecci&siastique catholi- 
que. II a fait paraitre: Gesang-und Gebetbuck 
fUr die Diocese Trier (1846); Thtoretisdi- 
prdktische Anleitung zur Herstellung eines 
wUrdigen Kirchengesanges (1856); Sammlung 
ausgezeicJineter Kompositionen f&r die Kir die 
(1859; 2»« 6d. [4 vol.], publtee par M. Hermes- 
dorff [1884] et IL Oberhoffer [1885]) 

Ludus (lat.), jeu; ludi moderator* organiste; 
lu&i spiritualty drames sacr6s (myst&res). 

Ludwig, 1. Otto, po^te allemand renomme; 
n6&Eisfeld (Thuringe) le 11 ftvr. 1818, m. A 
Dresde le 25 ffrvr. 1865 ; a 6crit quelques lieder, 
une ouverture Ad astra et un op6ra, Die K6h- 
lerin. — 2. August, compositeur, attira Tatten- 
tion sur lui par l'audacieuse id6e qu'il eut de 
completer la symphonie inachevee (en si mi- 
neur) de Schubert (3* mouvement : Philoso- 
ptien-Scherzo ; 4* Scfitcksalsmarsch). H a fait 
ex6cuter en outre toute une s6rie d'ceuvres or- 
chestrates de grandes dimensions. 

Luhrss, Karl, n6 a Schwerin, ou sou p£re 
£tait organiste du chateau, le 7 avr. 1824, in . a 
Berlin le 11 nov. 1882 ,• fit son Education musi- 
cale aupr&s de son p6re, puis dans les classes. 
de composition de l'Acad£mie de Berlin et chez 
Mendelssohn. H s'est cr66 un nom fort honora- 
ble comme compositeur, par des cpuvres d'or- 
chestre et de musique de chambre. En 1851, L. 
fit un riche manage et ne compOsa plus gu£re, 
A partir de ce moment. 

Luigini, Alexandre, chef d'orchestre, n£ A 
Lyon le 9 mars 1830; premier prix de violon du 
Conservatoire de Paris (Massart), devint en 1869 
violon-solo de Torchestre du Grand Th&Ltre de 
Lyon. En 1877, L. obtint la place de premier 
chef d'orchestre de ce m&me th&Atre et conserva 
ces fonctions pendant vingt anuses cons^cuti- 
ves; en 1897, TOp^ra-Comique de Paris Tad- 
joignit a Danb^. L. qui est chef d*orchestre du 
plus grand m£rite, a fond^ en outre les * Con- 
certs du Conservatoire > de Lyon; il estTauteur 
de plusieurs ballets et de diverses oeuvres sym- 
phoniques, executes en France et m^me A Ye- 
tranger. 

Lully (Lulli), Jean - Baptiste de, cel^bre 
compositeur d'op A ras fran^ais, n6 a Florence 
en 1633, de parents nobles (d'apres les pieces lie 
naturalisation) mais pauvres, m. A Paris le 22 
mars 1687; fut emmene A Paris, tout enfant, 
par le chevalier de Guise qui le remit A M"» 
de Montpensier, d'abord comme marmiton 

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LUMBYE 



LUNSSENS 



477 



puis comme musicien. Mais il ne conserva pas 
longtemps ses fonctions et fut cong£die pour 
avoir compost une piece de vers satirique di- 
rigee contre sa bienfaitrice. Connu d6ja alors 
comme un violoniste de talent, il ne lui fut pas 
difficile de trouver le moyen de parfaire ses etu- 
des, sous la direction des excellents organistes 
d'alors; il fut admis au bout de peu de temps 
au nombre des 24 violons du roi et sut gagner 
la faveur de Louis XIV, de telle sorte que celui- 
ci lui confia, en 1652, la direction des 24 violons 
(« grande bande»; et cr6a un second groupe 
d'instrumentistes tri^s sur le volet, les 16 petits 
violons, qui parvinrent, sous la direction de 
L., a une grande renommSe. L'annee suivante, 
L. fut nomme compositeur de la Gour et se mit 
a ecrire ballets et mascarades dans lesquels le 
roi lui-meme dansait; L. egalement parut com- 
me danseur (M. Baptiste) et fit sensation 
comme acteur (Pourceaugnac, Mufti, etc.) dans 
les comedies-ballets de Moliere, dont il ecrivait 
la musique. L. exercait une influence conside- 
rable sur le roi, bien qu'il s^mancipdt parfois, 
au point de risquer de perdre sa situation. II 
etait loin du reste d'avoir un bon caractere ; on 
sait que Boileau le traita de « coquin tene- 
breux », il etait a la fois intrigant, jaloux, des- 
pote et ne redoutait aucun moyen, bon ou 
mauvais, pour se defaire de ses concurrents. 
II parvint de la sorte a se faire attribuer par le 
roi une patente que ce dernier avait accordee, 
on 1669, a Perrin et Cambert (v. ce nom) pour 
r organisation d'une Academie de musique 
(opera national). Le proces qu'inlenterent alors 
les entrepreneurs les6s(Grenouillet et Guicbard, 
a qui Perrin avait cede sa patente) fut annule 
par ordre du cabinet royal et leur theatre irr6- 
vocablement ferme. G'est ainsi que, apres avoir 
ecarte ses concurrents, L. devint le « createur 
de l'Op£ra national francais » . II trouva de plus 
en la personne de Quinault, un poete fort bien 
doue qui fit preuve d'une r^elle comprehension, 
rare autrefois comme de nos jours encore, des 
exigences que la musique impose n^cessaire- 
ment au po£me, dans le drame musical (avant 
tout: renoncement absolu au vers regulier); L. 
tyrannisait son poete, mais il le payait fort 
bien. L'opera de L. se distingue de Top^ra 
italien, tel qu'il s'etait developpe jusqu'alors, 
en ceci que la musique suit de tres pr^s la 
declamation naturelle du langage parle, autre- 
ment dit : L. est Tun des grands r^formateurs 
qui, cherchant & faire ressortir davantage le 
drame lui-mdme, refoulerent l'^lement pure- 
ment musical et eiiminerent ce qu'il y avait 
d'excessif dans le d£ploiement de la melodie, 
dans les prolongations syllabiques, les orne- 
ments, les repetitions de texte, etc. En un mot, 
L. se placa de nouveau au point de vue des 
initiateurs florentins du drame musical, comme 
le firent apr6s lui Gluck et Wagner. La diver- 
site des r£sultats obtenus par ces effets identi- 
ques provient uniquement de la difference des 
6poques auxquels ils ont ete ten 16s, c.-d-d. du 
deveioppement progressif des moyen s d* ex- 
pression musicale et de la diversite des forces 



cr£atrices. II n'y a rien d'etonnant, par conse- 
quent, 4 ce que la musique de L. nous paraisse 
aujourd'hui a la fois inexpressive et pedante. 
Mais comme il mettait en musique des poemes 
d*op£ras francais, sa facon de traiter le texte 
amena forc^ment la formation d'un style 6mi- 
nemment national : Taccenluation et le rythme 
naturels de la langue francaise se retrouvent 
tout entiers dans la musique de ce reformateur 
de g^nie. L. dirigeait avec une vehemence inouie 
I'execution de ses ouvrages; il mourut des sui- 
tes d'une blessure qu'il s' etait faite avec la 
baguette de roseau qui lui servait a diriger. 
L'importance deL. reside entierement dans ses 
operas qui, pendant un siecle, se maintinrent 
sur la scene francaise et nefurent refouies que 
par les creations geniales et plus conformes aux 
besoins de repoque, de Gluck. Voici les titres 
des operas de L. : Les fetes de V Amour et de 
Bacchus (1672, « pasticcio » forme de ballets et 
de mascarades anterieurs de L.), Cadmus et 
Hermione (167?, texte de Quinault), Alceste 
(1674), Thesie (1675), Atys (1676) lsis (1677), 
Psyche (1678), Belldrophon (1679), Proserpine 
(1680), Le triomphe de V amour (1681), Perste 
(1682), Phaeton (1683), Amadis de Gaule (1684), 
Roland (1685), Armide et Renaud (1686; nouv. 
ed. [partition et reduction de piano] dans le 
vol. xiv des publications de la « Gesellschaft 
fur Musikforschung »), Acis et GalaUe (1687). 
Tous ces ouvrages furent graves et la plupart 
d'entre eux ont paru en outre plus recemment, 
en reductions de piano, dans les « Chefs-d'oeu- 
vre classiques de Topera francais » (Paris, 
Th. Michaelis). A ceci s'ajoutent toute une se~ 
rie de pieces de circonstance et environ vingt 
ballets, comedies-ballets, divertissements pour 
la Gour, parmi lesquels une mascarade: Le 
carnaval (1720) et des ballets : Le triomphe de 
V amour (1681), Le temple de la paix (1685), 
Idylle de la paix (1685), Eglogue de Versailles 
(1685), furent graves du temps de L., tandis que 
Les Saisons (opera-ballet, en collaboration 
avec Colasse; « Chefs-d'oeuvre classiques etc.») 
et la musique du Bourgeois gentilhomme (ed. 
de J.-B. Weckerlin) out paru recemment. L. 
fit aussi executer avec un grand succes un 
certain nombre d'oeuvres de musique d'eglise 
(Te deum, Miserere, etc.). — Le flls aine de L. 
Louis de L., n6 k Paris le 4 aout 1664, m. apres 
1713, a ecrit aussi plusieurs operas. Le pre- 
mier, Ziphire et Flore, en collaboration avec 
ses fibres cadets Jean-Baptistk et Jean-Louis, 
parut en 1688. 

Lumbye, Hans-Christian, ne a Copenhague 
le 2 mai 1810, m. dans la meme ville le 20 mars 
1874 ; compositeur populaire danois, auteur de 
nombreuses danses, un « Strauss du nord ». II 
dirigea jusqn'en 1865 un orchestre qu'il avail 
fonde et qui jouait au Tivoli, a Copenhague, 
ou faisait des lournees. Lorsque L. prit sa re- 
traite, il re^ut le titre de conseiller du minislere 
de la guerre ; ce fut son lils, Georg, auteur 
d'un opera: Die Hexenflote (18G9) qui prit sa 
succession a la t£te de Torchestre. 

Lunssens, Martin, compositeur, ne a Mo- 



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'i78 



LUPI - LUSTNER 



lenbeek-St-Jean, pres Bruxelles, le 16 avr. 
1871 ; suivit lea coars de l'Ecole de**nusique de 
St-Josse-teu-Noode, puis du Conservatoire 
royal de Bruxelles ou il fut eleve de Colyns 
(violon), Jehin, Dupont, Kufferath, mais surtout 
Huherti et Gevaert II obtint en 1893 le premier 
second prix de Rome (cantate: Lady Macbeth) 
puis au concours suivant, en 1895, le premier 
grand prix (poemelyrique: Callirhoi). En plus 
de ces deux cantales de concours, L. a ecrit 
des pieces orchestrales : Mardie solennelle 
(couronnee; inauguration de Texposition d'An- 
vers, 1894), Tarentelle, Danse orientate, !•' 
mouvement d'une symphonie; une Reverie, 
pour quatuor d'archets; une sonate pour piano 
et violon; des melodies pour chant et piano; 
des fragments pour orchestre et chant, sur 
des poemes de cantates {Les suppliantes; Sinai; 
AndromSde) ; etc. 

Lupi, v. Lupus. 

Lupot, celebre famille francaise de luthiers, 
dont Tun des membres se distingua particulie- 
rement : Nicolas, ne en 1758 k Stuttgart, ou 
son pere vecut une douzaine d'annees comme 
luthier de la Gour, m. k Paris en 1824 ; appele 
souvent le « Stradivari francais », k cause de 
son habilete extraordinaire k imiter les instru- 
ments des Stradivari. Les instruments de L. 
sont tres precieux et atteignent actuellement 
des prix assez eleves. 

Lupus, nom (ou plutdt prenom) de composi- 
teurs que Ton rencontre frequemment dans les 
anthologies du xvi* siecle ,- les auteurs les plus 
importants de ce nom sont : 1. L. Hbllink, 
dont le nom est cite en entier dans le Selectis- 
sinue motetce (1540) de Forster, iiSGute netce 
Liedlein (1544) d'Ott, et quelques autres re- 
cueils; 2. L. Lupi, mentionne entre autres dans 
les recueils de motet* Del fiore et Del frutto, 
de Gardane. — Quant au nom de famille Lupi 
(Lupus, Wolf), il souleve des questions plus 
delicaies, car nous trouvons parmi les compo- 
siteurs du xvi* 8., en plus de L. Lupi, un Di- 
dder Lupi, un Jean Lupi et un Manfred Lupi 
sur lesquels aucun renseignement ne nous est 
parvenu, k part leurs ceuvres (en majeure partie 
des motets detaches). Attaignant a publie un 
livre de Musicw cantiones qua? vulgo motetti 
nuncupantur (de quatre &huit voix, 1542), Gar- 
daue un livre de Mutetce (de quatre k cinq 
voix, 1545) de Jean Lupi. Cf. aussi Lobo. 

Luscinius, Ottomar, de son vrai nom Nacht- 
gall ou Nachtigall, latinise en L.)> ne k Stras- 
bourg en 1487, m. dans la meme ville vers 
1536; savant theologien et theoricien musical, 
fit ses etudes k Paris, k Louvain, k Padoue et 
k Vienne ou il recut des lecons de Paul Hofhai- 
mer. II fut dans la suite organiste k Strasbourg 
(1517), predicateur k Augsbourg (1523) puis a 
Bdle (1526) d'ou il se rendit a Fribourg, pour 
echapper k Tenvahissementde la Reformation. 
L. publia : Institutiones musicce (1515, sous le 
nom de L.), puis Musurgia, sen praxis musicce 
(sous le nom d'Othmar Nachtzal; 1536, 2* ed. 
1542), traduction latine de « Musica » getutscht, 
de Virdung, pour la publication de laquelle il 



semble meme avoir fait usage des blocs typo- 
graphiques de l'edition originate. 

Lusingando (ital., flatteur), tres agreable- 
ment, dans le sens de doucement, sans accents. 

Lossy, Mathis, ne k Stans (Suisse) le 8 avr. 
1828; recut les premieres lemons de muaique 
de 1'abbe Businger, organiste de sa ville natale, 
puis du Pere Naegeli, au seminaire de Saint- 
Urban. En 1847, L. partit pour Paris, dans le 
but d*y faire des etudes de medecine, mais ne 
tarda pas k se vouer entierement k la musique 
et devint, dans la suite, un maltre de piano des 
plus apprecies. L. s'est cree une excellente re- 
putation par diverses publications interessan- 
tes : Exercices de piano.... a composer et a 
icrire par Celeve (1863; plusieurs editions): 
Pupitre exercices du pianiste (exercices mo- 
deles a transposer, etc.); IraitedeV expression 
musicale (1873, essai d'une theorie de l'accen- 
tuation et de l'execution musicales; six editions 
franchises; ed. allemande [par Felix Vogt* 
1886], angl. et russe), dont divers extraits, plus 
ou moins revus ou amplifies ont paru sous les 
litres: Le Rythme musical; Concordance entre 
la mesure et le rythme, etc. ; enfin en collabo- 
ration avec £. David, Histoire de la notation 
musicale (1882, ouvrage de luxe, mais simple 
compilation de publications anterieures, sans 
aucune espece de recherches personnelles quel- 
conques ; prix Bordin de 1880). Les merites de 
L., tres reels au point de vue de la diffusion 
d'idees justes sur l'essetice du rythme musical, 
ont ete fortement exageres. L. collabore a. plu- 
sieurs revues musicales ; il a ete nomine mem- 
bre honoraire de 1' Academic royale de Flo- 
rence, etc. 

Liistner, 1. Ionaz-Peter, violoniste de me- 
rite, ne k Poischwitz, pres Jauer, le 22 dec 
1793, m. a Breslau le 30 janv. 1873; fut, de 1819 
a 1826, concertmeister de la chapelle du prince 
de Carolath, k Carolath, puis concertmeister k 
Breslau, ou il crea, en 1844, une ecole de violo- 
nistes. Ses fils devinrent egalement musiciens, 
ce sont: — 2. Karl, violoncelliste et pianiste, ne 
a Breslau le 10 now 1834; fait partie depuis 1872, 
comme violoncelliste, de l'orchestre du casino 
deWiesbaden) tout en etant tres apprecie comme 
professeur de piano. L. est un musicien d'une 
culture tres vaste, auquel ce dictionnaire est re- 
devable de mainte notice precieuse; — 3. Otto,, 
violoniste, ne a. Breslau le i) avr. 1839, m. k 
Barmen, ou il etait directeur de musique de la 
ville, le 8 sept. 1889; avant de se fixer a Barmen* 
L. avait ete membre des orchestres de Schwe- 
rin puis de Breslau, premier violon d'un qua- 
tuor d'archets du comte Stolberg, a Wernigerode 
(1867-1872), concertmeister de Torchestre Bilse, 
k Berlin (1873-1875), concertmeister de la Conr 
k Sondershausen, et virtuose de la chambre du 
due de Saxe (1875-1877); — 4. Louis, violoniste 
et chef d'orchestre distingue, eleve de son pere, 
ne k Breslau le 30 juiu 1840, remplit, depuis 
1874, les fonctions de chef d'orchestre de la 
ville (directeur des concerts du Casino) de 
Wiesbaden ; — 5. Georo, violoncelliste, ne le 23 
septri847, m. k Berlin le 21 avr. 1887, et — 6. 



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LUTH 



479 



Richard, harpiste et violoniste, ne le 2 sept. 
1854, vit a Breslau. 

Luth (arabe, at Oud; esp. Laud; ital. Liuto ; 
all. Laute : angl. lute; lat [au xvi« et xvn« s.] 
tesludo), instr. k cordes tr£s ancien, dont les 
cordes etaient pincees comme ceiles des ins- 
truments derives du 1. et encore en usage de 
nos jours : la guitare, la mandoline, etc. On 
voit deja. le 1. sur les bas-reliefs de tombeaux 
£gyptiens remontant a la plus haute antiquite ; 
le 1. devint plus tard l'instrument favori des 
Arabes (v. ce nom) par l'intermediaire des- 
quels il se r£pandit en Espagne et dans l'llalie 
roeridionale, d'ou il penetra, au xiv 6 s. environ, 
dans tout le reste de l'Europe. Du xv« au xvn* 
8., cet instrument joua un tres grand rdle et 
les transcriptions decompositions vocales pour 
le 1. remplissaient alors le m§me but, dans la 
vie musicale priv^e, que de nos jours les arran- 
gements pour piano k deux et a quatre mains 
des oeuvres orchestrates et vocales. Mais le 1. 
etait en mdme temps un instrument d'orchestre 
tr& en vogue, jusqu'au moment ob, dans le 
courant du xvn* et du xvm # s., il fut petit k 
petit refouie par le violon, en pleine floraison, 
et le clavecin de plus en plus perfection^ (cf. 
orchestre). Ce qui distinguait le 1. de la gui- 
tare, c'etait d*abord la forme toute diff&rente 
de la caisse de r6sonnance : le 1. n'a pas d'6clis- 
ses, mais le dos en est voftte comme, actuelle- 
ment, celui de la mandoline ; de plus il a un 
nombre de cordes de beaucoup sup&rieur k 
celui de la guitare : dix cordes accouplees et 
une corde Lsolee (la plus aigue, pour la me- 
lodie) sont tendues sur la louche, les autres 
(des cordes de basses [cinq en dernier lieu], 
employees seulement k vide) courent k c<H6 de 
la touche, le long du manche. Ces « cordes de 
basses » ne furent adoptees du reste qu*& la fin 
du xrf 8. Quant k l'accord du 1., il a notable- 
ment change suivant l'6poque et les diverses 
esp^ces de 1. ; on accordait le plus g^n^ralement 
au xvi* s. en sol* ufi fa* la* r& sol? ou la 1 rS* 
sol 1 si* mt 3 /a 3 ; aux xvii« et xviu* s. : la x r£ 
fa 2 la* r& /<z 3 et les cordes de basses en (sol 1 ) 
fa 1 mi* ri* ut x - La quinterne (chiterna, gui- 
tare) du xvi* s. n'etait pas autre chose qu'un 
petit 1., de forme identique au grand, mais tendu 
de huit cordes accouplees seulement ; au xvu« 
s. d£jd, la quinterne se transforma et sa caisse 
de resonnance devenant plane prit une appa- 
rence analogue k celle de la guitare. Les efforts 
que Ton lit pour augmenter l'etendue du 1. 
amenerent d'abord ttntroduction des cordes 
de basses qui etaient tendues directement du 
manche, recourbe en angle obtus A son extre- 
mite sup^rieure, au cordier tixe sur la table de 
resonnance; mais pour d£velopper une longueur 
de corde plus grande encore, on eut aussi re- 
cours k deux autres moyens : on adapta au L 
deux manches, le second, pour les cordes de 
basses, partant k peu pr&s du milieu du premier 
sur lequel etait fixe la touche (theorbe), ou 
bien on se contenta d*un seul manche mais on 
le recourba en arridre, au-dessus de la premiere 
rangeedechevilles, afin depouvoir disposer sur 



cette prolongation un second groupedechevilles 
destinies aux cordes de basses (archiluth, 
basse de L), enfin on en arriva m^me k s^parer 
les deux groupes de chevilles par un manche 
long de plusieurs pieds. La musique pour le 1. 
ou ses derives n^tait pas not£e au moyen de 
la notation habituelle (proportionnelle), mais 
au moyen d'un systeme special, alphabetique 
ou chiffre, et designant non pas la hauteur du 
son mais le doigte n£cesaire pour obtenir ce 
son, c f Etaient les tablatures de luth. De plus, 
les tablatures frangaise, itaJienne et allemande 
different totalement les unes des autres : les 
Jtaliens, auxquels nous sommes aussi redeva- 
bles de la basse chiffree, faisaient usage de 
chiffres, les Frangais et les AUemands delettres. 
D'autre part les Italiens et les Francais dispo- 
saient leurs doigtes par demi-tons sur une 
m£me corde, tandis que les AUemands les dis- 
posaient en travers de la touche, sur toutes les 
cordes, autrement dit : les Italiens et les Francais 
qui notaient sur un systeme delignes reprteen- 
tant les cordes (la corde la plus aigue etait re- 
presentee chez les Italiens par la ligne inf6rieure 
d'un systeme de six lignes, chez les Francais 
par la ligne sup£rieure d'un systeme de cinq 
lignes), designaient au moyen de 0123456 
789XXX (ital.), resp. abcdefghikl 
(frang.) chaque corde k vide (0 resp. a) et les 
douze, resp. dix sons doigtes sur la meme corde 
et k distance de demi-tons les uns des autres, 
ex., sur un 1. accorde en sol 1 ut* fa* la* re* sol* •' 



(ital.) 



(frang.) 







































































1 




jl 






I 


1 


JL 


\ 












J 






R, 







i 



^±tf.W 



^ ( P EI 



les AUemands, par contre, numerotaient les 
cordes a vide de la fa$on suivante : 112 3 4 5 
(= to 1 re"* sol* si* m* 8 /a 3 ) puis doigtaient de la 
m6me fagon, en travers de la touche, les cinq 
cordes superieures,au moyen deabcdefgh 

iklmnopqrstuvxyza^abcd etc; on 
obtenait par consequent : 

5 e k p v 9 e 

4 d i o t a d 

3 c ti u s z c 

2 l> g m r y b etc. 

i a f 1 q x a 7 

de telle sorte que la serie chromatique ci-dessus 
etait notee comme suit : 

5 
id i o t z 
3 c h n s a i- h li 
(2«e corde) g m r y b g m 

(Les lettres et les chiffres superposes desi- 



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480 



LUTHER — LYRA 



gnent un m&me son, oblenu par deux doigt&s 
difterents; cf. du reste les exemples au mot 
tablature). 

Quant aux sons quepouvait fournir la corde 
la plus grave, on les notait de fa^ons fort di- 
verses ; la notation de Gerle (1545) 6tait analo- 
gue A la notation italienne, mais la corde A 
vide ftaitindiqute par 1, au lieu de 0, soit: 
1 23 4 56 78 9 pour les neuf sons se succ6- 
dant par demi-tons ; celle de Judenkfinig (1528) 
Stait analogue A la notation frangaise, soit: 
ABCDEFGHI; celle de Virdung ( 1511) 
par conlre se composait des signes correspon- 
dant A ceux de la corde 1 (c-a-d. en r£alite de 
la deuxidme corde, soit : IAFLQXAAFF 
etc. Les tablatures de 1. sont de la plus haute 
importance pour l'6tude de la musique du xvi« 
et du xvif s., car tons les doutes que la nota- 
tion proportionnelle laisse subsister, A regard 
des alterations souvent sous-entendues, tora- 
bent d'eux-m&nes par le fait que la notation 
d'un doigt£ est une indication toujours exacte 
du son lui-m£me ; elles peuvent done, dans les 
cas douteux, tore d'un bien plus grand secours 
que les indications souvent incertaines et am- 
bigues des th£oriciens, sur Femploi des demi- 
tons (avec $ et t>). Pour ce qui concerne les si- 
gnes de dur6es dans les tablatures de L, v. 
tablature. Baron afourni, sous le titre: Unter- 
suchung des Instruments der Laulen (1727), 
une pricieuse monographic sur le 1.; cf. en 
outre la Syntagma (1619) de Prselorius et les 
travaux r£cents de Kiese wetter (<Allg. musika- 
lische Zeitung •, 1831), Wasielewski (.Geschi- 
chte der Instrumentalmusik im xvi. Jahr- 
hundert», 1878), O. Fleischer (travail richement 
illustre sur le maitre luthiste Denis Gaultier, 
dans la « Vierteljahresschrift fflr M.-W.»,1886, 
p. 1 et suiv.) et O. Chilesotti (v. ce nom). 

Luther, Martin, le grand r£formateur alle- 
mand, ne A Eisleben le 10 nov. 1488, m. dans 
la mftme ville le 18 fevr. 1546; s'interessa non- 
seulement A la reorganisation pratique du 
chant d'6glise, mais d'une mantere g6n6rale A 
la musique, m6me en dehors de Teglise. H 
£tait un amateur z£le et chantait en vers et en 
prose les louanges de « dame Musique » (Frau 
Musika). On sait que L. 6crivit les vers d'un 
grand nombre de cantiques spirituels et qu'il 
compos a ni6me les melodies de quelques-uns 
d'entre eux. En outre, deux compositeurs, Con- 
rad Rupff et Jean Walther, lui pr6t£rent leur 
concours, soit en adaptant au texte, sous sa di- 
rection, d'anciennes melodies, soit eninventant 
eux-m6mes de nouvelles melodies. On se com- 
plait evidemment trop, depuis un certain temps, 
A retirer a L. toute participation directe et per- 
sonnelle a la composition des chorals deT6glise 
protestante et Ton en arrive, dans cette voie, A 
considSrer, comme preuve de l'assertion que L. 
aurait simplement adapts d'anciennes melo- 
dies, la coincidence toute fortuite de quelques 
tournures melodiques de L. avec celles d'eeu- 
vres antSrieures. 

Lutzel, Joh.-Heinrich, ne A Iggelheim, pr£s 
Speyer, le 30 aout 1823; frSquenta le s£minaire 



de Kaiserslautern, oil il' re^ut des lemons de 
musique de Jacob Vierling, et fut nomm6 en 
1845, regent puis, pen apr^s, organiste, a Deux- 
Ponts. H abandonna au bout de quelques an- 
n6es (1854) son poste de maitre d^cole et fonda 
le « Ghoeur mixte evang&ique » (qui devint, en 
1888, une society chorale de tout le Palatinat) 
puis, en 1860, Y t Association generate des 
chanteurs du Palatinat*. II fut cbargS plus 
tard des fonctions de rtviseur des orgues (1868) 
et re<?ut le titre de « professeur » (1888). L. a 
public plusieurs volumes de chants d'Scole, 
une anthologie de musique vocale religieuse 
du xvi* au xix« e. et un recueil de chorals 
(1858). n aScrit en outre: Der praktische Or- 
ganist (2 vol.), le psaume XXIV pour choeurs 
d'hommes et orchestre, etc. 

Lutser, Jenny, v. Dingelstedt. 

Lux, Friedrich, organiste virtuose dislingu A , 
chef d'orchestre el compositeur, n6 A Buhla 
(Thuringe) le 24 nov. 1820, m. A Mayence le 
9juil. 1895; «eve de Fr. Schneider, A Dessau, 
et, A partir de 1841, directeur de musique 
au th&Ure de cette ville. De 1851 A 1877, L. fut 
chef d'orchestre du TheAtre municipal de 
Mayence, il dirigea en outre, depuis 1864 le 
« Ghceur de dames » et la « Liedertafel » de 
l'endroit, puis prit sa retraite, en 1891. L. a 
compose de nombreuses oeuvres chorales et 
orchestrates, ex£cut6es avec succ&s et dont 
plusieurs furent couronn£es, dans divers con- 
cours: de plus il a £crit trois operas: Der 
Schmidt von Ruhla, Kittchen von Heilbronn, 
Die Fiirstin von Athen y une scene dramatique: 
Coriolan, des lieder, etc. II a dirig6 plusieurs 
festivals de musique de la region du Rhin 
moyen. 

Lwotf, Alkxis-Th&odore de, nh A R6val le 
6 juin 1799, m. dans ses terres du gouverne- 
ment de Kowno le 28 d6c. 1870; g£n£ral-major 
adjudant de Tempereur Nicolas et maitre de la 
Chapelle vocale de la Gour. L. A tait en outre 
un violoniste distingue, connn aussi en dehors 
de sa patrie, k Leipzig, Berlin, Paris, etc. ; il 
mourut sourd. L. est l'auteur de plusieurs ope- 
ras : Ondine, Le baiUi du village, Bianca e 
GualtertOy La brodeuse ; il a public un con- 
certo de violon, des duos, fantaisies, variations 
pour violon et quatuor d'archets, quelques 
choeurs sur des textes russes, des psaumes et 
d'autres oeuvres vocales religieuses, un arran- 
gement pour chceur et grand orchestre du 
Stabat mater de Pergotese, enfin une collection 
de nombreux chants liturgiques anciens, har- 
monises a quatre parties. II a 6crit aussi un 
volume intitule: Du rythme libre et nan sy- 
m&lrique de I'ancien chant liturgique russe 
(1859). L. est enfin l'auteur de la musique de 
Thymne national russe, dont les vers 6manent 
de Sbukowski (1833). 

Lydien, v. eccl£siastiques ("modes) et greg- 
que (musique). 

Lyra, Justus- Wilhklm, n6 A Osnabrfick le 
23 mars 1822, m. A Gehrden (pro v. de Hano- 
vre) ou il 6tait pasteur primarius, le 80 dec. 
1882; avait fait, de 1841 A 1846, des etudes de 



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LYRE 



MAG DOWELL 



481 



th&ologie a Berlin, puis avait occupe diverses 
situations eccl£siasliques k Bevensen, Wittin- 
#enn et Lingen. Get homme ^tait remarquable- 
ment dou£, mats sa vie fut malheureusement 
attristee par une affection c6r6brale. II composa, 
alors qu'ii etait encore etudiant, quelques lie- 
<ler devenus extraordinairement populaires en 
Allemagne. 

Lyre, 1. Ancien instr. a cordes grec, analogue 
A la cithare, mais plus petit qu'elie. Les cor- 
des elaient pinches an moyen d'un plectre; leur 
n ombre varia beaucoup suivant les epoques et 
semble avoir £t6 de trois settlement au debut. 
La 1. et la cithare antiques n'avaient pas de 
louche (chaque corde ne fournissait done qu'un 
son) et ne peut se comparer nx a la guilare, ni 
a la citliare (zither) actuelles, mais seulement 
a la harpe. — 2. Du xvi* au xvm e s., instr. k 
archet pourvu de nombreuses cordes tendues 
en partie sur la louche, mais aussi k c<U6 de la 
tonche (bourdons) ; la 1. faisait partie de la fa- 
mille des violes (v. ce mot) et se construisait 
«n trois grandeurs differentes: Lira da braccio 
(avec sept cordes doigt£es et deux bourdons ; 
tenor), Lira da gamba (douze cordes et deux 
bourdons; basse) etArchiviolada lira(Lirone; 
jusqn'a vingt-quatre cordes: contrebasse, appe- 
16e aussi accordo). Tie baryton (v. ce mot) ren- 



trait aussi dans la m&me categorie d'instru- 
ments. Haydn a encore 6crit nombre de mor- 
ceaux soit pour 1., soit pour baryton, les uns 
pour le roi de Naples, les autres pour le prince 
Esterhazy. — 3. Instrument a percussion au- " 
quel on donne aussi le nom de jeu de timbres 
( improprement « Glockenspiel »), en usage 
dans les corps de musique militaire, dans l'or- 
chestre dramatique, etc. H se compose de la- 
mes d'acier accord £es, disposees sur un cadre 
et que Ton percute au moyen d'un petit mar- 
teau de bois 61astique ; k l'orchestre, la 1. est 
g&n&ralement remplac&e par le jeu de timbres k 
clavier. 

Lysberg, Gharlks-Samckl (Bovy, connu sous 
le pseudonyme L.), ne a Lysberg, pres Geneve, 
le 1« mars 1821, m. a Geneve le 25 tevr. 1878; 
pianiste de talent et compositeur agr&able de 
morceaux de salon, el£ve de Chopin, k Paris. L. 
fut professeur de piano au Conservatoire de 
Geneve. En plus de ses nombreux morceaux 
de genre (barcaroles, nocturnes, caprices, val- 
ses, Le r&oeil des Oiseaux, Le chant du rouet* * 
etc.) et de ses paraphrases sur des motifs cFp- 
p£ras, L. a public des Etudes de salon et une 
sonate romantique intitule Uabsence. II a fait 
reprfoenter, k Geneve, un op6ra-comique : La 
fitle du carillonneur. 



M 



M (m), 1. Dans les compositions pour orgue, 
signifie tnanualiter (pour clavier manuel). — 
% Dans les compositions pour piano, abr. de 
main ou rnano y ex. : m. d. = main droite, 
manodestra; m.g. = main gauche; m. s.= 
mono sinistra (gauche), — 8. m = mezzo, mf 
= mezzoforte 9 ?np. = mezzopiano f m. v. = 
mesza voce. — 4. M.M. = metronome Malzel 
<v. ce nom). 

Ha (ital.), mais, par ex.: allegro ma non 
troppo, rapide mais pas trop. 

MabaUini, Teodulo, compositeur, ne a Pis- 
toie le 2 avr. 1817, m. a Florence le 10 mars 
1897; fr&quenta quelque temps TEcole de mu- 
sique de Florence, puis le succes remporte par 
«on opera : Matilda de Toledo (1886), lui valut 
nne bourse du grand due de Toscane, pour 
continuer ses etudes aupres de Mercadante, a 
Novare. D acquit rapidement une bonne re- 
nommee, comme compositeur d'operas, s'&ablit 
ddftnitivement k Florence et y remplit les fonc- 
tions de directeur de la Societe philharmoni- 
qae, maitre de chapelle de la Cour et plus tard 
\ iolon-flolo de la « Pergola » et professeur de 
composition a TEcole royale de musique. M. a 
encore 6crit huit operas (Rolla, 1840; Ginevra 
degti Almieri, 1841; II conte diSavagna, 1848: 



DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 81 

-lizedbyC-iC 



le 



/ veneziania Comtantinopoli, 1844 ; Maria di 
Francia, 1846; 11 venturerio, 1851; Batdas- 
saro, 1852 ; Fiametta, 1857), quelques oratorios 
(Eudossia e llzolo, Le dernier four de J&ru- 
salem), des cantates (La chasse t Raphael San- 
zio. It ritorno, Lo spirito di Dante, etc.), des 
hymnes et d'autres chants, mais surtout une 
grande quantity d'eeuvres vocales d'£glise (mes- 
ses, motets, Tedeum, psaumes, etc.). 

Mabillon, Jban, savant b£nedictin, ne k St- 
Pierremont, pr6s Reims, le 28 nov. 1682, m. a 
St-Germain-des-Pres le 27 dec. 1707, a ecrit:De 
liturgia gallicana libri tres (1685, r£edit£ en 
1729) ; ses Annates ordinis S. Benedicti (1718 k 
1789, 6 vol.) et ses Acta Sanctorum ordinis S. 
Benedicti (lt?68 a 1702, 9 vol.) conliennent beau- 
coup de notes im porta rites pour Thistoire de 
la musique. 

Mac Dowell, Edward-Alexandria pianiste 
remarq liable, ne k New- York le 18 d6c. 1861 ; 
61eve, k partir de 1876, de Marmontel et de 
Savard an Conservatoire de Paris, puis d'Ehlert 
k Wiesbaden, de Raff (composition) et de Carl 
Heymann (piano) k Francfort s/M. II fut nom- 
m6, en 1881, professeur de piano au Conserva- 
toire de Darmstadt, fit plusieurs tourn&es de 
concerts, puis se tlxa en 1884 a Wiesbaden. 

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482 



MACFARREN — MADRIGAL 



Mais il retourna on 1888 en Amerique, v£cut 
d'abord A Boston, puis A New- York ou il pro- 
fesse actuellement la musique A la « Columbia 
University ». M. a aussi du succes comma 
compositeur (suites d'orchestre, concertos et 
pieces diverses pour piano, melodies, etc.). 

Macfarren, 1. George-Alexandre, musicien 
anglais de m6rite, ne A Londres le 2 mars 1818, 
m. A Londres le 31 oct. 1887; devint, en 1829, 
elfrve de la « Royal Academy of music » et d6ja 
en 1834 maltre lui-m&me dans cet instituL II y 
exerga de nombreuses annees ses fonctions, 
malgre une ophtalmie qui devait se terminer 
par la excite; A la mort de Bennet (1875), il fut 
nomine professeur de musique A FUniversite 
de Cambridge (poste honorifique qui ne Fen- 
trava pas dans ses fonctions de professeur A 
l'Acad&nie), puis pril peu apr&s son grade de 
bachelier et celui de docteur en musique. II de- 
vint finalement direcleur (« principal ») de 1'A- 
cadfonie royale de musique. M. a compose plu- 
sieurB operas : Devil* $ Opera (1888), Don 
Quixote (1846), Charles II (1849), Robin Hood 
(1860), Freyas gift (pantomime), Jessy Lea 
(1868), She stoops to conquer, The soldier's le- 
gacy, Hetvellyn (1864); puis des oratorios : 
Jean-Bapliste, La Resurrection, Joseph, Le roi 
David f Leeds, 1888); plusieurs cantates: The 
sleeper awakened, Lenora, May-day (pour le 
festival de musique de Bradford, 1856) Qirist- 
?nas. The lady of the lake (Glascow, 1877): 
beaucoup d'eeuvres vocaies d'eglise (services, 
anthems, psaumes), des choeurs, des romances, 
des duos, etc, des symphonies (N° 1, 1884), des 
ouvertures (Chevy otiose [bataille d'Oterburn, 
1888], Hamlet, Ron»eo et Juliette, Le marchand 
de Venise, Don Carlos), des quatuors et un 
quintette pour instr. A archet, des trios, des so- 
nates de violon, un concerto de violon, des so- 
nates de piano, etc. M. a aussi r£6dit6 beaucoup 
d'eeuvres anciennes : Dido and Aeneas de Pur- 
cell, Belsazar, Judas Macchabte et Jepkta de 
Hsendel, et harmonist d'anciennes melodies 
(Popular music of olden time, de Chapel 1, ro- 
mances 6cossaises et irlandaises). II a consign^ 
ses experiences snr l'enseignement de la thro- 
ne, dans Rudiments of harmonie (1860), Six 
lectures on harmony (I86 7 ); il &ait en outre 
collaborates du « Musical World >, 6crivit les 
programmes analytiques pour la « Sacred Har- 
monic Society » et la • Philharmonic Society ». 
La femme de M., Natalia, est une excellente 
cantatrice (alto); mais elle est plus sp£cialement 
connue par des traductions en anglais de poe- 
mes alletnands (par ex. « La Cloche » de Schil- 
ler [Bruch], etc., et du « Mendelssohn » de De- 
vrient. — 2. Walter-Cecil, fr&re du precedent, 
n6 le 28 aout 1826, 616ve, a l'Academie royale, 
de C, Potter et de son fr£re (1842-1846); en 1846 
il fut A son tour nomm£ professeur a l'Acade- 
mie et, en 1868, direcleur de la Societe philhar- 
monique. Enfin, en 1873, il fut appele A dinger 
les concerts de TAcademie. M. a compose des 
ceuvres-vocales d'eglise (2 services), des ouver- 
tures (Beppo, Un conte dhiver, Hero et Lean- 
dre, Ouverture pastorale), de la musique de 



chambre, des sonates et des morceaux pour 
piano, des melodies, des choeurs, etc. U s'est 
aussi acquis des m&rites par diverses Editions, 
d'oeuvres classiques pour piano ( Mozart, Bee- 
thoven, et une anthologie intitul&e : Popular- 
classics). 

Machault (Machaut, Machaud, Machac), 
Guillaume de ( Quitlermus de Mascandio) r 
troubadour, n£ vers 1284, probablement A Ma- 
chau, prSs Bethel (Champagne), m. pas avant 
1869; entra au service de la Cour de la reine 
Jeanne de Navarre (epouse de Philippe-le-Bel),. 
plus tard a celui de Jean de Luxembourg (roi 
de Boh&ine) et enfin A celui de Charles-Quint. 
11 est parvenu jusqu'A nous un grand nombre- 
de poimes de M., ainsi que quelques composi- 
sitions (Hondeaux, Chansons, Ballades, Motets 
et une Messe a quatre voix). 

Mackenzie, Alexander -Campbell, composi- 
teur, n6 A Edimbourg le 22 aout 1847, fut d'a- 
bord Sieve de Barthel, Ulrich et Stein A Sonders- 
hausen, puis, muni d'une bourse royale, alia 
etudier A la « Royal Academy of music » de Lon- 
dres. En 1865, il s'etablit comme maltre de mu- 
sique a Edimbourg; regut, en 1886, le grade de- 
D T mus. hon. c. de TUniversilS de StrAndrS, et 
succ6da, deux ans plus tard, A Macfarren, 
comme direcleur de la « Royal Academy of mu- 
sic*. M. s'est fait avantageusement connaitre 
par ses oeuvres d'orchestre et de musique de 
chambre : un quatuor avec piano (op. 11), un 
concerto pour violon (op.32),un scherzo, un qua- 
tuor pour instr. A archet, des romances pour 
piano, des melodies, etc.: il a, de plus, £crit 
deux Rhapsodies ecossaises (« Burns >),des ou- 
vertures : Cervantes, Ixoelfth Night et une ou- 
verture pour une comedie; une fantaisie pour 
orchestre : La belle Dame sans tnerci; deux ora- 
torios : The rose of Sharon (1884): Bethlehem 
(1894); deux operas: Colomba (1878) et The 
troubadour (1886); des cantates : Jason ( 1882). 
The bride, The story of Say id (toutes deux 
en 1886), The dream ofJubal (1889), etc 

Madrigal, nom donn£ d'abord en Italie, puis 
dans la suite ailleurs, au chant artistique du 
xvi« 8. Cette 6poque ne connaissant pas encore 
l'air A une voix avec accompagnement, tel que 
nous 1'avons aujourd'hui, il s'agissait d'un 
choeur (gSneralement a 8 jusqu'a 6 voix, mais 
de prSterence A 5 voix) qui se distinguait par 
une facture plus artistique des canzonettes, vil- 
lanelles, frottoles, etc. populaires, plus simples* 
comme rythme et contrepoint; mais le M. avail 
comme ces derni£res un sujet profane, g6n£ra- 
lement £rotique. Le m. est ainsi le veritable re- 
pr&sentant de la musique de chambre, au xvr* s* 
L'origine du madrigal, en tant que forme ar- 
tistique, remonte en tous cas plus haut que le 
xvi« s.: on l'attribue aux troubadours pro- 
vencaux et Ton fait deriver le mot nu de- 
mandra (troupeau) et de gal (m^lodie). B est 
probable que la forme po£lique , avec une 
pointe d'&pigramme, qui porte encore aujour- 
d'hui le nom de m., s'appelail ainsi d6j4 long- 
temps avant qu*Arcadelt (1538) eut fait tellemenl 
sensation, avec le premier recueil de ses madri- 



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\ 



.MjKCHTIG 



MAHILLON 



483 



gaux. Ce recueil eut donze Editions en trente 
ans et, dans la suite, la forme et le nom de ces 
chants furent adoptee par des centaines de 
compositeurs. Le m. devint indirectement le 
point de depart de la monodie accompagn&e et 
de la mnsiqne instrumental, car on eut bien 
vile Tid£e d'arranger les madrigaux favoris 
pour le luth (on le clavecin), tout en laissant 
une des parties chanties (l£nor ou soprano) 
tandis que les autres s'ex&cutaient,- tant bien 
que ma), sur l'instrument en question. Bien plus, 
les premieres tentatives de musique sc^nique, 
avant le drame en musique, ne furent aussi 
qu* une succession de madrigaux, lesquels 6taient 
chantes soit, par une voix avec accompagne- 
ment de violes, luths, th£orbes, etc., soit par 
toutes les voix. La veritable monodie supplanta 
le m.; celui-ci s'estcependant maintenu jusqu'a 
nos jours en Angleterre grace k la t Madrigal 
Society » de Londres (fondee en 1741). Une vaste 
monographic de la literature des madrigaux 
et des formes analogues, en Italie, a 616 6crite 
par le D p Emile Vogel : Bibhotheh der ge- 
druckten welthchen Vokalmttsik Italiens (1802, 
2 vol.). 

Machtig, Karl, n£ k Breslau le 10 janv. 
1836, m. dans la m£me ville le 2 mai 1881; 
eleve de M. Brosig et de P. Lustner, succ&da a 
Ad. Hesse comme premier organ iste de l'eglise 
St-Bernardin, k Breslau. Parmi ses composi- 
tions, des lieder et des morceaux de piano m£- 
ritent seuls d'etre mentionnes. 

M&liel, (MIlzl), Johann-Nepomuk, mecani- 
cien habile, ne a Ratisbonne le 15 aoftt 1772, 
m. en Amerique le 21 juil. 1888; fils d'un fac- 
teur d'orgues, il s'etablit en 1792 k Vienne, 
comme lnaltre de musique, mais se fit bien 16 1 
un nom par la construction de divers instru- 
ments de musique automaliques (une sorte 
d'orchestrion ft Panharmonion »], unjoueur 
de trompette et un joueur d'echecs automati- 
ques) et fut nomm£, en 1808, mecanicien de la 
Clour. II couronna ses Inventions par la cons- 
truction (1816) du MfeTRONOME (v. ce mot) connu 
aujourd*hui partout sous son nom; la priority 
del'id6elui en fut dispute, avec succ£s, il est 
vrai, par le mecanicien Winkel, d' Amsterdam. 
Ce genre de metronome avait eu du reste 
quelques ann£es auparavant un prScurseur 
qui 6tait lui-m6me une amelioration de celui 
de Stdckel; cf. aussi Louufe. M. aconstruit en 
outre des cornets acoustiques dont Beethoven 
entre autres a fait usage. On sail que M., qui 
£tait d'abord li£ avec Beethoven, s*attira son 
juste courroux pour lui avoir soustrait une par- 
tition de la < Bataille de Vittoria >. M. fit avec 
ses automates de longs voyages, en dernier 
lieu aussi en Am&rique, et mourut enfin k bord 
d'un brik am£ricain, « Otis »• 
Maft8t&(ital.), majeste imaestoso, majestueux. 
Magadis, 1. Instrument a cordes des anciens 
Grecs, ayant jnsqu'A 40 cordes, analogue a la 
harpe; un passage d'Aristote, « Probl. xix •, 
laisse entendre qu'on jouait en octaves sur la 
m. De \k magadiser, c.-&-d. jouer en octaves. 
— 2. Chez les theoriciens de la musique, au 



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xvi« s., le nom de m. (aussi MA«As)est employe 
pour d&iommer le monocorde. 

Maggiore (ital.), plus grand, et de \k : accord 
majeur (Harmonia di terza m.), et mode ma- 
jaur. Vindication M. au commencement d'une 
partie (Trio) dans les marches, danses, scherzi, 
rondos, ou en t£te d'une variation, signifie que 
cette partie est Scrite dans le ton majeur relatif 
ou encore dans le ton majeur de la tonique du 
ton mineur dans lequel est 6crit le morceau; 
par contre M. indique aussi, aprds un trio por- 
tant comme en t&te Minor e^ le retour du ton 
principal, lorsque celui-ci est majeur. 

Magini, Oiovanni-Paolo, c£l£bre luthier de 
Brescia, de 1590 a 1640, dont les instruments se 
distinguent par un son doux et velout£. analo- 
gue k celui de Talto, et sont tr£s appr£ci£s. 

Magnard, AlbAric, ne k Paris en 1865; des- 
tine d'abord au barreau, n'entra qu'en 1886 au 
Conservatoire de Paris, oh il travailla l'harmo- 
nie et le contrepoint dans les classes de Dubois 
et Massenet, et obtint au bout de deux ans le 
premier prix d'harmonie. II travailla ensnite la 
composition aupr&s de Vincent d'Indy el pu- 
blia en premier lieu une Suite dans le style an- 
cien, pour Torchestre. M. a £crit depuis lors 
deux symphonies, un drame musical en un 
acte : Yolande (Bruxelles, 1893), des podmes en 
musique, des pieces pour piano, etc. 

Magnificat est Tun des trois Cantica majora, 
chant de louanges 6vang61iques, le Canticum 
beatae Marine virginis, chant de louanges par 
lequel Marie r£pondit k la salutation d'Elisa- 
beth, dans la demeure de Zacharie : Magnifi- 
cat anima mea dominum {* Mon Ame exalte 
le Seigneur »). Le M. se chante aux vdpres. 
dans l'£glise catholique; il a, comme les psau- 
mes, des melodies dans les huit modes eccl£- 
siastiques (d'ou Magnificat octo tonorum), en 
consideration de Tantienne qui suit. Les com- 
positeurs religieux ont transcrit d'innombra- 
bles fois ie M. k plusieurs voix, car celui-ci 
s'ex£cute toujours plus solennellement (c'est 
pendant ce temps que le pr6tre balance Ten- 
censoir sur Tautel). 

Magnus, DKSiafe (de son vrai nom, Magnus 
Deutz), pianiste, ne k Bruxelles le 13 juin 1828, 
m. k Paris au commencement dt janv. 1884; 
re^ut sa premiere Education musicale de Voll- 
weiler, k Heidelberg, et suivit ensuite les cours 
du Conservatoire de Bruxelles oil il remporta, 
en 1843, le primier prix de piano. II fit bientdt, 
et avec sneers, des tournees de concert comme 
pianiste en Angleterre, en Russie, en Espagne, 
etc.; puis il s'£tablit definitivement k Paris ou 
il se fit une position tr6s honorable comme 
pianiste, professeur, compositeur et critique 
musical. II avait £t£ charg£, k l'Exposition uni- 
verselle de 1867, de faire entendre les pianos k 
queue de Steinway. II a public surtout des ceu- 
vres de piano : des sonates, des etudes, des 
fantaisies, etc. Sa Mithode tt&mentaire de 
piano, parue en 1879, est encore fort appr6- 
ciee. 

Mahillon, Victor, acousticien de m^rite, n6 
k Bruxelles le 10 mars 1841, est, depuis 1877, 

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484 



MAHMOUD — MAINZEE 



conservateur du Musec des instruments du 
Conservatoire de Bruxelles ; it a publie : Ta- 
bleau synoptique des voir, et de tous les instru- 
ments de musique, etc. (1866; nouv. ed. enliere- 
nient refondue, sous le titre : Le materiel 40- 
nore des orcliestres* etc. 181)7): Tableau synop- 
tique de la science de Uharmonie;Eleinentsda- 
coustique musicale el instrumental (1874, 
honors d'un prix); Etude stir le doigti de 
la flute Boehm (1885). M. a aussi fond6 un p6- 
riodique: UEcho musical; il estdirecteur d'une 
grande fabrique d'instruments A vent fondle 
par son p6re. 

Mahmoud Schirasi, encyclopedist? persan, 
m. en 1315, dont l'ouvrage Durret et tadsch 
(« Perle de la couronne ») traite k fond la theo- 
rie du messel (theorie des inteiTalles). Cf. mes- 

SEL. 

Mahu, Stbphan, Tun des plus remarquables 
contrapontistes allemands de la premiere moi- 
ti£ du xvi« 8., chantre a la chapelle de Tempe- 
reur Ferdinand I ; on trouve des compositions 
de lui dans : Novus thesaurus musicae (1568, 
Lamentations) de Joanelli; Gesangbudi (1651, 
melodies de chorals) de J. Walther; Thesau- 
rus musicus (1564, un Da pacem A huit voix) 
de Montan-Neuber; Modulations (1538) et 
Newe teutsche Liedlein (1539) de Petrejus; Se- 
lectissimae, etc. (1540) de Kriesstein; et eniin 
Nevce geistliche Gesange (1544) de Rbaw. Fr. 
Commer a publie (Musica sacra, vol. XVIII), 
deux Magnificat dont les manuscrits so trou- 
vent A la Biblioth&jue de Munich. 

Maier, 1. Joskph-Friedrich-Bermhahd-Kas- 
par, cantor a Schwfibisch-Hall, a publie : Ho- 
degus musicus (1718) et Museum musicum 
theoretico-practicum, darinnen gelehrt \jcira\ 
wie man sovcohl die Vohal- als lnstrumental- 
musik grundlicti erlernen kann (1732; 2"« 6d„ 
sous le titre Neu eroffneter theoretisch-prak- 
ticfter Musihsaaly etc., 1741, conteuant un traite 
du maniement d'un certain nombre d'instru- 
ments, tomb£s aujourd'hui en desuetude, tels 
que la fltite a bee, le cornetto, la basse de viole 
et d'autres). — 2. Julius-Joseph, ne a Fribourg 
(Baden) le 29 dec. 1821. m. a Munich le 21 
nov. 1889; suivil Fecole de Karlsruhe puis etu- 
dia le droit a Fribourg et A Heidelberg et de- 
vint en 1846 assesseur, en 1849 secretaire du 
Ministre de l'interieur. Mais, en 1849 deja, il 
etudiait la musique sous la direction de Hauss- 
mann, a Leipzig, et devenait, en 1850. profes- 
seur de contrepoint a l'Ecole royale de musique 
de Munich. De 1857 a 1887 (oil il prit sa re- 
traite), il a ete conservateur de la section musi- 
cale extraordinairement riche de la Bibliothe- 
que de Munich. M. a publie, : Klassisdte Kir- 
clienwerhe alter Meister (transcriptions pour 
chumrs d'hommes* 1845), AustcalU englischer 
Madrigale (1863) et a rendu un signale service 
A tous ceux qui s'interessent a l'histoire musi- 
cale, par la publication du catalogue : Die mur 
sikalischen Handschriften der honiglichen 
Hof- unci Staatsbibliotheh in Mtinchen (1™ par- 
tie : Die Handschriften bis sum Ende des 
XVI 1. Jahrhunderts, 1879). 



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! Maillart, Louis (dit Aime), compositeur, ne A 
I Montpellier le 24 mars 1817, m. & Moulins (Al- 
| lier), ou il s'&tait enfui devant 1'invasion alle- 
mande, le 26 mai 1871 ; en 1883. il entra au 
Conservatoire de Paris (Hatevy), et remporta 
huit ans plus tard le prix de Borne. U a com- 
pose, six op&ras-comiques dont le premier, 
Gastibelza (1847) fut bien accueilli et dont l'un 
des derniers, Les Dragons de Villars (1856) a 
remporte, un succes si durable qu'il fait encore 
partie du repertoire de la plupart des scenes 
francaises (en all. Das Glockchen des Eremi- 
ten); les quatre autres (Le Moulin des Dlleuls. 
La Croix de Marie, Les Pecheurs de Catane. 
et Lara [1864]), ont par contre rencontre pen 
de succes. 

Mailly, Alphonse-Jkan-Ernest, ne a Bruxel- 
les le 27 nov. 1833, el6ve de Cbr. Girschner 
(orgue) ; fut appele en 1861 au poste de profes- 
seur de piano et, en 1868, A celui de professenr 
d'orgue, au Conservatoire de Bruxelles. Berlioz 
le reconnaissait, en 1858, dans le « Journal des 
Debats », pour un organiste hors ligne. M. a 
compose lui-mdme une sonate et des morceaux 
pour orgue, entre autres pour la « Cecilia » de 
Best, ainsi que des oeuvres d'orchestre, etc 

Main harmonique (all. Guidonische Hand). 
moyen mecanique de memorisation a r usage 
des eleves etudiant autrefois la solmisation (v. 
ce mot). Ce moyen consistait a attribuer A chaque 
phalange et a chaque extremity de doigt le nom 
de Tun des vingtsonsdusystemeaibrsrepando, 

de r (gamma, notre sol* actuel) a e (notre /m 3 , 
cf. lettres); le vingti&me son I e I dont on en 

faisaitqu'un usage restraint, £tait consider^ dans 
ce systeme comme planant au-dessus deFextre- 
mite du majeur. Lorsque Fele/ve connaissait 
bien sa m. h., il pouvait, an sens propre du 
mot, compter les intervalles sur sesdoigts. (If. 
Guid'Ahezzo. 

■aimer, Joseph, niusicien erudit, ne A Tre- 
ves le 7 mai 1807, m. A Manchester le 10 nov. 
1851, fit sa premiere education musicale a Tre- 
ves, puis devint preJre et plus tard abb£. Le 
premier poste qu*il occupa fut celui de maltre 
de chant au Seminaire de Treves. Chasse pour 
avoir fait de l'agitation politique pendant Tin- 
surrection polonaise, il alia a Bruxelles d*a- 
bord, puis bientdt a Paris ou il trouva, bien de 
l'occupation comme feuilletoniste musical et 
compilateur de traites de musique, mais non 
une existence exempte de soucis. En 1841, il 
traversa la Manche et alia a Londres d'abord, 
puis finalement A Manchester ou il eut la main 
heureuse dans la fondation de cours popu- 
laires de musique, selon la methode de Wil- 
helm et ou il fonda un grand nombre d'ecoles 
de chant placees sous sa propre direction. Ses 
Merits sont : Singscitule (1831); Methode de chant 
pour les enfants (1835 et 1838): Methode de 
chant pour voix dhommes (1836); Bibkoth&que 
6l6mentaire de chant (1836); Mithode pratique 
de piano pour les enfants (1837): AbicMaire 
de c)iant (1837); Ecole chorale (1838): Cent me- 



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MAISTRE — MAJEUR 



483 



todies enfantines (1840); Singing for the mil- 
ium (1842). II a en outre publie : Esquisses mu- 
sicales, ou souvenirs de voyage (1888-1889), 
Musical Athenaeum, or nature and art, music 
and musicians in Germany \ France, Italy, etc. 
(1842); an journal de musique : Chronique mu- 
sicale de Paris (1888) qui disparut aussitdt, tan- 
dis qu'un nouvel essai reussit mieux en Angle- 
terre (Maimer's Musical Times, le pr6d6ces- 
seur du Musical Times actuel). Comme compo- 
positeur d'opSras, M. n'a pas Hi couronn6 de 
succ£s dans ses diverses tenlatives (Le Triom- 
phe de la Pologne, La Jacquerie). 

Maistre, v. Lb Maistre. 

Maitiand, J.-A. Fuller, critique musical an- 
glais, n6 a Londres en 1856; auteur d'une bio- 
graphie de Schumann (Great Musicians, 1884) 
et de Masters of German Music (181)4). M. 
est critique musical du « Times », de la « New 
Quarterly Musical Review », etc. 

Maitres - chanteurs (all. Meistergesiinger) , 
nom que Ton dorm ait, du xiv* au xvi« s.,aux 
pontes et chanteurs bourgeois (appartenant a 
la classe ouvriSre) dont les traditions se ratta- 
chaient & celles des « Minnesanger » . Les m.-c. 
formaient, dans diverses villes allemandes, des 
associations regies par des statuts tr6s stricts 
(tablature) et divisSes en plusieurs classes, a 
la fa^on des contraries (apprenlis, chanteurs, 
pontes, maitres). Leurs poesies empruntent 
leurs sujets surtout A l'histoire biblique et sunt 
trait^es d'une facon plutcH lourde et gauche. On 
compte parmi les plus c£l&bres m.-c. : Michael 
Behaim, Hans Rosenblnt, Hans Folz et surtout 
Hans Sachs. Les poesies des m.-c. sont con- 
serves en tres grand nombre, malheureuse- 
ment sans leurs melodies (Weiseri). Mayence 
(qui passe pour Stre le berceau des m.-c. 
[Frauenlob, Regenbogen]), Strasbourg, Franc- 
fort, Wurzbourg, Zwickau et Prague au xiv e s., 
Augsbourg, Nuremberg (avec plus de 2o0 m.-c, 
du temps de H. Sachs), Colmar, Ratisbonne, 
Ulm, Munich, etc., aux xv*et xvi«s., furent les 
grands centres de corporations. Wagner, dans 
ses « Maitres - Chanteurs de Nuremberg*, a 
trace un tableau tr£s vivant et bas£ sur de 
serieuses recherches historiques, de la vie des 
m.-c. Cf. J. Grimm, Ueber den altdeutschen 
Meistergesang (1811) ; Schnorr von Carolsfeld, 
Zur Geschichte des deutschen Meistergesangs 
(1872), et, parmi les ouvrages anciens sur le 
sujet : Adam Puschmann, (Wundlicher Bericht 
des deutschen Meistergesangs susamt der Ta- 
bulator (1571) et Wagenseil, Buck von der 
Meistersinger holdseliger Kunst (1697). 

Haltre de chapelle fall- Kapellmeister, ital. 
maestro di cappella), nom que Ton donnait 
autrefois indiflf&remment au directeur d'une 
chapelle vocale ou d'une maitrise (angl. Master 
of children, choir-master) et au directeur d'un 
orchestra (chef d'orchestre, angl. conductor) ; 
actuellement employ^ settlement dans la pre- 
miere acception, a moins qu'il ne soit la traduc- 
tion du t titre > allemand de Kapellmeister. 

Maitre Jehan, v. Gallus, 2. 

Maitrise, nom que Ton donnait avant la 



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Revolution a l'6cole de chant choral qui etait 
adjointe a chaque £glise importante. Les Aleves 
d'une m. Staient entretenus en commun et rece- 
vaient, en m6me temps que des lerons de mu- 
sique, une bonne instruction g&i&rale. Les m. 
furent par consequent les veritables Scoles de 
musique du pays, jusqu'au moment de leur 
suppression (1791) et de la fondation du Con- 
servatoire (1794). Le terme de m. est souvent 
employe maintenant pour designer le chceur 
mfcme, la chapelle de chantres d'une eglise. La 
m. avait a sa tete un « maitre de chapelle ». En 
Allemagne, certaines eglises (St- Thomas, a 
Leipzig ; Eglise de la Croix, a Dresde, etc.)ont 
encore une organisation analogue A celle des 
anciennes m. francaises. 

Majeur (all. Bur, lat. durus) se dit d'un in- 
tervalle, d'une gamme, d'un accord, d'un mode. 
Un intervalle est m. lorsque la seconde note 
fait partie de la gamme m. dont la premiere est 
tonique (v. cependant les exceptions au mot 
juste). La gamme m. resulte du deploiement 
d'un accord m. dont les differents sons sont 
relies diatoniquement, au moyen de notes de 
passage (v. gamme). Quant A 1'acgord m., il 
resulte de la combinaison d'une prime avec 
sa tierce superieure et sa quinte superieure ; 
ces trois sons se confondent en une conception 
une, celle de rharmonie superieure ou har- 
monie majeure (v. harmonie et son). Mais cha- 
cun d'eux peut represented luiseul rharmonie 
majeure, c-sk-d. qu'ilpeut etre interprete dans le 
sens de celte harmonie, ainsi ut, sol ou mi 
peuvent aussi bien Tun que l'autre representer 
i'accord d'ut majeur. De meme deux sons (par 
ex : ut : sol, ou ut : mi ou mi-sol) de I'accord 
m. peuvent representer celui-ci; toutefois, il 
convient de remarquer que de telles interpreta- 
tions sont parfois ambigues, car chaque son 
peut etre interprete comme appartenant a trois 
accords m. et A trois accords mineurs (v. inter- 
pretation harmonique). L'accord majeur el 
I'accord mineur sont les pierres d'angle de 
tout redifice harmonique ; les accords dits 
dissonants ne sont que des modifications de 
ces deux harmonies fondamentales. Cf. disso- 
nance. — Le mode m. est celui dont la tonique 
(c-a-d. I'accord final) est un accord majeur, 
autrement dit celui dont les harmonies n'ont 
de signification speciale que grace A leur place 
par rapport a cette tonique. L'impression du 
mode m. resulte de l'alternance de I'accord de 
tonique avec les deux accords de dominante de 
meme mode, harmonies qui, & elles trois, ren- 
ferment tous les sons de la gamme majeure ; 
d'ou il ressort qu'une meiodie non modulante 
nepeut etre logiquement harmonisee qu'avec 
ces trois accords principals : 

Sous-dominante. 

^^ • • • 

• • • 

Dominante. 

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486 



MAJO 



Toutefois, rharmouie du mode m. dispose 
d'un grand nombre d'autres accords : en pre- 
mier lieu, les accords parallklks (formes ega- 
lement des sons de la gamme) de ces trois 
accords principaux, soil : 
Tp 
ri \\fa la ut mi sol si re 
" Sp" "Dp 

( lp = parallele de la tonique ; Sp = parallele 
de la sous-dominante) ; Dp = parallele de la 
dominante)puisd'une foule d'autres harmonies, 
contenanl des sons Grangers k la gamme du 
ton dans lequel on se trouve et dont la puis- 
sance moduiante n'est que facultative. Gf. 

PONCTIONS. 

Majo, Francesco di (surnomra6 Ciccio di M.), 
compositeur fort bien dou6 d'operas et de mu- 
sique d'eglise, n6 a Naples vers 1745, m. a Ro- 
me en 1770; fut organiste dela Chapelle rovale, 
a Naples, el debuta, en 1762, avec l'op6ra Arta- 
serse, qui fut rapidement suivi d'une s^rie 
d'autres ouvrages. En plus de quinze operas, il 
a 6crit cinq Messes (dont Tune est k double 
choeur, avec orchestre), plusieurs Psaumes, 
Graduate, Salve, etc. 

Majorano, v. Gapfarelli. 

Malagueha, v. fandango. 

Haider, Pierre van, compositeur remarqua- 
ble, n6 k Bruxelles le 13 mai 17*24, m, dans la 
mdme ville le 3 nov. 1768 ; musicien de la cbam- 
bre du prince Charles de Lorraine, fut pendant 
iongtemps violon-solo de l'Opera de la Gour, k 
Bruxelles. II a ecrit plasieurs operas pour Bru- 
xelles et un aussi pour l*Op6ra-Comique de 
Paris (La bagarre, 1762); mais il eut plus de 
succes avec ses quatuors pour instr. k archet 
(1757), ses dix-huit symphonies (pour instr. a 
archet, 2 hautbois et2 cors; les six premieres 
ont paru en 1759) etsix sonates pour deux violons 
et basse. M. est Tun des premiers qui ait cultive 
le quatuor pour instr. k archet et la symphonie. 

Malibran, 1. Maria-Fklicita, nee k Paris le 
24 mars 1808, m. k Manchester le 23 sept. 1836 ; 
fille de Manuel Garcia (v. ce nom, 2), sceur de 
M BI Viardot-Garcia, Tune des cantatrices les 
plus remarquables de notre si^cle (contralto 
d'une immense otendue), fit son Education mu- 
sicale sous la direction de son p£re. EHe se 
produisit d'abord a Londres, en 1825, fut enga- 
g^e aussitrtt a l'Opera de Londres dont elle 
devint, au bout de pen de temps, la t prima don- 
na » la plus en vogue. A la fin de la saison, le 
p£re Gtfrcia traversa l'Oc^an avec femme et 
enfants, une famille composant k elle seule 
une troupe d'opera presque complete. A New- 
York, Maria epousa un commer?ant du nom 
de M., dont elle se separa, du reste, apr6s qu'il 
eut fait faillite. Rentree en Europe, M»« M. se 
produisit, en 18^7, a Paris, avec un succes 
enorme, et fut enga«ee avec 50.000 fr. de trai- 
tement; a la fin de la saison parisienne, elle 
chantait r^guli^rement k Londres, ou elle dis- 
putait la palme k llenriette Sontag. Avec un 
succes toujours croissant, elle chanta k Naples, 
a Milan et dans d f autres villes italiennes (elle 



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MAKCINELLI 

parlait espagnol, franrais, italien, anglais et 
allemand). Lorsqu'elle eut obtenu la separation 
d'avec son premier mari, elle epousa le violo- 
niste be BfcRiox (mars 1836) avec lequel elle 
etait deja entree en relations intimes en 1831. 
Elle mourut cependant quelques mois apres, k 
Manchester, a la suite d'exces de fatigue lors 
d'un festival de musique de cette ville (12-14 
sept.) On sail les stances vibrantes que lui de- 
dia Musset, quelques jours apr&s sa mort. La 
M. 6tait tres musicienne et a compost elle- 
m6me de jolies petites chansons, des nocturnes, 
des romances qui ont en partte paru (Demieres 
pensies musicales de Marie-Felicite Garcia de 
Beriot). — 2. Alexandre, ne k Paris le 10 nov. 
1823 et m. dans cette ville, le 13 mai 1867, dans 
une situation d£chue; el£ve de Spohr k Gassei, 
oil, dej& marie, il etait venu s'etablir, a publie: 
Ltidtoig Si>okr, sein Lebm %md Wirken (1860). 
II fonda plus tard, k Paris, un journal musical, 
L 9 Union instrumental , qui cessa bientdl de 
paraStre, puis r£digea Iongtemps le fenilleton 
d'un journal paraissant en frangais, k Franc- 
fort 8/M. Plus tard encore, il publia, & Bruxel- 
les, un journal de musique, intitule : Le Monde 
mustcal.Son essai de fonder an Theatre de la 
Gaite, k Paris, des concerts populaires dans le 
genre de ceux de Pasdeloup, echoua comple- 
ment Comme compositeur, M. a fourni den 
oeuvres d'orchestre, de la musique de chambre 
et une Messe pour la Legion d'honneur (pour 
voix d'hommes). 

Malinconico (ital.), meiancolique. 

Mallinger, Mathilde, excellente cantatrice 
dramatique (soprano), nee a Agram le 17 f6vr. 
1847; eieve de Gordiniani et de Vogl, au Conser- 
vatoire de Prague (1863-1865), puis de Lewy, a 
Vienne, fut engagSe, de 1866 a 1869, au theatre 
de la Gour, k Munich, et devint en 1869 Tune 
des principales artistes du personnel de l'O- 
pera de la Gour, a Berlin, (elle epousa la m^me 
annee un baron von Schimmelpfennig). Depuis 
1890, M. est professeur de chant au Conserva- 
toire de Prague. 

Malten, Thkrese, excellente cantatrice sceni- 
que (soprano dramatique), nee k Insterburg 
(Prusse orientale) le 21 juin 1855; 6ieve de 
Gustave Engel, k Berlin, debuta en 1873 k 
Dresde, dans les rdles de Pamina et d'Agathe. 
Elle fut aussitet engagee comme premier sopra- 
no et sut hientril tout le repertoire de grand 
opera (Senta, Elisabeth, Eva, Elsa, Isenlt, 
Fidelio, Armide, etc.). Elle a cree, en 1882, k 
BajTeuth, le r<31e de Kundry, dans « Parsifal », 
avec un succes extraordinaire. 

Manager (angl.), veut dire entrepreneur, chef 
d'une entreprise, par ex. d'un Opera. 

Mancando (ital.), en diminuant, comme ca~ 
lando. 

Mancinelli, Luigi, ne a Orvieto le 5 fevr. 
1848 ; d'aliord violonc^lliste k la « Pergola » 
de Florence, devint, en 1874, violonceiliste au 
« Liceo filarmonico » qu'il dirigea bientdt (1881), 
en meme temps que l'orchestre du theatre de 
Bologne et la chapelle vocaledeSte-Petrone. De 
1886 k 1888, M. fut chef d'orchestre au theatre 

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MANCINI — MANNSTiEDT 



487 



<ie «Drury Lane », a Londres, et devint, en 1888, 
directeur de la chapelle royals de Madrid. M. 
-est compositeur remarquable (on connait de 
lui, entre autres, des intermezzi pour Messali- 
na et pour Cleopatra de Cossa ; l'op6ra hora 
di Provensa [Rolando] \ jou£ k Bologne en 
1884, et k Hambourg, en allemand, en 1892; 
l'oratorio Isaia, Norwich, 1887). 

Mancini, 1. Francesco, compositeur, n6 k 
Naples en 1674, m. dans la mfcme ville en 1789; 
«e!6ve du Conservatoire « di San Loreto»,ou il 
fut plus lard appele k enseigner lui-mdme; de- 
vint en 1709 deuxidme et en 1728 premier mai- 
tre de chapelle de la Cour. II a ecrit vingt ope- 
ras, la plupart pour Naples (Idasjje; Londres, 
1710), ainsi que des oratorios : Lamor divino 
Irionfante nella morte di Qiristo, Larca del 
testamento in Gerico, II laccio purpureo die 
Raab, 11 genere umano in catena, et un Mag- 
nificat k huit voix. — 2. Giambattista, excel- 
lent maitre de chant, ne k Ascoli, en 1716, m. k 
Yienne le 4 janw 1800 ; eteve de Bernacchi et 
<Ju Pere Martini, fut appele vers 1760, k Vienne, 
-comme maitre de chant des princesses imperia- 
les. M. a publie un ouvrage de valeur sur le 
chant figure : Pensieri e riflessioni pratiche 
sopra il canto figurato (1774, 2* ed. 1777 ; trad. 
en francais sous le titre de : Lart du cJumt 
figuri, 1776, et sous celui de : Reflexions prati- 
<iues sur le chant figuri, 1796). 

Mandoline (ital. Mandolino, diminutif de 
Mandola [Mandora, Pandura, v. bandola]), 
instrument k cordes de la famille du luth, avec 
<aisse de resonance voutee en forme de poire, 
plus vofttte que le luth, mais de bien moindres 
-dimensions. La m. est encore aujourd'hui d'un 
usage courant en Italie, et plus sp£cialement k 
Naples, comme instrument melodique ; elle est 
accompagn&e de la guitare. Elle s'est repandue 
-de Ik dans le reste de TEurope, comme instru- 
ment d'amateur. Les u. napolitaines sont ten- 
dues de huit cordes, advisees en quatre groupes 
<le deux cordes chacun k l'unisson et accordees 
par quintes, comme le violon : soP, r^, la 3 , mt*; 
les m. milanaises ont cinq ou six paires de 
•cordes accordees comme suit : soP, ufi, la 3 ,r&, 
mt*,ou. bien sol 1 , si*, mi 3 , fa 3 , rfr,mi K > La m. se 
Joue avec un mMiateur d'6caille, ou parfois de 
m&al. V. les methodes de m. de Coltin, Pietra- 
pertosa, etc., etc. Gf. guitare. 

Mangold, 1. Wilhelm, ne k Darmstadt le 19 
fiOT. 1796, m. dans la mdme ville le 23 mai, 
1875; Sieve de son p&re (GeorgM., ne k Darm- 
stadt le 7 fevr. 1767, m. dans la m&me ville ou 
il 6tait devenu directeur de musique de la 
Cour le 18 fcvr. 1835), de Rinck et de l'abb* 
Vogler, puis, de 1815 k 1818, de Cherubini, au 
■Conservatoire de Paris. II fut ensuite engage 
comme musician de la chambre, k Darmstadt, 
-devint en 1825 maitre de chapelle de la Cour et 
fut pensionnS en 1858. M. a fort releve le niveau 
musical de Darmstadt; il a 6crit lui-m&me un 
op£ra, Merope (1823), ainsi que d'autres ouvra- 
ges de moindres dimensions, la musique pour 
quelques drames, des ouvertures, heaucoup de 
musique de chambre. des morceaux de chant 



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et des romances appreciees pour cor (clari- 
nette) et piano. — 2. Karl-Ludwig-Armand 
fr&re du precedent, ne a Darmstadt le 8 octobre 
1813, m. k Oberstdorf (Algau) le 5 aout 1889; 
recut son Education musicale de son p&re et de 
son fr&re Guillaume, ainsi qu'A Paris, de 1836 a 
1839. Dfyk auparavant (1831), il avait fait partie, 
comme violoniste, de la Chapelle de la Cour, a 
Darmstadt, ou il rentra a son retour (1839). II 
fut nomme en 1848 directeur de musique de la 
Cour; il avait pris d6j&, en 1839, la direction 
de la « Soci6t£ de Musique » et dirigea, de 1869 
a 1875, le « Mozart Verein », apres avoir pris 
sa retraite de directeur de musique de la 
Cour. M. est tr6s connu en AUemagne par des 
quatuors pour voix d'hommes, qui se distin- 
guent par de l*61an et du uaturel (Waldlied, 
Mein Lebenslauf, etc.) ; il a aussi public des 
chceurs pour voix mixtes, des lieder et de plus 
grandes oeuvres vocales, (HemiannsschlachU 
c p£an » pour choeur mixte, soli et orchestre : 
Abraham [oratorio]; Die Weisheit des Mirza 
Schaffy [cantate pour choeur d'hommes, soli et 
orchestre ; a et6 couronn£e]). D'autres ceuvres 
n'ont pas 616 gravies, mais bien ex6cut£es avec 
sueces, des oratorios : Wittekind et Israel in 
der Wiiste; des operas : Das Ktihlermadchen, 
lannhauser* Gudrun, et Dornrdsdien ; des 
drames de concert : Fritfy'of, Hermanns Tod, 
et Barbarossas Ervoaqfien ; une sc^ne dramati- 
que : Des Miidchens Klage ; une cantate sym- 
phonique : Elysium; enfin, deux symphonies 
(mi b&mol maj. et fa min.) et diverses pieces 
de musique de chambre. — 3. Karl-Georg, 
pianiste, ilcve de Hummel, mourut k Londres 
le 1" nov. 1887. 

Mann, Johaxn-Gottfr.-Hendtuk, ne a La 
Haye le 15 juil. 1858; il suivit les cours de 
l'Ecole de musique de cette ville, et remplit 
maintenant les fonctions de chef de musique 
militaire a Leyde. II a compost de nombreuses 
oauvres d'orcheslre et de la musique vocale. 

Manns, August, excellent chef d'orchestre,n6 
a Stolzenburg, pr£s Stettin, le 12 mars 1825, de 
parents pauvres, apprit d'abord, chez un rausi- 
cien de village, k jouer divers instruments, 
puis vint 6tudier aupres dumusicien de la ville 
d'Elbing, Urban. II fut d'abord clarinettiste 
dans une musique militaire, a Danzig, plus 
tard k Posen, se fit appr£cier de plus en plus et 
devint violon-solo de l'orchestre Kroll, k Ber- 
lin. II fut nomm6 ensuite chef de musique mili- 
taire k Kcenlgsberg et, en 1854, deuxi&ne chef 
de rorchestre du « Palais decristal*, a Londres, 
qui n'6tait alors qu'une musique d'harmonie. 
Apr6s avoir rempli, dans Thiver 1854-1855, les 
fonctions de chef d'orchestre d'opera k Lea- 
mington et k Edimbourg et avoir dirig§ les 
concerts d'6te d* Amsterdam, il fut engage, en 
automne 1855, comme premier chef d'orchestre 
des concerts du tPalaisdecristal ». L'orchestre 
fut bientiH augmente et les concerts parvinrent, 
sous la direction de M., k la brillante renom- 
m^e qu*ils ont aujourd'hui. 

Mannstadt, 1. Franz, excellent pianiste et 
chef d'orchestre estime, n^ k Hagen, en West- 

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488 



MANO — MARA 



phalie, le 8 juil. 1852; eleve du Conservatoire 
Stem (H. Ehrlich), devint en 1874 chef d'or- 
chestre k Mayence, en 1876 directeur de la 
c Berliner - Symphonie-Kapelle », eten 1879 pro- 
fesseur de piano au Conservatoire Stern. II fut 
quekjue temps chef d'orchestre, a Meiningen 
(sous l'intendance de BtQow), puis chef de 
TOrchestre philharmonique de Berlin jusqu'en 
1887. M. accepta alors le poste de chef d'or- 
chestre du Theatre royal de Wiesbaden et de 
professeur au Conservatoire de cette ville, mais 
il'rentra en 1893 a la Philharmonic de Berlin 
pour reprendre enfin, en 1897, ses fonctions de 
chef d'orchestre a Wiesbaden. II a re$u le litre 
de « professeur royal*. Son frSre ain£ — 2. 
Wilhklm, ne k Bielefeld le 20 mai 1887, entra 
d'abord dans la carriere commerciale, puis eut 
une vie agit£e de com^dien et de chef d'orches- 
tre de petites troupes d'operas , etc. II s'etablit 
enfin, en 1865, a Berlin ou il dirigea des soci6t6s 
et fut r^gisseur de plusieurs petites scenes, 
Son penchant artistique s'etendait aussi a la 
po&sie et k la peinture ; il a fait le livret et la 
musique d'un grand nombre d'ceuvres the&tra- 
les d'ordre inferieur (farces, opSrettes, etc.), et a 
public, en outre, en 1873, un periodique : Der 
Kwnstfreund. 

Mano (ital.), main : d m. ou m. d. (m. deslra), 
main droite ; $. m. ou m. s. (m, sinistra), main 
gauche. 

Mangf eldt, Edgar, v. Pierson. 

Mantius, Eduard, excellent chanteur sceni- 
que (t&nor), n6 k Schwerin le 18 janv. 1806, m. 
aux bains d'llmenau le 4 juil. 1874; il 6tudia le 
droit k Rostock et k Leipzig, prit dans cette 
derniere ville des lemons de chant de Pohlenz 
et acquit bientcH un certain renom comme 
chanteur de concerts. II d£bula ensuite, en 1830, 
a Berlin au Theatre de la Cour, dans le rdle de 
Tamino, et fut engage aussi tot; il resta pen- 
dant vingt-sept ans attach 6 a cette scene, mais 
se produisit beaucoup a l'&tranger en represen- 
tations, jusqu'a ce qu*en 1857 il prit conge du 
the&tre, dansle rdle de Florestau, de « Fidelio ». 
Pendant de nombreuses annees encore, il se 
voua k l'enseignement de chant et forma de 
nombreux chan tears de talent. M. a publie lui- 
m6me de jolis lieder. 

Mantovano, Alberto, v. Bipa. 

Manual (all.), clavier d'orgue, v. clavier. 

Manualiter (en abrSge man. f m.) seulement 
pour le clavier, c.-A.d. sans employer le peda- 
lier (indication frequente dans les compositions 
pour orgue). 

Manxuoli, Giovanni, cel&bre chanteur sopra- 
niste (castrat), n6 k Florence en 172o; acquit sa 
premiere renomm£e sur les scenes italiennes, et 
fut engage en 1753 a Madrid, par Farinelli. De 
1764 k 1765, il provoqua un grand enthousiasme 
a Londres, par la puissance en m£me temps que 
le veloute de sa voix. M. n'etait pas chanteur 
leger, mais bon interpr&te, et a, selon le temoi- 
gnage de Burney, contribue a ce que V « opera 
seria » prit son essor a Londres. II chantait en- 
core en 1771, ainsi qu'il ressort de lettres de 
[^opold et de Wolfgang Mozart; il vivait alors 



a Florence, comme chanteur de la Cour grand- 
ducale. L'annee de sa mort est inconnue. 

Mapleson, James-Henry, entrepreneur de 
thedtres d'opera, eleve de l'Acad&nie royale 
de musique de Londres, se produisit comme 
chanteur, joua de Talto k 1'orchestre et com- 
menga sa carriere d'entrepreneur d'operas 
(« manager »), qui devait &tre si fructueuse, en 
1861, au « Lyceumtheatre ». II a su toujours at- 
tirer vers sa sc&ne des chanteurs remarquables 
(1862 k 1868, « Her Majesty's Theatre >; 1865), 
« Drurylane » ; 1871, associ£ avec Gye ; 1871 
k 1877 de nouveau k Drurylane, et depuis de 
nouveau au t Her Majesty's »). Depuis 1879* 
M., apres la fin de la saison de Londres, four* 
nit aux entrepreneurs de thSsttres de New- York 
presque tout leur personnel. 

Mara, 1. Gbrtrud-Elisabbth (nee Schme- 
ling), tres celebre cantatrice, nee a Eassel le 2S 
tevr. 1749, m. a Reval le 20 janv. 1883; 6tail 
fille d'un pauvre musicien et perdit sa m&re de 
bonne heure. En suite d'une chute malheureuse 
qu'elle fit dans son enfance, elle resta toute sa 
vie un peu contrefaite et faible. Elle montra 
de bonne heure du talent pour la musique,. 
mais son p6re en fit d'abord une petite violo- 
niste prodige et visita avec elle Londres et 
Vienne. C'est k Londres qu'on d&couvrit son 
talent de cantatrice et que son education fut 
confine k Paradisi; l'enseignemenl, cependant, 
ne dura pas longtemps, la M. n'eut du reste 
pas d*autre maltre et fut reeliement autodi- 
dacte. En 1765, son pere relourna avec elle k 
Cassel, dans l*esp6rance d'obtenir pour elle un 
engagement k TOpera de la Cour, esperance 
qui ne se r£alisa pas ; par contre elle fut en- 
gagee en 1766 & Leipzig, avec un traitement de 
600 thaler, en compagnie de Corona Schrdter, 
pour le « Grand Concert » dirige par J.-A. Hil- 
ler. Aprds s'fctre produite plusieurs fois a FO- 
p6ra de la (-our de Dresde avec grand succ&s» 
elle fut engages k vie, en 1771, a l'Op£ra de la 
Cour de Berlin, avec 8000 thaler d'appointe- 
ments. Elle epousa en 1778 le violoncelliste M^ 
ce choix fut peu heureux et ne rencontra abso- 
lument pas l'assentiment de Fred£ric-le-Grand. 
En 1780 elle rompit, en s'engageant avec son 
mari, Tengagement de Berlin et, en passant par 
Vienne od elle re^ut de France des recomman- 
dations pour Marie -Antoinette, elle se diri- 
gea sur Paris. hk f la Todi etait k Tapogee de 
sa gloire, et il y eut une ardente rivalite entre 
les deux « primadonne », chacune ayant ses 
partisans : les Todistes et les Maratistes; il pa- 
rut cependant impossible de d&cernerla palme 
k Tune d'elles, au detriment de l'autre. De 1784 
k 1802, la M. vecut principalement k Londres, 
chanta en 1784 et 1785 dans les grands festivals 
en Fhonneur de Hsendel (« Hsendel commemo- 
ration »), et aborda la sc^ne en 1786, dans un 
< pasticcio > : Didone abbandonata, mais se 
voua cependant plus specialement au concert. 
De 1788 k 1789, puis en 1791, elle visita l'ltalie 
et cueillit des lauriers k Turin et a Venise. 
En 1799, elle obtint son divorce et son mari. 
prodigue et debauche, s'abrutit ensuite com- 



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MARA IS — MABCHE 



489 



pletement el mourut ew 1808, A Schiedam (Hol- 
lande). La M. quitta en 1802 l'Angleterre, lors- 
que sa yoix commenga A perdre de sa force et 
de son egalit£; elle chanta sans grand sneers A 
Paris, et, apr&s une longue tourn^e de con- 
certs s*6tablit IMoscou. Elle y eut le malheur, 
lore du grand incendie cause par l'invasion 
fran^aise (1812), de perdre tout son bien et dut, 
Agee de soixante-quatre ans, voyager de nou- 
vean et chanter, pour pourvoir A son existence. 
Elle s'6tablit alors comme professeur de chant 
A Reval, fit encore en 1819 une expedition mal- 
heureuse A Londres, et mourut, a Fage de qua- 
tre-yingt-quatre ans, dans une situation pr£- 
caire. a Reval. Sa biographic (jusqu'en 17&2) a 
et6 ecrite par G. Grosheim (1828), puis forte- 
ment embellie par Rochlitz (Fiir Freunde der 
Tonkunst, vol. i); son autobiographic a ete pu- 
bliee par O. v. Riesemann, dans V « Allgemeino 
Musikalische Zeitung », 1875, et une tres vi- 
vante esquisse biographique, sur les donn6es 
de cette derniere, par A. Niggli (1881). — 2. La 
M., pseudonyme de Marie Lipsius (v. ce nom). 

Marais, Marin, c&ebre virtuose de la gambe, 
n£ a Paris le 31 mars 1656. m. dans la m&me 
ville le 15 aout 1728; 61£ve de Hottemann et de 
Sainte-Colombe, et, pour la composition, de 
Lully, il entra en 1685, comme violon-solo, dans 
la musique de la chambre royale et resta A ce 
poste jusqu'au jour ou il prit sa retraite, en 
1725. Outre les operas : Alcide, Ariane et Bac- 
chus, Aldone, et S6m6U, qui ont 6te graves, M. 
a 6crit surtout des morceaux pour gambe (cinq 
recueils, avec continuo), ainsi qu'un volume de 
trios pour flutes, violons ou * pardessus de vio- 
les >. M. employait sept cordes au lieu de six 
sur la gambe, et introduisit aussi pour cet ins- 
trument des cordes filees (trois). — Des dix-neuf 
enfants de M., lesquels furent presque tons 
mnsiciens, le plus remarquable fut Roland, 
qui sneceda a son pere en 1725, comme gambe- 
solo; il a aussi public deux recueils de mor- 
ceaux pour gambe, avec basse chiffr&e, ainsi 
qu*une Nouvelle milhode de musique pour 
servir cTintroduction aux acteurs modernes 
(1711). 

Marbeck, John, v. Merbeckr. 

MarcatD (ital.), marqu£, en dehors, accentu£. 

Marcello, Benedetto, compositeur remar- 
quable et po&te de talent, n& d'une famille no- 
ble a Venise le 1" aout (ou, d'apr&s Busi et 
Chilesotti, le 24 juil.) 1686, m. a Bescia le 24 
juil. 1789; Steve de Gasparini et de Lotti, il Sta- 
dia en outre le droit et remplit diverges fonc- 
tions. II fut d'abord avocat, puis pendant qua- 
torze ans membre du Conseil des Quarante et en 
1730 proviseur A Pola dont le mauvais climat 
ruina sa sant6 ; il ne put plus se retablir, mal- 
gr£ l'excellent climat de Brescia, ou il fut en- 
voyS en 1788, comme ch am bell an. L'oeuvre 
principale de Marcello est la musique de la 
paraphrase italienne des cinquante premiers 
psaumes, par Girolamo-Ascanio Giusliniani : 
Estro poelico-armonico (1724-1727, 8 vol.; de 
une a quatre voix, avec basse chiffr^e pour or- 
gue ou piano, quelques-uns avec violoncelle ] 



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oblig£ ou deux violes; traduction anglaise 1757; 
nouvelles ed. ital. par Pompeati [sans date] et 
Valle [1808] ; un choix en allemand, 1865 [douze 
psaumes, instruments par Grttneisen et Lind- 
paintner];un autre avec texte fran^aiset italien, 
environ a la m£me &poque [Paris, Flaxlandj ; 
l'Mition complete la plusrScente [reduction pour 
piano, par Mirecki] a paru chez Carli, A Paris 
[sans date]). M. a public en outre : Concetti a 
5 stromenti (1701); des sonates pour piano: 
Sonate a cinque e flauto solo col basso conti- 
nuo (1712): Cansoni madrigalesche ed arte per 
camera a 2, a 3, a 4 voct (1717). La musique 
d'une pastorale Calisto in Orsa. d'un op6ra La 
fede rtconosciuta (Dorinda) et de l'« intreccio » 
Arianna, n'a pas ete gravee, mais le texte de ces 
ouvrages, de M.lui-meme, a 6te imprim£ et public. 
Nous avons enfin, de M., un ouvrage littSraire : 
11 teatro alia moda, o sia metodo sicuro e fa- 
cile per ben comporre ed eseguire le opere ita- 
liane in mustca (sans date [1720?]; £dit£ plu- 
sieurs fois; piquante satire sur Tart de « fabri- 
quer » un opera), puis en manuscrits : une 
mordante critique d'un recueil de madrigaux 
d* Antonio Lotti (Lettera familiare, etc.), ano- 
nyme mais attribute a M., et une leoria musi- 
cats ordinate alia moderna pratica.. On a 
conserve aussi les manuscrits de plusienrs 
cantates, d'un oratorio : Gioas, de plusieurs 
Messes, Lamentations, Salve, d'un Tanlum 
ergo canonique A six voix et d'un oratorio 
all£gorique : II trionfo della poesia e delta 
mustca nel celebrarsi la morte, la esaltazione 
e la coronajsione di Maria (personnages : la 
PoGsie, la Musique, un soprano, piano, t&nor 
et basse). M. a public en plus de tout ceci des 
poesies, des sonnets, des libretti d'operas, etc., 
qui, en partie du moins, ont £t6 mis en musi- 
que par d'autres compositeurs. Sacchi (1789), 
Boito (1881, dans les « Great Musicians ») et Busi 
(1884) ont 6crit la biographic de M. 

Marchand, Louis, organiste c&lebre de son 
temps, n£ A Lyon le 2 fevr. 1669, m. a Paris le 
17 fevr. 1782; £tait dej& organiste en 1684 A la 
cathedrale de Nevers et passa plus tard A 
Auxerre. II devint, en 1697, organiste de l'Eglise 
des J&suites A Paris et, dans la suite, en mime 
temps dans plusieurs eglises parisiennes, et 
enfin a la Ghapelle du Ch&teau de Versailles. 
D se compromit de telle mani&re, en 1717, qu'il 
fut banni de sa pa trie; on salt que, cette mime 
an nee, il accepta, A Dresde, de se mesurer, dans 
une sorte de joule musicale, avec J.-S. Bach, 
mais en sortit de pitoyable fa^on. II rentra plus 
tard A Paris, fut tr£s recherche comme maltre 
de musique et largement pay£; il n'en mourut 
pas moins dans la situation la plus precaire. 
On a de lui trois recueils de morceaux de piano 
et un de morceaux d'orgue, oenivres de valeur 
reelle. 

Marche (ital., Marcia; all. Marscli). musique 
dont le but est de regler Failure d'une grande 
quantile d'hommes en marche; e'est en ce sens 
que la m. est apparentee A la danse, et qu'elle 
est de venue pour ainsi dire elle-m^me une sorte 
de danse (qu'on songe a noire « polonaise » ou 

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49() 



MAROHE HARMONIQl'E — MAHCHESI 



a l'ancienne • entree » [In1rada J9 etc.). La m. 
est sans aucun doute fort ancienne. Leg corte- 
ges solennels etaient deja dans l'antiquite ac- 
compagnes de musique et nous n'avons aucune 
raison d'admettre que cette musique ne fut pas 
en forme de marche: la m. atteignit une forme 
artistique plus eievee dans la tragedie grecque, 
oil le chcpur se presents it dans un mouvement 
cadence et se retirait de meme, il est vrai que la 
musique qui accompagnait ces mouvements 
etait non pas instrumental, mais vocale. ("'est 
avec bien peu de raison que nombre d'auteurs 
font remonter la marche millitaire a la guerre 
de Trente ans seulement. Les tambours, tim- 
bales, trompettes et flutes suisses etaient deja 
en usage au commencement du xvi* s. f peut- 
etre meme bien auparavant, lorsqu'un prince 
entrait dans la ville ou bien partait pour le 
champ de bataille (Yirdung). Les timbales mi- 
ll taires ne sont-elles pas faites exclusivement 
pour raarquer le pas. Lam., en tant que mor- 
ceau de musique, est issue sans doute des 
chants de soldats renforces par les instru- 
ments. La forme de m., ainsi que nous la trou- 
vons d'abord dans des operas (Lully), puis 
comme morceau de piano (Couperin), est celle 
des anciennes dauses (deux reprises de huit ou 
seize mesures). La m. actuelle est, dans la 
regie, plus d^veloppee et contient un trio 
d'allure plus melodique que la m. elle-m&me. 
— Les marches militaires sont ou bien des 
marches de parades (Pas ordinaires) ou des 
marches rapides (Pas redoubles) ou enttn des 
marches d'attaque, d'allure entralnante (Pas 
de charge). Parmi les marches ayant une des- 
tination precise et speciale (de fete, solennelle, 
religieuse, ces dernieres presque uniquement 
pour les corteges sciniques, etc.), la « Marche 
funebre » (Mar da funebre, Tranermarsch) 
seule se distingue d'une facon absolument ca- 
racteristique. 

Marche harmonique (all. Sequent), nom que 
Ton donne, dans la theorie de la composition, a 
la repetition d'un meme motif plus oumoins long 
sur les differents degres de la gamme ascen- 
dante ou descendante; lorsque, dans un mor- 
ceau polyphonique, la m. h. se poursuit stric- 
tement dans toutes les parties, on doit n£cessai- 
rement tolerer des formations harmoniques qui, 
dans d'autres circonstances, seraient tout a fait 
mauvaises (par ex. des redoublements de sen- 
sible, de dissonance, etc.). Les theoriciens ont 
pendant longterops meconnu la veritable signi- 
fication de la m. h. (cf. Sbchter), jusqu'au jour 
oil Fetis la d£coiivrait, en in sis tant sur le fait que 
la m. h. est d f essence non pas harmonique mais 
melodique, que, bien plus, tout developpement 
harmonique cesse aussi longtemps que dure la 
m. La m. h. est aussi un moyen fort r^pandu, 
mais dont il ne faut user qu'avec precaution, 
detroubler la sym&rie rythmique d'une phrase, 
autrement dit de prolonger une de ses parties (ge- 
neralement la seconde moitie de la periode). En 
effet, tant que dure une m. h„ il est impossible 
de produire une impression de fin, de termi- 
naison (v. ce mot). 



Marohesi,l. Luigi (dit aussi Marohksini), ce- 
lebre chanteur sOpraniste (cast rat), ne a Milan 
en 1755, m. dans la meme ville le 15 dec. 1839; 
il chanta deja en 1778 a Munich, puis a Rome, 
Milan, Trevise. de nouveau a Munich, a Pa- 
doue, Florence, Naples et passait en 1780 pour 
le plus grand chanteur d'ltalie. II se produisit 
bien tot a Vienne et fut engage en 1785, avec la 
Todi, et sous la direction de Sarti, pour St- 
Peiersbourg qu'il quitta cependant en 1788 
deja, a cause du climat. II se rendit alors a 
Londres et y chanta un certain nombre d'an- 
nees, se produisant de temps a autre en Italie, 
particulierement a Milan. En 1806, il quitta 
tout a fait la scene et vecut des lore retire a 
Milan. — 2. Sjllvatork, chevalier de Castrone, 
marquis della Rajata, ne d'une famille noble 
a Palerme le 15 janv. 1822, fut oflteier dans la 
garde de la noblesse napolitaine, mais en sor- 
tit deja en 1840, a cause de ses opinions politi- 
ques. n etudia le droit a Palerme et a Milan, 
et a cdte de cela travailla la musique avec zele, 
specialement le chant, aupr£s de Raimondi 
(Palerme), de Lamperti et de Fontana (Milan); 
puis, exile a cause de sa participation a la re- 
volution de 1848, il partitpourl*Amerique. Ilde- 
buta k New- York, dans le r61e d'Ernani (bary- 
ton); il etudia ensuite a Londres aupres de 
Garcia et se fit un nom comme chanteur de 
concerts. R a epouse en 1852 Mathilde Grau- 
mann (v. plus loin). Apres avoir, pendant quel- 
que temps seulement, appartenu tous deux au 
personnel de diverses scenes (Berlin, Bruxelles, 
Londres et differenles villes d'ltalie), ils furent 
engages, en 1854, au Conservatoire de Vienne, 
comme maltres de chant. De la, ils allerent a 
Paris et continuerent a voyager ensemble lors- 
que, en 1865, M m * M. fut appeiee au Conserva- 
toire de Cologne, et qu'en 1869, elle rentra au 
Conservatoire de Vienne. Depuis l'automne 
1881, ils ont de nouveau fixe leur domicile a 
Paris. M. est non seulement un excellent mal- 
tre de chant, mais aussi un interessant com- 
positeur de melodies vocales (lieder allemands. 
t canzonette » italiennes, romances franchises, 
etc.); il a publie des vocalises et une metliode 
de chant, et traduit en italien plusieurs operas 
allemands et franc,ais(« Le Vaisseau Fanttfme ». 
« Lohengrin », « Tannhftuser », etc.). II a aussi 
ecrit, comme membre du jury, un compte rendu 
en italien sur les instruments de musique, a 
FExposition de Vienne en 1873. — 8. Mathilde 
de Castroxe-M. (nee Grauhaxn), epouse du 
precedent, nee a Francfort s. M. le 26 mars 
1826, eieve de Nicolai, a Vienne (1848), et de 
Garcia, a Paris (1845), etait deja fort estiniee 
comme cantatrice de concerts a Paris et a Lon- 
dres, lorsqu'elle epousa M. (v. plus haut). Elle 
s'est acquis aussi une reputation tres grande 
comme professeur de chant et compte sans 
aucun doute au nombre des meilleurs profes- 
seurs de noire temps. M m « M. a publie une 
metliode de chant et vingt-quatre cahiers de 
vocalises qui sont generalement reconnus 
comme excellents. Elle a ecrit : Erinnerungen 
au$ meincm Lehen (1877). 



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MAHCHESINI 



MA HI AN I 



491 



Marchesini, v. Marchess 

Marchetti, Filippo, compositeur d*op6ras 
Ir&s estimS en Italie. ne a Bolognola (Came- 
rino) le 24 tevr. 1885 (non pas 1881); eleve du 
« Conservators San Pietro a Majella » (Na- 
ples), d£buta comme compositeur scenique en 
1856, au Theatre national de Turin, avec Fo- 
p6ra Gentile da Varano* qui fut suivi en 1857, 
A Turin et A Home, de La demente. Malgre le 
succes remporle par ces premieres ceuvres, il 
n'osa pas faire representor un nouvel op£ra : 

11 Paria, a Rome, quitta cette ville. ou il s'etait 
etabli comme mallre de chant, et partit pour 
Milan. LA, il rencontra d'abord les m&mes dif- 
ficult, mais donna enfin en 1865, au th&Ure 
Carcano : liomeo e Giulielta, qui eut un succes 
complet, bien qu'A la m&me epoque FopSra du 
m&me nom,de Gounod, arriv At sur la scene de la 
Scala, Enfin les portes de la Scala s'ouvrirent 
aussi pour son Ruy Bias (1869) qui fit sensa- 
tion en Italie, mais ne re?ut plus tard,il est vrai, 
qu'un accueil fort ttede, A Dresde, en 1879. Ses 
oeuvres plus recentes : L amove alia prova (Tu- 
rin, 1873), Guslav Wasa (Milan, 1875) et Don 
Giovanni d Austria (Turin, 1880) eurent peu 
de succes; cependant le dernier de ces operas 
fut accueilli, A sa reprise (Rome, 1885) avec en- 
thousiasme. M. est, depuis 1881, president de 
l'AcadSmie Ste-Cecile, A Rome. 

Marchettus de Padoub (Marchetto est le 
<liminutif de Marco), savant musicien de la fin 
du xm« et du commencement du xiv e s., a 
ecrit deux traites theoriques fort int&ressanls : 
Jjucidarium in arte musicae planae 9 et Pome- 
riwn, artis musicae mensurabilis, lesquels 
sont tous deux reproduits dans les « Scriptores, 
etc., » in, de Gerbert ; Us appartiennent tous 
deux A une epoque qui etait A la recherche de 
moyens depression pour un art en pleine 
efflorescence et contiennent pas mal d'opinions 
differentes de celles exposes peu de temps 
apr&s, par Jean de Muris et d'autres theori- 
ciens. 

Marchisio, nom de deux cantatrices (soeurs), 
Garlotta (soprano, n6eA Turin le 6 dec. 1886) 
et Barbara (alto, n£e dans la mdme ville le 

12 d£c. 1884) ; toutes deux dehut&rent A Venise, 
en 1851, et chant&renl ensuite avec un succes 
croissant A Florence, Milan, Naples, Rome, 
Panne, Paris (1859-1860, au TheAtre Italien), 
Londres, Berlin, St-P6tersbourg, etc. Garlotta, 
qui avail £pous£ le chanteur viennois E. Kuhn, 
mourut A Turin, le 28 juin 1872. Barbara s'est 
6galement marine et a renonc6 A la scene. 

Marcia (ilal.), inarche (v. ce mot) ; marciale, 
en maniere de marche, ne pas confondre avec 
marsiale (v. ce mot). 

Marlchal, Henri, compositeur, ne A Paris 
le 22 janv. 1842; se sentit attire d'abord vers la 
poesie, mais travailla ensuite le solf&ge avec 
A. Chev6(1859). et E. Batiste (1861), le piano 
avec Chollet et Tharmonie avec B. Laurent. 
Puis, sur les conseils d*A. de Castiilon, sa fa- 
milie le confia A Victor Masse dans la classe du- 
qtiel il entra,lorsque plus tard,en 1866, celui-ci 
fut nomm£ professeurau Conservatoire: quatre 



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ans plus lard, M. obiint le premier grand prix 
de Rome (cantate : Le jwjement de Dieu), apres 
avoir suivi aussi les cours de Benoist (orgue) 
et de Ghauvet (contrepoint, fugue). II d£buta, A 
son retour de Rome, par un poeme sacre inti- 
tule La Nalivite (1875), mais se voua ensuite 
plus particuli&rement A la scene pour laquelle 
il ecrivit successivement : Les Amoureux de 
Catherine (1876, Opera-Comique), La taverne 
des Trabans (1876, prix Monbinne; 1891, Op6- 
ra-Comique, LEtoile (1881, un acte), Deidamie 
(1893), Calendal (1894, Rouen), Piny-Sin (1895). 
Entre temps, M. composa la musique de scene 
de plusieurs ouvrages : LAmi Frils, Les 
Rantzau, Smilis, Crime et chdtiment, puis il 
manifesta son aclivite dans d'autres domaines, 
en donnant : Les vtiants et les morts (quatre 
voix et orchestre, 188*>>; Le miracle de Na'in 
(drame sacr£, 1887); Esquisses v&niliennes 
(pieces pour orchestre, 1894) ; des scenes cho- 
rales ; des motets ; des melodies et enfin trois 
preludes d'orchestre, extraits de Daphnis et 
Chloe (opera en trois acles). 

Harenco, Romualdo, compositeur italien 
d'operas et de ballets, n£ A Novi-Ligure le 
l w mars 1841; nomm£ directeur de la musique 
de ballets A la Scala de Milan, en 1878, avait 
debute en 1869, A G&nes et A Milan, par des 
ballets (plus de vingt, jusqu'A ce jour); mais il 
a aussi donue plusieurs operas : Lorenzino 
de 9 Medici (Lodi. 1874), 1. Moncada (Milan, 
188*)) et Le diable au corps (operette ; Paris, 
1884). 

Marenxio, Lcca, compositeur remarquable, 
ne A Coccaglfcy pres Brescia, vers 1550 ou 
1560; devint en 1584 maltre de chapelle du 
cardinal d'Este, puis pendant plusieurs ann6es, 
et avec un trailement de 1000 Scudi, de la Cour 
de Sigismond Hide Pologne. 11 remplit ensuite, 
A partir de 1595 environ, les fonctions d'orga- 
niste de la Chapelle pontilicale, A Rome, ou il 
mourut dejA le 22 aoi\t 1599, d'un chagrin 
d*amonr, dit-on, parce que des obstacles insur- 
montables s'opposaient A son union avec une 
pa rente du cardinal Aidobrandini qu'il aimait 
follement. M. esl certainement le repr£sentant 
le plus remarquable des compositeurs de ma- 
drigaux ; mais il ne se borna pas A ce seul 
genre. Ses contemporains l'appellent il ;*£ 
dolce cigno (le plus doux des cygnes), divino 
compositore, etc. La facture de M. se rap- 
proche de la lonalite moderne, c.-A-d. que, 
selon la terminologie de ses contemporains, 
elle est chromatique et introduit, sans hesiter, 
le di6se ou le bemol accidentel, pour obtenir 
une modulation plus facile et plus nettement 
accusee. Les opuvres imprimees de M. sont : 
neuf livres de madrigaux A cinq voix (Venise, 
Gardano, 1580-1589; plusieurs fois reedites; 
edition complete in- 4° par Pierre Phalese, 
1593): six livres de madrigaux A six voix chez 
Gardano (1582-1591: ed. compl* par PhaWse, 
1610) ; un livre de madrigaux de quatre A six 
voix (1588); un de madrigaux A quatre voix 
(1592, r£edite en 1608) : un de Madrigali spiri- 
tuali a cinq voix (1584): deux de motets A 

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492 



MARES — MARIUS 



quatre voix (1388-1592) ; un do motets k douze 
voix (1614); un de Sacri concenti de cinq k 
sept voix (1616;; une serie de motets pour 
toutes les fetes religieuses de Tann6e (1588); des 
complies et des antiennes k six voix (1595); 
cinq livres de VillaneUe ed arte alia Napole- 
tana a trois voix et un a quatre voix (1584- 
1605). On trouve en outre un nombre conside- 
rable de madrigaux et de motets, dans les 
anthologies de Gardane, de P. Phalese, et 
d'autres ;puis des morceaux transcrits en nota- 
tion moderne, dans la Musica divina de Proske, 
dans les I*rincipes de composition de Ghorou, 
dans le Traitt de contrepoint du Pere Mar- 
tini, etc ; 

Mares, (Maresch), Jean-Antoinb, virtuose 
sur le cor, ne k Chotebor (Boheme) en 1719, m. 
k Sl-Petersbourg le 80 mai 1794 ; eleve de 
Hampel a Dresde, et, pour le violon, de Zika k 
Berlin, il alia en 1748 en Russie el vecut, avec 
le titre de musicien de la chambre imperiale, 
d'abord comme corniste, puis, bien des annees 
plus tard, comme violoncelliste, k St-Peters- 
bourg. M. est Tinventeur de la musique dite 
« musique russe de cor de cbasse », dans la- 
quelle chaque executant n'a jamais qu'un son 
k donner et toujours le meme. Gette amusette 
sans interet (le legato, meme de deux sons sett- 
lement, y est impossible) est depuis longtemps 
tombee en desuetude. 

Maretzak, Max, n6 k Brftnn le 28 juin 1821 ; 
arriva en 1848 k New- York ou, grace k l'energie 
qu'il deploya dans Tentreprise de representa- 
tions d'operas, il contribua beaucoup au deve- 
loppement musical de la ville, M. est aussi 
compositeur lui-meme (operas: Hamlet, Brunn, 
1840; The sleeping hollow, New-York, 1879). 

Mariani, Angelo, excellent chef d'orchestre, 
n6 k Ravenne le 11 oct. 1822, m. k Genes le 
18 juin 1878 ; eleve de Rossini, au « Liceo filar- 
monico » de Bologne, fut d'abord chef d'or- 
chestre de theatre, a Messine (1844), Milan et 
Vicente. II devint ensuite maitre de chapelle de 
la Oour, a Copenhague (1847), d'ou il accourut 
dans son pays, en 1848, pour se presenter 
comme volontaire dans Farmec ; la guerre ter- 
minee, il passa quelque temps k Constanti- 
nople, puis, en 1852, prit la place de chef d'or- 
chestre du theatre « Carlo-Felice », a Genes, oil 
il acquit bientot la renommee du meilleur chef 
d'orchestre d'ltalie. Quelques annees plus tard, 
il alia remplir les memes fonctions au Thedtre 
municipal de Bologne et y resta jusqu'au mo- 
ment oft, en 1878, il fut de nouveau appele k 
Genes ; mais il mounit dejA quelques semaines 
apres son arrivee. Comme compositeur, M. ne 
s'est fait connaltre que par des melodies, quel- 
ques cantates et un Requiem. 

Marie, Gabriel, ne a Paris le 8 janv. 1852, 
lit toute son education musicale au Conserva- 
toire de Paris, ou il fonctionna meme comme 
professeur interiinaire. M. fut d'abord pianiste, 
puis timbalier, k la fondation des (Concerts La- 
moureux, dont il resla pendant sept ans Tun 
des prineipaux collaborateurs, en qualite de 
chef des chfpnrs. II fut chartf*, en 1K87, de la 



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direction des concerts de l'Exposition du H&- 
vre, remplit pendant sept amines les fonctions de 
chef d'orchestre de la Society nationale, donna 
plusieurs concerts importants, sous le patro- 
nage de la c Society des Grandes auditions », et 
fut charge par Guilmant, k partir de 1891, de la 
direction des concerts d'orgue du Trocadero. 
En outre, M. remplit depuis 1894 les fonctions 
de directeur des concerts de la Ste-Cecile, de 
Bordeaux, et de l'orchestre duCasino de Vichy. 
Comme compositeur, il s'est fait connaltre par 
un certain nombre de morceaux d'orchestre 
frequemment executes et par diverses pieces 
pour instr. a archel (La Cinquantaine, etc.). 

Marin, Marie-Martin- Marcel de, celebre 
harpiste et compositeur pour son instrument, 
ne k Bayonne le 8 sept. 1709, descendant d'une 
famille de la noblesse venitienne, de* Marini: 
eut quelque temps des lerons de Hochbrucker, 
mais fut pour presque tout le reste autodidacte. 
11 voyagea beaucoup, puis s'elablit finalement 
a Toulouse (i'annee de sa mort est inconnne) 
Fetis estime que les oauvres pour harpe de 
M. sont veritablement classiques (six sonates, 
quatre themes avec variations pour harpe 
seule, un duo avec piano et un autre avec 
violon, un quintette pour harpe avec quatuor 
d'instr. a archet, des romances avec accompa- 
gnement de harpe, etc.). 

Marini, 1. Biaoio, Tun des premiers virluoses 
compositeurs, auteur des premieres sonates pour 
violon seul (op. 1, Affetti musicali, 1617), ne k 
Brescia vers 1595, v6cut successivement k Vicen- 
ce, puis a la Gourde l f electeur du Palatinat (1621 ; 
anobli) et k Parme (1628); il mourut vers 1660, 
k Padoue. M. a publie un grand nombre d*o?u- 
vres de musique de chambre (oeuvres vocales 
et instrument a les de une k sept parties en style 
« accompagn£ »). — 2. Carlo-Antonio, aussi 
Tun des premiers compositeurs de musique de 
chambre, dans la deuxieme moitie du xvn* s^ a 
Bergame (sonates de chambre pour deux k 
cinq instr. a archet avec continuo, huit recueils 
de douze sonates chacun). Cf. Marin. 

Mario, Giuseppe, Gontb di Candia, eminent 
chanteur scenique (tenor), ne k Cagliari en 
1810, m. k Rome le 11 dec. 1883; fut d'abord 
officierdans Parmee pi6montaise, arriva en 1896 
k Paris oti sa voix fit sensation dans les cercles 
prives, en sorte qu'il ceda finalement aux 
instances reiterees qu'on fit aupres de lui et se 
vona au theatre. D debuta en 1838 k l'Op^ra, 
dans « Robert-le-Diable », mais passa deux ans 
plus tard k TOpera-Italien. U chanta pendant 
pres de trente ans a Paris, Londres et St-Peters- 
bourg et fut pendant de longues annees abso- 
lument inseparable de la Grisi, avec laquelle il 
se maria finalement. M. quitta tout a fait la 
scene en 1867 ; il vScut d'abord k Paris, plus 
tard a Home. 

Marina , fabricant de pianos, k Paris, au 

commencement du xvni s.,est Tun de ceux qui, 
independamment du premier inventeor (v. 
Christofoki) proposerent le mecanisme k mar- 
teaux pour le piano et 1'introduisirent (Silber- 
mann, Schroter, v. piano). Le mecanisme k 

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MARKULL — MARPURG 



493 



marteaux de M. 6tait du reste, ainsi que nous 
le voyons dans les planches du vol. m des 
Machines el inventions approuvees )xir VAca- 
dtmie royals des sciences (1718-19), infiniment 
plus primitif que celui de Christofori, lequel a 
servi de prototype au m£canisme anglais 
actueL M. a pris aussi un brevet pour un 
« clavecin bris6 » (clavecin demon table). 

Markull, Friedrich-Wilhelm, compositeur, 
tie k Reichenbach, pres Elbing, le 17 fevr. 1816, 
m. k Danzig le 00 aw. 1887 ; passa son enfartce 
k Dantzig oil son pere avait ete appele comma 
organiste, recut son instruction musicale de 
son pere, plus tard de Forganiste Kloss et, de 
1833 a 1835, de Fr. Schneider, a Dessau. En 
1836, M. acccpta le poste de premier organiste 
a la « Marienkirche •, a Danzig, puis il remplit 
en meme temps, dans cette ville, pendant de 
longues annees, les fonctions de directeur de 
soci£tes. II fut a la fois pedagogue de merite, 
excellent organiste et pianiste ; a la tin, il se 
borna a l'enseignement prive et a la critique 
(pour la « Gazette > de Danzig). M. fut un com- 
positeur z616 et remporta, avec quelques cpu- 
vres importantes, un succes sinon eclatant, du 
moins fort honorable. Notons entre autres des 
operas : Maja wnd Alpino (Die besauberte 
Rose; Dantzig, 1843), Dcr Ktinigvon Zum(1848), 
Das WcUpurgisfest (Dantzig, 1855 et Kcenigs- 
berg, 1856) ; des oratorios : Johannes der 
Tdufer. Das Ged&chtnis der EntscMafenen 
{ execute en 1856, a Cassel, sous la direction de 
Spohr, et aussi grav£);puis le psaume LXXXVT, 
plusieurs symphonies (dont Tune [ul min.] a 
ete couronn£e, k Mannheim), etc. On a grave, de 
lui beaucoup d'ceuvres pour piano et pour 
orgue, des lieder, un recueil de chorals (1845), 
des arrangements d'oeuvres classiques, etc. 

Markwort, JoHANX-CHRisTiAN,mu8icographe, 
tie k Reisling, pr£s Brunswick, le 13 d£c. 1778, 
tn. k Bessungen, pr&s Darmstadt, le 13 janv. 
1866: profond the-oricien du chant, il avait d'a- 
lM>rd etudi£ la theologie, puis monta, comme te- 
nor, sur la scene, et chanta successivement a 
Feldsberg, Trieste, Munich, puis enfin a Darm- 
stadt oh il fut nomme, en 1810, directeur des 
choeurs (pensioned en 1830). Ses ouvrages sont : 
Umrisseiner Qesammt-Tonwissenscliaft uber- 
JiauptvcieaucheinerSprach-und Tonsatzlehre 
undeiner Gesang—, Ton-und Rede-Vortrag- 
lehre(lf&&b Ueber Klang veredelung der Stim- 
me, iiber harmonisch begriindete Gehorausbil- 
dung und singweis deutlidte Aussfyrache 
<1847). II a publie en outre une methode ele- 
mentaire de piano, et ecrit de nombreux arti- 
cles sur Tart vocal, la mimique, etc., pour la 
« Allgem. Musikalische Zeitung > (1820 el plus 
tard), pour la « Caecilia » de Weber, la « Wiener 
Musikalische Zeitung » et d'autres revues 

Marmontel, 1. Antoine-Francois, ne k Cler- 
mont-Ferrand (Puy-de-DAme) le 18 juil. 1816 ; 
«leve de Zimmerman n au Conservatoire de 
Paris, remporta d6j& en 1882 le premier prix 
de piano, puis etudia encore la composition 
aiipres d'HalAvy et de Le Sueur. H succeda en 
18486 Zimmermann, comme professeur de pia- 



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no, et fut pendant de longues annees Tun des 
maitres les plus renomm£s du Conservatoire ; 
il a forme un nombre immense d'excellents 
616ves (Guiraud, Paladilhe, A. et E. Duvernoy, 
J. Wieniawski, Bizet, Dubois, etc.). Ses compo- 
sitions appartiennent pour la plupart au genre 
didactique: Lart de dichiffrer (100 Etudes fa- 
ciies); Ecole Hhnentaire de micanisme et de 
style (24 Etudes, op. 6): Etudes, op. 9, 45,62, 80. 
85: Ecole de m4canisme> op. 105-107 ; 50 Etudes 
de salon, op. 108 ; L'art de d&rtiiftrer a 4 mains, 
op. Ill; des sonates, nocturnes, serenades, 
morceaux de genre, danses, morceaux de salon. 
M. a aussi publie quelques ecrits : Petite gram- 
waive populaire (traite elementaire de musi- 
que); L'art classique el moderne du piano 
(1876; vol. I : Conseils dun irrofesseursurVen- 
seignement lechnu/ue et t'esthitique du piano : 
vol. II : Vade-mecum du )>rofesseur de piano 
[catalogue gradueet raisonne, des m6thodes,etc, 
de piano]); Les pianistes calibres (1878, sil- 
houettes); Symp/ionistes et virluoses (1881): 
Eisloire du piano et de ses origines, etc. (1885) ; 
Virluoses contemiporains (1882) et EUments 
dTesth&ujue musicale (1885). — 2. Antonin- 
Rmile-Louis, dit M. kils, ne k Paris en 1850; 
tils et eleve du precedent, lui a succede au Con- 
servatoire et a publie un certain nombre de 
morceaux de piano, habilement Merits. 

Narpurg, 1. Frikdrich-Wilhelm, celebre 
theoricien musical, ne dans le domaine de See- 
hof (appartenant k son p&re), pres Seehausen, 
le 21 nov. 1718. m. k Berlin le 22 mai 1795; 
fut en 1746, k Paris, secretaire d*un general 
von Rothenburg et fit \k la connaissance de 
Rameau et de son systeme. II vecut ensuite 
quelque temps k Berlin, plusieurs annees a 
Hambourg et fut nomme, en 1768, directeur de 
la loterie royale, a Berlin, oil il recut le titre de 
Conseiller du ministere de la guerre. Comme 
compositeur, M. n'a donne que six sonates de 
piano,quelques recueils de morceaux pour orgue 
et pour piano, des lieder religieux et profanes, 
et une Messe inachevee k 4 voix (Kyrie, Gloria, 
Sanctus, Af/nus) avec violous, altos et orgue 
(la partition en a ete gravee). Ses ouvrages 
theoriques et histori(jues sont : Der Kritische 
Musihus an der Spree (1749 k 1750 ; en livrai- 
sons hebdomadaires d*une feuille): Die Kunsl 
das Klatier zu spielen ("175(^1751,2 vol. : reedite 
plusieurs fois); Anleitung sum Klavierspieten. 
der schiinen Ausiibung der heutigen Zeit 
gemdss entworf eti (1755: 2* edit., 1765; trad, 
aussi en francais [par M. lui-memej el en hol- 
landais): Abhandlung von der Fuge (ouvrage i 
tr^s important apprecie encore aujourd'hui. \ 
1758-1754, deux parties ; 2* ed. 1806; trad, en fran- 
cais par M. lui-meme, 1756; remanie par Si- 
mon Sechter, 2 vol.); Handbudt beim General- 
bass und der Kom position (1755 a 1758, 8 par- 
ties; supplem. 1760 ; 2« ed. 1762 : trad, franc, par 
Choron et Lafage, 1836-1888: aussi trad, en 
suedois, 1782) ; Historisch-kritisdic Beytr&ge 
zur AufnaJime der Musik (1754-1762 el 1778, 
5 vol.: paru par fragments, a inter valles 
irreguliers) ; System atische Einleitung in die 

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MARQU&S — MARSCHNER 



rnusihalische Setskunst nach den Lehrsatzen 
desEerrn Rameau(\lbl, trad, par d'Alembert : 
Elements de musique, etc.); Aufangsf/runde 
der theoretischen Musik (1757) ; Anleitung der 
Singhomposition (1758,); Krilische Enleilung 
in die Geschichte und Lehrsiitze der alien und 
neuen Musik (1759: tie traite que de la musique 
des anciens) ; Kritische Brief e iiber die Ton- 
kunst (1750 a 1768); Herm G.-A. Sorgens An- 
leitung zum Generalbass, etc. (1760; polemi- 
que); Anleitung zur Mmik ilberhaupt und zur 
Singhunst insbesondere (1768) ; Versuch iiber 
die rnusihalische Temperatur (1776) ; Neue 
Methode, allerlei Arten von Temperaturen 
dem Ktarnere aufs bequemste mitzutkeilen 
(1779 [1790]); Legenden einiger MusiMxeiligen 
(1786 ; anecdotes sur des musiciens). Une his- 
toire de Uorgue est restee inachevee et manus- 
crite.— 2. Frieorich, arriere petil-fils du prece- 
dent, n6 k Paderborn le 4 avril 1825, in. a Wies- 
baden le 2 dec. 1884; fat, dans sa jeunesse, un 
pianiste et un violoniste remarquable, eleve 
pour la composition, de Mendelsshon et Hanpt- 
mann (Conservatoire de Leipzig, 1845). n de- 
vint ensuite chef d'orchestre k Koenigsberg, et 
plus tard k Mayence oil il dirigea, en 1860, le 
quatrieme festival de musique de la region 
moyenne du Rhin ; en 1864, il fut nomme chef 
d'orchestre de la Cour k Sondershansen, et en 
1868 directeur de musique de la Cour a Darm- 
stadt, k la place de Mangold. En 1875, il elut 
domicile a Wiesbaden oil il a dirig& le «Caecilien- 
Verein ». II a compose des operas ; Musa, der 
letzte Maurenkonig (Kcenigsberg, 1855) ; Agnes 
von Mokenstaufen (Fribourg en Brisgau, 1874) 
et Lichtenstein (non represent^). 

Marques, Mioukl, jeune compositeur espa- 
gnol k Madrid, s'est fait connaitre par plusieurs 
operettes espagnoles («Zarzuelas»): La monia 
al fere: (1875); La cruz de fuego; San Fran- 
cisco de Sena ; El toqen de rancho (1892) ; ainsi 
que par des variations pour orchestre (op. 80). 
Marschner, HniNRicH-AuonsT, celebre com- 
positeur d'operas, ne a Zittau (Saxe) le 16 
aout 1795, m. k Hanovre le 14 d£c. 1861 : snivit 
les cours du gymnase de Zittau, entra en 1818 
a TUniversite de Leipzig, pour y etudier le 
droit, mais se tourna bientot entierement vers 
la musique et recut des lemons de Schichl. II 
accompagna, en 1816, le comte Thadd&us von 
Amadee a Vienne, oil il fit la connaissance de 
Beethoven, et il trouva, grAce a la protection 
de ce prince, une place de mattre de musique a 
Pressbourg. C'est Id que M. a ecrit les operas : 
Der Ryffhauserberg, Saidor et Heinrich IV, 
und Aubigne, dont le dernier fut monte par 
C.-M. de Weber, en 1820, k Dresde. On com- 
prend sans peine que M. accourut aussitot 
qu'il le put k Dresde, en 1822, on Weber le re- 
cut trea amicalement et ltii procura deux ans 
pins tard une place de directeur de musique a 
l'Opera de la Cour. A la mort de Weber, en 
1826, comme M. n'avait aucun espoir d'avance- 
ment, il quitta Dresde et se rendit k Leipzig oil 
il fut engage comme chef d'orchestre du theatre. 
(Vest \k qu'il ecrivit les ouvrages : Der Vampir 



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(1828) et Der Tempter und die Jiidm (1829) qui 
rendirent bientdt rion nom ceJebre et qui fnrent 
representee sur toutes les grandee seines alle- 
mandes. M. accepta, en 1881, la place de cher 
d'orchestre de la Cour, k Hanovre, et remplit ces 
fonctions pendant vingt-huitans,estim£ des ar- 
tistes de I'orchestre et de la scene comme du pu- 
blic ; la faveur dont il jouissaitaupresdelaCour 
baissa malheureusement dans les annees de la 
reaction, car M. 6tait d'opinion liberate et ne le 
cachait point En 1859, il recut sa retraite, 
avec le titre de « Directeur general de musique ». 
M. a 6t6 marie trois fois : avec EcGfemE Jmoqi 
(1819, k Pressbourg) qui mourut de bonne 
heure; avec Marianne Wohlbruck (1826, a 
Dresde) laquelle fut engagee comme can tat rice 
&Hambourg; enlin avec Theress Janda (de 
son vrai nom Jander, 1854, a Hanovre) qui lui 
a survecu (celle-ci etait aussi canta trice; elle 
ful, de 1888 a 1844, eleve du Conservatoire de 
Vienne, et, de 1862 a 1867, professeur au roeme 
£tablissemenl). L'ouvrage le plus remarquable 
de Marschner, celui qui est aujourd'hui Tune 
des pieces de repertoire de toute scene alle- 
mande, Hans Heiling (poeme de Edouard De- 
vrienl), fut ecrit k Hanovre et represents, pour 
la premiere fois, le 24 mai 1888; le succes fut 
extraordinaire. Le rapprochement du € Vaisseau 
fantdme », de Wagner, avec t Hans Heiling k 
s'impose pour le moins antant que celui de 
« Lohengrin » avec « Euryanthe ». M. est dans 
la chalne historique du theatre allemand, Tan- 
neau vivant qui relie Weber k Wagner. Les 
seuls operas de M. qui se soient maintenus au 
repertoire sont le « Vampire » t « Templer und 
Jfidin » et cHans Heiling*. Les antres sont: 
Der Holzdieb (1825, Dresde); Lucretia (1826. 
Dantzig) ; Des Falkners Braut (1882, Leipzig); 
Das Schloss am Aetna (1838, Berlin); Der B&bu 
(1837, Hanovre); Adolf von Nassau (1843, Ha- 
novre) ; Austin (1851, Hanovre). II a en outre 
ecrit la musique de Prinz Friedrich von Rom- 
burg de Kleist, Schtin Etta de Kind, Ali-Baba 
de Hall, et plusieurs autres pieces. Son dernier 
ouvrage est intitule; Bjarne (Francfort, 1868). 
En dehors de la scene, M. s'est fait connaitre 
surtout dans le domaine du lied et de la musi- 
que chorale ; quelques-uns de ses chceurs pour 
voix d'hommes (entre autres un morceau tre* 
colore, intitule Zigeunerleben) sont parfaits et 
encore tres appreci&s, tandis que ses ceuTres- 
de musique de chambre (trios op. 29, la min.; 
op. Ill, sol min. ; quatuor avec piano op. 96, si" 
bemol maj,; sonates pour piano; sonalines 
pour piano, op. 88; marches k quatre mains: 
divertissements, etc.) sont a tort completement 
oublies. Ph. Spitta (m. en 1894) avail en prepa- 
ration une importante biographic de ML — 
2. Franz, ne k Leitmeritz (Boheme) le 26 mars 
1855, suivit en meme temps les cours de i'Uni- 
versile et du Conservatoire de Prague (Sku- 
hersky, Lugert), et fut ensuite, de 1888 k 1885* 
avec une lw>urse du gouvernement eleve de 
Bruckner, a Vienne; il est actuellement, et de- 
puis 188(>, professeur au Seminaire des insti- 
tutrices, a Vienne. M. a ecrit un ouvrage sur 

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MARSICK 



MARTINI 



495 



le toucher <\u piano: Entwurf einer Neuge- 
siaMung der Iheorie und Praxis des Kunst- 
gemassen Anschlags (Vienne, 1888), ainsi qae 
d'int&ressants articles sur des questions d'har- 
monie th&orique. 

Marsick, Martin -Pierre- Joseph, excellent 
violoniste, n6 a Jupille, pr£s Ltege, le 9 mars 
1848; fut d'abord £l&ve da Conservatoire de 
Li&ge (Desire Heynberg), puis fut envoys au 
frais de la princesse de Chimay, au Conserva- 
toire de Bruxelles oil il continua ses 6tudes, de 
1865 4 1867, dans la classe de Leonard et au 
Conservatoire de Paris oil il fut, de 1868 a 
1869, dans celle de Massart ; enfin, muni d'une 
bourse du gouvernement beige, il fut encore 
61£ve particulier de Joachim, a Berlin, de 1870 
A 1871. Deux ans plus lard, M. se produisait 
avec un grand succ&s a Paris et voyagea depuis 
lors en Europe et en Amerique, recevant par- 
tout l'accueil le plus flatteur. II a succed£ en 
1892 & Massart, comme professeur de violon 
au Conservatoire de Paris. M. a compost un 
certain nombre de morceaux habilement ecrits 
pour le violon et trois concertos de violon. 

Marteau, Henri, violoniste, n£ a Reims le 31 
mars 1874 ; re^ut les premieres lecons de vio- 
lon d'un vieux professeur, 616ve de Molique, 
puis travailla plusieurs annees a Paris, sous 
la direction de Leonard. II joua pour la pre- 
miere fois en public a l'age de dix ans (avril 
1884), dans sa ville nalale, et parcourut depuis 
lors 1'Europe et 1'Amerique avec un succ£s tou- 
jours grandissant. 

Marteau. On fait usage dans la facture ins- 
trumentale dedeux sortes de m., le m. de bois 
leger et 61astique (zimbalon, xylophone, etc.) et 
le m. feutre qui, dans les pianos, percute la 
corde. Le nom de « piano a m. »(all. Hammer* 
hlarier) a et£ donn£ pendant quelque temps 
aux premiers pianos v£ritables, par opposition 
& l'ancien clavecin, clavicorde, etc, dans lequel 
la corde 6tait pincee ou frott£e, au lieu d'etre 
frappee. Quant 4 V « attrape-marteau », c'Stait 
autrefois une partie du m&canisme du piano 
consistant en deux cordons de soie croises et 
dans lesquels le marteau retombait, apr&s avoir 
frappe la corde; cette disposition, n'ayant d'au- 
tre but que celui d'emp£cher le marteau de re- 
bondir (ce qui arriverait s'il tombait sur un 
appui en bois), est remplac&e de nos jours par 
une simple baguette de bois fortement feutr£. 

MarteUato, (ital.),martel&, c.-a-d. frappe avec 
une grande force (staccato du bras; pour le 
piano). 

Martellement, sur la harpe, atlaque redou- 
ble de la m6me note, eflectuee sur les nou- 
velles harpes sur deux cordes dont la plus 
basse est amenee, au moyen de la pedale, & 
l*unisson (en harmonique) de la plus elevee. 
Dans l'ancienne musique de piano, m. est sy- 
nonyme de mordant (v. ce mot). 

Martianus Capella, v. Capella. 

Martin, 1. Jean-Blaise, c£lebre chanteur (ba- 

ryton) de FOp^ra-Comique de Paris, ne a Ilon- 

• ciire, pr£s Lvon, le 24 f6vr. 1768, m a Paris le 

18 oct 1837*; debuta en 1788, au Theatre de 



Monsieur, chanla jusqu'en 1794 au th&Atre 
Feydeau, puis au theatre Favarl, jnsqu'a sa 
fusion avec le theatre Feydeau, et sa transfor- 
mation en Op&ra-Gomique (1801), auquel il 
appartint jusqu'en 1828. M. Stait mauvais co- 
m£dien, mais il poss6dait une magnifique voix 
et acquit avec le temps la routine absolument 
indispensable a la sc&ie. Son nom est rest6,pour 
designer les rdles qu'il chantait : barylonM-ar- 
tin. — 2. Pierre-Alexandre, facteur d'orgues 
parisien, m. a Paris en d6c. 1879, Tun des plus 
anciens constructeurs d'harmoniums, inventa 
lui-mgme divers perfectionnements de cet ins- 
trument, par ex. la « percussion » des anches, 
au moyen de petits marteaux, afln qu'elles r6- 
pondent plus promptement. 

Martin y Soler, Vicente (appel£ par les Ita- 
liens Martini « lo Spagnuolo », n6 a Valence 
en 1754, m. a St-P6tersbourg le 19 ttvr. 1806; 
fut d'abord organiste a Alicante, puis sur le 
conseil d*un chanteur ilalien pour lequel il avait 
ecrit quelques airs, il alia en Italie oil il devint 
rapidemeut c£ldbre, comme compositeur d'ope- 
ras. Sa premiere oeuvre fut : lfigenta in Aultde 
(1781, Florence): puis suivirent, jusqu'a 1874, 
trois autres operas pour Lucques, Turin et 
Rome, ainsi que plusieurs ballets. En 1785, M. 
alia & Vienne ou il remporta un veritable 
triomphe, surtout avec La cosa rara, et trou- 
va un excellent accueil a la Cour de Joseph II. 
Ses ceuvres se maintinrent aussi bien la, en 
concurrence avec celles de Mozart, qu'eo Ita- 
lie avec celles de Paesiello, de Oimarosa et de 
Guglielmi, dans la faveur du public ; aujour- 
d'hui, elles sont oubli£es. En 1788, M. r6pondit 
a un engagement a TOp^ra italien de St-P6- 
tersbourg, et fut nomm& conseiller d'Etat, en 
1798, par Paul I« r : mais il perdit, en 1801, son 
champ d*activit6, lorsqu'a la place de TOp^ra 
italien, TOp6ra franyais arriva a St-P6ters- 
bourg. II se voua alors a Tenseignement 

Martinet, Marunne di, nee & Vienne le 
4 mai 1744, m. dans la m&me ville le 18 dec. 
1812; £lev6e par M&tastase et 61eve de Haydn 
pour le piano, elle fut cantatrice, pianiste et 
compositeur (oratorios, psanmes, motets, sym- 
phonies, concertos pour piano, etc. ; toutes ses 
cpuvres, en manuscrits, sont en possession de 
la « Society des amis de la musique »). 

Martini, 1. Giambattista (appel£ ordinaire- 
ment P&re M.), historien musical tr6s c£16bre et 
mattre de Tart du contrepoint, n£ a Bologne le 
24 avr. 1706, m. dans la m£me ville le 4 oct. 
1784; tils d'un musicien (violoniste), il rec u * 
une instruction musicale soignee, d'abord de 
son p£re pour le violon, du P. Angelo Predion 
pour le piano et le chant, et du soprauiste Ri- 
cieri, pour le contrepoint. Quant d son education* 
scientifique, ce furent les moines de Toratoire 
de St-Philippe de Neri qui s'en occup^rent. II 
entra en 1721 dans Tordre des Franciscains, fit 
son noviciat a Lugo (Romagne), puis rentra 
dans le couvent des Franciscains de Cologne : 
en 1725 d^ja, il fut nomme maitre de chapelle 
de Teglise des Kranciscains, puis ordonne 
pr^tre en 1729, grace a une dispense d'age. II 



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49G 



MARTCCCI — MARX 



satisfaisait alors sa soif de science par des etu- 
des tres serrees de malhetnatiques, sous la di- 
rection de Zanotti, et ses relations avec Giaco- 
mo Perti, le maltre de chapelle de leglise St- 
Petrone. donnerent une impulsion feconde k 
son activite de compositeur. M. est devenu 
dans la suite la premiere autorite de FItalie, en 
matiere de theorie et d'lristoire musieales ; les 
eleves accouraient de tons cdtes vers lui et 
cliacun s'accorde a loner, a cdle de sa grande 
erudition, sa grande bonte de coeur. Sa vie a 
ete pauvre en evenemente exlerieurs, mais 
riche en acquisitions pour Tart. Une partie de 
sa magnifique bibliotheque alia, apressa mori, 
a la Bibliotheque de la Cour, a Vienue, mais la 
plus grande partie reviut au* Liceo fllarmo- 
nico » de Bologne. M. etait membre de 1'Acade- 
mie philharmonique, a Bologne, et de celle des 
Arcadiens a Rome ; son nom de berger dans la 
derniere etait «Aristoxenos Amphion».Les o»u- 
vres musieales imprimees, de M., sont : des li- 
tanies k quatre voix et des antiennes k la Ste- 
Vierge,avec orgue et instruments ad lib. (1734), 
deux recueils de sonates pour orgue ou piano 
(1742 et 1747) et un recueil de duos de chambre 
(1768); plusieurs oratorios et intermezzi sont 
conserves,manuscrits, au « Liceo filarmonico », 
et il doit setrouver des Messes au couvent des 
Franciscains. Parmi les ouvrages historiques 
de M,, citons au premier rang les deux grandes 
publications : Sloria delta musica (1757, 1770, 
1781 ; 8 vol.) et Exemplare ossia saggio fon- 
damentalepratico di contrappunto (1774-1775: 
2 vol.)- Le premier traite seulement de la 
musique dans l'antiquite; une quatrieme partie, 
sur la musique au debut du moyen Age est 
restee inachevee, en manuscrit L'ouvrage sur 
le contrepoint est une collection d'exemples 
modeles. M.a ecrit en outre ; Onomasticum seu 
synopsis musicarum grcecarum alque obs- 
curiorum vocum cum earum interpretatione 
ex operibus J.-B. Dotii (reproduit dans les 
ceuvres de Doni, vol. II); Dissertalio de usu 
progressionis geometrical in musica (1766); 
Compendto delta teoria de* numeri per uso 
del musico (1769); Regole per gli organisii per 
OACompagnare it canto f'ermo ( vers 17.% ) ; 
Serte chronologica de* )nrincipi dell Accademia 
dei Filartnonici, etc. (1777) et quelques ouvra- 
ges occasionnels (critiques, jugements sur des 
questions en litige, etc.). Cf. Leonida Busi : 11 
padre G.-jB. M. (vol. I, Bologne, 1891) et 
Valle : Memorie storiche del P. Giov.-Battista 
iV.(1785).— 2.Jkan-Paul-Emde (MAI Tedescol 
ne k Freistadt (Palatinat) le 1«" sept. 1741, m. a 
Paris le 10 fevr. 1816 ; il se nommait en realite 
Sch warzendorf, mais ilalianisa son nom, lors- 
qu en 1760 il s'etablit k Nancy, comme maltre 
de musique. En 1764, il se rendit vers Paris et 
eut le bonheur de remporter le prix pour une 
marche militaire qui venait d'etre mise au con* 
cours, en sorte qu'il y gagna de hautes protec- 
tions et fut nomme officier k la suite d'un regi- 
ment de hussards ; les loisirs qu'il trouva dans 
ces fonctions furent employes d*abord a la 
composition de musique militaire, puis, en 



1771, il ecrivit un opera : Lamourgux de quin- 
ze ans 9 qui recut un brillant accueil A l'Opera 
italien. II devint ensuite mailre de chapelle du 
prince de Conde, puis du comte d'Artois,acheta 
meme, k coup d'argent, la pretention au poste 
de premier intendant de la musique royale. La 
revolution aneantit ses esperances ; par con- 
tre M. fut nomme, en 1794, membre de la (2om- 
mission d'etudes du Conservatoire et obtint 
Tune des places d'inspecleur. En 1802, lors 
d'une reduction du personnel enseignant, il 
perdit sa place. La restauration (1814) lui ap- 
porta enfin la place d'intendant qu'il souhaitait 
depuis si longtemps. Les compositions de M. 
sont : onze operas, dont neuf ont ete represen- 
les (et parmi lesquels L'amoureux, etc., La 
batailtecTIvry,. Droit du seignewr, Sapj)ho et 
Zimeo furent graves) ; deux Messes solennellea ; 
deux Re(juiem; six psaumes a deux voix, avec 
orgue et d'autres morceaux d'eglise ; six qua- 
tuors pour flftte avec trio d'archets ; douze trios 
pour deux violons et violoncelle ; six quatuors 
pour instr. a archets, des divertissements et 
nocturnes pour piano, deux violons et violon- 
celle, etc. Ses morceaux pour musique militaire 
ont aussi paru graves. — 3. M. lo Spaonuolo, 
v. Martin y Solbr. 

Martacci, Giuseppe, remarquable composi- 
teur italien, ne a Gapoue le 6 janv. 1856, eleve 
du Conservatoire de Naples, est actuellement 
directeur de celui de Bologne, chef d'orchestre 
fort en vue (il a dirige en 1888 les representa- 
tions de « Tristan, k Bologne) et pianiste de 
merite. (Nitons parmi ses compositions un 
concerto pour piano (si bemol min.,op. 68), un 
quintette pour piano, un trio {mi bimot maj., 
op. 62), une sonate pour violoncelle (fa diese 
min.), une fantaisie pour deux pianos, une 
symphonie en ri mineur, etc., etc. M. appartient 
tout k fait a la nouvelle ecole italienne, forte- 
ment influencee par l'AUemagne. 

Marty, Gborgbs, ne k Paris le 16 mai 1860; 
fit son education musicale au Conservatoire 
de Paris, en dernier lieu dans les classes de 
Massenet et rem porta en 1882 le premier prix 
de Rome (cantate Edith).Kn 1892, M. fut appele 
a la direction des classes d'ensemble, au Con- 
servatoire; il est en outre chef de chant a 
FOpera et a dirige plusieurs des concerts de 
l'Opera. M. a deja beaucoup &rit, mais il n'est 
encore point parvenu a se soustraire k l'in- 
fluence trop evidente de son maltre ; citons, 
parmi ses oeuvres : une suite d'orchestre, Les 
Saisotts (n° 2, Matinie de printemps) ; un poe- 
me symphonique, Merlin enchanti; une ou- 
verture , Balthazar ; une pantomime en un 
acte, Lysic ; un opera, Le due de Ferrare (non 
encore represents ) ; des melodies, etc. 

Marx, Adolf-Bkrnhard, celebre theoricien 
musical et estheticien, ne a Halle le 15 mai 
1795, m. a BerUn le 17 mai 1866; flls d'un me- 
decin, etudia la jurisprudence, fut meme en- 
gage comme referendaire, au tribunal superieur 
regional de Naumburg, mats partit bientdt 
pour Berlin et se voua entierement k la musi- 
que, pour laquelle il avait de bonne heure 



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MARXSEN — MASCHRK 



497 



montrg da talent. D6j& k Halle, il avait fait de 
bonnes etudes theoriques, sous la direction de 
Tflrk (v.cenom); il avait memeecrit, pendant son 
s£jour a Naumbourg, le livret et la musique de 
deux operas. H n'eut done k Berlin qu'a pour- 
snivre see 6tudes, sons la direction de Zelter; il 
subvinta sonentretien par des legons particuli&- 
re8 et fonda, en 1824, la Berliner AUgemeine 
Musikalische Zeitung (Schlesinger) qu*il a r&- 
dig£e pendant toute son existence (elle cessa de 
paraltre en 1830) avec unegrande competence et 
«n cherchant k mettre en honneur lea grands 
maltres de l'art musical allemand.En 1827,M. prit 
le grade de D* phil. a FUniverste de Marbourg, 
puis ilfit des conferences sur la musique a TUni- 
versit6 de Berlin, a laquelle il devint professeur 
-en 1880 ; il fut nomm£ en outre, deux ans plus 
lard, directeur de musique de TUniversiti. En 
1850, il fonda, avec Kullak et Stern, le Conserva- 
toire de musique qui porte encore aujourd'hui 
le nom du second ; il y enseigna la composi- 
tion, mais se retira dejA en 1856 (Kullak avait 
d£ja quilte I'^tablissement en 1855 et avait 
fonde la « Neue Akademie der Tonkunst »). M. 
«>st bornS depuis lors k son activity universi- 
taire, ne donnant plus, a cAt£ de cela que des 
lemons particulieres de composition. Les com- 
positions de M. n'ont pas supporte l'6preuve 
du temps (un op6ra Jery und B&tely y en 1827, 
£ l'Op£ra de Berlin ; un m£lodrame, Die RacJie 
wartet, texte de W. Alexis, en 1829, au theatre 
« Kdnigstadt » ; des oratorios : Johannes der 
Taufer et Moses. ; un cycle de lieder, Nahid 
und Omar ; une symphonic ; une sonate pour 
piano; des lieder, etc.). Un recueil de chorals et 
un livre d'orgue, Kunst des Gesangs (1826) et 
une m£thode de chant choral sont aussi ou- 
blies. C'est dans ses Merits sur la throne et 
VesthStique musicales que git toute l'impor- 
tance de M. ; ceux-ci trahissent, il est vrai, Tin- 
fluence de Logier, mais d£veloppent les id£es 
de ce dernier d'une mani&re personnelle (M. a 
traduit en allem. la m6thode de basse chiffree 
de Logier) ,• ce sont : Die Lehre von der musi- 
Aalisclien Komposition (1887-1847, 4 vol. ; H. 
Riemann en a public une Edition enticement 
remaniSe : vol. I, 9* 6d. f 1887; vol. IV, 5* &L, 
1888 ; vol. II, 7* ScL, 1890; le vol. m en est en- 
core k sa !*• 6d.); AUgemeine Musiklehre (1889; 
&> 6d., 1875) ; Oeber Malerei in der Tonkunst 
<1828) : Ueber die Geltung Hamdelscher Solo- 
gesdnge fur unsre Zeit (1829); Die alte Musik- 
lehre im Streit mit unsrer Zeit (1842) ; Die 
Musih des XIX. Jahrhunderts und ihre Pftege 
<1855); Ludwig von Beethovens Leben und 
Schaften (1858; 3« 6d. 1875); Gluck und die 
Oper ft868; 2 vol.) ; Anleitung zum Vortrag 
Beethovenscher Klavierwerke (1863) ; Erinne* 
rungen aus meinem Leben (1865 ; 2 vol ). 

Hansen, Eouard, ii6 a Nienslftdten, pr6s 
Altona, le 28 juil. 1806, m. a Altona le 18 nov. 
1887 ; son p£re 6bdt organiste et lui donna les 
premieres logons, puis il le placa sous la direc- 
tion de Glasing, a Hambourg, et plus tard 
<1890) sous celle de Seyfried et de Bocklet, a 
Vienne. M. s'6tablit ensuite com me maftre de 

DICTIONNAIRB DB MUSIQUE. — 32. 

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musique a Hambourg. En 1875, il re? ut le litre 
de « Directeur royal de musique >. M. a 6t6 le 
mattre de Johannes Brahms. 

Marziale (ital.), martial, guerrier. 

Hascagni, Pietro, n6 k Livourne le 7 d£c. 
1863: 61frve de Ponchielli et de Saladino, au 
Conservatoire de Milan, fut d'abord chef d'or- 
chestre de diverses petites scenes italiennes, 
puis directeur de la t Soci6t6 de musique » de 
Cerignola. M. devint le h£ros du jour, lorsque 
son op£ra CavaUeria rusticana eut remportl le 
prix au concours, ouvert par l'&diteur Sonzo- 
gno, pour un op£ra en un acte (premiere re- 
presentation, k Rome, le 17 mai 1890). La fi&vre 
«mascagnienne» qui s'empara du monde musi- 
cal vient en partie de l'habilet6 avec laquelle 
l*6diteur sut mener la reclame, en partie aussi 
de la facture ing£nieuse du libretto. La musique 
est d'ordre interieur et n'aqu'un seul a vantage, 
celui dene pas entraver Taction. Les explosion's 
d'un enthousiasme, qui gagna ra^me des criti- 
ques de sens rassis, ne tarddrent pas k faire 
place a la consternation la plus profonde d'a- 
voir 6te dup6 de la sorle. Dans les oeuvres 
suivantes, en effet, L'amico Fritz (Rome et 
Berlin 1891) et Die Rantzau (1892), les faibles- 
8es de la composition s*£talent au grand jour 
sans qu'elles soient ni compensees, ni dissimu- 
l§es paries quality du po£me. Vinrent ensuite, 
sans plus de succ&s r6el : Gugtielmo Ratcliff 
(Milan, 1895), Silvano (id.) Zanetto (Pesaro et 
Milan, 1896). Un premier ouvrage de M., 11 fi- 
landa, avait &t& donnS en 1881 d6j4, k Livour- 
ne, sans suceds. Quant aux melodies pour chant 
et piano de M., elles sont du gotit le plus dou- 
teux. La CavaUeria n'est en somme pas autre 
chose qu'un vigoureux pas de plus, dans la 
voie que Bizet ouvrit avec « Carmen*, de la 
combinaison des deux genres : op£ra et op£rette; 
sorte d'top^rette tragique*, elle est, cela va 
sans dire, consid6rablement interieure a < Car- 
men », au point de vue musical. M. est actuel- 
ment directeur du • Liceo musicale » de Pesaro. 

Mascarades (ital. Ludi, angl. Masques, al- 
lem. Maskenspiele) 9 pr£curseurs de l'op^ra, 
toutes sortes de scenes all£goriques ou mytho- 
logiques accompagn6es de chant et entourSes 
de luxueuses decorations sc£niques, Les m. 
furent surtout en vogue aux xvi» et xvn* s.. 
dans les tetes nuptiales des cours princi&res. 
EJles se distinguaient tr6s nettement du drame 
musical, tel que le vit naltre le xvm s. f par 
rabsence de la monodie. En Angleterre, les 
« masques » furent trte r^pandus dans la pre- 
miere moitie du xvn* s. (W. Lawes, Laniere, 
Campion, Lock et d'autres; v. ces nomn). 

Maschek, Vincent, exceUent pianiste et virtuo- 
se sur l'harmonica, n6 a Zvikovetz en Bohtone 
le 5 avr. 1755, m. a Prague le 15 nov. 1831 ; 
616ve de Seegert et de Dussek, il fit des tour- 
n^es de concerts, puis devint organiste k St- 
Nicolas, a Prague, et, en dernier lieu, marchand 
de musique. M. a compost plusieurs operas 
bohames, puis des Messes, des symphonies, 
des concertos pour piano, de la musique de 
chambre, des lieder, des sonates pour piano. 

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498 



MASON — MASSENET 



des morceaux pour Tharmonica, sur lequel sa 
femme 6tait dgalement virtuose. M, a invente 
aussi un nouveau clavier pour l'harmonica, etc. 
— Son frdre Paul, n& en 1761, 6tait aussi excel- 
lent pianiste et mourut A Vienne, ou il 6tait 
mattre de musique, le 22 nov. 1826. II s'est, lui 
aussi, essay6 un peu dans tous les genres de 
composition. 

Mason, 1. William, 6crivain musical, ne A 
Hall en 1724, m. A Aston le 7 avr. 1794, bache- 
lier et, plus tard, « Magister artium » (Cam- 
bridge), il prit les ordres en 1755 et devint 
cbanoine et « precentor » de la cath&drale 
d'York. M. a public : une anthologie de textes 
bibliques qui avaient 6t6 mis en musique, jus- 
qu'alors, sous la forme d'anthems (A copious 
collection, etc., 1782), pr6ced6e d'un Essay on 
cathedral music ; puis des essais : On instru- 
mental church music, On parochial psalmody, 
On the causes of the present imperfect alliance 
between music and poetry, n 6tait aussi poete 
(tragedies, podmes lyTiques),6crivit une biogra- 
phic de Gray, et composa lui-mdme aussi 
quelques anthems. — 2. Lowell, musicien de 
m£rite de l'Am^rique du Nord, n6 A Medfield 
(Massachusetts) le 8 janv. 1792, m. a Orange 
(New-Jersey) le 11 aoftt 1872; fut longtemps 
president de la « Handel und Haydn Society • 
de Boston, fonda en 1832 l'Acad&mie de musi- 
que de Boston, et organisa des assemblies p£- 
riodiques de maltres de musique. Nomm6 
Docteur en musique de l'UniversitA de New- 
York, (1835), M. entreprit,deux ans plus tard, un 
voyage d'6tudes en Allemagne et publia les 
r^sultats de ses observations, dans un ouvrage 
inlitul6 : Musical letters abroad (1853).— Deux 
de ses fits, Lowell et Henry, furent au nombre 
des fondateura de la c£l£bre maison M. and 
Hamlin, A Boston (fabrique d'orgues et d'har- 
moniums) ; un troisi&me fils — 8. William, n6 
A Boston le24 janv. 1829, pianiste estim6, 6tu- 
dia de 1849 A 1854 en Allemagne, sous la direcr 
Hon de Moscheles, Dreyschock, Liszt (piano), 
M. Hauptmann et E.-F. Richter (thforie). Apres 
s'6tre produit avec succ£s, comme virtuose, A 
Leipzig, Prague, Weimar, Londres, etc., il ren- 
tra en Amerique ou il fit d'abord une tourn&e 
de concerts A travers les Etals-Unis, puis s*6ta- 
blit A New- York. H organisa alors, avec Berg- 
mann et Thomas, des soirees de musique clas- 
sique. II ne joue plus en public depuis quelques 
ann£es, mais continue seulement A enseigner. 
M. a public beaucoup de pieces gracieuses 
pour piano, ainsi qu'une m£thode de piano. 

Massaini, Tiburcio, contrapuntiste du xvi« s., 
ne A Cr&none, fut d'abord maltre de chapelle 
de « Santa Maria del Popolo », A Rome, puis 
accepta un poste A la Cour de l'empereur Ro- 
dolphe H, A Prague (1580), et v6cut ensuite de 
nouveau a Rome oil il 6tait encore en 1605. Les 
ceuvres que Ton a conserves de lui sont : deux 
livres de madrigaux A quatre voix (1569, 1573), 
quatre de madrigaux A cinq voix (1571 a 1594), 
des Sacrt modulorum concentus de six A douze 
voix (motets A double et triple choeur, 1567), 
des psaumes de vdpres A cinq voix H des 



Magnificat (dont Tun A neuf voix, 1576), quatre 
recueils de motets A cinq voix (1576-1594), un 
recueil de motets A quatre voix (1580, d£di& k 
Philippe de Monte), des motets A sept voix 
(1607), des psaumes a six voix (1578), des Mes- 
ses A cinq et k six voix (1578), des Messes A. 
huit voix (1600), des Lamentations A cinq voix 
(1599), ainsi que quelques ceuvres d6tach&es„ 
dans des anthologies, et des manuscrits conser- 
ves A Rome. 

M assart, Lambert-Joseph, excellent profes- 
seur de violon, n£ A Li&ge le 19 juill. 1811, m. 
A Paris le 13 f6vr. 1892 ; appartenant A une fa- 
mille de musiciens, fit son Education aupr&s de 
R. Kreutzer, A Paris; mais ne fut pas admis- 
par Cherubini au Conservatoire, parce qu'il 
6tait stranger. Apr&s ?'6tre d6j& acquis du re- 
nom A Paris, comme professeur de violon, il 
fut nommS, en 1848, titulaire d'une classe de- 
violon au Conservatoire. Citons, parmi, ses. 
616ves, IL Wieniawski, Marsick et d'antres. — 
' — La femme de Massart, Louise- Aola& DK,n£e 
Masson, n6e A Paris le 10 juin 1827, m. dans la 
m&ne ville le 26 juiL 1887, Mait une excellent* 
pianiste et succ^da en 1875 A M" 1 * Farrenc,. 
comme professeur de piano au Conservatoire. 
— Un autre musicien, probablement parent du 
pr£c£dent, Victor M., n6 en 1799, m. A Ltege- 
le6 aotit 1883* 6tait contrebassiste et professeur 
au Conservatoire de Li&ge. 

Mass*, Victor (de son vrai nom FfeLix-MA- 
rcb), compositeur d'op6raa-comiques fran^ais, 
n6 A Lorient (Morbihan) le 7 mars 1822, m. A 
Paris le 5 juil. 1884; fut, de 1884 A 1844, 616ve 
de Zimmermann (piano) et de Hal6vy (compo- 
sition), au Conservatoire de Paris. II remporta 
eu 1844 le grand < prix de Rome », avec la can- 
tate : Le Renegat de Tanger; de Rome, pen- 
dant son sejour d'6tudes r&glementaires, il en- 
voya entre autres un op£ra italien : La Favo- 
rita e la schiava. A son retour, il se fit connaf- 
tre d'abord par des romances et ddbuta avec 
succ&s, comme compositeur sc£nique, en 1849,. 
avec : La Chambre gothique (Op6ra-Comique). 
Suivirent depuis lore : La Chanteuse voUee 
(1850), Oalatee (1852), Les Noces de Jeannette 
(le grand succ£s et Tun des meilleurs ouvra- 
ges de l'auteur; 1858), La Fiancie du Diable 
(1854), Miss Fauvette (1855), Les Saisons (1855), 
La Reine 7bpa;e(1856), Le CoustndeMarivaux 
(1857), Les Chaises a porteurs (1858), La Fi& 
Carabosse (1859), Mariette la Promise (1862)„ 
La Mule de Pedro (1863), Fior dCAliza (1866), 
Le Fils du Brigadier (1867), Paul et Virginia 
(1876), Une Lot somptuaire (op£rette, non re- 
presentee, mais gravta en 1879), et La Nuit 
de CUopdtre (posthume, 1885). En 1860, M. 
avait 6t6 nomme chef des chceurs A l*Op6ra et^ 
en 1866, professeur de composition au Conser- 
vatoire. II prit sa retraite en 1880, avec le litre 
de professeur honoraire. En 1871, M. avait et£ 
61u membre de l'Acad&nie des Beaux-Arts, en 
remplacement d'Auber. 

Massenet, JcLEs-EMiLE-FnfeDftRic, 1'un dea 
compositeurs les plus en vue de F£cole fran- 
gaise contemporaine, ne A Montaud, prea St* 



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MASUREGK — MATERNA 



499 



Etienne (Loire), le 12 mai 1842, re<?ut d6s l'Age 
de six ans d£j& les premieres lemons de sa 
m&re, pais entra trois ans plus tard au Con- 
servatoire de Paris, ou il eut pour maltres Lau- 
rent (piano), Reber (harmonie), et Ambroise 
Thomas (composition). En 1868, il obtint le pre- 
mier grand prix de Rome, avec sa cantate ; 
David RizziOy puis il rapporta de ses voyages 
d'6tudes toute une s&rie d'amvres, pleines de 
promesses pour l'avenir : L'Improvisateur 
(sc£ne lyrigue), Scenes napolitaines et un§ ou- 
verture symphonique (pour orchestre), Re- 
quiem (k quatre et huit voix, avec orgue, vio- 
loncelle et contrebasse), des pieces pour piano 
et pour violoncelle, des chceurs pour voix 
d'hommes et un recueil de melodies d'un trds 

*- grand charme : Pokme davril (1866). Peu 

apr&s, le jeune auteur r6ussit k faire entendre 
tout d'abord des oeuvres symphoniques : Pom- 
peia (suile d'orchestre, dont quelques fragments 
se retrouvent dans les « Erinnyes »), Noce fla- 
mande (chceurs et orchestre, 1867), la premi&re 
suite d'orchestre(1867-1868), puis enfin un op6ra- 
comique en un acte : Grand Tante (1867). (Test 
de cette mSme epoque que datent une cantate : 
Paixei Liberty et un premieropSra : La Coupe 
du Rot de ThuU, compost en vue d'un con- 
cours ouvert par le miniature des Beaux-Arts, 
mais non repr6sent6 (il a 6te replace presque 
tout, par fragments, dans diverses oeuvres de 
F auteur). Puis vinrent : Meduse (op6ra, inidit); 
la deuxieme suite d'orchestre : Scenes hongroi- 
ses(1871); Bon Cisar de Bazan (Op6ra-Comi- 
que, 1872); la musique des Erinnyes, de Le- 
conte de Lisle (1873); Marie-Madeleine (orato- 
rio pour soli, chceurs et orchestre, 1873); la 
troisi&me suite d'orchestre : Scenes pittoresques 
(1874); ouverture de Phedre (1874); Ete (soli, 
chceurs et orchestre, 1875); la qutari&me suite 
d'orchestre : Scenes dramatiques (1875); enfin 
Le Rot de Lahore (Op6ra, 1877). Le succes de 
ce dernier ouvrage s'accentua surtout k l'6tran- 
ger, en sorte qu'k la mort de Bazin, en 1878, M. 
fut appele aux fonctions de professeur de com- 
position, au Conservatoire (arr6t6 du 7 oct.) : il 
a donn£ sa dSmission en 1896, apr&s avoir re- 
fuse la direction du Conservatoire qui lui 6tait 
offerte. M. est membre de l'lnstitut depuis 
1878, etc. Les devoirs du professorat n'emp6- 
ch&rent point le musicien de s'adonner avec 
ardeur k la composition, ni d'aller surveiller 
ou dinger l'ex&cution de ses ceuvres un peu 
parlout. Nous nous bornerons k citer les prin- 
cipales d'entre elles, aprSs avoir fait remar- 
quer l'influence evidente qu'elles ont eue sur 
toute une g6n£ration de jeunes musiciens, mal- 
heureusement trop empresses k s'emparer des 
formules du maltre et k abdiquer toute person- 
nalit£ ; ces oeuvres sont : La Vierge (choeurs, 
soli et orchestre, 1880); Hirodiade (BruxeUes, 
1881); Manon (Op6ra-Comique; 1884; Tune des 
meilleures creations de M., tentative de reno- 
vation du genre de l'opera-comique) ; Le Cid 
(Opera, 1885); Esclarmonde (Op6ra-Comique, 
1889); Le Mage (Opera, 1891); Werther (terming 
en 1886 d£j&, mais represents seulement en 



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1893, k Vienne); Thais (Ope>a, 1894); Le Por- 
trait de Manon (Opera-Coniique, 1894; un acte); 
La Navarraise (Londres, 18&; petit drame ly- 
rique); Sapho (Op6ra-comique, 1897). A ces oeu- 
vres et k celles que nous avons d&j& mention- 
n6es plus haut, on pourrait ajouter encore deux 
ballets ; Le Carillon (Vienne, 1892), Cendrillon 
(en preparation ), un autre ouvrage scSnique &ga- 
lement k venir : GrisAidis, puis trois nouvelles 
suites d'orchestre (n° v, Scenes napolitaines ; 
n° vi, Scenes de feerie; n° vn, Scenes alsacien- 
nes), un po6me symphonique (Visions) 9 de la 
musiquede scene pour Hetmandel*. Deroul&de, 
Theodora et Le Crocodile de Sardou, de la mu- 
sique de chambre, une idylle (Narcisse), une 
scene antique (Biblis), des pieces chorales reli- 
gieuses et profanes, enfin un grand nombre de 
melodies (Poeme du Souvenir, Poeme pastoral, 
Podme tfoctobre, Poeme $ amour, Po&me cFhi- 
ver, l J bemed t unsoir,eic.,elc), des duos,etc, etc 
Cf. Georges Services, La musique franqaise 
modeme (1897) et Hugues Imbert, Profits d % ar- 
tistes contemporains. 

Masureck, Masurisch, v. Mazurka. 

Masutto, 1. Giovanni, musicographe italien 
et critique de journaux musicaux, n6 k Tr6- 
vise le SOjuil. 1880* m. * Venise, le 1« janv. 1894; 
auteur de I maestri di musica italiani del se- 
colo XIX. (Venise, 8™ ed. 1884). — 2. Renzo, 
fils du precedent, n6 k Tr£vise le 25 avr. 1858; 
616ve de Cozzi, Del Maino, Ferrarini (violon), 
Sartori et Ficcarelli (piano), puis de Giov. 
Rossi, k Parme, et de Tonassi, k Venise (com- 
position), est actuellement chef de la musique 
du 27* regiment d'infanterie italienne. II se 
produisit comme pianiste et comme violoniste, 
et promet beaucoup comme compositeur (ou- 
vertures, deux operas, morceaux de piano, me- 
lodies). 

Maszkowski, Ludwio-Haphasl, chevalier de, 
n6 k Lemberg en 1888; eleve des Conservatoi- 
res de Vienne et de Leipzig (1859), devint, en 
1885, directeur de 1' t Imthurneum > de Schaff- 
house, et fut nomm6 en 1889 directeur de mu- 
sique k Coblence. II dirige, depuis 1890, 1' • Or- 
chesterverein » de Breslau, et est tr£s appri- 
ci6 comme chef d'orchestre; il donnait d'abord 
de grandes espSrances comme violoniste, mais 
il dut abandonner le violon, k cause d'une af- 
fection nerveuse de la main gauche. 

Materna, Amalie, excellente cantatrice dra- 
matique, n6e k St-George (Styrie) le 10 juil. 
1847; fiUe d'un maltre d'6cole, aprte la mort 
duquel elle se rendit, avec des parents, k Graz, 
ou elle chanta d'abord k l'e*glise, puis au con- 
cert, et dSbuta en 1865, comme soubrette au 
Th6dtre de la ville. Elle epousaalors un acteur 
du nom de Karl Fhiedrich; tous deux furent 
engages au c Carl-Theater » de Vienne (M>« M., 
comme chanteuse d'ope>ettes) et ce ne fut qu'en 
1869 qu'elle passa comme primadonna k l'O- 
p6ra de la Cour. Une des plus remarquables 
creations de M»« M. fut celle de Brttnnhilde, 
en 1876, k Bayreuth (au Th&Hre wagn6- 
rien). Depuis lors, elle prit part r6guli£ro- 
ment, jusqu'en 1891 , aux representations de 

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500 



MATHfeMATfQUE — MATTEIS 



Bayreuth. Sa voix a une puissance dramatique 
extraordinaire et un timbre d'une beauts et 
d'une plenitude remarquables. Elle se retira pe- 
tit A petit de la scene de rOp6ra de Vienne, 
cbanta A Parish Londres, etc.,soit en represen- 
tations, soit au concert (1890-1892), fit une tour- 
nee en Am6rique puis prit, en 1895, sa retraite 
definitive. 

M athematique, Accord ml, autrement dit in- 
tonation des intervalles d'apr£s les rapports 
Tiriath&matiques des sonR (v. rapports), la 
quinte par ex. etant representee par 2 : 8. L'ac- 
cord m. d'un intervalle est aisement realisable 
avec Taide des sons resultants; mais il en r6- 
sulte des complications telles pour la produc- 
tion mecanique du son, que toute discussion 
sur la valeur musicale relative de Faceord m. 
et du systeme tempere (y. temperament) se r6- 
sout A l'a vantage de ce dernier. Gf. harmo- 
nium. 

Mathews, William-S -B., ne A Londres dans 
TAmerique du Nord (New-Hamshire), le 8 mai 
1837 ; professeur de musique tris apprecie A 
Chicago, zeie pionnier des idees modernes sur 
l'enseignement musical (phrase, dictee musi- 
cale), est Tauteur de plusieurs ouvrages histori- 
ques et esthetiques : Hwo to understand music 
(2 vol.; Philadelphie, 1888) ; A popular history 
of music ; A pronouncing dictionary of 
musical terms (en collaboration avec E. Lieb- 
ling) ; Primer of musical forms, ainsi que les 
ouvrages pedagogiques suivants :Hoic to teach 
the pianoforte: Twenty lessons to a beginner 
in the pianoforte ; First lessons on phrasing 
and musical interpretation, et tine grande 
methode de piano : Course of piano Study in 
ten grades. M. fut un zeie collaborates du 
journal musical cThe Etude » (Philadelphie) 
qui a donne regulierement de lui des sup- 
plements musicaux , avec des indications 
pour le phrase; ilredige actuellement Music, 
a montfdy Magazine. M. a aussi traduit en 
anglais la • Methode de piano* et • Die Natur 
der Harmonik », de Riemann. 

Matthaei, Heinrich-August, ne A Dresde le 
30 oct. 1781, m. A Leipzig le 4 nov. 1885; fut, A 
partir de 1803, second, puis, de 1817, premier 
concertmeister (successeur de Campagnoli) A 
Torchestre du Gewandhaus, violoniste et pro- 
fesseur apprecie. 

Mathias, GEoaoEs-AMfeDfeE-SAiNT-CLAiR, pia- 
niste remarquable et compositeur tres apprecie, 
ne A Paris le 14 oct. 1826 (son pere etait Alle- 
mand, originaire de Dessau) ; eieve de Kalk- 
brenner et de Chopin, puis, pour la composition, 
de Haievy et de fiarbereau, devint en 1862 
professeur de piano au Conservatoire de Paris, 
mais abandonna ce poste en 1893, pour se voner 
exclusivement A la composition. A noter parmi 
ses oeuvres : six trios avec piano ; une sonate 
pour piano et violon ; des ouvertures : Hamlet 
et Mazeppa ; une symphonie et des Esquisses 
(d'apres Goethe) pour orchestre; des concertos, 
des sonates, des etudes (op. 28, E. de style et de 
micanisme ; op. 10, Ede genre) et d'autres ceu- 
vres interessantes pour piano A deux et A 



quatre mains (reunies en partie sous le titre de 
(Euvres choisies, chez Brandus) ; de la musique 
vocale : vingt A vingt-cinq melodies pour chant 
et piano, un O Salutaris (soprano), Jeanne 
cPArc (scene lyrique) ; enfin, deux ouvrages 
importants : Promitfiie enchaine et Olaf. 

Mathieu, 1. Adolphe-Gharles-Ghislain, con- 
servateur des manuscrits, A la Bibliotheque de 
Bruxelles, ned Mons le22 juin 1804, m. A Paris 
en aotit 1883; auteur d'une monographie sur 
Roland deLatlre (1838 ; 2« ed., 1840).— 2.Emile- 
Louts-Yictor, compositeur beige de grand ta- 
lent, ne a Lille (France), de parents beiges, le 
18 oct. 1844 ; eieve du Conservatoire de Bru- 
xelles, oil il obtint A deux reprises (1869 et 
1871) le premier second prix de Rome. En 1867 
dej&, M. avail ete nomme professeur A TEcole 
de musique de Louvain, dont il devint directeur 
en 1881 ; il a ete en outre professeur a l'Acade- 
mie de Louvain et vient d'etre eiu membre 
correspondant de l'Academie royale de Belgi- 
que. Ses oeuvres principales sont des cantates : 
La derntere nuit de Faust (1869), Le Songe 
de Colomb (1871), Torquato Tasso'sdood (1873) 
Debout, Peuple (1876), Les Bois (voix d'en- 
fants et orchestre, 1894) ; des operas-comiques: 
LMiange (Liege, 1863), Bathyle (Bruxelles, 
1893) ; Georges Dandin (ibid., 1877), la Ber- 
noise (un acte, ibid., 1880); une tragedie lyri- 
que .Richilde (ibid. 1888); un opera: LEnfance 
de Roland (ibid., 1895); un ballet : Fumeurs 
deKiff (ibid., 1876); la musique de Cromvoell, 
de V. sejour (Paris, 1874-1875) ; des poemes ly- 
riques et symphoniques : Le Hoyoux (1882), 
Freyhir (1884), Le Sorbier (1890) ; des poemes 
symphoniques : Xoces feodales (1873), Le Lac 
(W7b),Sous bois (1875); un concerto pour vioion 
et orchestre (1897); un Te Deum (1872) ;des 
choeurs pour voix d 'homines ; enfin, une tren- 
taine de melodies sur des textes fran^ais, alle- 
mands et flamands. M. a ecrit lui-meme les 
paroles de ses grands ouvrages. 

Mattei, Stanislao (abbe M.), ne A Bologne le 
10 fevr. 1750, m. dans la m6me vUle le 12 mai 
1825 ; eieve du P. Martini, auquel il succeda 
comme maltre de chapelle de <San-Francesco». 
Tl devint plus tard mattre de chapelle de l'e- 
glise St-Petrone, professeur de contrepoint au 
• Liceo fllarmonico »,depuis sa fondation(1804), 
et, en cet etablissement, maltre de Rossini, 
Donizetti, etc M. a publie : Pratica daccom- 
pagnamento sopra bassi numerali (methode 
de basse chiffree ; 1829-1830, 3 vol.). 

Matteis, Nicola, excellent violoniste, s'etablit 
A Londres en 1672 et y fit sensation; il a publie 
quatre recueils de soli pour violon (Arte, pre- 
ludj, alemande, etc. [vol. I et II], et Ayres for 
the violin, to wit : preludes, fugues, alemands, 
etc. [vol. Ill et IV], de plus un traite de realisa- 
tion de la basse chiffree, sur la guitare (Tfte 
false consonances of musick). — Son fils, Ni- 
cola (m. en 1749), etait aussi un bon violoniste : 
il vecut longtemps A Vienne, puis fut, en der- 
nier lieu, maitre de violon et de langues A 
Shrewsbury. II compta Burney au nombre de 
ses eieves. 



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MATTHESON — MATTHISON-HANSEN 



501 



Mattheson, Johahn, musicographe de grand 
rewrite, n6 de parents fortunes, & Ham- 
bonrg le 28 sept. 1681, m. dans la m6me yille 
le 17 avr. 1764; il re$ut one excellente Education 
qui d£veloppa ses multiples talents, de telle 
sorte que non seulement il apprit & chanter et 
A jouer de presque tons les instruments d'or- 
chestre, mais 6tudia encore, a la suite de son 
instruction secondaire, la jurisprudence et les 
langues. II parlait l'anglais, l'italien et le fran- 
ca is. En 1697, M. se produisit comme chanteur 
(tenor) & l'Op^ra de Hambourg, et en 1699 tout 
ensemble comme compositeur d'op6ra, chan- 
teur et chef d'orchestre, dans ses Ptqaden. 
Lorsque Hsendel Tint & Hambourg (1708), M. le 
prit sous son 6gide, mais se querella plus tard 
avec lui (v. Handel); il chanta pour la dernidre 
fois dans le <Neroi. de Handel (1705). La 
meme ann£e encore, il devint pr6cepteur de la 
maison de l'ambassadeur d'Angleterre avec le- 
quel il fit differents voyages; en 1706, il fut 
nomm6 secretaire de legation et avanga plus 
tard jusqu'au poste de resident par interim. En 
1715, M. fut nomm£ directeur de musique et 
chanoine du Ddme de Hambourg, mais il dut 
abandonner, en 1728, le poste de directeur de 
musique, & cause d'une durete d'oreille qui se 
transforma ensuite en surdity complete. La 
puissance de travail qu'a d6velopp6e cet hom- 
me, malgr6 ses occupations si diverses, est 
absolument surprenante. M. a compost huit 
operas, vingt-quatre oratorios et cantates, une 
Passion (d'aprte Brockes), une Messe, des 
suites pour piano, douze sonates pour Mte 
(1720), etc., en tout 88 num£ros d'oeuvres gra- 
vies. Ses Merits, par lesquels il contribua & 
l'abandon d6finitif de tout un vieux bagage de 
theories surannees (solmisation, modes ecclS- 
siastiques) et & hater enfin l'Sclaircissement de 
notre sysleme actuel, sont : Das neuertiffmte 
Orchester, oder griindliche Anleitung, wie ein 
galant homme einen vollkommenen Begriff 
von der Hoheit und Wiirde der edlen Musih 
erlangen m6ge, etc. (1713) ; Das beschiXtzte 
Orchester oder desselben zweite Ertiffmmg 
(1717 ; dirige contre le t Ut re mi fa sot la tota 
musica; de Buttstett); Das forschende Or- 
chester oder desselben dritte Ertiffnung (1721); 
Verithophili Beweisgrilnde von der Musih 
(1717); Exemplarische Organistenprobe im 
Artikel vom Generalbass (1719; 2« 6d. aug- 
ment, sous le titre : Grosse Generalbasschule, 
eUx, 1781); Kleine Generalbasschule (1735); 
Reflexions sur Ciclaircissement dun proble- 
ms de musique pratique (1720, les annotations 
seules sont de M.); Qritica musica, das ist.: 
grundricJttige Untersuch - und Beurteilung 
vielerteils vorgefassten, texts einf&ltigen Met- 
nungen, elc.(1722, 2 vol.) ; Der neue gottingi- 
scke aber viel schlechlerals die alien laceddmo- 
nischen urleilende Ephorus, wegen der Kir- 
chenmusik eines andern belehret (1727, contre 
le professeur Joachim Meyer, & Goettingue) ; 
Der musikalische Patriot (1728); Deeruditione 
musica (1732); Kern melodischer Wissen- 
schaft, bestehend in den auserlesensten Haupt- 



und Gnmdlehrender musihalischenSetskunst 
(1787) ; Gultige Zeugnisse aber die jungste 
matthesonisch-musikalische Kernschrift (1738); 
Dervollhommene Kapellmeister ,das ist GrUnd- 
liche Anjxeige aUer derjenigen Sachen t die 
einer wissen, hfinnen und vollkommen inne 
haben muss 9 der einer Kapelle mil Ehren und 
Nutsen vorstehen will ( 1739 ) ; Grundlagen 
einer Ehrenpforte, worin der tUchtigsien 
Kapellmeister \ Komponisten f Musikgelehrlen, 
lonhimstler, etc., Leben, Werke, Verdienste, 
etc., erscheinen sollen (1740); Elwas neues 
tmter der Sonnen! oder das unterirdisclie 
Klippen - Concert in Norwegen (1740); Die 
neueste Untersuchimg der Singspiele (1744) ; 
Das erlduterte Selah (1745) ; Behauptung der 
himmlischen Musih aus den GrUnden der 
Vernunft (1747); t Aristoxenijuniorisphthon** 
gologia systematica; Versuch einer systema- 
tischen Klanglehre (1748); Mithridat wider 
den Gift einer welscfien Satire genannt * La 
Musica » (1749; ; Bewdhrte Panacea (1750) ; 
Wahrer Begrtff des harmonischen Lebens ; 
der Panacea zwote Dosis (1750); Sieben Ge- 
sprache der Weisheit tmd Musik samt zwo 
Beylagen; als die dritte Dosis der Panacea 
(1751); Die neu angelegte Freudenakademie 
(1751); Philologisches lYesespiel (1752); *Plus 
ultra*, ein Stilckwerk von neuer tmd mand- 
cherlei Art (1754) ; Georg - Friedrich Ham- 
dels Lebensbeschreibung (1761, trad, de l'an- 
glais). En outre, M. a £crit un grand nom- 
bre d'ouvrages thSologiques, historiques et 
politiques, et a publte une nouvelle Edition de 
la «Handleitung » de Niedt, avec adjonction 
de soixante dispositions d'orgue. Plusieurs 
Merits (Der besclmdene musikalische Dihtator 
etc.), bien qu*achev6s, sont rest6s manuscrits. 
Les Merits de Mattheson sont de la plus haute 
valeur pour les recherches sur l'histoire de la 
musique du temps de l'auteur. (Cf. L. Meinar- 
dus : M. und seine Verdienste um die deutsche 
Tonkunst (1870) et D* H. Schmidt, M. 9 ein Fcer- 
derer deutscher Tonkunst im Lichte seiner 
Werke (dissert, 1897). 

Matthias Hermann, v. Hermann, 1. 

Matthias (MATTHEus)Le Maitre, v. Lb Mais- 

TRB, 

Matthieux, Johanna, v. Kinkel. 

Matthison-Hansen, 1. Hans, excellent orga- 
niste danois et compositeur remarquable, n6 
d Flensburg le 6 tevr. 1807, m. 4 Roeskilde le 7 
janv. 1890; fils de marin, montra de bonne 
heure du talent pour le dessin et pour la mu- 
sique, mais commenga par &tudier le premier 
k Copenhague jusqu'au moment ou, & l'&ge de 
vingt ans environ, C.-F.-E, Weyse (v. ce nom) 
lui conseilla de se mettre s6rieusement a la 
musique. D6j& en 1832, M. fut choisi comme 
orgauiste du D6me de Roeskilde, Tun des pos- 
ies les plus envi&s du Danemark etqu'il occupa 
pendant de longues ann£es, avec grand succ^s. 
En 1877, son fils Gotpred (v. plus loin) lui fut 
adjoint comme suppliant M. a 6crit exclusive- 
ment de la musique religieuse et des omvres 
d'orgue ; un oratorio : Johannes, plusieurs 



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502 



MAURER — MAYR 



psaumes (avec orchestre), des cantatas d'&glise, 
des preludes et postludes pour orgue, des cho- 
rals varies, des symphonies pour orgue (sona- 
tes), des fantaisies, etc. — 2.Gotfred, tils du 
precedent, n£ k Roeskilde le l w nov. 1832, est 
aussi un excellent organiste et un compositeur 
de talent ; il Gtudia d'abord le droit a Copenha- 
gue, mais se voua bientdt k la musique et de- 
vint, en 1859, organiste de l'6glise allemande 
« Friedrichskirche » k Copenhague. D passa 
l'hiver 1862-1868 k Leipzig, gr&ce k une bourse 
de la fondation Ancker, et fonda, en 1865, k Co- 
penhague, avec E. Grieg, R. Nordraak et E. 
Horneman, une institution de concerts, Euterpe, 
qui ne subsista cependant que trois ans. M. 
fut nomm£, en 1867, professeur d'orgue au Con- 
servatoire de Copenhague; il echangea son 
orgue contre celui de l'&glise St-Jean et devint, 
en 1877, le suppliant de son p£re. Actuellement, 
M. est organiste de l'dglise de la Trinity a Co- 
penhague; il a souvent donn6 des concerts, 
soit dans son pays, soit en Allemagne, avec 
beancoup de succes ( «Tonkftnstlerversammlung, 
de 1877, Hanovre). Notons parmi ses composi- 
tions qui, presque toutes, ont paru en Alle- 
magne : trio avec piano, op. 5 ; sonate pour 
violon, op. 11 ; sonate pour violoncelle, op. 16; 
ballade pour piano, op. 14 (Frode-Fredegod) ; 
fantaisie pour orgue, op. 15 ; morceaux de con- 
cert pour orgue, op. 19, etc., etc. 

Maurer, Ludwig-Wilhelm. excellent violo- 
niste, n6 k Potsdam le 8 fevr. 1789, m. k St- 
P6tersbourg le 25 octobre 1878 ; 61&ve de Haak, 
fut, k l'dge de treize ans, engage a Porchestre 
de la Cour, k Berlin. Lorsqu'en 1806 Torchestre 
fut dissous, il fit une tournSe de concerts en 
Russie et regut, par l'entremise de Baillot, la 
place de maltre de chapelle chez le chancelier 
Wsowologski. R reprit cependant ses voyages 
en 1817 et ne revint k St-P6tersbourg qu'en 
1882. A partir de 1845, M. v6cut longtemps k 
Dresde. Parmi ses compositions, son quadruple 
concerto (Konzertante) pour quatre violons et 
orchestre est encore g&n&ralement connu et 
appr6cie; ses autres concertos, duos pour vio- 
lon, etc., ne sont pas non plus enticement ou- 
bltes. Par contre, ses six operas (A/owe, 1828), 
ses quatuors, symphonies, etc., sont totalement 
ignores de aos jours. 

Maurin, Jean-Pierre, n6 k Avignon le 14 
f6vr. 1822, m. k Paris le 16 mars 1894; 616ve de 
Baillot et de Habeneck, au Conservatoire de 
Paris, succ6da en 1875 k Alard, comme profes- 
seur de violon dans cet 6tablissement. M. fut 
k la fois quartettiste, virtuose et professeur de 
grand talent. 

Mazime (Maxima, duplex tonga, PS (la plus 

graude valeur de note de la musique propor- 
tionnelle, £quivalente& deux ou trois longues, 
suivant la proportion indiqnee au debut du 
morceau. V. proportionnelle. 

May, Edward-Collet, maitre de chant po- 
pulate de grand merite, nik Greenwich le 29 
oct. 1806, m. k Londres le 2 janv. 1887 ; eldve 
do Thomas Adams, Ciprian Potter et Crivelli, 



et, de 1837 k 1889, organiste de Fhopital de 
Greenwich. Les cours de Hullah lui donn£rent 
le goto de l'enseignement populaire de la mu- 
sique, auquel il se voua k partir de 1841, en 
fonctionnant dans beaucoup d'6coles de Londres, 
ainsi que dans des cours priv&s, comme maltre 
de chant. U a fait ainsi l'Mucation musicale 
de plusieurs milliers d'instituteurs (cf. Wil- 
hem). II occupa pendant les denrteres anndes 
de sa vie un poste de professeur de chant au 
« Queen's College ». 

Mayer, 1. Charles, excellent pianiste, ne k 
Koenigsberg le 21 mars 1799, m. k Dresde le 2 
juiL 1862; arriva jeune avec son p6re, un cla- 
rinettiste, k St-P6tersbourg, oil il fut r&frve de 
Field. En 1814, il accompagna son pere, en 
virtuose accompli, dans une grande tourn6e de 
concerts dont Paris &tait le but Puis il v£cut, 
de 1819 k 1850, comme professeur k St-P£ters- 
bourg, parcournt en 1845 la Su&de, 1* Allema- 
gne et l'Autriche, puis, en 1850, transporta son 
domicile k Dresde. Les compositions pour piano 
de M. sont brillantes et bien ecrites pour l'ins- 
trument (concertos, morceaux de concert, fan- 
taisies, variations, kades, etc. ; plus de 200 op.). 
— 2. Wilhelm, connu sous le nom de W.-A. 
RfeMY, n6 k Prague le 10 juin 1831 ; fils d'un 
avocat, fut eleve de C.-F. Pietsch, puis, apres 
avoir d£j& fait executer en public une ouver- 
ture de sa composition, entra k TUniversite, 
pour y 6tudier le droit, et prit en 1856, son 
grade de D* jur. U a m&me et6, de 1856 a 
1861, fonctionnaire de l'fitat, tout en 6tudiant 
toujours la musique et en composant. Ge ne 
fut qu'en 1862 qu'il embrassa d£finitivement la 
carrtere musicale, en prenant la direction de 
la € Soci6t6 styrienne de musique », k Graz ; il 
quitta ce poste en 1870 et se voua depuis lors 
entierement k la composition et k l'enseigne- 
ment. Citons parmi ses oeuvres : trois sym- 
phonies; une ouverture, Sardanapal; un po£me 
symphonique, Helene; une fantaisie pour or- 
chestre ; un Slavisches Liederspiel (avec deux 
pianos) ; (Estliche Rosen (id.) ; un morceau de 
concert, Waldfr&ulein (1876; op&ra de concert); 
des lieder, des choeurs, etc. Parmi ses eteves les 
plus renomm£s, on compte : Busoni, Kienzl, 
Heuberger et Weingartner. 

Mayerhoff, Franz, n6 k Chemnitz le 17 janv. 
1864, &leve du Conservatoire de Leipzig (1881) : 
devint, en 1888, chef d v orchestre du th&tre de 
Lubeck, remplit plus tard le m A me poste 
k Memel, puis k Tilsit, et rentra, de 1884 & 
1885, une seconde fois au Conservatoire de 
Leipzig. 11 est depuis lors professeur de mu- 
sique k Chemnitz, ofr il a et6 nomme,en 1888, 
cantor de Tegiise St-Pierre et directeur de la 
< Society de musique ». Comme compositeur, 
M. a donn6 des lieder et des choBurs religieux. 

Mayerl (Maierl), Anton von n6 k Bozen, 
m. a Innsbruck, oh il vivait de ses rentes, en 
1889 ; £16ve de Ladurner et d'Ett, composi- 
teur de musique religieuse (un Stabat Mater 
de sa composition a et£ grav6). 

Mayr, Johann-Simox, compositeur d'operas 
qui eut un temps de grande vogue, n£ k Men- 



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MAYBERGER 



MAZZUCATO 



503 



dorf (Bavtere) le 14 juin 1763, m. k Bergame 
le 2 d6a 1845 ; fit son Education an s£minaire 
•des Wsuites dlngolstadt, pais alia avec un 
jeune Suisse de la noblesse, de Bessus, dont 
il 6tait pr6cepteur, k Bergame aupr6s de Len- 
•zi, puis k Venise aupr&s de'Bertoni.Ils'&ablit 
-dans cette derntere ville, y Scrivit d'abord de 
nombreuses compositions d'6glise (Messes, 
Requiem, psaumes, une Passion, etc.) etdes 
oratorios (Jacob a Labano fugiens, Sisara, 
Tobias matrimonium, Davide, II sacrificio di 
Jefte) qu'il fit ex6cuter, mais en 1794, k la 
suite du succ& de son op£ra Saffo, au thMtre 
< Delia Fenice », concentre toute son 6nergie 
vers la sc6ne et Gcrivit plus de soixante-dix 
operas en vingt ann£es. En 1802, M. fut nomm& 
maltre de chapelle de « San Maria Maggiore » 
£ Bergame et, en 1805, maltre de composition 
dans rinstitut de musique qu'on venait d'y 
fonder. Parmi ses 616ves, on nomme, entre au- 
tre*, Donizetti. M. s'est aussi occupe de litera- 
ture musicale ; il a 6crit : Brevi notizie istoris- ' 
che delta vita edelle opere de Giuseppe Eaydn 
<1809). Plusieurs ouvrages th^oriques sont res- 
its manuscrits. 

Mayberger, Karl, th6oricien et compositeur, 
a£ k Vienne le 9 juin 1828, m. k Presbourg le 
23 sept 1881 ; eldve de Preyer ( qui lui-m&me 
4tait 61&ve de S. Sechter), professeur de musi- 
que k la t Staatspr&parandie » de Presbourg, 
a public des choeurs, des lieder, etc., et 6crit 
un op&ra, Melusine (1876), un op6ra burlesque 
Die Entffuhrung der Prinzessin Europa 
{1868), la musique pour Yrsa de (Ehlschlager, 
un Lehrbuch der musikalischen Harmonik 
<1" partie : Die diatonische Harmonik inDur, 
1878) et DieHarmonik R Wagners (Gbemnitz, 
1883). 

Mayseder, Joseph, violoniste remarquable, 
professeur et compositeur, n£ k Vienne le 26 
oct. 1789, m. dans la m&me ville le 21 nov. 
1863 ; fit son Education aupr&s de Sucbe et de 
Wranitzky. Scbuppanzigb attira de bonne heu- 
re le jeune gargon dans son quatuor et exerga 
une grande influence sur son d6veloppement 
futur. En 1816, M. entra k Torcbestre de la 
dour; il devint violon-solo k l'Op6ra de la 
Oour, en 1820, et virtuose de la chambre, en 
1835. M, n'a jamais fait de tourn£es de con- 
certs et n'a que rarement organist des con- 
certs k Vienne (son premier concert date de 
1800); il n'en 6tait pas moins un maltre re- 
marquable de son instrument, auquel Paganini 
lui-m&me rendait hommage. Ses ceuvres pour 
violon (concertos, variations avec orcbeslre; 
d'autres avec quatuor d'archets ; rondos ; qua- 
tuor pour instr. k archet ; trios avec piano ; 
aonates pour violon ; Etudes, etc. ; en tout soi- 
xante-trois op.) occupent un rang respectable 
dans la literature de cet instrument. 

Mazas, Jacqoes-F£r£ol, violoniste, n6 k B6- 
ziers le 23 sept. 1782, m. en 1849; Steve de 
Baillot, au Conservatoire de Paris, il remporta 
«n 1805 le premier prix de violon. Auber a 
^crit pour lui, en 1808, un concerto de violon. 
M. a longtemps voyage k travers toute VEuro- 



\t 



pe et remporta de grands succ£s, dus surtout 
k la quality de son, ample et pourtant doux, 
qu'il tiratt de son instrument. II s'&ablit finale- 
ment k Orleans, comme maltre de musique, 
apr&s avoir rempli pendant quelque temps, en 
1831, les fonctions de violoniste au ThSdtre du 
Palais-Royal k Paris ; en 1887, il prit la direc- 
tion de l'Ecole municipals de musique de 
Cambrai, pour se soustraire ensuite comple- 
ment, d&s 1841, aux regards du monde musical 
(un op£ra-comique en un acte,de M., Le Kios- 
que, a 6t£ represents k Paris, en 1842). Ses nom- 
breuses compositions pour violon sont bril- 
lantes et d'un tr&s bon effet (concertos, varia- 
tions, fantaisies, romances, quatuors pour 
instr. k arcbet, trios, duos de violons [apprS- 
ci£s pour l'enseignement], etudes, etc.). II a 
aussi Scrit une Mlthode de violon, avec un 
traits du jeu en flageolet, ainsi qu'une MSthode 
d'alto. 

Mazurka (Masurek, Masurisgh), danse na- 
tionale polonaise, d'un caractSre cbevaleresque, 
en mesure k trois temps, la fin du motif se 
trouvant souvent sur le deuxiSme temps, apr&s 
un premier temps divisS ou dStachd : 

3 pmm p p . p»m m et comme termi- 
* d I I I I Lai naison : 

Les anciennes m. sont fr&juemment Scrites 
avec des basses tenues. Le mouvement de la 
m. est notablement plus lent que celui de la 
valse. 

Mazzinghi, Joseph, n6 k Londres, de parents 
Italians, en dec. 1765, m. a Bath le 15 janv. 
1844; Steve de Jean-Chretien Bach, Bertolini, 
Sacchini et Anfossi, a Scrit avec succ&s, et 
gen&ralement en collaboration avec Reeve, dix 
operas, quelques ballets et mSlodrames, ainsi 
que beaucoup d'ceuvres pour piano (soixante- 
dix sonates), une Messe, des hymnes et d'au- 
tres ceuvres vocales. 

Mauochi, Domenico, originaire de Civitd- 
Gastellana, docteur des deux droits, k Rome, 
compositeur de plusieurs recueils de madri- 
gaux et motets, etc., (de 1625 k 1640), le pre- 
mier qui se soit servi des signes de crescendo 
et diminuendo ( — < :r=— ) ; il donne une 
explication de leur signification dans la preface 
de ses Madrigali a 5 voci in partitura (1640). 

Maxzucato, Alberto, directeur du Conserva- 
toire de Milan, compositeur et critique, n£ k 
Udine, dans le Frioul, le 28 juil. 1818, m. a 
Milan le 81 d£c. 1877 ; Studia d'abord les ma- 
titematiques k Padoue, mais passa bientdt k la 
musique, travailla peu de temps sous la direc- 
tion de Bresciani et d£buta d£j& en 1884, k 
Padoue, comme compositeur d'op6ras avec 
La fidanzata di Lammermoor. Cependant, 
malgr£ de nouveaux essais r^it^r^s (Don Chis- 
ciotte, Esmeralda, I corsari, 1 due sergenti, 
Luigi V di Francia, Ernani; un huiti&me ou- 
vrage, Fede, resta inachev^), il ne r^ussit 
pas k obtenir de succ^s de quelque dur£e : 
ses autres compositions (romances, une Messe, 
chants de v&pres, etc.) n'ont pas de valeur 
non plus. Par contre, il fut un pedagogue fort 



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504 



MECANISME — MEHRKENS 



appr6ci£ ; il devint, en 1839, maitre de chant 
de la classe des jeunes lilies au Conservatoire 
de Milan, avanga en 1851 jusqu'a la classe 
de composition, se chargea l'annSe suivante 
des conferences esthetiques et historiques, et 
fut linalement nommS, en 1872, directeur de 
1'etablissement. H succ&dait ainsi a Lauro 
Rossi, lequel venait de prendre la direction 
de l'Ecole royale de musique, a Naples. A cot6 
de cela, M. fiat, de 1859 a 1869, violon-solo au 
theatre de la Scala (de 1854 a 1855 il avait 
m6me 6te directeur de ce theatre), r^digea 
plusieurs annees la Gazetia musicale di Mi- 
lano, fondle en 1845, traduisit en italien la 
m&hode de chant de Garcia, le traite d'harmo- 
nie de F6tis, V « AbScedaire vocal » de Panofka 
et d'autres ouvrages encore, re^dita les Prin- 
cipj eiementari di musica d'Asioli et composa 
un Atlas de la musique de Vantiquite. D a 
laisse en manuscrit un traite sur l'esthetique 
musicale. 

Mecanisme ( all. Technik ), partie purement 
m&canique du jeu d'un instrument. Les etudes 
de m., dont Tensemble forme la technique 
d'un instrument ou du chant, se proposent 
d'une part de developper l'agilite de Texecu- 
tant, d'autre part d'obtenir une 6chelle de so- 
norites variant soit en intensity, soit en qualite. 
Pour les instr. a clavier, il s'agit surtout d'ac- 
qu6rir par ce genre d'etudes la force des 
doigts, la souplesse du poignet, la surety abso- 
lue du doigts, etc, Gf. technique. 

M6canique (all Mechanik; angl. action), ou 
parfois aussi mecanisme, nom que Ton donne 
aux dispositions plus ou moins compliquees 
qui, a TintSrieur des instruments de musique 
et surtout des pianos, orgues, orchestrions, 
regissent la transmission des mouvements 
n&cessaires a la production du son. V. au mot 
piano les renseignements indispensables sur 
les anciennes sortes de piano (clavicorde, cla- 
vecin), sur la difference qui existe entre la m. 
anglaise (Silbermann, Cristofori) et la m. al- 
lemande (viennoise, de Stein) et sur la m. a 
repetition d'Erard. 

Mederitsch, Johann, surnomme Gallus, ne 
en Boh&me vers 1760, m. apres 1880 ; fut, de 
1794 a 1796, directeur de musique a Bude, et 
vecut avant et apres a Vienne. M. 6tait z£le 
compositeur (vaudevilles : Der Schlosser, 1783; 
Rose, Die Seefahrer, Die Rekruten, Der letste 
Rausch, Die Pyramiden von Babylon [avec 
P. von Winter] ; la musique pour Macbeth ; 
des ceuvres de musique de chambre, des con- 
certos pour piano, des Messes, etc.). 

Medesimo (ital.) le m£me \tempo m., le m6me 
« tempo > . 

Mediante, nom que Ton donnait, dans l'an- 
cienne th&orie harmonique, a la tierce de la 
tonique, c.-a-d. en ut maj. : mi ; cf. dominante. 

Meerens, Charles, ne a Bruges le 26 dec. 
1831; fit d'abord des eludes de violoncelliste 
(sous Bessems [An vers], Dumont [Gand] et 
Servais [Bruxelles]), maisentra ensuitecomme 
accordeur dans la fabrique de pianos de son 
pere, et s'absorba de plus en plus dans l'etude 



des questions d'acoustique musicale. M. se 
pose, dans la theorie musicale speculative, en 
ennemi declare des theories physiolbgiques 
qui ont ete gen6ralement admises ces derni£re& 
annees comme base de tout syst6me musical. 
Ses ecrits sont : Le metromeire ou moyen 
simple de connaitre le degrede vitesse d'un 
mouvement indique (1859) ; Instruction Ue- 
mentairede calcul musical (1864); Pfienomenes 
musico-physiologiques (1868); Hommage a la 
me'moire de M. Delezenne (1869) ; Examen ana- 
lytique des experiences dacoustique musicale 
de MM. A. Cornu et E. Mercadier (1869) ; Le 
diapason et la notation musicale simplifies 
(1873) ; Mimoire sur le diapason (1877) ; Petite 
m&thode pour apprendre la musique et le 
piano (1878) ; La gamme majeure et^ mineure 
(1890; 2 e 6d. 1892); Le tonomelre d apres C inven- 
tion de Scheibler (1895). M. est en outre colla- 
borateur assidu de la « F£d6ration artistique » 
(p£riodique paraissant a Bruxelles). 

Meerts, Lambert- Joseph, professeur de vio- 
lon au Conservatoire de Bruxelles, n6 a Bru- 
xelles le 6 janv. 1800, m. dans la m&me ville le 
12 mai 1863; il faisait tout d'abord de la mu- 
sique en amateur, mais se vit force, a F&ge de 
seize ans deja, d'accepler une place de violo- 
niste et de repetiteur, au theatre d'Anvers. 
Plus tard, pendant un long sejour a Paris, il 
proftta -encore des conseils de Lafont, HaJbe- 
neck et Baillot. En 1828, il entra a l'orchesti*e 
municipal de Bruxelles, devint violon-solo en 
1832, puis, en 1835, professeur de violon au 
Conservatoire royal. La methode d'enseigne- 
ment de M. etait excellente ; ses oeuvres didac- 
liques sont hautement appr&c\ee& (Etudes pour 
violon avec accompagnement dun second vio- 
lon; mecanisme du violon; douze etudes en 
doubles cordesj trois cahiers d'etudes dans les 
2°, 4° et 6 e positions; douze Etudes rythmiques, 
sur des motifs de Beethoven ; trois Etudes sur 
le jeu fugu£ et le staccato ; six fugues a deux 
voix pour violon seul, etc.). 

Mees, Arthur, ne a Columbus (Am&riquedu 
Nord) le 18 f6vr. 1850; 616 ve de Weitzmaniu 
Kuilak et Dorn, a Berlin, vit a New-York, ou 
il est apprecie comme maitre de chant et direc- 
teur. 

Mehlig, Anna ( de son nom de femme : Falk)„ 
excellente pianiste, n6e a Stuttgart le 11 juil. 
1846 ; eleve de Lebert, dans cette ville et de 
Liszt, a Weimar, s'est fait une belle reputation 
soit dans son pays, soit a Tetranger, surtout 
en Angleterre et en Amerique (1869-1870). De- 
puis son mariage, elle vit a Anvers. 

Mehrkens, Fr.-Adolf, pianiste et chef d'or- 
chestre, ne a Neuenkirchen, pr6s Otterndorf 
s/Elbe, le 22 avr. 1840; fut d'abord plusieurs 
annees maitre d'ecole, puis se voua a la musi- 
que et, de 1861 a 1862, suivit les cours du Con- 
servatoire de Leipzig. Depuis lors,il vit comme 
maitre de musique et directeur de diverses so- 
cietes a Hambourg; il dirige entre autres, 
depuis 1871, la «Bach-Gesellschaft ». M. a ecrit 
diverses oeuvres' vocales et instrumentales 
(symphonie mi bimoi maj.; Te Deum); mais 



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MEHUL — MBIBOM 



505 



quelques petites oeavres seulement out ete gra- 
ces. •- 

M^huljETiENNE-NicoLASjCel^bre compositeur 
d'op&ras, n6 A Givet (Ardennes) le 22 juin 
1768, m. A Paris le 18 oct. 1817 ; fut tr$s pr6- 
coce et remplit A Fage de dix ans le poste 
d'organiste a l'eglise des Franciscains de sa 
ville natale. C'est A nn organiste aveugle qu'il 
doit sa premiere Education musicale; il fat 
ensaite trds pousse, an convent Lavaldieu, par 
I'organiste Wilhelm Hauser qne l'abbe Lissoir 
avait anient de Schleussenried, en Souabe, M. 
fat accaeilli dans le convent et y devint, en 
1778, organiste suppliant ; mais il alia cette 
raeme annee encore A Paris, ou, avec l'aide de 
bonnes recommandations, il trouva des occu- 
pations comme maltre de musique. II fut pre- 
sents A Gluck qui reconnut son talent pour la 
composition dramatique et l'engagea A 6crire 
poor la scdne. Apr6s quelques essais (Psycht, 
Anacr&on, Lausus et Lydie), il r^ussit A faire 
accepter par l'Opera : AUmzo et Cora dont la 
representation, il est vrai, n'eut lieu que six 
ans plus tard (1791), apres que rOp£ra-Comi- 
qne eut pris les devants, en donnant Euphro- 
sine et Corradin (1790). En 1798 dej&, l'Op£ra 
montait on nouvel ouvrage du mSme auteur, 
Stratonice, puis, apres quelques succes, pas 
bien sensationnels du reste (ballet : Le juge- 
ment de Pdris, 1798; operas : Le jeune sage et 
le trieux fou; 1798, Horatius Codes; Phrosine 
et Mdidore, 1795; La caverne, 1795; et Doria, 
1797), M. vit une de ses oeuvres sifflee et la 
representation interrompue, parce qu'en Tan V 
de la Republique il avait os6 faire monter sur 
la scene on roi que la France honorait : Le 
jeune Henri (Henri IV) ; l'ouverture dut, par 
contre, etre jouee trois fois de suite et demeura 
longtemps une musique d'intermede trls ap- 
preciee. Entre temps, on avait confie A M.,a la 
fondation du Conservatoire (1794), Tune des 
quatre places d'inspecteurs. En 17%, il fut elu 
membre de l'Academie. Son education theori- 
que n'etait qu*imparfaite , en sorte qu'on ne 
put faire grand cas des oeuvres didactiques 
(solfeges) qu'il ecrivit pour le Conservatoire. 
Au « Jeune Henri » succederent alors toute une 
eerie d'ouvrages : Le pont de Lodi (1*197, piece 
de circonstance), La toupie etlepapillon (1797), 
Adrien (1799), Ariodant( 1799), Epicure (1800, 
en collaboration avec Cherubini), Bion (1800), 
Z,'trato(1801) t Une foiie (1802), Le trteor sup- 
pose (ISO®), Joanna (1802), Lheureux malgri 
lui (1802), Helena (1803), Le baiser et la quit- 
tance (1808, en collaboration avec Kreutzer, 
Boieldieu et Isouard), Les Hussites (1804), Les 
deux aveugles de Tolede (1806), Utttal (1806, 
sans violons), GabriAle d'Estrees (1806), et 
ennn, en 1807, Fceuvre qui seule contribua A 
maintenir le nom de l'auteur au repertoire de 
toutes les scenes : Joseph, qui cependant, lors 
de sa premiere representation, ne remporta 
qu*un succes d'estime. Apres (Joseph ♦ M. 
n'Scrivit plus guere. Les succes de Spontini le 
releguerent trop dans l'ombre et il tomba dans 
un &at de melancolie qui, peu a peu, se trans- 



forma en maladie de poitrine et ne fit qu'em- 
pirer de jour en jour. En vain cbercha-t-il la 
garrison, en 1817, sous le ciel plus clement de 
la Provence; il mourut, a .peine de retour A 
Paris. Outre les oeuvres susmentionnees, M. a 
fait representor des ballets : Le retour (Tilly sse 
(1807) et Perste et Andromede (1810) et quel- 
ques ouvrages moins importants : Les Ama- 
zones (1812), Le prince troubadour (1813), 
L'oriflamme (1814, avec Berton, Paer et Kreut- 
zer) et La journte aux uventures (1816). Sa 
derniere oeuvre : Valentine de Milan, achevee 
par son neveu Daussoigne-Mehul (v. ce nom) 
ne fut representee qu'en 1822. D'autres oeuvres 
entin sont restees inedites et manuscrites: 
Hypsipile (presente a la direction de l'Op6ra 
en 1787), Arminius (1794), Scipion (1795), Tan- 
cr&te et Clorvnde (1796), Steostris, Agar dans 
le desert, et la musique d'CEdipe RoL Ses so- 
nates pour piano (oeuvres de jeunesse) sont 
peu remarquables et ses symphonies, qui fu- 
rent executes dans les concerts d'eleves du 
Conservatoire, nelaisserent d'autre impression 
que celle d'un travail consciencieux. Parcontre, 
un bon accueil a 6t6 r£serv6 A plusieurs can- 
tates, hymnes et chants patriotiques (Chant 
du dipart, Chant devictoire, Chant de retour, 
etc.). Comme academicien, M. parla en public 
sur Vitat futur de la musique en France et 
sur Les travaux des 6Uves du Conservatoire, 
a Rome (travail publie dans le « Magasin en- 
cyclopedique », 1808). L'eloge d'usage sur M. 
fut lu, A l'Academie, par Quatremere de Quin- 
cy (18)8) ; un apercu assez complet de la vie de 
M. a ete fait par son ami Yieillard (1859) et une 
biographie plus vaste (400 p.), par A. Pougin 
(1889). 

Meibom (Mkibomius), Marcus, savant philo- 
logue et historien de la musique, n6 a Tonning 
(Schleswig) en 1626, m. a Utrecht en 1711 : v£ 
cut d'abord en Hollande, puis successivement 
aux cours de Suede et de Danemark, et fut un 
certain temps professeur et biblioth^caire, A 
rUnivereit6 d'Upsal. II se rendit ensuite en 
Hollande et en France, pour y vendre une in- 
vention relative au perfectionnement des vais- 
seaux de guerre, invention que lui avait sugge- 
ree, A ce qu'il pretendait, la lecture des anciens 
auteurs ; mais il ne trouva pas d'acheteur, es- 
saya ensuite, et aussi inutiiement, de faire im- 
printer, en Anglelerre, le texte hebreu, revu 
par lui, de l'Ancien Testament, et mourut fina- 
lement dans une situation des plus pr6cairea. 
L'oeuvre la plus cel^bre de M. est : Antiques 
musicce auctores seplem (1652 ; texte grec et 
latin d'Aristoxene [Harmonie], Euclide [Intro- 
duetto harmonica et Sectio canonis], Nicoma- 
que, Alypius, Gaudence le Philosophe, Bac- 
chius Senior et Aristide Quintilien et, en plus, 
le iivre IX du Satyrihon, de Martianus Capel- 
la). Nous avons, en outre, du meme auteur : 
Anmerkungen zu Lasts Ausgabe des Vitruv 
(1649) et un dialogue : De proportionibus mu- 
sicis (1655), ainsi que quelques ecrils de pole- 
mique (le dialogue a ete vigoureusement atta- 
qu6 par le professeur W. Lange, a Copenha- 



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506 



MEIFRED — MELGOUNOW 



gue, le Pere Aynscon, k Anvers, et J.Wallis, k 
Oxford, qui prouv^rent k M. les nombreuses 
erreurs qu'il avait commises. 

Meifred, Joseph- Jkan-Pierrk-Emile, corniste 
virtuose, n6 a Golmars(Basses-Alpes)le 22 now 
1781, m. k Paris le 29 aout 1867 ; a 6t6, de 1833 
k 1865, professeur de cor au Conservatoire de 
Paris (il 6tait lui-ni£me £leve de Dauprat), et 
s'est acquis un certain renom par le perfec- 
tionuement du cor k piston. II a 6crit des duos 
pour cors, et plusieurs ouvrages : De Citendue, 
de i'emploi et des ressources du cor en g&n&ral 
et de $e$ corps de rechange en particulier, 
avec quelques considerations sur le cor a pis- 
tons (1829) \MSthode pour le cor & deux pistons " 9 
Methods pour le cor chromatique (k trois pis- 
tons) ; Notice sur la fabrication des instru- 
ments de cuivre en general et sur celle du cor 
chromalique en particulier (1851). 

Meiland, Jakob, n£ k Senf tenberg (Haute-Lusa- 
ce) en 1542, maitre de chapelle dela Gour, k Ans- 
bach et plus tard a Celle, ou il mourut en 1577. 
M. compte parmi les meilleurs contrapontistes 
allemandsdeson6poque. On adeluitroislivres 
de Cantiones sacrce (1564, 1572, 1573), k cinq 
et six voix ; trente-quatre motets avec texte al- 
lemand et latin (1575, Merits en contrepoint 
simple, note contre note ; paras aussi sous le 
litre : Neue auserlesene teutsche Gescenge mit 
4 und 5 Stimmen, etc.) ; Sacrce aliquot cantio- 
nes latinos et germanicce Set 4 voc. (1575) ; Can- 
tiones aliquot novce..... 5 t?oc.(1576; 2« Ad. 1588) 
et Cygnece cantiones latinos et germanicce 
(1577, A 4 et 5 voix, son « chant du cygne », pu- 
blic par E. Schell). 

Meinardus, Ludwig-Sirgfried, compositeur 
allemand de renom et musicograpbe, n£ Hook- 
siel, sur la c6te oldenbourgeoise, le 17 sept. 
1827, m. k Bielefeld le 10 juil. 1896; son p£re 
£tait fonctionnaire et l'envoya k Jever, ou 
il suivit les cours du gymnase, mais ne re$ut 
que des legons tres insufnsantes de violon- 
cello, jusqu'en 1846. M., s'appuyant alors sur 
un jugement favorable de Robert Schumann 
auquel il avait soumis les essais de compo- 
sitions qu'il avait fails avant d'avoir regu 
aucune le^on de thSorie, entra au Conserva- 
toire de Leipzig. Mais Fannie suivante, M. 
quilta &&}k cet 6tablissement et devint 616ve 
particulier de A.-F. Rice i us (jusqu'en 1849). 
Apr&s avoir &t& quelque temps pr&cepteur 
k Kaputh, pr£s Potsdam, il alia continuer ses 
Etudes k Berlin, mais fut expuls6 (1850); il 
passa d'abord plusieurs annees k Weimar 
aupr&s de Liszt, remplit les fonctions de chef 
d'orchestre de theatre, a Erfurt et k Nordhau- 
sen, puis retourna k Berlin, ou il travailla avec 
z&le, sous la direction de A.-B. Marx. De 1853 
k 1865, M. dirigea la « Singakademie » de Glo- 
gau, puis fut appele par Rietz, en 1865, comme 
professeur au Conservatoire de Dread e. II 
transfers plus tard, en 1874, son domicile k 
Hambourg oil il se voua avec z£le k la compo- 
sition et se chargea de la chronique musicale 
du « Hamburger Correspondent » (1874 k 1885). 
En 1887, enfin, il £lut domicile a Bielefeld. M. 



a recu, en 1862, le titre de « Directeur de muai- 
que du grand due d'Oldenbourg ». Parmi les 
nombreuses compositions de M., il convient de 
citer des oratorios : Simon Petrus, Gideon, 
Kcenig Salomo, Luther in Worms, Odrun ; 
des ballades pour chceur : Rolands ScJiwanen* 
lied, Frau Hitt, Die Nowne, Jung Baldurs 
Sieg; un Passionslied et des Messgesange (pour 
choeur a quatre voix et orgue); plusieurs sona- 
tas pour violon et une pour violoncelle, trois 
trios et un quintette avec piano , plusieurs 
quatuors pour instr. a archet, un octette pour 
instr. k vent, beaucoup delioder(deux recueils 
de Biblische Ges&nge et trois recueils : In der 
Stitle), deux symphonies, 'des morceaux pour 
piano dont trois NoveUen et trois suites, etc 
Comme Scrivain, M. s'est fait encore connaitre 
par : KulturgeschichUiche Brief e Uber deutsche 
Tonkunst (2* 6d. 1872) ; Ein Jugendleben (1874, 
2 vol.) ; RUchblich auf die Anfdnge der deut- 
schen Oper (1878); Matthesonund seine Ver- 
dienste um die deutsche Tonkunst (1879), Mo- 
zart, ein Kiinsterleben (1882); Die deutsche 
TonkunstimXVIII.-XIXJahrhundert(l8&7). 
et Eigene Wege, eine Geschichte (1895). Deux 
operas : Bahnesa et Doktor Sassafras n*ont 
jusqu'A present pas encore 6t6 represents. 

Meister, Karl - Severin, n£ k Kcenigstein 
(dans le Taunus) le 23 oct. 1818, m. k Monta- 
baur (Westerwald) le 30 sept 1881 ; suivit les 
legons du seminaire d'instituteurs d'Idstein, de 
1835 a 1837, puis remplit jusqu'en 1842 les 
fonctions d*instituteur suppliant et d'organiste, 
a Montabaur.il fut ensuite instituteur jusqu'en 
1849 k Wiesbaden et, de 1849 a 1851, k Eibin- 
gen; enfin, a partir de novembre 1851,11 occupa 
le poste de premier maitre de musique du se- 
minaire et directeur de musique, k Montabaur. 
D a public : des cadences et des pr&udes pour 
orgue, des hymnes pour voix d f homines, un 
traits de la modulation et un accompagne- 
ment d'orgue pour les melodies du recueil de 
chants du dioc&se de Limbourg. M. a donn£ en 
outre un ouvrage de valeur : Das hatholische 
deutsche Kirchenlied in seinen Singweisen, 
von den friihesten Zeiten bis gegen Ende des 
siebsehnten Jahrhtmderls (1862: continue par 
B&umker, vol. n, 1883; voL I, refondu en 
1886). 

Melchior, Edward-A., n6 k Rotterdam le 6 
nov. 1860 ; professeur de musique apprdcie 
danssaville natale, auteurda : Wetenschap- 
pelyk en biografisch ucordenboek der Toon- 
kunst (1889), qui contient surtout des biogra- 
phies de musiciens hollandais contemporains. 

Melgounow, Julius voN,pianisteet th&oricien, 
n£dans le gouvernement russe de Costroma en 
1846, suivit le Lyc£e Alexandre, k St-P6ters- 
bourg, et se voua k la musique, en 6tudiant d'a- 
bord le piano avec Henselt et les deux Rubins- 
tein ; il fut quelque temps 61£ve du Conserva- 
toire de Moscou, puis se mit a etudier plus par- 
ticulterement la th&orie rythmique, avec R. 
Westphal (v. ce nom), k Moscou* Le rgsultat 
de ces etudes fut la publication d'une collec- 
tion de fugues et de preludes de Bach, avec 



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MELISME — MfiLOGRAPHR 



507 



1* indication da ivthme d'apres le syst&ne de 
Westphal. M. a aussi execute en public, k 
Leipzig, Berlin et ailleurs, quelques-unes de 
ses oeuvres, avec le phrase tel qu'il resultait de 
•ce travail. Sur le terrain de l'harmonie, M. est 
partisan da daalisme harmoniqne (cf. A. yon 
CEtonorn) ; il a publte une collection de chants 
populaires russes , avec une harmonisation 
portant le caractere national (avec empioi fr6- 
<l aent du mineur pur), ainsi qa'une importante 
preface (1879). 

M&isme (gr.), signifle : ornement melodi- 
«que. Le m. est plus long que la plupart des or- 
fiements et plus court qu'une vocalise r6elle. 

M61odie, succession de sons ayant entre eux 
<le8 rapports logiques et determines, de mdme 
-que l'harmonie est la superposition de sons 
repondant aux memes conditions. Le principe 
•constant de toute melodie reside dans le 
•changement de hauteur des sons successifs , 
•changement ascendant ou descendant et qui, k 
l'origine, n'est pas brusque (par sauts), mais 
-continu et graduel ; c'est seulement sous 1'in- 
fluence de l'harmonie que ces flexions de la m. 
*e sont mesurees par « degres ». Par cette rai- 
son meme, la formation melodique la plus rap- 
prochee de la nature est celle qui se meut par 
intervalles chromatiques, dont la succession a 
le plus cfanalogie avec le changement continu 
-et graduel de hauteur des sons ; de plus, dans 
tout enchalnement harmonique,ce sontles inter- 
valles les pluB petits (demi-tons, tons) que Ton 
considere comme reellement, melodiques, tandis 
que les autres (tierces, quartes,quintes, etc.) sont 
generalement designes comme harmoniques. 
Le mouvement ascendant de la m. correspond, 
-en tant qu'a^gmentation de vie, k une grada- 
tion; le mouvement descendant, en tant que 
diminution de vie, a une detente; d'od il ressort 
que les courbes de la m. peuvent 6tre mises en 
relations avec les mouvements de l'&me, dans 
les diverses emotions : le mouvement positif 
<ascendant) est l'expression de desir,corivoitise, 
-effort, vouloir, assaut, etc.; le mouvement n6- 
gatif (descendant) celle de renoncement, abat- 
tement, retour sur soi-meme, apaisement. Mais 
cette puissance 6iementaire reside, comme 
nous l'avons dit, dans le changement pur et 
simple de hauteur des sons successifs, et Ton 
peut s'en convaincre k Touie des hurlements 
de la temp&e (ou encore, par ex., des passages 
•chromatiques qui different bien peu de ces 
hurlements , dans l'ouverture du « Vaisseau 
fantdme »). La m., conside>ee comme succession 
logiquement ordonn£e de sons ayant entre eux 
des rapports harmoniques (autrement dit <gra- 
dues ») renonce k une bonne partie de ces effets 
£l£mentaires, pour beneftcier d'autre part des 
enchevetrements des rapports harmoniques 
qui, du reste, sont d'une valeur esth6tique 
bien plus grande (Tetement melodique est en 
quelque sorte styte). — Un traits de la melodie 
calcuie en vue de la pratique aurait k s'occu- 
per : 1° de Implication des gammes diatoni- 
<ques, en tant que schemes le plus aisement 
•compreheneibles et remplagant la courbe m6- 



lodique continue qui ignorait la division en 
degree; 2° de la recherche des diverses em- 
preintes melodiques d'un accord, selon la place 
qu'il occupe dans la tonalite ; 3° des premiers 
elements de la forme musicale (imitation). II 
n'existe actuellement ni cours de « theorie de 
la m. » dans les conservatoires, ni traite special 
qui en puisse tenir lieu, en etudiant le sujet 
d'une fa^on systematique et en partant de la 
connaissance du principe meme de la m. ; on 
repartit generalement ces etudes, du reste in- 
completes, entre celle de l'harmonie et celle de 
la haute composition musicale. Notons seule- 
ment encore quelques travaux preparatoires 
k une theorie proprement dite de la m. : J. 
Riepel, Tonordnung, etc. (troin parties ; 1755, 
1757, 1765) ; Nichelmann, Die Melodie, etc. 
(1755) ; Reicha, Traiti de melodie (1814 [1832]) ; 
L. Bussler, Elementarmelodik (1879) ; H. Nie- 
mann, NeueSchulederMelodik (1883). 

M&odique, se dit d'une partie vocale ou 
instrumentale qui se meut surtout par interval- 
les melodiques (v. melodie) et 6vite avec soin 
les intervalles d'intonation relativement diffi- 
cile. 

Melodium - Orgel (all.), synonyme d'orgne 
americain (v. ce mot). 

Melodrama (gr.), autrefois drame en musi- 
que, c.-4-d. opera, n'est plus employe de nos 
jours que pour designer l'union de la declama- 
tion et de la musique instrumentale qui lui sert 
d'accompagnement (cf. Rousseau), que ce soit 
dans le cours d'une oeuvre scenique (ex. dans 
« Egmont », « Athalie », etc.), ou comme oeuvre 
complete, formant un tout, telles les norabreu- 
ses ballades d6clamees avec accompagnement 
de piano ou d'orchestre. D'une maniere gene- 
rate, le m. est un genre b&tard, absolument in- 
justifiable au point de vue esth&ique, car il n'y 
a aucune raison quelconq'ue, du moment que 
le discours est accompagn£ de musique, de ne 
pas pousser la transformation jusqu'au rScita- 
tif au moins (v. musique scenique). Le discours 
fait usage aussi de l'organe vocal, bien plus le 
langage parle repose sur des sons nettement 
definissables, en sorte que le recitant doit au- 
tant que possible se conformer k la tonalite, aux 
harmonies de l'accompagnement, autrement dit 
corriger en une certaine mesure ce que le com- 
positeur a laisse d'incomplet dans son oeuvre, 
sous peine de laisser subsister entre le langage 
parle et la musique une disagreable contradic- 
tion. Dans quelques cas isoles seulement, le m. 
peut se justifier, lorsqu'il paraf t comme l'expres- 
sion d'une emotion plus forte que celle que le 
chant a exprimee auparavarit; Leonore,dans 
la scene de la prison de < Fidelio », ajoute k ses 
dernieres paroles : « Ce qui se passe en moi 
est inexprimable », c.-d-d. au fond, dans l'ope- 
ra, « ne peut se chanter ». 

M Olographs (pianographe, bidomusikon, ma- 
chine a improviser [?!]), mecanisme adapte au 
piano et qui reproduit sur le papier, au moyen 
d'une notation plus ou moins exactementdechif- 
frable, ce qui a etc jou6 sur rinstrument,en sorte 
que les improvisations, que Ton voudrait sou vent 



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508 



MELONE — MENDELSSOHN-BARTHOLDY 



retenir, sont de la sorte vraiment fix^es sur le 
papier. On a fait un grand nombre d'essais, 
pour obtenir de bons m&ographes (Adorno, 
Careyre, Clifton, Creed, Engramelle, Frake, 
Gu6rin, Hohlfeld, Keller, Pape, Unger, Witzels, 
v. Elewyck, etc.), cependant aucun n'a reelle- 
ment abouti. 

Melone, Annibalk, anagramme de Alemanno 
Benelli (Bonelli) ; v. Bottrigari. 

Melophone, v. harmonium et accordion. 

Meloplaste, nom donnS par Pierre Galin (v. 
ce nom) a sa methode simpliftee pour l'ensei- 
gnement des elements de la musique. Pour ne 
pas lasser Thieve, des le debut, en lui enseignant 
les nombreuses formes de notes, clefs, etc., il 
avait imagine comme moyen d'enseignement un 
tableau pourvu de portees; il chantait a Televe 
une m61odie connue en remplacant le texte par 
le nom des notes (ut, re, rat, etc.) et montrait en 
m&me temps, au moyen d'une baguette, la 
place du son sur la port6e. II rendait com- 
pr£hensibles les difficulty du rythme,au moyen 
d'un double metronome qui marquait et d£- 
composait a la fois les temps (chronom£- 
riste). 

Membree , Edmond, compositeur francais 
d'operas, ne a Valenciennes le 14 nov. 1820, m. 
au Chateau Damont, pr6s Paris, le 10 sept. 
1882 ; fit son Education musicale au Conserva- 
toire de Paris, ou il fut 616ve, pour le piano, 
d'Alkan et de Zimmermann, pour la composi- 
tion, de Carafa. En 1857, il donna son premier 
op£ra : Francois Villon, a TOpera de Paris, 
ainsique les chceurs pour (Edipe jRoi,au Thea- 
tre francais; en 1861, ce fut le tour de la can- 
tate Fingal, en 1875 L'esclave (opera), en 1876 
Les parias (op£ra populaire). et en 1879 La 
courte tchelle (op6ra-comique). M. a publie, en 
outre, des romances, des ballades, etc, et laisse 
deux operas non repr^sentes: Colombo, et Frey- 
ghor. 

Mendel, Hermann, musicographe, n£ a Halle 
s/Saale le 6 aout 1834, m. a Berlin le 26 oct. 
1876; fit sa premiere education musicale a 
Halle et a Leipzig, entra en 1853, comme ap- 
prenti, dans le magasin de musique de Schle- 
singer, a Berlin, fut plus tard engage chez Bote 
et Bock, puis fonda lui-m6me, en 1862, un ma- 
gasin de musique, qu'il dut fermer cependant 
en 1868 deja. M. fut collaborates zele de plu- 
sieurs journaux de musique : <Echo >, « Ton- 
halle »,etsurtoutdela Deutsche Musxkerzeitung 
qu'il a redigee depuis sa fondation (1870) jus- 
qu'a sa mort, et dans laquelle il a public entre 
autres une notice biographique complete surO. 
Nicolai. II a publie en outre : G. Meyerbeer, 
eine Biographic (1868), et G. Meyerbeer, sein 
Leben und seine Werke (1869; trad. ital. de 
Lazaneo, 1870). II se cr6a un renom principale- 
ment par la publication du grand Musikalisches 
Konversationslexicon qu'il commenca en 1870 
etredigea jusqu'a la lettre m. (dans le vol. VII); 
la redaction en fut reprise, apres la mort de 
M., par A. Reissmann. 

Mendelssohn-Bartholdy, Jakob-Ludwig-Fe- 
lix (habituellement appeld seulement Mendels- 



sohn ; le nom de Bartholdy fut ajout£ par son 
p&re a son nom de famille, en souvenir de sou 
beau-frere et pour distinguer son nom de celui 
des autres branches de la famille), ne a Hambourg 
le 8 fevr. 1809, m. a Leipzig le 4 nov. 1847, petit- 
fils du philosophe et rSformateur isra&ite Mo- 
ses Mendelssohn (m. en 1786). fils du banquier 
Abraham Mendelsshon (elabli a Berlin depuis 
1812); il fit preuve extraordinairement Idt de 
facult6s musicales remarquables qui recurent 
de ses parents, a la fois amis des arts et dans 
une grande aisance, les soins les plus &clai- 
res. Sa m&re, Lea (fille du banquier Salomon, 
a Berlin) donna elle-mgme aux enfants les pre* 
mi&res lecons de piano; d'abord ce fut la petite 
Fanny (v. Henskl), plus agee de trois ans, qui 
montra beaucoup de talent, puis F&lix rivalisa 
bient6t avec elle. Tous deux rappellent ainsi le 
souvenir de Mozart et de Nannerl, comme ne 
l'evoque peut-dtre aucune autre famille musi- 
cale. Quant aux deux cadets, Rebekka (nee en 
1811, devenue la femme du professeur Dirich- 
let) et Paul (n6 en 1818), ils 6taient aussi musica- 
lement dou6s; Rebekka chantait et Pauljouait 
du violoncelle. La m&re fut bientdt remplacee 
dans son enseignement par Ludwig Berger 
pour le piano, Hennings pour le violon et Zel- 
ter pour la theorie; Heyse (qui devint plus tard 
professeur), le pere du po6te Paul Heyse, etait 
pr^cepteur de la familte pour les langues et 
Rosel pour le dessin et la peinture (M. £tait 
aussi un habile dessinateur). En 1818, F61ix 
jouait pour la premiere fois dans un concert 
public ; il ex£cuta alors la partie de piano d'un 
trio de Wolfl, avec grand succes. L'annee sui- 
vante, il chantait la partie d'alto a la « Singa- 
kademie ». Dans la maison paternelle avaient 
lieu chaque dimanche des soirees musicales, 
auxquelles un petit orchestre prenait part; le 
talent du jeune garcon pour la composition, 
d^veloppe de bonne heure, trouva de la sorte 
ttne rapide impulsion, puisqu'il pouvait lou- 
jours entendre aussitot ce qu'il avait compose. 
C'est de 1820 que dale l'activite r^guliere de 
Mendelssohn comme compositeur; il ecrivit 
cette annee-la une sonate pour violon et deux 
pour piano, une petite cantate (In ruhrend 
feierlictien Tonen), une petite op&rette avec 
piano, des lieder, quelques quatuors pour voix 
d'hommes, etc. Une grande facility de travail, 
propre a tous les veri tables maitres, se mon- 
trait deja alors chez lui; il ne connaissait pas 
Teffort penible et si souvent st&rile. Une sonate 
pour piano, ecrite a cette epoque, n'a paru 
qu'apres sa mort, comme op. 105. En 1821, M. 
fit la connaissance de Weber, pour lequel il 
professait une admiration profonde, et fut en- 
traine de la sorte dans le courant du roman- 
tisme; puis vers la fin de cette m£me annee, 
Zelter le conduisil chez Goethe qui s'interessa 
vivement au jeune garcon. En 1824, le jour de 
son anniversaire de naissance, son quatrieme 
petit opera : Die beiden Neffen, fut represents 
en entier dans la maison paternelle, et Zelter 
proclama solennellement, au nom de Bach, 
Haydn et Mozart, qu'il passait de l'etat d'ap- 



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509 



prenti a ceiui (Touvrier (« vom Lebrling zum 
Oesellen »). Dej& en 1816, M. avait accompa- 
gne son pere dans un voyage d'affaires a Paris 
-et y avait pris des lemons de M™* Bigot; en 
1825, ils retournerent tous deux k Paris et le 
jeune homme, alors Ag6 de seize ans, fit la con- 
naissance de toutes les notability musicales 
parisiennes d'alors. II fit de la musique avec 
Baillot et d'autres m aft res, passa un examen 
chez Cherubini qui emit un jugement tres flat- 
teur et proposa de se charger de continuer Te- 
ducationdu jeune homme; mais Abraham M. 
refusa Tofire et rentra avec son fils k Berlin. 
M. avait dix-sept ans, lorsqn'il ecrivit (1826) 
1'ouverture du Songe (Tune Nuit oV6ti 9 oeuvre 
qui denote une originality geniale, une maitrise 
absolue, et ne reste en rien en arriere des o?u- 
vres de Thomrae mur (les autres num&ros de 
la musique pour le Sommernachtstraum n'ont 
ete ecrits que quinze ans plus tard). En 1827, 
M. tit representee au « Schauspielhaus » de 
Berlin, son premier et dernier opera : Die 
Hochzeit des Camacho; malgr£ un accueil tres 
favorable, il fut mis de c6te, car Spontini n'a- 
vait rien moins que de la sympathie pour le 
jeune compositeur. M. suivit ensuite pendant 
line annee les cours de TUniversite de Berlin; 
enfin, en 1829, M. se distingue par une action 
artistique d'eclal : la premiere execution, de- 
puis la mort de Bach, de la « Passion selon St- 
Matthieu » (a la « Singakademie », sous la di- 
rection de M. lui-meme). La meme annee, M. 
visita TAngleterre, surtout sur lc conseil de 
Moscheles ; ce dernier avait passe, en 1824, six 
semaines a Berlin, frequente journellement la 
maison des Mendelssohn et donne meme k M. 
quelques lecons de piano. Ce ne fut en somme 
que de Londres que se repandit la renommee 
du jeune compositeur; il y fit executer pour la 
premiere fois sa symphonie en ut mineur (par 
laSociete philharmonique k laquelle il Vadediee 
ensuite), puis Touverture du « Songe d'une Nuit 
d'ete », et les deux ceuvres recurent un accueil 
des plus chaleureux. Apres un long voyage 
d'agr^ment en Ecosse, M. revint plein d'ardeur 
A Londres, mais il fut retenu longtemps au lit 
A la suite d'une blessure au genou et ne put re- 
venir a temps k Berlin, pour le manage de sa 
sceur Fanny. II bolla meme pendant un certain 
temps. Entin, en 1830, il entreprit un grand 
voyage en Italie, se dirigea de la vers Paris 
(1832) ou il fut atteint du cholera, puis vers 
Londres ou il dirigea Touverture des Hebrides, 
terminee entre temps, et joua le concerto en 
sol mineur et le Caprice en si mineur. A Lon- 
dres, egalement, parutle premier cahier de ses 
Romances sans paroles. Pendant ce temps, il 
eut le chagrin de perdre coup sur coup son 
meilleiir ami d'enfance, Eduard Bietz,son mal- 
tre Zelter, et Goethe auquel il avait encore 
rendu, lors de son voyage en Italie, une visite 
de plusieurs semaines. De retour a Berlin, M. 
y organisa des concerts au benefice de la caisse 
de retraite des musiciens de Torchestre et pre- 
senta au public les ouvertures du Songe oVu/ne 
Nuil oViU, des Hdbrides, Meeresstille und 



glilckliche Fahrt % ainsi que la Reformations- 
Symphonie, le concerto en sol min. et le ca- 
price en si min. Sa candidature a la succes- 
sion de Zelter, comme directeur de la « Singa- 
kademie », fut alors repoussee (v. Rungenha- 
gen). Par contre, en 1883, la direction du fes- 
tival de musique du Bas-Rhin, k Dusseldorf, 
lui fut confiee et, de Id, il alia de nouveau k 
Londres, pour y assister au bapteme de son 
filleul, le fils de Moscheles, Felix; il y dirigea 
aussi Texecution de sa symphonie dite « ita- 
lienne ». M. revint ensuite a Dfisseldorf, ou il 
avait ete nomme directeur de musique de la 
ville; il y resta deux ans et dirigea encore en 
1835, le festival de musique de Cologne. Mais, 
entre temps, il avait accepte le poste de chef 
d'orchestre des concerts du « Gewandhaus » a 
Leipzig, oil il debuta en aout 1835. Son reraar- 
quable talent de chef d'orchestre, sa vaste cul- 
ture musicale et sa personnalit£ d'artiste crea- 
teur firent rapidement de lui le centre autour 
duquel se mouvait toute la vie musicale de 
Leipzig ; ils firent en outre de Leipzig le centre de 
la vie musicale de TAllemagni, peul-etre meme 
de TEurope. L'institulion des concerts du < Ge- 
wandhaus » parvint a une renommee qu'elle 
n'avait jamais atteinte auparavant, et qu'elle 
ne put, apres la mort de M., conserv er qu'avec 
peine. Mais il est bon de dire que M. trouva un 
puissant appui en la personne de Ferdinand 
David (v. ce nom) qu'il attira, en 1836, a Leip- 
zig en qualite de concertmeister. En. 1836 aussi, 
TUniversitS ofTrait a M. le titre de D* phiL 1w- 
noris causa C'est cette meme annee enfin 
qu'eut lieu la premiere execution de Paulus 
(Dusseldorf, 22 mai 1836). L'annee 1837 mar- 
que le debut d'une ere nouvelle dans la vie de 
M. qui epousa, le 28 mars, CfcciLE-GHARLOTTK- 
Sophie Jeanrenaud, fille d'nn ecclesiastique 
huguenot et qui vivait k Franc-fort avec sa 
mere. Cette union fut des plus heureuses; il 
en naquit cinq enfants : Karl, Marie, Paul, Fe- 
lix et Lili. En 1843, M. fondail, avec le direc- 
teur d'arrondissement von Falkenstein, le con- 
seiller aulique Keil, le marchand de musique 
Kistner, Tavocat Schleinitz et le conseiller d'e- 
tat Seeburg comme membres du comite de di- 
rection, avec M. Hauptmann, Robert Schu- 
mann, Ferd. David et Ghr.-A. Pohlenz comme 
premiers professeurs, et sous le protectorat du 
roi de Saxe, le « Conservatoire de musique de 
Leipzig > qui devint bientdt Tune des pepinie- 
res artistiques de premier rang. Les premiers 
fonds de Tentreprise provenaient d'un legs 
(Blumner) de 60,000 marks, dont le roi devait 
disposer dans un but artistique. Le roi Frede- 
ric-Guillaume IV de Prusse n'en cherchait pas 
moins, a diverses reprises, k attirer M. a Ber- 
lin; en 1841, ce dernier avait accepte un enga- 
gement et avait elu momentanement domicile a 
Berlin; il y avait fait executer la musique com- 
posed, sur le desir du roi, pour Antigone, mais 
il etait revenu bientdt a son centre d'activite 
leipzicois. En 1842 encore, avec le titre de di- 
recteur general de la musique du roi, puis en 
1845, il passa quelque temps a Berlin et y din- 



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510 



MENDELSSOHN-BARTHOLDY 



gea des executions de la tausique d'CEdipe et 
d'Athalie. Mais en somme il resta k Leipzig, k 
part de coartes absences, motives par des 
concerts (hiver 1844-1845, k Francfort s/M.; 
aoiit 1846, premiere execution d'Elie, k Bir- 
mingham); douloureusement frappe par la 
mort de sa sceur Fanny, pour laquelle il avail 
une veritable adoration, il mourut quelques 
mois k peine apres elle. Les m&rites de M. ont 
ete rabaisses plus que de raison k la suite d'at- 
taques frvidemment exagerees, quoique basees 
sur l'observation critique fort justified d'une 
des faces de son talent : son penchant pour 
les expansions meiodieusement sentimentales, 
penchant qu'ont partag£ apres lui ses eieves 
directs ou indirects. M. n'en fut pas moins un 
genie createur de par la gr&ce divine, genie 
dont les oeuvres charment l'auditeur d'aujour- 
d'hui, autant qu'elles ont ravi celui d'il y a 
cinquante ans; de plus, il etait doue d'une re- 
marquable comprehension des oeuvres des 
grands classiques, et c'est k lui que revient l'hon- 
neur d'avoir ressuscite plus particulierement 
l'oeuvre de Bach* Dans l'oeuvre de Mendels- 
sohn (op. 1 4 72 imprimis pendant sa vie, 78 k 
121 posthumes, plus un certain nombre de com- 
positions ne portant aucun numero d'oeuvre), 
ilconvient de placer au premier rang les orato- 
rios : Paulm (1886) et Elias (1847), ce qui a ete 
cre6 de plus remarquable dans ce genre de- 
puis Hsendel et Haydn; viennent ensuite les 
ouvertures. de concert : Sommernachtstraum, 
op. 51; Hebriden, op. 26 / Fingalsh6hle] ; Afee- 
resstille und glUckliche Fahrt,op 27 ; Das M&r 
chen vonder schiinen Melusine, op. 82; Ruy- 
Bias, op. 95; TrompelenouvertUre, op. 101: et 
une ouverture pour musique d*harmonie, op. 
24; la musique (choeurs, etc.) pour Antigone, 
op. 55; Die erste Walpurgisnacht, op 60; Ein 
Sommernachtstraum, op. 61; Athalie, op. 74, 
et (Edipus auf Kolonos, op. 98; cinq sympho- 
nies (n° i, ut min., op. 11; n° n, symphonie- 
cantate Lobgesang, op. 52; n° ra, la min. 
[ecossaise], op. 56;n°iv,tomaj.[italienne],op # 
90; n° \,r6 maj. [symph. de la reformation], op. 
107). Le concerto pour violon (op. 64) est Tun 
des plus beaux specimens du genre, et les 
deux concertos pour piano (sol min., op. 25; 
et H min., op. 40) jouissent d'une grande fa- 
veur, ainsi que le Capriccio en si min., op. 22, 
le Rondo brillant, op. 29, et la S4r6nade, op. 48 
(touspour piano et orchestre). Les morceaux de 
musique de chambre occapent aussi au rang 
&lev£ dans l'oeuvre de M. : un octette pour instr. 
k archet, op. 20; deux quintettes, op. 18 et 87; 
sept quatuors (op. 12, 18, 44 [8 k 5], 80 et 81); 
un sextuor avec piano, op. 110; des quatuors 
avec piano, op. 1, 2, 8; des trios avec piano, op. 
49, 66; une sonate pour violon, op. 4; deux so- 
nates pour violoncelle, op. 45 et 58, et des Va- 
riations concertantes pour violoncelle et piano, 
op. 17. Mais les oeuvres les plus repandues 
sont sans aucun doute les compositions pour 
piano seul, et en premier lieu les Lieder ohne 
Worte(* Romances sans paroles »); hnit ca- 
hiers, op. 19, 80, 88, 58, 62, 67, 85 et 102); Ca- 



priccio, op, 5; CharakterstUcHe (morceaux de 
genre), op. 7; Rondo capriccioso, op. 14; Fhan- 
tasie, op. 15; Fantaisies, op. 16; Caprices, op. 
88; Kinderstilcke. op. 72; preludes et eludes, 
op. 104; Albumblatt, op. 117; Capriccto, op. 
118; Perpetuum mobile, op. 119; puis quatre 
sonates (op. 8, 28 [Phantasie, schottische So- 
nate], 105, 106); trois themes varies, op. 54 
(Variations strieuses), 82 (mi b&mol maj.); 88 
(si birnolmh]., aussi k quatre mains): Allegro 
brillant, op. 92 (quatre mains) ; six preludes et 
fugues, op. 85; un autre prelude avec fugue (mi 
min.) sans n° d'ceuvre. Puis, il faut ajouter 
trois preludes et fugues pour orgue, op. 87 
six sonates pour orgue, op. 65 ; quatre- vingt- 
trois lieder pour une voix avec piano ; treize 
duos (op. 68, 77, trois sans n° d'ceuvre, et 
le n° xn dans Top. 8); vingt-huit quatuors 
pour voix mixtes (op. 41, 48, 59, 88, 100); vingt- 
deux quatuors pour voix d*hommes (op. 50, 75, 
76,120, Nachtgesang, Stiftungsfeier, Ersatz fUr 
Unbestcmd); deux airs de concert (InfeUce! op. 
94, et un autre sans n* d'ceuvre); deux cantates 
de fete (An die KQnstler, pour choeur d'hom- 
mes et musique d'harmonie, et Zur Saccular- 
feier der Buchdruckerkunst [ Gutenberg-Kan- 
tale] pour choeur d*hommes et orchestre); six 
Spruche pour choeur k huit voix, op. 79; cinq 
Psaumes (xlh, xcv, xcvni, cxiv, cxv), pour 
soli, choeur et orchestre, et trois autres (n, xxn 
et xxm) a cappella a huit voix: des motets (op. 
28, pour solo, choeur et orgue); trois motets 
pour voix de femmes et orgue (op. 89); trois au- 
tres a cappella(op£&);Trauergesangpoxir chcenr 
mixte (op. 116); Xyriee/^'son pour double chceur; 
Lauda Sion avec orchestre, op. 78; Hymne>op. 
96 pour solo, choeur et orchestre (orgue); Tues 
Petrus, k cinq voix, avec orchestre, op. Ill; 
deux melodies religieuses, op. 112; deux choeurs 
religieux pour voix d'hommes, op. 115; des 
fragments d'un oratorio : Christus; des frag- 
ments de 1'opera Lorelei (final du l* r acte, Ave 
Maria, et choeur des vignerons); un c Singspiel > 
Heimkehr aus der Fremde, op. 89; deux mor- 
ceaux de concert pour clarinette, cor de basset 
et piano, op. 118 et 114; une romance sans pa- 
roles pour violoncelle et piano, op. 109: un 
duo coucertant pour deux pianos (en collabo- 
ration avec Moscheles); un arrangement de la 
« Chacon ne » (re min.) de Bach, avec piano; 
du c Dettinger Tedeum » et d* « Acis und Gala- 
thea » de Hsendel avec un accompagnement 
complete ; enfin un grand nombre d'oeuvres de 
jeunesse (entre autres onze symphonies pour 
orchestre a cordes et une pour grand orchestre, 
cinq petits operas, etc.) qui ne sont pas encore 
gravees. 

Les lettres de Mendelssohn ont ete pobliees 
par son frere Paul : Reisebriefe [1880 k 1882] 
(1861), et Brief e [1883 k 1847] (1868; trad, 
angl. par Lady Wallace); il a de plus paru 
huit lettres k M»« Voigt, 1871, d'autres dans 
les Musikerbriefen de Ludwig Nohl et dans 
les diirerentes biographies du maltre, dont les 
plus importanten sont : Lampadius, Felix Jf., ein 
Denkmal (1848, trad. angl. par Gage) et la meme 



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M&NESTREL - MERBECKE 



511 



augments sous le titre F.M.B.,einGesamtbild 
seines Lebens tmd Schafl ens (1886); Benedict, 
A sketch of the life and works of the late F. 
Af. (2* edit. 1853); J. Schubring, Reminiscences 
ofF. M. (1866); Ed. Devrient, JUeine Erinne- 
nmgen an F. M. (1869, trad, en angL par Mrs. 
Macfarren); Karl M. (fils aln6 de Mendelssohn), 
Goethe tmd F. M. (1871); F. Hiller, F. M. (1874). 
Cf. aossi S. Hensel, Die Famxlie M. (1879, 3 
vol), pais encore J. Eckardt, Ferdinand Da- 
vid tmd die Familie M. (1888) et F. Moscheles, 
Brief e vonM.-B. an Ignaz tmd Charlotte Mo- 
scheles (1888). Quant aux biographies de se- 
conde main, elles sont fort nombreuses, citons 
celles de : Era. David (Les M.-Bartholdy), A. 
Reissmann, E. Polko, ft La Mara (Studienktipfe), 
F. G\e\ch(Characterbilder,etc). Une excellente 
etude sur M. a paru dans le c Dictionary of 
music » de Grove. 

M6nestrel, nom que Ton donne parfois aux 
anciens troubadours ou trouv6res, k la fois 
poetes et musiciens. 

M6n6trier (en Angleterre Minstrel, c-i-d. 
serviteur), nom specialement reserve aux ser- 
viteurs musiciens des troubadours ; les m. exe- 
cutaient les chants composes par les trouba- 
dours (avec accompagnement de viole, ou bien 
aussi de vielle). Gependant on donnait aussi le 
nom de m. aux pontes et chanteurs, qui n'etaient 
pas d'origine noble {Troveors bastarts); celui 
de troubadour n'eiait applique qu'aux cheva- 
liers. Enfin le mot m. prit la signification ge- 
nerate de musician, et surtout de violoniste 
de bas Stage (joueur de viole). 

Mengal, Martin-Joseph, corniste virtuose et 
compositeur, n6 a Gand le 31 janv. 1784, m. 
dans la m&me ville le 3 juil. 1851, comme di- 
recteur du Conservatoire; il avait ete eieve, au 
Conservatoire de Paris, de Catel el de Reicha 
ainsi que, pour son instrument principal (cor), 
de Duvernoy. M. fit le? campagnes d*AUema- 
gne, en 1805 et 1806, fut ensuite corniste dans 
divers theatres de Paris, et, depuis 1825, dircc- 
teur de theatre k Gand, Anvers et La Haye. En 
1835, M. prit la direction du Conservatoire de 
Gand. U a 6crit plusieurs operas, de nombreu- 
ses oeuvres de musique de chambre, des con- 
certos et des duos pour cor, etc. 

Mengenwein, Karl, ne k Zaunroda, en Thu- 
ringe, le 9 sept. 1852: fut, de 1874 a 1886, pro- 
feBseur au Conservatoire W. Freudenberg, k 
Wiesbaden, en m£me temps que, de 1881 k 
1886, directeur de la « Society de musique sa- 
cr^e ». Depuis 1886, il dirige avec W. Freuden- 
berg un Institut de musique, k Berlin. II est en 
outre k la tete d'une societe chorale mixte et a 
recu en 1898 le titre de « directeur de musique 
royal ». M. a ecrit une op^rette : Schulmeisters 
Brautfahrt (Wiesbaden, 1884); une ouver- 
ture : Dornrdschen ; une cantate de fete : Mar- 
tin Luther; un Requiem, des chceurs pour voix 
de femmes, etc. 

Mengoizi, Bernardo, chanteur et composi- 
teur d'op6ras, n6 k Florence en 1858, m. k 
Paris en mars 1800; 616 ve de Pasquale Po- 
tenza, k Venise, il se fit d'abord connaltre sur 



diverses scenes italiennes, puis se produisit 
dans des concerts k Londres et a Paris, et de- 
vint Tun des principaux acteurs du ThMtre de 
Monsieur, forme de la reunion de 1' « Opera 
buffa » italien et de F« Opera-Comique » fran- 
cais, mais dissous de nouveau par la revolu- 
tion. M. a ecrit lui-m6me treize operas et un 
ballet pour le Theatre de Monsieur (Feydeau), 
le theatre Montansier, le theatre Favart et le 
Th^Atre-National. En 1794, M. fut nomme pro- 
fesseur au Conservatoire qu'on venait de fon- 
der; la Methods de chant du Conservatoire, 
publi£e apr£s sa mort par Langie, est en ma- 
jeure partie Toeuvre de M. 

Meno (itaL), moins ; m. allegro, m. forte f etc. 

Mensur (all.) v. diapason 2, perce, mensura 
et MESORE 2. 

Mensura (lat), denomination importante, dans 
la musique dite proportionnelle, pour les rap- 
ports de durfee des sons, etablis par les divers 
signes de mesure ; v. mesure, 2. 

Mensurable, syn. de proportionnelle, v. ce 
mot. 

Mentor, 1. Joseph, c£16bre violoncelliste, n6 
k Deutenkofen, pres Landshut (Bavi^re) le 19 
janv. 1808, m. k Munich le 18 avr. 1856 ; fut 
d'abord membre de la chapelle de la Cour k 
Hechingen et, depuis 1833, de l'orchestre de la 
Cour k Munich. M. s'est acquis, dans des tour- 
n6es de concerts en Allemagne, en Belgique, en 
Angleterre, en Autriche, etc. la reputation d'un 
excellent virtuose. — 2. Sophie, fille du prece- 
dent, nee k Munich, le 29 juil. 1846 ; excellente 
pianiste, eieve de Fr. Niest (Munich), Billow et 
Liszt, mariee en 1872 au violoncelliste Popper 
(separee en 1886), fut quelques ann6es (jus- 
qu'en 1887) professeur an Conservatoire de 
St-Petersbourg et vit maintenant, dans les 
moments de loisir que lui laissent ses tournees 
de concerts, en sa villa d'ltter, en Tyrol. 

Menuet, (Minuetto\ ancienne forme de dause 
frangaise, ne fut cependant admise dans la mu- 
sique artistique qu'd partir de Lully. Le m. 
s'ecrit en mesure ternaire ; il etait k I'origtne 
d f un mouvement tre& inoder&, empreint a la 
fois de noblesse et d'une certaine pr£ciosit£, 
sans qu'il fut toutefois pourvu d'ornements 
(dont la sarabande, elle, etait surcharg6e). Le 
menuet bien counu du « Don Juan >, de Mozart, 
est un veritable modeie du genre de l'ancien 
m. Bach et Haendel introduisirent parfois le m. 
dans la suite ; ils en firent alors le plus souvent 
le morceau intercaie dans la regie entre la 
sarabande et la gigue. Haydn de son cOte Tin- 
corpora k la symphonie, en lui imprimant une 
allure un peu plus acceieree, un caractere 
jovial et capricieux, tandis que Mozart y met- 
tait plus de grace et de douceur. Beethoven, 
exagerant encore les tendances de Haydn, 
transforma le m. en « scherzo » (v. ce mot) ; il 
entend alors par tempo di minuetto un mou- 
vement plus modere, analogue k celui de l'an- 
cien m. 

Merbecke (c*est ainsi que, d'apres le « Dic- 
tionary » de Grove, il faut ecrire ce nom, non 
pas Marbeck, comme Font fait Fetis, Mendel, 



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512 



MERCA.DANTE — MERKEL 



etc.), John, organiste delaChapelle St-Georges, 
A Windsor, calviniste, fut condamnS A mort en 
1544, pour b6resie, mais r&ussit a se faire 
gr&cier. II devint en 1550 T> mus. de l'Univer- 
sit6 d'Oxford, et mourul en 1585 ; il est l'auteur 
du Boohe of common prayer noted (1550), le 
premier recueil de chants anglican (r6imprim6 
en fac-simil£ en 1844, ainsi qu'en 1845, par 
Rimbault, et en 1857, par Jebb, dans le vol. II 
des Choral responses and litanies). Une Messe 
de M. est conserve dans les Musical extracts 
(manuscrits) de Burney, et une hymne A trois 
voix, reproduite dans 1' « Histoire de la musi- 
que » de Hawkins. 

Mercadante, Giuseppe - Saverio - Raffable, 
compositeur d'operas italien tr6s en vogue de 
son temps, n6 A Naples le 36 juin 1797, m. dans 
la m&me ville le 17 d6c. 1870; Alive de Zinga- 
relli au « Real collegio di musica » (form6 par 
la fusion des conservatoires ant&rieurs A Na- 
ples), debuta en 1818 au « Teatro del fondo » 
avec une cantate, et en 1819, au th&Ltre San 
Carlo avec Lapoteosi cCErcole. En 1820, suivit 
l'opera bouffe : Violenza e costanza ; puis avec 
un succ&s toujours croissant, M« 6crivit operas 
sur operas (en tout pr6s de soixante) pour 
Rome, Bologne, Milan, Venise, Vienne (1824), 
Madrid (1827), Lisbonne (1829), Paris (1836), 
etc., s6journant toujours, comme c'6tait la cou- 
tume chez les compositeurs d'op&ras italiens, 
dans la ville pour laquelle il 6crivait. En 1838, 
M. devint mattre de chapelle du D6me de No- 
vare, en 1839 de celui de Lanciano, et en 
1840 directeur de Y « Ecole royale de musique » 
de Naples. A Novare il perdit l'usage d'un ceil 
et ne conserva Tautre qu'i force de soins; il 
continua cependant A composer et A dieter ses 
oeuvres. En 1862, il devint m6me complement 
aveugle. Plusieurs operas de M.,ontparu en 
partition de piano : Etisa e Cla\tdio(\Wll)>La 
donna Caritea (1826), / Normarmi a Parigi 
(1881), IsmaUia (1832) et 11 giuramento (1887), 
ainsi que de nombreux airs, des duos, etc. d£ta- 
ch£s d'autres operas. En dehors de la sc£ne, M. 
a 6crit des oeuvres de tous genres: environ vingt 
Messes, une cantate : Le sette parole pour 
quatre voix solo, chopur et quatuor A cordes ; 
des psaumes, des motets, deux Tantum ergo A 
cinq voix avec orchestre, et d'autres morceaux 
de musique d'6glise, plusieurs cantates de cir- 
constance, des hyunnes (dont un A Garibaldi, 
1861), des fantaisies et des morceaux de genre 
pour orchestre (11 lamento deU' Arabo, 11 la- 
mento del bardo, L aurora, La rimembranza, 
etc.), plusieurs Omaggi, c.-d-d. symphonies 
fundbres: a Donizetti, a Bellini, a Rossini, a 
Pacini ; des romances pour violon et d'autres 
morceaux de musique instrumental ; des ro- 
mances innombrables et beancoup de solfeges 
pour le Conservatoire de Naples. 

Mercadier, Jean-Baptistb, (M. dk Belesta, 
ainsi nomm6 d'apr&s son lieu de naissance), n£ 
A Belesta (Artege) le 18 avr. 1750, m. a Foix le 
14 janv. 1815 ; ingenieur, et, dans ses moments 
de loisirs, th£oricien musical, a 6crit : Nouveau 
systeme de musique theorique et pratique 



(1776, d6di6 A d'Alembert;, un ouvrage qui, il 
est vrai, critique fortement les syst&mes de 
Tartini et de Rameau, mais se rapproche beau- 
coup de celui de ce dernier. 

Mlreaux, 1. Jean- Nicolas- Am6d&e- Lefroid 
de, n6 A Paris en 1745, m. dans la m&me ville 
en 1797 ; organiste et compositeur d'operas, a 
6crit pour Paris, de 1772 A 1793, neuf operas et 
op£rettes (dont sept ont 6t6 repr^senWs), ainsi 
que plusieurs oratorios, cantates, etc — 2. 
Joseph-Nicolas Lefroid de, fils du precedent, 
n6 A Paris en 1767; organiste et pianiste, $u- 
teur de sonates pour piano seul et avec d'autres 
instruments. — 3. jEAN-AufcDftB Lefroid de, 
fils du prudent, n£ A Paris en 1803, m. A 
Rouen le 25avr. 1874 ; pianiste et musicographe 
de mfrite, &&ye de Reicba, a public en 1867 
une pr£cieuse collection d'ancieune musique 
de piano : Les davecinistes de 1637 a 1790 ; 
outre ceci, il a fait paraitre un certain nombre 
d'eeuvres originates pour piano, des morceaux 
de chant et de la musique d'^glise. 

Merk, Joseph, excellent violoncelliste, n£ a 
Vienne le 18 janv. 1795, m. dans la mAme ville 
le 16 juin 185*2; 61&ve de Schindlocker, admis 
en 1818 comme premier violoncelliste dans 
l*Op6ra de Id Cour, A Vienne, devint en 1823 
professeur de son instrument au Conservatoire 
des Amis de la musique, et fut nommd en 1834, 
virtuose de la cbambre imperiale. II s'est aussi 
fait un nom dans plusieurs tourn£es de con- 
certs et a public un concerto, un concertino, 
plusieurs morceaux de concert, des variations, 
ainsi que deux recueils d'6tudes tr&s estim&es 
(op. 11, op. 20) pour son instrument 

Merkel, 1. Gustav- Adolf, excellent orga- 
niste, n6 & Oberoderwitz, pr6s Zittau, le 12 nov. 
1827, ou son p£re etait mattre d* A cole el orga- 
niste, m. A Dresde le 30 oct 1885 ; Stove de 
J. Otto(contrepoint) et de Job. Schneider (or- 
gue) A Dresde, il devait A K. Reissiger et A R. 
Schumann les encouragements et lesconseils les 
plus precieux. Apr&s avoir £t£ quelques anuses 
maltre dans une 6cole de Dresde, il devint orga- 
niste A l'6glise de l'Orphelinat, A celle de la 
Croix, et en 1864, organiste de la Cour A l*6glise 
catholique dela Cour; il dirigea, de 1867 A 1873, 
la t Singakademie Dreyssig » et fut, A parti r de 
1861, professeur au Conservatoire de Dresde. 
M. 6tait excellent organiste et remarquable 
compositeur pour l'orgue. D a publte neuf so- 
nates pour orgue (op. 30 [A quatre mains avec 
double pSdale], 42, 80, 115, 118, 137, 140, 178, 
183), une m&bode d'orgue (op. 177), trente Etu- 
des pour la technique du p£dalier (op. 182), 
trois fantaisies pour orgue et un grand nom- 
bre de preludes de chorals, de fugues, etc. ; la 
sonate op. 30 a 6t6 couronn&e en 1838, par la 
« Mannheimer Tonhalle •. M. a aussi publie 
des morceaux pour piano, des lieder, des mo- 
lets, etc Cf. Janssen, G. M. (1887). — 2. Karl- 
Ludwtg, D* med., professeur A TUniversite de 
Leipzig, s'est occupe lr6s sdrieusement des 
fonctions des organes du chant et a publie : 
Anatomie und Physiologie des menschlichen 
Stimm-und Sirrachorgans (« Anthropophonik » 



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MERKUN — MERULO 



513 



I 



11856, 2* 6d. 1863]); Die Funktionen des men- 
schlichen Schlund-wnd Kehlkopfes (1862). 

M erklin, Joseph, c£16bre facteur d'orgues,n6 
A Oberhausen (Grand duch£ de Bade) le 17 janv. 
1819, 616ve de son pAre qui 6tait facteur d'or- 
:gues A Fribourg en Br. ; il travailla chez 
Walker, A Ludwigsburg et s'&ablit, en 1843, A 
Brnxelles, oil il obtint dijA, en 1847, une m£- 
<daille ^'Exposition nation ale. La meme annee, 
il lit venir son beau-fr£re,F.Schatze,dans son 
<6tablissement, s'associa avec lui, et agrandit 
«en 1858 sa maison, sous la raison sociale 

< M. Schtltze et O » ; ils acbetdrent, en 1855, la 
fabrique Ducrocquet (v. Daublaine),& Paris, et 
•entretinrent ainsi deux grands ateliers A Bruxel- 
4es et Paris. A partir de 1858, ils prirent le nom 
«T t Etablissement anonyme pour la fabrica- 
tion des orgues, etablissement M.*Schtltze ». A 
cette dpoque, celte maison fut Tune des plus 
Tenomm6es du monde. Parmi le grand nombre 
^'instruments tr&sremarquables qu'ils ont cons- 
tants, citons seulement : les orgues dela cath6- 
drale de Murcie et celles de St-Eustache, A Paris. 

Mersenne, Marie, moine franciscain A Paris, 
u£ A Oiz& (Maine) le 8 sept 1588, m. A Paris le 
l^sept. 1648; hormis trois voyages en Italie 

< 1640- 1645), il eut une vie tr£s s&dentaire, mais 
correspondit avec les savants les plus renom- 
m£s de son temps: Doni, Huygens, Descartes, 
«tc, et s'occupa surtout de philosophic, de phy- 
sique et de musique. lies Merits de M. sont, 
malgr£ leur manque de sens critique et de con- 

- naissances scientifiques r£elles, une mine in6- 
puisable de donn6es pour l'histoire de la musi- 
que du xvn* s., surtout son ouvrage principal : 
Harmonie tmwerselle (1636 A 1637, deux in- 
folio de plus de quinze cents pages, avec d'in- 
nombrables illustrations et exemples de musi- 
que ;cet ouvrage contient entre autres, dans un 
Traiii des instruments, des descriptions et 
reproductions detailtees de tons les instru- 
ments du xvn« 8.). Ne pas confondre avec cet 
ouvrage, celui qui avait paru dix ans aupara- 
vant dAjA : le TraiU de (harmonie universelle 
<487 pages) qu'il ne faut consid6rer que comme 
un prtcurseur de l'ouvrage principal, de m£me 
queries suivants : Questions harmoniques 
(1684) ; Les preludes de V harmonie universelle 
<1684) et Harmonicorum libri X2/(1635 [1636] , 
Edition augments, 1648). Son ouvrage antl- 
rieur: Quaestiones celeberrimae in Genesim 
•(1623), traite surtout de la musique chez les 
H6breux. De m6me ses Questions tfiiologiques, 
physiques, morales et mathimatiques (1634), 
Les mecaniques de Galilei (1634) et Cogitata 
jphysico-mathematica (1644, 3 vol.) contiennent 
■di verses notices relatives A la musique. 

Mortens, Joseph, compositeur beige, n& a 
Anvers le 17 f6vr. 1834, premier violoniste de 
l'Opira de cette ville et professeur de violon au 
-Conservatoire, a fait reprSsenter a Anvers, 
Bruxelles (oil il dirigea, de 1878 A 1879, l'0p6ra 
flaoaand) et en Hollande, depuis 1866, une s£rie 
<Toperas flamands, en un acte, qui ont rencon- 
Ir6 un grand succes aupres de ses compatrio- 
*es. Un seul, Der schwarze Kapitdn (1877), a 

DIGTIONHA1RB DE MUSIQUE. — $1. 

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trouv6 le chemin de l*6tranger et n'a eu, en 
Allemagne, oil il fut donn£ qu'un mediocre 
succes. On connait,eu outre, de lui, un oratorio : 
Angelu$(1876) et un grand nombre de romances 
et d'oeuvres instrumentales de diverses sortes. 

Mertke, Eduard, pianiste et compositeur, 
n6 a Riga, le 7 juin 1833, m. dans la m£me 
ville le 25 sept. 1895 ; v£cut comme maltre de 
musique A Wesserling en Alsace, a Lucerne et 
enfln a Mannheim, jusqu'a ce qu'en 1869 il fut 
appel£ comme professeur de piano, A Cologne. 
Parmi ses compositions, on connalt : un opira: 
Lisa oder die Sprache des Her sens (represents 
A Mannheim, 1872), une cantate : Des Liedes 
Verklarung (grav&e), une collection de chants 
populaires russes, des morceaux pour piano, 
des Techmsche Vebungen pour piano, ainsi 
qu'une edition des ceuvres de Chopin. 

Hernia, Tarquinio, Tun des premiers com- 
positeurs pour le violon et promoteur de la 
technique de cet instrument; <Hait en 1628. 
premier violon-solo d'eglise A Cr6mone et 
devint plus tard maltre de chapelle de Ste- 
Marie-Majeure, dans sa ville natale, Bergame. 
n a publie, de 1623 A 1639, outre plusieurs vo- 
lumes de Messes, des motets et des madrigaux, 
avec instruments : Canzoni owero senate per 
chiesa e camera a2 eS (quatre recueils, 1637) ; 
ses Concerti spiritual^ de 1628, ainsi que le 
Pegaso musicale, de 1640, contiennent aussi 
quelques sonates. 

Marulo, Claudio, c&ebre organiste et com- 
positeur, n6 A Corregio (d'ou le nom de da Cor- 
regio qu'on lui donne aussi) au commencement 
d'avril (baptist le 8 avr.) 1533, m. A Parme le 
4 mai 1604 ; se nommait en r£alit£ « Merlotti », 
mais se faisait appeler M. D re?ut son Educa- 
tion musicale d'abord d*un musicien frangais, 
Menon, puis de Girolamo Donati; il devint ensuite 
organiste A Brescia, puis en 1557 second et, en 
1566, premier organiste de l'6glise St-Marc, A 
Venise (successeur d'Annibale Padovano). D 
resta a ce poste tr£s honors jusqu'a ce qu'en 
1596 le due de Parme, Banuccio Farnese, lui 
eut offert les fonctions d'organiste de la Cour. 
I^es compositions de M. qui nous ont et6 con- 
servees sont: deux recueils de madrigaux A 
cinq voix (1566 [1579, 1586], 1604); un recueil 
de madrigaux A quatre voix et un A trois voix 
(1579, 1580) : deux recueils de motets A cinq 
voix (Sacrce cantione* [1578J ; trois recueils 
de motets a six voix (1583 [1595], 1593, 1606); 
Ricercari da cantare a 4 voci (vol. II et III, 
1606, 1608 ; le dernier public par le petit-fils de 
M., Hiacinto Merulo) ; un recueil de Canzoni 
alia francese (1592; il s'en trouve un exem- 
plaire A la bibliothdque de 1' University d*Upsal). 
L'importance de M. dans l'histoire de la musi- 
que reside surtout dans ses compositions pour 
orgue, qui comptent parmi les plus anciens 
monuments d'un style instrumental indepen- 
dant; ce sont: ToccatedHntavolaturatforgano 
(1604, deux livres), et Ricercari cfintavolaUiro 
dorgano (1605). Cf. Catelani, Meynorie delta 
vita e delle opere di C. M. (18(>0) et Quirino Bi- 
gi, Di' C. M. da Corregio (1861). 

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514 



MERZ — MESTRINO 



Merz, Karl, ne k Bensheim, pr^s Francfort 
s./M., le 10 sept. 1836, m. a Wooster en 1890 ; 
partit en 1853 pour Philadelphie et v6cut des 
lore comme professeur de musique appreci£, 
dans plusieurs villes d'Am^rique. II a paru de 
lui des conferences sur la musique, sous le litre: 
Music and Culture. 

Mese, v. grecque (musique G.), p. 299. 

Mesnard, LfeoNCE, critique d'art, ne a Ro- 
chefort (Charente-Inf.) le 14 f6vr. 1826, m. k 
Grenoble le 13 mai 1890 ; entra d'abord dans 
la carriere administrative, fut auditeur puis 
inaflre des requ&tes au Conseil d'Etat, mais 
vers 1865, se voua definitivement aux lettres. 
Des lors il collabora, par des Etudes de litera- 
ture on d'art, k la « Gazette des Beaux- Arts », 
A T c Art », puis a des revues de musique : 

• Renaissance musicale*, « Guide musical*, 

• Musique populaire >, etc. M. a donne entre 
autres travaux de valeur, sur la musique : Un 
successeur de Beethoven (etude sur R. Schu- 
mann; 1866). Essais de critique musicale 
(1888). Un volume d'essais, comprenant les 
Etudes que nous venons de citer, et d'autres en- 
core, a paru apr£s la mort de l'auteur, en 
1892. 

Messa di voce (ne pas confondre avec mezza 
voce), nom que donne l'ecole de chant italienne 
k remission faible d'un son, augments ensuite 
jusqu'au € fortissimo, » puis de nouveau dimi- 
nu£ jusqu'au « pianissimo. » Get effet est indi- 



que par 



sur les notes ton- 



gues. Le m. d> v est Tune des etudes techniques 
les plus importantes pour le chanteur. Of. vo- 
cal. 

Messanza, (Hal), syn. de quolibet, v. ce mot. 

Messe, (lat. Missa, itaL Messa, angl. Mass, 
allem. Messe), 1'acte le plus important du culte, 
dans reglise catholique, car c'est pendant la 
m. qu'a lieu la consecration de l'eucharistie. 
Le mot m. provient du fait que primitive- 
ment les catechumenes et les penitents, qui ne 
devaient pas assister k cette partie du culte, 
etaient engages k se retirer par les mots : lie 
missa est {ecclesia] (« Allez ! [l'assembieej est 
congediee ♦), prononces par le pretre, avant la 
consecration C'est pour la meme raison que 
la premiere partie de la m., allant jusqu'au sa- 
crifice, portait autrefois le nom de « m. des Ca- 
techumenes >, tandis que la seconde partie etait 
la m. « des croyants » (Missa fidelium). On dis- 
tingue, en outre, des m. basses et des grand'mes- 
ses ou offices (Missce cantatas, dans lesquelles, 
le pretre officiant et ses assistants prennent 
part, en plus du chceur, k l'execution vocale ; 
Missw solemnes, dans lesquelles le diacre et le 
sous-diacre s'ajoutent encore aux precedents); 
c'est settlement dans les grand'messes que la 
musique occupe une place et qu'un ensemble 
de morceaux forme la m. proprement dite au 
point de vue musical. Le pretre chante les pre- 
mieres paroles du Gloria et du Credo, les 
oraisons (collectes, etc.), 1'epltre, l'evangile, la 
preface, le Pater noster, le lie missa est ou 
Benedicatrtus domino elle Doniinus vobiscutn: 
quant au choiur, il execute l'lntroit, le Kyrie, 



le Gloria, le Credo, l'olfertoire, le Sanctus, le 
Benedictus, V Agnus dei\ la communion et les 
differents repons. En tant qu'oeuvre d'art mu- 
sicale, polyphonique, la m. ne se compose que 
de cinq parties essentielles : Kyrie, Gloria^ 
Credo, Sanctus (acccompagne du Benedictus) 
et Agnus dei. Pour ce qui concerne plus parti- 
culierement la Missa pro defunctis (m. des 
morts), v. le mot requiem. — A l'origine, tous 
ces chants, y compris ceux du chceur, etaient 
executes k Tunisson sur des melodies grego- 
riennes, comme le graduel, l'alieiuia, etc. Mais 
avec le developpement de la musique polypho- 
nique, avec Fappareil toujours plus pompeux 
des ceremonies du culte catholique, la m. re^ut 
aussi une contexture musicale plus riche et 
plus variee. C'est dans les m. par consequent 
que, dans la periode de haute floraison du style 
imitatif (xv* et xvi« s.), les maltres du contre- 
point reveierent toute leur science (v. contre- 
point). Apres la reaction qui se produisit con- 
tre l'albus des artifices conlraponliques (Pales- 
trina), on chercha une sorte de derivatif consis- 
tant en une augmentation notable du nombre 
des voix : le xvn« et le xvm* s. virent apparaltre 
les m. pour double chceur de huit k douze voix, 
k seize, k vingt-quatre, voire meme k un plus 
grand nombre de voix. D'autre part le develop- 
pement que prit la musique instrumental don- 
na narssance k un grand nombre de conibinai- 
sons nouvelles. L'eglise protestante n'a d'une 
maniere generate, pas admis la m. dans son 
culte ; toutefois le culte lutherien fait usage de 
la m. dite « m. breve » (Missa brevis) et com- 
posee uniquement du Kyrie et du Gloria. 

Messel (arabe, c.-A-d, mesure), nom que les 
theoriciens arabes et persans (Mahmoud Schi- 
rasi, etc.) donnaient k leur mode particulier de 
determination des intervalles musicaux. Ce mo- 
de consiste a exprimer le son le plus grave 
d'un intervalle sous la forme d'un multiple du 
plus aigu (d'apres la mesure de longueur des 
cordes) : par ex. le m. pour Toctave, dont le son 
inferieur est fourni par une corde ayant une 
longueur double de celle de son superieur, est 
2 (2 m.); pour la quinte, il est '% (M + Vi), etc 
La theorie du m. est interessante au plus haut 
degre, par le fait qu'elle etablit la consonnance 
de la tierce majeure, de la tierce mineure, voire 
meme des sixtes majeure et mineure, k une 
epoque (au xiv« s., si ce n'est m6me longtemps 
auparavant) ou les theoriciens occidentaux sVn 
tenaient encore k la theorie grecque des inter- 
valles. Cf. Kiesewetter, Die Musih der Araber 
und Perser, et les corrections qu'il y a a faire 
k cet expose, dans Riemann, Studien sur 
Geschichte der Notensdirift, p. 77-85. 

Mestdagh, Karel, ne k Bruges le 22 oclo- 
bre £850, eieve de Waelput, van Gheluwe et 
Gevaert ; compositeur (ouverture: Les noces 
cTAttila; ouverture de fete; chceur et orcheslre: 
Lensfeier et Vryheidshymne, lieder, etc.). 

Mesto (itaL), triste. 

Mestrino, Niccolo, violoniste et chef d'or- 
chestre, ne k Milan en 1748, m. k Paris en sept. 
1790; fut d'abord violoniste de la chapelle du 



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MESURE 



515 



prince Esterhazy, puis chez le comle Erdddy, 
et se fit un nom dans des touroees de concerts 
en Ilalie et en Allemagne. II se rendit, en 1786, 
k Paris et y remporta nn grand succ6s, au Con- 
cert spirltnel. D resta des lors k Paris, 
comme professeur de violon et prit, en 1789, 
la place de chef d'orchestre au t Theatre de 
Monsieur. » M. a public douze concertos pour 
violon, un certain nombre de duos de violons 
(op. 2, 8, 4, 7), des etudes et des caprices pour 
violoncelle seul et des sonates pour violon 
avec basse chiffree. 

Mesure, 1. (sll.Takt, dulat tactus, v. ce 
mot), designation de certains rapports metri- 
ques, dans la musique ; cf. sur les differentes 
sortes de m., sur le fractionnement de chaque 
m,, ou au contraire l'assemblage de plusieurs 
m. en une unite d'ordre superieur, les mots 

M&TRIQUE, RYTHME et PHRASfe. — 2. (all. M&lSUr, 

lat tnensura), notion actuellement vieillie mais 
d'une tres grande importance historique, en 
tant que determination des rapports de duree 
des diverses valeurs de notes, suivant l'indica- 
tion de m., dans la musique dite proportionnelle 
(v. ce mot). D'une maniere g^nerale, on distin- 
guait entre m. ternaire, appelee parfaite (men- 
sura perfecta, par rapport a la sainte Trinity, 
et m. binaire, appelee imparfaite {mensura im- 
perfecta). Lorsque la m. parfaite etait indiquee, 
cbaque note valait trois fois la note de valeur 
immediatement inf^rieure, ex : une longue va- 
lait trois braves ; lorsque la m. etait imparfaite, 
la longue ne valait que deux breves. Mais il y 
avait en outre toute une serie de combinaisons 
possibles de m. ternaires et binaires, ainsi 
lorsque la longue valait bien trois breves (mo* 
dus perfectus), mais la br&ve deux semi-braves 
seulement (tempus imperfectum). La valeur 
ternaire de la br£ve s'indiquait au moyen d'une 
circonference 0» * a valeur binaire au moyen 
d'une demi-circonference Q ; ce dernier signe 
s'est du reste conserve jusqu'd nos jours, 
comme indication de la mesure 4 4 /v 

Au debut de chaque morceau de musique, un 
nombre place immediatement apr^s la clef et 
Tarmure indique le metre, c-i-dire la distance 
qui separe les temps forts des motifs, la dur6e 
de chacun des temps et le mode de leur divi- 
sion. Ainsi qu'on le trouvera expose au mot 
« m&rique », les mesures doivent etre au fond 
choisies de telle sorte que chacune d'elles ren- 
ferme deux, resp. trois temps reels. Toutefois 
les compositeurs se servent fr^quemment d'une 
orthographe musicale qui, entre deux barres 
de m., ne place qu'un seul temps (procede 
d'un usage courant dans les mouvements ra- 
pides), ou tout au contraire plusieurs mesures 
proprement dites qui, groupies par deux (ra- 
rement par trois), forment la mesure indiquee. 
L'indication de mesure usuelle de nos jours 
donne, sous la forme d'une fraction, le nombre 
de temps, en ne faisant malheureusement pas 
ressortir assez les unites de temps reelles. 
Pour autant que les subdivisions sont binaires, 
elles ne sont jamais indiqu£es ; par contre, 
aussitdt que la subdivision devient ternaire, les 



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valeurs de notes qui se groupent par trois ap- 
paraissent dans l'indication de m. ( 3 / 8 , 6 / 8 , °/ 16 , 
etc.) et dissimulent le nombre des unites de 
temps proprement dites. II n'existe en somme, 
d'apr&s le nombre des unites de temps reelles, 
que deux sortes de m. essentiellement differen- 
tes: la mesure binaire et la mesure ternaire; 
mais chacune d'elles pent apparaitre sous les 
formes les plus varices, ainsi : 

A. La mesure binaire comme */ 4 , ^ (*/*), 
*/8> 6 /8( avec subdivision ternaire de chaque unite 
de temps qui est des lors une J au lieu d'une 

J ), 6 / 4 (unite de temps = I ), 6 / lfl (unite de 
temps = J^ ), ou encore par la reunion des me- 
sures reelles deux & deux, comme C (V4), Es3 
( 4 W, % »/ 8 ( 4 J ), rarement «/ 4 ( 4 ^ ), te- 
quemment w / 16 ( 4 y ), ou enfin, grace au 

choix de mesures trop petites ne conlenant 
chacune qu'une seule unite de temps, comme 
*I A (lorsqu'on compte [ou bat] les blanches), 
*/ 8 (lorsqu'on compte les noires), 3 / 8 (lorsque 
l'unite de temps est une J ), etc. 

B. La mesure ternaire comme 3 / 4 , 3 /2, 3 / 8 , 3 /,, 

9 /a( 8 J. K 9 /ie,( 8 JJ K 9 /4 ( 3 J ), ouencore, 
par la reunion des mesures r6elles deux A deux, 
comme % •/* •/»«% ( 6 J ), »/ M ( 6 J^ ), ou 

enfin, gr&ce au choix de mesures trop petites 
ne renfermant chacune qu'une seule unite de 
temps, comme 2 / 4 (lorsqu'on compte les blan- 
ches), 3 / 4 (unite de temps = I ), 3 / 8 (unite de 
temps = j ), 3 / i6 (unite de temps =s h ); ces 

quatre derniers cas ne se presentent, il est vrai, 
que sous la forme de ritmo di tre battute, ce 
qui revient a dire que trois mesures de la 
notation sont necessaires pour former une me- 
sure proprement dite, soumise aux lois de la 
metrique. 

Un derive important, ou peut-etre bien au 
contraire la forme originelle de la m. ternaire 
(v. MfcTRiQUE), est la m. A temps inegaux, ainsi : 

3 / 4 comme J ( L c.-&-d. avec une noire (leve) 

et une blanche (temps fort) alternativement 
comme unites de temps; ou de m&me: 

3 / 8 comme J ] j 

3 /* comme , etc. 

Les compositeurs feraient bien d'indiquer, 
au debut d'un morceau, les temps qui sont uni- 
tes de temps ; au lieu de ceci, on rencontre me- 
medes indications metronomiques telles que 
J 40, = valeur que personne ne saurait esti- 
mer surement, sans le secours du metronome 
(au lieu de J = 120, ou encore mieux I | J 
sans autre indication). Ecrire par ex. • = KM), 
A la place de J =■ 80 serait egalement errone, 

car ce systeme fait necessairement meconna:- 
tre le caraclere alia brave du morceau. 

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516 



METASTA.SIO — METHFESSEL 



La musique proportionnelle primitive (jus- 
qu'A la fin du xur s.) ignorait toute [indication 
de mesure ; les xu* et xm e s. ne connaissaient, 
da reste, qu'une esp6ce de m. : la mesure ter- 
naire. S'il est vrai que les anciens troubadours 
chantaient aussi en m. binaires, il est bon de 
remarquer d'autre part que leur notation 6tait 
tr& libre et tr&s imparfaite. Dans le courant du 
xiv« s. seulement, alors que, secouant les liens 
d'une tbforie dogmatique, la musique d'£glise 
se developpa vigoureusement, la m. binaire 
apparut A c<M6 de la m. ternaire; les signes 
d'indication de m. devinrent d'autant plus 
n&cessaires que les barres de m. 6taient encore 
inconnues. Le plus ancien signe de mesure est 
celui qui indique la valeur parfaite (ternaire) 
ou imparfaite (binaire) de la br&ve: 

O Tempus perfectum ( H = 3 ♦) 
C Tempus imperfectum ( |3| = 2 ♦) 
La br&ve valait, du xiv e au xvi« s., A peu pr£s 
notre ronde actuelle, ou la longue des xu« et 
xm* s., c.-A-d. qu'elle repr£sentait une mesure, 
dans le sens* que nous donnons aujonrd'hui 
A ce mot. II s'agit par consequent, lorsque Ton 
transcrit d'ancienne musique en notation mo- 
derne, de proc£der A la reduction proportion- 
nelle des valeurs des notes, afln de ne pas com- 
pliquer inutilement la conception des rapports 
rythmiques. Le tempus perfectum correspon- 
dait done, si nous adoptons la reduction de moi- 
ti^ t a notre mesure 3 / f ; le tempus imperfectum 
A */* Une indication suppl6mentaire de la va- 
leur binaire ou ternaire de la semi-br&ve ne 
tarda pas A paraltre ; on adopta, comme signe 
de la valeur ternaire, un point plac£ dans le si- 
gne de mesure : O Prolatio major (o •— 3 ^) 
dans lam. parfaite, G t*rolatiomajor(+=§ty 
dans la mesure imparfaite. L*absence de ce 
point indiqua d&s lors r&guli&rement la division 
binaire de la 9em\-brkxe (Prolatio minor). Nous 
obtenons ainsi : Q iquivaut A notre mesure 

*?* G = fl * O = 3 '* C = *k ( 4 / 4 ). Chacun 
de ces signes pouvait en outre dtre barr£ (v. 
diminution), pour indiquer un mouvement plus 
rapide du double. Le signe barr& du lempus 
imperfectum est encore en usage de nos jours, 

avec la m&me signification, Jjj^ (mesure alia 
breve); le signe non barr£, mais renversS ^ 
(hemicirculus inversus) avait exactement le 
m£me sens. Quant au mode de subdivision des 
valeurs interieures A la semi-br&ve, son indica- 
tion 6tait superfine, car il 6tait admis comme 
toujours binaire. Par contre, les th^oriciens ne 
manqu£rent pas d'6tablir des signes de mesure 
pour la valeur de la longue, voire m&me de la 
maxime, mais aucun d'eux ne passa dans la 
pratique(v. mode 3). Cf. au sujetdes signes tr^s 
divers adopts par les th£oriciens, mais dont 
quelques-uus seulement (ceux que nous venons 
de mentionner) devinrent d'un usage g£n£ral: 
Riemann, Sludien zur Geschichte der Noten- 
schrift (p. 254 et suiv.) Les fractions qui ftaient 
employees alors (|» 6 , - )n'ont aucun rapport 



avec celles que nous avons adoptees comme si- 
gnes de mesure (cf. proportion). 

Metastasio, Pietro-Antonio-Dom.-Bonaven- 
tura, le plus c616bre et le plus fecond des libret- 
tisles, n£ A Assise le 13 Janvier 1698, mort 
A Vienne le 12 avril 1782, s'appelait en r6alite 
Trapassi, mais traduisit son nom de famille 
. en grec, sur les instances de son protecteur 
! Gravina. Parmi ses nombreux po£mes, nous 
citerons ici les drames musicaux : Didone 
abbandonata, Siface, Siroe, Catone in Utica, 
Ezio, Semiramide riconosciuta, Alessandro 
nell Indie, Artaserse, Demetrio, Adriano in 
Siria 9 lssipile, Olimpiade, Demofoonte, La 
clemenza di Tito, Achilte in Sciro, Giro rico- 
nosciuto, Temistode, Eenobia, Attitio Regolo, 
Ipermnestra, Antigone, II re pastore, Ueroe 
Cinese, Nitteti, 11 triomfo di Clelia. Romoio 
ed Ersilia, Ruggiero; de plus, les « feste tea- 
trali », « azioni teatrali », « drammatici compo- 
nimenti », etc. : La contesa de* Numi, Enea 
negV Elisei, Lasilo d'amore, Le Cinesi, un 
« Componimento drammatico • sans titre (com- 
post en 1735, parCaldara), Le Grazie vendica- 
te, 11 paMadio conservato, 11 sogno di Scipione, 
11 Parnasso accusato e diffeso, La pacefra la 
virtu e la bdlezza, Astrea placata (s£r6nade), 
11 natale di Qiove, Lamorprigionero, 11 vero 
ommaggio, Im rispettosa tenerezza, Uisola 
disabitata, Tributo di rispetto e damore, La 
gara, Linnocenzagiustificata (pastorale, 1755, 
pour Giuck), 11 sogno, Alcide at bivio, Tetide 
(s6r6nade), Linvemo (pastorella), Atenaide, 
Egeria, 11 Parnasso confuso, 11 trionfo da- 
more, La corona, Partenope; les cantatas : La 
festivita dd santo natale, La danza, Augurio 
di felicita, 11 quadro animate, Larmonica ; 
et les oratorios ( « azioni sacre • ) : La passions 
di Gesu Christo, S. Elena at calvario, La 
morte d'Abele, Giuseppe riconosemto, La Be- 
tulia liberata, Gioa, lsacco. Presque tons ces 
poemes ont &6 mis en musique plusieurs fois, 
quelques-uns m&me tres souvent; leurs litres 
s'associent naturellement aux noms des plus 
c^bres compositeurs d'operas italiens. 

MethiesseC 1. Albert-Gottlieb, composi- 
teur de lieder estim£, n6 A Stadtilm (Thuringe) 
le 6 oct. 1785, m. A Heckenbeck, pr^s Ganders- 
heim, le 23 mars 1869; devint en 1810 musicien 
de la chambre a Rudolstadt, en 1822 directeur 
de musique A Hambourg, et fut, de 1832 A 1842, 
maitre de chapelle de la Gour, A Brunswick. II 
a public, outre beaucoup de lieder et de chceurs 
surtout pour voix d'hommes (Lieder buck, Lie- 
derhranz) dont plusieurs sont encore aujonr- 
d'hui chantfe par les soci^t^s chorales alle- 
mandes, desmorceaux de piano, des sonates 
(dont une a quatre mains) et des sonatines. 
II a aussi 6crit un op^ra : Der Prinz von 
Basra, et un oratorio : Das befreite Jerusa- 
lem — Son fr6re, 2. Friedrigh, n6 A Stadtilm 
le 27 ao&t 1771, m. dans la m&me ville, comme 
candidat en th^ologie, en mai 1807, a publie 
des chants avec accompagnement de guitare 
et d'autres avec piano. -■ Un parent plus 
jeune, 3. Ernst M., n6 A Mulhouse en 1802, m. 



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M&TRA •- METRIQUE 



517 



A Berne, ou il etait directear de musique, le 19 
nov. 1878, remplit les memes fonclions & Win- 
terthar (1887) el & Zurich, et publia des compo-. 
sitions pour haulbois, deslieder, etc. — Un au- 
tre du m£me nom, 4. Ernst M., n6 A Mulhcmse 
le 20 mai 1811, mourut le 20 janv. 1886, comme 
directeur de musique, 4 Winterthour. 

M6tra, Jules-Louis-Olivier, compositeur de 
danses fran$ais qui fut tr&s en vogue, ne & 
Reims le 2 juin 1880, mort & Paris le 22 oct. 
1889; fils d'un com6dien, il suivit d'abord les 
traces de son p£re, mais il se tourna vers la 
musique et remplit, selon les n6cessit£s du 
moment, les fonctions de violoniste, violoncel- 
liste et contrebassiste, dans divers petits thea- 
tres parisiens. Ce ne fut qu'en 1849 qu'il entra 
au Conservatoire, dans la classe d'harmonie 
d'Elwart, ou il remporta, en 1854, le premier 
prix d'harmonie; puis il passa dans la classe 
de composition d'Ambroise Thomas, mais 
abandonna bientdt la suite de ses Etudes si- 
nenses et devint chef d'orchestre au The&tre 
Beaumarchais. Comme tel, il publia en 1856 sa 
premiere valse :Le tourdu monde, suivie bien- 
tdt d'un grand nombre d'autres, ainsi que de 
mazurkas, de polkas, de quadrilles, etc., qui le 
rendirent extraordinairement populaire. II rem- 
plit alors successivement les fonclions de chef 
d'orchestre, dans difftrents locaux de bals (Ro- 
bert, Mabille, ChAteau des fleurs, Athene mu- 
sical, Elys6e-Montmartre, Casino-Cadet et Fras- 
cati) et, lorsqu'en 1871 l'Op6ra-Comique orga- 
nisa des bals, la direction lui en fut confine. De 
1872 4 1877, il etait chef d'orchestre des Folies- 
Bergdres; il dirigea, de 1874 & 1876, les bals du 
Theatre de la Monnaie & Bruxelles, et jusqu'A 
sa mort, ceux de l'Opera de Paris. II a ecrit, de 
1872 a 1877, pour les Folies-Berg6re, dix-huit 
op4rettes et ballets-divertissements, et fit re- 
presenter en 1879, 4 l*Op6ra, un grand ballet en 
trois actes : Yedda % dont le succ&s ne fut du reste 
que mediocre. 

Metrique, nom que Ton donne, dans Tart 
po&ique, a la theorie de la mesure du vers 
(metre), theorie que les savants de la Gr^ce an- 
tique adapt&rent dejd au rythme musical (Aris- 
toiene). L'opinion que le rythme musical n'est 
point d'essence poetique, mais bien exclusive- 
ment musicale (dont les premieres dispositions 
et le premier expose th£orique seuls furent mis 
en rapport avec le langage versing), a donne 
l'idee de rechercher les principes m&mes de la 
m. resp. de la rythmique, dans leur etat origi- 
nel pur. II s'est forme depuis longtemps, du 
reste, dans la pratique musicale des derniers 
siecles, un systeme des mesures musicales pu- 
res (c'est bien \k le sens propre du mot m.) : la 
THftoniE de la mesure. Cette theorie differe con- 
siderablement de la metrique, heritee des An- 
ciens et issue des formes poetiques, telle que 
R. Westphal chercha & la ressusciter et k la 
faire admettre recemment encore; elle est en 
effet basee sur des formations beaucoup plus 
simples que la m. du langage qui repose sur 
le langage vivant, avec ses syllabes de valeurs 
si diverses. La nature m&me de Tart musical 



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implique la necessity d'une mesuration con- 
tinue de la duree des sons. Dans les arts 
plastiques (architecture, sculpture, peinture), 
l'ceuvre se presente dans l'espace, en tota- 
lite, aux yeux du spectateur qui se trouve 
ainsi dans la possibilite d'etudier petit & petit 
les details, apres avoir regu une impression 
d'ensemble; dans Tart musical, au contraire, 
toute oeuvre s'etablit dans le temps (successi- 
vement) devantresprit de l'auditeur (ou parfois 
du lecteur) et se forme graduellement d'un 
grand nombre de petits atomes. Une concep- 
tion d'ensemble n'est possible qu'avec l'aide 
de la memoire, dont le degre de fixite et de d6- 
veloppement determine par consequent celui de 
la jouissance artistique musicale. Si done la 
jouissanced'une oeuvre d'art plastiqueestavant 
tout d'essence analytique, celle d'une oeuvre 
d'art musical est avant tout synthetique. II ne 
suffit pas de percevoir dans Tordre ou ils se 
presentent les sons, les harmonies, les frag- 
ments de meiodie, il faut que cette perception 
soil accompagn^e de la fixation continue des 
rapports des sons entre eux, de la recherche 
des analogies, des contrastes, etc; il est, en 
effet, totalement impossible d'amasser dans sa 
memoire une grande oeuvre musicale, une par- 
tie de symphonic ou de sonate par ex., non 
fragmentee, puis, comme dans les ceuvres plas- 
tiques, d'en rechercher ensuite par voie d'ana- 
lyse tous les details. S'ils n'ont ete saisis de 
prime aiord, au cours de l'audition et dans 
leur ordonnance artistique, tous les contours 
s'effacent, tous les details se perdent et 6chap- 
pent A la reproduction mentale. II appert de 
tout ceci que le motif sonore, disparaissant tr6s 
rapidement, doit etre congu avec toute l'exac- 
titude possible; il importe done que ce motif 
ait une physionomie aussi caracteristique que 
possible, une parfaite nettete de contours, une 
clarte de forme qui contribue & faire ressortir 
l'idee. Les raoyens dont Tart musical dispose, 
pour exprimer ses idees, sont : l'eievation, l'in- 
tensite et la duree du son. Les rapports des 
sons au point de vue de leur elevation, les lois 
d'apres lesquelles l'esprit humain associe ces 
sons de hauteurs diverses, pour en former des 
motifs sonores, sont exposes par la theorie de 
l'harmonie et de la meiodie; la theorie du metre 
(metrique) et du rythme (rythmique^ d'autre 
part ont pour but de rechercher la part que 
prend la duree des sons k l'etablissement de la 
forme musicale; la theorie de l'intensite du son 
(dynamique) enfin fixe le degre d'importance 
de l'intensite sonore, soit pour acceutuer les 
contours de la forme obtenue par les deux au- 
tres moyens, soit aussi pour manifester elle- 
meme, d'une facon directe et eiementaire, l'idee 
musicale. La subdivision du temps, dans toute 
composition musicale, a lieu tout d'abord par 
le retour periodique et continu de TuNrrfc de 
temps, de telle fa^on que, dans la regie, les 
changements d'eievation des tons se produisent 
au debut de ces subdivisions. La premiere sy- 
MftTRiE, la premiere formule synthetique d'or- 
dre metrique est le motif compose de deux uni- 

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518 



METRONOME 



tes de temps, sous la forme * f . On indique 

le temps fort d'un motif de ce genre, en 
plagant la barre de mesure imm&diatemeut 
avant la note qui doit le recevoir. Une unite 
compos6e ainsi de deux (d'abord uniquement 
de deux) temps porte le nom de mesure. Les 
temps forts d'une s£rie de motifs d'une mesure, 
per^us par l'oreille gr&ce aux sommets dyna- 
miques, doivent &tre consid6r£s par consequent 
comme des temps d'ordre sup6rieur et suscep- 
tibles, comme les temps ordinaires, d'ftti'e ra- 
men6& & une unit£ d'ordre plus 61ev6. L'accent 
d'ordre immediatement sup^rieur quel'ontrou- 
ve de la sorte est la mesure dite mesure forte, 
c.-&-d. qui est concue dans ses rapports avec la 
mesure pr£c6dente et lui est sym&rique. La me* 
sure forte n'est indiquee dans la notation que 
lorsque la mesure simple & deux temps (*/*) est 
remplacSe par la mesure A quatre temps (C 

4 / 4 ) ; la barre de mesure n'est point alors pla- 
cee avant le temps fort de cbaque groupe 
de deux, mats seulement de quatre unites. Ce 
groupement par motifs de plus grandes dimen- 
sions peut 6tre continue , autrement dit : de 
m&ne que le second temps fort apparalt plus 
accentu£ que le premier, de in&me le quatri&me 
le sera plus que le deuxieme, le huitiAme que le 
quatrieme, etc Get accroissementde I'accentua- 
tion est connu du musicien, en tant qu'affirma- 
tion de la puissance conclusive. L'i»pression 
de fin provient done, au point de vue m&trique, 
de l'existence apparente de certains rapports 
de sym6trie ; eUe depend 6videmment de l'en- 
tr6e du temps qui, comme nous venons de le 
montrer, forme la partie accentuee du groupe 
de mesures servant de base & la eymetrie. 

La mesurr TERNAiREne semble pas, en regard 
du fondement que nous donnons & la th£orie 
de la mesure, d'ordre aussi naturel, car la sy- 
m&rie n'y saurait 6tre parfaite. Mais il suffit 
de coustater que, dans la mesure binaire, le 
premier temps est l£gerement prolong^ (afln 
de rendre la mesure metrique plus ais£ment per- 
ceptible & l'auditeur), pour voir en mdme temps 

que le motif 3 J I J n'est qu'une modification, en 

somme 16g&re, de 2 J j J Le redoublement de 

la durSe de la note accentuee doit &tre consid£r6 
comme une sorte de regularisation, l'augmen- 
tation irrationneUe de la durSe (dans la mesure 
a deux temps) 6tant logiquement organisee de 
la fagon la plus simple qui se puisse imaginer 
(par l'addition d*un temps). 

Sur la base de ces nouvelles observations, la 
m. musicale s'61eve comme une th&orie des 
sym&tries, dont les plus petites sont realisees 
dans la mesure prise dans le sens que nous 
avons pr£ci8& plus haut (une mesure = 2 ou 3 
temps), tandis que les plus grandes le sont 
dans les periodes divisees en premiere et se- 
condes phrases. Les formes de plus grandes 
dimensions ne doivent plus £tre analysees au 



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point de vue de leur structure metrique pure, 
mais bien d'apr&s le groupement du contenu 
th^matique. H arrive fr£quemment que de 
simples petits morceaux, du genre lied, se 
d6veloppent d'une facon strictemenl sym6tri- 
que, par periodes r£guli6res de huit mesures; 
mais la maltrise du compositeur se r£v&le jus- 
tement dans le degr6 d'habilete avec laquelle il 
brise cette r6gularit6 par trop rigide au moyen 
de digressions motives et, comme telles, im- 
mediatement compr&hensibles. Les hearts les 
plus frequents de la sym&trie stricte sont les 
suivants : a) transformation d'une mesure 
forte g£n£ralement m&ne d'ordre superieur et 
conclusive (mes. 4 ou 8) en mesurk faible. par 
le fait de l'entree d'une nouvelle formation 
th^matique k la place de la terminaison atten- 
due ; b) repetitions finales apr&s que l'on 
atteint la terminaison d'une grande sym£trie, 
autrement dit adjonction k la huitieme ou k la 
seizieme mesure de petits fragments, le plus 
souvent de deux mesures, mais parfois aussi 
d'une seule mesure, fragments n'ayant d'autre 
but que celui de reuforcer l'impressiou de fin : 
e) prolongation de l'effet d'une conclusion, 
au moyen de 1'imitation du dernier membre de 
la sym&rie, par gradation continue, de telle 
sorte que ce membre de sym&rie, tout en 6tant 
le second par rapport au pr^cAdent, devient le 
premier par rapport au suivant (qui souvent 
passe dans une autre tonality [modulation]); 
d) extensions de toutes sortes, principalement 
dans la partie affirmative (deuxteme partie) de la 
sym&rie, dont l'exScution est k l'ordinaire et, 
suivant une habitude fort ancienne, unpeu plus 
large que celle du reste ; e'est par de telles exten- 
sions (naturellement appuyees par des moyens 
harmoniques et m&odiques) que souvent une 
mesure faible est remplacee par deux mesures 
faibles, de sorte que la terminaison est retardee 
d'une mesure (triolet de mesures) ; cependant 
des 61argissement8 bien plus considerables se 
pr&sentent aussi (quatre mesures pour deux, 
ou plus encore, surtout lorsqu'une marche 
harmonique vient faciliter la chose, gr&ce a son 
caract&re suspensif). La literature franca ise ne 
possede malheureusement que des traites fort 
incomplets sur ces questions (cf. Lossy), on 
trbuvera par contre des renseignements nom- 
breux dans MusikcUtsche Dynamik und Ago- 
gik (1884) et Katechismus der Kompositions- 
lehre (1889 : principalement dans la 1™ part. : 
Fo> t menlehre) de Riemann, et dans les Edi- 
tions phras£es du m&me auteur, qui explique 
d'une facon continue la structure metrique des 
oeuvres. Quant aux differentes vari6t£s de me- 
sures et a leurs signes dans la notation, cf. 

MESURE. 

Metronome, (gr., mesureur de temps), pen- 
dule oscillant avec un poids mobile et une 
6chelle qui indique combien de battements 
le pendule fait par minute, selon l'endroit ou le 
poids a §t6 plac£. Le m. Bert k la determination 
exacte du mouvement dans lequel le composi- 
teur veut que son oeuvre soit ex£cut£e, et c est, 
de Id, une invention fort importante, car notre 

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METTENLEITER — MEYERBEER 



519 



allegro , andante, etc., sonl des indications 
d'une exactitude bien relative. Le m. r6pandu 
gen6ralement aujourd'hai est celui de Maelzel 
(brevets en 1816, bien qu'il ne soit pas de l'in- 
vention de Maelzel ; v. ce nom). (Test A lui que 
se rapporte l'indication d'usage des composi- 
tions M. M. I = 100, etc. (la blanche devant 

•durer juste autant qu'un battement du pen- 
■dule, lorsque le poids a 6t6 place sur 100, 
•c.-&-d. 100 blanches A la minute). Le m. avait 
4ie precede d'essais, plus ou moins imparfaits, 
par Loulie, Stockel et d*auires. 

Mettenleiter, 1. Johank-Gborg, compositeur 
de uiusique d'eglise calholique, n6 a St-Ulrich, 
pr£s Ulm, le 6 avr. 1812, m. comme regent de 
ctuBur et organisle de la Coltegiale de Ratis- 
bonne, le 6 oct. 1858; il a compost de nombreu- 
ses csuvres vocales d'eglise (des Messes, des 
hymnes, un StabcU Mater, etc.), lesquelles, 
sauf le psaume lix pour six voix d'hommes, 
$ont restees manuscrites. II a public A Ratis- 
bonne : Enchiridion chorale, sive selectus lo- 
cupletissimus cantionum liturgicarum juxta 
ritum S. romance ecclesioe, etc. (1853), et Ma- 
-nuate breve cantionum ac precum (1852), tous 
<i'eux avec un accompagnement d'orgue. Cf. 
J.-G. M., ein Kilnstlerbild, par le D r Dominique 
Mettenleiter (1866). — 2.Dominicus, D r theoL et 
phiL, n6 A Tannenhausen, en Wurtemberg, le 
20 mai 1822, m. A Ratisbonne le 2 mai 1868 ; fut 
le collaborates de son fr£re pour V Enchiridion 
•et publia de son c<M6 : Musihgeschichte der 
Stadt Regensburg (1866) ; Musihgeschichte der 
OberpfaXz (1867) et une esquisse biographique 
de J.-G. Mettenleiter (v. ce uom). Sa riche col- 
lection de musique fut achetee par la bibliothe- 
que episcopate de Ratisbonne et r^uuie A celle 
de Proske. — 8. Bernhard, cousin des deux 
precedents, vit comme regens chori A Kemp- 
ten, en Baviere ; il est aussi compositeur de 
musique d'eglise (nnStabat Mater a el6 grave). 

If etter la voce, comme Messa di voce. 

M etzdorff , Richard, compositeur, n6 A Dant- 
zig le 28 juin 1844, fils de Gust a v M., le corniste 
virtuose (ne A Wehlau le 16 mai 1822, musicien 
de la Gour de Brunswick en 1868), qui a 6t6 
plus tard professeur de cor au Conservatoire 
de St-P6tersbourg, etudia A Berlin sous la di- 
rection de FL Geyer, Dehn et Kiel, et remplit 
les fonctions de chef d'orchestre dans diff£- 
rents theatres (A Dusseldorf, Berlin, Nuremberg, 
Hanovre). M. s'est fait avantageusement con- 
naltre par deux symphonies (fa maj. et r& 
min.), une ouverture du Rot Lear, ainsi que 
par des morceaux de piano et des lieder. Son 
opera : Rosamunde, a 6t6 represente en 1875, A 
Weimar. 

Metiler-Lce vy , Pauline, n6e A Theresien- 
stadt en 1850, fut d'abord engag^e comme con- 
tralto, A Altenbourg, puis de 1875 &1887 au 
Theatre municipal de Leipzig ; elle epousa en 
1881 un professeur de piano, Ferdinand Metzler, 
-et devint une cantatrice de concert hautement 
appreciee. 

Menrsins, Johannes, savant philologue, ne A 



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Loozduinen, pres La Haye, le 9 fevr. 1579, de- 
vint en 1610 professeur A Leyde et historiogra- 
phe des etats g^n^raux ; il fut plus tard pro- 
fesseur a rAcademie de Sor5 (Danemark) ou il 
mourut le 20 sept 1639. Outre beaucoup d'ou- 
vrages historiques etphilologiques, il a publie: 
Aristoxenos, Nikomachos, Alypios (1616, texte 
grec avec des remarques en latin), puis Or- 
chestra, sive de saltationibus velerum (1618). 

Meusel, Johann-Gboro, musicographe, ne a 
Eyrichshof le 17 mars 1743, m. comme profes- 
seur d'hisioire A Erlangen le 19 sept. 1830 ; il a 
publte : Deutsches KUnstlerlexicon (1778, 1789, 
2 vol.: 2« 6d. 1808-1809; supplement en 1814): 
Das gelehrte Deutschland (1783-1784, 4 vol; 
supplements 1786 A 1788, 3 vol; il s'agit ici de 
la quatrieme edition de l'ouvrage commence 
par Hamberger et seulement continue par M.; 
la cinquieme parut de 1802 A 1820, 7 vol) ; 
Deutsches Museum ftir Kunstler und Lieb* 
haber (1772 A 1789, journal periodique) ; Mis- 
zeUaneen artislischen Inhalts (1779 A 1783). 

Meyer, 1. Joachim, professeur de musique, et 
plus tard aussi de droit et d'histoire, a Gcettin- 
gue, ne A Perleberg (Brandebourg) le 10 aout 
1661, m. a Gcettingue le 2 avr. 1732; il s'eieva 
contre les cantates d'eglise qui, A cette epoque, 
devenaient A la mode : Unvorgreifliche Gedan- 
hen tiber die neulidi eingerissene theatralische 
Kirchenmusih (1126). Mattheson ecrivit alors 
contre lui son Gcettingischer Ephorus et M. 
repondit de nouveau avec Der anmassliche 
hamburgische Oriticus sine crisi, etc. (1728). 

— 2. Leopold von, pianiute, n& A Baden, pr6s 
Yienne, le 20 dec. 1816, m. A Dresde le 6 mars 
1883 ; eieve de Czerny et de Fisfchhof, fit, de- 
puis 1835, de longues tournees de concerts en 
Europe, en Russie, et vecut temporairement A 
Constantinople. En 1845, il alia en Amerique, 
d'ou il revint en 1847 pour s'etablir A Vienne. 

— 3. Jenny, excellente cantatrice et professeur 
de chant, nee A Berlin le 26 mars 1834, m. dans 
la m6me ville le 20 juin 1894 ; s'etait fait un 
nom comme cantatrice de concerts et enseignait 
le chant depuis 1865 au Conservatoire Stem, A 
Berlin. Elle etait meme devenue, en 1888, pro- 
prietaire et directrice de retablissement — 4. 
Waldkmar, violoniste, ne A Berlin le 4 fevr. 
1853, eieve de Joachim, fut de 1873 A 1881 
membre de la chapelle de la Cour de Berlin et 
s'est voue, depuis lors,& la carriere de virtuose 
dans laquelle il s'est montre violoniste plein de 
gout et de temperament 

Meyerbeer, Giacomo (Jakob Liebmann Beer ; 
l'adjonction du mot Meyer etait la condition 
posee A l'entree en possession du riche heritage 
d'un parent de ce nom), ne A Berlin le 5 sept. 
1791 (non pas 1794), m. A Paris le 2 mai 1864 ; 
fils d'un riche banquier Israelite, il re$ut, com- 
me il montra de bonne heure du talent, une edu- 
cation musicals soignee, confine A Franz Lauska, 
un eieve de Clementi, puis quelque temps 
A Clementi lui - meme pour le piano, et A 
Zelter, Bernh.-Anselm Weber, ei6ve de l'abbe 
Vogler et enfin, de 1810 A 1812, A Vogler lui- 
meme, A Darmstadt, pour la composition, n 

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530 



MEYERBEER 



fut tt£ve de Vogler en m6me temps que C- 
M. von Weber et Gfinsbacher, A Darmstadt M. 
composa , entre autres, une grande cantate : 
Gott vmd die Natur, et Fop6ra : Jephtas Ge- 
liibde; la premiere fut executee par la cSinga- 
kademie » de Berlin, et l'opera, represents par 
le Theatre de la Cour, A Munich (1813), mais 
sans un succes appreciable Un deuxieme op§- 
ra : Abimelek (Die beiden Kalifen), prit, de Stutt- 
gart ( 1813), le chemin de Vienne ( 1814) et plus 
tard , sous le titre Wirt und Gast, celui de 
Prague et de Dresde (sous la direction de We- 
ber); cependant, tout celane fut pas sans peire. 
M., decourage par Tinsucces, s'occupa de nou- 
veau de toutes ses forces du piano, encourage 
par Hummel qu'il entendit A Vienne ; il avait 
aussi eu la satisfaction de rencontrer, comme 
pianiste, l'approbation et l'admiration genera- 
tes. Enfin,Salieri lui dit un jour que pour avoir 
du succes, comme compositeur d'operas, il 
devait encore apprendre autre chose que 
l!art du contrepoint et que cela il l'apprendrait 
le plus facilement en Italie. M. parti t done, en 
1815, pour Venise. L'Stoile de Rossini com- 
men$ait alors A briller d'un vif eclat (cTan- 
crSde») et M. comprit vite ce qui lui manquait : 
la m&odie facile A comprendre et A chanter. 
II secoua vite le joug pesant de Darmstadt 
et se jeta dans les bras de la gracieuse muse 
italienne ; aussi remporta-l-il bientdt quel- 
ques succes notables avec Romilda e Cons- 
tanta (Padoue, 1818), Semiramide riconosciuta 
(Turin, 1819), Emma di Resburgo (Venise, 
1819; donne en Allemagne sous le titre de : 
Emma von Leicester), Atargherila d'Angiii 
(Milan, theatre de la Scala, 1820), Lesule di 
Granata fid., 1822) et II croeiato in Egitto 
(Venise, 1824). Un opera : Almansor , com- 
mence en 1823, est rest6 inacheve, car M. fut 
empfeche par la maladie de le terminer A temps 
pour le mettre A Fetude ; un opera allemand : 
Das Brandenburger Thor (1821), ecrit pour 
Berlin, n'arriva pas A toe represente, bien que 
M. fttt venu lui-m6me dans ce but A Berlin 
(1824). B eut A cette occasion une entrevue avec 
Weber, qui ne pouvait pardonner A son ancien 
camarade d'etre devenu « italien ». II faut croire 
que les reproches de Weber tomberent en 
bonne terre, car, aprSs le Croeiato, qui 6tait 
<W}A commence avant son voyage A Berlin, M. 
n'a plus ecrit un seul opera italien ; en outre, 
il gdrda un silence complet pendant six ans, 
ce qui, du reste, s'explique aussi par des 6vene- 
ments de famille (son pSre mourut, puis M. 
lui-meme se maria, mais perdit deux enfants 
dans les annees suivantes). La nature de Protee 
de Meyerbeer, son extraordinaire puissance 
d'assimilation travailierent de nouveau pen- 
dant cette pause, de 1824 A 1830, mais pour la 
toute derniere fois; de meme qu'en Italie 
il etait devenu compositeur italien, de meme A 
Paris, ou il s'etait etabli en 1826 pour la mise 
en scene du Croeiato, et qui fut son quartier- 
general pendant les seize annees suivantes, il 
devint compositeur fran^ais. Allemand par 
l'harmonie, italien par la melodie, et fran^ais 



par le rythme, — tel nous apparalt M. apree 
cette deuxieme transformation. Tous ses operas- 
precedents ontdisparu peu apres leur creation, 
et seuK le Croeiato, s'est maintenu quelque 
temps A la scene ; par contre, M. remporta ua 
succes sensationnel et durable avec son pre- 
mier opera frangais : Robert le diable, qui vit 
le feu de la rampe A l'Opera de Paris, en 1881,. 
ei non seul em en t assura la gloire du compo- 
siteur, mais fonda une nouvelle ere de recettes. 
pour la caisse de l'Opera. Le succes de Robert 
fut surpasse encore par celui des Huguenot* 
(1836), et & la suite de leur representation 4 
Berlin, en 1842, Fred6ric-Guillaume IV nomma 
M. directeur general de musique, en sorte que 
celui-ci etablit de nouveau sa demeure A Ber- 
lin. M. a ecrit, pour Berlin, l'opera Das Feldr 
lager in Schlesien qui remporta un succes no- 
table, en 1844, avec Jenny Lind dansle rdle de 
Vielka; plus tard, il introduisit une grande 
partie de cette musique dans : Ueioiiedu Nord 
qui fut representee eh 1854, a rOpera-Comique* 
A Paris. En 1838 dejd, M. avait commence 
L'Africaine (texte de Scribe), puis la laissa de 
c6te parce qu'il avait encore beaucoup de cho- 
ses A redire au texte ; avant de la terminer, il 
ecrivit, en 1848, Le Proph&te, (texte de Scribe 
aussi), qui ne fut cependant represente A Paris- 
qu'en 1849. Dix ans plus tard settlement suivit 
Dinorah, ouLe pardon de Ptoerrnel, A l'Op^ra- 
Comique. Quant A YAfricaine, elle ne fut re- 
presentee qu'apreslamort de l'auteur, A l'Opera 
de Paris d'abord (avr. 1865), puis A Berlin (nov. 
1865). La sante de M etait, pendant les qainze 
dernieres annees de sa vie, des plus chance- 
lantes et le for^a A faire chaque annee une cure 
de bains (Spa) ; la mort l'atteignit A Paris, oft il 
s'etait rendu pour les preparatifs de la repre- 
sentation de YAfricaine. L'importance de M. 
reside dans ses operas et disparaitra avec eux. 
Malgre beaucoup de passages indiscutablement 
8uperbes,ces ouvrages perdentaujourd*hui tou- 
jours plus de leur effet, et le vide du pathos meyer- 
beerien ressort toujours plus criant Le jeu de 
contrastes dynamiques dont M. se sert si vo- 
lontiers par pure recherche de 1'efTet et sans 
motif sufftsant, la disposition trop evidente de 
num6ros de solo ou d'ensemble en vue des. 
applaudissements, et les autres moyens qu'il 
employa pour s'assurer le succes, ne peuvent 
resister A une analyse esthetique approfondie* 
M. possedait, il est vrai, des facultes musicales 
remarquables et avait su acquerir une tres. 
grande habilete dans le maniement des formes- 
et des moyens d'expression de la musique ; 
mais il lui manquait cette conception eievee de 
sa vocation artistique qui l'aurait rendu capa- 
ble de faire de l'effet une consequence et non 
un but Outre les operas deja mentionnes, il 
faut citer parmi les creations theltrales de 
M. : la musique pour la tragedie Struensee 
de son frere Michael Beer (ouverture et entr'ac- 
tes), peut-etre Tune de ses plus belles oeuvres 
(represente en 1846, A Berlin) ; puis les choaurs 
pour les Euminides d'Eschyle, et une piece 
de circonstance : Das Hoffest von Ferrara 



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MEYER-HELMUND — MI 



521 



(tons deux pour Berlin) ; un monodrame : The- 
velindens Liebe pour soprano solo, choeur et 
clariuette (ceuvre de jeunesse). En outre, ses 
amvres d'orchestre les plus connues sont : 
trots Marches aux flambeaux pour musique 
d'harmonie (pour les manages du roi de Ba- 
viere, et des princesses Charlotte et Anna de 
Prusse); la Schillermarsch (1859); une ouverture 
( march e) pour Inauguration de l'Exposition de 
Londres, en 1862, et la marche du couronne- 
ment de l'empereur GuUlaume l w . II a ecrit des 
cantates pour l'inauguration du monument de 
Gutenberg, A Mayence, pour les noces d'argent 
du prince Charles de Prusse, une serenade 
pour le manage de la princesse Louise de 
Prusse, un hymne solennel pour les noces 
d'argent du couple royal, un hymne : An Gott, 
lacantate Der Genius der Musih am Grabe 
Beettiovens, sept odes spiritnelles de Klopstock 
(A quatre voix, « a cappella >) ; une ode A Ranch 
(le sculpteur) pour soli, choeur et orchestre; 
Freundschaftichobur d'hommes A quatre voix), 
le psaume xci (A huit voix, pour le choeur du 
Ddme de Berlin), un Pater noster (A quatre 
voix, avec orgue).Sont restesmanuscrits:douze 
psaumes A double choeur et un Miserere, un 
Stabat et un Te Deum. Ajoutons enfln A cela 
une quantity de lieder, avec accompagnement 
de piano (environ quarante), plus un avec vio- 
loncelle oblige {Neben dir), un avec clarinette 
obligee (Des Sehafers Lied) et un avec cors 
obliges (Des Jdgers Lied), un canon A trois 
voix (Dichters Wahlspruck), etc., et beaucoup 
de compositions pour piano (oeuvres de jeu- 
nesse) qui ne sont pas gravies. II existe plu- 
sieurs biographies de Meyerbeer, de : A. de 
Lassalle (1864), A. Pougin (1864), H. Blaze de 
Bury (1865), H. Mendel (1868, abregee 1869), 
J. Schucht (1869), etc. V. aussi: Johannes Weber, 
Meyerbeer, notes et souvenirs d'un de ses se- 
cretaires (1898). 

Meyer-Helmund, Erik, n£ A St-P&ersbourg 
vers 1860, compositeur connu de lieder faciles 
et agreables, dont il a generalement lui-meme 
ecrit les textes, il a aussi fait representor ces 
dernieres annees trois operas (Margitta, Mag- 
deburg, 1889; Der Liebeskampf, Dresde, 1892; 
Trischha, opera burlesque, Riga, 4 dec. 1894). 

Meyer-Luts, Wilhelm, ne a Mftnnerstadt, 
pr£s Kissingen, en 1829, vit depuis 1848 en 
Angleterre oh il a 6te successivement organiste 
4 Birmingham, Leeds et Londres (eglise catho- 
lique de St-Georges). II a rempli, en outre, le 
poste de chef d'orchestre au • Surrey-Theater » 
(1851-55) et depuis 1869 au « Gaiety-Theater » ; 
il s'est encore fait connaitre comme composi- 
teur de musique d'eglise (Messes), ainsi que de 
theatre (huit operas jusqu'en 1887), et a aussi 
£crit de nombreuses oeuvres de musique de 
chambre. 

Meyer-Oibersleben, Max, n6 a Olbersleben, 
prte Weimar, le 5 avr. 1850, professeur a 
1 Ecole royale de musique de Wftrzbourg,est un 
compositeur de talent (lieder, morceaux de 
piano, musique de chambre et un opera : Clara 
Dettin [Weimar, 2 nov. 1898J). 



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M6zeraj, Louis-Chables-Lazard-Costard de, 
chef d'orchestre du Grand-Th6Atre de Bor- 
deaux, ne A Brunswick le 25 nov. 1810, m. a 
Asnteres pr&s Paris, en mai 1887. D etait flls 
d'un employe de l'administration frangaise qui • 
devint plus tard (apres la Restauration) chan- 
teur d'opera a Strasbourg. M. etait A quinze 
ans r^petiteur a l'Op&ra de Strasbourg, ou il fit 
representor vers la meme epoque un petit 
op§ra : Le Sicilien, ou I' Amour peintre, et de- 
vint deux ans plus tard premier chef d'orches- 
tre du theatre de Liege, ainsi que directeur des 
concerts du Conservatoire de celte ville et des 
concerts Gr6try. En 1830, M. fut nomm6 pre- 
mier chef d'orchestre du Theatre de la Cour, A 
La Haye, oh il donna, en 1882, un opera h6roi- 
que : GuUlaume de Nassau, puis il remplit le 
meme poste AGand, Rouen, Marseille, chantant 
(baryton) de temps A autre sur les scenes de 
Bordeaux, Montpellier, Anvers et Nantes. 
Enfln, en 1848, il devint premier chef d'orches- 
tre du Grand-Th&Ltre de Bordeaux qui doit A 
son merite d'avoir atteint un haut degr£ artis- 
tique. II a aussi fonde A Bordeaux une « Societe 
Sle-Cecile » (socttte de concerts, fonds de re- 
traite, etc). 

M dsio (ital), moyen, derai, par ex. : mezzo- 
forte (mf), mi-fort; mezzopiano (mp), assez 
doucement, et, apres ou avant mf. plus faible 
que celui-ci ; mezza voce (m. t?.), A mi-voix ; 
mezza manica (demi doigte), nom que Ton 
donne, dans les instr. a archet, A la deuxi&ne 
position dans laquelle, par ex. sur la corde de 
la f le premier doigt (index) ne produit pas le si, 
mais YuL 

Mezzo legato (ital., demi-legato), dans le jeu 
du piano, genre de toucher particular em en t 
brillanl, appele aussi en Italie legato-staccato, 
lequel, comme leggiero, est seulement frapp& 
et non appuye, mais se distingue de ce dernier 
terme en ce que l'executant doit dinger toute 
son attention, non pas sur le moment du retrait 
tree rapide du doigt, mais bien sur l'attaque 
franche et quelque peu martelee de la louche. 

Mezzo soprano, (ital., en frangais aussi Bas- 
dessus), voix de femme (ou de jeune gar^on) 
qui tient le milieu entre le soprano et Falto, 
comme le baryton entre le tenor et la basse. De 
meme que le baryton presente deux timbres 
tres differents, le baryton eleve et le baryton 
grave, selon qu'il se rapproche du t£nor ou de 
la basse, de meme le m. presente deux timbres 
se rapprochant de celui du soprano ou de celui 
de Falto, et s'etend tantdt a l'aigu, tantdt au 
grave. En general, Tetendue du m. est res- 
treinte : la caracteristique du m. est, outre son 
peu d'etendue, l'ampleur des sons du medium. 

Mi, nom que Ton donne en Italie, en France, 
en Belgique, etc. au cinquieme son de Techelle 
fondamentale (v. ce mot) de noire systeme 
actuel. 11 correspond au E des Allemands, des 
Anglais, etc. Cf. solmisation et muancb. « Mi 
contra fa*(diabolu$ in musica, = le diable en 
musique), nom que les anciens theoriciens 
donnaient a la fausse relation du triton (fa 
etant bien l'equivalent de note fa, dans YHe- 

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522 



MI-B^-UT — MILANOLLO 



xackordum naturale, mais mi etant celui de si 
dans YHexachordum durum) qui 6tait autre- 
fois d6fendue, non seulement dans la marche 
de la m&odie, mais aussi comme relation har- 
• monique. 

Mi-re-ut, v. octave RfrnifeciE. 

Michaelis, 1. Christian-Friedrich, esth&i- 
cien, n6 a Leipzig en 1770, m. dans la m&me 
ville le l er aottt 1834 comme privat-docent 
(charge de cours) k rUniversitS ; il a 6crit : 
Ueber den Geist der Tonhunst mil Ruchsicht 
auf Rants Kritik der dsthetischen Urteilshraft 
(1795-1800, 2 vol.) ; Enttcurf der Aesthetth, ais 
Leitfaden bet akademtschen Vorlesungen 
( 1796) ; Katechismus uber J.-B. Logiers System 
der Musihwissenschaft, etc. (1828) ; des traduc- 
tions allemandes de la € History of music » de 
Busby (1820), d'une dissertation de Villoteau 
sur la musique des anciens Egyptiens, dans sa 
t Description de TEgypte t (1821), etc., ainsi 
qu'un grand nombre de dissertations estheti- 
ques sur la musique, en partie tr&s int^ressan- 
tes, dans la t Allgemeine Musikalische Zei- 
tung •, dans la t Musikalische Zeitung » de 
Reichardt, dans la < G&cilia », V « Eutonia », le 
« Freimfitiger •, etc. — 2. Gustav, n6 & Ballen- 
stfidt le 23 janv. 1828, m. k Berlin le 20 avr. 
1887, a compost, comme chef d'orchestre du 
< Wallner Theater », la musique d'une quan- 
tity de farces, etc., ainsi que quelques op^rettes. 
— 3. Theodor, fr6re du prudent, ne k Ballen- 
stfidt le 15 mars 1831, m. k Hambourg le 17 nov. 
1887 ; musicien d*orchestre, s'est fait connaitre 
comme compositeur de musique populaire (Pa- 
trouille turque). 

Michel (clarinettiste), v. yost. 

Micheli, Romano, excellent contrapontiste, n& 
k Rome vers 1575, m. dans la meme ville, pas 
avant 1655, comme mattre de chapelle de 
]'6gli8e francaise de St-Louis; il 6tait d'une 
habilet6 rare dans l*6criture canonique et a 
public : Musica vaga et artificiosa (1615, con- 
tient cinquante canons artificiels) ; Madrigali 
a set voci in canoni (1621) ; Canoni musicali 
composti sopra le vocali di piu parole, etc. 
(1645) ; La potesta pontifica diritta delta 
sanctissima trinitd (manuscrit k Rome; im- 
print, seulement en partie, sur des feuilles 
separ6es) ; puis des psaumes & quatre voix 
(1638); des Messes k quatre voix (1650) et des 
repous k cinq voix (1658), enfln une petite pla- 
quette : Letters di Romano M. romano alii 
musici delta cappeUa di N. &, etc. (1618, au 
sujet de canons d f un genre imaging par lui). 

Mickwitz, Harald! von, pianiste, ne k 
Helsingfors le 22 mai 1859, 61£ve du Conserva- 
toire de St-P6tersbourg (Ark, L. Brassin, 
Rimsky-Korsakoff), puis, de 1880 k 1883, de 
Leschetitzky, k Vienne, fut engage, pendant 
une tourn£e de concerts dans les provinces de 
la Baltique el l'Allemagne, en 1886, comme 
mattre de piano dans les classes super ieures 
du Conservatoire de Carlsruhe ; il Schangea ce 
poste, en 1893, contre^ un poste analogue au 
Conservatoire de Wiesbaden. II s'est fait con- 
naitre, comme compositeur, dans de jolis mor- 



ceaux de piano offrant quelque analogie avec 
ceux de Tcbai'kowsky. 

Mierzwinski, Ladislaus, ne k Varsovie le 
21 oct. 1850, chanteur de concerts (fort t6nor) 
done d'une voix ph6nomenale, mais trop peu 
travaillee, d'ou l'impression passagere et su- 
perflcielle qu'il produit. 

Mihalovich, Edmund von, compositeur slave, 
ne k Fericsancee (Slavonie) le 13 sept 1842, 
suivit l'ecole et acquit ses premieres connais- 
sances musicales k Budapest, puis eiudia la 
th<k>rie k Leipzig (1865), sous la direction de 
M. Hauptmann, et termina ses Etudes de piano 
k Munich, sous celle de BCQow. D vit k Pesth. 
M. appartient, comme compositeur, a l'ecole 
n6o-allemande et s'est fait connaitre par des 
Ballades pour orchestre, des ouvertures, ainsi 
qu'une symphonie, etc. Son opera, Hagbarth 
und Signe f a 6t6 repr6sente en 1882, k Dresde. 

Miksch (Misksch), Johann- Aloys, c61£bre 
chanteur el professeur de chant, n6 k Georgen- 
thal en Bohdme le 19 jail, 1765, m. k Dresde le 
24 sept 1845 ; devint en 1777, enfant de chceur 
k Dresde et en 1786, chantre pour les ceremo- 
nies de FEglise de la Cour. II essaya de trans- 
former sa voix de baryton en t£nor, ce qui lui 
valut une inflammation des bronches qui lui 
coftta presqtie la voix et la vie ; il fit cependant 
encore des eludes serieuses chez Caselli et 
monta sur la sc£ne en 1799. Deux ans plus 
tard, il devint mattre de chant des enfants de 
chceur puis, en 1820, directeur des chceurs del'O- 
p£ra de la Cour, et fut pensionn6 en 1824, avec 
la charge de conservateur de la Biblioth&que 
musicale du roi. Citons, parmi ses 61dves de 
chant, M"» Schroder-Devrient, A. Mitterwurzer 
et d'autres. Un fr&re cadet de M. fut un virtuose 
distingu^ sur le cor, en m&me temps que le 
crtateur de la technique moderne de la guitare 
(m. en 1813, comme membre de la Chapelle de 
la Cour, a Dresde). 

Mikuli, Karl, pianiste, n6 k Czernowitz le 
20 oct 1821, m. k Lemberg le 23 mai 1897, 
6tudia d'abord la mAdecine k Vienne, mais 
alia en 1844 k Paris, oh il etudia le piano sous 
la direction de Chopin, et la composition sous 
celle de Beber. La revolution de 1848 le fit 
rentrer dans sa patrie. Apr&s s'&tre fait con- 
naitre par des tournSes de concerts dans diffe- 
rentes villes autrichiennes, il fut nomine en 
1858, directeur artistique de la Soci&6 de mu- 
sique de Galicie (Conservatoire, concerts, etc) 
k Lemberg. L'edition des oeuvres de Chopin 
(Kistner), par M., contient beaucoup de correc- 
tions et de variantes, d'aprte des observations 
autographes de Chopin, Icrites dans la marge 
de l'exemplaire d'6tude de M. 

Milanollo, Teresa et Maria, deux violonistes, 
ntes k Savigliano, pr&s Turin, le 28 aoftt 1827 
et le 19 juil. 1832, de parents pauvrea, firent 
sensation, comme enfants prodiges, en France, 
en Angleterre, en Allemagne, etc. La cadette, 
Maria, atteinte de phtisie, mournt dfyk le 21 oct 
1848 k Paris ; Teresa se maria en 1857 avec le 
capitaine du genie francais Parmentier, k Tou- 
louse, et abandonna sa carri&re de virtuose. 



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MILCHMEYER — MILL(ECKEK 



523 



Milchmeyer, Philipp-Jakob, pianiste et me- 
canicien, 116 A Francfort s/M. en 1750, m.comme 
maStre de piano A Strasbourg le 15 mars 1813 ; 
fiit d'abord musicien de la Cour royale de 
Bavi&re, v6cut longtemps A Paris et s'etablit en 
1780 A Mayence, comme mecanicien de la Cour. 
M.a construct un piano A trois claviers qui,selon 
r affirmation de K.-F. Cramer (dans le « Magazin 
der Musik » ) prodnisait cent-cinquan te combinai- 
sons de sonoritls diff&rentes (?). L'ouvrage de 
M. : Anfangs-grUnde der Musik, um das Pia- 
noforte sovoohl in RUchsicht des Fingersatzes 
ois auch der Manieren und des Ausdruchs 
richtig spielen zu lernen (1797), est d'une tout 
autre importance. 

Milde, Hans-Feodor von, n&dans le domaine 
de Petronek, pres Vienne, le 13 avr. 1821, 
^lAve de Fr. Hauser et Manuel Garcia, membre 
a Tie de l'Op6ra de la Cour, A Weimar (bary- 
ton), a cr66 entre autres le r<Jle de Telramund 
dans le « Lohengrin * de Wagner (1850) ; sa 
femme, Rosa, n6e Agthe, n£e A Weimar le 
55 juin 1827, 61&ve de Gcetze, cr6a le rdle 
d'Elsa et chanta de m&ne a Weimar jusqu'au 
moment ou elle se retira de la scene (1876). 

Milder * Hauptmann, Pauline - Anna (n6e 
Mildkr), cel&bre cantatrice, n£e A Constantino- 
ple le 13 d£c. 1785, m. a Berlin le 29 mai 1838 ; 
&ait fille d'un courrier autrichien et vivait, 
aprds la morl de son pere, comme chambri&re 
•d'une grande dame de Vienne, lorsque Schika- 
neder d6couvrit sa voix et la fit etudier sous la 
direction de Tomascelli et de Salieri. Elle 
d£buta en 1803, fut engag6e au ThSAtre de la 
■Cour et acquit une renommSe extraordinaire, 
bien qu'elle n'ait gu&re d6pass6 les limites de 
ses dispositions naturelles. C'est pour elle que 
Beethoven a ecrit le rdle de Fidelio. Elle 6pousa, 
en 1810, le joaiUer Hauptmann. De plus grands 
triomphes l'attendaient A Berlin, ou elle fut 
engagSe en 1816, comme prima donna et oil 
•elle chanta jusqu'en 1829 (elle se brouilla avec 
Spontini). M. donna quelque temps des repre- 
sentations en Bussie, en Su&de, etc. ; mais elle 
prit dinnitivement cong6 de la sc£ne, en 1836, A 
Vienne. 

Mildner, Monrrz, 116 A Turnitz,en BoMme, le 
7 nov. 1812 ; 616ve de Pixis, au Conservatoire 
de Prague, fut de 1842 jusqu'A sa mort, le 
4 d6c. 1866, professeur de violon au Conserva- 
toire de Prague, et en outre concertmeister au 
Th&tre. II a form6 beaucoup d'iteves distin- 
gu6s (Laub, Hrimaly, Zajic). 

Militaire (Musiqub m .). Les bandes de musi- 
que m. peuvent se repartir en deux groupes 
absolument distincts : la fanfare (instr. a vent 
•en cuivre), Tharmonie (instr. A vent de toute 
esp&ce). Toutefois la composition de chacun de 
•ces groupes varie consid&ablement suivant 
les epoques, les nations ou m&me les circons- 
tances momentan&es. Nous nous bornerons A 
indiquer ici les sonorit6s principales dont on 
fait un usage courant dans ce genre de musi- 
que, en y ajoutant seulement, entre parenthe- 
ses, une ou deux des sonorites accessoires les 
plus frequentes. La fanfare se compose de : 



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une partie de petit bugle [mi bimol], deux de 
cornet A piston [si bemot], (quatre de saxo- 
phone), cinq de bugle ordinaire, trois de trom- 
pette [mi bemot], trois de trombone (plus une 
de trombone-basse ad lib.), trois de tuba ; on 
ajoute A la fanfare, en certains pays (France, 
Belgique, Angleterre), la batterie composee de 
caisse claire, grosse caisse, cymbales et trian- 
gle. L'harmonie se compose de : une partie de 
petite flute [r6 bemot], une de grande flute, une 
de petite clarinette [mi bemot], trois de clari- 
nette [si-bimot], quatre de cor, deux de cornet 
A piston, quatre de bugle, deux de trompette, 
trois de trombone (trombone basse ad lib.), 
trois de tuba et la batterie ; on ajoute aussi 
souvent A Tharmonie les timbres suivants : 
deux parties de hautbois et deux de basson 
(partout sauf en Italic), une de contrebasson 
(AUemagne, Angleterre), une de clarinette-alto 
ou cor de basset (Belgique, Angleterre), deux de 
clarinetle-basse (Italie, Angleterre), quatre de 
saxophone (France, Belgique), enfin une de 
contrebasse a cordes [l"J (Belgique). Gf. pour de 
plus amples details les noms des instruments 
cites et Gevaert, Cours methodique cTorches- 
traiion, p. 288 et suiv. 

Miller, Edward, compositeur et th6oricien, 
ne A Norwich en 1731, m. a Doncaster le 
12 sept. 1807 ; eteve de Burney, il devint en 
1756 organiste A Doncaster et obtint, en 1786, le 
titre de Docteur en musique (Cambridge). D a 
publie des solos pour flute (avec des remarques 
sur le double coup de langue, 1752), des sona- 
tes pour piano, des 61&gies et des romances 
avec piano, des psaumes, etc et a £crit : Insti- 
tutes of music for young beginners (m^thode 
de piano, 16* 6d.) ; Letters in behalf of profes- 
sors of music residing in the country (1784) et 
Elements of thoroughbass and composition 
(1787). 

Milleville, Francesco, n& A Ferrare, en 1565 
(ou sonp£re, Alexandre M., et son-grand-p£re, 
Jean de M., avaient &ih musiciens au service 
du due), fut un certain temps au service du 
roi de Pologne, et plus tard A la Cour de l'em- 
pereur Rodolphe II ; il revint, en 1614, en Italie 
et remplit encore les fonctions de maltre de 
chapelle, A Volterraet a Ghioggia.Les composi- 
tions que Ton a conserves de lui sont : six 
livres de madrigaux A trois et quatre voix 
(1614-1624), sept livres de motets de deux A six 
voix (jusqu'en 1626), une Messe a huit voix, 
un Domine, un Dixit, un Magnificat, et un 
motet a neuf voix (1626), une Messe a quatre 
voix et deux A huit voix (1617), des Messes et 
des psaumes a trois voix (1620), des litanies 
(1619, 1639), des Concerti spirituali et Gemme 
spiritual (1622). 

Milloecker, Karl, compositeur d'op^rettes, ne 
A Vienne le 29 mai 1842 ; 61&ve du Conserva- 
toire des c Amis de la musique », devint en 
1864 chef d'orchestre du Theatre de Graz et, 
en 1866, du « Harmonie Theater » de Vienne, 
lequel fit bientdt banqueroute. II est, depuis 
1869, chef d'orchestre et compositeur du 
Theatre • an der Wien ». M. a 6crit les op6- 

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524 



MILLS — MINEUR 



rettes suivantes : Der tote Gast (1865), Die 
beiden Binder (tous deux pour Graz), Diana 
( « Harmonietheater 9), Die Fraueninsel (Pesth), 
Der Regimentstambour, Ein Abenteuer in 
Wien, Drei Paar Schuhe, Die Musik des 
Teufels, Das verumnschene Schioss (avec des 
chants en dialecte de la Haute- Autriche), Grci- 
fin Dubarry (1879), Apajune der Wasser- 
mann, Die Jungfrau von Belleville, Der Bet- 
telsludent (1882), Der Feldprediger (1884), Der 
Dieb (Berlin, 1886), Der Viceadmiral (1886), 
Die sieben ScJiwaben (1887), Der arme Jona- 
than (1890), Das Sonntagshind (1892), JSIord- 
licht (1896), alnsi que la musique d*un grand 
nombre de vaudevilles. La musique de M. est, 
comme on peut s'y attendre, 16g&re et pim- 
pante. M. a aussi publie pendant plusieurs 
annees une collection de morceaux de piano 
(MusihaLische Presse) paraissant par livrai- 
sons mensuelles. 

Mills, Sebastian-Bach, ne & Cirencester (An- 
gleterre) le 18 mars 1838, re^ut sa premiere 
education musicale de son p^re, suivit de 1856 
A 1859 les cours du Conservatoire de Leipzig 
(Plaidy, Moscheles), puis debuta comme pia- 
niste en 1859, A New- York, sous la direction de 
Bergmann, dans le concerto de Schumann, et 
la * Fantaisie surle Songe d'une nuit d'ete » de 
Liszt : il regut un si brillant accueil qu*il est, 
depuis lors, rest* k New- York, oil il occupe 
une situation en vue, comme professeur et 
comme executant M. a aussi publie quelques 
morceaux de piano. 

Milton, John, p&re du c£16bre poete, m. en 
1646 ou 1647, etait un excellent musicien; il est 
l'auteur des c616bres madrigaux k six voix 
connus sous le titre : Fayre Oriana in the 
morne dans les Triumphes of Oriana (1601); 
aux Teares and lamentations de Leighton 
(1614), il a ajoute quatre motets, et enfin plu- 
sieurs melodies de psaumes aux Whole-book 
of psalmes (1621) de Ravdnscroft 

Mineur (all. Moll ; angl. minor), se dit d'un 
intervalle, d'un accord, d'une gamme, d'un 
mode: ->- 1, Intbrvajllb m., est m. tout inter- 
valle plus petit d'un demi-ton que Tintervalle 
majeur (v. ce mot) forme du m£me nombre de 
degree. — 2. Accord m., resonnance simultan^e 
d'une fondamentale avec sa quinte (juste) inf£- 
rieure et sa tierce (majeure) inferieure, ou 
d'apres la definition habituelle, telle que l'admet 
la throne de la basse chiffree : accord compost 
de la tonique accompagn&e de sa quinte (sup£- 
rieure) juste et de sa tierce (sup^rieure) mi- 
neure. Si, dans l'accord m., le son le plus grave, 



par ex. : ut dans 



est interprets 



comme fondamentale (le fait qu'ut est tonique 
n'entre pas en ligne de compte), il est impos- 
sible de comprendre comment la tierce mi- 
neure pourra former avec lui une unite sonore ; 
en effet, la s£rie harmonique superieure pr£- 
sentant au lieu de la tierce mineure la tierce 
majeure, ces deux intervalles entrent en con- 
flit et donnent in£vitablement lieu k de forts 



battements. C'est pour cette raison que Helm- 
boltz caracterise en r£alil£ la consonnance mi* 
neure comme une « consonnance troubl£e ». 
Ailleurs, le m6me auteur interpr&te ut : mi 
bemol : sol comme harmonie d'ut (ut : sol) + 
barmonie de mi b&mol (mi bemol : sol), ce qui 
supprime tout uniment le caract&re conso- 
nant de l'accord ; car, quelle que soit la defini- 
tion adoptee pour la consonnance, un point 
reste definitivement acquis, c'est que l'uNrrfe 
est la condition premiere de toute consonnance ? 
O. Hostinsky (v. ce nom) va plus loin encore et 
considere, dans ut : mi bSmol : sol, ut : sot 
comme barmonie &'ut, mi b&nol; sol comme 
barmonie de mi b&mol et ut: tm Mmol comme 
harmonie de la Mmol, en sorte que dana 
ce seul accord trois harmonies seraient re- 
presentees. Or, comme l'a tres ingenieuse- 
ment prouve von Oettingen le premier, l'accord 
m. est precisement dissonant au point de vue 
du mode majeur, de m&me que l'accord majeur 
est dissonant au point de vue du mode mineur. 
L'accord m, doit etre con?u d'une fa?on tout & 
fait differente et absolument inverse de celle de 
l'accord majeur ; les rapports de tierce et de 
quinte s'y trouvent non pas au-dessus, mala 
au-dessous de la fondamentale. Par conse- 
quent, dans l'accord ut : mi bdmol : sot* sol = 
fondamentale, mi bemol = tierce, ut = quinte ; 
mi bemol et ut sont les sons inferieurs de soL 
Bien que cette conception de l'accord m. re- 
monte k plus de trois cents ans, qu'elle ait et£ 
etablie par le createur de notre systeme harmo- 
nique moderne, Zarlino (1558), et renouvel6e 
par les principaux theoriciens (Tartini, 1754 ; 
Hauptmann, 1858), sa mise en pratique imme- 
diate dans retude de 1'harmonie n'a ete reali- 
see que tout recemment par von Oettingen qui 
a adopte la denomination de l'accord m. 
d'apres le son le plus eieve. Enfin, l'auteur de 
ce dictionnaire, H. Riemann, a, le premier* 
developpe cette idee d'ane maniere cons&- 
quente, dans ses ouvrages theoriques. Cf. 

HARMONIE, SON, CONSONNANCE, DISSONANCE et 

majeur. — 8. Gamme m. et mode m. Le mode nu 
est celui dont la tonique (c.-d-d. l'accord final) 
est un accord mineur. Depuis l'adoption du 
principe de l'interpretation harmonique (v. ce 
mot), autrement dit de l'analyse des sons- 
d'apres leur fonction dans 1'acr.ord, on a cou- 
tume de considerer le mode comme resultat 
d'un systeme de trois harmonies, celles de 
tonique, dominante et sous-dominante; le mode 
m. resultera par consequent des accords de 
tonique mineure, sous-dominante mineure et 
dominante majeure, ex. (cf. fonctions to- 

NALES) : 

oT 
re fa la ut mi sol% si 



accords qui represented bien, en effet, le fonde- 
ment de toute harmonisation mineure. Mais 
leur combinaison donne une gamme m. qui 
renferme un intervalle de seconde augmentee* 
soit : la* si 1 ut* ri* mi* fd*_sol$ la* 



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M1NG0TTI — MINNESINGER 



525 



(rest au xix* s. settlement que Ton osa adopter 
eette succession de sons comme veritable type 
de m&odie mineure, comme gamme m. normals 
<dite « harmonique »). L'auire forme, plus an- 
cienne, de la gamme m., en usage depuis le 
jour oix nos tons modernes se degag£rent des 
modes eccl6siastiques, est par contre : 

ascendante : la 1 si* ut* re* mi* Faff Sol$* la* 
descendante ; la* Sol* Fa* mi* ri* ut* si 1 to 1 
gamme mineure dite « m&odique ». II est indu- 
bitable que cette derni&re gamme est r£elle- 
ment mllodique, tandis que l'autre ne peut 
l'&tre, a cause du hiatus fa^sol $ . Mais la mu- 
-sique moderne prouve que, d'une manure 
.generate, il n'existe aucune gamme correspon- 
ds absolument a l'harmonie d'une tonality 
<v. ce nom), mdme lorsqu'il n*y a pas de modu- 
lation ; d'oix il ressort que tout© discussion sur 
la valeur relative des deux Schelles indiqu6es 
ci-dessus est parfaitement inutile. Envisages 
au point de vue de notre conception actuelle 
de l'essence de rharmonie, les gammes ne sont 
pas autre chose que des types de houvehents 
m&lodiques a travers des acgords, autrement 
dit le remplissage, au moyen de notes de pas- 
sage, des intervailes dont l'accord se compose ; 
ces notes de passage devront differer suivant 
la position de l'accord, par rapport a la tonique, 
el pourront m§me varier dans l'accord de toni- 
que. Mais la forme la plus simple de la gamme 
de tonique ne fait usage que des sons apparte- 
nant aux deux dominantes de m&me mode ; la 
representation la plus simple du mode m., par 
trois harmonies, sera par consequent, non pas 
celle que nous avons donate plus haut (domi- 
nante majeure) mais bien celle qui aura la do- 
minante mineure : 

*T 

rS fa la ut mi sol si 
•S °D 

Le point de depart des rapports des sons de 
l'accord mineur (v. plus haut) est la note sup£- 
rieure de rharmonie mineure ; si nous prenons 
cette note comme point de depart d'une gamme 
descendante, nous obtenons l'6chelle : 

mi* re* ut*_si* la* sol* fa*_mi* 

qui est exactement l'image renvers£e de la 
gamme majeure ascendante : 

ut* rt* mi?_fa* sol* la* si*_ut* 

Cette gamme mineure pure 6tait la gamme 
favorite des anciens Grecs (le dorien) et, en 
outre, le mode EccLftsiASTiQUE dit phryoien, si 
mal interpret^ apres la formation de la musique 
polyphonique. Ge furent K. Fortlage (Das mu- 
sikatische System der Griechen in seiner Ur- 
gestalt, 1847) et 0, Kraushaar (Der ahkordische 
GegensatZy 1852) qui, les premiers, reconnurent 
pleinement la valeur r£elle de cette gamme, 
puis vinrent apr&s eux : K.-F. Weitzmann, A. 
von Oettingen, von Thimus, Riemann, Thflr- 
lings, von Hostinsky, Y. von Arnold, von Mel- 



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gounow. Avant Forllage, Blainville s'Stail deja 
d6clar& partisan de la gamme avec seconde 
mineure (« troisteme mode », c mode helleniquev) 
et fut suivi dans cette voie par Nicola d'Arienzo 
(cf. aussi Zarlino et Tartini). Seule cette con- 
ception du mode m. qui consiste a voir, dans 
l'emploi de la dominante majeure en mineur, 
1 un cas analogue a celui de la sous-dominante 
mineure en majeur (le « mineur-majeur > de 
Hauptmann) permet de donner une base solide 
soit a F6tude de rharmonie mineure, soit aux 
tournures si particuli&res des melodies grec- 
ques, Scossaises, irlandaises, scandinaves, rus- 
ses, hongroises et tch&ques, dont l'harmonisa- 
tion 6tait restee jusqu'alors un probl A me non 
r£solu. Un fait bien digne de remarque, c'est 
que la conception m&odique dans le sens mi- 
neur pur 6tait la plus fr6quente avant r appa- 
rition de la polyphonic, et qu'elle Test encore 
actuellement, chez les peuples de culture mu- 
sicals peu avanc£e, tandis qu'ensuite on tendit 
justement vers l'oppos£. La reaction en faveur 
de la conception mineure ne pouvait se faire 
attendre longtemps, elle se manifeste aujour- 
d'hui dans toute sa force et peut- A tre imprime- 
ra-t-elle son sceau a la phase prochaine de 
Involution musicale. 

Mingotti, Begin a, n£e Valentini, cetebre 
cantatrice, nee a Naples en 1728, fllle d'un offi- 
cier autrichien qui fut plus tard transfdrd a 
Graz, m. a Neubourg s/ Danube en 1807; fut 
ilevee au couvent des Ursulines de Graz, ou 
elle regut ses premieres lemons de chant. Le di- 
recteur de 1'OpSra de Dresde, M., decouvrit sa 
voix, confla son Education a Porpora et 1*6- 
pousa. Elle ne tarda pas a devenir la rivale 
de Faustina Hasse et se maintint avec dclat 
a ses c6t£s. En 1751, elle partit pour Madrid et 
y chanta pendant deux ans, sous la direction 
de Farinelli, puis remporta de grands triom- 
phes a Londres, ainsi que dans diverges villes 
d'ltalie. Elle s'6tablit plus tard a Munich (1768) 
et, en dernier lieu (1787), a Neubourg, sur le 
Danube. 

Bfinime 1 (lat. et ital. minima; angl. mi- 
nim), notre blanche qui, autrefois (a la fin du 
xni* s.), 6tait la plus courte des dur§es de notes 
alors en usage : maxime, longue, br&ve, seini- 
br A ve,minime.Danslamusiqueproportionnelle, 
jusqu'a la fin du xvi* s.^la m. vaut, suivant les 
indications de l'armure (v. prolation), tanttit 
la moitig, tant6t le tiers de la semi-br&ve, mais 
elle*m A me est toujours binaire; a partir du 
xvn* s, elle valut aussi toujours la moitie de la 
semi-brfrve (notre ronde). Le terme de Fuga in 
niinimam que Ton rencontre au xvr» s. est 
l'expression consacr£e pour un canon dans 
lequel la voix imitante n'entre qu'une m. apr6s 
celle qui pr^sente le thdme. Gf. l'exemple au 

mot ENTRftE. 

Minnesanger, nom des pontes - musiciens 
chevaleresques de l'AUemagne, au xu« et au 
xm f s. Bien que contemporains des trouba- 
dours de la Provence et des trouv&res du Nord 
de la France, les « M. » se distinguent d'eux par 

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526 



MINORE — MISTICHANZA 



leur conception pins intime et plus chaste dn 
culte de la femrae (Minne). Les chants des « M.» 
£taient, comme ceux des troubadours, accom- 
pagnes sur des instruments A cordes (arpanette, 
vielle). Le Minnegesang (oeuvre du « M.») florit 
d'abord en Autriche, puis se repandit de la 
vers le Rhin et plus tard en Thuringe et en 
Saxe ; citons parmi ses representants les plus 
c£l£bres : von Kuremberg, Dietmar von Aist, 
Heinrich von Veldeke, Rcinmar, ilartmann 
von Aue, Wolfram von Eschenbach, et au-des- 
sus de tous ; Walter von der Vogelweide. Ri- 
chard Wagner a trds nettement caract&ris6 le 
Minnegesang dans son « Tannh&user », ou 
Wolfram surtout repr6sente le type du t M. » 
dans sa purete ideale. Cf. maItres-chanteurs. 
Pour plus de details sur les M., v. la Sammlung 
der Dichtungen der M. (1888, 4 vol) de v. d. 
Hagen ; un extrait de cet ouvrage, avec une 
introduction par Bartsch (1864) ; Ueber die 
Lais, Sequenzen und Leiche de Wolf (1841 ) ; etc. 
La notation des melodies des « M » doit &tre etu- 
di6e comme celle des troubadours, avec un soin 
tout special ; elle ne peut £tre sin j piemen t 
transcrite d'apr^s les regies de la theorie pro- 
portionnelle de l^poque. On doit an contraire 
la consid£rer (surtout dans sa premiere periode) 
comme uniquement compos£e de longues et de 
braves : 

B . et * * ou * et * se traduisent par J h 

les ligatures comme des groupes de notes 
braves, dont la valeur totale 6quivalait A la 
longue, etc. 

Minoja. Ambrogio, maftre de chant el compo- 
siteur, n6 A Ospitaletto, pr6s Lodi, le 21 oct. 
1752, m. A Milan le 3 aout 1825 ; accompagna- 
teur an Th^tre de la Scala, a Milan, pour le- 
quel il a 6crit, en 1787, un opSra : Tito nelle 
Galli, et plus tard maitre de chapelle du con- 
vent de la Scala, en m£me temps qn'inspecteur 
des Etudes (censeur) au Conservatoire de Mi- 
lan. M. est connu par ses solf&gcs qui sont 
encore, de nos jours, appr6ci£s dans Tensei- 
gnement, et par ses Letlere sopra il canto 
(1812, A B. Asioli ; trad, allem. 1815). M. a 6crit 
pour le couronnement de Napoleon l ep un Veni 
creator et un Te Deurn, pour le mariage du 
vice-roi Eugene de Beauharnais une cantate, 
puis une marche pour l'entree des Franrais en 
Italicet une symphonic fun&bre pour le gene- 
ral Hoche, enfin de nombreuses compositions 
religieuses, des quatuors pour instr. A archet 
(1 divertimenti delta campa(/na), des sonates 
d*£glise, etc. 

Minore (ital.),plus petit, d'ou lesens d'accord 
mineur (harmonia di terza m.) et de mode 
mineur. Vindication m. parait souvent en tete 
d'un trio, dans les marches, danses, etc., lors- 
que ce trio est en mineur et ia parti e principale, 
par contre, en majeur. De meme une variation 
mineure d'un theme majeur est indiquSe par 
m. De m£me encore on emploie m. pour indi- 
quer, apres un trio en majeur, la rentr^e du 
mode principal, si celui-ci 6tail mineur. Cf. 

MAGOIORE. 



Minstrels, v. m£nestrels. 

Minuetto, v. menuet. 

Miranda, Hippolyte, ne A Lyon le 4 mai 
1862,- fit de la literature et du droit avant de 
se rendre a Paris, ou il travailla la composition 
sous la direction de tfuiraud et re^ut des eon- 
seils de Th. Dubois, ainsi que de C. Franck. 
En 1886, M. se fixa A Geneve et y fut nomme 
professeur d'histoire de la musique au Conser- 
vatoire ; il remplit ces fonctions jusqu'en 1892, 
ipoque a laquelle il se rendit A Lyon, pour y 
occuper un poste analogue, au Conservatoire 
national. M. a fourni A diverses revues d*int6- 
ressants articles de critique musicale ; il est en 
outre chroniqueur musical du Progrds et se- 
cretaire-general du Grand-Thedtre de Lyon. 
En tant que compositeur, M. s'est fait connaftre 
par des pieces svmphoniques (ouverture de 
Fritihof [1887J, prelude de Promtthie [1888], 
ouverture de Macbeth [1892J, Conte de fees 
[po6me symphonique, 1895]), puis La Fie aux 
chansons (choeurs et orchestre, 1893), Une fete 
directoire (ballet-pantomime ; Lyon, 1895), des 
MelopSes. plusienrs melodies, des pieces pour 
piano A deux et A quatre mains. Un grand 
nombre d*autres (puvres, parmi lesquelles un 
oratorio (Le feu du ciel), des pieces d'orgue, 
des ch<purs, une symphonie, des ouvertures, 
des melodies et un op6ra (La mort de Roland)* 
sont encore inedites. 

Mirus, Eduard, n£ A Klagenfurt en 1856, 
fut, comme <Hudiant A Vienne, 61&ve de Hans- 
lick ; puis il tit en Italie son education de chan- 
teur (baryton), chanta sur diverses scenes, et 
s'elablit en 1891 A Vienne, en quality de maitre 
de chant. Comme compositeur, M. a debute par 
des lieder. 

Miry, Karel, compositeur flamand, n& a 
Gand le 14 aout 1828, m. dans la m^me ville le 
5 oct 1889 ; 61&ve de Mengal et de Gevaert, a 
£crit, depuis 1847, pour Gand, Anvers et Bru- 
xelles, dix-huit operas et opSrettes flamands et 
francais, ainsi que quelques ballets, etc. M. a 
Gt6 professeur d'harmonie et directeur sup- 
pleanl au Conservatoire de Gand. 

Miserere (Miserere meiDeus 9 D\en aies piti£ 
de moi !), commencement du psaume li, qui a 
et6 mis en musique par d'innombrables com- 
positeurs. Le M. est chants avec une solennite 
toute 3peciale dans la chapelle Six tine, a Rome, 
pendant la semaine sainte, les mercredi, jeudi et 
vendredi A Tofiice dite des Tenures. Trois 
compositeurs seulement out et6 jug&sdignes de 
fournir la musique de cette solennite : Allegri, 
Baj et Baini (v. ces noms). Quelques autres 
morceaux d'AUegri auxquels on avait fait ac- 
cueil ont 6te completement refoul^s A rarri^re- 
plan par son M. Le manuscrit de celui-ci etait 
conserve comme un vrai Iresor et ne devait 
pas 6tre copie ; ce ne fut que dans le dernier 
tiers du stecle dernier qu'il fut publie (Burney, 
Choron, etc.). 

Missa,v. messe. 

Misterioso (ital.), avec mystere, myst^rieu- 
sement. 

Mistichanza, syn. de quolibet. 



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MITTERWURZER — MODE 



527 



Mitterwurzer, Anton, c&6bre chanteur sce- 
nique (baryton), n6 k Sterzing (Tyrol) le 12 avr. 
1818, m. k Dcebling, pr&? Vienue,le 2 avr. 1872; 
neveu et 61eve de Gaensbacher (v. ce nom), il 
chanta comme enfant de choeur au ddme de 
St-Etienne et d£buta plus iard k Innsbruck, 
dans le rdle du chasseur de tNachtlager in 
Granada ». Aprds avoir chants plusieurs an- 
nees sur de petite theatres de province, en Au- 
triche, il recut enfin, en 1839, un engagement 
a TOp^ra de la Gour, k Dresde. II y resta jus- 
qu'au jour de sa relraite, en 1870. M. 6tait un 
chanteur sc£nique de premier ordre et excellait 
surtout dans lea operas de Marschner et de 
Wagner (t Tannh&user », « Lohengrin »), ainsi 
que dans « Don Juan »,«Zarund Zimmermann*, 
etc. 

Mixolydien, v. (modes) e<;cl&siastiques el 
(musique) grecque. 

Mixta, se dit 1° d'un ensemble de voix forme 
pour une part de voix dTiommes et pour l'au- 
tre de voix de femmes ou d'enfants (ghceur 
mixte; ital. coro pieno; lat. plenus chorus; 
all. gemischter Chor ; angl. mixed ou full cho- 
rus). (Test ce melange de timbres (oppos^ au 
chcBur pour « voix egales • ) qui permet au com- 
positeur le plus grand nombre de combinaisons 
diverses. — 2° dans la th£orie vocale, d'un son 
dont l'intensit6 est moindre que celle que pent 
fournir la voix entidremcnt developpee et qui 
semble participer a la fois de la voix de \He et 
de la voix de poitrine (voix mixte). II s'agit en 
r£alit6 d'une voix de poitrine diminuee, conle- 
nue, k laquelle les Italiens donnent le nom de 
mezza voce. 

Mixture, syn. de fourniture et de plein jeu 
(v. ce mot). 

Mizler, Lorenz-Ghristoph (anobli plus tard 
sous le nom de M. von Kolof), musicographe, 
n6 k Heidenheim (Wtirtemberg) le 25 juil. 
1711, m. k Varsovie en mars 1778; suivit le 
gymnase k Ansbach et 6tudia, de 1731 a 1734, la 
philosophie k Leipzig ou il eut des lemons de 
piano etde composition de J.-S. Bach. En 1874, 
il prit son grade de « Magister » et soutint la 
th&se : Dissertation quod musica ars sit pars 
eruditionis musicce (imprimee en 1734 ; 2 e M. 
avec 16ger changement dans le titre, 1736). 
Apr&s avoir continue encore ses etudes k Wit- 
tenberg, il prit sa licence en 1736, k Leipzig, et 
donna des cours de math&matiques, de philoso- 
phie et de musique. II fonda en 1738, a Leipzig, 
la Sodetdt der musihatischen Wissenchaften, 
dans laquelle Bach entra aussi plus tard, bien 
qu'il ne se soit jamais beaucoup pr£occupe du 
but principal de cette soci£t£, d'etablir les lois 
de la composition; il preferait laisser ce soin 
k d'autres. En 1743, un comte Malachowski le 
fit venir k Konskie, en Pologne, comme precep- 
teur de son flls ; mais quelques annees plus 
tard, M. se rendit k la Gour de Varsovie, ou il 
fut anobli et nomm£ conseiller aulique. II reout 
en 1747, de TUniversite d'Erfurt, le diplrime de 
docteur en m^decine. M. fut un des premiers 
qui publi&t une sortede journal musical, sous le 
titre : Neu errdffnete musihalische Bibliotheh, 



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oder Griindliche Nachricht nebst unpartei- 
ischem Urteilvon musihalischenSchriftmund 
Btichern (1736-1754). Un autre pSriodique, pa- 
raissant par livraisons mensnelles d'une feuille 
in-8° : Musikalischer Staarstecher ( comptes 
rendus d'oeuvres de musique pratique), ne parut 
que jusqu'au num6ro 7 (1739-1740). M. a £crit, 
en outre : Die Anfangsgriindedes Generalbas- 
ses, nach mathematischer LeJirari abgehan- 
delt (1739), puis une plaisanterie en latin : Lusus 
ingenii de prcesenti hello, etc. (1735, d£die au 
comte Lucchesini, Tun des fondateurs de la 
t Society •) dans laquelle il repr£sentaitle cours 
probable de la guerre de Tempereur Char- 
les VII avec la France, parle rapprochement et 
l'eloignement de diflterents sons. II a encore 
ecrit une excellente traduction allemande du 
Gradus ad Parnassum de Fux (Gr. ad P. oder 
Anfuhrung zur regelmdssigen musihatischen 
Komposition, 1742). Ses compositions (odes, 
suites, sonates de flute) ont peu de valeur. 

M. M. = metronome MLelzel (v. ce nom). 

Mockwitz, Friedrich, n6 k Lauterbach, en 
Saxe, le 5 mars 1785, m. k Dresde en dec. 1849; 
connu par ses arrangements habiles pour pia- 
no k quatre mains (les premiers de Tesp£ce) 
d'oeuvres orchestrales classiques. 

Mode, 1. (lat. modus), syn. de ton, gamme, 
&chelle, par ex. m. lydien (modus lydius), etc. ; 
v. (modes) ecclesiastiques. — 2. (lat. modus), 
Ghezlesanciens th£oriciens dela musique pro- 
portionnelle (xn e et xm« s.), schema rythmique 
pour la formation de la m61odie, ex. : 9 ■ (lon- 
gue, br&ve) r6p6t6 d'une fa^on continue (trochee) 
ou encore m m • (br&ve, br6ve, longue ; ana- 

peste). — 3. Designation, dans la theorie pro- 
portionnelle des xv e et xvi 6 8., de la valeur de 
la maxime (m. majeur; modus major) et de la 
longue (m. mineur ; modus minor). La valeur 
ternaire de la maxime (m. majeur parfait; 
modus mqjor perfectus) et celle de la longue 
(m. mineur parfait; modus minor perfectus) 
pouvaient 6tre indiqu^es a l'armure au moyen 
de diflterents signes, ainsi que nous l'appren- 
nent plusieurs theoriciens de T^poque (cf. le 
chap. IX, consacr6 a Thistoire des signes de 
mesure, des Sludienzur Geschichte der Noten- 
schrifl, de H. Hiemann); cependant, dans la 
pratique, ces indications ne se rencontrent que 
tr£s rarement et Ton en est r£duil en g£n#ral a 
conclure de la division ternaire de ces valeurs, 
d'apres certaines particular! t6s de la notation. 
Celles-ci (appel£es signa implicita ou intrin- 
seca, par opposition aux signa indicialia, si- 
gnes de mesure) consistaient, pour le mode 
majeur parfait, dans l'apparition de trois ma- 
ximes pleines (noircies; v. hemiolia), pour le 
mode mineur parfait dans celle de trois lon- 
gues pleines (noircies) ou de deux silences, 
correspondant phacun k la valeur d'une br6ve, 
au debut d'une unite de mode (perfection). 
Lorsque les chiflfres 3 ou 2 (v. diminution) 
etaient adjoints au signe de temps (Q 3, O 2)> 
celui-ci devenait signe de mesure du mode 
mineur (modus minor), puisque la longue 

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528 



MODENA — MOUQUE 



prenait de ce fait la valeurqu'avaitauparavant 
la bre/ve. — 4. (all. Tongeschteckt). Terme dont 
on se sert, de nos jours, pour designer l'ordre 
des rapports d'une serie de sons avec une fon- 
damentale qui leur est commune A tous. II y a 
deux sortes de m : le m. majeur et le m. mineur 
(y. ces mots). Tandis que les tons obtenus an 
moyen d'armures difflrentes ne sont que de 
simples transpositions, la conception des tons 
on des accords de modes differents est essen- 
tiellement diff£rente (v. son et karmonie). 

Modena, Giulio di, v. Segni. 

Moderato (ital.), indication de mouvement, 
qui tient le milieu environ entre allegretto et 
allegro et ne differe pas de V allegro moderato. 

Moderaus, Jakobus (de son vrai nom Jac- 
ques Moderns, surnomme aussi A cause de son 
embonpoint Grand Jacques ou Jakobus M. de 
Pinguknto), fut mattre de chapelle de Notre- 
Dame, a Lyon, et eJablit dans cette ville nne 
imprimerie de musique qui fonctionna de 
1532 A 1588, et a imprime, principalement des 
ceuvres de contrapontistes francais. M. compo- 
sait aussi et 6dita lui-m&me des chansons A 
quatre voix et des motets A cinq et A six voix 
que Ton n'a cependant pas retrouv6s jusqu'a 
ce jour. 

Modulatio, aussi modulus et modulamen, 
terme qui, dans les litres du xvi* siecle, a la 
m&me signification que « motet ». 

Modulation, passage d'un ton dans un autre 
(de m&me mode ou de mode different), ou, si 
nous faisons usage de la nomenclature moder- 
ne : changement de tonalite* (v. ce mot), c.-i-d. 
passage du caractere de tonique d'un accord A 
un autre (cf. fonctions). On etablit une distinc- 
tion entre la m. passag^re (all. Ausweichung), 
immediatement suivie du retour A la tonality 
primitive, et la m. rdelle. Ainsi le th£me d'une 
sonate renferme souvent des m. passag&res, 
mais la m. proprement dite apparait seulement 
avant I'entree du second th&me, toujours 6crit 
dans une tonalite differente de celle du premier. 
Du reste, dans toute oeuvre musicale formant 
un tout absolu, les parties mdmes qui ne se 
meuvent pas dans la tonality principale restent 
sous 1'empire de cette tonalite : les di verses 
tonalites secondares n'ont eneffet de significa- 
tion r6elle que par leurs rapports avec la tona- 
lity principale, en sorteque les m. d'une oeuvre, 
en tant qu'enchalnements de tonalitta, sont 
soumises aux memes considerations que les 
enchainements d'harmonies. C'est la parent e 
des tonalites qui sert de norme pour la m., pa- 
rente qui n'est autre que celle des accords prin- 
cipaux (toniques). La m. d'un ton A un autre 
qui n'est parent du premier qu'au second de- 
gr6 (c.-d-d. indirectement), doit §tre en quelque 
sorte justifies apres coup par le passage A une 
tonality parente au premier degre>, exactement 
comme cela se passe pour les enchainements 
d'accords eloigner. Cf. parents des sons. On 
distingue enfin entre la simple succession de 
plusieurs phrases dans diffexentes tonalites, 
proc£de qui s'adapte principalement aux mor- 
ceaux de danse et aux formes analogues (rondo, 



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scherzo), et la m. proprement dite qui, au 
moyen d'une succession d'harmonies, occasion- 
ne le changement des fonctions harmoniques. 
Cf. les trait6s d'harmonie et de composition, 
puis : Dneseke, Anweisung zum kunstgerecli- 
ten Modulieren (1876), ainsi que Riemann, 
Systematische ModxUaUonslehre (1887) et Ve- 
reinfachte Harmonielehre (Londres, 1898). 

Modus (lat.), mode (v. ce mot). 

MoBhring, Ferdinand, compositeur estime 
d'ceuvres chorales pour voix d'hommes, n£ A 
Altruppin le 18 janv. 1816, m. A Wiesbaden le 
1" mai 1887 ; 6tait d'abord destine A l'industrie 
du MUment et suivit les cou^s de FEcole des 
Arts et Meliers de Berlin, mais ii entra ensuile 
dans les classes de composition de l'Acad6mie 
royale de Berlin. En 1840, M. devint organiste 
et directeur de musique A Saarbrftcken ; il re- 
eut en 1844 le titre de « Directeur royal de mu- 
sique » et fut nomm6 l'annee suivante organiste 
et maitre de chant a Neuruppin. Enfin, il passa 
les demises anne.es de sa vie dans la retraite, 
A Wiesbaden. M. a compose, outre ses quatuors 
pour voix d'hommes, tr&s repandus en Allema- 
gne (p. ex. l'inergique Normannenzug), des 
ceuvres vocales et instrumental de presque 
tous les genres (ainsi que deux operas), mais 
qui ont cependant trouve. moins d'&cho. Un 
monument a §16 eleve, a. M. en 1894, a Wiesbaden. 

Mo&ser, Karl, violoniste distingue^ n6 A Ber- 
lin le 24 janv. 1774, m. dans la m6me ville le 27 
janv. 1851 ;fils d'un musicien (trompette), recut 
de son pere les premieres lecons de violon, et 
eut plus tard pour maitre Boettcher et Haacke. 
Apres un engagement de courte dur&e A la 
Chapelle royale, ii alia A Hambourg o& ses 
relations avec RodeetViotti lui donnerent Fid6e 
de poursuivre ses Etudes. Apr£s divers voya- 
ges, il revint en 1811 A Berlin, oft il fut de oou- 
veau engage A la Chapelle royale, et re?uU 
vers 1840, le titre de « maitre de chapelle royal ». 
Ses compositions n'ont pas grande valour; 
parmi ses ele-ves, on compte. entre autres, 
Karl Mftller et son propre fils August Mceser, 
n6 A Berlin le 20 dec. 1825, m. pendant une 
tournee de concerts en Amerique, en 1859. Ce- 
lui-ci a fait graver quelques morceaux pour 
violon (op. 4, fantaisie sur le ■ Freischfitz »). 

Mohr, Hermann, n6 A Nienstedt, pr&s Sanger- 
hausen, le 9 oct. 1880, m. a Philadelphie le26avr. 
1896; suivit le se-minaire d'instituteurs d'Eisle- 
ben,puis s'&tablit en 1850 A Berlin, ou il fonda le 
Conservatoire de Luisenstadt et dirigea des 
societes chorales d'hommes. II fut ensuite, A 
partir de 1886, professeur au Conservatoire 
Zeckwer, a Philadelphie. M. est connu surtout 
comme composit eur d'opu vres chorales pour voix 
d'hommes ; mais il a aussi 6crit de la musique 
de chambre, des morceaux de piano et une 
canlate : Bergmannsgruss. 

Molck, Heinrioh, ne a Gross-Himstedt le 7 
sept. 1825, m. A llano vre le 4 janv. 1889; eleve 
de Hauptmann, compositeur de musique vocale 
pour chceur d'hommes, etait organiste de la 
« Marktkirche », A Hanovre. 

Molique, Wilhelm-Bernhard, celebre vioio- 

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MOLITOR — MONIU8ZKO 



529 



miste et compositeur, n£ A Nuremberg le 7 oct. 
1802, m. A Cannstadt, pr&s Stuttgart, le 10 mai 
1869; His d'un musicien qui lui donna les pre- 
mieres lemons de diff&rents instruments, tit son 
Education musieale aux frais du roi Maximilien 
I* r de Bavidre, sous la direction du concert- 
meister Rovelli, A Munich. II fut ensuite, pen- 
dant quelque temps, membre de l'orchestre du 
th&tre tAn der Wien », A Vienne, puis, en 1820, 
euccSda * Rovelli, A Munich. De 1829 A 1849, il 
remplit avec m£rite le poste de concertmeister 
de la Cour, A Stuttgart, d'ofi il se tit avantageu- 
sement connaltre. par de nombreuses tourn6es 
de concerts dans son pays et a l'etranger. II 
abandonna ce poste en 1849 et 61ut domicile A 
Londres, ou il trouva un accueil excellent, tant 
comme soliste que comme quartettiste et od il 
occupa d£s lors une haute situation, en quality 
de professeur de violon. 11 se retira en 1866 A 
Cannstadt. Les compositions de Molique, qui 
sont encore estim6es, sont : six concertos et un 
concertino pour -violon ; un concerto pour vio- 
loncelle ; huit quatuors pour instr. A archet ; 
des morceaux concertants pour deux violons, 
pour violon et piano, pour Utile et piano, pour 
flfite et violon ; des fantaisies, rondos, etc., pour 
Tiolon ; deux trios avec piano ; une symphonie ; 
deux Messes et un oratorio : Abraham (ex£cut6 
au festival de Norwich). 

M olitor, Ludwig, ni A Zweibrticken (I)eux- 
Ponts) le 12 jail. 1817, m. dans la m6me ville le 
12 janv. 1890 ; 61eve, pour la musique, du Con- 
servatoire de Munich, fut premier conseiller du 
tribunal de district, A Deux-Ponts. Da ecrit des 
ch(purs pour voix d'hommes, des lieder, des 
morceaux de piano, une grande Messe, un Te 
Deum, un Stabat Mater, etc. 

Moll(all.,mineur;du lat. molle, doux).Leterme 
latin molle fut employ^ (probablement pour la 
premiere fois parOdon de Clugny, au *• s.), pour 
designer le B arrondi (Iz, B molle; b6mol) par 
opposition au B anguleux (fc|, £, B durum, le A 
des Allemands; notre si), B durum 6tant sy- 
nonyme de B quadratum ou quadrum, B molle 
de B roJtmdum. Ou appliqua ensuite ceterme A 
Thexacorde fa-re, qui comportait non pas si 
naturel, mais si bemol [B molle] (cf. muances), 
<et flnalement au mode et A l'accord comprenant 
la tierce mineure. Cf. dor. 

Holler ou Mceller, Joachim, v. Burok. 

Molto (ital.), beaucoup, tr&s ; allegro m., tr£s 
vile ; m. largo, trte lentement, etc. 

Momigny, J£r6iie-Joseph (de), th£oricien, n6 
A. Philippeville le 20 janv. 1762, devint, A l'dge 
de douze ans, organiste A St-Omer, puis A Sle- 
Colombe, et en 1785, A Lyon ; il s'enfuit en 
Suisse pendant la Revolution, puis 6tablit, en 
1800, A Paris, un magasin de musique ou il 
£dita entre autres ses propres Merits. Plus tard, 
il s'&tablit A Tours oil, d'apr£s F6tis, il vivait 
•encore en 1855 ; l'ann£e de sa mort est incon- 
nue. M. a 6crit : Cours complet d'harmonie et 
de composition cfapres une thiorie neuve 
<1806, 3 vol. ; M. fait deliver les gammes de la 
s£rie harmonique jusqu'au son 13), puis : Ex- 
posi succinct du seul systeme musical quisoit 

DICTIONNAJRE DE MUSIQUE. — 34. 



k. — m. 

^KjfOOQle 



vraiment bon et complet (1809) ; La settle vraie 
tMorie de la musique (1823), Cours geniral de 
musique, de piano, dharmonie et de composi- 
tion depuis A jusqu'a if (1884). M. £tait ferme- 
ment persuad& de l'importance de ses soi-disant 
d£couvertes, comme le prouvent du reste les 
titres de ses Merits. En fait de compositions, M. 
a laiss£ des quatuors pour instr. A archet, des 
trios, des sonates de violon, des sonates et au- 
tres oeuvres pour piano, des lieder, des cantates, 
une op6rette (Arlequin CendriUon) et une m6- 
thode 616mentaire pour piano : Premiere annie 
de legons de pianoforte. 

Momoletto, v. Albbrtini 2. 

Monasterio, Jesus, violoniste distingu£, n6 
A Potes, dans la province espagnole de Santan- 
der le 21 mars 1836; 616ve de B6riot A Bruxel- 
les, de 1849 A 1851, fut bientot nomm£ profes- 
seur de violon au Conservatoire de Madrid, 
violon-solo de la Chapelle royale et de la mu- 
sique de chambre royale. II a aussi jou£ avec 
grand succ&s en France et en Allemagne. 

Monbelli, Marie, c£16bre cantatrice, n6e A 
Cadix le 15 ttvr. 1843, 616ve de M-« Eug6nie 
Garcia, A Paris ; elle remporta de grands suceds 
A Londres, comme primadonna, et fit avec 
UUmann de sensationnelles tournees de con- 
certs. 

Mondonville , Jean - Joseph - Cassanea de 
(ajoutait A son nom [Cassanea], le nom de 
famille de sa femme, de M.), violoniste et com- 
positeur, n£ A Narbonne le 25 d£c. 1711, m.dans 
sa villa de Belleville, pr£s Paris, le 8 ocL 1772; 
fut d'abord violoniste A Lille, plus tard A l'or- 
chestre des « Concerts spirituels » A Paris, od 
des motets de sa composition furent ex6cut£s 
avec un tel succ£s qu'il fut nomm£ musicien de 
la chambre royale et devint, en 1744, intendant 
de la musique de la chapelle de Versailles. En 
1755, M. succ6dait A Roger, comme directeur 
des t Concerts spirituels* (jusqu'en 1762). Ou- 
tre ses motets qui, malgr6 sa retraite de la 
direction des c Concerts spirituels », n'en sont 
pas moins rest£s des morceaux du repertoire 
pendant nombre d'ann£es * encore, M. a 6crit 
plusieurs operas et oratorios. 

Moniot, EuGftNE, compositeur, n6 en 1820, 
m. A Paris en no v. 1878; fut chef d'orchestrc 
de difftrentes petites scenes parisiennes qui 
ont represents un certain nombre d*op£rettes 
de sa composition.il s'est, en outre, fait connal- 
tre par des chansons et des morceaux de salon 
(piano). 

Monferrine, danse en usage dans les envi- 
rons de Monferrato (cf. Clemenli, op. 49). 

Moniusiko, Stanislaw, compositeur polonais, 
n§ A Ubil, propriete de son p£re dans le gou- 
vernement de Minsk (Lituanie) le 5 mai 1820, 
m. A Varsovie le 4 juin 1872 ; devait son Educa- 
tion musieale A I'organiste Freyer, A Varsovie, 
et A Rungenhagen avec lequel il travailla, de 
1837 a 1839, A Berlin. Apr&s avoir peniblement 
gagne sa vie pendant longtemps, comme mat- 
tre de musique et organiste de l'eglise St-Jean, 
a Wilna, il fut nomme, en 1858, chef d'orches- 
tre de Topera de Varsovie et plus tard profes- 

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530 



MONK — MONSIGNY 



seur au Conservatoire de la m6me ville. M. a 
6crit des operas nationaux : Loterie (1846), Le 
nouveau Don Quichotte, Ideal, Betty, Le Tzi- 
gane, Hatha, Le radeleur. La comtesse , Ver- 
bum nobile, Rohitschana f Le chateau des reve- 
nants, Jawnulz (Le Paria), Beata (1872), puis 
Ja musique de Hamlet, beaucoup de melodies, 
ainsi que des oeuvres de musique d'eglise 
(Litanie d'Ostrobram, Messes), plusieurs can- 
tates, des morceaux de piano, un ouvrage 
th6orique (Pamiatnik do nanki harmon\ji) et 
un • Recueil de chants pour la famille » en six 
cahiers. Une biographie de Moniuszko, par 
Al. Walicki (en polonais) a paru en 1873. 

Monk, 1. Edwin-Gborgr, pendant longtemps 
organiste et directeur de musique de la cath6- 
drale d'York, n6 A Frome, en Somerset, le 13 
d6c. 1819, &6ve de Macfarren pour la composi- 
tion, docteur en musique (Oxford, 1856), a public, 
outre ses propres oeuvres de musique d'eglise , 
divers recueils: Anglican Chantbooh, Anglican 
choral service-book, Anglican hymn-book (en 
collaboration avec G. Singleton), Psalter and 
canticles pointed for chanting et Anglican 
psalter chants (tous deux avecOuseley). — 2. 
William-Henry (pas parent du precedent), n£ 
A Londres en 1823, devint, apr£s avoir rempli 
diff&rents postes d'organiste A Londres, en 
1874 maitre de chant au € King's College » 
(successeur de Huilah), en 1876 professear A la 
« National Training School for music », et en 
1878 au « Bedford College*. M. a aussi fait A 
Londres, A Edimbourg et A Manchester des 
conferences but la musique et r£dig£ la Parish 
choir (chants d'eglise, parus en livraison), 
ainsi que, partiellement du moins, Hymns 
ancient and modem. 

Monocorde (gr. de monos, unique, et chordi, 
corde), instrument remontant A la plus haute 
antiquity et servant A la definition et A l'expli- 
cation math&natiques des relations des sons 
musicaux ; il se compose d'une corde tendue 
sur une caisse de resonance et qui pouvait 
6tre divis£e a voloutS, au moyen d'un chevalet 
mobile. Une 6chelle indique exactement sur 
quel point le chevalet est place, de telle sorte 
que Ton peut, A Taide du monocorde, produire 
chaque intervalle aussi acoustiquement pur 
qu'il est possible. Du reste, on a construit plus 
tard, en contradiction avec son nom, un m. 
muni de plusieurs cordes et chevalets pour la 
realisation sonore des accords. V. au mot piano 
comment le m. se transforma graduellement en 
clavicorde. 

Monodie (grec, chant solo), nom que Ton 
donne a la nouvelle forme de musique n£e, en 
Italie vers 1600, et qui, a la place du chant A 
plusieurs voix usit6 longtemps comme seule 
musique artistique, introduisait le chant a une 
voix, avec accornpagnement instrumental ; cet 
accompagnement etait assez simple au d£but 
(une basse chiffrSe, r6alis6e sur le clavecin, 
Torgue, le luth ou la gambe), mais il se d6ve- 
loppa bientdt d'une mantere interessante. II va 
de soi que le chant A une voix est beaucoup 
plus ancien que celui a plusieurs voix ; mdme 



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le chant accompagn£ autrement qu'& Tunisson 
a sans doute 6t£ en usage longtemps avant le 
xvn« s. (chez les troubadours et, d'une mani&re 
g6n6ral e, dans la musique populaireet familigre* 
au moyen Age). II n\v avait,en somme,de nou- 
veau quele fait que les artistes et les theoriciens 
s'emparaient d'une forme de style jusqu'alors 
negligee par eux. Le drame musical, l'oratorio, 
la cantate et m£me la musique instrumental* 
pure, c-d-d. toute notre musique moderne, 
sont issus de cette source en apparence si mo- 
deste. Cf. Peri, Caccini, Cavalikri, etc., ainsi 
que musique instrumentale. musique de CHAM- 
ere, etc. 

Mooodrame (grec), nom que Ton donne t 
une pidce de th&Ure &crite pour un seul per- 
sonnage ; duodramb, piece A deux personnages. 
Toutefois, cette seconde cat6gorie d'ouvrages 
sc£niques passe aussi fr£quemment sous la 
denomination de m. 

Monpou, Hippolvte, n£ A Paris le 12 janv. 
1804, m. a Orl6ans le 10 aout 1841; £teve et 
plus tard r6p£titeur de l'Ecole de musique de 
Choron, A Paris, a compost une quantity de 
romances sur des textes d'A. de Musset et de 
Victor Hugo. Lorsque, a la dissolution de 
F6cole Choron, M. se vit forc6 de subvenir aux 
besoins de sa famille en composant, il 6crivit 
neuf operas, mais il se ressentit toujours d'une 
Education musicale trop negligee et fit preuve 
uniquemenl de facilites d'invention m^lodique. 

Monsigny, Pierre-Alexandre, c&ebre com- 
positeur d'op^ras, n6 A Fauquembergue, pres 
St-Omer, le 17 oct. 1729, m. A Paris le 14 janv. 
1817 ; il suivit les classes du lyc£e des Jesui- 
tes de St-Omer et travailla ardemment le vio- 
lon. Forc£, par la mort pr6matur£e de son p6re, 
de subvenir aux besoins de sa famille, il ac- 
cepta en 1749 une place A la chambre des 
comptes du clerg£, A Paris, et devint, quelque 
temps apr&s, intendant de la maison du due 
d'Orleans. En 1754 settlement, une representa- 
tion de la • Serva padrona » de Pergoldse 
r£veilla son gotit pour la musique; il se mit 
dds lors avec toute son taergie a travailler la 
composition. M. n'avait encore acquis que pen 
ou point de connaissances theoriques; il etudia* 
sous la direction de Gianotti, 1'harmonie et 
la basse chiffree avec un tel zele qu'il puU 
au bout de cinq mois d6j&, Scrire un oplra- 
comique : Les aveuoo indiscrets, represents en 
1759 au « Th6&tre de la foire Si- Laurent* 
avec grand eucces. Mais, comme cette seine 
etait en train de representer rapidement Tun 
apr&s 1'autre et avec succ&s de nouveaux ou- 
vrages de M. : Le maUre en droit, Le Cadi 
dupi (tous deux en 1760), On ne s'avise jamais 
de tout (1761), la « ComSdie italienne », en vertu 
de son privilege, en provoqua la fermeture. 
Les deux th&ttres furent alors reunis et Mon- 
signy dut des lors tous ses succ&s aux Italiens. 
II donna successivement : Le roi et le fermier 
(1762), Rose et Colas (1764), Aline, reine de Gol- 
conde (1766), Utie sonnante (1768), Le dteerteur 
(1769),!* faucon (1772), La belle Arsene (1773), 
Le rendez-vous bien employe (1774) et Filis 

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MONTE 



MONTEVERDE 



531 



(I/enfant trouvi, 1777). M. avail trouve en la 
personne de Sedaine un excellent librettiste 
qui, A partir de 1761, lui foumit presque tous 
ses textes. FUix fut accueilli avec an enthou- 
siasme presqae sans precedent et que M. 
semble avoir considere comme le supreme 
Echelon de sa gloire ; il posa la plume et n'6- 
crivit plus one seule note. II garda m6me en 
portefeuille deux operas d6j& terminus en 
1770 : Pagamin de Monegue et Philemon et 
Battcis. fl etait, entre temps, devenu adminis- 
trateur des domaines du due d'Orieans et ins- 
pecteur general des canaax. La revolution lui 
fit perdre ses places ainsi que ses economies, 
en sorte qu'il serait tombe dans la mis^re la 
plus absolue, si rOpera-Comique ne lui avait 
fait one pension annuelle de 2400 francs. A la 
mort de Piccini, il fut nomme inspecteur des 
etudes aa Conservatoire, mais se demit en 
1802 de cette charge pour laquelle, vu rinsuffi- 
sance de ses connaissances theoriques, il ne se 
senlait gu£re qualitie. B fat eiu A l'Academie, 
en 1813, a la place de Gretry. M. est Tun des 
crgateqrs de l'opera-comique franca is : ce qui 
lui manquait comme technique etait compense 
par des facility m61odiques remarquables et 
un reel instinct dramatique. Son nom restera 
dans Thistoire et sa musique n'est point encore 
oubliee A Paris. Quatrem6re de Quincy (1818), 
Alexandre (1819) et Hedouin (1820) ont fait pa- 
raitre des notices biographiques sur M. 

Monte, Phtlippos db (Filippo de M., Phi- 
uppk be Mons), ceiebre contrapontiste du xvi« 
s., ue A Mons, dans le Hainaut, (ou, d'apr£s 
van Doorslaer, A Malines) en 1521, m. A Vienne 
le 4 juil. 1603 ; devint en 1568 maitre de chapelle 
de l'empereur Maximilien n, et plus tard de 
Bodolphe U. Nous avons conserve de lui les 
ceuvres qui suivent : un livre de Messes de cinq 
A huit voix (1557) ; une Messe, Benedicta es (A 
six voix, 1580) ; un livre de Messes a quatre et 
cinq voix (1588) ; six livres de motets a cinq et 
six voix (1569-1574, aussi 1572-1576 ; sixieme 
livre, 1584) ; deux livres de motets A six et 
douze voix (1585, 1587); dix-ueuf (!) livres de 
madrigaux a cinq voix (1561-1588) ; huit livres 
de madrigaux a six voix (1565 a 1592) ; La fiam- 
metla, € canzone » et madrigaux a sept voix 
(1598); un livre de Madrigali spirituali (1581); 
un recueil de chansons fran?aises de cinq A 
sept voix et les Sonnets de Pierre de Ronsard 
(de cinq A sept voix, 1576). Un grand nombre 
d'anthologies contiennent des morceaux de M., 
extraits des ouvrages que nous venons d'enu- 
merer. Dans de nouvelles editions, il ne se 
trouve que peu de chose : un Madrigal A quatre 
voix dans 1' « Histoire » de Hawkins, un motet 
dans la « Sammlung » de Dehn, et an dans la 
« Collectio » de Gommer. Cf. D r G. van Doors- 
laer, Ph. de Monte, ceiebre musicien du XVI* 
s. (Malines, 1894). 

Monteclair, Mighel-Pignolet de, ne a Chau- 
mont en 1666, m. A St-Denis, pres Paris, en 
sept 1737 ; fut, de 1707 a 1737, contrebassiste 
A 1'orchestre de l'Opera de Paris (1'un des pre- 
miers qui At usage de la contrebasse moderne). 



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D a compose un opera-ballet : Les Fites de 
VEtb (1716) et un grand opera: Jephti (1736), 
ainsi que des cantates, des duos pour deux flutes 
et pour flute et basse, six sonates de chambre 
pour deux violons et basse, des Brunettes pour 
flflte et violon, et un Requiem (1736) ; il a ecrit, 
en outre, une excellente Mithode pour appren- 
dre la musique (1700 ; entierement reuaaniee, 
sous le titre Nouvelle methode, 1709 et 1736), 
ainsi qu'une Methode pour apprendre a jouer 
du violon (1720, 2 m « ed. 1736), Tune des pre- 
mieres methodes de violon. Rameau fut oblige 
de lui ceder le pas, dans une discussion th6o- 
rique qu'il avait entreprise avec lui. 

Monteverde, Claudio, le grand novateur, 
qui. au temps de la formation da style musical 
moderne (1600), de la simple negation d'un 
Oaccini, d'un Peri et d'autres, passa A l'acte 
posit if de la creation, n6 a Cremone en mai 
1567, m. a Venise le 29 nov. 1643. M. entra 
jeune an service des dues de Gonzague a Man- 
tone, comme violoniste, et regut dans l'art du 
contrepoint l'enseignement du maitre de la 
chapelle ducale, Marc-Antoine Ingegneri, au- 
quel il succeda en 1608. Dix ans plus tard, M. 
regut un appel des plus flatteurs A Venise, 
comme maitre de chapelle de l'eglise St-Marc; 
il etait indemnise de ses frais de voyage et 
recevait un traitement beaucoup plus eieve que 
celui de son predecesseur (400 ducats), un loge- 
ment, et,de plus, de temps a autre, des gratifica- 
tions suppiementaires. II resta done jusqu'a sa 
mort a ce poste hautement considere ; lorsqu'il 
avait re?n cet appel, M. etait deja veuf, mais 
avait deux fils qui trouverent aussi des places 
A Venise : l'alne, Francesco, comme tenor A 
l'eglise St-Marc et le cadet, Massimiliano, 
comme medecin. M. etait deja un compositeur 
ceiebre. avant qu'il commen$at A ecrire des 
drames musicaux. Sa premiere ceuvre fut un 
livre de Canzonetle a 3 voci (1584, exemplaire 
a la Bibliotheque de Munich) ; sa deuxieme, un 
livre de madrigaux a cinq voix (1587), suivi, 
jusqu'en 1599 , de quatre autres recueils (1598, 
1594, 1597, 1599 ; tous reedites plusieurs fois). 
Dans ces oeuvres, M. se montre A maintes re- 
prises harmoniste innovateur ; il introduit 
librement des dissonances, emploie l'accord de 
septieme de dominante et se meut enfin dans 
une harmonie qui se rapproche beaucoup de 
celle de nos jours, c-a-d. qu'il abandon ne les 
modes d'eglises pour les tonalites modernes. 
Mais, au fait, ceci n'est guere un merite personnel 
et M. ne faisait que suivre le mouvement gene- 
ral de repoque ; les compositeurs allemands 
surtout avaient deja vaillamment prepare cette 
evolution. Le systeme diatonique des modes 
ecclesiastiques avait deja subi une transforma- 
tion lente, mais profonde, et le chromatique 
d'un Vicentino et d'un Gesualdo di Venosa lui 
avait enfin don ne le dernier coup. M. n'en fut 
pas moins vivement attaque (dans L'Artusi, 
owero delle imperfettioni delta moderna mti- 
sica) par Artusi, le theoricien conservateur 
qui, a l'entree du xvn« s., dardait ses fieches 
les plus aigues sur tous les innovateurs, quels 

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532 



MOORE — M0RALE8 



qu'ils fussent. Dans le domaine de la musique 
scenique, M. a des merites d'un tout autre 
genre, et,de plus, incontestablement origin aux. 
La renommee du stilo rappresentativo des Flo- 
reutins (v. Gaccini et Pkri) s'etait rapidement 
repandue enltalie, et le due Vincent Gonzague, 
de Mantoue, desira en suite de cela organiser 
une representation the&trale de ce genre, pour 
les ceremonies du manage de son fils, en 1607 ; 
Gagliano et M. furent charges de la composi- 
tion de la musique. Le premier essai de M., 
dans ce genre nouveau, reussit brillamment 
(un Orfeo, dont le texte n'est pas de Rinuccini). 
L'annee suivante (1608), il donna son Arianna 
(texte de Rinuccini ; une elegie d'Ariane nous a 
ete conservee, sous le titre de « Complainte 
de Marie », en latin, dansla&foa, v. plus loin) 
el un ballet : Ballo delle ingrate. Et ce fut tout 
pour Topera, k Mantoue. Venise, oil M. arriva, 
en 1613, n'avait alors encore point de theatre 
pour l'opera ; de plus, la position de M. comme 
maltre de chapelle d'une eglise lui faisait un 
devoir d'ecrire des oeuvres de musique reli- 
gieuse. Les annees suivantes ne virent done 
paraitre de lui, en < Stilo rappresentativo », 
que : en 1624, // combattimento di Tancredi e 
Clorinda, une piece, mi-dramatique, mi-epi- 
que (avec un recUant [testo], qui relie di verses 
parties du dialogue), representee chez le sena- 
teur Mocenigo et imprimee dans le volume vin 
des madrigaux (1638) : en 1627, cinq Inter- 
mezzi pour la Cour de Parme et enfin, en 1680, 
Proserpina rapiia (texte de Strozzi), represen- 
tee aussi chez Mocenigo, pour les ceremonies 
du manage de sa fille.Les ravages dela peste, 
en 1680, effacerent trop tdt l'impression pro- 
duite par Proserpina. Ce ne fut qu'en 1687 que 
Ton edifia le premier theatre d'operas (« di San 
Gassiano »), mais des lors il s'en eleva k 
Venise seulement, une douzaine environ dans 
l'espace de soixante ans. Ges theatres repr6- 
senterent, en plus d' Artanna, encore quatre 
operas de M. : Adone(108Q), Le nosze di Enea 
conl/minia (1641), llritorno dUlisse inpatria 
(1641) et L'incoronazione di Poppea (1642). 
Nous n'avons conserve que deux de ces ouvra- 
ges : Orfeo (im prime en 1609) et Ulisse (ma- 
iiuscrit, k la Bibliotheque de la Cour de Vienne; 
cf. Geschichte der Musik de Ambros, IV, 868). 
— Si d'une partle drame musical des Florentins 
etait sec et vide de sens, sorte de recitation mo- 
notone et continue, non sans analogie avec les 
parties de recitdu chant gr6gorien,sur unmai- 
gre accompagnement de basse chiffree, d'autre 
part M. faisait vibrer des accents d'un senti- 
ment plus chaud, faisait un usage tres frequent 
de Yarioso et attribuait une grande valeur 
aux instruments accompagnateura du chant. 
M. a ete le pere de Tart de Instrumentation. 
R a, on le sait, invente le tremolo des instru- 
ments k archet (dans le Combattimento di 
Tancredi, etc.); Orphee se lamente sur un 
accompagnement de basses de violes,etlechceur 
des esprits, soutenu par le jeu des petites fltttes 
de l'orgue (organi di legno), repond au chant 
de Pluton renforce par quatre trombones, etc. 



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Les ceuvres de musique d'eglise qu'on a con- 
servees de M. sont : une Messe k six voix avec 
chants de vepree et motets (1610), Selva morale 
e spirituals (Messes, psaumes, hymnes. Magni- 
ficat, motets, Salve, et le Lamento dej& indique, 
de une a huit voix, avec violons, 1628), enfin des 
Messes k quatre voix et des psaumes de une a 
huit voix, avec des litanies de la Vierge (pos- 
thume, 1650). A l'enumeration des madrigaux 
il faut encore ajouter les livres vr (madrigaux, 
a cinq voix et un dialogue k sept voix, 1614), 
vn ill concerto, madrigaux de une k six voix 
et d'autres chants, 1619), et vm (Madrigali 
guerrieri e amorosi con alcuni opnscoti in 
genere rappresentativo, 1688). Enfin Giulio- 
CesareM., le frere du maitre, a publie: Schersi 
musicalia tre voci (1607), qui sont ecrits dans 
le « style francais » (c-A-d. dans le style de 
chansons ; d'apres le dire de son frere, dans la 
preface, M. alia en 1599 aux bains de Spa et 
en rapporta la connaissance de ce style). On a 
reedite plus tard quelques opuvres de M. : des 
madrigaux, Cruda Amarilli dans V c Esem- 
plare » de Martini, les c Principes de compo- 
sition » de Choron et la « Geschichte, etc, » de 
Kiesewetter; Strazziami pure il core, dans les 
memes publications, dans 1' € Histoire » de 
Burney et dans 1' « Antologia » de la « Gazetta 
musicale » de Milan ; la plainte $ Arianna 
> dans « Geschichte der abendl&ndischen Musik ♦ 
de Kiesewetter, dans « Gabrieli * de Winter- 
feld, etc. ; des fragments d*Orfeo dans « General 
! history • de Hawkins et de Burney, (Geschichte » 
de Kiesewetter, etc.; des psaumes dans la 
I < Diphtherographie > de La Fage; puis quel- 
, ques fragments dans les ouvrages de Martini, 
! Choron, Winterfeld, Reissmann, Gevaert, et 
enfin X Orfeo entier, avec basse chiffree realises 
par R. Eitner (Publications de la < Gesell- 
schaft ffir Musikforschung », vol. x). 

Moore, Thomas, celebre poke, n6 k Dublin le 
28 mai 1779, m. k Sloperton Cottage, pres De- 
vizes, le 25 fevr. 1852 ; etait aussi musicien de 
talent, quoique sans grandes connaissances. II 
a trouve pour telles .de ses romances des melo- 
dies qui sont devenues populaires, et a de plus 
ecrit quelques chants k plusieurs voix. V. k ce 
sujet le « Dictionary of music », de Grove. 

Morales, Gristofano, eminent contrapou- 
tiste espagnol du xvi« s., ne k Seville, fut chan- 
leur de la Chapelle pontificate k Borne, vers 
1540 : il a public deux livres de Messes (le pre- 
mier sans date, k Paris, 2* ed. 1546 ;le second en 
1544 et plusieurs fois depuis), des Magnificat k 
quatre voix (1541 et plusieurs fois depuis), deux 
livres de motets k quatre voix (1548 k 1546), des 
motets k cinq voix (1548), des lamentations de 
quatre k six voix (1564). II existe en outre beau- 
coup de ses compositions dans diverges antho- 
logies. Parmi les reimpressions, on trouve sur- 
lout, dans « Lira sacro-hispana » de Eslava, des 
motets et des fragments de Messes, puis diffe- 
renles pieces dans 1* « Esemplare » de Mar- 
tini, les « Principes de composition » de Ghoron, 
la « Sammlung » de Rochlitz, la « Musica di- 
vina > de Proske, etc. 

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MORALIT^S — MORLACCHI 



533 



Moralit6s, v. myst£rks. 

Moralt, les freres \L, form&rent A Munich, an 
commencement de notre si&cle, un c616bre qua- 
tuor d'instruments A archet : Joseph, (ne a 
Schwetzingen, pres Mannheim, le 5 aout 1775, 
concertmeister A Munich, m. en 1828) jouait le 
premier violon, et Johann-Baptist (n6 A Mann- 
heim le 10 janv. 1777, m. A Munich le 7 oct 
1825) le second violon (il a compost aussi des 
symphonies, des morceaux concertants et des 
duos pour deux violons, des quatuors, etc) ; de 
deux jumeaux Jakob et Philipp, n6s A Munich 
en 1780, le premier mourut d6j& en 1808, mais 
PriiLiPP, m.& Munich-en 1829, tint le violoncelle 
dans le quatuor, et le cadet des fr&res, Gkorg, 
n6 a Munich en 1781, m. dans la mfeme ville en 
1818, Talto dans cet excellent ensemble. 

Moran-.Olden, Fanny, excellente cantatrice 
de thedtre (soprano dramatique d'une grande 
&tendue, A Taigu comme au grave), nee A 
Oldenbourg le 28 sept. 1855, fille du conseiller 
sup£rieur de sante. D r Tappehom, r^ussit, 
apres une longue lutte de ses parents contre ce 
desir, A se preparer a la carriere th&ltrale; 
elle fit son Education musicale sous la direc- 
tion de Haas, A Hanovre. et de Augusta Gcetze, 
A Dresde, puis debuta, en 1877, sous le pseudo- 
nyme de Fanny Olden, aux concerts du Ge- 
wandhaus A Leipzig et peu de mois apr&s, dans 
le r61e de Norma, A TOpSra de la Cour de 
Dresde. En automne 1878, elle signait A Franc- 
fort s/M. son premier engagement, tout de suite 
pour les premiers rdles. Elle 6pousa Fannie 
suivante le tenor Karl Moran, puis en automne 
1884,entraau Thedtre municipal,^ Leipzig. Elle 
passa enfin, en 1893, A TOp^ra de la Cour, A 
Munich, mais se retira A la fin de 1895, et ne 
chanta plus d£s lors qu'en representations. 

Mordant (all. Mordent), ornement musical, 
syn. de pjnc6 (v. ce mot). 

More, FfeLicrrfe, v. Pradher. 

Morel, Auouste-Franqois, compositeur, ne a 
Marseille le 26 nov. 1809, m. A Paris le 22 avr. 
1881 ; arriva A Paris en 1886 et se fit d'abord 
connaltre comme compositeur de romances. 11 
fit aussi executer la musique pour la Fille 
cFEschyle, d'Autran, au ThSdtre de TOdeon et 
un ballet au Th&tre de la Porte St-Martin ; 
mais, en 1850, il retourna A Marseille et devint 
en 1852, directeur du Conservatoire de cette 
ville. En 1860, le Grand-Th&ttre donna de lui 
un opera : Le jugement de Dieu, qui f ut aussi 
represent* A Rouen avec succes. Mais M. excel- 
lait surtout dans le domaine de la musique de 
chambre (cinq quatuors et cinq quintettes pour 
instr. A archet et un trio avec piano) et fut 
honord deux fois du prix Chartier (pour la mu- 
sique de chambre) par F Academic 

Morelli, Giacomo, biblioth&caire de l'eglise 
St-Marc, A Venise, ou il est n£ le 14 avr. 1745 
etm. le 5 mai 1819; abstraction faitc de ses 
nombreuses publications de valeur, il merite 
une place d'honneur dans chaque dictionnaire 
de musique, car U a public les fragments long- 
temps oublies de la Rhythmique d'Aristoxene, 
avec quelques autres trouvailles (1785). 



Morelot, Stephen, savant connaisseur de 
musique d'&glise, ne A Dijon le 12 janv. 1820, 
doyen de la faculty de droit de cette ville, fut 
Tun des redactenrs de la Revue de la musique 
religieuse, populaire et classique, de Danjou, et 
fit en 1847, sur l'ordre du Ministere de l'ins- 
truction publique, un voyage d'etudes A travers 
Tltalie, dans rint£r&t de la r£forme du chant 
d'eglise. II a rassembl& alors des notes impor- 
tantes dans les grandes biblioth&jues, a fourni 
des renseignements de la plus haute valeur 
pour 1' cHistoire de l'harmonie au moyen Age » 
de Goussemaker, et public lui-mfcme quelques 
Merits importants. tels que : De la musique au 
X V* siicle (1856, avec reproduction de compo- 
sitions de Dunstable, Binchois et Hayne) ,• Ele- 
ments (Fharmonie appliquis & Vaccompagner 
ment du ptain-chant (1861), de nombreux 
articles dans la « Revue » de Danjou et dans le 
journal de musique d'eglise : « La Maltrise », 
enfin une realisation pratique de ses id£es sur 
l'accompagnement du plain-chant : Manuel de 
psalmodie en faux-bourdons a 4 voix (1855). 

Morendo (ital., en mourant), indication pour 
un diminuendo extreme, accoinpagn£ d'un 
16ger ritardando. 

Moresca (danse mauresque), aux xvi* et 
xvn« s., sorte de saltarelle ou de gigue d'un 
mouvement vif; YOrfeo de Monte verde se ter- 
mine par une M. : 




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(continuant de meme par une succession de 
deux rythmes de trois mesures, alternant avec 
un rythme de deux). 

Moretti, Giovanni, ne A Naples en 1807, m. A 
Ceglie, pr6s Naples, en oct. 1884 ; £leve de P. 
Casella et G. Elia, chef d'orcheslre de thedtre, 
A Naples, ettecond compositeur d'operas (vingt- 
quatre operas, de 1829 A 1860), a £crit aussi 
beaucoup de musique d'eglise (douze Messes, un 
Requiem, des litanies, etc.). 

Morlaechi, Francesco, compositeur distin- 
gue, n6 A PSrouse le 14 juin 1784, m. A Inns- 
bruck le 28 oct 1841 ; regul sa premiere Educa- 
tion dans sa ville natale, sous la direction du 
maltre de chapelle Caruso et de Forganiste 
Mazetti, puis quelque temps, A Naples, sous 
celle de Zingarelli, dont Tenseignement cepen- 
dant ne lui etait gu£re sympathique, en sorte 
qu'il se rendit a Bologne aupres du P. Mattei. 
Dans la m&me ann£e encore, on donna au 
theiUre de Bologne une cantate de sa composi- 
tion, pour la fete ducouronnement de NapolEon 
comme roi dltalie, puis diverses £glises donn&- 
rent bient6t des oeuvres de lui (Te Deum y Pa* 
ter nosier). En 1807, M. debutait comme com- 
positeur sc6nique par une op^relte : 11 poeta 

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534 



MORLEY — MOSCHELES 



in campagna, au th£&tre « Pergola », k Floreu- I 
ce, et un op£ra-comique : 11 ritralto, k V6rone. i 
C'est k cette 6poque aussi que remonte un 
Miserere k seize voix (Bologne). Sa gloire s'ac- 
crut rapidemenl et Parme, Milan, Livourne 
et Rome donnerent des ouvrages de sa compo- 
sition ; c'est ainsi qu'en 1810, il fut appel£ k 
Dresde, comme chef d'orchestre de FOpera 
italien, oil il fut engage k vie, en 1811. M. a 
rempli ces fonctions pendant treute ans, avec 
honneur; il v£cut dans la meilleure intelligence 
avec des- hommes tels que Reissiger et C.-M. 
de Weber, approfondit un peu son style sous 
Tinfluence de la musique allemande et £crivit 
des operas et des (Buvres de musique d'£glise, 
non seulement pour Dresde, mais aussi cons- 
tamment pour l'ltalie, oil il sejourna toujours 
de nouveau, k inlervalles plus ou moins rap- 
proches. La mort l'alteignit dans un voyage k 
Pise ou il voulait se rendre, en compagnie d'un 
medccin, pour r&ablir sa sant£ devenue subi- 
tement tr6s chancelante. Le nombre des com- 
positions de M. est tr&s grand : plus de vingt 
ouvrages sceniques, la* plupart des operas-co- 
miques, dix grandes Messes avec orchestre; 
un Requiem pour les funerailles du roi de 
Saxe(1827) ; un oratorio de la Passion; d'autres 
oratorios : Isacco et La marie cTAbele, ainsi 
qu'un grand nombre de morceaux de musique 
d'eglise de toutes sortes, des can tales, des 
chansons, des sonates pour orgue, etc. 

Morley, Thomas, eminent contrapontiste 
anglais du xvi 6 s., n£ en 1557, 61£ve de William 
Bird, bachelier en musique (Oxford, 1588), 
chantre de • Chapel Royal », m. vers 1604 ; a pu- 
blic : Canzonets, or little short songs to 3 voi- 
ces (1593); Ballets to 5 voices (1595, dauses 
changes) ; Canzonets to 2 voices (151)5, avec 
sept morceaux instrumental^) ; Madrigals to 
5 voices (1595) ; Canzonets, or little short ay- 
res to 5 or 6 voices (1597); Aires, or little short 
songs to sing and play to the lute with the 
base-vtol (1600) ; il a, de plus, r6dig£ des antho- 
logies : Canzonets... to 4 voyces, selected out of 
the best approved Italian authors (1598); Ma- 
drigals to 5 voyces, selected out of the best Italian 
approved authors (1598); Ihe triumphes of 
Oriana to 5 and 6 voyces, composed by divers 
several authors (1601, plus recemment dans 
Tedition en partition de Hawes) et Consort les- 
sons, made by divers exquisite authors for 6 
instruments to play together, viz. the treble 
lute, the pandora, the citterne, the base-viol, 
the flute and the treble viol (1599, 2«6d. 1611). 
£nfin, M. est Fauteur d'un excellent ouvrage 
ih&orique : A plane and easie introduction 
to practicall musiche (1597, r&edil£ en 1608 et 
1771; trad, allem. de J.-K. Trost : Musica prac- 
tical On trouve des morceaux pour piano de 
M. dans le « Virginal-book » de la reine Elisa- 
beth, des ceuvres de musique d*6glise (services, 
anthems), dans les collections de Barnard et de 
Boyce; d'autres oeuvres sont restees manuscri- 
tes. Ses « canzonette » et ses madrigaux, k trois 
et quatre voix, out £te publics en partition mo- 
derne par Holland et Cooke: ses • ballets* k 



byG< 



le 



cinq voix, revuspar Rimbault, pour le compte 
de la < Musical Antiquarian Society », en 1842, 
et des morceaux d6tach£s. par Vincent Novello, 
J.-J. Maier et d'autres. 

If orach, Anna, n6e k Gransee le 3 jail. 1841, 
el£ve de Tausig, Ehlert et Krigar, k Berlin, en- 
seigne le piano dans cette ville, oft elle est pro- 
pri&aire, depuis 1885, d'un institut de musique: 
elle est, en outre, collaboratriee assidue de di- 
verses revues musicales (articles historiques). 

Mornington, Garrett -Gollky-Welleslbv, 
Earl of, p&re de Wellington, n6 k Dangan 
(Irlande) le 19 juil. 1785, m. le 22 mai 1781 
compositeur distingu£ de glees, docteur en mu- 
sique et, de 1764 k 1774, professeur k TUniver- 
sit6 de Dublin. 11 a public lui-m^me des glees 
et a 6t6 plusieurs fois couronn£ par le « Catch- 
Club »; une collection complete de ses glees et 
madrigaux a et& publi£e par H.-R. Bishop 
(1846). 

Mortelmans, Lodewijk, n£ k An vers le 5 
f&vr. 1868, Sieve du Conservatoire de cette ville 
et de celui de Bruxelles, compositeur (une 
cantate : Sinai; une symphonie : Oermaniax 
un po&me symphonique : Wilde Jacht; des 
morceaux pour orchestre d'instrumenls k ar- 
chet ; une sc£ne dramatique : Ariadne, pour 
t£nor et orchestre). 

Mortier de Fontaine, Hrnri-Louis-Stanis- 
las, pianisle dislingnS, n£ k Wisnowiec, en 
Volhynie, m. k Londres le 10 mai 1888, fit sen- 
sation par son m6canisme extraordinaire: il 
v6cut de 1853 a 1860 k St-P&ersbourg, puis k 
Munich, k Paris et, enfln, k Londres. 

Mortimer, Peter, ne k Putenham dans le 
comt£ de Surrey (Angleterre) le 5 dec. 1750, m. 
k Dresde le 8 janv. 1828; frere morave, re^ut 
son Education k Niesky (Sitesie) et k Barby, de- 
vint instituteur k Ebersdorf eu 1774, i Niesky en 
1775, k Xeuwied en 1777, et v£cut, enfin, k 
Herrnhut. II a £crit, outre quelques etudes 
sur Thistoire de l'eglise :Der Choralgesang zur 
Zeit der Reformation (1821), Tun des meiUenrs 
ouvrages sur les anciens modes ecclesiasti- 
ques. 

Mosca , 1. Giuseppe, n£ k Naples en 1772, 
m. k Messine le 11 sept 1889; el&ve de Fena- 
roli, et depuis 1823 chef d'orchestre de th£&tre 
k Messine, a £crit pour les grands th£&tres 
d'ltalie quarante-quatre operas et op^ras-co- 
miques, ainsi que deux ballets. — 2. Luigi, 
fr&re du pr£c£dent, n6 k Naples en 1775, m. a 
Naples le 30 nov. 1824 : professeur de chant et 
deuxieme chef d'orchestre au Conservatoire de 
cette ville, a, de m6me,6crit un certain nombre 
d'operas ( 14 ) , ainsi qu'une Messe sotenneUe, 
un oratorio : Joas, etc 

Moscheles, Ignaz, pianiste et compositeur 
Eminent, n£ k Prague le 30 mai 1794, m. k Leip- 
zig le 10 mars 1870; fut d'abord Sieve de Dionys 
Weber, k Prague, se produisit en public k Ykge 
de quatorze ans deja et joua un concerto de sa 
composition.il se rendit bienUH apr&s k Vienne, 
ou il continua ses Etudes de composition sous la 
direction d'Albrechtsberger et de Salieri, tandis 
qu'il pourvoyait a son entretien en donnant 

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MOSEL — MOSONYI 



535 



des lemons de piano. II y fut accueilli dans les 
cercles les plus distinguSs ; Beethoven s'int£- 
ressa A lui et, d£j& en 1814, la transcription 
pour piano de c Fidelio * lui fut confine. Ge fut A 
ce moment que s'£leva entre M. et Meyerbeer, 
qui sSjournait alors 6galement A Vienne, on 
conflit artistique qui cependant ne troubla en 
rien leurs relations personnelles. M. entreprit 
en 1820 sa premiere tourn£e de concerts A Mu- 
nich, Dresde et Leipzig, puis il se rendit la 
m&me ann£e A Paris, oil il fit sensation, et s'6ta- 
blit, en 1821, A Londres, oh il devint bientdt le 
maltre le plus recherche ; en m^me temps que 
son autorit6 comme compositeur angmentait 
rapidement Des voyages r£il£r6s sur le conti- 
nent y entretinrent le souvenir de sa virtuosity, 
et,lorsque Mendelssohn fonda le Conservatoire 
de Leipzig (1843), il s'assura la collaboration 
de M. En 1846, M. transporta son domicile A 
Leipzig et contribua par sa presence an dfrve- 
loppement de la renommSe de l'institution, A 
laquelle il voua jusqu'A sa mort tout son talent 
pedagogique. Les compositions de M. (149 n°* 
<Top.) sont de genres tr£s divers ; A c6t6 d*un 
grand nombre de morceaux brillants de virluo- 
*it£ et de morceaux de salon l£gers, il a 6crit 
•des oeuvres d'une importance durable el d'une 
couleur origin ale. Ge qui earacterise cos der- 
nieres, c'est un certain pathos, que Ton ne doit 
pas tout A fait qualifier d'atfecte, une certaine 
« grandezza » dont l'auteur se defait rarement. 
Son harmonie est int£ressanle et son rythme 
nettement marque. Des sept concertos qu'il a 
Merits pour piano (op. 45, 56, 58, 87, 90, 93, le 
dernier sans n° d'op.), deux settlement : le 3* 
(sol min.) et le 7 e (concerto pathetiqae) sont en- 
core estimes de nos jours ; mais ses oeuvres de 
musique de chambre (sextuor pour piano, vio- 
lon, flttte, deux cors et violoncelle, op. 35; 
septuor pour piano, quatuor d'instr. A archet, 
•clarinette et cor, op. 88 ; trio, op 84; duos pour 
piano et divers instruments ; variations, rondos, 
-etc., pour differentes combinaisons instrumen- 
tales) sont presque totalement oubli£es: par 
contre, le grand duo pour deux pianos ( Horn- 
mage a Hosndel) op. 92, la Sonatemelancolique, 
op. 49 (pour piano A deux mains), ainsi que la 
Sonde caraeMristique* op. 27, et les AUegri di 
bravura, op. 51, ne manquent pas, aujourd'hui 
encore, de produire leur effet. D'excellentes col- 
lections d'&tudes de M. sont repandues par tout, 
ce sont les vingt-qnatre 6tudes, op. 70, et les 
Charakteristische Sludien, op. 95. M. a traduit 
<en anglais la biographie de Beethoven de 
Schindler, et y a fait de nombreuses additions, 
Ihe life of Beethoven. 1841, 2 vol.). On trouvera 
d'autres details sur la vie de M., ainsi qu'un 
catalogue complet de ses oeuvres, dans : Aus 
M< Leberu Nach Brief en und Tagebuchem 
herausgegeben von seiner Frau (1872, 2 vol.; 
publies par sa femme). Gf. aussi : F. Moscheles, 
Brief e von M. Mendelssohn - Bartholdy an 
lgnaz und Charlotte Moscheles (1888). 

Hosel, Ignaz- Franz (Edler von), musico- 
graphe de m6rite, n6 A Vienne le !•* avr. 1772, 
m. dans la meme ville le 8 avr. 1844 ; auteur de 



by {j 



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IC 



plusieurs operas, ouvertures, hymnes, psau- 
mes, etc. M. dirigea en 1816 1^ premier concert 
dela «Soci£te des Amis de la musique *, fut 
nomm6 conseiller aulique et anobli. En 1820, il 
fut appel£ an poste de second directeur des 
th&ltres de la Gour et remplit ensuite, de 1829 
jusqu'd sa mort, lea fonctions de conservateur 
de la Biblioth&jue de la Gour* M. a 6crit: 
Versuch einer Aestfietift des dramatischen 
Tonsatzes (1818) ; Ueber das Leben vmd die 
Werhe des Antonio Salieri (1827) ; Ueber die 
Originalpartitur des Requiems vom W.-A. 
Mozart (1829) ; Geschichte der Bofbibliothek 
(1835) et Die Tonkunst in Wien wdhrend der 
letzten fimf Dezennien (1818, dans Y «AUge- 
meine Musikalische Zeitung », de Vienne ; ti- 
rage a part en 1840). 

Mosewius, Johann-Theodor, n& A Eoenigs- 
berg le 25 septembre 1788, m. A Scbaffhouse le 
15 sept. 1858, au cours d'un voyage de vacan- 
ces; &tudia le droit, mais embrassa peu apres 
la carriere musicale. II fut d'abord chanteur 
sc6nique A Koenigsberg et A Breslau, mais de- 
vint, plus tard,dans cette demtere ville, second 
professeur de musique de rUniversit6 (1827), 
bientdt apr&s directeur del'c Institut academi- 
que de musique d'6glise», et, enfin, en 1832, 
directeur de musique de TUniversitS. Le m£- 
rite de M. consiste principalement dans la fon- 
dation de la « Singakademie » de Breslau 
(1825) et dans l'effet bienfaisant de cette insti- 
tution sur le d£veloppement musical de cette 
ville. Son influence ne fut pas seulement vivi- 
fiante, elle s'empara de tous les esprits ouvefts 
pour les conduire dans la bonne voie. Dans au- 
cune locality d'Allemagne, les classiques de 
toutes les periodes d'art, Bach et Hsendel, Mo- 
zart et Beethoven, n'ont 6t6 aussi cultiv&s A 
cette £poque, ni honoris d'ex£cutions aussi ex- 
cellent es que sous la direction de M.,& Breslau. 
M. a 6crit : J.-S. Bach in seinen Kirchenhan- 
taten und Choralgesdngen (1845) etJ.~S.Bachs 
Matthduspassion (18521 

Mosonyi (Michael Brandt, surnommd M.), 
compositeur national hongrois, n6 d Wiesel- 
burg le 4 sept 1814, m. A Budapest le 31 oct. 
1870 ; publia ses premieres compositions (des 
lieder) sous son veritable nom de Brandt, fit 
executer une symphonie d Pesth, et 6crivit, 
pour la consecration de la basilique de Graz, un 
oflfertoire et un graduel. Ge fut en 1860 seule- 
ment qu'il commenga A publier des composi- 
tions nationales, sous le pseudonyme M. v soit 
d*abord des morceaux pour piano (Etudes 
pour leperfectionnement de la musique Hon- 
groise; Monde dCenfants), puis des oeuvres or- 
chestrates (une symphonie fun&bre en m£moire 
du comte E. Szechenyi ; une ouverture sur Tair 
national Szozat ; un po^me symphonique : 
Iriomphe et deuil de Honved) et deux operas (La 
belle liha, donn6 A Pesth en 1861, et Almos, 
non represent^). Liszt voulait faire repr^senter 
A Weimar (1857) un op£ra allemand de M., 
mais il exigea quelques changements du 
compositeur qui, sur ces entrefaites , jeta sa 
partition au feu. 

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536 



MOSZKWA - MOTIF 



Moszkwa, Joseph-Napoleon Ney, prince de la, 
fils aftte dumarechal Ney, 116 a Paris le8 mai 1808, 
m. &St-Germain en Laye le 25 jail. 1857: homme 
d'Etat fran^ais et membre de la Ghambre des 
pairs sous Napoleon in, s£nateur et general 
de brigade, 6tait un musicien fort instruit et 
doue. II fit ex6cuter en 1831, k TEcole de musi- 
que de Ghoron, une grande Messe avec or- 
chestre, qui d6notait une connaissance appro- 
fondie du style fugu£, et fut egalement bien 
accueilli k l'Opera - Gomique, avec : Le Cent- 
Suisse (1840) et Yvonne (1855). M. fonda en 
1848 la Society de musique vocale, religieuse et 
classique qui se donnait pour t&che l'ex6cu- 
tlon d*oeuvres vocales dies xvi* et xvii« s., et 
que le prince dirigeait lui-m6me, dans son pa- 
lais. Cette Soctete a public une collection de 
grande valeur des oeuvres executees par elle 
(Recueil des morceaux de musique ancienne 
executes, etc., 11 vol.). 

Mosso (ital.), agite. 

Moszkowski, Moritz, compositeur et excel- 
lent pianiste, n6 k Breslau le 28 aout 1854, ou 
son p&re, originaire de Pologne, vivait de ses 
rentes ; re?ut les premteres notions musicales 
k Breslau et k Dresde et continua son Education 
artistique au Conservatoire Stern et surtout k 
celui de Kullak, k Berlin. II enseigna ensuite, 
pendant quelque temps, dans ce dernier. M. 
organisa en 1878 son premier concert, k Ber- 
lin, et remporta un vif succds ; depuis lors, il a 
donnd des concerts a plusieurs reprises, soit k 
Berlin, soit ailleurs (Paris, Varsovie), et s'est 
rapidement cr6e un nom. Apres avoir v6cu 
longtemps a Berlin, il s'est fixe, en 1897, k Pa- 
ris. Gomme compositeur, on ne peut refuser k 
M. de l'habilete et un certain rafftnement, ce- 
pendant il manque de r6elle et profonde ori- 
ginality. Les premieres oeuvres de M, qui se 
soient r6pandues sont ses Spantsche Tanze 
pour piano, morceaux pleins de fraicheur et 
travailtes avec soin ; dans la suite, son po&me 
symphonique, Jeanne dCArc, a eu du succ&s. 
Citons encore deux morceaux de concert et un 
scherzo pour violon et piano, trois morceaux de 
concert pour violoncello et piano, deux suites 
d'orchestre (op. 39 et 47), Phantastiscker Zug 
pour orchestre, un concerto de violon (op. 80), 
un de piano, un certain nombre de morceaux de 
piano, trois Etudes de concert, une valse et une 
gavotte de concert, etc., puis des lieder. Son 
opera, Boabdil (Berlin, 1892), n'a obtenu qu'un 
mediocre succ&s, la musique du ballet seule 
a reussi k conqu6rir les suffrages du public. 
Son fr&re, Alexander, n6 a Pilica, en Pologne, 
le 15 janv. 1851, vit k Berlin comme chroni- 
queur musical du Deutsches Montagsblatt et 
r6dacteur aux Berliner Wespen. II est un hu- 
moriste de talenL 

Motet (lat. motetus, mutetus, motellus, mo- 
tecta, etc.; ital. motetto; all. Molette; angl. 
motet), nom que Ton donne depuis plusieurs 
si&cles k certains morceaux de musique d'£- 
glise polyphonique, de dimensions modestes et 
sans aucun accompagnement instrumental; le 
m. est bas6 sur un texte bibiique, g£neralement 



en latin, mais souvent aussi dans une 'autre 
langue. Les compositeurs de lapremtere p£riode 
de la musique vocale accompagn6e (k partir de 
1600) ont bien ecrit des m. avec « continuo », ou 
avec accompagnement de plusieurs violons,. 
voire m6me des m. pour une voix (a vocesola) y 
avec accompagnement; mais il convient de 
remarquer qn'il s'agit uniquement d'exceptions,, 
tandis qu'en l'esp^ce le m. est polyphonique et 
non accompagn&Quant k l^tymologie du motlui- 
mdme, motetus, si souvent corrompu, au xvi« s. 
surtout, c'est Walter Odington, le premier 
(vers 1225), qui nous en donne la clef, en d6fi- 
nissant lem. : brevismotus canlilence ; motetus 
serait done un diminutif, fornte k la francaise, 
du mot rnotus. Ambros, au contraire, fait venir m. 
de cmot» (ital.moWo). Les indications de Odington 
pour la composition d'un motetus concluent k 
un mouvement continu en Tun des six modes (v. 
ce mot) de mesure, dans la partie qui caracterise 
justement le m. et qui porte le nom de medius 
canius (troisteme partie intercatee entre le 
tenor et le d&chant et qui, par ce fait, porte 
parfois le nom m&me de motetus). Francon de 
Cologne nous apprend, de plus, dans Ars can- 
tus mensurabilis, que le motetus avait deux 
textes dififerents : Tun pour le tenor, Tautre 
pour Talto et le soprano ; un autre traits, plus 
ancien encore, Discantus vulgaris posUio (xu e 
s.), fait tout particulterement observer que le 
motetus ne s'ex£cute pas note contre note avec 
le t6nor, mais qu'il en diflfere soit paries durees 
des sons, soit par les silences. Une monogra- 
phic complete de ces anciennes formes musi- 
cales (organum, motetus, conduct us, rondeUus y 
etc.) manque malheureusement encore; cepen- 
dant les materiaux en ont 6te mis k la disposi- 
tion de chacun par Gerbert et de Goussemaker* 
dans leurs anthologies. 

Motif, nom que Ton donne, en musique 
comme en architecture, aux plus petits frag- 
ments caracteristiques d'une o?uvre d'art (cf. 
theme et dotation). II est question tout d'abord 
de m. rythmiques, c.-&-d. de melanges caracte- 
ristiques de longues et de br&ves. Lorsqu'un 
m. remplit une mesure composee de deux on 
de trois temps, de telle fa?on que son accentua- 
tion coincide chaque fois avec celle de la me- 
sure, on peut lui donner le nom de motif-me- 
sure (all. Tahtmotiv) ; lorsqu'il ne remplit 
qu'un seul temps (cf. metrique), celui de motif- 
temps (all. Unterleilungsmottv ou Figura* 
tionsmotiv). Mais le m. rythmique et le m&- 
tre ne coincident pas toujours: le ni. rythmique 
peut fctre binaire, par ex., dans une mesure 
ternaire, etc. ; diverses interpretations du m. 
necessities par le ntetre, surviennent alors, de 
fagon k ne pas alterer le caractere dela mesure; 
ainsi, dans le passage suivani, de Beethoven 
(sonate, op. 14,2) : 



-g r ^trlf g 




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MOTIF GONDUGTEUR — MOUTON 



537 



le premier motif atleint sur la derniere note le 
temps fort de la mesure, mats le second reste 
tout k fait en suspens (il n'atteint pas mdme le 
commencement du second temps), d'odilrteulte 
qu'il se combine avec le troisieme dont la pre- 
miere note devient partie accentuee des deux 
motifs k la fois. — On donne le nom de m. 
m&lodique k une progression m&odique reve- 
nant plusieurs fois dans un m6me theme et 
lui imprimant un caract£re propre. Enfin, le 
m. harmonique n'est pas autre chose qu'un 
enchalnement d'accords reapparaissant trans- 
pose sur d'autres degr6s del'echelle et deve- 
nant, comme le m. rythmique et le m. meiodi- 
que, un element vivantde l'oeuvre d'art. 

Motif conducteur ou caracteristique (all., 
mais admis aussi dans la nomenclature fran- 
Caise : Leitmotiv), nom que Ton donne dans l'o- 
p£ra moderne, l'oratorio, la symphonie des- 
criptive, etc. (et surtout dans les oeuvres de 
Wagner qui, le premier, attribua au m. c. le 
rdle important que celui-ci joue de nos jours) 
& un motif rythmique, m&lodique ou harmoni- 
que tr^s nettement accuse et revenant fr&quem- 
ntent; ce motif regoit une signification speciale 
soit par la situation pendant laquelle il est ap- 
paru pour la premiere fois, soil par les paro- 
les qu'il a contribue k souligner, et eveille, tou- 
tes les fois qu'il r£apparatt,le souvenir decette 
situation ou de ces paroles. L'idee du m. c. n'6- 
tait pas absolument £trang£re aux grands 
classiques, mais ce dernier ne se pr&sente que 
sous les dehors d'une caracteristique approxi- 
mative des differents personnages d'une piece 
(v. les tierces de Leporello dans « Don Juan » ; 
les vocalises de basse de Casper, dans le « Frei- 
schfitz > etc. ; l'usage du m. c. devient plus f rap- 
pant dans < Euryanthe », oeuvre si voisirie de 
Wagner) ; c'est dans le < Vaisseau fantdme > 
et c Lohengrin » que le m. c. se d£veloppe 
pieinement pour la premiere fois. Dans ses 
derniere ouvrages, Wagner a merveilleuse- 
ment perfection^ le systeme du m. c, en sorte 
qu'il est parvenu a, donner a tel ouvrage en- 
tier une unite th£matique r&eUe, absolue; tou- 
tefois, il n'est point aise de suivre revolution 
de ces motifs, qui se presentent en trop grand 
nombre k la fois, et les « guides thematiques » 
si nombreux de nos jours ne sont pas sans 
quelque raison d'etre pour l'auditeur mal pre- 
pare ou peu doue. 

Mottl, Felix, ne a Unter-St-Veit, pres Vienne, 
le 29 aoftt 1856 ; fut admis a cause de sa jolie 
voix, dans le seminaire de Loewenburg et con- 
tinue ses etudes au Conservatoire de Vienne 
qu'il quitta apr6s y avoir obtenu la plus haute 
recompense. II dirigea ensuite 1' « Academi- 
scher Wagner -Verein » de Vienne et succeda 
en 1881 a Dessoff, comme chef d'orchestre de la 
Cour, k Carlsruhe, ou il dirigea aussi depuis 
1892 le « Philharmonischer Verein ». M. refusa 
l'appel que lui adressa a )a fin de 1886, l'Opera 
de la Cour, k Berlin, mais il dirigea a parlir de 
cette annee-ia bon nombre de representations 
wagneriennes, k Bayreutb, et recut, en 1893, le 
litre de < directeur general dela musique de la 



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Cour », a Carlsruhe. H a ecrit deux operas : Agnes 
Bernauer (Weimar, 1880) et FurstundS&nger, 
une piece de circonstance: Eber stein (Carlsruhe 
1881, texte de G. zu Putlitz), des lieder, etc. 

M otus (lat ), mouvement (v. ce mot). 

Mouret, Jean-Joseph, ne a Avignon en 1682, 
m. k l'asile d*alien6s de Charenton le 12 dec. 
1738; arriva en 1707 k Paris, se crea rapide- 
ment un nom et devint successivement inten- 
dant de la duchesse du Maine, directeur du 
« Concert spirituel » et compositeur de la Co- 
medie italienne. Mais lorsque la duchesse mou- 
rut, en 1786, il perdit subitement toutes ses pla- 
ces ; ce mecompte troubla entierement sa rai- 
son, M. a ecrit des operas et des ballets dans 
le style de Lully, mais sans succes durable. 

Moussorgski, Modest -Petrovitch, remar- 
quable compositeur russe, ne k Toropez (gou- 
vernement de Pskow) le 16 mars 1889, m. k 
St-Petersbourg le 16 mars 1881 ; entra k l'age 
de dix-sept ans, k St-Petersbourg, comme as- 
pirant dans le regiment Preobraschenski et 
fut introduit chez Dargomyzski (v. ce nom) 
par un camarade enthousiaste de musique. 
II s'y lia bientdt d'amitie avec Balakirew et 
C. Cui ; ce dernier dirigea d'abord ses etudes 
musicales, el c'est ainsi que M. fut attire dans 
la voie de la composition nationale russe. En 
1874, son opera Boris Godounow fut represente 
pour la premiere fois k l'Opera imperial russe 
de St-Petersbourg, dont il est depuis lors Tune 
des meilleurs pieces a succes. M. a laisse deux 
autres operas inacheves : la Messe de Sarot- 
chin et Les Chovanshi a Moscou; en outre, M. a 
publie des morceaux de chant et de piano de 
moindre importance (Danse macabre russe, 
ScSnes denfants, etc.). 

Mouton, Jean (deHollingue, surnomme M.), 
l'un des contrapontistes les plus distingues de 
la premiere moitie du xvr> s. n6 probablement 
k Holling, pres Metz, m. a St-Quentin le 80 oct. 
1522 ; fut successivement eieve de Josquin et 
maitre de Willaert, chanteur a la chapelle des 
rois Louis XII et Francois !•' de France, cha- 
noine de Therouanne, et v6cut en dernier lieu 
k St-Quentiri. M. etait absolument maitre dg 
Tart du contrepoint le plus complique, ainsi 
que le prouve, entre autres, son motet: Nesciens 
mater, quadruple canon a huit voix d'une ex- 
cellente sonorite ; mais il ne faisait ordinaire- 
ment pas usage de cet art, se moutrant ainsi 
digne successeur de son maitre dont il s'ap- 
propria du reste le style, a tel point que sou- 
vent des oeuvres de l'un ont et6 attribuees a 
l'autre. Les oeuvres de M. parvenues jusqu'd. 
nous sont : cinq Messes qui furent impriraees 
en 1508(2* ed., 1515) par Petrucci (Alleluia, Al- 
ma redemtoris, Regina mearum et deux Sine 
nomine; la Messe Regina mearum se trouve 
aussi sous le titre Missa dAllemagne dans le 
vol. Ill de la grande collection des Messes 
(1532) d'Atlaignant, qui en contient en outre une 
autre: Tua estpotentia; la Messe Alma redem- 
toris et l'une de celles Sine nomine, sous le nom 
de Diltes moy touttes vos pensies, se trouvent 
aussi dans Andrea de Antiquis (« xv Missa 1 », 

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MOUVEMENT — MOZART 



1516); une autre Messe : Quern dicunt homines, 
dans le « Liber x missarum » de Jacques Mo- 
derne (1540). Viennent enfin, non imprim&es, 
encore deux Missce de sancta trinilate (dans 
la collection d'Ambras,& Vienne) et Missa sine 
cadentia (Gambrai). Les manuscrits de Messes 
que Ton connait encore (c'est la bibliotheque 
de Munich qui en possede le plus) ne corilien- 
nent que celles d£ja 6num6r£es (en tout neuf). 
Quant aux motets, le nombre en est fort grand: 
Petrucci seul a reimprim£, dans les « Motetti 
della Corona » (1514-1519), vingt-un motets de 
M., et deux autres dej& dans < Motetti libro 
quarto » (1505); Le Roy et Ballard ont imprimk 
Joannis Af. Someracensis (« de la Somme » t k 
cause de son dernier s6jour k St-Quentin) ali- 
quot moduli (1555, vingt-deux motets); on en 
trouve en outre plusieurs, d6tach6s, dans les 
vol. vn k xi de la grande collection d'Attai- 
gnant (1534) et dans ses « xn Motetz » de 1529, 
de m&me dans le « Novum et insigne opus • 
(1587) d'Ott, etc. L T n r£cit 6vang&ique de M. 
a paru dans 1* « Evangelia dominicarum > de 
Montan-Neuber (1554-1556), des psaumes dans 
la collection de Petrejus, des chansons dans les 
collections de Tilman Susato. En fait d'&ditions 
plus ricentes, il n'existe malheureusement que 
bien peu de chose : seulement trois motets et 
un hymne dans les ouvrages d'histoire de For- 
kel, Burney, Hawkins et Busby et dans la 
« Collectio, etc. » de Commer. C'est en parcou- 
rant le « Dodekachordon » de Glares n, que 
Ton pourra se former le plus facilement un 
jugement sur M., d'apr&s les exemples repro- 
duits dans cet ouvrage. 

Mouvement, 1. Fixation an moyen de ter- 
mes conventionneis (adagio, allegro, etc.) ou 
Vindications m6tronomiques (v. metronome) 
de la valeur absolue de l'unit& de temps, dans 
chaque cas special; cette valeur peut varier k 
tel point que, par ex., la blanche dans le presto, 
devienne plus rapide que la croche dans le 
largo. Of. tempo. — 2. Dans un m6me tempo, 
le m. peut varier cependant, suivant la valeur 
relative des sons qui composent le passage en 
question; m. est alors synonyme d' c allure ». 
— 3. Le m£me terme sert encore k designer les 
differentes sortes de marche ascendante ou 
descendante d'une m&lodie, analyst dans ses 
rapports avec une autre m£lodie sitnultanee. 
Deux parties peuvent marcher simultan&nent 
de trois famous diverses : par m. par allele (lat. 
motus rectus, all. Parallelbeioegung), lorsqu'el- 
les montent ou descendent toutes deux au mdme 
instant; par m. contraire (lat motus contrarius, 
all. Gegenbewegung), lorsque pendant que Tune 
monte l'autre descend; par m. oblique (lat. motu& 
obliquus, all. Seitenbewegung), lorsque Tune 
monte ou descend tandis que l'autre reste sta- 
tionnaire. — 4. Enfin, m. est parfois employ^ 
comme synonyme de m£canisme interieur d'un 
instrument de musique. Le double mouvement 
de la harpe (invenle par S, Erard) permet de 
hau6ser k deux reprises, chaque fois d'un de- 
mi-lon, chacune des cordes de rinstrument. 

Mouzin, Pierre -Nicolas (appele, dans sa 



byG< 



famille, Eoouard, d'ou le fait qu'il a souvent 
employ^ ce pr£nom), n6 k Metz le 13 juiL 182% 
616ve en cette ville de la succursale du Conser- 
vatoire de Paris, devint en 1842 professeur et, 
en 1854,directeurde ee m&me etablissement, se 
retira a Paris en 1871, apr£s l'annexion de r Al- 
sace-Lorraine, et fut engag& comme professeur 
au Conservatoire. M. a 6crit des symphonies, 
des cantates, deux operas, beaucoup de musi- 
que d'6glise, des romances, etc., deux essais 
historiques sur l'Ecole de musique de Metz et 
sur les Soci6t£s chorales d'hommes de Metz 
(« Soci6t& chorale de l'Orph6on »), ainsi qu'une 
Petite grammaire musicale (1864). 

Movimento (ital.), mouvement, tempo (v. ces 
mots). 

Mozart, 1. Johann-Georo-Leopold, le pere 
de Wolfgang M., ni k Augsbourg le 14 nov. 
1719, m. * Salzbourg le 28 mai 1787; ttait fils 
d'un relieur peu fortune, ma is se rendit k l'U- 
niversit£ de Salzbourg, pour y Mudier le droit, 
et s'en procura les moyens en don n ant des 
lemons de musique. Le manque de ressources le 
for$a cependant k entrer comme valet de cham- 
bre au service du chanoine, comte Thurn, 
qui lui procura de l'occupation comme violo- 
niste dans la chapelle archi£piscopale. L*6du- 
cation musicale qu'il avait re^ue auparavant 
doit avoir 6t6 excellente, car il se fit remarquer 
non seulement comme violoniste et maltre de 
violon de talent, mais aussi comme composi- 
teur de valeur, si bien qu'il fut nomm£ com- 
positeur de la Cour de l'archevfcque et, en 1762, 
vice-maitre de chapelle. 11 avait 6pons£, en 
1747, Anne-Marie Pertlin, de Salzbourg, dont 
Wolfgang herita l'humour salzbourgeois, tou- 
chant parfois au comique d'un genre peu re- 
lev& De sept enfants issus de ce manage, cinq 
moururent avant d'avoir alteint Ykge d'un an, 
tandis que Nannerl et Woifang (v. plus loin) 
rest^rent seuls en vie. C'est avec une rare per- 
severance que les parents se consacr&rent 
tout entiers k r Education g£n£rale et musicale 
deleurs deux remarquables enfants; leurvie fut 
d£s lors regime sur celle des enfants, et M. cessa 
m£me de composer, lorsque Wolfgang com- 
menga. II ne faut pas faire trop peu de cas de 
cette renonciation, car M. 6tait un compositeur 
f&cond, et il a 6crit beaucoup de musique d*6- 
glise, des symphonies, des s£r£nades, des con- 
certos, des divertissements, douze oratorios, des 
operas, des pantomimes et toutes sortes de 
morceaux de circonstance, ceuvres parmi les- 
qnelles la musique d'6glise 6tait tout speciale- 
ment estim6e. On a grave de lui : un divertis- 
sement, Musihalische Schlittenfahrt ; six so- 
nates-trios pour deux violons avec basse ; et 
douze morceaux pour piano (Der Morgen %md 
der Abend). Son ouvrage le plus important 
est un Versuch einer grUndiichen ViotinschtUe, 
imprime l'ann£e de la naissance de son illustre 
fils (1756), l'une des plus anciennes (cf. Mon- 
TfeCLAiR et Geminiani) methodes de violon 
et la premiere qui fut gen&ralement adoptee 
(2* ed. aug. 1770 et plusieurs fois r££dit£e 
jusqu'en 1804: trad, franc, par R6ser, 1770, par 

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MOZART 



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Woldemar, 1801 ; trad, aussl en bollandais). 

2. Maria-Anna (Nannerl), fille du prudent, 
n£e k Salzboorg le 80 juiL 1751, d6veloppa cte 
bonne heure son remarquable talent de pia- 
niste el accompagna son fr&re dans ses pre- 
miers voyages artistiqaes. Tons deux furent 
durant tonte leur vie, profond&meut attaches 
Tun k 1'autre, ainsi que le prouve leur corres- 
pondance. Elle 6pousa en 1784 un conseiller 
antique salzbonrgeois, baron von Berchtold de 
Sonnenberg, v£cut apres la mort de son mari, 
comme maltresse de piano, k Salzbonrg et 
mourut dans cette ville, apres avoir 6te aveugle 
pendant neuf ann£es, le 29 oct. 1829. 

8. Wolfgang- Amadbus (ou pluldt : Johannbs- 
Chrysostomus - Wolfgangds - Theophilus: son 
p£re traduisait Theophilus par Gottubb, et 
lui-in6me plus tard par Amad6 ; son nom de 
confirmation 6tait Sigismund), n6 k Salzbourg 
le 27 janv. 1756\ m. k Vienne le 5 dec. 1791. 11 
n'est probablement guere de jeunesse d'artiste 
celebre sur laquelle on ait autant de details 
que sur celle de M. Son talent musical se mon- 
tra si exceptionnellement t<M, et k un tel degr£, 
qu'il attira d6s Tabord l'attention sur lui. On 
sait, par le rScit qu'en fit le trompette de la 
Cour, Schachtner, k Marie-Anne M. (M nt von 
Berchtold), qvCk r&ge de quatre ans d6jsk, et 
avant de connaltre encore bien ses notes, il 
gribouilla un concerto poar piano, qn'il ne 
pouvait entendre le son de la trompette sans 
en 6prouver une douleur physique, etc. En 
1761, le garconnet, &g£ de cinq ans et demi, 
prdtait son concours k l'ex£cution d'un •sing- 
spiel » d'Eberlin : Sigismundus Hwngaricerex f 
dans 1'aula de T University de Salzbourg (pro- 
bablement dans un choeur d'enfants). L'ann^e j 
suivante (Nannerl avait onze ans et Wolfgang 
six), leurs capacity musicales k tous deux 
etaient d6j& si remarquables que le pere se 
d6termina k enlreprendre avec eux une tour- 
n6e artistique, et se rendit d'abord (en Janvier) 
a Munich, puis (en septembre) k Vienne. On 
sait aussi l'admiration que con^urent les reli- 
gieux du couvent d'Ips pour le talent d'orga- 
niste de M.,l'accueil cordial que lui pr£par£rent 
Ala Cour les jeunes princesses, surtout Marie- 
Antoinette, l'6tonnement que suscitait son jeu 
sur un clavecin dont le clavier £tait couvert, 
etc. Rappelons en outre les nombreuses pieces 
de vers qui furent imprimSes, dans diverges 
langues, en Thonneur de Tenfant prodige. Le 
succ£s de ce premier voyage encouragea Leo- 
pold M. k en faire un plus grand l*ann£e sui- 
vante. Paris fut choisi comme but. On s'arreta 
naturellemeht en route, dans la plupart des 
Cours princi&res, dans les residences et cha- 
teaux de plaisance du prince 61ecteur de Ba- 
vtere k Nymphenburg, du due de Wfirtemberg 
k Ludwigsburg, du prince Slecteur du Palati- 
nat a Schwetzingen. A Mayence et k Francfort 
les enfants donnerenl, avec un succ£s extraor- 
dinaire, plusieurs concerts publics ; ilsjou&rent 
encore k Coblentz devant le prince £lecteur de 
Treves, k Aix-la-Chapelle devant la princesse 
Am61ie de Prusse, soeur de Fred^ric-le-Grand, 



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enfin aBruxelles devant le prince Charles de 
Lorraine, gouverneur des Pays-Bas, et arriv&- 
rent k Paris le 18 now 1763. lis log6rent dans 
cette ville chez Fambassadeur de Bavi£re, le 
comte Eyck, et trouv£rent un protecteur plein 
de z&e en la personne du baron Melchior 
Grimm ; ils jou&rent devant la marquise de 
Pompadour et devant le couple royal, puis avec 
1'autorisation du roi, organiserent deux con- 
certs publics. C'est k Paris qu'ont paru les 
premieres oeuvres grav&es de M.: quatre sona- 
tes pour violon, dont deux d£di£es k la prin- 
cesse Victoire de France et deux a la comtesse 
TessA. De Paris, la petite famille partit direc- 
tement pour Londres (St-James) ; les enfants 
jou&rent devant la famille royale et le maltre 
de chapelle, Jean-Chretien Bach (le fils cadet 
de J.-S. Bach), proposa au petit M. toutes sor- 
tes de tours de force qu'il ex&uta merveilleu- 
sement pour son Age : improvisations de tous 
genres, transpositions dans des tonalit£s diffi- 
ciles, accompagnements k vue d'apr^s la basse 
chiflfrSe, etc. M, Acrivit aussi en Angleterre six 
sonates pour violon, qu'il d£dia k la reine 
Sophie-Charlotte, et fit executer k diverses re- 
prises de petites symphonies pour orchestre de 
sa composition. Leopold M. accepta ensuite 
une invitation de la princesse de Nassau-Weil- 
burg (k laquelle M. a dedi£ les six sonates sui- 
vantes pour violon), k La Haye; mais arriv£ k 
Lille, Wolfgang tomba gravement malade et 
garda le lit quatre semaines. A La Haye, ce 
fut le tour de Marie-Anne, puis Wolfgang s'alita 
de nouveau et tous deux furent en danger de 
mort; en tout, les enfants sevirent clouds par 
la maladie pendant quatre mois et leur p£re 
perdit presque tout espoir. Sur le voyage de 
retour, ils touch&rent encore Paris ou Grimm 
admira les progr^s de Wolfgang, donn^rent 
des concerts k Dijon, Berne, Zurich, Donaue- 
schingen, Ulm et Munich, et arriv^rent enfin k 
Salzbourg, k la fin de novembre 1766, apres 
une absence de trois ans. M. 6crivit alors, k 
Ykge de dix ans, son premier oratorio (Ev. se- 
lon St-Marc, xn. 80). .Apr6s une ann^e de s&- 
rieuses etudes, nos musiciens entreprirent un 
nouveau voyage, k Vienne cette fois; mais 
une 6pid6mie de variole les chassa k Olmtttz 
oil les enfants furent quand m&me atteints par 
la maladie. Bevenus k Vienne, ils jouerent de- 
vant Joseph II ; mais il ne se presenta aucune 
occasion d'organiser des concerts publics. Le 
jeune M. apprit alors d£j& k connaltre la ca- 
iomnie et il dut k plusieurs reprises prouver, 
par des compositions improvises sur des tex- 
tes qu'on lui presentait, que c'6tait bien lui- 
m£me, et non son p£re, qui Scrivait les oeuvres 
publiees sous son nom. M. composa, k cette 
6poque et sur la demande de Tempereur, son 
premier op6ra: La finta semiiiice^ qui fut ac- 
cepts par Timpressario Affligio, mais, malgrS 
les recommandations de Hasse et de M&tastase, 
ne fut, grAce k des intrigues, finalement pas 
reprSsente (il fut domi6, par contre, k Salz- 
bourg, en 1769). En compensation, un « Sing- 
spiel », Bastien und Bastienne, fut mis on scene 

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MOZART 



dans un cercle priv£, et, le 7 dec. 1768, M. &g& 
de douze ans, dirigea pour la premiere fois une 
grande execution, celle de sa Messe solennelle, 
pour Inauguration de TEglise de l'Orphelinat. 
Un an apres, le jeune gargon etait nomine 
concertmeister arcbiepiscopal, ce qui ne Tem- 
pAcha point d'entreprendre (en d6c. 1769), avec 
son pere, un voyage en Italie. Celui-ci fut une 
vraie course triomphale pour le jeune maestro: 
les eglises et les theatres dans lesquels il don- 
nait des concerts (cette fois Nannerl ne les 
avait pas accompagnes) regorgeaint d'audi- 
teurs; des epreuves subies devant des maitres 
tels que Sammartini a Milan, le P. Martini a 
Bologne et Vallotti a Padoue, se terminerent 
tout k son honneur; a Naples, il ravit la Cour, 
k Rome, il re^ut du pape la croix de chevalier 
de l'Eperon d'or (raison pour laquelle il si- 
gna pendant quelque temps : « Cavaliere 
M. »). Au retour, il fut nomm&, apres un era- 
men a huis-clos passe a Bologne, membre de 
1* t Accademia dei Filarmonici ». Pendant une 
halte k Milan, un opera du jeune maltre : Mi- 
tridate* re diPbnto, fut represents pour la pre- 
miere fois (NoSl 1770) et donne vingt fois de 
suite,avec un succes enorme. Rentre k Salzbourg 
en mars 1771, M. ecrivit Toratorio : La Betutia 
liberata ; mais, en autocrine de cette meme an- 
nee, nous le trouvons, toujours accompagne de 
son pere, de nouveau a Milan ou une serenade 
theatrale de sa composition: Ascanio in Alba, 
fut representee pour le mariage de Tarchiduc 
Ferdinand avec la princesse Beatrice de Mo- 
dene ; cette serenade refoula complement a 
1'arriere-plan Top^ra de circonstance, Ruggiero, 
de llasse. Pen apres mourut l'archeveque de 
Salzbourg, et le comte Hferonyme von Collo- 
redo qui lui succ£da ne porta que peu d'inte- 
r£t a la musique, mais M. n'en ecrivit pas 
moms, pour son installation, un opera : 11 sogno 
di Scipione (1772). La meme annee encore, a 
Noel, nous retrouvons M. a Milan, pour la re- 
presentation de son opera: Lucio Silla. La pS- 
riode suivante de la vie de M. fut moins agitee ; 
le jeune maltre composait assid&ment des sym- 
phonies, des Messes, des concertos, la musi- 
que pour Konig Thomas (1773) et de la musique 
de chambre. Mais il re^ut la commande d'un 
opera pour le carnaval de 1775, a Munich: La 
finta giardiniera qui re^ut un brillant accueil; 
puis peu aprSs suivit, k Salzbourg: 11 re pas- 
tore, pour les fetes donnees en l'honneur de 
l'archiduc Maximilien. Malgre tous ces succes, 
M. n'avait toujours pas de poste suflisamment 
remunerateur et son p£re songea a un nouveau 
voyage ; mais l'archeveque refusa le conge, et 
Wolfgang, age de vingt et un ans, se fit force de 
douner sa demission et de chercher au dehors 
une autre place. Le cceur gros, le pere dut lais- 
ser son fits partir pour l'iuconnu, avec sa 
mere cette fois ; leur ilineraire les conduisit a 
Munich ou, apres une longue altente, ils du- 
rent renoncer a toute entreprise, puis par 
Augsbourg, a Mannheim ou M. devinl amou- 
reux de la cantatrice Aloysia Weber (plus tard 
M m « Lange), a tel point que seulen les menaces 



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deson pere le deciderentacoiiliuuer sa route* 
lis arriverent entin a Paris, on Tune des sym- 
phonies de M. fut executes dans un Concert 
spirituel. Mais une epreuve terrible attendait 
le jeune compositeur: sa mere mourut k Paris,, 
le 3 juil. 1778. Profondement afflige, et sans 
avoir rien obtenu , M. rentra a Salzbourg, 
y reprit sa place de concertmeister, puis* 
en 1779, fut norame organiste de la Cour. 
D recut de Munich une nouvelle commande et 
ecrivit Idomeneo (1781) qui marque la transi- 
tion entre ses OMivres de jeunesse et eel lea qui 
sont devenues classiques. Peu apres, M. rom- 
pit ses relations intenables avec l'archeveque 
de Salzbourg et alia 8 f elablir a Vienne : mais 
la aussi il fallut du temps jusqu'a ce qu'il trou- 
v&t une place (en 1789, comme compositeur de 
la Chambre imperiale, avec un traitement de 
800 fl.). 11 avait du moins l'occasion de faire 
executer de grand es oeuvres et en profita lar- 
gement. II ecrivit en 1781, sur Fordre de Tern- 
pereur, une operette : Die EntfUhrung aus dem 
Serail (ou Belmonte tmd Constanze) qui, mal- 
gre des intrigues contumelies, fut mise en 
scene par ordre special de Tempereur. Cette 
meme annee, M. epousait Konstanze Weber,, 
la s<pur de la cantatrice qui avait ete son pre- 
mier amour. Malheureusement celle-ci ne sut 
en aucune facon dinger sa maison, en sorte 
que la famille se trouva eternellement dans- 
des embarras pecuniaires. En 1785, M. donna 
Tun de ses chefs-d'oeuvre: Die Hochzeii des 
Figaro (« Les noces de Figaro ») qui, grace au 
mauvais vouloir des clianteurs italiens, faillit 
faire un fiasco a Vienne, mais eut par contre k 
Prague une excellente interpretation et un reel 
succes. Ce fait meme decida M. a ecrire son 
opera suivant , Don Juan, pour Prague (1787); 
il ne le fit jouer a Vienne qu'en second lieu, et de 
nouveau sans succes. II est attristant de voir 
combien M.,aduie et choye dans son eufance, 
eut a lutter plus tard pour suffire aux necessi- 
tes de la vie quolidienne, combien ses oeuvres, 
aujourd'hui venerees partout, etaient placets k 
Vienne au-dessous de produits de second ordre 
oublies depuis longtemps, de voir enfin les 
places convenablement retribuees toujours re- 
fusees a celui qui les meritail le mieux. En 
1789, M. entrepiit, a l'instigation et en compa- 
gnie du prince Earl Lichnowski, un voyage a 
Berlin; il joua a la Cour de Dresde, a Teglise 
de St-Thomas de Leipzig (Doles et Goruef lui 
tiraient les registres) et enfin k Potsdam, devant 
Frederic-Guillaume II qui lui offrit un poste 
de maltre de chapelle, avec un traitement de 
8000 thalers. Mais l'amour profond que M. 
avait pour sa patrie autrichienne lui dicta un 
refus formel, et il laissa echapper l'unique oc- 
casion pour lui d f ar river a une situation aisee. 
La maigre preuve de reconnaissance de Tem- 
pereur consista dans la commande d'un nou- 
vel opera: Cost fan tulte (1790). La derniere 
annee de la vie du maltre fut encore bien rera- 
plie, car elle vft paraitre : La clemenza di Tito 
(Tiius) ecrite pour Prague, a r occasion du 
couronnement de Leopold II (6 sept, 1791); Die 

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MOZART 



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Zauberflbte (« La flute enchantee • ; 30 sept. 
1791) pour Vienne (Schikaneder) ; et enfln son 
dernier ouvrage, le Requiem (cf. Festschrift zu 
Mozartcentennarfeier, 1891, dans laquelle Joh.- 
Ev. Engl prouve que Mozart a laiss6 cette 
ceuvre presque enticement terminee). L'enter- 
rement de M. fat aussi simple et aussi pea cou- 
teux que possible ; l'immortel musicien n'eut 
pas seulement sa propre tombe mais fat, sans 
aucane c6r£monie (ses quelques amis n'ac- 
compagn&rent le cercneil que jusqu'& mi-che- 
min), enseveli dans la fosse commune, en sorte 
<ju*il est actuellement impossible de determiner 
la place exacte ou son corps repose. Gependant 
on monument a 6te 61ev6 a sa m£moire en 
1859, le jour de l'anniversaire de sa mort, dans 
le cimeti&re de St-Marc ; une superbe statue lui 
avait et6 6rig6e auparavant d6ja, A Salzbourg 
<18il). — Nous restons confondus aujourd'hui 
devant le riche heritage que le maltre, mort si 
jeune, a laisse au monde. M. poss£dait en mal- 
tre incomparable les secrets de l'expreasion et 
de la forme musicales. Son individuality est 
faite de charme et de douceur intime; son hu- 
mour est moins extravagant que celui de 
Haydn, mais la gravity parfois morose de 
Beethoven lui est, d'autre part, absolument 
£trang6re. Son style r£sulte de la plus heureuse 
combinaison de verve m&odique italienne et 
de profondeur, de robustesse allemande. Les 
natures qui se rapprochent le plus de la sienne 
sont celles de Schubert et de Mendelssohn qui, 
eomme lui, firent preuve d'une fecondit6 et 
d*une facility de travail extraordinaires et, 
corome lui aussi, moururent a la fleur de 
l'&ge. L'importance de M. en tant que composi- 
teur est universelie. Dans les domaines les 
plus divers: op£ra, musique symphonique, 
musique de chambre, musique d'eglise, etc., il 
a r£alis6 des progr£s et cr£6 des chefs-d'oeuvre 
dune beauts imperissable. L'application des 
id6es r6formatrices de Gluck (adaptSes par 
leur auteur A des sujets s&rieux, emprunt&s a 
l'antiquit6 ou A la mythologie) A des scenes 
joyeuses, imitSes des tenements de la vie quo- 
tidienne, a cre£ des types qui seront consid6r£s 
longtemps encore comme des modules du genre. 
Un siecie entier, ecoule depuis le jour de leur 
premiere apparition, n'a r£ussi A leur porter 
aucune atteinte: rien, absolument rien n'est 
vieilli,ni demode dans Don Juan, Les noces de 
Figaro, Cost fan tutle, ni La flute enchantee. 
Le catalogue de l'6dition monumentale com- 
plete et critique des oeuvres de M., publi£e de 
1876 A 1886, par Breitkopf et HierteL, comporte: 
I. Musique d*6glise (series I 4 IV) : quinze 
Messes, quatre litanies, un Dixit et un Magni- 
ficat, quatre Kyrie, un madrigal, un Vent 
Sancte,\m Miserere, une Antienne, trois Regina 
cosli, un Te Deum, deux Tantum ergo, deux 
chants d'eglise allemands, neuf offertoires, un 
Deprofundis,xm air d'6glise,un motet avec so- 
prano-solo, un motet A quatre voix, un graduel, 
deux hymnes, Grabmtisik (cantate pour Ik pas- 
sion), Davidde penitente (cantate) et deux autres 
cantates pour les ceremonies francs- tna?onni- 



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ques (Maurerfreude, et Kleine Freimaurer- 
kantale). IL Musique sc&nique (s6rie V) : Die 
Sdtuldigkeit des ersten Gebots (en partie seule- 
ment de M.), Apollo et Hyacinthus (comgdie en 
latin, avec musique), Bastien und Bastienne 
(«Singspiel»), Lafinta semplice (op6ra bouffe), 
Mitridate,re difimto (op6ra), Ascanio in Alba 
(serenade thMtrale), II sogno di Scipione (id.), 
Lucio Silla ( op&ra ), La finta giardiniera 
(op£ra bouffe), II re pastore (cantate dramati- 
que), Zaide (op6ra allemand), Thamos, Kcenig 
in JOgppten (drame h^rolque, avec musique), 
Idomeneo, re di Greta (ou Ilia ed Adamante, 
op£ra), Die Entfuhrung aus dem Serail(*U en- 
levement au S6rail >, c Singspiel » comique), 
Der Schauspieldirektor (com6die, avec musi- 
que), Le nozze di Figaro ( « Les noces de Fi- 
garo >, op£ra bouffe), Don Giovanni (* Don 
Juan », id.), Cosi fan tutte (id.), La clemenza 
di Tito (op6ra), Die ZauberfU>te (« La flftte 
enchantee >, opera romantique). HI. Musique 
vocale de concert (s6rie VI) : vingt-sept airs 
et un rondo pour soprano avec orchestre, un 
air pour alto, huit pour t£nor, cinq airs et une 
ariette pour basse, un chant de guem alle- 
mand, un duo pour deux sopranos, un duo 
comique pour soprano et basse, six trios, un 
quatuor. IV. Lieder, etc. (s6rie VII) : trente- 
quatre lieder pour une voix avec piano, un 
lied avec choeur et orgue, un choeur A trois 
voix avec orgue, un trio comique avec piano, 
vingt canons A vingt voix ou plus encore. V. 
Musique d'orchestre (series VIII A XI) : qua- 
rante et une symphonies, deux mouvements 
de symphonic, trente et un divertissements, 
s£r£nades et cassations, neuf marches, vingt- 
cinq danses, Maurerische Trauermusih, Ein 
musikalischer Spass pour quatuor d'instr. A 
archet et deux cors, une sonate pour basson et 
violoncelle, un adagio pour deux cors de bas- 
set et basson, un autre pour deux clarinettes 
et trois cors de basset, un adagio pour harmo- 
nica, deux adagio et allegretto pour harmonica, 
fhUe, hautbois, alto et violoncelle, fantaisie 
pour jeu de timbres, andante pour orgue de 
Barbarie. VI. Concertos et morceaux de con- 
cert, avec orchestre (series XII et XVI) : six 
concertos pour violon, six morceaux pour vio- 
lon-solo, « Concertone » pour deux violons, 
«Concertante» pour violon et alto, un concerto 
pour basson, un concerto pour fltite et harpe, 
deux concertos pour flute, un andante pour 
.flute, quatre concertos pour cor, un concerto 
pour clarinette, vingt-cinq concertos pour piano, 
un rondo de concert pour piano, un double 
concerto pour deux pianos, un triple concerto 
pour trois pianos. VII. Musique de chambre 
(series XIII A XV, XVII et XV11I) : sept quin- 
tettes pour instr. A archet (deux altos); un 
quintette pour un violon, deux altos, cor (vio- 
loncelle ad libit) et violoncelle ; un quintette 
pour clarinette et quatuor d'instr. A archet ; 
vingt-six quatuors pour instr. A archet; NacJit- 
musik % pour quintette d'instr. a archet (avec 
contrebasse) ; adagio et fugue pour quatuor 
d'instr. a archet; un quatuor pour hautbois et 

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542 



MUANGE — MUCK 



trio d'instr. a archei ; un divertissement pour 
trio d'instr. k archet; deux duos pour violon 
et alto ; un duo pour deux violons ; un quin- 
tette pour piano, hautbois, clarinette, cor et 
basson; deux quatuors pour piano et trio 
d'instr. k archet; sept trios avec piano; un trio 
pour piano, clarinette et alto ; quarante-deux 
sonates pour violon, puis un allegro et deux 
th&mes vaH6s pour piano et violon. VIII. Mu- 
sique de piano (series XIX k XXII): a) k quatre 
mains : cinq sonates et un andante, avec va- 
riations; b) pour deux pianos: une fugue et une 
sonate ; c) k deux mains : dix-sept sonates, 
fantaisie et fugue, trois fantaisies, quinze 
th&mes avec variations, trente-cinq cadences 
pour des concertos de piano, plusieurs menuets, 
trois rondos, une suite, une fugue, deux alle- 
gros, allegro et andante, andantino, adagio, 
gigue. IX. Musique d'orgue (s&rie XXIII) : dix- 
sept sonates, en majeure partie avec deux vio- 
lons et violoncelle. Le supplement (s&rie XXIV) 
contient les ceuvres inachev£es (entre atitree le 
Requiem) et douteuses, ainsi que les transcrip- 
tions d'cBuvres d'autres compositeurs (le cCla- 
vecin bien temp6r6 » de Bach, pour quatuor 
d'instr. k archet, etc.)* Les travaux biographi- 
ques d'un Niemtschek (1798), d'unNissen (1828), 
d'Oulibicheff (1843), de Holmes (1845), de Go- 
schler (6d.fran£aise, 1857),etc.,sont depass£s et 
absorbs par l'ouvrage qu'Otto Jahn a consa- 
cr£ k M., apr6s avoir epuise toutes les sources 
de renseignements (1806 k 1859, 4 vol.; 2* 6d., 
1867,2 vol.; 3« 6d., 1881-1898, revue par Deiters; 
trad.angl. par Townsend), monument vraiment 
digne de ce favori du monde musical. D'autres 
auteurs cependant ont encore apporte quel- 
ques contributions de valeur sur M.; ainsi 
Ludwig Nohl, (Die Zauberfltite, 1862; Mozarts 
Leben. 2« 4d. f 1876; trad. augl. de Mrs. Wallace, 
1877 ; Mozarts Brief e, %• 6d., 1877 ; Af. nach 
den Schilderungen seiner Zeitgenossen, 1880), 
et Pohl (Mozart tmd Haydnin London). Enfin, 
il faut noter,comme un ouvrage de grande va- 
leur, le Chronologisch-thematisches Verseich- 
nis samtlicher Tonwerke W.-A. Mozarts , de 
von Kochel (1862, supplement 1889). Des deux 
fils de Mozart, l'ain£, Karl (n6 en 1784) mou- 
rut comme fonctionnaire. k Milan, en 1859. Le 
cadet — 4. Wolfgang-Amadeus, du meme nom 
qnesonpere,ne le 26 juiL1791,m. k Carlsbad le 
90juil. 1844, 6tudia le piano sous la direction 
de A. Stretcher, Albrechtsberger et Neukomm, 
et v£cut de nombreuses annees a Lemberg, 
comme maStre de musique et directeur du 
« Gaecilienverein » fond6 par lui. Ses ceuvres 
(deux concertos pour piano, une sonate pour 
piano seul et une pour piano et violon, un 
quatuor pour instr. k archet, un trio avec piano, 
des themes avec variations, des polonaises, 
etc.) n'ont aucune valeur et ne doivent pas 
£tre confondues avec celles de son p£re. 

Muance (all. Mutation), nom que Ton don- 
nait, dans l'ancienne theorie de la solmisation 
(v. ce mot), au passage d'uu hexacorde dans 
l'aulre. Les rang&es verticales et places entre 
crochets, dans le tableau suivant, sont les 



hexacordes (les anciennes lettres de la notation 
alphab&ique sont remplac6es par celles dont 
r usage est courant de nos jours) : 



la 







d 


la 


sol 




c 


sol 


fa 




b<» 


fa 


mi 




a la 


mi 


re 




K sol 


re 


ut 




f fa 


ut 


T 




e" ' la mi 


V 




d la sol re 








c sol fa ut 








b(h) fa , mi 








a la mi re 








ff , sol 


re ut 








f i fa 


ut 1 — 






e 


ia , mi ty 






d 


sol' re 






c 


fa ut 






H 


mi ~~ 






A 


re 






G 


ut I r ut, Gamma ut) 







Les hexacordes design£s au moyen d'un jj 
portaient le nom d'hexacorda dura (avec si 
naturel, h), ceux qui le sont au moyen d'un ty le 
nom d'hexacorda motlia (avec si bbnol, b), 
les autres le nom d'hexacorda naturatia (ne 
renfermant ni sinaturel 9 ni sibhnol). Lea ran- 
g£es horizontals du m&me tableau donnent les 
noms composes de solmisation, de Gamma ut 

& e la, qui furent en usage en Italie, en Espa- 
gne, etc., jusqu'A la fin du siecle dernier. En 
France, d'autres denominations, proposes par 
L. Bourgeois, devinrent usuelles k partir du 
xvi« s ; ce syst&me commence au grave par F, 
correspondant a ut f et se reproduit identique 
pour chaque octave : 



F 


G 


A 


B 


C 


D 


E 


ut 


re 


mi 


fa 


sol 


la 


... 


fa 


sol 


la 


... 


ut 


re 


mi 


... 


ut 


re 


mi 


fa 


sol 


la 



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Ces denominations se conservdrent m&me un 
certain temps apres l'adoption du si (cf. bobi- 

SATIONS). 

Muck, Carl, n£ k Darmstadt le 22 oct. 1859, 
fit des Etudes de philosophie k Heidelberg et a 
Leipzig, prit son doctoral, puis se voua enttere- 
ment k la musique. Apr&s avoir suivi pendant 
trois ans les cours du Conservatoire de Leip- 
zig, il devint successivement chef d'orchestre a 
Zurich, Salzbourg (1881), Brunn (1882), Grax 
(directeur de la < Society de musique de Sty- 
rie », 1884) et Prague (Theatre allemand, 188G). 
En 1892, M. se d£lia d'un engagement que lui 
avait oflerl Pollini, a Hambourg, pour accepter 

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MUDIE 



MULLER 



543 



Tun de8 postes de chef d'orchestre de la Cour, 
A TOp^ra royal de Berlin. 

Mndie, Thomas- Molleson, compositeur an- 
glais, n£ A Chelsea le 80 nov. 1809, m. A Lon- 
dres le 24 juiL 1876; &6ve de Brotch a 1* « Aca- 
demy of music », professeur, de 1832 A 1844, au 
m&me&ablissement. De 1844 A 1863, il fut mai- 
tre de musique a Edimbourg et s£journa de- 
puis lors a Londres. M. a public de nombreux 
morceaux de piano, des duos, des fantaisies 
sur des airs 6cossais, une collection de chants 
religieux, beaucoup de romances, etc.; en ou- 
tre, on a execute de lui, a la « Society of Bri- 
tish musicians », trots symphonies, un quintette 
avec piano et un trio, qui, selon l'avis de Mac- 
farren, sont tres remarquables. 

Hue, transformation de la voix d 'enfant en 
voix d'homme, se produisant A l'6poque de la 
puberty et provenant d'une augmentation nota- 
ble du volume des cordes vocales. Le jeune 
gargon ne doit en aucun cas chanter pendant 
la p^riode de la mne, qui dure parfois loute 
une annee. 

Muifat, 1. Georg, compositeur remarquable 
du xvu* s., n6 probablement en Allemagne, 
mais issu d'une famiUe anglaise 6migr6e au 
xvi« s., m. a Passau le 23 ffrvr. 1704; etudia 
pendant six ans, A Paris, le style Lully, fut en- 
suite organiste de la cathedraie de Strasbourg, 
jusqu'en 1675, et v6cut quelque temps a Vienne. 
D doit avoir 6t6 dejd quelques an nee s avant 
1682 organiste de la Chapelle episcopate de 
Salzbourg, car le s£jour qu'il fit a Rome ne lui 
fut possible que grace A une allocation de son 
mat tre, qui le rappella a Salzbourg le 18 oct. 
1682. Lorsque ce dernier mourut, en 1687 (3 
mai), M. cherchasans donte a entrer au service 
de l'6v6que de Passau; il ne fut d'abord qu'or- 
ganiste et n'obtint probablement qu'en 1696 le 
poste de maltre de chapelle et dlntendant des 
pages. M. a public : Armonico tribute (1682, 
sonates pour plusieurs instruments), Suavioris 
karmoniae instrumental™ hyporchematicae 
ftoriiegium (1695, 1698; deux parties, contenant 
50 et 62 danses pour quatre ou huit violons, 
avec « continuo i), Apparalus musico-organis- 
ticus (1690, contenant douze toccatas, une cha- 
conne et une passacaglia), enfin douze concer- 
tos pour instr, a archet (1701). — 2. Auoust- 
Gottlieb, fils du precedent, n6 le 17 avr. 1683, 
m. A Vienne lelOdec 1770; eteve de J.-J. Fux, 
nomme organiste de la Cour imp6riale, A Vienne 
en 1717, fut pensionnS en 1764. H a public : 72 
Motetten oder Fugen samt 12 Tokkaten (pour 
orgue, 1726) et Componimenti musicali (pour 
piano, 1727; avec un traite des ornements). 

MuhldoDrier, Wilhelm-Karl, n6 a Graz le 6 
mars 1837; fut jusqu'en 1881 second chef d'or- 
chestre au Th&Ltre municipal de Leipzig, et 
depuis lors chef d'orchestre au Th&ttre de Co- 
logne; il a compose plusieurs operas (Kyff- 
hdusery Der Kommandant von Koenigstein, 
Prinzessin Rebenblute, Der GoldmacJier von 
Strassburg [Hambourg, 1886J, Jolanthe [Co- 
logne, 1890]), puis la musique pour de nom- 
breuses comedies, des ouvertures, un ballet 



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(Waldeinsamheit, 1869,), des lieder et des 
choeurs. 

Muhling, August, n£ a Kaguhne le 26 sept. 
1786, m., comme directeur royal de musique et 
organiste du dome, a Magdebourg le 3 &vr. 
1847; a public un grand nombre de duos et de 
chants religieux (entre autres quarante num£- 
ros tir6s de Psalter und Harfe de Spitta). D$s 
ceuvres pour orchestre et des oratorios de M. 
sont rest6s manuscrits. 

Muller, 1. Christian, celebre facteur d'or- 
gues A Amsterdam, vers 1720-1770; construisit, 
entre autres, les grandes orgues de Haarlem 
(1738: soixante jeux). — 2. Wilhblm-Christun, 
musicographe, n£ a Wasungen, pr&s Meinin- 
gen, le 7 mars 1752, m., comme directeur de 
musique, a Br6me le 6 juil. 1831 ; auteur de : 
Versuch einer Gescliichte der Tonhunst in 
Bremen ( dans le < Hanseatisches Magazin », 
1799); Versuch einer Aesthetik der Tonhunst 
(1830). — 3. Wenzel, compositeur populaire de 
son temps, n6 A Tyrnau,en Moravie,le 26 sept. 
1767, m. A Baden, pr6s Vienne, le 3 aout 1835; 
chef d'orchestre de theatre A Brtinn, puis en 
1786 au « Theatre Marinelli » a Vienne, et plus 
tard au « Leopoldstfidter Theater •, a compos* 
des oeuvres vocales et instrumentales de tous 
genres, mais sans grande profondeur. Ses in- 
nombrables vaudevilles, faeries et farces (Dcls 
neue Sonntagshind, Die Schwestern von Prag, 
Die Zauber trommel, Die Teufelsmiihle, etc.) 
ont eu un succ&s 6norme. Son fils Wilhblm, n6 
a Vienne en 1800, fut egalement compositeur et 
mourut maitre de chapelle A Agram, en sept. 
1882. — 4. August-Eberhard, Tun des dignes 
successeurs de Bach au cantorat de St-Tho- 
mas, a Leipzig, n6 a Northeim (Hanovre) le 13 
sept. 1767, m. a Weimar le 3 d£c. 1817; excel- 
lent pianiBte et organiste, devint en 1789 orga- 
niste de r^glise de St-Ulrich a Magdebourg, 
passa en 1794 a St-Nicolas de Leipzig, fut ad- 
joint en 1800 A A. Hiller, puis lui succ^da, en 
1804, comme cantor de l'Scole St-Thomas et 
directeur de musique de la ville. Entin, en 1810, 
il fut nomm£ mattre de chapelle de la Cour, a 
Weimar. M. a public : deux concertos pour 
piano, cinq sonates pour piano, deux recueils 
de morceaux pour orgue, une sonate et des 
chorals varies pour orgue a deux claviers et 
p£dalier, un trio avec piano, deux sonates pour 
violon, six caprices et fantaisies pour piano 
(morceaux excellents),onze concertos pour flute, 
une fantaisie pour flute et orchestre, quatre 
duos pour Mies, et quelques morceaux do 
chant peu nombreux. Ses ouvrages didactiques 
tiennent un rang 61ev6, en premier lieu sa Mt- 
thode de piano (1804, en r£alite la 6« 6d. de la 
Pianoforteschule de Lohlein, reman iee par M. ; 
la 8* ed. a 6t£ publiee en 1825 par Czerny; la 
m6thode de Kalkbrenner estbasee entierement. 
sur celle de Muller), puis une introduction a 
l'execution des concertos de Mozart (dans In- 
terpretation duquel M. excellait; 1797), des 
morceaux de piano instructifs pour commen- 
yanls, une m^thode de flute, et une table des 
doigtes de la flute. — 5. Iwan, cel&bre clarinet- 

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544 



MULLER 



tiste, n§ k Reval le 8 d£c. 1786, m. k Bucke- 
bourg le 4 f6vr. 1854; inventeur de la clari- 
nette k treize clefs et de la clarinette-aUo qui a 
ete remplac£e par le cor de basset, arriva en 
1809 a Paris ou, soutenu par un banquier, il 
organisa une fabrique de clarineltes perfec- 
tionn6es,laquelle fitfaillile parce que rexpertise 
de l'Academie rejeta les innovations de M. 
Mais la docte assemblee se montra de la sorte 
bien pen clairvoyante, car d6j& pen d'annees 
apr&s, ces instruments furent adopts g£n£ra- 
lement. M. quitta Paris en 1820, v6cut ensuile 
quelque temps en Russie, puis a Cassel, a Ber- 
lin, en Suisse, k Londres, k Paris et mourut 
enfin, comrae musicien de la Gour. k Bficke- 
bourg. M. a publie une m£thode pour ses ins- 
truments perfectionn^s, six concertos pour fltite, 
un c concertante • pour deux clarinettes, divers 
morceaux pour clarinette et piano et trois 
quatuors pour clarinette, violon, alto et vioion- 
celle. — 6. Friedrich, n6 k Orlamtinde (duche 
d'Altenbourg) le 10 d6c. 1786, m. k Rudolstadt 
le 12 d6c. 1871; musicien excellent et d'une 
vaste culture, clarinettiste distingu£, devint en 
>08 membre de Torchestre de la Gour de. Ru- 
dolstadt, succ£da en 1881 a Eberwein comrae 
maltre de chapelle et obtint sa retraite en 
1854. M. a 6crit deux symphonies, deux con- 
certos et deux concertinos, ainsi que d'aulres 
morceaux de concert pour clarinette, des varia- 
tions pour clarinette avec quatuor d'instr. k ar- 
chet, des etudes pour clarinette, des morceaux 
pour quatre cors, des trios pour cors, des va- 
riations pour basson et orchestre, ainsi que 
des morceaux pour musique d'harmonie. — 7. 
Les frAres M., deux cel&brea associations de 
musique de chambre (quatuors d'instr. a ar- 
cbet), dont la plus ancienne se composait de 
quatre fils d'AEGiDius-CHtusTOPH M. (n£ a Gors- 
bach, pr6s Nordhausen, le 2 juil. 1766, m. 
comme musicien de la Gour [violoniste], a 
Brunswick, le 14 aoiit 1841), soil, pour le l« r vio- 
lon : Karl-Friedrich M., n6 k Brunswick le 11 
nov. 1797, fut nombre d'annees concertmeister 
dans cette ville, oil il mourut le 4 avr. 1878; 
pour l'alto : Tkeodor-Helnrich-Gustav, n6 le 
3 d6c. 1799, directeur des concerts symphoni- 
ques de la Gour ducale, m. k Brunswick le 7 
sept. 1855; pour le violoncelle : August-Theo- 
dor, ne le 27 sept 1802, musicien de la cham- 
bre, m. a Brunswick le 22 mai 1875; et pour le 
deuxieme violon : Franz-Fbrdinand-Georg, n6 
le 29 juil. 1808, maltre de chapelle de la Gour du- 
cale, m. a Brunswick le 20 oct. 1875. L'epoque 
de l'association musicale des quatre freres va 
de 1881 a 1855; outre l'Allemagne, ils parcouru- 
rent le Nord de la France, la Hoilande, le Dane- 
mark et la Russie.— L/autrequatuor M.,plus re- 
cent, se forma aussitdt apr£s la dissolution de 
Tain6 k la suite d'un d6c6s (1855), de quatre fils de 
Karl-Friedrich M.,a savoir, pour le l« r violon : 
Karl (M.-Berghaus), ne le 14 avr. 1829, fut 
plus tard maltre de chapelle k Rostock, 6poque 
k dater de laquelle Leopold Auer prit la direc- 
tion dn quatuor; pour le 2 m « violon : Hugo, n& 
a Brunswick le 21 sept. 1882, m. dans la m&me 



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ville le 26 juin 1886; pour Talto : Bkknhard, n6 
le 24 ftvr. 1825, m. k Rostock le 4 sept. 1895; 
et pour le violoncelle : Wilheuc, nk le !•' juin 
1884, m. en Amerique a la fin de 1897. Les qua- 
tre freres, tous nka k Brunswick, furent enga- 
ges comme musiciens de la Gour k Meiningen 
(Karl avait ktk auparavant concertmeister k 
Berlin), mats transparent leur domicile en 1866 
k Wiesbaden, et, lorsque Karl fut appele k 
Rostock, Yy suivirent aussi. Le quatuor fut dk- 
finitivement disorganise, par l'engagement de 
Wilhelm comme premier violoncelliste de la 
Ghapelle royale et professeur a FAcademie 
royale k Berlin (successeur de de Sweert, 1873). 
Karl devint dans la suite directeur de la cha- 
pelle du casino de Wiesbaden, puis dirigea 
quelque temps la chapelle priv£e du baron 
russe von Dervies, a Nice; en 1880, il s'etablit 
a Stuttgart on sa femme fonda un institut de 
chant, tandis que lui-mdme occupait un poste 
k Hambourg, de 1881 a 1886. M. a compost 
deux quatuors pour instr. a archet, une sym- 
phonic, une ouverture : Fiesco, des morceaux 
pour violon et pour violoncelle, des lieder, une 
cantate : Jephthas Tochter, et plus r&cemmenl 
une operette; il a orchestra le quator en tU 
diise min. de Beethoven, sous le titre de 
« dixidme symphonie », 1' « Album-Sonate » de 
Wagner, etc. Le nom de Bbrohaus est le nom 
de famille de sa femme Elvira, fille du g&>- 
graphe Berghaus, excellente cantatrice de con- 
certs (cantatrice de la chambre royale de Wur- 
temberg), el&ve du (Conservatoire Stern, puis 
de M m « v. Milde k Weimar, de (Jotze k Leip- 
zig et d'Ettore k Milan. — 8. Peter, n£ k Kes- 
selstadt, pr£s Hanau, le 9 juin 1791, in. a Lan- 
gen (comme past'eur de Staden) le 12 aoftt 1877, 
suivit les cours de VUniversitS d'Heidelberg, 
puis fut institeur a Giessen, a Gladenbach et 
au s£minaire de Friedberg. G'est la qu'il com- 
posa ses choeurs d'hommes, ses pr&ludes d*or- 
gue, deux quintettes pour instr. k archet et 
des lieder pour la jeunesse bien connus. En 
1889, M. axepta le poste de pasteur k Staden, 
ecrivit cinq nouveaux quintettes qui furent 
ex6cul£8 plusieurs fois k Darmstadt, puis, a la 
tin de 1858, fit repr&senter un opdra: Die letzten 
Tage von Pompqi, dont son fils aine avait 6crit 
le livret, d*apr£s le roman de Bulwer. On a 
trouv£, en outre, dans ses papiers, un grand 
nombre de lieder non graves, un quatuor 
pour instr. k archet et un op6ra : Claudtne von 
Vtllabella, d'apres Touvrage de Goethe. — 9. 
Adolf (de son vrai nom Schmtd), ne k Tolna,en 
Hongrie, le 7 oct. 1801, m. k Vienne le 29 juil. 
1886; fut d*abord longtemps acteur dans divers 
th&Ures autrichiens et devint plus tard, lors- 
que ses compositions de facture tr&s legere eu- 
rent remporte quelque succes, chef d'orchestre 
et compositeur du thedtre « an der Wien », k 
Vienne. M. a ecrit plus de soixanle pieces de 
theatre d*ordre inKrieur (vaudevilles comi- 
ques, farces, parodies), ainsi que deux operas, 
qui cependant n*eurent point de succes, et une 
grande quantity d'ceuvreltes de pacotille pour 
piano et chant Son fils, Adolf aussi, ne k 

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ML LLER-BERGH AUS 



545 



Vienne le 15 oct 1889, fut, k partir de 1875, 
chef d'orchestre de l'Op6ra allemand de Rot- 
terdam (auteur d'op6ras : Heinrich der Gold- 
schmied,Waldmeisters Brautfarht, Van Dyck; 
et d*op6rettes : Das Gespenst in der Spinn- 
stube y Der kleine Prim, Der Liebeshof Des 
Teufeis Weib). — 10. Johannes, c616bre physio- 
logisle, n6 k Coblentz le 14 juil. 1801, m. a Ber- 
lin le 28 avr. 1858; devint en 1824 privat-docent 
< charge de cours), en 1896 professeur extraor- 
naire el en 1880 professeur ordinaire de phy- 
siologie k rUniversitS de Bonn, puis fut appelS 
& Berlin en 1833; en plus d'autres ouvrages 
nombreux et remarquables, il a £crit : Unter- 
suchungen uber die menschliche Stimme (1887) 
ei Ueber die Kompensation der physischen 
Krafte am menscMichen Stimmorgan (1839). 
Son grand Handbuch der Physiologic des 
Menschen (1883-1840, 2 vol.) contient Sgale- 
ment beaucoup de renseignements nouveaux 
et importants sur les organes de la voix et de 
l'ouie —11. Franz-Karl-Friedrich, n6 k Wei- 
mar le 30 nov. 1806, m. dans la m£me ville, 
comme conseiller au minist&re d> la guerre, le 
11 sept. 1876, auteur d'un certain nombre d'6- 
crits : Tannh&user (1853); it Wagner und das 
Musikdrama (1861); Der Ring des Nibelungen 
<1862); Tristan und Isolde (1865); Lohengrin 
U867) et Die Meistersinger (1869), ainsi que : 
Im Foyer (1868), esquisses sur le monde du 
theatre k Weimar. — 12. August, excellent 
contrebassiste, ne en 1810, m. a Darmstadt, ou 
il etait concertmeieter grand-ducal, le 25 d6c. 
1867; a publie des variations, etc., pour contre- 
basse.— 13. Karl, chef d'orchestredemerite, ne 
a Weissensee, pr£s Erfurt, le 21 oct. 1818, m. a 
Francfort s/M. le 19 juil. 1894; £leve de J.-N.- 
K. Gdtze,& Weimar, fut d'abord violoniste dans 
la Chapelle de la Gour a Weimar, sous la di- 
rection de Hummel, s'acquitta en 1837 de son 
service militaire k Dftsseldorf, ou J. Rietz le fit 
venir plusieurs fois pour le remplacer. II s'eta- 
blit enfin dans celte ville, comme maitre parti- 
culier de musique et directeur d'une soci£t6 
chorale artistique; puis, de 1846 k 1860, il rem- 
plit les fontions de directeur de musique k 
Munster, en Westphalie, et prit enfin en I860, 
a Francfort s/M., la direction du « Ciecilien- 
verein » qu'il conserva jusqu'en 1892. Comme 
compositeur, M. s'est fait connaltre tres avan- 
tageusement dans des cantates (Tasso in Sor- 
rent, Rinaldo), des ouvertures et d'autres opu- 
vres de toutes dimensions. — 14. Bernhard, n6 
a Sonneberg le 25 janv. 1824, m. k Meiningen 
le5 d6c. 1883; &leve du s&ninaire de Hildburg- 
hausen, devint en 1850 cantor k Salzungen, oil 
il fonda un excellent choeur d'eglise. — 15. Ri- 
chard, n£ a Leipzig le 25 fevr. 1830; fils du di- 
recteur des concerts de 1* t Euterpe •, K.-G. M., 
^16ve de son pere, de K. Zollner, de Haoptmann et 
de Rietz, directeur de la society chorale acad£- 
mique « Arion » (jusqu'en 1893) et d'autres so- 
ciety chorales d'hommes (c Hellas » et « Lie- 
dertafel »), maitre de chant au gymnase de St- 
Nicolas, etc.; a compost des lieder, des chants 
d'enfants, des choeurs, des motets et une ceuvre 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 35. 



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chorale: Die Loteen (avec interludes dSclamte). 
— 16. Carl-C, n6 k Meiningen en 1831 ; 61eve 
de Fr.-W. Pfeifer, de H. Pfeifer (fils) et de A. 
Zollner (pour la th6orie), partit en 1854 pour 
New- York, ou il est estimS comme professeur 
de th£orie. M* a publie un expose en anglais 
du syst&me de Sechter, ainsi que trois recrueila 
d'exercices d'harmonie : Ihree Series of Ta- 
bles for writing Jiarmonic exercises. M. a 6crit 
aussi des lieder, quatuors pour voix d'hom- 
mes, symphonies, etc.; il a paru de lui, en AUe- 
magne, deux sonates pour orgue,op.47,en fa et 
en si bimol min., ainsi que quelques choeurs 
d'hommes. — 17. Joseph, n£ en 1839, m. k Ber- 
lin, oil il 6tait secretaire de TAcad^mie royale 
de musique, le 18 juin 1880; fut de 1871 k 1874 
redacteur de la Allgemeine Musikalische Zei- 
tung, et publia un pr&jieux catalogue : Die mu- 
sikalischenScMtteder Koniglicken- und Uni- 
versitdtsbibliothek zu Komigsberg (1870). — 
18. Oustav, v. Brah-Muller. — 19. William, 
excellent chanteur scenique (tenor), n£ k Hano- 
vre le 4 fGvr. 1845, fils d'un cordonnier, fut 
d'abord couvreur. Apres avoir fait ses Etudes, 
qui avaient &i& confiees aux soins de H. Dorn, 
Lindhult et K.-L. Fischer, il d£buta en 1868 a 
Hanovre, dans le role de Joseph, et se fit rapi- 
dement une reputation excellente dans celte 
ville. — 20. Hans, fils du po£te rh£nan Wolf- 
gang Mtlller von Ka?nigswinter, n6 k Cologne 
le 18 sept. 1854, m. k Berlin le 12 avr. 1897; 
suivit les cours du gymnase k Cologne et k 
Wiesbaden, et fut atteint en 1873 d'une vio- 
lente affection pulmonaire qui le for$a pendant 
trois ans a sojourner dans diverses stations 
climat6riques. en Suisse et en ltalie. Compl^te- 
ment r^tabli par un sejour d'un an et demi k 
Davos, il se voua, aux Universites de Leipzig 
et de Bonn, a des etudes de philosophie et 
d*histoire de Tart, prit k Leipzig son grade de 
D r phiL et publia divers travaux d*histoire ge- 
n6rale, d'histoire de Tart et de po6sie. En 1879, 
il s'&tablit k Francfort s/M. et commenga k 
s*occuper de sciences musicales; il choisit sur- 
tout le moyen ^ge, comme champ d'6tudes et, 
avec une louable conscience, entreprit a diver- 
ses reprises de grands voyages de recherches 
k travers TAUemagne, l'ltalie, la France, la 
Belgique et la Suisse*. En 1885, M. remplit 
quelque temps les fonctions de biblioth^caire 
de la Cour grandMucale, a Carlsruhe, mais il 
fut appele en automne de la m£me ann^e a la 
section de musique de la Bibliotheque royale, a 
Berlin, ou il devint, en 1888, professeur d'his- 
toire de la musique a rAcademie royale et re- 
r;ut Tannee suivante le litre de « professeur 
royal •. II succeda plus tard k Ph. Spitta, comme 
secretaire de TAcadSmie des Beaux-Arts, mais 
inourut peu apr&s. Ses travaux les plus impor- 
tants, dans le domaine de Thistoire musicale, 
sont : Die Musik Wilhelms v. Hirschau (1884), 
Hucbalds echte und unechle Schriften Uber 
M w$i&(1884), Eine Abhandlwng Uber Mensural- 
musik (Leipzig, 1886). 

Muller-Berghaus, v. Muller 7 (Karl, mem- 
bre du quatuor des jeunes Muller). 

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546 



ML'LLER-HARTUNG — MCRSCHHAUSER 



Muller-Hartung, Karj,,u£ k Stadtsolza (Thu- 
ringe) le 19 mai 1884; fit son gymnase iNord- 
hausen, stadia quelque temps la th£ologie k 
I&na, mais se tourna alors vers la musique et 
devint 6i£ve de •Kfihmstedt, k Eisenach. Apr&s 
avoir ete, de 1857 k 1859, chef d'orchestre 
d'op^ra, k Dresde, il fut appel£,' a la mort de 
Kuhmstedt, k succ6der k ce dernier comme di- 
recteur de musique et maitre au seminair© 
d'Eisenach. M. recut en 1864 le titre de «profes- 
seur», devint, l'ann£e suivante, directeur de 
musique d^glise k Weimar, puis, en 1869, 
chef d'orchestre d'op^ra dans la ro&me ville, 
oil il fonda, en 1872, l'Ecole grand-ducale de 
musique et d'orchestre, dontil est actueilement 
encore directeur. En 1889, M. abandonna ses 
autres fonctions, et recut le titre de conseiller 
aulique. Parmi ses compositions, il faut noter 
surtout ses sonates pour orgue, puis des psau- 
mes, des choeurs pour voix d'hommes et des 
chcBurs liturgiques. M. publie une Iheorie der 
Musiken plusieurs volumes(vol.I: Harmonie- 
lehre, 1879). 

MuHer-Reuter, Theodor, n6 k Dresde le l« p 
sept. 1858; 616ve de Friedricli, Alwin Wieck 
(piano), Meinardus et Julius Otto (composition), 
puis, de 1878 k 1879, du Conservatoire Hoch k 
Francfort s/M.,devint en 1879 maitre de piano 
et de th6orie au Conservatoire de Strasbourg. 
En 1887, M. alia s'&ablir k Dresde, ou il devint, 
l'ann&e suivante, directeur de la soci£te chorale 
d'hommes « Orpheus » et en 1889 de la «Dreys- 
sigsche Singakademie * ; enftn, en 1892, il fut 
nomm& professeur au Conservatoire royal. M. 
a compost des lieder, des choeurs pour voix de 
femmes avec piano et pour voix d'hommes 
avec ou sans accompagnement, deux operas 
( Ondolina, Strasbourg, 1883; Der tolle Graf, 
Nuremberg, 1887), Das Vaterunser pour chceur 
mixte et orchestre, ainsi que des morceaux de 
piano (Etudes, op. 20, avec « changements de 
doigts »)• 

■fuller von der Werra, (Frirdrich-Konrad 
Mullbr, dit M. v. d. W.), n6 k Ummerstadt 
(Meiningen) le 14 nov. 1828, m. k Leipzig le 26 
avr. 1881 ; po&te populaire bien connu en Alle- 
magne, a fond£ le * Deutscher S&ngerbund » et 
publi6,de 1861 k 1871,1a Neue Sanger halle. D 
a aussi r6dig6 le AUgemeines Reichskommers- 
buchfiir Studenten. 

Munck, v. Demunck. 

Hnneira, danse galicienne d'un mouvement 
mod6r6, k */ 4 avec un lev6 d'une noire et un 
accompagnement de castagnettes accentuant 
les temps forts : 



tt 



-irr 



etc. 



Hunnnger, Karl, n6 a Balsthal (canton de 
Soleure),le 23 sept. 1842; fit des Etudes univer- 
sitaires, de 1859 a 1860, k Bale, mais suivit en 
m&me temps, avec z&le, des lecons de musique 
(A. Walther). D fut ensuite, de 1860 k 1863, 
61&ve de Hauptmann, Richter et Moscheles, au 
Conservatoire de Leipzig, et remplit, depuis un 
certain nombre d'ann6es,les fonctions de direc- 



teur et professeur de musique a Berne. Sa 
cantate pour chceur d'hommes et orchestre : 
Murtenschlacht, a &6 eouronnee. 

Moris, Jean de, Tun des plus c£l£bres theo- 
riciens musicaux de la premiere moiti£ du 
xiv» s., a 6crit un vaste ouvrage sur la musi- 
que pratique et th£orique : Speculutn musica? 
(en 7 vol. : I. Gen6ralit6s [76 chapitres] ; £1. 
Th6oriedes inlervalles [123 chapitres] ; III. Les 
proportions musicales [56 chapitres] ; IV. Con- 
sonnance et dissonance [51 chapitres]; V.Theo- 

{ rie de la musique des anciens, d'apr&s Bo^ce 
[52 chapitresj ; VF. Les modes ecclesiasliques, 
solmisation [118 chapitres] ; VIL Musique pro- 

'• portionnelle, d^chant [45 chapitres]); cet ou- 
vrage se trouve en deux manuscrits a la biblio- 
th&que de Paris et a et£ reproduit par Cousse- 
maker (« Script. », II). Trois autres ouvrages. 
attribues aussi k M.,mais (d'apres les derni&res 
recherches du D T Robert Hirschfeld: JoJtannes 
de 3/., 1884 ; dissertation) Merits probablement 
avant lui (car M. les cite comme ceuvres d'au- 
Irui), ont &t6 reproduits par Gerbert dans le 
vol. Ill des «. Scriptores, etc » ; ce sont : De 
musica practica (datant de 1321), De musica 

; speculativa (de 1323), et Ars discantus (De 
discantu). Les autres traitta reproduits par le 
m&me Gerbert : Sumrna musicae magistri 

' Joannis de M., Liber proportionum musica- 
lium y Qiuestiones super paries musicce, etc., 
ne sont par contre que des extrails, pratiques 
par de tierces personnes, dans l'oeuvre de M. 
Le th£oricien de la musique de M. et le profes- 

I seur de Sorbonne de m&me nom ne sont proba- 

I blement pas identiques, comme on l'a ad mis 

1 jusqu'a present, car si Ton sail que ce der- 
nier fut math&maticien et astronome, on n'a, 
d'autre part, aucune indication qu'il se solt ja- 
mais occupy de th6orie musicale. De pins, 
Fouvrage th£orique de M., Speculum musicce, 
est certainement d'un homme arrivS k un Age 
avanc£ ; enfin, le renvoi k V « Ars nova % de 
Philippe de Vitry, nous permet de reculer jus- 
qa'k l'annee 1325 environ la date de composi- 
tion du dit ouvrage, ce qui a pourr&ultat direct 
de faire remonter la naissance de M. fort en 

I arri&re dans le xra« s. Le fait que de M., em- 
preint d'id^es tr^s conservatrices , s'appuie 
encore compl^tement sur les theories de Fraii- 
con, vient du reste k Tappui de notre ih&se. 

Murkys, nom que Ton donne parfois aux oc- 
taves bris^es, employees comme accompagne- 

i ment, comme : 




De m£me, des morceaux contenanl des basses 
de ce genre recoivent le nom de m. 

Murschhauser, Franz-Xaver-Akton, n^ a 
Zabern, pr6s de Strasbourg, vers 1670, el^ve 
de Kerl k Munich, devint maitre de chapelle de 
la « Frauenkirche » k Munich ou il mourut, en 
1124. Les ceuvres qu'on a conservees de lui 



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MUSARD — MUSIQUE 



o4/ 



sont : Octitonum novum organum (1696, inor- 
ceaux d'orgue dans les bait modes ecclteiasti- 
ques); Vespertinum UUriae et hyperduliae 
cutium (1700, quatre parties concerlantes, 
deux violons obliges et quatre parties de « ri- 
pieno »); Prototypon longo-breve organicum 
(2 parties); Fundamentalische Anleitung so- 
woht zur Figured- als Choralmusik (1707); 
Opus organicum tripartitum (1712, 1714). Son 
ouvrage th£orique : Academia musica-poetica 
oder Hohe Schule der Komposition, dont la 
premiere moitie parut en 1721, contient une at- 
taque contre Mattbeson, A laquelle celui-ci r6- 
pondit si bien, dans sa « Melopoetische Licht- 
schere », que M. ne publia pas la deuxi&me 
partie de 1'ouvrage. 

Musard, Philippe, celebre compositeur de 
danses francais, le € Roi des quadrilles », ne 
probablement A Paris vers 1792, m. dans la 
meme ville la 31 mars 1859; se fil d'abord con- 
naitre A Londres, ou ses danses furent jouees 
dans les bals de la Cour, mais revint en 1880 
A Paris ou il fut d'abord directeur des bals au 
The&lre des Vari&es, puis aux Champs-Ely- 
s£es (« Concert M. »), A l'Opera-Comique et en- 
fin A l'Opera. Ses quadrilles sont Merits en par- 
tie sur des motifs d'operas, et en partie sur 
des motifs originaux ; ils ont fait fureur pen- 
dant un temps. Son fils Alfred (m. pendant le 
voyage de retour d' Alger A Marseille, en 1881) 
est aussi tr&s connu comme compositeur de 
quadrilles. 

Musette, 1. (ou sourdbunb; all. Dudelsach, 
Sackpfeife; angl. Bagpipe; ital. cornamusa, 
jriva; lat. tibia utricularis; gr. ashaulos; ap- 
pel6e aussi sans doute au moyen Age, comme la 
vielle A manivelle, symphonia; dans les ou- 
vrages de P. Aaron [1529], chorus; au xvn* s, 
Trsetorius], en Allemagne, conslruite en divers 
modules, sous les noms de : grosser Bock 
bourdon : sol f ou ut ! J, Schaj>erpfeif [bour- 
dons : si btmol\ /a 3 ], Hummelchen [fa 3 , ut 3 / 
et Dudey [mi bdmoP, si bemoP, mi bemol A ]) 9 
instrument remontant A la plus haute antiquity, 
mais que Ton ne trouve plusaujourd'hui qu'en- 
tre les mains des mendiants et chez les paysans 
anglais, ecossais et irlandais. La m. se com- 
pose d'un recipient A air en cuir, alimente tan- 
tdt par rinstrument lui-meme, au moyen d'un 
tube (dans l'ancienne m. et la m. des monta- 
gnards ecossais), tantot par de petits soufflets 
(|ue rinstrumentiste ffcgit au moyen du bras 
(dans toutes les autres sortes de m.). Plusieurs 
tuyaux sont fix6s sur le recipient qui, aussitdt 
qu'il est comprime, leur envoie Tair neces- 
saire; ces luyaux comprennent un chalumeau 
ordinaire A six trous, sur lequel s'ex6cutent les 
melodies, et un A trois bourdons (v. ce mot; 
all. Stimmer f Brummer 9 Eummdn; angl. dro- 
nes) qui font entendre un seul et unique son 
d'une fagon continue. La m. est assez proche 
parente de la vielle et elle a partag£ le sort de 
celle-ci, en ce sens qu'aux xvn* et xvm* s. 
elle redevint A la mode. On recouvrait alors le 
sac A air de soie richement brod£e, on fabri- 
quait en ivoire, ornA d'or et de pierreries, les 



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petites caisses destinies A recevoir, a la place 
des tuyaux, les anches des bourdons, etc. Des- 
couteaux, Philidor, Douet, Dubuisson, Hotte- 
terre, Cbarpentier, Ch£deville, etc. excellaient, 
comme virtuoses sur la m. — 2. Nom que Ton 
donne a une danse en mesure ternaire qui 
s'accredita sous Louis XIV et Louis XV, au 
moment ou la m. 6lait rinstrument favori par 
excellence. II est Evident que cette danse Mail 
accompagnee par des m., car la basse tenue 
sur une seule note en est la caracteristique 
principals 

Musica (lat., s.-ent. ars; grec, mswu! rt%*i)* 
Tart des Muses, la musique. M. divina, mu- 
sique divine, c.-a-d. musique d'eglise; M. men- 
surabilis ou mensuralis, mensurata, musique 
mensurable ou pro port i on n elle; M. plana (tV/»- 
mensurabilis), chant gregorien (sans rythme), 
plain-chant 

Musin, 1. v. Furlvnetto. — 2. Ovidb, vio- 
lonisle dislingue, n6 A Nandrin, pres Liege, le 
22 sept. 1854; £16 ve de Heynberg et de Leo- 
nard, vit en Amerique ou il s'est rapidement 
cr£6 un nom. 

Musiol, Robert-Paul-Joh., n& a Breslau le 
14 janv. 1846; lit son education au s&minaire 
de Liebenthal (Silesie), devint en 1873 institu- 
teur et cantor A Rohrsdorf, pr&s Fraustadt 
(province de Posen), et prit sa retraite en 1891. 
M. est un musicographe zele; il a 6crit : Mu- 
sikalisches Fremdvotirterbuch, Katechismus 
der MusikgescJiichte, Konversationslexicon der 
lonkunst (1888), et Musxkerlexicon (1890) de 
Tonger (Gruninger), Wilhelm Forster (Biogra- 
phic), Theodor Korner und seine Be\iehung 
sur Musik (1898). 11 a aussi redige la dixieme 
edition du Musikalisches Konversationslexi- 
kon de Jul. Schuberth (1877), collabor6 A diflfe- 
rents journaux musicaux, compose des mor- 
ceaux de piano et d'orgue, des lieder, et des 
chceurs pour voix d'bommes, et fait des arran- 
gements pour violon et piano, etc. 

Musique (all. Musik; angl. music; ital. et 
lat musica). La m. est a la fois un art et une 
science. En tant qu'art, elle n'est autre chose 
que la manifestation du beau par le moyen des 
sons; mais cette manifestation repose sur une 
science exacte, formee par l'ensemble des lois 
qui regissent la production des sons, en m&me 
temps que leurs rapports d'^levation et de du- 
ree. — On cree dans Tensemble des productions 
musicales un certain nombre de subdivisions, 
plus ou moins nettement determines, suivant 
les organes sonores qui entrent en jeu, l'ordre 
d'idees auquel elles se rattachent, etc.; on parle 
de m. vocale, m. instrumental, m. pure, m. des- 
criptive, m. de chambre, m. d'6glise, m. sceni- 
que, etc. : 

Musique vocale. M. ^crite exclusivement 
pour des voix (voces); toutefois on d6signe fr6- 
quement sous ce nom la musique 6crite pour 
chant avec accompagnement. Comme la voix 
neproduitlessons qued'apres Toreille de Texe- 
cutant, c.-4-d. apres leur representation pr£a- 
iable, leur conception harmonique, il va sans 
dire que cerlaines progressions, possibles dans 

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548 



MUSIQUE 



le style instrumental, devront etre absolument f 
hannies da style vocal (a cappella; style severe; ' 
stilo osservato). Gf. voix, vocal, style et mu- ; 

SIQUE INSTRUMENTALE. 

Musiqub instrumentale. M. executee par 
des instruments, par opposition k la m. vocale 
executee par des voix. Comme on a l'habitude 
de classer la m. vocale accompaguee dans la 
catSgorie de la m. vocale, le terme de m. ins- 
trumental a pris couramroent la signification 
de m. execute seulement par des instruments, 
de laquelle par consequent le chant est exclu. 
Mais il est bien naturel qu'historiquement le 
developpement de la m. instrumentale accom- 
pagnatrice va de concert avec celui de la m. 
instrumentale proprement dite (non pas avec , 
celui de la m. vocale), puisqu'il depend des 
progres de la facture instrumentale. II n'est 
guere possible de savoir laquelle est la plus 
ancienne de la m. instrumentale pure et de la 
m. instrumentale accompagnatrice; il est per- 
mis cependant de supposer que les instr. a 
vent ont fonctionne tout d'abord sans le con- 
cours du chant, tandis que les instr. k cordes 
ont jou6 en premier lieu le rdle d'accompagna- 
teurs, car un m^me executant peut bien k la 
fois chanter et jouer d'un instr. k cordes, mais 
il ne saurait chanter et jouer d'un instr. k vent. 
L'execution d'uue ofiuvre musicale par un 
groupe de personnes denote dej& un degre plus 
avance de culture, pour autant du moins qu'il 
ne s'agit pas simplement de l'accentuation du 
rythme.Ghez les Grecs,le jeu de la fliUe en solo 
(auietique) est d6jd si d6velopp£ au vi« s. av. 
J.-G. que Sacadas d'Argos reclame, vers 585, 
qu'il soit traits k regal des autres arts, dans 
les jeux pythiens. Quant au jeu de la cithare en 
solo (citharistique), il doit avoir £te mis en hon- 
neur quelques annees apr^s (vers 559) par Age- 
la iis de Tegee. La m. instrumentale accompa- 
gnatrice des anciens consistait en un simple 
redoublemenl de la melodie a l'unisson ou a 
l'octave. Les instr. k vent en cuivre furent ex- 
clus de la m. artistique proprement dite jusque 
fort avant dans le moyen kge; on n'en faisait 
gu£re usage que pour des signaux militaires, 
pour les corteges ou les sacrifices, lorsqu'on 
recherchait avant tout uii effet de masse (tuba, 
lituus, buccina). Ge ne fut que dans les repre- 
sentations organises, au moyen Age, pour les 
ceremonies de manages princiers et dans les 
mysteres (drames sacres) que se form&rent les 
debuts de la m. instrumentale artistique poly- 
phonique. 

Mais une nouvelle phase du developpement 
de la m. instrumentale commence avec l'appa- 
rition des instr. a archet. Les plus anciennes 
traces que Ton connaisse d'instruments analo- 
gues au violon, en Occident, remontent jusque 
dans le courant du ix° s. apres J.-G. ou peut- 
etre meme au-delA (cf. instr. a archet). La 
vielle (fidula [dans Ottfried], FtdeL viola; giga y 
gigue, Geige) se developpa rapidement en tant , 
qu f instrument accompagnateur ou soliste des I 
troubadours, puis en tant que favori des mene- I 
triers qui, partout ou ils am valenL, s'cn servaient [ 



pour jouer les danses; cet instrument primitif 
subit toute une serie de transformations, en 
sorle qu'au debut du xvi* s. nous nous trou- 
vons en presence d'un grand nombre d'instr. 
k archet divers, construits en plusieurs modu- 
les de grosseur differente et dont l'emploi con- 
sistait k renforcer ou encore k remplacer tout 
k fait les voix, dans l'execution des oeuvres vo- 
cales compliquees des grands contrapontistes. 
Les plus anciens morceaux k plusieurs parties, 
expressement ecrits pour des instruments, sont 
des danses, mais il convient d'ajouter qu'elles 
ne portent pas trace de style instrumental. Le 
caractere de mobilite propre k ce dernier ne fit 
son apparition que dans le courant du xvi* s., 
dans le jeu en solo des instr. k clavier et du 
luth; lorsque ceux-ci imitaient un morceau vocal 
soutenn, ils cherchaient k compenser la s&che- 
resse de la sonorite par toute une serie d'or- 
nements, de « colorations ». Ge mode d*ex6cu- 
tion passa du clavier k Torgue et enfin, lorsque 
la cause premiere de sa formation fut oubliee, 
aux instr. a archet et k vent. La m, instrumen- 
tale moderne a une triple origine : a) le style 
d'orgue, b) le style de luth, c) la monodie ac- 
compagnee. Le style d'orgue evolua, comme 
nous l'avons indique plus haut, en imitant li- 
brement et en ornant les formes de la musique 
vocale, pour atteindre finalement son apogee 
dans les fugues d'orgue et de piano d'un J.-S. 
Bach. Le style de luth conduit d'autre part di- 
rectement au style leger de clavecin des maltres 
francais (Couperin, Kameau) et italiens (D. 
Scarlatti) qui, grkce a l'influence de J.-S, Bach 
et surtout de ses lils Friedemann, Gh.-Phil.- 
Emmanuel et Jean-Ghretien, finit par fusion-' 
ner entierement avec le style qui jusqu'aiors 
s'etaitdeveloppeAl'orgue.Les monodies accom- 
pagnees, tant au theatre (v. opera) qu'a reglise 
(concertos de Viadana) servent de modeles 
pour l'accorapagnement d'un instrument, qui 
execute la partie meiodique, ou de plusieurs 
instrument^ concertants, au moyen d'un ins- 
trument grave (et avec indication des harmo- 
nies, v. continuo): c'est ainsi que les sonates 
de violon a 8 et a 3 , dont le role est important 
dans I'histoire de la nj. instrumentale, firent 
leur premiere appari lion. Nous trouvons comme 
premieres formes de la m. instrumentale pure, 
dans la m. d'orgue et dans celle de clavier qui 
en derive, les intonations, ricercari, canzone, 
sonates, toccatas et fugues; dans la m. de luth 
et la m. francaise de clavecin, les airs de dan- 
ses qui se transforment graduellement en mor- 
ceaux caracleristiques et se groupent unfin 
dans la suite (sohate de chambre): dans la m. 
instrumentale monodique (m. de violon), l'air 
varie, etc., en sorte que la sonate d'eglise, au- 
trement dit notre sonate actuelle, se trouve 
alors deja toute preparee, en germes. La mu- 
sique d'orchestre, qui se bornait au debut a 
remplacer les quatre parties vocales par au- 
tant de parties instrumentales (introduction et 
ritournelle8 des premiers operas), mil naturel- 
lement a profit les progres que uous venons 
d'esqnisser dans les divers genres de muai- 



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MUSIQUE 



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que et adopla leurs r&sultats. La symphonie 
primitive se transforma de la sorte en sonate 
d'orchestre, non pas directement, il est vrai, 
mais en passant par le concerto fjrosso. Cf. so- 
nate, SYMPHONIE, SUITE, M. DE CHAMBRE. 

Une fois le principe moderne de la predomi- 
nance d'une meiodie, dans toule oeuvre £ plu- 
sieurs parties, bien dtabli (l'antiquite ne eon- 
naissait que la meiodie, le moyen Age une po- 
lyphonie sans meiodie principale), Involution 
de la m. instrumentale marcha A pas de geant. 
La valeur de l'accompagnement fut reconnue 
dans toute son importance et le rtfle de reveia- 
teur du contenu harmonique de la meiodie lui 
fut definitivement confix La puissance d'ex- 
pression de la m. instrumentale augmenta de 
la sorte, surtout A partir du moment ou Bee- 
thoven, avec le serieux et la profondeur qui 
sont un des traits caracteristiques de sa na- 
ture, s'occupa presque exclusivement de m. ins- 
trumentale et lui arracha des eflfets d'une 
grandeur inouie. D'autre part, l'union vieille 
de plus de deux eiecles et demi dej& de la m. 
instrumentale avec le drame chante (opera) a 
donne naissance d une musique « illustrative » 
d'une si extraordinaire precision, que les mai- 
tres modernes purent entreprendre la creation 
d'ceuvres inslrumentales pures metlant en jeu 
des caracteres determines, voire m£me des si- 
tuations, des phenomenes psychologiques ou 
physiques. Cf., au sujet de la justification de 
ce genre de composition, comme au sujet de 
l'importance de la m. instrumentale pure : m. 

PURE, M. DESCRIPTIVE, BSTHftTIQCE, etc. 

Musique pure (all. absolute Musik), c.-A-d. la 
m. en soi, sans aucun rapport avec d'autres 
arts, ni avec d'autre notion quelconque etran- 
g^re a son essence propre; mot d'ordre adopts 
de nos jours par un nomhreux parti de musi- 
oiens et d'amateurs de musique. La m. pure est 
directement oppos£e A la m. descriptive ou pro- 
grammatique, autrement dit a lam. qui doit 
exprimer une notion detcrminee. A en croire 
une minorite moderne A l'exces, toute m. qui 
n'exprime pas une idee poetique definie ne se- 
rait qu'une amusette vide de sens; inversement, 
des musiciens conservateurs A outrance refu- 
sent A la m. toute faculte de representer quel- 
que chose. II est bien certain que, lorsqu'elle 
passe au symbolisme, autrement dit lorsqu'elle 
desire provoquer des associations d'idees de- 
termines au moyen de certaines formules ou 
de l'imitation artistique de certains bruits, la m. 
sort de son domaine propre et empiete sur ce- 
lui de la poesie ou des arts plastiques. (Cf. Rie- 
mann, Wie htiren vnir Musik, 1888). En effet, 
le propre de la poesie est d'eveiller et d'enchal- 
ner des notions precises au moyen de formules 
conventionnelles (les mots), celni des arts plas- 
tiques d'imiter directement l'aspect exterieur 
des objets ; ils atteignent done tous deux le but 
supreme de Tart, qui est d'emouvoir 1'Ame, par 
des detours dont la m. n'a nul besoin. La m. a 
justement ceci de particulierement subjuguant 
qu'elle provoque remotion d'une facon directe, 
<ru'6tant elle-mftme libre epanchement de sen- 



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timent, elle se transforme de nouveau chez 
Texecutant comme chez l'auditeur, et sans le 
secours de l'entendemenl, en sentiment Cf. es- 

TnETIQUE. 

Musique descriptive (all. Programmmusik), 
m. qui, en tant que representation d'un phe- 
nomene psychique ou physique bien deter- 
mine, reclame de l'auditeur autre chose qu'un 
simple laisser-aller A l'impression produite par 
l'enchalnemen t sonore. L'auditeur cherche alors, 
par le contrile critique de l'audition, A etablir 
la connexite du programme et de l'oeuvre mu- 
sicale; e'est du moins ainsi, malheureusement, 
que les ceuvres de m. descriptive sont genera- 
lement appreciees, alors meme que le compo- 
siteur reclame tout autre chose et desire uni- 
quement eveiller l'imagination de l'auditeur 
dantf un sens plus precis que ne le peut la m. 
pure, privee de tout programme. Au sujet de la 
justification de la m. descriptive, v. if. pure et 
esthetique. L'idee d'imiter au moyen des sons 
eux-memes des ph6nomenes exterieurs, n'a 
rien de nouveau; cf. Jannequin, Gombert et 
Matthias Hermann. 

Musique de chambre (all. Kammermitsik), A 
l'origine synonyme de m. de Cour, c.-&-d. m. 
profane (la « chambre » est l'administration 
des residences princieres), par opposition A la 
m. d'eglise, mais employee aujourd'hni sur- 
tout par opposition A la m. d'orchestre et A 
la m. scenique. La denomination de « m. 
de chambre » date du debut du xvn* s., epo- 
que A laquelle la m. instrumentale proprement 
dite commencait seulement A se developper 
et se bornait A des airs de danse, des toc- 
catas, des ricercari, etc. ; elle s'appliquait 
par consequent surtout A la m. vocale et plus 
particulierement A la m. vocale accompa- 
gnee (cantate et duo de chambre) d'ou sont 
issues les formes modernes, A la suite de la 
transcription des parties vocales en parties 
instrumentales. Lorsqu'apparnrent les formes 
cycliques de la m. instrumentale (concerto de 
chambre, suite, symphonie [ouverture], sonate, 
etc.), on les designa aussi, comme du reste tout 
ce qui n'etait ni m. d'eglise, ni m. scenique, 
sous lenom collectifde m. de chambre. De nos 
jours, on n'entend plus, sous cette denomina- 
tion, que des cpuvres executees par un petit 
nombre d'instrnments solos : trios, quatuors, 
quintettes, etc. jusqu'iU'octette, au nonette, etc., 
pour instr. A archet ou instr. A vent ou encore 
pour d'autres combinaisons variees, avec ou 
sans piano ; sonates pour piano et un instr. A 
archet ou A vent; soli pour un instrument; ou 
enfin des melodies, duos, trios, etc. pour chant 
avec accompagnement d'un ou de quelques 
instruments, Le terme reellement oppose A m. 
de chambre est actuellement m. de concert 
(orchestrate et chorale). Le manque de pleni- 
tude delasonorite et de variete de l'instrumen- 
tation devant etre remplace, dans la m. de 
chambre, par des nuances plus deiicates et un 
travail plus detaille, il est absolument juste de 
parler d'un « style special de m. de chambre ». 
Le traitement t orchestral » d«*s parties inslru- 

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550 



MUSIQUB 



men tales, dans une ceuvre de cette categorie, 
est considere comme un reel delaut. Pour les 
diverges formes : cantate, sonate, concerto de 
chambre, etc. v. les mots cantate, sonate, con- 
certo, etc. Cf. Touvrage de L* Nohl, Die 
gesch ichtUche Enticickelung derKammermusik 
(1885, couronne), trail ant malheureusement 
d'une facon tres superficielle fhistoire de la 
m. de chambre ancienne, et celui de Wasie- 
lewski, Die Violine und ihre Meisler (3° 6d. 
1893) qui combie quelques lacunes du premier. 
Musique d'eglise (lat. musica ecdesiastica, 
sacra, divina ; ital. musica da chiesa ; all. Kir- 
chenmusik; angl. Church music, Cathedral 
music). La m. d'eglise est presque aussi an- 
cienne qne I'eglise elle-meme. La plus ancienne 
m. d'eglise 6tait exclusivement vocale, mais il 
semble qu'au debut du moyen Age deja les 
instruments furent adopted pour renforcer la 
voix ; ils en furent de nouveau ban n is, A l*ex- 
ception de Torgue, ainsi que nous l'apprend 
Fabb6 Englebert d'Admont (xni* s.). Dans le 
cours du xvi* s., le renforcement ou parfois 
meme la substitution des voix par des instru- 
ments devint de nouveau d'un usage courant ; 
enfin, l'adoption du « continuo » vers 1600 fut 
le premier pas vers la m. d'eglise accompa- 
gnee, proprement dite. La m. instrumentale 
pure fut, elle aussi, introduite dans l'6glise A la 
fin du xvi« s., d'abord sous la forme de jeu 
d'orgue solo, A Venise, par Merulo et les deux 
Gabrieli. Le chant liturgique de I'eglise catho- 
lique est tres ancien ; il est issu pour une part 
des anciens chants de la synagogue et il est 
possible que quelques melodies pai'ennes aient 
He simplement pourvues de lextes Chretiens. 
Le chant des antiennes se developpa dans 
l^glise byzantine et fut transplant^ en Italie 
par Saint-Ambroise (m. en 397); le chant du 
graduel a pris naissance en Italie ; quant au 
chant des hymnes, particulierement mis en hon- 
neur par St-Ambroise, il a ses racines dans 
le culte palen. Le pape GrSgoire le Grand 
(m. en 604) ou pluUtt, ainsi que Ta expose Ge- 
vaert (v. ce nom), Gregoire III (781 A 741) eta- 
blit le canon du chant liturgique pour toute 
I'eglise d'Occident; cet ensemble de melodies 
liturgiques s'est conserve jusqu*a nos jours, 
sous le nom de chant greoorikx, aussi intact 
qu'il fut possible avec une notation aussi de- 
fectueuse que letaient les neumes, seuls en 
usage j usque dans le courant du xn« s. Les 
melodies au moins semblent avoir ete assez 
fidelement conservees, tandis que l'ancien 
rythme a totalement disparu ; les jubilations 
enthousiastes du temps de St-Ambroise et 
d'Augustin out, petit A petit et jusqu'au xn« s. f 
dege"ne>6 en une sorte de psalmodie non rylh- 
mique qui seule est encore en usage de nos 
jours. II faut cependant noter le fort mouve- 
ment d'opinion qui se produit actuellement, en 
France surtout, en faveur du retour a l'an- 
cienne forme rythmee du chant gregorien. 
Celui-ci etait au debut toujours monophone (A 
une seule voix), ce ne fut qu'a la fin du ix« s. 
ou au debut du x° s. qull adopta une sorte de 



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polyphonic (organum) peu diff&rente du reste 
de 1 hoinophonie : le xn e s. enfin vit surgir le 
principe de la veritable polyphonie, le mouve- 
ment contraire (discanlus ; cf. aussi faux- 
bourdon), et des lors la faclure polyphonique 
se developpa, de plus en plus compliquee, mais 
toujours basee sur le choral gregorien (cantus 
firmus). 

Les noms des plus anciennes formes de 
compositions religieuses polyphoniques (jus- 
qu'au xrv* s.) sotit les suivants : organum, 
faux-bourdon, discantus, conduclus, copula, 
oclxetus, motetus, triplum, quadruplum, can- 
tilena ; les mattres les plus celebres de cette 
periode primitive : Leonin, Perotin, Robert de 
Sabillon, Pierre de la Croix, Jean de Garlande, 
les deux Francon, Philippe de Vitry (xrv e s.) f 
Jean de Muris, March etttis de Padoue, etc. 
Nous trouvons ainsi, deja. vers le milieu du 
xv e s., le contrepoint en pleine efflorescence 
(Dunstaple, Binchois, Dufay). Differentes for- 
mes, plus ou moins independantes du chant 
gregorien (motet, Messe, Magnificat), appa- 
raissent aloi*s dans les opuvres d'un tres grand 
nombre de musiciens qui caracterisent la 
grande periode de floraison d*un art tendant a 
disparaltre de plus en plus, apres avoir dege- 
n£re, il est vrai, A la suite d'un usage abusif de 
tous les artifices imaginables (Busnois, Oke- 
ghem, Hobrecht, Josquin de Pres, P. de la Rue, 
Brumel, Clemens non papa, Mouton, F£vin, 
Pipelare, de Orlo, Willaert, C. de Rore, Goudi- 
mel, Orlandus Lassus, Paul Hofheimer, Henri 
Isaak, Senfl, Hasler, Gallus, Morales). Tous 
ces maltres Scrivirent settlement a cappeUa, 
mais leur style est ca racier ise surtout par 
l'habile enchevetrement des voix et la sev6rit£ 
absolue des imitations. La parfaite simplicity 
du choral protestant, base sur la forme du 
lied populaire (A quatre voix) contrastait vio- 
lemment avec cette musique toute d f artifices : 
peut-etre est-ce \A la raison pour laquelle le 
concile de Trente resolut de bannir le style 
polyphonique de I'eglise, si Ton ne parvenait 
pas a trouver un style A la fois simple et bien 
approprie a la m. d'eglise. C'est ainsi que, par 
suite de circonstances exterieures, le € style 
palestrina • A la fois si grandiose et si simple 
fut cree par le compositeur auquel il emprunte 
son nom et cultive plus lard principalement 
par Nanini, Vitloria, les deux Anerio (cf . Rome). 
Les musiciens allemands, qui avaient eludi£ 
leur art en Italie (Schfitz, etc), transplanlerent 
dans leur patrie les formes de la m. d'eglise 
accompagnee (concerto d'eglise, cantate) em- 
pruntees au drame musical et a 1'oratorio appa- 
rus vers Tan 1600 ; on peut done attribuer aux 
Italiens une influence cerlaine, bien qu'indi- 
recte, sur le grandiose developpement de la 
m. d'eglise protestante, qui atteint son apogee 
dans les cantates et les « Passions » de J.-S. 
Bach. Tout ce qui, apres Bach, a ele ecrit de 
musique d'eglise porte l'empreinte de resprit 
moderne; l'usage des forces instrumentales 
devient de plus en plus brillant, la courbe m£- 
lodique s'amollit, revet un caractere sentimen- 

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MUT\ — MYSLIWECZEK 



551 



tal ou tbe&tral, Fharmonisation est plus raflft- 
nee, plus pittoresque, mais I'ensemble n'atteint 
que dans des cas exceptionnels la grandeur et 
la severe beaute de conception des ceuvres d*un 
Bach. Les repr6sentants les plus qualifies de 
ces tendances modernes dans la m. d'eglise 
sont : Mozart (Requiem), Beethoven (Missa $o- 
lemnis), Fr. Liszt et Fr. Kiel. Cf. la liste des 
principaux repr^sentants modernes de la m. 
d'eglise catholique, dans le catologue du « Cse- 
cilienverein * (Ratisbonne, 1870). 

Mubique scexique. La m. scenique, en tant 
que m. unie A la poesieet A la mimique (action) 
scenique, ne doit pas etre consid^ree au point 
de vue etroit de la forme puremeut musicale. 
La necessity esthetique de l'unite d'idte exige 
dans la structure de la m. pure (v. plus haut) la 
continuity de certaines subdivisions r6guli^res, 
le retour des themes, runite ou tout au moins 
la parents, la cohesion des tonalites (cf. formes). 
Cette contrainte n'existe pas pour la m. sc^ni- 
qne et Ton pourrail discuter la question de 
savoir si Wagner, que Ton a coutume de faire 
passer pour un antiformaliste, n'est pas pr£ci- 
s^ment alie trop loin en cherchant, dans ses 
derniers drames musicaux, A maintenir l'unite 
Ih^matique dans la m. scenique. Ces tendances 
resterent tout A fait etrangeres A Tancien opera 
qui lui, bien au conlraire, peche contre les lois 
de l'unite de l'ceuvre d'art : en effet, l'opera se 
subdivise en une s^rie de morceaux qui, bien 
que sondes les uns aux autres, forment chacun 
un tout A part (scene), une petite oeuvre d'art 
bien trop com pie le en soi pour pouvoir se re- 
sondre enti&rement en une unite d'ordre supe- 
rieur; souvent meme Taction draraatique se 
trouve enrayee par tout ce bagage musical. 
Cest pour cette raison que la reaction suscitee 
par Gluck, au si^cle dernier, et par Wagner, 
dans le ndtre, contre l'envahissement de 1 idee 
de l'ceuvre d'art dramatique par la musique, en 
soi belle et pleinement satisfaisante, doit etre 
consid^ree com me une n£cessit£ absolue et 
conforme aux exigences du style lui-m&me. 
La question se pose settlement de savoir si les 
« leitmotifs > de Wagner ne sont pas, eux 
aussi, un formalisme recusable; c'est \A ce 
que, seul, le d6veloppement ulterieur de l'art 
peut nous apprendre. Si un temperament 
moins genial, moins eminemment cr^ateur 
que ne le fut Wagner parvient A produire des 
ceuvres de m£rite concues dans les formes 
inaugnr6es par ce dernier, le jugement de 
Thistoire leur sera favorable; autrement, il 
fandra bien reconnaltre que c'est uniquement 
grice A la richesse de son imagination et A la 
maltrise de sa technique que Wagner parvint 
a 6viter les dangers d'un formalisme rigide. Le 
premier devoir de toute m. scenique est d'ac- 
centuer la cadence naturelle des mots, jusqu'au 
point ou elle se transforme en « chant », ce qui 
ne veut point dire que le r&sitatif soil la quin- 
tessence du chant scenique, mais bien au con- 
traire le degre le plus inf^rieur de ce chant ; 
l'exclusion de la meiodie proprement dite (su- 
preme degre de i'accentuation) serait un non- 



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sens. Quant aux raisons que Ton avance contre 
I'ensemble vocal dans le drame musical, elles 
reposent sur des theories qui sont loin d'etre 
encore bien assises. La t&che de la m. instru- 
mentale acconrpagnatrice, dans le drame lyri- 
que, consiste A cr£er et A maintenir en quelque 
sorte une « atmosphere », A relier le chant des 
diffe>ents person n ages, a commenter d'une 
facon explicite le sens de leurs paroles : elle 
compose A elle seule le veritable milieu dans 
lequel vit le personnage chantant, elle est in- 
dispensable A la continuity de l'illusion et au 
maintien de l'6tat de tension po£tique. La m. 
instrumentale operant la transformation de 
tout bruit, de tout mouvement en une forme 
musicale artistique, il est absolument naturel 
que le personnage en scene chante au lieu de 
parler. C'est pour cette raison que la declama- 
tion, accompagnee d'un commentaire musical, 
restera toujours une forme bAtarde; la simple 
recitation est un element bien trop sec et trop 
commun pour se laisser rehausser par la mu- 
sique, dont la puissance impressive, tout au 
contraire, se trouve de la sorte beaucoup affai- 
blie. Seules, par consequent, les scenes muettes 
du drame parie supportent d'etre accompa- 
gnees de musique. Le ballet est en definitive 
un genre artistique plus releve, parce que plus 
pur, que le melodrame. Le ballet-pantomime 
{ est une sorte de surencherissement de la mi- 
mique, comparable A celui de la parole par le 
chant. Quant A la m. descriptive, qui doit etre 
jugee en majeure partie au meme point de vue 
que la m. scenique, v. plus haut : h. pure et 

M. DESCRIPTIVE* 

Muta (lat change), indication habituelle, 
dans les parties et partitions d'orchestre alle- 
mandes, pour le changement d'accord des tim- 
bales, des cors, des trompettes, des clarinettes. 
Si, par ex. les timbales sont accordeen en F C 
(fa-ut) f les mots muta in G D ($ol-r6) indiquent 
que l'accord de la grande timbale doit etre 
change en sol et celui de la petite en re. Pour 
les cors et les trompettes naturels, on indique 
le moment ou l'instrumentiste doit adopter un 
nouveau ton de rechange par muta in 1) (re), 
etc. 

Mutation, Jkux de m., nom que Von donne. 
dans l'orgue, A certains jeux qui possedent 
pour chaque note plusieurs tuyaux de lon- 
gueurs difrerentes et resonnant simultanement 
ou qui, selon l'expression technique, portent 
plusieurs tuyaux « sur marche ». En plus du 
son fondamental, ces tuyaux font entendre un 
i certain nombre d'harmoniques, de telle sorte 
que les jeux de m., combines avec des jeux de 
fond, donnent A ces derniers un eclat et une 
vigueur remarquables. Les principaux jeux de 
m. sont le cornet, la nasard, la qutnte, la 

TIERCE, la QUARTE, la FOURNITURE, la CYM BALE, 

le plein-jeu; aucun d'eux ne s'emploie seul et 
ce n'est que combines avec des jeux de fond 
qu'ils produisent un effet artistique. Cf. les 
noms des differents jeux. 

Mysliweczek, Joseph (appeie en Italie It 
Boemo ou aussi Venatorini), compositeur bo- 

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552 



MYSTfeRES — NADERMANN 



h6me, n£ dans un village des environs de 
Prague le 9 mars 1737, m. A Rome le 4 f6vr. 
1781 ; fils d'un meunier, il 6tudia A Prague le 
contrepoint et l'orgue, sous la direction de 
Habermann et de Segert, et publia en 1760 six 
symphonies portant les noms des six premiers 
mois (Janvier a juin) de l'annee. Dans le but 
d'6tudier A fond la composition sc£nique, M. se 
rendit en 1763 A Venise, aupr&s de Pescetti, et 
ecrivit d6j& l'ann^e suivanle, pour Parme, un 
op6ra qui pint tellement que l'auteur recut la 
commande d'un nouvei ouvrage (BellerofarUe) 
pour Naples. Toute une s6rie d'opSras (une 
trentaine environ) suivirent alors A Naples, 
Rome, Milan, Boiogne, etc. ; cependant M. dut 
continuellement lutter contre la mis&re, car les 
honoraires qu'il recevait 6taient fort minces et 
il vivait d'une fagon tres large. II Ecrivit en 
1773, Erifite pour Munich ; mais il ne remporta 
aucun succ£s, et rentra en Italie, oh il est mort. 
On a encore grav£ de M. : douze qualuors 
pour instr. A archet (1780 et 1782) et six trios 
pour deux violons et violoncello. II a laissS en 
manuscrit des oratorios, d&s Messes et des 
concertos pour fl&te et pour violon. 

Myst6res (gr.), representation sc&iique d'e- 
v&nemenls bibliques. Au moyen Age dej&, les 
m. n'6taient point une raretk Les m. de la 



Passion (Passionspiele) remontent jusque dans 
le courant du vm* s., les m. de la Ste Vherge. 
(Marienschauspiele) jusque dans le courant du 
xu« 8. Ges m. furent organises d'abord par le 
clergS dans les dglises, mais plus tard aussi 
par des moines sur des tr&eaux 61evfe but 
les places publiques. L'usage de la musique 
| p£n£tra de bonne heure dans ces repr6senta- 
; tions, d'abord surtout sous la forme de musi- 
que vocale emprunt^e le plus souvent aux 
antiennes de l'6glise. Mais la musique instru- 
mental aussi ne tarda pas A entrer en jeii* 
toutes les fois que Taction semblait le r6clamer 
(trombones, orgue, etc.). Un genre special de 
m., dans lequel diverses conceptions abstraites 
6taient personnifi^es et entraient en sc&ne, 
apparut dans le courant da xnr* s.,sousle nom 
de morality G'est du m. qu'est issu Toratorio^ 
vers l'an 1600. Mentionnons seulement encore 
le fait que les Grecs organisaient d6j&, dans. 
leurs c6r£monies religieuses, des representa- 
tions dramatiques accompagnees de musique 
et auxquelles ils donnaient le nom de m. (qui 
passa plus tard aux drames bibliques du 
moyen Age) ; ils avaient du reste h£rit£ eux- 
mfcmes ce genre de spectacle des plus anciens 
peuples civilises (Egyptiens, Indous). 



N 



Naaff, Anton-E. August, n6 A Weitentrebe- 
litzsch (Boh&me allemande) le 28 nov. 18o0; 
po£te et 6crivain musical allemand, &ludia le 
droit, puis rddigea divers journaux A Prague, 
Teplitz, etc. En 1881, il prit la redaction de la 
Musikalische Welt, a Vienne, et dirige depuis 
1882 la publication de la Lyra. Les poesies de 
N. ont Ite souvent mises en musique par Abt, 
Speidel, Tschirch, etc. {Es rauscht ein stolzer 
Strom zum Mee)% Deutsche sind voir und wot- 
ten's bteiben). 

Nable (Nisbel), instrument A cordes des an- 
ciens Hebreux, analogue A l'arpanette (v. 
harps) si Ton en croit la tradition ; mais il est , 
fort probable que le n. 6tait identique A l'anti- i 
que nabla, sorte de luth des Egyptiens, (v. ce 
nom), 

Nachbaur, Franz, chanteur scenique, n6 au ! 
chateau de Giessen, pres Friedrichshafen, le 
25 mars 1885; suivil les cours du « Polytechni- 
cum de Stuttgart » ou il fut en m&me temps 
61&ve du chanteur Pischek. N. fut d'abord cho- 
riste A B&le, puis chanta sur diff&rcnts th&ttres 
(Lun6ville, Mannheim, Hanovre, Prague, 
Darmstadt, Vienne) et. fut engage, a partir de 
1866, A Munich. II se retira en 1890, apres 
avoir re$u le titre de chanteur de la chambre. 



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Nacbes, Tivadar (Th&odore Nachttz), vio- 
loniste, n£ a Budapest le l er mai 1859; H6\e de 
Sabatil, dans sa ville natale, puis de Joachim 
et de Leonard, vit A Londres d'oft il entre- 
prend des tourn^es de concerts. X. a un pen- 
chant trop exclusif peut-Mre pour la virtuosity 
pure, mais sa technique est absolument par* 
faite (il a compose lui-mdme des « Danses 
hongroises »). 

Nachschlag (all.), terminaison du trille. 

Nachspiei (all.), postlude. 

Nachians (all.), v. proportio 2. 

Nachtgall, v. Luscinius. 

Nachthorn (all.), jeu d'orgue, 83m. de pasto- 
rita. 

Nadaud, Gustave, n A a Boubaix (Nord) le 
29 fevr. 1820, m. A Paris en avr. 1893; po£te et 
compositeur de chansons humoristiques qui 
sont de v£ritables modules du genre (a aua^i 
6crit plusieurs opSrettes de salon). 

Nadermann, 1. Francois-Joseph, remarqua- 
ble harpiste et compositeur pour son instru- 
ment, ne A Paris en 1773, m. dans la m^me 
ville le 2 avr. 1835 ; elSve de Rrumpholz, devtnt 
en 1816, harpiste de la Chambre royale et, en 
1825, professeur de harpe au Conservatoire, en 
m&me temps qu'assocte de son frtre dans la 

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NjEGELI — NAPOLEON 



553 



fabrique de harpes que leur pere avait fondee. 
II a publie deux concertos pour harpe, deux 
tpiatuors pour deux harpes, violon et violon- 
cello, des trios pour trois harpes ainsi que 
pour une harpe et d'autres instruments, des 
duos pour harpe et piano, harpe et violon ou 
fltite, puis des sonates et des morceaux pour 
harpe seule et un manuel de Tart de preluder 
et moduler, sur la harpe et le piano. Son frere 
— 2. Henri, ne en 1780, fabricant de harpes, 
n'etait lui-meme qu'un mediocre harpiste, mais 
n'en fut pas moins adjoint A son frere tant A 
1'orchestre royal qu'au Conservatoire. II se re- 
tira, en 1835, du Conservatoire. Les harpes 
qu*il fabriquait etaient construites d'apres 
l'ancien modele (v. harpe), qu'il chercha en 
vain A maintenir en honneur, A cdte des harpes 
A double mouvement d'Erard (il a ecrit plu- 
sieurs brochures dirigees contre ces dernieres). 

Naageli, Hans-Gborg, n6 A Wetzikon, pres 
Zurich, le 16 mai 1773, A partir de 1792 proprtt- 
taire d'un commerce de musique dans la meme 
ville, m. le 26 dec. 1836; s'est acquis des meri- 
tes par la publication de bonnes editions d'an- 
ciennesceuvres instrumentales (Bach, Haendel), 
et du Repertoire des clavecinistes qui paraissait 
par livraisons. II a compost lui-meme des 
lieder, des choeurs et des morceaux de piano, 
fonde le « Schweizerbund Mr Musikkultur » 
qu'il presida, et publie une serie d'ecrits sur la 
musique : Gesangbtldtmgslehre nach Pestaloz- 
zischen Grundsdtzen (en collaboration avec 
M.-G. Pfeiffer, 1812); Christliches Gesangbuch 
(1828) ; Auszugder Gesangbtldtmgslehre (1818); 
Vorlesungen iiber Musik mit BerUcksicktigtmg 
der Dileltanten (1826) et MusihaXisches label- 
lenwerh fiir Volksschulen zur Bildung des 
Figuralgesangs (1828). N. publia une critique 
de « Ueber Reinheit der Tonkunst » de Thibaut, 
dans le « Tflbinger Litteraturblatt » ; une vive 
discussion s'engagea entre les deux ecrivains, 
A la suite de laquelle N. ecrivit encore : Der 
Streit ztoischen der alien und neuen Mmih 
(1827). Plusieurs biographies de N. ont paru : 
l'une anonyme A Zurich (1837), d'autres par 
Bierer (1844), Keller (1848; pour Inauguration 
du monument N., A Zurich) et P. Schnabeli 
(1873). 

Nagiller, Mathjcus, ne A Mflnsler (Tyrol) le 
24 oct. 1815, m. A Innsbruck le 8 juil. 1874; 
eleve de Preyer A Vienne, vecut A Paris, plus 
tard A Limbourg, Munich, Bozen, et en dernier 
lieu (1866) A Innsbruck en qualite de directeur 
de la « Societe de musique ». N. a compose 
beaucoup d'ceuvres orchestrates et chorales, 
executes avec succes, ainsi qu'un opera 
Herzog Friedrich von Tirol ; Munich, 1854). 

Nanino (Nanini), 1. Giovanni-Maria, compo- 
siteur de l'ecole romaine, ne A Tivoli vers 1545, 
m. A Rome le 11 mars 1607 ; eleve de Pales- 
trina, auquel il succeda, en 1571, comme maitre 
de chapelle de Ste-Marie-Majeure, fonda une 
ecole de composition dont sont sortis nombre 
d'excellents musicians (entre autres Allegri). En 
1575, N. echangea son poste de maitre de cha- 
pelle conlre un poste analogue, A l'eglise St- 



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Louis des Frangais, puis il devint en 1577, 
chantre de la Chapelle ponliflcale et en 1604, 
enfin, maitre de chapelle de la Chapelle Six- 
tine. 11 etait membre de 1' « Association des 
musiciens » reconnue par Gregoire XIII. N. est 
Fun des meilleurs representants du style dit 
« style Palestrina », lequel n'est nullement une 
creation personnelle de Palestrina, mais une 
transformation ducontrepointdes Neerlandais, 
degenere en simples artifices limitations, 
transformation qui s'annoncait dejA chez Jos- 
quin, dans le sens d'une plus grande clartS et 
d'une plus grande force depression des har- 
monies. On a conserve de N. les oeuvres sui- 
vantes : un livre de motets de trois A cinq voix 
(1586, en canons avec un « cantus firmus >), 
qualre livres de madrigaux A cinq voix(liv. i: 
2™ ed. 1579; livr. n : 1580 ; livr.m et iv: 1581) 
et un livre de « canzonette » A trois voix (2 m « 
ed. 1599). Qaelques psaumes A bait voix repro- 
duits dans les Salmi a 8 di diversi, de Cons- 
tanti (1614), passent pour ees meilleures ceu- 
vres; quelques motets et madrigaux ont en 
outre paru dans des anthologies de l'epoque. 
Cf. la monographie de Haberl sur N., dans le 
t Kirchenmusikalisches Jahrbuch » (1891 ; con- 
tenant, entre autres, des lamentations A quatre 
voix imprimees pour la premiere fois). Un ma- 
drigal A huit voix se trouve, manuscrit, A la 
Bibliotheque de Munich ; un chef-d'ceuvre : 
150 conlre points et canons (de deux A onze 
voix) sur un c cantus firmus » de C. Festa, et 
un Traltato di contrapimto sont restes manus- 
crits. Trois motets k trois voix et un A quatre 
voix, ainsi qu'un Miserere A quatre voix ont 
6te reproduits par Proske, dans la « Musica 
divina » ; on trouve enfin plusieurs autres oeu- 
vres de N. dans les anthologies de Rochlitz, 
Tucher, Luck et du prince de la Mosskwa. — 
2. Giovanni-Bernardino, neveu du precedent, 
ne A Vallerano vers 1560 (?), m. A Rome en 
1624; maitre A l'Ecole de musique de son 
oncle, devint en 1677 maitre de chapelle de St- 
Louis des Francais et plus tard de San Lo- 
renzo de Damaso. II a publie : trois recueils de 
madrigaux A cinq voix (1598, 1599, 1612), quatre 
recueils de motels de une A cinq voix, avec basse 
chiffree pour orgue (il ne dedaignait done pas 
les innovations d'un Viadana ; 1608, 1611, 
1612. 1618), des psaumes de quatre A huit voix 
(1620) et un Venite exultemus A trois voix avec 
orgue (1620). Quelques autres compositions 
sont restees manuscrites. Quatre psaumes a 
quatre voix ont ete reproduits par Proske, 
dans la < Musica divina ». 

Napoleon, Arthur, pianiste, ne A Oporto le 
6 mars 1848 ; ills d'un mattre de musique d'ori- 
gine italienne, fit grande sensation comme 
enfant prodige ( en 1852, A la Cour de Lisbonne 
et en Angleterre ; en 1854 a Berlin). 11 travailla 
encore aupres de Halle, A Manchester, puis 
parcourut tout le continent, ainsi que les deux 
Ameriques ; mais il abandonna tout A coup la 
glorieuse carriere de virtuose de concert et 
fonda, en 1868, un commerce de musique et 
d'instruments, a Rio-de-Janeiro. II a cepen- 

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554 



NAPOUTAIXE 



NASAHD 



dant publie en suite quelques oeuvres pour 
piano et pour orchestre, et rempli des fonc- 
tions de directeur de musique. 

Napolitaine, 1. Ecole n., nom que Ton 
donne a l'ensemble des musiciens qui, A Na- 
ples, a partir d'Alessandro Scarlatti et se suc- 
cedant de maitre A e*leve, s'adonnerent plus 
particulierement A la composition sc6nique; 
recherchant avant tout la beaute de la m&odie, 
ces musiciens imprimerent A Fope>a un carac- 
tere totalement different du stito rappresenta- 
tivo des maltres florentins. Naples devint ainsi 
le berceau de l f ope>a dit italien, au sens res- 
traint du mot, de Fopera dans lequel le chant 
est tout, tandis que ^instrumentation et 1*616- 
ment dramatique sont restreints au minimum 
possible. Gluck fut par consequent oblige^ de 
remonter jusqu'aux Florentins, pour trouver 
une base A ses re formes. Les principaux repre- 
sentants de 1'ecole n. sont : Al. Scarlatti, Du- 
rante, Leo, . Feo, Greco, Porpora, Pergolese, 
Logroscino, Vinci, Jomelli, Teradellas, Piccini, 
Sacchini, Traetta, PaeBiello, etc. — 2. Sixte n., 
terme employ^ depuis longtemps en Angle- 
terre, pour designer la sixte mineure de la 
sous-dominante, en mineur; ex., en la min. : 
L/intcrpretation la plus simple 
de cette sixte, lorsqu'elle est 
rg I basee sur la sous-dominante 

(ri), consiste A la considerer comme retard 
supe>ieur de sensible (si b devant la) ; mais la 
resolution du retard est souvent diflferee par 
Intercalation de la tierce diminuee descen- 
dante ou de la note naturelle suivant immedia- 
tement la note alteree. L'introduction de Tac- 
cord de la sixte n. dans l'harmonie tonale 
donne lieu A un grand nombre d'enchaine- 
ments harmoniques audacieux, tels que, par 
ex., la marche de triton (si &+- mi ) : 





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Naprawnik, Edouard, compositeur bobeme, 
n6 A Bejst, pres Kcpniggr&tz, le 24 aout 1839 ; 
frequenta, de 1853 A 1854, TEcole d'organistes 
de Prague, puis enseigna, de 1856 a 1861, A 
l'lnstitut de musique Maydl, A Prague. II devint 
ensuile directeur de la chapelle privee du 
prince Youssoupow, a St-Petersbourg, puis 
second et, en 1869, premier chef d'orchestre de 
l'Opera russe. II a dirig6 en outre, depuis la 
retraite de Balakirew jusqu'en 1882, les con- 
certs symphoniques de la « Societe de musi- 
que ». N. peut avec raison 6tre compt£ au nom- 
bre des compositeurs russes, du moins les 
sujets et les textes de ses oeuvres sont-ils en 
parti e russes, ainsi Top£ra : Les habitants de 
Nifny-Novogorod (1869), le poeme symphoni- 
que : Le Dimon (d'apres le poeme de Lermon- 
tow, qui ' sert aussi de base aux operas de 
A. Rubinstein, du baron v. Vietinghoff-Scheel 
el de G. Blaramberg). En plus des opuvres dej& 
citees, on connait de N. : des morceaux pour 



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piano, de la musique de chambre (trio, qua- 
luors), des romances bohemes et russes, une 
fantaisie pour piano et orchestre (op. 39), deft 
ouvertures, deux operas : La Tempete et Ha- 
rold (1886). 

Nardini, Pietro, celebre violoniste, ui A Fibia- 
na, en Toscane, en 1722, m. a Florence le 7 mai 
1793 ; eleve de Tartini, A Padoue, fut de 1753 a 
1767, violon solo de la chapelle de la Cour a Stutt- 
gart, v6cut ensuile quelque temps a Padoue, au- 
presde son vieux maitre Tartini, puis en 1770, a 
la mort de ce dernier, fut nomme maitre de cha- 
pelle de la Cour, A Florence. Leopold Mozart 
estimait beaucoup N., dont le jeu se distin- 
guait morns par la perfection de v la virtuosity 
que par la puret£ et la beaute du son. Ses ceu- 
vres publiees consistent en : six concertos pour 
violon, six sonates pour violon avec basse, six 
trios de flutes, six soli de violon, six quatnors 
pour instr. a archet, six duos de violons. A lard 
(Les maUres classiques, etc.) et David (Hohe 
Schtde des Violinspiels) ont publie de nouveau 
chacun une sonate de N. 

Hares, Jambs, compositeur anglais, ne a 
Stanwell (Middlesex) en avr. 1715, m. a Lon- 
dres le 10 tevr. 1783; enfant de chceur A « Cha- 
pel Royal », sous la direction de Gates, et plus 
tard eleve de Pepusch, fut d'abord deuxieme 
organiste de la chapelle St-George A Windsor, 
puis devint, en 1734, organiste de la cathedrale 
d'York (Yorkminster), en 1756 organiste et 
compositeur de « Chapel Royal > (successeur 
de Greene) et Docteur en musique (Cambridge), 
en 1757 maitre de chant des enfants de « Cha- 
pel Royal », et prit enfln sa retraite, en 1780. X» 
a publie : plusieurs recueils de morceaux ins* 
tructifs pour piano (Harpsichord lessons), une 
methode de piano et d'orgue (// jirincipiOy or 
a regular introduction to playing on the)iari>- 
sichord or organ), deux methodes de chant 
(Treatise on singing), six fugues pourorgue. 
une collection de « catches », de canons et de 
« glees », vingt anthems, un service du matin 
et un service du soir, accompagnes de six 
anthems, et une ode dramatique : The royal 
pastoral. On trouve d'autres oeuvres dans 
diverses anthologies (« Cathedral music • d* Ar- 
nold, « Harmonia sacra » de Page et « Sacred 
music » de Stevens). 

Naret-Koning, Johann - Jos. - David, violo- 
niste, n£ A Amsterdam, le 25 fevr. 1838 ; Sieve, 
pour le violon, de F.-B. Bunten (Amsterdam) et 
de Ferd. Pavid (Leipzig), fut, de 1859 A 1870, 
concertmeister A Mannheim et dirigea en 
meme temps, et jusqu'en 1878, la * Societe de 
musique » de cette ville et le « Sangerbund ». 
II est devenu depuis lors premier concertmeis- 
ter au The&tre municipal de Francfort s/M. 
(et membre du quatuorHeermann). N. a publie 
des lieder, etc. 

Nasard(all. Nasat; esp. nasardo), designa- 
tion habituelle, dans Torgue, d'un jeu de muta- 
tion simple (quinte, 2 */ 3 pieds) s'appliqnant & 
une montre de 8 pieds. Le oros kasabd esl un 
jeu de quinte 5 V3 ou 10*/ 3 (all. Grossnasat ; A 
Salzwedel et a TSglise Ste-Marie de Berlin) : le 

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NAS0L1NI — NAUENBURG 



OOi) 



PETIT NASARD OU LARIGOT (esp. OCtOVa (JU tUl- 

sardo), un jeu de quinte 1 l / 3 . 

Nasolini, Serastiaxo, compositeur d'op£ras, 
n£ k Plaisance en 1768, m. probablement pas 
avant 1816, ann£e pendant laquelle sop dernier 
opera fut donne pour la premiere fois (trente- 
trois operas, k partir de 1788, pour les scenes 
de Trieste, Panne, Milan, Venise, Londres, 
Florence, etc.). 

Natale, Pompeo, compositeur de T6cole ro- 
maine, cbanlre de la chapelle de Sainle-Marie- 
Majeure, k Home, fut entre autres le maitre de 
Pitoni ; il a public : MadrigaU e canzoni spiri- 
tuali a 2, 3 e 4 voci col basso per Vorgano 
(1662). 

Nathan, Isaac, musicographe et compositeur, 
ne k Cantorbery en 1792, m. k Sydney le 15 
janv. 1864 (6cras6 par un tramway) ; a public : 
Essay on the history and theory of music, Es- 
say on the qualities, capabilities and manage- 
ment of the human voice et The life of Madam 
Malibran de B&riot (1836). En outre, N. a com- 
pose, pour la comedie Sweet hearts and wives, 
quelques airs qui sont devenus pop ui aires, un 
op&ra-comique : The Alcaid (1824) et une op£- 
rette : The illustrious stranger (1827). II s'est 
produit dans sa jeunesse, comme chanteur 
sc£nique, k Coventgarden. 

Natorp, Bbrnhard-Chrtstjan-Ludwig, peda- 
gogue renomm&, n£ a Werden s/Buhr le 12 
nov. 1774, m. 4 Miinster le 8 fevr. 1846; <Hudia 
la theologie et la p6dagogie A Halle s/S., devint 
instituteur k £lberfeld,en 1798 pasteurA Essen, 
en 1808 conseiller consistorial k Potsdam, et en 
1819 superintendant general k Mtinster. En 
plus d'un grand nombre d'6crits n'ayant pas 
trait k la musique, N. a publie : Anleitung zur 
Unterweisung im Singen fur Lehrer an Volks- 
schulen (1813 et 1820, deux cours ; tous deux 
plusieurs fois re£dit£sj et LelirbUchlein der 
Singktmst (pour ecoles populaires, 1816 et 1820, 
deux cours plusieurs fois r££dit£s), deux ou- 
trages proposant l'adoption de la notation en 
chifTres (v. chipfrb); puis : Ueber den Gesang 
in der Kirche der I*rotestanten (1817); Ueber 
den Zweck, die Einrichtung und den Qebrauch 
des Melodienbuchs fUr den Gemeindegesang 
in den evangelischen Kirclien (1822) et peu 
apr£s le Melodienbuch, etc. lui m A me (1822), 
suivi plus tard d'une Edition k quatre parties 
des melodies, sous le litre: Choralbuch fur 
evangeliscfie Kirchen (1829, avec des interludes 
deK.-H.Bink); et enftn Ueber Rinks Prcelu- 
dien (1834). 

Natural, se dit : 1° d f un son emprunt£ k 1*6- 
chelle fondamentale, d'un son non altere ; 2° 
d'un son qui, dans les instr. k vent, est produit 
sans aucune intervention de l'allongement ou 
du raccourcissement du tube sonore ; 3° d'un 
cor, d'une trompette non pourvus de pistons. 

Nau, Maria-Dolorbs-Bbnedigta-J osepfhna, 
cantatrice en vogue, n6e k New- York le 18 
mare 1818, de parents espagnols ; £16ve du (Con- 
servatoire de Paris (M™ Damoreau), debuta 
en 1836 comme page dans les < Huguenots » k 
TOpfrra de Paris, mais ne fut employee que 



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dans les petits r61es et, k Texpiration de son 
contrat, en 1842, ne fut pas r£engagee. EUe 
chanta alors avec un succes toujours croissant 
sur les scenes de province, k Bruxelles et a 
Londres et fut enfin r^engagee, en 1845, k l'O- 
p6ra de Paris, qvec un traitement 6leve. En 
1848, elle alia k Londres et en Amerique, mais 
rentra encore k l'Opera, de 1851 k 1853; enfin 
elle retouma en Am£rique et se retira de la 
sc£ne en 1856. 

Naubert, Frirdricm- August, n£ a. Scbkeu- 
ditz (Saxe) le 23 mars 1839, m. k Neubranden- 
bourg le 26 aotit 1897; 616 ve du Conservatoire 
Stern k Berlin, compositeur renommd de lieder 
(ainsi que de grandes oeuvres chorales) fut 
organiste et mattre de chant au gymnase de 
Neubrandenbourg. 

Naudin, Emilio, chanteur scenique (tSnor), 
n6 k Parme le 23 oct. 1823, mais d'origine fran- 
caise, etudia d'abord la m&decine, puis bientdt 
le chant, k Milan sous la direction de Panizza. 
II d£buta k Cr£mone; chanta ensuite sur un grand 
nombre de scenes italiennes, se fit entendre, en 
representations, dans tous les theatres d'Eu- 
rope et fut engage en 1862, an Th£&tre ilalien 
de Paris. 11 crea, k la premiere representation 
de T « Africaine » de Meyerbeer (1865), le rAle 
de Vasco de Gama (selon le voeu exprim£ par 
l'auteur, dans son testament); mais il quitta 
bientdt apr£s l'Op6ra, pour rentrer au Tb£fttre 
ilalien. 

Naue, Johann-Frirdrich, n6 a Halle s/S. le 
17 nov. 1787, m. dans la mfcme ville le 19 mai 
1858;el£ve de Tdrk, fut nomme, en 1813, di- 
recteur de musique de l'Universite et organiste 
dans sa ville natale, et prit en 1835 le grade de 
D* pht'L (Iena). Fits d'un riche industriel, il sa- 
crifia toute sa fortune k la formation d'une pr£- 
cieuse biblioth&que musicale et k l'organisation 
de grands festivals de musique k Halle, en 
1829 et en 1835, (Spontini dirigea le premier) ; sa 
situation devenue tr&s pr^caire ne fut que mo- 
mentanfrnent am&ioree par l'acbat que fit la 
Biblioth&que royale de Berlin d'une partie de 
sa bibliotheque, et il mourut dans un d£nue- 
ment complet. Les travaux les plus remarqua- 
bles de N. sont un nou veau rituel : Versuch einer 
musihaliychen Agmde (1818; rituel agr§£ et in- 
troduit par Fr6d6ric-Guillaume III), ainsi qu'un 
Allgemeines etangelisches Choralbudi^ mit 
Melodien, grossenteils aus den Urquellen be- 
richtigt, mit vierstimmigen Harmonien (1829, 
avec une introduction historique); il a com- 
post, en outre, un certain nombre de motets, 
d'hymnes, de r&pons, une marche triomphale 
pour chumr et musique d'harmonie, des mor- 
ceaux de piano, etc. 

Nauenburg, Gustav, ne k Halle s/S. le 20 
mai 1803, £tudia la theologie, mais devint plus 
tard chanteur de concerts (bary ton) et maitre de 
chant, apr&s avoir travaill£ en dernier lieu, 
sous la direction de Bernhard Klein, aprta la 
mort duquel (1832) il rentra a Halle. Lowe a 
6crit plusieurs ceuvres pour N. Les Tcegliche 
Gesangstudien et les Tcegliche Koloraturstu- 
dien de N. sont encore employees avec fruits, 

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556 



NAUMANN 



dans l'enseignement du chant, en Allemagne. 
Mais N. a aussi 6crit passablement sur la ma- 
sique et, outre de nombreux et interessants ar- 
ticles pour T < Allgemeine Musikalische Zei- 
tung » (1826-1844) de Leipzig, pour la € Gaeci- 
lia » (1830-1835) et pour la « JBerliner Musikzei- 
tung • (1832), il a publie : Idem zu einer 
Reform der christlicfien Kirchenmusih (1845). 
Naumann, 1. Johann-Gottlieb, f6cond com- 
positeur, n6 A Blasewitz, pr£s Dresde, le 17 avr. 
1741, m. A Dresde le 2 oct. 1801; fr^quenta 1*E- 
cole de la Croix a Dresde, mais elait, A part les 
lemons de chant qu'il avail recues dans cette 
6cole, absolument autodidacte pour la musique, 
lorsqu'un riche musicien su£dois, Weestrom, 
l'entendit jouer des sonates de Bach et lui pro- 
posa de l'accompagner dans un voyage d'6tu- 
des en Italie. A la fin de mai 1757, ils partirent 
d'abord pour Hambourg, ou ils resterent dix 
mois, apres quoi ils se rendirent en Italie; 
mais se trouvant trop mal traile, N. se s&para 
de Weestrom A Padoue et se dirigea, en 1761, 
avec le violoniste Pitscher, sur Naples en pas- 
sant par Rome, ou il revint Fann&e suivante a 
Piques. Une lettre de recommandation du P. 
Martini lui facilita l'acces d'un theatre de Ve- 
nise; apr6s avoir debute avec bonheurcomme 
compositeur d'operas, au theatre « San Sa- 
muele » de cette vilie, il fut nommS, en 1764, 
compositeur de musique d'eglise de la Gour 
electorate de Saxe (il avait adresse auparavant 
a la princesse-veuve Maria-Antonia de Saxe 
une de ses compositions religieuses), avec un 
traitement de 240 thaler. II avanra au bout 
d'une ann£e d6j& au rang de compositeur de la 
Chambre et regut un cong£, largement octroy^, 
pour un voyage en Italie^ en vue de la conti- 
nuation de ses etudes de composition scenique ; 
il fut absent de 1765 A oct. 1768. N. a 6crit pour 
Palermo (1767) Achilla in Sciro, pour Venise 
Alessandro nelle Indie, pour Dresde La cle- 
menza di Tito (1769), 11 villano geloso, Uipo- 
condriaco, puis, en 1772, de nouveau pour Ve- 
nise Solimanno, Le nozze disturbale, Lisola 
disabitata, L' Ipermnestra, et pour Padoue Ar- 
mide. II fut alors nomm£ maltre de chapelle 
(1776) avec un traitement de 1200 thaler, puis 
premier maitre de chapelle (1786) ^ec 2000 
thaler. Entre temps, N. fut appel6 a Stock- 
holm, en 1777, pour y reconstituer Torchestre 
(il y donna TopSra Amphion), et y retourna 
une fois en 1780 (operas : Cora [reprise en 
1882] et Oustav Wasa ; en 1785 remaniement 
de son Orpheus, A Gopenhague). N. a 6crit en 
tout vingt-trois operas (le derriier fut Act e Ga- 
latea, Dresde, 1801),. un ballet Medea (Berlin, 
1789), dix oratorios (Davidde in Terebinto, 1 
Pellegrini), une quantity de psaumes et dix Mes- 
ses, le Valer unser de Klopstock (son chef- 
d'oeuvre), un Tedeum, beaucoup de morceaux 
de musique d'6glise de moindres dimensions, 
dix-huit symphonies, des sonates pour piano, 
pour harmonica, et pour violon, des trios, des 
duos de violon, des lieder, des chants pour les 
loges franc-maconniqnes et une 616gie : Klop- 
stocks Grab. Mais une petite partie seulement 



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de ses u»uvres a paru: les oeuvres vocales ont 
6t6 publi&es en une nouvelle Edition complete, 
chez Breitkopf et Hsertel. On trouvera des de- 
tails sur N. dans l'ouvrage de Meissner : Bruch- 
stuche aus Naumarvns Lebensgeschichte (1808 
el 1804; 2 vol.), ainsi que dans les biographies de 
N. par G.-H. von Schubert (1844) et Emile Nau- 
mann (dans la * Allgemeine Deutsche Biogra- 
phie »); un catalogue de ses oeuvres a et6 pu- 
blic par Mannstein. — 2. Emu., musicographe 
et compositeur, n£ A Berlin le 8 sept 1827, m. a 
Dresde le 23 juin 1888; petit-fils du pr£c£dent, 
fils d'un professeur de m6decine(Moritz-Ernst- 
Adolf N., appel6 en 1828 A Bonn), recut dans 
cette derntere ville sa premiere education da 
* vieux * Hies (le p&re de Ferd. Hies) et de 
M m « Malthieu, continua ses etudes A Franc- 
fort, sous la direction de Scbnyder von War- 
tensee, devint, en 1842, 61&ve particulier de 
Mendelssohn, puis de 1843 A 1844, du Conser- 
vatoire de Leipzig qui venait de s'ouvrir. II 
v6cut ensuite A Bonn ou, tout en suivant des 
cours a TUniversite, il s'occupa de composition 
et de travaux litteraires. II se fit d'abord con- 
naitre par quelques grandes oeuvres (un opera 
Judith, Dresde, 1858; un oratorio Christus, der 
Friedensbote, execute A Dresde en 1848; une 
cantate Die Zersttirung JerusaXems, etc.); l'ou- 
verture d'un op£ra, Lorelei, fut grav^e, ainsi 
qu'une sonate pour piano et des lieder. N. pu- 
blia en 1856 son premier Scrit : Die Einftiir 
rung des Psalmengesangs in die evangelische 
Kirche f qui lui valut le poste de directeur de 
musique d'Sglise de la Cour royale, A Berlin : il 
6crivit alors pour le choeur du Dome des psau- 
mes et des motets et publia : Psalmen auf alle 
Sonn- und Feiertage des evangelisdien Kir- 
chenjahrs, formant les vol. VIII a X de la « Mu- 
sica sacra » (v. Gommer). Le grade de D^phiL lui 
fut accords plus tard pour sa dissertation : Das 
Alter des liaimengesangs, et le Hire de profes- 
seur, apr£s la publication de : Die Tonkunst in 
der Kulturgeschichte ( 1869-1870). G'est avec eet 
ouvrage que X. est entr£ dans le domaine de 
Fhistoire esth&ique de la musique, domaine dans 
lequel il a circonscrit d&s lore son activite : 
Deutsche Tondichter von Sebastian Bach bis 
auf die Gegenwart (1871, plusieursfois reedite); 
ltalienische Tondichter von Palestrina bis auf 
die Gegenwart (1876), lUustrierte Musikge- 
schichle (1880-1885); ces ouvrages ne contien- 
nent pas les r&sultats de recherches personnel- 
les, mais simplement de la compilation d'autres 
ouvrages, ils sont r&dig&s dans un style bril- 
lant et destines A un cercle 6tendu de lecteurs 
allemands. II faut noter encore parmi les pu- 
blications de N. : Nachkldnge; Gedenkblaiter 
aus dem Musik-, Kunst- wnd Geistesleben un- 
serer Tage (1862); Deutschlands musikalische 
Heroen und ihre Ruckic'trkung auf die Sor 
tion (1873); Musikdrama oder Oper (1876, an- 
tiwagn^rien); Zukunftsmusik und die Musik 
der Zukunfl (1877); Ueber em bisher unbe- 
kanntes Gesetz im Aufbau klassischer Fur 
genthemen (1878; Tun des Merits les plus ca- 
rieux de Naumann); Der moderne musika- 

UNIVERSITY0F MICHIGAN 



NAWRATIL — NEERLANDAIS 



557 



tische Z6pf(188Q) et quelques autres brochures 
sans grande portee. N. transf^ra son domicile, 
en 187;*, A Dresde, oil il a donne phis lard, au 
Conservatoire, des conferences sur l'histoire de 
la musique. Son opera, Loreley, ne fut repre- 
sente qu'apres sa mort (1889). — 3. Karl- 
Ernst, aussi un petit-fils de J.-G. Naumann, 
tils da conseiller priv6 des mines et professeur 
de min£ralogie K.-F. N., ne A Freiberg (Saxe), 
le 15 aottt 1833; snivit, a Leipzig, les cours du 
gymnase St-Nicolas et de VUniversite, tout en 
prenant des lemons particulieres de musique 
avec Hauptmann, Richler, Wenzel et Langer, A 
Leipzig, et Joh. Schneider A Dresde En 1858, il 
obtint a Leipzig le grade de D* phii, avec une 
dissertation : Ueber die verschiedenen Bestirn- 
mungen der Tonverhditnisse und die Bedeu- 
lung des pythagoreischen oder reinen Quin- 
tensystems fiir unsere Musik. Deux ans plus 
tard, il fut nomme directeur de musique de 
rUnJvereite dT6na et organiste de la ville; il 
dirigea, en outre, les « Concerts academiques » 
et a recu en 1877, le litre de t professeur ». N. 
a publie quelques centres de musique de cham- 
bre habilement ecriles : une sonate pour alto 
(op. 1), un quatuor (op. 9) et deux quintettes 
<op. 6 et 13) pour instr. a archet, un trio pour 
piano, violon et alto (op. 7) et une serenade 
pour quintette d'instr. a archet, fltite, hautbois, 
basson et cor. 

Nawratil, Karl, ne a Vienne le 7 oct. 1836, 
D* jttr., d'ahord employe au palais de justice, 
puis secretaire de la direction generate des che- 
mins de fer d'Etat autrichiens ; il fut d£s sa 
jeunesse grand amateur de musique, et prit 
plus lard, sur le conseil de Brahms des lemons 
de contrepoint de Nottebohra. II a public un 
certain nombre d'ceuvres de musique de cham- 
bre fort agr^ables (trios, quintettes avec piano, 
qaatuors pour instr. A archet), une ouverture 
de concert, le psaume xxx pour soli, chcpur et 
orchestre, des morceaux pour piano et des lie- 
der; d'autres oeuvres plus considerables (Mes- 
ses) sont resides manuscrites. Le D r N. est tres 
apprecie comme pedagogue (M m « Essipoff, 
Schfltt, Riickauf sont ses 6ieves). 

Naylor, John, excellent organiste anglais, n6 
a Stanningley, pres Leeds, le 8 juin 1838; el6ve 
pour le piano de R.-S. Burton, A Leeds, et pour 
le reste autodidacte, devint en 1856 organiste 
A Scarborough, en 1863 bachelier et en 1872 
D* mus. t A Oxford. II est depuis 1883 organiste 
de Yorkminster; il a compost des anthems, des 
services, ainsi que plusieurs cantates (Jere- 
mias, 1884; Die ehenrne Schlange, 1887) avec 
orgue. 

Neeb, Heinrich, ne a Lich, dans la Haute- 
llesse, en 1807, m. a Francfort s/M. le 18 janv. 
1878; suivit les classes du seminaire d'institu- 
teurs de Friedberg, oh il fut eieve de Peter 
Milller. II arriva en 1881 & Francfort s/M., oil 
Aloys Schmitt eut une excelleute influence sur 
son Education musicale, et re use it bientdt A ob- 
tenir dans cette ville une place consid6r£e 
comme maltre de musique. II dirigeait en outre 
les societes de chant « Germania >, « Neebs 



Quartett », < Teutonia » (qui subsiste encore) 
et t Neebscher M&nnerchor ». Comme compo- 
siteur, N. s'est fait avantageusement conn a tire 
en Allemagne par des ballades : Die Zobeljagd. 
Andreas Hofer, Der tote Soldat, Der sterbende 
lYompeler, Der Fliichtling, Die deutsche Mut- 
ter, etc., puis par une cantate : Das deutsche 
Lied und sein Sanger. II n'eut pas autant de 
bonheur avec ses operas: trois d'entre eux: 
Domenico Baldi f Der Cid, et Die schwarzen 
Jager n'eurent que peu de representations et 
le dernier : Rudolf von Babsburg, ne parvint 
pas mdme a la scene. Des quatuors pour instr. 
A archet, des morceaux pour piano et un grand 
nombre de lieder et de ballades sont resits ma- 
nuscrits. 

Neefe, Christian-Gottlob, compositeur, n£ 
A Chemnitz le 5 ttvr. 1748, m. A Dessau le 26 
janv. 1798; etudia a Leipzig le droit en m&me 
temps que la musique, sous la direction d'A. 
Hiller, fit nieme son examen d'Etat, mais se 
voua finalement A la musique; il dirigea d'a- 
bord (1776-1777) A Leipzig et A Dresde, ainsi 
que dans ses tournees dans les provinces rhe- 
nanes, les representations d'op^ra de la societe 
thMtrale Seiler, et, lorsque celle-ci fut dissoute 
(1779), celles de la society Grossmann-Hell- 
muth, a Bonn. N. fut d&finitivement attache a 
la ville de Bonn par sa nomination au poste 
de second organiste de la Cour electorate, puis 
de directeur de musique de la Cour, apr^s la 
mort de van der Eeden (1782). II succ6da aussi 
A van der Eeden, comme maitre de Beethoven. 
Lorsqu'en 1784, le prince eiecteur Max-Frede- 
ric mourut, le the&tre fut dissous et le traite- 
ment de N. diminue; en 1788 il est vrai, s'ou- 
vrit un Theatre de la Cour, mais la guerre avec 
la France, en 1794, occasionna au bout de peu 
de temps sa fermeture definitive et N. se trouva 
dans une situation precaire. Ce ne fut qu'en 
1796 qu'il trouva de nouveau un poste de chef 
d'orchestre d'opera, A Dessau. II a ecrit pour 
Leipzig et Bonn huit pieces de theatre (vaude- 
villes et operas), puis un Pater noster f une ode 
de Klopstock : Dem Unendlichen (A quatre 
voix, avec orchestre), un double concerto pour 
piano et violon avec orchestre, des sonates 
pour piano, des variations, des fantaisies, des 
lieder et des chants pour voix d'enfants ; il a 
transcrit, en outre, pour piano, plusieurs ope- 
ras de Gretry, de Paesiello, etc., et donne quel- 
ques articles a des journaux musicaux. 

Neerlandais (Ecole n&f.rlandaise), nom col- 
lectif de l'iraposante serie de maitres contra- 
pontistes qui, originaires des con trees arro- 
sees par la Meuse et TEscaut, creerent pres- 
que ou exercerent en tous cas les premiers, 
avec la perfection technique necessaire, un art 
dont la merveilleuse efflorescence nous plonge 
aujourd'hui encore dans la mftme admiration 
et le mftme etonnement que les cathedrales 
gothiques du moyen &ge. De meme que Tltalie, 
de 1600 A 1700, et plus tard d'autres pays de 
TEurope cenlrale et septentrionale, ce furent 
les Pays-Bas qui, de 1450 A 1600, attirerent les 
regards du monde musical tout entier et lui 



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558 



NEHRLICH — NEITZEL 



fournirent non seulement les cpuvres de mat- 
tres, mais les mattres eux-m&mes (en taut que 
maltres de chapelle, etc.). Ce furent les N. qui 
prenanl a ses debuts assez maladroits encore 
l'art de polyphonic (cf. cependant Dunstable) 
le porl&rent ju'squ'au degre de rafllnement le 
plus excessif de Tecriture en imitations (v. imi- 
tation, canon, contrepoint). Si la musique 
n'etait vraiment, comme d'aucuns le preten- 
dent, qu'une simple architecture vivante, un 
jeu d* arabesques sonores, les X. pourraient se 
glorifter de l'avoir poussee jusqu'd son extreme 
d^veloppement; mais la nature m6me de l'art 
musical empdcha ces musiciens de se borner A 
imaginer des combinaisons varices et interes- 
. santes, les obligea tout an contraire A donner 
finalement an langage sonore une certaine cha- 
leur et une certaine intensity depression. La 
gloire de transformer la musique en une vraie 
langue du sentiment etait r^serv^e aux Italiens 
et aux Allemands,qui enseign^rent aux autres 
peuples A consid&rer comme simple moyen ce 
que les N. eux prenaient en fin de compte 
comme but. La musique des N. est, dans l'his- 
loire de la musique, le vrai reprfsentant du 
moyen 4ge, quand bien m&me elle s'etend au- 
delA des limites de cette periode de l'histoire. 
La negation de la subjectivity par 1'im position 
d'un dogme eccl6siastique se rlpercute, en une 
image absolument adequate, dans la polypbo- 
nie des *V. qui, avec l'illusion de superposer 
quatre voixou plus, independantes lesunesdes 
autres, n'en laiss^rent aucune se developper 
tout A fait librement Cet art marque done, A 
certains points de vue, un recul sur la meiodie 
libre de la periode de Thomophonie, dans l*an- 
tiquite, voire m&me sur ceile des « Minnesin- 
ger » et des troubadours; cependant. il ne faut 
point se dissimuler qu'il forme une transition 
inevitable entre la musique primitive etcelle qui, 
porta ntsimultan^ment les caracteres de l'homo- 
phonie et de la polypbonie, consiste en meiodie 
poussee A sa plus haute expression artislique par 
l'harmonie sur laquelle elle repose, (rest aux 
Italiens-que revient le m£rite d'avoir deiivre la 
melodic des liens de la polyphonie qui l'enser- 
raient etroitement, aux Ailemands celui d'avoir 
augments sa puissance expressive au moyen 
de la formation d'un nouvel art polyphonique 
subordonne A la meiodie. On distingue trois 
phases successives dans Tart musical n^erlan- 
dais : 1. La periode de fixation des regies de 
r&criture musicale (passant d'Angleterre aux 
Pays-Bas), de formation du contrepoint pro- 
prement dit, representee par (Dunstable), Bin- 
chois, Busnois, Dufay et leurs contemporains 
(premiere ecole neerlandaise, 1400 A 1460); 2. La 
periode de developpemenl et de floraison du 
style en imitations (deuxieme ecole neerlan- 
daise, 1450-1525), dont les principaux repre- 
sentants sont avant tous : Okegbem, puis Ho- 
brecht, Josquin des Pres. Larue, Brumel, Orto, 
Pipelare, Fevin, Goinbert, Ducis, Clemens non 
papa, etc.; 3. La periode de reaction, qui, apres 
la fondation par les N. des grandes ecoles de 
l'ltalie, amena une sorte de renaissance de l'art 



neerlandais par les mattres italiens : Willaert 
Arcadelt, Goudimel, Lassus, Palestrina,Gabrieli 
(1525-1600). 

Nehrlich, Christian-Gottfried, maltre de 
chant, nei Ruhland (Haute-Lusace) le 22 avr. 
1802, nt A Berlin le 8 janv. 1868 ; etudia la 
theologie A Halle, mais se voua ensuile a la 
musique et fonda, A Leipzig, une ecole de chant 
qu'il transfera en 1849 A Berlin. Apres avoir 
plusieurs fois change de domicile (Paris, B41e, 
Stuttgart, Cassel, Francfort), il revinl A Berlin, 
en 1864. N. a public : Die Gesangshunst oder 
die GeJieimnisse der grossen italienischen und 
deutscken Gesangsmeisler vom physiologisch- 
psycholoffischen t dsthetisclien und pcedagogi- 
schen Standpunkt aus (1841; 2-* e<L, 1858; 
nouv. ed. sous le titre : Der Kunstgesang, etc*. 
1868) et Gesangschule f'Ur gebildete Stande 
(1844). La methode de Nehrlich manque tout a 
fait de precision et ses raisonnements sont ton- 
jours ampoules ; ses ouvrages ne se sont du 
reste pas repandus. 

Neidhardt, Johann-Gboro, musicographe, ori- 
ginaire de la Siiesie, m. comme maltre de cha- 
pelle a Ktvnigsberg, le 1" janv. 1739; auteur 
de : Die beste und leichtesle Temperatur des 
« Monochordi », vermitlelst toelcher das heu- 
tigen Tags gebr&uchliche - Genus diatonico* 
chromaticum • eingerichtet wt'rd (1706; ; Seciio 
canonisharmonici (1724) et Gdnstidi erschdpfte 
mathematische Abteilwng des diaUmiscli-chro- 
matischen temperierten « Canonis Monochordi » 
(1782) ; un traite de composition est reste ma- 
nuscrit. N. a aussi mis en musique les sept 
psaumes de penitence. 

Neithardt, August-Hedjrich, fondateur du 
choeur du ddme de Berlin, ne a Schleiz le 10 
aottt 1793, m. A Berlin le 18 avr. 1861 ; il etait 
dej&, lors de la guerre d'independance, haul- 
bofete dans le bataillon de chasseurs de la 
garde et fut nomme,en 1816, maltre de musique 
de ce bataillon, et, en 1822, maltre de musique 
du « Franz-Regiment », poste qu'il a conserve 
jusqu'en 1840. II fut appele ensuile, en 1843, 
aux fonctions de maltre de chant du choeur du 
ddme que Ton venait d'instituer, puis, en 1845. 
A celles de directeur de cette institution ; plu- 
sieurs voyages A Rome, A St-Petersbourg, etc, 
qu'il fit en qualite d'envoye du gouvernement 
pour etudier la formation des meilleurs chceurs, 
le mirent A m&me d'amener le choeur du Ddme 
A un haul degre de perfection. La plus impor- 
tante des publications de N. est ; « Musica sa- 
cra » , Sammlung religi&ser Gesdnge Alter er und 
neuerer Zeit (vol. v A vii et xn publics par N.: 
cf. Oommer). X. est l'auteur du chant prussien : 
Ich bin ein Preusse t Kennt ihr meine Farbm f 
(1826): il a en outre ecrit un grand nombre 
d'oeuvres instrumentales et vocales (dont beau- 
coup pour musique militaire, des trios et des 
j quatuors pour cors, des sonates, des variations 
et des morceaux pour piano, des quatuors pour 
voix d'hommes, un op6ra: Julietta, 1884). 

Neitsel, Otto, pianiste et musicographe, ne 
A Falkenburg, en Pomeranie, le 6 juil. 1852 (son 
pere etait instituteur) ; put, grAce au subside 



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NEL — NESTLEK 



559 



d'un riche industriel, devenir eieve de VAcade- 
mie Kullak, a Berlin, tout en suivant les cours 
du gymnase de « Joachimsthal » et plus tard de 
FUniversite. II prit, en 1875, le grade de Z> phii, 
accompagna Pauline Lucca et Sarasate (a di- 
verses reprises) en tourn&es de concerts, puis 
accepta, en 1878, la direction de la € Society de 
musique » de Strasbourg. De 1879 a 1881, il ful 
directeur de musique au theatre municipal de 
Strasbourg et maitre au Conservatoire de cette 
ville, puis il devint maitre au (Conservatoire de 
Moscou, et en 1885 a celui de Cologne. II r£dige 
depuis 1887 la chronique musicale de la « Ga- 
zette de Cologne ». Comme compositeur, N. a 
donne des operas : Angela (Halle s/S, 1887), 
Dido (Weimar, 1888) et Der alte Dessauer 
(Wiesbaden, 1889, etc.), mais sans succes nota- 
ble. II a ecrit en outre un Fuhrer durch die 
Oper (8 vol.). 

Nel (Ha!.), contracts pour m il; nello = in lo 
(dans le); negli = in gli (dans les). 

Nenna, Pohponio, compositeur de madri- 
gaux des xvi* et xvn* s., originaire de Bari 
(Naples), dont on trouve qnelques madrigaux 
imprimes dej& en 1585 dans la collection de 
madrigaux a deux voix de compositeurs de 
Bari, et d'autres dans la Melodia Olympica 
(1594) de Phalese, tandis que ses huit livres de 
madrigaux a cinq voix ne parurent que de 1009 
a 1624, et un volume de madrigaux a quatre 
voix, en 1631. Bien qu'ils aient eu beaucoup 
eruditions, ces recueils sont d'une extreme ra- 
rete. 

Neri, Filippo (canonist plus tard), n6 a Flo- 
rence le 21 jail. 1515, m. a Rome le 26 mai 1595; 
se rendit, & peine Age de dix-huit ans, a Rome, 
ou il v^cut dans la retraite monastique et se 
voua, soit A des Etudes savantes, soit aux soins 
des pelerins. En 1551, il fut ordonne pretre, 
tint depuis lors des assemblies dans l'oratoire 
du couvent « San Girolamo » et plus tard de 
celui de « Santa Maria in Vallicella », assem- 
blies au cours desquelles il donnait des confe- 
rences sur I'histoire biblique. Ces assemblies 
prirent des dimensions de plus en plus grandes, 
et devinrent une societe d'education dument 
organis£e, a l'usage des pr&tres s£culiers; elles 
furent confirmees par GrSgoire XIII, en 1575, 
sous le nom de « Congregazione dell'Oratorio ». 
N. ne tarda pas a demander a la musique un 
nouvel element deification et s'associa Ani- 
rauccia, le maitre de la chapelle pontificale, qui 
tarivit pour les assemblies des cbants nommes 
Laudi spirituals Apr6s la mort d'Animuccia, 
ce fut Palestrina qui prit ici encore sa place. 
Os chants se rapportaient a I'histoire biblique 
que Ton commentait dans Tassemblee ; ils furent 
les avant-coureurs de I'oratorio (v. ce mot) 
dont le nom est notoirement derive de r« ora- 
toire » de Neri. 

Neruda, Wilma-Maria-Frangiska, remarqua- 
ble violoniste, n6e a Briinn le 29 mars 1889, 
ville ou son p£re (probablement un descendant 
du c£lebre violoniste boh&me de m£me nom, au 
siede precedent) etait organisle de la cath6- 
drale ; eieve de Jansa, elle se produisit d'abord 



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en 1846 (a Tage de sept ans) avec sa so?ur Ame- 
lie (pianiste) a Vienne, puis fit avec son p6re et 
ses fr^re et sceur (un fr^re, Franz N., est vio- 
loncelliste) une tourn6e de concerts en Alle- 
magne et se fit entendre, en 1849, a la t Philar- 
monic Society », a Londres. Apres d'autres 
voyages de longue duree, elle remporta d'im- 
menses succes k Paris, en 1864 ; elle 6pousa 
Ludwig Normann (v. ce nom), mais se s^para 
d6j& en 1869 de lui. Elle a et6 depuis lors a 
Londres, son nouveau domicile, Tune des ar- 
tistes les plus en vue, dans chaque « season » ; 
elle joue, dans les concerts populaires du Lundi 
et du Samedi (musique de chambre), la partie 
de premier violon et se fait entendre souvent 
aussi dans les concerts du « Palais de crislal », 
dans les « Concerts philharmoniques », les reci- 
tals de Halie, etc. Elle 6pousa, en 1888, Charles 
Hall£. Parmi les femmes violonistes, M m « N. 
est sans contredit la plus remarquable ; elle 
peut rivaliser avec les plus grands maltres de 
{'instrument. 

Nessler, Viktor-E., compositeur, ne k Bal- 
denheim, pres Schlettstadt, en Alsace, le 28 
janv. 1841, mort a Strasbourg le 28 mai 1890 ; 
etudia la theologie a Strasbourg et fit, en outre, 
ses Etudes musicales, sous la direction de Th. 
Stern. Le succ&s de son premier opera, Flew- 
rette, a Strasbourg (1864), l'engagea a aban- 
donner la th6ologie et a aller a Leipzig achever 
son Education musicale. II devint bientdt chef 
des chomrs du Theatre municipal de cette 
ville, directeur de la society de chant • Saen- 
gerkreis », et fut longtemps Tune des personna- 
lit^s musicales les plus en vogue. Le Theatre 
municipal de Leipzig representa de lui un 
op£ra-f6erie romantique : Domrtischens Braut' 
fahrt (1867), une op£rette : Die Hochzeitsreise 
(1867), deux operas en un acte : Nachtwdchter 
und Student (1868) et Am Alexandertag (1869) 
ainsi que d'autres op6ras : Irmingard (1876), 
Der Ratten/ linger von Hameln (1879), Der 
wilde Jceger (1881) et Der Trompeter von 
Saekkiugen (1884) ; les trois derniers ont rapide- 
ment fait leur chemin sur les scenes d'AUema- 
gne. N. ecrivit encore: Otto der Schutz (Leipzig, 
1886) et Die Rose von Strassburg (Munich, 1890). 
(retail un eclectique, amoureux de meiodie fa- 
cile, d'allure populaire et meiodieuse ; il avait des 
connaissances evidentes de la technique dra- 
matique, mais son style manquait d'originalite 
et de purete. Ses lieder populaires et ses qua- 
tuors pour voix d'hommes eurent aussi presque 
tons du succes. N. a ecrit encore une ballade : 
Der'Btumen Rache (choeurs, soli et orchestre), 
un double chceur: Sdngers Friihlingsgruss, 
pour voix d'hommes, un cycle de chepurs avec 
soli et accompagnement de piano, intitule: Von 
der Wiege bis zum Grabe, et quelques chan- 
sons comiques bien Pussies (Drei Schneider, 
Frater Kellermeister, etc.). N. a passe 4 Stras- 
bourg les dernieres annees de sa vie. 

Nesiler, August- Julius, ne a Grumbach, pres 
Annaberg, le 3 dec. 1851 ; se prepara a la car- 
riere de maitre d'ecole, mais etudia ensuite la 
musique au Conservatoire de Leipzig (1874) et 

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560 



NESVADBA 



fonda dans cette ville, en 1878, une 6cole de 
musique. II y dirige en outre plusieurs soci&te 
etdevint,en 1880, maltre de chant dans un gym- 
nase. II a regu du roi de Saxe, en 1892, le titre 
de t Directeur de musique royal ». 

Nesvadba, Joseph, compositeur et chef d'or- 
chestre, n£ k Vysker (Boh6me) le 19 janv. 1824, 
m. k Darmstadt le 20 mai 1876; etudia la philo- 
sophie a Prague, mais debuta en 1844, au 
ThMtre boh&me de cette ville, comme compo- 
siteur sc&nique, avec l*op6ra Barbe-bleue (1844 
et se voua d6s lors entterement k la musique. 
II remplit success! vement, en pen de temps, les 
posies de chef d'orchestre k Carlsbad (1848), 
Olmutz, Briron et Graz, fut. de 1857 k 1858, 
premier chef d'orchestre an The&tre boh£me 
de Prague, de 1859 k 1860 k l'Op6ra italien de 
Berlin, de 1861 k 1863 au ThMtre municipal de 
Hambourg et fut appete enfin, en 1864, k Darm- 
stadt comme mattre de chapelle de la (lour. 
Les compositions de N. et particulterement ses 
lieder et ses chceurs sur des testes boh&mes, 
sont appreci6s en Boh&me. 

Nesvera, Joseph, ne k Proskoles, pr6s Ho- 
rowitz (Bohfcme); se pr6para k la carridre p6- 
dagogique, mais 6tudia aussi avec ardeur la 
musique, en sorte quMl obtint bientdt la place 
de directeur du chceur d'une eglise de Prague. 
II alia, en 1878, k Koniggr&tz comme directeur 
de musique de l^glise Episcopate et il est ac- 
tuellement maltre de chapelle du drtme d'Ol- 
mfitz, depuis la retraite de Krizkowsky. N. est 
un bon compositeur de musique d'&glise (Mes- 
ses ; De profundis pour soli, choeur et orches- 
tre), mais il a aussi £crit des morceaux pour 
piano (Etudes de concert, bagatelles, danses, 
marches) et pour violon (dix 6glogues, suite, 
etc.), un grand nombre de melodies boh^mes, 
des choeurs pour voix mixtes et pour voix 
d'hommes, une idylle pour trois violons, deux 
altos, violoncelle et contrebasse, etc. 

Hete (synemtnenon, diezeugmenon, hyper- 
boUeon), v. grecque (musique) 

Netier, Joseph, nd k Imst, en Tyrol, le 18 
mars 1808, m. a Gratz le 28 mai 1864,* Studia k 
Innsbruck, puis k Vienne, ou il donna, en 1889, 
son premierop&ra : Die Belagerungvon Gothen- 
bivrg, et une symphonie ; d'autres operas sui- 
virent: Mara (Vienne, 18il), Die Eroberung 
van Granada (Vienne, 1844). N. 6tait alors, en 
m'Sme temps que Lortzing, chef d'orchestre au 
Th&dtre municipal de Leipzig et dirigeait les 
concerts de 1' * Euterpe » dans cette ville. En 
1845, il se rendit k Vienne comme chef d'or- 
chestre du theatre t An der Wien », ou ir fit 
representor, l'annee suivante, un nouvel op£ra: 
Die sellene Hochzeit, mais quitta bienUM ce 
poste pour reprendre celui de Leipzig. Quelques 
armies avant sa mort, 11 avait accepte un poste 
de directeur d'une society de chant, k Gratz. 
N. a ecrit encore un opera, non represent^: Die 
Konigin von Kastilien et un certain nombre 
de lieder qu'on chante encore de temps k autre, 
en Allemagne. 

Neubauer, Franz-Christian, violoniste et 
compositeur, ne dans le village boheme de 



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NEUKOMM 

Horzin. en 1760, m. k Buckebourg le 11 oct. 
1795 ; vint, dans sa jeunesse, k Vienne, ou il fit 
representor un op£ra: Ferdinand und Yariko. 
N. etait dou& d'un esprit tr£s changeant et mena 
une vie nomade, apparaissant en Allemagne, 
tant6t ici, tantdt la, pour disparaitre de nou- 
veau. En 1789, il fut nomm£ mattre de chapelle 
du prince de Weilburg, puis, lorsque le prince 
eut dissous sa chapelle, se retira plus au nord, a 
Bnckebourg, ou il remplit, aux c<M6s de Chr.-Fr. 
Bach, un poste de compositeur de la Gour prin- 
ctere de Lippe, puis succeda k Bach, comme 
maltre de chapelle de la Gour. Les exc£s de 
tout genre ruin£rent de bonne heure sa sant£. 
Le nombre des ceuvres de N. qui ont et6 pu- 
bises est assez important (douze symphonies, 
dix quatuors et des trios pour instr. k archet ; 
des sonates pour violon ; des concertos pour 
violoncelle, pour flute et pour piano, etc.) ; ses 
compositions denotent un r&el talent, mais sont 
6crites avec trop peu de soin. 

Neukomm, Sigismund, fecond compositeur. 
n£ k Salzbourg le 10 juillet 1778, m. k Paris le 
3 avr. 1858 ; £l£ve de M. Haydn, k Salzbourg, 
et de J. Haydn (qui le trailait comme un tils),- a 
Vienne ; eut une vie exlraordinairement mouve- 
ment£e. En 1806, il passa par Stockholm, ou il 
fut 61u membre de l'Acad6mie, pour se rendre 
k St-P6tersbourg et y prendre la place de maltre 
de chapelle au Th&Ure allemand; mais il revint 
k Vienne peu avant la mort de Haydn et se di- 
rigea aussitM sur Paris. B entra alors en rela- 
tions amicales avec les musiciens les plus re- 
marquables de l'6poque (Gherubini, G retry, etc.) 
et fut pianiste de Talleyrand qu'il suivit au con- 
gres de Vienne. La composition d'un Reqwem, 
dedi£ k la mSmoire de Louis XVI, lui valut de 
Louis XVIII la croix de chevalier de la L&gion 
d'honneur et les litres de noblesse. II accom- 
pagna le due de Luxembourg, en 1816, d Rio 
de Janeiro, ou il fut nomme maitre de chapelle 
de la Gour de Tempereur du Br&sil ; mais il re- 
vint a Lisbonne en 1821, lorsqu'eclata la revo- 
lution. Gomme on lui refusait une pension, il 
retourna aupr£s de Talleyrand et fit encore 
plusieurs voyages de longue duree, soit avec 
lui, soit seul (1826 en Italie, 1827 en Belgiqne 
et en Hollande, 1830 en Angleterre, 1838 en 
Italie, 1884 en Algerie. etc.). Prive momentane- 
ment de la vue, mais opere avec succ£s, il vecut 
les demises annees de sa vie tantdt k Londres, 
tanUH a Paris. Si Ton songe aux nombreux 
voyages de N., il est impossible de lire sans 
£tonnement le catalogue de ses ceuvres : cinq 
oratorios en allemand et deux en anglais, quinze 
Messes, cinq Te dewn, cinq cautates d* Eglise. 
un service entier pour le matin et le soir (pour 
Londres). dix-sept psaumes k une voix en alle- 
mand, dix en anglais, sept en italien et qnalre 
en latin, dix psaumes a plusieurs voix en latin, 
en russe et dix-huit en anglais, ainsi que beau- 
coup d'autres compositions de musique d'^glise 
de moindres dimensions, dix operas allemands, 
trois scenes dramatiques italiennes, deux ora- 
torios, environ deux cents romances en alle- 
mand, en francais, en anglais et en italien, 

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NEUMA — NEUMES 



561 



<juelques duos, trios et chows, sept fantaisies 
pour orchestre, une symphonie, cinq ouver- 
tures, plus de vingt ceuvres de musique de 
<chambre (quintettes, quatuors, etc.), un grand 
nombre de marches militaires, de danses, etc. ; 
puis, pour le piano : un concerto, dix sonates 
-et caprices, neuf themes avec variations, des 
fantaisies, enfin cinquante-sept morceaux d'or- 
.gue (N. &ait excellent organiste) etdes solteges. 
Mais toutes ces oeuvres, Writes couramment et 
■souvent interessantes, n'ont eu qu'une vie tres 
«£phem&re. 

Neuma (terme du moyen £ge, lat.,plur. — ce\ 

V. NEUMES, 

Neumann, Angelo, n6 a Yienne le 18 aout 
1838; fut d'abord commer<?ant, mais, aprte avoir 
pris des lemons de chant de Slilke-Sessi, monta, 
«en 1859, sur les planches, et fut d'abord engage 
•comme tenor a Cologne. H ne put cependant se 
faire entendre, car le theatre brula quelques 
jours apres son engagement; il fit partie en- 
suite successivement du personnel des theatres 
<le Gracovie, Oedenbourg, Pressl)ourg, Danzig 
«t, de 1862 a 1876, de l'OpSra de la Gour, a 
Vienne. Devenu, en 1876, directeur de l'Opera 
£ Leipzig, sous Forster, il fit dejd. de Id diverses 
tourn^es de representations de « L'Anneau du 



Niebelung t (a Berlin, Londres). A l'expiration 
de l'ere de direction de Forster (1882), il fonda 
son ThMtre wagn^rien itinerant, avec leauel il 
se rendit en Italie ; il s'&ablit ensuite, a la fin 
de l'ann6e 1882, comme directeur d'opSra, a 
Br&me, d'ou il a ele appele enfin, en 1885, comme 
directeur du Theatre national allemand, a 
Prague. 

Neumark, Georg, n6 k Langensalza (Thu- 
ringe) le 6 mars 1621, m. a Weimar le 8 juil 
1681, comme secretaire prive des archives et 
bibliotb£caire ; po&e et excellent musicien, il 
jouait spScialement de la gambe. II a public 
plusieurs de ses poesies avec des melodies de 
sa composition: Keusctter LUbesspiegeljXWS) : 
Poetisch und musikalisches Lustwdldcften 
(1652 ; 3* partie, 1657); Poetisches Gesprachspiel 
(1662); Geistliche Arim (1675), etc. Trois de 
ces lieder out ete reproduits dans « Das musi- 
kalische Lied » (1863) de Schneider, et Wer nur 
denlieben Gott dans r « Evangelischer Kirchen- 
gesang », vol. II, de Winterfeld. On a conserve 
en outre des manuscrits de N. dans la biblio- 
theque de Weimar. Gf. Tarticle de E. Pasqu6 
dans r « Allgemeine Musik-Zeitung », 1864. 

Neumes, 1. Omements du chant gr^gorien, 
que Von rencontre surtout & la fin des antien- 



♦ *• Auu&tm, tJNpunrtum S+lNpwuXum. iJposlropham Distropka>jt$ 'friftrophA 
?Mtty* HJ&bjis tirjHr&yis .- ' Scan&OiS / Solum K Owuum* OFlaa, fCBab 
Mtat desemdmsj %/ftsfodatus. Afoa, ascmd&J \A/ktJ7*ruj (frrctdus) t/^SO^pAdtm*. 



'A 



I. Tableau general des neumes. 



"*v/r 



f , A 



II. Extrait de I'Antiphonaire de Si-Gall (ix* s.). 



^h^ 



Pgy fret 3 t% ul ^tO' 



pi im* 



ill. Du x # s. au xi* s. 



flu' 1 ' * = — ^ 
Vibcraw me us 



IV. Du xir s. au xnr s, 



^'m/ 1 



V* 



« 



V. Notation carree (xir s. au wr s.). 



ues, des alleluias, etc. — 2. Sorte de notation 
tachygraphique dans laquelle Tantiphonaire 
^r^gorien eU d'une maniere generate, tous les 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 36. 

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chants du rituel furent notes, jusque dans les 
temps modernes. L'origine des n., tr6s discu- 
t6e, peut 6lre consid6r^e au fond comme incon- 

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562 



NEUSIEDLER — NIGGOLINI 



nue ; peut-fctre ce systdme de notation a-t-il sa 
source chez les Grecs on chez les Romains 
(nota romana). La forme la plus ancienne qui 
nous soit connue des n. (ix« s.) ressemble 6ton- 
namment k nne stenographic du langage (v. les 
ex. I k IK). Au cours des stecies, les traits des 
n. s*6paissirent et perdirent leur d&icatesse, en 
rev^tant la forme de languettes, de fers k che- 
val, etc.; divers essais furent tenths pour rem6- 
dier au manque de precision que les 6crivains 
du ix* s. reprochaient d6j& k ce syst£me de no- 
tation : on placa au-dessus des n. les lettres de 
la notation alphab&ique (v. lettres) ou les 
signes d'intervalle de Hermann Contract (v. ce 
nom). Au x« s. enfin, on commenga k fixer le 
sens des n., au point de vue de l f elevation des 
sons, au moyen de lignes transversales. La pre- 
miere ligne dont l'usage s'6tablit fut celle du 
fa\ k laquelle vint s'adjoindre, encore avant 
Tan 1000, celle de Yufi; la premiere 6tait colo- 
rize en rouge, i'autre en jaune. Le dernier reste 
d'incertitude au sujet de la hauteur des sons ne 
disparut qu'& la suite des perfectionnements 
apportSs par Guy d'Arezzo au systdme de lignes 
paralldles, qu'il employa le premier de la m6me 
fagon que noire port^e actuelle (ex. IV). Mais, 
au m&me moment, la notation dite carr&e 
(nota quadrate ou quadriquarta) se d&veloppa 
et refoula de plus en plus la notation neuma- 
tique (ex. V). 

H n'est probablement pas possible de d£chif- 
frer d'une fagon absolument exacte les n. sans 
lignes, car il s'agissait, d*apr£s le tfrnoignage 
mdme des £criyains du d£but du moyen Age, 
bien plus d'un moyen mn&notechnique que 
d'une notation exacte ; c'est pourquoi aussi ces 
m&mes £crivains donnaient aux n.lenom d'usus 
— il fallait connaltre dijk les chants que Ton 
voulait lire dans un manuscrit neumatique. Les 
elements de la notation neumatique etaient les 
suivants : 1. les signes repr£senlant une seule 
note : virga (virgula) et punctus (punctum) ; 
2. le signe de l'intervalle ascendant : pes (poda- 
tus) , 3. le signe de Tintervalle descendant : di- 
nts (fiexa) ; 4. quelques signes pour des for- 
mules sp6ciales : tremula (balancement), qui- 
lisma (trille), p/tca (doubl6), etc. Tons lesautres 
signes sont ou bien des synonymes, ou bien des 
combinaisons de ceux que nous venons d'indi- 
quer, ex. : gnomo, epiphonus, cephalicus, oris- 
cue, ancus, tramea, sinuosa, strophicus, bi- 
virga, trivirga, dislropha, semivocalis, etc, etc 
(ex. I). — Un grand nombre d'auteurs modernes 
et contemporains se sont occup&s de la question 
des n. : F6tis, Xisard, Lambillotte, de Cousse- 
maker, A. Schubiger, H. Riemann, Dom Joseph 
Pothier, Dom Mocquereau, J. Combarieu, O. 
Fleischer, Georges Houdard (Uart dit grigo- 
rien, etc., et Le rythme du chant grtgorien 
dCapres la notation neumatique, 1898), etc 
Cf. la plupart de ces noms. 

Neusiedler, 1. (Nbwsidlbr) Hans, fabricant 
et joueur de luth, n6 k Pressbourg, m. k Nu- 
remberg en janv. 1563, apr£s y avoir passe, sans 
doute,la plus grande partie de sa vie (au moins 
depuis 1536) ; il a publie : Ein nexcgeordnet 



kunstlich Lautenbuch, in zvoen theyl geiheylt 
(1536 ; la premiere partie contient une descrip- 
tion du luth et de sa tablature, et la seconde : 
Fantaseyen, Preambeln, PsalmmundMutem* 
mis en tablature) et Ein new h&nsitich Lout- 
tenbuch filr die anfahenden SchiUer, etc. (1544),. 
ouvrages qui, comme tons les recueils de mu- 
sique de luth, sont de la plus grande impor- 
tance pour rhistoire de l'harmonie, car la tabla- 
ture du luth n'indique pas des sons, mais des 
doigt6s, en sorte qu'elle ne laisse jamais de 
doute sur l'emploi des accidents, etc. Cf. les. 
travaux du D* O. Ghilesotti (entre autres dans 
la <Riv.mus.italiana» 1,1, p. 48).— 2.Melchiok 
(Netsidlbr), joueur de luth aussi, originaire 
d'Augsbourg, vivait en 1566 en Italie, et y public 
k Venise, deux recueils de morceaux pour luth 
(1566), qui ont 6t6 reproduits, en 1571, par P. 
Phal&se, k Louvain, et Jobin, 4 Strasbourg. D 
eut ensuite une place chez les Fugger, k Augs- 
burg, et mourut k Nuremberg, en 1590. N. a 
encore public : Deutsch Lautenbuch, darinnen 
kunstreiche Motetten, etc (1574, 2* 6d. 1596; &L 
italienne sous le titre: 11 primo libro in tubu- 
tatura di liuto 9 en 1576, selon F6tis, mais en 
1566, selon Eitner, dans les < Monatshefte * 
1871, p. 154); il a aussi fait parattre six motets 
de Josquin, en tablature de luth (1587). 

Neuvidme (all. None; angl. ninth; lat. nona, 
sous-ent. vox), le neuvi&ne degr6 de l'&helle 
diatonique, homonyme du deuxidme (seconde): 
Toutefois, la thforie de 
Tharmonie Atablit une dis- 
^ ^p ' tinction entre la n. et la se- 
conde, car la n. apparalt comme partie int£- 
grante d'aecords construits au moyen de tierces 
superposes (on sait que ce mode de construction 
des accords est le commencement et la fin de la 
sagesse, dans les theories de tout harmoniste al- 
lemand du xvm« et du xix* 8.). Si, par contre,. 
nous nous pla$ons au point de vue que nous 
avons 6tabli au mot dissonance, la n. devient^ 
tout comme la seconde, un son qui trouble la 
consonnance et apparalt comme retard, tantdt 
devant Toctave(le cas habituel), tantdt devantla 
dixidme. f^e mdme son apparalt comme n. lors- 
que, malgre le retard devant Toctave, la fon- 
damentale est maintenue, comme seconde,. 
lorsque la fondamentale est sopprimee : 



m 




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Newsidler, v. Neusedler, 1. 

Ney, Joskph-Napolbon, v. Mosskwa. 

Neysidler, v. Nbusibdler, 2. 

Niccolini, Gioseppb, nd k Plaisance le 2& 
janv. 1762, m. dans la m&me ville le 18 d^c» 
1842 ; compositeur italien, dont le Trajano in 
Daeia Temporta, en son temps (1807), sur les 
■ Horaces et les Guriaces » deCimarosa. U avait 
^te eleve dlnsanguine (Monopoli) au Gonsei> 
vatoire «Sant'Onofrio », a Naples, et d&rata, en 
1793, par un op£ra : La fatniglia stravagante, 
k Panne; il a ecrit, en tout, quarante-huil 

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NICCOLO — N1COLAI 



563 



operas pour les scenes de Naples, Rome, Milan, 
Turin, Vienne, Venise, G6nes, etc. En 1819, il 
devint maitre de chapelle du ddme de Plaisance 
et n'a plus guere ecrit depuis lore que des ceu- 
vres religieuses (trente Messes, deux Requiem, 
cent psaumes, etc.), trois oratorios, des cantates, 
des sonates pour piano, etc. Aucune de ces ceu- 
vres n'a surv^cu. 

NiCCOlO, Y. ISOUARD. 

Nichelmann, Christoph, n£ A Treuenbriet- 
- zen (Brandebourg) le 13 aout 1717, m. & Berlin 
le20 juil. 1762; suivit les cours'de l'Scole St- 
Thomas, a Leipzig, et regut l'enseignement de 
J.-S. Bach. II vecut ensuite longtemps & Ham- 
bourg, ou Mattheson et Telemann 6taient au 
falte de leur renomm§e, puis a Berlin ou il eut 
encore des lemons de Quanz. En 1744, il fut 
engage, probablement sur la recommandation 
de Ph.-E. Bach, comme second claveciniste de 
Fr6deric-le-Grand. H regut son cong6 en 1756. 
N. est counu surtout comme auteur d*un ou- 
vrage:Diie Melodic, nach ihrem Wesen sovoohl 
als nadi ihren Eigenschaften (1755), qu'il d6- 
fendit avec succ£s contre les atlaques d'un 
pseudonyme, «Dunkelfeind»(«Gedanken eines 
Liebhabers der Tonkunst fiber, etc. »). Dans 
une rSplique : Die Vorire/flichheit des Herrn 
C. DUnkelfeind ..., ins rechte Licht gesetzt von 
einem Musikfreund. N. a aussi compost nne 
serenade : II sogno di Scipione. une pastorale : 
Galatea (en collaboration avec Graun et Quanz), 
de jolis lieder et des morceaux de piano pour 
des recueils de Marpurg, de Voss, etc. 

Nicodl, Jean-Louts, compositeur, ne a Jerc- 
zik, pr6s Posen, le 12 aout 1853 ; fils d'un pro- 
pri&aire rural qui, apr&s avoir perdu son bien, 
se retira k Berlin ou il subvint aux besoins de 
sa famille en donnant des lemons dejviolon, ap- 
pris autrefois pour son plaisir, et devint le 
premier maitre de son fils. Celui-ci eut plus 
tard des lemons de l'organiste Hartkas, devint, 
en 1869, a la « Neue Akademie fur Tonkunst*, 
Sieve de Kullak (piano) et de Wuerst (theorie), 
et travailla aupr£s de Kiel le contrepoint et la 
composition libre. Apr&s avoir v6cu quelques 
annSes comme maitre A Berlin et s'Stre produit 
plusieurs fois comme pianiste,dans les concerts 
du lundi dits « Concerts Nicod6 », il fit, en 1878, 
en compagnie de M m « Artot, une tournee de 
concerts en Galicie et en Roumanie. Gette 
m&me annee encore, il fut appele & Dresde 
comme professeur de piano au Conservatoire, 
posle qu'il quitta cependant en 1885, apres le 
depart de Wullner, pour prendre la direction 
des « Concerts philharmoniques ». II se retira 
cependant au bout de trois ans deja, pour se 
consacrer entierement & la composition, et en- 
treprit plus tard seulement de nouveaux con- 
certs symphoniques (Concerts N.).N. est, comme 
compositeur, une personnalite remarquable, 
vigoureuse, saine, et en possession d'une solide 
technique ; il faut noter surtout, parmi ses oeu- 
vres : le poeme symphonique Maria Stuart ; 
les Variations symphoniques ; deux suites 
d'orchestre;une grande symphonie avec chreur 
et orgue : Das Meer (op. 31, 1888); une sonate 



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pour violoncelle, op. 25, et une pour piano, op. 
19 ; des etudes (op. 20 et 21) ; des lieder (op. 15 
et 80), etc. 

Nicolai, 1. Otto, l'auteur des Joyeuses Com- 
meres de Windsor, n6 k Koenigsberg le 9 juin 
1818, m. k Berlin le 11 mai 1849. Son p£re 6tait 
maitre de chant, vivait s6pare de sa femme, et 
se comporlait comme un veritable tyran; il 
n'enseigna le piano au jeune gargon que dans 
un but purement 6go"iste ; aussi lorsque celui-ci 
eut atteint l'&ge de seize ans, il quitta secr£te- 
ment le toit paternel et chercha fortune dans 
le monde. II rencontra A Stargard un protecteur 
bienveillant en la personne du conseiller de 
justice Adler, qui confia son education a Klein 
et a Zelter (1827), & Berlin ; N. etait dej& devenu 
lui-mdme un excellent maitre, lorsqu'en 1833, 
l'ambassadeur de Prusse & Borne (von Bunsen) 
lui offrit la place d'organiste de la chapelle de 
l'ambassade. A Borne, N. suivit encore les le- 
mons de Baini, en sorte qu'il fut vraiment &. ex- 
cellente 6cole. II fut ensuite momentanement, 
en 1838, chef d'orchestre du theatre de « Kftrnt- 
nerthor », & Vienne, mais revint d6ja en 1838 a 
Borne ou il se mit avec ardeur & la composition 
d'op£ras, attire par les succ&s faciles des Ita- 
liens. C'est ainsi que parurent ses operas : 
Enrico 77(1839), Rosmonda d'Inghilterra (1839), 
11 templario (1840 et represents du reste sou- 
vent, sous le titre : Der Tempter, A Vienne, 
aussi), OdoardaeGildippe (1841) et Ilproscritto 
(1841; a Vienne en 1844, sous le titre: Die 
Heimhehrdes Verbannten). Le succSs r£pon- 
dit a 1'attente de N. ; les Italiens, le tenant pour 
un de leurs compatriotes (a cause de l'« i » fi- 
nal), le fgt&rent comme Tun de leurs meilleurs 
« maestri ». En 1841, N. fut appele comme mai- 
tre de chapelle de la Cour (successeur de 
Kreutzer), a Vienne, oil il fonda les « Concerts 
philharmoniques », si gout£s aujourd'hui encore. 
Une Messe, qu'il d^dia, en 1843, A FrSderic- 
Guillaume IV et une ouverture de ffete pour le 
jubil6 de l'Universite de Koenigsberg en 1844, 
furentla cause directe de sa nomination comme 
directeur du choeur du ddme et mattre de cha- 
pelle de l'Op6ra de la Cour, a Berlin, fonctions 
qu'il prit en 1847. Dans son concert d'adieux a 
Vienne (l er avr. 1847), on joua quelques num6- 
ros symphoniques de l'opera : Die lustigen 
Weiber von Windsor (« Les joyeuses comm^res 
de Windsor »), auquel N. travaillait d6j& A ce 
moment (texte de Mosenthal);il l'acheva seule- 
ment au commencement de 1849 et la premiere 
representation eut lieu deux mois environ avant 
$a mort. Ce charmant opera, d'une fraicheur 
d'inspiration exquise, et tout petillant de fran- 
che galte, sera encore longtemps le veritable 
litre de gloire de N. Outre les oeuvres susnom- 
m£es, N. a publie des lieder et des choeurs, des 
morceaux de piano et quelques oeuvres pour 
orchestre. Une symphonie, un Requiem et un 
le Deum sont resits manuscrits, mais ont ete 
executes a Berlin. Une biographie deN.est due 
a la plume de II. Mendel. — 2. Willem-Fredk- 
rik-Gerard, compositeur hollandais et musico- 
graphe de merite, ne a Leyde le 20 nov. 1829, 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



564 



NIOOLINI — NIEMANN 



m. a La Have le 25 avr. 1896 ; entra en 1849 au 
Conservatoire de Leipzig (Moscheles, Rielz, 
Ilauptmann et Richter) et devint plus tard en- 
core eieve de Johann Schneider, k Dresde 
(orgue). II fut nomme, en 1852,ma!ti'e d'orgue, 
de piano et d'harmonie k l'Ecole royale de mu- 
sique de La Haj r e, puis, apres la mort de Lii- 
beck,en 1865, directeur du mdme etablissement. 
X. a aussi frequenmient dirige des executions 
musicales, et il a exerce, dans les derni&res 
arm&es de sa vie surtout, une grande influence 
sur le gout musical de ses compatriotes, en 
tant que redacteur du journal musical Ccecilia; 
c'etait un homme sans preventions, qui, selon 
ses forces, chercha k contribuer a la compre- 
hension des oeuvres d'un Wagner, d'un Liszt, 
etc. Comme compositeur, il eut d'abord quelque 
succ£s avec ses lieder aUemands ; plus tard, il 
s'est voue a de plus grandes t&ches. II a ecrit : 
de nombreuses cantates sur des themes hol- 
landais ; la musique du Lied von der Glocke, 
de Schiller, pour chceur, soli et orchestre ; un 
oratorio :Bonif actus (texle de Lina Schneider). 
Le l« r decembre 1880, une cantate de sa com- 
position : Le rossignol suidois (texte de J. de 
Geyter, enmfonoire de Jenny Lind, la fondatrice 
du fonds de retraite des musiciens « De toe- 
komst », k La Haye, au capital actuel de 
100.000 fl.), fut execute a loccasion du vingt- 
cinquieme antoiversaire de fondation de cette 
institution. Une autre cantate : Jahveh's Wraak 
(t La vengeance de Jehova *) fut ex£cutee, en 
1892, k Utrecht ; N. a regu, la m&me ann&e, les 
palmes d'ofiicier de l'« Academie franraise ». 

Nicolini, v. Niccouni. 

Nicolo, 1. nom propre, v. Isouard. — 2. nom 
commun, instrument, v. bombardr. 

Nicomaque [Nikomachos] (Gerasenus, d'a- 
pres son lieu de naissance, Gerasa, en Syrie), 
ecrivain musical grec du ii« s. de notre ere, 
dont le traite Harmonices Enchiridion a ete 
reproduit par Meursius (1616) et Meibom (1652). 

Niecks, Frkedrich, musicographe, ne a Dus- 
seldorf le 8 mars 1845 ; fit d'abord des Etudes 
de violon sous la direction de Langhans, F. 
Grunewald et Auer, se produisit en public k 
l'age de douze ans deja, mais, sans fortune, il 
dut gagner sa vie dans des fonctions subal- 
ternes jusqu'a ce qu'en 1868, il trouva, a 
Dumfries (Ecosse), une place de maitre de mu- 
sique et organiste, en m&me temps que d'al- 
tiste, dans un quatuor d'archets dont Mackenzie 
faisait aussi partie. Ce fut alors qu'il combla les 
vides de son education par son travail person- 
nel ; puis il etudia encore, en 1877, pendant 
deux semestres k l'Universite de Leipzig. II fit 
peu apres un voyage d'etudes en ltalie, et do- 
vint dans la suite Tun des critiques musicaux 
les plus considers de Londres, &crivant spe- 
cialement dans le « Musical Times ». En 1891, 
N. fut appeie comme « Reid-Professor » de mu- 
sique a FUniversite d'Edimbourg (seance inau- 
gurale : Musical Education and culture, im- 
primee) ; il commenca sa nouvelle carriere par 
une serie de conferences sur le d£veloppement 
de la musique instrumentale, conferences illus- 



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tr^es d'exeeutions musicales. II donna en outre 
quelques concerts historiques, en sorte qu'on 
pent dire que, d6s le debut de son sejour, N. 
donna un nouvelelan a la vie musicale d'Edim- 
bourg. L'ceuvre la plus importante de N. est 
une biographie de Chopin : Fr. Ch. as a man 
and a musician (1888 ; trad, allem. de W. Lang- 
hans, 1889). II a aussi publi6 un petit Dictio- 
nary of musical terms (2° ed. 1884), et fait 
parattre en 1890, dans les ■ Proceedings » de la 
c Musical Association », une monographic sur 
Thistoire des signes d'alterationf 2Ae/fa/, Sharp 
and Natural), etc. 

Niedermeyer, Louis, compositeur et fonda- 
teur de l'lnstitut de musique d'eglise qui porte 
encore son nom k Paris, ne a Xyon, sur les 
bords du lacLeman, le 27 avr. 1802, m. k Paris 
le 18 mars 1861 ; eieve de Moscheles (piano) et 
de Forster (composition) a Vienne, de Fiora- 
vanti k Rome et de Zingarelli a Naples, ou il 
donna son premier opera : 11 reo per amore. 
D s'etablit, en 1821, k Geneve et s'y fit avanta- 
geusement connaftre par toute une serie de 
romances; en 1823 il parti t pour Paris, ou il 
resta jusqu'a. sa mort, k l'exception d'un sejour 
de deux ann6es k Bruxelles, comme maitre de 
piano k l'institut Gaggia (vers 1880). Ses tenta- 
tives pour obtenir des succes sur la scene 
furent toutes infructueuses (La casa net bosco, 
1828, Theatre italien ; Stradella, 1837, Maria 
Stuart, 1844, et La Fronde, 1853, tous trois k 
TOpera). Apres Tinsucces de La Fronde, il 
consacra toutes ses forces k la musique d'eglise 
et rappela a Texistence recole de musique reli- 
gieuse (« Ecole Niedermeyer ») fondee autre- 
fois par Choron ; il reussit, avec l'aide d'une 
subvention de l'Etat, k faire rapidement pros- 
perer cette institution. Les meilleures composi- 
tions de N. sont ses ceuvres de musique d'eglise 
(des Messes, des motets, etc.; il est probable 
que T < Air d'eglise » que Ton attribne a Stra- 
della est en realite de N.), puis viennent ses 
morceaux pour orgue, une quantite de roman- 
ces (Le Lac, de Lamartine) et quelques mor- 
ceaux pour piano. 

Niedt, Friedrich-Erhardt, musicographe. 
notaire k iena, remplit plus tard un poste a 
Copenhague ou il mourut, en 1717 ; auteur d'un 
traite de composition : Musihalische Handle*- 
lung (trois parties, dont la premiere traite de 
la basse chiffree [1700, 2° ed. 1710], la deu- 
xieme des variations delabasse chiffr6e [1706; 
2« ed. par Mattheson, avec un appendice con- 
tenant soixante dispositions d'orgue, 1721], et 
la troisieme sur le contrepoint, le canon et les 
formes vocales : motet, choral, etc. [publie en 
1717, apres la mort de N., par Mattheson]), ainsi 
qu'un Musihalisches ABC sum Nutzen der 
Lehrer und Lernenden (1708). Outre quelques 
airs avec hautbois oblige et basse chiffree, 
contenus dans ce dernier ouvrage, on n*a con- 
serve de lui que six suites pour trois hautbois 
avec basse chiffree (1708). 

Niemann, 1. Albert, chanteur sceniquc 
(tenor) distingue, ne a Erxleben, pres Magde- 
bourg, le 15 janv. 1831 ; ftls d'un aubergiste 

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NIETZSCHE — NIKISCH 



565 



devait devcnir constructour-mecanicien, mais 
se Tit force, a la suite de revers financiers de 
sa famille, de chercber fortune sur la scene, 
d*abord a Dessau, en 1849, commc comedien 
dans les rdles secondaires, plus tard comma 
choriste. F. Schneider rendu attenlif a la belle 
voix de N., enlreprit avec le baryton Nusch, 
son Education ; plus tard, de Hanovre, N. se 
rendit encore a Paris, pour y travailler sous la 
direction de Duprez. Aprds avoir fait de bril- 
lants debuts a Halle et ailleurs, il fut engage 
en 1854, comme fort tenor, a Hanovre ; les 6v6- 
nemenls politiques de 1866 le placement sous la 
direction de von Hulsen qui l'emmena a Berlin. 
II fut depuis lors Tun des membres les plus 
remarquables du personnel de TOp£ra de la 
Gour, a Berlin; il y a quelques ann^es encore 
les rdles de Tannh&user, du Prophete, de 
Siegmund, etc., avaient en lui un vaillant inter- 
prete, plus admirable encore comme acteur que 
comme chanteur. Marie une premiere fois avec 
Tactrice Marie Seebach (1859), il obtint, au 
bout de peu de temps, son divorce et 6pousa, 
en 1870, une autre actrice : Hedwig Raabe. — 
2. Rudolf-Friedrich, pianiste et compositeur, 
n£ a Wesselburen (Holstein) le 4 dec. 1888; son 
p6re etant musicien de ville et organiste, il 
re^ut de lui les premieres notions de musique. 
II etudia ensuite, de 1853 a 1856, au Conserva- 
toire de Leipzig (Moscheles, Plaidy, Rietz),puis 
au Conservatoire de Paris, sous la direction de 
Marmontel (piano) et de Halevy (composition), 
enfin a Berlin, souscelle de II. de Bfilow etde 
Fr. Kiel. N. se fit d'abord connaitre comme pia- 
niste, en accompagnant A. Wilhelmj dans 
diverses tourn^es de concerts en Allemagne, en 
Russie et en Angleterre (1873 a 1877). Comme 
compositeur, il a une predilection speciale pour 
les petits morceaux de genre pour piano et les 
lieder. Citons de lui surtout une Gavotte, op. 
16 ; puis une sonate pour violon, op. 18, et les 
Variations, op. 22. N. vecut de nombreuses 
annees a Hambourg, mais il est etabli a Wies- 
baden depuis 1883; e'est de la qu'il continua a 
accompagner Wilbelmj dans ses tourn£es, et 
qu'il enseigna dans Y « Ecole de violoniste », 
(qui n'eut qu'une courte existence) que celui-ci 
avail cr6ee dans une locality voisine, Biebricb. 
Nietzsche, Friedrich, philosopbe gonial, ne 
a Roecken, pr6s Lulzen, le 15 oct. 1844 ; fut, de 
1869 a 1879, professeur de pbilologie classique 
a l'Universite de Bale, poste qu'il abandonna a 
cause d'une maladie des yeux. N. fut d*abord 
zeie partisan de Ricbard Wagner et publia, 
entre autres : JHe Geburt der Tragodie aus 
dem Geiste der Musih (1872) et Richard 

Wagner in Bayreuth (1876). Le premier de 

ces ouvrages est une combinaison plutdt mys- 

tico-philosophique qu'historique et critique de 

• t l'importance de Wagner, dans l'bistoire de la 

* *' musique avec le culte de Bacchus et d'Apollon, 
et la tragodie classique grecque; il enveloppe 
l'artiste de nu^es fantaisistes qui le font appa- 
rattre comme un dieu. L'enthousiasme de N. se 
transforma plus tard en un sentiment tout 
oppose (Der Fail Wagner f 1888 ; trad. franc. 



par Dan. Hal6vy et Rob. Dreyfus, sous le titre: 
Le cas Wagner , 1893), peu avant que la folie 
eutobscurci son esprit jusqu'alors si puissant. 
Les autres ecrits de N., qui, dans leur ensem- 
ble, occupent une place unique dans la litera- 
ture, contiennent aussi beaucoup de choses 
interessantes ayant trait a la musique. Une 
traduction fran?aise des ORUvres completes est 
en cours de publication (Paris, Albert Schulz). 

Niggli, Arnold, n6 a Aarbourg (canton d'Ar- 
govie, Suisse), le 20 dec. 1843 ; fr£quenta les 
ecoles d'Aarau, ou son p^re remplissait, depuis 
1851, les fonctions de recteur de l'Ecole des jeu- 
nes filles, puis Etudia le droit aux university 
d'Heidelberg, de Zurich et de Berlin. Depuis 
1875, N. est secretaire du Conseil d'Etat, a 
Aarau. Pianiste zele des sa jeunesse, il s'oc- 
cupe pendant ses heures de loisirs surtout 
deludes sur Thistoire de la musique et fournit 
de nombreux articles a divers journaux rausi- 
caux : Schiceizerische Musikzetiung (dont il 
fut le r£dacteur, de 1891 a 1898), « Allgemeine 
Musikalische Zeitung >, • Deutsche Kunst-und 
Musikzeitung • et « Musikalische Rundschau » 
de Vienne. Parmi les Perils les plus importants 
de N., il convient de mentionner, dans la collec- 
tion de conferences musicales de Breitkopf et 
Haertel : des essais sur Frederic Chopin, Franz 
Schubert, Faustina Bordoni-Hasse, Gertrud- 
Elisabeth Mara, Nicolo Paganini, Giacomo 
Meyerbeer ; dans la collection de conferences 
publiques donnees en Suisse (Schweighauser, 
libraire-editeur, Bale) : deux conferences sur 
Robert Schumann et sur Jos. Haydn; dans le 
« Musikalisches Zentralblatt > (1881) : une 
etude d'histoire litteraire et musicale sur le 
Freischiitz ; dans la collection d'analyses mu- 
sicales (« Musikftthrer ») de Bechhold, a Franc- 
fort, des analyses des symphonies de Schubert 
et de Schumann ; puis : Die scJivreizerische 
MusikgesellscJiaft; eine musik-und kulturge- 
schichtliche Studie (1886) ; Geschichte des Eid- 
gendssischen Sdngervereins 1842-1892 (publi- 
cation offlcielle du cinquantenaire) et enfin une 
biographie d'Adolf Jensen (parue comme tNeu- 
jahrsblatt der Allg. Musikgesellschaft », 1895). 

Nikisch, Arthur, remarquable chef d*or- 
chestre, ne a Szent Miklos (Hongrie), le 12 oct. 
1855; son p£re etait premier comptable du 
prince de Liechtenstein et l'envoya au Conser- 
vatoire de Vienne, ou il fut specialement eldve 
de Dessotf (composition) et de Hellmesberger 
(violon) et dontil sortit en 1874, avec un prix de 
composition (sextuor pour instr. a archet) et un 
de violon. II entra d'abord comme violoniste a 
l'orchestre de la Cour et fut engage en 1878, 
par Angelo Neumann, comme deuxieme chef 
d'orchestre au Theatre municipal de Leipzig, 
fonctions dont il s'acquitta si excellemment 
qu'il fut bienUtt coordonne a Sucher et a Seidl. 
Lorsque M. Stdgemann prit la direction du 
theatre (1882), N. devint premier chef d'orches- 
tre, mais il partit en 1889 pour Boston, comme 
successeur de Gerike, a la tete de Y « Orchestre 
symphonique ». En 1893, N. accepta le poste de 
premier chef d'orchestre et de directeur de 



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566 



NILSSOX — NISSEN 



l'Op^ra de Budapest : mais au bout de deux 
a ns d£ja, il rentra en Allemagne avec un double 
engagement comme chef d'orchestre des con- 
certs de la c Soci£t6 philharmonique » de Berlin 
et du t Gewandhaus » de Leipzig (1895). II a 
dirige des concerts a Paris, entre autres, avec 
un succ6s sans precedent. 

Nilsson, Christine, illustre caritatrice, n6e 
dans le petit domaine de Sjoabel, pr6s Wexio, 
en Suede, le20 aout 1843; re^ut les premieres 
legons de chant d'une baronne Leuhausen (nee 
Valerius) et de F. Berwald a Stockholm, suivit 
ensuite ce dernier a Paris ou elle continua ses 
etudes. Elle debut a en 1864, au Theatre lyrique, 
et y fut engagee pour trois ans, puis elle 
chanta, en representations, a Londres avec un 
succes toujours croissant et entra, en 1868, 
dans le personnel de TOp£ra de Paris. Elle 
abandonna toutefois ce glorieux engagement, 
pour aller amasser des richesses, soit dans de 
fatigantes tournees (de 1870 a 1872, avec Stra- 
kosch, en Amerique), soit en chantant en repre- 
sentations, sur les principales scenes de l'Eu- 
rope. N. epousa, en 1872, un jeune Fran^ais, 
Auguste Rouzaud, qui mourut dix ans plus 
tard ; elle contracta alors, en 1887, une nou- 
velle alliance avec un comte Casa di Miranda. 
La voix de M» a N. qui, apres son mariage, 
chanta encore avec le m£me succes a Londres, 
a St-P6tersbourg, a Yienne, etc. u'est pas tres 
puissante, mais d'une charmante douceur et 
d'un timbre tr£s moelleux, en m6me temps que 
d'une grande Vendue ; a la scene surtout, dans 
les rdles qui n'exigent pas une grande depense 
dfe forces, elle produisait un effet delicieux. 

Nini, Alessandro, compositeur d'op^ras ita- 
lien, n£ a Fano, dans la Romagne, le l er nov. 
1805, m. comme maitre de chapelle de la cath&- 
drale de Bergame le 27 dec. 1880 ; fut, de 1830 a 
1837, directeur de TEcole de chant de St-Petera- 
bourg. N. a ecrit des operas : Ida delta Torre 
(1837), La marescialla dTAncre (1839), Cristina 
di Suesia (1840), Margfierita di York (1841), 
Odalisa (1842), Virf/inia (1843), 11 corsaro 
(1847) et deux autres qui sont rest6s manus- 
crits. II a laisse, en outre, beaucoup de musi- 
que d'eglist, entre autres un Miserere [« a cap- 
pella »]. 

Nisard, Theodore, pseudonyme de Tabb6 
Theodule-El£azar-Xavier Torf, dit Normand, 
ne a Quaregnon, pr£s Mons, dans le Hainaut, 
le 27 janv. 1812, m. a Paris en 1887 ; fils d'un 
institeur francais qui fut transf&re a Lille, ou 
N. re^ut les premieres notions de musique. II 
devint ensuile enfant de chceur a Cambrai, et y 
fit ainsi qu'a Douai, de solides etudes de vio- 
loncelle; mais, apres avoir termine son lycee, 
il entra au s6minaire de prGtres, a Tournay, et 
devint, en 1839, directeur du lyc£e d'Enghien. 
Son penchant pour la musique, reprim£ un 
certain temps, reprit le dessus, et N. se mit 
surtout a Tetude de la theorie et de l'histoire 
de la musique d'eglise. II echangea sa place, 
en 1842, contre celle de maitre de chapelle 
et second organiste de T6glise St-Germain, 
a Paris: mais il abandonna, quelques an- 



nees apres, ces fonctions et se borna a son 
activite literal re. Ses publications les plus im- 
portantes sont : Manuel des organistes de la 
campagne (1840; explication de Torgue, du 
plain-chant et de son accompagnement, mor- 
ceaux d'orgues, etc.) ; Le bon Mdnestrel (1840, 
chants pour maisons d'education religieuses : 
ces deux ouvrages ont encore paru sous son 
premier pseudonyme : Normand) ; Le plain- 
chant parisien (1846) ; une nouvelle Edition de 
La science et la pratique du plain-cfiant, que 
Jumilhac avait publiee en 1672 (1847, avec Le 
Ciercq, premier maitre de chapelle a St-Ger- 
main et libraire; tous deux ont ajout& beau- 
coup d'annotations) ; De la notation propor- 
tionnelle au moyen age (1847, tirage a part 
d'une annotation du precedent ouvrage) ; Etu- 
des sur les anciennes notations musicales de 
V Europe (1847) ; Dictionnaire liturgique, his- 
torique et pratique du plain-chant et de la 
musique (TSglise au moyen age et dans les 
temps modernes (1854, avec d'Orligue); M4- 
thode de plain-diant pour les Scoles primaires 
(1855); Etudes sur la restauration du chant 
gregorien au XIX 9 siecle (1856); Du rythme 
dans le plain-chant ^1856) ; Revue de musique 
ancienne et moderne (periodique mensuel, seu- 
lement en 1856, contient un excellent article sur 
Francon de Cologne) ; Methode populaire de 
plain-chant romain et petit traitd de psal- 
modie (1857) ; L accompagnement du plain- 
chant sur rorgue, enseigne en quelques lignes 
de musique (1860) ; Les vrais principes de 
I' accompagnement du plain-chant sur rorgue* 
a" apres les maitres du X V« et du X VI* siectes 
(1860). II faut ajouter a cela des monographies 
sur Odon de Glugny, Paiestrina, Lully, Ra- 
meau, i'abbe Vogler, Pergol&se, etc. Lors de la 
discussion sur l'aulhenticite de l'anliphonaire 
de St-Gall, N. s'etait place (dans la « Revue de 
musique ancienne et moderne ») du cdte de 
Kiesewetter, qui repondait affirmativement a 
la question; mais les recherches de Schubiger 
le converlirent a l'opinion contraire, qu'il sou- 
tint dans une publication : Le P. Lambillotte 
et Dom A. Schubiger (1857). N. fut le copiste 
officiel du celebre antiphonaire digrapte (neu- 
mes et lettres latines [a-p]) decouvert par 
DanjGu, a Montpellier. N. a public, en outre, 
sous le titre : Monographie litt&raire et must- 
cale de Th. Nisard, par Th. Normand (1864), 
son propre pan6gyrique. Gf. J. Combarieu, La 
Critique musicale au XIX' s. et le problems 
de Corigine des neumes (1896). 

Nissen, 1. Georg-Nikolas von, Conseiller 
d'Etat danois, ne a Hadersleben, en Daneraark, 
le 27 janv. 1765, m. le 24 mars 1826 ; epousa la 
veuve de Mozart et rassembla des materiaux 
pour une biographie de Mozart, mais il mou- 
rut avant sa publication qui n'eut lieu qu'en 
1828, par les soins de sa veuve : Biographie 
W.-A. Mozarts ; nach Originalbriefen, etc. Un 
supplement (catalogue des ceuvres de Mozart) 
a paru en 1829. — 2. Hbnriette (N.-Saloma.n), 
n6e a Gotenburg, en Suede, le 12 mars 1819. 
m. aux bains de Harzburg, dans le Harz, le 



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NIVERS — NORBLIN 



567 



27 aout 1879 : montra de bonne heure de reel- 
les aptitudes pour la musique et devint, k 
Paris, en 1839, l'eteve de Manuel Garcia pour 
le chant et de Chopin pour le piano. Elle d6- 
buta en 1843, dans cette Tille, k l'OpSra italien, 
dans les rdles d'Adalgisa (« Norma ») et d'El- 
vire (« Don Juan »), en suite de quoi elle fut 
aussil6t engagee. Son succes ne fit que croltre, 
lorsqu'elie chanta, de 1845 k 1848, en Italie, k 
St-Petersbourg, k Londres, en NorwAge et en 
Suede. De 1849 & 1850, puis en 1858, elle chanta 
dans presque tous les concerts du < Gewand- 
haus » k Leipzig, et s'affirma k Berlin digne 
emule de Jenny Lind. En 1850, elle 6pousa le 
-compositeur danois Saloman (v. ce nom), fit 
alors avec lui des tourn&es de concerts, chanta 
dans les concerts des Conservatoires de Paris 
et de Bruxelles et fut enfln appelee, en 1859, 
comme professeur de chant au Conservatoire 
de St-P6tersbourg. Elle occupa cette brillante 
situation jusqu'd sa mort, formant un grand 
nombre d'61&ves remarquables et refusant les 
otfres qui lui etaient failes de Stuttgart et de 
Vienne. Une methode de chant qu'elle avait 
pr6par6e dans les dernieres ann&es de sa vie 
parut en 1881 (en russe, en frangais et en alle- 
mand). — 8. Ekiga N,, v. Lie. 

Nivers, Guillaume- Gabriel, musicographe 
et compositeur, ne a Melun en 1617, m. a Paris 
apr&s 1700 ; etudia la lh£ologie au seminaire de 
St-Sulpice, a, Paris, et resides lemons de piano 
de Ghambonnieres, devint en 1640 organiste de 
Veglise St-Sulpice, en 1667 t6nor de la Cha- 
pelle royale, et plus tard organiste de la Cha- 
pelle de la reine, dont il fut aussi le maitre de 
musique. N. a public : La Gamme du Si, nou- 
■velle methode pour apprendre a chanter sans 
muanees (1646, Tun des petits ecrits les plus 
influents contre la solmisation; qualre editions 
jusqu'en 1696) ; MMhode pour apprendre le 
plain-chant (Tiglise (1667); Traite de composi- 
tion de musique (1667, et souvent depuis; 
aussi en hollandais); Dissertation sur le chant 
grdgorien (1683). En fait de musique pratique, 
il a public : Chants d'eglise pour la commu- 
naute de St-Sulpice (1656); Graduate romanum 
juxta missale Pii V (1658); Antiphonarium 
romanum juxta breviarium Pii V (1658 ; des 
Offices pour le Dimanche des Rameaux et le 
Vendredi-Saint (1670 et 1689); des chants etdes 
motets pour la coll£giale de St-Louis, k St-Cyr 
0692) et plusieurs recueils de morceaux pour 
orgue (Livre dTorgue, 1665, 1671, 1675). 

No, v. NON. 

Nocturne, 1. syn. de s6r£nade ou cassation, 
divertissement (v. ce mot) en plusieurs parties 
pouf instr. k vent et specialement pour cors, 
Tnais parfois aussi pour instr. k archet. Plus 
recemment, ce meme terme a 6te choisi, a par- 
tir de Field et de Chopin, pour designer des 
morceaux de piano d'allure rfeveuse et ind6- 
^ise, mais sans qu'il implique l'idee d'une 
forme sp£ciale. On rencontre aussi le mot n. 
comme titre d'ceuvres vocales, si. une ou plu- 
sieurs parties, de caract&re analogue. — 2. 
{Laudes nocturnes), v. heures ganoniales. 



NOBb, VlKTORINE, V. StOLTZ. 

Nohl, K.-Fr.-Ludwig, musicographe, ne k 
Iserlohn le 5 d6c. 1831, m. k Heidelberg le 16 
d6c. 1885; fils du conseiller de justice F.-L. N, 
fit son gymnase k Duisburg et etudia le droit 
k Bonn, Heidelberg et Berlin, mais travailla 
aussi, k Berlin, la basse chiflr£e aupr&s de S.- 
W. Dehn. Apres avoir rempli quelque temps 
un poste de referendaire k Iserlohn, il alia k 
Heidelberg comme maitre de musique, obtint 
le titre de privat-docent (1860) et se fit connal- 
tre par la publication d'une biographie de Bee- 
thoven (1864-1877; 3 vol.), de la correspondance 
de Beethoven (1865), et de celle de Mozart 
(1865). En 1865, N. fut nomme professeur ho- 
noraire (c.-A-d. professeur extraordinaire) a. 
TUniversite de Munich ; mais il quitta dejk ce 
poste en J868, et vecut sans place, jusqu'en 
1872, k Badenweiler. 11 retourna alors comme 
privat-docent k Heidelberg, ou il fut nomm6 
professeur en 1880 ; il enseignait en ni6me 
temps, depuis 1875, au « Polytechnicum » de 
Carlsruhe. Outre les |ouvrages d6ja indiqu^s, 
N. a ecrit encore : Neue Brief'e Beethovens 
(1867); Musikerbriefe (1867); Beethovens Bre- 
vier (1870) ; Mozarts Leben (2« 6d., 1877) ; Bee- 
thoven, Liszt,Wagner ( 18 74); Beethoven nach den 
Schilderungen seiner Zeitgenossen (1877) ; Mo- 
zart nach den Schilderungen seiner Zeitgenos- 
sen (1880); Die geschichtlicfte Entvoickelung der 
Kammermusik(ld8o, petit ouvrage assez faible 
et cependant couronn6 k St-Petersbourg), etc. 

Nohr, Christian-Friedrich, ne k Langen- 
salza (Thuringe) le 7 oct. 1800, m. k Meiningen 
le 5 oct. 1875; fut, pour le violon, Tun des pre- 
miers el&ves de Spohr, et, pour la composition, 
el£ve de Umbreit et Hauptmann. Apres plu- 
sieurs tourn£es de concerts, couronnees de 
succes, il entra en 1830 comme concertmeister 
dans la chapelle du due de Meiningen. N. a 
compost une quantity de lieder, de quintettes, 
de quatuors, de morceaux d'orchestre, de mor- 
ceaux de violon, dont un assez grand nombre 
furent publics ; puis des operas : Der Alpenhirt 
(Gotha, 1831), Liebeszauber (Meiningen, 1831). 
Die wunderbaren Lichter (id., 1833), Der vier- 
j&hrige Posten (id., 1851) et enfln des oratorios: 
Martin Luther (Eisenach, 1850), Frauenlob et 
Helvetia. 

Noise, v. tintinnabula. 

Ndme (gr. nomos, loi regie) nom que les an- 
ciens Grecs donnaient k une melodie Be d6ve- 
lopparit selon les regies de Tart, k un chant 
se subdivisant en plusieurs fragments; on 
distinguait des nomes (nomo'i) sp£ciaux pour 
le jeu de la cithare, sans chant, ou celui de la 
flute. Cf. [musique] grecque. 

Non (ital. non, pas) ; n. legato, c.-k-d. demi- 
staccato. 

None (all.), neuvieme. 

Norblin, Louis-Pierre-Martin, excellent vio- 
loncelliste, n6 k Varsovie le 2 d6c. 1781, m. au 
ch&teau de Conngntre (Marne) le 14 juil. 1854; 
fut eleve du Conservatoire de Paris, puis, de 
1811 a 1841, premier violoncelliste a TOp6ra et, 
de 1826 a 1846, professeur de violoncelle au 



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568 



NORMA.ND 



Conservatoire. — Son fils Emile, ne A Paris le 
2 avr. 1821, m. dans la meme ville le 18 aout 
1880, fut aussi nn excellent violoncellists 

Normandy v. Nisakd. 

Normann, Ludwig, ne A Stockholm le 28 oct. 
1831, m. dans la meme ville le 28 mars 1885 ; 
eteve de Lindblad et, de 1848 A 1852, da Con- 
servatoire de Leipzig. II devint, en 1857, maitre 
de composition a l'Acad&nie royale de Stock- 
holm, en 1859, directeur de la « Nouvelle So- 
ci^te philharmonique », en 1861, maitre de cha- 
pelle a l'Opdra de cette ville, et fut, de 1879 A 
1884, directeur des « Concerts symphoniques ». 
II Spousa en 1864 la violoniste Wilhelmine Ne- 
ruda (v. ce nom). Citons parmi ses compositions: 
des morceaux de piano A deux et A quatre 
mains, nne sonate pour violon, un trio et un 
quatuor avec piano, etc. 

Noskowski, Sioismund, ne a Varsovie le 2 
mai 1846, fut d'abord maitre de musique dans 
un institut d'aveugles et inventa une notation 
musicale pour les aveugles ; il etudia encore 
aupres de Kiel et devint, en 1876, directeur de 
la musique de la ville de Constance. II est ac- 
tuellement professeur au Conservatoire de 
Varsovie et directeur de la Societe de musique 
de cette ville. N. s'est fait apprecier aussi 
comme un compositeur de talent (quatuors 
pour instr. aarchet; une ouverture : Das Meer- 
auge ; des symphonies; une musique de ballet 
op. 42; des choeurs; des morceaux de piano, 
etc.). 

Nota (lat. et Hal.), note. 2V. romana, v. neu- 
mes ; n. quadrata, quadriquarta, v. notation 
GARR£E;n. cattiva, note tombant surlapartie 
faible, non accentu6e,de la mesnre, note faible; 
n. cambiata, appogiature. 

Notation, c.-a-d. representation graphique 
des sons. Le syst&ne de n. le plus ancien est 
probablement celui de la n. alphabetique (v. 
lettres) ; les anciens Grecs en possedaient 
d&j& un tr6s developpe (v. [musique] grecque). 
Quant aux neumes (v. ce mot) employes au 
moyen age pour la n. des chants rituels catho 
liques, ils n*6taient en somme qu'une sorte de 
stlnographie ou mieux encore de tachygraphie 
musicale. Notre n. occidentale actueile est issue 
de la combinaison d*une n. alphabetique des 
debuts du moyen age, improprement dite gre- 
gorienne (cf. Gr£goire), avec la n. neumatique, 
combinaison qui se fit gradueilement a partir 
des xi« et xu* s. Guy d'Arezzo (v. ce nom), en- 
tre autres, qui imagina l'emploi actuel des 
lignes de la port£e, contribua, pour une large 
part, A la formation de cette n. ; mais l'usage 
d'une ou deux lignes horizontales pourvues de 
clefs (fa et ut) remonle encore plus haut que 
Guy d*Arezzo. L'adoption de signes de dur£e 
transforms^ au xu° s., la n. carree en n. pro- 
portionnelle (v. ce mot). Le xiv« s. A son tour 
vit apparaitre les indications de mesnre (v. ce 
mot), le xvn* s., enfin, la barre de mesure, qui 
delivra la n. des r&gles compliqu£es de la 
th6orie proportionnelle. La n. moderne etait 
de la sorte entitlement £tablie v mais d'autres 
systemes se maintinrent simultanement et jus- 



- NOTKBR 

que dans le courant du xvm* s. pour l'orgue et 
le luth, sous le nom de tablatures (v. ce mot). 
L'auteurde ce dictionnaire, Hugo Riemanti,a 
donn6 un aper$u g6n£ral de l'histoire de notre 
n. dans Studien sur Geschichte dear Notenschrift 
(1878) et Notenschrift und Notendruck (Leip- 
zig, Roeder, 1897) ; la simple lecture du premier 
de ces ouvrages sufflt A d6montrer le manque 
absolu d'originalit6 de YHistoiredela notation 
musicale (1881), de E. David et M. Lussy. 

Notation carrte (all Choralnote), nom que 
Ton donne au syst&ne de notation du chant 
grSgorien qui. par opposition A celui de la mu- 
sique proportionnelle, n'indiquait pas la duree, 
mais seulement l'el6vation des sons. Toutes les 
notes de la musica plana (cantus planus, plain 
chant), ainsi que fut denomm* plus tard le 
chant grSgorien privA du rythme, sont noires 
et carrees m , d'ou leur nom de nota quadrata 
ou quadriquarta. L'unique cas exceptionnel se 
rencontre dans certaines figures seulemenU 

telles que " ♦ ou ♦ ! .Quelle que soit IV 

nalogie de leurs formes, ces signes n'ont rien de 
commun avec les valeurs proportionnelles de 
la longue, de la br&ve et de la semi-brdve. La 
musique proportionnelle apparue dans le cou- 
rant du xn« s. se servit simplement des signes 
de la n. c. en leur attribuant une vaienr ryth- 
mique precise ; c'est la raison pour laqnelle la 
n. c. en arrive momentan&ment A abandonner 
les signes ^ et a, pour ne plus faire usage que 
de • . La n. c. n'est rien autre qu'une notation 
neumatique placie sur un systdme de lignes 
(v. neitmesJ et dans laquelle la hauteur relative 
des sons est exprimee d'une fa$on plus exacte, 
grace a l'accentuation du plein du signe pri- 
mitif : *j correspond a l'ancienne « virga », ■ 
et 4 au « point ». Mais c'est surtout, dans cer- 
tains signes composes, la figure dite figura 
obliqua qui trahit Torigine de Ian. c.,- cette 
figure est un simple trait oblique, assez epaissi 
et dont les deux extr£mit£s indiquent chacune 
une note, ex. : f ^. On donnait a ces signes 
composes le nom de ligatures (v. ce mot) ; eel- 
les-ci passerent aussi dans le systdme de no- 
tation proportionnelle. 

Note (du lat nota, signe), signe convention- 
nel destine A repr6senter un son musical. Le 
mot « nota» dans le sens de n. se rencontre d£ja 
chez Fabius Quintilien (n° s, apr. J.-C.) ; Boece 
(vers 500) s'en sert pour designer la notation 
grecque, mais ce m&me terme passa plus tard 
A la notation neumatique (nota romana), puis* 
apr&s l'invention des lignes, A la notation car- 
nfts et A la notation proportionnelle (v. les 
articles speciaux). La n: a pour but d f exprimer 
plus particuli&renient deux cho6es : la hauteur 
et la durie du son. Cf. au sujet de la hauteur 
des sons Tart, la ; quant aux cdtes historiques 
de la question, v. lettres et neumes et aussi 
quelques renseignements sur les signes de 
duree A tablaturb et signes de durAb. 

Notker [Balbulus, c.-A-<L« leB£gue*],moine 
du couvent de St-Gall canonist, ni en 840, m. 



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NOTOGRAPHE — NOVELLO 



le 6 avr. 912 ; Tun des plus anciens et des plus 
remarquables compositeurs de sequences, au- 
quel on doit entie autres le Media vita m morte 
sumus. On trouve des details sur lui, ainsi que 
la reproduction partiellede ses sequences, dans 
Die Sdngerschulevon St-Gallen, de Schubiger 
(1858). Selon la tradition, N. serait aussi l'auteur 
de plusieurs petits traites en allemand sur la 
musique, que Ton a voulu attribuer, d'autre 
part, k un moine de St-Gall, Notker Labeo. Ce 
dernier vecut une centaine d'annees apres N., 
et rien ne prouve qu'il se soit jamais oc- 
cupe de musique. Quant k l'eiude philologique 
de ces traites, elle ue conduit k aucune donnee 
certaine sur leur origine, car les manuscrits 
conserves ne sqnt pas des autograpbes. Quatre 
de ces traites : De octo tonis, De tetrachordis, 
De octo modis , De mensura fistularum or- 
ganicarum, ont ele reproduits par Gerbert 
(« Script. » I) ; un ein qui em e (sur la subdivision 
du monocorde) a ete reproduit, avec le pre- 
mier et le dernier des traites susnommes, par 
I'auteur de ce dictionnaire, dans ses Studien 
zur Geschichte der Notenschrift. l/explication 
des lettres romaniennes par N. (Eooplanatio 
quid singula? litterce in superscriptione signi- 
ficent cantUence), frequemment reproduit 
(aussi par Gerbert, loc. cit.) n'est que d'une 
valeur tres douteuse ; N. lui - meme semble 
n'avoir plus eu aucune connaissance de la va- 
leur de ces signes. Cf. Eckardus, In vita S. 
Notheri-Balbuli. 

Notographe (m^xographe), v. Schmeil. 

Nottebohm, Martin-Gustav, musicographe 
de merite. ne k Liidenscheid, en Westphalie, le 
12 nov. 1817, m. k Graz le 31 oct. 1882, au retour 
d'une cure de bains ; fut, de 1838 k 1839, ou il 
servait comme volontaire dans le bataillon de 
fusiliers de la garde, k Berlin, eleve de L. Ber- 
ger et Dehn, puis alia en 1840 k Leipzig et y 
continua ses etudes, aupres de Mendelssohn et 
de Schumann. En 1846, il se flxa k Vienne, 
suivit encore un cours de contrepoint de S. 
Sechter et fut, depuis lors, maitre de musique 
en cette ville, sans poste officiel. N. s'est occupe 
specialement de recherches sur Beethoven et a 
revele nombre de choses tres interessantes. 
Ses ouvrages sont : Ein Skizzenbuch von Bee- 
tlioven (1865); Thematisches Verzeichnii der 
im Druck erschienenen Werke von Beethoven 
(lW8);Beethoveniana(l$12, 2* vol., 1877, d'a- 
pres des articles postbumes) ; Beethovens Stu- 
dien(l**yol.:Beethovens Unterricfubei Haydn, 
Albrechtsberger, Salieri. Nach den Original 
manuskripten, 1873) ; Themaliscfies Verzeich- 
nis der im Druck erschienenen Werke Franz 
Schuberts (1874) ; Neue Beethoveniana (dans le 
« Musikalisches Wochenblatt », 1875 etsuiv.); 
Mozartiana (1880) ; Ein Skizzenbuch von Bee- 
thoven aus dem Jahr 1803 (1880). Comme 
compositeur,N. a public un quatuor avec piano, 
plusieurs trios, et des morceaux pour piano 
seul (en tout, dix-sept op.). 

Notturno, v. noctuhne. 

Noufflard, Georges, musicographe distingue, 
ne en 1846, m. k Lugano en avr. 1897 ; auteur 



569 

de : R. Wagner d 9 apres lui-meme (2 vol.), Lo- 
hengrin a Florence, Sector Berlioz et le mou~ 
vement contemporain,La Sgmphonie fantasti- 
que d'H. Berlioz, etc. % 

Nourrit, Adolphe, excellent chanteur sceni- 
que (tenor), ne k Paris le 3 mars 1802, fils d'un 
tenor del'Opera, Louis N. (ne k Montpellier,le 
4 aoiit 1780, m. k Brunoy, pres Paris, le 23 
sept 1831), avait et6 destine k la carriere com- 
merciale par son pere qui, malgre ses respec- 
tables capacites de chanteur, avait peu d'amour 
propre et remplissait, k cdte de sa carriere 
artistique, les fonctions de gerant d'un bijou- 
tier; mais N. etudia le chant en secret et obtint 
enfin, gr&ce k Intervention de Garcia, l'auto- 
risation de se vouer au theatre. II debuta en 
1821, k TOpera, dans le rdle de Pylade de 
T « Iphigenie en Tauride » de Gluck, et s'attira 
immediatement la faveur du public k cause de 
sa ressemblance frappante avec son pere, tant 
au physique que par sa personnalite artistique. 
Lorsqu'en 1825, son pere pril sa retraite, N. le 
remplaga comme fort tenor et fut longtemps 
1'idole du public et le favori des compositeurs. 
B remplissait en meme temps les fonctions de 
professeur de chant au Conservatoire. Parmi 
les rtfles ecrits pour lui et crees par lui, citons 
ceux de : Masaniello de la c Muette de Portici », 
Arnold de « Guillaume-Tell », Robert de « Ro- 
bert-le-Diable », Eleazar de < La Juive », Raoul 
des « Huguenots >. L'engagement de Duprez 
qu'on voulut lui coordonner le decida k prendre 
sa retraite (1837); instable des lors et mecon- 
tent de son sort, il donna des representations 
en Belgique, dans le midi de la France, en 
Italie, mais sa melancolie augmenta, malgre 
l'accueil enthousiaste qu'il re^ut partout et, le 
8 mars 1839, il se jeta de sa fenetre, k Naples, 
apres une representation de la « Norma ». N. 
n'etait pas seulement un excellent chanteur, il 
etait d'une maniere generate fort bien doue ; il 
a ecrit entre autres quelques ballets celebres 
pour la Taglioni et Fanny Elssler (La Sylphide, 
La Tempete, Le Diable boiteuoc, etc.). — Le 
frere de N., Aoouste (n£ k Paris en 1808, m. k 
L'Jsle Adam le 11 juil. 1858) fut aussi un excel- 
lent tenor et fut momentanement directeur de 
the&tre k La Haye, k Amsterdam et k Bru- 
xelles. 

Novellette, designation, employee probable- 
men t pour la premiere fois par Schumann 
(op. 21), de morceaux pour piano reppsant sur 
un grand nombre de themes, mais de forme 
tres libre. Peul-etre Schumann a-t-il choisi ce 
titre nouveau, parce que l'oeuvre en question 
contient des combinaisons harmoniques et 
rythmiques particulierement neuves et auda- 
cieuses. Ce meme titre a et6 frequemment em- 
ploye depuis lors; il n'a, de meme que celui de 
c romance • ou de t ballade >, aucune signifi- 
cation speciale, mais sert k designer surtout 
des morceaux de grandes dimensions bases 
sur de petits themes succedant rapidement les 
uns aux autres. 

Norello, Vincent, fondateur de Umportante 
maison d'edition de IiOndres, N., Ewer and (X 



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570 



NOVERRE — OBERTHf R 



(1811), ne a Londres le 6 sept 1781, in. a Nice le 
9 aout 1861, descendant du cdte paternel d'une 
famille italienne ; re^ut une excellente Educa- 
tion musicale et fut nomme, d6ja en 1797, orga- 
niste de la chapelle de l'ambassade portugaise 
(ou il resta jusqu'en 1822). II fut aussi Tun des 
fondateurs de la « Philharmonic Society > dont 
il a souvent dirigS les concerts, remplit de 1840 
a 1843, les fonctions d'organiste de la chapelle 
catholique de Moorfteld puis v6cut, a partir de 
1849, pour raison de sante, a Nice. N. 6tait lui- 
m&me un compositeur tres fecond (Messes, 
motets, cantates, etc.), mais il s T est surtout 
acquis des m&rites comme editeur, d'abord avec 
A collection of sacred music (1811, 2 vol.), qui 
fut suivie d'une grande quantite d'anthologies 
d'oeuvres de compositeurs anglais (Purcells 
sacred music, 1829, 5 vol.; Croft* s Anthems, 
Greene's Anthems, Boyce's Anthems, etc.) ainsi 
que de maitres aUemands (Messes de Haydn, 
Mozart, Beethoven, etc.). — La quatri&me fille 
de N., Clara-Anastasia, n6e le 10 janv. 1818, 
eut un temps de grande vogue comme canta- 
trice d'oratorios ; elle Spousa en 1843, le comte 
Gigliucci, mais chanta encore jusqu'en 1860. 
Quant au fils aine de X., Joseph- Alfred, n£ en 
1810, m. a GSnes le 16 jail. 1896, il 6tait chan- 
teur aussi (basse), mais il s'est surtout distin- 
gue comme directeur de la maison d'edition 
fondle par son pere ; il se retira en 1856, en 
Italic 

Noverre, Jean-Georges, c£lebre chor£gra- 
phe, ne a Paris le 29 avr. 1727, m. a Si-Ger- 



main, pres Paris, le 19 nov. 1810; fut premier 
danseur a Berlin, maltre de ballet a TOpera- 
Comique de Paris (1749), puis a Londres (1755), 
Lyon, Stuttgart, Vienne, Milan et enfin, de 1776 
a 1780, al'OpSra de Paris. En 1780, N. se retira 
dans la vie privSe. N. introduisit le premier 
Taction dramatique dans le ballet-pantomime, 
et perfectionna notablement cette branche de 
Tart sc£nique. II a 6crit : Lettres sur la danse 
et les ballets (1760; plusieurs fois regdite, aussi 
sous le titre : Lettres sur les arts imitateurs 
en general et sur la danse en parliculier, 1802) 
et Observations sur la construction d'une nou- 
velle salle d'opira (1781). 

Nowakowski, Joseph, n6 a Mniszck, pres 
Radomsk, en Pologne, en 1805, m. a Vaisovie 
en 1865; excellent pianiste, eleve du Conserva- 
toire de Varsovie, fit de grandes tournees de 
concerts et devint professeur a Y « Institut 
Alexandre », a Varsovie. Une soixantaine de 
ses compositions ont 6te gravees (une ouver- 
ture, douze Etudes pour piano, un quintette, un 
quatuor, des morceaux/de musique d'&glise, 
des fantaisies, des nocturnes, une m§thode 'de 
piano et un grand nombre de lieder). 

Nuceus, v. Gaucquier. 

Nunc dimittis, les premiers mots du cantique 
de louanges de Simeon (Canticum Simeonis). 
Luc II, 29 : « Maintenant, Seigneur, tu laisses 
ton serviteur s f en aller en paix, selon ta pa- 
role ». Ge texte a 6te mis en musique, a plu- 
sieurs voix, par un tr£s grand nombre de com- 
positeurs. 



o 



0, 1. (ital.) ou, par ex. violino o flauto. — 2. 
(lat.) L'interjection O ! et plus spScialement les 
antiennes du Magnificat des neuf jours qui 
precedent la fete de Noel, antiennes commen- 
cant par O! (« Les O de Noel »). — 8. La circon- 
terence O, signe du Tempus perfectum(\\TE&- 
pus). — 4. Dans les recueils du moyen age, com- 
prenant des chants not&s en neumes, dans la 
marge, le signe O indique que le morceau ap- 
partient au quatrteme mode d'eglise. — 5. Z6ro, 
(v. ce mot). 

Oakeley, Sir Herbert Stanley, professeur 
de musique a FUniversite d'Edimbourg (depuis 
1865), n6 a Ealing, pr6s Londres, le 22 juil. 1830; 
lit son Education au lyc6e de l^glise du Christ, 
a Oxford, etudia Tharmonie sous la direction 
d'Elvey, Torgue sous celle de Joh. Schneider, a 
Dresde, et suivit quelque temps les cours du 
Conservatoire de Leipzig, En 1853, il obtint le 
grade academique de « Baccalaureus artium », 
en 1856 celui de « Magister artium » et, en 1865, 
celui de « Docteur en musique », que lui contera 
l'archevdque de Cantorbery, le seul, en Angle- 



terre, qui ait, a part les Universites, le droit de 
conferer des grades. En 1876, O. fut 61ev6 au 
grade de chevalier; devint, en 1879, Dr.mus. a 
Oxford; en 1881, Dr. jur. a Aberdeen et,en 1887, 
Dr. mus. hon. c. a Dublin, etc. O. est excellent 
organiste et organise des concerts d'orgue pe- 
riodiques a Edimbourg. Un assez grand nombre 
de ses compositions ont b\& publiees : des chants 
avec piano et avec orchestre, des duos, douze 
chceurs pour voix mixtes, d'autres pour voix 
d'hommes, des transcriptions de douze melodies 
populaires £cossaises pour chceur, des chants 
cf&tudiants, ainsi que des compositions pour 
piano, une marche aoiennelle et une marche fu- 
nebre pour orchestre, une ode de jubile (1887), 
et des oeuvres vocales d'eglise (anthems, uu 
service du matin, un service du soir, etc.). 

0b., abreviation que Ton rencontre dans les 
partitions allemandes et italiennes pour « haut- 
bois » (Oboe). 

Oberdominante (all.), dominante (v. ce mot). 

Oberthur, Karl, harpiste et compositeur, ne 
a Munich le 4 mars 1819, m. a Londres le 8 



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OBRRTON — OCTAVE 



571 



nov. 1895; vScui d'abord a Wiesbaden, Zurich, 
puis Francfort s/M., mais Be fixa, en 1844 ddja, 
a Londres, oh il occupa une position en vue, 
aussi bien com me virtuose que comme profes- 
seur. De Londres, il entreprit & diverses re- 
prises des tourndes de concerts, avec grand 
succ&s, sur le continent Ses nombreuses com- 
positions sont, pour la plupart, des morceaux 
pour harpe seule, mais on connalt aussi de lui 
un quatuor pour quatre harpes, un nocturne 
pour trois harpes, des trios pour harpe, violon 
et violoncelle, un concertino pour harpe, des 
morceaux pour piano, des lieder, une grande 
Messe avec harpe ( c S. Filippo Neri » ), deux 
ouvertures (Macbeth et RUbezahl), une legende 
avec harpe (Lorelei), un op6ra: Florio de No- 
tnur (Yepr^sente & Wiesbaden), etc. 

Oberton (all.), son harmonique sup&rieur. 

Oberwerk (all.), clavier del'orgue dit « positif ». 

Oblige (all. obligate se dit d'une partie d'ac- 
compagnement qui, traitSe d'une mantere con- 
certante, ne pourrait A tre supprim6e sans que 
l'ensemble Mt denature. On donne surtout le 
nom de « partie obligee » & une partie instru- 
mental concertant avec une melodie vocale qui 
n'en reste pas moins Felement predominant de 
Voeuvre. Par contre, nous avons remplace de 
nos jours la denomination « sonate de violon 
avec alto oblig6 et continuo » par celle de « duo 
pour violon et alto » ou encore, lorsque l'alto 
est reellement traits sur pied d*egalite avec le 
violon, « morceau concertant pour violon et 
alto ». Le siecle dernier a vu paraitre un grand 
nombre d'oeuvres pour une voix seule avec ace. 
d'orgue, de piano ou aussi d'orchestre et d'un 
instrument oblige (flute, violon, etc.). 

Oblique, 1. Modvement o. (lat motus obli- 
f/uus, all. Seitenbewegung) se dit de la marche 
simultanee de deux voix, dont Tune reste en 
place, tandis que Tautre execute un mouvement 
ascendant ou descendant. — 2. Figube o. (lat. 
figura obliqua), traits obliques qui, de la nota- 
tion neumatique, passerent dans les ligatures 
de la notation proportionnelle et dont les deux 
extremity indiquent deux sons distincts : gj ou 

^; Cf. LIGATURE 2. 

Oboe (all.), hautbois. 

Obrecht, v. Hobrecht. 

Obstinato (ital.), v. ostinato. 

Ocarina, sorte de flftte de terre cuite, dont le 
corps ressemble a celui d'un oiseau, et qui est 
perc6 de trous servant k la fois pour la forma- 
tion des sons et pour le passage de l'air ; le 
timbre de To. rappelle celui d'un jeu de Mte 
bouche. 

O'Carolan, Turlogh, Tun des derniers bardes 
irlandais, n6 a Newtown, pr6s Nobber (Meath), 
en 1670, m. a Alderford House (Roscommon) le 
25 mars 1738 ; devenu aveugle, a l'Age de seize 
ans, des suites de la petite verole, il etait, a Tage 
de vingt-deux ans d6ja, chanteur populaire, 
parcourant le pays a cheval,en compagnie d'un 
serviteur qui portait sa harpe et conduisait son 
cheval. II jouissait partout de l'hospitalite en 
echange de ses chansons, qui, bien que de sa 
propre composition, portaient un caractdre emi- 



nemment national. L'un de ses flls a publie,en 
1747, une collection de ses chants. 

Ochetus (hoquetus, hocetus, hocketus, hocque- 
tus), Tune des plus anciennes formes musicales, 
a la fois am use tie contrapontique et vrai tour- 
ment pour les chanteurs, qui rappelle, a plus 
d'un point de vue, ie c catch » anglais. L/o. etail 
caracterise surtout par l'arr&t, alternant fre- 
quemment, des voix qui coop&rent a la forma- 
tion de l'ensemble (Walter Odington [1228]: 
dum unus cantat, alter tacet); il s'ecrivait a 
deux ou aussi a trois voix. Le nom d'o. ee trouve 
d£j& dans le Discantus positio vulgaris (xu* s.\ 
autrement dit, il est aussi ancien que le dechant 
lui-meme. On perd sa trace, par contre, d6s le 
debut du xiv B s. Cf. aussi Jean de Garlande, 
dans les Script I, p. 116, de Coussemaker. 

Ochs, 1. Traugott, n6 4 Altenfeld, duche de 
Schwarzburg-Sondershausen, le 19 oct. 1854, 
el£ve de Stade, a Arnstadt, et d'Erdmanns- 
dorffer, a Sondershausen, suivit en outre, de 
1879 a 1880, les cours de l'lnstitut royal de mu- 
sique d'eglise, a Berlin, et fut eleve particulier 
de Kiel. Jl fut nomme, en 1880, maltre de mu- 
sique au seminaire de Neuzelle; en 1883, orga- 
niste a Wismar, et de plus, en 1889, directeur 
de la « Singakademie ». O. est aussi un compo- 
siteur distingue (Deutsches Aufgebot, pour voix 
d'hommes et orchestre ; Requiem, morceau d'or- 
gue; m6thode de chant choral pour voix d'hom- 
mes, etc.). — 2. Siegfried, ne k Francfort s/M., 
en 1858, 6tudia d'abord la medecine, puis lamu- 
sique a l'Academie royale de Berlin; il est ac- 
tuellement directeur du « Choeur philharmoni- 
que », dont il a fait Tune des meilleures asso- 
ciations chorales de la capitale. O. est un com- 
positeur de talent, mais port6 surtout vers le 
genre humoristique (opera-comique : lm Na- 
men des Gesetzes, Hambourg, 1888; lieder, duos, 
morceaux de piano, etc.). 

Ochsenkuhn, Sebastian, joueur de luth A la 
cour d'Othon-Henri du Palatinat, m. & Heidel- 
berg le 2 aotit 1574; a public, en 1558, un Tabu- 
laturbuch auf die Lauten, contenant soixante- 
dix-sept motets, des lieder allemands, des chan- 
sons fran$aises, etc., le tout transcrit pour le luth. 

Ockenheim, v. Okegkem. 

Octava (ital.), octave. 

Octave (octava, s.-ent. vox; all. Oktave), hui- 
tieme degre de l'echelle tonale, portant le meme 
nom que le degre initial (cf. intervalle). V. au 
mot son la signification harmonique de To. — 
La regle de l'o. (regtda dell'ottava; cf. Cam- 
pion 2) n'etait autre chose, chez les musiciens 
italiens des xvii 6 et xviii« s., que le resum6 de 
la theorie de l'accompagnement, IhSorie qui 
contient, en germes, le systeme du renverse- 
ment des accords et de la basse fondamentah* 
de Rameau ; elle fixait les harmonies naturelles 
de la gamme de la fa^on suivante: 

(!) 

c fc (J) « a (I) (•) « « (») 



___ _ & *g **** 



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572 



OCTAVE RETRScIE — OELSCHLAGEL 



La commodite de cette r&gle pratique est &vi- 
dente, si on compare celle-ci au formalisme des 
th6oriciens allemands qui construisent sur cha- 
que degr6 de la gamme un accord de trois sons ; 
mais il va. sans dire que cette r£gle est avant 
tout destinee A faciliter la tAche aux commen- 
cants, tandis qu'A un degr6 sup£rieur de d6ve- 
loppement elle impose des restrictions pure- 
ment aleatoires. 

Octave rgtrdcie (all. hurze Oktave), nom que 
Ton donne, dans les anciennes orgues (du xvi« 
au milieu du xvin* s.) A la disposition habi- 
tuelle de Toctave grave du clavier, tant manuel 
que p6dalier ; cette octave n'avait pas de tou- 
ches pour les sons ut jj 1 , re fl l , fa $* et sol J} 1 , 
mais les autres touches en 6taient disposees de 
telle fa^on que le son le plus grave (u* 1 ) parais- 
sait &tre un mi* ; 



H 



cis 
d 



c.-&-d. queu* 1 , fa*, sol*, la*, si* forment la ran- 
gee de touches inferieures, rd 1 , mi* etsifr* la 
rangte snp6rieure; ou encore: 



CIS 



H 



avec ut* 9 r4*, si b 1 comme rangee supSrieure.— 
Get arrangement tres Strange s'explique tout 
simplement par le fait que le son fa 6tait g6- 
neralement la limite au grave des orgues du 
xv« au xvi e s. et qu'en outre les sons chroma- 
tiques n'y elaient pas repr£sent6s dans l'octave 
la plus grave, A l'exception du si I? 1 . Pour ga- 
gner plus tard au grave les sons mi*, ri*, ut*, 
sans 61argir d'autant le clavier, ce qui n*6tait 
guere possible, on eon? ut l f id6e de placer une 
seule touche A gauche de la rangee interieure 
existante et d'intercaler les autres A la suite de 
la rangee supSrieure. Cette disposition que Di« 
ruta, par. ex., dans le Transsilvano, appelle 
simplement le * mi-r6-ut », fut peut-6tre bien 
imitee ensuite dans les orgues nouvelles, par 
£gard pour les organistes qui s'&aient accoutu- 
mes A To. r. 

Octette (ital. ottetto, all. Oktett), composition 
pour huit instruments (A archet ou A vent, ou 
des deux sortes) qui se distingue du double 
quatuor en ce qu'ii ne s'agit pas de deux grou- 
pes de quatre instruments chacun, qui sont en 
presence, mais bien de huit instruments for- 
mant un tout absolument homog&ne. On peut 
aussi donner le nom d'o. A un ensemble vocal 
a huit parties; mais on lui pr^tere en gSnSral, 
dans ce cas, celui d'ocxuoR. 

Octobasse, v. Vuillaume. 

Octuor (Ottetto), ensemble vocal (ou aussi 
instrumental) A huit parties. Cf. octette. 

Ode (grec, « chant »), po6me lyrique, et de Id 
composition musicale d'un tel po&me. 

Odenwald, Robert-Theodor, ne a Franken- 



thal, pr£s Gera, le 3 mai 1838; Steve de W. 
Tschirsch et A. Heifer, Stait, A rage de dix-huit 
ans, pr£fet du choeur de l'Sglise de Gera. II fuU 
de 1859 a 1860, maltre de chant dans les ecoles 
de Gera, fonda aussi A Gera, en 1868, une so- 
ciety de chant qui est vile devenue florissante ; 
mais fut appel6, eri 1870, A Elbing, comme can- 
tor A l^glise Ste-Marie et maltre de chant an 
gymnase. En 1871, il a fondS le choeur d*6glise 
d'Elbing, dont il a d6velopp6 les quality A un 
tel point que le ministere des cultes lui a ac- 
cord6 une subvention. En 1882, O. fut appele A 
Hambourg comme maltre de chant au gymnase 
royal et au gymnase « Guillaume » et fonda en 
m6me temps, A Hambourg, un chopur d'£glise 
qui fit des progrte rapides et tr6s satisfaisante. 
O. est lui-m6me chanteur et a public quelques 
compositions vocales (psaumes, choeurs). 

Ode-symphonie, c-A-d. symphonie avec 
choeur. 

Odington, Walter, moine b£n£dictin A Eves- 
ham (qu'il ne faut pas confondre avec Tarche- 
v6que de Cantorb&y, Walter Einesham, qui 
v^cut apr6s 1328), m. apr£s 1816, Tun des plus 
remarquables th&oriciens anciens de la musique 
proportion nelle ; son traits : De speculations tnu- 
sices) Scrit en 1280, est rests longtemps enfoui 
dans la biblioth&que du * Christ College », A 
Cambridge, et n*a 6t6 reimprime que recem- 
ment par Coussemaker (Script, I), n compte 
parmi les documents les plus importants de 
l'^poque de floraison du d^chant. 

Odon de Clugny (canonise), musicographe du 
x* 8.; Steve de Remi d'Auxerre, devint, en 899* 
chanoine et chantre de la chapelle de Tours. II 
entra, en 909, au convent de Baume (Franche- 
Comte) et devint dans la suite abb6 des con- 
vents d'Aurillac, de Fleury, puis, en 927, de 
Clugny, od il mourut le 18 nov. 942. O. passe 
pour &re l'auteur du : Dialogus de musica* 
connu aussi sous le titre : Enchiridion (mu$i~ 
ces\ qui a 6t^ reproduit par Gerbert (Script, I). 
Mais de plus r£centes recherches forcent de lui 
retirer la paternity de cet ouvrage et de Tattri- 
buer a quelque autre O. qui vivait vers Tan 
1000. O. aurait aussi donn6 a l'ancienne nota- 
tion alphabetique (A-G, dans le sens de ut A si) 
le sens qu'elle a conserve, jusqu'a nos jours en- 
core, en Allemagne (A B C D E F G = la, si\ 
ut, re, mi, fa, sol ; le r (Gamma), pour le son 
au-dessous de to, apparait auBsi chez O. 

Oeglin, Erhard, le premier imprimeur alio- 
mand (A Augsbourg) qui imprima, au moyen 
de caract^res typographiques, de la musique 
figure, a savoir : Melopoiae sive harmoniae 
tetracenticae, de Peter Tritonius ( 1507), paru 
chez l^diteur Riman (le pere du commerce de 
librairie allemand), et le recueil de chants alle- 
mands A plusieurs voix, de 1512 (nouvelle Edi- 
tion en partition, avec reduction pour piano, de 
R. Eitner, dans les publications de la « Gesell- 
schaft fOr Musikforschung », vol. IX). Cf. im- 
pression. 

Oelschl&gel, Alfred, n^ A Anscha (Boh^me) 
le 25 tevr. 1847, «^ve del'Ecole d'organiates de 
Prague, fut chef d'orchestre de th&tre A Ham- 



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OESTEN 



OFFERTOIHE 



573 



bourg, Teplitz, Worzbourg, Carlsbad et Vienne 
<« Karltheater »), et, plus tard, chef de musique 
militaire A Klagenfurt. n a 6crit des op&rettes : 
Prinz und Maurer (Klagenfurt, 1884) et Der 
Sckelm von Bergen (Vienne, 1888), 

Oesten, Thbodor, fecond compositeur de 
musique de salon, n6 A Berlin le 81 d£c. 1813, 
m. dans l&m&me ville le 16 mars 1870; Slfrve 
des classes de composition de l'Academie 
royale de Berlin (Rungenhagen, A.-W. Bach), 
il se d&tourna cependant de la composition 
s&ieuse qu'il avait apprise chez ses maitres et 
ecrivit d'innombrables petits morceaux de 
piano, destines avant tout a Hatter le goiYt du 
public de son temps. 

Oettingen, Arthur-Joachim vox, ne A Dorpat 
le 28 mars 1886, flls du marshal et landrath 
livonien v. 0., fit ses premieres Etudes dans 
l'institut privS Fellin, en Livonie, puis etudia 
l'astronomie d*abord et la physique ensuite A 
l'UniversitS de Dorpat (1853 4 1858). II continua 
a travailler la physique, la physiologie et les 
mathematiques, de 1859 A 1862, A Paris et a 
Berlin, et se presenta en 1863 comme privat- 
docent (charge de cours) de physique A l'Uni- 
versit£ de sa ville natale. En 1865, il y fut 
nomm£ professeur extraordinaire et, l'annee 
suivante, professeur ordinaire de physique ; de 
1869 A 1874, il fut secretaire de la Soci<He des 
sciences naturelles de Dorpat et il est, depuis 
1877, membre correspondent de l'Academie des 
sciences de St-P&ersbourg. Ge savant de m£- 
rite qui s*est fait un nom dans sa spScialite, 
par des travaux de la plus haute valeur (cor- 
rection des thermom&tres, dScharges electri- 
ques, th&orie mecamque de la chaleur, obser- 
vations meteorologiques, etc.), est en mfone 
temps un excellent musicien, president de la 
Society de musique de Dorpat et directeur d'un 
orchestre d'amateurs fort bien styl£. Ses tra- 
vaux dans le domaine de la theorie musi- 
eale sont tr&s remarquables ; son Harmoriie- 
system in dualer Entwiehelung (1866) est une 
critique intelligente des systemes de Haupt- 
mann et de Helmholtz, une heureuse combi- 
naisori et, en m§me temps, une amplification 
logique des theories de ces deux savants. Get 
ouvrage est d'une importance incontestable 
pour la constitution d'un syst£me tonal mo- 
derne en rapports intimes avec l'acoustique. 
O. Thtlrlings, O. Hostinsky et surtout H. Rie- 
mann, l'auteur de ce dictionnaire, ont d6j& 
«uivi les traces d'O. dans cette nouvelle voie. 

Offenbach , Jacques , c61£bre compositeur 
d'operettes, n6 a Cologne le 21 juin 1819, m. A 
Paris le 5 oct. 1880; fils d'un chantre de la 
paroisse isra^lite de Cologne, JudaO. (en r6a- 
lit6 Juda Eberscht) qui a public entre autres, 
en 1830, YAllgemeines Gebetbuch fiir die 
israelitiscfieJugend. On aurait tori de compter 
O. parmi les compositeurs allemands, car il 
est arrivS tout jeune garcon A Paris, oil il 
entra au Conservatoire (classe de violoncelle 
de Vaslin) et, bien que ses op&rettes aient £16 
representees dans le monde entier, il n*a ja- 
mais quilts Paris que momenta n^ment. Apres 



avoir d'abord jou6 quelque temps, comme vio- 
loncelliste, A I'orchestre de l'OpSra-Gomique et 
s'Mre fait connaltre par quelques compositions 
agr£ables sur des fables de La Fontaine, il 
accepta en 1849, le poste de chef d'orchestre au 
ThMtre francais ofi il remporta son premier 
succ&s avec la Chanson de Fortunio, Scrite 
pour le « Chandelier » d'A. de Musset. En 1855, il 
devint lui-m&me directeur de th&ttre, en ou- 
vrant les « Bouffes parisiens » d&bord dans la 
salle Lacazes (Champs-Elysees) mais, dej4 
quelques mois plus tard au Theatre Comte, 
dans le passage Choiseul. Un grand nombre 
de ses oeuvrettes les plus connues ont vu la le 
feu de la rampe. En 1866, O. abandonna la 
direction du theatre et tit executer ses ouvrages 
sur diff£rentes scenes parisiennes (Varies, 
Palais-Royal, etc.) ; mais en 1872, il se chargea 
encore de 1'entreprise du The&tre de la Gaite, 
qu'il a remis au bout de quatre ans A Vizen- 
tini, lequel l'a continue sous le nom de Th&Ure- 
Lyrique. Apres une toum6e assez mal r6ussie 
en Am6rique, toum£e decrite dans les Notes 
dun Musicien en voyage (1877), 0. ne vecut 
plus que du produit de ses ouvrages. 11 souf- 
frit cruellement de la goutte, vers la fin de sa 
carriere. 0. a 6crit en tout cent deux ouvrages 
sc&iiques, dont un grand nombre, il est vrai, 
n'ont qu'un acte; ces oeuvres ne sont autre 
chose que de la « musiquetle », mais du moins 
sont-elles adroitement et soigneusement 6crites. 
Le plus grand nombre de ses operettes appar- 
tiennent au genre qu'avait cultive auparavant 
deja, Herv6, avec une tendance au persiflage 
ou a la frivolity Cette corruption regrettable 
du gout, si particuli&re A notre stecle, nuit d'au- 
tant plus auxvrais int6r&tsde Fart qu'elle flatte 
le mauvais godt de lafoule et satisfait ses app6- 
tits grossiers. Parmi les pieces les plus con- 
nues et (malheureusement !) les plus en vogue 
de l'auteur, citons : Orphke aux Enfers (1858), 
La Belle Hdlene (1864), Barbe-bleue (1866), La 
Vie parisienne (1866), La Grande duchesse de 
Gerolstein (1867), Madame Favart (1879). II 
avait 6crit d'abord : Les Alcdves (Paris, 1847, 
dans un concert), Marietta (Cologne, 1849) et 
Fepito (Paris, 1853); quant A ses derniers ou- 
vrages : un opera-comiqne : Les contes d Hoff- 
mann et une op£rette : Mademoiselle Mouche- 
ron y ils ne furent donnas qu'apr&s la mort de 
l'auteur, en 1881. Avant le commencement de 
sa carriere thMtrale, O. a 6crit quelques duos 
pour violoncelles, des morceaux pour violon- 
celle, et des romances. — Un de ses fr6res, 
Jules O., (n6 en 1815, m. en oct. 1880, fut pen- 
dant plusieurs ann&es chef d'orchestre aux 
Bouffes parisiens, 

Offertoire flat, offertorium, offerenda), nom 
que Ton donne, dans le culte catholique, au 
chant qu'execute le choeur pendant la pre- 
sentation par le pretre du calice et de 
l'hostie ( immedialement apr^s le Credo ). 
L'antiphonaire gr^gorien renferme pour la 
messe de chacun des jours de Tannee (A l'ex- 
ception du vendredi et du samedi de la Semaine 
sainte) un verset special pour l'offertoire ; ce- 



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574 



OFFICIUM 



ONSLOW 



pendant l'usage vent, depuis fori longtemps 
deja, que Ton ajoute a la melodie gregorienne 
un motet chants soit sur le meme texte que To., 
soit sur un texte different. C'est a cet effet que 
sont composes les o. de Palestrina et d'autres ; 
ou ecrit meme des o. avec accompagnement 
instrumental (orgue). 

Officium (lat.), office, service religieux ; o. 
defunclorum, office des morts; o. matutinum, 
matines ; o. vespertinum, vepres. Gf. heures 

CANONIALES. 

Oginski, nom de deux princes polonais qui 
se sont distingues comme compositeurs de 
chants nationaux: 1. Michael-Kasimir, grand 
general de Lituanie (ne a Yarsovie en 1731, 
m. dans la meme ville en 1803) qui entretenait 
un orchestre dans sa residence de Slonin et 
paralt avoir perfection^ la harpe. — 2. Mi- 
ohael-Kleophas, grand tresorier de Lituanie, ne 
a Gutzow, pres Varsovie, le 25 sept. 1765, m. a 
Florence le 31 oct. 1833 ; est connu principale- 
ment comme auteur de polonaises. 

Okeghem (Ockenheim, Okekem, Okengheh, 
m&me Okergan), Jean de, initiateur de la deu- 
xieme 6cole neerlandaise dont les Josquin, les 
Pierre de la Rue, les Brumel, les Compere, etc. 
furent les principaux representants, en portant 
Tart du contrepoint en imitations a son plus 
haut degre de perfectionnement (cf. Neerlan- 
dais), ne vers 1430, puisqu'il a ete de 1443 a 
1444, enfant de choeur a la cath6drale d'Anvers, 
devint probablement vers 1450, eleve de Dufay 
a Cambray, et entra trois ans plus tard deja 
au service de la Gour de Charles VII, a Paris 
(il est cite, en 1454, comme compositeur et pre- 
mier chapelain). En 1459, O. occupait la situa- 
tion hautement honorifique de Tresorier de 
l'Abbaye St-Martin de Tours, mais vecut ce- 
pendant a Paris des 1461. Nomme en 1465, 
maitre de chapelle royal, il se rendit en 1469, 
aux frais du roi, en Espagne, puis, en 1484, en 
Flandre (pour la conclusion de la paix?) et 
mourut en 1495. On a conserve, parmi les com- 
positions d'O., dix-sept Messes, ainsi que sept 
motets, un Deo gratia a 36 voix (a neuf ca- 
nons), dix-neuf chansons (entre autres la ravis- 
— _-«ante : « Se vostre cceur ■) el un certain nombre 
de canons. Cf. M. Brenet, J. de 0. (18913). Le 
poete Grestin, m. en 1525, a 6crit une deplora- 
lion sur la mort d'O., maintes fois reimprimee. 
En fait de publications plus recentes, on trouve 
quelques fragments de la Messe Cujusvis toni 
dans les ouvrages historiques de Forkel, de 
Kiesewetter et d'Ambros, ainsi que dans la 
« Sammlung » de Rochlitz; un fragment de la 
Missa prolationum dans le « Traite de con- 
trepoint » de Bellermann; un canon enigmati- 
que dans la plupart des traites d'histoire de la 
musique, et dans Touvrage d'Ambros (v), en 
outre, la chanson Se vostre coeur. 

Ole (El Ole), danse espagnole execute par 
une seule personne, d'un mouvement modere 
a 3 / 8 , avec le rythme de castagnettes suivant : 

tr 



V iv 



by^_ 



.jL 



e 



Ole Bull, v. Bull. 

Olibrio, Flavio-Anicio, pseudonyme de Joh.- 
Friedr. Agricola (v. ce nom). 

Oliphant, Thomas, zele madrigaliste anglais, 
n& en 1799, m. a Londres le 9 mars 1873; mem- 
bre et, en dernier lieu, president de la « Madri- 
gal Society », auteur de : A brief account of 
the Madrigal Society (1834); A short account 
of madrigals (1836) ; La musa madrigalesca 
(1837, collection des textes de 400 madrigaux) 
et d'un grand nombre de poemes anglais adap- 
tes a d'anciens madrigaux italiens. O. a tra- 
duit « Fidelio » en anglais et publie les Service 
and responses, de Tallis. 

Olsen, Ole, compositeur norvegien, ne a 
Hammerfest le 4 jail. 1851, a ecrit des oeuvres 
pour orchestre et pour piano, dans* un style 
tres moderne; mais ce n'est guere que dans sa 
patrie qu'il est parvenu a quelque notoriete. 

Ondriczek, Franz, excellent violoniste, ne a 
Prague le 29 avr. 1859, fils d'un musicien de 
profession (violoniste au Theatre national) 
dont il a recu les premieres lecons de musique. 
Son pe>e conduisait lui-meme, autrefois, un 
petit orchestre de danse et le jeune garcon, qui 
se developpait 6tonnamment t<H, dut jouer pour 
faire danser. Ge ne fut qu'a TAge de quatorze 
ans qu'il fut arrach6 aux dangers de cette vie 
par son entree au Conservatoire de Prague. 
Trois ans plus tard, il en sortait comme vir- 
tuose accompli. Un negotiant de Prague lui 
fournit les moyens de continuer ses etudes au- 
pres de Massart, a Paris, et O. quitta, au bout 
de deux ans, le Conservatoire de Paris avec le 
premier prix. Depuis lors, il s'est fait connattre 
de la facon la plus avantageuse, dans de nom- 
breuses et lointaines tourn&es de concerts. 

Ongarese, all'0., v. hongroise (musique). 

Onslow, George, compositeur fecond, sur- 
tout dans le domaine de la musique de cham- 
bre, ne a Clermont-Ferrand (Puy-de-Ddme), le 
27 juil. 1784, m. dans la mSme ville le 3 oct. 
1852: petit-Ills du premier lord O., il passa une 
partie de sa jeunesse a Londres, ou Hnllman- 
del, Dussek et Cramer lui donnerent des lemons 
de piano. II revint ensuite en France et passa 
regulierement quelques mois d*hiver a Paris, 
tandis qu'il vivait, dans les intervalles,gen A ra- 
lement dans ses domaines, pres de Clermont, 
oil il faisait avec ardeur de la musique en com- 
pagnie de quelques amateurs, surtout de la 
musique de chambre dans laquelle il jouail la 
partie de violoncelle. II avait deja lui-meme 
ecrit et publie un nombre respectable d'oeuvres 
de musique de chambre, lorsqu'il suivit encore 
un cours de composition chez Reicha, en vue 
de pouvoir se mettre avec succes a la composi- 
tion scenique. Mais ses trois operas-corn iques : 
LAlcade de la Vega (1824), Le Colporteur 
(1827) et Le Due de Guise (1827) ont passe 
inapercus du public parisien. O. jouissait dans 
le monde musical de Paris, d*une grande con- 
sideration; il fut elu membre de l'Academie, en 
1842, en remplacftnent de Cherubini. II a pu- 
blie : trente-quatre quintettes pour instr. a archet, 
tous ad. lib. pour deux violons, alto et deux vio- 

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OP. — OPERA 



575 



loncellesou deux violons, deux alti et violoncelle 
on deux violons, alto, violoncelle et contrebasse 
(op. 1 [no- 1 & 8], 17 & 19, 28 & 25, 82 a 35, 37 a 
40, 43 * 45, 51, 57 a 59, 61, 67, 68, 72 a 74, 75, 78, 
80,82: la partie de basse qui est inex^cutable 
pour les contrebassistes ordinaires a &t£ ecrite 
pour Dragonetti); puis viennent trente-six qua- 
tuors pour instr. a archet (op. 4, 8, 9, 10, 21, 86 
[arrangement du trio, op. 14], 46 — contenant 
chacun trois quatuors — op. 47 a 50, 52 & 56, 
62 & 66, et 69) ; dix trios avec piano (op. 8,14 
(chacun de trois trios) ; 20, 26, 27 et 83) ; trois 
sonates pour piano (op. 2, 13, 28), trois sonates 
A quatre mains (op. 7, 22); six sonates pour 
violon (op. 11 [n°« 1 a 3], op. 15, 29, 81) ; trois 
sonates pour violoncelle (op. 16); un sextuor 
(op. 30) pour piano, flute, clarinette, cor, basson 
et contrebasse (ou bien avec quatuor d'instr. a 
archet, au lieu d'instr. a vent) ; un septuor 
(op. 79) pour piano, flute, hautbois, clarinette, 
cor, basson et contrebasse (aussi en quintette 
pour piano, violon, alto, violoncelle et contre- 
basse) et un nonette (op. 77) pour flute, haut- 
bois, clarinette, cor, basson et quatuor d'instr. 
a archet (avec contrebasse): enfin quatre sym- 
phonies (op. 41, 42, 69, 71) et La mort d'Abel, 
scene pour basse solo et orchestre. Aujourd'hui 
cette musique est presque totalement oubli£e et 
les quintettes seuls sont encore repris, ici ou 1&, 
par quelques m&omanes s^rieux. 

Op., abr^viation pour Opus (lat.), Opera 
(ital.).oeuvre ; les compositeurs ont l'habitude 
de numeroter leurs ceuvres, dans l'ordre de 
leur origine ou de leur publication, de la fagon 
suivante : op. 1, 2 9 etc. (num£ros d'oeuvre). 

Opelt, Friedrich-Wilhklm, theoricien mu- 
sical, n6 £ Rochlitz, en Saxe, le 9 juil. 1794, 
percepteur d'impdts du district de Plauen, 
plus tard conseiller d'arrondissement d'impot 
a Dresde, m. dans cette ville le 22 sept. 1868, 
apres avoir &te conseiller intime des finances; 
auteur de : Ueber die Natur der Musik (1834) 
et AUgemeine Theorie der Musik, auf den 
Rhythmus der Klangwellenpulse gegriindet 
und dutch neue Versinntichungstnittel er- 
lautert (1852). O. ne traite de la theorie musi- 
cale qu'au point de vue purement physico-ma- 
th£matique. 

Op era. Le mot « opera * vient de Titalien : 
opera (in musical mot qui designe, non pas 
proprement ce que nous entendons aujour- 
d'hui par opera, mais bien une oeuvre musi- 
cale en general, une composition (en latin: 
opus); la vraie denomination italienne de To- 
p^ra est : dramma per musica, et ce n'est que 
la designation speciale de buff a, seria, semise- 
via qui, en Italie. donne au mot opera le sens 
que nous lui attribuons d'habitude. La forme 
artistique de Topera ou, comme on dit plus vo- 
lon tiers depuis Wagner, du « drame musical » 
(drama lyrique) est fort ancienne. Elle etait 
dejA florissante chez les Grecs, et peut-Gtre 
m&me d6ja anterieure A Y&yje d'or de la Grece. 
Les tragedies d'Eschyle, de^ Sophocle, d'Euri- 
pide etaient recitees en musique, les chceurs en 
etaient chants a Tunisson ; malheureusemenl, 



nous manquons d.e points de rep&re pour nous 
faire une idee de la construction musicale de 
ces oeuvres. A part quelques mesures du 
chceur d'Oreste, d'Euripide (papyrus de l'« ar- 
chiduc Rainer » ), rien n'a ete conserve de 
cette musique. La Renaissance, qui s'efforca de 
faire revivre dans tout son eclat Tart antique 
de la Gr£ce, crea le drame musical & nouveau. 
Le premier resultat des efforts de cette 6poque 
fut le chromatique (v. chroma 1), qui aida k 
former la tonalite moderne ; le second fut le 
drame musical, Topera. En realite, ce fut un 
groupe d'hommes erudits et cultives, une sorte 
de petit cenacle esthetique qui reconstitua la 
theorie du drame musical. Les salons du 
comte Bardi, & Florence, devinrent le berceau 
de l'op£ra. Une reaction contre l'art neerlandais 
du contrepoint qui nnissait par etouffer com- 
plement la comprehension du texte etait 
imminenteetse faisait pressentir dejapar divers 
symptdmes. Josquin, mais surtout Orlandus 
Lassus et Palestrina cherchaient une Venture, 
un style musical plus simple ; toutefois, ce n'e- 
tait pas seulement & Rome, mais aussi a Ve- 
nise , que se manifestaient ces phenomenes 
depuration qui promettaient de faire entrer 
Tart dans une voie nouvelle, sans provoquer 
de revolution violente. Si celle-ci eclata, ce fut 
moins la consequence d'un developpement na- 
turel que le resultat de raisonnements philoso- 
phiques. Bardi, Vincenzo Galilee (le pere de 
Galileo Galilee), Pietro Strozzi , Girolamo Mei, 
Ottavio Rinuccini, Corsi, etc., furent les hom- 
mes qui deciderent deux musiciens de talent, 
Giulio Gaccini et Jacopo Peri, A entrepreodre 
la lutte contre le contrepoint et a creer un nou- 
veau genre de musique, sorte de resurrection 
de l'art ancien, qui etait alors encore plus igno- 
re que maintenant. Le comte Bardi et Vincenzo 
Galilei les precederent, en donnant, les pre- 
miers, Texemple. La « nouvelle musique » 
qu'ils trouverent fut le chant monodique (a une 
voix), accompagne : la « monodie ». On com- 
menga par les sonnets et les « canzone » : bien- 
Wt suivirent de petites scenes dramatiques 
(intermezzi). Ce fut en 1554, dans la maison de 
Jacopo Peri, que fut represente, pour la pre- 
miere fois, un veritable petit opera : Dafne. 
ecrit par Rinuccini et mis en musique par 
Peri et Gaccini. On s'en rejouit fort, dans Tidee 
qu'on avait retrouve le style dramatique des 
anciens. La source de la nouvelle musique fut 
d'abord assez pen abondante, car e'est en 1600 
seulement que Ton entend parler de nou- 
veaux drames musicaux : YEuridice, de Peri, 
et Rapimenlo di Cefalo, de Gaccini. Mais 
lorsqu'en 1602, Caccini publia un volume de 
compositions monodiques, les ceiebres Nuove 
musiche, le mouvement devint general. Peu 
apres, le style monodique eut aussi son repre- 
sentant A Rome (Kapsberger), ou, du reste, 
presque en meme temps que les Florentins, 
Viadana avait trouve le principe du chant ac- 
compagne (ses concertos d'eglise parurent en 
1602: v. ghiffre, continuo); et Gavalieri, qui 
vecut en dernier lieu a Florence, avait inaugurn 



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576 



OPERA 



la forme artistique de l'oratorio (v. ce mot). 
Comme Cavalieri etait morl en 16()0, l'id6e qu'ii 
fut le premier compositeur dans le nouveau 
style se pr&sente tout naturellement. Les debuts 
des Florentins furenl, ensuite de leur origine 
abstraite, sees et pauvres. Caccini se glorifte 
m6me, dans l'avant-propos de ses Nuovo mu- 
siche, d'un c noble m£pris du chant » (nobite 
sprezzatura del canto); autrement dit, le sttio 
rappresentativo, comme on I'appelait, £vitait 
consciencieusement toute formation melodique 
proprement dite, ne voulant qu'une declama- 
tion mosicale naturelle du texte. Les composi- 
teurs d'6glise, Cavalieri et Viadana, partant 
d'un tout autre point de vue, n'avaient pas fait 
table rase du sens musical, et de m£me, dans 
le domaine de la composition d ram at i que, il 
ne se passa gu£re de temps jusqu'A ce que le 
bon sens musical des Italiens eut infusS un 
sang g£n£reux et viviflant dans les reveries 
creuses des Florentins. Le premier pas d£cisif 
fcil fait par Claudio Montbverdb (v. ce nom), 
le premier compositeur d'op£ra de par la grace 
de Dieu, veritable gSnie musical, p£re de Tart 
de 1'instrumentation : en outre, le d£veloppe- 
ment du chant accotnpagn£. appliqu£ k la 
musique d'6glise par Cavalieri, par Viadana et, 
plus tard, par Carissimi, perfectionnait de plus 
en plus le nouveau style et faisait apport & 
1'opSra de nouvelles formes (air, duos). Les 
esprits les plus eminents de ce temps fu- 
rent, k c<U6 de Monte verde, Cavalli et Cesti. 
(Cf. anssi Zanobi di Gagliano, Leokenzi, Bo- 
vbtta et Pallavigino). Une nouvelle periode de 
l'op&ra commenga par Alessandro Scarlatti, 
le fondateur de Fbcole napolitaine (v. ce nom). 
C'est avec lui que l'op£ra italien, dans le sens 
on nous le comprenons aujourd'hui, prend 
naissance; l'6poque du bel canto commence. 
Le « noble m6pris de la musique » d'un Caccini 
etait oubli£, et la m§lodie r£gnait en maitresse ; 
le chanteur joua bient6t le principal rile dans 
la nouvelle 6cole, et le compositeur ne tarda 
pas & devenir son humble serviteur. Ce chan- 
gement, qu'amena la prochaine reaction, fut 
dans ses commencements, sous Scarlatti lui- 
ineme et ses disciples Leo, Durante, Feo, tou- 
jours en faveur des exigences justifiees de la 
musique, qui ne d6pass£rent la mesure que 
dans la suite. Pendant ce temps, 1'opSra avait 
aussi p6n6tre a l'&ranger. Mazarin appela d£ja 
a Paris, en 1645, une troupe italienne d'op£ra 
qui donna d'abord Finta pazza de Sacrati, 
puis YEuridice de Peri (1647), et qui s'y flxa. 
A partir de 1650, les compositeurs francais 
d'op^ra flrent leur debut; en 1671, Perrin ouvrit, 
muni du privilege du roi, Y « Acad&nie natio- 
nale de musique », avec Pomone, de Camberl. 
L'article sur Lully montre comment cet hom- 
me, Italien de naissance, acclimate en France, 
s'appropria le dit privilege et devint ainsi le 
cr£ateur effectif de l'op£ra francais. L*op6ra 
francais, compart & l'op^ra italien , indique 
de nouveau une reaction en faveur de la 
po6sie ; le rythme et la sonority propres de la 
langue franraise lui imprim^rent leurs carac- 



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tires, les fioritures en furent bannies: Bameau 
resta fid&le & ses principes. Mais, au bout de 
peu de temps, les Italiens import&rent de nou- 
veau l'opSra-comique (Opera buffa), cr66 par 
Logroscino et par Pergol&se; les representa- 
tions d'une troupe italienne d'opera-bouffe, qui 
donnait la Serva padrona et Maestro di mu- 
sica (1752), eurent pour risultat de partager 
Paris en deux camps : les « Buffonistes » et les 
« AntibufFonistes > (partisans de Topira natio- 
nal francais). Mais lorsque, apr&sdeux ans, les 
Italiens furent remercies, l*«opera buffa * avait 
donni naissance a l*«op6ra-comique » francais, 
dont les premiers reprisentants importants 
furent Duni, Philidor, Monsigny et Grttry. 
En Allemagne,& part quelques representations 
isolies d'un op6ra : Ikifne y de Heinrich Scbdtz, 
et Seelewig, de Staden (1640), l'op6ra ne fut 
introduitqu'en 1678, k Hambourg, oil un theatre 
public fut fonde par des bourgeois fortunes (le 
premier IhMtre public d'ltalie s'ouvrit & Veni- 
se, en 1687 ; v. Monteverde) ; ce th&ttre dura 
jusqu'en 1788 et fit de Hambourg, pendant 
cinquante ans, la m6tropole musicale de TA1- 
lemagne. Les compositeurs les plus importants 
de VOp£ra de Hambourg sont : Theile, J.-W. 
Franck, Strungk, Kusser, Reiser, Mattheson, 
Hspndel et Telemann. Pendant ce temps, des 
troupes d'op^ra italiennes prenaient pied A 
Vienne, Munich, Dresde, Stuttgart, Berlin, 
Brunswick eL en 1740, Sgalement & Hambourg. 
L v Angleterre put aussi, pendant quelque temps, 
se glorifter d'un op6ra national, sous son plus 
grand compositeur, H. Purcell (v. ce nom), qui 
Icrivit trente-neuf opuvres sc6niques; mais4 la 
mort de cet auteur (1695), Top6ra declina rapi- 
dement Lorsque Hapndel vint tL ixrodres, l'o- 
p6ra italien y fleurissait dSjil depuis longtemps ; 
il n'a pas encore £te, jusqu'4 aujourd v hui, d^- 
tr6n£ par Fop6ra national Les repr&entants 
les plus saillants de l'op£ra italien, jusqu'a 
l'arriv^e deGluck, sont, en dehors de ceux deja 
nomme8 : un Allemand : Hasse, pnisBononcini, 
Porpora, Duni, Vinci, Greco, Tornelli, Terra- 
dellas, Guglielmi, Sacchini, Traetta, Piccini; 
c'^tait, comme on sait,ce dernier que les adver- 
saires de Gluck, & Paris, £levaientsur le pavoi. 
L'op^ra-bouffe avait incontestablement rajeuni 
et ranim6 Top6ra italien. Une action vraiment 
dramatique y remplaca bientdt la faciure rou- 
tini^re d'oeuvres ecrites sur des sujets, tir£s de 
l'antique, qui ne fournissaient qu'un pr^texte 
bien faible aux vocalises des < primi uomini » 
et des « prime donne ». I^a r^forme de Gluck ne 
toucha qvCb Y opera seria. L'opira-comique 
produisit des choses qui ne sont pas & dedai- 
gner dans les oeuvres d'un Paesiello, d'un 
Cimarosa, que Mozart n'eut pas a regarder 
comme des adversaires, mais comme des allies* 
Le « Singspiel », inaugur6 par A. Stiller, lni 
offrit d'autres donn^es et un terrain national. 
C'est ainsi qu'il cr^a, avec une Snergie et une 
perseverance qui manquaient aux Italiens, les 
chefs-d'oeuvre les plus admirables de Top^ra- 
comique allemand. L'ltalie produisit encore un 
grand maitre, Rossini qui, avec le Barbi'er de 

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OPHICLfclDE — ORGHESTHK 



577 



Seville, amena, d'une facon semblable a celle 
de Mozart, l'opera-comique ilalien a son point 
culminant , tandis que son GuiUaume Tell 
appartient an genre franoais du grand op6ra. 
La note serieuse et passionn^e que Beethoven 
a fait entendre, non seulement dans Fidelio, 
mais aussi dans ses symphonies, exerca nne 
influence persistante sur les ceuvres des com- 
positeurs allemands, influence qui se fait assez 
nettement sentir de Weber jusqu'a Wagner. 
L'op^ra du xix» a ne peut plus 6tre caracterise 
d*un seul trait: il faut y distinguer plusieurs 
tendances qui marchent paralieiement; d'abord 
la continuation de l'op£ra populaire, qui s'ac- 
crolt par l'adjonction d'616ments nationaux, 
lir^s surtout du domaine de la leg^nde (ro- 
mantiques : Spohr, Weber, Marschner); puis la 
formation du grand op£rah6roique(Cherubini, 
Spontini, Meyerbeer, Haievy). A c6te des oeu- 
vres de ces derniers, il en faut mentionner 
quelques-unes de vigoureuses, dans rop6ra-co- 
mique (Auber, Boieldieu, Lortzing, Nicolai) ; il 
est pluB difficile, par contre, de classer les ope- 
ras lyTiques de Gounod et d'A. Thomas. Fina- 
lement, il faut reserver une place a part a 
Richard Wagner, dont le gigantesque cerveau 
eieva le romantisme a sa plus haute puissance 
et r&agiten m&me temps contre l'envahissement 
croissant du drame par la phrase m£lodique, 
comme l'avaient fait les Florentins et Gluck. 
II augmenta lesmoyens de Texpression musi- 
cale d'une fa<;on jusqu'alors inconnue. La com- 
paraison entre Monteverde, Gluck et Wagner 
est instructive au plus haut point, pour la 
comprehension du developpement de la musi- 
que sc£nique. Pour ce qui concerne le d&ve- 
loppement des formes qui composent aujour- 
<fhui l'op^ra (air, duo, ensemble, finale, ouver- 
ture, etc), voir les articles speciaux. 

OphicUide, instrument grave de la famille 
des bugles a clefs, actueliement presque hors 
<Tusage, se construisait en plusieurs modeles : 
1. comme o.-basse, en ut, si betnol et la bemol, 
avec une etendue chromatique de trois octaves 
et nn demi-ton, a partir de 



m&m 



en 



ZZ 
Id? sty ut 



3 




2. comme o.-alto, en fa et mi blmol, avec Ja 
m£me Vendue que le module precedent, mais 
& partir de 



en : 

8. comme o.-contrkbassk, en fa et mi btonol 
avec une Vendue de deux octaves et dcmie, 
mais accordde une octave au-dessous de To.- 
alto. L'o.-basse seul fut momentan&nent d*un 
usage courant. 

Opposita proprietas, v. propribtas. 

Opus, v. Op, 

DICTIOXNAIRE DE MUSIQCE. — 87. 

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Oratorio (ital. : oratorio ; lat. et all. Oralo- 
rium), signifle proprement salle de pri^re, 
oratoire. L'emploi de cette denomination pour 
une forme musicale bien connue, mi-dramati- 
que, mi-6pique et lyrique, en m6me temps que 
contemplative, provient de ce que les assem- 
blies de ras80ciation de TOratoire (cf. neri) 
etaient agr^ment^cs d'executions musicales : 
au debut, ce furent de simples hymnes (laudi) 
d'Animuccia et de Palestrina, plus tard des 
myst&res dont les tendances moralisatrices 
etaient exprimees au moyen de la personifica- 
tion de conceptions abstraites (la Joie, le 
Temps, le Monde, etc.). La premiere ra)jpre- 
sentasione (sloria, e$em\iio y misterio) de ce 
genre qui eut lieu (a ce que nous savons, du 
moins) dans TOratoire, fut YAnima e corpo, 
de Cavalieri (1600). Ce terme de « rappresen- 
tazione* etait en usage depuis fort longtemps et 
n'avait nullement trait a celui de « stilo rap- 
presentativo », bien qu'en fait lament nou- 
veau de cette forme fut pr£cis£ment ce stilo 
rappresentativo (chant en mani&re de rScitatifl 
qui, de son ctfte, devait son nom au fait de son 
appropriation parfaite aux executions dramati- 
ques (rappresenlasioni) tant profanes que reli- 
gieuses (cf. op£ra). L'accompagnement instru- 
mental ( element absolument integrant du 
nouveau style) consistait en : clavecin, • cbi- 
tarrone », « lira doppia » (contrebasse de 
viole), deux flfttes et, ad lib., un violon solo 
jouant a l'unisson avec la partie de soprano. 
Les premiers o. (le nom lui-mdme d'o. s'intro- 
duisit sans doute petit a petit, en maniere 
d'abreviation pour : rappresentasione per il 
[ou net] oratorio) etaient done des executions 
sceniques proprement dites, consistant en re- 
presentations symboliques d'idees, ou bien, 
lorsqu'il s'agissait de representer une histoire 
biblique (azione sacra), en person nages agis- 
sants, tels les ouvrages de Kapsberger, de 
Landi, etc. (Test seulement dans les ceuvres de 
Carissimi (v. ce nom) que surgit la partie du 
recitant ( historicus ) ; l'execution scenique 
tombe aiors d'elle-meme. La forme de To. a 
atteint son apogee dans l'oeuvre de Hsendel, 
dont le Trionfo del tempo e del disingarmo 
renoue presque a Cavalieri, ne serait-ce meme 
que par le sujet, une veritable aliegorie du bon 
vieux genre. 

Orchestra (orchSstra = place de danse), 
nom que Ton donnait, dans le theatre des Grecs, 
a la partie de la scene la plus rapprochee du 
public et sur laquelle le choeur evoluait. Lore 
des tentatives de re constitution de la tragedie 
antique, tentatives qui aboutirent, comme on 
le sait, a la creation de l'op6ra (v. ce mot), le 
terme d*o. passa en premier lieu a l'espace 
qu'occupent les instrumentistes accompagna- 
teurs (entre la scene et le public), puis finale- 
ment au groupe des instrumentistes eux-me- 
mes. II faut cependant ajouter que, dans les 
premiers essais sceniques des Florentins 
(v. Bardi), les accompagnateurs etaient places 
dans les coulisses, autrement dit invisibles 
pour le public, comme ils le sont aujourd'hui 

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578 



ORCHESTRE 



dans l'orchestre abaisse selon les principes do 
Wagner. Mais la sonority des instruments 
elait de la sorte par trop attenuee et nous pou- 
vons admettre que, des ^inauguration du pre- 
mier th&Mre public (Venise, 1637), l'usage 
s'introduisit de placer les musiciens entre la 
scene et le public. Le terme d'o. qui, primiti- 
vement, servait A designer tout groupe nom- 
breux d'instrumentistes, a pris aujourd'hui le 
sens restreint de groupe d'instruments A ar- 
chet, A vent et A percussion ; U est dit tantot 
grand o., lantdt petit o. Le petit o. se com- 
pose, en plus du quintette d'inslr. A arcbet 
(premiers et seconds violons, altos, violon- 
celles, contrebasses), de 2 flutes, 2 hautbois, 
2 clarinettes (qui font m6me parfois defaut, 
ex. : sympbonie en sol min. de Mozart), 2 bas- 
sons, 2 cors, 2 trompettes et 2 timbales (qui 
font aussi parfois defaut); les symphonies d'un 
Haydn, d'un Mozart, d'un Beethoven prouvent 
surabondamment combien le nombre de com- 
binaisons de timbres est dejtk grand, avec ces 
modestes ressources. Si Ton adjoint aux instru- 
ments qui precedent deux autres core et deux 
ou trois trombones, on a d6j& un grand o. qui 
(avec ou sans petite flute) est le veritable 
orchestre symphonique, tel que 1'onl employe 
non seulement Beethoven, dans ses grandes 
symphonies, mais aussi les symphonistes de la 
p£riode suivante ( Schubert , Mendelssohn , 
Schumann, Gade, Rubinstein, Volkmann, Raff, 
Brahms) jusqu'd nos jours. Mais ce grand o. 
est encore notablement augments dans Top^ra 
et la musique religieuse modernes, dans les 
grandes oeuvres chorales avec accompagne- 
ment d'o. et dans la musique symphonique 
descriptive. La recherche d'une caracteristique 
toujours plus exacte, d'efFets toujours nou- 
veaux, de r^alisme absolu, etc., a conduit les 
compositeurs A exiger des facteurs d'instru- 
ments des timbres nouveaux; c'est pourquoi 
nous trouvons aujourd'hui, pour tous ces gen- 
res de musique illustrative, en plus des ins- 
truments precites : le cor anglais, la clarinette 
basse, le contrebasson, le tuba basse, la harpe, 
la grosse caisse, le tambour, les cymbales, le 
triangle, le jeu de timbres, voire m^me l'orgue, 
le piano, etc. Berlioz exige pour le Juba mi- 
rum de son monumental « Requiem » : 4 flutes, 
2 hautbois, 2 clarinettes en ut, 8 bassons, 
4 cors en mi bimol, 4 cors en fa, 4 cors en sol, 
4 cornets A pistons en si bemol, 2 trompettes en 
fa, 6 trompettes en mi bemol, 4 trompettes en 
si bi/noly 16 trombones-tenors, 2 ophicleides en 
ut x 2 ophicleides en sibemol,! ophicieide mons- 
tre (contrebasse) A pistons, 8 paires de timbales, 
2 grosses caisses et un orchestre d'archets tres 
nourri (18 contrebasses). HAtons-nous d'ajouter 
que ce formidable agencement instrumental 
est unique en son genre. L'o. de THftATRE le 
plus considerable est celui que Wagner em- 
ploie pour la « Tetralogie » : orchestre d'ar- 
chets tr^s nourri, 6 harpes, 3 grandes flutes, 
1 petite flute, 8 hautbois, 1 cor anglais, 3 clari- 
nettes, 1 clarinette basse, 3 bassons, 8 cors, 
4 tubns (1 tuba-tenor, 2 t. -basses, 1 t.-contre- 



basse), 3 trompettes, 1 trompetle-basse, 2 trom- 
bones-tenor, 1 trombone- basse, 1 trombone- 
contrebasse, 2 paires de timbales, cymbales* 
triangle, grosse caisse, tambour. L'orchestre 
des ouvrages anterieurs de Wagner ne diffdre 
de To. symphonique que par la presence de 
trois representants pour chaque partie des 
in8tr. A vent en bois et de trompette, et par 
Introduction du cor anglais, de la clarinette 
basse, du tuba-basse, de la harpe et de quel- 
ques instr. A percussion. Quant aux autres com- 
positeurs d'operas, ils renoncent gen£ralenient 
A tripler les bois et les trompettes, Mais la 
richesse de timbres est si-bien une necessite 
pour ce genre de musique, que Monteverde 
deji etablit pour son Qrfeo (1607) la Hate sui- 
vante d'instruments : 2 gramcembali (clavecins), 
2 conlrabassi da viola, 10 viole da bracrio* 

1 arpa doppia (harpe-basse, grande harpe), 

2 violini piccioli alia francese (violons accor-. 
d^s k l'octave superieure de Talto), 2 chitar- 
roni, 2 organi di legno (positifs), 1 regale* 
8 bassi da gamba, A tromboni, 2 corneitt\ 
1 flauiino alia 22&* (d'un pied, c-sl-d. flageo- 
let), 1 clarino (trompette-soprano) et 3 trombe 
sordine (trompettes avec sourdines). Les suc- 
cesseurs de Monteverde ne tarderent pas, il est 
vrai, A reduire le nombre des instr. A vent, 
principalement par egard pour les chanteurs; 
ainsi, To. de Bach se compose de quatre grou- 
pes : orchestre d'archets, hautbois et bassoti, 
cornelli et trombones, trompettes (cors) ct tim- 
bales. Les instr. a cordes pincees (luths, theor- 
bes, etc.) disparurent de plus en plus de To., si 
bien que la harpe y est aujourd'hui leur seul 
representant ; le pizzicato des instr. A archet 
ne remplace qu'imparfaitement cet ancien 
groupe d'instruments. Nous travaillons actuel- 
lement a completer la famille des divers instr. 
A vent, de facon A ce que chaque timbre soit 
represente par une serie d'#nstrumenls embras* 
sant toute Techelle sonore, comme c'etait le caa 
au xvi« 8. (v. accord). Nous avons des flutes de 
deux grandeurs (la flute-alto ne se fera pan 
attei.dre longtemps), des hautbois fournissant 
les registres de soprano et d alto, tandis que les 
bassons donnent ceux de basse et de contre- 
basse, des clarinettes soprano, alto, basse et 
contrebasse (clarinette-pedale), A cote de la 
trompette ordinaire la trompette basse, A cote 
du tuba basse le tuba tenor, etc. Toutefois 
l'usage de ces instruments differe totalement 
de celui qu'on en faisait au xvi° s., en ce sens 
que nous les reunissons tous en un puissant 
orchestre, tandis qu'autrefois le musicien se 
bornait a ecrire A quatre parties pour un 
groupe d'instruments de la meme famille. 

La disposition de l'orchestre doit tendre 
avant tout A remplir les deux conditions sui- 
vantes : 1. groupement des instruments qui, ap- 
partenant a une meme famille, recoivent fr6- 
quemment des indications communes du chef 
d'orchestre; 2. homogeneity aussi grande que 
possible de la masse sonore. Si Ton se place a 
ce dernier point de vue, on devra donner la 
preference a rarrangement dans lequel chaque 



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OROHESTRER — ORGENI 



579 



cspece d'instrument est r6partie sar toute la 
largeur de l'orchestre (a): si, aa contraire, on 
dispose les instr. k vent en bois dans un angle 
et ceux en caiyre dans 1'autre (b), ils apparais- 
sent comma des cori spezzati (choeurs divisfo) 
ce qui souvent est desirable, surtout lorsque 
les diflfe rents groupes se r^pondenL Mais la dis- 
position de To. en rayons (c) a aussi ses avan- 
tages, en ce sens que tons les groupes instru- 
menlaux sont k 6gale distance du chef d'or- 
chestre. Ces trois dispositions sont les sui- 
vantes : 

a) L'orchestre devant le chef (X ) • 

Instr. a vent en cuivre et iostr. a percussion 
instr. a vent en bois , 

, violoncelles et contrabasses 

altos , 



!•*• violons 



**• violons 



.1 



b) L'orchestre derriere le chef (orchestre de 
theatre) : 

violoncelles ' • X! I violoncelles ~ . 

2 ei j |m I - - ' **» J ei i 3 ' 

r > ceotftbasses j v jq. I j y - i(h ' contrabasses | « 

" ' Ions ' ,l! " , Ions ! ~~ " 



vent ei bois 



I 



i 



' instr. de cuivre 



(c) L'orchestre devant le chef : 



*> 



'**/, 



\ i^ 



% 



•* , 



jf 



«t 






' i 



l— violons . 

i • 



XI 



*• violons I 



De plus, l'homog£n6it6 la plus complete r6- 
sulte 6videmment du syst&me pratiqu£ d'abord 
par Wagner, a Bayreath, et qui consiste a 
abaisser l'orchestre en le rendant invisible aux 
auditeurs. 

Orchestrer, syn. d'iNSTRUMENTER. 

Orchestrion, nom que l'abb£ Vogler (v. ce 
nom) decema en premier lieu a l'orgue portatif 
qu'il emportait dans ses voyages. On comprend 
aujourd'hui sous le nom d*o. une sorte de bolte 
a musique (inventSe par Fr.-Th. Kaufmann) 
composSe de jeux d'anches fortemcnt intones 
et qui, grace a l'emploi de pavilions m6talliques 
de formes diverses, imitent assez fid&ement 
le timbre des instruments a vent de l'orchestre. 
L'o. tient assez souvent lieu d'orchestre, dans 
les baraques de foire, etc. Gf. appollonigon et 

PANSYMPnONICON. 

Ordenstein, Heinrich, ne a Worms le 7 janv. 
1856; fut, de 1871 a 1875, 616ve du Conserva- 
toire de Leipzig (Wenzel, Coccius, Reinecke, 
Jadassohn, Richter, Paul). Apr£s une tourn6e 
de concerts avec M mt Peschka-Leutner et 
L6op. Grtktzmacher, il At un long s^jour a Pa- 
ris pour y continuer ses etudes; en 1878, il 
jouait avec un grand succes, a Leipzig, le con- 



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certo en ri min., pour piano, de Rubinstein. 11 
fut ensuite, de 1879 a 1881, maltre de musique 
au pensionnat de la comtesse Rehbinder, a 
Carlsruhe, et, de 1881 a 1882, a 1'AcadSmie Kul- 
lak a Berlin, donnant toujours entre temps des 
concerts. Enfin, en 1884 0. fonda, sous le pro- 
tectant de la grande-duchesse deBade,le Con- 
servatoire de Carlsruhe qui s'est rapidement 
d6velopp£. Les rapports annuels de ce Conser- 
vatoire contiennent des articles de valeur, dus 
a la plume d'Ordenstein. 

Ordre, dans les cpuvres de Couperin, syn. de 
« suite ». 

Organ (angl.), orgue. 
, Organicen, c.-4-d. organiste (du lat. orga- 
num y orgue, et canere, chanter ou faire de la 
musique. 

Organista (lat.), organiste; dans les Merits du* 
moyen Age hur la musique, syn. de composi- 
teur, car Yorganum etait la forme la plus an- 
cienne de l'icriture polyphonique et son nom 
servit mdme plus tard (jusque dans le xui° ou 
le xrv* 8.) i designer un procede special de fac- 
ture (cf. oboanum 2). 

Organistrum, v. viklle. 

Organoedus (gr.), organiste. 

Organographie (gr.), s'emploie dans le sens 
de : description d'inslr. de musique. 

Organum, 1. (gr. epyowy), signifie, en prin- 
cipe, tout simplement un outil, mais plus sp£- 
cialement un instr. de musique et, en tin de 
compte, 1' •instrument des instruments », l'or- 
gue (v. ce mot). — La fagon la plus ancienne et 
la plus primitive d'£crire de la musique k plu- 
sieurs parties, consistait en un mouvement 
parallele continu des voix, k distance de quintes 
sup^rieures ou de quartes inferieures (dit aussi 
diapiionie). Quel que epouvantable que puisse 
nous paraitre aujourd'hui ce genre de musique, 
il n'en est pas moins un fait historique, en 
m&me temps que le lien tout naturel qui ratta- 
che la vraie musique polyphonique k Tantique 
monophonie. L'o. n'6tait pas encore un genre 
polyphonique proprement dit, mais le redou- 
blement de la melodic k la quinte fut, logique- 
ment, le premier pas que les musiciens risqu£- 
rerent apr£s le redoublement k l'oclave, connu 
et pratique d£s la plus haute antiquity ; ce pro- 
c£d6 ne tarda pas, du reste, k amener la creation 
du d£chant (v. ce mot), lorsque Ton commen^a 
k « diminuer » la partie d'organum (cf. pAdale 
1). La denomination d'o. resta longtemps en 
usage, m&me apres l'apparition des ensembles 
k trois et k quatre voix, alors que l'ancien 
principe de l'o. avait 6t6 considerablement 
modiflS. Ph. Spitta a donne dans la < Viertel- 
jahre8schrift ftlr Musikwissenschaft » (1890) 
une solution heureusedu problem ejusqu'alors 
tr&s embrouill6, de l'£limination des quartes 
(augmentt»es) et des quintes (diminuees) fausses, 
dans l'o., lei que le d£crit le pseudo-Hucbald. 

Orgel (all.), orgue. 

Orgelpunkt (all.), pedale (v. ce mot 1). 

Orgeni, Aglaja (nom de theatre, en anagram- 
me, de Anna-Maria-Aglaja von Gorger St-J6r- 
gen), excellente chanteuse legere,n6e k Tisme- 

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OHCiUE 



nice, dans le district de Sambor (Galicie/; le 17 
d6c. 1843; 616ve de M™ Viardot-Garcia) k 
Baden-Baden, fut engag£e, de 1865 a 1866, au 
theatre de la Cour, k Berlin, et a beaucoup 
chante, depuis lors, en representations. Elle 
enseigne le chant, depuis 1886, au Conservatoire 
de Dresde. 

0rgue,lat.or/7anum;all. Orgel; angl. organ), 
instr. k vent de dimensions considerables , 
tant au point de vue de l'espace qu'il occupe 
qu'd celui de l'etendue de son echelle sonore. 
On peut, ou bien ie detinir comme un groupe- 
ment d'un grand nombre d'instr. k vent divers, 
ou bien le comparer k l'orchestre, dont il differe 
toutefois, entre autres, par le fait que deux 
hommes suflisent k son maniement : Texecutant 
proprement dit (organiste) et le souffleur, ce 
dernier 6tant meme remplace, dans les instru- 
ments modernes, par un moteur hydraulique 
ou Slectrique. Malgre les dimensions parfois 
monumentales et toujours respectables de To., 
on est parvenu, au moyen d'un mecanisme 
assez complexes mettre les quelquee centaines 
ou milliers de petites soupapes determinant le 
son (elevation et timbre) k la portee d'un seul 
executant, qui les ouvre ou les fermed volontS; 
par contre, aucun homme ne pourrait fournir, 
au moyen de ses poumons, assez d'air com- 
print pour faire r6sonner cet instrument co- 
lossal, e'est pourquoi des pompes k air out £te 
elablies et accompagnees de certains mecanis- 
mes au moyen desquels l'air aspire est d'abord 
comprint, puis conduit aux tuyaux qui doivent 
parler. Les trois parties principales de To. 
sont par consequent : le mat&rikl sonore 
(tuyaux), la soufflerie (soufflet, porte-vent, 
sommier), et le m fccANisME (clavier et tout ce 
qui en depend, registres). Les tuyaux sont re- 
parlis en un certain nombre de groupes appe- 
16s jeux (ou improprement « registres •), chacun 
de ces demiers comprenant des tuyaux de di- 
mensions diverses, mais de construction et de 
timbre identiques, chaque jeu, autrement dit, 
representant un seul instr. k vent ; un mecanisme 
mort ne pouvant pas, comme leslevres del'ins- 
trumenliste, varier l'attaque dans le but d'ob- 
tenir d'un seul tuyau des sons de hauteur dif- 
ferente, chaque tuyau de To. ne fournit qu'un 
seul son et To. qui n f aurait meme qu'un seul 
jeu doit avoir au moins autant de tuyaux que 
son clavier a de touches. Les tuyaux apparte- 
nant a un meme jeu sont group&i de telle fagon 
qu'ils peuvent 6tre tous appeles ou exclus 
simullanement de la combinaison sonore, au 
moyen des registres proprement dits; en tirant 
les registres, places k sa droite et a sa gauche, 
Texecutant ouvre un passage k l'air comprime 
<pii de la laye (partie interieure du sommier) 
se precipite a travers le barrage a portee des 
tuyaux du jeu en question ; il suflira des lors 
de l'abaissement d'une touche du clavier, pour 
qu'une petite soupape ouvre le tuyau qui doit 
fournir le son correspondant a la touche. 11 va 
de soi que Texecutant peut egalement suppri- 
mer, des qu'il le veut, le jeu qu'il a fait parler 
(cf. sommier). On trouve, en outre, dans les ins- 



truments modernes, des dispositifs speciaux qui 
permettent de faire parler simultanement, et 
au moyen d'une seule pedale ou d'un seulbou- 
ton, uncertain nombre dejeux (v. p&dales d'ap- 
pel, de combinaison, d'accouplement). Mais le 
materiel sonore de To. n'est pas regi tout en- 
tier par un seul clavier ; bien au contraire, le 
plus petit o. a deux claviers manuels ( joues 
avec les mains) et un clavier de p&dalks ou 
pfcDALiKR (jou£ avec les pieds); les instruments 
les plus grands ont jusqu'sk cinq claviers et 
deux pedaliers. Chaque clavier comporte un 
certain nombre de jeux speciaux, mais l'usage 
simultan6 de plusieurs jeux appartenant a des 
claviers differents est possible grace au systeme 
d'accouplement des claviers les uns aux autres 
ou du pedalier aux divers claviers manuels. 
L'o. ne se pr&e pas au jeu expressif, ou du 
moins l'expression se borne-t-elle, meme sur 
les grands instruments, au crescendo et au de- 
crescendo qui, obtenus au moyen d'une pedale, 
ont toujours un caract£re rigide et imperson- 
nel; l*intensit£ du son ne peut m6me, en prin- 
cipe, varier k To. que par degr&s, au moyen de 
l'adjonction ou du retranchemenl de certains 
jeux, ou du passage d'un clavier k un autre ; le 
calme et HmpersonnalitA sont par consequent 
les caract^res fondamentaux de la sonority de 
l'orgue. 

I/espace mesur£ nous emp&che d'eutrer ici 
dans des details sur la construction de To. : 
nous renvoyons le lecteur que cela interesse 
aux nombreux petits ouvrages des L. Bony 
(Vne excursion dans Vorgue* 1892), Toepfer, 
Schlimbach, Seidel, Saltier, Heinrich, Ritter, 
Wilke, Kuntze, ou encore Riemann (Katechts- 
mus der Orgel), et nous nous bornerons ici a 
quelques notes sur les differents jeux de i/o. 
On distingue d'abord, d'apr&s le mode de pro- 
duction du son, deux grandes categories de 
jeux: les jeux a bouchbs (ou flutes) et les jeux 
a anches ; cf. k ce sujet : jeu, instr. a vent, 
bouciie. D'apres l'6Ievalion des sons que four- 
nissent les tuyaux d'un jeu (v. pied), on 6tablit 
une difference entre les jeux de fond et les 
jeux de mutation; dans les premiers, la louche 
ut correspond toujours au son ut f tantot de la 
m&me octave (jeux de 8 pieds), tant6t d'une 
autre octave superieure (jeux de 4, 2 et 1 pieds) 
ou inferieure (jeuxde 16 pieds). Ce sont les jeux 
de fond de 8' qui, comme l'indique leur nom, 
forment le solide fondement de la sonority de 
l'orgue, aussi doivent-ils dtre repr6sent&s en 
plus grand nombre que ceux de 16', 4', 2* ou 1*. 
Ces jeux de fond de 8' se groupent de nouveau 
aulour du jeu fondamental par excellence : la 
montre deff (appel&e aussi, comme en alle- 
mand. Principal), le plus ancien jeu d'orgue, 
construit, il y a un millier d'annees environ, 
exactement comme de nos jours. Quant k la 
pedale, dont la partie est toujours not£e a 
l'octave aigue de la sonority reelle, son verita- 
ble jeu fondamental est la montre deiff;it 
arrive cependant frequemment que de petites 
orgues n ont a la place de la montre de 16* 
qu'un bourdon de 16*, tandis que les plus 



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ORGUB 



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grands instruments ont meme une manlre de 
32?. Les jeux de mutation, de meme que les 
fonds de 2* et de 1' ne servent qu'a donner plus 
de puissance et plus de brillant a la sonority ; 
ils font entendre les harmoniques superieurs 
dee jeux de fond ; on differencie encore les jeux 

DB MUTATION SIMPLES des JEUX DE MUTATION 

composes. Tons les jeux de mutation sont des 
jeux d'anche a taille de montre. Les demweux 
sont ceux qui ne repondent qu'a Tune des moi- 
ti£s aigue ou grave du clavier, ainsi le haut- 
bois a l'aigu, complete par le basson au grave. 
Certains jeux encore n'ont point de tuyaux 
pour le registre grave, inais les « empruntent » 
a un autre jeu, sans que l'executant ait a rSgler 
lui-meme ce passage d'un jeu a un autre. Un 
o. sans pedalier et pourvu exclusivement de 
tuyaux a bouche porte le nom de posttif ; un 
o. sans pedalier et pourvu exclusivement de 
tuyaux a anche celui de regale. La majeure 
partie de To. est contenue dans un buffet, dont 
la facade, orn6e des plus beaux tuyaux detain 
de l'instrument, est dite montri; et divisee elle- 
meme en plate-face et en tou belles. Dans la 
plupart des instruments modernes, les claviers 
et les registres sont disposes, non plus dans 
une sorte de niche pratiquee dans le buffet, 
mais a quelque distance de ce dernier, dans 
une console speciale. Cf. pour de plus am pies 
renseignements la plupart des noms soulign6s 
dans cet article, ainsi que tous les noms de 
jeux d*orgue. 

Malgre des tentatives intSressantes (Bedos, 
Uamel, Bimbault, Sponsel, Antony, et plus r6- 
cemment Wangemann, Ritter, etc.), il manque 
encore une histoire satisfaisante de l'orgue. 
L'origine de To. remonte a la plus haute anti- 
quity : ses anc^tres sont la musette et la fltite de 
Pan. Toutefois, nous rencontrons, au n # s. 
avant J.-C. d6ja, de veritables o., pourvues de 
pompes a air (soufflets), d'un systeme de com- 
pression (par l'eau) et d'une sorte de clavier ; 
Ctebisius (170 av. J.-G.) passe pour 6tre l'inven- 
teur de cet orgue, dit hydraulique (organum 
hydraulicum), dont la description nous a 6te 
donnee par son £l&ve, H6ron d'Alexandrie (pa- 
rue en grecet en allemand, dans la trad. all. de 
1'ouvrage de Bedos de Celles, par Vollbeding). 
II ne faudrait point s*imaginer cependant que 
l'eau fut un element essentiel de cette sorte d'o.; 
il parait meme que Ton construisit, peu apres, 
en Grice et en Italie, des o. avec et sans pres- 
sion hydraulique. Differentes descriptions d'ins- 
truments nous fournissent de pr&cieux rensei- 
gnements sur l'orgue primitif, ainsi : celle, en 
grec, d'un o. de l'empereur Julien l'Apostat 
(iv* s.), une autre de Cassiodore (dans l'ex£gese 
du psaume CL), une enfin de St-Augustin (pour 
le psaume LVI, 16); en outre, plusieurs bas- 
reliefs antiques nous prouvent que To. £tait 
deja connu, en Occident, bien avant que l'empe- 
reur Constantin Copronyme en eut fait cadeau 
d'un exemplaire, en 755, au roi Pepin-le-Bref. 
Ces anciens instrumeuls etaienl de tres petites 
dimensions et n'avaient, dans la regie, que 
huit, ou au plus quinze tuyaux (une a deux 



octaves diatoniques ) construits exactement 
comme ceux du jeu de montre actuel, mais, au 
debut du moins, en cuivre ou en bronze. Dans 
le courant du ix* s., ce furent les moines qui, 
en France, et en Allemagne surtout, s'occupe- 
rent avec le plus de zele de la construction de 
ces pelits instruments ; on faisait usage de ces 
demiers pour l'enseignement du chant, et leur 
etendue comprenait l'octave d'ut* a u& (le plus 
long tuyaumesurantquatre pieds).Quant au cla- 
vier,]! se composait de planchettes verticales, 
sur lesquelles etaient inscrites les notes, dans 
le systeme alphabetique ( A BCDEFGA); 
l'executant ouvmit la soupape en enfongant 
l'extrSmite inferieure de cette planchelte, et le 
I tuyau pari ait jusqu'au moment ou la plan- 
I chette Stait ramenta a sa position normale (cf. 
la description plus detaillee que le D r Riemann 
donne de cet instrument dans l'« Allgemeine 
musikalische Zeitung », 1879, n°» 4 a 6 : OrgeU 
ban im frUhen Mittelalter). La ville de Win- 
chester possedait, en 980 deja, un o. de quatre 
I cents tuyaux et deux claviers joues par deux 
I instrumentistes (chaque clavier avait vingt tou- 
ches [TStendue du monocorde de Guy d'Arez- 
zoj,agissant chacune surdix tuyaux renfor(ant 
le son a l'octave et a la double octave. Mais les 
jeux de mutation sont a cette epoque encore 
lotalement inconnus. La repartition des tuyaux 
en « jeux > parait dater du xu« 6. environ. Les 
o. constitutes du iv au xi° s. avaient un jeu 
tr£s facile; par contre, l'emploi de tout un m6- 
canismecomplique, necessitepar les dimensions 
de plus en plus grandes que prit l'instrument, 
reudit, du xni 6 au xiv # s., le jeu des claviers 
si dur que les touches ne pouvaient en 6tre 
enfoncees qu'avec les poings ou les condes. Ce 
fut au xv # s. qu'apparurent les jeux d'anches, 
tandis que I'invention du pedalier, en Allema- 
gne, remonte a Tan 1825. Cf. au sujet de la no- 
tation speciale qui, pendant des sieclee, fut 
seule en usage pour l'orgue, Tart, tablature, 
et, au sujet des inventions recentes et des per- 
fectionnements apportesa la facture de l'orgue, 
les divers articles speciaux. Les organiers 
(facteurs d'o.) les plus connus, anciens et mo- 
dernes, sont : Esajas Compenius , Arp. Schnitz- 
ker, Zacharias Hildebrand, les Trampeli, les 
Silbermann, Hering, Gasparini, Daublaine- 
Collinet,Cavaille-Coll, Schulze, Buchholz, Mer- 
klin et Schtitze, Ladegast, Walcker, Reubke, 
Saner, Goll, etc. Les maitres les plus remar- 
quables du jeu d'o. et de la composition pour 
o. :Paumann, Schlick, Buus, Paix, Merulo, 
Frescobaldi, Froberger, Buxtehude, Sweelinck 
Pachelbel, Reinken, Schein, Scheidt, Scheide 
man ii, la famille Couperin, la famille Bach 
Marchand, Schroeler, Tflrck, Kittel, Knecht 
Binck, Vogler, Vierling, S6jan, S£rassi, Bas 
tiaans, Adams, J.-G. Schneider, Topfer, Engel 
Bitter, Merkel, Best, Thiele, Faisst, Haupt 
Volkmar, Ad. Hesse, C£sar Franck, Saint 
Saens, Guilmant, Widor, Gigout, etc. Citons, 
comme les plus importants, les ouvrages sui 
vants sur la structure et l'entretien des o. 
M. Pnetorius, Syntagma musicum (3* et 4 



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582 



ORGUE EXPRESSIF — ORN1THOPARGHUS 



part, dtf vol. II, 1619,) ; Adlung, Musica me- 
chanica organoedi ( 1768 ) ; Bedos de Cellee, 
Varl dufacteur dCorgues (1766-1778, trois vol.); 
Topfer, Lehrbuch der Orgelbaukunst (1855, 
deux vol.; 2« 6d., par Max Allihn, 1888), et 
quelques ouvrages de moindre importance da 
mAme autear ; J. Hopkins, The organ, its his- 
tory and construction (1855) ; cf. aussi Schlim- 

B.VGH, J.-J.SE1DEL, A.-G. RlTTER,E.-F.-E. BlTTER 

etc. B. Kothe a publie, en collaboration avec 
Th. Forchhammer, un Fuhrer durch die Or' 
gellitteratur (1890). 

Orgue expressif, v. harmonium. 

Oriana, nom sous lequel la reine Elisabeth 
d'Angleterre fut gloriftee,dans un recueil de ma- 
drigaux de compositeurs anglais : The Triumphs 
of 0. (1601), publie par Morley. 

Orlandi, Fernando, compositeur d'op&ras et 
nialtre de chant, ne k Parme en 1777, m. dans 
la ni6me ville le 5 janv. 1848; ecrivit vingt-six 
operas pour les scenes italiennes, puis se de- 
tourna de la scene lorsque l'astre grandissant 
de Rossini refoula tout le reste dans Vombre. 
(). a ete mattre de chant, d'abord k TScole des 
pages de Milan, puis, en 1809, au Conservatoire 
de cette ville et, d&s 1828, & l'Ecole de musique 
de Munich. 

Orlandini, Giov.-Maria, compositeur italien 
d' operas , ne k Bologne vers 1690 ; ecrivit 
\ingt-ueuf operas, principalement pour Venise 
(aussi pour Bologne, Florence, etc., de 1708 k 
1745), ainsi que des oratorios (Judith, Esther, 
Joas). 

Orlandus Lassus, v. Lassus. 

Orlow, Gregor-Wladimir, comte, ne en 1777, 
in. k St-Petersbourg le 4 juil. 1826; auteur de : 
Essai sur Vhisloire de la musique en ltalie 
(1822, 2 vol. ; trad, en allemand par Ad. Wagner, 
sous le litre Entxcurf einer Geschichte der 
italienischen Musik, 1824), compilation sans 
valeur. 

Ornaments (ou agr£ments, broderies; all. 
Verzierungen , Manieren, Ornamente ; angl. 
graces; ital. fiorette, fioriture), nom collectif 
pour tous les petits groupes de notes ou notes 
isol^es qui, indiquees au moyen de signes 
speciaux ou en « petiles notes », contribuent k 
orner, k parer la meiodie. Autrefois (dans les 
oeuvres de Corelli, par ex.), il etait sous-entendu 
que Texecutant, instrumentiste ou chanteur, 
ornait une simple melodie selon son caprice et 
son gout musical, aussi le compositeur n'indi- 
quait-il qu'un tr^s petit nombre d'o. ; mais les 
mattres francais du style de clavecin (d'Angle- 
bert, Couperin) introduisirent Tusage des signes 
abreviatifs pour Tindication des o^ dont ils 
surchargerent des lors leurs oeuvres d'une 
fagon excessive. J.-S. Bach pr6f£ra noter, en 
vadeurs exactement mesur£es, un grand nombre 
d'o. et put de la sorte varier considerableinent 
leurs formes; mais il encourut de ce fail le 
bldme de ses contemporains, qui l'accusaient 
de donner ainsi a la notation un aspect trop 
complique. De nos jours, Tex6cution des o. notes 
en abrege, au moyen de signes speciaux, est 
encore, pour une bonne part, affaire de gout et 



de comprehension musicale; le ra^me signe 
prete, suivant le mouvement, la mesure et la 
figuration g&n&rale du morceau, k des interpre- 
tations diverses que Ton ne sauVait gu£re r^gler 
au moyen de preceptes nettement determines. 
C'est pourquoi les compositeurs modernes sonl 
alies plus loin encore que J.-S. Bach, dans la 
voie de la notation c en toutes notes » des o. ; le 
nombre des signes abreviatifs a, par conse- 
quent, diminue de beaucoup. Les o. les plus 
import ants, indiqu^s par des signes en usage 
encore de nos jours, sont les suivants : triUe, 
pince ( ou mordant), pinci renverse, mordant 
long, doubU (ou gruppetto), doubU renversi ; 
d'autres sont tout a fait tomb£s en desuetude : 
balancement, chute ou port de t>oix, couU, mar- 
tellement, aspiration. Parmi les o. indiqu&s au 
moyen de c petites notes » n f entrant pas en 
ligne de compte dans la division de la mesure. 
notons ici : appogiature, double appogiature, 
could, battement, acciaccatura. Gf. pour tous 
ces termes, les art speciaux. II va sans dire 
qu'une quantity innombrable d'autres o. peu- 
vent etre indiqu&s au moyen de petites notes, 
sans que pour cette raison chacun d'eux porte 
un nom special. Leur execution se regie selon 
les mdmes principes que ceux qui regissent les 
autres o. Ge sonl surtout les lerminaisons (alL 
Nachschldge) qui ont acquis une grande impor- 
tance dans notre musique moderne, autrement 
dit des o. qui suivent la note principale et par 
Ik m^rne abrdgent sa duree, tandis que la note 
suivante ne perd rien de sa valeur. Dans des 
passages comme le suivant (Chopin op. 62, 2) : 



t±* 



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les petites notes ne doivent pas etre considerees 
comme faisant partie du second temps; c'est 
au contraire le re diise initial qui perd de sa 
duree la fraction necessaire k Texecution rapide 
des petites notes avant l'accord suivant de Fac- 
compagnement ; seul, le sol diese barre est une 
appogiature et, comme tel, doit etre attaque sur 
le second temps. On peut logiquement diviser 
les o. en trois categories : a) o. sur Y attaque de 
la note (pince, pince renverse, double appogia- 
ture, couie, batlement, appogiature, double 
place sur la note meme) ; b) o. sur la terminal- 
son de la note (terminaison, double place apr&s 
la note) ; c) o. de remplissage, absorbant toute 
la dur^e de la note (trille, battement). On pour- 
rait meme, k certains points de vue, classer 
Y arpeggio (o.d'attaque ou de remplissage) et le 
I tremolo (o. de remplissage) parmi les o. 

Ornithoparchus (nom helienise de Vogel- 
sang), Andreas, parait avoir eu une vie assez 
instable, car il parle beaucoup de ses voyages 
en Allemagne, en Autriche, en Hongrie et en 

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ORPHEE — ORTIGUE 



583 



Aussie ; d'apres l'album de rAcad&nie de Wit- 
temberg, il serai t n£ A Memmingen et aurait 
recu le titre de Magister artium. en 1516, A 
Tubingue.Le seul de ses ouvrages qui nous ait 
£t6 conserve est : Musicce activce micrologics 
(1517; nouv. 6d. en 1519, 1521, 153:3,1535, 1540; 
(rad.angl.de Do\vland,1609), Tun des meilleurs 
ouvrages theoriques du xvi 6 s. (cf. le rommen- 
(aire de J.-W. Lyra, dans les t Monatshefte 
far Musik-Geschichte », vol. X, p. 105). 

0rph6e, le chanteur legendaire de la Grece 
prehistoriquc, doit avoir v6cu au temps de l'ex- 
pedition des Argonautes (1350 av- J.-C.), a la- 
quelle il aurait prispart.0. 6tait non-seulement 
un chanteur de premier ordre, s'accompagnant 
sur la cithare a sept cordes, mais le fondateur 
d'une sorte de secte mystique, dite des « Orphi- 
ques », qui adorait Bacchus Zagreus et se per- 
p&taa pendant un grand nombre de sidcles.Les 
« Orphiques » ont toute une literature. Gf. Gottfr. 
Hermann, Orphica (1805). 

Orphlon, nom que Ton donne en general 
&ux soctetes chorales d'hommes, mais qui a 
pris avec le temps, dans la bouche des musi- 
ciens, un sens l£gerement meprisant. C'est A 
Bocquillon-Wilhem que revient le merite de 
l'introduction de l'enseignement du chant dans 
les £coles municipals de Paris (1818). En 1835, 
cet enseignementdevint obligatoire et Ton cr£a, 
en m&roe temps, des associations chorales pour 
les classes ouvri&res ; ces innovations furent 
chaleureusement accueillies. Gounod ne trouva 
point au-dessous de sa dignite d'accepter, en 
1852, les fonctions de directeur general de tous les 

0. de Paris ; il eut, en 1860, deux successeurs : 
Bazin pour les o. de la rive gauche, Pasdeloup 
pour ceux de la rive droite. Bazin devint plus 
(ard seul directeur (1873) et Bannhauser lui 
succeda en 1878. On comptait en France, en 
1881 d6j&, environ quinze cents o. comprenant 
en tout plus de soixante mille membres (or- 
phionistes) ; plusieurs journaux musicaux re- 
presented spScialement les interfcts de ces 
associations. En Allemagne, les associations 
chorales analogues A nos o. portent le nom de 
LiedertafeL La premiere de ces soci£t6s fut' 
<sr66e par Zelter, en 1809, A Berlin ; elle se com- 
posait de membres de la « Singakademie >. 
Vinrent ensuite les LiedertafeL de Leipzig et 
de Francfort, en 1815, puis une nouvelle asso- 
ciation A Berlin, en 1819. Actuellement ces 
«oci6t£s chorales' existent en nombre conside- 
rable et leur union, qui compte plus de cin- 
quante mille chanteurs, porte le nom de Deut- 
scher Sdngerbund. Quant A TAngleterre, elle 
possMait au Steele dernier d6j& des clubs de 
m&me genre (cf. catch, glee, madrigal). 

Orthographe. L'o. musicale est assez com- 
pliqu&e et reside souvent dans des distinctions 
fort d61icates. Un grand nombre de composi- 
teurs 6crivent orthographiquement par pur 
instinct, d'autres se laissent induire en erreur 
par l'observation maladroite de regies superfi- 
cielles. On fait, entre autres, des fautes d'o. : 

1. au point de vue des dur£es rythmiques, sur- 
tout dans le style de piano, lorsqu'on attribue a 



byG< 



le 



une note une valeur trop longue, qui la fait 
durer pendant un accord ult6rieur, dans le- 
quel elle ne doit point entrer comme disso- 
nance ou qui, parfois mdme, contient un son 
formant Svidemment la suite du son prudent, 
— 2. au point de vue des rapports harmoni- 
ques. Les fautes de cette derni&re cat£gorie 
sont aussi frequentes dans le style libre que 
dans le style s£vdre ; elles consistent dans la 
substitution d'un son A un autre qui lui est 
enharmoniquement identique, par ex. : ui ditse 
pour H bemol, mi pour fa bemot, etc. Seule 
une comprehension r£elle des rapports harmo- 
niques permet d'eviter les fautes d*o. de ce 
genre ; il faut absolument que le musicien 
s'habitue A avoir une conscience tr£s nette de 
Tharmonie majeure ou mineure, dans le sens 
de laquelle tel passage ou tel accord dissonant 
doit 6tre interpr£t£, et de Tenchalnement har- 
monique qui en est a la base; c f esl ainsi seule- 
ment qu'il est possible d'^crire vraiment ortho- 
graphiquement. La plupart des fautes se com- 
mettent dans T&criture de l'6chelle chromalique 
(v. ce mot) ou, d'une maniere g£n£rale, de tout 
passage chromatique. La regie principale peut, 
dans ce cas, se formuler de la mani&re sui- 
vante : un son appartenant A Tharmonie (ma- 
jeure ou mineure) sur laquelle repose le pas- 
sage en question, ne doit jamais &tre rem place, 
dans la notation, par son enharmonique. 

Ortigue, Joseph-Louis d\ musicographe, n£ 
a Gavaillon (Vauclnse) le 22 mai 1802, m. a 
Paris le 20 nov. 1866; s'occupa surtoul de 1'his- 
toire de la musique d'6glise et fut, A diverses 
reprises, charge par le gouvernement frangais 
de travaux ayant trait A ce sujet. Ses Merits les 
plus imporlants sont : De la guerre des dilet- 
tanti, ou de la revolution operte par M. Ros- 
sini dans V Optra frangais (1829) ; Le balcon 
de VOp&ra (1838 ; collection de feuilletons de 
sa plume, ayant paru auparavant dans divers 
journaux) ; Be Vecole italienne et de I 'admi- 
nistration de VAcademie royale de musique a 
Voccasion de Fop&ra de M. Berlioz (1839, sur 
le t Benvenuto Cellini » de Berlioz), paru aussi 
sous le titre : Du thidlre italien et de son in- 
fluence sur le gout musical franqais (1840) ; 
Abecidaire du plain-chant (1841); PalingS- 
nesie musicale, et Dela m&moire chez les mu- 
siciens (tirage a part d'articles de la « Revue et 
Gazette musicale >) ; Dictionnaire liturgique, 
historique et th&orique de plain-chant (1854, en 
partie en collaboration avec Nisard) ; Intro- 
duction a Vetude comparee des tonalitis et 
principalement du chant gregorien et de la 
musique moderne (1853); La musi<[ue a Veglise 
(1861); Trade thiorique et pratique de fao- 
compagnement du plain-chant (1856, en colla- 
boration avec Niedermeyer ; 2 e ed. 1876). O. 
fonda en 1857, avec Niedermeyer, le journal 
musical La Mattrise (pour la musique d*6glise) 
et le r^digea seul de 1858 A 1860 ; en 1862, il le 
reprit sous le titre de Journal des Mailrises, 
revue du chant titurgujue et de la musique 
religieuse (il n'en a paru qu'une ann&e). O. 
etait en outre collaborateur de la « Gazette mu- 

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584 



ORTO — OTTO 



sicale », de la « Revue de musique ancienne et 
moderne », da < Menestrel », et de plusieurs 
journaux poiitiques; il a aussi ecrit divers 
essais ne se rapportantpas k la musique. Dans 
sa jeunesse, 0. etait un admirateur du « Re- 
quiem » de Berlioz, mais plus tard il combattit 
de toutes ses forces 1'ad mission de la musique 
instrumentale k l*6glise. 

Orto, Giovanni de, connu aussi sous le nom 
de Marbriano, remarquable contrapontiste des 
xv« et xvi» siecles, dont Petrucci a imprime uu 
livre de Messes (Misse de 0., 1505), un Ave 
Maria a 4 voix, onze chansons k 4 voix dans 
r « Odhecaton • (1500-1503) et une Lamentation 
dans le « Lamentationum Jeremiae propheUe, 
liber I » (1506). Quelques Messes manuscrites 
sont conserves k la Biblioth£que de la Cha- 
pelle pontificale, 4 Rome, la Messe Mi-Mi et 
quelques morceaux k la bibliotheque de la 
Cour, a Vienne, et divers motets et chansons 
sont dans des collections particulieres. 

Osborne, George -Alexandre, pianiste et 
compositeur de salon, ne k Limerick, en Irlan- 
de, le 24 sept 1806, fils d'un organiste, m. k 
Londres le 16 nov. 1898; eieve de Pixis, Kalk- 
brenner (piano) et F6tis (composition), k Paris, 
v6cut des 1843 k Londres, oil il etait tr^s estime 
comme professeur. O. a ecrit un grand nombre 
de duos pour piano et violon (43 avec BSriot, 
1 avec Lafont, 1 avec Art6t et 2 avec Ernst), 
ainsi que trois trios avec piano, un sexluor 
avec piano (fltite, hautbois, cor, violoncelle, 
contrebasse) et de nombreuses fantaisies, va- 
riations, rondos, etc. pour piano seul. Sa Pluie 
de perles a 6te pendant un temps Tun des mor- 
ceaux de salon les plus en vogue. 

Oser, Friedrick-Heinrich, ne k B&te le 29 
t&yr. 1820, aum6nier du p&nitencier de cette 
ville, po<He et compositeur de lieder tres es- 
time. 

Osiander, Lukas, abbe protestant a Adelberg, 
en Wurtemberg, n6 k Nuremberg le 16 dec. 
1584, m. k Stuttgart le 17 sept. 1604 ; auteur de 
Geistliche Lieder wnd Psalmen mit vier Stim- 
men auf kontrapunhiische Weise (1586). Ce fut 
lui qui, le premier, eut l'id£e de placer la m6- 
lodie du choral dans la partie sup6rieure (so- 
prano), plutdt que dans le tenor, < afin qu'elle 
soit reconnaissable et que chacun la puisse 
chanter ». 

Ossia (ilal., ou), indication ordinaire lorsque, 
dans une oeuvre quelconque, le compositeur 
indique au-dessus de la version originale, une 
variante ou une version facility. 

Ostinato (Hal., du lat obstinatus, obsline), 
terme technique servant a designer le retour 
continuel d'un theme toujours entoure de nou- 
veaux conlrepoints; To.se rencontre frequem- 
ment surtout dans la partie de basse, on lui 
donne alors aussi le nom de « basse contrainte* 
(v. ce mot). L'o. joue dej& dans les oeuvres con- 
trapontiques des Neerlandais (v. ce mot) un 
rdle important; on sail en .effet que les grands 
maitres de l'epoque vocale aimaient k 6crire 
loute une Messe ou de longs motets sur une 
seule phrase courte que le tenor rep&tait tou- 



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jours. Mais ces repetitions ne sont pas tou- 
jours identiqueset le petit theme apparait sous 
toutes sortes de modifications metriques, tantdt 
augments, tantdt diminue, ou renverse, ou en- 
core sur d'autres degr^s de l'echelle tonale 
(c.-£~d. dans d'autres modes ecclesiastiques). 

Othmayer, Kaspar, ne k Amberg le 12 mars 
1515, devint, en 1545, Magisier ariium dans sa 
ville natale, puis recteur de Tecole du convent 
de Ileilbronn. En 1546, il se pr6sentait d£ja 
pour le poste de chanoine de St-Gumbert, a 
Ansbach, poste auquel il fut nomm£ en 1547 ; 
puis il epousa la fille d'un juge de Heilbronn, 
Hans Hartung, et regut l'autorisation d'habiter 
k Ansbach. En 1548, O. devenait prieur de 
cette ville et mourut k Nuremberg le 4 ttvr. 
1558. O. fut un compositeur consciencieux et 
dont la reputation s'etendait au loin ; un cer- 
tain nombre de ses oeuvres ont 6t6 conserv&es, 
entre autres un livre de Tricinia, un de Bid- 
nia 9 une Ode auf den TodLuthers. De plus, la 
collection de lieder de G. Forster renferme un 
certain nombre de lieder de O. 

Otho, v. Odo. 

Ott (Ottl, Otto), Hans, editeur a Nurem- 
berg, de 1588 k 1550 (il serait mort en cette 
derni£re ann^e, si ce n'est dfyk en 1549), faisait 
imprimer ses livres par Graph&us (Formschnei- 
der, Besch), raison pour laquelle ses publica- 
tions ne contiennent que l'indication : Arte 
Hieronymi Graphei. Seuls, les 115 gtUe vmd 
newe Lieder (1544) nomment O. lui-m&me 
comme imprimeur. 

Ottaui, Bernardino, abbe, ne a Bologne en 
1785, m. k Turin le 26 oct 1827; eieve du P. 
Martini, etait, dej& dl'dge devingt-deux axis* 
maitre de chapelle k Bologne et remplit les 
mfemes fonclions, des 1779, k la cathedrale de 
Turin. II a ecrit douze operas pour diverges, 
scenes italiennes, mais surtout une quantite 
d'excellents morceaux de musique d'eglise 
(46 Messes, beaucoup de chanls de vepres, dea 
psaumes, des motets, etc., ainsi que deux ora- 
torios). 

Ottara (ital.), octave, souvent abr£g6 en 8vtu 
signifie lorsqu'il est place au-dessus des note* 
l'octave superieure, lorsqu'il est au-dessous des 
notesroctave inferieure (ottava basso), v. ABRfe- 

VIATIONS. 

Ottavino (ital.), petite Mle, € piccolo » fall. 
Ohtavfldte). 

Otto, 1. Ernst-Julius, compositeur de chant* 
pour voix d'hommes, ne a Kcenigsstein (Saxe) le 
l« r sept 1804, m, k Dresde le 5 mars 1877; sol- 
vit les cours de l'Ecole de la Croix, k Dresde* 
oil il eut Weinlig comme maitre de musique. 11 
fit executer dej& de bonne heure des motets et 
des cantates de sa composition et termina se** 
etudes de musique k Leipzig, de 1822 k 1825. 
Apres avoir rempli quelques annees les fonc- 
tions de professeur k l'lnstitut de musique 
Blochmann, a Dresde, il devint, en 1830, cantor 
de l'Eglise de la Croix, poste d'honneur qu'il a 
garde jusqu'en 1875. II fut en outre, pendant de 
longues annees, directeur de musique de la 
cathedrale evangeiique et de la Liedertafd de 

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OTTO-ALVSLEBEN 



OUSELEY 



585 



Dresde. Le uom d'O. est surtout connu, en 
Allemagne, par une collection de chceurs pour 
voix d'hommes comprenant nn grand nombre 
de volumes : Ernst und Schers qui contenait 
beaucoup de compositions d'O. lui-meme et 
uniquement des compositions originates. En 
outre, on connait de lui les cycles pour chceur 
d'hommes: Der Sangersaal, Burschenfalirten, 
Gesellenfahrten, Soldatenleben, une operette : 
Die Mordgrundbruck bei Dresden, ecrite pour 
la « Liedertafel », et la musique pour les Kin- 
derfesten d'Hofmann : Schulfest, Weihnachts- 
fest, Pfingstfest et Vaterlandsfest. II employa 
cependant aussi son activite & des travaux plus 
serieux et ecrivit une quantite de motets, des 
cantates de fete, des Messes, un Te deum, des 
oratorios : Des Heilands letzte Worte, Die 
Feier der Erlosten am Grabe Jesu et Hiob, 
ainsi que deux operas : Das Scfiloss am Rhein 
et Der Schlosser von Augsburg. — 2. Franz, 
compositeur de chants pour voix d'hommes, ne k 
Konigsstein en 1809, m. a Mayenceen 1841 (In 
dem Himmel ruht die Erde, Blatter Montag, 
etc.). — 8. Rudolf-Karl-Julius, excellent chan- 
teur de concert, ne a Berlin le 27 avr. 1829, 
etait, deja comme ecolier, soprano solo dans le 
chceur du D6me de Berlin ; en 1848 il fut en- 
gage comme tenor et remplit encore aujour- 
d'hui ce memo poste. En 1852, O. fut engage 
comme maitrede chant au Conservatoire Stern, 
puis, des 1873, il remplit les memes fonctions 
a l'Academie royale de musique. 

Otto-Alvsleben, Melitta, nee Al vsleben, can- 
tatrice scenique (soprano dramatique), nee k 
Dresde le 16 dec. 1842, m. dans la meme ville 
le 18 janv. 1898; eleve, de 1856 a 1859, du Con- 
servatoire de Dresde (Thiele), elle fut d'abord 
engagee, de 1860 a 1878, au Theatre de la Cour 
k Dresde (d'abord pour les rdles de chanteuse 
legere, et plus tard pour les roles dramati- 
ques), puis elle se voua pendant plusieurs an- 
nees au concert (de 1878 k 1875, en Angleterre 
et en Ecosse), alia ensuite comme « prima 
donna » au Theatre municipal de Hambourg 
(1875-1876) et enfin (1877 a 1888) de nouveau au 
TheAtre de la Cour, a Dresde, dont elle a ete 
nommee membre d'honneur en 1879. Elle 
epousa, en 1866, le conseiller des douanes Otto. 
En 1879, elle se fit entendre au festival de mu- 
sique de Cincinnati. 

Oudrid [y SeguraJ, Christobal, ne a Bada- 
joz le 7 fevr. 1829, m. a Madrid le 15 mars 1877; 
fecond compositeur espagnol d'operettes tres 
en vogue et chef d'orchestre, devint, en 1867, 
directeur des chceurs de TOpera italien k Ma- 
drid, en 1872, chef d'orchestre au theatre de 
« Zarzuelas » et enfin au theatre de l'« Oriente •. 

0. a ecrit, k partir de 1850, plus de trenle « Zar- 
zuelas » pour Madrid (en partie en collabora- 
tion avec Barbieri, Gaztambide, Kogel, Cabal- 
lero et d'autres). Son dernier ouvrage : El con- 
sqjo de los diez (postume), a ete donne en 
1884. 

Oules (all. SchaUUkher), nom que Ton donne : 

1. aux ouverlures pratiquees dans la table 
d'harmonie des instr. a archet, ouverlures qui, 



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k partir de 1500 environ, eurent la forme d' S : 

jT \ tandisque,precedemmcnt, ellesetaient 

en forme de croissants ) (♦ Les o. permetlent k 
la partie medianede la table d'harmonie de vi- 
brer dans deux sens opposes et, tout en favori- 
sant Vintensite du son, empechent toute reso- 
nance secondaire de se former; — 2. k Touver- 
ture circulaire (dite aussi : rose), pratiquee au 
centre de la table d'harmonie des instr. k cor- 
des pincees, tels que le luth, le theorbe, la gui- 
tare (cf. luth). Contrairement a celles des instr. 
k archet, celte ouverture a pour but de prolon- 
ger quelque peu le son. C'est pour cette meme 
raison que le tympanon avait aussi une * rose > 
on meme plusieurs, lorsqu'il etait oblong; la 
« rose ■ passa meme au piano, mais elle est de- 
venue superfine, grace k d'autres perfectionne- 
ments. 

Oulibichelf, Alexandre d', amateur de mu- 
sique appartenant a la noblesse russe, ne k 
Dresde en 1795, fils de l'ambassadeur russe de 
cette ville, m. dans ses domaines, pres de Nijny- 
Nowgorod, le 24 janv. 1858; il s'etait retire 
dans ses domaines au moment de l'avenement 
au trdne de l'empereur Nicolas, apres avoir oc- 
cupe divers posies diplomatiques aupres de 
cours europeennes. O. est l'auteur d'une : Nour 
velle btographie de Mozart, suivie cCun aper^u 
sur VhistoireginircUede la musique (1844,trois 
vol.; trad. all. par Gantter, 2« ed. 1859); le ju- 
gement defavorable que l'auteur emet, dans 
son apercu, sur les dernieres oeuvres de Bee- 
thoven suscita une vive polemique entre Lenz 
(t Beethoven et ses trois styles ») et O. Ce der- 
nier repondit par : Beethoven, ses critiques et 
ses glossateurs (1857; trad. all. par BischofT, 
1859), ouvrage dans lequel il accentue encore 
son jugement primitif etqui causa une indigna- 
tion generate. 

Oury, v. Belleville-Oury. 

Ouseley, Sir Frederick Arthur-Gore, ba- 
ronnet, ne a Londres le 12 aout 1825, m. k Here- 
ford le 6 avr. 1889, fils de 1'orienlaliste et ani- 
bassadeur aux cours de Perse et de Russie, 
Gore O., suivit les lecons du gymnase de IV- 
glise du Christ, k Oxford, ainsi que, plus tard, 
les cours de l'Universite de celte ville, prit en 
1846 le grade de bachelier, en 1849 celui de 
Magister artium, en 1850 celui de bachelier 
en musique et, en 1854, celui de docteur en mu- 
sique. II succeda, en 1855, a Bishop comme 
professeur de musique, k Oxford, et « praecen- 
tor » a la cathedrale d'Hereford. O. etait un 
excellent pianiste et organiste et se distinguait 
specialement dans Tart de l'improvisation con- 
trapontique. Ses compositions sont pour la plu- 
part d'ordre religieux (11 services, 70 anthems), 
cependant il a aussi ecrit plusieurs recueils de 
glees et de chceurs, des romances pour piano, 
un sextuor et deux qualuors pour instr. k ar- 
chet, un quatuor avec piano, deux trios, des so- 
nates pour piano, des nocturnes, etc., et quel- 
ques douzaines de fugues, de preludes et d'au- 
tres morceaux pour orgue, ainsi que deux ora- 
torios : St-Polyharp et Hagar. Deja a Tage de 

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586 



OUVERT — PACCHIAROTTI 



huil ans, il avail compost un opera : Lisoha 
disabitata. Gomme th£oricien, 0. a fourni des 
dissertations sur rharmonie, le contrepoint et 
la fugue, sur les formes et la composition en 
general, dans les Oxford Clarendon Press Se- 
ries. U a aussi collabor6 au « Dictionary of mu- 
sic* de Grove. O. &ait millionnaire et a laisse 
une tr&s riche biblioth&que. 

Ouvert, se dit : 1. d'un tuyau d'orgue dont 
rextremitS superieure n'est pas bouchSe; 2. 
d'un accord (accord a l'o.) donne exclusive- 
ment par les cordes A vides d'instr. A archet: 

Ouverture (itaL overturn; angL overture; 
all. 0uvertiire) 9 morceau de musique servant 
d'introduction A une omvre de grandes dimen- 
sions et plus particulierement d'un op£ra (v. 
ce mol). Les premiers essais de musique dra- 
matique n'avaient pas trace d'o. et commen- 
caient, dans la regie, par un prologue chantd 
ou directement par Taction elle-m£me; mais 
ceux qui, plus tard, accorderent la parole en 
premier lieu aux instruments (charges de con- 
centrer les idees de Tauditeur et de le preparer 
A l'ceuvre) choisirent dans ce but un madrigal 
qu'ils firent executer par des instruments au 
lieu de vpix, ou un petit morceau en style de 
madrigal (YOrfeo de Monteverde debute par 
une Toccata de neuf mesures, trois fois rep£- 
tee). La forme primitive de To. proprement 
dite, connue sous le nom d' « o. franchise » ou 
« o. de Lully » (v. ce nom), trahit encore sensi- 
blement son origine vocale, surtout dans la pre- 
miere et la troisteme parties d'un mouvement 
lent et sans ancun caraot&re instrumental, tan- 
dis que la partie interm£diaire, plus rapide, est 
d£ja mieux ecrite pour des instruments. Quant 
aux introductions d'operas d'Alessandro Scar- 
latti, elles revAtent un tout autre caract^re : 1' « o. 
italienne » ou, comma on l'appelait autrefois, la 
sinfonia (terme qui ne signifie rien autre que 
« musique polyphonique »), commencait par un 



allegro, suivi par conlraste d'un grave auqucl 
succMait de nouveau un allegro ou un presto; 
elle a*un caract&re purement instrumental. En 
lant que pr£curseur de la symphonie, Fo. n'a 
guere d'importance que comme etant Tune des 
plus anciennes formes de musique inslrumen- 
tale polyphonique. C'est bien plutot dans le 
concerto (concerto grosso)qu'i\ faut chercher le 
veritable anc£tre de la symphonie en plusieurs 
parties. Les ouvertures modernes peuvent se 
r£partir en trois categories distincles : 1. To. en 
forme de sonate, construite sur deux (ou trois) 
themes principaux, exposes A la suite d'une 
courte introduction lente et d'un caractere ge- 
n&ralement pathetique, puis r£apparaissan! 
apr&s une partie de developpements plus ou 
moins prolong£e (il ne manque done que la 
« reprise », pour que la forme de la sonate y 
soit strictement observ£e). Cette forme, plus ou 
moins exactement suivie, est celle de la plu- 
part des o. diles * o. de concert » et des o. d'o- 
p&ras qui ne sont pas 4crites sur des themes 
de l'ouvrage lui-m6me.* — 2. L'o.-potpourri, 
n'ayant d'autre forme que celle qui r£sulte de 
l'ordonnance des themes (emprunt£s aux • nu- 
m6ros » les plus attrayants de l'op^ra) en une 
gradation et une s£rie de contrastes calculus 
uniquement en vue de Feffet. La valeur de ce 
genre depend de I'habilete avec laquelle les the- 
mes sont soud£s les uns aux autres (Rossini, 

etc.). — 3. L'O. AYANT DES RAPPORTS THftMATIQUES 

avec l'op&ra lui-m&me, mais formant un tout 
musical bien etabli (prologue symphonique); 
tant6t le compositeur expose en raccourci les 
id6es fondamentales de l'ouvrage, tantdt il se 
contente d'introduire les premieres scenes de 
son op6ra. Les ouvertures ou preludes de Wa- 
gner et de ses disciples appartiennent A cette 
troisi£me cai£gorie, dans laquelle on peut 
m£me classer dej& les o. de Schumann, Weber, 
voire m£me Mozart et Beethoven. 



P, p, abr£viation pour piano, plus rarement 
pour pedale (v. ce mot) : pp, ppp, pour pianis- - 
simo; mp, pour mezzopiano; fp, pour forte- 
piano (un forte aussitrtt suivi d'un ;?i'ano); 
par contrep/" signifie non pas pianoforte, mais 
poco forte (peu fort) ce qui elait interprets 
autrefois, par ex., (par J.-W. H&ssler), comme 
plus faible que mezzo forte, mais veut dire A 
present g&ieralement « assez fort », ou bien 
encore phi forte, plus fort (mais g£n£ralement 
pas abreg£ dans ce sens). 

Pabst, Adgost, nS a Elberfeld le 30 mai 
1811, m. comme directeur du Conservatoire de 
Riga le21 jail. 1885; fut au para van t cantor el 



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organiste a Koenigsberg et re^ut, en 1857, le 
litre de « directeur royal de musique ». II a 
ecrit plusieurs operas : Der Kasteltan von 
Krakau (Koenigsberg, 1846), Unser Johann 
(ibid, 1848), Die letzten Tage von Pompqji 
(Dresde, 1851) et Die Longobarden (non repr&- 
sent6). 

Pacchiarotti , Gasparo, c£lebre chantenr 
(castrat), n6 A Fabriano (Ancdne) en 1744, m. A 
Padoue le 28 oct. 1821 ; re^ut son Education 
d'un sopraniste de l'eglise St-Marc, A Venise, 
et fut c61&bre en Italic vers 1770 environ. II 
chanta sur les th£&tres les plus importants, 
visita Londres en 1778, 1785 et 1790, et y ren- 

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PACHELBEL — PAOIUS 



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Ira un accaeil enthousiaste, puis se retira 
tout k fait de la scene, en 1793, et vecut k Pa- 
doue en se consacrant tout entier k des oeuvres 
pies. P. £tait laid et maigre ; mais sa voix raa- 
gnifique, son go&t d£licat et son intelligence 
musicale faisaient oublier son extSrieur. 

Pachelbel, 1. Johann, Tun des plus £mi- 
nents promoteurs du style d orgue, avant J.-S. 
Bach, ne k Nuremberg, le l« p sept 1653. m. 
dans la meme ville le 3 mars 1706 ; fit son Edu- 
cation musicale k Nuremberg, Altdorf et Ra- 
tisbonne, puis devint successivement, en 1674 
organiste suppliant a l^glise St-Elienne, k 
Vienne, en 1675 organiste de la Cour k Ei- 
senach, en 1678 organiste de la t Prediger- 
kirche » k Erfurt, en 1690 organiste de la Cour 
k Stuttgart, en 1692 k Gotha et, en 1695, orga- 
niste de l'eglise St-Sebald, a Nuremberg. Au 
cours de ces d&plaeements r6it6r£s, P. eut 
Toccasion d'apprendre k connaltre les particu- 
larity de style des organistes de l'AUemagne 
da sud et l'AUemagne centrale, particularity 
dont son style a lui 6tablit la fusion definitive ; 
ses toccatas, ses chaconnes et ses chorals varies 
se rapprochent deja beaucoup de ceuxde Bach et 
marquent un rSel progr&s sur ceux d'un Jean- 
Christophe Bach, car ils sont Merits d'une ma- 
nure plus libre et plus naturelle. On a con- 
serve un certain nombre de ses oeuvres, en 
Edition originate : Musikalische Sierbensge- 
danken (1683, quatrfe chorals varies), 78 Cho- 
rale zum PraambiUieren (1693), Hexadiordum 
Apollinis (1699, six themes [airs] avec varia- 
tions) et Musikalische Erg6tzung (1691, six 
partitas a quatre voix, pour deux violons et 
basse chiflree). Un manuscril de la biblioth£- 
que grand-ducale de Weimar : Tabulaturbuch 
ffeistlicher Gesange D. Martini Lutheri und 
andrer gottseliger Manner sambt beigefiigten 
Choralfugen... von Johann Fachelbeln, orga- 
nist zu St-Sebald in Nuremberg, 1704 (160 
melodies de chorals avec basse chiflree, la 
moitie d'entre elles avec de courts preludes 
fugues) n'est, selon A.-G. Ritter, qu'un assem- 
blage de travaux abr£ges de P. Franz Commer 
a public, dans la « Musica sacra » i, n°» 48 k 
144, un nombre respectable de morceaux d'ov- 
gue de Pachelbel, d'apr^s les anciens imprimis 
et des manuscrits de Tlnstitut royal de musique 
d'eglise, k Berlin: G.-W. Korner en donne 
quelques autres dans le cahier 340 de l f « Or- 
gelvirtuose » et dans le premier (et unique) 
cahier d'une Edition complete des oeuvres pour 
orgue de P., Edition qui ne fut pas continuee. 11 
est par consequent facile de se rendre compte 
personnellement de Toeuvre de Pachelbel. 
Winterfeld aussi donne quelques 6chantillons 
de P. dans « Evangelischer Kirchengesang » ; 
une chaconne avec treize variantes, une fugue 
en mi mineur et un « fugetta » en ut majpur 
out paru, en 1860, chez Trautwein, a Berlin. — 
Un file de P. — 2. Wilh.-Hieronymus, n6 a 
Erfurt en 1685, devint en 1706, organiste de 
l'^glise St-Jacob, a Nuremberg et, en 1725, de 
celle de St-Sebald, dans la m&me ville; il a 
pnblie : Musihalisches Vergnugen (prelude, 



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fugue et fantaisie pour orgue ou clavecin) et une 
fugue en fa maj., pour clavecin. 

Pachmann, Waldemar vox, pianiste, n§ k 
Odessa le 27 juil. 1848, eldve de son pere (qui 
fut professeur k rUniversitS de Vienne et vio- 
loniste dislingue) et plus tard de Dachs, au 
Conservatoire de Vienne, se produisit d6s 
1869, en Russie, comme soliste, joua plus tard 
aussi avec succes k Vienne, Paris, Londres, 
etc. et epousa, en 1884, la pianiste Maggie 
Oakey, son 61£ve. 

Pachymeres, Georgios, &crivain byzantin, 
biographe de Tempereur Michel Pal6ologue, 
n6 a Nic6e en 1242, m. k Constantinople vers 
1310; auteur d'un ouvrage : ITcfi apMOvixft 
(« Sur la musique »), dont une copie est con- 
servee A la Bibliolb&jue nalionale, k Paris. 

Pacini, Antonio - Francesco - Gaetano-Save- 
rto, n6 k Naples le 7 juil. 1778, m. a Paris le 
10 mars 1866; 616 ve au « Conservatorio della 
Piet& », a Naples, fut un certain temps chef 
d'orcbestre de theatre k Ntmes, puis alia, en 
1804, k Paris, oil il fit repr6senter quelques op6- 
ras-comiques et fut un maitre de chant en fa- 
veur dans les cercles de la Cour imp6riale. D 
fonda plus tard une maison d'6ditions musica- 
les qui donnait la preference surtout aux com- 
positeurs d'operas italiens. — 2. Giovanni, com- 
positeur d'opSras, ne a Catane, le 17 f6vr. 1796, 
m. k Pescia, le 6 d6c. 1867; 616ve de Marchesi. 
k Bologne, et de Furlanetto, k Venise, d6buta 
comme compositeur scenique, en 1813, avec 
Annetta e Lucinda, au thl&lre « Santa Rede- 
gonda », k Milan, puis 6crivit, dans les vingt 
annees suivantes, quarante-deux operas pour 
les meilleures scenes italiennes. Mais, apres 
un insucc6s au theAtre Fenice, k Venise, il 
abandonna pour un temps la composition sce- 
nique, fonda k Viareggio une 6cole de musique 
qui atteignit bientdt une grande prosp6rit6 et 
pour laquelle il construisit meme un th&Ure 
particulier (il le transporta plus tard k Lucca). 
Ses meilleures amvres ont 6t6 6crites apres 
1840: Saffo (Naples;, Medea (Palerme, 1848), 
La regina di Cipro (Turin, 1846) et Niccolo 
de' Lapi(R\o de Janeiro, 1855). P. a 6crit en 
tout environ quatre-vingt-dix operas, ainsi que 
beaucoup d'oratorios, de cantates, de Messes, 
etc. II d£ploya,en outre,quelque activity comme 
6crivain et, en plus de nombreux articles pour 
les journaux musicaux : * Gazetta musicale di 
Napoli », « Gazelt.a musicale di Firenze*, «Boc- 
cherini », « TiU Scena », « L'Arpa » et « II Pi- 
rate », il a public une quantite de petits 6crits, 
en partie d'ordre didactique (pour son ecole de 
musique): Corso teoretico-pratico di iezioni 
dTarmonia, Principj elementarj col metodo del 
meloplaslo, Cennistorici sulia musica elrat- 
tato di contrappunto (1864), Memoria sul mi- 
gtiore indiriszo degli studi musicali (1868), 
etc., ainsi que sa biographie : Le une tnemorie 
arlisliche (1865; acheve par Cicconetti, 1872). 

Pacius, Friedrich, n£ a Hambourg, le 19 mars 
1809, m. k Helsingfors, le 9 janv. 1891 ; 61eve de 
Spohr, puis nomm£ direcleur de musique de 
V Universite d'Helsingfors. en 1884, fut excellent 

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PADEREWSKI 



PAESIELLO 



violonisle et fit aussi representer deux operas 
(Karls XII Jagd, 1854, et Loreley, 1857; tons 
deux k Helsingfors). 

Paderewski, J.-J., n6 en Podolie le 6 nov. 
1859; pianiste tr6s reinarquable, £l&ve du Con- 
servatoire de Varsovie puis de Wuest et d'Ur- 
ban, a Berlin, et enfin de Leschetizky, k Vienne, 
P. fut professeur au Conservatoire de Varsovie 
(1879-1888), puis entrepritde nombreuses tour- 
n6es de concerts en Europe et en Amerique, 
avec un succ&s toujours grandissant. C'est sur- 
tout comme interpr&e de Chopin qu'il merite 
d'etre cit£. En tant que compositeur, P. s'est fait 
connaitre par des melodies et des oeuvres pour 
piano ( Theme varU 9 Menuet, Krakowiak, AU 
burn de mai % Mtiodie, puis un concerto et une 
Fanlaisie polonaise avec orchestre); il travaille 
en ce moment k un opera. 

Padilla y Ramos, excellent chanteur sc£nique 
(baryton), n6 k Murcie, en Espagne, en 1842 ; 
el6ve de Mabellini, k Florence, debuta k Mes- 
sine, puis chanta k Turin, Florence, Milan, Na- 
ples, Madrid, St-P6tersbourg, Vienne, Berlin, 
etc.; il a 6pous6, en 1869, la canlatrice D6sir6e 
Artot 

Padovana (Paduana), v. Pa vane. 

Paer, Ferdinando, compositeur d'operas, n6 
k Parme, le 1« juin 1771, in. A Paris, 1$ 8 mai 
1889; son Education musicale fut confiee aux 
soins de Ghiretti, violoniste au theAlre de la 
Cour de Parme, mais il lit repr6senter, d6jd k 
l'dge de seize ans, un opSra-comique : La lo- 
canda de* vagabond^ k Parme (1789), et peu 
apr&s (1790) I pretendenti burlati, Tune des 
meilleures oeuvres qu'il ait 6crites. Sa reuom- 
mee fut,de la sorte,rapidement£tablie.Nomm6 
chef d'orchestre d'un th&ktre de Venise (1791), 
il &crivit aiors operas sur operas, un peu dans 
le style de Cimarosa et de Paesiello, l&ger, a- 
gr^able et toujours m&lodieux. Un reel change- 
ment dans sa maniere d'6crire se fait remar- 
quer dans les operas qu'il a 6crit apr£s son 
installation k Vienne (1797), ou sa femme, une 
cantatrice sc^nique, signora Riccardi, avail £te 
engagee ; ce fut sans doute l'influence des ope- 
ras de Mozart qui l'amena k altacher plus d*im- 
portance k l'harmonie et a 1* instrumental ion de 
ses oeuvres. L'opSra Camilla (1799) est sa meil- 
leure ceuvre. P. fut engage, en 1802, pour suc- 
c^der, comme maltre de chapelle de la Cour, a 
Naumann, k Dresde, ou il ecrivit, entre autres : 
Eleonora, ossia Camore conjugate (1805, sur 
le m6me sujet que le « Fidelio > de Beethoven). 
Napoleon, dans sa marche triomphale de 1806, 
entraina aussi P. a sa suite a Varsovie, et plus 
tard k Paris, apr&s qu'il eut &6 nomme chef 
d'orchestre imperial. En 1812, P. succ£da a 
Spontini comme chef d'orchestre de l'Opera 
italien et conserva ce poste aussi sous la direc- 
tion de la Catalani (v. ce nom) ; mais, en 1828, 
Rossini lui fut pr6pos6 et bien que ce dernier, 
qui n'avait aucun talent de chef d'orchestre, se 
fut retire en 1826 d£jd, P. dut prendre sa re- 
trace en 1827, car on lui imputait la d£ch£ance 
de ce thedtre. Au reste, P. fut elu membre de 
l'Academie en 1831, directeur de musique de la 



chambre royale en 1882, et jouit jusqu'd sa mort 
d'une haute consideration. Ses succ£s furent, il 
est vrai, an£anlis lorsque les operas de Rossini 
arriv&rent sur la sc&ne parisienne, ce qu'il 
chercha longtemps du reste k emp^cher. Des 
quarante-trois operas de P., aucun ne s'est 
| maintenu d'une mani&re durable ; comme tant 
d'aulres, P. est devenu un nom purement his- 
torique. Outre ses operas, il a encore ecrit ; 
deux oratorios, une Passion en musique, beau- 
coup de canlates, des airs, des duos et d'aulres 
morceaux de chant, une Symphonic bacdiante* 
des variations d'orchestre sur Vive Hetiri IV. 
des marches et des danses pour musique mili- 
taire, des sonates pour violon avec violoncelle 
ad lib., des variations pour piano et une fan- 
taisie pour piano, deux flutes, deux core et 
basson. 

Paesiello, Giovanni, eminent compositeur 
d'op^ras, n6 k Tarente, le 9 mai 1741, m. k Na- 
ples, le 5 juin 1816; suivit l*6cole des jesuites, a 
Tarente, puis fut, pendant cinq ans, el&ve de 
Durante, Cotumacci et Abos, au « Conservatorio 
J Sant'Onofrio*, de Naples (1754-59), oft il ful en- 
suite engagd comme maltre suppliant (« maes- 
trino primario » ). Apres avoir ecrit d'abord un 
certain nombre de Messes, de psaumes, d'ora- 
torios, etc., il s'essayadans la composition sce- 
nique avec un intermezzo qui, represents au 
th&tt re deludes du Conservatoire ( 1763), d6voila 
, son talent pour Yopera buff a et lui procura 
; aussi lot une commande ; il ecrivit pour Bologne 
, l'op&ra-comique : La pupiUa (II mondo a ro- 
vescio). D&s lors, toute une s6rie d'aulres ope- 
ras se succed&rent rapidement k Modene, Par- 
me, Venise et Home, et l'un d'eux : II marchese 
di Tulipano(Ilmatrimonioina9pettato) acquit 
bientot une renommee europeenne; cependant* 
P. ne fut compla parmi les compositeurs d'lta- 
lie que lorsqu'il eut perc6 (avec LIdoto cinese) 
k Naples, oft Piccini etait aiors k l'apogee de sa 
gloire. Bientot apr&s, Piccini partit pour Paris, 
mais un rival non moins dangereux s'&leva, au 
bout de peu de temps, contre P., en la personne 
de Cimarosa ; P. ne se servit du reste pas tou- 
jours, contre celui-ci, ni contre Guglielmi, qui 
revenait, kg&, d'Angleterre, des armes honora- 
bles de la lutte artistique, mais chercha plutot 
son sal at dans les intrigues. En 1776, il 6tait 
appel6 par l'imperatrice Catherine, k St-Peters- 
bourg, oil il resta jusqu'en 1784 et ou il a 6cril 
entre autres le Barbier de Seville. Cet ouvrage 
s'est plus tard acclimate sur toutes les scenes 
italiennes, a tel point que Ton considers comme 
une entreprise temeraire celle de Rossini de 
vouloir mettreen musique de nouveau le m6me 
libretto. A son retour en Italie, P. fut nomme 
; maltre de chapelle de la Cour par Ferdinand IV 
i de Naples, et c'est dans les ann£es qui ont suivi 
. celte nomination qu'il a 6crit ses ouvrages les 
plus connus : La molinara(*La jolie meuniere »K 
Nina et / zingari in fiera. Lorsqu'eclata la re- 
volution de 1799, P. sut se faire bien voir du 
gouvemement republican net conserva son poste 
de maltre de chapelle, sous le litre de directeur 
de la musique nationale ; mais il tomba natu- 



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PAGAN INI 



589 



rellement, en suite de cela, en disgrace aupris 
du roi et dut, lorsqae celui-ci fut revenu au 
pouvoir, attendre deux ans avant d'etre de nou- 
veau bien en Cour. En 1802, le consul Napoleon 
demanda au roi de Naples de lui ceder P. pour 
Vorganisation et la direction de son orchestre ; 
Napoleon avait d&jk depuis longlemps une pre- 
dilection pour la musique de P., lequel avait 
d6jdu en 1797, et sur sa demande, compost une 
marcbe fun&bre pour le general Hoche. P. 
trouva naturellement des envieux k Paris, en 
sorte qu'il n*y resta pas longtemps ; il demanda 
d6j& en 1803 un cong£, pour pouvoir rejoindre 
sa famille k Naples, puis il reprit son ancien 
poste, qu'il a garde encore sous Joseph Bona- 
parte et Murat. La restauration des Bourbons 
(1815) lui fit perdre sa place ; il recevait cepen- 
dant toujours son traitement de maltre de cha- 
pelle, mais n f en jouit plus que quelques mois. 
P. a 6crit plus de cent ouvrages sc&niques; 
mais on n'a publie que quelques-uns d'entre 
eux : Nina, 11 re Teodoro, La serva padrona, 
La molinara, 11 barbiere di Seviglia, It mar- 
chese di Tutipano et Proserpina. U a 6crit en 
outre une Passion en musique, une pastorale 
de Noel, deux Requiem, trois grandes Messes 
avec orchestre, et environ trente Messes moins 
importantes a quatre voix,un TeDeum k double 
chcear, un Miserere k cinq voix avec alto et 
violoncelle obliges, etc. Ajoutons k cela une 
quantity de musique instrumentale: douze sym- 
phonies pour orchestre (d6di£es k Joseph II), 
six concertos pour piano, douze quatuors avec 
piano, six quatuors pour instr. k archet, une 
sonate ft un concerto pour harpe, etc. Diff&rents 
auteurs ont pablie des Etudes sur P. : J.-F. Ar- 
nold (1810), Gagliardo (1816), Le Sueur (1816), 
Quatremdre de Quincy (1817), Schizzi (1833), etc. 
Paganini(PAOANiNo), Niccolo, le plus c616bre 
de tous les violonistes, un virtuose dont le me- 
canisme n v a peut-6tre ete 6gal£ par aucun des 
violonistes posterieurs; n6 k G6nes le 27oct 
1782 (d'apr&s son acte de bapt&me), m. k Nice 
le 27 mai 1840 : 6tait fils d*un commerc-ant pen 
fortune, grand amateur de musique quoique 
sans instruction, et qui, lorsqu'il remarqua le 
talent musical de l'enfant, lui donna lui-m&me en 
premier lieu des leconsrlgulteres de mandoline, 
mais le confia bientot k de meilleurs mattres, en 
premier lieu au violoniste et maltre de chapelle 
G. Costa, k G&ies. P. joua de bonne heure en 
public, surtout dans des concerts d'eglise, puis 
fnt amene, en 1795, aupr£s de Texcellent violo- 
niste Alexandre Holla, k Parme, lequel cepen- 
dant ne lui donna que peu dfe temps des legons; 
Ghiretti (le maitre de Paer) lui donna, par con- 
tre, assez longtemps des conseils. La nature de 
P. etait si independante et si sp6ciale, que nous 
pouvons admettre qu'il a M, malgr£ tous ses 
maltres, presque un autodidacte; il ne tarda 
pas, en tous cas, k donner libre carriere k sa 
personnalite. La surveillance qu*exer$ait son 
p6re sur lui, lui pesa bienldt trop lourdement, 
et il r£us8it k s*y soustraire en 1798, en ne reve- 
nant pas de Lucca, od il 6tait alte donner un 
concert, mais en partant de \k k l'aventure. Le 



petit virtuose avait deja des passions lr£s nette- 
ment declares, il s'adonnait au jeu avec achar- 
nement et perdit m&me, au jeu, une nuit, k Li- 
vourne, son violon. Mais il re$ut un ample de- 
dommagement d'un certain M. Levron ; celui-ci 
lui fit cadeau d'un violon de Joseph Guarnerius, 
de la plus haute valeur, et qui, d&s lors, resta 
jusqu'a sa mort rinstmment favori de P. (con- 
serve k present sous verre, comme relique, a 
G£nes). Ce ne fut qu'en 1804 que P. rentra a 
G&nes: il £tudia alorsavec application pendant 
une ann£e et se voua aussi avec z&le k la com- 
position. Mais l*ann£e suivanted£j& il entreprit 
un nouveau voyage et rencontra partout la plus 
haute admiration ; enfin, en 1803 encore, il fut 
engag£ k Lucca comme violon solo du due et 
maltre des princes Bacciochi, fonctions qu il 
conserva jusqu'en 1808. De 1809 jusqu'A sa 
mort, il est rest£ sans place ; l'empereur d'Au- 
triche, il est vrai, le n omnia, en 1828, virtuose 
de la chambre, mais ce n'£tait qu'un titre hono- 
I rifique. Sans relAche, Fartiste, toujours plus 
> f£t£, alia de ville en ville et de pays en pays, 
j amassant peu k peu de grandes ricbesses. On 
sait que P. &tait avare, et sa passion pour le 
I jeu provenait aussi de sa cupidity ; le seul trait 
qui pourrait prouver le contra ire, le don de 
20.000 francs qu'il fit k Berlioz (1838), a M taxe 
plus reeemment par Ferdinand Hiller {Kunst- 
lerleben, 1880) de preuve honteuse de son ava- 
rice ; selon Hiller, P. se serait m6me laisse all6 
k faire sciemment passer sous son nom une 
donation provenant d'autrc part. Apr&s avoir 
plonge Tltalie en extase jusqu'en 1827 et avoir 
soutenu de glorieuses luttes contre Lafont, k 
Milan, et contre Lipinski, k Plaisance, il alia 
en 1828 k Vienne et en Allemagne, en 1831 
jusqu'a Londres, puis il parcourut TAngleterre, 
FEcosse et l'lrlande, et resta, pendant Thiver 
1833-1834, k Paris, oto il est souvent revenu de sa 
t Villa Gaiona », pr6s de Parme. Mais, en 1839, 
il se vit forc£ par sa sanle depuis longtemps 
chancelante, de rechercher le climat plus doux 
de Marseille ; enfin, il passa Driver 1839 k 1840, 
le dernier de sa vie, k Nice. La tuberculose du 
larynx l'enleva apr&sdelonguessouffrances. P. 
avait epouse la cantatrice Antonia Bianchi et a 
laisse k son fils unique, Achille P., une fortune 
considerable d'environ deux millions de francs. 
La vie de P. a 6t6 orn&e des l£gendes les plus 
extraordinaires ; ainsi il aurait tu£ sa blen-aimSe 
et g6mi plusieurs ann6es dans un cachot, ou il 
se vit forc^, apr£s que toutes les autres cordes 
de son violon eurent saut6, de faire de la mu- 
sique sur la corde de sol seule, etc. La v6rite 
dans toutes ces histoires est que P. a eu toutes 
sortes d'aventures galantes et a couru plusieurs 
fois le danger de devenir victime de la jalousie ; 
que, lorsqu'une corde de son violon sautait, il 
continuait tranquillement k jouer sur les au- 
tres, et que, finalement, il cultivait, comme tour 
de force de virtuose, Tart de jouer sur la corde 
de sol settlement. Quant aux v£ritables particu- 
larity du jeu de P.. nous ne saurions en dire 
grand'ehose de special, car il possedait, r6u- 
nies, toutes les qualites dont une seule a rendu 



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590 



PAGE — PALAD1LHE 



c61£bre tel ou tel autre virtuose : une interpre- 
tation geniale, un son 6norme, une technique 
sup6rieure dans les passages en doubles cor- 
des, dans le staccato et les harmoniques, dans 
le pizzicato de la main gauche, etc. Certaines 
impossibility pr^tendues, avec lesquelles il 
stup&iait les violonistes de son temps, s'expli- 
quent par le fait qu'il accordait diflferemment 
les cordes de son violon dans des buts spe- 
ciaux, par ex. qu'il montait d f un demi-ton la 
corde de la. Gomme violoniste de quatuor, P. 
n'a fait preuve d'aucune activity ; il ne se sou- 
ciait pas de se subordonner k un ensemble, n 
a paru sous le nom de Paganini un certain 
nombre de compositions dont il a d6clin£ lui- 
m&me la paternity ; il n'existe r6ellement de lui 
que : 24 capricciper violino solo (op. 1 ; transcr. 
pour piano par Schumann et par Liszt) ; 12 so- 
note per violino e chitarra (op. 2 et8; P, jouait 
aussi de la guitare en grand amateur et avec 
une parfaite virtuosity ) ; 3 gran quartelti a 
violino, viola, cfiitarra e violoncello (op. 4 et 5); 
puis des ceuvres gravies apr£s sa mort: un con- 
certo en mi b&mol maj., op. 6 (le violon joue en 
ri maj. avec les cordes montees d'un demi- 
ton) ; un concerto en si min., op. 7 ( « k la clo- 
chette ») ; Le streghe, op. 8 (variations sur un 
th^me de S. Mayr); variations sur God save Ihe 
King, op. 9; Le carnaval de Venise, op. 10 \ va- 
riations); Moto perpetuo, op. 11 (allegro de con- 
cert); variations sur Non piu mesta, op. 12, 
sur Di tanti palpili, op. 13, et 60 variations 
dans tous les tons sur un air populaire g&nois, 
Barucaba. On a public de nombreux ouvrages 
sur la Vie de P. ; no tons surtout : Schottky, Pa- 
ganinis Leben und Treiben (Prague, 1830) ; 
Fetis, Notice biographu{ue sur N P (1851 ; 
trad. angl. par Guernsey, 1852) ; Guhr, Ueber 
Paganinis Kunst, die Violine zuspielen (1829 ; 
trad. anc. 1831); A. Niggli, Paganini (1882; 
N°* 44/45 de la « Sammlung musikalischer 
Vorlrfige »); puis des biographies en italien par 
Conestabile (1851) et Bruui (1873). 

Page, John*, t6nor de la chapelle St-George, 
k Windsor, de 1790 k 1795, plus tard (1801) vi- 
caire du choBur de T6glise St-Paul, k Londres, 
m. en aoi\t 1812 ; il a publie : Harmonia sacra 
(1800, 3 vol., contenant 74 anthems, en parti- 
tion, des plus remarquables compositeurs an- 
glais des xvi» et xvu« s. [Purcell, Croft, Boyce, 
Greene, Blow, Clark, etc.]); A colleclion of 
hymns by various composers, etc. (1804); Fes- 
tive harmony (madrigaux, elegies, glees, etc.) ; 
The burial service, chant, evening service, dirge 
and anthems appointed to be performed at the 
funeral of Lord Nelson (1806, compositions de 
Croft, Purcell, Greene, Attwood et Hsendel) et 
enfin, en collaboration avec W. Sexton, une 
nouvelle edition d'un choix de « Chandos-An- 
thems i de Haendel (1808). 

Paine, John-Knowles, compositeur de TA- 
m£rique du Nord ; n6 a Portland (Maine), le 9 
janv. 1839, reyut son instruction musicale de 
H. Kotzschmar, k Portland, et se prodnisil d*a- 
bord comme organiste; il £tudia de 1858 k 1861 
sous la direction de Haupt, Fischer et Wie- 



precht, k Berlin (orgue, chant et instrumenta- 
tion), donna des concerts d'orgue k Berlin et, 
plus tard, dans diflt&rentes villes am&ricaioes ; 
fut engage, en 1862, comme maitre de musique 
k la « Harvard University * de Boston (Cam- 
bridge) et devint, en 1876, titulaire de la chaire 
de musique nouvellement cre&e. Les premieres 
compositions de P. sont empreintes de classi- 
cisme, les suivantes (k parlir de Top. 22 envi- 
ron) de romantisme. II a publie : variations 
(op. 3) et preludes (op. 19) pour orgue ; des 
morceaux pour piano (op. 7, 9, 11, 12, 26); des 
lieder (op. 29) ; une grande Messe (op. 10, ex& 
cutee par la « Singakademie » de Berlin, sous la 
direction de Tauteur, en 1867); un oratorio: 
St-Pierre, et plusieurs symphonies (N° 2, Ut 
maj., c Au printemps », op. 34, ex6cul£e en 1880, 
a Boston). D'autres osuvres sont resl6esjusqu'd 
present manuscrites: sa premiere symphonie 
en ut min. (op. 23, ex£cut£e en 1876, k Boston, 
par Torchestre Thomas ) ; la musique pour 
Oedipe roi (ex£cut6e k Boston) ; une fantaisie 
pour orchestre : The tempest ( » La temp&te » ) ; 
une ouverture pour Comme vous voudrez 9 de 
Shakespeare ; des sonates pour piano, des so 
nates pour violon, des morceaux pour orgue, 
un quatuor pour instr. a archet, deux trios, un 
duo concertant pour violon et violoncelle avec 
orchestre, des lieder, des motets, etc. 
Paisiello, v. Pabsibllo. 
Paiz, Jakob, organiste allemand, ne k Augs- 
bourg en 1550, m. comme organiste k Lauin- 
gen, probablement vers 1590; a publie : Ein 
Schbn Nutz- und Gebrauchlich Orgd Tabu- 
latur ( 1583, contenant des motets de qfbatre a 
douze voix, des lieder, des « passamezzi » et 
d'autres danses en tablature); Selectae, arti- 
ficiosae et elegantes fugue (1587 [1590], mor- 
ceaux de deux k quatre voix et plus, arranges 
pour orgue, en partie par P. lni-m&me, en par- 
tie par les plus grands maitres de l'epoque) ; 
de plus Thesaurus motettarum (1589, vingt- 
deux motets de divers auteurs) et deux Messes 
de sa propre composition : une Missa parodtia 

I (1587) k six voix et une Missa Helveta (1584) a 
deux voix et plus. Un petit ouvrage de P. est 
intitule. : Kurzer Bericht aus Gottes Wort und 
bewdhrte Kirchenhistorie von der \fusik 
(1589). 

Paladilhe, Emile, ni dans un village, pres 
de Montpellier, le 3 juin 1844 ; rccut les pre- 
mieres notions musicales de son pere, un we- 
decin connu aussi comme litterateur, puis, a 
Montpellier, de Torganiste de la cath&drale, 
S&bastien Boixet ; il entra, k i'tlge de neuf ans, 
au Conservatoire de Paris, comme eleve, spe- 
cialement de Marmontel (piano) et plus tard 
d'flale.vy (composition), jusqu'en 1860, ou il 
remporta le prix de Rome, apres avoir 6te au- 
paravant couronn£ dans plusieurs concours 
moins importants. P. est membre de la com- 

i mission des etudes du Conservatoire et a ete 

i 61u, en 1892, membre de TAcademie (successeur 
de Guiraud) . Parmi ses compositions, notons 
specialement des operas-comiqaes, representes 

' a Paris : Le passant (1872), L amour africain 



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PALESTRINA 



591 



(1874), Suzanne (1878) et Diana (1885) ; un 
grand opera: Patrie (1886), de plus une sym- 
phoaie, deux Messes, etc. Mais c'est sans doute 
& sa Mandotinala que P. doit le plus clair de 
8a gloire populaire. 

Palestrina, Giovanni Pibrluiqi (noon mo da 
P., aussi Gianetto P., ou seulement Gianetto, 
son p£re portait le prenom de Sante), le plus 
grand compositeur de l'eglise catholique, n6 & 
Palestrina (l'ancienne Pr6neste), probablement 
en 1514 ou 1515* (les indications varieut m&me 
jusqu'4 1529; Haberl soutient la datede 1526), 
m. & Rome le 2 fe,vr. 1594 ; il est g&neralemeut 
appele P., d'apres son lieu de naissance (latin 
PetraUrisius Pramestinus). On ne sait rien de 
sa premiere jeunesse ; mais on peut admettre, 
sans garantie speciale, qu'il fit preuve de bonne 
heure de faculty musicales remarquables. Sa 
premiere place fut celle d'organiste et maltre de 
chapelle de l'eglise principale de sa ville natale, 
Palestrina(1544 a 1551). Lejeune maltre jouissait 
dej& alors d'une telle reputation qu'il fut ap- 
pele a Rome en qualite de « Magister puero- 
rum » (chanlre et directeur du choeur de jeunes 
gar$ons) de l'eglise St-Pierre et qu'il avanca 
encore la meme annee au poste de maltre de 
chapelle. Le pape Jules 111, auquel P. a dedie\ 
en 1554, un livre de Messes a quatre voix, sa 
premiere ceuvre imprimee, reconnut la haute 
importance de ce maitre et ordonna son accepta- 
tion dans le corps des chantres de la Chapelle 
Sixtine, avec dispensation de l'examen d'usage, 
et sans 6gard pour le fait que P. n'etait point 
pr&tre et intone marie et p6re de plusieurs flis. 
II voulait evidemment lui procurer les loisirs 
nScessaires pour composer, loisirs que ne pou- 
vait guere s'aecorder le maltre de chapelle de 
I'&glise de St-Pierre. P. quitta, le 13 janv. 1555, 
son poste de maitre de chapelle et entra a la 
Chapelle pontificate. Le successeur de Jules III, 
qui ne regna malheureusement que trois se- 
maines, le pape Marcel II, avait compte d^ja 
comme cardinal parmi les protecteurs de Pa- 
lestrina, aussi approuva-t-il cette mesure ; par 
contre Paul IV 61oigna P. (80 juiL 1555), ainsi 
que deux autres chantres mari£s de la cha- 
pelle, en leur laissant une maigre pension. Ces 
revers de fortune, ainsi peut-eire que les intri- 
gues des autres chantres de la chapelle, 
£branlerent fortement la sant£ de P. Mais, 
apres sa gu&rison, celui-ci reeut la place de 
chanoine de St-Jean-de-Latran et, pen apres, 
celle de maltre de chapelle de la meme eglise 
(l« r oct. 1555). Cefut l'annee la plus fertile en 
changements dans la vie de Palestrina. Dans 
sa nouvelle situation, il composa les hnprope- 
rice* qui furent executees pour la premiere fois 

1 11 est incomprehensible qu'on ait pu rondure de 
la note de Hyginus Palestrina, dans la dedicate du 
V livre des Messes de son pere (1504) : 10 fere vilm 
suae annos in del laud ib us componendis consumens, 
que P. ne soit parvenu qu'& Page de soixante-dix ans 
(Baini, et d'api-es lui F6tis et d'autres). Elle dit suffl- 
samment clairernent qu'il a compost pendant pr&s 
de soixante-dix ans, 1'une des preuves les plus cer- 
Uiines de ('exactitude de la date 1514. 



en 1560, et lirent une telle impression que le 
pape Pie IV les exigea tout de suite comme 
propriete exclusive de la Chapelle pontificals 
Depuis lors, celle-ci les execute, chaque annee t 
le jour du Vendredi-sainL Le poste de maltre 
de chapelle de St-Jean-de-Latran 6tait mal dole, 
en sorte que P. dut demander, en 1561, et pour 
subvenir aux besoins de sa famille, une aug- 
mentation de traitemenl ; mais cette augmenta- 
tion lui fut refused, et il demanda son conge, 
pour accepter le poste de maltre de chapelle 
a la cathedrale lib&riennedeSte-Marie-Majeure, 
oil il resta jusqu'en 1571. La revision de la mu- 
sique d'&glise, due a l'instigation du concile de 
Trente (1545 a 1563), marque un tournant d£ci- 
sif dans la vie de P. Le concile n'avait, il est 
vrai, rien decide de positif, mais il avait au 
moins exigS l'elimination de tons les elements 
mondains (et avant tout de 1'emploi, pour le 
tenor, fait si souvent par les meilleurs maltres, 
des melodies lascives de chants populaires ) et 
reclame, le maintien de la dignite et de la so- 
lennite dans les chants d'eglise. Un congr&s de 
cardinaux, r£uni en 1564 par Pie IV, devait 
entrer plus avant dans les details; la musiqne 
flguree se trouva alors en danger d'etre com- 
pletement bannie de Teglise. Ce fut k P. qu*in- 
comba, gr&ce aux succes de ses < Impropriae », 
la t&che de prouver que la musique contrapon- 
tique pouvait fttre compatible avec les exigences 
les plus severes de la comprehension du texte 
et une disposition d'esprit digne et vraiment 
religieuee. Au lieu d'une seule Messe qui lui 
avait ete. demanded, P. on pr&senta trois; latroi- 
si£me, qu'entemoignagede gratitude en vers son 
protecteur, le pape Marcel II, il nomma Missa 
papoe Marcelli, satisfit si complement le col- 
lege des cardinaux, que la pensee d'une mesure 
bannissant de l'eglise toute musique polypho- 
nique, fut aussi tot abandon nee. P. a ainsi non 
seulement sauv£ la musique d'£glise, mais il 
l'a reformee, en faisant de l'art du contrepoint 
un moyen, tandis qu'il avait ete trop souvent au- 
paravantun but unique (v. nkkklandajs). La 
recompense de Palestrina fut sa nomination 
comme compositeur (« Maestro compositore ») 
de la Chapelle pontificale, position honoriflque, 
que seul Felice Anerio a remplie apres P. Lors- 
qu'en 1571 Animuccia,le successeur de Palestri- 
na comme maltre de chapelle de l'eglise de 
St-Pierre, mourut, P. reprit ce poste, qu'il avait 
quilte en 1755, et le conserva jusqu'a sa mort, 
I^e desir de Sixte-Quint (1585) de confter a. P. le 
poste de maltre de chapelle de la Chapelle Sixtine 
echoua devant la resistance des chantres de la 
chapelle, qui refuserent de se laisser diriger par 
un laique ; car, qui n'avait pas le droit d'etre 
chanlre de la chapelle , devait encore moins 
devenir maltre de chapelle. Dans sa situation 
de compositeur de la Chapelle pontificate aussi, 
P. a eu beaucoup a souffrir de la jalousie des 
membres de la chapelle. Comme fonctions 
secondaires, P. a encore eu celles de composi- 
teur pour l'Oratoire de St-Filippo Neri (v. ce 
nom)etde directeur des concerts du prince Buon- 
compagni (1581) ; P. a aussi enseigne un certain 



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592 



PALLAVIC1NI 



temps a l'£cole de musique fondee par G.-M. 
Nanini, sonsuccesseur a Ste-Marie- Majeure. Ce- 
pendant, ildut considerabiementrestreindre ses 
occupations secondaires lorsqu'il eut recu, de 
Gr6goire XIII, le mandat de reviser le chant 
choral gregorien, travail auqael il se voua, 
avec Taide de son 61eve Guidetti, auquel revint 
la part du lion, c.-a-d. les etudes historiques et 
la comparaison des manuscrits ; le resultat en 
fut la publication du Directorium c/ion (1582), 
des chants de la Passion, d'apres les quatre 
evangiles (1586), des offices de la semaine sainte 
(1587) et des prefaces (1588). Lorsque Guidetti 
mourut, P. abandonna la suite de ce travail 
qu'il ne se sentait pas de force a continner 
seul. Son tils Hy gin (le seul qui lui ait survScu) 
essaya, apres sa mort f de publier un Graduate 
de tempore dont P. avait lui-meme r^prouve, 
quoique gard& le man user it ; mais il fut empe- 
ch6 dans ce dessein par Topposition ducongres 
des rites ; fort different de son pere, ce fils a 
surtout specula avec la succession de ma- 
nuscrits paternels, d*ou resulta la dispersion 
regrettable de ceux-ci. Uue Edition complete, 
d'un grand merite, des oeuvres de Palestrina 
en 84 vol., a el£ publtee de 1862 a 1894, par 
Breitkopf et Hiertel, a Leipzig( vol.1 a 8 r6diges, 
par de Witt, 4 a 6 par Franz Espagne, 7 a 34 
par Fr.-X. Haberl). Quant aux Editions origina- 
les des omvres de P., ce sont : onze livres de 
Messes (I, quatre a quatre voix, une a cinq 
voix, 1554 [1572, 1591] ; II, quatre a quatre 
voix, deux a cinq voix, et celle,a six voix, appe- 
lee Missa papoe Marcelli, 1567 [1589] ; III, qua- 
tre a quatre voix, deux a cinq voix, deux a six 
voix, 1570 [1599] ; IV, quatre a quatre voix, trois 
a cinq voix, 1582 [1582, 1590] ; V, quatre a qua- 
tre voix, deux a cinq voix, deux a six voix, 
1590 [1591] ; VI, quatre a quatre voix, une a 
cinq voix, 1594 [1596, deux a cinq voix] ; VII, 
[posthume], trois a quatre voix, deux a cinq 
voix, 1594 [1595 et 1605, avec une encore a six 
voix] ; VIII, deux a quatre voix, deux a cinq 
voix et deux a six voix, 1599 [1601] ; IX, deux a 
quatre voix, deux a cinq voix et deux a six 
voix, 1599 [1608] : X, deux a quatre voix, deux 
a cinq voix et deux a six voix, 1600 ; XI, une a 
quatre voix, deux a cinq voix, deux a six voix, 
1600 ; XII, deux a quatre voix, deux a cinq voix 
et deux a six voix, 1601), puis un recueil de 
Messes a huit voix (1601). L'&dition complete 
indique quatre- vingt-treize Messes (trente-neuf 
a quatre voix, virigt-huit a cinq voix, vingt et 
une a six voix, cinq a huit voix;; les Messes, 
motets, etc., qui n'ont pas et£ imprimes, se 
trouvent dans les bibliotheques de la Chapelle 
Sixtine, du Vatican, de St-Jean-de-Latran , de 
l'Oratoire (« Santa Maria in Vallicella »),de Ste- 
Marie-Majeure et du « Collegium Romanum >. 
Les editions originates des motets sont : deux 
livres a quatre voix (1563 [1585, 1590) 1G01, 
1620], 1581 [1590, 1604, 1605J) et cinq livres de 
cinq a huit voix (1569 [1586, 1600], ; on ne con- 
nait que la 2 e edition [1572] du deuxieme livre, 
1575 [1581, 1589, 1594], 1584 [texte tire du 
« Cantique des cantiqaes », &dit£ en 1584, 1587, 



I 1588, 1596, 1(501, 1603, 1608 avec basse pour 
| orgue, 1618, 1650], 1584 [1588, 1595, 1601;,). I/*- 
| dition complete indique cent trente-neuf motets, 
i soit : soi xante- trois a quatre voix, cinquante- 
| deux a cinq voix, onze a six voix, deux a sept 
1 voix, quaranie-sept a huit voix et quatre i 
douze voix. Viennent ensuite : un livre de 
, lamentations a quatre voix, 1588 (1589?, qui 
compte parmi les plus belles oeuvres de Pales- 
trina (deux autres livres de lamentations de 
quatre a six voix sont restes manuscrits) ; un 
livre (45) ftHymni totius anni f a quatre voix, 
1589 (1625); un livre (68) d'offertoires a cinq 
, voix, 1593 (1594, 1596); deux livres (de huitcna- 
cun) de Magnificat a quatre voix, 1591 (on a, 
en outre, conserve en man user it encore un livre 
de Magnificat, de quatre a huit voix) ; deux 
recueils de litanies a quatre voix (1600, et un 
troisieme en manuscrit) ; deux recueils de Ma- 
drigali spiritualty a cinq voix, 1581 et 1594: 
une collection complete de psaumes de v&pres 
(1596), et, enfin, deux recueils de madrigaux a 
quatre voix (1555 [1568, 1570, 1594, 1596, 1605] 
et 1586 [1593]) et un recueil de madrigaux a 
cinq voix, 1581 (1593, 1604). Dans les publica- 
tions rfoentes d'ancienne musique, e'est P. qui 
est bien, de tons les anciens compositeurs, le 
plus richement repr£sente. L'abbe Alfieri a 
publie, de 1841 a 1846, un choix d'eeuvres de 
P. en sept gros in~folio$, entre autres les la- 
mentations de 1588, les hymnes de 1589, les 
Magnificat de 1591 et les oflertoires de 1593 
complete ; sa collection de motets de 1841 con- 
tient aussi beaucoup de morceaux de P. Les 
motets a quatre voix de 1563 ont ete reproduits 
par Bellermann, dans les * Denkm&ler », de 
Chrysander. Proske a publie quelques Messes, 
motets, etc., dans la « Musica divina », des 
. Messes dans le « Selectus missarum » et, en 
i outre, a part, la Missa papas Marcelli, sous 
\ trois formes : la forme originate, une trans- 
1 cription a quatre voix de Anerio et une a huit 
voix de Suranio (1850). On trouve d autres cho- 
| ses encore dans les collections de Commer, 
Choron, prince Moskwa,Schlesinger, Bochlitz. 
, Tucher, Lftck etc. Nous devons a Baini une 
excellente monographic sur P. : Metnorie sto~ 
rico-critiche delta vita e delC opere di G.-P. da 
P. (1828, 2 vol.), trad, allem. de Kandler et 
Kiesewetter (1834) ; un court extrait en a et£ 
fait par Baumker (1877). Voyez dans le « Kir- 
chenmusik. Jahrbuchi, 1886, de Haberl, une 
correspondance entre Palestrina et le due 
Guillaume Gonzague de Milan, Cf. aussi Ca- 
metli, Cenni biografici di G.-P. da P. (1895). 

Pallavicini (Pallavicino),!. Benedetto, com- 
positeur de madrigaux et de motels, originaire 
de Cremone, maltre de chapelle du due de 
Mantoue, vivait encore en 1616; a publie un 
livre de madrigaux a sept voix (1570); sept 
livres de madrigaux a cinq voix (1581, 1598, 
1596 [1604], 1596 [1605], 1597, 1612, 1613), un 
livre de madrigaux a six voix (1587); de plus, 
un livret de motets a huit, douze et seize voix : 
Sacra: dei laudes (1595), dont les Cantiones 
sacrce, a hnit, douze et seize voix, de 1605, sont 



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PALME — PANOFKV 



593 



probablement la 2° edition. II se trouve aussi 
quelques madrigaui dans les anthologies de 
VSpoque. P. est Tun des premiers compositeurs 
qui aient ecrit pour un si grand nombre de 
voix. — 2. Carlo, compositeur d'op£ras, n6 k 
Brescia en 1630, m. a Dresde le 29 janv. 1688; 
devlut, en 1667, second maitre de chapelle et, en 
1672, premier maitre d$ chapelle a la Gour de 
Dresde. D v6cut ensuite quelques ann£es en 
Italie; puis, a partir de 1685 de nouveau k 
Dresde, comme maitre de chapelle de l'Opera 
italien nouvellement fonde; il a compost de 
nombreux operas pour des scenes italiennes et 
pour Dresde. Gerusalemme liberate fut repre- 
sentee en 1695, a Hambourg, sous le titre 
d* Armide. P. a laisse sa derniere oeuvre, An- 
tiope, inachevee (achev^e par Strungk, et don- 
nee k Dresde en 1689). — Son fils, Stefano, n6 
k Padoue le 81 mars 1672, etait. d£j& al'&ge de 
seize ans, poete et dramaturge de la Cour, k 
Dresde. 

Palme, Rudolf, eminent organiste, n£ a 
Barby s/E. le 23 oct. 1834, 61£ve de A.-G. Ritter, 
directeur royal de musique et organiste de 
l'6glise du St-Esprit, k Magdebourg, a public 
un grand nombre de compositions pour orgue 
(sonates, op. 12 et 27; pr&ludes de chorals; 
fantaisie de concert avec choeur d'hommes, op. 
5; etc.),ainsi que des chants pour voix mixtes 
et pour voix 6gales (chceurs d'hommes, chants 
d'6glise, chants d'6cole) qui sont fort repandua 
en Allemagne. 

Paloschi, Giovanni, n6 en 1824, m. k Milan le 
2 janv. 1892, l'employ6 le plus actif de la maison 
d'edition de musique Ricordi, de Milan, a pu- 
blic, en 1876, ainsi qu'en 1878 en 2* ed., un 
Annuario musicale universale, qui est tout 
autrement 6tabli que les publications francai- 
ses ou allemandes analogues, et qui contient 
une classification tres soignee de dates de 
naissance et de mort de musiciens c£lebres, de 
premieres representations d'operas , etc., sur 
144 tr&s grandes pages in-4°.On y trouve aussi 
beaucoup de rectifications originates de dates 
erronees, en sorte qu'il a et£ aussi pour le pre- 
sent dictionnaire une source importante de 
renseignements. P. est collaborateur de la « Ga- 
zettamusicalet (Milan) ; il a r6dige le vaste cata- 
logue des oeuvres editees par la maison Ricordi 
et a traduit en italien, pour le compte de cette 
maison, une serie d'ouvrages etrangers. 

Palotta, Matteo, compositeur de musique 
d*eglise, n6 a Palerme Jd'oii son nom de il l J a- 
normitano) en 1680, eleve du « Conservatorio 
Sanr Onofrio », k Naples, fut nomm6 compo- 
siteur de la Gour k Vienne en 1733, remercie 
en 1741, puis reengage a ce poste en 1749, m. a 
Vienne le 28 mars 1758; il a compost des mo- 
tets, des Messes, etc., a quatre et a huit voix, 
dans le style de Palestrina. Un certain nombre 
de ces oeuvres sont conserves a la biblioth6- 
que des « Amis de la musique », a Vienne. P. a 
aussi' ecrit un traite: Gregoriani canlus enu- 
cleate praxis et cognitio* 

Paminger (Pammigerus,Pannigerus) f Leon- 
hardt, l'un des plus habiles contrapontistes 

dictionnaire de musique. — 38. 

d CjOoqIc 



allemands, n£ a Aschau (Haute-Autriche) en 
1494, m. comme recteur de l*6cole et secr6- 
taire du couvent de St-Nicolas, a Passau, le 3 
mai 1567; avait recu sa premiere Education 
dans le couvent meme dont il fut plus tard se- 
cretaire, puis l'avait comptetee plus tard k 
Vienne. II a laisse quatre livres de motets qui 
ont 6te publics par son fils, Sophonias P., k 
Nuremberg : Ecclesiasticarum cantionum 4,5, 
6 et plurinm vocum, a prima dominica adven- 
lus usque ad passionem Dei (1573). De son vi- 
vant, il n'a paru que des morceaux d£tach£s, 
dans diverses anthologies. 

Pan, FlAte de p. (Syrinx), Tun des ancetres 
primitifs de l'orgue, la flftte des bergers de TAn- 
tiquit^, composee d'une serie de tubas de ro- 
seau de differentes longueurs et accouples au 
moyen de cire; on se bornait, pourjouer decet 
instrument, k le promener entre les levres, tout 
en soufflanl, comme de nos jours, pomTharmo- 
nica k bouche. C'est d'une fliite de P. que Pa- 
pageno se sert, dans la « Flute enchanted ». 

Pandero, nom que les gitanos (bohemiens 
espagnols) donnent au tambour basque (nom- 
me parfois incorrectement « tambourin »). 

Pandora (Pandura), v. Bandola. 

Panny, Joseph, violoniste et compositeur, ne 
k Kolmitzberg, en Autriche, le 23 oct. 1794, m. 
a Mayence le 7 sept. 1838; apres une vie agit^e, 
P. 6tait venu fonder en cette derniere ville une 
Ecole de musique. 11 a, entre autres, ecrit une 
scene pour violon et orchestre (pour Paganini) 
et publie : des quatuors faciles pour instr. a 
archet (op. 15), une sonate sur la corde de sol; 
des morceaux pour violon ; des trios, etc., puis 
aussi beaucoup d'oeuvres vocales : des Messes, 
un Requiem, des chceurs pour voix d'hommes, 
des lieder, etc. 

Panofka, Heinrich, celebre professeur de 
chant, ne k Breslau le 3 oct. 1807, m. k Flo- 
rence le 18 nov. 1887, 6tudia d'abord le droit 
dans cette derniere ville, mais s'abandonna a 
son penchant pour la musique et alia a Vienne, 
oil il eut comme maitres Mayseder (violon) et 
Hoffmann (composition). Apres avoir encore 
poursuivi ses etudes a Munich et k Berlin, il 
s'etablit en 1834 a Paris, et ce n'est que 1& qu'il 
tourna toute son attention vers Tart de Tensei- 
gnement du chant. II fonda en 1842, avec Bor- 
dogni, une « Academie de chant », vecut tem- 
porairement k Londres, de 1842 k 1852, comme 
co-directeur de l'Ope>a italien, sous Lumley, et 
acquit une grande renomm£e dans l'enseigne- 
mentdu chant. A partir de 1852, il profefesa de 
nouveau a Paris et des 1866 k Florence, oil 
il disparut tout k fait de la vie publique. II 
faut citer, parmi le oeuvres de Panofka, les m6- 
thodes de chant : The jjractical singing tutor; 
Larte del canto, op. 81; la methode eldmen- 
taire: Abecedaire vocal; les cahiers de vocali- 
ses : 24 vocalises progressives, op. 85; 12 voca- 
lises d? artiste, op. 86; Erholung undSludium, 
op. 87; 86 nouveauv exercices, op. 88; 12 vo- 
calises pour contralto, op. 89, 12 Vokalisen 
fiir Bass, op. 90, ainsi que quelques ceuvres 
vocales religieuses, etc. P., qui 6tait original- 

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594 



PANSERON — PAQUE 



remeDt violoniste, avail Scrit dans sa jeunesse 
une s6rie de themes varies pour violon, des 
rondos, des morceaux de genre et des duos 
concertants pour violon et piano, des Etudes et 
une sonate pour violon, etc. II a aussi traduit 
en allemand la « M6thode de violon » de Bail- 
lot et collaborS a la « Neue Zeitschriftfftr Mn- 
sik » et A d'aatres joarnaax. 

Panseron, Auouste-Mathieu, c^l^bre profes- 
seur de chant, ni A Paris le 96 avril 1796, m. 
dans la m^me ville le 29 juil. 1859; fils (Tun 
musicien qui l'instruisit suffisamment pour 
qu'il put 6tre admis an Conservatoire. En 1818, 
titulaire da Prix de Home, il alia en Italie et 
etudia, A Bologne, le contrepoint sons la direc- 
tion de Mattel et sp&nalement, sous celle des 
meillenrs maltres, Tart d'enseigner le chant. 
Revenu A Paris, il fut d*abord accompagnateur 
A l'Op&ra-Comique qui a represents de lui trois 
pieces en un acte,sans importance; puis il fut 
nomm6, en 1826, professeur de solf&ge au Con- 
servatoire et avan$a en 1831 jusqu'd la classe 
de vocalisation et en 1896 A celle de chant Ses 
oeuvres didactiqnes pour le chant sont : A B C 
mt«icaJ(solfegespour une voix, composes pour 
sa fille Ag&e de huit ans), solves pour mezzo ao- 
prano, baryton, alto ; SolfkgedC artiste, 50 solfeges 
avec changement de clefs, puis 86 d*une difficult^ 
plus serieuse; Solfege du pianiste; Solfige du 
violoniste, solfeges de deux A quatre voix de 
difficult^ diveraes (trois cahiers); Milhode de 
vocalisation, pour soprano ou t&nor, puis la 
meme pour voix plus graves; exercices de vo- 
calisations pour deux voix, les memes avec 
changements de clefs; Methods compUte de vo- 
calisation (trois parties); et enfin, pour un- de- 
gr6 artistique plus 61eve, une serie de cahiers 
d 'eludes speciales et d'exercices pour les divers 
registres de la voix et de difficultes differ en tee. 
Dans le domaine de Tharmonie, P. a aussi d6- 
veloppe quelque activity il a public un TraiU 
de lharmonie pratique et de la modulation. D 
a enfln fait paraltre aussi : Mois de Marie (mo- 
tets et hytnnes de une A trois voix, et deux 
Messes pour trois voix de soprano). 

Pansymphonikon, sorte d'orchestrion; v. 
Singer 2. 

Pantaleon (Pantalon), nom que Louis XIV 
donna au tympanon perfectionne (1690) de Pan- 
taleon Hebenstreit (v. ce nom), qui fit un cer- 
tain temps grande sensation et a, sans aucun 
doute, donn6 une vigoureuse impulsion A la 
construction du piano A marteaux. Lorsque le 
p. passa de mode, le nom en fut transfer^ aux 
pianos dans lesquels le marteau frappait la 
corde d'en haut et aux pianos A queue dits 
c pianos-girafes ». 

Pantomime, nom que Ton donne A une re- 
presentation theAtrale sans dialogue, dans la- 
quelle Taction n'est rendue comprehensible que 
par des gestes, surtout lorsque cette action est 
accompagnee de musique (v. ballet). 

Paolucci, Giuseppe, moine franciscain, ne a 
Sienne en 1727, 61eve du P. Martini, m. comme 
maitre de chapelle du couvent d* Assises, en ■ 
1777; il a publie en 1767 : Preces piae % pour J 



huit voix (double choeur), mais il s'est surtout 
rendu c&dbre par son Arte pratica di contra- 
punto dimonslrala con esempj di vari autori 
(1765-1772, 8 vol.; les exemples en sont em- 
pruntee aux maltres des xvi* au xvm« siecles 
et pretent une attention speciale au style con- 
certant, pour un grand nombre de voix). 

Pape, Johanh-Heinrich, facteur de pianos, 
ni A Sarstedt, pre* Hanovre, le !•* juil 1789, 
m. A Paris, le 2 f£vr. 1875 ; arriva en 1811 A 
Paris, oti il truvailla un certain temps chez 
Pleyel, mais depuis 1815 pour son propre 
compte. P. 6tait infatigable dans ses innova- 
tions; il introduisit de nouveau le marteau 
frappant d'en haut, essay£ dejA A diveraes re- 
prises (par Marius,Hildebrand, Streicher), cons- 
truisit des pianos A queue d'une 6tendue de huit 
octaves, etc, et s' acquit tons les droits A la con- 
sideration t pour ses efforts, sans ce pendant con- 
server, avec la plupart de ses id6es, une in- 
fluence durable sur les progres de la facture 
du piano. Le feutre des marteaux et le croise- 
ment des cordes furent hieutdt imit£s partout, 
d*apres les modules de P. 

Papier, 1. Louis, organiste distingue^, n£ A 
Leipzig le 26 fevr. 1829, m. dans la mftme ville 
le 18 f evr. 1878 ; occupa differents postes d*or- 
ganisteet, en dernier lieu (1869),celui de l'eglise 
St-Thomas. Son successeur a &6 W. Rust P. a 
publie quelques morceaux pour piano et pour 
orgue, ainsi que des chceurs. — 2. Rosa (Paum- 
oartnbr -P.), excellente cantatrice de theatre et 
de concert (mezzo-soprano d'une grande sono- 
rity, nee A Baden, pres de Vienne, en 1848, ma- 
rine depuis 1881 au critique musical D r Hans 
Paumgartner ; fut cantatrice de l'Op£ra impe- 
rial, A Vienne, od elle mourut le 28 mai 1886. 

Papillon de la Fertt, intendant, en 1777, des 
menus plaisirs de Louis XVI, inspecteur de 1'E- 
cole royale de chant fondle par Breteuil (le 
futur Conservatoire), et chef coadministration 
de l'Opera; perdit ces postes dans les trou- 
bles de la Revolution et fut finalement guillo- 
tine^ en 1798. Apres la restauration des Bour- 
bons (1814), son fils, portant le meme nom que 
lui, prit les fonctions d'intendant sup£rieur de 
musique. 

Papperitz, Benjamin-Robert, professeur de 
theorie fort consider^, n6 A Pima (Saxe) le 4 
d£c. 1826 ; etudia la philologie, prit le grade de 
D* phiL et fut, pendant deux ans, instituteur ; 
mais il abandonna la carriere pedagogique 
pour s'adonner, A Leipzig, A des etudes plus 
Vendues, specialement sur la musique; entra 
comme Sieve au Conservatoire (1848 ; Haupt- 
mann, Richter, Moscheles) et devint, dejA en 
1851,maitre d'harmonie et de contrepoint, dans 
cet institut En 1868, P. 6tait norame organiste 
de l^glise St-Nicolas. II occupe encore aujour- 
d'hui ces deux postes, d*une maniere tr6s dis- 
tinguee. Comme compositeur, il a publie des 
lieder, des morceaux pour choeurs A quatre el a 
huit voix, des oeuvres pour orgue et d'autres 
destinies A Tenseignement. II a recu du roi de 
Saxe, en 1882, le titre de « professeur ». 

Paque, GuiLLArM^, violoncelliste distingue, 



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PARADIES — PARALLELE 



595 



ne & Bruxelles le 24 juil. 1825, m. a Londres le 
2 mars 1876 : eleve de Demunck, f ut d'abord 
maitre au Conservatoire de Barcelone, puis 
violoncelle-solo du Th64tre royal de Madrid, 
n vivait, depuis 1863, A Londres, comme mem- 
bre de l'orchestre royal et professeur de vio- 
loncelle A la « Wyldes London Academy ». 

Paradies, (Paradisi), Pietro-Domenico, ne A 
Naples, en 1710, m. k Venise, en 1792; fut 61eve 
de Porpora, et 6crivit plusieurs operas pour des 
scenes italiennes, puis, en dernier lieu, Fetonte 
pour Londres, en 1747. Mais il eut, parail-il, 
peu de succ&s avec cet op6ra et v6cut des lors 
a Londres, comme maitre de piano, jusqu'A ce 
que, arrive a un grand £ge, il revint en Italie. 
Ses douze Sonate di gravicembalo (sonates 
pour clavecin impr. en 1754 ; 2 6 ed. en 1770) sont 
de bonne musique. La biblioth6que « Fitzwil- 
liam * conserve de nombreuses compositions 
de P. en manuscrits, peut-etre m&me sont-elles 
autographes, 

Paradis, Maria-Theresia von, pianiste et 
compositeur, nee a Vienne le 15 mai 1759, m. 
dans la m6me ville le 1" fevr. 1824 ; Mile d'un 
conseiller imperial et filleule de Timperatrice 
Marie-Therese, fut aveugle des l'Age de cinq 
ans, mais trouva une consolation dans l'exer- 
cice de la musique. Elle eut successivement 
pour maitres Richter, Leop. Kozeluch (piano), 
Salieri, Righini (chant), Fribert et l'abbe Vogler 
(composition), puis, en 1784, dans une grande 
tourn£e de concerts, elle joua devant les Cours 
de Paris, Londres, Bruxelles, Hanovre, Berlin, 
etc. Pour composer, elle se servait d'une sorte 
de notation invents & son intention par un 
ami. Elle a ecrit un m&odrame : Ariadne und 
Bacchus ; une op^rette : Der Schulkandidat ; 
une ode funebre pour Louis XIV: Deutsches 
Monument ; un opera feerique : Rinaldo und 
Alcina, tous executes. H a paru d'elle des so- 
nates pour piano, des variations, un trio et des 
lieder. Elle a aussi enseigne, avec succes, le 
piano et le chant. 

Paradisi, v. Paradies. 

Paralieie. On considere d'une maniere gen6- 
rale comme fautives, dans la composition mu- 
sicale, les successions de quintes et d'ocrAVES 
p.; autrement dit, il est interdit de placer deux 
voix reelles (dont Tune n'est pas un simple 
renforcement de l'aulre), dans deux accords se 
succedant immediatement, dans des rapports 
de quinte juste ou d'octave juste, ex. : 




b): 



^ 



^fer 



i^-Ni 



r 



Dans le premier de ces exemples (a), I'allo 
marche deuMa la 3 , la basse de ut 3 a la 2 ce 
qui donne, par consequent, une suite d'octaves 
paralleles ; dans le second (b). le tenor marche 
de si 3 a la 3 , la basse de mi 3 a re 3 , d'ou il re- 



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suite une suite de quintes paralleles. Ces deux 
marches p. sont toutes deux fautives. Cinq 
cents ans dejd avant que Ton eut constats que 
le principe de toute conception harmonique 
reside en de purs ph£nom£nes physiques, les 
anciens contrapontistes avaient formula prati- 
quement (probablement en Angleterre, du xni e 
au xiv« s. ; cf. faux-bourdon) l'i interdiction des 
p. de quintes et d'octaves, k peu pres sous la 
forme en usage actuellement ; le mouvement 
p. en octaves et en quintes etait interdit, celui 
en tierces et en sixtes restait admis. Toutefois, 
les anciens th£oriciens repoussaient aussi la 
succession de deux tierces majeures, tandis 
que les modernes la tolerent sans aucun scru- 
pule ; les premiers invoquaient & l'appui de 
^interdiction la presence du triton (mi contra 
fa) forme par le son superieur de la seconde 

la si 

tierce et leson inferieurdela premiere: /* 

fa sol 
(relalio non harmonica). Au fond, les succes- 
sions de tierces majeures et plus encore celles 
de dixiemes et dix-septiemes majeures paral- 
leles sont plutdt condamnables et pour les 
m ernes raisons que les octaves et les quintes 
(douzi&mes) paralleles. Les sons de nos instru- 
ments de musique etant complexes et se com- 
posant d'une aerie de sons partiels (sons har- 
moniques ; v. son), le redoublement d'un eon a 
l'octave n'a d'autre r^sultat que de renforcer 
les sons pairs de la serie harmonique (2, 4, 6, 
etc.) ; de m6me, la douzi£me renforce les har- 
moniques dont le numero d'ordre est divisible 
par 3 (3, 6, 9, etc.), la dix-septi&me ceux dont le 
num&ro d'ordre est divisible par 5 (5, 10, 15, 
etc.). La resonance de la quinte produit, 
comme son resultant, l'octave inferieure du 
son le plus grave, de m6me celle de la dixieme; 
Tintervalle est par consequent absorb^ par 
Tunite de cette octave inferieure. Enfin la re- 
sonance de la tierce produit, comme son resul- 
tant (v. ce mot), l'octave inferieure redouble. 
La partie superieure est done absorbee tantdt 
entierement (octave, douzi^me et dix-septieme), 
tantot partiellement mais d'une fagon fort ap- 
preciable (quinte, dixieme et tierce) par la 
partie inferieure ; elle perd son ind&pendance 
et n'agit que comme renforcement de l'inten- 
site sonore de l'autre. La faute est d'autant 
plus apparente que Tintervalle est plus aise- 
ment saisissable (octave) ; aussi devons-nous 
formuler la regie suivante : deux voix reelles 
doivent renoncer aux marches d'octaves, de 
douzi ernes et de dix-septiemes paralleles, car 
leur independance et leur differentiation en 
seraient amoindries ; pour ces m A mes raisons, 
les p. de quintes et de dixiemes majeures doi- 
vent etre evites entre voix reelles. Par contre, 
ces m^mes successions p. sont non point faus- 
ses, mais tout a fait admissibles et du meilleur 
effet, lorsque la voix qui donne naissance au 
p., au lieu d'etre elle-m A me reelle, ne sert qu'a 
renforcer une voix reelle ; ainsi se justifient 
amplement les perpetuelles octaves, quintes, 
douziemes, dixiemes, dix-septiemes, etc, p. des 

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596 



PARALLELE 



jeux mixtes de l'orgue, de m£me encore que 
les redoublements a l'octave dans les composi- 
tions de tout genre. Les m6mes raisons per- 
mettent de tolerer souvent les p. de quintes 
dans les compositions pour piano ecrites en 
accords pleins. D'une maniere gendrale, les p. 
les plus mauvais sont ceux qui marchent par 
degr£s ascendants ou descendants ; tandis que 
lorsqu'il y a un saut et que les deux intervalles 
ne doivent pas 6tre lies, on peut plus facile- 
ment les laisser passer. Mais on doit bi^n se 
garder, en Scrivant pour l'orchestre, de faire 
marcher une partie de remplissage, destinee 
a souligner certains accents, en p. de cette 
sorte ; en effet, lorsque les sons de remplissage 
se succedent a intervalles rapproch£s, l'oreille 
les interprete facilement comme formant une 
parlhi reelle de la polyphonic, surtout lorsqu'ils 
sont donnes par un instrument qui les met en 
evidence (trombone, etc.). Quant aux p. de 
quintes et d'octaves resultant de form tiles bri- 
s£es d'une seule partie (tenant ainsi lieu de 
plusieurs), ils ont fourni mature aux theori- 
ciens de plus d'une erreur. On ne saurait con- 
sider comme fautifs les p. d'octaves ou de 
quintes formes par deux voix, sur des temps 
relativement forts, lorsqu'un autre intervalle 
est intercaie entre ces temps forts, ex. : 




Dans les deux cas ci-dessus,le soprano marche 
non pas <Tut a ri mais bien de mi a ri. Par 
contre, Tenchainement sera mauvais et con- 
damnable, lorsque la partie en question at- 
teindra le second intervalle autrement que par 
une marche de seconde, ex. : 




^-^ 



Ici, sol et fa (marques par une *) sont au fond 
une quatrieme partie et les p. d'octaves et de 
quintes existent r^ellement. Les octaves p. re- 
sultant acciden lellement de la figuration har- 
monique de 1'accompagnement d'une m&lodie 
(cas frequent chez Mozart, par ex.) ne peuvent 



6lre condamn£es que par pure pedanterie: 
( N^equivaut a : i N 




On donne le nom d'ocTAVES et de quintes ca- 
ch£es a celles qui proviennent de deux voix 
marchant parallelement d'un intervalle quel- 
conque sur une octave ou une quinte ; leur 
interdiction est tout a fait arbitraire, mieux 
vaudrait declarer fausses d'un coup toutes les 
oeuvres de tous les grands maitres. La seule 
consideration qui Justine apparemment l'inter- 
diction de l'octave « cachee » doit £tre autre- 
ment definie (la marche p. de deux voix sur la 
tierce d'un accord principal [T, °T, S, °S, D, °D; 
cf. fonctions] est d'une sonorite defeclueuse, 
lorsque le nombre des voix n'est pas sup£rieur 
a quatre). Cf. l*6tude detaillee de ce phenomene, 
par l'auteur de ce dictionnaire, dans le « Musi- 
kalisches Wochenblatt* , 1890). DevSritablesp. 
d'octaves sont m&me parfois inevitables, a la 
fin des ensembles polyphoniques ecrits pour 
un grand nombre de voix, par ex. : le saut de 
deux voix de la dominante a la tonique, saut 
qui ne serait du reste guere plus dissimule par 
le mouvement contraire que Ton ex£cuterait a 
la place du mouvement parallele. De m£me 
qu'un morceau a deux voix se iermine genera- 
lement par l'octave ou l'unisson, evites dans le 
courant du morceau, et abandonne alors le 
principe de differencial! on des parties ; de 
mdme, dans un ensemble polyphonique, la fu- 
sion d'un certain nombre de voix dans le der- 
nier accord peut se justifier au point de vue 

esth&ique. Si, admettant la succession ^ £? 

on condamne ' a s °„ cela provient non pas de 

la marche (dans le second cas) sur la quinte 
juste, mais uniquement de ce que fa, au lieu de 
descendre d'un demi-ton (marche de sensible), 
monte d'un ton entier. Mais les erreurs les 
plus Granges sont celles que les theoriciens 
ont souvent commises, en croyant pouvoir 
constater des p. qu'une voix figuree formerait 
dans la polyphonie qu'elle represente au 
moyen de formules bris£es. Presque tous les 
cas de ce genre que Ton croyait avoir d£cou- 
verts, dans les oeuvres des grands composi- 
teurs, disparaissent aussitot qu'on lit correcte- 
ment le motif de la figuration ; ainsi, le passage 
suivant (Bach) : 



non pas 




mais 



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PAHALLfeLES — PAKENT& 



597 



compris comme nous Tindiquons sous a) serait 
evidemment horrible; mats bien interprete, 
dans le sens que Bach lui a certainement 
donne, il foarnit la marche harmonique la plus 
anodine [b) : 



jja jfefeferb 



(mauvais) (bon 

On 6vite tout naturellement les p. fautifs par 
Temploi du « mouvement contraire ». Mais il 
existe nonibre de cas dans lesquels le composi- 
teur ecrit le p. plutdt que d'appauvrir, en Tevi- 
tant, la sonority de Taccord (en supprimant la 
quinte,par ex.); ce procede est surtout admis- 
sible quand le mouvement paralieie est c con- 
vert » par un mouvement contraire des autres 
parties, ou quand une dissonance rach&te en 
quelque sorte pour l'oreille, dans le second 
accord, le manque d v ind£pendance des voix 
qui marchent paralieiement. Ces quintes p. 
6crites, mais ne Croissant pas Toreille, pour- 
raient avec bien plus de raison qu6 les autres 
(qui ne sont nullement des p.) porter le nom de 
« cach£es * (a) : 




Du reste, les p. de quintes sont moins desa- 
greables lorsque, d'un accord k Tautre, il y a 
changement de mode (b). Les p. bases sur des 
degres places k distance de quarte ascendante 
ou descendante Tun de l'autre se rencontrent 
tres frequemment et ne sonnent pas mal, pro- 
bablement parce que Toreille interprete ces en- 
chainements avec un croisement de voix : 




Les quintes p. placees sur des degres distants 
d'une tierce ascendante ou descendante font 
partie, dans la regie, d'accords qui ont deux 
notes communes ; reflet est alors analogue a 
celui que produirait un accord tenu tout entier 
auquel on ajouterait un seul son par lequel le 
nouvel accord diflfererait de Tancien. On peut 
done proc6der dans ce cas comme s'il s*agissait 
d'un simple changement de position dans le- 
quel les p. d'octaves m&mes sont autorises : 



comme : 




romme : 



mm 

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Gf. au sujet des p. : Gottfr. Weber, Tonsets- 
kunst, iv, p. 52 ; W. Tappert, Das Verbot der 
Quintenparallden (1889) ; Ambros, Zur Lehre 
votn Quintenverbote (a. date) ; Rischbieter, Die 
verdechlen Quinlen (1882). 

Paralldles, syn. de relators. Accords p., ac- 
cords qui se trouvent dans le rapport des toni- 
ques de deux tons p. ou relatifs (ex. ut majeur 
et la mineur). V. relatif. 

Paramftse, Paranete, Parhypate, v. [musi- 
qoe] grecque (p. 299). 

Paraphonie (grec). On disait paraphoniques 
(• resonnant k c<Me)», dans Tantiquite, les inter- 
valles consonnants de quinie, quarte, douzieme 
et onzieme; l'oclave et la double octave, par 
contre, s*appelaient Antiphonie (resonance 
opposee). 

Pareja, v. Ramos. 

Parent, Charlotte-Frances-Hortense, n6e 
k Londres le 22 mars 1887 ; eleve, de 1853 k 
1857, de M m « Farrenc, au Conservatoire de Pa- 
ris, pianiste estimee et proprietaire d'un.Ins- 
titut de musique avec s^minaire (Ecole prepa- 
ratoire au professorat) k Paris (1882). Elle a 
public une Mtihode de piano (1872), ainsi 
qu'une s&rie de cahiers d'etudes, comme sup- 
plements a la methode, et des manuels pedago- 
giques. 

Parent* des sons, conception moderne se 
rapportant k Taffinite des sons avec les harmo- 
nies. Les sons qui font partie d'une seule et 
m£me harmonie naturelle (v. harmonie et son) 
sont parents au premier degre ou directement 
parents. Sont parents de ut au premier degre 
les sons : sol, fa, mi, la bimol, la et mibimol; 
car ut: sol appartient k Taccord d!ut maj. ou 
d'ut min., ut : fa k Taccord de fa maj. ou de fa 
min., ut : mi k Taccord d'ut maj. ou de la min., 
ut : la bimol k Taccord de la bemol maj. ou de 
fa min. ; ut: la a Taccord de fa maj. ou de la 
min., ut : mibimol k Taccord de la bimol maj. 
ou d'ut min. Les sons parents au premier 

DEGRE SONT CONSONN ANTS (V. CONSONNANCE). Sont 

parents au second degre les sons qui, n'appar- 
tenant pas k une metne harmonie, ne peuvent 
etre rapportes directement Tun k l'autre, mais 
uniquement par Tintermediaire de sons parents 
au premier degre. U est superflu de distinguer 
des sons parents au troisieme, au quatri&me 
degre, etc^ puisque tous les sons qui ne sont 

PAS DIRECTEMENT PARENTS 80NT DISSONANTS lCS 

uns par rapport aux autres. La quality des 
dissonances depend bien du genre des inter- 
mediates qui permettent la comprehension de 
Tintervalle; toutefois ces interm&diaires sont 
non pas des sons, mais des harmonies, en 
sorte que la parents des harmonies entre ici 
en jeu. Le rapport de deux sons, appartenant k 
des harmonies parentes au premier degre, est 
plus ais£ment appreciable que celui de deux 
sons, appartenant k des harmonies parentes 
au second degre seulement. Sont' parentes au 
premier degre : 1° les harmonies de m£me 
mode (touies deux majeures ou mineures) dont 
la fondamentale de Tune est parente au pre- 
mier degre avec la fondamentale de l'autre ; 

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598 



PAREPA-ROSA — PARRY 



2° celles de mode different dont Tune est l'har- 
monie de change d'un des sons de l'aulre, 
c.-a-d. pour l'accord majeur l'harmonie mi- 
neure (infeVieure) de la fondamentale, de la 
quinte et de la tierce, pour l'accord mineur l'har- 
monie majeure (supe>ieure) de la fondamentale, 
de la quinte et de la tierce ou, d'une maniere g6- 
n 6 rale : les contre-harmonies (harmonies supe- 
rerieure et inferieure d'un meme son), les har- 
monies de change de quinte, et celles de change 
de tierce auxquelles il faut encore ajouter celles 
de change de sensible (v. ce mot). Les accords 
parents au premier degrS de l'accord d'ut ma- 
jeur sont, par consequent, ceux de: sol maj., fa 
maj., mi maj., la bemol maj., la maj., mi bemol 
maj., fa min., ut min., la min. et mi min. ; 
ceux de l'accord de la mineur : re min., mi 
min., fa min., ut diese min., ut min., fa diese 
min., mi maj., la maj., ut maj. et fa maj. Tous 
les autres accords ne peuvent 6tre compris que 
par un intermediate ou une justification ult6- 
rieure. La parents des tons dependant de la 
parente des toniques (harmonies principales), 
les tons parents d'ut maj., resp. la min., au 
premier degr&, seront ceux dont l'accord de 
tonique est indiquS plus haut comme parent au 
premier degr£ de Faccord d'ut maj., resp. la 
min. Par contre, les tons de re maj., si bemol 
maj,, si maj., re bemol maj., re min., si min., et 
tous les autres, plus eloigned encore, sont pa- 
rents au second degre du ton d'ut majeur ; les 
tons de sol min., si min., si bemol min., sol 
diese min., sol maj., si bemol maj., etc., sont pa- 
rents au second degre du ton de la mineur. On 
peutremarquer d'une maniere generate que la 
parents mineure est beaucoup moins exploited 
par les compositeurs que la parents majeure, 
ce qu'il faut attribuer en parti e a Implication 
theorique imparfaite que les anciens traites 
d'harmonie donnent de l'essence du mode mi- 
neur. M. Hauptmann nie encore Fexistence 
entre les tons mineurs d'un lien analogue a 
celui qu'il admet entre les tons majeure. Quant 
aux diflterents caracteres des tonalites, resul- 
tant de la parente des echelles fondamentales, 

cf. CARACTERE. 

Parepa-Rosa, M m * Euphrosyne (de son vrai 
nom Parepa de Boyescu, Spousa, en 1867, le 
manager bien connu, de Londres, Carlo Rosa), 
nee a Edimbourg le 7 mai 1836, m. a Londres 
le 21 janv. 1874 ; fille d'un bojar valaque et de 
la cantatrice Seguin, elle debuta, a Fage de seize 
ans, a Malte, puis chanta, avec un succes crois- 
sant, sur les scenes italiennes, a Madrid et a 
Lisbonne. Elle arriva a Londres en 1857, pour 
la premiere fois, et y resta des lors, sauf quel- 
ques tournees en Amerique, en Allemagne, etc. 
M m « P. 6tait aussi excellente comme cantatrice 
scenique que comme cantatrice d'oratorios. 

Parish-Alvars, Elias, celebre harpiste, n6 a 
West-Teignmouth,enAngleterre,le28fevr.l808, 
m. a Vienne le 25 janv. 1849 ; fut eleve de Dizi, 
Labarre et Bochsa et voyagea non seulement 
en Europe, mais aussi en Orient (1828 a 1832). 
En 1847, il s'etablit a Vienne, ou il avait deja 
vecu de 1836 a 1838, et fut enfin nomme virtuose 



by t^ 



iL 



IC 



de la chambre imperials P. etait aussi un pia- 
niste consomme\ Ses compositions com p tent 
parmi les meilleures de la literature de la 
harpe : deux concertos pour harpe, un concer- 
tino pour deux harpes et orchestre, un grand 
nombre de morceaux de genre, de fantaisies, de 
romances, etc., parmi lesquels il faut noter spe"- 
cialement : Voyage (Tun harpiste en Orient 
(melodies grecques, bulgares, turques et au- 
tres). 

Parisini, Federico, n6 a Bologne le 4 d6c. 
1825, m. dans la mSme ville le 4 janv. 1891 : 
eleve du « Liceo Rossini » de cette ville, plus 
tard maltre de contrepoint, etc., au meme 6ta- 
blissement, dirigeait en outre un institut de 
musique d'eglise. Apres la mort de G. Gaspari, 
il devint bibliothecaire du « Liceo filarmonico > 
et fut, de 1878 a 1890, president de F« Accademia 
filarmonica » ; il fut a la fois musicographe et 
compositeur de musique d'&glise de merite. 

Parlando( parlante, ital.) indique une ma- 
niere de chanter analogue a la simple recita- 
tion, avec une tres legere Amission de son. 

Parlow, Alrert, ne a Torgelow, pres Ucker- 
munde, le l er janv. 1822, m. a Wiesbaden le 27 
juin 1888; fut chef de musique militaire et, en 
dernier lieu, directeur d'un grand orchestre de 
concerts, a Hambourg. 

Parrat, Walter, n£ a Huddersfield (York- 
shire) le 10 tevr.1841; chanta al'eglisedes 
Fage de sept ans et jouait a dix ans le < Clave- 
cin bien tempore » par coeur; Fannee suivante 
il 6tait deja organiste d'une eglise de la ban- 
lieue de Londres, poste d'ou il s'eleva peu a peu 
jusqu'a celui d'organiste de la chapelle St- 
Georges, a Windsor (1882). En 1873, P. devint 
bachelier en musique a Oxford, et fut nommi 
en 1883, professeur d'orgue au « Royal College 
of Music ». P. est aussi un compositeur de mu- 
sique d'eglise notable ; il est Fauteur de musi- 
que pour Agamemnon et Oreste, d'Eschyle, et 
s'occupa en outre de literature musicale (colla- 
borateur du « Dictionary of music », de Grove). 

Parry, 1. John, barde gallois, originaire de 
Rhuabon, au nord du Pays de Galles, barde de 
la maison (« domestic harper ») de Sir Watkin- 
WilliamsWynn, a Wynnstay, m. en 1782; a 
publie :Andent British music of the Cimbro- 
Britons (1742, melodies galloises) ; A collection 
of Welsch, English and Scotch airs (1761) et 
Cambrian harmony (1781, collection des restes 
traditionnels des chants d'anciens bardes gal- 
lois). — 2. John, barde gallois, n6 a Denbigh 
(nord du Pays de Galles) en 1776, m. a Londres 
le 8 avr. 1851 ; fut d'abord clarinettiste, et, plus 
tard, directeur de la musique militaire de son 
pays, mais, en 1807, il s'etablit a Londres, com- 
me professeur de flageolet, instrument alors 
tres en vogue (petite flute a bee). P. a preside 
pendant de nombreuses annees les assemblies 
des bardes gallois (Cymmrodorion ou Eisted- 
dvodau) et fut nomm6, en 1821, Bardd Alaic 
(chef des bardes). Le nombre des compositions 
qu'il a publiees est fort grand et comprend des 
morceaux pour harpe, pour piano, des panto- 
mimes, de la musique pour des comedies, des 

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PARSONS — PARTITION 



599 



operas, des glees, des romances, des duos, deux 
cahiers de melodies galloises et deux de melo- 
dies 6cossaises, avec traduction anglaise du 
texte; mais son oeuvre principale est Thevoelsh 
harper. Taste collection de melodies galloises 
qui reproduit presque toute la collection en 
trois rolumes de Johnes, avec une introduction 
historique sur la harpe et sur la musique dans 
le Pays de Galles. II faut entin citer nn petit ou- 
vrage Oteorique : 11 puntetlo, or the supporter 
(traite de musique etementaire ), ainsi qu'un 
Account of the royal musical festival held in 
the Westminster Abbey , 1834. — 3. John- 
Orlando, fills du precedent, n£ a Londres le 3 
janv. 1810, m. a Cast Molesey le 20 fevr. 1879 ; 
excellent harpiste, pianiste et chanteur, auteur 
de chansons comiques, ainsi que de romances, 
etc, fut, en dernier lieu, organiste de St-Judas, 
k Southsea. — 4. Joseph, compositeur de talent, 
n6 a Merthyr-Tydvil (Pays de Galles) le 21 mai 
1841;filsd*an pauvre artisan, il 6migra avec 
ses parents en Anterique, mais revint plus tard 
dans sa patrie; il fut couronne a plusieurs 
« Eisteddfods » pour des romances de sa com- 
position. Enfin il fut « decouvert > par Brinley 
Richards et entra, en 1868, comme Sieve a T Aca- 
demie royale de musique de Londres, dans la- 
quelle il se distingua beaucoup. II fut nomnte, 
en 1872, professeur de musique k l'« University 
College » de Aberystwith, dans le Pays de Gal- 
les, et prit a Cambridge ses grades de bachelier 
et, en 1878, de D r mus. En fait d'ceuvres de 
grandes proportions, on connalt de P. un opera: 
Blodwen, des oratorios : Emmanuel, Saul a 
Tarse (1892), une cantate : Nebuhadnesar (1884) 
et une ouverture: L enfant prodiffue. — 5. 
Charles-Hubert-Hastings, compositeur, n6 k 
Londres le 27 tevr. 1848 ; fit son Education k 
Eton et a Oxford, prit ses grades de bachelier 
en musique, en 1870, et de D r mus. k Cambridge, 
en 1883, et k Oxford, en 1884. D devint alors 
professeur de composition et d'histoire de la 
musique au < Royal College of Music », dont il 
prit la direction en 1894, apres la retraite de 
Sir G. Grove. Ses maitres de musique furent 
Elvey, H.-H. Pierson, a Stuttgart, Macfarren et 
Dannreuther, k Londres. Ses ceuvres princi- 
pals sont : Promithie dicfiaini (execute au 
festival de musique de Gloucester, en 1880). 
deux symphonies (sol maj. et fa maj.), musique 
pour les Oiseaux cT Aristophane, une Suite mo- 
derns (1886), une ouverture: Guillem de Ca- 
benstanh, un concerto pour piano en fa maj., 
un nonelte pour instr. a vent, un quatuor avec 
piano en la bimol maj., un trio en mi min., 
une sonate pour violon en si maj., une partita 
pour piano et violon en ri min., un trio avec 
piano en si min., un quintette pour instr. a ar- 
chet en mi bimol maj., Characteristic popular 
tunes of the British isle? (pour deux pianos), 
une sonate pour violoncelle en la maj., une 
fantaisie et fugue pour orgue, un duo pour deux 
pianos en mi min., deux sonates pour piano 
(si bimol maj., ri min.), des variations, ainsi 
que beaucoup de cantates, d'odes, de melo- 
dies, etc. 



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Parsons, Albert-Ross, ne k Sandusky (Ohio) 
le 16 sept. 3847 ; Sieve, de 1867 a 1869, du Con- 
servatoire de Leipzig, puis encore, en 1870-1871, 
de Tausig et de Kullak, k Berlin. Compositeur 
d'ceuvres chorales, ainsi que musicographe 
(trad, angl.du « Beethoven », de Wagner), vitsL 
New- York, ou il est tr£s estime comme pianiste, 
organiste et professeur. 

Parte (ital. partie), partie d'une oeuvre cycli- 
que, ou encore « partie » dans le sens de voix 
(d'un ensemble) et < partie principale », d'ou : 
cotta />., indication fr&quenie dans une partie 
d'accompagnement, pour intimer k l'accompa- 
gnateur 1'ordre de se regler d'apres le soliste, 
lorsque celui-ci joue ou chante librement. 

Partialtdne (all. sons partiels), sons harmo- 
niques. 

Participatum systema (lat ), nom que Ton a 
donne au systeme d'accord temp6r6, parce que 
chacun des sons de ce dernier tient lieu de plu- 
sieurs sons de r&chelle mathSmatique, que 
ceux-ci participent done A la formation de ce 
systeme en se r6partissant sur ses diff&rents 
degres. Cf. temperament. 

Partie (Partita), v. suite. 

Partimento (ital.), partie de basse chiffr£e, 
continuo* 

Partitino (ital.), petite partition supptemen- 
taire que i'on adjoint k certaines partitions 
d'orchestre et sur laquelle sont notes les instru- 
ments ajoutes apres coup k l'orchestration. 

Partition (ital. partitura; all. Partitur; 
angl. score), notation d'un ensemble vocal ou 
instrumental, de telle fagon que les differentes 
parties sont sSparees, mais superposes; le 
terme de p. etait oppos6, au debut, a celui de 
tablature (intavolatura) ou notation sous forme 
de tableau. La plus ancienne p. vocale qui soit 
connue date de 1577 (Venise, chez Aug. Gar- 
dano), et renferme des madrigaux a quatre 
voix de Cyprien de Rore. Par contre, on fut 
oblige plus tdt d£j& de noter les morceaux pour 
orgue et pour clavecin d'apres un systeme dont 
le principe, analogue a celui qui est en usage 
de nos jours, consistait k placer les uns au-des- 
su8 des autres les sons qui doivent 6tre frappes 
simultanfonenl (intavolatura da cembalo). On 
trouve, en 1580 et en 1531 deji, des exemples 
de ce systeme dans les impressions typographi- 
ques de Pierre Attaignant. Mais ce systeme Mail 
remplac& alors et le fut longtemps encore en 
Allemagne, par la tablature dite allemande 
(v. tablature); quant aux Italiens, reconnais- 
sant la difficult^ qu'il y avait, avec les caracte- 
res typographiques, a disposer plusieurs voix 
sur une nteme portee, ils ne lard&rent pas a gra- 
ver sur metal les partitions de luth, de clave- 
cin ou de chant, et Simon Verovio surtout per- 
fectionna la gravure sur cuivre (1586; v. im- 
pression). C/est de la m A me 6poque que date 
encore Tinvention de la basse chiffr^e, systeme 
qu'ont peut-£tre bien suggere, pour une part, 
des raisons d'Sconomie. II est absolument cer- 
tain que les anciens contrapontistes ont es- 
quisse leurs morceaux compliqu£s, en notant 
les difKwentes voix les unes au-dessus des au- 

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600 



PARTITION 



tres (ce que nous prouvent, du reste, plusieurs 
exemples, parmi lesquels un, entre autres, dont 
les voix, notees sur un seul systeme de lignes 
paralleles, sont differenciees par la forme des 
t&tes des notes et par la couleur); toutefois, les 
composileurs considSraient sans doute ces es- 
quisses comme des secrets professionnels et 
les detmisaient. Les deux formes sous lesquel- 
les parurent les oeuvres vocales polyphoniques 
de la grande ecole neerlandaise : le livre de 
chceur et les parties separees, ne permettaient 
ni Tune, ni l'autre, de se rendre un compte 
exact de Fensemble, par la lecture simultanee 
des diflerentes voix. On n'en arriva a noter les 
compositions musicales d'une fa?on imm&dia- 
tement lisible que le jour oil les artifices de 
l'imitation et toutes les notations enigmatiques 
furent tombes en discredit. 

La p. moderne consiste dans la notation su- 
perposee ligne par lifftie de toutes les parties 
d'un ensemble instrumental ou vocal, ou a la 
fois instrumental et vocal, de telle fa^on que 
les sons qui doivent r£sonner simultanement 
se trouvent exactement les uns au-dessus des 
autres. L'arrangement d'une p. n'est pas tout a 
fait arbitraire; il est soumis a certaines lois 
convention nelles qui facilitent au directeur la 
lecture de la p. Et tout d'abord, on a coutume 
de grouper les instruments de m&me famille et 
de m&me timbre, puis, a 1'interieur de chaque 
groupe, de disposer les instruments de haut eu 
bas, du plus aigu au plus grave. Ainsi, par ex., 
la p. d'une symphonic rev6t generalement au- 
jourd'hui Taspect suivant : 

en haut : instr. & vent en bois, 

au milieu : instr. A vent en cuivre et instr. 

a percussion, 
en bas : instr. a archet. 

Les parties vocales (dans une Messe, un ope- 
ra, un oratorio, une cantate, etc.) se placent, 
dans la r&gle, au bas de la page, les basses ins- 
trumentales (violoncelle, contrebasse et, even- 
tuellement, orgue) conservant seules leur place 
tout au bas de la partition, en lant que solide 
fondement de rharmonie. Le groupe des instr. 
A vent en bois est dispose comme suit : 

(Petite flute) 
Gran des flutes 
Hautbois 
(Cor anglais) 
Clarinettes 
(Clarinet te basse) 
Bassons 
(Contrebasson). 

Dans le groupe des instr. de cuivre, les cors 
qui (a quatre) forment souvent un groupe spe- 
cial ou s'unissent aux bassons, se placent en 
haut, immediatement au-dessous des bassons; 
les instr. a percussion sont notes au-dessous 
des cuivres : 

Cors 
Trompeltes 



Trombones 

(Tubas) 

Timbales 

(Triangle, cymbales, tamtam) 

(Tambour et grosse caisse). 

Enfin,rorchestre d'archets, entourant les par- 
ties vocales, se note dans l'ordre suivant : 

Premiers / . , 
Seconds \ vlolons 
Altos 



Soli vocaux 



• soprano 
S alto 

tenor 
\ basse 
Choeur, dispose de la m6me \ l« p choeur 
fagon, eventuellement : \ 2* choeur 
Violoncelles 
Contrebasses 
(Orgue). 

Lorsqu'il y a une partie d'orgue, on la place 
au-dessous de celle de contrebasse, la oil etait 
autrefois le continuo (basse chiflfree); c'est a cette 
m6me place que Ton peut ajouter, si on le de- 
sire, une reduction au piano. La partie de kar- 
pe s'intercale habilueUemenl entre le groupe 
des instr. & percussion et les premiers violons. 
II n'est pas rare que Ton s'ecarte de cet arran- 
gement normal qui, du reste, n'a ete adopts 
qu'a partir de Weber & peu pr&s. Une autre 
disposition, recommaudabie k plus d'un point 
de vue, consiste, dans les p. vocales et instru- 
mentales, a placer les violons et les altos au- 
dessus des instr. a vent en bois, de telle sorte 
que l'orchestre d'archets encadre tout l'ensem- 
ble. D'autre part, le groupe des cuivres qui, en 
general, est le moins occupe, peut fort bien 
&tre place A l'oppose des instr. a archets, ainsi 
que le pratiquaient la plupart des premiers 
symphonistes classiques : 

Timbales 

Trompeltes (et trombones) 

Cors 

Instr. & vent en bois 

Instr. a archet. 

L'ordre inverse serait peu pratique, car le 
lecteur de la p. dirige toujours ses regards en 
premier lieu sur la basse. On ne saurait enfin 
rien invoquer contre la disposition des parties 
vocales entre les premiers violons et les instr. 
& percussion, de maniere a laisser le groupe 
des archets normalement coordonne. 

Dans les p. de concertos de violon. de violon- 
celle, etc., la partie de Tinstrument-solo prend 
place immediatement au-dessus du groupe des 
instr. a archet; dans les p. de concertos de 
piano ou d'orgue, immediatement au-dessous 
de ce m£me groupe. 

Les monies principes regissent l'ordre des 
parties, dans les p. d'oeuvres de musique de 
chambre : 

Instr. a vent ou a archet 
Piano. 



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PART-MUSIC 

Lorsqu'il y a 4 la fois instr. k archet et inslr. 
a vent, ces demiers sont places tantdt en groupe 
au-dessus des instr. k archet, tantdt isolement 
k la place qae lear etendue leur assigne entre 
les instr. k archet : 

I. 

FhUe (hautbois, clarinetle) 
Instr. k archet 
(Piano). 

n. 

Violon 

Alto 

Cor (basson) 

Violoncelle 

(Piano). 

etc., etc., selon la composition de l'ensemble 
instrumental. 

La lecture et le jeu (au piano) de la p. sont 
des faculty necessaires k tout bon musicien et 
absolument indispensable^ au chef d'orchestre 
ou au directeur de choeurs. II va de soi qu'elles 
ne peuvent s'acqu&rir que par un exercice cons- 
ciencieux et ininterrompu; le moyen le plus ra- 
pide et le plus stir consiste k faire un choix de 
lectures progressives et methodiquement ordon- 
nees. On commencera, par ex., par des choeurs 
a cappella k quatre voix not£es en p. avec le 
tenor en clef de sol (une octave plus haut qu'il 
ne sonne), puis on passera a des fragments fa- 
ciles de quatuors pour instr. k archet: comme 
transition, avant les p. d'orchestre faciles, on 
choUira des divertissements dans lesquels 
quelques instruments transpositeurs sont em- 
ployes (cors, clarinettes). Les simples exercices 
de transposition (k vue, au piano) sont aussi de 
la plus grande utility. On peut, en outre, recom- 
mander le systeme qui consiste k r£partir le 
jeu d'une p. entre plusieurs instrumentistes oc- 
cupant chacun un piano (un pour les instr. k 
archet, un pour les instr. k vent en bois, un 
enfln pour les instr. k vent en cuivre et les 
instr. k percussion). Les deux traites d'harmo- 
nie de H. Riemann, Handbuch der Harmonie- 
lehre et Vereinfachle Harmonielehre, cher- 
chent k d£velopper methodiquement, au moyen 
de travaux Merits, la faculty de lire la p. — 

2. Nom que les accordeurs de pianos et d'or- 
gues donnent k Tordre dans lequel ils accordent 
les sons de Finstrument. d'ou l'expression de 
c faire sa partition » qu'ils emploient frequem- 
ment. 

Part-music, — songs (angl.), musique cho- 
rale, choeurs. 

Pasch, Oskar, ne k Francfort s/O. le 28 mars 
1844 ; e\eve de l'lnstitut royal de musique d'e- 
glise et de 1'Academie de composition, k Berlin, 
remporla, en 1874, le prix Michel-Beer (psaume 
GXXX pour soli, choeuret orchestre), devint, en 
1884, directeur royal de musique, et vit comme 
organiste et maitre de chant dans les 6coles, k 
Berlin. P. a compose une symphonie, des mo- 
tets, des psaumes, des oratorios, ainsi que plu- 
sieurs operettes. 

Pascucci, Giovanni-Cesare, ne k Rome le 28 



PASQUALt 



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tevr. 1841 ; se fit d'abord connaitre par quelques 
operas-comiques ill pronosticante fanatico, 
Rome, 1877 ; La vedova scaltra, 1880; et Ersilia, 
1882), et depuis lors, surtout par un grand nom- 
bre d'op£rettes en dialecte romain (quinze jus- 
qu'en 1890). 

Pasdaloup, Jules- Etibnne, Eminent chef d'or- 
chestre parisien,n6 k Paris le 15 sept 1819; fils 
d'un artiste musicien, m. k Fontainebleau, pr&s 
Paris, le 18 aotit 1887 ; entra, en 1829, comme 
e\eve au Conservatoire, traversa surtout avec 
distinction les classes de piano de Laurent et 
de Zimmermann et devint, en 1841, r£p£titeur 
d'une classe de solf&ge. En 1847, il fut nommd 
titulaire d*une classe de piano, mais quitta ce 
poste au bout de trois ans k peine. En 1855, P. 
devint professeur agrege d'une classe d'en- 
semble vocal, qu'il dirigea jusqu'en 1868. Ce 
fut pourtant dans un autre domaine qu'il r6- 
colta le plus de lauriers. La premiere creation 
due k son talent de chef d'orchestre fut la < So* 
ci&6 des jeunes artistes du Conservatoire » 
(1851), qui donna des concerts symphoniques 
classiques dans la Salle Herz ; de cette soci&6 
naquirent les « Concerts populaires de musique 
classique », lors que P. eut lou6, en 1861, le Cir- 
que d'hiver et put donner ainsi, pour la pre- 
miere fois, au public parisien l'occasion d'en- 
tendre de bonne musique moyennant une mo- 
deste finance d'entree. L'entreprise prosp&ra 
aussitdt et atteignit une tr£s haute renomm£e. 
Les concerts Pasdeloup ne furent cependant 
pas exclusivement consacr£s aux classiques, 
mais encourag&rent au coniraire, en meme 
temps, la jeune 6cole fran^aise (Saint-Saens, 
Massenet, Bizet, Lalo, etc.) et furent les pre- 
miers a presenter aux Parisiens les meilleures 
nouveautee de l'etranger. P. fut temporaire- 
ment directeur d'une partie des soci6t6s cho- 
rales parisiennes d'hommes (v. Orphbon) et fut, 
de 1868 k 1869, directeur du The&tre lyrique ou 
il fit de mauvaises affaires: l'entreprise de con- 
certs qu'il tenta avec des choeurs permanents, 
dans la nouvelle salle de TAth^n^e (1866), 
£choua aussi. P. concentra alors ses efforts sur 
les « Concerts populaires » qui, cependant, 
furent peu a peu refoules au second plan par 
les entreprises concurrentes de Colonne et de 
Lamoureux et prirent fin en 1884 (un festival de 
musique donn& au Trocad6ro, en l'honneur de 
P., rapporta k celui-ci environ 125.000 fr.). 
Apres que Godard eut vainement essay6 de 
faire revivre les « Concerts populaires », P. lit 
lui-mfeme, en 1886, encore un effort qui resta 
sans rtaultat, mais il ne survecut pas longtemps 
a cet insucces. 

Pashaloff, Victor -Nikandrowitch, ne a 
Saratoff le 18 avr. 1841, m. a Kasan (Russie) le 
28 tevr. 1885 ; auteur de melodies qui ont acquis, 
en Russie, une tres grande popularity. 

PasquaU, Nicolo, compositeur italien ; s*£ta- 
blit, en 1740, a Edimbourg et y publia, outre un 
opera et des airs, un Dirge on Romeo and Ju- 
UeU puis deux recueils de sonates de violon 
avec basse, une s£rie de morceaux pour deux 
violons, tenor (viola) et continuo, douzo Ouver- 

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PASQUE 



ures pour core et une « Methode de basse 
chiffree » ( Thoroug-bass made easy, 1757). P. 
inourut en 1757. 

Pasque, n6 a Cologne le 3 sept. 1821, m. a 
Alsbach (sur la route de Darmstadt a Heidel- 
berg) le 20 mars 1892 ; fit ses etudes de chant 
(baryton) au Conservatoire de Paris, d£buta, 
en 1844, a Mayence et fut ensuite engagS a 
Darmstadt (jusqu'en 1855). II devint, en 1856, 
r^gisseur d'opSras a Weimar ; en 1872, direc- 
teur du theatre de Darmstadt et fit valoir ses 
droits a la retraite en 1874. P. a ecrit un grand 
nombre de textes d'opSras, puis des nouvelles 
et des romances, ainsi que : Geschichte des 
Theaters zu Darmstadt 1559-1710 (1852), 
Frankfurter Musik und Tkeatergeschichte 
(1872), Aus dem Reich der Tbne, etc. 

Pasquini, Bernardo, Tun des plus remar- 
quables organistes italiens, ne a Massa di Val- 
nevoia (Toscane) le 8 dec. 1637 ; 61eve de Cesti, 
fut de longues ann£es organiste de Ste-Marie 
Majeure, a Rome , plus tard musicien de la 
chambre du prince Borgheseet mourut a Rome 
le 22 nov. 1710. On compte parmi ses Aleves 
Durante et Gasparini. P. a ecrit plusieurs ope- 
ras ; on a conserve de lui des morceaux pour 
piano, dans les Toccates et suites pour le cla- 
vecin deMM. P. y Paglietti et Gaspard deKerle 
(1704). Des morceaux pour orgue et un traits 
de contrepoint sont restes manuscrits. 

Passacaille (ou passecaille; passacaqlia 
pas8acaglio), ancienne danse espagnole ou ita- 
lienne qui 6tait encore pratiqu&e en France, au 
stecle dernier. Soit com me partie d'une suite, 
soit comme morceau instrumental d£tach6,plus 
particulierement pour orgue ou pour clavecin, la 
p. differe a peine de la chaconne. Comme cette 
derni&re, la p. est en mesure ternaire, d'un 
mouvement compass^, et construite sur un osti- 
nalo; les definitions des auteurs anciens, ten- 
dant a diff&rencier la p. de la chaconne, se con- 
tredisent reciproquement. Un module de p. 
nous a 6t£ laisse par Bach ; son oeuvre, pour 
orgue, est construite sur la basse contrainte 
suivante : 



m& 



*=- 



^~ # T^ 



Passage, figure rapide, plus ou moins lon- 
gue, formee par le d^veloppement d'un motif. 
On distingue deux categories speciales de p. : 
ceux qui rSsullent d'un accord bris6 (arpeggio), 
p. en arp&ges, et ceux qui parcourent les de- 
gr6s successifs de l'echelle tonale, p. en gam- 
mes; toutefois, la plupart des p. se composent 
des deux 61£ments combines. 

Passamezzo, ancienne danse italienne en 
mesure binaire, serait, d'apres 1* t Orchesogra- 
phie » de Tabourot, une pavane execute dans 
un mouvement un peu acceler6 et d'une allure 
moins compassee. On a fait les conjectures les 
plus etranges sur la signification du mot lui- 
m6me, p. (« a travers la chambre », « un pas et 



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- PASSION 

demi », etc.). Mais le mot medium, proprement 
per medium (en italien mezzo) designait, dans 
la theorie proportionnelle, le signe de diminu- 
tion ( talla breve ») barrant celui de temps (!) t 
(h ) ; passo a mezzo signifie par consequent 
simplement « danse d'un mouvement acce- 
lere ». 

Passepied (angl. paspy), ancienne danse 
tourn^e francaise, originaire de Bretagne, si 
Ton en croit la tradition, et introduite dans le 
ballet sous Louis XIV. Le p. est a trois temps, 
d'un mouvement alerte, evidemment apparente 
a l'ancienne valse rapide de Vienne. Dans la 
suite, le p. fut classe parmi les « intermezzi », 
c.-a-d. parmi les danses qui, ne faisant pas par- 
tie int^grante de la suite, etaient dans la regie 
intercal&es entre la sarabande et la'gigue. 

Passion (Passio Domini nostri Jesu Cliristi). 
La representation scSnique de l'histoire de la 
passion du Christ apparut au debut du moyen 
age, au vim s. environ, et s'est perp6tuee jus- 
qu'a nos jours dans les P. d'Oberammergau 
(cf. irrsTERES). La musique n'y occupait qu'une 
place tr&s restreinte (chant des anges, etc.). 
Mais la P. en musique a ses racines profondes 
dans le chant gr6gorien deja dont on faisait 
usage, dans la semaine sainte, pour la lecture 
de la P. selon les 6vangiles; on commenca 
tr&s tdt a repartir entre differents chanteurs le 
recit, les paroles du Christ, celles des disciples, 
du grand-prfctre, etc. ; il est possible que ce soit 
de ces debuts bien simples que soient issues 
les representations de la P. En organisant ses 
representations religieuses, Ph. de Neri (v. ora- 
torio) donna naissance a une sorte d'opSra re- 
ligieux, car les differents morceaux etaient 
Merits d'un bout a l'antre en t stilo rappresen- 
tativo • et l'oeuvre etait execute par des acteurs 
costumes. Carissimi par contre, renoncant a la 
representation sc£nique, introduisit de nou- 
veau le role du r^citant; on ent des lors deux 
formes distincles : l'oratorio altegorique et l'o- 
ratorio biblique dont la P. n'est qu'un modele 
particulier. La distinction que Ton Stablit entre 
des ceuvres telles que 1' « Oratorio de Noel » de 
Bach d'une part et les P. du mfcme d'autre part 
est basee non pas sur une question de forme, 
mais uniquement sur le con ten u; mais ce qui 
distingue la nouvelle P. (protestante) de l'an- 
cien oratorio biblique, e'est l'introduction dans 
la P. de l'616ment subjectif, de la meditation 
pieuse. Ce fut sans doute Bartholomaus Gese 
qui fit le premier pas dans cette voie, en dispo- 
sant, en maniere de prologue et d'6pilogue a la 
P., deux choeurs,sur ces mots : t Erhebet eure 
Herzen, etc. » et • Dank sei dem Herrn, etc. ». 
Schutz adopta cette innovation dans son ora- 
torio de Paques et y ajouta quelques nouveaux 
elements (le Victoria! de l'6vangeliste; te 
choeur a six parties des disciples, au milieu de 
Tofiuvre, etc.). Quant a J. Sebastiani que Ton 
considdre generalement comme le crGateur de 
la nouvelle P., il intercala dans son oeuvre les 
chorals dont les melodies, chanties par Tas- 
semblee « zur Erweckung mehrerer Devotion », 

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PASSIONE — PAUER 



603 



etaient soutenues par un groupe d'instruments 
executant l'harmonie. La forme de la P. fut en- 
fin portee A la perfection par J.-S. Bach qui 
adjoignit A tous les elements precedents les airs 
et les chcenrs (Sion; < die Zionsgemeinde ») de 
caractere contemplatif. 

Passion e, (ital.), passion ; can p. (appassio- 
nato), avec passion. 

Pasta, Giudttta (n6e Negri), celebre can- 
tatrice, n£e A Gdme le 9 avr. 1796, m. dans sa 
villa, au bord du lac de Cdme, le !«• avr. 
1865 ;flt son education sous la direction d'Asioli, 
au Conservatoire de Milan; debuta, des 1815, 
sur les scenes italiennes, puis, en 1816, A Paris, 
mais sans reveiller l'attention. Marine au tenor 
P., eile fut engag^e, en 1817, avec un modeste 
traitement, a Londres, ou elle ne reussit guere 
non plus A se creer un nom. Ge ne fut qu'apres 
avoir recommence de sinenses Etudes en Ita- 
lie, sous la direction de Scappa, qu'elle fut re- 
marquee et qu'elle monta, en 1822, au ciel pari- 
sien, comme une brillante etoile. Comme mainte 
cantatrice, elle partageait son temps entre Pa- 
ris et Londres. Elle se construisit, en 1829, une 
villa au bord du lac de Cdme et ne chanla plus, 
des lors, que rarement. Lorsqu'elle se produi- 
sit de nouveau a Londres, en 1837, sa voixetait 
deja usee ; elle chanta cependant encore, en 
1840, A St-Petersbourg et meme, en 1850, A Lon- 
dres. Sa voix allait du to 2 au r6 & , mais, meme 
dans son plus beau temps, n'elait exempte ni 
d^in^galites, ni d'effets forces ; ce qui la rendait 
remarquable, c'etait la puissance de tempera- 
ment et la vente depression de Hnterpreta- 
tion. 

Pasticcio (ital., p&t£;, terme adopts pour de- 
signer les operas, autrefois tres aimes du pu- 
blic italien surtout (mais egalement a Londres, 
Paris, St-Petersbourg, Dresde, etc.), composes 
de fragments d'ouvrages anterieurs d'un ou de 
plusieurs compositeurs ; pseudo-nouveaute re- 
sultant de l'adaptation d'anciens airs favoris a 
un texte nouveau. On sait cependant l'accueil 
que le public de Londres, en 1786, fit A un p. 
que Gluck avait forme de ses anciens operas. 
V. Gluck. 

Pastorale ou pastourklle, signifie propre- 
mentidylle dont bergers et bergeres etaient les 
principaux acteurs, scene champetre. Le terme 
de p. apparait d'abord pour designer de pelites 
oeuvres sceniques, meme avant invention du 
< 3tilo rappresentativo » (v. oper\), alors que 
les paroles des divers person nages etaient 
encore cbantees par un choeur, A la fagon des 
madrigaux (xv e et xvi« s.). Ce meme titre fut 
conserve plus tard pour les petits operas de 
genre idyllique. On donne aussi le nom de p. 
a un morceau de musique instrumentale sim- 
ple comme rythme, meiodie et modulation, g6- 
neralement en mesure ternaire,oa binaire com- 
posee, et qui est cense imiter plus ou moins la 
musique des bergers jouant du chalumeau ou 
de tout autre instrument champetre. 

Pastorita (all. Nacfithorri, Nachtschall), jeu 
d'orgue presque entierement demode, bouche 
et devant etre comme un echo du Quintaton, 



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*L 



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mais ayant aussi sou vent une grande analogie 
de timbre avec la « flute creuse » (le plus sou- 
vent de 2' ou de 4', rarement de 8*). 

Pastou, Etienne-Jean-Baptiste, maltre de 
chant, ne a Vigan (Gard) le 26 mai 1784, m. aux 
Ternes, pres Paris, le 8 aout 1851 ; a publie : 
Ecole de la lyre harmonique (1821), methode 
pratique pour l'enseignement collectif du chant, 
qui lui valut d'etre nomme professeur au Con- 
sen atoire (1836). II dirigeait en outre, depuis 
1819, une ecole de chant particuliere. 

Patetico (ital.), pathetisch (allem.), patheti- 
que, avec passion ; rythme fortement marque 
et accent vigoureux dans Fexecution. 

Paton, Mary-Anna, v. Wood. 

Patti, 1. Carlotta, nee A Florence en 1840, 
m. A Paris le 27 juin 1889 ; fille du tenor Sal- 
vatore P., etudia d'abord le piano sous la di- 
rection de H. Herz, A Paris, mais se tourna 
plus tard vers le chant et debuta, en 1861, a 
New- York, ou elle re^ut un engagement pour 
la scene, A laquelle elle dut cependant bientdt 
renoncer A cause d'une claudication legere 
mais d'un effet desagreable sur les planches. 
De nombreuses tournees de concerts, A travers 
l'Europe et TAmerique, Tont fail avantageuse- 
ment connaltre, comme chanteuse legere. P. 
avait epou8e,en 1879, le violoncelliste Demunck. 
— 2. Adelina (Adela- Joana-Maria), soeur de la 
precedente, Tune des representantes les plus 
remarquables du bel canto A notre epoque, nee 
a Madrid le 10 fevr. 1843 ; regut son education 
de M. Strakosch, le mari de sa soeur Amelia, et 
se prdduisit d'abord, en 1859, dans le rdle de 
Lucie, a New- York, oix. la famille habitait de- 
puis des annees. Sa reputation fut deflnitive- 
ment acquise lorsqu'elle parut, en 1861, A Lon- 
dres ; quant A ses tournees a Paris, St-Peters- 
bourg, Vienne, en Italie, etc., elles etaient et 
sont encore de veritables courses triomphales. 
La celebre « diva » est une chanteuse legere 
de premier ordre et frappe aussitdt par la so- 
norite agreable de sa voix, qui n'est du reste 
pas tres puissante. Elle epousa, en 1868, le mar- 
quis Henri de Caux, ecuyer de Napoleon III, 
mais divor^a en 1885 et epousa en secondes no- 
ces, en 1886, le tenor Niccolini (m. en 1898), 
qui l'accompagnaii depuis plusieurs. annees 
dans ses tournees. 

Pauer, 1. Ernest, excellent pianisteet editeur 
d'oeuvres classiques de piano, ne a Vienne ,le 
21 dec. 1826 ; flls du superintendant general 
protestant P., fit son education aupres de 
Dirzka, W.-A. Mozart (flls), S. Sechter, et A 
Munich, de 1845 A 1846, sous la direction de 
Franz Lachner. II re^ut, en 1847, la place de 
directeur de musique, A Mayence, et ecrivit 
dans cette ville les trois operas : Don Riego 
(1850), Die rote Mashe (1851) et Die Braut 
(1861), qui ont tous ete representes a Mann- 
heim. En 1851, il se produisit avec succes, 
comme pianiste, a Londres, ou il s'etablit defl- 
nitivement, apr6s avoir epouse la cantatrice 
Andreae, de Francfort s/M. Des 1861, il a 
donne des concerts historiques de piano avec 
programmes analytiques detailles ; il a aussi 

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604 



PA.UKEN — PAUWELS 



beaucoup jou& sur le continent et a 6te nomm»>, 
en 1866, pianiste de la Cour imperiale d'Au- 
triche. Les conferences qu'il a faites, k partir 
de 1873, sur 1'histoire de la literature du piano, 
ont rencontre an accueil des pins encoura- 
geants. P. succ^da k Cyprian Potter, en quality 
de professeur de piano k Y « Academy of mu- 
sic », puis devint, en 1876, premier professeur 
de piano & la « National training school for 
music » et, en 1878, membre de la commission 
d'examens de TUniversite de Cambridge. II 
s'est acquis des m£rites sp£ciaux en faisant 
paraitre une quantity d'ceuvres de musique 
classique de piano, chez Breitkopf & Haertel 
el, surtout, chez Augener & O, k Londres : 
Alte Klaviermusik; A tie Meister ; Old English 
composers for the virginal and harpsichord ; 
une Edition populaire des classiques, de Bach 
k Schumann ; plusieurs ouvrages didactiques : 
New gradus ad Parnassum ; Primer of the 
pianoforte, et des Merits: Elements of the beau- 
tiful in music (1876) et Primer of musical 
forms (1878). II a aussi compos6 des ceuvres 
de musique de chambre et d'orchestre. Son fils 
— 2. Max, n6 k Londres le 31 oct. 1866, eteve 
de son p&re (juBquen 1881) et, pour la th£orie, 
de Vincenz Lachner, k Carlsruhe, jusqu'en 
1885 ; s'&ablit k Londres apr6s quelques tour- 
nees de concerts. Mais il accepta, en 1887, un 
engagement, comme professeur de piano, au 
Conservatoire de Cologne, d'oii il acquit en 
outre rapidement la renommSe d'un excellent 
pianiste. En 1897, P. Schangea cette situation 
contre une autre analogue, k Stuttgart. Comme 
compositeur, P. a d6but6 par quelques mor- 
ceaux de piano. Cf. Paur. 

Pauken (all.), timbales. 

Paul, Oskar, musicographo, n6 k Freiwaldau 
(SilSsie) le 8 avr. 1836 ; suivit les cours du gym- 
nase de Gorlitz, 6tudia,depuis 1858, la thSologie 
k Leipzig, mais passa bientdt a la musique. II 
entra alors au Conservatoire de Leipzig (1859) 
et prit des lemons particulteres de Plaidy, pour 
le piano, de Hanptmann et de Richter, pour la 
th6orie. II obtint, en 1860, son grade de DrphiL, 
vScut quelques ann6es hors de Leipzig, surtout 
4 Cologne, et prit, en 1866, avec un travail sur 
Die absolute Harmonik der Griechen (impri- 
nt) sa licence a l'Universit& de Leipzig, pour 
le poste de privat-docent en musique. En 1869, 
P. fut engage dans le corps enseignant du Con- 
servatoire de cette ville et fut nomm£, en 1872, 
professeur extraordinaire k VUniversit£, apr6s 
la publication de sa traduction des cinq vo- 
lumes de De musica, de Boece. Comme th£ori- 
cien, P. appartient k l'ecole de Hauptmann ; il 
a public (1868) la Lehre von der Harmonik 
laissee par ce dernier, ainsi qu'un Lehrbuch der 
Harmonik (1880). II a en outre &crit: Geschichte 
des Klaviers (1869); Handlexikon der Ton- 
kunst (1873) ; il a fond£ deux journaux musi- 
canx : la Tonhalle (1869), et le Musikalisches 
Wochenblatt (1870), mais se retira de la redac- 
tion du premier au bout d'une ann&e, et du se- 
cond d£j& au bout de trois mois. A l*ex position 
de Vienne de 1873, P. fonctionna, pour le 



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compte de Tempire allemand, comme jur6 et 
rapporteur g6n£ral pour la partie musicale ; il 
fut aussi nomm£, en 1878, expert k l'office im- 
perial des brevets. 

Paumann (6crit faussement aussi Paoxmaw k, 
Baumann), Konrad, n6 a Nuremberg vers 1410 
(aveugle de naissance),m. comb!6 d'honneurs, 
k Munich, le 25 janv. 1473; auteur du plus an- 
cien recueil de morceaux d T orgue conserve jus- 
qu'd nos jours : Fundamentum organisandi 
(1452; morceaux delude, ainsi que quelques 
pr£ambules et d'autres compositions, en par- 
tie d'autres compositeurs), et que F.-W. Ar- 
nold a reproduit, en 1867, dans la 2* ann£e des 
« Jahrbtlcher » de Chrysander. P. a £crit, en 
outre, quelques autres morceaux (reproduits 
aussi par Arnold) qui se trouvent, en manus- 
crits, a Wernigerode. Virdung, dans la « Mu- 
sica getutscht » (1511) et Agricola,dans la « Mu- 
sica instrumentalis » (1529), attribuent A P. 
Tinvention de la tablalure allemande de lutli 
(la « Tablature alphab&ique », comme l'appelle 
Agricola), sans toutefois en fournir aucune 
preuve certaine. II est en tout cas certain qu'il 
ne fut pas l'inventeur des signes de duree em- 
ployes dans les tablatures (cf. tablature). On 
a enfin d^couvert r£cemment un lied k trois 
voix : Weiblich figur dans le « Mfinchener Lie- 
derbuch » (Mus. Ms. 3232 in-12*), puis, dans un 
livre de tablature d'orgue acquis par la Biblio- 
th&que de l'Etat, k Munich, du couvent car- 
th£sien de Buxheim, une s£rie de morceaux 
d'orgue ou plutdt deludes pour orgue, compo- 
ses par P. 

Paumgartner-Papier, v. Papier 2. 

Paur, Eotl, n6 k Czernowitz (Bucovine) le29 
aout 1855, 61£ve du Conservatoire de Vienne; 
excellent pianiste et violoniste, fut successive- 
ment chef d'orchestre ACassel ( 1876), & Keen igs- 
berg, premier chef d'orchestre de la Cour et di- 
recteur des concerts d'abonnements k Mann- 
heim (1880), puis au ThMtre municipal de 
Leipzig (1890). II succ&ia, en 1898, k Nikiscb, 
comme directeur de l'torchestre symphonique» 
de Boston. Cf. Pauer. 

Pause (all. game Tahtpause), silence dont la 
valeur correspond k celle de la ronde. Demi- 
pause (all. halbe Tahtpause), silence dont la 
valeur correspond k celle de la blanche. 

Pause (all), silence. 

Pauwels, Jean-Englebert, compositeur de 
talent, n£ k Bruxelies le 26 nov. 1768, m. dans 
la m&me ville le 3 juiu 1804; fit sa premiere 
education a Bruxelies, puis se rendit, en 1788, 
k Paris ou il etudia encore sous la direction de 
Le Sueur el joua du violon k FOpSra Italien. 
Mais, en 1790, il suivit une actrice k Stras- 
bourg, et y fut quelque temps chef d'orchestre 
de th6Atre. En 1791, il rSapparaissait k Bruxel- 
ies, se produisant comme viotoniste dans un 
concerto de sa propre composition; il fut alors 
engag£ comme violon-solo de Porchestre du 
theatre et devint, en 1794, chef d'orchestre 
d'opera. Mais il s'est acquis des merites bj>6- 
eiaux par l'organisation de concerts r^guliers, 
dans lesquels il donnait des executions d'une 

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PA VANE — PfeDALE 



605 



grande perfection technique. On a represented 
Bruxelles, trois operas de la composition de P. 
qui, en outre, a publie a Paris un concerto pour 
violon, un concerto pour cor, six duos pour 
violons, trois quatuors pour instr. a archel, etc. 

Pavane(Pad0rana,Paduana),ancienne danse 
d'origine italienne (de Padoue), en mesure bi- 
naire et d'un mouvement plein de gravite; la p. 
devint, dans la suite, Tune des danses preferSes 
de toute TEurope. Quant k l'^tymologie parfois 
indiquee, d'apres laquelle p. viendrait de pava 
<paonne),elle est des plus sujettes a caution, ne 
fut-ce m£me qu'a cause de la presence du se- 
cond a dans pavane : elle fait partie des in- 
nombrables etymologies saugrenues, imaginees 
aux xvn« et xviii« s. Du reste, B6sard (Thesau- 
rus harmonious, 1603) explique deja que p. est 
synonyme de paduana. La p. forme Tun des 
groupes essentiels de la litterature de la danse 
(vocale et instrumental) au xvi« s., mais elle 
disparait graduellemeat au xvii* s. La p. 6tait 
suivie gen&ralement d'une danse plus rapide 
en mesure ternaire {proportion d'ou la suc- 
cession habituelle de p. et gaillarde (ou salta- 
rello, etc.). 

Pavesi, Stefano, compositeur favori d'op6- 
ras italiens,ne a Gasaletto Vaprio (CrSmone), le 
22 janv. 1779, m. a Crema le 28 juil. 1850; 616ve 
du « Conservatorio della Pieta », k Naples, fut, 
k partir de 1818 et jusqu'a sa mort, maltre de 
chapelle du ddme de Crema, sauf de 1826 a 
1830 oil il alia cbaque ann&e diriger un theatre 
de Vienne pendant six mois. II a ecrit plus de 
soi xante operas, la plupart pour Venise, Na- 
ples et Milan; Ser Marc Antonio (1810) et La 
donna Bianca dAvenello (1830) ont en le plus 
de succ6s. 

Paz, Earl-Eduard, ne k Glogau le 17 mars 
1802, m., comme organiste de l'£glise de la Cha- 
rt te, a Berlin le 28 dec. 1867; fut 61eve de l'dns- 
titut royal de musique d'eglise » a Berlin et 
s'est fail connaltre par des lieder, des chceurs, 
ainsi que des morceaux instructifs pour piano. 

Payer, Hieronymus, compositeur, n6 a Meid- 
ling, pres Vienne, le 15 f6vr. 1787, m. a Wied- 
burg, pr6s Vienne, en sept. 1845; fut d'abord 
organiste dans son village natal, plus tard chef 
d'orchestre du theatre « An der Wien », et, en 
1818, chef d'orchestre de the&tre k Amsterdam. 
II donna des concerts a Paris et ailleurs sur le 
physharmonika, et occupa en dernier lieu un 
poste de chef d'orchestre, a Vienne. P. a com- 
post plusiaurs operas, pour Vienne et Amster- 
dam, et public des trios avec piano, un concer- 
tino pour piano, beaucoup de morceaux pour 
piano seul, des fugues et des concertos pour 
orgue, des Messes, des motets, etc. 

Peace, Albert-Lister, excellent organiste 
anglais, n£ aHuddersfield en 1845; montra des 
son enfance des dispositions remarquables, et 
etait, deja a l'&ge ide neuf ans, organiste k 
Holmfirth. En 1866, il fut nomme organiste de 
Teglise de la Trinity, a Glasgow et, quelques 
annees plus tard, de la Cathedrale de la m£me 
ville. P. prit en 1870 le grade de bachelier, et 
en 1875 celui de D* mus. k Oxford. 



Pear sail, Robert- Lucas of Willsbridge, 
amateur de musique anglais, n6 a Clifton le 14 
mars 1795, m. dans son chateau de Wartensee, 
au bord du lac de Constance, le 5 aout 1856, 
apres avoir s6journealternativementa Mayence 
Carlsruhe, Londres, etc. On connait de lui : des 
chceurs a quatre voix,des madrigaux de quatre 
k dix voix, un Katholisches Gesanpbuch (1863) 
et une brochure en allemand sur les madriga- 
listes anglais. 

Pearson, v. Piersox. 

Pectis, instrument a cordes des anciens 
Grecs, analogue a la cithare (Sapho jouait 
du p.). 

Pedale, 1. (all. Orgetpunkt : angl. pedal 
point), nom que Ton donne, en theorie d'har- 
monie, a un son tenu dans la partie de basse 
pendant qu'au-dessus de lui les harmonies les 
plus varices se succedent ; on fait surtout 
usage de la p. un peu avant la fin du morceau, 
elle est basee, dans la r&gle, sur la quinte du 
ton et commence par Taccord de quarte et 
sixte. La p. de celte sorte est d£ja fort ancien- 
ne. Fran con de Cologne (xn«-xin« s.) la men- 
tionne dans Ars cantus mensurabilis (Ger- 
bert, Script. Ill ; Coussemaker, Script. 1) : 
« usque ad notam penultimam, ubi non atten- 
ditur talis mensura, sed magis est ibi organicus 
punctus » (chap. 11). « Organicus punctus », 
c-a-d. dans le langage de l'epoque, une note 
de dur6e longue mais indeterminee, analogue 
a celles de l'organum (v. ce mot) du xn* s. ; 
dans ce dernier, le t6nor en chant gregorien 
au-dessus duquel se mouvait le contrepoint 
fleuri, £tait not6 en < longues », mais la duree 
de ces longues 6tait tr6s variable et, au lieu 
d'etre determin&e, se r^glait tout a fait d'apr&s 
le contrepoint que l'executant du tenor (chan- 
teur ou instrumentiste, car il est probable que 
l'orgue participait k la realisation de l'ancien 
organum) devait naturellement avoir sous les 
yeux. La condition essentieile pour que reffet 
de la p. soit bon, c'est que celle-ci soit bien 
tonale au debut et a la fin, tandis qu'au milieu 
elle peut se mouvoir librement a travers des 
harmonies etrang&res a la tonalite. La fonction 
esth&ique de la p. consiste a retarder la con- 
sonance de l'accord majeur bas6 sur le son 
tenu de la basse ; elle est done analogue a celte 
de quarte et sixte sur la dominante, accord que 
Ton doit considerer comme la racine de toute 
p. — 2. (all. Pedal ; abr. ped. et plus rarement 
P.) Dans le piano, double m£canisme r£gi par 
les pieds et dont Tun, la p. forte (p. de droite), 
maintient les 6touffbirs a quelque distance des 
cordes, non seulement pour prolonger mais 
aussi pour renforcer la sonority au moyen des' 
vibrations sympathiques (v. ce mot) de toutes 
les cordes parentes de la corde frappee. C'est 
l'emploi de cette p. que Ton indique dans la 
notation par Fed.., lorsqu'on doit la mettre, par 
* lorsqu'on doit 1'dter ; malheureusement ces 
deux signes sont employes generalement d'une 
fagon inconsideree et inexacte. V usage heu- 
reux de la p., dans le jeu du piano, est un art 
difficile ; on arrivera le plus aisement au resul- 



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606 



PEDALIER — PELLISOV 



tat voulu, si Ton consid&re la p. non comme un 
moyen de renforcer le son, mais au conlraire 
de l'att^nuer, autrement dit si Ton joue dans la 
r6gle avec la p. (etouffoirs leves, seule mani&re 
de donner au piano toate la plenitude de sa 
sonority m6me dans le pianissimo), ne l'otant 
que pour 6viter le bourdonnement des sons 
s'amalgamant a tort et a travers ; on ne jouera 
par consequent sans p. que lorsqu'on voudra 
express6ment obtenir un son bref. L/attaque 
d'une nouvelle karmonie est pr6cis6ment l'ins- 
tant favorable pour laisser tomber les etouf- 
foirs (en relevant la pointe du pied) ; le signe * 
doit done, en g6n6ral, se trouver au-desssous 
des notes places sur les temps forts (debut de 
la mesure). Cf. & ce sujet les ouvrages de L. 
Kohler (Der Klavierpedalzug) et Hans Schmid 
{Das Klavierpedal), ainsi que la methode de 
piano (i, p. 13 et suiv.) de H. Riemann. Les 
parlies de basse ngurees au grave, surtout 
lorsque le mouvement se fait par intervalies 
de secondes,ne supportent pas l'emploi dela p. 
La p. douce (p. de gauche, p. sourdine) con- 
siste, dans les pianos a* queue, en un m£ca- 
nisme qui d^place legerement vers la droite le 
clavier et toute la m£canique int6rieure, de 
fagon 4 ce que chaque marteau ne frappe plus 
qu'une seule corde ; la sonority perd de la sorte 
beaucoup de son ampleur et prend un timbre 
analogue & celui de la harpe. L'usage de la p. 
douce est indiqu6 dans la notation par les mots 
una corda, sa suppression par Ire corde. 
L'emploi de la p. douce pour chaque piano est 
des plus condamnables ; on doit au contraire 
r6server cette p. pour des effets particuliers, ou 
pour l'extr&me nuance du pianissimo. D'aulre 
part, un jeu mod&r6ment ■ fort » avec la p. 
douce peut &tre & l'occasion du meilleur effet. 
Dans les pianos droits, la p. de gauche r£git le 
plus souvent un systeme d'etouffoir qui emp6- 
che les vibrations des cordes de se propager 
librement; dans d'autres instruments, mais 
plus rarement, elle opere un 16ger deplacement 
des marteaux (sans que le clavier se d&place). 
Autrefois, les pianos avaient un plus grand 
nombre de p. mettant en fonctions toutes sortes 
d'amusettes : le « jeu de pantalon », le « jeu de 
buflle », etc. (v. piano). De nos jours aussi, du 
reste, les m^caniciens ont essaye de construire 
des p. speciales, parmi lesquelles la « p. de 
prolongement » de Debain occupe la premiere 
place ; cette p. permet de prolonger a volont£. 
un son ou un accord pendant lequel elle a ete 
enfoncee, tandis que d'autres sons restent sou- 
mis a r&ouffoir (systeme perfectionne, en 1874, 
par Steinway). Notons enfin la p. dite « Kunst- 
' pedal » de E. Zacharia, quadruple mecanisme 
permettant de soustraire a volonte a Taction 
des etouffoirs les huit fractions suivantes de 
Tensemble des cordes : la'*- mi 1 ; /a 1 - si 1 : 
ut* - mi*; fa* - la* ; si bimol * - r£ 3 ;mi 
b&mol 3 - sol 3 ;la bemol 3 - ut A ; ut diese 4 - mi*. 
— 3. Dans la harpe (v. ce mot), les p., au nom- 
bre de sept, ont pour but de raccourcir les 
cordes, c.-a-d. de hausser Taccord de Tinstru- 
ment. — 4. Dans l'orgue, on fait usage d'un 



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clavier de p. ou p£dalier (v. ce mot), mais on 
comprend en outre sous le m6me terme de p. 
un mecanisme qui sert tantdt a accoupler les 
claviers entre eux, de fagon a ce qu'en jouant 
sur un clavier l'organiste abaisse simultane- 
ment les touches correspondantes d'un ou de 
piusieurs autres claviers (p. d'accouplement ; 
all. Koppel ; lat. copula), tantot k mettre en jeu 
instanlan£ment un ou piusieurs jeux de combi- 
naisons pr£par£s a Tavance (p. d'appel ; alL 
Kollektivzvge). Mentionnons enfin les p. d'ac- 
gouplement d'octaves (l'organiste eufongant 
une touche agit simultanement sur la touche de 
l'octave super ieure), les p. d'expression (v. ce 

mot), la P. DE TREMBLANT OU de TREMOLO (v. 

tremblant), enfin la p. d'orage (imitant le ton- 
nerre, par la resonance siinultan&e des sons 
les plus graves du p£dalier). 

P6dalier, nom que Ton donne, dans l'orgue, 
au clavier destin£ a 6tre joue avec les pieds et 
comprenant les touches de ut x a ri 3 ou, au 
plus, mi 3 ou fa 3 . Ce clavier de pedales fut 
invente en Allemagne, vers Fan 1325 (cf, orgue) 

Pedrotti, Carlo, ne a Verone le 12 nov. 1817, 
m. dans la mdme ville le 16 oct. 1893: £leve de 
Domenico Foroni, fit repr£senter en 1840, a Ve- 
rone, un op£ra : Lina, dont le succes lui valut 
le poste de chef d'orchestre de l'Opera ilaiien, a 
Amsterdam (1840 a 1845). Apres avoir quiUi 
Amsterdam, il v£cut un certain nombre d'an- 
n6es en s f adonnant seulement a la composi- 
tion. II 6tait, depuis 1869, chef d'orchestre du 
Theatre roval de Turin, directeur des concerts 
populaires et du Conservatoire ( Liceo must- 
cale), ainsi que d'une nouvelle ecole de contre- 
point. P. a fait representor un grand nombre 
d'op£ras : Clara del Mainland (Verone, 1840), 
Matilde (Amsterdam, 1841), La figlia delC ar- 
ciere (1844, Amsterdam), Romea di Monforte 
(Verone, 1846), Fiorina (1851), II penruchiere 
della reggenza (1852; tous a Verone), Gelmina 
(1853), Genoveffa (1854, a la Scala de Milan), 
Tulti in masdiera (1856, a Verone, et 1869 a 
Paris, au ThSAtre de l'Ath6n6e), Isabella &Ar- 
ragona (1859, Turin), La guerra in quattro 
(1861, Milan), Mazeppa (1861, Bologne), Ma- 
rion de Lorme (1865, Trieste), // favorita (1870, 
Turin), Olema (1873, Milan). P. etait fort eBtime 
en Italie. 

Pegli (ital.), contracts pour per gli (pour les). 

Pel (ital.), contract^ pour per il (pour le). 

Pellegrini, 1. Felice, chanteur scenique 
(ba8se-bouffe), ne a Turin en 1774, m. a Paris 
le 20 sept. 1832; professeur de chant, d&s 1829, 
au Conservatoire de Paris, avait 6te aupara- 
vant et jusqu ? en 1826 engage par des scenes 
italiennes, puis a Londres. D a public quel- 
ques recueils de solfeges, des duos, des trios 
etc. — 2. Giulio, chanteur scenique (basse no- 
ble), ne a Milan le 1« janv. 1806, £l£ve du con- 
servatoire de cette ville, m. a Munich le 12 juiL 
1858; il a fait partie presque sans interruption 
du personnel du theatre de la Cour, a Munich. 

Pellisov (=r pellis ovis), pseudonyme (traduc- 
tion latine de son nom) deK. von Schafh.eutl 
(v. ce nom). 

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PELLO — PERABO 



607 



Pello (ital), contracts poor per lo (poor le). 

Pembaur, Joseph, ne A Innsbruck le23mai 
1848; devint, apres avoir commence des Etudes 
&r(Jniversite,eleve da Conservatoire de Vienne 
et de l'Ecole royale de musique de Munich 
(Buonamici, Hey, WtQlner, Rheinberger). II eat, 
depuis 1875, directeur et professeur principal 
de l'Ecole de musique d'Innsbruck. Gomme com- 
positeur, il s'est fait un nom surtout dans le do- 
maine du lied (op. 4, 7, 8, 15, 26, 88, 86) et de 
la musique chorale; il a aussi publie des com- 
positions vocales assez importantes avec or- 
chestre (Gott der Weitenschopfer, pour voix 
d'bommes et orchestre; Die Wettertanne 
[idem] ; Wider aus dem Leben Walthers von 
der Vogolxoeide, pour soli, chceur mixte et or- 
chestre); plusieurs Messes (Messe solennelle en 
fa maj.); une symphonic In Tirol; des impro- 
visations pour orgue (op. 9); un recueil delu- 
des de mecanisme pour le piano ; un petit ou- 
vrage : Ueber das Dirigiren, etc. 

Penna, Lorenzo, compositeur et theoricien, 
ne A Bologne en 1618, m. A Imola le 20 oct. 
1698; entra au convent des Carmelites de Parme 
dont il devint le maitre de chapelle, fonctions 
qu'il a remplies plus tard A la cathedrale d'l- 
mola. Les compositions qu'on a conservees de 
lui (imprimees de 1660 A 1690), sont : deux li- 
vres de Messes A quatre voix, avec instruments 
ad libitum (Galeria del sacro Parnasso) et 
deux livres de psaumes A quatre voix avec ins- 
truments ad libitum ill sacro Parnasso et 
Salmi per tuUo l*anno f le dernier contenant 
aussi une Messe en faux-bourdon, des antien- 
nes et des litanies). Ses ecrits : Li primi albori 
musicali per li principianti della musica figu- 
rata (1656), Albori musicali per li studiosi 

della musica figurata lib. 11 (1678, edition 

complete 1679, etc.) et Direttorio del canto 
fermo (1689) presentent quelque interet, pour 
l'histoire de la theorie musicale. 

Pentenrieder, Franz-Xaver, compositeur, ne 
A Kaufbeuren (Baviere), le 6 fevr. 1818, m. A 
Munich le 17 jail. 1867; etait en cette ville, A la 
fois maitre de chapelle et organiste de la Gour, 
et repetileur au Theatre de la Cour. II a com- 
pose des oeuvres vocales (Messes, motets, can- 
tates, etc.) et deux operas : Die Nacht auf Pa- 
luzzi et Das Haus ist zu verhaufen, dont le 
premier fut represents sur un grand nombre 
de scenes allemandes. P. a passe les dernieres 
annees de sa vie dans un asile d'alienes, apres 
avoir, A la suite d'un accident de voiture, perdu 
ses forces physiques et intellectuelles, 

Pepusch, John-Christopher (Johann-Chris- 
toph), compositeur et musicographe, ne A Ber- 
lin en 1667, m. A Londres le 20 juil. 1752; etait 
fils d*un ecclesiastique protestant peu fortune, 
en sorte qu'il ne put prendre, pour perfec- 
tionner ses talents musicaux, que quelques 
lemons peu suivies. Cependant, apres avoir 
dej&, A quatorze ans, obtenu une place A la 
Cour, il arriva assez loin, par son travail per- 
sonnel, pour non settlement com prendre a fond 
r usage pratique de son art, mais devenir meme 
autorite dansle domainetheorique et historique. 



II quitta Berlin en 1698, pour quelque motif 
inexplique (il doit avoir e*te temoin oculaire 
d'une rencontre entre le prince-electeur et un 
officier), et alia en Hollande d'abord, puis en 
1700 jusqu'en Angleterre. II trouva alors une 
place A l'orchestre du theatre « Drurylane », 
d'abord comme violoniste, et, plus tard, comme 
accompagnateur et compositeur, fonctions qui 
l'obligerent A accommoder au moyen d'airs ita- 
liens quelques operas anglais.P. est, en realite, 
le fondateur de Y « Academy of ancient music > 
(v. ce mot) et s'est acquis des merites par cette 
resurrection de la musique du xvi« s. En 1712, 
le due de Chandos, grand mecene musical 
(v. Hjendel), le nomma organiste et composi- 
teur de sa chapelle vocale de Cannons, ce qui 
le poussa A la composition de services, anthems 
et d'autres oeuvres religieuses, ainsi que de 
cantates, etc. D prit, en 1718, le grade de docteur 
en musique, A Oxford, avec une ode sur la paix 
d'Utrecht, puis il remplit, pendant de nombreu- 
ses annees, les fonctions de directeur de musi- 
que au thedtre de • Lincoln's Inn Fields », 
pour lequel il a ecrit des mascarades (Venus 
and AdoniSy 1715: Apollo and Dafne, 1716; 
The death of Dido, 1716; The union of the 
three sisterarts, 1728), et arrange des ballad- 
operas : Tfie beggar* s opera, de Gay ; The Wed- 
ding j etc. En 1724, P. s'embarquait, avec Ber- 
keley, pour les lies Bermudes, oh il devait 
fonder une a cad em ie; mais ils firent naufrage 
et revinrent en Angleterre. Les soucis materiels 
furent epargnes a P., A la suite de son manage 
(1780) avec la cantatrice Margarita de TEpine, 
qui lui apporta une dot de 250.000 francs. Sa 
' derniere place fut celle d'organiste au < Char- 
ter House > (1737), laquelle lui laissa assez de 
loisir pour ses etudes. Outre les oeuvres dej& 
indiquees, P. a compose : des airs de danse ; 
des sonates et des trios pour flftte et pour 
violon ; des Concerti grossi pour deux Mtes A 
bee, deux Mtes transversales, hautbois et con- 
tin uo; des odes de circonstance ; des motets, 
etc. Ses ecrits sont : A treatise on harmony 
(1781 ; publie deja auparavant [1780], d'apres 
des notes de cours tres incompletes, par un 
eleve de P., lord Aberdeen, sous le titre : A 
short treatise on harmony ; P. y a fait revivre 
[pour la derniere fois] la theorie de la solmisa- 
tion) ; un traite sur les trois modes des Grecs 
se trouve dans les Philosophical transactions 
(1746) ; son dernier ouvrage : A short account 
of the 12 modes of composition and their pro- 
gression in every octave (lermine en 1751) est 
reste manuscrit et a ete perdu. 

Per(itaL), pour. Cf. peoli, pel, pello. 

Perabo, Ernst, pianiste et compositeur, ne A 
Wiesbaden le 14 nov. 1845, At sa premiere 
education A New- York, ou ses parents elirent 
domicile en 1852. On pretend qu'il aurait joue, 
A 1'Age de neuf ans, le • Clavecin bien tempere*, 
par c(eur. En 1858, R. fut envoye en Europe, 
d'abord A Hambourg, mais en 1862, A Leipzig, 
au Conservatoire (Wenzel) ; en 18ti5, il rentrait 
a New- York comme pianiste accompli et s'eta- 
blit,en 1866, a Boston ou il jouit d'une excellenle 



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608 



PERCE — PERFECTION 



reputation, tant comme pianiste que comme 
profesBeur. P. a aussi public lui-meme quelques 
morceaux de piano bien ecrits et interessants. 

Perce, largeur d'un tuyau d'orgue par rap- 
port a sa longueur; on distingue les tuyaux & 
p. large (ex.: flute creuse), a p. moyenne (mon- 
tre), & p. ETROirE (gambes). Le p. varie de 
1 : 10 a 1 : 24 environ; la p large fournit une 
sonorite douce, la p. etroite une sonorite mor- 
dante. On emploie dans le mome sens le terme 
de diapason (v. ce mot 2). 

Perdendosi (Hal.), en se perdant (pianis- 
simo). 

Pereira, nom de plusieurs musiciens portu- 
gais tres remarquables, notamment 1. Marcos- 
SoAREs,ne a Caminha, vers la fin du xvi e s., m. 
a Lisbonne le 7 janv. 1655, en qualite de maltre 
de chapelle de la Gour du roi Jean IV; Tun 
des meilleurs maitres de son temps, a compose 
une Messe & douze voix, des psaumes de ve- 
pres a douze voix, des motets, etc.,un TeDeum 
A douze voix, ainsi qu'un grand nombre de 
psaumes a douze voix, de motets, de repons, 
etc. — 2. Thomas, ne a San Martinho do Valle, 
pres de Barcellos, en 1645, m. & Pekin en 1692 ; 
etait jesuite et alia, comme missionnaire, d'a- 
bord dans les Indes et, plus tard (1680), en 
Chine. P. a 6crit, en langue chinoise, un traite 
de musique theorique et pratique que Vempe- 
reur de Chine a aussi fait traduire en langue 
I aria re. — 3. Domingo-Ndnes, ne a Lisbonne 
vers le milieu du xvn» s.,m. dans sa campagne 
de Camarate, pres Lisbonne, le 29 mars 1729 ; 
fut pendant de longues annees maltre de cha- 
pelle de la cathedrale de Lisbonne. II est l'au- 
teur de repons a huit voix pour la semaine 
sainte, de Messes des morts, de Villancicos, 
etc. 

Perepelitsin, Polycarpe de, musicographe 
russe, ne pres d'Odessa le 14 dec. 1818, eleve 
pour le violon de K. Lipinski. fut de longues 
annees officier (colonel de hussards) dans l'ar- 
mee russe, et s'occupe, depuis sa mise & la 
retraite, de travaux d'hisloire musicale : Dic- 
tionnaire musical (1884) ; Histoire illustrie de 
la musique en Russie (1885-1886); Album 
historico - musical illustre (monographies et 
dessins d'instruments de musique de tous les 
temps et de tous les peuples, etc.) ; il a aussi 
lui-meme compose diverses oeuvres instrumen- 
tales. 

Perez, Davide, remarquable compositeur, ne 
a Naples, en 1711, de parents espagnols, m. a 
Lisbonne en 1778 ; eleve de Francesco Mancini, 
au « Conservatorio di Loreto », devint, en 1739, 
maltre de chapelle d'egiise , & Palerme, et de- 
buta, comme compositeur d'operas, avec Siroe, 
au theatre « San Carlo », 4 Naples. A la suite 
du succes que rem porta son Demofoonte, a 
Lisbonne. il fut engage, en 1752, comme maitre 
de chapelle de la Cour royale de Portugal. P. a 
ecrit pres de trente operas pour des scenes ita- 
liennes et pour Lisbonne ; on le place souvent 
a c<He, voire meme au-dessus de Jomelli. En 
outre, il est aussi remarquable comme compo- 
siteur de musique d'egiise (Besponsorj de'morti 



[1774J, Messes de cinq a huit voix, motets 
psaumes, etc.). 

Perfall, Karl, baron de, ne a Munich le 29 
janv. 1824, etudia le droit et entra au service de 
l'Etat; maisil fit des eludes de musique, de 
1848 a 1849, a Leipzig, sous la direction de M. 
Hauptmann, quitta, en 1850, le service de l'Etat 
et prit la direction de la « Liedertafel » de Mu- 
nich. II fonda, en 1854, l'c Oratorienverein », 
qui florit encore aujourd'hui et qu'il dirigea 
jusqu'en 1864, alors qu'il fut nomme intendant 
de la musique de la Cour. En 1867, l M nlendance 
du Thedtre de la Cour royple lui fut aussi 
confiee (jusqu'en 1893). P. est lui-meme com- 
positeur, il a publie des lieder et fait representee 
avec succes, a Munich, des operas : Sakuntata 
(1853), Das Konterfei (1863). Raimondin (1881, 
aussi sous le litre de Melusine) et Junker 
Heinz (1886), ainsi que les poemes feeriques 
( oeuvres chorales ) : Dornroschen, Undine et 
Rubezahl et des pieces de circonstances : Bar- 
barossa, Prin: Karneval et Der Friede 
(1871). 

Perfection (lat. perfectio), terme designant 
dans la musique proportionnelle (v. ce mot): 
1. duxn* au xm» s M la valeur d'une « longue » 
parfaite qui etait alors l'equivalent de ce que 
nous nommons aujourd'hui une mesure (les 
theoriciens de cette epoque ne connaissent que 
la mesure ternaire; — 2. 4 partir du x.iv« s., 
d'une man i ere generate, la valeur ternaire 
d'une note (mensura perfecta) ; cette valeur 
n'etait pas rigoureusement observee toutes les 
fois qu'une mesure ternaire etait indiquee, au- 
trement dit la breve ne valait pas toajours, 
dans le tempus perfectum, trois semi-breves, 
mais il etait entendu par la que la breve ter- 
naire correspondait a l'unite de temps, que par 
consequent une breve binaire (imparfaite) ne 
remplissait pas la mesure et devait etre ac- 
compagnee d'une semi-breve ou de son equi- 
valent (la breve correspond 4 cette epoque 
dejik a notre « mesure » ; au xvh 6 &~, ce fut la 
semi-breve qui prit la valeur d'une « mesure »). 
Les regies de {'imperfection (v. ce mot) indi- 
quaient les cas dans lesquels la note, malgre 
Tindication ternaire que l'armure fixait & son 
espece, devenait settlement binaire. La note 
etait « parfaite » lorsqu'elle etait suivie d'une 
autre note de meme espece (ainsi la breve 
d'une breve dans le tempus perfectum, la 
longue d'une longue dans le modus perfectus), 
ou qu'elle portait le punctum perfeclionis (v. 
point), ou enfin qu'elle etait suivie de deux 
notes non separees par le punctum divisions 
ou de trois (mais pas davantage) de la valeur 
immediatement inferieure & la sienne propre ; 
— 3. dans les ligatures (v. ce mot), la valeur de 
la note finale (ultima) equivalente A la « lon- 
gue » : cette valeur lui etait attribute, lorsque 
l'avant-derniere note etait plus elevee et que la 
c figure oblique » n'etait pas employee, ou 
lorsque ravant-derniere note etait plus grave 
et que la derniere portait un trait descendant a 
droite (du xn # au xiv« s., ce trait design ail la 
plique [v. ce mot] et Ton placait la derniere 



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PERGER — PERI 



609 



note, lorsqu'elle devait £tre parfaite, verticale- 
ment sur ravant-derniere). Cf. ligature. 

Perger, Richard vox, nea Vienne le 10 janv. 
1854, 61eve de Joh. Brahms, compositeur de 
talent ; succe da, en 1890, a Gernsheim comme 
directeur de la section de Rotterdam de la 
« Maatschappij tot Bevordering van Toonkunst», 
et fut nomme, quelques annees plus tard,direc- 
tenr des Concerts de la « Society des Amis de 
la musique », a Vienne. II a compose : qua- 
taor pour instr. a archet en la maj.; trio- 
serenade en sol maj ; serenade en si bemol 
maj., pour violoncelle et orchestre d'instr. a 
archet; I'operette Die i2 Nothelfer, Vienne, 
1891 ; un opera - comique : Der Richter von 
Granada, Cologne, 1889. 

Pergolesi (Pkrgolese), Giovanni-Battista, 
Tun des plus remarquahles compositeurs de 
T6cole napolitaine, n6 a Naples le 4 janv. 1710, 
m. a Pozzuoli, pres de Naples (a l'age de vingt- 
six ans), le 17 avr. 1736 (selon d'aulres il serait 
ne le 3 janv. et m. le 6 mars ; les dates d'annees 
sont absolument certaines) ; eleve, en 1726, de 
Greco, Durante et Feo au « Conservatory dei 
Poveri », a Naples. Son dernier travail d'&eve, 
on drame biblique: La conversione di San 
Guglielmo di Aquitania, fut represents en 
1731, au couvent Sant'Agnello, avec des inter- 
tnedes comiques. Mais cette oeuvre ne fit guere 
sensation, pas davantage que les premiers 
operas du meme auteur (La Sallustia, Amor fa 
Vuomo cieco> Ricimero), qui furent represented 
la m6me annee; bien qu f ils eussent peut-etre 
deja ete ecrits anterieurement. Ce ne fut que 
lorsque P., probablement par Tentremise du 
prince Stegliano, qui reconnaissait ses capaci- 
ty et auquel il a d6di6 ses sonates-trios, eut 
reeu de Naples la commande d'une Messe so- 
lennelle en l'honneur du patron de la ville eta 
l'occasion d*un recent tremblement de terre, 
•que P. devint, d'un seul coup, un « maestro* 
■en vogue, au moins a Naples. P. £crivit une 
Messe pour deux chceurs de cinq voix chacun 
-et double orchestre, Messe qui fut suivie d'une 
seconde du m&me genre, dans un court laps de 
temps. C'est en 1733 que P. a e"crit son plus 
-c&ebre op£ra : La serva padrona, un veritable 
joyau qui, aujourd'hui encore, ne manque pas 
son effet et a servi de modele a tous les operas 
bouffes, dans la suite, bien que Taction en soit 
r&luite a deux personnages seul ement, et l'or- 
<shestre aux instruments a archet. Les succes a 
sensation n'ont du reste jamais ete l'apanage 
de P. Sa breve existence s'est passee sans au- 
tre £v6nement. II a ecrit encore quelques ou- 
vrages, pour Naples (// maestro di musica, 11 
geloso schemito, Lo frato'nnamorato [en dia- 
lecte napolitain], 11 prigioniere superbo, Adria- 
no in Siria, avec V « intermezzo » Livietla e 
Tracolo [ = La contadina astuta], Flaminio 
[ce dernier represents seulement apres sa 
mort]), et un seul pour Rome (Otimpiade, 1735, 
malheureusement sans succes). Sa derniere 
ceuvre est un Stabat mater pour soprano et 
-alto, avec quatuor d'archets et orgue qui, grace 
-a la sinc£rit6 et a la puissance de l'expression, 



DICTIONNAIBE DE MUSIQUE. — 



;. -39. 

3 y Google 



I fera vivre le nom de Tautenr, meme au cas oil 
la « Serva padrona* serait oubliee: c'est une 

I composition pleine de sentiment et d'un haul 
interet, aussi au point de vue de la facture. P. 
etait faible de constitution ; ses mediocres suc- 

, ces thSatraux, surtout en dernier lieu a Rome, 
Tebranlerent beaucoup, et il fut force d'aller 
combat tre, aux bains de mer de Pozzuoli, une 
deperdition toujours plus sensible de forces: 
mais ilmourut peu de jours apres Tachevement 
du Stabat qui lui avait 6te command^, moyen- 
nant des honoraires de dix ducats (44 fr.),payes 
d'avance par les religieux du couvent de « San 
Luigi di Palazzo ». 

Le catalogue des operas conn us de P. a ete 
donne en entier plus haut Pour l'eglise, il a 
ecrit, outre les deux Messes a double choeur 
(dont une seule est conservee) et le Stabat mne 
Messe a deux voix avec orgue, un Miserere a 
quatre voix avec orchestre, un Dixit a double 
chceur avec double orchestre, un Dixit a quatre 
voix avec quatuor d'instr. a archet et orgue, un 
Kj/rie et Gloria a quatre voix avec orchestre, 
un Dies iroe pour soprano, alto et quatuor 
d'instr. a archet, un Laudato a cinq voix avec 
orchestre, un Confitebor a quatre voix, un Do- 
mine a quatre voix, un Domine et un Lcetatus 
sum a cinq voix (a cappella), un Lastatus sum 
pour deux soprani et deux basses, un Laudate 
pour une voix seule avec ace. instrumental, un 
Salve Regina pour une voix seule, quatuor 
d'instr. a archet et orgue ; a quoi il faut encore 
ajouter quelques pieces conservees en man us- 
crits. Entin, P. a ecrit : Orfeo, cantate pour une 
voix seule et orchestre), Giasone (cantate a cinq 
voix), six cantates a\*ec orchestre d'instr. a 
archet et trente trios pour deux violons et basse 
chififnte. Nous citerons, enfln, quelques mono- 
graphies sur P. : C. Blasi, Biografia di P. 
(1817), et surtout Lettera biografica intorno 
alia jmtria ed alia vita y etc, (1831) et Memorie 
di compositori di musica del regno di Napoli 
(1840), du marquis Villarosa; une inl£ressante 
esquisse biographique a aussi 6te ecrite par 
H.-M. Schletterer (« Musik. Vortrfige », de Wal- 
dersee, n° 17). En Editions recent es, c'est sur- 
tout le Stabat mater qui est largement repre- 
sents (ainsi que dans differentes transcriptions, 
la plus ancienne par Paesiello, avec addition 
d'instruments a vent ; dcrnierement par Lwoff, 
avec grand orchestre, etc.). 

Peri, 1. Jacopo, l'un des fondateurs du « Stilo 
rappresentativo » (v. opera), appele paries Flo- 
rentins il zazzerino (de sazza, longs cheveux, 
cheveux touffus). etait originaire de Florence et 
devint, apres avoir termine son education mu- 
sicale(sous la direction de Cristoforo Malvezzi, 
a Lucca), maitre de chapelle a la Cour de Flo- 
rence (Ferdinand I«', Cosime II de Medicis;. 
Plus tard (1601), il alia remplir les memes 
fonctions a la Cour de Ferrare. Les dates de 
sa naissance etde sa mort nous sont inconnues. 
P. faisait partie du cercle qui se reunissait 
chez Bardi et, plus tard, chez Corsi et qui, en 
suivant la voie de raisonnements esthetiques, 
trouva le style monodique (chant pour une voix 

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610 



PERIGOURDINE — PERRIN 



seule accompagnee). P. a compost, en collabo- 
ration avec Gaccini et Corsi, la Dafne de Ri- 
nuccini (1594) et, apres que cetLe tentative eut 
reussi, a lui seul YEuridice du meme poete(en 
meme temps que Caccini), le premier des in- 
nombrables operas ecrits sur la legende d'Or- 
phee, pour le mariage de Marie de Medicis 
avec Henri IV de France (imprime en 1600). 
Outre YEuridice, dont on peut trouver des 
fragments dans presque tous les ouvrages sur 
Thistoire de la musique, nous possedons de P: 
Le varxe musiche del <Si#. Jacopo P. a 1,2 e 3 
voci con alcuni spirituali (1610 ; en parlie pour 
piano et chitarrone, en partie pour orgue). — 
2. Achille, compositeur italien d'operas, ne & 
Reggio le 20 dec. 1811, m. dans la meme ville 
le 28 mars 1880 ; fut de longues annees chef 
d'orchestre d'opera, dans sa ville natale, et 
ecrivit une se>ie d'operas dont le style n'est pas 
sans analogie avec celui de Verdi : Una visita 
a Bedlam (1839), llsolitario (1841), Dirce (1848. 
son premier succes eclatant), Esther d Engaddi 
(1843), Tancreda (1848), 1 fidanzati (1856), 
Vittore Pisani (1857), Giuditta (1850, drame 
biblique; entierement remanie, Venise, 1856), 
Lespiazione (1861), Rienzi (1867), Orfano e 
diavolo (1861). 

P6rigourdine (Perijourdine), ancienne danse 
francaise en mesure lernaire ou binaire compo- 
see ( 3 /sy e k) d'unmouvement entrainant, tire son 
nom du pays de Perigord. La p. se distingue de 
la gigue par F absence de rythmes poinds. 

Periode (gr. periodos), au sens radical 
« tour », autrement dit une forme parfaite, un 
developpement logiquement ex6cut6, terme 
dont on se sert en musftjue pour designer une 
phrase complete, la forme la plus grande qui 
ne repose que sur des elements metriques ; la 
p. comprend, lorsque sa composition est abso- 
lument normale, huit mesures (reelles). Gf. 

MfeTRIQUE. 

Perne, Francois-Louis, erudit musical, ne a 
Paris, en 1772, m. dans la meme ville le 26 mai 
1882 ; recut sa premiere education musicale 
comme enfant de chceur aTSglise St-Jacques de 
la Boucherie par les soins de l'abb£ Haudi- 
mont, un partisan de la theorie de Rameau. 11 
entra en 1792, comme tenor dans les chceurs 
de TOpera (en meme temps que le fameux 
Villotteau), mais Schangea, en 1799, celte place 
fatigante contre celle de contrebassiste & l*or- 
chestre du meme theatre. II commenca alors a 
se faire connaitre comme compositeur, d'abord 
par de petites oeuvres instrumentales, mais, en 
1801, par une grande Messe solennelle qui fut 
ex£cutee le jour de la Ste-Gecile, pour la fete 
du concordat des musiciens de l'Op£ra, et par 
une triple fugue a quatre voix qui pouvait 
aussi se chanter en retournant la feuille a l'en- 
vers. II commenca bient6t apres £ faire des 
etudes se>ieuses de theorie et d'histoire musi- 
cales et entra en relations avec Ghoron et 
d'autres erudits musicaux. En 1811, P. succedait 
& Gatel comme professeur d f harmonie au Gon- 
servatoire, mais il perdit sa place par suite de 
la fermeture de Tetablissement (1815) ; lors de la 



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reouverture du Consent loire, en 1816, sous le 
nom d' t Ecole royale de chant et de declama- 
tion », il en fut nom me inspecteur general et 
de plus, en 1819, bibliothecaire fsuccesseur de 
l'abbe Roze). En 1822, P. abandonna tous ces 
postes (il etait depuis 1802, aussi contrebas- 
siste de Torchestre royal) et se retira dans une 
propriete des environs de Laon, ou il v£cut 
d'une mediocre pension, en s'adonnant exelu- 
sivement A ses travaux scientiliques. Les trou- 
bles de 1880 l'engagerenta se refugier dans une 
ville, afin d'y &tre plus en surete en cas de 
guerre ; il choisit d'abord Laon, puis, en 1882, 
Paris, ou il mourut au bout de quelques se- 
maines. Les manuscrits de P. ont passe a la 
Bibliotheque du Conservatoire, et Fetis a 
achete sa bibliotheque. Les seuls de ses im- 
portant travaux qui aient ete publics, son! 
une serie d'articles de valeur, dans la « Revue 
musicale » de Fetis (vol. 1 a 9, sur la notation 
musicale grecque, les chants des troubadours* 
etc.) et une 6tude sur le ch&telain de Coucy, 
dans la monographie de Michel sur ce trouba- 
dour (1830). En fait de musique pratique, il a 
publie : six sonates faciles pour piano, la fugue 
dejd indiquee, un recueil de variations pour 
piano, une grande et une petite m&thode de 
piano, et un Cours d'harmonie et d'accompa- 
gnement (1822). 

Perotin, Maitre P., (magister Perotinus), 
aussi surnomme Magnus (le grand), m ait re de 
chapelle a Notre-Dame de Paris, a etc" Tun des 
plus remarquables compositeurs du xn* s. 
(d'apres ce qu f en dit l'anonyme 4 de Cous-e- 
maker, Script. 1 ; cf. Francon). Un certain 
nombre de morceaux de musique de P. ont ete 
reproduits en fac-simile par Goussemaker dans 
« L'Art harmonique aux xn* et xin* siecles », 
d'apres le manuscrit H. 196 de Montpellier. 

Perotti, Giovanni-Agostino, compositeur, ne 
& Vercelli le 12 avr. 1769, m. a Venise le 28 juin 
1855;eleve de son frere Domenico P. (maitre 
de chapelle d'eglise k Vercelli) et plus tard de 
Mattei a Bologne, se fit d'abord connaitre 
comme compositeur d'operas et fut, pendant 
un certain temps, accompagnateur de TOpera 
italien, A Vienne et a Londres. Mais il vecut 
des 1801, a Venise ou il devint, en 1812, substi- 
tut et, en 1817, successeur de Furlanetto 
comme maitre de chapelle de l'eglise St-Marc 
Outre des operas et des ballets, il a ecrit un 
certain nombre de bonnes oeuvres de musi- 
que d'eglise, puis un ouvrage qui fut couronne: 
Sullo stato attuale delta musica (1812, para 
aussi en francais) et un poeme : 11 buon gusto 
delta musica (1808). 

Perpetuum mobile (lat, toujours en mouve- 
ment), nom donne aux morceaux qui, du com- 
mencement & la fin se composent de notes de 
valeur egale et de courte duree (Weber, op. 24 ; 
Mendelssohn, op. 19;Paganini, op. 11; etc.). 

Perrin, Pierrb (surnomme Abbe P., hien 
qull n'eiit nullement pris les ordres), ne a Lyon 
en 1620, m. a Paris le 25 avr. 1675, dans une 
situation precaire. G*est P. qui a Scrit les 
poemes pour les premiers essais d'opt-ras 



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PERRY 



PESCHKA-LEUTNER 



611 



fran$ais, c*est-&*dire La pastorale (1659), Pb- 
tnone (1671), et Ariane (1672) de Cambert. II 
obtint de Louis XIV, en 1668, un privilege pour 
une entreprise d*op£raspermanente (Academic 
de musicjue), que Lully (v. ce nom)sutdu reste 
lui faire retirer. 

Perry, George, compositeur anglais, n6 k 
Norwich en 1796, m. k Londres le 4 mars 1862; 
arriva en 1822 k Londres, oh il fut d'abord 
directeurdemusiqueau « Haymarket Theatre* 
et organiste de « Quebeck Chapel »♦ De 1882 k 
1847, il fut concertmeister k la « Sacred Har- 
monic Society » qu'il dirigea mdme en 1848 
(aprds la mort de Surman) par interim, male 
ne fut pas nommd, en sorte qu'il rdsilia aussi 
son engagement comme concertmeister. Enfln 
(k partir de 1846), il fut organiste k l*6glise 
de la Trinity (« Gray's Inn Road •). Ses oeuvres 
principales sont des oratorios : La mort d*A- 
bel, La destruction de Jerusalem, Hiskia, 
Bite et les pr&tres de Boat, une cantate bibli- 
que : Morning, noon and night et une ouver- 
ture : 7he persian hunters. 
Perses, v. Abases et Perses. 
Persiani, Fanny (Tacchinardi, de son nom 
de femme P.), c61&bre cantatrice scenique, n6e 
k Rome le 4 oct 1812, m. k Passy, pr&s Paris, 
le 8mai 1867 ; re$ut son Education de son p£re, 
Niccolo Tacchinardi (v. ce nom), qui avait b&ti 
pour ses 61dves, dans sa campagne, pr£s de 
Florence, un petit thSdtre sur lequel sa fille fit 
ses debuts comme « prima donna ». Elle 
6pousa, en 1880, le compositeur Giuseppe P. 
(n6 k Recanati [Etats de l'Eglise] en 1804, m. a 
Paris le 14 aoftt 1869 ; onze operas, entre au- 
tres : Eufemio di Messina). Ce fut k Livourne, 
en 1832, qu'elle monta pour la premiere fois 
but une scdne publique; elle eut aussitdt un 
grand succ&s et fut au bout de quelques an- 
n6es Tune des cantatrices les plus renommSes 
de l'Europe. De 1887 k 1848, elle brilla a Paris 
et k Londres. Plus tard, elle chanta aussi en 
Hollande, en Russie et ailleurs, puis v£cut, k 
partir de 1858, de nouveau k Paris. 

Persuis, Lodis-Luc-Loiseau de, directeur de 
FOp^ra de Paris, n6 k Metz le 4 jail. 1769, m. k 
Paris, le 20 d&c. 1819; flls d'un musicien, il 
v£cut d'abord comme maltre de violon k Avi- 
gnon, oh il avait suivi une comedienne, puis il 
vint en 1787 k Paris, oil il se fit connatlre par 
un oratorio : Le Passage de la mer Rouge 
(ex£cut£ au Concert spirituel). Aprte avoir fait 
partie quelques ann6es, comme premier violon, 
des orchestres de TOp^ra-Comique et de l'Op£- 
ra, il devint en 1804, r£p£titeur (chef du chant) k 
l'Op&ra, et en 1805, membre de la commission 
d'examen des ceuvres nouvelles et du comite 
d'administration; en 1810, il succ£dait k Key 
comme chef d'orchestre, devenait en 1814 (sous 
Choron) inspecteur g£niral de la musique et 
enfln, en 1817, directeur lui-m&me de l'Op£ra 
qui parvint, sous sa direction, k une grande 
prosperity. Outre cela, P. avait 6t£ depuis 1794, 
professeur au Conservatoire, mats il fut re- ' 
merci6 (1802) lors d'une reduction du personnel 
enseignant. II entra la m£me annee, comme 



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« maltre de musique » (directeur suppliant) k 
l'orchestre de Napoleon, devint en 1814, se- 
cond chef d'orchestre (k c<M6 de Le Sueur) et 
8ucc6da en 1816 k Le Sueur, comme intendant 
sup£rieur de l'orchestre de l'empereur. P. a 
6crit vingt operas (et ballets) parmi lesquels 
Jerusalem delivrie (1812) est le plus remarqua- 
ble, mais fut accueilli froidement Le vrai m6- 
rite de P. reside tout entier dans la fagon dont 
il dirigea les destinies de l'Op^ra. 

Perti, Jacopo-Antonio, remarquable compo- 
siteur de musique d*6glise et d'op6ras, nl k 
Bologne le 6 juin 1661, m. comme maltre de 
chapelle de l'Eglise St-PStrone, dans la mfeme 
ville, le 10 avr. 1756 ; 616ve du P. Petronio 
Franceschini, il fit executer d6j& en 1680, une 
Messe solennelle de sa composition, k St-P6- 
trone, et devint Pann£e suivante, membre de 
l'Academie philharmonique dont il a £t£, jus- 
qu'd sa mort, six fois le president (principe). 
Comme la plupart des maltres de chapelle de 
son temps, il a aussi 6crit un certain nombre 
(vingt) d'op£ras et quelques oratorios, non 
sans succ&s, parait-il ; mais, arrive k l'dge mttr, 
il s'adonna principalemeut k la composition de 
musique d'6glise. II a public : Cantate morali 
e spirituali (1688, a une et deux voix avec vio- 
lons) et Messe e salmi concertati a 4 voci con 
stromenti e ripieni (1785) ; ses manuscrits, 
dont on a conserve le plus grand nombre 
(Santini en poss&dait une riche collection), 
sont malheureusement disperses. Une « sonate 
de chambre > de P. a 6t6 conserve dans une 
anthologie du xvm* s. (XII sonate a Violino e 
Violoncello)- 

Pesante (ital., pesant, lourd), avec un jeu ap- 
puy6, pesant. 

Pescetti, Giovanni -Battista, organiste et 
compositeur, n6 a Venise en 1704, £leve de A. 
Lotti, devint en 1762, organiste du deuxi&ne 
orgue de l'Eglise St-Marc et mourut au com- 
mencement de 1766. De 1726 k 1787, il donna 
presque chaque annee un op6ra k Venise; il 
vecut les trois dernieres anndes k Londres oh 
il a aussi 6crit quelques operas. L*£diteur 
Walsh en a public les ouvertures et quelques 
airs (Demetrio, II vello d'oro, et une cantate : 
Diana ed Endimione). P. a aussi fait paraitre 
neuf sonates pour piano. 

Peschka-Leutner, Minna, remarquable chan- 
teuse 16g6re, n6e k Vienne le 25 oct. 1889, m. k 
Wiesbaden le 12 janv. 1890 ; Steve de H. Proch, 
d£buta en 1856 k Breslau, puis se retira, apres 
un engagement d'une ann£e, pour quelque 
temps de la sc£ne. Elle fut ensuite engagee k 
Dessau, jusqu'd son manage avec le m£decin 
viennois, D r Peschka (1861) ; puis, apr&s une 
interruption de deux ans, elle chanta encore 
quelquesfois k l'Op^ra de laCour, k Vienne.Son 
talent pour la vocalisation se dSveloppa alors 
fort rapidement, gr&ce aux conseils de Madame 
Bochkoltz-Falconi, et nous trouvons, en 1865, 
M me P. k Darmstadt, comme • prima-donna*. L'£- 
poque la plus brillante de sa carri£re fut celle 
de son engagement k Leipzig (1868-1876), oil elle 
se fit remarquer non seulement au th£&trc 

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612 



PESSARD — PETRUCCI 



mais aussi dans les salles de concerts. A la fin 
de la direction Haase, elle signa un engage- 
ment avec Pollini k Hambourg, d*ou J. Hoff- 
mann l'appeia en 1883, k Cologne. 

Pessard, Emilb- Louis- Fortune composi- 
teur fran^ais, m. k Paris le 29 mai 1843, 61£ve 
de Bazin et de Carafa au (Conservatoire, Grand 
Prix de Rome de 1866, inspecleur de l'ensei- 
gnement du chant dans les Ecoles municipales 
de Paris; compte parmi les jeunes composi- 
teurs francais de talent (ouvrages sceniques : 
La cruche cassee [1870], Le char, Le capitaine 
Fracasse, Tabarin [1885J, lartarin sur les 
Alpes [1888], Les Folies amoureuses [1891] ; 
une Messe k deux voix avec orgue ; une cantate, 
Dalila; un quintette pour instr. a vent; un trio 
avec piano ; une suile d'orchestre ; des mor- 
ceaux de piano ; des melodies, etc.). 

Peters, Karl-Friedrich, fondateur de la 
maison d'6dition bien connue, qui porte son 
nom, k Leipzig, acheta en 1814, le Bureau de 
musique fond! par Ktlhnel et Hoffmeister. La 
maison prit des proportions enormes, lors de 
Introduction des Editions k bon marche (1868, 
Edition P.). Les proprtetaires actuels sont le 
D r Max Abraham et son neveu,H.Hiurichsen. 
Le 1" oct. 1893, la maison a ouvertune grande 
€ Bibliotheque P. », bibliotheque musicale dont 
le D r Emile Vogel est conservateur. 

Petersen, 1. Petbr-Nikolaus, flutiste, ni k 
Bederkesa. pr6s BrGme, le 2 sept 1761, m. k 
Hambourg le 19 aottt 1830; il vivait dans cette 
demiere ville depuis 1778. P. a perfections la 
flftte, par l'introduction de plusieurs clefs et a 
publie une MSthode de flftte ainsi que des Etu- 
des, des variations et des duos de flutes. — 2. 
Dory, v. Burmeistkr. 

Petit, Adrien, v. Coclicus. 

Petrejus, Johannes, imprimeur de musique 
de Nuremberg, au xvi* s., ni k Langendorf, en 
Franconie, m. k Nuremberg, le 18 mars 1550 ; 
acquit le grade acad£mique de tnagister et 
acheta, en 1526, une imprimerie a Nuremberg ; 
l'impression de la musique commenga en 1536. 

Petrella, Errigo, compositeur scenique, nd k 
Palermo le 1« d£c. 1818, m. k Genes le 7 avr. 
1877 ; fut Sieve de Costa, Bellini, Furno, Buggi 
et Zingarelli, debuta en 1829 k Majella, avec 
11 diavolo color di rosa et devint rapidement 
Fun des compositeurs sceniques le plus en 
vogne de 1'Italie. On ne plagait guere que 
Verdi au-dessus de lui. Cependant l'opinion 
sur lui s'est un peu changed en Italie aussi, 
depuis que la jeune £cole italienne, influences 
par les maltres allemands, commence k faire 
parler d'elle (Bofto, Marchetti, Gomez, etc). 
Parmi les vingt-cinq ouvrages de P., on cite 
comme les plus remarqnables : Le precau- 
zioni (1851), Marco Visconti (1854), Jaw (1858) 
et La contessa d'Amalfi (1864). 

Petri, 1. Johann-Samuel, theoricien, n6 k So- 
ran le l ar sept. 1788, m. comme cantor, k Baut- 
zen, le 12 avr. 1808 ; auteur de : Anleitung zur 
praktischen Musik (1767 ; 2« A d. 1782) et An- 
tceisung zum regelmassigen mid geschmack- 
vollen Orgelspiel (1802). Ses compositions sont 



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rest£es manuscrites. — 2. Henri, excellent 
violoniste, n6 k Zeyst, pres Utrecht, le 5 avr. 
1856 ; fils d*un musicien d'orchestre, 61eve de 
David k Leipzig, fut de 1882 k 1889, concert- 
meister (k c6t6 de Brodsky)au Gewandhaus de 
Leipzig, et succeda ensuite a Lanterbach* com- 
me concertmeister de la Cour, a Dresde. 

Petrini, Franz, harpiste, ni k Berlin en 1744, 

m. k Paris en 1819 : fils du harpiste de Tor- 

chestre de la Cour, devint en 1765, musicien de 

la Cour k Schwerin et, en 1770, mattre de 

harpe k Paris. D a public quatre concertos, 

| huit sonates, beaucoup de variations, de duos, 

i etc., ainsi qu'une MMhode de harpe et un 

' Systeme dharmonie (1796; remani6 sons le 

1 titre : Etude priliminatre de la composition, 

1810). 

Petrueci, Ottaviano dbi, le cetebre inven- 
teur de Vimpression typographique de la mu- 
sique, c-*-d. celui qui a, le premier, entice- 
ment appliqu£ k la musique Fart de Timpri- 
merie (v. impression), n6 k Fossombrone, pres 
Urbino (lat. : Forum Sempronii, d*oi* son nom 
Petrutius Forosempronensis) le 18juin 1466, 
re^ut du Conseil de Venise, le 25 mai 1498, no 
privilege d'exploitation de son invention pour 
une p^riode de vingt ans. II imprima alora 
pendant dix ans k Venise (1501-1511), mais 
laissa la suite de la maison k Amadeo Scotti et 
Niccolo da Bafael, puis, apres avoir re^u da 
pape un privilege de qninze ans "pour les 
Etats de l'Eglise, il continua, en 1513, k im- 
printer dans sa ville natale, Fossombrone, 
mais avec beaucoup moins d'ardeur qu'a 
Venise, od il parait s*£tre lane* dans des entre- 
prises couteuses et de peu de rapport, II tra- 
vailla jusqu'en 1523 et mourut k Fossombrone, 
le 7 mai 1539, d^courage* et presque dans la 
misere. Tons les imprimis de P. sont, en tant 
qu v incunables d* impression typographique, 
d'une grande raret6 et d'une grande valeur ; 
mais ils m&ritent, en outre, pour ce qui con- 
cerne la netted de Fex6cution et la correction 
de la notation, d'etre mis sur pied d'egalit£ 
avec des imprimis de beaucoup postfrrieurs. 
P. a impriml k une epoque oil Tart des contra- 
pontistes 6tait k son apogee, en sorte que c*est 
surtout dans les travaux sortis de sea mains 
que leurs oeuvres sont representees. Voici un 
catalogue aussi complet que possible de ces 
ouvrages : 

1501 : Harmonice musices Odhecaton A. 
(2* Id., 25 mai 1504), un exemplaire dans la 
bibliotheque du c Liceo musicale * de Bologne 
et un autre dans celle du Conservatoire de 
Paris, ce dernier contenant en outre les 2* et 
8« parties de ce recueil : Canti £ et Canti C: 
de la deuxieme partie, il n'existe qu'un seal 
exemplaire k Bologne et un seal k Vienne. Les 
trois volumes contiennent des chansons (301) 
et des motets (15), dont 94 k trois voix et 222 & 
quatre voix, des maitres dllbres de Van 1500 
ou antlrieurs k cette date (Joaquin, Hayne, de 
Orto, Obrecht, La Rue, Busnois, Compere, 
Ghiselin, Alex. Agricola, Brumel, Isaac, Okeg- 
hem, Ghiselin, Tinctor, Regis, Caron, Lapicida, 

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PETRUS DB CRUCE — PEZEL 



613 



Japart, de Lannon, Infantis, Lourdois, de Stap- 
pen, Forluila, Gregoire, Jo. Martini, Rein got, 
Pinarol, de Vigne, Stokhem, Ninot, Philipon, 
Hancart, Asel, Bourdon, Vincinet, de Wilder, 
Tadinghem, Bulkyn, Nic. Craen, Mathurin,Va- 
queras et beaucoup d'anonymes). 

1503 : Canti C {cento cinquanta) ; Moteiti B 
(MoieUi A, inconnus) ; Missarum Josquin lib. 
11-111; Misse Brumel; Misse Ghiselin ; Misse 
Pierre de la Rue ; Misse Obrecht. 

1504: Misse Alexandri Agricola; Moteiti C ; 
Frottole lib. 1-1 V (le vol. iv sous le titre: 
Strambotti, Ode, Frottole, Sonetti et modo de 
cantarversi Latinie capituli, libro IV). 

1505: Frottole lib. V-Vl; Misse de Orto ; 
Moteiti libro IV. 

1506 : Lamentationum Jeremie prophete 
liber 1-11 ; Misse Henrici Izac. 

1507: Frottole lib. V1I-V111 ; Missarum 
diversorum auclorum lib. I. 

1508 : Frottole lib. IX ; lntabolatura de 
lauto lib. 1-1V (Padoane, Calate, Frottole, etc); 
Missarum diversorum auclorum lib. 11. 

1509: Tenor i e contrabassi intabolati col 
soprano in canto figurato... Francisci Bos- 
sinensis opus. 

Sans date, im primes A Venise : Misse Gas- 
pard (van Verbeke); Fragmenta missarum; 
Laudi lib. II (ce qui indique naturellement 
l'existence anterieure d'un livre I) et Frottole 
de misser Bartolomeo Tromboncino, etc. 

Parmi les imprimis de Fossombrone, le pre- 
mier est un volume de Messes (1513), imprint 
com me livre de choeur, c.-d-d. in-folio, les 
fragments de voix se rapportant les uns aux 
autres, imprimes toujours sur deux pages, en 
regard, dans l'ordre suivant : 
soprano | t&nor 
alto J basse 
De 1514 a 1516, P. imprima une nouvelle edi- 
tion des Messes de Josquin ; en 1515, il donna: 
Missarum Joannis Mouton lib. 1, puis : Misse 
Antonii de Fevin et Missarum X a clarissimis 
musicis... libri IL Nous poss£dons en outre, 
Kr&ce A P., une riche collection de motets 
(83, des maitres les plus remarquables) dans 
les Motetti delta Corona (lib. 1, 1514 ; lib. 11- IV, 
1519). On cite comme dernieres publications de 
Petrucci, trois Messes ou trois recueils de 
Messes, imprim6es in- folio, de 1520 a 1523, 
comme livres de choeur. Une excellente mono- 
graphic sur P., que Ton pourrait completer par 
quelques dScouvertes plus r6centes, a ete redi- 
g6e par Anton Schmid (1845). 

Petrus de Grace (Pierre de la Croix), Tun 
des plus anciens ecrjvains sur la musique pro- 
portionnelle, vivait au xnr* s. et 6tait originaire 
d' Amiens (Ambianensis). Un traite de lui a 6t6 
reproduit par Coussemaker (Scriptores, etc.). 

Petrus Platensis, v. La Rue. 

Petschke, D* Hermann-Theobald, conseiller 
aulique, compositeur apprScie de chants pour 
voix d'hommes, n£ & Bautzen le 21 mars 1806, 
m. a Leipzig le 28 janv. 1888; v6cut a Leipzig 
ou il etait membre de la direction des concerts 
du Gewandhaus. 



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Petzold, 1. Christian, organiste et composi* 
teur de la chambre du prince 61ecteur de Saxe 
et du roi de Pologne, ne & Konigstein, en Saxe, 
en 1677, m. a Dresde le 2 juil. 1733; a compose 
des concertos pour piano et des oeuvres de mu- 
sique de chambre qui sont conserves dans la 
collection royale de musique, a Dresde. — 2. 
Wilhelm-Lebereght (Pelzhold), facteur de 
pianos, ne a Lichtenhain, en Saxe, le 2 juil. 
1784, fut assocte de 1806 a 1814 avec J. Pfeiffer, 
a Paris (date de mort inconnue); il a donn6 
une puissante impulsion au perfectionnement 
de la construction des pianos-tables et indirec- 
tement des pianos & queue, car il introduisit 
l'usage des cordes plus longues et plus fortes 
et en general une construction plus sonde des- 
tin£e a favoriser la formation d'un son plus 
plein et plus puissant; ses pianos-tables £taient 
fort recherch^s, jusqu'a Tapparition de Pape.— 
8. Eugen-Karl, ne a Ronneburg, pr6s Alten- 
bourg, le 7 nov. 1818, m. a Zofingue le 22 janv. 
1889; fit son Education a Leipzig (6cole St- 
Thomas et Universite), puis devint, en 1839, 
chef d'orchestre du th£&tre de Bautzen. En 
1840, il devenait maitre dans un pensionnat en 
Suisse, en 1842 organiste a Morat, et en 1844 
directeur de musique et organiste a Zofingue 
(Suisse); il s'est acquis de grands m6rites,pour 
TamSlioration du gout musical de cette ville, 
par la creation de concerts d'abonnement, de 
concerts d'eglise, etc. P. s'est occupe, en outre, 
de composition dans divers genres. Des 1874, 
il s'6tait retire de la direction des concerts. 

Pevernage, Andreas, contrapontiste beige, 
n6 a Courtray en 1548, m. a An vers le 30 juil. 
1591; maitre de chapelle de la Cath&drale de 
Courtray, puis directeur des chceurs de Notre- 
Dame, a Anvers, a publie : un livre de chan- 
sons a cinq voix (1574), quatre autres livres de 
cbansons numerotes a part (vol. I & III a cinq 
voix et vol. IV de six a huit voix, 1589-1591), et 
un livre de motets de six & huit voix (Cantio- 
nes sacrce, 1578). Ses h^ritiers ont encore pu- 
blic un livre de Messes de cinq a sept voix 
(1593), un livre de motets de cinq a huit voix 
(1602, peut-6tre n'est-ce qu'une nouvelle Edition 
des motets de 1578) et Laudes vespertinas Ma- 
rice, hymni venerabilis sacramenti, kymni sive 
canliones natalities (de quatre a six voix, 1604). 
Quelques autres morceaux se trouvent dans di- 
verses anthologies. P. a aussi public une col- 
lection de madrigaux de divers compositeurs : 
Harmonia celeste (1583, 1593). 

Pezel (Pezelius), Johann, musicien attitre de 
la ville de Bautzen et plus tard de Leipzig; est 
l'un des rares compositeurs qui se soient pres- 
que exclusivement occupe, au xvn* s., de mu- 
sique instrumentale,en sorte qu'il faut le consi- 
der comme un propagateur du style instru- 
mental. II a publie : « Musica vespertina Lip- 
siaca* oder Leipzigische Abendmusik von 1-5 
Stimmen (1669); « Hora decima* oder musika- 
liscke Arbeit sum Abblasen (1669, a 5 voix); 
Musikalisdie Arbeit sum Abblasen, bestehend 
in 40 Sonaten mil 5 Stimmen (1670); Arien 
iiber die uberfliissigen Gedanken (16J3) ; Mu- 

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614 



PFEIFFER — PHILIDOR 



sikalisdte Seelenerquickungen (1675); Bicinia 
' variorum, instrumentorum, ut a Violinis, 
Cornettis, Flautis, Clarinis et Fagottis cum 
appmdice a 2 Bombardinis vulgo Schalmey 
(1674); lntraden in zwei Teilen (1676); Delicti 
musicales oder Lustmusik, bestehend in Sonet- 
ten, Altemanden, Balletten, Gavolten, Couran- 
ten, Sarabanden und Giguen von 5 Stimmen, 
als : 2 Violinen, 2 Violen nebst demB. c. (1678); 
Jntraten a 4 nehmlidi mit einem Kornett und 
diet Trombonen (1688); Fiinfstimmige blasende 
Abendmusik, beslehend in Intraden, Alteman- 
den, etc als 2 Kornetten und drei Trombo- 
nen (1684); Mustkalische Gemiltsergdtzungen, 
bestehend in Altemanden, etc. (1685); Opus mu- 
sicum cum sonatarum prcestantissimarutn 6 
instruments instructum, ut 2 Violonis, 3 Vio- 
lis et Fagotto, adjuncto B. c (1686); « Musica 
curiosa Lipsiaca », bestehend in Sonaten, At* 
lemanden, Allabreven, Kapricen, etc., mit 1-5 
Stimmen zu spielen (1686). Son unique oeuvre 
vocale est intitul&e : Jahrgang iiber die Evan- 
gelia von 3-5 Vokalstimmen nebst 2-5 Instru- 
menten (1678). On cite enfin de lui quelques 
6crit8 sur la musique : Observationes musicce 
(1678-1683); Infelix musicus (1678) et Musica 
politico-practica (1678). 

Pfeiffer, Georges-Jean, pianiste et composi- 
teur, Ton dee propri&aires de la fabrique de 
pianos « Pleyel, Wolf A O », & Paris, n6 & 
Versailles le 12 d£c 1885; re$ut ses premieres 
lemons de sa mire Clara P. (616ve de Kalkbren- 
ner) et fut 61dve de Maleden et de Damcke pour 
la composition. II se produisit avec grand suc- 
c&s, en 1862, aux concerts du Conservatoire et 
publia une sine d'ceuvres fort estimables (un 
oratorio : Hagar; une op6rette : Capitaine Ro- 
che, 1862; un op£ra en un acte : L'Enclume, 
1884; un poeme symphonique : Jeanne <TArc; 
une symphonic; Touverture du did; plusieurs 
concertos pour piano; un quintette avec piano; 
dee trios; des sonates ; des Etudes). 

Pfail, Hexnrich, n6 4 Leipzig le 18 die. 1835, 
vit en cette ville oh il publie depuis 1862 la 
« Sangertialle » (organe de Y Association des 
chanteurs allemands, v. Liedbrtafbl) ; il a r&- 
dig6, en outre, un TonkilnstlermerhbUchlein, un 
abr&gi d' « Histoire de la musique », le Lieder- 
tafel-Kalender (1881), etc., et compost de nom- 
breux choeurs pour voix dliommes. 

Pflughaupt, Robert, pianiste, ni & Berlin le 
4 aotkt 1833, m. a Aix-la-Chapelle le 12 juin 
1871 ; 616ve de Dehn, a Berlin, et plus tard de 
Henselt, a St-P6tersbourg, oil il s'est marie en 
1854, puis enfin de Liszt & Weimar, il a vecu 
de 1857 4 1862 a Weimar, puis a Aix-la-Cha- 
pelle. H a 16gue sa fortune a la t Social e g£n&- 
rale allemande de musique » qui en a fait la 
base de la Beethoven-Sliftung. P. a compost 
des morceaux de piano et des lieder. — Sa 
femme, Sophie Stschrptn, n&e a D&naburg le 
15 mars 1837, m. a Aix-la-Chapelle le 10 nov. 
1867; fut une excellente pianiste, Sieve de Hen- 
selt et de Liszt. 

Pfhol, Ferdinand, n6 a Elbogen (Boh&me) le 
12 oct. 1863, Studia d'abord le droit a Prague, 



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et plus tard la philosopbie et la musique & 
Leipzig (1885), puis s'occupa bientdt dans cette 
ville de critique musicale; en 1891, il succ&dait 
& Paul Mirsch, com me rSdacteur de la partie 
musicale des c Hamburger Nachricbten ». P. a 
Scrit Hdllenbreughet als Erzteher, Bayreuther 
Fanfaren,des Guides themaiiques pour «Tann- 
h&user » et « Meistersinger • de Wagner, etc; il a 
public quelques recueils de lieder, ainsi qu'une 
suite d'orcbestre transcrite pour piano A qua- 
tre mains. 

Pfundt, Ernst-Gotthold-Benjamin, c£lebre 
timbalier, n6 a Bommitacb, prds Torgau, le 17 
juin 1806, m. & Leipzig le 7 d6c. 1871; 6tudia la 
tbtalogie & Leipzig, mais plus tard le piano 
(apr&s avoir d&ja appris & jouer dans son en- 
hance de difterents instruments & vent, du tam- 
bour et des timbales), sous la direction de Fr. 
Wieck (son oncle). II v6cut quelque temps 
comme maltre de piano et chef de chiBurs an 
theatre municipal de Leipzig, puis, en 1835, 
Mendelssohn l'engagea comme timbalier pour 
l'orchestre du Gewandhaus, poste qu'il a rem- 
pli jusqu'a sa mort P. est l'inventeur des tim- 
bales & m£canique et l'auteur d'une m£thode 
de timbales. 

PhaMse, Pierrb (Petrus Pbalesius, en r6a- 
litl van DBR Phaliesen), ni & Louvain en 1510, 
6tablit en cette ville, en 1545, une maison d*6di- 
tion musicale qui a 6t6 Tune des plus impor- 
tance de l'6poque, et imprima lui-m&me, a 
partir de 1556, les oeuvres qu'il Mitait. En 1572, 
P. s*associait avec Jean Bell£re (v. ce nom), a 
Anvers, cependaai chacun resta dans sa ville. 
En 1579 settlement (probablement aprte la mort 
de son pdre), le fils de Phal^se, porlantle m&ne 
nom, transporta le commerce de Louvain & 
Anvers, et la raison sociale en fut alors « Pierre 
P. et Jean Belldre ». Bellere mourut en 1598, et 
P. junior en 1617; sa fiile, Magdalbnb P., 
continua les affaires jnsqu'a sa mort, en 1650, 
et Ton trouve encore en 1669 un ouvrage mu- 
sical imprime : presso i heredi di Pietro Pha- 
lesio. 

Philidor, nom, ou bien, eelon une legende 
de famille, suruom (en m^moire du hautboiste 
italien Filidori) donne par Louis XIII ou 
Louis XIV a Tun des plus anciens membres de 
la famille, qui s'&tait distingu^ coipme musi- 
cieii. La famille tout enti^re 6tait hautement 
estim^e 4 Paris, aux xvn* et xvm s., et son 
nom primitif, joint aussi plus tard 4 celui de 
P., 6tait Danican. Le grand-p&re du membre le 
plus remarquable de cette famille (Francois- 
Andr6) 6tait — 1. Jean Danican-P., m. A Paris 
le 8 sept. 1679, comme < Phiphre de la grande- 
6curie», c-a-d. fifre dans la musique de T^tat- 
major royal ; jouait du fifre, du cromorne, du 
hautbois et de la trompette marine. Ses fils sont 
- 2. Andre Danican-P., m. le 11 aoftt 1730 (i 
un age avanc£), sacceda en 1659 a son oncle ou 
parent 61oign£, Michel Danican (qui ne portait 
pas le surnom de P.), comme joueur de cro- 
mone dans la grande-ecurie: plus tard, il de- 
vint aussi executant de la musique de chambre 
| et de celle de chapelle pour le hautbois, le cro- 

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PHILIPPE DE CASERTA — PHILIPPS 



615 



morne, la trompelle marine et le basson. D a 
compost des marches, etc. pour rarm6e, mais 
aussi des ballets d'operasfLe canal de Versail- 
les, La princesse de Crete), un divertissement 
et plusienrs mascarades pour la Cour de Ver- 
sailles, line t&che dont P. s'est acquits avec 
un m^rite tout special, c'est l'adminixtration de 
la Bibliotheqae royale de musique, a Versailles, 
dont il s'occupait avec zeie, comme aide-biblio- 
tbecaire, & c6te da violoniste Fossard, homme 
trop occupy pour bien remplir ses fonctions. 
P. rassembla surtout une riche collection d'an- 
eiens morceaux instrumentaux joues a la Cour 
depuis Francois I* r (1515; danses, musique pour 
carrousel, musique de cbasse, fanfares de fetes, 
ballets, etc.), et dont malheureusement une par- 
tie a et6 disperse plus tard, tandis que le reste 
est un document d'un prix inestimable (E. Thoi- 
nan en a promis la publication, dans le supple- 
ment de Pougin a la « Biographie universelle » 
de Fetis). Diverses oeuvres d'Andre P. lui- 
mdme, on ete imprim^es : Mascarade des Sa- 
voyards (1700); Mascarade du rot de Chine 
<1700) : Suite de danses pour les violons el haut- 
bois qui sejouent..„. chet le roi (1699); Pieces 
a deux basses de viole, basse de violon et bas- 
son, etc. (1780); Pieces de Irompeltes et timbal- 
hs (1685); Partition de plusieurs marches et 
batteries de tambour..... avec les airs des fifres 
*t des kautbois, etc. Andre P. a ete nomme P. 
1'atne, pour le distinguer de son fr&re cadet, 
Jacques Danican (1657 a 1708), qui etait, de 
mdme que lui, engage dans la musique du roi 
pour les parties d'instr. a vent. — 3. Anne Da- 
kican-P., flls aln£ d'Andre P., ne a Paris le 11 
avr. 1681,m. le & oct. 1728; excellent flfttiste (ila 
publie des morceaux pour fltites, violons et baut- 
bois, 1712), compositeur de plusieurs operas-pas- 
torales (IS Amour vainqueur, 1697; Diane et 
Endymion, 1698; Danai, 1701) et fondateur des 
-•Concerts spirituels*. —4. Pierre Danican-P., 
file de Jacques P., n£ le 22 aofit 1681, m. le 
1" sept. 1781 ; excellent flfttiste, a public trois 
recueils de suites pour deux flutes traversie- 
res (1717, 1718) et des trios de flfttes. Mais le 
plus remarquable de tous fut — 5. Franqois- 
AKDRft Danican-P., le plus jeune des flls de se- 
cond lit d'Andre Pbilidor, aussi c£16bre comme 
joueur d'ectaecs que comme compositeur, n6 & 
Dreux le 7 sept. 1726, ville oil son pere s'etait 
retirt en 1722 avec une pension, m. a Londres 
le 31 aoAt 1795. D6ja comme enfant, il montrait 
un talent extraordinaire pour le jeu d'&cbecs, et 
lorsqu'il fit des etudes musicales regulieres, 
sous la direction de Campra, il etait deja le 
premier joueur d f Rebecs du monde avant que 
person ne parlat de ses productions musicales. 
En 1745, P. fit un voyage a Amsterdam od il 
lutta, avec le joueur d'&checs Stamma, puis en 
Allemagne, oft il Scrivit, en 1748, a Aix-la-Cha- 
pelle, une Analyse du jeu des echecs 9 publi£e 
£ Londres, en 1749 (2* id. 1777). Depuis cette 
epoque, il alia presque chaque annee a Lon- 
dres oil il remportait des victoires au club d f 6- 
cbecs ; il regut plus tard une pension r£guliere 
de ce club, et finalement mourut aussi a Lon- 



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IC 



dres. Quant A son z&le pour la composition, il 
s'6veilla assezsoudainementEn 1754,P.ecrivit 
un Lauda Jerusalem, dans Tespoir d'obtenir 
ainsi la place de premier intendant de musi- 
que, mais il n'en fut rien, car la reine ne trouva 
aucun plaisir a sa musique. Puis, tout d'un coup, 
il changea (1759) et devint compositeur sc^ni- 
que avec un succ^s absolu qui fit de lui, pour 
une dizaine d'ann£es, le principal repr&sentant 
de Topera-comique. Ses premieres pieces fu- 
rent toutes en un acte : Blaise le savetier (1759); 
Ukuttre et les plaideurs (1759); Le quiproquo 
ou Le volage fixe (1760); Le soldat magicien 
(1760); Le jardinier et son seigneur (1761); 
puis vint Tune de ses meilleures ceuvres : Le 
marichal ferrant (1761, deux actes), et encore 
quelques pieces en un acte (Sancho Pamza, 
1762; Le bueheron ou Les trois souhaits, 1768; 
Le sorrier, 1764, la premiere piece oil le com- 
positeur, a Paris, fut appeie sur la scene par le 
public; Tom Jones, 1765, avec innovation d'un 
quatuor a cappella); puis vint un opera, Erne- 
linde, princesse de Norvige (1767, l'oeuvre la 
plus remarquable de P.; remaniee en 1769 sous 
le titre de Sandomir, prince de Danemark, et 
remise & la scene). Citons enfln : Le jardinier 
de Sidon (1768); Lamant diguisi ou le jardi- 
nier suppose (1769); La nouvelle icole des 
femmes (1770); Le bon file (1773); Zemire et 
Milide (1773); Berthe (Bruxeiles, 1775, avec 
Gossec et Botson); Les femmes vengies (1775); 
Le putts $ amour ou Les amours de Pierre le 
Long et Blanche Bazu (1799); Persie (Opera, 
1780); LamUie au village (1785); ThemistocU 
(Opera, 1786); La belle esclave (1787) ; Le mart 
comme U les faudrait tous (1788). Un opera, 
Bilisaire, qu'il avait laisse inacheve, a ete, 
apres que Berton en eftt compose le troisieme 
acte, represente en 1796. Les intervalles de 
1770 * 1773, et de 1775 a 1779 s'expliquent par 
de longs sejours de P. en Angleterre. En 1776, 
on executa un Requiem de P., dans une solen- 
nite en commemoration de Rameau. 

Philippe de Caserta, v. Caserta ; P. de Monte, 
v. Monte; P. de Vitry, v. Vitry. # 

Philipps, 1. Peter (Petrus Phiuppus, Pietro 
Filippo), contrapontiste du xvi* au xvn* 8. d'o- 
rigine anglaise, devint chanoine de Bethune 
(Flandre), puis organiste de la Chapelle du 
vice-roi,a An vers, et enfin cbanoine de Soignies; 
auteur de : Melodia olympica di diversi (1591 
[1594, 1611], de quatre a huit voix); deux livres 
de madrigaux a six voix (1596, 1603 [1604]); un 
de madrigaux a buit voix (1598 [1599]); des 
motets a cinq voix (1612); des motets a buit 
voix (1618); Gemmulm sacra: (a deux et a trois 
voix avec continuo, 1618 [1621]); des litanies 
de quatre a six voix (1623) ; Paradisus sacris 
cantionibus conditus (1628). Selon Fafflrmation 
de Burney, P. aurait ecrit la premiere fugue 
reguliere (contenue dans le « Virginalbook » de 
la reine Elisabeth). — 2. Adelaide, canta trice 
scenique, nee a Stretford, sur l'Avon, en 1833, 
m. a Carlsbad le 3 oct. 1882; fit son education 
a Boston ou ses parents avaient emigre, et de- 
buta d'abord comme danseuse et comedienne, 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



616 



PHILOMATHES — PHRASE 



mais se tourna ensuite, sur le conseil de Jenny 
Lind, vers le chant et devint el6ve de Manuel 
' Garcia, a Londres. En 1854, elle debuta a Mi- 
lan, dans le rdle de Rosine, et ehanla ensuite a 
New- York, La Havane, puis bientot sur le con- 
tinent europeen. Elle chanta jusqu'en 1881, mais 
a partir de 1879, elle ne se fit plus entendre que 
dans l'operette. Sa soeur, Mathildk, fut aussi 
une excellente cantatrice (alto). 

Philomathes , Wenzeslaus, originaire de 
Neuhaus, en Bohgme (d'ou son nom : de JSooa 
domo), a ecrit : Musicorum libri quatuor 
(Vienne, 1512), courte dissertation, en vers, sur 
la theorie du Cantus planus et la musique pro- 
portionnelle,reedit6e aplusieurs reprises (1518, 
1534, 1548). 

Philosophic. La p. de la musique consiste 
en la recherche des lois qui sont a la base de 
la creation de toute ceuvre musicale, en l'etude 
des effets que produit la musique sur l'audi- 
teur et de leurs causes premieres. Autrement 
dit, la p. de la musique comprend Fensemble 
de la theorie speculative de cet art, thtorie qui, 
en tout et partout, se demande le pourquoi des 

Choses. Of. ESTHETIQUE. 

Philp, Elisabeth, n6e k Falmouth en 1817, 
m. a Londres le 26 nov. 1885; fut professeur de 
chant et auteur de lieder estimee. Elle a 6crit 
une brochure : How to sing english ballads. 

Phocinx, v. cromorne. 

Phonascus (grec), v, symphoneta. 

Phonetique (grec), theorie des ph^nomenes 
vocaux. 

Phorminx, instrument des anciens Grecs, du 
temps d'Homere, analogue k la harpe ou a la 
cithare. 

Phrase, v. phrase. 

Phrase, ou delimitation des phrases, c.-a-d. 
des membres plus ou moins complets des pen- 
s6es musicales.soit dans l'ex6cution au moyen 
de l'expression (v. ce mot), soit dans la nota- 
tion au moyen de signes speciaux (v. plus loin). 
Le terme de p. est malheureusemeut employ^ 
par un grand nombre de musiciens com me sy- 
nonyme d'^RTicuLATioN (v. ce mot), ce qui est 
la cause de plus d'un maleutendu. Les mem- 
bres naturels de toute pensee musicale, sont : 
a) les motifs [- mesure], c.-a.-d. les fragments 
qui ne comprennent qu'un seul temps fort 
(avec ou sans temps faible ant£rieur ou ult6- 
rieur) et dont l'accent se trouve precisement sur 
ce temps fort; b)les groupes [de mesures], com- 
poses de deux motifs-mesure formant une unit6 
dont la partie accentuee donne naissance a la 
mesure forte; c) les demi-periodes de quatre 
motifs-mesure, don tTaccent tombe toujours sur 
la mesure forte du second groupe; d) les pe- 
riodes, composees de deux demi-p£riodes que 
nous nous bornons k numeroter, tandis que les 
theoriciens allemands appellent la premiere 
Vordersatz et la seconde Nachsatz. Cf. au mot 
metrique les exceptions possibles a ce schema 
normal. A cela viennent encore s'ajouter, en 
tant que fragments les plus petits, les motifs 
de subdivision ou motifs-temps dont la partie 
forte ne comprend qu'un temps, de sorte que 



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Ton peut en avoir dans la mesure autant qu'il 
y a de temps. On donne enfin le nom de phra- 
ses aux motifs, aux groupea et aux demi-perio- 
des qui, opposes les uns aux autres en tant que 
membres independants de syinStries (cf. metri- 
que), sont design£s dans la notation au moyen 
d'un arc de cercle; au debut de la formation 
d'un theme musical, les deux premieres phra- 
ses ne sont genSralement que des motifs, tandis 
que les phrases suivantes sont deux, voire meme 
quatre fois plus Vendues (demi-periodes, pe- 
riodes). Le compositeur indique approximati- 
vement les dimensions des diff&rentes phrases 
au moyen des indications dynamiques, car eha- 
que phrase exige une ordonnance dynamique 
independante et foi*mant un tout, autrement dit 
chaque phrase ne peut avoir qu'un point cul- 
minant sous le rapport dynamique. Par contre, 
la demarcation des phrases les unes par rap- 
port aux autres et leur subdivision interieure, 
c.-a-d. la delimitation des motifs et des motifs 
de subdivision offrent parfois de s&rieuses dif- 
licultes, car il est rare que les compositeurs 
aient indique ces subdivisions d'une maniere 
exacte. Les principaux points de rep^re pour 
la delimitation des motifs sont les suivants : 
1. toute longue tombant sur un temps fort (de 
tout genre) produit 1'impresBion d'une fin, lors- 
que cette impression n'est ni contredite, ni an- 
nulee par des rapports harmoniques speciaux 
(cf. 5); 2. tout silence se trouvant apr&s la note 
qui tombe sur un temps fort (de tout genre) 
produit cette m&me impression, en Taccentuant 
plus encore, mais avec les m&mes restrictions 
que dans le premier cas; 8. toute figuration 
est en premiere ligne une transition, un passage 
d'un accent (d'ordre quelconque) a l'accent sui- 
vant (de m6me ordre), autrement dit elle est la 
cause d'un nouveau commencement, d'une for- 
mule anacrousique;4. le debut sur un temps 
fort (de tout genre) est possible et se pr£sente 
surtout fr^quemment dans les formules que 
Ton oppose sym6triquement (phrases); il n'en 
r^sulte cependant, pour les subdivisions inte- 
rieures, aucune exception k la loi indiqu&e plus 
haut, sous le n° 8; 5. les terminaisoks femini- 
zes, autrement dit les extensions du motif au- 
dela de la valeur a laquelle se rattache l'im- 
pression de fin (c.-a-d. au-dela de l'accent d'or- 
dre quelconque [m£me lorsqu'un silence se 
trouve sur le temps fort], cf. metrique), sont 
non seulement possibles, mais d'une in tensile 
d'effet toute particuliere. La terminaison femi- 
nine s'impose : a) partout ou la note qui tombe 
sur le temps fort reclame imperieusement une 
resolution, b) partout ou le compositeur deter- 
mine ce genre d'interpretation soit par des in- 
dications dynamiques speciales (accent initial), 
soit enfin par tout autre moyen (trait de note 
coupe, signe de legato, de diminuendo). Cf. Rie- 
mann, Musikalische Dj/namih und Agogih 
(1884) et Katechismus der Kompositionslehre 
(1889); Riemann et Fuchs, Pratilische Anlei- 
tung sum Phr aster en (1886), enfin Fuchs, Die 
Zukunft des rausikalxschen Vortrags (1884) 
et Die Freihett des musikatischen Vortrags 

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PHRYGIEN 



PIANO 



617 



(1885). L'ouvrage de 0, Tiersch, Khylhmih, Dy- 
namik und Phrasierungslehre (1886), est eclec- 
tique et developp6 d'une mani&re peu cons6- 
quente, en sorte qu'il n'est possible d'en ti- 
rer ni indications claires pour la delimitation 
des phrases, ni lois absolues pour l'ex^cution. 
Quant aux Merits de Rud. Westphal (v. ce nom), 
ils repr6sentent un tout autre point de vue, en 
cherchant a d&montrer par les ouvrages des 
anciens Grecs sur la rythmique, les lois de la 
subdivision des phrases musicales. Le TraiU 
de ^expression musicaie (1873), de Malhis Lus- 
sy, conlient nombre de details int£ressants, 
raais est manqu& dans son ensemble, par le 
fait qu'au lieu d'un systeme, l'auteur y Stablit 
une longue s6rie de regies se contredisant m&me 
parfois. 

Le phras^ d'une idee musicaie ne correspond 
nullement a l'ensemble des liaisons et des se- 
parations (legato et staccato) des sons au moyen 
de l'articulation (v. ce mot); il est m6me en ab- 
solue contradiction avec le groupement des 
sons, en durees d'ordre superieur, soit par les 
barres de mesure, soit par les traits horizon- 
taux communs a plusieurs notes. Divers pro- 
jets, divers essais d'iNDicATioN cons6quente 
du p. ont ete presentes, an stecle passe dej& par 
J.-A.-P. Schulz, D.-G. Turk, etc.; plus recem- 
ment, Eschmann a tente un nouvel essai, mais 
11. Biemann a le premier realist pratiquement 
un systeme logique de p., dans les # editions 
phrasees » (all. Phrasierungsausgaben) qui 
comprennent maintenant la plupart des oeuvres 
classiques de la literature du piano (Editions 
parues chez Simrock, Litolff, Steingr&ber. Schu- 
bert et O, Augener etO). Les elements du sys- 
teme de notation que Riemann emploie pour le 
p., 8ont : 1. 1'arc de cercle, indiquant Vetendue 
de la phrase et exigeant un jeu li£, pour autant 
que d'autres signes ^articulation ne se trou- 
vent pas sous Tare de cercle; 2. le signe de 
lecture : 



ou redouble 



marquant les subdivisions de la .phrase en mo- 
tifs; 3. les chiffrbs qui, places sous les bar- 
res de mesure, rev&lent la structure des p6rio- 
des (2, pour la partie accentuee du premier 
groupe de deux mesures; 4, pour la partie ac- 
centuee de la premiere demi-periode; 8, pour la 
partie accentuee de la pSriode enti&re) et, par 
leurs nombreux changements, les elisions, les 
extensions, les contractions, cf. Riemann, Ka- 
techismus der Kompositionslehre (1889); 4. les 
arcs de cercle soudes mm **^^ ~ m comme signe 
de jeu li6 au-deld des limites de la phrase; 
5. les arcs de cercle croises ~***'x'* -- "'\ d6si- 
gnant le double sens de certains sons, au 
point de vue du p. (la fin d'une phrase se con- 
fondant avec le commencement de la phrase 
suivante); 6. le signe ^"-^pour la phrase 
interrompue, restant sans terminaison; 7. la 
virgule (dite « de Stuttgart ») plac£e dans un 
arc de cercle -- — "*'— ^, indiquant la n6ces- 



8it6 de detacher une note, alors m6me que la 
phrase n'est pas terminee. 

Phrygien, nom d'un mode : 1. chez les Grecs, 
v. grecque (musique) II et III. — 2. an moyen 
Age, mode bcclesiastique dont l'echelle etait : 
mi — fa sol la si — ut re mi (v. ecclesias- 
tiques [modes]). La cadence phrvgienne ful une 
cause de soucis perp6tuels pendant les derniers 
siecles de l'existence des modes eccl6siastiques, 
car on avait -cherchA k introduire dans ces der- 
niers des conceptions harmoniques qui, k l'A- 
poque de la musique homophone (k laquelle 
appartiennent les melodies gregoriennes), leur 
6taient totalement etrang^res. On sait que le 
mode p. correspond au dorien des Grecs, au- 
trement dit, en l'etat actuel de nos connaissan- 
ces, a l'echelle du mode mineur pur (v. mineur) 
qui se pr6sente comme l'image renversee de 
celle du mode majeur.L'accord tonique de cette 
echelle est par consequent non pas l'accord de 
mi mineur, ainsi qu'on Tadmettait au xvi-xvii* 
s., mais de la mineur dont la fondamentale est, 
d'apres la theorie actuelle du mode mineur, 
non pas /a, mais ml. La terminaison fa-mi 
correspond done exactement a si-ut du ton d'ut 
majeur, et de m£me que Ton harmonise ceUe-ci 
avec les accords de sol maj.-tet maj., de m6me 
" il faut se servir pour fa-mi des accords de ri 
min.-la min. (1); au lieu de cela, on chercha en 
vain une cadence satisfaisanle se terminant 
par l'accord de mi min., cadence impossible 
sans l'616vation prealable de fa et de ri y mais 
comme on considerait a juste titre le fa comme 
invariable, on en arriva finalement k la succes- 
sion suivante : r6 min. -we maj. (2). Cette ca- 
dence n'est du reste point en contradiction avec 
l'esprit du mode p., mais au lieu d'6tre cadence 
parfaite, elle n'est que demi-cadence : 



l) 






/7S 



2) 



qp=*= 



/T\ 



by^_ 



.jl 



IC 



Physharmonica, v. harmonium. 

Piacere (ital.), volonte, plaisir ; a piacer* (a 
piacimento, a bene placito), k volonte. 

Piacevole (ital.), charmant, gracieux. 

Piangendo , piangevole , piangevolmente 
(ital.), plaintif. 

Pianino, nom que les Allemands donnent au 
piano droit, par opposition a Flugel, piano a 
queue. 

Piano (ital), abr^ge p, doux, f aible ; pianis- 
simo (pp) 9 tr6s doucement ; mezzopiano (mp) 9 
assez doucement. 

Piano (pianoforte; all. Klavier; angl., ital., 
etc., pianoforte). Get instrument, actuellemenl 
r^pandu plus que tout autre, dans le monde en- 
tier, n'a qu'une histoire relativement courte. 
Sous la forme qu'il rev&t aujourd'hui, c.-a-d. en 
tant que p. k marteaux, il ne remonte gu6re a 
plus d'un stecle et trois quarts; mais son ori- 
gine premiere d'instr. a cordes pourvu d'un 
clavier ne date que du moyen Age. Si nous fai- 
sons abstraction du clavier, bien que ce der- 
nier soit precisenient une caracteristique du p. 

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618 



PIANO 



(clavis = touche), nous ne devons en fin de 
comple considerer tous les instr. A cordes joues 
soit au moyen d' an plectre, soit avec les doigts, 
comme dee precurseurs du p. dont les originea 
se perdraient ainsi dans la nuit des temps. La 
tradition fait remonter le p. an monocorde, cet 
instrument en usage dans l'antiquite dej& pour 
la fixation des rapports mathimatiques des 
sons et pour la demonstration, au moyen d'un 
chevalet mobile sur lequel passait une seule 
corde, des rapports de longueur des cordes vi- 
brant pour donner la s£rie des sons de l'echelle 
fondamentale. Mais Aristide Quintilien (n° s. 
aprta J.-C.) decrit dfyk un instrument auquel il 
donne le nom de helicon et qui, tendu de qua- 
tre cordes, pent dire regard^ comme un per- 
fectionnement du monocorde primitif, permet- 
tant de demontrer plus clairement la conson- 
nance des intervalles. Le plus ancien instru- 
ment pourvu d'un clavier est 1'oroub (v. ce 
mot). L/idee d'adapter le clavier au monocorde 
ne paralt pas devoir se presenter infaillible- 
ment A Tesprit; toutefois I'organistrum (v. ce 
mot) prouve que, dans Ik courant des vim et 
ix« s. au plus tard, cette idee fut r6alis£e en un 
systeme comprenant une s6rie de chevalets 
disposes A intervalles fixes et mus, chacun iso- 
iement,par une touche dont l'enfoncement avait 
pour effet d'appliquer le chevalet correspondant 
contre la corde et de ne laisser vibrer qu'une 
partie de celle-ci (la corde eile-m&me etait mise 
en vibration par le frottement); c'est A ce m&me 
moment que I'orgue comtnen$aii A p6n&rer 
dans les couvents, comme instrument didacti- 
que (cf. Riemann, Orgelbau im frtihen Mittd- 
alter, « Allg. Musikzeitung », 1879, n" 4-6). Les 
plus anciennes denominations que Ton con- 
naisse pour des instruments du genre du p. 
sont Eooaquir (esp.), Eschiquier ou encore E$- 
quaquiel, etc. (toutes au xiv* s.); 6. de Machault 
decrit cet instrument, en l'appelant « echiquier 
d'Angleterre » (cf. Tetude de Krebs cit6e plus 
loin), comme c un instrument A cordes du genre 
de l'orgue >. La construction du p. semble s'etre 
d£velopp£een premier lieu en Angleterre; c'est 
du reste dans ce m&me pays que se forma la 
premiere literature notable pour le p. 

Le cla vigor de avait encore au debut du 
xvi* s. beaucoup moins de cordes que de tou- 
ches; mais longtemps auparavant dl]A, les fac- 
teurs avaient adopts la double et la triple corde 
pour chaque son (chaque groupe repondant A 
plusieurs touches). Les chevalets de bois primi- 
tifs de rorganistrum (et de l'ancien monocorde) 
s'6taient transform^ entre temps en languettes 
de m^tal (tangentes) qui, fix£es a rextremite 
interieure des touches, ne se bornaient pas A 
diviser les cordes, mais les faisaient aussi vi- 
brer, tandis que, dans l'ancien monocorde, In- 
tervention d'un plectre ou du doigl etait indis- 
pensable. Les cordes etaient tendues dans le 
sens de la largeur, comme dans les pianos-ta- 
bles de nos jours, et la partie sonore se trou- 
vait A la droite de l'ex6cutant; l*ex6cutant se ser- 
vait probablement de la main gauche pour 
etouffer le son de la partie gauche de la corde, 



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A moins que Ton e&t d6j& recours A une ban- 
delette de drap passant entre les cordes. L'6- 
tendue sonore de ces petite instruments ne d6- 
passait sans doute pas, au debut, celle du mo- 
nocorde de Quy d'Arezzo, autrement dit sot 1 A 
mi 9 , sans autres touches noires que sibemoV 
et si b&noP; cependant nous trouvons vers 
1400 dej& une sorte de tympanon A clavier 
(dulce melos) dont l'etendae comprend l'echelle 
chromatique de si 1 A lot (Bott&e de Toulmon, 
Instruments de musique employes au moyen 
age, 1844) , et Virdung (1511) parle lui aussi 
(^instruments de cette sorte dont l'etendue d£- 
passe quatre octaves. <2es instruments n'a- 
vaient pas de pieds mais, analogues A une sim- 
ple caisse, se pla$aienl sur une table (d'od peut- 
etre leur ancien nom d' c echiquiers »). 

Pen apres le clavicorde apparut le clavicem- 
balo que Virdung pretend etre issu du psalte* 
rion, sorte de petite harpe triangulaire; toute- 
fois son nom indique clairement qu'on le con- 
siderait comme un cymbalum (tympanon) muni 
d'un clavier (cf. plus haut ce que nous avons 
dit A propos du « dulce melos »). La caisse de 
rinstrument etait triangulaire, correspondant 
aux dimensions du cadre sur lequel sont fix£es 
les cordes dont la longueur diminue A mesure 
qu'on se rapproche de la region aigue. La diffe- 
rence capitale entre le clavicorde et le clavi- 
cembalo reside dans le fait que ce dernier a 
pour chaque touche une corde sp6ciale accor- 
dee au son correspondant A la touche et que, 
par consequent, il n'a plus besoin du systems 
de chevalets divisant la corde; le clavicembalo, 
tel que nous en trouvons une reproduction 
dans l'ouvrage de Virdung, est done le plus an- 
cien piano sans chevalets. Cet instrument, dont 
on sentait la necessite de renforcer le son, ne 
tarda pas A etre pourvu de plusieurs cordes 
pour chaque son; ces cordes etaient accordees 
tantdt A l'unisson, tantdt, A en croire Preto- 
rius (1618), d'apres le meme systems que les 
jeux de mutation de l'orgue. Le clavicembalo 
exigea naturellement un toucher tout special: 
les tangentes du clavicorde avaient ete rempla- 
cees par des b&tons de bois, appei&s saute- 
reaux, dont rextremite, pourvue d'un fragment 
pointu de plume de corbeau, pin$ait les cor- 
des: cf. plumes. Le clavicorde et le clavicem- 
balo resterent tous deux en usage, jusqu'au 
jour ou, A la fin du xviii 6 et au commencement 
du xix* s., le piano A marteaux prit definitive- 
ment leur place; mais au xvi* s. dejA, il avait 
pris des proportions plus considerables. Le 
clavicorde garda toujours sa forme rectangu- 
laire, mais il fut muni de pieds et d'un ensem- 
ble de cordes analogues A celles du clavicem- 
balo, c.-a-d. plus courtes et plus fines A mesure 
que Ton se rapproche de la region aigue; en 
outre, on reduisit de plus en plus le systeme 
qui consistait A employer une seule corde pour 
plusieurs touches, cependant les premiers cla- 
vicordes sans chevalets ne paraissent guere 
dater que du debut du xvin* s. 

En Allemagne, le terme de clavicorde etait 
rem place par celui, plus simple, de Kiamer; 

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PIANO 



619 



d'autres denominations synonymes 3'introdui- 
sent aussi, telles que manicordo, monocordo, 
etc. Le clavicorde etait, en AUemagne du 
moins, prefere a tout autre instrument de ce 
genre pour l'6tude et pour l'enseignement, par 
le fait qu'il permettait certaines nuances de so- 
norile impossibles sur le clavicembalo, dont les 
sons etaient toujours d'une grande brievete et 
d'une secheresse absolue. Un effeU entre au- 
tres, realisable sur le clavrcorde seulement, 
portait le nom de balancement ; il consistait en 
un petit mouvemenl de va-et-vient qui, im- 
prime a la touche par le balancement du doigt, 
se transmeltait a la tangente et produisait un 
l&ger frottement de la corde. 

Quant au clavicembalo, il prit des d&veloppe- 
nients plus varies. Les petits instruments de 
cette esp&ce, carres, en forme de table, prirent 
le nom xTEpinettes (v. ce mot). Quant a la de- 
nomination de virginal, on la trouve deja j 
dans Virdung (1511), une preuve qu'elle ne se 
rapporte en aucune maniere a la reine < virgi- 
nale > Elisabeth d'Angleterre; on d^signait pro- 
bablement sous ce nom un instrument dont 
Vetendue etait reslreinte au grave et.dont le 
medium, par consequent, se trouvait a l'octave 
superieure de celui des grands instruments, 
dans un rapport analogue a celui de la regale 
(all. Junfernregal) avec Torgue. Les instru- 
ments de plus grandes dimensions, dont la for- 
me correspondait a celle d*un triangle rectangle 
dont on aurait tronque les angles aigus (comme 
dans nos pianos a queue), prirent le nom de 
clavecins (gravicembaloy corruption de clavi- 
cembalo, par allusion a l'etendue de l'instru- 
ment augmentee dans la region grave: ou 
simplement cembalo), puis en Angleterre celui 
de harpsichord (arpicordo) et en AUemagne 
celui de Flugel (ou Kielflugel, Steerstiick, 
Schweinskopf). 

Mais notre piano (pianino), dont le premier 
exemplaire fut construit par un pr£tre, Don 
Dom. del Mela, en 1739 a Gagliano (Toscane), il 
avaitlui aussi, au debut du xvr*s. deja, un an- 
cdtre : le clavicytherium, clavecin dont les cor- 
des de boyau etaient tendues sur un cadre verti- 
cal place dans une caisse triangulaire, qui se 
dressait derri&re le clavier (cette disposition 
verticale du cadre avait ete adoptee aupara- 
vant deja pour un certain nombre de clavicor- 
des). Le clavicytherium resta en usage j us- 
que dans les premieres annees du xvn* 8. Le 
piano-girafe, assez repandu au debut de ce 
si&cle, avait une forme analogue a celle du cla- 
vicytherium. 

Les nombreuses tentatives que Ton fit, a 
Fissue du xvi« s., pour remettre en honneur les 
modes chromatique et enharmonique des 
Grecs, sugg^rerent naturellement l'idee de 
completer le clavier et le systeme de cordes des 
c instruments > (on se contenta pendant long- 
temps de ce terme collectif pour designer 
toutes les sortes de p.), en intercalant des tou- 
ches speciales pour sol diese a cote de la bemol, 
pour ri diese & cote de mi Wmol, etc. ; ces cla- 
viers ne devinrent pas d'un usage general, 



byG< 



le 



mais ils ne tarderent pas a donner l'idee du 
temperament (v. ce mot). D'autres essais de 
perfectionnement, en partie notablement poste- 
rieurs, donnerent naissance a divers instru- 
ments, dont le regne ne fut que passager : le 
piano a archet, le clavecin-luth, le clavecin- 
theorbe, le clavier relie a une serie de timbres 
accordes, etc. Par contre, les clavecins a double 
clavier (comme l'orgue) correspondant a un 
double jeu de cordes, furent adoptes par tout 
(probablement une invention de Hans Ruc- 
kers l'alne [v. cenom]); le clavier superieur 
etait accorde, dans la regie, a Toctave supe- 
rieure de l'autre (cf. ce qui a ete dit plus haut 
du virginal), et les deux claviers pouvaient §tre 
accouples de telle sorte que ttnferieur regissait 
l'autre. L* instrument etait plus sonore, par 
suite du renforcement de chaque son par son 
octave superieure. Quand au « clavecin a peau 
de buffle » de Pascal Taskin (Paris, 1768) qui 
eut une vogue ephemere, il etait pourvu simul- 
tanement de plumes de corbeau et de saute- 
reaux a languettes de peau de buttle ; « le jeu 
de buffle » pouvail etre employe separement 
ou en meme temps que le jeu ordinaire (plu- 
mes). J.-K. Oesterlein fabriquait aussi a Berlin, 
vers 1778, des clavecins a languettes de cuir. 

La periode la plus brillante de l'histoire du 
p. date cependant seulement de l'invention du 
piano a marteaux, ou comme on l'appelait au 
debut : piano e forte (pianoforte, fortepiano). 
La denomination suffit a indiquer ce qui carac- 
terise surtout le nouvel instrument. On avait 
de tout temps deplore l'impossibilite dans la- 
quelle on se trouvait de nuancer la sonorite 
deB instruments da penna (a plumes) ; leur son 
etait bref, incisif et d'une intensite uniforme, 
suffisant a maintenir l'ensemble a 1'orchestre 
lie chef ne dirigeait pas autrefois, mais frap- 
pait les harmonies au clavecin, d'ou son nom 
de maestro al cembalo), mais assez defectueuse 
pour l'execution de soli. D'autre part, le clavi- 
corde, instrument deiicat, ne se pretait pas a 
des developpements qui eussent rendu l'accen- 
tuation possible. II fallait trouver et Ton trouva 
un nouveau systeme pour faire vibrer les cor- 
des. Le clavecin dut prendre encore une fois les 
caracteres du tympanon, pour s'eiever ensuite 
au rang de pianoforte. II est evident que la cu- 
riosite passagere eveiliee par le tympanon per- 
fection^ de Pantaieon Hebenstreit, en 1705, 
donna la premiere impulsion a 1'adoption de la 
mecanique a marteaux pour le piano. Plusieurs 
essais de realisation pratique de cette impor- 
tante invention furent tenths presque simulla- 
nement, aussi s'est-on maintes fois dispute sur 
la question de savoir a qui revient l'honneur de 
cette trouvaille ; il est actuellement irrefutable, 
croyons-nous, que Bartolommeo Gristofori (v. 
ce nom), facteur d'instruments a Florence, fut 
l'mvenleur reel du piano a marteaux (1711). Sa 
mecanique a marteaux comprend deja toutes 
les parties essentielles de la mecanique de nos 
pianos a queue actuels : petits marteaux feu- 
tres places sur une baguette de bois speciale ; 
echappement a ressort, destine a renvoyer le 

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620 



PIANOFORTE — PIBROCHS 



marteau en arriire aussitdt qu'il a frappA la 
corde; attrape-marteaux (cordons de soie en- 
trecrois6s et plus tard la lame de bois feutr6 
en usage encore aujourd'hui) ; enfin un itouffoir 
special correspondant k chaque touche. Les 
projets de Marius, a Paris (1716), et de Ch.-G. 
ScHBdTER, k Nordhausen (publics en 1768, mais, 
k en croireTauteur, achev6s en 1717 d6j&) sont 
de beauconp plus primitifs, plus imparfaits. On 
ne peut gu&re placer comme inventeur rSelle- 
ment ind6pendant, k cdtb de Cristofori dont les 
instruments ne pass&rent pas les fronti&res de 
lltalie et ne firent gu£re parler d'eux, que 
Gottfried Silbkrmann , le c£l£bre organier 
saxon (n6 en 1758) : ses premiers pianofortes 
n'eurent pas, il est vrai, l'entidre approbation 
de J.-S. Bach, mais ce dernier se dedara plus 
tard, k la suite de divers perfectionnements, sa- 
tisfait sous tons les rapports. Les instruments 
de Silbermann se r£pandirent rapidement et 
contribuerent pour une large part a Tadoption 
definitive de ce syst&me. La m&canique en 
6tait, en ses parties essentielles, identique k 
celle de Cristofori ou, en fin de compte, k celle 
que nous nommons aujourd'hui • m&canique 
anglaise ». Quant k la m£canique « allemande » 
ou « viennoise », invention en revient k Georg.- 
Andr. Stbin, d'Augsbourg, un 616ve de Silber- 
mann. Dans le systdme de Stein, les marteaux, 
au lieu de reposer sur une baguette sp£ciale, 
sont places directement k I'extr6mit6 interieure 
des touches. Les instruments de Stein et plus 
tard ceux de son gendre, Stretcher, k Vienne, 
6taient trds estimta et servirent bientctt de mo- 
dules k tons les facteurs allemands. Les fac- 
teurs anglais, Broadwood k leur t6te, perfec- 
tionn&rent la m6canique Cristofori-Silbermann 
jusque dans ses plus petils details, en sorte que 
cette m£canique fut qualifi£e d* « anglaise ». 
Une innovation de la plus haute importance, 
dans la facture du piano, date de 1828 : S6bas- 
tien Erard, k Paris, trouva le systems du 
t double echappement » qui permet de r6p&ter 
un son plusieurs fois de suite, sans laisser la 
touche remonter chaque fois jusqu'en haut. 
D'autres facleurs de pianos ont encore r£cem- 
ment perfection^ la construction de ces ins- 
truments, ce sont les Stein way, Bechsteb*, 

BdSRNDORFER, ClIICKKRINO, BLUTHNER, PLEYEL, 

Herz, etc. fcf. chacun de ces noms). 

On trouvera des details plus circonstancies 
sur le d6veloppement du piano, dmns les ouvra- 
ges suivants, entre autres : Fischhof, Versuch 
einer Geschichte des Klavierbaus (1853); K.-A. 
Andre, Der Klavierbau (1855); E.-F. Rimbault, 
The Pianoforte, its origin, progress and cons- 
traction (1860); Welcker von Gontershausen, 
Der Ktavierbau (1870) ; O. Paul, Geschichte 
des Klaviers (1868) ; Ponsicchi, II Pianoforte, 
sua origine e sviluppo (1876) et II primo 
pianoforte verticale ( 1898); K.-F. Weitzmann, 
Geschichte des Klaviersjriels (&• 6d, entice- 
ment refondue par Seiffert et Fleischer, 1898); 
Blfithuer et Gretschel, Lehrbuch des Pianofor- 
tebaus (1875) ; A. Marmontel pere, Histoire du 
piano et de ses origines (1888); K. Krebs, Die 



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besaiteten Klavier-lnstrumente bis sum An- 
fang des XVIL Jahrhunderls (« Vierteljahres- 
schrift fflr Musik-Wissenschaft >, 1892). 

n va de soi que le jeu du piano a son his- 
toire aussi, dont les Evolutions concordent avec 
celles de l'instrument lui-m&me. Gf. k ce sujet 
l'ouvrage de K.-F. Weitzmann cite plus haut # 
et l'article que J. Alsleben publia eu 1882* dans 
le « Musikal-Gentralblatt ». Parmi les innom- 
brables virtuoses-du piano, de tons les temps, 
nous noterons seulement les plus grands: Dom. 
Scarlatti, Fr. Couperin, J.-Ph. Bameau, J.-S. 
Bach, Ch.-Ph.-Em. Bach, Mozart, Clementi, 
Steibelt, Cramer, Ealkbrenner, Aloys Schmitt, 
Dussek, Gzerny, Field, Hummel, L. Berger, 
Kessler, Herz, Mendelssohn, Moschel£s, Thai- 
berg, Liszt, Chopin, Henselt, Hiller, Beinecke, 
Tausig, Bfilow, Ant. et Nic. Rubinstein, Xaver 
Scharwenka, Hall&, Saint-Saens, Eug. d'Albert, 
Paderewski, Rosenthal, Risler; MM B « Clara 
Schumann, de Belleville-Oury, Auspitz-Kolar, 
Glauss-Szarvady, Essipoff-Leschetizki, Sophie 
Menter, Teresa Carreno, CI. Kleeberg, etc. 
Parmi les ouvrages d'enseignement du piano, 
nous citerons ceux qui, en plus de la renom- 
m£e, ont fait leurs preuves : les m&hodes de 
Hummel, Kalkbrenner, F6tis, Kcehler, Lebert- 
Stark (et, en outre, la Veigteichende Klaoier- 
schule de RRiemann) ; les Etudes de Clementi, 
Cramer, Czerny, Bertini, MoscheWs, Berger, 
Thalberg, Chopin, Alcan, Heller, Rubinstein, 
Rheinberger, Liszt, ainsi que (avant tout le 
reste !) le Clavecin bien Umpire de Bach ; les 
exercices techniques de Eschmann-Dumur, 
Germer, Pischna, Kullak (octaves), Tausig, etc., 
etc. 

Pianoforte, v. Piano. 

Piatti (ital., plaques), cymbales; sensa p. 
(dans la partie de grosse caisse) signifie : grosse 
caisse seule, sans cymbales. 

Piatti, Alfredo, violoncellist^ n6 k Bergame 
le 8 janv. 1822; flls du violoniste Antonio P. 
(m. le 27 tevr. 1878) ; fut 41£ve de son grand- 
oncle Zanetti, et, de 1832 k 18S7, du Conserva- 
toire de Milan (Merighi). n joua, en 1843, avec 
Liszt, k Munich ; en 1844, a Paris et k Londres, 
et fit aussitdt, dans cette dernidre ville, une im- 
pression si favorable, qu'il a depuis lors, pen- 
dant la « season » dn moins, son domicile rigu- 
lier k Londres. P. est, depuis 1859, Tun des 
principaux attraits des Concerts populaires du 
samedi et du lundi (musique de chambre). H a 
compost deux concertos pour violoncelle, un 
concertino, des melodies vocales avec violon- 
celle oblige, des soli, des variations, etc., et a 
public k nouveau une s6rie d'anciennes com- 
positions pour instr. k archet (Locatelli, Bocche- 
rini, etc.). 

Pibrochs (gallois : piobaireachd, « m&odie 
pour fifres »), anciens morceaux de musique 
6cossaise, variations pour cornemuse sur un 
th&me (urlar), se terminant par un final mou- 
vemente (creanluidh). Cf. le • Dictionary of mu- 
sic » de Grove. Uurlar, aussi bien que les pi- 
brochs, sont richement pourvus d'omements 
(appogiatures simples, doubles, etc) et revttent 

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PICCTXI 



621 



un caractere special par l'emploi du onzieme 
son harmonique superieur (v. son), son naturel 
qui tient le milieu enlre fa et fa diese. 

Piccini, 1. Nicola [Picinni], le celebre rival 
de Gluck, k Paris, Tun des plus teconds compo- 
siteurs d'operas qui aient jamais existe, tres en 
vogue aupr&s de ses contemporains, n6 a Ban 
(Naples) le 16 janv. 1728, m. k Passy, pres Pa- 
ris, le 7 mai 1800. Son p&re, bien que musicien 
lui-m&me, combaltit le penchant du jeune gar- 
con pour la musique ; cependant, a la suite de 
l'intervention de l'ev£que de Bari, il fut envoye, 
en 1742, au « Conservatory Sant'Onofrio » de 
Naples, ou il devint, dans la suite, l'eieve favori 
de Leo etde Durante. P.debuta,enl754,comme 
compositeur sc^nique, au Theatre florentin de 
Naples, avec Le donne dispetlose; suivies aussi- 
tdt d'une s6rie d'oeuvres innombrables ; selon 
Ginguene,P.aurait ecrit 133 ouvrages; Fetis en 
indique quatre-vingts, mais Florimo trouva les 
partitions de vingt-deux autres operas chez un 
brocanteur et les acquit pour la Bibliotheque 
du Conservatoire. P. epousa, en 1756, la canta- 
trice Vincenza Sibilla, son el6ve, a laquelle il 
ne permit cependant pas de monter plus tard 
sur la scene. Un succes sans precedent etait re- 
serve, en 1790, k Rome, a l'opera-comique Cec- 
china ou La buona figliuola, qui fut donne, non 
settlement sur toutes les scenes italiennes, mais 
aussi dans toute l'Europe, et forga en outre Jo- 
melli de lui accorder une approbation sans re- 
serve. P. avait ecrit en trois semaines cet opera 
qui porte surtout un cachet de fralcheur et de 
naturel. Une innovation de Piccini fut Intro- 
duction de finales composes sur les motifs de 
plusieurs scenes, avec des changements de 
mouvement et de tonality ; il a aussi donne 
de Fextension k la forme du duo, qu'il a rendu 
plus dramatique. Le public de Rome est ver- 
satile et Ton ne peut gu^re compter sur lui ; P. 
devail en faire l'amere experience, car les Ro- 
mains Tabandonnerent tout k coup, en 1773, et 
61ev6rent aux nues un compositeur, Anfossi, 
auquel il etait consid^rablement superieur. P. 
en devint malade de chagrin et il se promit de 
ne plus revenir a Rome. Une nouvelle ere de 
sa vie s'ouvre le jour de son etablissement, 
avec femme et enfants, a Paris (1776), ou il s'e- 
tait rendu sur une invitation sp&ciale de la 
reine Marie-Antoinette, a lui transmise par La 
Borde et l'ambassadeur napolitain, le comte 
Caraccioli ; P. devait y composer des operas 
francais et recevrait un traitement de 6.000 fr., 
une indemnity de voyage et un logement. Mar- 
montel remania k nouveau pour P. quelques 
textes de Quinault (les r^duisant a trois actes) 
et Tinitia autant, que possible a la prosodie 
francaise. Le premier fruit de ce travail, sans 
doute laborieux pour P., fut Roland (1778). 
P. etait d'une nature honnete et bienveillante et 
vivait heureux au sein de sa famille ; l'intrigue 
lui etait inconnue et il savait k peine que le 
zele qu'un fort parti mettait a travailler a ses 
succes n'&tait, au fond, qu'une facon de lulter 
contre les r^formes de Gluck ; du moins a-t-il 
garde un rdle absolument passif, dans la que- 



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relle des « Gluckistes » et des « Piccinistes ». 
Malgre tous les efforts que firent les Gluckistes 
pour Ten emp&cher, Roland vit le feu de la 
rampe avec un immense succes. P. remporta 
des triomphes de meilleur aloi lorsque, dans la 
m&me annee encore, on engagea une troupe 
italienne, qui jouait a l'Opera alternativement 
avec la troupe franchise ; P. fut .mfcme nomme 
directeur des Italiens, et trouva ainsi Foecasion 
de faire representer ses meilleurs ouvrages ita- 
liens: Le finte gemelle, Cecckina. La buona 
figliuola maritala et II vago disprezzato, dans 
lesquels les exigences d'une langue etrang&re 
n'avaient point paralyse son inspiration. Ce- 
pendant la lutte n'&tait pas finie. L f administra- 
tion de l'Opera attisa le feu, lorsqu'eile chargea 
Gluck et P. ensemble de composer un opera : 
Iphigenie en Tauride. L'ceuvre de Gluck fut 
ex6cut6e dej& en 1779, et P. fut assez peu avise 
pour terminer sa composition ; il ne subit pas 
de defaite proprement dite, en 1781, mais ne 
rencontra toutefois qu'un accueil tr^s froid. II 
n'etait pas de taille k lutter contre un genie tel 
que Gluck. P. avait auparavant fait encore re- 
presenter plusieurs operas francais : Phaon 
(Choisy, 1778; pendant le deplacement de la 
Cour), Le fat mefrrise (Comedie italienne, 1779), 
Atys (Opera, 1780). Apres le depart de Gluck 
pour Vienne, P. trouva un nouveau rival en la 
personne de Sacchini ; mais il sut se maintenir 
k la hauteur de la situation avec Adele dePon- 
thieu (1781), Didon (1783; dans une nouvelle 
Edition avec ■ Roland », chez Breitkopf & Haer- 
tel, cf. Cambert), Le dormeur eveille et Le faux 
lord (tous en 1783), tandis que Lucette (1784), 
Diane et Endymion (1784), Penelope (1785) et 
Le mensonge officieux (1787) rencontrerent une 
r6elle resistance de la pnrt du public et qu'un 
nouveau remaniement d'Adele de Pontkieu 
(1786), ainsi que ^enlevement des Sabines 
(1787) et Clytemnestre (1787) ne furent pas du 
tout represents. Le caractere de P. se montra 
alors sous son plus beau jour, car il ne ressentit 
aucune amertume contre Sacchini et Gluck; il 
fit, k la mort du premier, en 1786, un discours 
d'&ogessur satombe,comme du restea la mort 
de Gluck, Tann£e suivante, en mSme temps 
qu'il tentait d'organiser une grande solennite 
commemorative, qui n'eut malheureusement 
point lieu. En 1784, P. avait 6te nomme professeur 
a 1' « Ecole royale de chant et de declamation » 
(dont est issu, en 1794, le Conservatoire). II 
perdit cette place lors de la Revolution et re- 
tourna precipitamment k Naples, ou il fut bien 
accueilli par la Cour et ecrivit encore quelques 
pieces italiennes ; mais le manage d'une de ses 
lilies avec un Francais aux idees republicaines 
le fit tomber en disgrace k la Cour, en sorte 
qu'il fut meme mis aux arrets chez lui. En 1798, 
P. revint k Paris , d'abord seul, bient6t suivi 
de sa famille ; ii ne trouva en premier lieu que 
de mediocres moyens d'existence, mais il entra 
en jouissance d'une pension et re^ut, en outre, 
5.000 fr. d'indemnite pour les pertes qu'il avait 
subies. Evidemment, les bouleversements de la 
Terreur lui avaient fait perdre tous les biens 

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622 



PICCOLO 



PIEL 



qu'il possedait a Paris; ses partitions ineme 
avaient et6 vendues. Peu avant sa mort, il fut 
cependant cree pour lui une sixieme place d'ins- 
pecteur au Consen T atoire ; la moitie du traite- 
ment affecle a ce poste, ou Monsigny lui suc- 
c^da, fut attribute a sa veuve, qui enseignaitle 
chant au Conservatoire. P. a aussi ecritquelques 
oratorios, des psaumes et d'autres morceaux de 
musique d'eglise, surtout k 1*6 poque qui preceda 
immediatement son retour k Paris et ou il vi- 
vait k Naples dans une situation tree pr^caire. 
Gf. Ginguene", La vie et les ouvrages de P. 
(1880) ; Desnoiresterres, Gluck et P, 1774-1800 
(1872). — 2. Luigi, fils du prudent, n6 k Na- 
ples en 1766, m. a PaBsy, pres Paris, le 31 juil. 
1827 : a aussi 6crit un certain nombre d'operas 
francais et italiens, pour les theatres de Paris, 
de Naples, etc., mais n'etait doue que d'un 
talent mediocre. — 3. Louis- Alexandre, fils 
naturel de Joseph P., qui lui-meme etait le fils 
alne de Nicola P., n6 k Paris le 10 sept. 1779, 
m. dans la meme ville le 24 avr. 1850; auteur 
de plus de deux cents pieces, 6crites pour les 
theatres parisiens, de 1 'Opera aux scenes les 
plus inferieures. 

Piccolo (ital), petit; Flauto p., aussi settle- 
ment nomine" e P., petite flute; v. flute. Oboe 
piccola, hautbois (v. ce mot) ordinaire. Violino 
piccolo, syn. de demi-violon. Violoncello /?., va- 
ried de violoncelle inventee par J.-S. Bach (et 
nommee aussi Viola pomposa). II y aussi un 
nouvel instrument de cuivre qui s'appelle p. 
(en mi Mmol)> le plus aigu des instruments a 
pistons de la famille du bugle. 

Pichel (Pichl), Wenzel, violoniste et compo- 
siteur fecond, n6 a Bechin, pres Tabor (Boheme), 
le 25 sept. 1741, m. k Vienne le 23 janv. 1805; 
6tait, depuis 1796, violoniste au theatre de la 
Gour et compositeur de la chambre de l'archi- 
duc Ferdinand, k Vienne, mais avait sejourne 
auparavant longtemps en Italie. II aurait com- 
post, selon ses propres indications (dans le 
dictionnaire de Dlabacz), environ sept cents 
ceuvres, dont quatre-vingt-huit symphonies 
(vingt-huit gravies), treize serenades (dont 
trois gravies), un nombre enorme d'oeuvres de 
musique de chambre, parmi lesquelles on a 
grave : douze quintettes et douze quatuors pour 
instr. k archet ; trois quatuors pour flutes et 
trois pour clarinettes ; six octettes et sept sep- 
tuors pour baryton (v. ce mot), violon, alto, 
flute et violoncelle ; six sextuors, six quintettes 
et trois quatuors pour instr. a archet (tous avec 
baryton); de plus, un concerto pour violon, un 
concertante pour deux violons avec orchestre, 
des duos et des soli pour violons, etc., des con- 
certos pour clarinette, des sonates pour piano, 
une masse d'oeuvres de musique d'eglise (qua- 
tre Messes, six motets, dix psaumes, deux gra- 
duels et un Miserere graves), sept operas ita- 
liens, etc. 

Picinni, v. Pigcini. 

Pied, designation empruntee aux termes de 
mensuration de l'orgue, pour indiquer la hau- 
teur relative des sons dans l'echelle tonale 
(8 pieds, 16 pieds, 4 pieds, etc., ce que Ton ecrit 



aussi souvent: 8', 16', 4', etc.). Un tuyau a bou- 
che, ouvert, de diapason moyen (montre) et ac- 
corde k Yul x , mesure a peu pres huit pieds de 
haut. C'est pourquoi tous les jenx d'orgue dans 
lesquels la touche ut * fait parler le son ut \ 
portent le nom de jeux de 8' (v6ritables jeux de 
fond de l'orgue) ; par contre, on a un jeu de 4', 
lorsque la touche ut l fait parler le son que 
produit un tuyau abouche, ouvert, de 4', c.-a-d. 
ut\ — un jeu de 16', lorsque la touche ut x fait 
parler le son ut~ i . II existe de meme des jeux 
de 82', de 2* et de 1'. Les jeux de quinte sont 
de 10 */ 3 \ 5 */ 3 \ 2 «/,\ 1 V 3 \ ou */ 3 ', les jeux de 
tierce de 6 «/s\ 3 Vs\ 1 3/ 5 ', */*, «/ 5 ' ou meme 
Vs\ les jeux de septieme de 4 4 /7* ou 2*/ 7 \ etc.; 
en effet, les jeux de quinte donnent toujours le 
troisieme, les jeux de tierce le ciuquieme, les 
jeux de septieme le septieme son de la serie 
harmonique superieure d'un jeu de fond (10 a /V, 
en tant que 32/3, designe le jeu de mutation 
correspondant k un jeu de fond de 32', dont il 
donne la se>ie des troisiemes sons harmoni- 
ques). — C'est dans un sens derive que Ton 
parle, d'une maniere generate, non seulement 
de ut l mais aussi de re f , mi J , fa ! , etc., comme 
de sons de 8', non seulement de ut * mais aussi 
de H \ mi\ fa *, etc. comme de sons de 4*, etc. ; 
autrement dit, on designe couramment toute 
une octave par l'indication en pieds qui corres- 
pond k Yut grave initial de cette octave : l'oc- 
tave ut * - ut * est dite de 8', l'octave ut* - ut 3 
de 4', l'octave ut 3 - uMde 2', etc. — De nos 
jours, on remplace souvent ces indications par 
les indications correspondantes du systems 
metkique ; le calcul de transformation des me- 
sures est assez simple. Si Ton adopte le chiffre 
de 340 metres k la seconde pour la vitesse du 
son (cf. acoustique), on doit logiquement pren- 
dre comme base 34 vibrations au lieu de 33 
pour le son ut ! , pour obtenir le chiffre de 5 me- 
tres («,+) comme longueur de l'onde sonore. 

On obtientde la sorte les equivalences suivantes: 
montre 16' = 5 m., 32' = 10 m.,8' = 5 /« m., 4' = 
■V4 m.,2' = s /8 m. ; jeu de quinte 10 */ 3 ' — *% m., 
5 V 3 * - 5 / 3 m., 2 */ s ' = 5 /e m . f ! i tf _ 5/|f m ., 
■/a - 5 / 4 m.; jeux de tierce 6 */ 5 ' - i0 / 5 m.(2 m.), 
3 1/5 = 5 / 5 m. (1 m.), 1 3 / 5 ' - 5 /, m. (»/ 4 m.), </ 5 
= 5 /4o m. ( f / 4 m.), etc. II faut se garder cepen- 
dant de substituer a ces fractions des decima- 
les, car le rapport des harmoniques ne serait 
plus reconnaissable k premiere vue. 

Piel, Peter, ne k Kesenich, pres Bonn, le 12 
aout 1835; eleve du s£minaire d'instituteurs de 
Kenipen (Jepkens), et, depuis 1868, maltre de 
musique au s^minaire de Boppard s/Rh. Com- 
positeur zel^ de musique d'eglise, P. a ^crit un 
grand nombre de Messes (de deux a quatre 
voix, pour voix egales ou mixtes, avec ou sans 
accompagnement d'orgue), des motets, huit Ma- 
gnificat dans les modes ecclesiastiques, des An- 
tiennes de la Ste Vierge (de quatre k huit voix 
pour chomrs d'hommes), des litanies, un Te 
Deum, ainsi que des preludes et des trios pour 
orgue, des accompagnements d*orgue pour les 
recueils de chants d'eglise des dioceses de 



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PIENO 



PINGE 



623 



Limbourg et de Treve,un « Traite d'hannonie *, 
plusieurs morceaux pour piano et violon, etc. 
En 1887, P. a recu le titre de « directeur royal 
de musique ». 

Pieno (ital.) plein: orpano p., grand jeu 
forte, dans le jeu d'orgue); coro p., choeur 
complet (contraire : un choeur compose seule- 
ment de voix 6gale, voix d'hommes ou voix de 
femmes); a voce piena, a pleine voix (contraire 
de mezza voce). 

Pierre de la Croix, v. Pethus de Cruce. 

Pierasion, Pierchon, Pierre de la Rue, v. La 
Rue. 

Pierre, Constant, n6 a Passy le 24 aout 1855, 
el6ve du Conservatoire de Paris, joua du bas- 
son dans divers orchestres de Paris, mais rem- 
plit, depuis 1881, les fonctions de vice-secre- 
taire au Conservatoire. II collabore a divers 
journaux musicaux, et r6dige maintenant le 
Monde musical; il a £crit La Marseillaise (avec 
variantes, 1887), Les Noels populaires (1886), 
La facture instrumental a V Exposition de 
1889 (1890), Les facteurs ^instruments et les 
luthiers (1898), et il est aussi l'auteur d'une 
Histoire de Vorchestre de VOp&ra de Paris 
(couronnee, en 1889, par la Societe des compo- 
siteurs de musique). 

Pierson, 1. v. La Roe. — 2. Heinrich-Hugo 
(en r&alite Pearson, Henry Hugh; cependant 
des sa trenti&me annee environ, il 6crivait son 
nom P.), compositeur remarquable, ne a Ox- 
ford le 12 avril 1815, m. k Leipzig le 28 janv. 
1875; tils d'un ecc!6siastique anglican, il 6tudia 
d'abord la m&Jecine a Cambridge, mais, ea ou- 
tre, la musique sous la direction de Attwood et 
Corfe; encore StudianL, il publia un recueil de 
melodies. En 1839, P, se rendit en Allemagne et 
y fit des Etudes r6guli6res de musique, sous la 
direction de Rinck, de Tomaschek et de Reissi- 
ger. A son retour en Angleterre, en 1844, il suc- 
ceda a Binhop, comme professeur de musique 
a Edimbourg; mais il abandonna bient6t cette 
place et s'6tablit d&finitivement en Allemagne, 
ou il changea aussifdt 1'orthographe de son nom. 
II vecut d'abord a Vienne, puis alia, en 1847, a 
Hambourg et plus tard k Leipzig. P. &tail un 
compositeur de tendances elev^es et possedant 
une culture musicale etendue. Ses oeuvres prin- 
cipals sont : des op&ras : Der Elfensie*/ 
(Brftnn, 1845), Leila (Hambourg, 1848), Conta- 
rini (ibid., 1872) et Fenice (posthume; Dessau, 
1883); des oratorios : Jerusalem (pour un festi- 
val de musique de Norwich, 1852) et Hezekiah 
(represents par fragments a Norwich, en 1869, 
et non achev6); la musique pour la seconde 
partie de Faust (fragments executes k Norwich, 
1857) ; une marche funSbre pour Hamlet; plu- 
sieurs ouvertures; des chants d'eglise; des 
choeurs et des melodies. Quelques-unes de ses 
ceuvres ant£rieures ont paru sous le pseudo- 
nyme de Edgar Mansfeldt. 

Pilton, Loyset, conlrapontiste fran^ais, ne 
dans le dernier quart du xv e s. A Bernay, en 
Normandie (d'ou : Loyset le Normand, on 
simplement Le Normand). On trouve des com- 
positions de P. (motets, psaumes, chansons) 



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dans diflterentes anthologies de 1531 k 1545 (dans 
levoLIVdela collection de motets d'Attaignant; 
Motetti del fiore, de Jacques Moderne ; Concen- 
tus de quatre & huit voix, de Salblinger; re- 
cueil de psaumes de Petrejus; recueil de chan- 
sons de Tylman Susato; etc.), ainsi que dans le 
vol. Ill des Motetti delta Corona, de Petrucci 
(1519), que Fetis signale aussi, sans remarquer 
toutefois que son id6e de faire naitre P. apres 
1500, devient de ce fait m&me des plus dou- 
teuses. 

Piffero (Pifaro), nom italien du «chalumeau»; 
de la le nom de Pijferari, donne aux bergers 
qui viennent A Rome aux environs de Noel et, 
imitant les bergers de Bethlehem, jouent de- 
vant les madones. — Le mot Piffaro (Pif- 
fara) comme nom d'un jeu d'orgue est une cor- 
ruption de Bifara (v. ce mot). 

Pilati, Auguste (Pilate, dit P.), n6 a Bou- 
chain (d£p* du Nord), le 29 sept. 1810, m. a Pa- 
ris le l 6r aout 1877 ; eleve du Conservatoire de 
Paris dont il fut cependant cong&lie, devint en- 
suite chef d'orchestre d'un petit theatre de Pa- 
ris, et £crivit un grand nombre (environ vingt- 
cinq)d'ouvrages sceniques,laplupart d'un acte, 
et de ballets, pour Paris. 

Pilata (lat., avec un chapeau), syn. de bou- 
ch6, Gedackt (v. ce mot). 

Pilger, Karl, v. Spazler. 

Piloti, Giuseppe, compositeur et th£oricien, 
n6 k Bologne en 1784, m. dans la m&me ville le 
12 juin 1838; fills d'un organiste et facteur d'or- 
gues, Gioacchino P., se voua d'abord k la cons- 
truction des orgues, surtout lorsqu'apr&s la 
mort de son p&re, il dut assumer la t&che de 
subvenir k Tentretien de sa famille. Plus tard, 
il etudia le contrepoint, sous la direction du P. 
Mattei et cela avec un tel succes qu*il devint 
l v 61&ve favori de "Mattei et qu'il etait dfyk k 
vingt et un an membre de l'«Acad£mie philhar- 
monique », Un opera : Lajo neW imbarrazo 
qu'il fit bient6t representer est cependant rest6 
son unique ouvrage sc&rique, car il comprit 
quelle etait sa veritable vocation. Apr6s avoir 
6te quelques annees maitre de chapelle d'une 
6glise k Pistoie, il fut appele en 1826 a succe- 
der k Maltei, comme maitre de chapelle de S. 
P6trone, a Bologne, et fut nomme, en 1829, 
professeur de contrepoint au « Liceo fllarmo- 
nico ». II remplit ces fonctions jusqu'a sa mort, 
avec un remarquable talent. Ses nombreuses 
compositions religieuses, parmi lesquelles on 
vante surtout un Dies iros avec orchestre, sont 
rest&es manuscrites. Par contre, on a de lui un 
traite ^instrumentation : Breve insegnamento 
teorico sulla natura, estensione, proporlione 
armonica, etc., per tutti gli stromenti. 

Pined, 1. Instruments a cordes pincees, instr. 
dont les cordes sont mises en vibration soit au 
moyen du doigt, soit au moyen d'un plectre 
(cithare ancienne et moderne, crout, luth, th6- 
orbe, guitare, mandoline, harpe, etc.); on donne 
aussi parfois le nom de p. au pizzicato des 
instr. k archet.— 2. (ou mordant ; all. Mordent). 
Nom que Ton donne a l'ornement formS par la 
succession rapide de la note ecrite, de sa se- 

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624 



PINELLI — PINSUTI 



conde interieure et da retour de la note £crite 
(an battement) ; on l'indiqae, depuis Couperin, 
par le eigne +*> place 1 sar la note. Lorsqae la 
note secondaire doit avoir une alteration chro- 
matique,on l'indiqae au moyen d'un £, \? f h, etc. 
plac£ sous le signe du p. ; toutefois, lorsqa'il 
n'y a aucun signe d'alteration oa qu'un de 
ceux-ci a &t& plac6 par erreur au-dessus da 
signe du p., il faut se servir de la seconde mi* 
neure: 



c.-A-d. 




Le p. n'ahsorbe qu'une partie de la valeur de 
la note 6crite. II peut Stre doable ou triple *♦*< 
et s*ex6cute alors avec double oa triple batte- 
ment. On indiquait autrefois ce meme ornement 
par les signes > k la suite de la note ( U chez 

Bameau par ex.) ou v (marteUement) et vv 
(double marteUement). — Le p. peut s'ex£cuter 
aussi avec la seconde supirieure de la note 
6crite, il est dit alors piNCfi rbnvers6 (alL Prall- 
triller) et se note soit au moyen du signe av, 
soit en petites notes : 

Execution : ou : 



g^ JJ^-tr ft J- II J j JJ*- 



Lorsque la note secondaire doit £tre altered, on 
l'indique par un jf, b, h* etc. plac£ au-dessus 
(ou aussi, moins correctement, k c6lb ou au- 
dessous) du signe lui-meme : 



b c.-A-d.: 



S 




Autrefois on commeu?ait le p. renvers6 par la 
note secondaire : 

c .^A-d. : 



SSP: 



^^ 



Le p. renversS s'extaute toujours dans un mou- 
vement rapide, en sorte qu'il n'absorbe jamais 
qu'une petite partie de la dur£e d*une note 
longue, ainsi : 



c.-A-d. : 

$ I II JfkM 



Mais on executait autrefois plusieurs batte- 
ments sar une note longue, ce qui se note, de- 
puis J.-S. Bach, an moyen d'un signe prolong^ 
(doublep. renver$€) : 



c.-A-d. 



-*%v ^^^ ^^^^^3 



Toutefois on pouvait aussi, avec ce signe, con- 
sider la valeur toot entire de la note comine 
absorbs par l'ornement et battre un trille 
(v. ce mot) proprement dit Les anciens clave- 
cinistes donnaient aussi a l'ornement corres- 
pondanl au signe *v le nom de cadence ou 
celui de tremblement ; par cadence appuyte oa 
tremblemeni appuyt (***), on entendait on 
trille commengant par une appogiature longue. 

Pinelli, Ettore, violoniste et chef d'orches- 
tre italien de m£rite, nS k Bome le 18 oct 1843; 
616ve de Ramacciotti, a Bome, et de J. Joa- 
chim, k Hanovre (1864), revint en 1866 k Bome 
oh il fonda, avec Sgambati, une soctete de mu- 
sique de chambre et organisa k l'Acad6mie Ste- 
Cecile une 6cole de violon et de piano. C'est de 
cette derniere qu'est sorti le « Liceo musicale * 
auquel P. voua, comme professeur de violon, 
une tr&s grande partie de son activity. L'essai 
de fondation d f une society d'orcbestre qui, en 
1867, avait 6choue 4 Bome, reusail en 1874 (P. 
y a fait executer, entre a litres, « Paulas », € La 
Creation » et ■ Les Saisons •). P. alterna avec 
Sgambati dans la direction des concerts de la 
Cour. Comme compositeur, il s'est fait connal- 
tre par an quatuor pour instr. k archet, one ou- 
verlure, une rhapsodie italien ne, etc 

Pinner, Max, pianiste, n6 de parents alle- 
mands, k New-York, le 14 avr. 1851, m. k Da- 
vos le 10 mai 1887 : travailla, de 1865 a 1867, aa 
Conservatoire de Leipzig, de 1867 k 1869, sous 
la direction de Tausig et de Weitzmann (th£o- 
rie) et, de 1878 k 1875, sous celle de Liszt. Apres 
de iongues tournees de concerts, il s'&ablit k 
New- York ott il 6tait tr6s appr£cie, comme pia- 
niste et professeur de piano. 

Pinsuti, Cmo, compositeur et professeur de 
chant renomm6, n6& Sinalunga (Sienne) le9 mai 
1829,m. k Florence le 10 mars 1888; se developpa 
de tr6s bonne heure et devint,^ l'&gede onze ans, 
membre honoraire de i'« Academte philharmo- 
nique » de Bome. A cette 6poque un Anglais, 
Henry Drummond, l'emmena avec lui k Lon- 
dres et lui fit prendre des lemons de piano et de 
violon de Cyprien Potter et de Blagrove ; ce- 
pendant P. retourna, en 1845, k Bologne, entra 
comme 616ve au « Liceo filarmonico » et devint, 
en outre, 61dve particulier de Bossini. A par- 
tir de 1848, il vicut de nouveau en Angleterre, 
partageant son temps entre Londres et New- 
castle, od il a fond^ une soci^te de musique; 
sa reputation de professeur de chant se r6pan- 
dit vile et, en 1856. il fut d£j& engag£ comme 
professeur de chant d la t Boyal Academy of 
Music ». P. retourna k diverses reprises en Ita- 
lic et fit representor des operas k Bologne (II 
mercante di Venezia (1878), k Milan {Mattia 
Corvino, 1877) et Venise (Margherita, 1882); le 
theatre de sa ville natale porte son nom : lea* 
tro Giro P. P. a ecrit, en 1859, un Te Deum 
pour la fete de Tannexion de la Toscane au 
royaume d'ltalie et a 6t6 decore de plusieurs or- 
dres (depuis le jour od il avait rega Tordre de 
la Couronne dltalie, en 1878, il portait le litre 
de t Cavaliere P. »). En 1871, il reprtsenta Tlta- 
talie k l'ouverture deTExposition universelle de 



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PIPEGROP — PISENDEL 



625 



Londres. La liste de ses compositions gravees 
comporte plus de deux cents romances en ita- 
lien et en anglais, une quantity de duos et de 
trios, des choeurs et d'autres oeuvres vocales, 
ainsi que le premier de ses operas et le Te 
Deum. 

Pipegrop, Heinrich (connu sous son nom 
heltenise de Baryphonus), ne k Wernigerode le 
15 sept. 1581, m. k Quedlinburg le 3 (13) janv. 
1655; el&ve, pour la musique, du cantor Joh. 
Kriiger et de l'organiste Paul Becker, k Werni- 
gerode, il devint, en 1605, sous-recteur adjoint ei 
cantor de la ville de Quedlinburg. P., selon 
l'avis de Seth Galvisius, etait deja a cette epo- 
que un musicien consoinm6, et Heinr. Grimm, 
Schutz et Mich. Pr&torius avaient tous une 
haute opinion du talent de P. Parmi les Merits 
de P.,il a paru : hagoge musica (Magdebourg, 
1609 [?]), Plejades musicce (Halberstadt, 1615; 
2« 6d. due aux soins de H. Grimm : Magde- 
bourg, 1630), Ars canendi (Leipzig, 1630); Mi- 
chael Pratorius voulait publier une s6rie d'au- 
tres Merits, mais il mourut avant la realisation 
de son projet. Parmi les compositions de P. 
qu'on a le plus vantees, on n'a conserve qu'un 
Weihnachtsgesang, a six voix qui a M publie 
dans la « Vierteljahresschrift fiir Musikwissen- 
schafl ». 



Pipelare, Matthaus Pipe u~ 



les 



notes d-g = la r6), contrapontiste beige du xv« 
au xvi* 8., dont on ne connait, en fait d'impri- 
m6s, qu'une Messe k quatre voix dans les Mis- 
see XV (1516) de Andrea de Antiquis, un Ave 
Maria dans les motets a six voix de Petrucci 
(1505), et quelques fragments k deux voix dans 
les Bicinia de Rhaw (1545). Aux ceuvres con- 
serves en manuscrits et indiqu£es par Fetis, il 
faut ajouter une Messe a cinq voix : Forseule- 
ment, conserve en deux exemplaires, et un 
Salve Regina a cinq voix egalement, tous deux 
a la Bibliotheque de Munich, laquelle, par con- 
tre, ne poss6derait pas, d'apres l'exceilent ca- 
talogue de J.-J. Maier (1879), le Vita dulcedo 
signale par F6tis. 

Piqu6, v. spigcato. 

Pirani, Eugenio, pianiste et compositeur, n£ 
d. Bologne le 8 sept. 1852 ; 616ve du « Liceo mu- 
sicale » de cette ville, puis, en 1870, encore de 
Th. Kullak (piano) et de Fr. Kiel (compositeur), 
a Berlin ; fut, de 1870 a 1880, professeur k 1' A- 
cad6mie de Kullak, puis, apr6s une grande 
tourn&e de concerts en Europe, s'6tablit a Hei- 
delberg d'abord et k Berlin ensuite. P. est cor- 
respondent de journaux italiens et allemands ; 
•en 1888, il pr6sida le comity allemand pour 
rexposition de musique de Bologne ; il est 
membre des Academies philharmoniques de 
Bologne et de Florence, de TAcad^mie Ste-Ce- 
-cile de Rome, etc. Gomme compositeur, P. a 
d f abord donn& un grand nombre de morceaux 
pour piano, ainsi qu'un quatuor avec piano, des 
lieder, des duos, etc. ; mais il y a recemment 
adjoint des ceuvres plus considerables : Im 
Heidelberger Schloss (suite d'orchestre), Vene- 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 40. 

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jsianische Scenen (pour piano et orchestre), une 
Ballade pour orchestre, etc. 

Pircker, Marianne, cantatrice en vogue au 
milieu du Steele dernier, nee en 1718, m. k Heil- 
bronn le 10 nov. 1783 ; se fit remarquer surtout 
k Londres, k Vienne et, en dernier lieu, a Stutt- 
gart. Elle fut jet£e dans un cachot du Hohen- 
asperg, en 1755, pour 6tre rest£e ramie fid&le 
de la duchesse de Wurtemberg, qui avait et6 
separ6e de son mari. Apr&s sa mise en liberty, 
en 1765, elle a vecu a Heilbronn, ou elle ensei- 
gnait le chant. 

Pisa, Agostino, docteur en droit, vers 1600, 
a £crit un ouvrage : Baltuta delta musica (paru 
en 1611, en une deuxi&me edition augmentee ; 
1" 6d. inconnue), le plus ancien traite d£ve- 
loppe de Tart de dinger, traite attendant, du 
reste, aussi sur d'autres sujets musicaux. K.-F. 
Becker en appelle l'auteur Agostino da P. (« de 
Pise ») ; Schielen donne pour titre k Touvrage : 
De percussione musica, et Mattheson : Tracta- 
tus de tortus ; tous trois sont dans l'erreur. 

Pisari, Pasquale. maltre fort c£l&bre du style 
de Palestrina, n6 k Rome en 1725, m. dans la 
mgme ville en 1778 ; eleve de Biordi, le maltre 
de chapelle de l'eglise espagnole de St-Jacques 
a Rome, fut admis comme membre surnum6- 
raire dans la Chapelle pontificate, mais passa 
toute sa vie dans une indigence extreme ; il au- 
rait m6me ramasse dans la rue le papier dont 
il avait besoin pour &crire ses compositions (?). 
Ses nombreuses ceuvres de musique d'6glise 
(parmi lesquelles un Dixit k quadruple chceur 
et a seize voix, puis une s6rie annuelle com- 
plete de molets k quatre voix, pour la Gour de 
Lisbonne, et dont les brillants honoraires arri- 
verent k Rome apres la mort de l'auteur) sont 
restees manuscrites et sont, pour la plupart, 
dans les archives de la Chapelle pontificale. 

Pisaroni, Benedetta-Rosamunda, cantatrice 
c616bre, nee k Plaisance le 6 fevr. 1793, m. dans 
la m A me ville le 6 aout 1872 ; debuta, en 1811, a 
Bergame, et chanta les parties de soprano aigu 
jusqu'en 1813, mais sa voix se transforma, a la 
suite d'une grave maladie, en un merveilleux 
contralto. Elle remporta alors les plus grands 
triomphes en Italie, ainsi qu* a Paris (1829), bien 
que son visage, detigur6 par les traces de la 
petite verole, ait ete, parait-il, presque repous- 
sant. A Londres, elle ne parvint pas k plaire. 
Quelques annees plus tard, elle se retira dans 
sa ville natale. 

Pischek, Johann-Baptist, excellent baryton, 
n£ a Mscheno, prds Melnik (Bohdme), le 14 oct. 
1814, m. a Sigmaringen le 16 f6vr. 1873 ; chanta 
d'abord a Prague, Briinn, Pressbourg, Vienne 
et Francfort s/M., puis fut engage, pendant de 
longues annees, comme chanteur de la Cour, a 
Stuttgart. 

Pisendel, Johann-Georg, excellent violoniste, 
ne a Karlsbourg le 26 dec. 1687, m. a Dresde le 
25 nov. 1755 ; fut enfant de chceur a Ansbach et 
el6ve de Pistocchi et de Torelli, dans cette 
m&me ville. II entra, en 1709, a FUniversit6 de 
Leipzig, mais parait 6tre devenu exclusivement 
musicien, car il remplissait, en 1711 dej£, le 

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626 



PISTOCCHI — PISTON 



poste de Melchior Hofmann. En 1112. il fut en- 
gag^ comme violoniste, a Dresde. De la il fut 
envoye, a plusieurs reprises, a l'etranger, pour 
le service du prince electeur: en 1714, avecle 
concertmeister Volumier et d'autres, a Paris ; 
en 1716, a Venise (oil il suivit encore Tenseigne- 
raent de Vivaldi) et, en 1717, jusqu'a Rome, ou il 
fut encore eleve de Montanari, et a Naples. A 
la mort de Volumier, P. devint concertmeister 
(1728). Ses voyages Tavaient suffisamment mis 
an courant des ecoles fran<?aise et italienne de 
violon, pour qu'il put s ? en assimiler les prin- 
cipes et devenir ainsi un violoniste vraiment 
classicfue. Quanz ne tarit pas d'eloges sur son 
compte, de meme que Turk (Klavierschule f p. 
113). La collection royale de musique, a Dresde, 
conserve de lui huit concertos pour violon, deux 
soli pour violon et basse, trois concertos pour 
deux hautbois avec instr. a arcbet, deux con- 
certi grossi et une symphonie. 

Pistocchi, Francesco -Antonio, le celebre 
fondateur de l'ecole de chant de Bologne, ne a 
Palerme en 1659, m. pas avant 1717 ; arriva 
tout jeune a Bologne, avec ses parents, publia, 
deja k l'&ge de huit ans, sa premiere ceuvre : 
Capricci puerili variamente composti in 40 
modisopra un basso (1667), et devint, k la fin 
de ses eludes, mattre de chapelle de * San Gio- 
vanni in Monte » k Bologne. A l'age de vingt 
ans, il s'essaya comme chanteur de theatre, 
mais avec peu de succes, en sorte quMl aban- 
don n a cette carriere el entra dans l'ordre des 
Oratoriens. Nous le trouvons, en 1697, comme 
maitre de chapelle, k Ansbach, ou il fit repre- 
sentor un opera : Narciso, puis, en 1699, k Ve- 
nise (oratorio : 11 martirio di S. Adriano ) et, 
en 1700, a Vienne (op6ra : Le rise di Demo- 
crito). II avait 6t6 admis, en 1692 deja, dans la 
section des compositeurs de T Academie philhar- 
monique de Bologne ; en 1708, il devint, pour 
la premiere fois, principe (president) de TAca- 
demie et, en 1710, pour la seconde fois. II doit 
avoir propose, vers Tan 1700 environ, la crea- 
tion de TEcole de chant a laquelle son nom 
reste indissolublement attache, car c'est la que, 
pour la premiere fois, Tenseignement du chant 
fut donne methodiquement dans dififerentes 
classes. Son exemple fut bientdt suivi dans le 
reste de Tltalie, et specialement a Naples par 
Gizzi (cf. Bernacchi). Aux compositions de P. 
deja indiquees, il convient d'ajouter des operas: 
Leandro (1679) et 11 Girello (1681), des orato- 
rios : Maria Vergine addolorata (1698) et La 
fuga di S. Teresia (1717): puis des Scherzi mu- 
sicali (airs italiens, fran^ais et allemands), 
Duetti e ter^etti (1707) et le psaume GXLVII 
(manuscrit). 

Pistons (all. Ventile), mecanismes inventes 
par Glagget, en 1790, et Bliihmel, en 1813 (cf. 



trompette), et qui, adaptes aux instr. k vent en 
cuivre modernes (cor, trompette, cornet a p., 
trombone a p.), tant6t allongent le tube (abais- 
sent le son) en etablissant une communication 
entre celui-ci et des tubes additionnels devenant 
parlie integraute du tube principal, lorsquele 
piston correspondant a ete enfonc£, tantot au 
contraire raccourcissent le tube en en condam- 
nant telle ou telle partie (comme c'est le cas 
dans les instruments a p. iNDfePENDANTS, si in- 
genieusement construits par Ad. Sax). Les p. 
ordinaires sont de simples cylindres performs 
de deux trous transversaux correspondant a 
des tubes de longueur differente et permettant 
a Tair de passer dans Tun ou Fautre, suivant 
que Ton enfonce ou pas le bouton du p. Une 
autre sorte de p., auxquels on donne plus exac- 
tement le nom de cylindres, ne differe des 
premiers que par la transmission du mouve- 
meiit, qui est vertical dans le p. ordinaire, tan- 
dis qu'elle est rotatoire dans le cylindre et 
necessite un mecanisme un peu plus compli- 
que. Dans Tun et Tautre cas, le retour a la po- 
sition normale se fait automatiquement, par un 
ressort place dans le cylindre. I/usage du p. a 
pour but de remplir chromatiquement les vides 
de Techelle harmonique naturelle des instr. de 
cuivre, but que Ton a poursuivi dans le trom- 
bone, depuis des siecles, au moyen des cou- 
lisses; dans les cors, partiellement, au moyen 
des sons « bouches » (v. ce mot), et dans le bugle, 
enfin, mais d'une fagon passagere, au moyen 
de trous et de clefs (comme dans les anciens 
« cornetti »). Les p. ont heureusement mis un 
termeatoutes ces complications. Les instr. a 
perce elroite ont maintenant toujours trois p., 
dont le premier abaisse le son d'un ton entier, 
le second d'un demi-ton, le troisieme d'un ton 
et demi ; Temploi simultan6 de deux ou de trois 
p. permet d'obtenir l'abaissement du son jus- 
qu'a un intervalle de quarte augmentee (toule- 
fois, tous les sons obtenus par l'emploi simul- 
tanede plusieurs p. sont legerement trop hauts, 
une defectuosit6 a laquelle remedie le systeme 
adopts par Ad. Sax, dont les p. ne peuvent etre 
combines, mais sont au nombre de six, ce qui 
complique, il est vrai, le mecanisme). Le ta- 
bleau suivant donne un apergu du r61e des p. 
(identique pour le cor, la trompette et tous les 
bugles, a l'exception des tubas); il est aise d'en 
d£duire le rile du quatrieme p. dans les tubas 
(bombardons, etc.). Gelui-ci abaisse le son d'une 
quarte juste ; il rempht par consequent, avec 
les trois autres p., 1'intervalle complet qui se- 
pare le son 2 du son 1 de Techelle naturelle 
(2 = «i, 1 = st bemol x , 8 = la \ 3 + 2 = la 
bhnol\ 4 = sol\ 4 + 2 = fa diese\ 4 + 1 = 
fa\ 4 -f 3 = mi\ 4 + 8 + 2=mt bhnol\k +8 
+ 1 - re\ 4 + 3 + 1 + 2 = ut diese*). 



Sons naturels : 
12 



11 



10 




gEfeE fc3rJp= «ESp=^iE^g= 



Pistons : 



:2E 



=**=**= 



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PITCH — PIXIS 
3 



627 



m 



: J. >J J 



*-+^i4fri jj 



3d: 



-+- 



3=*? 



^ 






^T-^H 






+ 



*«?«? 




¥ 

« 






(Suivant un usage ridicule, mais invet£r6, les 
sons notes en clef de fa sont ecrits une octave 
plus bas que ceux qui sont en clef de sol.) 



Pitch (anglais), hauteur des sons, accord ; p. 
— pipe, diapason A anche (tenant lieu de diapa- 
son m6tallique), 

Pitoni, Giuseppe-Ottavio, compositeur dis- 
tingue de l'ecole romaine, ne a Rieti le 18 mars 
1657, m. a Rome le 1« ttvr. 1743 ; fut d'abord 
eleve de Pompeo Natale, a Rome, enfant de 
chceur A « San Giovanni de* Fiorentini » et a 
< Santi Apostoli », puis Sieve de Foggia, pour 
le contrepoint. En 1673, il devint mattre de cha- 
pelle a Terra di Rotondo, plus tard A Assises, a 
Rieti et, en 1677, A St-Marc de Rome; il remplit 
ce dernier poste jusqu'a sa mort, tandis qu'il 
avait accepte, A cdte de cela, Tun apres Tautre, 
les postes de maltre de chapelle de « Sant'Apol- 
linare » et « San Lorenzo in Damaso » en 
1686, de St-Jean de Latran en 1708, et, enfin, de 
l'eglise St-Pierre, en 1719. H dirigea m£me, a 
cot6 de cela, les executions musicales d*une 
quantite de petites eglises de Rome. Comme 
tous les maltres de T6cole romaine. P. cultivait 
particulierement le style polyphonique a un 
grand nombre de voix. On n'imprima, de .son 
vivant, qu'un seul livre de motets a deux voix 
(1697) de sa composition, et ce n'est que r£cem- 
ment que Proske a fait connaltre, dans sa Mu- 
sica divina, deux Messes a quatre voix, six 
motets A quatre voix et trois autres morceaux. 
Mais le nombre des ceuvres de P. conservees 
en manuscrits est considerable. Notons en pre- 
mier lieu un Dixit A seize voix (quadruple 
choeur), chants chaque ann£e A Teglise St-Pierre 
pendant la semaine sainte, et les Messes : Li 
pastori a maremme, Li pastari a montagna 
et Mosca. P. a compose, en tout, plus de qua- 
rante Messes et psaumes A triple choeur (douze 
voix) et plus de vingt autres a quadruple chceur 
(seize voix), quelques psaumes et motets m6me 
A six et A neuf chceurs (vingt-quatre et trente- 
six voix), et il commencait, sur la fin de sa car- 
riere, A Scrire une Messe A quarante-huit voix, 
qu'il ne put cependant achever. En outre, P. a 
ecrit, pour l'6glise St-Pierre seulement, toute 
une s6rie annuelle de Messes, de v&pres, etc. 
et une quantity de motets, d'hymnes, etc. a huit, 
six, quatre et troix voix. Jamais P. ne laissait 
executer dans une eglise ce qu'il avait compose 
pour une autre ; ainsi s'explique naturellement 



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le fait que ses ceuvres ne furent pas imprimSes. 
P. fut aussi un eerivainde m6rite,ilestrauteur 
de : Notisie dei maestri di cappella si di Roma 
che oltramonlani... 1500-1700, ouvrage mal- 
heureusement manuscrit et conserve seulement 
au Vatican, car il est d'une grande valeur com- 
me source de renseignements historiques, ainsi 
que d ? un grand ouvrage th^orique : Guida ar- 
monica, dont 108 pages seulement ont 6te im- 
primees (probablement comme Spreuve), tandis 
que le reste parait avoir 6t6 perdu. Geronimo 
Ghiti a ecrit une biographie de P., qui est ce- 
pendant, elle aussi, restee manuscrite. Parmi 
les el&ves de P., il faut citer en premiere ligne 
Durante, Leo et Feo. 

Piu (ital.), plus, davantage; p. forte (plus 
fort), p. andante (c.-&-d. plus vite), etc. 

Piutti, Karl, n6 A Elgersburg, en Thuringe, 
le30 avr. 1846; excellent organiste, elSve du 
Conservatoire de Leipzig (1869) et, depuis 1875, 
professeur dans ce mfcme Stablissement; suc- 
c6da, en 1880, a Rust, comme organiste de Te- 
glise St-Thomas, A Leipzig egalement. P. s'est 
fait un certain renom, en tan t que compositeur 
pour orgue (six fantaisies en forme de fugue, 
op. 1 : huit preludes, op. 2 ; trois interludes, 
op. 3; cinq preludes de chorals, op. 4 ; cinq 
morceaux de genre, op. 6 ; Trauungssonate, op. 
9 ; Pfingstfeier, op. 16 ; dix improvisations sur 
des chorals, op. 15 ; douze morceaux, op. 10 et 
11); il a aussi ecrit: Regeln und Erlaute- 
rungen sum Studiurn der Musihtheorie. 

Piva, v. Steffani. 

Piva (ital.), syn. de cornemusc (pipe). 

Pixis, 1. Friedrich-Wilhklm, violoniste, ne 
A Mannheim en 1786, nomm6, en 1810, chef 
d'orchestre du Th&ttre municipal de Prague et, 
plus tard, professeur au Conservatoire de cette 
ville, m A Prague le 20 oct. 1842, et son frere : 
— 2. Johann-Peter, pianiste, ne a Mannheim 
en 1788 ; fit d'abord des tournees de concerts 
avec son frere, habita, des 1825, Paris et, d6s 
1845, Baden-Baden, ou il est mort le 22 d6c. 1874. 
Deux artistes distingues qui ont ecrit un cer- 
tain nombre d'oeuvres de musique de chambre 
estimables. Joh. -Peter P. a aussi fait repr^sen- 
ter, a Vienne, trois operas romantiques et une 
operelte (18*>0-1836). Une tille adoptive de Peter 

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628 



PIZZICATO — PLANTS 



P., Francilla Gcehringer, a joui de quelqae 
renom, A Munich, comme cantatrice d*op*ra 
(marine, en 1846, avec un Italien, Cavaliere Mi- 
nofrio). Un fils de Fr.-Wilh. P., Theodor P., 
n* a Prague le 15 avr. 1831, m. a Cologne le !•» 
aoftt 1856, *tait professeur de violon au Conser- 
vatoire de Cologne. 

Pizzicato (ital., pine*), pine* au moyen du 
doigt (instr. &cordes).Ce syst*me de production 
du son, propre aux instr. A cordes pinches 
(harpe,lutb, guitare, etc.), a *t* transport* en- 
suite, A partir du jour oil ces instruments ont 
tous disparu de Torchestre, A l'exception de la 
harpe, dans lejeu des instr. A archet. Toutefois, 
il ne faut point oublier que ces derniers instr. 
ne sont pas *tablis, au point de vue de la re- 
sonance, pour prolonger une sonorit* br*ve 
en elle-m*me (cf. ouies). 

Placido (ital.), tranquille, commode. 

Plaga, proti, deuteri, triti, tetrardi (grec-latin 
du moyen Age), c.-A-d. 2», 4«, 6* et 8 e mode ec- 
cl*siastique (v. ce mot); p. ou plagis (corruption 
de piagius ; gr. *\&yw\ pins tard, g*n*rale- 
ment plagalis) est l'oppos* de authentus (au~ 
thenlicus, «v& mx4 ),authentique. Les tonalites 
plagales ne sont au fond consid*r*es que 
comme des formes d*riv*es des tonalites au- 
thentiques, au m*me degr* que,chez les Grecs, 
les *cbelles d*sign*es au moyen du pr*fixe hypo, 
par rapport aux *cbelles fondamentales ; mais, 
tandis que les *chellesd*riv*e8 (A#po-) des Grecs 
sont une quinte au-dessous des fondamentales, 
les modes plagaux sont une quarte au-dessous 
des authentiques.Cf. ECCLfisiASTiQURetGRBCQUES. 

Plagal. Moos p., v. plaga. — Cadence pla- 
oale, c.-&-d. cadence form*e par la sous-domi- 
nante suivie de la tonique : S — T, °S — T, et 
°S — °T (cf. fongtions) ; son nom de p. lui vient 
des modes plagaux dans lesquels ce n'*tait pas 
le cinqui*me, mais bien le quatridme degr* qui 
occupait la place importante apr*s la fonda- 
mentale. 

Plaidy, Loois, eminent professeur de piano, 
n* A Hubertusburg, pr*s Wermsdorf, en Saxe, 
le 28 nov. 1810, m. A Grimma le 8 mars 1874 ; 
*leve de Agthe (piano) et de Haase (violon), A 
Dresde, s'est d'abord fait connaitre comme vio- 
loniste, et alia, en 1831, A Leipzig, oh il entra 
dans Forcbestre de Wunderlich. II donna des 
concerts comme violoniste, mais fit ensuite du 
piano son instrument principal et vouaune 
attention particuli*re A son enseignement, A 
l'*tude des principes techniques. A la fondation 
du Conservatoire (1842), P. fut engag* par Men- 
delssohn, comme maltre de piano ; il a fait par- 
tie jusqu'en 1865 de cet *tablissement, dans le- 
quel il a obtenu les plus beaux r&sultats p*da- 
gogiques. En outre, il donna, pendant les der- 
ni*res ann*es de sa vie, des lemons particuli*res, 
A Leipzig. Les Technische Studien fUr das 
Pianoforte (surtout la 8« *d., augment*e), qui 
d*passent les € Materialen, etc. > de Knorr en 
profondeur et en richesse, forment un excellent 
ouvrage d'enseignement et ont trouv* beau- 
coup d'imitateurs. P. a *crit, en outre, une bro- 
chure : Der Klavierlehrer (1874). 



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Plain-chant (lat. cantus planus), nom que 
Ton donne parfois au chant gr*gorien (v. ce 
mot) et qui s'explique par le fait que ce dernier 
perdit petit A petit, au cours des si*cles, ses 
*l*ments rythmiques primitifs ; au xn* s. d*j&, 
le chant gr*gorien n'*tait plus qu'une succession 
monotone de sons d'*gale duree. On d*signe 
sous le nom de plainchantistes les musicolo- 
gues qui s'occupent plus parliculierement de 
rhistoire ou de la th*orie du p. 

Planquette, Robert, compositeur d*op*ras, 
n* A Paris le 21 juiL 1840 ; fut un certain temps 
*l*ve du Conservatoire, mais n'obtint aucune 
distinction. II se fit appr*cier d'abord dans des 
romances, mais s* essay a bient6t au th*£tre dans 
le genre de lamusiquel*g*re; il a *crit, de 1873 
A 1892, seize petits op*ras-comiqueg etop*rettes, 
entre autres : Le serment de M m * Gr&goire, PaUie 
davoine, Les cloches de Corneville (1877), Le 
chevalier Gaston (1879), Les voltigeurs de la 
XXX/i(18K)), La cantiniere. Rip van Win* 
hle (1882), Nell Gwywne (1884, aussi sous le 
titre de Colombine), La cr&maiUerie (1885), 
Surcouf (1887), The old guard (angL, Liver- 
pool et Londres, 1887), La cocarde tricolore 
(1892). 

Plantade, 1. Charles-Henri, compositeur, 
n* A Pontoise le 19 ocU 1764, m. a Paris le 18 
d*c. 1839; s'est d'abord fait connaitre comme 
compositeur de romances, puis devint, en 1797, 
maltre de chant A l'institut Campan, A St-Denis, 
oil la future reine de Hollande, Hortense Beau- 
harnais, fut son *l*ve. Cette derni*re l'appela 
plus tard A sa Cour, comme maitre de chapelle, 
et il resta aussi, en 1810, apr*s l'abdication du 
roi, directeur de musique de ce dernier, a Paris, 
jusqu'en 1815. P. avait *t*, d*jd en 1802, en- 
gag* comme maitre de chant au Conservatoire, 
mais il avait abandonn* ce poste pour aller en 
Hollande. En 1812, il devint chef de chant et 
r*gisseur d*op*ra A l'Op*ra et, en 1813, aussi 
membre du jury d f admission des nouveaut*s. 
En 1816, P. fut de nouveau engag* (jusqu'en 
1828) comme maltre de chant au Conservatoire, 
qu'on veuait de rouvrir (« Ecole royale de 
chant et de d*clamation »), et succeda en m*me 
temps A Persuis, comme chef de Torchestre 
royal. La r*volution de 1830 lui fit perdre ses 
places; il se retira en maugr*ant aux Bati- 
gnolles et ce fut quelque temps seulement avant 
sa mort qu'il revint A Paris. Outre une dizaine 
d'op*ras pour divers th*&tres parisiens, P. a 
*crit des Messes, des motets, un Requiem, un 
Te Deum, etc. pour la Chapelle royale. On a 
grav* de lui les partitions des op*ras : PaJLma 
et Le mari de circonstance, une sonate pour 
harpe, vingt recueils de romances et trois re- 
cueils de nocturnes A deux voix. — 2. Charles- 
Francois, fils du precedent, n* A Paris le 14 
avr. 1787, m. dans la m&me ville le 26mai 1870 ; 
*tait employ* superieur au minisiere de la mai- 
son imp*riale et a celui des beaux-arts. D s'est 
fait un nom comme compositeur de romances 
et fut, en 1828, Tun des fondateurs des Concerts 
du Conservatoire. 

Plant*, Francis, pianiste distingu*, n* a Or- 

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PIATANIA — PLEIN-JEU 



629 



thez (Basses-Pyrenees) le 2 mars 1839 ; entra, A 
la fin de 1849, dans la classe de piano de Mar- 
montel, au Conservatoire de Paris, ou il rem- 
portait, deja au bout de sept mois, le premier 
prix et fut aussitot choisi par Alard et Franc- 
homme, comme pianiste de leurs soirees de 
trios. Plus tard (1853), il suivit encore un cours 
d'harmonie et de realisation de la basse chif- 
fr6e, dans la classe de Bazin. P. se retira com- 
pletement, pendant dix ans, du monde musical ; 
il reparut enfin, pianiste de premier rang, apres 
avoir entierement dereloppe sa technique et 
son style, dans la retraite qu'il s'etait imposee 
dans sa patrie. En tant que compositeur, P. ne 
s'est fait connaitre que par des ceuvrettes pour 
piano et des arrangements adroits pour le meme 
instrument. 

Platania, Pibtro, directeur du Conservatoire 
de Palerme (depuis 1863), ne a Catane le 5 avr. 
1828; auteur de plusieurs operas (Spartaco, 
1891), d'une symphonie funebre A la memoire 
de Pacini, d'une symphoniede fete avec choeurs, 
a Toccasion du voyage solennel du roi Hum- 
bert (1878) et d'un traite du canon et de la fugue 
(1872). 

Platel, Nicolas-Joseph, violoncelliste remar- 
quable, pedagogue et compositeur pour son 
instrument, ne A Versailles en 1777, mort A 
Bruxelles le 25 avr. 1835 ; eleve de L. Duport et 
de Lamare, entra, en 1796, A Torchestre du 
Theatre Feydeau, mais suivit, en 1797, une can- 
tatrice A Lyon. En 1801, il rentrait a Paris dont 
il passait pour le meilleur violoncelliste, mais 
ne fit aucune demarche pour trouver une place. 
En 1805, P. entreprit une tournee de concerts 
et resta A diverses reprises, pendant des an- 
nees, dans des villes de second ordre, jusqu'a 
ce qu'enfin, en 1813, la place de premier violon- 
celle a TOpe>a d'Anvers lui fut offerte. En 
1824, il alia remplir le meme poste A Bruxelles, 
ou il devint en meme temps maitre de violon- 
celle A TEcole royale de musique (portant le 
titre de Conservatoire, depuis 1831). Servais, 
Batta, Demunck et d'autres sont sortis de ses 
classes. P. a publie : cinq concertos, trois so- 
nates, huil themes avec variations, des roman- 
ces, des caprices, etc. pour violoncelle, trois 
trios pour instr. a archet et six duos pour vio- 
loncelle et violon. 

Platon, le grand philosophe grec, eleve de 
Socrate et maitre d'Aristote, ne en 429, m. en 
347 av. J.-C, accordait une haute valeur A la 
musique, ainsi qu'il ressort, par ex., d'un pas- 
sage du « Timee » § 47, ou il dit que les mouve- 
ments (Qspxii musicaux sont analogues aux 
mouvements de Vdme humaine (faryyeinTt), en 
sorle que la musique n'est pas un simple di- 
vertissement sans esprit [$ov* uXoyog^ mais 
est plutot destinee A l*6ducation harmonieuse 
de YAme et A Fapaisement de ses douleurs iwn 
rr,v yzywvTxv h jj/uiv xvUpvlgo'tw il>v%»i* irioioSov 
iU xxTXxirfJi.via'tif xxl ovjuLQtovixv ixvr^ c-vjul/ax- 
X^j- ^es passages les plus importants de Pla- 
ton, sur la musique, ont ete rassembles par 
Deyk, dans un article plein d*inte>et de la 



«CaBcilia» VEI, 69 et suiv. (1828) de Gottfried 
Weber. Pour ce qui concerne les celebres nom- 
bres harmoniques, dans le « Timee », cf. Th. 
H.-Martin, Etudes sur le « Timte » de P. (1841, 
2 vol. ), ainsi que R. Westphal, Harmonik y p. 
135 et suiv., et K. von Jan, Die Harrnonie der 
Spharen ( « Philologus » , vol. 52). P. est, en 
r£alite, le fondateur d'une philosophie logique 
et coordonnee des arts (esth6tique), mais il en a 
re^u les id&es, ainsi que la methode, de son 
grand maitre Socrate. 

Playford, John, musicien anglais et, depuis 
1648, editeur de musique, n£ en 1623, m. a Lon- 
dres en 1693 ; a public : de Hilton, Catch that 
catch can. Select musicaU ayres and dialogues 
et Musicks recreation on the lyra-violl (tous 
en 1652) ; Breefe introduction tho the skill of 
musick (1654; extrait des ouvrages th6oriques 
de Morley, Buttler et d'autres ; 8« ed. 1679, avec 
adjonction de Tfie art of discant or composing 
music in parts, par Campion ; la 12« ecL, cor- 
rig6e par H. Purcell, qui remplaga l'essai de 
Campion par une propre dissertation) ; puis une 
collection de psaumes a trois voix : Whole booh 
of psalms, with the usual hymns and spiri- 
tual songs (1673), etc. ; des psaumes A quatre 
voix : Psalms and hymns in solemn musich 
(1671) ; 6 hymns for 1 voice to the organ (1671); 
The musical companion (1673) et Choice ayres 
and dialogues (5« vol., 1685). — Ce fut son tils 
Henry P. (n6 le 5 mai 1657, m. vers 1710), qui 
continua le commerce de musique ; il publia 
entre autres(en collaboration avec Robert Carr): 
The theater of music (1685) ; Orpheus Briton- 
nicus (1698-1702) ; Amphion Anglicus (1700) ; 
puis dix sonates de Purcell et le Te Deum and 
Jubilate, pour le jour de la Ste-Cecile (1797), 
ainsi que YOde de Blow sur la mort de Purcell. 

Plectre (gr. plectron ; lat. plectrum), petite 
lamelle d'6caille, d'ivoire, de bois ou de metal 
dont on se servait pour pincer les cordes de la 
cithare et que les mandolinistes emploient en- 
core de nos jours, sous le nom de mSdiateur. 
On donne aussi parfois ce nom A Yanneau de 
la cithare actuelle, et il servait A designer, au 
siecle passed les petits marteaux du tympanon 
(pantaleon) et les baguettes des instr. a percus- 
sion. 

Plein-jeu (fourniture, ou mixture ; lat. mix- 
tura, regula mixta ; Hal. ripieno, accordo; esp. 
lleno; all. Mixtur ; angl. mixture ou fourni- 
ture; noil, mixluur), le plus usuel de tousles 
jeux mixtes de l'orgue, compose dans la regie 
seulement d'octaves et de quintes, mais com- 
prenant parfois aussi une tierce ou meme une 
septieme (le grand orgue du couvent Oliva, par 
ex., a un p.-j.&six rangs, comprenant une tierce 
et une septieme). Les p.-j. portaient autrefois 
un grand nombre de tuyaux sur marche : on 
en trouve de huit, douze, vingt et vingt et un 
rangs au couvent Weingarten, voire meme de 
vingt-quatre rangs A Teglise Sle-Marie (1585) de 
Dantzig ; il va sans dire qu'alors le meme son 
etait represents par plusieurs tuyaux. On a 
adopte actuellement le chiffre de trois tuyaux 
sur marche comme minimum, celui de six com- 



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630 



PLEYEL — PLIQUE 



me maximum ; les p.-j. de cette sorte doivent 
m6me, eux aussi, repeter k l'aigu, c.-£-d. qu'ils 
fournissent, pour les octaves aigues, des har- 
moniques relati vement plus bas que ceux des 
octaves graves (un p.-j. k trois rungs donne 
g^neralement pour la touche ut x f les sons td 3 
soP u* 4 , par contre il donne pour uP 9 non pas 
ut» sol* utfi % mais u** sol* wt 6 , etc.). Ou construit 
aussi des p.-j. qui ont moins de tuyaux sur 
marche dans la region la plus grave et dans la 
plus aigue que dans la region moyenne. On ne 
pent faire usage du p.-j. que lorsque beaucoup 
d'autres jeux parlent deja; il convient m£me 
d'ajouter que. donnantg6n£ralement (du moins 
dans la region grave) comme son le plus grave 
la double octave du son fondamental , il pre- 
suppose Femploi de jeux d'octave et de quinte. 
Laiegende d'apres laquelle le p.-j. aurail 6t£ le 
plus ancien jeu de l'orgue est depuis longtemps 
rSfutee; par contre, il est tr&s probable que, 
dans le coiirant du xn* et du xni # s. encore, les 
orgues n'avaient pas diflfcrents registres et que 
tous les tuyaux qui correspondaient k une 
m6me touche parlaient toujours simultan^ment. 
Pleyel, 1. Ignaz-Joseph, compositeur tr^s fe- 
cond qui eut un temps de grande vogue, n6 k 
Buppersthal, pr6s Vienne, le l ap juin 1757, m. 
dans son domaine, prds de Paris, le 14 nov. 1831; 
vingt-quatrieme enfant d'un pauvre maitre d*e- 
cole, il perdit sa mere k sa naissance. Celle-ci 
dtait d'une famille tr6s noble (mais desherit&e k 
cause de sa mesalliance), d'od il est peut-etre 
r6sulte que P. trouva de bonne heure des pro- 
tecteurs qui lui firent donner une excellente 
Education musicale. Jusqu'a sa quinzieme an- 
n6e, P. eut Wanhal comme maitre, a Vienne ; 
mais le comte Erdody s'occupa ensuite du 
jeune homme et le mit, pendant cinq ans, en 
pension chez Haydn, qui lui enseigna la mu- 
sique contre une retribution annuelle de cent 
louis d'or. En 1777, le comte prit le jeune P. 
comme maitre de chapelle, mais lui fournit, se- 
lon son desir, les moyens necessaires k un 
voyage d'etudes en Italie, oil il resta quatre an- 
nees et entra en relations avec les plus remar- 
quables compositeurs, chanteurs, etc* italiens; 
en 1781, il revint, mais pour repartir bientdt 
pour Rome. Des lors, P. ne retourna plus k 
Vienne, mais prit, en 1788, la place de maitre 
de chapelle suppleant k la cathedrale de Stras- 
bourg, et devint premier maitre de chapelle en 
1789, place qu'il perdit du reste k la Revolu- 
tion (qui supprimait, comme on le sait, la 
religion). En 1792, la societe des « Pro- 
fessional Concerts » le fit venir k Londres, 
pour y diriger quelques nouvelles symphonies, 
avec l'espoir de faire concurrence k celles de 
Haydn (dans les « Salomon Concerts » ); P. fit 
son possible et le succes fut satisfaisant (cf. 
Haydn). En 1795, P., dont les oeuvres, parues 
en grande quantite dans la periode de 1788 k 
1798, etaient la marchandise la plus debitee du 
marche musical et flattaient absolument le goftt 
de la foule, se fixa a Paris, oil il fonda un com- 
merce de musique, dans lequel il vendait ses 
propres compositions. II devint peu k pen ab- 



solument homme d'affaires, fonda aussi une 
fabrique de pianos et cessa finalement tout a 
fait de composer. H passa les dernieres annees 
de sa vie dans une propriety pres de Paris, 
s'occupant k l'occasion d'agriculture. Les trou- 
bles de la Revolution de juillet ruinerent d6fi- 
nitivement sa sant6 chancelante. Les oeuvres 
grav6es de P. sont : 29 symphonies poor or- 
chestra, 45 quatuors pour instr. k archet (12 
qui, k en croire Onslow, etaient les meilleurs, 
n'ont pas ete graves), un septuor pour quatuor 
d'instr. k archet, deux cors et contrebasse, un 
sextuor pour instr. k archet (avec contrebasse), 
cinq quatuors pour instr. k archet, des trios et 
des duos pour instr. k archet, des trios avec 
piano, deux concertos pour piano et quatre pour 
violoncelle,des morceaux concertants pour deux 
violons, pour violon et alto et d'autres combi- 
naisons, douze sonates pour piano, etc. Un 
grand nombre d'oeuvres, pubises sous son nom, 
ne sont que des arrangements des ceuvres origi- 
nates dejd indiquees. P. s'entendait k exploiter 
le public el ecrivait legerementet couramment; 
ce qui lui manqua, ce fut un effort personnel 
vers un but eieve, une idee vraiment serieose 
de l'essence de l'art.— 2. Camillb, fils du prece- 
dent, ne k Strasbourg le 18 dec 1788, m. k Pa- 
ris le 4 mai 1855; a ecrit aussi une serie d'oeu- 
vres instrumentales. dans le genre de celles de 
son pere, mais s'est surtout fait un nom par la 
fabrique de pianos qui atteignit sous sa direc- 
tion une grande prosperite, fabrique qu'il a di- 
rigee un certain temps en compagnie de Kalk- 
brenner. L'heritier de son commerce est Au- 
guste Wolff (raison sociale:P.-WoLFF et C"). 
— 8. MARTK-FfeLicrrft-DENiSEfc epouse du pre- 
cedent, remarquable pianiste, nee k Paris le 
4 sept. 1811, m. k St-Josse-ten-Noode, pres 
Bruxelles, le 80 mars 1875. Sous son nom de 
jeune fille, M»* Moke (Mooke), elle etait dfyk 
une virtuose renommee (616ve de Jacques Herz, 
Moscheles et Kalkbrenner); mais elle fut pous- 
see plus avant encore par le goflt deiicat de 
son mari, ainsi que par les conseils de Thai- 
berg, de Liszt, etc. Elle fut, de 1848 k 1872, 
professeur de piano au Conservatoire de 
Bruxelles. 

Plique (lat. plica, c.-£-d. pli), Tune des figu- 
res les plus importantes de la notation neuma- 
tique ( v. neuhes ), indiquait une succession 
ascendante ou descendante de deux sons (plica 
ascendens, plica descendens). La p. seule passa 
de la notation neumatique dans la notation 
proportionnelle ; elle resta en usage, avec une 
signification un peu differente (celle d'un dou- 
ble, a peu pres), jusque dans le courant du 
xiv« s., puis disparut, apr&s avoir repris mo- 
mentanement sa signification premiere. La p. 
se rencontrait tantdt seule, tantdt a la fin d'une 
ligature (v. ce mot), sous la forme d'un trait 
(cavda) ascendant ou descendant; elle avail 
une certaine importance au point de vue de la 
notation des derniers sons de la ligature, en ce 
sens que 1'imperfection d'une ligature pourvoe 
d'une p. devait toujours s'indiquer au moyen 
d'une figure oblique. Apres la suppression de 



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PLUDDEMANN 



POHL 



631 



la p., la note finale de la « ligature ascendante 
parfaite » prit la forme de l'ancienne note pour- 
vue d'une p. de la meme ligature. On peut trou- 
ver d'autres details sur la p. dans Riemann, 
Studienzur Geschichte der Notenschrift (p. 126- 
136 et p. 250 et suiv.)- 

Pluddemann , Martin, ne a Golberg le 29 
sept 1854, m. a Berlin le 8 oct. 1897 ; eleve du 
Conservatoire de Leipzig, fut quelque temps 
chef d'orchestre k St-Gall, puis encore eleve de 
Hey, k Munich, pour le chant En 1887, il di- 
rigeait la « Singakademie » de Ratibor, et il est 
depuis 1889 maitre de chant a TEcole de mu- 
sique de Styrie, k Graz. P. a ecrit des lieder, 
des ballades, des chceurs et un certain norabre 
de brochures, defendant les principes de Fecole 
ivagn6rienne. 

Plutarque, ecrivain grec, ne a Cheronee (Beo- 
tie), en Tan 50 apres J.-C, m. dans la meme 
ville en Tan 120; ecrivit, outre ses celebres bio- 
graphies paralleles de generaux et de chefs 
gTecs et romains, un certain nombre d'etudes 
detachees que Ton reunit a d'autres, non au- 
thentiques, sons le nom de Moralia; parmi 
ces ecrits, il en est un : De Musica que R. 
Westphal (v. ce nom) a publie k part, en 1865, 
avec une traduction allemande et un commen- 
taire tres habile. 

Pneumatique, c-a-d. la force du vent (gr. 
arnica), joue un grand role dans la facture 
moderne de Torgue. non seulement pour faire 
parler les tuyaux, mais encore pour mettre en 
jeu le mecanisme. La premiere application de 
ce procede est connue sous le nom de levier 
pneumatique, ingenieux systeme invente vers 
1832, par Forganier anglais Barker, pour faci- 
liter le jeu des instruments de grandes dimen- 
sions; de petits soufflets cuneiformes recoivent 
Tair comprime de la laie, aussitdt que Ton 
abaisse la touche correspondant k chacun 
d'eux, et leur table superieure, en Relevant, met 
en mouvement tout le mecanisme qui ouvre les 
tuyanx. II va sans dire que chaque touche aura, 
dans ce systeme, son levier special; tout effort 
est ainsi supprime pour Torganiste. On a, en 
outre, adapte recemment le systeme p. pour le 
tirage des registres, ou surtout des pedales 
d'appel et du crescendo (v. ce mot). — Un autre 
systeme p. a tubes, tout different du precedent, 
a ete adapte pour la premiere fois, par E. 
Reubke (v. ce nom), a l'orgue de la « Stadthalle » 
de Crefeld ; supprimant tout le mecanisme in- 
termediate, ce systeme, applique depuis a un 
grand nombre d'instruments, est combine de 
facon a ce que l'enfoncement de la touche ou le 
tirage du registre ouvre directement la soupape 
correspondante, au moyen de l'air comprime. 
Enfin, on a tente,a diverses reprises, de combi- 
ner le levier pneumatique et l'electricite, une 
premiere fois, en 1868, k l'orgue de St-Augustin, 
a Paris, plus tard, avec d'importants perfection- 
nements, k l'orgue de Teglise reformee, a 
Lyon (1884) ; ce dernier systeme electro-p., 
invente par Schmoele et Mols, a Philadelphie, a 
ete applique, depuis lors, a un certain nombre 
d'instruments. 



Pochette (angl. hit), petit violon, accorde en 
ut 3 soP r£* 9 dont les anciens maitres de danse 
faisaient usage dans leurs lecons. 

Poco (ital.), un peu; p. largo, p. forte (pf) 9 
etc.; mais aussi «peu», c.-A-d. pas beaucoup 
forte); p. a p., peu a peu: ten pochettino, 
fort peu. 

PoBlchau, Georg, ne k Gremon, en Livonie, 
le 5 juil. 1773, m. k Berlin le 12 aout 1836; vecut 
longtemps k Hambourg, ou il acquit la succes- 
sion de Ph.-E. Bach et le reste de I'ancienne 
bibliotheque d'operas de Hambourg (entre au- 
tres une serie d*operas de Reinh. Keiser), mais 
transporta son domicile, en 1818, a Berlin. II 
devint, en 1833, bibliothecaire de la « Singaka- 
demie • . Sa riche bibliotheque musicale fut 
achetee, apres sa mort, en grande partie par 
la Bibliotheque royale de Berlin et le reste par 
la « Singakademie ». 

Poenitz, Franz, ne a Bischofswerda (Prusse 
orientale), le 17 aout 1850; etudia d'abord le 
violon aupres de son oncle, Heinrich P., a 
Berlin, puis la harpe aupres de Louis Grimm 
et debuta dejA en 1857, comme soliste, aux con- 
certs de Bilse. L'annee suivante, il devint mem- 
bre de Torchestre Kroll, puis apres une tournee 
de concerts couronnee de succes, il fut nomme, 
en 1866, harpisle de TOrchestre royal et, en 
1891, virtuose de la chambre. P. a publie des 
compositions pour harpe, un quatuor pour 
instr. a archet, un opera : Kleopatra, une sym- 
phonietta pour violon, violoncelle et harmo- 
nium, etc. 

Pohl, 1. Karl-Ferdinand, ne a Darmstadt le 
6 sept. 1819, ville ou son pere etait musicien de 
la Cour, m. k Vienne le 28 aout 1887; alia en 
1841 a Vienne, oil S. Sechter devint son maitre. 
De 1849 k 1855, il fut organiste a Vienne, puis 
vecut, de 1863 a 1866, a Londres ou il a fait des 
recherches approfondies sur le sejour de Mo- 
zart et de Haydn dans cette ville; en 1866, il 
il devint archiviste et bibliothecaire de la « So- 
ciete des amis de la musique », a Vienne. P. a 
publie le result at de ses recherches k Londres 
dans un ouvrage : Mozart und Haydn in Lon- 
don (1867; deux vol.); comme suite a ceci (Otto 
Jahn lui-meme Tengagea a cette publication), 
il entreprit une biographie complete de Haydn, 
dont il n'a malheureusement termine que deux 
tomes (1875, 1882). La suite en a ete reprise par 
E. von Mandyczewski, sur les donnees laissees 
par P. II faut noter parmi les autres ecrits du 
meme auteur : Zur Geschichte der Glashar- 
moniha (1862; le pere de Pohl etait un vir- 
tuose sur cet instrument) et Die Gesellschaft 
der Musikfreunde.... und ihr Konservatorium 
(1871, une esquisse historique de valeur). — 2. 
Richard, ne k Leipzig le 12 sept. 1826, m. a 
Baden-Baden le 17 dec. 1896; etudia les scien- 
ces naturelles au polytechnicum de Carlsruhe, 
puis la philosophie et la musique a Gottingue et 
k Leipzig; apres avoir enseigne quelque temps 
a Graz, il elut domicile en 1852 k Dresde et en 
1854 k Weimar, ou il entra en relations suivies 
avec Liszt, publia avec F. Brendel, de 1856 
a 1860, les Anregungen fur Kunst und Wis- 



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632 



POHLE — POLIDORK 



senschaft et prit part a la redaction de la « Neue 
Zeitschrift fur Musik »; apres le depart de Liszt 
de Weimar, il se retira k Baden-Baden (1864) 
ou il a dirig6 le Badeblatt. P. fut un zele par- 
tisan de l'ecole musicale neo-allemande et, 
comme lei, il a ecrit de nombreuses brochures et 
divers articles, dans des journaux spexiaux (au- 
trefois sous le pseudonyme de Hoplit). Les Merits 
de P. sont : Ahustische Brief e fUr Musiker 
und Musikfreunde (1853), Baireuther Erin- 
nerungen (1877), Autobiographisches (1881), 
Richard Wagner (1883, dans la collection 
de Waldersee), Richard Wagner ', Studien und 
Kritiken (1883), Franz Liszt (1883), Hehtor 
Berlioz, Studien und Erinnerungen (1884), 
Die Htih&nzuge der musikalischen Enticicke- 
lung (1888); il a encore traduit en allemand les 
oeuvres litteraires completes de Berlioz (4 vol., 
1864; 2* 6d. en preparation). P. fut poeteaussi 
(comSdie : Musikalische Leiden [1856], Podsies 
[1859; 2* ed., 1883]); il a ecrit des vers destines 
k enchalner les morceaux du Manfred, de 
Schumann, et du PromMhte, de Liszt. Lui- 
meme a compost de jolis lieder (op. 1, la bal- 
lade : Nordlicht; op. 2, les ballades : M&dchen 
und Sturm ; op. 4, 5, 6, 10, 12 [chant de Mi- 
gnon], ainsi qu'un melodrame : Die Wallfdhrt 
nach Kevelaar, un Abendlied (reverie pour or- 
chestra d'instr. a archet), Wiegenlied (nocturne 
pour piano et violon), In der Nacht (quatre 
voix d'hommes avec piano) et deux morceaux 
de salon pour violoncelle et piano.— Sa femme, 
Johanna (Eyth), nee k Carlsruhe en 1824, m. a 
Baden-Baden le 25 nov. 1870, 6tait une remar- 
quable harpiste et fut engagee k Weimar, et 
plus tard a Carlsruhe. 

Pohle, D p Ghrist.-Friedr., maitre de musi- 
que et critique musical a Leipzig, ne en 1800, 
m. k Leipzig le 14 oct. 1871. 

Pohlenz, Christian -August, ne k Salgast 
(Basse-Lusace), le 3 juil. 1790, m. k Leipzig le 10 
mars 1848; devint organiste de Teglise St-Tho- 
mas k Leipzig et, en 1827, directeur des concerts 
du « Gewandhaus », jusqu'4 la nomination de 
Mendelssohn (1835) apres laquelle il conserva 
cependant la direction de la « Singakademie ». 
II prit en 1842, par interim, les fonctions de 
cantor k Tecole St-Thomas. A la fondalion du 
Conservatoire par Mendelssohn, P. fut charge 
de Tenseignement du chant, mais il mourut 
avant son entree en fonctions. Parmi les lieder 
de P., quelques-uns sont devenus tres populai- 
res en Allemagne, surtout : Auf, Matrosen, die 
Anker gelichtet; on trouve des choeurs pour 
voix d'hommes, de sa composition, dans la col- 
lection Orpheus. 

Poi (ilal.), ensuite, puis; Scherzo da capo e p. 
la coda = repeter le scherzo et passer ensuite 
(en sautant le trio) k la coda. 

Point, signe dont on fait usage, de nos jours, 
de diverses manieres : — 1. au-dessus ou au- 
dessous de la note, comme indication du stac- 
cato ; — 2. a droitede la note, comme indication 
de prolongemcnt de la note de la moitie de sa 

valeur, ex. : ^j. = <~ ou J^ = 4 J\ etc.; 



un second point, Ala suite du premier, prolonge 
encore la note de la moitie de la valeur du pre- 
mier point, ex. : '•• = A J J^ . Mais 

avant Tadoption de la barre de mesure (vers 
1600), le p. pouvait avoir plusieurs significa- 
tions differentes : lorsqu'il y avail mesure par- 
faite (mensura perfecta), il etait ou bien « p. de 
perfection » (punctum perfectionis), si la note 
pourvue du p. £tait designee comme ternaire 
( ex. la breve dans le tempus perfectum), ou 
bien ip. de division » (punctum divisionis, 
divisio modi), s'il separait des notes de courte 
duree, de facon & ce qu'elles ne puissent etre 
conBid^rees, dans leur totalite, comme formant 
une perfection. Dans les deux cas, le p. remplis- 
sait alors le meme r<Me que notre barre de me- 
sure qui est notoirement issue soil du punctum 
perfectionis, soit du punctum divisionis. Lors- 
qu*il y avaitme8nre imparfaite (mensura im- 
perfecta), le p. avait, en tant que « p. d'addition » 
(punctum additionis)\e sens qu'il rev£t exclusi- 
vement de nos jours. 

Poise, Jean- Alexandre-Ferdinand, ne" a Ni- 
mes le 3 juin 1828, m. a Paris le 13 mai 1892; 
eleve du Conservatoire de Paris, ecrivit douze 
operas-comiques et ope>ettes pour Paris (Joli 
Gilles, 1884 \L amour mouille, etc.), ainsi qu'un 
oratorio : Cdcilie (Dijon, 1888). 

Poisot, Charles-Emile, ne k Dijon le 7 juil. 
1822; pianiste-compositeur et 6crivain musical, 
eleve de Senart, L. Adam, Stamaty, Thalberg, 
Leborne, et, au Conservatoire (1844), de Ha- 
16vy. II est Tun des fondateurs de la « Society 
des compositeurs » de Paris et, depuis 1868, di- 
recteur du Conservatoire de Dijon cr66 par lui, 
en meme temps qu'une grande societe de con- 
certs. II a ecrit plusieurs petits operas, puis 
des oeuvres de musique de chambre, des 
morceaux de musique d'eglise, une cantate : 
Jeanne dArc, etc., ainsi que des articles his- 
toriques pour des journaux speciaux et des 
traites d'harmonie et de contrepoint. 

Poiszl, Johann-Nepomuk, Freiherr von, ne 
a. Haukenzell (Baviere) le 15 fevr. 1788, m. a 
Munich le 17 aout 1865; etait en cette derniere 
ville intendant de musique de la Cour royale 
et chambellan. Auteur d'une serie (quatorze) 
d'operas, en partie serieux, en partie comiques 
(1806 k 1843, a Munich) et d'un oratorio : Der 
Erntetag, du Psaume XCV pour soli et choeur, 
de deux Miserere, d'un Stabat Mater (k huit 
voix), etc. 

Polacca (Hal.), c.-a-d. polonaise. 

Polidork, Federigo, depuis 1874 maitre d'es- 
thetiqne et d'histoire de la musique au Conser- 
vatoire de Naples (« Real Collegio di S. Pietro 
a Majella»), ne a Naples le 22 oct. 1845, recut 
pour le piano et le chant Tenseignement de son 
pere (Giuseppe P., professeur de chant au Con- 
servatoire) et, pour la theorie, celui de Lillo et 
de Claudio Conti. P. s'est fail connaltre a Naples, 
comme un excellent historien et estheticien, par 
une serie d'interessantes conferences dans les 
societes de musique Cesi et Bellini, ainsi que 
dans 1' « Associazione di mutuo soccorso fra gli 



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POLKA — POLLINI 



633 



Scienziati, Letterati ed Artisti • (Association de 
secours mutuels pour les savants, ecrivains et 
artistes); il doit aussi sa reputation a sa colla- 
boration a la « Gazetta musicale » de Milan 
(sous le pseudonyme Acuti) et, comme critique 
musical, au ■ Giornale napoletano di fllosofia e 
lettere ». Ses travaux les plus importants sont 
des etudes a la foisbiographiqueset esthetiques 
sur Beethoven, Mozart, Mendelssohn, Wagner 
(musicista, filosofo, poeta), Cimarosa, Rossini, 
Gounod, Herold (« Pr6 aux Glercs »), Verdi et 
d'autres, des cours complets sur Testhetique 
musicale, des Etudes surl'histoire de la musique, 
Dei pretest porlenti delta musica antica, etc. 
Gomme compositeur, P. s'est adonne a la musi- 
que d'eglise et & celle de chambre;cependant ses 
compositions n'ont, de meme que ses ecrits, 
paru que pour la plus petite partie a l'impres- 
sion. 

Polka, danse tournee moderne bien connue, 
issue de Tancienne ecossaise ; Tanalogie de ce 
nom avec polacca et polonaise est tout a fait 
fortuite (le nom de p. apparut vers 1830, en 
Boheme). Le mouvement de p. est assez rapide, 
quoique beaucoup plus moder6 que celui du 
galop (v. ce mot). La p. se danse de la facon 
suivante (g. = gauche ; d. =z Jdroit) : 

2 d. g. d. g. g. d. g. d. 

Tpittfiicir 

Polko, Elisk (n6e Vogel), ecrivain et poete, 
nee A Leipzig le 81 janv. 1823 sceur du voya- 
geur africain bien connu Vogel. Douee d'une 
jolie voix de mezzo-soprano, elle vouiait faire 
des etudes decant a trice scenique et travailla, sur 
le conseil de Mendelssohn, chez Garcia, a Paris ; 
elle monta aussi sur la scene, a Francfort s/M., 
mais epousa un fonctionnaire de l'administra- 
tion des chemins de fer, P.,etabandonnases pro- 
jets. Elle a vecu depuis lors a Minden, plustard 
& Wetzlar, et maintenant & Wiesbaden. Tous 
ses romans, nouvelies, etc., trahissent un gout 
special pour la musique et unereelle intelligence 
musicale, mais appartiennent aux soi-disant 
lectures pour dames, c-d-d. qu'ils sont d'un 
ton reveur et doucereux. Sont specialement 
consacres & la musique : Musikalische Mar- 
chen (1852, trois vol. ; souvent reeditS); Faustina 
Hasse (roman, 1860, deux vol.; 2« ed., 1870); 
Die Beltleroper (1864, trois vol.) ; Alte Herren 
(1866, les six predecesseurs de Bach au canto- 
rat de St-Thomas) ; Verklimgene Akkorde 
(1868; 3* ed.,1873) ; Erinnerungen an F. Men- 
delssohn-Bartholdy (1868) ; Niccolo Paganini 
und die Geigenbauer (1876, aussi en italien); 
Vom Gesang (1876); Aus der Kunstlervoelt 
(1878); Die Klassiker der Musik (Handel, 
Bach, Gluck, Mozart, Haydn, Beethoven ; 1880), 
ainsi que beaucoup d'arlicles pour des periodi- 
ques musicaux ou autres. 

Pollarolo, 1. Carlo-Francesco, ne a Brescia 
en 1653, m. a Venise en 1722: eleve de Legrenzi, 
devinten 1665 chantre de la chapelle de l'eglise 
St-Marc, en 1690 organiste du second orgue et, 
de 1692 jusqu'a sa mort, deuxieme maitre de 



chapelle & St-Marc. II n'arriva pas au poste 
de premier maitre de chapelle, parce qu'il n'a- 
vait pas assez le sens de la composition d'eglise. 
P. a el6 Tun des compositeurs d'operas les 
plus feconds et les plus apprecies de son 
temps. On connaltles litres d'au moins soixante- 
sept operas de sa composition, presque tous 
represents a Venise, de 1686 a 1721. Son fils 
— 2. Antonio, ne a Venise en 1680, m. dans la 
meme. ville en 1750, a aussi ecrit plusieurs 
(huit) operas pour Venise. II succeda, en 1723, 
a son pere et (probablement parce qu'il ecrivait 
aussi de la musique d'eglise), encore en 1740, & 
Lotti, comme premier maitre de chapelle a 
St-Marc. 

Polledro, Giovanni-Battista, violoniste dis- 
tingue, n6 a Piova, pres Turin, le 10 juin 1781, 
m. dans la meme ville le 15 aout 1853 ; eleve de 
Paganini, violoniste a l'orchestre de la Cour, a 
Turin, en 1804 violon-solo au theatre de Berga- 
me, il voyagea des 1799, el pendant longtemps, 
comme virtuose, et resta entre autres cinq ans 
& Moscou. P. fut engage, en 1814, comme con- 
certmeisler, a Dresde, poste qu'il echangea, en 
1824, contre celui de maitre de chapelle de la 
Cour, a Turin. Les compositions de P. qui ont 
ete publiees sont : trois concertos pour violon, 
plusieurs themes avec variations pour violon 
et orchestre, des trios pour instr. a archet, des 
duos pour violons, des eludes pour violon seul, 
une Sinfonia ])astorale, une Messe et un Mise- 
rere avec orchestre. 

Pollini, Francesco, pianiste et compositeur, 
n6 a Leybach (Illyrie) en 1763, m. a Milan le 17 
sept. 1846; fut, a Vienne, eleve de Mozart qui 
lui a dedie un rondo pour violon, et travailla 
encore, en 1793, sous la direction de Zingarelli, 
& Milan. Peu apres Touvertnre du Conserva- 
toire de Milan (1809), P. y fut engage comme 
professeur de violon. II fut le premier qui 
ecrivit pour piano sur trois portees (en quoi 
Thalberg, et Liszt surtout, Tont imite), dans un 
des 32 esercizi in forma di toccata, ou une 
partie, tres chargee de passages aux deux 
mains, contient une melodie dans le «medium>. 
Les compositions de P. qui ont ete gravees 
sont : trois sonates pour piano ; sonate, caprice 
et variations pour deux pianos; introduction 
et rondo pour piano a quatre mains ; puis des 
fantaisies, rondos, caprices, toccatas, variations, 
etc., pour piano, une methode de piano (deux 
editions) et un Stabat mater, en italien, pour 
soprano et alto, avec deux violons, deux vio- 
loncelles et orgue. C'est a P. que Bellini a dedie 
la «Sornnambule ». — 2. Bernhard (de son vrai 
nom Pohl), impresario, ne a Cologne le 16 dec. 
1838,m. a Hambourg le 27 nov. 1897; avail de- 
bute en 1857, a Cologne, comme chanteur d'ope- 
ras (baryton). Apres de longs voyages, il etait 
devenu l'impresario d'une troupe italienne d'o- 
peras, puis entrepreneur lui-meme (Lemberg); il 
fut quelque temps directeur de TOpera italien a 
St-Peterabourget a Moscou, et accepta, en 1874, 
la direction duTheatre municipal de Hambourg, 
qui a pris sous lui un grand developpement. — 
3. Cesare Cavaliere de 1 , compositeur italien de 



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634 



POLLITZER — PONTfiCOULANT 



talent, 116 vers 1855 ; depuis quelques amines 
directeur du Conservatoire municipal de Pa- 
done, a 6crit entre autres, dans le Teatro illus- 
trato (Milan), sur lea reformes thSoriques de 
l'antenr de ce dictionnaire et a introduit sa 
m6thode an Conservatoire. 

Pollitzer, Adolf, ne k Pest en 1832 ; 61&ve de 
Bohm (violon,) et Preyer (composition), a Vien- 
ne, remporta, en 1846, le premier prix de la 
classe de violon, et, apr&s une tourn^e de con- 
certs en Europe, continua encore ses Mudes, 
sous la direction d'Alard, k Paris. En 1851, il 
s'etablit k Londres, comme premier violon-solo 
au theatre de • Her Majesty », et, plus tard, k la 
Nouvelle soci£t6 philharmonique, puis devint 
maitre de violon 4 la c London Academy of 
music*. Son concerto pour violon et ses mor- 
ceaux de concert sont restes manuscrits. 

Polonaise (all. Polondse ; ital. polacca) danse 
polonaise k */ 4 , d'un mouvement moder£ (an- 
dante un peu accetere), ayant en somme plus 
d'analogie avec une marche (promenade) qu'a- 
vec une dause et semblable en ceci k l'ancienne 
Entrte, dont la p. occupe du reste aujourd'hui 
la place. Les plus anciennes p. que nous con- 
naissions sont, non pas des danses chanties, 
mais des morceaux de musique instrumentale 
pure, en sorte que Ton peut consider comme 
fondle la supposition d'apr& laqnelle la p. 
n'aurait pas son origine dans une danse popu- 
laire des Polonais, mais dans une c6r6monie 
de TavAnement au trdne de Henri IH d'Anjou, 
k Cracovie (1574), c&r&monie consist an I en un 
d6fil6 de la noblesse polonaise (cf . le Dictionary 
de Grove). Les caracteres essentiels de la p. 
sont : d6but fortement accents sur le temps fort 
de la mesure, rythme contraint a l'accompagne- 

ment : p gj '^^^S ( CL bolero), enfin termi- 

naison sur letroisteme temps: JM^M 1 '. 

Polska, danse chant&e su&doise, dont la Nee- 
kens P. est Texemple le plus connu : 

* 



i 



k 



T?-m 



#*-* 



gg 



yR^ 



+—P- 



m 



frn-t^ 



fleredi&eaulieu 
de re naturel est 
une innovation en 

contradiction avec 1* caract&re national de la 
m&odie). 

Poly— (gr. t beaucoup »), pr£fixe dont on fait 
un usage assez frequent : polyphone, k un 
grand nombre de voix; polyphonie, ensemble 
dont les diflterentes voix sout traitees m61odi- 
quement de facon independante (oppose de ho- 
mopbonie), style contrapontique ou concertant 

Polyhymnia (grec), nom de la Muse du chant. 

Pommer, v. bomhart. 

Pomposo (ital.), superbe, avec pompe ; Viola 
pomposa (invention de J.-S. Bach, intermS- 
diaire entre l'alto et le violoncello), v. viola. 

Ponchard, 1. Louis-Antoine-Eleonore, c£l£- 
bre chanteur (tenor), n6 k Paris le 81 aout 
1787, m. dans la mdme villa le 6 janv. 1866 ; 



fils du maitre de chapelle de SUEustache, An- 
toine P. (n6 en 1758, m. en 1827, compositeur 
d'une sSrie d'excellentes oeuvres reiigieuses, 
Messes, etc.), fut ti&ve de Garat, au Conserva- 
toire. II d6buta, en 1812, k l'Op&ra - Comique, 
dans le « Tableau parlant », de Gr6try, et appar- 
tint k cette sc6ne jusqu'en 1887. En 1819, il fnt 
nomm6 professeur de chant au Conservatoire. 
P. fut le tout premier chanteur de th&tre qui 
obtint la croix de la Legion d'honnenr. — Sa 
femme, Marie-Sophie (Callault-), n6e k Paris 
le 80 mai 1792, m. dans lam&ne ville le 19 sept 
1878; fut aussi, de 1818 A 1836, Tun des mem- 
bres estimes du personnel de FOp^ra-Comique. 
— 2. Felix-Andre, peut-6tre un fr&re du pr6c6- 
dent, n£ en 1798, m. k Nantes en juil. 1886; fut 
de m&me un maitre de chant estim6. — 8. 
Charles, fils du premier, n6 a Paris le 17 nov. 
1824, m. dans la m£me ville en mai 1891; fut 
d'abord comedien, mais passa k l'Opfra et fut 
en dernier lieu, titulaire de la classe d'op&ra- 
comique, au Conservatoire de Paris. 

Ponchielli, Amilgare, apres Verdi le compo- 
siteur d'op£ras moderne le plus en vogue 
d'ltalie, n6 k Paderno Fasolare, pr6s Cr^mone, 
le 1" sept 1884: 616ve du Conservatoire de 
Milan, d6buta comme compositeur sc&rique, 
en 1856, avec I promessi sposi, k Cremone 
fremanie pour Milan, 1872), et donna ensuite 
avec un succes croissant : La Savojarda (1861; 
remanie sous le titre de Lino, Milan, 1877), 
Boderico (1864), Bertrand de Born (non re- 
pr6s.), La Stella del tnonte (1867), Le due ge- 
melle (1878, ballet), iUarina (1878, ballet), II 
parlatore elerno (1878, farce [Scherzo]), 1 Ia~ 
tuani (1874 ; remante sous le titre de : Alduna, 
Milan, 1884), Qioconda (1876), 11 figliuol pro- 
digo (1880) et Marion Delorme (1885). Parmi 
ses oeuvres les plus connues, on compte encore 
T « Hymne k «Garibaldi » (1882). P. devint, ea 
1881, maitre de chapelle du ddme de Bergame. 
Gioconda a seule trouvi le chemin de l'itran- 
ger. 

Poniatowski, Joseph-Michael-Xavier-Fran- 
cis-John, prince de Monte-Rotondo, neveu du 
prince P., tomb6 k la bataille de Leipzig, n£ & 
Home le 20 f6vr. 1816, m. k Chislehurst (il 
avait suivi Napoleon HI en captivity) le 8 juit 
1878 ; il a ^crit pour les scenes italiennes un 
certain nombre d'op£ras : Giovanni da Prodda 
(Florence, 1888), Don Desiderio, Ruy-Blas, 
Bonifazio. I Lambertazzi, Malek Add, Es- 
meralda, La sposa cCAbido; quatre autres 
pour Paris : Pierre de Medicis (I860), Au tra- 
vers du mur 9 L'aventurier et La Contessma, 
et enfin, pour Londres, Gelmina (1872). 

Pontlcoulant, Louis-Adolphe-Le Doulcbt, 
marquis de, n6 k Paris en 1794, m. k Bois-Co- 
lombes, pr&s Paris, le 20 f6vr. 1882; musicologue, 
fit la campagne de Bussie, en 1812, et les Cent 
Jours (1815), ^migra en Am&rique k la restau- 
ration des Bourbons et prit part, la-bas, au 
soulevement de Pernambouc (Brteil), ou il rat 
condamne k mort Apres avoir pu se sanver, 
il revint k Paris ou il fit alors de sinenses 
etudes scientifiques et trouva, en 1825, une 



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PONTICELLO — PORPORA 



635 



place au ministere. II prit. en 1830, une part 
active k la revolution beige et fut blesse. A 
partir de 1831, il s'adonna exclusivement a ses 
travaux scientifiqnes qui, d'abord,ne viserent 
nullement la musique (par ex. rastronomie).Ge 
ne fut qu'en 1837 qu'il tourna son attention 
vers Thistoire de la musique et vers la facture 
instrumental ; il a 6t£, depuis lors, collabora- 
teur de divers journaux musicaux (t Gazette 
musicale » de Paris, « France musicale », tL/art 
musical >), et a publie : Essai sur la facture 
musicale, considerie dans ses rapports avec 
U art >V Industrie et le commerce (1857; 2« ed. 
augm., sous le titre Organographie ; essai, etc., 
1861, deux parties) ; Douze jours a Londres. 
Voyage d*un mUomane a travers I* Exposition 
universelle ( 1862 ) ; Musee instrumental du 
Conservatoire de musique ; histoires et anec- 
dotes (1864); La musique a V Exposition uni- 
verselle de 1867 (1868) et Les phenomenes de 
la musique (1868). 

Ponticello (ital.), chevalet (des instr. a ar- 
chet). Sul ponticello, abr, en s. pont. (au cheva- 
let), indication technique d'apres laquelle Tins- 
trumentiste doit frotter la corde (au moyen de 
Tarchet) tout pres du chevalet, ce qui produit 
# une sonority metallique, k la fois vigoureuse et 
precise. L'indication oppos^e est sul tasto. 

Pontoglio, Gipria.no, ne k Grumellodel Piano 
le 25 dec. 1831, m. k Milan le 23 fevr. 1892; 
eieve de Antoine Cagnoni, v^cut comme direc- 
teur d'une Ecole de musique k Milan et ecrivit, 
avec un joli succ^s, cinq operas (Edoardo 
Stuart, Milan 1887), ainsi qu'un ballet. 

Popper, David, remarquable violoncelliste, 
n6 k Prague le 9 dec. 1843 ; eieve de Golter- 
mann, au Conservatoire de cette ville, a fait, 
d6s 1863, des tournees de concerts en Europe 
et passe pour Tun des plus grands violoncel- 
listes actuels. De 1868 a 1873, P. fut premier 
violoncellipte k l f Op6ra de la Cour, a Vienne, et 
epousa, en 1872, Sophie Menter (v. ce nom ; di- 
vorces en 1886). Depuis 1873, il vit sans enga- 
gement tantdt k Londres, tantdt a Paris, St- 
Petersbourg, Vienne, Berlin, etc. P. a ecrit 
quelques morceaux de salon et concertos pour 
son instrument, que les violoncellistes appr6- 
cient comme etant bien Merits pour l'instrument. 

Populaire. Ghanson p., nom que Ton donne 
a une chanson dont les auteurs (poete et musi- 
cien), issus du peuple, ne sont plus connus, ou 
encore a un chant que des circonstances spe- 
ciales ont rendu p., ou enfin k un chant dont 
l'harmonie et la melodie sont de comprehen- 
sion aisee et par consequent d'allure p. 

Porges, Heinricii, ne a Prague le 25 nov. 
1837; eieve de Geiestin Miiller (piano), Rummel 
(harmonie) et Zwonar (contrepoint), devint, en 
1863, Tun des redacteurs de la « Neue Zeitschrift 
fur Musik » et, en 1867, k Munich, de la « Sud- 
deutsche Presse ». II a ete aussi quelque temps 
maltre k l'Ecole royale de musique et a recu le 
litre de directeur royal de musique, en 1871. 
Partisan zeie de Wagner, qu'il defendit dans 
les journaux musicaux de tendance progres- 
siste, il fonda, en 1886, le « Porgesscher Gesang- 



verein », avec lequel il a fait une vive propa- 
gande en faveur de Berlioz, Liszt, Cornelius et 
Anton Bruckner, mais qui execute aussi des 
oeuvres de Bach, Palestrina, etc. Outre des ar- 
ticles pour des journaux musicaux, P. a ecrit : 
Ueber die Auffuhrung der 9. Symphonie un- 
ter R. Wagner, et Die Buhnenproben zu den 
1876er Festspielen ; il a aussi compose quel- 
ques lieder. 

Porpora, Nicolo-Antonio, ceiebre composi- 
teur et maltre de chant, ne k Naples le 19 aout 
1686, m. dans la m£me ville en fevr. 1766 ; 
eieve de Gaetano Greco, du Pere Gaetano de 
Perouse et de Francesco Mancini, au « Conser- 
vator^ di San Loreto •, P. ecrivit son premier 
opera: Basilio, re d*0riente, pour le theatre 
« de' Fiorentini », k Naples, et devint maitre de 
chapelle de l'ambassadeur de Portugal. En 
1710, il recevait la commande d'ecrire une 
Berenice pour Rome ; Hfrndel Tentendit et 
complimenta sincdrement Tauleur. Suivirent : 
Flavio AnicioOlibrio (1711), Faramondo (1719), 
Eumene (1721 : P. s'intitule, sur le titre de Tou- 
vrage, virtuose de la chambre du prince de 
Hesse-Darmstadt) et une serie d'oeuvres de 
musique d'eglise. Entre temps (1719) P. semble 
avoir ete engage comme maitre de chant au 
« Conservalorio di Sanf Onofrio », pour lequel 
il ecrivit, en 1722, un oratorio : 11 martirio di 
Santa Eugenia. En 1723, parut de nouveau un 
opera : Adelaide. En 1724, Hasse vint a Na- 
ples pour etre son eieve, mais passa bientdt 
aux mains de Scarlatti, ce que P. ne put jamais 
lui pardonner. En 1725, commen^a la p6riode 
plus agitee de la vie de P. Nous le trouvons a 
Venise, comme maltre de chant au « Conserva- 
toire degli Incurabili », puis, bient6t apres, a 
Vienne, ou il ne prit cependant pas pied, puis 
de nouveau k Venise au « Conservalorio degli 
Incurabili ». En 1726, P. donna, dans cette 
ville, son Siface. En 1728, il se dirigea, par 
Vienne, sur Dresde, ou il devint le maitre de 
chant de la princesse electorate. Mais, l'annee 
suivante, il se rendit k Londres, d'abord settle- 
ment en conge, puis k la tete de Tentreprise 
d'operas cre6e par les adversaires de Hsendel 
(v. H.endel) ; mais il sejourna, en 1731 et en 
17133, k Venise, ou il tit representer Annibale et 
Mitridate. En 1734, il abandonna tout a fait ses 
fonctions de Dresde et resta encore k Londres 
jusqu'en 1736. Puis, en 1744, nous le trouvons 
directeur de V « Ospedaletto » (Conservatoire 
de jeunes fllles) k Venise, mais, l'annee sui- 
vante, il se rend de nouveau a Vienne pour 
quelques annees (cf. Haydn); de 1748 a 1751, 
il fut maitre de chapelle de la Cour, a Dresde, a 
cote de Hasse, lequel devint cependant premier 
maitre de chapelle, en 1750. En 1755, P. re- 
tourna enfin a Naples, ou il succeda, en 17(30, a 
Abos comme maitre de chapelle de la cathe- 
drale et directeur du « Conservatorio di Sanf- 
Onofrio ». Cette m^me annee, son opera: II 
trionfo di Camilla (datant de 1740) fut repre- 
sente avec un nouveau texte. Le nombre total 
des operas de P., dont on connatt le titre, est 
de quarante-six ; ils n'ont aucune particularite 



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636 



PORPORINO — PORTMANN 



qui puisse lenr garantir une longue vie. H en 
est de m6me de ses six oratorios. P. a 6crit 
aussi un grand nombre de Messes et d'antres 
ceuvres de musique d'^glise, ainsi que des can- 
tates pour une voix seule avec piano, dont 
douze, qui sont peut-6tre ses meUleures oeu- 
vres, ont paru, en 1735, k Londres, Ses oeuvres 
instrumentales gravies ne sont pas sans 
m£rite : 6 Sinfonie da camera pour deux vio- 
lons, violoncelle et « continuo », douze sonates 
de violon avec basse et six fugues pour piano. 
Une Notice biograpbique sur P., due k la plume 
du marquis Villarosa, a paru dans les Memorie 
dei compositori, etc. (1840). 

Porporino, v. Uberti. 

Porsile, Giuseppe, compositeur de TScole na- 
politaine, ne k Naples en 1672, m. k Vienne le 
29 mai 1750 ; fut d'abord maltre de cbapelle de 
la Cour de Charles m d'Espagne (jusqu'en 
1711), puis fut nomm6, en 1720, compositeur de 
la Cour, k Vienne. n a 6crit pour Vienne cinq 
operas, neuf serenades et douze oratorios dans 
un style simple et expressif. Ges ouvrages sont 
conserves dans la bibliotheque de la Cour, k 
Vienne. 

Port de voix, 1. dans l'ancienne musique de 
clavecin, syn. d'appogiature, v. chute. — 2. (ital. 
portamento, de portar la voce; all. Portament), 
denomination adoptle pour le passage M d'un 
son k un autre, different du legato en ceci que 
l'etevation ou I'abaissement du son s'effectue 
lentement et graduellement, sans aucun saut 
quelconque. Lorsque son emploi est trop fre- 
quent, le p. de v. d£g6nere en une detestable 
manie; r£serv6 pour des effets sp£ciaux, il peut 
atteindre k une tr&s grande puissance de- 
pression. Le p. de v. n'est realisable que par la 
voix humaine et les instr. k archet. Plus d'une 
methode de chant enseigne que, pour le p. de 
v., la voix s'appuyant sur le premier son doit 
parcourir de la l^chelle tonale ou l'accord 
qui conduit au second son, — c'est Ik une er- 
reur radicale, absolue; Teffet du p. de v. vocal 
doit, au contraire, 6tre identique k celui qu'ob- 
tient le violoniste en glissant rapidement le 
doigt, en montant ou en descendant, sur une 
corde de Tinstrument : le changement de hau- 
teur du son doit s'effectuer de fa^on continue 
et insensible, non pas par degr£s. On s'abstient 
generalement de noter le p. de v., cependant on 
peut l'indiquer k 1'occasion de la maniere sui- 
vante (a, lorsqu'il n'y a pas de nouvelle syllabe 
sous le second son ; b, lorsqu'il y en a une) : 



$ 



a) 



> * , f A 



Porta, 1. Costanzo, remarquable contrapon- 
tiste du xvi« s., ne k Cr6mone, m. k Padoue le 
26 mai 1601 ; el£ve de Willaert, k Venise, fut 
successivement maitre de chapelle du couvent 
des Franciscains, k Padoue, et des cathedrales 
d'Osimo, de Ravenne et de Loreto. P. a publte : 
cinq livres de motets de cinq k huit voix (1555 k 
1585), un livre de Messes de quatre k six voix 



(1578), deux livres d'lntroitus missarum k cinq 
voix (1566, 1588), quatre livres de madrigauxde 
quatre k cinq voix (1555, 1573, 1586, 1586), des 
hymnes k quatre voix (1602), des psaumea et 
des cantiques de v A pres k huit Yoix (1605). Un 
livre de Lamentations k cinq voix et un de ma- 
drigaux k quatre voix, ainsi qu'un ouvrage sur 
le contrepoint, sont restSs manuscrits. — 2. 
Francesco della P., organiste et compositeur 
de musique d'eglise, n6 k Milan en 1590, m. 
dans la meme ville en 1666, comme maltre de 
chapelle de l^glise St-Antoine; a publie : Villa- 
neUa a 1-3 voci (1619) ; Salmi da cappella a 4 
voci non altri a 3,4,5 voci concertati (1637) ; 
Motetti a 2-5 voci con litania... a 4 voci (1645 ; 
indique comme op. 2 ; ce n*est done probable- 
mentpasla 1™ edition); Ricercaria 4 voci (Mi- 
lan); Motetti liber 11 (Venise); Motetti 2-5 vo- 
cum cum una missa et psalmis 4vel5 vocum 
cum basso ad organum (1654 ; indiqu£ comme 
lib. Ill, op. 4). — 3. D'autres compositeurs de 
ce nom, de moindre importance, tels que: 
Hercule P. (compositeur de musique d'eglise, 
1610-1620); Giovanni P., ne a Venise vers 1690, 
maltre de chapelle, en 1738, k Munich, m. en 
1755, auteur de vingt-cinq operas Merits pour 
Venise, etc. (1716-1739); Bernardo P., n6 k 
Rome en 1758, m. k Paris en avr. 1832 (auteur 
de deux operas italiens, de quatorze operas 
fran$ais et de diverses oeuvres de musique de 
chambre, telles que trios pour instr. k archet, 
trios pour fhttes, quatuors pour deux fltttes et 
instr. k archet, et duos de violoncelles). 

Portamento (ital.), port de voix (v. ce mot). 

Portar la voce, v. port de voix. 

Portativ (all.), petit orgue (v. ce mot) por- 
tatif. 

Portee (all. Liniensystem\ nom que l'on donne 
k un ensemble de cinq lignes horizontales et pa- 
ralleles, sur lesquelles et entre lesquelles on ina- 
crit les notes. On compte ces lignes k partir d'en 
bas. La signification tonale des lignes et des 
interlignes est determinee par une clef, placee 
au debut de la p. C'est au Pseudo-Hucbald (?. 
ce nom) que Ton doit Hdee d'employer des li- 
gnes horizontales pour la notation; quant k 
l'usage actuel des lignes, la decouverte en re- 
vient k Guy d'Arezzo (v. ce nom). Les nota- 
tions de plain-chant ne font usage que d'un 
syst£me de quatre lignes. La partie grave des 
morceaux d'orgue du xvi« au xvir* s. est sou- 
vent not£e sur un systeme de plus de cinq 
lignes. 

Porte-vent, canaux de bois qui, dans l'orgue, 
transported l'air de la souffierie dans le som- 
mier. 

Portmann, Johanh-Gottlteb, chanteur de la 
Cour de Darmstadt et cantor au « P»dago- 
gium », ne k Oberlichtenau, pr£s Dresde, le 
4 d6c. 1739, m. k Darmstadt le 27 sept 1798 ; a 
public : Leichtes Lehrbuch der Harmonic 
Komposition und Generalbasses (1789, avec 
proposition d'un nouveau chitfrage); Kurzer 
musikalischer Unterricht fUr Anf anger und 
Liebhaber, etc (1785 ; remani£ et augment^ en 
1802, par J.-K. Wagner) ; Die neuesten und 



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PORTOGALLO — POSTLUDE 



637 



icichtigsten Entdeckungen in der Harmonie, 
Melodie und dem doppelten Kontrapunkt 
(1798) ; puis la reduction pour piano de Tod 
Jesu y de Graun, une Musik auf das Pfingst- 
fest et un Neues Hessen-Darmstadtisches Ge- 
sangimch (1786). 

Portogallo, v. Portugal. 

Portugal, Marcos-Antonio (P. da Fonbeca ; 
tel est, d'apres le Os musicos portuguezes, de 
Vasconcellos, p. 44 et suit., son vrai nom, et 
non pas, comme Tindique F£tis : Marco Antonio 
Simao ; son nom en italien est Marc' Antonio 
Portogallo, et le nom abrSge, en portugais, 
Marcos Portugal), le plus remarquable com- 
positeur qu'ait fourni le Portugal (auquel Vas- 
concellos consacre, pour cette raison, quarante- 
sept pages de son Diction naire des musiciens 
portugais, soit un douzieme du livre entier), 
n6 a Lisbonne le 24 mars 1762, m. a Rio de 
Janeiro le 7 fevr. 1830 ; suivit un seminaire de 
pretres a Lisbonne, regut son education musi- 
cale d'un Italien, Borselli, travailla sous sa di- 
rection surtout des airs, canzonettas et mor- 
ceaux d'eglise, et, sur sa recommandation, fut 
engage^ en 1782, comme accompagnateur, a 
VOpera de Madrid. LTambassadeur portugais 
a Madrid, auquel il fut presenle, lui fournit les 
moyens de continuer ses etudes en Italie, ou 
il se rendit en 1787. Son premier opera : Leroe 
Cinese (Turin, 1788), eut peu de succes, mais 
le second, par contre : La bacchetia portentosa 
(Genes, 1788), produisit un grand effet ; le troi- 
sieme : 11 molinaro (Venise, 1790) et le qua- 
trieme : Lastutto (Florence, 1790) affermirent 
sa renommee, en sorte que, lorsqu'il revint 
pour un court sejour a Lisbonne, il regut sa 
nomination de maitre de chapelle royal. Un 
succes extraordinaire £tait reserve au Principe 
di Spazzacamino (Venise, 1793). Les theatres de 
Turin (un), Genes (un), Florence (neuf), Venise 
(douze), Panne (un), Milan (sept), Bologne, Ro- 
me, Naples, Verone, Plaisance el Ferrare (cha- 
cune un), donnerent en tout vingt-neuf operas 
de P., dont vingt-quatre avant 1799, epoque a 
laquelle il revint A Lisbonne et prit son poste 
de maitre de chapelle. Le theatre « San 
Carlo », a Lisbonne, donna, de 1799 a 1810, 
vingt operas (aussi italiens), en partie nou- 
veaux, de P. Le Theatre italien de Paris fut 
ouvert en 1801, sur Tordre du consul Napo- 
leon, par Non irritar le donne, de P. De 1801 
a 1806, la Catalani chanta, sous sa direction, 
au theatre c San Carlo » et suivit son enseigne- 
ment. L'iuvasion frangaise chassa, en 1807, la 
famille royale au Bresil, mais P. commen^a par 
rester et dut, 1'annee suivante, diriger son De- 
mofoonte pour Tanniversaire de Napoleon (15 
aout) ; cependant, en 1810, le theatre « San 
Carlo » ayant ete ferme, il refusa di verses of- 
fres de cours europeennes, pour suivre son 
roi a Rio de Janeiro, ou il reprit, en 1811, ses 
fonctions de maitre de chapelle et fut nomme 
directeur general de musique pour l'eglise, le 
theatre et la musique de chambre. Le Theatre 
royal (Sdo Jodo), ouvert en 1813, a Rio de Ja- 
neiro, donna encore quelques nouveaux ope- 



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ras de P. Le nombre total des operas de P. 
est de quarante. Plusieurs sont parvenus sur 
les scenes ilaliennes de Dresde, Vienne et Bres- 
lau, dont deux en langue allemande, soit : Der 
Teufel ist los (Dresde, 1799; itaL Le downs cam- 
biate) et Vervrirrung durch AeJmlichkeit ou 
Die beiden Bucheligen (Vienne, 1794 ; Hal. La 
confusto nata dalla somiglianza) ; Londres 
donna un opera (Argenide, 1806) et St-Peters- 
bourg trois, de P. En 1813, on confia a P., de 
moitie avec son frere, Simao P., (d'ou le nom 
errone de FStis), compositeur de musique d'e- 
glise z616, la direction du Conservatoire de Ve- 
racruz, qui venait d'etre fonde. P. visita en- 
core une fois, en 1815, lTtalie, mais retourna 
a Rio de Janeiro, ou il resta, malade, lorsqu'en 
1821 la Cour rentra a Lisbonne. Deux fois deja 
(1811, 1817) sa vie avail 6te mise en danger 
par des attaques de paralysie ; il succomba a 
une troisieme attaque, a Rio de Janeiro. II faut 
noter encore parmi ses compositions : un cer- 
tain nombre de morceaux de circonstance, d'o- 
pe>ettes, etc., qui furent represented sur de pe- 
tits theatres de Lisbonne et de Riode Janeiro, 
cinq grandes Messes, cinq Messes avec orgue, 
deux Te Deum avec orchestre, des psaumes a 
cinq voix, d'autres avec orchestre, des Miserere, 
des psaumes de matines, des sequences, etc. 

Portunal, jeu d'orgue ouvert, ou plus rare- 
ment bouche, de 8* et de 4': le corps du tuyau 
s'elargit vers le haut (comme celui de la « flute 
pyramidale ») et le timbre offre beaucoup d'ana- 
logie avec celui de la clarinet te (invention de 
Muller, a Breslau). 

Pos., abr. pour Posaune (all.), trombone. 

Positif, 1. L'un des claviers de Torgue, v. 
clavier. — 2. Petit orgue de salon, sans peda- 
lier ou avec un pedalier rapporte. Le p« n*a 
dans la regie que des jeux a bouches (surtout 
bouches, pour restreindre les dimensions de 
Tinstrument), tandis que Tancienne regale (v. 
ce mot) n'avait que des jeux d'anches. 

Position (all. Lage), 1. Terme technique se 
rapportant a la facon de doigter, dans les instr. 
a archet; la premiere position consiste a faire 
usage du premier doigt (index) pour produire 
le son immediatement superieur a celui que 
fournit la corde a vide; dans la deuxieme (mez- 
za manicd) et la troisieme p., le premier doigt 
se place un, resp. deux degres plus haut, etc. — 
2. Terme employe pour designer la facon dont 
les sons d'un accord sont disposes : position 

LARGE, P08ITION ETROITE (V. ETROITE). 

Possibile fital.), autant que possible; pianis- 
simo p. (ppp.), presto p., etc. 

Postlude (lat. postludium: all. Nachspiel), 
nom que Ton donne a un morceau d'orgue des- 
tine a etre execute a Tissue d*un service reli- 
gieux, pendant que les fideles quittent le tem- 
ple. 11 va sans dire que Torganiste choisira des 
oeuvres de caractere approprie a la cer&nonie 
qui vient de s'achever. On designe aussi sous 
le nom de p. la ritournelle finale d'une meio- 
die, lorsque cette ritournelle est travaill£e the- 
matiquement (ex. dans le dernier lied de « L'a- 
mour et de la vie d*une femme », de Schumann), 

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638 



POTHIER — PRADHER 



Pothier, Dom Joseph, eminent historien mu- 
sical, spScialement dans le domaine du chant 
gregorien, ne a Bouzemont,. pres St-Die, le 
7 dec. 1835; entra en 1859 dans l'ordre des Be- 
n&dictins, au couvent de Solesmes ou il devint, 
d£ja en 1862, second prieur et,en 1866, profes- 
seur de theologie. Ge fut Dom Gueranger qui 
l'engagea a se vouer a Tetude du chant eccL6- 
siastique et P. se donna pour l&che de ramener 
le chant gregorien a sa purete primitive; il 
parcourut la France, la Suisse, Fltalie, TEspa- 
gne et TAUemagne, dans le but d'6tudier les 
anciens manuscrits et il est devenu une auto- 
rite de premier ordre dans ce domaine. P. a 
consign^ les r^sultats de ses recherches clans 
des publications d'une haute valeur : Les melo- 
dies gregoriennes (Tournai, 1880; 6d. all. par 
le P. A. Kienle, 1881), Lieber graduate (ibid. 1883) 
et cet ouvrage sans pareil connu sous le titre 
de Paliographie musicale (Solesmes, k partir 
de 1889, reproductions phototypiques de chants 
d'Sglise en neumes, du ix« au xvi« s.). 

Potpourri, suite de melodies ou de fragments 
d'op6ras divers, sans lien apparent. 

Pott, Auouste, violoniste, ne A Northeim, 
dans le Hanovre, le 7 nov. 1806, m. a Graz le 
27 aoiit 1883 ; eleve de Spohr, a Gassel, devint 
en 1832, apres des tournees de concerts de plu- 
sieurs annees, concertmeister a Oldenbourg. II 
fit valoir ses droits & la retraite en 1861, et 
v6cut en dernier lieu a Graz. P. a public deux 
concertos pour violon, des duos pour violons, 
des variations, etc. 

Potter, Philip- Ciprian - Hamrl y , pianiste- 
compositeur, ne a Londres en 1792, m. dans la 
m£me ville le 26 sept. 1871 ; recut ses premie- 
res lecons de piano de son p&re, un mailre de 
piano de Londres, puis fut successivement 
£leve, pour la thGorie, de Attwood, Calcott et 
Crotch, ainsi que, pour le piano, de Wolfl. En 
1818, il travailla a Vienne,sous la direction de 
Forster, et Beethoven m&me s'interessa a lui. 
En 1822, il fut nomm6 maitre de piano a la 
< Royal Academy of music ■ de Londres et 
succeda en 1832 a Crotch, comme directeur de 
cette institution. En 1869, P. renon^a a ces 
fonctions en faveur de Bennett. En plus d'un 
grand nombre de fantaisies, de romances, de 
danses, etc. pour piano, P. a publie : deux so- 
nates pour piano, neuf rondos, deux toccatas, 
six themes avec variations, plusieurs duos 
pour piano a quatre mains, ainsi que des re- 
ductions pour piano a quatre mains de deux 
de ses symphonies et d'une ouveriure, une 
« fantaisie et fugue » pour deux pianos, un 
trio a six mains pour trois pianos, un sextuor 
pour piano et instr. a archet, trois trios avec 
piano, une sonate pour violon, une sonate pour 
cor, etc. Sont restes manuscrits : neuf sympho- 
nies pour orchestre, quatre ouvertures, trois 
concertos pour piano, un morceau concertant 
pour piano et violoncelle, etc. 

Pougin, Arthur (de son vrai nom Franqois- 
Auguste- Arthur Paroisse-Pougin), musicogra- 
phe (aussi sous le pseud ony me Pol Dax), ne a 
Chaleauroux (dept. de Tlndre) le 6 aout 1834 ; 



suivit quelque temps les cours du Conserva- 
toire de Paris ou il fut el6ve d'Alard, pour le 
violon, et de Reber, pour rharmonie. En 1855, 
il devint chef d'orchestre au Theatre Beau- 
marchais, puis il entra comme premier violon 
dans Torchestre de concerts de Musard, rem- 
plit, de 1856 a 1859, les fonctions de deuxi&mc 
chef d'orchestre aux Folies-Nouvelles et. de 
I860 a 1863, celles de violoniste a l'Opera-Co- 
mique. Mais il abandonna bienl6t la pratique 
musicale, ainsi que le professorat, pour se 
vouer enticement a des travaux lilteraires 
consacres en partie aux lettres, & l'histoire et 
m6me a la politique, mais principalement, ce- 
pendant, A la musique. P. a e\e feuilletoniste 
musical du « Soir », de la « Tribune », de 
T « EvSnement » et Scrit maintenant, depuis 
1878, au « Journal oftlciel »; il est, en outre, 
collaborates de diverses revues musicales 
(« M6nestrel », « France musicale •, « Art mu- 
sical », « Th&Atre », « Chronique musicale ») et 
il a public les brochures et ouvrages suivants : 
Andre ttimpra (1861), Gresnick (1862), Besides 
(1862), Floquet (1863), Martini (1864), et Dt- 
vienne (1864 ; ces six brochures, sous le titre 
commun de Musicians fran^ais du XV 111* s.); 
Meyerbeer (1864); F. HaUvy, tcrivain (1865); 
William-Vincent Wallace (1866) ; Almanack... 
de la musique (calendrier musical pour 1866, 
1867, 1868: les deux demises ann£es avec un 
supplement : « Necrologie des musiciens >); 
De la litterature musicale en France (1867); 
De la situation des compositeurs de musique 
et de Cavenir de Vart musical en France (1867, 
requite au minislredes Beaux- Arts); L&onKreu- 
zer (1868) ; BeUini(VM&);A. Grisar (1&70) ; Ros- 
sini (1871) -, Auber (1873) Mehul; Violti; A pro- 
pos de V execution du *Messie* de Hasndel (1837); 
Notice sur Rode (1874) ; Boieldieu (1875) ; Fi- 
gures de t opera comique : Efleviou, Mad. Du- 
gazon, la Tribudes Gavaudan (1875); Rameau 
(1876); Adolphe Adam (1876); Question de la 
UberUdes thidlres (1879, requ&e au ministere); 
Question du theatre lyrique (1879, id.); G. 
Vcrdt(1881); enfin, une nouv. ed., enticement 
■refondue du Dictionnaire des operas (Diet, 
lyrique) de F. Clement et P. Larousse (1898). 
P. essaya, de 1876 a 1877, de publier un jour- 
nal musical : Revue de la musique, mais il 
dut l'abandonner au bout de six mois. Le 
grand nombre de travaux biographiques de 
P. (a ceux deja indiques, en'ajouter encore 
beaucoup parus dans des j ournaux musicaux, 
par exemple, sur Perrin et Cambert, sur Phi- 
lidor, Verdi, etc.) expliquent la raison pour la- 
quelte on lui confia la redaction du supplement 
de la Biographie universelle de F6tis (1878- 
1880, deux vol.). Ce supplement reste malheu- 
reusement tres en arri&re de Touvrage princi- 
pal, pour le serieux et la sev&rit6 de la critique, 
bien qu'il en remplisse quelques lacunes d'une 
facon mSritoire. 

Pousse (all. Hinaufstrich) y coup d'archet qui 
se note au moyen du signe n et se fait de la 
pointe a la hausse. Cf. Tmfe. 

Pradher (Prad::re), Louis-Barth£lemy, pia- 



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pr.*:a.mbulum — pr.etorius 



639 



niste et compositeur, ne a Paris, le 18 dec. 
1781, m. a Gray (Haute-Sa6ne) en oct. 1843; fils 
d'un violoniste, eleve de Gobert (piano) a 
1'Ecole royale du chant, etc. et au Conserva- 
toire, oil Berton fut son maitre de theorie; il 
epousa, a l'agede vingt ans,'une fille de Philidor 
et succeda, en 1802, a Jadin comme professeur 
de piano au Conservatoire. Les deux Herz, 
Dubois, Rosellen et d'autres ont ete ses eleves. 
P. etait, en outre, accompagnateur a la Cour de 
Louis XVIII et de Charles X. Apres avoir 
epouse en secondes noces une chanteuse de 
rOpera-Comique, FfeLicrrfe More (nee a Car- 
cassonne, dans le dept. de l'Aude, le 6 janv. 
1800, m. a Gray le 12 nov. 1876), il prit, en 
1827, sa retraite et vecut des lors a Toulouse. 
P. a compose plusieurs operas-comiques, ainsi 
que beaucoup de musique pour piano (un con- 
certo, cinq sonates, des rondos [un pour deux 
pianos], des themes avec variations, des pot- 
pourris, etc.), un trio pour piano, violon et vio- 
loncelle, un adagio et un rondo (idem) et vingt- 
deux recueils de lieder. 

Prseambulum (lat., preambule), ou corrompu 
« Priamel * (dans Tancienne literature de 
luth), syn. de prasludium (prelude). 

Precentor (lat), syn. de chantre, de cantor, 
ou meme d f organiste. 

Praefectus chori (lat., chef de choeur), titre 
que Ton donnait dans les choeurs d'ecoles (a 
Tecole St-Thomas, a Leipzig, p. ex.) a un eleve 
avance qui 6tait charge de remplacer parfois le 
directeur lui-meme. 

Praeger, Ferdinand - Christian - Wiliielm, 
maitre de musique estime a Londres, ne a 
Leipzig le 22 janv. 1815, m. a Londres le l er 
sept. 1891, fils du violoniste et ancien maitre de 
chapelle de Leipzig, Magdebourg et Hanovre ; 
Heinrich-Aloys P. (ne a Amsterdam, le 23 sept. 
1783, m. a Magdebourg le 7 aout 1854, composi- 
teur de nombreuses oeuvres de musique de 
chambre ainsi que de quelques operas), com- 
menca par 6ludier le violoncelle, mais se voua 
plus tard, sur le conseil de Hummel, au piano. 
Apres avoir vecu quelque temps a La Haye, 
comme maitre de musique, P. s'etablit, en 1834, 
a Londres. II a ele, des la fondation de la 
« Neue Zeitechrift fiir Musik », son corre6pon- 
dant par Tentremise de Schumann et il etait 
un disciple ardent de Wagner qu'il a contribu6 
aussi a faire appeler a Londres, en 1855 
(comme directeur des concerts philharmoni- 
ques). Notons parmi ses compositions un trio, 
une ouverture : Abellino, un prelude sympho- 
nique de Manfred, un poeme symphonique: 
Live and love, battle and victory (1885). Sous 
le titre : Prosper- Album (2 vol.), a paru chez 
Kahnt, a Leipzig, un choix de ses oeuvres pour 
piano. 

Praetorius (latinise pour Schclz ou Schulze), 
1. Gottschalk, professeur de philosophic k 
Wittenberg, ne a Salzwedel le 28 mars 1528, 
m. le 8 juil. 1573; a publie, en collaboration 
avec Martin Agricola, un recueil de chants 
d'ecole : Melodice scholasticce... in usum sckolce 
Magdeburgensis (1556). — 2. Christoph, s'inti- 



tule en 1581 « der Music verordnete zu Liinne- 
burgk » et doit etre ne, selon Gerber, en Silesie. 
II a publie, en deux parties : Frohliche und 
liebliche Ehrenlieder. von zuchtiger Lieb und 
ehelicher Treue, a quatre voix (1581), un chant 
funebre sur Melanchton (1560) et, comme il le 
dit lui-meme, « viele geistliche Kirchengesange 
und Ehrenlieder ». — 3. Hieronymus, c&ebre 
organiste et compositeur, ne a Hambourg, le 
10 aout 1560, m. dans la meme ville le 27 janv. 
1629; fils de Torganiste de l'eglise St-Jacques, a 
Hambourg, il continua, a Cologne, les etudes 
qu'il avait commencees sous la direction de 
son pere. II devint, en 1580, cantor de la ville 
d'Erfurt, en 1582, adjoint et, en 1586, succes- 
seur de son pere, comme organisle de Teglise 
St-Jacques, a Hambourg. Ses oeuvres impri- 
mees sont : I. (Jantiones sacrce (5 a 8 voix, 
1599 ; edition augmentee, de 2 a 12 voix, avec 
trois chants de Jakob P., 1607 et 1622) ;n. Mag- 
nificat (8 voix, 1602 et 1622); in. Lieber mis- 
sarum (5 a 8 voix, 1616); IV. Cantiones varies 
(5 a 20 voix, 1618 et 1623) ; les oeuvres sus-indi- 
quees ont aussi paru en une edition complete 
intilulee : Opus musicum novum et per fee- 
turn ; V. Cantiones novas (5 a 15 voix, 1618 a 
1625). II a en outre paru quelques chants de 
circonstance. En collaboration avec son fils, 
Jakob P. (m. le 21 oct.1651, comme organiste de 
Teglise de St-Pierre de Hambourg, eleve de 
J. -P. Sweelinck) et les deux organistes, egale- 
ment celebres, J. Decker et D. Scheidemann. P. 
a publie, en 1604, a Hambourg, un livre de 
chorals. Les chants de noces de Jakob P. (5 a 
8 voix) ont de la valeur. — 4. BartholomjEUS, a 
publie en 1616, a Berlin : Newe liebliche Fa- 
duanen und Galliarden mit 5 Stimmen. — 5. 
Michael, le plus celebre des P., ne a Kreuzburg 
(Thuringe) le 15 fevr. 1571 (1572), m. a Wolfen- 
bdttel le 15 f6vr. 1621 ; maitre de chapelle et 
secretaire du due de Brunswick. P. fut un mu- 
sicien extraordinairement habile et aussi re- 
marquable comme musicographe que comme 
compositeur. Les compositions qu'on a conser- 
ves de lui sont : Musce Sionias (une oeuvre 
gigantesque, en neuf parlies, contenant 1244 
chants, soit de la l r » a la 4 m « partie des Kan- 
zertgesdnge de 8 a 12 voix, sur des psaumes et 
chants d'eglise allemands, la 5 me partie des 
lieder et psaumes de 2 a 8 voix, de la 6 m « a la 
9 me partie seulement des chants d'eglise a 
4 voix et simplement ecrits, note contre note : 
cet ouvrage a paru de 1605 a 1610, la 9 rae par- 
tie, en 2 nl « ed., sous le titre Bicinia et tricinia 
[1611]); Musarum Sioniarum motetceet psalmi 
4-16 voc. /*»<* pars (1607); Eulogodia Sionia (60 
motets de 2 a 8 voix, pour la fin du service 
divin, 1611); Missodia Sionia (1611); Hym- 
nodia Sionia (hymnes de 2 a 8 voix, 1611); 
Megalynodia (madrigaux et motets de 5 a 8 
voix, 1611) ; Terpsichore (morceaux de danse 
de 4 a 6 voix de compositeurs francais et de P. 
lui-meme, 1612); Polyhymnia caduceatrix et 
panegyrica (chants de paix et de joie a 1 et 2 
voix, 1619) ; Polyhymnia exercitatrix (2 a 8 
voix, 1619); Uranodia (Uranochordidy dix- 



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640 



PRALLTRILLER — PRESSE MUSICALE 



neuf chants k 4 voix, 1618) ; Kleine und grosse 
Litaney, etc. (1606) ; Epithalamiwm pour Fre- 
d6ric-Ulrich de Brunswick et Anne-Sophie de 
Brandebourg (1614); Puericinium (14 chanls 
d'6glise de 8 a 12 voix, 1621). Si grands que 
soient ses m&rites pour la propagation du nou- 
veau style de musique, avec accompagnement 
d'instruments, P. est cependant plus connu 
encore et plus apprecte a cause de son activite 
comme musicographe, surtout par son grand 
ouvrage : Syntagma musicum (1614-1620, trois 
parties) qui est Tune des sources les plus im- 
portantes de renseignements sur la musique et 
8p£cialement les instruments du xvir* s.; la 
premiere partie (1614) est une dissertation his- 
torique en langue latine, tres m^riloire pour 
son 6poque; la deuxteme partie (De organo- 
graphia, 1618; reedite comme vol. xin des pu- 
blications de la « Gesellschaft fdr Musikfor- 
schung »), a laquelle appartiennent les repro- 
ductions d'inslruments (Theatrum instrument 
torum sen Sciagraphia) imprimees seulement 
en 1620, est du plus haut int&r&t ; la troisteme 
partie, sur la thSorie musicale (1619; extrait 
dans les « Monatshefte fur Musikgeschichte », 
x, p. 38 et suiv.) n'en a gu6re moins. La Syn- 
tagma se trouve dans la plupart des grandes 
biblioth&jues et c'est un outrage a recomman- 
der k ceux qui veulent se faire une id£e de 
l'exercice de la musique, au commencement du 
xvn« stecle. 

Pralltriller (all.), pince renverse. 

Pratt, Silas-G., ne a Addison (Vermont) le 4 
aout 1846; a fait a differentes reprises ses Etu- 
des en Europe, et attir£ Inattention sur lui par 
diverses compositions, entre autres, un opera : 
Zenobia. II vit, depuis 1889, en qualite de mai- 
tre de musique, a New- York. 

Precipitando (ital.), syn. de accelerando. 

Predieri, 1. Angelo, ne en janv. 1655, m. k 
Bologne le 22 ffrvr. 1731, etait moine francis- 
cain en cette ville, depuis 1673, et fut le maftre 
du P. Martini; compositeur vante, mais dont 
presque rien n*a 6te conserve. — 2. Giagomo- 
Gesare, 61&ve de G.-P. Colonna, en 1698 mal- 
tre de chapelle du dome de Bologne, 6crivit, de 
1681 a 1719, neuf oratorios et publia aussi. un 
volume de Canzoni morali e spiritual* k trois 
voix avec « continuo » (1696). — 3. Luca-Anto- 
nio, n£ k Bologne le 13 sept. 1688, president de 
1* « Academie philharmonique » de cette ville 
(1723), fut, de 1726 jusqu'en automne 1747, 
maltre de chapelle aclif de la Cour k Vienne, 
prit sa retraite en 1751 et mourut k Bologne en 
1769. H a 6crit, pour Bologne, Venise, Florence 
et Vienne, quatorze operas et s6r6nades, ainsi 
que deux oratorios. 

Preface (lat. Free f alio, lllatio, Immolatio, 
Contestation priere qui, dans le rituel de la 
Messe, se dit ou se chante avant le canon. 

Preghidra (ital.), priere. A 

Preindl, Joseph, compositeur, chef d'orches- 
tre et theoricien, ne k Marbach, dans la Basse- 
Autriche, le 30 janv. 1756, m. k Vienne le 26 
oct. 1823; £16 ve d'Albrechtsberger, il devint en 
1780 chef des choeurs de Teglise St-Pierre, a 



Vienne, et, en 1809, maftre de chapelle au dome 
de St-Etienne, a Vienne 6galement. P. a pu- 
blie : des Messes, des offertoires, un Requiem, 
un Te Deum et d'autres morceaux de musique 
d'eglise, deux concertos pour piano, des sona- 
tes, des variations, etc. pour piano, ainsi qu'une 
melhode de chant et Melodien oiler deutscher 
KircJienlieder, welche im St Stephansdom in 
Wien gesungen werden*, avec cadences, prelu- 
des, etc. Apr£s la mort de P., Seyfried a publie 
sa Wiener Tonschule (m&hode de basse chif- 
fr6e, harmonie, contrepoint et fugue; 1827, deux 
parties; 2« ed., 1832). 

Preitz, Franz, organiste, n£ k Zerbst (An- 
halt), le 12 aout 1856; fut, de 1873 k 1876, eleve 
du Conservatoire de Leipzig, et donna avec 
succes des concerts, comme organiste. II de- 
vint, en 1879, professeur au Conservatoire 
Stern, a Berlin, et vit maintenant, a Zerbst, 
comme maitre de chant au gymnase et cantor 
k l'6glise de la Cour et k la Coll6giale. II a 
et6 nomme, en 1892, directeur des choBurs du 
duch£ d'Anhalt Parmi ses compositions, il a 
paru des lieder, des motets, un Requiem « a 
cappella », des chants pour trois voix de fem- 
mes (avec piano), des morceaux pour violon et 
orgue d'apr£s des preludes du « Clavecin bien 
tempere », des preludes pour orgue, etc. 

Prelude flat, prceludium ; all. Vorspiel, Ein- 
leitung) 9 introduction instrumental d'un cho- 
ral, d'une melodie, d'une ceuvre vocale d'ordre 
quelconque, voire meme d'un opera (lorsque 
cette introduction n*est pas con^ue dans la 
forme de Touverture). La fugue est aussi gene- 
ralement preced£e d'un p. dans le m&me ton 
qu'elle et preparant en quelque sorte a la fugue 
elle-m&me. 

Prentice, Thomas-Ridlky, n6 a Paslowhall, 
Ongar (Anglelerre), le 6 juil. 1842, eteve des 
deux Macfarren 4 Ft Academy of Music » de 
Londres, devint de bonne heure professeur a 
son tour dans cet institut et se produisit sou- 
vent et avec succes, comme pianiste. 11 fut quel- 
que temps organiste a l'6glise du Christ, de- 
vint en 1880 maltre de piano k la « Guildhall 
School of Music » et, en 1881, au Conservatoire 
Blackheath. P. a compose lui-m£me un grand 
nombre de morceaux de chant, ainsi que de 
piano, et publie une instructive collection d'eeu- 
vres de piano et d'analyses, ainsi que six can- 
tates de Carissimi. 

Preparation (all. Vorbereitung). La p. con- 
siste, dans l'harmonie pratique, a disposer les 
accords de telle sorte que la note dissonante 
de Tun soit contenue dans Taccord precedent, 
et dans la meme voix, comme consonnance. 

Presse musicale. Les publications periodi- 
ques (hebdomadaires, mensuelles, trimestriel- 
les)relatant les fails d'ordre musical, critiquant 
les nouveautes ou apportant des contributions 
k Thistoire et a la theorie de la musique sont 
d'origine relativement recente. La premiere 
publication, edit6e par petits fragments, a la- 
quelle on puisse k peu pr6s adapter la deno- 
mination de « revue musicale », fut la Muska 
critica, de Mattheson (Hambourg, 1722; conte- 



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PRESSE MUSICALE 



641 



nant, a cdte d'etudes imporlantes, des petites 
nouvelles); nons cilerons ensuite, parmi lea 
feuilles speciales de tendances analogues et 
qui prirent de plus en plus le caractere de 
journaux : Kritischer Musikus, de Scheibe 
Hambourg, 1737-1788 et 1739-1740); Musika- 
lische Bibliothek, de Mitzler (Leipzig, 1736- 
1754); Musikalischer Staarstecher, du m£me 
{ibid. 1740); Kritischer Musikus an der Spree 
(1750), Historiscfi-krittscfie Beitrage (1754-1778) 
et Kritische Briefe (1759-1764), de Marpurg. 
Les premiers journaux qui donnerent une pre- 
ponderance r£elle aux petites nouvelles du 
monde musical et aux analyses critiques d'ou- 
vrages nouveaux, sont : le Journal demusique 
franqaise el italienne, paraissanl a Liege, chez 
Andre, vera 1756; le Journal de musique fond6 
a Paris, par Mathon, en 1764, continue par 
Fram6ry et Framicourt jusqu'en 1768; puis, 
en Allemagne, les Wdchentliche Nachrichten 
<1766>, de Adam Hiller. Vinrent ensuite : The 
new musical and universal Magazine (Lon- 
dres, 1775); Musikalische Bibliothek, de Esch- 
struth (1784-1785); Betrachtungen der Mann- 
heimer Tonschule, de l'abbe Vogler (1778- 
1781); Musihalisch-kritische Bibliothek, de 
Forkel (1778-1779); MusikaUsches Kunstma- 
gazin (1782-1791), MusikaUsches Wochenblatt 
<1791), et Berlinische Musikalische Zeitung 
(1805-1806), de Reichardt; Magazin der Musik, 
de C.-F. Cramer (Hambourg, 1783-1789): Mu- 
sikalische Realzeitung (Speier, 1788-1790) et 
Musikalische Correspondent (1791-1792), de 
Bossier; Berlinische Musikalische Zeitung, de 
Spazier (1793); Journal der Tonkunst,de Chr.- 
H. Kocb(1795); AUgemeine musikalische Zei- 
tung ( Vienne, 1817-1824; r6dig&e par J. von Sey- 
fried et Kanne); Berliner Allgemeine Musi- 
kalische Zeitung, de Marx (1824-1830); Berliner 
Musikalische Zeitung (1844-1847; redacteur: 
Gaillard); Coedlia, de Gottfr. Weber (1824-1839; 
continue par S. Dehn jusqu'en 1848); Sud- 
deutsclie Musikzeitung (Mayence, chez Schott, 
1849-1866); Eulonia, do Hientzsch (Berlin et 
Breslau, 1828-1837); Iris im Gebiete der Ton- 
hunst, de Rellstab (1838-1837); Rheinische Mu- 
sikzeitung, de Bischoff (1850-1853; continue par 
Tediteur jusqu*en 1859); NiederrheiniscJie Mu- 
sikzeitung, du m&me (1853-1867); Echo (Berlin, 
1851-1879; redacteurs : Kossak, Mendel, Laug- 
hans); Fliegende Blatter fur Musik (1&55- 
1857; publi&es par Lobe); Anregungen fUr 
Kunst, Leben und Wissenschaft, de Brendel 
<1856-1861). Le premier journal musical qui sur- 
y£ciU a son fondateur fut la Allgemeine Musi- 
kalische Zeitung qui, editee par la maison 
Breitkopf et Haertel, parut regulierement, cha- 
que semaine, du 3 oct. 1798 a la fin de 1848 
<fondateur : Rochlitz, a u quel succeda G.-W. 
Fink). Apres quinze ann^es d'intervalle, ce 
m&me journal recommen^a a paraitre, mais 
pendant deux ans seulement (1863-1865); enftn, 
on peut considerer comme une continuation de 
ce dernier, le journal de m&me nom qui, de 
1866 a 1882, parut chez Rieter-Biedermann, 
-d'aulant plus que son premier redacteur n'etait 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 41. 

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autre que celui des deux derni&res annees du 
journal des Breitkopf et Hsertel (S. Bagge, qui, 
de 1860 a 1862, avait d£ja publie, a Vienne, une 
Deutsche Musikzeitung). Ce journal, redig& en 
dernier lieu par F. Chrysander, voua de tout 
temps un int£r£t particulier a Thistoire musi- 
cale. Parmi les pModiques musicaux alle- 
mands qui existent encore aujourd'hui, les 
plus connus sont : Neue Zeitschrift fur Musik 
(Leipzig, 6d. Kahnt), fonde en 1834 par Rob. 
Schumann, repr£sentant des tendances n^o-al- 
lemandes (Liszt-Wagner), jusqu'en 1892 organe 
officiel de la «Soci6t6 general e allemande de mu- 
sique »; Signale, fonde en 1843 et jusqu'a ce jour 
edit6 et r£dig6 par B. Senff, a Leipzig; Neue Ber- 
liner Musikzeitung, fonde en 1847, autrefois 
propria de Bote et Bock, passa, en 1890, aux 
mains du D r Richard Stern; MusikaUsches 
Wochenblatt, fonde en 1870 par O. Paul (qui 
avait d£ja publie auparavant, de 1868 & 1869, 
la Tonhalle), mais dont 1 Edition et la redaction 
furent reprises au bout de quelques numeros 
d£ja par E.-W. Fritzsch, a Leipzig, lequel en 
fit un des premiers p6riodiques musicaux de 
r Allemagne; Allgemeine deutsche Musikzei- 
tung, fond* en 1874, a Leipzig, par K. Luck- 
hardt, r6dige de 1878 a 1880 par W. Tappert, 
devint ensuite la propriete de Otto Lessmann, 
a Berlin, et acquit une influence considerable 
(progressiste; des 1883, sous le titre de Allge- 
meine Musikzeitung); Neue Musikzeitung (Co- 
logne, J. longer, des 1880; edit£ actuellement 
par Gruninger, a Stuttgart); Deutsche Musiker- 
zeitung, fonde en 1870, organe de 1' * Associa- 
tion g£n6rale des musiciens allemands • (redac- 
teurs : H. Mendel, 1870-1876; W. Lackowitz, 
1876-1897; Paul Ertel, d£s 1897); Neue Musi- 
ker zeitung, fonde en 1881, comme organe de la 
< Soci6t£ des musiciens de Berlin »; Das Or- 
chester (Dresde, 1884); Euterpe, fonde a Leip-- 
zig, en 1841 (redacteurs depuis 1871 : F.-W. 
Sering); Die Tonkunst, fonde en 1876 par Al- 
bert Hahn (pour la propagation d'un nouveau 
clavier, base sur le syst£me des douze demi- 
tons). continue apres la mort du fondateur 
(1894) par O. Wangemann; Berliner Signale 
(fonde en 1894, bimensuel; r£d. : Philipp Roth). 
D'autres p£riodiques allemands eurent une 
existence plus 6ph6m£re : Die Musiktcelt (Ber- 
lin, 1880-1881; red. : M. Goldstein); Musika- 
Usches Zentralblatt (Leipzig, 1881-1884; red. : 
Rob. Seilz). Mentionnons enfin, en Allemagne 
encore, un certain nombre de period iques mu- 
sicaux poursuivant des buts sp^ciaux : Bai- 
reuther Blaetter (organe exclusivement wagne- 
rien, fonde en 1878; red. : H. von Wolzogen); 
Monatshefte filr Musihgeschichte, publiees de- 
puis 1869 par la t Societe de recherches musi- 
cales » (red. : Robert Eitner) et s f occupant sur- 
tout de la musique du xv« au xvn« s.; Viertel- 
jahresschrifl fur Musikvcissenschaft, fonde en 
1885 (la premiere annee redigee par G. Adler, 
les autres par F. Chrysander et Spitta); toule 
une serie de revues s f occupant specialement de 
musique d'eglise catholique : Ctecilienkalender 
(redige par Haberl, de 1876 a 1885), dont la con- 



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PRESSE MUSICALE 



tinuation, sous une forme Slargie, paralt sous 
le titre de Kirchenmusikalisches Jahrbuch (des 
1886); Ccecilia (Treves, depuis 1862); Musica 
sacra (Ratisbonne, fond£ en 1868; red. : Fr.-X. 
Haberl) et Fliegende Blcetter fur hatholische 
Kirchenmusik (organe de V « Association Ste- 
Gecile »), organes r£dig£s tous deux actuelle- 
ment par F. "Witt; Gregorius-Blatt (Aix-la- 
Chapelle, depuis 1876), etc.; quelques revues 
de musique d'egliseprotestante: Fliegende Blat- 
ter des Schlesischen Vereins zur Hebung der 
evangelischen Kirchenmusik (Brieg, depuis 
1867); Siona (GMersloh, depuis 1876); Hallebuja 
(Quedlinburg, depuis 1879); Blatter fUr Hym- 
nologie (1887), etc.; Der Chorgesang (Leipzig, 
des 1885; fusionna, en 1886, avec la Deutsche 
Liederhalle qui avait kXk fondee en m6me 
temps que lui); Der Klavierlehrer (Berlin, bi- 
mensuel depuis 1878; r£dige par E. Breslaner 
et .traitant surtout de la pMagogie du piano; 
organe de V « Association g£n£rale des maitres 
de musique »); quelques organes representant 
les int&rdts de Torgue ou de la facture instru- 
mentale : Urania (Erfurt, depuis 1844; r£d. : 
A.-W. Gottscbalg); Die Orgel (rid. : Lubrich); 
Zeitschrift fur lnstrumentenbau (fond£ a 
Leipzig, en 1881; rid. : P. de Witt); Musikin- 
strumentenzeitung (fond6 k Leipzig, en 1892; 
red. : K. B&tz); pour les soci£tes chorales 
d'hommes : Die S&ngerhalle (Leipzig, depuis 
1861; organe de Y « Association des chanteurs 
allemands »; red. : C Kipke); pour les musi- 
ques militaires : Deutsche Militar-Musiker-Zei- 
tung (fond* A Berlin, en 1880); pour les joueurs 
de cithare ; Zentralblatt deuischer Zitherver- 
eine (organe offtciel de l'Association g£n£rale, 
fonde en 1878 et ridig£ par Hans Thauer, & 
Munich); Harmonie (Hanovre, L. Oertel). 

Signatons encore des publications periodi- 
ques en langue allemande,mais paraissant hors 
de 1'Allemagne : Musikalische Zeitung fur die 
vesterreichiscfien Staaten et Wiener Musika- 
lische Zeitung (tous deux de 1812 a 1813 settle- 
ment); Allgemeine Musikalische Zeitung (Vien- 
ne, 1817-1823; red. : Strauss, Sey fried, Kanne); 
Allgemeine Wiener Musikalische Zeitung (1841- 
1848; red. ; A. Schmidt, Luib); Wiener Musik- 
zeitung (1852-1860; rid. : Gloggl); Monats- 
scfirift fur Theater und Musik (1855-1861; 
rid. : J. Klemm); Recensianen und Mitleilun- 
gen fur Theater, Musik und bildende Kunst 
(Vienne, 1862-1865; renferme des articles de 
valeur de Sonnleithner, M. Hauptmann, etc.); 
Blatter filr Musik, Theater und Kunst, de 
Zellner (1855-1868); Oesterreichische Mustker- 
zeitung, organe pour la protection et l'avance- 
ment des int£rits materiels des musiciens 
(Vienne, depuis 1875): Lyra, de A.-A. Naaf 
(Vieune, depuis 1884); Wiener Signale (de- 
puis 1878; J. Kugel); Musikalische Presse 
(Vienne, depuis 1879); Deutsche Kunst- und 
Musikseitung, de Ziehrer (Vienne, 1879); Mu- 
sikalische Rundsdiau (Vienne, depuis 1885); 
Wiener Musikalische Zeitung, de Era. Kast- 
ner (1885); Internationale Musikseitung (red. : 
Fr. Wagner); Der Kirchenchor, revue de mu- 



sique d'eglise catholique (Brixen, depuis 1871); 
Der Oiorwdchter, id. (St-Gall, depuis 1878); 
SchxceiseriscJie Musikseitung und Sangerblatt, 
organe de 1' « Association federate des chan- 
teurs suisses » (Zurich, depuis 1861; editeurs : 
Hug; red. : Weber, A. Niggli, D' Karl Nef); 
Der Volksgesang (St-Gall, depuis 1894); you- 
vetliste, allemand (St-P6tersbourg, 1864); Mu- 
sikalisclie Sonntagszeitung, russe et allemand 
(ibid., depuis 1879); Der russische Musihbote 
(ibid., depuis 1880). 

On voit d'apris ce qui priedde que la presse 
musicale de langue allemande est particulie- 
rement abondante et vari&e, mais les autres. 
langues europ£ennes n'en offrent pas moins 
chacune un cboix de p&riodiques musicaux de 
valeur, dont nous mentionnerons ici les prin- 
paux. En francais : Revue musicale (fondee en 
1827, par F&is) et Gazette musicale de Paris 
(des 1884), riunies ensuite sous le titre de Re- 
vue et Gazette musicale (Paris, 1835 4 1880; le 
plus remarquable p&riodique musical francais); 
Le Minestrel (depuis 1835; rid. : J. Heugel); 
Revue de musique ancienne et moderne (1856) 
et Revue de musique sacrie (1857-1858), de Ni- 
sard; Le Monde artiste (Paris, depuis 1860; 
rid. : Buelle); Lart musical (Paris; 1860-1881, 
rid. : L. Escudier; repris en 1881 par Alph. Le- 
duc, A la mort duquel la publication cessa pen- 
dant un an [1892-1893] ; cessa d£flnitivement de 
parailre en 1895, par suite de fusion avec le 
« Guide musical »); Le Bibliographe musical 
(1862-1876); La Chronique musicale (1865-1866, 
red. : M. Malibran; 1873-1876, rid. : A. Heul- 
hard), LEcho des OrpMons (depuis 1861, rid.: 
£. Gebauer et, actuellement, L. de Rille); La 
France musicale (1837-1870; rid. : M. et L. Es- 
cudier); Le Guide musical (fond6 & Bruxelles, 
en 1854; actuellement en possession de M. Kuf- 
ferath, avec double redaction : a Bruxelles, M- 
Kufferath, & Paris, H. Imbert ; publication heb- 
domadaire progressiste et de grande valeur): 
LEcho musical (Bruxelles, Mahillon, 1868- 
1898); La Federation artistujue (Bruxelles); 
UArt moderne (ibid., rid. : Octave Maus); 
LOuest- Artiste (Nantes; rid. : EL Destranges); 
Le Journal musical (Paris, fond6 en 1896 par 
Baudoin-La Londre; bulletin bibliographique); 
Gazette musicale de la Suisse romande (Ge- 
neve, fondee en d£c. 1893; rid. jusqu'en aoitt 
1896 : G.Humbert; rid. depuis lors: E. Jaques- 
Dalcroze; cessa de parattre en 1897, pai' suite 
de fusion avec le « Journal musical » de Paris); 
La Presse musicale (Bruxelles, 1892-1894); Re- 
vue-Gazette des Theatres (Paris); UOrchestre 
(Paris, fonde en 1850); V Europe artiste (Paris, 
fond£ en 1&52); LOrphton (depuie 1855); Jour- 
nal special de musique militaire (depuis 1864) ; 
La nouvelle France chorale (depuis 1869); Le 
Progres artistique (depuis 1877) ; La Sc&ne (de- 
puis 1879); Le I*rogr&s orph&mique (depuis 
1884) : Le Monde orpheonique (id.) ; Le Recexl 
musical (depuis 1887); Le Monde musical (Pa- 
ris, fond£ en 1889; plus sp^cialement organ* 
de la facture instrumentale); La Quinsaine 
musicale (Pans, depuis 1895; red. : W. SoiithK 



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PRESSEL 



643 



Le Piano-Soletl (Paris); La Voix parlte et 
chanUe (Paris; traite surtout les questions de 
physiologic de la voix); La Tribune de St- 
Gervais (Paris, organe de la Schola r6cem- 
ment fondle ) ; Revue Internationale de mu- 
supie i Paris, d6s le 1 6P mars 1898; publica- 
tion bi-mensuelle, dirig£e par M. le comte de 
Cbalot, assist^ d'un nombreux comit£ de redac- 
tion, et appelee k occuper une place importante 
darns la presse musicale). — En anglais : The 
quarterly musical Magazine andRevieto (Lon- 
dres, 1818-1828; The Harmonicon (ibid., 1828- 
1883, mensuel; r6d. : W. Ayrton); The musical 
Magazine (ibid., 1835-1886); Tfie musical 
World (fond6 en 1836 par Gowden Clarke, 
£dit£ par Novello, pnis repris, en 1863, par T6- 
diteur Duncan, Davison and O, A Londres; r6- 
dacteurs : J.-W. Davison, D r Huefter, E.-F. Ja- 
ques; publication tr£s estim£e, ayant nombre 
de collaborateurs distingu&s, mais qui dut ces- 
ser de parattre en 1891); The musical Exami- 
ner (1842; r£d. : J.-W. Davison); The dramatic 
and musical Review (1843-1844); The musical 
Times (£diteur : Novello, & Londres, depuis 
1844, issu du journal de m&me nom publie par 
Mainzer; r^dacteur de 1846 a 1859 : Edward 
Holmes, depuis lors: Henry-G. Lunn,W.-A. Bar- 
ret et, actuellement, E.-F. Jaques; 6galement 
tr£s eslime); The musical Standard (ibid., fon- 
d6 en 1862; r6d. : Broadhouse, Baughan); Tfie 
Orchestra (depuis 1863); The Choir (1863-1878); 
Concordia (1875-1876; r£d. : J. Bennet); The 
monthly musical Record (Londres, depuis 1871; 
edit6 par Augener et O; r6d. en chef : E. Prout, 
avec d'excellents collaborateurs); The Tonic 
Sol-fa Reporter (ibid., depuis 1851 ; r6d. : John 
Curwen; organe de 1* « Association Tonic-Sol- 
fa », paraissant depuis 1889 sous le titre : Mu- 
sical Herald); Music (ibid., 1880); The musical 
Review (Londres, 1883; quelques mois seule- 
ment): Magazine of Music (depuis 1884, Coa- 
les); The Quarterly Musical Review (Manches- 
ter, depuis 1885); Musical Society (1886); The 
British Bandsman and Orchestral Times 
(1887): Musical News (1891); The New Quar- 
terly Review (1893); The Lute; The Meister(dt 
1888, Londres; r&L : A. Ellis); The Strand Mu- 
sical Magazine (1895); Dwight's Journal of 
Music (Boston, 1852-1881; le plus estime des 
joumaux extraeurop&ens); The musical He- 
rald (Boston, depuis 1880); The Etude (Phila- 
delphie, depuis 1883): Ihe musical Review 
(Mew-York, 1879); The World of Art (ibid., de- 
puis 1878); Musical Bulletin (Ghicago, 1880); 
enfin, Music, revue mensuelle de W.-S.-B. 
Matthew's (Chicago, 1892). — En hollandais : 
Cecilia (La Haye; r&L : Xicolai); Muziehbode 
(revue bi-mensuelle); Maandblad voor Mu- 
zieh (organe mensuel de 1* « Association wa- 
gnerienne », a Amsterdam); Maandblad voor 
Neder lands Xationaal Zangersverbond; etc. 
— En italien : Gazetta musicale (Milan, Ricordi, 
depuis 1845; red. : Salv. Farina); // Trovalore 
(ibid., depuis 1863); Boccherini (Florence, 1853- 
1883); Gazetta musicale di Firenze (depuis 
1877); Palestra musicale (Rome, depuis 1878); 



Napoli musicale (Naples, depuis 1878); L'osser- 
vatore musicale (ibid., depuis 1879); Archivio 
musicale (ibid., depuis 1882); Paesiello (ibid., 
depuis 1888);* 11 Menestrelto (Livourne, 1884;) 
Gazetta musicale di Torino (depuis 1879); 
Musica sacra (Milan, depuis 1878); Guido Are- 
tinus, organe de Y « Association internationale 
G. d'Arezzo », & Milan (trimestriel, depuis 1885); 
Roma musicale (Rome, depuis 1885); La Cro- 
naca Musicale (Pesaro); La Nuova Musica 
(Florence, depuis 1896; red. : E. del Valle de 
Paz); Llnsegnante di Musica (Rome, depuis 
1897); enftn, la Rivista Musicale Italiana 
(grande revue trimestrielle. du plus haut inti- 
rH; Turin, chez les frSres Bocca, depuis 1894). 

— En espagnol : La Espana musical (Barce- 
lone, depuis 1866); La Critica (ibid., depuis 
1878); Notas musicale y literarias (ibid., de- 
puis 1882); Oronica de la musica (Madrid, de- 
puis 1878); La revista teatral (Lisbonne, 1885; 
bi-mensuel); La cronica musical de Buenos 
Ayres (depuis 1885); El Boletin musical (Bue- 
nos-Ayres, depuis 1878); L America musicale 
(New- York, 1882; en espagnol); La revista mu- 
sicale (La Havane, 1882); La Musica religiosa 
en Espana (Madrid). — En danois : Musihbla- 
det (Gopenhague). — En norv^gien : Nordisk 
Musihtidende (Ghristiania; 6d. et r6d. : C. War- 
muth). — En su£dois : Svensk Musihtidning 
(Stockholm; 6d. et r6d. : F. Hubs). — En tch6- 
que : Hudebni a divadelni vestnih (Prague). 

— En hongrois : Harmonia (Pest, 1882). — A 
tous ces p&riodiques, ajoutons enfin une feuille 
paraissant sans terme fixe et destin£e A facili- 
ter T6change d'opinions dans le domaine de 
l'hisloire, de la bibliographie et de la th£orie 
de la musique : le Questionnaire de I'associa- 
tion internationale des musiciens-4crivains 
(Geneve, depuis 1877; 6d. et r6d. : G. Becker). 
Gf. W. Freystfitter, Die musihalischen Zeit- 
schriften (1884; une nouvelle Edition est at ten- 
due avec impatience); Ed. Gr£goir, Recherches 
historiques, etc. (1882). 

n existe, en outre, quelques organes sp£ciaux 
qui notent, au fur et & mesure de leur appari- 
tion, les publications musicales de tout genre ; 
ce sont pour la France : la Bibliographie musi- 
cale franqaise (depuis 1875); pour TAllemagne : 
Musihalisch-lilterarischer Monatsbericht, de 
Hofmeister (Leipzig, depuis 1830; paralt aussi 
en volume annuel, dans lequel la classification 
est faile d'apr£s 1'ordre alphabetique des noms 
d'auteure, et de temps a autre en un nouveau 
volume du Handbuch der musihalischen Lit- 
leratur); pour VAngleterre : The London and 
Pi'ovincial Music Trades Review (depuis 1877), 
Musical Opinion and Music Trade Reviexo 
(depuis 1877); pour TAmerique : The Music 
Trades Review (New York, depuis 1873), les 
deux derniers contenant aussi des analyses 
critiques et des comptes rendus de concerts. 

Pressel, Gcstav-Adolf, ne k Tubingue le 11 
juin 1827, m. a Berlin le 30 juil. 1890; etudia la 
theologie et, a cote de cela, la musique (sous 
Silcher) avec grande ardeur. II fut dans la suite 
vicaire d'une cure et precepteur, mais il se 



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644 



PRESSER — PRINTZ 



voua ftnalement a la musique et devint, en 1850, 
Steve de Sechter k Vienne. II a fait representee 
k Vienne, des operas : Die St-Johannesnacht 
(1860) et Der Schneider von Utm (1866) et ve- 
cut depuis 1868 a Steglitz, pres Berlin. P. a 
compost un grand nombre d'excellents lieder 
(et la ballade Barbarossa). C'est k P. que re- 
vient le merite d'avoir fourni la preuve que 
Mozart a termini lui-nteme son Requiem, si 
Ton fait abstraction de quelqnes petits details. 

Pressor, Theodore, excellent professeur,£cri- 
vain et actif £diteur (a £dite aussi de nombreux 
livres sur la musique, de Fillmore, Mathews, 
etc.) k Philadelphie, a fait ses etudes a Boston 
et k Leipzig; il a publte depuis 1883 un excel- 
lent journal musical The Etude, qui donne sur- 
tout des articles p£dagogiques detailtes sur le 
piano, et auquel contribuent les personnalites 
les plus capables d'Anterique. 

Prestant (all. Principal 4), nom que les or- 
ganiers francais donnent k la montre de 4*. 

Presto (ital., « rapidement »), l'indication de 
mouvement la plus rapide, mais employee aussi 
au superlatif : prestissimo. 

Provost, Eugene-Prorpkr, chef d'orchestre 
et compositeur, n6 k Paris le 23 aout 1809, m. k 
la Nouvelle-Orteans le 30 aout 1872; Steve du 
Conservatoire de Paris (Jelensperger, Seuriot, 
Le Sueur), remporta en 1881 le prix de Rome. 
En 1835, P. devint chef d'orchestre d'opera au 
Havre, et, de 1838 k 1862, k la Nouvelle-Orteans. 
II revint ensuite k Paris oil il dirigea les Bouf- 
fes-Parisiens et, plus tard, les concerts des 
Champs-Elys6eB,jusqu'a son retour k la Nou- 
velle-Orteans, en 1867. P. a fait repr£senter k 
Paris, k New York et a la Nouvelle-OrlSans, j 
plusieurs operas, il a aussi ecrit des Messes, 
des oratorios, etc. 

Preyer, 1. Gottpried, chef d'orchestre et 
compositeur, n& k ilausbrunn, dans la Basse- 
Autriche, le 15 mars 1807, m. k Wiesbaden en 
1897; Steve de S. Sechter, devint en 1835 orga- 
niste de TSglise evangelique, en 1844 vice- 
maitre de chapelle surnunteraire de la Cour 
et en 1846 organiste de la Cour. II a 6te de 
1853 k 1894 mailre de chapelle du dome de 
St-Etienne; fut nomnte, en 1862, vice-maltre 
de chapelle en charge de la Cour et pensionnS, 
en 1876, pour cette charge. Enfin, il professait 
depuis 1888 l'harmonie et le contrepoint au 
t Conservatoire des Amis de la musique > dont 
il a ele, de 1844 k 1848, le directeur. II prit sa 
retraite definitive en 1894 et vecut depuis lore k 
Wiesbaden. P. a publte: une symphonie, plu- 
sieurs Messes (une pour voix d'hommes), 
Eymnen der griechisch • katholischen Kirche 
(1847, trois parties) et d'autres oeuvres de mu- 
sique d'&glise, un quatuor pour instr. k archet, 
des morceaux pour piano et pour orgue et 
une quantity de lieder; un oratorio : Noah, a 
6te plusieurs fois execute par la « Societe des 
musiciens ». — 2. Wilhelm-Thierry, physio- 
logiste de merite, ne k Manchester le 4 jail. 
1841, £lev£ en Allemagne, a £tudie principale- 
ment k Bonn ou il prit aussi ses grades, en 
1865; fut appete k tena, en 1869, comme pro- 



fesseur de physiologie. Parmi ses nombreux 
Merits, nous noterons specialement ici : Ueber 
die Grenzen der TonwaJirnehmung (1876). 

Prill, Karl, excellent violoniste, n£ a Berlin 
le 22 oct. 1864, 6teve de son p£re qui 6tait direc- 
teur de musique, de Helmich, de Wirth, et, en 
dernier lieu, de Joachim (a 1'AcadSmie royale 
de musique), tandis qu r il 6tait d6j& violon solo 
de Torchestre Brenner et plus tard de Torches- 
tre Laube. De 1883 a 1885, P. fut concerlmeis- 
ter de Torchestre Bilse, k Berlin. II passa en- 
suite successivement k Magdebourg (1885), puis 
a Torchestre du « Gewandhaus » de Leipzig 
(1891), et au Th&ltre de la Cour, a Vienne (1897). 
II est egalement appr&cie comme soliste et 
comme quartettiste. 

Prime (ital. prima), le premier degre, Equi- 
valent de runisson. Toutefois tandis qu'il est 
impossible de parler d'un c unisson augments », 
il est juste d'admettre au nombre des interval- 
les la « prime augmentee », autrement dit l'in- 
tervalle forme par un son natural et son altera- 
tion chromatique sup£rieure (ut : ut diese). 

Primicerius (lat.), c.-a-d. chantre ou mieux 
t cantor ». 

Prima (lat.), abr. l no , le premier ; tempo I™, 
le premier mouvement Primo et secondo, la 
premtere (supfrieure) et la seconde (infer ieure) 
partie, dans un morceau pour piano k quatre 
mains. Prima volla (/«"« volta), indication que 
Ton place au-dessus d*une mesure ou d'un 
(rroupe de mesures qui, lors de la repetition de 
la partie qui pr6c£de, doivent £tre remplacees 
par celles qui se trouvenl sous l'indication 
Seconda volta (IN* v.). Prima vista, k premtere 
vue. 

Principal (all. Principal), syn. de montre 
(v. ce mot). 

Prints, Wolfgang-Kaspar(von Waldthurn), 
musicographe, n6 k Waldthum, dans le Haut- 
Palatinat, le 10 oct. 1641, m. k Sorau le 18 oct. 
1717; 6tudia latlteologie, mais entra ensuite en 
contestation avec le cierge catholique, en cher- 
chant a faire de la propagande pour le protes- 
tantisme, en sorte qu*il dut ftnalement renon- 
cer k la tfteologie. Apr£s une vie aventureuse 
de voyages k travel's V Allemagne et l'ltalie, il 
devint cantor k Promnitz, plus tard a Triebel et, 
en 1665. k Sorau, ou il est reste jusqu a sa 
mort. On trouve sa biographie dans la preface 
de sa Historische BescJtreibung. P. a, d'apres 
ce qu'il dit lui-nteme, beaucoup compose aussi: 
cependant on n'a rien conserve de lui. Ses 
Merits sont : Anweisung zur Singkunst (pas 
d'exemplaire connu; imprime, selon les don- 
nSes de P. lui-nteme en 1666, 1671 et 1685): 
Compendium musicce signatories el modulus 
£oru#(1668,le titre porte par erreur typographic 
que la date 1689; 2» 6d. 1714); Phrynis Mytile- 
nceus oder satirischer Komjwnist (1676, 1677, 
deux parties ;2 e ed. 1694 avec une troisteme par- 
tie): Musica modulatoriavocalisi 1678) iRcerci- 
tationes musicce theorelico-practicce de conso- 
nantiis singulis (1687-1689, en fragments): 
Historische Besdireibung der edlen Sing- und 
Klingkunst (1690, important pour Thistoire de 



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PROCH — PROLATIO 



645 



la musique au xvii e s.). Trois romans, signSs 
d'un pseudonyme, sont aussi attrihues a P., ce 
sont : Musicus vexatus, etc. (1690), par Cotala, 
le « Kunstpfeifergeselle »); « Musicus magnani- 
mus » odor Pancalus, der grossmiltige Musi- 
hunt (1691, sign6 Mimnermus) et * Musicus 
curiosus » oder Battalus, der vorwitsige Mu- 
sUw.nl (1691, sign6 Mimnermus). Un grand 
nombre de manuscritB ont, toujours d'apres 
l'auteur, disparu dans an incendie. Les Merits 
de P. sont ampoules et forment an melange 
baroqae d'erudition et de naive cr£dulit£, mais 
ils ont toutefois lear importance, dans I'ensem- 
ble de la literature da xvn* s. 

Proch, Heinrich, compositeur de lieder au- 
trefois tres en vogue, mais aujourd'hui presque 
oublie, ne a Leipa (Boh6tne) le 22 juil. 1809, 
m. k Vienne le 18 d6c. 1878; fit jusqu'en 1832 
des 6tudes de droit et travailla 4 cot£ de cela le 
violon, en sorte que finalcment il tourna le dos 
a la jurisprudence. En 1837, P. devint chef 
d'orchestre au « Josephst&dter Theater » , k 
Vienne, et en 1840 k l'Op6ra de la Cour, poste 
qu/il conserva jusqu'a sa retraite, en 1870. Un 
op£ra-comique desa composition, en trois actes: 
Ring vmd Maske, fut represents en 1844 k 
Vienne, ainsi que trois autres operas en un 
acte, de 1846 k 1848. Parmi ses lieder, quel- 
ques-uns ont 6t6 tr6s populaires dans les pays 
de langue allemande, ainsi Von der Alpe ttint 
das Horn, Ein Wanderbursch mil dem Stab 
in der Hand, etc. Une des nombreuses Steves 
de chant de Proch, M m « Peschka-Leutner, fut 
Tune des plus brillantes interpr&es des Varia- 
tions de P., avec flute concertante. Comme chef 
d'orchestre, P. a joui d'une grande considera- 
tion. 

Prochaska, Ludwig, D* )ur., n6 k Prague 
vers 1835, m. dans la m&me ville le 18 juil. 
1888; etait fonctionnaire de l'Etat k Prague, 
mais lorsque sa femme (cantatrice d*op£ra) fut 
engagee A Hambourg, il alia se fixer dans cette 
ville ou il a v6cu de longues annSes, comme 
maltre de chant tr£s appreciS. Parmi les com- 
positions de P., il faut noter surtout des lieder 
et des duos tch&ques. 

Professeur de musique, denomination usuel- 
le, en pays de langue fran$aise, pour toute 
personne enseignant une branche quelconque 
de l'art musical. En Allemagne, par contre, le 
litre de Professor est honoritique et confSrS par 
les dilfSrents souverains A certains maltres de 
musique, chefs d'orchestre, etc. La plupart des 
p. de m. des university allemandes ne sont 
professeurs que de titre; toutefois, quelques 
universilSs ont instituS des chaires de musique 
dont les titulaires fonargent au budget de l'Etat : 
Berlin (Spitta, Bellermann, Krebs), Strasbourg 
(Jacobsthal), Heidelberg (Wolfrum) et autrefois 
G Getting ue (Krtiger) et Bonn (Breidenstein). 
Vienne (Ambros, Hanslick) et Prague (Hos- 
tinsky, Adler) ont aussi des chaires analogues. 
— En Angleterre, les principals university 
ont depuis fort longtemps des chaires ordinai- 
res de musique : Oxford, depuis 1626 (de 1797 k 
1855 : Crotch, puis Bishop ; A partir de 1855 ; 



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Ouseley et Stainer) ; Cambridge ( Staggins 
[1684J,Tudway, Greene, Randall, Hague, Clarke- 
Whitefield, Bennett, Macfarren et, depuis 1887, 
Villiers Stanford) ; Edimbourg (J. Thomson 
[1833], Bishop, Pierson, Donaldson, Oakeley, 
F. Niecks) ; Dublin (de 1764 k 1774, Mornington, 
puis, apr&s une interruption de plus de soixante- 
dix ans, Stewart [1845-1894] et enfin Prout). 
Les professeurs anglais diligent les examens 
des candidals aux titres de bachelier et de doc- 
teur en musique ; tandis qu'en Allemagne ils 
ne font que participer au jugement, les grades 
6tant conteres par la faculte de philosophie. — 
On a fait recemment une tentative, en France, 
d'introduction de la musique dans les cours de 
Sorbonne (L. Dauriac, apr6s avoir profess^ k 
Montpellier, fait un cours de psychologic mu- 
sicale). 

Progressio harmonica, jeu de mutation, dans 
l'orgue,qui dispose au grave de moins de tuyaux 
sur marche qu'a l'aigu ; ainsi, la touche ut i ne 
fait parler que les Harmon iques 3 et 4, la tou- 
che sot * les harmoniques 2, 3 et 4, tandis qu'k 
partir de la touche ut 4 la fondamentale parte 
encore en plus. V. mutation. 

Progression, 1. (all. Se(/uens)y syn de mar- 
che harmonious (v. ce mot). — 2. (all. Pro- 
gressionsschwelter) , sorte de crescendo k Tor- 
gue, don* le mecanisme, imaging par l'abb6 
Vogler, agit par adjonction ou suppression pro- 
gressive de jeux,de fa^on a produirela nuance 
voulue. 

Proksch, Josef, pedagogue musical d'une 
haute valeur. ni k Reichenberg, en BohSme, le 
4 aout 1794, m. a Prague le 20 dec. 1864; com- 
plement aveugle depuis l'&ge de treize ans, il 
n'en devint pas moins un maitre de piano con- 
sider6 (£l£ve de Kozeluch). P. s'appropria le 
systSme de Logier, apr£s avoir rendu visite k 
ce dernier, k Berlin, et fonda, en 1880, une 
Scole de piano, k Prague (Musihbildungsan- 
statt), que continu&rent k diriger, apr&s sa mort, 
son fils Theodor (116 en 1848, m. le 8 mars 1876) 
et sa fille Marie. P. lui-m&me a public un 
Versuch einer rationetten Lehrmethode im 
Piano fortespiel ; Musikatisches Vademecum 
(cinquante numSros); Aphorismen iiber katho- 
lische Kirchenmusih (1858) et une AUgemeine 
Musihlehre (1857) ; il a compose des Messes, 
des cantates, des chants d'eglise, des sonates, 
un concerto pour trois pianos, etc., et fait des 
transcriptions pourquatre k huit pianos (pour 
son institut) d'oeuvres classiques pour orches- 
tre. Ses fibres aussi : — Anton (n6 le 4 oct. 
1804, m. le 17 mai 1866, comme organiste de la 
ville, a Prague), et Ferdinand (n6 en 1810, m. 
le 12 sept. 1866) ont tous deux £t6 des maitres 
estim&s de la < Musikbildungsanstalt •. 

Prolatio flat.), terme adopts dans la musique 
proportionnelle (v. ce mot) 1. d'une mantere 
g6n6rale, pour designer la valeur relative des 
notes (p. de proterre> c.-&-d. mettre en Evi- 
dence) ; on distinguait quatre sortes principales 
de p., dont on attribue la determination k Ph. 
de Vitry : a) breve et semi br6ve ternaires (nos 
mesure8 k */ h 9 / 8 ) ; b) brSve ternaire, semi- 

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646 



PROLONGEMENT — PROPORTIONNELLE 



breve binaire (notre mesure k 3 \) ; c) breve bi- 
naire, semi breve temaire (nos mesures a % 
6 / 8 ) ; d) breve et semi breve binaires (notre 
mesure k 4 / 4 ). — 2 Dans un sens restraint, la 
valeur de la semi breve ; lorsqu'on voulait la 
semi breve egale a trois minimes (p. major), 
on l'indiquait au moyen d'un point dans le 
signe de temps (tempus): Q Q; Tabsence 
du point suffisait k indiquer la valeur binaire 
de la semi breve (p. minor): Q (\Onpou- 
vait aussi, apres Fusage de la p. minor, retablir 
la valeur temaire de la semi breve au moyen 
du signe | (v. sesquialtera) ; toutefois la va- 
leur totale de la semi breve restait la m£me 
dans ce dernier cas, tandis que la p. major 
elle-mdme augmentait cette valeur et amenait, 
par consequent, un ralentisseraent du motive- 
merit. 

Prolongement (de Debain), v. harmonium et 

PfcDALE. 

Prony , G aspard - Claire - Francois - Marie - 
Riche, baron de, ing£nieur et mathematicien, 
ne k Cbamelet (Rh6ne) le 12 juil. 1755, m. a 
Paris le 29 juil. 1889: professeur et plus tard 
examinateur a TEcole polytechnique, membre 
de l'Academie, etc.; a ecrit pour l'Academie 
un Rapport sur la nouvelle harpe a double 
mouvement (1815, la harpe construite par 
Erard ; P. etaitlui-meme unharpiste padsionne); 
puis : Note sur les avanlages du nouvel eta- 
blissement d'un professorat de harpe a CEcole 
royale de musique et de declamation ( 1825) ; et 
enfin .Instruction elementaire sur les moyens 
de calculer les interralles musicaux (1822), 
etude dans laquelle P. se servit, pour la deter- 
mination des intervalles musicaux, des loga- 
rithmes k base 2, adoptes d'abord par Euler 
et si absolument pratiques ; cf. looarithmes et 

RAPPORTS. 

Proportio (lat., proportion), 1. Dans la mu- 
sique proportionnelle, indication du mouve- 
ment au moyen des fractions f , |» |> |» ou in- 
versement |, £, |, |, ou encore d'autres frac- 
tions. La p. determinait ou bien la valeur des 
notes par rapport k celle des notes immediate- 
ment anterieures (par ex. : $» place k la suite de 
Yinteger r>alor [v. ce mot],indiquait un mouve- 
ment trois fois plus rapide que le precedent 
[trois breves = une breve] ; J, au contraire, un 
mouvement trois fois plus lent [une breve = 
trois breves), ou bien la valeur des notes d une 
voix par rapport k celle des notes d'une autre 
voix simultan&j et pourvue du signe de Yinte- 
ger valor. Les proportions f (/?. dupla) et | (p. 
subsesquialtera) indiquaient en outre la me- 
sure imparfaite (mensura imperfecta), la pre- 
miere pour la breve, l'autrepour la semi breve ; 
et,invers6ment, 2 (/J. /r *);/«) et§ (p. sesquialtera) 
la mesure parfaite (mensura perfecta) pour la 
m^me categorie de notes. La (proportio) he- 
miolia (\\ ce mot) avait une importance toute 
speciale ; c. f. aussi sesquialtera. — 2. (all. 
Nachtam). Nom que Ton donnait frequemment, 



dans les danses chantees du xv° et du xvf s., 
k la seconde partie (secunda pars) de la danse, 
lorsque la premiere partie etait en mesure bi- 
naire et la seconde, par contre, en mesure ter- 
naire (p. sesrjuialtera.). La sesquialtera (v. ce 
mot) indiquait en m&ne temps une acceleration 
du mouvement, puisqu'elle conferait a trois 
minimes (blanches) la m&me valeur totale qu'A 
deux minimes dans le tempus imperfectum. 
Le plus souvent, la premiere partie de la danse 
etait une ronde, la seconde une danse tournee. 

Cf. SALTARELLO et GAILLARDE. 

Proportionnelle,— Musique p. (all. Men- 
suralmusik), nom qui convient en somme a 
toute musique dont ia notation comporte des 
signes speciaux pour indiquer la dur£e des 
sons, mais dont on fait usage en particulier 
pour designer la musique datant de la p£riode 
qui va, de Tinvention de la notation proportion- 
nelle (v. plus loin), jusqu*& Fadoption de la 
barre de mesure et la disparition des ligatures 
(v. ce mot). Le systeme de notation de cette 
periode est caracterise par le fait qu'une metne 
note peut avoir plusieurs durees relatives tres 
differentes, suivant la mesure (mensura) deter- 
mine par le signe place au debut de la portee. 
La musique p. parvint k son apogee sous les 
N^erlandais (v. ce nom) et leurs contemporains 
allemands et italiens : Alex. Agricola, P. Hof- 
haimer, Ludwig Senfl, Palestrina, A. et Giov. 
Gabrieli, etc. F£tis (Biographie universelle) et 
A.-W. Ambros (Musikgeschidite, vol. n et iii) 
ont etudie avec un soin tout particulier Fhistoire 
de la musique p. L'etude de la theorie et de la 
pratique ancienne de cette m. est bien facilitee 
de nos jours, par les travauxet les anthologies 
de Coussemaker. — Notation p. (all. Mensu- 
ralnote), notation inventee k peu pre* au debut 
du xii* s. et caracterisee par Temploi de notes 
dont la valeur peut etre determinee (nota men- 
surabilis), par opposition aux notes de ia mu- 
sica plana (v. notation carrek). La notation p. 
devint indispensable, aussitdt que Ton com- 
men^a k superposer au cantus firmus (tenor) 
du plain-chant une seconde partie flguree (dis- 
cantus). Les seules valeurs qui furent en usage 
jusqu*& la fin du xnr s. sont les suivantes : 

Longue H 

Breve ■ 

Semi breve # 

Double longue ou maxime ■■ . 

Ce ne fut guere que vers Tan 13<>0 qu'appa- 
rurent les valeurs mpindres : 

JMinime ^ 

Semiminime ^ 

Vers le milieu du xv* siecle, enfin, on intro- 
duisit Tusage des notes blanches (evidees) au 
lieu des noires que Ton n'adopla que pour les 
nouvelles valeurs, plus petites encore que les 
precedentes, ou pour indiquer certains rapports 
de duree (cf. color). Les signes de la notation 
p. revetirent aiors Taspect suivant: 
Maxime ^h 



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PROPOSTA. 



PHOPRIETAS 



Longae J5J 

Br^ve |-j 

Semi breve (notre ronde) ^ 
Minime (blanche) ^ 

Semi minime (noire) £ u 
Fusa(croche) ^ ou £ 



647 



| ou & 



Semi fasa (double-croche) 



de m£me que les notes A partir de la semi mi- 
nime, les silences, A partir de la fasa, eurent 

d'abord deux formes ( S ou 7 [croche], ^ ou 

Z [double croche] ) qui furent employees in- 
differemment, jusqu'au moment de l'adoption 
definitive et exclusive des seconds signes. 

V. au mot ligature la signification de figures 
soudees les unes aux autres, dans cette nota- 
tion. La forme arrondie que nous donnons ac- 
tuellement aux notes 6tait d&j& en usage au 
xvi« s., dans l'6criture courante (non pas dans 
la calligraphic) ; mais, si Ton excepte Fessai 



isol6 de Carpentras (1532), cette forme ne fut 
adoptee dans Timpression que vers Tan 1700. 
Quant aux diverses r&gles sur la valeur relative 
des notes suivant Indication de mesure (mo- 
dus, tempos, protatio), ou suivant leur place 
entre d'autres notes pluslongues ou plus cour- 
tes (perfection, imperfection, alteration); quant 
aux proportions (et particulterement Yhemiolia 
et la sesquialtera), A l'augmentation et A la 
diminution, on trouvera des details dans les 
articles sp£ciaux, consacr£s A ces diflterents 
termes. Un grand nombre de th&oriciens an- 
ciens se sont occup£s tr&s au long de la nota- 
tion p., ce sont par ex. : Francon de Cologne, 
Walter Odington, Hteronyme de Moravie, Mar- 
chettus de Padoue, Philippe de Vitry, Jean de 
Muris, Jean Hotbby, Jean Tinctoris, Fran- 
chino Gafori*, Sebald Heyden et Henri Glarean 
(cf. les anthologies d'6crits musicaux du moyen 
Age, pubises par Gerbert et Coussemaker). 
Parmi les musicographes niodernes qui ont 
plus particuli£rement6tudi£ la notation p., nous 
noterons : Ambros, H. Bellermann, G. Jacobs- 
thai et Hugo Riemann. Le premier Kyrie de 
la Messe Ave regina coelorum, de Hobrecht, 
transcrit ci-dessous, donnera une idee de Ins- 
pect g£n£ral de la notation proportionnelle : 






■ | . fti-M if U i *yj lu.M ti* f 



33= 




BE 



* e ] f * j i | gfc ll-U-ta JLf ; j jj f ■ J | 






eleisotv 



k'»>U ,» Ejlljl 






tLeison, 






"*-y 



e 



^^ 



i * 1 1 gjpjipii 



Proposta (ital.), antecedent ; nom que Ton 
donne parfois au sujet de la fugue ou A Impo- 
sition du theme d'un canon. Cf. risposta. 

Proprietas (lat., proprtete), terme assignant, 
dans la theorie des ligatures (v. ce mot) de la 
musique proportionnelle, la valeur d'une breve 
A. la note initiale. II y avait p. toutes les fois 
que la premiere note, plus aigue que la seconde, 
etait pourvue d'un trait (cauda) descendant, a 
gauche (rarement A droite) ; lorsque la premiere 
note etait plus grave que la seconde, la p. £tait 
designee, au contraire, par l'absence de trait. 



Quelques th^oficiens de la musique proportion- 
nelle (Pseudo-Aristote, Marchettus de Padoue) 
ont improprement nomme p. ce trait lui-m^me. 

— Opposite, proprietas assignait la valeur de 
semi braves aux deux notes ou aux deux pre- 
mieres notes d'une ligature ; elle £tait indiquee 
par un trait ascendant, plac£ A gauche de la 
premiere note. Cf. ligature (dernier exemple). 

— Sine proprietate signifiait, comme \mpro~ 
prietas, le contraire de p., aulrement dit assi- 
gnait A la note initiale d'une ligature la valeur 
d'une longue. 



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PROSE — PRUDENT 



Prose, v. sfeQUENce. 

Proske, Karl, eetebre £rudit et editeur d'an- 
ciennes oeuvres musicales, n6 k Grobnig (Haute- 
Silesie) le 11 tevr. 1794, m. k Ratisbonne le 90 
d£c. 1861 ; fils d'un proprtetaire, il etudia la 
m&decine, avanca, pendant la guerre d'inde- 
pendance, jusqn'au grade de medecin de regi- 
ment, fit, en 1817, son examen d*6taC et s'eta- 
blit, comme medecin pratiquant, k Oberglogau 
et, pins tard, k Oppeln. En 1823, P. ob&t k un 
d£sir longtemps cache et alia Studier la th£o- 
logie k Ratisbonne. Ordonn6 pr6tre en 1826, 
par l'&vgque Sailer, k Ratisbonne, il devint, en 
1827, vicaire du choeur et, en 1830, cbanoine de 
Tancienne chapelle de Notre*Dame, avec le titre 
de maitre de chapelle. P. eut ainsi Toccasion de 
se vouer k des recherches musicales s£rieuses 
et il la saisit avec empressement. II rassembla, 
d'abord en Allemagne, puis aussi, de 1834 
a 1858, en Italie, une riche biblioth6que, con- 
tenant surtout dee compositions des xvi* et 
xvii« s., et publia le premier, en 1850, le chef- 
d'oeuvre de Palestrina : Missa papas Marcelli, 
en trois versions, Tune originate k six voix, 
par Palestrina, une autre k quatre voix, par 
Anerio, et la troisieme k double choeur (huit 
voix), par Suranio. D commenca, en 1858, la 
publication de sa grande anthologie : Musica 
divina, qui est souvent cit6e dans ce diction- 
naire ; le contenu en est ainsi r£parti : vol. I : 
douze Messes k quatre voix (1853) ; vol. II : 
motets pour toute Tann6e religieuse (1855); 
vol. Ill : Falsibordont\ psaumes, Magnificat, 
hymnes et antiennes (1859) ; vol. TV : passions, 
lamentations, repons, Te Deum et litanies 
(1863, publie aprds la mort de Tauteur, par 
Wesselack). La suite de cette publication a £te 
r£digee par Schrem et Haberl (v. ces noms). Un 
autre choix de Messes, de quatre k huit voix, 
parut, de 1855 k 1859, sous le titre : Selectus 
noxtus missarum. Sont repr6sent6s, dans ces 
anthologies, les compositeurs : Palestrina, Via- 
dana, A sola, Vittoria, Porta, Lasso, Anerio, 
Marenzio, Suriano, Nanino, Turini, Gabrieli, 
Lotti, Vecchi, Pitoni, Constantini, Casini, Agos- 
tiui, Scarlatti, Guidetti, Rosseli, Bernabei, Pi- 
ciotti,Biordi, Baj, Paminger, Aichinger,Hasler, 
Croce, Fux, Gallus, etc. La prScieuse bibliotbe- 
que de P. a ete achelee par radministration de 
l'ev&che de Ratisbonne. 

Proslambanom^ne, v. musique grecque. 

Protus (au moyen kge, pour*r$ Jro?), le « pre- 
mier » mode ecclesiastique (v. ce mot). 

Prout, Ebenezer, compositeur et theoricien 
consid&re, ne k Oundle (Nothamptonshire) le 
1 OT mars 1835; Baccalaureus. artium (Lon- 
dres, 1854), el&ve pour le piano de Charles Sa- 
laman, doit, pour le reste, son savoir musical k 
ses etudes personnelles. P. fut, pendant un cer- 
tain nombre d'annees, professeur d'harmonie 
et de composition k la « Royal Academy of Mu- 
sic » et k la « National Training School of Mu- 
sic » (maintenant « Royal College of Music »), 
a Londres, directeur d'une soci&te de chant, 
critique musical, etc. 11 est, depuis 1894, pro- 
fesseur de musique de TUniversit^ de Dublin 



(successeur deR. Stewart). De 1871 k 1874, il a 
r£dig6 le Monthly Musical Record et a et6, de - 
puis lors, collaborates de ce journal, ainsi que 
de 1*« Academy » et de l'« Athenaeum ». Comme 
compositeur aussi, P. a fourni des oeuvres 
nombreuses et estimables. Son op. 1, un qua- 
tuor en mi bdm. maj. pour instr. k archet, a £t& 
couronne en 1862, et son quatuor avec piano 
(op. 2) en 1865 par la « Society of British musi- 
cians ». H a 6crit encore un quintette avec 
piano (op. 3), un concerto pour orgue avec or- 
chestre, un Magnificat et un Service du soir, 
tons deux avec orchestre, des cantates drama- 
tiques : Hereward, The red cross Knights 
(Londres, 1887), Alfred, The Song of Judith 
(alto solo avec orchestre, Norwich, 1867), Free- 
dom (solo de baryton avec orchestre), Queen 
Aimee (pour voix de femmes), quelques oeuvres 
vocales powTeglise (Magnificat, op. 7; Eve- 
ning service, op. 8 [tous deux avec orchestre] ; 
Anthem, op. 29, etc.), quatre symphonies, un 
menuet et trio pour orchestre, etc. Comme theo- 
ricien, P. s'est d'abord fait connaltre par son 
• Traite 61ementaire d'instrumentation » (1880, 
trad, allem. de B. Bachur) ; mats plus r£cem- 
ment, il a deploye une grasde activity comme 
6crivain, en publiant des trails Harmony 
(1889), Counterpoint (1890), Double Counter- 
point and Canon (1891), Fugue (1891), Fagot 
Analysis (1892), Form (1893), Applied Forms 
(1895) et The Ordiestra (vol. 1, 1898), qui Font 
place au premier rang des theoriciens act u els. 

Prakner, 1. Karoline, cantatrice et profes- 
seur de chant, n£e k Vienne le 4 now 1832 ; 
chanta, de 1850 a 1854, avec succ&s, sur les 
theatres de la Cour de Hanovre et de celle de 
Mannheim, mais perdit subitement la voix - et 
vit depuis lors k Vienne, ou elle est tr£s esti- 
mee comme maltresse de chant. Le grand-due 
de Mecklembourg lui a conf£r6 le titre de « pro- 
fesseur ». M»« P. a public une brochure : Theo- 
rie und Praxis der Gesangshunst (1872). — 
2. Dionvs, excellent pianiste, n6 k Munich le 
12 mai 1834, m. k Heidelberg (des suites dune 
operation) le l« r d6c. 1896 ; re^ut en cette ville 
les premieres notions de piano, de Fr. Niest, et 
se produisit de bonne heure ; k l'&ge de dix- 
sept ans, il jouait d£jd au « Gewandhaus • de 
Leipzig. Les annees suivantes et jusqu'en 1855, 
il continua ses Etudes k Weimar, sous la di- 
rection de Liszt, puis s'6tablit a Vienne, d'oii 
il a fait un grand nombre de tournees de con- 
certs. P. £tait, depuis 1859, professeur au Con- 
servatoire de Stuttgart; il avait re^u, en 18tf4,Ie 
titre de pianiste de la Cour royale. Les soirees 
de musique de chambre organises par P. et 
Edm. Singer ont joui d'une certaine reputation. 

Prudent, Emile (Bbunie-P.), pianiste et com- 
positeur, ne k AngoulAme le 3 tevr. 1817, m. a 
Paris le 14 mai 1863 ; ayant perdu de tr£s bonne 
heure ses parents, il fut adopts parun accordeur 
de pianos. P. devint el& ve de Lecouppey, de 
Laurent et de Zimmermann, au Conservatoire 
de Paris, et continua k se d^velopper en pre- 
nant comme module Thalberg et Mendelssohn* 
P. etait estim£ a Paris, comme professeur de 



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PRUME — fUCHTLER 



649 



piano. Ses compositions appartiennent pour la 
plupart k ane categorie distinguee de musique 
de salon, cependant il a aussi ecrit une sym- 
phonie concertante (piano etorchestre), tin deu- 
xieme concerto pour piano en si b&rn. maj. et 
un trio pour piano et instr. a archet. 

Prume, Franqois-Hubert, violoniste, n<§ k 
Stavelot, pr&s Liege, le 8 juin 1816 9 m. dans la 
m^me locality le 14 juil. 1849 ; eieve du Conser- 
vatoire de Liege (1827), puis de celui de Paris 
(Habeneck), il fat engage en 1883, comme pro- 
fesseur de violon, au Conservatoire de Liege. 
Ses tourn^es de concerts (depuis 1889) avaient 
revel^ on lui un violoniste de gout et d'une vir- 
tuosity tr&s correcte. Le due de Gotha lui avait 
confer^ le titre de € concertmeister », etc. Parmi 
ses compositions, naus citerons la Melancolie, 
bien connue, pour violon et orchestre (op. 1), 
des etudes (op. 2) et deux morceaux de concert 

Prumier, 1. Antojne, harpiste, ne k Paris le 
2 juil. 1794, m. dans la meme ville le 20 janv. 
1868; Sieve du Conservatoire, harpiste au Thea- 
tre italien et, des 1885, k rOp6ra-Comique,suc- 
ceda en m§me temps k Nadermann, comme pro- 
fesseur de harpe, au Conservatoire. P. est l'au- 
teur d'un grand nombre de fantaisies, de ron- 
dos, etc., pour harpe. — 2. Ange-Conrad, n6 
vers 1821, m. k Paris le 8 avr. 1884 ; fils el 6teve 
du precedent, auquel il succida, en 1840, comme 
harpiste, a TOp^ra-Comique. Mais ilpassaplus 
tard k l'orchestre de l'Opera et prit, en 1870, la 
place de Labarre, comme professeur de harpe, 
au Conservatoire. II a compost des soli et des 
Etudes sp^ciales pour harpe, des nocturnes 
pour harpe et cor, et un certain nombre d'eeu- 
vres vocales religieuses ( Ave verum, saluta- 
ris 9 etc.). 

Psallette, syn. de maltrise ou d'ecole de mu- 
sique vocale attachee k une eglise. 

Psalmodie, v. psaume. 

Psalt6rion (all. Psalter), ancien instr. k cor- 
des pinches au moyen des doigts ou d'un 
plectre, le hinnor des Hebreux, la rotta des 
Allemands, petite harpe triangulaire. 

Psaume (ital. salmo ; all. Psalm : du grec 
iJ/«XX£w, c.-&-d. faire vibrer [une corde]), nom 
que Ton donne aux chants de louanges que 
David improvisait, en s'accompagnant d'un 
instrument analogue k la harpe. Le chant des 
p. passa du culte Israelite dans le culte Chre- 
tien, sous la forme de chant altern£ k l'unisson 
(v. amtienne) ; e'est du moiiis ainsi que Saint- 
Ambroise l'emprunta k l'Eglise d'Orient, tandis 
qu'ensuite le repons apparut en Italie m£me. 
Actuellement, on distingue dans la liturgie ca- 
tholique entre le p. proprement dit (p. de v£- 
pres, p. de matines) et les antiennes, graduels, 
tractus, alleluia composes sur des versets de- 
taches. La forme premiere du chant des p., 
dans l'£glise catholique, fut celle du chant gr6- 
gorien, k l'unisson, sans accompagnement ins- 
trumental : mais cette forme ne correspondait 
point k ce que nous appelons aujourd'hui la 
psalmodie (recitation sans autre rythme que 
celui qu'exige le texte lui-m£me), elle avait au 
conlraire, dans les antiennes, graduels, etc., et 



suivant le sens du texte, tanldt un caractere de 
joyeux Apanchement (avec des vocalises rapides 
et fleuries), tant6t un caractere de profonde 
lamentation. Des son apparition, la musique 
polyphonique s' em para du chant des p., sans 
doute en premier lieu sous la forme de l'orga- 
num et du faux-bourdon ; mais nous connais- 
sons des arrangement^ de graduels k trois et k 
quatre voix, du xu* s. d^jd, et fort ing^nieux 
(v. PfeRonN). La grande efflorescence du con- 
trepoint porta le chant de p. k quatre parties, a 
cappeUa,m plus haut point de perfection, etles 
Epigones de la grande ecole de Rome (v. ce 
mot) augmenterent le nombre des voix de la 
polyphonie jusqu'd seize, vingt-quatre et plus. 
Mais, k c6te de ce genre, la musique vocale (k 
une ou k plusieurs voix) accompagn&e r£appa- 
rut k partir de l'an 1600, en sorte que Ton vit 
les grandes compositions de p. de nos jours, 
pour soli, choeurs et orchestre, se developper 
graduellement. 

Psellos, Michel, ecrivain byzantin, vers 1050, 
k Constantinople, precepteur de Tempereur Mi- 
chel Dukas, a ecrit entre autres un trait6 sur la 
musique, reproduit pour la premiere fois par 
Arsenius, dans : Opus in quatuor mathemati- 
cos disciplinas (1532 et 1545), puis traduit en 
allemand par Mitzler, dans le vol. Ill de sa 
Musikal. Bibliothek.lJiie dissertation de P., sur 
le rythme, a ete publiee par Morelli, en meme 
temps que les fragments rythmiques d'Aris- 
toxene (lltiS). 

Ptoiemee, Claude, remarquable mathemati- 
cien, astronome et geographe grec, k Alexan- 
drie, au commencement du n 6 s. avant J.-C, 
originaire probablement de Ptolemais Hermii, 
en Egypte ; auteur, entre autres, d'un ouvrage 
en trois volumes, sur la musique, qui compte 
parmi les plus importants documents sur la 
theorie musicale chez les anciens. Cet ouvrage 
fut d'abord publie en une mauvaise traduction 
latine par Gogavinus (1562), puis dans le texte 
original par Wallis (1680). Un fragment, en 
texte grec et traduction allemande, en a ete 
donne par U. Paul, dans une digression de sa 
traduction de Boece (1872). 

Puccitta, Vingenzo, compositeur d'operas 
italien, ne k Civitavecchia en 1778, m. k Milan 
le 20 dec. 1861 ; eieve de Fenaroli et de Sala, 
au Conservatoire « della Pieta », k Naples, a 
ecrit trente operas pour Venise, Milan, Rome, 
Londreset Paris (ou la Catalani 1'avait em- 
men6 comme accompagnateur). P. ecrivait fa- 
cilemenl, mais sans originality 

Puchat, Max, ne a Breslau en 1859, eieve de 
Friedr. Kiel, a Berlin, remporta, en 1884. le prix 
Mendelssohn et s'est fait connaitre, jusqu'd 
present, comme compositeur, par des lieder, 
une ouverture et le poeme symphonique Eupho- 
rion, pour orchestre (1888). 

Puchtler, Wilhelm-Maria, compositeur de 
talent, mort tres jeune, ne k Holzkirchen (Basse- 
Franconie) le 24 dec. 1848, m. k Nice, apres de 
longues souffrances, le 11 fevr. 1881 ; destine 
par ses parents a la carriere ecciesiastique, il 
chercha k y echapper en s'enfuyant de la mai- 



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650 



PUDOR — PURCELL 



son paternelle, mais, bientdt rejoint, il dut sui- 
vre le seminaire d'Altdorf, pr6s Nuremberg, 
jusqu'a la mort de sa seconde mere (son pere 
6tait d^jd mort quelques ann&es auparavant). 
II etudia alors la masique au Conservatoire de 
Stuttgart, sous la direction de Faisst, de Lebert 
et de Stark (de 1868 k 1878), puis v$cut k Gcet- 
tingue, comme professeu^ et directeur de mu- 
sique, jusqu*a ce qu'en 1879 sa sante le for$a k 
aller chercher un cllmat plus clement. Les 
compositions qui ont paru de lui sont, pour la 
plupart, des morceaux pour piano, un peu trop 
exclusive men I consacrSs k la virtuosity pianis- 
tique. Une oeuvre chorale de P. : Der Geiger 
von Gmiind, a &6 ex£cut6e, en 1881, k Cann- 
stadt. 

Pudor, J.-Fribdrich, n6 en 1835 a Delitzsch, 
m. a Dresde le 10 oct. 1887, 6tait, depuis 1859, 
propri£taire et directeur administratif du Con- 
servatoire de Dresde. Son fils, Heinrich, n6 
vers 1860, vendit, en 1890, cet Stablissement k 
£. Erantz, et se voua de preference a une car- 
ri&re d'Scrivain qui a Sveille la curiosity par sa 
singularity. 

Pugnani, Gabtano, c61£bre violoniste, n6 k 
Turin le 27 nov. 1781, m. dans la m&me ville le 
15 juin 1798 ; £l£ve de Somis, lequel avait 6t£ 
en son temps l'616ve de Corelli et de Tartini, 
devint, en 1752, violoniste k l'orchestre de 
la Cour, a Turin. De 1754 k 1770, P. fit des 
tournees de concerts, interrompues par un s£- 
jour de plusieurs ann£es a Londres, ou il fut 
violon solo de TOpera italien et oil il fit repr6- 
senter un opera de sa composition. Enfin il fut, 
k partir de 1770, directeur de l'orchestre de la 
Cour, a Turin. On compte parmi ses Sl&ves 
Viotti, Bruni, etc. P. a compost sept operas qui 
n*ont eu qu*un mediocre succds, puis un ballet 
et une cantate dramatique. Sur neuf concertos 
pour violon, un seul a £16 grav£ ; mais P. a 
public en outre : quatorze sonates pour violon 
seul, six quatuors pour instr. a archet, six 
quintettes pour deux violons, deux flutes et 
basse, deux recueils de duos pour violons, trois 
de trios pour deux violons et basse, et douze 
octettes (symphonies) pour quatuor d'instr. k 
archet, deux hautbois et deux cors 

Pugni, Cesare, ne a Milan en 18U>, m. k St- 
Petersbourg le 26 janv. 1870 ; £16ve d'Asioli, au 
Conservatoire de Milan, il passa les trente der- 
nteres ann6es de sa vie k St-P6tersbourg. P. a 
£crit cinq operas et vingt et un ballets pour les 
th&ttfes de Milan, Paris el St-P«kersbourg : 
mais aucun d'eux n*a de r£elle valeur. 

fuliti, Leto, n£ A Florence le 9 juin 1818, 
m. dans la m6me ville le 15, nov. 1875 ; 6rudit 
musical notable, auteur de plusieurs iconogra- 
phies de valeur, dans les « Atti del Real Istituto 
di musica di Firenze », entre autres : Cenni sto- 
rici delta vita del serenissimo Ferdinando det 
Medici (1884, tire aussi a part), dans lesquels 
on trouve des documents importants sur Tin- 
venteur du piano k marteaux, Cristofori (v. ce 
nom), ainsi que sur quelques madrigaux ecrits 
par Tromboncino et Arcadelt, sur des poesies 
de Michel-Ange, etc. La mort l'empecha de ter- 



miner une « Histoire de la masique k Flo- 
rence ». 

Punctum (lat.), v. point. 

Pun to, Giovanni, v. Stich. 

Puppo, Giuseppe, violoniste, n£ k Lucca le 
12 juin 1749, m. k Florence le 19 avr. 1827 ; eut 
une vie pleine d'imprevu et fut un parfait ori- 
ginal. D fit un s£jour de plusieurs annees a 
Londres (jusqu'en 1784), remplit les fonctions 
de chef d'orchestre d'op£ra au Th6Atre de Mon- 
sieur, a Paris ; fut plus tard accompagnateur et 
professeur dans les meiileurs cercles de Paris 
(jusqu'en 1811) et chef d'orchestre d*op£ra au 
theatre « San Carlo », k Naples (1811-1817). II 
passa les dernieres ann&es de sa vie a Flo- 
rence, dans une situation precaire. Ses oeu- 
vres gravies sont: trois concertos, huit etudes 
et trois duos pour violon, ainsi que six fantai- 
sies pour piano. 

Purcell, 1. Henry, le plus grand composi- 
teur de l'Angleterre, n6 vers 1658 k Westmins- 
ter (Londres), m. dans la m&me ville le 21 nov. 
1695; deuxi£me fils d'un membre (gentleman ) 
de « Chapel Royal », en m&me temps que chef 
de choeur de Tabbaye de Westminster. Henry 
P. etait encore tout jeune, lorsqu'il perdit son 
p£re (11 aout 1664), aussi fit-il son Education 
musicale, comme enfant de choeur de « Chapel 
Royal », sous la direction de Cooke et de Hum- 
phrey ; il recut aussi des lecons de Blow. De 
bonne heure d£j&, P. fut amene k s'essayer 
dans la composition scenique et re^ut enfin, en 
1680, la commande d'un opera : Dido and Ae- 
neas, pour l'£cole th£atrale de Josias Priest. 
Cet ouvrage, bien que represents devant un 
public restreint, fit sensation ; mais auparavant 
d&jk, P. avait Verities introductions, intermedes 
vocaux, etc., pour le drame de Dryden : Au- 
renge-Zebe, la com£die de Shad well: Epson 
toeUs, la t raged ie The libertine et Abddazor, 
de Behn. Les Choice ayres, de Playford, ont 
donne dans le l #r vol. (1676)' une romance 
(song) et dans le 2"* vol. (1679) une elegie 
sur la mort de M. Lock, ainsi que plusieurs 
lieder de P. C'est k cette premiere p£riode 
cr^atrice de P. qu'appartiennent encore la ma- 
sique pour Timon dCAthenes de Shakespeare 
(dans r arrangement de Shadweli), pour Theo- 
dosius de Lee, et Virtuous wife d'Urfey 
(1680). Une nouvelle phase de la vie du musi- 
cien commence avec son entree en fonctions 
comme organiste a Tabbaye de Westminster 
(1680), car il se retira absolument de la sc&ne 
pendant les six annees qui suivirent ; il com- 
posa alors surtout un grand nombre de can- 
tates de circonstance, dites Welcome songs* 
dont sa situation, surtout depuis 1682, ou il de- 
vint organiste de • Chapel Royal », lui fournis- 
sait l'occasion (ainsi, lors du retour d'Ecosse du 
due dTork [1680, la premiere composition de 
ce genre], lors des tetes du couronnement de 
Jacques II, etc.). C'est cependant k cette epoque 
que remonte la composition de douze sonates 
pour deux violons et basse chiffree (gravees en 
1683 ; trois d'enlre elles ont paru recemment en 
une transcription de G. Jensen, chez Augener, 



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PUTEANUS — PYROPHONE 



651 



A Londres). En 1686 seuiement, P. se tourna de 
nouveau vers le th&&tre et £crivit la musique 
pour la trag£die de Dryden : tyrannic love, en 
1688 celle pour la com6die d'Urfey : A fools 
per ferment, en 1690 celle pour Tempest de 
Shad well, et enftn son premier veritable opSra: 
Diocletian (imprim6 en partition en 1690). P. a 
donn£ pendant quelque temps A l'Angleterre 
un op&ra national (apres sa mort, les Italiens 
prirent sa place). L'ann6e 1691 vit paraitre sa 
plus remarquable creation musico-dramatique: 
King Arthur, texte de Dryden (des airs en ont 
paru dans YOrpheus Britannicus, mais la 
partition n'en a ele imprimSe qu'en 1843, dans 
les publications de la f Musical Antiquarian 
Society •). En 1692, parut un opSra : The fairy 
queen (le texte est un arrangement du « Songe 
d'une nuit d'eti »), puis vinrent la musique pour 
The massacre in Paris de Lee (1690), pour 
Amphitrion de Dryden (1690), pour Elhanah 
Settles, Distressed innocence et Ihe Gordian 
Knot untyed, ceUe pour Sir Anton Love de 
Southerne, pour Indian queen de Howard et 
Dryden, pour Indian emperor et Cleomenes 
de Dryden, The wife's excuse de Southerne, 
The marriage hater match* d d'Urfey, Oedipus 
de Lee et Dryden, Old Bachelor de Congreve, 
Richmond heiress d'Urfey, The maid*s last 
2>rayer de Southerne, Henry II de Bancroft, 
pour la l r * et la2 mo p*xl\e&e Don Quixote d'Ur- 
fey (1694), pour The double dealer de Con- 
greve, The married beau de Growne, The fa- 
tal marriage de Southerne, Love triumphant 
de Dryden, Bonduca de Beaumont et Fletcher, 
Mock tnarriage de Scott, Rival sisters de Gould, 
Oroonoko de Southerne, The Canterbury 
gttesis de Ravenscroft, Knight of Malta de 
Beaumont et Fletcher, et enfin pour la S" 6 par- 
tie de Don Quixote d'Urfey. Un grand choix 
d'airs, extraits des pieces de th£&tre de P., 
et d'odes a 6t6 publte, en 1687, par sa veuve, 
sous le titre : A collection of ayres composed 
for the theatre and upon other occasions ; de 
im>me YOrpheus Britannicus, dont elle a pu- 
blic la premiere partie en 1698 (2™ 6d. 1706 ; 
la 2 m « partie suivit en 1702 [1711] ; 8*» 6d. des 
deux parties, 1721), a donnS, A cdt6 de quelques 
romances d6tach£es, des chants de une A trois 
Yoix tir£s des pieces de th66tre et des odes. 
Bien qu'ayant moins fait 6poque, les composi- 
tions de musique d'6glise de P. occupent un 
rang plus 61ev£, au point de vue musical pur ; 
elles ont eu sur l'activit6 de Hseudel, comme 
compositeur, une influence decisive, des l'arri- 
v£e de ce dernier A Londres. P. a £crit dans ce 
domaine : Te Deum et Jubilate pour le jour 
de sainte C6ciie, trois sen ices, vingt anthems 
avec orchestre et trente-deux avec orgue, dix- 
neuf chants (que^ques-uns avec choeur), deux 
duos, un trio, onze hymnes de trois A qua tre 
voix, deux psaumes en latin et cinq canons ; 
puis A ces ceuvres, qui sont toutes comprises 
dans la nouvelle Edition de PurceWs sacred 
music, de Vincent Novello (1829 A 1832), ii faut 
ajouter trois anthems, un hymne et deux motets 
non encore graves. Beaucoup de chants reii- 



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gieux de P. avaient d£j& paru dans YHarmonia 
sacra et d'autres recueils de son Spoque (v. 
Boyce, Arnold, Page). Le nombre des odes et 
des Welcome songs de P. est de vingt-huit. En 
fait de musique de chambre et de musique ins- 
trumentale, il a, outre les douze sonates-trios 
d£j& indiquees, 6crit encore dix sonates a 4 
pour deux violons, violonceUe et continuo [pia- 
no] (gravies en 1697 ; la nettvteme, la Sonate 
(Tor, a paru, en nouv.6d.,chez Augener) et Les- 
sons for the harpsichord or spinnet (1696). On 
peut trouver des catches de P. dans The Catch- 
Club, or merry companions. II paralt depuis 
1879, chez Breitkopf et Hsertel,une Edition com- 
plete des ceuvres de P. Le seul de ses flls qui lui 
ait surv^cu, Edward (n£ le 6 sept 1689, m. au 
commencement d'aoi\tl740) etait un excellent pia- 
niste (organiste A St-Clement, Eastcheap). — 
2. Daniel, frere d'Henry P., n6 en 1660, m. le 12 
d£c. 1717; 6tait, il est vrai, loin d'etre aussi bien 
douequeson frere, mais compte toutefois parmi 
les musiciens notables de son &poque. II fut en- 
gage, en 1688, comme organiste de Teglise de la 
Madeleine, a Oxford ; mais, aprds la inort de 
son fr&re, il alia a Londres et prit sa place 
comme compositeur de musique de comedies. II 
devint, en 1713, organiste de St- Andrew, A Hol- 
born. n a publi6 : The psalm tunes full for the 
organ or harpsichord ; six anthems ont 6t£ con- 
serves dans les livres de choeurs de la Made- 
leine, et des chants dans diiT&rents recueils de 
l'epoque. P. a compost une ode fun&bre sur 
la mort d'Henry Purcell. 

Puteanus, Ericius (van de Putte, DupcyJ, 
savant philosophe, n£ A Venloo (Hollande) le 
4 nov. 1574, m. A Louvain le 17 sept. 1646; v£- 
cut de nombreuses annees en Italie et fut mAme 
professeur d'&oquence a Padoue (1601), mais, 
aprds la mort de. Juste Lipse (1606), il fut ap- 
pel6 A Louvain comme professeur de litera- 
ture. P. fut aussi un connaisseur en musique 
et Tun des premiers adversaires de la solmisa- 
tion. H a £crit : Modulata Pallas sive septem 
discrimina vocum (1599 ; 2™° 6d. sous le titre 
Musathena sive notarum heptas, 1602 : aussi 
dans le 2"" vol. de ses Amcenitatum humana- 
rum, 1615) ; puis il public, sur ce m£me th&me, 
un plus petit ouvrage : Pleiad musica (16(X) ; 
2 roe £d. sous le titre : Iter Nonianum seu dia- 
logue qui Musathenae epitomen com])rehendit 
etc., 1602). Cf. BOBISATIONS. 

Pycna (gr. *rwcv«), succession de demi-tons 
et de quarts de ton, dans les genres chromiti- 
que et enharmonique des Grecs. Cf. (musique) 
grecque, V. 

Pyramidon, jeu A bouches de Torgue,analogue 
A la « flfite pyramidale », dont les tuyaux vont 
en se r£tr£ci6sant vers le haut. 

Pyrophone (all. Flammenorgel), instrument 
original, invente par Fr. Kastner (v. ce nom), en 
1875. Le p. consiste en une serie de ilammes 
de gaz qui, brilliant dans des tubes de lon- 
gueurs diverses, produisent des sons determi- 
nes. Les flammes, allumees et regimes au moyen 
d'un courant £lectrique, sont regies par un 
clavier. L'£tendue sonore de rinstrument 

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652 



PYTHAGORE 



comprend l'£chelle chromatiqiie de ut i a ut A . 
Pythagore, le cetebre philosophe (celui-ld 
m6me qui imagina la denomination de philo- 
sophos [ami de la sagesse], k la place de celle 
de sophos [sage] jusqu'alors en usage), n6 vers 
Tan 582 av. J.-G, fonda en 529, k Crotone 
(Ilalie), nne sorte de congregation morale et 
politique, connue sous le nom d' « Ecole itali- 
que » et dont les dogmes offraient certains rap- 
ports avec ceux des pr&res Sgyptiens, au milieu 
desquels P. passe pour avoir v6cu quelque 
temps. P. n'a rien 6crit lui-m^me, et ses doctri- 
nes ne vivent, comme celles de Socrate, que 
dans les Merits de ses disciples. La conception 
des rapports musicaux est, chez les Pythago- 
riciens, de nature exclusivement mathematique; 
autrement dit, les disciples de P. voient l'es- 
sence dela consonnance danslesrapports ma- 
tb£matiques des sons, dans les rapports de 
longueur des cordes ou dans le nombre de 
vibrations des sons (du moins Euclide parle- 
t-il d6j& de ces vibrations). Au point de vue de 
la theorie musicale, les Pythagoriciens (Archy- 
tas, Eratosth&ne, Didyme, Ptol6m6e, Euclide, 
etc.) sont, en tant que canonistes, directe- 
ment opposes aux harmonistes (Aristox&ne et 
ses disciples) qui nient l'importance des chif- 
fres. Leur theorie math£matique des rapports 
des sons diflere de la nritre en un point sur- 
tout, celui de Interpretation de la tierce ; pour 
les Grecs, la tierce avait ete et 6tait toujours 
un intervalle dissonant, soit que Ton n'admit 
pas pour elle le rapport 4 : 5, soit que ce rap- 
port ne par&t pas assez simple, pour A tre plac& 
au m6me rang que 1 : 2, 2 : 3, 3:4, comme 
consonnance. On d&erminait alors tous les rap- 



- QUAGLIATI 

ports des sons au moyen de marches de quin- 
tes, tandis qu aujourd'hui nous ajoutons k ces 
derni&res les marches de tierces (nous tendons 
m&me insensiblement vers Temploi des septie- 
mes aussi.. pour la determination des rapports 
des sons), crest pour cette raison que nous 
nommons aujourd'hui « pythagoriciens • tous 
les intervalles dont la valeur ne correspond 
pas aux determinations modernes des rapports 
des sons et repose exclusivement sur une mar- 
che de quintes, ainsi la « tierce pythagori- 
cienne • (quatri&me quinte), la < tierce mineure 
pythagoricienne » ( troisi£me quinte descen - 
dante), le « demi-ton pythagoricien » (256 : 243 ; 
cinqui&me quinte), etc. On donne aussi le nom 
de « comma pythagoricien » k l'excedent des 
deux sons extremes d'une s£rie de douze quin- 
tes, compares avec Toctave (cf. rapports). La 
determination fondamentale des intervalles au 
moyen des quintes (cf. cependant Didyme) 
resta a la base de tous les calculs de 1'antiquite 
et du moyen dge; seuls, les Arabes reconnurent 
auparavant d£j& la consonnance de la tierce 
(4 : 5), de la tierce mineure (5 : 6), voire m£me 
de la sixte (5 : 8 et 8 : 5) ; cf. messel, 

Pythiques. On appelle « jeux pythiques », les 
jeux que les Grecs c£16braient k Delphes, en 
Thonneur d'Apollon (vainqueur du serpent Py- 
thon). Les joutes musicales (citharodique, ci- 
tharistique et aul&ique) prirent d&s le debut uji 
rdle important dans les jeux p. et e'est en se- 
cond lieu settlement que les courses y furent 
introduites. Le vainqueur de ces jeux 6tait cou- 
ronn£ de lauriers cueillis dans les bois sac res 
de la vallee du Tempe. Cf. (musique) grecqub. 



Q 



Quadrat (all. ; lat. B quadratum, quadrum), 
c.-d-d. b£carre, jj. 

Quadri, Domenico, th&mcien musical, ne k 
Vicence a la fin de 1801, m. k Milan le 29 avr. 
1848 ; a public : La ragione armonica (1830, 
dont deux livraisons seulement ont paru) et 
Lesioni d'ar mania (1832 ; 3* ed. 1841). Q., qui 
&tait partisan du syst&me de la construction 
des accords par tierces, rencontra k Naples (ou 
il chercha d'abord k fonder une ecole de theo- 
rie), puis k Milan, une violente contradiction de 
la part des mattres de contrepoint du Conser- 
vatoire, et il mourut dans une situation tr6s 
precaire. 

Quadrille, sorte de contredanse (q = danse 
en carre) qui fit son apparition au debut de no- 
tre Steele, k Paris. II y a deux especes de q., le 



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« q. ordinaire » et le « q. des lanciers •, different 
du premier surtout en ceci, qu'il s'ex A cute par 
petits groupes de quatre paires, formant vis-ik- 
via deux k deux. Tout q. se compose de cinq 
mouvemenls dont la mesure alterne entre 3 / g 
(%) et */ 4 . 

Quadrio, Francesco -Saverio, ecrivain, ne 
a Ponte (Valteline) le 1" dec. 1695 m., a 
Milan dans un couvent de Barnabites, le 11 
nov. 1756 ; il a £crit entre autres : Delia storia 
e delta ragione d*ogn\ poesia (1739-1759; sept 
vol.), ouvrage qui traite en details, dans les 
volumes II et III, la cantate, Topera et Tora- 
torio. 

Quagliati, Paolo, compositeur, auteur de : 
Carro di fedelta d*amore (1611), Tun des plus 
anciens drames musicaux qui contienne non 

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QUA.NDT — QUARTE ET SIXTE 



653 



settlement des monodies, ma is aussi des en- 
sembles jusqu'& cinq voix (probablement de 
simples madrigaux) ; et de Moteiti e dialoghi 
a 2-8 voci (1620), 

Quandt, Christian-Friedrich, m£lomane et 
musicographe, n6 A Herrnhut (Saxe) le 17 sept. 
1766, m. A Niesky,pi'6s Gorlitz, le 30 janv. 1806 ; 
il a ecrit, dans la < LausitzischeMonatsschrift » 
(1795 et 1797) et dans V « Allgemeine musika- 
lische Zeitung » (1798 A 1800), des articles sur 
la harpe 6olienne, rharmonica, etc., et sur les 
principes natorels de l'harmonie. 

Qu&non (all. Kanun), instr. a cordes orien- 
tal, oflfrant quelque analogie avec la cithare 
acluelle ; le nom lui-mfcme de 1'instrument n'est 
pas sans parents avec l'antique « canon », c.-&-d. 
le monocorde que tr&s t6t d6j& Ton tendrt de 
plusieurs cordes, pour pouvoir d&montrer les 
consonnances. 

Quants, Johann-Joachim, le celebre maitre 
de flfite de Fr£d6ric-le-Grand, n£ a Obersche- 
den (Hanovre)le 80 janv. 1697, m. a Potsdam 
le 12 jail. 1773; son pere Stait un simple forge- 
ron, qui mourut lorsque Q.avait A peine dix | 
ans, mais comme ce dernier montrait quelques 
dispositions pour la musique et jouait d£j& de 
la contrebasse dans l'auberge du village, un 
oncle, le musicien Justus Q., le prit chez lui A 
Merseburg et se chargea de son Education. Q. 
apprit alors A jouer de divers instruments d'or- 
cliestre, ainsi que du clavecin et, lorsqu'en 1713 
il eut fini son « apprentissage », il partit comme 
simple « compagnon » d'abord pour Radeberg, 
puis pour Pirna et, en 1716, pour Dresde, oil il 
fit partie de la chapelle de Heine, le chef de 
musique de la ville. Q. profita d'un cong£, en 
17 J 7, pour aller A Vienne £tudier le contrepoint, 
sous la direction de Zelenka et de Fux; il fut 
enfcuite engage, en 1718, dans la chapelle du 
roi de Pologne, a Dresde et A Varsovie, d'abord 
comme hautboiste, mais &changea le haut- 
bois contre la flftte, en 1727, apres avoir fait 
des etudes approfondies sous la direction de 
Buffardin. La Cour de Saxe a toujours con- 
tribu£ pour une large part A l'Sducation de mu- 
siciens de talent du royaume ; ce fut le cas 
pour Q. aussi, qui fut envoys, en 1724, A la 
suite de l'ambassadeur de Saxe en Italie. 11 
etudia alors A Rome le contrepoint, aupres de 
Gasparini, fit la connaissance des chefs de 
Fecoie napolitaine et se rendit, en 1726, par 
Geneve et Lyon, A Paris ou il resta sept mois. 
Apr&s avoir sejourn£ encore trois mois a Lon- 
dres oh T« op6ra » de Haendel 6tait justement A 
son apogee, il rejoignit enfin, en 1727, son poste 
A Dresde. L'annee suivante, il jouait a Berlin 
devant le prince hSritier Frederic, auquel il 
plut tellement que ce dernier commence lui- 
m£me A 6tudier la fltite et engagea Q. A faire 
chaque ann£e deux scours prolonges A Berlin. 
Lorsque Fr&teric fut mont6 sur le trdne, son 
premier soin fut d'engager Q., en 1741, avec un 
traitement de 2000 thaler, comme musicien de 
la chambre et compositeur de la Cour ; mais Q. 
recevait en outre, pour chaque nouvelle com- 
position, des honoraires supplementaires, et 



pour chaque flute qu'il livrail (Q. fabriquait 
aussi des instruments) cent ducats. On com- 
prend qu'avec pareille situation, Q. se soit de- 
cide A passer A Berlin le reste de sa vie. II n'£- 
crivit pas moins de trois cents concertos pour 
le roi et deux cents morceaux divers pour une 
et deux flutes, des soli, duos, quatuors, etc. 
pour fltite, dont la plus grande partie est encore 
conserv&e A Potsdam. Q. a compost en outre 
des lieder,une serenade, etc. On a grav& de lui : 
six sonates pour fltite avec basse (1734), six duos 
pour flutes (1759), des melodies de chorals pour 
vingt-deux odes de Gellert (Neue Kirchenmela- 
dien* 1760), ainsi que : Versuch einer Anvrei- 
$ung y die FWte « traverswre » su spielen (1752 
[1780, 1789], trad. fran?. 1752, trad, holland. 
1755) et Application pour la flute traversiere 
a deux clefs (sans date). Q. lui-m&me amdliora 
la fli\te par l'adjonction de la deuxi&me clef. On 
trouve de lui une esquisse autobiographique 
dans les « Beitr&ge » (I) de Marpurg, et dans 
le m&me ouvrage (IV) aussi une r^ponse A une 
critique sur sa methode de flute. Une biogra- 
phie detail^ de Q. a M publiee par son ar- 
rtere-petit-neveu, Albert Q. (1877). 

Quarenghi, Guglielmo, violoncellist e, n£ A 
Gasalmaggiore le 22 oct. 1826, m. A Milan le 
4 tevr. 1882; maitre de chapelle du D6me et 
professeur de violoncelie au Conservatoire, 
auteur d'une excellent e methode de violoncelie 
(1877), de plusieurs morfceaux de musique 
d*£glise et d'un opAra : 11 di di San Michele 
(1863). 

Quart.,, (all.), pr6flxe dont on fait usage, en 
allemand, avec des noms d'instruments, pour 
designer un instrument accorde A la quarte 
inferieure ou A la quarte sup£rieure de l'instru- 
ment ordinaire. Le terme de quarte. en fran- 
cais, dans le mfcme sens, mais employ^ comme 
suffixe, est vieillie. 

Quarte (lat. (fuarta) , quatrieme degr£ de 
l'6chelle diatonique. La q . peut Atre : juste, 
augmentee ou diminuSe : 




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•&- ^ •#• 



cf. intervalle. Les discussions autrefois si 
vives sur la consonnanceoula dissonance de la 
q.sont absolument tombees, devant les donn£es 
de la th£orie moderne. La q. de la fondamen- 
tale d'un accord majeur ou d'un accord mineur, 
par ex. fa dans Taccord d'ut majeur, est tou- 
jours dissonante; en tant que rapport de la do- 
minante A la tonique transports d'une octave 
(renversement de la quinte), elle est au contrai- 
re toujours consonnante, par ex. sol : ul, dans 
Taccord d'ul majeur. 

Quarte et sixte, Accord de q. et s., denomi- 
nation empruntSe au syst^me dela basse chiffHe 
et signiflant d'abord, d'une mantere gen^rale, 
que la note de la basse sur laquelle se trouvent 
les chiffres -J doit £tre surmontee de sa quarte 
et de sa sixte (telles que les fournissent l'e- 
chelle de la tonality ; en ut majeur, par ex. : 

6 

* signifle l'accord fa : si : r6. Toutefois, lors- 
a 

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654 



QUARTO LET — QUINAULT 



qu'on parle habituellement de l'accord de q. et 
s., des precautions que necessite son emploi, de 
son importance dans la phrase harmonique, il 
est question sp£cialement du second renverse- 
ment (avec la quinte a la basse) de l'accord 
majeur ou mineur. Lorsque ce renversement 
d'accord apparait sur une basse marchant par 
degr£s conjoints et, de plus, sur le temps faible 
de la mesure, il n'offre rien de particulier ; par 
contre, si la basse gagne la quinte en question 
en effectuant un saut, et particulierement sur 
le temps fort, le sens de cet accord de q. et s. 
se trouve transform 6 : il apparatt comme dis- 
sonance resultant d'un double retard (la 
quarle et la sixte pour la tierce et la quinte) et 
doit £tre traits en consequence. Cf. disso- 
nance, 

Quartolet (angl quadruplet ; all. Quartole), 
figure de quatre notes dont la valeur totale doit 
dtre £quivalente a celle de trois notes ordinal- 
res de m&me esp A ce : 



^ ^m^ m^m 



Lorsque le q. est not£ comme Equivalent de 
six notes, il n'est pas autre chose qu'un double 
duolet : 




mats on pent aussi le noter en valeurs de l'es- 
p A ce immediatement superieure (c.-A-d. ici, par 
ex., en noires). 

Quasi (ilal.), « comme » ou < presque comme » ; 
ainsi : andante q. allegretto. 

Quatremdre de Quincy, Antoixe-Ghrysos- 
tome, secretaire de l'Academie des Beaux-Arts, 
k Paris, n6 k Paris le 28 oct. 1785, m. dans la 
m&me ville le 28 dec. 1849 ; £crivit une bro- 
chure : De la nature des opdras bouffons 
(1789), ainsi qu'un certain nombre d*esquisses 
biographiques (les « eloges » des membres d£- 
cedes de l'Academie), entre autres surPaesiello, 
Monsigny, M A hul, Boieldieu, Catel et Gossec. 
Ces courtes Etudes ont et6 imprimees sEparE- 
ment, mais ont para aussi, avec d'autres, sur 
des peintres, sculpteurs, etc., dans le Recueil 
de notices historujues lues dans les seances 
publuptes de rAcademie, etc. (1834-1837; deux 
vol.). 

Quatricinium (lat.), morceau de musique a 
quatre parties (quatuor). Gf. bicinium, trici- 
nium. 

Quatuor (all. Quartett), composition k quatre 
parties instrumentales ou vocales. Le q. est 
devenu Tune des formes preferees, dans le do- 
maine instrumental comme dans le domaine 
vocal, par le fait que Fecriture k quatre parties 
s'est rEvElee, des le xv* s. d£j&, comme la plus 
propice a concilier la simplicity de la facture, 
la facilite de l'execulion avec la plenitude et la 
clarle de rharmonie. La majeure partie des 
chefs-d*<euvre de Tart contrapontique du xvi«s. 



est Ecrite a quatre parties, que ce soient les 
Messes et les motets d'un Josquin, les lieder 
allemands d'un Hofheimer, d'un Isaak, d'an 
Send, les chansons franchises ou les « canzo- 
nette • italiennes (seuls, les madrigaux sont, 
dans la rdgle, k cinq parties) ; m A me les mor- 
ceaux de danse du xvi» s. sont pour la plupart 
k quatre parties. L'Ecriture k un grand nombre 
de parties (doubles choeurs) du style acappella 
des 6coles venitienne et romaine se developpa, 
au xvn* s., a peu pr£s en meme temps que la 
monodie accompagn6e($*t'fe rappresentatito) et 
refonla momentan£ment a rarridre-plan Fecri- 
ture k quatre parties ; toutefois, aprSs la grande 
efflorescence du style instrumental k trois par- 
ties (Sonate a 3, le plus souvent deux violons 
et basse [continuo] )auxvn«s.,le q. instrumen- 
tal prit une place importante qu'il garda des le 
milieu du xviii* s., particulierement sous la 
forme de q. pour instr. a archet (Gr£try, 
Gossec, van Malder, Sammartini, Haydn), puis 
ce fut, au xix e s., le tour du q. vocal (pour voix 
d'hommes et pour voix mixtes), dont la ^ap- 
parition fut partout salute avec joie. On A crit 
actuellement des quatuors pour les combinai- 
sons instrumentales les plus variees : des q. 
avec piano (facon abr£g A e, employee entre au- 
tres dans ce dictionnaire, de designer les q. 
pour piano, violon, alto et violoncelle), d'autres 
pour piano et toutes sortes d'instruments, d'au- 
tres encore pour quatre cors, etc. La musique 
vocale k quatre parties, mdme lorsqu'elle est 
pourvue d'un accompagnement, porte aussi le 
nom de quatuor. 

Quaver (angl.), croche ; semi~q., double cro- 
che ; demi-semirq., triple croche. 

Queisser, Karl-Traugott, ne k Doben, pr&s 
Grimma, le 11 janv. 1800, m. a Leipzig le 12 
juin 1846; fut, d A s 1830, premier trombone de 
l'orchestre du Gewandhaus (pendant les der- 
ni A res amines de sa vie, il passa au premier pu- 
pitre d'alto), repute maltre sur son instrument. 
Quercu, Simon de (latinis£, pour van Eyckex 
ou du Chesne), premier chantre de la chapelle 
de Ludovic Sforza, a Milan ; originaire du Bra- 
bant, il accompagna Maximilien et Francesco 
Sforza a Vienne, ou il a publie : Opusculum 
musices perquam bretissimumde Gregoriana 
etfigurativa atquecontrapunctosimplici (1509 
[1513, 1516, 1518]) et Vigiliae cum vesperis et 
exequiis marluorum (1518). 
Querfldte (all.), flute traversidre. 
Querpfeife (all.), vieil instrument analogue, 
mais non identique, k la < petite flute ». 
Querstand (all.), fausse relation (v. ce mot). 
Quidant, Alfred, ne a Lyon le 1 d A c. 1815, 
m. a Paris le 9 oct. 1893 ; pianist e-compositeur 
de talent. 
Quieto (ital.), tranquille, tranquillemeuL 
Quilisma, figure d'ornement dans la notation 
neumatique (v. necmes), correspondant, tant 
comme signe que comme execution, a notre 
trille : ( >%%v . Le terme de q. vient du grec xv\t<rux 
(xvXlvhiv, rouler). 

Quinault, 1. Philippe, Tauteur des libretti 
que Lully (v. ce nom) mit en musique, ne a 



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QUINTA — QUINTES ET TIERCES 



655 



Paris en 1635, m. dans la m&me ville le 26 nov. 
1688; il appartient au petit nombre de ceux qui 
comprirent qu'un bon texte d'op&ra doit aussi 
£tre un bon po&me. — 2. Jean-Baptiste-Mau- 
rick, chanteur, comedien et compositeur dra- 
matique ; chanta de 1712 k 1718, puis fut engag& 
comme acteur au Th64tre Frangais jusqu*en 
1738, et mourut k Gien (Loiret) en 1744. II a 
ecrit la musique pour plus de vingt pieces (in- 
term&des, ballets, etc.) et fit representor en 1729, 
k rOp^ra, un grand ballet en quatre actes : Les 
amours des diesses. Sa soeur, Marie-Anne^ d6- 
buta en 1709 a l'Op6ra r mais elle passa plus 
tard k la Comedie francaise. 

Quinta (lat.), cf. quinte et quintus. 

Quinta decima (lat.), quinzteme (all. Quint- 
dezime.) 

Quinte, 1. (lat. quinta; gr. diapente), le cin- 
qui£me degre dans I'Schelle diatonique, ex. : ut 
(rd, mi, fa) sol. La q. peut 6tre juste, diminu£e 
ou augments ; cf. intervalle. La plus impor- 
tante des trois est la q. juste, car elle est un des 
interval les fondamentaux qui participent k la 
formation de l'accord majeur et de l'accord mi- 
neur : la q. diminu&e compte un demi-ton de 
moins, la q. augmentee un demi-ton de plus 
que la q. juste : 




:=!??Ed$?z: 



L'homrae pour qui la musique est cbose inn£e 
. commit les q., celui qui est moins bien dou£ 
doit les apprendre ; la connaissance absolue de 
la q. de cbacun des sons de l'6chelle musicale 
est Tune des premieres conditions de l'£tude 
profitable de 1 harmonie. Le syst&me le plus 
commode de memorisation des q. consiste k 
apprendre avant tout par coeur la s6rie des 
sons de Fexhelle fondamentale , disposes en 
une suite de quintes, et de l'apprendre dans les 
deux sens (ascendant et descendant): 
fa, ut, sol, re, la, mi, si 
puis cette m&me s6rie hauss£e d'un demi-ton 
(diSsee) : 

fa £, ut #, sol j|, r6 %, la $, mi §, si fl 

et, enfin, baiss£e d'un demi-ton (bemolisSe) : 

fa p, ut 7, sol {?, rd fy, la fy, mi |?, si !? 

autrement dit, en notation musicale ; 



i 



9*- 



-*—*- 



-*=*- 



*± 








~-f$* z 



I7T 



2? 'J jJ^Uq 



Si Ton fait abstraction seulement des quintes 



d£riv£es des sons extremes de la premiere s6rie 
de q. (fa, ut, sol, rd, la, mi, si) et qui relient les 
diverses series : 






on constatera que deux sons places k distance 
de q. juste ne portent ni Tun ni l'autre d'altSra- 
tion ou portent tous deux la m&me alteration, 
autrement dit qu'ils sont tous deux naturels, 
ou tous deux bdmolises, di6s6s, doublement 
b6molis£s ou doublement dieses. Apres avoir 
solidement fix6 ces q. dans sa memoire, on fera 
de memepour les tierces [majeures] (cf. tierce); 
dans l'accord majeur, la tierce se calcule k par- 
tir du son le plus grave, dans l'accord mineur 
k partir du son le plus aigu. On donne le nom 
d'ticHKLLE des q. k la s6rie des douze q. du 
systeme temper^ : ut (si J}> — sol (fa X la pi?) — 
ri (ut X , mi $?)— la (sol X, si ty?)— mi (fa j? ) 
— si (ut p) -fa % (sol ?), -ut% (ri i?) - sol # 
(la}) - rd$ (mify) -la$($i fr)— mtfl (fa) - 
si ft (ut.) Pour que F6chelle des q. nous ramene 
au son initial, il faut que nous admettions, un 
moment ou l'autre, un changement enharmoni- 
que. Les modulations k travers les tonalitSs de 
tout le cycle des q. ou une partie de ce cycle 
sont tr&s aisles, mais d£nu£es de toute valeur 
artistique. Pour ce qui concerneles parall£les 

DE Q., V. le mot PARALLELS. — 2. JEU DE Q., 

dans l'orgue, sorte de jeu de mutation (v. ce 
mot et pied). — 3. Nom que Ton donnait autre- 
fois a une sorte de viole. La viola da braccw 
se construisait en trois modeles differents : le 
plus petit, lendu de cinq cordes seulement, s'ap- 
pelait quinton ou q., le deuxteme haute-contre 
(alto), le troisteme taille (tenor) ; les trois s'ac- 
cordaient du reste de fagon identique. Dans 
son « Dictionnaire de musique » (art. viole), 
Rousseau consid&re les termes de viole, taille 
et q. comme absolument synonymes ,• il est Evi- 
dent qu'il attribue toutes ces denominations k 
Tinstrument que nous connaissons sous le nom 
d'alto (viola alta). — 4. Nom que Ton adoptait 
parfois pour la premiere corde (mi A ) du violon; 
ce nom aura sans doute pass& de la corde la 
plus aigue du luth (v. ce mot) k celle du violon. 
Quinte et sixte. Accord de q. et s., abr£- 
viation courante dans le syst&me de la basse 
chiffr£e, pour accord de tierce, quinte et sixte, 
autrement dil pour la r£sonnance simultanee • 
d'une fondamentale avec sa tierce, sa quinte et 

o 
sa sixte; ex. : £ = si *, re*, fa*, sol*. D'apres la 

theorie du renversement des accords, l'accord 
de q. et s n'est pas autre chose que le premier 
renversement d'un accord de septieme. 

Quintes et tierces. La theorie modeme de 
la musique (depuis Fogliano et Zarlino), en 
contradiction avec la theorie antique (cf.PYTHA- 
gore), considere la tierce comme un intervalle 
directement comprehensible et d'importance 
aussi capitale que la quinte ; elle exprtme la 
tierce par le rapport 4 : 5 (=r 64 : 80), tandis 



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656 



QUINTERNE — QUINTOYER 



que les Pythagoriciens l'anaiysaient comme 
quatridme quinte = 64 : 81. La difference entre 
ces deux determinations donne le comma syn- 
tonique, 80 : 81. Mais de la sorte, les rapports 
des sons moins directement parents peuvent 
£tre determines de diverses manieres, suivant 
qu'ils sont atteints au moyen de marches de 
quintes, ou de marches de quintes et de tierces, 
ou encore de marches de tierces exclusivement. 
Le tableau suivant, susceptible d'etre continue 
dans tous les sens, d&montrera ce fait plus 
clairement;les lignes horizontales y sont toutes 
etablies par marches de quintes, les lignes 
verlicales par marches de tierces. Tous les ac- 
cords majeurs et mineurs s'y trouvent disposes 
de la m6me fa$on que les suivants, par ex. : 

mi 

ut sol et fa tti 

la {? 



c.-&-d. a partir de la fondamentale, l'accord 
majeur en angle droit ouvert a droite en haut, 
l'accord mineur en angle droit ouvert k gauche 
en bas. Chaque trait (triait de comma), accom- 
pagnant les noms des notes, indique, lorsqu'il 
est plac^ au-dessous du nom, Yabatssement du 
son (compare a celui qui s'obtiendrait exclusi- 
vement par marches de quintes, k partir d'ul) 
de 80: 81, lorsqu'il est plac6 au-de$$ui du nom, 
YSUvatian duson de 80:8LAinsi, parexemple, 
le fa X l e plus proche parent d'ut. s'obtient au 
moyen de trois marches de tierce et d'une marche 
de quinte ; il est trois* commas plus bas que le 
fa X obtenu par marches de quinte a partir d'ut 
(treizi&me quinte). Cf. k ce sujet le tableau 
donn6 au mot rapports. 



2 £ £ 2 

9 9 9 9 

a) at x o- 

H. % *. *. 

9 9 9 9 

tf) 'Si ST. V, 

& S B £ 

£ c c c 

2. '5 *5 '5 

b* j- c c 



4* tierce superieure *otK ' r&x tox ' mi x ! *iX f<&$ 



3 # tierce superieure | tojf i mi$ ; si§ , fax utx soix r«*x tox mi* 



2* tierce superieure »i A»jf ut * *°$ ' ^Jfi to£ ***$ si* ' fan I utx 



1"Uerce.superieure. f a | ut \ sol ' ri_ ja_ mi^ ' _«i_ ' fa* ' «4 *°4 ^ Za l 



*o(7 | r*t> , tot' mil? sil? . /*« | ut , I so/ r<$ ' to mi | si fajf 



iifr[«i#". A*H tab soit' njt^to]* m# si"? ~f a «<" I I- tierce InBSrioure 






ItrffrmJftrtW laW.miW sib? fat ' u<> tof? ! 2- Uerce inferieure 



sit^ r«?7| uri^ *oi?7 r^ totf ; * th?rce *"'««"* 



***** t 

U3 •£ .9 ~ 

& E S. c 

3 9 9 9* 

£* ST a" £■ 



9 9 

£ 3 



Quinterne, v. outtare et luth. 

Quintette (plus rarement qdintuor), composi- 
tion k cinq parties instrumentales ou vocales ; 
toutefois,danslamusique vocale accompaguee, 
les parties vocales seules entrent en ligne de 
compte pour la denomination. Cf. quatuor. 

Quintolet, figure de cinq notes d'egale valeur 
et dont la valeur tolale est 6quivalente k quatre 
ou k six notes de m A me espece. On indique en 



general le q. au moyen d*un 5 place an-dessus 
ou au-dessous du groupe. Cf. quartolet, trio- 
let, DUOLET, SEXTOLKT, etc. 

Quintoyer, se dit, dans les instr. 4 vent, du 
fait de sauter k la douzi^me superieure (quinte 
de Toctave) au lieu de Toctave, par simple pres- 
sion du souffle. Le quintoiement est une parti- 
cularity exclusive des instr. a vent a anche 
simple (clarinet te, clarinette-basse, cor de bas- 



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QUINTUS — RADECKK 



657 



set, bathyphone), tandis que tous les autres instr. 
a vent octavient (autrement dit donnent d'abord 
l'octave superieure du son le plus grave du 
tuyau en question). Les tuyaux bouches, dans 
Vorgue, quintoient aussi lorsque le son saute 
dans la region aigue (cf. quintaton); ils parta- 
gent avec les instruments quintoyants la parti- 
cularity d'etre prives de tous les harmoniques 
pairs. 

Quintus ou Quinta (« le » ou « la cinqui&me»), 
cinquieme partie dans les ensembles polypho- 
niques a cinq voix ou plus, au xvi» s., partie 
attribute tantdt au soprano, tan tot a Falto, au 
t6nor ou a la basse. La partie ecrite ou impri- 
mee de q. comprenait des morceaux pour les 
genres de voix les plus divers ; il fallait done, 
lorsqu'on ex&cutait une s£rie de morceaux, la 
faire passer de main en main, d'ou son nom de 
vagans (au lieu de q.). 

Quintviola, nom que les facteurs d'orgues 
allemands ont adopts pour un jeu de quinte 
dont la perce est analogue a celle de la gambe 
{viola). 



Quinzidme (all. Quintdezime; lat. quinta 
decima), le q. degre de l'Schelle, autrement dit 

l'OCTAVE REDOUBLED 

Quodlibet (ital messansa, mistichanza), de- 
nomination adoptee, du xvi« au xvn« s., pour 
Taccouplement drdlatique de melodies sans 
lien, de cris primitifs, etc. dans des oeuvres 
vocales telles que La Bataille, la Chasse au 
liewe, le Caquet des femmes, de Jeannequin 
ou d'autres pieces analogues de Gombert, 
Matthias Hermann, etc. Une autre sorte de q. 
consistait en une succession (en maniere de 
potpourri ), de tendances humoristiques, de 
fragments de compositions connues, mais tres 
diverses (motets, madrigaux, chorals, chansons, 
etc.). Les q. les plus precieux pour nous sont 
ceux que leurs auteurs avaient formes au 
moyen d'une s&rie d'anciens chants populaires, 
tels ceux de Schmeltzel (Vienne, 1544) et de 
beau coup d'autres encore (v. le vol. I du Deut- 
schesLied, paru comme supplement k la publi- 
cation mensuelle [« Mouatsschrift fdr M.-G. »], 
de R. Eitner). 



R 



R (r), abr. all. pour rechle {Hand), ou angl. 
pour right (hand), main droite ; abr. ital. pour 
Ttpieno (v. ce mot) ; abr. lat. pour Responso- 
rium, rSpons; RG .-= responsorium graduate. 

Raaff, Anton, celebre tenor, n£ k Holzem, 
pres de Bonn, en 1714, m. k Munich le 27 mai 
1797; fut elev6 au seminaire des JSsuites, a 
Cologne, et destine a la pr£trise. Ge n'est qu'a 
l'dge de vingt ans qu'il apprit les notes. Lors- 
qu'il eut r6v61e sa magnifique voix de t6nor, le 
prince-^lecteur l'envoya d'abord a Munich au- 
pres de Fernandini, puis a Bologne, aupres de 
Bernacchi; en 1742, il revint a Bonn, chanteur 
accompli, et chanta, les annees suivantes, dans 
•diflferentes cours d'Allemagne (a Vienne, en 
1748). II quitla Bonn en 1752, se dirigea du 
-c6te de l'ltalie et ensuite vers Lisbonne, ou il 
■chanta k l'Op6ra italien (1753). Pendant les 
<quatre annees qui suivirent, R. se fit entendre 
a Madrid, sous Farinelli, qu'il accompagna a 
Naples en 1759. Ge n'est qu'en 1770 qu'il revint 
en Allemagne, a\ la Gour de Gharles-Theodore, 
laquelle, comme on le sait, fut transferee de 
Mannheim k Munich, en 1779. Mozart a ecrit 
pour R. la partie d' « Idom6n£e » ( 1786) , de 
m£me que l'air Se at labro mio. D'une maniere 
generate, Mozart faisait grand cas de R., qui l'ac- 
•compagna a Paris, en 1778. 

Rackett (Ranket), 1. ancien instr. a vent en 
l>ois, de la famille des bombardes (v. ce 
mot). La colonne d'air etait mise en vibrations 
par l'intermSdiaire d'une anche double, fich£e 

DICTIONNAIRE DE MUS1QUE. — 42. 

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dans une embouchure en forme de bassin: 
mais le tuyau n'etait pas droit, ni replie sur 
lui-m&me comme celui de la grande bombarde 
(occupant le mdme registre que le r.), il £tait 
au contraire tordu un certain nombre de fois, 
en sorte que ses dimensions apparentes etaient 
relativement restreintes. II va de soi que les 
nombreux replis du tuyau s'opposaient a la 
formation d'un son plein et puissant, ce qui 
fait dire a Praetorius que le son du r. est t gar 
stille, fast wie wenn man durch einen Kamm 
bl&st * (bien doux, a peu pres comme si Ton 
soufflait au travers d'un peigne) et que cet 
instrument ne peut guere s'employer qu'en 
compagnie d'autres timbres (par ex. des gam- 
bes).Gommetous les instruments de son temps, 
le r. se construisait en modules de diflterentes 
grosseurs (au nombre de cinq). Denner, l'in- 
venteur de la clarinette, perfectionna aussi le 
r. en rapprochant sa construction de celle du 
basson, autrement dit en reduisant le nombre 
des replis ; le nouvel instrument prit, en alle- 
mand, le nom de R.-Fagott ou Siockfagott. — 
2. Les organiers allemands donnaient le nom 
de r. a un jeu d'anches presque entierement 
bouche et d'intonation tres douce (16' et 8'). 

Radecke, 1. Rudolf, ne a Dittmannsdorf, 
pr6s de Waldbourg (Sil6sie), ou son pere etait 
cantor, le 6 sept. 1829, m. a Berlin le 15 avr. 
1893. De 1850 a 1851, il etudia, sous la direction 
de Baumgart, la musique sacree a l'lnstitut 
acadSmique de Breslau ; frequenta, apartirde 



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658 



RADOUX — RAFF 



1858, le Conservatoire de Leipzig; v6cut A 
Berlin dds 1859 , ou il commen?a par don- 
nerdes lemons particuli£res, ainsi qu'au Con* 
servatoire Stern, de 1864 a 1871, puis dirigea, 
de 1864 A 1868, la soci<H6 de Sle-C6cile, et, plus 
tard,fonda et dirigea lui-m6me la soci&ede chant 
qui porte son nom. Enfln,il devint, en 1869, pro- 
pri&aire d'un institut de musique. R. a publie 
des lieder et des choeurs. —2. Albert-Martin- 
Robert, fr&re du prudent, ne 4 Dittmanns- 
dorf le 31 oct. 1880; fut 61eve du Gymnase de 
Breslau jusqu'en 1848, et du Conservatoire de 
Leipzig jusqu'en 1850, puis entra comme violo- 
nistedansrorchestre du Gewandhaus.il devint, 
en 1852, second directeur, & c<5t6 de David, de la 
•Singakademie v puis, en *883» directeur de 
musique au Th&ltre municipal; mais il n'y 
resta que peu de temps, car la m6me ann6e 
encore il dut,*faire,& Berlin, son service militaire. 
Apr£s son ann£e de caserne, R. se produisit 
avec beaucoup de succ&s comme pianiste et 
comme organiste ; il organisa alors A Berlin 
des soirees de musique de chambre puis, de 1858 
A 1868, des concerts de musique vocale et orches- 
trate. En 1863, il fut engage comme directeur de 
musique au Th&Ltre royal et re^ut, en 1871, le 
litre de chef d'orchestre de la Chapelle royale. 
Apr£s la mort de Stern, il prit la direction 
artistique de son Conservatoire jusqu'en 1888. 
Apr6s avoir quitte la direction de TOp£ra,en 
1887, R. prit, en 1892, la succession de Haupt 
comme directeur de Tlnstitut royal pour la 
musique religieuse; il est, depuis 1874, membre 
ordinaire et, depuis 1882, membre du s£nat de 
rAcad&mie. Parmi ses compositions, il faut 
mentionner en particulier de nombreux lieder 
et choeurs, puis un trio pour piano, un op6ra 
en un acte : Die Monkguter (Berlin, 1894), deux 
ouvertures symphoniques, une symphonie, un 
caprice, deux Seherzi el une suite pourorches- 
tre, etc — 3. Luise, n£e A Celle (Hanovre) le 27 
juin 1847; 61&ve de M°" Marchesi en 1866, au 
Conservatoire de Cologne, d£buta en 1867, A 
Cologne, dans le rdle d'Agathe, et fut de suite 
engagSe. En 1869, elle passa A Weimar, en 1871 
A Riga et, en 1879, au th&tre de la Cour, A 
Munich, ou pendant plusieurs annSes elle rem- 
porta d'&clatants succescomme prima donna. A 
la suite de son mariage, en 1876, avec le baron 
livonien de Brtlmmer, elle se re tira comple- 
ment dans la vie priv£e. — 4. Ernst, fils de 
Robert R. (v. plus haut), n6 A Berlin le 8 dec. 
1866; £16ve du Conservatoire Stern, etudia la 
philologie a I6na, Munich el Berlin, et fut promu 
D r en philosophic en 1891, sur la presentation 
d'une th£se : Das deutsche weltliche Lied in der 
Lautenmusik des 16. Jahrhunderts (imprim£e 
dans la « Vierteljahresschrift fiir Musikwis- 
senschaft », 1881). II remplit depuis quelques 
annees, avec beaucoup de distinction, les fonc- 
tions de directeur de musique et de directeur 
de Conservatoire, k Winterthour. 

Radouz, Jean - Theodore, n£ A Li&ge le 9 
no v. 1835 : fils d'un armurier, amateur de musi- 
que, qui lui donna ses premieres lemons, puis 
eteve du Conservatoire ,de Ltege (Daussoigne- 



M£hul). II devint d'abord maitre de basson 
dans cet 6tablissement, etudia encore A Paris, 
sous la direction de Hal6vy, et, apr^s avoir 
remportS, en 1859, le prix de Rome, avec la 
cantate : Le Juif errant, il devint directeur du 
Conservatoire de Li£ge. R. est estime dans sa 
patrie comme compositeur (tableaux sympho- 
niques : Ahasverus, Le festin de Batthasar y 
EpopSe nationals Te Deum (1863); des operas: 
LeBearnais (1866), La coupe enchanUe (1872), 
un oratorio : Cafn ; une cantate : La fille de 
JephUy etc.R. a 6crit aussi: Henri Vieuxtemps> 
sa vie et ses ceuvres (1891). 

Radnwill, Antox-Heinrich, prince de, gou- 
verneur de Posen, ne a Wilna le 13 juin 1775, 
m. A Berlin le 7 avr. 1833; fut un musicien de 
talent, un ami enthousiaste de la musique et 
encouragea toujours les jeunes musiciens de ta- 
lent. R. a publie des romances francaises (1802), 
des duos vocaux, avec piano (1804), Complainte 
de Marie Stitart (pour violoncelle et piano), 
des chansons avec guitare et violoncelle, des 
quatuors pour voix d'hommes (pour la Lieder- 
tafel de Zelter), la musique pour le Faust de 
Goethe (grav£e en 1835), dont des fragments 
furent d£j& executes, en 1810, par la « Singaka- 
demie » de Berlin. 

Raff, 1. Joseph- JoACHraJ'un des. compositeurs 
modernes les mieux dou£s, ni A Lachen, au 
bord du lac de Zurich, le 27 mai 1822, m. a 
Francfort, d'une attaque d'apoplexie, dans la 
nuit du 24 au 25 juin 1882. Fils d'un organiste, 
il fut 61ev6 A Wiesenstetten, dans le Wurtem- 
berg, alia au College des J£suites A Schwytz* 
dut, faute de ressources, renoncer A rUniversit& 
et se voua A l'enseignement primaire. Mais, 
dfyA alors, le talent de compositeur se faisait 
sentir en lui. Ses premiers essais, qu*il adressa 
A Mendelssohn, eurent l'approbation du mattre; 
A la suite de quoi, R. trouva bien vite un £di- 
teur, Breitkopf et Haertel, dispose A publie r se* 
oeuvres (morceaux de piano, op. 2-14; Top. 1, 
une « s6r£nade » pour piano, parut chez Andre, 
A Offenbach). 11 n'h£sita pas A abandonner le 
Mton du magister pour se vouer complement 
aux muses. Liszt l'encourageaet R. accompagna 
celui-ci dans une tonrnee de concerts (1846), 
jusqu'a (Cologne oil il chercha a se cr£er une 
position. Le dessein qu'il avait form£ d'etudier 
A Leipzig, sous la direction de Mendelssohn, 
fut d&ruit, en 1847, par la mort du maitre'; de 
m&me, la mort de l*£diteur viennois Mecchetti 
lui enleva Tespoir de trouver \A, sur la recom- 
mandation de Liszt, une occupation r&munera- 
trice. R. retourna A Wiesenstetten quelque pen 
disillusioning mais non decourag6, puis cher- 
cha A prendre pied a Stuttgart. L&, il obtint du 
moins que Bulow joudt en public un morceau 
de concert de sa composition, et que son op&ra, 
Konig Alfred, fut accept^ au Th&tre de la 
Cour; mais ce dernier projet fut abandonne* 
gr&ce aux troubles de 1848 et 1849. L'annee 
suivante, R. suivit Liszt A Weimar, qui devint 
alors le lieu de concentration de l'6cole « neo- 
allemande ». R. lui-m&me, enthousiasm£, en- 
tra r^solument dans les rangs de ses dSfen- 



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RAFF 



659 



seurs, devintun des collaborateurs de la « Neue 
Zeitschrift fttr Musik » (auparavant il avail fait 
des critiques pour la «Cacilia»,de Dehn),et 
poblia une brochure : Die Wagnerfrage (1854). 
Dds lors, il publia toujours davantage. Son 
op£ra Kdnig Alfred, remante, fut execute k 
Weimar, mate sans avoir le succ&s qu'il en avait 
esp£r6 ; cette oeuvre ne franchit pas les murs 
de Weimar. Ge fut Id le motif pour lequel R.se 
tourna des lors vers la musique instrumentale 
pure, dans laquelle il produisit des ceuvres no- 
tables, surtout dans le domaine de la musique 
de chambre et de la musique symphonique. En 
1853, il se fian^a a Tactrice Doris Gbnast, la 
suiviten 1856 k Wiesbaden, et l'6pousa en 1859. 
II ne quitta Wiesbaden qu'en automne 1877, 
lorsqu'U fut appel£ k la t&te du « Conservatoire 
Hoch », k Francfort s/M. C'est surtout pendant 
son s£jour A Wiesbaden qu'il produisit la plu- 
part de ses compositions de musique de cham- 
bre et pour orchestre. R. fut sans contredit un 
representant des tendances n&o-allemandes; 
toutefois, il apportait en pratique quelques re- 
serves et £crivait de la musique descriptive, 
sans jamais sortir du cadre des formes revues ; 
ses symphonies ne sont pas aussi librement 
conchies que les poemes symphoniques de Liszt, 
et l'orchestration en est etablie comme celle des 
symphonies de Beethoven. Ses ceuvres, dont le 
nombre depasse deux cents, son I loin d 'avoir 
toutes la m£me valeur ; a cdt£ d f ceuvres vrai- 
ment magistrales se trouvent des morceaux de 
salon lagers et parfois mediocres. Les qua- 
rante-six premiers uumeros des compositions 
de R. son I exclusivement pour piano seul (Sere- 
nade op. hSonate et Fugue op. 14, impromptus, 
rondos, nocturnes, caprices, paraphrases, dan- 
ses, etc.; op. 16, 28, 29 et 34 manquent); op. 48- 
53, des lieder ; op. 55, les FrUhlingsboten (pour 
piano). Nous rencontrons, seulement k Top. 58, 
deux fantaisies pour piano et violon, et k Top. 
59 un duo pour piano etvioloncelle. A partir de 
Id, se succ£dent entrem&les, des morceaux pour 
piano, pour orchestre, des morceaux d'ensem- 
ble, des lieder, etc. Lasoci6t6 pourle monument 
eleve a Raff, k Francfort s/M., a publie un cata- 
logue complet de ses ceuvres (1886). Nous ne 
pouvons qu'en donner un aper$u sommaire. R. 
a ecrit : onze symphonies pour orchestre : An 
das Vaterland, op. 96 (1863), couronnee par la 
« Society des Amis delamusique » (cinq parties); 
n° 2, en ut majeur, op. 140; n° 3, 1m Walde, op. 
158 (la meilleure oeuvre de Raff, en 1865); n° 4, en 
sol mineur,op. 167; n° 5, en mi majeur, Lenore, 
op. 177 ; n° 6, en r6 mineur, Gekbt, gestrebt ; 
gelitten, gestritten ; gestorben, umworben, op. 
189 ; n° 7, en si btmol majeur, In den Alpen, op. 
201 ; n°8,en la majeur, Fruhlingshtange, op.205; 
n° 9, en mi mineur, Im Sommer, op. 208 ; n° 10, 
en fa mineur, Zur Herbstzeit, op. 218; n° 11, 
en la mineur, Der Winter, op. 214 (posthume, 
revue par Erdmannsdorfer) ; k ceci vient s'a- 
jouter une Sinfonielta pour bait instruments k 
vent en bois et deux cors (op. 188), deux suites 
pour orchestre (op. 101 en ut majeur; 194 en 
fa majeur [style hongrois]) et Suite italienne, 



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en mi mineur (sans numero),- une quatridme 
lhilringersuite,en si majeur, resta manuscrite ; 
cinq ouvertures (op. 103, Jubelouvertiire; 117, 
Festouvertiire, en la majeur; 123, ouverture de 
concert en fa majeur ; 124, pour une fete d*6tu- 
diants k I6na [pour musique d'harmonie] ; 127, 
sur Eine fesle Burg ) ; quatre autres (pour Ro- 
meo et Juliette, Othello, Macbeth et La Tern- 
pete) sont rest£es manuscrites ; Feslmarsch, 
op. 135: Abends (rhapsodie pour orchestre, 
op. 163, en st bfonol). Une Elegie pour orchestre 
est rest&e manuscrite ; une grande fugue pour 
orchestre inachevee. Pour piano et orchestre : 
Ode au printemps, op. 76; concerto en ut mi- 
neur, op. 185, et suite en mi bdmol majeur, op. 
200 ; pour violon et orchestre : deux concertos 
en st mineur, op. 161, en la mineur, op. 206, et 
une suite, op. 180 ; pour violoncelle : un con- 
certo en re mineur, op. 193 (un deuxi&me con- 
certo en sol majeur reste manuscrit). Musique 
de chambre : huit quatuors pour instruments k 
archet (op. 77 en r& mineur, 90 en la majeur, 
136 en mi mineur, 187 en la mineur, 138 en sol 
majeur, 192 [n° 6, en ut mineur : Suite AZlterer 
Form ; n° 7, en re majeur : Die sch6ne MUlle- 
rin ; n° 8, en ut majeur : Suite in Kanon- 
form] ; un sextuor pour instr. k archet, op. 178; 
un octette pour instr. a archet, op. 176; un 
quintette avec piano, op. 107 ; deux quatuors 
avec piano, op. 202 (sol majeur et ut mineur); 
quatre trios avec piano (op. 102, 112, 155, 158) ; 
cinq grandes sonates pour violon (op. 78, 78, 
128, 129, 145); suite pour piano et violon (op. 
210), et de m6me des morceaux divers (op. 58, 
63 [sur des motifs d v op£ras de Wagner, 3 ca- 
hiers],67 {La Fie d 'amour, avec orchestre], 85, 
203 [Volker,9 cahiers]); un duo, en sol majeur, 
rested manuscrit ; une sonate pour violoncelle, 
op. 183 ; un duo pour piano et violoncelle, op. 
59; deux cahiers de morceaux, id, (op. 80); deux 
romances pour cor et piano (op. 182); deux so- 
nates pour piano (op. 14, 168) ; trois sonatilles, 
op. 99, et sept suites (op. 69, 71, 72, 91, 162, 163, 
204). Parmi les nombreux morceaux de genre 
pour piano, nous mentionnerons encore les 
morceaux k quatre mains : op. 82 (douze mor- 
ceaux de salon, sans octaves), 150 (Chaconne), 
159 (Humoreshen inWalzerform), 160 (Reise- 
bilder), 174 (Aus dem lanzsalon), 181 (deu- 
xieme humoresque : Totentanz) ; puis, pour 
deux pianos : la Chaconne, op. 150, et la Fan- 
taisie, op. 207 a (aussi pour piano et quatuor 
d'archets); en fin, pour piano k deux mains: 
Hommage au neo-romantisme, op. 10; Bal- 
lade, Scherzo , Mitamorphoses, op. 74 ; Suite 
sans octaves, op. 75 ; Chant (TOndine, op. 84 
(•Arpeggio-tremolo- Etude*); Introduction et 
allegro scherzando, op. 87; Rhapsodie hon- 
groise, op. 113; Rhapsodie espagnole, op. 120; 
Gavotte, Berceuse, Espiegle, op. 125 ; Taren- 
telle, op. 144 ; Scherzo, op. 148 ; Allegro agitato, 
op. 151 ; Variations, sur un th&me original, op. 
179; trente etudes (sans numero d'ordre); 
Cavatine et la Fileuse, op. 157 ,• Reisebilder, 
op. 160 ;La Cicenerella (nouveau carijaval), op. 
165; Polka glissante, op. 170. Le nombre des 

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660 



RAICK — RAIMONDI 



paraphrases de R. est tr&s grand ; citons, entre 
aulres : Die Oper im Salon, douze cahiers, op. 
85, 36, 37, 48, 44, 61, 65. Parmi les compositions 
vocales de R., ce sont surtout quelques lieder 
Top. 88 {Sangesfruhling, trente num&ros) 
qui ont obtenu du succ£s en Allemagne; mais 
R. a £crit en outre un grand nombre de lieder: 
op. 47-58, 66 (Traumhbnig und sein Lieb), 172 
(Maria Stuart), 173, 191, 192 (Die Jagerbraut 
et Die Hirtin, avec orcheslre), 211 (Blandel de 
Nesle); sansnumeros d*op. : Fruhlingsliedei 
Standchen; douze duos (op. 114); six trios 
pour voix de femme et piano (op. 184) ; dix lie- 
der pour chceurmixte (op. 198) ; deux autres id. 
(op. 171) ; trente quatuors pour voix d'hommes 
(op. 97, 122, 195) ; Wachet auf (Geibel) pour 
chceur d*hommes, soli et orchestre (op. 80); 
Deutschlands Auferstehung (op. 100 ; choeur 
d'hommes et orchestre) ; De profundi*, A huit 
voix, avec orchestre (op. 141); quatre antiennes 
A la S u Vierge resterentmanuscrites,ainsi qu'uu 
Kyrie, un Gloria (six voix, a cappella), un Pater 
nosier (huit voix) et un Ave Maria (huit voix). R. 
publia en outre : Im Kaixn et Der Tanz (op. 171 ; 
choeur mixte et orchestre); Morgenlieder et 
EinerEntschlafenen(id., avec solo de soprano, 
op. 186); Di$ Tageszeiten (op. 209, pour choeurs, 
piano et orchestre; quatre parties) et Weltende, 
Gericht, neue Welt (op. 212, oratorio d'aprte 
V Apocalypse de St-Jean) ; deux autres oeuvres 
chorales : Die Sterne (texte de Heldt) et Dornr 
rtischen (texte de W. Genast) rest&rent ma- 
nuscrites. En plus de l*op6ra d£ja mentionnS, 
Konig Alfred, R. Scrivit la musique pour 
Bernard de Weimar, de Genast (1858); des 
op6ras-comiques : Dame Kobold (Weimar, 1870; 
op. 154) ; Die EifersUchtigen (texte de Raff lui- 
m&me ; non represents) et Die Parole (id.) ; un 
grand op6ra lyrique : Benedetto MarceUo (id.), 
etun op&ra: Samson (id. ).1\. transcrivitaussi la 
Chaconne en H mineur, de Bach, pour orches- 
tre, de mdme que six sonates pour violoncelle, 
trois suites d'orchestre et des morceaux tir^s 
des sonates pour violon, de Bach Sgalement, 
et deux marches de Saul et de Jephta, de 
Haendel, pour piano A deux mains. — 2. Anton, 
v. Raaff. 

Raick,'DiEUDONN&, n£ A Lidge en 1702, m. le 
80 nov. 1764, comme vicaire du choeur de Notre 
Dame, A Anvers; a public six suites et trois 
sonates pour piano. 

Raif, Oscar, n6 A La Haye le 31 juil. 1847 ; 
el£ve de Tausig, est depuis 1875 professeur de 
piano A l'Acad6mie royale de musique de Ber- 
lin. Auteur d'un concerto de piano (grav£) et de 
plusieurs oeuvres de moindres dimensions. 

Raillard, F., abb£, n£ A Montormentier, pr&s 
de Langres, en 1804; th£ologien Srudit et phy- 
sicien, A Paris, a publte : Explication des Neu- 
mes ou anciens signes de notation (1852); Le 
Chant Gregorien restaur^ (1861); Mimoire sur 
la restauration du chant gregorien (1862), de 
m£me que deux communications sur la pre- 
sence des quarts de ton dans le chant gre- 
gorien. 

Raimondi, I.Ignazio, n£ en 1733, m. en 1802; 



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violoniste, et momentanement directeur de con- 
certs A Amsterdam (1762 A 1780), ou il fit ex£cu- 
ter sa symphonic : Aventures de TiUmaque. 
R a publie trois trios pour violon, alto et vio- 
loncelle; trois concertos pour violon, et six qua- 
tuors pour insir. A archeL — 2. Pncnto, compo- 
siteur d'une extraordinaire f£condit£ et mattre 
en Tart du conlrepoint, n6 A Rome le 20 dec 
1786, m. dans la m&me ville le 80 oct. 1853, 
comme maltre de chapelle de l^glise St-Pierre. 
Tres jeune encore, il fut £16ve de La Barbara et 
de Tritto, au Conservatoire « Delia Pieta », A 
Naples, et tit ex£cuter son premier op6ra A 
G6nes, en 1807 : La bizzarria damore. II me- 
nait la vie ordinaire d'un compositeur italien 
d'op&ras, c.-d-d. qu'il sSjournait toujours dans 
la ville qui lui demandait un nouvel op&ra (G&- 
nes, Florence, Rome, Milan, Naples, Messine, 
etc./. De 1824 a 1833, R. fut directeur des thea- 
tres royaux de Naples, et, d&s 1825, en jn£me 
temps professeur de contrepoint au Conserva- 
toire royal; de 1832 A 1850, il fut professeur de 
contrepoint au Conservatoire de Palerme, puis, 
en 1852 (le 12 d£c), il succeda A Basili, A St- 
Pierre de Rome. R. ne composa pas moins de 
soixante-deux operas, vingt-deux ballets, huit 
oratorios, quatre Messes avec orchestre, deux 
Messes pour double choeur a cappella; deux Re- 
quiem, avec orchestre, pour huit et seize voix; 
un livre complet de psaumes de quatre A huit 
voix, en style palestrinien; un Credo A seize 
voix et un grand nombre d'autres morceaux de 
musique sacr&e. Une sp6cialit£ remarquable de 
R., dans laquelle il se montre un maftre du con- 
trepoint qui A c6t£ des combinaisons les plus 
hardies du seizi£me si&cle, peut encore reven- 
diquer l'honneur de roriginalil6, consistait en 
des oeuvres pour un tres grand nombre de voix 
r£elles, oeuvres pouvant se decomposer en plu- 
sieurs morceaux, ex£cut£s par un nombre res- 
traint de voix, et dont chacun formait a lui seal 
un tout complet. Les principaux morceaux, gra- 
ves, dans ce genre, sont : quatre fugues A qua- 
tre voix qui peuvent 6tre executes ensemble, 
en quadruple fugue A seize voix, et six fugues 
A six voix, qui peuvent 6tre transferases en 
une sextuple fugue A vingt-quatre voix; de 
m£me les vingt-qaatre fugues de quatre A huit 
voix, parues chez Ricordi, A Milan, contiennent 
deux exemples de pareilles combinaisons. La 
fugue la plus extraordinaire de R., comme nom- 
bre de voix, est une fugue A soixante-quatre 
voix, pour seize choeurs a quatre voix. Mais le 
couronnement des essais de R., dans ce genre, 
fut la composition de trois drames bibliques : 
Potifar, Giuseppe et Giacobbe, qui furent jou& 
successivement au thMtre « Argentina » A Rome, 
le 7 aout 1852, et qui, le lendemain, furent exe- 
cutes simultanement. II va de soi qu v on ne peut 
exiger d'une pareille combinaison ni beaucoup 
de vie dramatique, ni un effet tres puissant; en 
tout cas, c'est la un veritable tour de force. R. 
ne conserva pas pour lui les secrets de son art: 
il publia plusieurs ouvrages th&oriques, dans 
lesquels il ^'occupe tout particulierement de 
ces combinaisons contrapontiques. Filippo Cic- 

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RALLENTANDO — RAMEAU 



661 



conetti (1867) a fait paraitre une notice biogra- 
phique sur R. 

Rallentando (Ual.), abr. ratlent. ou rail., de 
plus en plus lent. 

Ramann, Lina, musicographe, nee k Main- 
stockheim, pres de Kitzingen, le 24 juin 1833; 
eleve de M m « Brendel, a Leipzig, fonda en 1858, 
a Gltickstadt dans le Holstein, un seminaire 
pour des mattresses de musique et, en 1865, 
avec Ida Volkmann, une ecole de musique, a 
Nuremberg. Elle a 6crit : Die Musih als Gegen- 
stand der Erzieliung (1866); Allgemeine Er- 
sieh- und Unterrichtslehre der Jugend (1865, 
2* edit. 1873); Aus der Gegenwart (1868, collec- 
tion Particles pour les t Hamburger Jahres- 
zeiten »); Lis sis Chrislus (1870); une biogra- 
phic tres complete de Liszt, Franz Liszt als 
Kiinstler und Mensch (deux tomes, en trois vo- 
lumes : I, 1811-1840, paru en 1880; II, 1840-1847, 
paru en 1887; III, 1848-1886, paru en 1894); en 
outre, elle redigea (et traduisit en partie) une 
edition allemande complete des ceuvres litte- 
raires de Liszt (Breitkopf el Haertel, six vol.). 
Elle a compost quatre sonates (op. 9) et publie, 
en outre : Grundriss der Technih des Klavier- 
spiels (12 cahiers). 

Rameau, Jean-Philippe, le fondateur de la 
theorie de 1'harmonie proprement dite, c.-d-d. 
de la theorie de la parente des harmonies et de 
leur enchalnement naturel,fut en meme temps 
un organiste distingue et un compositeur illus- 
tre; n£ a Dijon le 25 sept. 1683, m. a Paris le 12 
sept. 1764; entra au College des Jesuites, a Di- 
jon, ou il ne resta que quatre ans, afin de se 
vouer ensuite completement k la musique pour 
laquelle il manifesta de bonne heure de r£elles 
dispositions. En 1701, son pere le fit partir de 
Dijon pour Tltalie, a la suite d'une aventure 
d'amour ; mais R. ne gouta que mediocrement 
la musique italienne et revint quelques ann£es 
apr&s dans sa patrie, en compagnie d'une troupe 
italienne qui parcourait le midi de la France, 
et dans laquelle il s'etait fait engager comme 
violoniste. R. etait deja alors un organiste dis- 
tingue; il refusa neanmoins, en 1717,1a place 
d'organiste delaSte-Chapelle,& Dijon, pour aller 
tenter fortune a Paris. C'est la qu*il rencontra 
Louis Marchand, qui le prit comme eleve et le 
protegea d'abord, mais qui, trop preoccupe de 
sa propre gloire pour supporter celle des au- 
tres, devint bientdt son adversaire. R. dut done, 
bon gre mal gre, retourner en province. II de- 
vint d'abord organiste k Lille, puis bientdt 
apr£s k Clermont, ou il trouva le loisir de re- 
diger ses ouvrages theoriques. II reparut de 
nouveau a Paris en 1721, publia son Traiti de 
Vharmonie, qui attira bientdt sur lui l'attention 
generate, des sonates pour piano et des canta- 
tes, puis obtint la place d'organiste de l'£glise 
de la Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. L'Acad6- 
mie examina et approuva ses premiers ouvra- 
ges en 1737; mais auparavant d£j&, R. avait 
trouve en la personne du fermier general La 
Popelintere, k la femme duquel il donnait des 
lecons, un inecene qui lui ouvrit les portes 
difficilement accessibles de TOpera. Son pre- 



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mier op&ra : Samson (texte de Voltaire), fut re- 
fuse par le directeur Thuret qui ne voulait pas 
de sujet biblique (R. le remania plus lard, sous 
le titre de Zoroaslre). En 1733, son Hippolyte et 
Aricie fut repr^sente et remporta le meilleur 
succes qu'une ptece nouvelle puisse avoir, c-a- 
d. qu'il ne rencontra pas rassentiment general, 
mais suscita au contraire de nombreuses con- 
troverses(v. la liste des pamphlets qui parurent 
alors, dans la Biographie, etc., de Fetis). A la 
fin cependant, la musique si 6minemment fran- 
$aise de R. remporta un succ&s eclatant. 
Louis XV cr£a pour Tauteur la place de « Com- 
positeur du cabinet ». R. a 6crit pour le th&Ure, 
outre differents morceaux de circonstance, des 
operas: Samson; Hippolyte et Aricie (1783); 
Les Indes galantes (1735); Castor et Pollux 
(1737); Les Talents lyriques ou Les fetes d'Hibi 
(1739); Dardanus (1739); Les fetes de Polym- 
nie (1745): La princesse de Navarre, Le Tem- 
ple de la Gloire, Les fetes de V Hymen et de 
V Amour, ou Les dieux dEgypte (1747); Zais 
(1748); Pygmalion; Nate, Platte ouJunonja- 
louse (1749); Zoroastre (v. plus haut); Acanthe 
et Cephise (1751); La guirlande, Daphne et 
Egle(\13S); Lysis et Delia, La naissance d'Osi- 
ris ou La fete de famille (1754); Anacrion, Z&- 
phire, NMie et Mirthis, Jo, Le retour d'Astree 
(1757); Les surprises de V A mour (1759); Les 
Sybarites, Les Paladins (1760); Abaris ou les 
Boreades, Linus, Le procureur dupi (les trois 
derniers ne furent pas executes). Un Roland, 
texte de Quinault,est reste inacheve. La plupart 
des operas de R. furent graves en partition r§- 
duite (voix, basse et violon, ritournelles com- 
pletes). En nouvelle edition (chez Breitkopf et 
Haertel), parurent seulement : Castor et Pollux, 
Dardanus, Les talents lyriques et Les Indes 
galantes. A cela viennent s'ajouter encore une 
serie de cantates et quelques motets, dont au- 
cun ne parall avoir ete gravS. Pour le piano, R. 
ecrivit : Premier livre des pieces de clavecin 
(1706; k cette epoque-la, R. se trouvait proba- 
blement a Paris); Pieces de clavecin avec une 
mtthode pour la mecanique des doigts (sans 
d.; contenant des observations pedagogiques 
pr£cieuses) ; Pieces de clavecin avec une table 
pour les agrements (1731); Nouvelles suites de 
pieces de clavecin avec des remarques sur les 
differents genres de musique et Pieces de cla- 
vecin en concerts (1741 [1752], avecaccompa- 
gnement de violon (flute) et de viole (2 d violon). 
Farrenc a fait paraitre en entier les Pieces de 
1731 et les Nouvelles suites, dans le Tresor des 
pianistes; quelques morceaux de musique pour 
piano se trouvent dans Alte Ktaviermusih, de 
Pauer. L'auteur du present dictionnaire a r6- 
dig6 une edition complete des ceuvres pour 
piano de R. (chez Sleingr&ber). Delsart a publie, 
dans les Archives du chant, de nombreux frag- 
ments de ses operas. En fin une edition com- 
plete des ceuvres de R.,avec nombreuses notes 
historiques, techniques et bibliographiques, est 
actuellement en cours de publication, sous la 
direction de C. Saint-Saens (A. Durand et fils). 
— La pensee geniale qui est k la base du sys- 

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662 



RAMOS DE PAREJA — RAPPOLDI 



t&me th^orique de Rameau, consiste a ramener 
tous les accords possibles a un nombre limits 
d'accords fondamentaux, tout d*abord sous la 
forme de th£orie du renversement des accords; 
R., le premier, affirme que, au point de vue 
harmonique, mi sol ut, p. ex., est exactement 
la mdme chose que ut mi sol. La basse fonda- 
mentale de R. est tout autre chose que la basse 
chiffr£e, avec laquelle il importe de ne point 
la confondre; il s*agit d'une parlie Active (non 
ex6cut£e), formee par la s£rie des fondamenta- 
les des accords dont la phrase harmonique 
pr£sente en realite souvent les renversements. 
Cette partie de basse Active n'avait d'autre but 
que de rendre plus immediatement saisissables 
les rapports harmoniques des accords succes- 
sifs. Quant aux successeurs de R., ils emprun- 
terent au maitre francais uniquement son sys- 
teme de construction des accords par tierces, qui 
6tait le noyau de toule sa theorie, mais omirent 
complement d'utiliser les germes que eel te th£o- 
rie contient pour implication des accords dis- 
sonants comme d6riv£s des accords consonants 
(fa, la, ut, ri — accord de fa majeur avec la 
sixte; ri; si, ri, fa, fragment de Taccord sol, si, 
rl, fa, etc.). L'auteur de ce dictionnaire, Hugo 
Riemann, a repris le systeme de R., mais en a 
deduit les lois d'nn nouveau chiflrage et d'une 
nouvelle terminologie (cf.CLEF harmonique). Les 
ouvrages thforiques de R. sont : TraiU (Thar- 
monie riduite a ses principes naturds (1722; 
£d. angl par Jones, sans date, et par French, 
8. d. [1737, 1752]); Nouveau syst&me de musi- 
que thiortque (1726) ; Plan abrege dune mi- 
thode nouvelle daccompagnement (1780); Dis- 
sertation sur les diff&rerUes miihodes dac- 
compagnement (1782); Gfairation harmonique 
(1737); Demonstration du principe de Uhar- 
mohie (1750); Nouvelles reflexions sur la de- 
monstration, etc. (1752); Observation sur noire 
instinct pour la musique (1754) ; Code de musi- 
que pratique (1760). Trois autres ouvrages res- 
t6rent manuscrits; a ces differents travaux vien- 
nent encore s'ajouter quelques articles pub lies 
dans des revues : Mimoires de Trevoux (1736 
et 1762; Mercure de France, 1752); plusieurs 
ecrits pol6miques con Ire les encyclop6distes (v. 
d'Alembert) et une brochure contre Euler, 
sur l'identite des octaves (1753). Pour plus am- 
pies details sur R. v. : du Charger, Inflexions 
sur divers ouvrages de M.R. (1761); Nisard, 
Monographic de J.-P R. (1867), et A. Pougin, 
IL, sa vie et ses oeuvres (1876). En 1880, la ville 
de Dijon 6rigea un monument a la m£moire de 
RameaiL 

Ramos de Pareja, Bartolomeo (Ramis), th&o- 
ricien espagnol, n& a Baeza (Andalousie), en 
1440; fit des conferences sur la musique, a Sala- 
manque, et se fixa en 1480 a Bologne ou il vi- 
vait encore en 1521. R. a publie, en langue es- 
pagnole, un ouvrage th£orique non encore re- 
trouvS jusqu*a ce jour, et a Bologna un ouvrage 
eu latin : De masica tractatus (1482). 

Randegger, Alberto, maitre de chant et 
compositeur, ne a Trieste le 18 avr. 1832 ; £16ve 
de Lafon,pourle piano, et de Luigi Ricci, pour 



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la composition ; ecrivit d'abord deux ballets et, 
en collaboration avec deux jeunes composi- 
teurs, un op^ra : 11 lazzarone qu'il fit executer 
a Trieste. R. remplit ensuite, durant plusieurs 
ann&es, les fonclions de chef d'orchestre de 
differents theatres d'ltalie ; il fit representee 
en 1854, son grand op£ra : Bianca Capello, a 
Brescia, se fixabientdt apres a Londres, comme 
professeur de chant, et y acquit une grande 
renomm6e. En 1868, il devint professeur de 
chant a la • Royal Academy of Music » et fut 
en m£me temps le directeur de FOp£ra italien ; 
en 1881, il dirigea le festival de musique de Nor- 
wich. Outre les ouvrages d6ja indiqu&s pour le 
theatre, R. Ecrivit un op6ra comique : The rival 
beauties (Londres, 1864), une cantate dramati- 
que: Fridolin (Birmingham, 1873), deux scenes 
pour soprano et orchestre : Medea (Gewand- 
haus, 1869) et Saffb (Londres, 1875), le psaume 
cl p#ur solo de soprano, chceur, orchestre et 
orgue (Boston, Festival de musique, 1872), un 
anthem funebre en souvenir du prince consort 
Albert, beaucoup d'autres ceuvres vocales et, 
enfin, une methode de chant. 

Randhartinger, Benedict, n£ a Ruprechts- 
hofen (Basse-Autriche) le 27 jail. 1802, m. a 
Vienne le 22 d6c. 1893; condisciple de Schu- 
bert aupr&s de Salieri, s'occupa simultan£ment 
de musique et de droit, et fut pendant dix ans 
secretaire du comte Szechenyi. U entra, en 
1832, comme t£nor, dans la Ghapelle de la Cour, 
a Vienne, devint vice-maitre de chapelle en 
1844 et succeda en 1862, a Assmayer, comme 
maitre de chapelle de la Cour; il pril sa re- 
trace en 1866. R. a ecrit un grand nombre 
d'oeuvres de musique vocale et instrumentale, 
parmi lesquelles un opfra : Ktmig Ensio, 
vingt Messes, soixante motets, plusieurs cen- 
tal nes de lieder et de chceurs, des symphonies 
et des quatuors pour instr. a archet. Un assez 
grand nombre d'eeuvres furent gravies, entre 
autres un cahier de chants nationaux grecs, et 
une liturgie grecque. 

Ranket, v. rackett. 

Rani (des v aches), m&lodie populaire Suisse 
qui, a l'origine, fut chant&e ou jou6e sur un 
chalumeau par les bergers des Alpes, mais 
qui rev^tit avec le temps un aspect fort diffe- 
rent dans les diflterents cantons. L'une des ca- 
ract&ristiques du r. consiste en fragments me- 
lodiques formes par le simple d&veloppement 
d'un seul accord, precede grace auquel lecho 
de la m&lodie, dans la montagne, ne nuit pas 
a l'effet harmonieux. Le plus connu et le plus 
caracterisque des r. est celui de la Gruy&re. 

Raoul de Coucy, v. Coucy. 

Rappoldi, Eduard, excellent violoniste, n6 a 
Vienne, le 21 fevr. 1839, Sieve de L. Jansa et 
F. Bohm (violon), ainsi que de S. Sechter 
(thforie), au Conservatoire de Vienne, fut, de 
1854 a 1861, membre de l'orchestre de la Cour 
de Vienne, de 1861 a 1866 concertmeister a 
Rotterdam, de 1866 a 1870 chef d'orchestre a 
Lubeck, Stettin et Prague, de 1871 a 1877 pro- 
fesseur a r Academic royale de musique a Ber- 
lin. Depuis lors, R. est concertmeister de la 

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RAPPORTS DES SONS — RATZENBERGER 



663 



Cour, a Dresde (ainsi que, jusqu'en 1893, pre- 
mier maitre de violon au Conservatoire). R. a 
publie de la musique de chambre. — 2. Laura- 
K.-Kahrer, femme du precedent, nee a Mistel- 
bach, pres Vienne, le 14 janv. 1853; pianistedis- 
tinguee. eleve du Conservatoire de Vienne et 
de Liszt. 

Rapports des sons. Les rapports d'elevation 
des sons peuvent etre determines mathemati- 
quement, au moyen de la fixation prealable du 
nombre relatif des vibrations ou de la lon- 
gueur relative des cordes qui produisent lesdif- 
ferents sons. Le quotient des longueurs d'ondes 
sonores ou celui des vibrations est Texpression 
mathematique exacte du rapport de parente de 
deux sons, par ex. : ut : mi en tant que 4 : 5 
<cf. quintes et tierges) est une tierce majeure 
[pure], par contre ut ; mi en tant que 64 : 81 le 
rapport des deux sons extremes d'une serie de 
quatre quintes ([2 : 3] 4 , abstraction faite des 
sauts d'octaves). Le tableau suivant des valeurs 
les plusimportantes qui se puissent determiner 
dans rinterieur d'une octave, prend le son ut * 
comme point de depart et determine d'apres 
celui-ei les valeurs acoustiques des autres 
sons. Ces valeurs peuvent s'exprimer de diffe- 
rentes manieres qui, dans ce tableau, sont dis- 
poses les unes a cote des autres : 1. d'apres le 
degre de parente (chaque son est designe 
comme le produit d'un certain nombre de mar- 
ches de quinte, de tierce et d'octave [Q, T, O] 
a partir de ut*; cf. intervalle) ; 2. en fractions 
ordinaires qui indiquent le rapport de lon- 
gueur des cordes, ut —■ 1 etant pris comme 
point de comparaison (ex. sol — | ut); 3. en 
fractions decimales qui indiquent le nombre 
relatif des vibrations ; 4. enfin, en logarithmes 
<v.ce mot) dits logarithmes acoustiques a base 
. 10 puis a base 2, qui transforment les propor- 
tions en differences et permettent de voir au 
premier coup d'oeil lequel de deux intervalles 
est le plus grand ou le plus petit. Ce n'est, en 
eflet, que par un calcul special que Ton peut 
prouver lequel des intervalles 16 : 15 et 2187 : 
2048 est le plus grand ; les logarithmes, par 
contre, indiquent directement les differences de 
hauteur des sons. En outre, le tableau suivant 
indique (egalement en logarithmes a base 2) 
les valeurs exactes du systeme de 53 degres 
<cf. temperament) ; et enfin, pour les partisans 
du svsteme tonal chromatique, encore toutes 

12 
les valeurs en logarithmes a base *s g, qui don- 

nent pour les douze degres, places a distance 
de demi-tons, des nombres entiers (If*** 10 — 1/ J3 
d'octave). Les chiffres gras sont ceux qui cor- 
respondent a Techelle temperee de douze de- 
gres, dont les valeurs se revelent ainsi moyen- 
nes excellentes. Quant aux traits horizontaux 
sur ou sous les noms des notes, ils permettent 
de saisir rapidement le rapport harmonique 
qui existe soil entre le son en question et ut\ 
soit entre les sons consideres dans leurs rap- 
ports reciproques. ( Voir le tableau, p. 664 et 
suiv.) 



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Rastral (du lat rastrum, harpe), petit outil, 
tres simple, servant a tracer simultanement les 
cinq lignes d'une portee. 

Rasoumowski, ANDRE-CvRiLLoviTGH,comte et 
a partir de 1815, prince ambassadeur russe a 
Vienne, epousa, en 1788, la scaur de la prin- 
cesse Karl Lichnowski, comtesse de Thurn. n 
entretint, de 1808 a 1816, le celebre quatuor 
d'instruments a archet qui porte son nom et 
dans lequel iljouaitle second violon (premier 
violon : Schuppanzigh, alto : Weiss, violoncelle : 
Lincke), Ce quatuor joua encore longtemps 
apres la retraite du comte R., sous le nom de 
« Schuppanzighsquartett » et avec Sina comme 
second violon. On sail que Beethoven dedia a 
R. les Irois quatuors de Top. 59. 

Rastrelli, Yincenzo, excellent maitre de 
chant mais compositeur mediocre, ne a Fano 
en 1760, m. a Dresde le 20 mars 1839; composi- 
teur de la chapelle de la Cour, avait ele l'eleve 
du P. Mattei, a Bologne. II laissa beaucoup de 
musique d'eglise et d'oeuvres vocales qui sont 
conservees a Dresde. — 2. Joseph, fils du pre- 
cedent, ne a Dresde le 13 avr. 1799, m. dans la 
meme ville le 14 nov. 1842; accompagna son 
pere, en 1814, dans un voyage qu'il fit en Italie, 
et devint Feleve de Mattei. En 1829, il fut 
nomine second chef a l'Opera de la Cour, a 
Dresde et, en 1830, premier chef d'orchestre. II 
fit executer a Anc6ne, Milan et Dresde des 
operas de sa composition : Salvator Rosa (V£&( 
et ecrivit aussi une quantite de Messes (une a 
huit voix), de motets, de canliques de vepres, 
etc. 

Rates, Emile - Pierre, ne a Besancon le 
5 nov. 1851, eleve de TEcole de musique de 
cette ville (P. Demol) et, de 1872 a 1881, du 
Conservatoire de Paris (Bazin, Massenet). II 
entra comme altiste dans l'orchestre de l'Opera- 
Comique, devint directeur des choeurs chez 
Colonne, et, en 1891, directeur de la succur- 
sale du Conservatoire national, a Lille. En 
plus de ses operas : Ruse cT Amour (1886, Be- 
sancon) et Lydtoric (1895), R. a publie trois 
trios avec piano, des morceaux pour piano et 
violon, pour cor et piano, hautbois et piano, 
ainsi qu'une sonate pour violoncelle et un qua- 
tuor avec piano. 

Rathgeber, Valentin, moine benedictin a 
Banz (Franconie), n6 en 1690, m. apres 1744 ; 
composa un grand nombre de Messes, de psau- 
mes, hymnes, litanies, offertoires, antiennes, 
etc., ainsi que de la musique instrumenlale : 
Chelys sonora, constans 24 concertationibus 
(1728) et Musikalischer Zeitvertreib auf dem 
Klavier (1743). 

Ratselkanon (all., canon enigmatique) , v. 

CANON. 

Ratzenberger, Theodor, pianiste, ne a Gros- 
breitenbach (Thuringe) le 14 avr. 1840, m. a 
Wiesbaden, le 8 mars 1879 ; eleve de Liszt, pia- 
niste de la Cour de Schwarzburg Sondershau- 
sen, se lixa en 1864 a Lausanne, partit en 1868 
pour Dusseldorf et y vecut presque jusqu'a sa 
mort. II a publie un petit nombre de morceaux 
pour piano, et quelques lieder. 

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UNIVERSITYOF MICHIGAN 



664 



RAPPOKTS DES SONS 



Tableau des principals valeurs acoustiques 



Son 



De-Lv de 
parente" 



WQ^nr deci males 



t.<\\ ](..■;. 
a base 10 



en log. 
a base 2 



en lo£ t :i base '2 



N oral) i-*? re hi if il« vibrations. 



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2048 

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125 
128 

6561 
243 
250 
24 
25 
243 

135 

77 
15 

2D4fi 
2187 

30375 
32188 

J25 

27 

729 

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1024 
1125 

65536 

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18235 

3645 

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1,00000 
1,0012 

1,0114 

1,01 2a 

1,0186 

1,024 

1 ; 0252 

1,0288 

i T 041rt5 

1,03351 

1,08470 

1,0623 

1.0H666 
1,08785 

1,0788 
1,08 

1,0974 

1.0986 

1,1008 

L1 1 1 11 

L.H135 

1,12374 

1J25 



0,00000 
0,00048 

0,004<*0 

0,00539 

o.nn:;ss 

0.01030 

0,01079 

0,01 JS3 

0,01772 

0,02263 

0,02312 

0.026S2 

0,02802 

0,0i85i 

0,03293 

0,03342 



0,00000 

0,W>162 

OJIMHU 

0,1)171)2 

0,01954 

0,03421 

0,03 5S4 

0,04097 

0,05889 

0.07519 

? 07681 

0,08746 

0,00311 

0,09473 

0,10040 

0.1 1108 



0,04037 ' 0,13409 



0.04085 
0,04586 



0,18870 

0.15038 



0,04575 0,15200 



0,04624 
0,05068 



J 5462 
0,168300 



0,00000 



Comma synt. 

.,0,01886 

Com. p>thag. 
Petit iitisis 



,.0,03773 
..0,05660 

Peiil chroma 



..0,07547 

Grand chroma 



M a relic i.-trn 1 . 

0.IW433 



0,00000 



0,083333 



.0,11320 
.0,13207 



0.15094 

P 1 xoti enticr 



0,05115 o,mwi 



.♦0JG9S* 

C" ton cntier 



0,00000 
0,019B3 

0,19551 

0,21506 

? 2346O 

0,41058 

0,43011 

0,49166 

0,70674 

0,90224 

0.99178 
1,00000 

1 ,04911 

1,11732 
1,13685 
1, SI 288 
1,33237 

1 ? K0S97 
1,6*840 
1,30449 
1,82403 

1.S5544 
0,16666 2,00000 

2,01960 

2,03910 



') Q sign Hie marc he tie quinte ascend ?mte, i m. de quinte descendant?; de meme T -= m. de tierce 



ascendant*?, O in. d'octave asi-frndante, -, m> de tier* ■<? descendants, ,j * 
Les notes dont ies noms ne portent aucmi in dice font toutea par tie de Foctave 2, 



m + d octave descendant, — 



fayGoOOlc 



Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



RAPPORTS DES SONS 



665 



Son 



utx 

re 

r6 
re jf 

& 

«** 
mil? 

rig 

mii? 
mi 

rex 

fab 

mi 

fib 

mi 

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fib 

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fa 



Degr6 de 
parents 



4 Q 
8 T 4 Q 



8 O 
4 



2 
0_ 

Q 

T 7 Q 
4 
8Q 
T 



T 10 Q 


262144 


6 


295245 


2 


225 


2T2Q 


256 


6 Q 


640 


T 3 


729 


2 Q 


125 


8 T 


144 


10 Q 


51200 


2T50 


59049 


3 T 


108 


3 Q 


125 


2 T Q 


64 





75 


2 


27 


3 Q 


32 


T5Q 


1024 


T 


1215 


Q 


5 


T 


6 


9 Q 


16384 


5 


19693 


SQ 


200 


2 T 2 


243 


2 T 


81 



Tq 


8192 


T 


4 
5* 


8 


405 


4 Q T 


512 


4 Q 


64 


2 


81 





25 


2 T 


32 


4 Q 


125 


3 T 2 


162 


3 T 


96 


Q 


125 


T 2 


243 


B Q 


320 


8 Q 2 T 


512 



Uiguu 

des eordes 



100 

8192 
10125 
6561 



675 

3_ 
4 

8192 
10935 

20 
27" 



en 
decimates 



en log. 
a base 10 



en log. 
a base 2 



Systeme de 
53 degres 



Systeme 
tempere de 
12 degres 
en log, a base 2 



en log. a 
12 

/-a 



Nombre relatif de vibrations. 



1,12628 



0,05164 



1,13776 


0,05605 


1,13909 


0,05654 


1,152 


0,06145 


1,1333 


0,06194 


1,15740 


0,06348 


1,17187 


0.06888 


1,18518 


0,07378 


1,18652 


0,07427 


1,2 


0,07718 


1,2020 


0,07989 


1,215 


0,08457 


1,23445 


0,091514 


1,23396 


0,09200 


1,24849 


0,09641 


1,25 


0,09691 


1,26419 


0,10178 


1,26362 


0,10230 


1,28 


0,10721 


1,296 


0,11260 


1,3021 


0,11463 


1,31683 


0,11934 


1,31835 


0,12003 


1,33333 


0,12493 


1,33485 


0,12542 


1,35 


0,13033 



0,17154 
0,18622 
0,18784 
0,20414 
0,20576 
0,21089 
0,22881 
0,24311 
0,25673 
0,26303 
0,26465 
0,28095 
0,304008 
0,30563 
0,32030 
0,32192 
0,33822 
0,33994 
0,35614 
0,87406 
0,38082 
0,39711 
0,39874 
0.41503 

0,42666 
0,43293 



Tierce dimin. 



.0.1886S 



..0,20754 
..0,22641 

Seconde tug. 



.0,24328 



Tierce mm. 

..0,26415 



..0,28302 
..0,30181 



..0,32075 

Tierce 



..0,33962 

Tierce pyth. 
Quarte dimin. 

..0,35849 



..0,39622 

Tierce aagm. 

..0,41509 



0,25 



0,33333 



0,37736 



0,41666 



2,03848 

2,23262 

2,37568 

2,44968 

2,46912 

2,58076 

2,74582 

2,94134 

3,96088 
3,00000 
3,15636 

3,17580 

3,37140 

8,64807 

3,66756 

3,84360 

3,86304 
4,00000 
4,05864 

4,07928 

4,27368 

4,48842 

4,56984 

4,76541 

4,78490 

4,88036 

5,00000 

541993 

5,19540 



by Google 



Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



666 



RAPPORTS DES SONS 



Son 



Degre de 
parents 



Ui«iMr decimates 
des cordei 



en log. 
a base 10 



en log. 
a base 2 



Systeme 
temper^ de 
12 degres 
en log, a base 2 



Systeme de 
53 degres 



en log. a 

12 

base V '~i 



Nombre relatif de vibrations. 



•fa(fa# 

soil? 

{*$ 

sol? 

fa* 

soil? 

sol? 
fax 

lab? 

sol 

fax 

labb 

sol 

laH> 

sol 

fax 

la^ 

sol* 

lat? 
soljf 

lat? 



solj 



11 Q 


131072 


6 


477147 


2 


375 


STQ 


512 


3 3 T 


729 


6 Q 


1000 


soi kann. 11 


8 
11 


2T 


18 


2 Q 


25 


4 


729 


6Q 


1024 


2 Q T 


32 





45 


2 


45 


2 Q T 


64 


6Q 


512 


3 


729 


2 Q 


25 


2 T 


36 


6Q 


500 


3 T 2 


729 


3 T Q 


256 





375 


7 


177147 


11 Q 


26*144 


T 2 


27 


3 Q 


40 


5 Q 2 T 


2048 


3 


31)25 


3 


10935 



T 7 Q 

Q 
30 



T 8 Q 
8 Q 



T * 


13 Q 


7 


00 



3 T 

2 T 

3 

4Q 

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2 
_0_ 

T 
8Q 



3 



16384 

_2_ 

3 

675 
1024 
460 
243 
1048576 



1504323 
125 
192 

16 

25 

81 
128 
256 
405 

5_ 

8 
4096 



6561 



1,3815 

1.36338 

1,3716 

1,378 

1,38888 

1,40489 

1,40625 

1,42222 

1,42875 

1,44 

1,488 

1,4646 

1,4798 

1,48148 

1,48315 

1,49835 

1,5 

1,51705 

1,51875 

1,52095 

1.536 

1,5625 

1,58024 

1,58203 

1,6 

1,60182 



0,13081 
0,13323 
0,13722 
0,13830 
0,14266 
0,14787 
0,14808 
0,13296 
0,18348 
0,18838 
0.16378 
0,16879 
0,17021 
0,17069 
0,17118 
0,17860 
0,17609 
0,18099 
0,18148 
0,18200 
0,18639 

0,19382 
0,19872 
0,19920 
0,20412 
0,204610 



0,43438 
0,44928 
0.48601 
0,45943 
0,47393 
0,49022 
0.49188 
0,80814 
0,80977 
0.82606 
0,84398 
0,83074 
0,86841 
0,36704 
0,86866 
0.38383 
0,88496 
0,60128 
0,60288 
0.60480 
0.61917 

0,64388 
0.66018 
0,66177 
0,67807 
0,67969 



.0.43396 



.0,45283 



;.. 0,47170 

P* qiurte tog. 



..0,49056 

G r quart c a tig. 
P* qtrinte dim. 

..0.50943 



Grqnintedim. 

..0,32830 
..0,54717 



..0,56604 



..0,58490 
Opiate 



.0,60377 



..0,62264 
..0.64152 

Quinte ftugm. 



..0,66088 



.0,67924 



0,5 



0,58333 



0,66666 



5.21496 

5,39100 

5.47212 

5.51316 

5,68716 

5,88264 

5.90220 
6,00000 

6,09776 

6,11730 
6,31282 
6,52776 
6,60888 
6,78492 
6,80448 
6,82392 
7,00000 
7,01955 
7,21300 
7,23456 
7,25400 
7,43004 

7,72627 

7,92179 

7.94133 
8.00000 

8,13686 

8.18628 



byG< 



Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



RAPPORTS DBS SONS 



607 



Son 



Degre de 

pa rente 



drSCdfdtS 



en 
decimales 



en log. 
a base 10 



en log. 
a base 2 



Systeme 
tempers de 
12degres 
en log, a base 2 



Systeme de 
53 degres 



en log. a 

12 

base ^ 2 



Nombre relatif de vibrations. 



la ? 

•la?(la) 
la 

solx 

sift 
la 

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la 

la 
si 77 

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sit? 

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2 Q 

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2 T 2 Q 




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2 Q 

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2 Q 



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10 Q 


5 
6Q 


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2 T 2 


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8 
3 


7Q 


T Q 


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5 
8 



T 3 Q 
2 



50 
81 

8_ 
13 

243 

400 

2048 
3175 

19683 
32768 

_3_ 

5 

1215 

•Am 

J6 

27 

J5_ 
128 
1280 
2187 
125 
216 
72 
125 

j4_ 

7 

128 
225 

9 

16 
2048 
3645 

5_ 

9 

32768 
51)049 

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779 

27 

50 
16384 
30375 
2187 
4096 

8 

15 
262144 



492075 
185 
256 
188 
243 



1,62 

1,625 

1,64609 

1,64898 

1,66478 

1,66666 

1,68473 

1,69378 

1,70666 

1,70886 

1,728 

1,78611 

1,78 

1,78781 

1,77777 

1,77978 

1,8 

1,80203 

1,8228 

1,88188 

1,85398 

1,87288 

1.878 

1,88145 

1,89629 

1,89843 



0,20981 
0,21088 
0,21646 
0,21694 
0.22138 
0,22184 
0,22682 
0,22724 
0.23214 
0,23263 
0,28784 
0,28987 
0,24303 
0,24497 
0,24987 
0,28036 
0,28827 
0,28876 
0,26068 

0,26789 
0,26809 
0,27281 
0,27300 
0,27349 
0,27790 
0,27829 



0,68399 
0,70034 
0,71904 
0,72067 
0,73834 
0,73696 
0,75826 
0,78488 
0,77118 
0,77280 
0,78910 
0,79886 
0.80738 
0,81378 
0,83007 
0,88170 
0,84799 
0.84962 
0,86891 

0,88897 
0,89039 
0.90526 
0.90689 
0,90851 
0,92318 
0.92481 



.0.69811 
.0,71698 



..0,78585 

Sixte nuj. 



..0,75472 

Septieme dim. 

..0,77359 
..0,79245 



..0,81132 

Sixte augm. 
P* sept. min. 

..0,83019 



G' sept. min. 



.0,84990 

.0,86793 
.0,88679 



. .0,90566 

Septieme ma}. 



Octave dim. 

..0,92453 



0,75 



0,83333 



0,91666 



8.23188 

8.40516 

8,62852 

8,64804 

8,82408 

8,84358 
9,00000 
9,03911 

9,05865 

9,25417 

9,27860 

9,46923 

9,55031 

9,68825 

9,76537 

9,96089 

9,98040 
10,00000 
10,17596 

10,19550 

10,89102 

10,66762 

10,68708 

10,86314 

10,88268 

10,90212 
11,00000 

11,07821 

11,09773 



byGoOolc 



Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



668 



RAPPORTS DES SONS 



R4VINA 



Son 



Degre de 
parent* 



Uigteir 

Its mitt 



en 
decimates 



en log. 
a base 10 



en log. 
a base 2 



System© 
temper* de 
12 degres 
en log, a base 2 



Systemede 
53 degres 



Nombre relatif de vibrations. 



en log. a 
12 

base/2 



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si 

ut? 3 
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19683 


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243 


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6561 


8 Q. 


12600 


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64 

125 


8 


531441 


12 Q 
T 8 


1048576 
81 


4Q 
2 T 4 Q 


160 
1024 


2 


2025 


6 


32805 


T 8 Q 


65536 
1 
2 






1,92 

1,92119 

1,944 

1,95092 

1,95812 

1,97308 

1,97530 

1,97755 

1,99774 

2,00000 



0,28530 
0,28379 
0,28869 
0,28923 
0,28972 
0,29511 
0,29563 
0,29612 
0,30053 
0,30103 



0,94110 
0,94273 
0,95902 
0,96416 
0,96578 
0,98045 
0,98208 
0,98370 
0,99837 
1,00000 



.0,94340 
.0,96227 



.0,98113 



1,00000 



1,00000 



11,29327 
11,31276 
11,50833 
11,56987 
1138941 
11,76539 
11,78493 
11,80440 
11,98046 
12,00000 



Rauchenecker, Georo-Wilhelm, composi- 
teur, ne k Munich, le 8 mars 1844, fils d'un mu- 
sicien de la ville, eldve de Theodore Lachner 
(piano, orgue), de Baumgarlner (con tre point) et 
de Joseph Walter (violon) ; de 1860 k 1862, 11 
fut violoniste au Grand-The&tre de Lyon, jus- 
qu'en 1868 chef d'orchestre k Aix et k Carpen- 
tras, puis directetur du Conservatoire d" Avi- 
gnon. En 1878, il devint directeur de musique k 
Winterthour, dirigea, pendant une saison, la 
■ Philharmonie » de Berlin, puis fut nomine 
directeur de la « Societe instrumental » d'El- 
berfeld. R. a ecrit une cantate : Niklaus von 
der FlUe (festival de Zurich, 1874), trois qua- 
tuors pour instr. 4 archet (dont deux avanta- 
geusement introduits par le < Quatuor floreu- 
tin »); un opera :Le Florentin, une symphonie, 
etc., sont restes manuscrits. 

Rauscher, Max, ne k Wettstetten ( Baviere) 
le 20 janv. 1860, fils d'un maltre d'ecole, or- 
donne pretre. en 1884, fut longtemps employe 
de la prebendedu Dome, 6 Ratisbonne, oil il se 
forma comme directeur de choeur, sous la sur- 
veillance du D* Haberl et de J. Mitterer ; il est, 
depnis 1885, maltre de chapelle et inspecteur 
de la prlbende du Dome de Ratisbonne. 

Rauschquinte (all.), nom que les organiers 
allemands donnent k un jen de mutation por- 
tant deux tuyanx sur marche et donnaut le 
troisieme et le quatrieme harmonique. 

Rauzxini, Vknanzio, chanteur tres en vogue 
(tenor) et compositeur, n6 k Rome en 1747, m. 
k Bath le 8 avr. 1810; debute d'abord, en 1765, 
au theatre « della Valle », k Rome, dans un 
rdle de femme. Done d'une beaute physique 



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remarquable, il se compromit dans different* 
demeles qui l'obligerent4 se rendre 4 Londres. 
II chanta encore juequ'en 1778 et vecut jus- 
qu'en 1787, comme professeur de chant 4 Lon- 
dres, jouissant d'une grande consideration ; 
enfin il se retira 4 Bath. R. a fait ex6cuter hnit 
operas 4 Munich et 4 Londres ; il a ecrit 
aussi trois quatuors pour instr. 4 archet, un 
quatuor avec piano, trois sonates pour violon, 
et deux sonates pour piano 4 quatre mains. 

Ravanastron (sbrinda), instr. 4 archet que 
Ton suppose etre d'origine hindoue. Gf. Rfihl- 
mann, Geschichte der Bogeninstrumentc* p. 14 
et suiv. 

Ravenscroft, Thomas, bachelier en musique 
(Cambridge, 1607), a public : P&mmelia. M usickes 
miscellanie, or mixed varietie of pleasant ron- 
dtlayes and delightful catches of 3-10 parts 
in one (1609; *>• ed. 1618) ; Deuteromelia, or 
the second part ofmusicks melodie,etc. (1609); 
Melismata. Musical phantasies, fitting the 
court, city and country humours (1611 ; de 
8 45 voix) ; A bri efe discourse of the true (but 
neglected) use of charactering the degrees by 
their perfection, imperfection and diminu- 
tion, etc. (1611) et flnalement The whole bodke 
of psalmes, voith the hymnes evangelicall and 
spiriluall, etc (4 4 voix, 1621; 2"« &L 1633). 

Ravina, Jean-Henri, pianiste, n£ 4 Bordeaux 
le 20 mai 1818 : eleve de Laurent et de Zimmer- 
mann, au Conservatoire de Paris, obtini le 
premier prix de piano en 1834 et fut engage la 
meme annee, comme r£peliteur (il avail 4 peine 
dix-sept ans). II etudia encore la composition, 
sous la direction de Reicha et de Leborne, 



Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



RAWAY 



REBEL 



669 



quitla sa place en 1887 et entreprit des tour- 
n£es de concerts, comme virtuose; il habite 
aujourd'hui k Paris. Son nom est connu par 
nn assez grand nombre de morceaux de salon 
d'une facture soignee. R. a 6erit aussi de nom- 
breuses 6tudes, an concerto pour piano, nn 
th£me avec variations, des transcriptions poor 
piano k qnatre mains de toutes les variations 
de Beethoven, etc.. 

Raway, Erasme, n6 k Li6ge le 2 juin 1850; 
re$ut des lemons de musique d6s Ykge de six 
ans (solfege, piano, orgue, harmonie), roais 
£tait destine par ses parents k la carri&re ec- 
clSsiastique. II fnt envoys en 1864, dans un 
college d'humanit£s, mais n'abandonna point 
pour cela ses etudes d'harmonie et de contre- 
point, aussi put-il enfin, apr£s avoir pris son 
grade de docteur en thSologie (1875) et rempii 
des fonctions de professeur au sSminaire de 
Saint-Trond, devenir maltre de chapelle de la 
cathgdrale de Li6ge. R avait d6jd 6crit, en 
1876, un m&odrame en trois actes, N&on, re- 
prSsente au s&minaire de Saint-Trond, et il se 
vouaplus tard avec ardeur k la composition; 
on commit de lui : des Motets avec orchestre, 
qnatre Ave Maria, des fragments d'un Stabat 
mater, deux Salutaris, un Tantum ergo, de 
la musique symphonique : Seines hindoues 
(1880), Les Adieux (po&me symphonique, 1884), 
Symphonie libre (1887), un drame lyrique en 
qnatre actes : Freya, etc. 

Raymond, Georges-Marie, auteur musical, 
n£ k ChambSry en 1769, m. dans la m6me ville 
le 24 avr. 1889 ; il fut professeur d'histoire, puis, 
plus tard, professeur de math&natiques, k Ge- 
neve. En 1811, comme direcleur du college de 
ChambSry, il Scrivit : Essai sur la determina- 
tion des bases physico-mathematiques de Vart 
musical (1813) ; Des principaux systhnes de 
notationmtcsiccUe usitesou proposes ches divers 
peuples, tant anciens quemodernes (1824); R y 
souleve la question de savoir si la reforme de 
notre systeme de notation est n&cessaire ) ; 
Lettre a M. Villoteau, touchant ses vues sur 
la possibility et VutiliU d'une thiorie exacte 
des principes naturels de la musique (1811). 
Gf. aussi « Magasin encyclopSdique » ( 1809- 
1810), la « Decade philosophique » (1802) et les 
comptes rendusdeTAcad&nie royale de Savoie 
(1828). — 2. Joseph, musicographe, k Paris ; 
anteur de : Essai de simplification musicogra- 
phe (1843), Nouveau systeme de notation mu- 
sicale (1846). 

R6, nom du quatrieme son de l'echelle fonda- 
mentale, correspond au d des Allemands, des 
Anglais, etc. Cf. D, solmisation et muance. 

Rea, William, organiste,pianisteet directeur, 
ne A Londres le 25 mars 1827; el£ve de Pitt- 
mans, et apr£s avoir 6t6 engage comme orga- 
niete,en 1843, a l'6glise du Christ, £l&ve encore de 
Bennett. Ildevint,plus tard, organiste de T£glise 
St-Andre, k Undershaft, puis de nouveau, en 
1840, 616ve de Moscheles et de Ricbter, k Leip- 
zig, et de Dreyschok, k Prague. II organisa, 
dans la salle Beethoven, k Londres, des con- 
certs de musique de chambre, devint en 1853 



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organiste de T«Union harmonique », fondaen 
1856 le tPolyhymnian Choir » et dirigea en 
mdme temps un orchestre d'amateurs. En 1858, 
R. devint organiste k Stockwell, en 1860, orga- 
niste et directeur de musique, k Newcastle sur 
la Tyne, ott il sut notablement rehausser le 
niveau musical. Depuis la fin de 1880, il est or- 
ganiste k Schields. 

Reading, John, nom de trois compositeurs 
anglais des xvn« et xvin« s. : 1. organiste k 
Winchester, m. en 1692 , oeuvres vocales de sa 
composition, dans Harmonia Wiccamica, de 
Hayes. — 2. organiste k Chichester, de 1674 k 
1720 (des ceuvres de ces deux compositeurs, 
qu'il est du reste difficile de s£parer, se trouvent 
dans les anthologies de 1681 k 1688).— 3. n6 k 
Londres en 1677, m. le 2 sept. 1764 ; enfant de 
choeur de « Chapel Royal », sous Blow, devint 
succe8sivement organiste k Dulwich (1700), vi- 
caire (1702) puis maltre de chant (1704) de la 
cathedrale de Lincoln, et enfin organiste de 
plusieurs £glises de Londres (1707). Auteur de: 
A book of new songs with symphonies and a 
thorough-bass fitted for the harpsichord, et de 
A booh of new anthems. 

Rebec (ital. rebec* ribeca, rubeca, ribeba, rur 
bella; esp. rabi, rabel; arabe rebab, erbeb), 
instrument qui passe pour &tre le plus ancien 
instr. k archet et qui, d'origine orientale, aurait 
6t6 imports en Espagne au vm« s., par les 
Arabes; mais il s'agit \k d'une simple supposi- 
tion, qui n'est rien moins que confirmee par les 
recherches rtcentes. L'opinion contraire, d'a- 
pr&s laquelle les Arabes n'auraient appris a 
connaltre les instr. k archet que le jour de leur 
entree en Espagne, est tout aussi plausible que 
la premiere. II est du moins frappant de cons- 
tater que nous poss£dons une reproduction 
graphiqi»e,du vra # au ix* s. (Gerbert, Decantu 
II), d'un instrument portant d6j& les caracteres 
principaux de la gigue future , mais tendu 
d'une seule corde, tandis que le luth, par ex., 
notoirement imports par les Arabes, ne se re- 
pandit en Europe que dans le courant du xiv* 
s. ; le luth, il est vrai, amena une veritable re- 
volution dans la facture des instr. a archet (v. 
ce mot). Des le ix° s., nous trouvons des men- 
tions de la fidula (en premier lieu dans Otfried 
V, 23, 895); au xm» s., la rubeba et la vielle (ft- 
dula) sont des instruments etroitement appa- 
rent^, la vielle 6tant tendue de cinq cordes, la 
rubeba de deux seulement. Aucun de ces ins- 
truments n'£tait pourvu de tons [divisions du 
manche] (cf. les indications que donne a ce su- 
jet la % c Allgemeine Musikalische Zeitung », 
1879, 7). Les rapports que Ton etablirait entre 
le r. et la chrotta (v. ce mot) n-'auraient m&me 
rien de fantaisiste, et il n'est pas impossible 
de trouver un lien ely mologique entre rebec et 
crewth, 6tant donnSe la forme bretonne du der- 
nier de ces mots : rebel ou rebed. 

Rebel, Jean-Ferry, violoniste, n6 k Paris en 
1669, m. dans la m6me ville en 1747; devint, 
en 1699, violoniste, en 1707 chef d'orchestre k 
I'Opera. II fut aussi membre des « Vingt-quatre 
violons du roi » et fut nomme compositeur de la 

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670 



REBELLO — RECITAL 



chambre royale. R.a publie : un recueil desona- 
tes pour violon (avec basse) et un de trios pour 
deux violons et basse ; son op£ra Ulysse (1703) 
lit fiasco ; seul un numero du ballet, avec solo 
de violon, eut un r£el succes (la Caprice), ce 
qui d£cida Tauteur A' 6crire d'autres morceaux 
analogues, comme interm&des d'operas. -— 
2. Francois, tils du pr6c£dent, egalement violo- 
niste et compositeur, n6 le 19 juin 1701, m. le 7 
now 1775; entra, dejd A l'dge de treize ans, dans 
Torcbestre de TOpSra, se lia d'amiti£ avec 
Francois Francoeur (v. ce nom) et ecrivit, en 
collaboration avec lui, dix operas. lis furent 
tous deux, simultan&ment, de 1733 A 1744, chefs 
de pupitre des premiers violons, A l'Op£ra, 
plus tard inspecleurs, puis, de 1753 A 1757, 
directeurs et finalement entrepreneurs, pour 
leur propre compte, jusqu'en 1767. Louis XV 
nomma R. premier intendantde la musique de 
la Conr, puis, en 1772, inspecteur general de 
l'Op£ra. R. s*6tait retire dans la vie priv£e peu 
avant sa mort. R a compose, outre les operas 
mentionn£s plus haut, plusieurs cantates et 
morceaux d'eglise. 

. Rebello, Joao-Lourenqo (Joao Soakes), un 
des compositeurs portugais les plus illustres. 
n6 a Canunha en 1609, m. A San-Amaro, pr&s de 
Lisbonne, le 16nov. 1661 ;fut maltre de musique 
du roi Jean IV (v. ce nom), qui lui d£dia sa 
Defensa de la musica moderna. On n'a public 
que tr&s peu de ses nombreuses oeuvres de mu- 
sique sacr£e : un livrede psaumes A seize voix, 
des Magnificat, des lamentations, des Miserere 
(1757, Rome; dix-sept parties d&ach£es); des 
Messes, etc., sont resides manuscrites, A Lis- 
bonne. 

Reber, Napoleon-Henri, un des compositeurs 
francais les plus importants de la premiere 
moitie du si£cle, particulterement dans le do- 
maine de la musique instrumental, n6 a Mul- 
house le 21 oct. 1807, m. A Pans le 24 now 1880 ; 
Sieve de Reicha et de Le Sueur, au Conserva- 
toire de Paris, trouva, gra\ce a ses relations de 
famille et A sa bonne Education, acces dans les 
cercles les plus cultiv£s, ce qui ne resta pas 
sans influence sur le choix du genre de musi- 
que auquel il se voua. D a ecrit de la musique 
de chambre et mis en musique les vers des 
meilleurs pontes francais. II aborda le thedtre 
avec le Diable amoureux (ballet, 1840), suivi 
bientdt de plusieurs op£ras-comiques : La Suit 
de Noel (1848), Le Pere GaiUard (1852), Les 
Papillottes de M m% Benoit et Les Dames capi- 
talizes (1857). Un cinquieme opSra-comique : Le 
m&netriera la cour, et un grand op£ra, Nairn, 
ne furent pas represents ; mais les ouvertures 
en furent n£anmoins gravees. K fut nomme 
professeur d'harmonie au Conservatoire, en 
1851, et, deux ans plus tard, l'Academie lui of- 
frit le fauteuil d'Onslow ; en 1862, il succeda A 
HalSvy comme professeur de composition et, en 
1871, devint inspecteur des succursales du 
Conservatoire. Son successeur pour la classe 
de composition fut, en 1880, C. Saint-Saens. Les 
ceuvres de musique inslrumentale de R, dont 
les tendances offrent une certaine analogie 



avec celles des classiques allemands, sont: 
quatre symphonies ; une ouverture et une suite 
pour orchestre; trois quatuors pour instr. a 
archet;un quintette pour instr. A archet;un 
quatuor avec piano ; sept trios avec piano: des 
morceaux pour violon et piano, de m&me que 
des morceaux A deux et quatre mains pour 
piano seul. En fait de musique vocale, on con- 
nalt de R. trente-trois melodies avec accompa- 
gnement de piano ; un Chceur de pirates, pour 
trois voix d'hommes et piano ; Le Soir, pour 
choeur d'hommes A quatre voix et piano ; un 
Ave Maria et un Agnus Dei pour deux sopra- 
nos, t&nor, basse, orgue ; enfin, des vocalises 
pour soprano ou tenor (op. 16). Son Traite 
dliarmonie (1862, r£6dite plusieurs fois) est sans 
contredit Tun des meilleurs ouvrages relative- 
ment recents sur le sujet. 

Rebicek, Josef, n6 A Prague le 7 f&vr. 1844; 
fut pendant six ans £leve des classes de violon 
du Conservatoire de Prague, puis entra, en 
1861, dans l'orchestre de la Cour, A Weimar. D 
devint ensuite successivementconcertmeisteran 
Th&ttre national tcheque de Prague (1863), puis 
au ThMtre royal allemand de la m&nre ville 
(1865), concertmeister au ThS&tre royal de Wies- 
baden (1868; devint «directeur de musique 
royal » en 1875), directeur d'opera et premier 
violon-solo au Th£dtre imperial de Varsovie 
(1882,), chef d'orchestre au The&tre national de 
Budapest (1891), chef d'orchestre du Th&Urede 
la Cour, A Wiesbaden (1893), enfin chef d'or- 
chestre de la « Philharmonic », a Berlin (1897). 
R. a donnSquelques oeuvres de sa composition, 
entre autres, en 1898, une symphonic poor 
grand orchestre. 

Rebling, 1. Gcstav, organiste virtuose et com- 
positeur, n6 A Barby, le 10 juil. 1821 ; fils du 
cantor de la localite, il devint 61&ve de Fr. 
Schneider, A Dessau (1836-1839), puis fut nom- 
m£ organiste de l'£glise francaise de Magde- 
bourg. II succeda ensuite A Mfthling, comme 
maitre de musique au s&ninaire (1847), devint 
directeur du choeur du ddme et maltre de mu- 
sique au lyc£e (1853) recut le titre de directeur 
de musique royal (1856) et fut, d£s 1858, orga- 
niste de l'&glise St-Jean. II avait fond£, en 1846, 
une society de chant sacrk R. a compose des 
psaumes, des motets, avec ou sans accompagne- 
ment, des lieder, des morceaux pour piano et 
pour orgue, une sonate pour violoncello, etc — 
2, Friedrigh, chanteur scenique et professeur 
de chant, n£ A Barby le 14 aoftt 1835 ; eteve dn 
Conservatoire de Leipzig et, pour le chant, 
el&ve particulier de Goetz, fut engage comme 
t£nor A Rostock, Konigsberg, Breslau et, de 
1865 a 1878, A Leipzig. U fut nomme, en 1877, pro- 
fesseur de chant au Conservatoire de cette der- 
niere ville. 

R6cit, 1. employ^ parfois pour RficrrATiF,par 
opposition A m&lodie. — 2. Nom de Tun des 
claviers de l'orgue, v. clavier. 

Recital (angl. ), denomination que Grove (Du> 
tionary of Music) dit avoir &t& introduite par 
Liszt, en 1840, pour les concerts dans lesquels 
un seul virtuose (et plus particuli&rement un 



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RECITATIF — REGALE 



671 



pianiste) se fait entendre, a rexclusion de tout 
autre artiste chanteur ou instrumentiste. 

Rdcitatif (ital. recitativo ; du lat. recitare, ra- 
conter), sorte de chant dans leque] Telement 
musical est reduit an plus strict minimum, 
tant au point de vue de la courbe melodique 
qu'a celui de la division rythmique, au benefice 
de l'accentuation naturelle et de la cadence 
m&me des mots; le r. est, en quelque sorte, a 
la melodie, ce que la prose est aux vers. L'in- 
vention du r. remonte a Topera (v. ce mot); le 
desir de remettre en lumi^re le texte poetique, 
qui disparaissait reellement sousTaccumulation 
des artifices contrapontiques, de donner aux 
sentiments une expression toute naturelle, con- 
duisit, par la voie de raisonnements estheti- 
ques, a l'adoption du stile rapprasentativo, 
dont le r. est Tessence principale. L'accompa- 
gnement instrumental qui, des le debut, fut 
adapte au r. par ses crSateurs : Peri, Gaccini, 
Cavalieri, n'etait rien autre qu'une sorte de 
soutien harmonique destine a assurer la jus- 
tesse de l'intonation, basse chiffr^e (v. ce mot) 
que Ton realisait au clavecin ou A Torgue, ou 
encore sur le luth, la gambe, etc. Ce ne furent 
que les protagonistes du style dramatique, A 
leur tete Monteverde et, plus tard, Al. Scarlatti, 
qui donnerenl de la vie a l'accompagnement du 
r. et creerenl Yaccompagnato ; celui-ci n'est 
autre qu'un r. dont Taccompagnement travaille 
a une valeur musicale propre, tandis que le r. 
pourvu d'une simple basse chiffree s'est con- 
sen- e, en m&ine temps que le premier, jusqu'a 
nos jours, sous le nom der. sec, ou sim piemen t 
secco. Enfin, Yarioso servit de transition du r. 
a l'air qui se developpa, en premier lieu, dans 
la musique d'eglise ou de chambre. Le r. mo- 
derne, tel que Wagner, par ex., Ta adopte, ne 
diflere de Tancien que par la plus grande part 
accordee de nouveau a l'element musical; la 
partie instrumentale y est developpee d'une 
facon a la fois riche et vari6e, pendant qu'au- 
dessus d'elle la voix se meut librement, mais 
etroitement unie a la declamation naturelle 
(devenue chant par suite de Pexageration de la 
cadence). 

Recorder (angl.), ancienne flute A bee, an- 
glaise, A huit trous, dont un recouvert d'une 
fine membrane. 

Reckendorf, Alois, ne a Trebilsch (Moravie) 
le 10 juin 1841 ; etudia la musique au Conser- 
vatoire de Leipzig, de 1865 a 1867, apres avoir 
fait des Etudes scientifiques a Vienne et A Hei- 
delberg. R. est depuis 1877 professeur de piano 
et de th£orie au Conservatoire de Leipzig ; il a 
publie plusieurs oeuvres pour piano et pour 
chant. 

Recte et retro (< en avant et en arri&re») 
indication (canon) pour Texecution du canon 
retrograde (A recrevisse; v. canon). 

Redowa (rejdovak), danse tch&jue en mesure 
ternaire et d'allure assez rapide ; un derive de 
la r., la rejdovacka, est au contraire A 2/4. 

R6e, Anton, ne a Aarhuus (Jutland) le 5 oct. 
1820, m. le 20 dec. 1886; eleve de Jacques 
Schmidt et de K. Krebs, a Hambourg, donna 



des concerts comme pianiste, de 1839 a 1849, et 
professa ensuite son instrument a Copenhague. 
R. a ecrit diverses oeuvres pour piano et colla- 
bore a plusieurs revues musicales. 

Reed (angl., tuyau), nom que les Anglais 
donnent A 1'anche des tuyaux a anche de Tor- 
gue : reed-stops, jenx d'anches. 

Reed, Thomas-German, chanteur et directeur, 
ne a Bristol le 27 juin 1817, m. A Ste-Croix (Sur- 
rey) le 21 fev. 1888 ; Ills du fulur maltre de 
chapelle au theAtre de € Haymarket » et, plus 
tard, premier violon-solo au Thedtre t Garrick* 
de Londres. II fit ses premiers debuts A Bath 
comme pianiste puis chanteur de concert et de 
theatre, et se crea peu A peu une situation 
honorable a Londres, comme professeur, pia- 
niste et compositeur. De 1838 A 1851, il fut chef 
d'orchestre d'op£ra au theatre de «Haymarket», 
devinten 1838 directeur de la « chapelle bava- 
roise » et organisa d'excellents concerts de mu- 
sique sacr£e. En 1855, il donna, au « Martins- 
hall », de petites representations thedtrales, Mr 
and Mrs German Reeds entertainment, qui fu- 
rent transferees, en 1856, dans la galerie de T til- 
lustration » et, plus tard, A « St-Georges-Hall ». 
Les pieces qui furent jouees n'etaient ecrites que 
pour deux ou trois personnages el obtinrent 
{'approbation des adversaires des grands thea- 
tres. - Sa femme, PRisciLLAHoRTON,nee le l er 
Janvier 1818, etait une excellente cantatrice ; 
ses freres,RoBERT-HoPKfe et William, sont con- 
nus comme violoncellistes. 

Reel, ancienne danse anglaise, ecossaise, ir- 
landaise et danoise, en mesure binaire, d'un 
mouvement rapide et executee par des groupen 
de deux ou trois paires. 

Reeve, William, ne a Londres en 1757, m. 
dans la m&me ville le 22 juin 1815; devint, en 
1781, organiste A Totnes (Devonshire), mais re- 
tourna en 1783 A Londres. D a compose toute 
une serie de morceaux de chant, de pantomi- 
mes, de morceaux pour drames (en partie en col- 
laboration avec Mazzinghi), pour le theatre de 
t Covent Garden ». Plus tard, en 1792, il devint 
organiste de Teglise St-Martin et, en 1802, pro- 
prietaire du « Well's Theatre » de Sadler. 

Reeves, John-Sims, c£lebre tenor, ne a Shoo- 
ters Hill (Kent) le 21 oct. 1822; devint organiste 
a North Cray (Kent) A l'&ge de quatorze ans, 
mais aborda la sc6ne en 1839. II debut a A New- 
castle-s.-Tyne.travailla encore sous la direction 
de Hobbs et de Cooke, A Londres, et chanta, de 
1841 a 1843, A Drurylane. Apr6s avoir continue 
ses etudes et remporte des succces sur la scene, 
en Italie, il retourna a Londres, en 1847 et fut 
pendant longtemps le tenor le plus repute de 
TAngleterre, tant dans les concerts que sur la 
scene. Sa femme, Emma Lucombe, a une excel- 
lente voixde soprano, et leur fils debuta, comme 
tenor, en 1880. 

Regale (all. Regal), 1. petit orgue portatif, 
compose d'un ou de quelques jeux d'anches, 
etait autrefois un instrument de salon, comme 
Tharmonium de nos jours. — 2. Denomination 
collective vieillie pour les jeux d'anches, em- 
ployee particulierementen Allemagne: Truster- 



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672 



REGAN 



REHBAUM 



regal, Geigenregal, Singendregal, Jungfernre- 
gal 9 Harfenregal y Gedacktregal f GeddmpftregcUy 
etc. LesAllemands donnaient le nom de bibelre- 
gal a une r. dontles differents jeux pouvaient se 
plier, comme autant de livres. 

Regan, Anna, y. Schtmon. 

Reger, Max, ne a Brand (district de Kem- 
nath, en Baviere) le 19 mars 1873, d'ou son pere, 
voue A 1'enseignement, fill Iransf6r6 a Weiden 
en 1874; ce furentson pereet l'organiste Lind- 
ner, A Weiden, qui lui donndrent ses premieres 
lemons de musique. II 6tudia ensuite (a. par- 
tir de P&ques 1890) aupres de H. Riemann , 
a Sondershausen et a Wiesbaden , puis fut 
nomm& professeur de piano au Conservatoire 
de cette derntere ville. Les oeuvres de debut de 
R. denotent un talent plein de riches promesses 
pour Tavenir : sonates pour violon, op. 1 et 3; 
trio (avec alto), op. 2 ; sonates pour violoncelle, 
op. 5; lieder, op. 4; chants a quatre voix, avec 
piano, op. 6 ; valses-ca prices a. quatre mains, 
op. 9. 

Regino (de Prum) £tait, en 892, abb6 du 
convent de Prum, pres de Treves, et devint 
plus tard abb£ de St-Maximin, a. Treves, m. en 
915 ; il a ecrit une chronique qui va de la nais- 
sance de J.-C. jusqu , en907 (imprim6e A Mayen- 
ce en 1521, A Francfort en 1566, et dans le 
« Rerum Germanicarum scriptores », de Pisto- 
rius, en 1583), puis : De disciplina ecclesiastica 
veterum (public par Hildebrand, en 1659, et par 
Baluze, en 1671) et enftn Epistola deharmonica 
institutione ad Rathbodum Episcopum Trevi- 
rensem, ac Tonarius sive octo toni cum suis 
differentiis (l'autographe se trouve a la biblio- 
th^que de Leipzig, en notation neumatique tr£s 
elegante : des copies a Ulm et A Bruxelles. Le 
« Tonarius » est communique, en fac-simile, 
par Coussemaker, Script II, et V t Epistola » 
par Gerbert, Scriptores 1). 

Regis, Johannes, contrapontiste beige, con- 
temporain de Okeghem, de Busnois et de Ca- 
ron ; Petrucci a imprim£ de lui, dans les frag- 
ments de Messes de 1508, un Credo et, dans 
Odhecaton, plusieurs motets, une chanson, etc. 
La chapelle pontificate conserve plusieurs de 
ses Messes. 

Registre, 1. Dans Torgue, r£gle de bois per- 
c£e d'autant de trous qu'il y a de notes a. un 
jeu et glissant dans des rainures formees au 
moyen d'autres regies de bois de m&me 6pais- 
seur, mais plus etroites (appelees faux-regis- 
tres), et que Ton fixe sur la table du sommier. 
Selon que les trous du r. se rencontrenl ou non 
avec ceux de la table et ceux de la chape dans 
laquelle les tuyaux sont fix£s, l'air fera parler 
le tuyau ou restera comprint dans le som- 
mier.L'une des extremites de chaque r.depasse 
la console de Torgue et vient se ranger a c6te 
des claviers, ou l'organiste peut la manier faci- 
lement au moyen du bouton de r. On com- 
prend d'apres ce qui precede que chaque r. 
commande un jeu special et que la registra- 
tion, ou Temploi des r«, est un art tres d61icat, 
comparable seulement a celui de Torchestra- 
tion. — 2. Le terme de r. est aussi applique a la 



voix humaine qui, selon le mode de fonctionne- 
ment des cordes vocales, peut produire des 
sons de timbres tres divers. Les deux r. princi- 
paux de toute voix humaine sont dits r. de 
poitrine et r. de t&te, denominations absolu- 
ment impropres, car ce serait un nonsens de 
supposer que, dans le r. de poitrine, l'augmen- 
tation de volume du son provieht de l'air vi- 
brant dans le thorax ou dans la trachee-artere 
au-dessous du larynx. De m&me que le pied 
d'un tuyau & anche ne saurait avoir d'influence 
sur la formation du son, de m&me la trach£e- 
art&re et la cavity thoracique ne participeni 
nullement A sa formation. Seul, aprds Tanche 
elle-mtaie, le pavilion determine la sonorite, 
autrement dil : seules, apr&s la tension variable 
des cordes vocales, la cavity buccale et les fos- 
ses nasales ont un r61e A jouer dans la forma- 
tion du son. Gf. a ce sujet le mot voix 1. 
Regie de loctave (regula delTottava), v. 

OCTAVE. 

Regnart (Reonard), famille de compositeurs 
neerlandais, comprenant quatre freres : Franz, 
Jakob, Pascasius et Karl, dont Jakob (n£ en 
1540) fut le plus remarquable, tandis que nous 
ne connaissons que quelques pieces vocales 
des trois autres, pieces conserves dans une 
anthologie de 1590. Quant a Jakob, nous le 
voyons tout jeune gargon d6ja. dans la Chapelle 
imperiale, a Vienne, d'abord comme < alumnus • 
et enfant de choeur, puis, des 1564, comme te- 
nor. Vers 1579, il devint second m ait re de cha- 
pelle de la Cour, a Prague ; mais l'annee sui- 
vante d6ja, il fut nomme second et, en 1588, 
premier maltre de chapelle de l'archiduc Fer- 
dinand, A Innsbruck. A la mort de l'archiduc, 
B. rentra au service de la Cour imp&riale, 
comme vice-maltre de chapelle, et conserva ces 
fonctions jusqu'a 8a mort, probable men t sur- 
venue en 1600. Sa veuve se retira a Munich et 
publia toute une serie d'ceuvres vocales reli- 
gieuses posthumes. Les nombreuses composi- 
tions de R. (cf. leur liste d£taillee dans les 
t Monatshefte fdr M.-G. », XII, 97) ont paru de 
1574 a 1611 ; elles comprennent des Messes, 
des motets, des • canzone », des villanelles et 
une foule de lieder allemands qui furent sans 
doute tr£s r&pandus autrefois, car on en con- 
nalt jusqu'a sept editions d'un mftme volume. 

Rlgulateur, v. reservoir. 

Rehbaum, Theobald, ne a Berlin le 7 aout 
1835; violoniste. compositeur et auteur d'oa- 
vrages de litterature musicale. Jeune gargon. 
il fit partie du choeur du Dome, a Berlin, et 
devint plus tard £leve de Hubert Ries (violon) 
et de Fr. Kiel (composition). II a publie une se- 
rie d'ouvrages destines A 1'enseignement da 
violon, de m6me que d'autres oeuvres pour cet 
instrument, des lieder, des chceurs pour voix 
mixtes et plusieurs operas qui furent executes 
sur differentes scenes : Don Pablo (Dresde, 
1880) ; Das steinerne Hers (Magdebourg, 1885); 
Turandot (Berlin, 1888); Oberst Lumpus 
(Wiesbaden, 1892) ; Die Konscriebierten (non 
represente) ; Der Goldscfimied von Paris (id.) ; 
etc. II composa le livret non seulement de ses 



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REHBERG — REIGHARDT 



673 



operas, mais d'an certain nombre d'autres en- 
core. R. vit actuellement k Wiesbaden. 

Rebberg, Willy, pianiste, chef d'orchestre 
-et compositeur, ne a Morges (Suisse) le 2 sep- 
tembre 1868; re^ut les premieres lecons de 
musique de son pere (Friedrich R., originaire 
-de la Thuringe, eleve de Moscheles et profes- 
seur de piano estime k Morges), frequenta 
l'Ecole de musique de Zurich (Fr. Hegar, R. 
Freund, Gust Weber) et plus tard le Conser- 
vatoire de Leipzig, ou il enseigna a son tour le 
piano jusqu'en 1890. II fut alors appel& k Ge- 
neve, comme professeurde piano au Conserva- 
toire et prit k la mort de H. de Senger, en 
1892, la direction des concerts d'abonnements, 
an Thedtre de la ville. De Leipzig, R. avait dej& 
•dirige (1888-1890), avec succes, les concerts de 
1' « Acad6mie de chant » d'Altenbourg. Son ac- 
tivity comme pianiste est hautement appro- 
ve, aussi bien dans son cercle d'activite ante- 
rieur que dans son milieu actuel (R. est pia- 
niste de la Cour ducale de Saxe). Comme com- 
positeur, il a d£but£ par une sonate pour violon, 
-et donne depuis lors plusieurs oeuvres pour 
piano et des lieder. R. est le gendre de E.-W. 
Fritzsch. 

Rehearsal (angl.), r6p&ition [c-a-d. 6tude 
-d'une OBuvre musicale]. 

Rehfeld, Fabian, ne k Tuchel (Prusse occi- 
dental) le 23 janv. 1842; 616ve de Zimmermann 
-el de Grftnwald, k Berlin, fut nomme, en 1868, 
m aside » de la Chambre royale ; en 1878, con- 
•certmeister. R. est un excellent violonisle et il 
•compose pour son instrument. 

Reicha, Anton, lh6oricien et compositeur 
<Hslingu&, n6 k Prague le 27 f6v. 1770, m. & Paris 
le 28 mai 1886 ; neveu et Sieve de l'ancien con- 
-certmeister et plus tard maitre de cbapelle, 
Joseph R. (proprement Rejgha, n£ a Prague 
•en 1746, m. k Rome en 1795), qui fut un compo- 
siteur de musique instrumentale de beaucoup de 
talent, et £crivit trois concertos pour violon- 
•celle, beaucoup de duos et de morceaux concer- 
tants pour violoncello et violon, etc. R. entra, 
lorsque son oncle obtint la place de concert- 
meister k Bonn, comme flutiste dans l'orchestre 
du prince 61ecteur et noua des relations avec le 
jeune Beethoven, qui jouait de l'alto k l'or- 
-chestre. Apr£s la dissolution de l'orchestre (en 
1794), R. se rendit d'abord k Hambourg, ou il 
■ecrivit son premier op£ra : Oubaidi ou les 
Frangais en Egypte, et partit de4a pour Paris, 
dans l'espoir d'y faire jouer sa piece. Ce plan 
£choua, mais le jeune auteur y trouva comme 
^compositeur de musique instrumentale un ac- 
cueil favorable. De 1802 a 1808, il v£cut k 
Vienne, ou il se lia de nouveau avec Beetho- 
ven, puis avec Haydn, Albrechtsberger et Sa- 
lieri. En 1808, il accourut de nouveau k Paris, 
ou il r£ussit a faire jouer, sans beaucoup de 
succes, k la v£rit£» plusieurs operas-comiques : 
Cagliostro (1810), Nathalie (1816) et Sapho 
<1822). Son opera ilalien : Argina, regina di 
Granata n'avait eu gu£re plus de succes aupa- 
ravant, k Vienne. En 1818, R. fut noinmS pro- 
/esseur de composition au Conservatoire et, en 

dictionnaire de musique. — 43. 

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o 



1885, il fut 61u k TAcademie, en remplacement 
deBoieldieu. On compte parmises Aleves, entre 
autres : Jelensperger, Elwart et Dancla. C'est 
par ses compositions instrumentales et sea 
oeuvres theoriques que R. se fit surtout remar- 
quer. Parmi les premieres, on trouve : deux 
symphonies, une ouverture, un morceau pour 
cinq instr. k archet et cinq instr. a vent, un 
double quatuor pour quatre instr. k archet et 
quatre instr. k vent, six quintettes et vingt qua- 
tuors pour instr. k archet, un quintette pour 
clarinette et quatuor d'archets, un quatuor pour 
piano, flute, violoncelle et basson, vingt-quatre 
quintettes pour flute, hautbois, clarinette, cor et 
basson, six quatuors pour flute, violon, alto et 
violoncelle, un quatuor pour quatre flutes, six 
trios pour instr. k archet, un trio pour trois 
violoncelles, vingt-quatre trios pour cors, six 
duos pour violons,vingt-deuxduos pour flutes, 
douze sonates pour violon, enfin des sonates, 
Etudes et fugues, variations, etc, pour piano, 
ainsi que Lart de varier (57 variations). Les 
"" oeuvres theoriques de R. sont : Eludes ou theo- 
ries pour le piano forte t dirigies (Tune maniere 
nouvelle (1800); Traitede milodie, abstraction 
faite de ses rapports avec Vharmonie (1814 ,■ 
2 ro « 6d., 1833); (Jours de composition musicale, 
ou traite complet et raisonnd dharmonie 
(1818) ; Traiti de haute composition musicale 
(1824-1826 ; 2 vol. ; 6d. all. par Czerny, sous le 
litre : Votlst&ndiges Lehrbuch, efc.,1834, 4 vol.) ; 
Lart du compositeur dramatique, ou cours 
complet de composition vocale (1888) et Petit 
traiU dharmonie pratique (s. date). R. ne fut 
pas un innovateur, mais ses ouvrages theori- 
ques ont une valeur pratique r&elle et sont es- 
tim£s encore aujourd'hui. 

Reichardt, 1. Joiiaxn-Friedrich, compositeur, 
chef d'orchestre et musicographe, n£ k Konigs- 
berg, en Prusse, le 25 nov. 1752, m. k Giebichen- 
stein, pres Halle, le 27 juin 1814; re^ut une 
bonne education et &udia la philosophie k Kb- 
nigsberg el k Leipzig, bien que la musique fut 
son occupation favorite. II jouait du violon et 
du piano, et apprit d£ja la lh6orie k Konigs- 
berg. II employa les anntes 1771 a 1774 a voya- 
ger en Allemagne, 6tudiant les gens el les cho- 
ses, et consigna ses observations dans ses let- 
tres de voyage (v. ci-dessous Enumeration de 
ses ouvrages). Eniin, en 1775, il r^ussit a obte- 
nir la place de maitre de chapelle a la Cour de 
Fred6ric-le-Grand, place devenue vacante par 
la mort d'Agricola. R. 6tait k la fois un esprit 
avis£ et ouvert; il cr6a plus d'une entreprise, 
ainsi, en 1783, les concerts spirituels pour l'exe- 
cution des oeuvres nouvelles qu'il accompagnait 
d'un court programme analytique. En 1782, il 
traversa Fltalie k la hate ; en 1785, il protita 
d'un cong6 pour se rendre a Londres et a Paris, 
ou il fit executer sa musique de la Passion (d'a- 
pres Melastasio), quelques psaumes et des sce- 
nes italiennes. L'Op£ra de Paris lui commanda 
alors deux operas : Tamerlan et Panth6e;le 
premier etait dej& termine en 1786, mais, au mo- 
ment ou il se trouvait a Paris, avec sa partition, 
l'auleur fut rappele a Berlin par la mort de Fre- 

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674 



REICHEL 



d6riole-Grand et l'ex&cution de son ceuvre n'eul 
pas lieu. La vie musicale prit un tr&s grand 
essor sons FrSderic-Guillaume II ; Torchestre 
fut augments et R. fut charge de faire venir d'l- 
talieun nouveau contingent de chanteurs. Mais 
les ennemis de R. sorent faire connaltre an roi 
la sympathie que le compositeur t£moignait 
pour la revolution frangaise, en sorte que sa 
position devint, de ce fait, bientdt intenable ; en 
1791, R. recut un cong6 de trois ans, il revint 
vers 1794, mais pour &tre aussitdt remercte k 
cause des convictions par trop liberates qu'il 
avait exprim£es dans une lettre ouverte. R. 
se flxa k Altona, apr£s un long voyage en 
Su&de, et y publia un journal politique : La 
France. En 1796, il fut appel6 k Giebichenstein, 
pr£s de Halle, ou il poss£dait une maison de- 
puis longtemps, comme directeur de salines. A 
la mort de Fr6d6ric-Guillaume II, R. revint k 
Berlin et y fltex^cuter une cantate funebre(com- 
posee k l'occasion des fun£railles du roi), ainsi 
que plusieurs operas. II conserva pendant ce 
temps sa place d v inspecteur des salines et requt 
en outre une forte augmentation d'appointe- 
ments de Fr6d£ric-Guillaume III. Inoccupation 
fran^aise, en 1806, le chassad Konigsberg ; 
mais J6r6me-Napol6on le for$a k rentrer, sous 
peine de lni conflsquer sa propri&£, et le nom- 
ma chef d 'orchestre k Cassel. Malheureusement 
le musicien n*y trouva pas un bon accueil ; il 
fut envoy6 en cong6 et se rendit k Vienne, dans 
l'intention d'y faire exScuter ses operas et ses 
« Liederspiele », mais comme il n'y r£ussit pas, 
il revint k Giebichenstein ou il mourut peu 
apr£s. C*est surtout dans le domaine de la mu- 
sique vocale que R. d£ploya son activity ; il fut 
un des premiers compositeurs de « Singspiele » 
(cf. Hiller), et 6crivit un grand nombre d'ceu- 
vres sc&niques (des operas italiens et alle- 
mands), des « Singspiele », de la mnsique pour 
plusieurs drames, etc., la plupart pour Berlin et 
Potsdam ; enfin, un op£ra frangais, pour Cas- 
sel : LHenreux naufrage ( 1808). Ses autres 
oeuvres de musique vocale sont l'oralorio de la 
Passion, d£j& mentionn£, une s£rie de cantates 
de fetes et de cantates religieuses, des psau- 
ines, deux le Deum, etc., mais surtout une 
grande quantity de lieder, gr&ce auxquels R. 
occupe une place importante dans Thistoire du 
lied allemand (entre autres : Gcethes lyrische 
Gedichte, comprenant environ soixante chants). 
Pour orchestre et en fait de musique de cham- 
bre, il a ecrit : une Ouverture di vittoria, une 
Scklachtsymphonie, pour ffcter la bataille de 
Leipzig (manuscrit), six autres symphonies ; 
quatorze concertos et dix-sept sonales pour pia- 
no, onze sonates et un concerto de violon, six 
trios pour instr. & archet, un morceau concertant 
pour quatuor d'archets et orchestre, deux qua- 
tuors avec piano, une sonate de flute, un quin- 
tette pour piano, deux flutes et deux cors, etc. 
L*activit6 litt£raire de R. fut tr6s Vendue, on a 
de lui : Musihalisches Kunstmagazin (1782- 
1791, 2 vol. parus par fragments) ; Musikali- 
sches Wochenblatt (1792); Musihalische Mortals- 
schrift (1792; public en 1798, avec le « Wochen- 



blatt », sous le titre de Studien fUr TonkUnstler 
und Musikfreunde) ; Bertinische musihaUsche 
Zeitung (1805-1806); Mu$ihalischer Almanadi 
(1796); Ueber die deutsche komische Oper 
(1774); Ueber die Pflichtendes RipienvioU- 
nisten (1776); G-F. Handels Jugend (1785); An 
das musihalische Putitihum, a propos de ses 
operas « Tamerlan » et t Panthta » (1787); 
Briefe eines aufmerksamen Reisenden, die 
Musikbetreffend(Yn^lTI%); Schreibenitberdie 
bertinische Musih (J775) ; Vertraute Briefe 
am Paris, Writes de 1802 k 1808 (1804-1805; Z 
part); Vertraute Briefe geschrieben auf einer 
Reise nach Wien 1808 bis 1809 (1810, 2 vol.); 
Leben des beruhmten Tonkunstters H.W. Gul- 
den [Enrico-Guglielmo Florino] (1779). R. a pu- 
blic son autobiographie dans la « Berlinische 
musikaliscbe Zeitung », 1805, N° 55-89 ; en outre 
Schletterer avait commence une biographie 
complete de Reichardt (vol-1, 1865). — 2. Lcise, 
compositeur de lieder. estim&e de son temps, 
fille du pr£c£dent, n6e a Berlin en 1878, m. k 
Hambourg le 17 nov. 1826; ellevivait &Ham- 
bourg, comme professeurde chant, depuis 1814. 
—3. Gustav, auteur du c&ebre lied allemand: 
« Was 1st des Deutschen Vaterland ? », n* a 
Schmarso w, pr£s Demmin, le 18 nov. 1797, m. k 
Berlin le 19 oct. 1884; Mudia la thtalogie a 
Greifswald et a Berlin, mais se voua bientdt 
(1819) k la musique, devint 6l6ve de Bernhard 
Klein, et vecut ensuite, comme professeur de 
musique, k Berlin. R. possedait une fort belle 
voix de basse qui lui donnait acces dans tons 
les cercles de la soci£t6. La composition du 
poeme d'Arndt parut en 1825. R. a compose en 
tout trente-six oeuvres seulement, et surtout des 
chants populaires ; il fut pendant plusieurs an- 
n6es directeur de la « Liedertafel » de Berlin* 
fondle par Berger, Klein et Rellstab. R. fut aussi 
professeur de musique du futur empereur Fri- 
d6ric. — 4. Alexandre, chanteur sc&nique des 
plus distingues (tenor), ne k Packs (Hongrie) le 
17 avr. 1825, m. k Boulogne-e/M., ou il s'etait 
fix£ en 1860, le 14 mars 1885 ; il fonda k Boulo- 
gne une society de musique et il devint presi- 
dent du comity de TEcole de musique. R. avait 
d£but£ a Lemberg, dans « Othello » (Rossini); il 
fut engage k l'Op6ra de Vienne et fut aussi ce- 
tebre comme chanteur de lieder (Beethoven, 
Schubert). II se fit entendre chaque ann£e a Lon- 
dres, de 1851 k 1857, dans les concerts et k T0- 
p^ra, R. est -en outre Tauteur de quelques jolies 
melodies. 

Reichel, Friedrigh. n^ k Oberoderwitz (Lau- 
sitz) le27 janv. 1883, m.dDresde le 29 dec. 1889; 
fr^quenta de 1850 k 1854, l'£cole normale de 
Bautzen (^l^ve de Fr. Wieck, J. Otto et J. RieU 
a Dresde), fut pendant deux ans maitre primaire 
k Dresde et ensuite maitre de musique en Po- 
logne. D£s 1857, il v^cut k Dresde ou il dirigeait 
plusieui-s soci&6s; il devint, en 1878, organiste 
et cantor a reglisede St-Jean. R a compose des 
choeurs pour voix d*hommes(Op. 4, 5, 7), des mo- 
tets, des etudes et une Friihlingssymphonie 
(Op. 25), en tout trente-deux oeuvres. En 1875, 
son operette, Die geangsteten Diplomaten, fnt 



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RBICHER-KIXDERMANN — REIMAXN 



675 



donate k Dresde; deux quatuors pourinstr. a 
archet et an octette poar instr. k vent restd- 
rent manascrits. 

Reicher-Kindennann, Hedwig, can ta trice 
dramatique de grand talent, n6e k Munich le 15 
jail. 1858, title da baryton bien connu, A. Kin- 
dermann (v. ce nom), Spouse du chanteur sc&ni- 
que Reicher, morte k Trieste le 2 juin 1888 ; 
avant son manage, artiste du th&Ure de la 
Cour k Munich, elle chanta plus tard au thMtre 
de « Gartnerplatz » (op6rette), puis k Hambourg 
(entre temps k Paris), de 1880 k 1882 k Leipzig, 
enfln dans la troupe wagn£rienne itin£ranle 
de A. Neumann. 

Reichert, MATraiEU-ANDRft, Artiste distingu£> 
n6 k Maastricht en 1880; 61dve du Conserva- 
toire de Bruxelles, rendit son nom c61£bre par 
de grandes tourn6es artistiques en Europe et 
en Am&rique. R. a compost des soli de flftte. 

Reichmann, Theodor, nk k Rostock le 15 
mars 1849 ; £16ve de Elsler et de Mantius, a Ber- 
lin, de Ress k Prague, et de Lamperti a Milan, 
(baryton), chanta d'abord sur les scenes de Mag- 
debourg, Berlin ( « No wack-Theater » ), Rotter- 
dam, Strasbourg, Cologne et Munich (1874). II 
fit partie ensuite, de 1882 k 1889, du personnel 
de TOp6ra de Vienne et cr6a, en 1882, le rdle 
d'Amfortas, a Bayreuth. Apr&s une longue 
tourn£e artistique, il rentra de nouveau al'Op6- 
ra imperial de Vienne. 

Raid, John, g£n£ral, riche amateur de musi- 
que 6cossais, legua toute sa fortune k l'Univer- 
site d'Edimbourg, pour la creation d'une chaire 
de musique ( R. professorship ) et 1'organisa- 
tion d*un concert annuel k sa m&noire (It-con- 
cert). Les profes8eur8 de cette chaire furent, 
depuis sa fondation (1885) : John Thomson, 
Henry Bishop, H.-H. Pierson, John Donaldson, 
Oakeley, Pr. Niecks(1892). 

Reijnvaan (Revnwabn), Jean-Verschuere, 
docteur en droit, plus tard organiste et caril- 
lonneur de la cath&drale de Flessingue (Hol- 
lande), ne k Middelbourg en 1748, m. k Flessin- 
gue le 12 mai 1809; est l'auteur du plusancien 
dictionnaire de musique enlanguehollandaise: 
Mutikaal Konstwordenboeh (1785). II ne parut 
que le premier volume de cette Edition (A-E), 
et une Jivraison du second volume; et m&me la 
deuxi&me Edition, soigneusement revue, ne fut 
pas non plus terming, mais fut poussee jus- 
qu'A M (un fort volume, 1795). Cet ouvrage ra- 
rissime est hautement apprScte par F6tis. Outre 
cela,R.£crivit: Uatechismus der musiih (1788). 
D a compost aussi six sonates pour violon, des 
melodies vocales (Mengelgedichten en gezan- 
gen op muzijh gebragt), des psaumes, des mo- 
tets, etc. 

Reimann, 1. Matthieu (Matthias Reymannus), 
docteur en droit et conseiller imperial de Ro- 
dolphe II, n6 k Lowenberg en 1544, m. le 21 oct. 
1597; auteur de deux ouvrages en tablature de 
lnth : Nodes musicce (1598) et Ciihara sacra 
psatmodice Davidis ad usum testudinis (1608). 
— 2. Ionaz, n£ a Albendorf (Glatz) le 27 d£c. 
1820, m. a Rengersdorf (cercle de Glatz) le 
17 juin 1885 ; professeur etdirecteurde choeurs, 



by \j 



A 



\V 



616ve du s£minaire de Breslau, fut un com- 
positeur tr<ta fecond de musique d'6glise. 11 
n'&crivit pas moins de soixante-quatorze mes- 
ses (dont dix-huit gravies), vingt-quatre Re- 
quiem ( dont quatre graves), quatre Te Deum 
(trois graves), (rente-sept litanies, quatre ora- 
torios, quatre- vingt-trois offertoires(dont qua- 
rante-huit graves), cinquante graduels (qua- 
rante graves), de m6me que beaucoup de chants 
fun A bres, Salve, Ave, etc., puis neuf ouvertures 
et d'autre musique instrumental encore. — 
3. Heinrich, fils du pr£c£dent, n6 a Rengers- 
dorf (Sil6sie) le 14 mars 1850 ; recut une s6- 
rieuae Education musicale de son p6re, en 
sorte que de bonne heure'd6ja, il put rem- 
placer k 1'occasion et se produisit plusieurs 
fois en public, comme pianiste et organiste. 
Mais il ne put pas suivre son gotit pour la 
musique. il dut faire son college k Glatz et 
eludia, sur le d6sir de son p£re, la philologie 
a Breslau (1870-1874) : il fit son doctoraten 1875 
(Questiones metricce), puis, en 1877, un brillant 
examen d'6lat. R. fut alors professeur de gym- 
nase successivement k Strehlen (d6ja en 1876), k 
Wohlau (1878), a Berlin (1879), k Ratibor (1880), 
k Glatz (1884), et fut enfln nomm6 directeur du 
gymnase de Gleiwitz (Haute-SilSsie) en 1885; 
mais il abandonna sa place k la suite de diflft- 
rends avec ses superieurs, passa dans le giroh 
de l'Eglise 6vang61ique et se voua d&s lors com- 
plement k la musique qui, jusque-la, lui 
avait tenu Addlement compagnie. D6ja au gym- 
nase, R. dirigeait un orchestre et un chcmir, et 
il avait 6crit des chopurs et de la musique de 
chambre ; il dirigea, comme 6tudiant, la soci&6 
de chant acad6mique « L&opoldine » (travaillant 
en m&me temps sous la direction de Brosig). 
Plus tard, enfin, tout en professant dans les dif- 
terents gymnases, il s'occupa toujours d'entre- 
prises musicales; il fonda une < Acad6mie de 
chant » a Ratibor, et y fit ex£cuter de grands 
oratorios. De plus, il se fit connaltre comme 
6crivain musical (critique de la « Schlesische 
Zeitung », 1879 jusqu'a 1880; des essais: No- 
mos [1882], Prosodien [1885et 1886]). Apr£s s'Stre 
vou6 d£finitivement k la musique, R. occupa 
bientdt une situation en vue; il publia de3 com- 
positions pour chant et pour orgue ( sonates, 
Etudes), £crivit une biographie de Schumann 
(Ed. Peters, 1887), etc. En 1887, il fixa son do- 
micile a Berlin et y devint bient6t un des prin- 
cipaux critiques musicanx ( dans la « Allgem. 
Musikzeilg.* ); il obtint un emploi a la biblio- 
thdque royale et fut nomm6 de plus organiste 
de la Philharmonic, ainsi que professeur d'orgue 
et de thSorie au Conservatoire Scharwenka- 
Klindworth. 11 est en outre, actuellement, orga- 
niste de la t Kaiser Wilhelm-Gedfichtniskirche » 
ou il donne des concerts d'orgue p£riodiques, 
trds appr6ci£s. L'heureuse combinaison d'une 
Education musicale parfaite et d'une erudition 
philologique donne a R. de grands avantages 
sur la plupart de ses collogues. II faut encore 
mentionner par mi ses ecrits : Zur Theorie und 
Geschichte der byzantinischen Musih ( « Vier- 
teljahresschrif t fur M.- W., 1889), une nouv. ed. d u 

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676 



REINECKE 



REINER 



deuxi&me volume de 1* < Histoirc de la musique > 
(1892) d'Ambros, un JahresbericJit fur neuere 
deutsche Litter aturgeschichte (1896),unebiogra- 
phiede Brahms (1898; premier volume d*une 
collection de biographies illustrSes, dont la so- 
ci&6 d*£ditions musicales 1' • Harmonie > a con- 
fig la direction a R.), etc. R. a publie aussi une 
collection de melodies vocales, Das deutscJte 
Lied, destinee k servir de base aux concerts 
historiques de M°" A. Joachim. 

Rein e eke, 1. Lkopold-Karl, ne k Dessau en 
1774, m. a Glisten le 13 ocl. 1820, a la suite 
d'une chute de voiture, k son retour de Qued- 
linbourg ou il avail assists k une execution du 
« Weltgericht » , de Schneider; fut 61eve de 
Rust et de Neumann, concerttneister k Dessau 
et compositeur d'operas, de musique orches- 
trale et de musique de chambre. — 2. Karl- 
Heinrich-Carstkn, ne a Altona le 23 juin 1824, 
regut de son p6re, Johan-Peter-Rud. R., (excel- 
lent maltre de musique, m. k Altona le 14 
ao&t 1883, auteur d'un manuel de musique 
elSmeutaire, 1834), une Education musicale 
parfaite, et qui fut compl£tee par des lemons 
parliculieres dans les branches de l'enseigne- 
ment secondaire. En 1843, il fit sa premiere 
tourn&e de concerts avec beaucoup de success, 
en Danemark et en Su&de; apres un sejour 
prolong^ k Leipzig, il donna de nouveau des 
concerts dans diff£rentes vitles du nord de 
l'AUemagne et du Danemark, puis fut nomine, 
en 1846, pianistede la Gourde Christian VIII, roi 
de Danemark, situation qu'il occupa jusqu'en 
1848. Depuis lors, il vecut quelque temps k 
Paris, devint en 1851 professeur au Conserva- 
toire de Cologne, occupa, de 1854 k 1859, le 
poste de directeur de musique k Barmen puis, 
de 1859 k 1860, celui de directeur acad^mique 
et directeur de la • Singakademie », k Breslau. 
Enfin, en 1860, il fut appel£ k Leipzig comme 
chef d'orchestre des concerts du « Gewand- 
haus » (situation qu'il occupa jusqu'en 1896), en 
m&me temps que professeur au Conservatoire 
(piano et haute composition). R. 6lait un chef 
d'orchestre de talent; il est un compositeur 
notable et un pianiste distingu&; comme inter- 
pret de Mozart, il n'a sans doute pas de rival; 
son jeu est surtout empreint de calme, de clarte 
et de nettete. R. a toujours rencontr£ dans ses 
tournees annuelles (surtout en Scandinavie, en 
Angleterre, en Hollande et en Suisse) l'accueil 
le plus enthousiaste. Les compositions de R., 
pour le piano, trahissent partout le virtuose 
d£licat et habile ; on connait de lui quatre con- 
certos pour piano, un quintette, un quatuor, six 
trios, deux sonales avec violoncelle, quatre 
sonates avec violon, une fantaisie pour piano 
et violon (op. 160), une sonate avec flute (op. 
167), une sonate k quatre mains et plusieurs 
sonates et sonatines a deux mains, une sonate 
pour la main gauche seule (op. 137), des Sludien 
und Melamorphosen (op. £35; morceaux de 
concert), ainsi qu'une foule d'autres composi- 
tions de moindres dimensions, morceaux de 
genre, caprices, pieces enfantines, etc. Parrai 
ses autres ceuvres, il faut noter surtout : un 



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grand op&ra: Ktinig Manfred; un autre, en un 
acte : Der vierjalirige Posten ; deux op£ras-co- 
miques, en trois actes : Auf hohen Befehl 
(1886) et Der Gouverneur van Tours (1891); 
un « Singspiel » : Ein Abenteuer Hamdels ; un 
oratorio : Belsasar ; deux Messes ; la musique 
pour le Tell, de Schiller ; une cantate : Bahon 
Jarl, pour choeur d'hommes, soli et orchestre ; 
des airs de concert : Mirjams Siegesgesang 
(soprano), Das Hindum&dchen (alto), Alman* 
sor (baryton) ; puis Die Flucht nach JSgypten, 
pour chceur d'hommes et orchestre; Sommer- 
tagsbilder, pour chceur mixte (1881); despo6- 
mes teeriques : Schneevoittchen% Dornrtischen, 
Asdienbrtidel, Vom BaUmchen, das andere 
Blatter hatgewoUl et Die wilden Schwane, pour 
voix de femmes, soli et piano; un cycle de 
morceaux : Von der Wiege bis zum Grabe 
(pour soli et piano); vingt canons pour trois voix 
de femmes et piano (op. 100, 156) : enfin, trois 
symphonies ; des ouvertures : Dame Kobold 
AUadin, Friedensfeier f Festouverture (op.l48», 
In memoriam (introduction et fugue, avec 
choral pour orchestre, dedte aux manes de F. 
David), Zenobia ; Marche fun&bre pour Vempe- 
reur Guillaume I« (op. 200) ; un concerto de 
violon, un de violoncelle et un de harpe (op. 
182) ; quatre quatuors pour inslr. k archet; des 
lieder, etc. Les oeuvres de R. sont toutes pen£- 
tr£es de I'espritde Schumann et de Mendelssohn, 
avec lesquels le compositeur 6tait li&; mais 
Tinfluence de Wagner et de Brahms s f y fait 
aussi parfois sentir. R. est sans contredit la 
plus haute person nalit£ musicale actuelle de 
Leipzig. Cf. J. v. Wasielewski, It ein KunsUer- 
bild (1892). 

Reiner, 1. Jakob, n£ k Altdorf, pr£s Weingar- 
ten ( Wurtemberg), avant 1560, m. au convent de 
Weingarten le 12 aotit 1606; frSquenta l*6cole 
du couvent de Weingarten, fuleteved'Orlandus 
Lassus, k Munich* puis re^ut la place de maltre 
de chant et, plus tard, celle de directeur des 
choeurs au couvent de Weingarten. R. etait 
marie et n'entra jamais dans les ordres ; panni 
ses oauvres, on a couserv6 jusqu** aujourd*hui : 
Liber cantionum sacrarum (vingt-deux motets, 
a cinq et six voix, 1579 ; publies en partition, 
par O. Dressier, en 1872) ; Sclwne neue deutsche 
Lieder (trente-deux lieder, k quatre et cinq 
voix , 1581 ) ; Christtiche Gesang , teulsche 
Psalmen (quinze morceaux, a trois voix, 1589) ; 
Selects piatque cantiones (vingt motets, k six 
voix, 1591) : Cantica sive Muteice (vingt-neof 
numeros, k quatre et cinq voix, 1595) ; Liber 
Motettarum (trente-deux numeros, k six et huit 
voix, 1600); Liber Motettarum (dix-huit numf- 
ros,dsix voix, 1603); Sacrarum Missarumlcinq, 
k six voix, 1604); Gloriosissimaz Virginis — 
magnificat (douze numeros, k huit voix, 1604); 
Missw tres cum titaniis, 8 voc. (1604); Missar 
aliquot sacra: cum officio B. M. V. et Antiphonis 
3-4 voc. (1608). En outre, un grand nombre de 
pieces vocales sont encore manuscrites (cf. 
• Monatsschrift fur M.-G. », III, 97). - 2. Am- 
broses, ills du precedent, ne k Altdorf-Wein- 
garten le 7 dec. 1604, m. a Innsbruck, comme 

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REINHARD 



REISS 



677 



maitre de chapelle de la Cour, le 5 jail. 1673; 
aatetir de motets, de psaumee et de plusieurs 
messes. 

Reinhard, B.-Franoois, imprimeur de musi- 
que a Strasbourg, a la fin du xviii* s. et an 
commencement da xix A s.; employa le premier 
la stereotypic pour l'impression de la musique. 

Reinhold, Hugo, compositeur fort bien dou£, 
n6 k Vienne le 3 mars 1854 ; enfant de choeur 
de la chapelle imp£riale et £16ve du Conserva- 
toire de la «Soci£t6 des Amis de la musique » 
jusqu'en 1874, a public des morceaux de piano, 
des lleder, un quatuor pour instr. a archet (op. 
18, en la majeur), un « prelude, menuet et fu- 
gue » pour orchestre, une suite pour piano et 
instr. k archet, etc. 

Reinholdt, Theodor-Christlieb, fut, de 1722 
k 1755, cantor de l*6glise de la Croix, k Dresde; 
maitre de Johann-Ad. Uiller, compositeur de 
nombreux motets, mourut le 24 mars 1755. 

Reinken, Johann-Adam, c616bre organiste, 
n6 k Deventer (Hollande) le 27 avr. 1623, m. k 
Hambourg le 24 no v. 1722; avait 6te nomm^en 
1658, suppliant, puts, en 1668, successeur de 
Henri Scheidemann, comme organiste de 1*6- 
glise Ste-Calherine, a Hambourg. R. est un des 
principaux repr£sentants du jeu de l'orgue 
dans UAllemagfne du Nord ; mais il faisait la 
part trop grande a la virtuosity pure. Bach se 
rendit plusieurs fois de Lunebourg k Hambourg, 
k pied, pour entendre R. Les oeuvres de celui- 
ci sont : Hortus musicus, pour deux violons, 
viole et basse (r66dit6 par la « Maatschappij tot 
bevordering van Toonkunst » ; vol. XIV), Partite 
diverse (id. ; vol. XIII) ; puis deux fantaisies 
sur des chorals et une sonate pour orgue, ainsi 
que des variations pour clavier restSes manus- 
crites. 

Reinsdorf , Otto, n£ le 28 mai 1848 k Kose- 
litz (Anhalt), m. le 15 avr. 1890, k Berlin; Steve 
de Kullak et de Wuerst, k Berlin, r&ligea Tune 
apr£s l'autre les revues musicales : Tonhalle 
(1872), Musikalisclie Central; eitung (1873) et 
Allgemeine deutsche Musihseitung (1874), k 
Leipzig. Ce n'est que cette derniere qui se 
maintint, avec une autre redaction. Plus tard, 
R. fonda k Vienne un Illustriertes Musih und 
Theaterjournat (1875 k 1870). Comme composi- 
teur, R. a fait preuve d'un talent remarquable, 
mais de peu de concentration d'esprit. 

Reinthaler, Karl-Martin, compositeur re- 
marquable, n6 k Erfurt, od son pere etait di- 
recteur d'un institutd*6ducation(« Marti n-Stift», 
dans la maison de Luther), le 13 oct. 1822, m. k 
BrSme le 13 tevr. 1896 ; etudia la th^ologie, k 
Berlin , mais passa k la musique et devint 
£l£ve de A.-B. Marx. Un subside du roi lui 
permit de faire, en 1849, un sSjour de six mois 
a Paris, puis trois ann£es deludes consScutives 
k Rome; k son relour d'ltalie, il fut appele 
comme professeur (1853) au Conservatoire de 
Cologne, mais 6changea cette situation, en 
1858, contre celle de directeur de musique de 
la ville, organiste et maitre de chapelle du 
Ddme et directeur de la « Singakademie » 
(jusqu'en 1890), k Br&ne; k cela s'ajouta, plus 



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tard, la direction de la « Liedertafel ». R. re^ut 
le titre de -directeur de musique royal de 
Prusse » et, en 1882, fut 61u membre de l'Aca- 
dSmie des Beaux-Arts de Berlin ; en 1888, il 
re^ut, en outre, le titre de « professeur ». Parmi 
ses compositions les plus connues, il faut citer: 
un oratorio, Jephta, qui fut ex£cut6par plusieurs 
grandes soci&es allemandes et Strangles, un 
hymne (couronn6) k Bismark, puis des ceuvres 
chorales : In der Wilste et Das M&dchen von 
Kolah ; un op6ra : Edda (Brdme, 1875 ; Hanovre, 
1877) ; une symphonie en re majeur ; des psau- 
mes; des lieder; des chceurs poiir voix d*hom- 
mes, Un second op6ra, Kcethchen von Heil- 
brotm, fut couronn£, en 1881,4 Francfort-s/M. 

Reischius (Beisch), Georo, prieur d'un cou- 
vent de Chartreux,pr6s de Fribourg en Brisgau ; 
auteur de Margarita philosophica (1503, 6dit6 
sept fois jusqu'en 1534 ; £d. it., 1599). Le cin- 
quteme livre de cette CBUvre est consacre sp6- 
cialement k la musique. 

Reisenauer, Alfred, pianiste, n6 k KSnigs- 
berg le 1« no v. 1863; el6ve de Louis K5hler et 
deF. Liszt, donna des concerts, en 1881, avec 
8ucc£s, mais fit plusieurs ann£es de droit k 
Leipzig et recommenga, en 1886, sa carrtere 
d'artiste, qui lui valut de nombreux lauriers. R. 
a parcouru les contr6es les plus lointaines, 
dans ses tourn£es de concerts. 11 n'a compost 
que quelques lieder (Wanderlieder). 

Reiser, 1. Heinrigh, n& k Gammertingen 
(Wurtemberg) le8 mai 1805, vit k Rheinfelden 
(Argovie), a 6crit des Messes pour des choeurs 
de petites pglises, peu exerc^s, ainsi qu'une 
M6thode de piano. — 2. Friedrich-Herrmann, 
fils du pr£c£dent, n&k Gammertingen le 20 janv. 
1839, m. a Rheinfelden, oil il 6tait directeur de 
musique, le 2*4 ttv. 1879 ; a 6crit Sgalement de 
la musique d'eglise et une M6thode de piano. 
— 8. Auguste-Friedrich, fr&re cadet du pr£c6- 
dent, n6 k Gammertingen le 19 janv. 1840; 
4Wve de son p£re, rtdigea, de 1880 a 1886, la 
Neue Musihzeitung (Cologne, Tonger) et com- 
posa des chceurs pour voix d'hommes ( double 
chopur : Barbarossa), deux symphonies et une 
ouverlure. 

Reiset, MARiE-FfcLtciE-CLfeMENCE, vicomtesse 
de Grand Val, M m * de R., nee k Cour du Bois 
(Sarthe) le 20 janv. 1830, eteve de Saint-Saens ; 
auteur de:une Messe; un Stabat mater; un 
oratorio, La fille de Ja'ire (prix Rossini); un 
drame sacre, Sainte-Affn&s (1894); plusieurs 
oeuvres symphoniques ; Prelude et variations, 
pour violon et orchestre; quelques cpuvres pour 
une voix et orchestre, Chant du retire, La 
fiancee de Frithiof, Le Galop, etc., des melo- 
dies; enfin des ouvrages sc£niqnes : Piccolino 
(ThSatre-Ilalien), La Penitente (OpSra-Comi- 
que), Les fiancis de Rosa (Theatre- Lyrique), 
Mazeppa (cinq actes,- Bordeaux, 1892). Le bou- 
clter deDtamant; etc. On lui connalt plusieurs 
synonymes : T^sier, Valgrund, Jasper, Ban- 
ger, etc. 

Reiss, Karl-Heinrigh-Adolf, chef d'orches- 
tre, n6 a Francfort-s M. le 24 avr. 1829; el&ve 
de Hauptmann, A Leipzig, acquit Texp^rience 

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678 



REISSIGER — REISSMANN 



et la routine indispensable a l'exercice de sa 
profession, comme chef des choeurs et second 
chef d'orchestre des theatres de Mayence, de 
Berne, de Bale et de Wurzbourg pais, en 1854, 
fut nomm& premier chef d'orchestre a Mayence. 
Deux ans plus tard, il accepta le poste de se- 
cond chef d'orchestre, a Cassel, et devint, a la 
mort de Spohr, chef d'orchestre de la Gour. De 
1881 a 1886, R. accepta la mfcme situation au 
Theatre de la Gour, a Wiesbaden. Son opera, 
Otto der Schiitz, fut repr£sent£, en 1856, i 
Mayence. 

Reissiger, 1. Earl-Gottlieb, chef d'orchestre 
et compositeur, ne a Belzig, pres Wittemberg, 
le 81 janv. 1798, m. a Dresde le 7 nov. 1859; fils 
du cantor Christian-Gottlieb R. , 616ve lui- 
m£me de T&rk, et dont trois symphonies ont 6te 
gravies, fut admis, en 18 LI, comme 61& ve in- 
terne, a i'Scole St-Thomas, a Leipzig et re^ut 
Fenseignement de Schicht, qui corrigea ses 
premieres compositions. R. abandonna bientdt 
l'£tude de la thgologie. qu'il avait commence 
en 1818, et se voua, sous la direction de Schicht, 
enticement a la musique. II obtint (en 1821) 
un subside pour continuer ses Etudes a Vienne, 
y £crivit son premier op£ra : Das Rochenweib- 
chen (non ex£cul&) et se produisit dans un con- 
cert, a la fois comme chanteur et comme pia- 
niste. A Munich, ou il se perfectionna encore 
quelque temps dans la composition dramati- 
que, sous la direction de Winter, R. icrivit 
une ouverture et un entr'acte pour Niron, qui 
furent jou£s avec succ&s. Une nouvelle et plus 
forte subvention du gouvernement prussien* 
lui facilita alors, en 1824, un voyage d'6tudes 
en Italie. De retour a Berlin, en 1825, il 6tablit, 
sur l'ordre du gouvernement, le plan d'un con- 
servatoire, qui ne fut pas ex6cul6; il fut, pen- 
dant peu de temps, professeur a llnstitut royal 
de musique d'eglise, puis, en 1826, fut appele a 
La Haye pour y organiser le conservatoire qui 
florit actuellement sous la direction de H. Viotta 
Peu apr£s, R. succ£dait a Marschner, comme 
directeur de l'op6ra allemand, a Dresde, et 
et lorsqu'il eut fourni des preuves de ses capa- 
city, il regut la place de maitre de chapelle de 
la Gour et prit aussi, momentan6ment, la direc- 
tion de l*0p6ra italien, en remplacement de 
Morlacchi. R. fut un compositeur f&cond, mais 
peu original ; ses oeuvres sont aujourd'hui 
N presque completementoubliee8,cependantl'ou- 
verture du FeUenmiihle paralt encore parfois 
sur les programmes, en AUemagne. Mais son 
nom n'est gudre populaire que grace a une 
valse pabliee, sans son consent ement, sous le 
titre de : Dernier epensie de Weber. R. a 6crit 
encore des operas: Der Ahnenschatz (1824, pas 
encore execute), Yelva (mSlodrame), LibeUa, 
Die Felsenmiihle von Etalieres, Turandot, 
Didone abbandonata, Adele de Foix, Der 
Schiffbruch der Medusa ; un oratorio : David ; 
de la musique d'6glise : dix grandes Messes, 
des psaumes, des hymnes et des cantiques de 
v^pres; de la musique d'orchestre et de la 
musique de chambre : une symphonie, une 
ouverture, un concerto de flftte, un concertino 



de clarinette, un quintette et huit quatuors 
pour instr. a archet, un quintette avec piano, 
dix quatuors avec piano, vingt-sept trios avec 
piano, huit sonates pour violon, une sonale 
pour clarinette, deux sonates a quatre mains 
et trois a deux mains, un grand nombre de 
rondos, de variations et de morceaux divers 
pour piano (entre autres : op. 62, Douze valses 
brillantes, parmi lesquelles celle qui fut plus 
tard inti tulle : Derniire penste de Weber), de 
m6me qu'une quantite de lieder dont plusieurs 
devinrent populaires. — 2. Fribdrich-August, 
frdre du pr6c6dent, ne a Belzig le 26 jail. 1809, 
m. a Frederikshald le 2 mars 1888; fr&juenta, 
6galement sous Schicht et Weinlig, l'^cole St- 
Thomas, commenga a Berlin l'&ude de la th£o- 
logie, mais, sur le. conseil de Zelter, se mit a 
travailler s6rieusement le contrepoint, sous la 
direction de Dehn. II devint en suite, de 1840 a 
1850, chef d'orchestre au theatre de Christiana, 
et plus tard chef de musique militaire, a Fre- 
derikshald (Xorv£geJ. De m&me que son fr&re, 
il s*est essayi dans tons les genres de composi- 
tions, mais il a surtout 6crit des lieder. 

Reissmann, August, un des musicographes 
actuels les plus feconds, en m&me temps que 
compositeur tr&s z61&, n6 la Frankenstein (Si- 
tesie) le 14 nov. 1825; 61£ve, dans sa ville 
natale, du cantor Yung, travailla ensuite sous 
la direction de Mosewius et Baumgart (theo- 
rie), Ernst-Leopold Richter (piano et orgue), 
Lfistner (violon) et Kahl (violoncelle), a Bres- 
lau. D v6cut, de 1850 a 1852, a Weimar, ou il 
commenga son activite litt£raire, puis pendant 
plusieurs ann&es a Halle-s. S., de 1863 a 1880 a 
Berlin, oil (de 1866 a 1874) il professa ITiistoire 
de la musique au Conservatoire Stern, ensuite 
a Leipzig, puis a Wiesbaden. 11 est actuelle- 
ment de nouveau a Berlin. R. fut promu D r 
phil. a Leipzig, en 1875. Un des premiers ecrits 
de R est aussi relativement Tun des plus m£ri- 
toires : Das deutsche Lied in seiner histori- 
schen Entwicklung (1861 ; 2« 6dit. revue, sous le 
titre de : Geschichte des deutschen Liedes, 
1874). Ses autres ouvrages historiques sont 
dliabiles compilations ou des extraits d'oeuvres 
originales d'autres auteurs, ce sont: Von Back 
bis Wagner, zur Geschichte der Musih (1861) ; 
Allgerneine Geschictde der Musik (1868-1865, 
3 vol.) ; Allgerneine Musihlehre (1864; 2* Mit, 
1874) ; it Schumann (1865; 3* Wit., 1879); Lehr- 
buck der musikalischen Komposition (1866- 
1871, 8 vol.) ; Grundriss der Musikgeschichte 
(1865); Felix Mendelssohn-Bartholdy (1867; 
2* 6diU, 1872) ; Franz Schubert (1873) ; Die 
koniglidie Eochschule fUr Musih in Berlm 
(1875, pamphlet); LeichtfassUche Musikge- 
schichte in zvoolf Vorlesungen (1877); Joseph 
Haydn ( 1879 ) ; lllustrierte Geschichte der 
deutschen Musik (1880); Die Oper in ihrer 
kunst - und kulturhistorischen Bedeutung 
(1885); Joh.-Seb. Bach, G.-F. H&ndel (tons 
deux en 1881) ; Gluck, Weber (1882). En outre, 
R. a public, en 1870, le Musikalisches Konver- 
sationslexikon, de Gathy, revu par W. Lacko- 
witz ; il a entrepris, en 1876, la redaction da 



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REITER — RELLSTAB 



679 



Musikaliscltes Konversationslexihon, de Men- 
del, dont lea cinq derniers volumes parurent 
sous ea direction, apres qu'il eut d£ja tr6s acti- 
vetnent collabore aux six premiers. Les publi- 
cations les plus recentes de R. comprennent : 
un supplement au KonversationsUxikon(\ti&l), 
et un extrait de celui-ci, en un seul volume, 
sous le titre : Handleaxkon der Tonkunst 
(1882), puis un essai : Was wird aus wnserer 
deulschen Musik ? (1897 ; v. la refutation hu- 
moristique de Weingartner, dans 1* « Allg. Musik- 
zeitung, 1897, p. 5&J). 11 a publte, en outre, dans 
le domaine pratique :ifatecAismu$ der Gesangs- 
kunst ; Klavier-wnd Gesangschule fur dm 
ersten Unterricht (1876 ; 2 part.) En fait de com- 
positions, on connalt de R. trois operas : Gu- 
drun (Leipzig, 1871); Das Gralspiel (non exe- 
cute); Die Biirgermeisterin von Schorndorf 
(Leipzig, 1880) ; un ballet, Der Blumen Rache 
<1887); une oeuvre chorale, avec declamation, 
soli et piano : Konig Drosselbart (1886) ; des 
scenes dramatiques : Drusus et Loreley ; un 
oratorio: Wittehtnd (1888); un concerto de 
violon ; deux sonates pour violon ; une suite 
pour violon et orchestre ; des morceaux de 
piano et beaucoup de lieder, de duos, de trios 
et de chceurs. Cependant, aucune de ses ceu- 
vres n*a reussi jusqu'a present a attirer reelle- 
ment l'attention du monde musical. 

Reiter, Ernst, n6 a Wertheim (Bade) en 
1814, m. a Bale le 14 jail. 1875; fut professeur 
de violon au (Conservatoire de Wurzbourg, 
plus tard, direct eur de musique a Strasbourg, et, 
d^s 1841, directeur de musique a Bale, R. a 
ecrit : deux quatuors pour instr. a arcbet : plu- 
sieurs cahiers de lieder; un oratorio : Das neue 
Parodies (1845), et un opera : Die Fee von 
Elverhoe (Wiesbaden, 1865). 

Relatif (all. Parallel-), qualificatif que Ton 
applique soit a un ton, soit a un accord. On 
nomme r. deux tons ayant la meme armure, 
mais dont Tun est majeur, Taut re mineur. Si 
Ton construit le ton mineur avec dominante 
mineure (mineur pur), le parall61isme des tons 
est absolu, car les deux echelles ne different 
que par un seul son plus grave d'nn comma 
synlonique (80 : 81) en mineur (cf. rapports), 
ex. : 

(ut maj. :) fa. (a. ut. mi. sol. si. r4. 
(la min. :)re. fa. la. ut. mi. sol. si. 

Deux accords sont r. ou paralleles, lorsqu'ils 
«ont dans le mdme rapport que les toniques de 
tons relatifs (ex. : ul maj. et la min.). Les ac- 
cords r. sont les remplagants ordiqaires des 
accords principaux (tonique, dominante, sous- 
dominante) dans l'harmonie tonale. Toutefois, 
fa, la, ut, par ex., en la min. ne doit pas tou- 
jours etre con$u comme accord r. de la sous- 
dominante ; il peut etre aussi accord de change 
de sensible de la tonique, tel est le cas regu- 
lierement dans les cadences rompues aboutis- 
sant a un accord mineur (D — °T* >). Cf. fonc- 

TI0N8. 



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Relie, John, tbeoricien, n6 a Londres en 
1766 ; fut, pendant longtemps, membre de l'or- 
chestre priv6 du roi ( « King's Band ») et musi- 
cien fort estime, a Londres. II a publie : Guida 
armonica (par livraisons,en 1798; la deuxieme 
edition parut sous le titre de : The principles of 
harmony, en 1816) ; Remarks on the present 
state of musical instruction (1819) et Lucidus 
ordo (1821); les deux dernieres oeuvres contien- 
nent des propositions pour une reforme de la 
notation de la basse chiffree, qui devait distin- 
guer les accords fondamentaux (par r= radix, 
des renversements (par 7 et *). n a ecrit en 
outre des sonates a deux et a quatre mains. 

Religioso (ital.), religieux, reiigieusement. . 

Rellstab, 1. Johann-Karl-Friedrich, musico- 
graphe, ne a Berlin le 27 fevr. 1759, m. dans la 
meme ville le 19 aoftt 1818 ; recut une educa- 
tion musicale serieuse de F. Agricola et de 
Fasch, mais dut reprendre rimprimerie de son 
p6re, apres la morl de celui-ci, ouvrit un atelier 
pour I'impression de la musique et un magasin 
pour la vente et la location de la musique. 
R. organisa en outre, en 1787, des concerts d'a- 
mateurs, qui ne durtrent pas. La guerre, en 
1806, lui fit perdre sa fortune, en sorte qu'il dut 
se metlre a donner des legons de musique. R. a 
compose des danses, des marches, des lieder, 
ainsi que plusieurs cantates, une Messe, un 
Te Deurn et un op6ra (non execute) ; il a ecrit 
pendant longtemps pour la « Vossische Zei- 
tung » des critiques musicales, et publia : Ver- 
such iiber die Vereinigwng der musihalischen 
und oratorischen Deklamalion (1785) ; Anlei- 
twng fur Klavier spieler, den Gebrauch der 
Bachschen Fingersetzung, die Manieren und 
den Vortrag betreffend (1790), ainsi qu'un ou- 
vrage de critique : Ueber die Bemerkungen 
eines Reisenden (Reichardt), die berlinischen 
Kirchenmusiken, Konzertq, Opern und die 
h6nigliche Kammermusih betreffend (1789). 
De ses trois fllles, Talnee, Caroline (nee le 18 
avr. 1794, m.le 17 fev. 1813),etait une cantatrice 
de grand talent ; les deux autres furent de bon- 
nes pianistes.— 2. Heinrich-Friedrich-Ludwig, 
fils du precedent, n6 a Berlin le 13 avr. 1799, 
m. le 27 nov. 1860 ; romancier connu en Alle- 
magne, fut d'abord officier d'artillerie, puis 
professeur de malhematiques et d'histoire a 
TEcole de brigade de Berlin, prit, en 1821, sa 
retraite, et vecut successivement a Francfort 
sur FOder, a Heidelberg, a Bonn, etcjusqu'au 
moment oh il se fixa definitivement (en 1823) 
a Berlin. En 1826, il entra dans la redaction de 
la « Vossische Zeilung », pour la partie musi- 
cale principalement R. fit grande sensation 
par sa description satirique des triomphes de 
la Sontag : Henriette, oder die schOne Sange- 
rin, eine Geschichte unserer Tage von Frei- 
mund Zuschauer (1826), ainsi que par sa poie- 
mique contre Spontini : Ueber mein Verhdltnis 
als Kritiker zu Serrn Spontini... nebst einem 
vergniiglichen Anhang (1827) ; ses deux ecrits 
lui valurent quelques mois de prison que leur 
virulence semblait justifies II a publi6 encore : 
Franz Liszt (1842) ; Ludwig Berger (1846) ; 

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680 



REMBT — RENVERSEMENT 



Die Gestaltung der Oper sett Mozart (1859). 
R. redigea en outre, en 1880, une revue musi- 
cale : Iris im Gebiete der Tonkunst, et fournit 
nombre d'articles biographiques et critiques A 
la « Berliner Musikalische Zeitung », A la 
« Xeue Berliner Musikzeitung », et surtout a la 
« Cecilia » de Dehn. Ces articles ont £16 repro- 
duits en partie dans les Gesammette Werhe de 
R. (1860-1861 ; 24 vol.) 

Rembt, Johanx-Erxst, organiste A Suhl, ou 
il est n& en 1749 et m. le 26 fev. 1810; a publte : 
six trios d'orgue (1787), cinquante fugueltes A 
quatre voix(1791), tandis que beaucoup d'au- 
tres morceaux pour orgue resterent manuscrit. 
Haupt a public un cboix de fuguettes et de 
morceaux de R., en vue de 1'enseignemenL 

Remenyi, Edouard (Hoffmann, dit R.), violo- 
niste remarquable, n$ A Heves (Hongrie) en 
1880, m. A New-York le 15 raai 1898 ; eleve du 
Conservatoire de Vienne, prit part, en 1848, A 
la Revolution, et dut s'enfuir. En Amerique, 
ou il avail emigre^ il devint un excellent violo- 
niste, et ne rentra en Europe qu'en 1858 ; il se 
rendit d'abord A Weimar, a u pres de Liszt, et 
plus tard A Londres, ou il ful engage comme 
soliste dans la Chapelle royale. Depuis 1875, R. 
habitait Paris, d'ou il a fait des tournees de 
concerts jusqu'au Cap de Bonne-Esperance 
(1888-1890). 

Rgmi.d'Auxerre (Remigios Altisiodorensis), 
moine £rudit, A Auxerre d'abord, puis des 898 
A Reims et, en dernier lieu, A Paris; ecrivit un 
commentaire de Martianus Capella, que Herbert 
a public dans le premier volume des Scrtp- 
tores. 

Rammers, Joiianx. n6 A Jever le 12 Janvier 
1805, m. A La Have le 28 janv. 1847 ; violoniste 
habile, eleve de Ed. Rietz, recut le titre de mu- 
sicien de la Chambre impe>iale, A St-P£ters- 
bourg, mais passa la plus grande partie de sa 
vie en tournees de concerts. 

Remmert, Martha, pianiste de talent, n£e A 
Grosschwein, pres Glogau, en 1854 ; eleve de 
Kullak, de Tausig et de Liszt. Elle vit actuelle- 
ment A Berlin, ou elle s'est vouee surtout A 
Tenseignement superieur du piano. 

R6musat (RGmuzat), Jean, flittiste celebre (ad- 
versaire de la flute Bohm), n£ A Bordeaux le 
11 mai 1815, m. A Shangal le 1« sept 1880 : 
£leve de Tulou, fut pendant longtemps premier 
flutiste au « Queenstheatre », A Ijondres. II a 
compose une Methode de flute et une foule de 
soli, de duos, etc., pour flute, flute et violon, 
etc. Son frere, Bernard-Martin, ne A Bor- 
deaux le 4 fev. 1822, etait aussi flutiste. 

Remy, W.-A., v. Mayer 2 (Wiuielm). 

Renard, Marie, cantatrice sc£nique appreciee 
(soubrette), nee A Graz le 18 janv. 1864, y de- 
buta en 1882, fut ensuite engagee au Theatre 
national A Prague, puis de 1885 A 1888 A VOpera 
de Berlin. Elle fait partie, depuis lors, du per- 
sonnel de TOpera de Vienne. 

Rendano, Alfonso, pianiste, ne A Carolei, 
pres de Cosenza, le 5 avr. 1858; eleve du Con- 
8ervaloire de Naples et de Thalberg, puis, pen- ' 
dant pen de temp**, du Conservatoire de Leip- i 



zig, se tit entendre avec sncces h Leipzig, Lon- 
dres et Paris. R. passe en Italie pour un des 
meilleurs pianistes de la penitisule. 

Rentier, Joseph, pedagogue musical, n6 A 
Schmatzbausen, pres Landshut (Baviere), le 
25 avr. 1882, m. A Ratisbonne le 11 aout 1895 : 
eleve de Mettenleiter et de Proske, etabiit A 
Ratisbonne une « Ecole de musique • qu'il 
dirigea toute sa vie, en meme temps que l'asso- 
ciation vocale qu'il avait fond£e, pour l'ex^cu- 
tion de madrigaux anciens. C'est par cette der- 
niere entreprise surtout que R. se fit connaitre 
et il publia des recueils de madrigaux alle- 
mands du xvi e s. 

Renversement, c-d-d. interversion des rap- 
ports des sons, de telle fac.on que 1'element 
superieur devient inferieur et vice-versa. Le r. 
joue un role multiple dans la tbeorie de la 
composition musicale. On parle — 1. du r. d'un 
intervalle, qui consiste A transporter le son 
superieur une octave plus bas ou le son infe- 
rienr une octave plus haut. La somme de 1'inter- 
valle simple et de son r. sera toujour© egale A 
l'octave ; les intervalles suivants sont done le 
r. Tun de l'autre : 

1. seconde — septieme. 

2. tierce — sixte. 

3. quarte — quinte : 




Le r. d'un intervalle juste est toujours juste ; 
le r. d'un intervalle majeur est mineur, celui 
d'un intervalle augment^ est diminue et rice- 
versa ; — 2. du r. des accords, qui consiste 
dans le changement du son de l'accord qui est 
A la basse. On nomme accords renverses, tous 
les accords dont la basse n'est pas, selon la 
definition couraute, le son le plus grave d'une 
se>ie de tierces superposees. On distingue, par 
consequent, pour l'accord de trois sons : ut, mt\ 
sol, par ex., trois positions differentes, autre* 
ment dit deux r. : 

a) position fondamenjtale (A la basse %U), 

b) l« r reiiversement (A la basse mi) = accord 

de sixte mi, ut, sol, 

c) 2 d renversement (A la basse sol) = accord 

de quarte et sixte sol, tU, mi : 




2 b) 



c) 






-^_ ^— 



L'accord de septieme (v. ce mot) a trois r., par 
ex. : sol, si, re, fa : 

a) position fondamentale (A la basse sol), 

b) l« r renversement (A la basse si) = accord de 

quinte et sixte si, re, /a, sol, 

c) 2« e renversement {A la basse ri) = accord 

de tierce, quarte et sixte ri, fa, sol, si, 



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REPERCUSSA. — RESOLUTION 



681 



d) 3 m * renversement (a la basse fa) = accord 
de seconde fa, sol, si, re: 

a) b) 

2&- 




— 3. du r. d'un motif (imitation par mouve- 
ment contraire), Tun des modes d'imitation les 
plus inleressanls, consistant en ceci que tous 
les intervalles du theme sont eflfectu6s en sens 
contraire (ascendants au lieu de descendants 
et vice-versa), en Hal. per moto contrario ou 
al rovescio. On fait usage, & l'occasion, du r. 
du theme dans la fugue, dans la gigue fu- 
gu£e, etc. 

Repercussa (s.-ent vox, lat.), son r^petS plu- 
sieurs fois de suite, 1. denomination de la 
bivirga (dislropha) et de la trivirga (tristro- 
pha) dans la notation neumatique ; — 2. dans 
le chant gregorien, denomination de certains 
sons qui, dans un m&me mode, reviennent fr6- 
quemment et caracterisent de la sorte ce mode 
(la 9 dans le l er , le 4 m * et le 6 m# mode ; fa* dans 
le 2 m * ; ut 3 dans le 3™«, le 5 m « et le 8 m « ; re* 
dans le 7»».) 

Repercussion (lat repercussio), 1. syn. de 
repercussa, v. ce mot 2. — 2. Dans la fugue, 
passage du sujet successivement dans toutes 
les voix (au debut du morceau, syn. d' « exposi- 
tion*). 

R6p6ter. On dit d'un jeu mixte de l'orgue 
qu'il « repete », lorsqu'il ne fournit pas chaque 
son, dans toute l'etendue du clavier, des mo- 
nies harmoniques, mais que les harmoniques 
des sons aigus sont relativement plus graves 
que ceux des sons graves ; par ex. une fourni- 
ture (ou plein-jeu; donnant pour la louche ut 1 
les sons ut 3 sol 3 ut A sol 4 (sons 4, 6, 8 et 12 de 
la s£rie harmonique), et pour la touche ut 4 , 
non pas ut 6 sol 6 ut 1 sol 7 , mais bien ut 5 sol 5 
ut 6 sol 6 (sons 2, 3, 4 et 6 de la s£rie harmoni- 
que). Cf. MIXTBS. 

Repetitionsmechanik (all.), double echappe- 
ment. Gf. Erard et piano. 

Repetitionsxeichen (all.), reprise. 

R6pons (lat responsorium), Tune des plus 
anciennes formes du chant ecclesiastique ca- 
tholique, analogue a l'ancienne anlienne, mais 
d'originedifferenle.Le r. est d'origine italienne, 
tandis que le chant antiphonique a sa source 
en Orient. Cf . antiennb et oraduel. 

Rlponse (lat. comes ; all. Gefahrte ; Hal. 
risposta ou conset/uente), v. fugue. 

Reprise, nom que Ton donne au signe em- 
ploye, en maniere d'abre vial ion, pour indiquer 
la repetion d'un fragment de musique : 



La reprise, c.-a-d. la partie du morceau qui est 
placee entre deux de ces lignes, a une impor- 



tance speciale dans la sonate et la symphonie, 
car elle contient l'exposition des themes, ainsi 
nettement se parte (dans la notation m6me) de 
la .partie de d^veloppement 

Requiem (lat.), denomination habitue lie de 
la « Messe des Morts » (Missa pro defunctis), 
d'apres le debut de Tintroit : « Requiem aster- 
nam dona eis, domine ». La < Messe de r. » com- 
prend les morceaux suivants, pour le chceur: 
Introitus ; K?/rie ; Graduate (avec le tractus : 
« Absolve », et la sequence : « Dies irae ») ; 
Offer torium (« Domine Jesu Christe ») ; Sane- 
tus et Benediclus ; Agnus dei et communion 
( « Lux celerna » ). Le Gloria et le Credo de la 
Messe ordinaire sont par consequent suppri- 
mes. 

Resch, v. GRAPtiiKus. 

Reservoir. II y a, dans toute souiHerie d'or- 
gue, divers r. a 'air : outre que la partie sup6- 
rieure du soufilet joue le rdle de reservoir, on 
fait usage depuis Barker, qui les inventa, de 
RE8ERVOIRS-REOULATEURS. Le but de ces der- 
niers, au nombre de trois, est de fournir de 
Fair a des pressions differentes, pour les tuyaux 
des differentes regions de rechelle sonore ; 
cette echelle est divisee en trois regions : grave, 
moyenne, aigue, et la pression doit etre d'au- 
tant plus forte que le tuyau a faire parler est 
plus volumineux, autrement dit pins grave. La 
table 8up6rieure de ces r. (places, de nos jours, 
les unsdans les autres) reste presque immobile 
pendant le jeu, grace au fonctionnement de 
soupapes de communication, en sorte que le 
r.-r6gulateur supprime encore le houppement, 
autrefois si frequent. 

Resolution (all. Aufltistmg), denomination 
technique de 1'enchainement d'un accord disso- 
nant avec l'accord qui le suit immediatement 
(cf. dissonance). II convient de distinguer: 
1. les r, de retard, consistant en ceci que le 
ou les sons formant dissonance, autrement dit 
n'appartenant pas a l'harmonie naturelle dans 
le sens de laquelle Taccord dpit etre interprete 
(v. harmonie), se resolvent sur des sons faisant 
partie de cette harmonie : 



S 



s 



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II s'agit aussi d f une sorte de r. de retard, lors- 
que, dans un accord pouvant donner lieu a des 
interpretations diverses, un ou plusieurs sons 
marchent de telle facon que Interpretation 
primitive de l'accord doit faire place & une au- 
tre interpretation, ex. : 

II est certain qu'en ut majeur, 
on interpreter l'accord de sep- 
tieme ut, mi, sol, si, comme un 
accord d*ut majeur avec ad- 
jonction d'un son dissonant: 
si ; toutefois la r. de cet accord sur celui de 
mi mineur est bien une r. de retard, car ut, 
mi, sol, si peut tout aussi bien s'expliquer 

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682 



RESONANZBODEN — RESULTANT 



comme un accord de mi mineur avec adjonc- 
tion du son dissonant: ut. II y a dans ce 
cas et dans les autres de meme genre, non pas 
une marche reelle,mais un simple changement 
de signification qui se re>ele fort important, 
pour la modulation surtout. — 2. Les r. par 
progression, se produisant lorsqtie Ton passe 
d'urie hannonie, dont la consonnance est trou- 
bled par un element etranger, a une autre har- 
monie dans le sens de laquelle le premier ac- 
cord ne pouvait etre interprets ; cetle meme 
sorte de r. existe encore, avec les dissonances 
par retard, lorsque la marche des voix estbien, 
d'une part, celle que necessite la suppression 
de la dissonance avec le maintien de la meme 
harmonie, mais que, d'autre part, plusieurs 
voix marchent de telle facon que le nouvel ac- 
cord doit etre interprete dans le sens d'une 
nouvelle harmonie : 




Dans Tex. I, la dissonance de l'accord d'ut 
majeur avec septieme majeure se resoul sur 
l'accord de fa majeur ; dans Tex. II, le retard 
fa (quarte) se resout bien sur le mi (tierce), 
mais les autres voix marchent en meme temps 
vers les notes de l'accord de la majeur avec 
septieme. Mais on distingue encore entre la pro- 
gression NATURELLE de la PROGRESSION « TROM- 

peuse », la premiere comprenant les r. attendues, 
normales, des dissonances, la seconde les r. 
inattendues ou anormales. Sont considered 
comme progressions naturelles, les r. de retard, 
par ex., lorsque la r. se fait sur la consonnance 
de Tharmonie dans le sens de laquelle l'accord 
dissonant etait interpret^, ou encore une foule 
de r. par progression telles que celles de 
Tex. I. Sont considerees, par contre, comme pro- 
gressions « trompeuses », particulierement les 
r. dans lesquelles l'accord consonnant attendu 
comme conclusion est remplace soit par un 
accord dissonant s'interprelant dans le sens de 
Tharmonie attendue (r. dont la valeur conclu- 
sive seule est troublee ; cf. cadence rompue), 
soit aussi par un accord consonnant ou disso- 
nant autre que l'accord attendu. La r. est dite 
retardee, lorsque le son que la r. naturelle de 
la dissonance devrait fouruir, n'apparait qu'a- 
pres Intercalation d'un autre son de l'accord. 
Cf. aux mots tonalite et modulation ce qui 
a trait a la signification des suites d'accords 
consonnants. 

Resonanzboden (all.), v. table d' harmonie. 

Respiration. L'arl de la r. est, soit dans le 
chant, soit dans le jeu des instr. a vent, d'une 
importance capitale. Pour l'un comme pour 
l'autre. Inspiration profonde est tout indiquee, 
lorsqu'un silence suffisant le permet, car elle 
supprime la necessite de petites aspirations 
(demi-respiration) frequenles. II est en outre 



important pour le chanteur qu'il n'aspire pas 
immSdiatement avant l'attaque du son (v. at- 
taque) et que, meme lorsqu'il fait intentionnel- 
lement usage de l'attaque aspiree, il l'abrege 
autant que possible. II faut eviter de precipiter 
l'expiration, pendant un son tenu, surtout dans 
le piano et le mezzo-forte, qui ne reclament 
qu'une tres petite quantite d'air; le forte seul 
exige un peu plus de pression, mais ici encore 
la plus stricte economie s'impose. Quant an 
moment le plus propice pour respirer, au cours 
d'une melodie, le compositeur l'indique gene- 
ralement; l'instrumentiste doit se garder de 
couper une phrase liee et le chanteur doit en 
outre se baser sur le teste et ne respirer que 
la ou, dans le langage parle, se produiraient de 
legeres interruptions. II convient surtout d'evi- 
ter de respirer a la fin d'une mesure, entre un 
article et son substantif, etc. On indique fre- 
quemment les r., dans les compositions vocales 
destinees a l'enseignement, au moyen des 
signes > ou » . 

Responsorium (lat.), repons (v. ce mot). 

Restrictio (lat.). c-a-d. strette (alL Eng- 
fiihrung), v. ce mot 

Reszke, v.deR. 

Resultant. On nomme son r. un son acces- 
soire, produit par la resonance simultanee de 
deux sons. L'existence des sons r. procede pro- 
bablement des memes causes que celle des 
battements ; on sait que deux cordes qui ne 
sont pas tout a fait accordees a l'unisson font 
entendre, lorsqu'elles vibrent simultanement. 
de lagers renforcements de sonority revenant a 
intervalles reguliers et que Ton nomme batte- 
ments. Chacun de ces derniers doit etre consi- 
der comme resultant de la coincidence du 
maximum d'amplitude des ondes sonores de 
chacun des sons. Si le nombre des battements 
s'eleve a trente a la seconde, a peu pres, on ne 
pourra plus discerner les battements eux- 
memes qui donnent alors la sensation d'un 
bourdonnement grave, c.-a-d. d'un son tres 
grave, le son r. Le retour frequent de batte- 
ments implique done necessairement la forma- 
tion d'un son r. Tartini (v. ce nom), qui de- 
couvrit les sons r., considerait au debut (dans 
le Trattalo) leur elevation comme generalement 
Squivalente au son 2 de la serie harmonique 
superieure dans laquelle l'intervalle donne 
rentrait, avec les plus petits numeros d'ordre 
possibles; plus tard, il corrigea lui-meme cette 
assertion (dans son ouvrage : Dei j/rincipj etc.), 
en ce sens que le son r. serait ioujours le fon- 
damentaL de la s£rie harmonique en question. 
Cette definition a £te changee par la plupart 
des physiciens, qui admettent que le nombre 
des vibrations du son r. est toujours egal a la 
difference des nombres de vibrations des deux 
sons donnes (d'ou, en all., Texpression Diffe- 
renzton). Toutefois, on ne peut nier que le son 
correspondant a la fondamentale de x la serie 
harmonique soit perceptible (pour autant qu'il 
n'est pas en dehors des limites de percep- 
tion de notre ouie), qu'on le definisse comme 
son r. de premier ou de second ordre. Au reste, 



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RETARD — REUTTER 



683 



en poussant les recherches plus avant, on d6- 
couvre que toute la s&rie harmonique k laquelle 
l'intervalle donne appartient est perceptible 
aussi bien au-dessus qu'au-dessous de Tinter- 
valle. Les sons r. de l'intervalle sol* : mi* sont, 
d'apres Helmholtz, entre autres : 



m 



^— = — ir 



!•* 2— 3— ordre. 



d'apr&s le principe de Tarlini, par contre : 



g% q^ tl ig 



2— ordre. 



autrement dit : cbaque intervaile produit d'a- 
bord le son dont ees deux notes sont les bar- 
moniques superieurs les plus rapproches (lei 
les sons Set 5), et, en second lieu, toute la s6rie 
harmonique de ce son fondamental. Helmboltz 
parle encore d'une autre esp£ce de sons r., dont 
le nombre de vibrations est egal k la somme 
des vibrations des deux sons de l'intervalle 
iSumtnationsttme), ainsi pour sol* : mt 3 (8 + ^ 
r= 8) = ut 4 . Mais on ne remarque gu^re que 
ce son soit plus intense que les autres sons de 
la s6rie barmonique ; par contre, le premier 
harmonique commun aux deux notes de l'in- 
iervalle, c-A-d. le son 15 (3x5 — 15), si*, est 
tr&8 intense. Ce dernier a re$u de von Oettin- 
gen le nom d' < barmonique phonique » et de 
l'auteur de ce dictionnaire celui de « son de 
multiplication ». Cf. la communication que 
Biemann a faite de ses experiences sur les sons 
r., dans sa brochure : Die objehtive Existent der 
Unterttme in der Schalltcelle (1875). 

Retard (all. Vorhalt), son dissonant (seconde 
majeure ou mineure, sup£rieure ou interieure) 
que Ton snbstitue k an son fa leant partie int£- 
grante de l'accord, son sur lequel se resout le r. 
lui-meme. Le r. est tant<*t prepare (lorsque le 
son dissonant se trouve dans l'accord prece- 
dent, dans la m&me voix [a]), tantdt sans prepa- 
ration (b ; cf. appogiature) : 



a) - ^- * , b) * 



V. f pour plus de details sur le r., au mot disso- 
nance ; sur le r. note en petite note, appogia- 
ture. Cf. aussi anticipation. 

Retro, v. rbcte. 

Reubke, Aldolf, facteur d'orgues important 
k Hausneindorf, pr6s Quedlinburg, ne k Hal- 
berstadt le 6 dec. 1805, m. dans la meme ville le 
3 mars 1875 ; construisit entre autres l'orgue de 
la Catbedrale (88 jeux) et celui de Teglise de 



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St-Jacob, k Magdebourg (53 jeux), de m&me que 
celui de la « Marienkirche », a Kyritz. De ses 
trois fils, l'aine, Julius, ne k Hausneindorf le 
28 mars 1834, m. k PiUnitz le 3 juin 1858, fut 
un pianiste et un compositeur de talent. Apres 
sa mort, on publia de lui une sonate pour or- 
gue (le psaume XCIV) et une pour piano, des 
morceaux de piano et des lieder. Le second, 
Emile, ne en 1836, m. en 1885, se voua k la fac- 
ture instrumentale aussi, devint l'associe de 
son pere en 186(1 (raison de commerce : € R. und 
Sohn ») puis seul proprietaire, tout en conser- 
vant la meme raison de commerce. R. a apporte 
des ameliorations intelligentes dans le meca- 
nisme de differentes nouvelles orgues. Le pro- 
prietaire de la maison acluelle est Ern. Rover. 
Le cadet, Adolf, ne le 2 nov. 1842, est orga- 
niste et pianiste distingue ; il vit k Halle, oil il 
est directeur de societes, professeur de musi- 
que, et, depuis 1892, directeur de musique de 
rUniversite. 

Reuling, Ludwiq-Wilhelm, ne k Darmstadt 
le 22 dec. 1802, m. k Munich le 29 avril 1879 ; fut 
pendant longtemps chef d'orchestre de FOpera 
de la Cour, k Vienne, et ecrivit, de 1832 k 1846, 
trente-sept op6rettes et operas {Alfred der 
Grosse, 1840), etdix-sept ballets qui furentpres- 
que tous, donnes, soit au theatre -de c Joseph- 
stadt », soit k celui de la « Porte de Carinthie >. 

Reuss, Heinrich xxjv, prince de R.-Cdstritz, 
ne a Trebschen, pres de Zdllichau (Brande- 
bourg), le 8 dec. 1855 ; fut eieve, pour la musi- 
que, de son pere (le prince Henri TV de R.), 
puis de Witting, k Dresde, de Herzogenberg et 
de Rust, k Leipzig (ou il prit son doctoral, en 
1882). Compositeur de talent et plein de zeie, il 
a ecrit: deux quatuors pour instr. k archet; 
deux quintettes pour instr. k archet, dont Tun 
(fa min.) avec deux altos, l'autre (la maj.) avee 
deux violoncelles ; un trio en mi min. ; une so- 
nate pour violon et piano (sol min.) ; deux sym- 
phonies (mi bimol maj. et ut min.) ; une Messe 
(1892), etc. 

Reuss, Eduard, ne k New-York le 16 sept. 
1851, eieve d'Ed. Krttger, k Gottingue(de 1871 k 
1875) et de Liszt ; professeur de musique a 
Garlsruhe, depuis 1880. 

Rentier, 1. Georo (pere), ne k Vienne en 
1656, m. dans la meme ville le 29 ao&t 1788; 
fut, de 1697 k 1708, theorbiste de la chapelle de 
la Cour, mais devint successivement, en 1700 
organiste puis second maltre de chapelle (« am 
Gnadenbild »), en 1715 premier maltre de cha- 
pelle du ddme St-Etienne, puis, la meme annee 
encore, seul maltre de chapelle titulaire de 
St-Etienne. R. remplissait en meme temps, de- 
puis 1700, les fonctions d'organiste de la Cour 
et de la chambre. Son fils — 2. Johann-Adam- 
Karl-Georg, ne k Vienne le 6 avr. 1708, m. 
dans la meme ville le 12 mars 1772 ; composa 
dej& en 1727 un oratorio (Abel) et un opera de 
circonstance (Archidamia) pour la Cour, mais 
ne regut que quatre ans plus tard le titre de 
compositeur de la Cour. II succeda, en 1788, k 
son pere, comme maltre de chapelle de Saint- 
Etienne, fut anobli en 1740, prit en 1746 egale- 

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684 



REY — RHAPSODIE 



ment leg fonctions de second maitre de cha- 
pelle (« am Gnadenbild ») et, r an nee suivante, 
celles de maitre de chapelle de la Gour qu'il 
eut d'abord en partage avec Predieri puis seul, 
des 1757. R. a ecrit Irente et un operas et sere- 
nades, neuf oratorios, un grand nombre de can- 
tales, de Messes, de motels, etc., de peu de va- 
lenr du reste. En tant que maitre de chapelle 
de la Gour, R. jouit de la triste reputation 
d'avoir ravaie jusqu'd la mediocrite la plus 
absolue le niveau des executions ; il ne faut 
pas oublier cependant que le budget avail ete 
restreint A ce moment et que, par consequent, 
R. n'est pas seui responsabie. Ge fut R. qui fit 
venir le petit J. Haydn (v. ce nom) A Vienne et 
le traita ensuite de si miserable facon. Cf. T&ude 
sur R., par L. Stollbrock, dans « Vierteljahres- 
schrift ftlr M.-W. », 1892. 

Rey, Jean-Baptiste, chef d'orchestre et pro- 
fesseur d'harmonie, n6 a Lauzerte (Tarn et 
Garonne) (e 18 dec. 1784, m. a Paris le 15 juiL 
1810 ; But acqu^rir, comme chef d'orchestre des 
theatres de Toulouse, Montpellier, Marseille, 
Bordeaux et Nantes, la renomm^e d'un chef 
distingue, fut appeie A Paris comme chef d'or- 
chestre de l f Op6ra et s'y montra, pendant trente 
ans, d'nne reelle sup^riorite. R. fut d'abord 
subordonne A Francoeur, comme second chef, 
mais il lui succeda, en 1781, et prit en outre, de 
1781 A 1785, la direction dee Concerts spirituels. 
En 1779, Louis XVI le nomma directeur de la 
musique de la chambre, aux appointements de 
2000 fr. : la revolution lui fit bien perdre sa 
place, mais, des 1792, il fit partie du conseil 
d'administration de TOpGra. En 1794, R. devint 
professeur an Gonser\ r atoire, mais comme il 
etait partisan de Rameau, ad versa ire du sys- 
teme de Catel et H6 d'amitie avec Le Sueur, il 
fut mis A la retraite lore de la reduction du 
personnel, en 1802. Deux ans plus tard, Napo- 
leon lui confia le poste de mattre de chapelle. 
R. a compost plusieura operas et acheve Arvire 
ed Evelina, de Sacchini. Un fr&re de R., Louis- 
Gharles-Joseph, fut pendant quarante ans vio- 
loncelliste a rOp^ra. II ne faut pas confondre 
avec les precedents : — 2. Jean-Baptiste, vio- 
lonceUiste et theoricien, n6 aTarascon vers 1760, 
violoncelliste A l'Opera, de 1795 A 1822, auteur 
de : Cours ilimenlaire de musique et de piano- 
forte ; Exposition tlementaire de Vharmonie ; 
Theorie generate des accords d'apr&s la basse 
/bnrfawien/ate(1807). — 8. V.-F.-S., employe au 
ministere des finances, partisan, lui aussi, du 
systeme de Rameau, a ecrit : Systeme harmoni- 
que diveloppe et traitt d'apres ies principes du 
cilebre Rtuneau (1795) et VArt de la musique 
theori-physico-pratique (1806). — 4. v. Rkykr. 

Reyer, Louis-Etiennr-Ernkst (Rey, dit R), 
compositeur distingue et critique musical de 
talent, ne a Marseille le 1" dec. 1828; suivit, 
comme enfant, les cours de TEcole de musique 
dirigee par Barsotti, mais sans songer nulle- 
ment a embrasser la carriere musicale. A Tage 
de seize ans, il devint employe du tresorier- 
payeur (son oncle, L. Farrenc) de la province 
de Gonstantine, mais il continua a s'occuper 



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de musique et ecrivit m A ine en 1847, pour Tar- 
rivee du due d'Aumale si Alger, une Messe 
(restee manuscrite). Ge fut en 1848 seulement 
qu'il prit la resolution de se vouer a la musique 
et qu'il se rendit A Paris, pour y travailler sous 
la direction de sa tante, M» a L. Farrenc (v. ce 
nom). Deux ans plus tard, R. debutail devant 
le grand public avec une ode-symphonie intita- 
iee Selam (teste de Th. Gautier), sorte de pen- 
dant mais non une imitation du « Desert » de 
F. David. A la scene, ce fut un acte, Maitre 
Wolfram, represente au Thedtre-Lyrique, le 
20 mai 1854, qui servit de debut a R., puis vin- 
rent : Sacountald (ballet, scenario de Th. Gau- 
tier ; Opera, 1858), La Statue (trois actes, Thed- 
tre-Lyrique,1861), Erostrate(deux actes, Baden- 
Baden, 1862 ; Paris, 1871). Quant A ses deux 
derniers grands ouvrages, ils furent Tun et 
l'autre representes A l'etranger d'abord : Sigurd, 
(cinq actes, termine vers 1872; Bruxelles, 7 janv. 
1884 ; Paris, Londres, etc.), enfin Salammbo 
(Bruxelles, 10 fev. 1890; Paris, 16 mai 1892J. 
Parmi les autres compositions de R.,il convient 
de citer : trois motets, un Ave Maria, un Ado- 
rote (1894), des cantates (entre autres iVictoire, 
pour quatre voix, chceurs et orchestre; 1859), 
des chcRurs pour voix d'hommes, quelques pie- 
ces pour piano et deux recueils de melodies 
(l'un de dix et l'autre de vingt numeros). R. a 
succede, en 1876, A F. David, comme niembre 
de Tlnstitut ; il fut nomme, en outre, bibliothe- 
caire de TOpera. Gomme critique, R. jouit d'une 
juste renommee ; il a redige la chronique mu- 
sicale de la < Presse », de la c Revue de Paris », 
du « Gourrier de Paris », du t Moniteur univtr- 
sel », de la « Revue francaise », etc. Enfin il col* 
laboreregulierementauJowrwa/efej Dibats, de- 
puis le 2 dec. 1866 (compte rendu de € Mignon »), 
epoque A laquelle il remplaca d'Ortigue (1868- 
1866) qui lui-meme avail succede A Berlioz. 
R. a reuni quelques-uns de ses articles en mi 
volume : Notes de musique (Paris, 1874). Cf. H. 
Imbed, Nouveaux profits de musiciens (1892); 
Georges Servieres, La musique frangaise mo- 
derne (1897). 

Reinicek, E.-X. vox, ne A Vienne le 4 mai 
1861 ; chef d'orchestre du Theatre de la Gour, 
a Mannheim, auteur de plusieurs operas nota- 
bles : Jungfrau von Orleans (Prague, 1887), 
Satanella (ibid., 1888), Emmerich Fortunat 
(ibid., 1889), Donna Diana (ibid., 16 d6c. 1894), 
d*un Requiem, d'une Suite symphonique (1897), 
etc., etc. 

Rf., V. RINFORZANDO. 

Rhapsodie (de {xttuv, coudre, et yU chant), 
nom que les Grecs donnaient, dans 1'antiquite, 
A des fragments de grands poemes epiques 
que les « rhapsodes » chantaient, en s'accom- 
pagnant d'un instr. A cordes ; la question de 
savoir si le rhapsode n'etait point aussi Tau- 
teur de la r. restera sans doute toujours in- 
soluble, bien que Ton soit pIuUU dispose de 
nos jours a y repondre negativement Acluelle- 
ment, les compositeurs entendent le plus son- 
vent par r. une fantaisie instrumentale baseesur 
des melodies populaires, e'est ainsi que Ton a 

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RHAW — RICGI 



685 



des r. hongroises, espagnoles, norv£giennes, 
slaves (Liszt, Raff, Lalo, Dvorak, etc.). Contrai- 
rement k l'usage, mais precisement avec rai- 
son, Brahms donna k Tune de ses plus belles 
<Buvres vocales le litre de r. (op. 53, Frag- 
ment [!] aus Goethes Harzreise) ; c'est impro- 
prement, par conlre, qu'il donna ce m6me litre 
k des morceaux pour piano enticement origi- 
naux (op. 79). 

Rhaw, Grorg, compositeur, theoricien et im- 
primear de musique, n6 k Eisfeld (Franconie) 
en 1488, m. k Wittenberg le 6 aout 1548 ; 6tait, 
<en 1519, cantor k T6cole St-Thomas, a Leipzig, 
oil il fit executer, k l'occasion de la discussion 
«ntre Luther et Eck, une Messe et un Te Deum 
de sa composition. II fonda en 1824, k Witten- 
berg, une imprimerie de musique qui s'altacha 
surtout a repandre les ceuvresdes compositeurs 
protestants. R. a 6crit un Enchiridion musices, 
dont la premiere partie (sur YbMusica choraUs) 
parut en 1518, la seconde (sur la Musica men- 
suralis) en 1520 ; toutes deux furent r6&dit6es 
plusieurs fois. R. fat aussi tr6s estime comme 
compositeur ; nous en avons une preuve dans 
ce fait que b « Ars canendi * de S. Heyden 
contient un morceau de lui, k six voix. Les 
Bicinia gallica, latina et germanica que R. 
publia en 1544, contiennent la plus ancienne 
notation connue du c Ranz des vaches ». 

Rheinberger, Joseph-Gabriel, n4 k Vaduz 
(Liechtenstein), ou son pere etait receveur de 
la principaut£, le 17 mars 1889; fit preuve de 
disposilions tr6s prScoces pour la musique, 
jouait vaillamment de l'orgue a rage de sept 
ans et faisait alors d£ja ses premiers essais de 
composition. Apr£s s'fctre quelqne peu d6ve- 
loppi§ encore k Feldkirch, il fr6quenta, de 1851 
k. 1854, les cours de TEcole royale de musique, 
k Munich, od il s'installa ensuite comme mattre 
de musique. En 1859,1'Ecole royale de musique 
lui confia une classe de th£orie el plus tard de 
composition ; de 1865 k 1867, il fat en outre 
rep£titeur k TOpera de la Cour ; en 1867, il re^ut 
le titre de « professeur » et fat noramS en m£me 
temps inspecteur de l'Ecole royale ; enfin, en 
1877, il devint maltre de chapelle de la Cour 
{directeur de la Chapelle vocale de la Cour, 
institution qui voue ses meilleurs soins k l'exe- 
•cution d'anciennes ceuvres de musique reli- 
gieuse). R. est Tun des plus distingues compo- 
siteurs de TAllemagne, tant dans le domaine 
de la musique instrumental que dans celui de 
la musique vocale. 11 convient de citer surtout, 
parmi ses nombreuses ceuvres : un tableau 
symphonique, Watlenstein (op. 10); une fantai- 
sie symphonique ; deux Stabat mater ; un op6ra 
romantique, Die sieben Raben (op. 20) ; des 
oralorios, Christophorus et Mont fort (pour 
choeurs, soli et orchestre) ; la musique pour 
WundertMtiger Magnus, de Calderon (op. 13); 
trois sonates pour piano, parmi lesquelles la 
« Sonate symphonique » (op. 47) ; un Requiem 
avec orchestre (op. 60) et un autre « a cappella »; 
un theme avec cinquante variations pour instr. 
A archet (op. 61) ; trois trios et un quatuor avec 
piano ; un nonelte pour flute, hautbois, clari- 



nette, basson, cor et violon, alto, violoncelle, 
contrebasse (op. 189) : un quatuor pour instr. 
k archet (op. 147) ; douze sonates pour orgue ; 
deux concertos pour orgue et petit orchestre 
(n° 1, op. 187, avec instr. a archet et trois cors: 
n°2, op. 177, sot m\n.); une Suite pour orgue, 
violon et violoncelle, avec orchestre d'archets 
(op. 149) ; di verses pieces pour orgue et piano; 
un op6ra-comique, Des Turmers TVchtertein 
(op. 70); des oeuvres chorales: Toggenburg (op. 
lfy,Klarchen aufEberstein (op. 97), Das That 
des Espingo et Wittehind (op. 102) pour choeur 
d'hommes et orchestre ; un concerto de piano 
(op. 94); plusieurs Messes, parmi lesquelles une 
k deux choeurs (op. 109) ; des hymnes et nombre 
d'autres compositions religieuses; des lieder; 
des morceaux pour piano ; une ouverture pour 
Demetrius (op. 110); un petit op£ra-comique, 
Das Zaubervoort (op. 158), etc. Les ceuvres de R. 
ont un cachet tree- special ; elles semblent, avec 
leur s£v&rit6 et leur &prete, comme traverses 
par un souffle de classicisme. — L'Spouse de R., 
Franziska, connue comme po&te sous le pseu- 
donyme de F. von Hoffnas, &ait n6e le 18 oct. 
1822; elle mourut, k Munich, le 81 d£c. 1892. 

Ribattuta (ital.), nom que Ton donnait autre- 
fois k Talternance, d abord lente puis de plus 
en plus acc£l£r£e, d'un son avec sa seconde su- 
p£rieure: 




fcggsj 



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Ribeca, Ribeba, v. rebec. 

Riccati, Giordano, comte, math&maticien et 
theoricien musical, n£ k Castel-Franco, pr£s de 
Tr6vise, le 28 f6v. 1709, m. a Tr£vise le 20 juil. 
1790 ; a &crit : Saggio sopra te teggi del con- 
trappunio (1762) ; Delle corde owero fibre elas- 
tiche (1777) et une s6rie de communications 
scientiiiques sur des problemes d'acoustique, 
dans Raccolta (Tojmscoli sienlifichi, etc. (vol. 
xix), deCologera;dans Memorie di maiematica 
e fisica delta societa italiana (1782) et dans 
Nuovo giornale de 9 letterati d' Italia (1777, jus- 
qu'en 1789 ; avec des explications sur les sys- 
tdmes harmoniques de Rameau [vol. xxi], de 
Tartini [vol xxnj et de Valotti [vol. xxm]). 

Ricci, 1. Luigi, un des compositeurs moder- 
nes d'op£ras ita liens les plus renommes, n£ a 
Naples le 8 juil. 1805, m. a Prague le 81 dec. 
185© ; e!6ve de Furno et de Zingarelli au Con- 
servatoire de St-S£bastien, k Naples, et pendant 
quelque temps £16ve particulier de Generali.R. 
a £crit son premier op6ra en 1823: L'imj/resario 
in angustie, qui fut execute au th&ltre du Con- 
servatoire, et parvint, gr&ce k Taide de Gene- 
ral!, k faire monter au « Teatro nuovo », en 
1824, un second opera : La cena frastornala. 
D'autres ouvrages suivirent rapidement ces 
debuts, au th&itre « San Carlo » de Naples, 
a Parme, Rome, Milan, etc. En 1886, R. fut en- 
gage comme maitre de chapelle a la Cath£drale 
de Trieste et, en m£me temps, chef de chant 

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686 



RICCIUS — RICHARDS 



au Th&ilre de la ville. Depuis 1836, il travail la 
beaucoup en collaboration avec son fr6re, Fe- 
derico ; en 1844, il 6pousa la cantatrice Lidia 
Stoltz, A Prague, mais en 1859 deja des symp- 
tdmes d'ali&nation men tale, qui d6g6n£r^rent 
bientot en veritable folie, oblig&reut de Tinter- 
ner dans nn asile d'aliSn^s de la ville natale de 
sa fetnme. II mourut au bout de peu de temps. 
R. a 6crit en tout trente operas, dont les sui- 
vants eurent le plus de succis : Colombo (Parme, 
1829) : Lorfandla di Ginevra (Rome, 1839) ; 
Chiara di Rosemberg (Milan, 1831) ; Chi dura 
vince (1834) ; II birrajo di Breston (Florence, 
1847) ; Crispino e la Comare (Venise, 1850 ; 
6crit en collaboration avec son fr&re, excellent 
opera-comique); La {est a di Piedigrolta (Na- 
ples, 1852), et Ildiavolo a quattro (Trieste, 1859). 
R a 6crit aussi beaucoup de musique d'^glise ; 
il a public deux recueils de lieder, de duos, etc. 
— 2. Frederico, fr6re du precedent et, comme 
lui, compositeur renomm£d'op&ras,n6 a Naples 
le 22 oct. 1809, m.A Gonegliano le 10 d£c. 1877 ; 
se forma au Conservatoire de St-Sebastieu, en 
partie en m&me temps que son fr&re, qu'il 
suivit A Rome en 1829, et auquel il voua une 
profonde affection durant toute sa vie. Son pre- 
mier ouvrage fut II colonello (avec son fr&re ; 
Naples, 1835), auquel succ£da rapidement Mon- 
sieur Deschalumeaux (Venise, 1835); les 
grands succ&s commenc6rent avec La pri- 
gione dEdimburgo (Trieste, 1887), Un duello 
sotto Richelieu (Milan, 1839) ; Michel Angelo e 
Rolla (Florence, 1841), et Corrado dAllermura 
(Milan, 1841). Le Th&ltre italien de Paris re- 
presenta aussi cette derni&re ceuvre (1844). R. 
fut appel£ en 1853 comme inspecteur des clas- 
ses de chant de TEcole thMtrale de St-P&ers- 
bourg. En 1866, le Theatre italien donna avec 
beaucoup de succ£s: Crispino e la Comare (v. 
plus haut) : mais R. ne put faire accepter Una 
folia a Roma. Ce furent les « Fantaisies pari- 
siennes » qui, en 1869, donn&rent cet op£ra, tra- 
duit en frangais sous letitre : Une folie a Rome. 
Apr£s que Crispino e la Comare eut aussi 
remportS quelque succ£s, sous le titre de Doc- 
teur Crispin, R. quitta St-P6tersbourg pour 
Paris et chercha a prendre pied sur les scenes 
francaises. Mais ni son Docteur rose (Bouffes- 
Parisiensj 1872), ni Une fete a Venise (Ath6n6e, 
1872, transformation de son op6ra « D marito 
e l'amente »), ni la traduction tie Chi dura vince 
(Th&ltre Taitbout, 1876) n'eurent de succSs. R. 
a 6crit aussi des Messes, des cantates de cir- 
constance et plusieurs cahiers de melodies. 
Pour de plus amples informations sur R., v. la 
Notice sur Luigi et Frederico «K„ suivie dune 
analyse de « Crispino e la Comare », par F. de 
Villars (1866), et / fratelli R. f de Leopoldo de 
Rada (1878). 

Riccius, August- Ferdinand, directeur et 
compositeur, n6 a Bernstadt, pr£s Herrnhut, le 
26 f6v. 1819, m. a Carlsbad le 5 jail. 1886; 6tudia 
la theologie A Leipzig, mais se voua ensuite a 
la musique, devint, en 1849, directeur des con- 
certs de TEuterpe, a Leipzig, puis, en 1854, chef 
d'orchestre du Theatre municipal. En 1864, il 



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alia dHambourg,en quality de chef d'orchestre 
de tb£&tre,et y occupa dans la suite une situa- 
tion tr&s en vue comme critique musical d^s 
€ Hamburger Nachrichten » et professeur de 
chant. Parmi ses compositions, il faut citer: 
une ouverture, de la musique pour divers dra- 
mes, des morceaux de piano, de nombreux 
chants A une et A plusieurs voix, nn psaume, 
etc. — 2. Karl-Acgust, directeur et composi- 
teur, neveu du pr£c£dent, n£ A Bernstadt le 26 
juil. 1880, m. a Dresde le 8 jail. 1898 ; 61£ve de 
Francois Wieck, de Kraegen, du violoniste 
Schubert, a Dresde, et nnalement du Conserva- 
toire de Leipzig (1844 A 1846). II entra, en 1847, 
comme violoniste dans l'orchestre de la Gour, 
A Dresde, devint en 1858 deuxteme concert- 
meister, en 1859 r£p£titeur, puis, en 1863, chef 
des choeurs de l'Op£ra. II regut plus tard le 
titre de < directeur de musique royal » (1875), 
fut nommG en 1887 troisteme chef d'orchestre, 
et 3ucc£da, deux ans apr£s, A Furstenau comme 
conservateur de la bibliolh&que musicale da 
roi. R. est l'auteur d'un op£ra en deux actes : 
Es spukt 9 de la musique pour une farce de 
Rieder: Ella, de celle de Dithprambe de Schil- 
ler (ex£cul£e en 1859, pour la t FMe Schil- 
ler »);des lieder et quelques pieces pour piano 
seulement ont 6t£ graves. — Un fr£re de R., 
Heinrich, n6 a Bernstadt le 17 mars 1831, 6tait 
un violoniste de talent ; mais il mourut d£j&, A 
Paris, le 8 dec. 186a 

Ricercare (ou ricercata; all. Ricercar), an- 
cienne denomination pour des morceaux de 
musique iustrumentale de forme libre (pour 
luth, clavecin, orgue), et, plus tard, pour des 
morceaux de style fugu£ imil6 de la musique 
vocale ; toutefois, ce m£me terme apparaf t au 
xvi* s. d£j&, pour designer des compositions 
vofcales(cf. buus). Ce n'est que dans la suite que 
le mot r. designa une fugue parliculierement 
bien travailtee, au moyen de tous les artifices 
d'augmentation, de renversement, etc. ; le mot 
r. lui-m£me, en italien, veut dire chercher, re- 
chercher tie th£me). Cf. le dktionnaire de Wal- 
ther, A Tart, r., ou l'auteur cherche A 6tablir 
une distinction entre r. et ricercata. Bach a 
indique lui-m&me, sous forme d'acrostiche, 
qu'il tenait son « Offrande musicale • (fugues, 
canons, etc., sur un theme A lui donne par 
Fr£d6ric-le-Grand) pourun r., voici comment : 
Regis Jussu Cantio Et Reliqua Canonica Arte 
Resoluta. 

Richafort, Jean, contrapontiste beige, el£ve 
de Josquin, maitre de chapelle de I'&glise Sl- 
Egide, A Bruges (1548 A 1547) ; parmi ses com- 
positions, on pent citer des motets et des 
psaumes dont les manuscrits sont conserves A 
Bruxelles et A Rome, ou qui ont para dans le 
livre II des Motelti delta coronet, de Petrucci, 
dans le livre VIII des motets de quatre A six 
voix. d'Attaignant, et dans d'autres anthologies 
du xvi« s. 

Richards, Brinlby, pianiste, ne A Carmar- 
then (Wales) en 1819, m. A Londres le l»mai 
1885 ; 61eve, jouissant d'une bourse, de l'Acad£- 
mie royale de musique, a Londres, tr^s re- 
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RIGHA.ULT — RIOHTER 



68? 



nomm6 comma virtuose et comme professeur, 
a compost de la musique de salon pour piano, 
ainsi que des chants d'Aglise, des choeurs et 
l'hymne , devenu populaire : God bless the 
prince of Wales. 

Richault, Gharues-Simon, fondateur (1805) 
d'une importante maison d'^di lions musicales 
de Paris, n6 k Chartres le 10 mai 1780, m. k 
Paris le 20 tevr. 1866; publia d'abord, en par- 
titions, les concertos de Mozart et lea sym- 
phonies de Beethoven. H eut pour successeurs 
ses propres ills : Guillaume-Smon, n6 A Paris 
le 2 nov. 1806, m. dans la m6me ville le 7 f6vr. 
1877, et LfeoN, n£ le 6 aoftt 1889 et m. k Paris le 
11 avril 1895. La maison 6dita jusqu'en 1876 
plus de dix-huit mille ouvrages ; elle se dis- 
tingue surtout par ses bonnes Editions des 
classiques allemands, paraissant k cdt6 d'oeu- 
vres de A. Thomas, de V. Masse, de Berlioz, de 
Reber, de Gouvy, etc., etc. 

Riche, Antoine lr, v. Divms. 

Rioh6e, v. Lesage de R. 

Richter, 1. Franz -Xaver, compositeur, n6 k 
Holleschau (Moravie) le l« r d£c. 1709, fut pen- 
dant plusieurs ann&es musicien de la Cour k 
Mannheim puis, de 1747 jusqu'A sa mort, sur- 
venue le 12 sept. 1789, maitre de chapelle de la 
cath&drale de Strasbourg. Pleyel lui fut coor- 
donn£ en 1783. R. a compost vingt-six sympho- 
nies, dont six 6nt et6 pubises ; six quatuors 
pour instr. k archet ; trois trios ; mais avant 
tout de la musique d'6glise (sept Messes, un 
Te Deum,. des hymnes, des motets, des psau- 
mes), conservee dans la bibliotheqae de la 
cath£drale de St-Di6 (Vosges). F6tis poss^dait 
le manuscrit autographe d'un traits deR. : Ear- 
monische Belehrung oder griindliche Anvoei- 
sung zu der musiftalischen Tonhunst dont 
Kalkbrenner publia la traduction fran<?aise en 
1804, sous le titre de : Traite cTharmonie et de 
composition.— 2. Johann-Christian-Christoph, 
pdre du po£te Jean Paul Fr. R.,n6 k Neustadt, 
sur le Culm, le 16 d6c. 1727, m. dSchwarzen- 
bach en 1779 , fit son college k Wunsiedel , 
comme interne, puis fr£quenta les classes du 
« Gymnasium poeticum », k Ratisbonne ou il 
jouaenm6me temps dans Forchestre du prince 
de Tour et Taxis. Enfin, il 6tudia la thSologic 
a Kna et k Erlangen. Apr&s avoir 6t& encore 
quelques annees prdcepteur k Bayreuth, il de- 
vint,en 1760, organists et sous-maitrea Wunsie- 
del, d'od il accepta, plus tard, un poste de 
pasteur k Joeditz, pr6s de Bayreuth, et enfin, k 
Schwarzenbach, sur la Saale. R. a compost de 
la musique d'6glise-qui resta, du reste, manus- 
crite; son fils hlrita de lui un sens musical tr&s 
affin6. — 8. Ernst-Heinrich-Leopold, pedago- 
gue et compositeur distingu£, n6 k Thiergarten, 
prds de Ohlau, le 15 nov. 1805, m. k Steinau 
s/Oder le 24 avr. 1876; 616ve de Hientzsch, de 
Berner et de Siegert, k Breslau, puis de Klein et 
de Zelter, k llnstitut royal de musique d*£giise, 
a Berlin. D6s 1827, R. fut professeur de musique 
au s£minaire de Breslau, qui fut transtere, en 
1847, a Steinau. R. a compost uneMesse,des mo- 
tets, des psaumes,des cantates, des choeurs pour 



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voix d'hommes, des lieder (Schlesische Volkslie- 
der 9 op. 27), des morceaux d'orgue, une sym- 
pjiouie et un op6ra-comique : Conlrebande. — 
4. Ernst- Friedrigh - Eduard, compositeur et 
tn A oricien des plus estimables, n£ a Gros- 
schonau (Lausitz) le 24 oct. 1808, m. k Leipzig 
le 9 avr. 1879 ; fils d'un maitre d v 6cole, il fit son 
college k Zittau et se rendit, en 1831, k Leipzig, 
oil il se fit inscrire comme 6tudianl en thSologie, 
mais se mit k 6tudier la musique tout seul. A 
la fondation du Conservatoire, en 1843, il fut 
nomm£ maitre de th&me 4 c6t£ de Hauptmann; 
puis, aprds la mort de Pohlenz, il prit la direc- 
tion de la * Singakademie » (1847) et devint 
successivement organiste de l'&glise St-Pierre 
(1851), de la cNeukirche » (1862) et peu apr6s 
de l^glise St-Nicolas. En 1868, R. fut appe!6 
enfin au cantorat de l'Sglise St-Thomas et k la 
direction de la musique des 6glises principales, 
comme successeur de M. Hauptmann; la m6me 
ann&e, il fut nomm£ « professeur ». L'Univer- 
sit6 lui a conf£r£ le titre honorifique de directeur 
de la musique universitaire. Comme composi- 
teur, R. n'est pas precisement remarquable, 
mais ses motets et ses psaumes surtout sont 
des oeuvres fort acceptables. II a Scrit aussi 
des Messes, un oratorio : Christus der ErWser 
(1849) ; le Dithyrambe, de Schiller (execute au 
Gewandhaus, en 1859, pour les f&tes Schiller) ; 
des quatuors pour instr. k archet; des morceaux 
d'orgue ; des sonates de violon ; des sonates de 
piano ; etc., etc. Les Praktische Studien zur 
Theorie der Musik, de R., jouissent d'une con- 
sideration bien m6rit£e et sont tr&s r£pandues ; 
la premiere partie (publi£e d'abord seule, in- 
dependarament de tout projet plus vaste): 
Lehrbuch der Earmonie f parut en 1853, et fut 
6dit£e seize fois jusqu'en 1884 ; la troisieme 
partie, Lehrbuch der Fuge, en 1859 (4« 6d. 
1880); la deuxi&me, Lehrbuch des einfachen 
tmd doppelten Kontrapunkts, en 1872 (5« 6d., 
1884). L'ouvrage complet a paru en anglais, 
traduit par Franklin Taylor (1864, 1874. 1878). 
Quant au Traite tfharmonie, la partie la plus 
connue, il a paru en frangais (traduit par San- 
dr£), en polonais, en suexlois, en russe et en 
italien. — 5. Alfred, fils du pr£c£dent, n6 k 
Leipzig le 1« avr. 1846; fut, de 1872 k 1883, 
professeur au Conservatoire de cette ville et 
publia un nouveau recueil d'exercices (Aufga- 
benbuch) pour le Traite* d'harmonie de son pere 
(1880 ; 4 e &&., 1884). R convient de mentionner 
dans ce recueil la place qu'occupent les exerci- 
ces dont la partie superieure donn^e (sans 
basse chiffrte) est chiffr^e d*apr^s le systeme 
alphabetique introdnit par Gottfried Weber 
(cf. succession). En 1884, R. se fixa k Londres. 
— 6. Hans, chef d'orchestre de renom, n6 k 
Raab (Hongrie), oil son pere 6tait maitre de 
chapelle, le 4 avr. 1843 ; entra, apr&s la mort 
de celui-ci (1853), comme enfant de choeur dans 
la chapelle vocale de la Cour, k Vienne, et 
6tudia, de 1860 k 1865, le cor, le piano et la 
composition au Conservatoire de musique de 
cette ville. De 1866 k 1867, R. sejournai Lucerne, 
aupres de Wagner, qui lui avait confie la co- 

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688 



RICIERI 



RIEDEL 



pie deslin&e k rimpression de la partition des 
« Maitres chanteurs » . Wagner le recommanda 
ensuite a Munich, comme chef des choeurs de 
rOp^ra, ou il fat de 1868 k 1869. L'annSe sui- 
vante, R. conduisait les repetitions de la pre- 
miere de « Lohengrin », k Bruxelles ; de 1871 k 
1875, il fut chef d'orchestre au The&tre national 
de Pesth : enfin, k la suite de r^norme succ&s 
d'un concert qu'il dirigea en 1875, k Vienne, il 
fut appeie k remplacer Dessoflf comme chef 
d'orchestre de TOp6ra de la Gour et comme 
directeur des « Concerts philharmoniques », 
(fonctionsqu*il continue k rempllr, apr&s avoir 
6t6 remplac£, une ann6e seulement [1882-1888], 
par Jahn). R. devint ensuite second (1878), puis 
premier (1893) chef d'orchestre de la Cour. Ce 
fut lui qui, en 1876, dirigea les executions de 
1* « Anneau du Niebelung »,& Bayreulb, et qui, 
en 1877, alteraa, avec Wagner luf-m6me, dans 
la direction des « Concerts Wagner », a Lon- 
dres.I)epuislors,R.estrest6 Tun des principaux 
chefs d'orchestre de Bayreuth ; il dirige, en 
outre, chaque annee, d Londres, un certain 
nombre de concerts qui portent son nom et fut 
parmi les directeurs de plusieurs festivals du 
Bas-Rhin. R. a dirig£ pour la premiere fois k 
Paris (IX*symphonie, de Beethoven) en 1898. 
Ricieri, Giovanni-Antonio, le maitre du P. 
Martini, n£ k Venise le 12 mai 1679, m. a Bolo- 
gne en 1746; devint, en 1701, soprauiste k St- 
Pelrone, k Bologne, et membre de l'Acad£mie 
philharmonique (en 1704, Mcestro compositore), 
dont il fut exclu, du reste, en 1716, k cause de 
ses critiques mordantes des oeuvres de ses 
collogues. R fut, de 1722 k 1726, mattre de la 
chapelle d'un noble polonais, entra en 173*2, 
pour peu de temps, comme novice chez les 
Franciscains, et se retira de nouveau k Bolo- 
gne, apr&s avoir sejourn6 dans diflterenls en- 
droits. R. a ecrit plusieurs oratorios : La Xas- 
cita de Oesu (1718), La tentazione diner ediUita 
(1714), // cuore umano ( 1716), 11 sacrifisio 
dlsacco (1788). Une fugue k cinq voix, de R. 
£galement, se trouve comme module dans le 
Saggio di contrapjnmto, de Martini. 

Ricordi, Giovanni, le fondateur de la maison 
d'&ditions musicales la plusimportante de l'lta- 
lie et Tune des plus considerables du monde 
(Stabilmento ft, c.-A-d t EtablissementR.»), n£ 
k Milan en 1785. m. dans la mAme ville le 15 
mars 1858. R. ne fut, en premier lieu, qu v un 
pauvre copiste et comment sa fortune par 
1 achat d'une partition de Luigi Mosca : « I pre- 
tendenti delusi », dont il vendit fort cher les co- 
pies, f /h£ritier de la maison fut son flls Tito R., 
n£ k Milan le29 oct. 1811, m. dans la m£me ville 
le 7 sept. 1888. Ce dernier transmit k son tour 
la direction de TetablissemenUquelquesannees 
avant sa mort, a son tils Giulo (ne le 19 d&\ 
1840), connu comme compositeur sous le pseu- 
donynie de Burgmein. Tn second flls, Enrico, 
mourut k Milan le 20 fevr. 1887. Le catalogue 
de la maison R. compte plus de cinquante mille 
num6ros, parmi lesquelsles editions originates 
des operas de Rossini, Generali, Bellini, Doni- 
zetti, Verdi, etc. 



Riddel, 1. Karl, le fondateur et le direclear 
tr&s merilant du «Riedelscher Vereiu », n£ i 
Cronenberg, pr&s d'Elberfeld, le 6 ocL 1827, fils 
d'un pharmacien, m. k Leipzig le 8 juin 1888; 
apr&s avoir suivi l'6cole industrielle de Hagen, 
il fit un apprentissage de teinturerie des soies, 
k Crefeld, et travailla comme ouvrier teinturier 
k Zurich, mais il changea brusquement de 
carrtere, en 1848, et se rendit k Leipzig, pour 
se vouer complement k la musique, d*abord 
sous la direction de Charles Wilhelm, puis an 
(Conservatoire. Gr&ce k une voloute de fer, il 
devint bientdt une des personnaiites musicales 
les plus en vue de Leipzig, particuli&rement 
apr£s la fondation, en 1854, d'une soci£t6 cho- 
rale pour l'ex£cution des ancienues oeuvres 
sacrees. Aprds avoir commence comme modeste 
quatuor d'hommes, cette association de\int ra- 
pidement un des chceurs mixtes les plus remar- 
quables du monde entier et put, en 1855 d6j&, 
ex£cuter la « Messe en si mineur », de Bacb, 
avec un complet succes. R. devint, apr&s la 
mort de Brendel, president de la < Soci&e ge- 
nerate allemande de musique » ; il fonda la 
section de Leipzig, qui execute, dans des audi- 
tions gratuites, des nouveautes interessantes 
(musique de chambre, lieder, chceurs), et fat 
aussi president de 1' < Association Wagn6rien- 
ne », k Leipzig. Parmi les publications de R.,on 
ne trouve que peu d'oeuvres originales, mais 
parcontre une s£rie d'excellentes editions d'ceu- 
vres anciennes, parmi lesquelles : Die sieben 
Worte, de Schtitz ; Geistliche Melodien. de J.- 
W. Franck ; Preussiscfie Festlieder, de Eccard ; 
Weinachtslieder, de Prsetorius, etc. D a reuni, 
en outre, des fragments des quatre Passions 
de Schtitz en une seule « Passion » et publie 
divers recueils : Altbcehmische Hussiten und 
Weinachtslieder et Zxco&f alldeulsche Lieder. 
R. regut du due d'Altenbourg le titre de € pro- 
fesseur » et fut cr£6, k l'occasion des tetea de 
Luther, D r honoris causa par TUuiversite de 
Leipzig : en 1884, il fut nomm& par le roi de 
Saxe « maitre de chapelle royal*.— 2. Hermann, 
compositeur de lieder, n6 k Burg, pr&s de Mag- 
debourg,le 2 janv, 1847; 616ve du Conservatoire 
de Vienne, actuellement chef d'orchestre de la 
Cour, a Brunswick. R. est surtout connu par 
ses compositions de lieder du Trompette de 
Sachingen, de Scheflel. — 8. Furchtegott- 
Ernst-August, n£ a Chemnitz le 22 mai 1855; 
frequenta le s^minaire d'Annaberg puis, de 
1876 k 1878, le Conservatoire de Leipzig, deviur, 
en 1877, maitre de musique k l'Asile des avea- 
gles, puis (jusqu'en 1888), directeur de la so- 
eiet£ de chant mixte « Quartett », k Leipzig. En 
1888, R. fut appele comme maitre au s£minaire 
de Plauen, mais il devint, en 1890 deja, cantor, 
directeur de musique el maitre de chant a 
TEcole secondaire ; en outre, il dirige, depois 
1888 la • Societe de musique » de Plauen. (Jomme 
compositeur, R. s'est fait connaitre pardiverses 
ceuvres vocales : une cantate, Winfried (op. 
16); Der Sachsen Festtagssang (op. 17); des 
chopurs, des lieder : puis, par des morceaux de 
piano destines k renseignement : douze sona- 



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RIEDT — RIEMANN 



689 



lines (op. 12 et op. 18) pouvant servir de second 
piano k Top. 86 de dementi et k Top. 55 de 
Kuhlau; etc. 

Riedt, Friedrich-Wilhelm, fliitiste et tb£ori- 
<cien, n6 a Berlin le 24 janv. 1712, m. dans la 
in&me ville le 5 janv. 1784: eteve de Graun, fut 
-snccessivement musicien de la Ghambre de 
Frederic-le-Grand (1741), puis directeur de la 
< Societe musicale », a Berlin (1750). II a com- 
pose des concertos, des soli, des trios pour 
flute et 6crit un Versuch uber die musikali- 
schen Jntervalle (1758), de m&me que plusieurs 
articles de th6orie, de critique et de poiemique, 
dans les « Beitr&ge » de Marpurg (vol. I a III). 

Riehl, Wilhelm-Heinrich, ne k Biebrich s. 
Rhinle6mai 1828, m. k Munich le 16 nov.1897 ; 
fut nomme, en 1854, professeur de sciences so- 
«ciale8 a l'Universite de Munich, puis, en 1865, 
-directeur general du Musee national et conser- 
vateurdes monuments artistiques dela Bavi^re. 
En plus d'ouvrages sur Thistoire des civilisa- 
tions, fort int£ressants pour la plupart, quoique 
-£difi&8 sur des donnees parfois pr6caires (Na- 
Xurgeschichte des Volks ; Kulturhistorische 
JNovellen; Kulturstudien aus drei Jahrhun- 
derten, etc.)., R. a public : Musikalische Cha- 
rakterkcepfe (1853-1861, 2 vol.; 6« ed., 1879); 
Hausmusik (1856, 1877, 2 parties ; lieder de R. 
lui-m&me). II a donne pendant nombre d'an- 
«ees un cours d'histoirede lamusique aFcEcole 
Toyale demusique » de Munich. 

Riem, Friedrich-Wilhelm, organisteet com- 
positeur, ne a Koelleda (Thuringe) le 17 fevr. 
1779, m. a Br6me le 20 avr. 1857 ; eieve de J.-A. 
Hiller, a Leipzig, devint, en 1807, organiste de 
la nouvelle eglise r6form£e, puis, en 1814, or- 
ganiste de la Cathedrale de Br&me et directeur 
•de la « Singakademie ». II a 6crit un grand 
nombre d'ceuvres de musique de chambre : 
•des quatuors et des quintettes pour instr. a 
-archet, des sonates de violon, des pieces pour 
piano, etc. Parmi ses compositions d'orgue, 
deux livraisons parurent chez Korner, a Erfurt 

Biemann, 1. Jakob, musicien de la Cour de 
<JSassel, au commencement du siecle passe, a 
public des suites pour basse de viole et con- 
tinuo, six sonates de violon avec continuo et 
«ies 8onates-trios pour violon, gambe et conti- 
nuo. — 2. August, ne k Blankenhain (Thu- 
ringe) le 12 aout 1772, m. a Weimar en aout 
1826; fut, k partir de 1790, premier violon dans 
la chapelle de la Cour & Weimar, puis devint re- 
p&ileur a TOpera, en 1806, et directeur de musi- 
<pie de la Cour, en 1818. Ses compositions pour 
^violon sont restees manuscrites. — 3. Hugo, au- 
teur de ce dictionnaire, n6 k Grossmehlra, pr6s 
Sondershausen, le 18 juil. 1849; apprit les pre- 
miers principes de la musique aupr&s de son p&re 
<rai etait agronome de profession, mais grand 
amateur de musique, el dont des lieder, des 
-choeurs, un opera, etc. furent executes a Son- 
dershausen (ce ne fut que l'opposition inflexi- 
ble de ses parents qui Temp6cha de donner un 
developpement artistique a son vigoureux ta- 
lent musical; il mourut k Sondershausen le 6 
siout 1896). R. reyut les premieres lemons de 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 44. 

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thSorie de Frankenberger, k Sondershausen; 
Barthel, Ratzenberger et d*autres lui enseign^- 
rent le piano. D fut pendant plusieurs ann£es 
pensionnaire du botaniste bien connu, Th. Ir- 
misch, qui stimula son zeie et son ambition; 
puis trois annees pass6es k Tecole du couvent 
de Rossleben (1865-1868) le maintinrent dans 
les m£mes dispositions d'esprit. Apr&s avoir 
fait son gymnase, il etudia k Berlin d'abord le 
droit, puis ensuite la philosophic et Thistoire. 
Pendant ce temps, la musique fut toujours sa 
fiddle compagne et, si R. tarda quelque peu a 
reconnaitre sa veritable vocation, c'est que d&s 
Ykge de neuf ans, il avait pris Thabitude de 
vouer presque tous ses loisirs k la po^sie, etu- 
diant les maitres avec soin et 6crivanl lui-m&me 
des vers. A cela s'ajoutait l'attrait de la vie 
universitaire, surtout de celle du corps de Tti- 
bingue, qui lui dtait presque toute concentra- 
tion d'esprit. Ce fut en 1871 settlement qu'il 
prit la fcrme resolution de se vouer k la mu- 
sique et qu'il devint 616ve du Conservatoire de 
Leipzig. En 1873, R. fit son doctorat en philo- 
sophie, k Gottingue. Apr6s une activity de plu- 
sieurs ann£es comme directeur de musique et 
professeur, k Bielefeld, ou il se maria en 1876, 
il se presenta, en octobre 1878, comme privat- 
docent pour la musique, a l'Universite de Leip- 
zig; comme la situation qu'il avait esp£r£e au 
Conservatoire tardait a lui etre accord£e, il 
alia s'etablir, en 1880, comme professeur de 
musique a Bromberg. De 1881 k 1890, R. fut 
professeur au Conservatoire de Hambourg; il 
passa ensuite quelque temps au Conservatoire 
de Sondershausen, puis, en 1890 encore, fut 
engag^ comme professeur k celui de Wiesba- 
den. En 1895, R. est enfin retoufne a Leipzig 
ou il deploie une grande activity, entre autres 
comme privat-docent de musique k l'Univer- ' 
siti. R. est membre honoraire de l'Acad6mie 
Ste-Cecile de Rome et de la « Maatschappig tot 
Bevordering van Toonkuqpt i.Il a publie un 
grand nombre de morceaux de piano, des lie- 
der, une sonate pour piano, six sonatines (op. 
48), une sonatine a quatre mains (op. 49), une 
sonate pour violon (1875), un quatuor pour 
instr. a archet (op. 26), un trio (op. 47), des 
Systematische Treffiibungen fiir den Gesang, 
plusieurs cahiers d'etudes pour piano (op. 40, 
41), etc.; mais surtout, en plus du Dictionnaire 
de musique dont la l re 6d. all. parut en 1882 
(ed. anglaise par J.-S. Shedlock, 1893, chez Au- 
gener a Londres), Musikalische Logik (these 
de doctorat, 1873 ) , * M usihalische Syntaxis 
(1877), Sludien zur Geschichte der Noten- 
schrift (premiere etude de privat-docent, 1878), 
Skizze einer neuen Methods der Harmonic- 

lehre (1880; 2« ed. augmentee, sous le titnjj \— 

Handbuch der Harmonielehre, 1887r^* ed. 
notablement transformee, 1898), Die Enlwiche- 
lung unserer Notenschrift (1881), Die Natur 
der Harmonik (1882), Der Ausdruck in der 
Musik (1883 ; ces trois derniers essais se trou- 
vent dans la « Sammiung musikalischer Vor- 
trage », de Waldersee) ; Die Motorvptcti der by- 
zantinischen liturgischen Notation (1882, dans 

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690 



RIEMBNSCHNEIDBR 



RIES 



les comptes rendus de l'AcadSmie de Munich, 
mais publi6 aussi s6par6ment), Elementar-Mu- 
siklelire (1882), Neue Schule der Melodik (1888), 
Vergietchende Klavierschuie (1883), Musiha- 
tische Dynamik und Agogik, Lehrbuch der 
mustkalisdien Phrasierung (1884), Praktische 
Anleitung zum Phrasieren (en collaboration 
avec le D' Karl Fuchs, 1886; paru aussi sous 
le titre de Katechismus der Phrasierung) >, 
Opemhandbuch (1884-1887; suppl. en 1893), 
Systematische Modulatianslehre (1887), la tra- 
duction allemande du « Nouveau traits d'ins- 
trumentation * (1887) et de € L'origine du chant 
liturgique » (1891) de F.-A. Gevaert, Ueber Phra- 
sierung vm ElementanmterricJit (dans les 
comptes rendus du Conservatoire de Hambourg, 
(1887), Lehrbuch des einfaehm, doppelten und 
imitierenden Kontraptmkts (1888), Musikali- 
scheKatechismen (1888-91 : Musikinstrumente 
fed. angl. chez Augener, Londres], Musihge- 
Sphichte [2 part ; 6d. angl. ibid.; te. russe chez 
Jurgenson, Moscou], Orgel, AUgemeine Musik- 
lehre, Klawierspiel [6d. angl. chez Augener, 
Londres;russechez Jurgenson^Moscou^Com- 
ZJOtfttums-teJira [2 part. J, Generalbassspiel, 
Musikdiktat, HarmonieUhre Musikcesthetih 
[« Wie horen wir Musik? »], Fuge [Analyses 
/ d u clavecin bien temp6r6; 2 part.], Vokal- 
~~* m jfyusik [composition vocale], Musikwissen- 
L—l~sctiaft [acoustique]), Vereinfachte Harmonie- 
' Lehre (Lehre van den tonalen Funktionen der 
* Harmonie, Londres, 1896; 6d. angl. par Be- 
werunge, 1897; 6d. fran$. par G. Humbert, 
1898), Prceludien und Studien (1896; Etudes di- 
verses et articles de journaux reunie en volume 
et Notenschrift und Notendruck) (Reader): 
Ajoulons A cela les Editions € phras6es » ( Phra- 
sienmgsausgaben) parues, d&s 1884 chez Sim- 
rock, Litolff, F. Siegel, Th. Steingraeber (entre 
autres un grand nombred'osuvresjusqu'alors 
in&dites de Friedemann Bach; une edition com- 
plete des oeuvres <Jjf Rameau pour piano, etc.) et 
Augener & O; des Chansons von Qilles Bin- 
ckois (1892), des Ittustrationen zur Musihge- 
schichte (1893), une nouvelle Edition revue de 
la Compositionslehre de Marx (v. ce nom), 
des Reigen und Tdhze aus Kaiser Mathia 
Zeit, etc., etc. Outre cela, R. a publie depuis 
1870, dans les revues musicales et autres, des 
articles de thgorie et d'histoire; il a r&iige de- 
puis la 3 # 6d., avec W. Langhans d'abord, puis 
seul depuis la mort de ce dernier, toute la par- 
tie musicale du Conversationslexikon 9 de Meyer. 
Riemenschneider, Georo, n6 A Stralsund le 
1" avr. 1848; 616ve de Haupt et de Kiel, A Ber- 
lin, fut chef d'orchestre de th£&tre a Lubeck, 
Danzig, etc. et vit actuellement A Breslau, 
comme directeur de la « Breslauer Concert- 
kapelle ». Parmi ses compositions, il faut men- 
tionner des oeuvres pour orchestre : Julinacht, 
Totentanz; JNactttfaJirt; Don Diana, Festprce- 
ludien, et un op^ra en un acte, Mondeszauber, 
execute A Danzig, en 1887. 

Riepel, Joseph, th6oricien remarquable, n& A 
Horschlag (Haule-Autriche; en 1708, devint en 
1757 musicien de la Chambre du prince de 



Tour et Taxis, A Ralisbonne, ou il mourut le2$ 
oct 1782. II publia des concertos de violon qui 
ne paraissent pas avoir 6t6 conserves et £crivit 
un assez grand nombre d'ouvrages thtoriques 
dont une partie, partageant le sort de ses sym- 
phonies, de ses concertos de piano et de sa mu- 
sique d'6glise, resta manuscrite. On a public de 
lui cependant : AnfangsgrUnde zur musiha- 
lischen Setzhunst ... • De rhythmopceia » oder 
von der Taklordnung (1752; 2« ed M 1754; ou- 
vrage de haute valeur); Grundregeln zur Ton- 
ordnung (1755); Griindttche Erklarwig der 
Tonordnung insbesondere, zugleich abet fur 
die meftresten Organisten insgemein (1757); 
Erlduterung der betriiglichen Tonordnun*/ r 
namlich das versprochene 4. Kapitel, etc. 
(1765); Fiinfles Kapilel. Unentbehrliche An- 
merkwngen zum Kontrapunkt, uber die durch- 
gehend gewechselten und ausschuceifenden No- 
ten (1768); BassschlUsseljdas ist Anleitung fUr 
Anf anger wnd Liebhaber der Setzhunst, die 
sch6ne Qedanken haben und zu Papier brin- 
gen t aber nur klagen, dass sie heinen Bass 
recht dazu zu setzen wissen (1786; publie par 
son £l&ve, le cantor Schubarth). A ces oeuvres, 
qui sont les parlies d'un tout, vients ajouter en- 
core: Barmonisches Silbenmaas,Dichtemme- 
lodischer Werke gewidmet und angehenden 
Singhomponisten zurEinsicht(\H% 2 parties). 
Ries, 1. Franz, n6 A Bonn le 10 nov. 1755, m. 
A Brfcme le 1" nov. 1846 (le « vieux • R.); fut 
concertmeister et plus tard maitre de musique 
de UElecteur Max-Franz de Cologne, A Bonn. 
— 2. Ferdinand, tils aln£ du precedent, n6 4 
Bonn le 29 nov. 1784, m. A Francfort s/Mein le 
13 janv. 1838; fut de 1800 A 1804, A Vienne^ 
Sieve de Beethoven (qui, en tant que natif de 
Bonn, etait li6 avec son p&re). II est estime 
comme compositeur et comme auteur des Bio- 
graphische Notizen Uber L. Van Beethoven 
(1838); il se fit connaitre comme pianiste 6gale~ 
ment dans de nombreux voyages en France,, 
en Angleterre, en Scandinavie et en Rnssie* 
passa douze ans en Angleterre, mais, A part 
cela, sSjourna habituellement A Godesberg,. 
pr&s Bonn (ou, en 1824, il avait herite une pro* 
pri6t6) et, A parlir de 1830, a Francfort s/M. R. 
dirigea plusieurs festivals de musique du Baa- 
Rhin et fut, de 1884 a 1886, directeur de For- 
chestre municipal d'Aix-la-Ghapelle. Enftn, 
dans la derni^re ann^e de sa vie, il fut directeur 
de la Soci6t6 Ste-C£cile de Francfort s/M. R. 
a beaucoup compost (plus de deux cents oeu- 
vres) ; on connait de lui : trois operas (Die Rau~ 
berbraut; Liska; Eine Nacht auf dem Liba- 
non); deux oratorios (Der Sieg des GUxubens? 
Die Anbetung der K6nige)\ six symphonies; 
trois ouvertures; neuf concertos de piano; tm 
concerto de violon ; six quintettes pour diver- 
ses combinaisons instrument ales; puis un oc- 
tette, un septuor, deux sextuors, un quintette* 
trois quatuors, cinq trios, etc. avec piano; qua- 
torze quatuors pour instr. A archet; vingt sena- 
tes pour violon; une sonate pour violoncelie; 
un trio pour deux pianos et harpe et une quan- 
tity de sonates, de fantaisies et de rondos pour 



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RIETER-BIEDERMANN — RIGHINI 



691 



piano seul. — 3. Peter-Joseph, frere du prece- 
dent, ne en 1790, m. a Londres en avr. 1882; 
etait « professeur royal de Prusse ». — 4. Hu- 
bert, le fils cadet de Franz R., n6 le l Bf avr. 
1802, m. A Berlin le 14 sept. 1886; eteve de 
Spohr (violon) et de M. Hauptmann (composi- 
tion), A Cassel, devinl, en 18:36 concertmeister 
de Torchestre de la Cour, a Berlin, en 1839 
membre de l'Academie royale dee Beaux-Arts, 
en 1851 professeur A TEcole de inusique ins- 
trumentale du The&tre, et fit valoir ses droits a 
la retraite en 1872. R. s'est distingue surtout 
par la publication d'excellentes m£thodes et 
etudes pour le violon (« Quinze etudes de vio- 
lon, de difficulty moyenne », op. 26; « Ginquante 
etudes d'intonation »; douze Etudes en forme 
de morceaux de concert, op. 9;plusieurs recueils 
de duos, etc.). — 5. Louis, fils du precedent, 
ne a Berlin le 30 janv. 1830; distingu6 profes- 
seur de violon, A Londres; son fr6re. — 6. Adolf, 
ne a Berlin le 20 dec. 1837, vit A Londres ega- 
lement,cotnme professeur de piano; il a public 
qnelques oeuvres de musique de chambre, des 
lieder, des morceaux de piano, etc. Mais le 
plus remarquable des fils de Hubert R. est 
sans conlredit le cadet. — 7. Franz, n3 a Berlin 
le 7 avr. 1846; eleve de son pere pour le violon, 
et de Kiel pour la composition, puis, de 1866 a 
1868, de Massart (violon), au Conservatoire de 
Paris, il dut abandonner la carrtere de violo- 
niste,acause d'une affection nerveuse.il se voua 
des lors an commerce de musique; il est co-pro- 
prietaire de la maison Ries et Erler, a Berlin. 
Ses nombreuses compositions (pieces d'orches- 
tre et de musique de chambre [suites pour vio- 
lon, quatuors, quintette pour instr. a archet], 
lieder, morceaux pour piano) denotent un talent 
peu ordinaire et une solide Education artis- 
tique. 

Rieter-Biedermann, J.-Melchtor, n6 a Win- 
terthour le 14 mai 1811, m. dans la m£me ville 
le 25 janv. 1876, y fonda la maison d'edition 
qui porte son nom. Ge commerce se developpa 
rapidement, el R. dut ouvrir, en 1862, une suc- 
cursale A Leipzig. R. publie des oeuvres des 
meilleurs compositeurs et fait preuve de loua- 
bles tendances artistiques. 

Rietz, 1. Edouard, ami de jeunesse de Men- 
delssohn, violoniste de talent, ne A Berlin le 17 
oct. 1802, fils du musicien de la Chambre (bas- 
son) Johann-Friedrich R. (m. a Berlin le 25 mars 
1828), devint tout jeune encore membre de la 
Ghapelle royale, chanta aussi une parlie de te- 
nor, d&s 1821, a la « Singakademie ». II fonda, 
en 182t>, la « Soci6t& philharmonique » dont il 
devint le directeur, mais mour.ut deja le 23 
janv. 1832. — 2. Julius, frere du precedent, com- 
positeur distingu£ et chef d'orchestre de talent, 
ne A Berlin le 28 d6c. 1812, m. a Dresde le 12 sept. 
1877; se forma sous la direction de Romberg 
et de M. Ganz, comme violoncelliste, et entra, 
A seize ans, a Forchestre du theatre de « Konig- 
stadt » pour lequel il ecrivit la musique de Lor- 
beerbaum und Bettelstab. Mendelssohn qui re- 
portait sur lui Tamiti6 qu'il avail eue pour son 
fr6re, Tappela en 1834 a Dusseldorf, d'abord 



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comme second chef au theatre « Zimmermann »; 
puis, apres la retraite de Mendelssohn, il de- 
vint premier chef et directeur de musique de 
la ville. Mais Topera de Dusseldorf ferma ses 
portes; R. fut appelS, en 1847, comme chef d'or- 
chestre au Theatre de Leipzig, et prit en m&me 
temps la direction de la « Singakademie ». II 
succeda, Tannee suivante d6ja, A Mendelssohn 
comme directeur des concerts du « Gewand- 
haus » et professeur de composition au Conser- 
vatoire. En 1854, R. abandonna la direction du 
thSAtre et porta ses efforts sur la direction des 
concerts du t Gewandhaus » et sur son ensei- 
gnement au Conservatoire, jusqu'au moment 
ou il fut appele a la place de Reissiger comme 
chef d'orchestre de la Cour, a Dresde, prenant 
en outre, peu apres, la direction artistique du 
Conservatoire. I/Universite de Leipzig lui con- 
fera le grade de D r hon. c, lors du 450 m « anni- 
versaire de sa fondation. Le roi de Saxe le 
homma, en 1874, a 1 'occasion de Tanniversaire 
de ses quarante ans d'activite comme chef d'or- 
chestre, directeur general de la musique de la 
Cour. Le l" oct. 1877, R. devait prendre sa re- 
traite, mais la mort le rappela trois semaines 
avant ce terme. Le dernier travail de R. fut la 
redaction de Tedition complete (Breitkopf et 
Hartel) des oeuvres de Mendelssohn (1874-1877). 
Comme compositeur, R. A subi Finfluence incon- 
testable de Mendelssohn, mais il a aussi produit 
des ceuvres d'une certaine originalite d'inven- 
tion et de facture qui suffiront a assurer le bon 
renorn de sa memoire; on peut citer particulie- 
rement : une ouverture de concert en la majeur 
(op. 7) et une ouverture pour une com6die (op. 
18).En outre, R. a ecrit des operas : DerKorsar 
(1850), Georg Neumark und die Gambe (1859), 
Jery und Bately, Das Madchen aus der Fremde 
(1839), beaucoup de- musique scenique, des ou- 
vertures, des symphonies, le Dilhyrambe de 
Schiller (ex£cut£ en plusieurs endroits, pour 
les fetes Schiller), des Messes, des psaumes, 
des motets, des chorals, six duos religieux avec 
accompagnement de piano, des choeurs pour 
voix d'hommes, des lieder avec piano, deux 
concertos de violoncelle, un concerto de vio- 
lon, un concerto de clarinette, des morceaux 
pour hautbois, des caprices pour violon et or- 
chestre, un quatuor pour instr. a archet, une 
sonate pour violon, une sonate pour flute, des 
sonates pour piano, etc., etc. 

Riga, Francois, ne a Liege le 21 janv. 1831, 
m. a Schaerbeck, pr6s de Bruxelles, le 18 janv. 
1892; 61&ve de FStis, de Lemmens et de Hans- 
sen au Conservatoire de Bruxelles, maitre de 
chapelle d'une Sglise de cette ville, compositeur 
d'ceuvres vocales religieuses estimSes, a cap- 
pella et avec orchestre. R. a ecrit aussi des can- 
tates, des choeurs pour voix d'hommes, d'autres 
pour voix defemmes avec piano, des ouvertures, 
des morceaux pour violon, violoncelle, cor, 
piano, etc. 

Righini, Vincenzo, compositeur, ne a Bolo- 
gne le 22 janv. 1756, m. dans la mdme ville le 
19 aout 1812; fut el6ve du P. Martini, monta 
sur la scene a Parme en 1775, chanta 1'amiee 

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692 



RIGODON — RIMBAULT 



suivante a Prague et s'y fit connallre aussi 
comme compositeur d'airs detaches puis, d f ope- 
ras. En 1780, Joseph II Tappela k Vienne comme 
professeur de chant de l'archiduchesse Elisa- 
beth et directeur de FOp6ra-Buffa; de 1788 a 
1792, il s6journa k Mayence comme maitre de 
chapelle du prince eiecteur et, en 1793, apr6s 
avoir donne avec grand succ^s son opera Enea 
nel Lazio, k Berlin, il fut nomme chef d'orches- 
tre de TOp6ra de la Gour, par Fr£d6ric-Guil-. 
laume II, avec 4000 thalers d' appointements.il 
conserva celte place jusqu f & sa mort, quoique 
l'annee terrible (1806) entravAt pour longtemps 
son activite. R. avait epouse, en 1793, la canta- 
trice Henriette Kneisel, m. en 1800. II a ecrit 
en tout vingt operas, parmi lesquels Tigrane 
(1799), Geruscdemme liberate (1802) et La 
selva incantata (1802) parurent k Leipzig, en 
reduction pour le piano; il a public, en outre : 
une serenade pour deux cors et deux bassons, 
deux trios avec piano, un concerto de flute, 
une Messe, un Te Deum, un Requiem et toute 
une s£rie d'oeuvresmoins importantes(cantates, 
airs, duos), de m&meque d'excellents exercices 
de chant. 

Rigodon ou Rigaudon, ancienne forme de 
danse provencale, en mesure alia breve simple- 
ment ou doublement anacrousique et d'allure 
enjouee; le. r. se compose le plus souvent de 
trois reprises de huit mesures chacune et dont 
la troisieme doit 6tre d'un caractere different 
des deux autres. Mattheson [Kern melodischer 
Wissenschaft, P- H3) pretend que cette troi- 
sieme reprise doit etre ecrite plus bas que les 
precedentes, afin que les themes principaux 
ressortent d'autant mieux. 

Rilasciando (Hal.), en rel&chant un peu le 
mouvement, un peu plus lent 

Rill6, Franqois-Anatole-Laurent de, ne k 
Orleans en 1828; eleve de Elwart, a Paris, ins- 
pecteur des ecoles de chant, a Paris, ecrivit des 
choeurs orpheoniques qui sont devenus popu- 
lates, de m&me que, d6s 1858, environ seize 
opSrettes en un acte, pour Paris et Bruxelles, 
plusieurs Messes et autres morceaux de musi- 
que d^glise, des chants divers, un manuel de 
chant choral, des exercices pour orpheons et 
une nouvelle musicale, Olivier VOrphbonistc* 
R. r£dige actuellement YEcho des OrpJieons. 

Rimbault, Edward- Francis, un des savants 
anglais les plus eminents dans le domaine de 
la musique, ne a Londres le 13 juin 1816, m. 
dans la m&me ville le 26 sept. 1876; issu 
d'une famille francaise, fut, pour la musique, 
eleve de son pere, un vaillant orgauiste, et 
de Wesley. II devint, en 1832, organiste de la 
Chapelle Suisse, a Soho (Londres), s'occupa 
ensuite deludes historiques sur la musique 
et fit des conferences, a partir de 1838, sur 
Thistoire de la musique en Angleterre. En 
1841, R. fonda, avec C. Taylor et W. Ghappell, 
la « Musical Antiquarian Society », dont il r6- 
digea les publications importantes d'eeuvres 
d'anciens compositeurs anglais (Byrd, Morley, 
Dowland, Gibbons, Purcell, etc.); en outre, il 
fut redacteur et secretaire de la t Percy Society*, 



qui publiait les monuments de l'ancienne po&sie 
anglaise (Relics of the ancient english poetry) et 
de la « Motett Society » (publication d'eeuvres 
de Palestrina et de Lassus, avec texte anglais). 
En 1842, la « Societe des recherches sur Tanti- 
quite » de Londres le nomma membre, TUni- 
versite de Goettingue lui confera le titre de 
2) r hon. a, il fut eiu en outre a l'Academie de 
Stockholm ; deux ana plus tard, il obtint encore 
le doctorat en jurisprudence, a Londres. Ses 
seances musicales devinrent toujours plus re- 
nommees. R. refusa l'offre d'une chaire de 
musique a TUniversile Harvard, a Boston, mais 
il fit par contre, a di verses reprises, des con- 
ferences a FUniversite de Londres, k celles 
d'Edimbourg et de Glascow. II ne put consa- 
crer beaucoup de temps a des productions per- 
sonnelles, originales, ce qui se comprend lors- 
qu'on considdre le nombre considerable de ses 
publications, et si Ton songe qu'a cote de cela 
il faisait un tr^s grand nombre de reductions 
au piano de nouveaux operas (Spohr, Macfar- 
ren, Balfe, Wallace, etc.). Lui-m£me ne composa 
que deux oeuvres sceniques de moindre impor- 
tance: The fair maid of Islington et The castle 
spectre (1838-1839), jouees a Londres avec suc- 
ces, puis un certain nombre de melodies vocales 
anglaises, R. a publie Cathedral Music, de 
Arnold (trois vol., avec notices biographiques 
et remplacement de la basse chiffree par un ac- 
compagnement d'orgue); A collection of Cathe- 
dral Music (1 vol., id.); Cathedral chants of 
the 16* , 17* and 18* centuries (id,) ; The 
full Cathedral service of Th. TaUis (id.): 
The order of daily service with the musical 
notation as adapted and composed by Th, 
Tallis ; A collection of services and anthems 
chiefly adapted from the works of Palestrina, 
Orlando di Lasso, Vittoria, Colonna, etc. (3 vol., 
pour la t Motett Society ») ,• A collection of an- 
thems by composers of the madrigalian era 
(Bateson, Este, Weelkes, etc. ; pour la * Mus. 
Antiq. Soc. »); The order of morning and eve- 
ning prayer (a quatre parties, cantus firmus 
au t^nor); The order of daily service with the 
musical notation as used in the abbeychurdi 
ofS. Peter Westminster; Edward Lowe's order 
ofclianting the cathedral service (reimpression 
de red. de 1664); The handbook for the parish, 
choir, a collection of psalm tunes, services: 
anthems, chants, Sanctus, etc. ( a quatre voix) 
The organist's handbook, a collection of vo- 
luntaries for the organ, chiefly collected from 
composers of the german school ; Vocal part- 
music sacred and secular (anthems, motets, 
madrigaux, choeurs, etc.) avec piano ou orgue); 
The whole book of psahnes, de Este (de 1592, 
avec notices historiques, etc.) ;Booke of common 
%rrayer, de Merbecke (de 15130, imprime en fac- 
simile, mais aussi en partition moderne); une 
Messe a cinq voix, de Byrd, avec introduction 
historique ; First book of ballets for 5 voices, 
de Th. Morley (de 1595; « Mus. Ant. Soc.»); 
First set of madrigals for 3-5 voices, de Th. 
Bateson ; Fantasies of 3 parts for viols, de 
O. Gibbons; Popera Bonduca, de Purcell, avec 



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RIMSKY-KORSAKOW — RIPA 



693 



une histoire de la musique dramatique en An- 
gleterre ; Parthenia, or the first music ever 
printed for the virginals; Nursery rhymes 
with the tune (chants de nourrice) ; Christmas 
carols with the ancient melodies; The ancient 
vocal music of England (2 vol. ; exemples poor 
les conferences de Fauteur); Ihe rounds, cat- 
ches and canons of England (exemples du 
xvi # au xviii 6 s.). R. a r^dite aussi : Samson, 
Saul et le Messie, de H&ndel. Ses travaux sp6- 
cianx de th£orie et d'histoire sont : une m£thode 
de piano; deux m&lhodes d'harmonium ; Me- 
moirs of music bj/ the hon. Roger North, attor- 
ney general to James II (1846); une histoire 
de Vorgue vraiment originale (non pas supple- 
ment copi£e de celle de Dom Bedos) 9 parue 
comme supplement de The organ, its history 
and construction (1855), de Hopkins; The pia- 
noforte its origin progress and construction 
(1860; contient aussi l'histoire du clavicorde et 
du clavecin) ; Bibliographia madrigaliana (Bi- 
bliographic des po&mes et compositions du 
temps de la reine Elisabeth et de Jacob I) ; une 
monographic sur Jack Wilson et John Wilson, 
pour en d£montrer l'identit6. R fut pendant 
longtemps collaborateur et momentan&ment 
r£dacteur de la revue musicale : The Choir. Le 
Dictionary of music and musicians (1879 et 
suiv.), de Grove, contient aussi des articles de 
valeur trouv&s dans la succession de R. 

Rimsky - Korsakow , Nicolas- Andrejevitch, 
compositeur russe, n£ A Tiekwin le 6/18 mars 
1844; choisit d*abord la carrtere militaire et fut 
plusieurs ann&es officierde marine. Entre temps 
il 6tudia par'lui-mdme la musique et devint un 
bon musicien, de sorte qu'il put accepter, en 1871, 
le poste de professeur de composition au Con- 
servatoire de St-Petersbourg. II est inspecteur 
des musiques de la flotte russe et, depuis la 
retraite de Balakirew, directeurde FEcolegra- 
tuite de musique. R. est, comme compositeur, 
un des repr£sentants de la jeune Scole russe qui 
suit les traces de Berlioz, de Liszt, et montre 
beaucoup de sympathie pour la jeune ecole alle- 
mande. Une 16gende de lui: Sadko, pour or- 
chestra, fut pr6sent£e au festival de la c Soci6t6 
g£n6raleallemande de musique*, en 1876, A Al- 
tenbourg, puis A Paris (1878); de un&me un 
poeme symphonique : Antar, en 1881, A Mag- 
debourg. L'Op6ra russe, A St-P6tersbourg, a 
donn£ plusieurs ouvrages de lui : Pshowitjanka 
(Lafille dePskow, 1878), Nuit de mai (1880), 
Snegoroutchha (1882), Mlada (opera-ballet f£e- 
rique, nov. 1892), enfixiLanuit de Noel (op6ra- 
fantastique, d6c. 1895). On connalt en outre, de 
R. : une symphonic (ut majeur, 1886), une Sin- 
fonietta (la mineur), une suite d'orchestre : 
Scheherazade, un Conte fterique, des ouvertu- 
res (sur des themes russes), une fantaisie sur 
des themes serbes, un Caprice espagnol, tous 
pour orchestre; un concerto de piano (ut di&se 
mineur); une Fantaisie sur des themes russes 
pour violon et orchestre; des quatuors pour 
instr. & archet; des pieces pour piano (suite, 
fugues, morceaux de genre); une Serinade pour 
violoncelle ; de la musique vocale (chceurs pour 



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voix d'hommes et pour voix de femmes; melo- 
dies), etc., etc. Enfin, R. est l'autenr d'un 
« Traits d'harmonie pratique*, paru en russe 
(trois Editions) et en allemand. 

Rinaldo da Capua, compositeur d'op^ras Ita- 
lians, natif de Capoue, Scrivit, de 1787 A 1771, 
pour les scenes dltalie et pour l'Op£ra italien 
de Paris, vingt operas dont les titres sont tous 
connus ; on en a conserve quelques fragments 
seulement. Cf. « Vierteljahresschrift fdr M.W. •, 
1887. 

Rinck, 1. Johann-Christian-Heinbich, Emi- 
nent organiste et compositeur pour orgue, n6 
A Elgersbarg (Thuringe) le 18 ttv. 1770, m. A 
Darmstadt le 7 aout 1846 ; elSve de plusieurs 
organistes de la Thuringe, et finalement de 
Kittel (qui avait £t6 lui-m6me £16ve de J.-S. 
Bach), A Erfurt (1786 A 1789), devint organiste 
de la ville de Giessen en 1790, organiste et 
maltre de musique au sfoninaire de Darmstadt 
en 1805, organiste du Chateau en 1818, et quatre 
ans plus tard musicien de la Ghambre. R. pas- 
sait pour un des meilleurs organistes de son 
temps, et fit plusieurs tournees de concerts, en- 
tre autres en Thuringe, puis A Trieste. L'Uni- 
versil6 de Giessen lui conf6ra le litre de D r phil. 
Aon. a., lors de son jubil6, en 1840. M.-J. Fal- 
sing a public une biographie de R.,en 1848. R. 
a compost beaucoup pour Vorgue, d'abord sa 
grande Orgelschule (Op. 55; nouv. £d. par Otto 
Dienel, 1881); deux recueilsde chorals; un grand 
nombre de preludes pour des chorals (op. 2, 
25, 37, 47, 49, 52, 58, 58, 63, 65, 74, 93, 95, 105, 
116); Nachkldnge (op. 48, 78, 107, 114); des 
chorals figures (op. 40, 64, 77, 78, 109) ; Der 
Choralfreund, en sept ann£es (op. 101, 104, 110, 
115, 117, 119, 122) et deux supplements; des va- 
riations d'orgue (op. 56, 57, 70, 84, 89, 108); des 
morceaux pour orgue (op. 8, 9, 29, 33, 37, 38, 
66, 72, 92, 94, 99, 100,106); des notes th£oriques 
et pratiques sur le jeu d'orgue(Op. 124) ; des so- 
natas pour piano A deux et A quatre mains ; des 
trios ; une Messe ; des motets; des hymnes: des 
chorals ; un Pater noster A quatre voii, avec or- 
gue, op. 59 ; et d'autres morceaux de musique 
sacr£e. — 2. Gustave, compositeur francais, 
vit A Bordeaux, ou il est estim£ comme pia- 
niste ; il se fit connattre par un concerto, un 
quatuor avec piano et par un op6ra-comique : 
3f»« de Kerven (Bordeaux, 1877). 

Rinfonando (ital.), indication pour un fort 
crescendo ; rinforzato, plus fort, est A peu 
pr&s identique A forte assai 9 forte energique. 

Rinuccini, Ottavio, auteur des premiers 
po&mes d'op6ras (A Florence, vers 1600). Ce fut 
lui qui 6crivit Dafne et Euridxce pour Peri et 
Caccini ; puis Ayianna , pour Monteverde. Cf. 

OPfcRA. 

Ripa, Alberto de ( aussi appel£ Alberto 
Mantovano), seigneur de Carrois, cel&bre vir- 
tuose du xvi* s., natif de Mantoue, musicien de 
la Gourde Francois I or , de France, m. vers 1550. 
R. a public un grand ouvrage, lablature de 
luth, en six volumes (1553-1558) ; on trouve 
aussi des morceaux de lui dans les anthologies 
de luth de Phal£se (1546 a 1574), de m£me que 

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694 



RIPFEL — RITTER 



dans Intabolalura di liuto, etc., de Francesco 
Marcolini da Forli (1586). 

Ripfel, Karl, n6 k Mannheim en 1799, m. k 
Francfort s/M. le 8 mars 1876 ; fut, pendant 
quarante-cinq ans, yioloncelliste dans Torches- 
tre de Francfort. Quoique inconnu en dehors 
de son cercle d'activite, R. etait consid6r£ par 
Bernh. Romberg comme un violoncelliste hors 
ligne, en possession d'un m&canisme unique; 
il etait aussi excellent musicien et, dans sa jeu- 
nesse, pianiste distinguS. Les compositions de 
R. ont une valeur rSelle. 

Ripieno (ital, plein), oppose de solo on obli- 
gate, c.-a-d. k pea pres identique k tuttu On 
donnait autrefois le nom de parties de r. aux 
parties instrumentales (representees chacune 
par plusieurs instrumentistes) executant Fac- 
compagnement des oeuvres a soli (concertos, 
etc.). Toutefois, 1'indication r., lorsqu'elle se 
trouve dans une partition, dtaigne particulik- 
rement i'entree de tous les instr. k archet (ou, 
dans les musiques militaires, de toutes les cla- 
rinettes, etc.) dans le tutti, car autrefois 1'ac- 
compagnement des soli etait confi6 k une partie 
seulement des « ripienisles » ; cette coutume 
s'est du reste perpetu£e de nos jours, dans 
eertaines institutions de concerts. 

Rischbieter, Wilhelm-Albkrt, n6 k Brans- 
wick en 1834, £l&ve de M. Hauptmann, est de- 
puis 1862, maitre d'harmonie et de contrepoint 
au Conservatoire de Dresde. II a public : Ueber 
Modulation, Quartsextahhordund Orgelpunht 
(1879), Erl&uterungqnund Aufgaben sumStu- 
dium des Kontrapunhts (1885) et Die Gesetz- 
miissigkeit der Har month (1888), ainsi que 
plusieurs essais sur des questions de theorie, 
dans diverses revues musicales. 

Risentito (ital.), < bien senti », c.-&-d. avec 
chaleur, avec energie. 

Risler, Edouard, Tun des plus remarquables 
pianistes de notre temps, n6 k Baden-Baden en 
1873, fut amen£ k Paris en 1874 d£j& par son 
pere qui, apr&s avoir habite 1' Alsace-Lorraine, 
avait opt£ pour la France. Son talent musical 
tr&s pr^coce lui permit d'entrer au Conserva- 
toire k l'&ge de dix ans; apree six annees pas- 
sees dans les classes de Dimmer, il remporta 
son premier prix. R. termina ensuite ses etudes 
theoriques aupr^s de Chabrier, puis il se rendit 
en Alleraagne et y re<;ut successivement les 
conseils de Stavenhagen, de d' Albert, de Less- 
mann, etc. Entre temps, il se fit d£j& entendre 
frequemment k Paris et en province, puis a 
T&tranger ou il re$ut partout le m&ne accueil 
enthousiaste que dans sa patrie. R. remplit, en 
1896, les fonctions de rSpetiteur au The&tre- 
Wagner, k Bayreuth. 

Risoluto (ital.), resolu, decide. 

Risposta (ital.), reponse ; terme employe 
surtout dans la theorie de la fugue et du canon. 

Cf. PROPOSTA. 

Ristori, Giovanni- Alberto, ne a Bologne en 
1692, m. a Dresde le 3 fevr. 1753; il 6tait arrive 
a Dresde en 1715 dej&, avec son p&re (acteur), 
et y avait et6 nomme, deux ans plus tard, com- 
positeur du ThMtre italien de la Cour et di- 



recteur de la «Chapelle polonaise >. H devint, 
en 1733, organiste de la Chambre; en 1746, 
compositeur d'eglise et, en 1750, second maitre 
de chapelle de la Cour. R. est un des premiers 
compositeurs d*op£ras- comiques {Calandro, 
1726 ; Don Chisciotte, 1727), mais il forivit, en 
plus de treize operas et trois oratorios, une 
quantity de musique d'eglise, seize cantates, 
des concertos, etc 
Ristretto (ital.), syn. de stretta (v. ce mot). 
Risvegliato (ital.), eveilte, enjoue. 
Rit., Ritardando (ital.), en ralentissant 
Ritenente, Ritenuto (ital.), en retenant le 
mouvement, en ralentissant 
Ritmo (ital.), rythme (v. ce mot). 
Ritournelle (ital. ritomeUo 9 retour; all. Bj- 
i tomell), nom que Ton donne aux pet its preludes, 
! interludes et postludes instrumentaux, dans les 
! compositions vocales et principalement dans 
t les airs, les operas, les oratorios, ou encore 
I aux tutti dans les morceaux de concert. 
I Ritter, 1. Georg-Wenzel, bassoniste, n£ a 
I Mannheim le 7 avr. 1748, m. k Berlin le 16 join 
1808; membre del'orchestre du prince-£lecteur, 
k Mannheim, puis k Munich, ou il avait ete 
transfer^, fut ensuite engage dans l'orchestre 
de la Cour, k Berlin (1788). R. a public : deux 
concertos de basson et six quatuors pour violon, 
alto, violoncelle et basson. — 2. August-Gott- 
pkied, celdbre organiste, n6 k Erfurt le 25 aout 
1811, m. k Magdebourg le 26 aout 1885; el&vede 
Mich.-Gottl. Fischer, k Erfurt, de Hummel, a 
Weimar, de L. Berger, de A.-W. Bach et de 
Rungenhagen, k Berlin, devint, en 1837, orga- 
niste et maitre de chapelle k Erfurt, en 
1844 organiste du dAme a Magdebourg. H doit 
sa c£16brit& surtout a son ouvrage : Die Kunst 
des Orgelspiels (2 vol., huit Editions) ; mais il 
ecrivil, en outre, quatre importantes sonates 
pour orgue (op. 11, 19, 23, 81), des preludes de 
chorals (op. 4-9, 13, 25, 29, 38), des variations, 
des fugues pour orgue, quatre recueils de 
chorals, une symphonie eu ut mineur (manus- 
crite),un concerto de piano, un quatuor poor 
. instr. k archet, des sonates pour piano, des 
• choeurs pour voix mixtes et pour voix dTiom- 
[ mes, des lieder, etc. R. a redige, pendant les 
, quatre premieres ann&es de son existence, une 
. revue sp&cialement destin&e a l'orgue,r Urania 
(v. Kcerner, 2) ; il prit aussi part k la publica- 
tion de YQrgelfrevmd (5 vol.)et de YOrgelarchiv 
et publia une histoire du jeu de Torgue (Geschi- 
chtedes Orgelsfjiels im XIV.-XVHL Jakr.; 
1884), particulierement bien documents sur la 
periode la plus ancienne. Les recueils de chant 
que R. publia, d'auteurs divers, sont tres r£patf- 
dus en Allemagne : Odeon ( 3 vol., pour sopra- 
no ), Armonia (pour alto) et Avion (pour bary- 
ton).— 3. Theodore (Bennet, dit R.), pianiste,ne 
aux environs de Paris le 5 avr. 1841, m. k Paris 
le 6 avr. 1886; Sieve de Liszt, fit avecsucc& 
des lournees de concerts en Europe .et s'est 
fait connaitre, comme compositeur, par des 
soli pour piano, des scenes dramatiques : Le 
paradis perdu et Mtphislophiles, un Ave Ma- 
ria et un salutaris, etc. II n'eut, par contre, 



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RIV&-KING — BOD A 



695 



aucun succ&s k la sc&ne, avec see operas : 
Marianne (Paris, 1861), La, dea risorta (Flo- 
Tence, 1865). — 4. FRtofeaic-Louis, n6 k Stras- 
bourg le 22 juin 1884, ra. k Anvers le 22 juil. 
1891 ; Steve de Schletterer, a Strasbourg, et de 
J.-G. Kastner, k Paris, devint maltre de musique 
k l'&ge de dix-huit ans, au s&minaire de Fins- 
tingen.Mais il parlit peuapr£s, avec ses parents, 
pour Cincinnati ou il devint bientdt un des 
musiciens les plus connus et dirigea des so- 
ci£tes, organisa des concerts, etc. Plus tard, R. 
dirigea, a New- York, pendant plusieurs annees 
la soctete chorale • Harmonic Society n.Depuis 
1867, il fut maltre de musique k 1'Ecole sup£- 
Tieure des jeunes filles (« Vassar College*), k 
Poughkcepsie (Etat de New- York ).L'Universite 
<le New-York lui d&cernale litre de D r en tnusi- 
•que. R. a public : History of Music (1870 et 1875), 
nontenant la mati&re de ses lemons d'histoire au 
t Vassar College ». II travailla aussi k une 
histoire de la musique en Araerique et k un 
Dictionnaire de musique. Parmi ses composi- 
tions, trois symphonies, une ouverture (Othello) 
•et le psaume XLVI furent executes k New- 
York. — 5. Hermann, n£ a Wismar le 16 sept. J 
1849 ; maitre de piano, d'alto et d'histoire de la j 
-musique k 1'Ecole royale de musique, k Wurz- i 
bourg, se fit un nom par l'invention d'une ! 
fiorte d'alto , plus grand que l'alto ordinaire 
<la Viola alta, nom qui est du reste celui que 
portait autrefois l'alto [Altiviole]), dont le son 
«st plus plein et moins nasillard. II a public, 
•en outre : Die Geschichte der Viola alia und 
die Gnmds&tze ihres Banes (1877), Repeti- 
torium der Musikgeschichte (1880) ; Populcere 
Elementartheorie der Musik et JZsthetik der 
Tonktmst (1886). — 6. Alexander, ne a Narva 
<Russie) le 15/27 juin 1883, m. k Munich le 12avr. 
1896; violoniste el compositeur, fut successive- 
ment concertmeister A Meiningen, & Weimar, a 
Stettin, k Wurzbourg, et ouvrit, dans cette 
ville, un magasin de musique. II alia vivre 
<ensuite k Munich et se voua avec z61e k la 
composition. On connalt de lui un certain nom- 
bre d'ceuvres d'une reelle originality : des 
pieces orchest rales : Seraphische Phantasie 9 
Erotische Legende, Olafs Hochzeilzreigen, 
Charfreitag und Frohnleichnam , Sursum 
-corda (1896); un quatuor pour instr. k archet; 
des pieces pourorgue; des lieder; enfin, deux 
operas : Der faule Hans (1885) et Wem die 
Krone ? (1890), qui eurent un joli succ6s k Mu- 
nich et k Weimar. 

Riv6-King, Julie, n6e a Cincinnati le 31 oct. 
1857; pianist e distinguee, a ecrit quelques pid- 
*ces pour piano. 

Riverso (ital. retourn6, en mouvement con- 
traire), est employ^ dans un sens analogue k 
retro et k cancricans, pour une voix canoni- 
que dont on doit lire la notation en commencant 
par la fin ou, dans la r&gle, en retournant la 
page. „ 

Rivolgimento (ital.), renversement des voix, 
dans le double contrepoint. 

Rochlits, Johann-Friedrich, romancier et 
musicographe, n6 k Leipzig le 12 tev. 1769, m. 



dans la m6me ville le 16 d£c. 1842; Mquenta 
l'Scole St-Thomas, sous Doles, et commenga 
l'ftude de la th&ologie, fut pendant quelque 
temps prScepteur et se voua ensuite complete* 
ment k la carriage litt&raire. Un bon nombre de 
ses Merits sont Strangers au domaine musical. 
Ses premiers ouvrages sur Tart sont : Blicke 
in das Gebiet der Kiinste und der prahtischen 
PhUosophie (1796) et Einige Idem uber An- 
toendung des guten Geschmachs (1796). R. at- 
teignit d'un coup une situation tr&s en vue 
dans le monde musical, lorsqu'il fut charge, 
par Breitkopf et Haerlel, en 1798, de la fondation 
et de la redaction de YAUgemeine mustkalische 
Zeitung, qu'il dirigea jusqu'en 1818 et dont il 
fut le collaborates jusqu'en 1835. L'importance 
d'une telle publication estevidente, sil'onsonge 
que l'espace de temps en question comprend 
toute la p6riode cr&atrice de Beethoven et le 
moment de l'apparition des plus grandes oeu- 
vres de Haydn. Cette revue, qui bientdt donna 
le ton mdme en dehors de l'Allemagne, contient 
des jugements de R. sur les huit premieres 
symphonies et sur d'autres oeuvres de Beetho- 
ven ; e'est k R. que revient l'honneur d'avoir 
rnontre le premier toute l'importance de ce 
maltre. R. prit aussi une part active k la vie 
musicale de Leipzig ; il fut, a partir de 1805, 
membre de la direction des concerts du t Ge- 
wandhaus >. Le grand-due de Weimar le nom- 
ma conseiller aulique. R est surlout connu des 
musiciens par son ouvrage : Fiir Freunde der 
Tonkunst (1824-1832, 4 vol.; 3« 6d., 1868), con- 
tenant des biographies (Ph.-E. Bach, Romberg, 
Mara, Naumann, Faustina Hasse, Neukomm, 
Fesca, etc.), des analyses (le « Messie* de % Hsen- 
del, etc.), des essais esthetiques, etc. Le vol. IV 
contient l'esquisse d'une histoire de la musique 
vocale;et f en mani&re d 'illustration pour ce tra- 
vail, R. publia, de 1838 k 1840, un recueil de 
morceaux choisis : Sammlung vorzuglicher 
Gesangsstiicke (3 vol.; vol. I : de Dufay k J. 
Gabrieli et Prsetorius ; vol. II : de Gaccini a B. 
Marcello et J.-J. Fux; vol. Ill : de Bach et 
Haendel k M. Haydn et Valiotti). En fait decom- 
positions originales, R. n'a publie que des 
chceurs pour voix d'hommes, dans la Deutsche 
Liedertafel (1850), et le psaume XXIII (Der 
Herr ist mein Hirte), dans le t Musikalischer 
Jugendfreund », de Gebhardt, et dans le « Musi- 
kalischer Hausschatz, de Fink. Dorffel cite, 
dans la biographie qui accompagne sa nou- 
velle Edition de « Fur Freunde der Tonkunst », 
les poemes de cantates, d'oratorios et d'operas 
que R. a fournis k diflferents compositeurs. 

Rockstro, William-Smyth, n6 vers 1830, m. 
le 2 juil. 1895; fit ses Etudes musicales au Con- 
servatoire de Leipzig (Mendelssohn, Plaidy, 
Hauptmann). R est l'auteur d'une biographie 
de Haendel (Life of Handel) et, en collabora- 
tion avec C. Scott-Holland, de Jenny hind the 
Artist. II a fourni, en outre, plusieurs articles 
importants au Dictionary de Grove. 

Roda, Ferdinand von, n6 k Rudolstadt le 26 
mars 1815, m. dans le domaine de Bulow, pr&s 
Kriwitz, le 26 avr. 1876 ; 61£ve de Hummel, ar- 



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096 



RODE — RCEDER 



riva en 1842 A Hamboorg on il fonda, en 1845, 
la «Societe Bach* (institution de concerto) et 
devint directeor de musique A rUnrversitS de 
Rostock, en 1857. R. fut un compositeur de 
quelqne valeur (nne cantate i Thiomela ; un 
oratorio : Der SUnder; des ceuvres chorales : 
Das Sieges f est, scenes de Faust et surtout une 
musique de la < Passion »). 

Rode, 1. Jacques -Pierre -Joseph, celebre 
violoniste, i\k A Bordeaux le 16 f&vr. 1774, m. 
au ch&teau de Bourbon, pres de Damazon 
(Ix)t-et-Garonne) le 25 nov. 1830; fut Sieve de 
Faovel, A Bordeaux, puis de Viotti, A Paris, 
joua en 1790, au theatre de Monsieur, un con- 
certo de Viotti, corarae entr'acte, et fut engage 
comme chef de pupiire des seconds yiolons,au 
theatre Feydeau. II passa de 14, plus tard, 
comme premier Tiolon solo) 4 1'OperaJusqu'en 
1799. A 1'ouverture du Conservatoire ( 1794), R. fut 
engag6 comme professeur de violon,mais il n'en 
fit pasmoins, apres comme avant, de nombreu- 
ses tournees de concerts (Hollande, Hamboorg, 
Angleterre, Espagne). En 1803, il se rendit, avec 
Boieldieu, A St-Petersbourg et y resta cinq ans 
comme violon-solo d'Alexandre I". A son re- 
tour, il ne sejourna plus que trois ans A Paris 
et n'y trouva plus l'accueil enthousiaste d'au- 
trefois ; il partit, en 1811, pour un voyage en 
Allemagne et en Autriche (Beethoven ecrivit 
pour lui la romance, op. 50), se fixa quelque 
temps A Berlin, oil il se m aria ( 1814), et se retira 
A Bordeaux. II ne revint qu'une seule fois A 
Paris (1828), pour constater enfln, avec peine, 
qu'il ne devait plus se faire entendre en public. 
Decourage par ses insucces, il revint A Bor- 
deaux, d'oii il se retira, enfln, dans son domaine 
du Chateau de Bourbon. Leg compositions de 
R. sont encore aujourd'hui fort estimees par 
les violonistes; ce sont : treize concertos de 
violon ; quatre quatuors pour instr. A archet 
(op. 14, 15, 16, 18) ;huit autres quatuors (Sonates 
britlantes), pour un premier violon principal, 
avec accompagnement d'un second violon, d'un 
alto et d'un violoncello (op. 24, 25, 28, les deux 
derniers sans numero d'oeuvres, posthumes ) ; 
vingt-quatre Caprices ; douze etudes ; des duos 
de violons(op. 18); des variations pour violon et 
orchestre (op. 10, 21, 26); d'autres variations 
avec accompagnement de quatuors d'archets 
(op. 9, 12, 28) ; une faittaisie avec orchestre, 
etc. A. Pougin a public une biographie de R.— 
2. Johann-Gottpried, u£ A Klrchscheidungen, 
pres de Fribourg s. l'Unstrut, Ie25f6v. 1797, m. 
A Potsdam le 8 janv. 1857; fut pendant long- 
temps chef de la musique du bataillon des 
chasseurs de la garde et corniste tres distingue. 
II recut, en 1852, le titre de « directeur de musi- 
que royal ». R a compose et arrange une quan- 
tity d'ceuvres pour le cor. II fonda A Potsdam 
une caisse de secours pour les orphelins et les 
veuves de musiciens militaires. — 8. Theodor, 
tils du precedent, n6 A Potsdam le 80 mai 1821, 
m. A Berlin le 12 d£c. 1883 ; eleve de L. Berger, 
Elsler et Dehn, professeur de chant au gym- 
nase iWerder», A Berlin, publia une Theore- 
tischpraktische Sckulgesangbildimgslehre,une 



quantity d' articles documented sur la musique 
militaire prussienne, la musique de ehasse 
russe, etc, dans la « Neue Zeitschrifl fdr Mu- 
sik » et la « Neue Berliner Musikzeitung ». R. a 
collahor£, en outre, au c Musikalisches Gonver- 
sationslexikon », de Mendel. 

Rodio, Rocco, contrapontiste italien, ne ea 
Calabre vers 1580, publia : Regoleper far com* 
trappunio solo e accompagnalo net canto* 
fermo (1™ 6d. probablement en 1600; 2» M^ 
1609; 3* ed., 1626) et un volume de Messes- 
(1580) dont une A cinq voix. mais pouvant fctre 
aussi chanlee A quatre ou A trois voix, en lais- 
sant de c6\k la quntia (v. ce mot) et le superiusr 
(soprano). 

Rodolphe (Rudolph), Jean-Joseph, corniste- 
virtuose et compositeur, ne A Strasbourg le 14 
oct. 1780, m. A Paris le 18 aout 1812; etudia 
d'abord le cor et le violon (A Paris, sous la di- 
rection de Leclair) et joua dans les orchestras- 
de Bordeaux et de Montpellier, puis (1754) de 
Parme, oft il jouit encore de l'enseignement de 
Traetta, et enfin de Stuttgart, sous la direction 
de Jomelli. C'est a Stuttgart que R. donna see- 
premier operas; puis, en 1763, il retourna A 
Paris, oil il devint premier corniste a Torches* 
tre de TOp6ra, el, en 1770, musicien de la 
Chambre royale. A la fondation de l'Ecole- 
royale de chant, R. fut nomme professeur 
d'harmonie; il perdit sa place par la Revolu- 
tion, mais rentra, en 1795, au Conservatoire de- 
musique comme professeur de solfege, pour 
en 6tre congedie de pouveau en 1802, lors de la 
reduction du personnel R. ecrivit quatre operas 
pour Stuttgart et trois pour Paris, deux concer- 
tos de cor, des morceaux pour fanfare, des duos 
de violons, des Etudes et deux ouvrages que 
F&is considere comme nuls, mais qui autrefois, 
furent trte appr&ci&s : Solfege (1790, theoria 
elementaire) et Theorie ct accompagnement et 
de composition (1799). 

Radar, 1. Johann-Michjlel, celebre facteur 
d'orgues, a Berlin, dans la premiere moitie du 
siecle passe (jusqu'en 1740). Son instrument le 
plus celebre est le grand orgue de Ste-Marie- 
Madeleine, A Breslau (cinquante-huit jeux). — 
2. Fruktuosus, n6 a Simmershausen le 5 mare 
1747 ; devint, en 1764, conventuel ben&dictin, en 
1778, organiste du Ddme de Fulda et mourut 
en 1789, au couvent de San Lorenzo, a Naples^ 
ou il avait 616 mai tre des novices et directeur 
d*6cole.R. fut organiste de talent et compositeur 
de musique d'eglise (Jesu Tod). — 3. Georg- 
YiNCENT,n6 a Rammungen (Franconie) en 1780,. 
m. A Allotting le 30 dec 1848; fut successive- 
ment chef d'orchestre et directeur d'op^ra, de 
1805 A 1814, A la Cour du prince-electeur de 
Wurzbourg (la chapelle y fut dissoute); ensuite 
directeur de musique A Augsbourg (1880), puis 
maitre de chapelle a Altotting (vers 1845). K> 
fut un compositeur fecond de musique d'$glise 
(Messe, psaume, Te Deum 9 oratorio : La Mes~ 
siade, une cantate : Ccecitia ) ; il ecrivit aussi 
une symphonie et donna au « Museum Mr die 
elegante Welt » des fragments d*une « estheli- 
que de la musique >. Son opera, Die Schweden* 



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RCELLIG — ROGER 



697 



fut jou6 & Prague, en 1842. — 4. Karl-Gott- 
lieb, n6 & Stdtteritz, pr&s Leipzig, le 22 juin 
1812, m. & Gohlis, pr6s Leipzig, le 29 oct. 1888; 
foodateur et chef de l'atelier Boeder, a Leipzig, 
pour la gravure et l'impres&ion de la musique 
(fond6 le 20 oct. 1846), l'&ablissement le plus 
considerable en son genre. L'atelier Stait d'a- 
bord insignifiant, mais prit un d£veloppement 
enorme 4 la suite des essais que R. fut le 
premier & tenter, de l'usage des presses rapi- 
des pour 1'impression musicals, de sorte que 
maintenant les plus importantes maisons d'6- 
ditions musicales du monde entier font graver 
et imprimer chez R. une grande partie de leurs 
publications. La maison R. occupe actuellement 
un millier d'ouvriers. R. prit comma associes, 
en 1872, ses gendres K.-L.-H. Wolf et K.-E.-M. 
Rensch: il se retira lui-meme des affaires le 
1« juil. 1876, Cf. Festschrift zur 50-jaJirigen 
Jubelfeier des B est eJ tens der Firma C.-G. IL 
(1896).— 5. MARTiN,n6 a Berlin le 7 avr. 1851, m. 
a Boston le 10 juin 1895; fut, de 1870 k 1871, 
el&ve deTAcademie royale de musique, & Berlin, 
puis il v£cut d'abord & Milan, oft il re£ut,gr&ce a 
Ricordi, la place de chef des choeurs au theatre 
« dal Verme ». En 1875, il fonda.la « Societa del 
quartetto corale » qui se fit bienUtt remarquer; 
la meme annee encore, il fit r6p£ter, 4 Venise, 
le « Bienzi » de Wagner et fut d£s lors, chaque 
annee, absent de Milan, dirigeant pendant plu- 
sieurs mois, tantdt ici, tantdt 14, une saison 
d v op6ra (Ponte del Gada, dans les Azores; No- 
vare; Turin; Bologne). Les compositions de 
R., el particulterement sa musique de chambre, 
d&iotent un talent sain etune science sure; on 
peut surtout citer un trio en fa mineur; un 
quintette en la majeur; un quatuor en si bimol 
mineur ; deux myst£res : Santa Maria appie 
delta croce (Torquato Tasso) et Maria Magda- 
Lena (texte de R. Iui-m6me); trois operas: 
Pietro Candiano J V, puis Judith et Vera, sur des 
poemes de R. egalement (le dernier ex6cut£, en 
1881, a Hambourg); un poeme syinphonique : 
Azorenfahrt 9 etc. Dans le courant de i'automne 
1880, R. s'etait 6tabli a Berlin comme professeur 
de chant; il y fut nomme, en oclobre 1881, 
professeur au Conservatoire Scharwenka, mais 
partit, en 1887, pour Dublin, comme directeur 
de musique, et accepta, enfin, la direction du 
Conservatoire de Boston. La « Sammlung mu- 
sikalischer Vortr^e >, de Breitkopf et Hsertel, 
renferme de lui une communication : Ueber 
den Stand der tiffentlichen Musikpflege in 
Italien (1881). Outre cela, R. a public : Studj 
critici raccolti (Milan, 1881) et Aus dem Tage- 
buch eines xjoandernden Kapellmeisters (Leip- 
zig, 1882). 

R&llig, Karl-Leopold, virtuose sur l'harmo- 
nica, inventeur de Y « orphica » et de la « xe- 
norphica >, deux instruments des longtempsou- 
blies, ne A Yienne en 1761, voyagea pendant 
plusieurs annees pour faire entendre ses ins- 
truments, puis accepta, en 1797, une place a la 
Bibliotheque de la Cour, & Vienne, et mourut 
dans cette ville le 4 mars 1804. R. a ecrit un 
opira-comique, Claris$a f pour Hambourg(1782), 



de meme que deux morceaux pour harmonica 
et orphica. II a public plusieurs brochures: 
Ueber die Harmonika (1787), Orphika (1795), 
Yersuch einer musihalischen Intervallentabelie 
(1789), et quelques articles pour la < Allgemeine 
Musikalische Zeitung » (1802-1804). 

Rceiiisch, Karl, fabricant renommS de pia- 
nos, a Dresde (depuis 1845), n§ a Goldberg 
(Silesie) en 1814 ; conseiller de commerce du 
royaume de Saxe. 

Roentgen, 1. Johann-Matthias-Garl-Engbl- 
bbrt, violoniste, n6 & Deventer (Hollande) le 
80 sept. 1829, m. a Leipzig le 12 d£c. 1897; Mu- 
dia d'abord simultanement la peinture et la 
musique, mais devint £l&ve de David, en 1848, 
au Conservatoire de Leipzig, entra comme vio- 
loniste dans l'orchestre du « Gewandhaus » et 
fut nomm£ second concertmeisteren 1869, place 
qu'il occupa jusqu'a sa mort. R. 6tait un violo- 
niste estime, a cause de la beaut£ et de la dou- 
ceur de son jeu. II fut pendant longtemps pro- 
fesseur de violon au Conservatoire.— 2. Julius, 
fils du pr6c6dent, n6 a Leipzig le 9 mai 1855 ; 
616ve du Consen r atoire deLeipzig(Hauptmann, 
Richter, Reinecke), excellent pianiste, s'est r6- 
v£16 compositeur de talent dans de nombreuses 
ceuvres de musique de chambre (sonates de 
violon, de violoncello, de piano ; morceaux de 
genre, etc.) ; sont encore manuscrits : un con- 
certo de piano, une symphonie, etc. Apr&s avoir 
enseign£ pendant quelques annees au Conser- 
vatoire d'Amsterdam, R. succMa a Verhulst, 
en 1886,-comme directeur de la soci£t6 de con- 
certs c Felix mentis t et de « Maatschappij lot 
bevordering van Toonkunst », a Amsterdam 
6galement. 

Rosier, Gustav, n£ le 2 sept 1819, m. a Des- 
sau le 24 fSvr. 1882; compositeur et professeur 
de musique, 61dve de Fr6d. Schneider, connu 
surtout par ses reductions au piano des canta- 
tes de Bach, dans l'Edition Peters. Son op£ra, 
Hermann tmd Dorothea, fut repr6sent£ plu- 
sieurs fois a Dessau. 

Roossler, Fr.-A., v. Rosbtti. 

Rogel, Josfe, n6 & Orihuela (Alicante) le 24 
d£c. 1829 ; compositeur espagnol d*op6rettes 
extraordinairement fecond (a compose, de 1854 
a 1880, soixante-sept zarzuelas). 

Roger, Gustave-Hippolyte, c&ebre chanteur 
scenique (t£nor), n6 a La Chapelie St-Denis 
(Paris) le 17 d£c. 1815, m. a Paris le 12 sept. 
1879; fils d'un notaire, il devait devenir avocat, 
mais entra au Conservatoire en 1886, comme 
Sieve de Martin et de Morin. II debuta a 1'OpSra- 
Comique en 1888 dans 1' « Eclair »,deHa!6vy, 
avec beaucoup de succes, fut aussitdt engage et 
cr6a plusieurs premiers rdles de nouveaux ope- 
ras. En 1848, R. passa a FOpera, ou il crea, enlre 
autres, le « Proph&te • (1849) ; mais il ne put 
satisfaire aux exigences de cette grande [sc^ne 
et du genre path6tique qu'en forgant et en fati- 
gant beaucoup sa voix. A partir de 1850, R. 
joua sou vent en representations a Hambourg, 
Francfort s/M. et Berlin. En 1857, un accident 
de chasse n^cessita l'amputation d'un bras ; 
depuis lors, il ne put continuer que difficilement 



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698 



ROGERS — ROMAIN 



la carri&re scenique, rentra a rOpera-Comique 
pour l'abandonner bientdt, chanla quelque 
temps en Allemagne, et fut enfin nomm^, en 
1808, professeur de chant au Conservatoire de 
Paris. 

Rogers, Roland, organiste et compositeur 
de musique d'6glise, ne a West-Bromwich 
<Stadfforshire) le 17 nov. 1847; fut nomm£, a 
rage de onze ans deja, organiste de Teglise 
St-Pierre de cette ville. L est actuellement or- 
ganiste de la cath£drale de Bangor (D* mus. : 
Oxford, 1875). 

Rognone, 1. Rigcardo, violoniste, a Milan ; 
publia : Canzonette alia Napoletana, a trois et 
quatre voix (1586), Libro di passagiper voci ed 
istromenti (1592) et Pavane e balli... canzoni 
...drandt, de quatre a cinq voix (1603). Ses fils 
sont : — 2. Giovanni-Domenico, organiste et di- 
recteur de la Chapelle ducale, a Milan, vers 1620 
a publie des « canzonette » de trois a cinq voix 
< 1614), des madrigaux pour double chceur a huit 
voix (1619), et une Messa per defonti aWAm- 
brosiana (1624). — 8. Francesco, mattre de 
chapelle ducal a « Sant'Ambrogio », a public 
<les Messes k cinq voix, des psaumes, des faux- 
bourdons et des motets avec basse d'orgue 
(1610), des Messes a qualre et a cinq voixet des 
motets (1624), des madrigaux a cinq voix avec 
continuo (1613), Correnli e Gagliarde (a quatre 
toix, mais aussi ad. lib. k cinq ; 1624), Ag- 
piunta dello scolaro di violino (1614) et Selva 
di varii passaggi secondo Vuso moderno (sur 
les ornemenls dans la musique instrumental 
etvocale;1620). 

Rohde, Eduard, ne k Halle s./S. en 1828, 
m. k Berlin le 25 mars 1883: directeur de choeur 
k FSgHse St-Georges, et mail re de chant au 
gymnase de Ste-Sophie, * directeur de musique 
royal ». R. est Tauteur d'une methode de piano 
a r usage des enfants, d'une cantate : Schild- 
horn, etc. 

Rohleder, 1. Johank, pasteur k Friedland 
<Pomeranie), publia un Te Deum et fit des pro- 
positions pour la reiorme du clavier et du sys- 
t£me de notation, analogues a celles que repr6- 
aente aujourd'hui la soci^te « Chroma » (v. ce 
mot), dans une publication intitulee : Erleichte- 
rung des Klavierspiels vermdge einer neuen 
Einrichlung der Ktaviatur und eines neuen 
Notensystems (1792).— 2.Friedrich-Traugott, 
pasteur a Lahn (Sil£sie), auteur de : Die must- 
halische Liturgie in der evangelisch-protestan- 
tischen Kirche (1831); Vermischte Aufsdtse sur 
Beforderung icahrer Kirchenmusik (1833) et, 
auparavant, des articles sur des sujets analo- 
gues, dans la « Estonia » (1829 et suiv.). 

Rohrblatt (all.), ancbe. 

Rohrfldte (all.), flute a cheminee (jeu d'or- 
gue). 

Rohrwerk (all,), nom que les Allemands don- 
nent k l'ensemble des jeux d'anches d'un orgue. 

Roitzsch, F.-August, ne. k Gruma, pr&s Gcer- 
litz, le 10 d£c. 1805, m. k Leipzig le 4 fevr. 1889 ; 
auteur de revisions tres connues d'opuvres clas- 
siques (surtout pour TEdition Peters). 

Rolandt, Hedwio, chanteuse 16gere, nee k 



Gratz le 2 sept. 1858, de son vrai nom Hedwig 
Wachutta, el6ve de M«« Weinlich-Tipka, k 
Graz,debuta avec succ&s en 1877, A Wiesbaden, 
ou elle fut aussitot engagee. Elle chanta ensuite 
au « Gewandhaus »'de Leipzig et dans d'autres 
institutions de concerts. Sa voix de soprano est 
d'un timbre cristallin, tr&s Vendue (jusqu'a fa h ) 
et d'une extraordinaire volubilite. R. a Spouse, 
en 1883, un negociant, Charles Schaaf. 

Rolla, Alessandro, remarquable violoniste, 
maltre de Paganini, nk k Pavie le 22 avr. 1757, 
m. k Milan le 15 sept. 1841 ; eleve de Renzi et de 
Conti, fut engage comme premier violoniste a 
TOp^ra italien de Vienne, etudia plus tard sur- 
tout l'alto, vScut plusieurs annees k Milan et 
fut appelS en 1782, comme alto solo et musicien 
de la Chambre, k la Cour de Parme. Plus tard, 
il y occupa aussi les fonctions de violoniste et 
de concerlmeister. En 1802, R. devint chef d'or- 
ehestre au theatre de la Scala, k Milan ; en 
1805, violoniste du vice-roi Eugene Beauhar- 
nais, et depuis la fondation du Conservatoire, 
professeur de violon dans cet etablissement 
R. a compost trois concertos de violon; quatre 
concertos d'alto ; six qualuors pour instr. a ar- 
chet ; un Quintette concertante pour deux vio- 
lons, deux altos et violoncelle ; un trio pour 
violon, alto et violoncelle; des duos pour violon 
et alto ; des duos de violons ; une Se.re.nade (sex- 
tuor) ; un divertissement ; des variations pour 
violon, avec orcbestre, etc. Son fils, Antonio, 
n6 a Parme en 1791, m. a Dresde le 19 mai 1837, 
fut premier violon dans l'orchestre de cette 
derniere ville; il a public un concerto de violon 
et quelques soli pour violon. 

Rolle, Johann-Heinrich, compositeur fecond, 
n6 a Quedlinbourgle 23 dex. 1718, m. a Magde- 
bourg le 29 d£c. 1785; £tudia, de 1736 a 1740, le 
droit et la philosophie, a Leipzig, mais se voua 
ensuite a la musique et entra en 1741, comme 
altiste, dans la chapelle de la Cour, k Berlin. 
En 1746, R. devint organiste a Teglise St-Jean, 
a Magdebourg, et, en 1752, apres la mort de 
son pere, il lui suec&da comme directeur de 
musique de la ville. R. a ecrit plusieurs ceuvres 
de musique de chambre, quatre « Passions », 
vingt drames bibliques et profanes (oratorios), 
les odes d'Anacreon pour une voix et piano, 
etc. 

Romain, Louis de, comte, ne a Angers en 
1845; fit ses etudes litteraires au College des 
Jesuites de Poitiers et manifesta de bonne 
heure un gout tres vif pour la musique. II tra- 
vaillarharmonie,le contrepoint et la fugue sue- 
cessivement auprea de Mange (Angers), Era. 
Guiraud (Paris), J. Vogt (Fribourg) et Ad. Rei- 
chel (Berne), mais ne publia qu'un petit nomhre 
d'eeuvres (Airs de ballet pour orchestra; des 
melodies vocales, etc.) et garde en portefeuille 
une foule de compositions. R. s'est vone sur* 
tout k la critique musicale et a contribue pour 
une large part aux premiers essais notables de 
decentralisation, en Prance ; il a publie, de 
1879 a 1892, une revue musicale : Angers-Revue 
et Angers-Artiste, preside pendant seize an- 
nees F Association artistique d* Angers; il fut a 



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ROMAINB — ROMBERG 



699 



la fois president et directeur de la soci&e cho- 
rale c Ste-C6cile ». De plus, R. a fait parattre : 
Cent jours en Orient (impressions de voyage, 
1874), une 6tude sur Parsifal, des Essais de 
critique musicals, une 6tude sur R. Wagner et 
Max Nordau : Mddecin-Philosophe et Musicien- 
Poete (1895), etc. 

Romaine, Ecolb r., v. Rome. 

Romance (angl., esp. romance; hlLRomanze), 
«16riv6 de « roman », terme qui, au fond, ne si- 
gnifle rien autre que poeme en langue romane 
(provengale), par opposition au poeme en vers 
latins. Le roman est de caractere narratif et 
repose surtout sur des a ventures galantes ; un 
roman, tel que nous en avons du xn* et du 
xiu e s., n'est qu'une r. longuement d£veloppee, 
un cycle de romances. L/art po£tique actuel 
comprend sous le nom de r. un poeme & la fois 
^pique et lyrique, dans le genre de la ballade ; 
mais, land is que cette derniere emprunte son 
sujet de preference a la nature ou personnifie 
une force de la nature, opposee a Thorn me, la 
r.Temprunte plus particulierement a la 16gende 
-chevaleresque. La romance vogale est, depuis 
1830 surtout, un simple chant d'amour senti- 
mental ; le mot r. n'est point l'&quivalent du 
« lied » allemand. Quant k la romance instru- 
mentale, elle ne rev£t pas plus que la ballade 
de forme precise et d&finie ; toutefois un trait 
•commun peut se noter dans toutes les r., de la 
petite r. pour piano seul (appeiee souvenl, de- 
puis Mendelssohn, r. sans parole [Lied ohne 
Worte]) a la grande pour violon et orchestre 
<Beethoven), la preponderance de lament 
purement mttodique. 

Romanesca, v. gaillarde. 

Romaniennes, Lettres r, v. Romanus. 

Romanina, v. Alrerttni, 2. 

Romano, 1. Alessandro, v. Alessandro. — 
2. Giulio, v. Caccini. — 3. Carlo-Joseffo, 
mattre de chapelle de l^glise de la Passion, a 
Milan ; a public trois livres de motets a plu- 
«ieurs voix (Cigno sacro, 1068, et Armonia sa- 
-cra, 1680), Sirenea sacra (motets a cinq voix, 
une Messe et des psaumes de v^pres, 1674) et 
un livre de motets pour voix seules (1670) * 

Romantisme. Le r., par opposition au clas- 
sicisme (v. classique), est caract£ris6 par la re- 
cherche peraonnelle du nouveau, par la predo- 
minance de r&l£ment subjectif sur l'£lement 
formel. De m$me que le classicisme de la po£- 
f*ie est issu, historiquement, de T£tude appro- 
fondie des chefs-d'oeuvre (classiques)de Ja Grece 
«t de Rome, dont nos pontes cherch&rent a s'ap- 
proprier la perfection de forme ; de mfone, le r. 
€st le fruit de Tenthousiasme que suscita le 
moyen &ge, considere dans tout ce qn'il avait 
de fantastique, d'aventureux et de rfrveur. Et, 
en effet, le culte de la Vierge Marie et la cheva- 
lerie du Graal sont impregn&s de mysticisme re- 
Hgieux d'une part, les cours d'amour d'autre 
part, le melange des anciennes conceptions 
paiennes avec les idees recemment introduites 
par le christianisme, tout cela offre a l'imagina- 
tion de riches £16ments de vie et d'inspiration ; 
seul l'impassible historien, oule politicien, peut 



percevoir & travers Tatmosph^re brumeuse que 
composent ces 616ments impr6cis, les c6tes som- 
bres d'une telle Spoque. Tout r. participe plus 
ou moins & ce manque de clart£, & cette sorte 
de desordre. Le r. est un abaissemeut conscient 
au-dessous du niveau de la pure activity intel- 
lectuelle et de la forme logiquement ordonn^e ; 
il laisse libre cours A l'imagination, A la puis- 
sance £l£mentaire de creation, non contenue par 
la discipline des lois conventionnelles. (Test 
pourquoi justement les romantiques font ap- 
port a Tart d'616ments nouveaux, renrichissent 
et approfondissent ses moyens d'expression. Est 
romantique, a ce point de vue, tout artiste qui, 
faisant abstraction des formes d*art admises et 
des lois 6tablies, cr6e librement de son propre 
fonds: est classicists, celui qui, recherchant les 
lois qulmposa k Tart une p&riode ant&rieure, 
les applique et les perfectionne d'une fa$on 
consciente ; classique, par contre, celui dont les 
ceuvres opposent une resistance absolue aux 
attaques du temps. On comprend aujourd'hui 
sous le nom de romantiques (musiciens) plus 
particulierement les compositeurs qui, venus 
apr£s Beethoven, ne se borndrent pas a mar- 
cher sur ses traces, mais £difierent sur les ba- 
ses qu'il leur fournissait un art plus riche en- 
core en moyens d'expression (Weber, Schu- 
bert, Spohr, Marshhner, Schumann); et Ton 
distingue encore de ceux-ci (sans justification 
bien apparente, du reste), d'autres composi- 
teurs, ditS NE0-R0MANTIQUE8 : BERLIOZ, LlSZT, 

Wagner. Liszt est absolument Sieve de Schu- 
bert, et Wagner a ses racines profondes en We- 
ber; quant A Berlioz, par l*6poque m&me & 
laquelle il manifesta son g6nie crSateur, il ap- 
partient au groupe des anciens romantiques. La 
seule caracteristique du n^o-romantisme reste- 
rait done la dislocation de la forme symphoni- 
que, dans le domaine instrumental, et celle de 
la forme de 1'air, dans l'opSra. 

Romanus, Lettres de R. ou lettres roma- 
niennes (lilteras significativce), nom que Ton 
donne aux lettres latines ou grecques (m, c, t, 
par ex.) et aux abr£viations de mots (ten., sep., 
moll, par ex.) que Ton trouve assez frequem- 
ment en \He d'anciennes notations neumati- 
ques, mais dont la signification n'est pas en- 
core bien clairement etablie. Romanus, qui 
porta a St-Gall l'antipl^onaire gregorien, passe 
pour avoir, le premier, fait usage de ces lettres. 
Gf. vocal et Notker. 

Romberg, 1. Andreas-Jakob, violoniste et 
compositeur, n6 & Wechta, pr£s Munster, le 27 
avr. 1767, m. a Gotha le 10 nov. 1821 ; tils du 
c£l£bre clarinettiste et directeur de musique 
Gerhard-Henrich R. (n6 a Mtinster le 8 aout 
1745, m. dans la m&me ville le 14 nov. 1819), en- 
treprit dej& comme jeune homme, avec son cou- 
sin Bernard R., une tournee de concerts en Hoi- 
lande et en France, vint a Paris en 1784 et y 
rem porta un succ£s tel qu'il fut engagS comme 
violoniste des « Concerts spirituels », pour la 
saison. De 1790 a 1798, il fit partie, avec son 
cousin, de Torchestre du prince-£lecteur, a 
Bonn ; mais il voyagea de nouveau avec Bern- 



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700 



ROME 



hard R. et toue deux se produisireut avec beau- 
coup de 8ucc£s au Capitole, k Rome. R. passa 
les ann£es suivantes k Vienne et k Hambourg; 
en 1800, il suivit son p&re k Paris et chercha k 
s'y creer une position comme compositeur, ce 
qui ne lui reussit pas, du reste. Aussi Fannie 
suivante retourna-t-il k Hambourg et y resta- 
t-il jusqu'd ce qu'il fut nomm& successeur de 
Spohr, comme chef d'orchestre de la Cour, k 
Gotha. D6j& auparavant,runiversit6 de Kiel lui 
avait confer^ le grade de D e phiL Les compo- 
sitions de R. sont aujourd'hui presque toutes 
oubli6es, k l'exception de t La Cloche * ; il a 
6crit huit operas, parmi lesquels Scipion et Die 
Ruinen von Paluzzi, qui parurent en reduction 
pour piano ; les ouvertures de ces deux ouvra- 
ges, ainsi que celle de Don Mendoza, Scrite par 
les deux R. pour rOp6ra-Comique de Paris, pa- 
rurent m6me en partition. Puis viennent : des 
ceuvres pour choeurs et orchestre : Die Glocke 
(Schiller), Die Harmonie der Sphceren (Kose- 
garten), Ode (Kosegarten), et des soli de chant 
avec orchestre : Die Kindesmoerderin , Die 
Machldes Gesanges, Monolog der Jungfrauvon 
Orleans, Der Graf von Habsburg, Sehnsucht 
(tons de Schiller) ; une Messe avec orchestre ; 
un Te Deum; un Dixit Dom\nu$ y k quatre 
voix, avec orchestre, couronnG k Hambourg ; 
Psalmodie (cinq psaumes avec nn Magnificat 
et un AUeluia.en allemand, d'apr£s la traduction 
de M. Mendelssohn ; a cappella, de quatre k seize 
voix); un Pater noster a trois voix, avec orches- 
tre ; des lieder k trois voix, avec aocompagne- 
ment de piano ; Setmar und Seltna (Slegie pour 
deux voix, avec quatuor d'archets); plusieurs 
cantates pour c6r£monies maconniques. Le 
nombre des compositions instrumentales de R. 
est encore plus grand : dtx symphonies (dont 
quatre gravies); vingt-trois concertos de violon 
(dont quatre graves) ; trente-lrois quatuors pour 
instr. k archet (vingt-cinq graves) ; deux mouve- 
ments d'un double quatuor ; huit quintettes avec 
flAte et un avec clarinette ; trois sonates de vio- 
lon ; un quatuor avec piano ; deux quintettes 
pour instr. a archet ; onze rondos et caprices 
pour violon; un morceau concertant pour violon 
et violoncelle, avec orchestre. Of. la notice bio- 
graphique sur Andre R., dans Rochlitz f Fiir 
Freunde der Tonkunst, vol. I. — 2. Bernhard, 
ills de Anton R.(c616bre bassoniste, n£ & Mins- 
ter le 6 mars 1742, m. dans la mfone ville le 14 
d6cembre 1814), violoncelliste illustre, n6 a 
Dincklage (Oldenbourg) le 12 nov. 1767, m. k 
Hambourg le 18 aout 1841 ; partagea pendant 
longtemps l'6ducation et le sort de son cousin 
Andreas R. (leurs p&res gtaient fr6res : v. plus 
haut), puis, en 1789, il entreprit seul une tour- 
n6e de concerts en Angleterre et en Espagne.il 
arriva ensuite, en 1800, k Paris ou il debuta 
avec un tel succ&s, qu'il fut engage comme 
professeur de violoncelle au Conservatoire; 
mais il abandonna cette place, en 1803, et alia 
de nouveau k Hambourg, d'oii il fut appele 
comme violoncelle-solo, en 1805, a la chapelle 
royale de Berlin. Lorsque l'annee 1806 mit fin 
k toute vie musicale a Berlin, ii entreprit plu- 



sieurs grandes tourn6es de concerts en Russie, 
en Su£de,etc.Il rentra plus tard a Berlin, comme 
chef d'orchestre de la Cour (1815-1819), puis se 
retira dans la vie privSe, k Hambourg. En 1899, 
R. fit une derntere tournSe de concerts, k Lon- 
dres et a Paris, quoiqu'il ne lui resta plus en 
quelque sorle que l'ombre de son ancienne vir- 
tuosity. R. a 6crit neuf concertos de violoncelle,. 
encore estimes aujourd'hui ; trois concertinos 
et une fantaisie avec orchestre ; quatre recueils 
de melodies russes pour violoncelle et orches- 
tre ; des caprices et des fantaisies sur des me- 
lodies suedoises, espagnoles et roumaines; des 
polonaises; onze quatuors pour instr. k ar- 
chet ; un trio pour violon, alto et violoncelle; un 
pour alto, violoncelle et contrebasse ; un duode 
violoncelles ;.des sonates pour violoncelle avec 
basse ; un morceau concertant pour deux core 
avec orchestre ; trois operas et de la musique 
pour plusieurs ceuvres sceniques. — S. Cyprian,. 
fils d f Andre R. (1), violoncelliste, £l£ve de son 
oncle, ne k Hambourg le 28 oct. 1807, m. dans 
la mfcme ville le 14 oct. 1865 (s'itant noye, en se 
baignant); fut, apr&s de tongues tournees de 
concerts, violoncelliste de l'orchestre de la 
Cour, 4 St-P6tersbourg. II publia aussi quelques 
morceaux de concert pour violoncelle. 

Rome, Ecolb de R, denomination adoptee 
pour la s£rie de maStres et d'61&ves dont la 
chalne se prolonge de Claude Goudimel (v. ce 
nom) jusque dans notre si&cle. Cette 6cole &ait 
caracterisee, k l'6poque de sa fondation, par la 
soumission de Tart contrapontique k la beauts 
de reflet sonore et k la v£rit£ de l'expression. 
Plus tard,apr£s que la r^forme palestriniennedu 
style polyphoniqne eut &t6 d&pass£e encore par 
la revolution radicale des Florenlins, Fecole de 
R. apparut au contraire comme le refuge des 
saines traditions, comme la gardienne du style 
classique (stito osservato) f du style a cappella 
par opposition & la monodie et au chant d'6glise 
concertant (cf. Palestrina). Une autre caracte- 
ristique de l'£cole de R., d&s le xvni* s., con- 
siste dans l'habitude, empruntge aux Venitiens 
(v. Gabrieli), d'Scrire pour huit ou un plus 
grand nombre de voix. — Grand prix de R» 
nom que Ton donne au grand prix >que l'lnsti- 
tut de France d&cerne annuellement k Tun des 
61£ves des classes de composition du Conserva- 
toire de Paris, et qui consiste en une pension,, 
servie pendant quatre annees cons^cutives. Le 
concours, en loge, a lieu chaque ann&e au mois 
de juillel, apres une epreuve preparatoire; le 
jugement est proclam& en novembre et le lau- 
r£at est solennellement couronn&, apres l'exe- 
cution de sa cantate. Mais le laur£at doit se 
soumettre k certaines obligations : le s£jour 
obligatoire k Rome, renvoi d'un certain nom- 
bre de compositions, temoignant de son zdle 
(envois de Rome), etc. La plupart des composi- 
teurs fran? ais notables de ce si&cle, onl &6 lan- 
r£ats de l'lnstitut : Harold, 1812; Benoist,1815; 
Hatevv, 1819; Leborne, 1820; Berlioz, 1890; A. 
Thomas, 1832; El wart, 1884; Gounod, 1889; 
Bazin, 1840; MassS, 1848; Gastinel, 1845 ; Bizet, 
1857; Paladilhe, 1860 ; Massenet, 1868, etc^ etc 



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RONCHETTI-MONTEVITI — ROPARTZ 



701 



Le second prix de R. consiste en une medaille 
d'or. Enfln, on donne ce m&me iiom de Prix de 
B. au premier prix de composition musicale de- 
cerns, tous les deux ans (depuis 1840), par le 
-Conservatoire deBruxelles; loutefois le laureat 
peut disposer plus librement de son temps et 
n*esl point oblige de prolonger son sejour dans 
la Ville eternelle. Laur6ats notables : Soubre Le- 
clent, Samuel, Gevaert, Lemmens, Al. Stadtfeld, 
Ed. Lassen, P. Benoit, Radoux, Huberti, Edg. 
Tinel, etc., etc. 

Ronchetti-Monteviti, SxEFANo/ne a Asti le 18 
sept. 1814, m. a Casale-Monferrato en oct 1882; 
arriva tout jeune a Milan ou il fit son Education 
musicale, devint professeur de composition en 
1850 et, apres la mort de Mazzucato (1877), di- 
" recteur du Gonservatoi rede Milan. Comme com- 
positeur sc£nique, R. ne fit qu'un essai malheu- 
reux (Pergolesi, 1857, a Milan); par contre, ses 
compositions religieuses et ses petites oeuvres 
vocales (trois cantates d'apres Ossian; un 
hymne national [1849], etc.), sont fort estim&es. 

Ronconi, Domenico, tenor et maltre de chant 
renomm6, ne a Lendinara di Pollesine (Lom- 
bardie) le.ll jail, 1772, m. a Milan le 18 avr. 
1839; chanta a Venise, a St-P6tersbourg (1801- 
1805), ut sur les meilleures scenes dltalie, fut, 
-en 1809 directeur de TOpera italien a Vienne, 
-chanta a Paris en 1810, puis en Italie de nou- 
veau et, de 1819 k 1829, a Munich ou il fut en 
me.me temps professeur de chant des jeunes 
princesses. En 1829, R. fonda a Milan une 6cole 
4e chant : il a publie quelques oeuvres vocales 
destinees a i'enseignement. — Son fils, Georoio, 
n6 a Milan en 1810, fut un baryton tres f6te. 

Ronde (all. ganze Tahnote ; ital. et angl. 
JSemibreve), 0, le plus long des signes de dur6e 
usuels, equivalant normalement a deux blan- 
ches, ou quatre noires, ou huit croches, etc. 

V. NOTES et SIGNES DE DUREE. 

Rondeau (lat. rondellus), la forme probable- 
ment la plus ancienne (limitation stricte, men- 
iionnee deja par Francon de Cologne, et d6fi- 
nie par Walter Odington (v. ce nom) : « $i,quod 
-unus cantat, omnesper ordinem recitent ». Si 
Ton s'en rapporte a Vexemple que W. Odington 
<tonne du r., les differentes voix exhangeaient 
«ntre elles plusieurs fois leurs motifs, en sorte 
<\ue nous avons la une sorte de contrepoint 
double. Le schema du r. est, par ex. (chaque 
leltre represente une phrase de quatre mesures 
ou, d'apres la terminologie des th^oriciens de 
la musique proportionnelle, quatre perfections 
dont chacune 6quivaut a une longue parfaite) : 



l r « voix : 


a 


b 


c 


d 


e 


f 


etc 


2 m « voix : 


b 


c 


a 


e 


f 


d 


etc 


8 me voix : 


c 


a 


b 


f 


d 


e 


etc 



Rondellus (lat.), rondeau (v. ce mot). 

Rondeiia, v. fandango. 

Rondo Hial.), autrefois, en franc., rondeau, 
rondel, probablement identique, a l'origine, au 
rondeau (rondellus), c.-a-d. ronde chantee (all. 
Radel) ; toutefois il s'est passe de deux choses 
Tune : ou bien la forme est devenue tres tot 



d'une grande liberty, ou bien, au contraire, les 
representants de la musique proportionnelle 
lui ont impost le style artificiel des imitations 
strides. C'est cette derntere supposition qui 
paralt la plus plausible. Dans Tart po&ique, le 
rondo, analogue au sonnet, se compose de 
treize vers (i'ambiques) de quatre pieds, avec 
deux rimes differentes seulement ; le debut est 
repris (refrain) apres le cinqui£me,le huitieme 
et le treisieme vers, avec de spirituels change- 
ments de sens. II va de soi que cette forme 
n'est que le d6veloppement,raffin6 par les che- 
valiers-po&tes du xii« et du xm e s., chine forme 
primitive beaucoup plus simple. Mais l'flement 
caract£ristique de tout rondo, rondel, rondellus 
ou Radel est le retour d'une id6e nettement de- 
termined, et c'est encore ce qui importe au- 
jourd'hui dans le rondo instrumental. II est er- 
rone d'etablir un seul et unique schema de r.; 
une seule r6gle me rite d'&tre retenue, c'est que 
le theme principal reapparalt plusieurs fois et 
que plusieurs motifs secondaires s'opposent 
successivement a lui. Pour plus de details sur 
la forme du r., v. au mot forme. Le r. a tou- 
jours un caractere joyeux et reclame une exe- 
cution fine et spirituelle; on parle meme « d f exe- 
cution en maniere de r. », mais cette indication 
ne se Justine que si Ton comprend par la non 
seulement le r. mais aussi le scherzo, le capric- 
cio, les dan ses, les chansons humoristiques,etc. 
L*ex6culion humoristique fait usage de sono- 
rites tantdt t£nues, tan lot 6paisses et lourdes, 
de contrastes dynamiques rap ides, de change-* 
ments de mouvement frequents, etc., tandis que 
1'execution serieuse se meut entre des li mites 
plus restreintes. 

Rong, Wilhelm-Ferdinand, musicien de la 
Ghambre du prince Henri de Prusse et, apres la 
mort de ce dernier, professeur de musique a 
Berlin. II avait d6jaen 1800 presde quatre-vingts 
ans, et il vivait apparemment encore en 1821 
(centenaire). R. a compost un grand nombre de 
choeurs de circonstance ( mort de la reine 
Louise, bataille de Belle-Alliance), des roman- 
ces, des hymnes, etc.; il ecrivit une Elementar- 
lehre am Klavier (1786), des tables de modula- 
tions (48 tables, etc., 1800) ; un Theoretisch- 
prafitisches Handbuch der Tonartenfienntnis 
(1805) ; des jeux de soci&6 musicaux, etc. 

Ronger, Florimond, v. Herve. 

Ropartz, J.-Guy, n& a Quingamp (C6tes-du- 
Nord) le 15 juin 1864; fut eleve du Conserva- 
toire de Paris (Th. Dubois et Massenet), puis 
de Cesar Frank. II s'est vou£ k la composition 
et dirige, depuis 1894, le Conservatoire de 
Nancy ou il organise avec grand succes des 
concerts symphoniques. R. a 6crit pour le thea- 
tre : Le Liable Couturier (16gende bretonne, un 
acte), Pecheur dlslande (musique de scene 
pour le drame de Loti et Tiercelin ; Paris, 1893), 
Marguerite d'Ecosse (un acte) et Pay sages de 
Bretagne (ombres chinoises) ; pour orchestre : 
Les Landes, Le Convoi du f'ermier, A Marie 
endormie, cinq pieces breves, Carnaval, Mar- 
che de fete, trois airs de ballet, Dimanche bre~ 
ton (suite en quatre parlies), Lamento, S&re- 



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702 



ROQUET — ROSENMULLER 



node, une symphonic stir un choral breton ; dee 
pieces pour chant et orchestre : Priere, la Flewr 
d'or,Sous hois; de la musique de chambre : an 
qualuor en sol mineur et une fantaisie br£ve 
en ri mineur pour instr. a archet ; de la musi- 
que religieuse ; dea choeurs: des pieces pour 
piano et pour orgue ; des melodies pour chant 
et piano, etc. Un certain nombre de ces ceuvres 
ont paru chez Baudoux et G'% a Paris. 

Roquet, v. Thoinan. 

Rore, Cipmano de (proprement, sans doute, 
van R.), compositeur illustre du xvi* s., n£ A 
Anvers en 1516; eieve de Willaert, puis chantre 
de la chapelle St-Marc, A Venise, et quelque 
temps maitre de chapelle a la Cour de Hercule 
II, de Ferrare. En 1557 ou 1558, il partit en 
conge pour Anvers , mais ne revint pas et ne 
r&us8it pas a reprendre son poste, lorsque plus 
tard, en 1559, il chercha A Tobtenir de nouveau. 
II prit alors la place de vice-maltre de chapelle 
de St-Marc, & Venise, fut, A la mort de Willaert, 
(1563), son successeur, mais alia, d£j£ en 1565, 
A Parme, comme maitre de chapelle, et y mou- 
rut la mdme ann^e. R. a public deux livres de 
madrigaux A quatre voix (1542 et 1543 ; souvent 
re6dit6s) ; ed. presque complete en 1577, en 
deux vol.); Madrigali cromatici, cinq livres (A 
cinq voix, 1542-1566 ; souvent r&mprimes par 
divers editeurs) ; Le vive fiamme (madrigaux 
a quatre et cinq voix, 1565) ; Motetta (quatre A 
cinq voix, 1545) ; Cipriani de & et aliorum 
auctorum motetta 4 voc... cum 3 lectionibus 
pro mortuis Josepko Zarlino auctore (1563); 
Sacrce cantiones sen motetta (de quatre A six 
voix, 1573); nn livre de Messes, de quatre A six 
voix (1566, connu seulement par une mention 
dans « Bibl. class. », de Draudius) ; un livre de 
psaumes (1554); une Passion selon St- Jean 
(1557); Fantasie e ricercaria3 voci...da cantare 
esonare... composti da lo eccellentissimo Adria- 
no Willaerte Cipriano R. suo discepolo (1549). 
Beaucoup de recueils de Susato, de Phal&se, 
etc., contiennent des madrigaux et des motets 
de R. La bibliothdque de Munich poss&de 
trois Messes non imprimees : Vwat Felix Her- 
cules (A cinq voix), Prceter rerum seriem (A 
sept voix) et la Missa a note nere (A cinq voix), 
mentionnee par Fetis, puis plusieurs motets et 
madrigaux et, dans le magnifique volume 
Mus. Ms.B., con tenant des miniatures de Hans 
MuMich, le portrait en buste de Rore(& la p.304; 
reproduction photographique dans : Malde- 
gehm, Tresor 9 5* ann£e). 

Rorich, Karl, ne a Nuremberg le 27 fevr. 
1869 ; eieve de l'Ecole royale de musique de 
Wurzbourg et,depuis 1892,professeur A TEcole 
de musique grand-ducale, A Weimar. R. est un 
compositeur de talent (Mdrchenouverture ; 
une suite: Waldleben et Wetnachtsbilder ; des 
choeurs,- des morceaux de piano; des lieder, 
etc.). 

Rosa, Carlo (Karl Rose), violoniste et im- 
presario, n6 A Hambourg le 2 mars 1842, m. a 
Paris le 80 avr. 1889; eieve des conservatoires 
de Leipzig et de Paris, devint, en 1863, concert- 
meister A Hambourg et donna des concerts A 



Londres (1865), puis en Am&rique avec la can* 
tatrice Euphrosyne Parepa (v. ce nom), qu'il 
epousa plus tard. Depnis lors, R. fut entrepre- 
neur dramatique a Londres et A New- York. 

Rosalie ( all. Schusterfleck ), denomination 
ironique que Ton donne A la repetition (mono- 
tone ou d6sagr6able) d'un m£me motif sur dif- 
ferents degres. Ge systeme de gradation musi- 
cale est devenu trop courant, par le fait meme 
de sa commodite; toutefois,il ne convient point 
de le bannir enticement, par simple esprit 
d'opposition, car il se justifie fort bien dans 
certains cas. 

Rose v. Rosa et Rosfc. 

Rose, ouverture circulaire (sorte de rosette 
ajour£e) pratiqu^e au centre de la table d'har- 
monie du luth et des instruments de la m6me 
famille. 

Ros§, Arnold-Joseph, violoniste distingue* 
premier violon du quatuor R., dont la reputa- 
tion est bien etablie, ne A Jassy le 24 oct. 1863; 
eieve de Heissler, au Conservatoire de Vienne, 
est de puis 1881 concertmeister et premier vio- 
lon-solo dans Torchestre de la Cour, A Vienne. 
n a rempli, en outre, plusieurs fois, d&s 1888, 
les fonctions de concertmeister au Theatre- 
Wagner de Bayreuth. 

Roseingrave, Thomas, organiste de reglise 
St-Georges, A Londres, de 1725 A 1737, m. en 
cette ville en 1750; avait etudie le contrepointa 
Rome et public : Voluntaries and fugues....* 
for tke organ or harpsichord. 

Rosellen, Henri, pianiste et compositeur fa- 
vori d'oeuvres de salon, ne A Paris le 18 oct. 
1811, m. dans la m&me ville le 18 mars 1876; 
eieve du Conservatoire de Paris, ecrivit plus 
de deux cents ceuvres, la plupart pour le piano 
(morceaux de genre, fantaisies, etc.), mais aussi 
un trio concertant pour piano, violon et violon- 
celle, une m&thode de piano et un Manuel des 
pianistes ( recueil d'exercices techniques). 

Rosenhain, 1. Jakob, pianiste et compositeur 
distingue, ne A Mannheim le 2 dec. 1813, m. a 
Baden-Baden le 21 mars 1894 ; eieve de Jacob 
Schmitt, A Mannheim, et de Schnyder de War- 
tensee, A Francfort s/M., fit beaucoup de tour- 
nees de concerts et habita d'abord Francfort , 
puis, en 1849, Paris et enfin Baden-Baden. R a 
compose quatre operas: Der Besuch im lrreur 
haus (execute a Francfort, en 1834), Liswenna 
(non execute), Le dimon de la nuit (Opera de 
Paris, 1851) et Vciage etjalouas ^Baden-Baden, 
1863); de plus: trois symphonies; quatre trios, 
avec piano: trois quatuors pour instr. A archet; 
un concerto de piano ; des etudes et morceaux 
pour piano et plusieurs lieder. — 2. Eduahd, 
frere du precedent, n6 A Mannheim le 18 not. 
1818, m. A Francfort s/M. le 6 sept. 1861 ; fat 
un excellent pianiste et professeur de piano. II 
apublieune serenade pour violoncello et pia- 
no, de m6me que diverses pieces pour piano. 

Rosenmuller, Johann, ne en 1615, devint, en 
1648, directeur de musique de l'eglise St-Thomas, 
A Leipzig, mais fut incarc£r£, en 1655, poor 
attentat aux moeurs ; il r6ussit a s'evader, se 
refugia a Hambourg et, plus tard, en Italie. D 



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ROSENTHAL — ROSSI 



70S 



fut amnislie en 1667, et vivait encore en 1685, 
apres avoir et& maltre de cbapelle a Wolfen- 
buttel. II a public : Kernspriiche mehrenleils 
aus heilif/er Schrift (de trois k sept voix, avec 
ccontinuo», 1648); Studentenmusik von -3 
und 5 lnstrumenten (airs de danses, 1654) et 
II sonate da camera a 5 stromenti (Venise, 
1667 et 1671 ; ad lib, pour deux violons et basse 
continue), oeuvre du plus haul inter<H histori- 
que, mais qui parait 6tre perdue. 

Rosenthal, Moritz, n6 k Lemberg en 1862 ; 
el£ve de Mikuli, de Raphael Joseffy (1875) et de 
Liszt (1877), pianiste dont la technique est 
formidable et le jeu tr£s rafiine. donne des con- 
certs depuis 1876; mais ce n'est que depuis 
1890, apr&s un grand voyage en Am6rique, qu'il 
reussit k attirer r&ellement l'attention du 
monde musical. 

Roser von Reiter, Franz de Paula, n6 k 
Naarn (Haute- Autriche) en 1779, m. en 1890; 
ecrivit k Budapesth et k Vienne, depuis 1828, 
plus de cinquante operas, opereltes, farces, 
pantomimes, etc. 

Rosetti, L Stefpano (Roseti), n6 k Nice, 
niaitre de chapelle k No vara ; publia des madri- 
gaux k trois, quatre et six voix (1567, 1560 et 1566 
t r 1573]) et des motels de cinq k six voix (1573; 
reimpression?)— 2. Francesco- Antonio (Franz- 
Anton Rosslkr), ni a Leitmeritz (Boh&me) en 
1750, m. k Ludwigslust le 30 juin 1792; suivitles 
cours du s6minaire de pr&tres, k Prague, prit 
la tonsure en 1769, mais obtint une dispense du 
pape et devint musicien. II fut d'abord chef 
d'orchestre du prince Wallerstein, puis maltre 
de chapelle de la Cour, k Schwerin. R. a com- 
post un Requiem : deux oratorios : Der sler- 
bende Jesus et Jesus in Gethsemane (1792, 
donne k Berlin, en presence de la Cour et peu 
avant sa mort); dix-neuf symphonies; neuf 
quatuors pour instr. k archet; quatre concertos 
deflate; quatre concertos de clarineite; trois 
concertos de cor; deux morceaux concertants 
pour deux cors; un sextuor pour flute, deux 
cors et instr. k archet; un concerto de piano ; 
douze trios, avec piano, etc. 

Rossaro, Carlo, n6 a Crescentino, pr&s de 
Vercelli, en 1828, m. k Turin le 7 fevr. 1878 ; 
pianiste distingue et compositeur tr&s z616 : 
sonate de piano (op. 23) ; quatre Etudes caracte- 
ristiques (op. 10, 11, 15, 16) ; des pieces pour 
piano (op. 12, 13, 14) ; deux fantaisies pour 
piano et contrebasse (oeuvres prSeieuses). 

Rossi, nom d'une multitude de musiciens ita- 
liens, parmi lesquels les suivants m^ritent une 
mention sp&ciale : 1. Giovanni-Battista, moine 
k G6nes, a publi6: Organo de cantori per 
intendere da so stesso ogni passo difficile che 
si trova nellamusica, elc.( 1618), ouvrage qui 
donne la solution de certains problfones de la 
notation proportionnelle. — 2. Salomon, rabbin 
k Mantoue, a fait paraitre deux livres de « can- 
zonette » a trois voix (1589, 1592), quatre livres 
de madrigaux k cinq voix (1596 [1598, 1607J, 
1599, 1609, 1613), des symphonies et gaillardes 
de trois k cinq voix (1607), Sonate, gagliarde, 
brandi e correnti a due viole col basso per il 



cembalo (1623), des cantiques de trois a huit 
voix, des psaumes, des hymnes et des «Laudes» 
(1620). Gardane a publid en outre, en 1617, un 
drame musical, Maddalena, compost par R., 
Monteverde, Muzzio Effrem et Alessandro Gui- 
nizzani. — 3. Luigi-Feuce, n£ k Brandizzo 
(Ptemont) le 27 juil. 1805, m. k Turin le 20 
juin 1863; 616ve de Raimondi et de Zingarelli, 
k Naples, d&buta, sans succ£s, avec un op6ra, k 
Turin, et se voua ensuite k la composition reli- 
gieuse, ecrivant des Messes, un Requiem, un 
Te Deum, etc., fort respectables. R. a r6dig£ 
des articles pour le Gran dizionario delta 
lingua italiana, de Tomaseo, et pour YEnciclo- 
pedia populare, de Pombo; il fut, de plus, 
collaborates actif de la « Gazelta musicale », 
traduisit en ilalien la Theorie de la composition, 
de Reicha, et le « contrepoint », de Cherubini. 
— 4.LAURO,un des compositeurs d'op&rasitalien 
les plus notables de notre siecle,n£ k Macerata 
le20 tev: 1812, m. k Cr£mone le 6 mai 1885;el6ve 
de Crescentini, de Furao et de Zingarelli, a 
Naples, devint, en 1882, chef d'orchestre au 
theatre « della Valle », k Rome, mais ne rem- 
porta son premier triomphe reel qu'avec son 
dixteme op6ra ; La casa disabitata (ou I falst 
monetati), represents en 1834 k la Scala de 
Milan, puis ensuite dans toute l'ltalie et k Pa- 
ris. Mais, la m£me ann&e encore, un autre 
op£ra, Amelia (Naples, 1834), fit fiasco, ce qui 
probablement decida R. k prendre un engage- 
ment k Mexico (1835), comme chef d'orchestre 
d'une troupe th&Urale. Celle-ci fit faillite au 
bout de deux ans, mais entreprit encore une 
tournee, sous la direction de R., a travers le 
Mexique, puis k la Havane, Nouvelle-OrlSans, 
Madras, etc. En 1844, R. revint en Italic et fut 
nomm6, en 1850, directeurdu Conservatoire de 
Milan, puis, en 1870,successeurdeMercadante, 
comme directeur du Conservatoire de Naples. 
En 1880, il se retira k Gremone. Parmi les 
vingl-neuf operas qu*£crivit R., ce fut, k c6l£ 
des «Faux monnayeurs», La contessa di Mons 
qui eut le plus de succ£s. R. a 6crit aussi un 
oratorio, Saul ; des £16gies sur la mort de Bel- 
lini etde Mercadante;des cantates; uneMesse; 
des choeurs pour les c Prisonniers • de Plaute : 
six fugues pour quatuor; huit vocalises pour 
soprano ; douze exercices pour soprano ; des 
mllodies vocales, etc — 5. Giovanni-Gaetano, 
n£ k Borgo San Donnino, pr&s Parme, le 5aout 
1828, m. k Parme le 30 mars 1886 ; 616ve de 
Raj, de Frasi et d'Angeleri, au Conservatoire 
de Milan, fut, de 1852 k 1873, violon-solo au 
thMtre et organiste de la chapelle de la Cour, 
puis, en outre, de 1864 k 1873, directeur du 
Conservatoire, a Parme. D6s 1879, R. fut chef 
d'orchestre k G£nes (au the&tre « Carlo Felice »). 
R. a compost quatre operas : Elena di Taranto 
(Parme, 1852), Giovanni Giscala (ibid., 1855; 
Milan, 1856), Nicolo de 9 Lapi (Ancdne; 1865 ; 
Parme, 1866) et La contessa d'Altenberg (Borgo 
San Donnino, 1872); une symphonic couronn£e, 
Saul (Paris, 1878) : trois Messes; un Requiem; 
un oratorio, etc. — 6. Carlo, excellent pianiste, 
n6 k Lemberg le 4 avr. 1839 (son p&re elait ita- 



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704 



ROSSINI 



lien, sa mere polonaise) ; arriva de bonne heure a 
Vienne ou il etudia le violon d'abord, sous la 
direction de Joseph Menzel, et Tit, depuis 1851, 
a Venise. II avait frequenle d'abord l'Academie 
des Beaux-Arts de cette viile, mais passa d6fi- 
nitivement a la musique et travailla le contre- 
point aupres de Tonassi. R. a ecrit des ceuvres 
vocales, des morceaux de piano et de violon, 
deux quatuors pour instr. a archet, des sym- 
phonies, un opera-comique, etc .— 7. Marcello, 
violoniste bien dou6, n6 i Vienne le 16 oct. 
1862, m. a Bellagio le 30 mai 1897; eleve du 
Conservatoire de Leipzig, puis de Lauterbach, 
a Dresde, et de Massart, k Paris, se produisit 
avec succes des 1877 dans differentes villes 
d'Allemagne et d'Autriche et, plus tard, aussi 
en dehors de sa patrie. R. vecut principalement 
a Vienne, ou il 6tait virtuose de la Chambre im- 
p^riale. 

Rossini, Gioacchino-Antonio, le maltre dans 
lequel s'incorpora, en dernier lieu, le veritable 
op6ra national italien, avec tout l'£clat de sa 
chaude sonorite et l'in^puisable richesse de sa 
m&lodie ; n6 a Pesaro, dans la Romagne (d'ou 
son surnom de « Gygne de Pesaro »), le 29 f£v. 
1792, m. k Ruelie, pres Paris, le 13 nov. 1868. 
Son pere jouait du cor, sa mere chantait ; de- 
puis tout jeune il se d&veloppa dans cet entou- 
rage musical et il fut envoy6 k Bologne, aupres 
d'Angelo Tesei, qui fut charg6 de d6velopper 
sa belle voix. En 1807, il entra comme £l£ve de 
composition de Vabbe Mattei, dans les classes 
du «Lycee philharmonique » de Bologne; mais 
il interrompit ses Etudes aussiUH qu'il eut ter- 
mine le contrepoint, car, au dire de Mattei, il 
en savait bien assez pour composer des operas. 
Son premier debut sur la sc6ne fut La cambiale 
di mairimonio (1810, au theatre < San Mose • 
de Venise), un acte, qui ne fit gu£re parler de 
lui, pas plus du reste que le second : L'equivoco 
stravagante (Bologne, 1811); cependant ils plu- 
rent assez, en sorte que R, regut suffisamment 
de commandes, et ecrivit, en 1812, cinq operas. 
L'ann6e suivante, apres la representation de 
Tancrede, au theatre « Fenice » de Venise, les 
Italiens savaient deja que R. Stail leur plus 
grand compositeur d'op£ras et leur opinion 
s'affermit encore, grdce a Lltalienne a Alger. 
Mais ce fut le Le Barbier de Seville qui, en 
1816, au theatre Argentina de Rome, etablit d6- 
finitivement la gloire de R. Immortel, entre tou- 
tes les ceuvres du maltre, le Barbier est peut- 
£tre bien aussi la perle de Topera-bouffe italien. 
Les Romains avaient cependant accueilli avec 
beaucoup de mefiance Toeuvre nouvelle dont 
Tauteur avail, k leur avis, la trop grande au- 
dace de s'attaquer au m6me libretto que Pae- 
siello; la premiere fit un fiasco complet; mais 
la seconde representation que R., aigri par 
rinsucces, refusa de diriger, fut un triomphe 
eclatant pour le maitre, en Thonneur duquel 
s'organisa, le soir m6me, une retraite aux flam- 
beaux. La m6me annee encore suivit, a Naples, 
Othello, le premier ouvrage dans lequel R. re- 
non^a totalement au « recitatif », puis, k Rome, 
Cendrillon, et, en 1817, k Milan, La Pie vo- 



leuse. De 1815 k 1823, R. fut engage par l'im- 
presario th&Atral Barbaja et contre un traite- 
ment de 12,000 lires, Scrivit chaque ann6e deux 
operas nouveaux ; Barbaja assurait ainsi le 
succes de ses entreprises nombreuses, car il 
avait entre les mains non seulement les thea- 
tres de Naples, mais encore la Scala de Milan 
et TOpera italien de Vienne. Toutefois, Taccueil 
tres reserve que rencontra Semiramis (Ve- 
nise), une oeuvre plus vaste et d'un genre 
plus £lev6 que les precedentes, d6cida R. a 
se rendre k Londres. en 1823 ; il y gagna, en 
cinq mois seulement. en concerts, lemons parti- 
culteres, etc, plus de dix mille livres sterl. Au 
mois d'octobre de la mfcme ann£e, R. partil 
pour Paris, ou il s'etablit pour longtemps et 
prit la direction du Th&ltre-Ilalien. Mais le 
maestro ne poss£dait aucun talent d*organisa- 
tion, et, au bout de deux ans k peine, le theatre 
avait si consid&rablement p6riclit£, que le vi- 
comte de Larochefoucauld releva R. de son 
poste, de son propre consentement, et le fit 
nommer intendant general de la musique royale 
et inspecteur general de chant, sinecure qui lui 
valait vingt mille francs d'appointements. II est 
vrai que la revolution de Juillet lui fit perdre 
cette situation ; mais un long proc&s lui permit 
de sauver encore une pension annuelle de six 
mille francs. A Paris, R. ne tarda pas k deve- 
nir tout a fait francais, et, £crmt,en 1829, Guil* 
laume Tell, son oeuvre capitale dans le domaine 
du grand op6ra et, de plus, sa derniere oeuvre 
sc£nique. Pendant les trente-huit annees qui 
separent Tan 1829 de sa mort, R. ne reprit la 
plume que pour ecrire son celebre Stabat Ma- 
ter (1832 ; et sous la forme connue, augments 
1841), quelques ceuvres de musique d'eglise et 
des cantates. En 1836, il s'elait retire en Italie, 
d'abord k Milan, ensuile dans une villa pres de 
Bologne ; mais il s'ennuyait et d^perissait. L'e- 
norme succ&s du Stabat le stimula de nouveau: 
par contre, les troubles de 1848, Tindisposerent 
et il dut se refugier k Florence. Mais il fut pris 
du desir de revoir Paris, ou il se remit bienWt. 
et il vecut encore une quinzaine d'ann^es, en- 
toure de Testime generate. 

Les ouvrages scSniques de Rossini sont: 
La cambiale di malrimonio (1810), L'equivoco 
stravagante (1811), Demetrio e Polibio (1811), 
Linganno felice (1812), Ciro inBabilonia(lHl2), 
La scala di seta (1812), La pieira del paragons 
(1812), Uoccasione fa il ladro (1812), 11 flglio 
per azzardo (1813), Tancredi (1813), Lltaliana 
in Atgeri (1813), Aureliano in Palmira (1814), 
11 Turco in Italia (1814), Elisabelta (1815; Na- 
ples, « San Carlo »), Sigismondo (1815, Venise), 
'lorwaldo e Dorlisha (1816, Rome, « della 
Valle »), 11 barbiere di Seviglia (1816, Rome. 
« Argentina »), La gasetla (1816, Naples), Otello 
(1816, Naples, t del Fondo >), Cenerentola (1817. 
Rome, « della Valle »), La gassa ladra (1817, 
Milan, * Scala ■), Armida (1817; Naples,* Sail 
Carlo »), Adelaide di Borgogna (1818; Rome, 
« Argentina »), Adina o il califfo di Bagdad 
(1818, « Lisbonne >)> Mose in Egitto (1818, Na- 
les, « San Carlo »), Ricciardo e Zoraide (1818, 



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ROST — ROTTMANNER 



705 



ibid.), Ermione (1819, ibid.), Eduardo e Oris- 
tina (1819, Venise, « San Benedetto »), La donna 
del logo (1819, Naples, * San Carlo »), Bianca 
e Faliero (1820, Milan, t Scala »), Maomeito II 
<1820, ibid.), Matilda di Ciabrano (1821, Rome, 
■< Apollo »), Zdmira (1822 , Naples « San Carlo •), 
Semiramide (1823, Venise, tFenice »)» II viag- 
gio a Reims (1825, Theatre italien), Le siigede 
Corinthe (1826, Opera, nonvelle version de 
« Maometto »), Mdise (1827,tfo'd., nonvelle ver- 
sion de c Mos6 in Egitto »), Le comfe Ory (1828, 
ifctd.), Guillaume Tell (1829, t&d.); puis des 
can tales dramatiques : II pianto darmonia 
<1808), Didone abbandonata (1811), Egle ed 
Irene (1814), Te*t e Peleo (1816), Jfrsa (1819), 
Partenope (1819), La riconoscenza (1821), 1J 
t?ero omaggio (1822), L'augurio felice (1823), 
La sacra alleanza (1823), 7/ fordo (1823), if W- 
Zorno (1823), if pianto delle Muse (1823, Lon- 
dres), I pastori (1825, Naples), 7/ serto votivo 
<1829, Bologne). Parmi les oeuvres qui n'ont pas 
&H ecrites pour la scene, ii faut mentionner : 
le Stabat Mater ; une petite Messe ; Tantum 
-ergo, pour trois voix d'hommes et orchestre ; 
Hymne a Pie IX ; Quoniam, pour baryton et 
orchestre ; Chant des Titans, pour quatre bas- 
ses et orchestre ; trois cbo?urs pour voix de 
femmes avec piano : La Foi, FEspirance, la 
Charite; quelques airs el des « canzonette » 
<Se il vuol la tnolinara ; premiere composition 
de R.) ; des cantates de circonstance ; des mar- 
ches militaires; enfin des pieces vocales desti- 
nies A l'enseignement : Soirees musicales (huit 
ariettes et quatre duos) et Gorgheggi e solfeggi 
per soprano, per render e la voce agile. — Par- 
mi les nombreux ecrits sur la vie et les oeuvres 
de R.,il faut mentionner specialement : Carpani, 
Le Rossiniane (1824); d'Orligue, De la guerre 
des dilettanti ou de la revolution op&r&e par 
M. R., dans Foptra frangais (1829) ; Azevedo, 
JJ., sa vie et ses oeuvres (1865): Pougin, it, 
-notes, impressions, souvenirs, commentaires 
< 1870), et,en allemand, J. Sittard,i?osstm (1882). 
TJne biographie complete et definitive manque 
encore. 

Rost,l. Nicolas, 6tait, vers 1580, A la Cour du 
Palatinat de Heidelberg, et devint plus tard 
pasteur A Cosmenz,dans le cercle d'Altenbourg, 
il a public : 30 geistliche und weltliche deut* 
scke Liedervon 4-6Stimmen (1583); 30 neuce 
iiebliche Galliarden (A quatre voix, 1594), et 
Canliones selectissimce U614, motets de six A 
huit voix), et ecrit aussi la musique pour un 
drame de la Passion, A' onze voix. — 2. Frie- 
drich-Wilhelm-Ehrenfried, n6 a Bautzen le 
11 avr. 1768, fut recteur A Plauen et, plus tard, 
recteur de Fecole St-Thomas, a Leipzig, ou il 
mourut le 12 fevr. 1835 ; il publia : De insigni 
ulilitale ex artis musicce studio in puerorum 
•educatione redundant e (1800); Oratio ad re- 
novandam Sethi Calvisii memoriam (1805); 
De necessitudine quce litterarum studiis cum 
arte musica inter cedit (1817 ; disco'urs pour 
Installation de Schichl), et Was hat die Leip- 
ziger Thomasschule filr die Reformation ge- 
ihan ? (1817, avec une biographie de Rhaw). 

D1CTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 45. 

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Rota, Rotula (all. Radel), ancienne denomi- 
nation d'une forme equivalente au canon. 

Roth, Philipp, violoncelliste, ne A Tarnowitz 
le 25 oct. 1858, m. A Berlin le 9 juin 1898; eleve 
de Wilh. Miiller, puis de 1876 A 1878, de Rob. 
Hausmann, A l'Acadimie royale de Berlin, 
d f ou il entreprit plusieurs tournees de con- 
certs. R. a public une m6thode de violoncelle 
et un guide pour la litterature du violoncelle; 
en 1890, il fonda, A Berlin, la « Freie musika- 
lische Vereinigung » pour laquelle il crea, 
quatre ans plus tard, un organe special : Ber- 
liner Signale (bi-mensuel). — 2. Bertrand, 
pianiste, ne A Degersheim (St-Gall) le 12 fevr. 
1855, eleve du Conservatoire de Leipzig et de 
Liszt, devint professeur de piano au Conserva- 
toire du D p Hoch, A Francfort s/M., puis fonda 
avec Schwarz et Fleisch le c Conservatoire 
Raff #, passa en 1885 au Conservatoire de 
Dresde et ouvrit enfin, en 1890, une t Ecole de 
piano », A Dresde. 

Rotta (all. Rotte), inslr. A cordes pincees 
(avec le doigt ou au moyen d'un plectre), des 
debuts du moven Age. Otfried (868) mentionne 
dej4 la r. (Ev. V, 23, 397), et Notker (1000) ex- 
plique que : « Daz psalterium, saltirsanch, hei- 
zet nu in diutscun rotta •. II n f est point im- 
possible qu'4 l'origine les termes de r. et de 
chrotta (v. ce mot) aient designe un seul et 
meme instrument; un instrument, reproduit 
par Herbert (De cantu, etc., Ill), sous le nom 
de Chitara teutonica, porte la caracteristique 
ducrouth (chrotta), l'etrier. Cf. Wewertem, Zrjcei 
veraltete MusikinstrUmente (dans les « Monats- 
hefte fur M.-G. », 1881). 

Rotter, Ludwig, organiste et compositeur, ne 
A Vienne le 6 sept. 1810, m. dans la meme ville 
le 5 avr. 1895 ; remplit plusieurs emplois d'or- 
ganiste, a Vienne, et succeda, en 1867, A Sech- 
ter, comme premier organiste de la Cour, avec 
le titre de c K.-K. Vicekapellmeister ». R. est 
Tauteur d'un grand nombre d'oeuvres d'eglise 
(offertoires, graduels, Messes, Te Deum, Re- 
quiem) et (Tune methode de basse chiffree. 

Rottmanner, Eduard, compositeur de musi- 
que d'eglise, ne A Munich le 2 sept. 1809, eleve 
deEtt (composition), et de Lohle (chant), fut en- 
gage de bonne heure comme tenor dans la Cha- 
pelle de la Cour, et organiste de la « Congrega- 
tion des bourgeois », puis devint, en 1839, 
organiste du ddme, A Speier, ou il mourut le 
4 mai 1843. Ses oeuvres principales, soigneuse- 
ment conservees dans la bibliotheque de la 
Chapdle de la Cour, et souvent encore execu- 
tes aujourd'hui, sont : deux Messes a quatre 
voix, avec orgue (non gravees, instrumentees 
par Ett) ; une Messe A six voix ; deux grands 
cantiques de vepres, en si bfanol et en rd; un 
Requiem ; une litanie; un premier Stabat A qua- 
tre voix. et un autre avec orgue et instruments 
A archet; un Salve regina; un Magnificat: un 
Ave Maria A quatre voix, avec instr. a archet, 
orgue et deux cors, ad lib. ; des hymnes : Alma 
redemptoris ?nater, Yeni sancte sjnritus ; plu- 
sieurs motets : enfin . des chants nationaux de 
la Grece moderne (graves), etc. 



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HOUGET DE i/lSLE — ROUSSIER 



Rouget de lisle, Claude-Joseph, l'auleur de 
la Marseillaise, nk k Lons-le-Saunier le 10 mai 
1760, m. k Choisy-le-Roi, pr^s Paris, le 27 join 
1836; etait ingenieur militaire k Strasbourg, 
lorsque, en 1792, il improvisa paroles et musi- 
que da chant patriotique qui devait le rendre 
calibre. Ce fut son ami, Ign. Pleyel, qui nota le 
« Chant de FarmSe du Rhin », dont l'entral- 
nante meiodie, change plus lard par les troh- 
pes marseillaises appel&es k Paris, re$ut de Id 
le nom de Marseillaise, consacre desormais par 
r usage. Plus tard, R. alia k Paris et composa 
aussi : Hymne dithyrambique sur la conjura- 
tion de Robespierre et la revolution du 9 ther- 
rnidor (1794) ; Chant des vengeances (1798); 
Chant du combat (1800, pour Fannie d'Egypte); 
vingt-cinq romances pour une voix, avec piano 
et violon oblige; entin, cinquante Chants fran- 
gais. H ecrivit, en outre, le texte d'un opera-co- 
mique : Jacquot ou Ficole des mires (compose 
par Delia Maria, 1798), et d'nn grand opera : 
Macbeth (musique de Cheiard, 1827). Cf. Am6- 
d6e Mereaux, Vartttes littiraires et musicales, 
p. 41;et surtout J. Tiersot, R. de Vlsle, son 
ceuvre et sa vie (1894; prix Kastner-Boursault). 

Roulade (all. Laiifer), passage rapide de vir- 
tuosity vocale. 

Rousseau, 1. Jean, violoniste, k Paris, dans 
le dernier quart du xvn* s. ; publia deux re- 
cueils de morceaux pour la viole, avec des exer- 
cices et des indications pour diff&rents modes 
d'accorder la viole ; un Traite de la viole, qui 
contient une dissertation curieuse sur l'histoire 
de la viole (1687, chez Ballard), et une Methods 
claire, certaine et facile pour apprendre d 
chanter la musique sur les tons naturels et 
transposis (1678, et d&s lors, plusieurs fois; 
avec des indications pour l'ex&ution des fiori- 
tures.) — 2. Jean-Jacques, le c£l&bre philoso- 
phe et litterateur Suisse, n£ k Geneve le 28 juin 
1712, m. k Ermenonville, pr^s Paris, le 8 juiL 
1778 ; ne fut pas musicien de profession et ne 
posseda que d'imparfaites connaissances tech- 
niques, mais voua, dfyk comme jeune homme, 
un inter&t particulier k la musique, et se fit con- 
naltre dans la suite, aussi bien comme compo- 
siteur que comme musicographe. Dans la dis- 
pute des boufTbnistes et des antibouffonistes, il 
fut, avec Grimm (v. cenom),un des premiers, des 
plus z&16s et des plus tenaces partisans des Ita- 
liens; il ecrivit, & ce sujet : Lettre a M. Grimm, 
au sujet des remarques ajoutees a sa lettre sur 
iQmphale* (1752), Lettre sur la musique fran- 
gaise (1753), Lettre cCun symphoniste deVAca- 
dtmie royale de musique a ses camarades de 
Vorchestre (1753). Son essai de remplacer notre 
syst£me de notation par une notation chiffr£e 
(il eut pour pr£curseur Souhaitty et pour suc- 
cesseur Natorp), ne conduisit k aucun r^sultat 
positif ; il exposa son projet en 1742, k 1* Acade- 
mic, et le publia dans sa Dissertation sur la mu- 
sique moderne (1743). Mais les travaux musi- 
caux les plus importants de Rousseau sont 
la redaction des articles de musique pour 
YEncyclopidie de Diderot, d'Alembert, etc. et 
un Lictionnaire de musique (1767), plusieurs 



fois re£dit£, dont une partie est la reproduc- 
tion, revue et augmentee, des articles speciaux 
de 1' « Encyclopedic >. Tons les Merits musi- 
caux de R., se trouvent du reste r£unis dans 
Fedition complete de ses cpuvres (premiere Edi- 
tion, 1782 et suiv.). Comme compositeur, R. 
remporta un reel succ&s avec Le Devin du vil- 
lage (Opera, 1752) ; cet ouvrage est en sommele 
premier petit op£ra-comique fran$ais, il se 
maintint pendant soixante ans sur les scenes 
francaises. R. eut 6galement la main heureuse 
avec son mttodrame (genre dont il est l'inven- 
teur) : Pygmalion (1778) ; par contre, un ballet, 
Les Muses galan tes, echoua complement et ne 
fut pas grave. Des fragments d'un opera : 
Daphnis et Chloi, parurent apr&s sa mort 
(1780), de m£me six nouveaux airs pour le 
« Devin du village » (1780), et un volume de 
romances : Les consolations des mistres de ma 
vie (1781). Cf. la monographie tr£s complete de 
Albert Jansen : J.-J. Rousseau als Musiker 
'(1884), puis Ad. Adam, Souvenirs d'un must* 
cien (1857), et l'article de A. Pougin (en parlie 
d'apres Jansen), dans la Rivista mus. ital (II, 
fasc. 2, p. 227). — 8. Samuel-Alexandre, com- 
positeur, ne a Neuvemaison (Aisne) le 11 join 
1853; entra au Conservatoire de Paris ou il ob- 
llnt successivement le premier prix d'orgue 
(1877; classe de C. Franck), et le grand prix 
de Rome (1878).Celte m§me annee,le prix Cres- 
cent lui fut decerne pour un opera-comique : 
Dianorah (Opera-Comique, dec. 1879), puis le 
Conservatoire executa plusieurs de ses envois 
de Rome : Sabinus (1880), Kaddir (1881), La 
Florentine (1882). R. est actuellement maitre de 
chapelle de Ste-Clolilde et chef des choeurs i la 
Societe des concerts du Conservatoire, mais il 
voue la majeure partie de son temps a la com- 
position ; il a ecrit : une Messe de PAques 
(choeurs, soli et orchestre), un Libera me Do- 
mine,xm quantite de motets pour soli et choeurs, 
des choeurs profanes, trois recueils de pieces 
pour orgue, deux recueils pour harmonium, des 
morceaux de piano k deux et k quatre mains, 
des pieces pour piano et violon, d'autres poor 
petit orchestre, des melodies, enfin deux drames 
lyriques : Merowig (prix de la vilie de Paris, en 
1892; Grand-Thedtre, dec 1893), et La Cloche 
du Rltin (Opera, mai 1898), oeuvres gravees 
pour la plupart (editeurs : Leduc, Lebeau,Chou- 
dens, Lemoine, Peregally et Paruy, Armand 
Colin). 

Roussier, Pierre-Joseph, abbe, ne k Mar- 
seille en 1716, m. a Ecouis (Ndrmandie), ou il 
etait chanoine, vers 1790; publia: Sentiments 
(Tun harmoniphile sur difftorents ouvrages 
de musique (1756, contient des propositions 
pour une nouvelle notation de la basse chif- 
free) ; Traiti des accords et de leur succession 
(1767, d'apres Rameau); Observations surdiffe- 
rents points de Vharmonie(YK5) ; Mimoire sur 
la musique des anciens (1770); L'harmonie 
pratique ou exemples pour le traiU des ac- 
cords (1775) ; Notes et observations sur le mi- 
moire du P. Amiot, concernant la musique 
des Otinois (1779) ,• Mimoire sur la nowdlle 



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ROVELLI - 

harpe de M. Cousineau (1782) ; Mhnoire sur 
le clavecin chromatique (1782); Lettre sur 
Vacception des mots : basse fondameniale(dana 
le « Journal encyclop£dique », 1788). R. est l'au- 
teur d'une partie du 3* yol. de YEssai sur la 
musique, de Laborde. 

Rovelli, Pietro, violoniste, n6 k Bergame le 
6 f6vr. 1793, m. dans la m&me ville le 8 sept. 
1838 ; 61&ve de Rod. Kreuzer,et, k son tour,mai- 
tre de Moiique, anteur d'excellentes etudes, que 
Singer a rWdit6es. R. fut, de 1817 k 1819, con- 
certmeister k Munich. 

Rovetta, Giovanni, compositeur, eteve de 
Monteverde, en sa qualite de chantre (basse) a 
l'^glise de St-Marc, 4 Venise,devint,plus tard, 
prStre k l*6glise San Fantino, k Venise 6gale- 
ment, succ£da,en 1627 a Grandi, comme second, 
en 1644 a Monteverde, comme premier maltre 
de chapelle de St-Marc, m. en aoilt 1668 (son suc- 
cesses fut Cavalli). R. Scrivit nn op&ra : Ercole 
in Lidia (Venise, 1645); un second : Argiope, 
fut termini par Leardini (execute en 1649). En 
outre, on agrav£ de lui : Salmi concertati per 
vesprta 5 e 6 voci edaXtri con 2 vioLini eMo- 
tettia 2 eS voci con alctmi canionx per sonar e 
a Set 4 voci (1626); Madrigali concertati a 2, 3, 
4 ed una a 6 voci e 2 violini, con un dialogo net 
fine ed una cantata a voce sola (1627); Motetti 
concertati a 3, 4 e6 voci con la litnnia delta 
B. V. ed una messa concertata e voci pari (1635); 
Madrigali concertati a 2, 3 ed altri a 5,6 e 
8 voci con due versi ed una cantata a 4 voci 
(1640); Salmi a 1,2, 3 e4 voci con una messa 
a 3 voci concertati con due violini ed altri 
stromenti (1642); Salmi a 5 e 6 voci con 2 vio- 
lini ; Motetti concertati a 2 e3 voci con violini 
se piace ; Salmi a 8 voci (1644) ; Madrigali con- 
certati a2,3e4 voci (1645); Motetti concertati 
a 2 e3 voci con litanie a 4 voci (1647) ; Salmi 
per i vespri e compieta a 8 voci (1662). 

Rose, Nicolas, abbe, ne a Bourg-Xeuf, pr&s 
Chalons, le 17 janv. 1745, m. k St-Mande, pr6s 
Paris, le 30 sept. 1819; vint en 1769 a Paris et fut 
nomm£,en 1775, maltre dechapelle de F6glise des 
Innocents. Mais,d£s 1779, Use voua exclusive- 
ment A l'enseignemept de l'harmonie et de la 
basse chiffr£e, puis succeda, en 1807, a Lan- 
gl£, comme biblioth&caire du Conservatoire. 
On a publie de lui quelques morceaux de musi- 
qne d'eglise et une Mithode de plain-chant. 

Roskosny, Joseph-Richard , pianiste et com- 
positeur, ne k Prague le 21 sept. 1833 ; 61&ve de 
Jiraneck et de Tomaczek, entra k l'lnslilut 
technique, apres avoir fait son gymnase, et 
travailla aussi avec z&e k TAcad&mie de pein- 
ture. En 1855, il lit une tournSe de concerts en 
Autriche et en Roumanie, puis se fixa tout a 
fait a Prague, ou il fit representer plusieurs 
operas de sa composition : Niholaus (1870), 
St-Johannis Stromschnelle,Zdvis von Falken- 
stein,Der Wilddieb,Popelka (1885) et Riibezahl 
(1889). R. a 6crit, en outre, des Messes, des ou- 
vertures, des morceaux de piano, des lieder, 
des choeurs, etc. 

Rubato (ital., derob£), indication designant, 
dans des passages particuli&rement expressifs 



RUBINSTEIN 



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et passionnes, une certaine liberty de mouve- 
ment (tempo rubato). Le r. n'est qu'une sorte 
d'exageration du stringendo-calando, ordinai- 
rement imperceptible, de toute phrase musicale 
expressive. Cf. aoogique. 

Rubeba, Rubella, v. rebec. 

Rubini, Giovanni -Battista, cel&bre t&aor, 
n6 k Romano, pr6s de Bergame, le 7 avr. 1795, 
m. dans son chateau, pr6s de Romano, le 2 
mars 1854 ; fut oblige de gagner d'abord p£ni- 
blement sa vie, comme choriste et chanteur 
de rriles secondaires, dans diffSrentes troupes 
italiennes itingrautes. Mais il se fit remarquer 
k Pavie, en 1814, et d&s lors sa reputation 
s'accrut rapidement. Barbaja lui oflrit, en 1816, 
k Naples, un traitement d6j& fort 6ieve. II 
chanta ensuite aux Italiens, k Paris, avec un 
eclatant succ£e, durant Thiver 1825-1826, mais 
fut oblige de rejoindre Barbaga, qui le retint 
jusqu'en 1831 et flnit par lui assurer un traite- 
ment annuel de soixante mille francs. De 1832 
k 1843, R. chanta alternativement k Paris et k 
Londres. En 1843, il se rendit k Berlin avec 
Liszt, puis k St-Petersbourg oil il retourna 
encore en 1844. Enfin, rentr£ million naire en 
Italie, en 1845, il s'y fit acquSreur d'un petit 
duch£. 

Rubinstein, 1. Anton, un des virtuoses du 
piano les plus eminents, en m&me temps que 
compositeur des plus feconds, n6 a Wechwo- 
tinez, pr£s Balta (Podolie), le 28 nov. 1830, m. 
en sa villa de Peterhof le 20 nov. 1894. Ses pa- 
rents se flx£rent k Moscou, ofi son p&re fonda 
une fabrique de crayons. Sa m£re, qui avail un 
sens musical fort developp£, lui donna ses 
premieres lemons de piano; mais, d6s P&ge de 
sept ans, ce fut Villoing qui fut et resta son 
seul maltre. En 1840, R. accompagna son 
maltre Villoing k Paris, oft il se fit entendre 
des hautes sommites music-ales (entre autres 
Liszt) et conquit tous les suffrages. Liszt lui 
conseilla de perfectionner son Education musi- 
cale en Allemagne. Villoing etR. travers&rent 
alors la Hollande, TAngleterre, la Su&de et 
l'Allemagne, en donnant des concerts, et ren- 
tr&rent k Moscou en 1843. Pendant ce temps, 
le fr&re de R., Nicolas (v. plus loin), qui avait 
huit ans, montrait des dispositions comme 
compositeur. Cette raison dStermina les parents 
k envoyer leurs fils, en 1844, k Berlin, ou ils 
firent, sur le conseil de Meyerbeer, de solides 
etudes th£oriques sous la direction deDehn.Us 
y Maient en compagnie de leur mere qui resta 
jusqu'en 1846, epoque k laquelle la maladie du 
p£re la forga de rentrer k Moscou avec Nico- 
las, tandis qu'Antoine restait a Berlin. Gelui-ci 
sejouma ensuite quelque temps k Vienne,puis 
fit une tournee en Hongrie, en compagnie du 
flutiste Heindl. Len troubles de 1848 le rame- 
n^rent dans sa patrie; il se lixa a St-P^ters- 
bourg et trouva en la grande-duchesse H61£ne 
une protectrice des plus gen£reuses. II ecrivit 
alors plusieurs operas russes, parmi lesquels 
Dimitri Donskoi (18T>2) et Toms, le fou (185;)) 
furent representes, tandis que La Vengeance 
et Les chasseurs siberiens resterent manus- 

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708 



KUBINSTEIN 



crits et inedits. En 1854, R. entreprit, sur les 
conseils et avec Taide de la grande-duchesse 
et da comte Wielhorski, un nouveau voyage 
deludes : il se rendit d'abord en Allemagne, ou 
il trouva des editeurs ponr bon nombre de ses 
ouvrages, puis fit entendre, entre autres , ses 
propres <euvres, a Paris et a Londres. Ce n'est 
qu'en 1858 qu'il revint A St-Petersbourg, ou il 
fut nomme, en premier lieu, pianiste de la 
Cour. puis directeur des concerts. En 1859, il 
prit la direction de la « Societe de musique 
russe », A St-Petersbourg, fonda, en 1862, le 
Conservatoire de cette ville et en devint le di- 
recteur. De 1867 A 1870, il entreprit une nouvelle 
tournSe de concerts, veritable course triomphale 
A travers l'Europe. II se rendit aussi en Ameri- 
que,de 1872 a 1878. Des 1867, R. n'occupa plusde 
poste offlciel, mais disposa librement de son 
temps; il en consacra la majeure partie a la 
composition, apres avoir remporte les plus 
6clatauts succes, com me pianiste. En 1887, R. 
reprit, apres le depart de DavidoiT, la direc- 
tion du < Conservatoire de St-Petersbourg, mais 
il l'abandonna de nouveau a la tin de 1890 et, 
en 1892, nous le trouvons fix£ A Dresde. R. fut 
cr£e conseiller imperial russe (anobli) et che- 
valier de Tordre prussien t pour le m£rite » 
(1891). En tant que pianiste, R. appartenait aux 
virtuoses de grand style, a ceux qui ne recher- 
chent pas avant tout la netted et la correction 
absolues, mais bien une interpretation Alafois 
intelligente et profondement intense. Son jeu 
etait imposant, entralnant, fascinant. Comme 
compositeur, il a fait preuve de qualites analo- 
gues ; ses intentions sont toujours grandioses, 
son ideal l'enlralne moins vers les belles sono- 
rites que vers l'expression empoignante des 
passions, il vise moins a la perfection de la 
forme qu'd la plenitude du contenu. On remar- 
que parfois une certaine predilection pour le 
baroque. Opendant on ne peut nier que plu- 
s i ears de ses (puvres ne renferment des passa- 
ges de tendresse intime et de gr&ce delicate. A 
Fexception de celui de la musique d'eglise 
proprementdite, R. a effleure tousles domaines 
et, dans tous, il a cree des ceuvres notables, 
parfois mSme de reelle vaieur. Schumann est 
bien le maltre avec lequel il a le plus d'affinit^, 
tout en etant d'une nature bien plus violente 
que le grand mattiv du romanlisme. En outre 
des petits operas deja mentionn£s, R. £crivit les 
ouvrages sceniques suivants : Die Kinder der 
ffeute(Vienne,1861), Feramors (Lalla Rookh; 
execute pour la premiere fois A Dresde, en 
1863, et depuis lors assez repandu en Allema- 
gne, charmant opera lyrique), Der Damon 
(St-Petersbourg, 1875), Die Makkabder (Berlin. 
1870), yero (Hambourg, 1879 ; Berlin, 1880), 
Kalaschnikoxc der Kaufmann von Aloskau 
(St-Petersbourg, 1880), Sulamith (ptece bibli- 
que; Hambourg, 1889; idylle exquise, de cou- 
leur orientale fortement accentuee), Unter 
den Rtiubern (1883, op£ra-comique en un acle), 
Gorjuschka (1889), un ballet; Die Rebe(\$®>). 
Puis viennent des oratorios (operas bibiiques): 
Der Turm von Babel (Dusseldorf, 1872), Das 



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verlorene Parodies (op. 54) et Moses (1887); 
six symphonies : op. 40, 42 (Oseansymphonk, 
en sept parties), 56, 95 (symphonie dramati- 
que), 107 (a la memoire de la grande-duchesse 
Hel^ne) et en la mineur op. Ill ; une Fantaisie 
(Eroica) pour orchestre ; des tableaux sympho- 
niques : Faust (op. 68), luxinlV (op. 79) et Don 
Quichote (op. 87) ; trois ouvertures de concert 
(Ouverture triomphale ; op. 42); op. 60; Anto- 
nius und Cleopatra 9 op. 116); irois sonates 
pour violon (op. 18, 19, 98) ; une romance et un 
caprice pour piano et violon (op. 86) ; une so- 
nate pour alto (op. 49; arrangee par David 
pour violon) ; deux concertos pour violoncelle 
(op. 18,5)9); cinq trios avec piano (op, 15 [1-2], 
52, 85, 108) ; un quatuor avec piano (op. 66) ; 
un quintette avec piano (op. 99) ; dix quatuors 
pour instr. a archet : op. 17 (1-8), 47 (1-8), 90 
(1-2) et 106 (1-2,) ; un quintette pour piano el 
instr. A vent (op. 55) ; un quintette pour instr. 
a archet (op. 59); un sextuor pour instr. a 
archet (op. 97); un octette <op. 9); quatre so- 
nates pour piano (op. 12, 20, 41 et 100); an 
th&me avec variations (op. 88) ; six preludes 
(op. 24) ; des etudes (op. 23. 81) ; cinq barcaroles: 
la premiere en la mineur, la qttatri£me en sol 
majeur, parurent s£par£menl; les autres sont 
en fa min. (op. 80. 1), sol min. (op. 50, IFIjetto 
min. (op. 98 ; 4 m » cahier) ; Soiries de St-P&ers- 
bourg, op. 44 (trois cahiers); Miscellanies, op. 
93 (neuf cahiers) ; Le bal (op. 14) ; TarenteUa 
(op. 6); Cajyrices (op. 21) ; SSr&nades (op. 22) et 
d* autres morceaux divers (op.2,3, 4,5, 7,10 rju*- 
menot Ostrow], 16, 29, 88 [Suite], 37, 69,71^ 104, 
114 (Akrostichon), etc. ; puis, A quatre mains : 
op. 50,89 et 103 (Bal coslumt); une fantaisie 
pour deux pianos (op. 73); cinq concertos pour 
piano (op. 25 : mi min. ; 35 *. fa maj. ; 45 : sot 
maj. ; 70 : ri min. ; 94 : mi betnol maj.) ; un 
morceau de concert (op. 118); un concerto pour 
violon (op. 46) ; deux concertos pour violoncello 
(op. 65, 96). Quelques-uns des nombreux lieder. 
de R. jouissent d'une popularity particuliere,\ 
ce sont : op. 1, 8, 27, 32 (X* 6, Asra), 33, 34 X 
(Lieder des Mirza Sdiaffy, et parmi ceux-ci : 
« Gelb rolltmirzuFussen der brausende Kur»), 
36, 57, 6^ (cinq Fables), 72 (entre autres : « Es 
blinkt der Tau » ), 76, 78, 83, 91 ( Wilhelm Meislers 
Lehrjahre), 101, 105 et 115),- des duos (op. 48, 
67): des chceurs pour voix d'hommes : op. 31. 
61 et 74(ces derniers avec orchestre); six choeurs 
pour voix mixtes (op. 62) ; des scenes vocales 
avec orchestre : Hekuba et Hagar in der Wuste 
(op. 92, n°* 1 et 2). R. s'est aussi revels ecrivain 
vigoureux et mordant dans: La musique et ses 
reprdsentants (1892). Sa biographie a ele ecrite 
,par Mac Arthur (Londres, 1889). — 2. Nicolas. 
frere du precedent, ne a Moscou en 1835, m. a 
Paris le 23 mars 1881 ; fut, pendant son s£jour 
de deux ans A Berlin, eleve de Kullak et de 
Dehn, pour le piano et la composition. En 
1859, il fonda la « Society de musique russe », u 
Moscou, et, en 1864, le Conservatoire de cette 
ville, qu'ildirigeaavec beaucoup de zelejusqu'A 
sa mort. Ses compatriotes le regardent comme 
un pianiste demerite egal a AntoineR.D donna 

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RUBNER — RUGGI 



709 



chaque annee une serie de concerts tres courus, 
a St-Petersbourg. Quoi qu'il fut, a l*origine. 
celui des deux fr£res qui s'occupa le plus de 
composition, ses o?uvres sont resides peu con- 
nues. — 3. Joseph, pianiste, ne A Staro Cons- 
lanlinow (Russia), se suicida a Lucerne le 15 
sept. 1884; sans aucune parents avec les pr£- 
c£dents, il fut 61&ve de Hellmesberger et de 
Dachs, a Vienna , v£cut dans l'intimite de 
Wagner, a partir de 1872, et contribua a la 
diffusion des ceuvres du maitre par de nom- 
breuses transcriptions pour le piano. 

Rubner, Kornelius, n£ a Copenhague le 26 
oct. 1853; pianiste de talent, Sieve de Gade et 
de Reinecke, vecut A Baden-Baden jusqu'au 
moment ou, en 1892, il fut appel£ a la direction 
de la « Society philbarmonique » de Carlsruhe. 
R. a ecrit un trio avec piano, des lieder, des 
pieces pour piano, une ouverture de fete, un 
po£me symphonique, etc. 

Ruckers, c£l£bre famille de facteurs de pia- 
nos, a An vers du xvi* au xvu e s., et dont les 
repr£sentants les plus connus sont : Hans 
(l'atn6), appartenant depuis 1579 A la confr^rie 
de St-Luc, m. en 1640. Ses quatre His sont : 
Franz, ne en 1576; Hans(1c cadet), n6 en 1578; 
Andreas (l*ain£), ne en 1579; et Anton, ne en 
1581. Citons encore un fils d'AndrS R., ^appe- 
lant egalement Andreas (le cadet) et qui prn- 
tiqua de 1636 A 1667 environ. 

Rudersdorfi, Hermine (KUchenmeister), can- 
tatrice de renom (soprano), nee a Iwanowsky 
(Ukraine) le 12 d£c. 1822, m. a Boston le 26 tevr. 
1882. Fille du violoniste Joseph R. (n£ en 1788, 
m. en mars 1866, fut concertmeister A Konigs- 
berg), el6ve de Bordogni, A Paris, et de Miche- 
rout, A Milan, elle debuta dans le Lobgesang 
de Mendelssohn (1840), au « Gewandhaus » de 
Leipzig. Ensuite, elle accepta des engagements 
sur les scenes de Carlsruhe, de Franc fort s/M. 
(oil elle epousa [1844] le D r Kdchenmeisler), de 
Berlin, (1852,au th^tre de Friedrich-Willhelm- 
sladt), de Londres (1854-1865). Elle flnit par se 
fixer a Boston (1871), ou elle futtr£s appr£ci6e 
comme professeur de chant (Emma Thursby 
fut son eleve). M m » R. brilla surtout comme 
cantatrice scenique. 

Rudorff, Ernst -Fr.-K., n£ A Berlin le 18 
janv. 1840, fils du cbnseiller prive de justice et 
professeur a TUniversite, A.-F. R, fut eleve de 
Bargiel, de 1852 A 1857, pour le piano, passa 
ses examens de bachelier (1859), se fit inscrire 
A rtJniversit6, mais entra la m£me ann6e au 
(Conservatoire de Leipzig, ou Moscheles et 
Plaidy lui enseign&rent le piano et Rietz la 
composition. Plus tard, il prit des lemons parti- 
culilres de Moritz Hauptmann (composition) et 
de Karl Reinecke (piano). En 1865, il fut nom- 
ine professeur de piano au Conservatoire de 
Cologne, mais passa quatre ans plus tard a 
l'Academie royale de Berlin, ou il est actuelle- 
ment a la t&e dela division de piano. En 1880, 
il prit la place de Max Bruch comme directeur 
de lasoctete de chant « Stern »,maisabandonna 
ces fonctions en 1890. R. s'est aussi revele 
compositeur de talent par une symphonic (up. 



byG< 



le 



31, si bhnol majeur), deux ouvertures (Mar- 
dien vom-blonden Eckbert et Otto der SchUtz> 
de Tieck), une ballade en trois parties, une s6- 
r&nade et des variations pour orchestre, des 
choeurs avec orchestre (Gesang an die Sterne), 
des choeurs sans accompagnement, des pieces 
pour piano, des lieder, etc. 

Rfifer, Philippe -BARTHOLOMfe, pianiste et 
compositeur, ne a Liege le 7 juin 1844; fils d'un 
musicien allemand originaire d*Aix-la-Cha- 
pelle (Philipp R., organiste, n6 A Rumpenheim 
[Hesse j le 30 mai 1810, m. a Ltege le 30 janv. 
1891), £leve du Conservatoire de Liege, devint, 
en 1869, directeur de musique a Essen, mais 
vit A Berlin depuis 1871. II y enseigna d'abord 
le piano au Conservatoire Stern (1871-1872), 
puis A celui de Kullak (jusqu'en 1875). Depuis 
le mois d'oct. 1881, il est professeur de piano 
et dejeudes partitions au Conservatoire Schar- 
wenka. R. s'est fait connaltre par une sympho- 
nie (fa majeur, op. 23); trois ouvertures ; des 
quatuors pour instr. A archet (op. 20 et 31. [mi 
bemol majeur]); une sonate pour violon (op. 1); 
un trio ; deux suites pour piano et violoncello 
(op. 8, 13) ; une sonate pour orgue (op. 16) ; des 
lieder; des morceaux pour piano, etc. Comme 
compositeur d'operas, R. debuta non sans suc- 
ces A Berlin, en 1887, avec Merlin (texte d'Hoff- 
mann). 

Ruif, Heinrich, n£ en 1818, m. a Vienne le 
20 fevr. 1888; professeur de chant estime, avait 
ete auparavant chanteur scenique. 

Ruffo, Vincenzo, maitre de chapelle du Dome 
de Milan, et plus tard du D6me de VSrone, sa 
ville natale ; il a public : des mottets a cinq 
voix (1551 ; deuxi&me &dit. 1558), des Messes A 
cinq voix (1557, reedit£es en 1565, 1580); des 
motets a six voix (1555 ; deuxieme ^dit. 1583); 
quatre livres de madrigaux a cinq voix (1550 A 
1560 ; £dit£s plusieurs fois) ; Madrigali cro- 
matici a 6,7 e 8 voci con la gionta di cinque 
cansoni (1554) ; quatre livres de madrigaux 
chromatiques a cinq voix (1555-1560; cf. Rore), 
des psaumes A cinq voix (1555, nouv. 6d. 1579 
et 1588), des Magnificat A cinq voix (1578). 

Rufinatscha, Johann, ne dans le Tyrol en 
1812, m. a Vienne le 25 mai 1893; professeur 
des plus distingu£s (I. Brtill est son 616 ve), a 
compose, entre autres, cinq symphonies, quatre 
ouvertures, un concerto de piano et des chants 
pour une et plusieurs voix. 

Ruggeri, Giovanni-Martino, compositeur, de 
Venise, a £crit, de 1696 A 1712, dix operas et 
public : Schersi geniali ridotti a regola armo- 
nica in 10 sonate da camera a 3 ciod 2 violinie 
violone o cembalo (1690); Suonate da chiesa a 
2 violim e violone o tiorbo con il suo basso con- 
tinuoper Vorgano (161V)) ; un livre d'autres so- 
nates avec un violoncelle au lieu de « violone » 
(1697), et douze Cantate con e senza violini 
(1706). 

Ruggi, Francesco, compositeur et theoricien, 
ne A Naples le 21 oct. 1767, m. dans la mAme 
ville le 23 janv. 1845; elAve de Fenaroli, au 
Conservatoire de « San Loreto », fut nomme 
directeur extraordinaire de la chapelle munici- 

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710 



KOHL — RCST 



pale de Naples. Ed 1825, il devint le successeur 
de Tritto, comme professeur de contrepoint et 
de composition, au Conservatoire royal. II eat 
comme el&ves, entre autres, Bellini et Carafa. 
R. a 6crit trois operas et un grand nombre 
d'oeuvres de musique religieuse tres appr£- 
ci6es. 

Rfihl. Friedrich-Wilhelm, n£ k Hanaa le 7 
ftv. 1817, m. k Francfort-s/M. le B nov, 1874 ; 
£16ve de Schelble et d' Andre, fondateur d'une 
societe de chant qui porte son nom (« Rfiblscber 
Gesangverein »), k Francfort-s/M. 

Rtihlmann, Adolf-Julius, n£ k Dresde le 28 
tevr. 1816, m. dans la m6me ville le 27 oct. 1877; 
devint, en 1841, tromboniste de la Chapelle 
royale et, des 1878, inspecteur royal des instru- 
ments de musique. Membre fondateur (1844) el, 
depuis 1855, president de la Soci£t£ des musi- 
cians de Dresde, il fut nomme, en 1856, profes- 
seur de piano et d'histoire de la musique au 
Conservatoire de Dresde. II a ecrit, dans la 
« Neue Zeitschrift fur Musik », une s&rie d'arti- 
cles historiques. C'est son fils, le D r Richard 
R., qui a public, en 1882, l'hisloire (avec plan- 
ches d'illustrations) des instruments k archet 
(Geschichte der Bogeninstrumente), qu'il avait 
terminee avant sa mort, mais dont l'edition est 
malheureusement d£figur£e par un grand nom- 
bre de fautes derepression. 

Rummel, Christian, ni k Brichsenstadt (Ba- 
vi£re) le 27 nov. 1787, m. k Wiesbaden le 18 
f£v. 1849 ; chef d'orchestre k Wiesbaden, de 
1815 k 1841, fut excellent pianiste, violoniste et 
clarinettiste. II a compose difftrents morceaux 
pour instr. k vent (un concerto pour clarinette, 
deux quintettes, etc.). — 2. Joseph, file du pr£- 
c£dent, n6 a Wiesbaden en 1818, m. k Londres 
le 25 mars 1880 ; pianiste de la Cour ducale de 
Nassau, virtuose distingue, a compost de nom- 
breuses ceuvres pour piano. — 8. August, fr&re 
du precedent, n6 k Wiesbaden le 14 janv. 1824, 
m. k Londres le 14 d£c. 1886 : fut un bon pia- 
niste egalement. — 4. Franz, fils de Joseph R., 
n£ k Londres le 11 janv. 1858 ; pianiste distin- 
gue, fut professeur au Conservatoire Stern, k 
Berlin, et entreprend de Dessau, oh il est fix6 
depuis plusieurs ann&es, de nombreuses tour- 
n6es de concerts. 

Rundnagel, Karl, n£ k Hersfeld le 4 avr.. 
1835 ; 61&ve de Spohr, membre de l'orchestre du 
The&tre et, depuis 1866,organiste de la Cour, a 
Cassel. II est connu par ses nombreux arran- 
gements des ceuvres de Spohr et par quelques 
compositions originates pour orgue. 

Rung, Hrnrik, compositeur danois, ne a Co- 
penhague le 8 mars 1807, m. dans la m&me 
ville le 13 dec. 1871 ; fut directeur des chceurs 
de TOpera et directeur de la soci£t6 de Sainte- 
Cecile^fondee par lui pourl'&ude de la musi- 
que sacr£e ancienne. Auteur de romances qui 
<levin rent populaires et de musique de sc&ne 
pour un grand nombre de drames. 

Runge, Paul, ne a Heinrichsfeld (Posen) le 
2 janv. 1848 ; £l&ve de Tlnstitut royal de musi- 
que d^giise, a Berlin, ainsi que de Julius 
Schneider, est actuellement (depuis 1873) pro- 



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fesseur de musique k Colmar, ou il dirige dif- 
ferentes soci£t£s de musique. II a compost di- 
I verses ceuvres vocales plus ou moins etendues, 
avec ou sans accompagnement. En outre, K a 
public, en 1896, un volumineux recueil de melo- 
dies des « MinnesSnger» : Die Sangweisen der 
Colmarer Handschrift und die Liederhand- 
schrift Donaueschingen (Breitkopf et Hiertel), 
int&ressant an plus haut degr£ pour Thistoire 
de la musique, comme pour celle de la litera- 
ture. 

Rungenhagen, Karl-Friedrich, n£ k Berlin 
le 27 sept 1778, m. dans la m6me ville le 21 
dec 1851; Tun des nombreux musiciens de 
c talent • qui ont £crit de bonne musique. II se fit 
le soutien de sa famille, priv£e de son chef, en 
donnant des lemons de musique. En 1815, il 
devint sous-directeur de la < Singakademie • : 
en 1838, il succeda k Zeller comme directeur, et 
bientdt apr£s devint membre de l'Academie des 
Beaux-Arts et maltre k l'lnstitut royal de musi- 
que ; il recut le titre de professeur, en 1843. R. a 
6crit quatre operas, trois oratorios, une Messe* 
des cantates, un grand nombre de motels et 
d'autres chants sacrfe, environ mille lieder 
des symphonies, des quatuors, etc., etc. 

Rust, 1. Friedrich-Wilhklm, n6 a Wcerlitz. 
pr£s Dessau, le 6 juil. 1739, m. k Dessau le 28 
tevr. 1796 ; 6tudia le droit, k Leipzig, jusqu*en 
1762, mais se voua ensuite complement a la 
musique. Le prince Leopold IILd* Anhalt-Des- 
sau le confia aux soins d'un violoniste alors 
renomm£, K. Hceckh, k Zerbst, puis de Franz 
Benda, k Berlin (1763). De 1765 k 1766, il Tem- 
mena avec lui en Italie et le fit, en 1775, direc- 
teur de musique de sa Cour. R. fut un violo- 
niste remarquable et ecrivit pour son instru- 
trument des ceuvres de valeur; une de ses 
sonates pour violon et piano a 6te publiee par 
Ferd. David, une autre pour violon seul (si W- 
mol majeur) par Singer. Plus r6cemment en- 
core, W. Rust publia une nouvelle Edition de 
quatre sonates pour piano (si bemol min., fa 
diese min., ri min., ri bimol maj.) et d'une so- 
nate pour violon (*t min.). Lea Italiens admi- 
raient beaucoup l'habilete avec laquelle R. 
jouait du luth. Wilhelm Hosaus a pablie, en 
1882, une monographie sur R. et sur la vie mu- 
sicale k Dessau, de 1766 k 1799 (avec un cata- 
logue des ceuvres de R.). — 2. Giacomo (Rosn), 
n6 k Rome en 1741, m. a Barcelone en 1786 : 
el&ve du Consenatoire t della Pieti », k Na- 
ples, remplit, d£s 1767, lea fonctions de maltre 
de chapelle du Ddme, a Barcelone. II fit repr£- 
senter une douzaine d'op&as italiens, soit avant 
son sejour en Espagne,soit pendant un voyage 
qu'il fit de \k a Venise, Milan, etc On ne'con- 
naft aucune de ses ceuvres de musique d'eglise. 
— 8. Wilhelm-Carl, fils de Fr.-W, R., n£ le 29 
avr. 1787, fut organiste a Vienne, de 1819 a 
1827, v6cut ensuite a Dessau, comme maltre de 
musique, y publia des pieces pour orgue et pour 
piano, et mourut le 18 avril 1855.— 4. Wilhelm, 
peht-fils de Fr.-W. R. (1), n6 a Dessau le 15 
aoAt 1822, m. k Leipzig le 2 mai 1892; flAve de 
son oncie, W.-C. R. (3), et plus tard (1843-1846), 

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RUTHARDT 



RYTHME 



711 



de Fr. Schneider, v6cut d'abord plusieurs an- 
n£es, en quality de mailre de musique, dans la 
maison d'un magnat hongrois et tit, par hasard, 
d'importantes trouvailles historiques (la « m£- 
thode de piano » de Ph.-E. Bach et la liste des 
ourrages que comprenait sa succession). Les 
troubles de 1848 l'obligerent k quitter la Hon- 
grie, pour rentrer k Dessau. Mais, Fannie sui- 
vante, il alia &e fixer k Berlin comme maltre de 
musique et devint successivement : membre de 
la t Singakademie » (1849), membre de la « Bach- 
Gesellschaft » de Leipzig (1850), organiste de 
l'£glise St-Luc (1861), directeur du t Bach-Ve- 
rein » de Berlin (1862), directeur royal de mu- 
sique (1864), 2> pkil. hon. c de 1'UniversitS de 
Marburg (1868), professeur de th£orie et de 
composition an Conservatoire Stern (1870). En 
1878, B. fut appele k Leipzig, comme organiste 
de l'6glise St-Thomas et professeur au Conser- 
vatoire, puis, en 1880, il succeda enfin a E.-Fr. 
Kichter, en qualile de cantor de l*6cole St-Tho- 
mas. R. doit sa renomm6e et 1'honneur qui ltd 
fut d&volu de continuer la s6rie des hommes 
remarquables ayant occup^ le cantorat de St- 
Thomas, aux senices qu'U rendit a la « Bach- 
Gesellschaft » ; pendant une dizaine d'annSes, il 
r&digea seul la publication des ceuvres de Bach, 
avec un soin exemplaire et un tact admirable 
dans interpretation des passages douteux des 
manuscrits. Comme compositeur, R. s'est fait 
connaltre spe-cialement par des ceuvres desti- 
nies a l'6glise. 

Ruthardt, 1. Feuedrich, hautboi'ste de l'or- 
chestre de la Cour, k Stuttgart, n6 en 1800, m. 
en 1862 ; auteur de diverses pieces pour haut- 
bois, pour cithare et d'un recueil de chorals en 
deux volumes. Ses fils sont : — 2. Julius, n£ k 
Stuttgart le 13 d6c. 1841 ; entra, en 1855, comme 
violoniste dans l'orchestre de la Cour, k Stutt- 
gart, puis devint chef d'orchestre successive- 
ment au ThMtre municipal de Riga (1871), a 
celui de Leipzig (1882) et finalement k celui de 
Br&me (1885). II a conduit pendant plusieurs 
saisons (6te) l'orchestre du Th6dtre Kroll, de 
Berlin. R. a public des lieder et ecrit la musi- 
que pour Hulda, de Bjornson. — 8. Adolf, Hi 
k Stuttgart le 9 ferr. 1849: Sieve du Conserva- 
toire de Stuttgart, se rendit en 1868 k Geneve et 
y occupa une situation en vue, comme profes- 
seur de piano. En 1885, R. rentra en Allemagne 
ou il fut nomm£, 1'annSe suivante, maltre de 
piano au Conservatoire de Leipzig. R. a 6crit : 
Das Klavier, etngeschtchtlicfter Abriss et Char- 
meisterbitchlein (courtes biographies) ; il a pu- 
blic la 3* et la 4« id. du Wegiceiser, etc., de 
Johann-Carl Eschmann. II s'est r£vel6 compo- 
siteur de talent, par des morceaux pour piano 
(une sonate pour deux pianos, op. 81), un Trio 
pastoral pour piano, hautbois et alto (op. 34), 
etc.; de plus, il s'est charge* du travail de revi- 
sion d'un grand nombre d'ceuvres, pour l'Edi- 
tion Peters. 

Ryba, Jacob-Johann, ne k Przesstiez, en Bo- 
h£me, le 26 oct. 1765, m. a Roczmittal, ou il £tait 
directeur du gymnase, en 1815; compositeur 
iris f£eond, mais dont aucune ceuvre n'a laisse 



de trace durable. On connait de lui des Messes, 
des motets, d'autres morceaux de musique 
d'&glise, des operas, des m£lodrames, des sere- 
nades, des symphonies, des concertos, de la mu- 
sique de chambre pour toutes sortes d'instru- 
ments, etc. 

Rythme (all. Rhythmus ; itaL rxtmo). La IhSorie 
du r., ou rythmique, a pour objet l'6tude des 
effets artistiques resultant des relations de du- 
r6es des sons (tongues et braves); la rythmique 
ne doit, par consequent, point 6tre con fondue 
avec la m6trique , qui s'occupe des relations 
des sons au point de vue de leur accentuation. 
Toutefois, il va de soi que l'6tude du r. et celle du 
metre sont aussi inseparables que celle de l'har- 
monie et de la melodie. De m£me qu'une th£o- 
rie de la m&odie ne peut etre logiquement 
developp6e, si Ton fait abstration de la valeur 
harmonique des sons ; de mfcme, une thSorie 
du r. reste impraticable ou tout au moins ste- 
rile, si Ton ne considdre pas e*galement la posi- 
tion m£trique des dur£es. En effet, l'esthetique 
est bien vite au bout de ses recherches, soit sur 
les effets de l*616ment melodique pur, c.-4-d. du 
changement conlinu, non gradu&, d'etevation 
du son, soit sur ceux du r. pur, consistant en 
l'altemance de longues et de braves, sans or- 
donnance sym&riqne. Nous r&sumerons ici, en 
quelques mots, les points principaux de la th£o- 
rie du r. La longue, par opposition a la br6ve, 
produit un effet d'apaisement ; la br$ve, par 
opposition k la longue, produit un effet d'exci- 
tation. La succession d'un grand nombre de 
braves a quelque chose d' instable, d'agit&; celle 
d'un certain nombre de longues, quelque chose 
de noble, de solennel, voire meme de depri- 
mant, d'6crasant. L'antiquitS ne s6parait pas la 
theorie des temps forts et des temps faibles, 
telle que nous l'avons exposed au mot « m&ri- 
que », de celle des longues et des breves ; elle 
preiiait comme Elements de la th£orie simulta- 
nie du metre et du r. des « pieds » poeTiques 
que nous devrions considerer comme autant de 
schemes de mesures (formations m&triques 
remplissant une mesure), mais de mesures qui 
renferment di)k un r. precis : 

Trochee J y (longue, br6ve) 

Iambe J (br6ve, longue) 

Dactyle J ^™ (longue, br£ve, brere) 

Amphibraque , J , (b., 1., b.) 

Anapeste 

Spondee 

Pyrrhique 

Ionique 

Choriambe 



JjJ (b.,b.,l.) 
J J 0..M 
1 (b., b., b.) 



by K: 



iL 



IC 



4 4 4 

J J 4~4 

Original from 
UNIVERSITY OF MICHIGAN 



H2 



Ft TTHM* 



A"«* -»r,ftatj» 



'.r^* »r;«* 








eft*. 

\fa.« pl.i<ni«?'iM 'le r»>* &>i1h v,r.t, **n rin de 
^*riO**, .der.f.q ;«m, ain^i le tr-^h^e *t nam be, 
Je <Vki*\"\*< fampMorai*.*** *t ranapesv. dans 
J*«riei« iVfM*ii*,-a-d. U? temp** fort tomb** *»>a- 
/,ir* -?nr ;a lor*sr w^ FJ romme, cL**z le«» an- 
<i*ii*. k vwi trorbaiqne ou iambiqne, par 
^-mpl^, iw n^re*Hite aiimnement l'empioi «ie 
wAa forma nt rhaeun iin trochee on an iambe, 
i*>* vrri^i frocbaiques *t iambiqnes ne different 
an fond qn* par letir debnt ; il en e<*t de m^me 
4a faf?y\* t de I'amphibraqae et *\k Fanapeste* 
q.n nt different entre *rnx, poor nom servir de 
la fermino!o*ne nvderne, que par l'ab*enee on, 
*i *lle exiMe, par IVtendne de I'anacronse. 

Von* a* on* mentionn£ la terminologie den 
annen* nniquement paree qn'eile est en partie 
eTir/>re r£pa ndue de nos jonr* et tr*s eonnue: 
m, mairitJ-nanl, nous faison* abstraction des 
th*orie«i de l'ariHquit£, nous pourrons etablir 
une *erie de types rylhmiques dont les plus 
airnple* sont les suivanU : 

a j mouvement en durees ^gales, gronpees 
seulernent par la legere extension qui resulte 
de I'accent m&riqne ; 



T ,uft m^or- 1 ^onrrna jr ul.is »i** trow temps 
«i»>u «*fr»* toiiMii^rwf ft.mnn» rv-suliant dn groa- 
p*-me?it «i»t «b*ni ja T*iis» m«r*mre* a deas oa a 
rr-M.'* 'rtnpn : eij* a** ♦!• no*? lira, car eoos^-qxieni^ 
a anoint? f*>rm i.* rr*hm:<p*r ii'-avrlle. 

b La .i:7i>i*:n -i* m ;en.p* faii-i*? en deux moi- 
tiA*» ii«#!.ne L*r» r. "tntvant* : 



^ o .i. a t*c on* terminaison 

f- sni cine <cLfhras£> : 



pr^wJent 



\ H 



« ^>aTent alterna- 
tiT*fment avec le 



# # 







plus rareraent : 
"" m et 



# # 



o Fusion du tempts f#>rt et da temps faible 
suivanU avec division da troisieme temps (fai- 
ble k seulement en mesure ternaire : 

et. plus rarement, avec 
terminaison feminine: 



¥ 



Si rex(en»ion double la dur^e de la note, on 
obtient la forme premiere de toute mesure a 
troiH temps (v. ufcrnuivu) : 

3 :-r 5- ^-^^ := S : - 



d) Prolongement du temp* fort au-dela de sa 
duree normale, en empruntant de sa valenr aa 
temps faible suivant (r. pod*t£) : 




Klant donn^e cette mesure, on en deduit na- 
turelleinent les formules suivantes, en durees 
^gales : 



3 -f 



f- -+~f r -?-rel 



3 r r[r # f; 

oil, 1c! plus souvent, alternant : 



3 ■? 



I i 



rr 



Toiites res formules peuvent commencer sur 
lo temps fort (cf. PHRASfi), mais elles rev^tent 
etmuite rt'*guli«'*rement une forme anacrousi- 
quo : 



ot 



etc. 



r- r f \ r # vf f r 



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-**- 



e) Fusion des deux temps faibles d'une me- 
sure a trois temps : 

3r ' r^ ' " 

l-^-l — -# — g> * #- 

• I J : 'i ' 

Cette prolongation anormale du temps faible, 

par rapport au temps fort, demande un certain 

effort de conception ; mais c'est pourquoi, pre- 

cisement, elle pent servir de base a des effets 

tr^s caract^ristiques (analogues a la syncope). 

f) Fusion du temos fort avec le temps faible 
qui le precede (syncope) : 



et 



V 



Trr- 






4— #-- 



Original from 
UNIVERSITYOF MICHIGAN 



RYTHMIQUE — SABINO 



713 



Dans tous ces cas, le sforzato est absolument 
requis, pour marqaer ^anticipation da temps 
fort, c.-&-d. l'entree anticip^e de la note qui se 
trouve sur le temps fort. 

g) Fusion syncopee de subdivisions de 
temps : 



2 — 



3 r 



[f~f "3 i C f t 't 



et 




r-f— cj— p r r g-g- 

h) Subdivision des temps, alternativement 
par deux et par trois (triolets, duolets) : 



'rrtriTrsrrr 

o — #^ -I — ^# #^#-# 9=9^— ! ^# — 




etc., etc. 

Nous avons ainsi 6puis6 a peu pres la s£rie 
des types de r.; tous ceux qu'il serai t encore 



possible d'£num£rer resxilient soit de la combi- 
naison des r. ci-dessus, soit de leur transposi- 
tion en dur£es d'ordre sup£rieur ou inf&rieur. 

Mais un rdle important est encore jou6 par : 

i) les silences (v. ce mot), ex. : 



2 
2 



r^ri 



i- ou 2 



i-r—i- 



T T T 



» 7 • 



3_, 



m 



-f-l-f- 



T 



(cf. e.) 



ou: 



et, plus ra- 



T — * — ^"f — f — ^i"" rement: 




Cf. Riemann, Musikaliscfte Dynamih wnd 
Agogik (1884). 

On donne aussi le nom de r., A d6faut d'autre 
denomination, aux grandes formules m6tri- 
ques ; ainsi ritmo di tre battute (r. de trois me- 
sures), signifie que Tunite metrique d'ordre su- 
pSrieur est form£e non pas de deux ou de 
quatre, mais de trois mesuresqui, par leur reu- 
nion, forment une sorte de grande mesure (v. 

MfeTRIQUE). 

Rythmique, v rytmme. 



ss 



S. Abr&viation pour segno (signe) ; dal &, 55 
a partir du signe : at 5., jusqu'au signe : 
— La lettre s est ajoutee, comme suffixe, 
& un grand nombre de mots i tali ens, sans 
toutefois changer notablement leur signi- 
fication : sforzato, smorendo, slargando, etc. 

Sabbatini, 1. Galeazzo, maltre de chapelledu 
due de la Mirandole, n£ k Pesaro, publia deux 
livres de madrigaux de deux k cinq voix (1627, 
1686); deux livres de Sacrce taudes y de deux k 
cinq voix (1637, 1641); unlivre des mdmes avec 
orgue (1642) ; trois livres de Madrigali concer- 
tati $ de deux k cinq voix avec divers instru- 
ments (1680-1686) ; des litanies de trois k six 
voix deB. M. V. (1688), et Sacri laudi e motetti 
a voce sola (1689). — 2. Luigi-Antonio, theori- 
cien, ne k Albano (Rome), en 1739, ou, d'apr^s 
Lichtenthal, en 1732, m. a Padoue le 29 janv. 
1809; entra,& Rome, dans l'ordre des Francis- 
cains, fut envoye de 14 au couvent des Francis- 
cains de Bologne, ou le A Martini fut son mai- 



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tre,etcompl£ta son Education musicale a Padoue 
sous la direction de Vallotti, dont il adopta le 
systeme thforique. II fut ensuite nomme maltre 
de chapelle de Teglise des Douze-Apdtres, k 
Rome, jusqu'i la mort de Vallotti, qu'il rem- 
pla^a comme maltre de chapelle de la basilique 
de St-Antoine, a Padoue (1780). Parmi ses com- 
positions qui, presque toutes, resterent manus- 
crites, on trouve dans plusieurs biblioth&ques 
un Requiem pour trois tenors et basse. S. a 
6crit : Gli elementi teorici delta musica colla 
pratica de 9 medesimi in duetti e terzetti a ca- 
none (1789 [1795, 1805], une parlie de cet ou- 
vrage parut en 6d. francaise par Ghoron) ; La 
vera idea delle musicali numeriche signature 
(1799; cf. Vallotti); Trattato sopra le fug fie 
musicali, etc. (1802, avec de nombreux exem- 
ples de Vallotti); Notizie sopra la vita e le opere 
del R. P. A. Vallotti (1780). 

Sabino, Ippolito, excellent compositeur, sur 
la vie duquel nous ne possedons aucun rensei- 

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714 



SA.CCHI — SAHLA 



gnement ; publia,& Venise,septlivres de madri- 
gaux de cinq k six voix (1570-1589) et un livre 
de Magnificat k quatre voix (1588 : 2* £d. 1584). 
On trouve quelques morceau* de lui dans : 
« Harmonia celeste » (1982), de Phal&se, « Sym- 
phonia angelica » de Waelraut, dansle « Trionfo 
di Dori (1596), et plus tard dans t Ghirlanda di 
madrigali » de Phaldse (1601), etc. 

Sacchi, Giovenale, barnabite erudit et musi- 
cographe, n6 k Milan en 1726, m. dans la m&me 
viUe le 27 sept. 1789; il Scrivit :Del nuvnero e 
deile misure dell* corde musidti e loro corris- 
pondenza (1761); Delia divisions del tempo 
nella musica, nel baXlo et nella poesia (1770) ; 
Delia naiura e perfezione delC antica musica 
d€ Greet (1778); Deile quinte successive nel 
contrappunto e deile regole degli accompagna- 
menti (1780) ; Don Placido,dialogo dove cercasi 
se lo studio delta musica al religioso convenga 
odisconvenga (1786); Vita di Benedetto Mar- 
cello (1789), de m£me que beaucoup d'ecrits 
critiques et apolog&iques sous forme 6pisto- 
laire. 

Sacchini, Antonio-Maria-Gabparo , un des 
compositeurs d'op£ras les plus illustres de 
l'ecole napolitaine, n6 k Pouzzoles, pr&s Na- 
ples, le 23 juil. 1734, m. A Paris le 8 oct 1786 ; 
fils d'un pfecheur, fut d&ouvert par Durante et 
requ au Conservatoire de « Sant'Onofrio ». 
A pies que Fiorenza lut eftt enseign£ le violon et 
Manna le chant, Durante lui donna des lemons 
de composition, en m&me temps qa'k Piccini et 
Guglielmi. Son premier essai sc6nique fut un 
intermezzo : Fra Donato, jou6 au Conserva- 
toire, une annee apr£s la mort de Durante 
(1756). Dans les ann£es suivantes, S. ^crivit 
plusieurs petits operas pour des th&Atres de se- 
cond ordre, k Naples, mais en 1762 d6j&, sa 
Semiramide, k V « Argentina » de Rome, eut un 
tel succ6s qu'il dtit se fixer k Rome. La r&ussite 
d'Alessandro nelC Indie (Venise, 1768) lui fit 
obtenir la place de directeur de Y t Ospeda- 
letto • (Conservatoire de jeunes filies ), k Ve- 
nise. En 1770, le nombre de sea compositions 
sceniques s'&levait dej& k cinquante. A la fin de 
1771, S. quitta l'ltalie, visita d'abord Munich et 
Stuttgart, ou il 6crivit deux operas, puis se ren- 
dit, en 1779, k Londres od il resta dix ans, et 
remporja des triomphes avec 11 gran Cid, Ta- 
merlano, Lucio Vero, JSitetti et Perseo. Cepen- 
dant il finit par se mettre dans les dettes,a cause 
de sa prodigality, et dut se soustraire aux pour- 
suites de ses creanciers en partant pour Paris 
(1782). La, il fit passer dans le repertoire de 
rOp£ra d'abord plusieurs de ses anciens ope- 
ras, traduits en fran^ais (« Rinaldo ed Armida » 
sous le titre de Renaud; le < Cid » sous celui 
de Chimene), et £crivit deux nouvelles ceuvres : 
Dardanus( 1784) et (Edipe a Colonne,son oeuvre 
la plus importante, dont la premiere execution 
eut lieu le 4 janv. 1786. II laissa inachev'6 un 
troisi&me ouvrage : Arvire et Eveline, qui, ter- 
mini par Rev, fut mont£ en 1787, avec succes. 
En plus de ses nombreux operas qui ne sont 
pas settlement m£lodieux, mais aussi, pour la 
plupart, d'une noble et presque classique sim- 



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plicite, S. £crivit un grand nombre d'oeuvres de 
musique d'6glise (Messes, psaumes), des orato- 
rios (Ester, San Filippo, I Maccabei, Jefte % Le 
nozze di Ruth, Lumilta esaltata), et quelques 
ceuvres de musique de chambre (six trios pour 
violons et violoncelle, six quatuors pour instr.d 
archet et douze sonates pour violon). 

Sachs, 1. Hans, n£ k Nuremberg le 5 no v. 
1494, m. dans la m&me ville Je 19 janv. 1576; 
le repr&senlaut principal du groupe de maitres- 
chanteurs de Nuremberg, celui auquel Wagner 
a 61ev£, dans ses «Maltres-chanteurs > un mo- 
nument imp£rissable. II exerga Fetal de cor- 
donnier, mais fut en m&me temps un po&te si 
tecond qu'en 1567 il avait dfyk compost 4275 
po£mes de maltre-chanteur , 1700 po&mes en 
prose et208po£mes drama tiques. Aucune de ses 
« melodies* origin ales n'est parvenue jusqu'a 
nous. — 2. MELGHioR-feaNST, n£ k Mittelsinn, 
dans la Basse-Franconie, le 28 f£v. 1848 : fr$- 
quenta les£minaire d'Altdorf, futensuite regent 
de village, puis suivit, k deux reprises, les 
cours de 1" « Ecole de musique » de Munich, de 
1863 k 1865, et, de 1867 k 1869, specialement 
comme £leve de Rheinberger. En 1871, il fut 
engage comme maltre d'harmonie de cette 
m&me institution ; puis il fonda V « Association 
des artistes », qu'il dirige encore actuellement, 
et dirigea en outre, de 1869 k 1873, un choeur 
d'hommes de Munich. En 1876, S. fit entendre, 
dans un concert organist tout expres, une 
symphonie, une ballade chorale , avec orches* 
tre (Das Thai desEspingo) et un Pater nosier. 
II n'a public que des pieces pour piano et des 
lieder; mais il a fait repr£senter un op&ra : 
Paleslrina (Ratisbonne, 1886). S. est un des 
principaux adeptes du syst&me tonal -chroma- 
tique » (cf. chroma). 

Saohse-Hofmeister, Anka-S., n6e Hofmkts- 
tbr, cantatrice sc&nique distingu&e, n6e k Gum- 
poldskirchen, pres Vienne, le 26 juil. 1852; tout 
enfant, chantait dej& k l^glise puis devint 61&ve, 
au Conservatoire de Vienne, de M w Passy- 
Cornet, et, en lecons particulieres, de Proch. 
Elle d^buta en 1870, k Wurzbourg, dans le 
rdle de Valentine des « Huguenots » et chanta, 
de 1872 k 1876, k Francfort s/M., puis k Berlin 
et, apr^s son mariage (1878) avec le tenor 
Sachse (plus tard biblioth£caire et maintenant 
professeur k Berlin), k Dresde. Apr6s avoir 
voyage pendant quelque temps, elle fut enga- 
g£e k Leipzig, de 1880 k 1882, puis elle fut 
appel£e au Th6dtre de la Cour, A Berlin » comme 
prima donna. 

Sackpfeif e (all.), syn. de Dudelsach, musette. 

S&gh, Joseph, n^ a Pesth le IB mars 1852; 
£l£ve de Abranyi, fonda, en 1885, la revue 
musicale Zenelap et 6crivit une methode de 
chant k Fusage des ^coles (1873), ainsi qu*un 
Dictionnaire des musiciens hongrois (1877). 

Sagittarius, v. ScHttTz. 

Sahla, Richard, ne a Graz le 17 sept. 1855; 
^16ve de Caspar, de \V. Bemy (D r Mayer) et de 
Kuno Hess, puis du Conservatoire de Leipzig 
(1868-1872; David), il d^buta comme violoniste, 
en 1873, aux concerts du « Gewandhaus ». II 

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SAINT-AMANS 



SAINT-SAENS 



715 



fat ensuite concertmeister de la « Soci£t6 de 
musique » de Gothenburg (1876-1877); puis de 
l'orchestre de Hanovre (1882-1888) et remplit, 
depnis 1888, les fonctions de chef d'orchestre 
de la Cour, A Bfickebourg, ou il a r£organis£ la 
Chapelle et cr66 une society chorale mixte. S. 
n'est pas seulement un excellent violoniste et 
un chef d'orchestre de m6rite, mais aussi nn 
compositeur delicat (morceaux de concert pour 
violon; rhapsodies roumaines; lieder). 

Saint-Amans, Louis-Joseph, n£ A Marseille 
le 26 juin 1749, m. A Paris en 1820; devait 
devenir avocat, mais se joignit A une troupe 
d'acteurs qui allait en Italie et surgit, en 1769, 
A Paris, com me compositeur sc£nique. Tl fit 
representor, avec succes, plusieurs op6ras-co- 
miques, dirigea, de 1778 A 1779, l'OpSra de 
Bruxelles, rentra A Paris et y fit partie, d&s 
1784, du corps enseignant de TEcole royale de 
musique, d'ou sortit le Conservatoire. Mais, en 
1801, lors de la reduction du personnel, S. fut 
cong£di6 et se fixa A Brest oft il 6crivit, dans 
les demises ann^es de sa vie, surtout des 
oratorios, des cantates, de la musique de cham- 
bre. On connalt en tout vingt-quatre operas et 
ballets de sa composition. S. a aussi 6crit un 
ouvrage 616mentaire sur l'harmonie (1802,). 

Saint-Georges, .... chevalier de, ne A la Gua- 
deloupe le 25 d6cl745 (fits d*un fermier g6n6ral 
fran$ais et d'une n£gresse), m. dans la mis&re, 
A Paris, le 12 juin 1799: Steve de Leclair, fut 
un violoniste extraordinaire, mais extravagant. 
II a public des sonates de violon, avec basse 
(op. 1), deux recueiis de sonates-trios pour 
deux violons et basse, cinq concertos de violon 
et six morceaux concertants pour deux violons 
et orchestre. Cf. Jarnovic. 

Saint- Hub erty, Antoinette - CftciLE (n6e 
Glavel), c£16bre cantatrice de VOpSra de Pa- 
ris, n6e A Toul en 1756, Mail la fiile d'unancien 
officier qui devint directeur de lh£&tre (A Mann- 
heim, Varsovie, etc.), chanta d'abord A Varso- 
vie, Berlin et Strasbourg, puis, A partir de 
1777, A Paris. Elle d£buta, a Paris, dans le r61e 
de Melissa de T« Armide » de Gluck, d'abord 
avec peu de sncces, parce qu'elle n^tait pas 
belle et qu v en outre sa methode vocale n'Stait 
point irrSprochable. Cependant Gluck reconnut 
son grand talent dramatique et la protegea, en 
sorte qu'elle fut, pendant plusieurs annees, 
Tune des etoiles de l'Op^ra, jusqu'd. ce qu'elle 
6pousa, en 1790, un comte d'Entr&gues, avec 
lequel elle se rendit d'abord A Vienne et A 
Graz, plus tard A St-P£tersbourg et finalement 
A Londres. Le comte doit avoir et6 initio A 
certaines transactions secretes de la paix de 
Tilsit, qu'il communiqua au ministre des affai- 
res Strangeres, A Londres ; c'est probablement 
A la suite de cette affaire qu'il fut assassin^, 
ainsi que sa femme, par un de ses domestiques, 
le22juil. 1812. 

Saint - Lambert, Michel de, professeur de 
piano, A Paris, a public un TraiU de Vaccom- 
pagnement du clavecin, de l 9 orgue, etc. (1680 
[1707]) et des Principes du clavecin (1697 
[1702]). 



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Saint- Lubin, LfcON de, violoniste et composi- 
teur, n£ A Turin le 5 juil. 1805 (fits d'un profes- 
seur de langue fran^aise, qui 6migra plus tard 
A Hambourg), m. A Berlin le 18 tev. 1850; joua 
d6j& en 1817, a Berlin et A Dresde, en public, 
Madia encore sous la direction de Polledro, a 
Dresde, et de Spohr, A Francfort s/M., puis 
devint, en 1827, concertmeister au theatre de 
« Josephstadt », A Vienne. II reprit ses Etudes, 
apr&s avoir entendu Paganini, et devint, en 
1830, concertmeister du th&Atre «Kdnigstadt», 
A Berlin. S.-L. a 6crit cinq concertos de violon, 
dix-neuf quatuors et un octette pour instr. A 
archet, ainsi que quelques operas (Ktinig Br&- 
nors Schwert; Berlin, 1880), de la musique 
pour divers drames, etc. 

Sainton , Prosper-Philippe-Catherine, vio- 
loniste distingu£, ni A Toulouse le 5 juin 1813, 
m. A Londres le 17 oct. 1890; 616ve de Habeneck, 
au Conservatoire de Paris, fit partie, pendant 
plusieurB annees, de Torchestre de l'Op6ra et 
des Concerts du Conservatoire. II en t reprit des 
tourn£es de concerts lointaineset fut professeur 
de violon, de 1840 A 1844, au Conservatoire de 
Toulouse. S. v6cut ensuite A Londres, comme 
professeur de musique & la « Royal Academy 
of music » et premier violon -solo A l'Op6ra 
royal; en outre,' de 1844 a 1856, il remplit les 
fonctions de virtuose de la Chambre de la 
reine. S. avait Spouse une cantatrice renom- 
m6e, Charlotte S.-Dolby (n6e en 1821, m. en 
f6v.l885).D a^crit des concertos, des morceaux 
de concert, des romances et des fantaisies pour 
violon, 

Saint-Sadns, Charles-Camille, Tun des plus 
grands parmi les compositeurs vivants, n6 a 
Paris le 9 oct. 1885, d'une famille normande ; 
re^ut les premieres logons de musique de sa 
grand'tante, puis de Stamaty (piano) et de Ma- 
leden (th£orie), entra au Conservatoire en 
1847 et y suivit les cours de Benoist (orgue), 
Hal6vy, Reber et Gounod (composition). II se 
pr£senta a deux reprises pour le concours du 
Prix de Rome (1852 et 1864), mais sans succ&s, 
ce qui ne l'emp&cha nullement, du reste, de se 
vouer avec ardeur d6j& A la composition; il 
avait d6j& £crit, en 1860 : une Ode a Sle-C4cile 
(couronn£e par la Soctete Sainte-C6cile et ex£- 
cut£e en 1852), trois symphonies (dont la pre- 
miere, en mi bbmol, fut seule publiSe), de la 
musique d'orgue, de la musique vocale reli- 
gieuse, des pieces pour piano, YOratorio de 
Noel (1858), un quintette avec piano, le concerto 
de violon en ut majeur (public beaucoup plus 
tard, comme concerto n° 2). En 1858, S. avait 
i\£ nomm6 organiste de r&glise Saint-Merry, 
mais, en 1858 d6j&, il succ£da A Letebure-Wely 
au grand orgue de la Madeleine et conserva ce 
poste jusqu'en 1877. A cdt6 de cela, il dirigeait 
une classe de piano, A Tlnstitut de musique de 
Niedermeyer, et entreprenait de nombreuses 
lournees de concerts dans lesquelles il se fai- 
sait connattre a la fois comme pianiste, comme 
organiste et comme compositeur. Mais c'est 
avant tout A ses po&mes symphoniques que S. 
doit sa reputation universelle, d'oii il ne fau- 

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716 



SALA 



drait point conciure que ces poemes formas- 
sent la partie essentielle et superieure de son 
oeuvre. Maitre absolu de la technique de son 
art, S. ne renonce pas si Temploi des ressources 
modernes, mais il cultive avec eoin et avec 
amour les formes classiques pures. S. est 
membre de llnstitut (successeur de Reber) 
depuis 1881 ; il a et6 fait chevalier (1868), offl- 
cier (1884). puis commandeur (1894) de la Le- 
gion d'honneur. Le catalogue des «*uvres Mi- 
tees de S. comprend des oeuvres sc£niques : Le 
Timbre cC argent (op£ra en quatre acles ; Thea- 
tre lyrique, 1877), La Princesse jaune (un acte; 
Op6ra-Coraique, 1872) ; Samson et Datila (ope- 
ra en trois actes ; Weimar, 2 d£c, 1877), Etienne 
Marcel (opera en quatre actes; Lyon, 1879), 
Henry VIII ( opera en cinq actes ; Op6ra, 
1883 ), Proserpine ( opera en quatre actes ; 
Op6ra-Comique ; 1887), Ascanio (opera en cinq 
actes; Op6ra, 1890), Phryne (opera-comique 
en deux actes; Op£ra-Comique, 1893), Javotte 
(ballet; Lyon et Bruxelles, 1890), puis une res- 
tauration du Malade imaginaire (musique de 
Gharpentier, pour l'ouvrage de Molttre ; 1892), 
des chceurs et interm&des pour V Antigone, de 
Sophocle (1893) et une partie de Fridtgonde, 
l'op£ra laiss& inachev& par (iuiraud (Op£ra, 
1895) ; de la musique vocale, dvec orchestre : 
Messe (soli, choeur, orchestre et orgue, op. 4), 
Oratorio de Noel (soli, chopur et orchestre ; op. 
12), Les Noces de Promithee (cantate, id. ; op. 
19), Nuit per sane (op. 26 bis; id.)> Psaume 
XVI II (id.; op. 42), Le Dttuge (po£me bibli- 
que,u£.,*op. 45), Messe de Requiem (id. ; op. 54), 
La Lyre et la Harpe (ode de Victor Hugo, id. ; 
op. 57), La Fiancee du Timbalier (ballade de 
Victor Hugo, pour solo el orchestre : op. 82), 
Pallas- Athene (hymne pour soprano et orches- 
tre; op. 98); dela musique symphonique : trois 
symphonies (mi b&moL, op. 2; la min., op. 55; 
ut mineur, avec piano et orgue, op. 78), Le 
Rouet tfOmphale (poeme symphonique, op. 81), 
Pha&ton (id. t op. 39), Danse macabre, (id., op. 
40), La Jeunesse d'Hercule (id., op. 50), deux 
suites pour orchestre (op. 49; op. 60, Suite 
algtorienne), une Marche hirolque (op. 34), des 
pieces diverses, etc. ; de la musique de cham- 
bre : six duos pour harmonium et piano (op. 8), 
un quintette pour piano et instr. k a rebel (op. 14), 
Serenade pour piano, orgue, violon et alto (op. 
15), une Suite pour piano el violoncelle (op. 16), 
deux trios avec piano (op. 18, fa maj. ; op. 92, 
mi mineur), une romance pour piano, orgue 
et violon (op. 27), une sonate pour piano et 
violoncelle (op. 32), deux pour piano et violon 
top. 75, ri mineur ; op. 102, mi bemol majeur), 
un quatuor avec piano (op. 41), un septuor 
pour trompette, deux violons, alto, violoncelle, 
contrebasse et piano (op. 65), un Caprice- Valse 
(Wedding-Cake) pour piano et instr. k archet 
(op. 76), un Caprice sur des airs danois et 
russes pour flute, hautbois, clarinette et piano 
(op. 79), eniin des Romances pour cor (op. 36, 
fa majeur ; op. 67, mi majeur), pour flute (op. 
37), pour violon (op. 48), pour violoncelle (op. 
51)avec piano, et divers morceaux de concert ; de 



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la musique pour piano : trois mazurkas (op. 21, 
24,66), six etudes (op. 52), Allegro appassionato 
(op. 70), une Suite (op. 90), un Theme vari6 
(op. 97), Souvenir dlsmailia (op. 100), des va- 
riations sur un theme de Beethoven ( op. 35, 
deux pianos k quatre mains), Polonaise (op. 77, 
id.), Scherzo (op. 87. id.), Caprice arabe fop. 
96, id.), et un certain nombre de morceaux a 
deux et k quatre mains ; de la musique pour 
orgue : Trois rapsodies sur des cantiques 
bretons (op. 7 ; la premiere et la troisieme, or- 
cbestrees par l'auleur, ont paru comme op. 8), 
Bintdiclion nupliaie (op. 9), Elevation (on 
Communion, op. 13), Fantaisie (1857), trois 
preludes et fugues (op. 99), Fantaisie (op. 101) 
et trois morceaux (op. 1) pour harmonium ; 
eniin, de la musique vocale, religieuse et pro- 
fane ; Tantum ergo (op. 5, huit voix et orgue), 
vingt motets pour chceurs ou soli, plusieurs 
cantiques, une Seine d'Horace (op. 10, pour 
soprano et baryton), des chceurs pour voix 
d'hommes, pour voix de femmes et pour voix 
mixtes, environ soixante-dix melodies et duos 
pour chant et piano, etc. S. a public, en outre, 
des paraphrases (Caprice sur des airs de ballet 
d'Alceste* de Gluck) et des transcriptions pour 
piano (univres de Bach); il prend part k la 
revision complete des oeuvres de Gluck et de 
Rameau,pour des Editions en cours de publica- 
tion, et poss&de, en portefeuille, encore un 
certain nombre d'eeuvres inedites. S. s'est 
fait connaltre aussi dans le domaine de la lit- 
erature musicale et il a fourni des articles a 
nombre de p&riodiques, articles reunis, en pai - 
tie, en un volume: Harmonie et metocte (1885); 
l'annee suivante, il publia une Note sur les 
decors de tlxedtre dans Vantiquite romame 9 
enfln, plus tard encore, il s'est occup6 de philo- 
sophie (Probltmes et Mysteres, 1894), d'astro 
nomie, etc. ; il a 6crit des vers (Rimes [ami- 
li&res, un vol.) et une corned ie en un acte : La 
Crami>e des ecrwains (Alger, TheAtre munici- 
pal, 1892). Cf. H. Imbert, Profils de musiciens 
(1887), Georges Servieres,La musique franqaise 
moderne (1897) et les brochures de Destranges, 
Ed. liippeau, Ch. Malherbe sur les operas 
de S. 

Sala, Nicola, th6oricien renomme et compo- 
siteur de l'£cole napolitaine, n£ dans un village 
pr&de Bene vent en 1701, m. k Naples en 1800; 
doit avoir ete pendant plus de soixante ans 
professeur au Conservatoire t de'Turchini ». 
En 1787, il succeda a Cafaro comme directear. 
Parmi les musicographes qui se sont occup£s 
de S., les uns placent sa naissance en 1701 et 
lui donnent comme maitre Alessandro Scar- 
latti, d'autres le font natlre en 1732 et lui don- 
nent comme maitres Fago et Abos. Un pent 
supposer, avec quelque raison, que deux com- 
positeurs du m6me nom, peut-£tre le pere et le 
tils, se sont succedS dans les memes fonctions; 
car on a, sous le nom de Sala, un opera : 
Vologeso, qui fut joue en 1737, k Rome, taudis 
que tous les autres onvrages de S. datent 
d'apres 1760; ce sont : les operas Zenobia 
(1701,) et Merope (1760), trois prologues de 

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SAL AM AN 



SALIEttI 



717 



circonstance (1761 et 176:3), un oratorio : Giu- 
ditta (1780) et un ouvrage sur le contrepoint : 
Regale del contrappunio pratico (1794). 

Salaman, Charles - Kensington, pianiste, 
n6 si Londres le 3 mars 1811 ; maltre de musi- 
que estim£, a public des compositions, pour 
piano et pour chant, et donne des conferences 
sur Festhetique et sur l'histoire de la musique. 

Salblinger (Salminoer), Sioismund, A tait 
moine lorsque, en 1527, il arriva de la Bavi&re 
a Augsbourg et se joignit k la secte des ana- 
baptistes ; mais il renia ses doctrines et resta 
comme mattre d* A cole k Augsbourg. Son me- 
rite consiste dans la publication de quelques 
anthologies, contenant des ceuvres de composi- 
teurs dont le nom n'apparatt aiileurs que ra- 
rement : Seleclissimce nee non familiar issimee 
cantianes ultra centum (aussi avec titre alle- 
mand; Augsbourg, chez Kriesstein, 1540) ;Con- 
centus 8, 6, 5 et 4 vocum (Augsbourg, chez 
Ulhard, 1545) ; Cantiones 7,6 eta vocum longe 
gravissimce (1545, chez Kriesstein) et Canttones 
selectissimw 4 vocum (1548-1549, deux vol.). 

Saldoni, Don Baltasar, un des compositeurs 
espagnols modemes les plus remarquables, en 
m£me temps que professeur de chant tres es- 
tim6 et historien de la musique, n& k Barcelone 
le 4 janv. 1807, m. k Madrid en 1890 ; A fcve de 
Andrevi, pendant un stage qu'il nt comme 
enfant de choeur k tSanta Maria Dei Mar », 
acheva ses etudes musicales k l* A cole de musi- 
que du couvent de Montserrat, et fut d'abord 
organiste k « Santa Maria del Mar ». En 1829, il 
partit pour Madrid et y devinM'annee suivante, 
maltre de chant £lementaire au Conservatoire 
qui venait d^tre fond A ; en 1839, il A tudia en- 
core, k Paris, la m&hode d'enseignement du 
chant au Conservatoire, el devint, en 1840, pre- 
mier professeur de chant au Conservatoire de 
Madrid. S. a Scrit une histoire de i'Ecole de 
musique de Montserrat : Resena historica de 
la escolania a colegio de musica de la Virgen 
de Monserrat in Cataluna desde 1456 hasta 
nuestros dias (1856) et publie des notes bio- 
graphiques sur divers musiciens espagnols; 
Effemerides demusicos espagnoles (1860). La 
liste de ses compositions comporte plusieurs 
operas italiens,des zarzuelas espagnoles, des 
Messes, des Stabat, des Miserere, un grand 
nombre de motets, d'hymnes, de cantiqws, de 
preludes d'orgue, de fugues, d'interludes, etc., 
une grande symphonie : A mi Patria (pour 
orchestre, musique militaire et orgue), des 
morceaux caract&ristiques pour orchestre, un 
Hymne au dieu des arts, un hymne national, 
des marches militaires, des choeurs de diflf A - 
rentes sortes, des melodies et des morceaux de 
piano. II a fait connaitre les principes de sa 
methode d'enseignement du chant dans une 
grande t methode de chant » et dans un recueil 
de vingt-quatre vocalises. 

Sale, Francois, contrapontiste beige du xvr»s., 
devint, en 1589, maltre de chapelle (chori ma- 
(lister) d'une princesse autrichienne (Magda- 
lena), a Hall sur i'lnn, et, en 1593, chantre de la 
Chapelle imp A riale, a Prague (sous Philippe de 



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Monte). S. a public un volume de Messes, im- 
prime aux frais du prince 61ecteur de Bavi A re, 
comme premier volume d*un magninque ou- 
vrage : Patrocinium musices (1589), un livre de 
motets (1593), trois livres d'introits, d'alleluia 
et de communions, k cinq et six voix (1594- 
1596); un motet de NoSl k cinq voix, et une 
Messe compos£e sur le m A me t6nor que le mo- 
tet (Messe que Ton trouve aussi reproduite 
dans Patrocinium musices, de 1598): enfin un 
livre de pri&res (1598) aux Saints protecteurs 
de la Hongrie et de la Boh A me (SS. Maria, 
Wenzel, Adalbert, Veil, Sigismund, Prokop. 
Stephan). 

Salicional (Salcional, Salicet; souvent, en 
all., Weidenpfeife), jeu d'orgue k bouche el ou- 
vert, k perce ftroite et d'intonation douce ; le s. 
est le plus souvent de 8* et de 4', mais se ren- 
contre aussi de 2* et de 16* (p£dale). Les tuyaux 
en sont detain et souvent pourvus d'oreillettes. 
On place fr A quemment le s., comme jeu d'echo 
de la gambe, au troisieme clavier. 

Salieri, Antonio, compositeur fecond et go- 
nial, excellent maltre de chapelle, ne k Legnano 
le 19 aout 1750, m. k Vienne le 7 mai 1825 ; A tait 
le fils d'un commer?ant ais6 qui perdit sa for-, 
tune et mourut jeune encore. Ce fut son fr&re, 
Francesco (violoniste de talent et £leve de Tar- 
tini), qui lui donna les premieres lemons de mu- 
sique, puis un organiste nomm£ Simoni, k Le- 
gnano. A l'age de quinze ans, plein de talent et 
dou6 d'une bonne voix, S. recut une bourse de 
Tinternat de la Chapelle de r A glise St-Marc, k 
Venise, ou le maltre de chapelle Pescetti et le 
t£nor Pacini d^velopp&rent encore son talent. 
C'est a ce moment que Gassmann (v. ce nom). 
auquel il avait 6t6 recommand£, le trouva et 
remmena avec lui a Vienne, en 1766. Gassmann 
lai enseigna la composition et prit soin en ou- 
tre de sa culture generate. En 1770, S. fit repre- 
senter son premier opSra-comique : Le donne 
letterale, qui trouva Tassentiment de Gluck (au- 
quel il l'avait fait entendre en particulier), et 
bientdt apres celui du public et de l'empereur. 
La fortune lui sourit des cet instant; il ecrivit 
opera sur op A ra et fut nomm A , k la mort de 
Gassmann (1774), compositeur de la chambre 
et directeur du Th&Atre-Italien. Lorsque, sur 
ces entrefaites, r&oile de Gluck, qui A tait dans 
tout son A clat, le rel A gua de plus en plus 
dans Tombre, l'adroit Italien sut trouver 
moyen de sauver sa situation; il devint r£l A ve 
de Gluck lui-mgme, s'appropria son style et 
remplaca ce qui lui manquait de grandeur de 
conception, par une r6elle abondance de me- 
lodies simples et bien venues. Gluck lui-m A me 
prot6gea S. et lui procura Foccasion de se pre- 
senter au public parisien qui, d A j& alors, £tait 
considere comme Tarbitre du talent. L'opera de 
Salieri : Les Danal'des (dont le livret etait d*a- 
bord destine a Gluck) ; publi A en une nouv. A d. 
chez Breilkopf et Hsertel, fut jou A par l'entre- 
mise de Gluck, comme une ceuvre de Gluck et 
de Salieri, et ce nYst qu'a la douzi A me repre- 
sentation, lorsque son suoces n'etait plus dou- 
teux, que la verite fut devoilee. S. ecrivit en- 

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718 



SALIMBENI — SALOMON 



core, pour Paris, Les Horaces (1786), et Tarare 
(1787). Aprteson retour k Vienne (1788), il rem- 
plaga Bonno, en quality de chef d'orchestre de 
la Cour, et conserva cet emploi jusqu'au mo- 
ment oil, en 1824, il prit da retraite. Parmi ses 
quarante operas, il faut mentionner surtout : 
Armida (1771), Semiramide (1784), et les trois 
operas d£ja mentionn6s (« Tarare » devint plus 
tard c£16bre sous le titre de : Axur re (TOr- 
mus; « Les Danaides », sous celui de : Danao). 
En dehors du th&tre, S. produisit aussi un 
grand nombre d'ceuvres ; il a 6crit cinq Messes, 
un Requiem, quatre Te Deum, des cantiques 
de vGpres, des offertoires, des motets, une Pas- 
sion et plusieurs oratorios ( Gesu at limbo, 
Saw/, Das jUngste Gericht), des cantates, des 
airs, dte duos et des choeurs, vingt-huit Diver- 
timento vocali avec piano, des Scherzi armo- 
nici (cinquante-cinq canons rocaux de deux k 
quatre voix), une symphonie, un concerto d'or- 
gue, deux concertos de piano, des morceaux 
concertants pour flftte et hautbois et pour vio- 
lon, hautbois et violoncelle, des variations sur 
les Folies cTEspagne, des s6r6nades, de la mu- 
sique de ballets, etc Le souvenir de Salieri est 
malhenreusement gAt£ par les intrigues qu'il 
ourdit contre Mozart. J.-O.Mosel a donn6 une 
biographie de S. (1827). Parmi ses Steves, il 
convient de nommer au moins Fr. Schubert. 

Salimbeni, F£ux, c£i£bre sopranisle, n6 k 
Milan vers 1712, mort a Lai bach a la fin d'aoftt 
1751, chanla d'abord sur des scenes italiennes, 
puis fit partie, de 1783 &1737, de la Chapelle de 
la Cour k Vienne. II se fit entendre ensuite de 
nouveau en Italie, puis,de 1743 k 1750, k l'Op6ra 
italien de Berlin, et, de 1750 a 1751, k Dresde. II 
6tait en route pour l'ltalie, ou il pensait rendre 
k sa voix un peu de l'6clat qui commengait k 
lui faire d£faut, lorsqu'il mourut, k Laibach. 

Salinas, Francisco, 6rudit musicien espa- 
gnol, ni k Burgos vers 1512 ; abb£ de St-Pan- 
crace, k Rocca Scalegna (Naples), et plus tard 
professeur de musique k 1' University de Sala- 
manque, m. k Salamanque, en f£vr. 1590. S. a 
public : De musica libri VII, in quibus ejus 
doctrines Veritas tarn quce ad harmoniam 
quam quce ad rhythmum pertinet, juxta sen- 
sus ac rationis judicium ostenditur, etc. (1577). 

Sallantin, Antoine, hautboiste distingn6, n6 
k Paris en 1754; fit partie, de 1773 k 1813, de 
Torchestre de FOpSra, avec une seule interrup- 
tion de 1790 k 1792, pendant laquelle il se rendit 
k Londres pour se perfectionner aupr£s de Fi- 
scher. II futen outre, de 1794 k 1813, professeur 
de hautbois au Conservatoire. S. a public un 
concerto deflate. 

Salmo (ital.), psaume. 

Salmon, Thomas, Magister artium k Oxford, 
plus tard recteur k Mepsall (Bedford); paralt 
avoir 6te bien peu vers6 dans l'histoire de la 
notation musicale, car il proposa dans un 
Essay to the advancement of music (1672 ; paru 
en latin sous le titre : De augenda musica, 
1667), comtne quelque chose de nouveau, de 
remplacersur la portee les notes par les noms 
alphabetiqnes des sons. Or, Guy d'Arezzo se 



servait de ce syst&me, dejd au commencement 
du xi* s., avant d'avoir pos6 les bases du sys- 
t6me actuel de notation. S. se defendit contre 
une attaque de M. Lock, dans : A vindication 
of an essay, etc. (1673). II plaida aussi en fa- 
veur de Faccord math&natique des sons : A 
proposal to perform music in perfect and ma- 
thematical proportions (1688) et The theory of 
music reduced to arithmetical and geometri- 
cal proportions (dans les « Philosophical Tran- 
sactions », 1705). 

Salo, Gasparo da, v. Gasparo. 

Saloman, Siegfried, ui k Tondern, dans le 
Schleswig, en 1818 ; 61£ve, pour la composition, 
deSiboni (Copenhague), de Fr. Schneider (Des- 
sau), et, pour le violon, en dernier lieu (1841), de 
Lipinski (Dresde). II fit, comme violoniste, des 
tourn6es de concerts, k partir de 1850, en com- 
pagnie de sa femme, la c&£bre cantatrice Hen- 
riette Nissen-S. (v. ce nom); il vit, depuis qu'elle 
y fut appetee, k St-P6tersbourg (1859). S. a 6crit 
plusieurs operas, qui furent representee a di- 
verses reprises (entre autres : Das Diamant- 
hreuz), des ouvertures, des morceaux pour vio- 
lon, des lieder, etc. Seules, des oeuvresdemoin- 
dre importance furent publiees. 

Salomon, 1. Johann-Peter, violoniste distin- 
gue, n£ k Bonn k la fin de janv. 1745, m. k Lon- 
dres le 25 nov. 1815 ; fut d'abord membre de 
l'orchestre du prince eiecteur de Bonn, puis, 
aprds une glorieuse tournee de concerts (1765), 
concertmeister du prince Henri de Prusse, k 
Rheinsberg. Lors de la dissolution de la cha- 
pelle, il se rendit k Paris et, peu apr&s, k Lon- 
dres (1781), ou il se cr£a bientot une situation 
en vue, surtout comme violoniste de quatuor. 
S. fut, pendant quelque temps, premier violon* 
solo des « Professional concerts », mais devint, 
plus tard, entrepreneur de concerts (cf. Haydn). 
— 2. Moritz, directeur de musique k Wernige- 
rode, dans le Harz, auteur d'une excellente cri- 
tique du syst£me chiffrS de Natorp, pour Fen- 
8eignement du chant dans les 6coles primaires. 
S. a prouv6, entre autres, que le systeme chif- 
fr6 rend plus difficile retude des notes {Ueber 
Natorps Anleituny zur Untervceisung im Sin- 
gen, 1820). II a 6crit aussi un roman musical : 
Eduards letste Jahre (1826, 2 vol.). — 8. AL.., 
guitariste virtuose, k Besan$on,ne en cette ville 
en 1786, m. le 19 fevr. 1831 ; inventeur d'une gui- 
tare de dimensions beaucoup plus grandes que 
la guitare ordinaire et qu*il appela « harpolyre ». 
Get instrument 6lait pourvu de trois manches 
dont Tun, celui du milieu, avait une touche et 
etait muni de cordes comme la guitare ordi- 
naire, tandis que les autres £taient tendus de 
cordes destinies k Stre employees &vide(comme 
dans le th&orbe). S. const ruisit aussi une inge- 
niease machine a accorder, avec des lames mo- 
biles d'acier, regies par une roue dent&e. Ni 
Tune ni l'autre de ces inventions n'eut* de suc- 
ces. S. a publie, en outre, des compositions pour 
la guitare. — 4. Hector, ne k Strasbourg le 2& 
mai 1838; ei^ve de Jonas et de Marmontel 
(piano), de Bazin (harmonie), et de Halevy 
(composition), fut d'abord accompagnateur aux 



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SALPINX — SAMMARTINI 



719 



Bouffes-Parisiens, pour lesquels il 6crivit un 
ballet : Fascination. II passa en 1860 au Th&k- 
tre-Lyrique, qui donna de lui deux pieces en un 
acte : Les dragies de Suzette (1866) et YAu- 
monier du rSgiment (1877), et une cantate : Le 
Genie de la France (1866). S. devint, en 1870, 
second chef des choeurs k l'Op6ra, dont il est 
actuellement chef du chant. H a publie un grand 
nombre de melodies vocales, des morceaux pour 
piano, pour violon et pour violoncelle ; il a, en 
outre, plusieurs operas en portefeuille. 

Salpinx, instrument (trompette), en usage 
chez les Grecs, pour les signaux militaires. 

Saltarello (saltarelle), danse italienne ou es- 
pagnole d'un mouvement rapide, k 3/b ou a 6/8 
et d'allure sautillante ; les motifs en sont for- 
mes suivant le type ci-dessous : 



3 —* 


6 


— r 


N ou 


8 J 4 


0. 8 




Le nom lui-m&me de s. est ancien et d6si- 
gnait, au xvi* s., la danse rapide, en mesure 
ternaire, qui succ£dait toujours k la pavane. — 
On donne aussi le titre de s. k un morceau, en 
maniere de toccata ou de tarentelle, base prin- 
cipalement sur le rythme indiqu£ plus haut. 

Saltato (ital., danse ) t sautillant, mode special 
d'ex£cution du staccato, sur les instr. k archet 
(l'archet sautant sur la corde), appel£ aussi, en 
franc ais, sautill6. 

Salterio, Salteire, et, dans Notker (vers Tan 
1000), Salttrsanch, syn. de psaiterion ; S. ledesco, 

V. TYMPANON. 

Salvayre, Gervais-Bernard-Gaston, n6 a 
Toulouse le 24 juin 1847 : fit ses premieres Etu- 
des k la maltrise de la cathedrale de cette ville, 
puis entra au Conservatoire d'ofc, en 1865, il 
passa au Conservatoire de Paris (Marmontel, 
Benoist, Bazin, Thomas). Apres s'^tre presents 
plusieurs fois, il obtint, en 1872, le grand prix 
de Rome ; il sejourna deux ans en Italie d'ou il 
envoya, entre autres, un Stabat Mater, dont 
TexScution au Conservatoire fut le premier suc- 
ces du jeune auteur. En 1877, S. remplit les 
fonctions de chef des choeurs k TOpera popu- 
late (CMtelet). Les ouvrages principaux de S. 
sont, en plus du « Stabat » : Le bravo (opera en 
quatre actes ; Th6dtre-Lyrique, 1877), Le Fan- 
dango (ballet-pantomime; Ope>a), Egmont 
(dramelyrique en quatre actes ;Ope>a-Comique, 
1886), La Dame de Monsoreau (opera en cinq 
actes; Opera, 1887), Richard 111 (op6ra en qua- 
tre actes; St-PStersbourg, 1883), Myrto (com6die 
lyrique), Salah-Ed-Din (ope>a en quatre actes); 
des psaumes (Super flumina Babylonis et In 
exitu Israel) pour choeur,soli et orchestre; une 
symphonie biblique : La vallee de Josaphat 
(1876) ; une Suite espagnole pour orchestre; un 
Air de danse varU, pour instr. k archet ; un trio 
pour piano, violon et violoncelle ; enfin un 
grand nombre de pieces pour piano et de melo- 
dies vocales. S. est actuellement chroniqueur 
musical au Gil Bias. 



Salve (lat., salut), d£but de l'antienne k la 
Sainte-Vierge : S. regina mater misericordice, 
qui se chante de la Pentecdte a TAvent ; les 
trois autres antiennes sont : Alma redemptoris 
mater (de 1'Avent k la Purification de la Vierge), 
Ave regina ccelorum (jusqu'au jour des Ra- 
meaux), et Regina cceli ketare (PAques). 

Samara, Spiro, n6 k Corfou le 29 nov. 1861, 
d'un pdre grec et d'une m&re anglaise ; fit ses 
premieres eludes musicales k Athines, sous la 
direction de Enrico Stancampiano (un 61&ve de 
Mercadante), puis entra au Conservatoire de 
Paris. Apres avoir fait ex£cuter, a Paris, quel- 
ques petits ouvrages sc6niques et publte des 
melodies, il obtint en 1886, k Milan, un succ&s 
considerable avec un opera en trois actes: Flora 
mirabUis (id. Sonzogno). Un autre opera de S., 
Medgi, ecrit auparavant d£j&, fut represents k 
Rome en 1888 ; un troisieme, LioneUa, k Milan, 
en 1891. Un m&odrame, La Martyr e> parut en 
1894. S. vit actuellement k Athenes, ou il a 
fond£ un grand orchestre symphonique. 

Sambuca, Tune des denominations d'instru- 
trument les plus vagues du moyen Age, em- 
ployee le plus souvent dans le sens du grec 
vafiBox*, en latin s., pour designer une sorte de 
petite harpe triangulaire ; ailleurs, s. est consi- 
der6 comme un d£riv£ du latin sambucus (su- 
reau) et d&signe une sorte de flute, ou encore 
comme une corruption de symphonia (sampo- 
nia 9 zampogna), d£signant alors soit la mu- 
sette, soit la vielle k cylindre (S. rotata). Enfin, 
s. est employ^ parfois pour saqueboute (v. ce 
mot) et dSsigne alors un instrument de la fa- 
mille du trombone. Les termes de Sambut et de 
Sambiut, que Ton trouve aussi, sont des de- 
formations allemandes de s. et s'appliquent aux 
harpes triangulares. 

Sammartini, 1. Pietro, musicien k la Cour de 
Florence, publia : Motetti a voce sola (1685 ; 
2* id. 1638), des motets de deux k cinq voix et 
des litanies k six voix (1642), des motets d*une k 
cinq voix (1648), des Salmi concertati k huit 
voix (1643) et des Salmi brevi concertati k qua- 
tre voix (1644). — 2. Giovanni-Battista, orga- 
niste de plusieurs eglises de Milan et maltre de 
chapelle au couvent de nonnes « Santa Maria 
Magdalena », de 1730 k 1770 environ. S. est 
regarde comme Tun des premiers prScurseurs 
de Haydn, dans le domaine de lamusique sym- 
phonique et de la musique de chambre. Sa 
premiere symphonie pour orchestre fut execute* e 
k Milan, en 1734. Parmi les oeuvres gravees de 
S., on connalt: douze trios pour deux violons et 
basse (Londres et Amsterdam), vingt-quatre 
symphoniesfParis), et quelques nocturnes pour 
flute et violon (ibid.) Mais S. doit avoir ecrit en 
tout plusieurs milliers d'oeuvres (symphonies, 
quatuors pour instr. a archet, trios, concertos 
de violon, Messes, psaumes, etc.). S. fut le mal- 
tre de Gluck. — 3. Giuseppe, frere du pr£c£dent, 
hautboiste virtuose, partit pour Londres en 1727 
et y mourut en 1740, apres avoir Hi musicien 
dela Chambre du prince de Galles. II publia k 
Londres des trios pour deux hautbois et basse, 
huit ouvertures et six concerti grossi. 



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720 



SAMPONIA — SANGLOT 



Samponia, v. sambcca et chifonie. 

Samuel, Adolpke, compositeur et theoricien, 
n£ A Li&ge le 11 jail. 1824, d'une famille isra6- 
lile; Steve du Conservatoire de sa ville natale, 
puis de celui de Bmxelles ou il obtint, en 1845, 
le grand prix de Rome (cantate: La Vendetta, 
pour soprano, tenor et orchestre). A partir de 
ce moment, S. se voua avec ardeur A la compo- 
sition, fit plusieurs voyages d'etudes et d^ploya 
une grande activite litteraire: ildevint,en 1860, 
professeur d'harmonie pratique au Conserva- 
toire de Bruxelles, puis, en 1877, directeur du 
Conservatoire de Gand, A la t£te duquel il est 
encore aujourd'hui. S. est considere comme 
l'initiateur des concerts populaires de musique 
classique, en Belgiqne. La iiste des cBuvres 
musicales de S. comprend : cinq operas et op£- 
ras-comiques (// a revi, 1845 ; Giovanni da 
Procida, 1847-1848; Madeleine, 1849; Les deux 
prttendants, 1850; Lheure de la retraite, 
1851); plusieurs cantates (Jeanne d Arc, 1842; 
Cantate de jubiU, 1855 ; Cantate nationale, \ 
1859; De Wederkomst, 1875; Uopold l** y 1880) ; 
un oratorio (Amor Lex Aeternae ; chomrs, soli, 
orgue et orchestre (1888) ; des chceurs pour 
F Esther, de Racine; un Ave Maria pour choeurs, 
orgue et orchestre, 1868); sept symphonies (I, 
inldite; II, la minenr, 1846; HI, mi mineur, 
1858: IV, r6 mineur, 1863; V, si b&mol majeur, 
1869-1890; VI, re mineur, 1889; VII, Christus, 
avec choeurs [le chef d'oeuvre de S.J, 1898) ; des 
fragments symphoniques (Roland a Ronce- 
vaux); une ouverture de concert (184!)); deux 
quatuors pour instr. A archet (I, mibemol, 1844; 
II, si mineur, 1865); des choeurs pour voix mix- 
tes et pour voix d'hommes; des motets; des 
melodies, en grand nombre ; des pieces pour 
piano et une Petite methode de piano (A l'usage 
des enfants). A c6t£ de ces ceuvres, S. a encore pu- 
blic un Cours cTharmonie pratique et de basse 
chiffree, un Livre de lecture musicale (quatre 
cents airs nationaux), un compte rendu sur Les 
instruments de musique a l'Ex])Osition de 
Paris (1878), des essais historiques, dans diver- 
ses revues, et un grand nombre d'articles criti- 
ques parusdans les p£riodiques beiges, de 1849 
A 1874. 

Sanctis, Cesarf. de, compositeur ilalien, ui 
A Albano, pr£s Rome, en 181)0: re^ut sa premiere 
education musicale A Rome, fut des 1860 raem- 
bre de la commission d'examen de l'Academie 
Ste-Cecile, et bient<H apres maitre de chapelle 
des &glises t della Minerva » et « S.-(»iovanni 
de' Fiorentini ». S. fut aussi chef d'orchestre de 
theatre A Rome, A Verone, etc.: en 1877, il fut 
nomine professeur de contrepoint au « Li ceo 
musicale » de Rome, et se consacra d£s lors 
uniquement A Tenseignement et a la composi- 
tion. II passe pour Tun des maltres les plus re- 
marquables et les plus cultives de Rome. Parmi 
ses ceuvres, il faut noter surtont: un Requiem, 
A quatre voix (Turin, 1872; en m£moire du roi 
Charles-Albert), des Messes, des fugues, des 
canons, une ouverlure de concert. S. a publie, 
en outre, un Trattato d'armonia. 

Sanctus, v. Messe. 



Sandberger, Adolf, ne A Wurzl>ourg le 19 
dec. 1864; Ills du professeur de g&ologie A l'Uni- 
versit£ de cette ville, suivit les cours du gym- 
nase de sa ville natale, puis 6tudia la compo- 
sition, de 1881 A 1887, aux ecoles de musique 
de Wurzbourg et de Munich, et fit des sciences 
musicales, de 1883 A 1887, aux universit&s de 
ces m&mes villes et A Berlin (Spitta). II prit son 
doctorat en philosophie, en 1887, et passa en- 
suite deux ans a l^tranger, en Autriche, en 
Italie, en France, en Angleterre et en Russie. 
S. fut nomm£, en 1889 provisoirement, puis, en 
1892 d^finitivement, conservateur de la division 
musicale A la Bibliotheque de la Cour royale 
et de l'Etat, A Munich. En 1893, enftn, il fut 
nomme privat-docent de sciences musicales a 
l'Universit£ de Munich. S. s'est fait connaitre, 
en outre, comme un compositeur de talent, 
par des lieder (op. 1, 6, 11), des choeurs pour 
voix mixtes (op. 3), un choeur avec orchestre 
(op. 5), une sonate-trio (op. 4), des morceaux de 
piano (op. 2, 7), une sonate de violon (op. 10 ; 
1892), une ouverture pour un drame (op. 8). 
enfin un op£ra ; Ludwig der Springer (texte de 
S. Iui-m6me ; Gotha, 1896). En tant que mum- 
cographe, S. a public une excellente biographie * 
de Cornelius : Leben und Werke des Dichter- 
musikers Peter Cornelius (1887); une etude 
sur Gwendoline, de E. Chabrier (1892), une 
autre sur le Cid, de Peter Cornelius (1893), en- 
fin, son ouvrage principal : Bvitrage zur Ge- 
schichte der bayrischen Bofkapelle unter Or- 
lando di Lasso (3 vol. : I, 1893 ; II, 1894 : in, 1" 
partie , 1895). En outre , S. a 6crit un grand 
nombre d'articles dans le « Mustkalisches W6- 
chenblatt» et dans la «Neue Zeitschrift f. Mu- 
sik ». II r£dige une edition complete, vraiment 
monumentale, des ceuvres d'Orlandus Lassus, 
Edition dont le vol. VI a para en 1898 (chez 
Breitkopf et Hjertel)- 

Sander, Constantdj, v. Leuckart. 

Sanderson, 1. Sybil, remarquable can tat rife 
sc£niqne, nee A San-Francisco ; fit ses etudes 
musicales a Paris, sous la direction de Sbri- 
glia, Gounod, Massenet et M mt Marches!, puis 
debuta, en 1889, a l'OpSra-Comique (Eisclar- 
monde) et passa en 1894 A l'Opera. Elle s'est 
fait entendre aussi dans de nombreuses tour- 
nees, en province et a l^trauger, jusqu'au mo- 
ment de son mariage (1897) avec un riche 
Chilien, M. Terry. — 2. Lilian, cantatrice de 
concerts (soprano), nee a Milwaukee le 13 oct. 
18H7 ; eleve de Stockhausen. 

Sandoni, v. Cczzoni. 

Sandt, Max, van de, n£ A Rotterdam le 18 
oct. 1863 ; pianiste, £leve de Liszt, succeda en 
1889 A Bischoff, comme maitre de piano au Con- 
servatoire Stem, A Berlin. 

Sanglot, ancien ornement du chant, census- 
tant en un accent ou une chute {v. ce mot) sur 
une interjection (o! ah t h£las !), etc.: 




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SANTINI 



SARRETTE 



721 



Sautini, Fortcnato, abbe, n6 k Rome le 5 
janv. 1778 (l'annee de sa mort est inconnne) , 
e\k\e de Jannaconi, forma, gr&ce k son activity 
continuelle de collectionneur , une des plus 
♦grandes biblioth&ques rausicales qui ait jamais 
«xiste. En 1830, il en publia un catalogue : Ca- 
tatogo delta tnusica esistente presso F. S. in 
Roma ; puis un amateur russe, Wladimir Stas- 
sow, rendit compte de T6tat de la bibliotheque 
en 1854 : Uabbi S. et sa collection musicale, 
a Rome.S. vivait alors retire, dans un couvent 
des environs de Rome. 

Santucci, Marco, mattre de chapelle et cha- 
noine de la cathedrale de Lucques, n£ k Ca- 
majoie (Toscane) le 4 juil. 1762, 616ve de Fe- 
naroli, m. k Lucques en 1843; auteur de nom- 
breuses (Puvres vocales religieuses (Messe, 
motets, psaumes, etc.; arrangements des an- 
ciennes melodies du Stabat mater et du Dies 
ires k quatre voix, avec orcbestre) , de canons 
jusqu'a sept voix, de symphonies, de sonates 
d'orgue, etc. II acquit une grande reputation 
d'une fa<;on Strange, par le fait qu'un motet k 
seize voix (quatre choeurs), de sa composition, 
fut couronn£,en 1806, par l'« Accademia Napo- 
leone », comme quelque chose de particulier et 
de tout k fait nouveau ! Baini ecrivit k ce sujet 
une lettre ouverte dans laquelle il s*61eva con- 
tre cette maniere de voir et ne manqua pas de 
rappeler, a l'appui de son dire, les Messes, 
motets, psaumes, etc., a quatre et a un plus 
grand nombre de choeurs, des Abbatini, Agos- 
1ini, Ballabene, Benevoli, Giansetti, Mazzocchi, 
Pacelli, Savetta, etc. S. a 6crit, en outre, un 
traite : Sulla metodia, sultarmonia e s%U me- 
tro (1828), ouvrage sans aucune valenr, k ce 
qu'aflirme Fetis. 

Saqueboute, ancienne denomination du trom- 
bone (v. ce mot). 

Sarabande (Sarabanda), forme de danse 
d'origine espagnole, en mesure tern aire, d'al- 
lure noble et compassee (ne renfermant que 
peu de notes de courte duree, mais un grand 
nombre d'omements), ne comprenait primitive- 
ment que deux reprises de huit mesures cha- 
cune. La S. commence sur le temps fort et pre- 
sente souvent une prolongation du deuxieme 
temps, obtenue soit parun point, soit au moyen 
de la fusion avec la troisieme : 



4 i 



r 



Dans la sonate de chambre (suite), la plac** 
habituelle de la S. est entre la courante et la 
gigue. 

Saran, Auoust-Friedrich, n6 k Altenplathow, 
.pres Genthin (Saxe), le 28 fev. 1836 ; eludia, k 
Halle, la th&ologie (et la musique aupres de 
Robert Franz), puis fut successivement profes- 
seur an gymnase de Lyck (1861), aumdnierd 
Konigsberg (1863-1878) et superintendant a 
Zehdenick [Brandebourg] (1873). En 1885 enfin, 
S. fut transf£r£ k Bromberg; partout oil il fut, 
il s'occupa activement de musique (directeur de 
la Society de Chant sacre, a Bromberg), il com- 



DTCTIONXAIRF. PE HCSIQUE. — 46. 



e 



posa lui-m&me des lieder, des morceaux de 
piano, etc. II a ecrit aussi une brochure sur 
Robert Franz. 

Sarasate, Pablo dk (Pablo-Martin-Meliton 
S. y Navascues), violoniste virtuose, des plus 
6minents, n£ a Pampelune le 10 mars 1844; fut 
un enfant prodige, joua d£j& AT&ge de dix 
ans a la Cour de Madrid et regut de la reine 
Isabelle, en cadeau, un Stradivarius de tr£s 
grand prix. De 1856 k 1859, il fut 61*ve du Con- 
servatoire de Paris ou Alard eut le bonheur 
d'etre son maltre ; en 1857 d£j£, le jeune artiste 
obtenait le premier prix de la classe de violon. 
Apres avoir £tabli sa reputation d'abord dans 
sa patrie, il <Hendit toujours plus le cercle de 
ses tournees artistiques, jusqu'en Orient, puis 
en Am£rique. Lalo Ecrivit pour S. son premier 
concerto de violon, Bruch son second concerto 
et la Fantaisie 6cossaise. Sarasate a toutes les 
quality de la virtuosity la plus accomplie : jus- 
tesse absolue, technique fabuleuse et sonority 
d'une douceur enchanteresse. Comme compo- 
siteur, il ne s'est fait connaltre que par quelques 
pieces pen importantes, mais caract£ristiques 
(melodies espagnoles), pour violon. 

Saro, J.-Heinrich, n6 k Jessen (Saxe) le 4 
janv. 1827, m. k Berlin le 27 nov. 1891. Eteve 
de K. Bohmer et de A.-B. Marx, a Berlin, il de- 
vint, en 1856, chef de musique du 11« regiment 
d'infanlerie; en 1859, du regiment « Franz », a 
Berlin. En 1867, k TExposition universelle de 
Paris, il remporta le premier prix dans le con- 
cours international de musiques militaires; il 
fut appel6,en 1872, au grand festival de musique 
de Boston oil une m£daille d'or lui fut d6- 
cern6e. En outre, S. rec;ut le titre de directeur 
de musique royal. II a publie une Lehre vom 
musikalischen Wohlklany und Tonsats (1™ 
partie). 

Sarrette, Bernard, le fondateur du Conserva- 
toire de Paris, n6 a Bordeaux le 27 nov. 1765, 
m. k Paris le 13 avr. 1858 ; capital ne de la 
Garde nationale de Paris, reunil, en 1789, qua- 
rante-cinq bons musiciens militaires et en 
forma le noyau du corps de musique de la 
Garde nationale, corps de musique qui fut sub- 
ventionn6 par la ville, des 1790, et dont Teffec- 
tif fut ports k soixante-dix instrumentistes. 
Lorsque, en 1792, des raisons pecuniaires for- 
cforent la Commune k licencier la musique de 
la Garde, S. en maintint les elements unis et 
obtint, encore la m6me ann£e, la fondation 
d'une ecole de musique dans laquelle les mem- 
bres de la Garde furent tous engages comme 
professeurs. Get 6tablissement devait fournir 
les musiciens necessaires aux quatorze corps 
d'armee de la France et re^ut bientdt le nom 
ftlnstitut national de musique qui, en 1795, 
fut remplac£ par celui de Conservatoire. S. 
voulut, apres avoir atteint son but, retourner k 
son regiment ; mais il fut rappel£, nomm6 com- 
missaire du gouvernement, et plus tard direc- 
teur de Flnstitut qu'il avait cree. Le merite de S. 
consiste surtout dans Tadoption de « m^thodes » 
soigneusement elaborees pour les differentes 
branches, dans l'organisation de T£cole de de- 

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722 



SARRI — BATTLER 



clamation, du service de bourses pour les el£- 
ves de chant, des succursales, de la Biblio- 
th£que, de la salle de concerts et des < Con- 
certs du Conservatoire ». En 1814, S. perdit sa 
place, k la suite de la Restauration; il devait y 
Aire r&nstalle en 1830, mais il refusa, pour ne 
pas en ehasser son ami Cherubini. 

Sam, Domenico, compositeur d'op6ras, n6 a 
Trani (Naples) en 1678; 61&ve du Conserva- 
toire « della Pieta», devint en 1713 second, puis, 
en 1741 encore, premier maltre de chapelle de 
la Cour de Naples. S. a 6crit des oratorios : 
II Fonte della grazie; Andata di Gesu al cal- 
vario; Ester reparatrice, etc., ainsi qu'une 
quantity d'op£ras,de cantates, de s£r6nades,etc, 
le tout a peu pres pour Naples. 

Sarrusophone, instr. a vent, en cuivre, mais 
k anche double, invents par un chef de musique 
du 32° regiment de ligne fran^ais, nomm£ Sar- 
ins, et construit, d£s 1863, par un facteur pari- 
sien, Gautrot. II existe diff&rents modules de 
s., du s. soprano au s. contrebasse ; analogue, 
comme construction, au hautbois et au basson, 
le s. a un timbre voisin de celui de la trompette, 
du trombone, etc. Le 8. est pourvu, comme les 
instr. a vent en bois, de trous dont l'orifice est 
bouch6 au moyen de clefs. Cf. saxophone. 

Sarti, Giuseppe, compositeur renomm£ d'o- 
p£ras et professeur de contrepoint, mattre de 
Cherubini, ne a Faenza le 28 d6c. 1729, m. k 
Berlin le 28 juil, 1802; fit ses Etudes mu- 
sicales aupres du P. Martini, a Bologne, et ecri- 
vit, en 1752, son premier op£ra qui fut bien 
accueilli a Faenza : Pompeo in Armenia. 
Apres quelques autres succes, S. fut appele a 
Copenhague, comme directeur de la chapelle et 
maitre de musique du prince hSritier du trdne 
de Danemark. II conserva ces fonctions jus- 
qu'en 1765. L'insucces de ses operas lui fit 
perdre sa situation. M£me en Italic, ou on l*a- 
vait depuis longtemps oublie, ses nouvelles 
oeuvres n'eurent aucun succes et a Londres, 
ou il se rendit en 1769, il ne parvint k faire re- 
pr&senter aucun ouvrage et dut se vouer k 
l'enseignement priv6. II publia k ce moment six 
excellentes sonates pour piano. En 1770, S. 
partit pour Venise et y obtint la direction de 
T« Ospedaletto » (Conservatoire pour les jeunes 
lilies) comme successeur de Sacchini qui l'avait 
sans doute design^ lui-m&ne pour cette place ; 
il la conserva jusqu'en 1779 et devint alors 
mattre de chapelle du Dtime de Milan. Durant 
ce temps, S. deploya une grande activity 
comme compositeur d'operas et fut acclamS 
dans Le gelosie viUane (1776), Giulio Sabino 
(1781) et LeNozze di Dorina (1782; 1803, a 
Paris). En 1784, Firaperatrice Catherine II l'ap- 
pella k St-Petersbourg, en qualite de maltre de 
chapelle, poste qu'il occupa jusqu'en 1802 ; il 
tomba momentan£ment en disgrace, a la suite 
des intrigues d'une cantatrice, la Todi, et diri- 
gea pendant ce temps une &cole de chant, dans 
un village de l'Ukraine. Mais il fut rapped, 
61ev6 aux plus hautes dignites (anobli) et fonda 
aEkaterinoslaw, une institution musicale, sur 
le module dos conservatoires italiens. S. ne 



quitta St-Petersbourg que lorsque T6lat deplo- 
rable de sa sant£ le forca k rechercher le climat 
plus doux de sa patrie. La mort le surprit a 
Berlin, ou il s'&tait arr&6, au cours de son 
voyage. En plus de quarante operas, S. a 6crit 
un grand nombre de motets, de Messes, de 
psaumes, de Miserere, de Te Deum, etc, de 
quatre k douze voix; puis, k St-P&ersbourg, un 
psaume russe avec orchestre, un morceau poor 
cors de chosses russes (v. hares), et un Te 
Deum russe. S. construisit aussi un appareil 
pour compter les vibrations des tuyaux d'orgue 
et fixa le diapason normal de St-P&ersbourg a 
436 vibrations pour le (a 3 . 

Sa8s, Mards-Constange (aussi Sax ou Saxe), 
cantatrice sc£nique frangaise, tres f£t£e, n£e a 
Gand le 26 janv. 1838, fille d'un musicien mili- 
taire, fut dScouverte par M m « Ugalde, alore 
qu'elle disait la chanson dans un cafe-concert 
de Paris, re^ut gratuitement son Education mn- 
sicale et fut recommand&e a Carvalho qui 
Tengagea et la fit d&rater en 1859, au Th£atre- 
Lyrique, dans le rdle de la Comtesse, de « Fi- 
garo ». En 1860, elle entra a TOpera, ou elle fut 
acclamee grace a sa superbe voix et a son reel 
talent dramatique. En 1864, elle epousa un 
chanteur de second ordre, Castan, dit Castel- 
nary, mais se divorca en 1867. La guerre franco- 
allemande Teloigna de Paris; elle passa au 
genre italien et chanta sur presque toutes les 
grandes scenes d'ltalie. Ad. Sax (v. ce nom) lui 
intenta un proems, en interdiction de porter le 
nom de Sax qu'elle avail pris d'abord ; elle 
s'appela d&s lors Saxe, mais finit par reprendre 
son vrai nom de famille, Sass. 

Sattel (all.), sillet. Sattel madien (all), c-a-d. 
ddmancher ou, dans le jeu du violoncelle, faire 
usage de la position du pouce. 

Salter, Gustav, pianiste compositeur, ne a 
Vienne le 12 fev. 1832 ; devint de tres bonne 
heure virtuose et compositeur, mais annula 
plus tard ses premieres compositions d*enfant 
et en publia d'autres avec les m6mes num£ros 
d'ordre. Ce fut k Vienne qu'il re^ut son instruc- 
tion musicale ; de Paris ou il devait continuer 
ses Eludes, il partit brusquement pour TAme- 
rique, y cueillit les premiers lauriers durables, 
revint en 1862 en Europe et eut le bonheur 
de voir ses oeuvres recommand£es chaudement 
par Berlioz. Apr&s maintes tonmees de concert 
k travers FEurope, S. se fixa a Vienne, plus 
tard k Dresde, a Hanovre, k Gothenbourg et 
enfin a Stockholm. Parmi ses ceuvres, il faut 
mentionner surtout un opera : Olanthe, des 
ouvertures : Lorelei, Jules Cesar, et An die 
Freude, deux symphonies, un tableau sym- 
phonique : Washington, des quatuors et des 
trios avec piano, etc 

SatUer, Hbinrich, ne k Quedlinbourg le 3 
avr. 1811, m. a Brunswick le 17ocU 1891; el£ve 
de W. Liebau, k Quedlinbourg, et de Hummel, a 
Weimar, devint en 1838 organiste a Blanken- 
bourg, en 1861 maitre de musique au s£minaire 
d'Oldenbourg. S. est connu comme th^oricien 
et comme compositeur. On a de lui une me- 
thode d'orgue, un 6crit : Die Orgel (5» ed.), nn 



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SAUER — SAVART 



723 



trait6 d*harmonie, une m6thode de chant A 
l'usage des 6coles, des compositions pour 
orgue, un oratorio (Die Sachsentaufe)j une 
can late (Triumph des Glaubens), une ceuvre 
chorale (Der Taucher, de Schiller), une Messe 
pour troix voix de femmes, de la musique de 
chambre, des choeurs, etc. 

Sauer, 1. Guillaume, Tun des facteurs d'orgue 
les plus renommes de 1' Allemagne, ne A Fried- 
land, dans le Meklembourg, le 28 mars 1831 ; 
eleve de son p£re, fit des voyages deludes en 
Allemagne, en Suisse, en France, en Angle- 
terre et s'&ablit, en 1857, A Francfort s. Oder. 
S. avait construit d£j&, en 1882, trois cent 
soixante-dix instruments, parmi lesquels de 
grandes orgues A trois ou quatre claviers, A 
Berlin, Magdebourg, St-P6tersbourg, Altona, 
Marienwerder, Bromberg, Fulda, Bochum, 
Mannheim, Ludwigshafen, etc. — 2. Emilb, 
ptaniste en possession d'un m&canisme remar- 
quable, n6 A Hambourg, le 8 oct. 1862; fut 
&16ve de Nicolas Rubinstein (1876-1881) puis 
de Liszt, et fait des tourn£es de concerts depuis 
1882. 

Saurel, Emma, excellente cantatrice sc£nique, 
n6e A Palerme en 1850, de parents fran?ais ; 
d&buta a Pise avec un £clatant succ&s, chanta 
ensuite sur les meilleures scenes d'ltalie, voya- 
gea avec Tamberlik A travers TAm6rique du 
Sud et le Mexique, se fit entendre A c6t£ de 
Christine Nilsson,& New- York, puis chanta en 
Portugal, en Russie, en Allemagne (1878-1879, 
A Berlin), etc. 

Sauret, Emile, violoniste distingue, n6 A 
Dun-le-Roi (Cher), le 22 mai 1852, fr^quenta 
les classes du Conservatoire de Paris et plus 
tard de celui de Bruxelles, oh de Beriot fut son 
maitre. II se fit entendre d&s 1866, dans des 
concerts, d'abord en Angleterre, puis en France, 
en Italic, en Am6rique (1870-1874) et en Alle- 
magne (1877). Apparu presque en m&me temps 
que Sarasate, S. put rivaliser avec lui grAce A 
l'excellence de son gofit musical qui compen- 
sait en quelque mani&re ce que son jeu avait 
de moins brillant, de moins s&luisant que celui 
de Tartiste espagnol. S. fut, de 1880 a 1881, pro- 
fesseur de violon A l'Acad£mie de Kullak, A 
Berlin. II fut appelS, en 1890, aux fonctions de 
professeur de violon A la « Royal Academy of 
Music » de Londres. II a£critun concerto de 
violon, en sol mineur, de m&me que beaucoup 
d'autres morceaux de concert pour violon, 
avec ou sans orchestre. S. fut marie quel- 
ques ann&es avec M me Carrefio (v. ce nom). 
Un fr6re de Sauret, Augustb, n6 en 1849, pia- 
niste, mourut en ocl. 1890. 

Sautilll, sorte de coup d'archet, design^ aussi 
par l'expression italienne saitato (v. ce mot). 

Sauveur, Joseph, mathematicien et acousti- 
cien de m£rite, n6 A La Fl&che le 24 mars 1653, 
m. A Paris le 9 juii. 1716; sourd et, jusqu*& TAge 
de sept ans, muet, n'en fit pas moins preuve de 
facility si &onnantes pour les mathematiques 
que, finalement, il put m&me se vouer A des 
recherches sur les ph£nom&nes acoustiques 
dont la sensation lui 6tait personnellement re- 



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fus6e. Ses travaux ont fait £poque et lui firent 
octroyer, en 1686 le poste de professeur de 
mathematiques au College de France, en 1696 
un des fauteuils de l'Acad6mie des sciences. 
S., le premier, dScouvrit le moyen de calculer 
le nombre absolu de vibrations d'un son (A l'aide 
des battements; ainsi, par ex., si deux sons qui 
se trouvent dans le rapport d'un demi-ton dia- 
tonique, 15 : 16, produisent dix battements A la 
seconde, ils feront [15 : 16] x 10, c-i-d. 150 et 
160 vibrations A la seconde). Ce fut lui aussi 
qui, le premier, fournit une explication scienti- 
fique du ph£nom£ne des sons harmoniques su- 
pGrieurs. Tous les travaux de S. qui se ratta- 
chent A cette branche, ont paru dans le « Recueil 
de l\Acad6mie des sciences » : Principes d'a- 
coustique et de musique (1700-1701); Applica- 
tion des sons harmoniques a la composition 
desjeux d'orgue (1702) ; Mtihode generate pour 
former des systemes temp&res de musique et 
du choix de celui qu f on doit suivre (1707) ; 
Table g&n&rale des systemes tempe'res de musi- 
que (1711) ; Rapports des sons des cordes (Tins- 
truments de musique aux fleches des cordes 
et nouvelles determinations des sons fixes 
(1713). 

Sauzay, Eugene, violoniste, n6 A Paris le 14 
juil. 1809 ; 61&ve et, plus tard, gendre de Baillot, 
dans le quatuor duquel il tint d'abord le second 
violon et ensuite, comme successeur de Urhan, 
l'alto f jusqu'en 1840). II organisa lui-m&me des 
soirees de musique de chambre avec Norblin 
(plus tard Franchomme) comme violoncelliste, 
et sa femme et son tils ain6 comme pianistes. 
En 1840, S. devinl violon-solo de Louis-Phi- 
lippe, plus tard chef d'altaque des seconds vio- 
lons dans Torchestre de Napoleon III et, en 
1860, successeur de Girard comme professeur 
de .violon au Conservatoire. S. a public des 
fantaisies, des rondos, etc., pour violon et piano, 
un trio pour instr. A archet (avec alto), des 
morceaux pour piano, violon et violoncelle, des 
Etudes harmoniques pour violon (op. 18), enfin 
un essai sur les quatuors de Haydn, Mozart et 
Beethoven, avec un catalogue de ces quatuors 
(1861). 

Savard, Marie-Gabriel-Augustin, professeur 
au Conservatoire de Paris, n6 A Paris le21 
aoftt 1814, m. dans la mgme ville en juin 1881 ; 
£leve de Bazin et de Leborne, il devint en 1848 
professeur de solf&ge et, plus tard, d'harmonie 
et de basse chiffrSe. II a publie : Cours complet 
d* harmonic theorique et pratu^ue (1858) ; Ma- 
nuel d'harmonie ; Principes de la musique 
(1861 ; 4« £dit. 1875) ; Recueil de plain-chant 
d'&glise (harmonise A trois et A quatre parties) ; 
Premieres notions de music/ue (1860 ; 5« Sdit., 
1868) et Etudes dCharmonie praticjue (2 vol.) 

Savart, Felix, cSlebre acousticien, n6 A Me- 
zteres le 30 juin 1791, m. A Paris en mars 1841 : 
conservateur du cabinet de physique et profes- 
seur d'acoustique au College de France, fut 
elu, en 1827, membre de 1* Academic II a fait 
des recherches sur le renforcement du son 
d'une corde par la table de resonance, de m&me 
que sur Tinfluence de la matiere des tuyaux 

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724 



SAX — SCAXETTA 



d'orgue sur la hauleur des sons, etc. Ses re- 
cherches figureiit dans les « Annates de physi- 
que et de chimie » : Mimoire sur la construc- 
tion des instruments a cordes et a archet (1819, 
et tirage a part) ; Sur la communication des 
rnouvements vibrqtoires entre les corps solides 
(1820) ; Sur les vibrations de Vair (1828) ; Sur la 
voix humaine (1825); Sur la communication 
des rnouvements vibratoires par les liquides 
(1826); Sur la voix des oiseaux (1826), etc. 

Sax, 1. Charles-Joseph (pere), facteur d'ins- 
truments tres sagace et de grand me rite, ne a 
Dinant sur la Meuse, le l" fevr. 1791, m. a 
Paris le 26 avr. 1865; s'etablit en 1815 a Bruxel- 
les et ne tarda pas a acqu6rir une grande repu- 
tation, surtout dans le domaine de la fabrica- 
tion des instruments de cuivre, bien qu'il fabri- 
quat aussi des flutes, des clarinettes, voire 
ra^me des violons, des harpes, des pianos et 
des guitares. De serieuses recherches lui per- 
mirent de trouver les proportions les plus pro- 
pres a donner aux instruments a vent toute 
Fampleur et toute Thomogeneite de son possi- 
bles. 11 lui revient sans doute aussi une grande 
part dans les decouvertes de son flls Adolphe 
(v. ce nom),aupr£s duquel il se rendit, a Paris, 
en 1853. — 2. Adolphe (proprement ; Antoine- 
Joseph), ills du precedent, plus celebre encore 
que son pere, ne a Dinant sur la Meuse, le 6 
iiov. 1814, m. a Paris le 4 fevr. 1894 ; entra au 
Conservatoire de Bruxelles et apprit a jouer 
d'abord de la flute et de la clarinette. Son pre- 
mier travail fut le perfectionnement de la cla- 
rinette et de la clarinette-basse (1840). Sans res- 
sources (son pere depensait beaucoup d'argent 
pour ses experiences et fut, a plusieurs reprises, 
subvention^ par le gouvernement),il se rendit 
en 1842 a Paris, n'ayanl comme unique recom- 
mandation qu'un exemplaire d'un instrument 
I'ompletement nouveau, invenle par lui : instr. 
a vent en cuivre, mais a anche simple, comme 
la clarinette (v. saxophone). Mais il attira bien- 
tdt raltention des principales sommit&s du 
monde musical parisien (Hal&vy, Auber, etc.) et 
trouva, en la person ne de Berlioz, un ardent 
defenseur de ses innovations ; a ces encourage- 
ments artistiques s'adjoignirent peu apres les 
secours pecnuiaires indispensables a Tinven- 
leur. S. construisit alors buit modules differents 
de son saxophone ; puis il appliqua a la fabri- 
cation des instr. a vent en cuivre ses experien- 
ces personnelles et celles de son p£re, sur Ta- 
melioration de la resonance des tuyaux. Les 
instruments renoves de la sorte recurent les 
noms de saxhorn (cf. bugle el TUBA),saxotromba, 
etc. S. fit breveter tous ses perfectionnements 
et acquit tr&s rapidement une grande renom- 
mee ; ses instruments furent adoptes principa- 
lement par les musiques militaires franchises. 
Senle, la jalousie de concurrents, incapables de 
lutter par d'autres armes, explique les nom- 
breuses attaques auxquelles S. fut continuelle- 
ment en butte ; mais tous les proces furent re- 
gies en sa faveur. Quelle que soit la dose de 
suflisance dont l'inventeur tit preuve, en don- 
nan t son nom a tous ses instruments, le merit e 



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de S. n'en est pas moins amoindri et TAllema- 
gne m^me, apr&s s'£tre opposee a ces amelio- 
rations, fait taire des sentiments d'un chauvi- 
nisme arri6r£. S. fut nomm^, en 1857, profes- 
seur de saxophone au Conservatoire de Paris, 
et ecrivit une « Methode » pour le jeu de ses ins- 
truments. — 3. Marie, v. Sass. 

Saxhorn, nom donne par Ad. Sax (v. ce nom) 
a la famille des instruments issus de Tancien 
bugle, resp.de Tophicleide, grAce a Implication 
du niecanisrne a pistons a la place des clefs. 
Sax construisait sept modeles differents de s. : 
les s. sopranino, soprano, alto (t£nor), basse, 
basse grave et contrebasse. Cf. bugle. 

Saxophone, nom donn£ par Ad. Sax (v. ce 
nom) a un nouvel instr. a vent qu'il construisit 
des 1840 et qui, d'une part, semble appartenir 
au groupe des cuivres, tandis que, d'autre part, 
d'apres le mode de production du Bon, il fait 
partie de la m6me cat6gorie que la clarinette 
(instr. a vent a anche simple). Le doigte du b. 
oflTre beaucoup d'analogie avec celui de la cla- 
rinette, toutefois une difference notable resulte 
du fait quMl est non pas quintoyant, comme la 
clarinette, mais octaviant comme la flute, le 
hautbois, etc. On construit buit modeled diffe- 
rents de s. : le s. aigu, en mi btmoP ; le s. so- 
prano, en ut 3 ou si bemol*; le s. alto, en fa * 
ou mi bemol * ; le s. tenor en ut* ou si bimol x ; 
le s. baryton, en fa 1 ou mi bimol 1 ; le s. basse 
en wt 1 ou si bimol - 1 ; le b. contrebasse, en fa -* 
ou mi bemol ~K 

Saxotromba, nom donne par Ad. Sax (v. ce 
nom) a toute une famille d'instruments cre£s 
par lui et qui, au point de vue des dimensions 
du lube sonore, tiennent le milieu entre le bugle 
(ou plutdt le saxhorn [v. ce mot] qui en derive) 
et le cor. Le timbre du s. est moins doux que 
cetui du cor, mais aussi moins rude que celui 
des instruments de la famille du bugle. Sax 
construisait sept modules differents de s., cor- 
respondant a peu pr£s a ceux de la famille des 
saxhorns. Le s. n'a pas ete admis, jusqu'a ce 
jour, a Torchestre. 

Saynete, denomination espagnole, adoptee 
en francais, pour une farce en musique. 

Scacchi, Marco, contrapontiste de T6cole ro- 
maine, n£ a Rome vers la tin du xvi* s. ; eleve 
de Felice Anerio, fut, de 1618 a lt>48, directeur 
de la Chapelle polonaise, a Varsovie. II se retira 
ensuite a Gallese, pres de Home, ou il mourut 
charge d'ann^es (avant 1685). S. a publie: trois 
livres de madrigaux a cinq voix (1634-1637); un 
livre de Messes de quatre k six voix (1688) ; une 
ode fnnebre pour* Jean Stobaeus (1647); une 
Messe a douze voix se trouve, en manuscrit, a 
la Bibiioth&que de Berlin. S. eut une dispute 
avec un organiste de Danzig, Paul Syfert. dont 
il attaqua les compositions de psaumes, dans : 
Cribrum musicum ad tri(icumSyfertinum,etc. 
(1643 ; ouvrage qui renferme, en outre,des Mes- 
ses, des motets et des canons de differents mu- 
siciens de la Chapelle polonaise) ; un autre ecril 
de S. est intitule : Breve discorso sopra la mu- 
sica moderna (1647). 

Scaletta, Ora/.io, compositeur et theoricien. 

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SGANDELLI — SCARLATTI 



725 



n6 A Cremone, maitre de chapelle d'une eglise 
de Salo, sur les bords du lac de Garde, pais, A 
partir de 1607, A Cremone, plus tard A Bergame 
et, enfin,a la Basilique de St-Antoine A Padoue, 
oil il mourut de la peste, en 1630. S. a public 
des VillaneUe alia Romano, (1590), des madri- 
gaux A six voix et une Messe A quatre voix, de 
meme que deux ouvrages iheoriques : Scala 
delta musica (souvent r^edite; Tedition la plus 
ancienne qui soit connue, mais non la 1" edit., 
est de 1598 ; la 7* ed. est inconnue ; la 8« de 
1626) et Primo scalino ddla scala di contra- 
punto (1622). 

Scandelli, Antonio, musicien de la Cour du 
prince electeur. A Dresde (dejd avant 1553, puis- 
que c'est cette annee-la que le due Maurice de 
Saxe mourut, et que S., dejd A Dresde, composa 
pour lui un Requiem) , ne A Brescia en 1517, 
in. a Dresde le 18 janv. 1580 ; des 1566 second 
maitre de chapelle, et des 1568 mattre de cha- 
pelle, fut en meme temps que compositeur, un 
coraettiste distingue. II a publie: 11 i» libro 
delle Canzoni Napolitane (24 A quatre voix, 
1566 ; d'autres editions en 1572 et 1583, A 
Nuremberg); Neue teutsche geistL Liedlein 
mil 4 und 5 Stimmen (12 ; 1568) ; Naxce und 
lustige welt I . deutsche Liedlein (20, de quatre 
a six voix, 1570 ; autres editions en 1578 et 1579, 
sous le titre : Sch&ne weltliche und geistliche 
natjoe deutsdte Liedlein); Nawe schdne auser- 
lesene geistliche deutsche Lieder (28, de cinq a 
six voix, 1575) ; 11 11° lib. delle Canzoni Napo- 
litane (24 de quatre A cinq voix, 1577). Quelques 
motets se trouvent dans differents recueils et 
beaucoup d'autres, en manuscrits, dans des 
bibliotheques ; il faut mentionner surtout, A 
Grimma, plusieurs Passions qui furent publiees 
par d'autres musiciens, apres avoir subi des 
transformations. On trouve A Zwickau un mo- 
tet : Christus vere languores, qui doit etre la 
derniere oeuvre de S. f et porte la remarque 
manuscrite : Ultima cantio Anthonii Scandelli 
ffui 18. Januarii die vesperi hora 7, Anno 80, 
aetatis suae 63 obiit , Gf. Die Instrumentisten 
und Mater BrUder de Tola und der Kapellmeis- 
ter Antonius Scandellus («Archiv. fur die sach- 
sische Geschichte », 1866). 

Scaria, Emil, ne A Graz le 18 sept. 1840, m. 
A Blasewitz, pres Dresde, le 22 juil. 1886 ; etudia 
d'abord la jurisprudence, mais se tit bientdt 
chanteur scenique, sous la direction de Netzer, 
a Graz, de Gentiluomo et de Lewy, A Vienne, 
et debuta avec succes A Pest, dans le rdle de 
Saint-Bris (Huguenots). En 1862, il partit pour 
Londres et s'y perfectionna aupres de Garcia, 
fut engage la meme annee A Dessau, puis, en 
1863 A Leipzig, en 1864 A Dresde, et finalement 
a Vienne (1872) oil il remplit pendant quelques 
annees les fonctions de regisseur de TOpera de 
la Cour. S. fut une des basses les plus remar- 
quables de notre epoque ; il se distingua sur- 
tout dans les rriles wagneriens (Wotan, Hans 
Sachs, Hollandais). 

Scarlatti, 1. Alessaxdro, le celebre fondateur 
de FEcole napolitaine, ne a Trapani (Sicile) en 
1659, m. A Naples le 24 oct. 1725; tit, selon 



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Quanz, ses etudes musicales A Home, aupreS 
de Carissimi, puis, en 1680, tit executer son pre- 
mier opera connu: LOnesta nelVamore, au 
palais dela reine Christine de Suede (qui, depuis 
son abdication, residait A Rome). S. portait, en- 
core en 1684, le titre de maitre de chapelle de 
la reine de Suede ; dix ana plus tard, nous le 
trouvons maitre de chapelle de la Cour A Na- 
ples, puis en 1703 suppliant et en 1707 succes- 
seur de Foggia a Ste-Marie-Majeure de Rome. 
En 1708, il quitta cette place pour reintSgrer 
son ancien poste de Naples et prit en meme 
temps la direction du Conservatoire de .« Sant- 
Onofrio». II doit avoir aussi enseigne au Con- 
servatoire « dei Poveri » et A celui de t Loreto ». 
Parmi se6 disciples personnels, on compte : 
Logroscino, Durante et Hasse. Scarlatti produi- 
sit un tres grand nombre d'oeuvres. D'apres ses 
propres indications, retrouvees sur un exem- 
plaire du texte de Topera Jigrane, il avait ecrit 
en 1715 dej& cent six operas. Le nombre de 
ses autres oeuvres est presque incroyable ; on 
compte deux cents Messes (jusqu'A dix voix) et 
une enorme quantite de cantates pour une voix 
seule, avec « continuo » ou violon, dont la bi- 
bliotheque du Conservatoire de Paris possede, 
A elle seule, huit volumes. A cela s'ajoutent : 
toute une serie d'oratorios (J dolori di Maria ; 
11 sacrifisio d'Abramo ; 11 martirio di S. Teo- 
dosia ;La concezzione delta Beata Virgine ; La 
sposa de* sacri cantici ; S. Filippo Neri ; La 
Vergine addolorata), plusieurs Stabat, une Pas- 
sion selon St-Jean(pour alto, chceur, violon, alto 
et orgue), un grand nombre de psaumes, de 
motets, de Miserere, de madrigaux et de sere- 
nades vocales, quatorze duos de chambre (exer- 
cices pour la voix), des toccatas pour orgue ou 
clavecin, etc. Quelques oeuvres seulement de S. 
ont ete gravees (Concerti sacri, motets de une a 
quatre voix, avec instr. a archet et basse d'or- 
gue, parus comme op. 1 et 2). Parmi les operas, 
il faut mentionner parti culierem en t : La Ro- 
saura (1690 environ ; reedite par Eitner, dans la 
xiv 6 annee des publications dela <Gesellsch. fiir 
Musikforschung »), dans lequel S. introduisit 
pour la premiere fois Y « accompagnato » ; Teo- 
dora (Rome, 1698), dans lequel il introduisit le 
da capo du grand air; Pirro e Demetrio (Naples, 
1694); llprigioniero f'ortunato (1698); Laodicea 
e Berenice (1701) ; Tigrane (1715; orchestre : 
violons, violes, violoncelles,contrebasses, deux 
hautbois, deux bassons et deux cors), et Gri- 
selda (1721). Parmi les nouvelles editions des 
oeuvres de S., il faut noter surtout quelques 
morceauxdans les ouvrages deChoron,Rochlitz 
Dehn, Prince de la Moskova, Proske, Commer 
(Tu es Petrus, A huit voix) ; une Messe entiere 
editee par Proske, et une Messe des morts, par 
Choron. Un air et un duo de Laodicea e Bere- 
nice, un trio et un quatuor de Griselda, avec 
une traduction allemande de A. v. Wolzogen, 
ont ete publics par J.-J. Maier. — 2. Domentco 
tils du precedent, non moins celebre que son 
pere, surtout comme claveciniste et composi- 
teur dVemres pour le clavecin, ne a Naples en 
1685 (selon d'autres, en 1688), m. dans la mem e 

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726 



SCEMANDO — SCHAD 



•ville, ou a Madrid, en 1757 : eleve de son ptee 
et de Gasparini, k Rome, fit d'abord connaltre 
son noin par quelques operas ecrits pour les 
th&Hres de Home (il n'y avait alors pas d'autre 
maniere de debuter, pour un compositeur ita- 
lien). En meme temps, S. etait tres apprecie 
comme pianiste et, lorsqu'en 1709 Handel vint 
k Rome, le cardinal Ottoboni ne lui opposa 
personne que S. comme representant italien du 
jeu du piano et de l'orgue. Gette noble lutte se 
tormina a Thonneur des deux parties ; ccpen- 
dant, k l'orgue, Hsendei fut declare superieur a 
S., ou plutflt l'Allemand superieur k l'llalien. 
En 1715, S. fut nomme successeur de Baj, 
comme maltre de chapelle de Feglise St-Pierre, 
une preuve evidente de son grand •renom ; il 
n'y resta que jusqu'en 1719, epoque k laquelle 
il partit pour Londres, en qualite de t Maestro 
al cembalo » de l'Opera italien, et put faire re- 
presenter son opera Nara'so. Deux ans plus 
tard, le roi du Portugal l'appela k sa Gour de 
Lisbonne, comme claveciniste et professeur de 
clavecin des princesses ; toulefois, en 1725, il 
retourna k Naples et, lorsqu'en 1729 la prin- 
cesse Madeleine-Ther^se epousa le prince heri- 
tier du trdne d'Espagne (Ferdinand VI, 174(5), il 
la suivit k Madrid, ou il resta jusqu'en 1754, 
annee de son retour k Naples. D'apres une au- 
tre version, S. serait mort k Madrid. L'abbe 
Santini possedait trois cent quarante-neuf com- 
positions pour clavecin etpour orgue de S., 
cependant sa collection n etait pas meme com- 
plete. G.-F. Pohl avait recueilli trois cent qua- 
tre copies manuscrites (y compris l*editiou de 
Czerny : trois cent soixante-dix-sept, dont trente- 
sept seulement dans celle-ci). S. lui-meme pu- 
blia : Piices pour le clavecin, cornposies par 
D. S., maltre de clavecin du prince des Aslu- 
ries (deux recueils con tenant trente-deux mor- 
ceaux, y compris une fugue d'Alessandro S.) et 
Eserdziper gravicembalo diDon. D. &, cava- 
Here di S. Giacomo e maestro de 9 serenissimi 
pincipi e principessa delle Asturie. Parmi les 
Editions nouvelles des cruvres de piano de S., 
il convient de noter surtout le grand recueil de 
Gzeruy (deux cents morceaux),soixante sonates 
publiees chezBreitkopf et Hartel, douze sonates 
et fugues editees par Kohler, trois sonates par 
Tausig, dix-huit morceaux par Bulow, dix-huit 
par Schletterer, vingt-huit chez Andre, a Offen- 
bach, un choix tres riche (plus de cent nume- 
ros) dans le Tresor des pianistes, de Farrenc, 
et quelques morceaux dans les recueils de 
Pauer : A Ite Meister et Alte Klavier Musik, ainsi 
que dans : Alte Klaviermusik, de Peters. Les 
sonates de Scarlatti se composent d'une seule 
partie, dans la forme du lied, Tecriture en est 
le plus souvent homophone, la figuration vive 
et paree d'ornements delicats, en sorte que leur 
auteur doit Hre regarde comme Tun des initia- 
teurs de la musique de piano moderne, comme 
le precurseur d'un Ph.-E. Bach, d'un Haydn, 
etc. — H. Giuseppe, compositeur scenique, petit- 
fils de Alessandro S., mais non pas un fils de 
Domenico S. f ne k Naples en 1712, m. k Vienne 
le 17 aout 1777; ecrivit d'abord quelques operas 



pour des scenes italiennes, puis alia se fixer en 
1757 k Vienne, oil un grand nombre de ses ope- 
ras italiens furent represents (De#u$f ifrta turn 
est disputandum ; It mercato di Malmantile ; 
L'isola disabitala, etc.) 

Scemando (ital.), en disparaissant. 

Scenario, d'un opera, d'un ballet, etc., c-i-d. 
le texte complet ou Taction avec toutes les in- 
dications de mise en scene. 

Sclnique, Musique s., v. musique. 

Schaab, Robert, ne k Botha, pres de Leipzig, 
le 28 tfv. 1817, m. le 18 mars 1887; ele ve de Cl-F. 
Becker et de Mendelssohn, fut des 1853 profes- 
seur k Leipzig, et des 1878 organiste de l'eglise 
Sir Jean. S. a publie des compositions pour or- 
gue, fort bien ecrites. 

Schachner, Rudolf-Joseph, pianiste et com- 
positeur, ne k Munich le 81 dec. 1821, m. k Rei- 
chenhall le 15 aout 1896 ; eleve de Henselt et de 
J.-B. Gramer, se fit entendre avec succes k 
Munich, Leipzig, Paris, etc., puis se fixa k Lon- 
dres, en 1853, comme professeur de piano, et y 
occupalongtempsune position distinguee. Plus 
tard, il elut domicile k Vienne. II faut mention- 
ner parmi ses compositions : deux concertos de 
piano, plusieurs oeuvres pour piano et un ora- 
torio : Israels RUchkehr nach Babylon. 

Schacht, Matthias-Heinrich, ne a Viborg, 
dans la Jutlande, le 29 avr. 1660 ; devint, en 
1683, cantor et maltre d'ecole k Ottensen, en 
1686 recteur&Kierteminde, puis mourut en cette 
ville le 8 aout 1700; auteur d'un dictionnaire de 
musique : Bibliotheca musica sive authorum 
musicorumcalalogus(non imprime; date:Kier- 
teminde, 1687;. Gerber a utilise une copie de 
divers fragments de ce manuscrit pour sou 
« Dictionnaire ». 

Schack (Gziak) Benedikt, tenor et composi- 
teur d'operas, ne k Mirowitz, en Boheme, en 
1758, m. a Munich le 11 dec. 1826. ; fut nomme, 
en 1780, maltre de chapelle du prince Garolath, 
puis chanta k Prague, k Salzbourg, k Vienne, 
k Graz et, en dernier lieu, k Munich. 11 fit valoir 
ses droits k la retraite, en 1805. S. a ecrit plu- 
sieurs operas, dont Tun : Die beiden Antone 
(Die dummen Gartner, 1787, en collaboration 
avec Gurl), a paru en reduction pour le piano ; 
on a grave en outre de lui une Messe et des 
compositions vocales. S. etait lie d'amitie, & 
Salzbourg, avec M. Haydn et L. Mozart, eU & 
Vienne, avec J. Haydn et W.-A. Mozart. Ce 
dernier ecrivit pour iui le r61e de Tamino (S. 
appartenait dans les deux villes k la troupe de 
Schikaneder). 

Schad, Joseph, pianiste, ne k Steinach (Ba- 
viere) le 6 mars 1812 ; eleve de TEcole de musi- 
que de sa ville natale, puis, ensuite, de Aloys 
Schmidt, k Francfort s/M., fit des tournees de 
concerts en Suisse et fut engage, en 1834, comme 
organiste et directeur de musique k Morgea 
(canton de Vaud). Plus tard, S. devint profes- 
seur au Gonservatoire de Geneve, puis se fixa 
k Bordeaux en 1847, et y fut tres estime jusqu'n 
sa mort (4 juil. 1879). S. a compose un tres 
grand nombre de fantaisies, de transcriptions, 
de valses, de mazurkas, etc., pour le piano, de 



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SCHADE — SCHAPLER 



727 



m6me qu'un ballet, Franlzia (Bordeaux, 1864), 
et des melodies vocales. 

Scbade,!. Abraham (Sciui>£;us),originaire de 
Senftebourg, fit ses Etudes k Leipzig (1564), et 
occupajusqu'en 1017, difterentes places de rec- 
teur, k Meissen, Scbneeberg, Bautzen , etc. II 
s'est fait connaltre par la publication d'un 
grand recueil : Promptuarium musicum (1611- 
1613, 1616 ; 4 part.) qui contient trois cent qua- 
tre-vingt-quatre motets de cinq a buit voix, 
principalement de compositeurs allemands de 
la fin du xvi» et du d£but du xvn* s. Cette au- 
thologie, comme le Florilegium Par tense, de 
Bodenschatz, est d'une trds grande valeur pour 
l'&tude de l'bistoire de la musique k cette 6po- 
que. — 2. Karl, professeur de chant dans les 
£coles municipales d'Halberstadt , a public : 
Darstellung einer Reihenfolge melodischer, 
rhythmiscker xmd dynamischer Uebungen als 
BeitrdgezurF6rderungdes Gesangs in Volks- 
schulm (1828) ; Singebuch fur deuische Volks- 
schulen{lf&&); Singebuch fiir Schulen, de deux 
4 quatre voix (1829); Kurze und grundliche 
Elementar-Gesangbildungslehre (1831); Wie 
der Lehrer N. seine Schule, die erste Ktasse ei- 
ner Dorfschule, fur den Gesang ausbildete 
(1831) et Ueber den Zwech des Gesangunler- 
richts in Schulm (1831). 

Schaffer, 1. Karl-Friedrich-Ludwio, n6 k 
Oppeln le 12 sept. 1746, m. & Breslau, oh il 
£tait avocat et notaire, le 6 avr. 1817; musicien 
prdcoce et fort habile, laissa une Messe, deux 
operas : Walmir und Geriraud et Der Orkan, 
six concertos de piano, des serenades, etc — 
2. Heinrich, ne k Cassel le 20 f£vr. 1808, m. k 
Hambourg le 28 nov. 1874 ; en son temps, tenor 
tr&s appreci£ sur les scenes de Magdebourg, 
Brunswick et Hambourg, se maria en 1840 et 
quitta le th£&tre pour se vouer enti&rement k la 
composition. S. a publie des choeurs d'hommes 
A cinq et six voix; il a laiss6 en manuscrits des 
symphonies, des quatuors, etc. — 3. August, n£ 
k Rheinsbergle 25 aoftt 1814, m. a Berlin le 7aotit 
1871); passa la plus grande partie de sa vie k 
Berlin, trds connu comme auteur de chansons 
humoristiques, de duos, de chceurs, etc. Un 
opera de sa composition, Emma von Falhen- 
stein, fut repr£sent£ en 1839, au thMtre de 
< Kdnigsstadt », a Berlin.— 4. Julius, n6 k 
Krevese, pr£s Osterbourg (Anc. Marche), le 28 
sept 1828 ; son p£re £tait cantor et Tenvoya au 
gymnase de Stendal,puis k rUniversit6 de Halle 
oi, de 1844 k 1847, il <Hudia d'abord la thSolo- 
gie, puis la philosophie. II se lia intimement 
avec Robert Franz et, par lui, fut mis en rap- 
ports avec Schumann, Mendelssohn, Gade, etc 
<irAce k ces relations, S. con$ut le d6sir de se 
vouer enticement k la musique, mate il ne le 
rtalisa qu'apr&s avoir tl& pendant deux ans 
prScepteur k Jassy (Moldavie). En 1850, il de- 
vint l'Steve de Dehn, A Berlin, et, cinq ans plus 
tard, il obtint la place de directeur grand-du- 
cal de musique, k Schwerin, ou il cr£a le chow 
de la « Schlosskirche ». En 1860, S. succ£da k 
Beinecke, comme directeur de musique univer- 
sitaire et directeur de la « Singakademie », k 



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Breslau ; en 1861, il re$ut le titre de directeur 
royal de musique et, en 1878, celui de t profes- 
seur » ; en 1872, d6j£, T University lui avait con- 
tort le grade de D 1, phil. hon. c. Comme compo- 
siteur, S. n'a fourni que quelques recueils de 
lieder et de chceurs ; par contre, il doit sa repu- 
tation notoire k ses excellents recueils de cho- 
rals (1866 et 1880) et k son activity litt6raire. 
On connalt surtout ses articles et ses brochures 
en faveur des arrangements des oeuvres de 
Bach et de Hftndel, par Robert Franz, par op- 
position aux travaux de Chrysander: ce sont ; 
Zwei Beurteiler von D r R Franz ; Fr. Chry- 
sander in seinen Klavierauszilgen zur deut- 
schen Handel- Ausgabe; JR. Franz in seinen 
Bearbeitungm dlterer Vokalwerke. 

Schsrnach, Luise, excellente cantatrice de 
UiMtre et de concert (mezzo-soprano), n£e k 
Oldenbourg vers 1860 ; fit ses Etudes musicales 
au Conservatoire de Hambourg ( von Ber- 
nuth), d6buta k Weimar, dans le rdle d'Ortrude, 
de t Lohengrin », et y fut engag£e. En 1883, 
elle chanta k Londres, avec beaucoup de suc- 
c£s, dans « Savonarole », de Stanford. 

Schafhaeult, Karl-Franz-Emil (de), n6 k 
Ingolstadt le 16 fevr. 1803, m. k Munich le 25 
f£vr. 1890 ; acousticien aussi distingu6 que bon 
g&ognoste, professeur de geognosie, d'indus- 
trie miniere et m&allurgique, conservateur des 
collections g^ognostiques de l'Etat, membre de 
TAcad^mie royale de Bavtere, etc., eut une 
grande part dans les d£couverles et m£me dans 
la fabrication des instruments de Theobald 
Bohm (v. ce nom), avec lequel il £tait intime- 
ment lie. S. fit, entre autres,des recherches sur 
les causes du timbre, recherches dont le r£sul- 
tat ebranla fortement la th£orie de Helmholtz 
sur le timbre (• Allg. Musikzeit. », 1879). S. etait 
encore etudiant, lorsque, sous le pseudonyme 
transparent de de Pellisov (peUis ovis) 9 il £cri- 
vit pour les *Neue Annalen derChimie* : Theo- 
rie gedackter cylindrischer und honischer 
Pfeifen und der QuerfWten (1833), et Ueber 
Schally Ton, Knoll undeinige andre Gegenstan- 
deder Akuslik (1834; les deux aussi en tirage 
Apart); puis Ueber die Kirchenmusik des ha- 
tholischen Oultus (« Allg. Musikzeit., 1833) ; un 
rapport de valeur sur les instruments de mu- 
sique k l'Exposition de Munich (1854); Ueber 
Phonometrie (mesure de Tintensite du son 
1854) ; Der echte Gregorianische Choral in sei- 
ner Entvoickelung (1869); Ein Spaziergang 
durch die liturgische Musikgeschichte der ha- 
tholisdien Kirclxe (1887 ; continuation de Tessai 
precedent), et une biographie d£taill£e de 1'abbe 
Vogler (1888). 

Schailldcher (all.), ouies (v. ce mot). 

Schallwelle (all), onde sonore, vibration. 

Schalmei (all.), chalumeau. 

Schanzune, ancienne corruption germanique 
de t chanson ». 

Schapler, Julius, violoncelliste, ne dans le 
Harz en 1820 ; maltre de musique k Thorn, au- 
teur d'tEuvres de musique de chambre, parmi 
lesquelles un quatuor pour instr. k archet, un 
trio avec piano, et un quintette avec piano, 

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728 



SCHARFE — SCHEIBE 



remporterent des prix dans ditlerents con- 
cours. 

Scharfe, Gustav, professeur de chant estime, 
n6 A Grimma (Saxe) le 11 sept. 1835, m. A 
Dresde le 25 jnin 1892: fut, pendant onze ans, 
baryton de TOperade Dresde et, des 1874, mal- 
tre de chant au Conservatoire. II recut, en 1880, 
le titre de « professeur ». Son eleve le plus ce- 
lebre est Emil Gdtz. S. a pub lie une excel- 
lente methode de chant : Die methodische &U~ 
wickelung der Stimme. 

Scharwenka, 1. Ludwig-Philipp, ne&Sam- 
ter (Posen) le 16 tevr. 1847 ; son pere etait ar- 
chitecte et se fixa, en 1857, A Posen oh S. fre- 
quenta le gymnase, puis, en 1866, A Berlin, ou 
il devint eleve de la • Nouvelle Academie de 
musique » de Kullak, et plus particulierement 
de Wtlerst. D recut, en outre, des lemons particu- 
culieres de H. Dorn. En 1870, S. fut nomme 
professeur de theorie A 1* Academie de Kullak, 
puis, en 1881, maltre de composition au Con- 
servatoire fond£ par son frere, et dont il prit la 
direction (avec Hugo Goldschmidt), apres le de- 
part de ce dernier pour l'Amerique. S. s'est crW 
un bon renora, par une serie de compositions 
interessantes pour orchestre, pour piano, pour 
violon, pour violoncelle et pour la voix. H faut 
notersurtout des ceuvres chorales: Herbstfeier 
(op. 44) et Sakuntala (les deux avec soli et or- 
chestre); deux symphonies; une Arhadische 
Suite ; une serenade pour orchestre ; une ou- 
verturedefete; Dtirper Tansweise, pourchceur 
et piano ; une suite pour piano et violon (op. 99), 
etc. S. a epousS, en 1880, Marianne Stresow, vio- 
loniste de talent, qui enseigne egalement au 
Conservatoire Scharwenka. — 2. Franz-Xaver, 
frere du precedent, pianiste distingue et com- 
positeur notable, ne A Samter le 6 janv. 1850; 
lit, jusqu'd YAge de dix-huitans, les memes etu- 
des generates et musicales que son frere. II eut 
particulierement pour maitres, A Berlin, Th. 
Kullak (piano) et R. Wtlerst (composition). Aus- 
sit6t apres avoir termine ses trois annees 
d f etudes, Q fut engage, en 1868, comme profes- 
seur 4 r Academie de Kullak ; puis, en 1869, il 
se fit entendre pour la premiere foisa la « Sing- 
akademie », comme pianiste, et remporta un 
tres grand succes. II ne tarda pas A se faire 
connaltre par un grand nombre d'autres con- 
certs A Berlin et dans d'autres capitales. En 
1874, S. abandonna sa situation de profes- 
seur, pour se produire un peu partout en 
Europe, comme virtuose. Toutefois, le l* r oct. 
1881, il ouvrit, A Berlin, avec quelques profes- 
seurs distingues, un grand Conservatoire (Phi- 
lippe S., M m « S.-Stresow, Albert Becker, Phi- 
lippe Rftfer, J. Kotek, O. Lessmann, W. Lang- 
hans, M. Roder, W. Jahns, A. Henues). Enftn, 
en 1HS>1, il accepla un appel qui lui etait adresse 
de New- York, comme directeur d'un (kmserva- 
toire qui porteson nom : « Scharwenka-( Conser- 
vatory ». Quant a l'institution de Berlin, elle fut 
reunie, en 1893, au Conservatoire Klindworth 
(direction : Philippe S., H. (loldschinidt, IL 
Genss). En tant que compositeur, S. occupe 
aussi un rang distingue; son premier concerto 



de piano (si bemol mineur) est apprecie a bon 
droit ; en outre, il faut mentionner : le second 
concerto de piano (ut mineur), deux trios et uu 
quatuor avec piano, une sonate de violoncelle, 
une de violon, deux sonates de piano, des lie- 
der, un certain nombre de pieces de genre pour 
piano (Danses polonaises), enfin une sympho- 
nie et un opera en quatre actes : Matasvciniha 
(Weimar, 4 oct 1896). Les compositions deS. 
ont de la vigueur, un rythme entralnant; leur 
harmonisation est interessante et emprunte 
plus d'un element a la musique nationale polo- 
naise. 

Schauensee, Franz-Joseph-Leonti Meyer de, 
compositeur, ne A Lucerne le 10 aoAt 1720, en- 
tra en 1738 au couveut des Gisterciens de St- 
Urban, puis, en 1741, dans le regiment Suisse 
de Sardaigne, sous les ordres de Keller. II fat 
promu offtcier, mais fait prisonnier A Nice et 
libera, sur son engagement formel de ne pas 
reprendre les armes. En 1752, S. entra dans les 
ordres, devint organiste de la collegiale de 
Liudgard, oil il vivait encore en 1790. S. a ecrit 
plusieurs operas, mais surtout de la musique 
d'eglise ; on a gravS de lui : sept Messes ; qua- 
tre motets, pour soprano et alto ; Obeliscus mu- 
sicus (offertoires); Ecclesia triumphans m 
canto (TeDeum, Tantutn ergo, etc); Qmtica 
docloris (Antiennes A la Ste Vierge); Pantheon 
musicum (concertos d'orgue); un concerto poor 
orgue, piano et accompagnement, etc. Beau- 
coup d'autres (Buvres, entre autres une Messe 
A vingt-six voix reparties en trois choeurs, res- 
t£rent manuscrites. 

Schebek, Edmund, D r juris, secretaire de la 
cbambre du commerce de Prague, ne a Pelers- 
dorf (Moravie) le 22 oct. 1819, m. a Prague le 
11 fer. 1896; ecrivit le rapport officiel autri- 
chien sur les instruments de musique a l*Expo- 
sition universelle de Paris (1855; tirage a part 
en 1858). On connatt, en outre, de lui : Der Get- 
genbau in Italien und sein deutscher Ur- 
sprung (1874), et Zwei Briefe fiber J.-J. Fro- 
berger (1874). 

Schebest, Agnes, cantatrice scenique de reel 
talent, nee A Vienne le 15 fevr. 1818, m. a 
Stuttgart le 22 dec. 1869; chanta A Dresde jas- 
qu'en 1833, puis A Budapest (1888-1886) et, en 
representations, sur differentes scenes. Elle 
remporta de grands succes, puis elle epousa, 
en 1841, Tauteur de la « Vie de Jesus », D.-F. 
Strauss ; elle quitta alors la scene. S. a ecrit : 
Atts. dem Leben einer Kunsilerin (notes auto- 
biographiques, 1857). 

Schechner-Waagen, Nanette, n&e A Munich 
en 1806, m. dans la meme ville le 80 avr. 1860 ; fut, 
de 1825 A 1835, cantatrice estim&e sur les scene* 
allemandes de Vienne, de Berlin et de Munich. 
. En 1832, elle epousa le peintre Waagen; pais. 
I elle dut quitter la scene, en 1835, pour raison 
desante. 

Scheibe, Johann-Adolf, cel&bre musicogra- 
phe, ne a Leipzig en 1708, m. A Copenbague en 
avr. 1776; etait le tils d'un excellent facteur 
d'orgnes, Johann S. (m. le 3 sept. 1748 ; cons- 
tnicteur desorgues de Teglisede St-Paul '1716^, 



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SCHEIBLER — SCHEIDEMANTEL 



729 



et de celles de St-Jean [1744J, que J.-S. Bach 
trouvait irr£prochables), etudia, des 1725, k 
l'Universite de Leipzig et devint, en m&me 
temps, un excellent musicien. Lorsque, en 1729, 
dans le concours pour la place d'organiste de 
l'eglise St-Thomas, on lni pr£f£ra Gorner (Bach 
etait membre du jury), S. se mit a voyager ;il 
se rendit d'abord k Prague, puis k Gotha, k 
Sondershausen, et, en 1*^6, k Hambourg, ou il 
attira sur lui l'attention du monde musical, par 
ses attaques contre Bach, dans le sixi£me fasci- 
cule de la revue musicale intitulee : Der hriti- 
scheMusihus (1737 k 1740). II devint, en 1740, 
maitre de chapelle du Margrave de Brande- 
bourg-Gulmbach, puis, en 1744, maitre de cha- 
pelle de la Gour du Danemark, k Copenhague. 
En 1745, 8. publia une nouvelle Edition aug- 
mentee du Kritischer Musihus ; enfin, en 1758, 
il fit valoir ses droits a la retraite. S. a 6crit, en 
outre : Abhandlung vom Ursprung und Alter 
der Musih, insonderheit der Vohalmusik 
(1754); Beantwortung der unparteiischen An- 
merh ungen(Birnbaums) etc. , fiber eine Stelle des 
■ Kritischen Musihus, » (pr£cis6ment l'attaque 
contre Bach, 1758) ; Abhandlung Uber das Re- 
citativ (« Bibliothek der Kunste und Wissen- 
schaften ; vol. II et III). Quant a un traits de 
composition projetS, en quatre vol. ( Veber die 
musihalische Komposition), il n*en tormina que 
le premier volume (1778) ; un Compendium 
musices theorico-practicum est restemanuscrit. 
De toutes les compositions de S. (deux cents 
eeuvres d'eglise ; cent cinquante concertos de 
flute ; trente concertos de violon ; soixante-dix 
quatuors [symphonies] ; trios ; sonates ; un ora- 
torio de la Resurrection et un autre de FAscen- 
sion), il ne parut que trois sonates pour flute et 
piano; six sonates pour flute et « continuo » (Mu- 
sihalische Erquickstunden); quelques chants 
de franc-masons: des cantates tragiques (a deux 
voix, avec piano et une introduction estheti- 
que); des m&lodies enfantines (avec avant-pro- 
pos), et un op6ra danois: Thusndda (avec une 
introduction eslh£tique). S. fut le premier qui 
remarqua que la musique polyphonique a et£ 
invent6e par les peuples du Nord. 

Scheibler, JoHANN-HEiNRicH,rinventeur de la 
methode d'accord, connue sous le nom de • m£- 
thode Scheibler », n6 k Montjoie, prds Aix-la- 
Chapelle, le 11 now 1777, m.a Grefeld le 20nov. 
1838; £tait fabricant de soieries a Grefeld, mais 
ne poss6dait malheureusement pas la culture 
scientiflque necessaire pour exprimer ses id£es 
d'une maniere suffisamment claire. Ses ecrits 
Hont : Der physihalisclie und musihalische 
lbnmesser(188\); Anleitung y die Orgel vermit- 
telst der Stosse (vulgo Schwebungen) und des 
Metronome horrekt gleichschwebend zu stim- 
rnen (1834); Ueber mathematische Stimmung, 
Temjjeraturen und Orgelbaustimmung nach 
Vibrationsdifferenzen oder Stossen (1835); 
Mitteilung uber das Wesentliche des musiha- 
lischen und physihalischen Tonmessers (1835). 
Tous ces ouvrages ont £te reunis,sous le litre 
de : Schriften Uber musihalische und phy siha- 
lische Tonmessung,etc. (1838). Topfer ( 1842 ) et, 



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en francais, Vincent (1849) et Lecomte (Memoire 
explicatif de ^invention de &, etc., 1856) ont 
donne des descriptions fort cl aires de la me- 
thode Scheibler. L'appareil de S.,dont Finven- 
teur vendit le brevet k un m^canicien de Gre- 
feld, se compose de cinquante-six diapasons, 
de la* a to 3 , qui, vibrant deux k deux, don- 
nent toujours quatre vibrations k la seconde 
(le diapason du la* fait 220 vibrations doubles, 
done la 3 aura 220 + 4. 55 = 440).— 2. Ludwig, 
n6 k Montjoie, pr£s Aix-la-Ghapelle, le 7 juin 1848 ; 
son frdre possedait une fabrique de drap et 
Tenvoya k Fecole industrielle, puis le lit entrer 
comme apprenti dans sa fabrique. S. travailla 
dans cet itablissement jusqu'en 1874, avec une 
interruption pour son service mililaire , et la 
campagne de 1870-1871. Mais, k ce moment, il 
se voua k T6tude de rhisloire de Tart (univer- 
sity de Bonn, Munich, Berlin, Vienne), fit des 
voyages d'Mudes k travers la Hollande, l'Alle- 
magne, k Paris, k Madrid et k Londres, ^occu- 
pant sp£cialement des anciens peintres alle- 
mands et hollandais, aftn de pouvoir remplir 
les fonctions de dlrecteur d'un Musee des 
Beaux- Arts. II n'atteignit malheureusement pas 
ce but, mais remplit, de 1880 k 1884, une place 
dans l'admininistration du < Musee de pein- 
ture » a Berlin, ou il avait k s'occuper de la con- 
fection d'un nouveau catalogue et sut acqu&rir 
la renommSe d'un vrai connaisseur. En 1883, 
S. se maria, se remit k l'etude du piano qu'il 
avait negligee depuis longtemps, quitta sa place 
du Mus6e et se voua tout entier k l'6tude de 
l'histoire d t e la literature du piano. II fit alors, 
dans ce but, une collection speciale qui prit de 
tr£s grandes proportions (elle embrasse tout le 
xvin 6 et le xix* s.). Notre dictionnaire est rede- 
vable k S., qui est devenn dans son nouveau 
domaine une autorit£ indiscutable, de plusieurs 
communications de valeur. En 1880, S. fut pro- 
mu D r phiL, k Bonn, k la suite d*une th£se sur 
les peintres de Gologne, de 1460 k 1510. 

Scheidemann, Heinrich, illuslre organiste, 
n6 vers 1596, m. au d&but de l'ann^e 1663; pre- 
decesseur de J.-A. Rein ken, a l'eglise Ste-Ga- 
therine de Hambourg, succ&daitiui-m&me ^son 
p^re, Hans S. (1625). II est peut-Mre un neveu de 
David S., qui, en 1585, Malt organiste de l'eglise 
St-Michel, a Hambourg (auteur de la musique* 
de « Wie schon leucht't uns der Morgenstem ») 
et qui publia, avec Hier. et Jakob PnBtorius 
et Joachim Decker, un recueil de chorals (1604). 
S. fut envoys, apresque son p^rel'eut suffisam- 
ment pr6par6, en 1614 environ, aupres de Jan- 
Pieter Sweelinck, le maitre d'orgue le plus re- 
nomme de son temps, k Amsterdam. On ne 
doit avoir grav£ de S. que : Fiinfter und fas- 
ter Teil der Ristischen Lieder, in Melodien ge- 
bracht ( 1662 ) et Lie verschmdhte Eitelheit 
24 Gesprache (1658). Dix-huit morceaux d'orgue 
et de piano sont rest6s manuscrits. Gf. Viertel- 
jahresschrifl fur Musih-Wissenschaft (1891). 

Scheidemantel, Karl, Eminent chanteurde 
theatre et de concert (baryton), n6 A Weimar le 
21 jam*. 1859, y suivit les cours du s^minaire 
(eleve particulier de Bodo Borchers), et fut en- 

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730 



SCHEIDT — SGHELBLE 



suite engage au theatre de la Cour (1878 A 1896; 
dej& nomme, en 1885, chauteur de la chambre). 
U travaillla encore, pendant les mois d'ete. de 
1881 A 1888, aupres de J. Slockhausen. Enfin, 
en 1886, il chanta A Bayreuth le rdle d'Amfor- 
tas, dont il est rest£ Tun des principaux titu- 
laires, et entra dans la personnel de l'Opera de 
Dresde, oft il est encore actueilement. 

Scheidt, Samuel, Tun des trois grands mal- 
tres de l'^liemagne centrale, dont les nome 
monosyllahiques commencent par S.: ScntiTZ, 
Scheidt, Schein ; ne A Halle, sur la Saale, en 
1587. Eleve de Sweeiinck, A Amsterdam, S. de- 
vint, en 1609, organiste de Teglise St-Maurice 
et maltre de chapelle du margrave Christian- 
Wilhelm de Brandebourg, a Halle, ofo il mou- 
rut le 24 mars 1654. S. occupe une place impor- 
tante dans Thistoire du jeu d f orgue protestant, 
car, le premier, il parvint a adopter et varier le 
choral A Torgne d'une maniere artistique et 
bien appropriee A 1'instrument. Son oeuvre 
principale : Tabulatura nova (1624, 8 vol.), con- 
tient des psaumes, des toccatas, des chorals 
\ari6s, des fantaisies, des passamezzi, une 
Messe, des hymnes, des Magnificat, les mor- 
ceaux d'orgue etant notes en tablatureallemande 
(nouv. ed., en 1892, comme vol. I des « Denk- 
maler deutscher Tonkunst » ). Mais il faut en- 
core noter : Tabulaturbuck (cent psaumes A 
quatre voix etdenombreux lieder;1650); Can- 
Hones sacrae 8 voc. (1620) ; Concerti sacri £- 
12 voc. adjeclis symphoniis et choris instru- 
mentalibus(10&Vel 1622) ; Ludi musici (pavanes, 
gaillardes, etc.; I™ partie, de 4 A 5 voix, 1621; 
II™ partie, de 4 A 7 voix, 1622); Liebliche 
Kraflbliimlein (avec basse chiffree, 1625); 
Xewe geistlidie Konzerte (a 2 et A 8 voix avec 
la basse generate, 1681) ; Geistlicher Konzer- 
ten, 2. Theil (1634) ,• id. 3. Theit (A 2, 3 et un 
plus grand nombre de voix, avec basse gene- 
rale, 1635); id. 4. Theil (1640); 70 S^/mphonien 
aufKonzertenmanier; (a 8 voix et basse gene- 
rate, 1644). Fetis conclut de ce que, jusqu'en 
1624, ces ceuvres parurent a Hambourg que S. 
y aurait vecu. 

Schein, Johann-Hermant*, Fun des predeces- 
seurs importants de Bach au cantorat de Saint- 
Thomas, A Leipzig ne&Grtinhain (Saxe), le 20 
Janvier 1586, m. A Leipzig le 19 nov. 1630. II 
arriva, en 1599, dans la Chapelle vocale de 
Dresde, comme sopraniste, devint en 1603, 
interne A l'ecole du convent de Pforta, puis, 
en 1607, entra a rUniversit£ de Leipzig, comme 
stud. Jur. II prit ensuite une place de precep- 
teur et de maltre de. musique, chez le capitaine 
de Wolffersdorf, A Weissenfels. Le 21 mai 1615, 
S. fut appete A la Cour de Weimar, en qualite 
de maltre de chapelle et, enftn, l'annee suivante, 
il obtint la place de cantor de St-Thomas, A 
Leipzig. Ses compositions sont: Venus Krantz- 
lein oder neue xceltliche Lieder zu 5 Stimmen 
(1609) ; Cymbalum Sionium sive cantiones sa- 
crae 5-12 voc. (1615); Banchello musicale 
never anmutif/er Padoanen, Gagliarden(liyll); 
vingt suites de cinq danses, en forme de varia- 
tions, pour quatre et cinq instruments; oeuvre 



d'une haute importance historique) ; Das Te- 
deum mit 24 Stimmen (1618); Balletto pasto- 
rale 3 voc. (1620); Musica divina, 8-24 voc. 
(1620); Musica boscarreccia, Waldliederlein, 
3 Stimmen in drei Teilen (1621, 1626, 1628; ed. 
posterieures : 1632-1644, 1651); Fontana (T Is- 
rael, Israels BrQnnlein, KraftsprUche (1628; 
autre 6dit. 1651-1652); Madrigali 5 voc. (1623): 
Diletti pastorati, Hirten Lust (A cinq voix, 
1624 et 1650); YiUaneUa 3 voc. (1625 et 1627); 
Opella nova, geistliche Konzerte mit 3*5 Stim- 
men, 1. und 2. TeU (1618 et 1626 [1627] ) ; Stu- 
denten Schmauss {A cinq voix, 1626 et 1634): 
Cantional oder Gesangbuch Augsburg. Konfes- 
sion zu 4-6 Stimmen (1627; une seconde edit., 
de la meme annee, contient 27 numeros nou- 
veaux, en tout 313 chants allemands et latins: 
edit encore en 1645 ; Toeuvre la plus conside- 
rable de S., conservee dans la bibliotheque du- 
cale de Stolberg-Wernigerode et dans celle de 
la ville de Leipzig). En outre, S. a compose un 
grand nombre de chants de circonstances, i 
Voccasion de manages et d'autres ceremonies. 
Cf. A. Prttfer, J.-H. Schein (1895; biographie et 
bibliographie). 

8cheitholt (all.), v. trumscheit. 

Schelble, Johank-Nepomuk, fondatenr et di- 
recteur de la Society Ste-Cecile, A Francfort- 
sur-M., n$ A Hfifingen, dans la Foret-Noire, le 
16 mai 1789, m. A Francfort-sur-M. le 7 aoW 
1837; grandit dans un milieu des plus mo- 
destes, devint, en 1800, enfant de choeur dans 
le convent de Marchthal, puis, apres r abolition 
de celui-ci, entra A l'ecole de Donaneschingen, 
oil Weisse (un eleve de Anton Raaff) lui fit faire 
de rapides progres, surtout dans le chant. En 
1807, S. se mit en route pour aller travailler 
chez Tabbe Vogter, A Darmstadt, mais il resta 
A Stuttgart od il avait ete aimablement accueilli 
et fut engage comme chanteur dans la chapelle 
de la Cour; bienUH apres, il devint maitre a 
l'lnstitut de musique fond£ par le roi du Wfirtem- 
berg. Cependant, en 1818, il se rendit A Vienne 
oh 11 se fit entendre comme chanteur scenique, 
ainBi qu'i Pressbourg, puis A Berlin, mais sans 
grand succes, car son jeu etait defectaeux. D 
n'en fut pas moins appele, en 1816, A Francfort, 
comme t£nor a l'Opera, puis, en 1817, comme 
directeur de musique de l'Academie. II se retira, 
en 1818, et fonda une Soci&6 chorale mixte qui 
prit le nom de « Caecilienverein », lorsque, en 
1821, un comite lui eut fourni des garanties 
pecuniaires. Lorsqu'en 1831, le comity se retira. 
S. prit la direction de la Society A ses propres 
risques. Un merile particulier de S^ dont les 
consequences continuent A se faire beurense- 
ment sentir parmi ses 61^ves, consiste en sa 
methode speciale pour Tenseignement £lemen- 
taire dela musique. Par des exercices suivisde 
perception et de distinction d'un petit nombre 
de sons (cf. DrcTfeE musicals) : 



fe^si 



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S. centralisait en quelque sortela perception 

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8CHELLE — SCHERZO 



731 



absolue des sons et donnait une base solide k 
l'educalion de Touie. 

Schelle, 1. Johann, n£ k Geisingeu (Saxe) 
le 6 sept. 1648, cantor k Eilenbourg, succ£da 
on 1676 k Knilpfer, comme cantor de l'6glise 
St-Thomas, k Leipzig, ou il mourut le 10 mars 
1701. S. a 6crit de la musique d'&glise qui est 
restee mannscrite. On ne connait de gravees, 
de lui, que les m&odies pour les Andachtige 
Sludenten, de Feller mentionn^es par Ahle, 
Wintergesprache, p. 89.)— 2. KxRL-EDUAiu>,mu- 
sicographe, ne k Biesenthal, pr£s Berlin, le 81 
inai 1816, m. k Vienne le 16 nov. 1882; 6tudia 
la philologie et la thfologie, prit son grade de 
D* phiL, mais se voua toujours davantage k la 
musique. Aprds de longs scours k Paris, a 
Rome, k Florence, il fut appel£ k succSder k 
Hanslick, comme r£dacteur musical de la Presse. 
II conserva cette situation jusqu'd. la fin de sa 
vie et la remplit avec beauconp d* impartiality; 
il fit, en outre, soil au Conservatoire, soit k 
TEcole de musique de Horak, des conferences 
sur Thistoire de la musique. Son ouvrage : Die 
pdpstliche Sangerschula in Rom, genannt die 
Sixtinische Kapelle (1872), est une 6tude sp&- 
ciale du plus grand mfrite. 

Scheller, Jakob, violoniste de g£nie, mais 
qui finit par se d&voyer enti&rement, n6 k 
Schetlal, pres de Raknitz (Boh A me), le 16 mai 
1759 ; eleve de l'abbS Vogler, k Mannheim, ou 
il avait trouv& un engagement dans l'orchestre. 
II fut plus tard concermeister k la Gour ducale 
wurtembergeoise de Mompelgard. On parle 
*mrtout de son extraordinaire virtuosite dans 
le jeu des harmoniques et dans celui des 
doubles cordes. 

Schalper, Otto, n£ le 10 avr. 1844 ; excellent 
cbanteur sc&nique (baiyton), engage jusqu'en 
1876 au thSAtre de Cologne et depuis lors k 
Leipzig. 

Schemelli, Gborg-Christiax, ne en 1676, 
cantor du Cb&teau, k Zeitz, publia, en 1786, un 
recueil de chants religieux (neufcentcinquante- 
quatre « geistreiche, sowohl alte als neue Lie- 
der und Arien » ) dont J.-S. Bach Scrivit la 
musique. 

Schenck, Johann, virtuose sur la gambe, a la 
<Jour du prince-£lecteur du Palatinat, plus tard 
k Amsterdam, ou il publia, de 1685 k 1695, toute 
une s£rie d'oeuvres pour • basse de viole » 
(gambe), soit : quinze sonates (suites), Konst- 
<effeningen 9 op. 2; Scherzi musiccUi, op. 6; 
douze sonates (suites), op. 8 (La Ninfa del 
Reno); id., op. 9 (UEcho du Danube); id. op. 
10 (Les bizarreries de la goutte); enfin des 
sonates de chambre k quatre parties pour deux 
violons, gambe et continuo, op. B(llgiardino 
armonico); dix-huit sonates pour violon et 
continuo, op. 7; et Sang-Airen van d' Opera 
van Ceres en Backus, op. 1. 

Schenk, Johann, compositeur du « Dorfbar- 
bier » et, en cachelte, professeur d'harmonie de 
Beethoven (v. ce nom), n£ k Wiener-Neustadt, 
pres Vienne, le 30 nov. 1758, m. k Vienne le 29 
dec. 1836 ; 616ve de Wagenseil, vivait, sans poste 
officiel, du produit de ses compositions et de 



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ses lemons particulieres, et mourut dans une 
situation prScaire. Son premier grand ouvrage 
fut une Messe, ex£cut£e en 1778, dans la cha- 
pelle Ste-Madeleine et qui le fit avantagense- 
ment connaltre. Puis vinrent plusieurs oeuvres 
de musique d'&glise (un Stabat, une Messe), 
plusieurs concertos de harpe, six symphonies, 
et, enfin, les t Singspiele » qui le rendirent mo- 
mentan&ment c£16bre : Die Weinlese (1785) : 
Die Weihnacht auf dem Land (1786; ces deux 
ouvrages anonymes), 1m Finslem ist nicht 
tappen (1787), Das unvermutete Seefest (1788), 
Das Singspiel ohne Titel (1789), Das Ernte- 
hranz (1790), Achmet \md Almanzine (1795), 
Der Dorfbarbier (1796), Der Bettelsludent 
(1796), Die Jagd (1797) et Der Fassbinder 
(1802). Ses derni&res compositions furent deux 
cantates : Die Huldigung et Der Mai (1819). 
Le plan grandiose que S. avait con^u d'Scrire 
un op&ra, dans le style de Gluck, troubla mo- 
mentauement son esprit et n'eut pour r£sultat 
que de le faire renoncer complement a la 
composition. Le comique de bon aloi, soit dans 
le libretto, soit dans la musique, fit pendant 
longtemps du t Barbier du Village » Tune des 
pieces k succ&s de toutes les scenes allemandes. 

Scherer, Sebastian-Anton, £tait, en 1664, 
deuxteme organiste au Ddme d'Ulm et publia : 
Musica sacra (1655 ; Messes, psaumes et mo- 
tets, de trois k cinq voix, avec instruments); 
Tabulalura in cymbalo et organo intonalio- 
num brevium per octo tonos (1664, 2 vol.; pu- 
blic aussi complet en un vol.); des sonates 
pour deux violons et basse de. viole (1680) et 
des suites pour le luth (s. date). 

Scherzando, scherzoso (ital., en plaisantant), 
d'une allure legere, en bad) n ant. 

Scherzer, Otto, compositeur de lieder, plein 
de temperament et excellent organiste, n6 k 
Ansbach le 24 mars 1821, m. k Stuttgart le 28 
fevr. 1876; 61 A ve de Molique, pour le violon, k 
Stuttgart (1887), fut, de 1888 k 1&54, violoniste 
dans Torchestre de la Cour k Stuttgart, mais 
travailla pendant ce temps assid&ment I'orgue, 
sous la direction de Faisst* En 1854, S. fut nom- 
m6 professeur d'orgue et directeur des exer- 
cices d'ensemble au Conservatoire de Munich; 
mais, en 1860 d£j&, il fut appete comme direc- 
teur de musique de FUniversiU de Tubingue et 
y resta jusqu f & sa retraite qu'il obtint, en 1877, 
pour raisons de sante. L*Universil£ de Tu- 
bingue lui confera, lors de sou depart, le titre 
de D r phil. hon. c. A partir de 1877, S. vecut de 
nouveau k Stuttgart. Les compositions de S. 
n'ont pas ^t^ estimees k leur juste valeur ; elles 
comprennent trois cahiers de six lieder chacun 
(op. 1, 3, 4), un Liederbuch (op. 2 : 25 lieder), 
un choral vari£ (op. 5), et des morceaux pour 
piano, dans le vol. iv de la « Methode de piano* 
de Lebert et Stark. Diflterentes compositions 
pour orgue sont resides manuscrites. 

Scherzo (ital., plaisanterie), designation d'uu 
morceau d'allure capricieuse, generalement ra- 
pide et agit£, d'une grande finesse harmonique 
et rythmique, d£licatement construit et ^cla- 
mant par consequent une interpretation deli- 
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732 



SCHETKY — SCHIKANEDER 



cate. Le s. prend place eiitre le inouvement lent 
et le finale (rondo) ou (fr£quemment de nos 
jours) entre le premier mouvement et le inou- 
vement lent de la sonate, de la symphonie,ete.; 
il occupe la place autrefois (Haydn et Mozart) 
reservee au menuet. Mais le nom meme du s. 
est beaucoup plus ancien que cette forme; on 
le rencontre, de meme que G'ipriccio, pour de- 
signer soit des melodies profanes (au xvi* 8. 
deja), soit des morceaux de musique instru- 
mentale (au xvn e s.). Cf., par ex., Schenck. 

Schetky, Ghristoph, violoncelliste distingue, 
ne a Darmstadt, en 1740; Sieve de Filtz, a 
Mannheim, fit partie de l'orchestre de la Cour, 
a Darmstadt, mais voyagea beaucoup en Alle- 
magne. En 1768, il se fixa a Hambourg, puis, 
deux ans plus tard, a Londres, et mourut & 
Edimbourg, en 1778. S. a public : six Irios pour 
instruments a archet, six duos pour violoncelle 
et violon, six sonates de violon avec basse, 
six duos de flittes, six quatuors pour instrum. a 
archet, six duos pour violoncelles, six autres 
faciles, six sonates pour violon et violoncelle ; 
il a laiss£, en manuscrits, des concertos de vio- 
loncelle, des symphonies, etc. 

Schgraffer, Jakob, m. en 1859, apres avoir 
ete organiste de la paroisse de Bozen ; fut un 
compositeur estim£ de musique religieuse : 
benedictions, offertoires , de la musique pour 
laFete-Dieu; un oratorio: Jesus Leiden und 
Tod. S. avait fait son education musicale a 
Milan. 

Schicht, JoHANN-(iOTTFRi£D,un des musiciens 
les plus capables qui, apres Bach, occuperent 
le poste de cantor de St-Thomas a Leipzig, n£ 
a Reichenau, pres de Zittau, le 29 sept 1758, 
m. a Leipzig le 16 fevr. 1823; etait deja pianiste 
et organiste fort habile, lorsqu'il arriva, en 1776, 
a Leipzig, pour y etudier le droit. II fut choisi 
de suite comme accompagftateur au piano, dans 
les concerts des « Drei-Schwanen » (qui de- 
vinrent plus tard les concerts du « Gewand- 
haus ») et conserva ses fonctions, lorsque J.-A. 
Hiller fit renaltre ces concerts dans la maison 
« Opel », puis, de 1781 a 1785 encore, au « Ge- 
wandhaus ». En 1785, S. succeda a Hiller 
comme chef d'orchestre des concerts du « Ge- 
wandhaus » , enliu, en 1810, a A.-E. Mailer 
comme cantor a St-Thomas. La femme de 
Schicht, nee Valdksturla, originaire de Pise, 
etait une excellente cantatrice. S. a compose 
des oratorios : Die Feier des Christen auf Got- 
t}Otha % Moses auf Sinai, Das Ende des Gerech- 
ten ; plusieurs Messes, le psaume C (d'apres 
M. Mendelssohn); quatre Te deum;des motets; 
des cantates ; neuf harmonisations a quatre et 
huit voix, pour le Miserere de Leo; puis un 
concerto de piano, des sonates, des caprices, 
etc. II a ecrit un ouvrage th£orique : Grundre- 
s/eln der Harmonie> et traduit en allemand la 
methode de chant, de A.-M. Pellegrini-! teloni et 
celles de piano, de Pleyel etde Clementi. Son 
vaste recueil de chorals est une umvre de valeur 
durable; parmi les mille deux cent quatre-vingt- 
cinq melodies qu'il contient, trois cent six sont 
de S. lui-m<*me. 



Schick, Marcsaretk-Luise (nee Hamkl), ce- 
lebre cantatrice, nee a Mayence le 26 avr. 1773, 
m. a Berlin le 29 avr. 1809 ; fille d'un bassonisle 
de talent, elle debuta en 1792 a Mayence, mais 
passa en 1794 a Hambourg et, bientdt apres, a 
Berlin, oft elle fut engagee comme cantatrice 
de la Cour et resta jusqu'a sa morL S. mourut 
de la rupture d'une artere du cou, survenue 
immediatement apres l'execution du Tedeum 
de Bighini, a laquelle elle avait pris part, aa 
Ddme de Berlin. La S. elait tres estimee de ses 
contemporains et placee immediatement apres 
la Mara, surtout comme interprete de Gluck. 
Elle avait epousS, en 1791, ie violoniste S. (n£ a 
La Haye en 1756, m. a Berlin, oil il etait con- 
certmeister de l'orchestre de la Cour, le 10 &k. 
1813), dont on a public six concertos de violon. 
Cf. Lewezow, Leben und Kunst der Frau M. 
S. (1809). 

Schiedermayer, Joseph-Bbrnhard, organiste 
du Ddme de Linz, m. le 8 janv. 1840 ; fut un 
compositeur de musique d'eglise tres fecond 
(seize Messes, offertoires, graduels, hymnes, 
litanies, etc.), mais ecrivit aussi deux sympho- 
nies, des trios pour instr. a archet, des concer- 
tos de piano, des morceaux d'orgue, une 
Theoretisch-praktische ChoraUehre sum Ge- 
brauch beim hatholischen Kirchenritus ( 1828 ), 
et publia un extrait de la Methode de violon de 
Leopold Mozart 

Schiedmayer and Saehne, importance fabri- 
que de pianos, a Stuttgart, renomm£e surtout 
pour ses pianos droits. La fabrique fut fondee 
en 1806, par Lorenz S., dont le pere, David S.. 
elait fabricantd'instrumenls de musique, a Er- 
langen. Deux fils de Lorenz S., Adolf (m. a 
Stuttgart le 16 oct. 1890) et Hermann, prirent la 
succession du commerce cr66 par leur pere, 
tandis que deux autres, Julius (ne a Stuttgart 
le 17 fevr. 1822, m. en fevr. 1878) et Paul (m. a 
Kissingen le 18 juin 1890), fonderent une fabri- 
que d'harmoniums, sous la raison commercials 
J. et P. Schiedmayer. Cette fabrique a, comma 
l'autre, beaucoup prospered 

Schietto (ital.), simple, naturel. 

Schiefferdecker, Johann-Ohristian, nS a 
Weissenfels, m. a Lubeck en avr. 1732 ; devint. 
en 1702, accompagnateur a l*Op£ra de Ham- 
bourg puis, en 1707, organiste a l'eglise Ste- 
Marie de Lubeck. II a ecrit quatre operas, pour 
Hambourg, et compose toute une serie de 
« Abendmusiken » pour Lubeck (Gf. Buxtk- 
hudeJ.- 

Schikaneder, Emanuel-Johann, directeur de 
theatre et auteur du libretto de la « Flftte en- 
chantee », n6 a Batisbonne en 1751, m. le 21 
sept. 1812 ; fut d'abord acteur, chanleur, etc 
dans une troupe itin&rante, devint le gendre da 
directeur (Artim), auquel il succeda en fin de 
compte. l^a troupe jouait dans toutes les gran- 
des villes d'Autriche-Hongrie. LVuvre geniale 
que Mozart Ecrivit sur son texte insipidede la 
« Flftle enchanlee » le sanva de la banqueroule 
et lui procura meme momentanement des bene- 
fices importants, car Mozart ne s'etait reserve 
aucun droit sur son cpuvre. Cependant il mon- 



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SGHILDT — SCHINDLEH 



733 



rut dans la misere. S. a ecrit encore quelques 
textes d'operas (Der Zauberflote svceiter Theil ; 
Die beiden Antone, etc., pour Winter, Schenk, 
etc.) et en mit un lui-m&me en musique : Die 
Lyranten. 

Schildt, Mklchior, ne probablement a Hano- 
vre en 1592, m. dans la mfcme ville le 22 mai 
1667 : Sieve de Sweelinck, fut, de 1623 a 1626, 
organiste de la cath£drale de Wolffenbuttel, 
puis, de 1629 jusqu'a sa mort, organiste de 
Veglise du March6, a Hanovre. Ses composi- 
tions out de la valear, mais on a consent sett- 
lement deux chorals varies, pour orgue, et deux 
series de variations, pour piano. Cf. Viertel- 
jahresschrift far M.-W. (1891). 

Schilling, Gustav, musicographe , ne a 
Schwiegerhausen, pr6s Hanovre, le 3nov.l808, 
m. dans TEtat de Nebraska en mars 1881 ; 6tu- 
dia la theologie a Gottingue et a Halle, obtint 
le grade de D*phil., mais prit, en 1880, la direc- 
tion de I'Ecole de musique Stopel, a Stuttgart. 
11 dSploya d6s lors une grande activity comme 
musicographe etfut nomme conseiller a laCour 
princigre de Hohenzollern. Des dem&les qu'il 
etait 8ur le point d'avoir avec la justice Tobli- 
g£rent, en 1857, a emigrer en Amerique ; il dut 
aussi fuir les tribunaux de New- York et v6cut 
des lors ouhlie,a Montreal (Canada) et, en der- 
nier lieu, dans la Nebraska. S. a publie : Musi- 
kalisclies Handvcorterbuch... insbesondere fiir 
Klavierspieter (1830) ; Beleuchtung des Hof- 
theaiers in Stuttgart (1832); Encyklopddie der 
l/esamten musikalischen Wissenschaften oder 
Universallexikon der Tonkunst (1835-1840; 
7 vol.) ; Versuch einer Philosophie des Sch&nen 
in der Musik oder Aesthetih der Tonkunst(1888); 
Polyphonomos (1839; traite d'harmonie en trente- 
six lecons, impudent plagiat de la Musikxcis- 
senschaft , de Logier ; AUgemeine General- 
basslehre (1889) ; Lehrbuch der allgemeinen 
Musikwissensckaft (1840) ; Das musikalische 
Europa (biographies, 1840) ; Geschichte der 
heutigen oder modernen Musik (1841); Akustik 
oder die Ldire vom Klang (1842) ; Musikalische 
Dynamik oder die Leltre vom Vortrag in der 
Musik (1843, sans valeur reelle) ; Franz Lisst 
(1844); Sicherer Schliissel zur Klaviervirtuo- 
sitdt (1844) ; Fur Freunde der Tonkunst (1845); 
Der musikalischeAutodidakt({m.\t(i d'harmonie, 
1846); Die schone Kunst der Tone (1847): Mu- 
sikalische Didaktik oder die Kunst des Unter- 
richts in der Musik (1851); Allgemeine Volks- 
musiklehre (1852) ; Der Pianist (1854) et une 
nouvelle Edition du Versuch Uber die rrahre 
Arty das Klavier zu sfrielen f de Gh.-Ph.-E. Bach 
(1857). 

Schimon, Adolf, professeur de chant distin- 
gue, pianiste et compositeur, n6 a Vienne le 29 
fevr. 1820, m. a Leipzig le 21 juin 1887 ; fils du 
peintre et chanteur scenique Ferdinand S., 
connu par ses portraits de Beethoven, Weber 
ei Spohr, et qui fut engage a Munich, en 1821. 
R. montra dans sa jeunesse des dispositions 
remarquables pour la musique et, a l'age de 
seize ans, devint £leve du Conservatoire de 
Paris (Berton et Halevy). Devenu accompagna- 



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teur des classes de chant de Bordogni et de 
Banderali, il se familiarisa toujours plus avec 
la methode d'enseignement italienne et, grace 
a ses relations avec Rubini, Lablache, Mario, 
Nourrit, Ponchard, Roger, Duprez, M me * Grisi, 
Damoreau, Pauline Garcia, etc., etc., il prit lui- 
m&me un vif int6r6t a la p&dagogie vocale. 
finfin, S. ne put qu'entretenir son gout pour le 
chant, en occupant le poste de « Maestro al 
cembalo » au t Her Majesty's Theatre » de 
Londres (1&70-1852), puis a l'Opira italien de 
Paris (1852 et suiv.). Entre temps, il s'etait re- 
v&16 compositeur de m&rite. En 1846 d6ja, la 
Pergola de Florence(oii S. sSjournait pour 6tu- 
dier le chant italien) avait donn£ son op£ra : 
Stradella. Flotow, dont S. avait aide a traduire 
« Martha » en italien, monta en 1858, a Schwe- 
rin, un autre ouvrage de notre auteur : List um 
List, op&ra-comique qui fut aussi donn£ a 
Dresde, a Berlin, etc. En outre, S. publia a Pa- 
ris un grand nombre de compositions vocales 
italiennes et franchises, plusieurs quatuors pour 
instr. a archet, un trio avec piano, une sonate 
de violon, des sonates de piano, des morceaux 
de piano a deux et a quatre mains, puis, a 
Vienne, des lieder allemands.En 1872, il £pousa 
la cantatrice de concerts bien connue, Anna 
Regan, avec laquelle il ftt diflferents voyages 
artistiques. Enfin, en 1874, il fut appel£ comme 
professeur de chant, au Conservatoire de Leip- 
zig, puis, en 1877, a I'Ecole royale de musique 
de Munich ; mais, en 1886, il reprit sa situation 
de Leipzig, on sa femme fut aussi engag£e 
comme professeur. Apres la mort de son mari, 
M me S.-R. est retourn£e a Munich, oil elle est 
tr&s estim&e comme professeur de chant, a TE- 
cole royale de musique. 

Schindelmeisser, Ludwiw, ne a Konigsberg 
(Prusse) le 8 d£c. 1811, m. a Darmstadt le 30 
mars 1864, fr^re utSrin de Henri Dorn ; fut chef 
d'orchestre de theatre a Salzbourg, Insbruck, 
Graz, Berlin (Theatre de « Kdnigstadt »), Pesth 
(Theatre allemand), Hambourg (1847), Franc- 
fort s/Mein (1848), puis chef d'orchestre de la 
Cour, a Wiesbaden (1851-1853), et finalement a 
Darmstadt (d6s 1853). S. a ecrit sept operas 
(Melusina, 1861), un ballet (Diavolina), un ora- 
torio (Bonifacius), des ouvertures, un concerto 
de clarinette en ut mineur, un quadruple con- 
certo pour quatre clarinettes et orchestre (op. 
2) et un grand nombre de morceaux pour piano 
(trois sonates, impromptus, etc.). 

Schindler, Anton, fidele compagnon de Bee- 
thoven dans les dernteres ann£es de ,sa vie et 
biographe dumaftre,n£a Medl, pres Neustadt 
(Moravie), en 1796, m. a Bockenheim, pres 
Francfort s/Mein, le 16 janv. 1864; se ftt violo-* 
niste et fut, pendant quelque temps, chef d'or- 
chestre de TOp£ra allemand, a Vienne. II de- 
meura pendant dix ans dans la m£me maison 
que Beethoven, consacrant au grand musicien 
tout le temps dont il pouvait disposer, surtout 
pendant la derni&re maladie de celui-ci, on il lui 
fut d'un grand secours. S. devint, en 1831, mai- 
tre de chapelle du Dome el directeur de musi- 
que de l'Academie, a Miinster, puis, en 18;^"), 

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734 



SCHINDI/ECKER — SCHLEINITZ 



maltre de Ghapelle de la cathedrale d'Aix-la- 
Chapelle, place qu'il abandonna au bout de 
quelques amines. Enfin, en 1842, il revint A 
Miinster et se retira plus tard a Bockenheim. 
La gloire posthume de Schindler est due uni- 
quement a ses relations avec Beethoven. S. 
consigna ses souvenirs sur le maitre qu'il v6- 
nerait entre tous, dans sa Biographie Ludwig 
van Beetkovens (1840); puis il ecrivit une bro- 
chure : Beethoven in Paris (1842 ; sur l'accueil 
reserve aux ceuvres de Beethoven, dans les 
« concerts spirituels » de Paris), qui fut ajoutee 
aux Editions subs^quentes de la biographie. 

SchindlcBcker, 1. Philipp, excellent violon- 
celliste, ne A Mons (Hainaut) le 25 oct. 1753 ; 
se rendit de bonne heure a Vienne, ou il devint 
premier violoncelliste a TOp^ra de la Cour et 
au Ddme de St-Etienne. II fut nomme virtuose 
de la Chambre imp^riale, et mourut le 16 avr. 
1827. Une seule serenade de sa composition, 
pour violoncelle et guitare, a et£ gravee. — 
2. Wolfgang, neveu du precedent, ne en 1789, 
violoncelliste et hauboiste ; a fait paraitre di£T6- 
rentes oeuvres de musique de chambre pour 
instr. A vent et des duos de violoncelles. 

Schira, Francesco, ne A Malte le 19 sept. 1815, 
m. A Londres en oct. 1883 ; Steve du Conserva- 
toire de Milan, donna son premier opera, Elena 
e Malvina, en 1832, A la Scala et fut imm6dia- 
tement engage A Lisbonne, comme chef d'or- 
chestre et compositeur de TOp^ra italien. Mais, 
en 1842, il alia A Paris ou Maddox l'engagea 
pour TOpSra anglais (« Princess's Theatre » de 
Londres); en 1847, il passa A « Drurylane » sous 
la direction de Bunns, qui se chargea l'ann£e 
suivante de Tentreprise du • Coven tgarden ». 
Enfin, en 1852, S. rentra A • Drurylane », mais 
pour peu de temps, car il se voua ensuite com- 
plement a Tenseignement du chant S. ecrivit 
pour Lisbonne : 11 fanatico per la musica et 
/ cavalieri di Valensa ; pour Londres, des 
op6ras anglais : Mina et Theresa, the Orfan of 
Geneva (un troisi&ne opera anglais : Kenil- 
worth, ne fut pas donn£) et un opera italien : 
Niccolo de* Lapi ; pour Venise : La salvaggia 
(1875) et Lia (1876). S. a fait ex^cuter en outre 
une opSrette ; The earrin$j, puis une cantate : 
The lord ofBurleif/h (festival de musique de 
Birmingham, 1873) et beaucoup d'aulres ouvra- 
gesde moindres dimensions. Comme professeur 
de chant, S. etait tres estime. 

Schirmacher, Dora, pianiste de talent, nee A 
Liverpool lel« p sepL 1857; fille d'un professeur 
de musique estime, fuU de 1872 A 1877, eieve du 
Conservatoire de Leipzig et se fit entendre en 
1877, avec sacces, dans les Concerts populaires 
jdu lundi, A Londres. Elle est depuis lors tres 
consid6r£e, comme pianiste virtuose. 

Schisma (gr.), nom que Ton donne A la plus 
petite valeur dont il soit tenu compte,dans la 
fixation des valeurs acoustiques, celle de Tin- 
tervaile ut : si £ (cf . rapports des sons). Cette 
valeur n'esl autre que la difference entre la 
tierce de la huiti&me quinte et le son de l'oc- 
tave: 3*.5:2 D , n etant un nombre entier et 2" 
plus petit que 3 8 .5, c.-a-d. 32805 : 32768 (=2*), 



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en logarithme A base 2 = 0,ooi8i4> autrement 
dit la onzi&me partie du comma syntoniqae 

Goo) ** e lon, " l * erva ^ e 1 ue l'oreille ne peal 
percevoir. Le diaschisma est deja dix fois plus 
grand, ut : re W f autrement dit la difference 
entre la seconde tierce inttrieure de la qualrieme 

quinte interieure (r~~ M i) et un son d'octave 

^ J, soit 2025 : 2048 ; logarithme : 0, 0UB » va- 
leur qu'aucun temperament passable ne saurait 
ignorer. Le $. correspond exactement A la dif- 
ference entre le diaschisma et le comma synto- 
nique, el presque exactement a la difference 
entre la quinte mathematiquement pure et celle 
du systdme temp6r£ de douze degrts (loga- 
rithme r= 0,ooi63o)> difference qui, pour cette 
raison, porte aussi le nom de schisma. 

Schladebach, Julius, D r mea\ f est conno 
comme redacteur des premieres lrrraisonsd'un 
Neues Universallexikon der Tonhunst (1854), 
termine par Edouard Bernsdorf. S., qui poblia 
dans ses jeunes annees plusieurs compositions 
religieuses, paralt avoir abandonne la redac- 
tion du Dictioiinaire et s'etre detourne tout a fait 
de la musique. II vecut, en effet, comme redac- 
teur de journaux politiques, A. Liegnitz, A Po- 
sen, etc., et mourut en 1872, A Kiel. Sa demure 
publication est intitul6e : Die Bildung der 
menschlichen Stimme sum Gesang (1860). 

Schlaginstrumente (all.), instr. A percus- 
sion, batterie. 

SchlAger, Hans, ne A Filskirchen (Haute-Au- 
triche) le 5 dec. 1820, m. A Salzbourg le 17 mai 
1885 ; eieve de Preyer, fut nomine, en 1854, di- 
recteur du « Wiener Mftnnergesangverein », 
puis, en 1861, maltre de chapelle du D6me et 
directeur du « Mozarteum • a Salzbourg. Ses 
operas, Seinrich und llse (1869) et Mans Bai- 
dekuhuh (1873), ont 6te repr6sentes A Salz- 
bourg. En 1867, S. epousa une comtesse Zichy 
et abandonna sa place. Parmi ses autres com- 
positions, il faut relever un quatuor (couronne 
A Milan), un tableau symphonique : Waldtnei* 
sters Brautfahrt, des lieder, des Messes et des 
symphonies. 

Schlecht, IIaimund, pretre, ne A Eichst&dl le 
11 mars 1811, m. dans la meme ville le 24 mars 
1891 ; fut homme, en 1836, pr6fet et premier mal- 
tre, en 1838in8pecteur et directeur du seminaire 
de sa ville natale. Plus tard, il recut le titre de 
conBeiller ecciesiastique. S. a publie : Officiun* 
in nativitate Domini (1843); Vesperce bremarii 
romani (1852); un choix de chants d'egliseal- 
lemands ; Gradualia etoffertoria de cotnmuni 
sanctorum, et une Geschichle der Kirchenmusik 
(1871) qui ne contient que peu de recherche* 
personnelles.il ecrivit aussi des etudes, parfois 
interessantes, pour les « Monatshefte ftlr Mu- 
sikgeschichte », et un grand nombre d'articles 
pour le « Konversationslexikon » de MendeL 

Schleifer (all.), coul6 (v. ce mot). 

Schleinitz, Heinrich-Konrad, pendant long- 
temps directeur du Conservatoire de Leipog 
(1847-1881), ne A Zechanitz, pres de Dobeln 
(Saxe), le l« r oct. 1802, m. a I^eipzig le 13 mai 

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SCHLESINGER — SCHLICK 



735 



1881 ; fils d*un maltre d'6cole, &tudia le droit et 
pratiqua & Leipzig comme avocat. II etait dejd 
membre du comite de direction des concerts du 
« Uewandhaus », lorsque Mendelssohn, avec 
lequel il se lia intim&nent, fut appele & Leipzig. 
Apr&s la mort de Mendelssohn, S. abandonna 
la pratique du barreau pour prendre la direc- 
tion du Conservatoire, qu'il conserva jusqu'd 
sa mort, en se tenant, un peu trop 6troitement 
peut-£tre, aux traditions de Mendelssohn. 

Schlesinger, nom de deux iinportantes mai- 
sons d'&dition musicale. — 1. La « Schlesin- 
gersche Buch- und Musikalienhandlung », & 
Berlin, fondle en 1810, par Adolf-Martin S., 
reprise en 1851 par son fils, Heinrich S. (m. a 
Berlin le 14 d6c. 1879 ; fondateur du journal 
musical : Echo), puis vendue, en 1864, & R. Lie- 
nau (v. ce nom). — 2. M.-A. S., k Paris, fondle 
en 1834, par Moritz- Adolf S., fils aln6 de Mar- 
tin Schlesinger, et fondateur de la Gazette 
musicale, qui fut agrandie en 1835, sous le titre 
de Revue et Gazette musicale (cf. pressb mu- 
sicals). La maison S. fut vendue, en 1846, & 
Louis Brandus. 

Schletterer, Hans-Michel, n6 & Anspach le 
29 mai 1824, m. & Augsbourg le 4 juin 1893; fit 
sa premiere Education musicale aupr&s de Ott, 
Dfirrner el Meyer, fr£quenta ensuite le semi- 
naire p£dagogique de Kaiserslautern (1840- 
1842), mais continua ses Etudes musieales & 
(tassel (Spohr, Kraushaar), et A Leipzig (David, 
Bichter). II fut d'abord, de 1845 & 1847, maltre au 
seminaire de Finstingen (Lorraine), puis, de 
1847 a 1853, directeur de musique a Deux-Ponts 
(Zweibrucken) et, de 1854 & 1858, directeur de 
musique de FUni versilS, a Heidelberg. Enfin, en 
1858, il fut appele & Augsbourg, comme maltre 
de chapelle de l'eglise protestante et professeur 
de chant a l'lnstilut von Stetten; a partir de 1865, 
il dirigea la soci£te de chant sacre, qu*il avait 
fondee lui-mdme, et remplit les fonctions de di- 
recteur de l'Ecole de musique d' Augsbourg, 
qu'il avait £galement cr66e. En 1878, S. recut le 
titre de D'phiL (honoris causa), de TUniversit^ 
de Tubingue. S. a publie un grand nombre de 
compositions, particulterement de la musique 
vocale : psaumes, cantates (Lasset die Kindlein 
etJephthas Tochter), choeurs pourvoix d'hom- 
mes avec orchestre (Ostermorgen, Tiirmerlied), 
vingt-sept recueils de chants a cappella, pour 
voix d'hommes, voix de femmes et voix mixtes, 
dix-huit recueils de lieder (en partie avec vio- 
loncelle), Die kirchlichen Festzeiten (op. 28), et 
quatre operettes (Dornroschen fop. 45], Pha- 
raos Tochter [op. 49 J, Der erfiilUe Traum 
'op. 52], et Voter Beatus). En outre, S. a fait 
paraStre des ouvrages destines & l'enseigne- 
ment : une m&hode de chant & Tusage des 
ecoles (op, 29 et 30), une autre pour voix d'hom- 
mes (op. 20) et une methode de violon (op. 7). 
11 s'est charge Sgalement d'un tres grand nom- 
bre d'arrangements et de travaux de revision 
d'oeuvres classiques. Dans le domaine de la lit- 
erature musicale, il a public : Geschichte der 
geistlichenDichtungund kirchlichen Tonhunst 
(vol. 1, 1869); Uebersichtliche Darslelhmg der 



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Gescfiichte der geistliclien Dichtung und 
kirchlichen Musik ; Zur Geschichte der dra- 
matischen Musik und Poesie in Deutschland 
(vol. I : Das deutsche Singspiely (1863); J.-Fr. 
Reichardt 9 sein Leben und seine Werke (1865) ; 
Studienzur Geschichte der franzdsischen Mu- 
sik (1884-1885; 3 vol.): puis dans, la collection 
du comte Waldersee (Breitkopf et Hartel), les 
6tudes sur G>-B. Pergolese, J.-J. Rousseau, L. 
Spohr et Der Ursprung der Oper, et, enfin, 
beaucoup d'autres travaux de moindre impor- 
tance, parus dans des revues musieales alle- 
mandes (« Allgemeine Musikalische Zeitung »). 
S. avait Spouse la c61&bre violoniste Hortbnsia 
Ziroes, n6e le 19 mars 1830. Elle avait fait ses 
Etudes & Paris et 6lait marine depuis 1850, mais, 
a la suite d'une paralysie des deux bras, elle 
fut obligee d'abandonner sa carri6re,.en 1870 
d£ja. 

Schlichtegroll, Adolph-Heinrich-Friedrich 
von, professeur au gymnase et conservateurde 
la Bibiioth&que ducale de Gotha, n6 & Gotha 
le 8 d6c. 1764, m. d Munich le 4 d6c. 1822 ; a pu- 
blic : NekrologderDeutschen (1790-1806), vaste 
biographie gene>ale allemande,en trente-quatre 
volumes. 

Schlick, 1. Arnold, organiste de la Cour du 
prince Slecteur du Palatinat, publia : Spiegel 
der Orgelmacher tend Organisten (1511), et 
Tabulaturen etlicher Lobgesang %md Liedlein 
uff die Orgeln und Lauten (1512 ; collection de 
melodies arrangees pour orgue et, en partie, 
pour luth, avec ou sans chant, not6s en « tabla- 
ture »). Ges petits ouvrages comptent parmi les 
plus anciens imprimis musicaux de Peter Schof- 
fer le jeune, et sont tr£srares(ils ont6t6 r&mpri- 
m6s par Breitkopf et Hfirtel). S. 6crivit le der- 
nier de ses ouvrages pour son fils, qui portait le 
meme nom que lui, et queKiesewetterregarde 
comme Tauteur d'un traite de la Biblioth^que de 
Berlin : De musica poetica, 6crit de 1533 & 1540, 
(cf. « Allgemeine Musikalische Zeitung », 1831) ; 
on trouve, dans ce traits, un essai tr6s singu- 
lier de disposition de plusieurs voix sur unseul 
systeme de lignes horizontals, les notes de 
chaque voix 6tant diflterenctees par leur forme 
et par leur couleur. C'est bien & tort que Kie- 
sewetter, et d'autres encore, ont consid6re cette 
tentative comme la maniere habituelle de dis- 
poser une partition, au xvi« s. — 2. Johann- 
Konrai), violoncelliste distingue, d'abord & Mu- 
nich (1776), et plus tard & Gotha, ou il mourut 
en 1825;auteur de : cinq quintettes (avec flute), 
un morceau concertant, pour violon et violon- 
celle, trois trios avec piano, six quatuors pour 
instr. aarchet, trois sonates pour violoncelle et 
basse, un concerto de violoncelle, etc. Ces ceu- 
vres ont et6 gravies, tandis que beaucoup d'au- 
tres encore rest&rent manuscrites. L'epouse de 
S., Heoina, n^e Strina-Sacchi, etait une excel- 
lente violoniste. Leur fils, Johann-Friedrich- 
Welhelm, violoncelliste, n6 a Gotha le 24 janv. 
1801, m. & Dresde le 24 avr. 1874, fut pendant 
longtemps assistant de la chapelle royale de 
Dresde, et finalement musicien de la chambre. 
En outre, S. etait un fort habile constructor 

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736 



8CHLIMBACH — SCHMIDT 



de violons el de violoncelles, d*apr6s les meil- 
leurs modules italiens. 

Schlimbach, Georg - Christian - Friedrich, 
excellent connaisseur en matiere d'orgues, ne & 
Ohrdruf (Thuriuge) en 1760, devint, en 1782, or- 
ganiste & Prenzlau, et futplustard proprietaire 
d'une Ecole de musique, a Berlin. 11 a pnblie : 
Ueber die Str%tktur,Erhaltung 9 Stimmi*ng und 
Priifung der Orgel (1801), et fournit, en outre, 
plusieurs articles etendus a la « Berlinische 
Musikalische Zeitung » (1805-1806). 

SchlaBSser, 1. Louis, compositeur et critique 
musical, ne a Darmstadt le 17 nov. 1800, m. 
dans la meme ville le 17 nov. 1886 : Sieve de 
Rinck, a Darmstadt, Mayseder et Salieri, a 
Vienne, et de Le Sueur et Kreutzer, & Paris. 
Apres avoir termine ses etudes, il fut d'abord 
eoncertmeister et plus tard chef d'orchestre de 
la Cour, a Darmstadt. S. a compose des operas: 
Das Leben ein Traum (1839), Die Braut des 
Herzogs (1847) : un melodrame : Die Jahres- 
zeiten; la musique pour Faust: des entr'actes ; 
des ballets; des symphonies; des ouvertures ; 
des quatuors pour instr. a archet ; des concer- 
tos; des oeuvres de piano; deslieder,etc.,dont 
soixante-dix numeros environ sont publies. — 
2. Adolf, file et eleve du precedent, pianiste, 
ne a Darmstadt le 1« fevr. 1880 ; donna des 
concerts des 1847, en Allemagne, et se fixa, en 
1858, a Londres, oft il occupe, comme profes- 
seur de piano, une situation tres en vue. S. est 
professeur a la « Royal Academy of Music ». 
Un quatuor et un trio avec piano, ainsi qu'une 
serie de recueils d'etudes de sa composition 
ont ete publies. 

Schlottmann, Louis, pianiste de talent, ne a 
Berlin le 12 nov. 1826, eleve de W. Taubert et 
de S. Dehn, donna des concerts, entre aulres a 
Londres, avec succes, et vit a Berlin, oil il a su 
se faire estimer comme professeur. Eu 1875, S. 
regut le litre de directeur royal de musique. II 
a compose des <euvres symphoniques, de la 
musique de chambre, des lieder et des pieces 
pour piano. 

Schlussel (all.), clef (v. ce nom). 

Schlusselfiedel (all.,), c-a-d. vielle a clefs, 
instr. a cordes frottees qui etait en usage du 
xv« au xvn e s., et dont les cordes n^taient pas 
directement doigtees, mais raccourcies (comme 
dans la vielle a manivelle), au moyen d'un cla- 
vier. 11 s'agit, par consequent, d'un instr. a ar- 
chet a l'usage des mauvais musiciens, car les 
clefs (c.-a-d. les touches) etaient naturellement 
un pont d*£ne plus detestable encore que les 
* tons » des lulhs (cf. instrument a archet). 

Schmeil, professeur a Magdebourg, inven- 
teur du nomographer appareil qui peut etre flx£ 
au piano et note la musique au fur et a mesure 
de Texecution. Les notes s'inscrivent sur une 
bande de papier qui se deroule graduellement. 
Voir, au sujet de tous les appareilsde ce genre, 
Tart. MELOORAPHE. 

Schmelser, Johann-Heinrioh, musicien de la 
chambre, a la Gour de Vienne, plus tard (1655), 
a Prague, et flnalement. en 1678, maltre de cha- 
pelle dela Cour de Ferdinand 111, in.apres 16^5. 



II a pnblie : Sacro-profamis concentus must* 
cus (1661, sonates pour violon, violes et trom- 
bones), Arte peril bailettoa cavallo ( pour le 
mariage de Tempereur Leopold l w avec Mar- 
guerite d'Espagne, 1667), et Duodena selectn- 
rum sonatarum (a quatre voix, Nuremberg, 
1669). 

Schmid, 1. (Schmidt), Bern hard, nom tie 
deux organistes de Strasbourg, dont le plus £ge 
(le pere), ne & Strasbourg en 1520, fut, des 1560, 
organiste de rSgiise St-Thomas el, de 1564 a 
1592, de la Cathedrale, tandis que son fils lui 
succeda dans ses deux places. S. senior est l'au- 
teur d'un recueil en tablature: Eine neue und 
kunstliche auff Orgel und Instrument To- 
bulatur Buck (1577; fantaisies sur des motets 
de Lassus, Crecquillon, Kichafort, Clemens nm 
papa* Arcadelt, etc., et danses). Quant a son 
tils, il a pnblie : Tabulaturbuch von allerhand 
auserlesenenschonen Prdtudiis f TokHaten^Mo- 
tetten, Kanjsonetlen, Madrigaten und Fugen 
von 4-6 Stimmen (1607). — 2. Anton, conser- 
vateur de la division musicale de la Bibliotbe- 
que de Vienne, ne a Pihl, pres Leipa (Boheme) 
le 30 janv. 1787, m. a Vienne le 8 juil. 1857. Au- 
teur de plusieurs monographies d'une grande 
valeur : Ottaviano dei Petrucci da Fossom* 
brone, der Er finder des Musiknotendrueksmit 
beweglichen Metatltypen, und seine NachfoL 
zer im XV L Jahrh (1845); Joseph Haydn und 
Niccolo Zingarelli (1847; fournissant la preure 
que Haydn est bien Tauteur de l'hymne autri- 
chien : « Gott erhalte Franz den Kaiser » ) : 
Christoph Willibald, Bitter von Gluck (1854, 
biographie detaillee). En outre, il faut mention- 
ner ses Beitrdge sur Litteratur und Geschichtt 
der Tonhunst (dans la « (Cecilia » de Dehn 
(1842-1846). 

Schmidt, 1. Johann-Phtlipp-Samuel, conseiller 
aulique et directeur des bureaux de la « See* 
handlung », a Berlin, ne a Konigsberg (Prusse) 
le 8 sepL 1779, m. a Berlin le 9 mai 1853; ecri- 
vit plusieurs operas, pour Konigsberg et Ber- 
lin, ainsi que des cantates, des hymnes, des 
Messes, des symphonies, des quatuors, etc., 
dont une bonne partie fut publiee. S. a arrange, 
en outre, pour le piano, un grand nombre de 
symphonies et de quatuors de Haydn et de 
Mozart, \e Faust de Kadziwill, etc — 2. Joseph, 
violoniste, ne a Buckebourg le 26 sept. 1795, m. 
dans la meme ville le 15 mars 1865 ; maltre de 
chapelle de la Cour, A Buckebourg, composa 
des lieder, des psaumes, un oratorio (Die Ge- 
burt Christi), etc. L'un de ses vingt-deux en* 
fants, Julius-Cesar, ne en 1818, fut un violou- 
celliste de talent ; un autre, Viktor, ne le 6 
juil. 1838, est violoniste. — 8. Hermann, compo- 
siteur de la Gour royale et directeur de la mu- 
sique de ballets, a Berlin, oil il etait ne le 5 mars 
1810, mourut le 19 oct. 1845; £leve de Ga- 
brielski (flute) et de Bohmer, il a ecrit plusieurs 
operettes, ballets, entr'actes, de meme que dela 
musique d'orchestre et de chambre. — 4. Gus- 
tav, chef d'orchestre distingue, ne k Weimar le 
1« sept. 181(), m. A Darmstadt le 11 fevr. 18© 
fut chef d'orchestre aux theatres de Brium 



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SCHMITT 



SCHMOLL 



737 



Warzbourg,Francfort-s/ M., Wiesbaden, Mayen- 
ce et Leipzig (1865-1876) et, d£s 1876, chef d'or- 
chestre de la Cour, k Darmstadt. Son opera, 
Prinz Eugen, fut bien accneilli autrefois ; il fut 
suivi d'aulres : Die Weiberlreue (Kaiser Kon- 
rad vor Weinsberg), La Reole, Alibi, et de 
chceurs pour voix d'homnies, Perils en vrai style 
popnlaire allemand («Heute scheid' ich, morgen 
wandr* ich»). 

Schmitt, 1. Joseph, compositeur, moine k 
Eberbach, quitta les ordres en 1780, et devint 
tnarchand de musique k Amsterdam, puis, en 
1800, chef d'orchestre k Francfort-s/M., oft il 
mourut en 1808. II publia lui-mfeme plusieurs 
ceuvres de sa composition (symphonies, qua- 
tuors et trios pour instr. k archet seuls et avec 
fhMe, morceaux concerlants, methode de vio- 
lon, etc.). — 2. Nikolaus, Allemand de naissan- 
ce, devint, en 1779, chef des musiques de la 
Garde, k Paris, et plus tard premier basson- 
niste de rOpera italien. II a fait paraltre des 
quatuors, des quintettes pour instr. k vent, des 
duos de clarinettes, trois concertos de basson, 
trois quatuors pour basson et trio d'archets, des 
variations pour basson, etc. — 8. Aloys, pianiste 
<et pedagogue de m£rite, n£ k Erlenbach-s/Mein 
<Bavi6re) le 26 aoitt 1788, m. a Francfort-s/M. 
le 25 juil. 1866 ; fit ses Etudes musicales aupr&s 
de son p6re, qui Stait cantor, et, plus tard, au- 
pr&s de J.-A. Andr6. k Offenbach. II v6cut, de 
1816 jusqu'a sa mort, & Francfort-s/M., oil il 
^tait tr&s eslime comme professeur, mais fit un 
«£jour de plusieurs annees k Berlin, vers 1820, 
et fut pianiste du due de Cambridge, k Hanovre 
<1825-1829). Les oeuvres de S., pour Tenseigne- 
ment du piano, sont depuis longtemps en usage 
un peu partout : Etudes : Op. 16, 55, 62 (Rapso- 
dies), 67 (Etudes), 115; « Methode dujeu du 
piano », op. 114 ; sonatines, op. 10, 11 ; ron- 
dos, op. 3. H a ecrit, en outre, quatre con- 
certos de piano, plusieurs morceaux de con- 
cert, des variations et des rondos pour piano et 
orchestre ; d'autres pour piano et quatuor d'ar- 
chets ; un grand nombre de sonates, de varia- 
tions, de rondos, etc., pour piano seul; plu- 
sieurs ouvertures ; des quatuors pour instr. a 
archet; des oratorios (Moses; Ruth): des Mes- 
ses, des operas (Das Osterfest zu Paderbom ; 
J)ie Tochter der Wiiste ; Valeria ; Der Doppel- 
prozess), etc. — 4. Jakob (Jacques), frere cadet 
et 61eve du precedent, ne k Obernburg (Ba- 
vi&re), ou son p£re avail ^te transtere, le2nov. 
1803, v£cut a Hambourg, oil il etait un profes- 
seur de piano estime, et y mourut en juin 1853. 
II a public une methode de piano (op. 30), des 
■etudes (op. 37, 271, 330), des sonates de violon, 
un grand nombre de sonates de piano, des varia- 
I ions, en partie, avec accompagnement de qua- 
tuor d'archet,et beaucoup de musique de salon. 
S. a 6crit en outre un op£ra : Alfred der (h-osse. 
— 5. Friedrich, professeur de chant renomme, 
n6 k Francfort-s/M le 18 sept. 1812, m. k Vienne 
le 17 janv. 1884. —6. Gkorg-Aloys^Is et&eve de 
Aloys S. (3), n6 k Hanovre le 2 fevr. 1827; etudia 
la thforie sous la direction de Vollweiler, a Hei- 
delberg, et r^ussit a obtenir, tout jeune, quelque 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 47. 

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succ£s, avec un opera: Trilby, repr&sentS k 
Francfort-s/M. Apres avoir pousse ses Etudes 
de piano jusquM la virtuosity, S. fit, pendant 
plusieurs annees, des tournees de concerts en 
Allemagne, en Belgique, en France, k Lon- 
dres, en Alg6rie, etc., et fut ensuite chef d'or- 
chestre au theatre d'Aix-la-Chapelle, de Wflrz- 
bourg,etc. Enfin, en 1857, il fut appele k Schwe- 
rin , comme chef d'orchestre de la Cour et y 
resta jusqu'a sa retraite, en 1892. S. a conlri- 
bu£, en une large mesure, au relevementdu ni- 
veau musical et particulterement de FOpSra, k 
Schwerin. En 1893, il accepta encore la direc- 
tion du « Lehrergesangverein », k Dresde. Par- 
mi ses el&ves, il faut mentionner surtout la pia- 
niste Emma Brandes. S. a compost plusieurs 
operas, beaucoup de musique sc£nique, des ou- 
veitures, de la musique symphonique, etc. Des 
morceaux de piano, un trio et de petites pieces 
vocales ont £t6 publics. — 7. Hans, pedagogue 
de piano estimS, n6 k Koben (Boh6me) le 14 
janv. 1835; fut d'abord (1846-1850) 616ve des 
classes de hautbois du Conservatoire de Pra- 
gue et devint, en 1855, premier hautboi'ste de 
TOpSra de Bucharest, passa plus tard au thea- 
tre de la « Hofburg » , et finalement k la cha- 
pelle de la Cour, k Vienne. Mais une maladie 
incurable du larynx le forga a renoncer com- 
plement a son instrument. S. entra alors, a 
1'dge de vingt-cinq ans dans la classe de piano 
de Dachs, au Conservatoire de Vienne; il ob- 
tint, en 1862, la medaille d'argent et fut nomm6 
sur-le-champ professeur au Conservatoire. De- 
puis 1875, S. dirige les classes de perfectionne- 
ment pour le piano, dans cette institution. Par- 
mi ses oeuvres de piano, d'une pManterie 
vraiment excessive, il faut mentionner trois 
cents Etudes sans extension d'octave; Vademe- 
cum ; Fundament der Klaviertecfinik ; Zir- 
keliibungen in Skalen und Akhorden (op. 9): 
cent vingt petits morceaux de genre; une Edi- 
tion instructive du « Gradus ad Parnassum », 
de Clementi ; Rejwrtoirestudien (arrangement 
progressif d'eeuvres d'enseignement) ; puis: 
Schule des Gehbrs (methode de chant elemen- 
tal re, avec adjonction des principes de la th6o- 
rie musicale); des lieder; des morceaux carac- 
tfrisques pour piano; un morceau de concert 
pour violon. II a Scrit aussi (en se basanl sur 
les travaux de L. Kohler) : Das Pedal des Kla- 
viers (1875;. Un opSra, Bruna (texte du compo- 
siteur lui-meme, d'apres t Zlataarog* de Baum- 
bach), est rest^ manuscrit. 

SchmoBlzer, Jacob-Ed., n4 k Gratz le 9 mars 
1812, m. dans la mdme ville le 9 janv. 1886; 
compositeur de lieder tres connus en Allema- 
gne, recut le premier prix du « Thiiringer Sftn- 
gerbund* pour son chow « Allen Deutschen*. 

Schmoll, Antoine, n^ k Stromberg (prov. 
rh6nane),de parents d'origine luxembourgeoise, 
le 17 aoOt 1841 ; recut, d^s Tiige de sept ans, des 
lemons de piano, d'orgue, d harmonie, puis de 
composition (Fr. Hiinten), et se fit entendre en 
public, en 1853 d6j&. Fort jeune, il quitta son 
pays et s'etablit, comme professeur de piano, 
successivement a Toulouse (1864), Bruxelles 



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738 



SCHNABEL 



(1873) et Paris (1875). En 1881, S. fit paraltre 
soq oeuvre principale : Nouvelle mttfiode de 
piano, thiorique, pratique et ricriative (seize 
fortes Editions en quatorze ans); auparavant 
d£j&, il avait public une cinquantaine d'oeu- 
vres pour piano et, depuis lors, il 6crivit toate 
une s6rie d'oeuvres coordonnSes en vue de 
I'enseignement : Etrennes du jeune pianiste; 
10 sonatines progressives ; U&crin milodique; 
80 Mudes moyennes ; 50 yrandes etudes ; cinq 
cahiers de Gammes et arp&ges ; Album de lec- 
ture (320 petits morceaux) ; 300 preludes; 10 
chansoptnetles sans paroles, etc. 

Schnabel (all.), bee (de la.clarinette on de 
l'ancienne t flute A bee » [all. Schnabel fldte]). 

Schnabel, 1. Joseph-Ignaz, compositeur de 
musique d'6glise, n6 A Naumbourg-s/la-Queiss 
(Sitesie) le 24 mai 1767, m. a Breslau le 16 juin 
1831 ; flls d'un cantor, il dut interrompre pen- 
dant plusieurs annees, A la suite de surdity des 
etudes de musique commences tr£s tot, mais, 
plus tard, ayant reconvert l'ouie, il put les re- 
prendre. Apr6s avoir pass6 quelque temps dans 
differenls petits villages, ou il fit 6tudier des 
symphonies de Haydn A un orchestre com- 
post de jeunes paysans, il se rendit A Breslau 
et y trouva un emploi de violoniste A la collSgiale 
des Vicentins et d'organiste A « Ste-Olara », puis 
de violoniste dans Torchestre du th£Atre,qu'il di- 
rigeait souvent, en tant que remplagant. En 
1804, S. devint maitre de chapelle de la cathe- 
drale, en 1806 directeur des concerts d'hiver de 
Richter, en 1810 egalement de ceux de la so- 
ciety du Lundi et du Vendredi ; enfin, en 1812, 
directeur de musique de TUniversit6, maitre de 
musique au S&minaire catholique et directeur 
de Tlnstitut royal de musique d'£glise. La mu- 
sique de S. est de « bonne musique », mais 
n*a guere laisse d'impression durable; plu- 
sieurs de ses oeuvres ont 6t6 publi&es (cinq 
Messes, quatre graduels, deux offertoires, 
antiennes, hymnes, chants de v£pres, qua- 
tuors pour voix d'hommes, lieder, marches 
militaires et autres morceaux pour instru- 
ments de cuivre, un concerto de clarinette, un 
quintette pour guitare et quatuor d'instr. A ar- 
chet). Beaucoup d'oeuvres religieuses sont res- 
ides manuscrites. — 2. Michael, frere du pr£- 
c£dent, ne A Naumbourg le 23 sept. 1775, m. A 
Breslau le 6 nov. 1842 ; est surtout connu com- 
me fondateur d'une fabrique de pianos, A Bres- 
lau (1814), fabrique qui fut reprise par son fils. 
— 8. Karl, fils du precedent, ne A Breslau le 
2 nov. 1809, m. dans la m£me ville le 12 mai 
1881 ; s'occupa d'abord de la fabrique de son 
p£re et devint facteur de pianos, mais regut en 
m&me temps, de son oncle, d'excellentes lemons 
de musique. Aussi, apr&s avoir fait entendre un 
concerto de piano de sa composition, sur un piano 
A queue construit par lui-m£me, abandonna-t-il 
son atelier, pour se vouer complement a la 
musique. Ses compositions n'ont guere eu, 
cependant, de retentisseinent (lieder, oeuvres 
pour piano, cantates, operas, Messes, oeuvres 
symphoniques, etc.). 

Schnarrwerk (all.;, syn. de Regal, v regale. 



SCHNEIDER 

Scbneegass ( Snegassius ) , Gyriak, \\k a 
Buschleben, pres Gotha, le 5 oct. 1546, fat de 
1573 jusqu'a sa mort (le 23 oct. 1597), pasteur a 
Friedrichsroda, en Thuringe. S. a public plu- 
sieurs ouvrages th£oriques : Nova et exquisite 
monochordi dimensio (1590); lsagoge musicce 
libri 11, tarn theoricce quam practice* (1591, 
2* ed. 1596); Deutsche Musica fur die Kinder 
undandere,sonichtsonderlicli Lutein verstehen 
(1592, 2« 6d. 1594). On a conserve, de sa compo- 
sition : cinq graduels, un livre de psaames et 
un de chants de Noel et de Nouvel An (1595). 

Schneider, 1. Johann, organiste (connu sur- 
tout comme improvisateur), n6 a Lauder, pre* 
Gobourg, le 17 jail. 1702, &&ve de J.-S. Bach, a 
Gdtheu, devint successivement organiste de la 
Cour, a Saalfeld (1721), musicien de la chain- 
bre (violon) a Weimar (1726-1729), organiste de 
r&glise St-Nicolas A Leipzig (1730), et mournt 
en cette ville vers 1775. — 2. Georo-Abraham, 
corniste virtuose et compositeur^^ a Darmstadt 
le 19 avr. 1770, m. A Berlin le 19 janv. 1839; 
61eve et gendre de Portmann (v. ce nom), fat 
d'abord hautboiste dans un regiment hessois, 
puis musicien de la Cour aSchwerin,&fttieins- 
berg (chez le prince Henri) et, apr&s la mort de 
ce dernier, dans la Chapelle royale, A Berlin, 
ou il organisa des concerts d'abonnement 4ses 
propres risques. En 1814, il alia A Reval, com- 
me chef d'orchestre de th£dtre, mais revint 
d£ja. en 1816 A Berlin, y reprit son ancien em- 
ploi et devint, en 1820, chef d'orchestre de l'Opeia 
de la Cour et chef de la musique des regiments 
de la Garde. S. a 6crit des c Singspiele » {Iter 
Orakelspruch, Aucassin und Nicolette, Dit 
Verschworenen, Der Traum, Der WeriootyU 
beaucoup de ballets, de musique sc£nique, de 
m£lodrames, d'entr'actes, d'oratorios, de sym- 
phonies, d'ouvertures, une quantity de mor- 
ceaux pour instr. a vent (quatuor de flutes, 
trios, duos, concertos pour flute, pour hautbok 
pour cor anglais, pour basson, pour cor, etcA 
On a grave plus d'une centaine de ses ceuvre*. 
S. eut un fils : Louis S. (v. 8), et une fille Ma- 
schinka Schubert (v.ce nom). Sa femme, Karo 
line (Portmann), fut une excellente cantatrice. 
— 8. Johann-Georg- Wilhelm, pianiste et com- 
positeur, n6 A Rathenow le 5 oct. 1781, m. a Ber- 
lin, ou il 6tait professeur de musique, le 17 oct. 
1811 ; publia une quantity d' oeuvres de piano 
(variations, fantaisies, marches, danses, fantai- 
sie avec orchestre), un recueil de chants d eta- 
diants (1802), un melodrame (Use) et deux an- 
nees d'un agenda musical (1808, 1805, sous le 
pseudonyme de Werder). Apres sa mort, pa- 
rut encore un recueil de ses lieder. — 4. Wil- 
helm, organiste et directeur de musique * 
Mersebourg, ne A Neudorf (Saxe) le 21 jrii- 
1788, m. a Mersebourg le 9 oct. 1843; a public 
Was hat der Orgelspieler beim Gottesdienst :* 
beobachten 1 (1823) ; LehrbucK das Orgelitxri 
kennen, erhalten, beurtheilen und verbesscr* 
jsu lernen (1823) ; Gesanglehre fUr Land- u#! 
BiirgerscJiulen (1825) ; Musihalisches Hilfsbud 
beim Kirchendienst (1826); AusfQhrliche Be- 
schreibung der Domorgel su Merseburg{V&$ : 



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SCHNEIDER 



739 



Anweisung zu Choralvorspielen (1829, conte- 
nant cinquante preludes); Choralhermtniss nebst 
Regeln tmd Beispielen zu richtigem Yortrag des 
Aitargesangs (1883); Musikalische Grammatik 
oder Handbuch zum Selbststudium musikali- 
scher Iheorie (1834); Die Orgelregister,deren 
Entslehung, Namen, Behandiung, Benutzung 
tmd Mischung (1835) et Musihalischer FUhrer 
fdr diejenigen, welche den Weg zum Schulfach 
betreten, etc. (1835). Cf. aussi « Allgemeine Musi- 
kalische Zeitung * (1832: Bemerhenswerte Er- 
findung im Orgelbau). — 5. Johann-Christian- 
Friedrich, pedagogue ceiebre, compositeur et 
th£oricien digtingul, n6 k Altwaltersdorf, pr£s 
Zittau, le 3 janv. 1786, m. k Dessau le 23 nov. 
1858 ; son p£re, Johann-Gottlob (ne k Altwal- 
tersdorf le l« r aout 1753, m., organiste k Gera- 
dorf, le 3 mai 1840), fut d'abord tisserand, mais 
parvint a force de perseverance k faire de la 
musique son veritable gagne-pain; son plus 
grand m£rite est l'6ducation de ses fils, Frie- 
drich, Johann et Gottlieb. Friedrich S. suivit 
les cours du gymnase de Zittau des 1798, puis 
ceux de l'Universite de Leipzig, dds 1805; il 
etait dej& depuis longtemps un compositeur 
zb\& et avait dejd public, en 1803, trois sonates 
de piano. En 1807, il devint organiste de I'eglise 
St-Paul, en 1810 chef d'orchestre de la troupe 
d'op6ra de Sekonda, en 1813 organiste de 
I'eglise St-Thomas, enfin, en 1817 directeur de 
musique au Theatre municipal. S. etait d£j& 
alors tr^s recherche comme professeur, mais il 
d£ploya une beaucoup plus grande activity en- 
core, lorsqu'il eut ete appeie a Dessau, en 1821, 
comme maitre de chapelle de la Cour. II fit de 
1'orchestre une phalange de premier ordre,cr£a 
un fort bon choeur d'eglise, recrute parmi les 
el&ves du gymnase el du seminaire, fonda une 
« Liedertafel », et donna une vive impulsion k 
la < Singakademie ». En 1829, S. ouvrit une 
Ecole de musique, qui obtint les plus beaux r6- 
sultats, et dans laquelle on venait de loin com- 
me de pres, jusqu'au jour ou Fouverture du 
Conservatoire de Leipzig eut fait pAlir son 
eclat. S. a dirige toute une s£rie de festivals de 
musique : Cologne (1824), Magdebourg (1825), 
Nuremberg (1828), Strasbourg (1&30), Halle 
(1830 et 1835), Halberstadt, Potsdam (1834), Des- 
sau (1834), Wittenberg (1835), Cothen (1838 et 
1846), Goblence (1840), Hambourg (1840), Meis- 
sen (1841), Zerbst (1844) et Lubeck (1847). Parmi 
les oeuvres de S., il faut placer, en toute pre- 
miere ligne, ses oratorios, autrefois estimes et 
souvent ch antes dans les festivals de musique: 
Das Weltgericht, Die SUndflut, Das verlorene 
Parodies, Pharao, Jesus Geburt, Christus das 
Kind, Christus der Meister, Gideon, Gelhse- 
mane und Golgalha, Absalon (tous graves), 
Das be freite Jerusalem, Salomonis Tempelbau, 
Bonifacius, Christus der ErWser, Die Hosllen- 
fahrt des Messias, Totenfeier; puis vingt-cinq 
cantates ; cinq hymnes : treize psaumes ; sept 
operas ; vingt-trois symphonies ; un grand nom- 
bre d'ouvertures (sur le «God save the King », 
sur la • marche de Dessau », etc.) ; des qua- 
tuors avec piano (op. 24, 34, 30); des trios ; des 



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sonates pour violon ou flute ; des sonates pour 
piano k deux et k quatre mains ; quatre cents 
chceurs et deux cents lieder avec piano. Une 
Edition complete des oeuvres de piano de S. a 
paru k Halberstadt. Quant aux Merits th6oriques 
de S., ce sont : Etementarbuch der Harmonie 
und Tonsetzkunst (1820 et d6s lors souvent ; 6d. 
angl.,1828); Vorschuleder Musik(18Q7); Hand- 
buck des Organisten (1829-1830, quatre parties). 
S. reeut, k 1 occasion du festival de Halle, le 
titre de D* phil. hon. c. de rUniversite de cette 
ville. Sa biographie a 6te ecrite par F. Kempe, 
sous le titre : F. S. ais Mensch und Kunstler 
(1859). — 8. Johann-Gottlob, fr£re du pru- 
dent, surtout estime comme organiste, n6 k 
Altgersdorf le 28 oct. 1789, m. k Dresde le 13 
avr. 1864; suivit Sgalement les cours du gym- 
nase de Zittau, et fut d'abord soprano, puis te- 
nor et prSfet du choeur de cette ville. En 1818, il 
se rendit k Leipzig pour y etudier le droit, mais 
succeda l'ann^e suivante d£j& k son fr£re, 
comme organiste k TUniversiti et professeur 
de chant k recole graluite de l'Etat. II accepta, 
en 1812, les fonctions d'organiste de l'6glise 
Pierre et Paul k Gorlitz et celles de direc- 
teur de plusieurs soci£t£s ; il donna des con- 
certs d'orgue k plusieurs reprises, k Liegnitz, 
Leipzig, Dresde, etc., puis fut nomm£, en 1825, 
organiste de I'eglise evangelique de la Cour, k 
Dresde, et prit,eu 1830,1a direction de 1* « Acade- 
mic de chant Dreyssig •. Sa reputation d'orga- 
niste s'etendit toujours plus et S. donna des con- 
certs, en 1833, entre autres, A Londres. Comme 
professeur il ne fut pas moins estime que eon 
frere Friedrich ; on compte parmi ses eieves : 
G. Merkel, Berthold (son successeur) , Jansen 
(Delft), Nicolai (La Haye), van Eyken (Utrecht), 
etc. II ne produisit, par contre, que peu d'oeu- 
vres, mais ses compositions (fugues, fantaisies, 
preludes pour orgue, chants avec orgue oblige), 
occupent un rang tres honorable. — 7. Johann- 
Gottlieb, frere des deux precedents, ne k Alt- 
gersdorf le 19 juil. 1797, m. k Hirschberg, ou il 
Itait organiste de I'eglise de la Croix, le 4 aout 
1856, etait egalement un excellent organiste. — 
8. Louis, fils de Georg- Abraham Schneider (v. 
plus haut), conseiller k la Cour royale et lec- 
teur de Frederic-Guillaume IV de Prusse, ne a 
Berlin le 29 avr. 1805, m. k Potsdam le 16 dec. 
1878 ; fit pendant longtemps partie du person- 
nel du t Schauspielhaus » de Berlin, et doit etre 
mentionne k cette place comme l'autenr d'une : 
Geschichte der Oper und des Kdniglichen 
Opemhauses zu Berlin (1852: grande edit, de 
luxe in-fol., et edit. ord. in-8°). — 9. Johann-Ju- 
lius, sans parente avec les precedents, pia- 
niste, organiste et professeur de merite. ne k 
Berlin le 6 juil. 1805, m. dans la meme ville le 
3 avr. 1885 ; etait le tils du facteur de pianos, 
Johann S., et re$ul son education musicale de 
A.- W. Bach, Turrschmidt, L, Berger (piano), 
Hausmann (orgue) et Klein (composition). II 
devint, en 1829, organiste et cantor de t'eglise 
c Friedrichswerder », fut, de 1835 k 1858, pro- 
fesseur de chant a l'Ecole industrielle, re^ut, en 
1S31, le titre de directeur royal de musique, et 

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740 



SCHNITGER — SCHOBERLECHXER 



fut nomm6, en 1839, membre de la commission 
des experts, puis, en 1849, membre de l'Acad£mie. 
En 1854, S. devint professeur d'orgue, de chant 
et de composition a l'Jnslilut royal pour la mu- 
sique d^glise, puis, en 1869, reviseur des or- 
gues du royaume, et, en 1875, membre du s&nat 
de TAcadSmie. S. avait fond&, en 1829, une 
< Liedertafel », en 1886 un chceur mixte, en 
1852 un chceur liturgique k T6glise t Frie- 
drichswerder », choeur qu'il dirigea avec beau- 
coup de zele et de succ&s. En outre, il fonction- 
na, des 1836, comme directeur de musique de 
lagrande Loge c Royal York » , et dirigea, de 1844 
k 1847, la Soci£t& de musique de cbambre clas- 
sique, k Potsdam. Quelques-unes de ses com- 
positions seulement sont pubises, mats il existe 
de lui de nombreuses ceuvres vocales religieu- 
ses (un Te Deum ; un Pater noster k douze 
voix ; une Messe k six voix ; des cantates ; des 
psaumes, etc.), deux operas, deux oratorios, 
deux cents quatuors pour voix d'hommes, des 
chants maconniques, un grand nombre de mor- 
ceaux d v orgue, un concerto de piano, de la mu- 
sique de chambre, des sonates pour piano, etc. 

— 10. Karl, tSnor, n6 & Strehlen en 1822, m. k 
Cologne le 3 janv. 1882; 6tudia primitivement 
la th£ologie, puis passa a la musique et devint 
chanteur scenique (t£nor lyrique, k Leipzig, 
Francfort, Rotterdam, Wiesbaden) puis, en 
1872, professeur de chant au Conservatoire de 
Cologne. S. fut pendant longtemps, et pour 
beaucoup de villes, Tunique et indispensable 
interpr&e de la partie difficile de TEvang£liste, 
dans la Passion selon saint Matthieu, de Bach. 

— 11. Theodor, le quatrteme fils de Friedrich 
Schneider, n£ k Dessau le 14 mai 1827; 61 A ve 
de son pere et, pour le violoncelle, de Drechs- 
ler. II devint, en 1845, violoncelliste k l'orches- 
tre de Dessau, en 1854 cantor et directeur des 
chceurs de T&glise du Ch&teau et de la ville. 
Mais, depuis 1859, il remplit les fonctions de 
cantor et de directeur de musique de l^glise St- 
Jacob, k Chemnitz (Feglise entretient un chceur 
sold& de quarante membres); en m&me temps, 
il dirige la « Singakademie », qui prcHe aussi 
son concours dans les grands concerts d'eglise. 
et une society chorale d'hommes, qu f il a fondee 
lui-ra£me, en 1870. S. a dirig£, enfln, de 188t> k 
1889, la societe de chant des instituteurs. — 
12. Karl-Ernst, ne a Aschersleben le 29 dec. 
1819, m. a Dresde le 25oct. 1893; etudia la theo- 
logie a Halle et devint, en 1840, maitre a l'or- 
phelinat de cette ville, en 1850 directeur de 
T6cole superieure des jeunes lilies, a Bielefeld. 
Depuis 1859, S. etait professeur dans un insti- 
tut de Dresde; il a ecrit : Das 7nusihalische 
Lied ingeschichllicJier Enlicicklung (1863-1867; 
trois parties) ; Zur Periodisierung der Musih- 
geschichte (1863) et Musik, Klavier und Kla~ 
vierspiel (1872). 

Schnitger (Schnitker), Arp, excellent fac- 
teur d'orgues, ne k Godswarden (Oldenbourg) 
le 2 juil. 1648, m. k Neuenfelde vers 1720; cons- 
truisit, entre autres, les orgues de St-Nicolas, 
de St-Jacob et de Ste-Gertrude k Harabourg, de 
la Cathedrale et del'eglise St-Etienne a Br£ine, 



de St-Jean k Magdebourg, de St-Nicolas & Ber- 
lin, et de Ste-Marie k Francfort-s/O. Son fils, 
Franz-Kaspar S., pril une part active a ses 
travaux, puis alia, apr£s la mort de son p£re, 
k Zwolle (Hollande), od il s'associa avec 
un frere ain6, qui y £tait d A ja fix&. Les 
deux assoctes construisirent l'orgue de Zwolle 
(68 jeux) et celui de Alkmar (56 jeux). Franz- 
Kaspar S. mourut en 1729. 

Schnorr von Carolsfeld, Lgdwig, chanienr 
scenique (t£nor) illustre, fils du peintre dn 
m6me nom, n A a Munich le 2 juiL 1836, m. a 
Dresde le 21 juin 1865 ; fit son Education musi- 
cale aupr£s de J. Otto, a Dresde, et au Conser- 
vatoire de Leipzig, puis travailla spSciakment 
en vue de la sc&ne, sous la direction de Eduard 
Devrient, k Carlsrube. H dSbuta dans cette ville 
et y fut engage, en 1858 ; mais, deux ans plus 
tard, il fut appete k Dresde comme fort tenor. 
II mourut k la suite d*un refroidissement gagn? 
lors de sa creation de « Tristan », k Munich. S. 
6tait un des meilleurs cbanteurs wagn£riens,et 
se fit remarquer surtout dans « Tannh&user ». 
II avait Spouse la cantatrice Malwina Garri- 
cues. 

Scbnyder von Wartensee, Xaver, pMagogo* 
estim6,n6 k Lucerne le 16 avr. 1786, m. k Franc- 
fort-s/M. le 27 aofit 1868; issu d'une familleai- 
s£e, 6tait originairement destine k la carriers 
de fonctionnaire, mais suivit son penchant mu- 
sical et alia k Vienne, dans 1'espoir de prendre 
des lemons de Beethoven. Comme celui-ci ne 
prenait pas d'61£ve, S. eut recours k Tenseigne- 
ment de J.-Ch. Kienlen. Apr&s avoir fait la 
campagne de 1815, il fut quelque temps maitrv 
de musique a Tlnstitut Pestalozzi, a Yverdon. 
mais se fixa en 1817, comme professeur demo- 
sique, & Francfort-s/M., oil il occupa bientot 
une situation en vue. S. a ecrit surtout de> 
oeuvres vocales, un op£ra teerique : Fortunot 
(1829), un oratorio: Zeit und Evoigheit, de* 
cantates, des chopurs religieux et profanes, «ie* 
chants suisses pour chceurs d'hommes, deux 
symphonies, une sonate pour piano, etc 11 * 
fourni des articles de critique musicale k la 
« C&cilia * de Mayence et a V t Allgemeine ma- 
sikalische Zeitung » de Leipzig. 

Schober, Franz von, Tami de Franz Schuber. 
(v. ce nom),n6dMalmo(Su^de) le 17 mai K& 
m. a Dresde le 13 sept. 1883 ; surv^cut ciL- 
quante-cinq ann&es entieres k son ami. S.viTaii 
vers 1843 a la Cour de Weimar ; il se fixa ec 
1856 k Dresde, plus tard & Pesth. a MonicL 
puis k Gratz. Ses poesies ont ete publics en 
1842 et en 1865. 

Schoberlechner . Franz, pianiste-composi* 
teur, n^ a Vienne le 21 juil. 1797, m. a Berlin k 
7 janv. 1843; el^ve de Hummel et de Forster.s 
Vienne, donnait des concerts k Vkge de dix aw 
deja, avecun concerto £crit pour lui speciak* 
ment par Hummel. D fut entrafne, dee le debut, 
par la vie errante du virtuose, se rendu d'aburt 
en Italie (1814), joua dans plusieurs grands 
villes et fit executer k Florence un Requiem et 
un opera de sa composition. En 1815, S. devini 
chef d orchestre de la duchesse de Lucques, o*. 



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SCHOBBRT — SCHOLZ 



741 



il donna an second op£ra ; mais il rentra k 
Vienne en 1820. Trois ans plus tard, nous le 
trouvons k St-P£tersbourg, puis, en 1824, il 
epouse la cantatrice Sophie dall'Occa (n£e k 
St-Petersbourg en 1807, m. k Florence en 1863), 
dont les nombreux deplacements rendirent sa 
vie encore plus agitSe. Les deux 6poux partag6- 
rent leur Yie surtout entre St-P6tersbourg, 
Vienne et Tltalie septentrional e (Bologne, Flo- 
rence, Milan). En 1881, S. acbeta une Yilla pr&s 
de Florence, dans laquelle il se retira plus 
tard La mort le surprit au cours d*un voyage 
a travers 1'Allemagne. Les compositions de S. 
comprennent surtout : des variations, des fan- 
taisies, des rondos, des sonates pour piano, 
quelques themes varies avec orcheslre (op. 46, 
47), des quatuors pour instr. k archet, un trio 
avec piano, une sonate de violon, un rondo k 
quatre mains et une ouverture. 

Schobert, v. Sciiubart, 2. 

SchoBberlein, Ludwig, n6 k Kolmberg, pr&s 
Ansbacb, le 6 sept 1813, m. k Gottingue le 8 
juil. 1881 ; theologien protestant, fit ses Etudes 
k Munich et k Erlangen, puis devint successi- 
vement vicaire k Munich, r£p£titeur (1841) 
puis privat-docent (1849) k TUniversit6 d*Er- 
langen, professeur extraordinaire a Heidelberg 
(1850), professeur ordinaire k Gottingue (1855), 
et,en m&me temps, conseiller consistorial (1862) 
et abbe de Bursfelde (1878). En plus de ses ou- 
vrages de theologie, S. a publie, avec Fr. Rie- 
gel : Schatz des lilurgischen Chor - und Ge- 
meindegesangs (3 vol. ; 1865-1872), un ouvrage 
des plus precieux. 

SchoBffer, Peter (le cadet), His du compagnon 
du mdme nom de Gutenberg et de Faust, Tun 
des plus anciens imprimeurs de musique alle- 
mands. II imprima d'abord (1511) a Mayence 
(v. Schlick), plus tard k Strasbourg (1530 ; v. 
Walthbr), ou il s'associa avec Matthias Apia- 
rius ; d6s 1539, il travailla de nouveau seul et 
parait 6tre mort pen apres. S. a public, entre 
autres, les anthologies suivantes : XX cun- 
tiunculce gaUicce 4 voc. (1530); Motetarum 
4 voc. a diversis musicis lib. 1 (1535) et Cantio- 
nes 5 voc. selectissimce (1539). 

SchcBlcher, Victor, politicien francais, n£ le 
21 juil. 1804, m. k Paris le 26 dec. 1894 ; mem- 
bre du S£nat, sous-secretaire d*Etat au minis- 
tere de la marine, vecut en Angleterre durant 
le second empire, pour s*6tre declare, lors du 
coup d'Etat (1851), partisan de la (Constitution, 
mais rentra en 1870 k Paris. S. £tait un admi- 
rateur enthousiaste de Htendel ; il a ecrit : The 
life of Handel (1857^et l£gu£ au Conservatoire 
de Paris sa pr£cieuse collection d'oeuvres de 
Hsendel et d'ouvrages sur Hiendel, de m£me 
qu'une riche collection d'instruments. 

SchoBn, Moritz, violoniste, n£ a Kronau (Mo- 
ra vie) en 1808, m. k Breslau le 8 avr. 1885; el&ve 
de Hubert Ries et de Spohr, 6tait maitre de 
violon, avec le titre de « directeur royal de mu- 
sique*, k Breslau. II a ecrit une serie d'ceuvres 
instructives pour le violon : Prahtischer Lehr- 
gang fiir den Violinunterricht (12 livraisons), 
des duos de violon (Etudes), 12 lemons pour les 



commengants (op. 26), Der Opernfreund, Der 
Sontagsgeiger, Erholungsstunden, etc. 

Schoenfeld, Hermann, ne k Breslau le 31 janv. 
1829 ; el£ve de Julius Seidel pour la composi- 
tion, fut, pendant de tongues ann£es, directeur 
royal de musique etcantor de l*6glise Ste-Marie- 
Madeleine, k Breslau. II a 6crit quatre cantates 
d'£glise, des motets, des psaumes pour chceur 
mixte, une symphonie, cinq ouvertures de con- 
ceit, un trio avec piano, une sonate de violon, 
oeuvres qui toutes furent ex6cut£es k diverses 
reprises. Seuls, des morceaux d'orgue, des re- 
cueilsde chants d^cole et quarante-deux chorals 
k quatre voix, destines k Tecole, ont &t& pu- 
blics. 

Schcanstdin, Karl, Freiherr von, n&k Buda- 
pest le 26 juin 1797, m. k Vienne le 16 juil. 1876; 
employ^ du gouvernement autrichien, fut mis k 
la retraite en 1856, apres avoir 6te chambellan 
et conseiller minist£riel. S. fut, dans sa jeunesse. 
un chanteur en vogue et Tun des premiers qui 
interpr£ta magistralement les lieder de Schu- 
bert. Le maitre lui d£dia, du reste, les « Mftller- 
lieder ». 

Scholar, ancien instr. a vent h£breu, pourvu 
d*une embouchure en forme de bassin et ana- 
logue k notre cor. 

Scholti, 1. Adolf, n£ dans un village sur la 
fronttere de la Sitesie et de la Pologne, en 1823 
(son p&re £tait inspecteur prussien de la fron- 
U6re), m. a Breslau le 13 aout 1884; fut dans ses 
jeunesanneesun trompette virtuose de premiere 
force, engage preincrement dans le ll m « regi- 
ment d'infanterie, a Breslau, mais bienUtt apr£s 
dans Torchestre du theatre de cette ville. Une 
esquisse biographique enthousiaste sur S.a it& 
publiee, dans la « Zeitschrift fiir Instrumenten- 
bau •, par son i\i\e Eichborn (1886, n° 35). — 
2. Hermann, pianiste et compositeur delicat, n6 
k Breslau le 9 juin 1845; fut l'61&ve de Brosig, 
puis alia en 1865 a Leipzig et en 1867, sur les 
conseils de Liszt, k Munich, oil il re^ut a TEcole 
royale de musique des lemons de Btilow et de 
Rheinberger,et fut k son tour, pendant six ans, 
maftre dans cet 6tablissement. Depuis 1875, S. 
vit k Dresde oil, en 1880, il a re^u le titre de 
virtuose de la Chambre royale de Saxe. A c<M6 
d'oeuvres de grandes dimensions : un conceilo 
de piano (manuscrit) et un trio en fa mineur 
(op. 51), il faut mentionner une sonate, op. 44 ; 
six themes avec variations ; Stimmungsln'lder, 
op. 60; ballade, op. 66; et une s&rie de jolis 
morceaux lyriques (Albumbldtter, op. 20; Mad- 
chenlieder, op. 37 ; Lyrtsche Blatter, op. 40). 
L'edilion de Chopin, revue par S. (Ed. Peters), 
se distingue par une revision du texte Ires soi- 
gneuse et par un excellent doigte ; il faut aussi 
noter ici les arrangements excellents de la par- 
tie lente des deux concertos de Chopin, pour 
piano seul. 

Schol«,BKRNHARD-E., compositeur distingu£, 
directeur et thSoricien, ne k Mayence le 30 mars 
1835 ; eleve, pour le piano, de Ernst Pauer (au- 
trefois directeur de la « Liedertafel » de Mayen- 
ce), pour la thSorie, en 1855, de S.-W. Dehn 
(dont il publia, en 1859, le traite de contrepoint, 



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742 



SCHONDORF 



SCHRADIEGK 



de canon et de fugue, laisse manuscrit par l'au- 
teur [2« edit., 1883]). II devint, en 1856, maitre 
de theorie k TEcole royale de musique de Mu- 
nich, fut de 1859 k 18G5 chef d'orchestre au 
•theatre de Hanovre, puis vint k Berlin jusqu'au 
moment ou il fut appele a Breslau, comme di- 
recteur des concerts de la « Societe de l'orches- 
tre ». Enfin, le l" avr. 1888, S. succeda a Raff 
comme directeur du Conservatoire du D'Hoch, 
k Francfort-8/M. A son depart de Breslau, il 
recut de i'Universite de cette ville le tilre de 
D* phil. honoris causa et, peu de temps apres, 
du gouyernement prussien, celui de « profes- 
seur royal ». Malgr& de violentes intrigues, qui 
n'eurent d'autre consequence que le renvoi de 
l'ancien personnel, S. parvint k prendre rapi- 
dement pied dans sa nouvelle situation, et le 
Conservatoire entra dans une nouvelle ere de 
prospMte. Depuis 1884, S. est aussi directeur 
de la societe de chant « Ruhl ». II a pubhe des 
lieder, de la musique de chambre (quatuors 
pour instr. k archet, op. 46 et 48 ; quintette, op, 
47); une symphonie en si majeur (op. 60) ; Ma- 
linconia (pour orchestre), une suite d'orches- 
tre : Wanderung , Das Siegesfest (pour soli, 
choeur et orchestre). Das Lied von der Gloche, 
(id.), des ouvertures (pour YlphigSnie, de Goe- 
the, et lm Freien), un Requiem, et il a fait re- 
presentor des operas: Carlo Rosa (Munich, 
1858), Zietensche Husaren (Breslau, 1869), Mor- 
giane (Munich, 1870), Golo (Genovefa, Nurem- 
berg, 1875), Der Trompeter von Sdchingen 
(Wiesbaden, 1877), Dievornehmen Wirte (Leip- 
zig, 1888) et Hugo (Francfort-s/M., 1897). 

Schondorf , Johannes, ne a Roebel (Mecklem- 
bourg) en 1838 ; alia k l'ecole k Rostock et y re^ut 
des lemons de musique de A.-H. Sponholtz, puis 
devint eieve particulier de Th. Kullak et de 
Wuerst, k Berlin, et, de 1850 k 1854, eieve du 
Conservatoire Stern-Kullak. En 1855, S. fut 
nomme directeur du • Liederkranz » de Neu- 
brandenburg; plus tard,il devint organiste des 
deux eglises de cette ville ; depuis 1864, il est 
organiste der^glise paroissiale,mallre de chant 
k Fecole du Ddme et directeur de la « Societe 
chorale mixte » de Gustrow. S. est un musicien 
distingu^, dont les Vaterl&ndische Gesdnge 
(op. 18, 19, 20 pour voix mixtes, op. 21 pour 
voix d'hommes) meritent d'etre chaudement re- 
commandes k tous les directeurs de societes 
allemandes; il faut citer, en outre, differentes 
compositions pour piano, des chants d'ecole, un 
hymne k Tempereur, etc. 

Schott, 1. Nom d'une des plus grandes mai- 
sons d'edition musicale du monde (B. Schott 
und Sohnk, k Mayence), maison qui a publi6 
plus de vingt-cinq mille ouvrages, parmi les- 
quels les dernieres oeuvres de Beethoven (IX« 
symphonie, quatuors et Missa solemnis), pres- 
que tous les operas de Donizetti, Rossini, Au- 
ber, Adam et, parmi les plus Scents, les • Mal- 
tres-Chanteurs », Y • Anneau du Niebelung » et 
« Parsifal », de Richard Wagner. La maison fut 
fondee en 1773 par Berniiard Schott (m. en 
1817), et reprise par ses fils Andreas (ne en 
1781, m. en 1840) et Johann- Joseph (ne en 1782, | 



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m. en 1855). D&jk au commencement de ce all- 
ele, les S. fonderent k Anvers une succursale 
qui, dans la suite, acquit une grande impor- 
tance. Par Temploide la lithographic, pour Tim- 
pression musicale, ils amenerent une transfor- 
mation complete dans la technique de cette 
branche, et utiliserent les avantages que leur 
procurait leur innovation, par la fondation 
d'une succursale k Londres (Adam Schott). 
Bientdt une nouvelle succursale encore fut ou- 
verte a Paris, apres que la maison d'Anvers 
eut ete transferee k Bruxelles.Ce que les peres 
avaient si bien commence, les fils le continue* 
rent en l'agrandissant k leur tour. Parmi ceux- 
ci, ce fut Franz-Philipp (ne en 1811, m. le 8 
mai 1874, au cours d*un voyage k Milan), qui 
dirigea, des 1825, la maison de Mayence, d'a- 
bord en commun avec son oncle, Johann-Jo- 
8eph, puis, apres la mort de ce dernier, seal. 
Son frere cadet, Peter, travaillait, a Bruxelles 
et k Paris, k la diffusion des editions de 
Mayence. La maison de Bruxelles, Schott fr£- 
rbs, publia entre autres, des 1854, le Guide 
musical, importante revue musicale, qui passa 
plus tard aux mains de M. Kufferath (v. ce 
nom). A Londres, apres la mort d'Adam Schott, 
ce furent J. -B. Wolf (1849-1881), puis Carl 
Volkert, qui representerent la maison. D faut 
mentionner encore ici le fonds legu6 k la ville 
de Mayence par Franz Schott et son epouse, 
Betty (nee de Braunrasch; excellente pianiste, 
m. le 5 avr. 1875), fonds dont les intents ser- 
vent a entretenir un orchestre municipal perma- 
nent. Apres la mort de ces derniers proprie- 
taires, les affaires passerent dans les mains de 
Peter Schott, de Franz von Land wehr, deux 
neveux de la famille, et du D r L. Streckkr; la 
maison principale de Mayence et la succursale 
de Londres devinrent la propriet& des deux 
derniers, tandis que les succursales de Bruxel- 
les et de Paris furent attribuees a Peter Schott 
(fils du fondateur, m. a Paris le 20 sept. 1894, A 
peine Ag6 de 38 ans) ; Peter S. avait vendu 
quelque temps ay ant sa mort ses succursales. 
mais les differentes maisons n'en continuerent 
pas moins leurs affaires et leurs relations com- 
munes. — 2. Anton, chanteur de concert et de 
theatre fort connu (tenor), ne a Burg-Staufeneck 
( Alpes de Souabe) en 1846 ; fut, des 1865, officier 
d'artillerie wurtembergeois, mais, apres la cam- 
pagne de 1871, devint eieve de M»* Agnes 
Schebest-Strauss et debuta, k la fin de 1871 
deja, k l'Opera de Munich, ou il fut engage. De 
1872 k 1875, S. fut tenor lyrique a l'Opera de 
Berlin; il passa ensuite a Schwerin, comme 
fort tenor, puis k Hanovre, d*ou il entreprit des 
grandes tournees de concerts. En 1882, S- fit 
partie de la troupe wagnerienne itinerante 
d'Angelo Neumann, en Italie. Actuellement, il 
vit sans poste fixe et ne chante plus que dans 
les concerts. 

Schottisch (danse), v. ecossaise. 

Schradieck, Henry, excellent violoniste, ne 
a Hambourg le 29 avr. 1846 ; fils d'un musicien 
qui se chargea de sa premiere education musi- 
cale, fut ensuite eieve de Leonard, a Bruxelles 

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SCHRAMM — SCHRCEDER 



743 



(1857-1858), et de David, A Leipzig (1859-1861). 
En 1868> S. devint concertmeister des « Privat- 
konzerte », A Br&me, puis il fat successivement 
profe8seur au Conservatoire de Moscou (1864- 
1868), et concertmeister des Concerts phiiharmo- 
niques de Uambourg ; de 1874 A 1882,il fat coor- 
<ionn£ A Rontgen, comme concertmeister du 
< Gewandhaus » et de l'orchestre duThidtre, A 
Leipzig, n remplit ensnite, pendant qaelque 
temps, les fonctions de professeur aa Conserva- 
toire, jusqu'au moment ou, en 1883, il accepta 
un appel aa Conservatoire de Cincinnati. De- 
puis 1889, S. vit de nouvean A Hambourg, ou il 
ost actaellement concertmeister de la Soci£te 
philharmonique. S. n'a public que quelques 
ouvrages didactiques pour violon : Tonleiter- 
studiet^Anleitung sum Stadium der Akkorde, 
Technische Sludien, et vingt-cinq grandes etu- 
des pour violon seul. 

Schramm, Melchior, contrapontiste alle- 
mand; devint, en 1574, membre de la Chapelle 
du comte Hohenzollern, en 1595 organiste A 
Mttnsterberg, et plus tard A Offenbourg. S. a 
public : deux livres de motets A cinq et.six voix 
{Cantiones sacree, 1572; Sacra canliones,Vflb); 
deux livres de motets de cinq A huit voix (Can- 
tiones selectee, 1606 el 1614) ; enfln, Neue aus- 
erlesene deutsche Gesdnge mil 4 Stimmen 
<1579). 

Schreck, Gustav, nk A Zeulenroda le 8 sept. 
1849 ; recut les premieres lemons de musique du 
cantor de la localite, Stolle, puis fr£quenta le 
lyc£e et le s6minaire de Gretz (ou il eut comme 
maltres de musique Dietelel Urban). II fut pen- 
dant quelque temps maitre d*6cole et directeur 
de society chorales, mais entra en suite au Con- 
servatoire de Leipzig (1868-1870; Papperitz, Plai- 
dy, Jadassohn). Si Ton fait exception de trois an- 
nees qu'il passa en Finlande, comme mattre de 
musique, S. resta toujours a Leipzig et se fit 
connaltre comme compositeur de talent (ceu- 
vres chorales : Konig Fjalar, Der Falhen-Rei- 
ner, Begriissung des Meeres; un concerto de 
faautbois, etc.). II fut nomm6, en 1887, profes- 
seur de thdorie au Conservatoire, et devint, en 
1892, cantor de l'ecole St-Thomas, ou il succe- 
dait &Rust. S.publie, depuis lors, un recueil 
des ceuvres vocales religieuses qui forment le 
repertoire du choeur de St-Thomas. 

Schreiber, Friedrich, n6 le 6 sept 1824, der- 
nier propri&aire (1872-1876 ; cf. Cranz) de la 
maison d'editions musicales viennoise qui, fon- 
dee par Mollo (1801), fut reprise plus tard par 
Diabblli, et, en 1852, par Spina, maison qui 
changea chaque fois de raison de commerce, en 
changeant de proprietaire. Les catalogues de la 
maison comportent environ trente mille nu- 
m£ros. 

Schrems, Joseph, n6 a Warmensteinach (Haut- 
Palatinat ) le 5 oct. 1815, m. A Ratisbonne le 
25 oct. 1872 ; flls d'un maitre d'Scole, fit ses Etu- 
des A Amberg et A Ratisbonne, et fut ordonnS 
prfetre en 1838. Apres avoir £te cure a Hahn- 
bach, pendant une annee, il devint maitre de 
chapelle et inspecteur de la pr&bende du Ddme, 
A Ratisbonne, jusqu'en 1871. S. fut tr£s habile 



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directeur et, en faisant revivre l'ancienne mu- 
sique d'6giise, il se montra digne £mule de 
Proske et de Mettenleiter. Les archives musica- 
les de la cath6drale de Ratisbonne sont deve- 
nues, grAce A lui, une des plus riches collec- 
tions d'ancienne musique d'£glise. Parmi les 
nombreux Aleves de S., il convient de citer les 
plus connus : M. Haller, G.-V. Weber (Mayen- 
ce), D r Ft. Witt et Fr. Konen. Apr£s la mort de 
Proske, ce fut S. qui continua la publication de 
la Musica Divina. 

Schreyer, Johannes, n6 A Possendorf, pr&s 
Dresde, le 20 juin 1856; £l&ve du Conservatoire 
de Leipzig et de l'Acad£mie royale de Berlin, 
musicien tr6s cultiv6, auquel ce dictionnaire 
doit plusieurs communications importantes. S. 
vit depuis 1881 a Dresde, ou il est tr&s estim£ 
comme professeur de musique. H a public un 
choix de compositions pour orgue, de Bach, 
avec indication du phrask 

Schroder, 1. Hermann, ne A Qutfdlimbourg 
le 28 juil. 1843; fils d'un directeur de musique, 
Karl S. (ne A Endorf, dans le Harz, le l* r mai 
1828, m. en 1889 A Berlin, ou il 6tait directeur 
depuis 1852; auteur d'op£ras: Pizarro, Wal* 
purgisnachl [1847]), £l£ve de A. Ritter, A Mag- 
debourg, fonda, en 1873, a Berlin, un Institut 
de musique, qu'il dirige encore, malgr& sa no- 
mination au poste de professeur de violon, A 
Tlnstitut royal de musique d'6glise (1885). S. 
fonda en 1871, avec ses freres, Franz (second 
violon), Alwin (alto) et Carl (violoncelle), un 
quatuor itinerant, qui dura jusqu'en 1873. II a 
compose de la musique symphonique el de la 
musique de chambre, el il a £crit, en outre, une 
methode de violon: Die Kunst des Violin- 
spiels. — 2. Karl, violoncelliste distingu£ et 
excellent directeur, frere du precedent, n6 a. 
Quedlimbourg le 18 d$c. 1848; 616ve de son 
pere et, plus tard, de Drechsler, A Dessau, de- 
vint, a l'Age de quatorze ans, membre de la 
Chapelle de la Cour, 4 Sondershausen. En 1873, 
il fut nomme premier violoncelliste de l'orches- 
tre de la Cour, a Brunswick, mais l'ann£e sui- 
vante d6ja, il fut appel£ A la place de Hegar, A 
Leipzig, comme violoncelle-solo des concerts 
du t Gewandhaus » et de l'orchestre du th£a> 
tre, et comme professeur au Conservatoire. En 
1881, S. prit, A Sondershausen, la succession de 
Erdmannsdorffer, comme chef d'orchestre de la 
Cour et fonda, dans cette ville, un Conserva- 
toire qui prit rapidement de l'extension et qu'il 
vendit A son successeur, Adolphe Schultze, en 
1886. Apr£s avoir £te, pendant une saison, chef 
d'orchestre de TOp6ra allemand, a Rotterdam, 
S. fut appele par le comte de Hochberg, comme 
premier chef d'orchestre a l*Op£ra de Berlin ; 
mais il ne conserva cette situation que jusqu'en 
1888, succeda alors A Sucher, a Uambourg, 
mais, en 1890, retouma a Sondershausen comme 
chef d'orchestre et directeur du Conservatoire 
princier, A des conditions plus avantageuses 
que celles qu'il avait eues precedemment. S. a 
publie quelques ceuvres pour violoncelle (con- 
certo, op. 82; caprices, op. 26; methode de vio- 
loncelle, op. 34 [en quatre parties], Etudes, etc.); 

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SGHRCKDER-DEVRIENT — SCHRCETER 



il s'est aussi fait connaltre comme compositeur 
8c6nique (Aspasia, 1892; Der Asket, Leipzig, 
1898) et a public des « catechismes > de Tart de 
dinger i'orchestre, du jeii du violoncelle { ed. 
angl., chez Augener, 1894), et du jeudu vio- 
lon (id., 1895). — 3. Alwin, frere du precedent, 
n6 k Neuhaldensleben le 15 juin 1855; fut d'a- 
bord pianiste, el6ve de son p£re, de son frere 
Hermann et, plus tard, de J.-B. Andre, A Bal- 
lenstpdt (oh le quatuor S. avaiteteappeie),mais 
travailla aussi le violon et devint eieve de 
Ahna A TAcad^mie royale de musique, A Berlin. 
II prit en m&me temps des lemons de th£orie de 
W. Tappert, se forma seul comme violoncel- 
liste, avec un tel succes, du reste, qu'il put en- 
trer, en 1875, comme premier violoncelliste, 
dans I'orchestre des concerts Liebig. II passa 
ensuite dans ceux de Fliege, puis de Laube 
(Hambourg) et succeda provisoirement, puis 
definitivement, a son frere, dans I'orchestre du 
t Gewandbaus » , A Leipzig. II fut en m£me 
temps professeur de violoncelle au Conserva- 
toire, mais abandonna ces diflferents postes, 
pour se rendre plus tard A Boston, comme pre- 
mier yioloncelle-solo de Y « Orchestre sympho- 
nique ». S. etait aussi violoncelliste dans le 
quatuor de Petri, A Leipzig, et se montra tou- 
jours un maltre remarquable de cet instrument, 
qu'il avail pourtant choisi si tard. 

Schroder - Devrient, Wilhblmine, illustre 
cantatrice dramatique, nee A Hambourg le 6 dec. 
1804, m. A Cobourgle 26 janv. 1860; etait la 
fille du baryton Friedrich Schroeder et de la c6- 
lebre actrice Sophie Schroeder, aussi grandit- 
elle, pour ainsi dire, sur la scene, ou elle rem- 
plit d'abord des roles d'enfant, et ensuite, 
jusqu'A YAge de dix-sept ans, fut actrice. Joseph 
Mazatti se chargea alors de son education mu- 
sicale. Sa mere etait engag&e au the&tre de la 
t Hofburg » , A Vienne , tandis que son p£re 
etait mort d6j& en 1818. En 1821, S. debuta 
comme cantatrice, a Vienne, dans le rdle de 
Pamina, chanta la m&me ann^e, en representa- 
tions, & Prague et A Dresde, et devint d'un seul 
coup Tune des can ta trices les plus en vue de 
TEurope entiere, lorsque, en 1822, elle donna 
de Fidelio une interpretation vraiment geniale. 
En 1823, elle fut engag^e A Dresde et resta 
fiddle A cette scene jusqu'au moment ou elle se 
retira, en 1847, dans la vie privee. Elle avait 
6pouse, en 182KI, i'acteur Karl Devrient, mais 
son mariage fut rompu en 1828. S. fit plus tard 
encore deux manages; elle epousa, en 1847, un 
M. de Doring (divorce, 1848), puis, en 1850, le 
baron von Bock. A la suite de sa participation 
A Tinsurrection de mai 1849, elle fut expulsee de 
Dresde ; le gouvernement russe m&me lui inter- 
dit de passer la fronttere, cependant l'inler- 
diclion fut levee plus tard. Une p^nible maladie 
jeta M m « S. sur un lit de douleur, mais sa soeur, 
M me Auguste Schlonbach, la soigna avec un de- 
vouement parfait jusqu'd sa mort. La methode 
vocale de M m « S. n'etait pas sans d£faut, mais 
la passion qu'elle mettait dans son jeu et dans 
Interpretation musicale de ses rtiles, faisait 
oublier tons les defauts de sa technique. A. von 



by \j 



iL 



IC 



Wolzogen a public, en 1863, une biographie de 
cette artiste remarquable. 

Schroeder-Hanfst&ngeL v. Ranfstjsngel. 

SchrcBter, 1. Leonhard, Tun des meilleurs 
contrapontistes allemands du xvi« s., ne A Tor- 
gau vers 1540, m. A Magdebourg, oil il etait 
cantor de recole « Altst&dt ». On a conserve de 
lui : des motets de quatre a huit voix, datantde 
1576 a 1587 ; cinquante-cinq lieder de quatre a 
sept voix pour des melodies protestantes alle- 
mandes (1562); un Te Deum (1571, imprime en 
1576, reedite par Otto Kade, dans le voL V de 
l'histoire de la musique, d'Ambros). — 2. Chris- 
toph-Gottlieb, organiete de talent, theoricien 
habile et compositeur fecond, ne A Hohenstein 
(Saxe) le 10 aoftt 1699, m. A Nordhausen en nov. 
1782; arriva tresjeune A Dresde, comme enfant de 
cho»ur, et y devint ensuite chantre du Conseilet 
pensionnaire de l'Ecole dela Croix. Apr£s avoir 
suivi les lemons de cette ecole, il entra a I'Uni- 
versite de Leipzig, comme etudiant en theolo- 
gie, mais se voua bient6t completement a la 
musique. Le hasard voulut qu'il flit copiste de 
Lotti, pendant le sejour du maitre A Dresde, de 
1717 A 1719 ; son activite cicatrice en fut stimu- 
iee et, de plus, de 1720 A 1724, il parcourut avec 
un baron allemand, riche amateur de musique, 
l'Allemagne, la Hollande et l'Angleterre. A son 
retour, S. fit des conferences musicales A iena* 
puis il fut appeie, en 1726, comme organiste i 
Minden el, de 1732 jusqu'd sa mort, il remplit 
les memes fonclions A Nordhausen. La liste de 
ses compositions, dressee par lui-meme, com- 
prend sept series annuelles completes de can- 
tates d'eglise ; une c passion » en musique : Die 
sieben Worie (poeme de S. lui-meme); une 
quantite d'oeuvres de circonstance; des can- 
tates; des serenades ; des concertos; des over- 
tures; des sonates; de la musique de chambre; 
puis des preludes et des fugues pour orgue. 
Quant a ses ouvrages theoriques, ce sont: 
Episiola gratulatoria de musica Datidica et 
Salomonica (1716); Deutsche Anwezsung sum 
Generalbass in bestdndiger Veramderung des 
uns angeborenen ?iarmonischen Dreiklangs; 
(1772 ; ouvrage interessant, dans lequel, pour 
la premiere fois, nous trouvons exprimee Fidee 
que les accords parfaits, majeur et mineur, sont 
seuls des harmonies fondamen tales, tandis que 
tous les accords de septieme en decoulent par 
addition ou substitution) ; Lelzte Beschceftigung 
mit musikalischen Dingen nebst secJis Tempe- 
ratwrplanen und einer Notentafet (1783;; 
enfin, un grand nombre d'articles poiemiques 
et critiques, en partie interessants, contre 
Scheibe, Sorge, etc., et parus dans la « Biblio- 
tek » de Mizler et dans les « Kritische Briefe » 
de Marpurg. Le nom de S. joue un certain rdle 
dans Fhistoire du piano a marteaux (cf. piano); 
son essai : Die umslandliche Beschreibxng 
eines neu erfundenen Klavierinstrumentu 
auf welchem man in untersc/iiedenen Grade* 
stark und sckwach spielen kann (1768), Be 
trouve dans le deuxieme volume des « Kriti- 
sche Briefe ». — 4. Corona-Elisabeth -Wilhel- 
mine, celebre cantatrice, n6e A Guben le 14 janv. 

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SCHRYARI — SCHUBERT 



745 



1751, m. k Hmenau le 23 aofU 1802 ; d6bnta a 
I'&ge de seize ans, dans an concert k Leipzig, 
puis fnt au thMtre de Weimar d&s 1778. Elle 
excellait surtout dans la veritable cantilene. On 
a public vingUcinq chants de sa composition 
(1786, en deux cahiers). — 5. Johann-Samuel, 
fr6re de la pr£c6dente, pianiste et compositeur, 
n6 k Varsovie en 1750, m. a Londres le 2 nov. 
1788 ; fut pianiste de la Chambre du prince de 
Galles. II a publie, a Londres : quinze concer- 
tos de piano, huit trios et trois quintettes avec 
piano, et six sonates de piano. Un autre fr&re 
de Corona S., Johann-Heinrich, n6 k Varsovie 
en 1762, fut un excellent violoniete,sejourna d&s 
1782 k Londres et plus tard a Paris. II a fait 
paraltre des trios pour deux violons et flute, et 
deB duos pour violon et violoncelle. 

Schryari (a\l.,Schreierpfeife), 1. Ancien instr. 
k vent, hors d'usage, et qui ne paratt gu£re avoir 
pu pretendre jamais k une r^elle importance 
artistique. La perforation des parois lat£rales 
de Finstrument n'avait sans doute pas d*au- 
tre but que de faciliter le saut k l'octave ou dla 
double octave (instr. octaviant). M. Prsptorius 
led&crit dans le « Syntagma*.— 2. Jeu mixte 
de Torgue, le plus petit (aigu) de tous, plus 
aigu encore que V Acuta ; il ne se compose g£- 
n&ralement que d'octaves, a cependant parfois 
une ^quinte et porte trois tuyaux sur marche. 
Le s. ne commence, dans la r^gle, qvCk 1\ C.-&- 
d. qu'il donne, pour la touche ut\ les sons uJ 4 
ut 5 ufl. Son diapason est assez 6troit. 

Schubart, 1. Christian -Friedrich- Daniel, 
poSte, n6 k Sontheim (Souabe) le 13 avr. 1789, 
m. k Stuttgart le 10 oct. 1791 ; connu par sa cap- 
tivity de dix ann£es (1777 k 1787) sur le Hohen- 
asperg, £tait aussi musicien et devint, aprds sa 
captivity dramaturge, directeur de thMtre et 
directeur de musique. II 6crivit, pendant sa 
captivity, non seulement des ouvrages sur la 
musique, mais un certain nombre de composi- 
tions : quelques morceaux de piano (Klagege- 
sang ; des variations), un melodrame (Evas 
Klage bei des Messias Tod), une opSrette (Die 
glucklichen Reisenden), etc. Ses Musikalische 
Rhapsodien (1786) contiennent, dans le premier 
cahier, un morceau de cbant : Patus tmd Arria 
(d'Anfossi, traduit et augmente par S.), une 
cantate : Die Henne, un chant de berger; dans 
le second, un essai sur le jeu d'orgue (dedi& a 
Tabb6 Vogler) ; dans le troisieme cahier, une 
adresse k Beecke, un catalogue, un chant comi- 
que, dix lieder, un menuet, un rondo, quelques 
morceaux de piano el une cantate : Die Macht 
der Tonkunst II faut enfin mentionner, comme 
ayant, au point de vue musical, un inter£t parti- 
culier, les Ideen zu einer Aesthetik der Ton- 
kunst que son His Louis publia en 1806. Cet 
ouvrage a beaucoup contribu£ k susciter les 
in£narrables fantaisies esth&iques qui, dans 
le domaine musical, se firent jour depuis son. 
apparition. 6. Hauff a £crit une biographie de 
Schubart (malheureusement insuffisante, sur- 
tout au point de vue musical. Cf. egalement: 
Chr.-Fr.-D. Schubart's Leben in seinen Brie- 
fen y parD.-Fr. Strauss (£• ed., 1878).— 2.(Scho- 



byG< 



IC 



bert), pianiste et compositeur bien dou6, parent 
du precedent (ses pr£noms sont inconnus), n6 
k Strasbourg en 1720, m. a Paris, d'un empoi- 
sonnement par des champignons, en 1768; 6tait 
d'un caract&re analogue k celui de Daniel S. et 
eut une vie tres mouvement^e. Une place d'or- 
ganiste qu'il occupait a Versailles lui fut retiree 
au bout de peu de temps ; par contre, il devint, 
en 1760, virtuose de la Chambre du prince 
Conti. S. a public, k Paris, k Amsterdam et k 
Londres, plusieurs sonates de piano, des sona- 
tes de violon, des trios, des quatuors, des con- 
certos (tous pour ou avec piano), enfin, dix 
« symphonies » pour piano, violon et deux 
cors. 

Schubert, 1. Joseph, compositeur ttcond, n6 
k Warnsdorf (Boh&ne) en 1757, m. k Dresde, oil 
il 6tait violoniste de Torchestre de la Cour, en 
1812; auteur de plusieurs operas, publia Egale- 
ment des sonates de piano, des sonates de vio- 
lon avec basse, des duos de violons, un concerto 
de violoncelle, etc. II a laisse une quantity de 
compositions de tons genres, mannscrites. — 
2. Johann-Friedrich, directeur de musique de 
differentes troupes de th£4tre(& Stettin, Glogau, 
Ballenstedt, etc.), ne k Rudolstadt le 17 d£c. 
1770, m. a Cologne en oct. 1811 ; publia un con- 
certo de violon, un morceau concertant pour 
haulbois et basson, des duos de violons, des 
morceaux de piano et une Neue Singschule 
oder griindliche und vollstiindige Anweisung 
zur Singhunst (1804). II fit, en outre, ex£cuter 
un op£ra de sa composition, k Stettin. — 8. 
Ferdinand, fr6re ain6 du c£lebre compositeur, 
ne k Lichtentbal, pr6s de Vienne, le 18 oct. 
1794, m. k Vienne le 26 tevr. 1859; 6tait, en 
1809 d£j&, maitre suppleant k TOrphelinat, puis 
devint successivement directeur de chceur k 
Altlerchenfeld (1820), mattre(1824) et finalement 
directeur (1850) de TEcole normalede Ste-Anne, 
k Vienne. S. a fait paraltre toute une s£rie de 
compositions religieuses(Tanftem ergo; Regina 
cceli ; un Requiem allemand a quatre voix, avec 
orgue, des choeurs, etc.). Un Requiem pour son 
frere Franz et deux opEras, k l'usage des en- 
fants. resterent manuscrits. Ce fut lui qui herita 
la riche succession artistique de Franz Schu- 
bert. — 4. Franz-Peter, un des plus grands 
compositeurs de g6nie que l'Allemagne ait pro- 
duits, le grand maitre du lied et aussi Tun des 
meilleurs compositeurs de musique instrumen- 
tal, u6 a Lichtenthal, pres Vienne, le 31 janv. 
1797, m. a Vienne le 19 nov. 1828. Son p£re 
Etait maitre d'£cole du faubourg de Lichtenthal 
et, de ses deux manages, n'avait pas eu moins 
de dix-neuf enfauts ; dix d'entreeux seulement 
vecurent au delk de la premiere enfance. Le ta- 
lent musical extraordinaire de Franz semontra 
de tr6s bonne heure, et ce fut son p&re qui le d£- 
veioppa d'abord (lecons de violon) ; une fraiche 
voix de soprano et la facilite avec laquelle il 
d6chiffrait lui ouvrirent les portes de la Cha- 
pelle de la Cour, k Vienne, en sorte qu'il entra 
au seminaire de la chapelle et y recut des le- 
cons suivies de basse chiflr£e (Rucziszka,. Sa- 
lieri). Ses maitres n'avaient du reste rien autre 

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SCHUBERT 



a faire que lui expliquer les principes d'un art 
qu'il ccmnaissait k fond d£j& par intuition ; ses 
premieres compositions eveill&renl chez eux 
une admiration justifi£e. A l'6poque ou sa voix 
mua (1813), S. quitta le s£minaire, bien que 
l'offre d'une bourse lui accorddt la faculty d'y 
rester encore ; raais il semble que le jeune mu- 
sicien n'avait que peu de gotlt pour l'Stude pro- 
prement dite de son art, aussi pr£f£ra-t-il pren- 
dre une place de maitre d'£coie, pour venir en 
aide k son p£re, et enseigna-t-il pendant trois ans 
dans les classes primaires de Lich ten thai. D lui 
resta cependant assez de temps pour ^crire huit 
operas, quatre Messes et d'autres ceuvres reli- 
gieuses,ainsi qu'un grand nombre de lieder (en- 
tre autres JBrlkbnig, Der Wanderer, An Schica- 
ger Kronos, etc.).Un ami fiddle et d£sinteress£, 
Franz von Schober, aida cependant S., en 
1817, k rompre les liens que sa situation impo- 
sait k son talent et lui permit de se consacrer 
exclusivement k la musique ; Schober partagea 
k diverses reprises avec lui, et pendant des an- 
nees, sa demeure, et le soutint aussi p£cuniai- 
rement. Gr&ce k Schober aussi, S. fit la con- 
naissance du t£nor Michael- Vogl (v. ce nom), 
qui devint un des premiers et des meilleurs 
interpr&tes des lieder du mattre. Comme Mo- 
zart, S., dont la vie ful encore plus courte, ne 
parvint pas k s'assurer une position materielle 
ind&pendante. Pendant les mois d*tH6 de 1818 k 
1834, il sejourna, comme maitre de musique, 
dans la famille des comtes Esterhazy, dont la 
maison de campagne £tait k Zelesz, en Hon- 
grie ; k part cela, il ne quitta Vienne que quel- 
quefois,pour faire des parties de plainir ou des 
visiles. S. refusa, en 1822, la place d'organiste 
de la Ghapelle de la Cour ; les d-marches qu'il 
fit pour obtenir la place de vice-maltre de cha- 
pelle, en 1825, n'aboutirent pas ; ce f ut Weigl 
qui obtint la place laiss£e vacante par suite 
de la mort de Salieri et de l'avancement d'Ey- 
bier. S. ne r^ussit du reste pas davantage k ob- 
tenir la place de chef d'orchestre du th&Ure de 
« Kaemtnerthor » ( 1827 ) : il ne lui resta done 
plus que le revenu de ses compositions, revenu 
qu'il n'avait malheureusement pas Tart d'aug- 
menter dans la mesure de sessucces. Une seule 
fois (1827), le maitre donna un concert de ses 
propres compositions qui furent tr&s bien ac- 
cueillies ( trio en mi bemol majeur, un mouve- 
ment du quatuor en ri mineur, lieder, etc.). 
Parmi les amis de Schubert, il faut encore men- 
tionner le poete Mayrhofer, avec lequel il ha- 
bita, de 1819 k 1821*; le baron de Schonstein, 
dont il fit la connaissance chez les Esterhazy 
(le premier chanteur remarquable des lieder 
essentiellement lyriques de S.. surtout des 
« Mftllerlieder ») ; Leopold Sonnleithner, qui se 
chargea de faire graver les premiers lieder ; 
Anselm Hiittenbrenner, M. Schwind et, dans les 
dernieres annees, Franz Lachner. S. n'est pas 
entre en relations directesavec Beethoven, bien 
que leurs demeures fussent tres rapprochees 
Tune de i'autre ; Beethoven n'en admira pas 
moins les lieder de S., qu'il apprit k connaltre 
seulement pendant sa derniere maladie. La 



tombe de S. n'etait separee de celle de Beetho- 
ven que par deux autres (le cimettere de Waeh- 
ring a 6t6 desaffect£, il y a quelques annees). 
Comme Mozart, comme Mendelssohn, S. 6tait 
une de ces natures d'arlistes qui ne peuvent 
assez s'enivrer de belles sonorites, ce qui valut 
souvent k ses ceuvres le reproche de longueur. 
L'harmonisation des ceuvres du maitre est re- 
marquable k tous les points de vue et Ton y 
trouve en germes Schumann et Liszt tout entiers. 
S. est le veritable createur du lied moderne ; son 
role, dans l'histoire de la musique, est analogue 
k celui de Goethe, le poete lyrique, dans 1'his- 
toire de la po6sie. Le premier, il sut donner k 
la forme du lied que, d'accord avec Gcethe, 
Beichardt et Zelter avaient bas£e sur l'archi- 
tecture meme du poeme, une expression rousi- 
cale correspondant k sa forme poetique, une 
vie r£elle et intense. La source de ses melodies 
coulait, intarissable ; il composait ses lieder 
avec une rapidity inou'ie, sans aucun effort, et 
e'est k peine si le poete etit pu jeter see vers 
sur le papier aussi rapidement que S. notaitses 
melodies. U fit aussi epoque par 1'adaptation 
de la forme du lied k la musique de piano ; ses 
c Moments musicals » et ses impromptus sont 
le point de depart des miniatures musicales 
qui, des lors, abonderent (des « Lieder ohne 
Worte* de Mendelssohn, des « Phantasiestti- 
cke », de Schumann, jusqu'aux morceaux de 
piano du meme genre de Kirchner, etc). Sans 
avoir jamais fait d'6tudes absolument s£veres 
de contrepoint (on pretend qu'en 1827 il de- 
manda k Sechter de lui donner des lemons de 
fugue), S. £lait cependant maitre absolu de 
l'^criture musicale, el s'il ne s'est guere adonn£ 
aux formes du style strictement imitatif, il n'en 
est resulte aucun deficit pour Tart musical 
(aussi peu que dans les ceuvres de Beethoven, 
par ex.). Parmi les ceuvres de Schubert, les so- 
nates de piano occupent un rang eiev£, surtout 
la premiere, en la mineur, si poetique et celle en 
si majeur, d'une teinte elegiaque ; parmi les 
ceuvres pour piano k quatre mains, la fantaisie 
en fa mineur et le t Divertissement a la hon- 
groise* sont d'une grande beaute. Notons,en 
fait de musique de chambre, surtout le trio en 
mi bitnol maj. et le quatuor pour instr. k archet 
en re min., qui sont des ceuvres du plus haut 
merite. La symphonie en ut maj. et 1* « inache- 
vee » en si min. sont au nombre des composi- 
tions les plus eminentes, dans le domaine de la 
musique d'orchestre postSrieure k Beethoven. 
Le nombre des ceuvres que S. a Rentes durant 
sa courte vie est incroyable. On connait de lui* 
pour la sckne, les operas et les « singspiele » : 
Des Teufels Lustschloss, Der vierjahrige Pos- 
ten, Fernando, Claudine vonVilla Bella (frag- 
ment), Die Freunde von Salamanca, Adrast 
(fragment), Die Minnesdnger, Der Spiegelritter 
(tous de 1815 ; la plupart perdus ; aucun exe- 
cute), Sakuntala (1820, non termine), DieZwd- 
lingsbruder (farce, jouee en 1820), Die Zau- 
berharfe (melodrame, jou£ en 1820; 1'ouverture 
en fut utihsee plus tard pour Rosamunde% 
Alfonso und Estrella (ecrit de 1821 k 1822; 



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SCHUBERT 



747 



ex£cut6 d'abord par Liszt k Weimar, en 1854, 
et revu par Fuchs, pour Vienne, en 1880), la 
musique de Rosamunde, de Helmina de Ch£zy 
(ex6cut6e en 1823), Fierabras (1823, repr. k 
Vienne en 1861), Die Verschworenen, Der Graf 
von Gleichen, Die BUrgschaft (1827, k Pesth, 
sous la direction de Lachner) ; male aucune de 
ces oeuvres ne r&ussit a acqu&rir une impor- 
tance durable. Lea ceuvres chorales les plus 
considerables sont : Mirjams Siegesgesang 
(soprano solo, chceur et orchestre), Das Gebet 
[vor der Schlacht] (chceur mixte, soli et piano), 
Der Gesang der Geisier iiber den Wassern 
(chceur d'hommes k huit voix, avec instr. k ar- 
chet), des choeurs pour voix d'hommes avec 
quatre cors : Nachthelle et Nachtgesang im 
Walde, Hymne an den Heiligen Geist (chceur 
d'hommes k huit voix, avec orchestre), Glaube, 
Hoffnung und Liebe (choeur mixte et musique 
d'harmonie), Schlachtgesang (choeur d'hommes 
a huit voix), plusieurs hymnes, des cantates de 
circonstance, etc.; puis toute uneserie d'ceuvres 
religieuses: six Messes, des Messes allemandes, 
un oratorio non termini (Lazarus, paru chez 
Peters), le psaume XCII pour solo debaryton 
et choeur mixte, un Tantum ergo pour choeur 
mixte et orgue, deux Salve Regina, deux Stabat 
mater, etc. Parmi les symphonies, on a con- 
serve, en plus de celles en ut majeur et si mi- 
neur, six aulres ceuvres, travaux de jeunesse 
pour la plupart, k c6t6 desquels on peut placer 
encore ses deux ouvertures d'orchestre, en style 
italien. Les oeuvres de musique de chambre 
connues jusqu'ici sont : huit quatuors pour 
instr. k archet (la mineur, op. 29 ; un premier 
mouvement de quatuor, en ut mineur ; une ou- 
verture pour quatuor, en sol majeur, op. 161 ; 
si bhnol maj., op. 168; re mineur; mi betnol 
majeur et mi majeur, op. 125) ; deux trios avec 
piano (si btonol majeur, op. 99; mi btmol ma- 
jeur, op. 100 ) et un nocturne pour trio avec 
piano (op. 148) ; un quintette avec piano et con- 
tre-basse (op. 114), dit Forellen(/uintett, parce 
que le thdme du mouvement lent est emprunte 
au lied : t Die Forelle » ; un quintette pour instr. 
a archet (deux violoncelles, op. 163) ; un octette 
pour quatuor d f archets,contrebasse, cor, basson 
et clarinette (op. 166); puis, pour piano et vio- 
lon: une fantaisie (op. 159), un duo (op. 162, la 
majeur), un Rondo brillant (op. 70, si mineur) 
et trois sonatines (op. 137); pour piano k quatre 
mains : Marches (op. 27, 40, 51, 55, 63, 66, 121); 
variations (op. 10, 35, 82) ; polonaises (op. 61, 
75); rondos (op. 107, 138), Adantino et rondo 
(op. 84), Allegro (op. 144), fugue (op. 152), trois 
sonates (op. 130, si b&mol majeur; op. 40, ut 
majeur; latroisieme. posthume, en mi mineur), 
Grand duo lop. 140), fantaisie en fa mineur 
{op. 103), Divertiss&nent a Vhongroise (op. 54) ; 
pour piano a deux mains : vingt sonates (la mi- 
neur, op. 42; re majeur, op. 53 ; la majeur, op. 
120; la mineur, op. 143; si majeur, op. 147; 
mi bimol majeur, op. 162 ; la mineur, op. 164 ; 
et les trois « grandes > sonates posthumes en ut 
mineur, la majeur et si bemol majeur); deux 
fantaisies (op. 15, ut majeur; op. 78, sol ma- 



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jeur); Adagio et rondo (op. 145); huit im- 
promptus (op. 90 et 142); Moments musicals 
(op. 94); des raises, kendler,£cossaises, etc. (op. 
9, 18, 33, 49, 50 [Valses sentimentales], 67 
[Hommage aux belles Viennoises], 77 [Valses 
nobles], 91, 127, et quelques autres, posthumes) ; 
quelques themes varies, des morceaux divers 
(posthumes), etc. Le riche tr£sor de lieder (457) 
comprend, entre autres, environ cent po&mes de 
Goethe, dont : Erlkdnig (op. 1), Grelchen am 
Spinnrad (op. 2), Beidenrtislein (dans Top. 3), 
Der du von dem Rimmel bist (dans Fop. 4), 
Ueber alien Gipfeln ist Ruh (dans Top. 96), Der 
Fischer, Erster Verlust, Der Ktinig in Thule 
(dans Top. 5), les Chants du harpiste tir£s de 
Wilhelm Meister (op. 12), les chants de Mignon 
(op. 62), les deux lieder de Suleika, Am Schwa- 
ger Kronos, etc. ; puis de Schiller : Des Mad- 
chens Klage, Gruppe aus dem Tatarus, etc. ; 
de Heine: Am Meer % Das Fischermddchen, Der 
Atlas, Die Stadt, etc : de Uhland : Friihlings- 
glaube ; de Ruckert : Du bist die RuK ; de M. 
Claudius: Der Tyi und dasMddchen (employe 
dans le quatuor en ri mineur comme th&me de 
variations). Toutes ces melodies sont des perles 
pr£cieuses de la literature musicale, mais il 
faut encore mentionnerd c6t£ d'ellesles cycles: 
Die schone Mtillerin (op. 52) ; Die Winterreise 
(op. 89; les deux sur des poemes de Wilhelm 
Mfiller); les chants de Frdulein vomSee,de Scot 
(op. 152); OssiansGesHnge ; 8 geistliche Lieder 
(parmi lesquels le Pax vobiscum, chants lors 
des funSrailles de Tauteur), enfin Schwanen- 
gesang (form6 de quatorze lieder posthumes, 
rassembles peu apr£s la mort de Schubert, et 
comprenant, entre autres, les po£mes de Heine 
mentioning plus hautj. — Nottebohm a public 
un catalogue thematique des ceuvres gravies 
de S., et le « Dictionary » de Grove contient une 
Iiste plus complete. La vie de Schubert a et£ 
decrite parKreissle von Hellborn, d'abord dans 
une esquisse (1861), puis dans un ouvrage plus 
complet (1865). A. Niggli a publte une biogra- 
phie tr£s captivante (1880), et Ton peut citer, 
en outre, celle de Reissmann (1873), puis, en 
frangais, celle de M me Audley: Fran: Schu- 
bert, sa vie, ses ceuvres (Paris, Perrin et O). 
Enfin, Max Friedl&nder (v. ce nom) prepare 
une biographie tres documentee du maltre. Une 
Edition complete et soigneusement revue de ses 
oeuvres a paru chez Breitkopf et Haerlel. — 
5. Franz, violoniste, n6 k Dresde le 22 jnil 1808, 
m. dans la m&me ville le 12 avr. 1878 ; lils du 
directeur de musique de TOp^ra italien et con- 
certmeister royal, Franz-Anton S. (ii£ a Dresde 
le 20 juil. 1768, m. dans la m£me ville le 5 mars 
1824) et neveu du contrebassiste de Torchestre 
de Dresde, Anton S. (m. en 1853), fut el6ve de 
son p£re, de A. Rottmeier et de L. Haase, puis, 
aux frais du roi de Saxe, de Lafont, a Paris. 
II devint, en 1837, concertmeister suppliant, en 
1847 second concertmeister, puis, en 1861, il 
succeda k Lipinski, k Dresde, comme premier 
concertmeister. Lors du cinquantieme arini- 
versaire de son entree k Torchestre, S. se retira 
(il Mait entre dans Torchestre en 1823, comme 

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SCHUBERTH — SCHUGH 



aspirant). S. a public des etudes de violon (op.8), 
une fantaisie pour violon avec orchestre, un 
duo pour piano et violon (op. 8) et deux nior- 
ceaux coucertants pour violon et violoncelle 
(ecrits en collaboration avec Rummer). — 6. 
Maschikka, n£e Schnkider, Spouse du pru- 
dent, fllle de Georges- Abraham Schneider (v. ce 
nom), excellenle cantatrice, n£e k Reval le 25 
aout 1815, m. k Dresde le 20 sept. 1882 ; £leve 
de sa mere et de Bordogni, a Paris, debuta en 
1882, k TOp^ra allemand de Londres et fut en- 
gagee k Dresde, apres avoir complete ses etudes 
sous la direction de Bianchi, k Milan. Elle 
epousa alors le violoniste Franz S. S. fit partie 
du personnel du the&tre de Dresde jusqu'au 
moment ou elle se retira complement de la 
sc&ne, en 1860. Elle avail du reste abandonne 
le chant, pourse vouer, vers la fin de sa carri&re, 
seulement k la com&lie. — 7. Georoine, fille 
des deux pr£c£dents, nee a Dresde le 28 oct 
1840, no. k Postdam le 26 dex. 1878; Steve de sa 
m£re, de Jenny Lind et, de 1857 k 1859, de Ma- 
nuel Garcia, a Londres, debuta k Hambourg le 
20 nov. 1859, dans la < Somnambule ».Elle joua 
ensuite a Prague, Florence, Francfort, Berlin, 
et fut engaged meme au Th&Ure lyrique de Pa- 
ris* En 1865, elle accepta un autre engagement 
a. Hanovre et, en 1878, passa k Strelitz. En ou- 
tre, elle fit de nombreuses tournees et chanta 
entre autres, en 1875, dans les concerts de Mo- 
zart, k Londres. — 8. Louis, violoniste, compo- 
siteur et professeur de chant estimS, n£ a Des- 
sau ie 27 janv. 1828, m. k Dresde le 17 sept. 
1884 ; partit k l'&ge de dix-sept ans, comme vio- 
loniste, pour St-Petersbourg, puis bientot apr&s 
pour Konigsberg, oil il devint d'abord concert- 
meister au th&Mre municipal et resta longtemps 
encore comme professeufr de musique, apres 
avoir abandon n& sa place. En 1862, il transport a 
son domicile k Dresde, ou il occupa une situa- 
tion en vue, comme professeur de chant. S. a 
public une Gesangschule in Liedern et quel- 
ques cahiers de lieder, des duos de violons, 
une m&hode de violon et quatre op£rettes (Aus 
Sibirien, Die Rosenmadchen, Der Wahrsager 
et Die beiden Gexzigen) qui furent represen- 
tees k diverses reprises. — Son fils, Johannes, 
n£ a Konigsberg le 27 oct. 1859, vit k Dresde, 
ou il est professeur de piano. 

Schuberth, 1. Gottlob, le pere des fonda- 
teurs des maisons d'edition de ce nom, k Leipzig 
et k Hambourg, ainsi que du violoncelliste 
Karl S., ni k Karsdorf le 11 aout 1778 ; fut a la 
fois virtuose et professeur de hautbois et de 
clarinette a Magdebourg, puis, k partir de 1833, 
k Hambourg, ou il mourut le 17 f6v. 1846. S. a 
publie quelques morceaux de piano.— 2. Julius- 
Ferdinand-Georo, fils ain& du precedent, ne a 
Magdebourg le 14 juil. 1804, m. k Leipzig le 
9 juin 1875 ; veritable fondateur des maisons 
d'edition de la famille. S. fit son apprentissage 
chez Heinrichshofen , k Magdebourg, puis 
fonda, en 1826, une librairie et un commerce 
de musique. En 1832, il ouvrit une succursale 
a Leipzig; en 1850, une autre a New- York. Le 
commerce de Hambourg passa, en 1853, aux 



mains deson frereFRiEDRica-WiLHELM- August 
(n6 k Magdebourg le 27 oct 1817), qui prit 
comme raison de commerce : Fritz S., tandis 
que lui-mdme fit prosperer la maison de Leip- 
zig et New- York. II publia aussi plusieurs re- 
vues musicales (Kleine Hamburger Mmikzei* 
tutiff, 1840 k 1850; New-Yorker Musikzeitung, 
depuis 1867 ; Schubertks kleine Musikzeitung, 
1871-1872), mais aucune de ces publications ne 
s'61eva au-dessus d'int6r£ts purement locaux. 
Depuis la mort de S., sa veuve continue k din- 
ger le commerce, avec le concours d'un neveu, 
H.-A. Rfippel. En 1891, la maison J. S. et O a 
6te vendue a Felix Siegel, le fondateur de la 
Musikalisclie Unizersalbibliolhek (gendre de 
Ph.HscLAM). — 3. Karl, violoncelliste degrande 
valeur et compositeur d'oeuvres pour son ins- 
trument, n£ a Magdebourg le 25 f£vr. 1811, m. 
a Zurich le 22 juil. 1868; Sieve de S. a Magde- 
bourg, et de Dotzauer, k Dessau (1825 k 1828), 
fut pendant quelque temps violoncelliste au 
the&tre de Magdebourg, mais entreprit, en 1833, 
de grandes tournees artistiques ( apr&s avoir 
d6j& remportS de notables succes dans les con- 
certs), pour lesquelles son frere Julius, l'&lHeur, 
lui fournit les ressources nScessaires. II se ren- 
du d'abord a Hambourg, puis en Holla nde et 
en Belgique, k Paris et k Londres (oil, en 1835, 
il 3ut rivaliser avec Knoop et Servais, dans un 
concert de la Cour), enfln a St-Petersbourg, ou 
il trouvaimmSdiatement un engagement comme 
directeur de musique de F University, directeur 
de la Chapelle de la Cour et inspecteur musi- 
cal de l'Scole du Theatre. S. remplit pendant 
vingt ans, avec beaucoup de distinction, ces 
divers posies ; la mort le surprit pendant un 
voyage de vacances. S. a Scrit et publie : deux 
concertos de violoncelle, une sonate (op. 42), un 
certain nombre de fantaisies et variations avec 
orchestre, un octette, trois quintettes et quatre 
quatuors pour instr. k archet. 

Schubiger, Anselm, auteur de recherches 
int£ressantes dans le domaine de Thistoire de 
la musique du moyen Age, n6 a Uznach (St-Gall) 
le 5 mars 1815, m. au convent d'Einsiedeln le 
14 mars 1888: fut £lev£ au couvent des Bene- 
dictins jd'Einsiedeln oil il fut ordonn£ prAtre, en 
1885. S. a public : Die Sangerschule ron Si- 
Galten (1858; ed. franc, par Briffod, 1866) ; Dte 
Pflege des Kirchengesangs und der Kirchen- 
musih in der deulschen katholischen Schweiz 
(1873): Musikalische Spicilegien (1876, cove- 
nant divers essais: Das liturgische Drama des 
Mittelalters; Orgelbau und Orgelspiel im MU- 
teUUter; Die ausserliturgischen Lieder; Zur 
tniitelaltertichen Instrumentatmusih). II fut 
aussi Tun des collaborateurs des « Monatshefie 
fur Musikgeschichte. » 

Schuch, Ernst, violoniste et chef d'orchestre, 
n6 k Graz le 20 nov. 1847: Studia d'abord le 
droit dans sa ville natale, mais passa k la mu- 
sique et re^ut deslecons de E. Stoltz, puis, pen- 
dant quelque temps, de O. Dessoflf. II embrassa 
tr£s tot la carrtere pratique, en 1867, comme 
directeur de musique au thkUre de Lobe, a 
Breslau. II remplit eneuite les fonctions de 



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SCHCCHT — SCHQLZ 



749 



chef, a Wurzbourg, a Gratz, a Bale (1871) et, 
apres avoir dirig£, pendant quelque temps, 
Vopera italien de Pollini, il fut engag& a FOpIra 
de Dre8de. II fut norom^ en 1878, chef d'orches- 
tre de la Cour et re^ut, plus tard, les titres de 
conseiller antique, pais de directeur g£n6ral 
de musique. En 1875, S. a Spouse Texcellente 
can tat rice Clementine PROSKA(deson vrai nom 
pRocHAZKA),n§e a Vienne le 12 tevr. 1858, 61£ve 
du Conservatoire de Vienne et, depuisl873 ega- 
lement, engag£e au Theatre royal de Dresde, 
comme cantatrice 16g6re. 

Schucht, Jean-F., n6 a Holzthaleben (Thu- 
ringe) le 17 nov. 1822, m. a Leipzig le 80 mars 
1894; £l£ve de Kraushaar,Hauptmann et Spohr, 
A Gassel, puis de Schnyder von Wartensee, a 
Francforts/M., v6cut d'abord comme professeur 
de musique et musicographe a Berlin. D£s 
1868, il transfera son domicile a Leipzig ou il 
fut critique musical de la * Neue Zeitschrift fur 
Musik». S. a public plusieurs ouvrages de 
thSorie musicale, d'allure populaire : Wegwei- 
ser in der Tonkunst (1859) ; Partilurenhennt- 
niss; Kleines Lexikon der Tonkunst ; Grund- 
riss einer prahtischen Barmonielehre (1876), 
les biographies de Meyerbeer (1869) et de Cho- 
pin (1880) et, en outre, toute une s6rie de pu- 
blications populaires, sans rapport aucun avec 
la musique. On connait de S. des morceaux 
pour piano et des lieder, qui ont £t6 graves. 

Schulhoff, Julius, excellent pianiste et com- 
positeur favori, n£ a Prague le 2 aout 1825, m. 
a Berlin le 18 mars 1898; regut des lemons de 
piano d*un maitre de musique de Prague,Kisch, 
et, pendant quelque temps, de Tedesco, tandis 
queTomaczeck luienseignait la theorie. A Tage 
de dix-huitans, S. d£buta dans la carriere de 
virtuose, jouant pour la premiere fois a Dresde, 
puis au « Gewandhaus* de Leipzig. II se rendit 
ensuitea Paris ou, apr6s un sejourde plusieurs 
aniiees, il fit la connaissance de Chopin qui 
Tengagea vivement a se produire en public. 
La reussite de ses concerts de Paris 6tablit 
rapidement sa reputation et lui permit d'entre- 
prendre des tourn&es de concerts a Londres, 
en Espagne, en Bussie, etc. Cependant, il re- 
nou?a as8ez tot A la vie errante du virtuose 
pour se vouer, d'abord a Paris, a Tenseigne- 
ment et a la composition. 11 transfera, en 1870, 
son domicile A Dresde, aupres de sa vieille 
m6re, et s'y maria en 1878; enfln, il habita Ber- 
lin* des 1890 environ. Les compositions de 
S. sont exclusivement ecrites pour le piano, 
bonne musique de salon unissant la correction 
de Tecriture au brillant; ce sont, outre une 
grande sonate en fa min. et douze etudes, des 
impromptus, des caprices, des valses, des ma- 
zurkas, etc. Les compositions, parues a Buda- 
pest sous le nom de J. Schulhof, ne sont pas 
deS. 

Schultesius, Johann-Paul, predicateur de la 
paroisse allemande et hollandaise de Livourne, 
ne a Fechheim (Cobourg) le 14 sept. 1748, m. a 
Livourne en 1816; s'adonna a la musique des 
sa jeunesse et re^ut d'excellentes legons de 
contrepoint de Cccchi, A Livourne. II a publie 



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plusieurs cahiers de variations et de sonates 
pour piano et violon, des quatuors avec piano, 
des variations pour trio et pour quatuor avec 
piano, d'autres pour piano seul, etc. II ecrivit 
aussi : Memoria sopra la mustca di chiesa 
(1810). 

Schultheiss, Benedikt, organiste de l'£glise 
Ste-Egide,a Nuremberg, m.lel er mars 1698; a 
public une collection de morceaux de clavecin : 
Mutund GeistermunterndeKlavierlust (1679, 
deux parlies). 

Schulti, Edwin, chanteur de concerts et 
professeur de chant, n6 A Dantzig le 30 avr. 
1827 ; fit un apprentissage de commerce, mais 
s'occupa ensuile (1851) a d&velopper sa belle 
voix de baryton, sous la direction de Brand- 
st&tter, a Berlin, ou il a, des lors, 61u domicile 
comme professeur de chant. II faut menlionner 
surtout, parmises publications, un grand nom- 
bre de quatuors pour voix d f hommes(dontsept 
furent couronn£s), des lieder, des duos et un 
recueil de Meislerstuche fur Pianoforte (1880). 
H regut, en 1880, du minist&re de la guerre 
prussien, Tordre de confectionner un recueil de 
chants militaires. S. a dirig£ plusieurs soci£t£s 
chorales (« Melodia»), ainsi que, eal864, 1866 
et 1870-1871 , avec Wieprecht, les « Concerts 
monstres », au profit des blesses. 

Schultze, 1. Johann, organiste a Dannenberg 
(Brunswick), a public : 40 neue auseriesene 
schdne Intraden und Gagliarden mit 4 Stim- 
men (1612) et Musikatische Jugendlust (1627, 
motets). — 2. Christoph, cantor a Delitzsch, a 
public : Collegium musicum deticii (!) charita- 
tivum (1647,dix passages de la Bible arranges 
a cinq voix, aveccontinuo, en mani&re de ma- 
drigaux); Denarius musicus (pour une A trois 
voix, avec accompagnement ^instruments et 
d'une basse chiflfree) ; enfin, des melodies pour 
le Jauchzendes Libanon, de Benjamin Pr«eto- 
rius (1659 et 16(58). — 3. Adolf, n6 a Schwerin 
le 3 nov. 1853; eleve de TAcadSmie Kullak, a 
Berlin (18?2-1875), resta d'abord comme maitre 
de piano dans cet &tablissement, apres y avoir 
termini ses Etudes. II fut ensuite, de 1886 a 1890, 
successeur et pred£cesseur de Karl Schroder 
(v. cenom), en qualite de chef d'orchestre de la 
Cour et de directeur du Conservatoire, a Son- 
dershausen. II vil, depuis 1890, a Berlin. S. a 
compost des morceaux de piano, un concerto 
de piano et des oeuvres symphoniques qui font 
appr£cier en lui un excellent musicien. 

Schulz, 1. Gottschalk, Hiebonymus, Jakob, 
Bartholom.kus et Mich.kl, v. Pr.f/torics. — 
2. JoiiANN-ABRAHAM-PETEK,illustre compositeur 
et theoricien, n£ a Lunebourg le 31 mars 1747, 
m. a Schwedt le 10 juin 1800 ; fut eteve de Kirn- 
berger, a Berlin, sur la recommandation duquel 
il fut, pendant cinq ans, maitre de musique 
dans une famille, en Pologne. II rentra, en 
1773, a Berlin, et y devint un maitre de musique 
tres recherche ; de 1776 a 1778, il fut directeur 
de musique au theatre fran^ais; de 1780 a 1787, 
maitre de chapelle du prince Henri de Prusse, 
a liheinsberg; de 1787 a 1794, chef d'orchestre 
de la Cour, a Copenhague, d'oii'son etat de 

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750 



SCHULZ 



sante, tr6s 6branl£ surtout par la frayeur et 
l'6nervement quelui causa le grand incendie 
de 1794, le for^a a revenir en Allemagne. La 
tentative qu'il fit de chercher la gu£rison de 
sa maladie de poitrine, sous un ciel plus cle- 
ment, echoua complement. Au cours de son 
voyage k Lisbonne, il fut jete par la temp£te 
sur les cotes de la Baltique; il accepta alors la 
direction musicale de la troupe th^lral^ de 
Sekonda (1795) et, plus tard, se retira k Rheins- 
berg, puis k Schwedt La valeur de S. reside 
dans ses compositions vocales et plus particu- 
lterement dans ses lieder. II a fait positivement 
epoque, dans le domaine du lied populaire. On 
connait de lui,dans ce genre, des Lieder xm 
Volkstony dont la premiere partie parut en 
1779, sous le titre de Gesange am Klavier 9 \H. 
seconde, en 1782, sous celui de Lieder im 
Volhstan; toutes deux furent r&unies dans une 
Edition augments, en 1785 (deux parties), et une 
troisieme partie parut en 1790 ; de plus : Uzens 
lyrische Gedichle religitesen Inhalts (1784) et 
Religioese Oden und Lieder aus den besten 
deuUchen Dichtern. Les ceuvres de piano de S. 
comprennent six morceaux (1776), une sonate 
(1782), Musikalisdie Belustigung (1792), Mur 
sihalische Badinage, Musikalischer LuftbalL 
Quant k ses ceuvres sc£niques, elles jouirent 
enleur temps, d'une consideration particuliere; 
ce sont Ktarisse (ou Das unbekannte Dienst- 
m&dchen, 1775, t Singspiel •); des choeurs et 
des chants pour YAUtalie, de Racine (publics 
en 1785); Minima (ou Die AngelsacJisen; m£- 
lodrame tragique, grav£ en 1786) ; Le Barbier 
de SMUe (Bheinsberg, 1786); Aline, Kosnigin 
von Golkanda (opera publie en 1789) ; La fee 
Urgele (op&rette, publiee aussi en allemand, 
sous le titre : Was den Darnen gefiillt) ; la 
musique pour Gcetz vonBerlichingen; Intoged 
(c.-&-d. L'entrie, en danois) ; La fete de la mois- 
son (Hoestgildet, opera danois) ; Das Opfer der 
Nymphen (danois). En outre, il faut mentionner 
les oratorios : Johannes und Marie (partition 
gravee dans le systeme de tablature decrit plus 
loin, mais aussi en reduction pour le piano) et 
Christi Tod (cantate de la Passion, 1789) ; un 
TeDeum (manuscrit); Hymne an Golt (grave 
en 1793) ; Lobgesang zur Feier des Geburtstags 
des Kosnigs (1793); enfin, quatre lieder avec 
piano ; une ronde chantee pour deux sopranos, 
t£nor et basse; des Chansons italiennes (1782) 
et quelques melodies danoises non gravees. 
Gerber dit, en 1792 : « Parmi les maitres con- 
temporains (le premiere grandeur, ceux queje 
place le plus haut sont Gotzen, Schulz et 
Haydn. » Pour ce qui concerne Tactivit^ litte- 
raire de S., il faut mentionner en premiere ligne 
qu'il ecrivit pour la Thcorie der schumen 
Ktinste. de Sulzer, tous les articles musicaux 
de S k Z (entre autres Tarticle, sou vent repro- 
duit, sur Texecution : Vortrag), et, que, a Ten 
croire, l<*s Wahre Grundsiitse sum Gebrauch 
der ifar//i0wiV,deKimberger, sont de lui <S.). 
II a ecrit, en outre : Entxrurf einer neuen und 
leichtverstiindlichen Musiklabulatur, deren 
/nan sich in Ermangehmg der Xotentypen 



I in kritischen und OieoretiscJien Schriftm 
bedienen hann (1786; en somme, rien autre 
que l'ancienne tablature d'orgue) et Gedankcn 
iiber den Einfluss der Musih auf die Bildmg 
eines Volks (1790). — 8. Johann-Philipp-Chms- 
tiak, compositeur et chef d'orchestre,ne 4 Lan- 
gensalza (Thuringe) le !•* sept. 1773, m. a Leip- 
zig le 30 janv. 1827; frequenta les cours de 
I'^cole Saint-Thomas et de TUniversite de Leip- 
zig, mais se voua ensuite k la musique et de- 
vint el&ve d'Engler et de Schicht A partir de 
1800, il dirigea les representations d'op£ras de 
la troupe Sekonda, k Leipzig, et Ecrivit pour elle 
toutes sortes de morceaux destines k £tre inter- 
cal&s dans les ouvrages (marches, ballets, ou- 
vertures, choeurs) ; en 1810, il prit la direction 
des concerts du < Gewandhaus », et la consenra 
ju>-qu'& sa mort. On a public de S. des ouver- 
tures pour Faust et la Pucelle dCOrUans ; des 
danses pour Faust (gravies seulement poor 
piano) ; des marches ; un Salvum fac regem 
(k quatre voix, avecinslr. de cuivre) etplusieurs 
chants k une et plusieurs voix, avec accompa- 
gnemenl de piano. — 4. Karl, maltre du &6mi- 
naire du couvent de Xeuenzelle, et, plus tard, 
co-recteur A Fflrstenwalde, auteur deiLeiifaden 
bet der GesangleJvre nach der Mementarme- 
t/i0£fe(1812et,depuislors, frequemment) etd'un 
Schulgesangbuch (1816). — 5. Otto -Karl - 
Friedrich-Wilhelm, ne k Gortz le 25 mars 
1805; £leve de Zeller et de Klein, k Berlin, fut 
organiste k Prenzlau et re^ut le litre de direc- 
teur royal de musique. II a publie : Theoretiscli- 
praktische Gesangschule (k l'usage des Scoles, 
1831) et Darstellung einer leichten Methods 
des Pianoforte (1839) ; il a compost, en outre, 
des cpuvres vocales sacr&es et profanes et des 
morceaux de piano. — 6. Adolf, compositeur, 
ne a Berlin le7 juil. 1817, m. dans la m£me ville 
le 16 mars 1884 ; eleve de Bohmer et de Neithardt, 
fut nomme, en 1846, violoniste dans Torchestre 
de l'Op£ra de la Cour. II a ecrit la musique pour 
Hyppotite d*Euripide, une symphonie, etc. ; une 
sonate de piano a ete gravee. — 7. Ferdlnand, 
chanteur et compositeur de choeurs pour voix 
d'hommes, ne k Kossar, pres de Krossen,le 
21 oct. 1821, m. k Berlin le 27 mai 1897 ; £leve de 
, A.-W. Bach, Grell, Killitschgy et Dehn, a Berlin, 
■ entra, en 1843, dans le cho?ur du Dome de 
Berlin, prit, en 1856, la direction de la society 
Ste-Cecile et fut nomm^, en 1858, directeur de 
musique de l'eglise Ste-Sophie. II deplo\-a un<» 
grande activite comme maltre de chant com- 
posa de nombreux quatuors pour voix d'hom- 
mes, de m6me que des motets pour voix £gales. 
le psaume LX VIII, pour double choeur, et d'au- 
tres (euvres religieuses, des lieder et des mor- 
ceaux de piano. — 8. August, violoniste et com- 
positeur de chcpurs pour voix d'hommes, ne a 
Brunswick le 15 juin 1837: eleve de Ziukeisen, 
Leibrock et Meves, puis, aux frais de rinten- 
dance du the At re de Brunswick, de Joachim, a 
Hanovre. II fut pendant quelque temps con- 
certmeister a Detmold, mais retourna k Bruns- 
wick, oil il est concertmeister et chef d'orchev 
tre des concerts symphoniques de la chapeile 



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SGHULZE — SCHUMANN 



751 



ducale. Ses quatuors pour voix d'hommes sont 
tr£s estim£s en Allemagne. — 9. Hedhuch 
(S.-Becthen), compositeur, n6 A Beuthen le 19 
juin 1838; se voua, selon le ctesir de ses parents, 
aux mines, mais composa, de bonne heure 
d6j£, des morceaux d'orchestre et de piano, des 
lieder, etc. Le succ&s qa'obtint une operette de 
sa composition : Fridolin, 6crite pour une so- 
lennit£ acad6mique (1862), l'engagea A se con- 
sacrerenti£rement A la musique ; il entra alors 
au Conservatoire de Leipzig et prit des legons 
particulidres de Hiedel (psaume XXIX, pour 
trois chceurs et orgue). En 1867, S. se rendit A 
Zurich, ou il occupa une situation en vue, 
comme compositeur et professeur, et ou il 6cri- 
vit, entre autres, une symphonie et un op£ra, 
Aschenbrcedel (represents en 1879). Une mala- 
die nerveuse interrompit pour longtemps son 
activity crSatrice. En 1881, il elut domicile A 
Dresde. S. est un des compositeurs les plus 
6minents de Y Allemagne actuelle ; ses oeuvres 
sont d'allure franchement moderne (musique a 
programme) ; il faut mentionner surtout : six 
symphonies (I, d£diee A la m6moire de Haydn ; 
II, Friihlingsfeier ; HI, en mi bbrnol maj. ; IV, 
Schoen Elisabeth; V, Reformationssymphonie 
[avec orgue] ; VI, Koenig Lear) ; un podme 
symphonique: Die Toteninsel; des ouvertures: 
Kriemhildens Leid und Rache, Bacchanten 
Zug des Dionysos, Pan und die Waldnymphen; 
puis, pour orchestre encore: Balletfestepisoden, 
MittelaUerliche Volhsscene, Am Rabenstein, 
Indianiscfier Kriegstans; un op&ra-comique : 
Es ist nicht gut, doss derMensch aUein set; le 
psaume XIH a cappelta ; le psaume GXXV: 
soli, choeur et orchestre ; les psaumes XLII et 
XLIII (id. graves) ; Befreiungsgesang der Ver- 
bannlen Israels (td. y grav£); Harold (baryton, 
chceurs d'hommes et orchestre) ; Requiem (soli, 
chceur et orchestre); de plus, un grand nombre 
de morceaux de piano (concert symphonique 
pour piano ; sonate hSroi'que [grav6e] ; Alham- 
bra-Sonate; Ungarisches Stdndchen; Slim- 
mungsbild), de lieder, de chceurs d'hommes, de 
melodies diverses, etc. — 10. Karl (S.-Sciiwk- 
rin), pianiste et compositeur, ne A Schwerin le 
8 janv. 1845: fit son Education musicale, de 
1862 A 1865, au Conservatoire Stern, A Berlin, 
sous la direction de Bulow, Willmers, Stern, 
Geyer, Weitzmann, etc., et donna, A diverses 
reprises, des concerts tr&s r£ussis. S. recut le 
titre de pianiste de la Cour du grand-due de 
Mecklembourg,futplusieurs annees professeur 
de piano au Conservatoire de Stettin, puis di- 
recteur de la Soci£te de musique de Stargard 
(PomSranie) et se fixa enfin, en 1885, A Berlin. 
Parmi ses compositions, il faut noter surtout 
une symphonie en re mineur, trois ouvertures 
(Tasso, Braut von Messina et Ouverture 
triomphale), qiielquescpuvres vocales religieu- 
ses (Sanctus,Hosanna, Benedictus, A ve Maria), 
des morceaux de piano, des arrangements 
pour orchestre de compositions de piano 
(Rondo capriccioso, de Mendelssohn, etc.), etc. 
Schulze, 1. Johann-Friedrich, facteur d'or- 
gues distingue, fondateur de la maison S. und 



Sohn, A Paulinzelle (Thuringe), n6 A Milbitz 
(Thuringe) le 27 janv. 1798, m. A Paulinzelle le 
9 janv. 1858; fils d'un facteurd'orgues, s'etablit 
d'abord A Muhlhausen (Thuringe), mais trans- 
fera plus tard son domicile A Paulinzelle. 
Parmi ses travaux les plus importants, on 
compte la transformation (1851-1854) de l'orgue 
de l'6glise Ste-Marie, A Luheck (construit en 
1518, par Berthold Hering), et qui comporte ac- 
tuellement quatre- vingt-un jeux, quatre claviers 
manuels et un double p&dalier, la construction 
des nouvelles orgues de l'eglise Ste-Marie et de 
l'eglise St-Blaise, A Muhlhausen, etc.— 2. Adolf, 
excellent chanteur et professeur de chant, n6 A 
Mannhagen, pr&s Mdlln, le 18 avr. 1835 ; fut 
d'abord maltre d'Scole, puis d6veloppa sa voix 
sous la direction de Garcia, A Londres. II fut 
professeur de chant a Hambourg, jusqu'au jour 
ou il fut appel£ comme premier professeur de 
chant A l'Academie royale de musique de Ber- 
lin, ou il est actuellement encore. 

Schumann, 1. Robert, une des natures les 
plus po&tiques que nous rencontrions au cours 
de l'histoire de la musique, le maltre dont les 
ceuvres nous font assister A l'6closion des plus 
belles fleurs du romantisme, n6 A Zwickau 
(Saxe) le 8 juin 1810, m. A Endenich,pr&s Bonn, 
le 29 jail. 1856. Le p&re deS.&aitlibraire et fa- 
vorisa le penchant musical deson fils ; il^crivit 
m&me A K.-M. von Weber, pour le prier de se 
charger de l'education musicale de son fils, 
cependant, bien que Weber n'eut pas d'objec- 
tions, il n*en fut rien. Le jeune garcon ache v a, 
A Zwickau, les classes du Gymnase, puis, en 
1828, suivant le d£sir de sa mere (son pere 
mourut en 1826), il entra A TUniversiti de Leip- 
zig, comme etudiant en droit. Son talent et son 
gout prononc£ pour la musique n'en continu&- 
rent pas moins A s*y d6velopper, surtout grAce 
A Venseignement methodique du piano que lui 
donna Friedrich Wieck. Apr&s avoir passe 
encore une annee fort joyeuse A Heidelberg (le 
triennium s*6tait £coul6 sans que S. se fut oc- 
cupe beaucoup de droit), il rec;ut de sa m£re la 
permission de se vouer completement A la mu- 
sique ; il se rendit alors, en automne 1880, de 
nouveau A Leipzig pour s'y soumettre A de se- 
rieuses Etudes musicales, sous la direction de 
Wieck et sous celle de Heinrich Dorn. S. Stait 
en train de devenir un excellent pianiste, mais 
il perdit l'usage du second doigt de la main 
droite A la suite d*une experience insensee qui 
devait avoir pour resultat de h&ter la complete 
independance des doigts (il avait attach^ le 
troisi&me doigt dans un nceud coulant et ne 
jouait qu'avec les quatre autres). S. dut par 
consequent renoncer A la carriere de virtuose, 
mais ce revers eut ceci de bon pour Tart, que 
S. se voua completement A la composition. En 
18H4, il fonda avec J. Knorr, Ludwig Schunke et 
son inaitre Friedrich Wieck, la Xeue Zeilschrift 
fur Musik, organe du progres musical, destine 
a s'opposer aux anci<»nnt»s formules demodees 
qui entra vent Fessor de Tart et favorisent Talla- 
di8.sement du gout, formules qui se inanifes- 
taient alors surtout dans les o»uvres des coin- 



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752 



SCHUMANN 



positeurs d'opSras italiens et dans cellesdes 
compositeurs d'oeuvres pour piano, tant alle- 
mandsque frangais(Czerny, Herz, Httnten,etc). 
S. devint ainsi le chef d'un parti et son indivi- 
duality qui se manifestait d6ja fortement dans 
ses premieres amvres de piano, s'affirma de 
plus en plus absolue et consciente. De 1835 A 
1844, S. se chargea seul de la redaction du pe- 
riodique, pour lequel il Scrivit un grand nom- 
bre d'articles tres int6ressants ; Tun des pre- 
miers cherchait a attirer l'attention du monde 
musical sur le g£nie de Chopin ; un autre, plus 
tard (gcrit de Dusseldorf), signala de la m$me 
fagon l'apparition de Brahms. La manure dont 
S. Scrivait ses critiques £tait bien faite pour 
stimuler et porter des fruits; mais elle est, 
aujourd'hui, malheureusement compl&ement 
abandonnee. Les compositions de Schumann 
(op. 1 A 23 exclusivement pour le piano) ne fu- 
rent appreciees d'abord que dans un petit cer- 
cle d'amis ; le grand public y trouvait trop de 
difficult^, soit de technique, soit de lecture, 
pour leur douner imm&iiatementses suffrages. 
Le penchant de Schumann pour la jeune pia- 
niste de g6nie, Clara Wieck,la fille de son mal- 
tre, se d£veloppa insensiblement, a mesure que 
celle-ci grandissail En 1837, S. demanda sa 
main, mais le pdre, avec beaucoup de bon sens, 
la lui refusa, vu la position encore tout A fait 
incertaine du jeune musicien. L'essai qu'il fit 
alors d'augmeuter ses revenus, en transportant 
la « Neue Zeitschrift ftir Musik » a Vienne, 
echoua, et S. revinl A Leipzig en 1839. L'ann6e 
suivante, il obtint de l'Universite d'I6na le 
grade de docteur en philosophic, et, en 1840 
encore, il epousa, malgr£ Topposition du pere, 
la bien-aimee de son cceur. L'amour fit naitre 
en S. le sens du lied et des series de lieder se 
succ£derent rapidement, renfermant les plus 
belles pedes du lyrisme musical. Mais, petit A 
petit, S. s'essaya aussi dans les grandes formes 
musicales ; il Scrivit, en 1841, sa premiere sym- 
phonie et, peuapres, son quintette, son quatuor 
et sa premiere et sa plus belle oeuvre chorale 
{Das Parodies wnd die Peri). Sa vie prit une 
toute nouvelle direction, lors de la fondation du 
Conservatoire de Leipzig, par Mendelssohn 
(1843). S. remplit les fonclions de professeur du 
jeu des partitions, et il introduisit 1* usage du 
piano pSdalier, au Conservatoire, comme exer- 
cice preparatoire au jeu de Torgue (le Conser- 
vatoire a existe pendant nombre d'ann£es sans 
orgue). Depuis longtemps dej&, S. 6tait lie avec 
Mendelssohn et t&moignait beaucoup d'enthou- 
siasme pour celui-ci, soit dans ses ecrits, soit 
dans sa correspondance ; malheureusement , 
Mendelssohn ne parait pas avoir compris les 
tendances artistiques de Schumann, car c'est 
en vain que, dans toute sa correspondance, on 
chercherait la moindre allusion favorable aux 
ceuvres de son contemporain. S. ne resta pas 
longtemps au Conservatoire ; il est difficile d f ad- 
mettre qu'il quitta sa place parce qu'il voulait 
aller a Dresde, c'est bien pluUM l'inverse, car, 
lorsqu'il partit pour celte ville,il n'avail aucune 
garantie quelconque d'existence (1844). Mais 



avant de se fixer A Dresde, S. accorapagna son 
Spouse dans une tournde de concerts, en Russie 
(debut de 1844). A Dresde, il se voua d'abord avec 
ardeur a la composition, donna quelques lemons 
particulieres, puis, en 1847, prit la direction de 
la < Liedertafel » et, en 1848, fonda une societe 
chorale mixte. En 1850, S. fut appele au poste 
de directeur de musique de la ville de Dussel- 
dorf, comme successeur de Ferdinand Hiller, 
qui part ait pour Cologne ; malheureusement, 
une affection c£r£brale, dont les premiers symp- 
tdmes s'&taient montr£s en 1833 et qui, en 1845, 
avait d6j& s£rieusement menace le jeune musi- 
cien, ne tarda pas A s'aggraver. Dans sa pre- 
miere phase, cette affection se manifesta par 
une crainte continuelle de perdre la vie (il n'o- 
sait pas habiter Tun des etages superieurs d'une 
maison, par crainte de se precipiter par lafene- 
tre dans un acc&s de folie) ; plus tard ses fa- 
culty baisserent tellement qu'il ne pouvait 
plus, par exemple, saisir la musique dont 
l'execution etait rapide, et qu'il declara fausses 
les indications metronomiques de ses prece- 
dentes compositions. Sa situation de directeur 
devint bientdt intenable et, apres que Tausch 
Tefit supple pendant longtemps, il dut se 
r&soudre A abandonner son poste, dans le con- 
rant de Tautomne 1853. Le premier acces de 
veritable folie ne survint que le 6 fevrier 1854, 
alors que S., quittant brusquement la chambre 
ou dtaient r&unis plusieurs de ses amis, alia se 
jeter dans le Rhin. On reussit A le sauver, mais 
son &tat mental etait tellement trouble quon 
dut se decider A le faire interner, dans la mai- 
son de sante du D r Richartz, a Endenich, ou il 
traina encore pendant deux ans une vie morne 
et triste, 6clairee seulement par quelques rares 
moments de lucidity. Le 2 mai 1880, les amis 
du maltre inaugurerent sur sa tombe, dans le 
cimeti&re de Bonn, un monument execute a 
Stuttgart, par le professeur Donndorf. Les ceu- 
vres de S. offrent un rare exemple de la reunion 
de la passion la plus fougueuse, des sentiments 
les plus in times et les plus deli cats, avec une 
mise en oeuvre et une facture soignees jusqne 
dans les moindres details. Dans le style de 
piano surtout, il a cre&, ou tout au moins d£- 
velopp£ jusqu'^ la perfection, toute une branche 
de litterature : la miniature musicale, le tout petit 
morceau de genre qui ne se montre encore 
lout A fait ni chez Schubert, ni chez Mendels- 
sohn, bien que quelques fragments de Schubert 
s'en rapprochent passablement Dans ce do- 
maine, on parle avec raison d'une ecole schn- 
mannienne. S. est avant tout, de par son talent 
naturel, lyrique; la facture de ses ceuvres est 
caracterisee surtout par i'abondance et la ri- 
chesse de nuances diverses et d&licates ; ses 
idees musicales sont pour la plupart tres con- 
centres, elles ne se prAtent pas A de longs 
developpements, mais font d'autant plus d'effet 
dans un cadre reslreint. C'est dans les lieder 
que rintensit£ du sentiment de S. se montre 
dans toute sa puissance ; non seulement S. 
£gale alors Schubert, mais il nous procure par- 
fois des emotions plus intenses encore. Les 



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SCHUMANN 



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ceuvres de grandes dimensions trahisseni quel- 
quefois la predilection de S. pour les petites 
formes ; les parties de d&veloppement de ses 
symphonies, entre autres, sont g£n£ralement 
hdch6es, il leur manque les grandes lignes, les 
larges envol£es d'un Beethoven. Par contre la 
sonate de piano en sol mineur, par ex., est 
<malgr£le jugement contraire de F&is) une oeu- 
vre incomparable de verve et de passion (cf. 
J. Hubert, Aulour cFune sonate, Paris, 1897). 
Pour S. f comme pour Chopin, il ne peut fctre 
question d'un developpement, d'une Evolution 
artistique, dans le cours de sa carriere. II ap- 
parut au monde musical subitement, dans la 
totality de son 6tre, avec les « Papillons » et les 
« Etudes sur des themes de Paganini »; quant A 
ea musique de chambre et a ses ceuvres cho- 
rales et orchestrales, elles sont le r&sultat d'une 
simple transposition & cet ordre d'ouvrages, 
desproc6d£s techniques de la premiere p6riode. 
Les dernteres ceuvres du maltre portent des 
traces de l'affaissement de son imagination et 
cTunegrande faiblessede conception artistique. 
Les compositions de Schumann sont: A, Or- 
chestre : quatre symphonies (si bemol majeur, 
op. 88; ut majeur, op. 61 ; mi bimol majeur, 
op. 97; re mineur, op. 120) ; Ouverture, scherzo 
et finale (op. 52); quatre ouvertures de concert 
(Braut von Messina, op. 100 ; Festouvertiire, 
op. 123 ; Julius Ccesar, op. 128 ; Hermann und 
Dorothea, op. 136), puis celled qui ont 6te £crites 
pour des ceuvres Vendues : Genoeeva, Man- 
fred, Faust ; une fantaisie pour violon et or- 
chestre (op. 131) ; un concerto de violoncelle 
<op. 129); unmorceau de concert pour quatre 
<rors (op. 86; de beaucoup d'efifet, mais fort diffi- 
cile) ; un concerto de piano (op. 54, le plus beau 
qui ait 6t6 6crit depuis Beethoven); un Concert- 
stuck (Introduction et Allegro appassionato, 
<m sol majeur, op. 92) ; un allegro de concert, 
avec introduction (r& mineur, op. 134). — B. 
<Euvre8 vocales avec orghestre : Das Para- 
dies und die Peri (op. 50); Adventlied (op. 71, 
pour soprano solo, choeur et orchestre); un 
opera : Genoveva (op. 81 ; donne avec peu de 
succes en 1848, & Leipzig, repris plus recem- 
ment, au contraire, avec beaucoup de succ&s) ; 
Beim Abschied zu singen (op. 84, choeur avec 
instruments & vent ou piano) ; Requiem fur 
Mignon (op. 98 b.) ; Nachtlied, pour choeur et 
orchestre (op. 108) ; Der Rose Pilgerfahrt (op. 
112, pendant admirable a Top. 50); la musique 
pour Manfred, de Byron (op. 115); Der K6nigs- 
sohn (op. 116, ballade pour soli, chcpur et or- 
chestre); DesScengers Fluch (op.139, id.); Vom 
Pagen und der Konigstochter (op. 140, quatre 
ballades, id.); Das Gluch von Edenliall (op. 
143, ballade, *#.) ; Neujahrslied (op. 144, choeur 
et orchestre); Missa sacra, avec orchestre (op. 
147); des scenes de Faust (une oeuvre qui, dans 
certaines parties, louche a la grandeur de con- 
ception de Goethe). — C. (Euvres chorales 
a cappella: cinq lieder pour choeur mixte 
<op. 55); quatre chants id. (op. 59) ; Romanzen 
und Balladen (quatre recueils : op. 67, 75, 145, 
146) ; quatre chants pour double choeur (op. 

DIGTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 48. 



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141); six lieder pour choeur d'hommes & quatre 
voix (op. 33); trois chants id. (op. 62) ; Ritornelle 
in hanonischer Form, id. (op. 65) ; Verzweifle 
nicht im Sdimerzensthal, pour double choeur 
d'hommes et orgue ad. lib. (op. 93) ; cinq chants 
tirSs du Jagdbreviet, de Laube, pour choeur 
d'hommes & quatre voix et quatre cors ad. lib. : 
Romanzen fur Frauenstimmen, avec piano 
ad. lib. (deux recueils : op. 69, 91). — D. Chant 
avec piano : trois poemes de Geibel,pour choeur 
mixte (op. 29); trois lieder pour trois voix de 
femmes (op. 114); Spanisches Liederspiel, pour 
une et plusieurs voix (op.1A);SpanischeLiebes- 
lieder, id*, avec accompagnement de piano a 
quatre mains (op. 138) ; Minnespiel, tir£ du 
« Liebesfrahling • de Rftckert, pour une et 
plusieurs voix (op. 101); Patriotisches Lied, 
pour une voix et choeur (sans numero d*op.) ; 
quatre duos pour soprano et t£nor (op. 78); 
M&dchenlieder, A deux voix (op, 103,); Belsazar 
(op. 57; ballade pour voix de basset; Der 
Handscliuh ( op. 87, ballade) ; Schtin Hedxoig 
(op. 106, id.); Zvoei Balladen, avec declamation 
et piano (op. 122) ; Liederkreis (op. 24, lieder de 
Heine ; cf. avec Top. 39) ; Myrten (op. 25) ; Lieder 
und Ges&nge (cinq cahiers : op. 27, 51, 77, 96, 
127) ; trois po&mes de Geibel ( op. 30) ; trois 
chants (op. 31); douze po&mes de Justinus Ker- 
ner (op. 35); six lieder de Rflckert (op. 86); 
douze po&mes de Rilckert, mis en musique par 
Robert et Klara S..(op. 37, cf. Clara S.); Lieder- 
hreis (op. 89, lieder de Eichendorff, cf. avec 
Fop. 24): cinq lieder pour voix de basse (op. 40); 
Frauenliebe und Leben (op. 42) ; Dichterliebe 
(op. 48) ; Romanzen und Balladen, & une voix 
(quatre cahiers: op. 45, 49, 53, 64); Liederalbum 
pour la jeunesse (op. 79); trois chants (op. 83) ; 
six chants de W. v. d. Neun (op. 89); six poemes 
de Lenau et Requiem (op. 90) ; trois chants tir6s 
des Bebrafsche Gescenge, de Byron (op. 95, 
avec harpe ou piano); les lieder de Mignon, 
du harpiste et de Philine du Wilhelm Meister, 
de Goethe (op. 98 a, v. plus haut) ; sept lieder 
(op. 104); six chants (op. 107); quatre chants de 
hussards (op. 117, pour baryton); trois « Wald- 
lieder », de Pfarrius (op. 119); cinq chants 
joyeux (op. 125); des poemes de la reine Marie 
Stuart (op. 135) ; quatre chants (op. 142). — E. 
Musique de chambre : trois quatuors pour 
instr. & archet (op. 41 : la njineur, fa majeur, 
la majeur); quintette avec piano (op. 44); qua- 
tuor avec piano (op. 47); trois trios (ri mineur, 
op. 63; fa majeur, op. 80 ; sol mineur, op. 110); 
Phantasiestucke, pour piano, violon el violon- 
celle (op. 88); Marchenerzaklungen, pour cla- 
rinette (violon), alto et piano (op 132); Adagio 
et allegro pour cor (ou violoncelle, ou violon) et 
piano (op. 70); Phantasiestuck pour clarinette 
(violon, violoncelle) et piano (op. 73); deux so- 
nates de violon (la mineur, op. 105; r& mineur, 
op. 121) ; Mdrchenbilder pour piano et alto, ou 
violon (op. 113; arrange pour orchestre par 
Erdmannsdorffer) ; trois romances pour haut- 
bois (clarinette, violon et piano, op. 94); cinq 
morceaux en style populaire pour violoncelle 
(violon) et piano (op. 102). — F. Musique pour 

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SCHUMANN 



ORGUE ET POUR PIANO : SIX fugUOS SUT BACH 

(st Mmol, la, ut 9 si) pour orgue ou piano k p£- 
dalier (op. 60); Andante et Variations pour deux 
pianos (op. 46) ; Bilder aus Osten (op. 66, d'a- 
pres c Makamen des Hariri » de Rttckert [k 
quatre mainsj ; orcheslrS par Reinecke); douze 
morceaux de piano k quatre mains, pour les 
petits et les grands enfants (op. 85); neuf Cka- 
raJUeristische TonstUcke (scenes de bal, op. 109, 
k quatre mains) ; Kinderball (op. 130, k quatre 
mains); puis, pour piano k deux mains : Varia- 
tions sur ABEGG (op. 1); Papillons (op. 2); Etudes 
d'apres des Caprices de Paganini (op. 3); Inter- 
mezzi (op. 4) ; Impromptus sur un theme de 
Clara Wieck (op. 5) ; Die Davidsbundler (op. 6); 
Toccata (op. 7) ; Allegro (op. 8) ; Carneval (op. 
9 ; morceaux sur ASCH); six eludes de concert, 
d'apres des Caprices de Paganini (op. 10); 1" 
sonate (fa di&se min., op. 11); Phantasiestucke 
(op. 12); Etudes sous forme de variations (XII 
eludes symphoniques , op. 13) ; 3* sonate (la 
min., Concert sans orchestre, op. 14) ; Kinder- 
scenen (op. 15) : Kreisleriana (op. 16) ; Fantai- 
sie (op. 17); Arabesque (op. 18); BlumenstQch 
(op. 19); Humoresque (op. 20); Novelletten (op. 
21) ; 2« sonate (sol min., op. 22) ; NachtstUche 
(op. 23); Faschingsschxcanh aus Wien (op. 26); 
trois romances (op. 28) ; Scherzo, gigue, romance 
et fughette (op. 32) : Etudes pour piano p&da- 
lier (op. 56, en canons) ; Esquisses pour piano 
p&lalier (op. 58); Album fur die Jugend (op. 
68, en deux parties); quatre fugues (op. 
72); quatre marches (op. 76); Waldscenen 
(op. 82); Bunte Blatter (op. 99); trois 
Phantasiestilcke (op. Ill); trois sonates de 
piano pour la jeunesse (op. 118) ; Albumbldtter 
(op. 124); sept morceaux de piano en forme de 
fuguettes (op. 126): Gesdnge in der Frtthe (op. 
133) et un canon sur An Alexis. Une edition 
critique, complete, des oeuvres de S. a £t£ pu- 
bliee par la maison Breitkopf et Hartel (sous 
les auspices de Klara S.).Les « Davidsbundler » 
qui jouent un rdle tant dans les oeuvres mnsi- 
cales que dans les Merits de S., ne sont per- 
sonne autre que S. lui-meme et ses amis, les 
fondateurs de la c Neue Zeitschrift fur Musik ». 
S. aimait, k la maniere de Platon, k faire valoir 
sous la forme de dialogue les differents points 
de vue auxquels on peut se placer pour appre- 
cier une ceuvre, etles repr^sentait au moyen de 
personnages fictifs : Tenthousiaste et impetueux 
Florestan, le doux Eusebe et le maltre toujours 
sens£ et reflGchi, Raro. Les lettres ABEGG et 
ASCH(ces demieres etant aussi les « lettres inu- 
sicales • de son nom) trahissent le nom et le 
lieu de naissance d'un amour de jeunesse de 
Schumann. Les poesies de Jean Paul ont mar- 
que des traces profondes dans les conceptions 
du maltre (« Arabesque », « Blumenstuck »,etc), 
de meme que celles de E.-T. -A. Hoffmann 
(« Phantasiestucke », « Kreisleriana », « Nacht- 
stucke »). Les articles de S. pour la « Neue 
Zeitschrift » parurent en volumes, sous le titre 
de: GesammelteSchriflen uber Musik und Mu- 
siher (1854, 4 vol ; 4« ed. par G. Jansen, 1891, 
2 vol ; trad, anglaise par F. Raymond-Ritler ; 



trad, francaise d'un heureux choix d 'articles,, 
par H. de Curzon, 2 vol. [1894,1898]). Klara S. 
a publie : Robert Schumanns Jugendbriefe 
(1885); Fr.-G. Jansen : R S.'s Brief e, neue Folge 
(1886). Quant k la biographie de S., elle a ete 
ecrite par J. von Wasielewski (1858 ; 8» edit. 
1880), H. Reimann (1887), A. Reissmann (&• ed. 
1879) et H. Erler (it S.*s Leben aus seinen Brie- 
fen; 2 vol., 1887). Parmi les monographies sur 
S., il faut mentionner : L. Mesnard, Un succes- 
seur de Beethoven (1866); S. Bagge, R. & und 
seine Faustscenen (1879); P. comte de Waldersee,, 
Veber Schumanns Manfred(188Q ; les deux der- 
nieres dans les « Vortrage » de Breitkopf et 
Haertel) ; G. Jansen, Die Davidsbundler (1883); 
J. von Wasielewski, ScJiumanniana (1884), et 
B. Vogel, Robert Schumanns Klaviertonpoesie 
(1887). — 2. Klara-Josephine, d'abord connue 
sous son nom de jeune fille, Klara Wieck, une dea 
pianistes les plus admirables, si ce n'est la plus, 
admirable de notre siecle, n£e k Leipzig le 1& 
sept. 1819 , m. k Francfort-s/Mein le 20 mai 
1896 ; la fille de Friedrich Wieck (v. ce nom), qui 
en fit une virtuose parfaite. Elle jouait en pu- 
blic k Ykge de dix ans dejA et fit des tournees. 
de concerts des 1872 ; toutefois, il est hors de doute 
que les conceptions geniales de son mari d£ve- 
lopperent son talent et lui donnerent seulement 
sa pleine maturite artistique. L'epoque de sea 
succes durables et de son vrai renom, qui la 
placa bien au-dessus de la foule des virtuoses 
du piano, date du iemps de ses fiancailles avec 
S. (1837). Elle avait dej& fait sensation k Vienne, 
k Berlin, k Paris, avant son manage (1840). 
Klara S. excellait surtout, au debut de sa car- 
riere, dans Tex6cution des ceuvres de Beetho- 
ven , qu'ellc interprelait avec une perfection 
absolue ; plus tard, elle fit entrer dans son re- 
pertoire les oeuvres de Chopin et celles de son 
mari, dont elle fut, naturellement, rinterprete 
la mieux qualified. Apres la mort de Schumann* 
aux cdtes duquel elle eut le courage de rester 
jusqu'd la fin, elle vecut avec ses enfants, d'a- 
bord quelques annees aupres de sa mere, k 
Berlin (celle-ci s'etait s£paree de Fr. Wieck, puis, 
avait epous£, en secondes noces, le professeur 
de musique Bargiei, dont elle eut un fils, Wol- 
demar Bargiei). En 1863, elle alia s'installer a 
Wiesbaden ; mais elle se vit obligee de repren- 
dre la carriere de virtuose, pour entretenir aa 
famille. De 1878 k 1892, elle fut premier profes- 
seur de piano auConservatoireHoch, k Franc- 
fort-s/Mein, puis se voua exclusivement a Ten- 
seignement prive. Klara S. ne fut pas seulement 
une pianiste distinguee, elle composa aussi 
plusieurs ceuvres de merite, parmi leeqnelles il 
convient de citer : des lieder (op. 12 [<louze 
poesies de Rttckert, mises en musique par Ro- 
bert el Klara Schumann, les n" 2, 4 et 11 sont 
de Klara S.], op. 13 et op. 23), un concerto de 
piano (op. 7), un trio (op. 17), trois sonates de 
violon (op. 2*2), des preludes et fugues (op. 16^ 
des variations sur un theme de Robert S, (op fc 
20). Elle se chargea,en outre, de la revision des- 
(t»uvres de son mari, pour r&dition complete de 
Breitkopf et Hierlel ; elle publia les exercice*. 



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SCHUNKE — SCHUSTER 



de doigts extraits de la « M6thode de piano » de 
Czerny (op. 500), les lettres de jeunesse de 
Schumann (v. plus haul), etc. — 3. Georo- 
Alfred, n£ k Konigstein (Saxe) le 25 oct. 1866 ; 
£l£ve du Conservatoire de Leipzig, fut nomm£, 
en 1891, directeur de musique k Dantzig et, 
quelques annees plus tard, chef d'orchestre et 
de chceurs (Concerts philhamoniques)&Br£me. 
S. est un compositeur de talent ; on connait de 
lui : Amor und Psyche (pour soli, chceur et 
orchestre), une symphonic en si mineur (cou- 
ronnee), un quatuor el un trio avec piano, une 
sonate pour piano et violon (op. 12), des mor- 
ceaux de concert pour piano, d'autres pieces 
pour piano, des lieder, etc. 

Schunke, 1. Karl, n6 k Magdehourg en 1801, 
eleve de son pdre, le corniste virtuose Michael 
S. (1780-1821, un fr6re de Gottfried S.), et de 
Ries avec lequel il alia k Londres. En 1828, S. 
se fixa a Paris ; il eut un vif succ&s comme 
virtuose et comme professeur et fut nommd 
pianiste de la Cour de la reine, etc. Priv6 de 
l'usage de la parole, par une attaque, il se pr6- 
cipita de sa fen&tre, le 16 d6c. 1889. S. a public, 
k c6t£ de choses m6diocres mais nombreuses 
et dans le gout du jour, quelques pieces de va- 
leur pour le piano. — % Lddwig, ami intime de 
R Schumann, ne k Cassel, le 21 dec. 1810, cou- 
sin du precedent, &16ve de son p&re, Gottfried 
S., qui £tait tr£s estim£ comme corniste virtuose, 
puis de Kalkbrenner et de Reicha, k Paris. II 
se fit entendre avec succ&s a Paris et k Yienne, 
puis se fixa k Leipzig, en 1888, et fut Tun des 
fondateurs de la Neue Zeitschrift fiir Musih. 
La mort ne vint que trop tdt rompre les liens 
d'amiti£ qui l'unissaient k Schumann ; en effet, 
S. mourut le 7 d£c. 1834. Quelques composi- 
tions de cet artiste, enleve trop t6t k Tart, d6- 
notent un talent plein de seve el d'ardeur (une 
sonate de piano, des variations sur la « Valse 
fun&bre t de Schubert, des caprices, un diver- 
tissement, un rondo, etc.). 

Schuppanzigh, Ignaz, violoniste, ne a Vienne 
en 1776, m. dans la m6me ville le 2 mars 1830 ; 
est cetebre en tant que chef du quatuor d'instr. 
k archet qui, le premier, interpr&a les quatuors 
de Beethoven, en m&me temps, du reste, que 
ceux de Haydn et de Mozart. Le quatuor 6tait 
d'abord entretenu par le comte Rasoumowski 
(v. ce nom), mais il se maintint ensuite, inde- 
pendant, et donna des concerts en Allemagne 
et en Russie. S. avait dirigS, dans ses jeunes 
annees, les concerts du « Augarten » ; il etait 
entr6, en 1824, dans Torchestre de la Cour, et 
prit, en 1828, la place de chef d'orchestre de T« O- 
p£ra allemand ». Parmi ses compositions, un solo 
de violon avec accompagnement de quatuor 
d'archets, et deux themes varies ont £t& publies. 

Schuppert, Karl, compositeur de chteurs al- 
lemands pour voix d'hommes, ne k Cassel, le 
29 jail. 1823, m. dans la m6me ville, ou il 6tait 
devenu organiste de la Cour, le 6 d£c. 1865. 
(Das deutsche Schwert). 

Scourer, Johann-Georg, fut, d£s 1748, com- 
positeur de la Cour, a Dresde, ou il mourut le 
16 f£vr. 1786. S. etait un compositeur tr£s fe- 



755 

cond, comme le prouve l'&iorme quantity de 
ses ceuvres, en majeure partie destinies k 
l'Eglise et dont les manuscrits sont conserves 
k Dresde : quarante Messes, trois Requiem, 
cent quarante peaumes, puis des oratorios, 
quatre operas italiens : Aslrea (1746), Galatea 
(1746), Ercole (1747) et Calandro (1748), et une 
opSrette allemande : Don's (1747). 

Schurig, Volkmar-Julius-Wilhelm, n6 k 
Aur (Erzgebirge saxon) le 24 mars 1822; s6mi- 
nariste k Dresde, fut 616 ve de Johann Schnei- 
der, Julius Otto et Th. Uhlig. De 1842 k 1852, il 
remplit les fonctions de directeur du chceur de 
la synagogue; de 1844 k 1856, celles d'organiste 
de la paroisse anglicane de Dresde; de 1856 k 
1861, celles de cantor et d'organiste de la pa* 
roisse 6vang61ique de Pesth, ou il fonda une 
Society chorale allemande d'hommes. En 1861, 
S. retourna k Dresde ou il fut, d£s 1871, mattre 
de chant k l'Asile des aveugles, de 1873 k 1893, 
cantor de TSglise Ste-Anne, enfin, d£s 1876, pro- 
fesseur de theorie a l'Acad&nie Rolfuss. S. a 
compost des ceuvres agr£ables et simples : il a 
public des fantaisies pour orgue (op. 1, 31 [In- 
troduction pour le « Ricercar » k six voix de 
Bach]), des preludes d'orgue(op.46),des chants 
d'eglise anglais, des chceurs religieux, et des 
motets (op. 8, 9, 10, 16, 17, 18, 20, 21, 22, 24, 
27, 30, 34, 44), des chants religieux pour une 
seule voix (op. 14, 33), des duos religieux (op. 
15, 19, 28, 38), puis des chants pour voix d'en- 
fants ou de femmes, des lieder patriotiques, etc. 
Les chants d'enfants, avec piano, (op. 48), m6- 
ritent d'etre recommandSs pour tous les enfants 
qui connaissent la langue allemande. 

Schuster, Joseph, compositeur fecond, ne k 
Dresde le 11 aout 1748, m. dans la m£me ville, 
le 24 jail. 1812 ; ftls d'un chanteur de la Cham- 
bre Electorate, qui lui donna, de concert avec le 
maitre de chapelle Schtlrer, les premieres le- 
mons de musique. II partit en 1765, avec Seydel- 
mann, pour lltalie ou il resta trois ans et 
ecrivit plusieurs operas. Quelques ann&es apres 
son retour, S. fut nommS compositeur de la 
Chambre du Prince-Electeur; mais il retourna 
d6j&, en 1774, en Italie et travailla, sous la di- 
rection du P. Martini, k Bologne. D 6crivit alors 
des operas pour les scenes de Venise et de 
Naples, puis re?ut le titre honorinque de maitre 
de chapelle du roi de Naples. De 1778 k 1781, 
S. s^journa en Italie pour la troisteme et der- 
ni&re fois ; depuis lors il v6cut k Dresde ou, 
alternativement avec Schurer, Naumann et 
Seydelmann, il dirigea soit k l'£glise, soit au 
theatre. En 1787, enftn, il fut nomme maitre de 
chapelle, conjointement avec Seydelmann. S. a 
6crit environ vingt-cinq operas (dont F6tis at- 
tribua quelques-uns, par erreur, k Joseph Schi- 
rer),la plupart italiens, mais dont quelques-uns 
sont cependant en allemand : Der gleichgultige 
Eliemann; Doktor Murner; St'eg der Liebe 
tiber die Zauberei; Das LaternenfesU Ces 
ceuvres furent tres goutees, k cause de leurs 
agreables melodies. Pour T^glise, S. 6crivit : 
une Messe, une Passion, un Te Deum, le psaume 
lxxiv; il composa aussi plusieurs oratorios; 



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756 



SGHUTT — SCHUTZ 



la caniate : Das Lob der Musih, consid£r£e 
comme la meilleure de ses oeuvres;des mor- 
ceaux de piano k 2 et a 4 mains, un divertisse- 
ment pour piano et violon. un concerto pour 2 
pianos. Un concerto pour piano, 6 quatuors 
pour instr. k archet et dee symphonies sont 
restis manuscrits. 

Schfitt, Eduard, pianiste et compositeur, ne 
k St-Petersbourg, le 22 oct. 1856 ; eteve de Pe- 
tersen et de Stein, au Conservatoire de cette 
ville, fut encore, de 1876 k 1878, au Conserva- 
toire de Leipzig. H vit k Vienne ou il dirige la 
• Societe academique wagn^rienne»; il est lie 
d'amitie avec Lcschetitzky. En 1882, S.joua avec 
succ£s, A St-Petersbourg, son concerto de piano 
en $of mineur (op. 7); il a publie en outre une 
serenade pour orchestre d'archets (op. 6), des 
variations pour deux pianos (op. 9), des lieder 
et une quantity de morceaux de piano d'un 
genre fin, deiicat, mais superflciel. 

SchAti (Sagittarius), Heinrich, le maltre qui, 
le premier, fit connaHre k l'Allemagne la re- 
forme musicale profonde dont l'ltalie fut le 
thSAtre vers 1600, et qui, lui-meme, contribua k 
la creation de nouvelles formes, de sorte qu'on 
peut l'envisager, dans le domaine de la compo- 
sition religieuse, comme le plus grand pr£cur- 
seur de J.-S. Bach et surtout de G.-Fr.Haendel, 
durant le xvn* siecle ; ne k Costritz, pres Gera, 
le 8 oct. 1585, m. k Dresde le 6 nov. 1672. Ses 
parents alierent s'ctablir k Weissenfels, en 1591, 
et prirent possession de Heritage de son grand- 
p^re. Sa belle voix de soprano lui procura une 
place dans la Chapelle vocale de la Cour, k 
Cassel, ou il put frequenter le Gymnase. Bien 
que richement doue sous le rapport musical, 
il entra, sur le desir de ses parents, k TCniver- 
site de Marbourg, pour y etudier le droit, et 
travailla avec ardeur a ses etudes juridiques. 
Mais, en 1609, le landgrave Maurice de Hesse 
lui ayant offert un subside annuel de 200 florins, 
8*il voulait aller etudier la musique en Italie, 
il ne put r£sister a cette oflfre et ses parents 
consentirent, eux aussi, kce qu'il se vou&t com* 
pietement k Tart musical. II devint ainsi, en 
1609, eieve de Giovanni Gabrieli, le glorieux 
maltre qui repr£sente le point culminant de 
l'Ecole venitienne, et resta aupr^s de lui jusqu'sk 
sa mort (1612). A Yenise, les deux Gabrieli 
avaient surtout developp£ Tart de la composi- 
tion pour double chu*ur; mais Monteverde 
n'en etail pas moins connu et estime dans cette 
ville ou il fut appele peu apres (1613), comme 
mattre de chapelle de l'eglise St-Marc, une 
preuve que ni les monodies, ni le nouveau style 
dramatique(desFlorenlins) ifetaient inconnus k 
Venise. II fautbieu admett re. par consequent, que 
S., se trouvant au milieu de cette evolution, de 
cet enfantement de formes nouvelles. fut lui- 
meme entraine dans le mouvement et rentra 
dans sa patrie, plein d'idees nouvelles. Comme 
premier temoignage de lVmploi consciencieux 
tie son subside, S. avait envoye an landgrave, 
en 1611 dejA, un livre de madrigaux a cinq 
voix, composes et imprimis k Venise (con- 
serves k la bibliotheque de (tassel). Apres la 



mort de Gabrieli (1612), il rentra k Cassel et y 
fut nomm£ organiste de la Cour. Sa reputation 
commencait k s'etendre, aussi, en 1614, le prince 
eiecteur de Saxe demanda-t-il le concours de S. 
pour diriger sa chapelle, k l'occasion du bap- 
teme d'un prince (le due Auguste). Le prince 
fut m£me si enchante du musicien qu*il le de- 
manda dej& en 1615, pour quelques annees, et 
ne le laissa du reste plus repartir, malgre le 
desir du landgrave de conserver S. aupr^s de 
lui. En 1617, S. devint deflnitivement maltre de 
chapelle de la Cour, mais, k diverses reprises, 
il obtint des congas qui lui permirent de voya- 
ger, entre autres en Italie (1628-1629), pour y 
etudier, aux sources m£mes, les progres du 
nouveau style. II se rendit aussi trois fois a 
Copenhague (1633-1635, pour y organiser une 
chapelle; 1687-1639, sejoumant k son retour 
longtemps k Brunswick [1638] ; enfin de 1642 k 
1645). A Dresde, les circonstances, grAce aux 
evenements de la guerre, etaient tres defavo- 
rables au developpement de Tart; la Chapelle 
fut un temps dissoute (1633-1639) et ne fut r£ta- 
blie ensuite qu'avec une dizaine d'instrumen- 
tistes et de chanteurs; e'est \k, sans doate, 
la raison pour laquelle 9. deploya une si grande 
activite en dehors de Dresde. II est vrai qu'il 
etait dejk en realite maitre de chapelle k Co- 
penhague depuis 1683 ; en 1656, lors de Tav£- 
nement de Georges II, il fut en partie degage 
de ses obligations envers la Cour de Dresde, 
mais ne put obtenir sa pension de retraite qu'il 
avait reclamee bien souvent. Parmi les ceuvres 
de S., il faut d'abord mentionner Dafne, le pre- 
mier opfcRA allemaxd, compose sur le texte de 
Rinuccini (traduit par Opitz), joue en 1627, au 
chateau de Hartenfels, pres de Torgau, k Toc- 
casion du manage de la princesse Sophie de 
Saxe avec Georges II de Hesse-Darmstadt. 
Malheureusement, le texte seul de cet opera a 
ete conserve, la musique en a ete probablement 
detruite, en 1760, par un inceudie. S. ecririt 
encore la musique d'un ballet : Orpheus und 
Euridice(\G3&) 9 pour le manage de Jean-Geor- 
ges II de Saxe (non conserve). Les « Passions 
en musique » du maitre, sont d'un tres haut in- 
teret historique, d'abord les Sieben Worte 
Christi am Kreus (manuscrit autographe a 
la Bibliotheque de Cassel), puis Die Historia 
des Leidens und Sterbens unsers Heylandcs 
Jesu-Christi (4 Passions, d'apres S. Matthieu, 
S. Luc, S. Marc et S. Jean, k la Bibliotheque 
de Dresde). Karl Riedel (v. ce nom) a reuni, en 
1870, ces quatre Passions en une seule (apres 
avoir elague un grand nombre de morceatix) 
et S. a publie egalement les « Sept Paroles ». 
Cet homme eminent a beaucoup contribne par 
des auditions reiterees, k faire apprecier le me- 
rite de S. dans toute sa plenitude. Un autre oa- 
vrage encore : Historia der froehtichen und 
sieffreichen AufersteJiung unsers einigen Er- 
lasers und Seligmachers Jesu-Christi (grave 
en 1028) doit etre range parmi les « Passions ». 
soit a cause de sa forme, soit a cause de sa 
facture. Les autres publications de S., parmi 
lesquelles les motets ont souvent aussi une 



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SCHWAB — SCHWARZ 



757 



forme presque dramatique, sortes d'oratorios 
minuscules (avec des chorals ingenieusemeut 
intercal£s et des alternances de chants k une 
et a plusieurs voix), sont : 11 primo libro dei Mar 
drigali (1611, dix-huit madr.a cinq voix etun dia- 
logue k huit voix); Psalmen Davids sampt etli- 
clien Motetten und Konserten mil acht und 
mehr Stimmen nebenst andern zvceien Kapellen, 
doss dero etliche auf 3 und 4 Chor nacli Belie- 
bung gebracht werden komnen, avec «conti- 
nuo> (1619, ireize parties s£par£es) ; le psaume 
cxxxm : Siehe trie fein, k 8 voix (1619); Syn- 
charma musicum, tribus cfioris (1621); Klceg- 
ticher Abschied van der churfurstlichen 
Grufft (1623) ; Cantiones sacrae 4 voc. c. basso 
ad org. (1625) ; De vitas fugacitate aria 5 voc. 
(1625) ; Psalmen Davids deutsdx durch Corne- 
lium Bechern in vier Stimmen gestettt. (1628, 
1640, 1661, 1676 et 1712); Cantiones sacrae 4 
voc. c. bass, ad org. (Freiberg, 1625); Sympho- 
niae sacrae 3-6 voc. (1629); Das ist gew\sslich 
icahr, motet k 6 voix (1631) : Kleine geistliche 
Konzerte mil 1-5 Stimmen (1636 et 1639, 2 p.; en 
stilo oratorio) ; Symphoniarum sacrarum 11. 
pars, de 3 a 5 voix avec 2 instruments (1647); id.> 
3 ra « partie, de 5 k 8 voix (1650); *Musicalia ad 
chorum sacrum », das ist geistliche Chormu- 
sih mil 5-7 Stimmen, beides inslrumentaliter 
und voccditer, vaobei der « Bassus generalis » 
(1648); Canticum B. Simeonis : Herr nun 
Uessest du, k six voix (1657); 12 Geistliche ge- 
sdnge mit 4 Stimmen fur hleinere Kantor- 
eien, avec ccontinuo* (1657); En novus Ely- 
siis $uccedit 9 motet k 3 choeurs (sans date). En 
outre, on connatt plusieurs morceaux de cir- 
constance dont les manuscrits sont conserves 
dans diverses biblioth£ques. En plus des pu- 
blications de Riedel, on trouve encore des 
oeuvres de S., transcrites en notation moderne, 
dans : Winterfeld, Der evangeliscJie Kirchen- 
gesang et J oh. Gabrieli; Gommer, Musica sa- 
cra ; Keissmann, Musikgeschichle, etc. Une 
edition complete, en 16 volumes (Breikopf et 
H&rtel), r&dig£e par Ph. S pitta, a paru d£s 
1885. V. la biographie de S. par Ph. Spitta, 
dans la « Allg. deutsche Biographie » ; puis, de 
Fr. Spitta, un discours pour le troisteme cen- 
ienaire de S. (1886) et Die Passionen nach den 
4 Evangelien von E. S. (1886). 

Schwab, Franqois-Marie-Louis, critique mu- 
sical et compositeur, n£ a Strasbourg le 18 
avril 1829; fut, de 1871 k 1874, directeur de la 
Soci£t6 de musique de Strasbourg et r£dige ac- 
tuellement Tun des journaux de cette ville. II a 
ecrit trois op&ras comiques, une grande Messe 
(ex6cut£e k Strasbourg, k Paris et k Madrid), 
plusieurs cantates, des morceaux pour divers 
instruments, etc. 

Schwalm, 1. Oskar, n6 k Erfurt le 11 sept, 
1856; de 1879 k 1882, Steve du Conservatoire de 
Leipzig (Wenzel, Paul, Reinecke, Jadassohn). 
Compositeur (morceaux de piano, preludes et 
fugues, lieder, valses, ouverture pour Kcenig 
Drosselbart de Fitzer, recueils de chants a l'u- 
sage des 6coles, etc.), S. fut aussi chroniqueur 
musical du • Tagblatt » de Leipzig et de phi- j 



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sieurs revues musicales. II acheta, en 1886, la 
maison d f Editions de C.-F. Kahnt, mais la re- 
vendit, en 1888 d<y&, au D r P. Simon. S. est le 
gendre de Jules Bluthner, dont il dirige actuel- 
lement la succursale, k Berlin. — 2. Robert, 
compositeur, fr6re du pr6c£dent, n6 k Erfurt 
le 6 d£& 1845; eleve de R. Pflughaupt et du 
Conservatoire de Leipzig, fut, de 1870 k 1875, 
directeur de plusieurs society, k Elbing. II vit 
actuellement k Konigsberg, oil il dirige 6gale- 
ment plusieurs society chorales. En plus de 
nombreux chceurs pour voix d'hommes (avec 
orchestre : Der Gothen Todesgesang ; Abend- 
stilte am Meere) et de morceaux de piano, S. 
a 6crit une serenade pour orchestre (op. 50), 
un op6ra : Frattenlob (Leipzig, 1885), un orato- 
rio : Der Jiingling von Nain, un quatuor pour 
instruments k archet (en la mineur), un mor- 
ceau de concert pour vioioncelle, etc. 

Schwanberg, Johakn-Gottfried, n£ k Wol- 
fenbuttel le28 d6c. 1740, m.&Brunswick le 5 avr, 
1804; fit son education musicale, aux frais du due 
de Brunswick, en Italie et sp&rialement aupres 
de Hasse. II fut ensuile, pendant nombre d'an- 
n£es, maltre de chapelle de la Cour, k Bruns- 
wick, et 6crivit pour le thS&tre de cette ville 
une douzaine d'op&ras italiens (< opera seria », 
dans le style de Hasse), un prologue drama- 
tique : Der Auspruch des Apollo (1794) et trois 
sonates pour violon et vioioncelle. 

Schwanzer, Hugo, directeur de l'lnstitut de 
musique qui porte son nom, k Berlin, n6 a 
Oberglogau le 21 avr. 1829, m. k Berlin le 15 
sept. 1886; fr£quenta l'lnstitut royal de mu- 
sique d'6glise, a Berlin, et devint, en 1862, or- 
ganiste de la paroisse juive reform£e. II passa, 
en 1866, k la nouvelle synagogue et fut en outre, 
de 1856 k 1869, professeur d'orgue el de piano, 
au Conservatoire Stern. S. a public quelques 
compositions d'orgue et des ceuvres vocales, 
ainsi qu'une melhode de piano. 

Schwarz, 1. Andreas-Gottlob, bassoniste 
distingue, ne k Leipzig en 1743, m. k Berlin le 
26 d£c. 1804 ; fut hautboi'ste pendant la guerre 
de sept ans, puis, d£s 1770, fit partie des or- 
chestres de la Cour de Stuttgart, d'Ansbach, et 
des concerts de Lord Abington, k Londres. En 
1787, il entra dans i'orchestre de la Cour, 4 Ber- 
lin. Son fils — 2. Curistoph-Gottlob, n6 k Lud- 
wigsbourg le 12 sept. 1768; excellent basso- 
niste, musicien de la Chambre du prince de 
Galles, fut aussi, de 1788 k 1826, membre de 
I'orchestre de la Cour, k Berlin. Un second fils 
de Andreas S., remarquable violoniste, v6cut 
egalement k Berlin. — 3. Wilhelm, professeur 
de chant renomm6, n6 k Stuttgart le 11 mai 
1825, m. k Berlin le 4 janv. 1878; etudia la 
theologie et la philologie, et fut, pendant quel- 
que temps, directeur d'une £cole superieure de 
jeunes filles, puis vicaire au lyc£e d'Ulm. II se 
voua ensuite complement au chant et se fixa 
comme professeur de chant a Hanovre, puis k 
Berlin, apr&s avoir chante quelque temps au 
theAtre. Sa € nouvelle m&hode d'enseignement » 
ne reussissant point, il entra comme employ^ 
dans la maison de banque Stroussberg. S. est 

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758 



SGHWEBUNG — SCORDATTRA 



l'auteur de deux ouvrages : System der Gesangs- 
kunstnachphysiologischen Grund$cet3tn{\$bl) 
et Die Musik als GefUhlssprache im Verfuelt- 
nis zur Stimme und Gesangsbildung (1860). — 
4. Wenzel, ne a Brunnersdorf (Boheme) le 8 
f6v. 1830; eieve du Conservatoire de Prague, 
pais proprietaire d'un InsHtut de musique, k 
Eger, vit depuis 1864 k Vienne. n a ecrit des 
ouvrages destines k renseignement de la ma- 
sique. — 5. Max, pianiste, fils de Wilhelm S. (3), 
ne k Hanovre le 1«» dec. 1856; eieve de Fr. 
Bendel, de Bttlow et de Liszt, fut, de 1880 k 
1883, professeur au Conservatoire du D r Hoch, 
a Francfort-sur-Mein. II fonda ensuite, dans la 
m&nie ville, lors du changement de direction 
(apres la mort de Raff) et avec d'autres profes- 
seurs qui d£missionnerent en m£me temps que 
lui, le « Conservatoire Raflf ». — 6. Bianca (v. 
Bianchi, 2). 

Schwebung (all., syn.: Schlag, Stoss), batte- 
ment (v. ce mot). 

Scbwegel (Schwiegel, Scii\v.«gel), ancien 
mot allemand (suegala) qui signifie simplement 
flute et, d'une mani^re generate, tout instru- 
ment k vent. On entendait cependant par & 
surtout la flute ou le tuyau k bouche ordinaire; 
c'est pourquoi Notker (vers Tan 1000) donne au 
tuyau d'orgue le nom de suegatum. Quelques 
anciens instruments ont encore un registre qui 
porte le nom de S. ou Schxoegelpfeife (8' et 4'), 
jeu k bouche ouvert dont les tuyaux sont tege- 
rement coniques. 

Schweinskopf, ancienne denomination alle- 
mande pour les pianos k queue. 

Schweitzer, Anton, maitre de chapelle k Go- 
tha, ne k Cobourg en 1737 m. k Gotha, le 23 
nov. 1787 ; ecrivit environ vingt « Singspiele » 
et musiques de scene. Plusieurs ont paru en re- 
duction pour le piano : Elysium (1774) ; Alceste 
(1774, 1786 ; texte de Wieland) et Die Dorfgala 
(1777). 

Schweixerilflte (all.), 1. Ancienne denomina- 
tion allemande de la flute traverstere (aujour- 
d'hui Querflcete). — 2. Dans les orgues alle- 
mandes, jeu k bouche ouvert de 8*, k tuyaux de 
m^tal, pourvns d'oreillettes, et de perce etroite ; 
comme il octavie facilement, ce jeu ne s'einploie 
que melange k d'autres jeux de 8\ Son timbre 
est tr&s clair et per^ant. Ce m^me jeu prend g£- 
neralement le nom de Schvceizerpfeife lors- 
qu'il est de 4', celui de Schwet\erflcetenbass 
lorsqu'il est au pedalier. 

Schwencke, famille distingu^e de musiciens, 
dont le p&re 1. Johann-Gottlieb, ne k Breite- 
nau (Saxe) en 1744, m. k Hambourg le 7 dec. 
1823, musicien du conseil k Hambourg, etait nu 
excellent bassoniste. Son fils — 2. Christian- 
Frirdrich-Gottlieb, successeur de Ph.-E. Bach 
comme cantor de la ville de Hambourg, n6 a 
Wachenhausen (Harz) le 30 aout 1767, eieve de 
Marpurg et deKirnberger,fut nomme, k Ykge de 
vingt-trois ans d£ja, cantor et directeur de mu- 
sique de I'eglise Ste-Catherine, a Hambourg. II 
conserva ce poste jusqu'i sa mort, le 27 oct. 1822. 
Parmi les compositions de S., nous citerons 
surtout : trois sonates de violon, six grandes fu- 



gues, des sonates de piano et un grand nombre 
d'ceuvres religieuses : un psaume, un Pater 
noster et une ode de Klopstock (parue comme 
supplement kY* Allgemeine Musikalische Zei- 
tung, en 1779); il reinstrumenta, en outre, le 
t Messie > de Handel et la Messe en si mineur 
de Bach. S. a ecrit aussi differents articles pour 
1* « Allg. M. Z. ». — 3. Johann-Friedrich, fils 
et eieve du precedent, ne k Hambourg le 80 
avril 171)2, m. dans la m£me ville le 28 sept 
1852; fut a la fois organiste, violoncelliste et 
clarinettiste de talent. II fut nomme, en 1829, or- 
ganiste de l'eglise St-Nicolas, a Hambourg. S. 
a compose un assez grand nombre d'oeuvres, 
malgre son etal de sante precaire : des cantates 
avec accompagnement d'orgue; un recueil de 
chorals pour les eglises de Hambourg, oeuvre 
excellente plusieurs fois reeditee: plus de cinq 
cents preludes et postludes; rharmonisation de 
plus d'un millier de chorals et de soixante- 
treize .chants populaires russes, un septuor 
pour cinq violoncelles, contrebasse et tymbales. 
Un accompagnement d'orchestre pour Adelaide 
et Wachtelscklag de Beethoven. En outre, il a 
fait beaucoup d'arrangements d'ceuvres de 
Spohr, etc. — 4. Karl, frere du precedent, ne 
a Hambourg le 7 mars 1797, fut un composi- 
teur de talent et un pianiste virtuose. II fit, 
dans ses jeunes annees, des tournees de con* 
certs k St-Petersbourg, Stockholm et Paris, et 
publia quelques ceuvres bien ecrites pour le 
piano (trois sonates de piano a 4 mains, une 
sonate de violon): une symphonie de lui parut 
aussi en reduction pour le piano, apres avoir 
ete executee au Conservatoire de Paris (1843) 
et a Hambourg. Un grand nombre d'autres 
ceuvres resterent manuscrites (musique de 
chambre et une Messe). Vers la fin de ses joure, 
S. vecut k Nussdorf, pres de Vienne; on a 
perdu sa trace des 1870. Une partie de ses me- 
moires parut dans le « Hamburger Correspon- 
dent* (1884-1885).— 5. Friedrich-Gottlieb, fils 
et eieve de Joh.-Friedr. S., ne k Hambourg le 
15 dec. 1823; succeda en 1852 k son pere, comme 
organiste de la nouvelle eglise gothique de St- 
Nicolas. II se fit entendre d6jd tres jeune, dans 
des concerts d'orgue et de piano et, en 1855, 
joua lui-meme, sur differentes orgues de Paris, 
ses propfes o?uvres. D a ecrit un grand nombre 
de lieder et de preludes pour des chorals, trois 
fantaisies pour orgue, trompettes, trombone et 
tymbales, des chants religieux pour chceur de 
femmes avec orgue, etc. En outre, il a revu et 
augmente les recueils de chorals de son p£re 
et donne une nouvelle edition de ses preludes 
de chorals (1886), en y ajoutant quelques mor- 
ceaux de sa composition. 

Schwingung (all.), vibration. 

Sciolto (Hal), indication pour une execution 
d'allure libre. 

Scontrino, Antonio, ne a Trapani, en 1851, 
compositeur d'operas {Matelda, 1875 ; 11 pro- 
geltista, 1882; 11 sortilegio, 1882; Gringoire* 
1890), a ecrit aussi des morceaux de virtuosity 
pour la contrebasse. 

Scordatura (ital., « accord different •), terme 



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SCORE 



SEEGERT 



759 



adopts pour le changemcnt intentionnel de 
Vaccord d'un instrument d cordes, change- 
nient pennettant d'obtenir certains, effets autre- 
tnent impossibles. C'est ainsi que Paganini, 
par ex., accordait souvent la corde de sol en si 
bemol. Un certain nombre de compositions pour 
Tiolon.de Tartini, Biber, Nardini, Campagnoli, 
«tc, exigent une s. d£terminee. 

Score (angl.), partition. 

Scotto (Scoto), c£lebre famille d'imprimeurs 
<le musique, d Venise, comprenant : 1. Otta- 
tiano, qui imprimait de 1586 d 1589 environ, et 
publia en premier lieu des madrigaux de Ver- 
<lelot, pour une voix avec luth, arranges par 
Willaert. — 2. Girolamo, probablement le fils 
<lu prudent, imprima de 1539 d 1578. 11 publia 
«n 1551 un livre demadrigaux d deux voix, de sa 
propre composition. Apr6s sa mort, ses h6ri- 
tiers continu^rent encore longtemps Timprime- 
rie et la maison d'6ditions. 

Scudo, Paul, musicographe, n6 d Venise le 
$ juin 1806, m. d Blois le 14 oct. 1864; auteur 
•de : Critique et Litt&rature musicales (1850 et 
1859, 2 vol.); LArt ancien et moderne, nou- 
xeaux melanges, etc. (1854); L Annie musicale 
ou Revue annuelle des Thidtres lyriques et des 
Concerts (1860-1862,3 vol.); La Musique en 
1862 (1863); Le Chevalier Sarti (1857, M. all. 
par Otto Kade, 1858); roman musical dont la 
suite, Friderique, parut dans la « Revue des 
Deux-Mondes ». S. fut aussi collaborates de 
divers jonrnaux de musique et fournit des ar- 
ticles sur Ja musique d plusieurs encyclopedies 
g£n£rales. 

Sdrucciolando (ital.), terme employ^ parfois, 
<lans les parties de la harpe, commc synonyme 
<le glissando. 

Sebastian!, Johann, compositeur allemand 
•de musique d'6glise, n£ d Weimar, en 1622; de- 
vint, en 1661, maitre de cbapelle du prince £lec- 
teur de Brandebourg, d Konigsberg. 11 est sur- 
lout connu comme auteur d'une Passion en 
musique : Das Leiden und Sterben vmserers 
Rerm und Heilands Jesu-Christi (1672) qui 
se rapprocbe des « passions » de Bach, en tant 
•qu'elle contient relement contemplatif exprim£ 
par des chorals intercates « zur Erweckung 
mehrerer Devotion *, et, d la fin, un chant d'ao 
tions de grdces pour les souffrances de Jesus- 
-Christ. Ces chorals 6taient chant£s par une 
«eule voix, comme des airs avec accompagne- 
ment de violon. On a conserve en outre, de lui : 
Geistliche und vceltliche Lieder in Melodien 
Sesetzt (1675). 

Slbastien, Claude, organiste d Melz, auteur 
<Tun singulier ouvrage allegorique : Bellum 
musicale inter plani et mensurabilis cantus 
reges de principatu musicae, etc. (1553; et de 
aouveau, 1563, 1568). 

Sebor, Karl, compositeur tcheque,n£ d Bran- 
-deis s/l'Elbe le 13 aout 1843 ; eteve du Conser- 
vatoire de Prague et, en lemons particulieres, 
-de Kittl, fut d'abord maitre de musique en 
Pologne, puis devint chef d'orchestre d Erfurt 
-et au ThSdtre national tch^que de Prague. II 
«st, depuis 1871, chef de musique militaire a 



Yienne. S. a 6crit quelques oeuvres de musique 
de chambre (quatuor et quintette pour instr. d 
archet), des morceauxde piano, des lieder, des 
choeurs et plusieurs operas tch£ques (Les Tern- 
pliers en Moravie, 1865; Drakomira; La 
fiancee du Hussite ; Blanket ; La noce manqxtie, 
1878). 

Secco (ital.), sec. Cf. r£citatjf. 

Sechter, Simon, c&ebre professeur de contre- 
point, n6 d Friedberg (Bohfcme) le 11 oct. 1788, 
m. d Vienne le 10 sept. 1867 ; fut 616ve de Jo- 
hann- Anton Kozeluch et deHartmann,d Vienne, 
puis devint, en 1811, maitre de musique d l'Asile 
des aveugles. II fut en outre, plus tard, membre 
de la Cbapelle de la Cour, organiste de la Cour 
et, d6s 1851, professeur d*harmonie et de com- 
position au Conservatoire des «Amis de la 
musique ». L'o>uvre principale de S. est intitu- 
le : Die GrundsaUe der musikalischen Kom- 
position (1853-1854 , 3 vol.) ; elle contient, en 
principe, lit th6orie de la « basse fondamentale* 
de Bameau, mais fait fausse route en consid6- 
rant comme normaux des enchatnements har- 
moniques, bons seulement dans les marches 
d'harmonie. S. a compose un grand nombre 
d'eeuvres religieuses : des Messes, des graduels, 
des oflertoires, Merits en partie dans les tons 
eccl&siasliques, un Te Deum, etc., mais quel- 
ques-unes seulement ont ete publiees. Par con- 
tre, il a publie beaucoup de fugues, de preludes 
et d'autres morceaux pour orgue (op. 1-5, 8, 9, 
12-15, 17, 20-22, 48, 50, 52, 55, 56, 61), deux qua- 
tuors pour instr. d archet (le second, intitule : 
Die vier Temperamente, op. 6), des variations 
de piano, etc. Un op6ra burlesque de sa com- 
position : Ali-hitsch-liatsch, a 6t6 ex£cut6 en 
1844. 

Seconde (lat. secunda; all. Sehunde), le « se- 
cond » degr£ dans l'ordre diatonique. La s. 
peut &tre majeure, mineure ou augments : 



% 



(cf. intervalle). La s. diminu&e serait form&e 
par deux sons enharmoniquement identiques 
(ex. : ut diese ^ ri bemol). 

Secondo (ital.), le second (entre autres : par- 
tie interieure, dans les oeuvres pour piano d 
quatre mains) ; seconda volta (abr. 11**), la se- 
conde fois. Cf. primo. 

Sedlatsek, Johann, flutiste, ne d Oberglogau 
le 6 d£c. 1789, m. d Vienne le 11 avr. 1866; 
v£cut d Londres, de 1826 a 1850, mais le reste 
du temps d Vienne, d'ou il faisait de grandes 
tourn£es de concerts, avec beaucoup de succes. 

SeebertjCHRisnAN-FniEDHicH, Tinventeur du 
« Fingerbildner », v. chiroplaste, ne a Weida 
le lOjuin 1846, m. d Weimar, ou il £tait violon- 
celliste dans l'orcbestre de la Cour, en 188S. 

Seegert, (Seoer, Seegr), Joseph, organiste 
remarquable, n6 d Repin, pr&s de Melnik (Bo- 
h&me), le 21 mars 1716, m.d Prague le 22 avr. 
1782; eleve de Czernohorsky et de F£lix Benda, 
a Prague, ou il frequenta rUniversit£ (magister 
phii), devint organiste de l^glise St-Martin et, ' 



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760 



SEELE — SEIFERT 



plus lard, de l^glise Teiner, A Prague. II mou- 
rut pea avant la confirmation de sa nomination 
A la place d'organiste de la Chapelle de la 
Cour, A Vienne. S. a 6crit plusieurs Messes, 
des psaumes, des litanies, etc.; mats il ne parut 
de ltd que huit toccatas et des fugues pour 
orgue. Kozeluch, Mysliweczek, Mascheck, etc., 
sont ses £16ves. 

Seele (all.), dme (v. ce mot). 

Seeling, Hans, pianiste et compositeur de 
morceaux de piano brillants, n£ a Prague en 
1828, parcourut I'Orient, Tltalie, etc., et mourut 
A Prague le 26 mai 1862. n a laissS aussi des 
etudes de virtuosity, non sans valeur. 

Seger, v. Sregert. 

Seghers, Franc^hs-Jean-Baptiste, violoniste 
et excellent chef d'orchestre, ne a Bruxelles le 
17 janv. 1801, m. A Margency, pr6s Paris, le 
2 tevr, 1881 ; 616ve du violoniste Gensse, dans 
sa ville natale, et de Baillot, au Conservatoire 
de Paris, ful Tun des fondateurs des « Concerts 
du Conservatoire » de Paris, n fonda, en outre, 
en 1848, la « Soci&6 Ste-C6cile », qu'il dirigea 
jusqu'en 1854 et avec laquelle il donna des 
auditions d'oeuvres chorales et orchestrates. 
Des 1854, S. se retira de la vie active. 

Segni, Giulio (dit : Giulio di Modena), n6 A 
Modlne en 1498, devint, en 1580, organiste 
du grand orgue de l'Sglise St-Marc, A Venise, 
mais fut appele A Rome, en 1533, par le cardinal 
Santa Fiora, et y mourut en 1561. S. doit avoir 
6t6 organiste et pianiste des plus remarqua- 
bles. Doni mentionne de lui une ceuvre impri- 
m6e : Ricercati, iniabolatura di organi e di 
liuto. 

Segno (Hal), signe. Cf. S. 

Segond, L.-A., D r med. et sous-bibliolh£caire 
de la Faculty de mMecine de Paris, s'occupa 
incidemment de Fanatomie du larynx et prit 
lui-m&me des legons de chant de Manuel Gar- 
cia. II a public : Hygiene du chanteur. In- 
fluence du chant sur Ceconomie animate. 
Causes principales de Uaffaiblissement de la 
voixet du d&veloppement de certaines maladies 
chez les chanteurs. Moyens de prtvenir ces 
maladies (1846) et Memoires pour servir a 
Vhisloire anatomique et phf/siologique de la 
phonalion (1859; recueil de discours faits par S. 
a rAcad£miedes sciences). 

Segue (Seque, ital.), cela suit; seguente (se- 
quente), suivant 

Seguidilla, danse espagnole de monvement 
rapide et A trois temps, analogue au bolero. Le 
rythme de castagnettes 



j 



,ij:\ 






est ex£cut6 pendant quatre mesures, au debut 
et entre chaque strophe change, tandis que la 
m£lodie vocale est interrompue. 

Seibert, Louis, n6 A Cleeberg, pr&s Wiesba- 
den, le 22 mai 1833 ; professeur de piano (au 
Conservatoire) el compositeur, A Wiesbaden 
(orchestre et musique de chambre, lieder, 
choeurs pour voix d'hommes, etc.). 



Seidel, 1. Friedrich-Ludwig, n6 ATreuen- 
brietzen le !•* juin 1765, m. A Gharlottenbourgle 
5 mai 1831; 61eve de Benda, A Berlin, organiste 
de l'Sglise Ste-Marie dans cette ville, devint,en 
outre, directeur auxiliaire au Thedtre national 
(1801), directeur de musique de la Chapelle 
royale (1808) et, enfin, maltre de chapelle de la 
Cour (1822). II a 6crit plusieurs operas (Der 
Dorfbarbier; Lita), de la musique pour plu- 
sieurs ceuvres sc&niques, un oratorio (Die 
Unsterblichkeit), une Messe, des motels, des 
psaumes, de la musique de piano et des lieder. 
— 2. Johann- Julius, organiste, ne a Breslau le 
14 juil. 1810, m. dans la mdme ville le 13 f£v» 
1856; fut, d£s 1837, organiste de l'Aglise St- 
Christophe, A Berlin. II est Tauteur de : Die 
Orgel und ihr Bau (1843), opuscule clairement 
r£dig& qui a &i& public, en de nouvelles Editions, 
par K. Kuntze (1875) et B. Kothe (1887). 

Seidl, 1. Anton, chef d'orchestre distingu£, n6 
A Budapest le 7 mai 1850, m. A New York le 15 
mai 1898; 61 A ve du Conservatoire de Leipzig 
(1870-1872), sejourna eneuite a Bayreuth, anpres 
de Wagner, et fut parmi les jeunes musiciens 
qui eurent la bonne fortune d'aider A la confec- 
tion des parties et partitions des demises 
ceuvres du maltre. En 1875, sur la recommen- 
dation de Wagner, il fut appeld A Leipzig par 
Angelo Neumann, comma chef d'orchestre du 
Thldtre ; il suivit Neumann et son th&tre 
wagn£rien itinerant jusqu'd Brftme, mais ac- 
cept a un appel A New York, lorsque Neumann 
echangea le theAtre de Brgme contre celui de 
Prague. S. succ&dait A Damrosch com me chef 
d'orchestre du th&itre allemand; mais il ne 
tarda pas, en outre, A acqu6rir une grande re- 
nomm6e comme chef d'orchestre de concert* 
qu'il organisa lui-m A me (tS. Orchestra*). IL 
fut, en 1896 et en 1897, parmi les chefs d'or- 
chestre de Bayreuth, et devait dinger une sai- 
son d'opSra wagnerien, A Londres, lorsque la 
mort le surprit — 2. Arthur, musicographe de 
m A rite, n6 A Munich le 8 juin 1863 ; suivit les 
cours des gymnases de Munich et de Batis- 
bonne (auditeur A l'Acad&nie royale de musi- 
que), puis etudia la philosophie et l'histoire 
IHtSraire a Munich, Tubingue, Berlin et Leip- 
zig. En outre, il s'occupait activement de mu- 
sique, sous la direction de Paul-Fr. Stade, 
Spitta et Bellermann, et obtint, en 1888, le 
grade de D* phiL, avec une th£ee de tr^s grande 
valeur : Vom musikalisch Erhabenen, Prole- 
gomena sur Aesthetik der Tonkunst. Depuis 
lore, S. a 6crit : Zur Geschichte des Erhaben- 
hetisbegriffs sett Kant (1889). Apr£s avoir se- 

i journe quelques ann&es a Weimar, il vit actael- 
lement A Dresde. Ses travaux, aussi bien que 
ses articles dans divers p&riodiques, luiontcree 
un excellent renom. 

Seilert, Uso, n6 a Bdmhild (Thuringe) le 9 
fevr. 1852 ; £l A ve du Conservatoire de Dresde 
(Wullner, Blassmann, Merkel, Nicod6 et Risch- 
bieter) est actuellement professeur dans ce m A me 
6tablissement, en m&me temps qu'organiste de 
l'6glise r£form£e. S. s'est fait connaltre par une 

i methode de piano tr&s r^pandue (1898) et par 



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SEIFRIZ — SELLNER 



761 



des compositions de chant et de piano. II a pu- 
blic des Editions instructive d'un certain nom- 
bre d'oeuvres anciennes. 

Seifrix, Max, violoniste et chef d'orchestre, 
n6 a Rottweii le 9 oct. 1827, m. A Stuttgart le 20 
d£c. 1885 ; 616ve de T&glichsbeck, devint, en 
1841, violoniste de la Chapelle du prince de 
Hohenzollern, a Hechingen, passa, en 1849, au 
TheAtre municipal de Zurich, puis fut nomm6, 
en 1854, chef d'orchestre de la Gour du prince 
de Hohenzollern, A Lowenberg, od la residence 
avait 6t6 transf£r£e. Depuis la mort du prince, 
S. vivait A Stuttgart; il y fut nomm£, en 1871, 
deux&me chef d'orchestre de la Cour. S. a 6crit 
une symphonie, une ouverture et de la musique 
de sc&ne pour Jungfrau von Orleans, des 
choeurs pour voix d'hommes, etc. 

Sailer, Joseph, n6 a Lfigde, pr6s Pyrmont, le 
15janv. 1828, m. A Mtinster le 29 mai 1877; 
el&ve de Johann Schneider et de Reissiger, A 
Dresde, fut d'abord organiste A Ltigde, puis, 
des 1859, organiste de l'6glise St-Maurice, A 
Miuister. n a compost des Messes, qui restd- 
rent manuscrites, et collabore assidument A 
plusieurs revues musicales. 

Seiss, Isidor-Wilhelm, n6 A Dresde le 28 
d6c. 1840 ; son p£re, qui etait musicien de la 
chambre royale, lui fit donner les premieres 
legons de piano par Fr. Wieck, et de theorie 
par Julius Otto, puis Tenvoya encore A Leipzig, 
ou il travailla, de 1858 A 1860, sous la direction 
de M. Hauptmann. (Test A ce moment que pa- 
rurent les premieres compositions de S., qui 
entreprit aussi des tourn£es de concerts comme 
pianiste. A Cologne, il eut un tel succ&s que 
Hiller l'engagea imm£diatement pour le Con- 
servatoire. C'est dans ces fonctions, qu'il rem- 
plit depuis bientot vingt-cinq ans, qu'il re^ut, 
en 1878, le titre de professeur. II dirige, en 
outre, avec beaucoup de d&sint6ressemenL, la 
« Soci£te de musique ». S. est un compositeur et 
un critique de beaucoup de goiit, surtout en ce 
qui concerne la musique de piano ; ses trans- 
criptions, fort spirituelles, de fragments des 
quatuors de Haydn, celles des danses de Bee- 
thoven (trois contredanses et les Danses atle- 
mandes), son edition du concerto en mi btonol 
maj. de Weber font preuve a la fois de pi&6 
scrupuleuse et de rSelle habilete. Les composi- 
tions originates de S. sont, pour la plupart, 
d'ordre didactique, ainsi les sonatines (op.8), 
Etudes de bravoure (op. 10), Toccata (op. 11), 
preludes (op. 12). En outre, S. a fait paraltre : 
Feierliche Scene und Marsch fiir Orchester ; 
un adagio pour violoncelle ; des morceaux de 
piano, etc. 

Seitenbewegung (all.), mouvement oblique. 

V. MOUVEMENT. 

Seits, 1. Robert, n£ A Leipzig le 8 avr. 1837, 
m. dans la m6me ville le 26 sept. 1889 ; fonda, 
en 1866, un magasin de musique et y ajouta, 
plus tard, une maison d'editioiis qu'il rendit 
prospSre, en publiant des oeuvres nouvelles de I 
Raff et d'autres. II re vendit cependant son com- 
merce, en 1878, pour fonder une fabrique de 
pianos. En 1884, S. fit faillite, et le Musikali- 



sokes Centralblatt, qu'il avait fonde en 1880, 
et qui contient bon nombre d articles de valeur, 
cessa aussi de paraltre. — 2. Fritz, violoniste 
de talent, n£ A Gfinthersleben, prds Gotha, le 
12 juin 1848; 6l&ve (et gendre) de Uhlrich, puis, 
en 1874, de Lauterbach,& Dresde. II fut d'abord 
second chef d'orchestre A Sondershausen, puis 
concertmeister A Magdebourg, et il remplit, 
depuis 1884, les fonctions de chef d'orchestre de 
la Cour, A Dessau, 

S6jan, Nicolas, organiste de grand talent, n6 
A Paris le 19 mars 1745, m. dans la m&me ville 
le 16 mars 1819.; devint, en 1760, organiste A 
Saint-Andr6-des-Arts, en 1772 A Notre-Dame 
(avec Daquin, Couperin et Balb&tre), puis, en 
1789, organiste du Roi et professeur AY * Ecole 
royale de chant et de declamation ». II perdit sa 
place par la Revolution, mais fut nomme, en 
1807, organiste au D6me des Invalides, et, en 
1814, de nouveau organiste de Notre-Dame. S. a 
public six sonates de violon, trois trios avec 
piano, et quelques morceaux pour orgue et pour 
piano. 

Sekunde (all.), seconde. 

Seligmann, Hippolvte-Prosper, violoncel- 
liste virtuose, n6 A Paris le 28 jail. 1817, m. A 
Monte-Carlo, pr&s de Monaco, le 5 ft v. 1882; 
&6ve de Norblin, au Conservatoire, fit de gran- 
des tourn6es de concerts et publia un grand 
nombre de divertissements, de fantaisies, de 
morceaux caract&ristiques, etc pour violon- 
celle et piano. S. possedait un merveilleux vio- 
loncelle d'Amati. 

Selle, Thomas, contrapontiste de renom, n6 A 
Zoerbig (Saxe) le 28 mars 1599, m. A Hambourg 
le 2 juil. 1668 ; fut d'abord recteur A Wesselbu- 
ren (Schleswig-Holstein), puis, d&s 1624, A 
Heide, devint en 1630 cantor A Itzehoe, en 1637 
cantor au c Johanneum » et directeur de musi- 
que des cinq eglises principales de Hambourg, 
et, en 1640, en outre, cantor de la cath£drale. 
Ses compositions portent les titres fleuris, si r&- 
pandus de son temps : Concertatio Castalidum 
(1624, concertos d'eglise A trois voix); Deliciae 
pastorum Arcadiae (1624, choeurs profanes A 
trois voix); Hagiodemelydria (1631, dixpetits 
concerts spirituels, d'une A quatre voix); Mono- 
phonia harmonica iatina (1638, deux A trois 
voix) ; quinze Concentus ecdesiastici f de deux a 
trois voix); Concentus 2 voc. adbassum conti- 
nuum (1634) ; Decas prima amorum musica- 
iium (1635, A trois voix); Concentuum trivoca' 
Hum germanico-sacrorum pentas (1635); Con- 
centuum lalino-sacrorum 2, 4 etSvocibus ad 
bassum continuum, etc. (1646 et 1651, deux li- 
vres), et deux melodies pour le Sabbatische 
Seelenlust, de Rist (1651, 1658). Enfin, on con- 
nait les manuscrits de concertos, de madri- 
gaux et de motets, de trois A seize voix. 

Sellner, Joseph, hautboiste distinguS, n6 A 
Landau le 13 mars 1787, m. A Vienne le 17 mai 
1843; vint jeune encore, avec ses parents, en 
Autriche, lit la campagne de 1805, comme haut- 
boiste, dans un regiment autrichien de cava- 
lerie, et fut pendant quelque temps directeur 
d'une musique d'harmonie en Hongrie. II de- 



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762 



SBMBRICH 



SENFL 



Tint ensuite premier hautbois au theatre de 
Pest, passa, en 1811, k Prague, sous la direction 
de K-M. von Weber, et y fit encore des Etudes 
de composition aupr£s de Tomaczek. En 1817, 
S. entra dans l'orchestre de TOp^ra de la Cour, 
k Yienne ; d6s 1822, il fit en outre partie de la 
Chapelle de la Cour, apr&s avoir ete nomme, en 
1821, professeur de hautbois et directeur des 
concerts d'eieves (jusqu'en 1888), au Conserva- 
toire. S. a 6crit une excellente methode de haut- 
bois, qui parut en Editions francaise et alle- 
mande, et qui passe encore aujourd'hui pour 
Fun des meilleurs ouvrages de ce genre. II a 
compost aussi plusieurs morceaux pour la 
guitare, une introduction et une polonaise bril- 
lante pour clarinette et orchestre, etc. 

Sembrich, Marcella (de son vrai nom : 
Praxedb-Marcelline Kochanska ; S. est le nom 
de sa mere), cantatrice legere de grand renom, 
n6e a Wisniwezyk (Galicie)le 18 fevr. 1858; 
son pere, Casimir Kochansky, etait professeur 
de musique et violoniste. A Ykge de quatre ans, 
Marcella commeneait k jouer du piano, a six 
ans, du violon ; en 1870, elle entra au Conser- 
vatoire de Lemberg, ou elle fut eieve de son fu- 
tur epoux, le pianiste Wilhelm Stengel (ne le 
6 aout 1846), qui l'emmena, au bout de cinq ans, 
auprta de Epstein, a Vienne, pour son perfec- 
tionnement. S. comments en 1875 ses Eludes de 
chant, aupr^s de Victor Robitansky puis, au 
bout d'une ann6e, se rendit k Milan ou elle tra- 
vailla pendant huit mois sous la direction de 
G.-B. Lamperlij'ttn. En mai 1877, elle debutait 
dans les « Puritains », sur la scene italienne 
d'Athenes, puis elle rentra k Vienne, en juillet 
1877, et y etudia le repertoire allemand, aupres 
du corniste Richard Lewy. Elle fut engag^e k 
Dresde, en 1878, et fit partie du personnel du 
theatre de la Cour pendant un an et demi. En 
juin 1880, S. alia k Londres ou elle fut imm6- 
diatement engagee pour cinq saisons cons§cu- 
tives. Des tourn^es de concerts et de represen- 
tations la conduisirent ensuite dans presque 
toutes les grandes villes du continent et de 
l'Am6rique( 1888-1884), puis elle travailla encore, 
pendant l'6t£ 1884, aupres de Francesco Lam- 
perti sen. De 1878 a 1889, elle habitait Dresde ; 
mais, en 1889, elle eiut domicile k Berlin, d'ou 
elle a entrepris de nouveiles tourn^es de con- 
certs, avec un succ£s toujours croissant. M» e S. 
n'est pas seulement cantatrice et pianiste, mais 
encore violoniste excellente. 

S6m6iographie (gr., ecriture au moyen de si- 
gnes), syn. de notation musicale. 

Samet, Thbophilb-Aime-Emilb, compositeur, 
n^ k Lille le 6 sept. 1824, m. a Corbeil, pr&s 
Paris, le 15 avr. 1888; eieve de Haievy, au Con- 
servatoire de Paris, fut pendant longtemps lim- 
balier dans l'orchestre de rOp^ra. II est 1'au- 
teur de plusieurs operas : Les nuits d'Espagne 
(1857), La demoiselle d'honneur (1857), Gil 
Bias (1860), Ondine (1863), La petite Fadette 
(1869) qui trouv£rent, en parlie, bon accueil au- 
pres du public. 

Semibrtve, lat. Semibrevis, (o), la plus 
grande, si Ton fait exception de la br^ve (v. ce 



mot) assez vieillie,des valeurs de notes qui nous 
soient restees de la notation proportionnelle. 
La s., notre « ronde » actuelle, etait encore au 
xin« s. la plus petite (!) valeur et correspondait 
a V« ou 1 / 3 de breve, suivant la proportion (v. ce 
mot) indiqu6e au debut du morceau. Au sujet 
des s. de la ligalura cum oirposita proprietate, 
v. ligature et proprietas. 

Semidiapente, denomination latine de la 
quinte diminuee. 

Semiditas (lat, division par la rooitie), nom 
que Ton donnait, dans la theorie proportion- 
nelle, k la diminution (v. ce mot) indiquee par 
un trait vertical tire au travers du signe du 

tempus C\ (h (appeie aussi per medium). 

Semiditonus, denomination latine de la tierce 
mineure. 
Semifusa (lat.), c.-&-d. double -croche. Cf. 

FUSA. 

Semiquaver (angl.), c.-4-d. double-croche. 

Semiserio (ital.), qualificatif s'appliquant k 
un opera serieux (opera seria) contenant quel- 
ques scenes comiques (opera semiseria). 

Semitonium, denomination latine du demi- 
ton, dela seconde mineure. S. majus, le grand 
demi-ton [dialonique], marche de sensible (ut : 
ri b&nol). S. minus, le petit demi-ton [chroma- 
tique] (ut .• ut di&se). Cf. apotome. 

Semplice (ital.), simplement. 

Sempre (ital.), toujours, d'une fa$on continue, 
ex. : s. legato (staccato), s. forte (piano), s. cres- 
cendo (diminuendo), etc. 

Senesino, v. Bernardi, 2. 

Senff, Bartholf, fondateur de la maison 
d'edition musicale qui porte son nom, k Leip- 
zig, ne k Friedrichshall , pres Cobourg, le 2 
sept. 1818 ; fonda, en 1848, un journal de musi- 
que intitule : Signals fiir die musihalische Welt, 
qu'il redige aujourd'hui encore lui-m&me. Le 
fonds seditions comprend surtout toute une 
serie d'oeuvres d'Antoine Bubinstein. 

Senfl (Senffl, Sekfel), Ludwig,1*uii des plus 
eminents, si ce n'est le plus eminent des con- 
trap oni isles allemands du xvi° siecle, ne A Ba- 
sel-Augst, pres B&le, en 1492, m. k Munich en 
1555. II enira comme enfant dans la Ghapelle 
imperiale de Vienna et y re$ut des lemons de 
Heinrich Isaak, auquel il succeda k la chapelle 
de la Cour. Apres la mort de Maximilien I", il 
regut une petite prebende, mais chercha une 
position en Baviere et regut enfin la place de 
mattre de chapelle de la Cour, a Munich. Les 
dates precises des differents episodes de sa car- 
riere manquent compietement Ses composi- 
tions sont conservees en fort grand nombre : 
5 Salutationes Domini nostri Hiesu Christi 
I (1526, motets k quatre voix) ; Magnificat octo to- 
norum 4-5 voc. (1582) ; Varia carminum genera 
guibus turn Horatius turn alii (1584, k quatre 
voix). Les c Harmonise poeticae » (1589), de Paul 
Hofhaimer,renferment neuf odesdeS. qui sent 
empruntees, sans doute,d la collection de 1534; 
de plus, on trouve beaucoup de compositions 
detachees, dans les anthologies de repoque 
(v. la € Bibliographic » d'Eitner et le vol IT des 



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SENFFT — SERENA 



763 



publications de la < GeselL f. Musikforschung»). 
Un grand nombre d'oeuvres non gravies, de ce 
maltre, sont conserves par la Biblioth£que de 
Munich (sept Messes, offices, motets, hymnes, 
sequences et lieder). 

Senfft von Pilsach, Gottfried- Arnold, D r 
jur. chanteur de concerts estim£, n6 a Grumenz 
(Pora&ranie) le 15 mars 1834, m. a Marburg le 
7 mars 1889 ; 616ve de Teschner, de Sieber et de 
Stockhausen, v£cut k Berlin, comme directeur 
de la « Soci6t6 berlinoise d'assurances sur la 
Tie ». 

Senkrah, Arma-Leorktta (de son vrai nom 
Harknes), violoniste, virtuose de beaucoup de 
gotit, n6e k New-York le 7 juin 1864 ; 616vede 
Arno Hilf, a Leipzig, de Wieniawski, a Bruxel- 
les, et de Massart, au Conservatoire de Paris, 
oil elle obtint, en 1881, son premier prix de vio- 
Ion. Elle voyagea avec beaucoup de succ&s, d&s 
1882, et Spousa, en 1888, l'avocat Hoffmann, a 
Weimar. 

Sensible (all. Leitton; angl., leading note), 
nom que Ton donne k un son qui conduit natu- 
rellement a un autre son qu'il fait attendre ou 
desirer, et, plus particulifrement, a celui qui se 
trouve un demi-ton au-dessous de la tonique 
(lat. subsemitonium modi), ex. : si en ut ma- 
jeur, fa diese en sol majeur, etc. La note 8. de 
cette sorte est loujours la tierce majeure de la 
dominante supfoieure. Mais il y a encore une 
autre sorte de note s., tout aussi importante que 
la premiere, la note s. sup^rieure ou suprase- 
milonium. Chaque £ ou J? qui hausse ou baisse 
Fun des sons de Taccord parfait de tonique ou 
de Tun des accords de dominante, introduit un 
son qui produit Teffet de note s., autrement 
dit qui fait attendre une marcbe de demi-ton 
ascendant ($) ou descendant (j?). Ainsi, en ut 
majeur, fa diese fait Teffet d*une sensible con- 
duisant a sol, si bemol k la, rS ditee a mi, rl 
bhnol k ut t etc. Le rapport acoustique entre la 
note s. et le son suivant est toujours 15 : 16 ou 
16 : 15, c.-a-d. le rapport du son 15 de la s£rie 
harmonique sup6rieure (du I)™ , du S"* 6 , c.-&-d. 
de la tierce de la quinte), ou dn son 15 de la s6- 
rie harmonique inf&rieure (tierce interieure de 
la quinte inf&rieure) avec le son fondamental 
(ou sa 4 m * octave, c.-a-d. le son 16 de la s6rie 
sup6rieure ou inf6rieure), ex. : ut (sol) si ou ut 
(fa) re bemol. 

Sentimento (Hal.), sentiment. 

Senxa (ital.), sans ; s. passione, sans passion, 
c-&-d. ^implement, sans accents path&iques, 
sans « accelerandi », ni rien de semblable. Senza 
piatti, indication que Ton rencontre dans la 
partie qui sert a la fois pour la grosse caisse et 
les cymbales, pour faire savoir que Ton doit 
faire usage de la grosse caisse seule. 

Septette (sbptuor; all. Septett ; ital. setttmino, 
settimetto), composition k sept parties instru- 
mental (g£n£ralement : septette) ou vocales 
<g£neralement : septuor). Lorsque la musique 
vocale est accompagn£e, les parties d'accompa- 
gnement n'entrent pas en ligne de compte, pour 
la denomination de l'oeuvre. 

Septidme (lat., septima ; all Septime), le sep- 



ti&me degre de l'Schelle fondamentale. La s. 
peut £tre mineure, majeure ou diminu£e: 




Cf. intervalle. La s. naturelle, c-d-d. le son 7 
de la s6rie harmonique superieure, correspond 
k la s. mineure. Cf. harmokie, son, dissonance 
et accord. — On donne le nom d' accord de 
septieme, dans la terminologie habituelle de la 
th£orie d'harmonie, k la formation harmonique 
resultant de la superposition de la tierce, de la 
quinte et de la septieme d'un son fondamental, 
ou a Tun quel con que de ses renversements : 
les accords de (tierce-) quinte et sixte, de tierce- 
quafte (et sixte), de seconde (quarte et sixte). 

Cf. BASSE CH1FFR&E, DISSONANCE et VOIX 2. 

Septima decima (lat. ; all., Septdezime), c.-&-d. 
dix-septi£me, autrement dit le dix - septi&me 
degr6 de l'&helle fondamentale, portant le 
m£me nom que le dixteme et le troisttme. Cf. 
intervalle. 

Septuor, v. septette. 

Sequence (ou prose), sorte de podme religieux 
offrant de grandes analogies avec Thymne; les 
s. apparurent dans le courant du ix* s. et furent 
d6j& consacrSes par le pape Nicolas I« (m. en 
867). Les melodies des s. (ou du moins leur de- 
but) sont emprunt£es k Tancien chant grSgorien 
et, plus particuli&rement, aux longues vocalises 
jubilatoires de l'alleluia; le besoin qui se fit 
sentir de disposer le m&me texte de telle fagon 
que chaque syllabe porte une ou, au plus, deux 
notes, prouve surabondamment qu'au ix* s. 
d£ja les jubilations 6taient prises dans un mou- 
vement tr£s lent et que leurs longues files de 
notes (sequeniia = queue, appendice) n'6taient 
plus comprises. Le compositeur de s. le plus 
z616 fut Nolker Balbulus. Pie V ordonna la sup- 
pression (k qnelques exceptions prds) des s., 
dont le nombre avait augment^ d'une fa$on telle 
que, dans plus d*un missel, chaque Messe avait 
sa propre sequence. Les seules s. qui soient 
encore en usage de nos jours sont : la s. de 
Paques , Victimae paschali laudes ; la s. de 
Pentecdte, Veni Sancte Spiritus ; la s. de la 
F6te-Dieu, Lauda Sionsalvatorem ; la Sequen- 
tia de septem doloribus Marias Virginis (Stabat 
mater dolorosa) et celle de la Messe des morts, 
Dies tree. 

Serafin, Santo et Georoio (l'oncle et le ne- 
veu), luthiers renommes, a Venise (1710 k 1750 
environ), et dont les instruments, i mites de 
Stainer et plus tard d'Amati, sont tr&s estim6s. 

Serassi, Giuseppe, c61&bre facteur d'orgues, 
n6 a Bergame en nov. 1750, m. dans la mdme 
ville en 1817 ; issu d'une famille qui s'occupait 
d6ja depuis longtemps de construction d'or- 
gues, il legua k son tour ses proced£s a ses Ms, 
parmi lesquels excellait surtout Carlo (n6 en 
1786). Giuseppe S. a public lui-m6me (1808) la 
description des orgues qu'il avait construites 
pour Cdme (Annunziata) et pour Milan (Croci- 
fisso), puis un essai : Sugli organi (1816). 

Serena (ital., soir), designation des s&rfoiades 



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SERENADE — SERPENT 



(chants du soir) des troubadours, par oppo- 
sition aux aubades, chants du matin : alba 
(aube). 

Serenade (Serenata, musique du soir ; all. 
Standchen), morceau de musique vocale ou 
instrumentale. La s. instrumentale a acquis 
petit a petit une importance beaucoup plus 
grande que la s. vocale et revetu une forme 
sp^ciale, sans lien du reste avec retymologie 
du terme lui-meme. I/inst rumen tation des an- 
ciennes b. (Haydn, Mozart) comporte souvent 
quelques instr. k vent (hautbois, bassons, cors, 
clarinettes), disposition fort avantageuse pour 
une musique de plein air ; mais, plus la s. p£- 
n&tre dans la salle de concerts, plus aussi les 
instr. k archet prennent le dessus dans son ins- 
trumentation. Une autre caracteristique de Tan- 
cienne s. consiste dans te fait que tous les ins- 
trumentsetaient concertants(sansaucune partie 
de < ripieno »); mais cette particularity aussi a 
disparu, dans les e, les plus r6centes. Un seul 
trait oommun k l'ancienne et k la nouvelle s. 
m^rite d'etre note : le nombre des parties dis- 
tinctes y est plus grand que dans la sonate 
ou la symphonie, et leur facture est k la fois 
plus libre et plus 16g£re. La s. comprend g£n£- 
ralement plusieurs parties dans le genre du 
menuet et, comme pieces de resistance en quel- 
* que sorte, une ou deux parties lentes. Les deux 
parties extremes re vetaient, k Torigine, la forme 
de marche. Gf. serknata. 

Serenata, nom que Ton donne k une forme 
de composition vocale tres en vogue au siecle 
passe, forme analogue k celle de Topera ou 
surtout de la pastorale, mais qui, dans la regie, 
n'exige point de representation sc£nique. La s. 
ne diff&re gu^re, en fin de compte, de la cantale 
dramatique. Les ceuvres de ce genre sont g§n£- 
ralement dispoeees pour un tres petit nombre 
de personnages; Pasquini, Metastasio, etc. en 
ont ecrit une foule pour la dour de Vienne, et 
les compositeurs de musique ont fait usage de 
leurs textes des fa$ons les plus diverses. 

Serinda, v. ravanastron. 

Serinette, petit orgue k manivelle dont on se 
sert pour faire Teducation des serins. 

Sering, Fribdrigh - Wilhelm, compositeur, 
n^ k Finsterwalde (Basse-Lusace) le 26 nov. 
1822; mattre au Seminaire de Kopenick, puis k 
celui de Franzburg, devint, en 1855, mattre de 
musique au Seminaire de Barby. En 1871, il fut 
nomme professeur supMeur au Seminaire de 
Strasbourg, ou il fonda une soctete de chant 
allemande. II a compose et publie un oratorio : 
Christi Einzug in Jerusalem; une Advents* 
kantate; le psaume lxxu avec piano; des mo- 
tels, des choeurs pour voix d'hommes, etc. En 
outre, il a 6crit : Gesanglehre fur Volksschu- 
ten; Die Choralfiguralion, theoretisch-jrraktisch 
et Elemenlar-Violinschule. 

Serio (serioso), serieux ; opera seria, Topera, 
grand opera, opera tragique, opera heroique, 
par opposition k V opera buff a, opera comique. 

Cf. SEMI8ERIO. 

Sermisy, Claude de (generalement designe, 
plus brievement, sous le nom de Claudin, qu*il 



ne faut point confondre avec Glaudin Lejeune, 
dont le nom est toujours donne en entier), con- 
trapontiste franrais, chantre de la Chapelle 
royale et, plus tard, maltre de chapelle des 
Cours de Francois I« et de Henri II de France, 
de 1530 k 1560 environ. Divers morceaux (Mes- 
ses, motets, chansons) de lui se trouvent dans 
les anthologies frangaises de la premiere moilie 
duxvi* s. (Attaignant, Duchemin) et dans quel- 
ques anthologies allemandes (Thesaurus mu- 
sieus, de Berg el Neuber, etc.) ou italiennes 
(Moteitidd frutto et Canzoni francesi de Gar- 
dane). Un seul recueil, Missae IHquatuor voc 
(1583), semble avoir ete imprime k part 

Serow, Alexakdre-Nicolai, n6 k St-Peters- 
bourg le 11 mai 1820, m. dans la m&me vUle le 
20 janv. 1871 ; apprit de bonne heure le piano, 
puis, des l'&ge de quinze ans, Karl Schuberth 
lui enseigna le violoncelle. En m£me temps, il 
faisait des essais d'arrangement et d'instrumen- 
tation, sous la direction du mattre de chapelle 
Jos.-K. Hunke ; mais il ne se voua comple- 
ment k la musique que vers l'&ge de trente ans 
et abandonna, en 1850, la carriere juridique 
qu'il avait poussee jusqu'S. la place de conseil- 
ler d'Etat. U commen^a par se faire connaitre 
comme critique musical, grace k sa plume a la 
fois alerteet mordante; ainsi, il soumit le juge- 
ment d'Oulibichef, sur Beethoven, k l'examen 
critique le plus serre (Gf. Fr. Liszt, Kritik der 
Kritik oder Uiibischewund 5.), soutint des po- 
lemiques contre Fetis, tenant toujours compte 
du present et rendant hommage au progress. 
U 6crivait dans plusieurs revues, entre autres 
encore des articles sur les idees de Wagner, 
concernant la reforme du drame musical, et 
tenta k deux reprises de fonder un journal 
(1860 : Die KUnste, 1867 : Musik und Theater). 
II a publie des travaux interessants sur le chant 
populaire russe, dans la c Mosskwa » et .« Mu- 
sik-saison >. Ge n'est qu'en 1363 que S. se fit 
connaitre comme compositeur, par deux ope- 
ras : Judith (16 mai) et Rogneda (27 oct), tons 
deux bien accueillis. Apres avoir commence, 
en 1866, un opera : Taras Bulba et, en 1867, un 
ballet : WahulOy le forgeron (tires des romans 
de Gogol) et les avoir abandonnes tons deny, 
il se mit de nouveau, avec grand entrain, k la 
composition d'un troisieme opera : Wrazyia 
sila (« La puissance de l'anneau »), d*apres un 
drame d'Ostrowski. En sa qualite de bon wa- 
gnerien, S. ecrivait lui-meme 1$ texte de ses 
operas ; mais celui de Wrazyia sila lui procura 
de si grandes difficultes qu'il ne termina le 
quatrieme acte qu'en 1870 et ne fit qu'esquisser 
le cinquieme. O. Solowiew en a termine la par- 
tition, et l'opera fut enfin represente le 19 avr. 
1871 ; il reussit rodme k conquerir dans la suite 
tous les suffrages. II faut encore mentionner, 
parmi les oeuvres de S., un Ave Maria ecrit en 
1868 pour Adelina Patti, un Siabat Mater et de 
la musique pour la Cloche, de Schiller. 

Serpent (itaL serpentone, tuyau serpent), 1. 
Instrument analogue a l'ancien carnelto (v. ce 
mot), in vent e en 1590 par le chanoineGuillaume 
d'Auxerre, mais presque compietement disparu 



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SERRB — SEXTOLRT 



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de nos jours. II £tait pourvu d'une embouchure 
en forme de bassin, pareille k celle des cors et 
des trompetteset sans anche, aussi est-ce a tort 
qu'on range parfois le s. dans la cal£gorie des 
instr. k Tent en bois (bassou, etc.). Le tuvau du 
s. etait ou bien tordu (d'ou le nom de Instru- 
ment) ou bien replii sur lui-m&me ; il 6tait en 
bois (compost, comme le cornetto torto, de deux 
fragments evid6s, puis colles ensemble et re- 
converts de cuir), comportait neuf trous, 6tait 
accord^ en si bimol et donnait T6cheUe sui- 
Tante : 

not6 : 8vt 



& 



m^^ 



Le timbre dn s. etait rude et grossier.— 2. Dans 
l'orgue, ancien jeu d'anches de 16*, au p£dalier. 
L'intonation en 6tait moins puissante que celle 
du trombone. 

Serre, Jean-Adam, peinlre, chimiste et th&> 
ricien musical, n6 k Geneve en 1704, v£cut k 
Paris et 6crivit, entre autres : Reflexions sur la 
supposition d'un troisidme mode en musique 
<dans le « Mercure de France » de janv. 1742, 
article dirig& contre la th£orie du mode mineur 
pur de Blainville); Essais sur les principes de 
tharmonie (1768 ; critique des theories de Ra- 
meau [de d'Alembert], de Tartini et de Gemi- 
niani). 

Servais, 1. Adrien-Fran$ois, un des violon- 
cellistes modernes les plus 6minents, n£ k Hal, 
prds de Broxelles, le 6 juin 1807, m. dans la 
m&me ville le 26 no v. 1866 ; fils d'un musicien, 
qui lui donna les premieres lecons de musique, 
il fr6quenta plus tard le Conservatoire de 
Bruxejles, et Platel en fit un maitre dans son 
art. Apres avoir, sur le conseil de F6tis, debute 
k Paris ou il remporta un veritable succ&s, il 
entreprit de longues tonrn^es de concerts et 
parcourut,de 1884 k 1848.1*Angleterre,la Su6de, 
1'AUemagne, la Russie. En 1848, il devint pro- 
fesseur de violoncelle au Conservatoire de 
Bruxelles, ou il enseigna d'une mani&re tr£s 
distingu£e et forma de nombreux 61&ves, jusqu'd 
sa mort. S. 6tait en outre violoncelle-solo du 
roi Leopold. Les compositions de S.,qui ont ete 
pubises, sont: trois concertos et seize fantaisies 
pour violoncelle et orchestre, quelques caprices 
pour violoncelle et piano, des duos sur des 
motifs d'op^ras pour violoncelle et piano (en 
collaboration avec J. Gr£goire) et pour violon 
et violoncelle (en collaboration avec Vieuxtemps 
et Leonard). — 2. Joseph, fils du pr£c£dent, 
egalement violoncelliste hors ligne, ne k Hal 
le 28 nov. 1850, m. dans la m£me ville le 21) 
aout 1885; fut T61£vedc son pere, puis entreprit 
des tourn£es de concerts et entra, en 1869, dans 
1'orchestre de la Cour, k Weimar. Mais il 
abandonna dej& cette place en 1870, etfut, en 
dernier lieu, professeur de violoncelle au Con- 
servatoire de Bruxelles. — Son frere adoptif, 
FRANgois-MATTHiEU (dit Franz) est un composi- , 



teur de talent (Apollonide, drame musical; 
pieces d'orchestre ; melodies, etc.) II a dirigS 
pendant plusieurs ann&es des concerts sympho- 
niqnes cr6es par lui, k Bruxelles, et rempli, 
pendant une saison, les fonctions de cbef d'or- 
chestre du th&ttre de la Monnaie. 

Service (angl.) Mornings., culte du matin; 
evening-s., culte du soir. Les parties tradition- 
nelles du s anglais sont: 1. Venite exultemus, 
2. Te deum, 3. Benedicite, 4. Benedictus, 5. Jw- 
bilate, 6. Kyrie, 7. Credo, 8. Sanctus, 9. Gloria 
in excelsis, 10. Magnificat, 11. Cantate domino, 
12. Nunc dimittis, IS.Deus misereatur. Toutes 
ces parties du s. sont arranges pour choeurs 
et soli, tantdt avec, tantdt sans orgue ou or- 
chestre, tantdt en harmonie simple, note contre 
note, tant6t fugu£es ou m^me sous une forme 
dramatique quelconque. 

Sesquialtera (lat., un et demi), le rapport 8 : 2, 
d'ou :1. denomination latine de la quinte;2. jeu 
d'orgue (Sesquialter) qni, 6tymologiquement, 
devrait se composer d'une octave et d'nne 
quinte (sons 2 et 3 de la s£rie harmonique), 
mais comporte habituellement aujourd'hui une 
quinte et une tierce (sons 8 et 5) ou m&me en- 
core la double octave (son 4) : ainsi, pour la 
touche ut x : sol*, m» 8 , ou sol*, ut*> mi 9 ; — 3. 
dans la musique proportionnelle, une propor- 

tion (v. ce mot) indiqu£e par r et qu'il faut bien 

se garder de confondre avec la hemiolia ou la 
prolatio mqjor (v. ce mot). La s. indique que 
trois minimes en valent, k partir de Vindica- 
tion, deux des prec£dentes, c-A-d. que la semi- 
breve reste la m6me, tandis que la prolatio 
major l'eut prolong£e de moiti6; la proportio 
hemiolia, par contre, bien distincte des deux 
indications pr6c£dente*, grAce k 1'emploi des 
notes noires (v. color), est l*6quivalent de la 
$., en tant qu'elle enlive k chaque noteun tiers 
de sa valeur primitive. 

Serpette, Gaston, n£ k Nantes le 4 nov. 1846: 
£l£ve d'Ambroise Thomas, au Conservatoire de 
Paris (prix de Rome en 1871), compositeur de 
musique sc£nique leg&re, auteur d'un certain 
nombre d*op£rettes, qui ont remporta des suc- 
c&s soil k Paris et k Bruxelles, soit aussi k l'&- 
tranger : La branche cassee (1874) ; Le manoir 
de Pic Tordu ; Le Moulin du Vert-Galant ; 
La petite muette ; La Nuit de St- Germain; 
Madame le Liable; Fanfreluche; Le Chdteau 
de Tire-Larigot (1884), etc. 

Slvtre. Style s., v. style. 

Sextette (Sextuor), composition musicale 
pour six parties vocales ou instrumentales obli- 
gees. Toute oeuvre vocale k six voix porte le 
nom de sextuor (plus rareinent sextette), 
m&me lorsqu'elle est accompagnee, car les par- 
ties d'accompagnement n'entrent pas en ligne 
de compte pour la denomination de 1'opuvre. 

Sextolet, figure de six notes dont la duree 
totale doit 6tre £quivalente k celle de quatre 
notes ordinaires de mfrne espece. Le veritable 
s. n'est rien autre qu'un triolet dont les 61£ments 
ont £te divises chacun par la moitie (par ex. : 
six doubles-croches pour un triolet de croches); 



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SEXTUOR — SHAKESPEARE 



lorsque le s. n'est, dans l'esprit de l'auteur, 
qu'un double triolet, il sera preferable de le 
noter comme tel : 

Sextuor, v. sextette. 

Seztus, Sezta (lat.), la sixidme voix. Gf. 

QUINTA. 

Seydelmann, Franz, compositeur, ned Dresde 
le 8 oct. 1748, m. dans la m&ne ville le 28 oet 
1806; fils d'un musicien de la chapelle de Dresde, 
dans laquelle il entra 6galement tr6s jeune, fut 
envoyS en Italie par le prince-Slecteur (1765-70), 
pour y faire son Education musicale, en m6me 
temps que Schuster. Tons deux furent nominee, 
en 1772, compositeurs d'Sglise du prince-61ec- 
teur et alterndrent, dans la suite, avec Naumann 
etSchtirer, dans la direction de la musique 
d'6glise de la Gour. lis se charg&rent aussi de 
l'accompagnement, k VOpSra italien. En 1757, 
tons deux encore regurent des postes de mal- 
tres de chapelle. S. produisit beaucoup ; on a 
conserve de lui, dans la collection royale de 
musique, k Dresde : sept operas italiens ecrits 
pour Dresde (de 1779 k 1782), trente-six Messes, 
un Requiem , quarante psaumes, un Stabbat 
Mater, trente-sept offertoires, plusieurs canta- 
tas, des duos et des lieder. On n'a publie de S. 
quela reduction de piano d'un opera: Die schone 
Arsena, quelquesnumeros detaches des operas: 
II capriccioso corretto eiLa viUanelta di Mis- 
nia, six sonates pour piano k quatre mains, 
trois pour piano k deux mains, trois sonates 
pour flute et trois pour violon. 

Seyfried, Ignaz-Xaver, chevalier de, compo- 
siteur et theoricien, ne k Vienne le 15 aout 
1776, m. dans la meme ville le 27 aout 1841 ; 
eleve de Mozart et de Kozeluch, pour le piano, 
d'Albrechtsberger et de P. von Winter pour la 
composition, fut, pendant nombre d'anntos, 
maltre de chapelle au the&tre de Schikaneder 
(1797-1828). S. fut un compositeur fecond, mais 
depourvu d'originalite ; il a &crit plus de soi- 
xante ouvrages sceniques (operas, ballets, me- 
lodrames), puis plusieurs Messes, Requiem, 
motets, psaumes, oflfertoires, graduels, hymnes 
et oratorios, des airs detaches, des ouvertures, 
des symphonies, des quatuors, des sonates, des 
rondos, etc. Un grand nombre de ces oeuvres 
out ete pnbliees. S. fut aussi collaborates de 
T c Allgemeine musikalische Zeitung, de Leip- 
zig, et de la < G&cilia », de Mayence, II a publie 
une edition complete des ecrits theoriques 
d'Albrechtsberger, ainsi que les Etudes de basse 
chiffree, de contrepoint et de composition, de 
Beethoven (183*2); il a r£dig£, en outre, les 
Merits theoriques de Preindl, sous le titre : 
Wiener Tonschule oderAnweisung zum Gene- 
rctibass, zur Harmonie, sum Kontrapunkt 
and zur Fugenlehre (1827). Le redacteur de la 
€ Wiener allgemeine Musikzeitung » (1819- 
1820) ne fut pas Ignaz v. S., mais son fr£re, 
Joseph von S. 

Seytfardt, Ernst-Hermann, nk k Crefeld le 6 



mai 1859 ; eleve du Conservatoire de Cologne 
et de rAcad&nie royale de Berlin (Fr. Kiel), fut 
quelques ann£es directeur du Choeur de dames 
et de la « Liedertafel », k Fribourg en Brisgau, 
et prit, en 1892, la direction du * Neuer Sing- 
verein ■, de Stuttgart. S. est un compositeur 
bien dj)u6 (scene dramatique : Thusnelda; 
Trauerfeier beim Tode einer Jungfrau;&o- 
nate de violon en la mineur; symphonie en 
H majeur; variations, pour orchestre, etc). 

Sforiato (ital.), plus rarement $forzando(abr» 
sf f sfz, ou fz [forzato], ou encore, pour un ac- 
cent plus fort, ffz t sffz), renforc6, c.-d-d. forte- 
ment accents ; indication qui ne s'adapte ja- 
mais qu'auson ou a Taccord sur lequel Mle est 
placee, aussi est-elle presque toujours abre- 
g6e, pour que la place de l'accent soit plus 
exactement marquee. Lorsqu'un certain nombre 
d'accents se succ&dent imm£diatement, on rem- 
place la r6p&ition du sfpsr sempre sforzato. 
H ne faut point oublier que le sf n*a qu'une 
valeur relative, au point de vue de l'intensite, 
c.-£-d. que, dans \e piano, il signifle & pea pres 
poco forte ou mezzo forte. Gf. rinforzando, 
dont Fabrication rf (rfz) pent 6tre facileinent 
confondue avecs/*, dans les anciens imprimes. 

Sgambati, Giovanni , pianiste Eminent et 
compositeur de renom, n& A Borne le 18 mai 
1848; fils d'un avocat (sa m£re etait AnglaiseJ, 
jouit d'un d£veloppement musical extr&mement 
pr£coce (ses premiers maitres furent : Barberi, 
Natalucci et Aldega), et sa virtuosite etait telle 
que Liszt s'interessa au jeune musicien et 
accepta de terminer son Education musicale. 
Comme compositeur, S. se montra aussi fort 
pr6coce et donna, en 1866, avec beaucoup de 
succ&s, un quatuor pour instr. k archet ; il di- 
rlgea, la m§me ann&e, k Home, la symphonie 
du Dante, de Liszt, et r«heroique », de Beetho- 
ven. Apr&s qu'il se fut fait connaltre dans un 
grand nombre de concerts, en Allemagne, il fut 
engage, en 1877, comme premier professeur de 
piano au Lyc6e musical qui venait d'etre fond6 
par 1* Academie Ste-C6cile, k Rome. Sur la re- 
commandation de Wagner, la maison Schott de 
Mayence publia peu apr&s toute une s£rie 
d'eeuvres de S. : deux quintettes (en fa mineur, 
op. 4 ; en si b&mol majeur, op. 5), un concerto 
de piano en sol mineur (op. 15), deux sympho- 
nies, un quatuor pour instr. k archet (op. 17), et 
beaucoup de morceaux pour piano. 

Sguarcialupi, Antonio, c&ebre organist* 
italien, vScut de 1480 k 1470 environ,^ Floren- 
ce ; on n'a conserve de lui que quelques mor- 
ceaux d'orgue. 

Shakespeare, William, un des compositeurs 
anglais les plus notables de la generation ac- 
tuelle, ne k Croydon (Londres) le 16 juin 1849; 
^tait, dej& a 1'dge de treize ans, organiste d'une 
eglise dans laquelle il avait attire au para van t 
l'attention comme enfant de choeur. Ce fut Mo- 
lique qui lui enseigna le premier la composition 
(1862-1865), ensuite S. regut une place gratuite 
k V Academie royale de musique ou Bennett fut 
son principal maitre. En 1871, apres qu'il eut 
affirme son talent par diff^ rentes oeuvres de 



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SHARP — SIEBER 



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musique de chambre et un concerto de piano, 
il obtint le prix de la fondation Mendelssohn 
(« Mendelssohn - scholar ») et travailla alors 
(1871-1872), sous la direction de Reinecke, au 
Conservatoire de Leipzig, puis (1872 k 1875) le 
chant sous celle de Lamperti, k Milan. De re- 
tour en Angleterre, S. acquit rapidement une 
situation en vua, comme compositeur, chanteur 
de concert, pianiste et directeur. En 1878, il fat 
nomm& professeur de chant et directeur des 
concerts de l'Academie royale de musique. Les 
compositions de S. (symphonies, ouvertures, 
etc.) d6notent une r6elle habilete dans le ma- 
niement des formes et se ratlachent a l'Scole 
de Schumann et de Mendelssohn. 

Sharp (angl.), dtese ; f sharp = fa di&se, etc. 

Shelley, Harry-Rowe, n6 k New-Haven (Con- 
necticut) le 8 juin 1858; 616 ve de Gustav.-H. 
Stockel et de Dudley Buck, organiste de talent, 
k Broocklyn (compositeur de musique d'orgue 
et d'oeuvres vocales). 

Sherwood, 1. William-Hall, pianiste ameri- 
cain, n6 k Lyons (New-York) le 31 Janvier 
1854; devint, en 1871, Sieve de Kullak et de 
Weitzmann,a Berlin, puis, apr£s un voyage 
d'etudes en Allemagne, rentra, en 1876, en 
Amerique et se fixa k Boston, d'oii il fait, cha- 
que ann£e, des lournSes de concerts. —2. Percy, 
compositeur et pianiste, n6 le 23 mai 1866; 
616ve du Conservatoire de Dresde (Dneseke, 
B. Roth), re$ut,en 1889* le prix de composition 
de la fondation Mendelssohn. II est actuellement 
professeur au Conservatoire de Dresde. 

Shield, William, compositeur, n£ k Smal- 
well (Durham) en 1754, m. k Londres le 27 
janv. 1829; songeait d'abord k devenir cons- 
tructeur de navires, mais, son apprentissage 
termini, il passa k la musique et devint Sieve de 
Avison. AprSs avoir 6t6 pendant quelques an- 
n£es chef d*orchestre de thMtre et de concert, k 
Scarborough, Durham et New-Castle, il entra 
dans I'orchestre de TOpSra italien, a Londres et 
devint directeur de musique au « Haymarket- 
theatre ». De 1782 k 1791, il ecrivit toute une 
sSrie d'opSras pour le « Coventgarden » ; mais 
des difficult^ p6cuniaires surgirent avec l'en- 
trepreneur du lh6dtre et lui permirent de rom- 
pre ses engagements, pour entreprendre un 
voyage deludes en France et en Italie. A son 
retour, il prit la place de directeur de musique 
du « Coventgarden » (1792-1807); il passa, enfin, 
les vingt dernteres annSes de sa vie, sans en- 
gagement, dans la retraite. S. Ecrivit environ 
trente ouvrages sc&iiques (operas, pantomimes, 
interm&des, etc.), dont quelques-uns ont 6t6 
publics; il a fait paraitre egalement six trios 
pour deux violons et violoncelle, six duos de 
violons,deslieder et deux ouvrages thSoriques: 
Introduction to harmony (1794) et Rudiments 
of thorough-bass (sans date). 

Shudi, v. Broadwood. 

Si (ilal.), on ; si replica, on repute, c.-&-d. da 
capo. 

Si (all. A; angl. &),syllabe de solmisation qui, 
apres la suppression de ce syst£me et la res- 
triction du sens de chaque syllabe k un seul 



son, fut adoptee pour le deuxieme son de 
l'6chelle fondamentale (v. ce mot). Cf. bobisa- 
tion, 

Siboni, Erik-Anton- Waldemar, n6 k Copen- 
hague le 26 aolU 1828, m. k Copenhague le 22 
ttvr. 1892 ; fils du t6nor Giuseppe S. (ni k Forli 
le 27 janv. 1780, m. k Copenhague, oft il 6tait 
directeur de i'Op^ra et du Conservatoire, le 29 
mars 1839 ; fut, de 1806 k 1818, tr£s tet6 k Lon- 
dres, Vienne, Prague, Naples etSt-Petersbourg), 
pianiste distingu£, Sieve de J.-P. Hartmann et 
en 1847, k Leipzig, de Moscheles et de Haupt- 
mann, fit la campagne du Schleswig-Holstein 
(1848), travailla encore, de 1851 k 1853, sous la 
direction de S. Sechter, k Vienne, puis se fixa k 
Copenhague. Comme compositeur, S. se fit con- 
naitre avantageusement par une <ouverture 
tragique » (ut mineur, op. 14), un quatuor avec 
piano, des preludes d'orgue, des morceaux de 
piano k deux et k quatre mains etdeux operas, 
dont Pun (Karls II. Flucht) fut repr6sent£ k 
Copenhague, en 1861. Deux symphonies, une 
ouverture de concert, un concerto de piano, un 
quatuor pour instr. k archet, des sonates de 
violon et de violoncelle, des duos pour deux 
pianos, des oeuvres chorales (psaume cxi ; 
Stabat Mater ; Murtenschlacht ; ErstUrmung 
von Kopenhagen) resident manuscrits, mais 
plusieurs de ces oeuvres furent ex£cut£es k Co- 
penhague. 

Sicherer, Pia von, excellente cantatrice de 
concerts (soprano aigu), n6e k Bayreuth, 61dve 
de M»« Emilie Kaula et de Jul. Slockhausen, 
vit k Munich. 

Sicilienne (Siciliano\ ancienne danse d'un 
mouvement mod6r6 k 6/8 ou 12/8 et d'un carac- 
t A re pastoral. La s. 6tait autrefois tr&s en vo- 
gue comme mouvement lent (alia siciliana) des 
sonates, etc. 

Sieber, Ferdinand, professeur de chant re- 
nomm£, n£ k Vienne le 5 d6c. 1822, m. k Berlin 
le*19 tevr. 1895 ; 616ve de J. Miksch, et, apr A s 
avoir 6te pendant quelque temps chanteur sc6- 
nique, de Ronconi (fils), se fixa k Dresde (1848), 
comme maitre de chant, puis k Berlin (1854), 
ou il re<?ut, en 1864, le titre de « professeur t. 
Le nombre de ses publications d£passe la 
centaine et celles-ci consistent essentiellement 
en lieder et en ouvrages didactiques estimes 
et plusieurs fois r£6dit£s : cent vocalises et sol- 
feges, en six cahiers (op. 30 485, chaque genre 
de voix : soprano, mezzosoprano, alto, t6nor, 
baryton, basse, ayant un n° d'opus special), 
Die Schule der Gelceufigkeit fur Soenger und 
Scengerinnen jeder Slimmklasse (op. 42-43) ; 
60 leichte Vokalisen tmd Solfeggien in seeks 
Heften (op. 44-49, pour chaque voix sSpare- 
ment); 60 zwei-drei-und vierstimmige Voka- 
lisen (op. 52, pour deux sopranos ; op. 53, pour 
soprano et alto; op. 54, pour soprano et tfoior; 
op. 55, pour t6nor et basse ; op. 56, pour sopra- 
no, mezzosoprano et alto; op. 57. pour soprano, 
alto, tenor et basse) ; 60 Vokalisen fur vorge- 
riichtere GesangschulerzurhbhemAusbildung 
der Technik (op. 78-83) ; 24 sechszehntaktige 
Vokalisen in alien Dur-und Molltonarten (op 



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SIEGEL — S1GNES 



85) ; Achttaktige Vokalisen fur den ersten Ge- 
sangunierricht in Schule und Haus nebst An- 
leitung zum Studium derselben (op. 92-97); 
Die Kunst des Gesangs. VoUstcendige theore- 
tisch-praktische Gesangschule (op. 110 : Theo- 
retische Prinzipien ; op. Ill ( Praklische 
Studien); 60 Vokalisen und Solfeggien im 
Anschluss an die theoretisch-praktische Ge- 
sangschule (op. 112-117) ; 60 Vokalisen (dix 
pour cbaque categorie de voix ; op. 129 A 134) ; 
Vorschule des Gesangs fUr das jugendliche 
Alter vor dem Stimmwechsel (op. 112) ; Voll- 
stasndiges • Lehrbuch der Gesangskunst fur 
Lehrer und Schiller (1858 ; 8« 6d. 1878) ; Kate- 
chismus der Gesangskunst (1862) ; Die Aus- 
sprache des Italienischen im Gesang (1860 ; 2« 
6d. 1880) ; Aphortsrnen aus dem Gesangsleben 
(1865); Kurze Anleitung zum griindlichen 
Studium des Gesangs (1852 ;2« 6d. 1865) ; Hand- 
buck des deutschen Liederschatzes, catalogue 
de dix mille lieder, classes d*apr£s leur ^ten- 
due vocale, avec, en outre, un choix tr6s riche 
de duos et de trios (1875). 

Siegel, C.-F.-W., fondateur (1846) de la mai- 
son d* Editions musicales de ce nom, A Leipzig, 
m. le 29 mars 1869 : le proprietaire actuel de la 
maison est Richard Linnemahx. — 2. FftLix, v. 

SCHUBERTH, 1. 

Siiace, Giovanni-Francesco (Grossi, dit S.)> 
sopraniste (caslrat) renomm£, devint, en 1675, 
membre de la chapelle pontificate et cbanta, 
dans la suite, A Venise et A Londres. Vers 
1699, il fut assassin^ et d£valis6 par son postil- 
ion, pendant un voyage dans la haute Italie. 

Sifflat (Suffldt, SubflCt), terme alleraand 
forme du fran^ais « sifller », s'applique A un 
jeu d'orgue : jeu A bouches, A tuyaux de m&al 
ouverts, A perce tr&s large et connu seulement 
A 2 f et a 1' (dit aussi, parfois : Weitjffeife). 

Sighicelli, nom d'une famille d'excellents 
violonistes : 1. Filippo, n6 A San-Gesario (Mo- 
dine) en 1686, m. A Mod£ne le 14 avr. 1778: fut 
premier violoniste a la Gour du prince hiritier 
Hercule d'Este. — 2. Giuseppe, fils du precedent, 
ne a Modineen 1787, m. dans la mime ville le 
8 nov. 1826; violoniste-solo et chef d'orchestre 
du prince Hercule d'Este jusqu'au jour oil ce 
dernier fut chasse par Napoleon. — 3. Carlo, 
fils dupr£c£dent, n6 &Mod6ne en 1772, m. dans 
la mime ville le 7 aoi\t 1806; passa £galement 
sa vie A la Gour de Modene. — 4. Antonio, fils 
du pricident, ne a Modine le 1" juil. 1802, y 
vit encore, apris avoir 6t6 nomm£, en 1836, 
chef d'orchestre de TOpira de cette ville. Chef 
de mirite, il avait 6te auparavant chef d'or- 
chestre A Cento et A Ferrare. — 5. Vincenzo, 
fils du prudent, ni A Cento le 30 juil. 1830 ; 
£16ve de Sechter, Hellmesberger et Mayseder, 
A Vienne, fut nomine, en 1849, violoniste-solo 
et second chef d'orchestre, A Mod&ne, mais vit, 
depuis 1855, A Paris. II a publie des composi- 
tions pour violon. 

Sigismondi, Giuseppe, professeur de chant, 
ni A Naples le 18 nov. 1739, m. dans la mime 
ville en mai 1826 ; icrivit des operas pour les 
thiAtres napolitains, vicut comme professeur 



de chant A Naples et devint enfin, en 1806* 
bibliothicaire du Conservatoire qui venait 
d'itre reorganise. Ses cantates, ses exercices 
de chant, ses morceaux de piano et d'orgue 
sont restis pour la plupart manuscrits. 

Signes. La notation musicale est une langne 
de signes destinie A itre comprise d'une fagon 
intuitive, directe, sans l'aide de la reflexion ; 
les s. qui la composent sont bien convention- 
nels,maisen partle seulement arbitraires. A cha- 
que moment, de nou veaux s., directement saisis- 
sables, prennent la place d'anciens qui, malgri 
leur usage remontant tris loin, le sont moins ; 
inversement, du reste, toute simplification pa- 
raissant logique est repoussie, dans la prati- 
que, si die exige l'exercice de la inflexion, 
autrement dit si elle diminue la netteti de 
1'image. L'ancienne notation proportionnelle 
(v. ce mot) exprimait approximativement la 
duree d'un son par les dimensions du corps de 
la note : ^ • l 4 , la queue descendante de 
la maxime el de la longue iveille directement 
en nous Tidie d'appe$antissement,presqued*ar- 
rit ; pour les notes de plus courte durie (apree 
1300), c'Mait la queue ascendante. au contraire, 
qui iveillait dans Fesprit une idie de motive- 
ment leger et plus acciliri ; enfin, gr&ce a leurs 
crochets, les pins petites valeurs de notes 

semblent pourvues d'ailes : + £ b 

La plupart des ouvrages d'enseignement et des 
dictionnaires attachent beaucoup troppeu d'im- 
portance A ces differences, miticuleusement ob- 
servees, de la direction de la queue des notes. 
C'est seulement A parlir de Tusage de repres- 
sion musicale (v.cemot) et de la notation, en 
mani^re de tablature, de plusieurs voix sur une 
m^me port^e (v. partition), que cette distinction 
disparut Lorsque, vers 1400, Tusage de notes 
blanches s'introduisit, ce fut de nouveau d'a- 
pr^s le principe de perception directe que Ton 
choisit les notes 6vid£es pour les longues 
dur^es, les notes noires, au contraire, pour les 
courtes durtes qui doivent se lire rapidement: 



1 1 



_ .11 if elc 



La comprehension immediate des rapports 
rythmiques fut ensuite notablement facility 
par Temploi des traits horizontaux communs i 
plusieurs notes de m&me valeur et les grou- 
pant en unites d'ordre plus ^lev^ : 

f P P P 



et par celui de la barre de mesure ; ces deox 
sortes de s., en usage d*abord dans la musique 
instrumentale (v. tablature), pass^rent, dans le 
courant du xvn« s., dans la musique vocale 
(notation proportionnelle). Cf. signes de dur£e. 
—Quant aux changements de hauteur des sons, 
ils sont exprim£s, dans notre notation, par 
l'echelonnement des corps des notes sur un 



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SIGNES DE DURfcE — SIGXUM 



769 



syst&ne de cinq lignes horizontals et paral- 
lels, la portee, et par les JjjjJ jl \fr et x« Peut- 
4tre ces derniers s., qui ne font point image, 
seront-ils un jourou l'autre remplaces par une 
s6rie d'autres s. plus immediatement compr6- 
hensibles. L'ancienne tablature allemande, 
hors d'usage depuis deux siecles environ, r6- 
clamait, elle, une bonne part de reflexion, car 
elle se servait, pour designer la hauteur des 
sons, non pas de points echelonnfo, mate d'une 
sine de lettres places sur un seul plan hori- 
zontal; toutefois elle renferme, d autre part, 
des Aliments de comprehension directe, tels les 
traits ou les chiffres, encore en usage de nos 
jours, pour indiquer les diff6rentes octaves de 



Techelle fondamentale : C C c c c c ou ^ C 
c C* c* c 3 , etc. (Cf. a et la). 

Enum&rons encore un certain nombre de s. 
dont la comprehension immediate est ais6e : 
Signe de repetition : 

1 ) 2) 3) ^ > 



— — -^ arc de cercle de liaison ou de legato 

(v. LEGATO). 

1 1 f # | *< points de staccato (v. staccato). 

us== ^ signe ^augmentation d'jntensite (v. 
crescendo). 

-~-~~ l signe de dimitftition d'intensite (v. di- 
minuendo). 

A > signe d'accentuation particuli^re (v. sfor- 
zato), maiscf.aussi coup d'archet ^ < i y^ y \ 



< accord brise (v. arpeggio). 



Toute une serie de signes abrSviatifs de nota- 
tion, ceux des ornements, sont em prunes & 
l'ancienne notation neumatique : 
co co *~ *» ( w (^ fr~~> etc. (double, 
-double renverse, pince renverse, mordant, trille, 
etc.). Parmi les s. vieillis, hors d'usage, nous 
noterons: 



Pinc4 



Chute, Port de voix 



Arpeggio! .. VMUWf ^ n ue v 



Couie | | B 



Balancement . 



Trille 




Gustos; indiquant par avanee la 
premiere note de la ligne suivante. 



Quant k la signification des signes : 

°(l)c $°(|)<- d 

des fractions :'£*?. 2 ?. •! ? 2 £ JL 

1> »» 4» 8 * \> 2> *> 8 » 3» 4> 8> 16 t 

7 I TZ - ¥ X ~T 7Z eXc > et des chiffres 2, 3, en 

DICTIONNAIRB DE MU8IQUE. — 49. 



'8 1 



tantqu'indications de mesure, v. mesure, tempos 
et proportion.— On trouverales anciennes for- 



mes des clefs: 




aux articles G,Fet 



v tablature. 



C — r, v. gamma; 88 v. d. 

♦ I Nfc =SH^,etc. 

Un petit trait (ou une apostrophe), place k 
droite, en haut du chiffre qui indique les dimen- 
sions d'un jeu d'orgue (8', 16', etc.), signifle 
« pied • (v. ce mot). 

Signes de duree, Ces s. sont indispensable*? 
pour la notation de toute musique k plusieurs 
parties qui ne marchent pas note contre note, 
car les rapports de duree des differentes parties 
superposes doivent etre regies, si Ton veut 
eviter un enchevetrement inextricable. G'est 
pourquoi les signes de duree apparaissent 
avec l'avenement du contrepoint inegal,au xn« 
s. (cf. contrepoint). Les Grecs faisaient usage 
des s. de duree suivants : u [ou Tabsence de si- 
gne] signifiait bref ,d*une unite (chronos protos), 

— de deux unites (disemos), i trois unites 

(trisemos), lj quatre unites (tetrasemos) , uj 
cinq unites (pentasetnos). La notation neuma- 
tique (v. neumes) n'avait pas de signes de du- 
ree, du moins ces signes ne nous sont-ils point 
connus (cf. cependant : G. Houdard, Le rylhme 
du chant dit gregorien, d'apres la notation 
neumatique, 1898). La question de savoir les- 
quels des signes de duree de la tablature (v. ce 
mot) ou de la notation proportionnelle (v. ce 
mot) sont les plus anciens, n f a pu etre eiucidee 
jusqu'd ce jour. Quant aux signes de duree de 
la notation actuelle,issusde l'ancienne notation 
proportionnelle, ce sont : psj ou \di double ron- 
de (brevis, rare), o ronde (all. ganze Taknote; 
ital et angL semibreve), ^j blanche (all. halbe 
Taknote; ital. bianca ou minima ;angl. minim) 
f noire (all. Viertel; ital. semiminima, nera; 
anglcrotcket), $ croche (all. Achtel;\teL croma; 

angl. Quaver),/^ double croche (M. Seeks ehntel: 

ital. semicroma; angl. semiquaver), }A triple 

croche (all. Zveiunddreissigstel ; ital. biscroma; 
angl. demisemiquaver), etc. Les silences (v. ce 
mot) aussi sont des signes de duree. Cf. enfin 

NOTES. 

Signum (lat.,signe). S. divisionis, svn. de puno 
turn divisionis (v. point). & augmentationis, v. 
augmentation, S. dimintUionis, v. diminution. 
L'ancienne theorie proportionnelle donnait le 
nom de signa externa (indicialia) aux indica- 
tions de proportion qui precedaient la clef et 
d'une maniere generate, aux indications con- 
sistanten chiffres et en signes (O , JE* (fc etc -), 
celui de signa interna (intriseca) k toutes les 
modifications de proportion indiquees par les 
notes elles-memes, sans l'aide d'aucun signe 
special (cf. mode et color). V. au mot signe 
tout ce qui concerne les signes en usage dans la 
notation musicale. 

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770 



SILAS — SILGHER 



Silas, Eduard, pianisle, organiste et compo- 
siteur hollandais remarquable,nea Amsterdam 
le 22 aout 1827; enfant prodige, faisait, a Tage 
de sept ans, de la musique de chambre et, en 
1837, comme Sieve d'un musicien de la Cour, 
Neher, jouait dans des concerts, & Mannheim. 
En 1842, il entra an Conservatoire de Paris 
(Kalkbrenner, Benoist,Hal6vy); en 1849,ilrem- 
porta le premier prix de la classe d*orgue, ©u 
il 6tait en concurrence avec Saint-Saens et 
Cohen. La m&me ann&e, il jouait un concerto 
de piano de sa composition, a Amsterdam, en 
m&me temps que d'aulres moreeaux, de lui6ga- 
lement; il improvisait sur un th&me donne et 
dirigeait en personne une ouverture de sa 
composition. En 1850, S. se flxa a Londres, ou 
11 obtint un poste d'organiste et se crea, malgr£ 
les difficultls du debut, une excellente situation. 
S. s'est essays, avec succSs, dans presque tous 
les genres de composition, mais c'est bien dans 
les oeuvres de piano qu'il alaissS le meilleur de 
son talent. Une Messe a quatre voix fut cou- 
ronnSe dans un concours international, a Bru- 
xelles, en 1866; un oratorio, Joah t a 6te execute 
au festival de 1863, a Norwich ; un opera, Nito- 
crw,n'a pas encore 6t6 exScutS. Enfin, parmi les 
oeuvres de S., nous mentionnerons encore ; 
plusieurs cantates, un Ave verum, un Salu- 
taris et un Magnificat, avec orgue et orches- 
tre, des chants anglais et allemands, une sym- 
phonic {la majeur), une Symphonie burlesque 
et une troisteme symphonie, trois ouvertures, 
deux concertos de piano, on fantaisie ecossaise 
pour piano etorchestre, un nonette pourinstr. 
a archet et a vent, trois trios avec piano, des 
pieces pour piano et d'autres pour violoncelle, 
pour orgue, etc. 

Silbermann, c616bre famille de facteurs d'or- 
gues et de pianos, dont les reprSsentants sonl : 
— 1. Andreas, nS a Klein-Bobritzsch, pr6s 
Frauenstein (dans TErzgebirge saxon), le 16 
mai 1678, m. k Strasbourg le 16 mars 1784 ; il 
s'etait £tabli dans cette ville dans les premieres 
ann^es du xvm* stecle, et construisit trente or- 
gues pour Strasbourg, Bale, Offenbourg, Col- 
mar, etc. n passait pour Fun des premiers fac- 
teurs d'orgues de son temps. — 2. Gottfried, 
fr£re du precedent, n6 a Klein-Bobritzsch, pr&s 
Frauenstein, le 14 janv., 1688, m. a Dresde le 
4 aout 1753; le membre le plus c£l£bre de la 
famille. Son p6re, un charpentier, le destinait 
au m 6 tier de relieur; mais, apres avoir commis 
quelques polissonneries, S. prit la fuite et se 
rendit a Strasbourg, aupr^s de son frere, chez 
lequel il entra en apprentissage. En 1710, il 
rentra dans sa patrie et construisit, en 1714, 
son chef-d'oeuvre : le grand orgue de la cathS- 
drale de Freiberg (45 jeux), ou il elut des lors 
domicile. S. a construit quarante-sept instru- 
ments, parmi lesquels vingt-cinq a deux cla- 
viers manuels et quatre a trois claviers ma- 
nuels (cathedrale de Freiberg; £glise catho- 
lique du Chateau, « Frauenkirche » et Ste-Sophie 
a Dresde). S. doit une bonne part de sa c6- 
lebrite au fait que, s'il ne fut pas le premier 
inventeur du piano & marteaux, il en d£couvrit 



by \j 



iL 



IC 



le principe d'une fa$on toute personnelle el 
independante et que, le premier, il en construi- 
sit avec un r6el succ&s, en repandant partout 
l'usage (cf. piano). D faut encore mentionner le- 
Cembal tfamour, parmi les inventions de S^ 
sorte de clavicorde dont les cordes, deux fois- 
aussi longues que celles de l'instrument ordi- 
naire, 6taient di visees en deux moilies par la 
tangente et, n'ayant point de partie morte 
(etouff$e par les bandelettes de drap), faisaient 
entendre en la redoublant (avec quelques l&gere 
battements) Toctave sup&rieure du son'de la 
corde enti&re. — 8. Johann-Andreas, fits afn& 
de Andreas S., n6 & Strasbourg le 26 juin 1712,. 
ra. dans la meme ville le 11 f&vr. 1783; cons- 
truisit quarante-quatre orguea pour Strasbourg* 
Colmar, Bale, etc. II jouissait d'une grande re- 
putation et £crivit aussi une Histoire de la ville 
de Strasbourg (1775). I/un de ses fils, Johaxx- 
Jo8ias (m. le 3 juin 1796), fut son dignesucces- 
seur. Un petit-fils, Friedrjch-Thkodor, (n6 le 5> 
juin 1816), devint excellent violoncellists — 4. 
Johann-Daniel, second fils de Andreas S. f nk £ 
Strasbourg le 31 mai 1717, m. & Leipzig le 6- 
mai 1766; se rendit, en 1748, & Freiberg, an- 
pr^s de son oncle Gottfried et s'occupa, apres la 
mort de ce dernier, de la construction des pia- 
nos. — 5. Johann-Heinrich, fils cadet de An- 
dreas S., n6 le 24 sept 1727, m. & Strasbourg* 
le 15 janv., 1799; a'occupa tout specialement de 
la construction des pianos, d'aprds le systeme 
de son oncle Gottfried, et les fit connaltre en 
France. II etait lui-mfcme un excellent orga- 
niste, pianiste et meme compositeur. Son iika 
— 6. Johann-Friedrigh, n6 le 21 juin 1762, m. a 
Strasbourg le 8 mars 1817; habile facteur 
d'orgues, aussi bien qu'organiste de talent, a 
T^glise St-Thomas de Strasbourg. II a compete 
un Hymne a la paix, des lieder allemands, etc 
Silcher, Friedrich, compositeur de merite* 
auteur connu de chants populaires allemands^ 
n6 a Schnaith, pr6s Schorndorf ( WurtembergV 
le 27 juin 1789, m. a Tubingue le 26 aout 186*); 
avait k\h appele, en 1817, a Tubingue, comme 
directeur de musique de l'UniversitS, et occupa 
cette place jusque peu de mois avant sa mort 
II avait recu, en 1852, le titre de D* phiL h<m~ 
c. et avait v6cu, avant d'occuper un poste uni- 
versitaire, comme professeur de musique k 
Stuttgart. S. fut un promoteur zel£ et fort blent 
dou^ du chant allemand, surtout par s#n re- . 
cueii: Sammlung deutscher Volkslieder (douze 
cahiers) dans lequel on trouve plusieurs des 
melodies de S. qui sout devenues depuis tr&. 
populaires (Ainnchen von Tharau; Morgen 
muss tch fort von hier ; Ich wetss nicht was soft 
es bedeuien; Zu Slrassburg <tuf der Schans*? 
etc.); ces chants parurent, en m&me temps, pour 
une et pour deux voix avec accompagnement 
de piano et,a quatre voix, pour choeurd'hommes. 
En outre, il faut mentionner parmi les ceuvres 
de S.: un recueil de chorals 4 trois voix; tmi* 
recueils d'hymnes a quatre voix pour les di- 
manches et jours de fetes religieuses ; Tubin- 
ger Liedertafel (chceurs d'hommes, etc). Pour- 
plus de details, v. A. Kostlin, Friedrich ^L 

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SILENCE — SILVA 



771 



1877). S. a publie aussi une Harmonic und 
Kompositionslehre (1851). 

Silence (all. Pause; lat et ital. pausa; angl. 
rest, silence, tandis que le mot angl. pause si- 
gnifie point d'orgue), nom que Ton donne k 
l'arr6t momentanS d'ane ou de plusieurs par- 
ties (vocales ou instrumentales) dans un mor- 
ceau de musique. La thforie grecque coiinais- 
sait d£j& la valeur du s.; les m&triciens grecs 
divisaient les vers, entre autres, en deux cate- 
gories : les vers catalectiques (finissant Irop 
tdt), ayant un silence k la fin, et les vers proca- 
talectiques (commencant trop tard), en ayant 
un au d£but. Le signe du s. £tait, chez les 
Grecs, un lambda £ (= A«mm<k) pour leprotos 
chronos (la br&ve indivisible, l'unit6), puis A 
(deux unites), V (trois unites), ^ (quatre uni- 
tes), et j^ 1 (cinq unites). La notation neuma- 
tique ne paratt avoir poss&16 aucun signe pour 
les s. (?). Quant aux notations primitives des 
anciens troubadours et « Minnesinger >, elles 
ne contiennent g£n6ralement pas de signes de 
8.; il est Evident qu*il faut alors completer la 
notation, d'apr£s le metre du poeme (cf. Rie- 
mann, Studien sur Geschichte der Noten- 
schrifl, p. 216 et suiv.). Mais la musique poly- 
phonique ne pouvait se passer de signes pour 
les 8., aussi trouvons-nous d£jd dans les plus 
anciens ouvrages sur la musique proportion- 
nelle(xir-xin # s.)des signes pour les s. equiva- 
lents k chacune des dur£es de notes : a) pausa 
longa recta, dite plus tard pausa longa im- 
perfecta, valant une iongue (binaire); 

abed 



s 



b) pausa longa perfecta ou pausa modi, valant 
une Iongue parfaite; c) pausa, valant une br&ve 
et correspondant k une double pause; d) semi- 
pausa, valant une semibreve et correspondant 
k notre pause. Lorsqu'apparut la mini me, on 
d£cida, apr&s quelqne hesitation, que le signe 
remplissant les */ 3 de Finterligne serait Equi- 
valent k la semibr&ve et que le signe remplis- 
sant le ty 3 de l'interligne correspondrait a la 
minime. Mais Philippe de Yitry proposa mieux 
encore et eut Yidie d'asseotr sur la ligne m6me 
le silence correspondant k la minime (notre de- 
mi-pause); v. e) : 



Les autres signes furent alors imit&s des signes 
de dur£e en usage dans la tablature (v. ce mot) : 
f) suspirium (notre soupir), valant une semimi- 
nime (noire) ; g) semisuspirium (demi-soupir), 
valant une fusa (croche). Une regrettable con- 
tradiction apparut entre les notes et les si- 
lences, lors de l'adoption des notes blanches 
(1400); la croche avait un crochet, le demi-sou- 
pir (son Equivalent) en avait deux, etc. 



by Google 



NB 



NB 



!■■ ! Ml I'l * ■■! r" | N 



Mais les crochets des silences de courle durEe 
furent renversEs et Ton eut de la sorte la sfeniE 
agtublle des siones de s. Nous noterons main- 
tenant, cdte k cdte, sur une m£me portEe, les 
formes modernes et les anciennes (l'ancienne 
forme du soupir a &t6 mainlenue non seulement 
en France, mais aussi en Angleterre) : 



1 ■I'" I '-"fTs"!*? |EJ 



Vt l h l k l / 4 l k l /» etc 

Quant aux s. qui se perpetuent a travers un 
grand nombre de mesures, on les note le plus 
souvent au moyen de l'abr&viation suivante, 
ex.: 

17 



mais on r£partit ces silences en deux ou plu- 
sieurs fractions, d6s qu'il y a changement de 
mesure ou de mouvement pendant leur dur£e, 
ex.: 

5 Allegro 10 



THF^p ^ 



La valeur ESTHfeTiQUE du s. varie consid£ra- 
blement, suivant la place que ce dernier occupe 
dans la mesure; on peut cependant d&finir le 
s., d'uue mantere generate, comme TfeQuivALENT 

NftGATIF DE LA DUR&E SONORE QU'lL REM PL AGE. 

Le s. qui tient lieu d f uu son place sur le temps 
fort est plus important, son effet plus profond 
que s*il remplace la note d'un temps faible. 
Le s. augmente d'importance, lorsqu'il se 
trouve dans la partie en crescendo de la 
phrase; il perd de son importance, au contraire, 
dans la partie en diminuendo. Ceci a trait plus 
particulierement aux s. dont la presence sup- 
prime des unites de temps, tandis que les 
autres s., qui ne font qu'abr&ger la valeur so- 
nore d'un temps ou m6me d'une fraction de 
temps (comme dans le jeu staccato), n'ont qu'un 
effet tres restreint. Cf.Riemann, Dynamik und 
Agogik, p. 137 et suiv. 

Siloti, Alexandre, pianiste notable, n£ dans 
les propri£t£s de son p6re, pr£s de Kharkow 
(Russie meridionale), le 10 ocL 1863; eteve du 
Conservatoire de Moscou (SwereflF, Nik. Rubin- 
stein [1875-18811, Tchaikowski et Hubert) 
puis de Liszt (1883-1886), se fit entendre a Mos- 
cou, en 1880, dans un concert de la Soci6t& 
royale de musique, et cueillit aussi des lauriers, 
en 1883, k l'assembl6e des musiciens allemands, 
a Leipzig. II se fit entendre d6s lors tres fr6- 
quemment et passe, avec raison, pour Tun des 
plus remarquables parmi les el&ves personnels 
de Liszt. 

Silva, 1. Andreas de, contrapontiste du xvi' 

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772 



SIMANDL — SINGER 



Steele, li6 d'amitie avec Virdung, Allemand ou 
peut-etre Suisse, n'est connu que par ses com- 
positions que Ton trouve principalement dans 
les anthologies de 1514 (Petrucci, Motetti delta 
corona) k 1540 (Kriesslein, Selectissimae can- 
Hones). — 2. Poll de, compositeur, ne k Saint- 
Esprit, pr^s Bayonne, le 28 mars 1834, m. a 
Clermont le 9 mai 1875; vint a Paris en 1854, 
fut engage par Haievy k entrer au Conserva- 
toire, mais y renon^a parce qu'il etait presque 
aveugle. Plus tard, il perdit complement la 
vue et dicta k sa mere toutes ses compositions. 
S. a ecrit et fait paraitre un grand nombre de 
morceaux brillants pour le piano, des chceurs 
religieux et profanes, des duos, quelques ceu- 
vres de musique de chambre et un Stabat ma- 
ter qui fut couronn6 k Bordeaux, en 1871, et 
considere comme une oauvre du plus haut m6- 
rite. Des symphonies, des oratorios, des operas 
restSrent manuscrits. 

Simandl, Franz, premier contrebassiste dans 
l'orcbestre de la Cour, k Vienne et, depuis 1869; 
professeur au Conservatoire; auteur d'une 
Neueste Metkode des Contrabassspiels (3 vol.: 
I. Preparation pour le jeu d'orchestre, avec 
trente etudes ; II. Preparation pour le concert, 
avec des etudes et des sonates de Kreutzer, de 
Romberg, etc.; III. Ecole de virtuosity, en dix 
cahiers. 
Simao, v. Portugal. 

Simon, 1. Johann-Gaspard, organiste et can- 
tor k Nordlingen, a publi6 : preludes et fugues 
d'orgue (1750); Gemutsvergniigende musiha- 
lische Nebenstunden in Galanteriestiichen auf 
dem Klavier; Musikalisches A. B. C. in hlei- 
nen Flughetten fUr die Orgel, nebst einigen 
Versetten (1754) et Erster Versuch einiger va- 
riierten und fugierten Chorcele. — 2. Jean- 
Henri, violouiste et compositeur, n6 k Anvers 
en avril 1783, m. dans la m*me ville en 1861 ; 
eieve de Lahoussaye, Rode, Gossec et Catel, k 
Paris, v6cut k Anvers en quality de professeur 
de violon et d'artiste virtuose. II fut le maltre 
de Meerts, Janssen et Vieuxtemps. S. a ecrit 
sept concertos de violon, et d'autres ceuvres 
pour violon, plusieurs oratorios, des motets, 
etc. — 8. Christian, contrebassiste de talent, 
n6 k Schemberg, pres de Sondershausen, le 
8 avril 1809, m. k Sondershausen le 29 mai 
1872; eleve de A. Muller, k Darmstadt, il 
fit ensuite partie de la Chapelle de la Cour 
k Sondershausen et lui resta ftdeie, malgre les 
appels flatteurs qui lui furent adresses de 1'6- 
tranger. — 4. Paul, v. Kaiint. 
Simons-Candeille, v. Canbeille. 
Simpson (Sympson), Christopher, virtuose 
anglais sur la viole de gambe, avant 1670, au- 
teur de : The division-violist, or an introduc- 
tion to the playing upon a ground (1659, edit, 
latine de William Murth, sous le titre : Chelys 
minuitionum artificio exornata or the divi- 
sion-viol, 1667); A compendium, or introduc- 
tion to practical music (1665 et, des lors, fr6- 
quemment)et de remarques sur la theorie de la 
composition, de Campion : Art of discant or 
composing music in parts by Dr. Thorn. Cam- 



by \J 



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pion, with annotations there on by Mr. C 5- 
(1655). 

Simrock, Nikolaus, ne a Bonn en 1775, etait 
corniste dans la chapelle du prince eiecteur, 
mais fonda, en 1790, un commerce de musique 
qui est devenu Tune des maisons d'edition les 
plus importantes de r Allemagne (dernierement 
surtout, grdce aux ceuvres de Brahms). Le chef 
actuel de la maison, Fritz S., a transfer son 
domicile, en 1870, k Berlin. 

Sinding, Christian, n6 k Kongberg (Norvege) 
le 11 janv. 1856; de 1874 k 1877, eieve du Con- 
servatoire de Leipzig, fit encore en 1880,grAcea 
un subside du roi, de nouvelles etudes k Leip- 
zig, k Munich et surtout k Berlin. Compositeur 
de talent, S. a ecrit, entre autres : un quintette 
avec piano, un quatuor pour instr. k archet, un 
quatuor avec piano, deux sonates de violon, un 
concerto de piano, etc. 

Sinlonia, v. symphonie et ouverture. 

SingeWe, Jean-Baptiste, excellent violoniste, 
ne k Bruxelles le 25 sept. 1812, m. k Ostende 
le29 sept 1875; ecrivit un grand nombre de 
morceaux de violon, surtout des fantaisies sur 
des airs d'operas, mais aussi plusieurs concer- 
tos (en lout, centtrente-quatre ceuvres gravees). 
Sa fille, Louise, nee k Bruxelles le 5 dec. 1844, 
m. k Paris le 8 dec. 1886, fut une cantalrice 
scenique distinguee. Son fr£re, Charles, ne en 
1809, m. k Bruxelles en aoAt 1867, fut aussi un 
violoniste de talent. . 

Singer, 1. Hans, magister a Nuremberg, ecn- 
vit : Ein hurzer Auszug der Musik, den fun- 
gen, die singen und auff den Instruments 
lernen wollen, ganz nutzlich (1531).— 2. Peter, 
moine franciscain de Salzbourg, ne a HSfel- 
gehr, dans le Lechthal, le 18 juil. 1810, m. a 
Salzbourg le 26 janv. 1882; construisit, en 
1839, un instrument de musique automatique k 
jeux d'anches, sorle d'orchestrioa auquel il 
donna le nom de « Pansy mphonikon», et pu- 
blia : Metaphysische Blicke in die Tomcelt, 
nebst einem dadurch veranlassten neuen Sys- 
tem der Tonwissenschaft (1847). Mais Peter S. 
etait en outre organiste et pianiste distingue 
et surtout compositeur fecond ; il n'ecrivit pas 
moins de cent et une Messes, six cents offer- 
toires, environ trente grandes litanies, un 
grand nombre de cantiques de Marie, et des 
morceaux de pianos. Cependant, il ne parut de 
tout ceci que Cantus choralis in provinda 71- 
rolensi consuetus (Salzbourg, 1862); deux an- 
tiques de Marie, deux Tantum ergo, etc En 
1883, on lui e»gea un monument k Salzbourg. 
— 3. Edmund, violoniste distingue, ne k Totis 
(Hongrie) le 14 oct. 1881; eut, en premier lieu, 
des lemons de Ridley Kohne,un eieve de Bdhm, 
puis, aprts avoir a VAge de onze ans deji tot 
des toumees de concerts, devint eieve de Bohm 
lui-meme k Vienne. S. joua k Paris avec beau- 
coup de succes et devint, en 1846, violon-solo 
au theatre de Budapesth. 11 fit encore plusieurs 
tournees de concerts et fut nomme successive- 
ment concertmeister au cGewandhans* de 
Leipzig (1851), puis k Weimar (1854-1861). De- 
puis lors, il est professeur de violon au Conser- 

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SINGSPIEL — SIXTE 



773 



yatoire de Stuttgart, ou il jouit d'une grande 
reputation.— 4. Otto, pianiste, ne a Sora, pres 
de Meissen, le 26 juil. 1833, m. a New- York en 
dec. 1893; suivit les classes de TEcole de la 
Croix, a Dresde, puis fit son education artis- 
tique au Conservatoire de Leipzig (1851-1855) 
et sous la direction de Liszt. II se fixa en 1860 k 
Dresde, comme professeur de musique, mais 
partit, en 1867, pour New-York, devint profes- 
seur au Conservatoire de Cincinnati et rentra 
enfin plus tard k New-York. II faut mentionner 
parmi ses compositions, une sonate de violon, 
une sonate de piano et un concerto de piano. 
- 5. Otto, jun. f ne a Dresde le 14 sept. 1863, 
£tudia le violon k Paris et plus tard la compo- 
sition a Berlin, sous la direction de Fr. Kiel, et 
k Munich, sous celle de Joseph Rheinberger. II 
pril, en 1888, la direction du « Liederkranz » 
de Heidelberg, succeda, en 1890, k Heinrich 
Zollner, soil au Conservatoire, soit comme di- 
recteur du « Choeur d*hommes • a Cologne, puis, 
en 1872, e\ut domicile a Leipzig. En plus de 
choeurB pour voix d'hommes, S. a publie un 
morceau de concert pour violon et orchestre. 

Singspiel, v. op£ra. 

Sinico, Francesco, compositeur et maitre de 
chant populaire, ne a Trieste le 12 dec. 1810, 
m. dans la m&me ville le 18 aout 1865; devint 
en 1843 maitre de chapelle a Tlnstitut des Je- 
suites et institua des cours de chant d'aprSs la 
m&hode Wilhem (v. ce nom), avec laquelle il 
obtint en peu de temps les plus brillants r&sul- 
tats. II 6tait parvenu k faire executer des ora- 
torios et des Messes par des choeurs composes 
exclusivement d'enfants et d'ouvriers. S. a £crit 
un grand nombre des chants religieux, & Tusage 
des choeurs qu'il dirigeait. 

Sino (ital.), jusqu'a; sin 9 al segno, jusqu'au 
signe. 

Sirdne, instrument au moyen duquel on peut 
determiner exactement le nombre de vibrations 
d'un son, dans un espace de temps donn£. Le 
principe de la s. est assez simple : une plaque 
rotative, pourvue de trous dont les dimensions 
correspondent exactement a celles du tuyau 
devant lequel elle est placee, ouvre et ferme 
alternativement un courant d'air comprime. 
Un mouvement d'horlogerie indique le nombre 
des rotations de la plaque. La succession ra- 
pide des poussSes d'air produit un son fixe. Si 
done nous multiplions le nombre des rotations 
de la plaque, dans un espace de temps donn6, 
par le nombre de trous, nous obtiendrons le 
nombre d'ondes sonores ou de vibrations du 
son pergu. Ce fut Seebeck qui construisit la s. 
sous sa forme la plus rudimentaire, Cagniard 
de Latour (v. ce nom) Fa perfectionnee, ainsi 
que, plus recemment encore, Dove (s. double). 

Sirventes, nom que Ton donnait a toute une 
categorie de chants des troubadours, dans les- 
quels ces derniers s'adressaient, non point k 
Yelue de leur coeur, mais k quelque seigneur 
ou a quelque prince. Les s. etaient tantot des 
chants de louanges, tantdt au contraire des 
declarations sur tel ou tel etat de choses 
regnant. 



Sistre, sorte de guitare, du xvi» au xvn« s. 

Sitt, Hans, ne k Prague le 21 sept. 1850 ; fils 
du luthier Anton Sitt, 616ve du Conservatoire 
de sa ville natale (Bennewitz, Mildner, Kittl et 
Krejci), devint, en 1867, concertmeister k Bres- 
lau. De 1870 a 1873, S. fut chef d'orchestre du 
theatre de Breslau, puis de celui de Prague ; de 
1873 k 1880, il fut chef d'orchestre de la ville de 
Chemnitz, et enfin directeur de 1'orchestre prive 
du baron P. von Dervies, k Nice, jusqu'au mo- 
ment de sa dissolution. S. organisa alors des 
« Concerts populaires » au Palais de Cristal, k 
Leipzig ; il devint, en 1883, maitre au Conser- 
vatoire, ' puis membre du quatuor Brodsky 
(alto), en 1885, directeur de la « Soci6t6 Bach ». 
II dirige, en outre, depuis quelques annees, les 
concerts de la « Singakademie », a Altenbourg. 
S. a public des lieder, des morceaux de piano, 
deux concertos et un concertino de violon, etc. 

Si Hard, Joseph, musicographe, ne a Aix-la- 
Chapelle le 4 juin 1846; de 1868 k 1872, 616ve 
du Conservatoire de Stuttgart, devint peu apr6s 
professeur de chant et de piano dans cet 6ta- 
blissement. II fit, de 1883 k 1884, des conferen- 
ces sur rhistoire de la musique, puis, en 1885, 
accepta, a Hambourg, la succession de Ludwig 
Meinardus, comme critique musical du « Cor- 
respondant » .S. recut, en 1891, du due de Co- 
bourg, le titre de t professeur ». II a publie, 
outre des articles speciaux pour le « Correspou- 
dant » (recueillisen 1889,'sousle titre de :Studien 
und Charahtertstiken) : Kompendium der Ge- 
svhichte der Kirchenmusik (1885), Eine kri- 
tische Riichschau auf das etfste Stuttgarter 
Musihfest (1885) ; Jongleurs und Menesirels 
(1885); les biographies de Mendelssohn et de 
Rossini, pour la collection de Waldersee ; Ge- 
schichte des Musik - und Konzertwesens in 
Hamburg (1890) et Geschichte der Oper am 
Hofe zu Stuttgart (deux vol., 1890-1891). Quel- 
ques lieder et des chants religieux seuls paru- 
rent, parmi ses compositions. 

Sivori, Ernesto-Camillo, c616bre violoniste 
virtuose, n6 a Gfcnes le 25 oct. 1815, m. dans la 
meme ville le 18 fev. 1894; fut un enfant pro- 
dige, de sorte que Paganini se decida k lui don- 
ner des lemons, k Ykge de six ans d6ja, et&srivit 
pour lui un concertino et six sonates de violon, 
avec guitare, alto et violoncelle. S. commenga 
ses tournees de concerts k Ykge de dix ans ; il 
les a continuees rSgulierement presque jusqu'A 
sa mort. Le placement malheureux de ses 6par- 
gnes I'empdcha de se reposer a temps, ce dont 
il n'avait, il est vrai, pas grande envie. S. a 
publie deux concertos de violon, un caprice- 
fantaisie pour violon et orchestre et deux duos 
concerlants pour piano et violon. 

Sixte (lat. sexta; all. Sexte), le sixi6me degr6 
diatonique. La s. est majeure, mineure ou aug- 
ments : 



*/ *©. -#9- ¥9- 



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Cf. intervalle. Les termes de s. napolitaine 
(v. ce mot) et de s. dorienne (v. ce mot) sont 

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774 



SKROUP — SMETANA 



employes dans la th&orie d'harmonie : cf . aussi 

FRENCH SIXTH et GERMAN SIXTH. 

Skroup (Skraup), 1. Franz, compositeur, n& 
k Wositz, pr&8 de Pardowitz, led join 1801, m. 
k Rotterdam le 7 fevr. 1862 ; alia an Gymnase 
de Koniggr&lz, puis &tudia le droit k Prague, 
mais k cdt£ de ceia travailla la musique, de 
sorte qu'en 1827, au lieu d'embrasser la car- 
ri&re juridique, il prit la place de second chef 
d'orchestre au Theatre de Prague. En 1860, S. 
passa k TOpSra de Rotterdam, comme premier 
chef d'orchestre. S. a ecrit toute une s6rie d'o- 
p£ras tcheques, de la musique de scene pour 
plusieurs ouvrages, des ouvertures, etc., puis 
des chants tch&ques devenus populaires. — 
3. Johaxx - Nepomuk, fr£re du precedent, n6 
le 14 sept 1811, m. k Prague le 5 mai 1892; de- 
vint, en 1838, directeur du chcpur de TEglise de 
la Croix et, plus tard, second chef d'orchestre au 
Theatre permanent de Prague, puis, en 1845, 
directeur du chcpur du Ddme (St-Veit), et, Tan- 
n£e suivante, professeur au Seminaire llieolo- 
gique. S. est l'auteur de plusieurs operas et de 
musique d'eglise (Messes, Requiem , Te Deum, 
offertoire8, etc.) ; il a public une m£thode de 
chant, un Manuale pro sacris functionibus, 
Musica sacra pro populo, etc. 

Skuhersky, Franz-Zdenko, compositeur et 
thforicien tcheque, ne k O poena (Boh6me) le 81 
juil. 1830, m. k Budweis le 19 aout 1892 ; ter- 
mina son gymnase et'6tudia la m£decine k 
Prague et k Vienne, mais suivait entre temps 
les cours de T6cole d'organistes , k Prague 
(Pitsch et Kitti), et se voua en fin de compte 
complement a la musique. En 1854, il Ecrivit 
son premier op£ra : Samo (non represent^), de- 
vint la m&me annee chef d'orchestre du Th&Ure 
dlnnsbruck, et y ecrivit les operas : Vladimir 
et Lora, mais abandonna bientdt sa place et 
fut, pendant longtemps, directeur de la soci6t6 
de musique, ainsi que chef des chceurs de 
TEglise universitaire, k Innsbruck. H devint, en 
1866, directeur de l'&cole d'organistesde Prague 
(successeur de Krejci) puis, en 1868, directeur 
des choeursdela Ville et directeur de la Chapelle 
de la Cour. H fut, en outre, de 1874 k 1879, mem- 
bre du jury d'examen pour les ecoles secondai- 
res et, d^s 1879, lecteur de musique k l'Uni ver- 
sus. Les operas Vladimir et Lora, ainsi qu'un 
autre encore, General, obtinrent du succ£s au 
Th£&tre tcheque de Prague. S. a £crit aussi des 
Messes et plusieurs ouvrages theoriques : Mur 
sihalische Formenlehre (1879), Kompositions- 
lelire (1881), Die Orgelund ihreStruhtur(188&), 
Theorelisch-prahtische Orgelschule (1882) et 
HarmonieleJire auf icissenschaftlicher Grund- 
lage (1885, aussi en tcheque). 

Slargando (ital. = allargando), en elargis- 
sant, indication souvent accompagn£e de cresc. 

Slatinn, Ilja-Ilitsch, n& k Belgorod (Russie) 
le 7 juil. 1845; £leve du (Conservatoire de St- 
P&tersbourg (Dreyschock et Zaremba), puis de 
Th. Kullak et de Wuerst, k Berlin. S. est ac- 
tuellement directeur de la Soci£t£ imperiale 
russe de musique, k Kharkov?. 

Slavik, Joseph, violoniste de haut m£rite, n£ 



k Jince, pr&s de Pribram (Boh&me), le 26 mars 
1806, m. a Budapest le 30 mai 1833; Sieve da 
Conservatoire de Prague (Pixis), entra en 1823 
comme violoniste dans l'orchestre du Th&ttre 
de Prague, partit pour Vienne en 1825, et donna 
des concerts tr&s r&ussis m&me k Paris. II est 
l'auteur de deux concertos de violon ( fa diese 
min.el simin,), d'un double concerto pour deux 
violons (fa diise maj.), d'un quatuor et de mor- 
ceaux divers pour instr. k archel. 

Slentando (ital.= lentando), en ralentissant. 

Slide-trumpet (angL), trompette k coulisse, 
instrument dont il existe encore des exemplai- 
res de nos jours, en Angleterre; trompette pour- 
vue d'un m£canisme k coulisses pared k celui 
du trombone (ital. tromba a tirarsi). 

Smanioso (ital.), temp&tueux, furibond. 

Smart, 1. Sir George-Thomas, chef d'orches- 
tre, organiste et compositeur anglais dislingu£, 
n6 k Londres le 10 mai 1776, m. dans la m£me 
ville le 23 fevr. 1867 ; fondatenr et, pendant 
longtemps, directeur (1813-1844) de la « Societe 
philharmonique •, organiste et compositeur de la 
Chapelle vocale de la Cour, musicien de haut me- 
rite qui, le premier, fit connaltre en Angleterre 
lesceuvres de Beethoven et de Schumann. D di- 
rigea, de 1813 a 1825, les auditions musicales du 
car&me, ainsi que, de 1823 k 1842, un grand 
nombre de festivals de musique, dans lesquels 
chant&rent la Sontag, J. Lind et la Malibran 
(celle-ci dans le festival de Manchester [1837], 
qui lui fut fatal). S.dirigea la musique des f&tes 
du couronnement de Guillaume IV (1820) et de 
la reine Victoria (1837). II a public les madri- 
gaux de Orl. Gibbons et le Te Deum de Dettin- 
gen, de Il&ndel, ainsi que plusieurs anthems, 
glees et canons de sa composition. Son fr&re, 
Henry, n6 en 1778, m. k Dublin le 23 nov. 1823, 
le p&re du musicien suivant, fut un excellent 
violoniste, puis, en dernier lieu, facteur de pia- 
nos, k Londres. — 2. Henry, neveu de George 
S., excellent organiste et compositeur, n£ k 
Londres le 26 oct. 1813, m. dans la m&me ville 
le 6 juil. 1879 ; ecrivit des cantates, des melo- 
dies, des duos, des trios, des choeurs (surtout 
pour voixde femmes), plusieurs morceaux d'or- 
gue et,m£me lorsqu'il fut devenu vieux et aveu- 
gle, un op£ra: Bertha, et plusieurs cantates 
(La fiancie de Dunkeron, La fille du roi Reni, 
La fille du pecheur, et une cantate biblique : 
Jakob), des anthems, etc. S. fut organiste de 
r£glise St-Pancrace, k Londres. 

Smetana, Friedrich, distingue compositeur 
et pianiste tcheque, n£ k Leitomischl le 2 mars 
1824, m. apr£s une courte periode de trouble 
mental, dans une maison d'ali£n£s, a Prague, 
le 12 mai 1884 ; £l£ve de Proksch, k Prague, 
puis, pendant quelque temps, de Liszt, ouvrit k 
Prague une « Ecole de musique », &pousa la 
pianiste Katharina Kolar et, en 1856, devint 
directeur de la c Society philharmonique • de 
Gotenbourg. Malheureusement , son Spouse 
succomba aux atteintes du climat trop rude 
(1860). En 1861, S. fit une tourn£e de concerts 
en Su&de, puis revint k Prague, ou il accepta, 
en 1866, la place de chef d'orchestre du Th&- 



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SMINUENDO — SNEL 



Ire national. II conserva ce poste jusqu'en 1874, 
^poque a, laquelle il dut l'abandonner, apres 
avoir complement perdu Touie. S. fut un com- 
positeur Traiment national, et il occupe, comme 
tel, une place itnporlante. II a 6crit des operas 
boh&niens: La fiancte vendue (1866), Lee 
Brandebourgeois en Boheme (1866), Dalibor 
<1868), Deux veuves (1874), Le baiser (1876), he 
secret (1878), Libttssa ( 1881) et La paroi du 
diable (1£82) ; des poemes symphoniques (S. 
&ait un chaud partisan de l*6cole Berlioz-Liszt- 
Wagner) : Le camp de WaUenstein, Richard 
111, Bakon Zarl, Ma Patrie (Vlast, compre- 
aant: WUava f Vi$egrad% Sarha^Aus Bohmens 
Bain und Flur, Tabor et Blanih) ; une Sym- 
phonic triomphale(188&); Carnavalde Prague, 
pour orchestre ; des quatuors pour instr. a ar- 
chet (mi min. et ut maj.); un trio avec piano ; 
des danses nationales de Boheme pour piano ; 
des choeurs ; une Marche de fdte pour le 300 ma 
jubil£ de Shakespeare; un grand nombre de 
morceaux de piano, etc. 

Sminuendo (ital.), en diminuant, syn. de di- 
minuendo. 

Smit, Johann, rioloniste, n£ A Utrecht le 28 
mai 1862 ; 61&ve de l'Ecole royale de musique 
de La Haye, puis de Leonard, a. Paris, fut, de 
1882 A 1888, concertmeister de l'orchestre Bilse, 
a Berlin. Apr&s une longue tourn&e de concerts, 
il fut nomm£, en 1889, professeur au Conserva- 
toire de Gand. 

Smith, 1. Robert, professeur de physique, de 
sciences naturelles et d'astronomie , A Cam- 
bridge, n6 en 1689, m. en 1768 ; publia un ou- 
vrage excellent : Barmonies, or the philosophy 
4)f musical sounds (1749 ; puis 1759 et 1762). — 
2. JoHN-CHRiSTOPUE(de ses vrais noms: Johann- 
CSHRI8T0PH Sghmid), compositeur, n6 A Ans- 
bach en 1712, m. A Bath le 3 oct. 1795 ; Stait le 
fils d'un ami d'enfance de Handel, qui avait 
jsuivi ce dernier A Londres et lui avait conGe 
son fils comme Sieve. S. tit executer a Londres, 
<en 1732, son premier opera : Teraminta. Lors- 
que H&ndel devint aveugle, ce fut A lui qu'il 
dicta ses compositions et lui aussi qui le rem- 
pla$a a I'orgue. AprAs la mort du grand maltre, 
S. continua pendant quelque temps les audi- 
tions d'oratorios, et ecrivit lui-m&me quelques 
ouvrages de ce genre. Parmi ses oeuvres nous 
irouvons, au premier rang, les op&ras: Ihe 
fairies et The tempest, un oratorio : Le paradis 
perdu, et des morceaux de piano. D 6crivit, en 
outre, quatre operas anglais et trois operas ita- 
liens, quelques cantates, sept oratorios, des 
pastorales, etc. On trouve quelques fragments 
-de ses grandes oeuvres non pubises, dans: 
Anecdotes of G.-F. Bandeland J.-Ch. S. (1799). 
— 3. John-Stafford, ne A Gloucester vers 
1750, m. A Londres, oil il £tait organiste de la 
-Chapelle vocale de la Cour, en 1826; il a publte 
un grand nombre de glees : A collection of 
songs of various kinds for differentvoices(\W>) 
-et une prexieuseanthologie: Musicaantiqua,a 
selection of music from the XI L to the. XVIII. 
-century (1812).— 4. John-Spencer, nk A Londres 
Jell sept 1769, m. A Caen (Normandie) le 5 juin 



775 

1845 ; D'jur., auteur d'un Memoire sur la cul- 
ture de la musique dans la ville de Caen et 
dans Vancienne Basse-Normandie (1828). — 
5. Sidney, excellent pianiste, n£ A Dorchester le 
14 juil. 1839, m. A Londres le 3 mars 1889; 
£16ve du Conservatoire de Leipzig, s'elablit en 
1858 A Londres, et y devint un des professeurs 
de musique les plus estim6s. S.a public un grand 
nombre d f oeuvres de musique de salon qui sont 
devenues a la mode, une Methode de piano, etc 

Smolian, Arthur, ne A Riga le 3 dec. 1856; 
&leve de Bheinberger, Wfillner et Karl B&r- 
mann, au Conservatoire de Munich, fut, de 
1879 A 1882, r£p£titeur et chef d'orchestre dans 
plusieurs theatres, entre autres A Berlin (chez 
Kroll), A Bale et A Stettin. L se fixa ensuite A 
Leipzig, oh il dirigea, d&s 1884 (successeur de 
Langer), le < Chceur d'Hommes de Leipzig », 
tout en se vouant A l'enseignement et a la criti- 
que ; puis il vecut a Wiesbaden comme profes- 
seur de piano et de chant, jusqu'A la fin de 
1890, et, depuis lors, A Carlsruhe, en quality de 
professeur au Conservatoire et de critique mu- 
sical de la « Carlsruher-Zeitung ». En. tant que 
compositeur, S. ne n'est fait connaitre que par de 
jolis lieder A une ou plusieurs voix. Ses articles 
de journaux, dans le c Musikalisches Wochen- 
blatt » entre autres, se dislinguent par une 
grande sftreU* de jugement et une absence com- 
plete de prejuges. En 1889, S. 6tait assistant 
sur la sc&ne pour les « Festspiele » de Bayrenth, 
a la reussite desquels il a collabor6 souvent 
par la parole et par la plume. En 1891, il a 
£crit, pour le compte de la direction cent rale de 
T « Allg. Rich. Wagner- Verein », une£tude sur 
la musique du « Tannhaeuser ». 

Smorzando (it.), en mourant, syn. de morendo. 

Snel, Joseph- Francois,, violoniste et chef 
d'orchestre distingu£, n6 A Bruxelles le 30 juil. 
1793, m. au Koekelberg, pr6s de Bruxelles, le 

10 mars 1861; 61e.ve du (Conservatoire de Paris 
(1811-1818), devint premier violon et, plus tard, 
violon solo au Grand the&tre de Bruxelles, 
dont il fut nomine chef d'orchestre en 1830. II 
donna plusieurs fois sa demission, lorsque de 
nouveaux directeurs voulurent diminuer Tor- 
chestre. Cependant, il rentra dans ses fonctions 
et devint, en outre, violoniste solo de la musi- 
que privSe du roi, maitre de chapelle de St- 
Michel et Ste-Gudule (1835), chef de musique 
de la garde civique (1837), tout en dirigeant, de- 
puis 1831, les concerts de la Grande Barmonie. 

11 abandonna plusieurs de ses fonctions lorsque 
l'4ge commenca A alterer sa sant£. S. etait ex- 
cellent pedagogue ; il etit le nierite d'introduire 
les m&hodes Galin et Wilhem dans l'enseigne- 
ment populaire de la musique, et en obtint de 
tres bons resultats. II fut enfin nomm£, en 1828, 
directeur de TEcole normale de chefs d'orches- 
tres militaires hollandais et, en 1829, inspecteur 
general des Ecoles de musique creees pour les 
different* corps d'arm£e. S. a compost des 
operas, des symphonies, des Messes, des can- 
tates, des motets, des marches militaires, des 
concertos pour clarinette, pour violon, pour 
cor, pour cornet A piston, etc. 



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776 



SOARES - SOLMISATION 



Soares, Jo3o, v. Hbbbllo. 

Soave (ital.), doux. 

SoDdermann, August- Johann, compositeur 
suSdois, n6 k Stockholm le 17 juil. 1832, m. dans 
la m&ne ville le 10 fev. 1876: 61eve du Conser- 
vatoire de Leipzig, fat, de 1862 jusqu'a sa mort, 
chef d'orchestre du thS&tre de Stockholm. S. a 
compost, entre autres, une ouverlure et de la 
musique de sc&ne pour la « Pucelle d*Orl6ans », 
une opSrette, une Messe et de petites ceuvres 
vocales, parmi lesquelles la plus connue est 
intitutee Brtillop (« Cortege de fiances »), pour 
quaire voix de femmes. 

Scergel, Friedrich-Wilhelm, directeur de 
musique k Nordhausen, de 1819 k 1840 environ, 
publia une symphonie, une ouverture, trois 
quatuors pour in'str. k archet, un quatuor avec 
piano, des duos de violons, d autres pour piano 
et violon, de m&me que pour piano et violon- 
cello, des Etudes de piano sous forme de so- 
nates et des variations pour piano. 

Sol, nom (syllabe de solmisation) que Ton 
donne en Italie, en France, en Belgique, en 
Espagne au septi&me degr6 de T^chelle fonda- 
mentale (v. ce nom). II correspond au G des 
AUemands, des Anglais, etc. V. au sujet de la 
clef de sol, Tart. G. Cf . aussi solmisation et 

MUANCES. 

Soldat, Marie, violoniste frninente, n6e k 
Gratz le 25 mars 1864 ; £l&ve de Pleiner et de 
Pott, k Gratz, puis de Joachim, k Berlin. Elle a 
6pous6, en 1889, le notaire Roger, k Vienne, et 
continue, depuislors, ses tournees de concerts, 
sous le nom de M m * Soldat-Roger. 

Solfa, v. solmisation, et Tonic Solfa Asso- 
ciation. 

Solf 6ge (ital. solfeggio), exercice vocal destine 
k dfrvelopper chez le musicien la faculty de- 
preciation et d'intonation des intervalles, ou 
encore exercice de lecture musicale. Lea con- 
servatoires de France, de Belgique, de Suisse 
consid&rent le s. comme un cours 616mentaire, 
indispensable a tous les 616ves des classes ins- 
trumentales, aussi bien que des classes vocales; 
malheureusement , cet enseignement est tr£s 
n6glig6 dans beaucoup d* autres pays. Les exer- 
cices de chant qui portent le nom de s. s'ex£cu- 
tent g£neralement sur les syllabes: do (ou ut), 
ri, mi, fa, sol, la, si (ce qu'on appelle « solfler »), 
ce qui en fait, en m&me temps, des exercices de 
vocalisation. Of. vocalise. 

Soli^ Jean-Pierre (proprement: Soulier), 
chanteur sc&iique et compositeur, ne k Nimes 
en 1755, m. k Paris le 6 aotit 1812; fut d'abord 
tenor et chanla k Nimes, puis k l'Opera-Comique 
(Com6die italienne) de Paris, sans grand suc- 
ces. Mais sa voix se transforma peu k peu en 
un baryton bien sonore, genre de voix jusqu'a- 
lors inconnu dans Top^ra-comique. Les com- 
positeurs &crivirent des r61es pour lui ; il de- 
vint le h£ros du jour. En 1790, S. se r&vela lui- 
m§me compositeur et 6crivit, jusqu'en 1811, 
environ trente-quatre operas comiques en un 
acte, qui n'eurent pas tous le m&me succ£s. 
Quelques-uns ont it6 graves : Le Jockey, Le 
Secret, Le Chapitre second, Le Diable a quatre 



et Mademoiselle de Cruise. Son His, Emue, 
£crivit des brochures hietoriquee sur les thea- 
tres lyriques de Paris. 

Solle, Friedrich, n6 k Zeulenroda (Thuringe> 
en 1806, m. dans la m&ne locality oh il avaii 
6t6 cantor, le 5 d£c. 1884. Parmi ses nombreu- 
ses compositions, S. fit paraltre une melhode de 
violon, qui a eu huit Editions cons£cutives. 

Solmisation, methode Strange dont r usage se 
perp&ua k travers plusieurs si&cles, pour in- 
culquer aux jeunes musiciens la connaissance 
des intervalles et des gammes; on rattribue k 
Guy d'Arezzo (vers 1030), en tout cas elle etait,. 
chose certaine, d£j£ tr&s r£pandue en 1100. H y 
a 6videmment correlation 6troite entre la s. et 
la musica ficta qui fit son apparition au m&me 
moment, autrement dit entre la s. et l'usage de 
sons chromatiques, Strangers k l'tahelle fonda- 
mentale. La s. suppose chez ceux qui la mirent 
en vigueur une intuition certaine de l'essence 
vraie de la modulation, c.-&-d. du passage dans, 
des tons transposes, correspondant k notre sol 
maj., fa maj., etc., qui ne sont rien autre que 
des imitations de l'6chelle d*uf maj. k partir 
d'autres degree. Les six sons de l'hexacorde 
naturel (c, d, e, f, g, a) recurent, dans le syste- 
me de s., les noms : ut,ri, mi, fa, sol, la (sylla- 
bes emprunttas au d£bul de chacun des vers 
del'hymne dSt-Jean : Hi queant hixis Resonare 
fibris, Uira gestorum Tumuli tuorum, Solve 
poliuti habit reatum, Sancte Johannes) ; mais 
cette m&ne sirie de syllabes pouvait tr&s bien 
s'adapter aussi k l'hexacorde commencant par 
/ ou g, de telle sorte que f ou g devenait ut, g 
ou a la, etc On s'apercut alors que, lorsque a 
devenait mi, la marche suivante (mi fa) faisait 
atteindre un autre son que le mi del'hexacorde 
commencant par g = ut, et ce fut ainsi que Ton 
arriva k faire comprendre la distinction entre 
b et h (B rotundum ou molle [J?] et B quadra- 
turn ou durum [Jj] ; cf. alteration). Chaque 
fois que Ton d&passait le son a k l'aigu (en 
prenant soit b,%o\i h), il fallait passer de Yhexa- 
cordum naturals, soit dans celui qui commence 
par f(ei\ec BmoUe [?], d'oii son nom de hexa- 
cordum molle), soit dans celui qui commence 
par g (avec B durum [+}], d'oii son nom de 
hescacordum durum); dans le premier cas, le 
passage de g ka apparaissait comme sol-mi,. 
dans l'autre comme sol-re. G*est du premier 
que vient le terme m$me de s. Chaque chan- 
gement d'hexacorde portait le nom de muakce 
(v. ce mot). On faisait usage de la « main har- 
monique » (v. ce mot et Goy d'Arezzo) pour 
faciliter la demonstration de la s. La s. ne rat 
jamais tr£s r£pandue en Allemagne, par centre 
les syllabes de s. refoul A rent compl^tement, en 
France et en Italie, les denominations alphabe- 
tiques des sons, surtout lorsque les muances 
purent 6tre supprimees, gr^ce k I'adoption 
d'une septi^me syllabe (si, initiates de Sancte 
Johannes) pour le son h qui n'avait pas de 
nom special dans le syst&ne de s. Cf. bobisa- 
tions. On se servit aussi fort longtemps, en 
France et en Italie, des noms composes Csol- 
faut, Csolreut, etc., pour cette raisonbien sim- 



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SOLO — SON 



777 



pie que c elait ut dans Yhexacordum naturale, 
fa dansl' hexacordum durum et 50/ dans Yhexa- 
cordum molle, etc. II va de soi que le terme 
solfa que les Italiens emploient pour gamme 
et celui de solfeggiare = solfier, viennent de 
la 8. Celle-ci devint impraticable, lors de l'a- 
doption du systeme moderne des tons trans- 
poses ; ce fut Mattheson qui prononca son orai- 
son funebre (1717). 

Solo (itaL), seul ; tasto solo (t. s.) signifie, 
dans les parties de basse chiffree, que les par- 
ties superieures se taisent et que la partie de 
basse doit etre execulee seule. En outre, le 
terine de s. s'applique a un morceau de musi- 
que in strum en tale execute seul, sans accompa- 
gnement d'aucun autre instrument (solo pour 
piano, pour violon, pour violoncelle, pour flute, 
etc.). Dans le cours d'une ceuvre orchestrale, le 
mot s. signifie que l'instrument dans la partie 
duquel ii se trouve doit ressortir, qu'il doit 
executer le passage en question avec expres- 
sion, comme s'il elait seul, bien que, dans la 
regie, il soit accompagne de lout ou partie des 
autres instruments ; on comprend, d'apres ce 
qui precede, que, dans les parties d'orchestre 
(clarinette, cor, etc., etc.), les indications 5. ou 
con espressione (c. espr.), espressivo (espr.) 
sont absolument synonymes. Une autre accep- 
tation encore de ce meme terme consiste, dans 
les parlies instrumentales dont chacune est 
execulee par plusieurs individus, a le conside- 
rer comme l'oppose de tutti; Vindication S., 
dans une partie de violon (alto, violoncelle, 
contrebasse) de l'orchestre, signifie qu'un seul 
instrumentiste (le violon-solo, etc.) doit executer 
le passage en question ; la rentree des autres 
inslrumentistes est indiquee par le mot tutti. 
De meme exactement, dans les ceuvres chora- 
les, S. e8tropposilion de,« choeur >. Of. ripieno. 

Solowjow, NicoLAi-FftopoMfeTOviTCH, ne a 
St-Petersbourg le 27 avr. 1847 ; professeur au 
Conservatoire de St-Petersbourg, compositeur, 
musicographe et critique de talent (opera : Cor- 
delta, 1885). 

Somis, Giovanni-Baptista, celebre violoniste, 
ne dans le Piemont en 1676, m. a Turin, ou il 
etait chef d'orchestre de la Gour royale, le 14 
aout 1763 ; maitre de Giardini et de Chabran, 
auteur de : Opera prima di sonate a violino e 
violoncello o cembalo (1722). Son frere, Loren- 
zo, etait de meme un excellent violoniste. 

Sommer, Hans (de son vrai nom: Hans - 
Friedrich-Auoust Zincke, dit S.), ne a Bruns- 
wick le 20 juil. 1837 ; etudia les sciences et prit 
son doctorat a G6ttingue,ou il devint professeur 
de physique. II fut nomme plus lard directeur 
de l'« Academic technique », a Brunswick ; il 
donna sa demission en 1884, epousa en 1885 
une fille de Charles Hill et alia se fixer a Ber- 



lin, puis, en 1888, a Weimar. S. avait fait son 
education musicale aupres de J.-O. Grimm et 
de Meves, a Brunswick. II est connu, grace 
surtout a Eugene Gura, comme compositeur 
de lieder delicats et d'une facture excellente. 
En 1891, il donna avec succes, A Brunswick, un 
opera intitule Loreley , suivi en 1894, a Mu- 
nich, de Saint-Foix et plus tard encore de 
Munchhausen (non encore represente). 

Sommier (all. Windlade y Wi«d/c/wten),caisse 
dont les dimensions varient suivant cellesde 
rinstrument et qui, dans l'orgue, recoil des 
grands porte-vent l'air destine a alimenter les 
tuyaux. Le 8. se compose de deux parties dis- 
tinctes et superposees : la partie inferieure, ap- 
pellee laye (all. Windkaslen), contient les sou- 
papes et Tair comprime qui, gi-ace aufonction- 
nement des soupapes et par les gravures, passe 
dans la partie superieure (le s. proprement dit, 
(all. Windlade). Cette derniere partie estdivisee 
en un certain nombre de petits couloirs, formes 
par les barrages, et distribuant l'air comprime 
aux tuyaux, grace a des dispositifs speciaux et 
fort ingenieux. Cf. a ce sujet : L. Bony, Une 
excursion dans Vorgue (1892), p. 29 et suiv. 

Son (all. Ton, Klang), d'une maniere gene- 
rate, ce qui frappe l'oui'e. L'acoustique etablit 
cependantune distinction entre le s. et le bruit; 
elle entend par s. l'impression auditive resultant 
des vibrations regulieres d'un corps elastique, 
par bruit celle qui resulte de vibrations irregulie- 
res. Les vibrations sont regulieresou,mieux,iso- 
ghrones, lorsqu'elles se succedent dans le temps 
d'une facon toujours egale, comme se succedent, 
par ex., les baltements d'un pendule; comme 
c'est le degre de rapidite de la succession (perio- 
de) des differentes vibrations qui determine la 
hauteur du son percu, il va de soi que des vibra- 
tions isochrones donnent un son de hauteur 
constante. On sail, depuis fort longtemps deja, 
que les s. de nos instruments de musique ne sont 
point simples, que, bien au conlraire, ils se 
composent de toute une serie de sons partiels 
primordiaux que l'oreille exercee peut percevoir 
mais qui, generalement, ne sont point distin- 
gues; c'est done avec raison que Ton a pu eta- 
blir une dintinction entre le « son » pur et sim- 
ple et le « son musical ». On determine la hau- 
teur d'un s. d'apres celle du plus grave et (dans 
la regie) du plus fort des s. partiels qui le com- 
posent; ce s. recoit alors le nom de s. fonda- 
mental ou de son 1, et chacun des s. partiels 
celui de s. harmonique (se trouvant dans des 
c rapports harmoniques» avec le s. fondamen- 
tal). L'ensemble de tous ces s. (fondamental et 
partiels) porte le nom de s£rie harmonique su- 
pfeRiEURE et se numerote a partir du s. fonda- 
mental (son 1). Les seize premiers s. de la serie 
harmonique du son ut l sont : 



wm^$ 



t 1 3 



-!»-)*- 



4 5 



=P 






i 



6 7 8 9 10 11 12 



13 



14 15 16 



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778 



SON 



Lee sons not6s ici en blanches font tous partie I 
integrante de Taccord majeur eieve sur la fon- 
damentale (ace. d'ut majeur) et il est absolu- 
ment certain que nous devons rapporter la con- 
sonnance de l' accord majeur (consonnance ma- 
jeure) 4 la eerie harmonique sup^rieure; tout 
accord majeur doit etre interprete comme un s. 
dont tels et tels harmoniques sup&rieurs (qui 
correspondent aux sons que Ton fait entendre 
dans Taccord lui-m^me) sont renforc&s, autre- 
ment dit comme une harmonie natorelle. Les 
sons designee plus haut au moyen d'un * ne 
correspondent pas exactenient, au point de vue 
de la hauteur, A ceux que represented les no- 
tes; leur resonance r^elle dans Taccord ne se 
comprend plus dans le sens de la serie harmo- 
nique sup£rieure, elle est interpr£t£e toujours 
dans le sens de s. approximativement Equiva- 
lents, parents dans le sens mineur (v. plus 
loin). Cette interpretation s'impose d*une ma- 
nidre generate pour tous les sons harmoniques, 
& partir du son 7, dont le num£ro d'ordre est 
un nombre premier. D'autre part, les sons har- 
moniques dont le num£ro d'ordre est un pro- 
duit 9 = 8.3; 15 == 3.5 ; 25 = 5.5; etc.) sont in- 
terpr£t£s comme harmoniques d'harmoniques, 
comme sons harmoniques secondares, ce qui 
revient & dire qu'ils font partie integrante des 
premiers (le son 9 comme son 3 du son 3; le son 
15 comme son 5 du son 3; etc.). Si ces harmoni- 
ques secondaires sont repr^sent£s dans Tac- 
cord, c.-&-d. s'ils re&onnent avec la m£me puis- 
sance que les harmoniques primaires, lis agis- 
sent comme dissonances; le son harmonique 
primai re dont ils sont & leur tour les harmoni- 
ques apparait alors iui-m&me comme fonda- 
mentale d'une harmonie naturelle, en sorte que 

DEUX HARMONIES NATURELLES SE TROUVENT RE- 
PRESENTEES simultan£ment. Seul le rapport le 
plus simple, celui de 2 : 1, rapport de L f octave, 
fait exception, car quelle que soil la puissance 
A laquelle on l'61dve, il ne fournit jamais de dis- 
sonance; de plus, tous les autres intervalles 
peuvent etre eiargis ou retrecis d'une ou de 
plusieurs octaves, sans que leur signification 
harmonique en soit changee le moins du monde. 
Si done nous biffons de la serie harmonique su- 
perieure les sons harmoniques primaires, & 
partir du son 7, et tous ceux dont le num&ro 
d'ordre est un produit (par consequent les octa- 
ves aussi), il ne nous reste, comme elements 
differents de la consonnance majeure, de Thar- 
monie 8UPfeRiEURE, que le son fondamental (1), 
la douzi^me (3) et la dix-septi^me (5); la forme 
originelle de Taccord majeur est ainsi, k pro- 
prement parler, Taccord des trois sons non pas 
dans la position etroite : 



• 



mais bien dans la position large : 
•0b 



^r?rq 



<? 



Les num^ros d'ordre des sons partiels repre- 
sentent aussi les nombres rblatifs de vibra- 
tions de Tintervalle que ces sons torment, ex. : 
le rapport des vibrations du son 15 au son 16 
(rapport de sensible, si : ut ) = 15 ; 16. Gf . ix- 
tervalle. II ne faut pas oublier que la sono- 
rity physique agr£able de certaines disso- 
nances compliqu^es, tres aim^es de nos jours 
(Wagner), provient de la concordance qui 
existe entre elles et la serie harmonique su- 
pSrieure; ex. : ut* mi* si btmol* fa diese* = 
4:5:7:11. 

La consonnance de l'accord mineur ne peut 
s'expliquer par la serie harmonique sup£rieore 
et,de toutes les tentatives qui ont ete faites dans 
ce but (Helmholtz), aucune n'a donne des r^sul- 
tats satisfaisants pour le musicien. Par coutre, 
une conception directement opposfeK a la pre- 
cedente nous conduit au r&sultat desire. Long- 
temps avant la decouverte des sons harmoni- 
ques supArieurs, on rapport ait la consonnance 
majeure & la division de la corde 1— 1 / 6 (c.-a-d. 
que 1 etant la longueur de la corde du son fon- 
damental, Vi etait celle de Toctave, x / 3 celle de 
la douzieme, etc., jusqu'au son partiel 6) ; la 
consonnance mineure s'expliquait par le ren- 
versement de la serie, par les longueurs de cor- 
des 1 — 6 (c-a-d. que 1 etant la longueur de la 
corde du son fondamental, 2 etait celle de Toc- 
tave inferieure^ 3 celle de la douzieme infi- 
rieure, etc.). Cette conception de la consonnance 
mineure, en tant que formation absolument in- 
verse de la consonnance majeure, se rencontre 
pour la premiere fois, k noire connaissance, 
dans le chap, xxx des lstitutioni armoniche 
(1558) de Zarlino; elle fut aussi representee par 
Tartini (1754 et 1767) qui fut, avec Zarlino, l'un 
des th&oriciens les plus erudits et lee plus inge- 
nious, puis plus rScerament, k partir de M- 
Hauptmann (1853), par un grand nombre de 
jeunes thtariciens qui Tont poursuivie, les nns 
avec plus ou moins de logique (O. Kraushaar, 
O. Tiersch, O. Hostinsky),les autres dans tonte 
sa plenitude et avec toutes ses consequences 
(A. von (Ettingen et Tauteur de ce dictionnatre, 
H. Riemann). La consonnance mineure s'expli- 
que par une sfcaiE harmonique inf&rieure, tont 
comme la consonnance majeure par une s6rie 
harmonique sup£rieure; les pbenomenes acons- 
tiques qui justifient Tadoption de cette serie 
harmonique inferieure sont les vibrations sym- 
pathiques (v. ce mot) et les sons r£sci.takts 
(v. ce mot). Les vibrations d'un son se com- 
muniquent & tout corps sonore dont le son 
propre est un des harmoniques inferieure 
du premier son ou, ce qui revient au m&me, 
dont ce son est harmonique superieur. Le son 
resultant le plus grave des deux sons d'un in- 
tervalle est toujours leur premier harmonique 
inferieur commun, par ex. pour mi 1 : sol 9 —>%tf\ 
pour ut A : rd 4 egaletnent ut 1 , pour ut ■ : ri* en- 
core ut *, etc. Les seize premiers sons de la si- 
ne harmonique inferieure d'wl 5 (pris comme 
point de depart, comme fondamentale) sont 



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i 



SONATE 



i==2St 



-f-# 



* * 



2 3 



4 5 6 7 8 9 



40 11 12 13 14 15 16 



779 



Les numSros d'ordre des harmoniques inf6- 
rieurs repr6sentent la longueur relative des 
cordes qui produisent ces sons; les rapports 
des vibrations sentient exprim&es par la s£rie 
de fractions simples : 1, 1 / 3 1 / 3 , etc. Dans le sens 
inverse, les rapports de longueur des cordes 
sentient exprimes pour les sons de la s6rie su- 
perleure, par la m&me s£rie de fractions sim- 
ples; ainsi, par ex., l'oclave ut 1 : ul f , dans le 
sens de la s6rie barmonique supSrieure ut 1 
etant 6gal k 1), sera designee au point de vue du 
n ombre relatif des vibrations par 1 : 2, k celui 
de la longueur des cordes par 1: 1 / s ; cette meme 
octave, dans le sens de la s£rie harmonique 
inferieure (ut* 6tant £gal k 1) le sera au point 
de vue du nombre relatif des vibrations par 
1 : l /2,*celui de la longueur des cordes par 
1 : 2. Les sons 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 16, etc. et, 
d'une mani&re g6n£ra1e, tous les sons de la s£rie 
barmonique inlirieure qui correspondent a des 
octaves graves des sons 1, 3 et 5 de cette s£rie, 
sont des 616ments de Y accord mtneur construct 
sous %U f de 1'harmonie maturellb inferieure 
d'ut; ces cbiffres sont, au-dessous de la fonda- 
mentale, les mdmes que ceux qui, au-dessus 
d'elle, nous fournissaient 1'harmonie sup£- 
rieure (I'accord dHut majeur, dans l'exemple 
donne plus baut). Les harmoniques inf£rieurs 
7, 11, 13 et, d'une maniere gen 6 rale, tous ceux 
qui, k partir du son 7, correspondent a des 
nombres premiers sont aussi peu utilisables 
pour les formations harmoniques que ceux qui 
se trouvent dans les monies conditions, dans la 
serie harmonique sup6rieure. Les harmoniques 
correspondant k des produits (9 = 3.3; 15 = 
3.5 ; etc.) sont, en tant que sons harmoniques 
iNFfcRiEuas secondaires, tout aussi dissonants, 
par rapport k la fondamentale de 1'harmonie 
inferieure, que les harmoniques supSrieures 
secondaires par rapport a la fondamentale de. 
1'harmonie sup6rieure. Ces harmoniques secon- 
daires sont consider^ comme se rapportant au 
sonfondamental non point directement,mais par 
rinterm^diaire de sons partiels d'ordre primaire 
dont ils sont a leur tour les harmoniques pri- 
maires, autrement dit, la presence si multanSe 
dans I'accord d'harmoniques interieurs pri- 
maires et secondaires produit une dissonance, 
par le fait de la representation simuitan6e de 
deux harmonies naturelles. Cf. succession, dis- 
sonance, intervallb, accord. 

Sonate (ital. sonata, suonata, morceau so- 
nore), primitivement, c.&-d. lors des premiers 
developpements d'une musique instrumentale 
ind£pendante (v. musique instrumentale), de- 
nomination generate pour tout morceau ins- 
trumental (le terme de toccccta s'adaptait parti- 
culidrement aux morceaux pour instr. a cla- 
vier), par opposition a cantate {cantata, mor- 



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ceau vocal). Le premier compositeur qui fit 
usage du terme de s. fut Andrea Gabrieli, 
dont les Sonate a 5 istromenti (1568) sont 
malheureusement perdues ou, tout au moins, 
6gar6es. Par contre, quelques s. de son neveu, 
Giovanni Gabrieli, nous ont £t6 conserves 
(1597 et 1615). Ces anciennes 8. sont des mor- 
ceaux pour plusieurs instruments (violons, 
violes, cornetti et trombones), dont la facture 
repose non pas sur l'emploi des imitations li- 
bres, comme dans la * canzone », mais sur le 
deploiement d'harmonies pleines et sonores; 
elles avaient pour but pratique de servir d'in- 
troduclion k une ceuvre vocale religieuse. Plus 
tard, la s. (synonyme alors de symphonia) ap- 
parait aussi comme introduction de la cantate. 
Vers le milieu du xvn« s. (Biagio Marini, 1655), 
les musiciens commenc&rent k Stablir une dis- 
tinction entre la sonata da chiesa (s. d'ej/lise) 
et la sonata da camera (s. de cbambre) ; la 
premiere resta fiddle aux principes de son ori- 
gine, conserva des rapports assez intimes avec 
la musique vocale religieuse et exclut, en appa- 
rence du moins, les formes dedanses. Celles-ci, 
par contre, adopt&es d^jA par la < suite » dont 
la forme se dereloppa d'abctrd sur le luth et 
sur le clavecin, servirent de base k la s. de 
chambre. Une autre distinction s'6tablit encore 
entre ces deux sortes de s., la premiere faisant 
usage de l'orgue, l'aulre du clavecin pour la 
realisation de la basse chiffree. L'emploi des 
instr. k vent fut bien vite abandonn£ et la s. de 
une k trois parties, avec « continuo », cultivSe 
avec zele, devint une sorte de prerogative des 
instr. k archet (Vitali, Torelli, Corelli). Toute- 
fois la s. k un grand nombre de parties instru- 
mentales (surtout d'instr. k vent) se perp&ua 
quelque temps encore pour les corteges, la mu- 
sique de table et diverses circonstances mon- 
daines analogues (cf. Pezel). Vitali Scrivait 
d&ja ses sonates k trois parties (1667) en quatre 
et cinq mouvements, alternant entre Allegro 
(presto, vivace) et Grave (largo, adagio). La 
facture de la s. d'Sglise brisa de plus en plus 
les liens qui l'enchalnaient au style vocal ; la 
figuration en devint plus valine et plus mo- 
bile, caracteristique essentielle du style instru- 
mental Cette transformation ne fit qu*acc616rer 
Introduction dans la s. des elements de la suite 
(baltetto). Enfin Johann Kuhnau (v. ce nom) 
transporta la denomination de s. k des oeuvres 
pour clavecin, dont la forme offrait de grandes 
analogies avec la sonata da chiesa, telle qu'elle 
etait sortie de Involution que nous venons d'indi- 
quer. La fusion des deux sortes de sonates s'ope- 
ra graduellement,soit dans le domaine de la mu- 
sique de piano : Domenico Scarlatti, J.-S. Bach 
et ses fils Friedemann, Philipp-Emanuel, Jo- 
hann-Christian et Joseph Haydn, soit dans celui 



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780 



SONATINE — SOPRANO 



de la masique de violon : Locatelli, Veracini, 
Tarlini. Ges maitres introduisirent petit A petit, 
dans le premier mouvement (devenu caracte- 
ristique de la s.), le « second theme », contes- 
tant avec le theme principal, puis ils utiliserent 
une nouveile meihode de developpement des 
themes (divis^s, reduits a leurs Elements primi- 
tifs, plutdt que simplement r&petes dans d'autres 
tonalit6s). Cf. formes, musique instrumentaxe, 
style galant, etc. Apres avoir ete fixee defi- 
nitivement par Haydn, Mozart et Beethoven, 
la forme de la s. est devenue la forme type 
de toute ceuvre de musique de chambre instru- 
mental (violon et piano ; piano, violon et vio- 
loncelle [trio avec piano] ; quatuor pour instr. 
A archet, etc.) et de musique orchestrale (sym- 
phonie); le premier allegro de chacune de ces 
ceuvres cycliques, tout particuli&rement, revet 
toujours la forme absolue de la sonate. Cf. J.-S. 
Shedlock, Die Klavier-Sonate (6d. angl. 1896 ; 
ed. all. 1897 ; chez Augener et O, A Londres). 

Sonatina, c-a-d. petite sonate, de compre- 
hension et d'ex£cution faciles. Le premier mou- 
vement de la s. n'a g^neralement point de par- 
tie de developpement, ou, s'il en a une, cette 
partie est r^duite A des proportions minimes. 
La s. comporte rarement quatre mouvements 
(g^niralement deux ou trois). 

Sohnleithner, 1. Christoph, D* fur. et ecri- 
vain juridique, doyen de la Faculty de droit A 
l'Universite de Vienne; ne A Szegedin (Hon- 
grie) le 28 mai 1734, m. A Vienne le 25 dec. 1786. 
S. fut un amateur zeie de musique et lui-m&me 
compositeur: parmi ses nombreuses ceuvres 
de musique de chambre et d'orchestre, on n'a 
public que quatre quatuors pour instr. A archet. 
— 2. Joseph, fils du precedent, ne a* Vienne en 
1765, m. dans la mfeme ville le 25 dec 1835 ; fut 
d'abord commissaire de district et secretaire du 
th^tre de la Cour, puis, plus tard, conseiller 
du gouvernement. II fut Tun des membres fon- 
dateurs de la c Society des Amis de la musique » 
et du Conservatoire, et remplit les fonctions de 
secretaire de ces deux soci£t6s jnsqu'A sa mort 
S. l£gua A la « Societe des Amis de la musique » 
sa collection d'instruments et sa biblioth£qne. 
II a publte, en 1794, 1795 et 1796, un € Wiener 
Theateralmanach », qui contient des notices in- 
teressantes. Son plan d'une grandiose publica- 
tion des ceuvres de compositeurs anciens et 
modernes, qui devait r6unir soixante volumes, 
ne put etre mis A execution. S. d&couvrit. en 
1827, l'antiphonaire de St-Gall, note en neu- 
mes, dont on a tant parie et qui, datantdu ix«s., 
doit etre une copie de l'antiphonaire qu*y avail 
apporte Komanus, en 790, sur le d£sir de Char- 
lemagne. Cf. Lambillote. — 3. Leopold von, 
D r fur., n6 A Vienne le 15 nov. 1797, m. dans la 
m£me ville le 4 mars 1873 ; petit-fils de Chris- 
toph de S. et neveu de Joseph de S., doit 6tre 
mentionne dans chaque dictionnaire de musi- 
que A la place d'honneur, car c'est A lui que 
revientle me rite d'avoir provoque la publication 
de la premiere oeuvre de Schubert (Erlkdnig), 
en engageant, en 1821, quelques amis de Tart 
(parmi lesquels son p£re, le D T jur. Ignaz von 



S«) A en payer les frais d'impression. S. etait lie 
avec Schubert; c'est dans la maison de son 
p£re que furent executes pour la premiere fois 
plusieurs oeuvres encore manuscrites du mai- 
tre : Prometheus, Gesang der Geister iiber den 
Wassern, Der 23. Psalm, etc. 

Sontag, Henriette- Gertrude- Walpcrgis, 
c£l&bre cantatrice, nee A Coblence le 3 janv. 1804, 
m. A Mexico le 17 juin 1854 ;" fut deslin&e, des 
son enfance, au thMtre, et ses parents, qui 
etaient acteurs, la firent jouer plusieurs rdles 
d'enfant. Lorsque, en 1814, son p^re mourut, 
sa m^re partit pour Prague, ou S. fut admise 
au Conservatoire A l'&ge de onze ans deja 
(F&ge reglementaire etait douze ans), et eut pour 
maitres Friebensee,Pixis, Bayer et M m « Czezka. 
Elle se fit entendre en 1820, sans attirer parti- 
culierement l'attention, alternativement al'Ope- 
ra italien et A l'Opera allemand de Vienne. Sa 
reputation date de son engagement A Leipzig 
(1824), oh elle cueillit ses premiers lanriers 
dans les grands r61es de * Freischtitz * et 
d* « Euryanthe » ; mais elle n'y resta que peu 
de temps et passa au the&tre de « Konigsstadt*, 
A Berlin (1824). En 1^6, elle re^ut un conge et 
se rendit pour la premiere fois A Paris, ou elle 
fit sensation dans le rdle de Rosine du « Bar- 
bier de Seville ». Elle s'y montra m£me supe- 
rieured la Catalani, surtout dans les variations 
que Rode avait ecrites pour la « leyon de chant >. 
En 1827, elle resilia son contrat de Berlin, pour 
prendre un engagement A l'Opera italien de 
Paris, puis, Fannee suivante, elle epousa se- 
cretement, a Londres, I'ambassadeur de Sar- 
daigne A La Haye, le comte Rossi, qu'elle con- 
naissait dejd depuis Berlin, oh il avait ete se- 
cretaire d'ambassade. En 1830, enfin, elle quitta 
le theatre. Elle avait ete auparavant dej£ ano- 
blie par le roi de Prusse (M"« de Klarenstein). 
Elle se fit entendre encore pendant longtemps 
dans les concerts et, toujours, fut accueilbe 
avec enthousiasme. De 1837 A 1848, elle habita 
St-Petersbourg, ou son mari etait ambassadeur. 
Des revers de fortune l'obligerent A embrasser 
de nouveau sa carriere d'artiste ; elle chanta 
alors dans divers concerts, A Bruxelles, Paris 
et Londres, puis se rendit en Amerique, en 
1852. En 1854, elle accepta un engagement 
splendide A l'Opera italien de Mexico, mais fat 
enlevee bientdt apres par le cholera. L'ouvrage 
de Gundling : Henriette S. (1861, 2 vol) est un 
roman, qui decrit librement la jeunesse de la 
cantatrice. Cf. aussi Rellstab. L'acteur Karl S. 
etait son frere. 

Sontheim, Heinrich, chanteur scenique (fort 
tenor) ne A Bebenhausen, pres de Stuttgart, 
en 1820; fut engage successivement A Zurich 
(1840-1843), A Carlsruhe et, des 1856, au Theatre 
de la Cour, A Stuttgart. II se fit connaltre 
avantageusement aussi par des tournees de 
representations (Vienne, Munich, Berlin) et se 
relira en 1872, A la suite d'une affection de la 
gorge. 

Sopra (ital.), en baut ; come 5., comme plus 
baut (dans un passage note dejd une fois). 

Soprano (ital. et franc- [aussi dessus]; lat 



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SOR — SORGE 



781 



supremus, discantus, cantus ; all. Sopran ; 
angl. treble), la categoric de voix la plus aigue, 
different de l'alto en ceci, que son echelle se 
compose principalement de sons empruntes a 
la voix de tete, tandis que celle de Talto com- 
porte sartout l'nsagedu registre de poitrine. Le 
s. est une voix de femme, d'enfant ou de cas- 
trat (sopraniste) ; Toperation cruelle et contre 
nature de la castration (v. gastrats) produisait 
des sopranistes pourvus d'un timbre d'enfant 
et de toute la puissance de poumons d'un hom- 
me. On remplaea egalement, pour l'execution 
des parties de s., soit dans la Chapelle pontifi- 
cale,80it ailleurs, les castrats (admis teraporai- 
rement seulement) et les enfants (qui n'appre- 
naient pas assez rapidement la difficile theorie 
proportionnelle), par des tenorini (ou alti na- 
turali; all. Falsettistm), chantant en fausset ; 
aussi la partie supSrieure est-elle, du xv« au 
xvn # s., gene>alement ecrite dans une region 
relativement grave. L'etendue normale d'une 
Yoix de s. est la suivante: 



Hpi 



le registre de poitrine partant de /a 3 ou fa 
diese 3 en descendant, la voix de tete pouvant 
e'appliquer a toute Intend ue, k Texception par- 
fois de u< 3 et rrf 3 . On a done quelques notes 
communes aux deux registres 




autrement dit pouvant se produire des deux 
facons. On peut certifier que chaque voix nor- 
male de 8. peut atteindre, avec de l'exercice, le 
la A ; le soprano aigu chante jusqu'a Yut* et, 
seules, des voixexceptionnelles montent jusqu'A 
fa diese b , sol h > voire meme u* 6 (Agujari). Gf. 
mezzosoprano. — On doniie le nom de clef dr 
8. dla clef d'ut premiere ligne. 

Sor, Ferdinand (de son vrai nom : Sors), c6- 
lebre guitariste virtuose, n6 k Madrid le 14 
fevr. 1778, m. k Paris le 8 juil. 1839; publia une 
sonate, des Etudes, des variations, des diver- 
tissements, de meme qu'une « Method e » de 
guitare. D a compost aussi un opera : Tklfana- 
que (Barcelone, 1798) et fait representor plu- 
sieurs autres operas, feeries et ballets a Lon- 
dres, Paris et Moscou, ou il sejourna quelque 
temps. 

Sordino (ital.), sourdine ; con $., con sordini, 
avec sourdine. Vindication senza s. que Ton 
rencontre dans la musique de piano, signifte 
que les « 6touffoirs » doivent etre leves, autre- 
ment dit qu'il faut jouer « avec la p£dale » (v. ce 
mot). 

Sordo (ital.), sourd, eiouffg. 

Sordun, 1. Ancien instr. k vent en bois (peut- 
etre reconvert, cf. oornemuse), en usage au 
xvn« 8. et qui, comme la bombarde, se jouait 
au moyen d'une anche double placee dans une 
embouchure en forme de bassin. L'instrument, 
replte d'une facon analogue k celle du basson, 



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6tait pourvn de douze trous (qui n'&aient sans 
doute pas tous doigtes) etde deux clefs. Gomme 
tous les instruments de cette epoque, on le 
construtsit en plusieurs formats : le plus grave 
allant de fa 1 k r^ 3 , le plus aigu (cinquieme for- 
mat) desi bemol* a sol*. — 2. Ancien jeu d'an- 
ches, dans Torgue ; jeu bouch£ mais dont les 
pavilions etaient pourvus de trous et le bou- 
chon traverse par un petit tube. Les s. etaient 
de 16', 8* et 4'; leur nom vient de la sonorit* 
etouffee du jeu (v. sourdines). Peut-etre la 
structure de ce jeu d'orgue trahit-elle celle de 
l'ancien instr. k vent 

Sorge, Georg-Andrbas, c61ebre organiste et 
theoricien, ne k Mellenbach, dans le Schwarz- 
bourg, le 21 mars 1703, m. k Lobenstein le 4 
aoftt 1778 ; itait organiste de la Cour et de la 
ville, dans cette derniere locality, dejd depuis 
Vkge de dix-neuf ans. S. fut un compositeur 
d'une certaine importance, surtout dans le do- 
maine de la musique instrumentale ; il a pu- 
blie : six sonates de piano (1788), 24 Prasludien 
mit unlermischten Doppelfugen, Klavier ubung 
in 6 nach italienischem « gusto » gesetzten 
Sonatinen, WohlgewUrzte Klangspeisen in 6 
Partien, Kleine Orgelsonaten, 24 kurze Pra- 
ludia, Neue Orgelsonaten, 6 Symphonien furs 
Klavier, 12 Menuette fiirs Klavier mil einer 
Violine, Toccata per omnem circulum XXIV 
modorum furs Klavier , 2 Partien fur 2 
Querflolen. D'autres oeuvres, en assez grand 
nombre, sont restees manuscrites : une sene 
annuelle complete de cantates d'eglise et de 
motets pour quatre voix et six instruments, des 
cantates de circonstance et beaucoup de mor- 
ceaux d'orgue et de piano. Mais S. est surtout 
connu par ses ouvrages theoriques; on sait 
qu'il fut parmi les savants qui decouvrirent les 
sons resultants (v. ce mot) ; il lit meme con- 
naitre sa d6couverte, dans le € Vorgemach » 
avant Tartini (v. ce nom). Ses ecrits sont : Ge- 
nealogia allegorica intervallorum octavos dia- 
tonico-chromaticce , d. h. Geschlechtsregister 
der Inlervallen nach Anleitung der Kldnge 
desgrossen Waldhorns (1741) ; Anioeisung zur 
Stimmung und Temperatur in einem Ge- 
sprach (1744) ; Vorgemach der musikalischen 
Composition (1745-1747, trois parties ; son oeu- 
vre la plus considerable); Gesprdch von der 
Pr&torianischen , Printzischen , Werkmeiste- 
rischen, Neidhardlischen , Niedtischen und 
Silbermannischen Temperatur, wie auch vom 
neuen System Telemanns (1748); Ausfilhrliche 
und deutliche Anweisung zur Rational- Reck- 
nurtg (1749); Grimdliche Untersuchung ob 
die Schrcelerischen Klaviertemperaturen vor 
gleichschwebend passieren honnen oder nicht 
(1754) ; Zuverldssige Anweisung Klaviere und 
Orgeln geh&rig zu temperieren und zu stim- 
men (1758); Verbesserter musikalischer Zirhel 
(sans dale); •Compendium harmonicum » oder 
kurser Begriff der Lehre von der Harmonie 
(1760) ; Kurze Erkldrung des « Canonis har- 
monici » (1763) ; Die Natur des Orgelklangs 
(1771) ; Der in der Rechen-und Messhunst 
icohlerfahreneOrgelbaumeisler (1773); Anmer- 

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782 



SORIANO — SOUPAPES 



kungen iiber Quansens Dis und Es- Ktappe 
(dans les « Beitr&ge > de Marparg) ; Anmer- 
hungen Uber Hitlers Intervallensystem (dans 
les « Nachrichten » de Hiller) et Anleitung sur 
Fantasia (sans date). Un ecrit sur l'unite de la 
m£lodie et de I'harmonie est rests rnanuscrit. 

Soriano, Francesco, t. Suriano. 

Soriano-Fuertes, Mariano, compositeur et 
musicographe, n6 k Murcie en 1817, m. k Ma- 
drid en avr. 1880 ; 61&ve de son p6re, le direc- 
teur de la musiqne royale, Indalecio S., fut, 
malgre ses goftts prononc£s et son talent mu- 
sical, plac£ par son p&re dans un regiment de 
cavalerie, qu'il quitta bientdt, du reste, pour 
poursuivre la carrtere musicale. En 1841, il 
fonda une revue musicale : Iberia musical y 
Utteraria,qu"ii dut malheureusement abandon- 
ner au bout de peu de temps ; il 6crivit plu- 
sieurs op6rettes (Zarzuelas) et devint, en 1848, 
professeur au Conservatoire de Madrid, en 
1844, directeur du Lyc&e de Gordoue puis, 
plus tard, directeur de celui de Cadix et, enfin, 
de Seville. En 1852, S. fut nomm6 chef d'or- 
chestre k Barcelone, oil il fonda, en 1860, la 
Gaceta musical BarceUmesa. Le plus grand 
m£rite de S. consiste, cependant, dans la publi- 
cation de plusieursouvragesde valeur: Musica 
Arabo-Epanola (1853) ; Historia de la musica 
espahola desde la venda de los Fenicios hasta 
de anno de 1850 (1&55-1859, 4 vol.); Memoria 
sobre las sociedades corales en Espana et 
Espafia artistica y industrial en la exposicion 
de 1867. 

Sormann, Alfred- Richard -Gotthilf, pia- 
niste, n6 k Dantzig le 16 mai 1861 ; el£ve de 
Mehrkens,& Hambourg,et de l'Acad&mie royale 
de musique, k Berlin, est pianiste de la Gour 
de Prusse. 

Sortita (ital.), air d'entr^e de la primadonna, 
dans l'op£ra, air auquel on attribuait autrefois, 
avec raison, une grande importance, car la 
premi&re impression decide souvent du succ&s 
d6finilif. 

Sospirante (ital.), en soupirant. 

Sospiro (ital.), soupir (v. ce mot). 

Sostenuto (ital.), tenu, soutenu, indication do 
mouvement k peu pr& synonyme d r andante. 
S. est du reste employ^ le plus souvent comme 
qualificatif d*andante ou d'adagio. 

Sotto (ital), sous ; sottovocb (en un seul mot), 
a mi-voix, d'une voix 6touff6e. 

Soubies, Albert, musicographe frangais, ne 
k Paris le 10 mai 1846; fit ses Etudes g6n6rales 
au lyc6e Louis-le-Grand, puis, dans l'intention 
de se vouer k la carriere d'avocat, entra k la 
Faculty de droit. Son gotit prononc6 pour la 
musique l'emporta cependant et le d6cida k 
entrer au Conservatoire (Savard, Bazin, Guil- 
mant). Une fois en possession de connaissances 
litt&raires et musicales Vendues, S. d&buta 
dans la carrigre de musicographe, en conti- 
nuant la publication de l'c Almanach Duchesne*, 
sous le tit re d f Almanach des Spectacles (1874; 
compte actuellement vingt-six volumes). Depuis 
lors, il a d£ploy& une grande activity soit 
comme critique (dans le « Soir », sous le pseu- 



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donyme B. de Lomagne, d£s 1876; dans la 
« Revue d'Art dramaiique> d6s 1885; etc.), soit 
comme historien; notons ici ses principaux 
ouvrages : Histoire de la musique: La Russie y 
VAUemagne (2 vol. May), Le Portugal, La Hon- 
grie, La Boheme (8 vol., Flammarion) ; La Co* 
midie frangaise depuis Vepoque romanlique 
(couronn6); Soixante-sept ans a COp6ra, en 
tme page; Soixante-neuf ans a COp&ra-Co- 
mique, en deux pages; Prieis de Chistoire de 
la musique russe: Musique russe et musique 
espagnole (brochure); Un probUme de rhis- 
toire musicale en Espagne (id.) ; Une premiere 
par jour (couronnty; Deux bilans musicaux 
(brochure); puis, en collaboration avecGh. Mai- 
herbe : Histoire de COpera-Comique (« La Se- 
conde Salle Favart, 1840-1887 » ; 2 voL, couron- 
n6s) ; Melanges sur Richard Wagner ; UCEu- 
vre dramatique de Richard Wagner; Prieis 
de V histoire de I'Opera-Comique. 

Soubre, Etienne-Joseph, compositeur, n£ 4 
Lidge, le 80 d6c. 1813, m. dans la m&me ville, 
le 8 sept. 1871 ; 616ve du Gonservatoire de Liege, 
devint, en 1838, directeur d'un choeur d'hommes 
k Li&ge, en 1844 directeur de la « Soci6te Phil- 
harmonique* et de la « Reunion lyrique», a 
Bruxelles, et fut enfin, de 1862 jusqu'a sa mort, 
directeur du Gonservatoire de Ligge. S. a com- 
pose un opera : lsoline, une symphonic (cou- 
ronn^e, 1834), un Requiem, un Stabat, un Ave 
verum, des hymnes et des choeurs pour voix 
de femmes. Deux filles de S. sont des canta- 
trices de talent 

Soufflerie, ensemble des divers mecanismes 
qui, dans 1'orgue, sont destines a alimenter 
d'air comprint! le sommier (v. ce mot). Les S. 
du commencement du xix* s. se composaient 
encore de simples soufflets cun&formes dont la 
manutention 6tait penible et donnait lien a des 
houppements frequents. On remplaca plus tard 
ces soufflets primitifs par un ou plusieurs 
soufflets k tables parall£les ; puis, gr&ce a Tin- 
g£niosit£ de deux facteurs anglais : Cummins 
(1814) qui introduisit le soufflet « k plis antisy- 
m^triques » et Barker, qui imagina de placer 
des reservoirs d*airs k differentes pressions les 
uns dans les autres, on obtint une s. capable 
de fournir avec une regolarite absolue des pres- 
sions regimes exactement selon les besoins des 
tuyaux qui sont en jeu. Les 8. k bras d'hommes 
sont fr^quement remplacees de noe jours par 
les s. k moteur hydraulique, electrique on autre. 

Souhaitty, Jean-Jacques, moine franciscain, 
k Paris, fut le premier qui introduisit la mu- 
sique chiffree dont l'importance devint si 
grande dans l'enseignement populaire du chant, 
(cf. Rousheau, Natorp). .Les ouvrages de S.,re- 
latifs k ce sujet, sont : Nouvelle milhode pour 
apprendre le plain~chant el la musique (1665; 
2™ edit, sous le litre de Nouveaux ilements 
du chant ou Cessai dune nouvelle d4couverte y 
etc., 1667) et Essai du chant de Viglisepar la 
nouvelle mithode des chiffres (1679). 

Soulier, v. Solie. 

Soupapes. On fait usage, dans 1'orgue, d'un 
grand nombre de s. de genres divers qui 

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SOUPIR — 8PATARO 



783 



peuvent cependant se ramener a deux types 
principaux : 1° la s. que l'air lui-m&me ouvre 
on ferme ; 2° la 8. qui, maintenue au repos par 
un ressort, est r£gie au moyen d'un mecanisme 
A levier. C'est grace a Implication (apres maint 
tatonnement : soupape pour chaque tuyau, s. 
A brides, s. A glissement, s. isopneume, S. A 
etrier, etc.) d'uu ing£nieux syst&me de 8. d'in- 
troduction et de decharge adapt£e A une petite 
laie,qui elle-m&me communique avec un soufflet 
cun&iforme — levier pneumatique — que Bar- 
ker parvint a faciliter le jeu des claviers de 
Torgue. Cf.-L. Bony, Une exursion dans I'orgue 
(1892). 

Soupir Call. Viertelpause; ital. sospiro), si- 
lence Equivalent A la noire; demi-soupir, silence 
Equivalent A la croche. Gf. silence. 

Sourdeline, v. musette. 

Sourdines (ital. Sordini; all. Dampfer), dis- 
positifs qui permettent de diminuer l'inteusit6 
du son des instr. a cordes, A vent et A percus- 
sion. Les anciens pianos carr6s et beaucoup de 
nos pianos droits actuels ont deux sortes de s.: 
celles qui portent le nom d'Etouflfoirs et qui, 
dans tous les pianos (droits ou A queue), ont 
pour effet de faire cesser le son au moment 
m£me oft l'instrumentiste l&cbe la touche, et 
celles qui, regies par une p£dale sp&ciale, ne 
font que diminuer l'amplitude des vibrations 
des cordes. Cette derni&re sorte de s. tient lieu 
de la p£dale de gauche (una corda, all. Ver- 
schiebung) des pianos A queue, mais son effet 
est tout different, en sorte que Ton peut s'6ton- 
ner que les facteurs de pianos a queue n'aient 
pas encore adapte a leurs instruments les deux 
sortes de dispositifs : la pedale una corda et 
la sourdine proprement dite; ce serait 6videm- 
ment plus utile et plus sens£ que toutes les 
amusettes telles que la p&dale de prolonge- 
ment, etc., etc. La sourdine des instr. a archet 
consiste en un petit appareil en bois ou en 
metal, taille ou coul£ de telle faeon qu'il pince 
le chevalet sur lequel on le place et dont il n, 
A peu pr6s, la forme. Cette sorte de s. n'em- 
pAche nullement les cordes de vibrer avec 
toute l'amplitude habituelle, car celle-ci depend 
de l'attaque de Tarchet, mais elle modi fie nota- 
blement la transmission des vibrations A la 
table d'harmonie par l'interm6diaire du cheva- 
let. Le timbre d'un instr. A archet pourvu de 
la s. a une certaine matilE, il rappelle, en outre, 
la sonority nasillarde du hautbois; il est voile 
dans le piano, 6touflfe et, en quelque sorte, 
£cras£, dans le mezzoforte. Pour les instr. a 
vent en guivrb, on fait usage, en manure de 
s., de cdnes de bois tronquEs que Ton introduit 
dans le pavilion de l'instrument; ces s. trans- 
formed consid^rablemenl le timbre des instru- 
ments, en emp&chant les vibrations de se pro- 
pager dans le m£tal de l'instrument lui-mdme, 
mais elles produisent aussi Feffet de demi-bou- 
chons de tuyaux, autrement dit elles changent 
l£g&rement l'intonation. Cette derni&re raison 
rend i'nsage de la s. plutdt precaire, pour les 
instr. a vent en cuivre; on a cherche a y reme- 
dier, r£cemment, par la construction d'appa- 



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reils plus compliqu&s, mais qui n'ont pas en- 
core p6n£tr£ dans la pratique. Dans les sons 
bouch&s du cor et de la trompette, la main de 
Finstrumentiste fait aussi l'effet de 8. et change 
l'intonation. La sonority des gaisses claires et 
autres peut dtre att£nu6e par l'introduction 
d'une bandelelte de drap entre la membrane de 
l'instrument et la corde tendue sur cette mem- 
brane ; celle des timbales en touchant d'une 
main la membrane de l'instrument. 

Sowinski, Albert, compositeur polonais, 
pianiste et musicographe, n6 a Ladyzyu (U- 
kraine) en 1803, m. A Paris le 5 mars 1880 ; vint 
de bonne heure A Vienne, oil il fut Tel6ve de 
Czerny, Leidersdorf, I. v. Seyfried et se lia 
d'amiti£ avec Moscheles, Schubert, l'abbe Stad- 
ler, etc. Apr&s un long voyage en Italie, il se 
fixa A Paris, en 1880, donna des concerts avec 
succ&s et devint un des professeurs de piano 
les plus en vue. S. 6crivit et publia beaucoup 
de musique d'orchestre et de chambre, de 
m£me que des oeuvres pour piano et un dic- 
tionnaire biographique intitule : Les musiciens 
polonais et slaves anciens et modernes, diction- 
naire, etc., pric&U d'un risumi de Vhistoire 
de la musique (1857). 

Spadarius (Spadaro), v. spataro. 

Spangenberg, 1. Johann, magister, n6 a Har- 
deisen, pr6s de Gottingue, en 1484, pasteur A 
Stolberg, plus tard A Nordhausen et enfin, su- 
perintendant a Eisleben ofi il mourui le 13 juin 
1550; a public des cantiques luth6riens (1545; 
aussi en latin, 1550) et un petit ouvrage th£o- 
rique : Quaestiones musicae in mum scholae 
Northusianae (1536, et d6s lors souvent). — 2. 
Cyreak, fils du prudent, n6 a Nordhausen le 
17 janv. 1528, m. a Strasbourg le 10 fev. 1604 ; 
Acrivit : Von der edeln und hochberUkmten 
Kunst der Musika... auch v>ie die Meistersin- 
ger aufgehommen, vollkommener Bericht 
(1598, manuscrit ; r£cemment public par le 
professeur A. von Keller, sous le titre : Cyria- 
kus & von der Musika und den Meistersangern 
(1861). 

Spark, William, n£ A Exeter le 28 octobre 
1825, m. A Leeds le 16 juin 1897; Steve de S.-S. 
Wesley, fut successivement organiste de plu- 
sieurs eglises de Londres, de l'6glise Saint- 
Georges, A Leeds, et, depuis 1859, organiste de 
la ville. II fonda, a Leeds, une society de chant 
a cappella (« Madrigal-and Motet Society ») et 
une entreprise de concerts populaires. En 
1861, S. prit le grade de D* mus. A partir de 
1869, il publia Ihe Organists' Quarterly Jour- 
nal, redigea aussi le Practical Choir-Master 
et 6crivit une biographie de Henry Smart (1881). 
En tant que compositeur, il se fit connaltre par 
des glees, des anthems, des services, des can- 
tat es ; en outre, il r£edita les morceaux d'orgue 
de Batiste. 

Spartire (ital.), mettre en partition ; spartito 
= partition. Les Allemands en ont fait le verbe 
spartieren = mettre en partition les oeuvres 
anciennes, imprimees ou 6crites seulement en 
parties. 

Spataro, Giovanni (Spadaro, Spatarus, Spa- 

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SPATIUM — SPIES 



dakius), savant th6oricien musical, n6 k Bo- 
logne vers 1460, m. dans la m&me ville en 1541 ; 
fut maitre de chapelle de l^glise St-P6trone, k 
partir de 1512. Eteve de Ramos de Pareja (v. 
ce nom), il prit son parti contre Nicolas Burti- 
n8 et Gafori, dans deux publications : Honesta 
defensio in Nicolai Burtii Parmensis opuscu- 
lum (1491) et Errori di Franchino Oafurio 
(1561). H a 6crit, en outre : Tractato di musica 
nel quale si tracta de la perfectione de la ses- 
quialtera, etc. (1581). 

Spatium (lat., espace), denomination latine 
des « interlignes * de la port6e. 

Spaxier , Johann-Gottlieb-Karl, compositeur 
de lieder et musicographe (connu aussi sous 
le pseudonyme de Karl Pilgkr), n6 a Berlin 
le 30 avril 1761, m. k Leipzig le 19 janv. 1805, 
Stadia la philosophic, k Halle et k Gdttingue; 
fut pendant quelque temps professeur k Gies- 
sen, yoyagea ensuite longtemps, avec un comte 
de la Westphalie, puis se flxa k Neuwied, avec 
le titre de conseiller aulique du prince. Plus 
tard, S. elut domicile k Berlin, puis, en 1800, k 
Leipzig. II a compose un grand nombre de 
lieder, dont plusieurs se propag&renl fort loin; 
il redigea pendant une annee une revue m&li- 
cale qu'il avait fondle : Berlinische murika- 
lische Zeitung (1798) et publia les ouvrages 
sui vants : Freie Qedankm Uber die Qottesvereh- 
rungderProtestanten(\W$)\ Einige Gedanken, 
V/Unsche und Vorschldge sur EinfUhrung 
eines neuen Oesangbuchs (1790) ; Ehoas Uber 
Gluckische Musih und die Oper « Iphigenie in 
Tauris* auf dem berlinischen Nationalthea- 
ter (1795); Karl Pilgers Roman seines Lebens 
(1798 a 1796, 3 vol.); Rechtfertigung Marpurgs 
und Erinnerung an seine Verdienste («A11- 
gemeine musikalische Zeilung», 1800); Ueber 
den Volhsgesang (ibid.). S. traduisit aussi en 
allemand les memoires de Gretry : Gritrys 
Versuclie Uber die Musih (1800) et publia l'au- 
tobiographie de Dittersdorf. 

Spoor, Daniel, hautboi'ste de la ville de 
Breslau, plus tard (1680), cantor k Gdppingue 
(Wurtemberg), puis (1692) k Waiblingen ; au- 
teur de Evangelische Seelengedanken (1681, 
chants sacr6s k cinq voix, avec violons et basse 
d'accompagnement); Jubilum cceleste (1692, 
airs pour deux soprani et cinq instruments) ; 
Philomele angelica(l§9S ; motets, id.); un li vre de 
chorals (1692) et un recueil de chants profanes 
avec accompagnement cT instruments : Recens 
fabricaius labor oder die lustige Tafelmusih 
mit 3 Vohal und 4 Instrumentalstimmen 
(1686). Son ouvrage : Grundrictitiger, kurz, 
leicht und ndtiger Unterricht der musika- 
lischen Kunst (1687) parut, considerablement 
augments, en 1697. 

Speidel Wilhklm, n6 k Ulm le 8 sept. 1826; 
recut les premieres lemons de musique de son 
p&re, Konrad S., qui etait excellent chanteur, 
maitre de musique et directenr du tLieder- 
kranz » d'Ulm (m. le 23 janv. 1880), et conti- 
nua son Education musicale sous la direction 
de Ignaz Lachner (composition), Winner et 
W. Kuhe (piano). Apr6s avoir et6 pendant deux 



ans maitre de musique k Thann, en Alsace, il 
se flxa a Munich. De 1854 k 1857, il fut direc- 
teur de musique a Ulm, partit ensuite pour 
Stuttgart, en qualite de directeur du « Lieder- 
kranz » (choeur d'hommes et choeur mixte), fat 
un des fondateurs du Conservatoire et y pro- 
fessa le piano avec grand succes, jusqu'en 
1874. II cr6a alors une nouvelle KUnstter-und 
Dilettantenschule fUr KUwier. En mfenie 
temps, il dirigeait les concerts dits populaires. 
A la mort de S. Lebert (fin de 1884), S. entra de 
nouveau dans le corps enseignant du Conser- 
vatoire avec lequel il fusionna son ecole. 
Parmi ses compositions, il faut menUonner: 
une sonate de violoncelle (op. 10) ; une sonate 
de violon (op. 61); deux sonates de piano; un 
trio (op. 36); une ouvertuie et un intermezzo 
pour Kimig Beige; le Choeur des esprits, de 
Faust (choeur d'hommes avec orchestre); Wt- 
kinger Ausfarhrt (solo de tenor, avec choeur 
d'hommes et orchestre); Volkers SchwanetUied 
(choeur d'hommes), des morceaux de piano, des 
lieder et des choeurs surtout pour voix d'hom- 
mes. — Le feuilletonniste bien connu de la 
« Neue Freie Presse » de Vienne, Ludwio S^ 
est son frere. 

Spengel, Julius-Hbinrich,^ k Hambourg le 
12 juin 1853 ; &£ve deK. Voigt (piano et theo- 
rie) et de H.-E. Kayser (violon), puis, de 1867 k 
1868, du Conservatoire de Cologne (Rudorff, 
von Kdnigslo w) el, de 1868 k 1872, de Y Academie 
royale de Berlin (Rudorff, Joachim, Kiel et Ad. 
Schulze [chant]), vecut ensuite A Hambourg, 
comme professeur de musique. II fit encore, 
sous la direction de Grftdener, des etudes de 
contrepoint et, sous celle de K.-F. Armbrust, 
des etudes d'orgue. S. devint, en 1878, directeur 
de la soci6te Ste-Gecile; en 1884, maitre de 
chant au seminaire d'instituteurs de T« Ecole 
du couvent t ; et, en 1886, organiste de l'gglise 
Ste-Gertrude. Quelques-unes de ses compoei- 
tions ont paru : un quintette avec piano (op. 2), 
des choeurs, des lieder, etc. Une symphonie en 
re mineur et une sonate de violoncelle ont 6te 
executes, mais sont resides manuscritee. S. 
possede k fond Tart, 4ifficile entre tous,de faire 
etndier les choeurs a cappella. 

Speyer, Wilhelm, ne k Francfort s, M. le 21 
juin 1790, m. dans la mdme ville le 5 avr. 1878; 
destine a la carrtere commerciale, il partugea 
sa vie entre Tart et le negoce. S. fut l'eldve de 
Vollweiler et d'AndrS, pour la theorie, de Ferdi- 
nand Fr&nzel, pour le violon. Dans ses nom- 
breux voyages, il se lia d'amilie avec les princi- 
paux musiciens de son temps, surtout avec L. 
Spohr. S. a public des quatuors pour instr. k 
archet, des duos de violons, des choeurs pour 
voix d'hommes et des lieder (devenus populai- 
res, gr&ce au chanteur Pischek). 

Spianato (itaL), simple, egal, a-a-dL k pea 
pr^s : senza passione f sans passion. 

Spiccato (ital.), nettement s^par6, piqn^; 
dans le jeu des instr. k archet, eepdce specials 
de staccato, veritable staccato des virtuoses. 

Cf. 8TACCATO. 

Spies, Uermime, cantatrice distinguie (alto), 



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SPIESS — SPITTA 



785 



n6e A Lohneberger-Htitte, pr6s Weilburg, le 
25 f6vr. 1857 (fille du directeur des mines), m. A 
Wiesbaden Ie26 fevr. 1893 ; frequenla l'Scole et 
le Conservatoire de Wiesbaden, puis devint 
41&ve de Sieber et de Stockbausen. Elle d£buta 
«n 1882, et son succ&s alia tonjours croissant 
Les compositions de Brahms (Rhapsodie, op. 
£3) avaient en elle une interpr£te insurpassable. 
Elle avait epousS, en 1892, le D*jur. W.-A.-Fr. 
Hardmuth, A Wiesbaden. Sa soeur, Marie S., a 
^crit sa biographie d'une facon Ires attrayante 
<1894). 

Spiess, 1. Johann-Martin, maltre de musi- 
que et organiste A Heidelberg, et, plus tard, A 
Berlin, a public des melodies de chorals : Da- 
vids Harfenspiel in 150 Psalmen auf 342 
Liedermetodien (1745, aussi sous le titre : 
Geistliche Liebesposaunen in 342 Liedermeto- 
dien) et 26 geistliche Arien (1761). — 2. Mein- 
rad, n6 A Honsolgen (Souabe) le 24 aout 1683, 
m. aucouvent dTrsee (Souabe bavaroise), dont 
il 6talt prieur, le 12 juil. 1761 ; entra au couvent 
des benedictius dTrsee, y prononca les voeux 
«n 1703 et fut ordonne pr6tre en 1708. Deux 
ans plus tard, son abb6 Tenvoya a Munich 
pour y terminer son Education musicale, sous la 
direction de Gius.-Ant.Bernabei. S. fut ensuite, 
de 1 712 a 1749 ou 1750 environ, directeur de 
musique du convent dTrsee ; vers 1750, le P. 
Anselm Schwink est mentionn6 comme titulaire 
de ce poste, qu'il occupa pendant vingt-cinq ans. 
En 1743, S. avait ete elu membre de la € Society 
musicale » de Mitzler, en Allemagne. II a publie: 
Antiphonarium Marianum, pour soprano et 
alto, avec deux violons et orgue (1713) ; Cithara 
Davidis (1717; psaumes de v6pres, A quatre 
voix, avec instr. A archet et orgue) ; Philomele 
ecclesiastica (1718 ; motets pour solo, deux vio- 
lons et orgue); Cultus latreutico - musicus 
< 1719; six Messes et deux Requiem, A quatre 
voix, avec instr. A archet et orgue) ; Laus Dei 
in Sanctis ejus (1723, oflfertoire); Hyperdulia 
musica (1726 ; litanies de la Vierge Marie, id.) ; 
douze sonates pour deux violons, contrebasse 
<« violone ») et orgue (1734) et Tr actus musicus 
compositorio-practicus d. h. Musikalischer 
Trahtat (1745, en allemand). 

Spina, (editeurs de musique), v. Schreiber 
«t Cranz. 

Spindler, Fritz, pianiste-compositeur, ne a 
Wurzbach, pr£s Lobenstein, le 24 nov. 1817 ; 
«leve de Fr. Schneider, a Dessau, se lixa, en 
1841, A Dresde, comme professeur de musique, 
-et y vit encore. S. a publie plus de trois cents 
<Buvres,pour la plupartdes morceaux brillants 
de salon ; cependant, il y a, dans ce nombre, 
quelques ouvrages d'une certaine importance : 
deux symphonies (une troisieme est encore 
manuscrite), un concerto de piano, beaucoup 
de sonatines, destines A Tenseignement, et 
<quelques pieces de musique de chambre (qua- 
tuor pour instr. a archet, quatuor avec piano; 
trios). 

Spiridio, Berthold, cel6bre organiste, moine 
de Tordre des Garmes, au couvent de St-Theo- 
dore,pr& de Bamberg ; il a publie : Neue und 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 50. 



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bis dato unbekannte Untenoeisung, wie man 
in hurzer Zeit nicht allein zu volkommenem 
Orgel und lnstrumente schlagen, sondem 
auch zu der Kunst der Komposition ganzlich 
gelanyen mag (1670); 2«, 8 e et 4« parties du 
m&me, sous le titre : Nova instruclio pro 
pulsandis organis, spinettis 9 manuchordiis f 
etc. (1671-1679) ; 5« partie, sous celui de : Musi- 
kalische Erzgruben in 10 neu erfundenen 
Tabellen mit 5 Stimmen (1683); puis un extrait 
de l'ouvrage precedent : Toccate, ricercari e 
canzoni francesi xntavolati da B. S. (1691); en- 
fin, Musica romana D. D. Foggice, Carissimi, 
Gratiani aliorumque, etc. (A trois voix, avec 
deux violons, 1665) et Musica Iheoliturgica 
(A cinq voix, avec deux violons, 1668). 
Spirito (ital.), esprit. 

Spitta, J.-Aug.-Philipp, n6 A Wechold, pr6s 
de Hoga (Hanovre) le 27 d£c. 1841, m. A Berlin 
le 13 avr. 1894 ; fils d'un po£te bien connu en 
Allemagne, l'auteur de « Psalter und Harfe », 
6tudia la philologie a Gottingue et occupa 
des places dans l'enseignement, a la « Rilter- 
und Domschule », de Reval (1864-1866), au 
gymnase de Sondershausen (jusqu'en 1874), 
puis au gymnase St-Nicolas, a Leipzig, ou il 
prit part a la fondation de la « Soci ete Bach ». 
En 1875, S. fut appele A Berlin, comme profes- 
seur d'histoire de la musique A V University et 
secretaire perp&uel de l'Acad6mie des Beaux- 
Arts ; outre ces fonctions , il remplit encore 
celles de professeur a l'Acad6mie royale de 
musique et de directeur-suppteant. En 1891, il 
recut le titre de conseiller priv6. Sa reputation 
musicale et sa rapide carriere datent de la pu- 
blication de la biographie de J.-S. Bach (1873- 
1880; 2 forts vol.), qui, en outre des details 
historiques, documents avec une surety admi- 
rable, donne aus.si des jugements eslhetiques 
tres ingenieux sur les differentes oeuvres du 
maitre que S. connaissait comme pas un. S. 
s'est cre6, dans la haute situation qu'il occupait 
A Berlin, toute une phalange de jeunes eleves 
qui ont entrepris d'explorer systematiquement 
les champs non encore defrichSs de l'histoire 
de la musique. En plus de sa biographie de 
Bach, S. a publie une edition critique des oeu- 
vres d'orgue de Dietrich Buxtehude (1875- 
1876, 2 vol.), edition contenant d'importantes 
notices historiques ; une Edition complete des 
oeuvres de Heinrich Schutz (16 vol. ; edition 
qu'il termina peu avaut sa mort); une courte 
biographie de Bach dans les « Vortrage » de 
Waldersee (1880) ; enfin, un volume de me- 
langes: Musik, gesammelte Aufsatze(\Wk). S. 
avait 6te Tun des redacteurs de r« Allgemeine 
musikalische Zeilung » et des « Monatshefte 
fur Musikgeschichte* ; il publia, a partir de 
1884, avec Chrysander et G. Adler une « Viertel- 
jahresschrift fur Musikwissenschaft » qui ren- 
ferme des etudes speciales d'une grande valeur. 
Une entreprise colossale de S. fut sa publica- 
tion des : Denhmdler deutscfier Tonkunst (vol. 
1, 1892 : Tabulatura nova, de Scheidt, de Fannie 
1624 ; publication continuee par les soins 
d'autres savants). 



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SPITZFLCETE — SPOHR 



SpitxHdte (all.), v. tibia cuspida. 

Spitzharfe (all.), v. arpa el harpe. 

Spohr, Ludwig, an des virtuoses modernes 
du violon les plas remarqaables, en m&me 
temps que compositeur eminent et chefd'or- 
chestre de talent, n6 k Brunswick Ie 5 avr. 1784, 
m. k Gassel le 22 ocl. 1859; 6tait le fils d'un m£- 
decin, qui se fixa k Seesen, en 1786. Le talent 
musical s'6veilla chez lui de bonne heure, gr&ce 
k l'exemple de sa mere qui chantail etjouait 
du piano, et de son pere qui jouait de la flute. 
Le recteur Riemenschneider lui donna les pre- 
mieres legons de violon, vers TAge de cinq ou 
six ans, et bientot il put faire sa partie dans les 
petits concerts de famille. Sur les conseils d'un 
maltre de francais de Seesen, Dufour, qui 
jouait lui-mfcme fort bien du violon et du vio- 
loncello et qui avait reconnu le talent du jeune 
gargon, S. fnt envoys a Brunswick pour y £tu- 
dier la musique ; il y eut pour maltre de th£orie 
I'organiste Hartung, un pedant de la pire es- 
pece, et, pour maltre de violon, l'excellenl vio- 
loniste et concertmeister Maucourt. Ses progr&s 
furent tels que le due, en 1799, l'engagea comme 
musicien dans sa chapelle et lui offrit de se 
charger des frais de ses Etudes ult£rieures. En 
1802, S. devint l'eleve de Franz Eck qui, en 
route pour la Russie, s'£tait arrfcte a Brunswick ; 
il voyagea avec celui-ci pendant une annee et 
demie, mettant k profit toutes les occasions 
qu'il rencontrait de se perfeclionner. II entre- 
prit sa premiere lournee artislique en 1804, et 
fit sensation k Leipzig (10 et 17 dec), aussi 
bien comme virtuose que comme compositeur. 
Des son d&but k Gotha, il fut engag£ comme 
concertmeister, en remplacement de Ernst, qui 
venait de mourir (1805); cependant il ne resta 
pas longtemps dans cette ville. Apr&s avoir 
epouse, en 1806, la harpiste Dorette Scheidler, 
il entreprit en 1807 et 1809 de nouvelles tour- 
n£es de concerts, arriva en 1812 k Vienne, ou 
il rivalisa avec Rode, et fut engage par le 
comte Palffy, comme chef d'orchestre du 
th&dtre t an der Wien ». Des difficult^ surgi- 
rent avec le comte et l'engag£rent k quitter de 
nouveau Vienne, en 1816; il sent alors entendre 
en Italie. en m£me temps que Paganini (tous 
deux jou&rent ensemble en 1817, a Milan, un 
morceau concertant de S.),puis acceptala place 
de chef d'orchestre du ThMtre municipal de 
Francfort (1817). En 1820, sa renommee s'6ten- 
dit jusqu'en Angleterre ; il donna des concerts 
a Londres, et y fut, ainsi que sa femme, tr£s 
bien accueilli a la Cour. Sessucc£s avaient 
£t£ peu auparavant, k Paris, beaucoup moins 
decisifs; la critique y apprecia moins son 
genre et son jeu t et le public ne comprit pas, 
alors, les particularity de ce violoniste-compo- 
siteur voguant en plein romantisme. En 1821, 
S. s'installa k Dresde, pour que ses filles y 
puissent prendre des lemons de chant deMiksch; 
mais, l'ann£e suivante d£jd, il fnt appel& aux 
fonctions de maltre de chapelle de la Cour de 
Cassel. Cette nomination mit fin d6finitivement 
a la vie mouvement£e du musicien. A Toccasion 
du vingt-cinquigme anniversaire de ses fonc- 



tions, S. fut nomm6 directeur g£n£ral de musi- 
que et fut, en outre, admis a la Cour. Les der- 
ni&res annees de sa vie furent malheureuse- 
ment troublees par des difftrends avec son 
seigneur, qui le mit k la retraite plus tot qu'il 
ne l'eut d£sir& (1857) et diminua son traitemeni 
qu'il lui avait cependant garanti jusqu'd. sa 
morL Peu apres, S. eut encore le malheur de 
se casser le bras gauche, dans l'escalier du cer- 
cle de lecture ; il s'en remit, malgr6 son age, 
mais une faiblesse persislante le for^a a re- 
noncer au violon. Apres la mort de sa premidre 
femme (1834), il avait Spouse, en 1836, Marianne 
Pfeiffer, une excellente pianiste qui lui surv£cut 
de beaucoup (m. a Cassel le 4 janv. 1892). S. 
mourut de faiblesse, sans avoir a supporter 
aucune maladie. 

Les compositions de Spohr ne sont pas 
exemptes d'une certaine langueur qui trouve 
sa principale explication dans l'emploi abusif 
du mouvement chromatique ; les oeuvres dans 
lesquelles cette impression est la moins mar- 
quee, ou qui parfois m&me y gagnent quelque 
attraitde plus, sont les compositions de violon, 
dans lesquelles figurent, en outre, les petits 
trilles caract£ristiques, dits < triiles de Spohr ». 
II est vrai que ce sont la des details seulement, 
mais, quelque haute que soit la conception de 
Toeuvre, ces particularity techniques ne peu- 
vent £tre consid6r6es comme quantity negli- 
geable. S. doit £tre rangS parmi les romanti- 
ques ; par sa sentimentality d£bordante, il ap- 
partientbien a l'teole danslaquelle le sentiment 
1 emporte toujours sur la raison. Cependant ses 
oeuvres se rapprochent plus encore de celles 
de Schubert et de Mendelssohn que de celles 
de Weber, Marschner ou Schumann. S. a ecrit 
plus de cent cinquante oeuvres musicales, par- 
mi lesquelles dix operas : Faust (donn6 pour 
la premiere fois le l« p sept. 1816, a Prague), Jes- 
sonda (Cassel, 1823), Zemire und A zor (Franc- 
fort, 1819), dont le succ&s fut grand, puis Die 
Prufung (1806, non execute), Alnma (ecrit en 
1808, Touverture seuleen est conservSe), Der 
Ziceikampf milder Qelieblen (Hambourg, nov. 
1811), Der Berggeist (Cassel, 1825), Pieiro ven 
Albano (1827), Der Alchxmisi (1830) DieKreuz- 
fahrer (Cassel, 1845 ; ecrit de sept. 1843 k ma i 
1844); puis des oratorios: Das befreile Deutsch- 
land (pour la sc£ne), Die letzten Dinge y Des 
Heilands letzte Stunden y Das jUngste Gericht 
(texte de Aug. Apel) et Der Fall Babylons; neuf 
symphonies : T. en mi Mmol maj., op. 20 ; IL en 
ri min., op. 49; in. en ut min., op. 78; I\ r . en 
fa maj., op. 86 (Die Weihe der Tdne); V. en 
ut min., op. 102; VI. en sol maj., op. 116; VII. 
en ut maj., op. 121 (Irdisches und Gtitlliches 
im Menschenleben ; pour deux orchestres): 
VIII, en sol min., op. 137, et IX. en si min., op. 
148 (Die Jahreszeiten) ; trois ouvertures de 
concert ; une ouverture pour un drame (Mac- 
beth); des Messes ; des hymnes ; des psaumes ; 
des cantates ; des choeurs pour voix d'hommea 
et des lieder. Les concertos de violon de S. sont 
encore actuellement tres appr£ci£s des violo- 
nistes; il en ecrivit quinze, parmi lesquelson 



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SPONTINI 



787 



joue surtout le huitidme, en la maj. (« in Form 
einer Gesangscene »), etle neuvi£me,en remin. 
(op. 55). Son eieve Ferdinand David les a re6- 
dites tous deux. Les autres oeuvres instrumen- 
tales de S. sont : une grande « Methode de vio- 
lon » en trois parties (1881), trente-trois qua- 
tuors, quatre doubles quatuors, un sextuor et 
sept quintettes pour instr. k archet; quatre pot- 
pourris pour violon et orchestre ; des sonates 
et des rondos pour harpe et violon ; trois so- 
nates pour violon et piano ; cinq trios pour 
piano, violon et violoncelle ; un quintette pour 
piano, flute, clarinette, cor et basson ; un octette 
pour violon, deux altos, violoncelle, clarinette, 
deux cors et contrebasse ; un nonette pour vio- 
lon, alto, violoncelle, flute, hautbois, clarinette, 
cor, basson et contrebasse ; quatre concertos 
de clarinette ; une fantaisie pour harpe et quel- 
ques recueils de morceaux de piano. S. etait 
chevalier de l'ordre «pour le nitrite » prussien, 
etc. n etait, en outre, membre des Academies 
de Bruxelles et de Vienne. Ce fut lui qui dirigea 
les festivals de Dusseldorf (1826), Norwich 
(1839), Aix-la-Chapelle (1840), etc. Pour plus de 
details sur sa vie, cf. son « Autobiographie » 
( 1860-1861 ; 2 vol.), de m6me que Malibran, L. & 
(1860). Cf. aussi: Schletterer, Louis S. (1881, 
dans la «Sammlung musikalischer VortrSge > 
de Waldersee). S. eut cent quatre-vingt-dix eie- 
ves, parmi lesquels nous mentionnerons : F. 
David, Bohm, Bott, Pott, Saint-Lubm, les deux 
Bargheer, Kompel et Moritz Hauptmann. 

Spontini, Gasparo-Luigi-Pacifico (plus tard 
eleve par le pape k la dignity de Gonte di Sanf 
Andrea), un des compositeurs d'operas italiens 
les plus illustres, ne k Majolati (Marche d'An- 
cone) le 14 nov. 1774, m. dans la m&me locality 
le 14 janv. 1851 ; 6tait le flls de simples campa- 
gnards et trouva dans son enfance peu d'occa- 
sions de satisfaire son gout precoce pour la 
musique. II s'enfuit de chez son oncle, curt k 
Jesi, auquel il avait ete confle par ses parents 
qui le destinaient k la earriere ecciesiastique, 
et se rendit chez un autre parent, a S.-Vito, qui 
lui fit donner ses premieres lemons de musique. 
Apres s'etre r6concilie avec ses parents, il re- 
tourna a Jesi et obtint la permission de se 
vouer complement k la musique ; il regut alors 
des legons des meilleurs musiciens de la ville, 
puis entra. en 1731, au Conservatoire «della 
Pieta >, k Naples, ou il fut admis dans les clas- 
ses de Sala et de Tritlo. En 1796, S. quitta se- 
cr£tement le Conservatoire, pour pouvoir, sur 
la proposition du directeur du theatre « Argen- 
tina », k Rome, ecrire un op6ra : I puntigli deile 
donne ; le succes de S. engagea Piccini k en 
faire son eieve, une fois qu'il fut deretour. Apres 
avoir compost, sous les yeux de ce dernier, 
plusieurs operas pour les theatres de Rome, 
Florence et Naples, S. accepta, en 1800, un ap- 
pel de la Cour napolitaine, qui avait fui k Pa- 
lermo devant l'invasion fran$aise. Apres de 
courts sdjours k Rome, Venise, Palermo et 
Marseille, il se rendit k Paris, en 1803, y donna 
d'abord des lemons, puis fit repr£senter k l'Opera 
italien sa Finta filosofa qu'il avait d£j& don- 



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n6e k Naples. Le succes fut mediocre, de m&me 
que pour l'opera suivant : Julie (all. Der Blu- 
mentopf; partition gravSe), et un troisi£me ou- 
vrage, quelque peu lascif : La petite maison 
(1804) fut siflie et ne put pas etre joue jusqu'au 
bout. Cependant, la m&me ann£e encore, sa 
fortune se modifla k la suite de sa liaison avec 
le poete Jouy, qui lui confia le livret de la Ves- 
tale, refuse par Cherubini ; avant de lancer ce 
dernier, il retablit sa reputation en donnant au 
theatre Feydau une petite piece du meme 
librettiste: Milton. S. avait tire profit des 
critiques de ses adversaires, en modifiant sa 
maniere qui, k l'origine, tenait de Guglielmi et 
de Cimarosa. D'autre part, la protection de 
l'imperatrice Josephine, dont il etait devenu le 
chef de musique, lui fut d'un puissant secours 
pour surmonter les intrigues que lui tendaient 
ses adversaires. Jl sut aussi gagner les faveurs 
d'un certain public, en 6crivant une cantate : 
Eccelsagara, pour feter la victoire de Napoleon, 
k Austerlitz. La composition de La Vestale 
dura plus longtemps que S. lui-m&me ne l'avait 
pens£, le tout nouveau style qu'il s'appropriait 
en s'effor$ant de le rendre plus expressif, plus 
vrai, plus profond, plus grand, ne lui facilitait 
point la tdche, et ce n'est que le 15 decembre 
1807 que le grand ouvrage put etre execute. Le 
triomphe fut absolu; malgrl tous les jugements 
anticipes et defavorables des musiciens de pro- 
fession, 1'enthousiasme du public ne fit que 
grandir jusqu'a la fin de la representation et 
S. parvint d'un seul coup au faite de la gloire. 
Sur le jugement unanime de Mehul, Gossec et 
Gretry, l'ceuvre de S., contre les Bardes de 
Lesueur, re<?ut le grand prix de composition 
institue par Napoleon, pour etre distribue tous 
les dix ans. Un second opera : Ferdinand Cor- 
tes, fut egalement couronne de succes (28 nov. 
1809); et des lors S. devint une autorite en ma- 
Here de musique scenique. Bient6t apres, il 
eponsa une niece de Sebastian Erard, la fille de 
Jean-Baptiste Er&rd, et son union fut des plus 
heureuses. En 1810, il devint directeur de l'Opera 
italien (Theatre de l'lmperatrice) et fit executer, 
entre autres, le • Don Juan » de Mozart, dans 
sa forme originate. Des difficult^* pecuniaires, 
que Ton attribuait faussement k sa direction, 
occasionnerent dejd en 1812 le retrait de ses 
fonctions ; mais, en 1814 (apres la restauration 
de Louis XVIII), il obtint de nouveau le privi- 
lege du Theatre italien, qu'il abandonna, il est 
vrai, en faveur de la Catalan!, qui avait sou- 
missionne egalement, et qui lui paya une 
somme de desistement. Louis XVIII le nomma 
alors compositeur de la Cour, avec un traite- 
menl annuel de deux mille francs. II eerivit 
dans la suite plusieurs operas de circonstance 
pour feter la restauration (P&lage, ou leroi et la 
paix, 1814 ; Les dieux rivaux, en collaboration 
avec Persuis, Berton et Kreutzer, 1816), quel- 
ques nouveaux numeros pour les « Danaides » 
de Salieri, numeros qui donnerent un regain 
de succes k cette ceuvre (1817) et, en 1819. le 
troisieme de ses grands operas : Otympie, 
L'oeuvre n'eut qu'un succes d'estime.Peu aupa- 

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STAHMER-ANDRIESSEN 



790 

terent manuscrits. Julius S. a publie quelques 
morceaux pour violoncelle. 

Stahmer-Andriessen, P^laoie, celebre can- 
tatrice scenique (soprano dramalique), nee a 
VienneleSOjuin 1862; ftSve du Conservatoire 
de cette ville et de M m * Dreychock, A Berlin, 
chanta d'abord au The&tre Wagner itinerant 
de Neumann^ puis, de 1884 a 1890, au Th^tre 
de Leipzig. Elle est depuis lors engagee alter- 
nativement k Cologne et k Vienne. En 1890, elle 
£pousa en secondes noces Tarchitecte Ende, a 
Wannsee, pr&s Berlin, et continua a chanter 
sous le nom de P. Ende-Andriessen, 

Stainer, 1. Jakob (Steinkr), celebre luthier, 
n6 a Absom (Tyrol) le 14 juil. 1621, mort fou et 
dans la misere en 1683; regut, en 1658, le titre 
de musicien de la Cour imperiale, mais ses vio- 
lons, qui sont aujourd'hui hautement estim£s, 
lui Staient payes un prix dSrisoire (six florins!). 
11 doit avoir travaille a Cr&mone, aupres des 
meilleurs maitres. S.RufaScrit une biographie 
de S., bas6e sur des documents officiels (Ins- 
bruck, 1872). — Son frere, Markus, est surtout 
connu comme constructeur d'altos. — 2. John, 
organiste anglais de grand renom, n6 k Lon- 
dres le 4 juin 1840; d6buta dans la carriere 
comme enfant de choeur k l'Sglise St-Paul, puis, 
a l'&ge de quatorze ans, devint organiste et di- 
recteur des choeurs, dans une £glise de Lon- 
dres. II fut dleve de Bayley et de Steggal, pour 
la th£orie, de George Cooper pour l'orgue. En 
1860, S. fut nomme organiste dei'Sglise Ste-Ma- 
deleine, k Oxford ; il devint, en outre, peu apr&s, 
organiste de rUniversile, re^ut, en 1865, le titre 
de docteur en musique et fut appel6,des 1866, & 
sieger dans la commission des examens de 
musique. En 1872, S. devint titulaire de l'orgue 
de l'eglise St-Paul, k Londres, et revfctit en ou- 
tre, des lors, plusieurs fonctions honorifi- 
ques ; il devint professeur d'orgue et d'harmo- 
nie a la t National training school for Music », 
dont il fut nomme direcleur en 1881. Lors de 
la transformation de cette ecole en « Royal Col- 
lege of Music » (1883), S. y fut nomme profes- 
seur et inspecleur des ecoles primaires (succes- 
seur de Hullah). II prit sa retraite en 1888, apres 
avoir 6te alteint de cecity complete. Parmi ses 
compositions, il faut mentionner des oratorios : 
Gideon et The Crucifixion (1887), des cantates: 
Jairi Tochter et St Mary Mapdalen (1883, pour 
le festival de musique de Gloucester), deux 
services de cath^drale complets, seize anthems, 
etc. II ecrivit aussi un manuel sur l'orgue et 
un traite d'harmonie, ainsi que, avec Barret, 
un dictionnaire des termes techniques musicanx 
(1876). 

Stamaty, Camille-Marie, pianiste et compo- 
siteur, ne a Rome le 23 mars 1811, in. a Paris 
le 19 avr. 1870; fils d'un Grec naturalist fran- 
cais et consul fran^aisa Civitta Vecchia, fut pen- 
dant quelque temps employ^ a la prefecture de 
la Seine, puis devint eleve de Kalkbrenner 
(1831). En 1835, il se produisit comme pianiste, 
avec beaucoup de succes, et devint des lors un 
des professeurs les plus recherches de Paris ; 
Sainl-Saens fut son el<he. S. a publie un con- 



STAMITZ 



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certo de piano (op. 2), deux sonates de piano 
(op. 8, 14), un trio avec piano (op. 12), un grand 
nombre d'etudes (op. 11, 33, 37, 38, 39), des 
Eludes concerlantes (op. 46, 47), des variations 
(op. 5 et 19), et une longue s£rie de fantaisies, 
de paraphrases, etc. pour le piano. 

Stamitz, 1. Johann-Karl, cel&bre violoniste et 
compositeur de talent, n6 a Deutsch-Brod (Bo- 
h6me) le 19 juin 1714, m. k Mannheim, oil il 
etait premier concertmeister et direcleur de la 
musique de chambre de la chapelle du prince 
electeur, en 1761. II appartenait depuis 1745 a 
cette chapelle, qui etait alors a l'apog&e de sa 
gloire, et etait eutierement autodidacte. Les 
compositions qui ont et6 gravies, de lui, sont : 
six sonates pour piano et violon (op. 1), douze 
sonates pour violon et basse (op. 2, 6), douze 
symphonies a huit parlies (op. 3, 8), six con- 
certos de violon, six sonales-trios pour deux 
violons et basse (op. 5), et des Eludes en ma- 
niere de duos pour deux violons (k deux voix 
reelles et continues); beaucoup d'aulres oeuvres 
de S. resterent manuscrites.— 2. Anton-Thad- 
d.«us), frere du precedent, ne k Deutsch-Brod 
en 1721, m. vicaire de Farchev^que etchanoine, 
a Altbunzlau, le 23 aout 1768; fut un excellent 
violoncelliste et appartinl pendant quelque 
temps a la chapelle de Mannheim, avant d'en- 
dosser l'habit ecclesiastique. — 3. Karl, fils 
aine de Johann-Karl S., egalement violoniste et 
compositeur de renom, ne a Mannheim le 7 mai 
1746, m. a Iena en 1801 ; fut, apr&s la mort de 
son p6re, 61&ve de Cannabich, entra en 1867 
dans la Chapelle de Mannheim, puis entreprit, 
en 1770, une tournee de concerts. A Paris, il fit 
sensation comme virtuose sur l'alto et la viole 
d'amour ; il y resta jusqu'en 1785, en qualite de 
chef d'orchestre du due de Noailles. S. donna 
ensuite des concerts en Allemagne et en Autri- 
che, puis se fixa pendant quelque temps a Nu- 
remberg. En 1787, il fut nomme chef d'orches- 
tre du prince Hohenlohe-Schillingsfurst, diri- 
gea, de 1789 a 1790, les concerts d'amateurs de 
Cassel, parcourut la Russie et devint enfin, en 
1800, direcleur des concerts academiques a I£na. 
Les compositions qui ont para, de lui, sont: 
trois symphonies a huit parties et six a dix par- 
lies (La chasse, symphonie pour quatuord'ar- 
chets, flute, deux hautbois, deux bassons, deux 
cors et deux trompetles) ; quatre morceaux cod- 
certants pour deux violons ; sept concertos de 
violon ; des quatuors pour instr. k archet (op. 
4, 7, 10, 13, 15); six sonates-trios pour deux vio- 
lons et basse ; des duos pour deux violons,pour 
violon et violoncelle et pour alto et violoncelle; 
un concerto pour alto ; un concerto de piano, 
etc. 11 a ecrit, en outre, deux operas : Jkx ver- 
lieble Vormund (Francfort) et Dardanus (St- 
Pelersbourg). — 4. Anton, frere cadet du pre- 
cedent, egalement violoniste et compositeur 
excellent, lie a Mannheim en 1753, se rendit 
avec son pere a Paris, en 1770, et paralts y&re 
fix6, puisqu'il y publia des compositions en 
1782 ; toutefois on ne connalt ni la situation 
qu'il occupa, ni Tannee de sa mort. Les oeuvres 
publiees de S. sont : douze quatuors pour instr. 

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STAMPISTA — STASNY 



791 



A archet ; six sonates-irios pour deux violons et 
basse: an concerto de violon; des duos pour 
violon et violoncelle ; six sonates pour violon, 
Mte et basse ; des nocturnes (variations) pour 
violon et violoncelle; six duos pour violon et 
ilftte; trois concertos de piano et des concertos 
pour violoncelle, pour basson, etc. 

Stampista, nom que Ton donnait, au d6but 
du xvii* s., au balletic*, lorsque la danse £tait 
accompagnee par un groupe de chalumeaux et 
<ie fifres. 

Standke, Otto, n£ a Lippstadt le 10 tevr. 
1832; frequenta le seminaire de Soest, mais se 
Toua ensuite tout a fait a la musique et devint 
maitre de musique a M.-Gladbach, a Lennep, 
puis a Bonn oil il mourut en 1885. S. fut un 
mattre excellent et composa toute une serie 
d'oeuvres di verses, surtout des morceaux pour 
piano, destines a l'enseignement, et des lieder. 

Stanford, Charles- Vilmers, compositeur et 
chef d'orcbesire anglais de renom, ne a Dublin 
le 30 sept. 1852 ; eleve, pour la composition, de 
O'Leary et de Stewart puis, pour le chant, du 
<• Queen's College » de Cambridge, fut nomm£, 
en 1878, organiste au College de la Trinite, puis, 
en 1874, directeur de la Societe de musique de 
rUnivereitS. De 1874 A 1876, il conlinua ses etu- 
des de composition sous la direction de Rei- 
neke, a Leipzig, puis sous celle de Kiel, a Ber- 
lin, et reprit enfin la direction de sa society de 
Cambridge, qu'il eleva a un haut degr6 de per- 
fection et de renommee. En 1877, S« fut promu 
< Magister arlium », puis devint successive- 
ment, en 1884, directeur de la « Philarmonic 
Society » £t, en 1885, successeur de Otto Gold- 
schmidt, comme directeur du « Bachchoir », a 
Londres. En 1887, il succeda a Macfarren, en 
<jualite de professeur a FUniversite de Cam- 
bridge. Une serie d'oeuvres de grandes dimen- 
sions prouve Tactivite cicatrice de S. Pour la 
sc&ne, il a ecrit jusqu'a present : The veiled pro- 
phet of Khorassan (1881, a Hanovre, trad, alle- 
mande de Frank); Savonarola (Hambourg, 
1884); Vie Canterbury pilgrims (Londres, 
1884). H publia, en 1876, une ouverlure et de la 
musique de sc£ne pour Queen Mary, de Ten- 
nyson ; en 1886, la musique des Eumtnides, 
d'Eschyle. S. a fait paraltre, en outre : une ou- 
verture de f6te, deux symphonies (en si bdmol 
maj. et re min.), et une s£r£nade, morceaux qui 
tous eurent du succ&s ; de la musique de cham- 
bre : une sonate de violon (op. 11), une sonate 
de violoncelle (op. 9), un quatuor avec piano en 
fa maj. (op. 15), un quatuor pour inslr. a ar- 
chet (op. 45), des morceaux de piano, des lie- 
der et des morceaux pour clarinetle et piano ; 
quelques oeuvres vocalcs d'eglise (Services el 
hymnes) ; un oratorio : The three holy children 
(Birmingham, 1885); une Elegic Ode < The 
Volt Whitman », etc. 

Stange, Hermann-H.-M., n6 a Kiel le 19 dec. 
1835; suivit lescours du Gymnase et de TUni- 
versit£ de sa ville natale, puis devint eleve du 
Conservatoire de Leipzig. II fut ensuite, pen- 
dant plusieurs annSes, prScepteur chez lecomte 
de Bernstorff (Hanovre) et chez le prince de 



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Wied (Neuwied). De 1860 a 1864, S. fut orga- 
niste au « Rossal College > (Angleterre) ; en 
1866, il devint organiste de la cath&drale a 
Schleswig et il est, depuis 1876, organiste et 
directeur de la « Soci6t6 de chant », a Kiel. II 
fut nomm£, en 1878, directeur de musique uni- 
versitaire et re$ut, en 1887, le titre de « profes- 
seur » . 

Stanhope, Charles, Lord, n£ le 3 aoftt 1753, 
m. a Londres le 13 sept 1816 ; Scrivit entre 
autres: Principles of tuning instruments with 
fixed tones (1806). 

Stanley, John, compositeur, ne A Londres en 
1713, m. dans la mgme ville le 19 mai 1786 ; 
aveugle des l'&ge de trois ans, fut Sieve de 
Green et devint, a l'age de onze ans, organiste 
d'une petite paroisse de Londres, position qui I 
echangea plus tard contre celle d'organiste de 
l^glise St- Andre et de « Temple Church ». En 
1772, S. devint organiste de « Chapel Royal* et 
fut regu cbachelier es musique ». Haendel esti- 
mait beau co up S. et lui l&gua une partie de sa 
succession musicale. S. s'associa, apres la mort 
de Haendel, avec Smith pour la direction des 
grandes executions d f oratorios. Deux oratorios 
de sa composition : Jephta et Zimri, furent exe- 
cutes en 1757 et en 1760. On a publie en outre 
de lui : six concertos pour six instruments et 
six autres pour sept instruments, huit sonates 
pour fltite et continuo, et six soli pour fltite. 

Starck, Ingeboro, v. Bronsart. 

Stark, Ludwig, ne a Munich le 19 juin 1831, 
m. A Stuttgart le 22 mars 1884; etudia la philo- 
sophic & rUniversil6 de sa ville natale et la 
composition aupr^s des fr&res Ignaz et Franz 
Lachner. Apr&s un court s6jour a Paris (1856), 
il fonda avec Faisst, Lebert, Brachmann,etc, le 
Conservatoire de Stuttgart, dans lequel il en- 
seigna, jusqua sa mort, le chant, l'harmonie, le 
solfege et l'histoire de la musique. En 1861, S. 
Slut quelque temps domicile a Weimar et jouit 
du commerce stimulant de Liszt ; en 1873, il fit 
un voyage d'etudes en Italie. Ce fut surtout 
comme pedagogue que S.se distingua; il publia 
uneMelhode de chant el6mentaire (avec Faisst), 
une Liederscliule, un album de solfeges et des 
morceaux de chant destines A l'enseignement, 
une Grosse Klavierschule (avec S. Lebert), 
divers recueils de transcriptions classiques 
(Hausschatz ; Feierstunden ; NacJMange, Phil- 
harmonische Bibliothek), ainsi que quelques 
pieces originates pour instruments divers et 
pour piano, des lieder, des choeurs, etc. S. etait 
D r phil. et portait le titre de « professeur ». 

Starke, Friedrich, ne & Elsterwerda en 1774, 
m. a Dobling, pres Vienne, le 18 d6c. 1835, 
comme chef de musique militaire pensionne. II 
a publie: Journal fiir Militarmustk (trois cents 
livraisons); Journal fiir Trompeterchdre (cin- 
quante numeros), etc., puis de la musique d*e- 
glise (Messe, Tantum ergo) et une Methode de 
piano. 

Stasny, Ludwig, n6 a Prague le 26 fevr. 1823, 
m. A Francfort-s/M. le 30 oct. 1883. II ecrivit 
deux operas : Lume (Mayence, 1851) et Diebei- 
den Grenadiere (1879), mais il est surtout connu 

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792 



STAUDIGL 



par ses danses populaires, de meme que par 
sea arrangements pour orchestre seul de frag- 
ments des dernieres ceuvre* de Wagner. S. fut 
eleve du Conservatoire de Prague ; de 1846 & 
1868, il fut chef de musique mililaire autrichien 
et, des 1871, chef d'orchestre au « Palmengar- 
ten > de Francfort-s/M. Cf. Stiastny. 

Staudigl, 1. Joseph, celebre chanteur (basse), 
ne & Wdllersdorf (Basse-Autriche) le 14 avr. 
1807, m. dansl'asile d'alienesdeMichaelbeuern- 
grund le 28 mars 1861 ; fit son gymnase & 
Wiener-Neustadt,puis entra dans le couvent de 
Melk, qu'il quitta bientdt pour etudier la m£de- 
cine, & Vienne. Mais, peu apres, il prit un en- 
gagnement dansles choeurs de l'Opera, oil il se 
distingua comme soliste, et devint premiere 
basse. En 1881, S. fut engage comme maitre de 
chapelle de la Cour. II etait aussi distingue 
comme chanteur de concert que comme artiste 
lyrique; ses facultes mentales commencerent a 
baisser en 1855, puis, en 1856, son etat neces- 
sita son transfer! dans une maison de sanle. 
Son fils cadet, — 2. Joseph, ne a Vienne le 
18 mars 1850, est un excellent baryton. Eleve 
de Robitansky, au Conservatoire de Vienne, 
il est engage k Carlsruhe, et porte le titre de 
chanteur de la Chambre grand'ducale. 

Stave (angl.), portee. 

Stavenhagen, Brrnhard, excellent pianiste, 
ne a Greiz (Reuss) le 24 nov. 1862 ; £leve de 
Kiel, de Rudorff et de Liszt, recut en 1880 le 
prix Mendelssohn, pour la virtuosite instru- 
mentale. S. elut domicile & Weimar en 1885, et 
y devint, en 1890, pianiste de la Cour ducale ; 
il epousa la cantatrice Agnes Denis et fut ap- 
pele, en 1895, apres de brillantes toumees de 
concerts, aux fonctions de chef d'orchestre de 
la Cour de Weimar. II succeda enfin, en 1898, 
a R. Strauss, comme chef d'orchestre dela Cour, 
& l'Opera de Munich. 

Stecker, Carl, musicographe, ne a Kosma- 
nos (Boheme) le 22 janv. 1861 ; etudia la philo- 
sophie a Prague, puis se voua a la musique et 
frequenta l'Ecole d'organistes de Prague. II 
devint, en 1885, directeur des choeurs de Teglise 
du couvent St-Ursule et maitre de chant a re- 
cole des jeunes fllles de la ville. De 1885 a 
1889, S. fut maitre d'orgue a l'Ecole d'organis- 
tes ; en 1889, il a &e nomme professeur d'his- 
toire de la musique et de contrepoint, au Con- 
servatoire. En 1888 deja, S. 6tait devenu lec- 
teur de sciences musicales A l'Universite de 
Prague. S. a ecrit: Kritische Beitrage zu eini- 
gen Slreitfragen in der Musikwissenschaft (en 
tcheque, dans les proces-verbaux de la Societe 
royale tcheque des sciences [1889] ; en alle- 
mand, dans « Vierteljahresschrift fur Musik- 
wissenschaft*, comme supplement personnel, 
1890) ; il est aussi collaborates de la gazette 
musicale tcheque : Dalibor. Comme composi- 
teur, il a publie une sonate d'orgue, une Missa 
solemnis pour soli, choeur et orgue, des motets, 
des lieder, un Ave, etc., etc. 

Steffani, Agostino, abbe, compositeur celebre 
dont les « duos de chambre » occupent une 
place considerable dans l'histoire de la musi- 



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STEFFENS 

que, ne a Castelfranco (Venitie) en 1655, m. a 
Francfort-s/M. en 1730; recut sa premiere 
education musicale comme chantre de l'eglise 
St-Marc, A Venise, et, gr£ce a Tappui du prince 
electeur, devint eleve de J.-K. Kerl, a Munich 
(1667). S. resta k Munich ; il y devint musicien 
de la chambre en 1670, travailla encore.de 1672 
& 1674, & Rome, devint en 1675 organiste de la 
Cour et, vers 1681, directeur de la musique de 
chambre du prince electeur, en meme temps 
que Bernabei. En 1681, S. ecrivit son premier 
opera: Marco Aurelio, puis vinrent : Solone* 
Audacia e rispetto, Servio Tullio (qui lui valut 
la place de maitre de chapelle de la Cour, a 
Hanovre), Alarico, Niobe ; enfin, pour Bruns- 
wick : Henrico detto il Leone (1689), La lotta 
dRercole' con Acheloo (1689), Le rivali con- 
cordi, La super bia d'Alessandro (1690), Or- 
lando generoso (1691), Alcibiade, Alalante et 
11 trionfo del fato (= Lavinia e Dido, 1699). 
Tontefois S. fut bientdt totalement accapare par 
la haute diplomatic, qui l'inleressait vivement 
(en 1680 deja, nous letrouvonsmentionne comme 
pretre). II fut envoys extraordinaire aupr&s des 
cours allemandes, pour aplanir les difficultes que 
rencontraitle projet de Tempereur d'etablir une 
neuvieme dignity electorate dans la maison 
Brunswick-Hanovre;il y reussit completement 
(1692), et fut recompense par sa nomination de 
protonotaire du pape et d'eveque (in partibus) 
de Spiga, avec une pension annuelle de 1500 
thaler. Des lors, S. fut bien plus courtisan que 
musicien et saisit avec joie l'occasion qui se 
presentait A lui de remettre ses fonctions de 
maitre de chapelle & Hsendel, en qui il avait 
une confiance absolue (1710). II conserva bien» 
dans la suite, son domicile a Hanovre, mais 
visita Tltalie en 1729, eut des relations suivies 
avec le cardinal Ottoboni, a Rome, et mourut 
au cours d'un voyage, a Francfort-s/M. Les ti- 
tres de beaucoup d'ceuvres de S. sont perdus: 
depuis qu'il etait devenu diplomate, il aimait a 
laisser ses oeuvres se repandre sous d'autres 
noms que le sien (celui de son copiste, Piva, par 
ex.). II a publie: Psalmodia vespertina 8 pie- 
nisvocibus concinenda (1674); Janus quadri- 
fons 3 vocibus vel 2 quolibet prcerteivnissa 
modulandus (1685, motets avec continuo, ecrits 
pour trois voix, dont une au choix peut etre 
supprimee); Sonate da camera a 2 violini, alto 
e continuo (1679); Duetti da camera a soprano 
a contralto con il basso continuo (1683, tres re- 
marquable) et un petit ecrit : Quanta cerlezza 
habbia da suoi principj la musica (1695; ed. 
allemande par Werkmeister, en 1699, et par 
Albrecht, en 1760). Cf. Aus den Papieren des 
kurpfdlzischen Ministers A. -St et Frans-W. 
Wocfter (1885). 

Steffens, Julius (fils de Friedrich S., m. le 
5 avr. 1869, directeur de l'Ecole de musique de 
l'orphelinat militaire,& Potsdam), ne a Stargard 
(Pomeranic) le 12 juil. 1831, m. a Wiesbaden le 
4 mars 1882. Excellent violoncelliste, eleve de 
Maurice Ganz, a Berlin, et de Karl Schuberth. 
a St-Petersbourg. S. fit pendant longtemps par- 
tie de la cliapelle im peri ale de St-Petersbourg, 

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STEG — 8TEINBACH 



793 



et entreprit de longs voyages avec Jaell et 
Vieuxtemps. Parmi ses compositions, il faut 
noter deux concertos de violoncello et toute une 
s^rie de petites compositions. 

Steg (alL), chevalet. 

Steggal, Charles, ne A Londres le 3 juin 
1826; eieve de Bennet A la • Royal Academy of 
music >, devint, en 1847, organiste A Maida 
Hill, en 1851 mattre A 1* Academic, en 1852 ba- 
chelier et D* mtis. (Cambridge), en 1885 orga- 
niste de l'6glise du Christ, enfin, en 1864, orga- 
niste de « Lincolns Inn Chapel >. II a compost 
des ceuvres vocales d^glise et fait des conferen- 
ces mnsicales. 

Stegmann, Karl-David, compositeur, n6 A 
Dresde en 1751, m. A Bonn le 37 mai 1826; fr£- 
quenta les classes de l'Ecole de la Croix, A 
Dresde (sous la direction de Uomilius) etetudia 
le violon sous la direction de Weisse. II debuta 
en 1792 comme tenor, A Breslau, fut aussi en- 
gage comme chanteur A Konigsberg, et y devint 
concertmeister du prince-^v^que d'Erm eland. 
Apr^s un s£jour passager A Dantzig et A Gotha, 
S. devint, en 1778, chef d'orchestre et, en 1798, 
co-directeur de TOp^ra de Hambourg. S. ecrivit 
plusieurs operas, des symphonies, etc.; des 
compositions pour piano et quelques melodies 
ont h\& publiees. 

Stegmayer, Ferdinand, directeur et profes- 
seur de chant, ne a Vienne en 1803, m. dans la 
m&me ville le 6 mai 186B; fils de Tacteur et 
po£te S. ( « Rochus Pumpernickel > ), qui se 
chargea lui-mdme de son education. S. fut pre- 
increment directeur des chceurs A Vienne, puis 
(1825) au Theatre de « Konigstadt », A Berlin. 
De 1829 A 1890, il fut chef d'orchestre de la 
troupe d'op&ra allemande Rdckel, A Paris, puis 
habita successivement Leipzig, Breme et Vien- 
ne, ou il tint, au Conservatoire, de 1853 A 1854, 
les classes de chant dramatique et de chant 
(hommes) et en m6me temps, de 1853 A 1857, 
celles de chant choral. S, a public des graduels, 
des offertoires pour voix d'hommes, des mor- 
ceaux de piano et des lieder. 

Stehle, Gustav-Eduard, ne A Steinhausen 
(Wurtemberg) le 17 f^v. 1839; maitre de cha- 
pelle de la Cath6drale de St-Gall, organiste- 
virtuoseetcontrapontiste de talent (Saui s tableau 
symphonique pour orgue, etc.) 

Steibelt, Daniel, pianiste tr6s fete de son 
temps, compositeur A la mode qui partageait 
avec Pleyel les faveurs du public et des editeurs, 
n6 A Berlin en 1765, m. A St-Petersbourg le 20 
sept. 1823 ; son p£re, un facteur de pianos de 
Berlin, lui donna Kirnberger pour maitre de 
piano et de Lh£orie. S. eut une vie tr&s agitee 
en partie par sa faute, car il ne pouvait lui 
convenir de se comporter en soci£te en homme 
bien eiev6 et il se mon trait, au contraire, tou- 
jours extravagant, blessant de parti-pris ses 
protecteurs, etc. II etait prodigue, toujours en- 
dette, et ne reculait m&me pas devant certains 
proced&s deshonnetes, tels que la vente de ses 
compositions deux fois, a des editeurs differents, 
etc. En 1789, S. commen$a des tournees artis- 
tiques, apparut Tann^e suivante A Paris et y 



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fut appr£ci£ comme pianiste ; il trouva aussi 
un editeur (Boyer) et devint rapidement le pro- 
fesseur A la mode. U fit intone representor un 
opera : Romio et Juliette, au theatre Feydau ; 
mais il se rendit bientdt insupportable et dut 
entreprendre de nouveaux voyages. Des tenta- 
tives renouvetees de prendre pied soit A Paris, 
soit A Londres, 6chou6rent, bien qu'il eut fait 
exicuter avec succ&s, en 1806, une cantate : La 
fete de Mars, pour f&ter la bataille d* Austerlitz. 
Eu 1808, il dut se soustraire par la fuite a ses 
debiteurs, sans attendre la representation de 
son opera : La princesse de Babylone ; cette 
fois-ci, il se dirigea du cdt6 de St-Petersbourg, 
el eut le bonheur d'etre engage a vie, comme 
chef d'orchestre A TOpera frangais, A la place 
de Boieldieu, qui venait de retourner a Paris. 
II y ecrivit des operas nouveaux: Cendrillon et 
Sargines, et fit representee en outre, ceux qu'il 
avait ecrits pour Paris. Le nombre des ceuvres 
editees de S. est tres grand, mais comme elles 
n'eurent qu'une valeur tres ephemere, il est 
inutile d'en dresser la liste complete. Ce sont 
des ouvertures, sept concertos de piano, parmi 
lesquels le plus connu est L Or age (n° 8, en 
mi majeur), des quintettes, quatuors et trios 
avec piano, plus de soixante sonates de violon, 
une infinite d'oeuvres pour piano seul (divertis- 
sements, fantaisies, variations, marches et dan- 
ses). Aujourd'hui S. est oublie, lui qui, un jour, 
osa entrer ouvertement en lutte avec Beethoven 
et que le public n'estimait pas de beaucoup in- 
ferieur au maitre des maltres. 

Stein, Georg-Andrras, ceiebre constructeur 
de pianos et d'orgues, a Augsbourg, inventeur 
de la « mecanique allemande » (v. piano), ne a 
Hildesheim, dans le Palatinat, en 1728, m. A 
Augsbourg le 29 fivr. 1792; eieve d'Andre Sil- 
bermann, A Strasbourg, construisit un grand 
nombre d'orgues excellentes, environ sept cents 
pianos et un double piano a queue, pourvu de 
deux claviers places aux deux extremites de 
rinstrument(Diplasion, Vis-a-vis). Les heritiers 
du commerce furent sa fille Nanette (Strei- 
cher) et son fils Andreas. — 2. Eduard, chef 
d'orchestre distingue, ne a Kleinschirma, pres 
de Freiberg (Saxe), en 1818, m. a Sondershausen 
le 16 mars 1864; eieve de Weinlig et de Men- 
delssohn, A Leipzig, fut, des 1853, maitre de 
chapelle a Sondershausen. 11 etait lie d'amitie 
avec Liszt et Raff, et ce fut lui qui etablit la 
renommee de Torchestre de Sondershausen. 
Parmi ses compositions, on connait surtout son 
concerto de contrebasse (op. 9), ecrit pour le 
contrebassiste Simon. — 8. Theodor, pianiste, 
ne a Altona en 1819, commen^a a donner des 
concerts, avec son pere, a Tage de douze ans, et 
vecut successivement a Stockholm, a Helsing- 
fors et a Reval. II est, depuis 1872, Tun des pro- 
fesseurs les plus distingues du Conservatoire 
de St-Petersbourg. S. excellait autrefois dans 
l'improvisation au piano. 

Steinbach,l.EMiL, ne aLengenrieden (Bade) 
le 14 nov. 1849; de 1867 A 1869, eieve du Con- 
servatoire de Leipzig, il est, depuis 1877, di- 
recteur de TOrchestre de la ville de Mayence. 

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STEINER — STERKEL 



Auteur d'oeuvres de musique de chambre, de 
morceaux d*orchestre,dc lieder, etc.— 2. Fritz, 
fr6re du prudent, n£ k Grunsfeld (Bade) le 
17 juin 1855; 6l6ve de son fr6re et du Cotiser- 
vatoire de Leipzig (1873), obtint la bourse de la 
fondalion Mozart. II fut, de 1880 k 1886, second 
chef d'orchestre k Mayence et fut nomm6, en 
1886, maitre de chapelte de la Cour, a Meinin- 
gen. S. est un compositeur de talent (septuor, 
op. 7; sonate de violoncelle; lieder, etc.) 

Steiner, v. Stalner. 

Stein gr&ber, Theodor, n6 a Neustadt sur 
TOder le 25 janv. 1830 ; fils du facteur de pia- 
nos Joh.-Gottlieb STEiNORiKBER, fondateur et 
chef de la maison d'Gditions S., k Hanovre et, 
depuis 1890, a Leipzig. Sous le pseudonyme de 
(iustave Damm, S. est Tauteur d'une m£thode 
de piano fort r£pandue. II a public d'excellentes 
editions des classiques, revues par Fr. Kullak, 
H. Bischoff, E. Mertke, H. Riemann, etc. Son 
cousin, Eduard S., n6 en 1828, est facteur de 
pianos, k Bayreuth. 

Steinway and Sons, Steinweg und Sonne, 
Tune des fabriques acluelles de pianos les plus 
renommees (k New- York) : son fondaleur est 
Heinrigh Steinweg, ne k Seesen le 15 fevr. 
1797, m. a New- York le 7 fevr. 1871. Celui-ci fa- 
briquait k Brunswick des guitares et des zither, 
puis comment la fabrication des pianos; il 
n'avait appris que rebenisterie et la construc- 
tion des orgues, k Goslar. En 1850, il remit sa 
maison de Brunswick a son fils Theodor, et 
alia, avec quatre autres fils, k New- York, ou 
ils travaillerent d'abord dans plusieurs fabri- 
ques de pianos, puis s'&tablirent, en 1853, sous 
la raison de commerce indiquee plus haul. La 
maison se developpa rapidement, apres avoir 
remport6 k 1'Exposition industrielle de New- 
York, en 1855, le premier prix pour pianos A 
cordes croisees. Actuellement, le magasin'de la 
maison S. est un des plus beaux bailments de 
la ville de New-York, et la salle de musique 
« Steinway-Hall » une des plus grandes salles 
de concerts. La maison a des succursales k 
Londres et k Hambourg. Celui des fils qui £tait 
resl6 d'abord en Europe, Karl-Friedrich- 
Theodor (ne k Seesen en 1825, m. k Brunswick 
le 26 mars 1889), abandonna le commerce de 
Brunswick en 1865 (actuellement : Theodor 
Steinweg Nachfolger, Helferich, Grotrian und 
Clomp.) et entra, apres la mort de ses fr&res 
Heinrigh (11 mars 1865, a New- York) et Karl 
(le 3 mars 1865, a Brunswick), dans la maison 
de New- York. Albert S. mourut en 1876, k 
New- York ; Wilhelm (dit William), le dernier 
des fondateurs, mourut a New- York egalement 
le 30 nov. 1896. 

Steinweg, v. Steinway. 

Stelzner, Alfred, D r phil., a Wiesbaden, a 
attire depuis 1891 l'attention du monde musi- 
cal, en presentant des instr. a cordes (violon, 
violotta [v. ce mot], violoncelle) construits d'a- 
pr&s un nouveau systeme. S. pretend avoir 
resolu le probleme acoustique de la meilleure 
resonance, de telle maniere que les nouveaux 
instruments doivent rendre avec une certitude 



absolue, d'apres des calculs exacts de mensu- 
ration, ce que les instruments italiens ne ren- 
daientque par le fait du hasard. Ses instruments, 
construits par Weidmann, k Wiesbaden, ne 
sont point mauvais, mais sontloin de satisfaire 
k pareilles pretentions. Comme forme appa- 
rente, ils sont plus lourds que les anciens ins- 
truments, surtout Tin forme violotta, dont la 
sonority ne repond nullement au volume assez 
considerable. Certains details de la nouvelle 
construction, par ex. des langueltes en bois qui 
vibrent dans les deux ouies en F, sont des er- 
reurs qu'il est facile de prouver scientifique- 
ment. Le D r S., voulant introduire r usage de 
la violotta, a ouvert a diverses reprises des 
concours pour la composition d'ceuvres de mu- 
sique de chambre comprenant une parlie de 
violotta. 

Stendhal , pseudonyme de Marie - Henri 
Beyle, ne a Grenoble le 23 janv. 1783, m. a 
Paris le 23 mars 1842; employ^ d*administratioii 
militaire, sous Napoleon, en Allemagne, en 
Russie puis k Milan, k Paris et, enfin, a Civitta- 
Veccbia. Auteur d'un ouvrage sur Haydn (1814: 
plagiat de Le Haydine, de Carpani, paru aussi 
en anglais, puis, en 1817, sous le litre : Vies de 
Haydn, Morzart el Metastasio), et d'un autre 
sur Rossini (1823; plagiat de Le Rossiniane, de 
Carpani, paru sous le titre de : Vie de Rossini, 
par Stendhal). A c6t6 de cela, S. n'a ecrit que 
des ouvrages n'ayant pas trait a la musique 
(une < Histoire de la peintnre italienne », entre 
autres). Cf. H. Imbert, Symphonies^ nUlanges 
de critique musiccde et litt&raire (IV). 

Stentato (ital.), retenu, k peu pres syn. de 
ritenuto, mais avec quelque chose de plus pe- 
sant, de plus lourd que ce dernier (pesanie). 

Stephens, Katharine, can tat rice sc£nique 
renommee (soprano), n£e a Londres le 18 sept. 
1794, m., comtesse Essex, le 22 tevr. 1882. Elle 
cbanta, de 1814 a 1835, sur les premieres sce- 
nes de Londres, dans les festivals de musique, 
dans les concerts, etc. Son neveu, — 2. Charles- 
Edouard, n6 le 18 mars 1821, est un pianiste 
distingue, en m£me temps que Tauteur d'ceu- 
vres instrumentales et vocales bien ecrites. 

Sterkel, Johann-Franz-Xaver, compositeur, 
ne a Wtirzbourg le 3 dec. 1750, m. a Mayence 
le 12 oct. 1817 ; etudia la theologie, devint en 
1778 chapelain de la Cour et organisle a Mayen- 
ce, fit aux frais du prince 61ecteur un voyage 
en Italie, et y fut tr&s appr6cie comme pianiste. 
A son retour, en 1798, il recut la place de mai- 
tre de chapelle et un canonical. En 1807, il sol- 
vit le prince-primat k Ratisbonne et y fonda 
une Ecole de chant Les ev6neraents de 1814 le 
chasserent de sa place, en sorte qu'il rentra a 
Mayence, ou il mourut. S. fut un compositeur 
fecond, mais peu original; il n'en eut pas moins 
un certain succes. II publia plus de cent ceu- 
vres, mais d'autres, en majeure partie destinies 
a l^glise, resterent manuscrites. On a grave 
dix symphonies, deux ouvertures, un quintette 
pour instr. a archet, six trios pour deux vio- 
lons et violoncelle, six duos pour violon et alto, 
six concertos de piano, des sonates de violon, 



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STERLING — STIASTNY 



795 



des sonates de piano a deux et a quatre mains, 
des rondos, des fantaisies pour piano, dix 
cahiers de liedelr, trois cahiers de < canzonette » 
italiennes, deax cahiers de duos italiens pour 
deux sopranos, des airs, etc. 

Sterling, Antoinette, c616bre canlalrice de 
concert (alto), n6e a Sterlingville (New- York), 
le 23 janv. 1850 ; fit ses premieres (Hudes dans 
sa ville natale, se perfectionna ensuite, sous la 
direction de M md Marchesi, k Cologne, de M m * 
Viardot-Garcia, a Baden-Baden, et de Manuel 
Garcia, a Londres. Elle se fit entendre k Lon- 
dres en 1873, et y resta d&s lors ; elle 6pousa, en 
1875, un M. Mac Kinlay. 

Stern, 1. Georg-Friedrich-Theophil, orga- 
niste et compositeur, n£ a Strasbourg le 24 
juil. 1803; futd'abord organisle dans cette ville, 
a l'£glise St-Pierre, puis, peu de temps, maitre 
de musique k Carlsruhe et, d£s 1841, organist e 
au Temple Neuf (eglise protestante). II a publie 
sept recueils de morceaux d'orgue (pedale ad 
libitum) qui d&nolent un talent reel. — 2. Ju- 
lius, ne k Breslau le 8 aoul 1820, m. k Berlin le 
27 tevr. 1883 ; 616ve, pour le violon, de Peter 
Lttstner et, plus tard, apres que ses parents se 
furent fix£s a Berlin (1832), de Maurer, Ganz et 
Sainl-Lubin. En 1834, il enlra a l'« Academic de 
chant » (alto) et, peu apres, devint eleve parti- 
culier de Rungenhagen, pour la composition; 
de 1843 a 1846, il travailla encore, gra\ce a un 
subside de la cassette royale, d'abord k Dresde, 
puis a Paris. Cest alors qu'il debuta dans la 
carriere pratique, en dirigeant avcc succes la 
Society de chant allemande, a Paris; de retour 
k Berlin, il crea, en 1847, la Soci6te chorale 
mixte qui porte son nom (Stern'scher Gesang- 
verein) et qu'il dirigea jusqu'en 1874 (ses suc- 
cesseurs furent: J. Stockhausen jusqu'en 1878, 
M.Bruch jusqu'en 1880, Rudorff jusqu'en 1890, 
et Fr. Gernsheim). La society devint bientot, 
sous sa direction, Tune des plus renommees de 
l'AUemagne. Troi3 annees plus tard (1850), S. 
fonda, avec Th. Kullak et A.-B. Marx, le « Con- 
servatoire de musique (Stern) », a Berlin ; Kullak 
s'en s£para en 1855 et fonda sa < Nouvelle aca- 
demie de musique ».En 1857, Marx quitta aussi 
le Conservatoire, mais celui-ci continua a jouir 
de la meilleure renommee, sous la direction 
unique de S., gra\ce a l'assislance d'excellents 
professeurs (cf. Meyer, 3). De 1869 a 1871, 
S. dirigea aussi la « Ghapelle symphonique » et, 
de 1873 a 1874, les concerts des c Reichshallen » ; 
mais il voua ensuite toules ses forces et tout 
son temps au Conservatoire. S. avait re^u, en 
1849, le titre de « directeur royal de musique » 
et, en 1869, celui de « professeur*. II a compost 
quelques petites oeuvres vocales. Cf. Erinne- 
rungsblatter an J. Stern, par Richard Stern 
(1886). — 3. Margarethe (nee Herr), pianiste 
de talent, n6e a Dresde le 25 no v. 1857; son 
pere etait musicien dans l'Orchestre royal, et 
la confta aux soins de Karl Kraeger, a Dresde, 
puis de Liszt, a, Weimar, enfin, pendant quelque 
temps, de Clara Schumann. Elle epousa, en 
1881, le po6te et hislorien de la litterature, D p 
Adolf Stern, professeur a 1' « AcadSmie poly- 



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technique », a Dresde. M m « S. est la pianiste 
attitree des seances de musique de chambre du 
violoniste Petri. 

Stevens, Richard-John-Samuel^S a Londres 
en 1757, m. dans la m&me ville le 23 sept. 1837; 
organiste de t Temple Church > et de « Charier 
House », a Londres, devint en outre, en 1801, 
maitre de musique au « Gresham College >. S. 
est un compositeur renommS de glees et de 
catches. 

Stewart, Robert-Prescott, organiste et 
compositeur anglais, ne a Dublin le 16 dec. 
1825, m. a Dublin le 24 f6v. 1894; fut enfant de 
choeur de 1'eglise du Christ et, deja a Vkge de 
dix-huit ans, organiste de cette m6me eglise. 
En 1846, il devint directeur de musique de 
rUniversitS, en 1851 D r en musique, en 1852 
vicaire du choeur de St-Patrick, en 1861 profes- 
seur de musique k TUniversite de Dublin. Ce 
fut lui qui, en 1872, representa l'lrlande k la 
grande tete de la paix, k Boston; il fut anobli 
peu apr&s (Sir). En 1873, il prit la direction de 
la « Soci£t6 Philharmonique » de Dublin. On fait 
grand cas, parmi ses compositions, d'une fan- 
taisie sur des themes irlandais pour soli, 
chceur et orchestre (1872, Boston), et de quel- 
ques autres cantates et odes; mais S. est sur- 
tout renomme comme organiste. 

Stich, Johann-Wenzel (italianise : Giovanni 
Punto), tres cetebre corniste virtuose, n6 a 
Zchuzicz, pres Tschaslau (BohSme), en 1748, 
m. a Prague le 16 f6vr. 1803; etit d'abord une 
vie d'artiste tres agitee, parcourut toute l'Eu- 
rope, puis accept a, en 1781, une place k la Cour 
de 1'Evdque de Wtirzbourg, mais 6changea 
celle-ci, en 1782, contre les fonctions de musi- 
cien de la chambre du comte d'Artois (le futur 
Charles X), k Paris. II fut, pendant la Terreur, 
directeur d*un petit theatre de vaudeville ; en 
1799, il retourna en Atlemagne, et enchanta, 
entre autres, Beethoven qui ecrivit pour lui une 
sonate (op. 17). S. vecut en fin k Prague d'ou il 
songeait reparlir pour Paris, avec Dussek, 
lorsque la mort le surprit. S a publie quatorze 
concertos de cor; un sextuor pour cor, clari- 
nette, basson, violon, alto el contrebasse; un 
quintette pour flute, cor et trio d'archets; vingt- 
quatre quatuors pour cor et trios d'archets; 
vingl trios pour trois cors; un grand nombre 
de duos pour deux cors; des duos pour cor el 
contrebasse ; des Etudes et une methode de cor 
(1798; revision d'une methode de son maitre, 
Hampel); un Hymne a la liberld, avec or- 
chestre ; des trios pour instr. a archet et des 
duos de violons. 

Stiastny (Stiasny, Stasny), Bernhard-Wen- 
zel, ne a Prague en 1760, m. dans la m&ne 
ville en 1835; ills du hautboiste Johann St. 
(m. en 1798), fut violoncelliste de l'orchestre du 
theatre el, de 1810 a 1822, professeur au Con- 
servatoire de Prague. On a^de lui des sonates, 
des morceaux fugues pour deux violoncelles et 
une methode de vioioncelle. Son frere — 2. 
Franz-Johann, ne a Prague en 1794, m. vers 
1820, etait egalement violoncelliste et plus vir- 
tuose encore que le premier. II fut engage k 

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STIEHL — STOCKHAUSEN 



Prague, k Nuremberg, k Mannheim, et publia 
des duos de violoncelles, un concerto de vio- 
loncelle, des sonates pour violoncelle et basse, 
un divertissement pour violoncelle, alto et 
basse, etc. Cf. Stasny. 

Stiehl, Hkinrich-Franz-Daniel, organiste 
virtuose, n& k Lubeck le 5 aotit 1829, m. k 
Reval le 1** mai 1886: Steve de Lobe et du 
Conservatoire de Leipzig, fut, de 1853 k 1866, 
organiste de l'&glise Si-Pierre et directeur de 
la « Singakademie » k St-P6tersbourg. II donna 
des concerts en Allemagne, en Italie el en An- 
gleterre, puis fut, de 1874 k 1878, directeur de 
la « Society Ste-G6cile » de Belfast (Irlande). 
Apr&s avoir v6cu quelques ann&es k Hastings, 
comme profeBseur de piano, il accepta, en 1880, 
la place d'organiste de St-Olaf et la direction 
de la € Singakademie », k Reval. C'est avec cette 
soci&6 chorale qu'il ex&cuta en 1883, k SI-P6- 
tersbourg, la « Passion selon Sl-Matlhieu », de 
Bach, S. a public un grand nombre de compo- 
sitions pour orchestre {Ouverlure triomphale); 
des ceuvres chorales (Elfenkcenigin); de la 
musique de chambre (trois trios, un quatuor 
pour instr. k archet [op. 172], une sonatede vio- 
loncelle, une sonate et des morceaux pour 
piano et violon); des morceaux de piano, des 
lieder (Psalter und Harfe): enfin deux operas : 
Der Schatzgr&ber, Jery und B&tely. Son frSre 
— 2. Karl-Jos-'Ghrist., n6 k Lubeck le 12 juil. 
1826 ; eleve de son p£re, l'organiste de St- Jacob, 
a Lubeck, Johann-Dietrich S. (n6 k Lubeck le 
9 juil. 1800, m. dans la m£me ville le 27 juin 
1873), fut, de 1848 k 1858, organiste k Jever, de 
1858 k 1877 organiste et directeur de musique 
k Eutin. Depuis 1878, S. est directeur de la t So- 
ci6t£ de musique* et de la t Singakademie* 
de Lubeck, en mdme temps que critique musi- 
cal de la t Gazette de Lubeck ». II a Scrit : Zur 
Geschichte der Inslrumentalmusik in Lu- 
beck (1885) ; Lubechisches Tonkunstlerlexikon 
(1887) et Musihjjeschichte der Siadt Lilbech 
(1891). 

Stiehle, Ludwig-Maxim.-Adolph, violoniste, 
n£ a Francfort-s/M. le 19 aoAt 1850, m. k Mul- 
house (Alsace) le 6 juil. 1896; flls d'un bon 
violoniste, 6l6ve de Vieuxtemps (de 1861 k 
1863, dans la villa de Vieuxtemps k Dreiei- 
chenhain), de Hermann et de Joachim (Hano- 
vre, 1867; Berlin, 1869-1871). II fit partie, en 
1872, du quatuor Alard. k Paris, en 1873, de 
celui du baron de Denies, k Nice, en 1875, du 
quatuor Hochberg, puis se fixa k Mulhouse ou 
il fonda et dirigea des concerts d'abonnement. 
En outre, il donnait avec Hans Huber,&B&le, des 
soirees de musique de chambre tr&s appreciSes. 

Stile (ital.), style. & osservato, le style « tra- 
ditionnel », s£v6re, surtout eu parlant de mu- 
sique vocale pure (v. style), style a cappella 
ou style palestrinien (v. Palestrina); S. rap- 
presentativo, style approprie k la sc6ne, style 
dramatique, autrement ditlamonodie accom- 
pagn£e invents vers 1600, a Florence. Gf. 

OPERA. 

Stimme (all.), voix, partie vocale ou instru- 
mental. 



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Stimmgabel (all.), diapason. 

Stiracchiato (ital.), &endu, dilate. 

Stirling, Elisabeth, organiste anglaise dis- 
tinguee, auteur d'oeuvres de valeur, n6e a 
Greenwich le 26 f6v. 1809; 616 ve, pourTorgue 
et pour le piano, de W.-B. Wilson et de Holmes, 
pour la theorie de Hamilton et de Macfarren, 
devint organiste en 1889, k Poplar, dans Feglise 
de la Toussaint, en 1858 k Undershaft, dans 
celle de St-Andr6. Elle prit sa retraite en 1880. 
En' 1856, S. s'inscrivit pour les examens da 
doctorat en musique et 1 aurait obtenu, si Ton 
n'avait 6te dans le doute au sujet de la possibi- 
lity de conf&rer ce grade k u6e femme. EUe 
Spousa, en 1863, un M r Bridge. M»* S. a public 
des morceaux cTorgue et de la musique vocale 
d'une facture excellente. 

Stob&us, Johann, un des compositeurs de 
musique d*6glise protestante les plus illustrea, 
dans la premiere moitte du xvn* siecle, n£ a 
Graudenz le 6 juil. 1580, m. k Konigsberg le 
11 sept. 1646; arriva k Konigsberg en 1595, 
pour y frequenter le college classique, puis, en 
16(H), rUniversitk En 1599, il devint l'Steve de 
J. Eccard et entra en 1601, comme basse, dans 
la Chapelle vocale du prince 61ecteur. En 1602, 
S. fut nomm£ chantre de la cathedrale, en 1627 
maitre de chapelle du prince £lecteur; il se lia 
d'amitie avec son maitre Eccard et devint son 
collaborates, pour la composition d'un recueil 
de chorals k plusieurs parties, a l'usage des 
Sglises de Prusse : Preussische Festlieder auf 
das ganze Jahr fiir 5, 6', 7 und 8 Slimmen 
(deux parties, 1642 et 1644 ; nouv, £dit. en 1858, 
par Teschner) et Geistliche Lieder auf gevoohn- 
liche Preussische Kirclien- Melodeyen mil 5 
Stimmen (1634). En outre, S. est l'auteur de : 
Canliones sacrae 5-19 v. item Magnificat 
(1624) et d'un tr£s grand nombre de composi- 
tions de circonstance, souvent bashes sur des 
melodies sacrees. 

Stockhausen, 1. Franz (p&re), harpiste vir- 
tuose, n6 k Cologne en 1792, m. k Colmar en 
1868; donna de nombreux concerts avec sa 
femme, Marqarethe (nee Schmuck) qui 6tait 
une cantatrice distinguee (m. le 6 oct. 1877). 11 
a public un grand nombre de compositions 
pour la harpe. — 2. Julius, fils du precedent* 
chanteur distingue et maitre de chant tr£s re- 
nomme, n6 a Paris le 22 juil. 1826; eldve da 
Conservatoire de Paris et de Manuel Garcia, a 
Londres, il se fit rapidement une grande impu- 
tation comme chanteur de concerts* De 1882 a 
1867, il dirigea les Concerts Philharmoniqueaet 
la « Singakademie » de Hambourg; de 1869 a 
1870, il fut engage comme chanteur de la Cour, 
k Stuttgart, enfin, en 1874, il prit la direction de 
la Societe de chant Stern, k Berlin, et la con- 
serva jusqu'au moment oil, en 1878, il fut ap- 
pele aux fonctions de maitre de chant au Con- 
servatoire Hoch, k Francfort-s/M. II donna sa 
demission en 1879 d£j&, k la suite de diffe- 
rends avec la direction, et, depuis lors, il est 
directeur d'une c Ecole de chant » qu'il a fondee 
lui-m£me k Francforl-s/M. En 1886-1887, S. 
a publie une excellente methode de chant en 

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STCELZBL — STOJOWSKY 



797 



deux vol. — 3. Franz (flls), fr£re du prdc&dent, 
n*e k Gebweiler le 30 janv. 1839; re$ut les pre- 
mieres lemons de musique de ses parents, fat 
ensuite 6iive d'Alkan, k Paris, et fr&quenta, de 
1860 k 186% le Conservatoire de Leipzig (Mo- 
scheles, Richter, Hauptmann). De 1863 k 1866, 
S. fat directear de masiqae k Thann, en Alsace, 
il v6cut, de 1866 k 1868, aupr&s de son fr&re, k 
Hambourg, et fat appeld en 1868 comme direc- 
tear de la Soci6t& de Chant sacr6 et directeur 
de masiqae de la cath&drale, k Strasbourg. En 
1871, S. fut nomm6 directear da Conservatoire 
de Strasbourg et des concerts syniphoniques 
de la ville; il donna sa d&mission de directeur 
de la Soci6t6 de Chant sacre, en 1879. Le 
conservatoire de Strasbourg a fait, sous la di- 
rection de S., des progr&s r£jouissants. S. a 
re$u, en 1892, le litre de <professeur royal ». 

Stcelzel, Gottfried-Hkinrich, compositeur et 
thforicien, n6 k Grunst&dtl, dans FErzgebirge 
saxon, le 30 janv. 1690, m. k Gotha le 27 nov. 
1749; £tait le fils d'un organiste qui lui donna 
les premieres lemons de musique puis le con- 
fia au cantor Umlauf, a Schneeberg, et au 
directeur de musique Hofmann, k Leipzig. S. 
vecut d'abord comme maitre de musique k 
Breslau, ou il £crivit, en 1711, son premier 
op6ra : Narcissus, suivi bient6t de trois autres, 
Merits pour Naumburg : Valeria, Artemesia, 
Orion, tous trois en 1712. 11 se rendit ensuite 
en Ilalie ou il passa plusieurs ann6es, fit, apres 
son retour, un long s&jour a Prague, resta quel- 
que temps k Bayreuth et fut notnm£ maitre de 
chapelle a Gotha. S. &crivit a Prague plusieurs 
operas : Venus und Adonis (1714), Ads und 
Galathea (1715), Das durch die Liebe besxegte 
GlUck (1716); k Bayreuth : Diomedes (1717). S. 
a compost beaucoup de chants religieux : huit 
doubles series annuelles de cantates et de mo- 
tets, quatorze oratorios (pour Prague, de 1714 
A 1717 : Maria Magdalena, Jesus pattens, et 
Caino), des Messes, etc.; puis vingt-deux ope- 
ras (parmi lesquels le Musenberg, Gotha, 1723, 
la pastorale : Rosen und Dornen, etc.), des 
symphonies, des s£r£nades, de la musique de 
table, etc., oeuvres qui resterent toutes manus- 
crites. Une petite dissertation sur les contre- 
points artificiels : Praktischer Bevoeis, etc., fut 
lir£e k peu d'exemplaires, en 1725. 

Stoelzl, Heinrigh, corniste dans la chapelle 
royale de Berlin ne k Pless (Silesie) en 1780, 
m. k Berlin en 1844; remplaca le mecanisme k 
clefs, invent^ par K&lbel (1770), pour la trom- 
pette et le cor, par le mecanisme a pistons in- 
vents par Bltihmel (1813). Ce fut S. qui prit le 
brevet de ce dernier, pour la Prusse (1818). 

Stcepel, Franz-Da vid-Christoph, musicogra- 
phe et professeur, n6 k Oberheldrungen (pro- 
vince saxonne) le 14 nov. 1794, m. a Paris le 
18 dSc. 1836; fut pendant quelque temps maitre 
d'Scole k Frankenberg, puis precepteur chez 
le baron de Dankelmann. II fut envoyS, en 
1821, par le gouvernement prussien, k Londres, 
pour faire un rapport sur la mSthode de Logier, 
et fonda, en 1822, k Berlin, une Ecole de mu- 
sique d f apres le systeme de Logier. Mais, lors- 



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que Logier eut 6t6 appel6 par le gouvenement 
prussien a Berlin, S. partit et fonda des fcoles 
de musique d'apr&s le m^me systeme k Erfurt, 
a Francfort-s/O. et, enfin, k Paris. Le succ&s 
toujours esp6r6 ne vint pas et S. mourut d£cou- 
rag£. En plus d'un plagiat du System der Har- 
monidehre de Logier (1825), il publia plu- 
sieurs revues musicales qui ne dur&rent que 
peu de temps (AUgemeiner Musihalischer An- 
zeiger et AUgemeine Musikzeitung, a Franc- 
fort; Munchener Mustftzeitimg), et divers ou- 
vrages : GrundzUge der Geschichte der mo- 
dernen Musik (1821); Beitrage zur Wurdi- 
gung der neuen Methode des gieicfizeitigen Un- 
terrichts einer Mehrsahl Schiller im Piano- 
fortespiel und der Iheorie der Harmonic 
(1823); Ueber J.- J?. Logier s System der Musih- 
wissenschaft (1827). Plusieurs recueils de ro- 
mances et des morceaux de piano de S. furent 
aussi graves. — 2. Robert-August, composi- 
teur, n6 k Berlin en 1821, m. k New- York en 
1887 ; fit ses Etudes a Paris, mais partit en 1850 
pour New- York (operas, a Paris : Indiana et 
Charlemagne; k New- York : Aldershot). 

Stdr, Karl, ne k Stolberg (Harz) le 29 juin 1814, 
m. k Weimar, le 17 janv. 1889 ; Steve de J.-N.-K. 
Gotze et de J.-Chr. Lobe, a Weimar, devint, 
en 1827, musicien de la Gour et, en 1857, apr6s 
la retraite de Liszt, maitre de chapelle de la 
Gour, fonctions qu'il dut abandonner k cause 
d'une grave ophthalmie. On ne connalt gu&re 
de ses compositions, que de la musique pour 
Die Gloche, de Schiller (tableaux sympho- 
niques). 

Stdwe, Gustav., n6 k Potsdam le 4 juil. 
1835, m. dans la m&me ville le 30 avr. 1891 ; 
frequenta k Berlin, le Conservatoire Stern-Marx, 
puis eludia, comme el&ve particulier, la com- 
position aupr£s de A.-B. Marx et le piano au- 
pr6s de Zech. En 1875, il fonda l'Ecole de mu- 
sique de Potsdam qu'il dirigea jusqu*& sa 
mort. S. est Tauteur de : Die Klaviertechnih, 
dargestellt als musikalisch - physiologische 
Bewegimgslehre (1886), ouvrage trds d^taille et 
documents, analysant les fonctions des muscles 
et des tendons dans les differentes sortes d'at- 
taque de la touche. Plusieurs ceuvres de S. 
furent couronnees par la Society des Artistes 
berlinois. On a public de lui des morceaux de 
piano et des lieder. S. 6tait collaborateur du 
« Klavierlehrer », de Breslaur. 

Stojowsky, Sigismond, n6 k Strzelce (Pologne) 
en 1870: fit ses premieres Etudes a Cracovie, 
sous la direction de Ladislas Zelenski, et y de- 
buta en public. Apr&s avoir fait son baccalau- 
r6at, il entra, en 1887, au Conservatoire de 
Paris (Delibes, Dimmer), tout en suivant les 
cours de la Faculty des lettres. En 1889, S. 
quitta le conservatoire avec des premiers prix 
de fugue et de piano, et devint T616ve de son 
compatriote et ami, Paderewski. S. vit a Paris, 
ou il partage son temps entre l'enseignement 
et la composition, tout en se faisant entendre, 
de temps a autre, en Allemagne, en Angle- 
terre, en Pologne, etc. S. a fait paraitre : un 
concerto de piano; une Suite symphonique 

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798 



STOLTZ — STRADIVARI 



(orchestre); Le Printemps (d'apr^s Horace), 
pour chceur et orchestre; une sonate pour 
piano et violon; des variations pour quatuor 
d'instr. k arcbet; un recueil de melodies avec 
paroles polonaises et franchises; des morceaux 
de piano : Serenade, Danses-Humoresques, etc. 
II a obtenu leprix Paderewski,£ Leipzig (1898), 
pour la composition d'une oeuvre symphonique. 

Stoltz, Rosine (proprement Victorine NofeL, 
mais plus connue sous le nom de S., bien qu'elle 
chant&t aussi sous le nom de M mo TERNAux ou de 
M n ° HfcLo'isE), cantatrice distingu6e (mezzo-so- 
prano), n6e k Paris le 13 fevr. 1815 ; instruite 
dans l'Ecole musicale de Choron, chanta d'a- 
bord k Bruxelles, puis, de 1837 k 1847, a FOpSra 
de Paris. Elle chanta encore plus tard sur 
d'autres scenes, puis se retira tout k fait, apres 
s'etre fait entendre dans des concerts. Elle a 
public quelques romances sans valeur. 

Stoltzer, Thomas, contrapontiste allemand 
du xvr si&cle, ne en Silesie vers 1450, m. k 
Bude le 29 aout 1526; maitre de chapelle de la 
Cour royale de Hongrie. Ses compositions sont 
dis86min£es dans diverses anthologies (Gra- 
phaus : Novum et insigne opus [1537] ; Petre- 
jus : collection de psaumes de 1538-39; Rhaw : 
Bicinia [1543]). 

Stolzenberg, Bbnno, excellent chanteur sc£- 
nique (tenor), ne k Konigsberg le 25 ffrvr. 1829, 
flls d'un pr£tre Israelite, passa, en 1855, dans le 
giron de l'Eglise 6vang£lique; &leve de Man- 
tius et de Heinrich Dorn, d£bula en 1852 dans 
le rdle d'« Almaviva», a Konigsberg, et chanta 
ensuite,avec beaucoup de succes, sur differentes 
scenes. Pendant de longues annees, S. v6cut k 
Carlsruhe ou il regut le titre de chanteur de la 
Cour. II futnommS plus tard directeur du th6&tre 
de Dantzig, se fixa ensuite comme professeur de 
chant k Berlin, fut appele au conservatoire de 
Cologne, mais relourna au bout d'une ann£e k 
Berlin, ou il vit actuellement, S. avait un re- 
pertoire extrdmement riche, il fut aussi estime 
comme chanteur de lieder et publia quelques 
melodies de sa composition. 

Storace, 1. Ann-Selina, celebre cantatrice 
16g6re, n6e a Londres en 1766, m. a Heme Hill 
Cottage, pr&s Dulwich (Angleterre), le 24 aout 
1817 ; fille du contrebassiste italien Stefano S., 
el£ve de Sacchini, k Venise, brilla, de 1780 k 
1808, a Florence, Milan, Vienne et Londres. — 
2. Stephen, fr6re de la prScedente, ne k Londres 
en 1763, m. dans la m6me ville le 19 mars 
1796 ; eleve de son pere et du Conservatoire « S. 
Onofrio », a Naples, partit avec sa sceur pour 
Vienne, ou il publia son premier opera co- 
mique italien, rentra avec elle k Londres et y 
£crivit une serie d'op£rettes anglaises et d'ope- 
ras. S. a 6crit en tout dix-huit ceuvres sc6- 
niques (y compris quelques adaptations, telles 
que Doktor und Apotheker, de Dittersdorff, et 
Grotta di Trofonio, de Salieri). Son dernier 
opera, Mahmoud, achev6 par Kelly et Ann. S., 
fut execute apr&s sa mort. 

Storch, Anton-M., compositeur de chceurs 
pour voix d'hommes, n6 k Vienne le 22 dec. 
1815, m. dans la m&me ville le 31 d£c. 1887; 



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chef de chceur 6m6rite (chceurs : Letzte Treue> 
Grun; musique pour differenls vaudevilles, 
etc.). 

Str., abr£viation (dans les reductions au 
piano, etc.) pour Streichinstrumente f Slreiclt- 
orchester (all.), instr. k archet, orchestre d'ar- 
chets. 

Stradella, Alessakdro, celebre compositeur 
et chanteur, ne a Naples en 1645, fut assaasine 
par jalousie, k G6nes, vers 1681, apr£s avoir 
£chappe k une premi&re tentative d'assassinat, 
k Home, et avoir <ke bless£ legerement dans 
une seconde tentative. On ne connalt rien de sa 
vie, que le recit d'une aventure amoureuse qui 
eut pour consequence Fattentat qui lui couta la 
vie. S., engage k Venise pour composer un 
opera, fit la connaissance de Tamante d'an 
noble venitien et s'enfuit avec elle, avant l'exe- 
cution de son ceuvre. L'amoureux econduit n'eut 
pas de repos que S. ne fut mort. L'histoire est 
racontee tout au long par Bourdelot (Histoir* 
de la musique et de ses eflets). La phrase finale: 
* Ainsi pSrit le plus excellent musicien de toute 
Tltalie, environ Tan 1670 » est probablement une 
adjonction du neveu de Bourdelot, qui publia 
Tceuvre tie son oncle, en 1715; car, comme 
Bourdelot mourut en 1685, il faut admettre 
qu'ayant connaissance de tons les details de 
raffaire, il connaissait aussi exaclementla date 
de la mort de S. La mort de S. remonte tr& 
probablement k Tann6e 1681 ou 1682. On a con- 
serve parmi les compositions de S., un oratorio 
6crit pour Rome: San Giovanni Batlista(k cinq 
voix, avec instruments ; Burney en possedait 
une copie datee de 1676), le texte d'un opera 
compost pour G&nes : La forza del amor pa- 
temo (imprim6en 1678 ; deux ceuvres qui sont en 
rapports avec Taventure de Stradella); un ora- 
torio : Susanna (dedie au due Francois de Mo- 
dene, le 16 avril 1681, ce qui exclut Tassertion* 
d'apres laquelle S. aurait 6te assassine en 
1670) ; enfin, plusieurs operas et d'autres ceuvres 
qui se trouvent a la Bibliotheque de Modene ; 
un cahier de cantates a la bibliotheque du Con- 
servatoire de Naples ; vingt-une cantates a la 
Bibliotheque de Sl-Marc k Venise (dont dix pu- 
bises par L. Escudier, avec un accompagne- 
ment de piano par Halevy); d'autres a la Bi- 
bliotheque nationale, el k la Bibliotheque da 
Conservatoire, a Paris, puis k Londres, k Ox- 
ford et dans les bibliolheques privees. Les 
cairs» qui passent partout sous le nom de 
Stradella : O del mio dolce (Pieta signore) et 
Se i miei sospiri (v. Niedkkmeyer) ne sont pas 
de lui. Des monographies sur S. ont et£ ecrites 
par Catelani (Delle opere di A. 5. esisteniinetl 
archivo musicale delta R. Bibliotheca Palatina 
di Modena y 1866) et par Richard, conservaleur 
de la Bibliotheque nationale de Paris (A* &, 
1866). 

Stradivari, Antonio, le plus grand maitre 
lulhier de toua les temps, n& a Cremone en 
1644, d'une ancienne famille de patriciens de 
Cremone, m. dans la meme ville le 18 dec 
1737 ; 616ve de Nicolo Amati, construisit cTabord 
des violons pour le compte d' Amati, se maria 

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STRAETEN — STRAUSS 



79li 



en 1667 et commenga alors A travailler pour 
son propre compte. S. fut marie deux fois, il 
eut onze enfants, dont deux flls seulement de- 
vinrent luthiers, savoir : Francesco, n6 le 1«* 
f6vr. 1671, m. le 11 mai 1748, et Omobono, n6 le 
14 nov. 1679, m. le 8 juil. 1742. Tous deux 
travaillaient avec leur pere et 6taient d6j& par- 
venus A un Age avanc6 (58 et 66 ans), lorsque 
leur p&re mourut, Une monographie : Cenni 
sxdla celebre scuola Oremanese degli stromenti 
ad arco... e sulfa famiglia del sommo A. 5. 
(1872), 6crite avec beaucoup de soin par Paolo 
Lombardini, poursuit la biographic de la fa- 
mille jusqu'eti ses repr£sentants actuels et re- 
monte en arri&re j usque dans le courant du 
du xm # si&cle ; tontefois, on n'y rencontre pas 
d'autres luthiers que ceux que nous venons de 
nommer. S. construisit un grand nombre d'ins- 
truments, tant violoncelles que violons, altos, 
violes et violes de gambe, luths, guitares, man- 
dolines, etc. II travailla pendant soixante-dix 
ans environ ; le dernier violon qui nous soit 
connu de lui est date de sa main : 1786. Son 
lils Francesco signa de son nom depuis 1725, 
Omobono construisit avec lui quelques instru- 
ments isotlo la discipline d*A. S. Ce dernier 
parait s'6tre surtout occup6 de la fourniturc des 
mat&riaux et du commerce, plus en tout cas que 
de la construction des instruments. Le p&re et 
ses deux flls reposent dans le m£me tombeau. 
F6tis aussi a 6crit une monographie sur A. S. 
(1856). Cf. Wasielewski et VidaL 

Straeten, van der, v. Vanderstraeten. 

Strakosch, Moritz, pianiste et impresario 
bien connu, beau-frere et professeur d'Adelina 
Patti, n£ A Lemberg en 1825, m. A Paris le 80 
octobre 1887. S. ecriyit lui-m6me un grand 
nombre de morceaux de piano et deux operas. 

Strascinando (ital.), en trainant, en ralenlis- 
sant. 

Strathspey (angl.), danse 6cossaise analogue 
au « Reel » mais d'un mouvement plus mod£r£, 
A A j K et d'un rythme de croches point£es. 

Straus, Ludwig, violoniste distingu£, n6 A 
Presbourg le 28 mars 1885; Sieve de Hellmes- 
berger et de Rohm, A Vienne, fut nomme con- 
certmeister A Francfort-s/M., en 1859 (au 
Th&itre municipal jusqu'en 1862; au < Museum* 
jusqu'en 1864). Depuis 1865, S. est, A Londres, 
violon-solo de l'orchestre de la Cour et con- 
certmeister des Concerts philharmoniques ; il 
fut £galement concertmeisterdes concerts Hall6, 
a Manchester. S. est tr£s estim6 comme quar- 
tettiste (violon et alto) dans les Concerts popu- 
laires du samedi et du lundi. II est professeur 
a la « London Academy of Music ». 

Strauss, 1. Joseph, violoniste et compositeur, 
n£ A JJrfinn en 1798, m. A Carlsruhe le 2 dec. 
1866; flls d'un violoniste de talent, Sieve de 
sou p6re et de Blumenthal, puis d'Urbani et 
de Schuppanzigh, A Vienne, et, pour la thSorie, 
de Teyber et d'Albrechstberger. A YAge de 
douze ans, il occupait une place dans l'orches- 
tre de TOpSra de la Cour, A Vienne, puis il fut 
engagS dans l'orchestre du Th&Ure de Buda- 
pest. En 1818, il fut appelS aux fonctions de 



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directeur de musique A Temesvar, passa en- 
suite A Hermannstadt, puis a Brunn et fut 
engage A Strasbourg, en 1822, pour y organiser 
un Op6ra allemand. En 1828, S.devint directeur 
de musique au theatre de Mannheim; enfln, en 
1824. maltre de chapelle A Carlsruhe. II prit sa 
retraite en 1868. S. a 6crit plusieurs operas : 
Berthold der Zahringer, Armiodan, Die Sddit- 
tenfahrt nach Nowgorod ; de la musique de 
scene pour des drames ; un oratorio : Judith, 
etc. On a public de lui un quatuor pour instr. 
Aarchet; plusieurs themes et variations pour 
violon et des lieder. — 2. Johann (p£re), Tun 
des compositeurs allemands de danses les 
plus aim£s, mais que son flls, de m6me nom, a 
supplant^ dans la faveur du public, n6 A Vienne 
le 14 mars 1804, m. dans la mfeme ville le 25 
sept. 1849; flls du tenancier d'une brasserie 
avec local de danse, il fut d'abord livr6 com- 
plement a lui-m6me poor la musique, mais 
parvint, en 1819, A entrer comme alto dans le 
quatuor de Lanner. Lorsque celui-ci augmenla 
son orchestre, il en devint second chef et se 
cr^a, enfln, une situation indSpendante en fon- 
dant, A son tour, en 1825, un orcheslre. C'est 
alors qu'il 6crivit ses premieres valses, et il 
devint bienttit le h£ros du jour; il ne tarda pas 
A £tre en mesure d'entretenir un orcheslre par- 
faitement styte et tres nombreux, avec lequel 
il fit, A partir de 1838, des tournSes de concerts, 
d'abord en Autriche , puis, en 1837, jusqu'A 
Paris et a Londres. En 1884 d£j&, on lui avait 
confie la direction d'une musique de regiment 
civique, puis, en 1835, celle de la musique 
des bals de la Cour. Parmi ses valses, nous 
noterons seulement celles qui sont le plus en 
vogue : GabrielenvaUer , Taglioni- Walzer, 
Victoria-Walter, Cdcilien-Walzer, ElectriscJie 
Funken, Mephystos H6llenrufe> Bayaderen- 
wateer. Le nombre total de ses publications 
est de deux cent cinquante environ, parmi les- 
quelles beaucoup de marches, de pots-pourris, 
etc. Son flls, Johann, a public une Edition 
complete de ses oeuvres , en sept volumes 
(1829, chez Breitkopf & Haerlel). — 3. Johann 
(flls), ne a Vienne le 25 oct. 1825; fonda, en 
1844, un nouvel orchestre, A c6t6 de celui de 
son p&re, mais, apres la mort de celui-ci, prit 
la direction de 1 ancien orchestre, qu'il perfec- 
tionna encore. 11 voyagea beaucoup avec ses 
musiciens et devint un h<Me assidu et toujours 
bienvenu a St-Petersbourg, Berlin, Paris, Lon- 
dres, voire m£me en Amerique. S. 6pousa, en 
1863, la cantatrice Jetty Treffz et abandonna 
l'orchestre A ses fr&res Joseph et Edouard. 
Comme compositeur aussi, S. suivit les traces 
de son p&re. Parmi ses valses, celle du « Bleu 
Danube: An der schonen blauen Donau de- 
vint une melodie populaire particulierement 
ch&re aux Autrichiens et surtout aux Viennois; 
d'autres aussi : Kiinstler leben , Geschichten 
aus dent Wiener Wald, Wiener Blut % Bei 
uns z'Haus, etc. obtinrent une immense popu- 
larity. Derni&rement, S. s'est fait compositeur 
d'opereltes et il est enlr£ en lice, comme rival 
des Offenbach, des Lecocq, etc., mais il est 

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800 



STRAVAGANTE — STRINASAGCHI 



restd, au fond, compositeur de valses et de 
quadrilles, car ses op6rettes contiennent nom- 
bre de motifs de .danse, tr&s entratnants, que 
l'on trouve, sous forme d'arrangements, dans 
le repertoire de tous les orchestres populaires. 
Les op&rettes de S. sont : Indigo (1871); Der 
Karneval in Rom (1873); Die Fledermaus 
(1874 ; reman iee sous le titre : La teigane, Paris, 
1877); Cagliostro (1875); Methusalem (1877) .; 
Blindekuh (1878); Das Spisentuch der Koeni- 
ffin (1880): Der lustige Krieg (1881); Eine 
Nacht in Venedig (1883) ; Der Zigeunerbaron 
(1885); Simplicius (1887); Hitter Pasman 
(1892); Die Gcettinder Vernunft (1897). S. a 
ouvert, en 1898, uh concours pour la composi- 
tion d'un scenario de ballet, qu'il desire mettre 
en musique. Les valses de S. sont au nombre 
des ceuvres destinies a gagner la faveur du 
gros public; ses operettes non plus n'ont pas la 
pretention de s*61ever k un degr£ superieur de 
Tart Mais le rythme et la m&odie abondante 
des danses, et surtout leur instrumentation 
delicate, meritent d'altirer l'attention des mu- 
siciens. — 4. Joseph, fr&re du precedent, n6 en 
1837, m. k Varsoviele22 jail. 1870; directeur 
de Torchestre de son frfcre, 6crivit aussi des 
danses, mais sans y r6ussir avec autant d'ba- 
bilete et de delicatesse que son frere. Le direc- 
teur actuel de Torchestre est le fr£re cadet. — 
5. Eduard, qui compose egalement des dan- 
ses. — 6. Richard, compositeur de grand ta- 
lent, n6 k Munich le 11 juin 1864; son p£re, 
Franz S., Stait musicien de la cliambre royale 
(corniste) et le confla aux soins du maitre de 
chapelle de la Gour, W. Meyer. S. attira d'abord 
l'attention sur lui par une sympbonie en fa 
mineur, ex6cut£e en 1881, sous la direction 
de Levy, puis par une Serenade pour treize 
instr. a vent (op. 7), que H. de Bftlow fit entendre 
un peu partout avec Torcbestre de Meiningen. 
En 1885, H. de Bfilow le fit appeier k Meinin- 
gen, comrae directeur royal de musique; 
mais il fat nomme, en 1886 d£j&, troisi&me 
chef d'orcheslre k Munich. En 1889, il accepta 
un poste analogue k Weimar, aux edtes de 
Lassen ; il retourna plus tard k Munich, comme 
chef d'orchestre de la Gour et succeda enfin, en 
1898, k Weingartner, en qualit6 de chef d'or- 
chestre de FOpera de la Gour, k Berlin. Les 
principals oeuvres de S. sont : une sonate de 
piano (op. 5) ; des morceaux de piano (op. 9); 
une sonate de violoncello (op. 6) ; un concerto 
de violon (op. 8) ; un concerto de cor (op. 11) ; 
Wanderers Slurmlied, pour choeur mixte a 
six voix, avec orchestre ; un quatuor avec 
piano, en ut mineur (op. 13) ; une symphonie 
en fa mineur (op. 12); des poemes symphoni- 
ques: Aus Italien (op. 16), Don Juan (1889), 
Macbeth (1891), Tod und Verktdrung (1890), 
Till Eulenspiegels lustige Streiche (1895), Also- 
sprach Zarathustra (1897), Don Quixote (1898); 
un drame lyrique : Guntram (Weimar, 1894) ; 
deux chceurs a cappella, k seize voix : Der 
Abend et Eymne ; enfin , des lieder d'une 
grande intensite de coloris. Dans ses demieres 
oeuvres, S. suit la voie tracee par Berlioz, 



Wagner et Liszt ; il manie l'instrumentalion 
avec une mattrise absolue. 

Stravagante (ital.), extravagant, en dehors. 

Streabbog, v. Gobbabrts. 

Streich... (aU.),pr6fixe qui signifie t a archet »; 
ex. : Streichinstrument,inslr. a archet ; Sireich- 
orckester, orchestre d*archets ; StreickquarteU, 
quatuor pour instr. k archet ; StreichzUher, 
cithare k archet. 

Streicher, Jouann-Axdrbas, pianiste et fa- 
bricant de pianos, ne k Stuttgart le 13 d£c 
1761, m. k Vienne le 25 mai 1833; fut condisci- 
ple de Schiller k la t Karlsschule » et s'enfuit 
en m&me temps que lui. En 1793, S. epousa 
Nanette Stein (n£e k Augsbourg le 2 janv. 
1760, m. k Vienne le 16 janv. 1833), la fille de 
Georg- Andreas Stein (v. ce nom) et transports 
la fabrique de pianos de celui-ci k Vienne, se 
vouant lui-m^me de plus en plus k l'etude de la 
fabrication des instruments de musique. La 
decouverte qui fit connaltre le nom de S. con- 
siste en un m£canisme dans lequel le marteau 
frappe la corde d'en haut, m&canisme qui fut 
imitl par Pape, k Paris. 

Strepitoso (ital.), bruyamment. 

Stretto (ital., serr6), denomination de la 
partie finale d*une fugue, dans laquelle le sojet 
et la rSponse se euccedent k intervalles tr& 
rapproches. On donne aussi le nom de S. 
(slrette) k certains passages assez longs, d'al- 
lure plus rapide que le reste du morceau, et 
que Ton rencontre fr&quemment a la fin de 
morceaux de concert, d'airs, etc. 

Striggio, Alessandro, Tun des premiers 
compositeurs d'interm^des, n6 k Mantouevers 
1535, vecut d'abord k la Gour de Cosmo de 
M6dicis, puis devint, plus tard, maitre de cha- 
pelle k Mantoue. S. 6tait un joueur de luth et 
un organiste renomm£. Ses interm&des sont : 
Lamico fido (1565), Psyche (pour les ceremo- 
nies du mariage de Francois de Medicis avec 
Jeanne d'Autriche); en outre, il composa de 
la musique de f&te, sous une forme analo- 
gue, pour la Gour de Florence, en 1569 (a 
Toccasion de la presence d'un archiduc d'Aa 
triche ; asuvre imprimSe); et, en 1579 (poarle 
mariage de Francois I or de Medicis avec Bianca 
Gappeilo; en collaboration avec Strozzi, Cao- 
cini et Merulo). Parmi ses compositions, on 
publia encore : trois livres de madrigaux k six 
voix (1566-1568); un livre de madrigaux icinq 
voix (1560 et, depuis lore, souvent); 11 cicala- 
rnento delle donne al buccato y e la caccta, etc 
(1567 et 1584 ; S. etait aussi partisan de la mu- 
sique descriptive) ; Di Bettors Vidue e a" Ales- 
sandro & e cfo/irt... madrigali a 5 e 6 voa 
(1566). Quelques autres madrigaux sont diss£* 
mines dans diverses anthologies. 

Strinasacchi , Reg in a, excellenle violoniste, 
n6e a Ostiglia, pr&s de Mantoue, en 1764, m. a 
Dresde en 1839. Apr&s une brillante toumfte de 
concerts, elle avail 6pous6 k Dresde le violon- 
celliste J.-C. Schlick. S. 6tait Steve du Conser- 
vatoire t della Pieta •, k Venise (Mozart &crivit 
pour elle sa sonate en si Mmol majeur, avec 
violon ad lib.). 



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STKINGENDO 



STUMPFF 



801 



Stringendo (ilal, en serrant), de plus en plus 
rapide. V. au mot agogique les lois naturelles 
<iui regissent le s., en petit, comme moyen 
<Texpression. 

Strings (angl.), instr. a archeL 

Strohfiedel (all.), xylophone (v. ce niot). 

Strophe (gr., de erfoQitv, tourner), etymolo- 
giquement identique au mot « vers » (latin 
versus, de vertere, tourner), mais en different 
considerablement dans la terminologie de Tart 
poetique. On comprend, sous le nom de vers, 
une ligne d'un poeme ; sous celui de strophe, 
une serie de lignes qui forment une unite 
4'ordre superieur, gr&ce a leur metre, £ leur 
<contenu et (dans la poesie moderne) k leurs 
rimes. Chez les Grecs, dont la metrique avail 
atteint un tres haut degre de developpement, 
la s. se subdivisait en kola (membres) et en 
metra (vers): d'autre part, les chceurs des tra- 
gedies, les odes de Pindare, etc., rassemblent 
plusieurs s. en une unite d'ordre superieur (s., 
antistrophe, epode). Ce dernier groupement 
-de s. se retrouve exaclement dans la poesie 
allemande de la fin du moyen Age, sous la 
forme des deux Stollen suivies de Y Abgesang, 
le tout reuni formant un Bar. La subdivision 
par s. est d'une importance caracteristique 
pour la forme musicale aussi. R. Westphal a 
<donne, dans son ouvrage celebre : Theorie 
der musikalischen Rhythmik (1881), une des- 
cription detaillee de la metrique grecque. 

Stromento (ital.), instrument. S. da fiato, 
instr. a vent; 5. da penna, piano (l'ancien 
piano k plumes de corbeau, clavecin, epinette). 

Strozzi, 1. Pietro, Tun des musiciens floren- 
tins, dans le cercle desqueis le « Stile rappre- 
sentativo » fit son apparition (v. Florentin). 
S. composa, avec Striggio, Gaccini et Merulo, 
les oeuvres de circonstance pour le mariage 
<ie Franz de Medicis avec Bianca Capello; il 
mit aussi en musique, en 1595, la Mascarada 
degli accecati, de Rinuccini. — 2. Bernardo, 
moine franciscain, a Rome, publia, de 1618 k 
1630, des motets k cinq voix, des Messes , des 
psaumes, des concerti, des Magnificat, etc. — 
3. Barbara, noble venitienne, fit paraitre, de 
1644 a 1658, des madrigaux, des cantates, des 
airs et des duos. — 4. Gregorio, abb6, proto- 
notaire apostolique k Naples, auteur de : Ele- 
mentorum musicce praxis (1683, exercices de 
-chant canoniques, k deux voix) et de Capricci 
•da sonare sopra cembali e organi (1687). 

Struck , Batistin ( appele habituellement 
Batistin tout court), ne a Florence vers 1680, 
m. k Paris le 9 dec. 1755,- Tun des premiers 
musiciens qui firent adopter le violoncelle dans 
Torchestre de l'Opera, k Paris. U ecrivit trois 
operas pour Paris : Meleagre (1705), Manto la 
fee (1711) et Polydore (1720), puis un grand 
nombre de ballets pour les fetes de la Cour, a 
Versailles, ainsi que plusieurs cantates et des 
airs detaches. 

Strangle (Strunck), Nikolaus-Adam, distin- 
gue" violoniste et compositeur fecond d'operas, 
n6 k Celle en 1640, m. a Dresde le 23 sept! 
1700; suppleait deja son pere a rage de douze 

DICTIONNAIRE DE MUSIQUE. — 51. 

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ans, comme organiste a Celle. En 1660, S. de- 
vint premier violon de la chapelle de Bruns- 
wick ; il passa plus tard a Celle et ensuite a 
Hanovre. En 1678, il prit la place de direcieur 
de musique d'une eglise de Hambourg. Lors- 
que le prince-electeur Frederic-Guillaume de 
Brandebourg voulut l'engager comme maitre 
de chapelle, le due Ernest-Auguste de Hanovre 
fit valoir ses droits sur lui, en tant que son sei- 
gneur, le nomma organiste de sa Cour, en lui 
accordant une chanoinie, et le prit avec lui 
dans un voyage en Italie oil S. attira Inattention 
de Corelli. S. joua plusieurs fois devant l'em- 
pereur, a Vienne, et y re^ut de flatteuses dis- 
tinctions. Vers 1685, il fut appele comme second 
maitre de chapelle, a Dresde, et succeda, en 
1694, a Bernhardt, comme premier maitre de 
chapelle. De Dresde, il dirigeait, pendant la 
foire, l'Opera de Leipzig ; enfin, en 1796, il aban- 
donna ses fonctions et partit pour Leipzig, afin 
de s*y vouer completement a la direction de 
TOpera. S.a compost plusieurs pieces pour le 
premier Opera de Hambourg (Sejanus [2 part. 
1678], Doris, Esther, Die drei Toechter des Ke- 
krops, Theseus, Semiramis, Floretto [1683]), 
puis seize autres operas pour Leipzig (1693- 
1700 ; cf. Riemann, Opernhandbuch). On n f a 
grave de S. que : Musihalische Uebung, auf der 
Violine oder Viola da Gamba in etlichen So- 
naten iiber die Festgesdnge,ingleichen etlichen 
Ciaconen mit 2 Violinen bestehend (1691). 

Struss, Fritz, celebre violoniste, ne a Ham- 
bourg le 28 nov. 1847 ; eleve de Unruh, Auer 
(1865) et Joachim (1866), fit partie, pendant peu 
de temps, en 1866, de la chapelle de la Cour, a 
Schwerin. Depuis 1870, S. est membre de Tor- 
chestre de la Cour, a Berlin ; il a regu, en 1885, 
le titre de virtuose de la chambre, en 1887 
celui de concertmeister royal. II est, en outre, 
professeur au Conservatoire Scharwenka - 
Klindworth. 

Stumpf, Johann- Christian, celebre basso- 
niste, vivait, k Paris, vers 1785, plus tard a 
Altona, et fut, de 1798 jusqu'd sa mort (1801), 
rSpetiteur au Theatre municipal de Francfort- 
s/M. II a publie des entr'actes pour orchestre, 
des morceaux pour clarinettes, cors et bassons, 
un concerto de flute, quatre concertos de basson, 
un quatuor pour trio d'archets et basson, des 
duos de clarinettes, des sonates de violon avec 
violoncelle, des duos de violoncelles, etc. 

Stumpff, Karl, ne k Wiesentheid (Basse- 
Franconie) le 21 avr. 1848 ; fils d'un docteur en 
medecine, etudia, de 1865 k 1870, a Wurzbourg 
et k Gottingue, d'abord le droit, plus lard les 
sciences naturelles, la philosophie et la theolo- 
gie. II fit son doctorat a Gottingue et s'y fit 
agreer, en 1870, comme privat docent de philo- 
sophie. II fut appele ensuite comme professeur 
ordinaire, en 1873, a Wurzbourg ; en 1879, a 
Prague; en 1884, a Halle; en 1889, a Munich, 
et finalement & Berlin. S. fut, des sa jeunesse, 
un zele musicien et fut plusieurs fois sur le 
point de s'adonner completement a Tart ; e'est 
k ce penchant que nous devons une oeuvre re- 
marquable : Tonpsychologie (vol. I et II, 1888 

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802 



STUNTZ — SUCCESSION DES HARMONIES 



el 1890). S. poursuit la voie ouverte par Th. 
Lotze et G.-Th. Fechner ; son ouvrage est une 
consequence naturelle et logique des theories 
que Helmholtz a exposees dans sa« Th£orie 
physiologique du son ». Toutefois, il s'est 
separ6 en partie de ces theories et de celles 
d'Oettingen et de Riemann, dans son dernier 
essai : Konsonanz und Dissonanz (1898; 1" 
livraison de Beilr&ge zur Ahustikund Musik- 
wissenschaft, qui doivent former la suite de 
son grand ouvrage). S. a ecrit, en outre : Ueber 
Tonpsychologie in England (dans la « Viertel- 
jahresschrift fur M.-W. »); Ueber den psycho- 
logischen Ursprung der Raumvorstellung ; 
Geschichte des Konsonanzbegriffes (I r * partie, 
1897) ; Die pseudo - aristolelischen Probleme 
iiber Musik (1897); etc. 

Stunts, Joseph - Hartmann, compositeur et 
directeur, ne a Arlesheim, pres de Bale, le 25 
juil. 1793, m. a Munich le 18 juin 1859; elSve de 
Peter von Winter, avait d6ja ecrit plusieurs 
operas pour diverges scenes italiennes (Milan, 
Venise), lorsqu'il devint chef des choeurs a 
TOp^ra de Munich. En 1826, S. succeda a son 
maitre, comme maitre de chapelle de la Cour. 
S. a compose, pour Munich, plusieurs operas 
allemands, heaucoup de musique d'£glise (Mes- 
ses, Stabat, etc.) ; il a public deux ouvertures, 
an qualuor pour instr. a archet, un nocturne 
pour deux voix et quelques choeurs pour voix 
d'hommes. 

Style (du lat. stilus, burin, touche), c.-a-d. 
ecriture, particularity de la facture, soit subjec- 
tivemenl, en tant que s. d'un maitre determine 
(s. de Beethoven, de Mozart, de Schumann, de 
Chopin, etc.), soit objectivement en tantqu'e- 
criture appropriee a tel genre de composition 
ou a tel instrument special (s. instrumental, s. 
vocal, s. religieux, s. orchestral, s. scenique, s. 
de chambre, s. de guatuor, s. de piano, s. d'or- 
gue, etc.). On parle, en outre de s. sfevgRE, 
ecriture pour un certain nombre devoixreelles, 
avec application des lois qui regissent le s. vo- 
cal (v. musique vocale), et de s.libre ou galant 
qui ne se lie pas a un nombre fixe de voix,mais 
I'augmente ou le diminue a volonte, etc. D'au- 
tres distinctions, d'ordre plutot esthetique, sont 
indiquees clairement par les qualificatifs : pa- 
th&ique, naif, sentimental, romantique, classi- 
que,etc. (cf. classique, romantioue). 

Su (ital.), sur; sul (c.-a-d. su il) G, sur la 
corde de sol; sui= su i ; sullo — su lo ; sugli = 
su gli. 

Sub- (diapente, etc.), cf. hypo — . Subdomi- 
nanle (all.), sous dominante. Subbass (all.) 
sous basse (v. ce mot). 
Subito (ital.), tout a coup, subitement. 
Subsemitonium modi (lat.), note sensible 
placee au-dessous de la tonique et qui est un 
element essentiel de toutes les gammes moder- | 
nes, ex. : en ut maj. — si — ut, en la min. = 
sol diese — la, etc. Cf. mineur et ecclesiasti- 

QUE. 

Succession des harmonies. La s. des harmo- 
nies s'analyse en considerant toujours Tencha!- 
nement des accords deux a deux. Mais, pour 



pouvoir parler de s. des harmonies, il faut 
tout d'abord concevoir et denommer lous les 
accords, m&me les dissonants, dans le sens 
d'HARMONiES [naturelles] ; conception indis- 
pensable, du reste, si Ton veut se placer a an 
point de vue g£n£ral et obtenir une terminolo- 
gie s'appliqnant non point a chaque cas special, 
mais a un grand nombre de cas logiquement 
coordonn6s. Les bases de cette terminologie 
sont adoptees partout, depuis Gottfr. Weber. 
Ou designe les accords de trois sons places am- 
ies degres d'une gamme au moyen de chiffres 
romains correspondant au numero d'ordre de 
chacun d*eux;les chiffres sont grands pour les 
accords majeure, petits pour les accords mi- 
neurs. De plus, on ajoute un zero (comme indice) 
aux accords de quinte diminuee et, souTent 
aussi, une apostrophe aux accords de quinte 
augments (E.-Fr. Richter): 

a) Majeur 




^ 



ii 



in 



IV V 



VI VII° 



b) Mineur 



i 



S-9 



h° nr iv v vi vn° 

Les chiffres V — I indiquent, par consequent, 
la succession de deux accords majeure, dont le 
premier sera la dominante (sup^rieure) du se- 
cond; V — i, par contre, le passage d'un accord 
majeur a un accord mineur dont le premier est 
la dominante (sup^rieure), etc. Toutefois, ces 
indications deviennent absolument insuffisan- 
les, aussitot que Tharmonisation est plus libre 
et plus variee ; une succession d'accords, telle 
que : ut maj. — la bimol maj. — ri maj. — sol 
maj. — ut maj., formant une petite phrase tres 
comprehensible, peut a peine se concevoir 
avec cette sorte de chiffrage. En effet, bien 
qu'elle ne renfermeaucune modulation dans un 
autre ton que ut maj., on serait force d'inler- 
preter Taccord de la b&mol maj. dans le sens 
de fa min. ou d*ut min., et celui de ri maj. 
dans le sens de sol maj. : 




ut: I 
faiV III 
ut: VI 
sol : V 7 



En somme, de teiles a d'harmonies ne peu- 
vent etre chiffrees en un systeme base sur une 
gamme; elles appartiennent a la tonalite (v. 



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SUCCO — SUITE 



803 



ce mot) libre, reconnue recemment settlement, 
etdont les limited depassent de beaucoup celles 
de Tharmonisation com pose e des seuls sons 
faisant partie de Techelle fondamentale. La 
tonalite ne connait ni accords appartenanl k 
Techelle fondamentale, ni accords etrangers k 
cette echelle, mais uniquement une harmonie 

FONDAMENTALE et des HARMONIES DfeDUITES. 

Dans l'exemple ci-dessus, Taccord d'ut maj. est 
et reste harmonie fondamentale, et les autres 
accords en sont tons d£duits : Taccord de la 
bimol maj. est l'harmonie dela tierce inferieure 
(accord parallele de la sous-dominante mineure: 
°Sp; cf. fonctions), celui de r4, maj. est l'har- 
monie de la deuxi&me quinte snperieure (domi- 

nante de la dominante : 4& , alteration chroma- 
tique de Taccord parallele de la sous-dominan- 
te : Sp m< ), celui de sol maj., en fin, l'harmonie 
de la quinte sup6rieure (D). La premiere mar- 
che (ut maj. — la b&mol maj.) conduit au-des- 
sousde la tonique,la deuxieme (la b&mol maj. 
— re maj.) passe au-dessus, la troisieme etla 
quatri&me ramenent k l'harmonie fondamen- 
tale (tonique). La succession la bemol maj. — 
re maj. n'est point incomprehensible, car, en la 
rapportant a Taccord fondamental, nous pou- 
vons la subdiviser en une marche de tierce, 
suivie d'une double marche de quinte (marche 
de ton entier) : la bemol — ut — [sol] — H. Le 
tout apparait done sous la forme de cadence : 

Une terminologie g6nerale et rationnelle pour 
les s. d'harmonies doit avoir son point de de- 
part dans les rapports de parente des fonda- 
mentales (ou sons gen^rateurs), rapports d'a- 
pr^s lesquels nous distinguerons des marches 
de quinte, de tierce, de ton entier, de tierce 
mineure, de sensible, de triton, etc.; de plus, il 
faut regarder si les deux harmonies sont du 
m&me mode (harmonies majeures oumineures), 
ou si le mode change. Si nous ne donnons le 
nom de marches qu'aux successions d'harmo- 
nies de m&me mode, nous donnerons celui de 
changes auxs. d'harmonies de mode different; 
il y a, par ex., quatre esp&ces de s. d'harmo- 
nies, dans lesquelles les fondamentales sont 
dans le rapport de la quinte. II n'est point in- 
different, au point de vue de la tonalite, que la 
marche se fasse de la tonique dans le sens de la 
serie harmonique sup^rieure ou dans celui de 
la s6rie harmonique inferieure (cf. son); le 
premier cas en mineur, le second en majeur 
sont en contradiction avec le principe harmo- 
nique, aussi pouvons-nous fort bien designer 
les marches ou les changes dans le sens oppose 
k l'harmonie fondamentale, au moyen du pre- 
fixe « contre ». La succession ut maj. — sol 
maj., resp. la min. — re" min. (harmonie infe- 
rieure de mi — harmonie inferieure de la) 
est done une marche [simple] de quinte ; ut 
maj. — fa maj., resp. la min. — mi min. (har- 
monie inferieure de mi — harmonie inferieure 
de si, soit d'apr^s la clef harmonique [v. ce 
mot] : °mi — °si), une marche de contre-quin- 
tb ; ut maj. — ut min. (°sot), resp. la min (°mt) 



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— la maj , un change de quinte; ut maj. — si 
bemol min. (°fa), resp. la min. (°wu) — si maj., 
un change de contre-quinte. Dans toutes les 
s. d'harmonies, les [« simples »] changes sont, 
comme ici, de comprehension tres aisee, les 
« contre-changes », par contre, de comprehen- 
sion beaucoup plus difficile. Les s. d'harmonies 
par tierce sont, par ex. : marche de tierce : ut 
maj. — mx maj., resp. la min. — fa min. (°tm — 
°ut) ; marche de contre-tierce : ut maj. — la 
bimol maj., resp, la min. — ut diise min. (°mi 

— °sol didse); change de tierce : ut maj. — la 
min. (°mt), resp. la min. (°mi) — ut maj.; enfin, 
le change de contre-tierce : ut maj. — r6 M- 
mol min. (°la bemol), resp. la min. (°mi) — sol 
diese maj. Cf., en outre, son, harmonie, inter- 
pretation harmonique, clef harmoniqur et 
fonctions. 

Succo, Reinhold, ne k Gorlitz le 23 now 
1844, m. k Breslau le 29 nov. 1897; eieve de 
TAcademie royale de Berlin, fut nomme, en 
1863, organiste de Teglise St-Thomas, k Berlin, 
en 1874, professeur de theorie k TAcademie 
royale, en 1888, membre de TAcademie. II est 
Tauteur de morceaux d'orgue et d'oeuvres vo- 
cales sacrees et profanes. 

Sucher, Joseph, excellent chef d'orchestre, n6 
k Dobor (comitat d'Eisenberg, en Hongrie) le 
23 nov. 1843; etudia d'abord le droit, a Vienne, 
mais se voua ensuite compietement d la musi- 
que et devint eieve, pour la theorie, de S. Sech- 
ter. II fut, en premier lieu, repetiteur des 
choeurs a TOpera et directeur de la « Societe de 
chant academique », puis, plus tard, chef d'or- 
chestre d'opera-comique, k Vienne. En 1876, il 
fut nomme chef d'orchestre au thedtre de Leip- 
zig, epousa la cantatrice scenique Rosa Hassel- 
beck (nee k Velburg, dans le Haut-Palatinat) 
et fut engage avec elle par Pollini, pour le 
theatre de Hambourg. S. -succeda enfin k 
Schroder, en 1888, comme maitre de chapelle de 
la Cour, k Berlin, ou M mo Sucher fut engagee, 
en m£me temps, comme primadonna. Tous 
deux sont d'excellents interpretes de Wagner. 
C'est surtout dans « Isolde » (1886, k Bayreuth) 
et « Sieglinde » queM me S. remporta de grands 
succes. 

Suegala, v. Schwegel. 

Suffocato, (Hal.), suffoque, etouffe. 

Suite (Partie, Partita), Tune des plus an- 
ciennes formes musicales cycliques, c suite » de 
plusieurs morceaux de danse ecrits dans le 
m&me ton, mais de caracteres differents; les 
plus anciens groupements de ce genre qui nous 
soient connus, se trouvent dans les livres de 
luth de la premiere moitie du xvi e s., ou celui 
de la pavane et de la gaillarde (v. ce mot) doit 
etre consider comme sous-entendu. Au debut 
du xvn« s. apparaissent en outre la cour ante et 
Tallemande (par ex., chez Scheidt, 1621) ; mais 
ces morceaux ne sont pas encore strictement 
coordonnes en une suite. L'ancien nom de la s. 
proprement dite 6tait celui de Sonata da came- 
ra, forme qui se developpa (pour les instr. a 
archet) dans la seconde moiti6 du xvn e s. La 
denomination de balletto est identique a la pre- 

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804 



SUJET 



SUPl'E 



c4dente.Ce n'estque vers la fin du xvm s. que, 
dans les oeuvres des luthistes fran^ais, nous 
trouvons le nom de s.; mais, & c6te de ce der- 
nier, nous trouvons egalement (pour la musi- 
que de clavecin) celui de partie et, dans les 
oeuvres de Gouperin, celui d'oRDRE. Les quatre 
mouvements caract&ristiques de la s. sont Tal- 

LEMANDE, la COURANTE, la SARABANDE, et la GI- 

oue ; lorsqu'on dSsirait avoir un plus grand 
nombre de mouvements (intermezzi : gavotte, 

PASSEPIED, BRANLE, MKNUET, BOURR&E, OU enCOre 

doubles d'un morceau de danse), on intercalait 
g£n£ralement ceux-ci entre la sarabande et la 
gigue (cf. les articles sp6ciaux). On ne trouve 
que rarement un morceau intercale avant la sa- 
rabande, mais un prelude precede parfois l'al- 
lemande. C'est & J.-S. Bach que Ton doit les 
derniers perfeclionnements de la suite de cham- 
bre. De nos jours, la forme de la s. a £t6 sou- 
vent adoptee pour la musique orchestrate et a 
pris un grand dSveloppement, grace k Franz 
Lachner surtout, dont les s. renferment des 
fragments contrapontiques d'une maitrise ab- 
Rolue. Une autre sorte de s., Egalement pour 
orchestre (mais surtout pour orchestre d'ar- 
chets), est apparue de nos jours : ne tenant au- 
cun compte des principaux types de mouve- 
ments de l'ancienne s., elle se rapproche du 
genre « divertissement », se compose d'une 36- 
rie de morceaux de facture plutdt leg^re (style 
galant) et fait abstraction de raffinements con- 
trapontiques. 

Sujet, nom que Ton donne au theme d'une 
fugue (v. ce mot), en all. Subjekt, en lat. dux. 
On parle de fugues & deux (double fugue), a 
trois sujets (triple fugue), lorsque dans une 
mdme fugue, plusieurs themes sont dSvelop- 
pes ind£pendamment les uns des autres. Lors- 
que le second s. n'est autre chose que le con- 
trepoint du premier, il prend le nom decoNTRB- 

SUJET. 

Sullivan (Sir), Arthur-Seymour, un des mu- 
siciens anglais les plus illustres, parmi les vi- 
va n Is, 116 A Londres le 13 mai 1842 ; £l&ve de la 
c Royal Academy of Music » et du Conserva- 
toire de Leipzig (1858-1861), devint mattre & la 
« Royal Academy », succMa en 1865 & Bennet, 
comme professeur de composition, fut nomme, 
en 1876, direcleur de la « National Training 
School for Music », et, plus tard,membre du co- 
mity du « Royal College of Music >. 11 faut men- 
tionner parmi ses compositions : les ouvertu- 
res et la musique de scene pour la Tempite 
(ecrite A Leipzig et ex£cut£e dans un concert 
d'&eves, a la fin des Etudes de S.); Le mar- 
chand de Venise, Les joyeuses commeres 
de Windsor, Henri Vlll, Macbeth (1888) et 
Le roi Arthur (1894) de Shakespeare; un 
ballet: Llle enchantie) 1864); une symphonie 
en mi maj.; des ouvertures : Sapphire Nec- 
klace , Marmion ; Ouverture de bal, In 
memoriam ; des oratorios : The prodigal son, 
The light of the world et Ihe martyr of 
Antioch (1880); des cantates : Kenilworlh, The 
golden Legend (1887), et On shore and sea; un 
concertino pour violoncello ; un duo concertant 



pour piano et violoncelie; des compositions 
pour piano ( Thoughts, Twilight, Day dreams) et 
des melodies. Les operettes de S. eurent un 
grand sueces en Angleterre et en Am&rique. 
tandis que les tentatives de les acclimater sur 
le continent ont presque toujours echou&: ce 
sont : The contrabandista , Cox and Box, 
Thespis, Triel by jury, The zoo, The sorcerer. 
Her Majesty's ship Pinafore, The pirates of 
Penzance, Patience {Bunthorne's brid), Jolan- 
the ( The Pear and the Peri), Princess Ida 
(1884), The Mikado (1885), Ruddigore (1887), 
The Yeomen of the Guard (1888), Ttie gondo- 
liers (1889) ; une nouvelle edition de « The con- 
trabandista », sous le litre : The Chieftain 
1894), enfin The stone of beauty (1898). A cdte 
de ces ceuvrettes, S. a £crit encore, pour la 
scSne, un op6ra : Ivanhoe (1897). 

Sulzer, 1. Johann - Georg, esth£ticien, ne a 
Winterthour en 1719, m. & Berlin le25 fevr. 1779, 
fut d'abord pasteur d'un village des environs 
de Zurich, puis precepteur & Magdebourg, de- 
vint professeur au gymnase de t Joachimsthal », 
& Berlin, puis, apr&s un &6jour de quelque 
temps en Suisse, professeur & l'Acad&nie Hit- 
ter, & Berlin. H donna sa demission en 1773, 
pour raisons de sant6. Ses ouvrages, fort m6ri- 
toires en leur temps, sont : Pensies sur Cori- 
gine et les differ ents emplois des sciences et des 
beaux-arts (dans les comptes rendus des stan- 
ces de l'Acad6mie de Berlin, 1757, puis, sepa- 
r£ment, en allemand, et revu en 1772: Diescko- 
nen KUnste in ihrem Ursprung, etc.); AUge- 
meine Theorie derschtinen Kunste (1772, 4 voL, 
2« 6d., 1792-1794, 4 vol.; en plus : 3 vol. de Lit- 
terarische Zus&tze, de Blank enbourg. 1756- 
1758 ; et 8 vol. de Nachtrdge, de Dyck et Senate, 
1792-1806; les articles sur la musique sont, en 
grande partie, de J.-A.-P. Schulz). Un rapport 
sur la machine & £crire les notes de Hochfeld, 
pour 1* Academic de Berlin, est Egalement de S. 
(1771). — 2. Salomon, r&formateur du chant ri- 
tuel isra&ite, ne & Hohenems (Vorarlberg), le 
30 mars 1804, m. A Vienne le 18 janv. 1890: 
chantre de la communaute Israelite de Vienne 
(depuis 1825), publia : Schir Zion (recueil de 
chants religieux isra&lites), des hymnes h£brai* 
ques et d'autres chants. II parvint& resiaurerle 
chant d'eglise Israelite, par la publication de 
nouvelles compositions et par la formation 
d'un excellent choeur de la synagogue. 

Suppl, Franz von, compositeur d'opfrettes, 
n£ a Spalato, en Dalmatie, le 18 avr. 1830, m. a 
Vienne le 21 mai 1895 ; d'une famille originaire 
deBelgique,il montra de bonne heure du talent 
pour la musique et apprit d*abord & jouer dela 
flute. Lorsque sa mere partit pour Vienne,apr& 
la mort de son raari, S. entra au Conservatoire 
et devint 61&ve de Sechter et de Seyfried. Lors 
du s^jour que Donizetti fit & Vienne, pour y 
preparer la representation de « Linda di Cha- 
mounix », S.profita des conseils du maestro ita- 
lien. La premiere place qu'il occupa fut celled* 
chef d f orchestre au theatre de « Josephstadt », 
il fut ensuite quelque temps chef d'orchestre 4 
Presbourg et, jusqu'en 1862, au the&tre « An 



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SURIANO — SVENDSEN 



805 



der Wien ». Enfin, en 1865, il fut nomm6 chef 
d'orchestre du thMtre « Leopoldstadt ». S. n*a 
pas compost uniquement des opSrettes et des 
danses ; il a 6crit aussi ane Messe, un Requiem, 
une symphonie, des ouvertures, des quatuors, 
etc, qui temoignent d'un veritable talent artis- 
lique. Cependant il doit sa renomm£e exclusi- 
vement A nne s&rie d'ceuvres l^g^res, dans le 
genre d'Oflfenbach ; Der Apfel (1884, A Zara, 
dans un cercle privS), Das Madchen vom Lande 
(Vienne, 1847), Paragraph 3 (1858), Das Pen- 
sionat (1860), Die Kartenschldgerin, Zehn M&d- 
chen und hem Mann (1862), Flotte Bursche 
(1863), Das Corps der Rache H863), Pique- 
Dame, Die schone Galaihea (1865), Leiclite Ka- 
rallerie (1866), Freigeister, Franz SchubeiH, 
Cannebas, Frau Meisterin, Banditenstreiche, 
Tantalusqualen (1868), Isabelle, Die Prinsessin 
v. Dragant, Fatinitsa (1876), Tricoche und 
Cacolet, Boccaccio (1879), Donna Juanita (1880), 
Der Gaskogner (1881), HerzblaUchen (1882), 
Die Afrikareise (1883), Des Matrosen Heimhehr 
(1885), Bellmann (1887), et Die Jagd nach dem 
GiucAc(1888). Plusieurs deces op£rettes ont 6te 
traduiles en frangais et ont remport£, de m£me 
que les danses de S., de grands succes en pays 
de langne frangaise. 

Soriano (Soriano), Francesco, compositeur 
de TEcole de Borne, n6 A Rome en 1549, m. 
dans la m6me ville en janv. 1620; fut, comme en- 
fan t de choeur de TSglise St- Jean-de-Latran,£16ve 
de Zoilo et de Roy v puis, plus tard,61£ve de G.-M. 
Nanini et de Palestrina. II fut ensuite maitre de 
chapelle de l*6glise St-Louis-des-Francais, pas- 
sa en 1587 A celle de Ste-Marie-Majeure, en 
1588 de nouveau A l'Sglise de St-Louis, en 1595 
A St-Jean-de-Latran, et en 1600 de nouveau A 
Ste-Marie-Majeure. Les oeuvres qui ont et6 pu- 
bises de S. sont : deux livres de madrigaux A 
cinq voix (1581, 1592), deux livres de madri- 
gaux A quatre voix (1601, 1602). des motets A 
huit voix (1597), un livre de Messes de quatre 
A huit voix (1609, etc., entre autres, Tarrange- 
ment A huit voix de la Missa Papae Marcelli, 
de Palestrina) ; Canoni e oblighi di CX sorti 
sopra I' Ave Maris Stella a 3-8 voci (1610); 
deux livres de psaumes et de motets de huit A 
seize voix (1614, 1616) ; des villanelles A trois 
voix (1617), et des Magnificat A quatre voix avec 
une « Passion • (1619). 

Suxato, v. Tylman Susato. 

Suspirium (Pausae minimae ; lat.), v. soupir. 

Suspension, nom que Ton donnait, vers 1700, 

•A FentrSe tegerement retard£e d'un son quel- 

conque de la melodie, entree retardSe que Ton 

indiquait au moyen du signe ^ plac£ au-des- 

8U8 de la note, ex.: 



«he 



Execution : 

Ce m£me terme est parfois employ^ de nos 
jours, comme synonyme de retard (v. ce mot). 



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Sussmayer, Franz-Xaver, connu par ses rap- 
ports avec Mozart, ne a Steyr en 1766, m. a 
Vienne le 17 sept, 1808 ; fut eteve de Mozart et 
instrumenta, entre autres, quelques airs de son 
« Titus >, S. fut nomm£, en 1792, maitre de cha- 
pelle du Theatre national puis, en 1794, second 
maitre de chapelle A l'Op£ra de la Cour. II a 
composd une sSrie d'op£ras, dont deux : Soli- 
man 11 et Der Wildfang, ont 616 graves. 

Svelto (ital), 6veill6, d£gag6. 

Svendsen, 1. Oluf, flutiste virtuose, n6 a 
Christiania le 19 avr. 1832, m. a Londres le 15 
mai 1888 ; 616ve du Conservatoire de Bruxelles, 
v6cut d£s 1885 a Londres, oft il remplit, a par- 
tir de 1867, les fonctions de professeur A la 
« Royal Academy of Music ». — 2. Johann-Se- 
verin, violoniste et compositeur norv6gien, 
dont les oeuvres denotent un talent sain, ro- 
buste et une grande dose de savoir, n6 a Chris- 
tiania le 30 sept. 1840. Ce fut son pere, le mai- 
tre de musique Guldbrand S., qui lui donna ses 
premieres lecons ; de 1863 a 1867, il suivit les 
cours du Conservatoire de Leipzig (Richter, 
Reinecke, David, Hauptmann), parcourut en- 
suite le Danemark, l'Ecosse, les lies Ferroe, 
Tlslande et TAngleterre, s^journa a Paris, de 
1868 a 1869, et fut, de 1871 A 1872, directeur des 
.Concerts de 1' « Euterpe », a Leipzig, apres avoir 
6pous6,dans le con rant de T6t6 1871, une Am6ri- 
caine. I)e 1872 A 1877, S. dirigea les concerts de 
la « Soci£t6 de Musique », A Christiania ; il pas- 
sa l'hiver de 1877 a Rome, l'6te de 1878 A Lon- 
dres, et une ann£e et demie a Paris. En 1880, il 
reprit son poste de Christiania, mats il fut ap- 
pele, en 1883, aux fonctions de chef d'orchestre 
de la Cour, A Copenhague. Les compositions 
de Svendsen sont 6crites avec beaucoup de fa- 
cility et de nature], ce qui ne les emp£che point 
d'etre souvent originates et inleressantes. L'in- 
fluence des airs nalionaux ne s'y fait point sen- 
tir d'une maniere choquante, leur emploi n'y 
paralt point recherche mais contribue A aug- 
menter ttntensit6 du coloris. S. a publie : un 
quatuor pour instr. A archet(op. 1); des chcpurs 
pour voix d'hommes (op. 2) ; un octette pour 
instr. a archet (op. 3); une symphonie n° I (en 
ri maj., op. 4); un quintette pour instr. a archet 
(op. 5); un concerto de violon (op. 6); un con- 
certo de violoncelle (op. 7); une ouverture d'or- 
chestre pour Sigurd Slembe, de Bjornson (op. 8) ; 
Karnetal in Paris, pour orchestre (op. 9); 
Marche funebre pour Oiarles XV (op. 10); 
Zorohayde (op. 11); Polonaise, pour orchestre 
(op. 12); Krtinungsmarch filr Oshar IL (op.13); 
Hochzeitsfest, pour orchestre (op. 14); sympho- 
nie n° II (en si bemol maj., op. 15); Marche 
humoristique (op. 16); quatre Rhapsodies nor- 
vigiennes (op. 17, 19, 21, 22); ouverture pour 
Romio et Juliette (op. 18); un second quatuor 
pour instr. a archet (op. 20) ; deux cahiers de 
lieder (op. 23, 24) ; une romance de violon en 
sol maj., avec orchestre (op. 26). II faul ajouter 
A cela des arrangements pour orchestre d'ceu- 
vres de Bach, de Schubert, de Schumann, puis 
des chants populaires norv^giens, su£dois et 
islandais pour petit orchestre. 

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806 



SWEELINGK — SYMPHONIE 



Sweelinck, Jan-Pieters, ne, d'apres les re- 
cherches les plus recentes,non k Deventerroais 
A Amsterdam, d'avr. & oct. 1562, m. & Amster- 
dam le 16 oct. 1621 ; probablement eleve de Zar- 
lino, a Venise, succMa, en 1580, & son pere (m. 
en 1573),comrae organiste de la « Vieille eglise », 
a Amsterdam. 3, occupe une grande place dans 
l'histoire comme fondateur de la fugue d'orgue, 
basee sur un seul theme auquel s'adjoignent 
chemin faisant differents motifs secondaires 
se succedant d'une maniere toujours plus ser- 
ree et compliquee, jusqu'd la fin de 1'ceuvre qui 
est en meme temps le point culminant. Aucun 
de ses eleves ni de ses successeurs n'a cherche 
& suivre ses traces, meme de loin; il etait re- 
serve au genie de J.-S. Bach de developper 
cette forme embryonnaire jusqu'sk la perfection 
absolue. Une serie de morceaux d'orgue de S. 
ont ete publics par Eitner, d'apres un manus- 
crit de la bibliotheque du < Graues Kloster », & 
Berlin; d'autres se trouvent & la Bibliotheque 
royale de Berlin, Ms 191 ; quelques morceaux 
dans le « Virginal Book » de la reine Elisabeth, 
& Londres, un autre a la Bibliotheque de:Bru- 
xelles, un i la Bibliotheque du Christ, & Oxford, 
etun au « British Museum ». Les oeuvres vocales 
polyphoniquesde S. «cantiones», psaumes, chan- 
sons, sont en partitions copiees dans la bibliothe- 
que de la Sociele du Nord des Pays-Bas pour 
l'histoire de la musique, a Amsterdam. Ges oeu- 
vres suivent du reste des chemins battus et ne 
se distinguent guere de celles de beaucoup de con- 
temporains de S. que par la courbe de leur me- 
lodie, qui annonce revolution sur le point de se 
produire. On connait jusqu'A present, de S. : 
Livre 1-4 des Psaumes de David, 4-8 parties 
(Amsterdam et Harlem, 1604, 1613, 1614, 1621); 
les memes psaumes avec un texte allemand de 
Martinus Martinus, de Cotbus, publics a Ber- 
lin en 1616 et 1618 ; Rimes frangaises et ttalien- 
nes a 2-3 part., avec chansons a 4 p. (Leyde, 
1612); Cantiones sacrae cum basso continuo 
ad organnm 5 voc. (Anvers, 1619) ; puis quel- 
ques chants pour des ceremonies de manage et 
des chansons disseminees dans les antholo- 
gies de l'epoque. Un comite s'est forme pour 
elever A S. un monument, a Amsterdam. De 
plus, le D r Max Seiflfert publie, depuis 1895, une 
edition complete des oeuvres de S., edition qui 
comprendra douze volumes (dont sept ont deji 
paru) et sera terminee en 1901. 

Swell organ (angl.), v. claviers. 

Swert, Jules de, v. Deswert. 

Swieten, Gottfried (Baron) van, ne a Leyde 
en 1734, m. a Vienne le 29 mars 1803, fut promu 
D r a Leyde, en 1773, apres avoir pr^sente une 
these intitulee : Dissertaiio sistens musicae in 
medicinam influxum et ulililalem, et devinl 
plus tard directeur de la Bibliotheque impe- 
riale, & Vienne. S. a traduit de Tanglais en alle- 
mand, pour Haydn, le texte de la « Creation » et 
celui des < Saisons ». 

Swinnerton Heap, Charles, ne a Birming- 
ham en 1847, titulaire de la bourse de la Fon- 
dation Mendelssohn, A Londres, fut eleve, de 
1865 & 1867, du Conservatoire de Leipzig, puis, 



en 1867 encore, £leve, pour 1'orgue, de Best, a 
Liverpool. II est depuis 1868, a Birmingham, a 
la fois chef d'orchestre et pianiste, et obtint en 
1870, le grade de D r mus. (Cambridge). S. a 
ecrit plusieurs oeuvres de musique de chambre, 
des ouvertures , des cantates, des anthems, 
des morceaux d'orgue, des melodies vocales, 
etc. 

Swoboda, August, professeur de musique a 
Vienne, auteur de AUgemeine Tkeorie der Ion- 
kunst (1826); Harmonielehre (1828-1829, 2 vol.) 
et Inslrumentierungstekre (1832). 

Syiert, Paul, v. Scacchi. 

Sympathique. Les vibrations s. sont un des 
phenomenes acousliques importants au point 
de vue musical ; ce phenomene consisle en ceci 
que tout corps sonore vibre, lorsque le son qui 
lui est propre resonne dans son voisinage. 
ainsi, par ex.: une corde accordee en la 3 vibre 
et resonne aussi longtemps que le son la 3 est 
donne par un instrument quelconque ou une 
voix. De plus, les cordes, resonateure, etc. exe- 
culent des vibrations sympathiques toutes les 
fois qu'un des harmoniques superieurs de leur 
son fondamental resonne dans leur voisinage : 
ces vibrations sont d'abord parti elles settle- 
ment, en sorte qu'elles renforcent seulement le 
son donne, mais & cote de ces vibrations par- 
tielles, le corps qui vibre sympathiquement fail 
aussi des vibrations lotales, plus faiblea, que 
Ton distingue parfaitement, lorsque le son exci- 
tateur est subitement etoufTS. La s6rie harmo- 
nique inferieure a, par consequent, une exis- 
tence conditionnelle reelle qui explique la con- 
sonance mineure, de la meme facon que la serie 
harmonique superieure explique la consonance 
majeure. Cf. son. 

Symphoneta, expression que Ton rencontre 
frequemment dans les traites des ecrivains du 
xvi # s. et que Fetis, entre aulres, a souvent mal 
interpretec. Glarean donne, a la page 174 de 
son Dodekachordon 9 la clef de la signification 
de ce terme, lorsqu'il agite la question de sa- 
voir lequel doit etre estime le plus de 1 'auteur 
d'une belle milodie (phonascus) ou du maItre 

DE L*6CRITURE POLYPHONIQUE (S.). 

Symphonic, (gr. ovft.$toYtc& ; ital. sinfonia, re- 
sonance simultanee), terme adopte par les an- 
ciens Grecs, pour designer ce que nous appe- 
lons aujourd'hui la t consonance » des inter- 
valles. En 1595, Giov. Gabrieli choisit letitrede 
Symphoniae sacrae pour une collection de 
morceaux polyphoniques (!), soit vocaux avec 
accompagnement d'instruments, soit purement. 
instrumentaux (morceaux qui, pris isolement, 
portent les titres de canzoni et de sonate). 
Lorsque, au debut du xvn* s., Fopera se deve- 
loppa a Florence, Introduction instrumental 
(tres breve) de ce nouveau genre recut le nom 
nom de sinfonia. La s. se developpa en premier 
lieu sous la forme de prelude a un opera (v. ou- 
verture), mais peu apres, d'une facon bien 
plus remarquable, dans les oeuvres cycliques 
qui portaient le nom de sonates ou concertos 
d'&glise el etaient ecrites tant6t pour instr. a ar- 
chet, tantdt pour instr. a archet et a vent (avec 



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SYNCOPE — SYSTEME 



807 



« continuo »), La denomination de 8., pour ce 
■ce genre d'ceuvres, fit son apparition vers le 
milieu du siecle passe : Gretry, Gossec, Sam- 
martini, Stamitz, Cannabich, Haydn. Le der- 
nier de ces compositeurs intercala, entre le 
deuxiemeet le troisieme des mouvements adop- 
ts jusqu'alors (allegro, adagio, allegro), un 
menuet, Mais un m^rite bien plus grand de 
Haydn, reside dans l'individualisation qu'il 
realisa des instruments, d'apr£s leur timbre ; 
c est par la seulement qu'il parvint a faire de 
la s. ce qn'elle est aujourd'hui. Quant a l'ap- 
port de Mozart et de Beethoven surtout, il con- 
siste principalement dans la manifestation du 
temperament propre de chacun d'eux. De plus, 
Beethoven a notablement augments les propor- 
tions de l'orchestre (v. ce mot); il a remplace 
le menuet par le scherzo, introduit les choeurs 
dans la ix 6 symphonie, ainsi que l'interversion 
de l'adagio et du scherzo, souvent imitee de- 
puis lors. Beethoven a donne, d'une manure 
generate, plus de profondeur au contenu de la 
8., il a p^netre j usque dans les plus profonds 
replis de l'dme ; tout en donnant plus d'exten- 
sion & chacun des mouvements, il a fait g&ne- 
ralement usage pour le finale, non pins de la 
forme de rondo, mais d'une forme se rappro- 
chant davantage de celle du premier mouve- 
ment ( forme de sonate ). Les symphonis- 
tes posterieurs a Beethoven ne sont pas par- 
venus a dfrsrelopper davantage la forme de 
la s., d'oii il serait cependant errone de con- 
clure que cette forme est vieillie; les s. des 
Schumann, Brahms, Raff, Rubinstein, Saint- 
Saens, C. Franck, sout la preuve evidente que la 
forme traditionnelle de las. est toujours propre 
a servir de moule a de nouvelles id^es. Les 
poemes symphoniques de nos jours (Berlioz, 
Liszt, Saint-Saens,R. Strauss) ne sont point le 
d^veloppement de la forme de la s.,Tidee m£me 
de les considerer comme tels paralt exclue, 
puisqu'ils n'ont pas de forme determinee. lis 
rentrent dans la cat£gorie de la musique des- 
criptive (v. musique), dont ils sont les princi- 
paux repr£sentants. Mais la musique des- 
criptive est une forme mixte dont les principes 
de composition ne sont pas de nature pu- 
rement musicale; la musique joue bien, dans le 
po£me symphonique, un role preponderant, 
mais un rdle analogue a celui quelle joue dans 
le lied ou dans l'opera, Cf. musique pure, es- 
thetique, musique dramatique, etc. 

Syncope (du gr., dechirement), nom que Ton 
donne, en musique, A la liaison d'un temps fai- 
ble avecle temps fort imm£diatement suivant : 
«x. : 



i i i 



~«>— 



TXT 



L'attaque des sons produite par la s. est en 
contradiction avec le cours normal du metre et 
cause un deplacement des nuances dynamiques 
normales (anticipation de l'intensite sonore du 
temps fort). Au point de vue harmonique, la s. 
est ou bien la prolongation d'un des sons du 



premier accord pendant l'accord suivant, c.-a-d 
retard, ou bien l'inverse, c.-a-d. anticipation. 

Synemmenon, cf. grecque [musique]. Dans 
les trails de musique du moyen dge, le mot s. 
d&signe notre si bemol (B), particuii&rement 
dans la notation alphabelique anterieure a 
Odon, notation dans laquelle la lettre A corres- 
pondait A notre ut (G -- si, g minus ou g sy- 
nemmenon = si bfanol). 

Syntonique, Comma s., v. comma. 

Syringe, Syrinx, v. Pan (flute de). 

Systems, 1. On comprend sous le nom de 
systeme tonal, la definition th6orique des rap- 
ports musicaux qui sont a la base de la pratique 
musicale. Le s. tojial moderne diff&re essentiel- 
lement de ceux des si^cles passes et, bien que 
la science moderne se complaise aisement dans 
l'illusion que nous avons d£couvert les rapports 
naturelsdes sons, il n'est point impossible que 
notre s. apparaisse imparfait et vieilli aux mu- 
siciens des generations futures. L'exercice pra- 
tique de la musique n'est pas le resultat d'un 
s. pr£concu, quoique naturellement tout s. 
adopte de longue date ait une influence notable 
sur la pratique ; ce n'est point la th^orie, mais 
bien la pratique qui est k la base des Evolu- 
tions de l'art : ainsi seulement s'explique le fait 
que tous les s. tonaux ont certains principes 
fondamentaux communs, qu'ils ne se contredi- 
sent point, mais ont au contraire des degree 
plus ou moins rapproches de parente. Les plus 
anciens s. sont bas6s sur rechelle dite de cinq 
sons (cinq dans l'espace de l'octave), echelle 
ignorant les espaces de demi-tons et laissant 
par consequent des vides qu'il etait reserve a 
une epoque ulterieure de remplir. Pendant 
longtemps, ce furent les s. de sept degree qui 
furent le plus repandus(s. diatonique absolu de 
1'ancienne musique grecque, modes ecclesiasti- 
ques, echelles fondamentales hindoue et chi- 
noise). Le s. enharmonique-chromatique que 
les Grecs adopterent en second lieu, comportait 
vingt et un degres (v. grecque [musique]); le 
8. primitif arabo-perse en comportait dix-sept 
(cf. Arabes); le s. moderne, tel qu'il s'etablit 
d'abord dans la pratique, est bas6, comme celui 
qu'adopterent en second lieu les Chinois et les 
Hindous, sur une Echelle de douze degres (la 
tablature ailemande ne connaissait que les 
sons ut, ut%, re, re ft, mi, fa, fa ft, sol, so/ft, 
la, la ft, si, ut x ; elle ignore les sons mify , la v , 
etc.) ; le s. dans son ensemble, tel que le repr£- 
sente notre notation actuelle (si nous admettons 
la possibilite du tyfy devant ut et fa, du X de- 
vant si" et mi), comporte vingt- huit degres. 
Quant au s. adopts par la theorie acoustique 
de nos jours, il est litteralement illimite, car 
nous n'avons pas m^me epuise, dans le tableau 
dresse au mot rapports, la quantity innombra- 
ble de valeurs acoustiques que la theorie acous- 
tique determine dans les limiles de l'octave. Le 
conflit qui, depuis cet immense developpement, 
s'est eieve entre la theorie et la pratique, a 
pouss£ a la recherche d'un terrain de concilia- 
tion, dans le temperament (v. ce mot); parmi 
les differentes sortes de temperaments, c'est 



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808 



SYSTEMA — TABLATURE 



celai qui, correspondant A l'ancienne prati- 
que, se compose de douze degr&s Equidistant*, 
qui a eu jusqu'i ce jour la pr^terence. 

2. On parte, en outre, d'un s. de theorie 
d'harmonie, du 8. harmon ique de Rameau, 
Tartini, Vallotti, Yabbe Vogler, Kirnberger, 
Hauptmann, etc. Le but d'un tel s. est de grou- 
per toutes les harmonies possibles sous un cer- 
tain nombre de chefs dont I'ensemble est facile 
a saisir,de ramener les nombreuses formations 
harmoniques A un nombre aussi restreint que 
possible de formations-types d'ou toutes les 
autres puissent 6tre d&duites. Les r£sultats de 
ces reductions sont: a) Identification d'un 
grand nombre de formes harmoniques qui, ba- 
shes sur des sons diff&rents, n'en sont pas moins 
composes de rapports identiques,de telle sorte 
que Tune n'est que la transposition de l'autre, 
ex. : ut: mi: sol = fa:la: ut, ut: fa:la = fa : 
si bimol: r&, etc. Gette remarque est sans doute 
aussi ancienne que la musique polyphonique 
elle-mfone ; les r&gles de Tart du dechant, au 
xn e s., n'ont pu 6tre 6tablies en dehors de cette 
connaissance. b) L'6tablissement de rapports 
entre des formes composes des m&mes sons 
(selon les id£es modernes), mais dont l'ordre 
de superposition ou l'octave varie ; ainsi la 
forme mi: sot: ut 1 etant ramen&e A ut: mi: sol 
dont elle est un * renversement ». On atlribue 
g£neralement l'invention de ce s. des renverse- 
ments (sistema deirivolti) A Vallotti ou mime 
A l'abb£ Vogler, mais il est beaucoup plus an- 
cien; Rameau lui donna une forme pratique 
dans sa « basse fondamentale », mais Zarlino 
d£j& connaissait l'identit6 des harmonies for- 
nixes de mfemes sons dans des octaves difffc- 
rentes, de m&me qu'il consid&rait l'accord ma- 
jeur et l'accord mineur comme les deux princi- 
pes de toute conception harmonique. c) L'inter- 
pr&ation des accords dont la sonority tant mu- 
sicale que physique, a 6t6 chang£e par une alte- 
ration, un retard ou Fadjoiiction d'un son, dans 
le sens des harmonies [natnrelles] qui out subi 
le changement. Gette deduction est Tune des 
plus r^centes ; le premier, l'auteur de ce dic- 
tionnaire, H. Biemann, a formula cette loi d'a- 
prds laquelle chaque formation harmonique 

DOIT ETRE INTERPRETBE DANS LB SENS D'UN 
ACCORD PARFAIT MAJEUR OU MINEUR, loi qui n'est 

du resie en soi pas absolument nouvelle, mais 



qui precise l'une des pens£es sur lesquelles re- 
pose le Traits de Vharmimie, de F&is. d) Enfin, 
l'acquisition la plus r£cente de la theorie con- 
siste dans la preuve (Stablie 6galement par H. 
Riemann) qu'un accord majeur ou mineur est 

tOU jOUrS TONIQUE, SOUS -DOMIN ANTE OU DOMINANTS 

et qu'iL n'kxiste aucune autre fonction har- 
monique (cf. fonction). Si Ton compare avec 
ces simplifications de l'appareil harmonique, 
les systemes fourmillant d'accords de troi» 
sons, de septieme, de neuvidme, voire m&me de* 
onzi&me et de treizieme de toutes sortes, des. 
th^oriciens du si&cle passe, on ne peut que 
donner raison A F£tis, qui se fait fort de faire 
comprendre en quelques heures, a un 616ve 
bien dou&, toute la th&orie de 1'harmonie. Com- 
bien de choses inutiles, superflues dans les trai- 
ls d'harmonie courants ; combien dedications 
aussi qui n'ont rien A voir avec Tharmonie^ 
mais se rattachent directement A la th&orie de 
la facture musicale, ducontrepoint! 

Systema, systeme ; 5. participatum, c.-d-d. 
syst&me temp6r£ (v. temperament). L'ancienne 
theorie musicale des Grecs donne le nom de s. 
dun grand intervalle rempli au moyende sons 
interm£diaires, ex.: un t&rocorde, un octocorde 
(gamme jusqu'd l'octave), etc;c'est de Id que 
provient l'usage du terme $., au moyen Age* 
pour « hexacorde » (S. naturale ou regiUare, & 
transpositum, S. durum, S. molle). Gf., pour 
S.metabolon, teleion(perfectum)elameUibaUm > 
Tart, orecque [musique]. 

Szarvady, Wilhelmine, v. Glausz-Szarvadv. 

Szekely, Imrb, pianiste et compositeur, ne A 
Matyfalva (Hongrie) le 8 mai 1828 ; donna plu- 
sieurs concerts A Londres, avec beaucoup de 
succ&s (y sXjourna longtemps), puis A Paris, A 
Hambourg, et se fixa dMnitivent A Budapest 
en 1852. II jouit, dans sa pa trie, d'une grande 
renommee comme professeur. S. a public un 
grand nombre d'oeuvres pour piano (concertos* 
fantaisies, musique de chambre), ainsi que des 
oeuvres symphoniques et des pieces pour instr. 
A archet. 

Siymanowska, Marie (n6e Wolowski), excel- 
lente pianiste, nee en Pologne en 1790, m. A Saint- 
P&ersbourg en 1831 ; 61£ve de Field, se fit en- 
tendre avec succ&8 en AUemagne et publia. 
quelques pieces brillantes pour le piano. 



T, sur une partie de choeur, signifle Tenor. — 
t. abrgviation courante pour tempo, a. t. = a 
tempo (dans le premier mouvement = tempo 
primo); toutefois t. s. signifle tasto solo (v. 
ghxffre), t. c. tulte corde (v. corda). 

Tablature(all. TabuUxtur) f l. Ragles du chant, 



chez les maItres chanteurs, regies dont Fen- 
semble se rapporte non seulement A la musi- 
que, mais aussi au po&me, tant au point de vue 
du contenu qa'A celui de la forme. La lecture 
du po&me des « Maltres-Ghanteurs », de B. Wa- 
gner, suffit a donner rapidement une id£e tres 



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TABLE D'HARMONIE 



809 



vivante de la t. — 2. Notation musicalb dont 
F usage fat abandonn6 deja au debut da siecle 
passe. Cette notation ne comportait ni ported, 
ni notes, mats designait les sons au moyen 
de lettres ou de chiffres. On sait que notre no- 
tation sur la portee n'est pas autre chose qu'une 
notation al ph abet i que abregee (la clef de fa est 
le r£sultat de transformations successives d*un 
F, celle d'ut d'un C, celle de sol d'un G), il n'y 
a done rien d'etonnant a ce que la notation au 
moyen des lettres A & G soit plus ancienne que 
la ndtre; son origine remonte au moins au x s., 
toutefois la notation alphab&ique n'etait certai- 
nement pas connue du temps de Gr6goire-le- 
Grand, comme on Fadrnettait precedemment 
(cf. i-ettrks). La t. dite t. allemande ou t. 
d'orgue £tait d'un usage general en Allemagne, 
au xv e et au xvi« s/, particulierement pour For- 
gue et le clavecin ; on avait imagine pour d'au- 
tres instruments, pour le lcth surtout (v. luth), 
des t. speciales, alphabetiques ou chiffrees, mais 
dont les indications se rapportaient au doigte 
et changeaient par consequent de sens (au point 
de vue de la sonorite) suivarU Faccord de ^ins- 
trument. Un trait commun k toutes les t. con- 
aisle dans la designation toute particulierc des 
valeurs rythmiques, au moyen de signes sp6- 
ciaux disposes au-dessus des lettres ou des 
chiffres ; ainsi : 

i. Tablature d'orgue. 
(Partie superieure notee sur une portee.) 



3£ 



-tt 



n.ntu * ^ 





* f- 


t 


1 f t r 


1 






< b 4 


f t f • 


f 


t 




1 r* * 


1 1 1 


I 






J $ a b 


cab 


c 


1 




• * r 


r 1 - 1 


1 






9 *$$ 


5 a6S6 


I S 


JL 




2 . Tablature allemande de lnth. 






Iff I i i | 


1 






b b o 


> p • 


5 


t 


• 


r * 


1 r 1 ' 


1 




c 


i * r 


1 t 1 


6 

1 


t 


1 


X £ m 


c $ m 


c 


X 


* 


r r 


r 1 «• 1 


1 




1 


1 2 


1 I «l * 


t 


r 




3. Tablature fran^aise de luth. 






I r r 1 


r 1 


r «-i r f 


1 


1 






SX 



4. Tablature italienne de luth. 





















• • * 



















(Isaak, Innsbruck icb muss dich lasstn.) 

Ces signes sont : un point + pour la breve, un 
trait I pour la semibr&ve, un crochet ^ pour la 
minime, un double crochet pour la semiminime, 



un triple crochet pour la fusa, un quadruple 
crochet pour la semifusa. Les memes signes 
places au-dessus d'un trait horizontal : ± , S 

etc., prenaient la valeur de silences. Au xvi* s. 
deja, les t. remplacent les crochets, lorsque plu- 
sieurs minimes, etc se suivent imm&diatement, 
par les traits horizontaux commune & plusieurs 
notes et dont l'usage ne pen&ra dans la nota- 
tion proportionnelle qu'au debut du xvm* s., 

ex. : 555 ; de plus elles se servaient de la 



by \j 



*L 



\V 



d e 

barre de mesure, en sorte qu'au premier abord 
leur aspect se rapproche encore plus de notre 
notation actuelle que celui des anciennes nota- 
tions proportionnelles. Ce fait est surtout frap- 
pant, lorsque, comme cela se pratiquait par- 
fois, la partie melodique (superieure) est notee 
sur une portee de cinq lignes, au moyen de 
points noirs auxquels on adjoignait les signes 
de duree(cf.Tex. l).Un grand nombre d'oeuvres 
imprimees en t. nous sont parvenues, entre 
autres de : Virdung, Agricola, Luscinius, Hans 
Gerle, Arnold Schlick, Jakob Paix, Amerbach, 
Bernh. Schmid, Woltz, Seheidt, puis les ouvra- 
ges en t. de luth de : Hans Judenkonig, Georg 
Neusiedler, W. Heckel, Ochsenkuhn, etc. La 
literature que nous revelent ces t est d'un haut 
interet pour Thistoire des debuts de la musique 
instrumentale artistique ; elle fait Tobjet des 
recherches de plusieurs savants de nos jours, 
entre autres de O. Chilesotti (v. ce nom). Cf. 
Kiesewetter, Die Tabulaturen der alien Vrah- 
tiker ; von Wasielewski, Geschichte der In- 
strumentalmusik im XVI.Jahr. (1878). Les 
exemples ci-contre donneront une id6e d'en- 
semble des diverses t. 

Table d'harmonie (all. Resonanzboden; angl. 
soundboard ou belly), nom que Ton donne & la 
table de bois qui, dans les instr. & cordes en 
usage dans la musique artistique, ren force la 
sonorite des cordes. On sait aujourd T hui qu'une 
t. d'harmonie n'a point de vibrations transver- 
sales et qu'elle ne renforce point le son simple- 
ment d'apres la loi des vibrations sympathi- 
ques (v. ce mot), que, bien au contraire, son but 
n'est atteint que grdce al'absence de vibrations 
transvereales, obtenue au moyen de lamelles 
collees sous la t. et traversant a angle droit les 
fibres du bois. Les vibrations de la t. d'harmo- 
nie sont des vibrations molecul aires dont Tin- 
tensity depend de la force qui les sollicite, tan- 
dis que leur p&riode est absolument ind^pen- 
dante de celle de la corde; toutefois, comme 
chaque vibration de la corde est une nouvelle 
source de vibrations moldculaires, les variations 
d'intensit6 de celles-ci ont la m6me p^riode que 
les vibrations de la corde, d'ou il ressort que, 
dans toute sa surface, la t d'harmonie commu- 
nique a Fair un nombre de chocs periodiques 
correspondant exaclement au son donne par la 
corde. Cest ainsi seulement que s'explique le 
fait qu'une bonne t. d'harmonie renforce egale- 
ment tous les sons, tandis que, si elle vibrait 
d'apres les lois des vibrations sympathiques, 
elle ne renforcerait que certains sons. Le son 

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810 



TABOUROT — TAFFANEL 



d'une corde est excessivement faible, lorsqu'il 
n'est pas renforce par la t. d'harmonie, car la 
surface d*ou les vibrations se communiquent a 
l'air est trop Stroite (cf. aussi ouies). C'est de la 
m&me fa$on que s'explique Teffet du pavilion, 
dans les instr. a vent. 

Tab our ot, Jean, v. Arbrau. 

Tacchinardi, 1. Niccolo, excellent chanteur 
(tenor), n6 a Florence le 3 sept. 1772, m. dans la 
m6me ville le 14 mars 1859 ; il avait le cou si 
Monnamment court qu'il avait 1'air diffortne, 
mais il put triompher de l'impression d6sa- 
greable que son extSrieur produisait, grace au 
charme de sa voix. II se fit entendre d'abord 
sur les scenes italiennes, puis, de 1811 a 1814, 
aux cdt6s de Grivelli, a l'Opera italien de Paris, 
d'ou il retourna en Italie et chanla encore, jus- 
qu'en 1831, sur differentes scenes. T. a public 
des exercices de chant et un petit ouvrage: 
DelCopera in musica sul tealro italiano e de 
suoi difetti. — 2. Fanny, fille du precedent, v. 

PER8IANI. 

Tacet (lat., en ital. tace ou taci, abr. tac, « se 
tait »), indication qui, dans une partie dechceur 
ou d'orchestre, iudique que la voix ou rinstru- 
ment en question < se tait », fait silence pendant 
le numero ou elle se trouve. 

Tactus (lat., attouchement, coup, hausse et 
finalement «mesure »), designation de certains 
rapports mStriques, dans la musique, emprun- 
t6e aux gestes du directeur qni reglent le mou- 
vemenl d'un morceau. Sebald Heyden declare 
(p. 48 de YArs canendi, 1536) que la br&ve vaut 
dans le tempus perfectum (v. tempus) trois, 
dans le tempus imperfectum deux t. et, de m&- 
me, dans le premier cas la longue six, la maxi- 
me douze *., dans le dernier par contre la lon- 
gue quatre, la maxime huit L Dans les deux 
cas, c'est la semibr^ve qui est l*unit6 de me- 
sure, c-a-d. que le chef baltait les semibr^ves 
(nos mesures enti&res actuelles); mais la semi- 
breve avait autrefois a peu pr£s la valeur de 
notre noire, dans un mouvement mod6re (an- 
dante). Lorsqu'il y avait prolatio major (v. 
ce mot), dont le mouvement etait un peu plus 
lent que celui de la prolatio minor, la minime 
(notre blanche) £tait choisie comme unit6 de 
mesure, c.-a-d. qu'on la battait; la semibreve 
i Q j valait alors trois, la minime ( ^ ) un, la 

semiminimef^. ) un demi L t la fusa ( N ) un 

quart de t., et la semifusaf ^ Jun huitteme de L, 

tandis qu'avec la prolatio minor les durees cor- 
respondaient aux ndtres : ♦ — 1 /., J - i/ 4 j. f 

I - f M-, J=Vb*.,$; -V^.Lef.&aitdonc, 

au xvi« s., et m&me encore au debut du xvn e s. 
tout autre chose que ce que nous appelons de 
nos jours une « mesure » (all. Takt); c^tait non 
point la reunion de plusieurs unites de temps 
marquees avec le baton de mesure, mais une 
seule de ces unites. Lorsque les plus longues 

durees furent abandonnees ( p55 B fcj ), 

Vunite de temps marque recula de plus en plus 



dans le sens des courtes durees. Une fois la pro- 
latio major supprim£e, certains pays (I'Allema- 
gne,entreautres)ont conserve la denomination 
des durees d'apres leur valeur dans la prolatio 
minor (t Ganze », « Halbe », t Viertel •, etc.*, en 
sorte que finalement le mot t. prit le sens qu'a- 
vait, au xiu 6 s., perfectio (valeur de la longue 
parfaile), celui d'une unit6 d'ordre superieur, 
d'une mesure. Pour ce qui concern e les diffe- 
rentes sorteB de mesures, la division des temps 
ou le groupement des mesures en unites d'or- 
dre encore superieur, cf. les articles metriqufu 
rythme et phrase, ou Fon trouvera aussi les 
renseignements n£cessaires sur la dynamique 
naturelle des motifs, selon leur situation dans 
la mesure. Cf. enfin sur les signes de mesure, 
soit dans la notation proportionnelle, soit dans 
la nrttre, les mots mesure, modus, tempus, pro- 
latio, DIMINUTION, AUGMENTATION, PROPORTION, 
SE8QUIALTERA et HEMIOLIA. 

Tadolini, Giovanni, ne a Bologne en 1793, m. 
dans la m&me ville le 29 now 1872 ; eleve de 
Mattei (composition) et de Babini (chant), fut, 
de 1811 a 1814, accompagnateur et chef des 
choeurs a l'Opera italien de Paris. D remplit 
ces m6mes fonctions une seconde fois, de 1830 
a 1839, mais vecut le reste du temps a Bologne. 
ou il se vouait enticement a la composition. 
T. a 6crit huit operas (La fata Alcina, Venise, 
1815 ; La principessa di Navarra, Bologne. 
1816 ; It credulo deluso, Rome, 1817 ; Tamer- 
tano, Bologne, 1818; // finto molinaro, Rome, 
1820; Moctur, Bologne, 1824: Mitridate, Ve- 
nise, 1826 ; et Almanzor, Trieste, 1827), ainsi 
que des « canzonette >, etc. 

Taglichsbeck, Thomas, violoniste, composi- 
teur et chef d'orchestre, ne a Ansbach le 31 dec. 
1799, m. a Baden-Baden le 5 oct. 1867 ; eleve de 
Rovelli,a Munich, il entra en 1817, comme vio- 
loniste, a l'orchestre du Theatre de Munich. 
II y devint peu apr£s second chef d'orchestre, 
mais entreprit de longues tournees de concerts 
et fut nomm6, en 1827, maitre de chapelle 
du prince de Hohenzollern-Hechingen (jusqu en 
1848). II vecut ensuite a Strasbourg, a Lowen- 
berg (Sil6sie) et finalement a Dresde. T. a ecrit 
de nombreux divertissements, fantaisies, varia- 
tions, etc. pour violon et piano, ainsi que pour 
violon et orchestre, un Concerto militaire (op. 8) 
pour violon, un concertino, plusieurs sonates 
de violon, un trio avec piano, deux sympho- 
nies, une Messe avec orchestre, des cho»urs 
pour voix d'hommes et pour voix mixtes, des 
lieder avec piano, etc. Les deux symphonies de 
S. ont 6te ex6cut6es avec succes, aux « (Concerts 
du Conservatoire » de Paris (1835, 1837). 

Taffanel, Claude- Paul, ne a Bordeaux le 16 
sept. 1844; excellent flutists, 61eve de Dorus et, 
pour la composition, de Reber, fut de 1864 a 
1890 flutiste a l'Opera de Paris. T. a fonde, en 
1879, la « Society des quintettes pour instru- 
ments a vent». H fut nomm&, en 1890, chef 
d'orchestre de la « SociSte des Concerts » dont 
il etait flutiste depuis 1867. Enfin, en 1893, T. a 
ete appele a diriger, au Conservatoire, la classe 
de flrtte, apr6s avoir rempli depuis 1H75, les 



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TAG — TAMBOUR 



811 



fonctions de membre de. la Commission d'exa- 
men des instruments a vent. 

Tag, Christian -Gotthilf, cantor A Hohen- 
stein, en Saxe, n£ A Bayerfeld (Saxe) en 1735, 
m. le 19 jail. 1811 ; a publie : 6 Choralvorspiele 
nebsteinem Trio wnd Allabreve (1788); donze 
preludes et une symphonie pour orgue (1795) : 
plusieurs recueils de lieder (1788, 1785, 1793, 
1798), parmi lesquels une scene dramatique et 
un hymne A quatre voix; Urians Reise um die 
Welt et Urians Nachricht von der Auflilartmg 
(1797); Naumann, ein Totenopfer (1808, pour 
chant et piano) ; Melodie sum Vatervmser imd 
den Einssetzungsworten, avec orgue (1808); 
Woerlitz (1808, piano et chant). II a laisse, en 
outre, un grand nombre d'ceuvres vocales reii- 
gieuses (soixante douze cantates, onze Messes, 
beaucoup de motets, des airs religieux, etc.) et 
des pieces instrumentales. 

Tagliana, Emilia, can tatrice scenique (soprano 
le*ger), nee A Milan en 1854;eleve du Conser- 
vatoire de cette ville et 61eve partieuliere de 
Lam per ti, chanta d'abord A Naples, puis A Flo- 
rence, Borne, Paris, Odessa et, de 1873 A 1877, 
& Vienne, ou elle continua encore A travailler 
avec zele, aupres de Hans Bichter. De 1881 a 
1882, elle fut engag£e A Berlin, oh elle a 6t6 
nommee cantatrice de la Chambre royale. Sa 
voix n'est pas precise* men t puissante, mais 
agreable et souple, et son ext£rieur gracieux. 

Taglioni, Ferdinando, fits du celebre maitre 
de ballets Salvatore T, n6 A Naples le 14 sept. 
1810 ; fut, de 1842 A 1849, maitre de chapelle 
d'eglise el chef de l'orchestre municipal, A Lan- 
ciano, puis, jusqu'en 1852, concertmeister au 
theatre « San Carlo » , A Naples. Apres avoir 
subi des arrets de forteresse, pour delit politi- 
que, il devint r^dacteur de la (iasetta musicale 
de Naples, organisa des concerts historiques 
avec programmes analytiques et fonda une 
£cole de chant choral. T. a ecrit, A Lanciano, 
beaucoup de musique religieuse, mais il en a 
peu publie. Par contre, il a fait paraltre un 
grand nombre de petits Merits musicaux, entre 
autres : Proposta di un regolamento per Vin- 
segnamento obligatorio delta rnusica nelle 
scuole primarie e normali (1865): Metodo ra- 
tionale per Vinsegnamento del canto corale 
nelle scuole infantiliepopolari(\%l\) ; Manuale 
per Vinsegnamento pratico de'eanti per udi- 
zione (1870); Manuale di rudimenti elementari 
per Vinsegnamento teorici del canto corale nelle 
scuole popolari (1870) ; Disegno di un corso di 
estetica musicals (1873), etc. 

Taille, syn. vieilli de tenor ; bassb-taille, t£nor 
grave, sorte de barylon. En outre, t. signiflait 
aussi c tenor de viole » (v. viole). 

Talezy, Adrien, ne en 1821, m. A Paris en 
f6vr. 1881 ; compositeur connu de morceaux de 
salon pour piano, ainsi que de sept operettes 
en un acte (ecrites de 1872 A 1878, pour Paris). 

Tallis (Tall ys), Thomas, celebre compositeur 
anglais, organiste (en meme temps que son 
eleve Byrd) de la Cour d'Henri VIII, d'Edouard 
VI, ainsi que des reines Marie et Elisabeth, m. 
le 28 nov. 1585; recut en 1575, avec Byrd, un 



privilege pour l'impression d'oeuvres de musi- 
que, et publia avec ltd : Cantiones quae ab ar- 
gumento sacrae vpcantur, 5 et 6 partium 
(1575). On trouve des compositions d£tachees 
de T. dans « Morning and evening prayer » de . 
J. Day, dans « Church music > de Barnard, 
ainsi que dans les ouvrages historiques de 
Hawkins et de Burney. Novello a r&mprime, 
dans sa collection de services, d'anthems et 
d'hymnes, un grand nombre d'oeuvres de T.; 
son Full cathedral service parut en deux nou- 
velles Editions, par les soins d'Oliphant et de 
Bimbault, et ce dernier a aussi r&dit6 un Order 
of daily service with the musical notation, de 
T. 

Talon (all. Frosch) 9 l'extremit£ de l'archet que 
Ton tient dans la main. L'indication au talon 
signifie que la note ou le passage doit etre jou£ 
avec la partie de Tarchet la plus rapprochee du 
t. et que la sonorite* doit etre rude. 

Tamberlick, Enrico, celebre tenor, n6 A 
Borne le 16 mars 1820, m. A Paris le 15 mars 
1889 ; His d'un employe du departement des 
finances, devait&udierle droit A Bologne, mais 
se voua A la scene, et brilla d'abord A Naples, 
puis, bientot apres, A Lisbon ne, Madrid, Barce- 
lone, Paris, Londres, St-P6tersbourg, etc. II 
parcourut aussi dans la suite les deux Ameri- 
ques. T. chanta en dernier lieu a Madrid, et il 
vScut enfin complement retired 

Tambour ou gaisse (ilaL tamburo [de Tarabe 
lambor], cassa; all. Trommel ; angl. drum), 
instr. A percussion bien connu, compose d'un 
cylindre en douves ou en tdle, dont les deux 
extremites ouvertes sont tendues d'une peau 
de veau tanned, retenue par des cercles de bois. 
Ces cercles sont relief au moyen d'un cordon 
lace en zigzag etdont la tension, obtenue par des 
anneaux mobiles, determine le degr6 de clarte 
de la sonority. On percute Tune des membranes 
du t. au moyen de baouettks (dont le genre 
varie selon les dimensions de Tinstrument), 
tandis qu'une corde de boyau fortement tendue 
passe sur Tautre. Lorsqu'on imprime des vi- 
brations A la premiere de ces membranes, Vautre 
resonne aussi, mais avec une sorte de bruit de 
crecelle, resultant de l'attouchement toujours 
renouvele de la corde de boyau ; sans cette 
corde, la sonorite du t. est tres breve et tres 
male. Le t. ne s'accorde pas, en sorte que, 
comine pour tous les instr. A percussion, excepte 
les timbales, on se contente de noter le rythme 
de sa partie. Comme celui des timbales, le rou- 
lement du t. se note a la maniere d'un trilie ou 
d'un tremolo : 



* M ou 



'** 



$1 



Les differenles especes de t. sont: 1. Le t. de 
grandes dimensions, dit grosse gaisse (ital. 
gran tamburo ; all . grosse Trommel ; angl , 
bass-drum), r6uni generalement aux cymbales 
(v. ce mot); 2. Le t. ordinaire ou gaisse rou- 
lante (all. Rolltrommel), plus petit que le pr£- 



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812 



TAMBOUR DE BASQUE — TAPPERT 



cedent, mais plus grand cependant que : 3. le 
l. militaire ou gaisse clatre (all. Militartrom- 
mel) dont la sonority est claire et percante. II y 
a de no8 jours une tendance fort accentuee A 
racourcir de plus en plus le cylindre des t., 
particulierement de la caisse claire, dans la- 
quelle le cordon est aussi remplac6 souventpar 
des tiges metalliques que r^gissent des clefs. 

Tambour de basque (paxdero, v. ce mot), 
petit tambour a main, tendu d'une seule mem- 
brane, mais dont le cercle est, en outre, pourvu 
de grelots.Cet instrument sert en Espagne, dans 
Tltalie meridionale ct aussi en Orient, a. ac- 
compagner les tarentelles et autres danses ana- 
logues. (Test le danseur lui-m£me qui tient 
ttnstrument dans sa main. Les Allemands et 
souvent aussi les Fran^ais donnent impropre- 
ment au t. de basque le nom de tambourin. 

Tambourin, sorte de tambour dont le cylindre 
est allonge mais d'un diam^tre restreint, et que 
les joueurs proven^aux de galoubet (espece de 
flageolet) frappent en cadence, tout en jouant 
de leur instrument De \A le nom de t. appliqu£ 
a certains morceaux de musique — en forme 
de danse — dont TeflTet est analogue a celui que 
produisent les joueurs de galoubet (cf. la suite 
en mi min. de Rameau). Le morceau intitule t. 
est en mesure binaire, avec une basse station- 
naire. On donne souvent. & tort, le nom de t. au 
tambour de basque (v. ce mot). 

Tambur, instr. a. cordes arabe et perse, de la 
famille du luth, et qui se jouait comme la man- 
doline, au moyen (fun mediatenr. Cf. Arabes. 

Tamburini, Antonio, c^tebrechanteur (basse), 
n6 A Faenza le 28 mars 18G0, m. a. Nice le 9 
nov. 1876 ; fils d'un maitre de musique, debula 
dans la carri&re comme choriste a Faenza, puis 
comme cbanteur de petits rtiles, dans une troupe 
itinerante d*op6ra(Bologne, Cento, etc.). II s'etait 
d^ja, cree, jusqu'en 1824, une brillante renom- 
m&e et avait remport6 des triomphes a Milan, 
Rome, Venise, Naples (au « Teatro nuovo »). De 
1824 A 1832, il fut accapare par Barbaja, qui 
avait en mains les theatres de Naples, Milan et 
Vienne; mais, de 1882 a 1841, il brillait au 
Th&ttre italien de Paris, aux cot6s des Rubini, 
des Lablache et des Persiani, Grisi, Viardot, 
etc. II cbanta dans la suite encore en Italie, en 
Russie, A Londres, etc., jusqu'au moment ou, 
en 18T)5, il se retira dans une villa, pr&s de 
Sevres. T. avait £pous£, en 1822, la cantatrice 
Marietta Goja. 

Tamburo (ital.), tambour (v. ce mot). 

Tamtam (gong, tchuruj), instr. A percussion 
oriental (chinois, bindou), disque de m6tal 
forg£, dont 1'alliage comprend des parties de 
metaux nobles. Le t. est fortement concave 
dans sa partie centrale ; le large bord est 
pourvu d'une entaille assez profonde et semi- 
circulaire. Le son du t. resonne et bourdon ne 
ires longtemps apree la percussion ; son eflet, 
tant dans le piano que dans le forte, a quelque 
chose d'angoissant, d'effrayant. Le t. est em- 
ploy^ dans l'orchestre de the&tre moderne (ail- 
leurs aussi, pour certains effets sp£ciaux), ce- 
pendant son cout est si £lev£ (les meilleurs t. 



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viennent de la Chine) qu'on le remplace son- 
vent, imparfaitement, par une cymbale suspen- 
due et que Ton percute au moyen d'une baguette. 

Cf. CYMBALE8. 

Tanaka, SuoHfe, jeune savant japonais, eleve 
de Spitta, a Berlin, s'est fait connaitre par des 
recherches sur Faccord math£matique des sons 
(son harmonium accords math&matiquement a 
6t6 baptist par Billow « En harmonium »). Cf. 
« Vierleljahrsscbrift far Musikwissenschaft », 
1890. 

Tanbur, v. tambor. 

Tau6jeff, S.-J., n6 le 13 nov. 1856; eteve de 
Nicolas Rubinstein et de Tschaikowsky, pro- 
fesseur au Conservatoire de Moscou, ou il est 
tr£s estime comme pianiste. 

Tangenies, nom que Ton donnait, dans Fan- 
cien clavicorde, aux languettes ou goupilles de 
metal qui, fixees A Textremit^ des touches, frot- 
taient (tamjere = toucher) les cordes, au lieu 
de les pincer comme le faisaient les plumes 
dans les clavecins A plumes de corbeau. Le son 
des clavicordes 6tait produit par consequent 
d*une facon toule analogue A celui des instr. a 
archet. Mais, en m6me temps qu'elle faisait vi- 
brer la corde, la t. limitait la partie de celle-ci 
qui devait vibrer; cbaque corde aurait fourni 
deux sons, si la partie qui se trouvait A gauche 
de l'ex&cutant n'avait &t£ condamnee au moyen 
de bandelettes de drap intercal£es qui remplis- 
saient egalement le rdle d'etouffoir, aussitdt que 
la t. quittait la corde. Ces bandelettes de drap 
manquaient au « cembal d'amour » de G. Silber- 
mann (v. ce nom). Un effet special, connu sous 
le nom de balancement (v.ce mot)n'£tait rendu 
possible que par le mode de production du 
son. 

Tans'ur, William (de son vrai nom Tanzkr), 
compositeur anglais, n& a Dunchurch en 1706 
(baptise le 6 nov.), m. A St-Neots le 7 oct 1783; 
remplit les fonctions d'organiste A Barnes (Sur- 
rey), jusqu'a ce qu'en 1739 il eut £le appele A 
un poste semblable, A Ewell Leicester et a St- 
Neots. II a publie : A complete melody, or the 
harmony of St'on (1735 et 1788); The melody of 
the heart (1737); Heaven on earth (1738); The 
royal melody compleat(New harmony of Sum* 
1754 et 1755); The royal psalmodist compleat 
(sans date); The psalm singers jewel (1760); 
Melodia sacra (1772), ainsi qu'un ouvrage tMo- 
rique: A new musical grammar (1 746, plusieurs 
fois reedit^; editions ulterieures sous le titre r 
A neve musical grammar and dictionary, 1767 
et souvent, depuis lors) dont il a aussi para on 
extra it sous le titre; Elements of musik dis- 
played, or, its grammar made easy (1772). 

Tapada (Tapadillo, esp.), jeu bouche de l'or- 
gue. Les designations de grandeur en pieds, 
13, 26, sont les m&mes que pour le baxoncello 
(v. ce mot). 

Tappert, Wilhelm, 6crivain musical, n6 a 
Ober-Thomas-Waldau, pr6s Bnnzlau, le 19f£v. 
1830; fit au sfrninaire de Bunzlau ses etudes 
d'instiluteur, carrtere qu'il suivit, du reste, plu- 
sieurs annees. Mais, en 1856, il se voua a la 
musique , suivit les cours du • Conservatoire 

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TARGHI — TARTINI 



813 



Kullak » et fut, pour la theorie, YMxe particu- 
lierde Dehn. Depuis cette epoque, T. a eiu do- 
micile A Berlin, oil il donne des lemons de mu- 
sique et s'occupe surtout de lilteraturemusicale. 
De 1876 A 1880, T. a redige YAtlgemeine deut- 
sche Musikzeitung ; il a et6 en outre pendant 
longtemps Tun des collaborateurs les plus assi- 
dus du « Musikalisches Wochenblatt » , du 
« Klavierlehrer », etc. II a publi6 sous formes de 
brochures: Musih undmusikalischeErsiehung 
(1866); Musikalische Studien (1868); Dew Ver- 
bot der Quintenparallelen (1869) ; Wagner- 
Lexicon. Wdrterbuch der Unhceflichkeit , en- 
thaltend grobe, hoehnende, geh&ssxge und ver- 
leumderische Ausdrucke, welche gegen den 
Meister Richard Wagner, seine Werke und 
seine Anhdnger von den Feinden und Sptittern 
gebraucht icorden sind (1877). T. est un zel6 
collectionneur d'anciennes tablatures (tablatu- 
res de luth, etc.) et poss&de d£j& mainte piece 
rare et enigmatique; il serait a desirer qu'il pu- 
blidt le rlsultat de ses rechercbes et de ses 
experiences. Comme compositeur, T. ne s'est 
fait connaitre que par des lieder, des transcrip- 
tions de vieux lieder allemands, et des etudes 
pour piano. 

Tarchi, Angelo, compositeur d'operas, ne A 
Naples en 1760, m. A Paris le 19 aoftt 1814; 
eieve de Tarantino et de Sala, au Conserva- 
toire «della Pieta», a ecritun grand nombre 
d'operas italiens pour les scenes de Naples, Tu- 
rin, Venise, Milan, Florence, Mantoue, Ber- 
game, Londres, etc. En 1797, il partit pour 
Paris et ecrivit des lors une s6rie d'operas-co- 
miques frangais, dont un seulement \Uaur 
berge a auberge (The&tre Feydeau, 1800) rem- 
porta un reel succes et fut mfcme grav6 en une 
double Edition allemande (A Hambourg, sous 
le titre : Von Gastkof su Gasthof; A Vienne, 
sous celui de : Die sicei Posten). T. etait oublie 
depuis longtemps, lorsqu'il mouruL 

Tardando (Hal.), syn. de riiardando. 

Tarditi, Orazio, compositeur de FEcole ro- 
maine, devint en 1640 organiste de St-Michel, 
d Murano; en 1642, organiste au d6me d'Arezzo; 
en 1647, moine de l'ordre des Camaidules, A 
Ravenne, et enfin, en 1648, maltre de chapelle 
du d6me de Faenza. II est l'auteur de trois 
livres de Messes de trois A cinq voix (avec quel- 
ques psaumes,en partie avec instruments; 1689, 
1648, 1650); Messa e salmi concertali a 4 voci 
( 1640) ; Messa e salmi a 2 voci ( 1668) ; qui nze livres 
de Motetti concerlati 9 de une a cinq voix, en 
partie avec instruments (violon, theorbe), et 
dont plusieurs volumes n'ont pas ete conser- 
ves ; quatre volumes de motets a voce sola, avec 
basse chiffr&e (8» # vol., 1646) ; des psaumes A 
huit voix avec basse chiffr&e (1649); des complies 
et des litanies A quatre voix, avec des antiennes 
a trois voix (1647); des litanies de trois A cinq 
voix, des antiennes et des motets a trois voix 
et un Te Deum A quatre voix (1644) ; des ma- 
drigaux acinq voix (1639); deux livres de Can- 
sonette amorose, A deux et trois voix (1642, 
rassembles par Al. Vincentini, et 1647) ; et des 
Sacri concentus, A deux et trois voix (1655, op. 



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35!), qui sont conserves aBologne (« Liceo filar- 
monico»)et Breslau (Biblioth&que municipale). 

Tarentelle (Tarantella), danse napolitaine. 
mais probablement originaire de Tarente, si 
Ton ne veul admettre qu'elle tienne son nom 
de la tarantule dont, A en croire les dictons po- 
pulates, la morsure exciterait A la danse, de 
m&me que, d'autre part, la danse seule serait 
capable d'en neutraliser les suites. Lesexemples 
que divers auteurs anciens nous ont communi- 
ques de danses destinies a gu£rir des piqftres 
de tarantules different consi enablement de la 
t. moderne. Gette derni^re, ecrite dans un mou- 
vement trte rapide (presto), est a */ 8 ou °/ 8 (gi- 
gue). Comme toutes les autres danses, la t. a 
ete adoptee par la musique artistique ; elle est 
devenue Tune des formes pr6f£r£es de mor- 
ceaux brillants (pour piano, violon, violon- 
celle, etc.). 

Tartini, Giuseppe, remarquable violoniste, 
compositeur et th&oricien, ne A Pirano (Istrie) 
le 12 avr. 1692, m. a Padoue le 16 f6vr. 1770; 
re^ut les premieres lemons de musique a Pirano 
et A Capo dlstria. 11 rSsista energiquement au 
desir de ses parents, de le voir entrer au cou- 
vent des Franciscains, et se fit Xnscrire en 1710, 
a TUniversite de Padoue, comme etudiant en 
droit. La musique, et surtout le violon, etaient 
depuis longtemps son occupation favorite, mais 
pas d'une manure aussi suivie que l'escrime 
dans lequel il etait passe maltre ; il doit m&me 
avoir ete quelque peu brelteur. L'orientation 
de sa vie changea tout A coup, lorsqu'il se fut 
marie secrelement avec une parente du cardi- 
nal Cornaro et que, accuse de delournement et 
d'enievement, il dut s'enfuir; e'est dans une 
retraite absolue, A Assise, oh il avail trouve 
asile au convent des Franciscains par l'en- 
tremise d'un religieux de sa connaissance, 
qu'il developpa son talent de violoniste. 11 
suivit, en outre, pour la theorie, l'ensei- 
gnement de l'organiste du convent, Czer- 
nohorski (Pater Boemo). Au bout de deux 
ans, T. rentrait A Padoue ou l'accusation contre 
iui avait ete, entre temps, retir6e. Peu apres, il 
entendit A Venise le ceiebre violoniste Veracini 
et cette audition revelatrice l'engagea A se 
livrer A de nouvelles etudes; il envoya sa 
femme aupres de ses parents, A Pirano, et se 
retira A Ancone. C'est A cette epoque (1714) que 
T. decouvrit les sons resultants (v. ce mot) 
dont il fit un usage pratique en vue d'atteindre 
une intonation absolument pure des sons. En 
1721, il fut nomme violoniste solo et chef d'or- 
chestre de la basilique de « Sant'Antonio », A 
Padoue, poste qu'il a rempli jusqu'A sa mort, 
bien qu'il fut tres mediocrement dote. De 1723 
A 1725, T. sejourna comme musicien de la 
chambre du comte Kinsky, a Prague, ou il 
avait ete appeie (sa virtuosite lui avait acquis 
une grande renommee au loin) pour la fete du 
couronnement de Charles VI. II paraftrait 
meme avoir repousse une offre brillante qui 
lui etait venue de Londres. En 1728, T. fonda 
A Padoue une Ecole superieure de violon, dont 
sont sortis les Nardini, les Pasqualino et tant 

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814 



TA8KIN — TAUBERT 



d'autres virtuoses remarquabies. L'babilete de 
T. dans la conduite de Farchet est devenue 
un modele pour tout Tart moderne du violon. 
Ses compositions pour violon sont classi- 
qaes et ont &6 r66dit£es en partie. T. a pu- 
blic : dix-buit concertos pour violon (op. 1; en 
trois parties de six num6ros chacune; douze 
sonates pour violon, avec violoncelle ou clave- 
cin (aussi comme op. 1, mais &dit§es A Paris); 
six sonates pour violon, id. (op. 2); douze so- 
nates pour violon avec basse (op. 8); six con- 
certos pour violon-solo, deux violons, alto et 
violoncelle ou Cembalo di concerto (op. 4); six 
sonates pour violon avec « continuo » (de mdme 
comme op. 4); six autres sonates id. (op. 5) : 
six sonates id. (op. 6): six sonates id. (op. 7); 
Sei sonate a 3, duo violini col basso (op. 8); 
six sonates pour violon avec < continuo » (op. 9); 
• L/art de la conduite de l'archet » (Larle dell' 
arco). Les concertos ont paru en di verses Edi- 
tions, A Paris et A Amsterdam. T. a laiss£ en 
outre les manuscrits de quarante-huit sonates 
pour violon avec basse, d'nn trio pour deux 
violons et basse, de cent vingt-cinq concertos A 
cinq parlies, ainsi que d'une Sinfonia a 6 (deux 
cors et quatuor d*instr. A archet; Bibl. de Koe- 
nigsberg). La sonate surnomm6e le Trille du 
diable est comprise dans ces sonates laisaees 
en manuscrit, mais a 6t6 grav&e, apr&s la mort 
de l'auteur, un grand nombre de fois. Larle 
deW arco a 6t£ r£imprim6 dans les « Principes 
de composition* de Choron (6 m « vol.), ainsi 
que s£par£ment, cbez Andre; des sonates ont 
6t6 6dit6es par Alard, Leonard, David, Wasie- 
lewski, G. Jensen, etc. Les ouvrages theoriques 
de Tartini sont : Trallato di musica seconda 
la vera scienza dell* armonia (1754), De^trinr 
cipj delV armonia musicale contenuta nel dia- 
tonico genere (1767); une r£ponse A une cri- 
tique de Tun de ses trails : Risposta... alia 
critica del di lui trattalo di musica di Mons- 
gre. Le Serre di Oinevra (1767) et une lettre a 
une &l£ve : Letlera alia signora Maddalena 
Lombardini (plus tard Mme Syrmen) inser- 
viente ad una irnportanle lezione per i suona- 
tori di violino (« Europe litt£rairet, 1770). Un 
ecrit datant de ses dernteres ann£es, Belle ra- 
gioni e deUe proportion*, n'a pas paru et semble 
6tre dSsormais perdu; une autre dissertation sur 
les ornements dans le jeu du violon n*a proba- 
blement pas &t& imprimSe en italien,mais a paru 
en une traduction francaise de P. Denis : 
Traill des agrimenls de la musique (1783). 
Plusieurs notices biographiques sur T. ont 
paru ; elles ont pour auteurs : labbe Fanzago 
(1770), J.-A. fliller (1784), A. Forno (1792), 
C. Ugoni (1802), Fayolle (1810). Le syst&ne 
tonal de Tartini marque un progrds notable 
sur celui de Rameau, en ce sens que T. cberche 
aussi A so d&barrasser du son 7 de la s£rie 
barmonique supErieure et qu'il rapporte la 
consonance mineure A une s6rie barmonique 
(inferieure) directement opposEe a la sErie su- 
pErieure. La conception de Taccord mineur 
comme image renversEe, comme antipode de 
l'accord majeur, conception que formula d£j& 



Zarlino, est exposEe avec toute la netted desi- 
rable dans les pages 65, 66, 91. etc. du Train 
tato. 

Taskin, Pascal, c£16bre facteur d'instrumente 
parisien, n£ A Tbeux en 1728, m. le 9 f£vr. 
1795; Finventeur des tangentes de cuir du cla- 
vicorde (cf. piano). Son neveu, Pascal-Joseph 
T., 6tait conservateur des instruments de la 
cbapelle de Louis XV; le deuxi&me tils de ce 
dernier, Henbi-Joseph, n6 A Versailles le 24 
aoftt 1779, m. dans la meme ville le 4 mai 
1852, page musical de Louis XVI, 61&ve de sa 
tante, M m * Coupefln, qui 4tait organ iste, a pn- 
blid des trios avec piano, un concerto pour 
piano, un caprice pour piano et violon, des 
morceaux pour piano, des lieder, etc Trois 
operas de lui sont restte manuscrits. Un petit- 
fils de ce dernier, Euile-Albxandrb T., n6 A 
Paris le 8 mars 1858, m. dans la mftme ville 
le 5 oct. 1897, fut un cbanteur sctaique trds 
appr£cio A Amiens, Gen&ve, Lille et Paris 
(OpSra-Comique), et enseigna le cbant au Con- 
servatoire de Paris. 

Taste (angl.), gout 

Tasto solo (abriv. t s.), indication qui, dans 
les accompagnements de clavecin ou d'orgue 
(continuo) ecrits au moyen d'une simple basse 
chiffrta, signifie que le passage en question 
doit 6tre ex£cut£ sans aucune harmonisation 
quelconque, la partie de basse 6tant jou£e 
seule. Lorsqu'il s'agit d'un son isole qui ne 
doit Hre accompagni que d'octaves (unisono\ 
on se contente de placer un z6ro sur la note de 
basse ; par ex.: 



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Taubert, 1. K.-Gottfr.-Wilhelm, nh A Ber- 
lin le 23 mars 1811., m. A Berlin le 7 janv. 1891; 
fils d'un employ^ au ministere de la guerre, 
eleve de LudwigBerger (piano) et de Bernbard 
Klein (composition), fit en outre des Eludes, de 
1827 A 1880, A l'UniversitS de Berlin. II se fit 
connaltre de bonne heure, comme pianiste et 
compositeur, et v6cut quelque temps, comme 
maitre de musique, A Berlin. En 1881, T. fut 
nomm6 directeur des concerts de la Cour; en 
1842, il devint cbef d'orcbestre de l'Opftra et di- 
recteur des « Soirees sympboniques » de la 
cbapelle royale, puis fut notnme, en 1869, pre- 
mier maitre de chapelle. T. fut, en outre, d& 
1875, president de la section de musique du 
S£nat de l'Acad&nie royale des Beaux-Arts. T. 
fut un compositeur fScond et tr&s renommt; il 
a public des symphonies, des ouvertures, de 
nombreuses oeuvres de musique de chambre, 
des lieder, des morceaux de piano, des choeurs, 
etc. Ses Kinderlieder, ainsi que la musique 
pour Medee d'Euripide et pour la Tempite de 
Shakespeare ont eu et ont encore un certain 
succes. Ses operas sont : Die Kirmess (1882), 
Der Zigeuner(VS&k)y Marquis und Died (1842), 
Joggeli (1858), Macbeth (1857) et Cesario (1874). 
— 2. Otto, n^ A Naumburg-s/S. le 26 juin 1888; 
suivit les classes du gymnase de cette ville, et 

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TAUDOU 



TAYLOR 



815 



fut ensuile preposS au choeur du Dome. II a 
et£, pour la musique, 61&ve de O. Claudius, 
mais lit aussi des etudes, de 18o5 a 1858, a l'U- 
niversite de Halle et prit, en 1859, le grade de 
D r phil,. a Bonn. 11 remplit ensuite divers 
postes, dans l'enseignement secondaire, et pro- 
fesse, depuis 1868, auGymnase de Torgau, ou 
il est en m&me temps cantor de la < Stadt- 
kirche » et directeur de la Soci£t6 de chant. T. 
arrive a d'excellents r£sullats avec les modestes 
ressources de cetle ville; il a organist, entre 
autres, des representations de drames antiques 
avec musique moderne. II a publie un grand 
nombre de lieder, de choeurs, etc., et ecrit, en 
plus de beaucoup de choses n'ayant pas trait & 
la musique : Die Pfiege der Musih in Torgau 
(1868), Der Gymnasialsingchor in Torgau 
(1870), « Daphne*, das erste deutsche Opern- 
textbudi (1878). T. a aussi fait paraitre un vo- 
lume de poesies. — 3. Ernst-Eduard, ne a Re- 
genwalde (Pomeranie)le 25 sept. 1838 ; fut, alors 
qu'il etudiail la theologie a Bonn, eleve particu- 
lier d' Albert Dietrich. II finit par se vouer en- 
ticement a la musique et travailla encore sous 
la direction de Kiel, a Berlin. II vit actuellement 
<k Berlin et s'e*t fait connaitre par de la musi- 
que de chambre, des morceaux pour piano et 
des lieder. 

Taudou, Antoine, violonisle et compositeur 
franc-ais, ne a Perpignan le 24 aout 1846; 
eleve du Conservatoire de Paris (prix de Rome, 
1869), est, depuis 1883, professeur d'harmonie a 
ce meme conservatoire. T. a public un trio pour 
llute, alto et violoncelle, un trio avec piano, un 
quatuor pour instr. a archet (si bemol min.), un 
concerto pour violon, et plusieurs pieces pour 
orchestre. 

Tausch, 1. Franz, excellent clarinettiste, ne 
a Heidelberg le 26 dec. 1762, m. a Berlin le 9 
fevr. 1817; jouait d6ja a l'&ge de huit ans dans 
la chapelle de Manqheim A laquelle apparte- 
nait aussi son pere. En 1777, il alia avec la 
Cour a Munich, ou il resta jusqu'en 1789, 
epoque a laquelle il accepta un engagement 
avantageux, dans Torchestre de la Cour, A Ber- 
lin. T. fonda, en 1805, une « Ecole pour instru- 
ments & vent». II a public : deux concertos pour 
clarinette, deux morceaux concertants pour 
deux clarinettes, andante et polonaise pour 
clarinette, des duos de clarinettes, des trios 
pour deux clarinettes et basson, six quatuors 
pour deux cors de basset et deux bassons ainsi 
que deux cors ad libitum, des marches mili- 
taires, etc. T. etait un digne emule de Beer et 
de Stadler. Barman n etait son £leve, et son fils, 
Friedrich-Wilhelm T\, fut aussi un excellent 
clarinettiste (m. en 1845). — 2. Julius, pianiBte, 
compositeur et chef d'orchestre, n6 & Dessau 
le 15 avr. 1827, m. a Bonn le 11 nov. 1895; Steve 
de Fr. Schneider ainsi que, de 1844 a 1846, du 
Conservatoire de Leipzig. II s'6tablil & Diissel- 
dorf, en 1846, et prit apres le depart de Rietz la 
direction de la « Kiinstlerliedertafel. > En 1853, 
T. devenait rempla^ant et, en 1855, successeur 
de Schumann, comme directeur de la « Societe 
de musique* et des concerts d'abonnement (il 



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prit sa retraite en 1889); il a dirige plusieurs 
festivals de musique du Bas-Rhin. On a publie 
plusieurs de ses compositions : des lieder, des 
duos, des oeuvres pour choeur et orchestre (Der 
Blumen Klage auf den Tod des Sdngers [so- 
prano-solo et voix de femmes] et Dein Leben 
schied, dein Rukm begann [chceur pour voix 
d'hommes]), des quatuors pour voix d'hommes, 
un Ave Maria pour soprano-solo et orchestre, 
la musique pour Was ihr tcollt, des morceaux 
pour piano, une ouverture de fete, etc. 

Tausig, Karl, pianiste Eminent, ne a Var- 
sovie le 4 nov. 1841, m. a Leipzig le 17 juil. 
1871 ; fils d'un excellent pianiste (Aloys T., m. 
le 14 mars 1885 ; eleve de Thalberg, auteur de 
brillants morceaux pour piano), terminaaupres 
de Liszt les Etudes commences chez son p6re, 
et fit une grande sensation par sa technique 
stupMante et impeccable, aussi bien que par 
ses remarquables interpretations. De nom- 
breuses tournees de concerts remplirent sa 
courte existence ; dans ses quel ques moments 
de repos, il vecut, de 1859 A 1860, a Dresde, en 
1862 a Vienne, et depuis 1865 A Berlin oil il 
fonda, en 1866, une « Academie pour l'enseigne- 
ment superieur du piano », Mais il abandonna 
deja celle-ci en 1870. Comme compositeur, T. 
ne s'est fait connaitre que par quelques mor- 
ceaux pour piano (Soirees de Vienne, caprices 
sur des themes de Strauss ; etc.); il s'occupa, 
par contre, de la publication d'oeuvres clas- 
siques pour piano, pr^para une nouvelle edi- 
tion du Gradus ad Parnassum de Clementi 
(avec des variantes d'une difficulty plus raffi- 
n6e que celle de Toriginal), redigea la reduction 
pour piano des «Maitres-Chanteurs» de Wa- 
gner, etc. Ses Technische Studien ont et6 pu- 
bliees apr6s sa mort, par H. Ehrlich. — Sa 
veuve, Skraphine (von Vrabely), est une 
excellente pianiste, eleve de Dreyschock. 

Tauwitz, Eduard, ne & Glatz le 21 janv. 
1812, m. & Prague le 25 juil. 1894; fut succes- 
sivement chef d'orchestre des th&Mres de 
Wilna (1837), Riga (1840), Breslau (1848), et 
Prague (1846). II fut pensionnS des 1863 et de- 
vint directeur de la ■ Sophien-Academie » et de 
la «Soci£te chorale allemanded*hommes». T. a 
6crit des morceaux d^glise, des lieder, des 
chreurs et des operas : Trilby (Wilna, 1889), 
Bradamanle (Riga, 1844) et Schmolke und Ba- 
ttel (opera-comique, Breslau, 1846). 

Tayber, v. Teybbr. 

Taylor, 1. Edward, erudit musical anglais, 
ne a Norwich le 22 janv. 1784, m. a Brent- 
wood, pr&s Londres, le 12 mars 1863; fut d'a- 
bord marchand de fer, mais, dou6 d'une belle 
voix de basse, il se sentait toujours davantage 
attir6 vers la musique et jouait aussi de divers 
instruments a vent et de Torgue. Une fois 
adonne a la musique, T. coucentra tous ses 
efforts sur le domaine de l'histoire et de la 
theorie, puis succ6da, en 1837, A Stevens, 
comme professeur de musique au «Gresham 
College ». T. fut Tun des fondateurs du « Pur- 
cell-Club » et de la « Musical Antiquarian So- 
ciety ». 11 a public : Three inaugural lectures 

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816 



TECHNIQUE — TELEMANN 



(1838, ses legons d'ouverture); T/ie English 
cathedral service, its glory* its decline and 
its designed extinction (1845, dans la « British 
and foreign Review*); An address from the 
Gresham professor of music to the patrons 
and lovers of art (1888 ; appel pour la founda- 
tion d'une Bibliolh&que musicale au • Gresham 
College*). T. a compost quelques glees et 
d'autres morceaux de chant; il a publie une 
collection de chants populaires des pays rh6- 
nans et traduit en anglais les textes de plu- 
sienrs oratorios allemands (Tod Jesu de Graun, 
SUndflut et Weltgericht de F. Schneider, etc.). 
— 2. Franklin, pianiste renomme, ne k Bir- 
mingham, le 5 fevr. 1843, fut, de 1859 a 1861, 
eieve du Conservatoire de Leipzig (Plaidy, 
Moschel6s, Hauptmann, Richter, Papperitz), 
puis, apres un court s^jour k Paris, revint a 
Londres en 1862, ou il occupe encore une place 
en vue, comme pianiste et comme professeur. 
H fut nommg, en 1876, mattre k la « National 
Training School for Music*, et il est, depuis 
1882, premier professeur de piano au « Royal 
College of music ». Son « catechisme » du piano 
(Primer of the Pianoforte. 1879) a paru aussi 
en allemand, — c'est un excellent petit manuel. 
T. a traduit en anglais les trails d'harmonie, 
de contrepoint, et de canon et fugue de Richter; 
il a donn& une nouvelle Edition des douze pre- 
mieres sonales de Beethoven, etc. 

Technique. On entend par t de la composi- 
tion ou aussi de l'ex£cution, toute la partie pu- 
rement m£canique, tout le « metier » indispen- 
sables a Texercice de Tart. La virtuosite a at- 
teint de nos jours un dfrveloppement tel que, 
pour en faciliter en une certaine mesure l'ac- 
quisition, le mattre se voit oblige de separer 
nettement le travail de pur mdcanisme (v. ce 
mot) qui se fait au moyen d'sxERcicEs tech- 
niques (compose d'eiements premiers de la 
phrase musicale, apparaissant sans lien, frag- 
mentairement : passages, gammes, arpeges, 
ornements, etc., etc.), du travail musical. Le 
mattre aura soin cependant de bien r£tablir 
l'^quilibre de Education musicale, menace 
par Tabus d'exercices techniques, en dormant k 
] ['eieve une nourriture intellectuelle suffisante. 

Tedesca, Fernanda, violoniste de talent, n^e 
dans un domaine pres de Baltimore, en 1860, 
m. en aout 1885; fit son Education musicale 
aupres de Wilhelmj, k Wiesbaden, puis de 
Vieuxtemps et de Leonard, k Paris. 

Tedesoo, 1. Ionaz-Amadeus, pianiste (sur- 
nomme en Boh&me l'«Annibal des octaves*), 
ne k Prague en 1817, m. a Odessa en nov. 1882; 
eieve de Tomaczek, fit en Russie des tourn£es 
de concerts toujours couronn^es de eucces. 
Ses compositions appartiennent, pour la plu- 
part, a un genre brillant tr^s proche de la 
musique de salon. — 2. Fortunata, remar- 
quable cantatrice sc^nique, n6e a Man Lou e le 
14 dec. 1826; eieve de Vaccaj, au Conservatoire 
de Milan, debuta en 1844 k la Scala puis chanta 
dans la suite a Vienne, en Amerique, k Paris 
(Op6ra, de 1851 k 1857 et de 1860 k 1862), a Lisbon- 
ne et k Madrid. Elle se retira de la scene en 1866. 



Te Deum, c.-&-d. hymne sur les paroles da 
ceiebre t cantique de St Ambroise » (v. ce nom) : 
Te deum laudamus, etc. La musique primitive 
du T. etait une noble meiodie ecclesiastique, 
tandis que le T. de nos jours est sou vent ecrit 
pour plusieurs choeurs avec grand orchestreet 
orgue et vise aux effets de masses. 

Telemann, 1. Georg-Philipp, le plus f&e 
des contemporains de J.-S. Bach, fut de son 
vivant, beaucoup plus connu que ce dernier, 
tandis qu'il n'est maintenant presque plus 
qu*un nom historique; ne k Magdebourg le 
14 mars 1681, m. k Hambourg le 25 juin 1767. 
II fit son instruction g£n£rale d'abord a l'Ecole 
de la Cathedrale de Magbebourg, sous les yeux 
de son p&re qui etait pr6dicateur, puis aux 
Gymnases de Zellerfeld et de Hildesheim ; il 
entra ensuite, en 1700, k l'Universite de Leip- 
zig, pour y etudier le droit et les langues mo- 
dernes. A l'&ge de douze ans deja, T. avail 
ecrit un opera (pour lequel il s'etait inspire de 
Lully) ; il sat du reste s'approprier une cul- 
ture musicale telle qu'en 1704 on put lui con- 
fier le poste d'organiste de la « Neukirche », a 
Leipzig. D6j& auparavant, il avait £t£ charge 
d^crire tous les quinze jours une composition 
pour l'£glise St-Thomas, ou Kuhnau 6tait alors 
cantor ; U avait aussi fonde un Collegium mu- 
sicum (societe de chant compos^e d'etudiants) 
qui parvint a un haut degre de perfection, et 
prit part aux executions de la « Neukirche », 
tandis que l'eglise St-Thomas, dont le chceur 
etait auparavant renforce par les etudiants, en 
6prouvait quelque dommage. T. Scrivit aussi 
plusieurs operas pour le Theatre de Leipzig, 
ce qui lui fut cependant interdit lors de sa nomi- 
nation au poste d'organiste. II fut appele, encore 
en 1704, comme maltre de chapelle du comte 
Promnitz, k Sorau, oil il se lia d'amitie avec 
Printz. En 1708, il accepta une place de con- 
certmeister k Eisenach ou il succ6da, en 1709, a 
Hebenstreit, comme maltre de chapelle de la 
Cour. T. a consent ce dernier titre, avec une 
pension, jusqu'a sa mort, bien qu'il ne fat 
reste k Eisenach que quatre ans; il ne fit pins 
ensuite que de livrer quelques compositions a 
la Cour. T. s'etait lie aussi d'amilie avee 
J.-S. Bach, et il remplit le rile de parrain de 
Ph.-E. Bach. II partit, en 1712, pour Francfort 
s/M., en qualite de maltre de chapelle de Feguse 
des t Carmes dechausses » et de « Ste Cathe- 
rine • ; en 1721, il fut appele aux fonctions de 
directeur de musique de la ville, k Hambourg, 
ou il est reste jusqu'4 sa mort A son titre de 
maltre de chapelle de la Cour d'Eisenach, T. 
s'etait adjoint, avant son depart pour Ham- 
bourg, encore celui de mattre de chapelle da 
margrave de Bayreuth. On pent juger de 
quelle consideration T. jouissait, lorsqa'on 
pense qu'& la mort de Kuhnau, en 1722, le can- 
torat de recole St-Thomas et la place de direc- 
teur de musique de la ville lui furent offerts et 
que le conseil ne s*achemina que de fort man- 
vaise humeur vers une election, lorsque T. 
eut refuse (on sait que ce fut alors Bach qui 
l'emporta). T. etait le type le plus parfait da 



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TELEN — TEMPERAMENT 



817 



compositeur allemand de profession, c'est-d- 
dire qu'il 6erivait avec une stup6fiante rapiditd 
-des oeavres correspondant exactement aux 
besoms du moment, des oeuvres telles que ses 
«up6rieurs en r£clamaient de lui. Son style 
■etait coulant et correct, et il 6tait maltre de 
Vart du contrepoint; cependant il lui man- 
<}uait la 80lidlt6 et la profondeur d'inspiration 
<Tun J.-S. Bach. T. a 6crit, selon une estima- 
tion approximative : douze series annuelles 
completes de cantates et de motets ; quarante- 
•quatre musiques de la « Passion » ; trente-denx 
-oeuvres pour des installations de pr£dicateurs ; 
trente-trois Hamburger Kapitdnsmusiken (for- 
tunes chacune d'un mouvement instrumental 
■et d'un oratorio); vingt compositions pour jubi- 
16s, couronnements et inaugurations ; douze 
-compositions pour c6r&monies fun&bres ; treize 
pour ceremonies nuptiales ; plus de trois cents 
ouvertures ; un grand nombre de serenades 
-et d'oratorios {Tageszeiten , Auferslehung , 
Befreites Israel de Zacharise, Tod Jesu, Auf~ 
-erslehung, Mai de Ramler, Tag des Gerichts 
d* Abler, un fragment du Messie de Klopstock), 
■etc Puis, il faut ajouter k cette liste en- 
viron qnarante operas, la plupart Merits pour 
Hambonrg. Une quantity d'eeuvres furent gra- 
vies, en grande partie par T. lui-m&ne : douze 
sonates pour vioion (1715, 1718); Die kleine 
Kammermusik (six suites pour vioion, flute tra- 
versi£re,hautbois et piano, 1716) ; six trios pour 
-divers instruments (1718) ; Harmonischer 
Qottesdienst oder geislliche Kantaten (1725) ; 
Auszug derjenigen musikalischen und auf 
-die gewtihnlichen Evangelien gerichteten 
Arien, etc. (1727) ; Der getreue Musikmeister 
4 chants, sonates, fugues, etc., 1728) ; des sonates 
pour deux flutes traversi&res ou violons sans 
basse (Amsterdam) ; Allgemeines evangelisches 
rniisihalisches Liederbuch (1730) ; trois trios 
et trois scherzi pour deux violons ou flute et 
basse; chants « plaisants » pour soprano et 
instr. k archet ; six nouvelles -sonates soit pour 
piano seul, soit avec vioion ou flute et « con- 
tinuo ■ ; Scherzi melodichi pour vioion, alto et 
basse (1734) ; Siebenmal sieben und ein Me- 
nuett; Heldenmusih (douze marches); cinquante 
autres menuets ; une ouverture et une suite 
pour deux violons ou hautbois, deux altos et 
< continuo » ; des quatuors pour vioion, flute, 
gambe et « continuo » ; Piombine (intermezzo 
pour deux voix, deux violons el « continuo*); 
<St*i0-, Spiel- und Generalbassiibungen, avec 
« continuo » (1740) ; Jubelmusih (une cantate k 
une voix et une k deux voix avec quatuor 
-d'instr. k archet) : Kleine Fugen filr die Orgel, 
sonates m6thodiques pour vioion ou flute et 
-t continuo* (deux parties); trois cahiers de fan- 
taisies pour piano; Tafelmusik (trois ouvertures, 
trois concertos, trois symphonies, trois qua- 
tuors, trois trios et trois soli) ; des quatuors (ad 
lib. en trios) pour deux flutes ou violons et 
deux (un) violoncelles. T. lui-m A me ne savait 
plus au juste, dans les dernteres annees, ce 
-qu'il avait 6crit. — 2. Georg-Michael, petit- 
fils du prudent, n£ k Plon (Holstein) le 20 



DICTIONNAIttB DE MUSIQUE. — 52. 

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e 



avr. 1748, m. k Riga le 4 mars 1831 ; cantor et 
directeur de musique k Riga, a public : Unier- 
richt im Generalbassspielen auf der Orgd 
oder sonstigen Klavierinstrumenten (1778 ; il 
a 6crit, en 1775, une r£ponse aux critiques pa- 
rues sur cette oeuvre dans 1' « Allgemeine 
Deutsche Bibliothek » vol. xxm) ; Beitrdge zur 
Kirchenmusik (1785, morceaux d'orgue); Samm- 
lung alter und neuer Kirchenmelodien (1812) 
et U*ber die Wahl der Melodie*eine$ Kirchen- 
lieds (1821). 

Telen (Telein, Telyn), v. harpe. 

T616phone (gr. « qui parle loin ») instrument 
invents par Reis (1860) et notablement perfec- 
tionn£ par Graham Bell (1876) et par Edison 
(1878). Le principe du t. repose sur la propa- 
gation du son au moyen d'un courant elec- 
trique. L'instrument lui-m&me se compose de 
deux cornets pourvus chacun d'une lame m£- 
tallique vibratoire (electro-aimant) et relies par 
un fil conducteur ; le courant 61ectrique qu'ou- 
vrent ou ferment alternativement les vibrations 
des lames transmet les mouvements vibra- 
toires communiques k Tune des lames, de telle 
fagon que l'autre les reproduit identiquement 
et donne par consequent naissance au m A me 
son. Le phonographe, le microphone, etc. sont 
autant d'applicalions et de perfectionnements 
ingenieux du t. 

Tellefsen, Thomas-Dyke-Akland, pianiste et 
compositeur norv6gien , n6 k Drontheim le 
26 nov. 1823, m. k Paris en oct. 1874 ; il vivait k 
Paris depuis 1842, d'abord comme 616ve de 
Chopin, puis comme maltre de musique. T. a 
compost : deux concertos pour piano, une 
sonate pour vioion, une sonate pour violon- 
celle, un trio, des morceaux pour piano et 
vioion et un grand nombre de valses, noctur- 
nes, mazurkas, etc., pour piano seul. 

Temperament (lat. Systema participatum ; 
all. Temperatur) y fixation 4es differences d'ac- 
cord, inevitables pour l'exercice pratique de la 
musique, entre l'6chelle musicale et l'6chelle 
acoustique. Chaque accord consonant (ace. 
mineur ou ace. majeur) se compose d'une 
prime, d'une tierce et d'une quinte qui, lors- 
qu'elles sont dounees dans leura rapports 
naturels (cf. son) se confondent absolument en 
une conception une de 1' « harmonie ». Les enr 
chalnements d'accords nous font entendre, 
apr£s une harmonie fondamentale, l'harmonie 
d'un des sons partiels (tierce ou quinte) de 
celte premiere harmonie ou encore celle d'un 
des sons partiels de second ordre. Si nous vou- 
lions que ces dernteres harmonies eussent, 
comme la premiere, les rapports exacts de tierce 
et de quinte, nous serions obliges d'adopter un 
beaucoup plus grand nombre de valeurs diver- 
ses que n'en comporte le systfrne (de douze de- 
gr6s k l'octave) admis actuellement pour les 
instr. k clavier (piano, orgue, etc.)* En effet, la 
tierce inf6rieure d§j& d'un son pris comme point 
de depart (ex. la bimol, tierce inferieure & f ut) a, 

en tant que ? , une autre valeur acoustique 
que l'octave interieure de la seconde tierce 

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818 



TEMPLETON — TEMPUS 



(sol diese comme tierce de la lierce d'ut) dont le 

as 

quotient de vibrations est ^,c.-a-d.qu'alorsso/ 
diese est de |-|- (= ^ : f|) plus grave que la 

bemol. Le tableau dresse au mot rapports (v. ce 
mot) donne un apercu de l'incroyable variet6 
des valeurs acoustiques ; c'est de Tim possi- 
bility de faire usage de ces valeurs d'une facon 
absolumenl pure, et, d'autre part, des limites 
de perception* des differences d'intonation 
(limite que nous pouvons sans doute fixer au 
V 6 ou au Vg <* a comma syntonique) que naquit 
1'idee d'une identification des valeurs tres 

KAPPROGHEES LES UNES DES AUTRES, d'un TEMPE- 
RAMENT. Depuis la fin du xvh« s. environ, la 
pratique musicale se restreint k douze valeurs 
dans Tespace de l'octave. Les premieres sortes 
de t. etaient « inegales », autrement dit on les 
etablissait en choisissant quelques valeurs 
acoustiques pures qui devaient, en m6me 
temps, repr^senter les autres; A. Schlick (1511), 
P. Aaron (1523), L. Fogliani (1529), J. Zarlino 
(1558), voire mSme Kepler (xvn« s.), Euler 
(1729) et Kirnberger, entre autres, avaient 
donne la preference aux sons naturels de la 
gamme d'ut majeur, puis ils avaient intercales 
cinq sons intermediates correspondant aux 
cinq touches noires des pianos (cf. Riemann, 
Katechismus der Musihuoissenschaft, p. 34-47). 
Mais on a renonc£ tout a fait de nos jours k ces 
rapports inegaux et abandonnd le « t. in6gal ». 
Le « t. £gal », ou «t. k rapports constants », 
de douze degres fut adopte peu avant 17U0 
(Neidhardt et Werkmeister) ; il divise l'octave 
en douze parties egales (demi-tons, d'ou c sys- 
teme des douze demi-tons ») et obtient de la 
sorte des valeurs moyennes qui ne forment au- 
cun intervalle absolument pur, mais les ren- 
dent tons utilisables. Les tierces du t.a rapports 
constants (cf. le tableau de valeurs acoustiques 
dej& cite) sont bien toutes trop grandes de 
*/ 3 de comma; mais la tierce supporte une 
deviation de la valeur acoustique plus forte 
que la quinte. C'est le desir d'obtenir des 
tierces plus pures qui a pousse k des recherches 
toujours renouvelees et toujours vaines de 
systemes composes d'un plus grand nombre de 
degres. Seul, un systeme tonal de cinquante- 
trois degres suffit k toutes les exigences (ce qui 
fut prouve pour la premiere fois par Nicholas 
Mercator, vers 1675 ; cf. Holder) ; mais il va 
sans dire que c'est un appareil tr£s lourd a 
manier. On peut bien construire un instrument 
sur lequel ce t. geant soit applique (cf. Helm- 
holtz, Lehrevon den Tonempfindungen, suppl. 
xix ; G. Engel. Das mathematische Harmo- 
nium [1881] et Shone Tanaka, Studien im Ge- 
biete der reinen Stimmung [ « Vierteljahrs- 
schrift ftlr M.-V. », 1890, et tirage a part]) ; 
mais son application dans la pratique est pour 
le moins probl6matique et le maintien de l'ac- 
cord d'un tel instrument est a peine reali- 
sable. 

Temple ton, John, tenor anglais en vogue, ne 
a Riccarton, pres Kilmarnock (Ecosse), le 



30 juin 1802, m. a Londres en juin 1886; eieve 
de Blewitt, Welsh, de Pinna et Tom Cooke, a 
Londres, debuta en 1828, d'abord dans des 
villes de province anglaise, puis en 1831 a 
Londres, ou il fut engage a « Drury Lane ». En 
1833 et 1835, il y fut le partenaire de la Mali- 
bran. A partir de 1840, T. se voua exclusive- . 
ment au concert, puis il se retira, en 1852, a 
New Hampton. 

Tempo (Hal. temps ; cf. T), mouvemenW 
fixation, dans chaque cas special, de la duree 
absolue des diflerentes valeurs de notes. Jus- 
qu'au xvir* s., les moyens dont on disposait 
pour indiquer les changements de t. etaient 
tres restreints ; par contre, les notes elles- 
m&mes avaient une valeur moyenne assezbien 
determin^e, Y integer valor (v. ce mot), qui se 
transforma beaucoup dans le cours des 
siecles, de telle sorte, que dans les transcrip- 
tions d'oeuvres du xiv» au xvi* s., nous devons 
aujourd'hui reduire toutes les dur6es de moitie, 
ou des trois quarts (voire meme des sept hui- 
tiemes, lorsque 1'oRuvre est plus ancienne 
encore), afin de nous en faire une idee k peu 
pres exacte. C'est vers Tan 1600 qu'apparurent 
les designations de t. encore en usage de nos 
jours : Allegro, Adagio, Andante auxquelles 
s'adjoiguirent bientdt Presto, Largo et les 
formes secondares Allegretto, Andantino, 
Prestissimo, Mais l'arbitraire ne tarda pas a 
se meier a l'usage de ces designations et, vers 
la fin du xvii« s., on songea k trouver un moyen 
de determiner le t. d'une facon absolue, inva- 
riable ; ce fut alors que le metronome (v. ce 
mot) fit son apparition. On aime aussi, de nos 
jours, faire usage de designations qui se rap- 
portent k des morceaux de musique dont le 
mouvement a un caractere determine, ainsi : 
T. di mar da (mouvement de marche = an- 
dante; l'unite de temps correspondant k 72*84 
environ duM. M.), T. di minuetto (mouvement 
de menuet, a peu pres allegretto, plus rapide 
que le precedent), 1\ di valsa (mouvement de 
valse = allegro moderalo, plus rapide encore 
que le precedent), etc. L'indication T* giusto 
(« dans le mouvement juste ») se rapporte a 
Tun ou l'autre de ces types connus, ou signifies 
si le morceau en question n'a pas un caractere 
bien determine, mouvement normal (moyen), 
c.-a-d. Andante-Allegretto (76-80 M. M.). Cf. 

AGOGIQUE. 

Tempus (lal., temps), duree de la breve, dans 
l'ancienne musique proportionnelle, l'unite de 
temps primitive correspondant a peu pres a no- 
tre noire actuelle. Dans les cas d' alteration (v. ce 
mot) settlement, il se pouvait que la breve valut 
deux temps (tempora). Lorsque, des le xiv e s,, 
on adopta de nouveau, k cote de la mesure 
ternaire, la mesure binaire, on etablit une dis- 
tinction entre le 2'. perfectum et le T. imper- 
fectum; ce dernier fixant la valeur de la breve 
aux */ 3 de celle qu'elle avait dans le premier. 
La breve valait ainsi trois semibreves dans le 
T. perfectum et deux seulement dans le T. im- 
perfectum: la semibreve (notre ronde) devenait 
ainsi l'unite de temps, en sorte que nous. 



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TEN BRINK 



TERSGHAK 



819 



devons voir en ceci l'origine de nos determi- 
nations modemes de mesures (cf. mesure et 
tactos). Le eigne du T. perfectum etait une 
eirconference 0» ce l u *d u T. imperfectum une 
demi-circonference Q c.-£-d. notre jg , la desi- 
gnation actnelle dc la mesure k 4 / 4 . 

Ten Brink, v. Brink, ten. 

Tenebrae (lat. tenebres), office solennel du 
Vendredi-Saint, pendant lequel les cierges allu- 
mes sur l'autel s'eteignent Tun apres l'autre, 
au son du chant des lamentations (Tenebrae 
factae stmt, etc). 

Teneramente (con teneresza), tendrement. 

Tenglin, Hans, compositeur allemand des 
xv« et xvi« s., dont on trouve des lieder alle- 
mands, k quatre voix, dans les anthologies de 
Forster: Auszug guter alter und neuer teut- 
schen Liedlein (1539) et Kurtzweiliger guter 
frischer teutschen Liedlein (1540). 

Ten Kate, v. Kate, ten. 

Tenor, 1. (haute-contre, taille) Voix d'hom- 
me aigue qui ne diff&re cependant pas de la 
voix grave (basse), com me le soprano de l'alto, 
par la predominance d'un registre aigu special 
sur un registre grave ; la voix, dite de tete, 
n'est, en effet, que tr^s rarement employee par 
Thomme, pour lequel elle est secondaire. Les 
v^ri tables sons pleins de la voix d'homme, de 
ia basse la plus profonde au t. le plus aigu 
sont le resultat de cette meme fonction des 
cordes vocales qui produit les sons dits de 
poitrine dans les voix de femmes (v. registre). 
On distingue particuli£rement deux categories 
de t., le t. leoer (haute-contre, all. lyrischer 
Tenor) et le fort tenor (taille ; all. Heldente- 
nor). Ce dernier correspond a peu pres, dans 
les voix d'hommes, au mezzosoprano des voix 
de femmes, c.-4-d. que son etendue est relati- 
vement restreinte (u<* — si bemoP) et qu'il est 
caracterise par un medium puissant et par un 
timbre barytonisant ; le t. leger a un timbre 
beaucoup plus clair, rappelant celui du sopra- 
no et des sons graves moins puissants que 
ceux du fort t., mais par compensation une 
etendue plus grande k l'aigu (jusqu'a ut\ ut 
dt'&set). — 2. Partie vocale ou instrumental 
destinee k la voix de t. ou a un instrument oc- 
cupant la meme place dans l'ensemble de 
l'echelle tonale. De Ik aussi vient l'habitude de 
designer comme t. un instrument dont le 
medium correspond k l'echelle d'une voix de 
t., ainsi : trombone t. et, autrefois, taille de 
viole, taille de bombarde, etc. — 3. Le terme 
m&me de i.(tinor) signifie,a proprementparler, 
texte, ill conducteur, el fut adapts au xn« s.,lors 
de 1'apparition du dechant, k la melodie prin- 
cipal empruntee au choral gregorien el au- 
dessus de laquelle on plagait un discantus ; 
le nom de t. fut d&s lors adopts pour la voix 
moyenne normale,tandis que celui de discantus 
etait choisi pour la voix aigue opposed a la 
premiere. Plus tard, on ajouta k ces deux voix, 
en maniere d'appui ou de remplissage de 
l'harmonie, une troisteme voix : le contratenor 
qui, passant tantdt au-dessus, lantdt au-dessous 



du t., se divisa bientdt en basse (basis, fon* 
dement) et alto, ce dernier portant encore le 
nom de contratenor et, dans la suite, celui 
d'alta vox ou altus (voix haute). Le discantus 
devinl alors supremus ou soprano (voix la 
plus aigue). — 4. Les musicographes du moyen 
Age emploient encore le terme de t dans plu- 
sieurs sens diff^rents, tels que ceux de : a) ar- 
r£l, point d'orgue, prolongation de la derntere 
note d'une ceuvre vocale; b) designation de 
l'echelle, de V ambitus (etendue) d'un mode 
eccl£siastique ; c) note initiale de FEVOVAE 
(repercussion). — En fin, on donne le nom de 
clef de tenor k la clef d'ut placee sur la quatrieme 
ligne : 



jj j i Equivalent de A* ^ 



Gf . C et clef. 

Tenorino (ital.), proprement « petit tenor », 
denomination adoptee pour les tenors chantant 
en fausset (< falsettistes espagnols ») et qui, 
avant l'admission des castrats (v. ce mot), te- 
naient lieu, k la Chapelle pontificale et ailleurs, 
de voix d'enfants. Plus tard, on remplaga le 
nom de tenorini par celui d'alli naturali 
(cf. alto), par opposition aux sopranistes et 
altistes dont la voix etait conservee artificielle- 
ment. 

Tenuto (ital.),abr. ten.,tenu. T. signifie que lea 
sons doivent etre tenus pendant toute leur du- 
r6e. Forte t. (/. ten.), c-a-d. forte d'une maniere 
continue et egale, sans diminuer. 

Terminaison, v. conclusion et trille. 

Ternaire, Mesure t., c.-&-d. mesure a trois 
temps: »/„ ■/•. 3 /*, 8 /«, •/■. 9 U- Les mesures a •/♦ 
et a A / 8 sont des mesures binaires, a moins que 
le mouvement ne soit si lent que les noires 
ou les croches soient pergues comme des uni- 
tes de temps. Gf. mesure. — Temps t., c.-a-d. 
temps divise ou normalement divisible en trois 
ou en un multiple de trois. 

Terradellas (Terradeglias), Domenigo-Mi- 
chele-Barnaba, compositeur renomme d'ope- 
ras, de l'Ecole napolitaine, ne a Barcelone au 
commencement de janv. 1711, m. a Rome en 
1751; eieve de Durante, au « Conservatory 
Sant'Onofrio », debuta, comme compositeur 
dramatique, en 1789, avec AstarU, suivi bientdt 
de Lintrighe delta cantarine (Naples, 1740), 
Artemisia (Rome, 1740), lssifile (Florence, 
1742), Merope (id., 1743), Mitridate et Betlero- 
fonte (Londres, 1746). Toutes ces oeuvres, k 
l'exception d'lssifile, eurent un succes reel. T. 
fut nomme, en 1747, maitre de chapelle de 
l'eglise St-Jacques, k Rome. Sa mort prematu- 
ree parait etre due surtout au fiasco de son 
fcpera Sesostri (Rome, 1751). Une Mease et un 
oratorio, Giuseppe riconosciuto, sont restes 
manuscrits. 

Terpandre, v.grecque [musique]. 

Terschak, Adolf, fliltiste, n6 k Hermann- 
stadt (Transylvanie) en 1832 ; eieve du Conser- 
vatoire de Vienne, fit beaucoup de tournees d<; 



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820 



TERTIA 



TESSARINI 



concerts lointaines et publia de nombreuses 
(150) oeuvres pour flute. 

Tertia (lat., la ctroisi&me ») tierce (v. ce mot). 
Le jeu d'orgue appele T. (tierce, di tonus, ses- 
quiquarta [ 5 / 4 ], etc.) est, comme toutes lee 
fournitures, un jeu k bouche ouvert, k perce de 
montre. Le jeu de tierce correspondant k la 
montre de 8' est la T. 1 8 / 5 (= 8 / 5 ), qui porte 
aussi le nom de Decima seplima; celui qui 
correspond au 16* est la T. 8 Vs (= 16 '*)> dite 
aussi Decima (v. ce mot). La T. 6 f ' 5 (= H /&), 
la r. 4 / 5 et la T. */s sont plus rares. Quant k la 
T. 12*/ 5 (= *V 5 ) de l'orgue du Ddme de Schwe- 
rin (construit par Ladegast) elle est, k vrai 
dire, comme la Quinte 21 1 /3(= c */3) du D6me 
de Br&me, un non sens, puisqu'il n'existe pas 
de jeu de 64* sur lequel on puisse l'appuyer. 
J/ancienne denomination allemande : Terz 
aus 4 Fuss correspond k T. 3 x / 5 , lerx, aus 2 
Fuss kT.l 3 / & . 

Tertian xweifach, nom que les facteurs al- 
lemands donnent k un jeu d'orgue mixte, com- 
post des sons 5 et 6 de la sirie harmonique 
superieure, autrement dit d'un jeu de tierce et 
d'un jeu de quinte de la grandeur (en pieds) 
imm6diatement au-dessous de celle du jeu fon- 
damental. La T. z. d'une montre de 16' se com- 
pose done d'une tierce de 8 1 / 5 * et d*une quinte 
de 2 */ 3 * ; celui d'une montre de 8', d'une tierce 
de 1 Vs' et d'une quinte de 1 1 / 3 . 

Terriani, Eugenio, nS k Rome en 1825, Steve 
de Mercadante, au Conservatoire de Naples, m. 
k Rome le 80 juin 1890 ; donna, en 1844, un 
oratorio : La caduta di Gerico et, peu apr&s, 
des operas : Giomnna di Napoli et Alfredo, k 
Rome, ensuite de quoi il fut nommS maltre de 
chapelle au ThSiUre d'Apollon. Apres avoir di- 
rig6, de 1867 k 1871, Torchestre de la Scala, k 
Milan, il reprit, a Rome, son ancien poste, et 
devint, en 1877, profegseur decomposition au 
•Lycee de musique » de l'Acad£mie Ste-C£cile. 
Notons encore, par mi les compositions de T. 
une Messe k Ste-C6cile, le Requiem pour Victor 
Emmanuel et son dernier op&ra : Niccolo de 1 
Lapi (Lassiedo di Firenze, Rome, 1888). T. 
&ait 6galemeut fort apprecie comme maitre de 
chant. 

Teno suono (ital.),le « troisi&me son>, autre- 
ment dit son resultant (v. cemot). 

Teschner, Gusta v-Wilhblm, maltre de chant 
de grand merite, n6 k Magdebourg le 26 d£c. 
1800, m. k Dresde le 7 mai 1888 ; apprit les 
premieres notions musicales de son plre qui 
etait Organisle k Kroppenstedt, pres Halber- 
stadt, puis fut eteve de Seebach et de Rein- 
hardt, a Magdebourg, et 6tudia ensuite (1824) le 
chant et la composition aupres de Zelter et de 
Klein, k Berlin. II alia, en 1829, en Italie, oil il 
profita de ses rencontres avec Ronconi, Bian-^ 
chi et Crescentini et entra en relations dura-* 
bles avec l'abbe Santini, le c£16bre Srudit en 
matiere d'ancienne musique d'eglise. Cefut sur 
les instances de ce dernier que, plus tard, T. 
se mit, avec succes, k la recherche d'anciennes 
oeuvres musicales oubli£es dans les bibliothe- 
ques. Revenu en Allemagne, T. fut encore, 



pour le chant, 61&ve de Miksch, a Dresde; 
puis, pendant de longues ann6es, il fut, k Ber- 
lin, Tun des maltres les plus apprecies poor la 
formation de la voix, d'apr&s la m&hode ita- 
lienne. T. re^ut, en 1878, le litre de •professeur 
royal » de Prusse. ("omme compositeur, T. n'a 
fourni que quelques solf&ges ; par contre, il a 
d6velopp& une grande activity comme Sditeur 
d'ancienne musique vocale religieuse (recueil 
de chorals de Hasler, chants de Eccard, Allen- 
burg, Burgk, M. Franck, M. Prartorius, Gese, 
Gumpeltzhaimer et d'auires maltres allemande 
et italiens du xvi* et du xvii« s.), de plusieurs 
volumes de < canzonette » italiennes et d'autres 
chants populaires italiens (soit k quatre, soit k 
une voix), et, avant tout, d'un grand nombre de 
recueils de solfeges italiens pour toutes les ca- 
tegories de voix (Minoja, 6 cah.; Crescentini, 
5 cah.; Zingarelli, 10 cah.; Clari, 8 cah.). Ses 
propres solteges ont paru soit dans des re- 
cueils, soit en publications s6par£es (< Exerci- 
ces elementaires » , « Solteges progressifs», etc). 

Tesi, Vittorxa (T.-Tramontini), celebre can- 
tatrice, n£e k la fin du xvn« . s. a Florence ; 
61eve de Redi, en cette ville, et de Campeggi, 
k Bologne, d&buta k Bologne, mais chanta sur- 
tout k Venise et ^Naples. En 1719, elle fut enga- 
gee pour les fetes nupliales, k Dresde. Elle 
recut, en 1787, un engagement de quatre moi.s 
au theatre « San Carlo » de Naples, avec 12.500 
fr. de traitement, puis fut engagee (1788-1748?) 
k Madrid oft elle chanta aux c6t£s de Farinelli. 
T. passa les derni&res ann6es de sa vie a 
Vieune, dans la maison du prince de Hild- 
burghansen. Elle y chanta encore, en 1749, 
avec un succ&s considerable, et y mourut fort 
dg£e, en 1778. 

Tessarin, Francesco, ni k Venise le 3 d£c 
1820 ; lie d'amitie avec Wagner qui restimait 
fort, et eteve de G.-B. Ferrari, a compost des 
morceaux pour piano, de la musiqne d*&glise. 
une can tale ; Inno saluto (1875) et un op£ra : 
Uultimo Abencerragio (1858). 

Tessarini, Carlo, violoniste remarquable, 
peut-^tre ^16ve de Corelli, nh k Rimini en 1690, 
fut premier violoniste de la cathedrale dTJr- 
bino. Selon Burney, il serait all£ k Amsterdam 
en 1762 et y aurait fait sensation, gr&ce k la 
nouveaul^ du style de ses compositions. T. a 
public : des sonates pour deux violons et basse, 
avec un canon ; deux recueils de sonates pour 
deux violons; douze Concert ini pour violon-8olo t 
deux violons d'accompagnement,violelta,violon- 
celle et « continuo » ; douze sonates pour violon 
et basse d'orgue; six divertissements pour deux 
violons; Larte di nuova modulasione (Con- 
cern grossi pour un violon principal, deux 
violons concertants et deux d'accompagnement, 
violetta, violoncelle et c continuo »); Contrasto 
armonico (id.); enfin, une m&hode de violon : 
Grammatica di musica....a suonar il vioitno 
(l'6dition italienne est r£pandue seulement en 
copies, mais les traductions fran^aise et an- 
glaise sont imprimees), ouvrage ayant surtout 
en vue l'^tude pratique accompagn^e d'un nom- 
bre tr£s restreint de pr^ceptes thforiqnes. 



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TESSITURE — THAYER 



821 



Tessitura, nom que Ton donne k l'ensemble 
des sons qui conviennent le mieux k une voix 
donn£e ; un chanteur interpr&era d'autant 
mieux un morceau que celui-ci sera mieux 
renfermd dans sa t. La t. varie non seulement 
selon les categories de voix, mais aussi selon 
les individus. Par derivation, on nomme 6gale- 
ment tessiture l'ensemble des notes qui re- 
viennent le plus fr&quemment au cours d'un 
morceau, formant en quelque sorte le noyau 
sonore autour duquel la m&lodie se meut Cf. 
Faure, La voix et le chant (p. 25). 

Testore, famille de luthiers italiens, formSe 
du p&re Carlo-Giuseppe (1690-1715) et de deux 
tils : Carlo- Antonio et Pietro- Antonio (1715- 
1745). Le p&re, £16ve de Grancino, dont il a 
imit£ les instruments, a fait d'excellents violon- 
celles et contrebasses (la contrebasse pr6f6r6e 
de Bottesini Stait de T.) ; les fkls ont imit6 les 
violons de Joseph Guarneri. 

Testudo (lat), chez lesRomains, syn. de lyra; 
du xv« au xvn» s., syn. de luth. 

T&racorde, v. grecque [musique]. 

Teyber (Tayber), 1. Anton, n6 a Vienne le 8 
sept. 1754, m. dims la m&me ville le 18 nov. 
1822 ; fut d'abord membre de la chapelle de la 
Cour,& Dresde, puis devint,en 1792, claveciniste 
de TOpira dela Cour, k Vienne, en m6me temps 
qu adjoint de Salieri et, en 1793, compositeur 
de la Chambre imp6riale et maltre de musique 
de la famille de Tempereur. T. a Scrit des mor- 
ceanxde musique d'6glise, des oeuvres pour 
piano, un m&odrame, un oratorio, des qaa- 
tuorspour instr. k archtt, etc. — 2. Franz, frere 
du pr£c£dent, n6 k Vienne le 15 nov. 1756, m. 
dans la m&me ville le 22 oct. 1810; dirigea 
d'abord la troupe th&dtrale de Schikaneder, 
dans ses tournees dans l'Allemagne du sud el 
en Suisse, puis k Vienne. Peu avant sa mort, il 
avait 6te nommd organ isle de la Cour imp&- 
riale (Vogler fait tr&s grand cas de lui, comme 
organiste). T. a 6crit un certain nombre d'op6- 
ras et de vaudevilles (Alexander [18001, Der 
Schlaflrunk, Scheradin und Almanzor, Der 
Telegraph, Pfandtmg und Personalarrest f Der 
Zerstreute y Das Spinnerhreuz am Wienerber- 
ge [1807], Die Dorfdeiyutierten, Larragio di 
Benevento, etc.), ainsi qu'un oratorio, des lieder, 
de la musique d'&glise, etc. 

Thadewaldt, Hermann, fondateur et presi- 
dent de V« Association generate des musiciens 
allemands » (1872), n6 k Bodenhagen, en Pom£- 
ranie, le8 avr. 1827 ; fut, de 1850 k 1851, maitre 
de chapelle militaire, k Diisseldorf, et, de 1853 
& 1855, directeur de Forcheslre du casino de 
Dieppe. II dirigea, de 1857 k 1869, un orchestre 
fond6 par lui-mdme. A Berlin, et, en 1871, les 
concerts du « Jardin zoologique ». Depuis la 
fondationde 1*« Association » susmentionnee, T. 
lui consacre toutes ses forces. 

Thalberg, Sigismcnd, Tun des plus celebres 
piani8te8,en m6me temps quebrillant composi- 
teur pour son instrument,ne a Geneve le7 janv. 
1812, m. k Naples le 27 avr. 1871 ; fils naturel 
du prince Moritz Dietrichstein et de la baronne 
von Wetzlar, fit son Education & Vienne, sous la 



direction de Sechter et de Hummel, mais affir- 
ma lui-mdme,plus tard,que son veritable maitre 
de piano ayait 6t6 le premier basson de l'Op6ra 
de la Cour,* k Vienne. T. &ait si avanc£ que, k 
Ykge dequinze ans, il fit sensation dans les cer- 
cles priv6s de la capitate. II entreprit, en 1880, sa 
premi&re tourn6e de concerts en Allemagne et 
sefit bientdt un nom ; il a£crit, k cette epoque, 
son concerto de piano (op. 5). Ses premieres 
compositions (op. 1 k 8, fantaisies sur des mo- 
tifs d'cEuryanthei, sur un « Chant £cossais » 
et sur des motifs du « Si&ge de Corinthe » ) 
avaient d&jk paru en 1828. En 1835, T. fit la 
conqu&te du public de Paris, soutint avec hon- 
neur la lulte avec Liszt et, partout triomphant, 
traversa la Belgique, la Hollande, TAngleterre 
et la Russie. En 1855, il parconrut le Brisil, en 
1856, l'AmSrique du Nord; puis, en 1858, il 
acheta une villa k Naples et y v£cut quelques 
ann£es dans la relraite. Mais, en 1862, nous le 
voyons reprendre ses tourn£es de concerts, 
partir pour Paris, pour Londres et, en 1863, de 
nouveau pour le Br6sil. II a pass6 k Naples 
les demises ann&es de sa vie. T. £tait le gen- 
dre de Lablache; sa fille, Zara T., est une can- 
tatrice douee d'une belle voix. T. s'adonnait 
uniquement k la virtuosity et ne r£pondit pas 
ainsi aux esp6rances qu'avaient donnees ses 
premieres compositions. Une sp6cialit£ de T. 
consisle en passages arp£ggs, r£partis entre 
les deux mains, de telle mani&requ'ils enlacent 
une m£lodie ; il jeta de la poudre aux yeuxavec 
cet effet brillant, jusqu'au jour oil celui-ci fat 
connu de tout le monde. T. a publie : un concerto 
pour piano (mi bbmol maj., op. 5), une grande 
sonate (op. 56), un divertissement (fa min., op. 
7), deux caprices (op. 15 et 19), six nocturnes 
(op. 16, 21 et 28), Grande fantaisie (op. 22), 
douze Etudes (op. 26), Sclierzo (op. 31), Andante 
(op. 32), La Cadence (op. 36, 6tude), romance et 
Stude (op. 38), Theme original et itude (op. 45), 
Valses (op. 4 et 47), Dtcam&ron musical (op. 
57, Etudes), Marche fundbre avec variations 
(op. 59), Apothicse (fantaisie sur la marche 
triomphale de Berlioz, op. 58) et un grand nom- 
bre de fantaisies sur des th&mes d'operas de 
Mozart (* Don Juan »), Weber, Rossini, Meyer- 
beer, Bellini, Auber, Donizetti, etc., sur « God 
save the Queen » et < Rule Britannia », etc. 
Comme compositeur d'op£ras, T. a fait fiasco 
k deux reprises (Florinda [Londres, 1851] et 
Cristina di Suezia [Vienne, 1855]). 

Thallon, Robert, n£ k Liverpool le 18 mars 
1852 ; arriva encore enfant en Am&rique (1854), 
6tudia la musique, de 1864 k 1876, k Stuttgart, 
Leipzig, Paris et Florence, et vit depuis lors k 
Brooklyn (New -York) ou il est tr&s estime, 
comme organiste et maitre de musique. 

Thayer, 1. Alexandre-Wheelock, 6crivain 
am&ricain, n6 k South Natick, pr£s Boston, le 
22 oct. 1817, m. k Trieste le 15 juil. 1897 ; 6tudia 
k Cambridge (Boston), puis fut assistant k la 
Biblioth£que de TUniversit^ de cette ville, od il 
con^ut le plan d'6crire une vaste biographie de 
Beethoven, plan qu'il a r£alis& presque entier 
d'une manure remarquable. Dans ce but, T. 



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822 



THEILE — THtfORIE 



parcourut l'Allemagne de 1849 a 1851, de 1854 
& 1856, pais en 1858, et l'occasion de continuer 
ses etudes se presenta naturellement d lui, 
lorsqu'en 1860 il fut appele a l'ambassade ame- 
ricaine, a Vienne. En 1865, T. accepta le posle de 
consul americain & Trieste, poste qu'il occupa 
presque jusqu'A samort. Le fruit de son travail : 
Ludvyig van Beethovens Leben, n'a encore 
paru qu'en une traduction allemande , faile 
d'apres le manascrit original, par H. Deiters 
(1865, 1872, 1878, 3 vol. ; le vol. IV reste inache- 
ve, mais la matiere en est classed et sera, sans 
doute, publiee par H. Deiters); auparavant dejd 
avail paru un Chronologisches Verzeichnis der 
Werke L. van Beethovens (1865)) et Ton pos- 
sede encore de T. une etude detachee : Em kri- 
tischer Beitrag zur Beethoven - Litleratur 
(1877). T. a pris en Beethoven l'«homme », 
comme objet tout special de son grand ouvrage 
et il a fourni de lui un portrait vivant et vrai, 
comme il n'en existait aucun jusqu'alors. Pour 
ce travail, T. put utiliser entre autres des notes 
que O. Jahn avait collection nees pour une bio- 
graphie de Beethoven projetee. — 2. Eugene, ne 
a Mendon (Massachusetts) le 11 dec. 1838, m. a 
Burlington le 27 juin 1889 ; organiste estime, 
ainsi que compositeur. 

Theile, Johann,Ic «Pere des contrapontistes > 
comme l'appelaient ses contemporains, ne & 
Naumburg le 29 juil. 1646, m. dans la meme 
villele24 juin 1724; apres avoir acheve son 
instruction secondaire, il partit pour Halle et, 
peu apres, pour Leipzig, ou il se procura des 
moyens d'existence en donnant des lemons de 
musique et en tenant une partie de gambe & 
l'orchestre. II travailla encore quelque temps, 
sous la direction de Heinrich Schdtz, a Weis- 
senfels, puis s'etablit & Stettin, comme maitre 
de musique. En 1673, T. devint maitre de cha- 
pelle du due d'Holstein, a Goltorp, mais les 
troubles de la guerre ayant chasse la Cour, il 
dut aller a Hambourg, ou 11 re^ut la commande 
fort honorable d'ecrire deux «Singspiele » pour 
l'ouverture de l'Opera de Hambourg, en 1678 : 
Adam und Eva, oder der erschaffene, gefaliene 
und wieder aufgerichtete Menscft, et Orontes. 
En 1685, il succeda A Rosen muller, en qualite 
de maitre de chapelle dela Gourde Brunswick, 
a Wolfenbuttel, mais echangea peu apres ce 
poste contre un poste analogue, & Mersebourg; 
il se retiradans sa ville natale apres la mort du 
due Christian II de Saxe-Mereebourg. Nikolaus 
Hasse fut un des eleves de Theile. Les oeuvres 
que Ton a conserves de lui sont : une « Passion » 
en allemand (Lubeck, 1673), Noviter inventum 
opus musicaXis compositionis 4 et 5 vocum 
propleno choro (vingt Messes, dans le style de 
Palestrina) et Opus secundum, novce soncUce 
rarissimae artis et suavitatis (pieces instrument 
tales, de deux & cinq parties, avec des morceaux 
fugues en double contrepoint). Un « oratorio de 
Noel », de T., a ete execute k Hambourg, en 
1681, mais non grav£. 

Theme, nom que Ton donne a une pensee 
musicale qui ne forme pas un tout absolument 
parfait, mais qui est suflisamment developpee 



pour revetir une physionomie caractermtique : 
e'est precis&ment en ceci que le t. differe du 
motif, simple germe de formation thematique. 
Tout t. proprement ditest dejAle resultat de la 
puissance d*organisation propre au motif (v. 
imitation), soit que ce dernier soit rep&te en 
mouvement direct ou contra ire, soit qu f il sus- 
cite un second motif oppose au premier. Meme 
les plus courts themes de fugues, de Bach, 
s expliquent de cette facon; ex. : 



^ 



IE 



1ST- 



[Exposition] [Reponse] 

La fugue n'a jamais qu'un theme ; seules les 
doubles fugues, qui developpent deux sujets 
separ&ment, ne les presenlant simultanement 
qu'A la fin du morceau, out deux t. et ressem- 
blent en ceci & l'allegro de sonate. Le t theme - 
qui sert de base a une serie de variations 
(« theme varie ») est dej&en soi un petit morceau 
de musique complet, formant un tout (lied, air). 
Les t. d'un allegro de sonate sont, eux aussi, le 
resultat du travail prolonge d'un ou de plusieurs 
motifs. (Test au desir d'extension de la forme 
qu'il faut faire remonter l'idee des themes mul- 
tiples dans un seul morceau (cf. Biemanu, 
Katechismus der Kompositionslehre, l n part.): 
la condition essentielle de l'opposition de plu- 
sieurs themes reside dans la diversite caracte- 
ristique de leurs principaux motifs. 

Theodericus, Xistus, v. Dietrich. 

Theogerus (Dietger) de M etz, moine bene- 
dictin a Ilirschau, vers 1090; plus tard, abbe de 
St-George dans la Foret-Noire et, en dernier 
lieu, eveque de Metz; auteur d'un traite de 
musique qui a 6t6 reimprime par Gerbert 
(Script., IL. 

Theorbo (ital. tiorba, tuorba) 9 instrument 
grave de la famille des laths, caracterise tout 
particulierement par sa double volute. Toutes 
les cordes du t. n'etaient point, comme celles 
du luth, tendues sur le manche ; un grand 
nombre d'entre elles, des cordes de basse 
(bourdons) passaient & cdte du manche. En 
outre, pour obtenir des sons plus graves et 
d'une plus grande intensity, ces dernieres cor- 
des etaient fixees a une volute speciale qui se 
trouvait au-dessus de celle des autres cordes, 
a Textremite d'un prolongement recourbe du 
manche. Cf. chttarkoxe. 

Th6orie (gr., meditation). Lat. de la musique 
consiste ou bien en l'etude des manipulations 
techniques de l'ecriture musicale, manipula- 
tions etablies par la pratique puis formul&es 
en un certain nombre de regies precises dont 
l'ennemble, logiquement ordonne, forme une 
methode (basse ciiiffr£e, th£orie de l'uarmo- 
nie, contrepoint, composition), ou bien en la 
recherche des lois naturelles de l'auditiou mu- 
sicale, des eflfets elementaires des different* 
facteurs de l'oeuvre d'art musicale et, enfin, de 
la perception de l'oeuvre musicale achev^e, 
dans son ensemble (T. speculative de la musi- 



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THEORIE DE L'HABMONIE — TIIERN 



823 



que, PHILOSOPHIE DE LA MUS1QUE, E8THETIQUE 

musicale). La t pratique et la t. speculative 
ont des rapports r^ciproques tr^s etroits, mais 
elles forment cependant deux domaines nette- 
ment separes de Factivite intellectuelle de 
1'homme ; chacuu de ceux-ci a donne naissance 
a toute une litterature, bien que la t. ration- 
nelle, speculative, se developpe beaucoup plus 
lentement que la 1. purement empirique de 
I'art. 

Theorie de rharmonle. La t. de l'h. a pour 
but r§tude de la signification des harmonies 
<accords), autrement dit Implication des phe- 
nomenes intellectuels qui accompagnent l'audi- 
tion musicale. En classant toutes les esp^ces 
possibles d'accords, en etudiant leurs rapports 
reciproques, en cherchant enfin a dSvelopper 
les lois naturelles de la forme musicale et 
garticulierement de l'ecriture harmonique, la 

r T. DE L*H. EXERGE D'UNE FACON SYSTEMATIQUE 

\ ^'imagination musicale, elle developpe les fa- 
\ cultes tant au point de vue de la conception 
I hapide d'une <euvre musicale qu'k celui de la 
Lproduction musicale personnellk. Une theorie 
«xacte de la nature de l'harmonie est realisable 
jusqu'd. un certain point, en tant que la pens&e 
musicale (representation ou conception des 
sons) est soumise aux monies lois que toute au- 
tre pensee, et qu'une chaine plus ou moins ser- 
ree de causes a eflfets doit exister entre les vi- 
brations excitatrices et les sensations sonores 
puis entre ces derni£res et les idees musicales. 
L'etablissement d'un systems harmonique (v. 
systems) n'a par consequent rien d'arbitraire 
que dans ses traits exterieurs, dans la termi- 
nologie, 1'ordonnance des diverses parties, 
etc. Mais, de meme que la connaissance de la 
nature de l'harmonie augmenle peu a peu 
«st s'approfondit, de m A me la t. de l'h. doit 
peu k peu se transformer, d'autant plus que 
l'objet propre de ses recherches, 1'exercice pra- 
tique de la musique, est entraine dans un 
mouvement devolution vers des formations de 
plus en plus compliqu£es. — II est important 
de bien distinguer de la t de l'h. que nous ve- 
nons de definir (theorie speculative) et qui ren- 
tre dans le domaine de la philosophie et de la 
physique, la theorie de l'ecrtture musicale, 
calculee tout enti^re en vue de la pratique et 
qui recoil souvent ausBi le nom de t. de l'h. La 
plupart des « traites d'harmonie >, con$us dans 
ce dernier sens, ne contiennent aucun rensei- 
gnement sur la nature de l'harmonie ou, du 
moins, ne foumissent que des donn£es absolu- 
ment insuffisantes ; leur seul but est de trans- 
mettre d'une fa$on tout empirique Tart de Ten- 
chatnement des accords et de la conduite des 
voix. Cf. chiffre et contrepoint. — Le pro- 
bleme capital de la t. speculative de l'harmo- 
nie est la definition et l'explication de la conso- 
nance et de la dissonance; l'antiquite classique 
a dejd pose les premieres bases de cette defi- 
nition et reveie definitivement les principes 
fondamentaux de l'acoustique mathematique 
<v. intervalle). La musique contrapontique 
el harmonique amena peu a peu la constata- 



tion de l'importance des accords consonants de 
trois sons; Zarlino (1558) comprenait dejd 
l'opposition qui existe entre 1'accord parfait 
majeur et Taccord parfait mineur, et ne pretend 
nullement l'avoir decouverte lui-meme. Ra- 
meau (1772) remarqua le premier que nous 
comprenons toujours les sons isoies dans le 
sens d'accords et que, inversement, tout accord 
s'interprete d'une facon une, dans ses rapports 
avec un son ; ce principe presente, d'une ma- 
niere confuse encore, dans le « Traite de la 
basse fondamentale » de Rameau, a ete deve- 
loppe de nos jours avec une absolue clarte 
(la « conception dans le sens de Interpretation 
harmonique » de Helmholtz), II n'y a plus 
qu'un petit pas a faire pour parvenir a la 
constatation que toutes les formations har- 
moniques doivent etre interpretees dans le 
sens d'accords consonants, de telle fagon que 
les accords dissonants n'apparaissent plus 
comme des formations independantes, mais, 
bien comme de simples modifications d'accords 
consonants (cf. dissonance et fonctions). En- 
fin les passages en forme de gammes doivent, 
eux aussi, etre interpretes dans le sens d'ac- 
cords (v. gamme). Cf., en outre: son, parente, 
succession, tonalite, modulation, cadence. 
Nous citerons ici, en tant que veritables c trai- 
tes d'harmonie » (t. de l'h.) dans le sens que 
nous venons d'indiquer, les ouvrages de : Fe- 
tis, Traite de l'harmonie (ll me ed., 1875); 
Hauplmann, Die Natur der Harmonik vmd 
der Metrih (%• ed., 1873); A. von Oettingen, Ear- 
moniesystem in dualer Entvnckelung (1866) ; 
Tiersch, System und Methode der Earmonie- 
lehre (1868): Hostinsky, Lehre von den mu- 
sihalischen Kbxngen (1879) ; enfin ceux de l'au- 
teur de ce dictionnaire, H. Riemann, qui se 
rapportent k ce sujet. 

Thern, 1. Karl, ne k Iglo (Haute-Hongrie) le 
18 aout 1817 (son arriere-grand-pere, Thomas 
T., qui avait ete facteur d'orgues et de pianos k 
Satzbourg, avait fui a Iglo, lore des persecu- 
tions dirigees contre les proteslants), m. a 
Vienne le 13 avr. 1886; regut son education 
musicale dans la maison de son p6re et, plus 
tard, A Budapest. Apr6s s'etre d'abord fait 
connaltre par sa musique pour le Notar von 
Palesha de Gaal, il fut nomme, en 1841, maltre 
de chapelle du Theatre national de Budapest 
et, en 1853, maitre de composition et de piano 
au Conservatoire national. En 1864, T. aban- 
donna ses fonctions et fit des voyages avec ses 
fils, soit pour achever leur education, soit pour 
donner des concerts; cependant il vecut a par- 
tir de 1868 de nouveau a Budapest et, en der- 
nier lieu, a Vienne. T. fut un compositeur po- 
pulaire hongrois, auteur entre autres du chant 
de « Foter » et d'autres melodies qui sont de- 
venues le bien du peuple entier; il a aussi 
publie des morceaux de piano, mais surtout des 
arrangements d'ceuvres classiques qu'iljouait 
avec ces fils. Trois operas de lui : Gizui (1841), 
Le siege de Tiharny (1845) et UHypocondre 
(1855) ont eterepresentes a Budapest, avec suc- 
ces. Ses fils — 2. Willi, ne a Bude le 22 juin 



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824 



THESIS — THOINAN 



1847, et — 8. Louis, ne k Pesth ie 18 d£c. 1848, 
sont connus pour leurs excellents concerts de 
musique k deux pianos. lis re$urent les pre- 
mieres lemons de leur p£re, se produisirent de 
bonne heure, puis £tudi6rent encore, de 1864 k 
1865, sons la direction de Moscheles et de Rei- 
necke, k Leipzig d'od ils ont donn£ des con- 
certs de c<M6 et d'autre. Ge fut en 1866 qu'ils 
entreprirent leur premiere grande tournSe, k 
Bruxelles et Paris, suivie bientdt de plusieurs 
autres, en Angleterre, en Hollande, etc. 

Thesis, v. arsis. 

Thibaut IV, roi de Navarre, n6 k Troyes en 
1201, m. k Pampelune le 8juil. 1258; trouv&re 
dontla « dame » doit avoir &t£ la reine Blanche, 
m£re de saint Louis. L*frv6que La Ravallidre a 
recueilli, dans la bibliotheque de Paris, soixante- 
trois chants de T. et les a publics, en 1742 (Poe- 
sies du roi de Navarre, etc., 2 vol.), mais en 
t ran scr Want les melodies d'une maniere tres 
insuffisante. 

Thibaut, Anton-Friedrich-Justus, profes- 
seur de droit k Heidelberg, n6 a Hameln le 4 
janv. 1774, m. k Heidelberg le 28 mars 1840; 
autear de : Ueber Reinheit der Tonkunst (1825; 
plusieurs fois r£6dit£), ouvrage destine k faire 
opposition au mouvement romantique dans la 
musique. T. avait form6 une riche bibliotheque 
musicale dont le catalogue a eii imprim6 en 
1842 et que le roi de Baviere a achetSe, pour 
la Bibliotheque de Munich. Cf. A.-F.-J. 2/it- 
baut: Bl&tter der Erinnerxmg fUr seine 
Verehrer, par E. Baumstark (1841). 

Thiele, Karl-Ludwig, organiste hautement 
coneidere de son temps, n6 k Harzgerode, pr6s 
Bernbourg, le 18 nov. 1816, m. k Berlin (du 
cholera) le 17 sept. 1848; fils d'un maitre d*6- 
cole qui se chargea de sa premiere education 
musicale puis, lorsqu'il fut transfer^ k Berlin 
(1880), Tenvoya A l'lnstitut royal de musique 
d'Sglise (A.-W. Bach). T. fut a l'lnstitut, de 1831 
a 1833, le collogue de A. Haupt avec lequel il 
se lia d'amili&. De 1839 jusqu'a sa mort, T. a 
6t6 organiste et carillonneur k Y « Eglise pa- 
roissiale » de Berlin. II a public des morceaux 
d'orgue exigeant une grande virtuosity et fort 
appr&ies des organistes. 

Thieme, 1. (Thi£m£), FRtofewc, musicien 
d'origine allemande, maitre de musique k Pa- 
ris, de 1780 k 1792, puis k Bonn on il mourut, 
en 1802 ; il a publi£ : Elements de musique pra- 
tique (1784 ; 2« 6d, avec un nouveau chiffrage, 
d'apreB le syst&me de l'abb<§ Roussier) ; Prin- 
eipes abrigis de musique a Vusage de ceux qui 
veulent apprendre d jouer du violon (sans 
date); Principes abriges de musique pratique 
pour le Piano et Nouvelle thtorie sur Us dif- 

ftorents mouvements des airs avec le projet 

cCtm nouveau chronomkre (1801). II a aussi 
fait paraltre plusieurs recueilsde duos pour vio- 
lons. — 2. Samuel-Lebrecht, ne k Bernsdorf le 
14 d6c. 1807, m. k Giebichenstein, pres Halle-s/S., 
le 20 mai 1883; fut directeur de musique et or* 
ganisle de la « Liebfrauenkirche », k Halle. 

Thierfelder, Albert, n£ a Mulhouse le 30 
avr. 1846 ; £16ve dw-Conservatoire de Leipzig, 



prit le grade de I> phiL, puis devint directeur 
de musique k Brandenbourg et succeda, en 
1888, k Kretzschmar, en qualite de directeur de 
musique de rUniversitS de Rostock. Composi- 
teur de renom (musique pour Zlatarog, de 
Baumbach; compositions pour piano et pour 
orchestre ; operas : Die Jungfrau vom Ktinig- 
see [1877], Der Trentajdger [1883] et Almansor 
[1884], etc.). 

Thieriot, 1. Paul-Emil, n6 k Leipzig le 17 
fev. 1780, m. a Wiesbaden le 20 janv. 1831 ; vio- 
loniste, ami du litterateur Jean PauL — 2. 
Ferdinand, n6 k Hambourg le 7 avr. 1888; 
el&ve de E. Marxsen, k Altona, et plus tard de 
Rheinberger, k Munich. II fut successivement 
directeur et maitre de musique k Hambourg, a 
Leipzig (1867), k Glogau (1868 k 1870), puis k 
Gratz oik il dirigea, jusqu'en 1885, la « Soci&6 
styrienne de chant >. II vit actuellement k 
Hambourg. T. a publte de la musique de cham* 
bre, des lieder et des choeurs, le tout fort bien 
6crit. 

Thillon, Anna (n6e Hunt), canlatrice anglaise 
qui eut un temps de grande vogue, n£e k Lon- 
dres en 1819; 616ve de Tadolini, de Bordogni et 
de Thillon, qu'elle 6pousa k l'&ge de quinze ans, 
debuta k Paris en 1838, dans t Lady Meloil » 
de Grisar, chanta de 1840 k 1844 k rOp&ra-Co- 
mique puis k Londres (k la fin de 1844) et en 
Amerique (de 1851 k 1854). Elle se retira de la 
sc£ne en 1856, pour raisons de sante. 

Thimus, Albert, baron de, n6 k Cologne en 
1806, m. dans la m6me ville le 14 oct. 1846; 
conseiller aulique et conseiller k la Cour d'ap- 
pel, auteurde: Die harmonihale Symbolik des 
Altertums (1868-1876, 2 vol.), ouvrage qui con- 
tient nombre de choses interessantes pour les 
partisans du dualisme harmonique. 

Thoinan, Ernest, pseudonyme d'un musico- 
graphe frangais dont le vrai nom est Antoinb- 
Ernest Roquet, n6 k Nantes le 23 janv. 1827,, 
m. k Paris & la tin de mai 1894; vint, en 1844, 
faire un apprentissage de commerce k Paris, et 
suivit longtemps la carridre commerciale. Ge- 
pendant il trouva moyen de completer les 
connaissances musicales qu'il avait d£j& ae- 
quises auparavant et se forma une bibliothe- 
que musicale qui devait m&me surpasser celle 
de F6tis (cf. le « Supplement » de Pougin k la 
« Biographic universelle », supplement auquel 
T. a collabor6). T. a 6crit entre autres : La mu- 
sique a Paris en 1862 (1863); Les origines de 
la chapelle-musique des souverains de France 
(1864); La diploration de GuiUaume Vrestm 
sur le trepas de 'Jean Ochegkern (1864); Mau~ 
garsy ctlebre joueur de viole (1865); Antome 
de Cousu et les singulitores destinies de son 
livre rarissime « La musique universeUe » 
(1866); Curiositis musicales et autres trouvees 
dans les ontvres de Michel Coyssard (1866); 
Vn bisai'eul de Moliere, recherches sur les 
Mazuel, mmiciens des XV 1* et XV 11* siddes 
(1878); Louis Conslantin, roidesviolons (1878); 
Notes bibliographiques sur la guerre musicale 
des Gluckistes et des Piccinistes (1878) ; une sa- 
tire : L opbra t Les Troyens » au Phre-Lachaise 



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THOMA — THOMAS 



825 



(1863); Les Rottelerre el les Chedevilte, cSlebres 
joueurs et facteurs de flutes, hautbois, bassons 
et musettes des XVII* et XVI 11° siecles 
(1894; le meilleur ouvrage de l'auteur); etc. 

Thoma, Rudolf, n6 a Lehse witzt, pres Steinau 
s/O., le 22 fevr. 1829; suivit les classes du s6- 
minaire d'instituteurs de Bunzlau, puis fr£- 
quenta l'lnstitut royal de musique d'eglise, a 
Berlin. II devint, en 1857, cantor & Teglise de 
la « Gr&ce », aHirschberg en S., puis, en 1862, 
a l'&glise Ste-Elisabeth, a Breslau, oil il vit 
depuis lors. T. est, en outre, directeur d'une 
societe chorale qui porte son nom et d'une 
« Ecole de musique ». En 1870, il recut le tilre 
de « directeur royal de musique ». T. a 6crit de 
la musique d'eglise, des oratorios : Moses et 
Johannes der Taiifer, deux operas : Helgas Ro- 
sen (1890), J one (Breslau, 3 mai 1894), etc. 

Thomas, 1. Christian-Gottfried, musico- 
graphe et compositeur, n6 & Wehrsdorf, pr&s 
Bautzen, le 2 f6vr. 1748, m. a Leipzig le 12 
sept. 1806; concourut sans succes k Ham- 
bourg,en 1789,avecForkel, Hiller et Schwencke, 
pour la place de directeur de musique laissee 
vacante par la mort de Ph.-E. Bach. T. a pu- 
blie : Praklische Beitrcige zur Geschichte der 
Musik, musihalischen Litteratur, etc. (1778, ou- 
vrage se rapportant surtout au commerce de la 
musique); Unparteiische Kritik der vorziiglich- 
sten seit drei Jahren in Leipzig aufgefiihrten 
und fern&'hin aufzufukrenden grossen Kir- 
chenmusiken Konzerte, und Opern (1798 et 
1799; publication periodique qui cessa de pa- 
raitre) et Musikalische Kritische Zeitschrift 
(1805, 2 vol.). Parmi ses compositions, on con- 
nait : un Gloria a trois chceurs, avec accompa- 
gnement instrumental; une cantate en l'hon- 
neur de Joseph II, et quelques quatuors. — 
2. Charles-Louis-Ambroise, Tun des composi- 
teurs francais modernes qui eurent le plus de 
vogue, ne a Metz le 5 aout 1811, m. a Paris le 
12 fevr. 1896; fils d'un maitre de musique, re- 
cut de bonne heure des lecons regulieres de 
violon et de piano, puis entra, en 1828, au 
Conservatoire de Paris oil il eut comme maitre 
Kalkbrenner (piano), Dourlen (harmonie),Bar- 
bereau (contrepoint) et Le Sueur (composition). 
II remporta dej& en 1829 le premier prix de 
piano, en 1830 le premier prix d'harmonie, en 
1831 une mention honorable au concours pour 
le prix de Rome qu'il oblint enfin, en 1832, 
avec une cantate intitulee : Herman et Ketly. 
Apres avoir, selon la regie, passe trois ans en 
Italie (Rome, Naples, Florence, Bologne, Veni- 
se et Trieste) et s'&tre arr^te quelque temps A 
Vienne, il rentra en 1836 a Paris, en possession 
dej& d'une certaine experience, et se voua avec 
ardeur a la composition. lies ouvrages sc£ni- 
ques de la premiere periode de T.'sont: La 
double echelle (un acte, 1837), Le perruquier 
de la rigence (1838, tous deux & l'Opera-Comi- 
que); La gipsy (ballet, 1839 ; en collaboration 
avec Benoit); Le panier fteuri (1839), Car line 
(1840, tous deux k TOpera-Comique) ,■ Le comte 
de Carmagnola (Op6ra, 1841); Le guerillero 
(id. 1842); Angilique et Mbdor (Opera-Comi- 



que, 1843); Mina (ballet, id.); Betty (id.). Les 
quatre premiers ouvrages tomb&rent, les au- 
tres furent accueillis froidement, en sorte que 
T. fut momentanement d£gout£ de la sc£ne ft 
se tourna vers d'autres domaines. En 1849 
neulement, il reapparut avec Le Cdid et, en 
1850, Le songe d'une nuit d'tte (tous deux a 
TOp6ra-Comique), deux oeuvres qui ont consa- 
cre d6finitivement sa renomm&e dans le grand 
public et lui ont assure une place en vue parmi 
les compositeurs d'op^ras francais. Mais le 
« Songe » fut suivi d'oeuvres qui, de nouveau, 
n'eurent qu'un succes mediocre : Raymond 
(1851), La Tonelli (1853), La cour de Celimene 
(1855), Psychd (1857) et Le carnaval de Venise 
(1857, tous A l'Op£ra-Comique). Le silence des 
dix ann6es qui suivirent ne fut interrompu 
que par l'apparition du Roman dElvire (1860). 
Enfin, deux creations decisives dans la car- 
rtere de T. : Mignon (1866) et Hamlet (1868), 
virentle feu de la rampe. Tune & TOpera-Comi- 
que, Tautre A l'Opera. Lorsqu'en 1871 Auber 
mourut, personne ne doutait que T. ne fut ap- 
pele A lui succeder. a la t6te du Conservatoire ; 
mais la Commune choisit un autre successeur 
(Daniel), ce qui fit que T. ne prit cette place 
qu'une fois Tordre retabli. En 1851 deja, T. 
avait ete elu d Tlnstitut comme successeur de 
Spontini ; il fut en outre nomme en 1845 cheva- 
lier, en 1858 officier et en 1868 commandeur de 
la Legion d'honneur. La muse d'Ambroise T. 
n'est pas sans analogie avec celle de Gounod, a 
la fois sensuelle, gracieuse, elegante ; son do- 
maine principal fut TOpera-Comique, et Mi- 
gnon conserve encore aupres du public une 
situation privilegi£e que d'aucuns, non sans 
quelque raison, attribuent au livret pour autant 
au moins qu'd la musique. Hamlet remporta 
aussi de grands succes & Paris et en province. 
Quant au plus recent op&ra de T. : Fran- 
$oise de Rimini, termine depuis des annees, il 
ne fut reprSsente que le 14 avr. 1882 et avec un 
succes tr6s mediocre. II faut encore ajouter k 
la liste des ceuvres de T. un opera-comique en 
un acte (Gille et Guillolin, 1874) ; Hommage a 
Boieldieu (cantate; Rouen, 1875); une cantate 
pour Inauguration de la statue de Le Sueur, 
a Abbeville (1852); un Requiem; une Messe 
solennelle; un quintette et un quatuor pour 
instr. & archet ; un trio avec piano; une fantai- 
sie pour piano el orchestre ; des morceaux pour 
piano; une marche religieuse; quelques motets ; 
six 4 canzone > napolitaines et une serie de 
quatuors pour voix d'hommes, d'un grand effet. 
Le manque absolu de conscience et de convic- 
tion artistiques dont les ceuvres de T. font 
preuve, ont attire & leur auteur des critiques 
tres virulentes de la part de plusieurs ecrivains 
Sminents (Deslranges, Les faux chef-d ceuvres, 
etc.). — 3. Harold, ne a Cheltenham le 8 juil. 
1834, m. a Londres le 29 juil. 1885; eleve favori 
de Bennett d V « Academy of Music », ainsi 
que de Potter (theorie) et Blagrove (violon), 
pianiste distingu&, professeur de piano a 
T « Academy of Music * et a la « Guildhall 
School », a ecrit beaucoup de musique pour le 



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826 



THOMAS D AQUIN — THOMSON 



piano, ainsi que trois ouvertures (Ouverture 
de comedie ; Ce que vous voutez ; et Moun- 
tain, lake and moorland). — 4. Theodor, 
musicien qui s'est acquis de grands merites 
dans la vie musicale de l'Am6rique du Nord, 
n6 A Esens, dans la Frise orienlale, arriva A 
l'Age de douze ans dej& a New-York ou il fut, 
en ce qui concerne son Education musicale. 
presque enticement livr6 a lui-m£me. II se fit 
d'abord connaitre A New-York, comme excel- 
lent violoniste de quatuor, mais arriva tout a 
coup A la plus haute situation musicale, lors- 
qu'il apparut, en 1869, a la t&te d'un excellent 
orchestre qu'il venait de former et donna son 
premier concert symphonique, dans le nouveau 
« Steinway-Hall ». Les concerts de l'orchestre 
Thomas ont fait, pendant six ans, une notable 
concurrence a ceux que la « Soci6t6 philhar- 
monique > donnait sous la direction de Berg- 
mann, a V « Academy of Music » (salle de 
l'Op6ra); ils ont eu, en outre, une grande im- 
portance pour la diffusion de la musique dans 
les autres villes des Etats-Unis, car T. entre- 
prit a plusieurs reprises des tourn£es de con- 
certs avec tout son orchestre et a ses propres 
risques. Force en 1877 de dissoudre son orches- 
tre, il fut appel6 peu apres a diriger la < So- 
ctele philharmonique », bien que celle-ci eut 
engage, depuis une annee seulement, L. Dam- 
rosch, un chef d'orchestre de valeur. Lorsque 
T. partit pour Cincinnati, en 1878, afin d'y or- 
ganiser et d'y diriger le Conservatoire de cette 
ville, il se fonda a New- York une « Symphony 
Society > qui, sous la direction de Damrosch 
fit concurrence a la « Philharmonie ». Cette 
derniere etait m&me tombee entre des mains 
si inhabiles que T. dut, pendant la saison 1878- 
1880, venir tout expr^s de Cincinnati pour sau- 
ver la situation, en prenant la direction des 
concerts. Une ann£e a peine plus tard, T. aban- 
don na la direction du Conservatoire de Cin- 
cinnati, pour retourner a New- York- comme 
directeur de la « Soci&e philharmonique ». En 
1888 en fin, il licencia son orchestre et accepta 
la direction du Conservatoire de Chicago. — 
5. Arthur-Coring, compositeur anglais de ta- 
lent, ne a Ratton (Sussex) le 21 nov. 1851, m. A 
Ixmdres (ecras6 par un vehicule) le 20 mars 
1892 ; ne commenca de s&rieuses Etudes musi- 
cales qu'une fois parvenu A YAge d'homme. H 
fut, de 1875 A 1877, eleve d'E. Durand, a Paris, 
puis etudia pendant trois ans A V « Acad&mie 
de musique » de Londres (A. Sullivan, Eb. 
Prout), avec beaucoup de succes. Les plus re- 
marquables compositions de T. sont : un grand 
anthem pour soprano-solo, chceur et orchestre 
(1878); une cantate : Les adorateurs du soldi 
(Norwich, 1881) ; des operas : Esmeralda (Lon- 
dres et Cologne, 1883) et Nadeshda (1885); 
ainsi que des oeuvres vocales ou orchestrates 
(€ Suite de ballet i) de moindres dimensions. 
— 6. Otto, n6 A Krippen (Saxe) le 5 oct. 1857; 
eleve de G. Merkel, est, depuis 1890, organiste 
del'eglise St-Paul A Dresde. Excellent organiste 
et compositeur de talent (chants religieux. op. 1; 
elegie pour orgue, etc.). 



Thomas d'Aqtun (Aquinas), Saint, ne a Roc- 
casecca, prds Naples, en 1227, m. a 1'abbaye 
cistercienne de Fossanuova, pres Terracine. le 
7 mars 1274, alors qu'il se rendait au concile 
de Lyon. T. entra en 1245 dans l'ordre des 
Dominicains et composa, en 1263, sur le d&sir 
du pape Urbain IV, un office pour la commu- 
nion dans lequel se trouvent la sequence de la 
F£te-Dieu : Lauda Sion et les hymnes : Pange 
lingua. Sacra solemnis, Verbum supernum* 
Adhortor te qui ont perpetue son nom. dans 
Thistoire de la musique. 

Thomas, Egolb St-T., A Leipzig. Le cantoral 
de l'Ecole St-T. est une situation tres en vue 
du monde musical ; il a 6t6 occupe par toute 
une s6rie de musiciens illustres : Georg Rhaw 
(1519-1520), Joh. Hermann (1531-1536), puis, se 
succedant imm&diatement : Wolfgang J linger 
(jusqu'en 1540), Ulric Lange (jusqu'en 1539). 
Wolfg. Figulus [Toepfer] (jusqu'en 1551), Mel- 
chior Heyer (jusqu'en 1564), Valentin Otto 
(jusqu'en 1594), Seth Calvtsius [Kalwitz] (jus- 
qu'en 1615) J.-Herm. Schein (jusqu'en 1630), 
Tobias Michael [suppleant : Joh. Rosenmuller] 
(jusqu'en 1657), Seb. Kniipfer (jusqu'en 1676), 
Johann Sghelle (jusqu'en 1701), Joh. Kuhkau 
(jusqu'en 1722), Joh.-Seb. Bach (jusqu'en 1750). 
Gottlob Harrer (jusqu'en 1755), Joh.-Fried. 
Doles (jusqu'en 1789), Joh.-Ad. Hi ller (jus- 
qu'en 1800), Aug.-Eberh. Muller (jusqu'en 
1810), Joh.-Gottfried Schight (jusqu'en 1823), 
Chr.-Th. Weinlig (jusqu'en 1842), Moritz 
Hauftmann (jusqu'en 1868), E.-Fr. Richter 
(.jusqu'en 1879), Wilhelm Rust (jusqu'en 1892). 
Gustav Schreck. Le cantor de l'Ecole St-T. est 
le chef du « Thomanerchor » forme d* internes 
de TEcole, il dirige ou surveille les executions 
musicales dansl'^glise St-Thomas, entre autres 
celles de motets qui ont lieu le samedi apres- 
midi et jouissent d'une tr6s grande renommee. 
C'est pour les ceremonies (accompagnees de 
musique avec orchestre) du dimanche et des 
jours de fete, que Bach a 6crit la plupart de 
ses cantates. 

Thomson, Cesar, violoniste virtuose remar- 
quable, ne A Liege le 17 mars 1857: recut les 
premieres lecons de violon de son pere, mais 
entra deja. A l'&ge de sept ans au Conservatoire 
de Liege, ou il eut comme m aft res Dupuis et 
Leonard. En 1878, T. partit pour le Tessin, 
comme musicien de la chambre du baron de 
Derwies, A Lugano, ou il se maria en 1877. 
Apres avoir travaille seul pendant plusieurs 
annees et apres avoir donn& des concerts en 
Italie, T. devint concertmeister de l'orchestre 
Bilse, a Berlin. En 1888, il fut nomine troisie- 
me professeur de violon au Conservatoire de 
Li&ge, passa plus tard au rang de premier 
professeur, puis donna sa demission en 1896. 
T. se rendit alors a Bruxelles ou, Fann&e sui- 
vante, il succeda a Ysaye, comme professeur 
de violon au Conservatoire royal. En outre, 
T. fait de nombreuses tournees de concerts 
avec un succes qui ne s'est jamais dementi. La 
virtuosite etonnante de Thomson, surtout dans 
les passages en doubles cordes (octaves doig- 



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THOOFT 



TIEHSEN 



827 



tees, etc.), lui assure l'admiralion de tous ses 
confreres. 

Thooft, W.-F., ne k Amsterdam le 10 jail. 
1829; 61eve de Hauptmann et de Richter, k 
Leipzig, est actuellement maltre de chapelle de 
TOpera allemand, k Rotterdam. II a £crit trois 
symphonies; une symphonie avec choeurs 
(Charles-Quint; couronnee, 1861); une ouver- 
ture pour la Pucdle (TOrUans; une fantaisie 
orchestrale : In Leid und Freud ; des psau- 
mes ; des lieder; des sonates pour piano et un 
opera : Aleida von Holland (1866). 

Thome, Edward -H., n6 k Crambourne 
(Dorsetshire) le 9 mai 1834; el£ve de G.Elvey, 
en quality d'enfant de chceur de la chapelle 
St-Georges, k Windsor, devint en 1870 orga- 
niste de St-Patrick, plus tard de St-Pierre et 
maintenant de St-Michel k Londres. T. est un 
maltre d'orgue et de piano tres est i me, en m6- 
me temps que compositeur notable (services, 
psaume cxxv pour chceur et orchestre, psaume 
xx,vn pour voix de femmes, preludes pour or- 
gue, toccata et fugue, marche de f&te, marche 
fun&bre, ouverture ; puis, en man user it : trios 
avec piano, sonates pour violoncelle et pour 
clarinette, le psaume Lvn pour tenor solo, 
chceur et orchestre, etc.) 

Thorough-bass (angl.), basse chiffree. 

Thureau, Hermann, ne k Klausthal (Harz) 
le 21 mai 1836 ; fit ses etudes k Goettingue et 
au Conservatoire de Leipzig (Hauptmann), de- 
vint en 1863 organiste de la cath6drale d'Eise- 
nach, ou il rem pi it, depuis 1865, les fonctions 
de directeur de musique et cantor do la Cour, 
tout en etant maitre de musique au Seminaire 
et directeur de la « Societe de musique ». En 
1872, T. regut le titre de « professeur ». 

Thuring (Thuringus), Joachim, candidat en 
th&ologie et poeta laureatus, ne a Furstenberg, 
dans leMeklembourg,auteur de : Nucleus must- 
cus de modis seu tonis (1622), retravailte sous 
le titre : Opusculum bipartitum de primordiis 
musicis quippe, 1° De tonis sive modis, 2° Le 
componendi regulis (1624). 

Thur lings, Adolf, fut d'abord cur6 de la 
paroisse catholique-chr&ienne de Kempten 
(Baviere), prit le grade de D r phil., a l'Univer- 
site de Munich et devint en 1887, professeur de 
theologie k Berne. Sa dissertation doctorale : 
Die beiden Tongeschlechler und die neuere 
musihalische Theorie (1877), est une defense 
de la conception dualiste de l'harmonie que 
l'auteur de ce dictionnaire represente aussi 

(Cf. MINBUR, TON, OETTINGBN, etc.). T. a publie, 

en outre, un recueil de cantiques pour les 6gli- 
ses catholiques-chr&iennnes. 

Thurner, LFriedrich-Euoen, excellent haut- 
boiste, n6 k Mompelgard (Wurtemberg) le 9 
dec. 1785 ; el£ve de Ramm, a Munich, joua (k 
c<5te de ses tournees artistiques) dans les or- 
chestras de Brunswick, Gassel, Francfort-s/M. 
(sous la direction de Spohr) et, depuis 1818, k 
Amsterdam, oil il mourut le 21 mars 1827, dans 
un asile d'ali£nes. T. a publie : trois sympho- 
nies, une ouverture, quatre concertos pour 
hautbois, quatre quatuors pour haulbois et trio 



d'instr. k archet, des rondos et des divertisse- 
ments pour hautbois et quatuor d*instr. k ar- 
chet, un trio pour hautbois et deux cors, des 
duos pour hautbois et piano, une sonate pour 
cor et piano, une sonate et des morceaux pour 
piano, etc. — 2. Theodor, ne k Ruffach (Alsace) 
en 1806, m. dans la m£me ville en juin 1885 ; 
excellent organiste et compositeur z616 de mu- 
sique d'eglise (trente Messes). 

Thurnmayer, v. Aventinus. 

Thursby, Emma, excellente cantatrice 16g6re, 
nee k Brooklyn (New- York) le 17 nov. 1857 ; fit 
son Education aupres des maitres de chant Jul. 
Meyer et Achille Erani, puis, plus tard, k Milan, 
chez Lamperti et San Giovanni, et enfin de 
nouveau en Am&rique, aupres de M me Ruders- 
dorff. T. commenca en 1875 sa premiere tournSe 
de concerts, se fit entendre a Londres en 1878, 
et s'est aussi fait connaltre, k partir de 1880, sur 
le continent europ£en. 

Tibia (lat), os ant6rieur de la jambe et, de \k 9 
chez les Romains, nom d'une flute. Terme 
adopte gSn&ralement plus tard, pour designer 
rin8trument que les Grecs appelaient « Aulos • 
(v. ce mot), sorte de flute a bee. 

Tibia cuspida (lat. ; all. Spitz fltite, Spillfltite, 
Spindelflote), jeu d'orgue k bouches, ouverl, dc 
8 r , 4', 2' et 1*. II a, de m§me que le Gemshorn, 
des tuyaux coniques, mais il est moins mordant 
que ce dernier. Le tuyau est en 6tain ou en 
metal, rarement en bois. Lorsqu'ii s'agil d'un 
jeu de quinte, les facteurs allemands lui don- 
nent le nom de Spitzquint. 

Tichatschek, Joseph-Alois, c&ebre chanteur 
scenique, ne k Oberwerkelsdorf, en Boh6me, le 
11 juil. 1807, m. k Dresde le 18 janv. 1886; fils 
d'un pauvre tisserand, fit son education au 
gymnase de l'abbaye des B£nedictins de Brau- 
nau, et partit en 1827 pour Vienne, dans le but 
d'y etudier la m6decine. 11 prit cependant bien- 
tdt un engagement comme choriste, au thedtre 
de la « Porte de Carinthie » et, comme sa voix 
6tait de plus en plus appr£ci6e, il re$ut des le- 
cons regulteres de chant de Cicimera. Tl gagna 
ses premiers lauriers comme soliste a Gratz et, 
apres avoir donn£, peu apres, des representa- 
tions a Vienne et a Dresde, il fut engage en 
1887 au Theatre de la Cour de Dresde. T. fit 
parlie du personnel de ce th&Ure jusqu'au mo- 
ment de sa retraite, en 1872. Parmi les roles 
crees par T., notons en premier lieu celui de 
Tannhauser; son repertoire comprenait, k cote 
des premiers rdles de fort tSnor, un grand nom- 
bre de roles de t6nor 16ger et meme de tenor 
d'op£rette. T. fut Tobjet de distinctions de Uni- 
tes sortes, k Toccasion du 40 a anniversaire de 
sa carriere artistique (1870). 

Tieffenbrucker, v. Duiffopruocar. 

Tiehsen, Otto, ne k Danlzig le 13 oct. 1817, 
m. k Berlin le 15 mai 1849; eteve de T Academic 
royale de musique, k Berlin, tres apprecie com- 
me compositeur de lieder, 6crivit aussi un Ky- 
rie et Gloria k six voix, une cantate de Noel 
pour solo et choeur a six voix. un Crucifiocus 
(a cappella) k six voix et un opera-comique : 
Annette (1847). 



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828 



TIERCE — TIERSOT 



Tierce <lat. tertia ; all. Terz) , 1. Troisteme 
degr6 de l'ordre diatonique. La t. peat 6tre ma- 
jeure, mineure, diminule ou augments, ex.: 




La t. majeure est d'une importance capitate 
pour l'£tude 616mentaire de l'harmonie, car elle 
est, avec la quinte (v. ce mot), Tun des inter- 
valles fondamentaux qui constituent l'accord 
majeur et l'accord mineur. Comme l'ont fait 
remarquer Zarlino d6j£, puis Tartini et, plus 
rScemment, surtout M. Hauptmann, l'accord 
parfait mineur comporte non pas une t. mineure 
(ainsi que semble 1'indiquer la basse chiffrie) 
mais, de m£me que l'accord majeur, une t. ma- 
jeure, avec la seule difference que celle-ci se 
compte k partir de la note aigue comme, du 
reste, tout l'accord mineur doit «Mre con^u en 



tant qu'accord descendant 



mi m 
la r 



L'Steve 



d'harmonie n'a pas besoin d'encombrer sa m6- 
moire des L mineures ; il suffit qu'il connaisse 
parfaitement les majeures. II apprendra le plus 
aisement ces derni&res, d'une facon m£canique, 
en retenant bien ceci : que les sons de l'echelle 

5. (Cf. 3.) 



fondamentale naturelle ne comporte que trois 
t. majeures : 




et que toutes les autres L,£tant trop petitesd'un 
demi-ton (t mineures) doivent dire agrandies 
au moyen de l'616vation du son superienr (par 
un *p ou de l'abaissement de son inferieur (par 
un?) : 




z^.^^^0. 



Parmi les t. formSes de sons ayant la m&me 
alteration (les deux sons ayant un £ ou un p ) f 
seules celles qui sont d^duites de ut: mi, fa: la 
et sol .* si sont majeures : 
4.(Cf. 2). 



S£ 



=fBEJ£WE. 



tandis que les autres sont trop petites et neces- 
sitent 1'usage d'un X pour le son sup£rieur ou 
d'un ft? pour Pinterieur : 



• 



T*g-77>S=f* 



jpfi£E^|QcI^?^ 



n est indispensable que relive sacbe couram- 
ment, dans les deux sens, les tierces majeures 
de tous les sons naturels, dieses et b£molis6s. 
— 2. Jeu d'orgue, v. tertia. 

Tiersch, Otto, ne A Kalbsrietb, pr6s Artem 
(Thuringe) le 1« sept. 1838, m. & Berlin le 1« 
nov. 1892 ; 61£ve du e&dbre connaisseur en ma- 
tiere d'orgue et excellent professeur d'barmonie 
J.-G. Topfer, A Weimar, puis, plus tard, de 
Heinrich Bellermann, A.-B. Marx et L. Erk, & 
Berlin. T. fut pendant plusieurs annees maitre 
au Conservatoire Stern et devint ensuite maitre 
de chant dans les ecoles municipales de Ber- 
lin. T. est une personnalit£ int£ressante, com- 
me theoricien de la musiqne, car il tenta, dans 
plusieurs ecrits qui ont £te publics, d'appliquer 
les derni£res d6couvertes de l'acoustique et de 
la psychologic de l'ouje (v. Helmroltz) dans 
l'enseignement de l'harmonie. II &ait, par li- 
mine, partisan du dualisme de Hauptmann 
(v. Hauptmann), mais n'en tira pas les conse- 
quences attendues (v. Oettingbn), en sorte que, 
comme Hauptmann lui-mdme, il en resta aux 
tous premiers debuts d'une rSforme de la th£o- 
rie de l'harmonie; il ne fit gu£re qu'un seul pas 
de plus que Hauptmann, en ce qu'il chercha & 
faire ressortir d'une mauiere plus precise la 
parente par tierces des accords et des tonalites, 
Ses ouvrages sont : System und Methode der 
Harmonielehre(lS&6); Eletnentarbuch der mu- 
sihalischen Harmonic- und Modulationslehre 
(1874); Kurze praktisclie Generalbass- , Har- 



monie- und Modulationslehre (1876) ; Kurses 
praktisches Lehrbuch fiir Kontrapunkt und 
Nachahmung (1879); AUgemeine Musiklehre 
(en collaboration avec L. Erk, 1885) ; Lehrbudi 
fiir Klaviersatz und Akkompagnement (1881k 
Notenfibel (1882); Die UnzuldnglichkeU der 
heutigen Musikstudien an den Konservaio- 
rien f etc. (1888) et Khythmik, Dynamik und 
Phrasierungslehre (1886), On doit aussi a sa 
| plume des articles lr£s etendus sur la tbeorie 
i de l'harmonie, etc., dans le « Konversatioiur- 
lexikon » de Mendel. 

Tiersot, Jean-Baptiste-Eliseb-Jvlikn, ne a 
Bourg-en-Bresse (Ain), od son p&re, Edmond- 
Pierre-Lazare T. (n£ le 29 aotit 1822), &ait me- 
decin, et s'occupait en outre de questions mnsi- 
cales, dirigeant un orpheon et errant un mou- 
vement d'enseiguement musical (auteur de : 
Leqons Metnentaires de lecture musicale. Arrive 
A Paris en 1871, T. y termina ses etudes secon- 
dares, fit une ann&e de mMecine, puis, en 1877, 
entra au Conservatoire (Savard, Massenet, Ce- 
sar Franck). En 1888, il fut appete aux fonc- 
tions de sous-biblioth6caire du Conservatoire* 
fonctions qu'il occupe encore actuellement T. 
s'est fait connaitre soil comme compositeur 
(Rhapsodie sur des chants populaires de la 
Bresse), etc. pour orchestre; Hellas, scene cho- 
rale d'apr&s Shelley; m&odies, chceurs, etc), 
soit surtout comme musicographe et folkloriste, 
Les principaux ouvrages de T. sont: Histoire 
de la chanson populaireen France (1889; prix 



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TIETJENS — TIMBALES 



829 



Bordin de 1885); Rouget de Lisle, son ceuvre, sa 
vie (1892; prix Kastner-Boursault en 1894); Les 
Files de ta Revolution frangaise (6tude parue 
dans le « M&nestrel », mais non encore 6dit6e en 
volume) ; Chants populaires pour les 6coles 
(1895: en collaboration, pour le texte, avec Mau- 
rice Bouchor). En outre, T. a publie trois series 
(de dix, dix et vingt numSros) de Melodies 
pojmlaires des provinces de France, et il col- 
labore a une quantity de journaux et revues : 
€ Revue des traditions populaires », « M6nes- 
trel » 9 < Revue Internationale de musique », 
« Temps », t Nouvelle revue », « Revue bleue •, 
€ Revue encyclopSdique », etc. etc. 

Tietjens (en r&alite Titiens), Th£r^$e-Jouan- 
ne-Alhxandra, c£l&bre cantatrice scenique (so- 
prano), n6e de parents hongrois, 4 Hambourg, 
le 17 juil. 1831, m. & Londres le 3 oct. 1877 ; tit 
son Education musicale a Hambourg et debuta 
aussi dans cette ville, en 1849, avec un 6norme 
succes. Elle chanta ensuite quelque temps 4 
Francfort-s/M., puis fut engag^e, en 1856, a 
l'Op^ra de la Cour, & Vienne. En 18:8, T. ac- 
cepta de brillantes conditions a Londres, oil elle 
resta jusqu'a sa mort, aussi consider&e comme 
cantatrice scenique que comme cantatrice d'o- 
ralorios. Elle ne visita Paris qu'une seule fois 
(1863) et fit une courte tournee en Amerique 
(1875). 

Tilborghs, Joseph, thSoricien et compositeur 
flamand, n6 a Nieuwmoer le 28 sept. 1830; Sieve 
de Lemmens (orgue) et de F&tis (composition) 
au Conservatoire de Bruxelles, fut, de 1855 a 
1882, maltre de musique a l'Ecole normale de 
Lierre. II est actuellement professeur d'orgue 
au Conservatoire royal de Gand, et professeur 
de conlrepoint & TEcole de musique d'Anvere. 
T. a public une s&rie de morceaux d'orgue fort 
bien Merits, ainsi que des motets pour voix 
£gales, avec accompagnement d'orgue. 

Tilman, Alfred, compositeur beige, n£ a 
Bruxelles le 3 ftvr. 1848, m. a Schserbeck- 
Bruxelies le 20 fevr. 1895 ; 616ve du Conserva- 
toire de sa ville natale, s'est fait connaUre sur- 
tout par des compositions importantes destinies 
a l*6glise (Requiem, TeDeum), ainsi que par des 
cantates, vingt-quatre fugues & deux et a trois 
voix, etc. 

Tilmant, Th^ophile-Alex andre, compositeur 
et chef d'orchestre, n6 a Valenciennes le 8 juil. 
1799, m. a Asni&res, pr£s Paris, le 7 mai 1878 ; 
e\k\e de R. Kreutzer au Conservatoire de Pa- 
ris, fut, de 1838 a 1849, deuxi&raechef d'orches- 
tre au Theatre italien, et, depuis lors, premier 
«hef d'orchestre a l'OpSra-Comique. Son fr6re, 
Alexandre T., n£ en 1808, m. a Paris le 13 janv. 
1880, fut Tun des fondateurs des « Concerts du 
Conservatoire », dans lesquels il fil une partie 
de violoncelle, tout en appartenant a l'orchestre 
du Theatre italien. 

Timanoft, Vera, n6e a Ufa (Russie) le 28 ttvr. 
1855; 616ve de Nowitzky, dans sa ville natale, 
puis, plus tard, du Conservatoire de St-P6ters- 
bourg t de Tausig (a Berlin) et de Liszt. Pianiste 
distinguSe. 

Titubates (ital. Timpani ; all. Pauken ; angl. 



kettle-drums), instr. a percussion les plus pr6- 
cieux au point de vue musical. On fait g&n&ra- 
lement usage de deux on de trois t. simultanS- 
ment ; chacune d'elles se compose d'un bassin 
h£misph£rique en cuivre, tendu d'une mem- 
brane tann£e dont la tension, r6gl6e par une 
s6rie de clefs qui sont plac£es dans le cercle, 
determine la hauteur exacte du son. Les t ont 
6t& pourvues plus r£cemment d'un m&canisme 
special de tension, agissant 6galement sur ioute 
la peripheric de l'instrument et tenant lieu des 
diflterentes clefs dont le r&glage necessite trop 
de temps (all. Maschinenpauken). Le bassin de 
la timbale est perc6 a son extr£mit£ inf£rieure 
d'un petit trou (ouie) A partir duquel un large 
pavilion se dirige vers la membrane; ce pavil- 
ion, hautd'un demi-pied environ, a, dans sa 
plus grande largeur, huit a dix pouces. Ouie et 
pavilion font cependant fr&quemment d£faut 
dans les t. de construction r&cente. Comme une 
t. ne peut, sans qu'on en change l'accord, don- 
ner qu'un seul son, on place toujours au moins 
deux t. Tune & c6t6 de l'autre, afin d'Sviter les 
trop frequents changements d'accord et de ne 
point trop limiter, pour le compositeur, l'usage 
de l'instrument. Le nombre habituel des t. est 
mdme, g£n6ralemcnt, de trois, dans les orches- 
tres actuels (Berlioz, Liszt, Wagner, etc.), un 
grand avantage pour l'instrumentiste, comme 
pour le compositeur ; d'autres fois encore, ce 
dernier exige deux ou plusieurs timbaliers. On 
construit deux modules diff&rents de t. : la 
grande t, dont l'accord peut varier de fa 1 A ul*, 
la petite t dont l'accord peut varier de si' bemofr 
& /a*. Leur accord primitif etait en : 



mm 



tonique et dominante du ton des trompettes 
avant Bach et Raendel. Beethoven a fait usage, 
pour le motif principal du « Scherzo » de la ix» 
symphonie, du son le plus grave de la grande 
et du son le plus aigu de la petite t.: 



m 



Autrefois, alors qu'on faisait encore des t. un 
usage tr&s restreint, en les accordant r£guli&re- 
ment sur la tonique et la dominante, on les 
traitait comme instruments transpositeurs, au- 
trement dit : on indiquait au dSbut l'accord 
(Timpani in Es B [mi J> -si i?], in 1) A [r6- 
la], in B F [si bimol-fd], etc., etc.), mais Ton 
notait toujours ul 1 sol 1 ou plutdt encore ut* 
sol 1 : 



Sons reels : 




Notation : 



m 



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830 



TIMBRE — TIRABOSCHI 



Cet usage fut abandonne le jour ou les compo- 
siteurs oserent exiger des t. d'autres sons que 
la tonique et ladominante (Beethoven, Weber); 
on note aujourd'hui exactement le son que Ton 
desire avoir. Les baguettes de t. ont, a Tune de 
leurs extr£mit6s, une pomme de bois, de cuir 
ou d'eponge; la « baguette de bois » donne une 
sonority dure, celle d'« Sponge » une sonorite 
tres douce au contraire. II est pratique de pres- 
crire, pour certains effets sp^ciaux, le genre 
de baguette dont rinstrumentiste doit se ser- 
vir. 

Timbre (all. Timbre et Klangfarbe), quality 
qui differencie deux sons de m£me elevation et 
de m£me intensite. La diversity de t. des sons 
de nos instr. de musique provient, ainsi que 
Font demontre les recherches de Helmholtz 
(« Theorie physiologique du son »), principale- 
ment de la conformation de ces sons qui, com me 
on le sait, sont eminemment complexes. C'est 
ainsi que tout d'abord certains sons (cloches, 
barres d'acier, baguettes de verre, etc.) com- 
portent de tout autres sons partiels que ceux 
des instr. k cordes et a vent qui occupent une 
place privil£gi£e dans l'exercice artistique de 
la musique ; de plus, le renforcement ou, au 
contraire, F absence de differents sons de la 
serie harmonique superieure sont des causes 
de changement de t. Le t. tres variable de la 
voix humaine provient en partie de la nature 
des cordes vocales, mais en partie aussi des 
conditions de resonance des cavites buccale 
et nasale. Les innombrables nuances des 
voyelles sont tout autant de t. differents. Tou- 
tefois, c'est avec raison que le professeur von 
Schafliseutl (« All. musikal. Zeitung», 1879) ap- 
puie sur ce fait que la matiere qui a servi k la 
fabrication de Finstrument de musique exerce 
une grande influence sur le L, que, par ex., 
une trompette de bois ou de papier m&che 
sonne tout autrement qu'une trompette de m6- 
tal de forme identique ; ce sont ces differences 
(provenant de la matiere) que les acousticiens 
allemands appellent Timbre,, tandis qu'ils re- 
servent le terme de Klangfarbe aux differences 
provenant de la conformation du son. Les 
vibrations moleculaires de la masse de Fins- 
trument jouent done un grand rdle dans la 
formation du t., ce qui est bien connu, du reste, 
de la table d'harmonie des instr. k cordes. Les 
organiers savent aussi, depuis fort longtemps, 
qu'il n'est pas indifferent (non seulement au 
point de vue du cout et de la beaute) de cons- 
truire les tuyaux de moutre en etain ou en 
plomb, les pavilions des tuyaux k anche en 
zinc ou en tdle. 

Timpani (itaL), v. timbales. 

Tinctoris, Johannes (de son vrai non Jean 
de Vaerwere), musicographe et compositeur 
beige, ne a Poperinghe vers 1446, m. a Nivel- 
les en 1511 ; etait vers 1475 maitre de chapelle. 
a la Cour de Ferdinand d'Aragon, k Naples, 
lequel l'envoya en 1487 de l'autre cdte des 
Alpes (en France et dans les Pays-Bas) a la 
recherche de chanteurs pour sa chapelle. Mais 
T. ne revint pas k Naples el fut, en dernier 



lieu, chanoine a Nivelles. T. fut Tun des musi- 
ciens les plus savants de son epoque; il a 
ecrit, entre autres, le plusancien diction naire de 
musique qui nous soit connu : Termincrum 
musicae diffinitorium (a Naples, sans date, 
mais, comme Fetis Fa prouve p£remptoirementl 
imprime en 1475 environ). Ses autres ouvra- 
ges sont resles manuscrits, ce sont : Exposilio 
manus secundum magistrum Johannem T. : 
Liber de nalura et proprxetaU tanorum (6crit 
en 1476),- De notis ac pausis ; De reguiari txi- 
lore notarum; Liber imperfectionum nota- 
rum ; Tractatus alter ationum; Super punctis 
musicalibus ; Liber de arte contrapuncti (re- 
produit dans les « Script., IV » de Coussema- 
ker; ecrit en 1477; Fouvrage le plus remar- 
quable de T.); Proportionate musices et 
Complexus effeciuum musices. Une Messe 
(« L'homme arme ») aussi et quelques chan- 
sons de T. ont ete conservees en manuscrits 
(Rome, Dijon); d'autres chansons ont para 
dans F « Odhecaton * de Petrucci (1501) et une 
lamentation dans les « Lamentationes » du 
m6me (1506). 

Tinel, Edgar, pianiste et compositeur, ne a 
Sinay, dans la Flandre orientale, le 27 mars 
1854; devint, en 1863, eieve de Brassin, Ge- 
vaerl et Kufferath, au Conservatoire de Bruxel- 
les, et rem porta, en 1877, le premier prix de 
composition (prix de Rome), avec une caniate : 
Klokke Roeland (imprimee comme op. 17). n 
succeda en 1882 a Lemmens, comme directeur 
de FInstitut de musique d'eglise de Malines; fut 
nomme, en 1889, inspecteur des ecoles de mu- 
sique subventionnees de Belgique, puis, en 
1897, professeur de contrepoint et de fugue au 
Conservatoire royal de Bruxelles (successeur 
de Kufferath). T. s'est fait connaitre par une 
serie d'eeuvres dont la facture est particuliere- 
mentremarquable: des tableaux symphoniques 
pour Polyeucte de Corneille; Koitebloemen 
pour tenor, choeur etorchestre; De drie rid- 
tiers, pour baryton, choeur et orchestre; Te 
Deum (op. 26); des oratorios : Franciscus (op. 
36; oeuvre remarquable), et Sainte-Godelive 
(op. 43 ; Bruxelles, 1897), des motets, des can- 
tiques de Marie, des morceaux pour piano, 
pour orgue, etc. II a publie en outre : Le 
chant gregorien, theorie sommaire de son 
execution (1890). 

Tintinnabula (lat., aussi Noke), nom que Fon 
donnait a de petites clochettes que les moines 
du x # au xii® 8. fondaient en series de diffe- 
rentes grosseurs et accordees selon les sons 
d'une gamme. II paraitrait m&me que les t 
etaient adaptees a Forgue (comme « jeu de 
clochettes »), puisqu'on les trouve designees 
sous le nom de organica t 

Tiorba (itaL), v. theorbe. 

Tiraboschi, Geronimo, ne a Bergame le 28 
dec. 1731, m. a Modene le 3 juin 1784 ; conser- 
vateur de la Bibliotheque ducale, k Modene, a 
ecrit une vaste histoire de la litterature ita- 
lienne (1772-1782, 13 vol.; 2- ed. 1805-1812,20 
vol.), avec des notices but Fhistoire de la mu- 
sique. Le volume VI de sa BibUoteca Modenese 



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TIRADE - 

contient un Appendice &£ professoridi mu- 
sica (1786). 

Tirade (ilal. tirata), passage long et rapide, 
particuli£rement pour la voix. 

Tirasse, designation habituelle, dans l'orgue, 
de toute pedale d'accouplement du p£dalier a 
Tun quelconque des claviers manuels. 

Tir6 (all. Herabstrich, Herstrich), coup 
d'archet (v. ce mot) qui se fait du talon A la 
pointe. 

Tischer, Johannes-Nikolaus, organiste du 
ch&teau et de la ville de Smalkalde, de 1731 
jusquapres 1766 ; compositeur appr£cie en son 
temps, a public un grand nombre de suites 
pour piano, de divertissements, de concertos, 
etc., ainsi que des compositions pour flute, 
hautbois, cor, etc. De la musique d'&glise, des 
concertos, et des sonates pour violon, etc., 
sont rest6s manuscrits. 

Titl, Anton-Emil, n6 a Pernstein (MoraYie) 
le 5 oct. 1809, m. a Vienne le 21 janv. 1882; 
maitre de cbapelle du « Burgtheater », & Vien- 
ne, compositeur de renom (operas : Die Burg- 
frau, Brfinn, 1882, et Das Wolkenkinti, Vien- 
ne, 1845). 

Titoff, Nicolai-Alexeijewitch, n6 a St-P6- 
tersbourg le 28 avr. 1801, m. dans la m&me 
ville le 6 janv. 1876; compositeur russe de ro- 
mances, tres appr6ci£ dans sa patrie. 

Toccata (ilal., de toccare, toucher), Tune des 
denominations les plus anciennes de morceaux 
pour instruments & clavier (piano, orgue), et, au 
d£but, identique & Sonata y Fantasia, Ricercar, 
etc. D'apr6s la definition de M. Praetorius 
(1620), T. aurait £t6 primitivement synonyme 
de prelude, d'introduction libre. Les plus an- 
ciens exemples de T. qui nous soient conserves 
(A. Gabrieli et CI. Merulo) debutent par des 
harmonies pleines et sonores auxquelles s'ad- 
joignent petit a petit des passages de virtuosity 
et de petits fragments fugues. La T. moderne 
est 6gaiemenl un morceau 6crit exclusivement 
pourinstr. a clavier; elle n'a d'autre caractS- 
ristique que le fait qu'elle se meut continuelle- 
ment en valeurs courtes et a travers des har- 
monies g£neralement bien remplies (cf. les T. 
pour orgue de Bach, celles pour piano de Czer- 
ny, Schumann, etc.) 

Toccato, denomination, dans l'ancien art du 
jeu de la (rompette, de la partie de basse d'un 
morceau pour trompeltes (autrement dit : tim- 
bale !). V. clariho. 

Todi, Luiza-Rosa de Aguiar (ce dernier nom 
etait son nom de jeune lille, d'apres le diction- 
naire de Vasconcellos, si riche endocuments sur 
cetle tres c£l£bre cantatrice d'origine portu- 
gaise, et qui n'a cependant £t6 consulte ni par 
Mendel-Reissmann, ni par Pougin, ni par 
Grove), n£e & Setubal, en Portugal, le 9 janv 
1753 (son mari Francisco Saverio T. etait un 
violoniste d'origine italienne), montait d§j&, en 
1768, sur la sc&ne du thMtre * Bairro Alto », a 
Lisbonne, et obtenait un grand succes dans le 
rdle de soubrette du * Tartuffe » de Moliere. 
Mais elle continua encore son education de 
cantatrice, jusqu'en 1772, aupres de David 



TCEPFER 



831 



Perez. En 1772 et en 1777, T. se produisit a 
Londres, toutefois sans succes decisif; mais 
elle rem porta encore en 1777 son premier triom- 
phe complet, a. Madrid, dans V « Olimpiade » 
de Paesiello et elle regut au cours des hivers 
1778-1779 et 1781-1782, a Paris, un accueil en- 
thousiaste au < Concert spirituel ». En 1781, 
elle chanta a us si a Berlin, ou elle ne rencon- 
tra cependant pas l'approbation de Fr£d6ric II, 
qui n'avait aucune sympathie pour la musique 
italienne; elle donna des concerts dans l'Alle- 
magne du sud, chanta a la Cour de Vienne et 
a TOp6ra, puis accepta, en 1781, un engage- 
ment & Berlin qu'elle ne tarda pas, du reste, a 
r6silier. T. soutint en 1788 une lutte Spique 
avec La Mara, a Paris, et le public prit parti 
pour et contre elle d f une mani&re tres vive 
(Todistes et Maratietes). Apres avoir aussi 
conquis le public de Sl-P6tersbonrg, en 1784, 
et y avoir accepts un engagement, il ne lui res- 
tait plus guere qu'& prendre sa revanche a 
Berlin. L'occasion lui en fut fournie, en 1786, 
ou FrMeric-Guillaume II 1'engagea avec un 
fort traitement et certains privileges. Elle 
chanta alors jusqu'en 1789 a Berlin et & St-Pe- 
tersbourg, alia encore une fois en 1789 & Paris, 
mais en fut bientdt chass^e par les troubles de 
la Revolution. Lorsqu'en 1789 son contrat de 
Berlin eut expir6, sa demande d'un traitement 
de 6000 thaler fut ecartee, ce qui 1'engagea 4 
rentrer, par l'ltalie, dans sa patrie. Elle mourut, 
aveugle depuis de longues annees, le l ap oct 
1833, a Lisbonne (&gee de 80 ans). Vasconcel- 
los a publie aussi une biographie d&achee de 
laT. 

Todini, Michele, ne & Saluzzo (Pi&nont) 
vers 1625, virtuose sur la musette et construc- 
ted d'instruments dont quelques-uns, d'un 
m6canisme tr6s complique (l'un 6tait une com- 
binaison de l'orgue, du piano, du luth et d'ins- 
truments a archet), ont ete decrits soit par A, 
Kircher dans sa Phonurgia, soit par T. lui- 
mgnie dans les DichiaraXione delta galleria 
armonica (1676). T. vivait a. Rome. 

ToBpfer, Johann-Gottlob, c£l£bre organiste 
et auleur d'ouvrages sur la construction des 
orgues, n6 a Niederrossla, en Thuringe, le 4 
dec. 1791, m. & Weimar le 8 juin 1870; re$ut 
d'abord d'insuffisantes lecons de musique du 
cantor de sa ville natale, Schlomilch, puis ob- 
tint une bourse qui lui permit d'aller faire de 
s&rieuses etudes sous la direction de Deslou- 
ches, Riemann et A.-E. Mtiller, a Weimar, ou 
il Buivit les cours du gymnase et du s6minaire 
d'instituteurs. En 1817, T. fut nomme maitre de 
musique au seminaire de Weimar et en 1830 
organiste de la ville. Les Merits de T., parmi 
lesquels ceux sur l'orgue ont ete bien des fois 
cites et copies, sont : Die 0rgelbaukunst(1833); 
Die Org A; Zweck und Beschaffenheit ihrer 
Teiie (1843); Die Scheibtersche Stimmmethode 
(1842) ; Theoretisch - praktische Organisten- 
schule (1845, traite d'harmonie et de composi- 
tion pour orgue); Lehrbuch der Orgelbau- 
kunst (1856, 4 vol.; 2* ed. par Max Allihn, 1888). 
T. a collabor6 pendant de longues annees a 



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832 



TCESCHI — TOMMASI 



1' « Urania » (v. Kcerheb, 2). Sesoeuvres de mu- 
sique pratique sont : Allgemeines und voUstdn- 
diges Choraiduch (A 4 voix, avec des interlu- 
des), un morceau de concert pour orgue, une 
grande sonate pour orgue, une cantata : Die 
Orgelvoeihe, un grand nombre de morceaux 
pour orgue (preludes, interludes, etc.), une 
sonate et des variations pour flftte et piano, 
une sonate pour piano, un trio pour piano, vio- 
lon et violoncelle, etc. 

Taschi, 1. Carlo-Giuseppe, de son vrai nom 
Toesca della Castblla-Montb, violoniste et 
compositeur, n£ dans la Romagne en 1724; 
devint, en 1756, violoniste et, en 1768, concert- 
meister de la chapelle de Mannheim. En 1778, 
T. partit avec la Cour pour Munich oh il mou- 
rut le 12 avril 1788. T. a compost plusieurs 
ballets; six symphonies pour deux violons, 
deux hautbois, deux cors ; une pour deux vio- 
lons, deux hautbois, deux cors, alto et violon- 
celle; vingt-quatre quatuors pour flttte et 
trio d'instr. A archet: trois quintettes pour 
Utile et quatuor d'instr. A archet et trois 
sextuors pour fhtte, hautbois, basson et trio 
d'instr. A archet. — 2. Johann-Baptist, flls du 
precedent el, com me lui, violoniste distingu£, 
mort A Munich le 1«* mai 1800; avait succ&dS 
en 1788 A son pdre auquel il 6tait supSrieur 
comme compositeur. Ses symphonies furent 
tr&s appr6ciees A Paris, jusqu'au moment des 
premieres auditions de celles de Haydn. T. a 
public, A Paris : dix quatuors d'instr. A archet, 
six trios pour deux violons et violoncelle, et 
dix-huit symphonies (pour diflterentes combinai- 
sons instrumentales, mais sans trompettes, cla- 
rineltes, ni contrebasses). 

Tofte, Waldrmar, violoniste de talent, n& A 
Copenhague le 21 oct. 1832; 61dve de Joachim 
et de Spohr, violoniste-solo de la chapelle 
royale et maitre de violon au Conservatoire de 
Copenhague. 

Tolbecque, 1. Jban-Baptiste-Joseph, excel- 
lent compositeur de quadrilles, n6 A Hanzinne, 
en Belgique, le 17 avr. 1797, m. A Paris le 28 
oct. 1869 ; 616ve de R. Kreutzer et de Reicha, 
au Conservatoire de Paris, fut quelque temps 
violoniste A l'Op6ra italien, mais il se tourna 
bienUH vers le genre facile de la composition 
de danses et fut, jusqu'a l'apparition de Mu- 
sard, le chef d'orchestre de bals le plus aim£de 
Paris. T. remplit en outre, pendant nombre 
d'ann6es,un poste de violoniste aux « Concerts 
du Conservatoire ». Parmi les autres membres 
de sa famille, qui se firent musiciens, nous no- 
terons ses fr&res : — 2. Isidore-Joseph, n6 le 17 
avril 1794, m. A Vichy le 10 mai 1871 (aussi 
compositeur de danses). — 8. Auguste-Joseph, 
n6 le 28 ftvr. 1801, m. A Paris le 27 mai 1869; 
excellent violoniste, joua A l'orchestre de l'O- 
p6ra et des concerts du Conservatoire, puis, 
plus tard, A 1'OpAra royal de Londres. — 4. 
Charles-Joseph, n6 le 27 mai 1806, m. A Paris 
le 29 d6c. 1888; violoniste, chef d'orchestre au 
Th&ttre des Varies. De plus, un flls d'Au- 
guste-Joseph — 5. Augusts, n6 A Paris le 80 
mars 1880, excellent violoncelliste, 61dve de 



Vaslin au Conservatoire, fut, de 1865 a 1871, 
maitre de violoncelle au Conservatoire de Mar- 
seille, puis revint a Paris od il fut violoncelliste 
des Concerts du Conservatoire, et son flls — 6. 
Jean, n£ le 7 oct 1857, Agalement violoncelliste 
de talent 

Tomaschek (Tomacek), Johann- Wenzkl, or- 
ganiste distingu6, celebre pedagogue et compo- 
siteur, n£ A Skutsch, en Boh&me, le 17 avr. 1774, 
m. A Prague le 8 avr. 1850 ; eut des lemons de 
violon et de chant du « regens chori » Wolf, A 
Chrudin, puis suivit les cours de F6cole du con- 
vent d'Iglau et entra,en 1790, A ITJniversite de 
Prague, pour y 6tudier le droit Cependant, pea 
apr&s, il se voua tout A fait A la musique et 
devint, apr6s s'6tre livr£ aux Etudes les plus 
s£rieuses, le maitre de musique le plus consi- 
ders de Prague. U accordait une attention toute 
speciale A Tart d'improviser en style s£v6re. 
On cite, parmi ses Steves, Dreyschock, Kittei 
Schulhoff, Kuhe, etc T. a 6crit un grand nom- 
bre d'ceuvres vocales, religieuses et profanes, 
ainsi qu'un op£ra: Straphine (1811): on a 
grav6 de lni : une Messe avec orchestra, des 
hymmes, des can tales, des lieder (en langues 
tch&que et allemande), une symphonie, un con- 
certo pour piano, un quatuor pour instr. A ar- 
chet, un trio, cinq sonates et des pieces diverges 
pour piano. Un € Traits d'harmonie > et deox 
Requiem sont rest&s nanuscrits. 

Tomasini, Luioi, excellent violoniste, n£ a 
A Pesaro en 1741, m. A Esterhaz le25 avr. 1808: 
concerlmeister et directeur de la musique de 
chambre du prince Esterhazy, sous J. Haydn 
avec lequel il 6tait intimement li£. T. a publie 
des concertos de violon, des quatuors, des duos 
concertants; il a 6crit aussi, pour le prince An- 
toine, vingt-quatre divertissements pour bary- 
ton, violon et violoncelle, etc. Deux filles de T. 
chant£rent A leglise et A TOpftra d'Eisenstadt, 
et deux de ses tils ont 616 de bons violoniste* 

Tomeoni, Florido, n6 A Lucques en 1757. 
s'6tablit (apr&s avoir fait ses 6tudes A Naples) 
en 1788, comme mattre de musique, A Paris ou 
I il mourut en aotlt 1820 ; auteur de : Mithode qui 
apprend la connaissance de Charmonie et la 
pratique de Faccompagnemmt seion les pre- 
cipes de CScole de Naples (1798) et TMorie de la 
musique vocale (1799), ainsi que quelques 
morceaux de chant. Son frdre, Pelleobino, ne 
en 1759, maitre de musique A Florence, a pu- 
blic : Regole pratiche per aocompagnare & 
basso continuo (1795). 

Tommasi, Giuseppe-Maria, cardinal, savant 
linguiste et 6rudit dans l'histoire de la musique 
d'Sglise, n£ au chateau d'Alicate, en Sidle, le 
14 sept. 1649, flls naturel d'un prince de Panne, 
m. A Rome le 1" Janvier 1718; auteur de : Co- 
dices sacramentorum nangentis atmis vetus- 

liores Missale Goihicum sive Qallicanum 

vetus, Missale Francorum, Missale Gallka- 
num vetus (1680); Psatterium juxta edituh 
nem Romanam et Oallicanam (1688); Respon- 
sarialia et Antiphonaria Romance ecdesut 
a. S. Oregorio M. disposita cum appendke 
monumentorum veterum (1686) ; Antiqm libri 



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TON 



tonalit£ 



833 



missarum Romance ecclesice, i. e. Anliphona- 
rium S. Gregorii (1691); Offictum dominicoe 
passionis ferice VI parasceve tnajoris hebdo- 
madal secundum ritum Grcecorum (1698); 
Psalterium cum caniicis et versibus prima 
more distinctum (1697). Tout ces ouyrages ont 
aussi parn en une Edition complete (1748-1754; 
7 vol.). 

Ton, 1. (all. Tan) Dans la terminologie mu- 
sicale, synonyme de seconde majeure ; demi- 
ton, synonyme de seconde mineure ou d'inter- 
valle chromatique. — 2. (all. Tonart) Degr6 de 
l^chelle tonale sur lequel un morceau de rau- 
sique est bas£. Les Anciens (Grecs, Romains, 
Arabes, Hindous, le moyen Age en Occident) 
avaient un beaucoup plus grand nombre de 
modes que nous (cf. mode, grecque [musique]. 



Arabes, ecclesiastiques, et, sur la signification 
des differentes « octaves » et des gammes, le 
mot gamme) ; mais chaque « octave » n'en pou- 
vait pas moins 6tre transpose, c-a-d. imit&e A 
partir d'un son quelconque. Les Grecs avaient 
d£j& quinze echelles transposes ; par contre, il 
est vrai que les modes 6ccl6siastiques ne se 
transpos^rent pendant longtempsqu'4 la quarte 
et, plus tard seulement, A la quinte et a la se- 
conde majeure infSrieure. L'introduclion d'un 
plus grand nombre encore de transpositions 
hit, du xvi« au xvm s. d6j&, le signe de la de- 
cadence de l'ancien systeme. II est ais6, d'apres 
le tableau suivant, d'apprendre A connaltre et 
de retenir les transpositions actuelles des deux 
echelles foudamentales (ul majeur et la mi- 
neur) [cf. quinle]: 



Tons b£molises. 



ut7 sol 7 re? la 7 mi{? si t? 



Tons majeurs. 



Tons bemolises. 



Tons dieses. 



St 



1 2 3 4 & (I 7 

sol re la mi si fa $ ut jj sol J r£ jj la *J. . 



Tons mineurs. 



Tons dieses. 



Les diflferents dieses et Mmols resulteut de la 
rectification de la succession des intervalles 
de T6chelie fondamentale. Si, par ex., on veut 
imiter la succession 




en partant de mi, on verra tout d'abord que le 
fragment d'6chelle fondamentale de mP a mi* 
comportedesdemi-tons non point du troisieme 
au quatridme et du septi&me au huitieme degre, 
mais bien du premier au deuxieme et du cin- 
quteme au sixteme : 



Sp 



>- Z&-- 



--32T. 



-&— 



mm 



11 faut done commencer par eloigner le deu- 
xieme degre du premier, en ie haussant d'un 
demi-ton ($ devant le fa) ; mais le demi-ton 
u'est encore que du deuxteme au troisieme de- 
gre, en sorle qu'il est necessaire de hausser A 
son tour le troisifeme degre pour que le demi- 
ton soit A la bonne place. De meme, il faut 
hausser le sixidme et le septieme degr£s pour 
que le second demi-ton passe A la place qu'il 
doit occuper: 




^M^t^TM 



-s^f*d>? 



Les tons pourvus de bemols se forment, d'une 
facon tout analogue, par le displacement des 

DICTIONNAIRE DE MOSIQUE. — 53. 

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demi-tons au moyen de l'abaissement des sons, 
ex. le ton de fa majeur : 




On peut encore fixer dans sa m&moire le nom- 
bre d'alt£rations des tons de la facon suivante : 
les tons de la quinte [supSrieure et inferieure] 
de Fechelle fondamentale ont une alteration, 
ceux de la seconde majeure [superieure et inte- 
rieure] deux, ceux de la tierce mineure trois, 
ceux de la tierce majeure quatre, ceux de la 
seconde mineure cinq, ceux du triton six, ceux 
du demi-ton chromatique sept — 3. (all. 
Biinde) Terme employ^ pour designer, dans 
les instr. A cordes pinches et les anciennes vio- 
les, les subdivisions de la touche (v. ce mot 2). 
— 4. (all. Boaen) On donne le nom de tons ou 
tons de rechakge A de petils tubes de m&tal 
que l'instrumentiste ajoute lui-m&me A son 
instrument (a vent, en cuivre), pour en changer 
Taccord. C'est pour le cor naturel que Ton en 
fait surtout usage, transformant aisement de 
la sorte un cor en ut en un cor en si bimol, etc. 

Tons d'6giise, v. ecclesiastiques [modes]. 

Tonality (all. Tonalitat), notion modeme 
du ton, £largie par F6tis et attendant bien au 
dehi des limites de l'harmonisation au moyen 
des notes de la gamme. La t. n'est rien autre 
que la signification part iculi ere que prend un 
accord gr&ce au rapport dans lequel il se 
Irouve avec un accord principal, la tonique 
(cf. fonctions). Tandis que l'ancienne th6orie 
de Tharmonie, basee principalement sur la 
gamme, entend par tonique le son initial et 
final decette derniere, la theorie moderne, qui 

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834 



TOXARIUS — TORRI 



n'est pas autre chose que la theorie de l'inter- 
pretalion des accords dans le sens d'harmon its 
naturelles, doit prendre coirnne tonique une de 
ces harmonies naturelles (accord majeur ou 
mineur). Ainsi, la t. sera celle d'ut majeur, si 
les harmonies son! interpretees toutes dans 
leurs rapports avec l'accord d'ut majeur; ex: la 
succession 



tt^ASjM^ 









fff 



r 



est ahsolument incomprehensible dans le sens 
d'un ton de 1'ancienne theorie d'harmonie, bien 
que personne ne puisse pretendre qu'elle soit 
incomprehensible pour l'oreille. Dans le sens 
de la tonalite d'ut majeur, elle se compose de : 
tonique — harmonie de contre-tierce — tonique 
— harmonie de tierce — tonique, autrement dit 
uniquement d'accords proches parents de la to- 
nique (cf. succession). 

Tonarius (tonarium), recueil des melodies 
gregoriennes classees d'apres les tons ou mo- 
des ecclesiastiques auxquels elles appartien- 
nent ; nous possedons des recueils de ce genre 
de Regino de Prume, Berno de Reichenau, etc. 

Tongeschlecht (all.), mode (v. ce mot). 

Tonic Solfa Association, association chorale 
lr£s r£pandue en Angleterre oil elle compte de 
centaines de milliers de membres et qui a pour 
but l'exercice du chant a cappellaen se servant 
de l'accord math£matique des sons et d'une no- 
tation speciale avec les syllabes de solmisations: 
Dok, Ray, Me, Fah, Soh, Lah, Te, (do, rd, mi, 
fa, sol, la, si). L'ame de cette association fut, 
pendant nombre d'annees, un pr6te anglican, 
J, Curven (v. ce nom) qui d£veloppa la me- 
thode invents par Miss Elisabeth Glover, de 
Norwich, publia des ouvrages didactiques et 
rediga un journal special: Vie Tonic Solfa Re- 
porter. La methode de J. Curven consiste en 
ceci que les syllabes de solmisations represen- 
ted non point des sons fixes, mais des « de- 
gr£s » fixes du ton : par ex. Ray le deuxieme 
degre, par consequent, en ut majeur, le son rd, 
mais en re majeur le son mi, etc. Nous avons 
done affaire avec un syst&me identique a celui 
de Galin-Paris-Cheve (cf. natorp), contre le- 
quel luttent actuellement tous les musiciens de 
quelque valeur. Le passage d'un ton dans un 
autre se fait au moyen du changement de si- 
gnification d'un son, par ex. le son mi de Me 
devient Lah (les deux noms se placent Tun a 
cote de l'autre, le premier etant plus petit que 
le second : m l), iorsqu'il doit, par fa diese, con- 
duire a sol, autrement dit lorsque d'ut majeur 
on veut moduler en sol majeur. II est clair que 
la methode t Tonic Solfa » est une sorte de re- 
surrection de 1'ancienne solmisation, avec en 
plusrusagede la septieme du ton, septieme que 
la solmisation excluait de son systeme, comme 
on lesait. Cette niethode n'est pas plus pratica- 



ble pour une musique quelque peu libre, que ne 
letait la solmisation par hexacordes abandon- 
nee au debut du Steele passe. Par contre, elle 
tient compte du principe de l'accord non ieni- 
pere, defendu par Helmholtz, et s'oppose direc- 
tement aux tendances des « cbromatistes » mo- 
dernes (v. Vincent) qui font de l v 6chelle a tem- 
perament egal un principe et ne reconnaissent 
que douze degres d'elevation divers dans Tes- 
pacel'octave. J. Hullah, a invente pour les sons 
chroinatiques intermediates des denominations 
speciales, en adoptant pour les sons dieses une 
voyelle plus claire, pour les bemolises tine 
voyelle plus sombre au contraire; ainsi la 
voyelle a diesee (Fa, La ) devient e (Fe, Le), e 
(Re) devient i, o (Do, Sol) devient a (Da, Sal), i 
n'a pas l>esoin d'etre eclairci puisqu'un demi- 
ton seulement separe mi et si du degre suivant 
En faisant usage, pour les sons bemolises, du 
procede inverse, i devient e, e devient a, a de- 
vient 0, o devient u (Sol, Sul). 

Tonique (all. Toniha; angl. Tonic), deno- 
mination habituelle du son qui donne son 
nom a la tonalite, ex. en ut majeur ut, en sot 
majeur sol, etc. La theorie moderne de l'harmo- 
nie entend cependanl par t. 1'accord de troir 
sons (harmonie naturelle) de la tonique, c-a-d. 
en ut majeur l'accord d'ut majeur, en ut mi- 
neur l'accord d f ut mineur, etc. Cf. tonality 

Tonus (lat.). 1. Ton entier, seconde majeure. 
— 2. Ton (tonalite), snrtout lorsqu'il est ques- 
tion des modes grecs ou ecclesiastiques, syno- 
nyme de modus, ex. : T. lydius, le mode lydien 
des Grecs ou du moyen Age. CLgregque fmusi- 
que] et ecclesiastiques [modes]. 

Torelli, Giuseppe, ceiebre violoniste,le crea- 
teur du < concerto grosso », ne a. Verone, fat 
appele, en 1685, a remplir un poste a FegliBe 
St-Petronea Bologne,devinten 1703violon solo 
du margrave d'Ansbacb et mourut dans cette 
ville en 1708. Son oeuvre capitale est intitulee : 
Concerti grossi con una pastorale per il San- 
tissimo Natale (op. 8, 1709) ; ces concertos sont 
ecrits pour deux violons concertants, deux vio- 
lons accompagnaleurs, alto et « continuo ». T. a 
publie en outre: op. 1, Balletti da camera a 3 
violini el B. C ; op. 2, Concerto da camera a 
due violini e basso (1686) ; op. 3, Sinfonie a 2-4 
istrottienti (1687); op. 4, Concertino i>er came- 
ra a violino e violoncello ; op. 5, 6 sinfonie a 3, 
e 6 concerti a 4 (1698) ; op. 6, Concerti musiaiU 
a 4, avec orgue : op. 7, Capricci musicali j>er 
camera a violino e viola owero arciliuto. Cf. 
Corelli. 

Torrance, George-William, ne a Rathmines, 
pres Dublin, en 1885; occupa d'abord divers 
postes d'organiste a Dublin, etudia encore en 
1856 au Conservatoire de Leipzig, et, en 1859, a 
l'Universite de Dublin, puis partit, en 1869, pour 
l'Australie ou il occupe une situation en vae. 
L'Universite de Dublin lui a confer, en 1879. 
le grade de D r mus. T. a ecrit des oratorios : 
Abraham (1855), The captivity (1864) et 77te 
Revelation (1882), ainsi qu'un opera : WttfiVrm 
of Normandy (1859), etc. 

Torn, Pietro, devint, en 1689, organists de la 



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TOSI — TOUCHEtt 



8:)5 



chambre k Munich, passa ensuite k la Cour de 
Bayreuth, mais revint k Munich et y fut nom- 
me, en 1703, directeur de musique de la cham- 
bre, puis, en 1715, maStre de chapelle el con- 
seiller du prince electeur. 11 &tait, en outre 
(mais probablement seulement en titre), maltre 
de chapelle a Cologne et a Bruxelles, puis, en 
1732, fut nommS maitre de chapelle (en acti- 
vity k Munich, ou il mourut le 6 jail. 1787. T. 
a ecrit, de 1690 k 1736, pour Munich, vingt-six 
operas et, pourBruxelles (en 1706), un oratorio 
(Les vanites du monde) ; il 6tait surtout appre- 
ci A pour ses duos de chambre. 

Tosi, Pier-Francesco, cel6bre chanteur (cas- 
trat) et maitre de chant, n6 k Bologne en 1647, 
m. k Londres en 1727; fils du compositeur d*o- 
peras et d'autres opuvres vocales, Giuseppe-Fe- 
lice T. (qui Stail en 1630 organiste de r A glise 
St-Petrone, k Bologne, et, en 1683, maitre de 
chapelle du Ddme k Ferrare), chanta a Dresde 
et sur d'autres sc A nes italiennes d'Allemagne, 
puis s'etablit, en 1692, k Londres ou, apres 
avoir perdu sa voix, il se fit maitre de chant. 
Son celebre ouvrage ; Opinioni de* canton an- 
tichi e moderni o sieno osservazioni sopra il 
canto fiffurato (1723) a A t& traduit en anglais 
par Galiiard (Observations on the florid song, 
etc., 1742), et, en allemand, par Agricola (An- 
leitung zur Singkunst, 1757). 

Tosti, Francesco -Paolo, n6 k Ortona 
(Abruzzes)le 7 avr. 1827; el6ve du Conserva- 
toire royal de Naples, ou ilrecut bientdt, gr&ce 
a Mercadante, un poste de maitre-adjoinl(maes- 
(rino), poste qu'il abandonna en 1869 pour rai- 
sons de sant£. Apr A s une p£nible maladie, il se 
rendit a Rome ou Sgambati s'occupa de lui el 
le fit entendre dans un concert, comme chan- 
teur, en suite de quoi il obtintune place de mai- 
tre de chant a la Cour. En 1875, T. se produisit 
a Londres ou il fut appel A , en 1880, en qualite 
de maitre de chant k la Cour. T. a terit une se- 
rie de compositions vocales, en ilalien et en an- 
glais, qui jouissent d'une tr A s grande fayeur 
aupr&s du public. 

Tosto (ital.), rapide, presse. 
Tottmann, Albert-Karl, ne k Zittau le 31 
jail. 1887; Sieve du Conservatoire de Leipzig, 
entra comme violoniste k Torchestre du Ge- 
wandhaus et devint,en 1868, directeur de musi- 
que au t Vieux Th&ltre », poste qu'il quitta en 
1870. T. a fait, k plusieurs reprises, des confe- 
rences d'esthetique musicale, et a publie des 
ouvrages : Kritisches Repertoritim der Violi- 
nen ~und Bratschenlitteratur ; Der Schulge- 
sang wnd seine Bedeulung fiir die Verstandes 
-und Bersensbildung der Jugend, ainsi que 
des articles musicaux pour des periodiques, des 
dictionnaires, etc. II a aussi fait para it re quel- 
ques oeuvres vocales (hymnes, chceurs reli- 
gieux et profanes, un mSlodrame : Dornros- 
chen, etc.) et des morceaux pour piano. 

Touche, 1. (all. Taste ;\&t. clavis) T. des instr. 
A clavier, v. clavis. — 2. (all. Griff brett). La t. 
des instr. k archet, des luths, des guitares, etc., 
est une lame de bois noir, d'ebSne, collSe sur 
la partie sup A rieure et aplanie du manche de 



Tinstrument. (Test au passage de la corde sur 
la t. que Tinstrumentiste l'attaque pour la ra- 
courcir. Les instr. k cordes pincees et les an- 
ciennes violes (gambes, etc.) ont une t. divisee 
en tons au moyen de lamelles transversales de 
mStal ou de bois, lamelles qui facilitent nota- 
blement la justesse de l'intonation. 

Toucher (all. Anschlag), manure d'enfoncer 
les touches d'un instr. k clavier et plus particu- 
li A rement du piano. On dit d'un pianiste qu'il a 
un t. agreable, li£,£lastique*mou, puissant, dur, 
nerveux, etc., etc. C'est par le moyen des dilT6- 
rentes sortes de t. que r articulation des sous, 
indiquee par le compositeur, se r A vele dans le 
jeu de Tinstrument. Les deux espSces principa- 
ls de jeu : le legato et le staccato, correspon- 
dent k deux sortes essentiellement diflfSrentes 
de t ; le legato enchalne strictement les sons les 
uns aux autres, c.-A-d. qu'un doigt enfonce une 
touche pendant que l'autre laisse remonter la 
touche prScedente ; le staccato, au contraire,se- 
pare nettement les sons les uns des autres, an- 
trement dit l'executant ldchc une touche avant 
d'attaquer la suivante. Mentionnons encore, 
comme especes secondares de jeu : le legatissi- 
mo 9 dans lequel le son est tenu encore apres 
l'attaque du son suivant,pour autant,du moins, 
que les deux sons se tol A rent au point de vue har- 
monique; et le non legato, sorte de staccato tres 
attenue, dans lequel chaque son est tenu aussi 
longlemps que possible, mais se pare cependant 
du sonvoisin (notation : rTTT^, autrement dit la 
reunion de Tare de cercle du legato et des 
points du staccato). On enseigne g A neralement 
trois sortes de staccato : 1° le staccato des 
doigts qui frappent rapidement la touche et se 
reinvent (leggiero), sans que jamais le bras ni la 
main entrent en jeu, sorte de t. qui s'adapte 
specialement aux passages diatoniques ou 
chromatiques rapides; 2° le staccato du poi- 
gnet, obtenu par un mouvement rapide et A las- 
tique du poignet pour chaque son ; 3° le stac- 
cato de l'avant-bras, qui se l A ve tout enlier avec 
autant d'61asticit A que possible. Au fond, cos 
distinctions sont purement theoriques ; le seul 
veritable staccato qui ait une valeur pratique, 
consiste en un mouvement rapide el elastique que 
le bras imprime a la main, grdce k lasouplesse 
du poignet (cf. Riemann Kalechismus des Kla- 
vier spiels et Praklische Anleitung zum Studiu m 
der technischen Uebungen), Les passages com- 
poses d'une serie de notes groupies deux par 
deux au moyen d'arcs de cercle de legato : 



IfEteS 




byG< 



IC 



exigent unt. special. La main et le brasdoivent 
se lever 16gerement apr A s le second son de cha- 
cun des groupes, ou pluttit le second son de 
chaque groupe (plus 16ger que le premier) doit 
&tre frappe pendant le mouvement ascendant 
de la main. Tout ornement devant s'executer an 
d6but de la dur^e de la note principale (mor- 

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836 



TOURJEE — TRANSPOSITEUR 



dant, pince renvers£, petite note, double, etc.), 
sera plus net et d'une execution plus aisee, si 
l'ex6cutant leve leg&rement la main avant Fat- 
taque, mouvement qui augmente considerable- 
mcnt r61asticil6. Cf. attacca. 

Tonrjee, I£ben, n6 a Warwick (Rhode Is- 
land) le 1*' juin 1884 ; fondateur du Conserva- 
toire « New-England », a Boston, s'est fait con- 
naitre par son attitude en faveur de Tenseigne- 
ment musical collectif. 

Tourte, Francois, calibre fabricant d'archets 
de violon, n6 en 1747 a Paris, m. dans la m&me 
ville en avril 1835; am&iora les archets de vio- 
lon par rintroduction de la virole de m£tal au 
talon et l'emploi exclusif de bois de Fernam- 
bouc, coup§ selon le fil. 

Tp., abr. pour Timpani (timbales). 

Tr., abr. pour trille et, selon les cas, pour 
Irompette. 

Tractus (lat. « lire », c.-a-d. chant lent et sou- 
lenu), nom que Ton donne, dans 1'Eglise ro- 
maine, au chant qui, pendant le car&me et les 
aulres c£r6monies fun&bres de l'eglise, remplace 
Y Alleluia (pourvu a Torigine de vocalises jubi- 
laloires). 

Traetta, Tommaso, c£16bre compositeur de 
VEcole napolitaine, n& a Bitonto (Naples) le 80 
mars 1727, m. A Venise le 6 avril 1779; fut pen- 
dant dix ans (1788-1748) T616ve de Durante au 
« Conservatory di Loreto ». Son premier essai 
dramatique, 11 Farnace (thtotre San Carlo, 
1751), fut un succ&s a la fois imm6dial et d6ci- 
sif, aussi T. eut-il fort a faire a subvenir a tou- 
tes les demandes d'operas nouveaux que lui 
adressaient les meilleurs thedtres d'ltalie. Eu 
1758, T. prit les fonclions de maltre de chapelle 
de la Cour et de maltre de musique des prin- 
cesses, a Parme. Son op6ra, Jppolito ed Aricia, 
mont£ en 1765, a Parme, a Toccasion du ma- 
nage de Tune des princesses avec le prince des 
Asturies, lui valut une pension de la part du 
roi d'Espagne. Cette m£me ann£e 1765, le due 
de Parme mourut et T. prit la direction de 
T « Ospedaletto » (Conservatoire pour jeunes 
Giles), a Venise. II transmit cependant ces fonc- 
lions, en 1768 d6ja,a Sacchini, pour repondre & 
un appel de Saint-P£tersbonrg, en qualite de 
compositeur de la Cour de Catherine II, a la 
place de Galuppi. II y resta jusqu'en 1786, 6po- 
que a iaquelle il se rendit a Londres ; mais, ne 
rencontrant dans cette ville qu'un accueil tr£s 
r£serv£, ii retourna en Italie. Le s£jour a St- 
Petersbourg avait fortemenl atteint la santS de 
T., qui s'affaiblit toujours davantage et ne re- 
trouva plus, comme compositeur, ses anciens 
succ&s. T. possSdait un don naturel pour Teffet 
dramatique, mais ce don ne saurait sufflre a lui 
seul pour assurer la gloire d' un compositeur 
d'op6ras. II se distinguait des compositeurs 
post£rieurs et contemporains par l'6nergie et la 
v£rite de l'expression et par une harmonisation 
pleine de vigueur. Le catalogue de ses operas 
comporte trente-sept numeros ; mais T. a aussi 
ecrit quelques opuvres de musique d'£glise 
(Stabat, « Passion » selon saint Jean), et, pour 
m'S eleves de l'Ospedaletto, un oratorio: Rex 



Salomon arcam adoraturus in tewploj pour 
voixde femmes. 

Trampeli, les freres : Johann-Pall, Chris- 
tian-Wilhelm et Johann-Gottlob, celebres 
facteurs d'orgues allemands de la fin du xvm* 
Steele, a Adorf (Saxe). 

Tranquillo (itaL), tranquUle, calme. 

Transcription, se ditparticulifrementde Far- 
rangement d'un morceau de musique pourun 
instrument ou un groupe d'instraments autre 
que celui pour lequel il est originairement ecrit, 
maiss*emploie aussi comme synonyme de para- 
phrase, de fantaisie (sur une m61odie d'op£ra, 
etc.). 

Transposer un morceau de musique, c.-a-d. 
rScrirc ou le jouer dans un autre ton que celui 
dans lequel il est not*. L'art de t. exige ou bien 
des dons musicaux sp&ciaux, ou bien un travail 
soutenu. La fagon id£ale de t consiste a s'ap- 
proprier enti&rement, a apprendre par coeur le 
morceau en question et-a le reproduire ensuite 
dans une tonality quelconque, tour d'adresse 
musicale qu*ex6cutent presque tons les enfants 
prodiges. La transposition par 6cril nest, le 
plus souvent, qn'un travail presque entierement 
mecanique. Quant a la transposition a premiere 
vne, au piano ou sur un autre instrument, elle 
offre des difficulty plus considerables; on pent 
alors faire usage des moyens suivants : lors- 
qu'il s'agit de t un morceau d'un demi-tox 
chromatique seulement, on se borne a changer 
l'armure de la clef. Lorsqu'on transpose S*un 
ton bemolis6 dans un ton di&s£, chaque b£carre 
devientun diesc et chaque bemol accidentel de- 
vient un becarre on reste bemol ; lorsque, au 
contraire, on transpose d'un ton dies* dans on 
ton bSmolise, chaque becarre devient un bemol 
et le di&se accidentel le plus souvent nn be- 
carre (par ex. : de la majeur en la bemol majeur 
ou vice versa) : 



Le seul moyen r£ellement bon de faire loutes 
les autres sortes de transposition (d'un inter- 
valle quelconque, sup£rieurou inferieur), con- 
siste a changer, selon les besoins, la significa- 
tion de la PORTfcB. Un certain nombre de ces 
changeinents sont connus de tout musicien, 
gr&ce a l'emploi des diff6rentes clefs; mais ils 
ne suffisent point a tous les cas. L'eleve par* 
vient du reste rapidement a se representor 

D'UNE FAgON CONTINUE LES NOTES QC'lL DOIT 
JOUER, COMME SI KLLE8 ftTAIfiNT R&KIXEUEXT 

ftcMTES. La faute la plus grave que Ton pnisse 
commeltre dans l'exercice de la transposition 
consiste a voir constaroment la notation primi- 
tive, tout en cherchant a en changer la signifi- 
cation, d'ou r&ulte un mouvement paralltHe 
continu de deux tons h&lerogenes. 

Transpositeur. On dil d'un instrument qu*il 
est t., lorsque le ton qui correspond a son 
£chelle naturelle (s^rie harmonique) est not£ 



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TRANSVERSALES 



TRENTO 



83? 



comme ut majeur. Leg core, les trompettes, les 
cornets, les clarinettes, le cor anglais, le cor de 
basset et les instr. de cuivre modernes, a large 
perce (bugles, tubas, etc.), sont^des instruments 
traneposileurs. Sur un cor 
en re, le son note 



* 



p 



T 



sonne 
comme 



^i 



; sur une clarinette en si 
bimol 9 ce m&me son sonne 

Pour bien lire les instruments t. comme ils 
sonnent, dans le jeu des partitions, il sufflt de con- 
siderer toutes les notes comme autant de signes 
d'intervalles k partir d'ut comme prime ; ex. if a 
diese, quarte augments. Gette note devient en- 
suite, pour un instr. en sibemol, la quarte aug- 
ments de si bemol(=z mi nalurel), pour un instr. 
en la bhnol la quarte augments de la bimol 
(= re naturel), etc Toutes les parties d'instr. 
t. peuvent etre lues facilement de la sorte. — 
Le changement d'accord d'une ou de plusieurs 
cordes du violon (ainsi Faccord d'un demi-ton 
plus aigu , cf. scordatura ) que certains* 
virtuosos ont employe, transforme tout ou 
partie du violon en instr. t. (de telle sorte que 
ul diese majeur se joue exactement avec le 
doigte d'ut majeur). La notation se fait alors le 
plus souvent selon le doigte, avec indication 
prealable du changement d'accord. 

Transversales. Vibrations t., vibrations or- 
dinaires des cordes tendues, par opposition aux 
vibrations longitudinales (v. ce mot). 

Tratto (ital), tendu, eiargi. 

Trautmann, M., v. Jaell (M m «). 

Trautwein Traugott, fonda en 1820 la mai- 
son d f Edition de musique qui porte son nom. T. 
s'associa en 1821 avec J. Mendheim, vendit son 
commerce en 1840 a J. Gutentag qui, de son 
c6te, le transmit, en 1858, a Martin Bahn. La 
maison T.,- deja auparavant tr^s accreditee, 
prit un grand d6veloppement sous la direction 
de ce dernier. Elle a rendu des services sur- 
tout par la Edition d'oeuvres musicales an- 
ciennes, et a public aussi un certain nombre 
d'ouvrages scientiflques ayant trait a la musi- 
que. 

Travestie, v. parodie. 

Tre (ital.), trois. Sonata a /., sonate pour trois 
parties principales auxquelles s'ajoutait, il est 
vrai (au xvir* et au xvm e s.), le clavecin (ou 
l'orgue, la gambe, le chi tar rone) charge de 
rexecution du « continuo », et consider^ comme 
an complement indispensable. Corelli demande, 
par ex. , dans ses Sonate a tre, op. 1 : due vio- 
h'ni e violino o arcileuto col basso per I'organo. 

Trebelli-Bettini, Zelia, cantatrice sc^nique 
en vogue, n£e a Paris en 1838, de parents alle- 
mands (elle s'appelait en r£alite Gillebert), m. 
& Etrelat le 18 aottt 1892 ; d6buta en 1859, avec 
grand succ£s, a Madrid, et chanta depuis lors 
sur les scenes les plus importantes : de 1860 a 
1861 a Berlin et, a partir de 1862, principale- 
ment a Londres. 

Treiber, Wilhelm, pianiste etchef d'orches- 
tre, ne a Graz en 1838 ; tit ses etudes musicales 
aupres de son p^re, donna avec succ^s des con- 
certs en Allemagne et en Autriche, puis devint, 



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en 1876, directeur des concerts de 1' « Euterpe » 
a Leipzig. D est, depuis le prin temps 1881, mai- 
tre de chapelle de la Gour, a Gassel. 

Treixieme (all. Tredezime, Terzdezime; lat. 
tertia decima), treizi&me degre de la tonalite, 
correspondant exactement au sixieme et por- 
tant le meme nom que ce dernier. Cf. inter- 
valles. 

Tremblant (all. Tremulant), m6canisme de 
l'orgue, actionne par un registre special et qui 
communique au son un tremblement plus ou 
moins fort. Le mdcanisme du t. se compose 
d'une simple caissette dispos£e sur le parcours 
du grand porte-vent, pr^s du sommier, et sur- 
montee d'une soupape acontre-poids ; cette sou- 
pape, en s'ouvrant et se refermant, imprime k 
Fair comprint des saccades regulieres et plus 
ou moins rapprochees. Certains jeux d'orgne 
produisent un effet analogue au t., gr&ce a la 
construction sp&ciale de leurs tuyaux dont la 
reson nance est accompagn£e de forts batle- 
ments ; tel, par exemple, le jeu appeie Bifara 
(v. ce mot) et qui se construit de deux famous 
differentes : ou bien c'est un seul tuyau qui, 
pourvu a hauteurs diff6rentes, de deux entail- 
les placees Tune vis-a-vis de Tautre, produit 
deux sons voisins et donnant de foils balte- 
ments, ou bien il s'agit de deux tuyaux dispo- 
ses sur une meme chape et legdrement discor- 
des (l'orgue du « Music Hall » de Boston est 
pourvu, au troisieme clavier, de Piffaro 4', a 
deux tuyaux sur marche et Bifra 8' et 4', ega- 
lement a deux tuyaux sur marche, de telle fa- 
$on que dans ce dernier jeu les battements s*e- 
tablissent entre le jeu de 4' et le son harmoni- 
que 2 du jeu de 8' ; il en est de meme a l'eglise 
St-Pierre de St-Petersbourg). L'unda maris (ap- 
peiee aussi, au convent Oliva : Meerflaut) est 
un jeu du meme genre : jeu k bouche, de 8', ac- 
corde legerement trop bas, de telle fagon qu'il 
produit des battements lorsqu'on le melange a 
un jeu de fonds normalement accorde. G. Sii- 
bermann avait une predilection toute speciale 
pour ce jeu (Eglise de la Cour, a Dresde ; St- 
Nicolas, a Leipzig; St-Vincent, aBieslau; etc.), 
I^a Voix celeste est un demi-jeu avec effet de 
t. egalement. 

Tremolo (ital.), tremblement, saccade. Nom 
que Ton donne a. la repetition rapide (et inter- 
mittente) d'un meme son ; sorte de battement. 

Trento, Vittorio, compositeur d'operas, ne 
a Venise en 1761 ; eieve de Bertoni, ecri vait deja a. 
dix-neuf ans des ballets pour les scenes de I'l la- 
lie septenlrionale.il semble avoir eu,dela sorte, 
du succes, car il 6crivit, jusqu'en 1792, presque 
uniquement des ballets (en toutquatorze) ; mais, 
des ce moment, il composa aussi avec z&e des 
operas (trente etun),parmi lesquels Quanti cast 
in un sol giorno (Gli assassini, Venise, 1801), 
passe pour le plus remarquable. T. fut d'abord 
accompagnateur au theatre « San Samuele » et, 
plus tard, au theatre « Felice », k Venise ; il fut 
appeie en 1806 a Amsterdam, comme directeur 
de musique de rOpera ilalien. Quelques annfrs 
plus lard, il prit la direction de l'Opera de Lis- 
bonne, passa les annees 1818 a 1821 de nou- 

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8iS 



TREC 



TRILLE 



veau en Italic, puis retourna, de 1821 a 1823, 
encore une fois a Lisbonne. Los derniers signes 
do vie que nous ayions de lui sont les represen- 
tations des operas : Giulio Sabino in Latifjres 
(1824), et Le gelosie rillane (1826, tous deux a 
Bologne). 

Treu (appele en Italie Fedele), Daniel-Gott- 
lieb, violoniste et compositeur, ne k Stuttgart 
en 1695; 616ve de J.-S. Kusser, qui 6tait alors 
mallre de chapelle de la Cour,& Stuttgart, avait 
deja 6crit un grand nonibre d'oeuvres instru- 
mentales et d'opSras, lorsque le due de Wur- 
temberg, dont il avait conquis les faveurs par 
son talent de violoniste, lui procura les moyens 
de se perfect ionner aupr&s de Vivaldi, k Ve- 
nise. Apr£s avoir 6crit et fait repr£senter douze 
operas a Venise, il apparut en 1725 A la t£te 
d'une troupe italienne d'op^ra qui joua k Bres- 
lau jusqu'en 1727. II remporta alors de vrais 
triomphes avecses operas: Astarte, Coriolano, 
Ulisse e Telemacco, et Don Chisciotte. On sait 
encore que, dans la suite, T. fut maltre de cha- 
pelle k Prague (1727) et, en dernier lieu, chez le 
comte Schaffgotsch, a llirschberg (1740). La 
date de sa mort u f est pas connue. 

Trial, J ean-( Claude, compositeur d'op£ras 
francais, n£ k Avignon le 18 dec. 1782, m. k Pa-, 
ris le 23 juin 1771 ; devint, en 1767, directeur de 
TOp6ra, avec Berton. II a 6crit quatre operas 
(Esojk a Cp there [1767], La file de Flore, Syl- 
vie [en collaboration avec Berton], et Theonis), 
la musique pour La chercheuse d'es})rit, des 
can tat es et des ceuvres orchestrales. — 2. An- 
tojne, acteur, n£ en 1736, m. en 1792 ; d£buta en 
1764 au Th&Mre italien et r^ussit parliculi£re- 
ment dans les roles de valet poltron et de pay- 
san niais. II a laisse son nom k l'emploi des te- 
nors comiques. - 3. Armand-Emaxuel, neveu 
de Jean-Claude T., n6 k Paris le l* r mars 1771, 
m. dans la m6me ville le 9 sept. 1803; a £crit de 
nuMne une serie d'op£ras qui eurent du succ&s. 
T. epousa dans la suite une act rice, se laissa al- 
ter k une vie d£sordonn£e et mourut jeune. 

Triangle, instr. k percussion admis dans l'or- 
chestre moderne et de construction Ires primi- 
tive. II s'agit d'une baguette d'acier recourbte en 
forme de triangle (d'ou le nom de l'lnstrument) 
et que Ton percute au moyen d'une autre petite 
baguette d'acier. Let. a une sonority aigue, vi- 
brante et m6lallique. La partie de t. se note sur 
une seule ligne, puisqu'il suflU d'indiquerle 
rythme: 



f-^-r-f- 



f -4-*-# 



Trias (lat., triade), dans les trails latins de 
tbeorie musicale, signifle « accord de trois sons » 
(T. harmonica); T. deficiens, accord de quinte 
di minu&e ; T.abundans ou super flua, accord de 
quinte augmenlee. 

Tricinium (lat.), composition a trois parties 
vocales (a cappella). Cf. bicixium. 

Trihemitonium (= trois demi-tons), denomi- 
nation grecque de la tierce mineure. 

Trille (ital. trillo; all. Tritler; angl. shake), 
nitrefois cadence, Le plus connuet le plus fre- 



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I quent des ornemeuts musicaux, note au moyen 
de tr. , ou simplement ir., autrefois -j- (t. 
d6g6nere, au point d'en devenir meconnais&a- 
ble), ou ^^r. Le t. se compose du battement ra- 
pide el continue pendant toute la dur&e de la 
note sur laquelle il est place, de celte note et de 
la note imm£diatement superieure, telle que 
Tarmure la determine. Toulefois, on ne trille 
jamais avec la seconde augmented, en sorte que 
pour: 




on fera usage, memeen Tabsence d*un ? (qui de- 
vrait 6tre plac& au-dessus de la note), non pas 
de mi \ mais bien de mi bimol * I^e t. com- 
mence R&GUL1&REMEXT PAR LA NOTE SUP&RIEURB 

(il n'est en somme rien autre qu'une appogia- 
ture continuellement r£p&6e), on l*ex£cute vo- 
lontiers lentement au debut, puis de plus eii 
plus vite. On indiquait autrefois au moyen d'nn 
signe special le t que Ton voulait faire preeeder 
d'une appogiature longue : ***y , cadence ap- 
puye'e (Rameau, etc.). II n'existe au fond aucune 
rdgle precise sur le degr£ de rapidite, ni dune 
maniere generate sur la structure rythmique 
du t. Le t. doit £tre batlu aussi rapidement que 
possible (sauf lorsqull est au grave, auquelcas 
une rapidile excessive lui ferait perdre sa net- 
tele); et voici tout ce que Ton pent en dire! 
Toule accentuation a Tint^rieur du I. est fau- 
tive. I^a tentative toute personnelle de Hummel 
(dans sa « Mdtbode de piano*), de faire com- 
mencer le I. non plus sur la note sup&rieure, 
mais sur la note ecrite, a malbeureusement 
trouve de nombreux imitateurs ; elle n'est en 
soi nullement justitieeet ne pent surtout avoir 
aucun effet r£troactif. Les t. datant d une £po- 
que ant^rieure k celle de la publication de l'ou- 
vrage de Hummel (1828), commencent en tous 
cas sur la note sup&rieure. Uniquement dans 
les cas oil le t. sort en quelque sorte apres coup 
de la note, c-i-d. lorsque celle-ci a un rdle a 
jouer en tant que note, avant que Ton puisse 
conlinuer, le t. peut commencer sur la note 
Ecrite (de m6me que Ton distingue, par ex^ le 
double plac^ sur ou apree la note). Le t. place 
sur une note de court e duree n'est souvent qu*un 
mordant ; on l'ex6cute aussi souvent comme un 
triolet ou, au plus, un quintolet. 

Le seul probl&me r^el qui se pose pour l'exe- 
cution du t., est de savoir quand celui-ct doit 
avou: une terminaison (v. ce mot, 2 ; all., Nach- 
schlag). On a l'habitude, de nos jours, d*£erire 
cette terminaison, en petites notes, toutes les fois 
qu'on la desire (c.-&-d. a la fin de presque tons 
les t. prolonges); de m&me les editions modern 
nes d'oeuvres anciennes ren ferment une quan- 
tity de terminaisons notees. ajout^es par lesetli- 
teurs. Lorsque le trille est prec£d£ dune appo- 
giature a la seconde inferieure,ilse transforme 
en un trille avec « tierce coulee » ; 

It ou: fr tr 




: lr"ilUl 



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TRIO — TRITON 



8*9 



autrefois note do la facon suivante : 

signe auquel correspond, pour la tierce coulee, 
de l'aigu au grave, le signe inverse : 



vfrag-p^ 



La terminaison elle aussi pouvait etre indiquee 
de facon analogue par un crochet ajoute au si- 
gne du t.; et il va de soi que le mfcrae trille pou- 
vait etre a la fois pourvu des deux signes du 
coule, au debut, et de la terminaison : 




p= 






Le simple ,*** est l'ancien signe du t., mais 
celui-ci etait souvent execute de telle maniere, 
qu'une partie seulement de la valeur de la note 
se transformait en battements, landis que l'au- 
tre etait simplement tenue (v. mordant). Lors- 
que le signe du t. est place sur la premiere note 
d'un rythme pointe : 

; m OU : i m 

il ne s'execute que pendant la duree de la uote 
elle-meme (jusqu'au point); la note est ensuite te- 
nue et le rythme,bien qu'abrSge, reste nettement 
perceptible. Enfin,lor8qu'une serie de t. se suc- 
cedent sur des degres conjoints (chaine dk 
TRILLE8), on ne donne de terminaison qu'au 
lout dernier t. de la serie. Cf. terminaison 2. 

Trio (ital., morceau de musique a trois par- 
ties), 1. Composition pour trois instruments, 
mais plus particulierement, de nos jours, pour 
piano, violon et violoncelle ; on fera bien ce- 
pendant de denommer cette espece de t. : trio 
ave<: piano. Le t. poor inbtr. a archftt com- 
porle, dans la regie, un violon, un alto et un 
violoncelle ou deux violons et un violoncelle. 
Toutes les autres combinaisons instrumentales 
doivent etre distinguees d'une facon plus pre- 
cise. Un grand nombre de compositions du 
xvn* et du xviii* s. sonl designees comme t. 
(a 3), lorsqu'elles sont ecrites pour trois ins- 
truments concertants (par ex. deux violons et 
une viole de gambe) auxquels s'adjoint un qua- 
trieme instrument (n'entrant pas en compte) 
qui se borne A redoubler la basse et a comple- 
ter les harmonies d'apres les indications de la 
basse chiffree (clavecin, orgue, theorbe, etc.) — 
2. Dans certains morceaux de musique dedanse 
(menuet, etc.), dans les marches, les scherzi, 
etc. pour un ou plusieurs instruments, la partie 
intermediaire d'allure plus moderee et d'un 
mouvement melodique plus soutenu porte le 
nom de t.: cette denomination lui vient de ce 



que, autrefois, cette partie intermediaire etait 
ecrite A trois voix, par opposition A la partie 
principale qui n'a vait en general que deux voix. 
— 3. Denomination de morceaux pour orgue 
ecrits A trois voix, pour deux manuels et un pe- 
dalier, autrement dit pour trois claviers regis- 
tres chacun d'une maniere diflferente, de telle 
facon que les voix soient nettement differenciees 
les unes des autres. L'une des particularity 
du t. d'orgue consiste en ceci qu'une main peut 
executer une melodie liee dans la meme region 
lonale ou Tautre (sur le second clavier) execute 
des passages figures. 

Triolet (all. Triole; angl. triplet), figure de 
trois notes egales prenant la place de deux 
(plus rarement de quatre) notes de la meme 
espece. Le t. s'indique, dans la regie, an moyen 
d'un 3 place au-dessus ou au-dessous du 
groupe de notes ; toutefois on se passe de toute 
indication, lorsque des trails communs a plu- 
sieurs noles (croches, doubles-croches, etc.) 
montrent d'une facon assez clairelasubdi vision 
de la mesure, ex. : 




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Trionfante (ital.), triomphal. 

Tripla, l'une des proportions (v. ce mot) les 
plus importante8 de la musique proportion- 
nelle, indiquee par un 3 place A cote du signe 
de tempuSf ou par -. La t indiquait la neces- 
sity de la reunion de trois breves pour former 
une unit6 d'ordresuperieur (la « longue », deja 
devenue rare au xvi* s.), soit, d'aprea notre 
terminologie moderne, le Ritmo di tre battute 
(division par groupes de trois mesures). Un 3 
apparaissant dans le cours d'un morceau de 
musique ne signifiait du reste paq toujours T., 
mais indiquait la valeur ternaire de la breve 
(habituellement exigee par le signe O )» surtout 
lorsque quelques triolets seulement de semi- 
breves se succedaient; le 3 correspondait alors 

exactement a notre mesure a 3 . Quant au 3 

i 
que Ton trouve sur la portee, au-dessus ou au- 
dessous des notes, il correspond exactement A 
notre signe de triolet actuel (aussi lorsqu'il s'a- 
git de minimes et de semiminimes). Le 3 des 
notations en tablalure, de meme que celui des 
notations instrumentales qui s'en rapprochent, 
au xvii s. (Frescobaldi), indique simplement 
la mesure ternaire ( - ou -). 

Trite, v. orecquk (musique), 

Triton (lat. tritonus, trois tons), denomina- 
tion grecque de la quarte augmentee, qui com- 
porte reellement un intervalle de trois tons en- 
tiers (ex. : fa-sol-la-$i). Le t., comme tous les 
intervalles augmentes, est absolumenl inter- 
dit comme marchc melodique, dans le style 
severe, car il est a la fois difficile a intoner et 
difficile a saisir. Lesancienstheoriciensinterdi- 
saient meme la succession de deux tierces ma- 
jeures, parce que le son aigu du second inter- 

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840 



TRTTONIKON — TROMBONE 



valle formait avec le son grave du premier un 
intervalle de triton (cf. parallkles). 

Tritonikon, y. contrebassox. 

Tritonius, Peter, auteur d'une oeuvre int&- 
ressante A diflterents points de vue : Melopoitce 
seu harmonics tetraeenticce super XXII ge- 
nera carminum heroicorum, elegiacorum 
lyricorum et ecclesiasticorum hymnorum 
(1507, impriraS par Erhard Oeglin sous la sur- 
veillance de Konrad Celtes). Les odes de T. 
sont le premier essai connu d'une Venture mu- 
sicale (note contre note) qui se r£pandit beau- 
coup dans la suite et consiste dans l'observa- 
tion stricte du m&tre du po&me. 

Tritto, Giagomo, compositeur de l'6cole napo- 
litaine, n6 A Altmura, pr&s Bari (Naples), en 
1735, m. A Naples le 17 sept. 1824 ; &Sve de Ca- 
f aro, au « Gonservatorio della Pi6t4 », A Naples, 
devint, aprds avoir achev6 ses Etudes, premier 
maltre adjoint (primo mceslrino) et suppleant 
de Gafaro comme mattre d'barmonie au Con- 
servatoire, en m&me temps que directeur de 
musique au tb6&lre « San Carlo*. II aurait, A la 
mort de Gafaro, oblenu la place de son maitre, 
si Paesiello n'elait revenu de Russie. T. devint, 
en 1779, professeur tilulaire d'harmouie et suo- 
c6da en 1800 A Sala, en qualite de professeur de 
contrepoint et de composition. Parmi ses 616ves, 
on compte,entre autres, Spontini. T.aecrit cin- 
quante etun operas, la plupart pour Naples, mais 
aussi un grand nombre d'eeuvres religieuses : 
huit Messes, parmi lesquelles une Merited huit 
voix reelles et deux orchestres ; trois Messes 
solennelles a quatre voix ; un Requiem ; des frag- 
ments de Messes; des psaumes; un Tedeum A 
cinq voix avec orcbestre ; deux Passions (selon 
saint Matthieu et saint Jean), etc. Toutescesceu- 
vres sont rest£es manuscrites. T. a consign^ les 
principes de sa m£tbode d'enseignement dans : 
Partimenli e regole generali per conoscere 
qual numerica dar si deve ai vari movimenti 
del basso (1821, m&hode de basse chiffr£e) et : 
Scuoladi cantrapunto ossia teoria musicale 
(1823). Son fits, Domenico, a 6crit aussi, del815 
a 1818, plu8ieurs operas pom* le tb£atre de Na- 
ples. 

Tromba, 1. c-d-d. trompette (instr. a vent et 
jeu d'orgue). — 2. T. marina, trompette ma- 
rine, V. TROMPETTE. 

Tromboncino, Bartolommeo, compositeur 
italien des xv« et xvr* s., n6 a V6rone. De nom- 
breuses « frottoles » (v. ce mot) de sa composi- 
tion se trouvent dans la collection de morceaux 
de ce genre publi£e par Petrucci (neuf livres ; 
1504-1508), et vingt-neuf sont transcrites pour 
une voix, avec accompagnement de lutb, dans 
un volume en tablature, de 1509, par Franciscus 
Bossinensis (Petrucci). 

Trombone (ital. trombone, c.-a-d. grande 
trompette, puisque tromba signifle trompette; 
all. Posaune), instr. A vent en cuivre dont le 
timbre est analogue A celui de la trompette 
avec laquelle il forme, au fond, une famille. Le 
t. ( et son nom allemand) est issu de la buccina 
v. ce mot) romaine ; la buccine n'&tait du reate 
primitivement rien autre qu'un long tube droit 



; (tuba) que Ton enroula, pour faciliter son nia- 
niement, aussitdt que les progr£s de la faclure 
instrumental le permirent (sans doute A la fin 
du moyen age). Une operation analogue se pra- 
tiqua, comme on le sait, sur la bombarde dont 
on replia le tube sur lui-m&me et que Ton 
transforma ainsi en basson. Nous trouvons le 
t. sous sa forme aciuelle de t. a coulisses au 
d6but du xvi* s. dejaL Martin Agricola (M\ usica 
instrumental) dit que dans le « Busaun », la 
m&lodie est obtenue simplement par le souffle 
et le jeu de coulisses ( « durebs Btasen und 
Ziehen » ). La disposition des coulisses d'un U 
est connue de chacun pour Tavoir vue; elle a 
pour but d'angmenter la longueur du tube et 
par consequent de baisser l'accord de rinstru- 
ment, ce qui fait que la puret6 d 'intonation 
depend enti&rement de Thabiletd de rinstru- 
mentiste. (Test pour cette dernidre raison que le 
syst&me des pistons (v. ce mot) ne s'est pas r&- 
pandu generalement pour le 1. La sonorite du 
t. est pleine et d'une grande beaute, elle a un 
caractlre pompeux et solennel. On construisait 
autrefois des t de diflferentes dimensions, mais 
le T.TjfeNOR (en si bbmol) estseul encore repandu 
de nos jours. L'etendue de ce dernier (si Ton 
fait abstraction des coulisses) comporte l'&- 
chelle des harmoniques de si bemol- 1 a u* 4 
{trois octaves) ; le son naturel le plus grave 
(d'une Amission difficile) peul 6tre abaisse de 
trois demi-tons (la-^la btmol- 1 , sol- 1 ; les «sons 
p&dales » du t.) ; le son 2 de cette m&me serie 
barmonique pent l'Mre, lui, de six demi-tons, 
du moins tel est 1'abaissement que produit l'al- 
longement le plus grand du tube ( on ne voit 
pas bien pourquoi le son le plus grave ne 
pourrait &tre abaiss£